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Le chapitre 3 traite des formes différentielles et intégrales curvilignes, introduisant des concepts fondamentaux pour le calcul vectoriel et intégral, notamment la formule de Stokes. Il définit les formes différentielles de degré 1 et 2, ainsi que leur utilisation dans l'intégration sur des domaines non plats. Enfin, il aborde les notions de formes exactes et fermées, en soulignant l'importance du lemme de Poincaré pour établir des relations entre ces concepts.

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Le chapitre 3 traite des formes différentielles et intégrales curvilignes, introduisant des concepts fondamentaux pour le calcul vectoriel et intégral, notamment la formule de Stokes. Il définit les formes différentielles de degré 1 et 2, ainsi que leur utilisation dans l'intégration sur des domaines non plats. Enfin, il aborde les notions de formes exactes et fermées, en soulignant l'importance du lemme de Poincaré pour établir des relations entre ces concepts.

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irculationCirculation

Chapitre 3

Formes Différentielles et Intégrales


Curvilignes

Introduction et Motivation
— Définition intuitive : Les formes différentielles sont les objets naturels qu’on peut
intégrer sur des domaines non plats (courbes, surfaces, volumes).
— But de leur introduction : Développer un système de notation permettant au calcul
vectoriel et intégral d’être invariant par changement de repère (formule du changement
de variable automatique). Cette invariance par rapport au repère est fondamentale dans
la formulation mathématique des lois de la physique.
— Intérêt : Simplifier les calculs, et donner une formule d’intégration (formule de Stokes)
générale Z Z
ω= dω
∂D D
qui implique toutes les formules intégrales utilisées en mécanique des fluides et en élec-
tromagnétisme et généralise la formule classique
Z Z
f ′ (x) dx = f (b) − f (a) = f
[a,b] ∂[a,b]
au cas d’une surface D = S bordée par une courbe ∂D = C, et à celui d’un volume
D = V bordé par une surface ∂D = S.
Ici, nous allons étudier la version du théorème de Stokes pour les fonctions de 2 variables réelles.
Dans ce contexte, le théorème de Stokes prend le nom de «formule de Green-Riemann».
Plus précisément, les formes différentielles généralisent la notion de différentielle d’une fonc-
tion de plusieurs variables. En effet, si f est une fonction différentiable sur un ouvert U de Rn ,
à valeurs dans R, sa différentielle en un point x ∈ U est une application linéaire de Rn dans R,
c’est-à-dire un élément du dual (Rn )∗ . Ainsi, l’application x 7→ dx f est une forme différentielle
particulière. Dans la base canonique, elle s’écrit
∂f ∂f
df = dx1 + · · · + dxn .
∂x1 ∂xn
Toutes les formes différentielles ne sont pas des différentielles de fonctions. Celles qui le sont
s’appellent formes différentielles exactes.
N.B. Seules les formes différentielles de degré 1 et 2 dans R2 et R3 sont au programme. Les
formes différentielles de degré k, sont données ici en tant que complément.

1 Définitions et généralités des formes


Définition 1.1 (Forme linéaire et Dual algébrique). Soit E un espace vectoriel sur K = R ou
C.
— Une forme linéaire sur E est une application linéaire de E dans R.
— L’ensemble des formes linéaires sur E, avec l’addition définie par (l1 +l2 )(x) = l1 (x)+l2 (x)
et la multiplication par les scalaires définie par (λl)(x) = λl(x), est un espace vectoriel
sur R, appelé l’espace vectoriel dual de E et noté L(E, R) = E ∗ (dual algébrique de E).
Exemple 1.2. 1. Une forme linéaire sur Kn est de la forme (x1 , . . . , xn ) 7→ a1 x1 + · · · +
an xn ; elle est déterminée par sa matrice ligne (a1 , a2 , . . . , an ).
R1 0
2. L’application f 7→ −1 1 linéaire sur le R-espace vectoriel C ([−1, 1], R)
f (t) dt est une forme
des fonctions continues de [−1, 1] à valeurs dans R.
3. L’application qui à une matrice carrée A ∈ Mn (K) associe sa trace (somme des coeffi-
cients diagonaux) est une forme linéaire.
— alternée : si f (x1 , . . . , xp ) = 0 dès que deux vecteurs parmi les xi sont égaux.
— symétrique : si toute permutation dans la suite (x1 , . . . , xp ) ne change pas la valeur de
f.
— antisymétrique : si l’échange de deux vecteurs dans la suite (x1 , . . . , xp ) donne à f des
valeurs opposées.
Dans tout le reste de ce chapitre, on prend E = Rn . De plus, on munit Rn de sa base canonique
B = {e1 , e2 , . . . , en }.

Définition 1.6 (Base duale). En notant dxi la ième projection de Rn sur R, définie par :

dxi : Rn → R

h 7→ dxi (h) = hi
La famille B ∗ = {dx1 , dx2 , . . . , dxn } est une base de E ∗ appelée base duale de B. Considé-
rons l’espace vectoriel Rn et son dual (Rn )∗ = L(Rn , R) (que l’on note également Λ1 (Rn , R)
ou tout simplement Λ1 (Rn )). Ce dernier étant l’espace des formes linéaires sur Rn . On note
(dx1 , . . . , dxn ), habituellement notée (e∗1 , . . . , e∗n ), la base duale de la base canonique (e1 , . . . , en )
de Rn . Autrement dit, dx1 , . . . , dxn sont n formes linéaires sur Rn définies par
(
1 si i = j,
dxi (ej ) = δij =
0 si i ̸= j.

1.1 Formes différentielles


Dans cette partie, nous nous concentrons sur les formes différentielles de degré 1 et 2, qui
suffisent pour aborder les applications classiques du cours. Des compléments sur les formes de
degré k (avec k > 2) ainsi que la notion de facteur intégrant sont proposés en annexe.

1.1.1 Formes différentielles de degré 1


Nous allons donner une première définition de ce qu’est une forme différentielle de degré 1.

Définition 1.7. Soit U un ouvert de Rn . On appelle forme différentielle de degré 1 ou 1-forme


différentielle sur U , l’application définie par

ω : U → L(Rn , R)
n
X
x 7→ ω(x) = ai (x) dxi
i=1
où ai sont des applications de U dans R.

Remarque 1.8. 1. Notation : On désigne parfois une 1-forme différentielle par ω = ωa où


a = (ai ).
2. La 1-forme ω est constante si pour tout i ∈ {1, . . . , n} l’application ai est une application
constante sur U .
3. La 1-forme ω est de classe C k où k ∈ N ∪ {0} si pour tout i ∈ {1, . . . , n} l’application ai
est une application de classe C k sur U .
4. Une forme différentielle de degré 1 sur un ouvert U ⊂ R2 est une expression de la forme :

ω := P (x, y) dx + Q(x, y) dy

avec P, Q : U → R sont des fonctions. La forme différentielle ω est continue (respective-


ment de classe C 1 ) si P et Q sont continues (respectivement de classe C 1 ).

2
Exemple 1.9. Soient (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 et ω(x) = x1 dx1 −x22 dx2 +(1+x3 ) dx3
est une 1-forme différentielle sur un ouvert U de R3 . On a

ω(x)(e1 ) = x1 dx1 (e1 ) − x22 dx2 (e1 ) − (1 + x3 ) dx3 (e1 ) = x1 ,


ω(x)(e2 ) = −x22 ,
ω(x)(e3 ) = 1 + x3 .

