Docu
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α0 ≤ α1 ≤ · · · ≤ αn−1 .
Pour ces nouveaux nombres, nous établissons des relations de récurrence, des fonctions
génératrices, une formule explicite, et nous discutons plusieurs cas particuliers.
Tout au long de cet article, nous utilisons les notations suivantes :
n−1
Y
(x; ᾱ | m)n = x − αj − jm = (x − α0 )(x − α1 − m) · · · (x − αn−1 − (n − 1)m),
j=0
(x; ᾱ | m)0 = 1.
(x | 1)n = (x)n .
avec la convention
(x; ᾱ)0 = 1.
1
Wm,ᾱ (n + 1, k) = Wm,ᾱ (n, k − 1) + (αk + km) Wm,ᾱ (n, k), (6)
pour n ≥ k ≥ 1, avec Wm,ᾱ (n, k) = 0 pour n < k ou k < 0.
Pour k = 0, on a
xn+1 = xn x − αk − km + αk + km .
n+1
X n
X
Wm,ᾱ (n + 1, k)(x; ᾱ | m)k = Wm,ᾱ (n, k)(x; ᾱ | m)k (x − αk − km) + (αk + km) .
k=0 k=0
D’où
n
X n
X
= Wm,ᾱ (n, k)(x; ᾱ | m)k+1 + (αk + km)Wm,ᾱ (n, k)(x; ᾱ | m)k .
k=0 k=0
En identifiant les coefficients de (x; ᾱ | m)k des deux côtés, on obtient la relation (6).
Pour k = 0, on trouve
2
k
X tn X exp (αj + jm)t
ϕk (t) = Wm,ᾱ (n, k) = k
, (8)
n≥k
n! j=0
Y
αj − αl + (j − l)m
l=0
l6=j
pour k = 1, 2, 3, . . ., avec
Preuve.
D’après la définition de la fonction génératrice exponentielle, on a ϕk (0) = 0 pour
k ≥ 1. En utilisant (7), on obtient
X tn X n tn
ϕ0 (t) = Wm,ᾱ (n, 0) = α = exp(α0 t).
n≥0
n! n≥0 0 n!
tn
En multipliant la relation de récurrence (6) par et en sommant sur n, on obtient
n!
X tn X tn X tn
Wm,ᾱ (n + 1, k) = Wm,ᾱ (n, k − 1) + (αk + km)Wm,ᾱ (n, k) .
n≥0
n! n≥0 n! n≥0 n!
X tn−1 X tn X tn
Wm,ᾱ (n, k) − (αk + km)Wm,ᾱ (n, k) = Wm,ᾱ (n, k − 1) .
n≥1
(n − 1)! n≥0 n! n≥0 n!
Preuve.
Pour 0 ≤ k ≤ n, on a
3
∞ k
X
n
X exp (αj + jm)t
Wm,ᾱ (n, k)t = k
.
n=0 j=0
Y
αj − αl + (j − l)m
l=0
l6=j
Or,
∞
X tn
exp (αj + jm)t = (αj + jm)n .
n=0
n!
tn
En identifiant les coefficients de des deux côtés, on obtient la formule (10). Théorème
n!
2.5. Les nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de deuxième espèce Wm,ᾱ (n, k) ad-
mettent la formule explicite suivante :
X i i
Wm,ᾱ (n, k) = α0i0 α1 − i0 + (1 − i0 )m 1 α2 − i0 − i1 + (2 − i0 − i1 )m 2 · · ·
i0 +i1 +···+in−1 =n−k
ij ∈{0,1}
i
· · · αn−1 − i0 − i1 − · · · − in−2 + (n − 1 − i0 − · · · − in−2 )m n−1 .
Preuve.
Pour k = 0, on a
i0 + i1 + · · · + in−1 = n ⇐⇒ i0 = i1 = · · · = in−1 = 1.
Ainsi,
4
Wm,ᾱ (n, k) = Wm,ᾱ (n − 1, k − 1) + αn−1−(n−1−k) + (n − 1 − (n − 1 − k))m Wm,ᾱ (n − 1, k).
Or,
n − 1 − (n − 1 − k) = k,
d’où
Wm,ᾱ (2, 1) = α0 + α1 + m.
X i i
Wm,ᾱ (3, 1) = α0i0 α1 − i0 + (1 − i0 )m 1 α2 − i0 − i1 + (2 − i0 − i1 )m 2 .
i0 +i1 +i2 =2
Les triplets possibles sont (0, 1, 1), (1, 0, 1) et (1, 1, 0), d’où
Wm,ᾱ (3, 1) = (α1 + m)2 + α0 (α1 + m) + α02 = α02 + α0 (α1 + m) + (α1 + m)2 .
