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coniques

Ce document traite de la théorie des coniques en utilisant des méthodes algébriques, notamment la forme quadratique et la classification par invariants. Il présente les équations des coniques, leur classification en fonction du déterminant de la matrice associée, et les méthodes de réduction pour obtenir des formes réduites. Enfin, il aborde la définition métrique des coniques et la détermination de leurs foyers et directrices.

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Ce document traite de la théorie des coniques en utilisant des méthodes algébriques, notamment la forme quadratique et la classification par invariants. Il présente les équations des coniques, leur classification en fonction du déterminant de la matrice associée, et les méthodes de réduction pour obtenir des formes réduites. Enfin, il aborde la définition métrique des coniques et la détermination de leurs foyers et directrices.

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Théorie des coniques par l'algèbre linéaire

1 Introduction
L'objectif de ce chapitre est de retrouver, par des méthodes purement algébriques (formes quadratiques,
réduction, classication par invariants), l'ensemble de la théorie classique des coniques : leur classication
ane et euclidienne, leurs équations réduites, et la caractérisation métrique par foyers et directrices.
Rien n'est admis sans démonstration.
2 Forme quadratique associée à une conique
Dénition 2.1. Dans le plan ane euclidien R2 muni d'un repère orthonormé (O,⃗ı, ⃗ȷ), une conique
Γ est l'ensemble des points M (x, y) vériant une équation

Γ: ax2 + 2bxy + cy 2 + 2dx + 2ey + f = 0, (a, b, c) ̸= (0, 0, 0).

On associe à cette équation deux objets algébriques :


ˆ la forme quadratique directrice q(x, y) = ax + 2bxy + cy , de matrice symétrique
2 2

 
a b
A= ∈ S2 (R);
b c

ˆ la matrice complète (homogénéisée), en coordonnées projectives (x, y, 1) :


 
a b d
M =  b c e  ∈ S3 (R).
d e f

Proposition 2.2 (Invariance par changement de repère orthonormé). Si l'on eectue un changement
de repère orthonormé (translation + rotation), la matrice A se transforme par congruence orthogonale
:
A′ = t P A P, P ∈ O2 (R),
et det M est invariant par translation, tandis que det A = ac − b2 et tr A = a + c sont invariants par
rotation.
Proof. Une rotation de matrice P ∈ O (R) vérie P = P , donc A = P AP est semblable à A
t −1 ′ t

(via une matrice orthogonale) : det A = det A et tr A = tr A car la trace et le déterminant sont
2
′ ′

invariants de similitude.
Pour l'invariance de det M par translation x = x +x , y = y +y : on vérie que cette translation
′ ′

s'écrit comme conjugaison de M par une matrice de translation projective de déterminant 1, donc
0 0

det M est inchangé.

Ces deux invariants, det A et det M , permettent de classier la conique sans même la réduire.
1
3 Classication par les invariants
Théorème 3.1 (Nature de la conique). Soit Γ une conique de matrice directrice A et de matrice
complète M .
(i) Si det A > 0 : Γ est de type elliptique (ellipse, point, ou vide).
(ii) Si det A < 0 : Γ est de type hyperbolique (hyperbole ou réunion de deux droites sécantes).
(iii) Si det A = 0 : Γ est de type parabolique (parabole, droite(s) parallèle(s), ou vide).
De plus, Γ est dégénérée (réunion de droites, point, ou vide) si et seulement si det M = 0.
Proof. Comme A est symétrique réelle, elle est diagonalisable dans une base orthonormée : il existe
P ∈ O2 (R) et λ , λ ∈ R (valeurs propres de A) tels que
1 2
 
t λ1 0
P AP = , det A = λ1 λ2 .
0 λ2

Dans le nouveau repère (obtenu par rotation), l'équation de Γ devient


λ1 x′2 + λ2 y ′2 + 2d′ x′ + 2e′ y ′ + f ′ = 0.