Proposition 1.10 (Écriture canonique d’une 1-forme différentielle). Soit U un ouvert de Rn ;


la famille {dx1 , . . . , dxn } engendre Λ1 (U ) au sens suivant : pour toute 1-forme ω ∈ Λ1 (U ) il
existe n applications {a1 , . . . , an } de U dans R telles que
n
X
ω= ai dxi .
i=1

De plus, cette décomposition est unique.

De façon plus condensée, on écrit ω = α · dx plutôt que ω = ni=1 ai dxi . Cette notation
P

est justifiée par le fait que le terme ni=1 ai dxi peut s’obtenir en effectuant «formellement»
P

le produit de α = (a1 , . . . , an ) par dx = (dx1 , . . . , dxn ) de la même manière qu’est calculé le


produit scalaire canonique entre vecteurs de Rn .

Exemple 1.11 (La différentielle d’une application). La différentielle d’une application diffé-
rentiable f d’un ouvert U de Rn dans R est donnée par df : U ∋ x 7→ dx f ∈ Λ1 (Rn ) où pour
tout h ∈ Rn on a :
n
X ∂f
dx f (h) = (x)hj .
j=1
∂xj

Par définition des 1-formes dxj , on peut encore écrire cette relation de la façon suivante :
n
X ∂f
∀x ∈ U, ∀h ∈ Rn , dx f (h) = (x) dxj (h).
j=1
∂xj

Ainsi la décomposition unique de la 1-forme df selon la famille {dx1 , . . . , dxn } s’écrit


n
X ∂f
df = dxj .
j=1
∂xj

On écrit aussi parfois cette relation sous la forme df = ∇f · dx.

Remarque 1.12. Si f est une fonction de classe C k , alors sa différentielle df est une forme
différentielle de classe C k−1 . En particulier, si f est de classe C ∞ sur U alors la 1-forme df est
de classe C ∞ . Par ailleurs, il existe des formes différentielles qui ne sont pas la différentielle
d’une fonction. En effet, considérons par exemple la forme ω(x1 , x2 ) = x2 dx1 , et supposons
qu’elle soit la différentielle d’une fonction (x1 , x2 ) 7→ f (x1 , x2 ). On aurait donc

∂f ∂f
ω = df = dx1 + dx2 = x2 dx1 .
∂x1 ∂x2
∂f ∂f
On en déduit que ∂x1 = x2 (donc f dépend de x2 ) et ∂x2 = 0 (donc f ne dépend pas de x2 ), ce
qui est absurde.

3
1.1.2 Formes différentielles de degré 2
Considérons l’espace Λ2 (Rn ) (que l’on note également Λ2 (Rn , R)) des applications
φ : Rn × Rn → R
(y, z) 7→ φ(y, z)
bilinéaires et antisymétriques (ou alternées). Introduisons les applications :
dxi ∧ dxj : Rn × Rn → R
!
y zi
(y, z) 7→ det i = yi zj − yj zi .
yj zj

Proposition 1.13. Λ2 (Rn ) est un espace vectoriel de dimension n2 = n(n−1)



2 et la famille des
fonctions bilinéaires antisymétriques (dxi ∧ dxj )1≤i<j≤n forme une base de cet espace.
Remarque 1.14. 1. On en déduit que : dxi ∧ dxj = − dxj ∧ dxi , et dxi ∧ dxi = 0.
2. Soient U un ouvert de Rn et
αij : U → R
x 7→ αij (x), 1 ≤ i < j ≤ n,
des fonctions de classe Cp, 0 ≤ p ≤ +∞. Une fonction à valeurs dans l’espace Λ2 (Rn )
p
est dite de classe C , si ses coordonnées dans la base (dxi ∧ dxj )1≤i<j≤n sont de classe
C p . Le choix de cette base dans Λ2 (Rn ) détermine un isomorphisme de cet espace avec
Rn(n−1)/2 .
Définition 1.15 (Forme différentielle de degré 2). On appelle forme différentielle de degré 2
ou 2-forme différentielle sur U , l’application décrite par :
ω : U → Λ2 (Rn )
X
x 7→ ω(x) = αij (x) dxi ∧ dxj .
1≤i<j≤n

Remarque 1.16. 1. Si αij ∈ C p , (0 ≤ p ≤ +∞), on dit alors que ω est de classe C p .


2. Notation : On désigne parfois une 2-forme différentielle par ω = ωf où f = (αij ).
Exemple 1.17. Soient (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 et ω(x) = x2 dx2 ∧ dx3 − x3 dx3 ∧
dx1 − x1 dx1 ∧ dx2 , une 2-forme différentielle sur U ⊂ R3 . Déterminons ω(x)(e1 , e2 + 2e3 ). On a
! !
(e1 )2 (e2 + 2e3 )2 0 1
dx2 ∧ dx3 (e1 , e2 + 2e3 ) = det = det = 0,
(e1 )3 (e2 + 2e3 )3 0 2
! !
(e1 )3 (e2 + 2e3 )3 0 2
dx3 ∧ dx1 (e1 , e2 + 2e3 ) = det = det = −2,
(e1 )1 (e2 + 2e3 )1 1 0
! !
(e1 )1 (e2 + 2e3 )1 1 0
dx1 ∧ dx2 (e1 , e2 + 2e3 ) = det = det = 1.
(e1 )2 (e2 + 2e3 )2 0 1
Par conséquent, on a ω(x)(e1 , e2 + 2e3 ) = x2 (0) − x3 (−2) − x1 (1) = 2x3 − x1 .

1.2 Formes exactes et Formes fermées


Cette section est consacrée à l’étude des formes fermées et des formes exactes. On montre
que toute forme différentielle exacte est fermée et que la réciproque est fausse en général. Le
lemme de Poincaré permet de montrer que la réciproque est vraie localement. Plus précisément,
il assure que la réciproque est vraie sous une condition relativement simple : sur un ouvert étoilé,
toute forme différentielle fermée est également exacte. D’autres paragraphes vont être consacrés
à la méthode du facteur intégrant, à la résolution des équations différentielles exactes.

4
1.2.1 Forme différentielle fermée
Soit ω une k-forme différentielle (k = 1, 2) de classe C 1 dans un ouvert U ⊂ Rn .

Définition 1.18 (Forme différentielle fermée). On dit que ω est fermée (ou est un cocycle) si
dω = 0.
Pn
Proposition 1.19. La 1-forme différentielle dans U de classe C 1 , ω = i=1 ai dxi , est fermée
si et seulement si
∂aj ∂ai
= , ∀1 ≤ i, j ≤ n.
∂xi ∂xj
P3
Soit donc ω = i=1 ai dxi une 1-forme dans U ⊂ R3 de classe C 1 . On a
 
3 3 3
!
X X X ∂ai X ∂ai ∂aj
dω = dai ∧ dxi =  dxj  ∧ dxi = − dxj ∧ dxi .
i=1 i=1 j=1
∂xj 1≤j<i≤3
∂xj ∂xi

(Note : dans le texte original, il y a un changement d’ordre des indices et du wedge product. La
∂a ∂ai
forme ci-dessus est standard, ou on peut écrire 1≤i<j≤n ( ∂xji − ∂x ) dxi ∧ dxj .) Par conséquent,
P
j
∂ai ∂aj
ω est fermée (c-à-d, dω = 0) si et seulement si ∂xj = ∂xi pour i ̸= j. Si i = j, les relations sont
triviales.
Remarque 1.20. — Dans R2 : La forme différentielle ω := P (x, y) dx + Q(x, y) dy est fermée
si ∂y (x, y) = ∂Q
∂P
∂x (x, y).
— Dans R3 : On dit que ω := P (x, y, z) dx + Q(x, y, z) dy + R(x, y, z) dz est fermée si

∂P ∂Q ∂P ∂R ∂Q ∂R
= ; = et = .
∂y ∂x ∂z ∂x ∂z ∂y

(Note : ce sont les conditions pour que le champ (P, Q, R) soit de rotationnel nul).

