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Classification et épidémiologique
1.
Diagnostic positif
2.
OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES NATIONAUX
3. Diagnostic étiologique
4. Particularités des pneumopathies interstitielles ➔ Diagnostiquer une pneumopathie interstitielle diffuse.
diffuses les plus fréquentes
• Les pneumopathies interstitielles diffuses (PID) englobent un ensemble hétérogène d'affections qui touchent
l'interstitium pulmonaire. Cette désignation est imparfaite car, parmi ces pathologies, certaines siègent en fait
préférentiellement dans les espaces alvéolaires.
• Les PID partagent les caractéristiques suivantes :
- une infiltration anormale de l'interstitium pulmonaire et/ou des espaces aériens par des cellules inflammatoires
et de l'œdème, associée à une désorganisation de l'architecture conjonctive du poumon par une fibrose
collagène ou des dépôts d'autres substances;
- la présence, à la radiographie thoracique, d'opacités parenchymateuses diffuses de typ e variable, réalisant un
syndrome interstitiel ou alvéolaire;
- un retentissement fonctionnel respiratoire pouvant aboutir à une insuffisance respiratoire sévère.
1. Classification et épidémiologie
• De nombreuses affections (environ 200) peuvent engendrer une PID. Pour faciliter leur approche diagnostique,
elles peuvent être réparties en deux catégories : les PID de cause connue, et les PID de cause inconnue dont font
partie les PID associées aux maladies systémiques (Tableau I). Les formes primitives idiopathiques ont fait l'objet
d'une classification consensuelle permettant de distinguer plusieurs entités sur des critères cliniques et histopa
thologiques (Tableau I).
• La sarcoïdose, la fibrose pulmonaire idiopathique, les PID des connectivites/vascularites, les pneumoconioses, les
pneumopathies d'hyp ersensibilité et les causes médicamenteuses représentent plus de la moitié des cas de PID
d'origine non infectieuse. Les pneumopathies interstitielles idiopathiques restent des maladies rares dont l'inci
dence annuelle et la prévalence sont mal connues. Ces dernières ont été évaluées à environ 10 pour 100 000 et à
20 pour 100 000, respectivement.
• Pneumoconioses:
- asbestose, silicose, bérylliose, métaux durs
• Pneumopathies médicamenteuses
• Pneumopathies d'hypersensibilité (voir Tableau 11)
• Proliférations tumorales:
- lymphangite carcinomateuse, lymphomes, carcinome bronchiolo-alvéolaire
• Insuffisance cardiaque gauche
• Sarcoïdose
• Connectivites:
- polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie systémique, polymyosite/dermatomyosite, syndrome de
Gougerot-Sjêigren
• Vascularites:
- granulomatose éosinophilique avec polyangéite (anciennement syndrome de Churg et Strauss), granu
lomatose avec polyangéite (anciennement granulomatose de Wegener)
• Histiocytoses langerhansiennes
• Autres pneumopathies interstitielles diffuses:
- pneumopathie chronique à éosinophiles, lymphangioléiomyomatose, lipoprotéinose alvéolaire,
amylose
• Pneumopathies interstitielles idiopathiques:
- fibrose pulmonaire idiopathique
- pneumopathie interstitielle non spécifique
- pneumopathie interstitielle desquamative
- pneumopathie interstitielle associée à une bronchiolite respiratoire
- pneumopathie organisée cryptogénique
- pneumopathie interstitielle lymphocytaire
2. Diagnostic positif
• Le diagnostic positif de PID est évoqué dans diverses circonstances. Il repose sur la présence de signes cliniques
associés à des anomalies à l'imagerie thoracique et aux explorations fonctionnelles respiratoires.
• Les symptômes cliniques classiques (dyspnée d'effort, toux sèche, râles crépitants des bases) sont inconstants.
• La radiographie thoracique montre, chez la majorité des patients, des opacités parenchymateuses diffuses, mais
elle est normale dans près de 10 % des cas chez des patients porteurs d'une PID.
