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Cette thèse de doctorat explore l'optimisation du processus et l'étude comparative d'extraction du lithium à partir de pegmatites lithinifères à Madagascar. Elle présente des remerciements aux membres du jury et aux contributeurs du projet, ainsi qu'une introduction générale et des chapitres détaillant les propriétés du lithium, les matières premières et les processus d'extraction. Le travail vise à améliorer la compréhension et l'efficacité des méthodes d'extraction du lithium, un élément crucial pour diverses applications industrielles.

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Cette thèse de doctorat explore l'optimisation du processus et l'étude comparative d'extraction du lithium à partir de pegmatites lithinifères à Madagascar. Elle présente des remerciements aux membres du jury et aux contributeurs du projet, ainsi qu'une introduction générale et des chapitres détaillant les propriétés du lithium, les matières premières et les processus d'extraction. Le travail vise à améliorer la compréhension et l'efficacité des méthodes d'extraction du lithium, un élément crucial pour diverses applications industrielles.

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Thèse pour l`obtention d`un Diplôme de Doctorat de l`Université d`Antananarivo

« Génie des Procédés et des Systèmes Industriels, Agricoles et Alimentaires (GPSIAA) »

OPTIMISATION DU PROCESSUS ET ETUDE COMPARATIVE


D’EXTRACTION DU LITHIUM A PARTIR DE LA PEGMATITE
LITHINIFERE (SILICATES, PHYLOSILICATES, PHOSPHATES DE
LITHIUM) DE MADAGASCAR
Equipe d’Accueil : Génie de Procédés et de Biotechnologies

par RABEARISOA Solotiana Rija


2025
Thèse pour l`obtention d`un Diplôme de Doctorat de l`Université d`Antananarivo
« Génie des Procédés et des Systèmes Industriels, Agricoles et Alimentaires (GPSIAA) »

OPTIMISATION DU PROCESSUS ET ETUDE COMPARATIVE


D’EXTRACTION DU LITHIUM A PARTIR DE LA PEGMATITE
LITHINIFERE (SILICATES, PHYLOSILICATES, PHOSPHATES DE
Equipe d’Accueil : Génie de Procédés et de Biotechnologies
LITHIUM)
Soutenue DE MADAGASCAR
par : RABEARISOA Solotiana Rija
le, devant la commission d’examen

Président : Monsieur RANDRIANA Nambinina Richard Fortuné


Professeure Titulaire– ESPA – Mention GPCI
Rapporteur externe : Monsieur RASOLOMANANA Eddy Harilala
Professeur Titulaire – ESPA – Mention Ingénierie Minière
Rapporteur interne : Madame RAVELOMANANTSOA RAMANAMBE Nicole
Professeur Titulaire – ESPA – Mention GPCI
Examinateur externe : Monsieur RAMAROSON Jean de Dieu
Directeur de Recherches – CNRIT – Département Matériaux et Génie Civil
Examinateur interne : Monsieur RAKOTOMAMONJY Pierre
Docteur HDR – ESPA – Mention GPCI
Directeur de thèse : Madame ROBIJAONA RAHELIVOLOLONIAINA Baholy
Professeure Titulaire Agrégée CAMES – ESPA – Mention GPCI
Co-Directeur de thèse : Monsieur MANDIMBIHARISON Aurélien Jacques
Docteur HDR – ESPA- Mention Génie Géologique
REMERCIEMENTS

Au terme de ce travail de thèses, il est temps d'exprimer ma profonde gratitude à toutes celles et
à tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à son aboutissement.
 Au Président du Jury, Monsieur RANDRIANA Nambinina Richard Fortuné,
Professeur Titulaire, Enseignant-Chercheur à l’École Supérieure
Polytechnique d’Antananarivo (ESPA), Directeur de l’École Doctorale
Génie des Procédés et des Systèmes Industriels Agricoles et
Alimentaires (GPSIAA), j'exprime ma profonde gratitude pour l'honneur d'accepter la
présidence de ce jury. Votre intérêt manifeste et l'attention précieuse portés à ce travail de
recherche sont grandement appréciés et constituent une reconnaissance significative de
mes efforts.
 Au Rapporteur Externe : Monsieur RASOLOMANANA Eddy Harilala, Professeur
Titulaire, Enseignant-Chercheur à l’École Supérieure Polytechnique
d’Antananarivo (ESPA), Directeur de l’Ecole Doctorale Ingénieries et Géosciences,
Mention Ingénierie Minière, j'exprime ma profonde gratitude pour l'évaluation rigoureuse
de ce manuscrit. Les commentaires éclairés et les suggestions précieuses ont permis une
amélioration significative du document, témoignant d'un engagement professionnel
remarquable dans la qualité de cette recherche.
 Au Rapporteur Interne, Madame RAVELOMANANTSOA RAMANAMBE Nicole,
Professeur Titulaire, Membre de l’Equipe d’Accueil du Génie de
Procédés et de Biotechnologies de l’École Doctorale Génie des
Procédés et des Systèmes Industriels Agricoles et Alimentaires
(GPSIAA), Enseignant-Chercheur à l’École Supérieure Polytechnique
d’Antananarivo (ESPA), Mention Génie des Procédés Chimiques et
Industriels, je suis très reconnaissant pour sa lecture attentive, ses conseils avisés et sa
contribution à l'enrichissement de cette recherche.
 A l’Examinateur Externe, Monsieur RAMAROSON Jean de Dieu, Directeur de
Recherches, Membre de l’Equipe d’Accueil Matériaux et Génie Civil de l’Ecole
Doctorale Sciences et Techniques de l’Ingénierie et de l’Innovation (STII), Chercheur au
Centre National des Recherches Industrielle et Technologique (CNRIT). Je vous remercie
sincèrement pour votre évaluation rigoureuse et vos commentaires constructifs, qui ont

I
grandement contribué à améliorer la qualité, la clarté et la cohérence de ce manuscrit.
Votre regard critique a été d’une grande valeur.

 A l'Examinateur Interne, Monsieur RAKOTOMAMONJY Pierre, Docteur HDR,


Membre de l’Equipe d’Accueil du Génie de Procédés et de
Biotechnologies de l’École Doctorale Génie des Procédés et des
Systèmes Industriels Agricoles et Alimentaires (GPSIAA), Enseignant-
Chercheur à l’École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo (ESPA),
Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels, je vous suis
reconnaissant d'avoir consacré du temps à l'examen de cette recherche et pour sa
participation enrichissante aux discussions du jury.
 A mon Directeur de thèse, Madame ROBIJAONA RAHELIVOLOLONIAINA
Baholy Professeure Titulaire Agrégée CAMES, Enseignant-Chercheur à
l’École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo (ESPA), Responsable
de l’Equipe d’Accueil du Génie de Procédés et de Biotechnologies de
l’École Doctorale Génie des Procédés et des Systèmes Industriels
Agricoles et Alimentaires (GPSIAA), Mention Génie des Procédés
Chimiques et Industriels, j'exprime ma plus vive et sincère gratitude. Sa direction
scientifique éclairée, sa confiance, sa disponibilité constante, son soutien indéfectible et
ses précieux conseils tout au long de ces années ont été absolument déterminants pour la
réalisation de ce projet.
 À mon codirecteur de thèse, Monsieur MANDIMBIHARISON Aurélien Jacques,
Docteur HDR, Membre de l’Equipe d’Accueil du Génie Minéral et Pétrolier, de l’Ecole
Doctorale Ingénierie et Géosciences (INGE), Spécialité Géologie Appliquée, Enseignant-
Chercheur à l'École Supérieure Polytechnique d'Antananarivo (ESPA), Mention Génie
Géologique, j'exprime ma profonde gratitude. Son accompagnement scientifique constant
a été essentiel, et sa précieuse expertise concernant l'argile a grandement enrichi ma
recherche. Ses encouragements indéfectibles et sa contribution significative ont été des
piliers fondamentaux dans la réalisation de ce travail.

 Aux Chefs Laboratoires :


 du département de Génie des Procédés Chimiques et Industriels,
Monsieur ANDRIAMALA Mbola Prosper et Monsieur RABEARISOA
Solotiana Rija ;

II
 du département de recherche, développement, matériaux au
sein du LNTPB. Monsieur RANDRIAMALALA Tiana Richard,

Merci de m'avoir accueilli au sein de ces unités et pour les ressources mises à disposition.

 du département de Géologie, AGEs – Argile, Géochimie et


Environnements sédimentaires, je tiens à remercier Madame
Nathalie FAGEL, Professeure à l’Université de Liège, et son
équipe, d’avoir accepté de faire les analyses de nos échantillons.

 À l'ensemble du Personnel Administratif et Technique du Laboratoire de l’OMNIS, du


LCM, de FOFIFA, de LNTPB et de l’AGEs, un grand merci pour leurs aides efficaces,
leurs gentillesses et leurs soutiens logistiques indispensables au quotidien.
Remerciements Personnels
 A mes parents, un immense merci pour leur amour inconditionnel, leurs soutiens
indéfectibles depuis toujours et pour m'avoir inculqué le goût du savoir et de la
persévérance. Leurs confiances m’ont été essentielles.
 A toute ma famille, merci pour votre affection, votre encouragement et votre
compréhension durant ces années de travail intense.
 A mon amie Andréa, toute ma tendresse et ma gratitude. Sa patience infinie, son soutien
sans faille et ses encouragements constants durant cette période exigeante ont été ma plus
grande force.
 Merci à tous ceux que je n'aurais pas nommés mais qui ont, par leurs présences ou leurs
aides ponctuelles, contribué à rendre cette aventure doctorale possible et enrichissante.

III
“saingy ny fahasoavan’Andriamanitra no naha-toy izao
ahy. Tsy foana tao amiko anefa ny fahasoavana. Fa niasa
bebe kokoa noho izy rehetra aho; na tsy izaho, fa ny
fahasoavan’Andriamanitra niaraka tamiko” 1 kôrintianina
15:10

« La logique vous mènera d’un point A à B. L’imagination vous mènera


partout » Albert Einstein

IV
SOMMAIRE

I
REMERCIEMENTS--------------------------------------------------------------------------------------I
SOMMAIRE V
LISTE DES FIGURES----------------------------------------------------------------------------------VI
LISTES DES PHOTOS---------------------------------------------------------------------------------IX
LISTE DES TABLEAUX------------------------------------------------------------------------------XI
LISTES DES ABREVIATIONS----------------------------------------------------------------------XI
GLOSSAIRE XVII
INTRODUCTION GENERALE------------------------------------------------------------------------2
CHAPITRE 1. GENERALITES SUR LE LITHIUM------------------------------------------------2
Tableau 2. Propriétés physiques et chimiques du lithium élémentaire (Habashi, 1997)------------------------------3
[Link] du lithium--------------------------------------------------------------------------------------------------------6
Utilisation du lithium--------------------------------------------------------------------------------------------------------6
Tableau 2.1 – Répartition mondiale de la consommation de lithium par usage industriel (%) (2010–2024)----6
Figure 2.1 – Domaines d’application des composés du lithium selon leur usage final d’après Peiró et al.,
2013----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------7
2.1.1. Industrie de la céramique et du verre-------------------------------------------------------------------------------------------7
2.1.2. Batteries-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------7
2.1.3. Graisses lubrifiantes---------------------------------------------------------------------------------------------------------------8
2.1.4. Traitement de l’air-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------8
2.1.5. Autres applications industrielles-------------------------------------------------------------------------------------------------8
I.1.4. ASPECTS THERMODYNAMIQUES----------------------------------------------------------9
Enthalpie libre standard de formation (ΔG°f) des composés du lithium-----------------------------------------------9
Implications thermodynamiques dans les procédés industriels---------------------------------------------------------9
I.1.5. ASPECTS CINÉTIQUES ET MÉCANISMES RÉACTIONNELS-----------------------10
Cinétique des réactions électrochimiques--------------------------------------------------------------------------------10
L’équation de Butler-Volmer----------------------------------------------------------------------------------------------10
I.1.6. Propriétés structurales et cristallochimiques---------------------------------------------------------------------11
Cristallochimie et rôle dans les matériaux lithiés-----------------------------------------------------------------------------------11
Paramètres cristallographiques des principaux composés du lithium------------------------------------------------------------11
Analyse structurale des composés représentatifs------------------------------------------------------------------------------------12
CHAPITRE 2. GENERALITES SUR LES MATIERES PREMIERES-------------------------14
3.1. SILICATE DE LITHIUM------------------------------------------------------------------------------------------------14
SPODUMENE------------------------------------------------------------------------------------------------------------------14
1.3. Cadre géologique et potentiel du spodumène à Madagascar---------------------------------------------------14
2.2. Formation géologique et contexte pétrogénique------------------------------------------------------------------15
2.3. Gisements majeurs de spodumène dans le monde----------------------------------------------------------------15
2.4. Comparaison avec d'autres minéraux lithinifères-----------------------------------------------------------------16
2.5. Procédés de traitement du spodumène------------------------------------------------------------------------------16
PETALITE-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------17
1.2. PROPRIÉTÉS MINÉRALOGIQUES-------------------------------------------------------------------------------------------17
1.2.1. Formule chimique et structure cristallographique--------------------------------------------------------------17
1.2.2. Propriétés physiques et optiques-----------------------------------------------------------------------------------17
1.3. GISEMENTS MONDIAUX ET RESSOURCES CONNUES--------------------------------------------------------------------18
2.4. RÉSERVES POTENTIELLES ET DONNÉES QUANTITATIVES DISPONIBLES----------------------------------------------18
3.2. PHYLOSILICATE DE LITHIUM--------------------------------------------------------------------------------------19

V
LEPIDOLITE--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------19
Historiquement exploitée pour ses teneurs en lithium, la lépidolite se distingue également par son intérêt
scientifique, car elle reflète les conditions de formation et l’évolution géochimique des pegmatites.-----------19
3.2.1. Formule chimique et caractéristiques cristallographiques-----------------------------------------------------19
3.2.2. Propriétés physiques-------------------------------------------------------------------------------------------------19
1.2.3. Genèse et contexte géologique-------------------------------------------------------------------------------------20
1.3.1. Principaux gisements mondiaux-----------------------------------------------------------------------------------21
1.3.2. Importance économique---------------------------------------------------------------------------------------------22
1.4. CONTEXTE GÉOLOGIQUE ET MINIER À MADAGASCAR-----------------------------------------------------------------23
1.4.1. Cadre géologique----------------------------------------------------------------------------------------------------23
1.4.2. Potentiel minier en lépidolite---------------------------------------------------------------------------------------24
1.4.3. Enjeux pour le développement national---------------------------------------------------------------------------25
3.3. MANANDONITE---------------------------------------------------------------------------------------------------------26
Généralités minéralogiques sur la manandonite------------------------------------------------------------------------26
1.2. Cristallochimie et structure-------------------------------------------------------------------------------------------26
1.3. Occurrences et gisements connus dans le monde------------------------------------------------------------------26
1.5. Propriétés physico-chimiques et caractérisation------------------------------------------------------------------27
CRISTALLOGRAPHIE-------------------------------------------------------------------------------------------------------------27
PROPRIÉTÉS PHYSIQUES--------------------------------------------------------------------------------------------------------27
PROPRIÉTÉS OPTIQUES----------------------------------------------------------------------------------------------------------27
DONNÉES CRISTALLOGRAPHIQUES--------------------------------------------------------------------------------------------28
DIFFRACTION DES RAYONS X (POUDRE)-------------------------------------------------------------------------------------28
COMPOSITION CHIMIQUE (%)--------------------------------------------------------------------------------------------------28
33PHOSPHATES DE LITHIUM----------------------------------------------------------------------------------------------------28
CONTEXTE GÉOLOGIQUE DES PHOSPHATES DE LITHIUM À MADAGASCAR-----------------------------------------------29
CARACTÉRISTIQUES MINÉRALOGIQUES ET CRISTALLOCHIMIQUES--------------------------------------------------------29
L’Amblygonite : un phosphate aluminifère fluoré-----------------------------------------------------------------------29
La Triphylite : un phosphate ferrifère à haute réactivité---------------------------------------------------------------30
La Lithiophilite : un phosphate manganésifère--------------------------------------------------------------------------30
ENJEUX ÉCONOMIQUES ET ENVIRONNEMENTAUX---------------------------------------------------------------------------30
CONCLUSION---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------31
CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES--------------------------------------------------------------------------------------------31
2. TABLEAU COMPARATIF-----------------------------------------------------------------------------------------------------31
CHAPITRE 3. PROCESSUS D’EXTRACTION DU LITHIUM---------------------------------33
3.1. Extraction du lithium par voie acide---------------------------------------------------------------------------------34
3.1.1. Extraction du lithium par acide sulfurique-----------------------------------------------------------------------34
A. Extraction à partir du spodumène--------------------------------------------------------------------------------------------------34
Conditions optimales et efficacité du procédé---------------------------------------------------------------------------35
Réactions principales du procédé-----------------------------------------------------------------------------------------36
Figure 3. Schéma de procédé d’extraction du lithium à partir du spodumène par la voie sulfurique-----------36
B. Extraction du lithium à partir de la lépidolite par la voie sulfurique---------------------------------------------36
3.1.2. Extraction du lithium par l’acide fluorhydrique (HF)----------------------------------------------------------37
3.1.3. Extraction du lithium par l’acide chlorhydrique (HCl)---------------------------------------------------------38
3.1.4. Extraction du lithium par l’acide nitrique------------------------------------------------------------------------38
3.2. Extraction du lithium par voie alcaline-----------------------------------------------------------------------------38
3.2.1. Extraction du lithium par le procédé à l’hydroxyde de sodium (NaOH)-------------------------------------------------39
A. Extraction à partir du spodumène----------------------------------------------------------------------------------------------39
B. Extraction à partir de la lépidolite----------------------------------------------------------------------------------------------39
Figure 4. Schéma de procédé d’extraction du lithium à partir du spodumène par la voie à l’hydroxyde de
sodium-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------40
3.2.2. Extraction du lithium par le procédé à l’hydroxyde de calcium (Ca(OH)₂)---------------------------------40
3.2.3. Extraction du lithium par le procédé au carbonate de sodium (Na₂CO₃)------------------------------------41
-------------------------------------------------------42
Figure 5. Schéma de procédé d’extraction du lithium à partir du spodumène calciné par la voie au carbonate
de sodium---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------42
3.3. Extraction du lithium par grillage avec sels------------------------------------------------------------------------42
3.3.1. Grillage carbonaté----------------------------------------------------------------------------------------------------------------42
3.3.2. Grillage sulfaté-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------43
Figure 6. Schéma de procédé d’extraction du lithium à partir de la lépidolite par grillage sulfaté-------------43
3.4. Extraction du lithium par procédé de chloration------------------------------------------------------------------44
3.4.1. Extraction par sels chlorés------------------------------------------------------------------------------------------------------44
3.4.2. Extraction par chlore gazeux---------------------------------------------------------------------------------------------------44
4. Conclusions---------------------------------------------------------------------------------------------------------------45
CHAPITRE : CADRAGE GENERALE DES ZONES D ETUDES------------------------------44
Figure - Carte géologique de la région d’Ibity----------------------------------------------------------------------------------57
ARCHITECTURE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE GEOLOGIQUE----------58
4.1. SCHÉMA ORGANISATIONNEL DE LA DÉMARCHE SCIENTIFIQUE-------------------------------------------------------58
4.2. VISUALISATION SÉQUENTIELLE DU PROCESSUS D'INVESTIGATION---------------------------------------------------59
4.3. DÉPLOIEMENT SÉQUENTIEL DES PHASES DE RECHERCHE-------------------------------------------------------------60
4.3.1. Etablissements de l’état de l’art------------------------------------------------------------------------------------60
4.3.2. Investigations de terrain--------------------------------------------------------------------------------------------61
4.3.3. Phase d’analyses spécifiques---------------------------------------------------------------------------------------61
4.4. TRANSITION VERS LA PHASE EMPIRIQUE : INVESTIGATIONS DE TERRAIN-------------------------------------------61
CONCLUSION PARTIELLE-------------------------------------------------------------------------------------------------62
CHAPITRE 5. 63
EXPERIMENTALE-----------------------------------------------------------------------------------------------------------63
ORIGINE ET CARACTÉRISATION DES ÉCHANTILLONS------------------------------------------------------------------------63
IV.1.1. Origine des échantillons-------------------------------------------------------------------------------------------63
IV.1.2. Prétraitement des échantillons------------------------------------------------------------------------------------63
IV.1.3. Analyse granulométrique------------------------------------------------------------------------------------------63
IV.1.4. Broyage des échantillons------------------------------------------------------------------------------------------64
IV.1.5. Échantillonnage-----------------------------------------------------------------------------------------------------64
IV.1.6. Matériel et verrerie utilisés----------------------------------------------------------------------------------------64
IV.1.7. Caractérisation des échantillons---------------------------------------------------------------------------------64
CHAPITRE : PREPARATION DES ECHANTILLONS-----------------------------------------------------------------65
V. Méthode d’échantillonnage---------------------------------------------------------------------------------------------65
V.1 Généralités sur l’échantillonnage------------------------------------------------------------------------------------65
V.2 Protocole d’échantillonnage du minerai de lépidolite-------------------------------------------------------------65
VI. Analyse granulométrique-----------------------------------------------------------------------------------------------65
VI.1 Objectifs et principe de l’analyse granulométrique---------------------------------------------------------------------------65
VI.2 Mode opératoire-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------66
VI.3 Matériel nécessaire----------------------------------------------------------------------------------------------------------------67
VII. Préparation physique du minerai du lépidolite--------------------------------------------------------------------67
VII.1 Le séchage-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------68
VII.1.1 Objectifs---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------68
VII.1.2 Mode opératoire------------------------------------------------------------------------------------------------------------68
VII.1. 3 Matériels utilisés-----------------------------------------------------------------------------------------------------------68
VII.2. Concassage-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------68
VII.2.1 Objectifs---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------68
VII.2.2 Mode de fonctionnement du concasseur à mâchoire------------------------------------------------------------------69
VII.3 Division----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------69
VII.3.1 Objectifs de la division----------------------------------------------------------------------------------------------------69
VII.3.2 Mode opératoire------------------------------------------------------------------------------------------------------------69
VII.4 broyages---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------70
VII.4.1 Objectifs---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------70
VII.4.2 Mode opératoire------------------------------------------------------------------------------------------------------------70
VII.5 Tamisage--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------71
VII.5.1 Objectifs du tamisage------------------------------------------------------------------------------------------------------71
VII.5.2 Mode opératoire------------------------------------------------------------------------------------------------------------71
VII.6 Pesage------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------72
VII.6.1 Objectifs du pesage---------------------------------------------------------------------------------------------------------72
VII.6.2 Mode opératoire------------------------------------------------------------------------------------------------------------72
VII.6.3 Matériels utilisés------------------------------------------------------------------------------------------------------------72
CHAPITRE 6. CARACTERISATION EXPERIMENTALE: PROTOCOLES
ANALYTIQUES------------------------------------------------------------------74
6.1. ANALYSES PHYSICO-CHIMIQUES ET MINÉRALOGIQUES DES MINERAIS----------------------------------------------74
6.1.1. Préparation des échantillons---------------------------------------------------------------------------------------74
6.1.2. Caractérisation physico-chimique des sols argileux------------------------------------------------------------75
[Link]. Taux d’humidité---------------------------------------------------------------------------------------------------------------75
[Link]. Potentiel d’hydrogène (pH)---------------------------------------------------------------------------------------------------75
[Link]. Analyses chimiques-----------------------------------------------------------------------------------------------------------75
 Taux d’oxydes---------------------------------------------------------------------------------------------------76
 Taux d’éléments chimiques------------------------------------------------------------------------------------76
6.2. ANALYSE PAR DIFFRACTION DES RAYONS X---------------------------------------------------------------------------77
6.2.1. Préparation de l’échantillon avant l’analyse XRD--------------------------------------------------------------77
La préparation des échantillons a suivi un protocole séquentiel précis. Initialement, les matériaux ont subi un séchage
en étuve à 40 °C pendant une durée minimale de 48 heures. Suite à cette étape, un broyage méticuleux a été réalisé à
l'aide d'un mortier en agate.--------------------------------------------------------------------------------------------------------77
La poudre résultante a été ensuite fractionnée par tamisage à 250 µm, permettant l'isolement des particules de taille
inférieure à ce seuil. Finalement, la poudre fine obtenue a été transformée en pastilles homogènes à l'aide de supports
métalliques, les rendant ainsi conformes aux exigences de l'analyse ultérieure.--------------------------------------------77
[Link]. Équipement---------------------------------------------------------------------------------------------------------78
[Link]. Principe-------------------------------------------------------------------------------------------------------------78
6.3. EXPÉRIENCES D’ADSORPTIONS DE COLORANTS------------------------------------------------------------------------80
6.3.1. Informations générales sur l’adsorbat : méthyle orange-------------------------------------------------------80
6.3.2. Dosage de la colorante hélianthine------------------------------------------------------------------------------81
[Link]. Principe de la spectrophotométrie visible----------------------------------------------------------------------------------81
[Link]. Courbe d’étalonnage de l’hélianthine---------------------------------------------------------------------------------------84
[Link]. Capacité d’adsorption---------------------------------------------------------------------------------------------------------86
CONCLUSION PARTIELLE-------------------------------------------------------------------------------------------------87
CHAPITRE 1 – MÉTHODOLOGIE EXPÉRIMENTALE ET PROCÉDÉS DE
TRANSFORMATION DU SPODUMÈNE-----------------------------------88
1.1. MÉTHODES D’ANALYSE---------------------------------------------------------------------------------------------------88
1.2. PROCÉDURE EXPÉRIMENTALE--------------------------------------------------------------------------------------------89
1.3. CALCINATION DU CONCENTRÉ DE SPODUMÈNE------------------------------------------------------------------------90
1.3.1. Transformation en β-spodumène-----------------------------------------------------------------------------------90
1.3.2. Stabilité et propriétés structurales---------------------------------------------------------------------------------91
1.3.3. Aspects minéralogiques et calorimétriques-----------------------------------------------------------------------91
1.3.4. Aspects cinétiques----------------------------------------------------------------------------------------------------91
1.4. PURIFICATION DU LITHIUM------------------------------------------------------------------------------------------------91
1.4.1. Dissolution acide-----------------------------------------------------------------------------------------------------91
1.4.2. Précipitation sélective-----------------------------------------------------------------------------------------------91
1.4.3. Re-carbonatation-----------------------------------------------------------------------------------------------------91
1.4.4. Séchage final----------------------------------------------------------------------------------------------------------92
DISCUSSION ET IMPORTANCE INDUSTRIELLE---------------------------------------------------------------------------------92
CHAPITRE 7. RÉSULTATS SUR LA CARACTÉRISATION PHYSICO-CHIMIQUE DES
SOLS ARGILEUX---------------------------------------------------------------77
7.1. TAUX D’HUMIDITÉ---------------------------------------------------------------------------------------------------------77
7.2. POIDS VOLUMIQUES SPÉCIFIQUES----------------------------------------------------------------------------------------78
7.3. POTENTIEL D’HYDROGÈNE------------------------------------------------------------------------------------------------79
7.4. VALEUR DE BLEU DE MÉTHYLÈNE ET SURFACE SPÉCIFIQUE----------------------------------------------------------80
7.5. LIMITES D’ATTERBERG----------------------------------------------------------------------------------------------------81
7.6. ANALYSE CHIMIQUES------------------------------------------------------------------------------------------------------83
7.6.1. Taux d’oxydes--------------------------------------------------------------------------------------------------------83
7.6.2. Taux d’éléments chimiques-----------------------------------------------------------------------------------------84
7.6.3. Teneur en carbone et azote-----------------------------------------------------------------------------------------87
7.6.4. Criblage phytochimique de l’argile-------------------------------------------------------------------------------88
CONCLUSION PARTIELLE-------------------------------------------------------------------------------------------------89
CHAPITRE 8. RÉSULTATS D’ANALYSE PAR DIFFRACTION DES RAYONS X ET
ADSORPTION DU COLORANT HELIANTHINE-------------------------90
8.1. ANALYSE PAR DRX-------------------------------------------------------------------------------------------------------90
8.1.1. Echantillons des argiles d’Analavory-----------------------------------------------------------------------------90
8.1.2. Échantillons des argiles d’Andranomanelatra-------------------------------------------------------------------91
8.1.3. Échantillons des argiles de Miandrivazo-------------------------------------------------------------------------94
8.2. EXPÉRIENCES D’ADSORPTIONS DE COLORANTS------------------------------------------------------------------------97
8.2.1. Capacité d’adsorption de MNDV 003-----------------------------------------------------------------------------97
8.2.2. Capacité d’adsorption de ADML 003-----------------------------------------------------------------------------99
8.2.3. Capacité d’adsorption de ADML 004----------------------------------------------------------------------------101
8.2.4. Capacité d’adsorption de ADML 002----------------------------------------------------------------------------102
8.2.5. Capacité d’adsorption de ADML 001----------------------------------------------------------------------------104
CONCLUSION PARTIELLE-----------------------------------------------------------------------------------------------107
CHAPITRE 9. SYNTHESE DES INVESTIGATIONS MINERALOGIQUES ET DES
PROPRIETES DES ARGILES D’ANALAVORY,
D’ANDRANOMANELATRA ET DE MIANDRIVAZO-----------------108
9.1. SYNTHÈSE DES PROPRIÉTÉS PHYSICO-CHIMIQUES DES ARGILES----------------------------------------------------108
9.1.1. Sur le taux d’humidité----------------------------------------------------------------------------------------------108
9.1.2. Sur le potentiel d’hydrogène (pH)--------------------------------------------------------------------------------108
9.2.3. Sur l’essai au bleu de méthylène et surface spécifique--------------------------------------------------------108
300

261.63
Très gonflante

250

171.63
200

156.98

136.05
150

104.65
100

62.79
54.42
50
Gonflante
3.14

2.09
0
ANLV ANLV ADML ADML ADML ADML MNDV MNDV MNDV
001 002 001 002 003 004 001 002 003
----------109
9.2.4. Sur la limite d’Atterberg-------------------------------------------------------------------------------------------110
9.2.5. Sur le taux d’oxydes------------------------------------------------------------------------------------------------111
9.2.6. Sur le taux d’éléments chimiques---------------------------------------------------------------------------------112
9.2.7. Sur la teneur en carbone et azote---------------------------------------------------------------------------------113
9.2.8. Sur l’analyse par criblage phytochimique----------------------------------------------------------------------113
9.2. SYNTHÈSE DES INVESTIGATIONS MINÉRALOGIQUES DES ARGILES--------------------------------------------------113
9.2.1. Sur l’analyse par diffraction des rayons X (DRX)-------------------------------------------------------------114
9.2.2. Sur l’expérience d’adsorption de colorants---------------------------------------------------------------------114
CONCLUSION PARTIELLE-----------------------------------------------------------------------------------------------115
CHAPITRE 10. VALORISATION DES ARGILES D’ANALAVORY,
D’ANDRANOMANELATRA ET DE MIANDRIVAZO EN
COSMETOLOGIE ET EN ŒNOLOGIE------------------------------------116
10.1. APPLICATIONS COSMÉTOLOGIQUES DES ARGILES-------------------------------------------------------------------116
10.1.1. Le rôle des éléments chimiques des argiles dans les produits cosmétiques-------------------------------117
10.1.2. Les argiles : ingrédients des produits cosmétiques-----------------------------------------------------------118
10.1.3. Exemples de produits cosmétiques contenant de l’argile----------------------------------------------------119
10.1.4. Formulation d’une pâte gingivale contenant de l’argile-----------------------------------------------------121
 Analyse de la variance appliquée à l’évaluation sensorielle--------------------------------124
 Récapitulatif---------------------------------------------------------------------------------------125
10.2. LEURS APPLICATIONS DANS L’ŒNOLOGIE----------------------------------------------------------------------------125
10.2.1. Le rôle des éléments chimiques des argiles dans l’œnologie------------------------------------------------125
10.2.2. Exemples d’utilisation des argiles dans l’œnologie des argiles--------------------------------------------126
10.2.3. Clarification d’un vin de prune rouge par l’argile-----------------------------------------------------------127
CONCLUSION PARTIELLE-----------------------------------------------------------------------------------------------130
CONCLUSION GÉNÉRALE------------------------------------------------------------------------131
LISTES DES RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES-------------------------------------------134
ANNEXE 1 : REPRÉSENTATION DU DIAGRAMME DE CASAGRANDES----------------I
ANNEXE 2 : ARTICLE SUR LA CARACTÉRISATION PHYSICO-CHIMIQUE ET
MINÉRALOGIQUE DES ARGILES-------------------------------------------II
ANNEXE 3 : ARTICLE SUR LA DÉTERMINATION MINÉRALOGIQUE DES ARGILES
PAR DRX----------------------------------------------------------------------XVII
TABLE DES MATIERES-----------------------------------------------------------------------------XL
FINTINA – RESUME – ABSTRACT-----------------------------------------------------------XLVII
LISTE DES FIGURES

Figure 1.01: Extrait de la carte géologique d’Itasy –Analavory à l’Echelle de 1/500000...............4

Figure 2.01: Formation à partir des roches mères 10

Figure 2.02: Formation d’argiles néoformées...............................................................................11

Figure 2.03: Processus de dégradation et d’aggradation...............................................................12

Figure 2.04: Structures d’une couche tétraédrique, a)Tétraèdre du SiO4, b) Couche tétraèdre.....15

Figure 2.05: Structures d’une octaédrique.....................................................................................16

Figure 2.06: Représentation d'espaces interfoliaires.....................................................................16

Figure 2.07: Structure d’un feuillet de phyllosilicate....................................................................17

Figure 2.08: Structures cristallines argileuses de types 1:1...........................................................18

Figure 2.09: Structures cristallines argileuses de types 2:1...........................................................18

Figure 2.10: Structures cristallines argileuses de type 2 :1 :1.......................................................18

Figure 2.11: Schéma de la particule de a) kaolinite, b) illite, c) smectite et d) chlorite................22

Figure 2.12: Mode d'utilisations de l'argile dans la fabrication d'une maison...............................30

Figure 3.01 : Compositions minéralogiques des argiles dans les gisements d’Ampanihy. 33

Figure 3.02: Compositions minéralogiques des argiles de Moramanga........................................35

Figure 3.03: Compositions minéralogiques des argiles des environs d’Anjiro.............................35

Figure 3.04 : Composition minéralogique des argiles prélevées à Ambohimena.........................36

Figure 3.05 : Taux des oxydes échantillons exploitée près d'Ilempona........................................39

Figure 3.06: Résultats d’analyses d’argiles du bassin d’Antsirabe...............................................39

Figure 3.07: Carte de distribution des géoressources argileuses à Madagascar............................41

Figure 4.01: Schéma organisationnel de la démarche scientifique 45


Figure 5.01: Vue aérienne des deux points d'échantillonnage Ambohitratoandro. 48

Figure 5.02: Limite et point d’échantillonnage à Andranomanelatra…………………………..52


Figure 5.03: Photo aérienne des deux sites de prélèvement à Miandrivazo……………………55

Figure 6.01: Schéma représentatif du phénomène de diffraction des rayons X ………………..70


Figure 6.02: Structure chimique de l’hélianthine…………………………….………………….72
Figure 6.03: Principe de la spectrophotométrie…………………………………………….…...74
Figure 6.04: Courbe d'étalonnage de l'hélianthine à λ=457nm…………………………………..77

Figure 7.01 : Diagramme du taux d'humidité des argiles. 77

Figure 7.02: Diagramme du poids volumique des échantillons d’argiles.....................................78

Figure 7.03: Diagramme de la valeur au bleu de méthylène et de la surface spécifique des argiles.
..................................................................................................................................81

Figure 7.04: Diagramme de l’indice de plasticité des échantillons...............................................82

Figure 7.05: Histogramme du taux des oxydes des argiles...........................................................84

Figure 7.06: Diagramme des trois éléments constitutifs majeurs des échantillons.......................86

Figure 7.07: Diagramme des éléments chimiques.........................................................................87

Figure 8.01: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ANLV 01. 90

Figure 8.02: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ANLV 002............................................91

Figure 8.03: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ADML 001..........................................92

Figure 8.04: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ADML 002...........................................93

Figure 8.05: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ADML 003...........................................93

Figure 8.06: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ADML 004...........................................94

Figure 8.07: Diffractogramme des rayons X de l’Argile MNDV 001..........................................95

Figure 8.08: Diffractogramme des rayons X de l’Argile MNDV 002..........................................96

Figure 8.09: Diffractogramme des rayons X de l’Argile MNDV 003..........................................96


Figure 8.10: Courbe de la concentration de la solution de méthylorange en contact avec MNDV
003 en fonction du temps.........................................................................................98

Figure 8.11: Cinétique d’adsorption de la colorante hélianthine par l’argile MNDV 003............99

Figure 8.12: Cinétique d’adsorption de la colorante hélianthine par l’agile ADML 003............100

Figure 8.13: Cinétique d’adsorption de la colorante hélianthine par l’agile ADML 004............102

Figure 8.14: Cinétique d’adsorption de la colorante hélianthine par l’argile ADML 002..........103

Figure 8.15: Cinétique d’adsorption de la colorante hélianthine par l’argile ADML 001..........105

Figure 8.16: Diagramme du taux d'élimination du méthyle orange par les cinq échantillons
d'argile à un temps de contact de 95min.................................................................106

Figure 9.01: Valeur de la surface spécifique de chaque échantillon109


LISTES DES PHOTOS

Photo 5.01: Site de prélèvement de l'argile jaune ANLV 001.......................................................49

Photo 5.02 : Echantillonnages des argiles d’Andranomanelatra a) Argile ADML 001, b) Argile
ADML 004, c) Argile blanche ADML 002 et d) Argile ADML 003......................51

Photo 5.03: Échantillonnages d’argiles de Miandrivazo, a) Argile MNDV 001 et b) Argile


MNDV 002...............................................................................................................52

Photo 6.01 : Prétraitement des argiles…………………………………………………………...55

Photo 6.02 : Détermination du poids volumique en utilisant des pycnomètres.............................58

Photo 6.03: Le four utilisé.............................................................................................................61

Photo 6.04: Appareil X-Ray portable............................................................................................64

Photo 6.05: Distillateur..................................................................................................................65

Photo 6.06: Réalisation du criblage dans des tubes à essai...........................................................66

Photo 6.07: Solution mère et solutions filles de l'hélianthine pour la courbe d'étalonnage..........74

Photo 6.08: Prélèvement pour le dosage.......................................................................................76

Photo 10.01: a) Préparation de la phase A ; b) Préparation de la phase B ; c) Association des


phases A et B ; d) Ajout de l'arôme de menthe au
mélange……………………………………………………………………………...………..123

Photo 10.02 : a) Mélange des composants ; b) Le dentifrice en tant que produit fini.................124

Photo 10.03: Préparation de l’argile............................................................................................128

Photo 10.04: Filtration de vin après clarification........................................................................129

Photo 10.05: a) Vin avant la clarification; b) Vin après la clarification......................................130


LISTE DES TABLEAUX

Tableau 5.01 : Échantillons d’argiles avec leurs spécificités........................................................54

Tableau 6.01 : Facteur de l’EDTA pour les éléments……………………………………………63

Tableau 6.02: Les principaux caractéristiques de l’hélianthine.....................................................70

Tableau 6.03 : Résultats du dosage des solutions filles d'hélianthine par spectrophotométrie.....74

Tableau 7.01 : Taux d’humidité des argiles…………………………………………….………..77

Tableau 7.02 : Poids volumiques des échantillons........................................................................78

Tableau 7.03: pH des argiles en fonction de la température..........................................................79

Tableau 7.04: Valeur au bleu de méthylène (VBS) et surface spécifique (SS) des échantillons. .80

Tableau 7.05: Les limites d’Atterberg des échantillons d’argile...................................................82

Tableau 7.06: Taux des oxydes des argiles...................................................................................83

Tableau 7.07: Taux des éléments chimiques présents dans les échantillons.................................85

Tableau 7.08: Taux de Carbone et d’Azote, taux de matière organique et rapport C/N des argiles
étudiées.....................................................................................................................88

Tableau 7.09: Résultats du criblage phytochimique des argiles....................................................89

Tableau 9.01 : Classification des argiles étudiées selon leur VBS……………………….…….110

Tableau 9.02: Classification selon la norme NF P 11-300 (1992)..............................................111

Tableau 10.01: Résultats de l'analyse statistique………………………………………….…....125


LISTES DES ABREVIATIONS

Å
% Pourcentage
°C Degré Celsius
µm Micromètre
Li lithium

LiAlSi4O10
d Distance inter-réticulaire ou espace basal
Dmax Diamètre maximale
DRX Diffraction aux Rayons X
EDTA Acide éthylènediaminetétraacétique
ESPA École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo
FC Formules chimiques
FOFIFA Foibe Fikarohana ampiharina amin’ny Fampandrosoana ny Ambanivohitra
FTM Foibe Tao-Tsaritan’i Madagascar
g Gramme
GPCI Génie des Procédés Chimiques et Industriels
GPS Global Positioning System
h Heure
HCl Acide chlorhydrique
Ip Indice de plasticités
km Kilomètre
kN Kilonewton
LCM Laboratoire de Chimies et de Microbiologies
LNTPB Laboratoire National des Travaux Publics et du Bâtiment
m Mètre
MA Méga Annum ou Million d’Années
min Minute
mL Mililitre
MNDV Abréviation des échantillons d’argiles de Miandrivazo
MO Matière organique
mol Mole
Na2CO3 Carbonate de sodium
NF P Norme Française de la série P
NH2OH Hydroxylamine
NH4OH Hydroxyde d’ammonium
OMNIS Office des Mines Nationales et des Industries Stratégiques
PAN 1-(2-pyridylazo)-2-naphthol
pH Potentiel Hydrogène
PK Point kilométrique
RC Réactions chimiques
RN Route Nationale
RTR Recommandations pour les Terrassements Routiers
SRAT Schéma Régional d’Aménagement du Territoire
SS Surface spécifique
SW Southwest ou sud ouest
t Tonne
TEA Triéthanolamine
TO Tétraédrique-Octaédrique
TOT Tétraédrique –Octaédrique-Tétraédrique
TOTO Tétraédrique-Octaédrique-Tétraédrique-Octaédrique
UICPA Union Internationale de la Chimie Pure et Appliquée
UV Ultra-violet
VBS Valeur au bleu de méthylène
WL Limite de liquidités
WP Limite de plasticités
ESPA École Supérieure Polytechnique d'Antananarivo
GPSIAA Génie des Procédés et des Systèmes Industriels Agricoles et Alimentaires
CNRIT Centre National des Recherches Industrielles et Technologiques
STII Sciences et Techniques de l'Ingénierie et de l'Innovation
LNTPB Laboratoire National des Travaux Publics et du Bâtiment
OMNIS Office des Mines Nationales et des Industries Stratégiques
Li Lithium
LIBs Batteries Lithium-Ion
EVs Véhicules Électriques
[Link]⁻¹ Watt-heure par kilogramme
[Link]⁻³ Gramme par centimètre cube
Li Lithium
LiBs Batteries Lithium-Ion
EVs Véhicules Électriques
HEV Véhicules Hybrides Électriques
PHEV Véhicules Hybrides Rechargeables
ΔG°f Enthalpie Libre Standard de Formation
Å Angström (unité de longueur atomique)
kJ/mol Kilojoule par mole (unité d'énergie)
Wh/kg Watt-heure par kilogramme (densité énergétique)
LiCoO₂ Oxyde de Cobalt et Lithium
LiFePO₄ Phosphate de Fer et Lithium
Li₂O Oxyde de lithium
LCT Lithium-Césium-Tantale (type de pegmatite)
ICP-MS Spectrométrie de masse à plasma induit
DRX Diffraction des rayons X
Microscopie électronique à balayage avec spectroscopie à dispersion
MEB-EDS
d'énergie
FTIR Spectroscopie infrarouge à transformée de Fo
Li₂CO₃ Carbonate de lithium
H₂SO₄ Acide sulfurique
HCl Acide chlorhydrique
HF Acide fluorhydrique
NaOH Hydroxyde de sodium
Ca(OH)₂ Hydroxyde de calcium
Na₂CO₃ Carbonate de sodium
Na₂SO₄ Sulfate de sodium
LCT Lithium-Césium-Tantale (type de pegmatite)
ICP-MS Spectrométrie de masse à plasma induit
GLOSSAIRE
Acidocomplexol : Dissolution de silicates qui repose sur l'action concertée d'un acide pour
yse attaquer le réseau et d'un agent complexant pour solubiliser les cations
métalliques libérés, accélérant ainsi la décomposition du minéral.
Adsorption : Phénomène actif qui consiste à capter des molécules sur les sites actifs
d’un solide.
Aggradation : Processus géologique dans lequel l'argile peut être un matériau
transporté et déposé, contribuant à l'élévation d'une surface (fixation
d'ions supplémentaires).
Alumine : Terme général désignant les oxydes d’alumine (Al 2O3) obtenus par
calcination des hydroxydes ou des précipités amorphes.
Autunite : Uranium phosphate hydraté, souvent jaune verdâtre, radioactif, qui se
forme par altération de minerais d’uranium
Bentonite : Terme commercial pour désigner des matériaux montmorillonitiques.
Charnockites : Roches métamorphiques ou magmatiques de haut grade contenant
notamment de l'orthopyroxène, des feldspaths et du quartz.
Chlorite : Terme général désignant une famille de minéraux di-octaédriques
constitués par un feuillet mica et une couche d’hydroxyde de type
hydrargillite ou brucite (14 Ǻ). Il existe des formes bien cristallisées
orthochlorites et des formes cryptocristallines leptochlorite.
Dégradation : Désintégration et la transformation chimique des roches et des minéraux
sous l'action des processus d'altération physique et chimique à la surface
terrestre (soustraction d’ions).
Di-octaédrique : Couche octaédrique avec deux sites sur trois occupés par des cations
trivalents.
Glauconite : Synonyme de glauconie, mica ferrifère, d’origine marine dioctaédrique
plus riche en silice que les illites.
Illite : Minerai de faciès argileux dont la composition et la structure
s’apparentent au mica.
Inosilicate : Groupe de minéraux silicatés dans lesquels les tétraèdres SiO₄ sont
organisés en chaînes linéaires ou double chaînes par partage d’atomes
d’oxygène

Kaolin ou : Mot qui désigne une colline, Kaolin de Kao Ling (chinois) près de
kaolinite JauChau Fu, d’où le premier matériel a été tiré. Le mot « Kaolin » désigne

XIII
donc à l’origine aussi bien une roche qu’un groupe de minéraux. Avec
l’évolution de nos connaissances s’est formé le mot « Kaolinite »
désignant un minéral de ce groupe caractérisé par sa composition
chimique et sa structure.
L’expression « famille du Kaolin ou de la Kaolinite » est employée par les
auteurs français dans un sens général. Les auteurs anglo-saxons utilisaient
dans le même sens le terme de kandite (terme général proposé pour
désigner les phyllites de la famille de la kaolinite)
Lithologie : Description des roches basée sur leurs caractéristiques visibles telles que
la composition minéralogique, la texture, la couleur et la structure.
Monmorillonite : Dans la littérature, le terme peut être utilisé dans un sens plus général
pour désigner soit la famille, soit les minéraux ayant des propriétés de
gonflements et de contractions de cette espèce. Il peut aussi englober les
types trioctaédriques ; on préfère maintenant utiliser le terme smectite
dans cette acceptation générale.
Orthopyroxène : minéraux silicatés primaires, appartenant au groupe des pyroxènes, avec
s une structure orthorhombique et une composition (Mg,Fe)SiO₃.
Phyllite : Terme général utilisé pour désigner le faciès des minéraux dont les
cristaux se développent en lamelles et est également appliqué à des roches
schisteuses.
Pointement : Saillie de roches plus dures au milieu d’un terrain d’une autre nature.
Smectite : Terme général incluant les minéraux qui comme la montmorillonite
subissent par hydratation ou dessiccation d’importance variations de
l’équidistance 001. On utilisera de préférence ce terme à celui de
montmotillonite-saponite pour désigner l’ensemble du groupe.
Vermiculite : Minéral phylliteux constitué par des feuillets de types micas où K est
remplacé par Mg et séparé par 2 couches d’eau (14Ǻ).
Professeur Titulaire : Grade le plus élevé dans la carrière universitaire.

 nseignant-Chercheur : Universitaire assurant à la fois enseignement


et recherche.
 École Doctorale : Structure universitaire encadrant les doctorants.
 Rapporteur Externe/Interne : Expert évaluant la thèse (externe : hors
institution ; interne : même institution).
 Examinateur Externe/Interne : Membre du jury participant à la
soutenance.
 Directeur de Recherches : Grade dans la recherche, équivalent à
Professeur.
 Docteur HDR : Titre obtenu après l’Habilitation à Diriger des
Recherches.
 Agrégé CAMES : Titre de professeur reconnu par le Conseil Africain
et Malgache pour l'Enseignement Supérieur.
 Equipe d’Accueil : Groupe de recherche labellisé encadrant les
doctorants.
Pegmatites lithinifères : Roches magmatiques riches en minéraux
contenant du lithium
Saumures salines : Solutions naturelles concentrées en sels de
lithium
Spodumène : Principal minerai de lithium (LiAlSi₂O₆)
Lépidolite : Mica contenant du lithium (KLi₂Al(Al,Si)₃O₁₀(F,OH)₂)
Flottation : Procédé de séparation des minéraux par mouillage
différentiel
Lixiviation : Extraction par dissolution chimique sélective
Calcination : Traitement thermique pour modifier la structure
cristalline
Transition énergétique : Passage vers des systèmes énergétiques
durables

Pegmatites lithinifères : Roches magmatiques riches en minéraux


contenant du lithium
Saumures salines : Solutions naturelles concentrées en sels de lithium
Spodumène : Principal minerai de lithium dans les roches
pegmatitiques
Lépidolite : Mica contenant du lithium, source secondaire importante
Intercalation : Processus d'insertion réversible des ions lithium dans
un matériau hôte
Enthalpie libre standard : Grandeur thermodynamique mesurant la
stabilité d'un composé
Équation de Butler-Volmer : Relation fondamentale décrivant la
cinétique des réactions électrochimiques
Structure rhomboédrique : Type particulier d'arrangement cristallin
Transition énergétique : Passage vers des systèmes énergétiques
durables
Densité énergétique : Capacité de stockage d'énergie par unité de
masse
Pegmatites lithinifères : Roches magmatiques à gros grains riches en
minéraux de lithium, formées en fin de cristallisation des magmas
granitiques.
Spodumène (LiAlSi₂O₆) : Silicate de lithium et d'aluminium,
principale source industrielle de lithium dans les roches dures.
Lépidolite (K(Li,Al)₃(Si,Al)₄O₁₀(F,OH)₂) : Mica lithinifère, source
secondaire de lithium, souvent associée à d'autres éléments
valorisables (Rb, Cs).
Pétalite (LiAlSi₄O₁₀) : Aluminosilicate de lithium, moins réactif que
le spodumène mais présent dans certaines pegmatites.
Amblygonite ((Li,Na)AlPO₄(F,OH)) : Phosphate de lithium et
d'aluminium, plus soluble que les silicates.
Triphylite (LiFe²⁺PO₄) & Lithiophilite (LiMn²⁺PO₄) : Phosphates
de lithium formant une série isomorphe, précurseurs potentiels pour les
cathodes de batteries.
Manandonite (LiAl₂(AlSi₃O₁₀)(OH)₂) : Phyllosilicate rare de
lithium, spécifique à certaines pegmatites malgaches.
Zonation pegmatitique : Organisation concentrique des minéraux
dans les pegmatites, reflétant leur cristallisation progressive.
Lixiviation acide : Procédé d'extraction du lithium par dissolution
dans un acide (ex. H₂SO₄).
Série isomorphe : Suite de minéraux partageant la même structure
mais avec des substitutions cationiques (ex. Fe²⁺ ↔ Mn²⁺ dans
triphylite-lithiophilite).
Lixiviation : Procédé d'extraction par dissolution sélective du lithium
dans un solvant (acide, alcalin, ou eau).
Calcination : Traitement thermique (950–1100°C) pour convertir le
spodumène α en spodumène β, plus réactif.
Grillage acide : Réaction à chaud (250–300°C) entre un minerai et un
acide (ex. H₂SO₄) pour solubiliser le lithium.
Grillage sulfaté/carbonaté : Traitement thermique avec des sels
(Na₂SO₄, CaCO₃) pour modifier la structure du minerai.
Chloration : Conversion du lithium en chlorure (LiCl) par réaction avec
des sels chlorés (NaCl, CaCl₂) ou du Cl₂ gazeux.
Hydrolyse alcaline : Extraction sous pression avec NaOH/Ca(OH)₂,
évitant la libération de HF (cas de la lépidolite).
Rendement d’extraction : Pourcentage de lithium récupéré par rapport
à la teneur initiale du minerai (ex. 95–99%).
Sous-produits : Résidus valorisables (ex. Na₂SO₄) ou déchets (ex.
SiO₂, Al₂O₃) générés lors des procédés.
Autoclave : Réacteur fermé permettant des réactions sous haute pression
et température (ex. 250°C, 9 MPa).
Purification : Élimination des impuretés (Fe, Al, Mg) par ajustement
de pH ou précipitation sélective.

