CHAPITRE 05
Cadre juridique national de
l’exploitation minière
05
Comprendre la hiérarchie des normes, les titres, les obligations et le contrôle en
Guinée.
Rapide historique de l’industrie minière Africaine
La période coloniale et l'héritage français
• Lois françaises : Les activités de recherche et d'extraction étaient
soumises aux décrets et à la législation minière de l'Afrique-
Occidentale française (AOF).
• Concessions discrétionnaires : Les autorisations étaient accordées
par l'administration coloniale métropolitaine au profit de sociétés
étrangères.
• Premiers gisements : C'est sous ce cadre que la première grande
convention minière a été signée en février 1958 avec la société
française Péchiney pour la bauxite
Rapide historique de l’industrie minière Africaine
La période post-indépendance
• Accords de gré à gré : Après l'indépendance en 1958, en l'absence d'un
code minier global, l'État jeune et souverain a géré ses ressources en
signant des conventions particulières négociées directement avec chaque
investisseur international (comme la création de la Compagnie des
Bauxites de Guinée en 1963).
• Contrôle étatique direct : Malgré les orientations politiques changeantes
de l'époque, les projets d'envergure fonctionnaient selon les termes
spécifiques fixés par leur contrat particulier ratifié par décret ou par loi
spéciale, garantissant des participations ou des redevances négociées au
cas par cas plutôt qu'à travers une règle minière uniforme et codifiée.
Rapide historique de l’industrie minière Africaine
Période 1980/1990 : débuts de la libéralisation/privatisation Les
sociétés d’Etats sont démantelées progressivement. Négociations
d’accords de libre échange se X
Contexte de l’industrie minière mondiale
• Industrie minière mondiale connaît un essor fabuleux depuis le
début des années 1990.
• Les pays occidentaux n’ont plus assez de réserves sur leur sol
• La main d’œuvre coute cher en occident
• Les lois sociales et environnementales se durcissent
• La demande pour les minerais augmente
• Les sources de financements internationaux se multiplient
• Apparition de très importants consortium transnationaux dans le
secteur minier.
Que se passe t-il en Afrique ?
• Années 1990 : période de libéralisation
• Les pays veulent valoriser leurs ressources minières
• Les sociétés minières occidentales(Etats-Unis/Canada/France) cherchent de
nouveaux débouchés
• Les organismes de développement « financent » les pays du Sud pour
favoriser leur croissance économique
• LA BOUCLE EST BOUCLEE
Les principaux acteurs
• Gouvernements du pays hôte (Guinée);
• Gouvernements des pays investisseurs;
• Composition des CA des principales entreprises et/ou
consortium et sièges sociaux;
• Banques;
• Organisations financières internationales;
Fonds Monétaire International (FMI)
Une Institution financière internationale
Approche néolibérale.
• 8 pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon, Chine, Russie et Arabie saoudite) ont un
représentant permanent au conseil d’administration
Objectifs : stabilité monétaire internationale et gestion des crises financières.
• FMI conseille ses 189 États membres, encourage des politiques visant à assurer leur stabilité économique, à
réduire la vulnérabilité aux crises économiques et financières, et à améliorer les niveaux de vie
• Système de prêts, assortis « d’ajustements structurels » (réformes économiques/structurelles) : privatisations
massives, dévaluations, promotion des exportations au détriment des besoins locaux, coupes budgétaires.
BANQUE MONDIALE
• Une Institution financière internationale
(une banque dite de « développement »)
• Créée en 1944
• composée de 5 institutions
• gérées par 187 États membres, (Guinée adhésion 1962)
• qui ont pour objectif d'apporter un soutien financier aux pays en voie de développement et à
d'autres pays, plus pauvres encore.
• Ses travaux sont axés sur les Objectifs du Millenaire pour le développement (ODM) :cibles pour
l’éradication de la pauvreté et développement durable.
La Société Financière Internationale (SFI)
• Fondation : 1956
• Nombre de membres : 179
• Mission : Promouvoir l'investissement privé - La SFI travaille avec le secteur
privé dans les pays en développement afin de soulager la pauvreté et
d'encourager une croissance économique viable.
• Clients : Entreprises des pays en développement où l'accès aux capitaux privés
est restreint
• Outils : Prêts assortis de conditions commerciales, participations au capital,
mobilisation de ressources, prestation de conseils
Stratégie de la Banque Mondiale et du FMI
Programmes d’ajustement structurel (PAS)- Années 1980
• Privatisation,
• Réduction des dépenses dans les services publics et sociaux,
• Déréglementation dans le but de créer des situations dites propices à l’investissement
étranger
= croissance et le développement économique en Afrique ?
