Thèse
Thèse
Union-Discipline-Travail
Laboratoire de Botanique
Année Universitaire
2015-2016
THÈSE
Présentée pour l’obtention du Titre de Docteur de
l’Université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY
Numéro d’ordre
1056/2016 KOFFI Kouadio Arsène Dieudonné
Commission du jury
Soutenue publiquement
Le 06 Octobre 2016
M. KOUAMÉLAN Éssétchi Paul Professeur Titulaire UFHB Président
M. ADOU YAO Constant Yves Maître de Conférences UFHB Directeur
M. N’GUESSAN Kanga Anatole Maître de Recherches CNRA Rapporteur
M. KASSI N’Dja Justin Maître de Conférences UFHB Rapporteur
M. ZIRIHI Guédé Noël Professeur Titulaire UFHB Examinateur
i
M. BAKAYOKO Adama Maître de Conférences UNA Examinateur
DÉDICACE
À
Feu mon père KOFFI N’Gnanzou Jean
Et
i
AVANT-PROPOS ET REMERCIEMENTS
Cette thèse est le fruit d’une collaboration entre le Laboratoire de Botanique de l’Unité
de Formation et de Recherches (UFR) Biosciences de l’Université Félix Houphouët-Boigny et
l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR).
Ce travail de thèse n’aurait pas pu se concrétiser sans l’appui et les encouragements que
nous avons reçus tout au long de ces dernières années. Il est donc un devoir pour nous
d'exprimer nos remerciements et notre gratitude à toutes les personnes physiques ou morales
qui ont contribué, de près ou de loin, à créer des conditions favorables à l’aboutissement de ce
projet de thèse.
Nos remerciements vont tout d’abord à l’endroit des Autorités de l’Université Félix
Houphouët-Boigny, en particulier le Président, le Professeur KARAMOKO Abou Boiquaih,
pour nous avoir accueilli dans son institution.
À feu le Professeur AKÉ-ASSI Laurent, nous témoignons notre reconnaissance pour ses
conseils et encouragements pendant les séances de vérification ou d’identification de nos
échantillons d’espèces.
Aux illustres rapporteurs, examinateurs et membres du Jury qui ont porté un grand intérêt
pour notre travail et ont bien accepté d’apporter leur contribution à son jugement et à son
amélioration, chers Maîtres, nous vous disons merci.
Nos remerciements vont également à l’endroit des Docteurs KOUAMÉ Djaha, GONÉ Bi
Zoro Bertin, VROH Bi Aimé et KPANGUI Kouassi Bruno, à qui nous avons parfois demandé
beaucoup mais qui ont toujours trouvé le temps pour répondre à nos questions. À travers leur
sens d’écoute, leurs conseils, leurs observations et leurs critiques permanentes, ils ont contribué
à l’amélioration de nos manuscrits. Merci beaucoup pour les lectures pertinentes de nos travaux
aussi rapides qu’efficaces.
iii
Nous voudrions adresser une sincère gratitude aux Docteurs KOUAMÉ N’Guessan
François, KOUASSI Konan Édouard, et BOMISSO Edson pour leur encouragement durant les
difficiles moments d’incertitude.
Nous voudrions aussi remercier nos amis les Docteurs YAO Konan, KOUADIO Yao
Jean-Clovis et KONAN Djézou pour les discussions en statistiques sur R et XLSTAT. Leur
soutien a été très déterminant dans l’interprétation de nos résultats.
Nous ne saurions toutefois oublier nos deux guides à Azagny Messieurs MONÉ Oumarou
et SODRÉ Oumarou pour leurs sollicitudes et leur parfaite connaissance du parc.
Enfin, au cours d'une thèse, la vie ne se limite pas à l'investigation scientifique et les
remises en question auxquelles nous sommes sujets de manière récurrente. La réussite d’une
thèse nécessite aussi un soutien de la famille. Nous voudrions tout d'abord remercier les
membres de notre famille pour leur soutien et leur patience tout au long de nos études
universitaires. Ils nous ont permis de nous consacrer exclusivement aux études. Ils nous ont
toujours motivé à aller le plus loin possible dans les études et c’est grâce à leurs conseils, leur
soutien et bénédictions que nous avons eu le courage nécessaire pour achever ce travail.
iv
Nous ne saurions terminer sans remercier notre bien aimée, Mademoiselle KOFFI Ahou
Esther qui a supporté jusqu'au bout nos absences répétées. Elle a su nous encourager même
dans les moments les plus difficiles.
v
TABLE DES MATIÈRES
DÉDICACE .......................................................................................................................... i
INTRODUCTION ................................................................................................................1
vi
Chapitre 3 : Revue de littérature sur les études antérieures ......................................... 19
3.1. Dynamique, reconstitution ou régénération naturelle de la végétation ..................... 19
3.2. État des recherches sur la dynamique de la végétation post-culturale en zone forestière
..................................................................................................................................... 20
3.3. Concept et définition de Forêt à Haute Valeur de Conservation .............................. 22
vii
[Link]. Ressemblance floristique ..........................................................................43
[Link]. Structure de la végétation des différents espaces du Parc National d’Azagny
............................................................................................................................. 43
[Link].1. Densité .............................................................................................. 43
[Link].2. Aire basale ......................................................................................... 44
[Link].3. Distribution des individus par classes de diamètre .............................. 44
[Link]. Estimation de la biomasse aérienne des ligneux ........................................ 44
[Link]. Potentiel de reconstitution de la végétation ............................................... 45
[Link].1 . Modes de dissémination ................................................................... 45
[Link].2. Indice Pionnier ................................................................................... 47
[Link].3. Potentiel de régénération des espèces ................................................. 49
[Link].4. Taux de mortalité des espèces ............................................................ 49
5.2.3. Méthodes statistiques d’analyse des données ................................................... 49
[Link]. Tests de comparaison des moyennes ......................................................... 49
[Link]. Méthodes d’ordination .............................................................................. 50
viii
7.4.2. Diversité selon l’indice de Simpson ................................................................. 79
7.4.3. Diversité selon l’indice d’équitabilité de Piélou ............................................... 79
7.5. Ressemblance floristique ........................................................................................ 80
7.6. Structure forestière ................................................................................................. 80
7.6.1. Densités dans les différents types de forêts du Parc National d’Azagny ...........80
7.7.2. Aires basales dans les différents types de forêt du Parc National d’Azagny......82
7.7.3. Distribution des tiges par classes de diamètre .................................................. 82
7.8. Détermination de la biomasse ligneuse aérienne ..................................................... 84
7.9. Régénération des espèces arborescentes ................................................................. 84
7.9.1. Modes de dissémination .................................................................................. 84
7.9.2. Degré de perturbation des différents types de forêts selon l’Indice Pionnier (IP)
................................................................................................................................. 87
7.9.3. Potentiel de régénération des espèces arborescentes ......................................... 87
7.9.4. Taux de mortalité des espèces..........................................................................89
ix
8.9. Régénération forestière dans les différents espaces anciennement cultivés............ 117
8.9.1. Modes de dissémination ................................................................................ 117
8.9.2. Indice pionnier (IP) ....................................................................................... 117
8.9.3. Potentiel de régénération (PR) ....................................................................... 120
8.9.4. Taux de mortalité .......................................................................................... 120
........................................................................................................................................... 157
x
LISTE DES ABRÉVIATIONS, SIGLES ET ACRONYMES
Chorologie
GCW: Taxon endémique du bloc forestier à l’Ouest du Togo, comprenant le Ghana, la Côte
d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée Bissau, la Gambie et le Sénégal
Autres
CDB : Convention sur la Diversité Biologique
CNUED : Conférence des Nations-Unies sur l’Environnement et le Développement
DHP : Diamètre à Hauteur de Poitrine
ETM+ : Enhanced Thematic Mapper
xi
OIPR : Office Ivoirien des Parcs et Réserves
PALMCI : Palm Côte d’Ivoire
PHCI : Plantations Huileries Côte d’Ivoire
PNA: Parc National d’Azagny
SAPH : Société Africaine de Plantations d’Hévéas
SODEXAM : Société d’Exploitation et de Développement Aéroportuaire, Aéronautique et
Météorologique
TM : Thematic Mapper
T : Tonnes
xii
LISTE DES FIGURES
Figure 1: Localisation et présentation du Parc National d’Azagny au Sud de la Côte d’Ivoire .7
Figure 2: Diagramme ombrothermique de la région de Grand-Lahou de 2005 à 2014 .............9
Figure 3 : Aperçu du sous-bois d’une forêt ancienne dans le PNA ........................................ 11
Figure 4: Aperçu d’une vieille jachère dans le PNA .............................................................. 11
Figure 5: Vue d’une Forêt marécageuse dans le PNA ........................................................... 13
Figure 6: Vue d’une Savane côtière dans le PNA .................................................................. 13
Figure 7: Vue d'une Mangrove dans le PNA ......................................................................... 13
Figure 8: Vue d’un champ de cultures vivrières au Nord-Ouest du PNA ............................... 17
Figure 9: Vue d’un champ de cacaoyères au Nord du PNA ................................................... 17
Figure 10: Vue de douilles de cartouches aperçues dans le PNA ...........................................17
Figure 11: Photographie d’un récolteur de fruits de Raphia palma-pinus (Arecaceae) dans le
PNA ..................................................................................................................................... 18
Figure 12: Organigramme des différentes étapes suivies lors du traitement des images Landsat
............................................................................................................................................. 30
Figure 13: Compositions colorées 5/4/3 des images du PNA (source, images Landsat) ........ 32
Figure 14: Aperçu du dispositif de collecte des données ....................................................... 34
Figure 15: Carte du PNA montrant les parcelles d’inventaires .............................................. 36
Figure 16 : Carte des types d’occupation de sol du PNA en 2012 à partir d’une image Landsat
ETM+................................................................................................................................... 53
Figure 17 : Spectre de l’occupation du sol dans le PNA en 2012 ...........................................53
Figure 18 : Carte des types d’occupation de sol du PNA en 2002 à partir d’une image Landsat
............................................................................................................................................. 56
Figure 19 : Spectre de l’occupation du sol dans le PNA en 2002 ...........................................56
Figure 20 : Carte des types d’occupation de sol du PNA en 1987 à partir d’une image Landsat
TM ....................................................................................................................................... 59
Figure 21 : Spectre de l’occupation du sol dans le PNA en 1987 ...........................................59
Figure 22 : Histogramme de variations des formations végétales dans le PNA ...................... 62
Figure 23 : Carte de variation de la végétation au cours de la période de 1987 à 2002 ...........62
Figure 24 : Carte de variation de la végétation au cours de la période de 1987 à 2012 ...........63
Figure 25: Types biologiques dans les différents types de forêts du Parc National d’Azagny 73
Figure 26: Types morphologiques dans les différents types de forêts du Parc National
d’Azagny .............................................................................................................................. 73
Figure 27: Distribution des tiges par classes de diamètre dans les différentes forêts .............. 83
xiii
Figure 28: Modes de dissémination dans les différents types de forêt du PNA ...................... 86
Figure 29: Types biologiques dans les différents espaces anciennement cultivés du PNA ... 101
Figure 30: Types morphologiques dans les différents espaces anciennement cultivés du PNA
........................................................................................................................................... 101
Figure 32: Individu d'Anthocleista nobilis (Loganiaceae), espèce endémique Ouest africaine
........................................................................................................................................... 103
Figure 33: Pied de Irvingia gabonensis (Irvingiaceae), espèce en danger de la flore ivoirienne
........................................................................................................................................... 106
Figure 34: Pied de Milicia regia (Moraceae), espèce vulnérable de la flore ivoirienne selon
UICN (2015). ..................................................................................................................... 106
Figure 35 : Structure diamétrique des vieilles jachères ayant une distribution en « J » inversé
........................................................................................................................................... 114
Figure 36: Structure diamétrique des vieilles jachères ayant une distribution en dents de scie
........................................................................................................................................... 114
Figure 38: Carte factorielle (a) et cercle de corrélation (b) des groupes de variables utilisées
dans l’AFM pour les forêts ................................................................................................. 124
Figure 39: Carte factorielle (a) et cercle de corrélation (b) des groupes de variables utilisées
dans l’AFM pour les espaces anciennement cultivés ........................................................... 128
Figure 40: Carte factorielle (a) et cercle de corrélation (b) des groupes de variables utilisées
dans l’AFM pour les forêts anciennes et les espaces anciennement cultivés ........................ 131
xiv
LISTE DES TABLEAUX
xv
Tableau XXI: Nombre total d’espèces rares et menacées selon UICN (2015) dans les grandes
catégories d’espaces anciennement cultivés du PNA ........................................................... 105
Tableau XXII: Valeurs moyennes des indices de diversité spécifique ................................. 108
Tableau XXIII: Matrice de similarité selon Morisita-Horn .................................................. 111
Tableau XXIV: Valeurs moyennes des paramètres structuraux de la végétation des différents
espaces anciennement cultivés du PNA .............................................................................. 112
Tableau XXV: Comparaison de la biomasse aérienne dans les espaces anciennement cultivés
........................................................................................................................................... 116
Tableau XXVI: Comparaison des indices pionniers dans les différents espaces du PNA ..... 119
Tableau XXVII: Valeurs moyennes (p.c) du potentiel de régénération (PR), du taux de mortalité
(p.c) (TM) dans les espaces anciennement cultivés ............................................................. 121
Tableau XXVIII: Valeurs propres et contribution des groupes des variables descriptives des
différents types de forêts ..................................................................................................... 123
Tableau XXIX: Valeurs moyennes des indices de diversité, des paramètres de reconstitution et
structuraux.......................................................................................................................... 125
Tableau XXX : Valeurs propres et contribution des groupes des variables descriptives des
différents types d’espaces anciennement cultivés ................................................................ 127
Tableau XXXI: Valeurs moyennes des indices de diversité, des paramètres de reconstitution et
structuraux.......................................................................................................................... 130
Tableau XXXII : Valeurs propres et contribution des groupes des variables descriptives pour la
comparaison des relevés ..................................................................................................... 130
Tableau XXXIII: Valeurs moyennes des indices de diversité, des paramètres de reconstitution
et structuraux ...................................................................................................................... 133
Tableau XXXIV: Récapitulatif de la valeur de conservation des différentes catégories d'espaces
du PNA adapté de Adou Yao (2005) ................................................................................... 153
Tableau XXXVII: Évaluation des valeurs de conservation et identification de FHVC catégories
d'espaces dans le PNA ........................................................................................................ 154
xvi
LISTE DES ANNEXES
Annexe : Liste floristique des espèces inventoriées dans le Parc National d’Azagny ........... 187
xvii
INTRODUCTION
1
Les forêts tropicales sont des écosystèmes extrêmement utiles et précieux qui jouent un
rôle primordial dans la stabilisation du climat (Adjakpa et al., 2013). Elles stockent de grandes
quantités de carbone qui, sinon, seraient relâchées dans l’atmosphère et contribueraient au
dérèglement climatique (Greenpeace, 2009). Ces forêts limitent également le ruissellement des
eaux de pluies en favorisant leur infiltration dans le sol. Elles protègent également les sols
contre l’érosion, améliorent le microclimat en réduisant la température au niveau du sol et
assurent le maintien des qualités nutritives du sol (Bergonzini et Lanly, 2000 ; Adjakpa et al.,
2013). Malgré tous ces services que fournissent ces écosystèmes forestiers, ils demeurent très
menacés à travers le monde entier.
La Conférence des Nations-Unies sur l’Environnement et le Développement (CNUED),
tenue à Rio en 1992, a reconnu que les activités anthropiques sont en grande partie à la base de
la dégradation des écosystèmes. Dès lors, le souci de conservation de la biodiversité, avec la
prise en compte des besoins et aspirations des populations, est devenu réel depuis le Sommet
de la Terre en 1992 (Inoussa et al., 2013). Il s’en est suivi un besoin urgent de comprendre les
effets directs et indirects des activités humaines sur la biodiversité, qui sont des questions
sujettes à de nombreux débats scientifiques (Larrere et Larrere, 1997). Malgré cette prise de
conscience collective, l´érosion de la biodiversité se poursuit et constitue une menace pour
l´humanité (Sinsin et Kampmann, 2010 ; Inoussa et al., 2013).
La zone intertropicale, particulièrement, l’Afrique tropicale occidentale est la plus
durement touchée par cette crise environnementale (Inoussa et al., 2013). Les formations
végétales de cette région se dégradent à un rythme accéléré. Le changement de la superficie
forestière en Afrique intertropicale est le plus important de toutes les régions du monde
(Inoussa et al., 2013). La perte annuelle nette de la superficie forestière est estimée à 5,3
millions d’hectares pour toute l’Afrique, soit 0,78 p.c. de la superficie forestière totale (FAO,
2001).
En Côte d’Ivoire, la dégradation du couvert végétal est aussi préoccupante. Le rythme de
destruction annuelle de 265 000 ha de forêt de 1990 à 2000 est parmi les plus élevés du monde
(Achard et al., 2002). Les causes sont entre autres, la croissance de la population et
l’exploitation des terres agricoles (Balick et Cox, 1997). Ainsi, pour Whitmore et Sayer
(1992), Wilcox (1995) et Baatuuwie et al. (2011), si le processus de destruction des
écosystèmes forestiers tropicaux se poursuit, de nombreuses espèces s’éteindront sans même
que l’on ait connu leur existence, leur nombre, leur distribution et leurs statuts écologiques. Il
est donc nécessaire de prendre des mesures pour éviter cette situation. L’une d’entre elles
consiste à faciliter la résilience ou la reconstitution des écosystèmes dégradés. C’est pourquoi
2
la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) précise au point 15 des Objectifs d’Aichi, que
d’ici à 2020, la résilience d’au moins 15 p.c. des écosystèmes dégradés, soit possible
(Thompson, 2010). Il est question de protéger et préserver ce qui demeure et de restaurer les
espaces dégradés. Deux modèles de reconstitution sont possibles : la reconstitution artificielle
avec l’introduction d’espèces végétales et la reconstitution naturelle. Cette dernière consiste à
promouvoir la capacité naturelle de cicatrisation (ou résilience) de la formation dégradée
jusqu’à un éventuel climax. Aussi, une telle approche repose-t-elle sur une connaissance
approfondie de la dynamique se mettant en place spontanément après toutes formes de
dégradation d’une parcelle forestière (Ewel, 1980).
Le Sud forestier ivoirien, fait partie de l’une des zones définies par Myers et al. (2000)
comme hotspots de biodiversité dans la région phytogéographique de Haute Guinée. Cette zone
couvre la Sierra Leone jusqu’au Ghana. Elle est connue sous l’appellation de Forêts de Haute
Guinée et est constituée d’écosystèmes uniques, du fait de leur haute endémicité, faisant de ces
forêts, une des zones de conservation prioritaire au monde (Poorter et al., 2004). Cette zone
compte environ 9000 espèces de plantes dont 20 p.c. sont endémiques (Myers et al., 2000).
Des études scientifiques menées dans cette zone ont montré que les Forêts de la Haute Guinée
n’échappent pas au phénomène de destruction forestière. Dans ce processus de destruction
forestière, le Sud forestier de la Côte d’Ivoire a connu une disparition drastique des surfaces
forestières et une augmentation des surfaces des forêts secondaires (Malan et al., 2007 ; Vroh,
2013). Aussi face à des pressions anthropiques, de plus en plus fortes, la Côte d’Ivoire a adopté
entre 1968 et 1974, une série de lois visant à créer un réseau d’aires protégées auquel appartient
le Parc National d’Azagny (PNA) (Konan, 2008). L’objectif était de sauvegarder le couvert
forestier qui commençait à disparaître à un rythme alarmant. La création de ce parc en 1981 a
inclus des reliques de forêt non anthropisées mais également des espaces anciennement cultivés.
Or la gestion rationnelle de la biodiversité commence par une bonne connaissance de la
composition floristique et de la structure de tous les écosystèmes de ce parc.
En Côte d’Ivoire, il existe de nombreux travaux portant sur la reconstitution des jachères
post-culturales. Des auteurs tels que De Namur (1978), Kahn (1982), Adou Yao et N’Guessan
(2005), Kouassi et al. (2009), Kassi et al. (2010) et Vroh (2013), ont posé les jalons de l’étude
de la reconstitution des jachères post-culturales. Dans le PNA, les études portant sur la
reconstitution des espaces anciennement cultivés n’ont jamais été entreprises. Or, ce parc est
l’un des parcs du littoral ivoirien à être classé comme un site RAMSAR avec une variété de
formations végétales typiques (Kouamé, 2009). La Convention de Ramsar est un traité
international adopté le 2 février 1971 (Iran) pour la conservation et l’utilisation durable des
3
zones humides, qui vise à enrayer leur dégradation ou disparition, en reconnaissant leurs
fonctions écologiques ainsi que leurs valeurs, culturelles, scientifique et récréative.
Avant la création du PNA en 1981, il y existait des forêts denses ombrophiles, des forêts
marécageuses, des mangroves, des savanes pré-lagunaires et des plantations de caféières, de
cacaoyères, de cocoteraies, de palmeraies à huile et de cultures vivrières (Koffi et al., 2015).
Pour freiner la dégradation du couvert forestier dans cette zone, la Côte d’Ivoire a décidé de
déplacer les planteurs par vagues successives. Les premiers déplacements ont eu lieu en 1986
et les seconds en 2000. Les plantations abandonnées, à ces périodes, se sont transformées en de
vieilles jachères. Elles occupent une place importante dans le paysage du parc actuellement,
avec environ 23 p.c de sa superficie (Koffi et al., 2015).
Jusqu’à présent, aucune étude portant sur la diversité floristique de ces vieilles jachères
n’a été abordée. Parmi les travaux réalisés dans le PNA, figure une étude sur la caractérisation
des types d’occupation du sol en rapport avec les pratiques des populations riveraines (Konan,
2008). Une autre a porté sur le rôle de l’éléphant dans la régénération forestière (Kouamé,
2009). Et enfin, la dernière a concerné la diversité, la distribution et les utilisations des épiphytes
vasculaires des strates inférieures (Gnagbo, 2015). Aujourd’hui, la gestion durable du parc
passe inéluctablement par la connaissance de la composition, de la richesse végétale et la
structure de ces vieilles jachères. C’est dans ce cadre que s’inscrit la présente étude qui a pour
thème : Dynamique de la végétation et valeurs de conservation des espaces anciennement
cultivés. Elle a pour objectif général d’évaluer le niveau de reconstitution de la végétation des
espaces anciennement cultivés après leur intégration dans le Parc. Pour atteindre cet objectif, il
a fallu cartographier et analyser la dynamique spatio-temporelle des formations végétales du
Parc National d’Azagny (PNA) dans un premier temps. Dans un deuxième temps, il s’est agi
d’évaluer les diversités végétale et structurale des forêts et des espaces anciennement cultivés.
Dans un troisième temps, le potentiel de reconstitution de ces espaces a été estimé. Enfin, la
valeur de conservation des espaces anciennement cultivés a été mesurée.
Ce document comprend quatre principlales parties. La première partie a été consacrée aux
généralités sur la zone d’Azagny. La deuxième partie a traité du matériel et de la méthodologie
adoptée dans cette étude. La troisième partie a présenté les résultats obtenus. La quatrième
partie est consacrée à la discussion des résultats obtenus.
4
Première partie : GÉNÉRALITÉS
5
Chapitre 1 : Présentation de la zone d’étude
Le Parc National d’Azagny (PNA) est situé dans le Sud de la Côte d’Ivoire, entre les
latitudes Nord 5°09’ et 5°16’’ et les longitudes Ouest 4°48’ et 4°58’ (Figure 1). Il s’étend entre
les Départements de Grand-Lahou et de Jacqueville. Le parc est limité au Nord par des
plantations villageoises, au Sud par le canal artificiel d’Azagny creusé en 1920, à l’Est par la
lagune Ebrié et à l’Ouest par le fleuve Bandama (Lauginie, 2007).
Jadis réserve partielle de faune en 1960, le Parc National d’Azagny a été créé par le décret
n° 81-218 du 2 avril 1981, après déclassement d’une grande partie des surfaces mises en culture
(Konan, 2008). Le PNA couvre aujourd’hui une superficie de 21 850 ha (y compris l’ancienne
zone tampon de 2 450 ha). Le PNA est classé site RAMSAR depuis février 1996.
6
Figure 1: Localisation et présentation du Parc National d’Azagny au Sud de la Côte d’Ivoire (Gnagbo, 2015).
7
C’est l’une des forêts littorales à bénéficier d’un statut de protection sur toute l’étendue de sa
surface.
1.3.1. Climat
Il n’y a pas de station météorologique dans le Parc National d’Azagny (PNA). Cependant,
nous estimons que les données climatiques du Parc ne diffèrent pas énormement de celles de
Grand-Lahou, ville à laquelle est rattaché le PNA. Les conditions climatiques de Grand-Lahou
placent le Parc dans le secteur ombrophile du domaine guinéen, caractérisé par les forêts denses
humides sempervirentes (Kouamé, 2009). Le climat du Parc est du type subéquatorial
(Avenard et al., 1971). Sur la base des données fournies par la SODEXAM pour la région de
Grand-Lahou, un diagramme ombrothermique a été établi (Figure 2). Il montre une alternance
de quatre saisons : deux saisons sèches et deux saisons pluvieuses. Les saisons sèches couvrent
deux périodes : de janvier à février et le mois d’août. Les saisons pluvieuses s’étalent aussi sur
deux périodes : de mars à juillet et de septembre à décembre. L’harmattan couvre en général
deux semaines en janvier. La pluviométrie moyenne est de 1650 mm pour une température
moyenne annuelle de 26 °C et une humidité relative moyenne d’environ 85 p.c. (Eldin, 1971;
Roth et al., 1979).
La particularité du Parc national d'Azagny est liée à son régime hydrique. Le Sud est
constitué par une vaste dépression marécageuse limitée par le canal d’Azagny. Le Sud-Ouest
est limité par le fleuve Bandama et le Sud-Est est limité par la lagune Ebrié. La partie
méridionale du Parc est un bas-fond recevant les eaux des zones forestières et des savanes
côtières (Kouamé, 2009). Ces eaux stagnantes forment une zone marécageuse au Centre du
Parc. Cette zone représente un écosystème très important avec 45 p.c. de la superficie totale du
Parc. Cette zone constitue une zone de refuge pour de nombreuses espèces animales telles que
l’éléphant et le buffle.
