PRISE EN CHARGE D’UN ADULTE DEPENDANT POUR CAUSE DE
CACHEXIE
0. GENERALITES
La cachexie est un affaiblissement profond de l’organisme réalisant une perte
de poids, atrophie musculaire liée à une dénutrition importante.
La cachexie n’est pas unemaladieen elle-même, mais le symptôme d’une
autre maladie
Elle peut provenir de :
Anorexie mentale (manque d’appétit lié à un trouble mental)
Cancer : les cachexies cancéreuses produites par des substances
cancéreusessecrétées par une tumeur (cachexines)
Maladies chroniques comme insuffisance rénale, insuffisance
hépatique
Maladies infectieuses tels que la tuberculose et le SIDA
La cachexie conduit les patients à un état d’immobilité dû à l’asthénie et
à l’atteinte musculaire.
1. Symptomatologie
La cachexie réalise une forme de majeur extrême qui survient dans la phase
terminale de la maladie chronique telle que le cancer, le SIDA, la tuberculose.
Les principaux symptômes sont :
La perte pondérale importante
Une fonte musculaire
Une fonte des graisses sous cutanées
Une faiblesse généralisée (asthénie) obligeant le malade à réduire les
mouvements par manque d’énergie
2. Les complications de la cachexie
Etant donné que la cachexie entraine l’immobilité, ses complications sont
essentiellement des complicationsliées à la réduction de la mobilité telle que les
escarres de décubitus, la constipation
2.1ESCARRES DE DECUBITUS
2.1.1 Définition
L’escarre de décubitus appelle aussi ulcère de décubitus ou plaie de lit est une
plaie souvent profonde qui se forme au point d’appui d’une personne alitée ou
immobilisée.
Elle représente une complication fréquente (mais évitable) chez les patients
immobilisés.
2.1.2 Mécanisme de formation
Lorsqu’un malade est alite pendant des 2hil produit une compression prolongée
de la peau et des tissus sous jacents.
Cette compression entraine uneréduction de l’irrigation sanguine des tissus ce
qui conduit a une hypoxie tissulaire et ischémie.
Lorsqu’une région est atteinte, on remarque d’abord que la peau rougit. La
rougeur est suivie par la formation de phlyctène ou vésicule par manque de
circulation et de nutrition à ce niveau.
Les tissus cutanées pourront se détruire [nécrose] ce qui entraine une destruction
progressive des tissus sous-jacents moux.
L’escarre va de la simple rougeur de la peau à la profonde, touchantnon
seulement l’épiderme mais aussi les tissus jacents [la chair].
Au bout de certain temps le tissus sont éliminés laissant place à une plaie
appelée aussi escarre ou ulcèretrès lente àguérir parce qu’elle est envahie par
une multitude de microorganisme.
Il se dégage de la lésion un écoulement très malodorant qui est le produit de
l’invasion bactérienne et de la dégradation des tissus.
2.1.3 Classification selon les stades de gravité
Le signe d’alerte est l’érythème sur la zone d’appui. A ce stade l’escarre est
réversible si l’appui est supprimé. On distingue 4 stades évolutifs
Stade 1 ou 1er degré
C’est une forme érythémateuse caractérisée par une hyperémie réactionnelle. La
peau rougit se ramollit, il y a une formation de phlyctène ou de vésicule.
Stade 2 ou 2ème degré
Formeexcoriative ou désepidermisation, phlyctènes (bullée ou décollement de la
peau, la peau est écorchée).
Stade 3 ou 3ème degré
C’est la forme nécrotique ou 3ème degré de la peau et les tissus sont nécrosés (mort
des tissus) laissant place à une plaie.
Stade 4 ou 4ème degré
La nécrose est étendue aux tissus autres que la peau.
2.1.4 Principales localisations des escarres
Tous les endroits où le corps prend appui sur le lit.