5
X i i
Wm,ᾱ (3, 2) = α0i0 α1 − i0 + (1 − i0 )m 1 α2 − i0 − i1 + (2 − i0 − i1 )m 2 .
i0 +i1 +i2 =1
Les triplets possibles sont (0, 1, 0), (1, 0, 0) et (0, 0, 1), donc
Théorème 2.8. La fonction génératrice ordinaire des nombres Wm,ᾱ (n, k) est donnée
par
X tk
Yk (t) = Wm,ᾱ (n, k) tn = k
, (11)
n≥k
Y
1 − (αj + jm)t
j=0
pour k = 1, 2, 3, . . ., avec
Preuve.
L’équation (12) découle directement de la définition de la fonction génératrice ordi-
naire :
X X X
Y0 (t) = Wm,ᾱ (n, 0)tn = α0n tn = (α0 t)n = (1 − α0 t)−1 .
n≥0 n≥0 n≥0
X X X
Wm,ᾱ (n, k)tn = Wm,ᾱ (n − 1, k − 1)tn + (αk + km) Wm,ᾱ (n − 1, k)tn .
n≥0 n≥0 n≥0
Ainsi,
t Yk−1 (t)
Yk (t) = , k = 1, 2, 3, . . .
1 − (αk + km)t
et par itération on obtient la formule (11). Par conséquent, on obtient
t t t
Yk (t) = Y0 (t) ···
1 − (α1 + m)t 1 − (α2 + 2m)t 1 − (αk + km)t
tk
= k
.
Y
1 − (αj + jm)t
j=0
6
Le corollaire suivant montre que les nombres de Whitney généralisés associés à ᾱ de
deuxième espèce Wm,ᾱ (n, k) sont les fonctions symétriques complètes des nombres
α0 , α1 + m, α2 + 2m, . . . , αk + km
d’ordre n − k.
On rappelle que la fonction symétrique complète hk est définie par
X k
Y
hk (z1 , z2 , . . . , zn ) = zji ,
1≤j1 ≤j2 ≤···≤jk ≤n i=1
X n−k
Y
Wm,ᾱ (n, k) = (αji + ji m)
0≤j1 ≤···≤j n−k ≤k i=1
Preuve.
D’après (11), on a
k
X 1 Y −1
Wm,ᾱ (n, k) t n−k =
k
= 1 − (αj + jm)t . (15)
j=0
n≥k
Y
1 − (αj + jm)t
j=0
Pour
1
|t| < ,
|αk + km|
on développe chaque facteur en série géométrique. Le coefficient de t n−k dans ce dévelop-
pement est précisément
Ainsi, les nombres Wm,r (n, k) se réduisent aux nombres de Whitney r-généralisés de
deuxième espèce.
7
La fonction génératrice exponentielle (8) se réduit alors à
k
X tn X exp (r + jm)t
Wm,r (n, k) = k
.
n≥k
n! j=0
Y
(j − l)m
l=0
l6=j
Or,
k
Y k
Y
k
(j − l)m = m (j − l) = mk (−1)k−j j!(k − j)!.
l=0 l=0
l6=j l6=j
On en déduit
k
tn
X 1 X k−j k
Wm,r (n, k) = k (−1) exp (r + jm)t .
n≥k
n! m k! j=0 j
Donc
exp(rt) k
= k
exp(mt) − 1 .
m k!
De même, à partir de la formule explicite (10), on obtient
k
X (r + jm)n
Wm,r (n, k) = k
.
j=0
Y
(j − l)m
l=0
l6=j
Ce qui donne
k
1 X k−j k
Wm,r (n, k) = k (−1) (r + jm)n .
m k! j=0 j
8
n
X
(x; ᾱ | m)n = wm,ᾱ (n, k) xk , (27)
k=0
Preuve.
On a
Donc
n
X n
X
k+1
= wm,ᾱ (n, k)x − (αn + nm) wm,ᾱ (n, k)xk .
k=0 k=0
Le tableau suivant donne les valeurs de wm,ᾱ (n, k) pour 0 ≤ n, k ≤ 3, calculées à l’aide
de la relation de récurrence (28) :
9
1 0 0 0
−α 0 1 0 0
.
α0 (α1 + m) −α0 − α1 − m 1 0
−α0 (α1 + m)(α2 + 2m) α0 (α1 + m) + (α0 + α1 + m)(α2 + 2m) −α0 − α1 − α2 − 3m 1
On remarque qu’en posant k = n dans les relations de récurrence (28) et (6), on obtient
X
wm,α (n, k) = (i1 − α0 )1−i1 (i2 − α1 − m)1−i2 · · · (in − αn−1 − (n − 1)m)1−in .
i1 +i2 +···+in−1 =k
ij ∈{0,1}
Preuve.