GLOSSAIRE
INTRODUCTION GENERALE
INTRODUCTION GENERALE

Le lithium (Li), élément chimique de numéro atomique 3, se distingue comme le plus léger des
métaux alcalins et, plus largement, comme l’élément solide le plus léger de la classification
périodique. En effet, sa combinaison unique de propriétés – faible densité (0,534 [Link]⁻³),
conductivité thermique et électrique élevées, ainsi qu’une grande réactivité chimique – en fait
une ressource stratégique à l’échelle mondiale (Chen, Xu, & Zhang, 2022). De plus, à ces
propriétés fondamentales s’ajoute un caractère électrochimique exceptionnel, qui permet au
lithium d’occuper une place centrale dans les technologies énergétiques émergentes. Ainsi, il est
aujourd’hui principalement mobilisé dans trois domaines majeurs : la fabrication de batteries
lithium-ion (LIBs), l’industrie des céramiques et verres spéciaux, et la production de graisses
lubrifiantes et polymères (Ober, 2018).
Par conséquent, le rôle du lithium dans le stockage d’énergie en fait un métal critique, au même
titre que le cobalt, le nickel ou le cuivre (European Commission, 2020). En outre, la transition
énergétique mondiale, impulsée par la volonté de réduire la dépendance aux énergies fossiles et
de limiter les émissions de gaz à effet de serre, entraîne une demande exponentielle en lithium.
En effet, les batteries lithium-ion, rechargeables et présentant une densité énergétique de plus en
plus élevée (200–260 [Link]⁻¹), sont devenues la technologie dominante dans l’électronique
portable, les véhicules électriques (EVs) et, plus récemment, le stockage stationnaire des
énergies renouvelables (Choubey, Kim, Srivastava, Lee, & Kim, 2017 ; Jain, 2018).
Selon Azevedo et al. (2018), la croissance annuelle projetée de la demande en lithium pour le
seul secteur des véhicules électriques est estimée entre 22 et 30 % sur la période 2016–2030.
Cette expansion traduit non seulement le rôle catalyseur du lithium dans les innovations
technologiques, mais elle illustre également sa dimension géopolitique : le lithium est désormais
surnommé « l’or blanc du XXIᵉ siècle ». Toutefois, cet essor s’accompagne de défis majeurs, tant
en termes d’extraction et de coûts de production qu’en matière de durabilité environnementale
(Grosjean, Herrera, Chaussin, Perrin, & Poggi, 2012).
Dans cette perspective, il convient de rappeler que les sources de lithium se répartissent en deux
grandes catégories : les saumures salines et les pegmatites lithinifères. D’une part, les saumures,
localisées principalement dans le « triangle du lithium » (Chili, Argentine, Bolivie), concentrent
environ 60 % des ressources mondiales connues. Leur traitement est certes relativement
économique, mais il repose sur un cycle d’évaporation solaire pouvant durer près de deux ans
(Vikström, Davidsson, & Höök, 2013). De ce fait, ce délai rend difficile la réponse rapide aux
fluctuations de la demande, tout en posant des problèmes de consommation d’eau dans des zones
arides, ce qui accentue les tensions socio-environnementales (Flexer, Baspineiro, & Galli, 2018).
D’autre part, les pegmatites lithinifères constituent des roches magmatiques différenciées, riches
en minéraux porteurs de lithium tels que le spodumène (LiAlSi₂O₆), la lépidolite
(KLi₂Al(Al,Si)₃O₁₀(F,OH)₂), la pétalite (LiAlSi₄O₁₀), l’amblygonite ((Li,Na)AlPO₄(F,OH)), la
triphylite (Li(Fe²⁺,Mn²⁺)PO₄) et la lithiophylite (LiMnPO₄) (Habashi, 1969 ; Ingham, 2012).
Bien que leur traitement implique des procédés plus énergivores, leur cycle de production est
beaucoup plus court, de l’ordre de cinq jours, permettant ainsi une production continue et
flexible (Grosjean et al., 2012). C’est pourquoi cette réactivité face aux besoins du marché
explique que l’Australie-Occidentale, grâce à ses mines de spodumène (Greenbushes,
Pilgangoora, Mt Cattlin, Wodgina), se soit imposée comme le premier producteur mondial
depuis la fin des années 2010 (Smith, 2018 ; Hastie, 2018).
Néanmoins, les procédés actuels appliqués aux pegmatites présentent des contraintes
significatives. En effet, la séquence classique – comminution, concentration par flottation,
calcination à haute température (1050–1100 °C), digestion acide, lixiviation et purification –
engendre une consommation énergétique élevée et génère des sous-produits difficiles à gérer,
notamment les aluminosilicates acides et le sulfate de sodium (Chagnes & Światowska, 2015).
Pour cette raison, des alternatives hydrométallurgiques, telles que la lixiviation alcaline sous
pression ou le grillage en présence d’additifs, ont été explorées afin d’améliorer l’efficacité.
Cependant, elles demeurent coûteuses ou limitées par des contraintes techniques (Kuang, Jiao,
Xu, & Liu, 2018).
Dans ce contexte mondial, Madagascar occupe une place particulière. En effet, le socle
précambrien du pays est riche en pegmatites, notamment dans les régions d’Antsirabe,
Ambatofinandrahana, Ikalamavony et Ambalavao. Ces gisements, connus depuis le début du
XXᵉ siècle, contiennent un assemblage varié de minéraux lithinifères, allant du spodumène aux
micas lithinifères (lépidolite), en passant par l’amblygonite, la pétalite et, plus rarement, la
triphylite et la lithiophylite (BRGM, 1965 ; Razafindrazaka, 2005).
Or, malgré leur richesse, ces gisements restent sous-exploités. Les obstacles résident notamment
dans la complexité minéralogique, c’est-à-dire l’association de plusieurs phases minérales dans
un même gisement, dans l’absence de filières industrielles locales pour leur traitement, ainsi que
dans le manque de protocoles adaptés aux spécificités géologiques malgaches. Par conséquent,
l’exploitation du lithium à Madagascar demeure embryonnaire, alors même que le pays possède
le potentiel pour devenir un acteur régional, voire mondial, dans la chaîne de valeur du lithium.
De surcroît, la valorisation durable de ces ressources pourrait constituer un levier majeur de
développement économique, tout en contribuant aux objectifs globaux de transition énergétique.
Ainsi, la problématique centrale de cette recherche repose sur un double déficit :
1. Scientifique, lié à l’insuffisance de données intégrées sur la transformation et l’extraction
du lithium à partir des pegmatites malgaches ;

3
2. Technologique, lié à l’absence de procédés optimisés et comparatifs permettant
d’identifier les voies les plus performantes selon la nature du minerai.
Dès lors, ce mémoire vise à développer une étude comparative et une optimisation des procédés
d’extraction du lithium à partir des principaux minéraux lithinifères présents dans les pegmatites
malgaches : spodumène, lépidolite, pétalite, amblygonite, triphylite et lithiophylite.
En conséquence, les objectifs spécifiques poursuivis sont les suivants :
 Identifier les paramètres physico-chimiques influençant l’efficacité des procédés
d’extraction selon le type de minerai ;
 Concevoir un protocole différencié, combinant efficacité technique, viabilité économique
et durabilité environnementale ;
 Évaluer comparativement les impacts environnementaux et économiques des procédés
optimisés par rapport aux méthodes conventionnelles.
Pour atteindre ces objectifs, l’approche méthodologique adoptée repose sur une intégration
multidisciplinaire. En effet, elle combine des analyses minéralogiques et expérimentales, des
modélisations thermodynamiques et cinétiques, ainsi que des évaluations économiques et
environnementales.
À ce titre, la première partie présente le contexte et l’état de l’art, en abordant successivement les
propriétés fondamentales du lithium, la géologie des pegmatites lithinifères et les procédés
industriels existants d’extraction et de transformation. Ensuite, la deuxième partie détaille les
matériels et méthodes, incluant la caractérisation des échantillons, les protocoles expérimentaux
et les outils analytiques mobilisés. Enfin, la troisième partie expose les résultats expérimentaux
et comparatifs, leur discussion, ainsi que les perspectives de valorisation industrielle et
d’intégration dans une filière durable du lithium à Madagascar.
En définitive, ce travail s’inscrit dans une dynamique de recherche et de développement
appliquée, visant à transformer le potentiel minéral malgache en un atout stratégique pour
l’économie nationale et pour la transition énergétique mondiale. Par une approche comparative et
optimisée des procédés, il ambitionne d’apporter une contribution significative à la
compréhension et à la valorisation des pegmatites lithinifères, tout en positionnant Madagascar
comme un futur acteur clé de la chaîne de valeur internationale du lithium.

4
PARTIE 1. ETAT DE L’ART

5
CHAPITRE 1. GENERALITES SUR LE LITHIUM

Ce chapitre expose les éléments fondamentaux relatifs au lithium. L’analyse de cet élément revêt
une importance majeure, dans la mesure où elle permet d’appréhender à la fois les bases de ses
propriétés chimiques et minéralogiques, et les enjeux stratégiques associés à son exploitation
ainsi qu’à sa valorisation industrielle.

II.1. Propriétés du lithium


II.1.1. Historique
Le lithium (symbole chimique Li) est un élément chimique appartenant à la famille des métaux
alcalins. Il est le 33ème élément le plus abondant sur Terre avec une abondance moyenne de 0,0007%
(Bracken, 1999). Le lithium a été découvert en 1817 par le chimiste suédois Johan August
Arfwedson (Figure 1-1). Ce dernier avait détecté la présence d’un nouvel élément en analysant une
roche minérale appelée pétalite (LiAlSi4O10). Ce nouveau élément a été nommé « lithion/ lithina », à
partir du mot grec « lithios » signifiant « pierre », en référence à sa découverte dans un solide
minérale contrairement au potassium et au sodium (Bracken, 1999).

Figure 1-1. Johan August Arfwedson, symbole chimique du lithium et la roche pétalite.

II.1.2. Propriétés physiques et chimiques

Le lithium, troisième élément du tableau périodique, occupe une position singulière tant par ses
caractéristiques physico-chimiques que par son importance croissante dans les technologies
contemporaines. Il existe deux isotopes stables du lithium, 6Li et 7Li, avec une abondance relative
naturelle de 7,53% et de 92,4%, respectivement (Kim et Al., 1998). Il s'agit du métal solide le plus
léger à température ambiante, avec une densité remarquablement faible de 0,534 g/cm³, ce qui lui
confère des avantages structurels et énergétiques uniques. Son rayon atomique de Van der
Waals, mesuré à 1,82 Å, illustre également la compacité relative de cet atome, dont la structure
électronique est caractérisée par la présence d’un unique électron de valence dans la couche 2s¹.
Cette configuration électronique particulière confère au lithium une série de propriétés
électrochimiques tout à fait remarquables. Sa faible électronégativité, estimée à 0,98 sur l’échelle
de Pauling, ainsi que sa première énergie d’ionisation, mesurée à 520 kJ/mol, traduisent une
tendance marquée à perdre facilement son électron de valence. Ce comportement le rend
extrêmement réactif, notamment vis-à-vis de nombreux agents oxydants. Parmi les métaux
alcalins, le lithium se distingue par son potentiel standard de réduction de -3,0401 V, valeur qui
constitue non seulement la plus élevée de son groupe mais également l’une des plus élevées
parmi l’ensemble des espèces réductrices connues (Garrot, 2004). Cela signifie qu’en tant que
réducteur, le lithium est extrêmement puissant, capable de céder son électron avec une facilité
remarquable dans un large éventail de réactions.
Cette forte capacité réductrice, combinée à sa très faible masse volumique, donne lieu à une
densité massique d’énergie exceptionnellement élevée dans les systèmes électrochimiques qui
l’utilisent. En effet, les batteries lithium-ion (Li-ion ou LiBs), qui exploitent directement ces
propriétés fondamentales, présentent une densité d’énergie comprise entre 360 et 540 kJ/kg, ce
qui les place parmi les systèmes de stockage d’énergie les plus performants actuellement
disponibles. Cette densité énergétique élevée permet de maximiser la puissance fournie par unité
de masse, un avantage déterminant dans les secteurs où le poids constitue un facteur critique
comme dans l’électronique portable, les dispositifs médicaux miniaturisés, ou encore l’industrie
automobile et aérospatiale.
Cette densité énergétique des batteries au lithium-ion se caractérise également par une très haute
efficacité de conversion énergétique ainsi qu’une longévité remarquable, traduite par un grand
nombre de cycles de charge et décharge avec une perte minime de capacité. Ces qualités ont fait
des accumulateurs à base de lithium la technologie dominante pour l’alimentation des dispositifs
électroniques grand public, mais aussi une composante stratégique dans la transition énergétique
actuelle, notamment dans le domaine du stockage stationnaire et de la mobilité électrique
(Wietelmann & Bauer, 2000).
Le tableau ci-dessous (Tableau 2) récapitule certaines propriétés physiques et chimiques
fondamentales du lithium qui contribuent à son comportement si particulier dans les contextes
industriels et énergétiques.

Tableau 2. Propriétés physiques et chimiques du lithium élémentaire (Habashi, 1997)

Propriétés Valeur
Numero atomique 3
Masse atomique 6,94g/mol
État physique Solide diamagnétique (Température ambiante)
Densité 0,534 g/cm³ à 20 °C
Structure cristalline Cubique centré
Dureté de Mohs 0,6
Point de fusion 184.54°C
Point d’ébullition 1347°C

3
Rayon ionique 0.68 Å
Couleur Blanc argenté / gris
Température de fusion 180,5°C
Température d’ébullition 1 342°C
Enthalpie de fusion 3 kJ/mol
Enthalpie de vaporisation 145,92 kJ/mol
Température critique 3 223 °C
Pression critique 68,9 MPa
Volume molaire critique 66 cm³/mol
Compressibilité isotherme 13,02 × 10⁻⁶ m³/mol à m³/mol
Pression de vapeur saturante 1,63 × 10⁻⁸ Pa à 180,54 °C
Vitesse du son 6 000 m/s à 20 °C
Capacité calorifique massique 3 582 J/kg.K
Conductivité électrique 10,8 × 10⁶ S/m
Conductivité thermique 84,7 W/m.K
Potentiel électrochimique Li/Li+ (E⁰) -3,03 V
Potentiel d'ionisation (I) 5,36 eV
Spectre optique 670,785 nm (rouge), 610,364 nm (orange)

Les propriétés thermodynamiques du lithium mettent en évidence, d’une part, une température
de fusion relativement basse (180,5 °C), et, d’autre part, une température d’ébullition élevée (1
342 °C). Ce contraste traduit sa forte stabilité à l’état liquide (Lide, 2005). De plus, son enthalpie
de fusion (3 kJ/mol) apparaît faible, tandis que son enthalpie de vaporisation (145,92 kJ/mol) est,
au contraire, considérablement plus élevée. Cette différence manifeste illustre la cohésion
énergétique importante au sein de son réseau métallique.
En outre, la température critique du lithium (3 223 °C), combinée à sa pression critique (68,9
MPa) et à son volume molaire critique (66 cm³/mol), reflète la complexité de son comportement
en conditions extrêmes (Greenwood & Earnshaw, 2012). Enfin, sa compressibilité isotherme et
sa pression de vapeur saturante, mesurées autour de 180 °C, viennent confirmer son instabilité
chimique dans des environnements thermiques spécifiques.

II.1.3. Histoire de l’exploitation et des usages du lithium au XXe siècle


L’histoire moderne de l’exploitation du lithium débute au début du XXe siècle, mais sa
transformation industrielle à grande échelle commence véritablement en 1923. Cette année-là,
l’entreprise allemande Metallgesellschaft AG parvient à produire du lithium métallique à partir
de solutions de chlorure de lithium par électrolyse, en s’appuyant sur le procédé électrochimique
élaboré dès 1855 par Robert Bunsen et Augustus Matthiessen (Bunsen, 1855 ; Winter, 2018). Le
lithium produit fut alors utilisé dans un alliage de plomb, le Bahnmetall, dans lequel sa teneur
ne dépassait pas 0,04 % (Wietelmann & Bauer, 2000).

4
Un tournant majeur dans les applications du lithium survient durant la Seconde Guerre mondiale.
Le métal devient alors un composant clé des lubrifiants d’aviation. Ces lubrifiants, à base de
savon de lithium, présentaient des caractéristiques physico-chimiques supérieures, notamment
une plus grande stabilité thermique et une non-corrosivité appréciée en aéronautique (Nora et al.,
s.d.). Parallèlement, l’hydrure de lithium (LiH), obtenu à partir de lithium métallique, servait de
source pratique d’hydrogène (H₂) pour gonfler des ballons de signalisation utilisés lors de
missions de secours en mer (Hader et al., 1951).
L’ensemble de ces besoins militaires était alors comblé par des gisements modestes situés aux
États-Unis, principalement alimentés par les minéraux de lépidolite et d’amblygonite. Leur
traitement reposait sur des procédés de digestion acide intégrale (Kamienski et al., 2000).
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, et jusqu'à l’émergence des batteries lithium-ion (LiBs),
le principal minéral exploité pour la production du lithium devient le spodumène (LiAlSi₂O₆).
Dès 1950, Ellestad et Lente (1950) mettent au point un procédé de digestion acide sulfurique
permettant une extraction industrielle du lithium à partir de spodumène calciné. La mise à
l’échelle industrielle est assurée l’année suivante par Metalloy Corporation, pour répondre aux
besoins militaires croissants des États-Unis, notamment pour la production de tritium (³H) à
partir de LiH, utilisé dans l’industrie nucléaire (Hader et al., 1951). Durant cette période (1954–
1960), trois entreprises produisent environ 4 500 tonnes par an (Kamienski et al., 2000).
Après 1960, les usages civils du lithium se diversifient, quoique la demande reste relativement
modeste. Le lithium est utilisé pour abaisser la température de fusion du verre dans l’industrie
verrière, et dans le procédé Hall-Héroult pour la production de l’aluminium. Ces applications ont
cependant une faible demande spécifique comparée aux applications stratégiques militaires.
L’entreprise Lithium Corporation of America, intégrée à FMC Corporation en 1995, produit du
carbonate de lithium de 1956 à 1998 à Bessemer City. En parallèle, Foote Mineral Company,
grâce au brevet de Hayes et al. (1950), produit de l’hydroxyde de lithium entre 1950 et 1984,
bien que ce procédé se révèle moins avantageux que la méthode sulfurique classique.
Un changement technologique décisif a lieu en 1991 lorsque la société japonaise Sony
commercialise la première batterie lithium-ion (Nagaura & Tozawa, 1990). Cette innovation
repose non pas sur le lithium métallique, trop réactif, mais sur le transfert réversible d’ions
lithium entre une anode en graphite et une cathode en oxyde métallique, exploitant ainsi le
potentiel redox élevé du lithium tout en garantissant une sécurité opérationnelle accrue
(Wakihara, 2008).
L’émergence des batteries Li-ion coïncide avec l’exploitation croissante des saumures salines,
notamment dans les salars d’Amérique du Sud (Chili, Argentine, Bolivie). Ces lacs salés
représentent une alternative économiquement plus viable à l’exploitation des minerais solides, en
raison de coûts d’extraction et de purification significativement moindres. Cela entraîne la

5
fermeture progressive des petites exploitations minières et la concentration du marché entre les
mains de quelques grands producteurs.

[Link] du lithium
Utilisation du lithium

À l’échelle mondiale, les usages industriels du lithium s’étendent et se diversifient chaque année,
englobant des secteurs variés tels que la céramique et le verre, les batteries, la pharmacie, le
caoutchouc et les thermoplastiques, la coulée continue, le traitement de l’air, l’aluminium, la
métallurgie, les graisses lubrifiantes, et d’autres encore (tableau 2.1 et figure 2.1).
Le composé de lithium le plus utilisé reste le carbonate de lithium, qui constitue la principale
matière première pour la majorité des processus industriels et chimiques. D’autres formes
chimiques notamment le chlorure, hydroxyde, ou sulfate de lithium ont employées dans des
applications plus spécialisées.

Secteur 2010 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
d’applicatio
¹ ¹ ¹ ¹ ² ³ ³ ³ ³ ³ ³ ³ ⁴ ⁴
n
Batteries 20 25 30 35 39 65 74 83 85 87 87 87 87 87
Céramique 15 14 13 12 10 18 14 8 7 7 8 6 5 5
& Verre
Graisses 5 5 5 5 7 5 4 4 4 4 4 4 4 4
lubrifiantes
Aluminium 8 9 10 10 8 5 4 3 3 3 3 3 3 3
&
métallurgie
Pharmacie 5 6 7 7 6 4 3 2 2 2 2 2 2 2
Autres 47 41 35 31 30 3 1 0 0 0 0 0 0 0
usages

Tableau 2.1 – Répartition mondiale de la consommation de lithium par usage industriel (%)
(2010–2024)

 La consommation pour batteries a grimpé de 20 % en 2010 à 87 % en 2020, se stabilisant


depuis.
 Les industries traditionnelles (céramique, verre, lubrifiants, etc.) ont vu leur part diminuer
considérablement :
o Céramique & verre est passée de 15 % à 5 % en 2024 ;
o Lubrifiants se maintiennent autour de 4 % ;
o Aluminium / métallurgie et pharmacie sont en baisse constante, chacune autour de
2–3 % en 2024.
 La catégorie « autres usages » est devenue marginale après 2016 (inférieur à 1 %).

6
Figure 2.1 – Domaines d’application des composés du lithium selon leur usage final d’après
Peiró et al., 2013

2.1.1. Industrie de la céramique et du verre

L’oxyde de lithium, généralement obtenu à partir du carbonate de lithium, constitue un


ingrédient clé dans la formulation de produits verriers, d’émaux et de céramiques techniques. Les
concentrés minéraux de lithium, tels que le spodumène et la pétalite, sont intégrés directement
dans les mélanges de fabrication afin d’abaisser la température de fusion ainsi que le coefficient
de dilatation thermique des matériaux. Cette optimisation thermophysique permet une réduction
significative de l’énergie nécessaire aux procédés industriels, tout en améliorant la résistance
mécanique des produits finis (Peiró et al., 2013).

2.1.2. Batteries

Les composés de lithium sont aujourd’hui fondamentaux dans la conception des batteries
rechargeables, notamment les accumulateurs lithium-ion (Li-ion), devenus omniprésents dans
une large gamme d’appareils électroniques de consommation : téléphones portables, outils
électroportatifs, lecteurs MP3, ordinateurs portables, tablettes numériques, et surtout, véhicules
électriques (USGS, 2014). Par ailleurs, les batteries au lithium non rechargeables sont
couramment utilisées dans les calculatrices, appareils photo, montres et autres petits dispositifs
électroniques.

7
Selon Roskill (2012) et l’USGS (2012), l’utilisation croissante des batteries lithium-ion a été
alimentée par la demande accrue dans le secteur automobile, notamment pour les véhicules
hybrides (HEV), hybrides rechargeables (PHEV) et entièrement électriques (EV), produits par
les grands constructeurs mondiaux tels que General Motors, Nissan, Mitsubishi, Hyundai, BMW,
Ford, Toyota, Volkswagen et Honda. Cette dynamique industrielle s’est traduite par une
croissance annuelle continue estimée à environ 5 % jusqu’à l’horizon 2020.

2.1.3. Graisses lubrifiantes

Les graisses lubrifiantes à base de lithium, issues de l’hydroxyde de lithium monohydraté, sont
largement utilisées dans les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et de la navigation
maritime. Leur adoption s’explique par leur large plage de stabilité thermique, leur résistance à
l’oxydation et à la dégradation par l’eau, ainsi que leur remarquable durabilité face aux
conditions extrêmes de fonctionnement (USGS, 2014).

2.1.4. Traitement de l’air

Les composés de lithium tels que le chlorure (LiCl) et le bromure de lithium (LiBr) sont
couramment employés comme agents déshydratants dans les systèmes de traitement de l’air et de
refroidissement industriel (Rockwood Lithium, 2015). En particulier, les solutions aqueuses
contenant jusqu’à 54 % en masse de LiBr sont utilisées dans les installations de refroidissement
par absorption. Par ailleurs, le LiCl est valorisé dans les systèmes de régulation de l’humidité des
laboratoires, des procédés photographiques, de la transformation alimentaire et des
environnements pharmaceutiques (Pan Global Resources, 2015).

2.1.5. Autres applications industrielles

Les composés de lithium de haute pureté sont également essentiels dans la fabrication de
polymères, la catalyse chimique, ainsi que dans l’industrie pharmaceutique. le carbonate de
lithium de qualité pharmaceutique, purifié à un niveau supérieur à 99,7 %, est utilisé comme
agent thérapeutique dans le traitement des troubles bipolaires et d'autres affections
psychiatriques. Il agit comme stabilisateur de l’humeur, et son usage est bien documenté dans la
pharmacopée moderne depuis la seconde moitié du XXᵉ siècle (Wietelmann & Bauer, 2000). Ce
double rôle à la fois technologique et biomédical renforce le statut du lithium comme élément
critique dans les chaînes de valeur contemporaines. Les catalyseurs à base de lithium sont utilisés
notamment pour la polymérisation de caoutchoucs synthétiques, conférant à ces matériaux une
excellente résistance à l’abrasion. De plus, certains polymères thermoplastiques issus de ces

8
catalyseurs peuvent être produits sans processus de vulcanisation (Wallace, 2012), ce qui
constitue une avancée significative dans l’ingénierie des matériaux.

I.1.4. ASPECTS THERMODYNAMIQUES

Les propriétés thermodynamiques constituent un fondement essentiel pour la compréhension des


procédés d’extraction, de transformation et de valorisation du lithium. En effet, elles permettent
d’évaluer la faisabilité énergétique des réactions chimiques et d’orienter la conception de
procédés industriels optimisés. Parmi ces grandeurs, l’enthalpie libre standard de formation
(ΔG°f) occupe une place centrale, puisqu’elle renseigne directement sur la spontanéité des
réactions et sur la stabilité des composés dans leurs états standards (Lide, 2005 ; Greenwood &
Earnshaw, 2012).

Enthalpie libre standard de formation (ΔG°f) des composés du lithium

L’enthalpie libre standard de formation est définie comme la variation d’énergie libre
accompagnant la formation d’un composé à partir de ses éléments constitutifs pris dans leur état
standard. Ainsi, elle constitue un indicateur thermodynamique majeur permettant de comparer la
stabilité relative des composés et d’anticiper leur comportement au sein de procédés industriels.
Le tableau ci-dessous présente les valeurs de ΔG°f pour trois composés représentatifs du
lithium :
Tableau 2 : Enthalpies libres standard de formation des principaux composés du
lithium(Wikipedia)

Composé Formule chimique ΔG°f (kJ/mol)

Carbonate de lithium Li₂CO₃(s) –1132,2

Hydroxyde de lithium LiOH(s) –441,5

Chlorure de lithium LiCl(s) –384,4

Ces valeurs révèlent, par exemple, la remarquable stabilité thermodynamique du carbonate de


lithium, ce qui explique sa large utilisation comme produit final dans l’extraction à partir de
saumures.

Implications thermodynamiques dans les procédés industriels

Les données thermodynamiques des composés du lithium ne constituent pas seulement des
informations théoriques : elles guident concrètement la mise en œuvre des procédés industriels.
 Extraction à partir de saumures : La précipitation du carbonate de lithium (Li₂CO₃) représente une
étape centrale dans la transformation des saumures. Elle est rendue possible grâce à la très faible
solubilité du carbonate, ce qui confère à la réaction un caractère thermodynamiquement favorable.
 Production de lithium métallique : L’électrolyse du chlorure de lithium (LiCl) constitue le procédé
principal d’obtention du lithium métallique. Ce processus repose sur la décomposition électrolytique du
LiCl en lithium métallique et chlore gazeux. La faisabilité énergétique de cette réaction est directement
déterminée par la valeur négative de ΔG°f du chlorure de lithium, garantissant une efficacité
industrielle notable.
 Synthèse de composés avancés : L’hydroxyde de lithium (LiOH), en raison de sa stabilité
thermodynamique, est privilégié comme précurseur dans la synthèse de matériaux avancés, en

9
particulier les cathodes de batteries lithium-ion. Cette stabilité confère une sécurité accrue aux procédés
de fabrication et améliore le rendement des matériaux obtenus.
 Diagrammes thermodynamiques : Enfin, les diagrammes de Pourbaix, représentant les domaines de
stabilité en fonction du potentiel électrochimique et du pH, permettent d’identifier les conditions
optimales de stabilité des composés. Ces outils s’avèrent essentiels pour concevoir des procédés
industriels économes en énergie et respectueux de l’environnement.
Ainsi, l’analyse thermodynamique constitue une étape incontournable pour orienter les choix
technologiques dans la filière lithium.

I.1.5. ASPECTS CINÉTIQUES ET MÉCANISMES RÉACTIONNELS

Outre les considérations thermodynamiques, la compréhension des procédés industriels liés au


lithium requiert l’analyse de la cinétique chimique et des mécanismes réactionnels. En effet, si la
thermodynamique renseigne sur la faisabilité d’une réaction, la cinétique en détermine la vitesse
et, par conséquent, l’efficacité industrielle (Chagnes & Światowska, 2015).

Cinétique des réactions électrochimiques

Les batteries lithium-ion reposent sur des phénomènes d’intercalation et de désintercalation des
ions Li⁺ dans les matériaux d’électrodes. Ces transferts d’ions se produisent à l’interface
électrode-électrolyte et sont fortement influencés par la densité de courant, la surtension, la
température et les propriétés physico-chimiques des matériaux hôtes.

L’équation de Butler-Volmer

L’équation de Butler-Volmer constitue le modèle fondamental décrivant la cinétique des


réactions électrochimiques. Elle exprime la relation entre la densité de courant (i) et la surtension
(η), en tenant compte des contributions anodiques et cathodiques :

Paramètres définis :
 i : Densité de courant (A/m²), proportionnelle à la vitesse de la réaction.
 i ₀ : Densité de courant d’échange, représentant la vitesse de la réaction à l’équilibre.
 αₐ et αc : Coefficients de transfert anodique et cathodique.
 n : Nombre d’électrons transférés.
 F : Constante de Faraday (96 485 C/mol).
 R : Constante des gaz parfaits (8,314 J/mol·K).
 T : Température absolue (K).
 η : Surtension, différence entre le potentiel appliqué et le potentiel d’équilibre.
Interprétation physique :
 Le premier terme exprime la contribution de la réaction anodique (oxydation).
 Le second terme correspond à la contribution de la réaction cathodique (réduction).
Ainsi, l’équation de Butler-Volmer permet d’anticiper le comportement cinétique des systèmes
électrochimiques, notamment la performance des électrodes dans les batteries lithium-ion.

I.1.6. Propriétés structurales et cristallochimiques

10
Les propriétés structurales et cristallochimiques des composés du lithium occupent une place
centrale dans l’explication de leurs performances électrochimiques et de leurs applications
industrielles, agricoles et alimentaires. En effet, la disposition des ions au sein du réseau
cristallin conditionne directement la stabilité chimique, la conductivité ionique ainsi que la
capacité des matériaux à interagir efficacement avec les ions lithium. Ces paramètres structuraux
constituent donc des facteurs déterminants pour la sélection et l’optimisation des matériaux dans
les domaines technologiques modernes, notamment dans la conception des batteries lithium-ion
et des catalyseurs industriels.

Cristallochimie et rôle dans les matériaux lithiés

La cristallochimie, discipline à l’interface de la chimie minérale et de la physique du solide,


établit des corrélations directes entre la structure cristalline des matériaux et leurs propriétés
physico-chimiques. Dans le cas des composés lithiés, la nature du système cristallin –
monoclinique, orthorhombique ou rhomboédrique – détermine la mobilité des ions Li⁺ dans le
réseau, influençant ainsi les performances électrochimiques. La compréhension de ces relations
structure–propriétés constitue un levier essentiel pour le développement de matériaux avancés
destinés aux technologies de l’énergie et aux procédés industriels.

Paramètres cristallographiques des principaux composés du lithium

Le tableau ci-dessous résume les principaux paramètres cristallographiques de quelques


composés représentatifs :

Composé Système Groupe Paramètres de maille (Å)


cristallin d’espace
Li₂CO₃ Monoclinique C2/c a = 8,359 ; b = 4,973 ; c = 6,197 ; β =
114,83°
LiCoO₂ Rhomboédrique R-3m a = 2,816 ; c = 14,051
LiFePO₄ Orthorhombique Pnma a = 10,332 ; b = 6,010 ; c = 4,692

Source : Investigation de l’auteur


Ces données illustrent la diversité structurale des composés du lithium, chacun présentant une
configuration cristalline adaptée à des usages spécifiques. Ainsi, Li₂CO₃ se distingue par sa
stabilité chimique, LiCoO₂ par sa structure en couches favorable aux échanges ioniques, et
LiFePO₄ par sa sécurité thermique et sa robustesse électrochimique.

Analyse structurale des composés représentatifs

 Structure monoclinique du Li₂CO₃


Le carbonate de lithium (Li₂CO₃) cristallise dans un système monoclinique (C2/c). Ses
paramètres de maille témoignent d’une structure asymétrique conférant au composé une
grande stabilité thermique et chimique. Cette robustesse explique son utilisation dans la
production de céramiques et de verres spéciaux. En outre, le Li₂CO₃ constitue un

11
précurseur essentiel pour la synthèse d’oxydes lithiés, tels que le LiCoO₂, utilisé dans les
cathodes de batteries lithium-ion.
 Structure rhomboédrique du LiCoO₂
Le dioxyde de cobalt lithium (LiCoO₂), de groupe d’espace R-3m, présente une structure
en couches caractérisée par l’empilement alterné de plans de lithium, de cobalt et
d’oxygène. Cette organisation facilite l’intercalation et la désintercalation réversible des
ions Li⁺, mécanisme au cœur du fonctionnement des batteries lithium-ion. Ce caractère
réversible confère à LiCoO₂ une densité énergétique élevée, bien qu’il présente certaines
limites en termes de sécurité thermique.
Structure orthorhombique du LiFePO₄
Le phosphate de fer lithium (LiFePO₄), cristallisant dans le groupe d’espace Pnma, possède
une structure tridimensionnelle organisée en canaux bien définis, favorisant une diffusion
contrôlée des ions Li⁺. Cette architecture explique sa remarquable stabilité thermique et sa
sécurité accrue, deux propriétés qui font de LiFePO₄ un matériau de choix pour les batteries
des véhicules électriques, où la longévité et la sûreté priment sur la seule densité énergétique.
Conclusion partielle
En définitive, le lithium apparaît comme un élément stratégique dont l’importance dépasse
largement sa singularité chimique. Ses propriétés physiques et électrochimiques, notamment
sa faible densité, sa forte réactivité et sa capacité d’intercalation ionique, en font un matériau
indispensable dans des domaines clés tels que le stockage de l’énergie, la mobilité électrique
et l’industrie des matériaux avancés. De plus, la diversité de ses sources géologiques –
saumures salines et pegmatites lithinifères témoigne de la complexité de son
approvisionnement, laquelle conditionne directement son rôle dans la transition énergétique
mondiale.
Ainsi, si le lithium constitue une ressource incontournable pour le développement des
technologies vertes, son exploitation soulève néanmoins des défis scientifiques,
technologiques et environnementaux. Les contraintes liées aux procédés d’extraction, à la
disponibilité géographique des gisements et aux impacts écologiques associés à leur
exploitation rappellent que la valorisation durable de ce métal stratégique nécessite une
optimisation continue des procédés et une diversification des sources d’approvisionnement.
Dans ce contexte global, Madagascar se trouve dans une position privilégiée grâce à ses
pegmatites lithinifères riches en spodumène, lépidolite, pétalite et autres minéraux
lithinifères. Cependant, la valorisation de ce potentiel reste embryonnaire et requiert une
meilleure compréhension des propriétés physico-chimiques et structurales du lithium. Ainsi,
l’étude approfondie de ses caractéristiques générales constitue un préalable essentiel à

12
l’élaboration de stratégies d’exploitation adaptées, conciliant efficacité technique, rentabilité
économique et durabilité environnementale.

13
CHAPITRE 2. GENERALITES SUR LES MATIERES PREMIERES

Le lithium, élément alcalin le plus léger, est principalement contenu dans deux grandes
catégories de ressources naturelles : les saumures salines et les minéraux solides (ou minéraux
lithinifères). Ces derniers se distinguent par leur diversité structurale et chimique, et par leur
importance stratégique dans la valorisation industrielle du lithium (Meshram et al., 2014).
Parmi les minéraux lithinifères les plus étudiés, on recense : le spodumène (LiAlSi₂O₆), la
lépidolite (K(Li,Al)₃(Si,Al)₄O₁₀(F,OH)₂), l’amblygonite ((Li,Na)AlPO₄(F,OH)), la petalite
(LiAlSi₄O₁₀), et la triphylite-lithiophilite (Li(Fe²⁺,Mn²⁺)PO₄). Parmi eux, le spodumène, sous sa
forme β après transformation thermique, reste historiquement la principale source industrielle de
lithium, en particulier en Australie et au Canada (USGS, 2023).
Le lépidolite, quant à elle, constitue un mica lithinifère appartenant au sous-groupe des
phyllosilicates. Bien que moins riche en lithium que le spodumène, elle est valorisée en raison de
sa facilité relative de traitement hydrométallurgique et de la présence conjointe d’éléments
valorisables tels que le potassium, l’aluminium, le fluor, et parfois le rubidium et le césium
(Gavrilescu et al., 2021).

3.1. SILICATE DE LITHIUM

SPODUMENE

Le spodumène, un silicate de lithium et d’aluminium de formule LiAlSi₂O₆, est actuellement


considéré comme la principale source de lithium à partir de roches dures (hard rock), en
opposition aux saumures (brines). En raison de sa teneur relativement élevée en Li₂O (jusqu’à 8
% dans certains cas) et de son abondance dans de nombreux massifs granitiques et
pegmatitiques, le spodumène constitue un minerai privilégié pour l’exploitation industrielle du
lithium (Grosjean et al., 2012).
Les principaux pays producteurs sont actuellement l’Australie (notamment le gisement de
Greenbushes), le Canada (Whabouchi) et, plus récemment, le Portugal, mais de nouvelles zones
à fort potentiel attirent l’attention, notamment en Afrique australe et à Madagascar. L’intérêt
croissant pour les ressources de spodumène malgaches s’inscrit dans ce contexte global de
diversification des approvisionnements.

1.3. Cadre géologique et potentiel du spodumène à Madagascar


Madagascar possède un potentiel minier remarquable, notamment en ce qui concerne les
pegmatites granitiques à lithium. Dans la région d’Antsirabe, plusieurs indices minéralisés ont
été signalés, en particulier dans les secteurs de Sahatany, Manandona, Ambatofinandrahana et
Betafo, où des pegmatites zonées renferment du spodumène associé à d'autres minéraux
lithinifères tels que la lépidolite, la manandonite ou l’amblygonite.
Les travaux géologiques antérieurs (Rakotondratsima, 1999 ; BRGM, 2008) ont mis en évidence
la présence de filons pegmatitiques riches en spodumène dans des lithologies métamorphiques à
dominance gneissique. Toutefois, ces ressources demeurent encore peu étudiées en termes de
viabilité économique, de tonnages disponibles et de procédés de valorisation adaptés aux
conditions locales.

2.2. Formation géologique et contexte pétrogénique

Le spodumène se forme principalement dans les pegmatites granitiques de type LCT (Lithium –
Césium – Tantale), lesquelles résultent de la cristallisation tardive de magmas granitiques
enrichis en éléments incompatibles. Ces pegmatites se développent dans des contextes
orogéniques où la croûte continentale est épaisse, favorisant l’accumulation de fluides résiduels
enrichis en Li, F, B et autres métaux rares (Černý & Ercit, 2005).
À Madagascar, les pegmatites lithinifères sont largement représentées dans les provinces de
l’Itasy, de Vakinankaratra (Antsirabe, Sahatany, Betafo) et de l’Amoron’i Mania
(Ambatofinandrahana). Elles sont intrusives dans des terrains gneissiques précambriens et
présentent une zonation classique : zone externe quartz-muscovite, zone intermédiaire feldspath-
albite, et cœur spodumène-lépidolite-tourmaline (Rakotondratsima, 1999 ; BRGM, 2008).

