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Conscience Et Inconscient

Le document explore les conditions de liberté de l'homme, en soulignant que la liberté naturelle est souvent entravée par des obstacles sociaux et personnels. Il examine la connaissance de soi à travers la conscience et la mémoire, en affirmant que la conscience est essentielle pour la responsabilité et la liberté de l'homme. Enfin, il aborde les limites de la conscience et l'importance de l'inconscient dans la compréhension de l'être humain.

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Conscience Et Inconscient

Le document explore les conditions de liberté de l'homme, en soulignant que la liberté naturelle est souvent entravée par des obstacles sociaux et personnels. Il examine la connaissance de soi à travers la conscience et la mémoire, en affirmant que la conscience est essentielle pour la responsabilité et la liberté de l'homme. Enfin, il aborde les limites de la conscience et l'importance de l'inconscient dans la compréhension de l'être humain.

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ETUDE DE NOTIONS

Compétence II : Traiter une situation relative aux conditions de


l’homme dans la Société.

Thème : Les conditions de liberté.

Introduction générale

Mener une existence sans entrave, n’avoir que soi pour se conduire, ne
penser que par soi-même sans aucune influence extérieure, tel est le sens
de la liberté naturelle dont tout homme voudrait bénéficier. La liberté
semble alors, comme pour paraphraser René Descartes, la chose du
monde la mieux partagée. Cependant, tout porte à croire qu’il y’a des
conditions liées au fait d’être libre. Autrement dit, il y’a une difficulté à
surmonter dans notre quête de la liberté ! Si nous parlons comme
Rousseau, c’est-à-dire : « L’homme est né libre et partout il est dans les
fers » (du contrat social), cela présente la liberté comme une donnée
naturelle, un droit inné qui à contrario se fait conditionner par l’épreuve
d’obstacles et de contraintes qui s’opposent à l’Homme. « Etre dans les
fers » Est la symbolisation des multiples embûches dans la conquête de la
liberté. Si nous parlons de liberté en termes de conquête alors une
question s’impose : l’homme peut-il remplir les conditions de sa propre
liberté ? S’il est possible à l’homme d’être libre les conditions de cette
liberté pourraient se retrouver dans sa nature même, dans ses croyances
et dans sa vie en société.

Leçon 1 : La connaissance de l’Homme

Introduction

Si Diogène le cynique, en plein jour avec une lampe s’est mis à la


recherche de celui qu’il nomme « Homme » et que de son côté Socrate lui-
même déclare « Connais-toi, toi-même », cela signifie que l’Homme a
réalisé qu’il est un mystère pour lui-même. À partir de là, Socrate nous
invite à savoir ce que nous sommes réellement. Dès lors le désir de
l’homme de se connaître est un désir fort ancien. Seulement, nous nous
demandons si ce désir peut coïncider avec la possibilité de se connaître.
Autrement dit, la connaissance de l’homme est-elle possible ?

Qu’est-ce que la conscience ?


Quelle conséquence de l’avènement de la psychanalyse dans la
recherche de la connaissance de l’homme ?

Notion : Conscience et Inconscient

I- Connaître l’homme par la conscience

A- L’homme un être conscient

1- L’homme, la dette du sens

L’homme est un être pensant et parlant. Il est donc dualité Corps et


Esprit. L’homme est à la fois biologique et culturel. On dira avec Schelling
que : Si les choses du monde sont une fois seul, l’homme est deux fois.
C’est donc sa nature pensante et raisonnable qui l’élève et le distingue
des autres êtres vivants. Ainsi, l’homme organise son existence comme un
être conscient, connaissant comme un être de liberté qui se fait lui-même.
Mais qu'est-ce que la conscience ? De son sens originel, le mot conscience
signifie « savoir ensemble », du latin (cum scientia). Pour dire que la
conscience accompagne toujours le comportement de l’homme. Elle
s’appréhende comme la faculté qu’a notre esprit de savoir que l’homme
agit, vit, pense, juge, produit, invente, goûte, imagine, etc. En un mot, la
conscience est claire voyance, présence à soi, la faculté qui permet à
l’homme de connaître et de juger. Si la conscience est telle que nous
venons de la décrire, elle est donc le propre de l’homme, être parlant et ne
peut être en aucun cas, pas être l’apanage des animaux.

Nous savons que chez René Descartes, l’homme n’est que pure
conscience et rien d’autre à partir du solipsisme cartésien.