• Les explorations fonctionnelles respiratoires font éventuellement apparaître un syndrome restrictif avec une
diminution harmonieuse de tous les volumes pulmonaires et une conservation du rapport de Tiffeneau (volume
expiratoire maximal seconde (VEMS)/ capacité vitale (CV):> 70 % de la valeur théorique) associé à une réduc
tion de la capacité de transfert du monoxyde de carbone (DLCO); cette diminution de la DLCO est l'altération
la plus précoce. La gazométrie artérielle peut être normale initialement au repos et anormale (hyp oxémie avec
normo- ou hypocapnie) à l'effort; aux stades plus avancés, elle montre une hyp oxie et une hypocapnie au repos;
en situation très évoluée, à une hyp oxie profonde s'associe une hypercapnie.
• Dans tous les cas, la tomodensitométrie (TDM) thoracique représente l'examen de référence et constitue une
«étape-clef» dans la démarche diagnostique des PID. Attention: l'accent doit être mis sur le fait qu'une insuf
fisance cardiaque congestive peut être à l'origine d'anomalies sur la tomodensitométrie thoracique qui peuvent
être prises à tort pour une PID.
3. Diagnostic étiologique
• Le diagnostic étiologique impose une approche méthodique, procédant par diverses étapes. Il doit faire appel,
avant tout, à des examens non invasifs, et tenir compte des données épidémiologiques pour évoquer en premier
lieu les causes de PID les plus fréquentes.
3.1.1. Interrogatoire
• Le recueil méticuleux et systématique des éléments anamnestiques est indispensable. En effet, il permet d'orienter
le diagnostic dans un très grand nombre de cas, avec l'aide des renseignements suivants:
- l'âge : l'incidence des différents types de PID varie en fonction de l'âge. Ainsi, la sarcoïdose s'observe plus
volontiers chez les sujets jeunes ( < 40 ans), la fibrose pulmonaire idiopathique et les pneumoconioses étant
plus souvent constatées chez les sujets âgés de plus de 50 ans;
- le sexe: la lymphangioléiomyomatose s'observe uniquement chez les femmes en période d'activité génitale;
- l'ethnie: la sarcoïdose est dix fois plus fréquente chez les sujets à peau noire;
- les antécédents médico-chirurgicaux susceptibles de favoriser la survenue d'une PID doivent être précisés
tels que:
► le tabagisme : l'histiocytose langerhansienne est décrite quasi-exclusivement chez les sujets fumeurs. En
revanche, la sarcoïdose et les pneumopathies d'hyp ersensibilité sont moins habituelles chez les fumeurs;
► la toxicomanie : les drogues et/ou leurs produits de coupe (comme la silice) peuvent induire des
pneumoconioses (cocaïne), ou encore un oedème pulmonaire lésionnel (héroïne);
► le(s) antécédent(s) de cancer: des PID dues à des proliférations tumorales sont possibles;
► l'existence d'une connectivite/vascularite;
► la présence d'une immunodépression éventuelle: l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine
(VIH) ou une aplasie chimio-induite doivent, par exemple, orienter préférentiellement vers la recherche
d'agents infectieux opportunistes (comme Pneumocystis jiroveci) dont la nature est influencée par le type et
la durée de !'immunodépression;
- la prise de médicaments: la liste, si possible, exhaustive de l'ensemble des prises de médicaments (y compris
en collyres, gouttes nasales, compléments nutritifs, homéopathiques, médecine traditionnelle ...), même
anciennes et interrompues, devra être dressée dans tous les cas; en cas de doute sur la responsabilité éventuelle
d'un médicament, le site Internet« Pneumotox » peut être consulté ([Link]).
