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Chapitre 2

Le document traite des méthodes d'exploitation minière, en se concentrant sur la caractérisation des gisements et le choix de la méthode d'exploitation appropriée. Il aborde les différentes méthodes, telles que l'exploitation à ciel ouvert, souterraine et mixte, ainsi que les caractéristiques géomorphologiques et géomécaniques influençant ces choix. Des exemples pratiques illustrent les concepts discutés, soulignant l'importance de la sélection de la méthode pour garantir la rentabilité et la sécurité des opérations minières.

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Chapitre 2

Le document traite des méthodes d'exploitation minière, en se concentrant sur la caractérisation des gisements et le choix de la méthode d'exploitation appropriée. Il aborde les différentes méthodes, telles que l'exploitation à ciel ouvert, souterraine et mixte, ainsi que les caractéristiques géomorphologiques et géomécaniques influençant ces choix. Des exemples pratiques illustrent les concepts discutés, soulignant l'importance de la sélection de la méthode pour garantir la rentabilité et la sécurité des opérations minières.

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Republic of Cameroon

République du Cameroun Peace – Work – Fatherland


Paix – Travail – Patrie ****
**** Ministry of Higher Education
Ministère de l’Enseignement ****
Supérieur The University of Maroua
**** ****
Université de Maroua National Advanced School of
**** Mines and Petroleum Industries
Ecole Nationale Supérieure des ****
Mines et des Industries Pétrolières
**** Department of Mining
Département d’Ingénierie Minière Engineering and Mineral
et Traitement des Minerais B.P. 08 Kaélé Processing
Tél : +237 665417855
Email :
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UE : TECHNIQUES D’EXPLOITATION
INDUSTRIELLE DES MINES SOUTERRAINES

THEME : CARACTERISATION DES GISEMENTS ET


CHOIX DE LA METHODE D‘EXPLOITATION

Réalisé par :

NOMS ET PRENOMS MATRICULES

KAMELA FOGANG CLEMENT 22A0118EM

IDRISSA OUMAR ZIGLA 22A0112EM

Examinateur : Dr NGUIMATSIA FRANCK

Année scolaire : 2025-2026


TABLE DE MATIERES
TABLE DE MATIERES .............................................................................................................. 2

INTRODUCTION......................................................................................................................... 4

I. METHODES D’EXPLOITATION MINIERE ................................................................... 5

I.1 Exploitation à ciel ouvert ...........................................................................................................5

I.2 Exploitation souterraine ............................................................................................................7

I.3 Exploitation mixte .....................................................................................................................9

II. CARACTERISTIQUES DES GISEMENTS INFLUENCANT LE CHOIX DE LA


METHODE D’EXPLOITATION ............................................................................................. 11

1. Caractéristiques géomorphologiques ..................................................................................... 11

1. Caractéristiques géomécaniques ........................................................................................... 11

2. Caractéristiques physiques .................................................................................................... 15

3. Caractéristiques hydrologiques ............................................................................................. 17

4. Origine ................................................................................................................................. 17

III. EXEMPLES DE CAS PRATIQUES .............................................................................. 19

1. Cas de la mine d’or de COLOMINE ......................................................................................... 19

2. Cas de la mine de bauxite de Minim-Martap .......................................................................... 21

CONCLUSION ........................................................................................................................... 23

REFERENCES............................................................................................................................ 24

2
LISTES DE FIGURES

Figure 1: Schéma d'une carrière ...................................................................................................... 5


Figure 2: Schéma d'un gradin ......................................................................................................... 5
Figure 3 Une mine à ciel ouvert ...................................................................................................... 6
Figure 4: Schéma d'une mine .......................................................................................................... 8
Figure 5 : une galerie souterraine.................................................................................................... 8
Figure 6: Schéma d'une exploitation mixte................................................................................... 10
Figure 7: Essai de compression simple ......................................................................................... 12
Figure 8: Essai de traction simple ................................................................................................. 12
Figure 9: Essai de traction indirecte.............................................................................................. 13
Figure 10: Essai de cisaillement simple ........................................................................................ 13
Figure 11: Essai franklin ............................................................................................................... 14
Figure 12: Exemple pour le calcul du RQD.................................................................................. 15
Figure 13: Un orpailleur................................................................................................................ 19
Figure 14: Exploitation à Minim-Martap ...................................................................................... 21

