CCINP - MP 2025 - Mathématiques 1
Éléments de correction
Exercice 1
Q1. ]−1; 1[ est un intervalle de R, c’est donc un connexe par arcs de R. Puisque f est de classe C1 , f ′ est
continue. L’image d’un connexe par arcs par une application continue étant connexe par arcs, on a :
f ′ (]−1; 1[) est connexe par arcs.
Q2. a) f est constante sur ] − 1, 0] donc dérivable à gauche en 0, de dérivée à gauche nulle.
Pour tout h > 0, on a
! !!
f (h) − f (0) 1 1
= h sin , h cos −−−→ (0, 0)
h h h h→0
donc f est dérivable à droite en 0, de dérivée à droite nulle. En conclusion :
f est dérivable en 0 et f ′ (0) = (0, 0).
f est constante sur ]−1; 0[ donc de dérivée nulle sur cet intervalle. Par ailleurs, pour tout t ∈ ]0; 1[,
en dérivant composante par composante, on a :
! ! ! !!
1 1 1 1
f (t) = 2t sin
′
− cos , 2t cos + sin .
t t t t
En conclusion :
si t ∈ ]−1; 0] ,
(0, 0)
∀t ∈ ]−1; 1[ , f ′ (t) =
! ! ! !!
1 1 1 1
2t sin t − cos t , 2t cos t + sin t si t ∈ ]0; 1[ .
b) Pour tout t ∈ ]0; 1[, on a
! !!2 ! !!2
2 1 1 1 1
′
f (t) 2
= 2t sin − cos + 2t cos + sin = 1 + 4t2 > 1
t t t t
donc
f ′ (t) 2
> 1.
Si on note B(0, 1) la boule unité fermée de R2 , on a donc :
f ′ (]0; 1[) ⊂ R2 \ B(0, 1)
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mais
f ′ (]−1; 0]) = {0} .
Par l’absurde, supposons f ′ (]0; 1[) connexe par arcs et notons N = ∥·∥2 . La norme étant continue,
N( f ′ (]0; 1[)) est aussi connexe par arcs, or le raisonnement précédent montre que N( f ′ (]0; 1[))
contient 0, des nombres α > 1 mais aucun nombre strictement compris entre 0 et 1. Il s’ensuit que
N( f ′ (]0; 1[)) n’est pas un intervalle de R et n’est donc pas connexe par arcs, une contradiction.
En conclusion :
f ′ (]0; 1[) n’est pas connexe par arcs.
Exercice 2
Q3. f est de classe C2 sur R2 car polynomiale. Pour tout (x, y) ∈ R2 ,
∇( f )(x, y) = (12x + 6y − 10, 6x + 4y − 6) .
Alors
12x + 6y − 10 = 0 x = 13
( (
∇( f )(x, y) = (0, 0) ⇔ ⇔
6x + 4y − 6 = 0 y =1
!
1
de sorte que f admet , 1 pour unique point critique.
3
Pour tout (x, y) ∈ R 2
!
12 6
∇ ( f ) (x, y) =
2
6 4
qui est symétrique réelle donc diagonalisable, det(∇2 ( f ) (x, y)) = 12 > 0 et tr(∇2 ( f ) (x, y)) = 16 > 0
de sorte que! ∇2 ( f ) (x, y) admet deux valeurs propres strictement positives. C’est en particulier vrai pour
1
∇2 ( f ) , 1 et donc :
3
! !
1 1 4
f présente un minimum local en , 1 et f , 1 = .
3 3 3
Q4. Par construction de la projection orthogonale pF , on a a − pF (a) ∈ F ⊥ de sorte que
⟨a − b, u⟩ = ⟨a − b, v⟩ = 0.
Si on pose b = (x, y, z) ∈ R3 , on a
⟨a − b, u⟩ = ⟨(2 − x, 1 − y, 1 − z), (1, 1, 2)⟩ = 5 − x − y − 2z
⟨a − b, v⟩ = ⟨(2 − x, 1 − y, 1 − z), (1, 0, 1)⟩ = 3 − x − z
de sorte que
5 − x − y − 2z = 0
(
.
3−x−z =0
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D’autre part, on a
x + y + 2z = 0
( ( )
F = Vect(u, v) = (x, y, z) ∈ R
⊥ ⊥ 2
= Vect((1, 1, −1))
x+z 0
de sorte que n o
F = (1, 1, −1)⊥ = (x, y, z) ∈ R3 x + y − z = 0 .