« Je pense donc je suis ». Mais surtout avec Emmanuel Kant, pour qui, la
conscience se découvre dès le moment où l’enfant commence à parler par
lui-même à la première personne.
C’est donc par la conscience que nous définissons l’homme. Autrement
dit, l’homme se définit comme un être pensant, être conscient, car selon
Blaise Pascal, « On peut concevoir un homme sans main, sans pieds, mais
jamais concevoir un homme sans pensée. Ce serait une pierre ou une
brute. »

(Pensée) La conscience reconnue à l’homme fonctionne de plusieurs


manières qui modifient l’appellation de la dite conscience.

- Les différentes formes de conscience

La conscience spontanée (immédiate).

Quand je perçois une voiture sans y avoir pensé, elle devient la


représentation mentale d’une chose extérieure. On parle de conscience
spontanée. Elle est instinctive parce que relevant d’un reflexe. La
conscience spontanée est une expérience sensationnelle, c’est un
sentiment de soi qui permet de saisir les objets, de les sentir, les percevoir
sans réfléchir. C’est à partir d’elle que l’homme ou l’animal sent la faim, le
danger, la chaleur.

On ne peut pas connaître à partir de cette conscience spontanée à qui il


manque examen « contemplatif » qui permet à l’homme de dire que
« Je sais que je sais, je désire » comme le disait Émile Chartier (1868-
1951) dans son ouvrage (Les arts et les dieux) Si on ne peut pas
connaître avec la conscience spontanée tout savoir est donc possible
avec la conscience réfléchie. La conscience réfléchie C’est elle qui
permet de réaliser ou analyser ce qu’on a senti ou ressenti. Elle a une
dimension cognitive, c’est à dire un rapport à la connaissance. Elle est
donc accompagnée de savoir. C’est le pouvoir que l’homme a de se
soucier comme objet de connaissance, comme être pensant. C’est la
conscience réfléchie qui rend possible la connaissance car c’est elle
qui permet de distinguer le vrai du faux, de discerner, de choisir,
d’apprendre car « Là où il y a conscience, il y a capacité de science »
Feuerbach (essence du christianisme). La conscience réfléchie, dans sa
distinction du vrai du faux prend le sens d’une conscience morale
autrement dit elle devient juge et présence de Dieu en nous. Comme le
signifie ici Jean Jacques Rousseau Conscience, conscience instinct Divin,
immortalité et céleste voix : Juge infaillible du bien et du mal qui rend
l’Homme semblable à Dieu. C’est toi qui fait l’excellence de sa nature et la
moralité de ses actions (Émile ou de l’Education). Ceci dit, notons que la
conscience ne se trompe jamais dans ses jugements. Elle est la norme
référentielle du bien et de la justice. C’est pourquoi Blaise Pascal note
que : « Penser fait la grandeur de l’Homme » (Pensée).

Descartes et la notion de conscience.

Si la conscience est la marque de la subjectivité, de dignité, de


souveraineté de l’Homme, comment l’acquiert-on ? Autrement dit,
qu’est-ce qui fait d’elle l’essence indubitable de l’homme ? La réponse à
cette question se trouve chez René Descartes. En effet, c’est René
Descartes qui donne à la conscience tout son sens philosophique, en
faisant d’elle le modèle de la vérité ! C’est pourquoi cette conscience qui
interroge, qui doute pour saisir la vérité irréductible, nous conduit à la
méthode de Edmund Husserl qui suppose que :<< Quiconque veut
vraiment devenir philosophe, devra une fois dans sa vie se replier sur lui-
même et au-dedans de soi, tenter de renverser toutes les sciences
admises jusqu’ici et tenter de les reconstruire>> . Autrement dit la
démarche de Descartes consiste à prendre du recul face à une conscience
spontanée dans le but de soumettre les opinions à l’épreuve du doute.
<<Si je doute, je pense. Or, on ne peut penser sans exister. Je pense donc
je suis >>(Discours de la méthode ). Ceci dit, c’est la pensée qui me fait
être, qui me fait exister car l’acte de penser est une certitude. De ce cas,
penser et exister sont indissociables. Gabriel Marcel peut donc dire : « Une
chose s’appelle vivre et une autre s’appelle exister. Moi, j’ai choisi
d’exister. »

Le solipsisme cartésien présente la conscience comme la seule créalité


close qui ne dépend que d’elle-même et qui n’existe que par elle-même. À
ce niveau, la conscience peut se présenter comme la marque de la liberté
et de la responsabilité de l’Homme.

B – L’Homme, un être libre et responsable.

1 – L’homme est un responsable.