3
INTRODUCTION
Un gisement minier est une concentration naturelle de substances minérales exploitables
économiquement. L’exploitation de ces ressources nécessite le choix d’une méthode adaptée afin
d’assurer à la fois la rentabilité, la sécurité et l’efficacité des opérations.
Cependant, les gisements présentent des caractéristiques variées, notamment en termes de
géométrie, de propriétés géomécaniques et de conditions économiques. Ces différences
influencent directement le choix de la méthode d’exploitation.
Ainsi, on peut se poser la question suivante :
Comment les caractéristiques d’un gisement déterminent-elles le choix de la méthode
d’exploitation ?
Pour répondre à cette problématique, nous étudierons d’abord les caractéristiques des gisements,
puis les méthodes d’exploitation, avant d’analyser les critères de sélection.

4
I. METHODES D’EXPLOITATION MINIERE
L’exploitation d’un gisement minier peut se faire selon trois grandes approches : l’exploitation à
ciel ouvert, l’exploitation souterraine et l’exploitation mixte. Le choix de l’une ou l’autre dépend
des caractéristiques du gisement, notamment sa profondeur, sa géométrie et les conditions
économiques d’exploitation.

I.1 Exploitation à ciel ouvert


L’exploitation à ciel ouvert est un type d’exploitation dans laquelle le dépôt de minerai
s’étend profondément dans le sous-sol nécessitant l’enlèvement de couches superposées de morts
terrains et de minerai. Avec l’exploitation à ciel ouvert d’un gisement, les ouvrages miniers sont
exécutés à la surface terrestre. Ce mode d’exploitation est caractérisé par le contour non fermé de
ses excavations sur une coupe transversale.

Figure 1: Schéma d'une carrière

Figure 2: Schéma d'un gradin

5
Dans l’exploitation à ciel ouvert, on se propose de creuser la surface du sol, pour atteindre la
couche du minerai ou un amas. En général, une carrière est le lieu d’exécution de l’ensemble des
travaux miniers à ciel ouvert, elle a l’allure d’un cratère. Elle est faite de gradin (voir fig2)
successifs plus ou moins circulaires chacun d’eux constitue un front de taille où l’on procède à
l’abattage, au chargement et au transport du minerai (voir figure1).

Figure 3 Une mine à ciel ouvert

I.1.1 Avantage du mode d’exploitation à ciel ouvert


L’exploitation à ciel ouvert présente plusieurs avantages tels que :
➢ Sécurité des travaux (condition sanitaire et hygiénique favorable) ;
➢ Possibilité de mécanisation de grande capacité ;
➢ Organisation simple des travaux ;
➢ Courte durée de construction de la carrière ;
➢ Possibilité d’augmenter rapidement la production ;
➢ Possibilité d’utilisation de la méthode d’extraction sélective.
I.1.2 Inconvénients du mode d’exploitation à ciel ouvert
➢ Limitation de sa profondeur à 500m ;
➢ Déboisement intensif de la surface considéré ;
➢ Pollution de l’atmosphère et de l’hydrosphère ;
➢ Dépendance de la production aux conditions climatiques ;

