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3 La croissance économique 4
3.1 Les facteurs de production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.2 La Productivité Globale des Facteurs (PGF) : le facteur qu’on ne voit pas . . . . 5
3.3 Les théories de la croissance endogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
4 Le commerce international 6
4.1 Pourquoi les pays échangent : l’avantage comparatif . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4.2 Les gains et les risques du commerce international . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4.3 Les accords de partenariat économique (APE) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
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10.3 Type 3 — Le sujet “condition nécessaire / suffisante” (discussion logique) . . . . . 11
10.4 Type 4 — Le sujet “effets de X sur Y” (analyse causale sectorielle) . . . . . . . . 12
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PARTIE 1 — COURS COMPLET
D’ÉCONOMIE POUR UNE PHYSICIENNE
1 Introduction : pourquoi tu n’es pas en terrain aussi inconnu
que tu le crois
L’économie n’est pas de la magie littéraire réservée aux gens qui ont fait des études de gestion.
C’est une science qui étudie comment des agents (individus, entreprises, États) avec des ressources
limitées font des choix, et comment ces choix individuels s’agrègent en phénomènes collectifs
(croissance, inflation, chômage, commerce).
Analogie physique
En physique, tu étudies des systèmes avec des variables d’état (pression, température,
énergie) qui évoluent selon des lois et tendent vers des équilibres. En économie, on étudie
des systèmes avec des variables (prix, quantités, production, revenu) qui évoluent selon
des mécanismes et tendent vers des équilibres (l’équilibre offre-demande est l’analogue
direct d’un équilibre thermodynamique). La différence : les “particules” de l’économie (les
humains) réagissent aux incitations et anticipent l’avenir, ce qui rend le système plus com-
plexe qu’un système physique, mais la logique de modélisation — variables, hypothèses,
mécanismes, équilibre — t’est déjà familière.
Ce cours couvre exactement les briques nécessaires pour comprendre et argumenter sur les 8 sujets
d’annales que tu as (2014 à 2024) : croissance économique, commerce international, compétitivité
des entreprises et des PME, rôle de l’État et gouvernance, économie numérique. Chaque notion
est expliquée depuis zéro.
Définition
Un agent économique est une entité qui prend des décisions économiques. On en dis-
tingue quatre grandes catégories : les ménages (consomment, épargnent, offrent du tra-
vail), les entreprises (produisent des biens et services, emploient du travail et du capital),
les administrations publiques (État, collectivités : prélèvent des impôts, redistribuent,
régulent), et le reste du monde (agents économiques étrangers, essentiel pour comprendre
le commerce international).
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Analogie physique
Pense au prix comme à un potentiel qui équilibre un système : si la demande dépasse l’offre
(pénurie), le prix monte, ce qui réduit la demande et incite les producteurs à offrir plus,
jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre soit atteint — exactement comme un système physique
qui relaxe vers un minimum d’énergie après une perturbation.
Définition
Le Produit Intérieur Brut (PIB) mesure la valeur totale des biens et services finaux
produits sur un territoire pendant une période donnée (en général un an). C’est l’indicateur
central de l’activité économique d’un pays.
Trois façons équivalentes de le calculer (comme trois façons de calculer une même grandeur
physique par des chemins différents) :
— Par la production : somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises.
— Par la demande : P IB = C + I + G + (X − M ), où C = consommation des ménages, I
= investissement, G = dépenses publiques, X = exportations, M = importations.
— Par les revenus : somme des salaires, profits, et revenus divers versés dans l’économie.
Exemple concret
Le PIB du Cameroun avoisine 45 milliards de dollars US, avec une croissance annuelle
typiquement comprise entre 3 et 4,5% ces dernières années — modeste comparée aux
besoins de développement, ce qui explique pourquoi la “croissance économique” revient
sans cesse dans les sujets de concours.
