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II

Le musée départemental Albert-Kahn, inauguré en avril 2022, présente une exposition permanente et des expositions temporaires qui mettent en valeur les collections photographiques et végétales d'Albert Kahn. Le nouveau bâtiment conçu par Kengo Kuma crée un dialogue entre l'architecture moderne et le jardin historique, tout en offrant un espace éducatif pour le public. Les jardins d'Albert Kahn, à Boulogne-sur-Seine et Cap-Martin, reflètent sa passion pour la nature et son engagement humaniste.

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II

Le musée départemental Albert-Kahn, inauguré en avril 2022, présente une exposition permanente et des expositions temporaires qui mettent en valeur les collections photographiques et végétales d'Albert Kahn. Le nouveau bâtiment conçu par Kengo Kuma crée un dialogue entre l'architecture moderne et le jardin historique, tout en offrant un espace éducatif pour le public. Les jardins d'Albert Kahn, à Boulogne-sur-Seine et Cap-Martin, reflètent sa passion pour la nature et son engagement humaniste.

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Musée

départemental
Albert-Kahn

Dossier documentaire thématique


Le végétal
Sommaire

3 Le musée départemental Albert-Kahn

4-5 Un nouveau musée pour les Archives de la Planète

6-7 Un musée, deux collections

9 Le végétal dans les collections permanentes

10-11 Albert Kahn, un homme en ses jardins

12-13 Le jardin de Cap-Martin

14-15 Le jardin de Boulogne

16-17 Un jardin à scènes paysagères

18-19 Un jardin de société

20-21 Le végétal dans les Archives de la Planète

22-23 Passeur d’images : Dr. Jean Comandon

25 Natures Vivantes

26-27 Passeurs d’images : Almudena Romero

28-29 Exposition temporaire Natures Vivantes

30-31 Pistes d’exploration

33-35 Offre Pédagogique

37 Ressources

41 Informations pratiques

Unité des Publics et Valorisation


Sarah GAY
Responsable d’unité

Anne DUBOIS
Chargée de médiation et d’action culturelle

Morgane MENAD
Chargée de médiation et de programmation culturelle

Souhayla BOUHLIMA
Assistante de programmation

Crédits photos du dossier pédagogique : Charlotte BOYER DE CHOISY


Couverture : Hilona DELLAMORE
Sauf mention contraire, les crédits photos correspondants ‣Auguste Léon, Paris (Ier arr .) , France Une marchande Marion DUSSEAUX
aux œuvres reproduites dans ce dossier pédagogique de fleurs , en face du 53 rue Cambon 25 juin 1918, Médiatrices culturelles
sont les suivants : autochrome, 9*12cm, inv. A14361
© Conseil départemental des Hauts-de-Seine ; Emanuela ROSSETTI
Musée départemental Albert-Kahn ; Page suivante : Chargée des réservations et de la billetterie en ligne
Collection des Archives de la Planète ‣ © CD92 / Olivier Ravoire
Valérie SEROR
‣Icônes © DinosoftLabs pour FlatIcon Responsable boutique
2
Le musée départemental
Albert-Kahn
Un nouveau musée pour
les Archives de la Planète

Depuis avril 2022, le musée départemental Albert-Kahn présente une exposition permanent déployé
entre le nouveau bâtiment conçu par Kengo Kuma et les bâtiments historiques réhabilités situés dans le
jardin. Un parcours de référence et des expositions temporaires permettent de resituer l’œuvre d’Albert
Kahn dans son contexte historique et culturel afin d’en évaluer l’originalité et l’importance.

Kengo Kuma : un projet architectural entre nature et culture


Le projet de Kengo Kuma instaure un dialogue entre nouveau bâtiment et jardin au travers d’un élément emprunté à
l’architecture traditionnelle japonaise : l’« engawa », espace limitrophe entre intérieur et extérieur. La réinterprétation de cet
élément se développe sur l’ensemble des bâtiments et permet de tisser un lien entre les différents éléments du site.

Le nouveau bâtiment de 2 300 m2, point d’entrée sur le site, abrite notamment une partie de la nouvelle exposition
permanente, les expositions temporaires, le centre de documentation ainsi qu’un espace découverte pour les familles.

4
Les expositions temporaires :
Renouveler les regards
Les expositions temporaires sont complémentaires de
l’exposition permanente. Elles permettent de renouveler les
regards portés sur les collections. Sur un plateau de 600 m2 se
déploie une programmation dont le but est de développer une
réflexion contemporaine sur les collections visuelles et végétales
du musée.

En interrogeant les collections par le dialogue avec la


création photographique et cinématographique du 19e siècle
L’exposition permanente : une à aujourd’hui, le musée cherche à renouveler les regards sur
l’œuvre d’Albert Kahn.
invitation à la déambulation
L’exposition inaugurale décline l’ensemble des valeurs
Se déployant sur les quatre hectares occupés par le musée portées par le musée: humanisme, approche pluridisciplinaire,
et le jardin, la nouvelle exposition permanente est conçue ouverture aux problématiques sociétales et environnementales
comme une exploration dans l’ensemble des collections contemporaines.
photographiques, filmiques et végétales. Le visiteur est invité
à découvrir l’hôte des lieux, son projet de consignation du réel,
ainsi que les techniques novatrices employées au service de
son discours.

Au cours d’une déambulation entre jardin et images, chacun


peut saisir la cohérence du projet et la portée de cette
collection unique au monde, ainsi que des valeurs universelles
qui lui sont associées (humanistes, scientifiques, culturelles et
sociales).

Page de gauche:

‣ Le nouveau bâtiment muséal signé Kengo Kuma


© CD92 / Olivier Ravoire

Page de droite :
‣ Visiteurs dans l’exposition permanente © CD92 / Olivier Ravoire
‣Vues de l’exposition temporaire «voyage autour du monde : la traversée
des images d’Albert Kahn à Curiosity © CD92 / Julia Brechler
‣ Le nouveau bâtiment muséal signé Kengo Kuma
© CD92 / Olivier Ravoire
‣Visiteurs dans l’exposition temporaire © CD92 /Julia Brechler
5
Un musée,
deux collections

Les Archives de la Planète


La photographie stéréoscopique, la projection, le
cinématographe surtout, voilà ce que je voudrais faire
fonctionner en grand, afin de fixer, une fois pour toutes,
des aspects, des pratiques et des modes de l’activité
humaine dont la disparition fatale n’est plus qu’une
question de temps.

Lettre du géologue Emmanuel Jacquin de Margerie,


relatant les propos d’Albert Kahn,
au géographe Jean Brunhes,
26 janvier 1912

Créées en 1909, les Archives de la Planète cherchent à donner


aux sociétés humaines les moyens de mieux se connaître et
de prendre conscience de leurs intérêts communs. Véritable
inventaire visuel du monde, elles emploient deux procédés
récents : le cinématographe et l’autochrome. Une douzaine
d’opérateurs parcourent une cinquantaine de pays de 1909
à 1931 et rapportent une exceptionnelle collection d’images,
fixes et animées, montrant la vie quotidienne et les cultures du
monde entier.

Oubliées après la disparition de leur commanditaire,


les Archives de la Planète sont redécouvertes dans les
années 1970 : Jeanne Beausoleil inaugure une première
étape de documentation et de restauration. En 1990, une
galerie d’exposition voit le jour puis le musée acquiert le
label « Musée de France » en 2002. Les collections sont
progressivement numérisées à partir de 2006 et mises en
ligne gratuitement sur sa plateforme en open data en 2016
([Link]
6
Pour aller plus loin :
Le parc à scènes
Typique de l’art du jardin de la fin du 19e siècle, il associe
dans un même espace différents styles horticoles
(régulier, forestier, aquatique, alpin, champêtre, etc.).
Chaque scène constitue un paysage mais aussi un
groupement de plantes inspiré de la disposition
spontanée des végétaux dans la nature.

Le domaine de Cap-Martin
Sur la Côte d’Azur, Kahn rassemble 13 hectares entre 1897
et 1925. Il fait bâtir par l’architecte danois Hans-Georg
Tersling (1857-1920) une majestueuse villa dominant la

Un jardin à scènes paysagères mer, entourée de jardins exotiques et méditerranéens.


Ce domaine est régulièrement mis à la disposition de
personnalités proches du banquier et parfois d’étudiants.
Reflet de ses goûts et incarnation de son idéal de Saisi en 1937, l’ensemble est morcelé, il ne subsiste
réconciliation universelle, Albert Kahn fait aménager ce parc désormais que la villa.
à scènes, typique de la Belle Époque (l’un des derniers à ce
jour), sur des terrains acquis entre 1895 et 1920. Une douzaine
de jardiniers s’y affaire sans relâche. Sept ambiances végétales Aller voir
s’y côtoient en harmonie et offrent aux invités l’occasion de Le parc à scènes du bois des Moutiers à Varangeville-sur-
belles promenades : jardins français, anglais, japonais, verger- Mer ; le jardin de la villa Ephrussi de Rothschild à
roseraie, forêts bleue, dorée et vosgienne (souvenir de son Saint-Jean-Cap-Ferrat
enfance alsacienne).

À l’époque d’Albert Kahn, on y trouve également les


logements de ses employés, le lieu de conservation des
Archives de la Planète, le laboratoire photographique,
l’imprimerie, le bâtiment de la société Autour du Monde et
le laboratoire de biologie du docteur Comandon. À la fois
territoire partagé et espace privé, son accès est limité : seuls
quelques invités triés sur le volet peuvent s’y promener sur
demande.

Devenu propriété du département de la Seine en 1936, le


jardin est ouvert au public un an plus tard, pour l’Exposition
internationale. Dans les années 1970, il est transformé en
jardin de quartier et doté d’une aire de jeux. Les années 1990
annoncent une nouvelle ère : le jardin est restauré à l’aide
de la documentation iconographique d’époque et le jardin
japonais contemporain de Fumiaki Takano est créé. Par fidélité
au jardin historique, il n’y a aucune indication botanique.