Le cogito règle la question de « Connais-toi, toi-même » de Socrate. À


partir de là, nous nous interrogeons sur notre intériorité et prenons
conscience de la maîtrise de nous même pour mieux comprendre les
autres dès lors tout acte posé par nous, sujet, est connu, volontaire,
sélectionné et réfléchi librement. La conscience est alors liberté comme le
reconnaît Henri Bergson : « La conscience correspond exactement à la
puissance de choix dont l’être vivant dispose, la conscience est synonyme
d’invention et de liberté ». (L’évolution créatrice). C’est ce pouvoir de la
conscience qui permet à l’homme d’être responsable de ses actes qu’il
pose. En tant que maître de ses pensées, l’Homme doit assumer
obligatoirement les actes dont il est responsable. Si l’Homme est
responsable des actes qu’il pose et maître de ses pensées, il est donc
responsable de ce qui lui arrive, maître de son destin comme le pense les
existentialistes. En effet, l’existentialisme est cette doctrine qui enseigne
la primauté de l’existence sur l’essence. Autrement dit on existe d’abord
avant d’être : « L’existence précède l’essence » et Jean-Paul Sartre
d’ajouter : « Je serai quand je ne serai plus » (Huis-Clos).
Contrairement à l’essentialisme qui prétend que le destin de l’Homme est
déjà tracé et toute son existence n’est que de suivre ce chemin. Dans ce
cas, l’Homme ne peut pas être responsable de ce qui lui arrive ou de ce
qu’il devient (Le déterminisme)

2- L’homme, un être libre

Par la conscience, l’homme est responsable de son destin et des actes


qu’il pose en toute liberté : « L’homme étant condamné à être libre porte
le poids de l’humanité sur ses épaules ! Il est responsable du monde et de
lui-même. » Jean-Paul Sartre (L’Être et le Néant). Pour Sartre, la
conscience confère à l’homme le pouvoir de s’inventer librement sans
aucune influence extérieure. Vouloir se soustraire des conséquences des
actes par lui posés, l’homme fait preuve de mauvaise foi. Il n’y a dès lors
aucun prétexte qui puisse déresponsabiliser l’homme car c’est un être
conscient qui agit et se voit agir. C’est pourquoi Honoré de Balzac note
que : « Notre conscience est un juge infatigable quand nous ne l’avons
plus assassinée. » (Peau de chagrin) Cependant la prise de conscience
de l’homme peut-elle véritablement coïncider avec sa connaissance ?
Prendre conscience de soi est une sorte de réminiscence (re-souvenir). Or,
l’homme est aussi un être de mémoire par quoi il peut connaître, se
reconnaître et se ressouvenir.
II- La Mémoire comme actualisation de la connaissance

A- L’Homme, un être de mémoire

1-Définition

La mémoire est la faculté qu’a l’homme de conserver et d’actualiser ses


souvenirs.

Par la mémoire, nous prenons donc conscience du passé et l’actualisons


par le souvenir. C’est donc une reproduction d’un état de conscience passé
chez Henri Bergson : <<la conscience s’identifie à la mémoire dès l’instant
où elle est conservation et accumulation du passé dans le présent>>
(Matière et mémoire).

2- La fonction de la mémoire

Pour Henri Bergson, la mémoire est une opération de la conscience qui


nous lie au passé tout en étant dans le présent et capable de nous projeter
dans le futur : « La conscience est un trait d’union entre ce qui a été et ce
qui sera ; un pont jeté entre le passé et l’avenir » (Énergie Spirituelle).

La mémoire est d’une utilité telle que les Hommes en font une
représentation physique à travers les musées, les médias, vestiges, les
calendriers…

Joseph Ki-Zerbo ne dira pas le contraire dans l’un de ses discours : « Un


peuple sans histoire est un peuple sans racine ». la mémoire ainsi définie
rendrait l’homme complètement responsable mais hélas, telle aussi
connaît des limites avec ce qu’on appelle l’oubli.

B- La question de l’oubli dans le psychisme humain


1- L’oubli, un mal

Notons que dans sa fonction noble de nous replonger dans le souvenir, la


mémoire devient quelques fois complice et complémentaire de l’oubli.

L’oubli est, il faut le dire l’incapacité de la mémoire à rappeler certains


souvenirs. L’oubli est donc absence de mémoire. En effet, l’oubli n’est pas
profitable à l’homme. C’est plutôt une défaillance de la mémoire qui
discrédite le pouvoir de la conscience.

Les lacunes, les troubles de mémoire, les états de stress etc… sont
autant de conséquences liées à l’incapacité de se souvenir.

Dans ce cas l’oubli devient un mal.

