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Le document présente un cours sur la réduction des endomorphismes, abordant des concepts tels que les éléments propres, les polynômes d'endomorphismes, et la diagonalisation. Il inclut des définitions, des propositions, des théorèmes et des exercices pour illustrer les notions mathématiques. Les chapitres traitent également des applications pratiques de ces théories en mathématiques.

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Licence de mathématiques

Mohamed Aqalmoun

Réduction des
Cahier-Cours

endomorphismes
Module M 17

ENS-FES
om
u n.c
o
alm
o un
alm
q
Aq
a
ed
w.
am
ww
h
Mo

2
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
om
Table des matières

n.c
1 Éléments propres et polynômes d’endomorphismes 5
1.1 Sous espaces stables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

u
1.2 Polynômes d’endomorphismes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Polynôme minimal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Décomposition des noyaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.5 Éléments propres d’un endomorphisme, d’une matrice carrée . . . . . 10
o
1.6 Polynôme caractéristique d’un endomorphisme, d’une matrice
1.7 Théorème de Cayley-Hamilton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.8 Sous espaces caractéristiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
14
16
17
alm
1.9 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

2 Réduction des endomorphismes


un 25
2.1 Diagonalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
o
2.2 Trigonalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.3 Décomposition de Dunford . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
alm

2.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

3 Applications de la réduction 35
q

3.1 Calcul des puissances d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35


3.2 Exponentielle d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Aq

3.3 Systèmes différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37


3.4 Suites récurrentes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
a

3.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
ed

4 Décomposition de Jordan 43
.

4.1 Bloc de Jordan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43


w

4.2 Cas d’un endomorphisme nilpotent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43


am

4.3 Cas général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46


ww
h
Mo

3
TABLE DES MATIÈRES

om
u n.c
o
alm
o un
alm
q
Aq
a
ed
w.
am
ww
h
Mo

4
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
om
Chapitre 1

n.c
Éléments propres et polynômes
d’endomorphismes

1.1 Sous espaces stables o u


alm
Définition 1.1.

Soit E un espace vectoriel, u ∈ L (E ) et F un sous espace vectoriel de E .


un
1. On dit que F est stable par u si u(F ) ⊆ F i.e pour tout x ∈ F , u(x) ∈
o
F.
alm

2. Si F est stable par u, on appelle endomorphisme induit par u sur


F , l’endomorphisme de F noté u F qui à tout x associe u(x).
q

Exemples :
Aq

1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
a

2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ed

Proposition 1.2.
w.

Soient E 1 , . . . , E r des sous-espaces vectoriels de E et u un endomorphisme


am

de E .
Si E 1 , . . . , E r sont stables par u, alors :
r
\
1. Le sous espace vectoriel E i est stable par u.
ww
h

i =1
Xr
2. Le sous espace vectoriel E i est stable par u. En particulier, si les
Mo

i =1
sous espaces vectoriels sont en somme directe, le sous espace vecto-

5
1.1 Sous espaces stables

om
r
M
riel E i est stable par u.
i =1

Démonstration :

n.c
1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Théorème 1.3.

Soit E un espace vectoriel et u, v ∈ L (E ) . Si u et v commutent, alors Im v

u
et ker v sont stables par u.

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
o
Remarque : Soit u ∈ L (E ). Puisque u commute avec lui même, les sous espaces
vectoriels ker u et Im u sont stables par u.
alm
Proposition 1.4.
un
Soit E un espace vectoriel et u ∈ L (E ). Soit F un sous espace vectoriel de
o
E et (e 1 , . . . , e p ) une famille génératrice de F . Les propriétés suivantes sont
alm

équivalentes :
1. F est stable par u,
2. Pour tout 1 ≤ i ≤ p, u(e i ) ∈ F .
q
Aq

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
a

Proposition 1.5.
ed

Soient E un espace vectoriel de dimension n, F un sous-espace vectoriel


.

de E de dimension p et u un endomorphisme de E . Alors F est stable par


w

u si, etµseulement si, la matrice de u dans toute base adaptée à F est de la


am


A B
forme où A ∈ Mp (K).
0 D
ww
h

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Mo

Remarque : La matrice A représente la matrice de l’endomorphisme u F dans la


base (e 1 , . . . , e p ).
6
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
C HAPITRE 1 : Éléments propres et polynômes d’endomorphismes

om
1.2 Polynômes d’endomorphismes
Soit E un espace vectoriel et u un endomorphisme de E . On note
 0
 u = IdE
un = u . . ◦ u} si n ≥ 1
| ◦ .{z

n fois

n.c
Ainsi pour n ≥ 1, u n = u n−1 ◦ u = u ◦ u n−1 .

Définition 2.1.
n
Soit u ∈ L (E ) et P = a k X k ∈ K[X ]. L’endomorphisme P (u) est défini
X
k=0
par ;

u
n
a k u k = a 0 IdE + a 1 u + . . . + a n u n
X
P (u) :=
k=0

o
Remarque : Si P = c est un polynôme contant, alors P (u) = c IdE .
alm
Proposition 2.2. un
Soit u ∈ L (E ). L’application ϕ : K[X ] → L (E ) définie par ϕ(P ) = P (u)
est un morphisme d’algèbres c’est-à-dire linéaire, ϕ(PQ) = P (u) ◦ Q(u) et
o
ϕ(1) = IdE .
alm

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

m
q

Version matricielle : Soit M ∈ Mn (K) et P = a k X k ∈ K[X ]. On note par P (M ) la


X
Aq

k=0
matrice
m
a

ak M k = a0 I p + a1 M + . . . + am M m
X
P (M ) :=
k=0
ed

L’application Ψ : K[X ] → Mn (K) définie par Ψ(P ) = P (M ) est un morphisme d’al-


.

gèbres c’est-à-dire linéaire, Ψ(PQ) = Ψ(P )Ψ(Q) et Ψ(1) = I n .


w
am

Définition 2.3.

Soit P ∈ K[X ].
ww
h

1. Soit u ∈ L (E ) . On dit que P est un polynôme annulateur de u si


P (u) = 0.
Mo

2. Soit M ∈ Mn (K). On dit que P est un polynôme annulateur de M


si P (M ) = 0.

7
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
1.3 Polynôme minimal

om
Exemple : Si u est un projecteur de E , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Proposition 2.4.

Soit E un espace vectoriel de dimension finie, B une base de E et u ∈


L (E ), notons M = MB (u). Pour tout polynôme P ∈ K[X ], on a

n.c
MB (P (u)) = P (M )

Ainsi, un polynôme P est annulateur de u si, et seulement si, P est annu-


lateur de M .

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

u
1.3 Polynôme minimal

Théorème et définition 3.1.


o
alm
Soit E un espace vectoriel de dimension n. Soit u ∈ L (E ) (respectivement
M ∈ Mn (K)). Il existe un unique polynôme annulateur de u (respective-
ment de M ) de degré minimum et unitaire appelé polynôme minimal de
un
u (respectivement de M ) . On le note πu (respectivement πM ).
o
alm

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Exemple :
q
Aq

1. πI n = X − 1.
µ ¶
a

0 1
2. Soit M = . ...............................................................
0 0
ed
.

Proposition 3.2.
w
am

Soit E un espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L (E ). Si P est un po-


lynôme annulateur de u, alors πu divise P .
ww
h

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Mo

Remarque : On a la version matricielle suivante : Si P est un polynôme annulateur


d’une matrice M ∈ Mn (K), alors πM divise P .
8
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
C HAPITRE 1 : Éléments propres et polynômes d’endomorphismes

om
Théorème 3.3.

Soit E un espace vectoriel de dimension n, B une base de E et u ∈ L (E ).


Soit A = MB (u) la matrice de u dans la base B. Alors πu = π A .

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

n.c
1.4 Décomposition des noyaux

Théorème 4.1. (Lemme des noyaux)

Soit u ∈ L (E ) et P,Q ∈ K[X ] tels que P ∧Q = 1. Alors

u
M
ker((PQ)(u)) = ker(P (u)) ker(Q(u)).

o
De plus, la projection de ker((PQ)(u)) sur ker(P (u)) et parallèlement au
ker(Q(u)) est un polynôme en u.
alm
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
un
Corollaire 4.2. (Lemme des noyaux généralisé)
o
Soit u ∈ L (E ) et P 1 , . . . , P r des polynômes de K[X ] deux à deux premiers
entre eux et P = P 1 . . . P r . Alors
alm

r
M
ker(P (u)) = ker(P i (u)).
i =1
q
Aq

De plus, la projection de ker(P (u)) sur ker(P j (u)) et parallèlement à la


Mr
somme ker(P i (u)) est un polynôme en u.
a

i =1,i ̸= j
ed
.

