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Leblanc

Le document présente des recommandations sur l'utilisation appropriée des antibiotiques en postopératoire, en soulignant l'importance de l'antibioprophylaxie et de l'antibiothérapie postopératoire. Il insiste sur la nécessité d'adapter l'antibiothérapie en fonction des résultats bactériologiques et de suivre des protocoles établis pour éviter le mésusage. Enfin, il encourage une approche multidisciplinaire et une réévaluation régulière des traitements antibiotiques.
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Le document présente des recommandations sur l'utilisation appropriée des antibiotiques en postopératoire, en soulignant l'importance de l'antibioprophylaxie et de l'antibiothérapie postopératoire. Il insiste sur la nécessité d'adapter l'antibiothérapie en fonction des résultats bactériologiques et de suivre des protocoles établis pour éviter le mésusage. Enfin, il encourage une approche multidisciplinaire et une réévaluation régulière des traitements antibiotiques.
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DU BON USAGE DES

ANTIBIOTIQUES EN
POSTOPÉRATOIRE

Présentation Académie Nationale de Chirurgie


15 mai 2025

Dr PE Leblanc
DAR Bicêtre
Pas de conflit d’intérêt
DU BON USAGE : SUIVRE LES RECOMMANDATIONS
1 - ANTIBIOPROPHYLAXIE
• L’indication, la molécule et la durée sont définies par les RFE
• Dans l’immense majorité des cas : céfazoline (clindamycine en cas
d’allergie), limitée à la période peropératoire
• Quelques indications à poursuivre 1 à 2 j : chirurgie ORL carcinologique,
orthognatique, alvéolaire (2 j), traumatologie maxillo-faciale (1 j),
amputation de membre (2 j), chirurgie thoracique chez patient BPCO (2 j),
certaines valves endobronchiques (2 j).
• Antibiothérapie préemptive pour :
- Traitement des VO en période hémorragique (7 j)
- Morsure (5 j)
- Fracture ouverte Gustilo 2 ou 3 avec contamination importante et long délai de
prise en charge (durée de l’antibiothérapie non précisée)
RFE Antibioprophylaxie en chirurgie et médecine interventionnelle SFAR-SPILF 2024
DU BON USAGE : SUIVRE LES RECOMMANDATIONS
2 - ANTIBIOTHÉRAPIE POSTOPÉRATOIRE
• Traitement d’une infection bactérienne qui associe chirurgie
(contrôle de la source) et antibiothérapie
• L’antibiothérapie est dans un premier temps empirique puis
adaptée aux résultats de la bactériologie (direct et culture) avec
arrêt ou désescalade
• Le choix de l’antibiothérapie empirique fait appel à de multiples
paramètres : infection communautaire ou nosocomiale, tests de
diagnostic rapide, comorbidités du patient, écologie du patient
et du service, présence d’un état de choc…
• Elle doit être codifiée au cours de réunion multidisciplinaires
dans chaque établissement
Exemples d’antibiothérapie empirique à Bicêtre
Prélèvement avant
Type d’infection Au bloc En post-opératoire Commentaires
antibiothérapie

Abcès cérébral / - Origine dentaire Oui amoxicilline 2 g IVD amoxicilline 12 g/j SE + métronidazole 500 x 3
Empyème - Origine ORL Oui céfotaxime 2 g IVD céfotaxime 12 g/j SE + métronidazole 500 x 3
- Communautaire Oui céfotaxime 2 g IVD céfotaxime 300 mg/kg/j SE amoxicilline si suspicion Listeria
Méningite / céfotaxime 2 g IVD +
Ventriculite céfotaxime 12 g/j SE + vancomycine 40 mg/kg/j vancomycine seulement si suspicion ou
- Nosocomiale Oui vancomycine 30 mg/kg en 120
IVSE colonisation connue à SDMR
min SE si SDMR
amoxi-clav 2 g IVD +
amoxi-clav 1 g x 4 /j + aminoside 2 j (réinjection à adapter à la
- Communautaire sans choc Non gentamicine 8 mg/kg en 30
gentamicine 8 mg/kg en 30 min SE fonction rénale)
min SE

- Communautaire avec choc pipé-tazo 4 g IVL +


pipé-tazo 4 g x 4 /j en perf de 4 h SE + aminoside 2 j (réinjection à adapter à la
Péritonite - Nosocomiale sans choc Non amikacine 30 mg/kg en 30 min
amikacine 30 mg/kg en 30 min SE fonction rénale)
SE
imipénème 2 g IVL + imipénème 1 g x 3 + amikacine 30 mg/kg +
- Nosocomial avec choc aminoside 2 j (réinjection à adapter à la
Non amikacine 30 mg/kg en 30 min caspofungine 70 mg + vancomycine 40 mg/kg/j
fonction rénale)
SE IVSE

- Face amoxi-clav 2 g IVD +


amoxi-clav 1 g x 4 /j +
- Jambe Non gentamicine 8 mg/kg en 30 aminoside 2 j (réinjection à adapter à la
gentamicine 8 mg/kg en 30 min SE
min SE fonction rénale)
Cellulite / Fasciite
pipé-tazo 4 g IVL + Adjonction clindamycine possible pour
pipé-tazo 4 g x 4 /j en perf de 4 h SE +
- Périnée (Fournier) Non amikacine 30 mg/kg en 30 min activité anti-toxinique
amikacine 30 mg/kg en 30 min SE
SE
- Infection sans matériel Oui cloxacilline 2 g IVD cloxacilline 12 g/j SE