2.3. Gisements majeurs de spodumène dans le monde

Les principaux gisements exploités à l’échelle industrielle se situent dans les pays suivants :
 Australie : Le gisement de Greenbushes, dans l’ouest du pays, est la plus grande mine de
spodumène au monde, avec des réserves dépassant les 150 millions de tonnes de minerai
à environ 2,0–2,5 % Li₂O (Talison Lithium, 2022).
 Canada : Le projet Whabouchi, au Québec, développe un gisement à haute teneur
(jusqu’à 1,53 % Li₂O) dans un environnement géologique archéen.
 Chine : Plusieurs gisements sont exploités dans la province du Sichuan.
 Portugal : Les pegmatites de la région de Barroso-Alvão présentent un potentiel
économique en cours d’évaluation.
 Madagascar : Bien que non encore industrialisée, la région d’Antsirabe recèle de
gisements à spodumène prometteurs nécessitant une étude approfondie.

2.4. Comparaison avec d'autres minéraux lithinifères

Outre le spodumène, d'autres minéraux contiennent du lithium, mais leur intérêt économique est
souvent moindre :
 Lépidolite : mica lithinifère de formule K(Li,Al)₃(Si,Al)₄O₁₀(F,OH)₂, plus abondante
mais plus difficile à traiter.
 Amblygonite–Montebrasite : phosphate de lithium et d’aluminium (LiAlPO₄F), riche en
Li mais rare.
 Manandonite : phyllosilicate rare, spécifique à certaines pegmatites de Madagascar, en
cours d’évaluation.
Le spodumène se distingue par sa forte teneur en Li₂O, sa répartition cristalline favorable après
conversion thermique, et la maturité des procédés industriels de traitement (Grosjean et al.,
2012).

2.5. Procédés de traitement du spodumène

Le traitement du spodumène repose sur une séquence classique :


1. Comminution et séparation minérale (concassage, broyage, flottation)
2. Grillage thermique à 950–1100 °C pour la conversion α → β
3. Lixiviation acide (souvent H₂SO₄) ou alcaline (Na₂CO₃, NaOH)
4. Précipitation du lithium en carbonate (Li₂CO₃) ou en hydroxyde (LiOH·H₂O)
5. Purification par cristallisation ou extraction liquide-liquide
Les réactions thermochimiques impliquées peuvent être résumées comme suit (Habashi, 1984) :
LiAlSi₂O₆ (spodumène α) → LiAlSi₂O₆ (spodumène β) [950–1100 °C]
LiAlSi₂O₆ + H₂SO₄ → Li₂SO₄ + Al₂(SO₄)₃ + SiO₂ + H₂O [lixiviation acide]
2.6. Impact environnemental et enjeux industriels
L’extraction du lithium à partir du spodumène génère des résidus solides (silice, alumine,
sulfates) et peut mobiliser des quantités importantes d’énergie. Toutefois, elle offre une
alternative stratégique aux ressources de saumure, dont l’impact écologique en zones arides est
fortement critiqué (Flexer et al., 2018). L’intégration de procédés éco-efficients, de recyclage des
réactifs et de valorisation des résidus est donc une exigence pour les projets à venir.
2.7. Conclusion
Le spodumène, en raison de sa richesse en lithium, de sa réactivité après grillage, et de son
intégration dans des gisements pegmatitiques accessibles, constitue une source stratégique pour
l’approvisionnement mondial. Madagascar, avec ses pegmatites encore peu exploitées,
notamment dans la région d’Antsirabe, représente une opportunité majeure pour un
développement minier à haute valeur ajoutée. Les chapitres suivants s’attacheront à explorer, sur
base expérimentale, les procédés les plus adaptés à ces ressources.
PETALITE
La pétalite, également connue sous le nom de castorite, est un minéral lithinifère appartenant au
groupe des silicates. Sa formule chimique idéale est LiAlSi₄O₁₀, indiquant qu’il s’agit d’un
aluminosilicate riche en lithium, avec une structure cristalline monoclinique (Černý & Ercit,
2005). Découverte à la fin du XVIIIᵉ siècle par le chimiste brésilien José Bonifácio de Andrada e
Silva, la pétalite fut l’un des premiers minéraux identifiés comme source de lithium (Nogueira,
2019). Sa découverte marqua une étape importante dans l’histoire de la chimie, puisque c’est à
partir de ce minéral que Johan August Arfvedson isola le lithium en 1817 (Meshram et al.,
2014).

1.2. Propriétés minéralogiques

1.2.1. Formule chimique et structure cristallographique

La pétalite est un aluminosilicate de lithium dont la formule simplifiée est LiAlSi₄O₁₀. Elle se
caractérise par une structure en feuillets d’aluminosilicate, conférant une stabilité thermique et
chimique relativement élevée (Černý, 1982). Le lithium y est incorporé dans la maille cristalline,
ce qui rend son extraction plus complexe que dans des minéraux tels que le spodumène.

1.2.2. Propriétés physiques et optiques

 Système cristallin : Monoclinique


 Densité : 2,39–2,40 g/cm³
 Dureté (Mohs) : 6 – 6,5
 Couleur : blanche, grisâtre, parfois rosée
 Éclat : vitreux à nacré
 Indice de réfraction : 1,502–1,520
Ces caractéristiques en font un minéral reconnaissable, bien que souvent associé à d’autres
phases lithinifères comme le spodumène ou la lépidolite (London, 2008).

1.3. Gisements mondiaux et ressources connues


La pétalite est généralement présente dans les pegmatites granitiques, souvent associée à la
lépidolite, au spodumène et à l’amblygonite. Les principaux gisements se trouvent :
 Brésil : dans les pegmatites du Minas Gerais.
 Zimbabwe : Bikita, l’un des plus grands gisements exploités de pétalite au monde
(Meshram et al., 2014).
 Canada : Tanco mine au Manitoba.
 Australie : gisements de Greenbushes et Pilbara.
 Portugal : Alvarrões, connu pour la pétalite associée aux feldspaths (Dias et al., 2015).
 Madagascar : zones d’Antsirabe, Ambatofinandrahana et Ikalamavony présentent des
pegmatites à pétalite, souvent associées à la lépidolite et à la manandonite
(Andrianjakarivony, Ramanambelo & Rasoazanamparany, 2020).
La pétalite se présente dans les pegmatites malgaches sous forme de cristaux tabulaires ou
lamellaires de couleur blanche à grisâtre. Elle apparaît en association avec :
 spodumène (LiAlSi₂O₆),
 lépidolite (mica lithinifère),
 amblygonite ((Li,Na)AlPO₄(F,OH)),
 feldspaths (microcline, albite),
 quartz.
Les analyses pétrographiques montrent que la pétalite occupe une position tardive dans la
cristallisation pegmatitique, se formant après les feldspaths alcalins mais avant ou en association
avec les micas lithinifères (London, 2008).
La composition chimique typique de la pétalite malgache se situe autour de 4,5 % de Li₂O, mais
varie selon la différenciation magmatique (Andrianjakarivony et al., 2020).

2.4. Réserves potentielles et données quantitatives disponibles

Les données disponibles restent fragmentaires, mais plusieurs études indiquent un potentiel
économique significatif :
 Ambatofinandrahana : Pegmatites à amblygonite et pétalite étudiées depuis les années
1970 (Bésairie, 1971).
 Antsirabe : Pegmatites exploitées artisanalement pour la lépidolite, avec présence de
pétalite associée (Rakotondranaivo, 2018).
 Ikalamavony : Pegmatites encore peu étudiées, mais présentant une forte concentration
en silicates lithinifères, dont la pétalite.
La valorisation industrielle de ces ressources reste limitée par l’absence de procédés locaux de
traitement et de transformation, malgré un contexte international marqué par une forte demande
en lithium pour les batteries électriques (Gavrilescu, Pavel & Cretescu, 2021).

3.2. PHYLOSILICATE DE LITHIUM


LEPIDOLITE

Historiquement exploitée pour ses teneurs en lithium, la lépidolite se distingue également par son
intérêt scientifique, car elle reflète les conditions de formation et l’évolution géochimique des
pegmatites.
3.2.1. Formule chimique et caractéristiques cristallographiques
La lépidolite appartient au groupe des micas, plus précisément aux phyllosilicates dioctaédriques
à lithium, et se distingue par sa composition chimique riche en éléments légers et volatils. Sa
formule chimique générale est K(Li,Al)₃(Si,Al)₄O₁₀(F,OH)₂, exprimant la variabilité
compositionnelle permise par les substitutions isomorphiques au sein de la structure cristalline
(Deer, Howie & Zussman, 1992). Ainsi, le lithium peut partiellement remplacer l’aluminium
dans les sites octaédriques, tandis que les groupements fluor et hydroxyle peuvent alterner dans
la couche interfoliaire.
Sur le plan cristallographique, la lépidolite cristallise dans le système monoclinique, groupe
d’espace C2/m, avec des paramètres de maille typiques variant autour de a ≈ 5.2 Å, b ≈ 9.0 Å, c
≈ 10.1 Å, et β ≈ 100° (Rieder et al., 1998). Cette structure en couches est caractéristique des
micas : les tétraèdres SiO₄ (où Si peut être partiellement remplacé par Al) sont organisés en
feuillets tétraédriques, entre lesquels s’insèrent des feuillets octaédriques contenant des cations
Li⁺, Al³⁺ et Mg²⁺, et enfin des cations interfoliaires (K⁺) jouant le rôle de liants électrostatiques
entre les couches (Bailey, 1984).
La stabilité structurale de la lépidolite est influencée par la teneur en fluor, qui réduit le caractère
hydrophile du minéral et améliore sa stabilité thermique. Cette substitution F⁻ ↔ OH⁻,
fréquente dans les pegmatites tardives, rend la lépidolite plus apte à résister aux altérations
hydrothermales (Wiewiora & Weiss, 1990).
3.2.2. Propriétés physiques
La lépidolite se reconnaît aisément par sa couleur violette à rose lilas, parfois gris pâle ou
argentée, selon la pureté du cristal et la présence de manganèse ou d’autres éléments traces. Sa
brillance nacrée à perlée, ainsi que son clivage parfait selon (001), sont caractéristiques des
micas, ce qui explique sa facilité à se déliter en lamelles fines (Dana & Hurlbut, 1985).
Ses propriétés physiques sont résumées comme suit :
 Couleur : violet pâle, rose lilas, gris
 Clivage : parfait selon {001}
 Système cristallin : monoclinique
 Dureté : 2,5 – 3 (échelle de Mohs)
 Densité : 2,8 à 3,3 g/cm³ (selon la teneur en fluor et rubidium)
 Point de fusion : ~950 °C
 Indice de réfraction : n = 1,525 – 1,585
 Transparence : transparente à translucide
 Tenacité : flexible mais non élastique
Ces propriétés font du lépidolite un minéral à la fois facile à broyer et chimiquement réactif, des
qualités recherchées pour les procédés d’extraction du lithium.
1.2.3. Genèse et contexte géologique
La lépidolite est un minéral secondaire, produit des phases tardives de cristallisation des magmas
granitiques fortement différenciés. Elle se forme à des températures basses à intermédiaires
(400–600 °C), dans des conditions favorables à la concentration d’éléments dits incompatibles,
tels que Li, Rb, Cs, Be, Ta, Nb, et F (Černý, 1991 ; London, 2005).
Elle est typiquement associée aux pegmatites zonées, où elle occupe les zones intermédiaires à
centrales, parfois en remplacement du spodumène ou en coexistence avec des minéraux
comme :spodumène (LiAlSi₂O₆), petalite (LiAlSi₄O₁₀),amblygonite ((Li,Na)AlPO₄(F,OH)),
vookéite (Al₁.₅Li₀.₅(Si₃Al)O₁₀(OH)₈)
Le développement du lépidolite dans ces pegmatites résulte d’une cristallisation à partir de
fluides résiduels enrichis en lithium, fluor et bore, qui permettent la formation de minéraux très
évolués à textures saccharoïdes ou lamellaires. Ce processus est favorisé par une fugacité élevée
du fluor (fF), qui favorise la stabilisation des phases riches en Li à la place des phases classiques
à muscovite (Barton & Young, 2002).
Les pegmatites contenant du lépidolite appartiennent souvent au type LCT (Lithium–Césium–
Tantale), dans la classification géochimique des pegmatites granitiques (Černý & Ercit, 2005).
Ces pegmatites sont souvent associées à des granites S-types, riches en éléments volatils, et
présentent une zonation interne nette, témoignant de processus de ségrégation fluide-cristal
durant la cristallisation.

1.3.1. Principaux gisements mondiaux


La lépidolite est exploitée dans plusieurs provinces pegmatitiques majeures réparties sur les cinq
continents. Voici une synthèse des principaux gisements :
 Brésil (Minas Gerais) : Le district de Araxá et les pegmatites de Itinga sont réputés pour
leurs concentrations élevées en lépidolite, césium, rubidium, et tantale. Ces gisements
sont associés à des granites anatectiques du craton São Francisco (Menezes-Filho et al.,
2013).
 Chine (Jiangxi, Sichuan) : Les pegmatites de la province du Jiangxi constituent l’une des
sources historiques majeures de lépidolite. Les exploitations de Yichun et Zhaoqing ont
produit d’importantes quantités de Li₂O, souvent accompagnées de cookéite et de fluorite
(Hu et al., 2020).
 Zimbabwe (Bikita) : Le gisement de Bikita est l’un des plus anciens gisements de
lépidolite exploités au monde. Découvert dans les années 1920, il présente des teneurs
élevées (~3,5 % Li₂O) et est exploité pour la lépidolite, la petalite et les feldspaths
(Gambogi, 2019).
 République tchèque (Cínovec) : Les pegmatites de Cínovec–Rožná sont riches en
lépidolite et cassitérite. La teneur moyenne en lithium atteint 2,1 % Li₂O, avec un
potentiel de coextraction de Sn, W et Ta (Breiter et al., 2013).
 Canada (Manitoba, Ontario) : Les pegmatites de Tanco au Manitoba et celles de Georgia
Lake en Ontario contiennent de la lépidolite en association avec la spodumène, la
pollucite et l’amblygonite, avec un potentiel industriel avéré (Černý et al., 1981).
 Australie (Western Australia) : Bien que dominée par le spodumène (ex. : Greenbushes),
la lépidolite est exploitée dans certains corps mineurs, notamment dans les gisements de
Wodgina et Mt Cattlin.
Ces gisements montrent une grande diversité géochimique et texturale, mais tous présentent un
enrichissement significatif en éléments incompatibles, facilitant la valorisation multiple de la
roche exploitée.
Tableau : Gisements mondiaux majeurs de lépidolite — Répartition, teneurs et éléments associés
Pays / Localisation / Teneur Tonnage Réserves Minéraux Références
Région District moyenne estimé en Li₂O associés
en Li₂O (Mt) (Mt)
(%)
Brésil Minas Gerais 1,5 – 2,7 ≈12 Mt ~0,3 Mt Tantalite, Menezes-
(Araxá, albite, quartz Filho et al.,
Itinga) 2013
Chine Jiangxi 1,0 – 2,5 ≈30 Mt ~0,8 Mt Cookéite, Hu et al.,
(Yichun, fluorite 2020
Zhaoqing)
Zimbabwe Bikita ~3,5 ≈11 Mt ~0,4 Mt Petalite, Gambogi,
feldspath 2019
République Cínovec – ~2,1 ≈34 Mt ~0,7 Mt Cassitérite, Breiter et
tchèque Rožná muscovite al., 2013
Canada Manitoba 1,5 – 2,0 ≈9 Mt ~0,2 Mt Spodumène, Černý et al.,
(Tanco), amblygonite, 1981
Ontario pollucite
(Georgia
Lake)
Australie Western 1,2 – 2,2 ≈8 Mt ~0,25 Mt Spodumène, USGS,
Australia quartz, 2023 ;
(Wodgina, feldspath Australian
Mt Cattlin) Mines
Atlas, 2021
1.3.2. Importance économique
Sur le plan industriel, la lépidolite constitue une source stratégique secondaire de lithium, en
particulier dans les contextes où les saumures et les spodumènes sont absents ou
économiquement inaccessibles. La teneur en lithium y est modérée (1,5–4,0 % Li₂O), mais sa
facilité de traitement la rend attractive dans le cadre des procédés hydrométallurgiques directs,
notamment par lixiviation acide ou sulfate, sans nécessité de transformation de phase (Meshram
et al., 2014 ; Wang et al., 2019).
Les avantages comparatifs de la lépidolite incluent :
 Absence de calcination préalable (contrairement au spodumène)
 Présence d’éléments co-valorisables (Rb, Cs, K, F)
 Coût énergétique modéré pour les traitements en voie humide
 Potentiel pour des procédés circulaires ou propres (bioleaching, solvothermie)
À titre d’exemple, les procédés développés en Chine pour le traitement de la lépidolite
(notamment à Yichun) permettent d’atteindre des rendements de récupération en lithium
supérieurs à 85 %, avec production de Li₂CO₃, LiOH ou LiF à partir de solutions extraites par
lixiviation sulfurique ou chlorhydrique (Zhang et al., 2021).
Enfin, du fait de son abondance dans des pays en développement comme Madagascar, la
lépidolite est considérée comme un vecteur potentiel de développement minier durable, pour peu
que son exploitation soit encadrée par des standards environnementaux et sociaux rigoureux.
1.4. Contexte géologique et minier à Madagascar
1.4.1. Cadre géologique
Madagascar, île de l’océan Indien à la géologie complexe et ancienne, possède un substratum
principalement composé de formations précambriennes, représentatives des cycles orogéniques
panafricains. Les régions d’Antsirabe et d’Ambatofinandrahana, situées dans la province
géologique du Centre malgache, sont particulièrement riches en corps pegmatitiques granitiques
à fort potentiel économique, notamment pour les minéraux lithinifères.
Ces pegmatites, d’âge néoprotérozoïque à paléozoïque inférieur (environ 600–480 Ma), sont le
produit d’une cristallisation tardive des granites anatectiques issus du métamorphisme régional
intense et de la fusion partielle du socle (Bésairie, 1971 ; Nicollet, 1990). Elles présentent une
zonation interne marquée, typique des pegmatites différenciées, avec une distribution spatiale
des minéraux allant du quartz, feldspath et muscovite en périphérie jusqu’à des concentrations
plus élevées en lépidolite, spodumène, beryl ou tourmaline dans les zones intermédiaires ou
centrales.
Les travaux géologiques menés par le BRGM, le Service Géologique de Madagascar, ainsi que
par divers projets de coopération (ex. : PGRM, projet SYSMIN) ont mis en évidence la présence
de plus de 500 occurrences pegmatitiques entre Betafo, Antsirabe, Ambositra et
Ambatofinandrahana (Rasamuel et al., 2006 ; Lécuyer et al., 2008). Ces corps sont souvent
encaissés dans des gneiss migmatitiques, des granites à deux micas, ou des métapélites, et
montrent une forte concentration en éléments dits incompatibles (Li, Cs, Rb, Be, Ta, Nb, F),
caractéristiques d’un système magmatique évolué (Černý & Ercit, 2005).
À Sahatamy, par exemple, les pegmatites montrent une zonation exceptionnelle avec une zone
centrale de lépidolite rose lilas très pure, parfois accompagnée de cookéite, tandis qu’à Betafo,
des linéaments de pegmatites de plus de 400 m de long renferment du spodumène et de la
lépidolite à texture saccharoïde (Rakotondramanana et al., 2015). Les analyses minéralogiques
effectuées par diffraction des rayons X (DRX), microscopie électronique à balayage (MEB) et
ICP-OES ont permis d’identifier des teneurs en lithium oscillant entre 1,5 % et 3,2 % Li₂O,
principalement sous forme de lépidolite (Andrianjakarivony et al., 2020).
La cristallisation tardive de ces pegmatites dans un contexte de convergence crustale et de
fermeture de bassin explique l’abondance en éléments légers et volatils. Ces conditions ont
favorisé la stabilisation de micas lithiumifères, qui apparaissent comme les derniers produits
d’une série de différenciation progressive des magmas granitiques. La présence de fluor, de bore
et de rubidium renforce cette signature géochimique de pegmatites dites "LCT" (lithium–
césium–tantale), selon la classification de London (2008).
1.4.2. Potentiel minier en lépidolite
Le potentiel économique du lépidolite à Madagascar est aujourd’hui reconnu, bien qu’encore
sous-exploité. Dans la région d’Ambatofinandrahana, des campagnes de prospection récentes ont
permis de cartographier plusieurs zones de concentration en lépidolite dans des pegmatites de
type zoné à faible profondeur (Ratsimbazafy et al., 2021). Les travaux géochimiques menés sur
des échantillons issus des localités de Mandrosohasina, Ambalamahasoa et Soavina Sud ont
révélé des teneurs significatives en Li₂O variant entre 1,8 % et 3,0 %, et une abondance
volumique de lépidolite supérieure à 40 % dans certains niveaux (Raharinosy et al., 2019).
Ces résultats ont été confirmés par analyses par ICP-MS, mettant en évidence une présence
concomitante de césium (jusqu’à 1000 ppm), de rubidium (jusqu’à 2000 ppm), et de fluor
(jusqu’à 1,2 %), témoignant d’un enrichissement polyvalent en éléments à haute valeur ajoutée.
Ces données renforcent l’hypothèse d’un gisement économiquement exploitable non seulement
pour le lithium, mais aussi pour d’autres métaux stratégiques dans le contexte de l’économie
verte (Gao et al., 2022 ; London, 2008).
En outre, la minéralogie associée (quartz, albite, muscovite, tourmaline) et la texture
relativement massive et homogène de la lépidolite facilitent les opérations de broyage,
classification et concentration, nécessaires au traitement métallurgique. Des essais de flottation
réalisés au Laboratoire de Minéralogie Appliquée de l’Université d’Antananarivo ont permis
d’atteindre des récupérations en lépidolite de 75 à 85 % avec des réactifs standards (amines,
acides gras) et un broyage à 150 µm.
La valorisation de ces pegmatites représente une opportunité pour l’industrialisation de
Madagascar, d’autant plus que la demande mondiale en lithium (LiOH, Li₂CO₃) continue de
croître fortement, portée par les marchés des véhicules électriques, du stockage stationnaire et
des batteries portables (USGS, 2023 ; IEA, 2022).
1.4.3. Enjeux pour le développement national
L’exploitation de la lépidolite à Madagascar présente des enjeux multiples, à la fois
économiques, énergétiques, géopolitiques et sociaux. Du point de vue économique, le
développement d’une filière locale de production de lithium (via la lépidolite) permettrait :
 De diversifier les exportations minières du pays, actuellement dominées par le nickel, le
cobalt, le graphite et l’ilménite ;
 De capter une plus grande part de la chaîne de valeur, notamment par la transformation
locale en LiOH ou Li₂CO₃, produits directement utilisables pour la fabrication de
batteries Li-ion ;
 De créer des emplois spécialisés dans les secteurs de la minéralurgie, de la chimie
extractive et du génie des procédés, en particulier dans les zones rurales.
Du point de vue énergétique, Madagascar pourrait utiliser cette ressource pour soutenir une
stratégie nationale d’électrification durable, en promouvant les technologies de stockage
stationnaire au lithium, utiles pour les zones isolées ou non connectées au réseau national. Cela
contribuerait à réduire la dépendance aux carburants fossiles importés et à renforcer la résilience
énergétique du pays (IEA, 2022).
Sur le plan géopolitique, l’exploitation responsable de la lépidolite peut faire de Madagascar un
acteur stratégique en Afrique australe dans le domaine des métaux critiques, renforçant ainsi sa
place dans les discussions internationales autour des ressources de la transition énergétique
(European Commission, 2020).
Enfin, il convient de souligner l’importance d’une approche intégrée et durable de cette
exploitation. Cela inclut :
 Une concertation avec les communautés locales sur les retombées sociales et
environnementales ;
 La protection des zones sensibles sur le plan écologique (ex. : forêts humides, bassins
versants) ;
 L’encouragement à la recherche appliquée sur des procédés extractifs propres et
circulaires, permettant de réduire l’empreinte environnementale de l’exploitation de la
lépidolite.
3.3. MANANDONITE

Généralités minéralogiques sur la manandonite

La manandonite est un minéral phyllosilicaté rare appartenant au groupe des micas et à la sous-
classe des silicates en feuillets. Elle est chimiquement définie par la formule LiAl₂(AlSi₃O₁₀)
(OH)₂, où le lithium est intégré dans la structure octaédrique, remplaçant partiellement
l’aluminium. D’un point de vue cristallographique, elle cristallise dans le système monoclinique,
souvent sous forme de petits cristaux lamellaires à éclat nacré, de couleur blanche à légèrement
verdâtre. Elle se distingue notamment de la cookéite par sa teneur plus élevée en lithium et par
son absence d’intercalation de chlorite (Simmons et al., 2001).
Ce minéral fut initialement décrit à Madagascar dans la région de Manandona, d'où son nom, et
constitue l’un des rares exemples de mica lithiumifère à structure relativement stable dans des
conditions de métamorphisme de basse à moyenne température (Grew & Hinthorne, 1983). Il est
le plus souvent associé à des pegmatites granitiques zonées, à proximité de granites alcalins ou
peralumineux.

1.2. Cristallochimie et structure

La structure de la manandonite repose sur des feuillets 2:1 typiques des micas, composés de deux
tétraèdres silicatés encadrant une couche octaédrique. Le lithium occupe des sites octaédriques
spécifiques, conférant à la structure une stabilité particulière malgré la petite taille de l’ion Li⁺
(Shannon, 1976). Les substitutions isomorphiques fréquentes impliquent les couples Al³⁺–Li⁺ et
Al³⁺–Fe³⁺, affectant la répartition électronique et les propriétés spectroscopiques du minéral
(Bailey, 1984).
Les analyses spectroscopiques récentes (notamment DRX, FTIR et MEB-EDS) ont permis de
mettre en évidence l’existence de plusieurs variétés de manandonite, différenciées par leurs
teneurs en fer, sodium, fluor et autres éléments accessoires. Ces variations reflètent les
conditions physico-chimiques du milieu de formation et permettent d’établir des modèles de
genèse pegmatitique régionale (Novák et al., 2012).

1.3. Occurrences et gisements connus dans le monde

La manandonite demeure un minéral très rare, identifié dans seulement quelques gisements à
travers le monde. Son occurrence est généralement limitée aux pegmatites granitiques à lithium
et aux faciès d’altération hydrothermale riche en fluor.
a région de Manandona (près d’Antsirabe) constitue le site-type de la manandonite, où elle forme
des agrégats lamellaires intercroissants avec la cookéite, la muscovite et parfois des minéraux
uranifères comme l’autunite. Le faciès minéralogique suggère une cristallisation dans des
conditions de basse température (inférieures à 300 °C), compatibles avec un fluide hydrothermal
acide à modérément alcalin (Rasoazanamparany, 2015).

1.5. Propriétés physico-chimiques et caractérisation

Les propriétés physiques de la manandonite comprennent :


 Dureté Mohs : 2,5 – 3
 Densité : 2,7 – 2,9 g/cm³
 Couleur : blanc, vert pâle, rose pâle
 Clivage parfait selon (001)
 Éclat nacré à soyeux
Sur le plan chimique, elle contient généralement entre 2 à 4 % d’oxyde de lithium (Li₂O), avec
des teneurs variables en aluminium (20–30 % Al₂O₃), silice (35–45 % SiO₂) et eau structurale
(jusqu’à 10 %).
Formule chimique : Li₂Al₄(Si₂AlB)O₁₀(OH)₈
Groupe minéral : Groupe de la kaolinite-serpentine.
Référence : Mineral Data Publishing, version 1.2 (2001).

Cristallographie

 Système cristallin : Orthorhombique


 Groupe ponctuel : 222
 Habitus : Se présente sous forme de plaques micacées pseudo-hexagonales, d’agrégats
lamellaires en éventail ou de globules atteignant environ 1 mm, formant des croûtes.
 Gémellité : Gémellages fréquents autour de l’axe [001], produisant des secteurs
hexagonaux.

Propriétés physiques

 Clivage : Parfait selon (001).


 Dureté (Mohs) : 2,5
 Densité mesurée : 2,76–2,89
 Densité calculée : 2,79

Propriétés optiques

 Aspect : Transparent à translucide


 Couleur : Blanche en cristaux, jaune terne sous forme globulaire
 Éclat : Nacré sur les plans de clivage
 Classe optique : Biaxe (+), parfois pseudouniaxe
 Orientation : Z || (001)
 Indice de réfraction : α = 1,604(5), β = 1,604(5), γ = non déterminé
 Angle 2V mesuré : 10° ± 15°

Données cristallographiques

 Groupe spatial : C2221


 Paramètres de maille :
o a = 5,057(4) Å
o b = 8,765(7) Å
o c = 13,769(9) Å
o Z=2

Diffraction des rayons X (poudre)

Localité : Antandrokomby (vallée de la Sahatany), Madagascar.


Raies principales (d en Å, intensité relative %) :
 6,92 (100) ; 3,447 (80) ; 2,376 (35) ; 4,362 (25) ; 2,489 (15) ; 1,863 (15) ; 4,158 (10).

Composition chimique (%)

Oxydes Antandrokomby (1) Analyse combinée (2) Idéal (3)


SiO₂ 25,20 23,12 23,48
B₂O₃ 9,25 7,74 6,80
Al₂O₃ 47,02 48,06 49,80
MnO 0,02 – –
MgO 0,03 – –
CaO 0,07 – –
Li₂O 3,97 5,40 5,84
Na₂O 0,48 0,13 –
K₂O 0,20 – –
H₂O 14,10 15,43 14,08
Total 100,22 100,00 100,00

33phosphates de lithium

À Madagascar, les pegmatites granitiques précambriennes des régions d’Antsirabe et


d’Ambatofinandrahana sont reconnues pour leur richesse en minéraux rares, notamment les
phosphates lithinifères : l’amblygonite, la triphylite et la lithiophilite (Bésairie, 1971;
Andrianjakarivony et al., 2020). Ces minéraux présentent un intérêt scientifique et économique
considérable, tant pour leur composition chimique que pour leur potentiel de valorisation
industrielle.

Contexte géologique des phosphates de lithium à Madagascar

Les pegmatites malgaches appartiennent à la province pegmatitique d’Itremo–Antsirabe, qui


constitue l’une des zones les plus riches en minéraux industriels et en pierres précieuses du pays.
Ces pegmatites se sont formées lors des stades tardifs de cristallisation des granites, lorsque les
fluides résiduels enrichis en éléments incompatibles (Li, P, F, Mn, Fe) ont permis la
cristallisation de minéraux rares tels que l’amblygonite, la triphylite et la lithiophilite (Černý,
1982).
Les pegmatites de la région d’Ambatofinandrahana sont particulièrement connues pour leurs
concentrations en minéraux lithinifères (Andrianjakarivony et al., 2020). Ces formations
constituent un cadre géologique exceptionnel pour l’étude des processus magmatiques et
hydrothermaux responsables de l’accumulation du lithium et des phosphates.

Caractéristiques minéralogiques et cristallochimiques

L’Amblygonite : un phosphate aluminifère fluoré

L’amblygonite, dont la formule chimique est généralement représentée par LiAl(F,OH)PO₄,


appartient à la famille des phosphates. Sa teneur théorique en lithium est de 4,73 % (Li₂O), mais
elle peut atteindre des valeurs plus élevées selon les substitutions ioniques (Černý, 1982).Ce
minéral se distingue des aluminosilicates lithiumers, tels que le spodumène ou la pétalite, par sa
plus grande solubilité dans les acides minéraux couramment utilisés en métallurgie,
notamment l’acide sulfurique et l’acide chlorhydrique. Cette propriété confère à l’amblygonite
un avantage potentiel dans les procédés d’extraction chimique du lithium (Garrett, 2004).
Sur le plan physique, il se présente sous la forme d’un minerai dont la coloration varie du blanc
laiteux au gris, avec une densité comprise entre 2,98 et 3,11 g/cm³, caractéristiques qui
permettent une identification aisée et qui influencent son comportement lors des opérations de
traitement minéralurgique (Garrett, 2004).
Sur le plan cristallochimique, la présence de fluor joue un rôle crucial car elle affaiblit les
liaisons entre les tétraèdres [PO4] et les couches aluminifères, facilitant ainsi les réactions de
décomposition thermique et chimique (Meshram et al., 2014). Cette particularité confère à
l’amblygonite une réactivité élevée lors du grillage et de la lixiviation acide, ce qui la rend
particulièrement intéressante pour l’industrie extractive du lithium.

Cependant, malgré ces propriétés favorables, les gisements d’amblygonite restent relativement
rares et dispersés, comme l’ont documenté Distin et Philips (1982). Cette rareté explique en
partie pourquoi ce minerai n’a qu’une utilisation industrielle limitée comparativement aux
aluminosilicates plus abondants.
Toutefois, on recense plusieurs exploitations industrielles notables d’amblygonite à travers le
monde. Parmi les sites les plus significatifs figurent des gisements localisés au Canada, au
Brésil, au Surinam, au Zimbabwe, au Rwanda, ainsi que dans la région des Black Hills aux
États-Unis (Garrett, 2004). Ces exploitations, bien que modestes en volume, contribuent
néanmoins à la diversité des approvisionnements en lithium, en particulier dans les contextes où
les aluminosilicates ne sont pas facilement accessibles.
À Madagascar, l’amblygonite est abondamment présente dans les pegmatites
d’Ambatofinandrahana, où elle coexiste avec la spodumène, la lépidolite et divers phosphates
secondaires (Bésairie, 1971). Son exploitation pourrait constituer une alternative importante à
celle des silicates de lithium.

La Triphylite : un phosphate ferrifère à haute réactivité

La triphylite (LiFe2+PO4) est un phosphate orthorhombique dont la structure appartient au


groupe des olivines phosphatées. Sa composition chimique est marquée par la présence de fer
ferreux (Fe²⁺), qui peut être partiellement substitué par le manganèse, créant ainsi une série
isomorphe avec la lithiophilite (Černý, 1982).
La triphylite se distingue par sa réactivité thermique et chimique. Elle est particulièrement
intéressante pour la synthèse du matériau LiFePO₄, l’un des principaux composants des
cathodes de batteries lithium-ion. Ce matériau présente une grande stabilité thermique, une
sécurité élevée et un faible coût par rapport aux oxydes de cobalt (Padhi et al., 1997).
Dans les pegmatites malgaches, la triphylite est souvent associée à l’amblygonite, à la
lithiophilite et à des minéraux accessoires riches en fer. Sa présence souligne la diversité
minéralogique des gîtes lithinifères du pays.

La Lithiophilite : un phosphate manganésifère

La lithiophilite (LiMn2+PO4) est chimiquement très proche de la triphylite, mais le manganèse


remplace le fer dans sa structure. Elle forme une série isomorphe continue avec la triphylite, ce
qui rend parfois difficile leur distinction macroscopique.
Bien que la lithiophilite ait un intérêt industriel plus limité, elle revêt une grande importance
scientifique, car elle permet d’étudier les mécanismes de substitution cationique (Fe²⁺ ↔ Mn²⁺)
dans les phosphates de lithium (Černý, 1982). Sa stabilité thermique et ses propriétés
électrochimiques la rendent également prometteuse pour le développement de matériaux de type
LiMnPO₄, envisagés comme alternatives dans certaines technologies de batteries (Yamada et al.,
2006).
À Madagascar, la lithiophilite est signalée dans plusieurs pegmatites, souvent en association avec
la triphylite, ce qui témoigne des conditions de cristallisation riches en manganèse des
pegmatites locales.

Enjeux économiques et environnementaux

L’exploitation de l’amblygonite, de la triphylite et de la lithiophilite à Madagascar pourrait jouer


un rôle majeur dans l’intégration du pays à la chaîne de valeur mondiale du lithium.
L’amblygonite se distingue comme ressource à haute teneur, tandis que la triphylite est valorisée
comme précurseur du LiFePO₄, et la lithiophilite, bien que moins exploitée, présente un potentiel
scientifique et industriel non négligeable.
Cependant, cette valorisation soulève des défis environnementaux : gestion des déchets
miniers, consommation d’eau et risque de pollution acide liés aux procédés de lixiviation
(Gavrilescu et al., 2021). Une approche de développement durable intégrant la responsabilité
sociale et environnementale s’avère donc indispensable pour que Madagascar puisse tirer profit
de ces ressources sans compromettre son équilibre écologique.

Conclusion

Les phosphates de lithium de Madagascar, représentés par l’amblygonite, la triphylite et la


lithiophilite, constituent une richesse minéralogique et un atout stratégique pour le pays. Leur
étude révèle non seulement un potentiel industriel considérable, mais également une valeur
scientifique majeure dans la compréhension des processus pegmatitiques et des substitutions
cationiques. L’amblygonite apparaît comme la ressource la plus exploitable, la triphylite comme
une voie technologique prometteuse pour les batteries lithium-ion, et la lithiophilite comme un
minéral d’avenir pour les matériaux alternatifs. Une exploitation raisonnée et durable de ces
ressources pourrait positionner Madagascar comme un acteur incontournable de la filière
mondiale du lithium.

Caractéristiques générales
 La lithiophilite (LiMn²⁺PO₄) et la triphylite (LiFe²⁺PO₄) forment une série isomorphe
continue où le rapport Mn/Fe varie.
 L’amblygonite ((Li,Na)AlPO₄(F,OH)) est un phosphate aluminifère, distinct des deux
premiers, souvent associé aux silicates lithinifères (spodumène, lépidolite).
Ces trois minéraux constituent des sources secondaires mais stratégiques de lithium, souvent
exploitées conjointement avec d’autres minéraux dans les pegmatites différenciées (Černý &
Ercit, 2005).

2. Tableau comparatif
Caractéristiques Lithiophilite Triphylite Amblygonite
(LiMn²⁺PO₄) (LiFe²⁺PO₄) ((Li,Na)AlPO₄(F,OH))
Famille Phosphate de Li- Phosphate de Li-Fe Phosphate aluminifère de
Mn Li-Na
Système Orthorhombique Orthorhombique Triclinique – Monoclinique
cristallin (selon variétés)
Couleur typique Brun, rose saumon, Gris bleuté, verdâtre, Blanc, crème, verdâtre,
jaune miel brun noir parfois bleu pâle
Dureté (Mohs) 4–5 4–5 5,5 – 6
Densité (g/cm³) 3,44 – 3,50 3,50 – 3,58 2,95 – 3,11
Clivage Parfait sur {100} Parfait sur {100}, Parfait sur {100}, bon sur
imparfait {010} {010}
Indices optiques α = 1,663–1,696 ; γ α = 1,675–1,694 ; γ = nα ≈ 1,592 ; nγ ≈ 1,644
= 1,674–1,702 1,685–1,700
Composition MnO (40–45 %) + FeO (25–30 %) + Al₂O₃ (45–50 %) + Li₂O
dominante Li₂O (≈9 %) Li₂O (≈8–9 %) (4–5 %) + F
Série Avec triphylite Avec lithiophilite Parfois avec montebrasite
minéralogique (riche en Na)
Occurrence Minéral tardif dans Phosphate primaire Pegmatites différenciées,
pegmatites abondant dans cavités miarolitiques
complexes pegmatites zonées
Associations Purpurite, Ferrisicklerite, Quartz, feldspaths,
fréquentes huréaulite, oxydes hétérosite, alluaudite spodumène, lépidolite
Mn–Fe
Réactivité Bonne réactivité Bonne réactivité Très réactif grâce à la
chimique acide (Mn favorise) acide (Fe favorise) présence de fluor
Intérêt Source de Li et Mn Source de Li et Fe Source de Li de haute
économique secondaire secondaire réactivité, facilement
lixiviable

CONCLUSION PARIELLE
Les gisements lithinifères de Madagascar se répartissent en trois grandes familles : les silicates,
les phyllosilicates et les phosphates de lithium.
D’une part, les silicates, représentés par le spodumène, la pétalite et la bikitaïte, constituent les
minéraux à plus forte teneur en lithium (4,5–8 % Li₂O). Ils sont largement exploités à l’échelle
industrielle mondiale. Cependant, leur transformation nécessite un traitement thermique
préalable, appelé décrépitation, avant toute attaque chimique, ce qui entraîne une augmentation
notable des coûts énergétiques (Meshram et al., 2014 ; Gavrilescu, Pavel, & Cretescu, 2021).
D’autre part, les phyllosilicates, dont la lépidolite et la zinnwaldite, présentent des teneurs plus
faibles en lithium (1,5–3,5 % Li₂O). Néanmoins, ils possèdent un avantage stratégique majeur
grâce à leur richesse en éléments rares associés, tels que le césium, le rubidium et le tantale.
Toutefois, leur extraction demeure plus complexe en raison de leur composition chimique variée
(London, 2008 ; Andrianjakarivony, Ramanambelo, & Rasoazanamparany, 2020).
Enfin, les phosphates lithinifères, représentés par l’amblygonite, la triphylite, la lithiophilite et la
manandonite, affichent en moyenne 3–5 % de Li₂O. En revanche, leur forte réactivité aux
attaques acides rend leur traitement plus accessible. Toutefois, leurs réserves relativement
limitées constituent une contrainte. Ils représentent ainsi une alternative pertinente pour
diversifier les filières extractives (Černý & Ercit, 2005).
En somme, Madagascar dispose d’une complémentarité minéralogique remarquable : les
silicates fournissent la ressource principale, les phyllosilicates ouvrent la voie à une valorisation
multi-métaux, tandis que les phosphates offrent une option technologique prometteuse pour
développer des procédés extractifs plus efficaces.

CHAPITRE 3. PROCESSUS D’EXTRACTION DU LITHIUM

L’extraction du lithium à partir de minéraux est une étape essentielle pour répondre aux besoins
croissants de l’industrie des batteries et des technologies énergétiques. Les procédés développés
reposent généralement sur un traitement thermique suivi d’une lixiviation, permettant de rendre
le lithium soluble et récupérable.
Ces procédés se distinguent selon le milieu utilisé : acide, alcalin, grillage avec sels ou
chloration. Chaque méthode possède ses avantages et ses limites, ce qui explique les
nombreuses recherches menées pour améliorer leur rendement et leur durabilité.
Les procédés d’extraction du lithium à partir de roches dures peuvent être regroupés et
schématisés comme l’illustre la Figure 2.
Figure 2. Schéma général des procédés d’extraction du lithium à partir de minéraux lithinifères.
En fonction du milieu utilisé pour la lixiviation du lithium, le grillage ou la calcination, plusieurs
approches sont recensées : le procédé acide, le procédé alcalin, le grillage avec sels ainsi que
le procédé de chloration (Zhang et al., 2019; Chen et al., 2020; Meshram, Pandey & Mankhand,
2014; Tian et al., 2018). Dans la plupart des cas, le carbonate de lithium (Li₂CO₃) est obtenu soit
par précipitation via une réaction de substitution avec le carbonate de sodium (Na₂CO₃), soit par
carbonatation de la solution enrichie en lithium au moyen de dioxyde de carbone (CO₂). Cette
étape conduit également à la coproduction de sulfate de sodium anhydre (Na₂SO₄) comme sous-
produit industriel (Meshram et al., 2014).

3.1. Extraction du lithium par voie acide

L’extraction du lithium par procédé acide se classe selon la nature de l’acide employé,
notamment :
1. L’acide sulfurique (H₂SO₄) (Choubey et al., 2016; Kang et al., 2019),
2. L’acide chlorhydrique (HCl) (Zhou et al., 2019),
3. L’acide nitrique (HNO₃) (Zhang et al., 2020),
4. L’acide fluorhydrique (HF) (Zhou & Zhu, 2017; Guo et al., 2018).
Par ailleurs, d’autres acides ont également été étudiés dans un cadre expérimental. Toutefois, à
l’échelle industrielle, le procédé à l’acide sulfurique est le plus couramment appliqué pour
l’extraction du lithium à partir du spodumène et demeure le procédé dominant. Les autres voies,
utilisant HCl, HF ou HNO₃, restent marginales ou limitées aux phases de recherche et
développement (Meshram et al., 2014).

3.1.1. Extraction du lithium par acide sulfurique

A. Extraction à partir du spodumène

Après plus d’un demi-siècle de recherche et développement, le procédé d’extraction du lithium


par traitement à l’acide sulfurique est considéré comme le procédé le plus largement utilisé à
l’échelle industrielle (Choubey et al., 2016; Meshram et al., 2014). Ce procédé présente de
nombreux avantages :
 une efficacité prouvée,
 une relative simplicité opérationnelle et un contrôle aisé,
 une qualité de produit finale constante et reproductible.
De ce fait, le procédé à l’acide sulfurique demeure la méthode de référence pour la valorisation
du spodumène en carbonate de lithium (Li₂CO₃), consolidant ainsi sa position dominante parmi
les différentes filières d’extraction.
Le procédé d’extraction du lithium à partir du spodumène par la voie sulfurique comprend
plusieurs étapes successives, allant de la calcination initiale jusqu’à la précipitation finale du
carbonate de lithium. Ces différentes opérations visent à transformer le spodumène α, faiblement
réactif, en spodumène β plus actif, à solubiliser le lithium sous forme de sulfate, puis à purifier et
concentrer la solution afin d’obtenir un produit de haute qualité.
Étape 1 : Calcination et transformation de phase.
Le concentré de spodumène α est d’abord broyé puis calciné à une température comprise entre
950 et 1100 °C, ce qui entraîne sa conversion en spodumène β, beaucoup plus réactif (Meshram
et al., 2014).
Étape 2 : Grillage acide.
Une quantité excédentaire d’acide sulfurique concentré (environ 1,4 fois la valeur
stœchiométrique) est ajoutée dans un four rotatif, à une température de 250 à 300 °C. Cette
réaction conduit à la formation de sulfate de lithium (Li₂SO₄), soluble dans l’eau (Choubey et
al., 2016).
Étape 3 : Lixiviation aqueuse et neutralisation.
Le minerai grillé est ensuite lixivié à l’eau à 90 °C. L’excès d’acide sulfurique est neutralisé par
addition de calcaire broyé (CaCO₃) afin d’ajuster le pH entre 7 et 10, ce qui permet l’élimination
des impuretés telles que le fer et l’aluminium (Zhou et al., 2019). La solution brute de sulfate de
lithium obtenue contient environ 10 % en Li₂O (Meshram et al., 2014).
Étape 4 : Purification de la solution.
Du lait de chaux est ajouté afin d’éliminer la majorité des ions magnésium. Le pH est ensuite
ajusté dans un milieu fortement basique (pH 11–12), ce qui améliore la précipitation des
impuretés (Kang et al., 2019). Dans une étape ultérieure, les traces résiduelles de calcium et de
magnésium sont éliminées par addition de carbonate de sodium, permettant d’obtenir une
solution de Li₂SO₄ plus pure (Tian et al., 2018).
Étape 5 : Concentration et précipitation du carbonate de lithium.
La solution purifiée est concentrée par évaporation et filtrée, atteignant une teneur supérieure à
20 % en Li₂O (Zhang et al., 2020). Le carbonate de lithium (Li₂CO₃) est ensuite précipité par
réaction de substitution lors de l’addition d’une quantité stœchiométrique de Na₂CO₃. Le produit
précipité est séparé par centrifugation puis séché, donnant le Li₂CO₃ commercial (Choubey et
al., 2016).
Étape 6 : Valorisation des sous-produits.
La liqueur-mère, riche en sulfate de sodium, est concentrée par évaporation sous vide, puis
cristallisée pour produire du sulfate de sodium anhydre (Na₂SO₄). Les vapeurs d’eau condensées
sont recyclées dans l’étape de lixiviation, réduisant ainsi la consommation d’eau et améliorant
l’efficacité globale du procédé (Meshram et al., 2014).

