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Cours Protection Des Reseaux Electriques

Le document traite des systèmes de protection des réseaux électriques, en soulignant l'importance de maintenir la tension et la fréquence dans des limites acceptables pour éviter les dommages aux équipements et aux personnes. Il décrit les différents types de défauts et anomalies, leurs origines, ainsi que les méthodes de protection nécessaires pour garantir la sécurité et la continuité du service. Enfin, il aborde la définition et l'organisation d'un plan de protection adapté aux caractéristiques spécifiques du réseau.

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Cours Protection Des Reseaux Electriques

Le document traite des systèmes de protection des réseaux électriques, en soulignant l'importance de maintenir la tension et la fréquence dans des limites acceptables pour éviter les dommages aux équipements et aux personnes. Il décrit les différents types de défauts et anomalies, leurs origines, ainsi que les méthodes de protection nécessaires pour garantir la sécurité et la continuité du service. Enfin, il aborde la définition et l'organisation d'un plan de protection adapté aux caractéristiques spécifiques du réseau.

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1

Partie III :
Eléments du système de protection et protection des
composants du réseau.

I. Introduction
L’exploitation du réseau électrique consiste à produire, transporter et distribuer
l’énergie demandée par les charges installées. Cette énergie doit être fournie sous
tension et fréquence dans de limites acceptables afin de garantir un bon
fonctionnement des charges et des équipements du réseau. Pour la tension, en
générale une variation de 5% autours de la valeur nominale (parfois 10%) est
tolérée. Par ailleurs, la fréquence ne doit pas excéder 0.5% de la fréquence
nominale. En plus du contrôle permanent de la tension et de la fréquence,
l’exploitation d’un réseau nécessite des protections à différents niveaux afin d’éviter
des dommages sur les équipements et les personnes d’une part et de minimiser les
interruptions d’alimentation en cas de défaut.
La protection des réseaux et de ses équipements (générateurs,
transformateurs, lignes, jeux de barres. . .etc.) nécessite d’une part la connaissance
de l’architecture du réseau et d’autre part le régime du neutre. Ce dernier décide
fortement des protections à prévoir contre les surintensités ou les défauts
d’isolement, car selon le régime du neutre adopté, le réseau aura besoin d’être
protégé en premier lieu soit contre les surintensités (couts-circuits) soit contre les
défauts d’isolement. En plus de ces protections, les équipements du réseau
nécessitent souvent des protections contre les surcharges ou l’échauffement, les
surtensions que ce soit fugitives ou permanents, et parfois des protections
mécaniques notamment pour les générateurs.
La protection des réseaux électriques est l'ensemble des appareils de
surveillance et de protection assurant l'équilibre d'un réseau électrique. La fonction
principale d'un système de protection est de mettre rapidement hors service tout
ouvrage du réseau qui commence à fonctionner d'une façon anormale. Un réseau
électrique comporte trois parties : la production, les lignes de transport haute tension
et la distribution à moyenne et basse tension. Dans l'une ou l'autre de ces parties,

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
2

chaque ouvrage peut être l'objet d'incidents, tel que le court-circuit. C'est pourquoi
toute une gamme d'appareils est installée pour éviter que ces incidents ne détruisent
l'ouvrage. Parmi ces appareils, nous pouvons citer les relais de protection chargés
de mettre hors tension la partie en défaut. Les systèmes de protection permettent
d’éviter les conséquences des incidents qui peuvent être dangereuses pour les
personnes et pour le matériel. Pour cela, ils doivent pouvoir :
 Assurer la protection des personnes contre tout danger électrique.

 Limiter les contraintes thermiques, diélectriques et mécaniques.

 Préserver la stabilité du réseau.


Par exemple un système de protection contre les court-circuits doit détecter le
fonctionnement électrique anormal dû aux défauts d’isolement entre un conducteur
et la terre, entre deux conducteurs ou entre trois conducteurs pour les défauts
triphasés.
La protection est assurée lorsque les éléments défectueux sont mis hors tension
le plus rapidement possible par les dispositifs de coupure. Pour un bon
fonctionnement du système de protection, on est amené à raccorder les organes de
protections avec une procédure de sélectivité. La sélectivité des protections a pour
but d’assurer la continuité de service et garantit la fonction secours entre les
différents éléments de la protection.

II. Les types de défauts et d’anomalies dans les réseaux


électriques
On appelle défaut toute perturbation qui engendre des modifications des
paramètres électriques (niveaux de tension, de courant, de puissance, ou d’isolation)
d’un ouvrage. Il est caractérisé par un phénomène non conforme au fonctionnement
normal du réseau et pouvant dans certains cas conduire à un effondrement
électrique de celui-ci et la mise en danger de son environnement. Un défaut est
caractérisé par son amplitude et sa durée. Dans le cas général, plus la durée d’un
défaut est longue, plus les dommages sur les équipements augmentent. Les défauts
peuvent être engendrés par des phénomènes externes au réseau comme le climat,
ou par des défaillances des équipements suite à des surcharges excessives et
répétées, au vieillissement de l’isolation...etc.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
3

Les défauts qui surviennent le plus dans un réseau électrique sont des violations
de l’isolement des phases entre elles ou à la terre.

Un réseau électrique doit fournir une énergie avec une meilleure qualité possible.
Cette qualité se dégrade avec l’apparition des anomalies dont la durée peut conduire
à des arrêts de fonctionnement prolongés.

2.1 Origines des défauts

Les défauts dans un réseau électrique peuvent avoir différentes origines :

- Mécanique : une rupture de conducteurs ou une liaison électrique


accidentelle entre deux conducteurs par un corps étranger ;
- Electrique : une dégradation de l’isolement entre phases ou entre une phase
et la masse ou la terre, coup de foudre, surtensions issues de manœuvres.
- Humaine : la mise à la terre d’une phase par exemple, couplage entre deux
sources de tension différentes ou de phase différentes, la fermeture par erreur
d’un appareil de coupure.
-
2.1.1 Sur Les réseaux aériens

Les hauteurs au-dessus du sol, les distances d’isolement entre phase et les
lignes de fuite des isolements rendent les lignes aériennes particulièrement sensibles
à l’environnement.

Les causes principales de ces défauts sont


- Les agressions atmosphériques, (foudre, tempête)
- Chutes d’arbres
- Les défaillances du matériel

2.1.2 Sur Les réseaux souterrains

Leur pose dans la terre les protège des conditions atmosphériques, mais rend
invisibles pour les travaux de proximité. Ainsi les principales causes des défauts de
ce type de réseau sont :

- Travaux des tiers

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
4

- Défaillances du matériel

2.4 Catégorisation des défauts

Ce sont généralement des court-circuits qui sont des liaisons accidentelles


entre conducteurs, à impédance nulle (court-circuit franc) ou non (court-circuit
impédant). Ils peuvent être caractérisés par leur nombre de conducteurs, leur durée
et l’intensité du courant. A ces court-circuits s’ajoutent les défauts séries qui ne sont
autres choses que des interruptions de passage des courants, autrement dit des
coupures de lignes. Les défauts séries ne conduisent normalement pas à des
catastrophes à condition que le conducteur coupé n’entre pas en contact avec un
autre conducteur ou un élément mis à la terre.

Les défauts peuvent être classés :

2.2.1 En fonction du nombre de conducteur affecté

On distingue des défauts :


Triphasés : il s’agit d’un défaut entre trois phase par l’intermédiaire de la terre ou
non ;
Biphasés : entre deux phases du réseau ;
Monophasés : il s’agit d’un défaut entre une phase et la terre ou le neutre.

2.3.3 En fonction de la durée

On distingue des :

- Défauts auto-extincteurs : ils disparaissent naturellement avant le


fonctionnement des protections, en une durée inférieure à environ 100ms.
- Défauts fugitifs : ils nécessitent le fonctionnement des protections et sont
éliminés par les automatismes de reprise de service après une ouverture d’environ
0,3s.
- Défauts permanents : ils mettent le réseau hors tension et nécessitent
l’intervention du personnel d’exploitation pour isoler l’équipement en défaillance.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
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Ces défauts ne se produisissent pas à la même fréquence, car les statistiques


donnent la répartition suivante
- Auto-extincteurs : 𝟓%
- Fugitifs :𝟕𝟎% à 𝟖𝟎%
- Permanent : 𝟓% à 𝟏𝟓%

2.4 Les types d’anomalies

Les anomalies comprennent :

2.3.3 La Surtension

On appelle surtension toute tension entre conducteur de phase ou entre deux


conducteurs de terre dont la valeur maximale dépasse la valeur crête correspondant
à la tension la plus élevée pour le matériel. L’importance de la contrainte à laquelle
elle soumet les isolants dépend grandement de sa valeur maximale et surtout de la
vitesse avec laquelle elle s’établit.

Les principales causes sont les suivantes :

- Apport brutal de charges électriques


- Coups de foudre direct,
- Coupure brutale du courant en ligne (self d’indiction –manœuvre de
disjoncteur).

Les conséquences possibles sont les suivantes :

- Contraintes sur les isolants,


- Contraintes sur le circuit,
- Contraintes sur les récepteurs.

2.3.3 Les surcharges

Elles se produisent lorsque les appareils installés sont trop puissants pour les
lignes d’alimentations ou quand le travail demandé aux machines est exagéré, ce qui
conduit à un courant de surcharge maintenu et ce dernier peut provoquer un
échauffement anormal pouvant entrainer la détérioration des installations.

La surintensité de longue durée provoque une élévation de température


préjudiciable à la tenue des isolants et à la longévité du transformateur.

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2.3.3 Les déséquilibres de phases

On appelle déséquilibre sur une ligne ou dans une installation triphasée la


différence entre les trois courants des phases. Ce déséquilibre crée un champ
inverse au champ tournant au niveau de l’alternateur, ce qui nécessite de surveiller le
déséquilibre à cause du couple freinant qu’il peut engendrer.

Les origines possibles sont : le plus souvent coupure d’une phase, enclenchement
ou déclanchement d’un sectionneur ou d’un disjoncteur défectueux ; la coupure d’un
conducteur sans court-circuit.

Les possibles conséquences sont :

- Le déséquilibre des tensions et courants distribués


- Pour le client, une perte de couple moteur

2.4 Probabilités des défauts

Les défauts impliquant uniquement un conducteur de phase et la terre sont


appelés « défauts Terre ou défauts homopolaires ». Ceux impliquant plusieurs
conducteurs de phase et la terre (ou non) sont appelés « défauts de phase ».

Les réseaux électriques ayant été exploités pendant des dizaines d’années,
les expériences accumulées montrent que les différents types de défauts ne se
produisissent pas à la même fréquence. Les défauts Terre sont les plus fréquents
alors que les défauts triphasés se produisissent rarement. Les probabilités
apparition des différents types de court-circuit sont donnés dans le tableau 3.1 ci-
dessous :

Tableau 3.1 : Probabilités des défauts en fonction de leurs types

Types de défauts (%) de l’ensemble des défauts Sévérité


Monophasé-Terre 85% Moins sévère
Biphasé 8%
Biphasé-Terre 5%
Triphasé 2% Plus sévère

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
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De plus, les probabilités des différents équipements du réseau d’être en


défaut ne sont pas les mêmes. Le tableau 3.2 donne la probabilité pour chaque type
d’équipement de connaitre un défaut.

Tableau 3.2 : Probabilités des défauts des différents types d’équipements

Types d’équipement (%) de l’ensemble des défauts


Lignes aériennes 50%
Câbles souterrains 9%
Transformateurs de puissance 10%
Générateurs 7%
Appareillage 12%
Transformateurs de mesure, les relais, 12%
les systèmes de contrôle

III. Etude des protections d’un réseau


L’étude des protections d’un réseau se décompose en 2 étapes distinctes :
 La définition du système de protection, encore appelée plan de protection,
 La détermination des réglages de chaque unité de protection, encore appelée
coordination des protections ou sélectivité.

3.1 Définition du système de protection : Plan de protection

C’est le choix des éléments de protection et de la structure globale de l’ensemble,


de façon cohérente et adaptée au réseau.

3.1.1 Objectifs

Un système de protection doit :


 Préserver la sécurité des personnes et des biens.
 Eviter la destruction partielle ou totale des matériels.
 Assurer la meilleure continuité de fourniture possible.
Le plan de protection définit les dispositifs de protection contre les principaux
défauts affectant les réseaux et les machines :
 Les court-circuits, entre phases et phase-terre,
 Les surcharges,

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
8

 Les défauts propres aux machines tournantes.


Pour établir un plan de protection, les paramètres suivants sont à prendre en compte:
 L’architecture et la taille du réseau et ses différents modes d’exploitation, les
schémas de liaison à la terre,
 Les caractéristiques des sources de courant et leurs contributions en cas de
défaut,
 Les types de charges,
 Le besoin de continuité de service.

3.1.2 Principes et organisation du plan de protection

[Link] Principes généraux d'élimination des défauts

Ces principes sont au nombre de trois :


1) Un réseau ne doit pas être maintenu sous tension après l'apparition d'un
défaut, même si celui-ci n'empêche pas la distribution de l'énergie sauf
dispositions particulières. En effet, tout défaut constitue un danger pour les
personnes et les animaux ainsi que pour le matériel, en raison des conditions
anormales dans lesquelles il se trouve exploité.
On peut chercher à réduire le courant de court-circuit qui résulte du défaut.
Mais, si cette mesure limite les dangers indiqués ci-dessus, elle est loin de les
supprimer totalement. Ainsi, le maintien de la fourniture pendant un défaut
monophasé dans des conditions non contrôlées comporte des risques non
négligeables.
2) Un réseau doit comporter deux systèmes de protection, l'un contre les
défauts entre phases, l'autre contre les défauts à la terre. Les courants de
court-circuit ont, en effet, des valeurs très différentes selon qu'ils résultent de
défauts entre phases ou de défauts entre une phase et la terre. Dans le
premier cas, le défaut n'a pratiquement aucune résistance alors que dans le
second cas, celle-ci est souvent élevée ; de plus, le régime de neutre HTA du
réseau intervient pour modifier la valeur du courant de défaut monophasé.
3) Les protections contre les défauts entre phases ne doivent jamais être
considérées comme des protections contre les surcharges. En effet,

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
9

contrairement aux court-circuits, les surcharges ont des effets purement


thermiques et ne sont dangereuses qu'au bout d'un certain temps.

[Link] Organisation
L'implantation des protections doit être conçue pour :
 Éliminer les défauts en séparant l'élément défectueux par un organe de
coupure (disjoncteur, fusible) ;
 Éliminer un défaut par une protection amont quand une protection ou un
organe de coupure aval est défaillant ;
 Assurer éventuellement des protections de secours (redondance des
protections) ;
 Protéger certains matériels spécifiques : Générateurs, transformateurs,
tableaux HTA, condensateurs HTA... etc. ;
 Permettre la modification temporaire des fonctionnements (sensibilité, rapidité,
etc.), pour effectuer certaines opérations d’exploitation : travaux sous tension,
mise en parallèle de transformateurs...etc.

3.2 Détermination des réglages des unités de protection :


Coordination des protections ou sélectivité

Chaque fonction de protection est à régler afin d’obtenir les performances


optimales dans l’exploitation du réseau et pour tous les modes de fonctionnement.
Les valeurs de réglage adaptées sont issues de calculs complets basés sur les
caractéristiques détaillées des éléments de l’installation. Ce type d’étude s’effectue
maintenant couramment à l’aide d’outils logiciels spécialisés. Le comportement du
réseau sur anomalie est ainsi expliqué, et les valeurs de réglage sont données pour
chaque fonction de protection concernée.

IV. Le système de protection

Un système de protection est un ensemble de dispositifs destinés à la détection


des défauts et des situations anormales des réseaux afin de commander le
déclenchement d’un ou de plusieurs éléments de coupures.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
10

Le système de protection se compose d’une chaîne constituée des éléments de la


figure 3.1 ci-dessous qui représente la protection d’une ligne Haute Tension (HT) par
un relais de distance. L’autre extrémité de la ligne possède un système de protection
similaire. En situation de défaut, les deux relais ont besoin de fonctionner, donc les
deux disjoncteurs s’ouvrent et la ligne est mise hors service.
Les relais de protection sont connectés d’une part aux transformateurs de
mesure (Transformateur de Courant (TC) et Transformateur de Tension (TT)) pour
recevoir des signaux d’entrée (courant, tension) et d’autre part aux disjoncteurs pour
délivrer des commandes d’ouverture ou de fermeture. Tout système de protection
sera constitué des éléments de base ci-dessus énumérés, mais dans un système de
protection non directionnel à maximum de courant, et une protection différentielle, le
TT ne sera pas nécessaire. Si la mesure reçue par le relais dépasse un certain seuil
(consigne) défini par l’opérateur, ce dernier assume alors qu’il y a défaut et envoie au
disjoncteur l’ordre d’ouvrir le circuit. Donc, en cas de défaut, la tâche du disjoncteur
consiste à éliminer le défaut tandis que la tâche du relais de protection est de
détecter ce défaut. Dans certain cas le relais doit d’abord calculer une nouvelle
grandeur électrique (exemples : impédance, puissance) à partir des mesures de
tension et de courant. Très souvent la décision d’actionner le disjoncteur est
précédée par un signale visuelle indiquant à l’opérateur la présence d’un défaut.

Figure 3.1 Constitution d’un système de protection

Un système à relais nécessite parfois une alimentation spécifique, notamment


lorsqu’il s’agit d’un relais électronique qui nécessite une alimentation DC. Il faut
ajouter à cela aussi que parfois, un échange d’information avec d’autres relais est

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
11

nécessaire pour prendre une décision, c’est pourquoi un moyen de communication


est parfois associé au système de relais.
En HT, les relais sont situés dans des sous stations. Le temps d'élimination de
défauts comprend :
 Le temps de fonctionnement des protections (détection du défaut).

 Le temps d'ouverture des disjoncteurs (élimination du défaut).

4.1 Eléments constitutifs d’un système de protection

4.1.1 Les Capteurs ou réducteurs de mesure de courant et tension

Pour des raisons de dimensionnement et de coût, les relais de protection sont


prévus pour des courants et des tensions de valeurs réduites. De plus, pour
assurer la sécurité des opérateurs, il faut interposer une séparation galvanique
entre le réseau surveillé qui se trouve à tension élevée et le circuit de mesure à
tension réduite et mis à la terre en un point. On utilise pour cela des
transformateurs de courant (TC) et des transformateurs de tension (TT) qui
fournissent les informations de mesure nécessaires à la détection des défauts.

Figure 3.2 Branchement des TC et TT avec les appareils de mesure

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
12

La connexion des TC et TT avec les instruments de mesure, pour la mesure


des grandeurs électriques (courant, tension, puissance) est montrée sur la figure
3.2.

[Link] Le transformateur de courant

Le transformateur de courant (TC) est utilisé pour abaisser le niveau de courant


réel de ligne à des valeurs standards (1 ou 5 A, selon la norme IEC 60044) utilisés
par les relais. Il est constitué de deux enroulements dits « Primaire » et
« secondaire ». L’enroulement primaire, fait de section adéquate pour supporter les
forts courants de ligne, est constitué de 1 (Figure 3.3) ou d’un petit nombre de spires.
Le secondaire est constitué d’un nombre plus élevé de spires de section faible,
comme montré sur la figure 3.4.
Lorsque l’intensité primaire est importante, les TC sont à barre traversante ;
lorsqu’elle est faible, ceux-ci sont à primaire bobiné.
Le TC peut être doté de 2 enroulements secondaires : dans ce cas, l’un des
enroulements est dédié à la mesure du courant, l’autre à la protection du circuit
contrôlé : par exemple commande de relais à maximum de courant.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
13

Transformateur de Courant Transformateur de Courant


à primaire bobiné type Tore
a) Types de TC

b) Types de mesure utilisés

c) TC à deux secondaires
Figure.3.3 Types de Transformateurs de courant

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
14

Figure 3.4 ConnexionTransformateur de Courant, Relais et Ligne

Ces transformateurs alimentent des dispositifs de mesure et de protection.


Cependant les performances voulues pour les TCs alimentant les dispositifs de
protection sont complètement différentes de celles désirées pour les TCs destinés
aux dispositifs de mesure. Les TCs utilisés en instrumentation sont destinés à être
précis pour des ordres de courants de fonctionnement du régime permanent, alors
que ceux équipant les dispositifs de protection sont conçus pour être très précis
pendant les défauts dont les courants peuvent atteindre des dizaines de fois (jusqu’à
50 fois) le courant nominal primaire. Un TC doit être capable de supporter le courant de
court-circuit maximale pendant 1 seconde.
Du point de vue électrique, les TCs (Figure.3.4) jouent les fonctions suivantes :

 Délivrer à leur secondaire une image fidèle de l'intensité qui circule


dans la ligne concernée.

 Assurer l’isolement galvanique entre la ligne et les circuits de mesure et


de protection.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
15

 Protéger les circuits de mesure et de protection de toute détérioration


lorsqu’un défaut survient sur la ligne.

 Permettre la mise à la terre du dispositif de mesure ou de protection et


assurer ainsi la sécurité du personnel d’exploitation.