Page de gauche :
‣ Frédéric Gadmer, « Danse du chef féticheur pour
la cérémonie d’hommages aux ancêtres royaux »,
Oungbégamè, Dahomey (Bénin), 18 février 1930,
photogramme, film négatif 35 mm noir et blanc muet,
110153
‣ La salle des Plaques
© CD92 / Willy Labre
‣ Frédéric Gadmer, « Le minaret hélicoïdal (la Malwiya) de
la Grande Mosquée » (détail), Samarra, Irak, 19 mai 1927,
autochrome 12x9 cm, A54379S

Page de droite :
‣ Lucien Le Saint, « Albert Kahn reçoit la Délégation
japonaise à la Conférence de la Paix dans les jardins de sa
propriété à Boulogne » (détail), 15 juin 1919, photogramme,
film négatif 35 mm noir et blanc muet, 126935
‣ Auguste Léon, « Pivoines et glycines sur fond de jardin,
depuis l’intérieur de la maison ouest du village japonais »
(détail), Boulogne, avril 1912, autochrome 9x12 cm, B154
‣ Rose « Belle de Londres » © CD92 / Pascal Bedek
7
Page suivante :
‣Georges Chevalier, Propriété d’ Albert Kahn , Boulogne ,
France Grappe de fleurs de glycine , au « village japonais
» autochrome, 12x9 cm, B1587
8
Le végétal dans les
collections permanentes
Albert Kahn,
l’homme en son jardin

Deux jardins-mondes Ses jardins, c’était pour lui un langage


Evoquer la passion d’Albert Kahn pour le végétal, c’est sans parole, le grand livre de la vie :
plonger au cœur même de la pensée singulière du banquier
philanthrope. Végétarien dont on dit qu’il ne mangeait que le livre végétal, illustré de splendeurs locales
vert des légumes, Albert Kahn est un amoureux de la Nature. Il (…) c’était une illustration de la symbiose
fait partie des adhérents à la Société Nationale d’Horticulture
de France, tout comme Louis Picart, le chef-jardinier de universelle,
Boulogne. dont la solidarité humaine est une modalité.
En parallèle de sa carrière de banquier et de ses fondations Grâce à ses jardins, Albert Kahn percevait,
philanthropiques, Albert Kahn fait aménager deux jardins au sein du réel, les rapports lointains des
à Boulogne-sur-Seine et Cap-Martin. Mondes miniatures,
espaces de vie, de travail et de sociabilité, ces jardins sont choses et des êtres, les assonances, les
aussi des métaphores : celle d’une humanité réconciliée et correspondances, les affinités secrètes.
riche de sa diversité, celle d’un univers ordonné et protégé
des convulsions du siècle qu'Albert Kahn conçoit à son seul
désir, celle du vivant et de son cycle sans cesse renouvelé.
Raymond Voize, secrétaire général des
Fondations d’Albert Kahn,
février 1965

10
L’amour des plantes
Profondément influencé par ses amitiés avec le philosophe
Henri Bergson, grand théoricien de l’élan vital, et avec le
poète indien Rabindranath Tagore, penseur mystique de la
relation organique de l’homme à la nature, Albert Kahn fait de
ses jardins un microcosme où s’observe la vie en acte.
La fascination d’Albert Kahn pour l’étude de la vie sous
toutes ses formes, de ses origines à son épanouissement, se
concrétise aussi par l’acquisition de films de Jean Comandon.
Ces images témoignent également de la vision poétique
d’Albert Kahn sur la nature et le vivant.

Henri Bergson (1859-1941) Rabindranath Tagore


Albert Kahn rencontre dès 1879 Henri Bergson, qui (1861-1941)
devient son répétiteur et l’accompagne dans la réussite Prix Nobel de littérature en 1913, Rabindranath Tagore
du baccalauréat ès lettres en 1881. Les deux hommes sont initie dès l’âge de huit ans une œuvre littéraire prolifique.
tous deux convaincus de l’importance du développement Brahmane originaire de Calcutta, il a soutenu Gandhi dans
de la connaissance comme outil d’amélioration son combat pour l’indépendance de l’Inde.
du monde. Tagore fut reçu à plusieurs reprises par Albert Kahn.
Philosophe de la conscience et de la vie intérieure, Henri Sa vision universaliste, prônant une union des peuples
Bergson a été récompensé du Prix Nobel de littérature en au-delà des frontières résonnait avec les actions du
1927. Il déploie sa réflexion autour du principe d’élan vital banquier en faveur du progrès de l’humanité.
qui détermine toute chose à être. Son engagement Sa spiritualité tournée vers le respect de tous les êtres de
politique et humaniste, l’amène à devenir en 1922 la nature fut également une importante source
président de la Commission Internationale de d’inspiration.
Coopération Intellectuelle au sein de la Société des
Nations.

Sir Jagadish Chandra


Bose (1858-1937)
Biophysicien précurseur de la recherche scientifique dans
les domaines des ondes radio et de la physiologie
végétale, Sir Jagadish Chandra Bose est notamment
l’inventeur du crescographe, instrument capable de
mesurer les plus infimes mouvements des végétaux et
d’étudier leur réponse à un stimuli extérieur.
Ami de Rabindranath Tagore, il est invité en 1920 à
donner une conférence à la société Autour du Monde.
Albert Kahn y écoute avec intérêt ses théories sur
l’existence d’émotions chez les plantes.

Page de gauche :
‣ Camille Sauvageot, Albert Kahn dans sa propriété
méridionale, Roquebrune-Cap-Martin, avril 1927, Film nitrate
35 mm, 88539
Page de droite :
‣Georges Chevalier, Rabindranath Tagore, Propriété d’Albert
Kahn, Boulogne, 1926, France, autochrome, 9 x 12cm, A48578
‣Georges Chevalier, Jagadish Chandra Bose, Propriété
d’Albert Kahn, Boulogne, 1920, France, autochrome, 9 x 12cm,
A22267
11
le jardin de Cap-Martin

Cet immense terrain vallonné qui surplombe la


mer, et dont nulle perspective est tachée par
quelque maison ni quelque muraille, est une vaste
forêt vierge. Le Brésil, le Chili, le Japon, la Chine, le
Congo, le Mexique ont chacun un espace réservé
à leurs plantes propres. Et tout ceci se soude, se
fond, se confond. On circule au milieu des lianes,
des agaves pointus, des palmiers géants avec
enchantement

L’Eclaireur de Nice, 7 août 1922

Un projet spectaculaire
Comme à Boulogne-sur-Seine, le banquier acquière
patiemment pendant deux décennies plusieurs parcelles
attenantes à sa propriété afin de créer un jardin à scènes
paysagères exotique. L’ensemble des achats permettent
de constituer un domaine de 13 hectares, soit la
propriété la plus grande de Cap-Martin ! Certaines des
parcelles acquises comprennent des villas préexistantes
comme la villa Dunure (acquise en 1911) ou encore la
villa Miramar (achetée en 1919 et réaménagée dans le
Une destination de santé courant de l’année 1927). Ces villas sont destinées à être
louées par des hôtes de marques, comme la comtesse
de Lonyay, fille de Léopold II de Belgique.
Au cours du 19ème siècle, dans un contexte hygiéniste,
la côte d’Azur accueille de plus de plus de touristes et Profitant du climat méditerranéen de Cap-Martin,
malades – notamment tuberculeux – en recherche d’un Albert Kahn fait le choix d’un aménagement horticole
climat plus clément et propice à leur rétablissement. tourné vers le spectaculaire et l’exotisme. Pour ce faire,
Plusieurs personnalités s’installent alors à Cap-Martin il emploie le paysagiste Henri Duchêne qui a conçu
et Menton, dont l’impératrice Eugénie. Dès 1897, Albert les jardins français et anglais pour son domaine de
Kahn, alors associé dans la banque Goudchaux, participe Boulogne. Il embauche Emilie Quigrat en 1910 comme
à un investissement immobilier porté par l’établissement jardinier en chef. Ce dernier reste en poste jusqu’à la
financier sur la Riviera. En parallèle, il acquière un faillite et la mise aux enchères du domaine de Cap
premier terrain de 11 500 m² à Cap-Martin sur lequel il Martin.
fait bâtir une villa dans un style néo-classique dessinée
par l’architecte Hans-Georg Tersling. Les travaux de la Aucune documentation ne permet à ce jour de
villa Kahn s’achèvent en 1900, elle est rebaptistée villa
connaitre précisément l’implantation des différentes
Zamir en 1930.
scènes paysagères et des essences horticoles
Selon Emilie Quigrat, son jardinier en chef, Albert plantées. Les archives personnelles du jardinier en
Kahn aimait passer de courts séjours à Cap Martin, chef Emile Quigrat, les films et autochromes prises
excédant rarement 3 ou 4 jours. Ses venues sur la Côte par les opérateurs ainsi que quelques témoignages de
d’Azur se font fréquentes au cours de l’année 1930, contemporains nous permettent cependant de
semblablement pour des raisons de santé : le banquier brosser un portrait général du jardin disparu de
est alors atteint d’une maladie de peau, l'erysipèle. Cap-Martin.
12
Focus sur :
Mathurin Meheut, la Plante exotique
Illustrateur naturaliste, Mathurin Meheut est l’un des
boursiers Autour du Monde. En 1914, Méheut voyage
jusqu’à Honolulu (Hawaii) puis séjourne au Japon
pendant plusieurs mois. Mais la guerre interrompt son
voyage : mobilisé, il doit rentrer en France.
Sa démarche de dessinateur naturaliste et documentaire
fait écho à celle des Archives de la Planète.
La famille Méheut est plusieurs fois invitée à
Boulogne mais aussi à Cap-Martin. Entre 1928 et 1930,
l’artiste réalise une partie de la décoration de la villa
Miramar dont des rideaux, tapis, sculptures en céramique
et neuf toiles à la caséine, certaines sont présentées dans
l'exposition temporaire Natures Vivantes.