Démonstration : Par récurrence sur r .


w
am

Exemple : Soit E un espace vectoriel et s une symétrie de E . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .


ww

Remarque : Un cas particulier : Si λ1 , . . . , λr ∈ K sont deux à deux distincts et P =


h

Qr
i =1 (X − λi ), alors
Mo

r
ker(u − λi IdE )
M
ker P (u) =
i =1

9
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
1.5 Éléments propres d’un endomorphisme, d’une matrice carrée

om
Corollaire 4.3.

Soit u ∈ L (E ) et P 1 , . . . , P r des polynômes de K[X ] deux à deux premiers


entre eux et P = P 1 . . . P r . Si P est un polynôme annulateur de u, alors
r
M
E= ker(P i (u)).

n.c
i =1

Démonstration : Il suffit de remarquer que ker(P (u)) = E .

1.5 Éléments propres d’un endomorphisme, d’une ma-


trice carrée

u
Définition 5.1.

Soit u ∈ L (E ) et λ ∈ K. o
1. On dit que λ est une valeur propre de u, s’il existe un
alm
vecteur non nul x de E tel que u(x) = λx.
un
2. Si λ est une valeur propre de u, tout vecteur x ∈ E \{0} tel que u(x) =
λx est appelé vecteur propre associé à la valeur propre λ.
3. L’ensemble des valeurs propres de u est appelé le spectre de u et se
o
note sp(u) ou spec(u).
alm

Exemple : Soit u l’endomorphisme de R2 défini par u(x, y) = (x + y, x + y). On a . .


q
Aq

Proposition 5.2.
a

Soit u ∈ L (E ) et λ ∈ K. Les assertions suivantes sont équivalentes :


1. λ est une valeur propre de u,
ed

2. L’endomorphisme u − λ IdE n’est pas injectif.


w.

3. ker(u − λ IdE ) ̸= {0}.


am

Si de plus E est de dimension finie, les assertions précédentes sont équiva-


lentes à u − λ IdE n’est pas un isomorphisme.
ww
h

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Mo

Remarque : Soit u ∈ L (E ). Alors 0 ∈ sp(u) si, et seulement si, . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .


Si de plus E est de dimension finie, alors 0 ∈ sp(u) si, et seulement si, . . . . . . . . . . . . . . .
10
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
C HAPITRE 1 : Éléments propres et polynômes d’endomorphismes

om
Définition 5.3. (Sous espace propre)

Soit u ∈ L (E ) et λ une valeur propre de u. Le sous espace propre associé à


la valeur propre λ est le sous espace vectoriel noté E λ (u), défini par

E λ (u) := ker(u − λIdE ) = {x ∈ E / u(x) = λx}.

n.c
Exemple : On considère l’endomorphisme de R2 défini apr f (x, y) = (x + y, x +
y). On a 2 ∈ sp(u), et E 2 (u) = {(x, y) ∈ R2 /u(x, y) = 2(x, y)} = {(x, y) ∈ R2 /x = y} =
Vect ((1, 1))

Remarques : Si λ est une valeur propre de u, alors :

u
1. Le sous espace propre E λ (u) est formé de tous les vecteurs propres associés à
la valeur propre λ et du vecteur nul.
o
2. dim(E λ (u)) ≥ 1, en d’autres termes E λ (u) est un sous espace vectoriel non
nul.
alm
3. Le vecteur nul n’est jamais un vecteur propre (c’est par définition).
un
Théorème 5.4. ( Somme de sous espaces propres)
o
Soit u ∈ L (u), soient λ1 , . . . , λr des valeurs propres deux à deux distinctes
de u (r ≥ 2). Alors les sous espaces propres E λ1 (u), . . . , E λr (u) sont en
alm

somme directe c’est-à-dire


r
X r
M
E λi (u) = E λr (u)
q

i =1 i =1
Aq

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
a
ed

Remarque : Un cas particulier (r = 2) : Si λ et µ sont deux valeurs propres distinctes


.

de u, alors
w
am

E λ (u) ∩ E µ (u) = {0}

Corollaire 5.5.
ww
h

Soit u ∈ L (E ). Si e 1 , . . . , e r sont des vecteurs propres de u associés à des


Mo

valeurs propres deux à deux distinctes, alors la famille (e 1 , . . . , e r ) est libre.

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
11
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
1.5 Éléments propres d’un endomorphisme, d’une matrice carrée

om
Corollaire 5.6.

Soit E un espace vectoriel de dimension finie n et u un endomorphisme


de E . L’endomorphisme u admet au plus n valeurs propres deux à deux
distinctes.

n.c
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Éléments propres d’une matrice carrée :

Définition 5.7.

u
Soit M ∈ Mn (K) et λ ∈ K.
1. On dit que λ est une valeur propre de M , s’il existe un
vecteur colonne non nul X ∈ Mn,1 (K) tel que M X = λX .
o
2. Si λ est une valeur propre de M , tout vecteur X ∈ Mn,1 (K) \ {0} tel
que M X = λX est appelé vecteur propre associé à la valeur propre
λ.
alm
3. L’ensemble des valeurs propres de M est appelé le spectre de M et se
note sp(M ) ou spec(M ).
un
4. Soit λ une valeur propre de M , le sous espace propre associé à la
valeur propre λ, noté E λ (M ) est le sous espace vectoriel E λ (M ) =
o
ker(M − λI n ) = {X ∈ Mn,1 (K) / M X = λX }.
alm

Proposition 5.8.
q
Aq

Soit M ∈ Mn (K) et λ ∈ K. Les propriétés suivantes sont équivalentes :


1. λ est une valeur propre de M ,
a

2. A − λI n n’est pas inversible,


ed

3. det(M − λI n ) = 0.
w.
am

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ww
h

Remarque : La proposition précédente, donne une méthode pratique pour trou-


ver les valeurs propres d’une matrice, a savoir ; λ est une valeur propre de M si, et
Mo

seulement si, λ est une solution de l’équation det(M − λI n ) = 0.


Le théorème suivant donne un lien entre les éléments propres d’un endomorphisme
et ceux de sa matrice dans une base fixée.
12
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
C HAPITRE 1 : Éléments propres et polynômes d’endomorphismes

om
Théorème 5.9.

Soit E un espace vectoriel de dimension finie et B une base de E . Soient


u ∈ L (E ) et M = MB (u). Alors
1. Sp(u) = Sp(M ).
2. Soit λ ∈ Sp(u)(= Sp(M )) , x ∈ E et X = MB (x). Alors x est un vec-

n.c
teur propre de u associé à la valeur propre λ si, et seulement si, X
est un vecteur propre de M associé à la même valeur propre λ.

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Proposition 5.10.

u
Soit E un espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L (E ). Soit λ ∈ sp(u),
x ∈ E λ (u) et P ∈ K[X ]. Alors P (u)(x) = P (λ)x, en particulier P (λ) est une
valeur propre de P (u).
o
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
alm
Remarque : La version matricielle du résultat précédent ; si M ∈ Mn (K), X un vec-
teur propre de M associé à la valeur propre λ et P ∈ K[X ]. Alors P (M )X = P (λ)X .
o un
Corollaire 5.11.
alm

Soit E un espace vectoriel, u ∈ L (E ) et P ∈ K[X ]. Si P est un polynôme


annulateur de u, alors toute valeur propre de u est une racine de P . En
d’autres termes
q

sp(u) ⊆ { les racines de P }


Aq

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
a
ed

Remarque : Si P est un polynôme annulateur de u, il se peut que l’une des racines


.

de P ne soit pas une valeur propre de u, comme le montre l’exemple suivant : u = IdE
w

et P = X (X −1). Clairement P est annulateur de u. Mais 0 est une racine de P qui n’est
am

pas une valeur propre de u.

Corollaire 5.12.
ww
h

Soit E un espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L (E ) un endomor-


Mo

phisme nilpotent. Alors sp(u) = {0}.

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
13
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
1.6 Polynôme caractéristique d’un endomorphisme, d’une matrice

om
1.6 Polynôme caractéristique d’un endomorphisme, d’une
matrice

Définition 6.1.

Soit M ∈ Mn (K). Le polynôme caractéristique de M est le polynôme noté

n.c
χM à coefficients dans K défini par : χM (X ) := det(M − X I n ).