8
Figure 2: Diagramme ombrothermique de la région de Grand-Lahou de 2005 à 2014 (Source
des données SODEXAM)
9
1.3.3. Topographie et sol
Le parc est inclus dans une zone peu accidentée et dominée par un vaste ensemble de bas
plateaux. Les altitudes varient de 1 à 50 m au-dessus du niveau de la mer (Roth et al., 1979).
Par contre, le Sud est constitué d’une vaste dépression qui a une altitude de 1 à 6 m au-dessus
du niveau de la mer.
Le sol du parc est constitué de sédiments côtiers du Quaternaire et des sédiments sableux
et argileux du Tertiaire (Lauginie, 2007). Le type de sol varie en fonction des secteurs. Au
nord, le sol est de type ferralitique fortement désaturé avec un horizon humifère peu épais,
sableux grossier et poreux. Au Sud, le sol est de type alluvionnaire et hydromorphe organique.
Ce type de sol couvre plus de la moitié du parc. Le sol est sableux et mêlé aux dépôts alluviaux
du fleuve Bandama pour donner des sols pseudopodzoliques sans horizon d’humus à proximité
de la mer (Perraud, 1971; Roth et al., 1979).
1.4.1. Végétation
Le Parc National d’Azagny appartient aux forêts de Haute Guinée. La variété des
formations végétales donne toute sa valeur au milieu naturel de ce Parc. On y rencontre des
formations végétales de terre ferme mais aussi des formations végétales caractéristiques du
secteur littoral qui demeurent à l'état de reliques.
Ce sont des forêts denses fermées (Figure 3). Elles sont constituées de plusieurs strates et
le sous-bois est dense avec de nombreuses lianes et épiphytes présentes sur les troncs, les
branches et les feuilles des arbres (Lauginie, 2007). Les espèces telles que Piptadeniastrum
africanum (Hook.) Brenan (Fabaceae), Anopyxis klaineana (Pierre) Engl. (Rhizophoraceae),
Tieghemella heckelii Pierre ex A. Chev. (Sapotaceae), Klainedoxa gabonensis Pierre ex Engl.
(Irvingiaceae), Sacoglottis gabonensis (Baill.) Urb. (Humiriaceae) constituent la strate
arborescente supérieure (30-40 m).
Ce sont des forêts anthropisées qui sont en reconstitution (Figure 4). Dans ce type de
forêt, les espèces communes sont entre autres : Musanga cecropioides R. Br (Cecropiaceae),
Anthocleista nobilis G. Don (Loganiaceae), Ficus exasperata Vahl (Moraceae).
10
Figure 3 : Aperçu du sous-bois d’une forêt ancienne dans le PNA
11
Quelques arbres aux fûts impressionnants apparaissent néanmoins. Ce sont Ricinodendron
heudelotii (Baill.) Pierre ex Heckel (Euphorbiaceae), Ceiba pentandra (L.) Gaertn.
(Malvaceae).
Ce sont des forêts se trouvant sur des sols inondés durant toute l’année (Figure 5)
(Kouamé, 2009). Ce type de forêt est dominé par les espèces telles que Uapaca paludosa
Aubrév. & Léandri (Euphorbiaceae), Xylopia rubescens Oliv. (Annonaceae), Hallea
ledermannii (K. Krause) Verdc. (Rubiaceae). Certaines espèces telles que Raphia hookeri Mann
& Wendl. (Arecaceae) et Calamus deeratus L. (Arecaceae) sont également présentes en grand
nombre.
Ce sont des forêts soumises à des inondations périodiques ou temporaires. Les arbres, aux
racines échasses de faible taille, se tiennent souvent sur des tertres. Parmi les principales espèces
ligneuses qui composent ces forêts figurent Hallea ledermannii (K. Krause) Verdc.
(Rubiaceae), Syzygium guineense (Willd.) DC. (Myrtaceae),…
Ce sont des formations ouvertes et peu boisées, à graminées à feuilles coupantess, qui se
trouvent à proximité des côtes (Figure 6) (Schnell, 1976 ; 1977). Elles évoluent soit sur des
terres fermes soit sur des terres inondées. Sur terre ferme, ce type de végétation est dominé par
Borassus aethiopum Mart. (Arecaceae) et Phoenix reclinata Jacq. (Arecaceae). Le sol est
tapissé de Imperata cylindrica (Anderss.) C.E. Hubbard (Poaceae) en association avec
Clappertonia ficifolia (Willd.) Decne (Tiliaceae). Sur sol inondé, la végétation est dominée par
Echinochloa pyramidalis (Lam.) Hitchc. & Chase (Poaceae) et Mariscus flabelliformis Kunth
(Cyperaceae).
[Link]. Mangroves
Les mangroves sont des formations végétales dominées par des arbres ou des à racines
échasses s’enfonçant dans la vase. Elles sont présentent sur les rives du canal d’Azagny et de
la lagune Ebrié, où dominent les palétuviers Rhizophora racemosa G.F.W. (Rhizophoraceae)
et Avicenia germinans (L.) L. (Acanthaceae) (Figure 7).
12
Figure 5: Vue d’une Forêt marécageuse dans le PNA
13
1.4.2. Faune
La faune du Parc comporte une grande variété d'espèces du domaine forestier guinéen
(Kouamé, 2009). Cette faune est composée d’espèces des milieux aquatiques et terrestres.
Plusieurs espèces de mammifères, d’oiseaux, de poissons et de reptiles ont été signalées. Parmi
les mammifères, le plus emblématique est l’éléphant d’Afrique (Loxodonta africana Cuvier,
1825). Les autres grands mammifères sont le buffle nain de forêt (Syncerus caffer nanus
Sparrman, 1779), l’hippopotame pygmée (Hexaprotodon liberiensis Morton, 1849) dont les
effectifs sont très réduits (Kouamé, 2009). Des espèces de primates telles que, le chimpanzé
(Pan troglodytes Schwarz, 1934), le diane (Cercopithecus diana Linnaeus, 1758), le colobe de
Van Beneden (Colobus vellerosus I. Geoffroy, 1834) sont difficilement visibles. Quelques
mammifères carnassiers tels que les viverridés et les félins essentiellement nocturnes ont aussi
été observés (Konan, 2008). La faune aquatique n’est pas en reste. Parmi celle -ci, on note la
présence des espèces de crocodiles, de tortues marines et de lamantins (Trichechus senegalensis
Link, 1795). L’avifaune et des reptiles sont également bien représentés. Parmi les oiseaux, on
peut citer Euplectes macrourus (Gmelin, 1789), Malimbus malimbicus (Daudin, 1802), Hylia
prasina (Cassin, 1859). Les reptiles sont représentés par des espèces telles que la tortue luth
(Lepidochelys olivacea Eschscholtz, 1829), la tortue verte (Chelonia mydas Linnaeus, 1800),
la tortue caret (Caretta caretta Linnaeus, 1758).
14
Chapitre 2: Activités humaines et dynamique d’occupation du sol dans le Parc National
d’Azagny
Les zones Nord et Ouest du Parc sont les plus touchées par la déforestation (Konan,
2008). Les interventions humaines concernent l’agriculture, la chasse, la pêche et la cueillette.
Les premiers peuples à s’installer dans la région de Grand-Lahou sont les Avikam venus
du Ghana au XVIIè siècle (Konan, 2008). Ils se sont installés au bord de la lagune Ebrié et du
fleuve Bandama sur lesquels ils pratiquaient la pêche. Les villages qu’ils ont créés sont Nzida,
Noumouzou, Azagny, Braffedon, N’Guessandon, Toukouzou et Djateket (Konan, 2008;
Kouamé, 2009). L’agriculture de subsistance sur de petites surfaces était également pratiquée
par ces populations.
L’arrivée d’autres peuples tels que les Agni et les Baoulé est liée au fait que ceux-ci
venaient s’approvisionner dans la région en divers produits venus d’Europe (Kouamé, 2009).
Ils ont fini par s’installer dans la région au vue de sa prospérité à partir de 1930. Ils pratiquaient
la culture du caféier et du cacaoyer sur le site actuel du Parc. Après la création du parc en 1981,
ils ont fondé les villages de Katchékpli, de Katchékan, de Nandibo 1 et de Nandibo 2.
Après ces peuples, d’autres peuples tels que les Abbey, les Sénoufo et les Gouro
s’installèrent pour pratiquer aussi l’agriculture. Des allogènes venus de la sous-région se sont
également installés dans la région à partir de 1950 à cause des opportunités de travail offertes
par l’embellie économique de la Côte d’Ivoire. Ils constitueront une main d’œuvre dans les
plantations. Par la suite l’activité agricole dans la région va connaître une très forte croissance
avec l’implantation d’autres cultures comme le palmier à huile, le cocotier et aujourd’hui
l’hévéa. Les principales entreprises agro-industrielles de la région sont la PALMCI qui a une
unité industrielle à Irobo, localité située à 9 km du Parc. Ensuite, la PHCI qui possède des
plantations de palmeraies à huile aux voisinages du parc. Elle achète aussi de l’huile avec les
populations villageoises (Akoi, 1996). Enfin, la SAPH achète le caoutchouc chez les
propriétaires de plantations d’hévéa (Konan, 2008).
Jusqu’en 1998, la zone périphérique du parc comptait sept villages, six campements avec
une population estimée à 6528 habitants (Konan, 2008).
15
2.2. Activités agricoles
Quoiqu’interdite, la chasse est pratiquée dans le parc. Les signes de cette activité sont la
présence de douilles de cartouches (Figure 10) en certains endroits et les détonations de fusils
traduisant l’utilisation d’armes à feu dans la chasse. En plus de l’utilisation des armes, des
pièges sont observés dans le parc. Les espèces animales braconnées sont les rongeurs, les grands
mammifères, les primates et les oiseaux.
La cueillette est également pratiquée dans le parc (Gnagbo, 2015). Cette activité concerne
des plantes à usage médicinal, artisanal et alimentaire. Les plantes médicinales couramment
prélevées sont Alstonia boonei De Wild. (Apocynaceae), Xylopia aethiopica (Dun.) [Link].
(Annonaceae), Piper guineense Schum. & Thonn. (Piperaceae). Les plantes alimentaires
couramment prélevées portent sur Elaeis guineensis Jacq. (Arecaceae) et Irvingia gabonensis
(O'Rorke) Baill. (Irvingiaceae). D’autres plantes à divers usages sont aussi prélevées (Konan,
2008). Ce sont Calamus deerratus L. (Arecaceae) et Musanga cecropioides [Link].
(Cecropiaceae) utilisées dans la construction d’habitats. Des prélèvements d’écorces à but
médicinal sur certains arbres sont aussi visibles. L’abattage de Nauclea diderrichii (De Wild.
& [Link].) Merrill (Rubiaceae) pour la fabrication de pagaie et de pirogue est très fréquent. La
cueillette concerne aussi les fruits de Raphia palma-pinus (Gaertn.) Hutch. (Arecaceae) (Figure
11), les champignons, les crustacées et les escargots.
La pêche est aussi pratiquée dans le parc. Cette activité est marquée par la présence de
nasses.
16
Figure 8: Vue d’un champ de cultures vivrières au Nord-Ouest du PNA
17
Figure 11: Photographie d’un récolteur de fruits de Raphia palma-pinus (Arecaceae) dans le
PNA
18
Chapitre 3 : Revue de littérature sur les études antérieures
19
succèdent, est lente (Ozenda, 1982). Au bout d'un certain temps, la forêt peut atteindre un état
stable appelé le climax. Mais, à l'intérieur de l'écosystème climacique, la variabilité et la
diversité spatiale (espèces, densité, âge) restent importantes. En général, le schéma d'évolution
vers le climax comprend la succession suivante : groupement pionnier, puis arbustif et forêt
(Proisy, 1999). Les différents stades de développement se succèdent de plus en plus lentement
et les forêts peuvent mettre plusieurs siècles à atteindre le stade climacique. Néanmoins, sur
l'ensemble d'un massif forestier, notamment en forêt tropicale dense, d'autres évolutions
peuvent être observées et la séquence d'évolution s'apparente plutôt au parcours d'un réseau
(Riéra et al., 1998). En réalité, le climax est un équilibre métastable qui est en perpétuelles
variations, même si celles-ci ne sont pas immédiatement apparentes par suite de la lenteur des
changements qui peuvent affecter les facteurs climatiques et édaphiques, par exemple. Le
climax n'est jamais atteint pour les forêts en exploitation sylvicole (Proisy, 1999).
De nombreuses études ont porté sur les successions secondaires post-culturales. Parmi
celles-ci, l’on peut citer les études de Budowski (1963) et de Mc Cook (1994) en Amérique et
en Europe. En Afrique, les études de Aubréville (1947) ; de Spichiger et Pamard (1973), de
Alexandre (1978), de Alexandre et al. (1978), de Guillaumet (1978), de Kahn (1982), de
Carrière (1999) et de Kassi (2006) peuvent servir de références. En effet, malgré de
nombreuses études sur les successions secondaires post-culturales en Côte d’Ivoire, il existe
encore des lacunes considérables à combler dans la compréhension de la dynamique post-
culturale.
20
Dans les zones tropicales, les successions secondaires varient à cause de l’importante
diversité floristique et notamment du grand nombre d’espèces rares, de la nature et de l’étendue
des perturbations (Blanc, 1998). En zone tempérée, les successions secondaires sont
dynamiques et aléatoires, alors qu’elles sont déterministes et prévisibles en zone tropicale
(Bazzaz et Pickett, 1980).
En outre, la distinction entre forêt primaire et forêt secondaire est l’objet de nombreuses
controverses. En effet, une forêt primaire peut être définie comme une forêt qui n’a jamais été
perturbée directement par l’homme (Corlett, 1994). Quel que soit son âge, ce type de forêt s’est
développé en étant soumis à des perturbations naturelles, selon un processus naturel. Selon De
Foucault (1990), les forêts qui sont utilisées par les communautés villageoises locales menant
des activités comme la chasse, la pêche, la cueillette et le ramassage de bois mort et de
nourriture, peuvent être qualifiées de forêts primaires. Ce type de forêt est différent des forêts
anciennes, qui sont en réalité de « vieilles » forêts secondaires. Quant aux forêts anciennes, ce
sont des forêts qui ont atteint un âge où la composition floristique et les structures se sont
suffisamment accumulées pour créer un écosystème forestier différent des forêts d’âges jeunes
et proche des forêts primaires (Kassi, 2006). Certains auteurs comme Brown et Lugo (1990)
distinguent les forêts secondaires des vieilles forêts secondaires ou des forêts primaires. Pour
ces auteurs, les forêts secondaires sont des formations se développant suite à une perturbation
d’origine anthropique, mais qui ont pu ou sont en train de se reconstituer, soit naturellement,
soit artificiellement (Kassi, 2006). Elles sont de différents âges. Cette définition est sujette à
polémique.
Quant à la jachère, elle désigne une terre cultivée, au repos depuis un ou deux ans et
envahies par les plantes spontanées (Emberger et al., 1968). Akpo et al. (2002) définissent
également la jachère comme l’état de la terre d’une parcelle entre la récolte d’une culture et le
moment de l’introduction de la culture suivante.
Les auteurs comme Corlett (1994) désignent les vieilles jachères comme des formations
se développant sur un site qui n’a pas en permanence été recouvert de forêt et dont les
conséquences de la perturbation sont encore perceptibles dans les paramètres structuraux et/ou
floristiques. Des auteurs tels que Carrière (1999) et Kahn (1982) ont mené des études portant
sur la dynamique post-culturale des forêts secondaires. Selon eux, l’agriculture traditionnelle
locale serait capable de maintenir les potentialités du milieu et favoriserait la régénération des
forêts une fois les champs abandonnés. Pourtant, Ewel (1980) pense que le temps de retour de
l’écosystème à son état initial, est difficilement mesurable. Cette assertion s’oppose à celle de
21
Riswan et al. (1985) en Indonésie, à celle de De Namur (1978), De Namur et Guillaumet
(1978) ; de Kahn (1982) et Vroh (2013) en Côte d’Ivoire, qui montrent que les plantations
abandonnées sont capables de résilience. Même si ces espaces anciennement cultivés peuvent
atteindre l’état de climax, il n’en demeure pas moins qu’ils diffèrent des forêts primaires par la
présence des traces témoignant du caractère secondaire de ces espaces abandonnés (Schnell,
1950). De plus, les traces d’anthropisation peuvent persister durant plusieurs millénaires (Van
Germerden et al., 2003). En zone tempérée, les mécanismes expliquant l’irréversibilité des
dégradations commencent à être éclairés (Dupouey et al., 2002). Alors qu’en zone tropicale,
des ébauches d’explications tendent à être apportées (Van Germerden et al., 2003). Il est par
conséquent opportun, d’aborder la biodiversité et la dynamique des forêts en tenant compte des
facteurs historiques et humains (Paradis et Houngnon, 1977 ; McNeely, 1994).
Selon la FAO (2001), chaque année dans le monde, la déforestation engloutit 13 millions
d’hectares de forêts dont la disparition a des effets dévastateurs sur la diversité biologique. Il se
pourrait que dans les régions tropicales, la déforestation élimine une centaine d’espèces par jour
(FAO, 2001).
Aussi, les pays les plus riches en forêts sont parmi les plus pauvres et leurs gouvernements
sont confrontés aux priorités concurrentes de la réduction de la pauvreté, de la conservation de
la nature et du développement économique (WWF-WARPO, 2006). La conservation des forêts
est certes cruciale mais pas plus que leur utilisation pour l’exploitation du bois qui, dans le
monde entier, procure, à des millions de pauvres, des emplois et un revenu indispensable. C’est
alors qu’est né le concept de « Forêt à haute valeur pour la conservation (FHVC) ». L’idée qui
sous-tend ce concept est de disposer d’un cadre pour repérer des régions forestières ayant des
caractéristiques spéciales qui les rendent tout particulièrement précieuses pour la diversité
biologique et / ou pour les populations locales (WWF-WARPO, 2006). L’application de ce
cadre a pour but de concevoir et mettre en œuvre des solutions d’aménagement adaptées à ces
régions afin de préserver ou de renforcer leurs valeurs écologiques et socio-économiques
fondamentales. Le concept de FHVC a été énoncé pour la première fois en 1999 par le Forest
Stewardship Council (FSC) (Jennings et al., 2003).
Le concept de FHVC a trait aux valeurs de forêts et aux services qu’elles offrent aux êtres
humains et à la nature. Il peut être appliqué pour résoudre des problèmes sociaux, économiques
et environnementaux tels que la conservation des espèces, des écosystèmes et de paysages les
plus précieux d’une région; la protection de êtres humains contre les inondations, les avalanches
22
et l’érosion de sols; la conservation de ressources naturelles importantes pour le communautés
locales; la valorisation des produits forestiers non ligneux et des services environnementaux; la
conservation de l’identité et du patrimoine culturel les plus précieux d’une région.
Une forêt à haute valeur pour la conservation correspond à la zone forestière requise pour
maintenir ou renforcer les hautes valeurs pour la conservation (HVC) qui ont été identifiées. Ce
sont également des forêts qui revêtent une importance exceptionnelle et cruciale en raison de
leur diversité biologique et de leurs valeurs environnementales, socio-économiques et
paysagères très élevées (Jennings et al., 2003). Il y a six catégories de HVC qui recouvrent des
valeurs à la fois écologiques et sociales.
-HVC 1 : Diversité des espèces: concentrations de diversité biologique - incluant les espèces
endémiques et les espèces rares, menacées ou en danger, d’importance mondiale, régionale ou
nationale.
-HVC 3 : Ecosystèmes et habitats: des écosystèmes, des habitats ou des zones refuges rares,
menacés ou en danger.
-HVC 5 : Besoins des communautés: sites et ressources fondamentaux pour la satisfaction des
besoins essentiels des communautés locales ou des Peuples Autochtones (par exemple, pour les
moyens de subsistance, la santé, la nutrition), identifiés par le biais d’une concertation avec ces
communautés ou ces Peuples Autochtones.
23
Une évaluation complète de FHVC doit tenir compte des six valeurs. Il est parfois utile
de procéder à une évaluation partielle, focalisée, par exemple, sur les valeurs écologiques ou
les valeurs sociales mais elle ne saurait, en aucun cas, être considérée comme une évaluation
complète des FHVC (Jennings et al., 2003).
Le concept de FHVC peut s’appliquer à tous les types de forêts boréal, tempéré ou
tropical, naturel ou plantations, intact ou morcelé. Il peut s’appliquer à différentes échelles –
une FHVC peut être aussi bien un secteur de forêt que l’ensemble d’une zone forestière
aménagée. De même, les évaluations de FHVC peuvent se faire à petite échelle (au niveau du
site) ou à grande échelle (au niveau d’un paysage, au niveau national).
24
Deuxième partie : MATÉRIEL ET MÉTHODES
25
Chapitre 4 : Matériel d’étude
La réalisation de notre étude a nécessité deux types de matériel. Il s’agit d’un matériel
biologique et d’un matériel technique.
Le matériel biologique utilisé est constitué des espèces végétales relevées du Parc
National d’Azagny et des échantillons en herbier du Centre National de Floristique de
l’Université Félix Houphouët-Boigny utilisés pour identifier les espèces non déterminées sur le
terrain.
- un récepteur GPS (Global Positioning System) de type GARMIN pour enregistrer les
coordonnées géographiques des parcelles;
- un marqueur fluorescent pour marquer les espèces arborescentes pour lesquelles nous avons
mesuré les diamètres ;
- trois images satellitaires Landsat (TM du 22 décembre 1987, ETM+ du 31 décembre 2002
et ETM+ du 10 février 2012) couvrant la scène 196-056. Ces images ont été téléchargées à
partir du lien http:[Link].
26
- les logiciels ArcGis version 10.3 et ENVI 4.5 pour le traitement des données
cartographiques.
27
Chapitre 5 : Méthodes utilisées
La dynamique de la végétation d’un espace peut être définie comme des changements
dans le temps de sa composition et de sa structure spatiale. En effet, après abandon d’une
culture, un incendie, une coupe, la végétation se transforme. Sauf intervention humaine, il se
produit, de stade en stade, une succession d’associations végétales aboutissant à la
reconstitution de la végétation de la zone anthropisée. Pour étudier la dynamique de la
végétation, deux approches méthodologiques peuvent être adoptées.
La méthodologie employée pour la collecte des données dans cette étude comporte deux
étapes complémentaires. Des outils et techniques de télédétection et un Système d’Informations
Géographiques sont utilisés au début pour établir une cartographie de la couverture végétale et
suivre sa dynamique de 1986 à 2012. Ensuite, des inventaires botaniques sont réalisés pour
caractériser la flore et la végétation des différents types d’occupation du sol identifiés à partir
de l’image de 2012.
28
5.1. Méthodes de collecte de données
Les principaux types d’occupation du sol ont été identifiés et cartographiés en se basant
sur le comportement spectral des objets sur les images satellitaires Landsat (TM de 1986, ETM
+ de 2000 et ETM + de 2012). L’image de 1987 a été retenue car elle présente l’état du couvert
végétal du parc au début du déguerpissement des populations illégalement installées. L’image
de 2002 présente la situation du Parc à la fin du processus de déguerpissement. L’image de
2012 enfin, montre l’état du couvert végétal au moment de la collecte des données de cette
étude.
La cartographie est réalisée suivant quatre étapes : le prétraitement des images Landsat,
l’extraction d’informations sur les images, la description sur le terrain des types d’occupations
identifiés lors du prétraitement et la classification des images et la validation des traitements
réalisés (Figure 12).
Le prétraitement des images désigne l’ensemble des opérations qui sont normalement
requises avant l'analyse principale et l'extraction de l'information. Il a pour objectif de corriger
les déformations géométriques et radiométriques des plates-formes, des capteurs spécifiques,
afin d’améliorer la lisibilité des images (Bonn et Rochon, 1993).
Dans cette étude, les images acquises (L1T) ont déjà subi un pré-traitement (corrections
radiométriques et géométriques) avant leur mise en ligne sur le site de téléchargement (Roy et
al., 2014). L’image ETM+ de 2012 contenait quelques rayures dans sa partie Est. Ces espaces
de rayures sont comblés par interpolation en utilisant le plus proche voisin. Par la suite, la zone
d’étude a été extraite pour démarrer le traitement à proprement parlé des images.
29
Image Landsat
Prétraitement
-Correction radiométrique
-Correction géométrique
Validation de la carte
Résultats
Occupations du sol
Figure 12: Organigramme des différentes étapes suivies lors du traitement des images Landsat
30
infrarouge. Elle est sensible à la quantité de biomasse contenue dans la végétation. Elle est donc
utile pour identifier les différents types de végétation et pour souligner les différences
radiométriques entre les sols nus et les espaces agricoles, etc. (Girard et Girard, 1999). La
bande 5 appartient au domaine du moyen infrarouge. Elle est sensible à la quantité d'eau
contenue dans les plantes.
Ensuite, une classification a été effectuée par la méthode des K-Means pour regrouper les
classes d’occupation du sol présentant les mêmes valeurs radiométriques (Bonn et Rochon,
1993). Cette méthode, appelée aussi classification par les Nuées Dynamiques, est basée sur
l’analyse agrégative de pixels. Elle requiert de fixer le nombre de classes à extraire des données,
de localiser arbitrairement le nombre de noyaux, puis de repositionner par itérations successives
jusqu’à leur séparation spectrale optimale. Elle aboutit à la discrimination d’un nombre de
classes élevées (Figure 13) qui offre la possibilité de fusionner ultérieurement suivant différents
thèmes (forêts, savanes, etc.).
Enfin, des sites ont été sélectionnés dans le parc, puis visités pour permettre la description
et la validation des différentes classes d’occupation identifiées. Le choix de ces sites s’est
appuyé prioritairement sur la facilité d’accès (existence de pistes ou de layons, proximité de
campements et/ou de routes).