Les relais de protection exigent une exacte (précise) reproduction des conditions
normales et anormales du réseau pour avoir une capture d’information et un
fonctionnement corrects. Par conséquent, les TCs doivent être capables de fournir
aux relais des signaux de courants étant des fidèles reproductions des courants
primaires. Le critère de performance d’un TC se mesure donc par son habilité à
reproduire le courant primaire au secondaire. Ainsi, la caractéristique essentielle
d'un TC est sa précision de mesure exprimée à travers les erreurs sur le rapport de
transformation et sur la phase (déphasage). Il y a deux types de classe par rapport à
la précision ; Classe 5P10 (erreur de 5 % pour un courant égal à10 fois le courant
nominale) et classe 10P15 (erreur de 10 % pour un courant égal à 15 fois le courant
nominale).

1) Principe de fonctionnement

La transformation du courant s’effectue par l’intermédiaire de deux enroulements


disposés de façon concentrique, destinés à échanger l’énergie grâce au circuit
magnétique.
Le principe de fonctionnement repose sur le transfert d’énergie par induction
électromagnétique : le premier enroulement reçoit l’énergie électrique et la
transforme en énergie magnétique par induction. Le deuxième enroulement, traversé
par le champ magnétique produit, fournit un courant alternatif de même fréquence
mais de tension différente. Ce dispositif est placé dans un liquide isolant (le plus
souvent de l’huile) qui assure également le refroidissement
Soient N1 le nombre de spires au primaire, N2 le nombre de spires au secondaire,
I1 le courant primaire et I2 le courant secondaire.
.
Le primaire N1peutêtre constitué d’un conducteur unique traversant le circuit
magnétique du TC. Le courant I1est le courant que l’on veut mesurer et I2 est l’image
de I1qui circule dans l’enroulement N2.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
16

Le théorème d’Ampère énonce que la somme des ampères tours est égale à la
circulation du vecteur champ magnétique.
⃗⃗⃗ n.
N1 . I1 + N2 . I2 = ∫Tore H. ⃗⃗ 𝑑𝑙 (3.1)
⃗⃗ = champ magnetique
AvecH
𝑛⃗ = 𝑉𝑒𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑢𝑛𝑖𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑡𝑎𝑛𝑔𝑒𝑛𝑡
Le circuit magnétique canalise le champ magnétique qui est alors tangent au cercle
engendré par le tore.
⃗⃗⃗ n.
Un transformateur est dit parfait lorsque∫Tore H. ⃗⃗⃗ 𝑑𝑙 = 0
Dans le transformateur réel ce terme exprime l’erreur introduite par le circuit
magnétique et définit l’intensité d’excitationIe née au secondaire par :

N1 . I1 + N2 . I2 = N2 . I𝑒 (3.2)
N
Si n = N2est le rapport du nombre despires, la relation (3.2) s’écrit :
1

I1
+ I2 = Ie (3.3)
n
Connaissant ce rapport de transformation et la lecture de I2 au secondaire, le courant
de ligne actuel circulant au primaire peut être obtenu.
NB : On mesure le courant en mettant le secondaire du TC en court-circuit

Le transformateur peut alors être représenté (cf. fig. 3.5) comme comportant deux
éléments en parallèle :
I
 un transformateur parfait de rapport n débitant au secondaire un courant 1⁄n,
 une impédance qui consomme un courant Ie .
De plus chaque enroulement, primaire et secondaire, crée une légère chute
de tension due à la résistance du bobinage (R1et R2) et aux inductances de fuite
(L1et L2). Dans le cas du TC, le bobinage secondaire étant serré et régulier, il est
possible de négliger L2(L2 ≈ 0).Si ∅est le flux commun aux deuxbobinages, il est
possible d’écrire entreles fem e1 , e2 et les ddp 𝑉1 , 𝑉2lesrelations suivantes :
dI1
V1 = e1 + R1 . I1 + L1 .
dt
dI2
e2 = 𝑉2 + R 2 . I2 + L2 . (3.4)
dt

d∅
e1 = 𝑁1 .
dt

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
17

d∅
e2 = −𝑁2 .
dt
Si toutes les fonctions décrites sont sinusoïdales, de pulsation ω, on peut alors écrire
vectoriellement :
⃗V1 = ⃗E1 + (R1 + j. L1 ω. ). I1
⃗2=V
E ⃗ 2 + R 2 . I2

E ⃗
⃗ 1 = jN1 . ω. ∅ (3.5)

⃗ 2 = −jN2 . ω. ∅
E

I1
+ I2 = Ie
n
L'intensité d'excitation Ie se décompose enIe = Ic + I𝑚

■ Ic représente la part de ce courantperdue dans le circuit magnétique(pertes fer


provenant de l’hystérésis et des courants de Foucault).

■ I𝑚 est le courant magnétisant quiassure le processus de transfert de puissance


d’un enroulement à l’autre par création d’une force magnéto-motrice qui induit le flux
∅.

Figure 3.5 Schématisation des TC

La qualité du circuit magnétique est traduite par la relation qu’il impose entre le
⃗ et levecteur champ magnétique H
vecteur induction B ⃗⃗ .
A un instant donné, en un point fixé ces deux vecteurs sont liés par la perméabilité
relative du matériau magnétique μr tel que :

⃗ = μ0 . μr. H
B ⃗⃗ (3.6)

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
18

Un circuit magnétique est donc caractérisé par la courbe b = f (h) appelée courbe
de magnétisation.
En régime sinusoïdal, b représente la tension puisque :

⃗ =
B .n

𝑆
⃗E2 = jN2 . ω. ⃗∅ (3.7)
⃗ ≈ ⃗⃗⃗⃗
𝑉 𝐸2

Hreprésente l’intensité d’excitation car


⃗⃗⃗ n.
N2 . I𝑒 = ∫Tore H. ⃗⃗⃗ 𝑑𝑙 (3.8)
⃗⃗⃗ n
En supposant que H. ⃗⃗⃗ = H = constante

N2 . I𝑒 = L . H (3.9)
Avec L la longueur du tore
Pour un transformateur parfait, la permittivité du milieu étant supposée infinie, on a

⃗⃗ = 0 d’où Ie = 0 et I2 = I1
H n
Cette hypothèse est proche de la réalité avec les TC car ils « travaillent »
normalement très en-dessous de la saturation. Le courant secondaireI2 est alors

l’image fidèledeI1 .

Exercice 3.1 : Un TC de rapport de transformation 250/5 est utilisé avec un


ampèremètre pour la mesure d’un courant de ligne. Si l’ampèremètre affiche 2.7 A,
quel est alors le courant de ligne ?

2) Saturation

Un TC débite souvent sur une charge plutôt résistive constituée de la résistance


de la charge et de celle de sa filerie, et peut être représenté par le schéma
équivalent de la figure 3.6 ci-dessous.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
19

Figure 3.6 Schéma équivalent d’un TC

Le courant IS est l’image parfaite du courant primaire I1 dans le rapport de


transformation. Mais le courant réel de sortie (I2) est entaché d’une erreur due au
courant de magnétisation (Im).
Is = I2 + I𝑚 (3.10)

Si le TC était parfait on aurait Im = 0 et Is = I2


Un TC a une courbe de magnétisation unique (à une température et une
fréquence données). Elle caractérise, avec le rapport de transformation, son
fonctionnement. Cette courbe de magnétisation (tension V 2, fonction du courant
magnétisant Im) peut être divisée en 3 zones :
En zone 1, le courant Im ([Link]. 3.7) est faible et la tension V2 augmente de façon
quasi proportionnelle au courant primaire.
La zone 2 est une zone floue entre la zone non saturée et la zone saturée. Il n’y a
pas de réelle cassure de la courbe de magnétisation. Il est difficile de situer un point
précis de la courbe correspondant à la tension de saturation.
En zone 3, la courbe (V2, Im) devient quasiment horizontale. L’erreur est
importante sur le rapport de transformation et le courant secondaire déformé par la
saturation.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
20

Figure 3.7Courbe de magnétisation (d’excitation) d’un TC

3) Caractéristiques de fonctionnement d’un TC dans les réseaux


électriques

Figure 3.8Utilisation du Transformateur de Courant

Le secondaire d’un TC est connecté sur une faible impédance (ampèremètre,


relais, wattmètre), donc utilisé en quasi court-circuit.
La puissance P2 et la tension V2 sont données par :

𝑃2 = 𝑍. 𝐼22
𝑉2 = 𝑍. 𝐼2 (3.11)

 Si Z=0, alors P2= V2=0, il n’y a pas de risque de destruction.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
21

 Par contre, si le secondaire est ouvert, 𝑍 → ∞, 𝑃2 → ∞ 𝑒𝑡 𝑉2 → ∞. Les pics de


tension peuvent atteindre plusieurs KV, ce qui est dangereux pour le matériel
et le personnel.

Il ne faut donc jamais laisser ouvert le circuit secondaire d’un TC pendant que le primaire
est alimenté.

4) Caractéristiques générales et paramètres des TCs suivant les normes


CEI et NF C

Bien spécifier un TC nécessite une bonne connaissance :


o du schéma de l’installation électrique,
o des données électriques (tension, courant nominal, courant de court-circuit
etc.),
o des protections associées,
o de l’ensemble des protections du réseau (plan de protection), de la charge
qu’elles représentent pour les TC, sans oublier celle de la filerie et de leurs
réglages. Il n’est pas rare que, par manque de données, voire par
méconnaissance du fonctionnement attendu des TCs, un fabricant dise « ces
caractéristiques ne sont faisables », alors qu’un TC standard peut convenir.

Suivant les normes CEI et NFC, les TCs peuvent être, entre autres caractérisés
par :

a) Leur rapport de transformation nominal :

Il est défini par :


𝐶𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑎𝑠𝑠𝑖𝑔𝑛é 𝑎𝑢 𝑝𝑟𝑖𝑚𝑎𝑖𝑟𝑒
𝐾𝑛 =
𝐶𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑎𝑠𝑠𝑖𝑔𝑛é 𝑎𝑢 𝑠𝑒𝑐𝑜𝑛𝑑𝑎𝑖𝑟𝑒
𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒𝑠 𝑎𝑢 𝑠𝑒𝑐𝑜𝑛𝑑𝑎𝑖𝑟𝑒
= (3.12)
𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒𝑠 𝑎𝑢 𝑝𝑟𝑖𝑚𝑎𝑖𝑟𝑒

Exemple : 2000/5 A
Les valeurs normales des courants nominaux assignés sont les suivantes :

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
22

 au primaire (en A) :10- 12,5 - 15- 20- 25 - 30- 40 - 50- 60 -75et leurs
multiples ou sous multiples décimaux. Les valeurs préférentielles sont celles
sont en gras rouge.
 au Secondaire (en A) : 1 - 2– 5. La valeur 2 est unique à la norme CEI.

b) Leur puissance de précision :

Puissance apparente (VA) que peut fournir le TC au secondaire pour le courant


secondaire assigné pour lequel la précision est garantie (charge de précision).
Les valeurs normalisées sont :2,5 - 5,0 – 10 – 15–30 - 75 - [Link] valeurs en
gras rouge sont uniques à la norme NF C 42-502. Pour la norme CEI 185, au-delà de
30 VA, la puissance peut être choisie de façon à répondre aux besoins.

c) Leur classe de précision :

Elle définit les limites d’erreurs garanties sur le rapport de transformation et sur le
déphasage dans des conditions spécifiées de puissance et de courant.
Il est donné une classe de précision X qui exprime des valeurs limites de l’erreur
en module 𝜺𝒎 et de l’erreur dedéphasage 𝜺𝝋 en fonction du taux de charge𝐍défini

par :

I
N = I1 (3.13)
1n

N varie de 0,1 à 1,2 et I1n est le courant primaire nominal.


Pour N = 1 , 𝜀𝑚 = X(en classe 0,5 pourI1= I1n on a 𝜀𝑚 = 0,5%)
Par exemples, les classes0,1 - 0,2 - 0,5 - 1 - 3 - 5 – 0,2S – 0,5S sont utilisées
pour les TC de mesure et les classes5Pet 10Ppour la protection. Les classes 0,2S et
0,5S sont définies uniquement par la norme CEI pour des TCs d’application
particulière (connexion avec des compteurs d’énergie électrique spéciaux).

Les répartitions des classes de précision des TCs de mesure et de protection


suivant leurs utilisations sont données respectivement dans les tableaux 3.3 et 3.4.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
23

Tableau 3.3 : Classe de précision des TCs de mesure suivant l’utilisation

Application du TC Classe de précision


Mesures de laboratoire
0,1 – 0,2
Comptage précis (appareils étalons)
Mesures industrielles 0,5 - 1
Comptage tarifaires 0,2 - 0,5 – 0,2S – 0,5S
Indicateurs de tableau comptages statistiques 0,5 - 1

Tableau 3.4 : Classe de précision des TCs de protection suivant l’utilisation

Application du TC Classe de précision


Protection homopolaire
5P
Protection différentielle
Relais d’impédance
5P-10P
Protection ampérométrique

 Erreur sur le rapport de transformation ou erreur de module :𝜺𝒎 (%)

𝐼2
En pratique, il est dit que le rapport de transformation des courants ⁄𝐼 est égal au rapport
1
𝑁1
des nombre de spires ⁄𝑁 . Mais cela n’est en réalité pas vrai. Le rapport de
2

transformation des courants n’est pas égal au rapport des nombres de spires à cause du
courant magnétisant (𝐼𝑚 ) et du courant de pertes fer (𝐼𝑐 ) qui sont les composantes du
courant d’excitation (𝐼𝑒 ). Le rapport des courants est aussi affecté par le courant et le facteur
de puissance du secondaire. Le courant de charge n’est pas une fraction constante du
𝑽𝟐
courant primaire. De même, dans un TT, le rapport des tension ⁄𝑽 n’est pas aussi
𝟏
𝑵𝟐
exactement égal a ⁄𝑵 dû aux raisons évoquées plus haut.. Donc le rapport de
𝟏

transformation n’est pas constant, mais dépend plutôt du courant et du facteur de puissance
de la charge d’une part, et du courant d’excitation du transformateur d’autre part. Dû à cet
état de fait, les mesures effectuées par les réducteurs de mesure comportent une grande
erreur appelée « erreur sur le rapport de transformation ou erreur de module ». C’est l’erreur
que le transformateur introduit dans la mesure d’un courant lorsque le rapport de
transformation est différent de la valeur assignée et est définie par :

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
24

𝑅𝑎𝑝𝑝𝑜𝑟𝑡 𝑑𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑛𝑜𝑚𝑜𝑛𝑎𝑙−𝑅𝑎𝑝𝑝𝑜𝑟𝑡 𝑅𝑎𝑝𝑝𝑜𝑟𝑡 𝑑𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑐𝑡𝑢𝑒𝑙


𝜀𝑚 (%) = (3.14)
𝑅𝑎𝑝𝑝𝑜𝑟𝑡 𝑅𝑎𝑝𝑝𝑜𝑟𝑡 𝑑𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑐𝑡𝑢𝑒𝑙

.
Cette erreur est donnée par :

𝐾𝑛 𝐼2 −𝐼1
𝜀𝑚 (%) = [ ] × 100 (3.15)
𝐼1

Avec 𝐼1 = 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑝𝑟𝑖𝑚𝑎𝑖𝑟𝑒


𝐼2 = 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑠𝑒𝑐𝑜𝑛𝑑𝑎𝑖𝑟𝑒

Elle peut aussi être calculée à partir de l’expression suivante :

𝐾𝑛 −𝑅
𝜀𝑚 (%) = [ ] × 100 (3.16)
𝑅

Avec
𝐶𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑝𝑟𝑖𝑚𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑎𝑐𝑡𝑢𝑒𝑙
𝑅=
𝐶𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑠𝑒𝑐𝑜𝑛𝑑𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑐𝑜𝑟𝑟𝑒𝑠𝑝𝑜𝑛𝑑𝑎𝑛𝑡

Le rapport actuel R est donnée par :


𝐼
𝑅 ≈ 𝑛 + 𝐼𝑐 (3.17)
2

𝑁2
Avec𝑛 = = 𝑟𝑎𝑝𝑝𝑜𝑟𝑡 𝑑𝑒𝑠 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒𝑠
𝑁1

𝐼𝑐 = 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑜𝑠𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑡𝑒𝑠 𝑑𝑢 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑑′𝑒𝑥𝑐𝑖𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛


𝐼1
Or 𝐼2 = d’où
𝑛
𝑛𝐼𝑐 𝐼
𝑅≈𝑛+ ≈ 𝑛 (1 + 𝐶 ) (3.18)
𝐼1 𝐼 1

Cependant la formule la plus précise pour calculer R est la suivante :

𝐼𝑚 .𝑠𝑖𝑛𝛿+𝐼𝑐 .𝑐𝑜𝛿
𝑅=𝑛+ (3.19)
𝐼2

Avec
𝐼𝑚 = 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑚𝑎𝑔𝑛𝑒𝑡𝑖𝑠𝑎𝑛𝑡
𝛿 = 𝐿𝑒 𝑑é𝑝ℎ𝑎𝑠𝑎𝑔𝑒 𝑎𝑢 𝑛𝑖𝑣𝑒𝑎𝑢 𝑑𝑢 𝑠𝑒𝑐𝑜𝑛𝑑𝑎𝑖𝑟𝑒
𝛿 est négatif pour un facteur de puissance en retard et positif pour un facteur de puissance
en avance.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
25

 Déphasage ou erreur de phase 𝜺𝛗 (minute)

Dans un TC idéal, le courant secondaire doit être déphasé exactement de 180 ° du courant
primaire. Mais ce n’est pas le cas en réalité. L’erreur découlant de cette situation est appelée
« erreur de phase ». Elle est la différence de phase entre courants primaire et secondaire,
exprimée généralement en degré ou en minutes d’angle.
Il est à rappeler que 1 degré vaut 60 minutes d’angle, c’est-à-dire

𝜋
1° = 𝑟𝑎𝑑𝑖𝑎𝑛𝑠 = 60 𝑚𝑖𝑛𝑢𝑡𝑒𝑠 𝑑′𝑎𝑛𝑔𝑙𝑒 (3.20)
180

Cette erreur 𝜀𝜑 est calculéede façon précise, en degré, à partir de l’expression suivante :

180 𝐼𝑚 𝑐𝑜𝑠𝛿−𝐼𝑐 𝑠𝑖𝑛𝛿


𝜀φ = [ ] (degré) (3.21)
𝜋 𝑛𝐼2

Avec 𝐼𝑐 = 𝐼𝑒 . 𝑐𝑜𝑠𝜑0 et 𝐼𝑚 = 𝐼𝑒 . 𝑠𝑖𝑛𝜑0 , ou 𝜑0 est le déphasage au secondaire à vide.


Elle peut aussi être calculée approximativement par l’expression (en degré) :

180 𝐼 180 𝐼 180 𝐼


𝜀φ ≈ × [𝑛𝑚𝐼 ] = × [ 𝑛𝑚𝐼1 ] = × [ 𝐼𝑚 ] (3.22)
𝜋 2 𝜋 𝜋 1
𝑛

 Erreurs normalisées des TC

 TC de mesure :

Pour les TC de mesure, le domaine nominal d’utilisation de la fréquence est de 96 %


à 102 % de la fréquence nominale. Pour les classes de précision 0,1 - 0,2 - 0,5 et 1, les
erreurs de module et de phase dans le domaine nominal de fréquence, ne doivent pas
dépasser les valeurs du tableau 3.5, lorsque la charge secondaire est comprise entre 25 %
et 100 % de la charge de précision.
Pour les transformateurs des classes 3et 5, l’erreur de courant (module) dans le
domaine nominal de fréquence ne doit pas dépasser les valeurs du même tableau 3.5
lorsque la charge secondaire est comprise entre 50 % et100 % de la charge de précision.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
26

Dans tous les cas, la charge employée doit être inductive avec un facteur de
puissance de 0,8, sauf si elle absorbe une puissance inférieure à 5 VA ; dans ce cas son
facteur de puissance est l’unité. En aucun cas la charge ne doit être inférieure à 1 VA.

