Guide de Maths
Guide de Maths — Expliqué comme à un
enfant
Salut ! On va reprendre chaque chapitre de ton cahier, un par un, avec des mots simples, des
images dans la tête, et des exercices résolus doucement. Pas de panique si un mot te semble
compliqué — on va toujours l’expliquer avant de s’en servir.
Chapitre 1 — Les familles de nombres (Ensembles)
Imagine que tous les nombres du monde vivent dans des maisons les unes à l’intérieur des
autres, comme des poupées russes.
ℕ (les naturels) : les nombres pour compter — 0, 1, 2, 3, 4… Pas de nombres négatifs, pas de
virgule.
ℤ (les relatifs) : comme ℕ, mais avec les négatifs en plus — …-3, -2, -1, 0, 1, 2, 3…
D (les décimaux) : des nombres avec une virgule qui s’arrête — comme 0,25 ou 3,14. Pas de
virgule infinie.
ℚ (les rationnels) : tous les nombres qu’on peut écrire comme une fraction (un nombre
divisé par un autre) — comme 1/4, 2/3. Même les virgules infinies mais qui se répètent
(comme 0,333…) sont ici.
ℚ’ (les irrationnels) : des nombres avec une virgule infinie qui ne se répète jamais —
comme √2 = 1,4142135… ou π. Impossible de les écrire en fraction !
ℝ (les réels) : la plus grande maison — elle contient ℚ et ℚ’ ensemble. Presque tous les
nombres qu’on utilise.
ℂ (les complexes) : encore plus grand, on y ajoute le nombre imaginaire i, où i² = -1 (ça sert
plus tard, au lycée/université).
Image mentale : ℕ ⊂ ℤ ⊂ D ⊂ ℚ ⊂ ℝ ⊂ ℂ, comme des cercles emboîtés (c’est exactement ton
dessin de “diagramme de Venn” !).
Exercice résolu : est-ce que 25/99 est rationnel ?
25/99 = 0,252525… → la virgule se répète (motif “25” qui revient) → c’est un nombre rationnel,
donc il est dans ℚ. ✅
Chapitre 2 — Transformer une virgule qui se répète en
fraction
C’est un vrai petit tour de magie mathématique !
Le problème : x = 0,252525… (le “25” se répète pour toujours). Comment écrire ça en fraction ?
L’astuce, étape par étape : 1. On compte combien de chiffres se répètent → ici “25” = 2
chiffres. 2. On multiplie x par 100 (car il y a 2 chiffres) pour décaler la virgule de 2 crans : 100x =
25,252525… 3. On soustrait l’équation de départ : 100x − x = 25,252525… − 0,252525… 99x =
25 4. On isole x : x = 25/99
Pourquoi ça marche ? En soustrayant, toute la partie infinie après la virgule s’annule comme par
magie, et il ne reste qu’un nombre entier !
Exercice résolu : y = 1,237777… (le “7” se répète)
On multiplie par 1000 pour amener la virgule juste après la partie non-répétée : 1000y =
1237,7777…
On multiplie aussi par 10 (nombre de chiffres avant la répétition) : 100y = 123,7777…
On soustrait : 1000y − 100y = 1237,777… − 123,777… 900y = 1114
y = 1114/900 = 557/450
Chapitre 3 — Vrai ou Faux sur les nombres
Ce chapitre teste si tu as bien compris les familles de nombres du Chapitre 1. Quelques pièges
classiques :
“Tout nombre décimal est rationnel” → Vrai (une virgule qui s’arrête peut toujours devenir
une fraction).
“Tout nombre rationnel est décimal” → Faux ! Exemple : 25/99 = 0,252525… est rationnel,
mais ce n’est pas décimal (la virgule ne s’arrête jamais).
“√3 + (−√3) = 0, donc c’est irrationnel” → Faux ! Le résultat est 0, qui est un nombre
rationnel (0 = 0/1), même si √3 tout seul est irrationnel.
“Il existe une infinité de nombres irrationnels” → Vrai (√2, √3, √5, π, e… il y en a une infinité).
Astuce pour réussir ce genre d’exercice : cherche toujours un contre-exemple avant de dire
“vrai”. Si tu trouves un seul cas où c’est faux, alors la phrase est fausse.
Chapitre 4 — La notation scientifique
Sert à écrire des très grands ou très petits nombres sans écrire plein de zéros.
La règle : x = c × 10ⁿ, où 1 ≤ c < 10 et n est un entier.
Pense à ça comme “je fais glisser la virgule jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul chiffre avant elle,
et je compte combien de crans j’ai glissé.”