6
NB : - L’exploitation à ciel ouvert fait souvent intervenir le déplacement de la végétation native
des zones, et se trouve donc parmi les types d’exploitation minière les plus destructives du point
de vue environnemental, spécialement dans les forêts tropicales.
- Pour réduire les impacts du déboisement et du dérangement de la faune et de la flore, les
exploitants doivent mettre en œuvre une politique de restauration et de la réhabilitation des vides
créés par les travaux miniers au fur et à mesure.
I.1.2 Techniques d’exploitation
➢ Lixiviation en tas (Heap Leaching) : On dépose le minerai concassé sur des aires étanches
et on l'arrose de solvants. C'est la technique reine pour l'or et le cuivre à ciel ouvert.
➢ Concentration Gravitaire : Utilisation de spirales ou de tables vibrantes pour séparer les
minéraux lourds (fer, étain) après extraction mécanique.
➢ Flottation en usine : Le minerai extrait par camions est envoyé vers des cellules de
flottation pour récupérer les sulfures.
➢ Triage optique : Séparation automatique des blocs de roche stériles et du minerai utile sur
convoyeur à la sortie de la fosse.
I.2 Exploitation souterraine
Dans la plupart des cas, les gisements des minéraux utiles exploitables se trouvent à une grande
profondeur au sein de l’écorce terrestre qui ne peut être l’objet d’exploitation à ciel ouvert.
Pour extraire ces minéraux utiles du sous-sol, on se propose d’exécuter les travaux miniers, dans
la terre.
Ainsi appelée exploitation souterraine des gisements. Dans l’exploitation souterraine, une quantité
minimale de morts terrains est enlevée pour accéder au dépôt de minerai. L’accès à ce gisement
de minerai se fait au moyen de tunnels ou de puits. Tunnels ou puits conduisent à un réseau plus
horizontal de tunnels souterrains qui accèdent directement au minerai. Elle se caractérise par le
contour fermé des excavations sur une coupe transversale.

7
Figure 4: Schéma d'une mine

Figure 5 : une galerie souterraine

I.2.1 Avantage du mode d’exploitation souterraine


Ils sont entre autres :
➢ Possibilité d’exploitation des gisements profonds (100÷4000m) ;
➢ Réduction des travaux auxiliaires ;
➢ Possibilités de conservation de la faune et de la flore ;
➢ Faible degré de pollution de l’atmosphère et de l’hydrosphère.
I.2.2 Inconvénients du mode d’exploitation souterraine
Par rapport au mode d’exploitation à ciel ouvert, le mode souterrain présente des inconvénients
suivants :
➢ Présence des grands problèmes de santé et de sécurité dans la mine.
➢ Absence totale d’aérage naturel
➢ Profondeur d’exploitation assez considérable
➢ Grande variation des conditions géologiques du gisement
➢ Pression de terrain, risque d’éboulement élevé
➢ Durée assez élevée de construction de la mine
➢ Coût de construction très élevé de la mine

8
➢ Coût de ventilation (aérage) élevé.
NB : Sachant que l’exploitation minière souterraine soit une méthode moins destructive de
l’environnement pour accéder à un gisement de minerai, mais elle est souvent plus coûteuse et
comporte des risques de sécurité plus élevés que l’exploitation à découvert par décapage direct, y
compris l’exploitation à ciel ouvert. Bien que la plupart des projets miniers à grande échelle
impliquent l’exploitation à ciel ouvert, de nombreuses grandes mines souterraines sont en
opération dans le monde entier.
I.2.3 Techniques d’exploitation
Ici, l'espace est restreint et la teneur du minerai est souvent plus élevée. Les techniques doivent
être très sélectives.
➢ Lixiviation In Situ (ISL) : On n'extrait pas la roche. On injecte des solutions chimiques
via des forages depuis la surface ou des galeries pour dissoudre le métal (très utilisé pour
l'uranium).
➢ Remblayage hydraulique : Technique consistant à réutiliser les résidus de traitement pour
boucher les vides (chambres) afin de sécuriser l'exploitation des niveaux supérieurs.
➢ Tri manuel ou mécanique sélectif : En raison du coût élevé de remontée des roches à la
surface, on effectue un tri rigoureux au front de taille pour ne remonter que le minerai riche.
Lixiviation en galeries (Stope Leaching) : Utilisation de vieilles chambres d'exploitation comme
"cuves" naturelles pour récupérer les métaux résiduels par arrosage chimique.
I.3 Exploitation mixte
Ce mode consiste à utiliser lors de l’exploitation des gisements, les deux (2) principaux modes
l’un après l’autre. Au cours d’une exploitation à ciel ouvert, à la limite rationnelle, on se propose
de creuser les ouvrages souterrains dans le stérile ou dans le minerai pour récupérer au maximum
dans la partie inférieure, de minéraux utiles.

