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Cours_4A

Ce document présente un cours sur la dérivée implicite, l'étude des courbes et l'optimisation. Il explique les méthodes pour calculer la dérivée implicite, les concepts d'extrêmes locaux et absolus, ainsi que les étapes pour optimiser une fonction sous contrainte. Des exemples illustrent ces concepts mathématiques, notamment l'utilisation de la dérivée pour analyser des courbes et résoudre des problèmes d'optimisation.

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Ce document présente un cours sur la dérivée implicite, l'étude des courbes et l'optimisation. Il explique les méthodes pour calculer la dérivée implicite, les concepts d'extrêmes locaux et absolus, ainsi que les étapes pour optimiser une fonction sous contrainte. Des exemples illustrent ces concepts mathématiques, notamment l'utilisation de la dérivée pour analyser des courbes et résoudre des problèmes d'optimisation.

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Cours IV

Implicite ou explicite ?

Ce quatrième cours débute par la dérivée implicite. Il se poursuit par l’étude de courbes.
Il se termine par l’optimisation.

IV.1 Dérivée implicite

L’objectif de cette section consiste à présenter une méthode générale pour calculer la dérivée
de la variable y par rapport à la variable x lorsqu’elles vérifient la relation F ( x, y) = 0.

1
Exemple IV.1:

Déterminez la droite tangente à la courbe donnée par la relation

x 2 + y2 = 4
p
aux points ( 3, 1), (0, 2) et ( 2, 0).

Rép:

2
Remarque:
• La méthode de l’Exemple IV.1 ne fonctionne que lorsque la relation F ( x, y) = 0 peut être
séparée en fonctions différentiables. Dans le cas contraire, par exemple ey + y x = 0,
celle-ci échoue.

Le théorème suivant permet de calculer la dérivée d’expressions plus générales.

Théorème IV.1 (Théorème de la dérivée implicite).


Soit F ( x, y) une fonction telle que F ( x0 , y0 ) = 0 et la droite tangente à la courbe F ( x, y) =
0 au point ( x0 , y0 ) n’est pas verticale. Alors il existe un intervalle ] a, b[ qui contient x0 et sur
lequel y = y( x ) est différentiable.

Étapes pour calculer la dérivée implicite y0 ( x )

1) Remplacez toute occurence de y dans la relation F ( x, y) = 0 par la fonction y( x ).


2) Dérivez les expressions algébriques de part et d’autre de l’équation F ( x, y( x )) = 0.
3) Isolez y0 ( x ) à l’aide des règles de l’algèbre.

Par exemple, lorsque x2 + y2 = 4, alors F ( x, y) = x2 + y2 4.


1) y = y( x ). Remplacer la variable y par la fonction y( x ) :

x2 + y( x)2 = 4.

2) y0 ( x ).
Dériver par rapport à la varible x de part et d’autre de l’équation x2 + y2 = 4 :
d 2 2 d
x + y( x) = 4
dx dx
d 2 d
x + y ( x )2 = 0
dx dx
2x + 2y( x)y0 ( x) = 0

3) Isolez y0 ( x ).
On remplace y( x ) par y et on isole y0 :
2x + 2yy0 = 0
x + yy0 = 0
yy0 = x
x
y0 = .
y
p p p
Alors les dérivées implicites aux points ( 3, 1) et (0, 2) sont y0 ( 3, 1)) = 3 et y0 (0, 2) =
0 tandis que y0 ( 2, 0) n’existe pas puisque la droite tangente est verticale.

3
TI-Nspire CAS CX :
• Pour calculer la dérivée implicite y0 pour la relation F ( x, y) = 0, utilisez la commande :
ImpDif(F ( x, y) = 0, x, y)

Exemple IV.2:

Calculez la droite normale à la courbe donné par la relation

tan(pxy2 ) = 1

au point (1, 0.5).

Rép:

4
IV.2 Étude de courbes

L’étude de courbe qui consiste à obtenir les intervalles de croissance, de décroissance, les
maximums et minimums ainsi que les asymptotes caractéristiques à cette courbe de sorte à
pouvoir l’analyser et à éventuellement tracer son graphe.
Voici la définition d’un extremum d’une fonction.