Puisque b ∈ F, on a
5 − x − y − 2z = 0
3−x−z =0
x+y−z =0
de sorte que
!
4 1 5
b= , , .
3 3 3
On observe alors que, pour tout (x, y) ∈ R2 , on a :
f (x, y) = ∥a − xu − yv∥2
de sorte que
min f (x, y) = min ∥a − xu − yv∥2
(x,y)∈R2 (x,y)∈R2
= min ∥a − f ∥2
f ∈F
= d(a, F)2
= ∥a − pF (a)∥2
= ∥a − b∥2
! 2
4 1 5
= 2− , 1− , 1−
3 3 3
!2 !2 !2
4 1 5
= 2− + 1− + 1−
3 3 3
4
= .
3
On retrouve donc bien le résultat de la question Q3 :
4
min f (x, y) = .
(x,y)∈R2 3
Problème
Partie I - Théorème de comparaison avec une intégrale
Q5. Pour tout n ∈ N, puisque f est positive, on a :
S n+1 − S n = f (n + 1) ≥ 0
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et, par relation de Chasles et croissance de l’intégrale :
Z n+1
Jn+1 − Jn = f (t) dt ≥ 0.
n |{z}
≥0
de sorte que :
(S n )n∈N et (Jn )n∈N sont croissantes.
Par ailleurs, pour tout k ∈ N∗ , puisque f est décroissante, on a :
∀t ∈ [k − 1, k], f (k) ≤ f (t) ≤ f (k − 1)
et, en intégrant sur [k − 1, k], il vient :
Z k
f (k) ≤ f (t) dt ≤ f (k − 1).
k−1
Q6. En sommant l’inégalité établie en Q5 pour k variant de 1 à n, on a :
n
X n Z
X k n
X
f (k) ≤ f (t) dt ≤ f (k − 1)
k=1 k=1 k−1 k=1
mais
n
X n
X n−1
X
f (k) = S n − f (0), f (k − 1) = f (k) = S n−1
k=1 k=1 k=0
et, par relation de Chasles :
n Z
X k Z n
f (t) dt = f (t) dt = Jn
k=1 k−1 0
de sorte que
S n − f (0) ≤ Jn ≤ S n−1 .
Z +∞
Q7. Supposons que f est intégrable sur R+ . Alors pour tout n ∈ N, Jn ≤ f (t) dt. La première inégalité
Z +∞ 0
établie en Q6 montre que (S n ) est majorée par f (0) + f (t) dt. Or, on a établi en Q5 que (S n ) est
X 0
croissante, de sorte qu’elle converge. Autrement dit, f (n) converge.
n≥0
X
Réciproquement, supposons que f (n) converge et notons S sa somme. Alors la seconde inégalité
n≥0
établie en Q6 montre que (Jn ) est majorée par S . Mais, par positivité de f et croissance de l’intégrale, on
a pour tout x ∈ R+ :
Z x Z ⌊x⌋+1
f (t) dt ≤ f (t) dt = J⌊x⌋+1 ≤ S .
0 0
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Z x
Ainsi, la fonction F : x 7→ f (t) dt est majorée et croissante sur R+ car dérivable de dérivée f ≥ 0.
0 Z +∞
Elle admet donc une limite finie en +∞. Autrement dit, f (t) dt converge et, puisque f est positive,
0
f ∈ L1 (R+ ).
On a donc établi :
X
f ∈ L1 (R+ ) ⇔ f (n) converge.
n≥0
Posons, pour tout n ∈ N∗ ,
n "Z
X k #
Un = f (t) dt − f (k) = Jn − S n + f (0).
k=1 k−1
D’après l’inégalité établie en Q6, on a :
0 ≤ Jn − S n + f (0) ≤ S n−1 − S n + f (0) = f (0) − f (n) ≤ f (0).
D’autre part,
Z n+1
Un+1 − Un = Jn+1 − Jn − S n+1 + S n = f (t) dt − f (n + 1) ≥ 0
n
donc la suite (Un ) est croissante et majorée ; elle converge donc. Autrement dit :
X "Z k #
f (t) dt − f (k) converge.
k≥1 k−1
Q8. a) f est de classe C∞ et positive sur [2; +∞[ et :
α + ln(x)
∀x ≥ 2, f ′ (x) = − ln(x)α−1 <0
(x lna (x))2
de sorte que f est décroissante sur [2; +∞[.
