TRAVAIL- JUSTICE-SOLIDARITE
MEPU-A
IRE-CONAKRY
DCE-MATOTO
ETABLISSEMENT : LYCEE AHMED SEKOU TOURE(AST)
GROUPE : V MATIERE : FRANÇAIS
THEME
LE VIEUX NEGRE ET LA MEDAILLE
LES MEMBRES DU GROUPE V
Mamadou CAMARA (chef)
Khalid Daouda SYLLA
Ibrahima SANGARE
Mamadou Oury BAH
Elhadj Souleymane BAH
Thierno Oumar BAH
Mamadou Ciré SOW
Mohamed KABA
Joseph
Mohamed
MILLIMONO
KEITA
20
Issouf DOUKOURE
PROFESSEUR CHARGE DU COURS : Mr. CAMARA
PLAN DU TRAVAIL
➢ INTRODUCTION
➢ BIOGRAPHIE
➢ BIBLIOGRAPHIE
➢ RESUME DE L’ŒUVRE
➢ STRUCTURE
➢ ETUDE DES PERSONNAGES
➢ ETUDE THEMATIQUES
➢ STYLE
➢ ESPACES ET TEMPS
➢ SENS ET PORTEE
➢ CONCLUSION
I. Introduction
Le vieux nègre et la médaille publié en 1956 est une sorte de
prolongement d’Une vie de boy. Dans celui-ci le narrateur-héros est un
naïf enfant africain ; dans celui-là, le héros Meka est un adulte naïf aussi,
victime ainsi de la duplicité des Blancs. Ce roman publié durant la
décolonisation est ainsi fortement inscrit dans son contexte, ce qui lui
valut son succès mérité. Il est donc intéressant d’en saisir l’intérêt qui
reste très actuel au moment où on parle des tirailleurs et de leur
rétribution, de réparation, de souvenir, de pardon pour tout ce que le
Blanc a fait aux peuples africains. La vie d'Oyono, on le sait, a été une
influence dans son œuvre. Partir d’elle pour comprendre le texte semble
être une voie obligée. A la suite, après avoir explicité le titre, on
résumera l’histoire, et puis voir les personnages, les thèmes, l’écriture et
la signification de l’œuvre.
II. BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Ferdinand Oyono est né à N'Goulemakong près d’Ebolowa, au
Cameroun en 1929. Il entre à l'école primaire en 1939. Plus tard il
travaillera comme "boy" chez des missionnaires avec l'esprit d'aider sa
mère. Il obtient son certificat d'études primaires, ce qui apporte un
bonheur total à son père qui apprend la nouvelle dans le journal. Il entre
ensuite au lycée d'Ebolowa avant d'aller continuer ses études en France
au lycée de Provins où il obtient son baccalauréat en 1950. Il va à Paris
pour y poursuivre les cours de la Faculté de Droits et de l'Ecole
nationale d’administration (section diplomatique). Pendant ce temps, il
utilise ses loisirs pour écrire.
Il débute en 1959 une brillante carrière de haut fonctionnaire avant de
devenir ambassadeur du Cameroun dans divers postes (auprès des
Nations unies à New York, en Algérie, en Libye, en Grande-Bretagne et
en Scandinavie…). À partir de 1987, il participe à de nombreux
gouvernements de son pays et assure la charge de différents ministères
comme les Affaires étrangères ou la Culture.
III. BIBLIOGRAPHIE
À la fin des années 50, Ferdinand Oyono publie en langue française trois
romans qui ont trait à la vie quotidienne en Afrique à l'époque coloniale
et qui, mettant en cause aussi bien l'administration que la police ou
l'Église des missionnaires, feront scandale dans cette période de
décolonisation.
Une vie de boy, publié en 1956, est centré sur le personnage de Joseph,
boy du commandant blanc. Il y fait la critique et la démythification du
des Blancs dont les traves sont mises à nu par le récit du narrateur
enfant.
Le vieux nègre et la médaille, publié en 1956,
Chemin d'Europe, publié en 1960, raconte l'exploration plus ou moins
du monde des Blancs dans une métropole africaine par un jeune homme
qui veut se couper de ses racines et rêve d'Europe malgré les
avertissements de son père.