ˆ Si λ , λ sont non nuls et de même signe (det A > 0), on complète le carré en x et y : ′ ′

on obtient (après translation) une équation du type λ X + λ Y = k, qui est une ellipse
1 2
2 2

(éventuellement un point si k = 0, ou vide si k est de signe incompatible).


1 2

ˆ Si λ , λ sont non nuls et de signes opposés (det A < 0), on obtient λ X + λ Y = k avec 2 2

λ , λ de signes opposés : c'est une hyperbole (ou deux droites sécantes si k = 0).
1 2 1 2
1 2

ˆ Si l'un des λ est nul (disons λ = 0, donc det A = 0), l'équation devient λ X + 2e Y + f = 0 2 ′ ′

après translation partielle : si e ̸= 0 c'est une parabole, sinon une ou deux droites parallèles
i 2 1

(ou vide).
Pour le critère de dégénérescence : Γ est réunion de droites (ou point/vide) si et seulement si la
forme quadratique homogène en (x, y, 1) associée à M est de rang ≤ 2, c'est-à-dire det M = 0 (une
conique projective plane est dégénérée ssi sa matrice 3 × 3 est singulière  c'est la caractérisation
standard des coniques dégénérées comme réunions d'hyperplans dans P ). 2

Remarque 3.2. Ce théorème donne la nature de Γ sans calcul de valeurs propres explicites : il
sut de calculer deux déterminants 2 × 2 et 3 × 3.

4 Réduction : équation réduite


4.1 Cas b = 0 (axes déjà principaux)
Si la conique s'écrit déjà ax 2 + cy 2 + 2dx + 2ey + f = 0 avec a, c ̸= 0, on complète les carrés :
2
e 2 d2 e2

d 
a x+ +c y+ = + − f.
a a a c

Par translation X = x + d/a, Y = y + e/c, on obtient l'équation réduite aX 2 + cY 2 = k .


2
4.2 Cas général : diagonalisation puis translation
Théorème 4.1 (Algorithme de réduction)
. Toute conique non dégénérée se ramène par une isométrie
(rotation puis translation) à l'une des formes réduites suivantes :

Ellipse :
X2 Y 2
p2
+ 2 = 1, p ≥ q > 0
q
(1)
Hyperbole :
X2 Y 2
p2
− 2 = 1, p, q > 0
q
(2)
Parabole : 2
Y = 2pX, p ̸= 0 (3)
Proof. Étape 1 (rotation). A symétrique réelle est diagonalisable en base orthonormée (théorème
spectral). On choisit P ∈ SO (R) tel que P AP = diag(λ , λ ). Le changement de variable
2
t
1 2

= x

élimine le terme croisé 2bxy.


y
x′

P
Étape 2 (translation). Selon les valeurs de λ , λ (cas de la section précédente), on complète
y′

le(s) carré(s) pour éliminer les termes linéaires quand c'est possible, ce qui centre la conique à
1 2

l'origine (cas λ , λ ̸= 0) ou place le sommet à l'origine (cas parabolique).


Étape 3 (mise à l'échelle du signe). On multiplie éventuellement l'équation entière par −1
1 2

et on renomme les axes pour obtenir exactement l'une des trois formes ci-dessus, quitte à échanger
X et Y .

5 Foyers et directrices : approche par forme quadratique


5.1 Dénition métrique
Dénition 5.1. Soit D une droite et F ∈
/D un point du plan, e > 0. La conique de foyer F , de
directrice D et d'excentricité e est
 
MF
Γ = M ∈ R2 : =e .
d(M, D)
Proposition 5.2. Dans un repère orthonormé où F = (0, 0) et D : x = −p/e (avec p > 0),
l'équation de Γ est :   p 2
x2 + y 2 = e2 x + = e2 x2 + 2pex + p2 .
e
Proof. On écrit M F 2 = e2 d(M, D)2 directement :
  p 2  p 2
x2 + y 2 = e 2 x − − = e2 x + .
e e
En développant le membre de droite, 2
e2 x + pe = e2 x2 + 2ex · p + p2 , d'où le résultat.
En regroupant les termes en x : 2

(1 − e2 )x2 + y 2 − 2pex − p2 = 0.