Tableau 3.5 : Limites d’erreurs des TCs de mesure


Erreur de module (erreur Déphasage, ± , pour les valeurs de courants exprimées en
de rapport), ±, pour les % du courant nominal
valeurs de courants
exprimées en % du courant
En minutes En centiradians
nominal

% I1n
5 10(1) 20 100 50 120 5 10(1) 20 100 120 5 10(1) 20 100 120
Classe
Précision

0,1 0,4 0,25 0,20 0,1 0,1 15 10 8 5 5 0,45 0,30 0,24 0,15 0,15
0,2 0,75 0,5 0,35 0,2 0,2 30 20 15 10 10 0,9 0,6 0,45 0,3 0,3
0,5 1,5 1,0 0,75 0,5 0,5 90 60 45 30 30 2,7 1,8 1,35 0,9 0,9
1 3 2,0 1,5 1,0 1,0 180 120 90 60 60 5,4 3,6 2,7 1,8 1,8
3 3 3 Aucune limite
5 5 5 Aucune limite
0,2S 0,35 0,75 0,2 0,2 0,2 15 30 10 10 10 0,45 0,9 0,3 0,3 0,3
0,5S 0,75 1,5 0,5 0,5 0,5 45 90 30 30 30 1,35 2,7 0,9 0,9 0,9

Les points suivants sont à noter sur ce tableau :


 Les valeurs en caractères gras-bleu sont uniques à la norme NFC et Ceux caractères
gras-rouge sont uniques à la norme CEI
 Il n’est imposé aucune limite de déphasage pour les classes 3 et 5.
 Après accord entre constructeur et utilisateur, des garanties peuvent être fournies, en
ce qui concerne la précision et le déphasage, entre 120 % et 200 % de I1n

 TC de Protection
Pour les TC de protection, Le domaine nominal d’utilisation de la fréquence est de 90
% à 110 % de la fréquence nominale. Pour la puissance de précision et dans le domaine
nominal de fréquence, les valeurs limites sur les erreurs de module et de phase sous
données dans le tableau 3.6.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
27

Pour la détermination de l’erreur de module et de phase, la charge doit être inductive et


égale à la charge de précision avec un facteur de puissance égal à 0,8, sauf si la puissance
correspondante est inférieure à 10 VA ; dans ce cas, la charge pourrait être résistive (facteur
de puissance unité).
Pour la détermination de l’erreur composée, le facteur de puissance de la charge peut
être compris entre 0,8(circuit inductif) et l’unité, la valeur étant fixée par accord entre
constructeur et utilisateur. Cette erreur composée (𝜺𝒄 ) est donnée par :

1 1 𝑇 𝐼 2
𝜺𝒄 = 𝐼1 . . ∫0 (𝐼2 − 1 ) . 𝑑𝑡 (3.23)
⁄𝑛 𝑇 𝑛

Le TC de protection est caractérisé par 3 symboles Y, P, FLP :


 Y = taux d’erreur (5 ou 10),
 P = protection,
 FLP= facteur limite de précision qui exprime les valeurs limites des erreurs 𝜀𝑚 , 𝜀𝜑 , 𝜀𝑐
en fonction du taux de charge N et décrit ci-après.
Pour N = FLP , 𝜀𝑐 = Y(en classe 10P5 pour I1 = 5 . I1non a 𝜀𝑐 = 10%).
Les classes de précision normales sont5P et [Link] la puissance de précision et dans
le domaine nominal de fréquence, l’erreur de courant, le déphasage et l’erreur composée ne
doivent pas dépasser les valeurs du tableau 3.6 (norme CEI 60044-1).

Tableau 3.6 : Limites d’erreurs des TCs de protection


Classe de Erreur de rapport Déphasage Erreur composée
précision pour les courants pour le courant nominal pour le courant limite
compris entre In et de précision
minutes centiradians
2In (en %)
5P ±1 ± 60 ± 1,8 5
10P ±3 10

d) Les caractéristiques liées à la saturation


Ce sont :
 Le Facteur Limite de Précision (FLP) pour un TC de protection
Un TC de protection doit saturer suffisamment haut pour permettre une mesure
assez précise du courant de défaut par la protection dont le seuil de fonctionnement
peut être très élevé.
On définit le courant primaire limite (I1L) pour lequel les erreurs de courant et
déphasage au secondaire ne dépassent pas les valeurs du tableau 3.7.
La norme définit alors le Facteur limite de précision FLP.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
28

𝐼1𝐿
𝐹𝐿𝑃 = (3.24)
𝐼1𝑛

Ses valeurs normalisées sont : 5 - 10 - 15 - 20 – 30


En pratique, il correspond à la limite de linéarité de la courbe de saturation du TC
donnée sur la figure 3.7.

 Facteur de Sécurité (FS)pour un enroulement destiné à la mesure


Pour protéger l’appareillage de mesure raccordé au TC des courants élevés côté HT,
les transformateurs de mesure doivent avoir une saturation précoce.
On définit le courant primaire limite (I1L) pour lequel l’erreur de courant au secondaire
est égale à 10 %. La norme définit alors le Facteur de Sécurité FS, donné par la même
expression (3.24) et dont la valeur préférentielle est 10. C’est le multiple du courant
primaire nominal à partir de laquelle l’erreur devient supérieure à 10 % pour une charge
égale à la puissance précision.

 Le Courant de court-circuit thermique assigné (nominal) : (𝐈𝐭𝐡 )


C’est la valeur efficace maximale du courant primaire que le transformateur peut
supporter pendant une seconde, son secondaire étant mis en court‐circuit.
Leurs valeurs préférentielles de Ith indiquées par les normes sont données dans le
tableau 3.7.
Tableau 3.7 : Valeurs standards du courant de court-circuit thermique
Tension la plus
élevée du réseau Ith (kA)
(kV)
3.6 10 16 25 40
7.2 8 12,5 16 25 40
12 8 12,5 16 25 40
17,5 8 12,5 16 25 40
23 8 12,5 16 25 40
24 8 12,5 16 25 40
36 8 12,5 16 25 40
72,5 20 25
100 20
245 20 31,5
420 40

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
29

 Le Courant dynamique assigné (nominal) : (𝐈𝐝𝐲𝐧 )

C’est la valeur crête maximale du courant primaire que le transformateur peut


supporter, sans subir de dommages électriques ou mécaniques dû aux efforts
électromagnétiques qui en résultent, son secondaire étant mis en court‐circuit. La valeur
normale du courant dynamique assigné est :

𝐼𝑑𝑦𝑛 = 2,5. 𝐼𝑡ℎ (3.25)

 La Charge assignée (𝒁𝒏 )


C’est l’impédance des appareils connectés au secondaire incluant toute la filerie,
suivant laquelle le transformateur de mesure de courant doit respecter les limites de
classes indiquées.

 Autres grandeurs caractéristiques des TCs sont les niveaux d’isolement


nominaux.

5) Connexion des TCs

a) Couplage étoile b) Couplage triangle


Figure 3.9 Connexions des Transformateurs de Courant

Dans un système triphasé, les TCs sont connectés :


 Soit en Etoile : fournit les courants de ligne au secondaire
 Soit en triangle : fournit aux charges les différences entre courant de lignes

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
30

6) Désignation des Transformateurs de Courant


Les TCs de mesure et de protection se désignent respectivement comme suite :

7) Calcul des performances des TCs

La performance d’un TC est déterminée par son habilité à fournir un courant


secondaire 𝐼2 qui est une image fidèle du courant primaire 𝐼1 ([Link].3.6). La
performance est déterminée par le courant le plus élevé pouvant être reproduit sans
que la saturation n’introduise de grandes erreurs.
En utilisant le circuit équivalent de la figure 3.6 et les courbes d’excitation (de
saturation) de la figure 3.10, la performance d’un TC peut être déterminée par la
procédure suivante :
1. Considérer un courant secondaire 𝐼2
2. Calculer 𝑉𝑠 = (𝑅2 + 𝑅𝑓𝑖𝑙 + 𝑅𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒 ). 𝐼2
3. En utilisant 𝑉𝑠 , déterminer 𝐼𝑒 à partir de la courbe d’excitation
4. Calculer 𝐼1 = 𝑛. (𝐼2 + 𝐼𝑒 ) = 𝑛. (𝐼2 + 𝐼𝑚 )
5. Répéter les étapes 1 à 4 pour différentes valeurs de 𝐼2 puis tracer la courbe de
𝐼2 en fonction de 𝐼1
L’erreur de courant (ou de module) est la différence exprimée en % entre (𝐼2 +
𝐼𝑒 ) = (𝐼2 + 𝐼𝑚 ) et 𝐼2 , donnée par :

𝐼𝑒 𝐼𝑚
𝜺𝒎 (%) = [𝐼 ] × 100 = [𝐼 ] × 100 (3.26)
2 +𝐼𝑒 2 +𝐼𝑚

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
31

Figure 3.10Courbe de magnétisation d’un TC


.
Tableau 3.7 : TCs à Rapports Multiples normalisés

600 :5 RM 1200 :5 RM 2000 :5 RM 3000 :5 RM


50 : 5 100 :5 300 :5 300 :5
100 :5 200 :5 400 :5 500 :5
150 :5 300 :5 500 :5 800 :5
200 :5 400 :5 800 :5 1000 :5
250 :5 500 :5 1100 :5 1200 :5
300 :5 600 :5 1200 :5 1500 :5
400 :5 800 :5 1500 :5 2000 :5
450 :5 900 :5 1600 :5 2200 :5
500 :5 1000 :5 2000 :5 2500 :5
600 :5 1200 :5 3000 :5

Tableau 3.8 : Résistances secondaires normalisée des TCs

Rapports 50 :5 100 :5 150 :5 200 :5 250 :5 300 :5 400 :5 450 :5 500 :5 600 :5

R2 (Ω) 0,061 0,082 0,104 0,125 0,146 0,168 0,211 0,230 0,242 0,296

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
32

Les tableaux 3.7 et 3.8 ci-dessus, donnent respectivement, une liste de TCs
normalisés à Rapport Multiples (RM) et les valeurs des résistances secondaires pour
certains rapports nominaux des TCs.

Exercice 3.2 :
Les composantes du courant à vide d’un TC sont :
- Courant magnétisant : 102 A
- Composante de pertes du courant d’excitation : 38 A
Le rapport de transformation du TC est 1000/5 A.
Calculer l’erreur de rapport approximative en pleine charge.
Exemple 3.3 :
Un TC admet une seule spire au primaire et 400 au secondaire. Le courant
magnétisant est de 90 A et celui de la composante de pertes est 40 A. Le déphasage
au secondaire est 28°.
Calculer le courant actuel au primaire et l’erreur sur le rapport de transformation,
lorsque le courant secondaire est de 5 A.
Exercice 3.4 :
Un TC admet un rapport de nombres de spires de 1 : 399 et rapport de
transformation de 2000/5 A. La composante de pertes du courant d’excitation est de
3 A et le courant magnétisant est de 8 A, en pleine charge. Calculer les erreurs sur le
rapport de transformation et sur la phase si en pleine charge le facteur de puissance
au secondaire est de 0.8 avance.
Exercice 3.5 :
Evaluer la performance d’un TC de rapport 100 : 5 pour les courants secondaires et
charges assignées suivantes. On calculera aussi les erreurs de courant.
1) I2= 5 A et Rfil+Rcharge = Zn= 0,5 Ω
2) I2= 8 A et Rfil+Rcharge = Zn = 0,8 Ω
3) I2= 15 A et Rfil+Rcharge = Zn = 1,5 Ω

Exercice 3.6:
Un relais à maximum de courant réglé à 8 A est connecté à transformateur de
courant à RM fonctionnant sur son rapport 100 : 5. Ce relais va-t-il détecter un
courant primaire de défaut de 200 A, pour les charges assignées (𝑍𝑛 ) suivantes : 0,8
Ω ; 3,0 Ω ?

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
33

[Link] Les transformateurs de Tension (TTs)

1) Fonction, constitution et types

Ils permettent de mesurer une tension du domaine de la H.T avec une bonne
précision et sans intervention sur l’installation Haute Tension. Leur fonction principale
est de fournir au secondaire une tension réduite proportionnelle à celle du circuit H.T
sur lequel ils sont installés, afin de l’adapter aux caractéristiques des appareils de
mesure ou de protection qu’ils alimentent. De plus, l’isolation galvanique réalisée par
ces transformateurs isole et sécurise l’utilisateur et le matériel car la tension recueillie
aux bornes du secondaire appartient au domaine Basse Tension (B.T) : 100 à 110V
en général.

Figure 3.11. Transformateur de Tension

Le primaire constitué d’un nombre N1 de spires plus élevé et monté en


parallèle sur le réseau H.T entre phases ou phase et terre, est soumis aux mêmes
surtensions que celui-ci. Le secondaire, constitué d’un nombre N2 de spires plus
faible délivre une tension quasi constante quelle que soit la charge ([Link].3.11). Le

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
34

secondaire peut comprendre plusieurs enroulements, et l’ensemble primaire-


secondaire-circuit magnétique est enrobé dans une résine isolante.
Les TTs sont de deux types, selon leur raccordement comme montré sur la
figure 3.12. :
 phase/phase : primaire raccordé entre deux phases, et
 phase/terre: primaire raccordé entre une phase et la terre.

Figure 3.12. Types de TT suivant leur raccordement

2) Caractéristiques de fonctionnement d’un TT


Le fonctionnement d’un TT est plus simple que celui d’un TC car la tension
secondaire est quasiment indépendante de la charge, du fait qu’il est connecté sur
une forte impédance (utilisation en quasi circuit ouvert).
A partir de l’équation 3.11, le courant secondaire I2 et la puissance 𝑃2 fournie au
secondaire s’obtiennent par :
𝑉22
𝑃2 =
𝑍
𝑉2
𝐼2 = (3.27)
𝑍

De (3.25) nous constatons que si 𝑍 → 0, 𝑃2 → ∞ 𝑒𝑡 𝐼2 → ∞et dans ces conditions, le


courant élevé excessif détériorerait le transformateur et par conséquent :
Il ne faut donc jamais Court-circuiter le secondaire d’un TT

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
35

3) Les Caractéristiques des TTs

Elles sont définies par la norme CEI 60044-2 et sont entre autres :

a) L’isolement
Il est caractérisé par les tensions assignées :
- d’isolement, qui sera celle de l’installation(exemple. : 24 kV)
- de tenue à fréquence industrielle 1 mn (exemple. : 50 kV)
- de tenue à l’onde de choc (exemple. : 125 kV).

b) La Fréquence assignée
Elle est de 50 ou 60 Hz

c) La Tension primaire assignée (𝐔𝟏𝐧 )


Suivant leur conception, les transformateurs de tension sont raccordés :
- soit entre phase et terre et dans ce cas V1n = U/√3 où U est la tension de
ligne du réseau HT ;
- soit entre phases et dans ce casV1n = U.

d) Tension secondaire assigné (𝐕𝟐𝐧 )


Elle est égale à 100 ou 110 V pour les transformateurs de tension phase/phase.
Pour les transformateurs monophasés phase/terre, la tension secondaire doit être
divisée par √3(exemple. : 100/√3).

e) La Puissance de précision 𝐏𝐧
C’est la Puissance apparente (VA) que peut fournir le TT au secondaire pour la
tension secondaire assignée pour laquelle la précision est garantie (charge de
précision). Ces valeurs normalisées CEI sont 10, 15, 25, 30, 50,75,100, 150, 200,
300, 400, 500VA.

f) Facteur de tension assigné 𝐊 𝐓


C’est le facteur, multiple de la tension primaire assignée, qui détermine la tension
maximale pour laquelle le transformateur doit répondre aux prescriptions

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
36

d’échauffement et de précision spécifiée. La tension maximale de fonctionnement


dépend du régime de neutre du réseau et des conditions de mise à la terre de
l’enroulement primaire. Les valeurs de K T sont données dans le tableau 3.6.

Tableau 3.6 : Facteurs de tension K T


Mode de connexion
Facteur de Durée Régime de neutre
de l’enroulement
tension (𝐊 𝐓 ) assignée du réseau
primaire

Continue Entre phases Quelconque


Entre point neutre
1,2
Continue de transformateur Quelconque
en étoile et la terre
1,2 Continue
Entre phase et terre Mis directement à la terre
1,5 30 s
1,2 Continue A la terre par résistance de
Entre phase et terre limitation avec élimination
1,9 30 s
automatique du défaut terre
1,2 Continue Neutre isolé sans élimination
Entre phase et terre
1,9 8h automatique du défaut terre
Mis à la terre par résistance de
1,2 Continue Entre phase et terre limitation avec élimination
automatique du défaut terre

g) La Classe de précision

Elle définit les limites d’erreurs garanties sur le rapport de transformation (sur la
tension) et sur le déphasage dans des conditions spécifiées de puissance et de
tension.

 Transformateurs de tension pour la mesure

Ces appareils sont destinés à transmettre une image aussi précise que possible de la
tension primaire assignée entre 80 et 120 %de celle-ci.
La classe de précision détermine l’erreur admissible en phase et en module dans
cette plage pour la charge de précision.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
37

Elle est valable pour toute charge comprise entre 25 et 100 % de la puissance de
précision assignée avec un facteur de puissance de 0,8 inductif.
Le tableau 3.7 donne les classes usuelles en fonction de l’utilisation.

Tableau 3.7 : Classe de précision des TTs de mesure suivant l’utilisation


Application Classe
Pas utilisée en industrie 0,1
Mesures de laboratoire et comptages précis (appareils étalons) 0,2
Comptages usuels 0,5
Comptages et/ou mesures statistiques 1
Mesures ne nécessitant pas un grande précision 3

 Transformateurs de tension pour la protection

Ces appareils sont destinés à transmettre une image aussi fidèle que possible de la
tension en cas de défaut (baisse de tension ou surtension).
Ils doivent donc avoir une précision et une puissance adaptées aux tensions de
défaut et donc distinctes de celles des transformateurs de mesure.
En pratique la classe de précision 3Pest utilisée pour toutes les applications.

 Erreurs de mesure

Elles sont de deux types :


 Erreur de tension 𝜺𝒖 (%)
C’est l’erreur que le transformateur introduit dans la mesure de tension lorsque le
rapport de transformation est différent de la valeur assignée.
Elle est donnée par :
𝑲𝒏 𝑽𝟐 − 𝑽𝟏
𝜺𝒎 (%) = [ ] × 100
𝑽𝟏
Elle peut se calculer aussi en utilisant l’équation (3.16), mais les grandeurs 𝐾𝑛 et
𝑅 à utiliser dans ce cas sont données par :
𝑇𝑒𝑛𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑠𝑠𝑖𝑔𝑛é 𝑎𝑢 𝑝𝑟𝑖𝑚𝑎𝑖𝑟𝑒
𝐾𝑛 = (3.28)
𝑇𝑒𝑛𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑠𝑠𝑖𝑔𝑛é 𝑎𝑢 𝑠𝑒𝑐𝑜𝑛𝑑𝑎𝑖𝑟𝑒
𝑇𝑒𝑛𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑝𝑟𝑖𝑚𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑎𝑐𝑡𝑢𝑒𝑙
𝑅= (3.29)
𝑇𝑒𝑛𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑠𝑒𝑐𝑜𝑛𝑑𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑐𝑜𝑟𝑟𝑒𝑠𝑝𝑜𝑛𝑑𝑎𝑛𝑡

 Déphasage ou erreur de phase 𝜺𝝋 (𝒎𝒏)

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38

C’est la différence de phase entre tensions primaire et secondaire, en minute


d’angle. Pour un TT cette erreur est donnée par :
𝐼2
[𝑋1𝑒 . 𝑐𝑜𝑠𝛿 − 𝑅1𝑒 . 𝑠𝑖𝑛𝛿] + 𝐼𝑐 . 𝑋1 − 𝐼𝑚 . 𝑅1
𝑛
𝜀φ =
𝑛. 𝑉2
𝐼2 𝐼𝑐 .𝑋1 −𝐼𝑚 .𝑅1
= (𝑋2𝑒 . 𝑐𝑜𝑠𝛿 − 𝑅2𝑒 . 𝑠𝑖𝑛𝛿) + (3.30)
𝑉2 𝑛.𝑉2

Avec :
𝑅
𝑅2𝑒 = 𝑅2 + 𝑅1′ = 𝑅2 + 𝑛12 =résistance équivalente du TT, ramenée au

secondaire.
𝑋
𝑋2𝑒 = 𝑋2 + 𝑋1′ = 𝑋2 + 𝑛12 = réactance équivalente du TT, ramenée au

secondaire.
𝑋1 = réactance de l’enroulement primaire du TT
𝑅1 = résistance de l’enroulement primaire du TT
𝑋1𝑒 = 𝑋1 + 𝑋2′ = 𝑋1 + 𝑛2 . 𝑋2 = réactance équivalente du TT, ramenée au
primaire.
𝑅1𝑒 = 𝑅1 + 𝑅2′ = 𝑅1 + 𝑛2 . 𝑅2 = résistance équivalente du TT, ramenée au
primaire.
𝑉 𝑁
𝑛 = 𝑉1 = 𝑁1 pour un transformateur de potentiel
2 2

 Erreurs normalisées
 Pour une classe de précision donnée, les erreurs de tension et de
déphasage, d’un TT de mesure ne doivent pas dépasser les valeurs
indiquées dans le tableau 3.8 ci-dessous (CEI 60044-2).

Tableau 3.8 : Limites d’erreurs selon la classe de précision pour les TTs de mesure
Erreur de déphasage
Erreur de tension
Classe de précision ± mn
(de rapport) ± %
En minutes En centiradians
0,1 0,1 5 0,15
0,2 0,2 10 0,3
0,5 0,5 20 0,6
1,0 1,0 40 1,2
3,0 3,0 Pas spécifiée Pas spécifiée

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
39

Exemple 3.1 : : Exemple de TT utilisé pour la mesure


𝟐𝟎.𝟎𝟎𝟎
√𝟑
Caractéristiques de l’appareil : 𝟏𝟏𝟎 ; 100 VA ; 𝑐𝑙 1
√𝟑
- Tension primaire = 20.000⁄√3
- Tension secondaire = 110⁄√3
- Puissance de précision = 100 VA
- Classe de précision = 1
25 100
- Pour une charge comprise × 100 VA = 25 VA et × 100 VA = 100 VA, et un
100 100
80 120
tension primaire comprise entre 100
× 20.000 V = 16.000 V et 100
× 20.000 V =

24.000 V, l’erreur de tension sera inférieur à 1 % et l’erreur de déphasage sera


inférieur à 40 minutes.