IV. RESUME DE L’ŒUVRE
Au début du roman, Meka doit visiter le commandant de son pays Doum
et il pense que le commandant va le tuer. Mais en fait, Meka va recevoir
une médaille en reconnaissance de son dévouement pour la France,
d’être par conséquent « un ami des blancs. ». En effet, ses deux fils sont
en combattant pour les français durant la seconde guerre mondiale et il a
donné ses terres à la mission catholique. Durant la remise de la médaille
le jour de la fête nationale française le 14 juillet, sa femme pleure ses
deux fils et lui. Après le vin d’honneur, tous les noirs sont devenus ivres
et M. Varini appelé aussi Gosier-d ’Oiseau fait évacuer la salle du Foyer
Européen. Dans la panique, on oublia et enferma l’ivre Meka qui
dormait à l’intérieur. L’orage éclate en ravageant la salle d’où sortit
Meka titubant. Il perd sa médaille en allant chez Mami Titi. Il est arrêté
dans la nuit, brutalisé et maltraité par des policiers trop zélés avant d’être
conduit dans une prison o il sera encore humilié par Gosier d’Oiseau de
qui il attendait une reconnaissance. Pendant le roman, Meka essaie
d’aider des blancs et il suit des règles. Meka rentre chez lui et plonge
toute la famille dans la stupeur causant pleurs et lamentations. Il se rend
compte qu’il est un esclave des blancs, mais il n’essaie pas de combattre
contre eux parce qu’il dit en bâillant : « Je ne suis plus qu’un vieil
homme... ».
. V- STRUCTURE DE L’ŒUVRE
Chapitre I : Réveil et convocation
Meka se réveille tôt dans sa modeste case. Il a reçu une convocation du
commandant blanc à Doum. Il pense tout de suite à une punition ou un
problème. Sa femme Kelara l’encourage et prie avec lui.
En chemin vers l’administration, il s’arrête chez Mami Titi pour boire de
l’arki (une boisson forte). Arrivé au bureau, on lui dit qu’un grand chef
blanc va lui remettre une médaille le 14 juillet pour sa loyauté à la
France.
Chapitre II : Retour au village et nouvelles
Meka rentre chez lui informant sa femme Kelara et les villageois de la
médaille qu’on va lui donner.
Sa famille et voisins se réjouissent et viennent nombreux chez lui pour
entendre les détails. Il y a beaucoup de rires et de discussions sur ce que
cela va signifier. Certaines personnes sont très excitées, d’autres plus
sceptiques.
Chapitre III : Arrivée des proches
De nombreux membres de la communauté (Oncles, cousins, voisins)
viennent de loin jusqu’à chez Meka pour partager la nouvelle.
On prépare des vêtements, de la nourriture, des boissons pour célébrer
puis accompagner Meka à Doum à l’occasion de la cérémonie. On
discute des espoirs et des attentes pour ce jour spécial.
Chapitre IV : Le voyage vers Doum
Tous se dirigent vers Doum. On traverse plusieurs villages en chantant
et en parlant de la cérémonie.
Il y a une atmosphère de fête et d’attente collective : la communauté
espère que cette décoration améliorera leur réputation et leur sort.
Chapitre V : Préparatifs sur place
À Doum, tout le monde attend la célébration du 14 juillet. Meka est
placé dans un cercle blanc peint au sol, où il doit attendre l’arrivée du
“Chef des Blancs” qui remettra la médaille.
Il fait très chaud, ses chaussures lui font mal, il commence à être
impatient et inquiet.
Chapitre VI : Attente interminable
Meka attend des heures, seul dans le cercle. Les administrateurs blancs
passent devant lui sans prêter attention à ses souffrances (chaud, fatigue,
douleurs aux pieds). Il prie, se demande combien de temps la cérémonie
va durer, et se sent mal à l’aise.
Chapitre VII : La remise de la médaille
Le “Chef des Blancs” finit par arriver.
On épinglé la médaille sur la veste de Meka, mais la cérémonie est plate
et protocolaire. Le public comprend plus les discours que Meka — il ne
comprend pas tout en français.
Ce moment n’est pas aussi glorieux qu’il l’avait imaginé.
Chapitre VIII : Banquet et fête
Après la remise, un banquet a lieu au foyer européen avec beaucoup
d’alcool.
Les Noirs boivent beaucoup ; les Blancs très peu. La fête tourne
rapidement en désordre, rires et chants. Les Africains deviennent ivres,
tandis que les autorités blanches restent assez réservées.
Le responsable blanc, M. Varini (surnommé Gullet ou Gosier-d
‘Oiseau), finit par ordonner la fin de la fête, et tout le monde doit partir.