Les localisations les plus fréquents sont :
L’occiput
L’omoplate
Epaule
Les malléoles externes
Les talons
Le siège ou région sacrée
Trochanters
L’extrémité latérale du pied
2.1.5 Facteurs favorisants
a. Facteurs physique
L’immobilité : toute personne immobilisée est à risque, l’immobilisation
entraine des appuis prolongés, la perte de conscience ou de la sensibilité
supprime l’alerte qui constitue la douleur,
La compression : la pression prolonge sur des peaux où l’osest saillant sous la
peau. Ce facteur de pression sera d’autant plus grave qu’il sera durable, répétée
et important
L’humidité : les patients qui sont inconscients sont souvent mouillés, d’où
macération des tissus favorisant la survenue des escarres
L’état du lit : la nature du lit et des draps est également importante. Le lit
inadéquat dont le matelas n’est pas assez épais ou dont le revêtement est en
caoutchouc qui réchauffe la peau et la rend humide.
Les draps du lit mal rincés comportent encore des résidus de savons irritant la
peau
b. Facteurs biologiques
L’âge : les patients âgés sont plus sujets aux escarres de décubitus. Ils se
mobilisent moins et sont parfois incontinents
Le poids : les patients maigres ou cachectiques, les mal nourris sont à risque
L’état de santé : les personnes en mauvaise santé sont plus en plus à risque que
les autres, plus il est dégradé plus il est grand
2.1.6 Les personnes à risque
Toute personne qui ne peut pas changer de position à cause de son état de santé.
Les comateux
Les paralysés
Les opérés et fracturés
Les diabétiques
Les cachectiques
Les malnourris, les obèses
Les vieilles personnes
2.1.7 La prise en charge
A. La prévention
Elle est d’une importance capitale. Elle doit être assurée à la fois par un individu, sa
famille et l’équipe soignante.
L’escarre devrait êtreconsidérée comme une faute professionnelle parce que de
gestes simples permettent de prévenir efficacement leur survenue.
Le but de la prévention est d’éviter un appui prolongé et important et de dépister la
moindre rougeur. Les interventions suivantes permettent d’assurer la prévention.
La surveillance quotidienne des zone à risque par la personne elle-même si
elle le peut l’examen quotidien de la peau à l’aide d’un miroir pour le dos et
les fesses. Au contraire la surveillance est assurée par l’entourage, le
soignant doit éduquer le malade et sa famille sur les signes d’alerte (rougeur)
Changement de position
Ils soulagent la zone menacée évitant ainsi la compression prolongée, le
changement de position doit être effectué toutes les 2h et il faut adapter les
différentes positions possibles.
Les massages
Ils s’effectuent par des simplespetites frictions sur des zones d’appui. Ces massages
doivent être répétés souvent sans toute fois les faire durer (10 à 15 sec). Ils doivent
avant tout procurer une sensation de bien-être et sont le support d’un contact
relationnel toujours utile.
Ils se font à pleine main dans un mouvement de va et vient. Des produits peuvent
faciliter le glissement des mains, mais ils ne doivent ni assécher, ni trop humidifier
la peau (il y a risque de provoquer des macérations d’une peau encore saine).
Les aides techniques
Ces sont des matelas et des coussins spéciaux qui réduisent la compression. Ces
sont des matelas à eau ou des matelas à flottaison sèches. Ces matelas ne suffisent
pas à eux seuls. Ils sont associes aux autres mesures.
Les mesures d’hygiène
Assurer la propreté minutieuse du lit du malade et l’hygiène rigoureuse du patient.
Changer les draps du patient dès que le malade se souille pour éviter une
macération.
Pour éviter la macération le patient est maintenu ‘’au propre et au sec’’ grâce à des
changements régulières et à l’utilisation du matériel absorbant.
Une alimentation équilibrée
Il faut veiller à ce que le malade soit bien hydraté et ait une bonne alimentation.
B. soins curatifs
Les soins entrepris comprennent l’accomplissement social et psychologique
nécessaire à la guérison. Le traitement de l’escarre est à la fois local et général
prenant en compte la personne et la plaie.
Le succès du traitement est conditionné par une prise en charge multidisciplinaire,
l’adhésion des soignants à un protocole de soins et la participation active du patient
et de son entourage. Les interventions varient en fonction du stade évolutif.