DANS LE SECTEUR MINIER
Encouragent les pays à réformer leurs secteurs miniers pour favoriser les investissements
étrangers.
Etat régulateur Etat promoteur des investissements
Le secteur minier (USA/Canada)
Fin XIXème.
• Free mining : inspiré de la culture minière canadienne et américaine. Protection
pour l’industrie minière.
• conditions optimales d’opération pour les investisseurs – et donc conditions
optimales de régulation
• Retrait des autorités gouvernementales dans les processus de régulation
• Baisse des taxes voire exonération
• Consultations publiques : interviennent généralement assez tard dans le
processus de construction du projet (post-exploration).
Evolutions du secteur minier en Afrique
(à partir de la fin des années 1980)- 1/3
• Similitudes avec le modèle nord-américain : libéralisation.
• Vient de liberté.
• La libéralisation économique : c’est quoi ?
• Libre- échange
Evolutions du secteur minier en Afrique
(à partir de la fin des années 1980)- 2/3
• Privilégier les investissements privés étrangers : $$$$ (objectifs
de remboursement de la dette)
• Privatisation des entreprises d’État dans le secteur
• Lois + conventions minières
• Nouvelles institutions gouvernementales adaptées
• 1995, 35 codes miniers du continent avaient été revus, et
plusieurs ont par la suite fait l’objet d’une, voire de plusieurs
réformes supplémentaires
Evolutions du secteur minier en Afrique
(à partir de la fin des années 1980)- 3/3
On distingue 3 ou 4 générations de Codes miniers africains (B. Campbell) :
1ère génération de codes : un processus de libéralisation très rapide du secteur minier
africain.
2ème et 3 ème génération : re-réglementation (environnemental et social)
……………………………………………………………………………………………..
Guinée : le code minier a fait l’objet d’une révision parrainée par la Banque
mondiale en 1995 + Conventions minières
« Les exemptions fiscales limitent sévèrement la performance de la Guinée en matière de recouvrement de
recettes » (World Bank 2004 : 10).
Guinée : Code minier 2011 (Révisé 2013) : vers + de réglementation + conventions
minières
Codes miniers guinéens
• loi L/95/036/CTRN 1995
• loi L/2011/006/CNT 2011- Révisé 2013
CODE MINIER DE LA REPUBLIQUE DE GUINEE
221 articles
Les conventions minières
•Pourquoi des Conventions minières ?
•C’est quoi ?
Les conventions minières 1/3
Ce sont des contrats : droit privé
Convention minière:
Contrat définissant les droits et obligations des Parties relatifs aux conditions
juridiques, techniques, financières, fiscales, administratives, environnementales
et sociales applicables à une Concession minière.
conventions ont été publiés en février 2013 sur le site internet
[Link]
Les conventions minières 2/3
Que dit la Loi guinéenne ?
Convention minière:
« La Convention minière s'ajoute aux dispositions du Code mais n’y
déroge pas. Elle précise les droits et obligations des parties et peut
garantir au titulaire, la stabilité des conditions qui lui sont offertes,
notamment au titre de la fiscalité et de la réglementation des changes
tel que prévu au présent Code » (Code Minier, 2013, Art. 18).
Les conventions minières 3/3
Les contrats guinéens miniers sont publiés sur Internet :
Bauxite : 44 contrats
Alumine : 22 contrats
Aluminium : 1 contrat
Or : 10 contrats
Argent : 10 contrats
Fer : 12 contrats
Révision des conventions minières- Guinée
Comité technique de révision des titres et des conventions
miniers (CTRTCM) créé suite à l’adoption du nouveau Code
minier (2012/2013).
• « Le secteur minier guinéen a été gâché par la corruption,
l'incertitude et le manque de transparence, pendant des
décennies ».
Nava Touré, président du CTRTCM
• 18 CONTRATS REVISÉS
Révision des conventions minières- Guinée
Raffinage et Révision des contrats dans le secteur aurifère
décret portant réglementation de la filière aurifère en Guinée. Lu le vendredi 3
juillet 2026
• L’Article 2 jette les bases ... Selon cet article, est défini comme Or brut, tout
or extrait sous forme de minerais, de concentrés, de dorés ou d’alliages
présentant un titre de pureté inférieur à 95 %. L’Or raffiné est défini comme
tout or présentant un titre de pureté égal ou supérieur à 95 %, certifié par une
raffinerie autorisée en République de Guinée.