Exemples :
1. Le polynôme caractéristique de l’identité : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
µ ¶
a b
2. Soit M la matrice M = ∈ M2 (K). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

u
c d

Définition 6.2.
o
Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Le polynôme ca-
ractéristique de u noté χu est le polynôme caractéristique des d’une de
alm
ses matrices dans une base de E (ce polynôme ne dépend pas du choix de

définition χu = χM .
o un
cette base). Ainsi, si M est la matrice de u dans une base B de E , on a par

Remarque : (Pour la justification de la définition précédente)


alm

Soit E un espace vectoriel de dimension n, u ∈ L (E ), B et B ′ deux bases de E .


Notons M (respectivement M ′ ) la matrice de u dans la base B (respectivement B ′ ).
Par la formule de changement de bases, il existe une matrice inversible P ∈ Mn (K)
q

tel que
Aq

M = P M ′ P −1
a

On vérifie facilement que M − X I n = P (M ′ − X I n )P −1 , on a donc


ed

χM = det(M − X I n ) = det(P (M ′ − X I n )P −1 ) = det(M ′ − X I n ) = χM ′


w.

Ce qui donne la consistance à la définition précédente.


am

Proposition 6.3.
ww

Soit M ∈ Mn (K).
h

1. χM est un polynôme de degré n et de coefficient dominant (−1)n .


Mo

2. Le coefficient de X n−1 de χM est (−1)n−1 tr(M ).


3. Le terme constant est det(M )

14
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
C HAPITRE 1 : Éléments propres et polynômes d’endomorphismes

om
Remarque : On peut résumer la proposition précédente dans la formule suivante :
Pour toute matrice M ∈ Mn (K) on a :

χM (X ) = (−1)n X n + (−1)n−1 tr(M )X n−1 + . . . + det(M )

Théorème 6.4.

n.c
1. Soit M ∈ Mn (K). Les valeurs propres de M sont les racines de χM
dans K.
2. Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Les valeurs
propres de u sont les racines de χu dans K.

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

u
Remarque : (Cas d’une matrice triangulaire) : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Proposition 6.5.
o
1. Soit M ∈ Mn (K). Alors M possède au plus n valeurs propres deux à
deux distinctes.
alm
2. Soit u ∈ L (E ) où E est un espace vectoriel de dimension n. Alors u
possède au plus n valeurs propres deux à deux distinctes.
o un
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
alm

Proposition 6.6.

Soit E un espace vectoriel de dimension finie, u ∈ L (E ) et F un sous es-


q

pace vectoriel de E stable par u.


Aq

1. χuF divise χu .
2. Si G est un supplémentaire de F dans E (i.e E = F ⊕G) et stable par
a

u, alors χu = χuF χuG .


ed
.

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
w
am

Définition 6.7.

On appelle ordre de multiplicité d’une valeur propre λ (d’un endomor-


phisme ou matrice), et on note m λ , son ordre de multiplicité en tant que
ww
h

racine du polynôme caractéristique.


Mo

Remarque : Par définition de m λ , on a m λ = max{k ∈ N/ (X −λ)k divise χu }. Ainsi,


un entier k ≤ m λ si, et seulement si, (X − λ)k divise χu .
15
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
1.7 Théorème de Cayley-Hamilton

om
Théorème 6.8.

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Soit λ une valeur


propre de u et m λ son ordre de multiplicité. Alors

1 ≤ dim(E λ (u)) ≤ m λ

n.c
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

1.7 Théorème de Cayley-Hamilton

u
Théorème 7.1. (Théorème de Cayley-Hamilton)

χu (u) = 0.
o
1. Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Alors

2. Soit M ∈ Mn (K). Alors χM (M ) = 0


alm
En d’autres termes, le polynôme caractéristique de u (respectivement de
M ) annule u (respectivement M ).
o un
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
alm

Corollaire 7.2.

1. Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Alors πu


q

divise χu .
Aq

2. Soit M ∈ Mn (K). Alors πM divise χM .


a

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ed
.

Exemple : Soit A ∈ M2 (K) une matrice carrée d’ordre 2. On sait que . . . . . . . . . . . . . . .


w
am

Proposition 7.3.

Soit E un espace vectoriel de dimension finie, u ∈ L (E ) et λ ∈ K. Alors


ww

λ est une valeur propre de u si, et seulement si, λ est une racine de πu .
h

En d’autres termes, les valeurs propres de u sont les racines du polynômes


Mo

minimal πu .

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
16
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
C HAPITRE 1 : Éléments propres et polynômes d’endomorphismes

om
1.8 Sous espaces caractéristiques

Définition 8.1.

Soit E un espace vectoriel de dimension n, u ∈ L (E ) et λ une valeur


propre de u de multiplicité m λ . On appelle sous espace caractéristique
de u associé à la valeur propre λ qu’on note Nλ (u), le sous espace vectoriel

n.c
Nλ (u) := ker((u − λIdE )mλ )

Remarques :
1. Nλ (u) est stable par u car les deux endomorphismes u et (u − λ IdE )mλ com-
mutent.

u
2. E λ (u) ⊆ Nλ (u).
Le lemme des noyaux donne le corollaire suivant :

Corollaire 8.2. o
Les sous espaces caractéristiques associés à des valeurs propres deux à
alm
deux distinctes sont en somme directe.
un
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
En combinant le lemme des noyaux avec le théorème de Cayley-Hamilton, on ob-
o
tient le corollaire suivant :
alm

Corollaire 8.3.

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Si le polynôme


q

caractéristique de u est scindé, alors


Aq

M
E= Nλ (u)
a

λ∈Sp(u)

De plus la projection de E sur chaque sous espace caractéristique Nλ (u)


ed
.

et parallèlement au autres sous espaces caractéristiques est un polynôme


w

en u.
am

Démonstration : Immédiate.
ww

Théorème 8.4. (poly. cara. d’un endo. nilpotent)


h

Soit E un K espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ) un endomor-


Mo

phisme nilpotent. Alors


χu = (−1)n X n

17
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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1.9 Exercices

om
Démonstration : Montrons le résultat par récurrence sur dim E = n ≥ 1. . . . . . . . . . . .
La propriété est ainsi prouvée par récurrence.

Théorème 8.5.

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Soit λ une valeur


propre de u.

n.c
1. dim(Nλ (u)) = m λ .
2. Soit u λ l’endomorphisme induit par u dans Nλ (u). Alors

χuλ = (−1)mλ (X − λ)mλ

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

u
1.9 Exercices

Exercice 1.1 o
Soit E = R3 et u l’endomorphisme canoniquement associé à la matrice
alm

0
1
1
0
1
1
 un
0 1 1
o
Montrer que le sous espace vectoriel Vect(2, 2, 2) est stable par u.
alm

Exercice 1.2
q

Soit E un espace vectoriel et u un endomorphisme de E . on suppose que


Aq

pour tout x ∈ E , la famille (u(x), x) est liée.


1. Montrer que pour tout x ∈ E \ {0}, il existe un unique λx ∈ K tel que
a

u(x) = λx x.
ed

2. Montrer que pour tout x, y ∈ E \ {0}, λx = λ y .


.

3. En déduire que u est une homothétie.


w
am

4. Déterminer les endomorphismes de E laissant stable tous les sous


espaces vectoriels de E .
ww
h

Exercice 1.3
Mo

Soit E un espace vectoriel et u un endomorphisme de E .


1. Montrer que si P est un polynôme annulateur de u et P (0) ̸= 0, alors

18
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C HAPITRE 1 : Éléments propres et polynômes d’endomorphismes

om
u est un isomorphisme.
2. Montrer que u est un isomorphisme si, et seulement si, πu (0) ̸= 0.
3. Dans cette question E est de dimension finie. Montrer que u est un
isomorphisme si, et seulement si, χu (0) ̸= 0.

n.c
Exercice 1.4

Soit u ∈ L (E ) vérifiant u 3 = IdE . Montrer que E = ker(u − IdE ) ⊕ ker(u 2 +


u + IdE ).

u
Exercice 1.5

Soit E un K espace vectoriel et u un endomorphisme de E vérifiant u 3 =


o
−u. Montrer que E = ker u ⊕ker(u 2 +IdE ). En déduire que E = ker u ⊕Im u.
alm
Exercice 1.6
un
Soit E un K espace vectoriel de dimension finie et v ∈ L (E ). Soit ϕ l’endo-
morphisme de L (E ) défini par ϕ(u) = vu.
o
1. Soit P ∈ K[X ], démontrer que pour tout u ∈ L (E ), P (ϕ)(u) =
P (v)u.
alm

2. Montrer que πv = πϕ .
q

Exercice 1.7
Aq

Soit E un K espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L (E ).


a

1. Montrer que deg πu = 1 si, et seulement si, u est une homothétie.


2. Soit u l’endomorphisme de E = K3 canoniquement associé à la
ed

 
2 0 1
.

matrice A = 0 2 0 Calculer (A − I 3 )2 , puis déterminer πu .


w

0 0 2
am

Exercice 1.8
ww
h

Soit A ∈ Mn (K) une matrice de rang 1, et u l’endomorphisme canonique-


Mo

ment associé à A.
1. Quelle est la dimension du ker u ?

