1.
Bilan global de l'évaluation des risques
L'évaluation des risques professionnels sur la partie maritime du projet a permis d'identifier 29
situations dangereuses. L'analyse montre que le système de prévention mis en place par le
consortium DML est globalement efficace : aucun risque ne demeure inacceptable après application
des mesures de maîtrise.
En chiffres :
Indicateur Résultat
Risques identifiés 29
Risques à criticité brute inacceptable 12
Risques à criticité résiduelle inacceptable 0
Réduction moyenne de la criticité 43 %
Les mesures de prévention permettent de faire passer les risques d'un niveau inacceptable à un
niveau tolérable ou acceptable. La performance du système SST est donc satisfaisante, même si des
améliorations restent possibles.
2. Les risques les plus critiques
Quatre risques se distinguent par leur niveau de criticité élevé, avant comme après application des
mesures :
Risque Criticité brute Criticité résiduelle
Collision avec les pirogues 12 8
Chute à la mer 12 8
Homme à la mer lors des 12 8
transferts de personnel
Homme à la mer (sauvetage 12 8
d'urgence)
Ces quatre risques ont un point commun : ils sont tous liés à l'environnement maritime et à
l'interaction entre les travailleurs et l'eau.
Pourquoi ces risques restent-ils élevés ?
La gravité est maximale : une chute à la mer peut entraîner la noyade ou une hypothermie
mortelle.
La probabilité reste significative : le travail en bord de pont est permanent, les transferts
entre navires sont fréquents, et plus de 2 000 pirogues circulent dans la baie de Hann.
Les mesures de maîtrise réduisent le risque mais ne l'éliminent pas : le port du gilet de
sauvetage est obligatoire mais des manquements sont observés ; le balisage est en place
mais des intrusions persistent.
Ces risques restent les principaux défis du chantier. Ils nécessitent une vigilance constante et
un renforcement des contrôles.
3. Les risques qui sont bien maîtrisés
Certains risques, en revanche, sont très bien maîtrisés. Les mesures mises en œuvre permettent de
les ramener à un niveau acceptable.
Risque Criticité brute Criticité résiduelle Mesure clé
Fuite d'huile 9 3 Huiles
hydraulique (sous- biodégradables
marin)
UXO (munitions non 8 4 Certificat ALARP +
explosées) grappin
Incendie à bord 8 4 Formation BOSIET +
extincteurs
Travaux électriques 8 4 Permis de travail +
EPI isolants
Naufrage / 8 4 Exercices
échouement d'évacuation +
pompes
Opérations de 8 4 Aptitude médicale +
plongée protocoles stricts
Ce qui fonctionne bien :
Les formations obligatoires (BOSIET, STCW) sont dispensées à l'ensemble du personnel permanent.
Les protocoles spécifiques (UXO, plongée, travaux électriques) sont rigoureusement appliqués.
Les équipements de sécurité (extincteurs, pompes, EPI) sont présents et entretenus.
L'utilisation d'huiles biodégradables réduit l'impact environnemental en cas de fuite.
4. Les écarts entre ce qui est prévu et ce qui est fait
L'observation sur le terrain et les entretiens avec les travailleurs révèlent plusieurs écarts significatifs
entre les procédures prévues dans le PGSS et les pratiques réelles.
Domaine Ce qui est prévu Ce qui est observé
Port du gilet de sauvetage Obligatoire en bord de pont Port effectif d'environ 80 %
Formation des intérimaires Induction complète pour tout Formation souvent limitée
le personnel
Signalement des incidents Déclaration obligatoire Sous-déclaration par crainte
de sanctions
Coordination avec les Balisage permanent et Présence parfois insuffisante
pêcheurs vedette d'escorte
Travaux en hauteur Harnais obligatoire + lignes Vérifications parfois
de vie négligées
Pourquoi ces écarts existent-ils ?
La pression des délais : les travailleurs négligent certaines consignes pour aller plus vite.
La routine : la répétition des tâches entraîne une baisse de vigilance.
La crainte des sanctions : les travailleurs hésitent à signaler les near misses.
La rotation du personnel : les intérimaires sont moins bien formés que les permanents.
