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Cet article introduit une nouvelle famille de nombres de Whitney généralisés associés à une suite de réels, avec des notations spécifiques pour les deux espèces. Il établit des relations de récurrence, des fonctions génératrices, et des formules explicites pour ces nombres, tout en explorant des cas particuliers. Les résultats incluent des identités combinatoires et des calculs pour des valeurs spécifiques de ces nombres.
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Cet article introduit une nouvelle famille de nombres de Whitney généralisés associés à une suite de réels, avec des notations spécifiques pour les deux espèces. Il établit des relations de récurrence, des fonctions génératrices, et des formules explicites pour ces nombres, tout en explorant des cas particuliers. Les résultats incluent des identités combinatoires et des calculs pour des valeurs spécifiques de ces nombres.
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Dans cet article, nous construisons et étudions une nouvelle famille de nombres de

Whitney, appelés nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de première et de deuxième


espèce, notés respectivement wm,ᾱ (n, k) et Wm,ᾱ (n, k), pour 0 ≤ k ≤ n, où ᾱ = (α0 , α1 , . . . , αn−1 )
est une suite de nombres réels vérifiant

α0 ≤ α1 ≤ · · · ≤ αn−1 .

Pour ces nouveaux nombres, nous établissons des relations de récurrence, des fonctions
génératrices, une formule explicite, et nous discutons plusieurs cas particuliers.
Tout au long de cet article, nous utilisons les notations suivantes :

n−1
Y 
(x; ᾱ | m)n = x − αj − jm = (x − α0 )(x − α1 − m) · · · (x − αn−1 − (n − 1)m),
j=0

pour n = 1, 2, . . ., avec la convention

(x; ᾱ | m)0 = 1.

Si αi = 0 pour tout i = 0, 1, . . . , n − 1, alors

(x; 0 | m)n = x(x − m)(x − 2m) · · · (x − (n − 1)m) = (x | m)n ,

où (x | m)n est appelé la factorielle généralisée de x de degré n et d’incrément m, avec


(x | m)0 = 1. En particulier, pour m = 1, on écrit

(x | 1)n = (x)n .

Nous utilisons également la notation


n−1
Y
(x; ᾱ)n = (x − αj ) = (x − α0 )(x − α1 ) · · · (x − αn−1 ),
j=0

avec la convention
(x; ᾱ)0 = 1.

2. Nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de deuxième


espèce
Définition 2.1. Les nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de deuxième espèce,
notés Wm,ᾱ (n, k), sont définis par
n
X
xn = Wm,ᾱ (n, k) (x; ᾱ | m)k , (5)
k=0

où Wm,ᾱ (0, 0) = 1 et Wm,ᾱ (n, k) = 0 pour k > n ou k < 0.


Théorème 2.2. Les nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de deuxième espèce
satisfont la relation de récurrence

1
Wm,ᾱ (n + 1, k) = Wm,ᾱ (n, k − 1) + (αk + km) Wm,ᾱ (n, k), (6)
pour n ≥ k ≥ 1, avec Wm,ᾱ (n, k) = 0 pour n < k ou k < 0.
Pour k = 0, on a

Wm,ᾱ (n, 0) = α0n , n ≥ 0. (7)

Preuve. On peut écrire

xn+1 = xn x − αk − km + αk + km .


En utilisant (5), on obtient

n+1
X n
X  
Wm,ᾱ (n + 1, k)(x; ᾱ | m)k = Wm,ᾱ (n, k)(x; ᾱ | m)k (x − αk − km) + (αk + km) .
k=0 k=0

D’où
n
X n
X
= Wm,ᾱ (n, k)(x; ᾱ | m)k+1 + (αk + km)Wm,ᾱ (n, k)(x; ᾱ | m)k .
k=0 k=0

En réindexant la première somme, on obtient


n+1
X n
X
= Wm,ᾱ (n, k − 1)(x; ᾱ | m)k + (αk + km)Wm,ᾱ (n, k)(x; ᾱ | m)k .
k=1 k=0

En identifiant les coefficients de (x; ᾱ | m)k des deux côtés, on obtient la relation (6).
Pour k = 0, on trouve

Wm,ᾱ (n + 1, 0) = α0 Wm,ᾱ (n, 0), n = 0, 1, 2, . . . ,


d’où

Wm,ᾱ (n, 0) = α0n Wm,ᾱ (0, 0) = α0n .

