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mathCos10

Le document présente des exercices de mathématiques portant sur des concepts tels que la dérivabilité, la continuité et les propriétés des fonctions. Les résultats incluent des démonstrations sur la connexité des images de fonctions et des analyses de points critiques de fonctions polynomiales. Il aborde également des théorèmes de comparaison avec des intégrales et des conditions de convergence pour des séries infinies.

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CCINP - MP 2025 - Mathématiques 1

Éléments de correction

Exercice 1
Q1. ]−1; 1[ est un intervalle de R, c’est donc un connexe par arcs de R. Puisque f est de classe C1 , f ′ est
continue. L’image d’un connexe par arcs par une application continue étant connexe par arcs, on a :

f ′ (]−1; 1[) est connexe par arcs.

Q2. a) f est constante sur ] − 1, 0] donc dérivable à gauche en 0, de dérivée à gauche nulle.
Pour tout h > 0, on a
! !!
f (h) − f (0) 1 1
= h sin , h cos −−−→ (0, 0)
h h h h→0

donc f est dérivable à droite en 0, de dérivée à droite nulle. En conclusion :

f est dérivable en 0 et f ′ (0) = (0, 0).

f est constante sur ]−1; 0[ donc de dérivée nulle sur cet intervalle. Par ailleurs, pour tout t ∈ ]0; 1[,
en dérivant composante par composante, on a :
! ! ! !!
1 1 1 1
f (t) = 2t sin

− cos , 2t cos + sin .
t t t t

En conclusion :

si t ∈ ]−1; 0] ,



 (0, 0)


∀t ∈ ]−1; 1[ , f ′ (t) = 

 ! ! ! !!
 1 1 1 1
 2t sin t − cos t , 2t cos t + sin t si t ∈ ]0; 1[ .



b) Pour tout t ∈ ]0; 1[, on a


! !!2 ! !!2
2 1 1 1 1

f (t) 2
= 2t sin − cos + 2t cos + sin = 1 + 4t2 > 1
t t t t

donc

f ′ (t) 2
> 1.

Si on note B(0, 1) la boule unité fermée de R2 , on a donc :

f ′ (]0; 1[) ⊂ R2 \ B(0, 1)

1 Partagé sur [Link] – Licence CC BY-NC-SA 4.0.


mais
f ′ (]−1; 0]) = {0} .
Par l’absurde, supposons f ′ (]0; 1[) connexe par arcs et notons N = ∥·∥2 . La norme étant continue,
N( f ′ (]0; 1[)) est aussi connexe par arcs, or le raisonnement précédent montre que N( f ′ (]0; 1[))
contient 0, des nombres α > 1 mais aucun nombre strictement compris entre 0 et 1. Il s’ensuit que
N( f ′ (]0; 1[)) n’est pas un intervalle de R et n’est donc pas connexe par arcs, une contradiction.
En conclusion :

f ′ (]0; 1[) n’est pas connexe par arcs.

Exercice 2
Q3. f est de classe C2 sur R2 car polynomiale. Pour tout (x, y) ∈ R2 ,

∇( f )(x, y) = (12x + 6y − 10, 6x + 4y − 6) .

Alors
12x + 6y − 10 = 0 x = 13
( (
∇( f )(x, y) = (0, 0) ⇔ ⇔
6x + 4y − 6 = 0 y =1
!
1
de sorte que f admet , 1 pour unique point critique.
3
Pour tout (x, y) ∈ R 2
!
12 6
∇ ( f ) (x, y) =
2
6 4
qui est symétrique réelle donc diagonalisable, det(∇2 ( f ) (x, y)) = 12 > 0 et tr(∇2 ( f ) (x, y)) = 16 > 0
de sorte que! ∇2 ( f ) (x, y) admet deux valeurs propres strictement positives. C’est en particulier vrai pour
1
∇2 ( f ) , 1 et donc :
3

! !
1 1 4
f présente un minimum local en , 1 et f , 1 = .
3 3 3

Q4. Par construction de la projection orthogonale pF , on a a − pF (a) ∈ F ⊥ de sorte que

⟨a − b, u⟩ = ⟨a − b, v⟩ = 0.