- une exposition professionnelle ou environnementale:
1. à des poussières minérales (silice, amiante, béryllium, fer, étain ...) peut être responsable de pneumoco
niose, et
2. à des antigènes organiques (actinomycètes thermophiles, protéines aviaires ...) peut générer une
pneumopathie d'hyp ersensibilité (Tableau II). La reconnaissance de cette exposition professionnelle
à des poussières minérales ou à des antigènes organiques nécessite un interrogatoire minutieux afin
de reconstituer le curriculum laboris du patient. Pour établir un lien de causalité entre cette exposition
professionnelle et la PID, plusieurs paramètres doivent être précisés: temps de latence, intensité et durée
de l'exposition. Concernant l'exposition environnementale, une enquête au domicile du patient par des
conseillers en environnement intérieur peut s'avérer nécessaire.
Hypertrophie des
glandes salivaires + +
accessoires
Arthralgies/ • Arthrites des
arthrites
+ + + +
chevilles
Myalgies, déficit
moteur
+ +
• Uvéite • Xérophtalmie • Granulomatose
• Hypertrophie des • Kératite avec polyangéite
Signes glandes lacrymales • Ulcérations cor- uvéite, épisclé-
ophtlamologiques • Nodules conjonc- néennes rite, ulcérations
tivaux cornéennes, exoph-
talmie
Adénopathies
périphériques
Hépato- + +
splénomégalie
• Enzyme de conver- • Anticorps anti- • Anticorps anti-nu- • Anticorps anti- • Granulomatose
sion de l'angioten- nucléaires cléaires (fluores- nucléaires avec polyan-
sine • Anticorps anti- cence cytoplas- • Anticorps anti-SSA géite : anticorps
centromère mique) • Anticoprs anti-SSB anti-cytoplasme
• Anticorps anti- • Anticorps anti-)01 des polynucléaires
topoisomérase 1 • Anticorps anti-PL7 neutrophiles anti-
• Anticorps anti-AR N • Anticorps anti- protéinase 3
Examens polymérase Ill PL12 • Granulomatose
immunologiques éosinophilique
avec polyan-
géite: anticorps
anti-cytoplasme
des polynucléaires
neutrophiles anti-
myéloperoxydase
Figure 1.
Syndrome interstitiel de type réticulo
nodulaire débutant, limité aux deux bases
(NB: et pour la petite histoire, vous aurez
bien entendu remarqué la présence d'un
cathéter veineux central, sans rapport
avec la question traitée ici!).
Figure 2.
Syndrome interstitiel de type réticulo
nodulaire diffus
(Même patiente que sur la Figure 1, un an
plus tard, après aggravation de la fibrose
pulmonaire, évoluant dans le contexte
d'une sclérodermie systémique diffuse).
- dans les formes évoluées : ce syndrome réalise un aspect en« rayon de miel» (ou en« nid d'abeilles»)
associant une trame fibreuse à des kystes ou des bulles.
• Suivant le typ e prédominant des anomalies radiologiques et, si possible, en s'aidant des clichés radiographiques
antérieurs, le diagnostic étiologique peut être plus ou moins aisément orienté. On peut insister sur quelques
aspects particuliers :
- la présence de microdules: plutôt évocatrice d'une pathologie granulomateuse (sarcoïdose pas exemple) ;
- la présence d'opacités réticulées (lignes de Kerley de type C), constituées par des opacités linéaires
entrecroisées et irrégulières : oriente vers les formes primitives de PID. Ces opacités réticulées se distinguent
des lignes de Kerley de type B (parties latérales des bases) qui peuvent se rencontrer dans un large éventail de
situations, en particulier l'œdème aigu pulmonaire dans les formes aiguës et la lymphangite carcinomateuse
dans les formes chroniques ;
- la présence de kystes : plaide pour une histiocytose langerhansienne ou une lymphangioléïomyomatose ;
- l'existence de condensations (Figures 3 et 4): évoque, plus volontiers, une PID chronique idiopathique, une
pneumopathie à éosinophiles ou une pneumopathie d'hypersensibilité.
Figure 3.