Le tableau suivant donne les valeurs de Wm,ᾱ (n, k) pour 0 ≤ n, k ≤ 3, calculées à


l’aide de la relation de récurrence (6) :
 
1 0 0 0
 α0 1 0 0
 2 .
α 0 α0 + α1 + m 1 0
α03 α02 + α0 (α1 + m) + (α1 + m)2 α0 + α1 + α2 + 3m 1
Théorème 2.3. La fonction génératrice exponentielle ϕk (t) des nombres Wm,ᾱ (n, k) est
donnée par

2
k 
X tn X exp (αj + jm)t
ϕk (t) = Wm,ᾱ (n, k) = k
, (8)
n≥k
n! j=0
Y  
αj − αl + (j − l)m
l=0
l6=j

pour k = 1, 2, 3, . . ., avec

ϕk (0) = 0 pour k ≥ 1, ϕ0 (t) = exp(α0 t). (9)

Preuve.
D’après la définition de la fonction génératrice exponentielle, on a ϕk (0) = 0 pour
k ≥ 1. En utilisant (7), on obtient
X tn X n tn
ϕ0 (t) = Wm,ᾱ (n, 0) = α = exp(α0 t).
n≥0
n! n≥0 0 n!
tn
En multipliant la relation de récurrence (6) par et en sommant sur n, on obtient
n!
X tn X tn X tn
Wm,ᾱ (n + 1, k) = Wm,ᾱ (n, k − 1) + (αk + km)Wm,ᾱ (n, k) .
n≥0
n! n≥0 n! n≥0 n!

Cela peut se réécrire sous la forme

X tn−1 X tn X tn
Wm,ᾱ (n, k) − (αk + km)Wm,ᾱ (n, k) = Wm,ᾱ (n, k − 1) .
n≥1
(n − 1)! n≥0 n! n≥0 n!

Cette relation est équivalente à l’équation différentielle suivante :


d
ϕk (t) − (αk + km)ϕk (t) = ϕk−1 (t), k ≥ 1.
dt
En résolvant cette équation différentielle-décalée pour k = 1, 2, 3, . . . avec les conditions
initiales (9), on obtient la formule (8). (Les calculs étant longs, ils sont omis.)
Théorème 2.4. Les nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de deuxième espèce
admettent la formule explicite
k
X (αj + jm)n
Wm,ᾱ (n, k) = k
. (10)
j=0
Y  
αj − αl + (j − l)m
l=0
l6=j

Preuve.
Pour 0 ≤ k ≤ n, on a

3
∞ k 
X
n
X exp (αj + jm)t
Wm,ᾱ (n, k)t = k
.
n=0 j=0
Y  
αj − αl + (j − l)m
l=0
l6=j

Or,

 X tn
exp (αj + jm)t = (αj + jm)n .
n=0
n!
tn
En identifiant les coefficients de des deux côtés, on obtient la formule (10). Théorème
n!
2.5. Les nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de deuxième espèce Wm,ᾱ (n, k) ad-
mettent la formule explicite suivante :

X i i
Wm,ᾱ (n, k) = α0i0 α1 − i0 + (1 − i0 )m 1 α2 − i0 − i1 + (2 − i0 − i1 )m 2 · · ·
i0 +i1 +···+in−1 =n−k
ij ∈{0,1}

i
· · · αn−1 − i0 − i1 − · · · − in−2 + (n − 1 − i0 − · · · − in−2 )m n−1 .

Preuve.
Pour k = 0, on a

i0 + i1 + · · · + in−1 = n ⇐⇒ i0 = i1 = · · · = in−1 = 1.
Ainsi,

Wm,ᾱ (n, 0) = α0 · α0 · · · α0 = α0n , n ≥ 0,


ce qui coïncide avec la formule (7).
Comme in−1 ∈ {0, 1}, on décompose la somme en deux cas :
X i
Wm,ᾱ (n, k) = α0i0 α1 − i0 + (1 − i0 )m 1 · · ·
i0 +···+in−2 =n−1−(k−1)
ij ∈{0,1}
i
· · · αn−2 − i0 − · · · − in−3 + (n − 2 − i0 − · · · − in−3 )m n−2
X i
+ α0i0 α1 − i0 + (1 − i0 )m 1 · · ·
i0 +···+in−2 =n−1−k
ij ∈{0,1}
i
· · · αn−2 − i0 − · · · − in−3 + (n − 2 − i0 − · · · − in−3 )m n−2

× αn−1 − i0 − i1 − · · · − in−2 + (n − 1 − i0 − · · · − in−2 )m .
On reconnaît alors :

4

Wm,ᾱ (n, k) = Wm,ᾱ (n − 1, k − 1) + αn−1−(n−1−k) + (n − 1 − (n − 1 − k))m Wm,ᾱ (n − 1, k).