Exemples :
2 347 = 2,347 × 10³ (la virgule a reculé de 3 crans)
0,00827 = 8,27 × 10⁻³ (la virgule a avancé de 3 crans, donc exposant négatif)
Exercice résolu : (10 000 000 × 250 000)
10 000 000 = 1 × 10⁷
250 000 = 2,5 × 10⁵
On multiplie : (1 × 2,5) × 10^(7+5) = 2,5 × 10¹²
Astuce : quand on multiplie des puissances de 10, on additionne les exposants !
Chapitre 5 — Les puissances (exposants)
Une puissance, c’est juste une multiplication répétée écrite en raccourci : a³ = a × a × a.
Les règles magiques à connaître :
Règle Exemple
aⁿ × aᵐ = a^(n+m) a³ × a⁴ = a⁷
aⁿ ÷ aᵐ = a^(n−m) a⁶ ÷ a² = a⁴
(aⁿ)ᵐ = a^(n×m) (a²)³ = a⁶
aⁿ × bⁿ = (a×b)ⁿ 2³ × 3³ = 6³
a⁻ⁿ = 1/aⁿ a⁻³ = 1/a³
a⁰ = 1 5⁰ = 1
Image mentale : quand tu multiplies deux puissances de la même base, les exposants
s’additionnent, comme si tu ajoutais des étages à une tour.
Exercice résolu : 3^(n+4) × 6 × 3^(n+1) / (3^(n+2) × 7)
On factorise 3^(n+4) = 3^(n+2) × 3², puis on simplifie le 3^(n+2) en haut et en bas. Résultat
final : 2/7 — (le nombre “n” disparaît complètement, c’est le piège classique de cet exercice !)
Chapitre 6 — Les racines (radicaux)
Une racine, c’est l’opération inverse d’une puissance.
√a = “quel nombre, multiplié par lui-même, donne a ?”
³√a (racine cubique) = “quel nombre, multiplié 3 fois par lui-même, donne a ?”
Exemple : √16 = 4 car 4 × 4 = 16. ³√8 = 2 car 2 × 2 × 2 = 8.
Règle importante : on ne peut pas prendre la racine (paire) d’un nombre
négatif !
√(−4) n’existe pas (dans les nombres réels)
Mais ³√(−8) = −2 existe très bien ! (car (−2)×(−2)×(−2) = −8) → Astuce : pour un indice
pair (2, 4, 6…), le nombre doit être positif. Pour un indice impair (3, 5, 7…), pas de problème
avec les négatifs.
Le lien avec les exposants fractionnaires
a^(1/n) = ⁿ√a — c’est juste une autre façon d’écrire une racine !
Exercice résolu : simplifier 8^(2/3)
8^(2/3) = (³√8)² = 2² = 4
Chapitre 7 — Le binôme de Newton
Ça sert à développer (a+b) élevé à une puissance, sans tout écrire à la main.
La formule : (a+b)ⁿ = Σ Cₙᵏ × a^(n−k) × bᵏ
Ne panique pas devant le symbole Σ (sigma) : ça veut juste dire “on additionne tous les
termes”, du premier au dernier.
Les Cₙᵏ sont des nombres de combinaisons (des “coefficients”) qu’on calcule avec le triangle de
Pascal ou la formule Cₙᵏ = n!/(k!(n−k)!).
Exercice résolu : développer (a+b)²
(a+b)² = C₂⁰a²b⁰ + C₂¹a¹b¹ + C₂²a⁰b² = 1·a² + 2·ab + 1·b² = a² + 2ab + b² (le fameux “produit
remarquable” !)
Exercice résolu (plus dur, du cahier) : coefficient du terme en x²⁴ dans
(x²−2x)⁶
On développe avec la formule, on trouve que le terme en x²⁴ apparaît quand k = 4. On calcule C₆⁴
× (−2)⁴ = 15 × 16 = 240 → le coefficient est 240.
Chapitre 8 — Les produits remarquables
Ce sont des formules qu’on retrouve tout le temps, à mémoriser comme une chanson :
(a+b)² = a² + 2ab + b²
(a−b)² = a² − 2ab + b²
a² − b² = (a−b)(a+b)
(a+b)³ = a³ + 3a²b + 3ab² + b³
(a−b)³ = a³ − 3a²b + 3ab² − b³
Astuce pour retenir (a+b)² : “le carré du premier, plus deux fois le premier fois le deuxième,
plus le carré du deuxième.”