Des données de travaux antérieurs sur la cartographie du Parc National d’Azagny réalisés
par Lauginie (2007) et Konan (2008), ont été consultées pour permettre une première
identification des types d’occupation du sol.
Pour la validation sur le terrain, des enquêtes ont été menées auprès des populations
riveraines et des agents commis à la surveillance du parc. Les populations riveraines sont
constituées de personnes ayant leurs anciennes parcelles agricoles dans le Parc. Ces individus
ont aussi permis d’identifier des sites d’activités anthropiques à l’intérieur du parc et dans sa
périphérie au cours de la période allant du début du déguerpissement en 1986 jusqu’en 2002.
Les gardes forestiers ont renseigné sur l’historique des activités anthropiques à l’intérieur du
Parc.
31
2012
2002
1987
Figure 13: Compositions colorées 5/4/3 des images du PNA (source, images Landsat)
32
5.1.2. Inventaires de la flore des espaces anciennement cultivées du PNA
Pour la présente étude, il a été considéré trois stades d’individus pour suivre la
reconstitution de la végétation : les individus de régénération, les individus juvéniles ou sub-
adultes et les individus adultes. Les individus de régénération sont les individus ligneux de plus
de 2 m de hauteur mais de diamètre inférieur à 5 cm. Les individus juvéniles ont un Diamètre
à Hauteur de Poitrine (DHP) compris entre 5 cm et 10 cm. Ce sont les individus qui ont réussi
à s’installer dans le sous-bois de façon plus durable que les stades précédents et qui préparent
le stade adulte. Les individus adultes sont inventoriés à partir de 10 cm de diamètre, ils
correspondent au peuplement en place. Ce critère de 10 cm de diamètre a été choisi car c’est la
limite la plus classiquement utilisée. Les forestiers et écologues considèrent, en effet, qu’à 10
cm l’individu est mature (Adou Yao, 2010).
L’étude a débuté par une enquête auprès des agents de l’Office Ivoirien des Parcs et
Réserves (OIPR), gestionnaire du Parc National d’Azagny (PNA) et auprès de quelques anciens
propriétaires de plantations abandonnées. Les questions étaient relatives à la date d’abandon de
la plantation et au précédent cultural. À la suite de cette enquête, les anciennes plantations de
caféières, de cacaoyères, de palmeraies-cocoteraies, de cultures annuelles abandonnées en 1986
et en 2000 et des forêts ont été retenues et inventoriées.
Elle est aussi appelée la technique des quadras et consiste à identifier et à mesurer des
diamètres de tous les individus d’espèces végétales (lianes, arbustes et arbres), de plus de 10
cm de DHP (Diamètre à Hauteur de Poitrine) sur des parcelles de surface fixe.
Dans le cadre de la présente étude, le relevé de surface a consisté à délimiter dans les
biotopes choisis des parcelles de 1 ha (100 m x 100 m). À l’intérieur de cette parcelle (Figure
16), chaque individu ligneux dont le DHP est supérieur à 10 cm est identifié (Hakizimana et
al., 2011 ; Adjakpa et al., 2013 ; Inoussa et al., 2013). Ce seuil de 10 cm est le plus
couramment utilisé pour des études similaires, visant l’analyse de la structure forestière (Riéra
et al., 1998 ; Blanc et al., 2003). Les arbres morts présents sont comptés et leur diamètre est
mesuré en vue de calculer le taux de mortalité des individus ligneux. Les mêmes parcelles de 1
hectare sont divisées en 20 placettes de 20 m de large sur 25 m de long (Figure 14) soit 500 m²
chacune (Adou Yao, 2010).
33
Figure 14: Aperçu du dispositif de collecte des données
34
Parmi ces 20 placettes, 10 sont tirées au sort sans remise. À l’intérieur de chaque placette
tirée, les individus ligneux de DHP compris entre 5 et 10 cm sont inventoriés. Ce niveau
d’inventaire permet de prendre en compte des individus juvéniles susceptibles d’atteindre le
stade adulte (Nguenang et al., 2010 ; Tiokeng et al., 2015). Les arbres morts sont également
comptés et leur diamètre est mesuré.
Enfin, une surface de 25 m² est délimitée dans les placettes de 500 m² n’ayant pas fait
l’objet d’inventaire au stade précédent. La sous-placette de 25 m² est mise en place à un angle
choisi de façon arbitraire. À l’intérieur de cette sous-placette, tous les individus de DHP
inférieur à 5 cm sont inventoriés et comptés. Cette étape permet d’apprécier la régénération
(Koulibaly, 2008 ; Martin, 2008 ; Nguenang et al., 2010 ; Koffi et al., 2015).
Au total, 23 parcelles de 1 ha chacune ont été disposées dans l’ensemble des biotopes
(Figure 15). Il s’agit de 6 parcelles d’anciens caféières, 2 parcelles de cultures annuelles, 4
placettes d’anciens cacaoyères, 4 parcelles d’anciennes palmeraies-cocoteraies, 3 parcelles de
forêt ancienne, 2 parcelles de forêt inondée périodiquement et 2 parcelles de forêt marécageuse.
Ce qui donne dans l’ensemble 460 placettes de 500 m2.
La technique de relevé itinérant est fréquemment utilisée en Côte d’Ivoire par plusieurs
auteurs (Jongking et al., 1999; Malan et al., 2007 ; Vroh, 2013). Elle consiste à parcourir le
milieu en relevant toutes les espèces végétales non rencontrées dans les parcelles. Cette
technique est appropriée pour des inventaires rapides, des sites difficiles à pénétrer ou des
parcours longs (Vroh, 2013). Toutefois, elle présente des faiblesses. Les données issues de cette
technique ne sont pas quantitatives et sont difficilement analysables en statistique. Ce type
d’inventaire permet d’inventorier les espèces non rencontrées lors des relevés de surface.
L’identification des espèces est faite grâce à la clé d’identification proposée par Hawthorne
(1996), qui s’appuie sur la reconnaissance de la feuille, des fruits et dans certains cas de la
section du tronc. La nomenclature des espèces végétales selon APG III (2009) a été adoptée et
les noms des espèces suivant Lebrun et Stork (1991 ; 1992 ; 1995 ; 1997).
35
Figure 15: Carte du PNA montrant les parcelles d’inventaires
(Source : Gnagbo, 2015)
36
5.2. Méthodes d’analyse des données
Les données recueillies sur le terrain nous ont permis d’établir les cartes d’occupation de
sol de 2012, 2002 et 1987 à partir de classifications supervisées. La méthode utilisée est
similaire à celle de nombreux travaux portant sur l’étude de la végétation (Paquet, 2001;
N'Guessan et al., 2003; Mihai et al., 2006). La classification correspond à l’action
d’extrapoler, sur l’ensemble de l’image satellitaire, des zones tests préalablement choisies lors
de la collecte des données et dont on connait la signification thématique (Oszwald, 2005).
Cette classification s’est déroulée en trois étapes. Les sites visités sur le terrain ont été
scindés en deux lots représentant chacun des types d’occupation du sol. Le premier lot
(parcelles d’entrainement) a été utilisé pour effectuer une première classification des images.
Les cartes obtenues sont validées par la réalisation d’une seconde classification des images, à
partir du deuxième lot de sites visités (des parcelles de contrôle) n’ayant pas servi pour
l’apprentissage.
37
[Link]. Analyse de l’évolution de la végétation
Dans cette étude, les analyses diachroniques de changement ont été réalisées avec les
vecteurs de changements 1987-2002 et 1987-2012. Cette méthode a été aussi utilisée par de
nombreux auteurs (Paquet, 2001; Sallah et al., 2011). L'étude de l'évolution diachronique à
partir d'images satellitaires consiste à établir une procédure d'identification de l'évolution des
états de surface à des dates différentes. Ces analyses permettent d'étudier le développement de
la végétation, de suivre des phénomènes dynamiques comme la déforestation, le dépérissement
forestier (Oszwald, 2005). Les variations de la radiométrie entre les différentes dates permettent
d’apprécier l’état d’évolution du couvert végétal (Bougherara, 2010; Sallah et al., 2011).
La richesse spécifique d’un site donné est le nombre d’espèces que compte ce site (Aké-
Assi, 1984). Sa mesure consiste à compter toutes les espèces recensées sur le site sans tenir
compte de leur abondance. C’est aussi le cas pour les genres et les familles des espèces
inventoriées. La liste floristique de chaque espace a été ainsi dressée. Par la suite, la richesse
spécifique de chaque site a été déterminée.
38
[Link].2. Composition floristique
La composition floristique est l’ensemble de toutes les espèces végétales rencontrées dans
un milieu, quel que soit leur abondance et leur niveau de participation à la structure. Elle fait
également référence au nombre total d’espèces par relevé, à l’abondance, à la répartition, aux
familles, aux genres mais aussi aux types biologiques, morphologiques, écologiques et
chorologiques.
La classification des différentes espèces selon leur chorologie et leur type morphologique
s’est faite en se basant sur les travaux de Aké-Assi (2001 ; 2002).
Les types biologiques sont basés sur la classification de Raunkiaer (1934) basée sur la
position qu’occupent les méristèmes en dormance par rapport au niveau du sol durant la saison
difficile. Dans cette étude, l’objectif est d’identifier les aptitudes naturelles développées par les
espèces inventoriées pour faire face aux conditions défavorables du climat et aux perturbations
du milieu. Cette classification est adaptée et utilisée en régions tropicales notamment par
Schnell (1976 ; 1977), Sonké (1998) et Boupoya (2010). Les principaux types biologiques
retenus dans cette étude sont les suivants : les Mégaphanérophytes (MP), grands arbres d’au
moins 30 m de hauteur ; les Mésophanérophytes (mP), arbres moyens, de 10 à 30 m de hauteur ;
les Microphanérophytes (mp), arbustes de 4 à 10 m de hauteur ; les Nanophanérophytes (np),
arbustes de 0,4 à 4 m de hauteur ; les Chaméphytes (Ch), plantes ayant un appareil végétatif
portant à moins de 40 cm du sol des bourgeons persistants protégés éventuellement par les
débris des plantes pendant la saison défavorable ; les Hémicryptophytes (H), plantes ayant un
appareil végétatif aérien se desséchant complètement pendant la saison défavorable et dont les
bourgeons persistants se forment sur le collet ; les Thérophytes (Th), plantes annuelles qui
passent la saison défavorable à la végétation sous forme de graines.
La répartition phytogéographique a été utilisée pour distinguer les espèces suivant leur
aire de répartition géographique. Ainsi, l’on distingue :
-les espèces Guinéo-Congolaises (GC). Ces espèces sont largement distribuées dans la région
guinéenne ;
39
-les espèces exotiques ou introduites (I).
La liste des espèces est confrontée à celles de Aké-Assi (1984 ; 1998 ; 2001 ; 2002) pour
identifier les espèces endémiques de la Côte d’Ivoire (GCi) et celles endémiques au Bloc
forestier Ouest africain (GCW), puis à celle de Jongkind (2004) pour déterminer les espèces
endémiques de Haute Guinée (HG) et enfin à celles de Aké-Assi (1998) et UICN (2015), pour
la détermination des espèces rares et menacées d’extinction de la flore ivoirienne.
H’ = -∑ Pi x ln Pi
(1)
40
Dans cette formule, H’ représente l’indice de diversité de Shannon, Pi= Ni / Σ N, Pi est
la fréquence relative des individus de l’espèce i, Ni est le nombre d’individus d’une espèce i et
N le nombre total d’individus de toutes les espèces.
Dans cette formule, E désigne l’indice d’équitabilité de Piélou, H’ est l’indice de Shannon
et S représente le nombre total d’espèces de la parcelle ou de l’espace concerné. Selon Inoussa
et al. (2013), si E Є [0 ; 0,6], l’équitabilité de Piélou est faible, présence de dominance
d’espèce ; par contre si E Є [0,7 ; 0,8[, l’équitabilité de Piélou est moyen et enfin si E Є [0,8 ;
1], l’équitabilité de Piélou est élevé, absence de dominance.
Pour déterminer les espèces les plus importantes ou les plus prépondérantes dans chaque
type d’espace, l’Indice de Valeur d’Importance des espèces (IVI), mis au point par Cottam et
Curtis (1956), a été calculé. La détermination des familles les plus importantes a été effectuée
en calculant l’Indice d’Importance des Familles (VIF). Cet indice a été proposé par Mori et al.
(1983). Les expressions mathématiques de ces indices sont :
41
(4)
IVI = F R esp + Do R esp + De R esp
Dans ces formules, la Dominance Relative (Do R) est représentative de l’aire basale de chaque
espèce ou famille, la fréquence relative (F R) est représentative de la dispersion des individus
sur le site et la Densité Relative (De R) représente l’importance de l’espèce ou de la famille du
point de vue du nombre des individus du peuplement (Adou Yao, 2005). Ces différents termes
de la somme sont déterminés à travers les formules suivantes :
(6)
Nombre d’occurrences de l’espèce
F R esp = X 100
Somme des occurrences de toutes les espèces
Pour chacun des deux niveaux taxonomiques (espèces et familles), ces indices
renseignent sur le nombre d’individus, la fréquence dans les parcelles et l’importance en
fonction de la surface terrière. De ce fait, ces indices mettent en évidence les espèces et les
familles les plus importantes (prépondérantes) au niveau d’un site.
42
La somme de tous les IVI vaut 300 p.c. De même, la somme de tous les VIF vaut
également 300 p.c.
La ressemblance floristique entre deux espaces a été étudiée à travers l’indice de similarité
de Morisita-Horn (MH). Cet indice permet de mesurer la diversité ß. Contrairement à celui de
Sørensen qui est utilisé dans de nombreux travaux (Kouamé, 1998; Kouka, 2000; Ouattara
et al., 2013), l’indice de similarité de Morisita-Horn (MH) permet de prendre en compte en plus
de la présence des espèces, leur abondance pour évaluer la ressemblance floristique (Krebs,
1989). En effet, deux sites peuvent être très semblables sur la base de la nature des espèces
présentes sans que celles-ci n’aient les mêmes nombres d’individus (Novotny et Weiblen,
2005). De ce fait, il est donc important d’inclure les nombres d’individus de chaque espèce pour
l’évaluation de la ressemblance floristique. L’expression mathématique de cet indice est la
suivante :
Cet indice a été calculé sur la base de toutes les espèces présentes dans chaque espace.
Dans cette formule, Pis et Pjs représentent respectivement les probabilités que l’espèce soit tirée
des relevés i et j. Les valeurs de cet indice varient de 0 à 100. Plus les deux listes floristiques
ont des espèces d’abondance similaire, en commun, plus MH tend vers 100. Plus les deux listes
floristiques sont différentes en espèces, plus MH tend vers 0.
[Link].1. Densité
La densité correspond au nombre d’individus pour une surface donnée. La densité des
individus a été évaluée en comptant le nombre de pieds par hectare. Sa mesure ne présente pas
de difficulté particulière. C’est un bon critère d’appréciation de la dynamique forestière et des
potentialités locales de la formation (Rollet, 1974). Sa formule mathématique est la suivante :
D= N / S (13)
43
[Link].2. Aire basale
L’aire basale correspond à la somme des sections horizontales des troncs, prises par
convention à 1,30 m du sol. Elle peut donc se calculer, pour l’ensemble du peuplement, par
espèces ou par groupes d’espèces. Ce paramètre est plus proche de la biomasse totale des
individus (Jordan et Farnworth, 1980) et est caractéristique de la stabilité d’un biotope
(Rollet, 1974). L’aire basale se calcule grâce à la formule suivante :
G = ∑ π D²/4 (14)
i=1
La distribution des individus par classe de diamètre est souvent appelée “structure totale”
par les forestiers (Bouko et al., 2007). Elle permet de rendre compte de la structure
démographique des peuplements ligneux à travers des histogrammes de distribution des
individus par classe de diamètre.
Lorsqu’elle est réalisée par les espèces individuellement, elle permet d’étudier leurs
tempéraments (Adou Yao et al., 2005).
La méthode utilisée est celle mise au point par Chave et al. (2005). Dans cette méthode
la biomasse totale par arbre est calculée à partir d’un modèle allométrique. Ce modèle peut être
employé pour des inventaires précis de type « placettes permanentes » mais aussi à partir de
données brutes d’inventaires forestiers à la condition de corriger les données par classe de
diamètre en faisant des hypothèses sur la distribution diamétrique continue du peuplement
(Dorvil, 2010). Dans le cas présent, l’on cherche précisément à estimer la biomasse épigée
totale d’un arbre (AGB) à partir d’une ou deux données d’entrée : le diamètre D et la hauteur
totale de l’arbre H. Dans le cas, où la hauteur n’est pas mesurée, la formule suivante est
employée :
Dans cette formule, Ba est la biomasse aérienne exprimée en Kg / tige et DHP, le diamètre
mesuré en cm ; ρ est la densité spécifique d’une espèce exprimée en g/cm3. Pour les espèces
44
dont il n’existe pas une littérature disponible sur la densité, la valeur par défaut (ρ défaut = 0,58
g/cm3).
Cette formule n’est pas utilisable pour l’estimation des individus de DHP ≥ 156 cm
(Mugnier et al., 2009). Pour ces individus, la formule allométrique de la biomasse est la
suivante (Chave et al., 2004 ; 2005) :
Ces formules sont valables dans les forêts tropicales humides avec une pluviométrie
annuelle comprise entre 1500 mm et 4000 mm (Pearson et al., 2005).
Pour certaines espèces telles que les cacaoyères (Segura et al., 2005), il existe une autre
formule allométrique (Tableau I). Pour les lianes, l’équation de Gehring et al. (2004) a servi à
faire le calcul de la biomasse.
La distribution spatiale des plantes est très largement dépendante de leurs capacités à se
disséminer à plus ou moins grande distance (Médail et al., 1998 ; Khater, 2004 ; Bouzillé,
2007). Ces auteurs regroupent sous le terme de "diaspore" la structure de la plante qui intervient
dans sa dispersion (Hakizimana, 2012). Les distances de dispersion des diaspores peuvent
varier de la base de la plante mère à plusieurs milliers de kilomètres. La dispersion peut se faire
par gravité, par le vent, l’eau, les animaux ou encore via l’expulsion des diaspores par la plante
elle-même (Dansereau et Lems, 1957 ; Hawthorne, 1995 ; Bangirinama, 2010; Masharabu,
2011). Ainsi, les types de diaspores les plus connus et les plus utilisés sont les suivants :
- l’anémochorie ou dissémination des diaspores par le vent : elle est prédominante chez les
arbres des strates supérieures (Guillaumet, 1967).
- la zoochorie ou dissémination des diaspores par les animaux. Bertault (1986) signale que
beaucoup d’espèces sont zoochores et sont disséminées par les oiseaux, les singes et d’autres
mammifères arboricoles. Ce mode de dissémination peut être externe (épizoochorie) ou
interne (endozoochorie). Les oiseaux peuvent jouer un rôle important dans le transport à
45
Tableau I: Équations utilisées pour le calcul de la biomasse de caféières, cacaoyères et des
lianes
c= -7,114 et α= 2,276.
46
moyenne ou longue portée des graines pour la régénération ou reconstitution des vieilles
jachères (Moutsamboté, 1985).
- l’hydrochorie ou dissémination par l’eau est observée principalement lors de la grande saison
des pluies.
- la barochorie, qui, pour Molinier et Muller (1938), est la dissémination des diaspores sans
adaptation apparente : à maturité les diaspores se détachent et tombent par gravité.
Les modes de dissémination des diaspores en zone tropicale (graines, fruits ou toute autre
partie de plante servant à la dissémination de l’espèce), se sont basés sur la classification de
Lebrun (1947).
Dans cette formule, Pi désigne le nombre d’espèces pionnières ; nPi est le nombre
d’espèces non pionnières mais héliophiles et Nb correspond au nombre total d’espèces du site.
Les espèces pionnières sont les premières espèces à coloniser les zones perturbées. Les espèces
non pionnières et héliophiles sont des espèces qui bien que présentes dans le sous-bois, ont
besoin des trouées pour leur développement optimal (Adou Yao, 2005). Pour caractériser l’état
de perturbation/reconstitution d’un milieu à travers cet indice, cinq classes de valeurs (Tableau
II) allant de 0 (site non perturbé) à 200 (site très perturbé à complètement transformé) ont été
établies par Hawthorne (1996).
47
Tableau II: Signification des valeurs de IP selon Hawthorne (1996)
Valeurs de IP Commentaires
0 ≤ IP < 25 Site non perturbé à très peu perturbé / site complètement reconstitué
25 ≤ IP < 50 Site faiblement perturbé / bonne reconstitution
50 ≤ IP < 100 Site moyennement perturbé / moyenne reconstitution de la végétation
100 ≤ IP < 150 Site assez perturbé / reconstitution faible
150 ≤ IP < 200 Site très perturbé à complètement transformé/ très faible reconstitution
48
[Link].3. Potentiel de régénération des espèces
PR= Nj / N (18)
Nj : nombre total de jeunes plants (DHP < 5 cm) ; N : nombre total de tous les individus arborés.
TM= Nm / N (19)
Pour comparer certains des paramètres calculés, des tests de comparaison de moyennes
ont été effectués. Le but de l’analyse est de vérifier si les moyennes des valeurs mesurées dans
les différents groupes, sont significativement différentes. Avant de faire ces comparaisons, la
normalité de la distribution des données a été vérifiée par le test de Shapiro-Wilk. Dans notre
cas, cette distribution ne respectant pas la normalité, même après transformation, le test de
Kruskal-Wallis a été choisi. Il s’agit d’un test non paramétrique à un facteur. Le niveau de
significativité choisi pour ces analyses, est de 5 p.c. Chaque fois que la probabilité calculée était
significative, le test de Dunn a été effectué afin de comparer deux à deux les moyennes et
apprécier les différences significatives qui existent entre celles-ci.
49
[Link]. Méthodes d’ordination
Les ordinations ont pour objectif de condenser l’information contenue à l’intérieur d’un
grand nombre de variables en un ensemble restreint de nouvelles dimensions composites tout
en assurant une perte minimale d’informations (Bouxin, 2008). Ces techniques permettent de
mieux comprendre les relations qui pourraient exister entre les espèces d’un site donné et les
paramètres de présence, d’abondance ou de fréquence (Bouxin, 2008). Plusieurs méthodes
d’ordination sont possibles. Parmi elles, les plus connues peuvent être divisées en deux groupes
: les méthodes d’ordination simple et les méthodes d’ordination canonique.
Au niveau des méthodes d’ordination canonique, l’on peut citer les Analyses canoniques
des correspondances (ACC), l’Analyse Factorielle Multiple (AFM), etc. Dans le cadre de cette
étude, où plusieurs paramètres, à caractères quantitatifs et qualitatifs, ont été pris en compte,
l’AFM est la mieux indiquée. L’AFM permet d’équilibrer l’influence des différents groupes car
si un groupe présente de nombreuses variables, il influencera dans une analyse globale, plus
d’axes qu’un autre présentant peu de variables (Pagès, 2002). Cette analyse consiste à effectuer
une Analyse en Composante Principale (ACP) sur les groupes de variables quantitatives et une
Analyse de Correspondance Multiple (ACM) sur les variables qualitatives.
Toutes ces analyses ont été réalisées à l’aide du logiciel XLSTAT version 2014 et du
Package FactoMineR du logiciel R Version 3.2.
50
Troisième partie : RÉSULTATS
51
Chapitre 6 : Dynamique du couvert végétal du Parc National d’Azagny de 1987 à 2012
La classification effectuée sur l’image Landsat de 2012 a fait ressortir sept classes
d’occupation du sol. Il s’agit de : savanes, vieilles jachères, forêts inondées, forêts anciennes
dégradées, marécages ; plans d’eau ; sols nus ou défrichements (Figure 16). La précision
cartographique est de 81 p.c.
D’une manière générale, l’on note que la végétation du PNA est dominée par les forêts
inondées (33 p.c. soit une superficie de 7210,5 ha), les vieilles jachères (24 p.c. soit 5244 ha) et
les forêts anciennes (23 p.c. soit 5025,5 ha) comme l’indique la figure 17.
Les savanes sont de petites surfaces incluses à l’intérieur du parc dont les diamètres
varient entre quelques dizaines de mètres et atteignent un kilomètre dans certains endroits. Elles
se rencontrent principalement à l’Ouest du PNA. Les sols nus ou nouveaux défrichements sont
très peu représentés (2 p.c. soit 437 ha)
Toutes les classes sont bien discriminées dans l’ensemble. Cependant, il existe des
confusions mineures entre les forêts anciennes et les vieilles jachères (Tableau III). On observe
que 25,8 p.c. des pixels classés dans les forêts anciennes peuvent être confondus aux vieilles
jachères. Les forêts inondées et les forêts anciennes ont également de faibles niveaux de
confusions. En effet, 24,9 p.c. des pixels classés dans les forêts inondées peuvent aussi être
considérés comme des espaces de forêts anciennes.
52
Figure 16 : Carte des types d’occupation de sol du PNA en 2012 à partir d’une image Landsat
ETM+
Forêts
anciennes
Forêts inondées 23%
33%
Vieilles jachères
24%
Marécages
13%
Plans d'eau
2% Sols Savanes
nus/Défrichements 3%
2%
53
Tableau III: Matrice de confusion de l'image Landsat TM 2012 du PNA
54
6.2. Cartographie de l’occupation du sol en 2002
Les classes les plus importantes du parc en 2002 sont représentées par les forêts
anciennes. On observe ensuite les forêts inondées suivies, des vieilles jachères et les marécages
qui occupent également des surfaces importantes. Les autres types d’occupations de sol ont des
aires réduites (Figure 19).
La matrice de confusion obtenue (Tableau IV) indique qu’ au niveau des marécages, la
confusion est moyenne (56,9 p.c). On observe que les marécages présentent quelques
confusions avec les forêts inondées et les savanes. Les mêmes types de confusions sont
observées entre les forêts inondées et les forêts anciennes. Les confusions les plus importantes
sont observées dans la discrimination des forêts inondées. En effet, 35,9 p.c. des aires affectées
aux forêts inondées peuvent être confondues à des forêts anciennes. Les classes les mieux
discriminées sont les plans d’eau qui ne présentent que de très faibles confusions avec les
marécages.