Ces écarts sont préoccupants car ils concernent des risques majeurs (chute à la mer, noyade). Ils
doivent être corrigés en priorité.
Analyse SWOT
FORCES FAIBLESSES
• PGSS complet et conforme aux référentiels • Risques résiduels élevés (collision avec les
internationaux (ISO 45001, IFC). pirogues, chute à la mer, transferts, MOB).
• Organisation SST avec une chaîne de
• Port des EPI encore insuffisant
responsabilités clairement définie.
• Équipements de protection adaptés aux • Formation des intérimaires parfois
activités maritimes. incomplète.
• Protocoles spécifiques pour les risques • Culture de déclaration des quasi-accidents
majeurs (UXO, plongée, PTW, PIU). perfectible.
• Personnel permanent formé (STCW, BOSIET, • Coordination avec les pêcheurs parfois
premiers secours). difficile.
• Bonne coordination avec les parties prenantes
• Pression des délais.
(CLPA, DPSP, PAD, HASSMAR).
• Exercices d'urgence réguliers • Rotation importante du personnel.
OPPORTUNITÉS MENACES
• Renforcement des campagnes de • Pression des délais pouvant compromettre
sensibilisation des pêcheurs les procédures de sécurité
• Digitalisation du suivi SST (plateforme • Rotation fréquente du personnel
Boréalis) nécessitant des formations répétées
• Développement de la culture de sécurité • Conditions météorologiques défavorables
participative (houle, vents)
• Amélioration continue via la démarche • Coactivité croissante avec d'autres projets
PDCA maritimes
• Partage d'expérience avec d'autres projets • Risques UXO persistant malgré les
du Compact protocoles ALARP
• Organiser des exercices d'urgence avec les •Tensions potentielles avec les communautés
partenaires externes. de pêcheurs.
Déployer des outils de signalement des
situations dangereuses.
Recommandations et plan d'action
1. Recommandations
Les recommandations ci-dessous sont formulées à partir des constats de l'évaluation des
risques et de l'analyse SWOT. Elles visent à renforcer le système SST en corrigeant les écarts
identifiés et en consolidant les bonnes pratiques. Il s’agira ici de :
• Renforcer les contrôles inopinés du port du gilet de sauvetage en bord de pont, en particulier
lors des tâches de routine où la vigilance a tendance à baisser, et appliquer des sanctions
progressives en cas de manquement.
• Rendre l'induction obligatoire pour tout nouveau personnel, y compris les intérimaires, avant
son accès au chantier, et élaborer un programme de formation continue pour l'ensemble des
travailleurs.
• Mettre en place une politique de "zéro sanction" pour les déclarations de near misses, afin
d'encourager le signalement des situations dangereuses, et installer des boîtes à idées
anonymes sur les navires et les sites.
• Renforcer le balisage de la zone d'exclusion maritime (bouées lumineuses, signalisation) et
assurer une présence continue de la vedette DPSP pendant les opérations critiques.
• Organiser des exercices d'urgence (incendie, MOB, évacuation) à intervalles réguliers en
impliquant les acteurs externes (SOS Médecin, HASSMAR, Marine nationale), et tester
hebdomadairement les lignes de communication d'urgence.
• Généraliser l'utilisation de la plateforme Boréalis pour le suivi des incidents, des near misses
et des actions correctives, et produire des rapports d'activité mensuels avec les indicateurs
clés.
• Renforcer les audits des sous-traitants avant leur mobilisation et pendant leur intervention, et
exiger qu'ils disposent d'un système SST conforme aux exigences du projet.
• Maintenir et renforcer l'utilisation d'huiles biodégradables pour les équipements
hydrauliques sous-marins, et s'assurer de la présence permanente de kits anti-pollution sur
tous les navires.
• Organiser des réunions de retour d'expérience après chaque incident ou quasi-accident pour
analyser les causes et définir des actions correctives.
• Former l'ensemble du personnel aux gestes de premiers secours et à l'utilisation des
équipements d'urgence.
• Mettre en œuvre la démarche PDCA (Plan-Do-Check-Act) pour assurer une amélioration
continue du système SST