Images nodulaires multiples
et condensation alvéolaire
dans la région axillaire gauche
chez une patiente présentant une vascularite
ANCA-positive (granulomatose avec
éosinophilie et polyangéite)
• L'analyse radiologique doit porter également sur la topographie prédominante des lésions. Au cours des sar
coïdoses, histiocytoses langerhansiennes et silicose, le siège des lésions est surtout lobaire supérieur et moyen. À
l'inverse, il est surtout inférieur dans la fibrose pulmonaire idiopathique, l'asbestose et les PID liées aux connec
tivites.
• La recherche d'éléments associés tels que des adénopathies médiastinales, une atteinte pleurale ou osseuse peut
aussi apporter des informations utiles.
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Figure 5.
Pneumopathie interstitielle
Images en verre dépoli et
réticulations intra-lobulaires
des deux bases.
- les opacités linéaires et en rayon de miel (Figure 6): fibrose pulmonaire idiopathique, connectivites, asbestose;
Figure 6.
Fibrose pulmonaire évoluée
Opacités en rayon de miel des deux bases.
Il n'y a plus de parenchyme pulmonaire
normal.
Figure 7.
Granulomatose avec polyangéite
Images apicales nodulaires à contours
irréguliers.
3.2.5. Histologie
• Dans certains cas, les biopsies étagées de la muqueuse bronchique, et notamment des éperons bronchiques, sont
rentables dans les affections susceptibles d'altérer cette muqueuse comme: la sarcoïdose, la granulomatose avec
polyangéite (anciennement granulomatose de Wegener) ou la lymphangite carcinomateuse.
• Dans les autres cas, le diagnostic de certitude de PID repose sur l'histologie pulmonaire à partir de fragments
obtenus par biopsies transbronchiques per-endoscopiques ou par biopsies chirurgicales au cours d'une vidéo
thoracoscopie. La place des biopsies transbronchiques, voire pulmonaires, dans le diagnostic de PID est diffi
cile à préciser ; ces biopsies trans-bronchiques ou chirurgicales ne sont effectuées que lorsque les investigations
réalisées n'ont pas permis d'identifier l'étiologie précise de la PID (par exemple, au cours de la sclérodermie
systémique il n'y a pas d'intérêt à effectuer une biopsie pulmonaire chirurgicale qui n'apporte pas d'élément
supplémentaire par rapport au reste des examens complémentaires). L'indication doit être pesée avec soins, car
il s'agit d'un geste invasif pouvant se compliquer de pneumothorax ou d'hémoptysie pour les biopsies trans
bronchiques (5 % des cas), voire de décès pour les biopsies chirurgicales; elles seront effectuées en l'absence de
contre-indication (troubles de la coagulation, insuffisance respiratoire). De plus les biopsies trouvent leur limite
en raison de la distribution lésionnelle topographique non homogène de la PID, les biopsies n'étant que le reflet
du territoire biopsié. Le choix des sites à biopsier doit, par conséquent, être défini avec précision, dans une zone
dont on présume qu'elle sera représentative parce qu'elle est identique à la plus grande partie des lésions paren
chymateuses pulmonaires. Enfin, les aspects histologiques ne sont, le plus souvent, pas spécifiques d'une affection
et la confrontation à la présentation radio-clinique reste un élément fondamental du diagnostic étiologique.
QJ
• î Enzyme de • Précipitines dirigées • Auto-anticorps
'6i)
0 conversion de contre des proteines
0 !'angiotensine d'actinomycètes de foin, de
ai
déjections d'oiseaux
• Micronodules • Micronodules, • Hyperdensités en • Opacités réticulaires • Silicose : micronodules/
prédominants dans la hyperdensités en verre verre dépoli, rayon de à prédominance sous- nodules à contours nets dans
et::
partie supérieure des dépoli miel pleurale et bibasale, les régions postérosupérieures,
:::c
champs pulmonaires rayon de miel adénopathies hilaires en
1-
• Adénopathies « coquille d'œuf »
médiastinales •Asbestose: opacités linéaires
bibasales et périphériques,
plaques pleurales calcifiées
4.1..2. Pneumoconioses
• Les pneumoconioses sont secondaires à des dépôts pulmonaires de poussières inorganiques, minérales voire
métalliques. Leur diagnostic repose sur un antécédent d'exposition professionnelle (identifié par le curriculum
laboris) et un aspect radiologique compatible.