Platon, dans la Republique note que, <<l’oubli est le propre des âmes
dépourvues de sagesse, des hommes faibles et attachés aux choses
matérielles.>>

2-L’oubli une nécessité

Dans cette complicité et complémentarité de l’oubli avec la mémoire,


notons que l’oubli n’est pas seulement absence de mémoire car il est aussi
et surtout, dans une perspective psychanalytique, la mise à l’éger écart
des mauvais souvenir que nous refusons. L’oubli est alors nécessaire étant
donné qu’il a une fonction de défense ; il nous permet de jouir de l’instant
présent. L’oubli emporte avec lui, nos échecs, nos déceptions, nos
amertumes. C’est pourquoi NIETZSCHE dira ceci «Il est impossible de vivre
sans oublier !» (Considérations intempestives). L’oubli cicatrise nos
traumatisés et nous permet de ne pas vivre éternellement dans la
souffrance morale. Il est la manifestation de notre liberté !
La psychanalyse de Freud et la fin de l’autonomie de la
conscience

A- La découverte de l’inconscient dans la recherche de la


connaissance de l’homme.

1- Les limites de la conscience

Ne se fier qu’à la conscience, c’est-à-dire qu’à la pensée pensante


comme chez Descartes cela suppose que le sujet risque de s’enfermer
dans une conscience solitaire sans porte de sortir. Pour la connaissance de
l’homme, on pourrait se demander si la conscience de soi suppose la
connaissance de soi. Pour Emmanuel Kant (1724-1804), il est impossible
pour le sujet d’atteindre une connaissance. L’homme ne peut pas cerner
toute l’unité de son être car il est pluridimensionnel. L’homme est aussi un
être de manque, il est un être inachevé, c'est un être en devenir.

La prise de conscience de soi donc, n’est pas avoir la connaissance de


soi ; Car la conscience pour être doit se diriger vers autre chose qu’elle-
même : « Toute conscience est conscience de quelque chose. » Edmund
Husserl (Méditations cartésiennes). La conscience est ouverture vers
d’autres consciences, elle est donc intentionnalité. Autrement dit, la
conscience n’est pas séparée de l’espace culturel ; elle est le produit de la
société, seulement selon les matérialistes comme Karl Marx : « Ce n’est
pas la conscience qui détermine la réalité mais c’est la réalité qui
détermine la conscience. » En d’autres termes, notre manière de penser
dépend de notre manière de vivre et d’être. Le procès fait à la conscience
absolue par les philosophes matérialistes, montre que la conscience peut
être source d’illusion et qu’elle n’est pas infaillible. Nous avons qu’à voir
les actes manqués, les oublis, les transes… pour savoir que la
conscience n’est pas le seul maître dans le psychisme humain. Elle n’est
donc pas toujours responsable des actes que pose l’homme et même de
ce qui lui arrive. Si tel est le cas, alors la présence d’une autre instance
psychique est indéniable : L’inconscient.

2- La découverte de l’inconscient

Déjà au XVIIIe siècle Leibniz (1646-1716) annonçait la présence


d’une partie de nous-même qui échappe à la conscience mais qui,
cependant, l’influence. Il va définir la conscience comme un
ensemble, comme « Un ensemble de petites perceptions qui, pour
être perçues, doivent atteindre un certain seuil d’intensité : ce sont
les intermittences ». Cette définition de Leibniz annonçait déjà la
psychanalyse sans la nommer car elle rejoint le concept
d’inconscient créé par Freud. Les limites de la conscience nous
obligent à faire appel à la psychanalyse car nous ne comprenons
pas l’origine et le sens de certains comportements qui nous
échappent (les oublis, les actes manqués, les lapsus…). Sigmund
Freud, le père de la psychanalyse, nous éclaire sur cette partie
obscure de nous-même. Mais qui est Freud ? Qu’est-ce que la
psychanalyse ?

Freud est né le 6 mai 1856 en Moravie d’une famille juive d’origine.


Diplômé en neurologie, il est théoricien de la psychanalyse, donc médecin.
Freud est l’auteur de plusieurs ouvrages tels que : L’interprétation des
rêves, Métapsychologie, L’avenir d’une illusion, Malaise dans la civilisation,
L’homme Moïse et la religion monothéiste. Freud meurt en exil, fuyant les
Nazis le 23 septembre 1939 à Londres. La psychanalyse est une méthode
d’analyse et de traitement médical appliquée à tout homme. Il s’agit
d’aider l’homme à mieux connaître sa nature profonde. Ainsi, le concept
d’inconscient est un concept opératoire qui explique les phénomènes
psycho-physiologiques qui ne résident pas dans la conscience, mais qui
exerce une influence sur l’homme. Il faut donc rechercher à l’intérieur de
l’homme les pulsions et les désirs qui y sont refoulés.
B. La connaissance de l’homme révélée par la psychanalyse.