Or,

n − 1 − (n − 1 − k) = k,
d’où

Wm,ᾱ (n, k) = Wm,ᾱ (n − 1, k − 1) + (αk + km)Wm,ᾱ (n − 1, k),


ce qui est exactement la relation de récurrence (6).
Cela achève la démonstration. Remarque 2.6. La formule explicite donnée au Théo-
rème 2.5 est k efficace que celle de (10) lorsque k est relativement grand, en particulier
j nplus
pour k > .
2
Corollaire 2.7. L’identité combinatoire suivante est valable. Pour n ≥ k ≥ 1, on a
(d’après les Théorèmes 2.4 et 2.5)
X i
α0i0 α1 − i0 + (1 − i0 )m 1 · · ·
i0 +i1 +···+in−1 =n−k
ij ∈{0,1}
i
· · · αn−1 − i0 − i1 − · · · − in−2 + (n − 1 − i0 − · · · − in−2 )m n−1
k
X (αj + jm)n
= k
.
j=0
Y  
αj − αl + (j − l)m
l=0
l6=j

Quelques cas particuliers :


X i1
Wm,ᾱ (2, 1) = α0i0 α1 − i0 + (1 − i0 )m .
i0 +i1 =1

Les possibilités (1, 0) et (0, 1) donnent

Wm,ᾱ (2, 1) = α0 + α1 + m.

X i i
Wm,ᾱ (3, 1) = α0i0 α1 − i0 + (1 − i0 )m 1 α2 − i0 − i1 + (2 − i0 − i1 )m 2 .
i0 +i1 +i2 =2

Les triplets possibles sont (0, 1, 1), (1, 0, 1) et (1, 1, 0), d’où

Wm,ᾱ (3, 1) = (α1 + m)2 + α0 (α1 + m) + α02 = α02 + α0 (α1 + m) + (α1 + m)2 .

5
X i i
Wm,ᾱ (3, 2) = α0i0 α1 − i0 + (1 − i0 )m 1 α2 − i0 − i1 + (2 − i0 − i1 )m 2 .
i0 +i1 +i2 =1

Les triplets possibles sont (0, 1, 0), (1, 0, 0) et (0, 0, 1), donc

Wm,ᾱ (3, 2) = α0 + α1 + m + α2 + 2m = α0 + α1 + α2 + 3m.

Théorème 2.8. La fonction génératrice ordinaire des nombres Wm,ᾱ (n, k) est donnée
par
X tk
Yk (t) = Wm,ᾱ (n, k) tn = k
, (11)
n≥k
Y  
1 − (αj + jm)t
j=0

pour k = 1, 2, 3, . . ., avec

Yk (0) = 0 pour k ≥ 1, Y0 (t) = (1 − α0 t)−1 . (12)

Preuve.
L’équation (12) découle directement de la définition de la fonction génératrice ordi-
naire :
X X X
Y0 (t) = Wm,ᾱ (n, 0)tn = α0n tn = (α0 t)n = (1 − α0 t)−1 .
n≥0 n≥0 n≥0

En utilisant la relation de récurrence (6), on obtient

X X X
Wm,ᾱ (n, k)tn = Wm,ᾱ (n − 1, k − 1)tn + (αk + km) Wm,ᾱ (n − 1, k)tn .
n≥0 n≥0 n≥0

Ainsi,

Yk (t) = t Yk−1 (t) + (αk + km)t Yk (t).


D’où

t Yk−1 (t)
Yk (t) = , k = 1, 2, 3, . . .
1 − (αk + km)t
et par itération on obtient la formule (11). Par conséquent, on obtient
t t t
Yk (t) = Y0 (t) ···
1 − (α1 + m)t 1 − (α2 + 2m)t 1 − (αk + km)t
tk
= k
.
Y  
1 − (αj + jm)t
j=0

6
Le corollaire suivant montre que les nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de
deuxième espèce Wm,ᾱ (n, k) sont les fonctions symétriques complètes des nombres

α0 , α1 + m, α2 + 2m, . . . , αk + km
d’ordre n − k.
On rappelle que la fonction symétrique complète hk est définie par

X k
Y
hk (z1 , z2 , . . . , zn ) = zji ,
1≤j1 ≤j2 ≤···≤jk ≤n i=1

avec h0 = 1 et hk = 0 pour k < 0 ou k > n.