• Les trois principales pneumoconioses sont :
- la silicose: elle est déterminée par l'exposition professionnelle aux poussières de silice cristalline (travaux dans
les mines, sablage, tailleurs de pierre/ardoise, fabrication du verre, de céramique ou de faïence ...). La silicose
peut s'associer à la sclérodermie systémique (syndrome d'Erasmus) ou à la polyarthrite rhumatoïde (syndrome
de Caplan-Colinet). La radiographie et le scanner thoracique montrent des anomalies évocatrices:
► une atteinte micronodulaire diffuse, à contours nets, prédominant dans les deux-tiers supérieurs des
champs pulmonaires, avec parfois confluence des lésions pouvant réaliser un aspect pseudo-tumoral;
► des adénopathies intra-thoraciques avec calcifications en« coquille d'œuf » sont parfois visibles.
Si un lavage broncho-alvéolaire est réalisé, il peut montrer une alvéolite macrophagique et surtout la
présence de corps biréfringents. L'étude histologique peut révéler la présence de nodules fibro-hyalins
silicotiques.
- l'asbestose : elle est induite par l'exposition professionnelle aux poussières de fibres d'amiante (chrysolite,
crocidolite ...) utilisées dans de nombreuses activités (chantiers navals, industries du ciment, automobile,
fabrication de matériel isolant ...). Elle est la plus fréquente des pneumoconioses. La radiographie et le
scanner thoracique révèlent des lésions à type d'opacités réticulées, intra-lobulaires et/ou en rayon de miel,
à prédominance basale et périphérique associées dans 80 % des cas à des plaques et/ou des calcifications
pleurales. Le lavage broncho-alvéolaire peut détecter la présence de fibres/corps asbestosiques. L'asbestose
aboutit toujours à une insuffisance respiratoire chronique.
- la berylliose: elle est provoquée par l'exposition professionnelle aux poussières de beryllium utilisé dans de
nombreuses activités (industries de construction aéronautique, prothésistes dentaires ...). La radiographie et
la TDM-HR thoracique révèlent des lésions à type de verre dépoli.
Figure 8.
Pneumopathie d'hypersensibilité
lnfiltrat micro-nodulaire confluent formant
un aspect de type « verre dépoli ».
Figure 9.
Lymphangite carcinomateuse
Epaississements péri-bronchovasculaires
et des septa interlobulaires.
L'épaississement septal est hautement
suspect lorsque irrégulier et nodulaire.
• Les infections pulmonaires (bactériennes, virales, fongiques, parasitaires) peuvent aussi engendrer une PID, et
notamment la tuberculose et la pneumocystose.
• L'insuffisance cardiaque gauche: responsable d'œdème pulmonaire hémodynamique. Elle peut être secondaire
à une cardiopathie ischémique, valvulaire, hyp ertensive ou à des troubles du rythme et de la conduction.
Figure 10.
Sarcoïdose. Syndrome interstitiel réticulo
nodulaire
(Image gracieusement fournie par le Pr Michel
Brauner, Hôpital Avicenne, Bobigny).
Figure 11.
Sarcoïdose de stade 4
Forme typique avec fibrose apicale, dystrophie
majeure (cavitaire) des apex, déformation de la
trachée, ascension des hiles.
(Image gracieusement fournie par le Dr Yurdagul Uzunhan,
Service de Pneumologie, Hôpital Avicenne, Bobigny).
4.2.2. Connectivites
• Les connectivites les plus souvent responsables de PID sont: la polyarthrite rhumatoïde (1-30 % des cas), la sclé
rodermie systémique (30-80 % des cas), les polymyosites/dermatomyosites (10-40 % des cas) et le syndrome de
Gougerot-Sjogren (4-25 % des cas).