19
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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1.9 Exercices

om
2. En considérons une base adaptée au ker u, montrer que χ A =
(−1)n X n−1 (X − tr(A)).

n.c
Exercice 1.9

Soit E un K espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L (E ). On note d le


degré de πu .
1. Montrer que la famille (IdE , u, . . . , u d ) est liée.
2. Montrer que la famille (IdE , u, . . . , u d −1 ) est libre.
3. Réciproquement, montrer que si l ∈ N∗ tel que (IdE , u, . . . , u l ) soit

u
liée et (IdE , u, . . . , u l −1 ) soit libre, alors l = deg πu .

Exercice 1.10
o
Soit u l’endomorphisme canoniquement associé à la matrice
alm
 
1 1 1
o 1
1
1
1
1
1
un
1. Vérifier que u 2 = 3u.
alm

2. Montrer que E = ker(u) ⊕ ker(u − 3 IdE ).


3. Montrer que πu = X (X − 3).
q
Aq

Exercice 1.11

Soit n ∈ N et E = Kn [X ] l’espace vectoriel des polynômes de degré ≤ n. Soit


a

u l’endomorphisme de E défini par u(P ) = P ′ .


ed

1. Montrer que u est nilpotent.


.

2. Déterminer πu .
w
am

Exercice 1.12
ww

Déterminer le polynôme caractéristique, les valeurs propres et les sous es-


h

paces propres de la matrice A :


Mo

µ ¶ µ ¶
61 −4 2 −2
1. A = 4 . 2. A =
3 −2 3/2 −2

20
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C HAPITRE 1 : Éléments propres et polynômes d’endomorphismes

om
Exercice 1.13

Soit A la matrice  
1 1 0
A = 0 1 0
0 0 −1

n.c
1. Calculer χ A et π A . Donner le spectre de A.
2. Déterminer les sous espaces propres de A.
3. Déterminer les sous espaces caractéristique de A.

u
Exercice 1.14

Soit u l’endomorphisme de E = R3 canoniquement associé à la matrice

o

2
A = 3
0
−4
4
12

alm
1 −2 5

1. Calculer χu , le polynôme caractéristique de u.


un
2. Déterminer Sp(u).
o
3. Déterminer les sous espaces propres de u.
4. Donner une base de E formée de vecteurs propres de u, et écrire la
alm

matrice de u dans cette base.


5. Calculer u(u − IdE )(u − 2 IdE ).
q
Aq
a

Exercice 1.15
ed

Soit E un espace vectoriel de dimension n, et u un endomorphisme de E


.

de rang 1.
w
am

1. En écrivant la matrice de u dans une base bien choisie, montrer


que le polynôme caractéristique de f est de la forme

χu = (−1)n λn−1 (λ − a)
ww
h

Où a = tr(u). Quelles sont les valeurs propres de u ?


Mo

2. Montrer que si tr(u) = 0, alors u n’est pas diagonalisable.


3. Montrer que si tr(u) ̸= 0, alors u est diagonalisable.

21
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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1.9 Exercices

om
Exercice 1.16 (matrice compagnon)

Soient a 0 , a 1 , . . . , a n−1 ∈ K, et P le polynôme de degré n donné par

P = λn − a n−1 λn−1 − . . . − a 1 λ − a 0

On note C P la matrice

n.c
0 ... ... ... 0 a0
 
1
 0 ... ... 0 a1 

 .. .. .. .. 
0
 . . . . 

. .. ..
.. .. ..

.
. . . . . .


 ..
 
.. 
. . 1 0 a n−2 

u
0 ... ... 0 1 a n−1

1. Montrer que le polynôme caractéristique de C P est (−1)n P .


o
2. Soit E un espace vectoriel de dimension n. Soient u un endomor-
phisme de E et e un vecteur tel que la famille (e, f (e), . . . , f n−1 (e))
est libre. Montrer qu’il existe une base de E dans laquelle la matrice
alm
de u a la même forme que C P .
3. Quelle le spectre de C P ?
un
4. Montrer que Sp(C P ) = Sp(t C P ).
o
5. Soit λ ∈ Sp(t C P ). Montrer que dim(E λ (t C P )) = 1.
alm

Exercice 1.17

Soient A, B ∈ Mn (C).
q

1. Montrer que si A est inversible alors χ AB = χB A .


Aq

2. On considérant la matrice A − λI n , montrer que χ AB = χB A .


a
ed

Exercice 1.18
w.

Soit E un K espace vectoriel de dimension finie et u, v ∈ L (E ) vérifiant :


am

uv − vu = u

1. Montrer que pour tout n ∈ N, u n v − vu n = nu n .


ww

2. Soit P un polynôme annulateur de u, montrer que X P ′ est annu-


h

lateur de u.
Mo

3. Montrer que si P est un polynôme tel que P divise X P ′ , alors P est


de la forme P = a X k où a ∈ K et k ∈ N∗ .

22
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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C HAPITRE 1 : Éléments propres et polynômes d’endomorphismes

om
4. Montrer que u est nilpotent.

Exercice 1.19

n.c
Soit A, B ∈ Mn (C).
1. Montrer que si A est inversible alors χ AB = χB A .
µ ¶µ ¶
X In − B A B In 0
2. Montrer que =
0 X In A In
µ ¶µ ¶
In 0 X In B
.
A In 0 X I n − AB
En déduire que χ AB = χB A .

o u
alm
o un
alm
q
Aq
a
ed
w.
am
ww
h
Mo

23
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
1.9 Exercices

om
n.c
u
o
alm
o un
alm
q
Aq
a
ed
w.
am
ww
h
Mo

24
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
om
Chapitre 2

n.c
Réduction des endomorphismes

u
2.1 Diagonalisation

Définition 1.1.
o
alm
1. Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). On dit que u
est diagonalisable, s’il existe une base de E dans laquelle la matrice
de u est diagonale.
un
2. Soit M ∈ Mn (K). On dit que M est diagonalisable, s’elle est sem-
o
blable à une matrice diagonale c’est-à-dire s’il existe une matrice
alm

diagonale D ∈ Mn (K) et une matrice inversible P ∈ GLn (K) tels


que M = P DP −1 .
q
Aq

Exemples :
a

1. Soit E un espace vectoriel de dimension finie. L’endomorphisme IdE est dia-


gonalisable. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ed

..................................................................................
w.

2. Toute matrice diagonale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .


am

Proposition 1.2.
ww

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Soit B une base


h

de E et M = MB (u) la matrice de u dans la base B. Alors u est diagonali-


sable si, et seulement si, M est diagonalisable.
Mo

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

25
2.1 Diagonalisation

om
Théorème 1.3.

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Alors u est dia-


gonalisable si et seulement s’il existe une base de E formée de vecteurs
propres de u.

n.c
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Proposition 1.4.

Soit E un K espace vectoriel et u ∈ L (E ). Si u est diagonalisable alors χu


est scindé dans K.

u
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

o
Remarque : Si M ∈ Mn (K) est diagonalisable, alors χM est scindé dans K.
alm
µ ¶
0 −1
Exemple : Soit M = . On a χM = . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1 0 un
Proposition 1.5.
o
Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). On suppose que
alm

χu est scindé dans K. Alors u est diagonalisable si, et seulement si, E est la
sommes de ses sous espaces propres i.e E = ⊕λ∈sp(u) E λ .
q

Démonstration : Le polynôme caractéristique de u s’écrit sous la forme


Aq

r
a

χu = (−1)n (X − λi )mλi
Y
i =1
ed

où les λi sont deux à deux distincts.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .


w.
am

Proposition 1.6.

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Notons λ1 , . . . , λr


ww

les valeurs propres deux à deux distinctes de u. Alors u est diagonalisable


h

r
X
si, et seulement si, dim E λi = dim E .
Mo

i =1

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
26
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
C HAPITRE 2 : Réduction des endomorphismes

om
Théorème 1.7.

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Alors u est dia-


gonalisable si, et seulement si, χu est scindé dans K et pour toute valeur
propre λ de u, dim(E λ (u)) = m λ .

n.c
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Proposition 1.8.