1. L’homme, un être violent.

La violence désigne le recours à la force physique, verbale, et/ou


psychologique pour contraindre autrui à la souffrance ou à la mort.
L’expérience quotidienne montre que, toute l’existence humaine
s’accompagne de violence comme si elle était inévitable : la légitime
défense, les suicides, les homicides, les génocides, les guerres civiles et
les agressions de toutes sortes. Nous comprenons pourquoi Nietzsche note
que : « Vivre, c’est essentiellement dépouiller, blesser, violenter le faible
et l’étranger ; l’opprimer, lui imposer durement ses formes propres,
l’assimiler ou tout au moins l’exploiter » (Par delà le bien et le mal). Au
nom de la volonté de puissance toute vie est agression de l’autre, quête et
conquête de pouvoir et de domination. L’homme semble être
naturellement un être violent, agressif comme le souligne Freud : «
L’homme n’est point cet être débonnaire au cœur assoiffé d’amour dont
on dit qu’il se défend quand on l’attaque, mais oui au contraire qui porte
au compte de ses données instinctives une certaine dose d’agressivité »
(Malaise dans la civilisation). Mais comment comprendre cette dose
d’agressivité qui caractérise l’homme ? ½

B- L’inconscient comme origine de la violence en l’homme.

Si les philosophes de la conscience tels que Descartes et Jean Paul Sartre


refusent l’existence de l’inconscient comme un au-delà de la conscience,
nous disons que la théorie de l’inconscient est fondée. Selon eux, il serait
absurde de concevoir un savoir qui s’ignore car : « savoir, c’est savoir
qu’on sait ! » Du coup l’inconscient comme s’ignorant ne saurait être
l’objet de la conscience qui se définit comme accompagné de savoir. Mais
cette remise en question ne peut pas occulter la réalité des faits car avec
la philosophie moderne, le psychisme humain est composé de deux
instances : La conscience et l’inconscient. Autrement dit par la
psychanalyse de Freud, nous avons compris qu’au plus profond de
l’Homme sommeille deux sortes de pulsions : la pulsion de mort
(Thanatos) et la pulsion de vie ou d’amour (Eros). C’est cette pulsion de
mort de qui dispose l’homme à la méchanceté, à la violence à l’égoïsme et
au meurtre. L’homme est caractérisé par le Ça, un attribut de l’inconscient
selon les données de base de la psychanalyse. Ici dans le Ça comme
ensemble des phénomènes irréfléchis et involontaires se trouvent des
pulsions de mort, de violence qui sont des forces aveugles à la base de la
violence de l’homme. Et ce n’est pas François de Sade qui dira le
contraire : « À l’égard de la cruauté qui conduit au meurtre, osons dire
avec assurance que c’est un des sentiments les plus naturels en l’Homme
». (Histoire de Juliette ou la prospérité du vice). À la suite de François de
Sade nous disons que la violence semble innée, inévitable dans la vie de
l’homme. L’homme est un naturel sardique comme le souligne Joseph De
Maistre :<< l’homme tue pour se vêtir, il tue pour se parler, il tue pour
attaquer, il tue pour s’amuser, il tue pour tuer>> (Les Soirées de
Petersburg).

Si avec l’inconscient nous avons découvert que l’homme est


quelque fois déterminé l’essentiel est qu’il reste un être libre. Or, c’est la
conscience qui rend l’homme libre, c’est-à-dire que l’être humain se
confond avec sa liberté et il ne cesse d’être libre qu’en cessant de vivre.
Ainsi, l’inconscient n’est pas un attribut de l’esprit ; c’est une théorie qui
relève du mythe que de la réalité car d’après Jean Paul Sartre : L’homme
ne saurait être tantôt libre tantôt esclave :<< il est tout entier ou toujours
libre ou il ne l’est pas>>

CONCLUSION
Au final, c’est une tâche difficile que de vouloir connaître l’homme.
Ce serait donc prétentieux de lui attribuer une définition quelconque.
Cependant, notre tentative de l’appréhender a montré tout de même que
l’homme est un être pluridimensionnel. Il est corps, instinct et esprit. Il est
raison et déraison, il est violent et doux, il est hypocrite et sincère…
L’homme est un contraste permanent. Disons donc que l’homme a une
nature complexe. Dès lors avec une telle essence hybride, peut-il vivre de
façon libre en société ? »

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