Pour k = 0, nous avons
Donc,
n−1
Y
n
wm,α (n, 0) = (−1) (αi + im),
i=0
X
wm,α (n, k) = (i1 − α0 )1−i1 · · · (in−1 − αn−2 − (n − 2)m)1−in−1 (−αn−1 − (n − 1)m)
i1 +···+in−1 =k
ij ∈{0,1}
X
+ (i1 − α0 )1−i1 · · · (in−1 − αn−2 − (n − 2)m)1−in−1 .
i1 +···+in−1 =k−1
ij ∈{0,1}
Ainsi,
10
Nous montrons maintenant que les nombres de Whitney de première espèce α-Whitney
wm,α (n, k) sont les fonctions symétriques élémentaires des nombres
X k
Y
σk (z1 , z2 , . . . , zn ) = zji ,
1≤j1 <j2 <···<jk ≤n i=1
X n−k
Y
n−k
= (−1) (αji + ji m). (31)
0≤j1 <···<jn−k ≤n−1 i=1
Preuve.
En remplaçant x par t−1 dans (30), puis en multipliant les deux membres par tn , on
obtient
n
X n−1
Y
n−k
wm,α (n, k)t = (1 − (αj + jm)t) . (32)
k=0 j=0
En identifiant les coefficients de t n−k des deux côtés, on obtient la formule annoncée.
11
où δn,i désigne le symbole de Kronecker, défini par
(
1 si n = i,
δn,i =
0 sinon.
Soient maintenant w et W deux matrices triangulaires inférieures infinies dont les
coefficients sont respectivement wm,α (n, k) et Wm,α (n, k), pour n, k ≥ 0.
Alors l’équation (34) est équivalente à l’équation matricielle
w · W = I,
où I est la matrice identité infinie.
Ainsi,
w = W −1 ,
c’est-à-dire que la matrice w est l’inverse de W , et réciproquement.
n\k 0 1 2 3 4 5 6
0 1
1 1 1
2 1 4 1
3 1 13 9 1
4 1 40 58 16 1
5 1 121 330 170 25 1
6 1 364 1771 1520 395 36 1
Les nombres de Stirling de type B de première espèce (version non signée) sont définis
comme les coefficients du développement polynomial
n
Y n
X
(x + 2i − 1) = B(n, k) xk .
i=1 k=0
n\k 0 1 2 3 4 5
0 1
1 1 1
2 3 4 1
3 15 23 9 1
4 105 176 86 16 1
5 945 1689 950 230 25 1
Ils satisfont la relation de récurrence :
12
La version signée est donnée par
n\k 0 1 2 3 4 5 6
0 1
1 0 1
2 0 1 1
3 0 2 3 1
4 0 6 11 6 1
5 0 24 50 35 10 1
6 0 120 274 225 85 15 1
Corollaire 1. On a :
n
X
cm (n, k) µk = µ(µ + m) · · · (µ + m(n − 1)).
k=0
vérifie :
Cm,r (n, µ) = (µ + r)(µ + r + m) · · · (µ + r + m(n − 1)).
Il existe les deux identités classiques suivantes reliant les nombres de Stirling de deuxième
espèce dans les types classique, B et D (voir Corollaire 12 dans [?] et Proposition 3
dans [?]) :
n
X
i−k n
SB (n, k) = 2 S(i, k), (2)
i=k
i
13
SD (n, k) = SB (n, k) − n 2 n−1−k S(n − 1, k). (1)
où S(n, k) désigne les nombres de Stirling classiques de deuxième espèce.
On peut obtenir immédiatement la fonction génératrice exponentielle des nombres de
Stirling de deuxième espèce de type D, SD (n, k), en utilisant les formules (2) et (3) ainsi
que le Théorème 4.1(a) de [?]. On obtient :
X xn 1
SD (n, k) = k (ex − x) (e2x − 1)k . (2)
n≥0
n! 2 k!