Définition IV.2.
Soit f ( x ) une fonction et c 2 Dom( f ).

a) f (c) est un maximum local ou relatif lorsqu’il existe un intervalle I tel que f (c) f (x)
pour tout x 2 I.
b) f (c) est un miminum local ou relatif lorsqu’il existe un intervalle I tel que f (c)  f ( x )
pour tout x 2 I.
y y

x x
c c

c) f (c) est un maximum absolu lorsque f (c) f ( x ) pour tout x 2 Dom( f ).


d) f (c) est un minimum absolu lorsque f (c)  f ( x ) pour tout x 2 Dom( f ).
y y

x x
c c

e) c est un point d’inflexion lorsque f 00 ( x ) change de signe de part et d’autre de x = c.


y

x
c

Par exemple, la fonction f ( x ) = x3 3x 2 admet un point d’inflexion en x = 0.

5
Proposition IV.3.
Si f ( x )  g( x ), alors lim f ( x )  lim g( x ).
x!a x!a

Théorème IV.4.
Soit f ( x ) un fonction. Si f (c) est un extremum local, c’est-à-dire un maximum ou un
minimum local, et f ( x ) est dérivable en x = c, alors f 0 (c) = 0.

Démonstration.

Définition IV.5.
Soit f ( x ) une fonction et c 2 Dom( f ). La valeur c est dite une valeur critique de f
lorsque f 0 (c) = 0 ou f 0 (c) n’existe pas. L’ensemble de ses valeurs critiques est

C f = x 2 Dom( f ) | f 0 ( x ) = 0 ou f 0 ( x ) @ . (1)

Par exemple, l’ensemble des valeurs critiques de la fonction f ( x ) = x3 3x 2 est { 1, 1}.


Voici trois résultats à partir desquels se fera l’analyse des fonctions différentiables.

Théorème IV.6.
Si f : [ a, b] ! R est une fonction continue alors elle atteint son maximum absolu et
son minimum absolu sur l’intervalle [ a, b]. De plus, si f (c) est le maximum absolu ou le
minimum absolu, alors c 2 { a, b} [ C f .

x
a c b

6
Théorème IV.7 (Test de la dérivée).
Soient f ( x ) une fonction différentiable et c 2 C f .
1) Si f 0 ( x ) passe du positif au négatif en c, alors f (c) est un maximum local.
2) Si f 0 ( x ) passe du négatif au positif en c, alors f (c) est un minimum local.

Par exemple, la fonction f ( x ) = x3 3x 2 admet un maximum local en x = 1 et un


minimum local en x = 1.

Théorème IV.8 (Test de la dérivée seconde).


Soit f ( x ) une fonction différentiable d’ordre 2.
1) Si f 0 (c) = 0 et f 00 (c) < 0, alors f (c) est un maximum local.
2) Si f 0 (c) = 0 et f 00 (c) > 0, alors f (c) est un minimum local.

L’étude de la courbe y = f ( x )

1) Déterminez Dom( f ). 4) Construisez le tableau des signes.


2) Calculez les équations des asymptotes de f . 5) Donnez le graphe de la fonction f ( x ).
3) Calculez les points critiques C f et C f 0 . 6) Identifiez les extremums.

Exemple IV.3:

Faites l’étude de la courbe de la fonction


2x
f (x) =
x2+1

Rép:

7
y

8
IV.3 L’optimisation

L’optimisation consiste à déterminer le maximum d’une fonction F ( x, y), qui modélise un


phénomène, où les deux variables indépendentes sont liées entre elles par une contrainte.

Démarche pour optimisation

1) Identifiez la fonction F ( x, y) à optimiser qui modélise le phénomène étudié.


2) Déterminez la contrainte c telle que y = c( x ).
3) Obtenez la fonction simplifiée f ( x ) = F ( x, c( x )) et donnez Dom( f ).
4) Déterminez x0 2 Dom( f ) qui optimise f ( x ) à l’aide du théorème IV.7 ou IV.8.
5) Décrivez en mots la solution.

Exemple IV.4:

Une haie de cèdre en forme de prisme rectangulaire d’épaisseur 1.6 m et de hauteur 2.5 m
longe le côté de la maison de Lorenzo de telle sorte qu’une de ses faces touche celle-ci. Lorenzo
doit appuyer son échelle, de longueur maximale de 10 m, contre le mur de sa maison sans
abimer la haie. Quelle serait sa longueur minimale et quelle sera la hauteur correspondante par
rapport au sol ?