Corollaire 2.9. Les nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de deuxième espèce
vérifient

X n−k
Y
Wm,ᾱ (n, k) = (αji + ji m)
0≤j1 ≤···≤j n−k ≤k i=1

= h n−k (α0 , α1 + m, α2 + 2m, . . . , αk + km). (14)

Preuve.
D’après (11), on a
k
X 1 Y −1
Wm,ᾱ (n, k) t n−k =

k
= 1 − (αj + jm)t . (15)
j=0
n≥k
Y  
1 − (αj + jm)t
j=0

Pour
1
|t| < ,
|αk + km|
on développe chaque facteur en série géométrique. Le coefficient de t n−k dans ce dévelop-
pement est précisément

h n−k (α0 , α1 + m, α2 + 2m, . . . , αk + km),


ce qui donne la formule (14). Cas 3.
Lorsque ᾱ = (r, r, . . . , r) := r, on obtient
n
X
n
x = Wm,r (n, k) (x; r | m)k . (20)
k=0

En remplaçant x par mx + r, on obtient


n
X
(mx + r)n = mk Wm,r (n, k)xk .
k=0

Ainsi, les nombres Wm,r (n, k) se réduisent aux nombres de Whitney r-généralisés de
deuxième espèce.

7
La fonction génératrice exponentielle (8) se réduit alors à
k 
X tn X exp (r + jm)t
Wm,r (n, k) = k
.
n≥k
n! j=0
Y
(j − l)m
l=0
l6=j

Or,
k
Y k
Y
k
(j − l)m = m (j − l) = mk (−1)k−j j!(k − j)!.
l=0 l=0
l6=j l6=j

On en déduit
k
tn
 
X 1 X k−j k

Wm,r (n, k) = k (−1) exp (r + jm)t .
n≥k
n! m k! j=0 j

En factorisant exp(rt), on obtient


k  
exp(rt) X k−j k
= (−1) exp(jmt).
mk k! j=0 j

Donc

exp(rt) k
= k
exp(mt) − 1 .
m k!
De même, à partir de la formule explicite (10), on obtient
k
X (r + jm)n
Wm,r (n, k) = k
.
j=0
Y
(j − l)m
l=0
l6=j

Ce qui donne
k  
1 X k−j k
Wm,r (n, k) = k (−1) (r + jm)n .
m k! j=0 j

Cette formule est en accord avec les résultats de :contentReference[oaicite :0]index=0.

4. Nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de pre-


mière espèce
Définition 4.1. Les nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de première espèce,
notés wm,ᾱ (n, k), sont définis par

8
n
X
(x; ᾱ | m)n = wm,ᾱ (n, k) xk , (27)
k=0

où wm,ᾱ (0, 0) = 1 et wm,ᾱ (n, k) = 0 pour k > n ou k < 0.


Théorème 4.2. Les nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de première espèce
satisfont la relation de récurrence

wm,ᾱ (n + 1, k) = wm,ᾱ (n, k − 1) − (αn + nm) wm,ᾱ (n, k), (28)


pour n ≥ k ≥ 1.
Pour k = 0, on a
n−1
Y
n
wm,ᾱ (n, 0) = (−1) (αi + im). (29)
i=0

Preuve.
On a

(x; ᾱ | m)n+1 = (x; ᾱ | m)n (x − αn − nm).


En utilisant (27), on obtient
n+1
X n
X
k
wm,ᾱ (n + 1, k)x = (x − αn − nm) wm,ᾱ (n, k)xk .
k=0 k=0

Donc
n
X n
X
k+1
= wm,ᾱ (n, k)x − (αn + nm) wm,ᾱ (n, k)xk .
k=0 k=0

En réindexant la première somme :


n+1
X n
X
k
= wm,ᾱ (n, k − 1)x − (αn + nm) wm,ᾱ (n, k)xk .
k=1 k=0

En identifiant les coefficients de xk des deux côtés, on obtient la relation (28).


Pour k = 0, on obtient

wm,ᾱ (n + 1, 0) = −(αn + nm)wm,ᾱ (n, 0), n = 0, 1, 2, . . .


d’où

wm,ᾱ (n, 0) = (−1)n wm,ᾱ (0, 0)α0 (α1 + m) · · · (αn−1 + (n − 1)m).

Le tableau suivant donne les valeurs de wm,ᾱ (n, k) pour 0 ≤ n, k ≤ 3, calculées à l’aide
de la relation de récurrence (28) :

9
 
1 0 0 0

 −α 0 1 0 0
.
 α0 (α1 + m) −α0 − α1 − m 1 0
−α0 (α1 + m)(α2 + 2m) α0 (α1 + m) + (α0 + α1 + m)(α2 + 2m) −α0 − α1 − α2 − 3m 1

On remarque qu’en posant k = n dans les relations de récurrence (28) et (6), on obtient

Wm,ᾱ (n + 1, n) + wm,ᾱ (n + 1, n) = 0, ∀n.