On retrouve directement le lien entre e et le type de conique :


ˆ e < 1 : coecient de x strictement positif, cohérent avec une ellipse (det A > 0).
2

ˆ e = 1 : coecient de x nul, la conique est parabolique (det A = 0).


2

ˆ e > 1 : coecient de x négatif, cohérent avec une hyperbole (det A < 0).
2

3
5.2 Retrouver les foyers d'une conique réduite
(Foyers de l'ellipse). Pour l'ellipse xp
2 y2
Proposition 5.3 2
+ = 1 avec p > q > 0, en posant
q2
p2 − q 2 , les foyers sont F (±c, 0) et l'excentricité est e = c/p.
p
c=

Proof. On cherche F (c, 0) et D : x = p /c tels que pour tout point M (x, y) de l'ellipse, M F =
2

e(p2 /c − x) avec e = c/p.


Calculons M F pour M sur l'ellipse, en utilisant y = q 1 − p = q − pq x :
2 2
 
2 x 2 2 2 2
2 2

q2 q2
 
M F = (x − c) + y = x − 2cx + c + q − 2 x2 =
2 2 2 2 2 2
1− 2 x2 − 2cx + c2 + q 2 .
p p

Or 1 − pq , donc
2 p2 − q 2 c2
2
= =
p2 p2

MF2 =
c2 2
p2
x − 2cx + c2
+ q 2
=
c2 2
p2
x − 2cx + p2 (car c 2
+ q 2 = p2 ).

On reconnaît un carré parfait :


2
c 2
  
2 c
MF = x−p = p− x .
p p

Comme |x| ≤ p et c < p, on a p − , donc p2


.
 
c c c
px >0 MF = p − x = − x = e · d(M, D) ■
p p c

Proposition 5.4 (Foyers de l'hyperbole). Pour l'hyperbole


x2 y2
= 1, en posant c = p2 + q 2 ,
p

p2 q2
les foyers sont F (±c, 0) et l'excentricité est e = c/p > 1.

Proof. Analogue : y 2 =
q2 2
p2
x − q2 sur l'hyperbole. On calcule
q2 q2
 
M F = (x − c) + y = x − 2cx + c + 2 x2 − q 2 =
2 2 2 2 2
1+ 2 x2 − 2cx + c2 − q 2 .
p p

Or et − = , donc = , d'où M F = pc x − p = e d(M, D) selon


2
q2 c2

c
1+ 2 = 2 c2 q2 p2 MF2 x−p
la branche considérée.
p p p

Proposition 5.5 (Foyer de la parabole). Pour la parabole y = 2px, le foyer est F (p/2, 0) et la 2

directrice D : x = −p/2.
Proof. On calcule directement, avec y 2 = 2px :
 p 2 p2 p2  p 2
MF2 = x − + y 2 = x2 − px + + 2px = x2 + px + = x+ .
2 4 4 2

Comme x ≥ 0, x + p/2 > 0, donc M F = x + p2 = d(M, D). ■

4
6 Synthèse
Type det A Équation réduite Foyer(s)
Ellipse > 0 X2
+ Y2
=1 (±c, 0), c = p − q
p
2 2

Hyperbole < 0 (±c, 0), c = p + q


p2 q2
X2 Y2
p
− =1 2 2

Parabole = 0 Y = 2pX
p2 q2
2 (p/2, 0)

Cette approche par forme quadratique donne ainsi, de façon totalement algébrique et sans recours
à la dénition bifocale ni aux sections coniques classiques : la classication (via det A, det M ), la
réduction (via diagonalisation orthogonale), et la détermination des foyers (par identication directe
sur l'équation réduite).

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