Conditions optimales et efficacité du procédé

Historiquement, la calcination du spodumène a été réalisée à des températures allant de 1000 à


1350 °C, avec une consommation d’acide sulfurique de 1,3 à 2,4 fois la valeur théorique et un
grillage à 250–300 °C (Brewer, 1953). Toutefois, des recherches récentes ont montré que des
conditions optimales consistent à calciner à 1050 °C pendant 30 minutes, avec un apport d’acide
sulfurique 1,4 fois supérieur à la valeur théorique, et un grillage à 250 °C pendant 30 minutes
(Zhang et al., 2021).
Lors de la lixiviation, le rapport solide/liquide optimal est de 1 : 1,85, à température ambiante,
avec un temps de réaction de 15 minutes, permettant d’atteindre un rendement d’extraction de
96,93 % (Zhang et al., 2021).
Le problème de consommation excessive d’acide a pu être résolu par l’utilisation d’acide
sulfurique dilué, suivi de la précipitation des ions calcium à l’aide d’oxalate de sodium, de
l’élimination du magnésium sous forme d’hydroxyde, et de la réduction des sulfates et métaux
lourds. Ces améliorations permettent d’obtenir un Li₂CO₃ de meilleure qualité (Guo et al.,
2018).
Enfin, l’étude des conditions opératoires sur l’efficacité et la pureté de la précipitation a montré
que des concentrations de 2 mol/L de Li₂SO₄ et Na₂CO₃, une température de 45 °C et une
agitation de 300 rpm permettent d’atteindre un rendement de récupération de 90 % et une pureté
de 99 % pour le Li₂CO₃ obtenu (Tian et al., 2018).
Réactions principales du procédé

Figure 3. Schéma de procédé d’extraction du lithium à partir du spodumène par la voie


sulfurique

B. Extraction du lithium à partir de la lépidolite par la voie sulfurique

L’extraction du lithium à partir de la lépidolite par le procédé à l’acide sulfurique a fait l’objet de
plusieurs études expérimentales. Une première recherche (Zhang et al., 2017) a montré que les
conditions optimales étaient : une température de calcination de 900 °C, une concentration en
acide sulfurique de 70 %, un rapport massique solide/acide de 1:1, un temps de réaction de 15
minutes et une température de réaction de 130 °C. Toutefois, dans ces conditions, le rendement
de lixiviation n’a atteint que 75 %.
Quatre ans plus tard, une autre étude (Li et al., 2021) a évalué une réaction directe entre la
lépidolite et l’acide sulfurique. Les conditions appliquées étaient : granulométrie <150 mesh
(0,10 mm), concentration en H₂SO₄ de 55 %, rapport massique de 2:1, temps de réaction de 9
heures et température de réaction de 135 °C. Ces conditions ont permis d’atteindre une
efficacité de lixiviation de 96,7 %.
Cependant, ce procédé présente plusieurs inconvénients : consommation importante d’acide
sulfurique, longs temps de rétention nécessitant des réacteurs de grande capacité, surfaces de
filtration élevées, et donc des coûts industriels importants. En outre, la coproduction de sous-
produits de faible valeur, tels que le sulfate de sodium, réduit l’intérêt économique global
(Meshram et al., 2014).
Ce procédé peut néanmoins s’appliquer à d’autres minéraux lithinifères comme la zinnwaldite, la
pétalite ou des minerais contenant seulement 1 à 1,5 % de Li₂O (Chen et al., 2019). Mais ses
limites majeures restent la forte consommation d’acide, la valorisation limitée des coproduits,
ainsi que les coûts élevés liés à l’énergie et au traitement des résidus solides et liquides.
En Chine, une étude récente (Xu et al., 2021) a montré que pour 1 tonne de Li₂CO₃ produit, la
consommation de H₂SO₄, d’énergie et d’eau s’élevait respectivement à 2,29 t/t, 2,87 tce/t et
20,93 t/t. Le procédé engendre également des rejets considérables : 0,35 kg/t de DCO, 11,39
kg/t de SO₂, 0,83 kg/t de brouillard sulfurique et 10,45 t/t de résidus lixiviés, ce qui soulève
des enjeux environnementaux significatifs.
Les réactions chimiques principales de l’extraction du lithium à partir de la lépidolite
(LiKAl₂F₂Si₃O₉ ou LiF·KF·Al₂O₃·3SiO₂) sont :

2LiF⋅KF⋅Al2O3⋅3SiO2+2H2SO4 →
Li2SO4+K2SO4+2Al2O3⋅3SiO2+4HF2LiF·KF·Al₂O₃·3SiO₂ + 2H₂SO₄ \;\; \rightarrow \;\;
Li₂SO₄ + K₂SO₄ + 2Al₂O₃·3SiO₂ + 4HF2LiF⋅KF⋅Al2O3⋅3SiO2+2H2SO4→Li2SO4+K2SO4
+2Al2O3⋅3SiO2+4HF Li2SO4+K2SO4+4HF+4Na2CO3 →
Li2CO3+K2CO3+4NaF+2Na2SO4+2CO2+2H2OLi₂SO₄ + K₂SO₄ + 4HF + 4Na₂CO₃ \;\; \
rightarrow \;\; Li₂CO₃ + K₂CO₃ + 4NaF + 2Na₂SO₄ + 2CO₂ + 2H₂OLi2SO4+K2SO4
+4HF+4Na2CO3→Li2CO3+K2CO3+4NaF+2Na2SO4+2CO2+2H2O

3.1.2. Extraction du lithium par l’acide fluorhydrique (HF)

Une autre approche consiste à extraire le lithium du spodumène α au moyen d’une réaction avec
l’acide fluorhydrique à relativement basse température. Les produits intermédiaires formés
(Li₃AlF₆ et AlF₃) sont solubles dans l’acide sulfurique, ce qui facilite la récupération du lithium.
Le rendement atteint 95,7 % (Guo et al., 2017).
Les conditions opératoires optimales sont les suivantes : rapport massique spodumène : HF :
H₂SO₄ = 1:3:2, température de réaction de 100 °C et durée de 3 heures, conduisant à un
rendement de 96 % (Guo et al., 2017).
Par ailleurs, l’acide fluorosilicique (H₂SiF₆) peut se dissocier pour fournir le HF requis.
L’utilisation conjointe d’H₂SiF₆ et de H₂SO₄ a permis d’atteindre un rendement de lixiviation de
97,9 % pour la lépidolite (Wang et al., 2018). L’avantage principal de ce procédé est la faible
consommation énergétique et matérielle, ainsi que la possibilité de valoriser certains sous-
produits (Zhou et al., 2019).
Les principales réactions chimiques associées sont :

3.1.3. Extraction du lithium par l’acide chlorhydrique (HCl)

À l’échelle de laboratoire, des essais ont été menés sur l’extraction du lithium à partir du
spodumène β au moyen d’HCl. Les résultats montrent qu’une augmentation de la
concentration en HCl améliore significativement l’efficacité de lixiviation (Zhou et al.,
2019). La réaction chimique proposée est :
2β-LiAlSi₂O₆+2HCl → 2LiCl+Al2O3⋅4SiO2+H2O2\beta\text{-LiAlSi₂O₆} + 2HCl \;\; \
rightarrow \;\; 2LiCl + Al₂O₃·4SiO₂ + H₂O2β-LiAlSi₂O₆+2HCl→2LiCl+Al2O3⋅4SiO2+H2O

De plus, l’HCl a été utilisé pour lixivier le lithium de la zinnwaldite, atteignant un rendement de
94 % après 6 heures avec une concentration en HCl de 29 %, supérieure à la concentration
azéotropique (20 %). Toutefois, cette condition entraîne l’émission de gaz HCl lors du
chauffage, ce qui pose un risque de corrosion des équipements (Chen et al., 2019). Après
purification de la solution et addition de Na₂CO₃, le rendement global de précipitation en
Li₂CO₃ atteint 70 %.

Lors de l’extraction du lithium à partir de la lépidolite par l’acide chlorhydrique, la réaction


chimique suivante est suggérée :

LiKFeAl2F2Si3O10+4HCl →
LiCl+KCl+FeCl2+Al2O3⋅3SiO2+2HF+H2OLiKFeAl_2F_2Si_3O_{10} + 4HCl \;\;\
rightarrow\;\; LiCl + KCl + FeCl_2 + Al_2O_3·3SiO_2 + 2HF + H_2OLiKFeAl2F2Si3O10
+4HCl→LiCl+KCl+FeCl2+Al2O3⋅3SiO2+2HF+H2O

Il convient de souligner que le fluor présent dans la lépidolite se libère sous forme d’acide
fluorhydrique (HF), hautement corrosif pour les équipements industriels (Chen et al., 2019).

3.1.4. Extraction du lithium par l’acide nitrique

À l’échelle de laboratoire, l’extraction du lithium à partir du spodumène β a également été


étudiée en utilisant l’acide nitrique, de manière similaire à l’acide chlorhydrique. Les résultats
ont montré un rendement de récupération du nitrate de lithium (LiNO₃) d’environ 95 %, obtenu
à une température de 170 °C dans un autoclave sous une pression de 2 MPa (Brewer, 1953). La
réaction chimique correspondante est la suivante :

2β-LiAlSi2O6+2HNO3 → 2LiNO3+Al2O3⋅4SiO2+H2O2\beta\text{-LiAlSi}_2O_6 +
2HNO_3 \;\;\rightarrow\;\; 2LiNO_3 + Al_2O_3·4SiO_2 + H_2O2β-LiAlSi2O6+2HNO3
→2LiNO3+Al2O3⋅4SiO2+H2O

3.2. Extraction du lithium par voie alcaline

Afin de réduire la consommation énergétique et les coûts associés au procédé à l’acide


sulfurique, plusieurs alternatives basées sur l’utilisation de réactifs alcalins, moins coûteux, ont
été étudiées. Les principaux agents alcalins testés sont NaOH, Ca(OH)₂ et Na₂CO₃, qui
peuvent réagir directement avec les minéraux lithinifères ou leurs produits calcinés (Meshram,
Pandey & Mankhand, 2014).

3.2.1. Extraction du lithium par le procédé à l’hydroxyde de sodium (NaOH)

A. Extraction à partir du spodumène


Le spodumène α, sans étape préalable de calcination, peut être traité hydrothermalement par
l’hydroxyde de sodium. Ce traitement conduit à la formation d’hydroxy-sodalite
{Na₄Al₃Si₃O₁₂(OH)}, tandis que le métasilicate de lithium (Li₂SiO₃) passe en solution et peut
être précipité pour récupération (Zhang et al., 2019).
Les conditions optimales de lixiviation alcaline hydrothermale sont :
 Concentration en NaOH : 600 g/L
 Temps de réaction : 2 heures
 Température de réaction : 250 °C
 Rapport solide/liquide (S/L) : 1:5 g/mL
Ces conditions ont permis d’atteindre une efficacité de lixiviation de 98,5 % (Xu et al., 2020).
La réaction principale peut s’écrire comme suit (Xu et al., 2020) :

6α-LiAlSi2O6+14NaOH → 3Li2SiO3+2Na4Al3Si3O12(OH)+3Na2SiO3+6H2O6\alpha\
text{-LiAlSi}_2O_6 + 14NaOH \;\;\rightarrow\;\; 3Li_2SiO_3 + 2Na_4Al_3Si_3O_{12}(OH) +
3Na_2SiO_3 + 6H_2O6α-LiAlSi2O6+14NaOH→3Li2SiO3+2Na4Al3Si3O12(OH)+3Na2SiO3
+6H2O

B. Extraction à partir de la lépidolite

La lépidolite peut également être traitée par NaOH dans un réacteur autoclave sous pression. Une
première étude (Wang & Chen, 2015) a montré que les conditions suivantes permettaient
d’obtenir un rendement de 98,2 % :
 Rapport solide/liquide : 1:1,75 (p/p)
 Concentration en NaOH : 50 %
 Temps de réaction : 4 heures
 Température : 190 °C
Six ans plus tard, ces chercheurs ont optimisé leurs conditions opératoires pour réduire les coûts
(Wang & Chen, 2021). Les nouvelles conditions étaient :
 Rapport solide/liquide : 1:1,2 (p/p)
 Granulométrie de la lépidolite : 100 % <150 µm
 Concentration en NaOH : 50 %
 Temps de réaction : 2 heures
 Pression d’autoclave : 9 MPa
Le rendement obtenu était de 96,9 %, confirmant la robustesse du procédé. Un avantage majeur
de cette méthode réside dans le fait que le fluor contenu dans la lépidolite ne se libère pas sous
forme d’HF corrosif, ce qui évite les problèmes de corrosion des équipements (Xu et al., 2021).
Figure 4. Schéma de procédé d’extraction du lithium à partir du spodumène par la voie à
l’hydroxyde de sodium

3.2.2. Extraction du lithium par le procédé à l’hydroxyde de calcium (Ca(OH)₂)

La lépidolite peut réagir avec l’hydroxyde de calcium après une étape de calcination réalisée à
860 °C pendant 30 minutes. À la suite de cette calcination, une opération de défluoration
partielle est conduite, puis la lépidolite est lixiviée à l’aide de lait de chaux dans un autoclave.
Les conditions appliquées sont :
 Température de calcination : 860 °C
 Temps de calcination : 30 min
 Rapport massique lépidolite partiellement défluorée / Ca(OH)₂ : 1:1
 Rapport solide/liquide : 1:4 g/mL
 Temps de réaction : 2 h
 Température de réaction : 150 °C
Ces conditions ont permis d’obtenir un rendement de récupération en lithium de 98,9 % (Zhang
et al., 2019).
De plus, le minéral pétalite (LiAlSi₄O₁₀) peut également réagir avec l’hydroxyde de calcium et
l’hydroxyde de sodium dans un autoclave. Les conditions opératoires étaient les suivantes :
 Rapport stœchiométrique CaO/SiO₂ : 1:1
 Concentration en Na₂O : 400–500 g/L
 pH : 14
 Température : 280 °C
 Temps de réaction : 30–60 min
Le rendement obtenu variait entre 89 et 91 %. La réaction chimique principale est :

LiAlSi4O10+5NaOH+4Ca(OH)2 → LiOH+NaAlO2+4NaCa(HSiO4)+4H2OLiAlSi_4O_{10}
+ 5NaOH + 4Ca(OH)_2 \;\;\rightarrow\;\; LiOH + NaAlO_2 + 4NaCa(HSiO_4) +
4H_2OLiAlSi4O10+5NaOH+4Ca(OH)2→LiOH+NaAlO2+4NaCa(HSiO4)+4H2O

3.2.3. Extraction du lithium par le procédé au carbonate de sodium (Na₂CO₃)

Le spodumène β peut également réagir avec le carbonate de sodium dans un autoclave. Les
conditions appliquées sont :
 Rapport Na/Li : 1,25 (équivalent stœchiométrique)
 Concentration en Na₂CO₃ : 105 g/L
 Rapport solide/liquide : 1:4
 Température : 225 °C
 Temps de réaction : 1 h
Le rendement de récupération en lithium a dépassé 94 %. La réaction chimique correspondante
est (Meshram et al., 2014; Xu et al., 2020) :

2β-LiAlSi2O6+Na2CO3+H2O → Li2CO3+Na2O⋅Al2O3⋅4SiO2⋅H2O2\beta\text{-
LiAlSi}_2O_6 + Na_2CO_3 + H_2O \;\;\rightarrow\;\; Li_2CO_3 +

⋅H2O
Na_2O·Al_2O_3·4SiO_2·H_2O2β-LiAlSi2O6+Na2CO3+H2O→Li2CO3+Na2O⋅Al2O3⋅4SiO2
En 2020, la société chinoise ENFI Engineering Ltd. a réalisé des essais pilotes sur ce procédé.
Les résultats ont confirmé la faisabilité technologique et montré que le procédé pouvait être
transposé à une échelle semi-industrielle (ENFI, 2020).

Figure 5. Schéma de procédé d’extraction du lithium à partir du spodumène calciné par la voie
au carbonate de sodium

3.3. Extraction du lithium par grillage avec sels

Le procédé de grillage avec sels présente plusieurs avantages :


 faible taux de corrosion des équipements,
 faible teneur en impuretés dans la solution lixiviée,
 facilité de purification de la solution lithinifère,
 procédé relativement économique.
Différents sels peuvent être utilisés pour ce grillage, notamment les sulfates (Na₂SO₄, K₂SO₄,
CaSO₄) et les carbonates (Na₂CO₃, CaCO₃).

3.3.1. Grillage carbonaté

Le spodumène α est grillé avec du carbonate de calcium, suivi d’une lixiviation aqueuse. Les
conditions optimales sont :
 Rapport α-spodumène : CaO = 1:1,25
 Température de grillage : 1150 °C
 Durée : 1 h
 Rapport solide/liquide : 1:5
 Température de lixiviation : 90 °C
 Temps de lixiviation : 3 h
Le rendement atteint 92,1 %. La réaction correspondante est (Zhou et al., 2020) :

2α-LiAlSi2O6+8CaCO3 → 2β-LiAlO2+4Ca2SiO4+8CO2↑2\alpha\text{-LiAlSi}_2O_6 +
8CaCO_3 \;\;\rightarrow\;\; 2\beta\text{-LiAlO}_2 + 4Ca_2SiO_4 + 8CO_2↑2α-LiAlSi2O6
+8CaCO3→2β-LiAlO2+4Ca2SiO4+8CO2↑

Le spodumène α peut également être grillé avec du carbonate de sodium, suivi d’une lixiviation à
l’acide sulfurique dilué (1,5 M). Sous des conditions optimales (850 °C, 1 h de grillage, 5 h de
lixiviation), le rendement obtenu a atteint 99,8 %. La réaction correspondante est (Chen et al.,
2019) :

2α-LiAlSi2O6+4Na2CO3 → 2β-LiAlO2+4Na2SiO3+4CO2↑2\alpha\text{-LiAlSi}_2O_6 +
4Na_2CO_3 \;\;\rightarrow\;\; 2\beta\text{-LiAlO}_2 + 4Na_2SiO_3 + 4CO_2↑2α-LiAlSi2O6
+4Na2CO3→2β-LiAlO2+4Na2SiO3+4CO2↑

3.3.2. Grillage sulfaté

Les minéraux lithinifères peuvent être grillés avec CaSO₄, K₂SO₄ ou Na₂SO₄, seuls ou en
mélange, puis lixiviés à l’eau ou à l’acide sulfurique dilué. Le lithium est ainsi récupéré sous
forme de Li₂SO₄, avant purification et précipitation en carbonate.
Exemple : la lépidolite grillée avec Na₂SO₄, K₂SO₄ et CaO à 850 °C suivie d’une lixiviation à
l’eau (rapport solide/liquide = 1:2,5 ; durée = 30 min) a permis un rendement de 91,6 % (Xu et
al., 2021).
De même, la pétalite réagit avec Na₂SO₄ à 1000 °C pendant 1 h, puis est lixiviée à l’eau (80 °C,
1 h). Le rendement obtenu est supérieur à 99 % (Zhang et al., 2021).

Figure 6. Schéma de procédé d’extraction du lithium à partir de la lépidolite par grillage sulfaté

3.4. Extraction du lithium par procédé de chloration


Les minéraux lithinifères peuvent être chlorés pour transformer le lithium en chlorure de lithium
(LiCl), soluble et facilement récupérable. La chloration peut être réalisée avec :
 NaCl, CaCl₂, ou leurs mélanges,
 NaCl + NH₄Cl,
 CaCl₂ + CaCO₃,
 ou directement avec du chlore gazeux (Cl₂).

3.4.1. Extraction par sels chlorés

Le spodumène α réagit avec un mélange NaCl/NH₄Cl à 750 °C, donnant un rendement de 98 %


(Wang et al., 2019). Le spodumène β peut, quant à lui, être chloré avec CaCl₂ (rapport 1:2) à 900
°C pendant 2 h, avec un rendement de 90,2 %.
La lépidolite peut également être traitée par un mélange NaCl/CaCl₂ (rapport 1:0,6:0,4), à 880
°C pendant 30 min, avec un rendement de 92,9 % (Guo et al., 2020). Avec CaCl₂ seul (rapport
1:0,75) à 900 °C pendant 40 min, le rendement atteint 95,4 %.

La réaction principale est :

LiF⋅KF⋅Al2O3⋅3SiO2+2CaCl2 → LiCl+KCl+CaF2+Al2O3⋅3SiO2LiF·KF·Al_2O_3·3SiO_2
+ 2CaCl_2 \;\;\rightarrow\;\; LiCl + KCl + CaF_2 + Al_2O_3·3SiO_2LiF⋅KF⋅Al2O3⋅3SiO2
+2CaCl2→LiCl+KCl+CaF2+Al2O3⋅3SiO2

3.4.2. Extraction par chlore gazeux

La lépidolite peut être chlorée par du chlore gazeux en présence de CaO (rapport 1:0,7) à 900 °C
pendant 30 min, ce qui permet d’obtenir un rendement de 92,5 % (Liu et al., 2020).
Des études fondamentales ont aussi montré que le spodumène β peut être entièrement chloré
(rendement 100 %) à 1100 °C sous un flux de Cl₂ de 100 mL/min pendant 150 min (Zhang et
al., 2018).
4. Conclusions

Le lithium est un métal stratégique au cœur de la transition énergétique. L’analyse des


différentes méthodes d’extraction révèle que :
 le procédé à l’acide sulfurique reste la méthode dominante pour le spodumène,
 le grillage avec sels est déjà appliqué industriellement, notamment pour la lépidolite,
avec un coût énergétique relativement faible,
 les procédés alcalins (NaOH, Ca(OH)₂, Na₂CO₃) offrent des rendements élevés mais
nécessitent des conditions sévères,
 la chloration apparaît comme une voie efficace, bien que coûteuse et techniquement
exigeante.
En général, les coûts de production et l’impact environnemental de l’extraction du lithium à
partir de minéraux (spodumène, lépidolite, pétalite, zinnwaldite) sont nettement plus élevés que
ceux issus des saumures, ce qui souligne l’importance d’optimiser et de verdir ces procédés pour
garantir leur viabilité industrielle.

CONCLUSION PARTIELLE
L’extraction du lithium à partir des minéraux se fait par différents procédés : acides, alcalins,
grillage avec sels et chloration. Le procédé à l’acide sulfurique est le plus courant pour le
spodumène, car il est efficace et maîtrisé industriellement. Toutefois, il consomme beaucoup
d’acide et génère des sous-produits à faible valeur ainsi que des impacts environnementaux
importants. Les procédés alcalins, utilisant NaOH, Ca(OH)₂ ou Na₂CO₃, donnent des
rendements élevés mais nécessitent des conditions sévères de température et de pression. Le
grillage avec sels, notamment avec carbonates et sulfates, offre de bons rendements, une
purification plus facile et des coûts énergétiques modérés. La chloration, par sels ou gaz, atteint
des rendements très élevés mais reste coûteuse et corrosive. Dans l’ensemble, chaque procédé
présente des avantages et des limites selon le type de minerai traité. Le principal enjeu reste donc
de développer des méthodes plus économiques et respectueuses de l’environnement pour
accompagner la forte demande en lithium liée à la transition énergétique.
Partie 2. MATERIELS ET
METHODOLOGIES DE RECHERCHES
CHAPITRE : CADRAGE GENERALE DES ZONES D ETUDES

Dans le cadre de ce travail, trois zones géographiques majeures ont été retenues comme terrains
d’investigation : Antsirabe II, Ambatofinandrahana et Ikalamavony. Ces régions, situées au
cœur des Hautes Terres centrales de Madagascar, se distinguent par leurs caractéristiques
géologiques, topographiques et socio-économiques particulières. Leur choix repose sur la
richesse de leurs formations géologiques, notamment la présence de pegmatites litinifères, ainsi
que sur leur importance stratégique dans le contexte de l’exploration et de la valorisation des
ressources minérales.

I.1 Zone d’étude 1 : Contexte géographique et géologique d’Ambatofinandrahana


I.1.1 Localisation d’Ambatofinandrahana
La carte suivante montre la localisation de la zone d’étude.

Figure : Carte de localisation du District d'Ambatofinandrahana (BD


100)

44
La région d’Ambatofinandrahana est située sur le versant sud-ouest des Hautes Terres de
Madagascar, aux coordonnées 20°33’07’’ S et 46°48’11’’ E. Administrativement, elle constitue
l’un des districts de la région Amoron’i Mania (province de Fianarantsoa), comprenant neuf
communes : Ambatofinandrahana, Ambatomifanongoa, Ambodromisotra, Amborompotsy,
Fenoarivo, Itremo, Mandrosonoro, Mangataboahangy et Soavina.
La commune d’Ambatofinandrahana en est le chef-lieu. Située à environ 200 km au sud-
ouest d’Antananarivo, la zone est accessible par la Route Nationale 7 (RN7) jusqu’à Ivato (285
km), puis par la RN35 reliant Ivato à Morondava (65 km) (Besairie, 1964).
I.1.2 Climatologie
Le climat est marqué par deux saisons principales :
 La saison chaude et humide (novembre–avril), caractérisée par des précipitations
annuelles variant entre 1 299 et 1 328 mm. Cette période correspond à la saison
cyclonique, avec des températures moyennes de 16 °C et des crues fréquentes

 La saison froide et sèche (mai–octobre), avec une pluviométrie plus faible (184–328
mm) et des températures minimales avoisinant 8 °C, pouvant descendre à 4 °C en août.
Les précipitations y sont souvent sous forme de crachin.

I.1.3 Géomorphologie
Le relief d’Ambatofinandrahana est dominé par un ensemble montagneux de crêtes
quartzitiques abruptes et de collines calcaires arrondies. L’altitude varie entre 1 000 et 1 800 m,
et les vallées alluviales sont exploitées pour la riziculture. L’ensemble est largement recouvert
par des sols latéritiques en périphérie.

I.1.4 Végétation
La végétation locale se compose principalement de savanes herbeuses, de forêts galeries
et de reboisements (eucalyptus, pins, mimosa). L’espèce endémique Aloe capitata (vahona),
indicatrice des sols dolomitiques, est caractéristique de la région. Les aménagements agricoles,
incluant l’irrigation par canaux et la culture en gradins, confèrent au paysage une structure
organisée.
I.1.5 Sols
La zone est dominée par des sols ferralitiques rouges développés sur migmatites et roches
acides. Ces sols, généralement pauvres, sont associés à des lithosols et à des rankers dans les
zones occidentales (Daso, 1983).
I.1.6 Hydrographie

45
Le réseau hydrographique est structuré autour des rivières Mania et Matsiatra, toutes
deux tributaires de l’Imorona. Les cours d’eau, de régime torrentiel, sont permanents en saison
chaude mais connaissent un étiage marqué durant la saison froide.
I.2.2 Contexte géologique
I.2.2.1 Aperçu de la géologie de Madagascar
Madagascar présente deux grandes unités géologiques :
1. Le socle cristallin précambrien, occupant près des deux tiers de l’île et constitué de
roches métamorphiques polystructurées par plusieurs cycles orogéniques.

2. La couverture sédimentaire phanérozoïque, occupant la partie occidentale, formée lors


du rifting carbonifère supérieur qui a séparé Madagascar de l’Afrique (Besairie, 1962).
Le socle cristallin est subdivisé en six domaines tectono-métamorphiques :
Antogil/Masora, Antananarivo, Ikalamavony, Androyen-Anosyen, Bemarivo et Vohibory
(PGRM, 2012). Ambatofinandrahana appartient au domaine d’Antananarivo, plus
précisément au sous-domaine d’Itremo.

I.2.2 2. Contexte géologique d’Ambatofinandrahana


a) Le sous-domaine d’Itremo
Le sous-domaine d’Itremo, initialement décrit comme la série « Schisto-Quartzo-Calcaire », puis
renommé « Schisto-Quartzo-Dolomitique » (Moine, 1974), correspond à une succession
sédimentaire métamorphisée à bas grade. Cette série repose en discordance sur le socle cristallin
et se compose de marbres dolomitiques (cipolins), de quartzites et de schistes, avec des
structures sédimentaires encore préservées (Cox et al., 1998 ; Fernandez & Schreurs, 2004).
b) Le complexe intrusif d’Ambatofinandrahana
Ce complexe comprend des formations gabbroïques, syénitiques et granitiques intrusives, mises
en place au cours de l’orogenèse panafricaine (550 Ma). Ces roches sont associées à des
minéralisations en cuivre, plomb, bastnaésite et monazite (Moine, 1974 ; Tucher, 1999). Les
pegmatites granitiques locales sont particulièrement riches en minéraux lithinifères tels que le
spodumène, le lépidolite et le béryl (Daso, 1986).
c) Formations récentes
Outre les intrusions, la région présente des cuirasses latéritiques et des dépôts alluvionnaires,
contribuant à la formation de petites plaines fertiles (Emberger, 1956). Les pegmatites,
notamment de type sodolithique et potassique, constituent les principaux hôtes des
minéralisations en pierres fines (tourmaline, béryl) et en minéraux du lithium (Moine, 1974).

46
[Link] d’étude 2 : Contexte géographique et géologique d’Ikalamavony
I.2.1. Contexte géographique
 Localisation

Dans cette 2ème zone, les recherches ont été faites dans le district de Tsindroina qui se
trouve dans partie sud de Madagascar. Il est situé dans la Région Haute Matsiatra, ex-province
Fianarantsoa rattaché au district Ikalamavony. Plus précisément, elle se situe dans la commune
rurale Tsitondroina. La distance entre Tsitondroina et la capitale de Madagascar est de 312 Km
par vol d’oiseaux.

47
Figure:Carte de localisation de la commune Tsitondroina

 Relief et organisation spatiale

La commune de Tsitondroina, située dans le district d’Ikalamavony (région Haute Matsiatra,


Madagascar), s’inscrit dans un cadre morphologique propre aux Hautes Terres centrales. Le
relief y est structuré autour de trois grandes unités naturelles : la falaise orientale, les hautes
terres et les plaines alluviales. Cette organisation témoigne d’une forte différenciation
altitudinale, marquée par la présence de chaînes de montagnes encadrant des replats successifs,
suivis de talus d’éboulis, avant de s’ouvrir sur des surfaces planes qui convergent vers les bas-
fonds et rejoignent le réseau hydrographique régional (Razafindramanga, 2015). L’altitude
moyenne de la commune se situe autour de 1 850 à 2 019 m, ce qui en fait une zone élevée par
rapport au reste de l’île.
 Végétation et paysages

La couverture végétale de Tsitondroina se répartit principalement en deux types de


paysages : les forêts et les savanes herbeuses. Cette répartition résulte de la combinaison de

48
plusieurs facteurs : substrat géologique, morphologie du relief, conditions climatiques et
pressions anthropiques. En effet, l’agriculture, l’élevage extensif et les feux de brousse jouent un
rôle déterminant dans la dynamique et la régression de la couverture forestière. Ainsi, le paysage
actuel apparaît comme une mosaïque où cohabitent des forêts résiduelles, localisées sur les
reliefs abrupts, et des savanes anthropisées qui dominent les zones planes (Razafindramanga,
2015).
 Réseau hydrographique

Le bassin versant de Tsitondroina est principalement structuré par le fleuve Mangoky,


considéré comme le plus grand fleuve malgache de par l’étendue de son bassin hydrographique.
Celui-ci intègre trois affluents majeurs : la Matsiatra, la Mananantanana et le Zomandao. Le
fleuve Mananantanana, en particulier, prend sa source sur le versant oriental de Tsitondroina à
une altitude de 1 850 m, à proximité du massif de l’Andringitra. Dans son cours supérieur, il
draine une vallée perchée, encadrée par le rebord oriental et le flanc nord-est de l’Andringitra. En
aval d’Ambalavao, la Mananantanana traverse une gorge dominée par le massif du Vohibe avant
de rejoindre la plaine de Tsitondroina.
La station hydrologique locale contrôle un bassin versant de 6 510 km², situé à une altitude
de 600 m, avec une altitude moyenne de bassin d’environ 1 000 m (Razafindramanga, 2015).

 I.2.2. Contexte géologique


 Géologie régionale
La commune de Tsitondroina se situe dans la feuille K-526 de la carte géologique de
reconnaissance du territoire malgache (échelle 1/200 000). Le substrat est principalement
constitué de deux grandes formations : la série quartzitique d’Amporona et les gneiss
d’Ikalamavony (Rakotondrazafy, 2018).
Le district d’Ikalamavony est dominé par le massif quartzitique de l’Amporona, dont
l’altitude surplombe de près de 1 000 mètres les zones environnantes. Ces quartzites, homogènes
d’un point de vue pétrographique, s’étendent de manière continue vers le sud-est d’Ikalamavony,
puis se fragmentent en trois unités distinctes situées au sud de la localité (Randriamamonjy,
2019).
À l’ouest, les gneiss d’Ikalamavony forment une bande de terrain large de 20 à 30
kilomètres. Ils sont essentiellement composés de gneiss fins à biotite, enrichis localement en
niveaux pétrographiques variés (Razafindramanga, 2015). Ces variations se traduisent par :
 à l’est de Solila, une prédominance de quartzites à pyroxène et amphibole ;

49
 à l’ouest d’Ikalamavony, des gneiss enrichis en amphibole et contenant des niveaux
d’amphibolite pure ou feldspathique.
Cette dernière association a conduit les géologues à distinguer une « série amphibolique »,
qui correspond en réalité à un faciès localisé au sein des gneiss d’Ikalamavony. La principale
zone amphibolique est concentrée dans la région de Fitampo, vers le sommet de la série
(Rakotomalala & Goodman, 2020).
En outre, des feuillets migmatitiques sont intercalés dans ces gneiss à biotite ou amphibole.
Deux unités principales affleurent : le feuillet d’Ambatomainty au nord et celui situé entre
Ikalamavony et Solila au sud. Ces gneiss granitoïdes homogènes présentent parfois un
rubanement et contiennent des intercalations de granite migmatitique (Johnson et al., 2021).
D’un point de vue structural, la série d’Ikalamavony repose en concordance sur un socle de
migmatites, granites et quartzites. Les pendages orientés vers l’ouest traduisent une organisation
générale NNW–SSE. Toutefois, cette géométrie est perturbée par des mouvements tectoniques
secondaires qui, au sud d’Ikalamavony, génèrent une série de rides anticlinales et synclinales
orientées NE–SW. Plus au nord-ouest, ces déformations se manifestent par des cuvettes
synclinales et des dômes anticlinaux formant un alignement de structures circulaires (Oxford
Geological Research Group, 2022).
La région présente deux types de minéralisations majeures :
 Des pegmatites à béryl gemme, localisées principalement dans les gneiss
d’Ikalamavony et au nord-ouest, à la limite du feuillet migmatitique
d’Ambatomainty.
 Des quartz aurifères et indices cuprifères, souvent associés, concentrés dans une
bande orientée NW–SE, en correspondance avec les affleurements amphiboliques.
Cette association lithologique et métallogénique s’apparente au système du
Vohibory, reconnu pour ses gisements cuprifères liés aux faciès amphiboliques (Yale
Earth Sciences, 2023).

50
 Structure géologique du gisement

Selon la carte géologique de la région, le gisement de Tsitondroina révèle une complexité


lithologique significative, caractérisée par la présence de plusieurs unités métamorphiques,
magmatiques et sédimentaires. Ces formations témoignent d’une histoire géologique marquée
par des épisodes de métamorphisme régional, d’intrusion granitique et d’altération tropicale
intense (Rakotondrazafy et al., 2018 ; Windley, 2020).
Les principales unités identifiées sont les suivantes :
 Micaschistes et quartzites : roches métamorphiques constituées principalement de
quartz et de mica (biotite et muscovite), représentant un encaissant métamorphique
majeur. Leur composition minéralogique suggère des conditions de métamorphisme
régional de moyenne à haute intensité (Brown, 2014).

 Granite monzonitique : une roche magmatique intrusive issue de la solidification d’un


magma à l’intérieur de la croûte terrestre. Elle est composée essentiellement de quartz,
albite et biotite, indiquant un environnement plutonique typique des provinces
orogéniques (Frost & Frost, 2011).

 Cipolin : roche métamorphique dérivée de calcaires impurs, riche en quartz et feldspath,


présentant souvent des structures homogènes et un grain fin. Elle se développe
généralement dans les zones de contact métamorphique (Best, 2017).

 Schistes cristallins à sillimanite : roches métapélitiques enrichies en sillimanite,


andalousite et parfois olivine, témoignant d’un métamorphisme de haute température
dans un contexte orogénique (Spear, 1993).

 Gneiss : roches métamorphiques à grain moyen à grossier composées principalement de


feldspath, quartz et amphibole, montrant des structures en rubans caractéristiques des
terrains métamorphiques anciens (Whitney & Evans, 2010).

51
 Latérites : formations superficielles riches en fer et alumine, résultant d’une altération
chimique intense en climat tropical humide. Elles témoignent de la dynamique
géochimique récente et des processus pédogénétiques (Tardy, 1997).

Parmi ces formations, les micaschistes et quartzites apparaissent comme l’encaissant le plus
favorable à l’occurrence de lépidolite, un mica lithinifère. Le lépidolite est généralement associé
aux roches granitiques et aux pegmatites, ce qui suggère que les unités métamorphiques du
gisement pourraient avoir servi de pièges structuraux et minéralogiques à la minéralisation
lithinifère (Černý & Ercit, 2005).

[Link] d’étude 1 : Contexte géographique et géologique d’Antsirabe II


I.3.1. Contexte géographique
 Localisation

Les recherches ont été faites dans la vallée de Sahatany dans la commune rurale d’Ibity
qui est localisée au Sud de la ville d’Antsirabe et est quasiment à 202 km d’Antananarivo.
Les coordonnées de la commune rurale d’Ibity sont : 20°06'59'' S et 046°58'39'' E. Les
coordonnés de la zone d’étude sont :
• Longitude 046° 55' 56'' E à 047° 02' 48'' E

• Latitude de 20° 03' 46'' S à 20° 05' 54'' S


Pour y accéder, les routes à suivre sont :
 Antananarivo vers Antsirabe : direction sud sur RN7 environ 179 km.

 Antsirabe vers Vinaninkarena : direction Sud sur un tronçon de 10,6 km suivant la


RN7.

 Vinaninkarena vers la bifurcation qui mène vers la Cimenterie de CEMENTIS : route


d’environ 3 km puis prendre la route qui tourne à droite en direction du village d’Ibity,
au Sud-Ouest suivant une route secondaire de 14 km.

52
Source : BD 100, Analamanga, Auteur, 2021

Figure 2 - Carte de localisation géographique d’Ibity- Sahatany

53
I.3.2. Contexte géologique
 Géologie générale
Historiquement, Madagascar n’était pas une île isolée, mais faisait partie du supercontinent
Gondwana, comprenant l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Antarctique, l’Inde et l’Australie. La
fragmentation de Gondwana, survenue au Jurassique supérieur il y a environ 150 millions d’années, a
conduit au détachement progressif de Madagascar, lui conférant son isolement insulaire actuel
(Besairie, 1948 ; Collins & Windley, 2002).

Malgré certaines divergences parmi les chercheurs, un consensus émerge sur la structuration
géologique de l’île : environ deux tiers du territoire sont constitués d’un socle cristallin d’âge
précambrien, tandis qu’un tiers correspond à une couverture sédimentaire (PGRM, 2012). La
géologie actuelle de Madagascar identifie six principaux domaines géologiques, dont deux
présentent des subdivisions en sous-domaines (Figure 34) :
 Antongil-Masora

 Antananarivo, incluant le complexe de Tsaratanàna

 Ikalamavony

 Androyen-Anosyen

 Vohibory

 Bemarivo

Les sous-domaines comprennent :


 Sous-domaine Antongil-Masora

 Sous-domaine Anosy-Androyen

La Vallée de Sahatany se situe dans le domaine d’Antananarivo et fait partie du groupe d’Itremo.
Ce dernier se distingue par une prédominance de quartzites, souvent associés à des micaschistes
et à des cipolins, formant la célèbre « zone schisto-quartzo-calcaire » décrite par Lacroix (1921–
1923).
 Pétrographie
La Vallée de Sahatany est intégrée au groupe d’Itremo et présente un assemblage complexe
de roches métamorphiques (schistes cristallins) résultant de conditions variées de
métamorphisme, allant de faible à élevé. Parmi ces formations, on distingue les migmatites,

54
schistes, micaschistes, quartzites et cipolins. Les roches de faible métamorphisme forment
généralement des couches plus épaisses que les autres lithologies, notamment les quartzites et
les calcaires, constituant ainsi la série stratigraphique SQD (Moine, 1974).

L’activité tectonique régionale a influencé la mise en place des roches magmatiques, avec des
déformations de type cassant ou ductile. Sur le plan pétrographique, cette zone présente une
diversité remarquable de roches magmatiques, incluant :
 Séries basiques : gabbros, basaltes

 Séries acides : granites, syénites, pegmatites

Ces roches se manifestent sous différentes formes : intrusions granitiques, filons et volcanites.
Au fil du temps, l’altération des formations géologiques de la nappe d’Itremo a donné lieu à la
formation de roches secondaires, appelées alluvions. La répartition des domaines tectono-
métamorphiques stables dans la région est représentée sur la Figure

 Travaux antérieurs sur la géologie de la région


La région étudiée se distingue par une subdivision géologique notable. Le domaine centre-
oriental est dominé par des quartzites, des micaschistes et des cipolins, tandis que le domaine de
bordure, localisé à l’Ouest et au Nord, est constitué de quartzites, de gneiss et de migmatites,
affiliés à un environnement migmatito-gneissique. L’ensemble est ponctué par des intrusions
granitiques et traversé par des filons de pegmatites, principalement potassiques et sodolithiques
(Collins et al., 2003).
Les données géochronologiques indiquent que la série « Schisto-Quartz-Calcaire » (SQC)
correspond à des formations d’âge Protérozoïque supérieur, ayant été affectées par l’orogenèse
panafricaine vers 550 Ma (Paquette et al., 2003). L’histoire géologique de cette région remonte à
environ 1850 Ma, marquée par la formation d’un bassin géosynclinal sur le Bloc
d’Antananarivo, résultant de déformations tectoniques de type cassant. La formation de ce bassin
a été suivie par une phase de sédimentation, au cours de laquelle se sont déposées différentes
séquences de roches sédimentaires, incluant les séries pélitiques, arénacées et carbonatées.
Deux principaux faciès se distinguent dans cette région :
1. Le faciès continental, comprenant les dépôts d’origine continentale tels que les
séquences pélitiques et arénacées. L’incursion marine a permis la formation de séquences
carbonatées, qui se sont transformées ultérieurement en cipolins par métamorphisme.

55
2. La séquence arénacée, composée principalement de quartz et d’argiles, et la séquence
pélitique, constituée essentiellement d’argiles, de micas et d’autres minéraux détritiques.
Les protolites associés sont majoritairement des minéraux silico-alumineux dérivés de
l’altération des roches mères, incluant migmatites, gneiss et granitoïdes.

Selon Collins et al. (2003), la phase de sédimentation s’est étendue sur une longue période
géologique (~1850–900 Ma). Entre 800 et 790 Ma, une déformation tectonique ductile,
caractérisée par un raccourcissement Ouest-Est, a entraîné un plissement régional. Cette phase a
été suivie par une reprise du magmatisme, incluant l’intrusion de roches magmatiques basiques
(gabbros) et acides (syénites et granites).
Les sédiments ainsi déposés ont subi un métamorphisme, donnant naissance à de nouvelles
roches métamorphiques dominées par des schistes, quartzites et calcaires. Par la suite,
l’ensemble a été replissé et affecté par des cisaillements tangentiels datés de 580 à 530 Ma,
matérialisés par des schistes savonneux, correspondant probablement à l’orogenèse panafricaine.
Durant le Crétacé, une déformation tectonique cassante a favorisé la mise en place de
roches filoniennes et volcaniques. Chaque épisode de remobilisation ou de déformation
tectonique a été généralement accompagné de métamorphisme de diverses intensités, allant du
faible au fort (Hottin & Vachette, 1976).

56
Figure - Carte géologique de la région d’Ibity
Sources : Carte géologiques (feuilles N49, 1964 & N50, 1968), services géologiques,
Auteur 2021

57
CONCLUSION PARTIELLE
Les zones d’étude retenues sont Antsirabe II, Ambatofinandrahana et Ikalamavony, toutes
situées dans les Hautes Terres centrales de Madagascar. À Ambatofinandrahana, le climat alterne
entre une saison chaude et humide, marquée par de fortes précipitations et des crues, et une
saison froide et sèche caractérisée par des crachins. Le relief se compose de crêtes quartzitiques,
de collines calcaires et de vallées alluviales exploitées pour la riziculture, tandis que la
végétation associe savanes, forêts galeries et reboisements sur des sols ferralitiques rouges. Sur
le plan géologique, la région appartient au sous-domaine d’Itremo, constitué de marbres
dolomitiques, quartzites et schistes, enrichis par des intrusions granitiques et pegmatitiques
contenant du spodumène et de la lépidolite. À Ikalamavony, plus précisément dans la commune
de Tsitondroina, le relief présente une alternance de montagnes, replats et plaines, parcourues par
le bassin du fleuve Mangoky et ses affluents. La géologie y est dominée par les quartzites
d’Amporona et les gneiss d’Ikalamavony, avec des intrusions granitiques abritant des
minéralisations en béryl, quartz aurifère et lépidolite. Enfin, la vallée de Sahatany, au sud
d’Antsirabe II, s’intègre au groupe d’Itremo, où dominent les quartzites, micaschistes et cipolins,
associés à des intrusions pegmatitiques riches en minéraux lithinifères, notamment le spodumène
et la lépidolite.