Chapitre XIX : Meka oublié et perd sa médaille
Dans la confusion de la fin de la fête, tout le monde sort sauf Meka, qui
dort ivre dans la salle.
La porte est fermée sur lui, et un orage éclate dehors.
Quand il se réveille dans l’obscurité, il sort tant bien que mal dans la
pluie … et perd sa médaille, qui tombe quelque part.
Chapitre X : Arrestation et brutalités
Meka, sans lampe, marche dans l’obscurité vers le quartier blanc. Deux
policiers ne le reconnaissent pas, le suspectent de méfaits et l’arrêtent.
Ils l’interrogent, le battent, s’en moquent quand il dit qu’il a reçu une
médaille. Ils le traitent comme un voyou, puis l’emmènent au poste de
police où on l’enferme.
Chapitre XI : Humiliation et retour
Le lendemain, on le conduit devant Gullet (le chef blanc) qui ne le traite
pas avec respect : il le frappe encore avant de demander qui il est.
Finalement, l’administration reconnaît son identité et l’envoie retourner
chez lui.
Meka revient dans son village sans médaille, fatigué, humilié … et
comprenant que cet honneur n’était qu’une illusion de grandeur
coloniale.
VI. ETUDE DES PERSONNAGES
Mis à part le héros Meka et quelques personnages, tous les autres
personnages sont des personnages de faire-valoir, des silhouettes qui
peuplent le roman. D’ailleurs certains personnages étaient déjà présents
dans Une Vie de boy. Ils sont souvent des « personnages types » qui
assument les caractères ou les souffrances d’une classe sociale, les
indigènes, dont leurs rôles sont définis par la colonisation.
Meka est le héros. C’est un vieillard qui a fait la seconde guerre
mondiale. Maintenant il vit tranquillement avec sa famille, même s’il a
perdu ses deux fils à la guerre. Il offre ses terres à la mission catholique
et a une fois à la nouvelle religion. Il est aimé du village de Doum et de
sa famille qui l’assiste dans les meilleurs moments comme dans les
pires, ainsi qu’il en est lorsqu’il a été maltraité par les policiers blancs.
Il y a sa femme Kelara, qui souffre pour ses fils perdus, mais aussi elle
est toujours inquiète lorsque les blancs appellent son mari. Engamba le
frère de sa femme et son épouse Amalia, Mvondo son neveu. Ses amis
Nua et Nti. Mami Titi tient quant à elle un bar à la périphérie du quartier
des indigènes, elle est également âgée.
On aussi le catéchiste africain, André Obébé qui sera chassé de la
maison de Meka lorsque les blancs l'ont malmené. Le boy, et l’interprète
qui sont ici des intermédiaires incontournables pour le service et là
l’inter compréhension. Le tailleur Ela est un personnage « grossier », «
fat » et « prétentieux » qui travaille le grec Angelopoulos ; Evina est
aussi un ancien cuisinier des prêtres.
Les personnages du monde européen sont souvent caricaturés à l’image
du Commandant de Doum qui va annoncer à Meka qu’on va lui remettre
une médaille. Et le Chef des Blancs qui viendra de Timba.
Le Haut-commissaire de police M. Varini, surnommé Gosier-d ‘Oiseau,
certainement à cause d’un cou qui ressemble à celui d’un oiseau,
l’administrateur et organisateur de la cérémonie M. Fouconi que le
narrateur décrit ainsi : « un jeune aux formes arrondies, à l’abondante
chevelure noire et au large bassin que les Noirs avaient surnommé « l’a-
coré-presque-femme » (p.98), le père Vandermayer. Le commerce est
géré par les grecs Pipiniakis, Angelopoulos et Mme de Monroti avec la «
buveuse de thé ».
Des régisseurs ou gardes de prison
VII. ETUDE THEMATIQUES
L’œuvre aborde différents thèmes tels que l’alcoolisme, le christianisme,
le colonialisme, la famille, la femme, la fête, la guerre, l’inégalité ou la
ségrégation, le racisme, la tradition, la vieillesse, etc. A travers les
thèmes qu’on a choisis d’étudier on constatera que les autres y sont
inclus.
1. Le christianisme
Ce roman décrit les mésaventures du vieux Meka au sein de l’appareil
colonial de son pays Pour le récompenser d’avoir donné ses terres à
l’Eglise et ses deux fils à «la guerre où ils ont trouvé une mort glorieuse
pour la France », le Haut-commissaire décide de l’honorer de la médaille
de l’amitié euro-noire à l’occasion de la fête du 14 juillet. D’où le titre
du roman.