Si on pose b = (x, y, z) ∈ R3 , on a

⟨a − b, u⟩ = ⟨(2 − x, 1 − y, 1 − z), (1, 1, 2)⟩ = 5 − x − y − 2z


⟨a − b, v⟩ = ⟨(2 − x, 1 − y, 1 − z), (1, 0, 1)⟩ = 3 − x − z

de sorte que
5 − x − y − 2z = 0
(
.
3−x−z =0

2 Partagé sur [Link] – Licence CC BY-NC-SA 4.0.


D’autre part, on a
x + y + 2z = 0
( ( )
F = Vect(u, v) = (x, y, z) ∈ R
⊥ ⊥ 2
= Vect((1, 1, −1))
x+z 0
de sorte que n o
F = (1, 1, −1)⊥ = (x, y, z) ∈ R3 x + y − z = 0 .
Puisque b ∈ F, on a
5 − x − y − 2z = 0



3−x−z =0




x+y−z =0

de sorte que

!
4 1 5
b= , , .
3 3 3

On observe alors que, pour tout (x, y) ∈ R2 , on a :


f (x, y) = ∥a − xu − yv∥2
de sorte que
min f (x, y) = min ∥a − xu − yv∥2
(x,y)∈R2 (x,y)∈R2

= min ∥a − f ∥2
f ∈F

= d(a, F)2
= ∥a − pF (a)∥2
= ∥a − b∥2
! 2
4 1 5
= 2− , 1− , 1−
3 3 3
!2 !2 !2
4 1 5
= 2− + 1− + 1−
3 3 3
4
= .
3
On retrouve donc bien le résultat de la question Q3 :

4
min f (x, y) = .
(x,y)∈R2 3

Problème

Partie I - Théorème de comparaison avec une intégrale


Q5. Pour tout n ∈ N, puisque f est positive, on a :
S n+1 − S n = f (n + 1) ≥ 0

3 Partagé sur [Link] – Licence CC BY-NC-SA 4.0.


et, par relation de Chasles et croissance de l’intégrale :
Z n+1
Jn+1 − Jn = f (t) dt ≥ 0.
n |{z}
≥0

de sorte que :

(S n )n∈N et (Jn )n∈N sont croissantes.

Par ailleurs, pour tout k ∈ N∗ , puisque f est décroissante, on a :

∀t ∈ [k − 1, k], f (k) ≤ f (t) ≤ f (k − 1)

et, en intégrant sur [k − 1, k], il vient :

Z k
f (k) ≤ f (t) dt ≤ f (k − 1).
k−1

Q6. En sommant l’inégalité établie en Q5 pour k variant de 1 à n, on a :


n
X n Z
X k n
X
f (k) ≤ f (t) dt ≤ f (k − 1)
k=1 k=1 k−1 k=1

mais
n
X n
X n−1
X
f (k) = S n − f (0), f (k − 1) = f (k) = S n−1
k=1 k=1 k=0

et, par relation de Chasles :


n Z
X k Z n
f (t) dt = f (t) dt = Jn
k=1 k−1 0

de sorte que

S n − f (0) ≤ Jn ≤ S n−1 .

Z +∞
Q7. Supposons que f est intégrable sur R+ . Alors pour tout n ∈ N, Jn ≤ f (t) dt. La première inégalité
Z +∞ 0

établie en Q6 montre que (S n ) est majorée par f (0) + f (t) dt. Or, on a établi en Q5 que (S n ) est
X 0
croissante, de sorte qu’elle converge. Autrement dit, f (n) converge.
n≥0
X
Réciproquement, supposons que f (n) converge et notons S sa somme. Alors la seconde inégalité
n≥0
établie en Q6 montre que (Jn ) est majorée par S . Mais, par positivité de f et croissance de l’intégrale, on
a pour tout x ∈ R+ :
Z x Z ⌊x⌋+1
f (t) dt ≤ f (t) dt = J⌊x⌋+1 ≤ S .
0 0

4 Partagé sur [Link] – Licence CC BY-NC-SA 4.0.


Z x
Ainsi, la fonction F : x 7→ f (t) dt est majorée et croissante sur R+ car dérivable de dérivée f ≥ 0.
0 Z +∞
Elle admet donc une limite finie en +∞. Autrement dit, f (t) dt converge et, puisque f est positive,
0
f ∈ L1 (R+ ).
On a donc établi :

X
f ∈ L1 (R+ ) ⇔ f (n) converge.
n≥0

Posons, pour tout n ∈ N∗ ,


n "Z
X k #
Un = f (t) dt − f (k) = Jn − S n + f (0).
k=1 k−1

D’après l’inégalité établie en Q6, on a :

0 ≤ Jn − S n + f (0) ≤ S n−1 − S n + f (0) = f (0) − f (n) ≤ f (0).