Définition
La croissance économique est l’augmentation quantitative et durable du PIB (ou du
PIB par habitant) sur une longue période. Le développement est un concept plus large
et qualitatif : amélioration du niveau de vie, de la santé, de l’éducation, des institutions.
On peut avoir de la croissance sans développement (ressources exploitées mais population
qui ne bénéficie pas des retombées — pertinent pour le sujet sur les industries extractives).
3 La croissance économique
C’est le thème central de plusieurs de tes sujets (2014, 2019, 2020, 2021, 2023, 2024). Il faut le
maîtriser en profondeur.
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3.1 Les facteurs de production
Définition
On produit avec trois grands types de ressources : le travail (L, quantité et qualité de
main-d’œuvre), le capital (K, machines, infrastructures, capital humain, capital finan-
cier), et les ressources naturelles. La combinaison de ces facteurs donne la production
Y , souvent modélisée par une fonction de production Y = f (K, L).
Analogie physique
Une fonction de production est l’analogue économique d’une équation d’état : elle relie des
“inputs” (comme la pression et le volume) à un “output” (comme la température), selon
une loi stable qu’on peut étudier, dériver, optimiser.
Définition
La Productivité Globale des Facteurs (PGF, ou en anglais TFP) est la part de la
croissance qui n’est PAS expliquée par l’augmentation quantitative du capital et du travail.
Elle capture les gains d’efficacité : progrès technique, innovation, meilleure organisation,
qualité institutionnelle, éducation. Formellement, si Y = A · f (K, L), alors A est la PGF.
Analogie physique
Exemple concret
Un pays comme le Cameroun peut accumuler du capital physique (routes, usines) sans
forcément voir sa croissance décoller si la PGF reste faible : manque de formation tech-
nique, faible R&D, institutions peu efficaces, corruption qui gaspille les ressources. C’est
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un argument fort et transposable dans plusieurs sujets d’annales.
4 Le commerce international
Thème central des sujets 2018 (APE) et 2019 (commerce international, entreprises vs nations).
Définition
La théorie de l’avantage comparatif (David Ricardo, 1817) montre qu’un pays a intérêt
à se spécialiser et échanger même s’il est moins efficace que son partenaire dans TOUS
les domaines, du moment qu’il se concentre sur ce pour quoi son désavantage relatif est
le plus faible. L’échange permet un gain mutuel, même entre partenaires de productivité
très différente.
Analogie physique
C’est un principe d’optimisation sous contrainte : même si un système peut “tout faire”
mieux qu’un autre en valeur absolue, la répartition optimale des ressources globales (mi-
nimisation du coût total, comme minimiser une énergie totale) exige une spécialisation
relative, pas absolue.
Définition
Les Accords de Partenariat Économique sont des accords commerciaux entre l’Union
Européenne et des groupes de pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), prévoyant une
libéralisation progressive et réciproque des échanges (suppression graduelle des droits de
douane), en remplacement des anciens accords de préférence unilatérale.
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Exemple concret
Le Cameroun a signé un APE intérimaire avec l’UE en 2009, appliqué depuis 2016 — un
cas d’école immédiatement mobilisable pour ce sujet.
Définition
La compétitivité-prix désigne la capacité à proposer des biens à un prix inférieur (ou
équivalent) à la concurrence, à qualité comparable. La compétitivité hors-prix (ou
structurelle) désigne la capacité à se différencier par la qualité, l’innovation, la marque, le
service, indépendamment du prix.
Exemple concret
Pendant la crise sanitaire de COVID-19, les PME camerounaises ont subi une rupture
des chaînes d’approvisionnement, une baisse de la demande, des difficultés de trésorerie
amplifiées par le manque d’accès au crédit — mais certaines ont aussi accéléré leur digi-
talisation (vente en ligne, paiement mobile) : un double mouvement “menace immédiate /
opportunité de transformation” très utile pour construire un plan dialectique.