En 1932, Mathurin Meheut publie un recueil de dessins


Un jardin exotique naturaliste La Plante exotique en collaboration avec le
botaniste Lucien Plantefol (1891-1983), avec lequel il avait
publié quatre ans plus tôt son Étude de la forêt. Cette
Il semblerait que les scènes s’enchaînent et nouvelle publication prend la forme d’un portefeuille de
s’imbriquent de manière plus étroite qu’à Boulogne- 24 planches, dont 16 en couleurs gravées et imprimées en
sur-Seine. Les essences exotiques acquises sont héliochromie.
intégrées à la flore locale tandis que les allées
semblent suivre la nature vallonnée du terrain
surplombant la mer sans qu’aucun dessin précis ne
soit décelé.
Selon les sources existantes, le jardin
comprenait une zone « mexicaine » présentant
principalement des plantes grasses qui se
dégageaient d’une terre rouge. Il s’agit d’un espace
dégagé, caillouteux et balayé par les vents qui s’étend
au fur et à mesure vers la villa Miramar, situé à l’ouest
du domaine. A cet espace, s’ajoute une zone de
lisière constituée de palmiers et avec une végétation
assez dense correspondant à la « partie africaine ».
Plus gourmande en eau, cette scène est placée non
loin du grand réservoir d’eau.
Au sein de la pinède, espace plus dense et
ombragées, plusieurs essences botaniques suggèrent
les Tropiques.
Autour de la villa Dunure, on trouve des rosiers, des
orangers et quelques palmiers et d'autres essences.
Plusieurs allées d’agaves et de yuccas rythment le
jardin tandis que quelques groupes de bambou
apparaissent comme des clins d’œil au village et
sanctuaire de Boulogne. L’ensemble est complété par
un jardin septentrional.

Dès 1930, les travaux et l’entretien du domaine


ralentissent, conséquences des ennuis financiers du
Page de gauche :
banquier. En juillet 1931, le domaine de Cap-Martin est ‣ Auguste Léon, Cap-Martin , France, le jardin, 1911,
mis en hypothèque. Le 16 juin 1938, la propriété est autochrome, 12 x 9 cm, C116

vendue. Page de droite :


‣ Auguste Léon, Propriété d’ Albert Kahn , Cap-Martin , France
Aujourd’hui, le jardin d’Albert Kahn à Cap-Martin a Paysage rocheux et arboré vu en direction de Monaco ,
disparu et les villas sont dans les mains de à proximité de la villa Kahn , dite villa Zamir,
1910, autochrome, 9 x 12cm, C8
personnalités privées. ‣ Mathurin Meheut, La Plante Exotique, planche 23 :
Aloès succotrin et yucca, 1932, gravure
‣Auguste Léon, Propriété d’ Albert Kahn , Cap Martin , Alpes-
Maritimes, France, agaves et cactées dans le jardin,
1921, autochrome, 9 x 12cm, C355

13
le jardin de Boulogne

Installé à Boulogne-sur-Seine à partir de 1892,


Albert Kahn acquiert pendant 30 ans des parcelles Le jardin Autour du Monde
près de sa maison. Il constitue ainsi une propriété
de 3,9 hectares, où se côtoient plusieurs styles Le jardin de Boulogne-sur-Seine était connu sous
de jardins selon le principe du parc à scènes le nom de « jardin autour du monde » marquant ainsi
théorisé par le paysagiste Édouard André. Il s’agit directement le lien entre l’espace végétal aménagé et
de compositions paysagères, quasi-picturales, la démarche philanthropique du banquier : les bourses
rassemblant dans un même espace un groupement autour du Monde sont créées en 1898, la société Autour
de plantes inspiré de la disposition spontanée de la du Monde s’installe dans le jardin en 1906. En 1909,
nature (Albert Maumené, Notes sur l’ornementation ce sont les Archives de la Planète qui sont fondées et
des jardins, 1907). Ces scènes contrastées, conservées et présentées sur le domaine boulonnais.
subtilement juxtaposées et aménagées, forment un Puis, ce fut le tour du studio photographique en 1917 et
ensemble harmonieux et cohérent. enfin le laboratoire scientifique de Jean Comandon en
Albert Kahn conçoit son jardin comme un véritable 1927. Ce jardin n’est donc pas uniquement un espace de
« conservatoire de l’art des jardins » de la Belle délectation mais bien une « cité » dans lequel s’articule
Epoque. Le domaine est tout à la fois une vitrine la pensée d’Albert Kahn.
d’un savoir horticole et le reflet de la personnalité
du banquier philanthrope. Cependant son accès y reste restreint et seulement
quelques privilégiés triés sur le volet ont pu admirer
le jardin à scènes paysagères du vivant du mécène à
l'occasion de projections d'images issues des Archives
de la Planète. C’est suite à la ruine du banquier et au
rachat du domaine par le département de la Seine en
1936 que le jardin est ouvert au public.

14
Le travail des jardiniers
Albert Kahn veille attentivement à la conception et à
l’entretien de son jardin. Il est présent lors des
aménagements et choisit lui-même l’emplacement des
végétaux à planter. Le banquier ne recule devant aucune
dépense pour la réalisation et l’entretien de son jardin. Il
fait également appel aux pépinières les plus réputées pour
s’approvisionner en essences horticoles.

De 1895 à 1920, le domaine d’Albert Kahn est constamment


en travaux afin de réaliser sa vision d’un jardin-monde.
Les techniques mises en œuvre sont spectaculaires :
démolitions, creusements, terrassements, nivellement,
apport de terre et de roches, plantation de végétaux de
taille impressionnante et même parfois transplantation.
C’est le cas du marronnier planté dans la forêt bleue. Ce
dernier a fait l’objet d’un déplacement vers 1911, alors que
l’arbre avait un âge déjà avancé. A grand renfort de
creusement de tranchée circulaire à sa base, haubanage,
sectionnement de ses racines, motte de terre cerclée de
planches arrimées par des colliers de métal, formant ainsi le
bac qui a permis à l’arbre d’être déplacé sur des rondins de
bois jusqu’à son emplacement actuel.

Albert Kahn confie la direction de son jardin entre 1900 et


1927 à Louis Picart qui dirige entre douze et vingt jardiniers.
Leurs tâches sont souvent spécialisées : vivaces, rosiers,
serre, fauche, entretien du jardin japonais…
Page de gauche :
‣ vue aérienne du jardin du musée départemental Albert-Kahn ©CD92

Page de droite :
‣ Anonyme, transplantation du marronier, photographie noir & blanc,
fin année 1920, 12 x 9cm, I396
‣ Auguste Léon, Propriété d’ Albert Kahn , Boulogne , France, composition
florale constituée de chrysanthèmes , dans une des serres adjacentes au
jardin d’hiver 1910, autochrome, 9 x 12cm, B46

Focus sur :
La chrysanthèmania
Le début du 20ème siècle et la mondialisation du marché
des fleurs marquent l’accélération du goût pour
l'horticulture : les sociétés horticoles se multiplient tout
comme les expositions de fleurs. En plein courant
japonisant, le chrysanthème tient une place de choix
dans les fleurs à la mode. De nombreux concours lui sont
consacrés auxquels participe Wasuke Hata, jardinier
japonais embauché par le banquier pour superviser
l’aménagement du village japonais.

« Fleur d’or », emblème de l’empereur du Japon,


le chrysanthème est le symbole de la longévité et
également la fleur préférée d’Albert Kahn. Ce dernier fait
cultiver des chrysanthèmes dans les serres jouxtant le
jardin d’hiver. Les essences en pot sont ensuite exposées
dans le village japonais.

Profitant de l’expertise de plusieurs maîtres japonais, le


jardin d’Albert Kahn permet de conserver des techniques
horticoles importées du Japon comme la création de
topiaires de chrysanthèmes qui, par leur taille, donne un
aspect monumental à ces « fleurs d’or ».
15
Un jardin à scènes paysagères

1895 : Jardin français et


verger-roseraie
Imaginé par les paysagistes Henri et Achille Duchêne, le jardin
« à la française » est constitué de deux ensembles :
un tapis vert central, encadré de quatre parterres fleuris
monochromes, fait face au jardin d’hiver. Deux rangées
d’arbres taillés en rideau et une ligne de fruitiers le ceinturent.
Dans le verger-roseraie, les arbres fruitiers, « sculptés » puis
laissés libres, s’y ordonnent symétriquement le long d’un axe
ponctué d’arceaux ornés de rosiers, transformant ce jardin
d’utilité en verger d’agrément.

1895 : Jardin anglais


Parfois nommé « le parc » au temps d’Albert Kahn, le jardin
anglais a été aménagé en même temps que le jardin français. 1898 - 1899 : forêt bleue
Sur un terrain légèrement modelé, les essences semblent La forêt bleue dont le nom se réfère à la couleur des arbres
s'épanouir librement sur les abords de la scènes laissant la constituant (cèdres de l’Atlas et épicéas du Colorado) sert
l'espace central libre. Leur implantation guide le regard vers d’écrin à une clairière et un marais. Au pied des grands arbres,
les éléments construits de la composition, dits « fabriques », une multitude de végétaux transforme ces lieux au fil des
dont ne subsistent aujourd’hui qu’un cottage, une rocaille et saisons. Toutefois ce sont les azalées et les rhododendrons,
un puits. Une laiterie et une volière ont disparu. par leur éclatante floraison, qui forment un saisissant
Le jardin anglais se distingue à l'automne par le flamboiement spectacle de sous-bois coloré. Les plantes provenant de
des feuillages et au printemps par son tapis de fleuraison divers continents, ici rassemblées, font écho au projet si cher à
constitué notamment de primevères, jonquilles et fritillaires. Albert Kahn d’un monde réconcilié.