Exemple 1.21. 1. Prenons un exemple simple avec une 1-forme différentielle dans R3 .
Considérons la 1-forme ω = 2x dy − 3z dx. Pour vérifier si cette 1-forme est fermée, nous
devons calculer sa dérivée extérieure dω. Rappelons d’abord la formule de la dérivée
extérieure pour une 1-forme ω = P dx + Q dy + R dz :
∂R ∂Q ∂P ∂R ∂Q ∂P
     
dω = − dy ∧ dz + − dz ∧ dx + − dx ∧ dy.
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
Pour notre forme ω = 2x dy − 3z dx, nous avons P = −3z, Q = 2x et R = 0. Calculons
∂Q ∂Q
chaque terme séparément : ∂R ∂P ∂R ∂P
∂y = 0 ; ∂z = 0 ; ∂z = −3 ; ∂x = 0 ; ∂x = 2 ; ∂y = 0. En
utilisant ces dérivées partielles dans la formule de la dérivée extérieure :

dω = (0 − 0) dy ∧ dz + (−3 − 0) dz ∧ dx + (2 − 0) dx ∧ dy.

Cela donne : dω = −3 dz ∧ dx + 2 dx ∧ dy. Comme dω ̸= 0, la forme ω = 2x dy − 3z dx


n’est pas fermée.
2. Pour donner un exemple d’une forme différentielle fermée, considérons la forme ω =
y dx + x dy. On a donc P = y, Q = x et R = 0. Calculons sa dérivée extérieure dω :
∂R ∂Q ∂P ∂R ∂Q ∂P
∂y = 0 ; ∂z = 0 ; ∂z = 0 ; ∂x = 0 ; ∂x = 1 et ∂y = 1. En remplaçant ces dérivées
partielles dans la formule de la dérivée extérieure :

dω = (0 − 0) dy ∧ dz + (0 − 0) dz ∧ dx + (1 − 1) dx ∧ dy =⇒ dω = 0.

Donc, la forme ω = y dx + x dy est fermée.

5
1.2.2 Forme différentielle exacte
Soit ω une k-forme différentielle (k = 1, 2) de classe C 1 dans un ouvert U ⊂ Rn .

Définition 1.22 (Forme différentielle exacte). Une k-forme différentielle ω dans U est dite
exacte s’il existe une (k − 1)-forme différentielle σ dans U de classe C 1 telle que : ω = dσ. En
particulier, une 1-forme différentielle ω est exacte s’il existe une application f : U → R de classe
C 1 telle que : ω = df et on dit dans ce cas que f est une primitive de ω ou f est un potentiel
pour ω.

Proposition 1.23. La 1-forme différentielle ω = ni=1 ai dxi , dans U (de classe C 0 ) est exacte
P
∂f
s’il existe une application f : U → R (de classe C 1 ) telle que : ai = ∂xi
.
∂f
Démonstration. Comme ω est exacte, alors par définition ω = df = ni=1
P
∂xi dxi . Et le résultat
en découle par unicité de l’écriture canonique des formes différentielles.

Remarque 1.24. Pour être plus précis, considérons une forme différentielle de degré 1 en dimen-
sion 2, par exemple :
ω = P (x, y) dx + Q(x, y) dy
Pour que ω soit exacte, il doit exister une fonction (x, y) 7→ f (x, y) telle que :

∂f ∂f
df = dx + dy = P (x, y) dx + Q(x, y) dy
∂x ∂y

Cela signifie que : ∂f ∂f


∂x = P et ∂y = Q. Par suite, déterminer f revient à résoudre un système
d’équations aux dérivées partielles.

Exemple 1.25. La forme différentielle ω = ln(y) sin(x) dx − cos(x)


y dy est exacte sur ]0, +∞[×R.
Déterminons f : On a le système suivant :
( ∂f
∂x (x, y) = ln(y) sin(x),
∂f
∂y (x, y) = − cos(x)
y .

En intégrant la première équation par rapport à x, on obtient : f (x, y)−f (0, y) = 0x ln(y) sin(t) dt =
R

− ln(y)(cos(x) − 1) =⇒ f (x, y) = f (0, y) − ln(y)(cos(x) − 1). Dérivons cette expression par


cos(x)
rapport à y, on trouve ∂f ∂f 1
∂y (x, y) = ∂y (0, y) − y (cos(x) − 1) = − y . On en déduit donc
∂f
− cos(x)
∂y (0, y) y + y1 = − cos(x)
y =⇒ ∂f 1
∂y (0, y) = − y . Donc f (0, y) = − ln |y| + C = − ln(y) + C
(puisque y > 0). D’où f (x, y) = − ln(y)(cos(x) − 1) − ln(y) + C = − ln(y) cos(x) + C.

Exercice 1.26. Vérifier que la forme différentielle ω = (2xy + 3) dx + x2 dy est fermée, puis
∂Q
exacte. Solution : Pour vérifier si cette 1-forme est fermée, nous devons vérifier si ∂P
∂y = ∂x . Ici,
P (x, y) = 2xy + 3 et Q(x, y) = x2 . Calculons les dérivées partielles : ∂P ∂
∂y = ∂y (2xy + 3) = 2x
et ∂Q ∂ 2 ∂P ∂Q
∂x = ∂x (x ) = 2x. Puisque ∂y = ∂x , la forme différentielle ω est fermée. Nous pouvons
maintenant chercher une fonction f telle Rque : df = (2xy + 3) dx + x2 dy. Pour cela, nous
intégrons P par rapport à x : f (x, y) = (2xy + 3) dx = x2 y + 3x + g(y), où g(y) est une
fonction de y seule. Pour déterminer g(y), nous dérivons f par rapport à y et égalisons à Q :
∂f 2 ′ 2 ′
∂y = x + g (y) = x . Donc, g (y) = 0 =⇒ g(y) = C, où C est une constante. Ainsi, la fonction
2
f est : f (x, y) = x y + 3x + C. (Donc ω est exacte).

Proposition 1.27. Soit U un ouvert de Rn . Toute forme différentielle exacte de classe C 1 sur
U est fermée.

6
Démonstration. Soit ω une forme différentielle exacte de classe C 1 sur U . En notant a1 , . . . , ap
∂F
les coefficients de ω, alors il existe F : U → R de classe C 2 telle que : ∀j ∈ {1, . . . , p}, ∂xj
= aj .
1 2
Comme a1 , . . . , ap sont de classe C sur U , F est de classe C sur U et donc, d’après le théorème
∂a 2F 2F ∂ai
de Schwarz : ∀(i, j) ∈ {1, . . . , p}2 , ∂xji = ∂x∂i ∂xj
= ∂x∂j ∂xi
= ∂xj
. Donc ω est fermée.