Au stade de la rougeur : il faut arrêter les massages changer souvent des
positions et positionner sur un matelas adapté (petit massage)
En cas d’érosion ou désépidermsation :
Nettoyer avec un antiseptique
Changer de position et éviter l’appui sur la zone atteinte
Si l’escarre est déjà constituée, 2temps seront à considérés
1. La détorsion ou parage qui supprime les tissus nécrosés et ravive les
bords de la plaie pour favoriser la cicatrisation.
2. Apres parage, on a une plaie constituée de tissus rouge sain. A ce
moment, il est important de faire des soins locaux quotidiennement
avec une solution antiseptique (Dakin, Chlorexidine, Eau oxygénée)
Apres nettoyage de la plaie il faut couvrir avec un pansement.
2.2LA CONSTIPATION
a. Définition
C’est une difficulté à déféquer, les selles généralement dures, moins fréquentes et
moins abondantes : moins de 3 selles par semaines.
b. Les signes évocateurs de la constipation
Des douleurs abdominales
Des ballonnementsabdominaux
Effort à la défécation
Selles dures ou eu morceaux
Sensation d’évacuation incomplète
Sentiment de blocage anal
Moins de trois selles par semaine (défécation)
Des flatulences
c. Les facteurs favorisants la constipation
Immobilité physique : le client immobile peut perdre le réflexe de la
défécation ou la puissance d’expulsion fécale
Alimentation pauvre en fibres ou en liquides
Excès des laxatifs
Les émotions
Les médicaments (effets secondaires)
Habitudes irréguliers de déféquer
Age : chez les personnes âgées, la faiblesse musculaire prédispose à la
constipation
Les pathologies du colon : obstruction intestinale, hémorroïdes, paralysie
intestinale etc. …
Parasitose intestinale : paquet d’ascaris
d. Les mesures hygiéno-diététique pour prévenir la constipation
Se présente régulièrement à la toilette
Hygiène alimentaire : ingestion des liquides, les aliments riches en fibre
(fruit par ex : papaye etc., légume)
Faire des exercices physiques comme la marche par exemple
Eviter l’abus de laxatifs et des lavements qui finissent pour rendre l’intestin
paresseux
Préserver l’intimité et le confort pour les clients alités
Programmer l’heure régulière pour déféquer par exemple chaque jour après
le petit déjeuner
e. Les interventions curatives
Utilisation des laxatifs
Ex : Glycérine suppositoire, Duphalac sirop etc.
Le lavement évacuateur
Chercher la cause et la traiter
LE LAVEMENT EVACUATEUR
C’est l’introduction d’un liquide par l’anus dans le but de débarrasser le gros
intestin de matières fécales accumulées.
Les indications
La constipation
Avant un examen complémentaire du colon ou du rectum
Contres indications
Suspicion d’occlusion intestinale ou appendicite
Traumatisme de l’abdomen
Hémorragie digestive
Douleur abdominale avec fièvre(suspicion d’une péritonite)
En période post opératoire immédiate
Matériels
Bock à lavement (récipient d’un litre muni d’un tuyau ou tubulure, d’un
robine de débit ou d’une canule)
Compresses non stériles
Un haricot
Une protection (paravent et alèse en caoutchouc)
Un bassin du lit si la personne ne peut pas se lever
Une paire de gants non stérile (gants propre)
Papier hygiénique
Sonde rectale
Lubrifiant comme la vaseline
Un pince de Kocher si pas de robinet de débit
Une potence ou une personne pour tenir le bock
Les produits utilisés :
Eau propre tiède
Eau savonneuse (savon blanc 30g/l)
Eau sale (7g /l)
Quantité du liquide à administrer
Adulte : 1l à 1,5l
5 à 10ans : 200 à250ml
2 à 5ans : 100 à 150ml
Nourrisson : 30 à 50ml
Déroulement de soins
Vérifier la prescription
Prévenir le patient et lui expliquer le déroulement du soin, de s’assurer de sa
collaboration et en omettant pas de mentionner la gêne occasionnée
Assurer l’intimité du client (tirer les rideaux ou mettre un paravent)
Se laver les mains et enfiler les gants propres
Préparer le bock, fixer la tubercule et clamper
Installer le patient sur le côté gauche, la jambe droite replié[Link] cette position
est très inconfortable, laisser le patient sur le dos, son bassin surélevé par