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Si χu admet n


racines distinctes, alors u est diagonalisable.

u
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Théorème 1.9.

o
Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). u est diagona-
lisable si et seulement s’il existe un polynôme P ∈ K[X ] scindé à racines
simples tel que P (u) = 0.
alm
un
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Corollaire 1.10.
o
Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Alors u est diago-
alm

nalisable si, et seulement si, πu est scindé dans K et racines simples.

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
q
Aq

Proposition 1.11.
a

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Si u est diagonali-


sable et F est un sous espace vectoriel stable par u, alors u F est diagonali-
ed

sable.
w.

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
am

Théorème 1.12.
ww

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u, v ∈ L (E ). Si u et v sont


h

diagonalisable et commutent, alors u et v sont simultanément diagona-


Mo

lisable.

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
27
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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2.2 Trigonalisation

om
2.2 Trigonalisation

Définition 2.1.

1. Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). On dit que


u trigonalisable, s’il existe une base de E dans laquelle la matrice

n.c
de u est triangulaire.
2. Soit M ∈ Mn (K). On dit que M est trigonalisable, s’il est semblable
à une matrice triangulaire, c’est-à-dire s’il existe une matrice in-
versible P ∈ GLn (K) et une matrice triangulaire T ∈ Mn (K) telles
que M = P T P −1 .

u
Proposition 2.2.

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Soit B une base de


E et M = MB (u) la matrice de u dans la base B. Alors u est trigonalisable
o
si, et seulement si, M est trigonalisable.
alm
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Théorème 2.3.
o un
Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Alors u est trigo-
nalisable si, et seulement si, χu est scindé dans K.
alm

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
q

Corollaire 2.4.
Aq

Soit M ∈ Mn (C). Alors M est trigonalisable.


a

Démonstration : Le théorème de D’Alembert-Gauss affirme que χM est scindé sur


ed
.

K. Par conséquent M est trigonalisable.


w
am

Proposition 2.5.
r
Soit A ∈ Mn (K) telle χ A est scindé dans K c’est-à-dire χ A = (−1)n
Y
(X −
ww
h

k=1
λk )mk . Alors
Mo

r
m
λk k .
Y
1. det A =
k=1

28
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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C HAPITRE 2 : Réduction des endomorphismes

om
r
m k λk .
X
2. tr A =
k=1

n.c
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

2.3 Décomposition de Dunford

u
Théorème 3.1. (Décomposition de Dunford)

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). Si le polynôme


caractéristique de u est scindé dans K, alors il existe un unique couple
(d , v) ∈ L (E )2 tel que :
1. d diagonalisable et v nilpotent,
o
alm
2. u = d + v,
3. d v = vd .
o un
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
alm

2.4 Exercices
q
Aq

Exercice 2.1
a

 
1 −1 0
ed

Soit A la matrice A = −1 1 1 .


.

0 0 3
w
am

1. Calculer le polynôme caractéristique de A. En déduire que A est


diagonalisable.
2. Déterminer les éléments propres de A.
ww

3. Déterminer une matrice diagonale D et une matrice inversible P


h

tel que A = P DP −1 .
Mo

4. Calculer D n , pour n ∈ N.
5. En déduire A n , pour n ∈ N.

29
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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2.4 Exercices

om
Exercice 2.2
µ ¶
0 a
Soit a, b ∈ R tels que (a, b) ̸= (0, 0) et A la matrice A = .
b 0
1. Calculer le polynôme caractéristique de A.
2. Montrer que A est diagonalisable dans M2 (R) si, et seulement si,

n.c
ab > 0.
3. Montrer que A est diagonalisable dans Mn (C) si, et seulement si,
ab ̸= 0.

u
Exercice 2.3

Soit A la matrice d’ordre n ≥ 2, dont tous les coefficients sont égaux à 1.


1. Calculer le rang de A.
o
2. Calculer A 2 en fonction de A.
3. Justifier que A est diagonalisable.
alm
4. Déterminer les éléments propres de A.
o un
Exercice 2.4
alm

Soit A ∈ Mn (K). On suppose que le polynôme caractéristique de A est


r
scindé c’est-à-dire χ A = (−1)n (X − λk )mk .
Y
q

k=1
Aq

n
m
λk k .
Y
1. Montrer que det(A) =
k=1
a

r
m k λk
X
2. Montrer que tr A =
ed

k=1
w.
am

Exercice 2.5
ww
h

µ ¶
1 −1
Soit A la matrice A = .
2 4
Mo

1. Diagonaliser la matrice A.
2. Calculer A n .

30
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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C HAPITRE 2 : Réduction des endomorphismes

om
Exercice 2.6

Soit E un K espace vectoriel, u, v deux endomorphismes de E tels que u et


v commutent et v nilpotent.
1. Montrer que det(IdE +v) = 1.
2. Montrer que u est inversible si, et seulement si, u + v est inversible.

n.c
3. Montrer que det(u + v) = det u.

Exercice 2.7

Soit E un C espace vectoriel de dimension n et v un endomorphisme de E .

u
Soit T l’application définie sur L (E ) par T (u) = uv − vu.
1. Montrer que T est un endomorphisme de E .
Soit G (respectivement D) l’application définie sur L (E ) par
o
G(u) = uv (respectivement D(u) = vu)
2. Montrer que si v est nilpotent, alors G et D sont nilpotents.
3. Montrer que si v est nilpotent, alors T est nilpotent.
alm
un
4. Montrer que si v est diagonalisable, alors T l’est aussi.
o
Exercice 2.8
alm

Soit E un K espace vectoriel de dimension n ≥ 2 et u ∈ L (E ). On pose


C (u) = {v ∈ L (E ) /uv = vu}.
q

1. Montrer que C (u) est une sous algèbre de L (E ).


Aq

2. On suppose que u est diagonalisable. Soit v ∈ L (E ). Montrer que


v ∈ C (u) si, et seulement si, ∀λ ∈ Sp(u), E λ (u) est stable par v.
a
ed
.

Exercice 2.9
w
am

Soit A ∈ Mn (K) une matrice nilpotente. Montrer que A n = 0.


ww
h

Exercice 2.10
Mo

Soit A ∈ Mn (C) (n ≥ 3) telle que rg(A) = 2, tr(A) = 0 et A n ̸= 0. Montrer que


A est diagonalisable.

31
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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2.4 Exercices

om
Exercice 2.11
µ ¶
0 In
Soit A ∈ Mn (R) et B =
A 0
1. Montrer que si λ est une valeur propre de B alors λ2 est une valeur
propre de A.

n.c
2. Montrer que si λ2 est une valeur propre de A alors λ est une valeur
propre de B .
p
3. Montrer que B = {± α/α ∈ Sp(A) ∩ R+ }.
4. Soit λ ∈ Sp(B ). Montrer que dim E λ (B ) = dim E λ2 (A).
5. Montrer que si B est diagonalisable alors A est diagonalisable à
valeurs propres strictement positives.

Exercice 2.12
o u
alm
Soit n ∈ N∗ , et E = Mn (K). Soit u ∈ L (E ) l’endomorphisme défini par

u(A) = A − t A
un
1. Calculer u 2 en fonction de u.
o
2. Montrer que u est diagonalisable.
alm

3. Déterminer la dimension de S n (R) (sous espace vectoriel des ma-


trices symétriques) et celui de A n (R) (sous espace vectoriel des ma-
trices antisymétriques).
q

4. En déduire tr u et det u.
Aq
a
ed
.

Exercice 2.13
w

a2
 
a
am

0
 1 
Soit a ∈ R∗ et A =  a
 0 a.
 1 1 
0
ww

a2 a
h

2
1. Calculer A − A.
Mo

2. Montrer que A est diagonalisable.


3. Sans calculer χ A déterminer Sp(A).

32
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C HAPITRE 2 : Réduction des endomorphismes

om
Exercice 2.14

On considère les suites (u n )n , (v n )n et (w n )n définies par : u 0 = v 0 = w 0 =



 u n+1 = 2u n − v n + w n
1 et ∀n ∈ N, v = un − w n . Pour n ∈ N, on pose X n =
 n+1
w n+1 = 2u n − 2v n + w n
 

n.c
un
 vn 
wn
1. Déterminer une matrice A ∈ M3 (R) telle que pour tout n ∈ N,
X n+1 = AX n .
2. Exprimer X n en fonction de A, n et X 0 .
3. Montrer que A est diagonalisable et la diagonaliser.

u
4. En déduire les expressions de u n , v n et w n en fonction de n

o
alm
Exercice 2.15
un
Soit A ∈ Mn (K) dont le polynôme caractéristique χ A est scindé dans K.
1. Justifier l’existence d’une matrice triangulaire T ∈ Mn (K) et d’une
matrice inversible telles que A = P T P −1 .
o
2. Soit Q ∈ K[X ] et notons t 1 , . . . , t n les éléments diagonaux de T .
alm

(a) Montrer que que Q(T ) est une matrice triangulaire dont les élé-
ments diagonaux sont Q(t 1 ), . . . ,Q(t n ).
(b) En déduire que Sp(Q(A)) = {Q(λ) / λ ∈ Sp(A)}.
q
Aq
a
ed

Exercice 2.16
w.