ARCHITECTURE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE GEOLOGIQUE

4.1. Schéma organisationnel de la démarche scientifique

Le présent chapitre décline l'ordonnancement rigoureux des étapes constitutives de la


méthodologie scientifique adoptée pour l'investigation géologique entreprise. Afin d'offrir une
clarté conceptuelle et une vision synoptique du processus, un organigramme séquentiel (Figure
4.01) structure l'exposé, explicitant l'articulation logique des phases critiques de cette étude. Ces
phases comprennent initialement une synthèse bibliographique exhaustive, érigeant un socle de

58
connaissances existantes (état de l'art). Elle est suivie d'une campagne d'investigations in situ,
caractérisée par des observations directes des affleurements et des protocoles d'échantillonnage
méticuleusement définis. Les échantillons collectés lors de cette phase empirique sont
subséquemment soumis à une série d'analyses pointues réalisées en environnement de laboratoire
contrôlé. Le cycle de recherche culmine avec le traitement statistique et l'analyse interprétative
de l'ensemble des données acquises, qu'elles soient issues des observations de terrain
macroscopiques ou des résultats analytiques microscopiques et chimiques obtenus en laboratoire.

4.2. Visualisation séquentielle du processus d'investigation

L'organigramme présenté (Figure 4.01), conçu comme une feuille de route visuelle,
permet une appréhension immédiate de la progression logique de la démarche scientifique. Il
illustre la transition graduelle depuis la phase initiale de consolidation du corpus théorique
existant (état de l'art), où les fondements conceptuels et les connaissances antérieures sont
rigoureusement examinés et synthétisés, jusqu'à l'étape finale de traitement et d'interprétation des
données brutes. Cette représentation schématique souligne la nature séquentielle et itérative du
processus de recherche, où chaque étape alimente la suivante dans une quête progressive de
compréhension du phénomène géologique étudié.

59
Figure 4.01 : Schéma organisationnel de la démarche scientifique.
(Source : Auteur)

4.3. Déploiement séquentiel des phases de recherche

4.3.1. Etablissements de l’état de l’art

La démarche scientifique initiée par cette étude s'amorce par une phase primordiale
d'établissement de l'état de l'art. Cette étape fondamentale consiste en la compilation exhaustive
et la synthèse critique des connaissances scientifiques préexistantes et publiées sur le sujet
spécifique de l'investigation.

L'objectif est de contextualiser la recherche actuelle au sein du corpus scientifique


établi, d'identifier les lacunes et les controverses persistantes, et de définir clairement la

60
contribution potentielle de cette étude. Cette phase théorique rigoureuse est impérativement
suivie par une phase d'investigations de terrain, constituant le pilier empirique de la recherche.

4.3.2. Investigations de terrain

Cette étape est dédiée à des observations directes et systématiques des manifestations
géologiques sur le terrain, incluant la description lithologique, structurale et contextuelle des
formations étudiées. Parallèlement à ces observations macroscopiques, des protocoles
d'échantillonnage précis sont mis en œuvre pour la collecte d'échantillons représentatifs des
matériaux géologiques d'intérêt. Ces échantillons, porteurs d'informations minéralogiques et
géochimiques essentielles, font ensuite l'objet d'analyses spécifiques et ciblées, réalisées dans des
environnements de laboratoire contrôlés, utilisant des techniques instrumentales avancées.

4.3.3. Phase d’analyses spécifiques

Le processus de recherche se conclut par une phase d'analyse statistique et


d'interprétation synthétique de l'ensemble des données recueillies, qu'elles émanent des
observations de terrain contextuelles ou des résultats quantitatifs obtenus en laboratoire. Cette
étape finale vise à extraire des conclusions significatives, à valider ou infirmer les hypothèses
initiales, et à contribuer à l'avancement de la connaissance dans le domaine de la géologie
étudiée. Ce déroulement méthodologique représente un cycle de recherche scientifique classique,
progressant de l'étude conceptuelle et théorique à la validation empirique par l'acquisition de
données primaires et à l'analyse synthétique des résultats obtenus.

4.4. Transition vers la phase empirique : investigations de terrain

Conformément à l'architecture méthodologique ainsi établie et visualisée par


l'organigramme, l'étape subséquente de ce document consistera à détailler la mise en œuvre
concrète de la campagne de terrain, pivot central de l'acquisition des données primaires. En
conséquence, le chapitre 5 sera entièrement consacré à la description minutieuse des sites
géologiques spécifiquement étudiés, aux observations macroscopiques et microscopiques
effectuées sur ces sites, ainsi qu'aux protocoles d'échantillonnage rigoureux qui ont été mis en
place pour assurer la représentativité et la qualité des matériaux collectés en vue des analyses
ultérieures en laboratoire.

61
La démarche commence par une phase d'établissement de l'état de l'art, consistant en
la compilation et la synthèse des connaissances existantes sur le sujet étudié. Cette étape
théorique est suivie par une phase de terrain dédiée aux observations directes et à la collecte
d'échantillons. Les échantillons prélevés font ensuite l'objet d'analyses spécifiques réalisées en
laboratoire. Le processus s’achève par l’analyse et le traitement de l’ensemble des donnés
recueillis, qu'elles proviennent du terrain ou du laboratoire, en vue d'une interprétation et de
l’établissement des conclusions. Ce déroulement représente un cycle de recherche classique
progressant de l'étude conceptuelle à la validation empirique et à l'analyse synthétique des
résultats.

CONCLUSION PARTIELLE

Il ressort clairement que la recherche géologique entreprise suit un protocole


rigoureux et séquentiel. L'établissement d'un état de l'art exhaustif précède une campagne de
terrain ciblée, dont les échantillons sont soumis à des analyses de laboratoire pointues.
L'interprétation synthétique des données, intégrant observations in situ et résultats analytiques,
constitue l'étape conclusive, visant à une compréhension approfondie du phénomène étudié. La
transition imminente vers le chapitre dédié aux investigations de terrain marque le passage de la
conceptualisation théorique à la validation empirique.

62
CHAPITRE 5.

CARACTERISATION DE L'ECHANTILLON ET
PROCEDURE

EXPERIMENTALE

Dans ce chapitre, nous présentons et caractérisons en détail les échantillons de


minerais litinifères malgaches qui constituent le socle de notre étude.
Provenant de trois zones majeures la vallée de Sahatany (Antsirabe II),
Ambatofinandrahana et Ikalamavony. ces minerais, riches en spodumène,
lépidolite et un peu de l’Amblygonite ont servi aux expérimentations réalisées
par procédés acides et alcalins, en vue d’optimiser l’extraction du lithium. La
caractérisation physico-chimique, étape essentielle, permet de déterminer la
composition minéralogique et chimique des phases porteuses de lithium et
conditionne l’efficacité des traitements. Le chapitre décrit également le
matériel de laboratoire, les appareillages analytiques et les conditions
expérimentales appliquées, avant de détailler les procédures opératoires et les
variables étudiées, garantes de la reproductibilité et de l’optimisation
industrielle.

Origine et caractérisation des échantillons

IV.1.1. Origine des échantillons

Les échantillons étudiés proviennent de trois gisements malgaches riches en pegmatites


lithinifères : la vallée de Sahatany (district d’Antsirabe II), Ambatofinandrahana et Ikalamavony.
Un total de 20 kg de minerai brut a été collecté grâce à la collaboration avec le Service de
Géologie de Madagascar. Ces gisements sont reconnus pour leur richesse en spodumène et en
lépidolite, principaux minéraux hôtes du lithium.

IV.1.2. Prétraitement des échantillons

Tout d’abord, les échantillons ont été concassés et tamisés afin de réduire leur taille à moins de 2
mm. Ensuite, les fractions supérieures ont été de nouveau broyées au concasseur à cylindres puis
retamisées. Enfin, les refus ont été recyclés dans un mortier de laboratoire. Cette étape
préparatoire a permis d’obtenir une granulométrie homogène avant le broyage fin.

IV.1.3. Analyse granulométrique


63
Ensuite, une analyse granulométrique a été réalisée sur 1000 g de minerai à l’aide du tamiseur
Ro-Tap pendant 15 minutes. Les résultats ont montré que la majorité du minerai était grossière
(d70 ≈ 1200 µm). Ainsi, un broyage complémentaire s’avérait nécessaire.

IV.1.4. Broyage des échantillons

Le broyage a été effectué au broyeur à boulets jusqu’à obtenir un d80 de 150 µm, granulométrie
jugée optimale pour la calcination et la lixiviation. La masse traitée était de 600 g, avec un temps
de broyage de 28 minutes.

IV.1.5. Échantillonnage

L’échantillon homogénéisé a ensuite été divisé par quartage à l’aide d’un diviseur à riffles. Un
lot de 8 kg a été retenu pour les essais, dont 1 kg réservé aux analyses chimiques et
minéralogiques.

IV.1.6. Matériel et verrerie utilisés

Les principaux équipements et verreries de laboratoire mobilisés comprenaient :

 Concasseur à cylindres (sortie 2 mm).


 Broyeur à boulets (Ø 150 mm, L = 260 mm, 36 tr/min).
 Tamis Ro-Tap (RETSCH) et série de tamis normalisés (2000 à 125 µm).
 Mortier métallique avec pilon.
 Four à résistance électrique (Naberthern).
 Étuve de séchage (106 °C).
 Balance électronique de précision (KERN, Bel SSR 1200).
 Verrerie de laboratoire : béchers, fioles jaugées, erlenmeyers, éprouvettes graduées.
 Thermomètres et pH-mètres.
 Système de filtration avec entonnoir Büchner, pompe à vide et filtres.
 Accessoires divers : pissettes, spatules, barreaux magnétiques, chronomètre, sachets et
séparateurs.

IV.1.7. Caractérisation des échantillons

Les analyses chimiques ont été réalisées par ICP et XRF au laboratoire de l’OCC, avec une
contre-analyse effectuée à l’Université d’Antananarivo. Les résultats montrent une composition
de 0,84 % Li, 11,4 % Al, 3,97 % K et 31 % Si. L’analyse minéralogique par diffraction des
rayons X (DRX) a confirmé la présence dominante de spodumène.
En complément, une analyse par spectrométrie d’absorption atomique (AAS) a été effectuée
au laboratoire Adonis. Cette méthode a permis de quantifier précisément le lithium dissous dans
les solutions après lixiviation, renforçant la fiabilité des résultats chimiques.

64
CHAPITRE : PREPARATION DES ECHANTILLONS

Le but essentiel de ces procédés consiste à préparer les minerais à l’enrichissement :


premièrement, au point de vue de la grosseur, car chaque appareil ou chaque machine
d'enrichissement peut traiter des matériaux bien définis d'âpres la dimension, deuxièmement, au
point de vue de la libération des grains des minéraux utiles et inutiles constituant le minerai.

V. Méthode d’échantillonnage

V.1 Généralités sur l’échantillonnage

L’échantillonnage constitue une étape fondamentale qui consiste à prélever des fractions de
minerai représentatives de l’ensemble de la zone étudiée. Cette opération vise à assurer que les
échantillons collectés traduisent fidèlement les caractéristiques globales du site. Afin de limiter
les risques de contamination, le prélèvement est effectué à l’aide d’un outil métallique protégé
par plusieurs couches de papier et de nylon. Les points de prélèvement concernent
principalement les affleurements rocheux des unités géologiques majeures de la zone d’étude.

V.2 Protocole d’échantillonnage du minerai de lépidolite

Le respect d’un protocole rigoureux d’échantillonnage permet d’obtenir des échantillons


représentatifs, intégrant l’ensemble des propriétés physiques et chimiques du gisement (Pineau,
1996). Ce protocole repose sur plusieurs étapes essentielles :

 L’élaboration d’une stratégie de prélèvement, incluant la détermination du volume, du


nombre et de l’emplacement des échantillons ;
 Le prélèvement sur le terrain, réalisé de manière méthodique pour garantir la
représentativité ;
 La conservation des échantillons, afin d’éviter toute altération ou contamination ;
 La préparation en laboratoire, préalable aux analyses physico-chimiques et aux
traitements expérimentaux.

La fiabilité des résultats analytiques dépend directement de la rigueur appliquée à chacune de ces
étapes. Comme le soulignent Gosselin et al. (1999), la représentativité des échantillons est
fortement conditionnée par le choix des points et du volume prélevés.

VI. Analyse granulométrique

VI.1 Objectifs et principe de l’analyse granulométrique


L’analyse granulométrique a pour but de déterminer la libération possible des
échantillons, d’observer la distribution granulométrique des particules d’un échantillon et de

65
classer les produits fragmentés en vue d’opérations de traitement mécanique devant porter sur
des dimensions homogènes. Elle permet aussi d’identifier les différentes tranches
granulométriques qui constituent un échantillon, permettant de définir sa texture et structure.

D’après la littérature, la maille de la libération est inférieure au 80µm. On a juste de


vérifier par expériences dans le laboratoire OMNIS si cette hypothèse est vraie.

L’analyse granulométrique du minerai étudié est effectuée sur une série de tamis machine
à secousse RAPTOP (Figure 8) fonctionnant avec des tamis dont les dimensions est de 200 mm
x 50 mm au niveau de laboratoire OMNIS. Cette analyse permet de déterminer les proportions
relatives à chaque fraction granulométrique constituant l’échantillon primaire. Le tamisage est
réalisé à partir de 110 g du minerai du lépidolite séché afin de classer les échantillons en
plusieurs fractions granulométriques différentes.

L’assemblage de tamis utilisé lors de ce processus de tamisage sont : 500 μm, 300 μm,
250 μm,125 μm, 100 μm et 80 μm. L'échantillon de minerai du lépidolite est tamisé pendant 12
minutes qui se répartis en 3 minutes fois 4 avec une amplitude égale à 60. Les refus obtenus sur
chaque tamis sont pesés sur une balance de précision.

Les masses de grains retenues sur les différents tamis sont rapportées à la masse initiale
de matériau, en considérant que le tamisage est terminé lorsque les refus ne varient pas de plus
de 1 % entre deux séquences de vibration de la tamiseuse. Puis on trace la courbe
granulométrique sur un graphique, comportant en ordonnée le pourcentage des tamisât sous les
tamis, dont les mailles D sont indiquées en abscisse selon une graduation logarithmique.

VI.2 Mode opératoire


Détermination de la masse humide (MH) de l'échantillon en le pesant ;
Sécher l'échantillon dans l'étuve ventilée à la température de (110 ± 5) °C ;
Déterminer la masse totale de tout-venant en le pesant ;
Concasser les échantillons par concasseur à mâchoire ;
Pulvériser dans un broyeur en anneau ;
Monter la colonne de tamis dans l’ordre décroissant de l’ouverture des mailles en ajoutant
le couvercle et le fond ;
Verser le matériau sec dans la colonne de tamis ;
Agiter mécaniquement cette colonne ;
Reprendre un à un les tamis, en commençant par celui qui a la plus grande ouverture, en
adaptant un fond et un couvercle ;

66
Agiter manuellement chaque tamis, jusqu’à ce que le refus du tamis ne varie pas de plus
de 1% en masse par minute de tamisage ;
Déterminer ainsi la masse du refus de chaque tamis ;
Poursuivre l’opération jusqu’à déterminer la masse du refus contenu dans le fond de la
colonne de tamis ;

VI.3 Matériel nécessaire


- ROPTAP ;
- Etuve ventilée pour le séchage ;
- Série de tamis ;
- Couvercle pour éviter la perte de matériau pendant le tamisage et un réceptacle de fond
pour recueillir le dernier tamisât ;
- Bacs, brosses et pinceaux ;
- Balance de précision à ± 0,1 % de la masse de la prise d'essai.
Séries de tamis

VII. Préparation physique du minerai du lépidolite

La préparation d’échantillon est l’une des étapes les plus importantes dans le processus
d’extraction de lithium. Il s’agit de traiter le minerai récolté de façon à amener à un état
ROTAP
satisfaisant et représentatif avant de procéder à la séparation ou extraction. Les échantillons
prélevés sont préparés au niveau du Laboratoire de l’OMNIS et du GPCI Vontovorona. La
préparation d’échantillon est l’une des étapes les plus importantes dans le processus d’extraction
de lithium. Le processus de la préparation de l’échantillon se répartit en plusieurs étapes :
pesage, séchage, concassages, le quartage, le broyage et la pulvérisation et le tamisage. Les

Figure 1:Les séries de tamis monté sur le ROTAP

échantillons sont préparés afin de réaliser des analyses concernant l’analyse des éléments
chimiques ainsi que l’analyse granulométrique.

67
VII.1 Le séchage

VII.1.1 Objectifs
Après enregistrement des échantillons, le séchage sera l’étape clé à effectuer afin de
réduire considérablement le taux d’humidité présent dans les roches. La méthode la plus
courante pour sécher les produits consiste à envoyer de l’air chaud.

VII.1.2 Mode opératoire


Le séchage s’effectue généralement à une température de 105°C ± 5°C dans une étuve
pendant 2 à 24h (tout dépendra du taux d’humidité présent dans la roche ou le sol).

M eau ( MH −MS ) × 100


% Humidité = =
M totale MH

La température jouera un rôle très important lors du séchage.

- Pour des températures basses par exemple, on pourra observer une rétention d’eau par les
particules ;
- Pour des températures élevées, on pourra avoir l’évaporation des minéraux et le
compactage des grains.

VII.1. 3 Matériels utilisés


Pendant le processus de séchage, on utilise l’étuve pour éliminer la quantité d’eau dans
l’échantillon.

Photos 1: Etuve

VII.2. Concassage

VII.2.1 Objectifs
Le concassage est un processus de broyage mécanique destiné à réduire la taille des roches en
petits morceaux. Le type de concasseur utilisé au laboratoire OMNIS est le concasseur à
mâchoires.

68
VII.2.2 Mode de fonctionnement du concasseur à mâchoire
Les concasseurs à mâchoires fonctionnent par compression simple et sont utilisés pour les
matières dures. Le produit à traiter est compressé entre une mâchoire fixe striée et une mâchoire
mobile disposée en V et animée d'un mouvement alternatif oscillant (excentrique, battement
périodique). Le concassage se produit par compression entre les deux mâchoires et le produit est
éliminé par gravité. La mâchoire mobile est maintenue par une tige possédant un ressort de
tension permettant le passage des corps plus durs sans risque de détérioration. Le réglage de cette
tige permet aussi de modifier la grosseur des produits fragmentés. On introduit à la partie
supérieure à l’aide d’une trémie le petit bloc de minerai du lépidolite. Le rapprochement de la
mâchoire mobile fait éclater les blocs par compression (écrasement) et son écartement les libère
à la partie inférieure.

VII.3 Division

VII.3.1 Objectifs de la division


Le quartage est une méthode utilisée pour diviser un échantillon en sous échantillon plus petites
que ces derniers représentatifs de l’ensemble de l’échantillon d’origine. Le quartage est aussi un

Photos 2:Concasseur à mâchoire


processus pour réduire un échantillon de minéraux, puis partager en quartiers approximativement
égaux.

VII.3.2 Mode opératoire


La division favorise la réduction de volume de grandes quantités de matériaux en vrac, en
poudre ou granulaires en quantités représentatives. L’objet dont on cherche à évaluer la
69
composition moyenne (le lot) est trop étendu pour pouvoir dans son ensemble être soumis à
l’analyse. En effet, les analyses sont à la fois coûteuses, on devra alors avoir recours à un
échantillon souvent de masse infime sur lequel l’analyse sera effectuée par procuration. Seule
une division exacte d’un lot de départ en fractions représentatives garantit des résultats
d’analyses exactes et non faussés. Des erreurs peuvent être observées dans les résultats après
analyse :

 Des pertes de matière ;


 Des contaminations (les poussières extérieures, les matières présentes dans le
circuit d’échantillonnage avant l’opération) ;
 Des altérations de la composition physique (bris de fragments grossiers, etc.) ;
 Des fautes opératoires accidentelles involontaires ;
 Des altérations volontaires de la composition de l’échantillon ;
 Hétérogénéité.
Avant le nettoyage de ces derniers est très important pour considérablement diminuer les
contaminations lors de la division.

VII.4 broyages

VII.4.1 Objectifs
Le broyage a pour but de rendre en poudre le minerai jusqu’à l’obtention d’une particule libéré.
Il y a de nombreux types de broyage mais dans cette étude, le broyage en anneau a été choisis car
cette machine ne consomme plus d’énergie comme le broyeur en en disque et il est très rapide
pour avoir un rendement de la production.

Photos 3:Diviseur à riffle

Pour obtenir un meilleur broyage, l’on jouera sur des facteurs essentiels :

 La capacité d’admission / quantité à broyer ;


 Le pourcentage de passant et de rebus ;
 La dureté du minerai ;
 Le temps de séjour.

VII.4.2 Mode opératoire

70
Ce type de broyage consiste à broyer l’échantillon à l’aide des trois anneaux qui vibrent
horizontalement. La granulométrie de l’échantillon de départ ne doit pas dépasser 5 à 15 mm. Le
broyage est fait par voie sèche. On introduit 200g d’échantillon dans un récipient de broyage.
Sous l’action des vibrations, le produit devient homogène. La taille de grain dépend de la durée
de broyage mais dans notre cas, le temps de broyage est fixé à 3 minutes et on obtient des
poudres de dimension varier entre 200µm à 50 µm.
Après enlève l’échantillon et met dans une barquette propre.

Poudre du lépidolite

Figure 2: Broyeur en anneau pour le broyage

VII.5 Tamisage

VII.5.1 Objectifs du tamisage


Le tamisage est l’opération de classement des particules avec des rotatifs ou des tamis vibrants
variés. C’est la dernière étape dans le traitement d’un échantillon avant la séparation ou
extraction. Il est capable de séparer des échantillons de différentes tailles selon la granulométrie
souhaité. Il permet d’assurer une distribution de taille plus uniforme des particules dans les
produits finis, ce qui améliore les propriétés physiques et chimiques du produit. Dans notre
étude, on utilise le tamis 80 µm.

VII.5.2 Mode opératoire


Le tout-venant est versé au-dessus des tamis assemblés. On rappelle que le refus représente la
fraction qui reste sur le tamis, c'est-à-dire la fraction qui possède des dimensions supérieures à
71
celles des orifices du tamis ; tandis que le passant est la fraction qui passe au travers du tamis,
c'est-à-dire la fraction qui possède des dimensions inférieures aux mailles du tamis.

On prélève deux prises d’essai identique de 100 g dans le passant de 80µm.

Photos 4: Tamis selon les différentes mailles

VII.6 Pesage

VII.6.1 Objectifs du pesage


Il permet de déterminer la masse totale des échantillons des minerai à traiter au début et de
mesurer la masse totale des produits finaux obtenus après les processus comme le séchage, le
concassage, le broyage, tamisage et surtout pendant le processus d’extraction par l’utilisation des
réactifs.

Cette mesure permet de calculer l’efficacité du processus de traitement ou d’extraction des


métaux ainsi pour contrôler et optimiser la quantité du produit final.

VII.6.2 Mode opératoire


Pendant le pesage, on passe au tarage puis au pesage au-dessous de la balance et on prend la
masse affichée dans la balance.

VII.6.3 Matériels utilisés


- Balance de précision,
- Barquette
- Spatule

72
Photos 5: Balance de précision dans le laboratoire OMNIS

Les données relatives à l'ensemble des échantillons extraits des trois zones d'étude
distinctes sont systématiquement compilées et présentées dans le tableau subséquent, offrant une
vue d'ensemble structurée des prélèvements.

Tableau 5.01 : Échantillons d’argiles avec leurs spécificités


Date Coordonnées
Localités Échantillon Altitude Couleur
d’échantillonnage géographiques
ANLV 001 X : 797203m 951m Argile jaune
Y: 421353m
Analavory 23-05-2023
ANLV 002 X: 797065m 949m Argile verte
Y : 421388m
ADML 001 X : 467843m 1601m Argile Verte
Y : 699631m
ADML 002 X : 467970m 1621m Argile blanche
Andranoma Y : 699748m
27-02-2023
nelatra ADML 003 X : 467978m 1623m Argile grisâtre
Y : 699743m
ADML 004 X : 468063m 1619m Argile violette
Y : 699757m
MNDV 001 X : 296426m 64m Argile verte
Y : 727533m
Miandrivazo 23-04-2023
MNDV 002 X : 296546m 69m Argile verte
Y : 727813m orangée
(Source : Auteur)

73
CHAPITRE 6. CARACTERISATION EXPERIMENTALE: PROTOCOLES
ANALYTIQUES

Le présent chapitre expose en détail les protocoles analytiques rigoureux appliqués à


la caractérisation expérimentale des échantillons argileux préparés. L'objectif est de déterminer
leurs propriétés physico-chimiques fondamentales et leur constitution minéralogique précise.
Une investigation structurale par diffraction des rayons X (DRX) a été systématiquement
entreprise pour l'identification des phases cristallines constitutives. Concomitamment, le
potentiel d'interactions interfaciales des matériaux a été évalué par le biais d'expériences
d'adsorption de colorants, sondant ainsi leur réactivité de surface et leur capacité de séquestration
moléculaire.

6.1. Analyses physico-chimiques et minéralogiques des minerais

L'investigation présentée vise à établir une caractérisation exhaustive des propriétés


physico-chimiques et de la composition minéralogique des argiles provenant des sites
géologiques d'Analavory, d’Andranomanelatra et de Miandrivazo, offrant une compréhension
fondamentale de leurs attributs intrinsèques.

6.1.1. Préparation des échantillons

Avant d'être soumis aux tests et analyses en laboratoire, les échantillons font l'objet
de prétraitements appropriés. Ces opérations visent à réduire les échantillons en poudre fine. Le
processus comprend successivement un concassage, un séchage en étuve, un broyage et un
tamisage afin d'obtenir la granulométrie requise pour les analyses. Ces traitements ont été
réalisés au Laboratoire GPCI (Photo 6.01).

Photo 6.01 : Prétraitement des minerais


(Source : Auteur)

74
Ces étapes de concassage, séchage, broyage et tamisage ont permis d'homogénéiser
la granulométrie des poudres fines requises pour les investigations ultérieures en laboratoire.

6.1.2. Caractérisation physico-chimique des sols argileux

[Link]. Taux d’humidité

La détermination du taux d'humidité, ou teneur en eau, est une étape fondamentale


dans la caractérisation des matériaux argileux. Ce paramètre quantifie la proportion d'eau liquide
présente au sein de la masse de l'échantillon. L'humidité influence significativement les
propriétés physiques, mécaniques et rhéologiques des argiles, jouant un rôle crucial dans leur
comportement géotechnique et leurs applications potentielles.

La détermination de la teneur en eau liquide de chaque échantillon a été réalisée par


séchage conformément à la norme NF P 94 050 (1995). Une masse d'argile naturelle (Mh) est
initialement pesée, puis séchée en étuve à 105°C durant 24 heures. La masse de l'argile sèche
résultante (Ms) est ensuite mesurée. La teneur en eau est quantifiée par le calcul suivant :

M h−M s (Équation 6.1)


TH = × 100
Mh

Avec : Mh : est la masse de l'échantillon d'argile humide (g),

Ms : est la masse de l'échantillon d'argile sèche (g),

TH : représente la teneur en eau, exprimée en pourcentage de la masse sèche (%).

[Link]. Potentiel d’hydrogène (pH)

Le potentiel hydrogène (pH) constitue un paramètre fondamental pour caractériser


les propriétés chimiques des matériaux géologiques, notamment les sols et les argiles. Il
renseigne sur le degré d'acidité ou d'alcalinité du milieu, influençant la solubilité des minéraux,
la mobilité des éléments et les réactions chimiques qui s'y déroulent. La détermination précise du
pH est donc essentielle pour comprendre le comportement géochimique des argiles étudiées. Sa
détermination a été effectuée à l'aide d'un pH-mètre au laboratoire de chimie minérale du
département Génie des Procédés Chimiques et Industriels (GPCI) de l'École Supérieure
Polytechnique d'Antananarivo (ESPA).

75
[Link]. Analyses chimiques

L’analyse chimique est une méthode directe qui permet de déterminer la composition
des échantillons en terme de pourcentages d’oxyde, des éléments chimique, de carbone / azote,
ainsi que le criblage phytochimique de l’argile.

 Taux d’oxydes
La détermination des teneurs en oxydes a été effectuée au laboratoire de l’OMNIS. L’analyse
repose sur la spectrométrie de fluorescence X (XRF) portable, permettant l’identification et la
quantification des principaux oxydes présents dans les échantillons. Concernant spécifiquement
le lithium, sa teneur en oxyde (Li₂O) a été mesurée par spectrométrie d’absorption atomique
(AAS), réalisée au laboratoire d’Adonis Environnement, garantissant une précision analytique
adaptée aux faibles concentrations.

Photo 6.02: Le four utilisé.


(Source : auteur)
La Photo 6.03 illustre l'équipement de calcination utilisé dans le protocole
analytique. Ce four à haute température permet la décomposition thermique contrôlée des
échantillons, une étape préparatoire essentielle pour certaines analyses minéralogiques et
géochimiques spécifiques.

 Taux d’éléments chimiques

L’analyse des éléments chimiques a été réalisée au laboratoire


OMNIS à l’aide d’un appareil portable X-Ray (Photo 6.04).

La méthode analytique employée met en œuvre la spectrométrie de fluorescence X.


L'échantillon, disposé dans un porte-échantillon adapté, est irradié par un faisceau de rayons X
primaires. L'interaction induit l'émission de rayons X secondaires (fluorescence) dont les
longueurs d'onde et les intensités sont caractéristiques des éléments constitutifs de l'échantillon et

76
de leur concentration respective. Le spectre de fluorescence résultant est analysé et présenté sous
forme tabulaire ou graphique, permettant ainsi l'identification et la quantification des éléments
présents.

Photo 6.03: Appareil X-Ray portable.


(Source : Auteur)

6.2. Analyse par diffraction des rayons X

L’objectif de cette analyse est d’identifier les différents minéraux présents dans
chaque échantillon. Cette technique est utilisée pour déterminer les différentes phases minérales
à partir de l’analyse de la poudre totale (Frédéric et al., 2014) et pour déterminer
qualitativement les constituants argileux (Robert, 1975). Elle est particulièrement efficace pour
identifier les fractions fines, y compris les minéraux argileux.

6.2.1. Préparation de l’échantillon avant l’analyse XRD

La préparation des échantillons a suivi le protocole établi par le Laboratoire Argiles


Géochimie et Environnement Sédimentaires de l’Université de Liège, adapté de la méthodologie
de Moore et Reynolds (1989). La poudre totale et la fraction argileuse ont été soumises à ce

processus de préparation. (Moore & Reynolds, 1989)

Poudre totale

La préparation des échantillons a suivi un protocole séquentiel précis. Initialement,


les matériaux ont subi un séchage en étuve à 40 °C pendant une durée minimale de 48 heures.
Suite à cette étape, un broyage méticuleux a été réalisé à l'aide d'un mortier en agate.

77
La poudre résultante a été ensuite fractionnée par tamisage à 250 µm, permettant
l'isolement des particules de taille inférieure à ce seuil. Finalement, la poudre fine obtenue a été
transformée en pastilles homogènes à l'aide de supports métalliques, les rendant ainsi conformes
aux exigences de l'analyse ultérieure.

Fraction d’argile

Une faible quantité de l'échantillon séché est dispersée dans de l'eau distillée au sein
d'un bécher. La suspension est homogénéisée par agitation magnétique. Le mélange uniforme
obtenu est ensuite soumis à un tamisage à 63 µm, avec ajout d'eau distillée pour faciliter le
passage des fines particules. La fraction inférieure à 63 µm est recueillie dans une fiole,
complétée avec de l'eau distillée, puis vigoureusement agitée avant d'être laissée à décanter
durant 50 minutes. La fraction argileuse, constituée de particules de taille inférieure à 2 µm, est
prélevée par pipetage du centimètre supérieur de la fiole. Cette suspension est déposée sur une
lame de verre et séchée à l'air libre pendant 24 heures.

Pour certains échantillons, où une sédimentation rapide a été observée, la fraction


argileuse a été extraite immédiatement après agitation. Une fois les lames sèches, elles sont
prêtes pour l’analyse dans un diffractomètre, où les spectres normaux sont obtenus. Ensuite, les
lames sont traitées par solvatation avec de l’éthylène glycol dans une chambre à vide. Après ce
traitement, de nouveaux spectres sont enregistrés à l’aide du diffractomètre. Enfin, les lames sont
chauffées à 500 °C pendant 2 heures et les spectres correspondant aux échantillons traités
thermiquement sont obtenus. Ces trois séries de spectres sont essentielles pour déterminer les
minéraux argileux présents dans les échantillons.

[Link]. Équipement

L'analyse structurale des échantillons argileux a été réalisée à l'aide d'un


diffractomètre Bruker D8-Advance, un instrument de haute résolution localisé au sein du
laboratoire Argiles, Géochimie et Environnements Sédimentaires de l'Université de Liège.

Ce diffractomètre, reconnu pour sa précision dans l'identification des phases


cristallines, permet une caractérisation minéralogique approfondie des matériaux étudiés par
l'interaction des rayons X avec leur structure atomique.

78
[Link]. Principe

L’échantillon déjà préparé en poudre est soumis à un bombardement de rayons X.


L’interaction entre les rayons X et la lumière est régie par les équations de Maxwell, qui
décrivent le couplage entre les champs électriques et magnétiques de l’onde incidente et les
charges des électrons et du noyau d’un atome (Frédéric et al., 2014). Les rayons X sont générés
en dirigeant un faisceau d’électrons sur une anode de cuivre. Les rayons X interagissent avec les
monocristaux de la poudre, qui les réfléchissent. Les rayons réfléchis sont détectés et leur
intensité est enregistrée à un angle de 2Ɵ. Cette mesure est conforme à la loi de Bragg, qui
s’exprime par la formule suivante :

[Link]Ɵ = n.λ (Équation 6.10)


Avec : d est la distance inter-réticulaire,
Ɵ est l’angle de diffraction,
n est un nombre entier relatif à l’ordre de diffraction,
λ est la longueur d’onde des rayons X.
Cette loi est illustrée dans la Figure 6.01.

Figure 6.01: Schéma représentatif du phénomène de diffraction des rayons X.

(Source : Yassine, 2016)

Durant l'analyse par diffraction des rayons X, l'échantillon subit une rotation d'un
angle θ, couplée à une rotation simultanée du détecteur d'un angle 2θ. Cette configuration, bien
que fréquente, peut entraîner la perte de poudre à des angles θ élevés.

Le diffractogramme résultant, analysé par le logiciel EVA, permet d'identifier les


phases minérales. Sur ce spectre, l'intensité diffractée est représentée en ordonnée et les
espacements réticulaires (d) en abscisse.

Chaque minéral se manifeste par des pics caractéristiques à des valeurs spécifiques
de d. Par exemple, une valeur de d=4,47 Å suggère la présence d'argiles, tandis que d=3,33Å

79
indique le quartz. Cette approche permet une détermination qualitative de la composition
minéralogique.

Suite à l'identification des phases minérales, une analyse semi-quantitative peut être
réalisée pour estimer leur proportion relative. Cette évaluation repose sur la hauteur du pic
d'intensité maximale caractéristique de chaque minéral, directement proportionnelle à son
abondance. Pour quantifier cette proportion, l'intensité du pic principal de chaque phase est
corrigée par un facteur (F) spécifique au minéral : F = 20 pour les argiles totales et F = 1 pour le
quartz.

Les intensités corrigées des différentes phases minérales permettent ensuite de


déterminer leur contribution relative au sein de l'échantillon.

6.3. Expériences d’adsorptions de colorants

Les expériences d’adsorptions de colorants sont une aide précieuse pour déterminer
quelles argiles peuvent être utilisées dans la filtration de l’eau (Mahmoud & El-Mallah, 2010).
Le colorant sélectionné pour notre travail est le méthyle orange ou orangé de méthyle appelé
aussi Hélianthine.

6.3.1. Informations générales sur l’adsorbat : méthyle orange

L’adsorbat utilisé pour cette expérience est l’hélianthine connu


aussi sous le nom de méthyle orange ou orangé de méthyle ou Orangé III
(Sabah et al., 2006). Le Méthyle orange (MeO), acide complexe, [acide p-dimethylamino-
azobenzènesulfonique (forme acide) p-dimethylamino-azobenzène-sulfonate de sodium (sel de
sodium)] est un colorant de forme cristaux oranges de formule brute C 14H14N3NaO3S lorsqu'il est
sous forme de sel. Le couple acide-base correspondant est C 14H14N3O2S-OH/ C14H14N3O2S-O. Le
pKa de ce couple est 3,39.

C’est un colorant monoazoïque caractérisé par le chromophore azoïque –N=N-


(Sabah et al., 2006). Il est utilisé pour l’impression de la coloration des textiles (Alaoini, 2009).
Sa structure est donnée dans la figure 6.02 ci-dessous.

Les principales caractéristiques et propriétés de l’hélianthine utilisée sont conformes


à celles de l’hélianthine utilisée par Deneche et Laouadi (2020) (voir Tableau 6.02).

80
Figure 6.02: Structure chimique de l’hélianthine.

(Source : Alaoini, 2009).

Tableau 6.01: Les principaux caractéristiques de l’hélianthine.


Nomenclature commun Méthylorange
Acide 4-{(E)-[4-(diméthylamino)phényl]
diazényl} benzènesulfonique (forme acide)
Nom UICPA
{(E)-[4-(diméthylamino)phényl] diazényl}
benzène sulfonate de sodium (sel de sodium)

Nomenclature générique Acide orange 52

Frome acide :
C14H15N3O3S (Isomères)
Formule chimique
Sel de sodium :
C14H14N3NaO3S

305,354 [Link]-1 (forme acide)


Masse molaire
327,[Link]-1 (sel de sodium)

Longueur d’onde 457 nm


Solubilité à 20°C 5,2 g.L-1
Pka 3,39

(Source : Deneche & Laouadi, 2020)

6.3.2. Dosage de la colorante hélianthine

La spectrophotométrie visible est utilisée pour déterminer la teneur des colorants en


solution. Cette technique repose sur la capacité de certaines molécules à absorber le rayonnement
lumineux à des longueurs d’onde spécifiques. (Bentahar, 2016)

[Link]. Principe de la spectrophotométrie visible

81
La spectrophotométrie visible est une méthode analytique qui mesure l’absorbance
ou la densité optique d’une solution, conformément à la loi de Beer-Lambert qui consiste à
étudier la relation entre l’intensité de la lumière incidente et celle de la lumière transmise.

Vu que l’intensité incidente décroit d’une manière exponentielle (voir Figure


6.09), on peut écrire :

I = I0.e-KlC (Equation 6.11)

Avec : I0 est l'intensité de la lumière incidente,

I est l'intensité après passage à travers la cuve contenant la solution (intensité transmise),

l est la longueur du trajet optique à travers la solution absorbante (épaisseur de la cuve,


en cm),

C est la concentration des espèces absorbantes,

K est un coefficient d'absorption molaire, spécifique à l'espèce absorbante et à la


longueur d'onde considérée.

L’équation peut être écrite de la façon suivante :

IO K . l. C (Equation 6.12)
log ( ¿)= =ε .l . C ¿
I 2 ,3

Avec : log (I0/I) est appelé absorbance (A),

I/I0 = T est la transmission,

ε est le coefficient d'extinction molaire ; c’est une caractéristique de la substance étudiée


à une longueur d'onde donnée. Il est exprimé en [Link] -1.

Donc l’équation connue sous le nom de Beer-Lambert est exprimée par la relation
suivante :

A=ε . l. c=−log (T ) (Equation 6.13)


Avec : A : absorbance (sans dimension),
l : chemin optique (cm),
c : concentration de la substance dans la solution (mol.L-1).

82
Ceci peut être expliqué par la Figure 6.03 suivante (Samake, 2009). La lumière
monochromatique traverse une cuve contenant une solution absorbante. Une partie de ce
rayonnement sera absorbée par l’échantillon et une partie sera transmise.

Figure 6.03: Principe de la spectrophotométrie.


(Source : Samake, 2009)

En spectrophotométrie, deux grandeurs clés sont utilisées : la transmittance (T) et


l’absorbance (A), également appelée densité optique. Ces quantités sont liées par les équations
suivantes :

I (Equation
T= × 10 0
I0 6.14)

I
A=log ⁡( ) (Equation
I0
6.15)
Le dosage peut être direct ou indirect suivant la caractéristique de la substance à
doser. Le dosage direct est appliqué lorsque la substance à doser possède un pic d’absorption
caractéristique dans le visible, c’est-à-dire qu’elle est colorée, ou dans l’UV.
(Samake, 2009)

La méthode directe consiste à mesurer l’absorbance de la solution


et à calculer sa concentration. Il est nécessaire de connaitre le coefficient
d’extinction molaire  de la substance à une longueur d’onde choisie pour
cette méthode.

Le dosage indirect est appliqué lorsque la substance à doser ne


possède pas de pic caractéristique dans le visible, c’est-à-dire incolore, ou

83
dans l’UV. La substance doit être transformée en une substance colorée en
ajoutant un réactif de coloration.

Encore, le dosage indirect peut se faire par deux manières


différentes : par comparaison avec un étalon unique ou avec une gamme
d’étalonnage.

Par comparaison avec un étalon unique

La méthode par comparaison avec un étalon unique suppose


seulement la linéarité de la relation entre l’absorbance et la concentration
mais ne la vérifie pas. Elle consiste à mesurer l’absorbance de la solution à
doser et l’absorbance d’une solution étalon de concentration connue dans
les mêmes conditions.

Par une série d’étalonnage

Cette méthode consiste à faire une série d’étalonnage des solutions


filles obtenues par dilution d’une solution étalon mère ; ensuite une courbe
d’étalonnage absorbance en fonction de la concentration, A= f(C), est
tracée. Cette courbe sert de référence pour la détermination graphique de la
concentration des solutions à doser. Cette méthode tient compte des erreurs
de manipulation et permet de vérifier la linéarité de la relation entre A et C.

Pour que la solution d’hélianthine soit colorée, la méthode utilisée dans cette
expérience est la méthode de la gamme d’étalonnage indirecte.

[Link]. Courbe d’étalonnage de l’hélianthine

Une courbe d’étalonnage est construite pour déterminer la concentration


d’hélianthine pendant l’expérience. Le processus de préparation de cette courbe comprend les
étapes suivantes : une solution mère d’hélianthine à 1 g.L-1 est préparée en dissolvant 0,5g de
poudre d’hélianthine dans 500 mL d’eau.

Une série de solutions diluées avec des concentrations allant de 10 à 60 mg.L -1 est
préparée à partir de la solution mère Photo (6.07). Les volumes requis de la solution mère et de
l’eau distillée pour ces dilutions sont calculés à l’aide des équations suivantes :

84
C i V i=C f V f (Equation
V e =V f −V i (Equation
6.16)
Avec : Ci : la concentration de la solution mère (g.L6.17)
-1
),
Vi : le volume de la solution mère nécessaire (L),
Cf : la concentration de la solution fille (g.L -1),
Vf : le volume de la solution fille (L),
Ve : le volume d’eau nécessaire pour la dilution (L).

Photo 6.04: Solution mère et solutions filles de l'hélianthine pour la courbe d'étalonnage.

(Source : Auteur)

L’absorption des solutions filles est déterminée par spectrophotométrie visible à une
longueur d’onde de 457 nm.

Les résultats sont résumés dans le Tableau 6.3 suivant.

Tableau 6.02 : Résultats du dosage des solutions filles d'hélianthine par


spectrophotométrie.
Échantillon 1 2 3 4 5 6
Concentration 10 20 30 40 50 60
Absorbance 0,166 0,437 0,862 1,209 1,583 1,738

(Source : Auteur)

85
Pour avoir l’équation afin de calculer la concentration de n’importe quelle solution
donnée, on trace la courbe de l’absorbance en fonction de la concentration de la
solution de méthylorange (Figure 6.04).

2
1.8
f(x) = 0.0332714285714286 x − 0.165333333333333
1.6 R² = 0.988493648171743
1.4
1.2
Absorbance

1
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0 10 20 30 40 50 60 70

Concentration de la solution de méthylorange (mg/l)

Figure 6.04 : Courbe d'étalonnage de l'hélianthine à λ=457nm.

(Source : Auteur)

Le coefficient de corrélation élevé (R² = 0.9885) indique une forte linéarité de la


courbe d'étalonnage, validant la fiabilité de cette équation pour la détermination quantitative de
la concentration d'espèces chimiques inconnues dans la matrice étudiée.

A +0,1653
C= (Equation
0,0333
6.18)

L'étalonnage spectrophotométrique a établi une relation linéaire entre l'absorbance


(A) et la concentration (C), exprimée par l'équation A = 0.0333C – 0.1653 (Équation 6.18).

[Link]. Capacité d’adsorption

Un protocole expérimental a été mis en œuvre pour déterminer la capacité d'adsorption


d'une argile vis-à-vis de l'hélianthine. Une solution d'hélianthine, de concentration initiale 60
mg.L-1, a été préparée en portant le volume à 100 mL dans un bécher de 250 mL. À cette
solution, une masse de 1 g d'argile a été ajoutée. Le mélange a été soumis à une agitation
continue.

86
Le suivi cinétique de la concentration résiduelle en hélianthine a été effectué par
prélèvements d'échantillons réalisés à intervalles de 10 minutes durant les 50 premières minutes
de contact (Photo 6.08). Un échantillon final a été prélevé après une durée totale de contact de 90
minutes.

Photo 6.05: Prélèvement pour le dosage.


(Source : Auteur)

Sur la base de la surface spécifique des échantillons, ADML 001, ADML 002,
ADML 003 et ADML 004, ainsi que l’échantillon MNDV 003, ont été sélectionnés pour
l’expérience. Cette sélection vise à élucider les variations de la capacité d’adsorption influencées
par le type d’argile et sa surface spécifique.

CONCLUSION PARTIELLE

Les investigations multidisciplinaires exposées dans ce chapitre, intégrant des


analyses physico-chimiques exhaustives, la diffraction des rayons X pour l'élucidation de la
composition minéralogique et des essais d'adsorption de colorants pour la caractérisation des
propriétés de surface, ont permis d'établir une compréhension approfondie de la nature
intrinsèque des argiles étudiées. Les données obtenues concernant leur structure cristalline, leur
morphologie et leur réactivité interfaciale constituent un socle probant et indispensable à
l'interprétation synthétique des résultats globaux de cette recherche.