I.3.1 Avantages du mode d’exploitation mixte


Comme avantages de ce mode par rapport aux deux principaux on a :
➢ Possibilité d’augmenter la production de la mine ;
➢ Possibilité de récupération des gisements profonds avec une grande puissance ;
➢ Coût minimum de construction de la mine ;
➢ Possibilité de réduire le taux de perte et dilution du minerai ;
➢ Possibilité d’exploiter les gites irréguliers ;

9
I.3.2 Inconvénients du mode d’exploitation mixte
Ce mode a pour inconvénients :
➢ Condition de stabilité des bords des ouvrages très faibles.
➢ Grand risque d’éboulis à cause des pressions de terrain.
➢ Coût élevé de surveillance de terrain.
➢ Coût élevé de système de soutènement.
➢ Pollution de l’atmosphère et de l’hydrosphère.

Figure 6: Schéma d'une exploitation mixte

I.3.3 Techniques d’exploitation


C'est une phase de transition délicate où l'on combine les deux approches, souvent lorsque la
fosse devient trop profonde pour être rentable.

➢ Transition par "Glory Hole" : On utilise le fond de la mine à ciel ouvert comme un
entonnoir pour faire tomber le minerai vers des galeries souterraines situées en dessous.
➢ Extraction par tunnels d'accès (Adits) : On creuse des galeries horizontales à partir des
parois de la fosse à ciel ouvert pour atteindre des extensions de filons qui s'enfoncent sous
la montagne.
➢ Valorisation des haldes de stériles : Les roches extraites durant la phase "ciel ouvert" qui
étaient considérées comme stériles peuvent être retraitées par lixiviation (Dump Leaching)
pendant que l'exploitation se poursuit en souterrain.

10
II. CARACTERISTIQUES DES GISEMENTS INFLUENCANT LE CHOIX
DE LA METHODE D’EXPLOITATION
Les gisements miniers présentent des caractéristiques variées qui influencent directement le
choix de la méthode d’exploitation. Ces caractéristiques sont principalement liées à la géométrie
du gisement, aux propriétés géomécaniques des roches et aux conditions géologiques et
économiques.
1. Caractéristiques géomorphologiques
La géométrie d’un gisement constitue l’un des facteurs les plus déterminants dans le choix de la
méthode d’exploitation.
Elle comprend :
➢ La forme du gisement
Un gisement peut être filonien (étroit et allongé), stratiforme (disposé en couches) ou massif (épais
et étendu). Par exemple, les gisements filoniens sont souvent exploités en souterrain, tandis que
les gisements massifs peuvent être exploités à ciel ouvert.
➢ L’extension du gisement
Qui renvoie à l’épaisseur, la longueur et la largeur du gisement influencent la rentabilité et la
technique d’exploitation. Un gisement épais permet l’utilisation de méthodes à grande échelle.
➢ Le pendage (inclinaison)
Un gisement à faible pendage est généralement plus facile à exploiter à ciel ouvert, tandis qu’un
fort pendage favorise certaines méthodes souterraines.
➢ La profondeur
C’est l’angle formé entre le plan horizontal (surface terrestre) et le plan de la couche minéralisée
(gisement). Les gisements superficiels sont exploités à ciel ouvert, alors que les gisements
profonds nécessitent des méthodes souterraines.
1. Caractéristiques géomécaniques
Les propriétés géomécaniques concernent le comportement des roches face aux contraintes
Elles incluent :
➢ Résistance à la compression simple
Elle est déterminée lors de l’essai de compression simple. Dans cet essai, l’échantillon est pris sous
forme d’une carotte (éprouvette cylindrique), d’élancement h/D compris entre 2 à 2.5 (h : hauteur

11
; D : diamètre) avec deux faces planes, lisses et parallèles obtenues par une rectification soignée.
L’échantillon est ensuite placé entre deux plateaux d’une presse pour l’écrasement. On appelle «
la résistance à la compression simple, Rc ou c» la contrainte maximale supportée par l’éprouvette
à la rupture lors d’un essai d’écrasement (de compression). Elle est donnée par la formule suivante

Où : Fmax : effort maximal appliqué sur l’éprouvette (kN) ; S : section sur laquelle on applique
l’effort F (m2).

Figure 7: Essai de compression simple

➢ Résistance à la traction
En soumettant une éprouvette cylindrique à une traction uni axiale, la résistance à la traction simple
(Rt) est égale à la contrainte limite de traction qui produit la décohésion des particules de
l’éprouvette (Fig. II.5). Elle est donnée par la formule suivante :

Où : Fmax : effort maximal appliqué sur l’éprouvette (kN) ; S : section sur laquelle on applique
l’effort F (m2).