Remarque 1.28. Autrement dit, si ω est une forme différentielle exacte de classe C 1 sur U ⊂ R2 ,
∂Q ∂Q
ω = P dx + Q dy, alors ∂P ∂P
∂y (x, y) = ∂x (x, y). Si ∂y (x, y) ̸= ∂x (x, y) =⇒ ω non exacte.

Exemple 1.29. Considérons la forme différentielle ω = ex (x + y) dx + sin(xy) dy. On a :


∂Q
P (x, y) = ex (x + y) =⇒ ∂P x
∂y (x, y) = e . Q(x, y) = sin(xy) =⇒ ∂x (x, y) = y cos(xy). Comme
∂P ∂Q
∂y (x, y) ̸= ∂x (x, y), on en déduit que ω est une forme différentielle non exacte.

Remarque 1.30. La réciproque de la proposition précédente est fausse. Par exemple : la forme
différentielle définie sur R2 \ {(0, 0)}
−y x
ω(x, y) = dx + 2 dy
x2
+y 2 x + y2

qui est fermée sur R2 \ {(0, 0)} (c’est un calcul très simple !) mais qui n’est pas exacte. En effet,
son intégrale sur le cercle unité paramétré par (cos(t), sin(t)) vaut
Z 2π Z 2π
− sin(t)(− sin(t)) + cos(t) cos(t)
dt = 1 dt = 2π, (voir l’exemple 3.4.3)
0 cos2 (t) + sin2 (t) 0

Alors que l’on aurait obtenu 0 si elle était exacte. Cependant, pour de nombreux ouverts, les
formes différentielles exactes et fermées coïncident :

1.2.3 Théorème de Poincaré


La proposition 3.3.3 peut se reformuler de la manière suivante : si une 1-forme est exacte alors
elle est fermée. Comme nous l’avons mentionné, la réciproque est fausse. Néanmoins, moyennant
certaines hypothèses sur l’ouvert U , pour une 1-forme sur U de classe C 1 on a équivalence entre
être exacte et être fermée. Afin de formuler une condition sur l’ouvert U , nous allons introduire
la notion d’ouvert étoilé.

Définition 1.31 (Ouvert étoilé). Un ouvert U de Rn est dit étoilé s’il existe a ∈ U tel que ∀x ∈
U, [a, x] ⊂ U , où [a, x] = {z ∈ Rn | ∃λ ∈ [0, 1], z = a + λ(x − a)} désigne le segment d’extrémités
a et x dans Rn .

Remarque 1.32. 1. On peut interpréter la définition 3.3.3 de la manière suivante : un ouvert


n
U de R est étoilé lorsqu’il contient un point a depuis lequel on peut voir tous les points
de l’ouvert (en supposant que les rayons lumineux se propagent en lignes droites, et qu’il
n’y a pas de miroir !), voir la figure ci-dessus.
2. Tout ouvert convexe est un ouvert étoilé. Par contre, la réciproque est fausse : il existe
des ouverts qui sont étoilés sans être convexes.

Exemple 1.33. — Les ouverts étoilés de R correspondent aux intervalles ouverts. De plus,
pour tout n ∈ N∗ , Rn est étoilé par rapport à chacun de ses points.
— R2 \ {(x, 0) | x ≤ 0} est étoilé (par exemple par rapport à (1, 0)).
— R2 \ {(0, 0)} n’est pas étoilé.

Théorème 1.34 (Théorème de Poincaré). Si U est un ouvert étoilé et ω une forme différentielle
de classe C 1 sur U , alors :

ω est exacte sur U ⇐⇒ ω est fermée sur U.

7
Démonstration. ( =⇒ ) Voir la Proposition 3.3.3.
( ⇐= ) Soit U ⊂ Rn , un ouvert étoilé par rapport à l’un de ses points que l’on note a.
Soit ω = ni=1 αi dxi une 1-forme différentielle dans U , supposée fermée et montrons qu’elle
P

est exacte. Autrement dit, qu’il existe une 0-forme différentielle dans U , c-à-d, une application
f : U → R telle que R: ω = df (on verra que pour la régularité de cette 1-forme, f est de classe
C 2 ). Posons f (x) = 01 ni=1 αi (a + t(x − a))(xi − ai ) dt. L’application f est bien définie sur U
P
∂f
car pour tout t ∈ [0, 1], a + t(x − a) ∈ U (l’ouvert U est étoilé). Notons que ∂x j
existe ; c’est une
fonction définie par une intégrale. Le théorème de dérivation sous le signe intégral entraîne :
n n
Z 1X !
∂f X ∂αi
(x) = (a + t(x − a))tδkj (xi − ai ) + αi (a + t(x − a))δij dt
∂xj 0 i=1 k=1 ∂xk
n
Z 1 X !
∂αi
= t (a + t(x − a))(xi − ai ) + αj (a + t(x − a)) dt.
0 i=1
∂xj

∂αi ∂αj
Comme ω est fermée, alors d’après la proposition 3.3.1, on a ∂xj = ∂xi . Dès lors,
n
Z 1 !
∂f X ∂αj
(x) = t (a + t(x − a))(xi − ai ) + αj (a + t(x − a)) dt
∂xj 0 i=1
∂xi
Z 1
d
= (tαj (a + t(x − a))) dt
dt
0
= [tαj (a + t(x − a))]10 = αj (x).

Donc ω = df est exacte.

Remarque 1.35. Certaines formes différentielles ne sont pas exactes dans leur état initial, mais
peuvent le devenir après multiplication par une fonction appropriée appelée facteur intégrant.
Ce concept, fondamental dans la résolution de certaines équations différentielles, fera l’objet
d’un complément présenté dans l’Annexe 3.5.

2 Intégrale curviligne d’une 1-forme différentielle


La notion d’intégrale curviligne, apparaît naturellement, comme une généralisation de l’in-
tégrale d’une fonction d’une variable réelle. En effet, cette dernière peut être considérée comme
une intégrale le long d’un segment. L’intégrale curviligne elle, sera une intégrale le long d’un
arc de courbe joignant deux points du plan ou de l’espace.
Un chemin (ou arc) paramétré γ dans Rn est une application,

γ : [a, b] → Rn ,

continue. Nous appelons chemin, l’application γ et non son image γ([a, b]) ⊂ Rn . Le chemin γ
est dit
— Simple si γ est injective.
— Fermé si γ(a) = γ(b).
— De classe C 1 si γ est de classe C 1 .
— Régulier si γ est de classe C 1 et que γ ′ (t) ̸= 0, ∀t ∈ [a, b].

