Examen – Session principale, Mai 2024
LMI 1 et LMA 1
Énoncé
Exercice 1
1. Soient A et B deux matrices symétriques. Montrer que le produit AB est symétrique si
et seulement si AB = BA.
2. Soient A et B deux matrices antisymétriques. Montrer que le produit AB est anti-
symétrique si et seulement si AB = −BA.
Exercice 2
Montrer que les matrices suivantes sont semblables
1 1 1 1 1 0
A = 0 1 1 , B = 1 1 1 .
1 1 1 1 1 1
Exercice 3
Soient B = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 et f : R3 → R3 l’endomorphisme de R3 dont la
matrice dans la base canonique est
1 2 −2
M = 2 1 −2 .
2 2 −3
1. Montrer que E1 = {x ∈ R3 | f (x) = x} est un sous-espace vectoriel de R3 dont on donnera
une base a.
2. Soient b = (0, 1, 1) et c = (1, 1, 2) deux vecteurs de R3 . Calculer f (b) et f (c).
3. Montrer que B ′ = {a, b, c} est une base de R3 .
4. Déterminer la matrice de passage P de B à B ′ .
5. Calculer P −1 .
6. Déterminer M ′ la matrice de f relativement à la base B ′ .
7. Calculer (M ′ )n pour tout n ∈ N. En déduire M n .
1
Exercice 4
Soit E un espace vectoriel sur K (R ou C).
1. Soient p un projecteur de E et u un endomorphisme de E. Montrer que p ◦ u = u ◦ p si
et seulement si Ker(p) et Im(p) sont stables par u.
2. Soient q un projecteur de E et F un sous-espace vectoriel de E. Montrer que F est stable
par q si et seulement si
F = (F ∩ Ker(q)) ⊕ (F ∩ Im(q)).
3. En déduire que deux projecteurs p et q de E commutent si et seulement si
E = (Ker(p) ∩ Ker(q)) ⊕ (Ker(p) ∩ Im(q)) ⊕ (Im(p) ∩ Ker(q)) ⊕ (Im(p) ∩ Im(q)).
2
Correction détaillée
Exercice 1
1. Matrices symétriques. Soient A et B symétriques : AT = A, B T = B.
• Si AB est symétrique, alors (AB)T = AB. Or (AB)T = B T AT = BA. Donc AB = BA.
• Si AB = BA, alors (AB)T = B T AT = BA = AB. Donc AB est symétrique.
Ainsi AB symétrique ⇐⇒ AB = BA.
2. Matrices antisymétriques. Soient A et B antisymétriques : AT = −A, B T = −B.
• Si AB est antisymétrique, alors (AB)T = −AB. Or (AB)T = B T AT = (−B)(−A) = BA.
Donc BA = −AB.
• Si AB = −BA, alors (AB)T = B T AT = (−B)(−A) = BA = −AB. Donc AB est
antisymétrique.
Ainsi AB antisymétrique ⇐⇒ AB = −BA.
Exercice 2
On calcule le polynôme caractéristique de A :
1−λ 1 1
1−λ 1 1 1
det(A − λI) = 0 1−λ 1 = (1 − λ) −0+1· .
1 1−λ 1−λ 1
1 1 1−λ
= (1−λ) (1−λ)2 −1 + 1·1−1·(1−λ) = (1−λ)λ(λ−2)+λ = λ (1−λ)(λ−2)+1 = λ(−λ2 +3λ−1).
De même pour B :
1−λ 1 0
1−λ 1 1 1
det(B − λI) = 1 1−λ 1 = (1 − λ) −1·
1 1−λ 1 1−λ
1 1 1−λ
= (1 − λ) (1 − λ)2 − 1 − (1 − λ) − 1 = (1 − λ)λ(λ − 2) + λ = λ(−λ2 + 3λ − 1).
√ √
Les deux polynômes sont identiques : −λ3 + 3λ2 − λ. Leurs racines sont 0, 3+2 5 et 3−2 5 (trois
valeurs propres distinctes). Les matrices A et B sont donc diagonalisables et ont les mêmes
valeurs propres avec les mêmes multiplicités ; elles sont semblables.
Exercice 3
1. Sous-espace E1 . E1 = ker(f − Id). On résout (M − I)X = 0 :
0 2 −2 2y − 2z = 0
M − I = 2 0 −2 ⇒ 2x − 2z = 0 ⇒ x = y = z.
2 2 −4 2x + 2y − 4z = 0
Donc E1 = Vect (1, 1, 1) . Une base est a = (1, 1, 1).
3
2. Calcul de f (b) et f (c).
1 2 −2 0 0
f (b) = M b = 2 1 −2 1 = −1 = −b.