 Pour les TT de protection, les limites d’erreur de tension et phase sont


données par le tableau 3.9. En pratique, seule la classe 3P est utilisée.
La classe de précision est garantie pour les valeurs suivantes :
 Les tensions comprises entre 5% de la tension primaire et la valeur
maximale de cette tension, qui est le produit de la tension primaire
par le facteur de tension nominal K T (K T × V1n )
 Une charge secondaire comprise entre 25 et 100 % de la
puissance de précision avec un facteur de puissance de 0,8
inductif.

Tableau 3.9 : Limites d’erreurs selon la classe de précision pour les TTs de protection
Classe Erreur de tension Erreur de déphasage
de précision (± %) entre (minutes) entre
5% de 𝑉1𝑛 2 % de 𝑉1𝑛 5% de 𝑉1𝑛 2 % de 𝑉1𝑛
et 𝐾𝑇 × 𝑉1𝑛 et 5% de𝑉1𝑛 et 𝐾𝑇 × 𝑉1𝑛 et 5% de𝑉1𝑛
3P 3 6 120 240
6P 6 12 240 480

Exemple 3.2 : : Exemple de TT utilisé pour la protection

𝟐𝟎.𝟎𝟎𝟎 𝟏𝟏𝟎
Caractéristiques de l’appareil :
√𝟑
⁄ ;
√𝟑
100 VA ; 𝑐𝑙 3𝑃 ; 𝐾𝑇 = 1,9

- Tension primaire = 20.000⁄√3

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
40

- Tension secondaire = 110⁄√3


- Puissance de précision = 100 VA
- Classe de précision = 3𝑃
- L’erreur maximale de tension serade3 % et l’erreur maximale de déphasage
serade120 minutes pour une charge comprise entre 25% × 100 VA = 25 VA et
100% × 100 VA = 100 VA avec un facteur de puissance de 0,8 inductif.
- La tension maximale que le TT pourra supporter pendant 8h de temps est :
20.000
1,9 × = 21,9 𝐾𝑉
√3

a) TTs montés en étoile b) TTs montés en V


𝑼𝒏 ⁄√𝟑
Rapport : Rapport : 𝑼𝒏 ⁄𝟏𝟎𝟎
𝟏𝟎𝟎⁄√𝟑

c) Détails du montage V

Figure 3.13. Montages des TTs

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
41

4) Montage des TTs

Les transformateurs de tension, (TTs) sont utilisés pour abaisser le niveau de


la tension HT à des valeurs typiques de 100, 100/√3, 110, 110/√3(Norme IEC
60186). Pour alimenter une tension triphasée au relais, on utilise deux types de
montage(fig.3.13) :
 En montage de mesure à 3 trois transformateurs en étoile, qui nécessite 1
borne HT isolée par transformateur ;
 En montage à deux transformateurs, montage dit en V, nécessitant2
bornes HT isolées par transformateur.

a) Mesure de la tension résiduelle

La tension résiduelle qui caractérise le potentiel du point neutre par rapport à la


terre est égale à la somme vectorielle des trois tensions phase-terre.
La tension résiduelle est égale à 3 fois la tension homopolaire𝑉0.

⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑉𝑟𝑠𝑑 = 3. ⃗⃗⃗
𝑉0 = ⃗⃗⃗
𝑉1 + ⃗⃗⃗
𝑉2 + ⃗⃗⃗
𝑉3 (3.31)

NB :il est impossible de mesurer une tension résiduelle avec des TT phase-phase

a) Mesure directe de la tension résiduelle b) Calcul de tension résiduelle

Figure 3.14. Mesure de la tension résiduelle

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
42

L’apparition de cette tension est significative de l’existence d’un défaut à la


terre.
Elle est obtenue par mesure ou par calcul (fig.3.14):
 mesure par trois transformateurs de tension dont les primaires sont en étoile
et les secondaires en triangle ouvert qui délivre la tension résiduelle.
 calcul par le relais à partir de trois transformateurs de tension dont les
primaires et les secondaires sont en étoile.

5) Transformateur de tension Capacitif

Pour des tensions extrêmement Haute (U ≥ 132 KV), les TTs électromagnétiques
deviennent extrêmes chers et par conséquent il est une pratique courante d’utiliser
un TT capacitif (TTC), alimenté à travers un diviseur de tension capacitif, comme
montré sur la figure 3.15.
Considérons le circuit équivalent de Thevenin du diviseur capacitif de la figure
3.16. La FEM de Thevenin est donnée par :

𝑈.𝐶1
𝐸𝑇ℎ = (𝐶 (3.32)
1 +𝐶2 )

Et son impédance est :


𝑍𝑇ℎ = 𝐶1 + 𝐶2 (3.33)

La tension 𝑉𝐿 en fonction du courant primaire 𝐼1 du TT est donc :

1
𝑉𝐿 = 𝐸𝑇ℎ − 𝐼1 . [𝑗𝐿𝜔 + 𝑗𝜔(𝐶 ] (3.34)
1 +𝐶2 )

Il se voit clairement que la tension secondaire aura une erreur de déphasage,


sauf si l’inductance 𝐿 est en résonnance avec la capacité (𝐶1 + 𝐶2 ) à la fréquence 𝜔
du réseau. Pour éviter cette erreur de déphasage, une impédance de valeur
appropriée est insérée pour satisfaire la condition de résonnance :

1 1
𝐿 = 𝜔2 (𝐶 (3.35)
1 +𝐶2 )

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
43

Figure 3.15. TT Capacitif

Figure 3.16. Circuit équivalent de la figure 3.15

4.1.2 Les Relais de protection : Classification

Les relais de protection sont des appareils qui reçoivent une ou plusieurs
informations à caractère analogique (courant, tension, puissance…etc.) et le
traduisent à un ordre de fermeture ou ouverture d’un circuit de commande lorsque
ces informations reçues atteignent des valeurs supérieures ou inférieures à certaines
limites qui sont fixées d’avance. Les grandeurs électriques susceptibles de varier
pendant les défauts, sont entre autres la tension, le courant, la fréquence et l’angle
de phase. Le rôle des relais de protection consiste donc à détecter tout phénomène

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
44

anormal pouvant se produire sur un réseau électrique tel que les défauts de court-
circuit.
Un circuit de relais est montré sur la figure 3.17. Il peut être divisé en trois parties :
 La première est l’enroulement primaire du TC, qui est connecté en série
avec la ligne à protéger ;
 La deuxième partie comprend le secondaire du TC et la bobine du relais ;

Figure.3.17. Les circuits d’un système de protection à relais

Figure.3.18. Relais sans alimentation auxiliaire ou autonome

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
45

 La troisième partie est le circuit de coupure qui peut être alimenté en


alternatif ou continu. Il comprend la source d’alimentation, la bobine de
coupure du disjoncteur et du contact du relais. L’énergie nécessaire au
fonctionnement du relais peut être aussi prise directement sur le circuit
surveillé (protégé), comme le cas de la figure 3.18.

Les Relais

Electromagnétique Statique Numérique

Attraction Induction Semi-conducteur Microprocesseur

Figure.3.19. Classification des relais de protection

[Link] Classification suivant la technologie de construction

Suivant leur constitution, les relais peuvent être classés en trois catégories
comme montré sur la Figure 3.19. Il existe plusieurs types de relais de protection
dans chaque catégorie, suivant leurs principes de fonctionnement et leurs
applications.

1) Relais électromécaniques

La plupart des relais en service sur les réseaux électriques d’aujourd’hui sont de
type électromécanique. Ils se divisent en :
- Relais à attraction électromagnétique,
- Relais à induction électromagnétique, et
- Relais thermique

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
46

Un relais électromagnétique comporte une armature ou un équipage mobile sur


lequel agissent les bobines ou des aimants ou des conducteurs (fig.3.20). Ils
dépendent de la conception du circuit magnétique. La bobine parcourue par un
courant, provoque l’aimantation du circuit magnétique dont la partie mobile se
déplace. La force d’attraction sur la partie mobile sera d’autant plus grande que
l’intensité du courant sera plus élevée et l’entre fer plus faible. Le relais
électromagnétique intervient pour protéger le système contre les courants de court-
circuit.

Figure.3.20 Principe du relais électromagnétique

La figure 3.21 illustre le principe de fonctionnement d’un relais muni d’un contact
normalement fermé et d’un contact normalement ouvert de type unipolaire
bidirectionnel.

a) Hors tension – continuité entre les bornes 1 et 2 b) Sous tension – continuité entre 1 et 3

Figure.3.21 Structure de base d’un relais unipolaire bidirectionnel

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
47

Lorsqu’il n’y a pas de courant dans la bobine, l’armature est plaquée contre le
contact supérieur par le ressort, assurant ainsi la continuité entre la borne 1 et la
borne 2, comme le montre la figure 3.21(a). Lorsque le relais est activé par un
courant dans la bobine, l’armature est abaissée par la force d’attraction du champ
magnétique et la connexion s’établit avec le contact inférieur, assurant la continuité
entre la borne 1 et la borne 3, tel qu’illustré à la figure 3.21(b).
La figure 3.22 illustre un relais type et son symbole

(a) Structure (b) Symbole


Figure.3.22 Relais type (a) et son Symbole (b)

Les équipements électromécaniques sont des assemblages de fonctions :


détection de seuils et temporisation. Ils avaient l’avantage d’être robustes, de
fonctionner sans source d’énergie auxiliaire et d’être peu sensibles aux perturbations
électromagnétiques.
Ces relais se démarquent par leur solidité et leur grande fiabilité qui font que leur
entretien est minime. Ils sont réputés pour leur fiabilité dans les environnements de
travail les plus délicats.

a) Les relais à attraction électromagnétique

Le de fonctionnement des relais à attraction électromagnétique est basé sur le


principe de l’attraction d’une armature par une force magnétique produite par un
courant indésirable ou par le mouvement d’un piston dans un solénoïde. Ces relais

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
48

peuvent être actionnés par des gradeurs alternatives (~) ou continues (=). Les types
qui constituent cette famille de relais sont les suivants :

1. Le relais à attraction d’armature

La figure 3.23 représente un schéma descriptif d’un relais à attraction


d’armature. Il est constitué d’un électroaimant portant une bobine, et d’une armature.
L’armature est maintenue en position par un contre poids venant du ressort de rappel
qu’elle comporte. La bobine est alimentée par une grandeur proportionnelle au
courant ou à la tension du système protégé. La grandeur de commande produit un
flux magnétique, qui a tour donne naissance à une force électromagnétique. Cette
force électromagnétique est proportionnelle au carré du flux dans l’entrefer, ou au
carré du courant. La force d’attraction s’accroit au fur et à mesure que l’armature
approche le pôle de l’électro-aimant. Ce type de relais est utilisé pour la protection
des moteurs et équipements de petites tailles.

Figure.3.23. Le relais à attraction d’armature

La grandeur de commande du relais peut être alternative (ac) ou continue


(dc). Dans le cas du continu, la force électromagnétique d’attraction (𝐹1 = 𝐾1 . 𝐼 2 ) est
constante, alors qu’en alternatif, la bobine sera parcourue par un courant sinusoïdal
et donc la force d’attraction est donnée par :

1
𝐹1 = 𝐾1 . 𝑖 2 = 𝐾1 (𝐼𝑚𝑎𝑥 . 𝑠𝑖𝑛𝜔𝑡)2 = 2 𝐾1 . (𝐼𝑚𝑎𝑥
2 2
− 𝐼𝑚𝑎𝑥 . 𝑐𝑜𝑠2𝜔𝑡) (3.36)

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
49

De l’équation (3.36), il ressort que la force électromagnétique comprend deux


2 1
composantes. L’une d’elles est constante et vaut 2 𝐾1 . 𝐼𝑚𝑎𝑥 . L’autre est pulsative à

une fréquence double de celle de la grandeur alternative de commande du relais


1 2
(alimentation de la bobine du relais), et dont l’amplitude vaut 𝐾1 . 𝐼𝑚𝑎𝑥 . 𝑐𝑜𝑠2𝜔𝑡. La
2

force totale est donc pulsative, de pulsation 2𝜔. Cela pourrait causer une vibration de
l’armature à une fréquence de 2𝜔 et rendre ainsi le relais bruyant.
Si nous négligeons l’effet de la saturation , la force résultante s’exerçant sur
l’armature est donnée par :
𝐹 = 𝐹1 − 𝐹2 = 𝐾1 𝐼 2 − 𝐾2 (3.37)
Où 𝐹 est force résultante sur l’armature, 𝐾1 la constante de conversion de la force,
𝐾2 = 𝐹2 la force de rappel du ressort, et 𝐼 la valeur efficace du courant.
Lorsque le relais est au bord du déclenchement, la force résultante sur l’armature est
nulle et la caractéristique de fonctionnement devient :
𝐾
𝐾1 𝐼 2 = 𝐾2 ⟹ 𝐼 = √ 1 = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 (3.38)
𝐾 2

De l’explication et équation ci-dessus, nous pouvons conclure que le


fonctionnement du relais est influencé par :
 Les ampère tours développées par la bobine du relais
 La dimension de l’entrefer entre le noyau magnétique du relais et
l’armature
 La force de rappel s’exerçant sur l’armature
La charge nominale de ce type de relais est faible et vaut au déclenchement,
0,08 pour un relais à un contact et 0,2 pour un relais à quatre contacts.
Ce relais est utilisé comme relais auxiliaire, relais de contrôle, relais de
surintensité et sous intensité, relais de surtension et sous tension, et relais de
mesure d’impédance.

2. Le Relais à Piston

La figure montre un relais de type à piston. Il est constitué d’un solénoïde et


d’un piston mobile en fer, le tout assemblé comme montré sur la figure. En
fonctionnement normal, le courant traversant la bobine du relais est tel qu’il

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
50

maintient, par la pesanteur ou le ressort, le piston à sa position montrée sur la figure.


A l’apparition d’un défaut, le courant à travers la bobine devient supérieur au seuil de
déclenchement du relais, entrainant ainsi l’attraction du piston à l’intérieur du
solénoïde. La montée du piston ferme le circuit de coupure qui ouvre le disjoncteur,
déconnectant ainsi le circuit en défaut. Le mouvement du piston est contrôlé par le
ressort. Ce type de relais est aujourd’hui obsolète car ayant un fort appel en courant.

Figure.3.24. Le relais à Piston

3. Le Relais à balancier
La constitution de ce type de relais est donnée à la figure 3.25. Il comprend une
armature en fer fixé à un balancier.

Figure.3.25. Le relais à Balancier

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
51

En fonctionnement normal, le courant traversant la bobine du relais est tel que


le balancier est maintenu en position horizontale par le ressort. Toutefois, à
l’apparition d’un défaut, le courant à travers la bobine devient supérieur au seuil de
déclenchement du relais, et le balancier est attiré pour fermer le circuit de coupure
qui ouvre le disjoncteur pour isoler le circuit en défaut.
Bien qu’il soit aujourd’hui obsolète, ce type de relais était très populaire dans le
passé pour la construction des relais différentiels et d’impédance. Ce type de relais
est robuste et rapide mais pas précis.

4. Le Relais à anche

Un autre type de relais très répandu est le relais à anche, présenté à la figure
3.26. Comme le relais à armature, le relais à anche emploie une bobine
électromagnétique. De minces lames de matériau magnétique (Nickel-fer) forment
les contacts à l’intérieur du relais.
En l’absence de courant, les lames demeurent en position ouverte, comme le
montre la figure 3.26 b). Lorsqu’un courant traverse la bobine, les lames créent un
contact en s’aimantant et en s’attirant mutuellement, tel qu’illustré à la partie c)

a) b) hors tension c) sous tension


Figure.3.26. Le relais à anche

Les relais à anche réagissent plus rapidement, sont plus fiables et génèrent moins
d’arcs électriques que les relais à armature. Par contre, leur capacité à supporter le
courant est inférieure à celle des composants à armature ; ils sont donc plus enclins
aux chocs mécaniques.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
52

b) Les relais à Induction électromagnétique

Leur fonctionnement est basé sur le principe de l’induction électromagnétique,


et est le même que celui du moteur à induction monophasé. Ils ne peuvent donc être
utilisés qu’en courant alternatif vu leur principe de fonctionnement. Un relais à
induction électromagnétique est essentiellement constitué d’un disque rotatif en
aluminium, placé dans deux champs magnétiques alternatifs de même fréquences
mais décalés dans le temps et dans l’espace. Le couple est créé sur le disque par
l’interaction de l’un des champs magnétiques avec les courants induits dans le
disque par l’autre champ.
Afin de comprendre la création de couple dans un relais à induction,
considérons la figure 3.27. Elle montre comment la force est créé dans une section
d’un rotor qui fait face à deux flux alternatifs adjacents.

(a) (b)
Figure.3.27. Création de couple dans un relais à induction

Les deux flux ϕ1 et ϕ2 différents en phase d’un angle 𝛼, induisent dans le disque des
f.é.m. et causent la circulation de courants de Foucault 𝑖1 et 𝑖1 respectivement. Ces
courants sont en retard sur leurs flux respectifs d’un angle de 90°.
En nous référant à la figure 3.27 (b) ou les deux flux et courants induits sont
représentés séparément pour plus de clarté, supposons les valeurs instantanée
suivantes des flux :
𝜙1 = 𝜙1𝑚𝑎𝑥 . 𝑠𝑖𝑛𝜔𝑡
ϕ2 = ϕ2max . sin(𝜔𝑡 + 𝛼) (3.39)

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
53

En admettant que les inductances propres des parcours de circulation des


courants rotoriques sont négligeables, ces derniers vont être en phase avec leurs
tensions.
𝑑ϕ1 𝑑
𝑖1 ∝ ∝ (ϕ1max . 𝑠𝑖𝑛𝜔𝑡) ∝ ϕ1max . 𝑐𝑜𝑠𝜔𝑡
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑑ϕ2 𝑑
𝑖2 ∝ ∝ 𝑑𝑡 (ϕ2max . 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡 + 𝛼)) ∝ ϕ2max . 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 + 𝛼) (3.39)
𝑑𝑡

Les forces exercées sur le disque sont données par :


𝐹1 ∝ ϕ1 . 𝑖2
𝐹2 ∝ ϕ2 . 𝑖1 (3.40)
La figure 3.27 (b) montre que les deux forces sont opposées.
La force résultante sur le disque est alors :

𝐹 ∝ 𝐹2 − 𝐹1
∝ 𝜙2 . 𝑖1 − 𝜙1 . 𝑖2
∝ ϕ2max . sin(𝜔𝑡 + 𝛼) . ϕ1max . 𝑐𝑜𝑠𝜔𝑡 − ϕ1max . 𝑠𝑖𝑛𝜔𝑡. ϕ2max . 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 + 𝛼)
∝ 𝜙1𝑚𝑎𝑥 . 𝜙2𝑚𝑎𝑥 [sin(𝜔𝑡 + 𝛼) . 𝑐𝑜𝑠𝜔𝑡 − 𝑠𝑖𝑛𝜔𝑡. 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 + 𝛼)]
∝ ϕ1max . ϕ2max . 𝑠𝑖𝑛𝛼

En remplaçant les valeurs maximales par les valeurs efficaces, nous aurons :

𝐹 ∝ ϕ1 . ϕ2 . 𝑠𝑖𝑛𝛼 (3.41)
Avec ϕ1 et ϕ2 les valeurs efficaces des flux.
De l’équation (3.41), nous pouvons faire les remarques suivantes :
 Plus le déphasage entre les deux flux sera grand, plus grande sera la
force résultante sur le disque. La force maximale est évidemment produite
lorsque le déphasage est de 90°.
 La force résultante est la même à tout instant et cela ne dépend pas des
suppositions faites pour obtenir l’expression (3.41).
 La direction de la force résultante et par conséquent celle du mouvement
du disque dépend de l’avance de tel flux sur l’autre.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
54

Les trois types de structures suivantes sont couramment utilisées dans la


construction des relais à induction, pour créer la différence de phase entre les deux
flux et donc du couple :
- La structure avec bagues de déphasage
- La structure wattmétrique ou à double enroulement
- La structure avec coupelle d’induction

Ces trois structures de construction des relais peuvent être regroupées en deux
classes standards : L’une utilisant un disque à induction (structure avec bagues de
déphasage et structure wattmétrique), et l’autre, une coupelle à induction. Dans ces
deux variantes de construction, l’élément mobile (disque ou coupelle) est l’équivalent
au rotor du moteur à induction.