1897 : village japonais


En pleine ferveur japonisante, Albert Kahn aménage ce jardin
au retour d’un voyage au Japon où il a acquis et rapporté
deux pavillons traditionnels remontés dans son domaine à
Boulogne. Dans un souci d’authenticité, il engage des artisans
japonais et fait importer des végétaux ainsi qu’une collection
de bonsaïs.
Cet ensemble bâti est complété par une pagode, qui brûle
en 1953, et un pavillon de thé, remplacé en 1966. Entouré
d’un jardin, ce dernier est isolé et légèrement surélevé, afin
d’évoquer le calme des ermitages de montagne, propice à la
méditation et aux cérémonies de thé.

Page de gauche :
‣ Auguste Léon, Propriété d’ Albert Kahn , Boulogne , France, le jardin français et la serre ,
vus depuis le parterre sud-est, 1911, autochrome, 9 x 12cm, B53
‣ Georges Chevalier, Propriété d’ Albert Kahn , Boulogne , France, parterres d’ azalées en
fleurs au coeur de la forêt bleue 1915, autochrome, 12 x 9cm, B501

Page de droite :
‣ Auguste Léon, Propriété d’ Albert Kahn , Boulogne , France, scène de sous-bois valloné
dans la forêt vosgienne 1915, autochrome, 12 x 9cm, B470
‣ abeille ©CD92

16
1899 : forêt dorée 1908-1909, jardin alpin
Constituée d’épicéas et de bouleaux (donnant par leur teinte En 1908-1909, Albert Kahn retourne au Japon lors d’un voyage
jaune le nom de cette scène paysagère) ainsi que d’une autour du monde. A son retour, il imagine un « sanctuaire
prairie composée de fleurs sauvages annuelles et vivaces, la miniature » ponctué de souvenirs de ses visites : torii, façade
forêt dorée contraste par sa simplicité et son abondance de de temple rappelant probablement celle du Kiyomizu-dera à
couleurs avec la rigueur des parterres monochromes du jardin Kyōto, sō-rintō et réplique du pont rouge de Nikkō.
français. Comme dans la nature, cette clairière constitue une Cet espace ainsi qu’un jardin alpin (dit « chinois ») ont
transition entre les plaines basses évoquées par le marais de la aujourd’hui disparu, remplacés en 1988-1990 par une création
forêt bleue et les forêts montagnardes de conifères qu’illustre contemporaine du paysagiste Fumiaki Takano. Il ne subsiste
la forêt vosgienne. de ce jardin que les deux ponts, le grand cèdre de l’Himalaya
et le hêtre pleureur.

Le jardin aujourd’hui
Après la faillite du banquier, le domaine est ouvert comme
jardin public en 1937.
A la mort d’Albert Kahn, ce lieu si singulier voit sa physionomie
évoluer au cours des décennies. En 1988, sa restauration est
lancée. L’analyse détaillée des autochromes et des archives,
mémoire de son histoire, permet d’en saisir les subtilités
d’organisation et d’en déchiffrer la palette végétale. Les
variétés d’origine sont recherchées, de nouvelles techniques
appliquées, les jardiniers sont formés.
Une gestion différée est adoptée : les interventions sont
méticuleusement adaptées à chaque scène paysagère, qui
respectent l’équilibre général de la composition et une bonne
lisibilité des lieux. Grâce aux soins attentionnés d’une dizaine
de jardiniers, le jardin retrouve son âme et s’ouvre à une
gestion écologique, respectueuse de la planète.
2006 marque l’arrêt définitif des pesticides et une volonté de
poursuivre de constantes améliorations, sous le contrôle du
label EVE (Espace Vegetal Ecologique) délivré par
Ecocert.

1897 – 1918, la forêt vosgienne


Cette scène évoque les Vosges du Sud par ses conifères et
feuillus complétés en strate basse par un éboulis rocheux et
du lierre et fougères. À l’époque, roches et arbres de belle
taille ont été transportés des Vosges par trains, nécessitant
pour leur installation l'abaissement des fils électriques du
quartier !
Suite à la tempête de 1999, un nouvel aménagement est
créé pour suggérer les Vosges alsaciennes où grandit Albert
Kahn. Des pins y surplombent des blocs de grès rose cassants
contrastant avec la douceur du versant lorrain.

17
Un jardin de société
Des invités privilégiés
Contrairement aux usages des élites de son temps,
Albert Kahn est une personnalité discrète et a une
aversion pour les mondanités. Mais il lui arrive de
recevoir quelques invités choisis, qui ont le privilège
d’être guidés par lui-même, comme les membres de
l’aristocratique Société des amateurs de jardins qui y
sont reçus à plusieurs reprises.
L’un des hôtels particuliers du banquier implanté du côté
de la Seine est mis à disposition de la société Autour
du Monde, créée en 1906. Cette société, formée par les
anciens boursiers et dont le banquier est le président
d’honneur, est conçue comme un cercle d’influence.
Elle concrétise le projet d’Albert Kahn de créer un lieu
où des personnalités du monde entier, qui partagent
une vision internationaliste et pacifiste, puissent se
rencontrer de façon informelle. Le règlement du cercle
précise que les membres et leurs invités peuvent se
promener dans le jardin les dimanches après-midi. Ce
dernier suscite rapidement la curiosité et acquièrent la
réputation d’être un lieu d’exception.

Ainsi, le jardin à scènes paysagères conçu par Albert


Kahn est à la fois l’écrin de conversations mais aussi
un outil d’influence autour du projet de dialogue entre
les peuples auquel le banquier philanthrope adhère et
apporte son concours.

Les jardins en images


Boulogne de 1910 à 1950 Cap Martin de 1912 à 1930

Films : Films :
141 séquences filmées, soit 130 bobines, soit 2 heures 28 51 séquences filmées, soit 41 bobines, correspondant à 4
minutes (sauf Comandon) heures 41 minutes
Technique : films en noir et blanc, films couleur au procédé Technique : films en noir et blanc, films couleur au procédé
Keller-Dorian Keller-Dorian, films teintés,
Support : Nitrate, 35mm Support : Nitrate, 35mm
Opérateurs : Lucien Le Saint ; Georges Thibaud ; Mariel Opérateurs : Camille Sauvageot ; Roger Dumas ; Georges
Brunhes ; Camille Sauvageot ; Opérateur non mentionné Thibaud ; Opérateur non mentionné

Le sujet le plus filmé est le jardin japonais (52 séquences) Ce sont principalement les visites des invitées qui sont
filmées ainsi que quelques essais (panchromatique,
Photographies : couleur, surimpression) et quelques travaux dans les
1740 plaques avec légende d’époque jardins. Les jardins sont très peu filmés pour eux-mêmes.
703 plaques avec légende réattribuée
Techniques : plaques autochromes Photographies :
Principaux opérateurs : Auguste Léon (1263 plaques), Environ 2000 plaques autochromes avec légendes
Georges Chevalier (273), Roger Dumas (110) d’époque.
Techniques : plaques autochromes
Le sujet le plus représenté et la forêt bleue et le marais Principaux opérateurs : Auguste Léon, Roger Dumas,
(458 plaques) suivi du jardin japonais (397) et de la roseraie Camille Sauvageot
(341)
18
Focus sur :
La fleur à la boutonnière
Lors de leur venue au sein des propriétés d’Albert Kahn,
il n’est pas rare qu’il soit proposé aux hôtes du banquier
de conclure une séance de projection des Archives de la
Planète par une visite du jardin puis une séance de pose.
La plupart des portraits sont alors réalisé dans le studio
photographique aménagé au sein du domaine
boulonnais pour constituer une galerie de la société du
début 20ème. Y défilent sur un même fond de velours vert
des personnalités issues du monde des sciences, des arts,
de l’industrie et de la scène politique comme de
l’aristocratie. Ces images sont réalisées principalement
par Georges Chevalier et Auguste Léon, tous deux
opérateurs pour les Archives de la Planète et amenés
à photographier régulièrement le jardin de Boulogne.
On peut apercevoir occasionnellement une fleur orner
la tenue des invités, preuve fraîchement cueillie de leur
passage par le jardin.
Parallèlement aux portraits de studio, certains invités
du banquier philanthrope sont également mis en scène
directement au sein du jardin. Dans ces images à la
composition plus libre, les jeunes filles posent au milieu
de la roseraie ou dans la forêt bleue où leur posture
gracile répond à la verticalité des essences végétales
mise en scène avec soin dans les scènes paysagères.

La pose au jardin
Les visites des notables étaient souvent photographiées
ou filmées. Les politiques constituent le groupe le plus
important a avoir été filmés, suivi par les scientifiques, les
religieux et les militaires. Le cadre choisi est souvent le
jardin japonais, soit le village, soit le sanctuaire ;
la roseraie, la forêt bleue et le marais sont plus rarement
élus. Aucun film ne semble tourné dans la scène anglaise
ni la forêt vosgienne. Les prises de vue sont
généralement filmées de surplomb par l’opérateur.