• L’Article 8 dit que : « Conformément à l’article 217-I du Code minier, les
négociations relatives aux conventions minières signées et ratifiées avec les
sociétés aurifères en activité, disposant d’une convention en cours de validité,
sont engagées dans un délai de trente (30) jours à compter de la publication du
présent décret. Ces négociations s’inscrivent dans le cadre du programme
global de révision des conventions minières et des titres miniers conduit par les
organes compétents de l’État… »
Banque Mondiale et SFI
Enjeux sociaux et environnementaux
• « Les Normes de performance d’IFC aident à gérer et à améliorer
les performances environnementales et sociales en poursuivant
une démarche axée sur les résultats et fournissent aux clients une
solide base pour accroître la viabilité de leurs activités
économiques » SFI
• « Le Cadre environnemental et social de la Banque mondiale
décrit l’engagement de la Banque à promouvoir le
développement durable à travers une politique et un ensemble
de normes environnementales et sociales conçues pour appuyer
les projets des pays emprunteurs dans le but de mettre fin à
l’extrême pauvreté et de promouvoir une prospérité
partagée » Banque mondiale.
LES NORMES DE LA BANQUE MONDIALE ET DE LA
SFI SONT LES REFERENCES INTERNATIONALES EN
TERME DE :
NORMES POUR LA GESTION DES IMPACTS SOCIAUX ET
ENVIRONNEMENTAUX DES PROJETS (de développement,
industriels, etc.)
ETUDES D’IMPACT : ETUDE D’IMPACTS SOCIAL ET
ENVIRONNEMENTAL
OBJECTIFS : PREVENIR/EVITER, LIMITER,GERER LES
IMPACTS POSTIFIS ET SURTOUT NEGATIFS DES PROJETS
Les études d’impacts sont obligatoires en Guinée
(sociales et environnementales)
Code Minier 2011 (2013) demande d’attribution du Permis d’exploitation
une Etude d'impact environnemental et social détaillée, assortie d'un Plan de Gestion Environnementale et Sociale,
comprenant un Plan de Dangers, un Plan de Gestion des Risques, un Plan Hygiène Santé et Sécurité, un Plan de Réhabilitation,
un Plan de Réinstallation des Populations Affectées par le projet et les mesures d’atténuation des impacts négatifs et
d’optimisation des impacts positifs ;
ELLES SONT OBLIGATOIRES ET CONTROLEES SUR LA BM ET LA SFI
PRETENT DE L’ARGENT
Politiques de la Banque Mondiale = s’appliquent au
secteur public
Cadre environnemental et social (CES)
Révisé en 2016 et nouvelle version mise en ouvre en 2018
[Link]
Normes de performance de la Société Financière
Internationale = s’appliquent au secteur privé
Datent de 2012
[Link]
esms/ifc-environmental-and-social-performance-requirements/ifc-performance-standards/
POUR LE SECTEUR PRIVE, APPLIQUER LES
STANDARDS DE PERFORMANCE DE LA SFI
• EST FACULTATIF, sauf SI LES ENTREPRISES DESIRENT
« ADHERER AUX MEILLEURES PRATIQUES
INTERNATIONALES »
« OU SI LES LOIS DU PAYS MENTIONNENT LE RESPECT
OBLIGATOIRE DES MEILLEURES PRATIQUES »
Mais il existe d’autres standards de contrôle des
bonnes pratiques tels que : principes de l’équateur,
ICCM, normes de l’OCDE, etc.
Ces normes sont des références utilisées au
plan international pour identifier et gérer les
risques environnementaux et sociaux
« Des techniques et méthodes adaptées doivent être
utilisées pour protéger l'environnement, la sécurité des
travailleurs et de la Communauté locale conformément
au Code de l’Environnement ou aux meilleures
pratiques internationales en la matière ».
Code minier 2013- CHAPITRE VII : DE L'ENVIRONNEMENT ET DE LA SANTE
Article 142 : Généralités
Cadre Environnemental et Social de la BM
Normes de performance de la SFI 2018
2012
Norme de performance 1 : Évaluation et gestion des risques et des
impacts environnementaux et sociaux
Norme de performance 2 : Main-d’œuvre et conditions de travail
Norme de performance 3 : Utilisation rationnelle des ressources et
prévention de la pollution
Norme de performance 4 : Santé, sécurité et sûreté des
communautés
Norme de performance 5 : Acquisition de terres et réinstallation
involontaire
Norme de performance 6 : Conservation de la biodiversité et
gestion durable des ressources naturelles vivantes
Norme de performance 7 : Peuples autochtones
Norme de performance 8 : Patrimoine culturel
Les politiques opérationnelles
SFI BANQUE MONDIALE
Directives environnementales, sanitaires et
sécuritaires d’IFC (Directives EHS) présentent Il existe 11 Politiques opérationnelles clés et
des directives techniques ainsi que des procédures associées.