D’autre part,
Z n+1
Un+1 − Un = Jn+1 − Jn − S n+1 + S n = f (t) dt − f (n + 1) ≥ 0
n
donc la suite (Un ) est croissante et majorée ; elle converge donc. Autrement dit :

X "Z k #
f (t) dt − f (k) converge.
k≥1 k−1

Q8. a) f est de classe C∞ et positive sur [2; +∞[ et :


α + ln(x)
∀x ≥ 2, f ′ (x) = − ln(x)α−1 <0
(x lna (x))2
de sorte que f est décroissante sur [2; +∞[.
Par ailleurs, pour tout x ≥ 2, on a :
Z x Z x #x
ln(t)1−α ln(x)1−α ln(2)1−α
"
1
f (t) dt = ln(t) dx =
−α
= −
2 2 t 1−α 2 1−α 1−α

de sorte que :
+∞ si α < 1


x
Z 


f (t) dt = 

lim

x→+∞ 2
 ln(2)1−α
si α > 1



α−1

Ainsi, Z +∞
f (t) dt converge ⇔ α > 1
2
et, d’après Q7 (la borne inférieure de la sommation et de l’intégrale étant sans incidence sur le
raisonnement), on a :

5 Partagé sur [Link] – Licence CC BY-NC-SA 4.0.


X 1
converge ⇔ α > 1.
n≥2
n(ln n)α

Remarque : C’est un cas particulier d’intégrale de Bertrand, lesquelles reviennent classiquement


dans les sujets de concours.
Xn Z n
b) En notant S n = f (k) et Jn = f (t) dt, le raisonnement effectué en Q6 montre que pour n ≥ 3,
k=2 2
on a :
S n − f (2) ≤ Jn ≤ S n−1
donc
Jn+1 ≥ S n ≤ Jn + f (2)
et, en faisant tendre n vers +∞, il suit de Q8 que :

+∞
1 X 1 1 1
≤ 2
≤ +
ln(2) k=2 k ln(k) ln(2) 2 ln(2)2

1
Q9. a) Posons f : x 7→ qui est continue, positive et décroissante sur [1, +∞[. Alors, d’après le point (2)
x
de Q7 (en sommant à partir de 2), on sait que :
X "Z k 1 1
#
dt − converge
k≥2 k−1 t k

mais pour tout n ≥ 2, par relation de Chasles, on a :


n Z k ! Z n n n
X 1 1 1 X 1 X 1
dt − = dt − = ln(n) −
k=2 k−1 t k 1 t k=2
k k=2
k

de sorte que

 n 
X 1 
T n =   − ln(n) converge.
k=1
k 

Remarque : La limite γ = lim T n est appelée constante d’Euler-Mascheroni. C’est aussi un grand
n→+∞
classique des concours, voir par exemple l’exercice 1 de E3A MP 2018.
n
X 1
b) On a lim T n = γ donc T n − γ = o(1), c’est-à-dire − ln(n) − γ = o(1), où encore :
n→+∞ n→+∞
k=1
k n→+∞

n
X 1
= ln(n) + γ + o(1).
k=1
k n→+∞

Puisque ln(n) −−−−−→ +∞, on a γ + o(1) = o(ln(n)) donc


n→+∞ n→+∞

6 Partagé sur [Link] – Licence CC BY-NC-SA 4.0.


n
X 1
∼ ln(n).
k=1
k n→+∞

Q10. a) Soit n ∈ N∗ . La fonction gn est dérivable sur R∗+ et


(n − x)(n + x)
∀x ∈ R∗+ , g′n (x) =
(n2 + x2 )2
donc on a le tableau de variation :
x 0 n +∞

g′n (x) + 0 −

1
2n
gn (x)
0 0
1
donc ∥gn ∥∞ = . Mais alors
2n
X X 1 1X1
∥gn ∥∞ = = diverge
n≥1 n≥1
2n 2 n≥1
n

de sorte que :
X
gn ne converge pas normalement sur ]0; +∞[.
n≥1

 b) Ici l’énoncé fait uniquement l’hypothèse que x est non nul mais il semble raisonnable de supposer
que x est strictement positif eu égard au contexte, ce que nous ferons dans la suite.
La fonction f est dérivable et, pour tout t ∈ R, on a :
2xt
f ′ (t) = −
(t2 + x 2 )2
de sorte que f est décroissante sur R+ . Alors, pour tout k ∈ N, on a :
Z k+1 Z k
f (t) dt ≤ f (k) ≤ f (t) dt
k k−1

et, en sommant de 1 à n, on obtient par relation de Chasles :

Z n+1 n
X Z n
f (t) dt ≤ f (k) ≤ f (t) dt
1 k=1 0

c) Soit n ∈ N∗ et x > 0. L’inégalité obtenue en b) se réécrit :


Z n+1 n Z n
x X x x
dt ≤ ≤ dt
1 t +x
2 2
k=1
k +x
2 2
0 t +x
2 2

7 Partagé sur [Link] – Licence CC BY-NC-SA 4.0.


n n
X x X
mais = gk (x) et
k=1
k2 + x2 k=1
d   t  x
arctan = 2
dx x t + x2
donc cette inégalité se réécrit :
n
n+1
!
n X 1
arctan − arctan ≤ gk (x) ≤ arctan
x x k=1 x

et, en passant à la limite en n, on a :