55
Figure 18 : Carte des types d’occupation de sol du PNA en 2002 à partir d’une image Landsat
ETM+
Marécages
19%
Plans d'eau Vieilles
Sols
2% jachères
nus/Défrichements Savanes 20%
1% 3%
56
Tableau IV: Matrice de confusion de l'image Landsat ETM 2002 du PNA
57
6.3. Cartographie de l’occupation du sol en 1987
Sur l’image de 1987 (Figure 20), les zones les plus affectées par les activités anthropiques
se retrouvent dans la moitié Nord du parc. Les surfaces cultivées sont des parcelles dont les
superficies varient de quelques dizaines de mètres jusqu’à 100 mètres de diamètres. Dans
l’extrémité Nord, les aires cultivées présentent des surfaces variant entre 10 et 20 hectares. Il
existe également des espaces pour lesquels l’activité photosynthétique est presque nulle. Ce
sont des sols nus qui correspondent à des espaces habités.
Une dynamique croissante du couvert végétal se dégage en allant des sols nus jusqu’aux
forêts anciennes. Ces formations forestières conservées se rencontrent dans le centre du parc ou
sous forme disparate dans le Nord et le Sud du Parc.
Les biotopes les plus importants du parc sont les vieilles jachères, les marécages et les
forêts inondées qui couvrent respectivement 27 p.c., 27 p.c et 24 p.c du parc. Ensuite, viennent
les forêts anciennes avec environ 13 p.c. de la superficie totale du parc (Figure 21).
Sur les huit classes, deux présentent de fortes confusions. Il s’agit des forêts inondées et
des marécages (Tableau V). En effet, 49,1 p.c. des surfaces affectées aux forêts inondées
peuvent être confondus aux marécages. La discrimination des classes restantes est bonne et les
confusions sont minimes.
58
Figure 20 : Carte des types d’occupation de sol du PNA en 1987 à partir d’une image Landsat
TM
Forêts
Espaces cultivés
anciennes
3%
Forêts inondées 13%
24%
Vieilles jachères
27%
Marécages
Savanes
27%
Plans d'eau Sols nus 3%
2% 1%
59
Tableau V: Matrice de confusion de l'image Landsat ETM 1987 du PNA
60
6.4. Évolution de la végétation du PNA de 1987 à 2012
Dans l’ensemble, les écosystèmes forestiers constituent les biotopes dominants du parc.
Les principales formations forestières du PNA sont les vieilles jachères, les forêts anciennes et
les forêts inondées (Figure 22). Depuis le début du déguerpissement en 1986 jusqu’en 2012, les
écosystèmes forestiers du parc ont suivi une certaine dynamique.
La surface des forêts anciennes a augmenté de 2993 hectares en 1987 à 7041,1 hectares
en 2002. Enfin, en 2012, elles occupent 5120,6 hectares. Concernant les vieilles jachères, les
variations sont peu importantes, sur la période de 1987 à 2012. Il est constaté une diminution
des surfaces occupées par les vieilles jachères. La surface des forêts inondées a diminué de
5526,7 hectares en 1987 à 4805,5 hectares en 2002. Enfin, cette surface a augmenté pour
atteindre 7319,8 hectares en 2012.
La seconde période analysée est celle allant de 1987 à 2012. On observe à ce niveau que
85,6 p.c. du Parc connaissent une évolution positive. Sur 10,2 p.c. du Parc, il n’y pas de
modification substantielle du couvert végétal. Enfin, 4,19 p.c. de la surface du parc connaissent
une régression dans la structure de la végétation (Figure 24).
Les espaces qui ont connu une évolution négative se concentrent en majorité dans le
Sud et le Centre du Parc et de façon éparse dans les parties Nord. Ce sont des milieux
hydromorphes et des savanes. Les espaces qui ont connu une évolution positive se rencontrent
en majorité dans les parties Nord, Est et Ouest du Parc. Ce sont des formations végétales qui
ont été anthropisées.
Parmi les changements liés aux conditions environnementales, il a été observé une
variation au niveau de la superficie des plans d’eau. En 1987, les surfaces inondées
représentaient 1,6 p.c., soit 350 hectares. En 2002, cette surface était estimée à 2,1 p.c. du parc,
soit 459 hectares d’étendues d’eau. Durant les périodes de crues dans les espaces
hydromorphes, le couvert végétal diminue pendant que les plans d’eau deviennent plus
61
Figure 22 : Histogramme de variations des formations végétales dans le PNA
62
Figure 24 : Carte de variation de la végétation au cours de la période de 1987 à 2012
63
importants. On observe également une évolution négative du couvert végétal dans des espaces
moins humides. Il s’agit d’espaces occupés par des savanes en 1987. En effet, il convient donc
de remarquer une forte baisse du couvert végétal dans ces espaces. Les sols nus ont connu une
augmentation. Ces espaces estimés à 96 hectares en 1987 sont passés à 298 hectares en 2002.
On observe aussi que certains espaces ont continué d’être l’objet de nouveaux défrichements
au sein du parc durant la période de déguerpissement.
64
Chapitre 7 : Diversité végétale des forêts du Parc National d’Azagny
Le PNA présente deux types d’espaces : les espaces anciennement cultivés et les forêts
qui sont de trois sortes. Ce sont les forêts anciennes (Forêts A.), les forêts périodiquement
inondées (Forêts P. I) et les forêts marécageuses (Forêts M.).
Au total, ce sont sept parcelles de 1 ha qui ont été disposées dans les forêts soit 3 parcelles
en forêts anciennes (Forêts A.), 2 en forêts périodiquement inondées (Forêts P. I) et 2 en forêts
marécageuses (Forêts M.). Ce qui donne un total de 140 placettes de 500 m² chacune qui ont
été inventoriées dans les forêts. Ces placettes se répartissent de la façon suivante : 60 dans les
forêts anciennes (Forêts A.), 40 dans les forêts marécageuses (Forêts M.) et 40 dans les forêts
périodiquement inondées (Forêts P.I). Les forêts anciennes sont donc plus riches que les deux
autres types de forêts.
Dans l’ensemble, 14712 individus répartis entre 460 espèces, 294 genres et 98 familles
ont recensés. Les nombres totaux d’espèces inventoriées, varient entre les trois types de forêts
(Tableau VI). La prise en compte de tous les individus montre que les forêts anciennes
possèdent le plus grand nombre d’espèces (280 espèces). Tandis que les forêts marécageuses
enregistrent le plus petit nombre d’espèces, 102 espèces.
En considérant les individus de DHP ≥ 10 cm, le plus grand nombre d’espèces (251
espèces), a été obtenu dans les forêts anciennes. Tandis que le plus petit nombre d’espèces, 73
espèces, a été obtenu dans les forêts marécageuses. La diversité générique est plus forte dans
les forêts anciennes avec 202 genres. Cette diversité est plus faible dans les forêts marécageuses
avec 64 genres. Par contre, le plus grand nombre de familles (84 familles), a été obtenu dans
les forêts périodiquement inondées.
Les forêts anciennes sont les plus riches avec une richesse spécifique moyenne de 73,5 ±
34,5 espèces. Les différences entre les moyennes de la richesse spécifique sont significatives
(χ² = 86,59, P ˂ 0,001).
En considérant les individus de DHP compris entre 5 cm et 10 cm, les forêts anciennes
possèdent le plus grand nombre d’espèces (229). La diversité générique est maximale (195
genres) dans les forêts périodiquement inondées. Ce type de forêt possède également le plus
grand nombre de familles (94 familles). Les forêts anciennes sont les forêts les plus riches
65
Tableau VI: Richesse floristique et valeurs moyennes de la richesse spécifique (RS) des
différents types de forêt
Légende : Forêts A. : Forêts Anciennes ; Forêts P.I. : Forêts Périodiquement Inondées ; Forêts M. : Forêts
Marécageuses.
Les valeurs moyennes affectées de la même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil de 5 p.c.
66
floristiquement avec une richesse spécifique de 44,6 ± 44,3 espèces. Les différences entre les
moyennes de la richesse spécifique sont significatives (χ² = 14,6 ; P ˂ 0,001).
Quand on considère les individus de DHP ˂ 5 cm, les forêts anciennes possèdent un plus
grand nombre d’espèces (105), de genres (93) et de familles (38). Ce sont également les forêts
les plus riches avec une richesse spécifique moyenne de 91,3 ± 24,9 espèces. Les différences
entre les moyennes de la richesse spécifique sont significatives (χ² = 92,3 ; P ˂ 0,001).
Dans les forêts anciennes, les cinq espèces les plus importantes sont dans l’ordre
décroissant de leur IVI : Ricinodendron heudelotii (Baill.) Pierre ex Pax (Euphorbiaceae),
Tabernaemontana crassa Benth. (Apocynaceae), Strombosia pustulata Oliv. (J. Léonard) Vill
(Olacaceae), Anthostema aubryanum Baill. (Euphorbiaceae) et Ochthocosmus africanus Hook.f
(Ixonanthaceae) (Tableau VII). Pour les espèces ayant des individus de DHP ≥ 10 cm,
Anthostema aubryanum est l’espèce la plus fréquente avec une fréquence relative de 48,6 p.c.
Strombosia pustulata est l’espèce la plus dense avec une densité relative de 17,3 p.c.
Ricinodendron heudelotii est l’espèce la plus dominante avec une dominance relative de 28,6
p.c. Cette espèce est la plus prépondérante avec un IVI de 79 p.c. Pour les espèces ayant des
individus de DHP compris entre 5 et 10 cm, Anthostema aubryanum est encore l’espèce la plus
fréquente avec une fréquence relative de 36,4 p.c. Strombosia pustulata est l’espèce la plus
dense avec une densité relative de 29,6 p.c. et l’espèce la plus dominante avec une dominance
relative de 29,6 p.c. Cette espèce est la plus prépondérante avec un IVI de 86,3 p.c.
67
Tableau VII: Prépondérance des 5 premières espèces en fonction des classes de DHP dans les
forêts du PNA
Légende : Forêts A. : Forêts Anciennes; Forêts P.I : Forêts Périodiquement Inondées ; Forêts M. :
Forêts Marécageuses. Fe R : Fréquence Relative ; De R : Densité Relative ; Do R : Dominance Relative ;
IVI : Indice de Valeur d’Importance.
68
Dans les forêts périodiquement inondées, les cinq premières espèces ayant les IVI les plus
élevés sont par ordre décroissant de leur importance: Macaranga barteri Müll. Arg.
(Euphorbiaceae), Pandanus candelabrum P. Beauv. (Pandanaceae), Ricinodendron heudelotii,
Tabernaemontana crassa et Xylopia aethiopica (Dunal) A. Rich. (Annonaceae). Pour les DHP
≥ 10 cm, Ricinodendron heudelotii est l’espèce la plus fréquente avec une fréquence relative de
27,1 p.c. Macaranga barteri est l’espèce la plus dense avec une densité relative de 22,7 p.c. et
l’espèce la plus dominante avec une dominance relative de 27,9 p.c. Cette espèce est encore la
plus prépondérante avec un IVI de 60,6 p.c. Pour les DHP compris entre 5 et 10 cm, Pandanus
candelabrum est l’espèce la plus dense avec une densité relative de 69,2 p.c. Elle est encore
l’espèce la plus dominante avec une dominance relative de 71,6 p.c. C’est l’espèce la plus
prédominante avec un IVI de 140,9 p.c.
Dans les forêts marécageuses, les cinq premières espèces ayant les IVI les plus élevés
sont par ordre décroissant d’importance : Avicennia germinans (L.) L. (Acanthaceae),
Anthocleista vogelii Planch. (Loganiaceae), Anthostema aubryanum et Anthocleista djalonensis
A. Chev. (Loganiaceae) et Alchornea cordifolia (Schum. & Thonn.) Mü[Link].
(Euphorbiaceae). Pour les espèces ayant des individus de DHP ≥ 10 cm, Anthocleista vogelii
est l’espèce la plus fréquente avec une fréquence relative de 26,4 p.c. Avicennia germinans est
l’espèce la plus dense avec une densité relative de 32,3 p.c. Cette espèce est encore la plus
dominante avec une dominance relative de 34,2 p.c. C’est encore cette espèce qui est la plus
prépondérante avec un IVI de 83,6. Pour les espèces ayant des individus de DHP compris entre
5 cm et 10 cm, Alchornea cordifolia est l’espèce la plus fréquente avec une fréquence relative
de 1,4 p.c. Avicennia germinans est l’espèce la plus dense avec une densité relative de 66,7 p.c.
C’est encore l’espèce la plus dominance avec une dominance relative de 67,5 p.c. Cette espèce
est l’espèce la plus prépondérante avec un IVI de 134,9 p.c.
Dans les forêts anciennes, les cinq premières familles les plus importantes sont dans
l’ordre décroissant de leur VIF : les Euphorbiaceae, les Olacaceae, les Apocynaceae, les
Ixonanthaceae et les Humiriaceae (Tableau VIII). Pour les familles dont les espèces présentent
des individus de DHP ≥ 10 cm, la famille des Humiriaceae est la plus fréquente avec une
fréquence relative de 46,4 p.c. La famille des Olacaceae est la plus dense avec une densité
69
relative de 20,3 p.c. La famille des Euphorbiaceae est la plus dominante avec une dominance
relative de 37 p.c. Cette famille est la plus prépondérante de toutes les familles avec un VIF de
Tableau VIII: Prépondérance des 5 premières familles en fonction des classes de DHP dans
les différents types de forêts du PNA
Légende : Forêts A. : Forêts Anciennes; Forêts P.I : Forêts Périodiquement Inondées ; Forêts M. :
Forêts Marécageuses. Fr R : Fréquence Relative ; De R : Densité Relative ; Do R : Dominance Relative ;
VIF : Valeur d’Importance des Familles.
70
82,7 p.c. Pour les familles dont les espèces présentent des individus de DHP compris entre 5 et
10 cm, la famille des Apocynaceae est la plus fréquente avec une fréquence relative de 32,9 p.c.
La famille la plus dense est celle des Olacaceae avec une densité relative de 32,8 p.c. Cette
famille est encore la plus dominante avec une dominance relative de 33,1 p.c. Cette famille est
encore la plus prépondérante avec un VIF de 90,9 p.c.
Dans les forêts périodiquement inondées, les cinq premières familles les plus
prépondérantes sont dans l’ordre décroissant de leur VIF : les Euphorbiaceae, les Pandanaceae,
les Apocynaceae, les Annonaceae et les Malvaceae. Pour les familles dont les espèces
présentent des individus de DHP ≥ 10 cm, les Malvaceae sont les plus fréquentes avec une
fréquence relative de 26,4 p.c. Les Euphorbiaceae sont les plus denses avec une densité relative
de 30,4 p.c. et les plus dominantes avec une dominance relative de 44,5 p.c. Cette famille est
encore la plus prépondérante avec un VIF de 81,3 p.c. Pour les familles dont les espèces
présentent des individus de DHP compris entre 5 et 10 cm, les familles les plus fréquentes sont
les Euphorbiaceae, les Apocynaceae et les Malvaceae avec chacune une fréquence relative de
4,3 p.c. Tandis que les Pandanaceae sont les plus denses avec une densité relative de 60 p.c.
Cette famille est encore la plus dominante avec une dominance relative de 60,7 p.c. La famille
la plus prépondérante est celle des Pandanaceae avec un VIF de 122,2 p.c.
Dans les forêts marécageuses, les cinq premières familles les plus importantes sont dans
l’ordre décroissant de leur VIF : les Acanthaceae, les Loganiaceae, Euphorbiaceae,
Pandanaceae et Apocynaceae. Pour les familles dont les espèces présentent des individus de
DHP ≥ 10 cm, la famille des Loganiaceae est la plus fréquente avec une fréquence relative de
25 p.c. La famille des Acanthaceae est la plus dense avec une densité relative de 32,3 p.c. et la
famille la plus dominante avec une dominance relative de 34,2 p.c. C’est cette famille qui est
la plus prépondérante avec un VIF de 83,6 p.c. Pour les familles dont les espèces présentent des
individus de DHP compris entre 5 et 10 cm, la famille des Loganiaceae est encore la famille la
plus fréquente avec une fréquence relative de 19,3 p.c. La famille des Acanthaceae est la famille
la plus dense avec une densité de 57,1 p.c. Cette famille est encore la plus dominante avec une
dominance relative de 58,5 p.c. C’est encore cette famille qui est la plus prépondérante avec un
VIF de 116,3 p.c.
71
7.3. Composition floristique
Sept (7) types biologiques ont été inventoriés dans les 3 types de forêt. Tous les 3 types
de forêts sont dominés par les microphanérophytes (Figure 25). Ceux-ci représentent 53,7 p.c
dans les forêts anciennes, 45 p.c dans les forêts périodiquement inondées et 59,1 p.c dans les
forêts marécageuses. Dans les forêts anciennes, les mésophanérophytes suivent les
microphanérophytes avec une proportion de 16 p.c. Les chaméphytes et les hémicryptophytes
sont les plus faiblement représentés avec une proportion de 2,1 p.c.
Les trois types de forêts sont tous dominés par les espèces arborescentes. Elles
représentent plus de 50 p.c. des espèces dans chacun des trois types de forêt (Figure 26). Dans
les forêts anciennes, les espèces arborescentes sont suivies des espèces lianescentes avec une
proportion de 24,5 p.c. Dans ce type de forêt, les espèces herbacées sont les plus faiblement
représentées avec une proportion de 20,2 p.c. Dans les forêts périodiquement inondées, les
espèces arborescentes représentent sont suivies des espèces lianescentes qui représentent 17,8
p.c. de toutes les espèces. Les espèces herbacées sont minoritaires avec 15,6 p.c. des espèces.
Dans les forêts marécageuses, les espèces arborescentes sont suivies par des espèces herbacées
qui représentent 25 p.c. de toutes les espèces. Tandis que les espèces lianescentes sont
minoritaires avec 20,4 p.c. de toutes espèces inventoriées.
72
Figure 25: Types biologiques dans les différents types de forêts du Parc National d’Azagny
Figure 26: Types morphologiques dans les différents types de forêts du Parc National
d’Azagny
73
Tableau IX: Proportion (p.c.) de la répartition phytographique dans les différents types de forêt
dans le Parc National d’Azagny
74
81,8 p.c. dans les forêts marécageuses. Les espèces des régions Guinéo-Congolaise et Soudano-
Zambézienne (GC-SZ) représentent 15,3 p.c. des espèces dans les forêts anciennes, 17,5 p.c.
dans les Forêts P.I et 18,2 p.c. dans les forêts marécageuses.
Sur l’ensemble des 460 espèces recensées, trois (03) espèces sont endémiques ivoiriennes
(GCi). Ces espèces sont plus représentées dans les forêts anciennes (Tableau IX). Elles sont
cependant absentes des forêts périodiquement inondées. Parmi ces espèces, Macaranga bellei
Prain (Euphorbiaceae) est la plus abondante.
Concernant les espèces de Haute-Guinée (HG), elles sont plus abondantes (16 espèces)
dans les forêts anciennes (Tableau IX). Elles sont faiblement représentées dans les deux autres
types de forêt ; soit huit (08) espèces dans les forêts marécageuses et cinq (05) espèces dans les
forêts périodiquement inondées. Parmi ces espèces, nous pouvons citer Raphia palma-pinus
(Gaertn.) Hutch. (Arecaceae) dont les fruits sont l’objet d’une exploitation dans le [Link] peut
citer aussi Placodiscus bancoensis Aubrév. & Pellegr. (Sapindaceae) et Pycnanthus dinklagei
Warb. (Myristicaceae).
Quant aux espèces endémiques ouest africaines, elles sont plus nombreuses (24 espèces)
dans les forêts anciennes (Tableau IX). Elles sont moins représentées dans les deux autres types
de forêts. Parmi, ces espèces, nous pouvons citer Tarrietia utilis (Sprague) Sprague
(Malvaceae). Cette espèce porte le nom de Niangon et est très utilisée comme bois d’œuvre. On
peut citer aussi les espèces telles que Albertisia scandens (Mangenot & Miège) Forman
(Menispermaceae) et Calpocalyx aubrevillei Pellegr. (Fabaceae).
Au total, ce sont 27 espèces rares et menacées qui ont été inventoriées dans les forêts. Ces
espèces se répartissent comme suit : 18 espèces selon l’UICN (2015) et 9 espèces selon Aké-
Assi (1988). Dans la liste de l’UICN, 4 catégories sur les 11 sont représentées (Tableau X). Ce
sont celles qui sont en danger (EN), vulnérables (VU), de préoccupation mineure (LC) et de
risque mineur (LR/nt).
Les espèces EN sont au nombre de 3. Il s’agit de Zanthoxylum mezoneurospinosa (L.)
Aké-Assi (Rutaceae), Placodiscus attenuatus [Link] (Sapindaceae) et de Tieghemella heckelii
Pierre ex A. Chev. (Sapotaceae). L’espèce commune aux trois types de forêt est Zanthoxylum
mezoneurospinosum. Les espèces VU (12 espèces) sont les plus représentées quel que soit le
type de forêt (Tableau XI). M. regia est l’espèce commune aux trois types de forêt. Les espèces
LC sont au nombre de 3. Il s’agit de Avicennia germinans (L.) L. (Acanthaceae), Baphia nitida
Lodd. (Fabaceae) et Rhizophora racemosa G.F.W. Mey. (Rhizophoraceae). L’espèce commune
est Baphia nitida. C’est une espèce dont le bois est utilisé pour la fabrication des pagaies.
75
Tableau X: Nombre total d’espèces rares et menacées selon UICN (2015) et Aké-Assi (1988)
dans les catégories de forêt du Parc National d’Azagny
EN VU LC Lr/nt AA
Forêt Ancienne 2 12 1 2 9
Forêt Périodiquement
1 5 1 1 6
Inondée
Forêt Marécageuse 1 7 3 0 4
Légende : EN : Espèces en danger ; VU : Espèces vulnérables ; LC : Espèces préoccupation mineure ; LR/nt :
Espèces de risque mineur ; AA : Espèces rares selon Aké-Assi (1988).
76
Les espèces Lr/nt qui ont été recensées sont au nombre de 2. Ces espèces ont été recensées
dans les forêts anciennes et dans les forêts périodiquement inondées. Il s’agit de Milicia excelsa
(Welw.) Berg (Moraceae) qui est un précieux bois d’œuvre et de Irvingia gabonensis (O' Rorke)
Baill. (Irvingiaceae). L’espèce commune à ces deux forêts est M. excelsa.
Dans les forêts anciennes, ce sont neuf (09) espèces menacées selon Aké-Assi qui ont été
recensées (Tableau XI). Ce sont Alafia multiflora (Stapf) Stapf (Apocynaceae), Aptandra
zenkeri Engl. (Olacaceae), Capparis biloba Hutch. & Dalz. (Capparidaceae),…. Le plus grand
nombre (9 espèces) a été observé dans les forêts anciennes. Le plus faible nombre (4 espèces)
a été obtenu dans les forêts marécageuses.
Pour tous les individus, les forêts anciennes sont les plus diversifiées avec une valeur
moyenne de 5,3 ± 0,2 (Tableau XI). Les forêts marécageuses sont les moins diversifiées avec
une valeur moyenne de 3,5 ± 0,1. Les différences entre les moyennes sont significatives (χ² =
12,8 ; P = 0,004).
En considérant les individus adultes, les forêts anciennes sont encore plus diversifiées que
les autres forêts avec une valeur moyenne de 2,7 ± 0,2. Les forêts marécageuses sont les moins
diversifiées avec une valeur moyenne de 1,9 ± 0,2. Les différences entre les moyennes sont
significatives (χ² = 92,6 ; P ˂ 0,001).
Quand on considère les individus juvéniles, les forêts anciennes sont les plus diversifiées
avec une valeur moyenne de 2,2 ± 0,6. Les forêts marécageuses demeurent les moins
diversifiées avec une valeur moyenne de 1,6 ± 0,5. Les différences entre les moyennes sont
significatives (χ² = 9,7 ; P = 0,008).
En considérant les individus de régénération, les forêts anciennes sont les plus diversifiées
avec une valeur moyenne de 4,2 ± 0,4. Les forêts marécageuses sont les moins diversifiées avec
une valeur moyenne de 2,6 ± 0,2. D’un type de forêt à un autre, les différences entre les
moyennes sont significatives (χ² = 13,6 ; P = 0,001).
77
Tableau XI: Valeurs moyennes des indices de diversité spécifique
Légende : Forêts A. : Forêts Anciennes; Forêts P.I : Forêts Périodiquement Inondées; Forêts M. : Forêts
Marécageuses. Les valeurs moyennes affectées de la même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil
de 5 p.c.
78
7.4.2. Diversité selon l’indice de Simpson
En considérant tous les individus, les forêts anciennes et les forêts périodiquement
inondées enregistrent la plus forte valeur moyenne qui est de 1 ± 0,0 (Tableau XII). Tandis que
les forêts marécageuses enregistrent la plus faible moyenne, 0,9 ± 0,0.
La prise en compte des individus adultes indique que la valeur de cet indice est de 0,7 ±
0,0. D’une forêt à une autre, les différences entre les moyennes ne sont pas significatives (χ² =
89,7 ; P ˂ 0,001).
Quand on considère les individus juvéniles, les forêts anciennes possèdent la plus forte
valeur moyenne qui est de 0,7 ± 0,0. Les forêts marécageuses ont la valeur moyenne la plus
faible, 0,7 ± 0,0. Les différences entre les moyennes sont significatives (χ² = 14,5 ; P = 0,000).
Pour les individus de régénération, les forêts anciennes ont la valeur moyenne la plus
élevée, 1 ± 0,01. La plus faible valeur moyenne, qui est de 0,9 ± 0,0, a été observée dans les
forêts marécageuses. D’une forêt à une autre, les différences entre les moyennes sont
significatives (χ² = 7,3 ; P = 0,02).