1. Le Relais à bagues de déphasage

Les figures 3.28 a) et 3.28 b) décrivent le principe de fonctionnement


théorique et la construction pratique du relais à bagues de déphasage. Il est
constitué d’un disque en aluminium tournant librement dans l’entrefer d’un
électroaimant. L’électroaimant utilisé a une forme en « C », avec la moitié de chacun
de ses pôles, recouverte d’une bande de cuivre appelée bague d’ombrage ou de
déphasage. Le flux total, due au courant alternatif dans la bobine du relais, se divise
en deux flux décalés dans l’espace et le temps à cause de la bague de déphasage.
Ces deux flux décalés dans l’espace et le temps coupent le disque et produisent des
courants de Foucault dans ce dernier. Le flux ∅o dans la portion ombragée des pôles
sera en retard d’un angle 𝛼 sur celui ∅no de la partie non ombragée, due à la
réaction du courant induit dans la bague.
Soit :
E0 : La f.é.m. induite dans le disque due à ∅𝑜
Eno : La fém. induite dans le disque due à ∅𝑛𝑜
I0 : Le courant induit due à Eo
Ino : Le courant induit due à Eno
Eno est en retard de 90° sur ∅𝑛𝑜 alors que E0 est elle aussi en retard de 90° sur ∅𝑜 .
Les Io et Ino sont chacun en retard sur sa f.é.m. correspondante d’un petit angle .

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
55

a) Construction simple

b) Construction pratique
Figure.3.28. Relais à bagues de déphasage

Ce angle 𝛽 est généralement négligé et les courant Io et Ino sont considérés être en
phase avec E0 et Eno (figure 3.29).
Les deux flux alternatifs déphasés vont produire le couple nécessaire pour
faire tourner le disque. Comme établi précédemment, ce couple est donné par :

𝑇 ∝ ϕo . ϕno . 𝑠𝑖𝑛𝛼 (3.42)

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
56

En admettant que les flux ϕo et ϕno sont proportionnels au courant 𝐼 circulant


dans la bobine du relais, on aura :

𝑇 ∝ 𝐼 2 . 𝑠𝑖𝑛𝛼 (3.43)
𝑇 ∝ 𝐾. 𝐼 2

Comme 𝑠𝑖𝑛𝛼 est constant pour une construction donnée, le couple d’entrainement du
disque est donc proportionnel au carré du courant de la bobine du relais.

Figure.3.29. Diagramme des grandeurs électriques sur le disque

2. Le Relais wattmétrique

La constitution de ce relais est similaire à celle d’un compteur d’énergie active


qui est utilisé partout de façon populaire. Sa configuration générale est montrée sur
la figure 3.30. Il est constitué d’un disque rotatif en aluminium monté de façon à
pouvoir tourner librement entre les pôles de deux électroaimants. L’électroaimant
supérieur en forme de E, porte deux enroulements : le primaire et le secondaire.
L’enroulement primaire dans lequel circule le courant I1 constitue celui du relais,
alors l’enroulement secondaire est connecté à l’enroulement de l’aimant inferieur en

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
57

U. Pour obtenir une différence de phase suffisante entre les flux produits par les
deux aimants, les résistances et réactances des circuits de ces derniers doivent être
de différentes valeurs. Le courant primaire induit dans le secondaire une f.é.m., qui
fait circuler dans ce dernier un courant I2 . Le flux ϕ2 induit dans l’aimant inferieur par
le courant I2 de l’enroulement secondaire de l’aimant supérieur, est en retard sur le
flux ϕ1 d’un angle 𝛼. Ces deux flux ϕ1 et ϕ2 déphasés de 𝛼, vont produire sur le
disque un couple proportionnel à ϕ1 . ϕ2 . 𝑠𝑖𝑛𝛼.
Dans ce type de relais la prise de réglage peut être fourni au primaire.
Cela permet un choix adéquat du nombre de spire au primaire et par un
ajustement (variation) du réglage en courant.
La plupart des relais à induction sont de ce type. Une caractéristique
importante de ce type de relais est que son fonctionnement peut être contrôlé
par une fermeture ou une ouverture de l’enroulement secondaire. Si ce circuit
est ouvert, aucun courant ne circulera dans le secondaire et donc le flux ϕ2 ne
peut produit, et par conséquent aucun couple ne sera développé. Le relais
peut donc être rendu non fonctionnel par une ouverture du circuit de
l’enroulement secondaire.

Figure.3.30. Relais wattmétrique

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
58

3. Relais à coupelle d’induction

La construction de ce type de relais est très semblable à celle d’un moteur à


induction. La seule différence est que dans ce type de relais le noyau en fer du relais
est fixe, et seule la partie conductrice du rotor est libre de roter. L’élément mobile est
un rotor cylindrique creux qui tourne autour de son axe.
Les courants et flux respectifs produits par les deux paires de bobines l’un par
rapport à l’autre d’un angle 𝛼. Le flux résultant dans l’entre fer est donc tournant.
Ainsi un champ tournant est produit par les deux paires de bobines, bobinées sur
quatre pôles comme montré sur la figure 3.31. Ce champ induit dans la coupelle des
courants nécessaire pour produire le couple d’entrainement. Si ϕ1 et ϕ2 représentent
les flux produits par les paires de pôles respectives, alors le couple développé est
proportionnel à ϕ1 . ϕ2 . 𝑠𝑖𝑛𝛼 où 𝛼 est le déphasage entre les deux flux.
Les structures à coupelle sont efficaces en terme de développement de
couple, que celles à bague et wattmétrique. Par conséquent ce type de relais a une
grande rapidité de l’ordre de 0,01 seconde.

Figure.3.31. Relais à coupelle

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
59

c) Les relais thermiques

Le relais thermique est constitué d’un bilame métallique par phase (fait de 2 lames
avec des coefficients de dilatation différents). Son fonctionnement est basé sur un
principe électrothermique. Le passage d’un courant électrique, supérieur au
ᶲcalibrage du relais thermique, à travers les métaux entraine une élévation de la
température de ces derniers, qui provoque leur dilatation et donnant ainsi lieux à la
création de forces qui font mouvoir des contacts.

Figure.3.32 Constitution (a) et principe de fonctionnement (b) du relais thermique

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
60

2) Relais statiques (à semi-conducteur)

Les relais statiques sont des dispositifs à semi-conducteur composés de


composants électroniques comme les résistances, les diodes, les transistors etc. Ces
relais n'ont pas des pièces mobiles qui les rendent plus légers et plus petit que les
relais électromagnétiques. Les relais à semi-conducteur exécutent les mêmes
fonctions que les relais électromagnétiques sauf qu'elles ont besoin de moins de
tension pour fonctionner et la commutation peut être exécutée en très brèves durées.
Les relais statiques sont fiables mais les composants électroniques peuvent dériver
en raison de la température ambiante et du vieillissement élevés.
Les relais à semi-conducteur activent le déclenchement des circuits utilisant des
dispositifs électroniques tels que les redresseurs à silicium et, en conséquence, il n'y
a aucun arc pendant la commutation. Les commutateurs dans les relais à semi-
conducteur ont toujours des courants de fuite indépendamment du fait que les
commutateurs sont ouverts ou fermés.

3) Relais numériques

La protection des systèmes électriques a changé beaucoup depuis l'évolution


des microprocesseurs. Leur intégration à très grande échelle a permis de réunir de
nombreux composants dans une simple puce. La technologie numérique a fait sa
place dans le domaine de la protection des systèmes électriques. Aujourd'hui, les
relais numériques sont mis en application pour protéger presque tous les
composants des systèmes électriques. Les techniques fondamentalement
numériques emploient les mêmes principes qui ont étaient employé par les relais
électromécaniques et statiques. Les relais numériques ont beaucoup d'avantages
telle que :
- Économique : La raison principale de l'acceptation des relais numériques
est qu'ils présentent beaucoup de dispositifs au prix raisonnable.
- Rapide : Il y a deux raisons du fonctionnement rapide des relais numériques
; un, les relais numériques n’emploient aucune partie mécanique, deux, l'utilisation
des processeurs à grande vitesse ont fait de ces relais très rapides.
- Autocontrôle : les relais numériques contrôlent eux-mêmes sans
interruption. Par contre les relais électromécaniques doivent être examinés par le

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
61

personnel à intervalles réguliers. D'autre part, Le dispositif à autocontrôle épargne le


temps aussi bien que l'argent.
- Fonctions multiples : Les relais, les compteurs, les commutateurs de
commande, les indicateurs, et les appareils de communication peuvent être intégré
dans un relais protecteur simple à microprocesseur. Les schémas de sous-
station/système et les diagrammes de câblage sont facilement produits en raison du
nombre réduit de dispositifs et de câblage relatif.
- Temps mise en marche réduit : la mise en marche est un processus de
vérification des performances d'un équipement avant qu'il ne soit mis en service. Les
relais numériques ont des dispositifs de mesure et les compatibilités à distance, qui
font la mise en marche simple et moins longue.
- Economie de temps et d’effort : la localisation rapide de l’endroit du défaut
par les relais numériques dans les lignes de transport réduit le temps de coupure
électrique considérablement.
- Flexibilité : les relais numériques peuvent être conçus et construits en
prenant compte l'usage universel du matériel. Un relais peut être employé pour
protéger différents composants de système d’énergie en chargeant différents
logiciels.
- Petite taille : Les relais numériques sont plus légers dans le poids et ont
besoin de moins d'espace que les relais électromécaniques et à semi-conducteur.
Pour cette raison, il est facile de transporter ces dispositifs.
- Remplacement facile : si un relais numérique tombe en panne, peut être
remplacé complètement. Ceci économise le temps et le travail nécessaire pour des
réparations.

[Link] Classification suivant la fonction

La plupart des relais électromécaniques en service sur les réseaux électriques


fonctionnent sur le principe de l’attraction ou l’induction électromagnétique.
Indépendamment du principe utilisé, les relais sont généralement classés suivant la
fonction qu’ils sont appelés à jouer pour la protection des circuits électriques des
réseaux électriques. Par exemple, un relais qui détecte une surintensité (tout courant
supérieur au courant admissible) dans un circuit, et initie des mesures correctives est
appelé relais à maximum de courant ou relais de surintensité, quel que soit son type

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
62

de construction. De même un relais qui détecte une surtension dans un circuit, et


initie des mesures correctives est appelé relais de surtension. Bien qu’il existe
plusieurs types de relais à fonction spéciale, seulement les types suivant les plus
importants seront discutés dans ce chapitre.

1) Relais à maximum de courant (𝑰 >) ou de surintensité

Un relais à maximum de courant admet une seule entrée sous forme de courant
alternatif. Sa sortie est un contact normalement ouvert, qui se ferme lorsque la
bobine du relais est excitée. Le relais admet un Réglage en Temps (RT) appelé aussi
« Time Setting » (TS) qui décide le temps au bout duquel le relais doit déclencher, et
un Réglage en Courant (RC) ou de la Prise (RP), appelé aussi « Plug Setting » (PS),
qui décide du niveau (seuil) de courant pour lequel le relais déclenche. Le nom
« Plug setting » provient des relais électromécaniques lesquels disposent des Prises
de court-circuit, assemblées en un pont de prises de réglage et qui nous permettent
de choisir le nombre souhaité de spires sur la bobine du relais afin de régler le relais
à un seuil donné. Le même terme continue toujours à être utilisé avec les relais de
nouvelle génération.
Le schéma bloc d’un relais à maximum de courant est donné à la figure 3.33

Figure.3.33 Schéma bloc d’un relais à maximum de courant

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
63

Les relais à maximum de courant protègent les réseaux électriques contre les
courants excessifs causés par les court-circuits et les défauts à la terre ou défauts
homopolaires…etc. Ils peuvent être utilisés pratiquement pour protéger n’importe
quel élément du réseau, tels que les lignes de transport, les transformateurs, les
générateurs ou les moteurs.
Pour la protection d’une ligne, il pourrait y avoir plus d’un relais à maximum de
courant pour protéger les différentes sections de la ligne. Ces relais nécessitent
d’être coordonnés entre eux de sorte que celui le plus proche du point de défaut
déclenche le premier.
L’utilisation de la discrimination en courant, en temps et de la combinaison des
deux, sont les trois méthodes utilisées pour réaliser la coordination entre relais de
surintensité adjacents.
Les relais à maximum de courant protègent contre :

- Les défauts phases,


- Les défauts phase-terre
- Les défauts dans les enroulements

Une protection de surintensité protège contre les courants excessifs ou


supérieurs aux seuls acceptables, qui résultent des court-circuits, des défauts à la
terre et des conditions de surcharge. La protection de surcharge protège contre une
situation dans laquelle les courants de surcharge provoquent un échauffement de
l’équipement protégé.
Le relais à maximum de courant peut être utilisé comme protection de surcharge
(thermique), lorsqu’elle est destinée à une charge résistive...etc., mais pas pour les
moteurs. Les relais de surcharge ont généralement un temps de déclenchement plus
long que celui du relais de surintensité de court-circuit.

a) Définitions des termes fréquemment utilisés

Il est important de définir et expliquer certains termes importants fréquemment


utilisés dans le domaine des relais de protection.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
64

1. Réglage en Courant (RC) ou « Current setting » ou « Plug Setting (PS) »

Il est souvent désirable d’ajuster le courant de seuil à n’importe quelle valeur


souhaitée. Cet ajustement est appelé réglage du courant et est généralement
effectué à partir des prises disponibles sur la bobine du relais afin de choisir son
nombre de spires à utiliser. Ces prises sont disponibles sur un pont comme donné
sur la figure 3.34.

Figure 3.34 Prises de réglage du courant de seuil

Le changement du nombre de spires sur la bobine du relais, entraine une


variation du couple sur le disque et donc du temps de fonctionnement
(déclenchement) du relais.
La valeur assignée à chaque prise est exprimée en pourcentage du courant
nominal de pleine charge du transformateur de courant (TC) auquel le relais est
associé et représente la valeur au-delà de laquelle le disque commence à tourner et
fermer finalement le circuit de coupure.
Les plages de réglage de courant vont généralement de 50% à 200% avec un
pas de 25%, pour les relais de surintensité, et de 10% à 70% avec un pas de 10%
pour les relais de protection homopolaire.

2. Courant minimum de déclenchement ou Courant de Seuil (𝑰𝒔 ) ou « Pick-


up current »

C’est le courant minimum de la bobine du relais, auquel ce dernier commence à


fonctionner, c'est-à-dire déclenche. En d’autre terme, elle définit la sensibilité du

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
65

relais. Aussi longtemps que le courant circulant dans la bobine du relais reste
inférieur à ce seuil, le relais ne déclenchera pas et le disjoncteur commandé par lui
restera en position fermé. Mais dès que le courant de la bobine du relais devient
supérieur ou égal au seuil, le relais déclenche et alimente la bibine du circuit de
coupure qui ouvre le disjoncteur.
Le courant de seuil est donné par la relation suivante :

𝐶𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑠𝑒𝑢𝑖𝑙 (𝐼𝑠 ) = 𝐶𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑠𝑒𝑐𝑜𝑛𝑑𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑛𝑜𝑚𝑖𝑛𝑎𝑙 𝑑𝑢 𝑇𝐶 × 𝑅é𝑔𝑙𝑎𝑔𝑒 𝑒𝑛 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 (3.44)

Exemple 3.3 :
Soit un relais à maximum de courant ayant un réglage en courant de 125% et
connecté à un circuit d’alimentation à travers un transformateur de courant de 400/5.
Calculer le courant minimum de déclenchement ou seuil de ce relais.

Le courant nominal assigné au secondaire du TC est 5 A. Réglage en courant de 125%


signifie que le seuil sera 25% plus grand que 5 A, c'est-à-dire que le seuil en courant
du relais est de : 5 x 1,25 = 6,25 A. Cela signifie qu’avec ce réglage en courant, le relais
déclenchera pour un courant de bobine supérieur ou égal à 6,25 A.

3. Multiplicateur de Réglage en Courant (MRC) ou Coefficient de


surintensité ou « Plug-Setting Multiplier (P.S.M) »

C’est le rapport du courant de défaut dans le relais par le courant minimum de


déclenchement (seuil).

Courant de défaut dans le relais


P. S. M =
Courant de Seuil
Courant de défaut dans le relais
= (3.45)
𝐶𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑠𝑒𝑐𝑜𝑛𝑑𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑛𝑜𝑚𝑖𝑛𝑎𝑙 𝑑𝑢 𝑇𝐶×𝑅é𝑔𝑙𝑎𝑔𝑒 𝑒𝑛 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡

A P.S.M >1, le relais doit déclencher. Les valeurs supérieures à 1 nous indiquent le
degré de sévérité du défaut car il nous dit combien de fois le courant de défaut vaut
le courant minimum de déclenchement du relais.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
66

Exemple 3.4 :
Un relais réglé à 150% en courant et connecté à un TC de 400/5 A. Pour un courant
de défaut de 2400 A, calculer son P.S.M.

Le courant mini de déclenchement ou seuil est : 5 × 1,5 = 7,5 𝐴


5
Le courant de défaut dans le relais vaut : 2400 × 400 = 30 𝐴
30
P. S. M = =4
7,5

4. Multiplicateur du Réglage en Temps (M.R.T) ou Base de temps ou


« Time-Setting Multiplier (T.S.M) »

Un relais généralement muni d’un dispositif d’ajustement de son temps de


déclenchement. Cet ajustement est connu sous le nom de Multiplicateur du Réglage
en Temps (M.R.T) ou Time-Setting Multiplier (T.S.M). Le cadran du temporisateur est
gradué de 0 à 1 avec un pas de 0,05 seconde (figure 3.35). Ces graduations sont
des coefficients multiplicateurs à utiliser pour convertir le temps obtenu à partir de la
courbe Temps/P.S.M, en temps réel (actuel) de déclenchement du relais. Par
exemple si le réglage en temps (la base de temps) est 0,1 et le temps obtenu à partir
de la courbe Temps/P.S.M est de 3 secondes, le temps réel de déclenchement du
relais est alors 3 x 0,1=0,3 seconde.

Figure 3.35 Base de temps des relais

Dans les relais à induction, le temps de déclenchement est contrôlé en ajustant le


parcours, de sa position de réinitialisation à la position de déclenchement. Cela est
accompli en ajustant la position d’un anti-retour mobile qui contrôle le parcours du

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
67

disque et varie donc le temps au bout duquel le relais fermera ses contacts pour des
valeurs données du courant de défaut.

Le temps de déclenchement rée du relais est donc calculer en multipliant la base


de temps (T.S.M) par le temps obtenu à partir de la courbe Temps/P.S.M du relais.

5. Courbe Tems/P.S.M

La figure 3.36 donne la courbe type du temps de déclenchement d’un relais en


fonction de son P.S.M. En abscisse nous avons le P.S.M qui représente le nombre
de fois le courant dans la bobine du relais vaut le seuil de déclenchement. En
ordonnée nous avons le temps requis (exigé) pour le déclenchement du relais. Si le
P.S.M est 10, le temps de déclenchement (donné par la courbe) est alors 3
secondes.
Le temps réel de déclenchement du relais est obtenu en multipliant les 3 seconde
par la base de temps (T.S.M).

Figure 3.36 Courbe Temps/P.S.M d’un relais (pour T.S.M=1)

On peut aisément constater à partir de la figure 3.36 pour des valeurs faibles
de surintensité, le temps de déclenchement est inversement proportionnel au

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
68

courant, mais quand le courant approche les 20 fois le courant de pleine charge, le
temps de déclenchement tend à devenir constant. Cette caractéristique est
nécessaire pour assurer une discrimination (sélectivité) pendant des défauts
d’intensités élevées sur les lignes.

b) Calcul du temps de déclenchement d’un relais

Pour calculer le temps réel de déclenchement d’un relais, les éléments suivants
doivent être connus :
 La courbe Temps/P.S.M
 Le seuil ou courant minimum de déclenchement du relais
 Le réglage en temps
 Le courant de défaut
 Le rapport de transformation du TC

La procédure de calcul du temps réel (actuel) de déclenchement du relais est le


suivant :
a. Convertir le courant de défaut en courant de la bobine du relais en utilisant le
rapport de transformation du TC.
b. Exprimer le courant du relais en un multiple du réglage en courant, exemple
calculer le P.S.M.
c. A partir de la courbe Temps/P.S.M du relais, lire le temps de déclenchement
pour le P.S.M calculé en b.
d. Déterminer le temps réel de déclenchement en multipliant le temps obtenu en
c. par le T.S.M utilisé.