Chapitre 9 — Les équations du premier degré
Une équation, c’est comme une balance : ce qu’il y a à gauche pèse pareil qu’à droite. Le but est
de trouver la valeur de x qui équilibre tout.
Forme : ax + b = 0 → x = −b/a
Exercice résolu : 2x + 3 = 2x + 3
2x − 2x = 3 − 3 → 0 = 0 → toujours vrai, quelle que soit la valeur de x → l’équation est
indéterminée, S = ℝ (tous les nombres réels sont solutions).
Autre cas : 2x + 3 = 2x
2x − 2x = −3 → 0 = −3 → c’est impossible → S = ∅ (aucune solution, ensemble vide).
Chapitre 10 — Les équations du second degré
Forme : ax² + bx + c = 0
La recette magique (discriminant) : 1. On calcule Δ = b² − 4ac 2. Si Δ > 0 → deux solutions : x
= (−b ± √Δ) / (2a) 3. Si Δ = 0 → une seule solution : x = −b / (2a) 4. Si Δ < 0 → aucune solution
réelle
Exercice résolu : 3x² − 5x + 2 = 0
a=3, b=−5, c=2
Δ = (−5)² − 4×3×2 = 25 − 24 = 1 (donc Δ > 0, deux solutions)
√Δ = 1
x = (5 ± 1) / 6 → x = 1 ou x = 2/3
Astuce rapide (cas particuliers) : si a+b+c = 0, alors x = 1 est toujours une solution ! Si
a−b+c = 0, alors x = −1 est une solution.
Chapitre 11 — Équations “réductibles” au second degré
Certaines équations ont un x à une puissance plus haute (x⁴, x⁶…) mais on peut les ramener à une
équation du second degré avec une astuce : le changement de variable.
Exercice résolu : x⁴ − 53x² + 196 = 0
On pose y = x². L’équation devient : y² − 53y + 196 = 0 (une équation “normale” !) - Δ = 53² −
4×196 = 2809 − 784 = 2025, √Δ = 45 - y = (53 ± 45)/2 → y = 49 ou y = 4 - Comme y = x², on
revient : x² = 49 → x = ±7, et x² = 4 → x = ±2 - S = {−7, −2, 2, 7}
Chapitre 12 — Les inéquations et les intervalles
Une inéquation, c’est comme une équation, mais avec <, >, ≤ ou ≥ au lieu de =. Le résultat n’est
pas un nombre, mais une zone entière de nombres, qu’on écrit avec un intervalle.
[a, b] → intervalle fermé (a et b sont inclus)
]a, b[ → intervalle ouvert (a et b ne sont pas inclus)
]−∞, a] → tous les nombres inférieurs ou égaux à a
⚠ Piège classique : si on multiplie ou divise une inéquation par un nombre négatif, il faut
inverser le sens de l’inégalité !
Exercice résolu : système {x > 5 ; x ≤ 4}
Ces deux conditions ne se rencontrent jamais (rien n’est à la fois >5 et ≤4) → S = ∅
Exercice résolu : {x ≥ 7 ; x ≥ 0}
La condition la plus stricte gagne → S = [7, +∞[
Chapitre 13 — Bornes d’un ensemble (plus petit / plus
grand élément)
Pour un intervalle donné, on cherche s’il existe un plus petit et un plus grand nombre qui
appartient vraiment à l’ensemble.
Exercice résolu : Ensemble = ℤ, intervalle = [4, 25/4]
25/4 = 6,25. Donc on cherche les entiers entre 4 et 6,25 → ce sont 4, 5, 6. - Plus petit élément = 4
- Plus grand élément = 6
Piège : Ensemble = ℕ, intervalle = ]0, 1[
Aucun entier naturel n’est strictement entre 0 et 1 → pas de plus petit ni de plus grand
élément (l’ensemble est vide de solutions entières).
En résumé — la carte de ton cahier
1. Les familles de nombres s’emboîtent : ℕ ⊂ ℤ ⊂ D ⊂ ℚ ⊂ ℝ ⊂ ℂ
2. Toute virgule périodique peut devenir une fraction (avec l’astuce de la multiplication).
3. Les puissances et les racines sont deux faces de la même pièce.
4. Le binôme de Newton développe rapidement (a+b)ⁿ.
5. Les équations se résolvent avec des recettes précises selon leur degré.
6. Les inéquations donnent des zones de solutions (intervalles), pas un seul nombre.
N’hésite pas à me dire quel chapitre tu veux qu’on approfondisse encore, ou si tu veux qu’on fasse
d’autres exercices ensemble pas à pas !