La prise en compte de tous les individus montre que les forêts anciennes ont la valeur
moyenne la plus élevée, 0,9 ± 0,1. Alors que les forêts périodiquement inondées enregistrent
la plus faible valeur moyenne, 0,8 ± 0,1.
Quand on considère les individus adultes, les forêts marécageuses ont la valeur moyenne
la plus élevée, 0,7 ± 0,0 (Tableau XII). Tandis que les forêts anciennes ont la valeur moyenne
la plus faible, 0,6 ± 0,0. D’une forêt à une autre, les différences entre les valeurs moyennes sont
significatives (χ² = 11,4; P = 0,003).
Pour les individus juvéniles, ce sont les forêts marécageuses qui ont la valeur moyenne la
plus élevée, 0,8 ± 0,1. Alors que les forêts périodiquement inondées ont la valeur moyenne la
plus faible, 0,7 ± 0,1. Les différences entre les moyennes de l’indice d’équitabilité sont
significatives (χ² = 12,4 ; P =0,002).
Pour les individus de régénération, les forêts anciennes ont la plus forte valeur qui est de
0,9 ± 0,0. Tandis que les forêts périodiquement inondées ont la valeur moyenne la plus faible,
0,8 ± 0,1. D’une forêt à une autre, les différences entre les moyennes sont significatives (χ² =
59; P ˂ 0,001).
79
7.5. Ressemblance floristique
Selon le coefficient de similitude de Morisita-Horn, 53,3 p.c. des espèces sont communes
aux forêts anciennes et aux forêts périodiquement inondées. La ressemblance entre les forêts
anciennes et les forêts marécageuses est assez faible car le coefficient de similitude est inférieur
à 50 p.c. (Tableau XII). Le taux de ressemblance entre les forêts périodiquement inondées et
les forêts marécageuses est de 64,2 p.c.
7.6.1. Densités dans les différents types de forêts du Parc National d’Azagny
La prise en compte de tous les individus montre que les forêts anciennes ont la densité la
plus élevée, 4986,3 ± 18,5 tiges / ha (Tableau XIII). Alors que la densité la plus faible, 2166,3
± 25,4 tiges / ha, a été obtenue dans les forêts marécageuses. Les différences entre les valeurs
moyennes des densités sont significatives (χ²= 17; P ˂ 0,001).
Si on s’intéresse aux individus adultes, le plus grand nombre de tiges / ha a été observé
dans les forêts anciennes. Il est de 101 ± 52,5 tiges / ha. Le plus petit nombre de tiges / ha, 37,4
± 6,8 tiges / ha, a été obtenu dans les forêts marécageuses. Les différences entre les valeurs
moyennes des densités sont significatives (χ²= 29,5; P ˂ 0,001).
Quand on s’intéresse aux individus juvéniles, le plus grand nombre de tiges / ha a été
obtenu dans les forêts anciennes avec une valeur de 106,5 ± 16,8 tiges / ha.
Tandis que les forêts marécageuses ont le plus petit nombre de tiges / ha. Cette valeur est
de 9,2 ± 12,9 tiges / ha. D’une forêt à une autre, les différences entre les valeurs moyennes des
densités sont significatives (χ²= 60,1; P ˂ 0,001).
Concernant les individus de régénération, la plus forte valeur de densité, 41,2 ± 32,1 tiges
/ ha a été obtenue dans les forêts anciennes. Alors que la plus faible valeur qui est de 21,5 ±
36,6 tiges / ha a été obtenue dans les forêts marécageuses. D’un type de forêt à un autre, les
différences entre les valeurs moyennes des densités sont significatives (χ²= 28,1; P ˂ 0,001).
80
Tableau XII: Matrice de similarité selon Morisita-Horn
Tableau XIII: Valeurs moyennes des paramètres structuraux de la végétation dans les
différentes forêts
81
7.7.2. Aires basales dans les différents types de forêt du Parc National d’Azagny
La considération de tous les individus indique que ce sont les forêts anciennes qui ont
l’aire basale la plus élevée, 26,6 ± 15,1 m² / ha (Tableau XIII). Tandis que l’aire basale la plus
faible, 18,3 ± 12,4 m² / ha a été obtenue dans les forêts marécageuses. Les différences entre les
moyennes ne sont pas significatives (χ²= 8,6; P = 0,72).
En considérant les individus adultes, la valeur moyenne de l’aire basale est la plus élevée
dans les forêts anciennes, 12,1 ± 11,6 m² / ha. La valeur moyenne est la plus faible dans les
forêts marécageuses avec une valeur de 6,4 ± 8,3. Les différences entre les moyennes ne sont
pas significatives (χ²= 1,6; P = 0,5).
Pour les individus juvéniles, les forêts périodiquement inondées ont l’aire basale la plus
élevée qui est de 16,8 ± 30,9 m² / ha. L’aire basale la plus faible, 11,2 ± 16,2 m² / ha a été
obtenue dans les forêts anciennes. Les différences entre les valeurs moyennes ne sont pas
significatives (χ²= 1; P = 0,6).
La structure horizontale des différents types de forêt présente des formes identiques
(Figure 27). Pour les trois types de forêt, les tiges de petits diamètres (0 à 10 cm) sont les plus
nombreuses. Elles représentent plus du tiers des tiges. Ensuite les tiges dont les diamètres sont
compris entre 10 et 20 cm sont plus nombreuses que celles ayant des diamètres supérieurs. Les
proportions des tiges ayant un diamètre au-delà de 60 cm sont non négligeables. Cette évolution
régressive des tiges, des plus petits diamètres aux plus grands diamètres, donne à la courbe
obtenue pour ces trois types de forêt, une forme de « J inversé » au-delà des DHP de 10 cm.
82
Figure 27: Distribution des tiges par classes de diamètre dans les différentes forêts
83
7.8. Détermination de la biomasse ligneuse aérienne
La prise en compte de tous les DHP indique que la biomasse est la plus élevée, 16,5 ±
25,1 T, dans les forêts anciennes (Tableau XIV). Tandis qu’elle est plus faible, 3,5 ± 8,3 T, dans
les forêts marécageuses. D’un type de forêt à un autre, les différences entre les valeurs
moyennes sont significatives (χ²= 8,5; P = 0,00).
Quand on considère les individus de DHP ≥ 10 cm, la plus forte valeur moyenne de
biomasse a été enregistrée dans les forêts anciennes avec 32,2 ± 27,3 T. La plus faible valeur a,
quant à elle, été enregistrée dans les forêts marécageuses avec une valeur de 6,1 ± 10,2 T. Les
différences entre les moyennes sont significatives (χ²= 50,7; P ˂ 0,001).
Si on s’intéresse aux DHP compris entre 5 et 10 cm, la plus grande valeur moyenne de
biomasse a été obtenue dans les forêts anciennes avec 0,3 ± 0,3 T. Alors que la plus faible valeur
moyenne a été obtenue dans les forêts marécageuses avec une valeur de 0,1 ± 0,1 T. Les
différences entre les valeurs moyennes sont significatives (χ²= 7,5; P = 0,02).
Cinq modes de dissémination ont été identifiés (Figure 28). Le mode endozoochore est
majoritaire quel que soit le type de forêt avec plus de 75 p.c. des espèces inventoriées. Dans les
forêts anciennes, les espèces endozoochores sont suivies des espèces anémochores représentées
par 10 p.c des espèces inventoriées. Dans ce type de forêt, les espèces barochores et
épizoochores sont minoritaires avec des proportions égales, 2,5 p.c des espèces.
Dans les forêts périodiquement inondées, les espèces endozoochores sont suivies des
espèces anémochores et barochores avec 7,7 p.c des espèces. Mais ce sont les espèces
épizoochores qui sont en minorité avec 2,6 p.c des espèces inventoriées.
Dans les forêts marécageuses, les espèces barochores et hydrochores viennent après les
espèces endozoochores avec des proportions égales, 4,6 p.c des espèces. Cependant, ce sont les
espèces épizoochores qui sont minoritaires avec 2,3 p.c. des espèces inventoriées.
84
Tableau XIV: Valeurs moyennes de la biomasse aérienne dans les trois types de forêts du PNA
Légende : Forêts A. : Forêts Anciennes; Forêts P.I : Forêts Périodiquement Inondées; Forêts M : Forêts
Marécageuses. Les valeurs moyennes affectées de la même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil
de 5 p.c.
85
Figure 28: Modes de dissémination dans les différents types de forêt du PNA
86
7.9.2. Degré de perturbation des différents types de forêts selon l’Indice Pionnier (IP)
En considérant tous les DHP, les forêts périodiquement inondées ont la valeur moyenne
la plus élevée, 87,3 ± 27,7 (Tableau XV). C’est la forêt la moins conservée. Alors que la plus
faible valeur moyenne, 80,1 ± 39,8, est celle obtenue dans les forêts marécageuses. Cette forêt
est la plus conservée. Les différences entre les moyennes sont significatives (χ² = 6,5 ; P =
0,001).
Quand on considère les DHP ≥ 10 cm, l’indice pionnier (IP) est le plus élevé dans les
forêts périodiquement inondées avec une valeur de 165,2 ± 59,2 (Tableau XV). Cet espace est
le plus dégradé avec un fort niveau de dégradation. Les forêts anciennes ont l’IP moyen le plus
faible, 75,5 ± 59,6. Ce type de forêt est moyennement perturbé. Les différences entre les
moyennes de l’indice pionnier sont significatives (χ² = 13,9 ; P = 0,002).
Quand on considère les DHP compris entre 5 cm et 10 cm, les Forêts Périodiquement
Inondées ont l’indice pionnier moyen le plus élevé avec une valeur de 117,4 ± 43,8. Tandis que
la plus faible valeur a été obtenue dans les forêts anciennes avec une valeur moyenne de 73,7 ±
44,7. Les différences entre les moyennes de l’indice pionnier sont significatives (χ² = 9,2 ; P =
0,009).
Pour les DHP ˂ 5 cm, les forêts marécageuses ont l’indice pionnier moyen le plus élevé
avec une valeur de 120,6 ± 25,1. Alors que les forêts anciennes ont l’indice pionnier moyen le
plus faible, qui est de 60,9 ± 36,6. Les différences entre les moyennes de l’indice pionnier pour
cette classe d’individus sont significatives (χ² = 12,6 ; P = 0,008).
Le potentiel de régénération varie entre 16,3 p.c et 60,7 p.c respectivement pour les forêts
périodiquement inondées et pour les forêts anciennes (Tableau XVI). Les forêts anciennes
enregistrent la plus forte valeur moyenne du potentiel de régénération qui est de 58,4 ± 25,1
p.c. Alors que les forêts périodiquement inondées enregistrent la plus faible valeur moyenne
qui est de 11,3 ± 24,4 p.c. Les différences entre les valeurs moyennes du potentiel de
régénération sont significatives (χ² = 66,2 ; P ˂ 0,001).
87
Tableau XV: Comparaison des indices pionniers moyens dans les différents types de forêt du
Parc National d’Azagny
Légende : Forêts A. : Forêts Anciennes; Forêts P.I : Forêts Périodiquement Inondées ; Forêts M. : Forêts
Marécageuses.
Les valeurs moyennes affectées de la même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil de 5 p.c.
Tableau XVI: Potentiel de régénération (p.c) dans les trois types de forêts du PNA
88
7.9.4. Taux de mortalité des espèces
De façon globale, les taux de mortalité sont faibles dans les trois catégories de forêt
(Tableau XVII).
Quand on considère les DHP ≥ 10 cm, la valeur moyenne du taux de mortalité est la plus
élevée dans les Forêts Périodiquement Inondées avec une valeur de 7 ± 16,4 p.c. La plus faible
valeur du taux de mortalité a été enregistrée dans les forêts marécageuses avec une valeur
moyenne de 0,6 ± 1,8 p.c. Les différences entre les valeurs moyennes du taux de mortalité pour
cette classe d’individus sont significatives (χ² = 1,9 ; P =0,4).
Pour ce qui est des DHP compris entre 5 et 10 cm, les Forêts Périodiquement Inondées
enregistrent la plus forte valeur moyenne qui est de 2,6 ± 4,7 p.c. Les forêts marécageuses
enregistrent une valeur nulle du taux de mortalité. Les différences entre les moyennes de ce
taux sont significatives (χ² = 7,7 ; P = 0,1).
89
Tableau XVII: Valeur moyenne du taux de mortalité (p.c) dans les types de forêts du PNA
Légende : Forêts A. : Forêts Anciennes; Forêts P.I : Forêts Périodiquement Inondées; Forêts M. : Forêts
Marécageuses.
Les valeurs moyennes affectées de la même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil de 5 p.c.
90
Chapitre 8 : Diversité végétale des espaces anciennement cultivés
Ce sont au total 580 espèces réparties entre 369 genres et 108 familles qui ont été
recensées dans les espaces anciennement cultivés.
En considérant tous les DHP, la valeur maximale du nombre total d’espèces, 383 espèces,
a été obtenue dans les vieilles jachères de caféières abandonnés en 1986 (Tableau XVIII). Cet
espace est le plus riche floristiquement. Tandis que la valeur minimale du nombre total
d’espèces, 207 espèces, a été enregistrée dans les vieilles jachères de cultures annuelles
abandonnées en 2000. Cet espace est le plus pauvre floristiquement. Le nombre de genres varie
d’un espace à un autre. Ce nombre est plus élevé, 250 genres, dans les vieilles jachères de
caféières abandonnés en 1986 alors qu’il est plus faible dans les vieilles jachères de cultures
annuelles abandonnées en 2000. Le nombre de familles est plus élevé, 84 familles, dans les
vieilles jachères de caféières abandonnées en 1986. Ce nombre est plus faible dans les vieilles
jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000. La richesse spécifique moyenne varie d’un
espace à un autre. Elle indique que les vieilles jachères de cacaoyères abandonnés en 2000 sont
les plus riches avec 64 ± 25,6 espèces. Tandis que les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies
abandonnés en 1986 sont les plus pauvres avec 37,1 ± 7,1 espèces. Les différences entre les
moyennes de la richesse spécifique sont significatives (χ² = 61,6 ; P ˂ 0,0).
Pour ce qui est des individus de DHP ≥ 10 cm, le nombre total d’espèces est variable d’un
espace à un autre. La valeur minimale du nombre total d’espèces est égale à 116. Cette valeur
a été obtenue dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnés en 1986. Le plus
grand nombre d’espèces qui est de 215, a été obtenu dans les vieilles jachères de cacaoyères
abandonnées en 2000. Le nombre de genres varie également d’un espace à un autre. Le plus
grand nombre de genres qui est de 154 genres, a été enregistré dans les vieilles jachères de
caféières et abandonnés en 1986. Le plus petit nombre de genres qui est de 95 genres, a été
obtenu dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnés en 1986. Le nombre de
familles varie également d’un espace à un autre. La valeur minimale du nombre de familles qui
est de 38, a été obtenue dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnés en
1986. La valeur maximale du nombre de familles a été obtenue dans les vieilles jachères de
caféières
91
Tableau XVIII: Richesses floristiques et valeurs moyennes de la richesse spécifique (RS) des
différents types d’espaces anciennement cultivés.
92
abandonnées en 1986. Cette valeur est de 54. En considérant la richesse spécifique moyenne,
les vieilles jachères de caféières abandonnés en 2000 sont plus riches avec 53,1 ± 39,32 espèces.
Les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 sont les plus pauvres avec
18,9 ± 17,9 espèces. Les différences entre les moyennes de la richesse spécifique sont
significatives (χ² = 64,5 ; P ˂ 0,001).
En considérant les DHP compris entre 5 et 10 cm, le nombre d’espèces varie d’un espace
à un autre. La valeur minimale du nombre d’espèces qui est de 88 espèces a été obtenue dans
les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986. La valeur maximale qui
est de 211 espèces a été enregistrée dans les vieilles jachères de caféières abandonnées en 1986.
Le plus petit nombre de genres, 71 genres, a été obtenu dans les vieilles jachères de palmeraies-
cocoteraies abandonnées en 1986. Tandis que le plus grand nombre de genres, 159 genres, a été
obtenu dans les vieilles jachères de caféières abandonnées en 1986. Le plus petit nombre de
familles a été obtenu dans les vieilles jachères de caféières abandonnées en 1986. Ce nombre
est de 26 familles. Le plus grand nombre de familles qui est de 56 a été obtenu dans les vieilles
jachères de caféières abandonnées en 1986. Tandis que le plus petit nombre de familles qui est
de 35 familles, a été obtenu dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnés en
1986. Les vieilles jachères de caféières abandonnées en 2000 sont plus riches avec en moyenne
26,2 ± 35,2 espèces. Les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 sont
les plus pauvres avec une richesse spécifique moyenne de 14,8 ± 15,6 espèces. Les différences
entre les moyennes de la richesse spécifique ne sont pas significatives (χ² = 10,1 ; P = 0,07).
En prenant en compte les individus de DHP ˂ 5 cm, le plus faible nombre d’espèces qui
est de 83 espèces, a été observé dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 2000.
Les vieilles jachères de caféières abandonnées en 1986 possèdent le plus grand nombre
d’espèces qui est de 163 espèces. La valeur minimale du nombre de genres est de 56. Cette
valeur a été obtenue dans les vieilles jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000. Le
plus grand nombre de genres, qui est de 111, a été enregistré dans les vieilles jachères de
caféières abandonnées en 1986. Le plus faible nombre de familles, 36 familles, a été enregistré
dans les vieilles jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000. Tandis que le plus grand
nombre de familles qui est de 57 familles, a été obtenu dans les vieilles jachères de caféières
abandonnées en 1986. Les vieilles jachères de caféières abandonnées en 2000 sont plus riches
avec une richesse spécifique moyenne de 53,1 ± 39,3 espèces. Alors que les vieilles jachères de
palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 sont les plus pauvres avec 18,9 ± 17,94 espèces.
93
Pour cette classe de DHP, les différences entre les moyennes de la richesse spécifique sont
significatives (χ² = 11,5 ; P = 0,001).
Dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 2000, les espèces les plus
prépondérantes sont : T. cacao, Coffea canephora, Celtis milbraedii, Cola nitida,
Tabernaemontana crassa. Quand on considère les individus de DHP ≥ 10 cm, T. cacao est
l’espèce la plus fréquente avec une fréquence relative de 16,7 p.c. Elle est aussi l’espèce qui a
la plus forte densité avec une densité relative de 17,8 p.c. Cola nitida est l’espèce la plus
dominante avec une dominance relative de 12,6 p.c. Theobroma cacao est l’espèce la plus
prépondérante avec un IVI de 36,4 p.c. En considérant les DHP compris entre 5 et 10 cm,
Theobroma cacao et Cola nitida sont les espèces les plus fréquentes avec des fréquences
relatives de 5,3 p.c. Cola nitida et Tabernaemontana crassa sont les espèces qui ont les plus
fortes densités, 15,9 p.c. Cola nitida est l’espèce la plus dominante avec une dominance relative
de 15,8 p.c. Cette espèce est aussi la plus prépondérante avec un IVI de 37 p.c.
Dans les vieilles jachères de caféières abandonnées en 1986, les espèces prépondérantes
sont : Anopyxis klaineana, Mareya micrantha, Tabernaemontana crassa, Strombosia pustulata
et Hunteria eburnea. En considérant les individus de DHP ≥ 10 cm, Tabernaemontana crassa
est l’espèce la plus fréquente avec une fréquence relative de 8 p.c. Cette espèce a la
94
Tableau XIX: Prépondérance des cinq premières espèces dans les espaces anciennement
cultivés du PNA
DHP ≥ 10 cm 5 cm ≤ DHP ˂ 10 cm
Types
Espèces
d'espaces Fe R De R Do R IVI Fe R De R Do R IVI
Theobroma cacao 30 41,9 32 73,8 1,0 41,8 41,9 84,6
VJ-Cacao_1986
Macaranga barteri 2,7 3,9 15,3 21,9 5,0 4,5 4,9 14,4
Milicia excelsa 3,7 3,7 5,2 12,5 3,3 14,9 15,0 33,3
Cola nitida 5,0 2,1 4,6 11,8 4,7 10,5 9,4 24,6
Heisteria parvifolia 4,3 4,7 2,2 11,2 5 6 6,3 17,2
Theobroma cacao 16,7 17,8 12 36,4 5,3 2,3 2,6 10,2
VJ-Cacao_2000
Coffea canephora 8,7 15,4 4,5 28,6 4,3 13,6 14,7 32,7
Celtis milbraedii 8,7 7,4 12,6 28,6 4,7 9,1 8,4 22,2
Cola nitida 10,7 3,4 12,6 26,6 5,3 15,9 15,8 37,0
Tabernaemontana crassa 10,7 4,4 5,5 20,5 3,7 15,9 15,3 34,9
Anopyxis klaineana 7,3 5,1 6,3 18,7 9 3,4 1,3 2,2
VJ-Café_1986
95
plus forte densité relative qui est de 5,5 p.c. Strombosia pustulata est l’espèce la plus dominante
avec une dominance relative de 6,6 p.c. Anopyxis klaineana est l’espèce la plus prépondérante
avec un IVI de 18,7 p.c. En prenant en compte les individus de DHP compris entre 5 cm et 10
cm, Anopyxis klaineana est l’espèce la plus fréquente avec une fréquence relative de 9 p.c.
Mareya micrantha a la plus forte densité relative qui est de 5,9 p.c. Tabernaemontana crassa
est l’espèce la plus dominante avec une dominance relative de 6,1 p.c. Tabernaemontana crassa
est l’espèce la plus prépondérante avec un IVI de 16,1 p.c.
Dans les vieilles jachères de caféières abandonnées en 2000, les 5 espèces les plus
importantes sont : Tabernaemontana crassa, Strombosia pustulata, Alchornea floribunda,
Bridelia grandis et Sterculia rhinopetala. Pour les individus de DHP ≥ 10 cm, les espèces B.
grandis et S. rhinopetala sont les espèces les plus fréquentes avec une fréquence relative de 7
p.c chacune. Alchornea floribunda a la plus forte densité avec une densité relative de 28,9 p.c.
Tabernaemontana crassa est l’espèce la plus dominante avec une dominance relative de 31,1
p.c. L’espèce la plus prépondérante est Tabernaemontana crassa avec un IVI de 58,9 p.c.
Quand on considère les DHP compris entre 5 cm et 10 cm, Alchornea floribunda est l’espèce
la plus fréquente avec une fréquence relative de 7 p.c. Strombosia pustulata est l’espèce qui a
la plus forte densité relative, 29 p.c. Cette espèce est la plus dominante avec une dominance
relative de 29,9 p.c. Cette espèce est également l’espèce la plus prépondérante avec un IVI de
61,9 p.c.
Dans les vieilles jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000, les 5 espèces les
plus importantes sont : Tetrorchidium didymostemon, Zanthoxylum gilletii, Xylopia aethiopica,
Tabernaemontana crassa et Trichilia monadelpha. Pour les DHP ≥ 10 cm, Tabernaemontana
crassa est l’espèce la plus fréquente avec une fréquence relative de 8,7 p.c. Tetrorchidium
didymostemon a la plus forte densité avec 23,2 p.c des tiges. Elle est aussi l’espèce la plus
dominante avec une dominance relative de 27,7 p.c. En considérant à la fois la densité relative,
la fréquence relative et la dominance relative, Tetrorchidium didymostemon est l’espèce la plus
prépondérante avec un IVI de 57,9 p.c. En considérant les DHP compris entre 5 et 10 cm,
Zanthoxullum gilletii est l’espèce la plus fréquente avec une fréquence relative de 9 p.c. des
tiges. Tetrorchidium didymostemon a la plus forte densité relative qui est de 23,6 p.c. Cette
espèce est l’espèce la plus dominante avec une dominance relative de 22,2 p.c. En considérant
à la fois la densité relative, la fréquence relative et la dominance relative, Tetrorchidium
didymostemon est l’espèce la plus prépondérante avec un IVI de 49,2 p.c.
96
Dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986, les cinq
premières espèces les plus importantes sont : Cocos nucifera, Trichilia monadelpha, Triclisia
patens, Mangifera indica et Baphia nitida. Quand on considère les DHP ≥ 10 cm, C. nucifera
est l’espèce la plus fréquente avec une fréquence relative de 34 p.c. Cette espèce présente la
plus forte densité avec 45,8 p.c des tiges. Elle est également la plus dominante avec une
dominance relative de 41,9 p.c. En considérant à la fois la densité relative, la fréquence relative
et la dominance relative, Cocos nucifera est l’espèce la plus prépondérante avec un IVI de 91,8
p.c. La prise en compte des individus de DHP compris entre 5 et 10 cm, Cocos nucifera est
l’espèce la plus fréquente, l’espèce la plus dense et l’espèce la plus dominante. Les valeurs de
la fréquence, de la densité et de la dominance relatives de cette espèce sont respectivement 17,7
p.c, 43,8 p.c et 40,4 p.c. Cocos nucifera est par conséquent l’espèce la plus prépondérante avec
un IVI de 91,9 p.c.
Concernant les familles, les plus importantes dans les vieilles jachères de cacaoyères
abandonnées en 1986 sont : les Malvaceae, les Euphorbiaceae, les Moraceae, les Olacaceae et
les Loganiaceae (Tableau XX). Pour les individus de DHP ≥ 10 cm, la famille la plus fréquente,
la plus dense et la plus dominante est celle des Malvaceae avec une fréquence relative de 60
p.c., une densité relative de 44,2 p.c et une dominance relative de 36,7 p.c. Cette famille est la
plus prépondérante. Pour les individus de DHP compris entre 5 cm et 10 cm, cette famille est
encore la plus fréquente, la plus dense et la plus dominante. Elle est par conséquent la plus
prépondérante avec un VIF de 84,6 p.c. Dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées
en 2000, les familles les plus importantes sont : les Meliaceae, les Malvaceae, les Lamiaceae,
les Fabaceae et les Cecropiaceae. Quand on considère les individus de DHP ≥ 10 cm, les
Meliaceae sont les plus fréquentes avec une fréquence relative de 25 p.c. Les Lamiaceae
présentent la plus forte densité avec 9,5 p.c des tiges. Les Meliaceae sont les plus dominantes
avec une dominante relative de 10,1 p.c. Cette famille est aussi la plus prépondérante avec un
VIF de 23,1 p.c. Pour les DHP compris entre 5 et 10 cm, les Lamiaceae sont les plus fréquentes
avec une fréquence relative de 5,3 p.c. Les Meliaceae ont la plus forte densité relative avec 20,5
p.c des tiges. Cette famille est la plus dominante avec une dominance relative de 20,5 p.c. La
famille la plus prépondérante est celle des Meliaceae avec un VIF de 45,9 p.c. Dans les vieilles
jachères de caféières abandonnées en 1986, les familles les plus importantes sont : les
Euphorbiaceae, les Apocynaceae, les Moraceae, les Olacaceae et les Fabaceae. En considérant
les individus
97
Tableau XX: Prépondérance des 5 premières familles en fonction des classes de DHP dans les
espaces anciennement cultivés du PNA
98
de DHP ≥ 10 cm, la famille des Olacaceae est la plus fréquente avec une fréquence relative de
6 p.c.