2.0.1 Longueur d’une courbe


Un segment [P0 P1 ] de l’espace vectoriel normé (Rn , ∥·∥), où ∥·∥ désigne la norme euclidienne,
correspond à l’ensemble
n o
⃗ = (1 − λ)OP
M ∈ Rn ∃λ ∈ [0, 1], OM ⃗ 0 + λOP
⃗1

8
et a pour longueur Long([P0 P1 ]) = P0⃗P1 . Une courbe formée par la réunion de plusieurs
segments successifs [P0 P1 ], [P1 P2 ], . . . , [PN −1 PN ] (N ∈ N∗ ) est appelée ligne polygonale et a
pour longueur la somme des longueurs des segments qui la composent. Intuitivement, la longueur
d’une courbe peut être introduite à partir de la longueur d’un segment de la façon suivante.
Considérons une courbe C paramétrée par une application γ de [a, b] dans Rn de classe C 1 . Pour
N ∈ N∗ , prenons une subdivision de l’intervalle [a, b] en N parties : a = t0 < t1 < · · · < tN −1 <
tN = b. Notons CN la ligne polygonale passant par tous les points Pi = γ(ti ), i ∈ {0, . . . , N }
de la courbe C et notons LN = Long(CN ) la longueur de cette ligne polygonale. Une telle
ligne polygonale est appelée une ligne polygonale inscrite dans la courbe C. Montrons que si
la courbe C est de classe C 1 alors la borne supérieure de l’ensemble des longueurs des lignes
polygonales inscrites dans la courbe C existe ; on peut alors définir la longueur de C comme
étant cette borne supérieure. Les n fonctions coordonnées γ1 , . . . , γn de l’application γ sont des
applications de classe C 1 de [a, b] dans R et pour tout i ∈ {1, . . . , N }, on a
Z ti
γ(ti ) − γ(ti−1 ) = γ ′ (t) dt.
ti−1

En considérant la norme euclidienne sur Rn et en appliquant une version généralisée de l’inégalité


triangulaire, on en déduit que
Z ti Z ti
∥γ(ti ) − γ(ti−1 )∥ = γ ′ (t) dt ≤ γ ′ (t) dt.
ti−1 ti−1

Le terme de gauche de cette inégalité correspond à la longueur du segment [Pi−1 Pi ]. En effec-


tuant la somme sur tous les entiers i ∈ {1, . . . , N }, on obtient :
N N Z ti Z b

γ ′ (t) dt.
X X
Long(CN ) = Long([Pi−1 Pi ]) ≤ γ (t) dt =
i=1 i=1 ti−1 a

On en déduit que l’ensemble des longueurs des lignes polygonales inscrites dans la courbe C
est un ensemble borné dont un majorant est ab ∥γ ′ (t)∥ dt. Ceci permet de justifier que la borne
R

supérieure des longueurs de lignes polygonales inscrites dans la courbe C existe. La définition
suivante a donc un sens.

Définition 2.1. La longueur d’une courbe paramétrée C de classe C 1 est la borne supérieure
des longueurs des lignes polygonales inscrites dans C.

Cette définition, bien qu’intuitive, n’est pas pratique. La proposition suivante indique que
la longueur d’une courbe paramétrée peut être exprimée par une intégrale curviligne.

Proposition 2.2 (Longueur d’une courbe paramétrée). La longueur d’une courbe paramétrée
régulière C de classe C 1 dont un paramétrage est γ : [a, b] → Rn est donnée par
Z b
Long(C) = γ ′ (t) dt.
a

Exemple 2.3. Calculons la longueur du cercle C de centre (0, 0) et de rayon r ∈ R∗+ en


considérant le paramétrage γ : t ∈ [0, 2π] 7→ (r cos(t), r sin(t)) ∈ R2 . Pour tout t ∈ [0, 2π], le
vecteur tangent γ ′ (t) est donné ′
q par (−r sin(t), r cos(t)) et sa norme euclidienne vaut ∥γ (t)∥ =
p
(−r sin(t))2 + (r cos(t))2 = r2 (sin2 (t) + cos2 (t)) = r. On en déduit que :
Z 2π
Long(Cercle) = r dt = 2πr.
0

9
2.0.2 Intégrale d’une application à valeurs dans R le long d’une courbe
On définit l’intégrale d’une application à valeurs dans R le long d’une courbe de Rn de la
façon suivante.

Définition 2.4. Soient f une application continue sur un ouvert U de Rn et à valeurs dans
R et C une courbe paramétrée dont un paramétrage Rest γ ∈ C 1R([a, b], U ). On appelle intégrale
curviligne de f le long de C l’intégrale (parfois notée C f ds ou C f dℓ pour "longueur d’arc") :
Z Z b
f dℓ := f (γ(t)) γ ′ (t) dt.
C a

(L’OCR utilise dr ou dΓ. dℓ ou ds est plus standard pour l’intégration scalaire par rapport à la
longueur d’arc.)

Remarque 2.5. Remarquons que d’après la Proposition


R
3.4.1, la longueur d’une courbe paramé-
trée régulière C est donnée par : Long(C) = C 1 dℓ.

2.0.3 Intégrale d’une application à valeurs dans Rn le long d’une courbe


On se donne une application f d’un ouvert U de Rn à valeurs dans Rn continue (une telle
application est qualifiée de champ de vecteurs sur U ) et une courbe paramétrée de classe C 1 de
Rn dont un paramétrage est γ ∈ C 1 ([a, b], U ). En chaque point M = γ(t) de la courbe paramétrée
C, on dispose du vecteur f (γ(t)) ∈ Rn correspondant à la valeur prise par l’application f en
M ∈ U et du vecteur γ ′ (t) ∈ Rn correspondant au vecteur tangent à la courbe paramétrée C
au point M . On peut ainsi définir l’application

ϕ : t ∈ [a, b] 7→ ⟨f (γ(t)), γ ′ (t)⟩ ∈ R

qui à une valeur du paramètre t associe le produit scalaire des deux vecteurs f (γ(t)) et γ ′ (t).
D’après les hypothèses, l’application ϕ de [a, b] dans R est continue et par conséquent Riemann-
intégrable sur [a, b]. On appelle intégrale de f le long de la courbe C l’intégrale ab ϕ(t) dt, ce
R

qui conduit à poser la définition suivante.

Définition 2.6 (Intégrale curviligne d’un champ de vecteurs). Soient f une application continue
sur un ouvert U de Rn à valeurs dans Rn et C une courbe paramétrée dont un paramétrage est
1
R
γ ∈ C ([a, b], U ). On appelle intégrale curviligne de f le long de C et on note C f · dr le réel
défini par
Z Z b
f · dr := ⟨f (γ(t)), γ ′ (t)⟩ dt.
C a

Interprétation Physique : La notion d’intégrale curviligne est utilisée par exemple pour
définir le travail d’une force s’exerçant sur un objet qui se déplace le long d’une trajectoire dans
l’espace. W = C F⃗ · d⃗r.
R
R
Remarque 2.7. 1. L’intégrale curviligne C f · dr est dans certains contextes appelée la cir-
culation du champ de vecteurs f le long de la courbe C.
2. De par sa définition, l’intégrale curviligne hérite des propriétés de l’intégrale de Riemann.
En particulier l’intégrale curviligne possède la propriété de linéarité.
3. La relation de Chasles : considérons une application γ continue sur [a, b], à valeurs dans U
et de classe C 1 par morceaux, c’est-à-dire telle qu’il existe une subdivision (ck )k∈{0,...,N }
de l’intervalle [a, b] (avec c0 = a, cN = b) telle que pour tout entier k ∈ {0, . . . , N − 1}
l’application γ est de classe C 1 sur [ck , ck+1 ]. Désignons par Ck la courbe de classe C 1
de Rn dont un paramétrage est la restriction de l’application γ à l’intervalle [ck , ck+1 ].