 
−1 2 1
am

On considère la matrice A suivante : A =  2 −1 −1


−4 4 3
1. Diagonaliser la matrice A.
ww

2. En déduire l’expression de A n pour tout n ∈ N.


h

3. Pour t ∈ R, calculer exp(t A).


Mo

4. Calculer la solution du système différentielle X ′ = AX , X (0) =


t
(1, 0, −1).

33
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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2.4 Exercices

om
Exercice 2.17
 
1 0 2
Soit A la matrice A = 0 1 0
2 0 1
1. Montrer que A est diagonalisable.

n.c
2. Déterminer les valeurs propres, puis une base de vecteurs propres.
 ′
 x = x + 2z
3. Résoudre le système différentielle : y′ = y , où x,y et z
 ′
z = 2x + z
désignes trois fonctions dérivables sur R.

u
Exercice 2.18 (Théorème de Hadamard)

Soit A = (a i j )1≤i , j ≤n ∈ Mn (C).

2. En
o
1. Montrer que si 1 ≤ ∀i ≤ n, |a i i | >

[ déduireX que le spectre de A est inclus


X
j ̸=i
|a i j |, alors A est inversible.

|a i j |). ( où B f (a, r ) = {z ∈ C / |z − a| ≤ r }).


dans
alm
B f (a i i ,
1≤i ≤n j ̸=i
un
Exercice 2.19
o
alm

¶ µ
4 1
1. Montrer que la matrice A = est trigonalisable dans M2 (R)
−4 0
et la trigonaliser.
 
−2 1 1
q

2. Montrer que la matrice A =  8 1 −5 est trigonalisable dans


Aq

4 3 −3
M3 (R) et la trigonaliser.
a
ed
w.
am
ww
h
Mo

34
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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om
Chapitre 3

n.c
Applications de la réduction

u
3.1 Calcul des puissances d’une matrice
o
Si D = diag(λ1 , . . . , λn ) et D ′ = diag(λ′1 , . . . , λ′n ) sont deux matrices diagonales de Mn (K)
alors DD ′ est une matrice diagonale et on a DD ′ = diag(λ1 λ′1 , . . . , λn λ′n ). En particu-
lier pour tout k ∈ N, D k = diag(λk1 , . . . , λkn ).
alm
Proposition 1.1.
un
Soient A, B ∈ Mn (K) telles que, elle existe P ∈ Mn (K) inversible telle que
o
A = P B P −1 . Alors pour tout k ∈ N,
alm

A k = P B k P −1

Démonstration : Par récurrence sur k.


q

Maintenant, supposons que A est une matrice diagonalisable ; elle existe P ∈ Mn (K)
Aq

et D = diag(λ1 , . . . , λn ) diagonale telles que A = P DP −1 . Par conséquent pour tout


k ∈ N,
a

A k = P diag(λk1 , . . . , λkn )P −1
ed
w.

3.2 Exponentielle d’une matrice


am

Théorème 2.1.
ww
h

X Ak
Soit A ∈ Mn (K). Alors la série est convergente.
Mo

≥0 k!

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

35
3.2 Exponentielle d’une matrice

om
Définition 2.2.

Soit A ∈ Mn (K). On appelle exponentielle de A la matrice notée exp(A) ou


e A définie par ;
X Ak
+∞
exp(A) =
k=0 k!

n.c
Exemples :

1. exp(0) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

2. exp(I n ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

u
Exponentielle d’une matrice diagonale : Soit D = diag(λ1 , . . . , λn ) ∈ Mn (K) une
matrice diagonale. Pour tout k ∈ N, on a D k = diag(λk1 , . . . , λkn ). Par conséquent, . . . . .
o
.........................................................................................
alm
Exponentielle d’une matrice diagonalisable :

Théorème 2.3.
un
Soit A ∈ Mn (K) une matrice diagonalisable avec A = P DP −1 où P est une
o
matrice inversible et D diagonale Alors exp(A) = P exp(D)P −1
alm

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
q
Aq

Théorème 2.4.

Soit A ∈ Mn (K). La fonction f : R → Mn (K) définie par f (t ) = exp(t A) est


a

dérivable et on a f ′ (t ) = A exp(t A) = exp(t A)A.


ed
.

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
w
am

Théorème 2.5.

Soit A, B ∈ Mn (K) avec AB = B A.


ww
h

1. exp(A + B ) = exp(A) exp(B ).


2. La matrice exp(A) et inversible et on a (exp(A))−1 = exp(−A).
Mo

Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
36
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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C HAPITRE 3 : Applications de la réduction

om
3.3 Systèmes différentielles
On s’intéresse ici à un système différentielle linéaire de la forme


 x 1′ = a 11 x 1 + . . . + a 1n x n
 x 2′

 = a 21 x 1 + . . . + a 2n x n
(S) ..

n.c


 .
 x′

= a n1 x 1 + . . . + a nn x n
n

Où x 1 , . . . , x n sont des fonctions de classe C 1 inconnues et les (a i j ) sont des scalaires.


 
x1
x 
 2 ′
Posons X =   ..  et A = (a i j ). Alors le système (S) est équivaut à X = AX .

 . 

u
xn

Théorème 3.1.

Les solutions du système (S) sont de la forme :


o
alm
t 7→ exp(t A)X 0

Où X 0 ∈ Mn,1 (K) est un vecteur constant.


o un
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
alm

Remarque : Si A = diag(a 1 . . . , a n ) est une matrice diagonale, alors chaque équa-


tion est indépendante des autres c’est-à-dire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
q
Aq

Remarque : Cas où A est une matrice diagonalisable (A = P DP −1 avec D diagonale


et P inversible). Le système (S) est équivaut à P −1 X ′ = DP −1 X . Si on pose Y = P −1 X
a

les règles de calcul des dérivations implique Y ′ = P −1 X ′ et donc


ed
.

Y ′ = DY
w
am

Ainsi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ww

3.4 Suites récurrentes linéaires


h
Mo

Soient a 0 , . . . , a p−1 ∈ K et (u n )n une suite vérifiant la relation de récurrence suivante ;

(⋆) ∀n ≥ 0, u n+p = a 0 u n + . . . + a p−1 u n+p−1


37
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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3.5 Exercices

om
 
un
 u 
 n+1 
 .  la relation (⋆) devient X n+1 = AX n où A ∈ Mp (K) est
Alors en posant X n =  . 
 . 
u n+p−1
la matrice  
0 1 ... ... 0 0
..

n.c
 
0

0 . ... 0 0 

.. .. .. .. 
 

0 . . . . 
A=  .

 .. .. .. .. .. 
 . . . 1 . 
 .
..

 .
 . . 0 0 1 

a 0 . . . . . . . . . a p−2 a p−1

u
Proposition 4.1.

Pour tout n ∈ N, X n = A n X 0 .
o
Démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
alm
Remarque : La détermination des suites récurrentes vérifiant (⋆) se ramène au cal-
cul des puissance de la matrice A.
o un
3.5 Exercices
alm

Exercice 3.1
 
0 1 1
q

On considère la matrice A = 1 0 1 .
Aq

1 1 0
1. Montrer que A est diagonalisable.
a

2. Calculer les puissances de la matrice A.


ed

3. (a) Pour n ≥ 3, déterminer le reste de la division euclidienne de X n


.

par χ A .
w

(b) Retrouver les puissances de la matrice A.


am

Exercice 3.2
ww
h

µ ¶ µ ¶
0 0 0 1
On considère les deux matrices A = et B = .
Mo

1 0 0 0
1. Calculer les puissances des matrices A et B .

38
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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C HAPITRE 3 : Applications de la réduction

om
2. En déduire e A et e B , puis e A e B .
3. Calculer (A + B )2 , en déduire (A + B )n pour tout n ∈ N.
4. Calculer e A+B .
5. Conclure.

n.c
Exercice 3.3
 
3 3 3
On considère la matrice A = −2 −2 −2
11 17 −1

u
1. Calculer A 2 , puis A 3 .
2. En déduire e A .