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6.2 L’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE)
Définition
L’ITIE est une norme internationale volontaire qui exige la publication complète des re-
venus perçus par les États et des paiements versés par les entreprises dans les secteurs
pétrolier, minier et gazier, afin de lutter contre la corruption et la “malédiction des res-
sources”.
Définition
La malédiction des ressources (resource curse) est le paradoxe observé où des pays
riches en ressources naturelles connaissent souvent une croissance plus faible et plus de
conflits/corruption que des pays moins dotés, car la rente facile décourage la diversification
économique et alimente la corruption.
Exemple concret
Le Cameroun est pays membre de l’ITIE depuis 2013 — référence directe à mobiliser pour
le sujet 2014.
Définition
Une politique industrielle est l’ensemble des mesures publiques visant à orienter le
développement de secteurs productifs jugés stratégiques (protection temporaire, subven-
tions, commande publique, promotion à l’export). “Made in Cameroon” relève de ce type
de politique : promouvoir la consommation de produits locaux pour stimuler la production
nationale.
Effets attendus : stimulation de la demande intérieure pour les producteurs locaux, création
d’emplois, réduction de la dépendance aux importations (donc économie de devises), effet d’en-
traînement sur les filières amont/aval.
Limites : risque de repli protectionniste qui nuit à la compétitivité à long terme si non accom-
pagné de gains de productivité réels, offre locale parfois insuffisante en quantité/qualité pour
répondre à la demande stimulée.
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7.1 La destruction créatrice
Définition
Le concept de destruction créatrice (Joseph Schumpeter, 1942) décrit le fait que le
progrès technique détruit des emplois et des activités obsolètes tout en créant simultané-
ment de nouvelles activités, de nouveaux métiers, souvent plus productifs. C’est le cadre
théorique central pour tout sujet sur l’IA ou les TIC et l’emploi.
Analogie physique
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PARTIE 2 — MÉTHODOLOGIE :
COMMENT ABORDER CHAQUE TYPE DE
SUJET
9 La structure imposée par le jury
Depuis plusieurs sessions, le jury impose explicitement un plan en deux parties, chacune avec
deux sections (parfois subdivisées en A/B/C). Cette architecture n’est pas négociable : il faut
s’y plier scrupuleusement.
Méthode
Squelette systématique à respecter :
— Introduction : accroche (fait d’actualité ou chiffre marquant), définition des termes
du sujet, contextualisation, problématique (reformulation en question), annonce du
plan.
— Partie I (une des deux faces de la problématique)
— Section 1 : premier argument développé et illustré
— Section 2 : second argument développé et illustré
— Partie II (l’autre face, ou l’approfondissement/la nuance)
— Section 1
— Section 2
— Conclusion : bilan synthétique répondant explicitement à la problématique, ouver-
ture (limite, perspective, recommandation).
Chaque section doit suivre le triptyque affirmation → explication du mécanisme →
exemple concret (idéalement camerounais ou africain).
Méthode
Reconnaître ce type : formulation “montrez les avantages et les inconvénients de...”
Sujet concerné : 2014, ITIE et transparence dans les industries extractives.
Plan-type :
— Partie I : Les avantages (ce que le dispositif/la mesure apporte réellement)
— Partie II : Les limites et inconvénients (ce qui ne fonctionne pas ou les effets pervers)
Piège à éviter : ne pas se contenter d’une liste. Chaque avantage/inconvénient doit
être argumenté avec un mécanisme économique (ex. : pourquoi la transparence réduit la
corruption — effet dissuasif, meilleure traçabilité — pas juste “ça aide”).
Astuce : pour ce type de sujet, la conclusion doit trancher : le bilan net est-il positif ou
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négatif, sous quelles conditions ?
Méthode
Reconnaître ce type : formulation “X : opportunité ou menace pour...”, ou “vertueuse
ou menace pour...”
Sujets concernés : 2018 (APE), 2021 (Made in Cameroon, formulé en impact), sujet IA
non daté.