Théorème 4.3. Les nombres de Whitney de première espèce α-Whitney wm,α (n, k) ad-
mettent l’expression explicite suivante :

X
wm,α (n, k) = (i1 − α0 )1−i1 (i2 − α1 − m)1−i2 · · · (in − αn−1 − (n − 1)m)1−in .
i1 +i2 +···+in−1 =k
ij ∈{0,1}

Preuve.
Pour k = 0, nous avons

wm,α (n, 0) = (−α0 )(−α1 − m) · · · (−αn−1 − (n − 1)m).

Donc,
n−1
Y
n
wm,α (n, 0) = (−1) (αi + im),
i=0

ce qui correspond à la formule (29).


Pour in ∈ {0, 1}, on obtient

X
wm,α (n, k) = (i1 − α0 )1−i1 · · · (in−1 − αn−2 − (n − 2)m)1−in−1 (−αn−1 − (n − 1)m)
i1 +···+in−1 =k
ij ∈{0,1}
X
+ (i1 − α0 )1−i1 · · · (in−1 − αn−2 − (n − 2)m)1−in−1 .
i1 +···+in−1 =k−1
ij ∈{0,1}

Ainsi,

wm,α (n, k) = wm,α (n − 1, k − 1) − (αn−1 + (n − 1)m) wm,α (n − 1, k).


Ce qui est précisément la relation de récurrence des nombres de Whitney de première
espèce donnée en (28). Remarque 4.4. D’après la définition de wm,α (n, k) donnée en
(27), nous obtenons la fonction génératrice ordinaire suivante :
n
X n−1
Y
k
wm,α (n, k)x = (x − (αj + jm)) . (30)
k=0 j=0

10
Nous montrons maintenant que les nombres de Whitney de première espèce α-Whitney
wm,α (n, k) sont les fonctions symétriques élémentaires des nombres

α0 , α1 + m, α2 + 2m, . . . , αn−1 + (n − 1)m


d’ordre n − k.
La fonction symétrique élémentaire σk est définie par

X k
Y
σk (z1 , z2 , . . . , zn ) = zji ,
1≤j1 <j2 <···<jk ≤n i=1

avec σ0 = 1 et σk = 0 pour k < 0 ou k > n.

Corollaire 4.5. Les nombres de Whitney de première espèce α-Whitney vérifient

wm,α (n, k) = (−1) n−k σn−k (α0 , α1 + m, . . . , αn−1 + (n − 1)m)

X n−k
Y
n−k
= (−1) (αji + ji m). (31)
0≤j1 <···<jn−k ≤n−1 i=1

Preuve.
En remplaçant x par t−1 dans (30), puis en multipliant les deux membres par tn , on
obtient
n
X n−1
Y
n−k
wm,α (n, k)t = (1 − (αj + jm)t) . (32)
k=0 j=0

En remplaçant ensuite t par −t, nous obtenons


n
X n−1
Y
(−1) n−k wm,α (n, k)t n−k = (1 + (αj + jm)t) . (33)
k=0 j=0

Or, le membre de droite de (33) est précisément égal à


n
X
σn−k (α0 , α1 + m, . . . , αn−1 + (n − 1)m) t n−k .
k=0

En identifiant les coefficients de t n−k des deux côtés, on obtient la formule annoncée.

5. Relations matricielles pour les nombres de Whitney α


En substituant la relation (5) dans le membre de droite de (27) (ou inversement),
puis en changeant l’ordre de sommation, on obtient facilement la relation d’orthogonalité
suivante :
n
X n
X
wm,α (n, k) Wm,α (k, i) = Wm,α (n, k) wm,α (k, i) = δn,i , (34)
k=i k=i

11
où δn,i désigne le symbole de Kronecker, défini par
(
1 si n = i,
δn,i =
0 sinon.
Soient maintenant w et W deux matrices triangulaires inférieures infinies dont les
coefficients sont respectivement wm,α (n, k) et Wm,α (n, k), pour n, k ≥ 0.
Alors l’équation (34) est équivalente à l’équation matricielle

w · W = I,
où I est la matrice identité infinie.
Ainsi,

w = W −1 ,
c’est-à-dire que la matrice w est l’inverse de W , et réciproquement.
n\k 0 1 2 3 4 5 6
0 1
1 1 1
2 1 4 1
3 1 13 9 1
4 1 40 58 16 1
5 1 121 330 170 25 1
6 1 364 1771 1520 395 36 1

Les nombres de Stirling de type B de première espèce (version non signée) sont définis
comme les coefficients du développement polynomial
n
Y n
X
(x + 2i − 1) = B(n, k) xk .
i=1 k=0

Ils apparaissent dans l’OEIS comme le triangle des coefficients du produit

(x + 1)(x + 3)(x + 5) · · · (x + 2n − 1),

voir OEIS A039757.