Exercice 3.4
o
alm
 
1 1 1
On considère la matrice A = 1
1
1
1
1 .
1
un
1. Calculer les puissances de A.
o
2. Calculer e A .
alm

Exercice 3.5
q

1. Soit A ∈ Mn (K).
Aq

(a) Montrer que K[A] = {P (A) P ∈ Kn [X ]} est un fermé de Mn (K).


(b) Montrer qu’il existe P ∈ Kn [X ] tel que e A = P (A).
a

(c) Donner un tel polynôme P si A est nilpotente.


ed

2. Montrer qu’il n’existe pas de polynôme P ∈ K[X ] tel que, pour tout
.

A ∈ Mn (K), e A = P (A). Indication : considérer l’application t 7→ e t A .


w
am

Exercice 3.6

Soit A ∈ Mn (C).
ww
h

1. On suppose que lim e t A = 0. Soit λ ∈ Sp(A) et V un vecteur propre


t →+∞
Mo

associé à λ.
(a) Montrer que pour tout t ∈ R, e t A V = e λt V .

39
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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3.5 Exercices

om
(b) En déduire que Re(λ) < 0.
2. On suppose que pour tout λ ∈ Sp(A), Re(λ) < 0. On considère la
décomposition de Dunford de A, A = D + N (D diagonalisable et N
nilpotente).

n.c
(a) Donner une expression polynomiale en N de e t N .
(b) En déduire que lim e t A = 0.
t →+∞

Exercice 3.7

u
1. Justifier que si deux matrices M et N commutent alors N et e M
commutent.
o
2. Soit N ∈ Mn (K) et h : R → Mn (K) la fonction définie par h(t ) =
e −t N e t N .
(a) Montrer que que h est dérivable et calculer h ′ .
alm
un
(b) En déduire que e N est inversible et donner son inverse.
3. Soient A, B ∈ Mn (K) telles que AB = B A. On considère la fonction
f : R → Mn (K) définie pour tout t ∈ R, par
o
f (t ) = e −t (A+B ) e t A e t B
alm

(a) Justifier que f est dérivable sur R et calculer f ′ .


(b) En déduire que e A+B = e A e B .
q
Aq
a

Exercice 3.8
ed

Soit A ∈ Mn (K) avec χ A scindé dans K[X ] et A = D + N sa décomposition


.

de Dunford.
w
am

1. Justifier que e N − I n est nilpotente.


2. Montrer que e D (e N − I n ) est nilpotente.
3. Justifier que e A = e D +e D (e N − I n ), en déduire la décomposition de
ww

Dunford de e A .
h

4. Montrer que e N = I n si, et seulement si, N = 0.


Mo

5. Montrer que A est diagonalisable si, et seulement si, e A est diago-


nalisable.

40
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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C HAPITRE 3 : Applications de la réduction

om
Exercice 3.9
 
5 −1 9
Soit A la matrice A = 3 4 0.
1 1 1
1. Montrer que A est diagonalisable.

n.c
2. Diagonaliser la matrice A.
3. En déduire, pour t ∈ R, e t A .
4. Résoudre le système différentielle suivant ;
 ′
 x = 5x − y + 9z
y′ = 3x + 4y
 ′
z = x +y +z

u
Exercice 3.10

2
Soit A la matrice A = 0
−1
3
o 1

−1 et f l’endomorphisme canonique-


alm
2 1 3
ment associé à A. un
1. Calculer le polynôme caractéristique de f et donner le spectre de f .
2. Calculer E 2 ( f ). L’endomorphisme f est-il diagonalisable ?
o
3. Trouver un vecteur propre e 1 associé à la valeur propre 4.
alm

4. Déterminer un vecteur propre e 2 associé à la valeur propre 2.


5. Trouver un vecteur e 3 tel que ( f − 2 IdE )(e 3 ) = e 2 .
6. Montrer que (e 1 , e 2 , e 3 ) est une base de K3 et déterminer T la ma-
q

trice de f dans cette base.


µ ¶
Aq

2 1
7. Soit B la matrice B = .
0 2
a

µ n
n2n−1

2
(a) Montrer que pour tout n ∈ N, B n = .
0 2n
ed

µ 2t
t e 2t

e
.

(b) En déduire que pour tout t ∈ R, e t B = .


0 e 2t
w

 4t 
e 0 0
am

tT 2t 2t
8. Montrer que pour tout t ∈ R, e =  0 e t e .
0 0 e 2t
9. Résoudre le système différentielle suivant ;
ww
h

 ′
 x = 2x − y + z
Mo

y′ = 3−z
 ′
z = 2x + y + 3z

41
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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3.5 Exercices

om
Exercice 3.11
µ ¶
cos(θ) − sin(θ)
Pour θ ∈ R, on pose A(θ) = .
sin(θ) cos(θ)
1. Montrer que pour tout n ∈ N, A n (θ) = A(nθ).
2. En déduire e A(θ) .

n.c
Exercice 3.12

Soit A ∈ M2 (K) de valeurs propres a et b.


1. On suppose que a ̸= b.
(a) Soit n ∈ N. Déterminer le reste de la division euclidienne de X n

u
par (X − a)(X − b).
a n −b n n n
(b) En déduire que pour tout n ∈ N, A n = a−b A + ab a−b
−ba
I2.
e a −e b b a
(c) Montrer que e A = A + aea−b
−be
I2.
o a−b
2. Donner une formule analogue pour e A dans le cas où a = b.
alm
Exercice 3.13 un
Soit A ∈ Mn (K) ayant n valeurs propres deux à deux distinctes λ1 , . . . , λn .
Pour 1 ≤ k ≤ n, on pose
o
n X − λi
alm

Y
Lk =
i =1,i ̸=k k − λi
λ

Notons que les L k sont des polynômes de degré ≤ n − 1 et L k (λ j ) = δk j .


q

n
Aq

1. Montrer que pour tout P ∈ Kn−1 [X ], P =


X
P (λk )L k .
k=1
a

n
p
2. En déduire que pour tout p ∈ N, A p = λk L k (A).
X
k=1
ed

n
.

3. En déduire que e A = e λk L k (A).


X
w

k=1
am
ww
h
Mo

42
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
[Link]
om
Chapitre 4

n.c
Décomposition de Jordan

u
4.1 Bloc de Jordan

Définition 1.1.
o
alm
Le bloc de Jordan de taille m ∈ N∗ et de valeur propre λ est la matrice
un
J λ,m ∈ Mm (K) dont tous les coefficients sont nuls sauf ceux en position
(i , i + 1) pour i ∈ [[1, m − 1]] qui valent 1, et ceux de la diagonale qui valent
λ, c’est-à-dire
o
λ 1 0
 
0 0
0 λ 1 0 0
alm

 

J λ,m =  0 0
 . .. . 
. . 0

λ 1
 
0 0 0
0 0 0 0 λ
q
Aq

Lorsque λ = 0 cette matrice est notée simplement J m .


a
ed

Remarques :
w.

1. La matrice J m est nilpotente d’indice de nilpotence vaut m, plus précisément


am

m−1 m
Jm = E 1,m et J m = 0.

2. Pour λ ∈ K, J λ,m − λI m = J m , ainsi (J λ,m − λI m )m−1 ̸= 0 et (J λ,m − λI m )m = 0.


ww
h
Mo

4.2 Cas d’un endomorphisme nilpotent

43
4.2 Cas d’un endomorphisme nilpotent

om
Proposition 2.1.

Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ) un endomorphisme


nilpotent d’indice de nilpotent n. Alors il existe une base de E dans la-
quelle la matrice de u est la matrice J n .

n.c
Démonstration : Comme u nilpotent d’indice n, on a u n−1 ̸= 0 et u n = 0. Il existe
un vecteur non nul e tel que u n−1 (e) ̸= 0. Considérons maintenant la famille B :=
(e, u(e), . . . , u n−1 (e)) qui est bien une base de E . En effet, le nombre d’éléments de
cette famille est la dimension de E , il suffit de vérifier qu’il est libre. Soit α0 , . . . , αn−1 ∈
K tels que α0 e + . . . + αn−1 u n−1 (e) = 0 et supposons que les αi ne sont pas tous
nuls, et appelons j le premier indice tel que α j ̸= 0, de sorte que α j u j (e) + . . . +
αn−1 u n−1 (e) = 0. Si on applique u n−1− j à la combinaison linéaire précédente, on
obtient α j u n−1 (e) = 0, ou encore α j = 0, on a donc une contradiction. On en déduit

u
que la famille (u n−1 (e), . . . , u(e), e) forme une base de E et la matrice de u dans cette
base vaut J n .