l’alèse repliée en deux, les jambes repliées sur les genoux
Replier particulièrement la couverture et le drap du dessus
Disposer une alèse supplémentaire pour protéger le drap du dessous
Se mettre à droite du client
Remplir le bock avec 1L ou 1,5l d’eau tiède
Purger la tubulure puis clamper
Placer le haricot contenant le sonde lubrifiée près de l’anus
Ecarter les fesses afin de bien visualiser l’anus
Introduire doucement et lentement la sonde lubrifiée de vaseline dans l’anus
et demander au malade de se détendre en inspirant profondément
La diriger de façon oblique vers l’ombilic sur 4 à 7cm pour l’adulte environ
et à 2 à 3cm pour le nourrisson
Puis la redresser horizontalement en poussant légèrement sur 3cm
Demander au client de signaler en cas de douleur et le prévenir également si
la sonde progresse avec difficulté, dans ce cas cesser et signalée au médecin
Adapter le caoutchouc du bock à la sonde rectale
En déclampant la pince, ouvrir le robinet la pression de l’eau doit être
douce
Le bock doit se trouver 40 à50 cm au-dessus du siège du malade et du plan
du lit et à 15cm pour l’enfant
Tenir la sonde jusqu’à ce que le lavement soit terminé afin d’éviter toute
expulsion prématurée de la sonde
Lorsqu’il reste un peu de liquide pour éviter d’introduire l’air dans le rectum
et le reflux du liquide rectal dans le tuyau, retirer la sonde
Déconnecter le tuyau de la sonde
Enrouler le caoutchouc autour du bock
Demander au malade de garder le lavement pendant 10 minutes
Installer le malade sur le bassin du lit ou l’aider de se rendre à la toilette s’il
peut se déplacer et lui recommander de ne pas tirer la classe d’eau.
Nettoyer et ranger le matériel
Réinstaller confortablement le malade.
Apres évacuation du lancement
Faire une toilette anale, si besoin
Vérifier l’aspect, la quantité et l’odeur des selles
Réinstaller la personne en procédant à la réfection du lit, aérer la chambre
Noter le soin en transmettant les observations dans le dossier de soins
Incidents / Complications
Introduction difficile de sonde : Sujet contracté
Fuite du matériel : le changer
Evacuation immédiate du lavement : bouche, sujet contracté, débit trop
rapide (baisser la poche)
Colique douloureuse : ralentir la vitesse du débit, voire même clamper avant
de remettre la suite
Brûlure car produit trop chaud ou trop froid : arrêter le débit et régler le
problème
Risque de perforation intestinale : Syndrome de choc : pâleur, tremblement,
pouls augmenté, tension artériellebaissée, arrêt du lavement et appeler le
médecin en urgence.
AUTRES COMPLICATIONS LIÉES A L’ALITEMENT ET LA
CONDUITE A TENIR
Complications Soins préventifs
1. Complications cutanées : Cfr chapitre sur les escarres
escarre de décubitus
2. Complications cardio- Lever le plus tôt possible
vasculaires : Thromboses Port de bas de contention
veineuses, hypotension Verticalisation progressive
orthostatique, œdème déclive.
3. Complication de l’appareil
loco-moteur :
Déminéralisation osseuse, Postures alternées
raideur articulaire, fonte Mobilisations articulaires
musculaire, perte de la (active ou passive)
contraction maximale du Supplémentation en vitamine
muscle. D, en calcium et en protéines
Si possible séance
quotidienne en kinésithérapie
4. Complications respiratoires :
encombrement bronchique Décubitus latéral ou semi-
assise
Gymnastique respiratoire
5. Complications digestives :
-reflux gastro-œsophagien Position semi-assise pendant
au moins 1h après le repas
-fausses routes
Position de tête en légère
anté-flexion
6. Constipation Cfr chapitre sur la
constipation
7. Complications urinaires : Entretien d’une diurèse
stases urinaires, infection abondante (au moins
urinaire, lithiase 1.5l/24h)
8. Complications
neurologiques : compression Positionnement correct des
des nerfs périphériques, membres
douleurs
9. Complications
comportementales : angoisse,
dépression, insomnie
Aider le client à conserver
des contacts et des activités
dans la mesure du possible.