Les Euphorbiaceae ont la plus forte densité avec 11,7 p.c des tiges. Cette famille est aussi
la plus dominante avec une dominance de 12,4 p.c. En somme, la famille des Euphorbiaceae
est la plus prépondérante avec 29,4 p.c. Pour les DHP compris entre 5 et 10 cm, les Moraceae
sont les plus fréquentes avec une fréquence relative de 5,7 p.c. Les familles des Euphorbiaceae
et des Fabaceae présentent les plus fortes densités relatives avec 11,8 p.c des tiges. Les Fabaceae
possèdent la plus forte dominance avec une dominance relative de 13,5 p.c. Cette famille est la
plus prépondérante avec un VIF de 30,6 p.c.
Dans les vieilles jachères de caféières abandonnées en 2000, les Moraceae, les Malvaceae,
les Fabaceae, les Malvaceae et les Rubiaceae sont les familles les plus importantes. En prenant
en compte, les individus de DHP ≥ 10 cm, les Rubiaceae sont les plus fréquentes avec une
fréquence relative de 10 p.c. La famille des Moraceae présente la plus forte densité avec une
densité relative de 31,4 p.c. La famille des Moraceae est la plus dominante avec une dominance
relative de 26,7 p.c. Cette famille est la plus prépondérante avec un VIF de 65,5 p.c. Quand on
prend les DHP compris entre 5 cm et 10 cm, les Fabaceae, les Malvaceae et les Rubiaceae sont
les familles les plus fréquentes avec une fréquence relative de 10 p.c chacune. La famille des
Moraceae présente la plus forte densité avec une densité relative de 22,5 p.c des tiges. Cette
famille est également la plus dominante avec une dominance relative de 22,2 p.c. Elle est aussi
la plus prépondérante avec un VIF de 50,3 p.c.
Dans les vieilles jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000, les familles les plus
importantes sont : les Euphorbiaceae, les Annonaceae, les Rutaceae, les Myristicaceae et les
Apocynaceae. En considérant les individus de DHP ≥ 10 cm, la famille des Myristicaceae est
la plus fréquente avec une fréquence relative de 10,7 p.c. La famille des Euphorbiaceae est la
plus dense, la plus dominante et la plus prépondérante. Son VIF est de 46,7 p.c. Pour les DHP
compris entre 5 et 10 cm, la famille des Annonaceae est la famille la plus fréquente avec une
fréquence relative de 10,3 p.c. La famille des Myristicaceae est la plus dense, la plus dominante
et la plus prépondérante. Son VIF est de 42,9 p.c.
Les microphanérophytes dominent toutes les vieilles jachères avec plus de 40 p.c (Figure
29). Ils sont suivis des mésophanérophytes dans les vieilles jachères de caféières abandonnées
en 1986, de caféières abandonnées en 2000 et dans les cultures annuelles du même âge. Dans
les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 1986, ce sont les nanophanérophytes qui
succèdent aux microphanérophytes avec une proportion de 14,1 p.c. Dans les vieilles jachères
de palmeraies-cocoteraies abandonnés en 1986, les nanophanérophytes et les
mésophanérophytes sont à égales proportions, 15,6 p.c. Les géophytes, les chaméphytes et les
hémicryptophytes ont de très faibles proportions quel que soit le type d’espace anciennement
cultivé.
Tous les espaces sont dominés par les espèces arborescentes à plus de 50 p.c (Figure 29).
Les vieilles jachères des cultures annuelles abandonnées en 2000 sont les plus riches en espèces
arborescentes avec une proportion de 81,8 p.c. Ensuite viennent les vieilles jachères de
cacaoyères abandonnées en 2000 avec une proportion de 63,5 p.c. Les vieilles jachères de
palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 sont les plus pauvres en espèces arborescentes
avec une faible proportion de 51 p.c. Les proportions d’espèces lianescentes varient de 10,9 p.c,
dans les vieilles jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000 à 25 p.c, dans les vieilles
jachères de cacaoyères abandonnées en 1986. Les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies
abandonnées en 1986 sont les plus riches en espèces herbacées avec une proportion de 20,6 p.c.
Les vieilles jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000 sont les plus pauvres en espèces
herbacées avec une proportion de 7,3 p.c.
100
60
50
Nombre d'espèces (p.c)
40
Chaméphytes
30 Géophytes
Hémicryptophytes
20
Microphanérophytes
10 Mésophanérophytes
Mégaphanérophytes
0 Nanophanérophytes
Figure 29: Types biologiques dans les différents espaces anciennement cultivés du PNA
90
80
70
Nombre d'espèces (p.c)
60
50
Espèces
40 arborescentes
30 Espèces
20 lianescentes
10 Espèces
herbacées
0
Figure 30: Types morphologiques dans les différents espaces anciennement cultivés du PNA
101
8.3.3. Répartition phytogéographique
Concernant les espèces endémiques à la Côte d’Ivoire (GCi), ce sont au total 5 espèces
qui ont été recensées. Ces espèces sont plus nombreuses (5 espèces) dans les vieilles jachères
de cacaoyères abandonnés en 1986 soit 1,6 p.c. Ces espèces n’ont pas été recensées dans les
vieilles jachères de caféières abandonnées en 2000 et dans celles de palmeraies-cocoteraies
abandonnés en 1986. Parmi les espèces GCi, nous avons Baphia bancoensis (Fababceae),
Leptoderris miegei (Fabaceae), Macaranga bellei (Euphorbiaceae) et Mapania ivorensis
(Cyperaceae), Albertisia cordifolia (Menispermaceae).
En ce qui concerne les espèces endémiques de Haute Guinée (HG), ce sont au total 26
espèces qui ont été répertoriées. La plus grande valeur, qui est de 23 espèces soit 7,4 p.c, a été
observée dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 1986. La plus faible valeur,
qui est de 3 espèces soit 1,2 p.c, a été obtenue dans les vieilles jachères de palmeraies-
cocoteraies abandonnés en 1986. Parmi ces espèces, nous pouvons citer Baissea zygodioides
(Apocynaceae), Bersama abyssinica (Melianthaceae), Myrianthus lïbericus (Cecropiaceae).
Pour ce qui est de la région Ouest africaine (GCW), ce sont au total 37 espèces qui ont
été recensées. Le plus grand nombre d’espèces endémiques à la région Ouest africaine se trouve
dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnés en 1986. Dans cet espace, ce sont 37
espèces GCW qui ont été recensées soit 12,3 p.c. Ces espèces sont moins nombreuses, 5 espèces
soit 2,1 p.c dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnés en 1986. Parmi les
espèces GCW, nous pouvons citer Placodiscus attenuatus (Sapindaceae), Milicia regia
(Moraceae), Baissea zygodioides (Apocynaceae), Anthocleista nobilis (Loganiaceae) qui est
représentée sur la Figure 32.
Dans la présente étude, 15 espèces rares et/ou menacées de la flore ivoirienne ont été
recensées. Il s’agit de 12 espèces pour la liste rouge de l’UICN et 3 espèces pour la liste de Aké
Assi.
102
100
90 Espèces GC
80
Espèces GC-SZ
Nombre d'espèces (p.c)
70
60
Espèces Introduites
50
40
Espèces SZ
30
20 Espèces GCW
10
0 Espèces GCi
Espèces HG
Figure 32: Individu d'Anthocleista nobilis (Loganiaceae), espèce endémique Ouest africaine
103
En considérant la liste rouge de l’UICN, les espèces recensées se répartissent entre quatre
catégories (Tableau XXI). Dans la catégorie des espèces en danger (EN), trois (3) espèces ont
été inventoriées. Ces espèces sont Zanthoxylum mezoneurospinosa (Rutaceae), Placodiscus
attenuatus (Sapindaceae) et Irvingia gabonensis (Irvingiaceae) représentée sur la figure 33. Le
plus grand nombre d’espèces EN, a été observé dans les vieilles jachères de cacaoyères
abandonnées en 1986. Ces espèces n’ont pas été observées dans les vieilles jachères de caféières
abandonnées en 2000 et celles de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986.
Quant aux espèces vulnérables (VU), elles sont au nombre de 20 espèces en tout. Elles
sont plus représentées (17 espèces) dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en
1986 (Tableau XXI). Elles sont moins représentées (1 espèce) dans celles issues de palmeraies-
cocoteraies abandonnées en 1986. Les espèces VU sont Milicia regia (Moraceae) comme
l’indique la figure 34, Macaranga bellei (Euphorbiaceae), Tarrietia utilis (Malvaceae).
Au total, les espèces de préoccupation mineure (LC) sont au nombre de 5 espèces. Dans
les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 1986, ces espèces sont plus nombreuses, 5
espèces. Ces espèces sont représentées en faible nombre, 1 espèce, dans les vieilles jachères de
palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986. Ces espèces sont Anthonotha fragrans
(Fabaceae), Baphia nitida (Fabaceae), Acroceras zizanioides (Poaceae), Aframomum daniellii
(Costaceae), Aporrhiza urophylla (Sapindaceae).
La seule espèce dont le risque de disparition est faible (Lr/nt) est Milicia excelsa
(Moraceae). Elle a été observée dans toutes les vieilles jachères excepté celle issue de
palmeraies-cocoteraies abandonnés en 1986.
En tenant compte de la liste de Aké-Assi, seules les espèces menacées (dR) ont été
observées (Tableau XXI). Comme pour le cas précédent, nous avons seulement donné le
nombre d’espèces menacées (dR) par catégories d’espaces. Les espèces de ce groupe sont
Annickia polycarpa (Annonaceae), Cuviera macroura (Rubiaceae), Diospyros vignei
(Ebenaceae), Milicia excelsa (Moraceae) et Milicia regia (Moraceae). Ces espèces sont
menacées du fait de leur grande utilisation par les populations.
104
Tableau XXI: Nombre total d’espèces rares et menacées selon UICN (2015) dans les
grandes catégories d’espaces anciennement cultivés du PNA
Catégories UICN
AA
Types d’espaces EN VU LC Lr/nt
VJ_Cacao_1986 2 17 5 1 3
VJ_Cacao_2000 1 11 4 1 2
VJ_Café_1986 1 16 2 1 1
VJ_Café_2000 0 7 2 1 1
VJ-Cult-Ann_2000 1 13 2 1 1
VJ-Palm-Coco_1986 0 1 1 0 0
105
Figure 33: Pied de Irvingia gabonensis (Irvingiaceae), espèce en danger de la flore ivoirienne
Figure 34: Pied de Milicia regia (Moraceae), espèce vulnérable de la flore ivoirienne selon
UICN (2015).
106
8.4. Indices de diversité spécifique
La prise en compte des individus de tous DHP confondus montre que les vieilles jachères
de cultures annuelles abandonnées en 2000 sont plus diversifiées avec une moyenne de 3,6 ±
0,2 (Tableau XXII). Les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 sont
les moins diversifiées avec une valeur moyenne de 2,2 ± 0,2. Les différences entre les moyennes
sont significatives (χ² = 93,3 ; P ˂ 0,001).
En considérant seulement les individus de DHP ≥ 10 cm, l’on se rend compte que les
vieilles jachères de caféières abandonnées en 2000 sont plus diversifiées avec une moyenne de
2,5 ± 0,3. Celles issues de cacaoyères abandonnées en 2000 viennent en seconde position avec
une moyenne de 1,9 ± 0,7. Les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986
sont les moins diversifiées (1,3 ± 0,3). Les différences entre les moyennes sont significatives
(χ² = 91,1 ; P ˂ 0,001).
La prise en compte des individus de DHP compris entre 5 et 10 cm montre que les vieilles
jachères de cacaoyères abandonnées en 1986 sont plus diversifiées avec une valeur moyenne
de 2,1 ± 0,6. Les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 sont les
moins diversifiées avec une valeur moyenne de 1,5 ± 0,5. Les différences entre les moyennes
sont significatives (χ² = 31,2 ; P ˂ 0,001).
Quand on considère les individus de DHP < 5 cm, ce sont les vieilles jachères de caféières
abandonnés en 2000 qui sont les espaces les plus diversifiées avec une valeur moyenne de 3,5
± 0,7. Les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies sont les moins diversifiées avec une
valeur moyenne de 2,4 ± 0,6. Les différences entre les moyennes de cet indice sont significatives
(χ² = 60,5 ; P ˂ 0,001).
Quand on considère les individus de tous DHP confondus, la plus forte valeur moyenne,
0,8 ± 0,1, a été obtenue dans les vieilles jachères de caféières abandonnées en 1986 (Tableau
XXII). Ce qui signifie que dans cet espace, la probabillité pour que deux individus choisis au
hasard appartiennent à la même espèce est forte. La plus faible valeur, 0,7 ± 0,1, est celle
obtenue dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986. D’une
catégorie à une autre, les différences entre les valeurs moyennes sont significatives (χ² = 47,3;
P ˂ 0,001).
107
Tableau XXII: Valeurs moyennes des indices de diversité spécifique
108
La prise en compte des individus de DHP ≥ 10 cm indique que la valeur moyenne de cet
indice est la plus élevée, 0,7 ± 0,1, dans les vieilles jachères de caféières abandonnées en 2000.
Ce qui traduit que dans cet espace, la probabillité pour que deux individus choisis au hasard
appartiennent à la même espèce est forte La plus faible valeur, 0,7 ± 0,1, a été obtenue dans les
vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986. D’une catégorie d’espace à
l’autre, les différences entre les valeurs moyennes sont significatives (χ² = 108,1 ; P ˂ 0,001).
Quand on considère les DHP compris entre 5 et 10 cm, la plus forte valeur moyenne, 0,8
± 0,1, a été enregistrée dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 1986. Alors que
la plus faible valeur, 0,7 ± 0,1, a été obtenue dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies
abandonnées en 1986. Les différences entre les valeurs moyennes sont significatives (χ² = 25,6
; P ˂ 0,001).
En considérant les individus de DHP < 5 cm, la plus forte valeur moyenne, 0,9 ± 0,1, a
été obtenue dans les vieilles jachères de caféières abandonnées en 1986. La plus faible
moyenne, 0,8 ± 0,1, a été enregistrée dans les formations issues de palmeraies-cocoteraies
abandonnées en 1986. Les différences entre les moyennes de cet indice sont significatives (χ²
= 53,5 ; P ˂0,001).
La prise en compte de tous les DHP indique que la plus forte valeur moyenne, 0,9 ± 0,1,
a été enregistrée dans les vieilles jachères de caféières abandonnées en 1986. Dans cet espace,
les espèces sont équitablement reparties. Tandis que la plus faible valeur moyenne, 0,6 ± 0,1, a
été obtenue dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986.
Quand on considère les individus adultes c’est-à-dire ceux de DHP ≥ 10 cm, les vieilles
jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000 enregistrent la plus forte valeur moyenne
qui est de 0,7 ± 0,1 (Tableau XXII). Les espèces sont équitablement réparties dans cet espace.
Tandis que la plus faible valeur moyenne, 0,6 ± 0,1, a été enregistrée dans les vieilles jachères
de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986. Les différences entre les moyennes sont
significatives (χ² = 40,4 ; P ˂ 0,001).
En tenant compte des individus juvéniles c’est-à-dire ceux ayant un DHP compris entre
5 cm et 10 cm, les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 1986 ont la plus forte valeur
qui est de 0,9 ± 0,1. Les espèces sont équitablement réparties dans cette vieille jachère. Les
vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 enregistrent la plus faible
109
valeur qui est de 0,8 ± 0,1. Les différences entre les moyennes de cet indice sont significatives
(χ² = 47,06 ; P ˂ 0,001).
En prenant en compte les plantules c’est-à-dire les individus de DHP < 5 cm, la plus forte
valeur moyenne qui est de 0,9 ± 0,1, a été obtenue dans les vieilles jachères de cultures annuelles
abandonnées en 2000. Alors que la plus faible valeur a été obtenue dans les vieilles jachères de
caféières abandonnées en 2000. Cette valeur est de 0,8 ± 0,1. Les différences entre les moyennes
de cet indice sont significatives (χ² = 7,2 ; P =0,002).
La prise en compte de tous les DHP montre que les vieilles jachères de cacaoyères
abandonnées en 1986 possèdent la plus forte densité moyenne, 2368,4 ± 42,9 tiges / ha (Tableau
XXIV). Les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 viennent ensuite
avec une densité moyenne de 1392,6 ± 20,1 tiges / ha. Les différences observées entre ces
valeurs moyennes sont significatives (χ²= 22,1 ; P ˂ 0,001).
En considérant seulement les individus adultes, la densité moyenne la plus élevée, 324 ±
99,4 tiges / ha a obtenue dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 1986. La plus
faible valeur moyenne, 64 ± 8,2 tiges / ha, est celle enregistrée dans les vieilles jachères de
palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986. Les différences observées entre ces valeurs
moyennes sont significatives (χ²= 45,7; P ˂ 0,001).
La plus forte densité, 558 ± 132,2 tiges / ha, a été observée dans les vieilles jachères issues
de cacaoyères abandonnées en 1986. La plus faible densité qui, est de 34,5 ± 23,5 tiges / ha, a
été obtenue dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986.
110
Tableau XXIII: Matrice de similarité selon Morisita-Horn
Types d'espace
VJ_Cacao VJ_Cacao VJ_Café VJ_Café VJ_Cult- VJ_Palm-
_1986 _2000 _1986 _2000 Ann_2000 Coco_1986
VJ_Cacao
100
_1986
VJ_Cacao
34,2 100
_2000
VJ_Café
27,9 30 100
_1986
VJ_Café
33,3 10,4 25,3 100
_2000
VJ_Cult-
42,1 26,4 34,3 21 100
Ann_2000
VJ_Palm-
26,4 12,6 31,5 25,4 22,7 100
Coco_1986
111
Tableau XXIV: Valeurs moyennes des paramètres structuraux de la végétation des différents
espaces anciennement cultivés du PNA
Aire basale
Classes de diamètre Types d'espace Densité (Tiges / ha)
(m² / ha)
VJ_Cacao_1986 768 ± 365,7a
VJ_Cacao_2000 636 ± 572,6a
VJ_Café_1986 477,9 ± 276,7a
DHP < 5cm
VJ_Café_2000 558 ±567,1a
VJ_Cult-Ann_2000 362 ± 77,4a
VJ_Palm-Coco_1986 489 ± 244,1a
VJ_Cacao_1986 558 ± 132,1d 24,9 ± 19,1c
VJ_Cacao_2000 256 ± 100,8c 14,1 ± 4,1b
VJ_Café_1986 229,3 ± 157,0b 16,7 ± 7,1b
5 cm ≤ DHP ˂ 10 cm
VJ_Café_2000 200 ± 72,3b 12,9 ± 8a
VJ_Cult-Ann_2000 309 ± 101cd 12,6 ± 10,6a
VJ_Palm-Coco_1986 34,5 ± 23,5a 14,9 ± 0,8b
VJ_Cacao_1986 324 ± 99,4b 24,84 ± 6b
VJ_Cacao_2000 110 ± 45,5b 24,6 ±2,8b
VJ_Café_1986 180 ±182b 19,7 ± 10,8b
DHP ≥ 10 cm
VJ_Café_2000 196 ± 77,6b 24,1 ± 5,7b
VJ_Cult-Ann_2000 244 ± 74,7b 19,7 ±7b
VJ_Palm-Coco_1986 64 ± 8,2a 12,5 ± 0,6a
VJ_Cacao_1986 2368,4 ± 42,9d 26,4 ± 2,2c
VJ_Cacao_2000 1614,7 ± 26,8b 25,7 ± 0,4b
VJ_Café_1986 1774,7 ± 42,7b 22,1 ± 1,3b
Tous DHP
VJ_Café_2000 2168,4 ± 31,1c 25,6 ± 2,5b
VJ_Cult-Ann_2000 1854,7 ± 20,1ab 21,5 ±1,5b
VJ_Palm-Coco_1986 1392,6 ± 20,22a 13,2 ± 0,8a
112
Les différences observées entre ces valeurs moyennes sont significatives (χ² = 101,84 ; P ˂
0,001).
En considérant les individus de DHP < 5 cm, la plus forte valeur moyenne, qui est de 768
± 365,7 tiges / ha, a été obtenue dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 1986.
La plus faible valeur, 362 ± 77,4 tiges / ha, a été enregistrée dans les vieilles jachères de cultures
annuelles abandonnées en 2000. Les différences observées entre ces valeurs moyennes ne sont
pas significatives (χ² = 5,9 ; P = 0,3).
8.7.2. Aires basales dans les différents espaces du Parc National d’Azagny
Quand on considère les individus de tous DHP, les vieilles jachères de cacaoyères
abandonnées en 1986 ont l’aire basale moyenne la plus élevée, 26,4 ± 2,2 m² / ha (Tableau
XXIV). Cet espace est donc le plus stable. Ensuite viennent les vieilles jachères de cacaoyères
abandonnées en 2000 avec une valeur moyenne de 25,7± 0,4 m² / ha. Les vieilles jachères de
palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 enregistrent la plus faible valeur moyenne, 13,2
± 0,8 m² / ha. Le test de Kruskal-Wallis indique que les différences observées entre ces valeurs
moyennes sont significatives (χ² = 39,7; P ˂ 0,001). S’agissant des individus d’avenir c’est-à-
dire ceux ayant un DHP compris entre 5 cm et 10 cm, les aires basales varient de 13,3 m² / ha
à 24,8 m² / ha respectivement dans les vieilles jachères de caféières abandonnées en 2000 et
celles issues de cacaoyères abandonnées en 1986. La plus forte valeur moyenne de l’aire basale,
qui est de 24,9 ± 19,1 m² / ha, a été enregistrée dans les vieilles jachères de cacaoyères
abandonnées en 1986. Les vieilles jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000
enregistrent la plus faible valeur moyenne qui est de 12,55 ± 10,61 m² / ha. Les différences
observées entre ces valeurs moyennes sont significatives (χ²= 84,15; P ˂ 0,001).
Les histogrammes de distribution des tiges par classe de diamètre, présentent des formes
diverses. Ces formes peuvent être regroupées en 2 types qui sont :
-Type 1: distribution décroissante en «J» inversé, dans les vieilles jachères de cacaoyères, de
caféières et de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 et celles de cultures annuelles
abandonnées en 2000 (Figure 35), la distribution des arbres par classe de diamètre montre une
allure en «J» inversé. Cette allure indique que les basses classes de diamètre sont mieux
représentées que les gros individus.
113
Figure 35 : Structure diamétrique des vieilles jachères ayant une distribution en « J » inversé
Figure 36: Structure diamétrique des vieilles jachères ayant une distribution en dents de scie
114
-Type 2: distribution en «dents de scie» observée dans les vieilles jachères de cacaoyères
(Figure 36) et caféières toutes abandonnées en 2000 traduit une répartition très irrégulière dans
les classes de diamètres.
La prise en compte des individus de tous les DHP indique que la biomasse aérienne
moyenne est la plus élevée, 200,4 ± 173,8 T, dans les vieilles jachères de cacaoyères
abandonnées en 2000 (Tableau XXV). La plus faible valeur moyenne a été obtenue dans les
vieilles jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000 où la biomasse aérienne est de 77,8
± 100,1 T. Les différences entre les moyennes de ce taux sont significatives (χ² = 12,8 ; P =
0,1).
Quand on considère les individus de DHP ≥ 10 cm, la biomasse aérienne moyenne est la
plus élevée, 19,3 ± 32,2 T, dans les vieilles jachères de caféières abandonnés en 1986. Tandis
que cette valeur est la plus faible, 5,5 ± 13,1 T, dans les vieilles jachères de palmeraies-
cocoteraies abandonnées en 1986. Les différences entre les moyennes de ce taux sont
significatives (χ² = 37,2 ; P ˂ 0,001).
En ce qui concerne les individus de régénération, la biomasse aérienne la plus élevée, qui
est de 0,2 ± 0,2 T, a été obtenue dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 2000.
Cette valeur est la plus faible, 0,1 ± 0,1 T, dans les vieilles jachères de cultures annuelles
abandonnées en 2000. Les différences entre les moyennes de ce taux sont significatives (χ² =
9,4 ; P = 0,1).
115
Tableau XXV: Comparaison de la biomasse aérienne dans les espaces anciennement cultivés
5 cm ≤ DHP ˂ 10
Types d’espace Tous DHP DHP ≥ 10 cm DHP < 5 cm
cm
VJ_Cacao_1986 119,5 ± 100,1ab 11,9 ± 23,7bc 0,1 ± 0,1ab 0,1 ± 0,1a
VJ_Café_1986 106,7 ± 116,7ab 19,3 ± 32,2c 0,1 ± 0,1ab 0,1 ± 0,1a
VJ_Cult-Ann_2000 77,8 ± 100,1a 6 ± 3,8ab 0,1 ± 0,1a 0,1 ± 0,1a
VJ_Cacao_2000 200,4 ± 173,8b 7,2 ± 11,8ab 0,2 ± 0,2b 0,2 ± 0,2a
VJ_Palm_Coco_1986 94 ± 96,4ab 5,5 ± 13,1a 0,1 ± 0,1a 0,1 ± 0,1a
VJ_Café_2000 190,4 ± 264,1ab 11,4 ± 10,8b 0,2 ± 0,3ab 0,2 ± 0,3a
Légende : VJ_Cacao_1986 : vieilles jachères de cacaoyères abandonnés en 1986 ; VJ_Café_1986 : vieilles jachères de
caféières abandonnés en 1986 ; VJ_Palm_Coco_1986 : vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnés en 1986 ;
VJ_Cacao_2000 : vieilles jachères de cacaoyères abandonnés en 2000. VJ_Café_2000 : vieilles jachères de caféières
abandonnés en 2000 ; VJ_Cult-Ann_2000 : vieilles jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000. Les moyennes la
richesse spécifique affectées de la même lettre, sont significativement égales au seuil 5 p.c. Pour chaque colonne, les valeurs
suivies par une même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil de 5 p. c.