Figure 8: Essai de traction simple

12
➢ Résistance à la traction indirecte (Essai brésilien)
L’essai à la traction indirecte (ou l’essai brésilien, Rtb) est le plus commun pour les roches. On
utilise une éprouvette de longueur à peu près égale au diamètre. L’éprouvette est placée entre deux
plateaux d’une presse puis elle est chargée progressivement (Fig. II.6). La résistance à la traction
indirecte est donnée par la formule suivante :

Où : Fmax : effort maximal appliqué sur l’éprouvette (kN) ; D : diamètre de l’éprouvette (m) ; L
: longueur de l’éprouvette (m)

Figure 9: Essai de traction indirecte

➢ Résistance au cisaillement simple


La résistance au cisaillement simple est définie par la relation suivante :

Où : Fmax : effort tangentiel entraînant la rupture (kN) ; S : section sur laquelle on applique
l’effort F (m2).

Figure 10: Essai de cisaillement simple

13
➢ Résistance à charge ponctuelle (Essai Franklin)
L’essai de résistance à charge ponctuelle (ou l’essai Franklin) est le plus commun pour la
classification des roches. On utilise une éprouvette de longueur égale au diamètre.
L’éprouvette est diagonalement placée entre deux plateaux coniques d’une presse puis elle est
chargée progressivement jusqu’à la rupture. Cet essai s’applique sur les roches ayant une résistance
égale à ou supérieure à 5 MPa. Le paramètre obtenu de cet essai est appelé « indice de résistance
à charge ponctuelle, Is » qui est calculé en fonction de la charge de rupture « Fmax » et de le
diamètre de l’éprouvette « D». L'indice de résistance à charge ponctuelle non corrigé « Is » est
défini par la relation suivante :

Où : Fmax : effort maximal appliqué sur l’éprouvette (kN) ; D : diamètre de l’éprouvette (m) ;
IS: L'indice de résistance à charge ponctuelle non corrigé (kN/m2 ).

Figure 11: Essai franklin

➢ Désignation de la qualité de la roche (RQD)


La RQD suivante est un moyen simple et peu coûteux pour reconnaître les zones rocheuses de
faible qualité qui peut nécessiter encore plus des reconnaissances supplémentaires pour faire une
étude exhaustive. La RQD peut être calculé comme suit :

La RQD sert aujourd'hui de paramètre standard pour les échantillons de forage et constitue une
valeur de base pour les principaux systèmes de classification des masses rocheuses : système de
classification de la masse rocheuse (RMR) et Q-système.

14
Figure 12: Exemple pour le calcul du RQD

2. Caractéristiques physiques
➢ Dureté (Mohs)

Qui détermine la facilité de concassage et de broyage.


➢ Poids volumique de la roche

➢ Poids volumique humide (spécifique) de la roche (kN/m3) :

➢ Poids volumique des grains solides de la roche après broyage (kN/m3) :

➢ Poids volumique de la roche sec (kN/m3) :

➢ Poids volumique de l’eau (kN/m3) :

➢ Poids volumique de la roche saturée (kN/m3) :

➢ Poids volumique déjaugé de la roche (kN/m3) :

➢ Gravité spécifique de la roche (sans unité) :

Importance : influence la séparation gravimétrique et la flottation.

15
➢ Teneur en eau

Elle représente la quantité d'eau contenue dans les pores ou les fissures de la roche. Elle s'exprime
généralement en pourcentage du poids sec de l'échantillon. Une teneur en eau élevée peut réduire
considérablement la cohésion des roches (surtout les roches argileuses) et influencer la vitesse de
propagation des ondes sismiques lors des tirs de mine.

➢ Compacité

La compacité est le rapport entre le volume des pleins (la matière solide) et le volume total de la
roche. Plus une roche est compacte, plus elle est dense et, généralement, plus elle est résistante.
C'est l'inverse de la porosité.

➢ Indices de vides
C'est le rapport entre le volume des vides (pores, fissures) et le volume des particules solides. Il
permet d'évaluer le tassement potentiel d'un massif rocheux. Un indice des vides élevé indique une
structure plus "lâche" qui pourrait se déformer davantage sous une charge.