2 2 −3 1 −1
1 2 −2 1 −1
f (c) = M c = 2 1 −2 1 = −1 = −c.
2 2 −3 2 −2
3. B ′ = {a, b, c} est une base.
1 0 1
det 1 1 1 = 1 · (2 − 1) − 0 + 1 · (1 − 1) = 1 ̸= 0.
1 1 2
Les trois vecteurs sont linéairement indépendants dans R3 , donc forment une base.
4. Matrice de passage P de B à B ′ . Par définition, les colonnes de P sont les coordonnées
des vecteurs de B ′ dans la base B :
1 0 1
P = 1 1 1 .
1 1 2
5. Calcul de P −1 . Résolvons P X = Y :
x1 + x3 = y1
x1 + x2 + x3 = y2 ⇒ x2 = y2 − y1 , x3 = y3 − y2 , x1 = y1 − x3 = y1 − y3 + y2 .
x1 + x2 + 2x3 = y3
Ainsi
1 1 −1
P −1 = −1 1 0 .
0 −1 1
6. Matrice M ′ de f dans B ′ . On a f (a) = a, f (b) = −b, f (c) = −c. Donc
1 0 0
M ′ = 0 −1 0 .
0 0 −1
7. Puissances.
1n 0 0 1 0 0
(M ′ )n = 0 (−1)n 0 = 0 (−1)n 0 .
0 0 (−1)n 0 0 (−1)n
4
Comme M = P M ′ P −1 , on a M n = P (M ′ )n P −1 . Posons ε = (−1)n . Alors
1 0 0
M n = P 0 ε 0 P −1 .
0 0 ε
Calculons :
1 0 0 1 0 ε
P 0 ε 0 = 1 ε ε .
0 0 ε 1 ε 2ε
Multiplions par P −1 :
1 0 ε 1 1 −1 1 1 − ε −1 + ε
M n = 1 ε ε −1 1 0 = 1 − ε 1 −1 + ε .
1 ε 2ε 0 −1 1 1 − ε 1 − ε −1 + 2ε
Ainsi, pour tout n ∈ N,
1 1 − (−1)n −1 + (−1)n
M n = 1 − (−1)n 1 −1 + (−1)n .
1 − (−1)n 1 − (−1)n −1 + 2(−1)n
Exercice 4
1. Commutation et stabilité. Soit p un projecteur (p2 = p) et u un endomorphisme.
• Si p ◦ u = u ◦ p : Pour x ∈ ker p, p(u(x)) = u(p(x)) = u(0) = 0 u(x) ∈ ker p. Pour
y ∈ Im p, y = p(z), alors u(y) = u(p(z)) = p(u(z)) ∈ Im p. Donc ker p et Im p sont stables
par u.
• Réciproquement, supposons ces stabilités. Tout x ∈ E s’écrit x = (x − p(x)) + p(x)
avec x − p(x) ∈ ker p et p(x) ∈ Im p. Alors
p(u(x)) = p(u(x − p(x))) + p(u(p(x))) = 0 + u(p(x)) = u(p(x)),
car u(p(x)) ∈ Im p implique p(u(p(x))) = u(p(x)). Ainsi p ◦ u = u ◦ p.
2. Stabilité d’un sous-espace par un projecteur. Soit q un projecteur et F un sous-
espace.
• Si F est stable par q, pour tout x ∈ F , q(x) ∈ F . On écrit x = (x − q(x)) + q(x). On a
x − q(x) ∈ ker q ∩ F et q(x) ∈ Im q ∩ F . Donc F ⊂ (F ∩ ker q) + (F ∩ Im q). L’inclusion
inverse est évidente, et la somme est directe car ker q ∩ Im q = {0}.
• Réciproquement, si F = (F ∩ ker q) ⊕ (F ∩ Im q), alors pour x ∈ F , on a x = a + b avec
a ∈ ker q, b ∈ Im q. Alors q(x) = q(a) + q(b) = 0 + b = b ∈ F . Donc F stable.
3. Commutation de deux projecteurs. Deux projecteurs p et q commutent ssi p◦q = q◦p.
D’après la question 1, cela équivaut à la stabilité de ker p et Im p par q. En utilisant la question
2:
ker p = (ker p ∩ ker q) ⊕ (ker p ∩ Im q), Im p = (Im p ∩ ker q) ⊕ (Im p ∩ Im q).
Comme E = ker p ⊕ Im p, on obtient la décomposition directe
E = (ker p ∩ ker q) ⊕ (ker p ∩ Im q) ⊕ (Im p ∩ ker q) ⊕ (Im p ∩ Im q).
C’est la condition cherchée.