+∞
π 1 X π
− arctan ≤ gk (x) ≤
2 x k=1 2

π 1 π
d) On a lim − arctan = donc, par encadrement à partir de l’inégalité obtenue en c) :
x→+∞ 2 x 2
 +∞ 
X  π
lim  gk (x) = .
x→+∞
k=1
2

Pour tout n ≥ 1, on a
x
lim gn (x) = lim
= 0.
x→0 + x2 x→0 n2
Par l’absurde, s’il y avait convergence uniforme sur ]0; +∞[, puisque gn admet une limite finie en
+∞, le théorème de la double limite impliquerait que
 
 +∞  +∞  
X  X  
lim  gk (x) =
   lim gn (x) = 0,

x→+∞ x→+∞
|
k=1 n=1  {z }
=0

une contradiction.
En conclusion :
X
gn ne converge pas uniformément sur ]0; +∞[.
n≥1

Partie II - Contre-exemples
h i
Q11. a) Soit n ∈ N∗ . Pour tout t ∈ n; n + 12 , on a 2nπ ≤ 2πt ≤ (2n + 1)π donc sin(2πt) ≥ 0 de sorte que

n+ 21 n+ 12 #n+ 12
cos(2nπ) − cos((2n + 1)π (−1)2n − (−1)2n+1 1
Z Z "
cos(2πt)
f (t) dt = sin(2πt) dt = = = = .
n n 2π n 2π 2π π
De même, on obtient : Z n+1 Z n+1
1
f (t) dt = − sin(2πt) dt =
n+ 21 n+ 12 π
donc

8 Partagé sur [Link] – Licence CC BY-NC-SA 4.0.


Z n+1
2
f (t) dt = .
n π

b) Soit x ≥ 1. Par relation de Chasles, on a :


Z x Z ⌊x⌋ Z x Z ⌊x⌋
|sin(2πt)| dt = |sin(2πt)| dt + |sin(2πt)| dt ≥ |sin(2πt)| dt
1 1 ⌊x⌋ 1
| {z }
≥0

mais, par relation de Chasles et a), on a :


Z ⌊x⌋ ⌊x⌋−1
X Z k+1 2
|sin(2πt)| dt = |sin(2πt)| dt = (⌊x⌋ − 1) .
1 k=1 |k
π
{z }
2
=
π
On a donc bien :
Z x
2
|sin(2πt)| dt ≥ (⌊x⌋ − 1) .
1 π

2
On a lim ⌊x⌋ = +∞ donc lim (⌊x⌋ − 1) = +∞ de sorte que :
x→+∞ x→+∞ π
Z x
lim |sin(2πt)| dt = +∞.
x→+∞ 1
Ainsi :
Z +∞
f (t) dt diverge et f < L1 ([1; +∞[).
1

Attention : f n’étant pas monotone, nous ne pouvons pas appliquer le résultat obtenu en Q7. Et ça
tombe bien car le but de cette partie est de construire des contre-exemples !
Pour tout n ∈ N∗ , on a f (n) = |sin(2πn)| = 0 donc :
X
f (n) converge.
n≥1

X
On a donc construit une fonction f continue et positive sur R+ telle que f (n) converge mais
Z +∞ n≥1

f (t) dt diverge. L’hypothèse de monotonie est donc nécessaire dans le critère de comparaison
1
série-intégrale.
Q12. Attention : La construction proposée par l’énoncé pose problème car il y a une superposition des tri-
angles basés en 1 et en 2. Nous allons donc l’ajuster légèrement afin d’éviter cette superposition.
2
Soit n ≥ 2. Si on pose an = 2 , alors le triangle de base [n − an , n + an ] et de hauteur 1 a une aire égale à
n
2an × 1 1
= 2.
2 n

9 Partagé sur [Link] – Licence CC BY-NC-SA 4.0.


h i
En posant f (t) = 0 si t ∈ 1; 32 , l’allure de la fonction est la suivante :

1 2 3 4 5

On observe que cette fonction est continue et positive par construction. En outre,
Z +∞ +∞ Z n+an +∞
X X 1
f (t) dt = f (t) dt = < +∞
1 n=2 n−an n=2
n2

de sorte que f est intégrable sur [1, +∞[. X


Pour autant, pour tout n ≥ 2, f (n) = 1 de sorte que f (n) diverge grossièrement.
n≥1
En conclusion :

X
f est continue, positive et intégrable sur [1, +∞[ mais f (n) diverge.
n≥1

*** Fin du sujet ***

10 Partagé sur [Link] – Licence CC BY-NC-SA 4.0.

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