➢ Dégrée de saturation

Il indique la proportion des vides qui sont remplis par de l'eau.

* Interprétation :

* S_r = 0 : La roche est totalement sèche.

* S_r = 100\% : La roche est saturée (tous les pores sont remplis d'eau).

* Risque : Dans une roche saturée, les pressions interstitielles peuvent provoquer une instabilité
des parois d'une mine ou d'une carrière.

16
➢ Porosité

3. Caractéristiques hydrologiques
➢ La profondeur de la nappe phréatique (Niveau statique)
C'est la limite supérieure de la zone saturée en eau dans le sol ou la roche. Elle détermine à quel
moment les travaux d'excavation entreront en contact avec l'eau. Si la nappe est proche de la
surface, un système d'exhaure (pompage) permanent est nécessaire dès le début de l'exploitation.
➢ La perméabilité et la transmissivité des terrains
Ces paramètres mesurent la facilité avec laquelle l'eau circule à travers les pores ou les fissures de
la roche. Une roche très perméable (comme un sable ou un calcaire fissuré) entraînera des venues
d'eau massives dans la mine, tandis qu'une roche imperméable (argile, granite sain) facilitera le
maintien au sec des chantiers.
➢ Le débit d'exhaure (Afflux d'eau)
Il s'agit du volume d'eau qui pénètre dans les ouvrages miniers par unité de temps. Cette donnée
permet de dimensionner les pompes et les bassins de décantation. Un débit trop élevé peut rendre
un gisement non rentable à cause des coûts énergétiques liés à l'évacuation de l'eau.
➢ La pression interstitielle (ou pression de pores)
C'est la pression exercée par l'eau contenue dans les vides de la roche. Une pression élevée réduit
la résistance au cisaillement des roches, augmentant ainsi les risques d'éboulement des talus (en
mine à ciel ouvert) ou d'instabilité des galeries (en souterrain).

➢ Le régime de recharge (Précipitations et Ruissellement)


L'influence des conditions météorologiques de surface sur le gisement. Dans les zones à forte
pluviométrie, il faut prévoir le ruissellement des eaux de surface vers la fosse pour éviter les
inondations soudaines, notamment par la construction de fossés de garde en périphérie de la mine.
4. Origine
➢ Origine Magmatique
Le gisement se forme par la cristallisation d'un magma au sein de la croûte terrestre. Lors du
refroidissement du magma, certains minéraux denses (comme le chrome ou le platine) sédimentent

17
au fond de la chambre magmatique. Cela donne souvent des gisements très massifs et homogènes,
facilitant une exploitation à grande échelle.
➢ Origine Hydrothermale
Le gisement provient de la circulation de fluides chauds chargés de métaux dans les fractures de
la roche. En refroidissant, ces fluides déposent des minéraux (or, cuivre, zinc) sous forme de
**filons** ou de veines. Ces gisements sont souvent complexes car ils suivent les cassures de la
roche, ce qui demande une méthode d'exploitation très sélective (souvent souterraine).
➢ Origine Sédimentaire
Le minerai s'est déposé au fond d'un bassin (lac, océan) par précipitation chimique ou accumulation
mécanique. C'est le cas des gisements de fer ou de phosphate. Ils se présentent généralement sous
forme de couches horizontales (**stratiformes**) sur de très grandes surfaces, ce qui est idéal pour
une exploitation mécanique continue à ciel ouvert.
➢ Origine Résiduelle (ou Supergène)
Le gisement est le résultat de l'altération de roches préexistantes par l'eau de pluie sous un climat
chaud et humide. Les éléments inutiles sont lessivés (emportés par l'eau), laissant sur place une
concentration de métaux. C'est l'origine typique des **bauxites** (aluminium) ou des gisements
de fer de surface. Comme ils se trouvent juste sous le sol, ils sont presque toujours exploités à ciel
ouvert.
➢ Origine Métamorphique
Le gisement est formé par la transformation d'un gisement préexistant sous l'effet d'une forte
pression ou température. Cette transformation modifie la structure cristalline et parfois la
concentration du minerai. Cela peut rendre la roche plus dure ou plus fragile, influençant
directement les paramètres de minage (foration et dynamitage) lors de l'exploitation.