Exemple 3.5
Déterminer le temps de déclenchement d’un relais à maximum de courant, ayant un
réglage en courant de 125% et un T.S.M de 0,6, connecté à un circuit électrique à
travers un TC de 400/5 A, lorsque le circuit transporte un courant de défaut de 4000
A. Utiliser la courbe de la figure 3.36.
Courant de seuil : 5 x 1.25 = 6.25 A
Courant de défaut dans le relais : 4000 x 5/400 = 50

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
69

P.S.M = 50/6.25 = 8
Figure 3.36 donne pour un P.S.M de 8, un temps de 3,5 secondes
Pour T.S.M de 0,6 le temps réel de déclenchement du relais est : 0,6 x 3,5 = 2,1
secondes.

c) Types de relais à maximum de courant

1. Protection à maximum de courant de phase

Sa fonction est de protéger contre les défauts de phase tels que les défauts
triphasés et biphasés.
Son rôle est de détecter les surintensités monophasées, biphasées ou triphasées.
La protection est activée si un, deux ou trois des courants concernés dépassent la
valeur de consigne correspondant au seuil de réglage appelé aussi : seuil de
fonctionnement. Cette protection peut être temporisée. Dans ce cas, elle ne sera
activée que si le courant contrôlé dépasse le seuil de réglage pendant un temps au
moins égal à la temporisation sélectionnée. Suivant leurs caractéristiques de
fonctionnement, les relais de surintensité peuvent être classés en trois catégories :
- Les relais à courant défini ou relais instantanés,
- Les relais à temps défini ou indépendants,
- Les relais à temps inverse ou dépendants.

a. Le relais à courant défini ou relais instantané

Il est à noter que le mot « instantané » a une autre connotation dans le domaine
des réseaux électriques. Il signifie « aucun retard intentionnel ». Quel que soit la
rapidité voulue dans le fonctionnement d’un relais, ce dernier nécessite un certain
minimum de temps pour déclencher. Le temps de déclenchement d’un relais
instantané est de l’ordre de quelques secondes. De tel relais n’admet qu’un réglage
en seuil de courant et le réglage en temps est inexistant. Ce type de relais fonctionne
instantanément lorsque le courant atteint la valeur du seuil de courant (𝐼 ≥ 𝐼𝑠 )
(fig.3.37). Une caractéristique de ce type de relais est donnée à la figure 3.37. Dans
un réseau radial avec plusieurs relais, le réglage se fait de sorte que le seuil le plus
faible est attribué au relais le plus éloigne de la source, et les seuils des autres

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
70

augmentent progressivement au fur et à mesure qu’on s’approche de la source.


Ainsi, le relais avec le seuil inférieur déclenche d'abord et déconnecte la charge au
point le plus proche du défaut. Cette coordination est basée sur le fait que le courant
de défaut varie avec la localisation du défaut, à cause de la différence d’impédances
entre le point de défaut et la source.
Ce type de relais trouve son application dans la protection des départs, et il
fonctionne en 0,1 seconde ou moins.

Figure 3.37 Caractéristique du relais instantané

b. Relais à temps défini ou à temps indépendant

Ce type de relais est réglable en courant et en temps. Lorsque le courant dans la


bobine du relais atteint le courant de seuil 𝐼𝑠 , le relais déclenche après l’épuisement
d’une temporisation 𝑇 prédefinie. La temporisation 𝑇 est constante et indépendante
de la valeur du courant mesuré pourvu que ce dernier soit supérieur au seuil de
réglage. Ses conditions de déclenchement sont donc 𝐼 ≥ 𝐼𝑠 et 𝑡 ≥ 𝑇.
Sur une ligne avec plusieurs relais, le choix des temporisations se fait de sorte
que la plus faible est attribuée au relais le plus éloigne de la source, et celles des
autres augmentent progressivement au fur et à mesure qu’on s’approche de la
source, ce qui permet de réaliser une meilleure sélectivité. Une caractéristique de ce
type de relais est donnée à la figure 3.38.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
71

Les quelques inconvénients liés à ce type de relais sont les suivants :

 La coordination (sélectivité) devient difficile et demande des changements en


cas de charge additionnelle,
 Il n’est pas convenable pour les lignes de transport longues où une élimination
rapide du défaut est nécessaire pour maintenir la stabilité du réseau.
 L’inconvénient majeur est que, des défauts se produisant à proximité de la
source, donc entrainant de forts courants, peuvent être éliminés dans un
temps relativement long.

Ce type de relais est utilisé comme :


 Protection de secours pour le relais de distance, dans la protection des lignes,
avec une temporisation,
 Protection de secours pour le relais différentiel, dans la protection des
transformateurs, avec une temporisation,
 Protection principale, dans la protection des départs et des coupleurs
(couplages) de jeux de barres, avec temporisation

Figure 3.38 Caractéristique du Relais à maxi de courant à temps indépendant

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
72

c. Relais à temps dépendant (ou inverse)

La caractéristique à temps inverse répond très bien à l’exigence suivant laquelle,


plus le défaut est sévère, plus son élimination doit être rapide, afin d’éviter des
dommages pour les équipements. Ce type de caractéristique est naturellement
fournit par un relais électromécanique, ce qui a conduit à son utilisation rependue et
sa standardisation. Une caractéristique de ce type de relais est donnée à la figure
3.39.

Figure 3.39 Caractéristique du Relais à maxi de courant à temps inverse

Avec l’avènement des relais à base de microprocesseur, il est aujourd’hui


possible de générer n’importe quelle caractéristique Temps-Courant imaginable.
Cependant les relais à temps inverse standards, ainsi que les équations
mathématiques décrivant leurs courbes caractéristiques, données par la norme CEI
60255, sont les suivantes :

 Relais à temps inverse standard

La relation mathématique entre le courant et le temps de déclenchement du relais


à temps inverse standard est donnée :

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
73

0,14×(T.S.M)
t déc = (3.46)
(P.S.M)0,02 −1

 Relais à temps très inverse

Sa caractéristique est la suivante :


13,5×(T.S.M)
t déc = (3.47)
(P.S.M)−1

 Relais à temps extrêmement inverse

Elle a pour caractéristique :


80×(T.S.M)
t déc = (3.48)
(P.S.M)2 −1

 Relais à temps Long pour protection de secours homopolaire

120×(T.S.M)
t déc = (3.49)
(P.S.M)−1

Où t déc est le temps de déclenchement du relais. Ces différentes caractéristiques du


relais à temps inverse sont données sur la figure 3.40.

16
Temps Inverse
Temps Très Inverse
Temps de déclenchement(seconde)

14
Temps Extrêmement Inverse
Temps Long
12

10

0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18
P.S.M

Figure 3.40 Caractéristique du Relais à maxi de courant à temps inverse


(pour TSM=1)

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
74

La temporisation dépend du rapport entre le courant mesuré et le seuil de


fonctionnement (𝐼𝑠 ), c'est-à-dire du P.S.M comme déjà montré sur la figure 3.36. Plus
le courant est élevé, plus la temporisation est faible (courte). Les réglages des
temporisations sont déterminés de façon à obtenir l'intervalle de sélectivité Δ𝑡 pour le
courant maximum détecté par la protection avale.
Ces relais fonctionnent dans un temps qui est inversement proportionnel au
courant de défaut (Figure 3.40). Leur avantage par rapport au relais à temps
indépendant est que, pour les courants très élevés, des temporisations plus courtes
peuvent être obtenues sans risque pour la sélectivité de la protection.

d) Discrimination ou sélectivité entre relais

Parmi les diverses méthodes possibles, utilisées pour obtenir une coordination
correcte des relais, il y a celles utilisant le temps, la surintensité, ou une combinaison
des deux. L'objectif commun des trois méthodes est de donner une discrimination
correcte entre les relais. C'est-à-dire que chacun doit isoler uniquement la section en
défaut du réseau électrique, tout en laissant le reste du système intact.

1. Discrimination par le temps ou sélectivité chronométrique

Dans cette méthode, un réglage de temps approprié est donné à chacun des
relais contrôlant des disjoncteurs dans un réseau électrique, pour s'assurer que le
disjoncteur le plus proche du défaut s'ouvre en premier. Un simple réseau radial de
distribution est donné à la figure 3.41, pour illustrer le principe.

Figure 3.41 Réseau radial avec discrimination temporelle

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
75

Une protection contre les surintensités est fournie en chacun des nœuds B, C, D
et E, c'est-à-dire à aux nœuds coté source de chaque ligne du réseau. Chaque unité
de protection comprend un relais de surintensité à temps défini dans lequel le
fonctionnement de l'élément sensible à la surintensité déclenche simplement
l'élément de temporisation. A condition que le réglage de l'élément de détection de la
surintensité est inférieur au courant de défaut, cet élément ne joue aucun rôle dans
la réalisation de la sélectivité. Pour cette raison, ce relais est parfois décrit comme un
« relais à retard indépendant », car son temps de fonctionnement est pratiquement
indépendant du niveau de surintensité.
C'est donc l'élément de temporisation qui fournit les moyens de discrimination
(sélectivité). Le relais en B est réglé à la temporisation la plus courte possible pour
permettre au fusible de couper en cas de défaut en A sur le côté secondaire du
transformateur. Une fois la temporisation écoulée, le contact du relais se ferme pour
déclencher le disjoncteur. Le relais en C a un réglage de temporisation égal à 𝑡1
secondes, et il en est de même pour les relais à D et E.
Si un défaut se produit en F, le relais en B fonctionnera en t secondes et le
fonctionnement du disjoncteur correspondant B éliminera le défaut avant que les
relais en C, D et E aient le temps de fonctionner. L'intervalle de temps 𝑡1 entre
chaque réglage en temps des relais, doit être suffisamment long pour garantir que
les relais en amont ne fonctionnent pas avant que le disjoncteur à l'emplacement du
défaut n’ait soit déclenché et éliminé le défaut.
Le principal inconvénient de cette méthode de discrimination qui utilise les relais
de surintensité à temps indépendant (ou défini), est que le plus long temps
d'élimination des défauts se produit pour les défauts dans la section de ligne la plus
proche de la source, où le niveau de défaut (MVA) est le plus élevé.

2. Discrimination par le courant ou sélectivité ampèremétrique

La discrimination par courant repose sur le fait que le courant de défaut varie
avec la position du défaut à cause de la différence de valeurs d'impédance entre la
source et défaut. Par conséquent, les relais commandant les divers disjoncteurs sont
réglés typiquement pour fonctionner à des valeurs de courant choisies
convenablement, de telle sorte que seul le relais le plus proche du défaut déclenche

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
76

son disjoncteur. La figure 3.42 illustre la méthode de cette discrimination qui est
basée sur les relais à maximum d’intensité instantanés.
Pour un défaut à F1, le courant de court-circuit du réseau est donné par :

11000⁄√3
𝐼𝐹1 = A
𝑍𝑠 +𝑍𝐿1

Avec :
112
𝑍𝑠 = 𝑖𝑚𝑝é𝑑𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑠𝑜𝑢𝑟𝑐𝑒 = = 0,485 Ω
250
𝑍𝐿1 = 𝑖𝑚𝑝é𝑑𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑢 𝑐𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝐶 𝑒𝑡 𝐵 = 0,24 Ω
𝐼𝐹1 = 8800 𝐴

Ainsi, un relais qui commande le disjoncteur en C et réglé pour fonctionner à un


courant de défaut de 8800A protégerait en théorie l'ensemble de la section de câble
entre C et B. Cependant, du point de vue pratique, il y a deux aspects importants qui
affectent cette méthode de coordination :
 Il n'est pas pratique de faire la distinction entre un défaut en F1 et un défaut
en F2, car la distance entre ces points peut être de quelques mètres
seulement, ce qui correspond à une variation du courant de défaut
d'environ 0,1%.
 En pratique, il pourrait y aurait des variations du niveau de défaut de la
source, typiquement de 250 MVA à 130 MVA. À ce niveau de défaut
inférieur, le courant de défaut ne dépasserait pas 6800 A, même pour un
défaut de câble proche de C. Donc un relais réglé à 8800 A ne protégerait
aucune partie de la section de câble concernée

Figure 3.42 Réseau radial avec discrimination ampèremétrique

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
77

La discrimination par courant n'est donc pas une proposition pratique pour une
sélectivité correcte entre les relais des disjoncteurs se trouvant en C et B.
Cependant, le problème change fondamentalement lorsqu'il existe une impédance
importante entre les deux disjoncteurs concernés. Considérez la sélectivité requise
entre les disjoncteurs en C et A dans la figure 3.42. En considérant un défaut au
point F4, le courant de court-circuit est donné par :

11000⁄√3
𝐼𝐹4 =
𝑍𝑠 + 𝑍𝐿1 + 𝑍𝐿2 + 𝑍𝑇
Avec
𝑍𝐿2 = 𝑖𝑚𝑝é𝑑𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑢 𝑐𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝐵 𝑒𝑡 𝑙𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑒𝑢𝑟 = 0,04 Ω
112
𝑍𝑇 = 𝑖𝑚𝑝é𝑑𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑢 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑒𝑢𝑟 = 0,07 ( ) = 2,12 Ω
4
𝐼𝐹4 = 2200 𝐴

Pour cette raison, un relais commandant le disjoncteur en B et réglé à un seuil de


2200A, plus une marge de sécurité, ne déclencherait pas pour un défaut à F4 et ferait
donc une discrimination avec le relais en A. En supposant une marge de sécurité de
20% pour tenir compte des erreurs de relais et de 10% supplémentaires pour les
variations des valeurs d'impédance du réseau, il est raisonnable de choisir un seuil
en courant de 1,3 x 2200 A, soit 2860 A, pour le relais en B.

Considérons maintenant un défaut en F3, à l'extrémité du câble de 11kV


alimentant le transformateur de 4MVA. Le courant de court-circuit est donné par :

11000⁄√3
𝐼𝐹3 =
𝑍𝑠 + 𝑍𝐿1 + 𝑍𝐿2
Ce courant vaut :
- 8300 A pour une puissance de source 250 MVA, et
- 5250 A pour une puissance de source 130 MVA
Pour l'une ou l'autre valeur de ces puissances de la source, le relais situé en B
déclencherait correctement pour les défauts se produisant à n'importe quel point sur
le câble 11kV alimentant le transformateur.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
78

3. Discrimination combinée par le temps et par le courant

Chacune des deux méthodes de discrimination décrites jusqu'à présent présente


un inconvénient fondamental. Dans le cas de la discrimination uniquement par le
temps, l'inconvénient est dû au fait que les défauts les plus sévères sont éliminés
avec des temps d’élimination les plus longs. En revanche, la sélectivité basée
uniquement sur le courant, ne peut être appliquée que s'il existe une impédance
appréciable entre les deux disjoncteurs concernés (ou relais concernés).
C'est à cause des limitations liées à l'utilisation indépendante de la coordination
par temps ou par courant, que la caractéristique à temps inverse des relais de
surintensité a vu le jour et évolué. Avec cette caractéristique, le temps de
fonctionnement est inversement proportionnel au niveau du courant de défaut et la
caractéristique réelle est fonction à la fois des réglages en temps et en courant. Des
caractéristiques de ce type de relais en fonction de différents réglages de courant /
temps ont été données à la figure 3.40. Pour une variation importante du courant de
défaut entre les deux extrémités de la ligne, des temps d’élimination plus courts
peuvent être obtenus pour les relais les plus proches de la source, où le courant de
défaut est le plus élevé. Ainsi les inconvénients liés aux discriminations uniquement
par le temps ou par le courant sont surmontés.

e) Coordination des relais à maximum de courant

1. Principes généraux de coordination des relais de protection

Une application correcte du relais de surintensité nécessite la connaissance du


courant de défaut qui est susceptible de circuler dans chaque partie du réseau. Étant
donné que les tests à grande échelle sont normalement impraticables, les résultats
de l'analyse du réseau électrique doivent être utilisés. Les données nécessaires pour
une étude de réglage des relais sont :

 un schéma unifilaire du réseau électrique en question, montrant le type et


les grandeurs caractéristiques des dispositifs de protection et de leurs
transformateurs de courant associés

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
79

 les impédances en ohms, en pourcentage ou pu, de tous


transformateurs de puissance, machines tournantes et lignes
électriques
 les valeurs maximales et minimales des courants de court-circuit qui sont
susceptibles de traverser chaque dispositif de protection
 les courants de charges maximales à travers les dispositifs de protection
 les exigences de courant de démarrage des moteurs et les temps de
démarrage et de rotor bloqué / calage des moteurs asynchrones
 les caractéristiques d'appel de courant transitoire et de tenue thermique
des transformateurs
 les courbes de décrémentation montrant le taux de décroissance des
courants de défaut fourni par les générateurs
 les courbes de performance des transformateurs de courant

Les réglages des relais sont d'abord déterminés pour donner les temps de
fonctionnement les plus courts possibles, pour les courants de défaut maximum, puis
vérifiés pour voir si le déclenchement sera également assuré pour les courants de
défaut minimum attendus. Il est toujours conseillé de tracer les courbes des relais et
autres dispositifs de protection, tels que les fusibles, qui doivent fonctionner en série,
sur une échelle commune. Il est généralement plus pratique d'utiliser une échelle
utilisant comme base de courant, les courant attendus à la plus basse tension ou à la
tension prédominante. Les alternatives sont une base commune en MVA ou une
échelle de courant séparée pour chaque niveau de tension du réseau.

Les règles de base pour une coordination correcte des relais peuvent
généralement être énoncées comme suit :
 dans la mesure du possible, utiliser des relais ayant la même
caractéristique de fonctionnement, en série les uns avec les autres
 s’assurer que le relais le plus éloigné de la source a un seuil de courant
inférieur ou égal à ceux des relais situés à son amont, c'est-à-dire que le
courant primaire requis pour faire fonctionner le relais aval est toujours
inférieur ou égal au courant primaire requis pour faire fonctionner le relais
amont.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
80

2. Coordination des relais de protection à maximum de courant de phase

La principale application des relais à maximum de courant a lieu dans le réseau


radial, où ils servent de protections de phase et de protections homopolaires. Ils
sont aussi utilisés dans les systèmes industriels et les réseaux de transport (HTB),
pour lesquels l’utilisation de protections plus chères telles que les protections de
distance et les protections par signal pilot ne se justifient pas.

a. Coordination des relais à temps inverse

Il existe deux types de réglage sur tous les relais temporisés à maximum de
courant : Le courant de seuil et la temporisation.
La première étape dans l’application des relais à temps inverse est de choisir son
courant de seuil de sorte qu’il fonctionne pour tous les court-circuits se produisant sur
la section de ligne qu’il est appelé à protéger. Cela voudrait que le seuil en courant
soit borné par les courants du régime établi (courant de charge maximale) et les
courants de défaut minimums, c'est-à-dire :

𝐼𝐿𝑚𝑎𝑥 < 𝐼𝑠 ≤ 𝐼𝑓𝑚𝑖𝑛𝑖 (3.50)

Avec 𝐼𝐿𝑚𝑎𝑥 = 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒 𝑚𝑎𝑥𝑖𝑚𝑎𝑙𝑒


𝐼𝑓𝑚𝑖𝑛𝑖 = 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑚𝑖𝑛𝑖𝑚𝑎𝑙 𝑑𝑒 𝑑é𝑓𝑎𝑢𝑡
Si possible, ce réglage doit aussi permettre au relais de servir de protection de
secours pour une section de ligne adjacente ou un transformateur adjoignant en fin
de ligne. Il est à souligner quand même que la fonction de secours est une
considération secondaire et doit en aucune manière compromettre la première
fonction de la protection est de protéger sa propre section de ligne sur laquelle elle
est installée.
La valeur de seuil à choisir est déterminée par l’utilisation du relais et doit être
disponible sur le type spécifique relais spécifique à utiliser. Le courant de seuil est
tout d’abord déterminé à partir du courant maximal de charge et du courant minimal
de défaut, en fonction des courants primaires, puis en utilisant le rapport de
transformation du TC, le courant secondaire est calculé. Le courant de réglage

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
81

immédiatement supérieur à ce courant secondaire, disponible sur le relais, est choisi


pour être le seuil de réglage du relais.

Figure 3.43 Caractéristique de déclenchement du relais à temps inverse

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
82

La caractéristique de la temporisation d’un relais est un paramètre indépendant


qui est obtenu de plusieurs manières, suivant la construction du relais. Il est plus
facile de la visualiser sur un relais électromécanique qui dispose d’un cadran horaire
qui permet de fixer mobile, relativement au contact fixe. Le cadran est gradué de 1/2
à 10, pour le plus court au plus long temps de déclenchement, respectivement. La
vitesse de rotation du disque est fonction de l’intensité du courant dans la bobine du
relais, et le temps de déclenchement est déterminé par la distance que le contact
mobile du disque doit parcourir pour atteindre le contact fixe. Ceci est une
caractéristique temps – courant (𝑡 = 𝑓(𝐼) inverse, c'est-à-dire, plus l’intensité du
courant dans la bobine est élevée, moins sera le temps mis par le relais pour passer
de sa position de réinitialisation à sa position de fonctionnement.
Le réglage en temps (la temporisation) a pour but de permettre une coordination
des relais. Une famille de courbes doit être fournie, pour que deux ou plusieurs
relais, voyant le même courant de défaut défini par des multiples du courant de seuil,
puissent déclencher à des temps différents. Le courant de défaut, le réglage en
temps et le courant de seuil sont en fait interdépendants. L’ajout des réglages en
temps indépendants, a pour effet de transformer la courbe unique de la figure 3.36
en une famille de courbes comme montré sur la figure 3.43. Il est à noter que ces
courbes sont tracées en fonction des multiples du courant de seuil et non en fonction
du courant (ou tension, …etc.) de seuil. Les courbes de la figure 3.41 proviennent du
rapport d’un comité de IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) et ne
représentent aucun relais réel. Il est important de noter que, les réglages d’un relais
réel doivent être basés sur les courbes spécifiques du constructeur du relais en
question.