Les premières lignes du triangle sont :

n\k 0 1 2 3 4 5
0 1
1 1 1
2 3 4 1
3 15 23 9 1
4 105 176 86 16 1
5 945 1689 950 230 25 1
Ils satisfont la relation de récurrence :

B(n, k) = B(n − 1, k − 1) + (2n − 1)B(n − 1, k), B(0, 0) = 1.

12
La version signée est donnée par

B ± (n, k) = (−1) n−k B(n, k).

n\k 0 1 2 3 4 5 6
0 1
1 0 1
2 0 1 1
3 0 2 3 1
4 0 6 11 6 1
5 0 24 50 35 10 1
6 0 120 274 225 85 15 1
Corollaire 1. On a :
n
X
cm (n, k) µk = µ(µ + m) · · · (µ + m(n − 1)).
k=0

‘Preuve : On remarque que la relation de récurrence ?? cm (n, k) = cm (n − 1, k − 1) +


g g
m(n − 1)cm (n − 1, k) est équivalente à la relation fonctionnelle Hn (z) = Hg Hn−1 (z) =
g
(µ + m(n − 1))xm Hn−1 (z).
En itérant cette relation, on obtient : Hng (z) = µ(µ + m) · · · (µ + m(n − 1)) xmn .
En identifiant les coefficients de µk , on obtient le résultat.
Theoreme 1. (Voir [Link] [?]) Les nombres de Whitney non signés d’ordre r
de première espèce cm,r (n, k) vérifient :
n
X
Hng (zxr ) = cm,r (n, k) µk z xmn+r .
k=0

Autrement dit, la matrice Cm,r = cm,r (n, k) est la matrice associée à l’opérateur Hg (zF ).
Corollaire 2. Le polynôme
n
X
Cm,r (n, µ) = cm,r (n, k) µk
k=0

vérifie :
Cm,r (n, µ) = (µ + r)(µ + r + m) · · · (µ + r + m(n − 1)).

Il existe les deux identités classiques suivantes reliant les nombres de Stirling de deuxième
espèce dans les types classique, B et D (voir Corollaire 12 dans [?] et Proposition 3
dans [?]) :
n  
X
i−k n
SB (n, k) = 2 S(i, k), (2)
i=k
i

13
SD (n, k) = SB (n, k) − n 2 n−1−k S(n − 1, k). (1)
où S(n, k) désigne les nombres de Stirling classiques de deuxième espèce.
On peut obtenir immédiatement la fonction génératrice exponentielle des nombres de
Stirling de deuxième espèce de type D, SD (n, k), en utilisant les formules (2) et (3) ainsi
que le Théorème 4.1(a) de [?]. On obtient :
X xn 1
SD (n, k) = k (ex − x) (e2x − 1)k . (2)
n≥0
n! 2 k!

Les fonctions génératrices exponentielles bivariées des nombres de Whitney W (n, n − k)


sont données comme suit :
Type A :
X xn k
y = exp y(ex − 1) .

WA (n, n − k) (3)
n,k≥0
n!

Type B :
X xn k x
y
2x

WB (n, n − k) y = e exp (e − 1) . (4)
n,k≥0
n! 2

Type D :
X xn k y 
WD (n, n − k) y = (ex − x) exp (e2x − 1) . (5)
n,k≥0
n! 2

Table 1 – Stirling numbers of type D of the second kind SD(n, k)


n\k 0 1 2 3 4 5
0 1
1 0 1
2 1 2 1
3 1 7 6 1
4 1 24 34 12 1
5 1 81 190 110 20 1

[Type B] Les nombres de Whitney de type B vérifient


n  
j−k n
X
B
W (n, n − k) = 2 S(j, k).
j=k
j

[Type D] Les nombres de Whitney de type D vérifient


n  
j−k n
X
D
W (n, n − k) = 2 S(j, k) − 2 n−1−k n S(n − 1, k).
j=k
j

Il existe les deux identités bien connues suivantes reliant les nombres de Stirling de seconde
espèce dans les types classique, B et D (voir Corollaire 12 dans [13] et Proposition 3 dans
[12]) :

14
n  
X
i−k n
SB (n, k) = 2 S(i, k), (2)
i=k
i

SD (n, k) = SB (n, k) − n 2 n−1−k S(n − 1, k). (3)


Ainsi, il est facile de vérifier que le nombre de partitions signées de hni ayant exacte-
ment un seul élément positif dans le bloc zéro est
n−1
X
n 2 n−1−k S(n − 1, k). (6)
k=0