- Infection avec matériel / pipé-tazo 4 g IVL +


pipé-tazo 4 g x 4 /j en perf de 4 h SE + Remplacer la pipé-tazo par le céfépime
Oui daptomycine 10 mg/kg en 1
Nosocomiale daptomycine 10/mg/kg/j si insuffisance rénale
Orthopédie inj/j
amoxi-clav 2 g IVD +
amoxi-clav 1 g x 4 /j + aminoside 2 j (réinjection à adapter à la
- Spondylodiscite Oui gentamicine 8 mg/kg en 30
gentamicine 8 mg/kg en 30 min SE fonction rénale)
min SE
céfotaxime 2 g IVD +
céfotaxime 2 g x 3 + amikacine 30 mg/kg en 30 aminoside 2 j (réinjection à adapter à la
- Communautaire Non amikacine 30 mg/kg en 30 min
min SE fonction rénale)
SE
Infection urinaire
grave aminoside 2 j (réinjection à adapter à la
pipé-tazo 4 g IVL +
- Nosocomiale pipé-tazo 4 g x 4 /j en perf de 4 h SE + fonction rénale)
Non amikacine 30 mg/kg en 30 min
amikacine 30 mg/kg en 30 min SE Imipénème si colonisation connue à
SE
BLSE
ANTIBIOTHÉRAPIE CURATIVE POSTOPÉRATOIRE
DURÉE DU TRAITEMENT

• Les durées d’antibiothérapie sont bien codifiées, le


plus souvent entre 4 et 7 j (péritonite, pyélonéphrite
obstructive, drainage d’une collection intra-
abdominale, fasciite nécrosante…)
• Certaines infections nécessitent un traitement
prolongé :
- Infection intra-cérébrale : abcès, empyème (6 S)
- Infection ostéo-articulaire (6 à 12 S)

Guidelines durée antibiothérapie SPILF/GPIP : R. Gauzit Inf Dis Now 2021


SAVOIR ARRÊTER UNE
ANTIBIOTHÉRAPIE EMPIRIQUE (I)
• Exemple de la ventriculite sur Dérivation Ventriculaire Externe
• Prélèvement de LCR en cas de suspicion d’infection
• Critères biologiques d’infection de LCR non pertinents
• Si l’examen direct et la culture du LCR sont négatifs, l’arrêt de
l’antibiothérapie est souvent discutée d’autant plus que :
- Le patient était sous antibiotiques pour une autre infection, crainte d’avoir
« décapitée » une infection neuro-méningée
- Le patient s’est amélioré avec l’introduction des antibiotiques
• Ne pas hésiter à arrêter une antibiothérapie si les prélèvements
bactériologiques sont négatifs
SAVOIR ARRÊTER UNE
ANTIBIOTHÉRAPIE EMPIRIQUE (II)

• Exemple de l’infection ostéo-articulaire postopératoire


• Si suspicion d’infection, reprise chirurgicale pour
prélèvements, lavage ± retrait du matériel, début d’une
antibiothérapie empirique
• Arrêt des antibiotiques si la bactériologie est négative
à H48
• Certains germes ont un délai de positivité en culture
prolongé : exemple de Cutibacterium acnes
LE PROBLÈME DE C. ACNES
• Bactérie anaérobie, gram
positive, prédominante dans
les zones riches en glandes
sébacées : face, scalp, creux
axillaire, sternum
• Sensible aux ßlactamines,
clindamycine (R 10%),
glycopeptides, FQ…
• Responsable de l’acnée et
d’infection postopératoire
notamment après chirurgie
de l’épaule
• Délai de positivité en culture
prolongé : 5 à 7 j. Faut-il
prolonger l’antibiothérapie
empirique au delà de 48 h ? Délai de positivité
Tarabichi S, J Bone Joint Surg Am 2023
Fernandez-Rodrıguez D, Clin Orthop Relat Res 2023
DU MÉSUSAGE : PRESCRIPTION HORS RECOMMANDATION

• Méconnaissance des recommandations : MAR, chirurgien


• Discussion chirurgicale qui peut être difficile : « J’ai toujours fait
comme ça », « On m’a appris comme ça », « À tel endroit ils
sont spécialistes et ils font comme ça », « C’est mon patient,
c’est moi qui décide », « De toute façon dès qu’il sera en salle,
je lui remets ses antibiotiques »…
• Introduction en peropératoire hors indication
• Poursuite en postopératoire sans arrêt des antibiotiques (en cas
de prélèvements négatifs) ou désescalade (en cas de
prélèvements positifs)
DU MÉSUSAGE

• Prescription motivée par la crainte de l’infection postopératoire


mais faisant l’impasse sur les conséquences connues et
documentées de toute antibiothérapie
• Croyance dans le pouvoir quasi « magique » de la molécule
antibiotique qui aurait une efficacité supérieure au principe du
contrôle de la source
• Pouvoir dire au patient et à sa famille : « Au moins on aura tout
essayé puisqu’on a mis des antibiotiques »
COMMENT FAIRE MIEUX ?
• Éviter la coercition et privilégier l’enseignement et la confraternité
• Adopter une attitude « raisonnable » et scientifique…
- Faire les prélèvements nécessaires, ne pas faire de prélèvements inutiles (cicatrice,
drains, redons…)
- Discuter si l’antibiothérapie empirique est urgente ou si on peut attendre le résultat de
la bactériologie (se faire aider, quand c’est possible, par les tests de diagnostic rapide)
- Ne pas tout traiter : les prélèvement positifs à germes d’origine cutanée, les
entérocoques ou les candida dans certaines péritonites
- Réévaluation à 48 h de toute antibiothérapie, tant pour l’arrêt que pour la désescalade
- Importance de constituer une équipe multidisciplinaire : médecin en charge, chirurgien,
infectiologue (équipe mobile +++), microbiologiste, pharmacien
• Dépend de la relation entre les différents intervenants, de la capacité des
praticiens à s’écouter et à se faire confiance (M. Léone 2024)

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