exemples généraux ou propres aux différents
secteurs d’activité de bonnes pratiques
internationales
Site internet Site Internet
[Link] [Link]
operations/environmental-and-social-policies
Les grandes étapes d’un projet minier et des études
Etude d’impact social et
environnemental = EIES
Elle comporte :
Etude de cadrage
Plan d’Engagement des
parties prenantes (PEPP)
Etude de base
Etude d’impact social et
environnemental
Plan de gestion
Environnemental et social
(PGES)
Plan d’Action de
Réinstallation (PAR)
Plan de Restauration des
moyens de subsistance
(PRMS)
Qui dit impacts, dit personnes impactées
Qui sont les PAP ? (Personnes impactées par le projet)
Une illustration
Norme de performance 5 (SFI) : Acquisition de terres et
réinstallation involontaire
Le but est de minimiser les déplacements et
réinstallations involontaires des populations, d’éviter
les déplacements forcés et de concevoir des solutions
alternatives, et enfin de compenser les pertes de terres
et de moyens de subsistance en cas de réinstallation
involontaire. Le projet doit veiller à ce que la qualité de
vie des populations s’améliore ou au moins, ne se
détériore pas.
EXTRAITS DE LA No 5 de la SFI
EXTRAITS DE LA No 5 de la SFI
EXTRAITS DE LA No 5 de la SFI
GÉOPOLITIQUE MINIÈRE / 07 156
MODULE 07
Collecte et redistribution des revenus
miniers
07
Suivre l’argent depuis l’assiette jusqu’au service public et au territoire.
Développement communautaire dans le secteur minier
guinéen
Développement communautaire dans le secteur minier guinéen
Code Minier (2011/2013)
Article 160 : Redevances superficiaires (payées aux communes)
Cette redevance superficiaire est proportionnelle à la superficie décrite dans le Titre minier ou
dans l’Autorisation.
Redevances superficiaires par titre minier :
UN EXEMPLE
NATURE DU TITRE REDEVANCES SUPERFICIAIRES USD/km2
Octroi 1er renouvellement
2eme renouvellement
Concession minière 150 200 300
Développement communautaire dans le secteur minier
guinéen
Code Minier (2011/2013)
SECTION V: DES RELATIONS ENTRE LE DETENTEUR ET LES COMMUNAUTES
LOCALES
Article 130 : Développement de la Communauté locale
Convention de Développement Local favorisant une gestion efficace et transparente de la
Contribution au Développement Local payée par le titulaire du Titre d’exploitation minière.
Il est créé un Fonds de Développement Local (FDL) qui sera alimenté par cette Contribution au
Développement Local
Le montant de la Contribution au Développement Local, contribution financière du
titulaire d’un Titre d'exploitation minière au développement de la Communauté locale, est fixé à
zéro virgule cinq pour cent (0,5%) du chiffre d'affaires de la société réalisé sur le Titre
minier de la zone pour les substances minières de catégorie 1 et à un pour cent (1%) pour
les autres substances minières.
Développement communautaire dans le secteur minier
guinéen
LE FODEL : depuis octobre 2018
Développement communautaire dans le secteur minier
guinéen
Bénéficiaires Part Critère principal
Collectivités abritant les sites
35 % Superficie occupée par la mine
d’exploitation
Collectivités situées dans le titre,
25 % Population
mais hors de la zone d’extraction
Collectivités identifiées comme
20 % Population et impacts
affectées par l’étude d’impact
Autres collectivités de la préfecture
15 % Population
minière
Services préfectoraux et régionaux
5% Appui, suivi et fonctionnement
concernés
Développement communautaire dans le secteur minier
guinéen
Développement communautaire dans le secteur minier
guinéen
ANAFIC
• L’article 165 du code minier prévoit un mécanisme de transfert de six taxes à
l’ensemble des collectivités de la Guinée.
• C’est six taxes sont: Les droits fixes, la taxe sur l’extraction des substances
minières autre que les métaux précieux, la taxe sur la production industrielle ou
semi industrielle des métaux précieux, la taxe sur les substances de carrières, la
taxe à l’exportation des substances minières autre que les substances précieuses,
la taxe à l’exportation de la production artisanale de l’or.
Développement communautaire dans le secteur minier
guinéen
• Sur une base égalitaire, un montant de 1 milliards GNF est alloué à toutes les
collectivités de la Guinée.
• Le reste du montant est répartie sur la base populationnelle de chaque
collectivité
• 5% est alloué au fonctionnement et l’appui de l’ANAFIC.
• En 2020, la loi des finances a prévu un montant de [Link] au compte
du BAS du FNDL, dont 50% a pu être décaissé.
• 791 projets ont été financés grâce à ce fonds.