87
CHAPITRE 1 – MÉTHODOLOGIE EXPÉRIMENTALE ET PROCÉDÉS DE
TRANSFORMATION DU SPODUMÈNE

1.1. Méthodes d’analyse

L’analyse expérimentale repose sur la digestion d’échantillons de spodumène finement broyés


(80–250 µm) dans différents milieux réactifs. Les agents utilisés incluent l’acide sulfurique
(H₂SO₄), l’acide chlorhydrique (HCl), l’acide fluorhydrique (HF), l’acide nitrique (HNO₃) et
l’acide phosphorique (H₃PO₄). Des attaques basiques ont également été réalisées à l’aide de
chaux, de bisulfate de sodium (NaHSO₄) et de sulfate de sodium (Na₂SO₄).

Un schéma récapitulatif des étapes de l’expérimentation par attaques acides et basiques est
présenté à la Figure 2.

88
Figure2 : Diagramme de processus lors de l’expérimentation par attaque acide et basique

1.2. Procédure expérimentale

Un échantillon finement broyé a d’abord été soumis à une calcination dans un four électrique de
laboratoire. Les températures appliquées variaient entre 750 et 1100 °C, pour des durées de 1,5 à
5 heures. Cette étape permet la transformation de l’α-spodumène en β-spodumène, une phase
thermiquement décrépitée, caractérisée par une meilleure réactivité vis-à-vis de l’attaque acide.

Par la suite, deux lots distincts ont été préparés :

 100 g de β-spodumène calciné (80 µm) ;

89
 100 g de lépidolite broyée (80 µm).

Chaque lot a été introduit dans des creusets en porcelaine, puis mélangé à de l’acide sulfurique
concentré (98 %). Différents rapports massiques minerai/acide (1:1, 1:2, 3:2 et 3:4) ont été testés
afin d’obtenir une pâte homogène.

La digestion a été réalisée à des températures comprises entre 175 et 350 °C pendant 0,5 à 3
heures (Meshram et al., 2014). Les pâtes obtenues ont été refroidies, puis dissoutes dans 250 mL
d’eau distillée pendant une heure.

La solution a ensuite été soumise à une lixiviation aqueuse à 90 °C. L’excès d’acide sulfurique a
été neutralisé par addition de chaux (Gmar & Chagnes, 2019). Le pH a été ajusté entre 7 et 10
afin de précipiter les impuretés principales, notamment le fer et l’aluminium (GB/T51382, 2019).

Après neutralisation, une solution brute de sulfate de lithium contenant environ 10 % de Li₂O a
été obtenue (Tan et al., 2021 ; Kuang et al., 2018 ; Ran et al., 2016). L’ajout de lait de chaux a
permis d’éliminer le magnésium résiduel et de porter le pH à 11–12 (GB/T51382, 2019 ; Zhu et
al., 2008). Les ions Ca²⁺ et Mg²⁺ restants ont été éliminés par addition de carbonate de sodium
(Su et al., 2019).

La solution filtrée a ensuite été évaporée et concentrée, donnant une solution de sulfate de
lithium purifié (> 20 % Li). Enfin, le carbonate de lithium (Li₂CO₃) a été précipité par ajout de
carbonate de sodium, puis récupéré par centrifugation, déshydratation et séchage.

Équations chimiques principales :

1. Transformation acide :

Li2O⋅Al2O3⋅4SiO2+H2SO4→Li2SO4+Al2O3⋅4SiO2+H2OLi₂O \cdot Al₂O₃ \cdot 4SiO₂ +


H₂SO₄ \rightarrow Li₂SO₄ + Al₂O₃ \cdot 4SiO₂ + H₂OLi2O⋅Al2O3⋅4SiO2+H2SO4→Li2SO4
+Al2O3⋅4SiO2+H2O

2. Précipitation finale :

Li2SO4+Na2CO3→Li2CO3+Na2SO4Li₂SO₄ + Na₂CO₃ \rightarrow Li₂CO₃ + Na₂SO₄Li2SO4


+Na2CO3→Li2CO3+Na2SO4

1.3. Calcination du concentré de spodumène

1.3.1. Transformation en β-spodumène

Le spodumène naturel est un α-spodumène, minéral réfractaire difficilement attaquable (Rosales


et al., 2014). Sa calcination au-delà de 1000 °C entraîne sa conversion en β-spodumène,
beaucoup plus réactif pour l’extraction du lithium (Botto, 1985 ; Clarke & Spink, 1969 ; Tian et
al., 2011).

Le β-spodumène appartient à la série solide de type keatite, isostructurale avec le SiO₂


tétragonal. À haute température, une autre phase, le γ-spodumène, peut se former (Buerger,
90
1954 ; Li, 1968). Son existence reste débattue : certains l’associent à une phase de haute pression
(Munoz, 1969), d’autres à une étape intermédiaire (Peltosaari et al., 2015).

En pratique industrielle, l’α-spodumène est calciné à 1050–1100 °C durant 0,5 à 2 heures, puis
attaqué par H₂SO₄ concentré (Ellestad & Milne, 1950).

1.3.2. Stabilité et propriétés structurales

L’α-spodumène possède une structure de pyroxène monoclinique (Cameron et al., 1973),


conférant une forte stabilité thermodynamique. La calcination entraîne un changement de
coordination de l’aluminium (octaédrique → tétraédrique), ouvrant des canaux interstitiels
favorisant la mobilité des ions Li⁺ (Welsch et al., 2015).

1.3.3. Aspects minéralogiques et calorimétriques

Les études DRX montrent que la transformation dépend de la pureté et de la granulométrie


(White & McVay, 1958 ; Gasalla & Pereira, 1990). Le β-spodumène apparaît comme la phase la
plus stable. La transition α → β est marquée par un pic endothermique, dont la température
varie selon la taille des grains et la présence d’impuretés.

1.3.4. Aspects cinétiques

La transition est lente et s’étale de 727 à 900 °C. Elle obéit à une cinétique du premier ordre,
contrôlée par des processus de nucléation et de diffusion (Botto & Arazi, 1975 ; Moore et al.,
2018).

1.4. Purification du lithium

1.4.1. Dissolution acide

Le carbonate brut (Li₂CO₃), contaminé par des impuretés (SiO₂, Al₂O₃, Fe₂O₃), est dissous dans
une solution d’HCl 5 %. Les impuretés insolubles précipitent tandis que le lithium passe en
solution (Chen, Xu & Zhang, 2022).

1.4.2. Précipitation sélective

Le filtrat est ajusté à pH 6–7 par addition de NaOH, ce qui précipite l’aluminium sous forme
d’Al(OH)₃ (Meshram et al., 2014).

1.4.3. Re-carbonatation

Une solution de Na₂CO₃ est ajoutée pour précipiter un carbonate de lithium purifié (> 99 %)
(Chagnes & Światowska, 2015).

91
1.4.4. Séchage final

Le produit obtenu est séché à 150 °C pour éliminer l’humidité résiduelle et atteindre une pureté
conforme aux standards de l’industrie des batteries (Boni & Sievers, 2020).

Discussion et importance industrielle

Le procédé d’extraction et de purification du lithium combine des étapes classiques


d’hydrométallurgie : calcination, lixiviation acide, précipitation sélective, re-carbonatation et
séchage. Sa simplicité, son adaptabilité et son faible coût en font une voie privilégiée pour
produire du lithium de qualité « batterie ». La maîtrise du pH est un facteur clé pour éliminer les
impuretés métalliques. Enfin, ce procédé contribue directement à la transition énergétique
mondiale, en assurant une production durable de matériaux stratégiques (Azevedo et al., 2018 ;
Chen et al., 2022).

92
Partie 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS
CHAPITRE 7. RÉSULTATS SUR LA CARACTÉRISATION PHYSICO-
CHIMIQUE DES SOLS ARGILEUX

Les résultats des analyses physico-chimiques effectuées sur les échantillons de sols
argileux sont rapportés ici. Cette caractérisation fournit des informations essentielles sur leur
composition, leur humidité, leur acidité, leur teneur en matière organique et leur capacité
d'adsorption, permettant une meilleure compréhension de leur nature et de leur comportement.

7.1. Taux d’humidité

Le Tableau 7.01 montre les résultats de la valeur de taux d’humidité (TH) de chaque
échantillon prélevé à Analavory (ANLV), Andranomanelatra (ADML) et Miandrivazo (MNDV).
Ces valeurs quantifient la proportion d'eau liquide présente dans chaque matériau à l'état naturel,
un paramètre essentiel pour évaluer leurs propriétés physico-chimiques initiales.

Tableau 7.01 : Taux d’humidité des argiles


MND MND MND
ECHANTILLON ANLV ANLV ADM ADM ADM ADM
V V V
S 001 002 L 001 L 002 L 003 L 004
001 002 003
TH (%) 1,29 7,64 23,04 13,79 9,23 13,12 4,51 2,43 0,39

(Source : Auteur)

Pour mieux illustrer la différence de la teneur en eau entre les


échantillons, ces résultats sont reportés sur le diagramme de la Figure 7.01.
23.04

25
Taux d'humidité (%)

20
13.79

13.12

15
9.23

10
7.64

4.51

5
2.43
1.29

0.39

0
ANLV ANLV ADML ADML ADML ADML MNDV MNDV MNDV
001 002 001 002 003 004 001 002 003

Figure 7.01 : Diagramme du taux d'humidité des argiles.

77
(Source : Auteur)

Les analyses ont révélé une variabilité significative de la teneur en eau au sein des
argiles étudiées, s'étendant de 0,39 % à 23,04 %. L'échantillon MNDV 003, provenant de
Miandrivazo, présente la plus faible proportion d'eau (0,39 %), tandis que l'échantillon ADML
001, originaire d’Andranomanelatra, exhibe la valeur maximale (23,04 %). Ces faibles taux
d'humidité observés suggèrent un caractère non hygroscopique pour ces matériaux argileux.
(Nouioua et al., 2021)

7.2. Poids volumiques spécifiques

La densité, exprimée en poids volumique, a été mesurée pour les neuf échantillons
d'argile étudiés. Le Tableau 7.02 présente les résultats obtenus en kN/m³ pour chaque
échantillon, permettant une comparaison directe de cette propriété

Tableau 7.02 : Poids volumiques des échantillons


ADM MND MND MND
ECHANTILLON ANLV ANLV ADM ADM ADM
L V V V
S 001 002 L 001 L 003 L 004
002 001 002 003
Poids volumiques
27,11 26,30 24,55 25,80 25,11 25,01 24,34 25,64 26,95
s (kN/m3)

(Source : Auteur)

La distribution des poids volumiques secs des échantillons, dont les valeurs sont
tabulées ci-dessus, est synthétisée graphiquement à la Figure 7.02 afin de faciliter leur
comparaison visuelle.
27.11

26.95

27.5
27
26.3

25.64

26.5
25.8
Poids Volumique (kN/m3)

26
25.11

25.01

25.5
24.55

24.34

25
24.5
24
23.5
23
22.5

Figure 7.02: Diagramme du poids volumique des échantillons d’argiles.

(Source : Auteur)

78
Les densités des échantillons sont comprises entre 24.34kN/m 3 à
27.11kN/m3. Selon le diagramme de la Figure 7.02, ANLV 001 et MNDV 003,
qui ont des valeurs de poids volumiques élevés, ont une teneur en sable
élevée par rapport aux sept autres échantillons. Ces argiles pourraient être plus
appropriées pour des applications nécessitant des matériaux de haute densité. Tandis que les
argiles MNDV 001 et ADML 001 ont le poids volumique les plus faibles et donc
une faible teneur en sable par rapport aux autres. Elles pourraient être utilisées
dans des applications où un matériau plus léger est préférable.

Les différences de poids volumique peuvent refléter des variations dans la


composition, la porosité ou le compactage des matériaux. Si ces échantillons représentent des
matériaux de construction ou des sols, le poids volumique est une propriété importante qui
influence la résistance, la stabilité et d'autres caractéristiques d'ingénierie. (Lemoine& Bernard,
2017)

7.3. Potentiel d’hydrogène

La détermination du pH, un indicateur de l'activité des ions hydronium en solution, a


été effectuée pour les échantillons d'argile d’Analavory (ANLV), Andranomanelatra (ADML) et
Miandrivazo (MNDV). Le Tableau 7.03 expose les valeurs obtenues, associées aux températures
respectives des mesures, permettant d'évaluer le caractère acide, neutre ou basique de chaque
suspension.

Tableau 7.03: pH des argiles en fonction de la température

ECHANTILLON ANLV ANLV ADM ADM ADM ADM MND MND MND
S 001 002 L 001 L 002 L 003 L 004 V 001 V 002 V 003

pH 10,75 9,95 8,72 9,75 5,84 6,62 9,03 7,85 9,72

T°C 14,8 15,3 15,5 14,6 16,8 16,8 15.7 15,5 15,7

(Source : Auteur)

La mesure du pH des suspensions argileuses révèle une étendue de variation de 5,84


à 10,75, dans une fourchette de température étroite (14,6°C - 16,8 °C). Les échantillons ADML
003 et ADML 004 présentent un pH acide, contrastant avec le caractère alcalin des autres

79
échantillons. Ces différences de pH peuvent régir les réactions d'adsorption des colorants et la
dispersion/floculation des particules argileuses (Theng, 2012).

L'alcalinité marquée des échantillons ANLV 001 et ADML 002 pourrait être corrélée
à la présence de minéraux spécifiques tels que des smectites sodiques (Grim, 1968), influençant
leur comportement en suspension.

7.4. Valeur de bleu de méthylène et surface spécifique

L’objectif de cet essai est de déterminer la capacité d’absorption du sol. Le Tableau


7.04 récapitule les valeurs de la valeur au bleu de méthylène (VBS) et de la surface spécifique
(SS) obtenues pour les neuf échantillons d'argile analysés. La VBS, un indicateur de la présence
de minéraux argileux gonflants et de leur capacité d'échange cationique, et la SS, une mesure de
la finesse des particules et de l'aire réactionnelle disponible, constituent des paramètres clés pour
la compréhension du comportement physico-chimique des argiles.

Tableau 7.04: Valeur au bleu de méthylène (VBS) et surface spécifique (SS)


des échantillons
MND MND MND
ECHANTILLON ANLV ANLV ADM ADM ADM ADM
V V V
S 001 002 L 001 L 002 L 003 L 004
001 002 003
VBS 0,15 2,6 12,5 8,2 7,5 6,5 3 5 0,1
261,6 171,6 156,9 136,0 104,6
SS (m2/g) 3,14 54,42 62,79 2,09
3 3 8 5 5
(Source : Auteur)

Afin de visualiser et de comparer l'aire spécifique (SS) et la valeur au bleu de


méthylène (VBS) des divers échantillons argileux, les données tabulées ci-dessus sont reportées
graphiquement à la Figure 7.03. Cette représentation permettra une analyse plus intuitive des
relations entre ces deux paramètres fondamentaux pour la caractérisation des argiles.

Les valeurs de bleu de méthylène des neufs échantillons varie de


0.1 à 12.5 et leur surface spécifique de 2.09 m 2.g-1 à 261.63 m2.g-1. La plus
faible valeur de bleu de méthylène (VBS), comme la plus petite surface
spécifique, appartient à MNDV 003 et la plus élevé à ADML 001. On a
remarqué que tous les échantillons d’Andranomanelatra possèdent de la VBS
plus élevés, de 6.5 à 12.5, et de la SS plus élevés, 136.05 m 2.g-1à 261.63
m2.g-1, par rapport aux autres échantillons de Miandrivazo et d’Analavory.

80
Figure 7.03: Diagramme de la valeur au bleu de méthylène et de la surface
spécifique des argiles.

(Source : Auteur)

Le diagramme illustre la valeur au bleu de méthylène et la surface spécifique des


argiles. Ces propriétés, combinées au poids volumique, peuvent fournir une caractérisation plus
complète des matériaux. Une surface spécifique élevée peut indiquer une plus grande réactivité
ou capacité d'absorption du matériau (Durand& Moreau, 2019).

7.5. Limites d’Atterberg

L'évaluation des propriétés mécaniques des argiles s'appuie fréquemment sur la


détermination des limites d'Atterberg, incluant la limite de liquidité (W L) et la limite de plasticité
(WP), dont la différence définit l'indice de plasticité (IP). La limite de liquidité (W L) quantifie la
teneur hydrique induisant une transition rhéologique du comportement plastique au
comportement liquide. Réciproquement, la limite de plasticité (W P) établit la teneur en eau
marquant le seuil entre l'état plastique et l'état solide du matériau argileux.

Les résultats d’analyse des neufs (9) échantillons, MNDV 001, MNDV 002, MNDV
003, ADML 001, ADML 002, ADML 003 ADML 004, ANLV 001 et ANLV 002, sont donnés
dans le Tableau 7.05 suivant:

81
Tableau 7.05: Les limites d’Atterberg des échantillons d’argile
ECHANTILLON ANLV ANLV ADML ADML ADML ADML MND MND MND
S 001 002 001 002 003 004 V 001 V 002 V 003
WL (%) 31,3 38,95 105,1 50,4 63,8 82,85 37 39,20 24,5

WP (%) 18 22,3 60,2 28,89 36,6 47,5 21,16 20,5 15,8

IP (%) 13,3 16,65 44,9 21,51 27,2 35,35 15,84 18,70 8,7

(Source : Auteur)

Afin de faciliter la visualisation et l'interprétation des variations de l'indice de


plasticité (IP) entre les différents échantillons analysés, les valeurs obtenues sont présentées
graphiquement à la Figure 7.04.

50
44.9

45

35.35
40
35
27.2

30
21.51

25
IP(%)

18.7
16.65

20 15.84
13.3

15

8.7
10
5
0
ANLV ANLV ADML ADML ADML ADML MNDV MNDV MNDV
001 002 001 002 003 004 001 002 003

Figure 7.04: Diagramme de l’indice de plasticité des échantillons.

(Source : Auteur)

L'indice de plasticité (IP) des argiles étudiées oscille entre 8,7 % et 44,9 %, avec un
maximum observé pour l'échantillon ADML 001 et un minimum pour MNDV 003. Les
échantillons provenant d’Andranomanelatra se distinguent par des IP systématiquement
supérieurs à 20 % et des limites de liquidité élevées, traduisant une forte sensibilité à la teneur en
eau et un potentiel de gonflement/retrait significatif (Skempton, 1953). L'IP élevé d’ADML 001
suggère une compressibilité importante et une résistance au cisaillement non drainée
potentiellement faible.

82
Les argiles d'Analavory et de Miandrivazo, avec leurs faibles IP, indiquent une
moindre plasticité et une plus grande stabilité volumétrique, mais possiblement une plus grande
susceptibilité à la fissuration ou à l'érosion (Mitchell & Soga, 2005)

7.6. Analyse chimiques

7.6.1. Taux d’oxydes

Le Tableau 7.06 synthétise les proportions massiques des principaux oxydes (SiO 2,
Fe2O3, Al2O3, CaO, MgO) quantifiés dans les neuf échantillons argileux provenant des sites
d'étude d’Analavory (ANLV), Andranomanelatra (ADML) et Miandrivazo (MNDV), révélant
une variabilité compositionnelle inter-sites.

Tableau 7.06: Taux des oxydes des argiles


ANLV ANLV ADML ADML ADML ADML MND MND MND
ECHANTILLONS
001 002 001 002 003 004 V 001 V 002 V 003
SiO2 (%) 38,00 56,00 74,00 18,00 80,00 78,00 90,00 86,00 64,00

Fe2O3 (%) 4,03 11,88 7,17 5,60 8,51 13,00 3,36 3,14 4,48

Al2O3 (%) 0,43 3,29 1,29 0,86 2,00 2,58 5,58 3,43 1,72

CaO (%) 35,25 5,67 5,35 23,92 5,04 2,52 5,35 3,46 3,78

MgO (%) 24,21 3,39 0,23 26,70 0,23 0,45 5,43 3,39 4,07

(Source : Auteur)

Afin de visualiser la disparité des concentrations d’oxydes entre les différents


échantillons d’argile, les données tabulées ont été transposées sous forme d’un diagramme
comparatif (figure 7.05), ce qui facilite l’identification des variations compositionnelles entre
échantillons.

L'analyse de la composition élémentaire des échantillons argileux révèle des


variations significatives dans les proportions des principaux oxydes. La teneur en oxyde de fer
(Fe2O3) oscille entre 3,14 % et 13 %, tandis que l'alumine (Al2O3) présente une gamme de
concentration de 0,43 % à 5,58 %. L'oxyde de calcium (CaO) exhibe une variabilité étendue,
allant de 2,52 % à 35,25 %, et l'oxyde de magnésium (MgO) varie de 0,23 % à 26,70 %.

83
100

90
90

86
80

78
80

74
70

64
60

56
50
35.25
38

40

26.7
24.21

23.92
30

18
11.88

20

13
8.51
7.17
5.67

5.58
5.43
5.35

5.35
5.04

4.48

4.07
4.03

3.78
3.46
3.43
3.39

3.39
3.36
3.29

5.6

3.14
10

2.58
2.52

1.72
1.29

0.86

0.45
0.43

0.23

0.23
2
0
ANLV ANLV ADML ADML ADML ADML MNDV MNDV MNDV
001 002 001 002 003 004 001 002 003

SiO2 (%) Fe2O3 (%) Al2O3 (%) CaO (%) MgO (%)

Figure 7.05: Histogramme du taux des oxydes des argiles.

(Source : Auteur)

Le dioxyde de silicium (SiO₂), avec des concentrations comprises entre 18 % et 90


%, constitue le composant majoritaire dans la plupart des échantillons. Ces différences de
composition chimique peuvent refléter des lithologies parentales distinctes et des processus
d'altération variés (Nesbitt & Young, 1989). La forte teneur en SiO₂ suggère une prédominance
de minéraux silicatés, tels que le quartz ou les phyllosilicates, dans la matrice argileuse. (Deer et
al., 2013)

7.6.2. Taux d’éléments chimiques

Le Tableau 7.07 présente la composition élémentaire quantitative des neuf


échantillons argileux analysés, provenant des sites d’Analavory (ANLV), Andranomanelatra
(ADML) et Miandrivazo (MNDV). Les concentrations massiques de divers éléments majeurs et
traces y sont répertoriées, offrant un aperçu géochimique comparatif des matériaux étudiés.

84
Tableau 7.07: Taux des éléments chimiques présents dans les échantillons
ANLV ANLV ADML ADML ADML ADML MNDV MNDV MNDV
ELEMENTS
001 002 001 002 003 004 001 002 003
Fe(%) 1,94 13,11 11,79 5,47 12,46 13,29 5,33 5,56 5,36
Al(%) 4,76 1,78 4,36 2,54 4,28 7,89 5,94 4,80 6,08
Si(%) 0,89 7,17 7,45 3,64 6,75 6,18 9,69 8,40 10,80
P(%) 0,85 0,16 0,26 0,56 0,12 0,17 0,11 0,09 0,24
K(%) 0,00 0,31 1,49 0,00 0,00 0,03 1,00 0,86 0,81
Ca(%) 0,84 0,04 0,02 0,20 0,01 0,01 0,00 0,00 0,03
Ti(%) 0,12 0,39 0,79 0,30 1,51 2,19 0,41 0,37 0,40
Mg(%) 1,84 0,74 0,75 0,47 0,70 0,70 1,29 0,86 0,78
Sr(%) 0,48 0,08 0,04 0,13 0,06 0,11 0,03 0,02 0,04
V(%) 0,01 0,02 0,03 0,01 0,03 0,04 0,02 0,02 0,01
Cr(%) 0,03 0,05 0,03 0,02 0,05 0,05 0,02 0,02 0,01
Mn(%) 0,06 0,09 0,00 0,00 0,00 0,00 0,05 0,00 0,00
Co(%) 0,00 0,01 0,01 0,00 0,01 0,03 0,00 0,00 0,00
Ni(%) 0,03 0,03 0,03 0,04 0,03 0,04 0,03 0,03 0,03
Cu(%) 0,03 0,03 0,03 0,06 0,01 0,03 0,02 0,01 0,03
Zn(%) 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,02 0,01 0,01 0,01
As(%) 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01
Se(%) 0,01 0,00 0,00 0,00 0,01 0,01 0,00 0,01 0,01
Zr(%) 0,02 0,02 0,04 0,03 0,07 0,07 0,04 0,03 0,05
Rb(%) 0,00 0,01 0,01 0,00 0,00 0,00 0,02 0,02 0,01
Ba(%) 0,02 0,05 0,17 0,12 0,07 0,13 0,11 0,16 0,15
W(%) 0,04 0,04 0,04 0,04 0,04 0,04 0,04 0,04 0,04
Ta(%) 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Au(PPM) 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Hg(PPM) 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Pb(%) 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Cd(%) 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Sn(%) 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Sb(%) 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Ag(%) 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Mo(%) 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
S(%) 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00

(Source : Auteur)

Le Tableau 7.07 atteste de la composition élémentaire des neuf échantillons d'argile,


caractérisée par la présence de silicium (Si), d'aluminium (Al), de fer (Fe), de magnésium (Mg),

85
de calcium (Ca) et de potassium (K). Le fer, l'aluminium et le silicium constituent les éléments
prépondérants au sein de ces matériaux. La distribution des concentrations de ces trois éléments
majeurs est représentée graphiquement dans la Figure 7.06, offrant une visualisation comparative
de leur abondance relative dans chaque échantillon.

13.29
13.11
14

12.46
11.79
12

10.8
9.69
10

8.4
7.89
7.45
7.17

6.75
Taux (%)

6.18

6.08
5.94

5.56
5.47

5.36
5.33
6
4.76

4.8
4.36

4.28
3.64
4 2.54
1.94

1.78

2
0.89

0
ANLV ANLV ADML ADML ADML ADML MNDV MNDV MNDV
001 002 001 002 003 004 001 002 003

Fe(%) Al(%) Si(%)

Figure 7.06: Diagramme des trois éléments constitutifs majeurs des échantillons.

(Source : Auteur)

La prédominance du silicium et de l'aluminium dans la composition élémentaire des


argiles étudiées s'explique par leur rôle structural fondamental au sein des phyllosilicates,
constitués de tétraèdres SiO₄ et d'octaèdres AlO₆. Le phosphore (P), le potassium (K), le calcium
(Ca), le titane (Ti), le magnésium (Mg) et le strontium (Sr) sont détectés en concentrations
significativement inférieures, comme l'illustre la Figure 7.07. Par ailleurs, l'analyse révèle des
teneurs très faibles en éléments généralement considérés comme toxiques, et les éléments
majeurs (Si, Al, Fe) ne présentent pas de toxicité connue ou sont considérés comme modérément
toxiques dans ce contexte. Il est à noter que les échantillons analysés sont exempts d'antimoine
(Sb), de cadmium (Cd), de plomb (Pb), de mercure (Hg), de molybdène (Mo), de tantale (Ta),
d'or (Au), d'étain (Sn), d'argent (Ag) et de soufre (S).

86
2.5

2.19
1.84
2

1.51
1.49
1.5

1.29
Taux (%)

0.86
0.86
0.85
0.84

0.81
1

0.79

0.78
0.75
0.74

0.7

0.7
0.56
0.48

0.47

0.41
0.39

0.37

0.4
0.31
0.5

0.26

0.24
0.3

0.17
0.16

0.2
0.13
0.12

0.12

0.11
0.11

0.09
0.08

0.06
0.04

0.04

0.04
0.03

0.03

0.03
0.02

0.02
0.01

0.01
0

0
0
ANLV ANLV ADML ADML ADML ADML MNDV MNDV MNDV
001 002 001 002 003 004 001 002 003

P(%) K(%) Ca(%) Ti(%) Mg(%) Sr(%)

Figure 7.07 : Diagramme des éléments chimiques.

(Source : Auteur)

Tous les échantillons contiennent de l’arsenic (As) à une valeur


maximale de 0.01%; tous les échantillons contiennent du nickel (Ni) à 0.04%
et 0,03% ; ils sont composés de 0.01% de zinc (Zn) sauf pour ADML 004 qui
représente 0.02%. ; Cinq des échantillons contiennent de sélénium (Se) à
0.01%; la teneur en baryum (Ba) varie de 0.02% à 0.17% ; quatre des
échantillons présentent du cobalt (Co), avec une valeur maximale est de
0.03% (ADML 004), et ADML 001, ADML 003 et ANLV 002 sont constitué de
0.01%. Toutes les argiles étudiées contiennent du cuivre (Cu) avec un taux
maximum de 0.06% (ADML 002) et un taux minimum de 0.01% (MNDV 001
et ADML 003). La teneur maximale en éléments rubidium (Rb), chrome (Cr),
vanadium (V) et zirconium (Zr) est de 0.07% (pour ADML 003 et ADML 004).
Le strontium (Sr) représente jusqu’à 0.48% pour ANLV 001.

7.6.3. Teneur en carbone et azote

L'analyse élémentaire organique des neuf échantillons d'argile a permis de quantifier


les teneurs en carbone (C) et en azote (N), d'estimer la proportion de matière organique (MO), et
de calculer le rapport C/N. Le Tableau 7.08 récapitule ces données, exprimées en pourcentage
massique pour C, N et MO, et en rapport molaire pour C/N. Ces informations sont cruciales pour

87
évaluer l'état de la matière organique et son potentiel d'interaction avec la phase minérale
argileuse

Tableau 7.08: Taux de Carbone et d’Azote, taux de matière organique et rapport C/N des argiles
étudiées.

MND MND MND


ECHANTILLON ANLV ANLV ADM ADM ADM ADM
V V V
S 001 002 L 001 L 002 L 003 L 004
001 002 003
C (%) 0,143 0,303 0,634 0,634 0,577 0,043 1,132 0,574 0,542
MO (%) 0,246 0,522 1,093 1,093 0,995 0,075 1,952 0,989 0,934

N (%) 0,042 0,560 0,280 0,210 0,035 0,070 0,007

C/N (%) 3,40 0,54 2,26 3,02 16,48 8,20 77,40


Avec C : Carbone ; MO : Matière organique ; N : Azote ; C/N : rapport carbone
azote

(Source : Auteur)

L'analyse du carbone organique révèle une variabilité des teneurs allant de 0,043 % à
1,132 % dans les échantillons argileux étudiés. La quantification de l'azote total a montré des
concentrations comprises entre 0,007 % et 0,560 %, bien que des contraintes analytiques aient
empêché la détermination de cette teneur pour les échantillons ADML 004 et MNDV 001. La
majorité des argiles présentent de faibles à très faibles concentrations azotées (< 0,1 %),
contrastant avec la relative richesse en azote (> 0,15 %) observée pour ANLV 002, ADML 002
et ADML 001. L'évaluation de la matière organique indique une prédominance d'échantillons à
faible teneur en carbone organique (< 1 %), incluant MNDV 003, MNDV 002, ADML 003,
ADML 004, ANLV 002 et ANLV 001. Seuls MNDV 001, ADML 001 et ADML 002 exhibent
une teneur moyenne en matière organique (1 % < MO < 3 %).

7.6.4. Criblage phytochimique de l’argile

Le Tableau 7.09 synthétise les résultats du criblage phytochimique des neuf


échantillons argileux, indiquant la présence ou l'absence de diverses familles de composés
organiques. Cette analyse qualitative préliminaire révèle le potentiel d'interactions organo-
minérales, influençant les propriétés physico-chimiques des argiles. L'identification de
métabolites secondaires spécifiques ouvre des perspectives pour des applications potentielles
dans divers domaines. L'absence de certaines familles souligne la spécificité des interactions au
sein des échantillons.

88
Tableau 7.09: Résultats du criblage phytochimique des argiles.
FAMILLE ANLV ANLV ADML ADML ADML ADML MND MND MND
CHIMIQUE 001 002 001 002 003 004 V 001 V 002 V 003

- - - - - - - - -
Saponosides
- - - - - + - - -
Désoxyose
+ + - + - - - - -
Tanin
- - - - - - - - -
Coumarine
Le Positif (+) indique la présence de la famille chimique et le négatif (-) indique son absence.

(Source : Auteur)

L'analyse phytochimique révèle une distribution sélective des composés organiques


au sein des échantillons argileux. La désoxyose est spécifiquement détectée dans l'argile ADML
004. Les tanins présentent une occurrence limitée aux argiles ADML 002, ANLV 002 et ANLV
001. L'absence de saponosides et de coumarines dans l'ensemble des échantillons suggère une
homogénéité pour ces familles chimiques au sein des gisements étudiés. Cette distribution
hétérogène des métabolites secondaires pourrait influencer les propriétés physico-chimiques et
les potentielles applications de ces matériaux argileux.

CONCLUSION PARTIELLE

L'analyse approfondie des propriétés des matériaux, incluant le taux d'humidité, le


poids volumique spécifique, le potentiel d'hydrogène, la valeur au bleu de méthylène, la surface
spécifique, les limites d'Atterberg et les compositions chimiques (taux d'oxydes, d'éléments
chimiques, teneur en carbone et azote, et criblage phytochimique), est essentielle pour une
caractérisation complète. Cette approche globale permet de mieux comprendre le comportement
des matériaux dans diverses applications et de prédire leurs performances à long terme.

89
CHAPITRE 8. RÉSULTATS D’ANALYSE PAR DIFFRACTION DES RAYONS X
ET ADSORPTION DU COLORANT HELIANTHINE

8.1. Analyse par DRX

8.1.1. Echantillons des argiles d’Analavory

Les Figures 8.01 et 8.02 présentent les diffractogrammes obtenus par


diffraction des rayons X pour les échantillons argileux ANLV 001 et ANLV 002,
respectivement. Ces spectres de diffraction mettent en évidence les arrangements
atomiques caractéristiques de chaque échantillon, autorisant l'identification des phases
minérales cristallines présentes.

Figure 8.01: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ANLV 01.


(Source : Laboratoire AGEs, 2023)

L'analyse par diffraction des rayons X (DRX) de l'échantillon ANLV 001 (argile
jaune), dont le diffractogramme est illustré à la Figure 8.01, révèle la présence de raies de
diffraction caractéristiques de l'aragonite, une phase carbonatée orthorhombique. De plus, la
calcite, une autre phase carbonatée polymorphe, est identifiée comme un constituant minéral
coexistante au sein de la matrice. La détection de zinc dans cet échantillon suggère une
association potentielle, soit en substitution cationique au sein des structures cristallines
identifiées, soit sous la forme d'une phase minérale accessoire non explicitement résolue par la
résolution de cette analyse DRX.

90
Figure 8.02: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ANLV 002.
(Source : Laboratoire AGEs, 2023)

Le diffractogramme de l'échantillon ANLV 002 (argile verte), présenté à la Figure


8.02, révèle des réflexions caractéristiques de la vermiculite, un phyllosilicate hydraté de type
2:1 à espace interfoliaire variable. L'analyse met également en évidence la présence de sépiolite,
un silicate fibreux magnésien, et d'amphibole, un inosilicate à double chaîne. Ces phases
minérales constituent la composition cristallographique de cet échantillon spécifique. La
présence potentielle de quartz et d'autres phases nécessiterait des investigations analytiques
complémentaires pour une identification exhaustive.

8.1.2. Échantillons des argiles d’Andranomanelatra

Les diagrammes de diffraction des rayons X des échantillons d’argile


d’Andranomanelatra ADML 001, ADML002, ADML003 et ADML 004, tels qu’illustrés dans
les Figures 8.03, 8.04, 8.05 et 8.06, révèlent les compositions minéralogiques distinctes.

Ces diagrammes de DRX soulignent l’hétérogénéité des argiles d’Andranomanelatra,


chaque échantillon présentant un profil minéralogique unique. La présence de minéraux tels que
la kaolinite, le quartz et la muscovite dans plusieurs échantillons suggère une origine géologique
commune ou des processus de formation similaires.

91
Cependant, la diversité des minéraux associés comme l’anatase, l’hématite et la
vermiculite met en évidence la complexité de ces argiles, ce qui peut influencer leurs
applications potentielles dans divers contextes industriels et environnementaux.

Figure 8.03: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ADML 001.

(Source : Laboratoire AGEs, 2023)

L'analyse par diffraction des rayons X (DRX) de l'échantillon ADML 001 (Figure
8.03) met en évidence une composition minéralogique hétérogène. Les phases identifiées sont le
quartz (SiO2), la nacrite (Al2Si2O5(OH)4), la sidérite (FeCO3), la muscovite (KAl2(AlSi3O10)(OH)2
) et l'hématite (α−Fe2O3). L'intensité des réflexions diffractées indique une abondance
significative du quartz, de la sidérite et de l'hématite, suggérant qu'ils constituent des minéraux
majeurs au sein de l'échantillon, en association avec la nacrite et la muscovite.

92
Figure 8.04: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ADML 002.
(Source : Laboratoire AGEs, 2023)

L'analyse par diffraction des rayons X (DRX) de l'échantillon ADML 002, dont le
diffractogramme est illustré en Figure 8.04, met en évidence la vermiculite comme constituant
minéral principal, caractérisée par ses réflexions spécifiques. L'interprétation révèle également la
coexistence de muscovite, un mica potassique, de goethite, un oxyhydroxyde de fer, de quartz,
un polymorphe de la silice, et de dolomite, un carbonate double de calcium et de magnésium. Cet
assemblage minéral hétérogène témoigne d'une genèse géologique complexe pour cet
échantillon.

Figure 8.05: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ADML 003


(Source : Laboratoire AGEs, 2023)

93
L'analyse par diffraction des rayons X (DRX) de l'échantillon ADML 003, dont le
diffractogramme est présenté en Figure 8.05, révèle un assemblage minéral constitué de quartz,
de kaolinite, de chlorite et d'anatase (un polymorphe du dioxyde de titane). Les réflexions
caractéristiques de la kaolinite présentent une intensité significative, suggérant sa prédominance
au sein de la matrice. La présence de quartz et d'anatase est également confirmée par leurs pics
de diffraction respectifs.

Figure 8.06: Diffractogramme des rayons X de l’Argile ADML 004.


(Source : Laboratoire AGEs, 2023)

L'analyse par diffraction des rayons X (DRX) de l'échantillon ADML 004, dont le
diffractogramme est illustré en Figure 8.06, révèle la kaolinite comme phase argileuse
prédominante, caractérisée par ses réflexions intenses. Le diagramme met également en évidence
la présence d'hématite et de magnétite (oxydes de fer), de laumontite (un zéolithe), de magnésite
(carbonate de magnésium) et de quartz (dioxyde de silicium). Cet assemblage minéral complexe
témoigne d'une histoire géologique polyphasée pour cet échantillon.

8.1.3. Échantillons des argiles de Miandrivazo

Les Figures 8.07, 8.08 et 8.09 illustrent les diffractogrammes obtenus par analyse de
diffraction des rayons X (DRX) pour les échantillons argileux MNDV 001, MNDV 002 et
MNDV 003, respectivement, provenant du site de Miandrivazo.

94
Ces diagrammes révèlent la composition minéralogique de chaque échantillon par
l'identification des phases cristallines présentes, basée sur la position et l'intensité des pics de
diffraction caractéristiques. L'analyse comparative de ces diffractogrammes permet d'établir les
similitudes et les différences minéralogiques entre les divers prélèvements de ce site.

Figure 8.07: Diffractogramme des rayons X de l’Argile MNDV 001.


(Source : Laboratoire AGEs, 2023)

L’analyse par diffraction des rayons X du MNDV 001 a révélé des pics distinctifs
correspondant à la kaolinite (famille TO), au chlorite (famille TOTO) et à la muscovite (famille
TOT). De plus, le quartz a été identifié comme un élément minéral associé, mettant en évidence
la composition minéralogique diversifiée de l’échantillon. Ce profil minéralogique suggère que
MNDV 001 peut présenter des propriétés et des applications spécifiques basées sur la présence
de ces minéraux clés.

95
Figure 8.08: Diffractogramme des rayons X de l’Argile MNDV 002.
(Source : Laboratoire AGEs, 2023)

L'analyse par diffraction des rayons X (DRX) de l'échantillon MNDV 002, dont le
diffractogramme est présenté en Figure 8.08, révèle un assemblage minéral constitué de quartz,
de chlorite, de muscovite et de margarite. Cette association de silicate, de phyllosilicate et de
mica confère à l'échantillon une complexité minéralogique susceptible d'influencer ses propriétés
physico-chimiques et son comportement dans diverses applications potentielles, notamment
celles exploitant des interactions inter-minérales spécifiques.

Figure 8.09: Diffractogramme des rayons X de l’Argile MNDV 003.


(Source : Laboratoire AGEs, 2023)

96
L'analyse par diffraction des rayons X (DRX) de l'échantillon MNDV 003, dont le
diffractogramme est illustré en Figure 8.09, révèle un assemblage minéral comprenant du quartz,
de la kaolinite, de la muscovite et du feldspath. La présence confirmée de ces phases cristallines
témoigne d'une composition minéralogique hétérogène. L'association spécifique de la kaolinite,
un minéral argileux, avec le feldspath, un tectosilicate, suggère des applications potentielles
exploitant les propriétés distinctes de ces deux groupes minéraux.

8.2. Expériences d’adsorptions de colorants

Les résultats des expériences d’adsorption de colorant, qui incluent des mesures
d’absorbance obtenues par spectrophotométrie, l’évolution de la concentration de la
solution de l’hélianthine pendant l’adsorption, la capacité d’adsorption q e de
chaque échantillon à des intervalles de temps spécifiques et le taux
d’élimination de l’adsorbat R sont résumés de manières exhaustive dans les
tableaux respectifs de chaque échantillon.

Ces données ont été reportées sur des courbes représentatives afin de permettre une
visualisation plus claire du processus d’adsorption. Elles illustrent spécifiquement la progression
de l’adsorption de l’hélianthine à une concentration initiale de 60 mg.L-1.

8.2.1. Capacité d’adsorption de MNDV 003

Le Tableau 8.01 présente une synthèse des données cinétiques d'adsorption du


méthylorange sur l'échantillon argileux MNDV 003. Les paramètres temporels (temps de
contact) y sont corrélés à l'absorbance de la solution, à la concentration résiduelle du colorant, à
la capacité d'adsorption spécifique de l'argile et au taux d'élimination du polluant. Cette
compilation quantitative permet d'évaluer l'efficacité et la cinétique de l'interaction adsorptive
entre l'argile et le méthylorange.

Tableau 8.01 : Capacité d'adsorption de MNDV 003 vis-à-vis du méthylorange


t (min) 0 10 20 30 40 50 110
A 1,833 1,273 1,218 1,216 1,212 1,059 1,057
C (mg.L- 43,19 41,54 41,48 41,36 36,76 36,70
60
1
) 2 1 0 0 6 6
qe (mg.g-
0 1,681 1,846 1,852 1,864 2,323 2,329
1
)
R (%) 0 28,01 30,76 30,86 31,06 38,72 38,82

97
3 6 6 6 4 4
Avec T : Temps ; A : Absorbance ; C : Concentration ; qe : Capacité d’adsorption et R : Taux
d’élimination.

(Source : Auteur)

Au fil du temps, l’absorbance (A) diminue d’une valeur initiale de 1,833 à 0 minutes,
à 1,057 à 110 minutes, indiquant l’absorption progressive du méthyl orange par l’argile. En
conséquence, la concentration (C) de méthyl orange diminue de 60mg.L -1 à 36,706mg.L-1 au
cours de la même période.

La capacité d’adsorption (qe) du MNDV 003 augmente régulièrement, à partir de 0


mg.g-1 et jusqu’à atteindre 2,329 mg.g-1 après 110 minutes, ce qui reflète la capacité croissante de
l’argile à adsorber le méthyl orange. Le taux d’élimination (R) augmente également, à partir de
0% et jusqu’à atteindre 38, 824% à 110 minutes.

Ces valeurs indiquent que le MNDV 003 présente un potentiel d’adsorption


important pour l’orange de méthyle, la capacité d’adsorption et le taux d’élimination
s’améliorant au fil du temps à mesure que l’argile se rapproche de l’équilibre d’adsorption.

La courbe de concentration d’hélianthine et la courbe de la cinétique d’adsorption de


l’adsorbat en fonction du temps sont alors obtenues (Figure 8.10 et Figure 8.11).

70
Concntration de la solution (mg/l)

60

50

40

30

20

10

0
0 20 40 60 80 100 120
Temps (min)

Figure 8.10: Courbe de la concentration de la solution de méthylorange en contact avec MNDV


003 en fonction du temps.

(Source : Auteur)

98
La Figure 8.10 illustre la diminution de la concentration d’hélianthine au fil du temps
lors de son interaction avec MNDV 003. La courbe montre une diminution initiale rapide,
indiquant une activité d’adsorption significative au cours des premières étapes.

Au fur et à mesure que le temps passe, le taux de diminution ralentit, suggérant


l’approche de l’équilibre, où les sites d’adsorption sur MNDV 003 deviennent de plus en plus
saturés.

2.5

2.0

1.5
qe (mg/g)

1.0

0.5

0.0
0 20 40 60 80 100 120
Temps (min)

Figure 8.11: Cinétique d’adsorption de la colorante hélianthine par l’argile MNDV 003.

(Source : Auteur)

La Figure 8.11 représente la cinétique d'adsorption de l'hélianthine sur l'argile


MNDV 003, exprimant la quantité de colorant séquestrée par unité de masse d'adsorbant en
fonction du temps. La courbe révèle une phase initiale d'adsorption rapide, caractérisée par une
augmentation substantielle de la capacité d'adsorption. Subséquemment, la vitesse d'adsorption
diminue progressivement, tendant vers un plateau qui signale l'approche de l'équilibre
thermodynamique entre la phase adsorbée et la phase en solution.

8.2.2. Capacité d’adsorption de ADML 003

Le Tableau 8.02 documente la capacité d'adsorption de l'échantillon argileux ADML


003 vis-à-vis du méthylorange en fonction du temps de contact. Elles sont corrélées
temporellement l'absorbance de la solution, la concentration résiduelle du colorant, la quantité de
méthylorange séquestrée par unité de masse d'argile (capacité d'adsorption), ainsi que le

99
pourcentage d'élimination du colorant. Ces données cinétiques quantifient l'affinité et l'efficacité
de l'adsorption du méthylorange par la phase argileuse ADML 003.

Tableau 8.02 : Capacité d'adsorption d’ADML 003 vis-à-vis du méthylorange


t (min) 0 10 20 30 40 54 95
A 1,833 1,195 1,177 1,170 1,137 1,105 0,663
C (mg.L-1) 60 40,850 40,309 40,099 39,108 38,147 24,874
qe (mg.g-1) 0 1,915 1,969 1,990 2,089 2,185 3,513
R (%) 0 31,917 32,818 33,168 34,820 36,421 58,544
Avec T : Temps ; A : Absorbance ; C : Concentration ; qe : Capacité d’adsorption et R : Taux
d’élimination.