Proposition 2.2. o
Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ) un endomorphisme
alm
nilpotent d’indice de nilpotent p ≤ n. Il existe un vecteur non nul e tel
un
que u p−1 (e) ̸= 0. Le sous espace vectoriel F := Vect(e, u(e), . . . , u p−1 (e)) est
stable par u et admet un sous espace vectoriel supplémentaire lui aussi
stable par u.
o
alm

Démonstration : Puisque u p−1 ̸= 0, il existe un vecteur e non nul tel que u p−1 (e) ̸= 0.
Clairement F est stable par u, de plus dim F = p, car la famille (e, u(e), . . . , u p−1 (e))
forme une base de celui-ci. Notons e 1 = e, e 2 = u(e), . . . , e p = u p−1 (e). Maintenant
complétons la famille libre (e 1 , e 2 , . . . , e p ) en une base (e 1 , e 2 , . . . , e p , e p+1 , . . . , e n ) de
q

E.
Aq

Soit ϕ : E → Kp l’application définie par :


a

ϕ(x) = (e p∗ (x), e p∗ (u(x)), . . . , e p∗ (u p−1 (x)))


ed

Où e p∗ est le p-ème élément de la base duale de (e 1 , e 2 , . . . , e p , e p+1 , . . . , e n ). Claire-


.

ment ϕ est linéaire. On montre dans la suite que ker ϕ est un supplémentaire de F
w

et stable par u.
am

Soit x ∈ ker ϕ, on a donc 0 = ϕ(x) = (e p∗ (x), e p∗ (u(x)), . . . , e p∗ (u p−1 (x))), ou encore e p∗ (x) =
e p∗ (u(x)) = . . . = e p∗ (u p−1 (x)) = 0. On a ϕ(u(x)) = (e p∗ (u(x)), e p∗ (u 2 (x)), . . . , e p∗ (u p (x))) =
0, donc u(x) ∈ ker ϕ. Ceci prouve que ker ϕ est stable par u.
ww

p
h

Soit x ∈ F ∩ ker ϕ, le vecteur x s’écrit sous la forme x = αk e k .


X
k=1
Mo

Remarquons que ϕ(e 1 ) = (e p∗ (e 1 ), e p∗ (e 2 ), . . . , e p∗ (e p )) = (0, 0, . . . , 1), ϕ(e 2 ) = (0, 0, . . . , 1, 0)


, . . . , et ϕ(e p ) = (1, 0, . . . , 0). Par suite ϕ(x) = (αp , . . . , α1 ). Comme ϕ(x) = 0 on a α1 =
. . . = αp = 0 et donc x = 0.
44
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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C HAPITRE 4 : Décomposition de Jordan

om
La famille (ϕ(e 1 ), . . . , ϕ(e p )) est la base canonique de Kp , Im ϕ = Kp , en particulier
rg(ϕ) = p. Par la formule du rang appliquée à ϕ, on a dim ker ϕ = n − rg ϕ = n − p.
Par suite dim ker ϕ + dim F = dim E . Il vient que les deux sous espaces vectoriels F et
ker ϕ sont supplémentaires dans E .

Théorème 2.3.

n.c
Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ) un endomorphisme
nilpotent. Il existe une base de E dans laquelle la matrice de u est diago-
nale par bloc, de la forme
 
J n1 0 ... 0
 .. .. 

 0 J n2 . . 

u
 .. .. ..

. .
 
 . 0 
0 ... 0 J ns

o
Où les matrices J ni sont des blocs de Jordan et n 1 ≥ n 2 ≥ . . . ≥ n s . L’entier
n 1 est l’indice de nilpotence de u.
alm
un
Démonstration : Par récurrence sur la dimension de E , il n’y a rien à faire si n = 1.
Supposons la propriété est vraie pour tout espace vectoriel de dimension ≤ n. Soit E
un espace vectoriel de dimension n + 1 et u un endomorphisme nilpotent de E . No-
tons p l’indice de nilpotence de u. Fixons un vecteur e tel que u p−1 (e) ̸= 0, et notons
o
F le sous espace vectoriel engendré par la famille B1 = (e, u(e), . . . , u p−1 (e)). D’après
alm

la proposition précédente, F admet un supplémentaire E ′ stable par u. L’endomor-


phisme u E ′ induit par u sur E ′ est nilpotent d’indice de nilpotence n 1 ≤ p. D’après
l’hypothèse de récurrence il existe une base B ′ de E ′ dans laquelle la matrice de u E ′
q

est de la forme
Aq

 
J n1 0 ... 0
 .. .. 
a

 0

J n2 . . 

 .
.. ..

 .
. .

 . 0 
ed

0 J ns
.

0 ...
w
am

Où les matrices J ni sont des blocs de Jordan et n 1 ≥ n 2 ≥ . . . ≥ n s .


Finalement, la matrice de u dans la base B = B1 ∪ B ′ a la forme voulue.
Donnons le théorème équivalent pour les matrices nilpotentes de Mn (K).
ww
h

Théorème 2.4.
Mo

Soit M une matrice nilpotente de Mn (K). Alors M est semblable à une

45
ENS-Fès Mohamed Aqalmoun
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4.3 Cas général

om
matrice diagonale par blocs, de la forme
 
J n1 0 ... 0
 .. .. 

 0 J n2 . . 

n.c
 .. .. ..

. .
 
 . 0 
0 ... 0 J ns

Où les matrices J ni sont des blocs de Jordan et n 1 ≥ n 2 ≥ . . . ≥ n s . L’entier


n 1 est l’indice de nilpotence de M .

u
4.3 Cas général

Théorème 3.1. o
Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ). On suppose que le
alm
polynôme caractéristique de u est scindé sur K. Elle existe une base de E

 
un
dans laquelle la matrice de u est diagonale par blocs, de la forme

J λ1 ,n1,1 0 ... 0
 0 J λ1 ,n1,2 . . . 0 
o
 
 . .. .. 
 . ..
 . . . . 
alm


0 0 ... J λr ,nr,sr

Où pour 1 ≤ i ≤ r et 1 ≤ j ≤ s i , J λi ,ni , j est un blocs de Jordan. Pour 1 ≤ i ≤


q

si
X
r, n i , j = m λi et n i ,1 ≥ n i ,2 ≥ . . . ≥ n i ,si .
Aq

j =1
a

On a la version matricielle suivante :


ed
.

Théorème 3.2.
w
am

Soit A ∈ Mn (K). On suppose que le polynôme caractéristique de A est


scindé sur K. Alors A est semblable à une matrice diagonale par blocs,
de la forme
ww

 
J λ1 ,n1,1 0 ... 0
h

 0
 J λ1 ,n1,2 . . . 0 
 . .. .. 
..
Mo

 .
 . . . . 

0 0 ... J λr ,nr,sr

46
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C HAPITRE 4 : Décomposition de Jordan

om
Où pour 1 ≤ i ≤ r et 1 ≤ j ≤ s i , J λi ,ni , j est un blocs de Jordan. Pour 1 ≤ i ≤
si
X
r, n i , j = m λi et n i ,1 ≥ n i ,2 ≥ . . . ≥ n i ,si .
j =1

n.c
Remarques :
1. Les λi qui apparaissent dans les blocs de Jordan sont les valeurs propres de f
(ou de A) et donc les racines du polynôme caractéristique.
2. Une même valeur λ peut apparaître dans plusieurs blocs différents.
3. Le nombre de blocs associés à la valeur propre λi est égal à la dimension du
sous-espace propre E λi .

u
4. La somme des tailles des blocs de Jordan associés à λi est la multiplicité de λi
Xsi
comme racine du polynôme caractéristique ( c’est m λi = n i , j ).
o j =1

5. La taille du plus grand bloc de Jordan associé à λi est la multiplicité de λi


comme racine du polynôme minimal ( c’est n i ,1 ).
alm
Une méthode pour trouver la réduite de Jordan :
☞ Calculer le polynôme caractéristique de f ou A ;
un
☞ Pour chaque valeur propre λ, calculer le sous-espace propre E λ = ker( f − λ IdE )
o
et trouver une base de E λ . Le nombre de blocs de Jordan associés à λ est dim E λ .
☞ Pour chaque vecteur propre e 1 de la base de E λ : On cherche un vecteur e 2 tel
alm

que ( f − λ IdE )(e 2 ) = e. Puis on cherche un vecteur e 3 tel que ( f − λ IdE )(e 3 ) = e 2 , on
arrête de processus lorsque l’équation ( f −λ IdE )(e i +1 ) = e i n’admet pas de solution.
q

 
3 2 4
Aq

Exemple : Soit A la matrice A = −1 3 −1.


−2 −1 −3
a
ed
w.
am
ww
h
Mo

47
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