D0 (xy) = xy
D1 (xy) = D(x) y + x D(y)
= (xy 2m ) y + x(x2 y 2m−1 )
= xy 2m+1 + x3 y 2m−1 ,
D2 (xy) = D(xy 2m+1 ) + D(x3 y 2m−1 )
= D(x) y 2m+1 + xD(y 2m+1 ) + D(x3 ) y 2m−1 + x3 D(y 2m−1 )
= (xy 2m ) y 2m+1 + x((2m + 1)x2 y 4m ) + 3x2 (xy 2m )y 2m−1 + x3 (2m − 1)x2 y 4m−2 )
= xy 4m+1 + (4m + 4)x3 y 2m+1 + (2m − 1)x5 y 2m−1 ,
D3 (xy) = D(xy 4m+1 ) + D((4m + 4)x3 y 2m+1 ) + D((2m − 1)x5 y 2m−1 )
= xy 6m+1 + (10m + 13)x3 y 4m+1 + (8m2 + 24m − 9)x5 y 2m+1 + (4m − 3)(2m − 1)x7 y 2m−1 ,
D4 (xy) = D(xy 6m+1 ) + D((10m + 13)x3 y 4m+1 ) + D((8m2 + 24m − 9)x5 y 2m+1 )
+ D((4m − 3)(2m − 1)x7 y 2m−1 )
= xy 8m+1 + (36m + 40)x3 y 6m+1 + (100m2 + 188m + 58)x5 y 4m+1
+ (48m3 − 176m2 + 196m + 48)x7 y 2m+1 + (6m − 1)(4m − 3)(2m − 1)x9 y 2m−1 .

On définit la factorielle décroissante de type B par

x↓B k = (x; 1)↓B k = (x − 1)(x − 3) · · · (x − 2k + 1).

[Théorème 3.12] Pour tout n ∈ N, on a


n
X
x = n
SB (n, k) x↓B k .
k=0

Démonstration. Puisqu’il s’agit d’une identité polynomiale, il suffit de la vérifier lorsque


x est un entier impair positif, disons x = 2p + 1.
Nous affirmons que, dans ce cas, les deux membres de l’identité comptent le nombre
de fonctions de type B,
f : hni −→ hpi.
D’une part, on peut déterminer f en choisissant librement les valeurs

f (1), . . . , f (n),

15
car alors les valeurs
f (−1), . . . , f (−n)
sont déterminées par la relation de symétrie de type B, et l’on sait que f (0) = 0. Comme
#hpi = x, il y a x choix possibles pour chacune des n valeurs indépendantes, ce qui donne
un total de xn fonctions.
D’autre part, on peut construire f en procédant comme suit : on choisit d’abord une
partition de type B,
ρ = S0 /S1 / . . . /S2k
de hni, qui sera le noyau de f , puis on envoie injectivement les blocs de ρ dans hpi.
Comme 0 ∈ S0 , on doit avoir f (S0 ) = 0. Il reste alors x − 1 choix pour l’image de S1 .
Le bloc S2 est ensuite déterminé par la condition de symétrie. Il reste alors x − 3 choix
pour l’image de S3 , et ainsi de suite.
Au total, le nombre de choix possibles est

(x − 1)(x − 3) · · · (x − 2k + 1) = x↓B k .

En sommant sur toutes les partitions de type B à k paires de blocs non nuls, on obtient
n
X
xn = SB (n, k) x↓B k ,
k=0

ce qui achève la démonstration.


[Bala] Soit x ∈ R et n ∈ N. Alors
n
X
n
x = SB (n, k) [x]B
k, (5.1)
k=0


[x]B B
k := (x − 1)(x − 3) · · · (x − 2k + 1) et [x]0 := 1.

Une interprétation combinatoire de SB (n, k) à l’aide du modèle des k-tours attaquantes


0,2
a été donnée par Remmel et Wachs (plus précisément, il s’agit de Sn,k (1, 1) dans leur
notation). Davantage d’informations sur l’interprétation par les tours de ce théorème
de factorisation et d’autres résultats apparentés peuvent être trouvées dans l’article de
Miceli et Remmel.
Nous présentons ici une preuve de nature géométrique, suggérée par Reiner, et reliée
à une méthode utilisée par Blass et Sagan pour calculer le polynôme caractéristique du
treillis L(Bn ).
Démonstration. Puisqu’il s’agit d’une identité polynomiale, il suffit de la démontrer pour
les entiers impairs x = 2m + 1.
Le membre de gauche de l’équation (5.1) compte le nombre de points du réseau dans
le cube n-dimensionnel

{−m, −m + 1, . . . , −1, 0, 1, . . . , m}n .

16
Nous montrons que le membre de droite compte le même ensemble de points en utili-
sant les sous-ensembles d’intersections maximales d’hyperplans sur lesquels les points se
situent.
Plus précisément, soit
P = {C0 , ±C1 , . . . , ±Ck }
une partition de type Bn ayant k paires de blocs non nuls.
Cas k = 0. La partition P consiste uniquement du bloc nul

{±1, . . . , ±n}.