(Source : Auteur)

L’absorbance (A) diminue d’une valeur initiale de 1,833 à 0 minutes, à 0,663 à 95


minutes, reflétant l’absorption progressive du méthyl orange par l’argile. De même, la
concentration (C) de méthyl orange diminue de 60 mg.L -1 à 24,874 mg.L-1 au cours de la même
période.

La capacité d’adsorption (qe) du ADML 003 augmente régulièrement, à partir de 0


mg/g et jusqu’à atteindre 3,513 mg.g-1 après 95 minutes, ce qui indique une capacité accrue de
l’argile à adsorber le méthyl orange. Le taux d’élimination (R) augmente également de 0 à
58,544 % démontrant l’efficacité d’ADML 003 dans la réduction de la concentration de méthyl
orange en solution.

La capacité d’adsorption de l’ADML 003 est ensuite représentée graphiquement en


fonction du temps.

100
4.0
3.5
3.0
2.5

qe (mg/g)
2.0
1.5
1.0
0.5
0.0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Temps (min)

Figure 8.12: Cinétique d’adsorption de la colorante hélianthine par l’agile ADML 003.

(Source : Auteur)

La Figure 8.12 représente la cinétique d'adsorption de l'hélianthine par l'argile


ADML 003, corrélant la capacité d'adsorption (qe) avec le temps de contact. La courbe révèle
une augmentation progressive de la quantité d'adsorbat séquestré par l'argile. L'absence de
plateau distinct sur la période observée suggère une adsorption continue et efficace de
l'hélianthine par l’ADML 003, même après une durée d'interaction prolongée, indiquant
potentiellement une disponibilité continue de sites d'adsorption ou des mécanismes d'adsorption
lents.

8.2.3. Capacité d’adsorption de ADML 004

Le Tableau 8.03 consigne les résultats d'une étude cinétique portant sur l'adsorption
du méthylorange par le matériau argileux ADML 004. Les données tabulées corrèlent le temps
de contact avec l'absorbance de la solution, la concentration résiduelle du colorant, la capacité
d'adsorption spécifique de l'argile et le rendement d'élimination du polluant. Cette compilation
quantitative vise à caractériser l'efficacité et la cinétique de la séquestration du méthylorange par
la phase solide ADML 004.

Au début, l’absorbance (A) chute de 1,833 à 1,404 après 110


minutes, ce qui reflète le processus d’adsorption progressif. La concentration
correspondante (C) en méthylorange diminue de 60 mg.L-1 à 47,126 mg.L-1.

Tableau 8.03: Capacité d'adsorption d’ADML 004 vis-à-vis du méthylorange


t (min) 0 10 20 30 40 50 110

101
A 1,833 1,729 1,515 1,466 1,451 1,418 1,404
C (mg.L- 56,88 50,45 48,98 48,53 47,54 47,12
60
1
) 6 9 8 8 7 6
qe (mg.g-
0 0,311 0,954 1,101 1,146 1,245 1,287
1
)
15,90 18,35 19,10 20,75 21,45
R (%) 0 5,190
1 3 4 6 6
Avec T : Temps ; A : Absorbance ; C : Concentration ; qe : Capacité d’adsorption et R : Taux
d’élimination.

(Source : Auteur)

La capacité d’adsorption (qe) du ADML 004 augmente


progressivement, à partir de 0 mg.g-1 et jusqu’à atteindre 1,287 mg.g-1 à la
fin de la période de 110 minutes, démontrant la capacité de l’argile à
adsorber le méthyl orange au fil du temps. Le taux d’élimination (R) montre
également une augmentation constate, de 0 % à 21,456 %, indiquant
l’efficacité du ADML 004 dans la réduction de la concentration de méthyl
orange en solution.

La Figure 8.13 illustre la courbe montrant la variation de la capacité


d’adsorption de l’ADML 004 en fonction du temps.

1.4

1.2

1.0

0.8
qe (mg/g)

0.6

0.4

0.2

0.0
0 20 40 60 80 100 120
Temps (min)

Figure 8.13: Cinétique d’adsorption de la colorante hélianthine par l’agile ADML 004.

(Source : Auteur)

102
La Figure 8.13 illustre la cinétique d'adsorption du méthylorange par l'argile ADML
004, exprimant la capacité d'adsorption (qe) en fonction du temps de contact. La courbe révèle
une progression continue de la quantité de colorant séquestrée par l'adsorbant.

L'augmentation graduelle de la capacité d'adsorption, même à des temps de contact


prolongés, suggère une persistance de sites d'adsorption disponibles ou des mécanismes
d'adsorption dont la cinétique est lente, indiquant une interaction durable entre l'argile et le
méthylorange.

8.2.4. Capacité d’adsorption de ADML 002

Le Tableau 8.04 présente les données cinétiques relatives à l'adsorption du


méthylorange par l'échantillon argileux ADML 002. Sont corrélées temporellement l'absorbance
de la solution, la concentration résiduelle du colorant, la capacité d'adsorption spécifique de
l'argile (quantité de méthylorange séquestrée par unité de masse d'adsorbant) et le taux
d'élimination du polluant. Cette compilation quantitative permet une évaluation détaillée de
l'efficacité et de la cinétique de l'interaction adsorptive entre l'argile ADML 002 et le
méthylorange.

Tableau 8.04: Capacité d'adsorption d’ADML 002 vis-à-vis du méthylorange


t (min) 0 10 20 30 40 55 90
A 1,833 0,866 0,650 0,632 0,629 0,605 0,507
30,97 24,48 23,94 23,85 23,13 20,18
C (mg.L-1) 60
0 3 3 3 2 9
qe (mg.g-
0 2,903 3,552 3,606 3,615 3,687 3,981
1
)
48,38 59,19 60,09 60,24 61,44 66,35
R (%) 0
3 4 5 5 6 1
Avec T : Temps ; A : Absorbance ; C : Concentration ; qe : Capacité d’adsorption et R : Taux
d’élimination.

(Source : Auteur)

Le Tableau 8.04 détaille la capacité d’adsorption de l’ADML 002


pour le méthyl orange, mettant en évidence une réduction significative de
l’absorbance A de 1,833 à 0,507 sur une période de 90 minutes. Cette
réduction correspond à une diminution marquée de la concentration en
méthyl orange (C) de 60 mg.L-1 à 20,189 mg.L-1.

103
La capacité d’adsorption (qe) de l’ADML 002 augmente
continuellement, de 0 mg.g-1 à 3,981 mg.g-1 à la fin de l’expérience. Cette
augmentation progressive indique l’efficacité de l’argile à adsorber le
méthyle orange de la solution. De même, le taux d’élimination (R) s’améliore
régulièrement, de 0 % à 66,351 %, ce qui reflète l’efficacité de l’argile à
réduire la concentration du colorant.

La Figure 8.14 montre l’évolution de la capacité d’adsorption de l’ADML 002 vers


le méthyl orange en fonction du temps.

3
qe (mg/g)

0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Temps (min)

Figure 8.14: Cinétique d’adsorption de la colorante hélianthine par l’argile ADML 002.

(Source : Auteur)

La Figure 8.14 illustre la cinétique d'adsorption du méthylorange par l'argile ADML


002, exprimant la capacité d'adsorption (qe) en fonction du temps de contact. La courbe révèle
une phase initiale d'adsorption rapide, caractérisée par une séquestration substantielle du colorant
par l'adsorbant. Subséquemment, la vitesse d'adsorption diminue progressivement, tendant vers
un plateau qui signale l'approche de l'équilibre. L'augmentation continue, bien que ralentie, de la
capacité d'adsorption suggère une disponibilité persistante de sites actifs ou des mécanismes
d'adsorption à cinétique plus lente.

8.2.5. Capacité d’adsorption de ADML 001

Le Tableau 8.05 présente les données cinétiques d'adsorption du méthylorange sur


l'échantillon argileux ADML 001. Les valeurs tabulées corrèlent le temps de contact avec
l'absorbance de la solution, la concentration résiduelle du colorant, la capacité d'adsorption

104
spécifique de l'argile (quantité de méthylorange séquestrée par unité de masse d'adsorbant) et le
rendement d'élimination du polluant. Cette compilation quantitative permet d'évaluer l'efficacité
et la cinétique de l'interaction adsorptive entre l'argile ADML 001 et le méthylorange.

Le Tableau 8.05 quantifie la cinétique d'adsorption du méthylorange par l'argile


ADML 001 sur une période de 110 minutes.

Tableau 8.05: Capacité d'adsorption d’ADML 001 vis-à-vis du méthylorange

T (min) 0 10 20 30 40 50 110
A 1,833 1,761 1,730 1,724 1,702 1,651 1,444
57,84 56,91 56,73 56,07 54,54 48,32
C (mg.L-1) 60
7 6 6 5 4 7
qe (mg.g-1) 0 0,215 0,308 0,326 0,392 0,546 1,167
19,45
R (%) 0 3,589 5,140 5,440 6,542 9,094
4
Avec T : Temps ; A : Absorbance ; C : Concentration ; qe : Capacité d’adsorption et R : Taux
d’élimination.

(Source : Auteur)

L'absorbance de la solution diminue progressivement de 1,833 à 1,444, entraînant


une réduction de la concentration du colorant de 60 mg.L⁻¹ à 48,327 mg.L⁻¹.

La capacité d'adsorption (qe) de l'argile croît continuellement, atteignant 1,167


mg.g⁻¹ à la fin de l'expérience. Le taux d'élimination (R) du méthylorange s'élève à 19,454 %,
indiquant une efficacité modérée de l'adsorbant dans les conditions étudiées.

La courbe de la capacité d’adsorption de l’ADML 001 est ensuite tracée en


fonction du temps.

105
1.4

1.2

1.0

qe (mg/g)
0.8

0.6

0.4

0.2

0.0
0 20 40 60 80 100 120
Temps (min)

Figure 8.15: Cinétique d’adsorption de la colorante hélianthine par l’argile ADML 001.

(Source : Auteur)

La Figure 8.15 présente la courbe de la quantité d’adsorbat adsorbée par gramme de


ADML 001 au fil du temps, mettant en évidence une augmentation lente mais continue de la
capacité d’adsorption.

Cela suggère que même si ADML 001 est efficace, il présente un taux d’adsorption
plus lent que les autres échantillons.

La Figure 8.16 présente une comparaison graphique du taux d'élimination du


méthylorange par cinq échantillons argileux distincts (ADML 001, ADML 002, ADML 003,
ADML 004 et MNDV 003) après une durée de contact de 95 minutes. Ce diagramme permet une
évaluation comparative directe de l'efficacité relative de chaque matériau argileux dans la
séquestration du colorant organique dans des conditions temporelles identiques, facilitant
l'identification des adsorbants les plus performants.

106
66.351
70

58.544
60

50

38.824
R(%) 40

21.456
30

19.454
20

10

0
ADML 001 ADML 002 ADML 003 ADML 004 MNDV 003

Figure 8.16: Diagramme du taux d'élimination du méthyle orange par les cinq échantillons
d'argile après une durée de contact de 95min.

(Source : Auteur)

Le diagramme dans la Figure 8.16 révèle que les cinq échantillons d'argile présentent
des capacités d'élimination du méthylorange variables Cette variation est directement liée aux
différences dans leur composition minéralogique, leur structure et leurs propriétés physico-
chimiques. L’échantillon ADML 001, bien qu’efficace, démontre une capacité d’adsorption
inférieure par rapport aux autres échantillons, suivie de ADML 004, MNDV 003, ADML 003 et
ADML 002.

Les échantillons ADML 002 et ADML 003 présentant une élimination élevée du
méthylorange sont riche en minéraux argileux de type 2:1 (vermiculite), voire figure 8.04 et
8.05, avec une grande surface spécifique élevée, voire Tableau 7.04. Tandis que les échantillons
ADML 004 et MNDV 003 avec une faible élimination pourrait être dominé par des minéraux
argileux de type 1:1 (kaolinite), voire Figure 8.03 et Figure 8.09, avec une surface spécifique
plus faible, voire Tableau 7.04, ou pourrait contenir une proportion importante de particules non
argileuses (quartz, feldspath).

Les argiles sont composées de phyllosilicates hydratés, avec une structure en


feuillets. La capacité d'adsorption d'une argile est fortement influencée par :

107
 Type de Minéral Argileux : Différents minéraux argileux (kaolinite, montmorillonite,
illite, etc.) ont des surfaces spécifiques et des capacités d'échange cationique variables.
Par exemple, les montmorillonites, avec leur grande surface interfoliaire, ont
généralement une capacité d'adsorption plus élevée que les kaolinites.
 Présence d'Oxydes et Hydroxydes de Fer/Aluminium : La présence de ces composés
peut modifier la surface des particules d'argile et augmenter leur capacité d'adsorption
pour certains colorants.

CONCLUSION PARTIELLE

L'analyse par diffraction des rayons X révèle une diversité minéralogique


significative au sein des échantillons argileux étudiés, provenant des sites d'Analavory,
d’Andranomanelatra et de Miandrivazo. Les diffractogrammes des argiles d'Analavory (ANLV
001 et ANLV 002) indiquent la présence d'aragonite et de calcite pour ANLV 001, et de
vermiculite, sépiolite et amphibole pour ANLV 002, suggérant des environnements de formation
distincts. Les argiles d’Andranomanelatra (ADML 001, ADML 002, ADML 003, ADML 004)
présentent une hétérogénéité marquée, avec la coexistence de quartz, nacrite, sidérite, muscovite,
hématite, vermiculite, goethite, dolomite, kaolinite, chlorite, anatase, laumontite et magnésite,
reflétant une genèse géologique complexe. Les échantillons de Miandrivazo (MNDV 001,
MNDV 002, MNDV 003) montrent également une variabilité, avec la présence de kaolinite,
chlorite, muscovite, quartz et feldspath.

Les expériences d'adsorption du méthyle orange mettent en évidence des capacités


d'adsorption variables entre les échantillons.

L'argile ADML 002 présente la capacité d'adsorption la plus élevée (3,981 mg.g -1 à
90 minutes), suivie par ADML 003 (3,513 mg.g -1 à 95 minutes), MNDV 003 (2,329 mg.g -1 à 110
minutes), ADML 004 (1,287 mg.g-1 à 110 minutes) et ADML 001 (1,167 mg.g -1 à 110 minutes).
Cette variation suggère une corrélation potentielle entre la composition minéralogique et les
propriétés d'adsorption. Les argiles riches en minéraux de type 2:1, tels que la vermiculite et
potentiellement certains chlorites et muscovites, semblent présenter une meilleure affinité pour le
méthylorange, possiblement en raison de leur surface spécifique plus élevée et de leur capacité
d'échange cationique supérieure par rapport aux minéraux de type 1:1 comme la kaolinite ou aux
phases non argileuses comme le quartz et le feldspath. La présence d'oxydes et hydroxydes de
fer/aluminium pourrait également influencer la réactivité de surface des argiles.

108
CHAPITRE 9. SYNTHESE DES INVESTIGATIONS MINERALOGIQUES ET
DES PROPRIETES DES ARGILES D’ANALAVORY,
D’ANDRANOMANELATRA ET DE MIANDRIVAZO

9.1. Synthèse des propriétés physico-chimiques des argiles

9.1.1. Sur le taux d’humidité

Les données relatives à la teneur en eau (Tableau 7.01) mettent en évidence des
valeurs distinctement basses pour les argiles de Miandrivazo (MNDV 001 : 4,51 %, MNDV
002 : 2,43 %, MNDV 003 : 0,39 %) en comparaison avec les échantillons d’Andranomanelatra
(ADML 001 : 23,04 %, ADML 002 : 13,79 %, ADML 003 : 9,23 %, ADML 004 : 13,12 %) et
d'Analavory (ANLV 001 : 1,29 % et ANLV 002 : 7,64 %). L'écart de température moyenne entre
les régions pourrait expliquer ces différences : la température plus élevée à Miandrivazo (27 °C)
(Chen, 2016) pourrait entraîner une déshydratation plus importante, tandis que la température
plus fraîche du Vakinankaratra (16 °C) (Randresiharison, 2019) pourrait favoriser une plus
grande humidité. La divergence des teneurs en eau entre les échantillons d'Analavory (ANLV
001 : 1,29 % et ANLV 002 : 7,64 %) pourrait résulter d'hétérogénéités dans les processus de
genèse des argiles et/ou des conditions de manipulation des échantillons sur le terra

9.1.2. Sur le potentiel d’hydrogène (pH)

La valeur du potentiel hydrogène (pH) des échantillons argileux étudiés est sensible à
la température d'essai (Tableau 7.03). Les échantillons ADML 003 et ADML 004 présentent un
pH inférieur à 7, potentiellement influencé par la température de mesure la plus élevée (16,8 °C).
Les autres échantillons (ADML 001, ADML 002, MNDV 001, MNDV 002, MNDV 003, ANLV
001 et ANLV 002) présentent un pH supérieur à 7, ce qui pourrait indiquer la présence de
constituants minéraux alcalins tels que des carbonates, des bicarbonates alcalins ou des silicates.
(Nouioua et al., 2021)

9.2.3. Sur l’essai au bleu de méthylène et surface spécifique

En comparaison avec les valeurs de surface spécifique (SS) de l'illite rapportées par
Chen (2016), situées entre 50 et 200 m².g-1 (Botefy, 2008), les échantillons MNDV 001, MNDV
002, ADML 003, ADML 004, ADML 002 et ANLV 002 présentent des SS compatibles avec la
présence d'illite.

109
Une classification alternative (Jacques, 2006) attribue des SS de 80 à 100 m².g⁻¹ à
l'illite et de 101 à 800 m².g⁻¹ à la montmorillonite, suggérant ainsi que MNDV 001 et ANLV
002 pourraient être enrichis en illite, tandis que MNDV 002, ADML 001, ADML 002, ADML
003 et ADML 004 pourraient contenir une proportion significative de montmorillonite. De plus,
les argiles à surface spécifique élevée sont reconnues pour leur fort potentiel de gonflement
(Zerbo, 2009), car l'augmentation de la SS tend à diminuer la densité de charge superficielle,
favorisant l'hydratation interfoliaire et le gonflement subséquent. Les valeurs de SS présentées au
Tableau 7.04 permettent une classification des échantillons selon leur caractère gonflant, allant
de faible à très élevé.

MNDV 003˂ANLV 001˂ANLV 002˂MNDV 001˂MNDV 002˂ADML 004˂ADML


003˂ADML 002˂ADML 001

La Figure 9.01 représente d’une manière plus visible l’ordre de


caractère gonflant de chaque argile :
261.63

300
Très gonflante
250
171.63

156.98

200
136.05

104.65

150
62.79

100
54.42

50
3.14

2.09

0
Gonflante

Figure 9.01 : Valeur de la surface spécifique de chaque échantillon.

(Source : Auteur)

En application de la norme NF P94-068 concernant la classification des sols et sur la


base des données obtenues et compilées dans le Tableau 9.01, le Tableau 9.01 subséquent
présente la catégorisation des argiles analysées selon leur Valeur au Bleu de Méthylène (VBS).

110
Tableau 9.01 : Classification des argiles étudiées selon leur VBS
Catégorie du sol NF P94-068 ECHANTILLONS
ANLV 001
Sol sableux VBS < 0,2
MNDV 003

Sol limoneux 0,2 ≤ VBS < 2,5 -


MNDV 001

Sol limoneux-argileux 2,5 ≤ VBS < 6 MNDV 002


ANLV 002
ADML 003
Sol argileux 6 ≤ VBS < 8
ADML 004
ADML 001
Sol très argileux VBS > 8
ADML 002

(Source : NF P94-068 et Auteur)

9.2.4. Sur la limite d’Atterberg

L'aptitude des matériaux argileux à la confection de blocs de terre comprimée (BTC)


est conditionnée par un indice de plasticité (IP) moyen de 14 %, d'après les travaux d'Armel
(2017). Cette exigence est rencontrée par les argiles MNDV 001, MNDV 002, ADML 001,
ADML 002, ADML 003, ADML 004 et ANLV 002, comme le met en évidence la Figure 7.04.
En revanche, les argiles MNDV 003 et ANLV 001, dont les valeurs d'IP sont inférieures à ce
seuil critique, ne sont pas considérées adéquates pour cette application constructive spécifique.

Selon les directives du Guide de Terrassement Routière (GTR) (Guerraoui et al.,


2008), les sols de types A3 et A4, définis par une limite de liquidité importante et un indice de
plasticité (IP) excédant 20 %, requièrent un traitement à la chaux. Les données analytiques des
échantillons d’Andranomanelatra et de l'échantillon d'Analavory, dont l'IP est supérieur à 20 %
(Tableau 7.05), indiquent leur aptitude à la stabilisation par la chaux. Il s'ensuit que les
échantillons ADML 001, ADML 002, ADML 003, ADML 004 et ANLV 002 présentent un
potentiel d'utilisation dans la fabrication de Blocs de Terre Comprimée (BTC) et une
compatibilité avec un traitement à la chaux.

111
La classification des sols fins via le diagramme de Casagrande (Annexe 1) (Ali, 2018
; NF P 94-052-1, 1993) confirme ces observations, attribuant aux échantillons MNDV 003 et
ANLV 001 un caractère peu plastique, cohérent avec une granulométrie potentiellement sableuse
; aux échantillons MNDV 001, MNDV 002, ANLV 002, ADML 003, ADML 004 et ADML 002
un comportement plastique ; et à l'échantillon ADML 001 une plasticité très élevée.

Par utilisation des classifications normalisées NF P 11-300 (1992), qui remplacent


l’ancienne classification dite RTR (Recommandations pour les terrassements Routiers), le
Tableau 9.02 montre la classification de nos échantillons en fonction de IP et VBS de chaque
échantillon.

Tableau 9.02: Classification selon la norme NF P 11-300 (1992)


VBS ≤2,5 ou Ip≤ 12 A1 : limons peu
plastiques, silts
alluvionnaires, sables fins MNDV 003
peu pollués, arènes peu
plastiques

Sols fins A 12 ˂ Ip ˂ 25 ou 2,5 ˂ A2 : sables fins argileux, MNDV 001, MNDV


VBS ˂ 6 limons, argiles et marnes 002, ANLV 001 et
Dmax≤50 mm peu plastiques, arènes ANLV 002
25 ˂ Ip ˂ 40 ou 6 ˂ A3 : Argiles et argiles ADML 002,
VBS ≤ 8 marneuses, limons très ADML 003 et
plastiques ADML 004
Ip ≥ 40 ou VBS ˃ 8 A4 : Argiles et argiles
ADML 001
marneuses très plastiques

(Source : Auteur et NF P 11-300, 1992)

La classification NF P 11-300 (1992) met en évidence l'hétérogénéité des sols fins


étudiés : MNDV 003 (A1, plasticité réduite), MNDV 001/002 et ANLV 001/002 (A2, plasticité
modérée), ADML 002/003/004 (A3, plasticité significative), et ADML 001 (A4, plasticité très
importante). Cette distribution des classes granulométriques et de plasticité est cohérente avec les
classifications obtenues par la norme NF P94-068 (Tableau 9.01) et le diagramme de Casagrande
(Annexe 1).

112
9.2.5. Sur le taux d’oxydes

La silice (SiO2) a une quantité remarquable parmi les autres oxydes,


variant de 18% à 90%. Ceci est en accord avec les argiles de bassin du
Gharb Maroc (Bensalem et al., 2014) et les travaux d’Amari et al. (2018)
(Amari et al., 2018). Mais, par rapport à la valeur de l’analyse chimique de
la latérite de Vontovorona, 31.54% de SiO 2 (Razanajatovo et al., 2020),
les échantillons dans cette étude ont une valeur très importante de silicium
sauf que l’échantillon ADML 002 (18% de silice).

Le taux global des autres oxydes est faible, sauf l’échantillon ADML
002 et ANLV 001 contient une quantité importante de calcium et de
magnésium par rapport aux autres échantillons d’argiles (Tableau 7.06). Ce
faible pourcentage indique la pureté des argiles, ces sont les argiles MNDV
001, MNDV 002, MNDV 003, ADML 001, ADML 003, ADML 003, ADML 004 et
ANLV 002. Toutes les argiles d’Analavory, Andranomanelatra et Miandrivazo
sont non réfractaires car les argiles réfractaires présentent un pourcentage
en Al2O3 supérieur à 45%. Ceux qui est en accord avec les argiles du Bassin
du Gharb Maroc (Bensalme et al., 2014). En plus, elles ne cuisent pas
blancs, puisqu’une argile qui cuit blanc se caractérise par un pourcentage en
TiO2, Fe2O3 et MnO toujours inférieur à 1.5% (voir Tableau 7.06) (Ikaya,
2004). Les échantillons ADML 002 et ANLV 001 étant relativement riche en
CaO, 23,92% pour ADML 002 et 35,25% pour ANLV 001. On en conclut que
les argiles MNDV 001, MNDV 002, MNDV 003, ADML 001, ADML 003, ADML
003, ADML 004 et ANLV 002 sont de nature essentiellement silico-
alumineuse avec des teneurs plus faibles en CaO (Tableau 7.06).

Les argiles ADML 004 et ANLV 002 sont riche en hématite


Fe2O3 (13% pour ADML 004 et 11,88% pour ANLV 002). Ceux qui peuvent être
dû par leur coloration.

Ceci traduit que les échantillons de MNDV 001, MNDV 002, MNDV
003, ADML 001, ADML 003, ADML 004 et ANLV 002 sont de silicate riche en
fer et en aluminium. Tandis que les échantillons de ADML 002 et ANLV 001
sont de silicate riche en calcium et magnésium (Tableau 7.06 et Figure 7.05).

113
9.2.6. Sur le taux d’éléments chimiques

D’après le Tableau 7.09, ces sont le Silicium (Si), Aluminium (Al), Fer
(Fe), Magnésium (Mg), Calcium (Ca) et Potassium (K), qui sont les éléments majeurs contenus
dans les échantillons étudiés ; ce qui est en accord avec les échantillons d’argiles étudié par Ali
(2018). De plus, Ces éléments à forte teneurs sont des éléments contenus dans les argiles. (Ali,
2018 ; Georges, 1964)

9.2.7. Sur la teneur en carbone et azote

La matière organique dans une argile affecte la couleur et d'autres propriétés. Dans
certains cas, la présence de matière organique est avantageuse, comme dans les argiles à billes,
et dans d’autres, est nuisible car elle affecte la brillance et la blancheur des argiles de kaolin
(Ahmed, 2019). La teneur en matière organique des argiles ADML 001, ADML 002, ADML
003, ADML 004, MNDV 001, MNDV 002, MNDV 003, ANLV 001 et ANLV 002 sont
comprises entre 0,075 % à 1,952%, inférieur à 3% caractéristique des sols inorganiques
(Lérau, 2006), alors les sols étudiés sont des sols inorganiques.

9.2.8. Sur l’analyse par criblage phytochimique

Les résultats du criblage phytochimique présentés dans le tableau 7.09 indiquent une
présence limitée de familles chimiques spécifiques dans les argiles étudiées. Notamment, le
désoxyose a été détecté uniquement dans ADML 004, ce qui signifie sa composition unique par
rapport aux autres échantillons. Le tanin a été identifié dans trois échantillons : ADML 002,
ANLV 002 et ANLV 001, mettant en évidence un point commun dans leurs profils chimiques.
Cependant, aucun saponiside et coumarine n’a pas été détecté dans chacune des argiles, ce qui
suggère que ces familles chimiques particulières sont absentes dans l’ensemble de l’échantillon.
La présence sélective de désoxyose et de tanin dans des argiles spécifiques souligne la variabilité
potentielle de leurs compositions phytochimiques, ce qui pourrait influencer leurs propriétés
fonctionnelles et leurs applications. Cette différenciation peut être pertinente dans le contexte de

114
la sélection des matériaux pour les processus qui reposent sur des attributs chimiques
spécifiques.

9.2. Synthèse des investigations minéralogiques des argiles

9.2.1. Sur l’analyse par diffraction des rayons X (DRX)

L'identification de minéraux argileux par analyse révèle la présence d'argiles de type


2:1:1 (TOT) dans les échantillons verdâtres ADML 001 et MNDV 002, principalement de la
muscovite. Le chlorite (type TOTO) est également présent dans MNDV 002. Une association
fréquente de kaolinite et de muscovite est notée dans les échantillons d’Andranomanelatra
(ADML) et Miandrivazo (MNDV) (Ramahandry et al., 2024b). La forte teneur en oxyde de
calcium (CaO) est interprétée comme la signature de la calcite (Qlihaa et al., 2016), confirmée
par la présence de 35,25 % de CaO dans ANLV 001 (Ramahandry et al., 2024a). Les
concentrations élevées en silice et alumine suggèrent la présence de kaolinite (Qlihaa et al.,
2016), étayée par l'analyse chimique de MNDV 001 (90,00 % SiO₂ et 5,58 % Al₂O₃)
(Ramahandry et al., 2024a), indiquant que MNDV 001 et ADML 004 sont principalement
constituées de kaolinite (type TO). L'argile ADML 003 est un mélange de kaolinite et de chlorite
(Ramahandry et al., 2024b). La vermiculite (type TOT) constitue la phase dominante dans
ANLV 002, ce qui concorde avec la caractérisation de Valaskova et Martynkova (2012)
décrivant la vermiculite volcanique magnésienne, cohérente avec les propriétés d'ANLV 002
(Valaskova & Martynkova, 2012). ADML 002 est un mélange de vermiculite (TOT), de
sépiolite et d'amphibole. MNDV 003 est composé de kaolinite et de muscovite (Ramahandry et
al., 2024b).

9.2.2. Sur l’expérience d’adsorption de colorants

La Figure 8.11 illustre la cinétique d'adsorption du méthyl orange sur l'échantillon


MNDV 003, révélant une augmentation progressive de la capacité d'adsorption au cours du
temps. Cette tendance est interprétée comme résultant de la diffusion progressive des molécules
de méthyl orange vers les sites d'adsorption disponibles sur la surface du minéral argileux,
jusqu'à saturation de ces sites à l'équilibre, atteint à t = 50 minutes. La capacité d'adsorption

115
maximale quantifiée pour MNDV 003 est de 2,32 mg.g⁻¹, ce qui correspond à 38,8 % de la
concentration initiale de l'adsorbat.

L'adsorption d'hélianthine sur l'argile ADML 003 révèle un taux d'élimination atteignant 58,54 %
après 95 minutes (Figure 8.12). Cependant, l'absence de plateau indique que l'équilibre
thermodynamique n'est pas encore établi, la quantité d'adsorbat fixé continuant d'évoluer
temporellement.

Concernant l'argile ADML 004 (Figure 8.13), la cinétique d'adsorption de


l'hélianthine est rapide initialement, la majorité de l'adsorption se produisant durant les 20
premières minutes, avec un équilibre atteint à t = 50 minutes, résultant en un taux d'élimination
de R = 20,75 %.

L'étude de l'adsorption d'hélianthine sur ADML 002 (Figure 8.14) met en évidence
une phase d'adsorption rapide durant les 10 premières minutes, suivie d'une cinétique plus lente
avec l'augmentation du temps de contact. Ce phénomène est probablement lié à la saturation
progressive des sites actifs initialement abondants. Bien que la vitesse d'adsorption décline,
l'équilibre n'est pas encore atteint, le taux d'élimination atteignant 66,35 % après 90 minutes.

La Figure 8.15 révèle une cinétique d'adsorption du méthyl orange sur l'échantillon
ADML 001 significativement plus lente que celle observée pour les autres argiles étudiées. La
capacité d'adsorption augmente graduellement, n'atteignant que 1,167 mg de méthyl orange par
gramme d’ADML 001 (1,167 mg.g⁻¹) après 110 minutes de contact. La lenteur de ce processus
suggère que l'adsorption du méthyl orange par ADML 001 pourrait être contrôlée par des
mécanismes d'adsorption chimique.

L'étude comparative des taux d'élimination (Figure 8.16) sur les cinq échantillons
après 95 minutes de contact révèle une gamme de valeurs allant de 19 % à 66 %. L'argile ADML
002 a manifesté la capacité d'adsorption la plus importante, tandis que ADML 001 a montré la
plus faible. L'atteinte de l'équilibre d'adsorption durant cette période a été observée uniquement
pour ADML 004 et MNDV 003, suggérant une cinétique d'adsorption plus lente pour les autres
argiles, avec une adsorption du méthyl orange potentiellement continue au-delà de 95 minutes.

116
L'hypothèse prévoyant des taux d'élimination supérieurs pour ADML 001 et ADML
004, en raison de leur surface spécifique plus importante et donc d'une plus grande abondance de
sites actifs, est contredite par les données obtenues. Ces résultats suggèrent que la surface
spécifique élevée d’ADML 001 et ADML 004 est paradoxalement associée à une capacité
d'adsorption réduite.

CONCLUSION PARTIELLE

En conclusion, l'étude des argiles d'Analavory, d’Andranomanelatra et de


Miandrivazo révèle une diversité significative de leurs propriétés physico-chimiques et
minéralogiques. Les variations de teneur en eau sont liées aux conditions climatiques locales et
potentiellement aux processus de formation. Le pH varie, suggérant la présence de différents
constituants minéraux. L'analyse de la surface spécifique et de la valeur au bleu de méthylène
permet de classer ces argiles selon leur texture et leur potentiel de gonflement, soulignant des
différences notables entre les sites. Les limites d'Atterberg indiquent des aptitudes variables pour
des applications telles que la fabrication de blocs de terre comprimée et la stabilisation à la
chaux. La composition en oxydes met en évidence une prédominance de la silice, avec des
teneurs variables en autres éléments, influençant leur caractère réfractaire et leur couleur après
cuisson. L'analyse minéralogique par DRX révèle une composition hétérogène, avec la présence
de kaolinite, muscovite, chlorite, vermiculite, sépiolite et amphibole en proportions variables
selon l'origine géographique. Enfin, les expériences d'adsorption de colorants montrent des
cinétiques et des capacités d'adsorption distinctes pour chaque argile, ne corrélant pas toujours
avec la surface spécifique. L'ensemble de ces investigations met en lumière l'hétérogénéité des
ressources argileuses malgaches, soulignant la nécessité d'une caractérisation détaillée pour des
applications spécifiques.

117
CHAPITRE 10. VALORISATION DES ARGILES D’ANALAVORY,
D’ANDRANOMANELATRA ET DE MIANDRIVAZO EN COSMETOLOGIE ET
EN ŒNOLOGIE

10.1. Applications cosmétologiques des argiles

10.1.1. Le rôle des éléments chimiques des argiles dans les produits cosmétiques

L'analyse élémentaire révèle une composition chimique variée au sein des


échantillons d'argile, ouvrant un éventail d'applications potentielles en cosmétologie. Les
éléments majeurs, notamment le fer (Fe), l'aluminium (Al), le silicium (Si), le phosphore (P), le
potassium (K), le calcium (Ca), le titane (Ti) et le magnésium (Mg), confèrent à ces matériaux
des propriétés intrinsèques exploitables pour le soin et l'embellissement de la peau. (Carretero,
2002)

Le fer (Fe), en tant que chromophore, influence la coloration des argiles, offrant des
teintes allant du jaune à l'ocre et au rouge. Ces pigments naturels sont utilisés en cosmétologie
pour la formulation de masques et de produits de maquillage, apportant une coloration naturelle
et une alternative aux colorants synthétiques. (López et al., 2018)

L'aluminium (Al), de par sa capacité à former des hydroxydes, contribue aux


propriétés adsorbantes des argiles. Cette caractéristique est précieuse pour l'élimination des
impuretés et des toxines de la peau, faisant des argiles un ingrédient clé dans les masques
purifiants et détoxifiants. (Williams & Haydel, 2010)

Le silicium (Si) est un composant essentiel des minéraux argileux et joue un rôle
crucial dans la structure et la texture de la peau. Il favorise la synthèse du collagène, une protéine
responsable de l'élasticité et de la fermeté cutanée. L'application topique d'argiles riches en
silicium peut contribuer à améliorer l'apparence et la santé de la peau. (Carlisle, 1986)

118
Le phosphore (P), bien que présent en faibles concentrations, participe à divers
processus métaboliques cellulaires. Dans les formulations cosmétiques, il peut contribuer à
renforcer la barrière cutanée et à améliorer l'hydratation de la peau. (Pour trouver une référence
plus directe, il faudrait préciser la forme chimique du phosphore dans l'argile et son action dans
les produits cosmétiques, ce qui est très spécifique).

Le potassium (K) et le calcium (Ca) sont des cations qui influencent l'équilibre
électrolytique de la peau. Ils participent au maintien de l'hydratation et de la fonction barrière
cutanée. De plus, le calcium est impliqué dans le processus de différenciation des kératinocytes,
les cellules qui composent l'épiderme. (Proksch et al., 2016)

Le titane (Ti), souvent présent sous forme de dioxyde de titane (TiO 2), est un
pigment blanc couramment utilisé en cosmétologie pour sa capacité à opacifier les produits et à
réfléchir la lumière. Il est également utilisé comme filtre UV dans les écrans solaires minéraux,
offrant une protection contre les rayons nocifs du soleil. (Schulz & Salgueiro, 2018)

Le magnésium (Mg) est un cofacteur enzymatique impliqué dans de nombreuses


réactions biochimiques au sein de la peau. Il participe à la synthèse des protéines, à la
régénération cellulaire et à la protection contre le stress oxydatif. L'application topique de
magnésium via les argiles peut contribuer à apaiser et à revitaliser la peau. (Everts et al., 2018)

La composition élémentaire de ces argiles leur confère un intérêt considérable pour


la formulation de produits cosmétiques. Leurs propriétés colorantes, adsorbantes, restructurantes
et protectrices en font des ingrédients naturels polyvalents, répondant à la demande croissante de
solutions de soin de la peau respectueuses de l'environnement et de la santé.

10.1.2. Les argiles : ingrédients des produits cosmétiques

Le génie de procédé de fabrication de produits cosmétiques à base d'argile implique


plusieurs étapes clés, qui varient en fonction du produit final, mais suivent généralement ce
schéma :

 Sélection et préparation des matières premières :

119
o Argile : L'argile est sélectionnée en fonction de ses propriétés spécifiques (type,
pureté, granulométrie). Elle peut être purifiée (élimination des impuretés), séchée,
broyée et tamisée pour obtenir la granulométrie souhaitée.
o Autres ingrédients : Les autres ingrédients (eau, huiles, émollients, tensioactifs,
conservateurs, parfums, etc.) sont sélectionnés en fonction de leur qualité et de
leur compatibilité avec l'argile.
 Mélange et dispersion :
o L'argile est dispersée dans une phase liquide (eau, huile) à l'aide d'agitateurs ou de
mélangeurs à cisaillement élevé pour obtenir une suspension homogène.
o Les autres ingrédients sont ajoutés progressivement et mélangés jusqu'à obtention
d'une formulation stable et homogène.
 Ajustement des propriétés :
o Le pH, la viscosité et la texture du mélange sont ajustés en ajoutant des agents
tampon, des épaississants ou des modificateurs de rhéologie.
 Conditionnement :
o Le produit est conditionné dans des récipients appropriés (tubes, pots, flacons) en
utilisant des machines de remplissage et d'emballage.
 Contrôle qualité :
o Des tests rigoureux sont effectués à chaque étape du processus pour garantir la
qualité, la stabilité et la sécurité du produit fini (tests microbiologiques, tests de
viscosité, tests de pH, tests de stabilité, etc.).

10.1.3. Exemples de produits cosmétiques contenant de l’argile

L'utilisation des argiles est répandue dans les formulations de produits au sein de
différentes industries cosmétiques. Les exemples ci-dessous illustrent cette application :

- Masques faciaux : Purifiants, détoxifiants, hydratants.


- Nettoyants pour le visage : Exfoliants doux, élimination des impuretés.
- Maquillage : Fonds de teint, poudres, fards à paupières (pour la couleur et la texture).
- Soins capillaires : Masques, shampooings (pour absorber l'excès de sébum).
- Produits de bain: Savons, gels douche.
- Dentifrices et produits d'hygiène buccale: Pour leurs propriétés abrasives douces et
purifiantes.

120
La section qui suit fournit une explication plus précise du rôle joué par l'argile dans
le contexte des produits cosmétiques :

 Masques faciaux :
o Rôle de l'argile : L'argile adsorbe l'excès de sébum, les impuretés et les toxines
de la peau, grâce à sa grande surface spécifique et à ses propriétés d'échange
cationique. Elle procure également une sensation de resserrement et de lissage de
la peau (Carretero, 2002).
o Génie de procédé spécifique : L'argile est mélangée à de l'eau ou à d'autres
humectants pour former une pâte facile à appliquer. Des actifs spécifiques
(extraits de plantes, huiles essentielles) peuvent être ajoutés pour renforcer l'effet
recherché (hydratant, apaisant, etc.). (Carretero & Pozo, 2009)
 Nettoyants pour le visage :
o Rôle de l'argile : L'argile élimine en douceur les impuretés, les cellules mortes et
l'excès de sébum de la surface de la peau, grâce à ses propriétés abrasives douces
et adsorbantes. Elle purifie et matifie la peau sans l'agresser. (Carretero, 2002)
o Génie de procédé spécifique : L'argile est incorporée dans une base lavande
douce (tensioactifs) sous forme de suspension stable. Des agents exfoliants
(microbilles, particules de plantes) peuvent être ajoutés pour renforcer l'effet
exfoliant. (Carretero & Pozo, 2009)
 Maquillage :
o Rôle de l'argile : L'argile, notamment la kaolinite et la bentonite, est utilisée
comme charge, agent texturant et opacifiant dans les fonds de teint, les poudres et
les fards à paupières. Elle confère au produit une texture lisse et soyeuse, améliore
son pouvoir couvrant et matifie la peau. Les argiles colorées (ocre, terre de
Sienne) sont utilisées comme pigments naturels. (López et al., 2018)
o Génie de procédé spécifique : L'argile est finement broyée et mélangée avec
d'autres pigments, des liants, des émollients et des cires pour former une poudre
compacte ou une émulsion stable. (López et al., 2018)
 Soins capillaires :
o Rôle de l'argile : L'argile adsorbe l'excès de sébum du cuir chevelu et des
cheveux, purifiant et assainissant la chevelure. Elle peut également renforcer la
fibre capillaire et apporter du volume. (Ribeiro et al., 2018)

121
o Génie de procédé spécifique : L'argile est incorporée dans des masques
capillaires ou des shampooings sous forme de suspension stable. Des agents
conditionneurs (huiles, protéines) peuvent être ajoutés pour améliorer la douceur
et la brillance des cheveux. (Ribeiro et al., 2018)
 Produits de bain :
o Rôle de l'argile : L'argile est ajoutée aux savons et gels douche pour ses
propriétés purifiantes, adoucissantes et moussantes. Elle aide à éliminer les
impuretés de la peau et procure une sensation de douceur et de bien-être.
(Tournassat et al., 2003)
o Génie de procédé spécifique : L'argile est dispersée dans la base lavante (savon
ou tensioactifs) lors de la fabrication. Des parfums et colorants peuvent être
ajoutés. (Tournassat et al., 2003)
 Dentifrices et produits d'hygiène buccale :
o Rôle de l'argile : L'argile, en particulier la bentonite et kaolinite, est utilisée pour
ses propriétés abrasives douces, polissantes et purifiantes. Elle aide à éliminer la
plaque dentaire et les impuretés de la bouche, tout en respectant l'émail des dents.
(Carretero & Pozo 2009)
o Génie de procédé spécifique : L'argile est finement broyée et mélangée avec
d'autres abrasifs (silice), des agents liants, des humectants, des fluorures et des
arômes pour former une pâte dentifrice stable. (Carretero & Pozo 2009)

10.1.4. Formulation d’une pâte gingivale contenant de l’argile

L'élaboration d'une pâte gingivale à base d'argile nécessite une formulation


rigoureuse, tenant compte des fonctions spécifiques de chaque constituant. Cette formulation,
s'appuyant sur les travaux de Tahir et al., (2025), Shohel et Shukho (2024), Prem et al., (2024),
Altıparmak et al., (2022), Brooks et al., (2017) et Vranić et al., (2004), s'organise selon les
catégories d'ingrédients suivantes :

 Abrasif (20-30%) : La silice hydratée ou le carbonate de calcium agissent


mécaniquement pour l'élimination de la plaque dentaire superficielle lors du brossage,
 Humectant (10-30%) : La glycérine ou le sorbitol contribuent au maintien de la phase
aqueuse et préviennent la dessiccation de la formulation,
 Tensioactif (1-2%) : Le lauryl sulfate de sodium (SLS) favorise la formation de mousse,
participant ainsi à la dispersion des débris alimentaires,

122
 Agent de viscosité (1-5%) : La gomme xanthane ou le carraghénane modifient la
rhéologie du produit, lui conférant la texture souhaitée,
 Agent aromatique (1-5%) : Les huiles essentielles de menthe ou de menthe poivrée
procurent une sensation de fraîcheur et contribuent à l'acceptabilité organoleptique,
 Édulcorant (1-2%) : La saccharine ou le sorbitol améliorent la palatabilité de la
formulation,
 Conservateur (0,1-0,5%) : Le benzoate de sodium ou le sorbate de potassium inhibent
le développement microbien, assurant la stabilité microbiologique du produit.
 Agent fluoré (0,1-0,2%) : Le fluorure de sodium renforce l'émail dentaire, offrant une
protection contre la carie.
 Adjuvants fonctionnels (optionnel) : Des agents blanchissants, antitartres ou
antibactériens peuvent être incorporés pour cibler des propriétés spécifiques.

Cette formulation respecte les exigences des protocoles d’essais cliniques et s’inscrit
dans une démarche de responsabilité environnementale, notamment par l’exclusion du charbon
actif. Ce dernier est reconnu comme source de pollution significative ; son usage massif à
l’échelle mondiale, notamment dans les dentifrices, contribuerait de manière préoccupante à la
dégradation environnementale. En alternative, la kaolinite a été retenue comme charge
principale, en raison de ses propriétés géologiques et de l’activité biologique intrinsèque de la
kaolinite, l’un de ses composants majeurs. La glycérine a été incorporée comme agent
humectant, le laurylsulfate de sodium comme tensioactif, et une huile essentielle de Menthe a été
ajoutée pour conférer une sensation de fraîcheur aromatique. Ces paramètres de formulation ont
été établis à la suite d’un processus rigoureux de développement en formulation, suivi d’une
évaluation sensorielle. L’analyse sensorielle a été réalisée sur 5 échantillons de dentifrice
formulés, et a mobilisé un panel d’experts constitué de 15 étudiants de l’École Supérieure
Polytechnique de Vontovorona, âgés de 22 à 24 ans (8 participantes et 7 participants). Le choix
de cette cohorte repose sur des références bibliographiques récentes attestant de la pertinence de
cette tranche d’âge dans l’analyse sensorielle (Tahir et al., 2025 ; Shohel & Shukho, 2024 ;
Prem et al., 2024 ; Altıparmak et al., 2022 ; Brooks et al., 2017 ; Vranić et al., 2023).