Mais, au fait, la médaille est un prétexte que se donne Oyono pour
révéler, à sa manière, la nature des rapports qui existent entre
colonisateurs et colonisés dans la petite localité de Doum, lieu de
l’action. L’action des missionnaires n’est différente de celle de leurs
congénères laïcs. Oyono insiste d’une manière particulière sur le rôle
inhibiteur de la religion catholique, véritable « opium du peuple »,
facteur d’assujettissement et de duperie. Sous le prétexte qu’elles « ont
plu au bon Dieu », les missionnaires ont pris les terres de Meka. De plus,
les ouvriers indigènes qui travaillent sur ces terres reçoivent pour tout
salaire « le merci du prêtre, la communion ou la grâce et l’indulgence du
bon Dieu ». Pourtant, même la confession n’est pas gratuite de l’autre
côté ! Oyono évoque aussi la ségrégation raciale que pratique l’Eglise à
la Sainte Table et au Cimetière. Bref, cet écrivain jette un doute
systématique sur les bonnes intentions de ceux qui prétendent sauver
l’âme noire de la damnation. Il y est mis dans le même sac, laïcs et
missionnaires blancs.
2. L’alcoolisme
Il joue un rôle important dans le roman. Instrument de ségrégation,
l’alcool permet au narrateur de montrer que le Blanc dispose toujours
pour les Noirs d’un succédané et garde le bon produit pour lui. Ainsi en
est-il lors de la fête où le whisky circulait uniquement pour les Blancs.
Aussi se sont-ils même retirés au Cercle Européen (p.126) chez
Pipiniakis pour faire la fête. L’alcool représente également un moyen
d’exploitation : on interdit la bière locale à base de banane ou de maïs
pour écouler le vin importé de France. Et le prêtre se ravitaille chez les
noirs en vin. (p.15) Par ailleurs, pour commettre leurs injustices, les
blancs font soûler les indigènes.
3. La vieillesse
Cet âge est aussi important dans cette histoire. Le héros Méka en est un.
Et beaucoup de personnages aussi comme ses amis naturellement. Ils
sont tellement vieux qu’on ne connaît leur date de naissance, comme «
Nua qui était comme lui sans âge. Il était sec comme une viande
boucanée et avait la mâchoire continuellement en mouvement ». Il y
avait aussi Nti qui était atteint d’Eléphantiasis. (p.24) Pour se convaincre
on verra même que dès trente ans, Mvondô qui était le fils de sa sœur
ressemblait à un vieux car n’ayant plus de cheveux, il était « comme un
vieux lézard » (24)
Aussi le manque de respect et les brimades que lui font subir les
policiers sont condamnables, et en Afrique le vieux est respecté. Cela
témoigne de la cruauté et de la méchanceté des Blancs.
VIII. LE STYLE
1. L’humour et l’ironie dans le vieux nègre et la médaille
L’humour concerne tous les personnages, alors que l’ironie est faite plus
souvent envers les Blancs. Dans l’ironie on voit l’implication du
narrateur, alors que l’humour est entièrement prise en charge dans
l’œuvre par les personnages.
On tourne en dérision notamment l’imposture, l’hypocrisie et le
mensonge de l’entreprise coloniale dont sont victimes les indigènes du
village de Doum, particulièrement Meka. Ainsi sont mises à nu la
duplicité et la méchanceté de l’homme blanc, à travers ses représentants
: le commissaire Gosier-d’Oiseau, le Révérend Père et le Commandant.
Le lecteur a plaisir à voir, par endroits, la façon dont certains
personnages traitent les choses importantes tel cet interprète noir qui
traduit le long discours du haut commissaire : « le grand chef blanc dit
qu’il est très content de se trouver parmi vous, qu’il dit merci pour le
bon accueil que vous lui avez fait. Puis il a parlé de la guerre que vous
avez faite ensemble contre les autres Blancs de chez lui… et il a terminé
en disant que nous sommes plus que ses amis, nous sommes ses frères,
quelque chose comme ça… ». L’auteur utilise l’ironie pour faire une
critique implicite de la colonisation. Même quand Meka parle on ne peut
s’empêcher de sourire : «Ils ont de la chance de ne pas souffrir dans
leurs chaussures » (p.100), façon de montrer qu’il ne se sent pas bien
dans la culture adoptée.