10
L’intégrale curviligne le long de la courbe C d’une application f continue de U dans Rn
est donnée par
Z N
X −1 Z
f · dr = f · dr.
C k=0 Ck

CalculR pratique d’une intégrale curviligne : En pratique, pour calculer l’intégrale


curviligne C f · dr on procède de la manière suivante :
— Dans un premier temps, on détermine un paramétrage γ ∈ C 1 ([a, b], Rn ) de la courbe
C. Dans le cas où seul existe un paramétrage de classe C 1 par morceaux, on utilise la
relation de Chasles sur chaque morceau.
— Ensuite, on calcule le vecteur tangent à la courbe pour ce paramétrage, c’est-à-dire le
vecteur γ ′ (t) pour tout t ∈ [a, b].
— Enfin, on utilise la définition de l’intégrale curviligne pour se ramener au calcul de l’in-
tégrale de Riemann d’une fonction réelle d’une variable réelle.
— On calcule cette intégrale en utilisant les techniques de calcul de l’intégrale de Riemann.
Exemple 2.8. Soient f : (x, y) ∈ R2 7→ (xy, x + y) et C le segment de droite joignant les points
A = (0, 1) et B = (1, 1), orienté de A vers B. Un paramétrage de C est γ : t ∈ [0, 1] 7→ (t, 1) ∈ R2 .
Pour t ∈ [0, 1] on a γ ′ (t) = (1, 0) et f (γ(t)) = f (t, 1) = (t, t + 1) donc ⟨f (γ(t)), γ ′ (t)⟩ =
⟨(t, t + 1), (1, 0)⟩ = t. On en déduit que
Z 1
1
Z
f · dr = t dt = .
C 0 2
Définition 2.9 (Extrémités d’une courbe paramétrée). Soient I un intervalle d’extrémités a et b
((a, b) ∈ R×R, a < b) et C une courbe paramétrée de Rn dont un paramétrage est γ ∈ C 0 (I, Rn ).
— Si γ a une limite à droite A ∈ Rn en a et une limite à gauche B ∈ Rn en b alors A et B
constituent les extrémités de la courbe C.
— Lorsque les deux extrémités d’une courbe C sont égales, on dit que la courbe C est
fermée.
Intégrale d’un gradient le long d’une courbe : Intéressons-nous au calcul de l’intégrale
curviligne le long d’une courbe paramétrée C de classe C 1 d’une fonction f de Rn dans Rn qui
s’exprime comme le gradient d’une fonction h de Rn dans R de classe C 1 , i.e. f = ∇h. En
considérant un paramétrage γ ∈ C 1 ([a, b], Rn ) de la courbe paramétrée C, on obtient
Z Z Z b
f · dr = ∇h · dr = ⟨∇h(γ(t)), γ ′ (t)⟩ dt.
C C a
Désignons par γ1 , . . . , γn les composantes de la fonction γ. On a (par la règle de la chaîne) :
n
∂h d
⟨∇h(γ(t)), γ ′ (t)⟩ = (γ(t))γi′ (t) =
X
(h(γ(t))).
i=1
∂xi dt
Cette expression s’interprète d’après la formule de dérivation des fonctions composées comme
la dérivée de h ◦ γ évaluée en t. On en déduit que
Z Z b
f · dr = (h ◦ γ)′ (t) dt = h(γ(b)) − h(γ(a)).
C a
On s’aperçoit que la valeur de l’intégrale curviligne de f le long de C ne dépend que des valeurs
prises par h en γ(a) et γ(b). On peut énoncer le résultat suivant.
Proposition 2.10. Soient F une application de classe C 1 sur un ouvert U de Rn à valeurs
dans R et C une courbe paramétrée de U , de classe C 1 et d’extrémités A et B. On a
Z
∇F · dr = F (B) − F (A).
C
R
En particulier, si la courbe paramétrée C est fermée alors C ∇F · dr = 0.

11
2.0.4 Intégrale d’une 1-forme le long d’une courbe paramétrée
Intéressons-nous maintenant à la façon d’intégrer une 1-forme. Considérons une application
(coefficients) α d’un ouvert U de Rn à valeurs dans Rn (i.e., α(x) = (α1 (x), . . . , αn (x))) et une
courbe paramétrée C de Rn incluse dans U et paramétrée par une application γ ∈ C 1 ([a, b], U ).
P
La 1-forme
R
est ω = αi dxi . Dans le paragraphe précédent, nous avons défini l’intégrale curvi-
ligne C α · dr de l’application (vectorielle) α le long de C de la façon suivante :
Z Z b
α · dr = ⟨α(γ(t)), γ ′ (t)⟩ dt.
C a

À cette application (vectorielle) α : x ∈ U 7→ (α1 (x), . . . , αn (x)) ∈ Rn on peut associer la


1-forme ω = ni=1 αi dxi et la proposition 3.2.1 indique que l’application qui à α associe ω est
P

bijective. Cette observation conduit à définir l’intégrale d’une 1-forme de la manière suivante.

Définition 2.11 (Intégrale d’une 1-forme (Circulation)). Soient U un ouvert de Rn , C une


courbe paramétrée de Rn de classe C 1 incluse dans U et ω = ni=1 αi dxi une 1-forme continue
P

sur U . On appelle circulation de la 1-forme ω le long de la courbe C, le réel


Z Z Z b
ω := α · dr = ⟨α(γ(t)), γ ′ (t)⟩ dt.
C C a

où α · dr désigne l’intégrale curviligne de α : x ∈ U 7→ (α1 (x), . . . , αn (x)) le long de la courbe


C.

Exemple 2.12. On considère la 1-forme définie sur R2 \ {(0, 0)} par ω := x2−y +y 2
x
dx + x2 +y 2 dy,
et calculons la circulation de cette 1-forme le long du cercle C de centre 0 et de rayon 1. Notons
que le cercle C est une courbe incluse dans l’ouvert R2 \ {(0, 0)} qui peut être paramétrée
par l’application γ : t ∈ [0, 2π] 7→ (cos(t), sin(t)) qui est de classe C ∞ . La 1-forme ω s’écrit
ω = α1 dx1 + α2 dx2 où α1 (x1 , x2 ) = x−x x1
2 +x2 et α2 (x1 , x2 ) = x2 +x2 . Et en notant α l’application
2
1 2 1 2
de R2 \ {(0, 0)} dans R2 dont les composantes sont α1 et α2 , on obtient
Z 2π 
− sin(t) cos(t)
Z  
ω= , , (− sin(t), cos(t)) dt.
C 0 1 1

Pour tout t ∈ [0, 2π] on a α1 (γ(t)) = − sin(t) et α2 (γ(t)) = cos(t) de sorte que
Z Z 2π Z 2π Z 2π
2 2
ω= ((− sin(t))(− sin(t))+(cos(t))(cos(t))) dt = (sin (t)+cos (t)) dt = 1 dt = 2π.
C 0 0 0

2.0.5 Intégrale d’une forme différentielle exacte


Les notions de formes différentielles fermées et exactes, et la distinction faite entre elles
peuvent sembler assez abstraites. Le rôle particulier joué par les 1-formes exactes et fermées
s’éclaire lorsque l’on s’intéresse à la circulation de 1-formes le long d’une courbe de Rn . Si ω est
une 1-forme exacte sur un ouvert U de Rn alors ω = df où f est une application de U dans R.
∂f
Cette 1-forme a pour décomposition dans la famille {dx1 , . . . , dxn } : ω = df = nj=1 ∂x
P
j
dxj =
∇f · dx, de sorte que la circulation de df le long d’une courbe C correspond à l’intégrale de
l’application ∇f le long de C. On déduit de la proposition 3.4.2 le résultat suivant.