• La PID s'inscrit habituellement dans le cours évolutif d'une connectivite connue, mais elle peut aussi précéder,
l'apparition de la connectivite parfois de plusieurs années. L'examen clinique complet (Tableau IV), de même
que la recherche d'auto-anticorps (facteurs rhumatoïdes, anticorps antinucléaires, anticorps anti-Jol) revêt, par
conséquent, une importance majeure en cas de PID inexpliquée. Le diagnostic repose également sur l'exclusion
des autres causes de PID rencontrées dans ce contexte (PID médicamenteuses et infectieuses).
• Les PID restent une complication grave des connectivites (sclérodermie systémique et polymyosites/dermato
myosites +++), dont elles représentent la première cause de mortalité. Ainsi, l'accent doit être mis sur l'impor
tance du diagnostic précoce des PID au cours des connectivites.
4.2.3. Vascularites
• Les vascularites responsables de PID sont avant tout la granulomatose avec polyangéite (opacités en plages,
nodules souvent excavés) et la granulomatose éosinophilique avec polyangéite. Elles sont diagnostiquées sur:
- les signes cliniques extra-thoraciques avec la mise en évidence à l'examen clinique d'un syndrome d'angéite
nécrosante : purpura vasculaire, multinévrite, manifestations otorhinolaryngologiques (épisodes récidivants
de sinusites ou de rhinorrhée muco-purulente et sanglante) et/ou ophtalmologiques (épisclérite, sclérite,
uvéite), glomérulonéphrite... (Tableau IV);
- des signes biologiques comme la découverte d'une hyp eréosinophilie à la numération formule sanguine
(granulomatose éosinophilique avec polyangéite), la présence d'anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires
neutrophiles au bilan immunologique;
- l'analyse histologique d'une localisation pulmonaire ou extra-thoracique (cutanée, neuromusculaire...)
objectivant des lésions de vascularite en rapport dans la plupart des cas de granulomatose avec polyangéite ou
une granulomatose éosinophilique avec polyangéite.
• La polyangéite microscopique est principalement responsable d'hémorragies alvéolaires (Figure 13) dans le cadre
d'un syndrome pneumo-rénal; elle est plus rarement associée à une PID (Figure 14).
Figure 13.
Hémorragies intra-alvéolaires.
Polyangéite microscopique
Images à type de condensations
alvéolaires avec bronchogramme aérien
entourées de zones de verre dépoli.
Figure 14.
Vascularite associée à des ANCA anti
myéloperoxydase
Pneumopathie interstitielle fibrosante
des deux bases.
1. Dans le contexte d'une pneumopathie interstitielle, l'auscultation pulmonaire attentive doit re
chercher des crépitants des bases pulmonaires, typiquement« velcro».
2. La constatation de signes extra-pulmonaires doit faire suspecter, en premier lieu, une pneumo
pathie interstitielle associée aux connectivites/vascularites ainsi qu'une sarcoïdose.
3. Dans le contexte d'une pneumopathie interstitielle, un syndrome de Raynaud oriente vers une
sclérodermie systémique, une connectivite mixte ou une dermatomyosite. Dans ces trois affec
tions la capillaroscopie peut mettre en évidence des mégacapillaires.
4. La tomodensitométrie thoracique haute résolution permet de préciser le type des lésions élé
mentaires de la pneumopathie interstitielle et d'orienter le diagnostic: micronodules, nodules,
opacités linéaires ou réticulaires, hyperdensités en verre dépoli, lésions en« rayon de miel». Il
faut faire l'effort de regarder les images afin de reconnaître les différentes lésions élémentaires.
5. Au cours des connectivites, il n'y a pas d'intérêt à effectuer un lavage broncho-alvéolaire à titre
systématique, mais seulement pour éliminer une infection opportuniste.
6. Les vascularites responsables de pneumopathie interstitielle sont avant tout la granulomatose
avec polyangéite et la granulomatose éosinophilique avec polyangéite. La périartérite noueuse
ne touche jamais le poumon.