Les opérateurs semblent avoir reçu des indications


précises pour la prise de vue, en particulier celle
d’éviter de montrer Kahn, soucieux de ne pas apparaître
à l'image. De plus, le comportement du maître des lieux
varie en fonction de l’importance sociale des invités, de
leur sexe et leur proximité amicale avec le banquier. Une
rare prise de vue tournée en 1922, le montre se laisser
filmer pendant une longue séquence, discutant avec
Madame Ferit Bey, épouse d’un diplomate turc.
Lors de la visite de souverains ou de personnalités
Page de gauche :
éminentes, Albert Kahn fait lui-même la visite de son ‣ Anonyme, Boulogne, France, Propriété d’Albert Kahn, jeunes femmes
jardin, offrant presque systématiquement une fleur aux dans la forêt bleue, 1910, autochrome, 9x12cm, A72019
‣ Roger Dumas, Cap Martin , France, fillette japonaise
dames. Ainsi, en 1924, la reine Elisabeth de Belgique est (la petite Motono ?) invitée dans la propriété d’ Albert Kahn,
photographiée avec une rose cueillie à l'occasion de sa 1930,autochrome, 9x12cm, C1278

visite du jardin de Boulogne. Page de droite :


‣ Anonyme, Mademoiselle Marie-Yvonne von Schoen
dans le verger-roseraie, non loin du jardin japonais, 1914, autochrome,
12x9 cm, B1783X
‣ Georges Chevalier, Propriété d’ Albert Kahn , Boulogne , France
Madame Rot, 1934, autochrome, 12x9 cm, A66500

19
le végétal dans les Archives de
la Planète

Les origines végétales de la


collection
Au sein des Archives de la Planète, les plantes ne sont
pas simplement représentées, elles font également
partie de la nature même des images. Les films comme
les autochromes sont en effet fabriqués à partir de
substances végétales.
Le composant des pellicules de films est le nitrate de
cellulose. Connu pour son caractère inflammable, ce
polymère est obtenu par traitement chimique de la
cellulose, molécule présente notamment dans le coton.
Quant aux autochromes, elles sont constituées
d’une couche photosensible associée à une surface
composée de milliers de grains de fécule de pomme de
terre teintés en trois couleurs (vert, rouge orangé et bleu
violet) qui agissent comme un écran et permettent de L’intérêt des paysages
capter et filtrer la couleur contenue dans la lumière. Leur
matérialité granulaire donne un aspect pictural révélé L’importance du motif végétal et botanique dans les
par le rétroéclairage de ces plaques de verre destinées à Archives de la Planète n’est pas le seul reflet du goût
la projection. d’Albert Kahn. Ce serait oublier l’importance de Jean
Brunhes, nommé directeur scientifique en 1912 pour
mener à bien ce projet de documentation visuelle.
Jean Brunhes reste fidèle à la pensée de son
mentor Paul Vidal de la Blache en s’intéressant
non pas uniquement aux plantes mais également à
l’environnement dans lequel elles s’épanouissent.
Ainsi, le directeur scientifique des Archives de la
Planète conseille aux opérateurs d’embrasser un
paysage dans son ensemble afin d’en percevoir les
principes structurants et de ne pas s’attarder sur les
détails botaniques. Les prairies, les forêts ou la lande
constituent alors des unités qui s’additionnent à d’autres
composants et phénomènes terrestres pour constituer
un tableau géographique.
L’analyse des images de nos collections permet
de mieux saisir le statut du monde végétal dans la
géographie humaine conçue par Brunhes. En effet,
l’immense majorité des vues comportant de la
végétation s’inscrit dans un cadre civilisé. Hormis un
corpus conséquent d’autochromes sur les paysages de
montagne réalisé par Frédéric Gadmer en 1921 dans les
Alpes, les vues d’une nature « vierge » ne constituent
pas d’ensemble consistants dans les Archives de la
Planète. Jean Brunhes décrit l’interaction entre l’homme
et son milieu comme une « conquête végétale » et une
« économie destructive » (Ethnographie et géographie
humaine dans L’ethnographie (bulletin), Société
d’ethnographie de Paris, 1er janvier 1913).

20
Cultiver la terre
Les centaines d’autochromes et dizaines de films
attestant des savoir-faire agricoles et de leurs
transformations sur la surface terrestre constituent un
sujet primordial dans les Archives de la Planète.
Des champs de betteraves du Val d’Oise aux rizières
japonaises, des vignobles de Saint-Emilion aux
palmiers à huiles du Dahomey, des jardins ouvriers
parisiens aux champs de canne à sucre égyptienne,
les images rapportées par les opérateurs illustrent
l’uniformisation des techniques agraires. On constate
en effet une diminution de la variété des « teintes » de
ce type de paysage au profit de grandes zones
étendues et simplifiées. La modernisation des
procédés agricoles (chimisation et mécanisation) au
tournant du 20ème siècle optimisent la productivité
des cultures végétales et offrent la possibilité d’une
exploitation plus vaste, pour un rendement plus
important. Le remplacement progressif de la charrue
à bœuf par le tracteur à moteur est visible dans les
Archives de la Planète dont la mission est à la fois de
consigner un monde qui disparaît mais aussi de
montrer les progrès de l’humanité.
Page de gauche :
‣ Georges Chevalier, Près d’ Autun , France, panorama depuis les hauteurs du sud de la
ville sur la route de la Chicolle et de Montjeu, 1916, autochrome, 9x12cm, A9431
‣ Roger Dumas, Vallée de Gorbio , Alpes-Maritimes , France, arbre en fleurs sur une pente
terrassée , dominant la vallée, 1929, autochrome, 12x9cm, A69515X

Page de droite :
‣ Stéphane Passet, Guermantes , France, autochrome, 12x9cm, A64803
‣ Stéphane Passet, Sarcelles-Saint-Brice , France 1930, autochrome, 12x9cm, A64628
‣ Frédéric Gadmer, Environs de Sfax , Tunisie Vue panoramique sur les oliveraies prise du
point de vue géodésique (vers le nord-ouest), 1931, autochrome, 9x12cm, A65592S
‣ Frédéric Gadmer, Jebiniana , Environs de Sfax , Tunisie Vieux oliviers dans une plantation
(culture arabe) 1931, autochrome, 9x12cm, A65508S

Focus sur :
l’agriculture dans les colonies,
le cas de la Tunisie
Jean Brunhes, fort de ses travaux sur l’irrigation, entre
à l’Institut colonial international en 1903, plateforme
d’échanges et d’études comparatives des procédés
coloniaux des différentes puissances occidentales.
Le géographe se montre très attentif à l’essor de la
productivité agricole des colonies et notamment de la
Tunisie. Brunhes préconise la culture d’arbres
fruitiers, de lin, de vignes et d’oliviers dans la colonie et
ce, en tirant profit des avantages topographiques des
différents lieux de productions agricoles. La culture
oléagineuse, dont Jean Brunhes souligne le caractère
« antique » et qui fut « la seule qui n’ait en rien déçu les
espérances des colons », résonne avec les
Archives de la Planète. En effet, lorsque l’on observe
les autochromes prises en Tunisie, une série de 25
images nous montre l’immense oliveraie de Sfax, à
travers des vues rapprochées d’arbres jeunes et
anciens, ainsi que des vues d’ensemble.
Le même jour, Frédéric Gadmer photographie le
square Paul Bourde et son monument éponyme, érigé
en hommage à l’administrateur colonial ayant implanté
la culture de l’olive dans la région. Ces clichés
répondent aux espérances colonialistes de Brunhes, et
peut-être aussi à la venue de l’administateur colonial à
la Société Autour du Monde, en 1907 et en 1913.
21
Passeur d’images :
Dr. Jean Comandon
Au sein du corpus d’images que constituent les Archives de la Planète se trouve une série
de films réalisée par le docteur Jean Comandon, pionnier de la microcinématographie. En
effet, le scientifique est le premier homme a avoir enregistré les phénomènes de la vie à
travers un microscope. Ces images, inédites à l’époque, nous fascinent encore aujourd’hui
par leur contenu à la fois scientifique et esthétique, parfois proche de l’abstraction.

L’inventeur du cinéma
scientifique
Jean Comandon (1877 – 1970) fut à la fois chercheur
en laboratoire, cinéaste hors pair et conférencier
captivant. Il occupa également la direction du Service de
cinématographie technique à la Direction générale de la
recherche et de l’innovation.

Mû par l’envie de populariser et de diffuser plus


largement la science grâce aux techniques du cinéma,
il déploya tout un arsenal technique pour détecter
l’infiniment petit, l’observer, mieux le comprendre et
le rendre visible au plus grand nombre. Pour ce faire,
il associa les possibilités techniques du cinéma aux
technologies scientifiques du microscope ou de la
radiographie. Il décomposa notamment le mouvement
de cellules animales grâce à des caméras couplées à des
microscopes.
En 1908, Jean Comandon invente la microphotographie.
Avant lui, le docteur Alfred Donné (1801-1878) et le le laboratoire de biologie
physicien Léon Foucault (1819-1868) avaient mis au 19 films dans la collection, dont 5 portent sur la
point, dès 1840, un microscope daguerréotype qui leur thématique végétale :
avait permis d’éditer en 1844 un Atlas complémentaire "La Germination du pollen" (1911) [Production
au Cours de microscopie proposant 86 figures. Pathé],
"Phagocytose de grains d’amidon" (1931),
La démarche du docteur Comandon se détache de "Mouvements des végétaux" (1929),
ses prédécesseurs par le recours au cinéma dans un "Germination de graines" (1931).
but scientifique. Il était convaincu, comme Albert "Épanouissement de quelques fleurs"
Kahn, que les images pouvaient favoriser la diffusion [Production Pathé], réalisé par Emile Labrély.
des connaissances. Une véritable pédagogie était
adoptée pour faire comprendre les transformations à Nombre de bobines originales référencées
l'oeuvre. Chaque tournage était précédé de la rédaction (positives et négatives) : 25
d'un véritable script et les prises de vue étaient Support : Nitrate ; Safety
accompagnées de cartons détaillant les étapes et la Format : 35mm
temporalité des phénomènes observés. Couleur/NB : films en noir et blanc, films teintés,
film colorié pour Labrély
Ses archives de films (plus de 400) sont conservées Opérateurs : Jean Comandon ; Pierre de
par l’Institut Pasteur, et 19 font parties de la collection Fonbrune
des Archives de la Planète, conservées au musée Dates : 1928-1931
départemental Albert-Kahn. Typologies de films : films scientifiques,
microcinématographie, time-lapses

Projections de films : 546 projections film se sont


déroulées à Boulogne entre 1921 et 1935

22
Focus sur :
Epanouissement de quelques fleurs
Selon les registres de projection, le film
Epanouissement de quelques fleurs a été projeté
près de 200 fois par Albert Kahn entre 1921 et 1935,
ce qui en fait le film le plus montré à Boulogne à
cette époque. Son attrait réside dans l'usage de la
technique du time lapse allié au procédé de
coloriage. Le time lapse est un système de
déclenchement automatique permettant d’obtenir,
à intervalles réguliers, des photogrammes rendant
visibles des mouvements imperceptibles à l’œil nu
tels que la germination, croissance, floraison, etc.
Au fil de la projection, on découvre, tel un herbier
cinématographique, séquence après séquence,
l’éclosion d’une sélection de fleurs : campanule,
pied d’alouette, butome, chèvrefeuille, pétunia,
weigelia, iris et pivoine.
Au-delà de sa qualité scientifique, le film offre un
spectacle fascinant. Les fleurs en couleurs, au lieu
d’être filmées dans leur milieu naturel, jaillissent
d’un fond noir, qui permet de saisir complètement le
regard du spectateur.
Epanouissement de quelques fleurs conjugue
l’informatif et l’esthétique. Il incarne la démarche
d'Albert Kahn lors de ses projections : séduire par la
L’oeuvre de Comandon dans beauté des images tout en instruisant son auditoire.
les Archives de la Planète
Le banquier achète en 1920 cinq de ses films. Ce corpus
d’images originales témoigne de l’intérêt d’Albert Kahn
pour l’étude de la vie dans toute sa diversité.