Proposition 2.13 (Circulation d’une 1-forme exacte). Soient U un ouvert de Rn , C une courbe
paramétrée de Rn de classe C 1 , incluse dans U , d’extrémités A et B, et f une application de U
dans R de classe C 1 . On a Z
df = f (B) − f (A).
C

12
Remarque 2.14. 1. La proposition 3.4.3 indique que si ω est une 1-forme exacte alors sa
circulation le long d’une courbe paramétrée C de classe C 1 ne dépend que des extrémités
de la courbe. En particulier la circulation de cette 1-forme exacte ω sur une autre courbe
paramétrée de classe C 1 ayant les mêmes extrémités est égale à la circulation de ω le long
de C.
R R
2. ROn peut symboliquement écrire la relation C df = f (B) − f (A) sous la forme C df =
∂C f où ∂C désigne les extrémités de C qui correspondent ici aux deux points A et B
(avec convention de signe).
3. Si U est un ouvert de R et C le segment [a, b] alors la relation (3.1) s’écrit ab f ′ (x) dx =
R

f (b) − f (a). Cette relation permet de relier une donnée sur un intervalle à une donnée
sur le bord de cet intervalle.
R R
4. Si on change l’orientation de la courbe alors la valeur de C df change de signe : −C df =
f (A) − f (B).
5. La proposition 3.4.3 fournit un moyen d’établir qu’une 1-forme n’est pas exacte. En effet,
si une 1-forme ω ∈ Λ1 (U ) est exacte alors il existe une application f ∈ C 1 (U, R) telle que
ω = df et par conséquent la circulation de ω le long de toute courbe fermée incluse dans
U doit être nulle.

Corollaire 2.15. Soient U un ouvert Rde Rn et ω une 1-forme sur U . S’il existe une courbe
fermée C incluse dans U pour laquelle C ω ̸= 0 alors ω n’est pas exacte.

Exemple 2.16. D’après l’exemple 3.4.3, la circulation de ω = x2−y +y 2


x
dx + x2 +y 2 dy le long du

cercle C de centre (0, 0) et de rayon 1 (qui est une courbe fermée incluse dans U = R2 \ {(0, 0)})
n’est pas nulle. Par conséquent la 1-forme ω n’est pas exacte.

La proposition 3.4.3 admet également le corollaire suivant (via Théorème de Poincaré).

Corollaire 2.17. Soient U un ouvert Rétoilé de Rn , C une courbe fermée de Rn incluse dans U
et ω une 1-forme fermée sur U . On a C ω = 0.

2.0.6 Formule de Green-Riemann


Le nom de formule de Green (ou formule de Green-Riemann) est le nom donné à plusieurs
formules dont l’intérêt est d’exprimer une intégrale sur une surface comme une intégrale curvi-
ligne sur le bord de cette surface.

Théorème 2.18 (Formule de Green-Riemann). Soient Ω un ouvert de R2 et ω = P (x, y) dx +


Q(x, y) dy une forme différentielle de classe C 1 . Soit K un compact de Ω dont la frontière
∂K = C est orientée dans le sens direct (trigonométrique) et de classe C 1 par morceaux. Alors

∂Q ∂P
I ZZ  
(P (x, y) dx + Q(x, y) dy) = (x, y) − (x, y) dx dy.
C K ∂x ∂y
La formule de Green-Riemann est utile dans les deux sens. Selon le problème considéré, on
peut vouloir ramener un calcul d’intégrale double sur K au calcul d’une intégrale curviligne de
la forme différentielle P dx + Q dy sur le bord de K ou l’inverse.

Exemple 2.19. La formule de Green-Riemann peut par exemple servir à calculer l’aire d’un
ouvert de R2 via l’une des égalités suivantes :
1
I I I
Aire(Ω) = x dy = − y dx = (x dy − y dx).
∂Ω ∂Ω 2 ∂Ω

∂Q ∂P
(En effet, si P = −y/2, Q = x/2, alors ∂x − ∂y = 1/2 − (−1/2) = 1.)

13
3.5 Annexe
Cette annexe apporte quelques compléments sur les formes différentielles, en particulier pour
des cas généraux de degré k, au-delà des degrés 1 et 2 déjà abordés dans la section 3.2. Elle
introduit également la notion de facteur intégrant, qui permet de transformer une forme non
exacte en une forme exacte, outil clé dans la résolution de certaines équations différentielles.

3.5.1 Formes différentielles de degré k


Considérons l’espace Λk (Rn ) (que l’on note également Λk (Rn , R)) des applications :

φ : |Rn × Rn {z
× · · · × Rn} → R
k fois

(y1 , y2 , . . . , yk ) 7→ φ(y1 , y2 , . . . , yk ),
k-linéaires et antisymétriques, c’est-à-dire :
— φ est k-linéaire : si ∀α, β ∈ R, ∀i ∈ {1, . . . , k}, ∀yj , zi ∈ Rn ,

φ(y1 , . . . , αyi + βzi , . . . , yk ) =


αφ(y1 , . . . , yi , . . . , yk ) + βφ(y1 , . . . , zi , . . . , yk ).

— φ est antisymétrique : si ∀y1 , . . . , yk ∈ Rn , ∀i, j ∈ {1, . . . , k}, où i ̸= j, on a

φ(y1 , . . . , yi , . . . , yj , . . . , yk ) = −φ(y1 , . . . , yj , . . . , yi , . . . , yk ).

Introduisons les applications dxi1 ∧ · · · ∧ dxik ∈ Λk (Rn ), 1 ≤ i1 < i2 < · · · < ik ≤ n, définies par
 
(y1 )i1 (y1 )i2 ... (y1 )ik
(y2 )i1

(y2 )i2 ... (y2 )ik 

(dxi1 ∧ · · · ∧ dxik )(y1 , . . . , yk ) = det 
 .. .. .. ..  .
 . . . . 
(yk )i1 (yk )i2 ... (yk )ik

On déduit des propriétés des déterminants que : dxi1 ∧ · · · ∧ dxip ∧ · · · ∧ dxiq ∧ · · · ∧ dxik =
− dxi1 ∧ · · · ∧ dxiq ∧ · · · ∧ dxip ∧ · · · ∧ dxik , et en particulier si ip = iq pour p ̸= q, alors
dxi1 ∧ · · · ∧ dxik = 0. Pour k > n, on a : dxi1 ∧ · · · ∧ dxik = 0.

Proposition 2.20. Λk (Rn ) est un espace vectoriel de dimension : dim(Λk (Rn )) = nk . De plus,


la famille {dxi1 ∧ · · · ∧ dxik }1≤i1 <···<ik ≤n des fonctions k-linéaires antisymétriques forme une
base de cet espace.