Les connexions des relais pour les protections de phase et les protection
homopolaires sont montrées sur la figure 3.44 ci-dessous.
Pour les relais électromécaniques, nous avons besoin d'un TC séparé pour la
détection de défaut à la terre comme illustré à la figure 3.44. Pour un relais
numérique, seulement trois TCs sont nécessaires. Pour les relais numériques, seuls
trois TCs et un relais sont nécessaires.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
83

Les directives pour le réglage du courant de seuil des relais de protection à


maximum de courant de phase, à temps inverse, sont donnes ci-dessous :

(1) Le courant de seuil doit être supérieur au courant maximal de charge, vu par
le départ. Cela garantit que le relais ne déclenche pas pour la charge
maximale. Typiquement, le courant de seuil doit remplir la condition d’après
les normes anglais, britanniques et CEI :

𝐼𝑠 > 2. 𝐼𝐿𝑚𝑎𝑥 (3.51)

(2) Le courant de seuil doit être inférieur au courant minimal de défaut, c'est-à-
dire :
1
𝐼𝑠 ≤ 3 . 𝐼𝑓𝑚𝑖𝑛𝑖 (3.50)

Cela garantit que le système de protection fonctionne aussi bien pour un


courant de défaut faible qu’un fort courant de défaut. Ce courant minimal de
défaut est généralement calculé sous des conditions où le réseau fonctionne
avec moins de générateurs est en service. Par conséquent, cette coordination
s’effectue dans des conditions de faible charge et de défaut se situant à
l'extrémité du départ.
(3) Le courant de seuil du relais doit également être inférieur au courant minimal
de défaut du départ dont il doit assurer la protection. Sinon, cette de protection
de secours du relais ne sera pas remplie.

Remarque : Si les conditions (1), (2) et (3) ne peuvent pas être satisfaites
simultanément, alors les relais de surintensité ne peuvent pas être utilisés pour la
protection. Les alternatives sont protection la distance ou la protection avec signal
pilote.

(4) Pour un défaut survenant sur un départ qu'il protège en secours, un relais doit
laisser suffisamment de temps au relais de protection primaire correspondant
pour agir, avant d'émettre lui-même une commande d’ouverture. Cet intervalle
de temps est appelé intervalle de temps de coordination (ITC). Le ITC vaut
typiquement environ 0,4 secondes d’après la norme américaine et 0,5 selon la
norme CEI. Il comprend le temps d'ouverture du disjoncteur + le temps de

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
84

fonctionnement du relais + le dépassement de course (temps pour le relais


électromécanique) + le facteur de sécurité.

Figure 3.44 Connexion des protections de phase et homopolaire

Le principe de la coordination des relais à temps inverse peut être expliqué en se


référant à la figure 3.45., qui montre une série de lignes radiales et les
caractéristiques temps-distance des relais à temps inverse associés. Ce sont des
courbes de déclenchement des relais sélectionnées pour chacun des relais, tracées
en fonction de la localisation du défaut. Étant donné que l’intensité du courant de
défaut diminue au fur et à mesure que le défaut s'éloigne de la source, ces courbes
apparaissent « inversées » par rapport à celles de la figure 3.43.

Pour le défaut F1 à l'extrémité la plus éloignée de la source, le relais 𝑅𝑑


du le disjoncteur (4) fonctionne en premier ; le relais 𝑅𝑐𝑑 du disjoncteur (3) ayant un

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
85

temps de réglage plus élevé comprenant une temporisation de coordination 𝑆, pour


laisser le disjoncteur (4) se déclencher s'il peut . De même, le relais 𝑅𝑏𝑐 du
disjoncteur (2), est coordonné avec le relais du disjoncteur (3), en ayant une
temporisation encore plus longue (y compris le même temps de coordination S).
Enfin, le relais 𝑅𝑏𝑐 du disjoncteur (1) a la plus longue temporisation et ne
déclenchera pas à moins qu'aucun des autres relais avals ne déclenche, à condition
qu'il puisse voir ce défaut dont le courant de défaut est supérieur à son seuil de
réglage.

Figure 3.45 Principe de coordination des relais à temps inverse

En cas de défaut entre les disjoncteurs (3) et (4), le relais 𝑅𝑑 ne recevra aucun
courant (𝐼𝑅𝑑 = 0) et ne fonctionnera donc pas ; le relais 𝑅𝑐𝑑 déclenchera, car pour ce
défaut, son temps de fonctionnement est plus court que celui du relais 𝑅𝑑 . Pour les
réglages indiqués à la Figure 3.45, le relais 𝑅𝑎𝑏 ne verra pas ce défaut, mais le relais
𝑅𝑏𝑐 doit toujours servir de protection de secours pour ce défaut, comme indiqué
précédemment.

b. Coordination des relais à maximum de courant instantanés

Afin d'utiliser correctement le relais de surintensité instantanée, il doit y avoir une


réduction substantielle du courant de court-circuit lorsque le point de défaut s’éloigné
du relais vers l'extrémité de la ligne.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
86

Le relais doit être réglé, pas pour couvrir au-delà du jeu de barres situé à
l’extrémité de la ligne, mais il doit aussi y avoir assez de différence entre les courants
de défauts proches et lointains pour permettre un réglage pour le défaut proche.
Cela empêchera le relais de fonctionner pour les défauts au-delà de la fin de ligne et,
en même temps, assurera une protection rapide pour une portion appréciable du
circuit.
La figure 3.45 aussi montre pourquoi les relais à maximum de courant à temps
inverse, ne peuvent pas être utilisés seuls, sans aide supplémentaire. Plus le point
de défaut est proche de la source, plus l’amplitude du courant de défaut sera grande,
mais plus le temps de déclenchement est long. Là où l’impédance de la source est
petite comparée à celle de la ligne à protéger, un relais instantané avec un seuil
élevé peut être utilisé. L'ajout des relais de surintensité instantanés rend la protection
de ce réseau viable. Si un relais instantané peut être réglé pour protéger la ligne
jusqu'à son jeu de barre côté charge, mais sans pour autant couvrir ce de dernier,
tous les temps d’élimination des défauts peuvent être réduits, comme illustré à la
figure 3.46.

Figure 3.46 Réduction du temps d’élimination des défauts par utilisation de relais
à maximum de courant instantanés

La figure 3.46 montre également un autre avantage important obtenu par


l'utilisation des relais instantanés à réglage élevé. La discrimination avec le relais

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
87

immédiatement en amont du relais instantané est effectuée avec le réglage actuel de


ce dernier et non avec le courant maximal de défaut. Par exemple, sur la figure 3.46,
le relais Rbc discriminé avec le relais Rcd en utilisant 500A et non 1100A, ce qui
permet au relais Rbc d'être réglé avec un TSM de 0,15 au lieu de 0,2. De même, le
relais Rab est discriminé avec Rbc en utilisant 1400A et non 2300A.

3. Protection à maximum de courant de défaut à la terre

Le relais à maximum de courant de défaut à la terre est utilisé pour protéger le


départ contre les défauts impliquant la terre. En règle générale, les défauts de terre
sont des défauts impliquant une phase et la terre (phase-terre) et des défauts
biphasé-terre. Pour des fins de réglage et de coordination des relais, seuls les
défauts phase-terre sont pris en compte. Considérons le réseau radial de la figure
3.47. Pour un défaut à proximité de la source, le courant maximum de défaut entre la
phase « a » et la terre est donné par :

3.𝐸
𝐼𝑓𝑎 = 𝑍 = 3𝐼𝑓0 (3.51)
𝑠𝑑 +𝑍𝑠𝑖 +𝑍𝑠0

Avec 𝑍𝑠𝑑 , 𝑍𝑠𝑖 , 𝑍𝑠0 les composantes directe, inverse et homopolaire des impédances
de la source. Si nous modélisons le réseau avec des valeurs identiques pour les
composantes symétriques de ses impédances, alors l’équation (3.51) devient :

𝐸
𝐼𝑓𝑎 = 𝑍 (3.52)
𝑠𝑑

Cette valeur est identique au courant de court-circuit franc triphasé. Si toutefois,


𝑍𝑠0 < 𝑍𝑠𝑑 , le courant de défaut franc entre une phase et la terre peut être supérieur
au courant de défaut triphasé. Au fur et à mesure que nous nous éloignons de la
source, pour un défaut franc, le courant de défaut diminue en raison d'une plus
grande contribution de l'impédance de la ligne au dénominateur de l’équation (3.52).
Puisque, pour une ligne électrique, la composante homopolaire de l'impédance peut
être beaucoup plus élevée que sa composante directe ou inverse, il est évident que
le courant de défaut pour un défaut franc diminue considérablement au fur et à

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
88

mesure que nous nous éloignons de la source. Ainsi, au fur et à mesure que nous
nous éloignons de la source, le courant de défaut franc triphasé sera plus élevé que
celui du défaut phase-terre correspondant, car le premier ne dépend pas de
l'impédance homopolaire de la ligne. De plus, si le défaut phase-terre admet une
impédance de défaut 𝑍𝑓 , le courant de défaut peut tomber même en dessous de la
valeur de défaut franc phase-terre et est donnée par :

3.𝐸
𝐼𝑓𝑎 = = 3𝐼𝑓0 (3.53)
𝑍𝑠𝑑 +𝑍𝑠𝑖 +𝑍𝑠0 +3𝑍𝑓

En revanche, pour un système équilibré, le courant de défaut triphasé est


indépendant de la valeur de 𝑍𝑓

Figure 3.47 Simple réseau radial

Ainsi, nous concluons qu'il peut y avoir une variation significative des valeurs du
courant de défaut à la terre. Elles peuvent être même inférieures au courant de
charge en raison de la grande impédance à la terre. Par conséquent, pour fournir
une protection sensible, les relais de protection contre les défauts à la terre utilisent
le courant homopolaire plutôt que les courants de phase, pour la détection des
défauts. Il est à noter que la composante homopolaire est absente dans les courants
de charge et de défauts de phase. Par conséquent, le courant de seuil du relais,
établi avec le courant homopolaire peut être bien inférieur à celui déterminé avec le
courant de charge, offrant ainsi une protection sensible contre les défauts à la terre.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
89

Dans ce qui suit, nous discuterons du réglage et de la coordination des relais de


protection contre les défauts à la terre.

a. Coordination des relais à maximum de courant homopolaires

En pratique, les réseaux de distribution sont intrinsèquement déséquilibrés. Ainsi,


le courant de charge aurait également un petit pourcentage de composante
homopolaire en raison de ce déséquilibre. Par conséquent, il est obligatoire de
maintenir le courant de seuil au-dessus du déséquilibre maximal attendu dans des
conditions normales. Une règle de base est de supposer que le facteur de
déséquilibre maximal est compris entre 5% et 10%. Il convient également de noter
que les relais de défaut à la terre ne répondent pas aux défauts triphasés ou Phase -
phase. Un seul relais de défaut à la terre est suffisant pour fournir une protection
contre tous les types de défaut à la terre (a-g, b-g, c-g, a-b-g, etc.). Trois relais de
protection de phase sont nécessaires pour assurer la protection contre les défauts de
phase (triphasé, a-b, b-c, c-a). Ainsi, avec quatre relais, comme le montre la figure
3.44, une protection complète de la ligne contre les surintensités peut être assurée.

Typiquement, un seuil du relais homopolaire, compris entre le double du courant


de défaut à la terre et 1/3 du courant minimal de défaut (phase-phase), doit être
choisi, c'est-à-dire :

2. 𝐼𝑓𝑎 < 𝐼𝑠 ≤ 𝐼𝑓𝑚𝑖𝑛𝑖 (3.54)

En l'absence de toute autre information, le courant de défaut à la terre peut être


considéré comme égal à 10% du courant de charge, c’est dire :
𝐼𝑓𝑎 = 10%. 𝐼𝐿𝑚𝑎𝑥 (3.55)

f) Construction et fonctionnement du relais de surintensité de type à


induction

1. Constitution

La figure 3.48 montre les détails de construction importants d'un relais de


surintensité de type à induction, non directionnel. Il se compose d'un disque

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
90

métallique (aluminium) pouvant tourner librement entre les pôles de deux


électroaimants.

Figure 3.48 Relais à maximum de courant non directionnel

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
91

L'électroaimant supérieur admet un enroulement primaire et un enroulement


secondaire. L’enroulement primaire est connecté au secondaire d'un TC dont le
primaire est en série avec la ligne à protéger, et comporte plusieurs points d’accès
connectés à un pont de prise par lequel le nombre de spires actifs sur la bobine du
relais peut être modifié, donnant ainsi le réglage de courant souhaité. L'enroulement
secondaire est alimenté par induction à partir du primaire et est connecté en série
avec l’enroulement se trouvant sur l’électroaimant inférieur. Le couple de commande
est fourni par un ressort de rappel en spirale.

L’axe du disque porte un contact mobile, qui relie les deux contacts fixes
(connectés au circuit de déclenchement) lorsque le disque tourne d’un angle
prédéfini. Cet angle peut être ajusté à n'importe quelle valeur entre 0° et 360° . En
ajustant cet angle, la course du contact mobile peut être ajustée et, par conséquent,
le relais peut être réglé à n'importe quel temps souhaité.

2. Fonctionnement

Le couple d'entraînement du disque en aluminium est créé par le principe


d'induction électromagnétique tel que décrit au paragraphe [Link] b). Ce couple
s'oppose au couple de retenue développé par le ressort de rappel. Dans des
conditions de fonctionnement normales, le couple de retenue est supérieur au
couple d'entraînement produit par le courant de la bobine de relais. Par
conséquent, le disque en aluminium reste stationnaire. Cependant, si le courant
dans le circuit protégé dépasse la valeur préréglée, le couple d'entraînement
devient supérieur au couple de retenue. Par conséquent, le disque tourne et le
contact mobile relie les contacts fixes lorsque le disque tourne d’un angle
prédéfini. Le circuit de coupure actionne le disjoncteur qui isole la section
défectueuse.

Exercice 3.7
Les données du réseau radial, 60Hz, de la figure 3.49 sont fournies dans les
tableaux 3.10, 3.11 et 3.12.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
92

Figure 3.49 Réseau électrique radial de 345 kV

Figure 3.50 Connexion des relais pour la coupure des trois phases

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
93

Déterminer les réglages en courant (seuils 𝐼𝑠 ) et en temps (temps de


déclenchement) des différents relais, afin de protéger ce réseau contre les défauts.
On admettra trois relais de type CO-8 pour chaque disjoncteur, c'est-à-dire un par
phase, avec un intervalle de temps de discrimination de 0,3 seconde. Les relais de
chaque disjoncteur sont connectés comme montré sur la figure 3.50, de sorte que
toutes les trois phases du disjoncteur s’ouvrent si un défaut est détecté sur n’importe
laquelle des trois phases. On admettra une tension composée de 34.5 kV à tous les
jeux de barres, en régime normale.
Les courbes caractéristiques du relais à maximum de courant, à temps inverse
(CO-8) de la compagnie « Courtesy of Westinghouse Electric Corporation » sont
données sur la figure 3.51.

Figure 3.51 Caractéristiques du relais à temps inverse CO-8

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
94

Tableau 3.10 : Charges maximales du réseau de l’exercice 3.7


Jeux de barres S (MVA) 𝒄𝒐𝒔𝝋 retard
1 11,0 0,95
2 4,0 0,95
3 6,0 0,95

Tableau 3.11 : Courants de défauts du réseau de l’exercice 3.7


Courant de défaut maximal Courant de défaut minimal
Jeux de barres (A) (court-circuit triphasé (A) (court-circuit Phase-
franc) Terre ou Phase-Phase)
1 3000 2200
2 2000 1500
3 1000 700

Tableau 3.12 : Données des disjoncteurs, des TCs et des relais du réseau de
l’exercice 3.7
Rapport de
Temps
Disjoncteur transformation du Type de relais
d’ouverture
TC
D1 5 cycles 400 :5 CO-8
D2 5 cycles 200 :5 CO-8
D3 5 cycles 200 :5 CO-8

Exercice 3.8
Soit le réseau radial de la figure 3.52, avec deux segments de ligne
adjacentes. Le courant maximal de charge sur la ligne de départ du nœud B est de
95 A. Les courants maximums et minimums de défauts sont indiqués dans le tableau
3.13. Le relais protégeant le segment de ligne le plus proche de la source doit
protéger sa propre ligne et, si possible, la ligne suivante.

1) Déterminer les rapports de transformation des TCs si le TC de Rb doit


donner un courant secondaire de 5 A pour la charge maximale.

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95

2) Déterminer les réglages des relais

Tableau 3.13 : Courants de défauts du réseau de l’exercice 3.8


Courant de défaut maximal Courant de défaut minimal
Jeux de barres (A) (court-circuit triphasé (A) (court-circuit Phase-
franc) Terre ou Phase-Phase)
A 3000 1000
B 1500 800
Point F 1000 600

Figure 3.52 Réseau électrique radial de l’exercice 3.8

Exercice 3.9
Soit une ligne électrique comme indiqué sur la figure 3.53 avec les relais de
protection homopolaires R1 et R2. Le relais R1 est utilisé pour fournir une protection
contre les défauts à la terre du côté secondaire du transformateur de 2,5 MVA, 11 /
3,3 kV, tandis que le relais R2 doit fournir une protection au jeu de barres B.
Deux TCs sont utilisés pour la protection. Le TC de 200 : 5 est connecté au relais
instantané et celui de 500: 5 est connecté au relais de caractéristique inverse.
Calculez les réglages des unités instantané et inverse standard de R1. On supposera
que :
1) le déséquilibre maximal du réseau est de 20% et
2) Le courant de défaut SLG sur le nœud A est de 480 A et sur le nœud B est de

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96

650A.
3) Calculez le temps nécessaire au relais R2 pour éliminer le défaut phase-terre
au noeud B.
Utilisez un intervalle de temps de coordination (ITC) de 0,3 s.

Figure 3.53 Réseau électrique radial de l’exercice 3.9

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97

2) Relais directionnels

a) Relais directionnel de puissance

Ce type de relais fonctionne lorsque la puissance du circuit s’écoule dans une


direction spécifique. Contrairement à un relais de surintensité non directionnel, un
relais directionnel de puissance est conçu de telle sorte qu'il obtient son couple de
fonctionnement de l'interaction de champs magnétiques dérivés à la fois de la
tension et du courant du circuit qu'il protège. Ainsi, ce type de relais est
essentiellement un wattmètre et le sens du couple développé dans le relais dépend
du sens du courant par rapport à la tension à laquelle il est associé. Il existe des
protections directionnelles :
- de courant de phase,
- de courant résiduel,
- de puissance active,
- de puissance réactive,
- de puissance homopolaire.

1. Constitution

La figure 3.54 montre les parties essentielles d'un relais directionnel de


puissance. Il est constitué d'un disque en aluminium pouvant tourner librement entre
les pôles de deux électroaimants. L'électroaimant supérieur porte un enroulement
(appelé bobine de tension), connecté à la source de tension du circuit à protéger, à
travers un transformateur de tension (TT). L'électroaimant inférieur porte un
enroulement (appelé bobine de courant), connecté au secondaire d'un TC dont le
primaire est en série avec la ligne à protéger, et comporte plusieurs points d’accès
connectés à un pont de prise par lequel le nombre de spires actifs sur la bobine du
relais peut être modifié, donnant ainsi le réglage de courant souhaité. Le couple de
rappel est fourni par un ressort en spirale.

L’axe du disque porte un contact mobile, qui relie les deux contacts fixes
(connectés au circuit de déclenchement) lorsque le disque tourne d’un angle

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
98

prédéfini. En ajustant cet angle, la course du contact mobile peut être ajustée et, par
conséquent, le relais peut être réglé à n'importe quel temps souhaité.

Figure 3.54 Relais directionnel de puissance

2. Fonctionnement

Le flux ϕ1 dû au courant circulant dans la bobine de tension sera en retard


presque de 90° sur la tension appliquée V. Le flux ϕ2 dû à l’enroulement de courant
sera presqu’en phase avec le courant I (voir le diagramme vectoriel de la figure 3.54
b) ). L’interaction des flux ϕ1 et ϕ2 avec les courants de Foucault induits dans le
disque, produit d’entrainement donné par :

𝑇 ∝ ϕ1 . ϕ2 . 𝑠𝑖𝑛𝛼 (Voir paragraphe [Link] b)

Comme ϕ1 ∝ V, ϕ2 ∝ I et α = 90 − θ, alors

𝑇 ∝ 𝑉. I. sin(90 − 𝜃)

∝ 𝑉. I. 𝑐𝑜𝑠𝜃 (3.56)

∝ à la puissance dans le circuit

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
99

Il est clair que le sens du couple d'entraînement sur le disque dépend du sens
d’écoulement de puissance dans le circuit auquel le relais est associé. Dans les
conditions d’exploitation normales, la puissance dans le circuit circule dans le sens
normal, et les couples d'entraînement et de retenue (dû au ressort) agissent dans la
même direction en éloignant le contact mobile des contacts fixes. Par conséquent, le
relais reste inopérant tant que l’écoulement de la puissance s’effectue dans une
direction particulière. Cependant, l'inversion du courant dans le circuit, inverse le
sens du couple d'entraînement sur le disque, qui agit maintenant en opposition avec
le couple de rappel. Lorsque le couple d'entraînement inversé est suffisamment
important, le disque tourne dans le sens inverse et le contact mobile ferme le circuit
de déclenchement. Cela provoque le fonctionnement du disjoncteur qui déconnecte
la section défectueuse.

b) Relais à maximum de courant directionnel

1. Nécessité

Dans le schéma de protection contre les surintensités considéré dans les


chapitres précédents, nous avions implicitement supposé que :
 Le système est radial.
 Il existe une seule source.