Rép:

9
10
Remarques:
p
• Les fonctions f ( x ) et gp( x ) = f ( x ) atteignent leur maximum et minimum aux mêmes
valeurs x car h( x ) = x est une fonction strictement croissante. Et donc, il est parfois
préférable de déterminer les valeurs xm et x M telles que f ( xm ) est un minimum et f ( x M )
est un maximum pour ensuite déduire que g( xm ) est un minimum et g( x M ) est un maxi-
mum.
• En général, les fonctions f ( x ) et g( x ) = h f ( x ) atteignent leur valeurs extremums au
même endroit lorsque h( x ) est une fonction p différentiable et croissante. C’est le cas pour
h1 ( x ) = e x , h2 ( x ) = ln( x ) et h3 ( x ) = x.

Exemple IV.5:

Refaites l’exemple IV.4 à l’aide de la remarque précédente.

Rép:

11
Notes historiques:
I Gottfried Wilhelm Leibniz est né le 1er juillet 1646 à Leipzig. Dès l’âge de 12 ans, il
démontre des aptitudes intellectuelles exceptionnelles : il étudie de son propre chef le
latin avancé et connaı̂t déjà les rudiments de la langue grecque. Deux ans plus tard, il est
admis à l’Université de Leipzig où il étudie la philosophie et les mathématiques, ainsi
que la rhétorique, le latin, le grec et l’hébreu. Après deux années d’études, il reçoit son
premier diplôme universitaire. Poursuivant ses études, il obtient une maı̂trise en philo-
sophie, suivi d’un doctorat en droit de l’Université d’Altdorf, en février 1667, alors qu’il
n’a que 20 ans. Leibniz, n’envisageant pas une carrière universitaire, entre au service du
baron Johann Christian von Boyneburg à Francfort en tant qu’assistant, secrétaire, avo-
cat, bibliothécaire, et conseiller. À cette époque, sa formation en mathématiques laisse
à désirer, et c’est précisément pour cette raison qu’il cherchera quelqu’un, un spécialste
dans le domaine, pour l’aider à affermir ses connaissances en mathématiques. Il trou-
vera cette aide en la personne de Christiaan Huygens, un mathématicien et physicien
hollandais, qui le guidera à plusieurs reprises et avec qui il développera une amitié.
En 1672, alors que Leibniz est envoyé en mission diplomatique par la famille von Boy-
neburg afin de décourager le roi de France, Louis XIV, d’envahir la Rhénanie, il saisit
l’opportunité d’étudier les mathématiques et la physique sous la direction d’Huygens,
qui lui conseillera de lire les écrits de Saint-Vincent sur les séries. Leibniz fera quelques
découvertes sur ce sujet. De plus, il profite de son séjour à Paris pour établir des contacts
avec plusieurs scientifiques qu’il maintiendra tout au long de sa carrière — au terme
de sa vie il aura des correspondances épistolaires avec plus de 600 personnes. L’année
suivante, une deuxième rencontre avec Huygens aura lieu où ce dernier l’incitera à
compléter ses connaissances mathématiques par la lecture des écrits de Pascal, Fabri,
Gregory, Saint-Vincent, Descartes et Sluze. C’est à ce moment qu’il entreprend l’étude de
la géométrie des infinitésimaux et qu’il développe tranquillement la méthode du calcul
infinitésimal. Le 11 ´novembre 1675, il écrit pour la première fois dans ses notes person-
nelles les symboles f ( x ) dx et donne les règles de la dérivée d’un produit. À l’automne
1676, il découvre la règle de la dérivée d’une puissance d( x n ) = nx n 1 dx lorsque n est
un nombre entier ou rationnel. Après avoir réussi à comprendre le lien entre la dérivée
et l’intégrale comme opération inverse l’une de l’autre, il publie un premier article en
1684 dans Acta Eruditorum, un journal qu’il avait fondé deux ans auparavant, dans le-
quel il énonce les propriétés fondamentales de la dérivée : la règle de la dérivée d’une
puissance, celle du produit et du quotient sans toutefois donner de justifications. Deux
ans plus tard, il publie un second ´ article dans le même journal où il aborde le calcul
intégral en utilisant le symbole pour une somme infinie. Leibniz s’intéresse aussi à la
physique, c’est pourquoi il écrira un traité sur la dynamique qu’il achèvera vers 1689.
Dans les années qui suivront, Leibniz mettra beaucoup d’efforts à la création de sociétés
scientifiques, les académies. Malheureusement, il ne verra pas de son vivant ses efforts
porter fruit, car celles-ci s’établierons après sa mort, le 14 novembre 1716. Dans le do-
maine des équations différentielles, notons que Leibniz a découvert la méthode de
séparation de variables, la méthode pour résoudre les équations homogènes d’ordre 1
et la méthode pour résoudre les équations différentielles linéaires d’ordre 1.

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