Type B :
X xn k x
y
2x
WB (n, n − k) y = e exp (e − 1) . (4)
n,k≥0
n! 2
Type D :
X xn k y
WD (n, n − k) y = (ex − x) exp (e2x − 1) . (5)
n,k≥0
n! 2
Il existe les deux identités bien connues suivantes reliant les nombres de Stirling de seconde
espèce dans les types classique, B et D (voir Corollaire 12 dans [13] et Proposition 3 dans
[12]) :
14
n
X
i−k n
SB (n, k) = 2 S(i, k), (2)
i=k
i
D0 (xy) = xy
D1 (xy) = D(x) y + x D(y)
= (xy 2m ) y + x(x2 y 2m−1 )
= xy 2m+1 + x3 y 2m−1 ,
D2 (xy) = D(xy 2m+1 ) + D(x3 y 2m−1 )
= D(x) y 2m+1 + xD(y 2m+1 ) + D(x3 ) y 2m−1 + x3 D(y 2m−1 )
= (xy 2m ) y 2m+1 + x((2m + 1)x2 y 4m ) + 3x2 (xy 2m )y 2m−1 + x3 (2m − 1)x2 y 4m−2 )
= xy 4m+1 + (4m + 4)x3 y 2m+1 + (2m − 1)x5 y 2m−1 ,
D3 (xy) = D(xy 4m+1 ) + D((4m + 4)x3 y 2m+1 ) + D((2m − 1)x5 y 2m−1 )
= xy 6m+1 + (10m + 13)x3 y 4m+1 + (8m2 + 24m − 9)x5 y 2m+1 + (4m − 3)(2m − 1)x7 y 2m−1 ,
D4 (xy) = D(xy 6m+1 ) + D((10m + 13)x3 y 4m+1 ) + D((8m2 + 24m − 9)x5 y 2m+1 )
+ D((4m − 3)(2m − 1)x7 y 2m−1 )
= xy 8m+1 + (36m + 40)x3 y 6m+1 + (100m2 + 188m + 58)x5 y 4m+1
+ (48m3 − 176m2 + 196m + 48)x7 y 2m+1 + (6m − 1)(4m − 3)(2m − 1)x9 y 2m−1 .
f (1), . . . , f (n),
15
car alors les valeurs
f (−1), . . . , f (−n)
sont déterminées par la relation de symétrie de type B, et l’on sait que f (0) = 0. Comme
#hpi = x, il y a x choix possibles pour chacune des n valeurs indépendantes, ce qui donne
un total de xn fonctions.
D’autre part, on peut construire f en procédant comme suit : on choisit d’abord une
partition de type B,
ρ = S0 /S1 / . . . /S2k
de hni, qui sera le noyau de f , puis on envoie injectivement les blocs de ρ dans hpi.
Comme 0 ∈ S0 , on doit avoir f (S0 ) = 0. Il reste alors x − 1 choix pour l’image de S1 .
Le bloc S2 est ensuite déterminé par la condition de symétrie. Il reste alors x − 3 choix
pour l’image de S3 , et ainsi de suite.
Au total, le nombre de choix possibles est
(x − 1)(x − 3) · · · (x − 2k + 1) = x↓B k .
En sommant sur toutes les partitions de type B à k paires de blocs non nuls, on obtient
n
X
xn = SB (n, k) x↓B k ,
k=0
où
[x]B B
k := (x − 1)(x − 3) · · · (x − 2k + 1) et [x]0 := 1.
16
Nous montrons que le membre de droite compte le même ensemble de points en utili-
sant les sous-ensembles d’intersections maximales d’hyperplans sur lesquels les points se
situent.
Plus précisément, soit
P = {C0 , ±C1 , . . . , ±Ck }
une partition de type Bn ayant k paires de blocs non nuls.
Cas k = 0. La partition P consiste uniquement du bloc nul
{±1, . . . , ±n}.
x − (2k − 3)
Remarquons que ces points sont précisément ceux qui ne se trouvent sur aucun hyper-
plan.
17
-.1 Factorielle décroissante de type D. On définit la factorielle décroissante de
type D par
1, k = 0,
[x]D
k := (x − 1)(x − 3) · · · (x − (2k − 1)), 1 ≤ k < n,
(x − 1)(x − 3) · · · (x − (2n − 3))(x − (n − 1)), k = n.
Démonstration. Pour les partitions de type Dn ayant 0 ≤ k < n paires de blocs non nuls,
la démonstration est identique mot pour mot à celle du type B.
Considérons donc le cas k = n.
Dans ce cas, il n’existe qu’une seule partition de type Dn ayant n paires de blocs non
nuls :
{{1}, {−1}, . . . , {n}, {−n}}.
On associe à cette partition les points (x1 , . . . , xn ) tels que
xi 6= ±xj pour i 6= j,
possibilités.
La somme de ces deux quantités est
[x]D
n = (x − 1)(x − 3) · · · (x − (2n − 3))(x − (n − 1)).
18
Comme dans le cas du type B, ce nombre coïncide avec l’évaluation du polynôme
caractéristique χ(Dn , x) du treillis L(Dn ) lorsque x est impair.
Correction du comptage.
Lors du dénombrement des points du cube n-dimensionnel, les points contenant exac-
tement une seule coordonnée nulle et au moins deux coordonnées non nulles de même
valeur absolue ne sont pas comptés.
La raison est que le bloc nul (s’il existe) doit contenir au moins deux éléments, ce qui
exclut ces configurations.
Ce phénomène apparaît lorsque n > 2, et le nombre de tels points est
n (x − 1)n−1 − [x]D n−1 .
19