Les sacrifices de Meka pour la nouvelle religion sont salués par son
peuple dans un humour gai : « Pour les chrétiens de Doum, Meka était
un grand favori dans la course au paradis » (p.17)
2. L’écriture mascarade
La fête nationale de la France du 14 juillet n’est rien d’autre qu’une
mascarade pour encore une fois rappeler la domination de la puissance
coloniale. La caricature de Meka dans son habillement européen, dans
lequel il se sent mal à l’aise et en souffre au niveau des souliers montre
que cette culture que ces noirs essaient d’arborer ne leur va pas.
Les proverbes dans le récit donnent une couleur locale à l’histoire. Le
peuple africain dilue sa sagesse dans les proverbes : « Si ton cœur se met
à battre en arrivant au terme de ton voyage, rebrousse chemin » (p.176)
dit Engamba qui cherchait Meka au quartier des Blancs.
« La bouche qui a tété n’oublie pas la saveur du lait » (p.17)
3. Le merci du Blanc
L’hypocrisie du Blanc se comprend par le mot merci quand on considère
le verbe « remercier » qui est polysémique. Il s’agit au-delà du fait qu’il
signifie la bénédiction d’une action, d’une action de chasser quelqu’un
poliment souvent. Ainsi en est-il de Meka qui reçoit de la part du Blanc
suite à ce qu’il a fait pour eux, une médaille en fait de remerciement
dans le sens de « on n’a plus besoin de toi car tu es vieux et tu n’as rien a
donné ». Cela se confirme avec les visites du père de la mission
catholique
[Link] ET TEMPS
ESPACE :
Le récit se déroule au Cameroun sous l’administration française.
L’espace est divisée entre le village de Doum (traditionnel et
communautaire) et la ville coloniale (le foyer Européen, le
commissariat), marquant la ségrégation entre blancs et Noirs.
TEMPS :
L’action se situe dans les années 1950, à la fin de l’époque coloniale.
Le temps du récit est resserré autour de la date symbolique du 14 Juillet,
jour de la remise de la médaille, symbolisant la désillusion brutale du
Héro.
X. PORTEE DE L’OEUVRE
Ce que Meka a fait est une sorte d’échange. En effet, du moins tel
semble être le sens que lui donne la voix qui avait parlé dans le public :
« Moi, je dis qu’on aurait mieux fait de l’habiller de médailles ! (...) Ce
qu’a compris la femme de Meka Kelara. Le narrateur semble accuser
alors la complicité des africains qui ont favorisé l’implantation des
européens à travers les personnages de Meka. Aussi le sort de ce dernier
est de souffrir l’ingratitude de la France, comme ce fut le cas pour Meka.
Il est alors compréhensif de noter la contradiction entre les valeurs que
le haut-commissaire défend dans son discours à savoir l’égalité et la
fraternité entre tous les hommes et la réalité vécue par Meka qui croyait
à l’amitié des Blancs jusqu’à les inviter prendre un repas chez lui. Parce
que le haut-commissaire Gosier d’Oiseau l’a humilié, celui-là même qui
dans Une vie de boy avait battu jusqu’au sang le boy Toundi. Sans
oublier la ségrégation lors du service du vin d’honneur : ils eurent du vin
rouge alors que les Blancs buvaient du whisky. Les quartiers étaient
séparés, et on malmenait un indigène qui osait franchir la frontière qui
les séparait sans demander la permission. Le beau-frère de Meka failli en
subir les conséquences en allant chercher celui-ci chez le commandant.
XI. CONCLUSION
A travers Le vieux nègre et la médaille, c’est une sorte d’opposition
classique chez Oyono qu’on vient de voir : la traditionnelle opposition
d'un Noir naïf qui croit à l’amitié des Blancs hypocrites et sournois.
C’est surtout l’ironie et l’humour caractéristiques de l’écriture de Oyono
qu’on lit dans ce texte simple mais très dense. Ce livre de moins de deux
cent pages résume les spécificités culturelles africaines et occidentales
mais aussi les caractères et comportements de ces deux peuples à travers
des thématiques variées à la fois traditionnelles et modernes. Cette
médaille de Meka n’est-elle pas le symbole des visites de chefs d’Etats
Européens ? Des aides répétées qui n’ont aucune valeur comparée au
mal qu’ils ont fait subir aux africains ?
« La médaille ne donne pas la dignité à un homme ;
c’est sa vie et son courage qui la lui donnent. »