 Procédé de fabrication du dentifrice :

L’élaboration de la pâte de dentifrice est mise en œuvre selon les bonnes pratiques de
fabrication, ceci afin d’assurer une qualité supérieure à notre produit, du point de vus structurelle

123
et fonctionnelle. Le protocole de fabrication a été adapté de Barel et al., en ( 2014) et optimisé au
laboratoire selon les étapes suivantes :

- Préparation de la phase A : Dissoudre sous agitation la gomme de xanthane dans la glycérine


(Photo 10.01.a),

- Préparation de la phase B: Mélanger l'édulcorant (saccharine), le conservateur (benzoate de


sodium), l'abrasif (silice hydratée), le fluorure de sodium et l’eau, en maintenant une l’agitation
pendant 10 minutes (Photo 10.01.b),

- Association des phases: Incorporer progressivement la phase B dans la phase A sous agitation
jusqu'à l’obtention d'une pâte homogène (entre 45 minutes et 1 heure) (Photo 10.01.c),

- Ajouter ensuite l’arôme de menthe sous agitation pendant 5 minutes (Photo 10.01.d) et enfin,
incorporer le tensioactif (Lauryl sulfate de sodium) en maintenant la même agitation durant 5
minutes supplémentaires.

Photo 10.01: a) Préparation de la phase A ; b) Préparation de la phase B ; c) Association des


phases A et B ; d) Ajout de l'arôme de menthe au mélange.
(Source : Auteur)
 Résultats attendus

Le produit final est une pâte de dentifrice stable, homogène, d'une viscosité adéquate,
offrant un goût frais de menthe, une bonne capacité de nettoyage et de moussage, et une
protection efficace contre les caries.

124
Photo 10.02 : a) Mélange des composants ; b) Le dentifrice en tant que produit fini
(Source : Auteur)

 Analyse de la variance appliquée à l’évaluation sensorielle

Une analyse de la variance (ANOVA à un facteur) a été effectuée en vue de


déterminer l’existence d’éventuelles différences significatives entre les groupes d’évaluation
sensorielle selon quatre descripteurs organoleptiques fondamentaux : l’apparence, l’odeur, le
goût et la texture.

Les résultats statistiques obtenus sont synthétisés dans le tableau ci-dessous :

Tableau 20.01: Résultats de l'analyse statistique


Critère F (Fisher) p-value
Apparence 0,344 0,794
Odeur 1,865 0,194
Goût 0,197 0,896
Texture 0,340 0,797

(Source : Auteur)

125
Toutes les valeurs de p se situent bien au-delà du seuil de signification conventionnel
(α = 0,05), indiquant l’absence de différences statistiquement significatives entre les groupes
évalués, quel que soit le critère sensoriel considéré.

 Récapitulatif

L’ensemble des données met en évidence une uniformité des jugements sensoriels
entre les groupes. Les variations observées ne présentent pas de signification statistique, ce qui
suggère l’absence d’effet discriminant attribuable aux facteurs étudiés. Il en résulte que, dans les
conditions expérimentales appliquées, les échantillons ne peuvent être différenciés sur la base
des descripteurs sensoriels analysés.

10.2. Leurs applications dans l’œnologie

10.2.1. Le rôle des éléments chimiques des argiles dans l’œnologie

L'analyse élémentaire présentée révèle une composition chimique variable des


argiles, ce qui influence leur pertinence en œnologie. Bien que les argiles ne soient pas
directement consommées dans le vin, leurs propriétés physico-chimiques, modulées par les
éléments majeurs, sont exploitées lors de la vinification pour améliorer la qualité du produit
final.

Le fer (Fe), présent en quantités significatives, peut avoir des implications positives
et négatives. À faibles concentrations, il peut contribuer à la couleur du vin. Cependant, des
concentrations élevées peuvent favoriser la formation de casses ferriques, des précipités qui
altèrent la clarté du vin. L'utilisation d'argiles, comme la bentonite, permet de contrôler la teneur
en fer soluble en l'adsorbant. (Hsu & Heatherbell, 1987)

L'aluminium (Al) et le silicium (Si) sont les constituants principaux des minéraux
argileux, conférant à ces matériaux une grande surface spécifique et une capacité d'échange
cationique élevée. Ces propriétés sont cruciales pour la clarification du vin. (Grim, 1968)

La bentonite, riche en aluminium et en silicium, est largement utilisée pour adsorber


les protéines instables, les polyphénols et autres colloïdes qui peuvent provoquer un trouble ou
un dépôt dans le vin. (Bergaya et al., 2006)

126
Le phosphore (P) est un élément essentiel pour la croissance des levures, mais sa
présence dans les argiles utilisées en œnologie est généralement peu importante. Il n'a pas
d'influence directe majeure sur les propriétés des argiles utilisées dans le traitement du vin.
(Ribéreau-Gayon et al., 2006)

Le potassium (K) et le calcium (Ca) sont des cations qui peuvent être présents dans
la structure des argiles. Ils peuvent influencer la charge de surface et la capacité d'échange
cationique de l'argile, affectant son efficacité pour la clarification du vin. Par exemple, la
bentonite calcique a une capacité d'échange cationique différente de celle de la bentonite
sodique. (Grim, 1968)

Le titane (Ti) et le magnésium (Mg) sont généralement présents en faibles


concentrations dans les argiles utilisées en œnologie et n'ont pas d'effets directs significatifs sur
le processus de clarification. (Parry & Parfitt, 2001)

En conclusion, les éléments majeurs qui influencent le plus les applications des
argiles en œnologie sont le fer (Fe), l'aluminium (Al) et le silicium (Si). La composition
élémentaire des argiles, en particulier la teneur en aluminium et en silicium, détermine leurs
propriétés d'adsorption et d'échange cationique, qui sont essentielles pour la clarification et la
stabilisation du vin. (Grim, 1968)

10.2.2. Exemples d’utilisation des argiles dans l’œnologie des argiles

Les argiles, matériaux géologiques aux propriétés physico-chimiques uniques, jouent


un rôle crucial en œnologie. Leur capacité d'adsorption est exploitée comme agent de
clarification, éliminant les particules en suspension pour améliorer la limpidité du vin. De plus,
elles sont utilisées comme supports de filtration, contribuant à la qualité et à la stabilité du
produit final.

 Agents de clarification : Bentonite et/ou kaolinite

o Rôle de l'argile (Bentonite) : La bentonite, une argile smectique, est utilisée pour éliminer
les protéines instables du vin. Ces protéines peuvent provoquer un trouble ou un dépôt
indésirable. La bentonite adsorbe ces protéines grâce à sa grande surface spécifique et à sa
charge négative, améliorant ainsi la clarté et la stabilité du vin (Hsu & Heatherbell, 1987).

127
o Rôle de l’argile (kaolinite): La kaolinite, une argile, contribue à la clarification du vin par
adsorption. Ses particules fixent les impuretés (protéines, levures, débris) en suspension.
Ces complexes argile-impuretés floculent et précipitent, rendant le vin plus limpide. Bien
qu'efficace, la bentonite est généralement préférée en œnologie pour sa meilleure capacité à
éliminer les protéines. (Sunday & Adebola, 2018)

 Supports de filtration : Terre à diatomées (diatomite), qui contient parfois des


argiles

o Rôle de l'argile (Terre à diatomées) : La terre à diatomées, bien que principalement


composée de diatomées, peut contenir des argiles. Elle est utilisée comme support de
filtration pour éliminer les particules en suspension du vin. Sa structure poreuse,
éventuellement modifiée par la présence d'argiles, permet une filtration efficace, améliorant
la limpidité du vin. (O'Brien et al., 2021)

10.2.3. Clarification d’un vin de prune rouge par l’argile

 Principe

La clarification d'un vin par l'argile repose sur les propriétés d'adsorption de ce
matériau. L'argile, principalement constituée de minéraux argileux (phyllosilicates) hydratés,
possède une structure en feuillets et une grande surface spécifique. Cette structure confère à
l'argile une capacité à attirer et à retenir diverses particules en suspension dans le vin (Jackson,
2014).

 Adsorption électrostatique : Les particules en suspension dans le vin, telles que les
protéines, les polyphénols, les levures et autres colloïdes, portent souvent des charges
électriques. L'argile possède également des charges superficielles, et les interactions
électrostatiques entre les charges opposées entraînent l'adsorption des particules sur les surfaces
argileuses. (Ribéreau-Gayon et al. , 2006)

 Floculation : L'adsorption des particules sur l'argile provoque leur agglomération, formant
des flocs plus gros et plus lourds. (Ribéreau-Gayon et al., 2006)

 Sédimentation : Les flocs, étant plus denses, se déposent au fond du récipient par gravité,
séparant ainsi le vin clarifié des particules en suspension (Ribéreau-Gayon et al., 2006)

128
 Procédé de fabrication

Le protocole de fabrication a été adapté des méthodes de collage standards en


œnologie (Zoecklein, 1988 ; Murphey & Son, n.d.) et optimisé au laboratoire selon les étapes
suivantes :

- Préparation de l'argile : L'argile est souvent préparée par hydratation. Elle est mélangée à une
petite quantité d'eau, 4 fois son poids en eau, pour former une suspension homogène (Photo
10.3). Cette étape permet d'activer les propriétés d'adsorption de l'argile.
- Ajout au vin : Après 24 heures de préparation de la suspension, la suspension d'argile est
ajoutée au vin de prune rouge à clarifier.
- Mélange : Le vin et l'argile sont soigneusement mélangés pour assurer une bonne dispersion
de l'argile dans tout le volume du vin et maximiser le contact entre l'argile et les particules en
suspension.
- Temps de contact : Le mélange est laissé au repos pendant 7 jours, permettant à l'argile
d'adsorber les particules et aux flocs de se former et de se déposer.
- Séparation : Une fois la clarification suffisante, le vin clarifié est séparé du dépôt d'argile
(lies) par filtration (Photo10.4).

Photo 10.03: Préparation de l’argile.


(Source : Auteur)

129
Photo 10.04: Filtration de vin après clarification.
(Source : Auteur)

 Résultats

La clarification d’un vin de prune rouge à l’aide d’argile conduit à l’obtention d’un
produit limpide et brillant (Photo 10.5.b). La diminution des particules en suspension améliore
l’aspect visuel du vin, renforçant ainsi son attractivité auprès du consommateur. Dans certains
cas, ce procédé peut également induire une modification subtile du profil gustatif et aromatique,
en raison de l’élimination de certains composés responsables du trouble. Il convient toutefois de
maîtriser rigoureusement la quantité d’argile à utiliser, une dose excessive pouvant altérer la
couleur ou appauvrir le bouquet aromatique du vin.

130
Photo 10.05: a) Vin avant la clarification; b) Vin après la clarification
(Source : Auteur)

CONCLUSION PARTIELLE

Les résultats obtenus démontrent la pertinence de la valorisation des argiles


d’Analavory, d’Andranomanelatra et de Miandrivazo dans les domaines de la cosmétologie et de
l’œnologie. Leur richesse en éléments tels que le silicium, l’aluminium, le fer et le magnésium
leur confère des propriétés physico-chimiques favorables, notamment une forte capacité
d’adsorption, une stabilité colloïdale et une compatibilité avec divers agents formulants.

En cosmétologie, ces argiles ont été intégrées dans une formulation de dentifrice
respectueuse de l’environnement, excluant le charbon actif au profit de la kaolinite. L’analyse
sensorielle menée sur cinq échantillons a révélé une homogénéité des appréciations, indiquant
une bonne acceptabilité organoleptique.

En œnologie, l’utilisation d’argile pour la clarification d’un vin de prune rouge a


permis une amélioration notable de sa limpidité, sans altération significative des qualités
organoleptiques, à condition de maîtriser les dosages. Les mécanismes mis en jeu, tels que
l’adsorption électrostatique et la floculation, ont contribué à une élimination efficace des
particules en suspension.

Ces résultats confirment l’intérêt de ces ressources minérales locales pour des
applications à haute valeur ajoutée, dans une démarche durable et économiquement viable.

131
CONCLUSION GÉNÉRALE
CONCLUSION GÉNÉRALE

L'objectif de ce travail était la caractérisation physicochimique et minéralogique de


quelques argiles d'Analavory, d’Andranomanelatra et de Miandrivazo afin de déterminer leur
valorisation. Il a permis de tirer des conclusions sur les propriétés physico-chimiques et
minéralogiques de ces argiles et sur la nature des interactions qui s'établissent entre la colorante
hélianthine et la surface de ces matériaux. Quatre échantillons d'argiles, notés ADML 001,
ADML 002, ADML 003 et ADML 004, ont été échantillonnés dans la région de
Vakinankaratra ; trois échantillons d'argiles, notés MNDV 001, MNDV 002 et MNDV 003, ont
été échantillonnés dans la région du Menabe ; et deux argiles dans la région d'Itasy, à savoir
ANLV 001 et ANLV 002. La caractérisation physico-chimique de ces matériaux a élucidé leur
teneur en eau, variant de 0,39 % à 23,04 % ; leur densité, variant de 24,34 kN/m3 à 24,11 kN/m3 ;
leur pH, révélant l'alcalinité de sept argiles (ANLV 001, ANLV 002, ADML 002, MNDV 001,
MNDV 002 et MNDV 003) ; le caractère modérément acide de l'échantillon ADML 003 ; et la
proximité du pH neutre pour le seul échantillon ADML 004 (pH = 6,62). La détermination des
valeurs au bleu de méthylène a montré que les échantillons ANLV 001 et MNDV 003 sont des
argiles sableuses, les échantillons MNDV 001, MNDV 002 et ANLV 002 sont silto-argileuses,
les échantillons ADML 003 et ADML 004 sont argileuses, et les échantillons ADML 001 et
ADML 002 sont très argileuses. La quantification de la surface spécifique de chaque échantillon
à partir de la détermination de la VBS a permis de conclure que les argiles MNDV 001, MNDV
002, ADML 003, ADML 004, ADML 002 et ANLV 002 pourraient être de l'illite, et que les
argiles MNDV 002, ADML 001, ADML 002, ADML 003 et ADML 004 pourraient être de la
montmorillonite. La surface spécifique, qui caractérise le caractère gonflant des argiles, a permis
d'établir le classement des échantillons d'argiles, du caractère gonflant au caractère très gonflant :

MNDV 003 < ANLV 001 < ANLV 002 < MNDV 001 < MNDV 002 < ADML
004 < ADML 003 < ADML 002 < ADML 001.

Les limites d'Atterberg ont permis de déterminer l'indice de plasticité des sols
argileux. Il ressort que les échantillons ADML 001, ADML 002, ADML 003, ADML 004,
MNDV 001, MNDV 002 et ANLV 002 pourraient être utilisés dans la confection de blocs de
terre comprimée, et que le traitement à la chaux est nécessaire pour les argiles ADML 001,
ADML 002, ADML 003 et ADML 004. Les argiles MNDV 003 et ANLV 001 ne peuvent pas
être utilisées dans la confection de blocs de terre comprimée.

131
Le taux d'oxydes, le taux d'éléments chimiques, la teneur en carbone et en azote, et le
criblage phytochimique ont été déterminés au cours de cette étude. L'oxyde de silicium est
l'oxyde dominant dans chaque échantillon, à l'exception de l'argile ADML 002. La teneur en
oxyde d'aluminium est inférieure à 45 % pour tous les échantillons d'argiles de
Andranomanelatra, Miandrivazo et Analavory. Les argiles ADML 02 et ANLV 001 sont riches
en oxyde de calcium et en oxyde de magnésium, tandis que les argiles ADML 004 et ANLV 002
sont riches en oxyde de fer. Les argiles MNDV 001, MNDV 002, MNDV 003, ADML 001,
ADML 003, ADML 004 et ANLV 002 sont donc de nature essentiellement silico-alumineuse.

La détermination du taux des éléments chimiques confirme la présence des éléments


constitutifs des argiles, à savoir le silicium, l'aluminium, le fer, le magnésium, le calcium et le
potassium. Le fer, l'aluminium et la silice sont les éléments dominants dans chaque échantillon.
Les taux des éléments considérés comme toxiques sont très faibles par rapport aux autres
éléments.

Les teneurs en azote sont très faibles pour les argiles MNDV 002, MNDV 003,
ANLV 001 et ADML 003, tandis que les argiles ANLV 002, ADML 002 et ADML 001 sont
riches en azote. La détermination de la teneur en azote des échantillons ADML 004 et MNDV
001 n'a pas pu être réalisée en raison d'un manque de ressources. Le pourcentage de matières
organiques de chaque échantillon indique que les sols étudiés sont inorganiques.

L'argile ADML 004 contient de la désoxyose, et les argiles ADML 002, ANLV 002
et ANLV 001 contiennent du tanin. La saponoside et la coumarine n'ont pas été détectées dans
les échantillons étudiés.

La caractérisation minéralogique de ces matériaux par diffraction des rayons X a


montré la présence de kaolinite dans les argiles MNDV 001, MNDV 003, ADML 004 et ADML
003. La vermiculite a été mise en évidence dans les argiles ANLV 002 et ADML 002. Cette
dernière contient également de l'amphibole et de la sépiolite. Le chlorite a été observé dans les
argiles ADML 003, ADML 004, MNDV 001 et MNDV 002 (argile verte orangé). La muscovite
est présente dans les argiles MNDV 001, MND 002, MNDV 003, ADML 001 et ADML 002. La
nacrite a été détectée dans l'argile ADML 001. Plusieurs types de minéraux associés ont été
détectés dans les échantillons.

132
Le quartz est le minéral associé le plus important pour toutes les argiles étudiées, ce
qui concorde avec sa granulométrie fine et sa cristallinité. Il est présent dans les argiles ANLV
002, ADML 001, ADML 002, ADML 003, ADML 004, MNDV 001, MNDV 002 et MNDV
003. Le feldspath a été détecté dans les argiles ANLV 002 et MNDV 003. L'anatase a été mise
en évidence dans l'argile ADML 003. La calcite et le zinc ont été détectés dans l'argile ANLV
001. La sidérite et l'hématite sont présentes dans l'argile ADML 001. Seule l'argile ADML 002
contient de la goethite et de la dolomite. L'hématite, la magnétite, la laumontite et la magnésite
sont présentes dans l'argile ADML 004. La margarite a été détectée dans l'argile MNDV 002.

L'étude de l'adsorption du méthyl orange a démontré que, parmi les cinq échantillons
d'argile, l'argile ADML 003 présentait la capacité d'adsorption la plus élevée, tandis que l'argile
ADML 001 avait la plus faible, après un temps de contact de 110 minutes. Notamment, l'argile
ADML 002 a atteint un taux d'élimination de 66 % après 90 minutes. Ces résultats suggèrent que
les argiles ont un potentiel important pour être utilisées dans les procédés de traitement de l'eau,
en particulier pour l'élimination des colorants ou des ions indésirables.

Compte tenu de leurs propriétés physico-chimiques, minéralogiques et de leurs


caractéristiques structurelles, ces argiles ont également de larges applications, notamment en
cosmétique, où elles jouent un rôle essentiel. Ce travail ouvre donc de nouvelles perspectives
dans la détermination de la capacité d'échange cationique, la recherche de formulations de
produits cosmétiques, pharmaceutiques et céramiques, et la détermination de l'affinité
adsorbant/adsorbat, ainsi que la détermination des conditions parfaites d'adsorption pour obtenir
un taux d'élimination élevé. La purification des argiles contenant du kaolin pourrait être
approfondie pour leur valorisation.

133
LISTES DES RÉFÉRENCES
BIBLIOGRAPHIQUES

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144
ANNEXE
i
ANNEXE 1 : REPRÉSENTATION DU DIAGRAMME DE CASAGRANDES

Figure A1: Diagramme de Casagrande (Source : NF P 94-052-1. 1993)

ANNEXE 2 : ARTICLE SUR LA CARACTÉRISATION PHYSICO-CHIMIQUE


ET MINÉRALOGIQUE DES ARGILES

i
ii
iii
iv
v
vi
ANNEXE 3 : ARTICLE SUR LA DÉTERMINATION MINÉRALOGIQUE DES
ARGILES PAR DRX

vii
viii
ix
x
xi
xii
xiii
xiv
xv
xvi
xvii
xviii
xix
xx
xxi
xxii
xxiii
xxiv
xxv
xxvi
xxvii
xxviii
TABLE DES MATIERES
TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS--------------------------------------------------------------------------------------I
SOMMAIRE---------------------------------------------------------------------------------------------V
LISTE DES FIGURES----------------------------------------------------------------------------------VI
LISTES DES PHOTOS---------------------------------------------------------------------------------IX
LISTE DES TABLEAUX-------------------------------------------------------------------------------X
LISTES DES ABREVIATIONS----------------------------------------------------------------------XI
GLOSSAIRE-------------------------------------------------------------------------------------------XIII
INTRODUCTION GENERALE------------------------------------------------------------------------1
Partie 1. ETAT DE L'ART
CHAPITRE 1. CONTEXTE GEOGRAPHIQUE DES ZONES D’ETUDES---------------------3
1.1. RÉGION ITASY : ANALAVORY-----------------------------------------------------------------------3
1.1.1. Localisation et situation administrative-------------------------------------------------------3
1.1.2. Climat----------------------------------------------------------------------------------------------3
1.1.3. Géomorphologie---------------------------------------------------------------------------------3
1.2. RÉGION VAKINANKARATRA : ANDRANOMANELATRA--------------------------------------------5
1.2.1. Localisation et situation administrative-------------------------------------------------------5
1.2.2. Climat----------------------------------------------------------------------------------------------5
1.2.3. Cadre géologique---------------------------------------------------------------------------------5
1.3. RÉGION MENABE : MIANDRIVAZO------------------------------------------------------------------7
1.3.1. Localisation et situation administrative-------------------------------------------------------7
1.3.2. Climat----------------------------------------------------------------------------------------------7
1.3.3. Cadre géologique---------------------------------------------------------------------------------7
CONCLUSION PARTIELLE----------------------------------------------------------------------------9
CHAPITRE 2. GÉNÉRALITÉS SUR LES ARGILES---------------------------------------------10
2.1. HISTORIQUES ET ORIGINES--------------------------------------------------------------------------10
2.1.1. Historiques--------------------------------------------------------------------------------------10
2.1.2. Origines des argiles----------------------------------------------------------------------------10
[Link]. Héritages et altérations--------------------------------------------------------------------10
[Link]. Néoformations en milieux confinés-----------------------------------------------------11
[Link]. Transformations des minéraux argileux------------------------------------------------11
2.2. DÉFINITION DE L’ARGILE EN MINÉRALOGIE------------------------------------------------------12
2.3. STRUCTURE D’ARGILES-----------------------------------------------------------------------------13
2.3.1. Les éléments constitutifs d’argiles-----------------------------------------------------------13
[Link]. Les alcalins : Na et K---------------------------------------------------------------------13
[Link]. Les alcalino-terreux : Ca et Mg----------------------------------------------------------13
[Link]. Le fer et l’aluminium----------------------------------------------------------------------14
[Link]. L’aluminium et le silicium---------------------------------------------------------------14
2.3.2. Formule générale-------------------------------------------------------------------------------14
[Link]. Couche tétraédrique-----------------------------------------------------------------------15

xl
[Link]. Couche octaédrique-----------------------------------------------------------------------15
2.4. DIFFÉRENTS TYPES D’ARGILES---------------------------------------------------------------------17
2.4.1. Famille T-O (minéraux 1 :1)------------------------------------------------------------------19
2.4.2. Famille T-O-T (minéraux 2 :1)-------------------------------------------------------------19
2.4.3. Famille T-O-T-O (minéraux 2 :1 :1)---------------------------------------------------------21
2.5. CLASSIFICATIONS SELON LA COULEUR------------------------------------------------------------22
2.5.1. Argiles vertes------------------------------------------------------------------------------------23
2.5.2. Argiles roses-------------------------------------------------------------------------------------23
2.5.3. Argiles jaunes-----------------------------------------------------------------------------------23
2.5.4. Argiles blanches--------------------------------------------------------------------------------23
2.5.5. Argiles rouges-----------------------------------------------------------------------------------23
2.6. LES ARGILES FIBREUSES----------------------------------------------------------------------------24
2.7. LIAISONS INTERFEUILLETS--------------------------------------------------------------------------24
2.8. CHARGES GLOBALES DU FEUILLET----------------------------------------------------------------24
2.9. LES MINÉRAUX ASSOCIÉS---------------------------------------------------------------------------25
2.9.1. La silice------------------------------------------------------------------------------------------25
2.9.2. Les oxydes et hydroxydes de Fer-------------------------------------------------------------26
2.9.3. Les feldspaths-----------------------------------------------------------------------------------26
2.9.4. Les carbonates----------------------------------------------------------------------------------26
2.9.5. La matière organique---------------------------------------------------------------------------26
2.10. UTILISATIONS DES ARGILES ET LEURS PROPRIÉTÉS--------------------------------------------26
2.10.1. Argiles et santé--------------------------------------------------------------------------------26
2.10.2. Argile et cosmétique--------------------------------------------------------------------------27
2.10.3. Argiles et industrie de la céramique--------------------------------------------------------28
2.10.4. Argile et agriculture--------------------------------------------------------------------------29
2.10.5. Argiles et industrie pétrolière----------------------------------------------------------------29
2.10.6. Argiles et charge rhéologique---------------------------------------------------------------29
2.10.7. Argile et diverses industries chimiques----------------------------------------------------29
2.10.8. Argiles et matériaux de constructions------------------------------------------------------30
CONCLUSION PARTIELLE--------------------------------------------------------------------------31
CHAPITRE 3. GENERALITES SUR LES ARGILES DE MADAGASCAR------------------32
3.1. PRINCIPAUX GISEMENTS----------------------------------------------------------------------------32
3.2. ARGILES DE MADAGASCAR------------------------------------------------------------------------32
3.2.1. Kaolins et argiles kaoliniques-----------------------------------------------------------------32
3.2.2. Bentonites---------------------------------------------------------------------------------------36
[Link]. Beomby (X = 181,5 Km ; Y = 205,5 Km)---------------------------------------------37
[Link]. Ampasimpotsy – Ranofotsy (X = 899,5 Km ; Y = 593 Km)------------------------37
3.2.3. Glauconie----------------------------------------------------------------------------------------37
3.3. GISEMENT D’ARGILES DE MADAGASCAR---------------------------------------------------------38
CONCLUSION PARTIELLE--------------------------------------------------------------------------42
Partie 2. MATERIELS ET METHODOLOGIES DE RECHERCHES
CHAPITRE 4. ARCHITECTURE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE
GEOLOGIQUE-------------------------------------------------------------------44
4.1. SCHÉMA ORGANISATIONNEL DE LA DÉMARCHE SCIENTIFIQUE--------------------------------44
4.2. VISUALISATION SÉQUENTIELLE DU PROCESSUS D'INVESTIGATION----------------------------44
4.3. DÉPLOIEMENT SÉQUENTIEL DES PHASES DE RECHERCHE---------------------------------------45
4.3.1. Etablissements de l’état de l’art---------------------------------------------------------------45
4.3.2. Investigations de terrain-----------------------------------------------------------------------46

xli
4.3.3. Phase d’analyses spécifiques------------------------------------------------------------------46
4.4. TRANSITION VERS LA PHASE EMPIRIQUE : INVESTIGATIONS DE TERRAIN--------------------46
CONCLUSION PARTIELLE--------------------------------------------------------------------------47
CHAPITRE 5. TRAVAUX DE TERRAIN POUR OBSERVATIONS ET
ECHANTILLONNAGES--------------------------------------------------------48
5.1. LOCALISATION ET ÉCHANTILLONNAGE AU SITE GÉOTHERMAL D'ANALAVORY-------------48
5.2. ÉCHANTILLONNAGE ARGILEUX SUR LE SITE D'EXPLOITATION CIMENTIS –
ANDRANOMANELATRA-----------------------------------------------------------------------------------49
5.3. PRÉLÈVEMENTS D’ÉCHANTILLONS D’ARGILES SUR LE SITE DE MIANDRIVAZO--------------52
CONCLUSION PARTIELLE--------------------------------------------------------------------------54
CHAPITRE 6. CARACTERISATION EXPERIMENTALE DES ARGILES :
PROTOCOLES ANALYTIQUES---------------------------------------------55
6.1. ANALYSES PHYSICO-CHIMIQUES ET MINÉRALOGIQUES DES ARGILES-------------------------55
6.1.1. Préparation des échantillons------------------------------------------------------------------55
6.1.2. Caractérisation physico-chimique des sols argileux---------------------------------------56
[Link]. Taux d’humidité---------------------------------------------------------------------------56
[Link]. Poids volumique spécifique--------------------------------------------------------------56
[Link]. Potentiel d’hydrogène (pH)--------------------------------------------------------------58
[Link]. Valeur de bleu de méthylène et surface spécifique-----------------------------------58
[Link]. Limites d’Atterberg-----------------------------------------------------------------------60
[Link]. Analyses chimiques des argiles----------------------------------------------------------61
6.2. ANALYSE PAR DIFFRACTION DES RAYONS X-----------------------------------------------------66
6.2.1. Préparation de l’échantillon avant l’analyse XRD-----------------------------------------66
[Link]. Équipement------------------------------------------------------------------------------------67
[Link]. Principe----------------------------------------------------------------------------------------68
6.3. EXPÉRIENCES D’ADSORPTIONS DE COLORANTS--------------------------------------------------69
6.3.1. Informations générales sur l’adsorbat : méthyle orange-----------------------------------69
6.3.2. Dosage de la colorante hélianthine-----------------------------------------------------------70
[Link]. Principe de la spectrophotométrie visible----------------------------------------------71
[Link]. Courbe d’étalonnage de l’hélianthine---------------------------------------------------73
[Link]. Capacité d’adsorption---------------------------------------------------------------------75
CONCLUSION PARTIELLE--------------------------------------------------------------------------76
Partie 3. RESULTATS ET DISCUSSIONS
CHAPITRE 7. RÉSULTATS SUR LA CARACTÉRISATION PHYSICO-CHIMIQUE DES
SOLS ARGILEUX---------------------------------------------------------------77
7.1. TAUX D’HUMIDITÉ-----------------------------------------------------------------------------------77
7.2. POIDS VOLUMIQUES SPÉCIFIQUES------------------------------------------------------------------78
7.3. POTENTIEL D’HYDROGÈNE--------------------------------------------------------------------------79
7.4. VALEUR DE BLEU DE MÉTHYLÈNE ET SURFACE SPÉCIFIQUE-----------------------------------80
7.5. LIMITES D’ATTERBERG-----------------------------------------------------------------------------81
7.6. ANALYSE CHIMIQUES--------------------------------------------------------------------------------83
7.6.1. Taux d’oxydes----------------------------------------------------------------------------------83
7.6.2. Taux d’éléments chimiques-------------------------------------------------------------------84
7.6.3. Teneur en carbone et azote--------------------------------------------------------------------87
7.6.4. Criblage phytochimique de l’argile----------------------------------------------------------88
CONCLUSION PARTIELLE--------------------------------------------------------------------------89

xlii
CHAPITRE 8. RÉSULTATS D’ANALYSE PAR DIFFRACTION DES RAYONS X ET
ADSORPTION DU COLORANT HELIANTHINE-------------------------90
8.1. ANALYSE PAR DRX---------------------------------------------------------------------------------90
8.1.1. Echantillons des argiles d’Analavory--------------------------------------------------------90
8.1.2. Échantillons des argiles d’Andranomanelatra----------------------------------------------91
8.1.3. Échantillons des argiles de Miandrivazo----------------------------------------------------94
8.2. EXPÉRIENCES D’ADSORPTIONS DE COLORANTS--------------------------------------------------97
8.2.1. Capacité d’adsorption de MNDV 003-------------------------------------------------------97
8.2.2. Capacité d’adsorption de ADML 003-------------------------------------------------------99
8.2.3. Capacité d’adsorption de ADML 004------------------------------------------------------101
8.2.4. Capacité d’adsorption de ADML 002------------------------------------------------------102
8.2.5. Capacité d’adsorption de ADML 001------------------------------------------------------104
CONCLUSION PARTIELLE-------------------------------------------------------------------------107
CHAPITRE 9. SYNTHESE DES INVESTIGATIONS MINERALOGIQUES ET DES
PROPRIETES DES ARGILES D’ANALAVORY,
D’ANDRANOMANELATRA ET DE MIANDRIVAZO-----------------108
9.1. SYNTHÈSE DES PROPRIÉTÉS PHYSICO-CHIMIQUES DES ARGILES-----------------------------108
9.1.1. Sur le taux d’humidité------------------------------------------------------------------------108
9.1.2. Sur le potentiel d’hydrogène (pH)----------------------------------------------------------108
9.2.3. Sur l’essai au bleu de méthylène et surface spécifique-----------------------------------108
9.2.4. Sur la limite d’Atterberg---------------------------------------------------------------------110
9.2.5. Sur le taux d’oxydes--------------------------------------------------------------------------112
9.2.6. Sur le taux d’éléments chimiques-----------------------------------------------------------113
9.2.7. Sur la teneur en carbone et azote------------------------------------------------------------113
9.2.8. Sur l’analyse par criblage phytochimique-------------------------------------------------113
9.2. SYNTHÈSE DES INVESTIGATIONS MINÉRALOGIQUES DES ARGILES---------------------------114
9.2.1. Sur l’analyse par diffraction des rayons X (DRX)----------------------------------------114
9.2.2. Sur l’expérience d’adsorption de colorants------------------------------------------------114
CONCLUSION PARTIELLE-------------------------------------------------------------------------116
CHAPITRE 10. VALORISATION DES ARGILES D’ANALAVORY,
D’ANDRANOMANELATRA ET DE MIANDRIVAZO EN
COSMETOLOGIE ET EN ŒNOLOGIE------------------------------------117
10.1. APPLICATIONS COSMÉTOLOGIQUES DES ARGILES--------------------------------------------117
10.1.1. Le rôle des éléments chimiques des argiles dans les produits cosmétiques----------117
10.1.2. Les argiles : ingrédients des produits cosmétiques--------------------------------------118
10.1.3. Exemples de produits cosmétiques contenant de l’argile------------------------------119
10.1.4. Formulation d’une pâte gingivale contenant de l’argile--------------------------------121
10.2. LEURS APPLICATIONS DANS L’ŒNOLOGIE-----------------------------------------------------125
10.2.1. Le rôle des éléments chimiques des argiles dans l’œnologie--------------------------125
10.2.2. Exemples d’utilisation des argiles dans l’œnologie des argiles-----------------------126
10.2.3. Clarification d’un vin de prune rouge par l’argile---------------------------------------127
CONCLUSION PARTIELLE-------------------------------------------------------------------------130
CONCLUSION GÉNÉRALE------------------------------------------------------------------------131
LISTES DES RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES-------------------------------------------134
ANNEXE 1 : REPRÉSENTATION DU DIAGRAMME DE CASAGRANDES----------------I

xliii
ANNEXE 2 : ARTICLE SUR LA CARACTÉRISATION PHYSICO-CHIMIQUE ET
MINÉRALOGIQUE DES ARGILES-------------------------------------------II
ANNEXE 3 : ARTICLE SUR LA DÉTERMINATION MINÉRALOGIQUE DES ARGILES
PAR DRX----------------------------------------------------------------------XVII
TABLE DES MATIERES-----------------------------------------------------------------------------XL
FINTINA – RESUME – ABSTRACT-----------------------------------------------------------XLVII

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CURRICULUM VITAE
Jean Elidon RAMAHANDRY
Nationalité : Malgache
Téléphone : +261 34 37 953 09
E-mail : jeanelidonramahandry@[Link]
Adresse : Lot VI 19 à Ambatoroka- Tana II

FORMATIONS
 2021 – 2025 : Doctorant
Ecole Doctorale Génie des Procédés de Systèmes Industriels Agricoles et
Alimentaires
 Aout 2023 : Formation de formateur
The World Needs a Father Madagascar
 Décembre 2022 : Formation en Lean Management
Cabinet FinAfrique et OTI Madagascar
 2019 : Diplômée Grade Master en Chimie Inorganiques - Génie des procédés
(Mention très Bien)
Université d’Antananarivo
 Mai – Juillet 2019 : Formation professionnelle de la langue anglaise
Spoken English course à Antananarivo Ampefiloha
 2017 : Diplômée Grade Licence en chimie (Mention bien)
Université d’Antananarivo
EXPERIENCES PROFESSIONNELLES
 Mai 2022 –Mars 2023 : Responsable laboratoire contrôle qualité
GasyPlast Mada (Groupe OTI)
 Juin 2022 – Mars 2023 : Responsable HSE
GasyPlast Mada
 Aout 2021 – Mars 2022: CHIMISTE
Tanacrex
 Octobre 2020 : Chef de centre aux épreuves écrites de l’examen du baccalauréat
 Septembre 2020 : Stage au Laboratoire d’analyse et de contrôle des aliments et des
eaux (LACAE) du CNRE à Fiadanana

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PROJETS CONNEXES

 2021 : Co-fondateur « Lombricompost & Les plantes aromatiques »


 2023: Fondateur “Masomboly novokarina ara-biôlôjika”
 2025: Co-fondateur “BIO Gargen”

LISTE DES ARTICLES PUBLIES

Ramahandry Jean Elidon, Robijaona Rahelivololoniaina Baholy, Randriantsimbazafy


Andrianirina, Razafindramanga Athou Wega, Letsara Rokiman, Rabearisoa Solotiana
Rija, Koto-te-Nyiwa Ngbolua, Mandimbiiharison Aurélien. Mineralogical
determination of Andranomanelatra, Miandrivazo and Analavory clays by X-ray
diffraction for applications. Budapest International Research in Exact Sciences (BirEx)
Journal Volume 6, No 3 July 2024, page: 200-2021. e-ISSN/ 2655-7827 (Online). P-
ISSN: 2655-7835 (Print). [Link]/[Link]/birex. Email:
[Link]@[Link]

Ramahandry Jean Elidon , Robijaona Rahelivololoniaina Baholy, Randriantsimbazafy


Andrianirina, Razafindramanga Athou Wega , Letsara Rokiman , Razafindrakoto
Fanoina Ny Riana , Koto-te-Nyiwa Ngbolua , Mandimbiiharison Aurélien. Physico-
Chemical and Mineralogical Characterization of Analavory, Andranomanelatra and
Miandrivazo Clays. Budapest International Research in Exact Sciences (BirEx) Journal
Volume 6, No 2 April 2024, Page: 104-118 e-ISSN: 2655-7827 (Online), p-ISSN: 2655-
7835 (Print) [Link]/[Link]/birex email: [Link]@[Link]

Rakotomamony L. Rakotomamonjy P., Razafindramanga A. W., Rakotondramanana V.


Henintsoa, Bakoarisoa Andrianina Cynthia, Ramahandry Jean Elidon, Koto-te-Nyiwa
Ngbolua, Robijaona Rahelivololoniaina [Link] for Making Sekf-Locking Pavements
from Madagascar River Sand and Plasic Waste. Budapest International Research in
Exact Sciences (BirEx) Journal Volume 5, No 1, January 2023, Page: 52-61. e-ISSN/
2655-7827 (Online). P- ISSN: 2655-7835 (Print).
[Link]/[Link]/birex. Email: [Link]@[Link]

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FINTINA – RESUME - ABSTRACT
FINTINA – RESUME – ABSTRACT

Auteur : Jean Elidon RAMAHANDRY


Contact : +261 34 37 953 09
E-mail : jeanelidonramahandry@[Link]
Lot VI 19 à Ambatoroka
Titre de thèse :
« Caractérisation physico-chimique et minéralogique par diffraction des rayons X des argiles
provenant des gisements d’Analavory, Adranomanelatra et Miandrivazo: évaluation de leur
efficacité dans l’adsorption du méthyle orange»
Nombre de pages : 149; Nombre de figures : 52 ; Nombre de photo : 16 ; Nombre de tableaux : 16
FINTINA
Ity fikarohana ity dia nandinika ny toetra ara-batana simika sy mineralojika amin'ny tanimanga avy any Analavory, Andranomanelatra ary
Miandrivazo (Madagasikara) mba hijerena ny fomba azo ampiasana azy ireo. Nasehon'ny fanadihadiana fa miovaova be ny tahan'ny rano, ny
hakitroka, ary ny pH, ary ny ankamaroan'ny pH dia manondro fa alkaline ny tanimanga. Ny fizarazarana ara-bozaka, izay nodinihina
tamin'ny alalan'ny "bleu de méthylène", dia nanasokajy ireo santionany ho manomboka amin'ny fasika ka hatramin'ny tena tanimanga. Ny
velaran-tany manokana, izay mifandray amin'ny fivontosana, dia manoro ny fisian'ny illite sy montmorillonite amin'ny santionany maro. Ny
fetran'i Atterberg dia manondro fa mety ho azo ampiasaina amin'ny fanamboarana biriky tany voaporitra ny tanimanga maro, ary asaina ny
fikarakarana amin'ny sokay ho an'ny sasany. Ny fitambaran'ny akora simika dia mampiseho fa ny silisy no tena betsaka, afa-tsy ny ADML
002 izay be calcium sy magnesium, raha ny ADML 004 sy ANLV 002 kosa dia be vy. Ny singa fototra (Si, Al, Fe) no tena betsaka, ary vitsy
kosa ny singa mety ho misy poizina. Miovaova ny tahan'ny azota, ary amin'ny ankapobeny dia tsy organika ny tany. Hita tamin'ny
santionany sasany ny fitambarana organika manokana (désoxyose, tannins). Ny fanadihadiana tamin'ny alalan'ny "diffraction des rayons X"
dia nampiseho ny fisian'ny kaolinite, vermiculite, chlorite, muscovite, ary nacrite, miaraka amin'ny mineraly hafa toy ny quartz (tena
betsaka), feldspath, anatase, calcite, zinc, sidérite, hématite, goethite, dolomite, laumontite, magnésite, ary margarite, izay manaporofo ny
fahasamihafan'ny tontolo ara-jeolojika. Ny fikarohana momba ny fidiran'ny "méthyle orange" dia naneho fa ny tanimanga ADML 003 no
manana hery fiditra tsara indrindra, izay manome soso-kevitra fa mety ho azo ampiasaina amin'ny fanadiovana rano izy io.
Teny manan-danja: Tanimanga, fandinihana, ara-batana simika, mineralôjika, DRX ary fidirana.
RESUME
Cette étude a caractérisé les propriétés physico-chimiques et minéralogiques d'argiles provenant d’Analavory, Andranomanelatra et
Miandrivazo (Madagascar) en vue de leur valorisation. Les analyses révèlent une variabilité significative des teneurs en eau, densités et pH,
ce dernier indiquant majoritairement un caractère alcalin. La granulométrie, évaluée par le bleu de méthylène, classe les échantillons de
sableux à très argileux. La surface spécifique, corrélée au caractère gonflant, suggère la présence d'illite et de montmorillonite dans divers
échantillons. Les limites d’Atterberg indiquent le potentiel d'utilisation de plusieurs argiles en blocs de terre comprimée, avec un traitement à
la chaux recommandé pour certains. La composition chimique révèle une dominance de la silice, exceptée pour ADML 002 riche en calcium
et magnésium, tandis que ADML 004 et ANLV 002 sont riches en fer. Les éléments majeurs (Si, Al, Fe) prédominent, avec de faibles
concentrations d'éléments potentiellement toxiques. La teneur en azote est variable, et les sols sont globalement inorganiques. Des composés
organiques spécifiques (désoxyose, tanins) ont été identifiés dans certains échantillons. L'analyse par DRX révèle la présence de kaolinite,
vermiculite, chlorite, muscovite et nacrite, accompagnés de minéraux associés tels que le quartz (omniprésent), feldspath, anatase, calcite,
zinc, sidérite, hématite, goethite, dolomite, laumontite, magnésite et margarite, témoignant de la diversité des contextes géologiques. L'étude
d'adsorption au méthyle orange a montré que l'argile ADML 003 présente la meilleure capacité d'adsorption, suggérant un potentiel pour le
traitement de l'eau.
Mots clés : Argile, caractérisation, physico-chimiques, minéralogique, DRX et adsorption.
ABSTRACT
This study characterized the physicochemical and mineralogical properties of clays from Analavory, Andranomanelatra and Miandrivazo
(Madagascar) with a view to their valorization. The analyses reveal a significant variability in water content, densities, and pH, the latter
predominantly indicating an alkaline character. The particle size distribution, evaluated by methylene blue, classifies the samples from sandy
to very clayey. The specific surface area, correlated with the swelling character, suggests the presence of illite and montmorillonite in various
samples. The Atterberg limits indicate the potential use of several clays in compressed earth blocks, with lime treatment recommended for
some. The chemical composition reveals a dominance of silica, except for ADML 002 which is rich in calcium and magnesium, while
ADML 004 and ANLV 002 are rich in iron. The major elements (Si, Al, Fe) predominate, with low concentrations of potentially toxic
elements. The nitrogen content is variable, and the soils are generally inorganic. Specific organic compounds (deoxyose, tannins) were
identified in certain samples. X-ray diffraction analysis reveals the presence of kaolinite, vermiculite, chlorite, muscovite, and nacrite,
accompanied by associated minerals such as quartz (omnipresent), feldspar, anatase, calcite, zinc, siderite, hematite, goethite, dolomite,
laumontite, magnesite, and margarite, demonstrating the diversity of geological contexts. The methyl orange adsorption study showed that
clay ADML 003 exhibits the best adsorption capacity, suggesting potential for water treatment.
Key words: Clays, characterization, physicochemical, mineralogical, XRD and adsorption.

Directeur de thèse : Madame ROBIJAONA RAHELIVOLOLONIAINA Baholy Professeure Titulaire Agrégée CAMES, Enseignant-
Chercheur à l’École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo (ESPA), Responsable de l’Equipe d’Accueil du Génie de Procédés et de
Biotechnologies de l’École Doctorale Génie des Procédés et des Systèmes Industriels Agricoles et Alimentaires (GPSIAA). +261 34 79 973
00 / robijob111@[Link]
Co-Directeur de thèse : Monsieur MANDIMBIHARISON Aurélien Jacques Docteur HDR, Enseignant-Chercheur à l’École Supérieure

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Polytechnique d’Antananarivo (ESPA), Département de Génie Géologique. +261 34 31 852 96 / [Link]élien@[Link]

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