En novembre 1927, Albert Kahn fait installer sur son


domaine à Boulogne un laboratoire scientifique afin
que le docteur et son assistant Jean de Fonbrune
s’y installent et y mènent leurs expérimentations. Le
bâtiment mis à disposition par le banquier accueille
deux studios de prise de vues : l’un est équipé
d’un dispositif filmique pour mettre en évidence la
croissance des végétaux, l’autre d’un dispositif de
microcinématographie pour enregistrer l’infiniment
petit. L’aménagement nécessite des mois d’installation.
Le matériel est sophistiqué et très coûteux.
De 1928 à 1931, dix-sept films sont réalisés dans le
laboratoire de Boulogne à l'aide de la caméra conçue
par Emile Labrely, un ancien collaborateur de chez Pathé
et la société Debrie. Ce corpus d’images animées ajoute
au projet des Archives de la Planète une singularité
étonnante, tout en restant fidèle à ses ambitions :
enregistrer la vie sous toutes ses formes, pour tenter de
la comprendre. L’entreprise est ainsi autant scientifique
que poétique. L’objectif est de fixer le vivant sur la
pellicule pour garder sa trace, qui nous échappe autant
qu’elle nous fascine. Page de gauche :
‣ Anonyme, installation du laboratoire du docteur Jean Comandon à
Boulogne sur seine, ©CNRS Photothèque / Fonds historique
Les difficultés financières obligent le banquier à mettre Page de droite :
un terme à cette activité en 1932. Jean Comandon, après ‣ Auguste Léon, Propriété d’ Albert Kahn , Boulogne , France,
avoir racheté les équipements, poursuit son œuvre de le docteur Jean Comandon , 1920, autochrome, 12x9cm, A22736
‣ Jean Comandon et Emile Labrély, Epanouissement de quelques fleurs,
biologiste cinéaste à l’Institut Pasteur. 1919, film 35mm, nitrate coloré, I140113
23
Page suivante :
‣Roger Dumas, Cap Martin , France 1930, autochrome,
12*9cm, inv.C1332
24
Natures Vivantes
Passeurs d’images :
Almudena Romero

Avec son projet photographique The Pigment Change, la photographe espagnole


Almudena Romero explore les spécificités photosensibles des végétaux pour produire de
nouvelles images.

Photographie végétale
Almudena Romero s’intéresse aux liens qui unissent
la photographie, la société et la nature. Sa recherche
témoigne d’une conscience écologique et d'une réflexion
sur l’injonction à la productivité imposée aux artistes. Son
travail rentre en résonnance avec la démarche du musée
départemental Albert-Kahn, soucieux de déployer une action
plus éco-responsable quant à la conservation et la valorisation
de ses collections. A l’occasion de l’exposition Natures
Vivantes, quatre de ses œuvres seront exposées. Almudena
Romero sera également en résidence au sein du musée au
cours de l’automne 2024.

Débarrassé de toute utilisation de chimie, le travail de


l’artiste repose uniquement sur les caractéristiques propres
à la chlorophylle des espèces végétales qu’elle utilise. Par
le contrôle de la longueur d’onde de la lumière, des durées
d’exposition et des zones de projection, l’image souhaitée
apparaît au grès de la croissance des végétaux ou de la
photosensibilité des feuilles avant de disparaître lorsque les
végétaux fanent.
Par sa pratique, l’artiste rend hommage aux premières
techniques photographiques où le végétal tenait une place
centrale et explore de nouvelles techniques de création
organique, où le végétal n’est plus sujet mais support. Elle
transforme le végétal en matière photographique et crée ainsi
des images-objets hybrides, où le support photographique
peut être à la fois sujet et matière.

Page de gauche :
‣ Almudena Romero, Family Identity, de la série Family Album, The Picture
Change, photographie sur panneau de cresson, 145x90cm, 2020

Page de droite :
‣ Almudena Romero, Pittosporum V, Studies on my grandma’s garden, de la
série The Act of Producing, The Picture Change, photographie imprimée sur
une feuille de pittosporum, figée dans une résine végétale, 20x20cm, 2021

‣ Almudena Romero, Pittosporum X, Studies on my grandma’s garden, de la


série The Act of Producing, The Picture Change, photographie imprimée sur
une feuille de pittosporum, figée dans une résine végétale, 20x20cm, 2023

‣ Almudena Romero, Faire une photo The Picture Change, photographie sur
panneau de cresson, 145x90cm, 2020

26
Almudena Romero
une artiste en résidence
Almudena Romero est une artiste plasticienne née en
1986 à Madrid, qui vit et travaille à Londres. Elle est
diplômée d’un troisième cycle en art, design et
communication et titulaire d’une maîtrise en
photographie de l’Université des Arts de Londres.
Elle est membre de l’Académie de l’enseignement
supérieur britannique et a enseigné en 2020 comme
professeure de photographie dans le cadre du
programme d’études à l’étranger de l’université de
The Pigment Change Stanford à Florence.

Le projet The Pigment Change se décline en 4 chapitres : Son travail a été exposé notamment à la Tate Modern
The Act of Producing, Family Album, Offspring et Faire une - TATE Exchange, à la London Art Fair, au Tsinghua Art
photographie. Chaque chapitre est l’occasion d’explorer les Museum, au Cent-Quatre Paris, à Unseen Amsterdam ou
caractéristiques photographiques présentes dans les plantes à la Fundacion Mapfre. En 2021, elle est nominée pour le
tels que la photopériodicité, le photoblanchiment ou encore la Prix Pictet et est lauréate de la dixième résidence BMW à
photosynthèse. Gobelins, l’école de l’image.

Ainsi les séries the Act of Producing et Family Album sont Dans le cadre de l’exposition temporaire Natures
les résultats de l’action blanchissante de la lumière du soleil Vivantes, le musée accueille Almudena Romero en
sur les pigments de chlorophylle d’un végétal sur lequel a résidence du 25 septembre au 3 novembre 2024. Pour
été apposé un négatif. Les plantes, exposées à des quantités l’occasion, un laboratoire d’expérimentation est installé
variables de rayons lumineux, vont alors changer de couleur et dans l’écrin du jardin du musée ou l’artiste mène des
révéler l'image à partir du négatif. ateliers auprès des publics sur cette technique
d’impression végétale : initiation à la camera obscura,
Dans Act of Producing, la photographe s’interroge sur le rôle à l’anthotype et au photogramme.
de l’artiste dans le contexte de crise écologique et offre une
alternative à la pression productiviste et capitaliste de l’art
en produisant ses images sans créer de nouvelle matière,
directement sur les végétaux.. Elle fige ainsi l’image de ses
propres mains – outil de création et de production – sur
différentes feuilles.

Family Album présente les archives familiales d’Almudena


Romero, dont les négatifs ont été projetés sur des panneaux
de culture de cresson pour faire pousser des tirages
photographiques éphémères, intrinsèquement liés au
cycle de vie des plantes. Une façon d’interroger le rapport
qu’entretiennent l’art et la nature ainsi que la notion d’archive
et d’héritage inhérente à la pratique photographique.

Tandis que le chapitre Offspring, en documentant les


stratégies de reproduction des plantes, ouvre un espace de
réflexion sur la reproduction et l’injonction à la parentalité à
laquelle sont soumises les femmes.

Pour le dernier chapitre de son projet, Faire une photo,


Almudena imagine un dispositif où la plante joue le rôle
performatif et crée la photographie. Pour ce faire, l’artiste
s’en remet au principe de photopériodicité, un mécanisme
par lequel les plantes s’adaptent aux variations saisonnières
de la lumière (réduction de la luminosité à l’automne et à
l’inverse augmentation des rayons UV au printemps). Ce
phénomène se manifeste par la variation colorimétrique
des feuilles des plantes du vert au jaune et inversement.