116
8.9. Régénération forestière dans les différents espaces anciennement cultivés
Les espèces endozoochores sont majoritaires dans tous les espaces anciennement cultivés
avec plus de 50 p.c des espèces recensées (Figure 37). Elles sont suivies des espèces
anémochores avec des proportions variant de 10,9 p.c dans les vieilles jachères de cultures
annuelles abandonnées en 2000, à 25 p.c dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies
abandonnées en 1986. Les espèces hydrochores sont représentées en de faibles proportions dans
tous les espaces anciennement cultivés. Elles sont absentes des vieilles jachères de cacaoyères
abandonnées en 2000 et celles issues de caféières abandonnées en 2000. Dans les vieilles
jachères de caféières abandonnées en 1986, les espèces hydrochores ont une proportion égale à
celle des espèces épizoochores, 2,9 p.c. Les espèces épizoochores et les espèces barochores
possèdent des proportions égales, 6,3 p.c, dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies
abandonnées en 1986. Les espèces épizoochores sont absentes des vieilles jachères de cultures
annuelles abandonnées en 2000.
En considérant tous les DHP, la valeur moyenne de l’indice pionnier est plus élevée,
180,33 ± 31,37, dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986
(Tableau XXVI). Cet espace est le plus dégradé. Tandis que la plus faible valeur moyenne, 84,8
± 48,8, a été obtenue dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 2000. Cet espace
est le plus reconstitué. Les différences entre les moyennes de l’indice pionnier sont
significatives (χ² = 145,9 ; P ˂ 0,001).
Quand on considère seulement les individus de DHP ≥ 10 cm, l’indice pionnier moyen
est plus élevé dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 (110,1
± 25,7). Tandis que la plus faible valeur moyenne, 80,9 ± 27,6, a été obtenue dans les vieilles
jachères de cacaoyères abandonnées en 2000. Les différences entre les moyennes de l’indice
pionnier sont significatives (χ² = 49,7 ; P ˂ 0,001).
Quand on considère les individus juvéniles, la valeur moyenne de l’indice pionnier est la
plus élevée, 131,3 ± 49,3, dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en
1986. Mais cette valeur est faible, 66,8 ± 58, dans les vieilles jachères de cultures annuelles
abandonnées en 2000. Les différences entre les moyennes sont significatives (χ² = 22,2 ; P ˂
0,001).
117
Figure 37: Modes de dissémination dans les différents espaces anciennement cultivés du PNA
118
Tableau XXVI: Comparaison des indices pionniers dans les différents espaces du PNA
Légende : VJ_Cacao_1986 : vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 1986 ; VJ_Café_1986 : vieilles jachères de
caféières abandonnées en 1986 ; VJ_Palm_Coco_1986 : vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 ;
VJ_Cacao_2000 : vieilles jachères de cacaoyères abandonnés en 2000. VJ_Café_2000 : vieilles jachères de caféières
abandonnées en 2000 ; VJ_Cult-Ann_2000 : vieilles jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000. Les moyennes la
richesse spécifique affectées de la même lettre, sont significativement égales au seuil 5 p.c. Pour chaque colonne, les valeurs
suivies par une même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil de 5 p. c.
119
La prise en compte des individus de régénération indique que ce sont les vieilles jachères
de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 qui ont l’indice pionnier le plus élevé. Cette
valeur est de 111,9 ± 42,4. Cet indice a la plus petite valeur, 78,7 ± 37,8, dans les vieilles
jachères de caféières abandonnées en 1986. Les moyennes sont différentes statistiquement (χ²
= 4,7 ; P = 0,5).
La valeur moyenne du potentiel de régénération (PR) est plus élevée dans les vieilles
jachères de cacaoyères abandonnées en 1986 (Tableau XXVII). Dans cette formation, le PR
moyen est de 25,9 ± 26,7 p.c. Il y a plus d’individus de régénération dans cet espace. Ensuite
viennent les vieilles jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000 dans lesquelles le PR
moyen est de 20,9 ± 20,8 p.c. Le PR moyen, 8 ± 6,9 p.c, est le plus faible dans les vieilles
jachères de caféières abandonnées en 2000. Les différences entre les moyennes sont
significatives (χ² = 93,2 ; P ˂ 0,001).
Le tableau XXVII indique que les valeurs moyennes du taux de mortalité sont nulles dans
toutes les vieilles jachères hormis dans les vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 1986
(3,1 ± 3,6 p.c) et dans celles issues de caféières abandonnées en 1986 (2,6 ± 6,1 p.c). Les
différences entre les moyennes de ce taux sont significatives (χ² = 108,9 ; P ˂ 0,001).
120
Tableau XXVII: Valeurs moyennes (p.c) du potentiel de régénération (PR), du taux de
mortalité (p.c) (TM) dans les espaces anciennement cultivés
121
Chapitre 9 : Étude du potentiel de reconstitution de la végétation
Les deux premiers axes de l’AFM restituent 50,3 p.c de la variance des relations entre les
paramètres floristiques, l’indice pionnier, les paramètres structuraux et le type de forêt (Tableau
XXVIII). L'examen du premier plan factoriel des variables met en évidence un axe 1 qui oppose
les placettes de forêts anciennes et de forêts périodiquement inondées avec celles de forêts
marécageuses (Figure 38). Selon cet axe, les deux groupes de forêt sont floristiquement distinct.
C’est-à-dire que les forêts anciennes et les forêts périodiquement inondées possèdent des
similarités floristiques et structurales et ont le même niveau de conservation contrairement aux
forêts marécageuses.
L’axe 2 oppose les placettes de forêts anciennes et celles de forêts marécageuses avec les
placettes de forêts périodiquement inondées. Selon cet axe, les forêts périodiquement inondées
sont différentes des deux autres forêts sur le plan floristique et structural et ont un niveau de
conservation qui diffère de celui des deux autres types de forêt.
La carte factorielle (Figure 38) fait ressortir trois groupes. Le premier groupe G1 est
constitué des placettes de forêts marécageuses. Le groupe G2 est constitué des placettes de
forêts périodiquement inondées. Enfin, le groupe G3 est constitué uniquement des placettes de
forêts anciennes. Les espèces telles que Avicennia germinans, Alchornea cordifolia sont
caractéristiques du groupe G1. Les espèces caractéristiques du groupe G2 sont Pandanus
candelabrum, Xylopia aethiopica,…Les espèces telles que Ricinodendron heudelotii,
Ochthocosmus africanus, Anthostema aubryanum sont caractéristiques du groupe G3.
Les valeurs moyennes des indices de diversité, sont maximales dans le groupe G3
(Tableau XXIX). Les valeurs moyennes de l’indice pionnier et de la biomasse aérienne sont les
plus élevées dans le groupe G2. Par contre, les valeurs moyennes du potentiel de régénération
et du taux de mortalité sont maximales dans le groupe 1. Tandis que la moyenne de la densité
est la plus élevée, 111,1 ± 34,3 tiges / ha, dans le groupe G2. La valeur moyenne de l’aire basale
est plus élevée, 17,4 ± 5,8 m² / ha, dans le groupe 3.
122
Tableau XXVIII: Valeurs propres et contribution des groupes des variables descriptives des
différents types de forêts
123
(a)
(b)
Figure 38: Carte factorielle (a) et cercle de corrélation (b) des groupes de variables utilisées
dans l’AFM pour les forêts
124
Tableau XXIX: Valeurs moyennes des indices de diversité, des paramètres de reconstitution
et structuraux
Statistiques
Variables Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3
du test
Indice de Shannon 2,6 ± 0,2a 3,3 ± 0,3b 4,3 ± 0,3c χ²= 96,3
Indice d'équitabilité 0,9 ± 0,0a 0,9 ±0,0a 0,9 ± 0,0b χ²= 62,1
Indice de Simpson 0,9 ± 0,0a 0,9 ± 0,0b 1 ± 0,0c χ²= 86,2
Richesse spécifique 22,3 ± 5,1a 47,9 ± 15,2b 93,1 ± 24,2c χ²= 93,7
Indice pionnier 86,3 ± 22,9a 97,8 ± 11,7b 83,4 ± 16,9a χ²= 18,9
Biomasse aérienne 5,9 ± 10,1a 16,06 ± 21,1b 11,5 ± 14,7ab χ²= 12,3
Potentiel de
13,6 ± 24,1a 8,8 ± 17,6a 13,8 ± 18,2b χ²= 22,9
régénération
Taux de mortalité 1,1 ± 0,9b 0,0 ±0,0a 0,4 ± 1,3a χ²= 62,1
Densité 21,2 ± 8,3a 111,1 ± 34,3b 105,5 ± 56,8b χ²= 81,3
Aire basale 14,2 ± 6,8ab 12,8 ± 7a 17,4 ± 5,8b χ²= 11,1
Les moyennes la richesse spécifique affectées de la même lettre, sont significativement égales au seuil 5 p.c.
125
9.2. Groupement de relevés des espaces anciennement cultivés
Les deux premiers axes de l’AFM restituent 36,3 p.c de la variance des relations entre les
paramètres floristiques, l’indice pionnier, les paramètres structuraux et le type d’espaces
anciennement cultivés (Tableau XXX). L'examen du premier plan factoriel des variables met
en évidence un axe 1 qui décrit du côté positif, les placettes des vieilles jachères de caféières
abandonnées en 1986 et en 2000, celles de cultures annuelles abandonnées en 2000 (Figure 39).
Dans sa partie négative, l’on a les placettes des vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en
1986 et en 2000 et celles issues des palmeraies-cocoteraies abandonnés en 1986. Selon cet axe,
les vieilles jachères de caféières abandonnées en 1986, en 2000 et celles de cultures annuelles
abandonnées en 2000 sont floristiquement et structuralement différentes des vieilles jachères
de cacaoyères abandonnées en 1986, 2000 et celles de palmeraies-cocoteraies abandonnées en
1986. Ces deux groupes de jachères ont des niveaux de reconstitution différents.
L’axe 2 décrit du côté positif, les placettes issues des vieilles jachères de caféières
abandonnées en 1986 et celles issues des cultures annuelles abandonnées en 2000. Du côté
négatif, l’on a les placettes des vieilles jachères de cacaoyères abandonnées en 1986 et en 2000,
celles des caféières abandonnées en 2000 et celles issues des palmeraies-cocoteraies
abandonnées en 1986. Selon cet axe, les vieilles jachères de de caféières abandonnées en 1986
et celles des cultures annuelles abandonnées en 2000 sont floristiquement et structuralement
différentes des vieilles jachères de cacaoyères abandonnés en 1986 et en 2000, celles issues des
caféières abandonnées en 2000 et celles des palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986. Ces
deux groupes de jachères ont des niveaux de reconstitution différents.
La carte factorielle (Figure 39) fait ressortir trois groupes. Le premier groupe G1 est
constitué à 36,7 p.c des placettes de cacaoyères abandonnées en 1986, 24,5 p.c des placettes de
cacaoyères abandonnées en 2000, 32,7 p.c des placettes de palmeraies-cocoteraies abandonnées
en 1986, 2 p.c des placettes de caféières abandonnées en 2000, 2 p.c des placettes de cultures
annuelles abandonnées en 2000 et de 2 p.c des placettes de caféières abandonnées en 1986. Le
groupe G2 est constitué à 52,9 p.c des placettes de caféières
126
Tableau XXX : Valeurs propres et contribution des groupes des variables descriptives des
différents types d’espaces anciennement cultivés
127
(a)
(b)
Figure 39: Carte factorielle (a) et cercle de corrélation (b) des groupes de variables utilisées dans l’AFM
pour les espaces anciennement cultivés
128
abandonnées en 1986, 35,3 p.c des placettes de cultures annuelles abandonnées en 2000, 5,9
p.c des placettes de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 et 5,9 p.c des placettes de
cacaoyères abandonnées en 1986. Enfin, le groupe G3 est constitué de 90 p.c des placettes de
caféières abandonnées en 2000 et de 10 p.c des placettes de cacaoyères abandonnées en 2000.
Les espèces caractéristiques du groupe G1 sont entre autres Theobroma cacao et Baphia
nitida. Le groupe G2 est caractérisé par les espèces telles que Anopyxis klaineana et
Tabernaemontana crassa. Le groupe G3 est caractérisé par les espèces telles que Coffea
canephora et Strombosia pustulata.
Les valeurs moyennes des indices de diversité par placettes, sont maximales dans le
groupe G3 (Tableau XXXI). La valeur moyenne de l’indice pionnier est plus élevée dans le
groupe G2. Par contre, les valeurs moyennes du potentiel de régénération et du taux de mortalité
sont maximales dans le groupe G1. Tandis que la moyenne de la densité est la plus élevée,
138,1± 59,2 tiges, dans le groupe G3. La valeur moyenne de l’aire basale est plus élevée, 14,7
± 9,3 m² / ha, dans le groupe 2.
9.3. Comparaison des relevés de forêt ancienne et des espaces anciennement cultivés
Dans cette partie, nous allons comparer, à l’aide des indicateurs, les placettes de forêts
anciennes et les placettes des espaces anciennement cultivés. Pour ce faire, les 60 placettes de
forêt ancienne ont été confrontées aux 240 de placettes des espaces anciennement cultivés.
9.3.1. Ordination des placettes de forêt ancienne et des espaces anciennement cultivés
Les deux premiers axes de l’AFM restituent 36 p.c de la variance des relations entre les
paramètres floristiques, l’indice pionnier, les paramètres structuraux et les différents types
d’espaces (Tableau XXXII). L'examen du premier plan factoriel des variables met en évidence
un axe 1 qui décrit du côté positif, les placettes des vieilles jachères de caféières abandonnés en
1986 et en 2000 et celles de forêt ancienne (Figure 40).
Dans sa partie négative, l’on a les placettes des vieilles jachères de cacaoyères
abandonnés en 1986 et en 2000, celles issues des cultures annuelles abandonnées en 2000 et
celles issues des palmeraies-cocoteraies abandonnés en 1986. L’axe 2 décrit du côté positif, les
placettes issues des vieilles jachères de caféières abandonnés en 1986 et celles issues des
cultures annuelles abandonnées en 2000. Du côté négatif, les placettes des vieilles jachères de
129
Tableau XXXI: Valeurs moyennes des indices de diversité, des paramètres de reconstitution
et structuraux
130
(a)
(b)
Figure 40: Carte factorielle (a) et cercle de corrélation (b) des groupes de variables utilisées
dans l’AFM pour les forêts anciennes et les espaces anciennement cultivés
131
cacaoyères abandonnées en 1986, de cacaoyères et de caféières abandonnées en 2000, de forêts
anciennes et celles issues des palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986.
La carte factorielle (Figure 40) fait ressortir cinq groupes. Le premier groupe G1 est
constitué à 53,1 p.c des placettes de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986, 37,5 p.c des
parcelles de cacaoyères abandonnées en 2000 et 3,1 p.c de caféières abandonnées en 1986. Les
espèces caractéristiques sont Celtis milbraedii, Cocos nucifera.
Le groupe G2 est constitué uniquement de placettes de cacaoyères abandonnées en 1986.
Les espèces caractéristiques sont Theobroma cacao, Milicia excelsa.
Le groupe G3 est constitué de 54,3 p.c de placettes de caféières abandonnées en 1986, 40
p.c de placettes de cultures annuelles abandonnées en 2000, 3 p.c de placettes de cacaoyères
abandonnées en 1986 et de 3,3 p.c de placettes de forêts anciennes. Les espèces caractéristiques
sont entre autres Tabernaemontana crassa, Mareya micrantha.
Le groupe G4 est constitué à 75 p.c des placettes de caféières abandonnées en 2000 et de
25 p.c des placettes de forêts anciennes. Les espèces caractéristiques sont Bridelia grandis,
Sterculia rhinopetala.
Enfin le groupe G5 est constitué à 100 p.c des placettes de forêt ancienne. Les espèces
caractéristiques sont Ricinodendron heudelotii, Ochthocosmus africanus.
En ce qui concerne les indices de diversité, les valeurs moyennes sont maximales dans le
groupe G5 (Tableau XXXIII). Les valeurs moyennes de ces indices sont minimales dans le
groupe G1. L’indice pionnier a une valeur moyenne plus élevée, 110,3 ± 31,1, dans le groupe
G2. La valeur moyenne de cet indice est faible dans le groupe G3, 84 ± 16. La biomasse aérienne
a la valeur moyenne la plus élevée, 15,5 ± 22,9 T, dans le groupe G3. Elle est faible, 2,5 ± 4,2
T, dans le groupe G1. La valeur moyenne du potentiel de régénération est maximale, 21,7 ±
22,8, dans le groupe G2. Tandis qu’elle est faible, 12,7 ± 13,9, dans le groupe G3. La moyenne
du taux de mortalité est minimale, 0,2 ± 0,6, dans le groupe G4. Cette valeur est maximale, 0,4
± 1,2, dans le groupe G3. La densité moyenne est la plus élevée, 106,1 ± 53,2 tiges / ha, dans le
groupe G3. Elle est la plus faible, 92,6 ± 38,6 tiges, dans le groupe G2. L’aire basale a la valeur
moyenne la plus élevée, 16,6 ± 8,3 m² / ha, dans le groupe G3. La valeur de ce paramètre est le
plus faible, 12,4 ± 6 m² / ha, dans le groupe G2.
132
Tableau XXXIII: Valeurs moyennes des indices de diversité, des paramètres de reconstitution
et structuraux
Statistiques
Variables Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 Groupe 4 Groupe 5
du test
Indice de
1,9 ± 0,5a 3,2 ± 0,4a 4,2 ± 0,3b 4,2 ± 0,3bc 4,2 ± 0,3c χ²= 110,2
Shannon
Indice
0,7 ± 0,1a 0,9 ± 0,2b 0,9 ±0,0c 0,9 ± 0,3bc 0,9 ± 0,1c χ²= 69,7
d'équitabilité
Indice de
0,7 ± 0,1a 0,9 ± 0,1b 1 ± 0,0c 0,9 ± 0,1bc 1 ± 0,1c χ²= 107,2
Simpson
Richesse
29,6 ± 16,1a 42 ± 13,3b 90,8 ± 2c 80 ± 22,9c 92 ± 24,9c χ²= 88,9
spécifique
Indice
98 ±31,9b 110,3 ± 31,1c 84 ± 16a 87,4 ± 3,8ab 84,1 ± 17,2a χ²= 20,2
pionnier
Biomasse
2,5 ± 4,2a 8,4 ± 17,4b 15,5 ±22,9b 36,1 ±41,3c 11,2 ± 14,6bc χ²= 38
aérienne
Potentiel de
14,7 ± 17,5a 21,7 ± 22,8a 12,7 ±13,9a 8,2 ± 7,2a 13,9 ± 15a χ²= 1,3
régénération
Taux de
0,2 ± 0,8a 0,3 ± 0,9a 0,4 ± 1,2a 0,2 ± 0,6a 0,4 ± 1,3a χ²= 0,5
mortalité
Densité 104,2 ± 38,8a 92,6 ± 38,6a 106,1 ± 53,9a 127,5 ±59ab 102,6 ± 55,5a χ²= 2,4
Aire basale 13,2 ± 7,5a 12,4 ± 6a 16,6 ± 8,32b 12,7 ± 13,5a 17,3 ± 5,8b χ²= 8
Pour chaque ligne, les valeurs suivies par une même lettre ne sont pas significativement différentes au
seuil de 5 p. c.
133
Quatrième partie : DISCUSSION
134
Chapitre 10 : Dynamique du couvert végétal du Parc National d’Azagny de 1987 à 2012
Les valeurs du coefficient Kappa estimées dans le cas présent sont : 76,4 p.c, 77 p.c et 81
p.c, respectivement dans les années 1987, 2002 et 2012. Les classifications sont donc jugées
acceptables car les valeurs du coefficient Kappa sont supérieures à 75 p.c (Girard et Girard,
1999). De ce fait, il existe un accord substantiel entre les cartes et la réalité sur le terrain. Les
valeurs de ce coefficient sont proches de celles trouvées par Gnagbo (2015) qui a travaillé à
Azagny avec les mêmes types d’images. Alors que N’Da (2007) dans le Parc National de la
Marahoué et Sangne (2009) dans la forêt classée de Téné ont obtenu des valeurs du coefficient
Kappa différentes. Cette différence est due au fait que ces auteurs ont travaillé dans des zones
appartenant au secteur mésophile du domaine guinéen. Suite à la présente étude, il est à
remarquer que certaines confusions rencontrées sont à relever. Ces confusions sont liées aux
conditions environnementales particulières et aux techniques d’exploitations qui ne permettent
pas une bonne discrimination de ces espaces. Un premier type de confusion concerne les
milieux hydromorphes et peu boisés. En périodes sèches, certains marécages s’assèchent et
présentent une morphologie et une activité photosynthétique semblable aux savanes. Certains
espaces humides du fait de leurs taux de boisements intermédiaires, se distinguent mal entre
marécages ou forêts inondées. Le troisième type de confusion s’observe au niveau des activités
anthropiques. Certaines cultures, en général de tailles réduites sont situées au sein des forêts
dégradées. Cette disposition ne permet pas une bonne discrimination de ces milieux. Les images
Landsat utilisées ont des résolutions de 30 mètres, cela ne permet pas de bien discriminer
certaines formations telles que de petites plantations qui restent incorporées à certains
écosystèmes. Pour résoudre ces difficultés, il est possible d’utiliser des images multispectrales
comme ASTER ou hyperspectrales de type Hyperion qui présentent beaucoup plus de bandes.
Le Parc National d’Azagny (PNA) est une zone humide en permanence et l’utilisation d’images
Radar permettra une bonne discrimination des espaces en dépit des conditions
environnementales.
135
de défrichement dans le PNA. La reprise de la forêt concerne plus spécifiquement les espaces
anciennement cultivés.
D’autres travaux mettent aussi en exergue les processus de recul et de reprise de la forêt.
Ainsi, pour les forêts denses humides de la région de Bertoua au Cameroun, les calculs réalisés
sur les images Landsat TM font état d’un taux annuel de déforestation de 0,5 p.c (Mertens et
Lambin, 1997). Pour la même région, l’analyse des photographies aériennes couplées aux
images Landsat TM révèlent une dynamique du couvert végétal caractérisée par une lente
progression de la forêt aux dépens de la savane adjacente (Youta, 1998). La régression du
couvert végétal affecte cependant certains milieux tels que les savanes. Cette régression du
couvert végétal est liée aux activités anthropiques. Certains braconniers en quête de gibiers
mettent le feu à la savane pour attirer les gros ruminants en quête d’herbe fraîche. Cette pratique
continue d’être encore largement utilisée. On observe aussi que certains espaces ont continué
d’être l’objet de nouveaux défrichements au sein du parc durant la période de déguerpissement.
La discrimination des activités anthropiques à l’intérieur du PNA a été faite sur la base
des échanges avec les populations. Cette procédure s’inspire du modèle d’espace réticulé
(Albert et Le Tourneau, 2007). Selon ce modèle, en zone de forêt, les populations s’organisent
à travers une ponctuation des lieux, traduisant des sites de mémoire (emplacement d’anciens
villages, lieux ritualisés, sites historiques) et de production (agriculture, chasse, cueillette,
formation végétales dominantes, lieux de pâturages). Cette approche permet de concevoir une
forme de restitution plus fidèle, à la fois diachronique et synchronique de l’organisation dans
l’espace et dans le temps des activités anthropiques. Les travaux de Diallo et al. (2011) ont
également utilisé le même principe au Mali.
Les travaux de Jha et al. (2005) indiquent que la fragmentation forestière due aux
activités anthropiques (industrialisation et urbanisation) entraîne des pertes de la biodiversité
dans les habitats forestiers. Certaines espèces végétales se retrouvent donc directement
menacées de disparition des espaces anthropisés. Il s’agit souvent d’espèces particulières dont
la présence et la survie est liée à la stabilité du milieu. Le PNA renferme de nombreux biotopes
qui ont été bouleversés par les actions de l’homme. Les modifications dans les compositions
floristiques de ces milieux sont imputables aux changements dans les types de végétation.
Les données administratives sur les populations vivant à l’intérieur du parc et les
différents sites habités dans le parc n’ont pas été retrouvés. Cette situation ne permet pas
d’établir une bonne corrélation entre les pressions anthropiques et la dégradation du couvert
136
végétal. La politique de création d’une zone dite « tampon » dans laquelle les activités
paysannes seraient contrôlées n’a pas donné de résultats probants.
137
Chapitre 11 : Types de forêt et diversité végétale
Cette étude a permis de recenser 622 espèces réparties entre 392 genres et 113 familles.
Ce qui porte le nombre d’espèces du Parc à 821 espèces. Ce sont 168 nouvelles espèces ajoutées
à celles de Kouamé (2009). Cette différence s’explique par le fait que les placettes de Kouamé
(2009) étaient de petite taille (100 m²) contrairement à celles de la présente étude (500 m²). Les
placettes d’échantillonnage de Kouamé (2009) ont été disposées dans les zones en tenant
compte des activités d’éléphants. Tandis que celles-ci ont été disposées dans toutes les zones
sans tenir compte des activités d’éléphants. En plus, les individus de DHP < 5 cm n’ont pas été
pris en compte par Kouamé (2009) alors que dans la présente étude ces individus ont été
comptés.