Par ailleurs, pour tout x ≥ 2, on a :
Z x Z x #x
ln(t)1−α ln(x)1−α ln(2)1−α
"
1
f (t) dt = ln(t) dx =
−α
= −
2 2 t 1−α 2 1−α 1−α
de sorte que :
+∞ si α < 1
x
Z
f (t) dt =
lim
x→+∞ 2
ln(2)1−α
si α > 1
α−1
Ainsi, Z +∞
f (t) dt converge ⇔ α > 1
2
et, d’après Q7 (la borne inférieure de la sommation et de l’intégrale étant sans incidence sur le
raisonnement), on a :
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X 1
converge ⇔ α > 1.
n≥2
n(ln n)α
Remarque : C’est un cas particulier d’intégrale de Bertrand, lesquelles reviennent classiquement
dans les sujets de concours.
Xn Z n
b) En notant S n = f (k) et Jn = f (t) dt, le raisonnement effectué en Q6 montre que pour n ≥ 3,
k=2 2
on a :
S n − f (2) ≤ Jn ≤ S n−1
donc
Jn+1 ≥ S n ≤ Jn + f (2)
et, en faisant tendre n vers +∞, il suit de Q8 que :
+∞
1 X 1 1 1
≤ 2
≤ +
ln(2) k=2 k ln(k) ln(2) 2 ln(2)2
1
Q9. a) Posons f : x 7→ qui est continue, positive et décroissante sur [1, +∞[. Alors, d’après le point (2)
x
de Q7 (en sommant à partir de 2), on sait que :
X "Z k 1 1
#
dt − converge
k≥2 k−1 t k
mais pour tout n ≥ 2, par relation de Chasles, on a :
n Z k ! Z n n n
X 1 1 1 X 1 X 1
dt − = dt − = ln(n) −
k=2 k−1 t k 1 t k=2
k k=2
k
de sorte que
n
X 1
T n = − ln(n) converge.
k=1
k
Remarque : La limite γ = lim T n est appelée constante d’Euler-Mascheroni. C’est aussi un grand
n→+∞
classique des concours, voir par exemple l’exercice 1 de E3A MP 2018.
n
X 1
b) On a lim T n = γ donc T n − γ = o(1), c’est-à-dire − ln(n) − γ = o(1), où encore :
n→+∞ n→+∞
k=1
k n→+∞
n
X 1
= ln(n) + γ + o(1).
k=1
k n→+∞
Puisque ln(n) −−−−−→ +∞, on a γ + o(1) = o(ln(n)) donc
n→+∞ n→+∞
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n
X 1
∼ ln(n).
k=1
k n→+∞
Q10. a) Soit n ∈ N∗ . La fonction gn est dérivable sur R∗+ et
(n − x)(n + x)
∀x ∈ R∗+ , g′n (x) =
(n2 + x2 )2
donc on a le tableau de variation :
x 0 n +∞
g′n (x) + 0 −
1
2n
gn (x)
0 0
1
donc ∥gn ∥∞ = . Mais alors
2n
X X 1 1X1
∥gn ∥∞ = = diverge
n≥1 n≥1
2n 2 n≥1
n
de sorte que :
X
gn ne converge pas normalement sur ]0; +∞[.
n≥1
b) Ici l’énoncé fait uniquement l’hypothèse que x est non nul mais il semble raisonnable de supposer
que x est strictement positif eu égard au contexte, ce que nous ferons dans la suite.
La fonction f est dérivable et, pour tout t ∈ R, on a :
2xt
f ′ (t) = −
(t2 + x 2 )2
de sorte que f est décroissante sur R+ . Alors, pour tout k ∈ N, on a :
Z k+1 Z k
f (t) dt ≤ f (k) ≤ f (t) dt
k k−1
et, en sommant de 1 à n, on obtient par relation de Chasles :
Z n+1 n
X Z n
f (t) dt ≤ f (k) ≤ f (t) dt
1 k=1 0
c) Soit n ∈ N∗ et x > 0. L’inégalité obtenue en b) se réécrit :
Z n+1 n Z n
x X x x
dt ≤ ≤ dt
1 t +x
2 2
k=1
k +x
2 2
0 t +x
2 2
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n n
X x X
mais = gk (x) et
k=1
k2 + x2 k=1
d t x
arctan = 2
dx x t + x2
donc cette inégalité se réécrit :
n
n+1
!