Soient U un ouvert de Rn et

αi1 ...ik : U → R, x 7→ αi1 ...ik (x), 1 ≤ i1 < · · · < ik ≤ n,

des fonctions de classe C p , 0 ≤ p ≤ +∞. Une fonction à valeurs dans Λk (Rn ) est dite de classe
C p si ses coordonnées dans la base {dxi1 ∧ · · · ∧ dxik }1≤i1 <···<ik ≤n sont de classe C p . Le choix de
n
cette base détermine un isomorphisme : Λk (Rn ) ∼ = R( k ) .

Définition 2.21. On appelle forme différentielle de degré k ou k-forme différentielle sur U ,


l’application décrite par
ω : U → Λk (Rn )
X
x 7→ ω(x) = αi1 ...ik (x) dxi1 ∧ · · · ∧ dxik .
1≤i1 <···<ik ≤n

14
Remarque 2.22. 1. Notation : On désigne parfois une k-forme différentielle par ω = ωa où
a = (αi1 ...ik ).
2. Si αi1 ...ik ∈ C p , (0 ≤ p ≤ +∞), on dit alors que ω est de classe C p .
3. Pour k = 0, i.e. ω = ωa , on convient qu’une 0-forme dans U est simplement une fonction
α : U → R, x 7→ α(x) ∈ R.
Soient ω et σ deux k-formes différentielles sur U . La somme ω+σ est une k-forme différentielle
sur U définie par (ω + σ)(x) = ω(x) + σ(x). De même, on définit la multiplication d’une k-forme
différentielle ω sur U par une fonction f : U → R par (f ω)(x) = f (x)ω(x), c’est une k-forme
différentielle sur U . On désigne par Ωkp (U ), l’ensemble des k-formes différentielles de classe C p
(0 ≤ p ≤ +∞) sur U . C’est l’ensemble C p (U, Λk (Rn )). On a vu ci-dessus que Λk (Rn ) est un
n
espace vectoriel de dimension finie k . En tenant compte des propriétés des fonctions de classe
C p , on obtient le résultat suivant :

Proposition 2.23. Les k-formes différentielles de classe C p (0 ≤ p ≤ +∞) sur U , forment un


espace vectoriel noté Ωkp (U ).

Remarque 2.24. Nous avons considéré l’espace Λk (Rn , R) (que nous avons simplement noté
Λk (Rn )) mais on pourra considérer l’espace Λk (Rn , C). Autrement dit, on considère l’espace
Λk (Rn , K) et la k-forme différentielle ω sur l’ouvert U ⊂ Rn sera dite réelle si K = R et
complexe si K = C.

3.5.2 Facteur intégrant


N.B. Ce paragraphe est hors programme. Le facteur intégrant est donné ici en tant que
complément. Rappelons que la 1-forme différentielle sur un ouvert U , P (x, y) dx + Q(x, y) dy est
∂Q
fermée si et seulement si ∂P
∂y = ∂x . Elle est exacte si et seulement s’il existe une fonction f telle
que : P = ∂f ∂f
∂x , Q = ∂y ou ce qui revient au même df = P dx + Q dy. Rappelons aussi que toute
forme différentielle exacte est fermée. La réciproque est vraie si l’ouvert U est étoilé. Nous allons
∂Q
voir que dans certains cas, même si ∂P ∂y ̸= ∂x , on peut rendre exacte une forme différentielle
qui ne l’est pas, en la multipliant par un facteur intégrant, c-à-d, une fonction φ(x, y) ̸= 0 telle
que la forme φω = φP dx + φQ dy soit exacte ou ce qui revient au même que l’on puisse avoir
∂(φP ) ∂(φQ)
∂y = ∂x . On obtient ainsi une équation aux dérivées partielles

∂φ ∂P ∂φ ∂Q ∂φ ∂φ ∂Q ∂P
 
P +φ =Q +φ ou P −Q =φ − . (∗).
∂y ∂y ∂x ∂x ∂y ∂x ∂x ∂y
dx dy dφ
Le système caractéristique de cette équation est −Q = = . (**) Pour déterminer
P φ( ∂Q
∂x
− ∂P
∂y
)
un facteur intégrant φ, on procède comme suit :
∂Q
− ∂P
R
(i)- Si ∂x P ∂y = α(y) (ne dépend que de y, après simplification), alors φ = e α(y) dy est un
facteur intégrant. Ceci correspond au cas où φ(y) est un facteur intégrant ne dépendant
que de y. En effet, comme ∂φ dφ ∂Q ∂P
∂x = 0, alors l’équation (∗) devient P dy = φ( ∂x − ∂y ) ou
1 dφ 1 ∂Q ∂P
encore φ dy = P ( ∂x − ∂y ) = α(y), d’où le résultat.
∂P
− ∂Q
R
(ii)- Si ∂y Q ∂x = β(x) (ne dépend que de x), alors φ = e β(x) dx est un facteur intégrant.
Ceci correspond au cas où φ(x) est un facteur intégrant ne dépendant que de x. En
effet, comme ∂φ dφ ∂Q ∂P 1 dφ
∂y = 0, alors l’équation (∗) devient −Q dx = φ( ∂x − ∂y ) ou encore φ dx =
1 ∂P ∂Q
Q ( ∂y − ∂x ) = β(x), d’où le résultat.
(iii)- Examinons maintenant le cas d’un facteur intégrant φ(x, y) dépendant des deux variables
x et y. Reprenons le système d’équations différentielles (∗∗) dont une des équations est
P dx+Q dy = 0 (équation de Pfaff à deux variables). Si on ne connaît pas une solution de

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cette équation, il n’est en général pas possible de déterminer un facteur intégrant de cette
équation. Soit γ(x, y) = a une intégrale première de cette équation et soit σ une fonction
telle que : y = σ(x, a). Dans ce cas P (x, y) et Q(x, y) peuvent être considérées comme des
fonctions P (x, a) et Q(x, a) ne dépendant que de x et a. D’après (∗∗), l’équation dy P =

∂Q ∂P est dans ce cas à variables séparées dont l’intégrale générale est de la forme
φ( ∂x − ∂y )
φ(x,y)
φ = bf (x, a) = bf (x, γ(x, y)) = bg(x, y). Notons que b = g(x,y) est une autre intégrale
φ(x,y)
première du système caractéristique (∗∗). On peut dès lors, écrire = Φ(γ(x, y)) où Φ
g(x,y)
est une fonction quelconque d’une seule variable et par conséquent φ = g(x, y)Φ(γ(x, y)).
Application à la résolution des équations différentielles (Équation différentielle
dy
exacte) : Soit l’équation différentielle P (x, y) + Q(x, y)y ′ = 0, où y ′ = dx =⇒ P (x, y) dx +
∂Q
Q(x, y) dy = 0, avec P et Q sont définies et de classe C sur un ouvert D. Si ∂P
1
∂y = ∂x , alors
la forme différentielle P (x, y) dx + Q(x, y) dy est exacte, et donc il existe une fonction f telle
que : P (x, y) dx + Q(x, y) dy = df . Dès lors, en écrivant l’équation en question sous la forme
df = 0, alors sa solution générale sera donnée par f (x, y) = constante. Dans certains cas, même
∂Q
si ∂P
∂y ̸= ∂x , on peut (comme nous l’avons vu dans le paragraphe précédent) rendre exacte une
équation qui ne l’est pas, en la multipliant par un facteur intégrant et par la suite la résoudre.

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