Cela est tout à fait vrai pour les réseaux de distribution traditionnels, mais pas
pour les réseaux de répartition ou de transport à sources multiples. La figure 3.55
montre un réseau qui est radial, mais avec deux sources d’énergie qui lui sont
connectées.

Figure 3.55 Réseau radial avec deux sources d’énergie

Si des relais de protection ne sont installés qu'à une extrémité de la ligne de


transport, disons vers l'extrémité de la source A, il est évident qu'après l'ouverture du

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
100

relais en rouge (R34), le défaut continuera à être alimenté par la source B. Par
conséquent, des relais sont également installés à l'autre extrémité de ligne pour
détecter les défauts et déconnecter également la ligne de transport, de l'autre
extrémité. Une situation similaire se produit également avec un réseau radial n’ayant
qu’une seule source, si des lignes en parallèle existent, comme illustré sur la figure
3.56.

Figure 3.56 Réseau radial avec lignes en parallèle

Par conséquent, les réseaux ayant plusieurs parcours vers la source nécessitent
des relais aux deux extrémités des lignes. Cependant, l'installation de relais aux
deux extrémités des lignes ne résout pas complètement le problème. Pour
comprendre le pourquoi, considérons l'action du relais rouge sur la figure 3.55 par
rapport à deux probables défauts F1 et F2. Si le défaut est à F1, il est de la
responsabilité des relais rouges de s'ouvrir. Si le défaut est à F2, alors ce sont les
relais verts qui doivent isoler la ligne. Cependant, il est fort probable que pour le
défaut F2, le relais rouge encerclé puisse fonctionner avant que le relais vert encerclé
fonctionne pour déconnecter l'alimentation de la source B, la raison étant que les
deux relais sont soumis au même courant de défaut. En d'autres termes, le relais
rouge encerclé entre en concurrence avec le relais vert encerclé pour l’élimination du
défaut F2. Le déclenchement du relais rouge encerclé entraîne inutilement une perte
de service de la charge connectée au jeux de barres 3 et doit être considéré comme
un dysfonctionnement de la protection.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
101

Pour surmonter cette limitation, le relais doit être doté d'une fonction de
discrimination supplémentaire pour faire la distinction entre les défauts auxquels il
devrait répondre et les autres auxquels il ne devrait pas répondre. En outre, cette «
sélectivité » ne sera pas suffisante si elle est basée sur la valeur du courant de
réglage (ou des courants de défaut). Dans les chapitres précédents, nous avions
utilisé la discrimination temporelle pour assurer la sélectivité. De la figure 3.57, il est
évident qu'une telle discrimination se maintiendra entre les séquences de relais R 12
→ R23 → R34 et R43 → R32 → R21.

Figure 3.57 Problème de sélectivité en présence de plusieurs sources

Cependant, il n'est pas possible de réaliser une telle discrimination temporelle


entre des relais tels que R21 et R23. Considérons maintenant deux possibles
emplacements de défauts par rapport au relais R23, comme indiqué sur la figure 3.58.
Le relais R12 doit fonctionner si le défaut est en F1 car il est sur ce départ, mais pas
au-delà, c'est-à-dire en F2. Avec la polarité de la connexion du TC, comme indiqué
sur la figure 3.59, il est évident que pour le défaut F1, le courant I1 vu par le relais est
en retard de 90° sur la tension de référence Vp (figure 3.60). Ceci est réalisé sous
l'hypothèse d'un défaut francs et de la nature réactive de l'impédance du circuit.
Cependant, lorsque le défaut est en F2, alors le courant du relais est en avance sur la
tension Vp du jeu de barres.

Figure 3.58 Problème de sélectivité

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102

Figure 3.59 Discrimination ampèremétrique par comparaison d’angles de phase

Figure 3.60 Principe de coupure directionnelle

Ainsi, si nous mesurons la tension complexe Vp du jeu de barres (JDB) et


calculons l'angle de phase du courant du relais par rapport à la tension du JDB, nous
pouvons utiliser la logique suivante pour fournir une sélectivité. Si le relais « détecte
un défaut » et que le courant est en retard sur Vp, alors autorisez le déclenchement
du relais. Si par contre le relais « détecte un défaut » et que le courant est en avance
sur Vp, alors empêcher le déclenchement du relais. Le « principe de discrimination »
basé sur la comparaison de l'angle de phase entre un ensemble de grandeurs
électriques, dont l'une est utilisée comme référence, est appelé « principe de

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
103

discrimination directionnelle ». Les relais utilisant ce principe de fonctionnement sont


appelés relais directionnels.
Par exemple, les relais de surintensité peuvent être rendus directionnels en
ajoutant la logique de discrimination expliquée ci-dessus, à la logique de surintensité
bien connue. Ces relais sont appelés relais de surintensité directionnels. Ils sont
utilisés dans les réseaux de distribution ou de répartition, pour lesquels une
configuration en boucle est utilisée pour avoir une plus grande fiabilité du service.
Le coût de ce type de protection à relais est plus élevé que celui de la protection
de surintensité « non directionnelle », en raison du coût supplémentaire du
transformateur de tension (TT).

2. Constitution
Le relais directionnel de puissance décrit précédemment n’est pas convenable
pour une protection directionnelle contre les situations de court-circuit. En effet, à
l’apparition d’un court-circuit, la tension du réseau chute et le couple développé dans
le relais pourrait être insuffisant pour le faire fonctionner. Cette difficulté est
surmontée dans un relais à maximum de courant directionnel, qui est conçu pour être
indépendant de la tension du réseau et du facteur de puissance.

La figure 3.61 donne les détails de construction d’un relais type de surintensité
directionnel à induction. Il est constitué de deux éléments montés dans un boîtier
commun, à savoir l’élément directionnel et l’élément non directionnel.

b. Elément Directionnel

Il s'agit essentiellement d'un relais de puissance directionnel qui fonctionne


lorsque la puissance s'écoule dans une direction spécifique. La bobine de potentiel
de cet élément est connectée via un transformateur de tension (TT.), à la tension du
réseau. La bobine de courant de l'élément est alimentée par le courant du circuit à
travers un TC. Cet enroulement est porté par l'aimant supérieur de l'élément non
directionnel. Les contacts de déclenchement (1 et 2) de l'élément directionnel sont
connectés en série avec le circuit secondaire de l'élément à maximum de courant.
Par conséquent, ce dernier élément ne peut pas commencer à fonctionner tant que
son circuit secondaire n'est pas fermé. En d'autres termes, l'élément directionnel doit
fonctionner en premier (c'est-à-dire que les contacts 1 et 2 doivent se fermer) afin de
faire fonctionner l'élément de surintensité.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
104

c. Elément non Directionnel

Il s'agit d'un élément de surintensité similaire en tous points de vue à un relais de


surintensité non directionnel décrit au paragraphe [Link].1) f). La broche du disque
de cet élément porte un contact mobile qui ferme les contacts fixes (contacts du
circuit de coupure), après le fonctionnement de l'élément directionnel.
Il est à noter qu'un pont de prises de réglage est également disponible sur le
relais pour le réglage du courant, il est mais omis sur la figure pour plus de clarté et
de simplicité. Les prises sont fournies sur l'aimant supérieur de l'élément de
surintensité et sont connectées au pont.

Figure 3.61 Relais à maximum de courant directionnel

3. Fonctionnement
Dans des conditions de fonctionnement normales, la puissance circule dans le sens
normal dans le circuit protégé par le relais. Par conséquent, le relais de puissance
directionnel (élément supérieur) ne déclenche pas, ce qui maintient l'élément de

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
105

surintensité (élément inférieur) hors tension. Cependant, lorsqu'un court-circuit se


produit, le courant et la puissance ont tendance à circuler dans le sens inverse. Dans
ce cas, le disque de l'élément supérieur tourne pour fermer les contacts fixes 1 et 2.
Ceci ferme le circuit de l'élément de surintensité. Le disque de cet élément tourne et
le contact mobile qui lui est attaché ferme le circuit de coupure. La fermeture du
circuit de coupure actionne le disjoncteur qui isole la section défectueuse. Les deux
éléments du relais sont arrangés de telle sorte que la coupure du courant du circuit
ne soit effectuée que lorsque les conditions suivantes sont satisfaites :

i. le courant circule dans une direction telle qu'elle fait fonctionner l'élément
directionnel.
ii. le courant dans le sens inverse dépasse la valeur préréglée.
iii. un courant excessif persiste pendant une période correspondant au réglage
en temps de l'élément de surintensité.

4. Caractéristiques Directionnelles

Afin de mieux comprendre les caractéristiques directionnelles du relais, étudions


le diagramme des phraseurs.
Soient :
V = la tension fournie par le TT ;
I = le courant fourni par le TC

θ = l’angle entre V et I
ϕV = le flux produit par la tension V et qui est en retard d’un angle 𝜑 sur la tension
V.
ϕI = le flux produit par le courant I et qui est phase avec dernier.
NB : Le courant du système est généralement en retard sur la tension, mais avec
une connexion appropriée, le courant du relais est mis en avance d’un angle θ sur la
tension.
Ainsi, un fonctionnement normal du relais pour les différents types de défauts peut
être assuré.
Donc, le courant I est avance de θ sur la tension V
Le digramme vectoriel établi avec la tension 𝑉 comme référence est donné à la figure
3.62.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
106

Le couple est proportionnel aux deux flux, ainsi qu’au sinus de l’angle entre eux.

𝑇 ∝ ϕV . ϕI . sin(ϕV ̂ ϕV )
∝ ϕV . ϕI . sin(𝜃 + 𝜑)

Comme ϕV ∝ V et ϕI ∝ I et (ϕV ̂ ϕV ) = 𝜃 + 𝜑 , nous aurons alors :

T = K. V. I. sin(𝜃 + 𝜑) (3.57)
Où K est une constante.

Figure 3.62 Diagramme vectoriel et caractéristique directionnelle

Le couple maximal est obtenu lorsque sin(𝜃 + 𝜑) vaut 1, c'est-à-dire 𝜃 + 𝜑 = 90°.


La condition de couple maximal est montrée en trait discontinu sur la figure 3.62.
Le couple est nul lorsque sin(𝜃 + 𝜑) = 0, c'est-à-dire 𝜃 + 𝜑 = 0° ou 180°. Cela se
produit lorsque le vecteur courant I du relais est en phase ou en opposition de phase
avec ϕV . La ligne correspondante est appelée ligne de couple nul et est montrée sur
la figure 3.62 et forme un angle droit avec la ligne de couple maximal.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
107

Donc l’élément directionnel fonctionne pourvu que le vecteur courant se trouve à


±90° de la ligne du couple maximal. S’il est déplacé de plus de 90°, l’élément va
alors se restaurer. Aussi bien la région de fonctionnement que celle de non
fonctionnement du relais sont illustrées sur la figure 3.62.

Angle de couple maximal : L’angle dont le courant fourni au relais est en avance
sur la tension d’alimentation du relais, de sorte à obtenir le couple maximal, est
appelé Angle de Couple Maximal (A.C.M). Il est désigné par 𝜏 sur la figure 3.62.
A partir de la figure 3.62, nous pouvons écrire :
φ = 90° − τ (3.58)
Substituant (3.58) dans (3.57), nous obtenons,

T = K. V. I. sin(𝜃 + 90° − τ)
T = K. V. I. cos(𝜃 − τ) (3.59)

Les valeurs typiques de l’angle de couple maximal sont 0°, 30°, 45° …etc.

[Link] Classification suivant la grandeur mesurée

Suivant la grandeur mesurée, on distingue :

1) Relais ampèremètrique
Relais de mesure dont la grandeur électrique détectée est un courant électrique.

2) Relais homopolaire
Relais de mesure dont la grandeur détectée est le courant et/ou la tension
homopolaire (qui apparaît lors d'un défaut phase-terre).

3) Relais directionnel
Relais de mesure dont la grandeur détecte la direction dans laquelle s'est produit un
défaut. Son fonctionnement nécessite l'acquisition du courant et de la tension.

4) Relais à maximum d'intensité-phases

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
108

Relais de mesure dont la grandeur détectée est le module du courant qui apparaît
lors d'un défaut entre phases

5) Relais différentielle :

Illustré sur la figure 3.63, est assurée par des unités de fonction ANSI 87L
(différentielle ligne) sur les deux extrémités de la ligne (figure 3.63). Les deux unités
mesurent en permanence les courants à l’entrée et à la sortie de cette ligne, et
échangent l’information via un moyen de communication. S’il n’y a aucun défaut,
alors les deux courants sont égaux (ou presque). Cependant, en cas de défaut (entre
phase ou à la terre), alors les deux unités mesureront des courants différents et
décident par conséquent d’ouvrir leurs disjoncteurs respectifs pour isoler la ligne
lorsque la différence en question dépasse un certain seuil.
Cette protection est très utile (rapide) et surtout sélective, car elle permet d’isoler
la partir en défaut pour éviter des déclenchements en amont ou en aval ;

Figure 3.63 Protection différentielle


6) Relais de distance
La protection de distance ou d’impédance est l’une des protections les plus
importantes utilisées pour les lignes électriques. Son principe est illustré sur la figure
3.64. D’abord, la longueur de la ligne est partagée en plusieurs sections ou zone de
protection. Chaque zone est couverte par des unités de protection par la fonction
ANSI 21 (protection de distance) aux deux extrémités. Cette fonction calcule
l’impédance apparente à partir de la mesure de la tension et du courant (Z = V/I).

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
109

Pour un fonctionnement normal, cette impédance se situe autour d’une valeur


normalement connue (Elle est généralement élevée et presque résistive), mais en
cas de défaut, elle change de façon drastique et devient plutôt inductive (figure 3.64).
A partir des paramètres de la ligne et sa puissance de court-circuit, la valeur calculée
de Z permet d’estimer la distance entre le point de défaut et celui de la mesure, ce
qui permettra de décider lequel des tronçons de ligne à isoler. Sur l’exemple de la
figure 3.64, trois zones de protection sont définies dans le plan de Z ; Si la valeur
calculée de l’impédance appartient à la zone 1 dans le plan de Z, alors la fonction
ANSI 21 comprendra que le défaut se situe entre A et B et décide par conséquent
d’ordonner l’ouverture de son disjoncteur et d’envoyer l’information à l’unité située à
l’autre extrémité de la ligne pour l’ouverture de son disjoncteur. Si par ailleurs, la
valeur de l’impédance est située dans les zones 2 ou 3 dans le plan de Z alors cette
fonction (ANSI 21) comprendra que le défaut est situé en dehors du tronçon AB, et
par conséquent aucun des deux disjoncteurs ne devrait ouvrir.
Il faut finalement remarquer que cette protection est sélective comme la protection
différentielle, mais elle a aussi l’avantage d’estimer le point de défaut.

Figure 3.64. Protection d’une ligne par relais de distance

Figure 3.65. Plan de Z

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
110

4.1.3 Organes de coupure

Ce sont les fusibles, les disjoncteurs, les interrupteurs-fusibles, les contacteurs-


fusibles qui ont pour fonction d’éliminer de défaut ou d’isoler la zone en défauts.

4.2 Qualités principales d’un système de protection :


Performances
Les qualités souhaitées d’un system de protection sont les suivantes :

4.2.1 La Sensibilité

La protection doit fonctionner dans un domaine très étendu de courants de


courts-circuits entre:
 Le courant maximal qui est fixé par le dimensionnement des installations et
est donc parfaitement connu,
 Un courant minimal dont la valeur est très difficile à apprécier et qui
correspond à un court-circuit se produisant dans des conditions souvent
exceptionnelles.
La notion de sensibilité d’une protection est fréquemment utilisée en référence
au courant de court-circuit le plus faible pour lequel la protection est capable de
fonctionner.
La sensibilité, qui est l'aptitude des protections à détecter les défauts, notamment
les défauts très résistants qui peuvent mettre en péril la sécurité des tiers ;

4.2.2 La Sélectivité

Les protections constituent entre elles un ensemble cohérent dépendant de la


structure du réseau et de son régime de neutre. Elles doivent donc être envisagées
sous l’angle d’un système reposant sur le principe de sélectivité. Elle consiste à
isoler le plus rapidement possible la partie du réseau affectée et uniquement cette
partie, en laissant sous tension toutes les parties saines du réseau. Différents modes
de sélectivité peuvent être mis en œuvre :
 La sélectivité ampérométrique par les courants.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
111

 La sélectivité chronométrique par le temps.


 La sélectivité logique par échange d’informations.
La sélectivité à pour but d’assurer d’une part la continuité de service
d’alimentation en énergie électrique et d’autre part la fonction secours entre les
protections. Elle traduit donc l’aptitude de la protection à n’éliminer que la partie en
défaut.
Exercice :
Entre les dispositions des disjoncteurs sur les figures ci-dessous, laquelle est la
meilleur en termes de maintien des charges en alimentation pendant les défauts sur
les jeux de barres et/ou les lignes ?

La sélectivité d’une protection est basée sur la discrimination entre les


différents relais ou unités de protection installés aux différents niveaux du réseau. Il y
a plusieurs types de discriminations, et les plus utilisées sont la discrimination
temporaire, la discrimination logique et la discrimination directionnelle.

1) Discrimination temporaire

Cette discrimination ou temporisation consiste à assigner aux relais des temps


de réactions différents. Le temps de déclenchement est court pour le relais le plus
proche du défaut et augmente au fur et à mesure qu’on s’approche de la source.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
112

2) Discrimination logique
Dans une discrimination logique, il n’est pas nécessaire d’imposer une
discrimination temporaire entre les relais en cascade. Le relais le plus amont (à la
source par exemple) peut avoir un retard court pour un défaut qui concerne sa zone
directe. Lorsqu’il y a défaut en aval, le relais directement concerné envoie
immédiatement un ordre de blocage au relais situés en amont pour prolonger leurs
temps de réaction afin de donner la priorité au relais concerné directement par le
défaut.

3) Discrimination directionnelle

La discrimination directionnelle est très utilisée dans les réseaux bouclés. L’action du
relais dépend du sens d’écoulement du courant de défaut, c’est-à-dire de la phase
du courant par rapport à la tension donnée par un TT.

4.2.3 La Rapidité

Les défauts sont donc des incidents qu’il faut éliminer le plus vite possible, c’est le
rôle des protections dont la rapidité de fonctionnement est des performances
prioritaires. Le temps d’élimination des court-circuits comprend deux composantes
principales :
 Le temps de fonctionnement des protections (quelques dizaines de
millisecondes).
 Le temps d’ouverture des disjoncteurs, avec les disjoncteurs modernes (SF6
ou à vide), ces derniers sont compris entre 1 et 3 périodes.

4.2.4 Fiabilité

Une protection a un fonctionnement correct lorsqu’elle émet une réponse à un


défaut sur le réseau en tout point conforme à ce qui attendu. A l’inverse, le
fonctionnement incorrect comporte deux aspects qui sont le défaut de
fonctionnement et le fonctionnement intempestif. Le défaut de fonctionnement ou
non fonctionnement lorsqu’une protection qui aurait de fonctionner n’a pas
fonctionné. Le fonctionnement intempestif est un fonctionnement non justifié, soit en
l’absence de défaut, soit en présence d’un défaut pour laquelle la protection n’aurait
pas à fonctionner.

[Link] Chapitre III Eléments du système de protection et protection des composants du réseau ENI-ABT
113

En effet, la fiabilité d’une protection, qui est la probabilité de ne pas avoir de


fonctionnement incorrect c’est à-dire éviter les déclenchements intempestifs, est une
combinaison entre sûreté et sécurité. La sûreté est la probabilité de ne pas avoir de
défaut de fonctionnement. Tandis que la sécurité est la probabilité de ne pas avoir de
fonctionnement intempestif

V. Protection des éléments du Réseau

Le réseau doit généralement être protégé contre un certain nombre de défauts


communs à tous ses éléments, notamment les court-circuits, les surcharges, les
défauts à la terre. Néanmoins certains éléments comme les générateurs ont besoin
de quelques protections spécifiques contre les variations de fréquence et de tension
(et éventuellement des protections mécaniques). Un élément du réseau est protégé
par un ensemble d’unités de protection, et chaque unité est définie par sa fonction
(son rôle). Ces fonctions sont définies par des codes selon la norme ANSI C37.2
dont les plus usuelles sont données dans le Tableau ci-dessous.

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