n X 1
arctan − arctan ≤ gk (x) ≤ arctan
x x k=1 x
et, en passant à la limite en n, on a :
+∞
π 1 X π
− arctan ≤ gk (x) ≤
2 x k=1 2
π 1 π
d) On a lim − arctan = donc, par encadrement à partir de l’inégalité obtenue en c) :
x→+∞ 2 x 2
+∞
X π
lim gk (x) = .
x→+∞
k=1
2
Pour tout n ≥ 1, on a
x
lim gn (x) = lim
= 0.
x→0 + x2 x→0 n2
Par l’absurde, s’il y avait convergence uniforme sur ]0; +∞[, puisque gn admet une limite finie en
+∞, le théorème de la double limite impliquerait que
+∞ +∞
X X
lim gk (x) =
lim gn (x) = 0,
x→+∞ x→+∞
|
k=1 n=1 {z }
=0
une contradiction.
En conclusion :
X
gn ne converge pas uniformément sur ]0; +∞[.
n≥1
Partie II - Contre-exemples
h i
Q11. a) Soit n ∈ N∗ . Pour tout t ∈ n; n + 12 , on a 2nπ ≤ 2πt ≤ (2n + 1)π donc sin(2πt) ≥ 0 de sorte que
n+ 21 n+ 12 #n+ 12
cos(2nπ) − cos((2n + 1)π (−1)2n − (−1)2n+1 1
Z Z "
cos(2πt)
f (t) dt = sin(2πt) dt = = = = .
n n 2π n 2π 2π π
De même, on obtient : Z n+1 Z n+1
1
f (t) dt = − sin(2πt) dt =
n+ 21 n+ 12 π
donc
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Z n+1
2
f (t) dt = .
n π
b) Soit x ≥ 1. Par relation de Chasles, on a :
Z x Z ⌊x⌋ Z x Z ⌊x⌋
|sin(2πt)| dt = |sin(2πt)| dt + |sin(2πt)| dt ≥ |sin(2πt)| dt
1 1 ⌊x⌋ 1
| {z }
≥0
mais, par relation de Chasles et a), on a :
Z ⌊x⌋ ⌊x⌋−1
X Z k+1 2
|sin(2πt)| dt = |sin(2πt)| dt = (⌊x⌋ − 1) .
1 k=1 |k
π
{z }
2
=
π
On a donc bien :
Z x
2
|sin(2πt)| dt ≥ (⌊x⌋ − 1) .
1 π
2
On a lim ⌊x⌋ = +∞ donc lim (⌊x⌋ − 1) = +∞ de sorte que :
x→+∞ x→+∞ π
Z x
lim |sin(2πt)| dt = +∞.
x→+∞ 1
Ainsi :
Z +∞
f (t) dt diverge et f < L1 ([1; +∞[).
1
Attention : f n’étant pas monotone, nous ne pouvons pas appliquer le résultat obtenu en Q7. Et ça
tombe bien car le but de cette partie est de construire des contre-exemples !
Pour tout n ∈ N∗ , on a f (n) = |sin(2πn)| = 0 donc :
X
f (n) converge.
n≥1
X
On a donc construit une fonction f continue et positive sur R+ telle que f (n) converge mais
Z +∞ n≥1
f (t) dt diverge. L’hypothèse de monotonie est donc nécessaire dans le critère de comparaison
1
série-intégrale.
Q12. Attention : La construction proposée par l’énoncé pose problème car il y a une superposition des tri-
angles basés en 1 et en 2. Nous allons donc l’ajuster légèrement afin d’éviter cette superposition.
2
Soit n ≥ 2. Si on pose an = 2 , alors le triangle de base [n − an , n + an ] et de hauteur 1 a une aire égale à
n
2an × 1 1
= 2.
2 n
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h i
En posant f (t) = 0 si t ∈ 1; 32 , l’allure de la fonction est la suivante :
1 2 3 4 5
On observe que cette fonction est continue et positive par construction. En outre,
Z +∞ +∞ Z n+an +∞
X X 1
f (t) dt = f (t) dt = < +∞
1 n=2 n−an n=2
n2
de sorte que f est intégrable sur [1, +∞[. X
Pour autant, pour tout n ≥ 2, f (n) = 1 de sorte que f (n) diverge grossièrement.
n≥1
En conclusion :
X
f est continue, positive et intégrable sur [1, +∞[ mais f (n) diverge.
n≥1
*** Fin du sujet ***
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