18
III. EXEMPLES DE CAS PRATIQUES
1. Cas de la mine d’or de COLOMINE

Figure 13: Un orpailleur

Le gisement aurifère de Colomine, exploité par CODIAS SA, présente un ensemble de


caractéristiques géologiques et techniques qui justifient le choix d’une exploitation souterraine.
Ces caractéristiques englobent les aspects physiques, chimiques, mécaniques, géotechniques,
hydrogéologiques ainsi que l’origine du gisement.

Sur le plan physique, la minéralisation aurifère se présente sous forme de veines ou filons de
quartz, généralement de faible à moyenne épaisseur et à géométrie irrégulière. Ces filons sont
souvent inclinés et localisés en profondeur, aux alentours de 100 mètres. Une telle disposition rend
difficile une exploitation à ciel ouvert, car elle nécessiterait un décapage important pour atteindre
des zones minéralisées relativement étroites. Ainsi, l’exploitation souterraine s’impose comme la
méthode la plus adaptée, car elle permet de suivre précisément la géométrie du gisement tout en
limitant les pertes et la dilution du minerai.

Du point de vue chimique, le minerai est principalement constitué d’or natif associé à une gangue
quartzeuse. On y retrouve également des minéraux sulfurés, notamment la pyrite, qui est
couramment associée aux gisements aurifères hydrothermaux. Ces caractéristiques chimiques
n’influencent pas directement la méthode d’exploitation, mais elles confirment la nature du
gisement et orientent les procédés de traitement du minerai après extraction.

Les propriétés mécaniques des roches encaissantes jouent un rôle déterminant dans la faisabilité
de l’exploitation souterraine. À Colomine, les roches sont globalement dures et présentent une
bonne résistance à la compression, ce qui favorise la stabilité des galeries creusées. Cependant, la

19
présence de fractures et de plans de discontinuité peut localement affaiblir le massif rocheux. Cela
nécessite une adaptation des méthodes de soutènement afin d’éviter les éboulements.

Sur le plan géotechnique, le massif rocheux est caractérisé par un réseau de fractures et de failles
issues de l’histoire tectonique de la région. Ces discontinuités influencent fortement le
comportement du massif lors des travaux miniers. Elles peuvent constituer des zones de faiblesse,
imposant la mise en place de dispositifs de soutènement tels que le boulonnage, les cintres
métalliques ou encore le remblayage des vides. Le choix de la méthode d’exploitation doit donc
tenir compte de la stabilité globale du massif et de la nécessité de contrôler les risques
d’effondrement.

L’origine du gisement est de type hydrothermal. Il s’est formé à partir de fluides chauds riches en
minéraux qui ont circulé à travers les fractures de la roche encaissante. Au cours de leur circulation,
ces fluides ont précipité l’or et d’autres minéraux dans les fissures, donnant naissance à des filons
aurifères. Cette origine explique la distribution irrégulière de la minéralisation, souvent concentrée
dans des zones spécifiques, ce qui nécessite une exploitation sélective adaptée aux gisements
filoniens.

Enfin, les conditions hydrogéologiques du site constituent un facteur important dans l’exploitation.
La présence d’eau dans les fractures peut entraîner des infiltrations dans les galeries souterraines.
Ces venues d’eau peuvent perturber les travaux et affecter la stabilité des parois. Il est donc
préférable de mettre en place des systèmes de drainage et de pompage pour contrôler ces flux et
assurer la sécurité des opérations.

20
2. Cas de la mine de bauxite de Minim-Martap

Figure 14: Exploitation à Minim-Martap

Le gisement de bauxite de Minim-Martap constitue un exemple typique de gisement


exploitable à ciel ouvert. Ce type de gisement se prête particulièrement bien à cette méthode en
raison de sa localisation proche de la surface, de son extension latérale importante et de la relative
homogénéité de la minéralisation. L’exploitation à ciel ouvert consiste ici à enlever
progressivement les couches de recouvrement pour atteindre le minerai, en développant une fosse
organisée en gradins.