Plan-type :
— Partie I : Les arguments en faveur de la thèse “opportunité”
— Partie II : Les arguments en faveur de la thèse “menace” et/ou les conditions à réunir
pour que l’opportunité l’emporte
Piège à éviter : ce type de sujet n’attend pas une réponse binaire simpliste. Le jury valo-
rise une position nuancée : “opportunité sous certaines conditions, menace si ces conditions
ne sont pas réunies”. Termine toujours par des leviers d’action concrets.
Astuce : structure la Partie II comme un miroir exact de la Partie I (mêmes dimen-
sions d’analyse : emploi, compétitivité, finances publiques...) pour montrer la rigueur du
raisonnement.
Méthode
Reconnaître ce type : formulation “X est-il un facteur nécessaire ou suffisant de Y ?”,
“X est-elle seule source de Y ?”
Sujets concernés : sujet sur le commerce international et la croissance (entreprises puis
nations), 2024 (accumulation des facteurs de production).
Ce type est le plus exigeant intellectuellement — c’est aussi celui où ton bagage de
physicienne t’avantage le plus : il s’agit de raisonnement logique pur, comme distinguer
condition nécessaire et condition suffisante en mathématiques.
— Nécessaire mais pas suffisant : X est indispensable, mais ne garantit pas Y à lui
seul (d’autres facteurs sont requis en complément).
— Ni nécessaire ni suffisant : Y peut survenir sans X, et X seul ne produit pas
systématiquement Y.
Plan-type pour “l’accumulation des facteurs est-elle seule source de crois-
sance ?” :
— Partie I : L’accumulation des facteurs de production est une source réelle et nécessaire
de croissance (mobiliser Solow, exemples d’investissement massif)
— Partie II : Mais elle n’est pas suffisante — rendements décroissants, rôle décisif de
la PGF, du progrès technique et des institutions (mobiliser la croissance endogène)
Plan-type pour le sujet sur le commerce international (respecter l’angle imposé
par l’énoncé : entreprises PUIS nations) :
— Partie I : Du point de vue des entreprises (accès aux marchés, économies d’échelle,
mais dépendance et concurrence)
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— Partie II : Du point de vue des nations (avantage comparatif, gains agrégés, mais
risques de spécialisation subie et vulnérabilité)
Méthode
Reconnaître ce type : formulation “les effets de X sur Y, illustrez par des exemples
concrets”
Sujet concerné : 2020, effets de la crise sanitaire sur la compétitivité des PME came-
rounaises.
Plan-type :
— Partie I : Les effets négatifs directs (chocs subis : demande, trésorerie, chaînes d’ap-
provisionnement)
— Partie II : Les effets indirects ou les réponses/adaptations (accélération numérique,
soutiens publics, reconfiguration des modèles d’affaires)
Piège à éviter : rester factuel et concret. Ce type de sujet exige des exemples précis
(chiffres, secteurs touchés, mesures gouvernementales réelles), pas seulement de la théorie
abstraite.
Astuce : structurer chaque partie autour de 2-3 dimensions de la compétitivité (coût,
accès au financement, capacité d’innovation) donne une section 1 / section 2 naturelle.
Méthode
1. Identifier le verbe/la formulation clé (montrez, discutez, opportunité ou me-
nace, est-elle seule source) → cela te dit immédiatement dans quelle famille de plan
tu es (Types 1 à 4 ci-dessus).
2. Définir chaque terme du sujet au brouillon avant de rédiger l’intro — évite le
hors-sujet.
3. Lister en 5 minutes tous les concepts du cours mobilisables (voir la boîte à
outils, Partie 1, Section 8).
4. Choisir 2 exemples camerounais/africains précis que tu peux réutiliser (ex.
ITIE 2013, APE 2016/2009, digitalisation post-COVID) — les avoir en tête à
l’avance te fait gagner un temps précieux.
5. Rédiger l’intro en dernier au brouillon, une fois le plan détaillé fixé — c’est
plus rapide et plus cohérent que l’inverse.
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