27
Exposition temporaire...
Natures Vivantes
images et imaginaires des jardins
d’Albert Kahn
Exposition temporaire du 30 avril au 31 décembre 2024

Nouveau regard sur les jardins L’exposition est en prise avec le monde d’aujourd’hui,
en particulier dans le contexte de notre vulnérabilité
environnementale. L’attention au monde végétal est traversée
Après un premier cycle d’expositions consacré au voyage par les questions de conservation et de disparition. De Cap
(exposition inaugurale Autour du Monde, puis Rio-Buenos Martin à Boulogne, les images des jardins ont autant une
Aires 1909), le musée départemental Albert-Kahn poursuit valeur de mémoire que de tuteur pour l’entretien et les
sa déclinaison des « fondamentaux » du projet du banquier restaurations du jardin du musée.
philanthrope. L’intérêt pour le vivant du pionnier de la cinématographie
Sur une proposition de l’historienne de l’art Luce Lebart - scientifique Jean Comandon tout comme celui que portent
commissaire d’exposition invitée par le musée -, l’exposition Kahn et ses contemporains à la sensibilité, à l’intelligence
Natures vivantes, images et imaginaires des jardins d’Albert et aux émotions des plantes résonnent avec les travaux de
Kahn met en valeur la passion d’Albert Kahn pour le végétal scientifiques, de poètes et de philosophes contemporains.
au travers la présentation de près de 200 autochromes issues
des collections du musée, ainsi que des films, documents Signée Studio Matters, la scénographie propose un parcours
d’archives et œuvres historiques comme contemporaines, en forme de déambulation dans un jardin imaginaire. Elle nous
incluant les créations d’artistes invités. emmène d’un univers sombre vers des espaces de plus en
plus lumineux et ouverts sur le jardin, depuis le jardin disparu
L’exposition Natures vivantes met au cœur de son propos la de Cap-Martin jusqu’à celui de Boulogne aujourd’hui.
passion d’Albert Kahn pour le végétal et ses représentations.
Ainsi dans la première moitié du 20ème siècle, science, Le parcours famille intégré au parcours général d’exposition,
cinéma, couleur et poésie se croisent dans un contexte de offre des clés de compréhension accessibles au jeune public
développement de la pratique de l’horticulture et du goût et des dispositifs permettant une découverte ludique des
pour le jardin. En écho aux images des collections du musée collections.
départemental Albert-Kahn, des documents historiques ainsi
que des créations d’artistes contemporains réalisées avec et
dans le jardin du musée prolongent les expérimentations, tant
formelles que techniques et esthétiques, imaginées au cœur
des jardins d’Albert Kahn.

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Page de gauche et de droite :
‣ vue de l'exposition "Natures Vivantes" ©CD92, [Link]
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1 / Souvenir d’un jardin
disparu
Entre 1897 et 1925, Albert Kahn fait l’acquisition de quatorze
parcelles de terrain sur la péninsule de Cap-Martin entre
Menton et Monaco. Il y implante un jardin de sept hectares
autour de trois villas. Près de 2220 autochromes y sont
produites entre 1910 et 1930. Les images témoignent aussi
du séjour d’étudiants internationaux, d’invités de prestiges,
ainsi que du peintre Mathurin Méheut qui s’en inspira.
Festival de formes et de couleurs, Cap-Martin accueillit la
fine fleur de l’horticulture de l’époque que l’on sait éblouie
par ces jardins dit mexicains, africains ou encore brésiliens.

2 / jardinier, photographier,
filmer
Parmi les milliers d’images fixes et animées des jardins de
Boulogne et de Cap-Martin, les images exaltent le
gigantisme des travaux, en particulier ceux de
transplantations. Elles dressent aussi des portraits des
jardiniers qui, travaillant à la main, le dos courbé vers la
terre, prennent soin du jardin. Les films et les photographies
noir et blanc capturent le travail en mouvement, tandis
que le temps de pose plus lent des autochromes est idéal
pour les portraits posés, tels ceux des jardiniers soldats qui
prennent la pose le temps d’une permission. Le jardin et ses
outils sont aussi des motifs fréquents au temps des
inventeurs de la photographie et du cinéma, d’Hippolyte
Bayard aux frères Lumière.

3 / Au théâtre du jardin
Collection d’essences provenant des quatre coins de la
planète, le jardin de Boulogne offre une métaphore
paysagère d’un monde en paix dans lequel dialoguent les
cultures. À partir de 1894, et durant plus de trente ans, cet
écrin s’élabore au fil d’acquisitions successives de Page de gauche :
‣ Anonyme, Propriété d’Albert Kahn, Boulogne, France
parcelles et au gré d’investissements considérables. Conçu , Mademoiselle Bonnet devant une fabrique du jardin
à l’origine sur le modèle des jardins dits « de scènes », il est japonais 1911, autochrome, 12x9cm, A264

la première grande œuvre du banquiers, en partie Page de droite :


autobiographique, tiré de ses voyages comme de son ‣ Terri Weifenbach, sans titre, 2024

enfance alsacienne.

Focus sur ...


L’affiche du jardin en 1937
En mars 1936, Albert Kahn, ruiné à la suite de la crise de 1929, cède son domaine
boulonnais au département de la Seine. Un an après la vente, parallèlement
à l’Exposition Universelle, organisé au Trocadéro, la visite du jardin, jusque-là
réservée à un réseau restreint, est ouverte au public contre un droit d’entrée de
3 francs.
Une affiche est créée pour l’occasion. Elle met en valeur deux scènes
paysagères du jardin aux styles horticoles très différents : le jardin japonais et
la forêt vosgienne. Ces deux scènes évoquent deux paysages chers au cœur
d’Albert Kahn : les Vosges où le banquier a grandi et le Japon dont il admirait la
culture. L’accent est mis sur la dimension spectaculaire de ce patrimoine
végétal. On y reconnait la ramure du grand cèdre de l’Atlas, l’arc du pont
japonais, un bonsaï en pot et le toit de la pagode, aujourd’hui disparue. Les
aplats de couleur, le cadrage décalé qui occulte une partie du sujet sans
distinction de plan et l’utilisation de la typographie relève d’un style japonisant.

La même année que l’édition de cette affiche, le réalisateur Max Ophuls utilise Anonyme, Affiche de l’ouverture du jardin de Boulogne
ces deux scènes paysagères pour le décor de son film Yoshiwara. au public, 1937, lithographie sur papier, AMD708

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4 / l'éclosion des couleurs 7 / En dialogue avec le jardin
et ses images
Les premières représentations photographiques de plantes L’attention et le soin portés au végétal, tout comme les
sont monochromes. Au temps des daguerréotypes, comme enjeux de préservation de la biodiversité, sont au cœur des
à l’heure des papiers albuminés monochromes, les fleurs, propositions d’artistes contemporains invités à élaborer ou
comme les visages, sont colorisés. La retouche permet de présenter une œuvre en dialogue avec le jardin de
restituer leur éclat et par là leur vitalité. Quelques décen- Boulogne. Un tour du marais avec la vidéo de Lia Giraud et
nies plus tard, le motif floral, tel celui du bouquet, deviendra les nymphéas de la pièce de Baptiste Rabichon et Fabrice
un sujet récurrent dans l’iconographie des pionniers de la Laroche ; un passage par les plantes photosensibles
photographie et du film couleur. d’Almudena Romero et nous revoilà dans la forêt
vosgienne, avec les compositions de Kristof Vrancken et de
Terri Weifenbach, qui renouent avec les natures vivantes
5 / Les plantes animées d’Albert Kahn.

Avec les techniques de l’agrandissement ou de l’accéléra-


tion, le cinématographe permet la manipulation du temps
et de l’espace. À la suite des expérimentations du botaniste
Wilhelm Pfeffer et du naturaliste Percy Smith, le docteur
Jean Comandon, amoureux de la nature et pionnier du
cinéma scientifique, invente dans les années 20 plusieurs
dispositifs permettant de rendre perceptibles des phé-
nomènes invisibles à l’œil nu. Avec la technique du « time
lapse », les végétaux sont filmés à très lente cadence mais
sur de longues durées : ils cessent d’être immobiles et
s’animent.

6 / Le laboratoire de la vie
Espace privé de délectation, le jardin de Boulogne n’en est
pas moins ouvert sur le monde. Véritable « jardin-société
», il accueille plusieurs des fondations d’Albert Kahn, dont
l’association des boursiers Autour du Monde ou les
Archives de la Planète. À l’été 1920, le physiologiste indien
et inventeur de la chronobiologie Sir Jagadish Chandra
Bose est invité au Cercle Autour du Monde. Il y expose
ses idées sur les émotions des plantes. Ses recherches
semblent avoir séduit Albert Kahn, adepte de la pensée
bergsonienne de « l’élan vital ». En 1927, le mécène
accueille à Boulogne le laboratoire de Jean Comandon,
après avoir acquis deux de ses films.

Focus sur ...


une oeuvre musicale pour les plantes
Mother Earth’s Plantasia, créée en 1976, est un disque rare et iconique signé
Morton S. Garson alias Mort Garson, pionnier de la musique électronique.
Réédité en juin 2019 par le label Scared Bones Records,
il est entièrement réalisé au synthétiseur Moog.
Plantasia offre une symphonie moderne dont les mélodies hypnotiques
se confondent avec des rythmiques classiques. Plus qu’une expérience musicale,
le disque commandé par la chaine de magasin Mother Eart Plant était distribué
gratuitement à la clientèle pour divertir ficus et autres plantes vertes.
Dans le contexte d’une nouvelle ère post-hippie californienne, une certaine
conscience écologique émerge. En 1975, La vie secrète des plantes écrit par
Peter Tompkins révèle que les végétaux seraient, comme tout autre être vivant,
sensibles aux ondes sonores générées par la musique. Si les résultats ne sont pas
immédiats, les protéines produites par les plantes pourraient être stimulées par
certaines fréquences sonores et ainsi mieux se développer, permettant aux
Mort Garson, Mother Earth's Plantasia, Sacred bones plantes de grandir plus vite et de mieux se défendre contre les nuisibles !
Records, pochette de vinyle, 2019

31
Page suivante :
‣ CD 92 / Olivier Ravoire
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l’offre pédagogique
Ateliers scolaires

Maternelle /
le jardin d’Albert Kahn
Albert Kahn concevait son jardin comme un ensemble Collège/
de tableaux, un mélange harmonieux de formes et de
couleurs. Après avoir visité l’exposition Natures vivantes
les plantes prennent la
et une partie du jardin, c’est au tour des élèves d’imaginer parole
leur scène paysagère, en utilisant la technique du frottage Au-delà de la fascination qu’elles inspiraient au début du
pour laisser l’empreinte des feuilles issues du jardin. Ils 20ème siècle, les images rassemblées par Albert Kahn et
devront placer sur leur feuille trois niveaux de végétation les plantes de ses jardins servaient de support au discours
: d’abord la strate haute avec les arbres. Puis, un niveau du banquier pacifiste.
intermédiaire composée entre autres d’arbustes. Et enfin, A l’aide d’un dossier documentaire et d’images, les élèves
la strate basse avec un parterre de végétation. écriront et enregistreront un texte illustrant ce que
pourrait être le point de vue des plantes sur les grandes
De la Petite à la Grande Section thématiques de l’exposition telle que la sensibilité des
1H30 plantes ou encore le développement durable. A eux
d’imaginer ce que la Nature a à nous dire !