Sur le plan physique, le gisement de Minim-Martap se caractérise par des couches de bauxite
relativement épaisses, souvent subhorizontales et continues sur de grandes distances. La
minéralisation affleure ou se situe à faible profondeur, ce qui rend inutile le recours à des travaux
souterrains. Cette géométrie tabulaire et étendue favorise une exploitation à grande échelle avec
des engins lourds, permettant un rendement élevé.

Du point de vue chimique, la bauxite est principalement constituée d’hydroxydes d’aluminium,


notamment la gibbsite, parfois associée à la boehmite et à des impuretés comme les oxydes de fer
et de silice. La teneur en alumine et la faible proportion d’impuretés déterminent la qualité du
minerai. Bien que ces caractéristiques influencent surtout le traitement métallurgique, elles
confirment la nature latéritique du gisement.

Les propriétés mécaniques des matériaux sont également favorables à une exploitation à ciel
ouvert. La bauxite et les matériaux de recouvrement sont généralement peu consolidés à
modérément consolidés, ce qui facilite leur excavation sans nécessiter un recours intensif au
dynamitage. Cette facilité d’extraction réduit les coûts d’exploitation et améliore la productivité.

21
Sur le plan géotechnique, la stabilité des talus est généralement bonne, mais elle dépend de
l’épaisseur des couches, de leur degré d’altération et de la présence éventuelle d’eau. Les pentes
des gradins doivent être adaptées pour éviter les glissements, surtout dans les zones où les
matériaux sont plus meubles. Ainsi, les caractéristiques géotechniques conditionnent la sécurité
des opérations et la configuration de la fosse.

L’origine du gisement de Minim-Martap est de type latéritique. Il résulte de l’altération intense de


roches alumineuses sous un climat tropical humide. Ce processus d’altération chimique prolongée
a conduit à la concentration de l’aluminium sous forme de bauxite, tandis que les éléments plus
solubles ont été lessivés. Cette origine explique la disposition en couches superficielles et
l’extension importante du gisement, caractéristiques idéales pour une exploitation à ciel ouvert.

Enfin, les conditions hydrogéologiques jouent un rôle non négligeable. En raison du climat
tropical, les infiltrations d’eau et les accumulations en surface peuvent affecter les travaux miniers.
La gestion des eaux de ruissellement et le drainage sont donc essentiels pour maintenir la stabilité
des terrains et assurer la continuité de l’exploitation, notamment en saison des pluies.

En conclusion, le gisement de Minim-Martap présente des caractéristiques physiques, chimiques,


mécaniques, géotechniques, hydrogéologiques et une origine qui justifient pleinement le recours à
une exploitation à ciel ouvert. Sa faible profondeur, sa grande extension et la nature latéritique de
la bauxite en font un cas typique de gisement adapté à cette méthode, permettant une exploitation
efficace et économiquement viable.

22
CONCLUSION
En définitive, le choix d’une méthode d’exploitation minière dépend étroitement des
caractéristiques du gisement. La géométrie, les propriétés géomécaniques, la profondeur ainsi que
la teneur du minerai sont des éléments essentiels qui orientent vers une méthode plutôt qu’une
autre. À ces facteurs s’ajoutent les contraintes économiques, techniques, environnementales et
sociales, qui jouent un rôle déterminant dans la prise de décision.

Ainsi, il n’existe pas de méthode universelle : chaque gisement nécessite une approche spécifique
adaptée à ses particularités. Un bon choix permet non seulement d’assurer la rentabilité de
l’exploitation, mais aussi de garantir la sécurité des travailleurs et de limiter les impacts sur
l’environnement.

Enfin, avec les avancées technologiques, notamment l’automatisation et les techniques


d’exploitation durable, les méthodes minières évoluent progressivement vers des solutions plus
efficaces et plus respectueuses de l’environnement. Cela ouvre de nouvelles perspectives pour une
exploitation minière plus responsable et mieux adaptée aux enjeux actuels.

23
REFERENCES
➢ SME (Society for Mining, Metallurgy & Exploration), Mining Engineering Handbook,
3rd Edition, USA.
➢ Howard L. Hartman & Jan M. Mutmansky, Introductory Mining Engineering, Wiley.
➢ BRGM, documents techniques sur les ressources minérales.
➢ USGS, rapports sur les gisements miniers et leur exploitation.

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