Cette partition correspond à l’unique point du réseau (0, . . . , 0).


Cas 0 < k < n. Soit
P = {C0 , ±C1 , . . . , ±Ck }
une partition de type Bn ayant k paires de blocs non nuls et éventuellement un bloc nul
C0 .
On associe à cette partition l’ensemble des points du réseau (x1 , . . . , xn ) tels que

xj 1 = xj 2 (resp. xj1 = −xj2 )

dès que j1 , j2 (resp. j1 , −j2 ) appartiennent au même bloc Ci ou −Ci .


Pour la première paire de blocs non nuls C1 , −C1 , si j1 ∈ C1 ∪ −C1 , il existe x − 1
possibilités (puisqu’on exclut la valeur 0) pour choisir la valeur de xj1 .
Pour la deuxième paire C2 , −C2 , il reste x − 3 possibilités (en excluant 0, la valeur
déjà choisie pour C1 , et son opposé).
En poursuivant ainsi, on obtient successivement

x − (2k − 3)

possibilités pour la dernière paire de blocs ±Ck .


Si le bloc nul C0 est non vide, les coordonnées correspondantes sont forcées à être
égales à 0.
Cas k = n. La seule partition de type Bn ayant n paires de blocs non nuls est

{{1}, {−1}, . . . , {n}, {−n}}.

Elle correspond aux points (x1 , . . . , xn ) tels que

xi 6= ±xj 6= 0 pour tout i 6= j.

Le nombre de tels points est

(x − 1)(x − 3) · · · (x − (2n − 1)).

Remarquons que ces points sont précisément ceux qui ne se trouvent sur aucun hyper-
plan.

17
-.1 Factorielle décroissante de type D. On définit la factorielle décroissante de
type D par



 1, k = 0,

[x]D
k := (x − 1)(x − 3) · · · (x − (2k − 1)), 1 ≤ k < n,



(x − 1)(x − 3) · · · (x − (2n − 3))(x − (n − 1)), k = n.

Contrairement au cas de type B, aucune généralisation de l’équation (1.3) ne semble


apparaître dans la littérature pour le type D. On obtient néanmoins le résultat suivant.
Pour tout n ∈ N et tout x ∈ R, on a
  Xn
n n−1 D
x = n (x − 1) − [x]n−1 + SD (n, k) [x]D
k . (5.2)
k=0

Démonstration. Pour les partitions de type Dn ayant 0 ≤ k < n paires de blocs non nuls,
la démonstration est identique mot pour mot à celle du type B.
Considérons donc le cas k = n.
Dans ce cas, il n’existe qu’une seule partition de type Dn ayant n paires de blocs non
nuls :
{{1}, {−1}, . . . , {n}, {−n}}.
On associe à cette partition les points (x1 , . . . , xn ) tels que

xi 6= ±xj pour i 6= j,

et contenant au plus une occurrence de la valeur 0.


Remarquons qu’un point contenant exactement une seule coordonnée nulle ne peut
provenir d’une partition ayant k < n paires de blocs, car le bloc nul (s’il existe) doit
contenir au moins deux éléments.
Comptage des possibilités.
– Si 0 apparaît exactement une fois, on choisit d’abord la coordonnée où placer 0 (de
n façons), puis les autres coordonnées doivent être non nulles et de valeurs absolues
toutes distinctes. Cela donne

(x − 1)(x − 3) · · · (x − (2n − 3))

possibilités pour les n − 1 autres coordonnées.


– Si 0 n’apparaît pas, on obtient

(x − 1)(x − 3) · · · (x − (2n − 1))

possibilités.
La somme de ces deux quantités est

[x]D
n = (x − 1)(x − 3) · · · (x − (2n − 3))(x − (n − 1)).

18
Comme dans le cas du type B, ce nombre coïncide avec l’évaluation du polynôme
caractéristique χ(Dn , x) du treillis L(Dn ) lorsque x est impair.
Correction du comptage.
Lors du dénombrement des points du cube n-dimensionnel, les points contenant exac-
tement une seule coordonnée nulle et au moins deux coordonnées non nulles de même
valeur absolue ne sont pas comptés.
La raison est que le bloc nul (s’il existe) doit contenir au moins deux éléments, ce qui
exclut ces configurations.
Ce phénomène apparaît lorsque n > 2, et le nombre de tels points est
 
n (x − 1)n−1 − [x]D n−1 .

En ajoutant ce terme correctif, on obtient l’identité annoncée.

19

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