De la 6ème à la 3ème
2H
Elémentaire /
ça tourne !
Revivez l’émerveillement des invités d’Albert Kahn devant
les images pionnières et poétiques de la Croissances
des végétaux et de l’Epanouissement de quelques fleurs
Rencontre Enseignants/
réalisées il y a un près d’un siècle par le docteur Jean Natures Vivantes
Comandon dans son laboratoire installé au cœur du
jardin. Après avoir visité l’exposition Natures Vivantes, la
classe s’initiera à l’une des premières techniques de mise Profitez d’un temps privilégié pour découvrir l'exposition
en mouvement des images : le zootrope ! Au cours d’un temporaire. Le temps d’une visite, découvrez les visites
ateliers et les ressources pédagogiques déployées de la
atelier, les élèves redonneront vie aux végétaux filmés.
Maternelle à la Terminale.
Du CP au CM2
1H30 le mercredi 22 mai, à 14h
Réservation : museekahn-scolaire@[Link]

Informations pratiques

Dates et horaires
Les lundis à partir de 13h30
Du mardi au vendredi à partir de 9h et l'après-midi dès
14h

Tarifs
40 € par classe
‣Auguste Léon,
(REP / REP+ / CLIS / ULIS : 15 €) Propriété d' Albert Kahn ,
Boulogne, France
Pont rouge enjambant un
Réservation ruisseau du « sanctuaire
japonais », 1912,
museekahn-scolaire@[Link] autochrome, 12x9 cm, B152

34
Accessibilité

Visite sensible
/
Livret Français Facile Des visites tactiles et sensorielles sont organisées une fois

/
par mois. Toucher, ouïe et odorat sont stimulés pour ces
visites ouvertes aux personnes en situation de handicap
et aux personnes valides.
Pour aller au musée, vous pouvez lire le guide Français
Facile.
Durée : 1 heure
Pour visiter le musée, vous pouvez demander le livret
Français Facile à l'accueil. Il est écrit grâce à l’UNAPEI 92.
Retrouvez les prochaines dates de visite
Pour visiter l'exposition temporaire "Natures Vivantes",
sur notre site internet
vous pouvez lire le guide Français Facile. Vous pouvez le
demander à l'accueil du musée. Il a été écrit avec l'aide du
centre d'accueil de jour Madeleine Vinet de l'UNAPEI à
Boulogne-Billancourt

Retrouvez les livrets Français Facile du


musée sur notre site internet

Les rendez-vous mensuels


/
Le musée vous propose des visites thématiques tous les

Rencontre Relais/ premiers mercredis du mois en compagnie d’une


médiatrice.
Natures Vivantes
Découvrez le musée dans des conditions privilégiées et
inédites le temps de visites et ateliers décalés.
Profitez d’un temps privilégié pour découvrir l'exposition
temporaire. Le temps d’une visite, découvrez les visites et Retrouvez les prochaines rendez-vous sur
les ressources déployées pour faciliter l'accessibilité de
notre site internet
l'exposition.

le mercredi 22 mai, à 14h


Réservation : accueilmak@[Link]

Informations pratiques

Dates et horaires
Les lundis à partir de 14h
Les mercredis et vendredis à partir de 15h

Tarifs
‣ Anonyme, visite guidée : 15 € / groupe
Propriété d'Albert les visites en autonomie sont gratuites
Kahn, Cap-Martin,
France, sans légende,
date inconnue, Réservation
autochrome, 9x12cm, accueilmak@[Link]
CQ124X

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Page suivante :
‣ Propriété d' Albert Kahn, Boulogne, France,
Intérieur du laboratoire des Archives de la Planète, 1922,
autochrome, 12x9 cm, A30740
36
Ressources
Les
ressources

Bibliographie
Autour du musée

— Albert Kahn, singulier et pluriel, Paris, Lienart ; Boulogne-


Billancourt, Albert-Kahn, musée et jardins départementaux /
Conseil général des Hauts-de-Seine, 2015.

— CŒURÉ Sophie, WORMS Frédéric, Henri Bergson et


Albert Kahn : correspondances, Strasbourg, Desmaret,
2003.

— LEBART Luce (sous la direction de), Natures Vivantes,


images et jardins d’Albert Kahn, Paris, Ateliers EXB, 2024. Nature & Végétal
— MARINONE Isabelle (sous la direction de), Un monde et
son double. Regards sur l’entreprise visuelle des Archives de — Arbres & arbustes: le guide des végétaux, Paris,
la Planète, 1919-1931, Perpignan, Presses universitaires de Horticolor, 2021
Perpignan / Institut Jean Vigo, coll. « Cinéma », 2019.
— The Pigment Change, Paris, éditions Fisheye, 2023,
— PERLÈS Valérie (sous la direction de), Les Archives de avec les contributions d'Almudena Romero, Martin Barnes,
la Planète, Paris, Lienart ; Boulogne-Billancourt, Musée Caroline Hickmann, Monica Galiano, Michale Marde
départemental Albert-Kahn, 2019.
— BOSE Jagadis Chandra, Plant autographs and their
revelations, London, Longmans, Green BRUNHES Jean, la
géographie humaine, Paris : Librairie Félix Alcan, 1925.

— CHAPUIS Nathalie, FLORAE, Paris, atelier EXB, 2021

— DARWIN Charles, Les mouvements et les habitudes des


Photographie & film plantes grimpantes, Paris, C. Reinwald, 1927.

— DAUGEY Fleur, l'intelligence des plantes, les découvertes


qui révolutionnent notre compréhension du monde végétal,
— Enfin le cinéma ! Paris, coédition Musées d’Orsay et de Paris, édition Ulmer, 2018.
l’Orangerie / RMN 2019
— LEONARDI Cesare, STAGI Franca, l'Architecture des
—BENJAMIN Walter, Sur l’art et la photographie (1928), Arbres, Paris, Fondation Cartier pour l'art conteporain,
Paris, Carré, 1997. édition Actes Sud, 2019, avec les contributions d'Andrea
Cavani, Giulio Orsini, Laura Conti et Augusto Pirola
— CASTRO Teresa, PITROU Perig et REBECCHI Marie (dir.),
Puissance du végétal et cinéma animiste. La vitalité révélée — LANGFORD Catlin, Colour Mania, photographing the
par la technique, Dijon, Presses du réel, 2022. world in autochrome, Londres, coédition Thames&Hudson
et Victora and Albert Museum, 2023
— DE PASTRE Béatrice (sous la direction de) Filmer la
science, comprendre la vie : le cinéma de Jean Comandon, — MAUMENE Albert, L’Art du fleuriste. Guide général de
Paris, CNC, 2012, avec la collaboration de Thierry Lefebvre l’utilisation des plantes et des fleurs dans l’ornementation
des appartements, du montage des fleurs et de la
— GANDOLFO Jean-Paul, LAVÉDRINE Bertrand, composition des bouquets, des corbeilles et des couronnes,
L’autochrome Lumière. Secrets d’atelier et défis industriels, Paris, Librairie horticole du « jardin », 1897.
Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques, 2009.
— TOMPKINS Peter, BIRD Christopher, la vie secrète des
Plantes, Paris, Robert Laffont, 1975.

— Société d'ethnographie de Paris, L'Ethnographie (Paris.


1913), Paris, Geuthner, 1913-2013.

38
Les
ressources

‣ La carte des missions réalisées pour les Archives de la Planète


© CD92

Le centre de Portail des Collections


documentation

Poursuivez votre découverte des projets d’Albert Kahn le Portail des collections du musée départemental
grâce aux ressources documentaires mises à disposition et Albert-Kahn rassemble plus de 65 000 notices et images
aux postes de consultation des collections en ligne. d’œuvres issues des collections du musée.

Accès sur rendez-vous dans la limite des places disponibles. Découvrez notamment les Archives de la Planète, ensemble
Ouvert du mardi au vendredi, de 14h à 18h. d’images fixes et animées, réalisé au début du 20e siècle,
Fermé pendant les vacances de fin d’année et au mois consacré à la diversité des peuples et des cultures.
d’août.
Pour en savoir plus
Informations par courriel : documentation-musee-albert-
kahn@[Link]

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Informations
pratiques

Tarifs
— Visite en autonomie : gratuit
— Visite-atelier au musée : 40 € par classe
(REP / REP+ / CLIS / ULIS : 15 €)
— Prêt du kit pédagogique : gratuit
— Projet en classe : sur demande

Contact
— Réservation et informations :
museekahn-scolaire@[Link]
01 55 19 28 00
— Kit pédagogique : Marion DUSSEAUX
mdusseaux@[Link]
— Partenariats et projets EAC : Anne DUBOIS
adubois@[Link]
01 41 04 33 10

Ouverture
— Du mardi au dimanche :
de 11h à 18h, d’octobre à mars
de 11h à 19h, d’avril à septembre
— Possibilité d’accueillir les groupes scolaires :
le lundi à partir de 13h30
du mardi au vendredi à partir de 9h
et l'après-midi dès 14h

Adresse
Musée départemental Albert-Kahn
2 rue du Port
92100 Boulogne-Billancourt

Accès

Métro : ligne 10, station « Boulogne – Pont de Saint-Cloud »


Bus : lignes 17, 52, 72, 126, 160, 175, 460 et 467, arrêts « Pont de
Saint-Cloud – Albert Kahn » ou « Rhin et Danube »
Tram : ligne 2, station « Parc de Saint-Cloud »
Velib’ : rond-point Rhin et Danube

Attention : Le musée ne dispose pas de parking pour les cars.


Charte graphique — Guerillagrafik

Les pique-niques ne sont pas autorisés sur le site.

[Link]
Musée départemental Albert-Kahn — 2 rue du Port, Boulogne-Billancourt

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