On note aussi que la plupart des espèces ajoutées à la liste de Kouamé (2009) sont des
espèces inféodées aux forêts secondaires. Ces espèces sont entre autres Adenia cissampeloides
(Planch. ex Hook.) Harms (Passifloraceae), Baissea multiflora A. DC. (Apocynaceae),
Capparis erythrocarpos Isert (Capparidaceae), Nephrolepis undulata (Afzel. Ex. Sw.) Schott
(Davalliaceae). Quelques espèces non inféodées aux vieilles jachères ou aux anciennes
plantations ont été également ajoutées à la liste de Kouamé (2009). Il s’agit entre autres de
Aganope leucobotrya (Dunn) Polhill. (Fabaceae), Ancistrocladus abbreviatus Airy Shaw.
(Ancistrocladaceae), Hunteria simii (Stapf) H. Huber (Apocynaceae), Leptaulus daphnoides
Benth. (Icacinaceae), Majidea fosteri (Sprague) Radlk. (Sapindaceae).
138
La prépondérance des familles telles que les Euphorbiaceae, Malvaceae, Moraceae et
Apocynaceae n’est pas spécifique aux forêts du PNA. En effet, la majorité des forêts ivoiriennes
est dominée par le même cortège de familles (Kouamé, 1998; Adou Yao et N’Guessan, 2005;
Adou Yao et al., 2005, Nusbaumer et al., 2005 ; Kouamé et al., 2008 ; Vroh, 2013).
L’abondance constituée par les trois familles Euphorbiaceae-Rubiaceae-Apocynaceae indique
que les forêts anciennes du PNA présentent les mêmes caractéristiques que le sud du Parc
National de Taï (PNT) (Adou Yao, 2005) et la forêt classée de Yapo-Abbé (FCY) (Corthay,
1996). La richesse spécifique du PNA représente 21,3 p.c de la richesse spécifique de la Côte
d’Ivoire estimée à 3861 espèces (Aké-Assi, 2001 ; 2002). Cette flore concerne une superficie
de 322 462 km². La densité au PNA est de 3,74 espèces au km².
Les forêts du PNA ont des richesses floristiques qui diffèrent les unes des autres. Les
forêts anciennes constituent la forêt la plus riche floristiquement tandis que les forêts
marécageuses sont moins riches. Selon Adou Yao (2007), les milieux marécageux sont, en
général, parmi les moins fournis en espèces. La prépondérance dans les forêts anciennes de
Ricinodendron heudelotii, Ochthocosmus africanus, Anthostema aubryanum est normale car
ces espèces ont une origine forestière. La prépondérance dans les forêts périodiquement
inondées et marécageuses de Pandanus candelabrum et Avicennia germinans est une évidence
car ces deux espèces sont inféodées à ces types de forêts.
Les phanérophytes sont les plus abondantes dans les trois types de forêt. Cette dominance
des phanérophytes ne s’écarte pas de la forte diversité d’espèces arborescentes souvent
rapportée en forêts tropicales (Blanc et al., 2003). Les résultats présents sont en accord avec
ceux de Sokpon (1995) et Habiyaremye (1997) qui ont également mis en évidence la
dominance des phanérophytes dans leurs zones d’étude. Selon ces auteurs, il est de règle qu’en
forêt les phanérophytes forment la quasi-totalité du cortège floristique et que les autres types
biologiques soient faiblement représentés. De façon spécifique, les proportions importantes des
microphanérophytes et des nanophanérophytes sont la résultante de la dominance des familles
telles que les Euphorbiaceae (Bakayoko, 2005). La faible représentativité des autres types
biologiques n’est pas seulement l’apanage des forêts du PNA. Les faibles proportions de ces
types biologiques, espèces héliophiles pour la plupart, s’expliquent par la dominance des
phanérophytes qui réduisent leur installation (Bangirinama et al., 2010). La même observation
a également été faite en forêt sempervirente par Devineau (1984). Les proportions non
négligeables des chaméphytes dans les forêts anciennes et les forêts périodiquement inondées
139
s’expliqueraient par leur tolérance au stress (Grime, 1977). Le stress est souvent d’ordre
trophique comme dans les forêts anciennes et hydrique dans les forêts périodiquement inondées.
Dans les forêts du PNA, les espèces arborescentes sont les plus nombreuses. Cette
situation traduit les conditions naturelles d’une forêt (Ouattara et al., 2013). En effet, de
nombreuses espèces herbacées et lianescentes ne pouvant pas supporter l’ombrage en forêt,
tendent à disparaître au profit des espèces arborescentes. Les proportions des espèces
arborescentes avoisinent celles trouvées à Monogaga par Adou Yao (2005) (56 p.c) et celles
trouvées dans la forêt classée de Yapo par Vroh (2013) (32,8 p.c). Cependant, la relative
faiblesse des espèces lianescentes est la preuve que les forêts du PNA sont fragmentées. Selon
Plumptre (1996) et Kokou et Caballé (2000), les forêts fragmentées sont pauvres en espèces
lianescentes. La faible proportion des espèces herbacées est due au fait que ces espèces sont
généralement héliophiles. La canopée fermée des forêts va limiter l’installation et la
prolifération de ces espèces (Guillaumet et Adjanohoun, 1971).
Les espèces Guinéo-Congolaises sont largement dominantes dans les trois types de forêts
avec plus de 60 p.c. Selon Sonké (1998), la forte proportion de ces espèces dans le cortège
floristique d’une forêt, est une preuve qu’elle appartient bien à la région Guinéo-Congolaise de
White (1983). Selon White (1983), la flore Guinéo-Congolaise est très pure avec plus de 80 à
90 p.c d’espèces endémiques et seulement environ 10 p.c d’espèces d’éléments de liaison.
Parmi les espèces inventoriées, peu sont endémiques à la flore ivoirienne. Toutefois, la
flore des forêts du PNA est caractérisée par des proportions non négligeables des espèces
endémiques à la région Ouest africaine, de Haute-Guinée et des espèces présentes sur la liste
rouge de l’UICN (2015). Ce qui fait de ces forêts un élément important dans la conservation de
la biodiversité du parc. Cette richesse en espèces endémiques, rares et menacées d’extinction
est la preuve que le PNA appartient au « Guinean Forests of West Africa Hotspot». Car selon
Adou Yao (2005), la présence de ces espèces dans un milieu suffit à le classer dans la « Guinean
Forests of West Africa Hotspot».
Dans chacun des trois types de forêt, l’on note chez les espèces arborescentes, une
prédominance à plus de 75 p.c. des espèces endozoochores. Les fruits de ces espèces sont
disséminés par les oiseaux et quelques vertébrés frugivores, notamment les antilopes, les singes,
les rats, les écureuils, les éléphants. Dans le PNA, les fruits représentent 33,4 p.c du total des
espèces consommées par les éléphants (Kouamé et al., 2010). Dans les forêts du Dja, au
Cameroun, Sonké (1998) a montré que l’alimentation d’un grand nombre d’espèces animales
est liée aux espèces à fruits charnus. Les espèces anémochores ont une contribution non
140
négligeable dans les trois types de forêts. L’ouverture de la végétation serait favorable à la
dissémination des espèces anémochores (Habiyaremye, 1997; Senterre, 2005; Bangirinama
et al., 2010). Or, les forêts du PNA sont des milieux ouverts ; ce qui fait que ces espèces sont
présentes en quantité non négligeable. Cependant, le mode barochore est faiblement représenté
dans les différentes catégories de forêts (moins de 10 p.c) tout comme dans la forêt classée de
Sanaimbo (3,58 p.c) (Kassi, 2006). Le mode hydrochore (moins de 5 p.c) est aussi très
faiblement représenté dans le PNA. Ces types de diaspores sont disséminés par les cours d’eau.
Alors que les forêts anciennes du PNA ne sont pas traversées par de grands cours d’eau.
La faible ressemblance floristique entre les forêts anciennes et les forêts marécageuses
est due au fait que ces deux milieux ne présentent pas les mêmes conditions mésologiques. En
effet, la présence des espèces dans un milieu obéit à certaines lois sur le partage et l’utilisation
des ressources communes, où les espèces s’adaptent aux différentes formes de compétition, de
stress ou de perturbation (Grime, 1977; Wilson et Keddy, 1986; Julve, 1989). Dans un milieu,
les communautés végétales diffèrent entre elles par les modalités d’utilisation des ressources,
par leurs effets sur l’environnement physique et par leurs interactions avec les autres
communautés (Barbault, 2008). En effet, les valeurs du coefficient de similitude supérieures à
50 p.c indiquent que les liens entre la composition floristique des forêts échantillonnées et les
caractéristiques environnementales sont proches (Ter Braak et Šmilauer, 2002). Ceci est le
cas entre les forêts marécageuses et les forêts périodiquement inondées du PNA. Ce qui suggère
que le PNA présente une variabilité floristique, des habitats diversifiés et une grande variabilité
des conditions écologiques.
Dans les trois types de forêt, les histogrammes de distribution de tiges ont une forme
exponentielle ou « J inversé ». Cette forme traduit l’abondance des individus en régénération
(recrûs ligneux) et des individus ayant acquis la régénération (individus jeunes). Cette forte
proportion des recrûs ligneux et des individus jeunes est une preuve de stabilité d’une forêt quel
que soit sa superficie (Rollet, 1974). Egalement, cette forme est typique dans la plupart des
forêts tropicales (Kouamé, 1998 ; Adou Yao, 2005 ; Adou Yao et al., 2005 ; Nusbaumer et
al., 2005 ; Kouamé, 2009 ; Vroh, 2013). La plupart des études montrent que les distributions
exponentielles décroissantes des DHP sont typiques des forêts d’âges multiples (Kokou, 1992).
Les densités obtenues dans les trois types de forêts sont supérieures à celles obtenues par
Gentry (1982) pour les forêts néotropicales. Selon cet auteur, la densité pour les forêts
néotropicales est comprise dans la fourchette de 167 à 1947 tiges / ha. Les valeurs obtenues
141
sont dues au fait que les diamètres pris en compte dans la présente étude sont inférieurs à 10
cm.
Les aires basales des trois types de forêt sont supérieures à l’aire basale minimale des
forêts denses humides qui est de 40 m² / ha d’après les travaux de Malaisse (1982). Nonobstant,
l’aire basale de la forêt ancienne est la seule qui soit comprise dans la gamme des aires basales
obtenues par Mosango et Lejoly (1990) pour les forêts denses.
Les forêts anciennes sont moins dégradées que les deux autres types de forêt rencontrés
dans le PNA. Ce faible niveau de dégradation serait dû à leur position par rapport aux autres
forêts. Ce type de forêt se trouve au cœur du PNA et fait l’objet d’une surveillance accrue de la
part des agents de l’OIPR. Les traces d’activités humaines sont très faibles dans cette partie de
la forêt. Du fait de la forte sélectivité et de l’instabilité des forêts périodiquement inondées et
des forêts marécageuses, on y note une faible diversité et une mauvaise distribution des
abondances (Adomou et al., 2009). Ce qui se traduit par de faibles indices de diversité de
Shannon, de Simpson et d’équitabilité de Piélou dans ces forêts.
142
Chapitre 12: Espaces anciennement cultivés et reconstitution de la végétation
La forte richesse rencontrée dans les espaces anciennement cultivés est la preuve de la
grande source de biodiversité de ces formations. En effet, le morcellement des forêts pour cause
d’exploitation est un facteur d’hétérogénéité, créant une diversité des milieux, et donc constitue
une source potentielle de biodiversité spécifique voire génétique (Puig, 2001). Selon cet auteur,
l’exploitation n’affecte pas nécessairement la richesse spécifique dans un sens négatif, elle crée
aussi de nouvelles conditions environnementales qui permettent, parfois, un accroissement de
la diversité végétale, à condition que cette perturbation soit de faible intensité, c’est-à-dire de
courte durée et avec un faible taux de prélèvement (Puig, 2001). Les espèces inféodées à un
milieu ouvert, telles les espèces pionnières héliophiles, s’ajoutent au cortège floristique initial.
Les vieilles jachères de 1986 qu’elles soient issues de caféières ou de cacaoyères sont
plus riches et plus diversifiées que celles de 2000. Cette augmentation de la richesse et de la
diversité en fonction de l’âge d’abandon s’explique par le retour des espèces dans les vieilles
jachères les plus âgées (Koffi et al., 2015). Ce phénomène est qualifié de species turnover ou
renouvellement d’espèces par les écologistes (Van Gemerden et al., 2003). Ces résultats se
rapprochent de ceux de Yossi (1995) qui trouve que le nombre d’espèces augmente en fonction
de l’âge ou de la durée d’abandon de la culture dans les jachères d’âges différents. Puig (2001)
estime que la richesse d’un milieu augmente avec le temps. Selon cet auteur, les vieilles jachères
moins âgées diffèrent des forêts plus anciennes, non seulement par les caractères structuraux
(diamètre, hauteur) mais aussi par un nombre d’espèces inférieur.
Les vieilles jachères de cacaoyères sont plus riches et plus diversifiées que celles issues
de caféières pour celles qui sont plus âgées. Cette situation pourrait être attribuée à une
différence de pratique culturale entre ces deux cultures (Koffi et al., 2015). En effet, la
cacaoculture était pratiquée sous ombrage avec le maintien d’une partie du couvert forestier
contrairement à la caféiculture qui était en plein soleil. En plus des arbres épargnés sur les
parcelles, les paysans associent aussi dans leurs plantations de cacaoyères, d’autres cultures et
des arbres fruitiers (Koffi et al., 2015). Cette pratique a été observée à Monogaga par Adou
Yao et N’Guessan (2006). Ces arbres persistent même après abandon des plantations car
disposant des conditions idéales pour leur développement, leur dispersion et leur régénération.
Le couvert arboré est ainsi reconstitué. Ce fait explique aussi l’abondance des espèces
arborescentes dans les vieilles jachères de cacaoyères. Après les années 1980, les plantations
de caféières et de cultures annuelles étaient mises en place comme dans la cacaoculture. Une
grande partie du couvert forestier était maintenue en vue de dissimuler les plantations (Koffi et
143
al., 2015). La pauvreté relative des vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnés en
1986 pourrait être imputée aux activités de mise en culture qui se sont déroulées sur ces sites.
En effet, la mise en place des plantations de monocultures comme les cocoteraies et les
palmeraies, nécessite un défrichement complet de la parcelle en n’épargnant aucun arbre (Adou
Yao et al., 2011). Aussi à maturité, les cimes des cocoteraies et des palmeraies qui se touchent,
empêchent les rayons solaires d’atteindre le sous-bois. Combiné à ce phénomène, l’entretien
des plantations par l’élimination des jeunes plants empêchent la repousse d’autres espèces
végétales. Une fois les parcelles abandonnées, très peu d’espèces réussissent à vaincre
l’ombrage du sous-bois pour croître.
Dans les vieilles jachères du PNA, les familles prépondérantes sont les Euphorbiaceae,
Rubiaceae, Malvaceae, Moraceae et Apocynaceae. Cette configuration est la même que celle
des forêts anciennes. Ce qui serait un signe de l’évolution de ces formations vers la forêt
ancienne. L’abondance des Rubiaceae dans la flore des espaces abandonnés en 2000
indiquerait, selon le postulat de Guillaumet et Adjanohoun (1971) que ceux-ci n’ont pas
encore atteint le stade climacique. Par contre, une forte proportion des Fabaceae a été observée
dans les vieilles jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnés en 1986. Cette situation a été
aussi observée par Yoka et al. (2013) dans les anciennes palmeraies au Congo. La forte
proportion de cette famille pourrait s’expliquer par leur forte capacité à se maintenir suite à une
144
perturbation anthropique. Selon Yoka et al. (2013), la forte proportion des Fabaceae peut
s’expliquer par le fait que les espèces de cette famille possèdent une très grande possibilité de
tallage et une plus grande vitesse de repousse après l’entretien de la palmeraie.
L’analyse des types biologiques montre que, dans tous les espaces anciennement cultivés,
les phanérophytes sont les plus abondantes avec une absence des thérophytes. Cette absence
des thérophytes pourrait s’expliquer par une colonisation des espèces phanérophytiques
pendant la reconstitution de la végétation. Des résultats similaires ont été obtenus par
Bangirinama et al. (2009) qui ont étudié la dynamique post culturale dans les jachères du site
Bibara dans le Parc National de la Ruvubu (Burundi). Ces auteurs ont conclu que les
thérophytes connaissent une diminution rapide alors que les phanérophytes augmentent
continuellement avec l’installation d'espèces ligneuses dès que les pratiques agricoles cessent.
Bangirinama et al. (2010) a également montré la dominance des phanérophytes dans les
jachères d’âges différents lors de la dynamique post-culturale au Burundi. La prédominance des
phanérophytes dans tous les espaces anciennement cultivés du PNA s’explique également par
l’augmentation des ligneux lors de la reconstitution de la végétation après abandon cultural. En
effet, Bangirinama (2010) a montré qu’après abandon cultural, l’augmentation des ligneux
entraine une croissance de la proportion des espèces de phanérophytes. Certaines familles telles
que les Rubiaceae, les Acanthaceae et les Poaceae expliquent ces proportions de chaméphytes
dans les espaces anciennement cultivés. Aussi selon Grime (1977), la proportion non négligeable
des chaméphytes dans un espace est liée à la stratégie de tolérance au stress.
Quel que soit le précédent cultural et l’âge, toutes les vieilles jachères sont dominées par
les espèces arborescentes. Cette prédominance traduirait un retour progressif à la forêt. Ce
résultat est confirmé par une étude menée par De Namur (1978) a également montré qu’en
Côte d’Ivoire, le retour à la forêt est caractérisé par la dominance des espèces arborescentes. En
comparant les espaces abandonnés en 1986, les vieilles jachères de cacaoyères se reconstituent
plus vite que celles issues de caféières et de palmeraies-cocoteraies. Les fortes proportions des
espèces lianescentes dans ces deux dernières formations serait la preuve de leur faible niveau
de reconstitution. Cette forte proportion serait due au défrichement complet de la parcelle lors
de la mise en place des plantations de caféières, de cocoteraies et de palmeraies. La création de
ces plantations n’épargne aucun arbre ; ce qui empêcherait le développement rapide des jeunes
plants. La prolifération des lianes est ainsi favorisée par l’infiltration de la lumière (Guillaumet
et Adjanohoun, 1971). Or le processus de reconstitution de la végétation en zone forestière
peut être retardé par l’abondance des lianes (Kahn, 1982). En comparant les espaces
145
abandonnés en 2000, ce sont encore les vieilles jachères de cacaoyères qui se reconstituent plus
vite que les autres même si les espèces arborescentes sont plus nombreuses dans les vieilles
jachères de cultures annuelles abandonnées en 2000. En effet, dans cette formation, la majorité
des espèces arborescentes sont des espèces sciaphiles. Ces arbres créent un ombrage assez
important qui empêche la germination et la survie des espèces pionnières dont les plantules ne
supportent pas l’ombrage (Alexandre, 1989). La réduction des espèces pionnières serait
responsable du faible niveau de reconstitution des vieilles jachères de cultures annuelles par
rapport aux autres vieilles jachères abandonnées en 2000.
Concernant les modes de dispersion des diaspores, les espèces zoochores et les espèces
anémochores sont les plus dominantes dans tous les espaces anciennement cultivés. En effet,
l’anémochorie constitue une stratégie principale de dissémination pour les plantes des milieux
ouverts (Habiyaremye, 1997; Senterre, 2005; Bangirinama, 2010) comme c’est le cas pour
les espaces anciennement cultivés du PNA. La contribution non négligeable des espèces
anémochores dans les espaces anciennement cultivés du PNA est la preuve que ces espaces
regorgent des espèces anémochores telles que Albizia adiantifolia, Ceiba pentandra,
Chromolaena odorata, etc. et de nombreuses lianes également anémochores. Les fortes
proportions d’espèces zoochores seraient dues au type de végétation. Ces résultats sont
similaires à ceux de Bangirinama (2010) qui a montré la dominance des espèces zoochores
lors de la succession post-culturale dans les jachères du parc national de la Ruvubu au Burundi.
Koubouana et al. (2007) ont abouti aux conclusions similaires à la suite d’une étude de
l’évolution des paramètres floristiques pendant la régénération des forêts de la réserve de la
Lefini (Congo Brazzaville). Le braconnage observé dans le PNA pourrait, de ce fait, retarder la
régénération des espaces anciennement cultivés du PNA. Les espèces hydrochores sont très
faiblement représentées dans les espaces anciennement. Cela est dû au fait que ces espaces ne
sont pas parcourus par de grands cours d’eau.
Concernant les affinités chorologiques, dans tous les espaces anciennement cultivés, les
espèces endémiques de la région phytogéographique Guinéo-Congolaise (GC) représentent
plus de 50 p.c. des espèces inventoriées. Cette dominance des espèces GC indiquerait que ces
espaces anciennement cultivés tendent vers la forêt. Ce même résultat a été obtenu par Vroh
(2013) qui affirme que les fortes proportions d’espèces GC pourraient être le signe d’une assez
bonne reconstitution de la végétation. Les proportions relativement importantes des espèces
endémiques des régions phytogéographiques Guinéo-Congolaise et Soudano-Zambézienne
(GC-SZ) serait la preuve que les espaces anciennement du PNA continuent de souffrir encore
146
des effets persistants de l’agriculture (Assié et al., 2008). Les résultats présents sont identiques
à ceux de nombreux auteurs tels que Akoègninou (2004) et Adjakpa (2006) qui ont noté une
forte proportion d’espèces guinéennes et une très faible proportion d’espèces soudaniennes dans
leurs études. Ceci prouve que les espaces anciennement cultivés du PNA sont des milieux
humides favorisant la flore guinéenne (Akoègninou, 2004). Dans les espaces anciennement
cultivés du PNA, les proportions des espèces Guinéo-Congolaises avoisinent les prévisions de
White (1986). En effet, ce dernier considère que la flore guinéo-congolaise est pure avec plus
de 80 à 90 p.c d’espèces endémiques et seulement environ 10 p.c d’espèces d’éléments de
liaison.
Les ressemblances floristiques sont faibles entre les espaces anciennement cultivés. Cette
différence serait due aux pratiques culturales différentes lors de la mise en place des plantations
et des âges d’abandon qui diffèrent d’un espace à un autre.
147
foncièrement modifié la diversité des différents espaces anciennement cultivés. Dans les
jachères du Sud de la Côte d’Ivoire, Vroh (2013) a obtenu les mêmes résultats. Concernant,
l’indice d’équitabilité, les valeurs obtenues dans les différents inventoriés ne sont pas identiques
et ne sont pas assez proches de la valeur maximale 1. Ceci montre que les espèces ont des
abondances variables dans le PNA.
Les espaces abandonnés en 1986 présentent une chute brutale du nombre d’individus de
la première classe à la deuxième classe. Cet état traduit une forte mortalité et une faible
espérance de vie de la régénération dans ces espaces (Yossi, 1995). Les causes de la mortalité
des individus de la classe 0-5 cm sont multiples. Ce sont la chute de litière (Clark et Clark,
1989) qui peut toucher jusqu’à 82 p.c des individus ou l’accumulation de litière dans les trouées
qui limite les densités de ces individus (Walker, 2000) et l’herbivorie par les mammifères
(Asquith et al., 1997) ou les insectes (Basset, 2000 ; Benitez-Malvido et al., 1999). La
configuration de l’histogramme de distribution des individus montre aussi que ces espaces ont
atteint un niveau de reconstitution avancé et sont faiblement perturbés. Dans les espaces
anciennement cultivés de palmeraies-cocoteraies et abandonnés en 1986, l’on note la quasi
absence d’individus de grands diamètres. En effet, la mise en place de ce genre de culture
nécessite l’abattage d’individus de grands diamètres. Dans les espaces anciennement cultivés
de cacaoyères et abandonnés en 1986, les individus de gros diamètres sont représentés par les
espèces telles que Cola nitida, Milicia excelsa, Celtis milbraedii, Ceiba pentandra,
Ricinodendron heudelotii, Pycnanthus angolensis car ils sont intentionnellement préservés par
les paysans à cause de leur utilité socio-économique.
Si l’on veut comparer les aires basales et les densités trouvées à Azagny, à celles d’autres
forêts ivoiriennes et tropicales, on ne peut tenir compte que des forêts anciennes et des vieilles
jachères.
En ce qui concerne les aires basales, la comparaison des aires basales obtenues dans cette
étude indique qu’elles sont inférieures à celles obtenues par Vroh (2013) dans les jachères
d’Azaguié. Cette différence pourrait s’expliquer par les DHP qui étaient plus élevés dans la
présente étude mais aussi par les différences d’âges et le précédent cultural pris en compte. Car
selon une étude conduite par Ratiarson et al. (2006), les aires basales sont influencées par le
type de culture qui existait sur la parcelle. Toutes les aires basales obtenues dans les différents
espaces inventoriés du PNA sont supérieures à celles obtenues par Adou Yao et al. (2005) au
sud du Parc National de Taï (31,7 m² / ha); exceptées les vieilles jachères de palmeraies-
cocoteraies et abandonnés en 1986 et les forêts périodiquement inondées. Cette différence
148
pourrait être due aux DHP plus petits de cette étude. Les proportions des individus en
régénération influencent donc les valeurs des aires basales. Les aires basales obtenues dans cette
étude sont supérieures à l’aire basale (26,1 m² / ha) obtenue par Adou Yao (2005) dans les
vieilles jachères paysannes de la forêt classée de Monogaga. Aussi, les aires basales des vieilles
jachères de cacaoyères sont supérieures à l’aire basale minimale des forêts denses humides qui
est de 40 m² / ha d’après les travaux de Malaisse (1982). Seules les aires basales des vieilles
jachères de palmeraies-cocoteraies abandonnées en 1986 et des forêts périodiquement inondées
sont inférieures à l’aire basale obtenue par Huttel (1975) dans la forêt sempervirente du Banco
(30 m² / ha). Néanmoins, les aires basales dans les différents espaces du PNA sont dans la
fourchette des aires basales des forêts denses selon la classification de Mosango et Lejoly
(1990). Selon ces auteurs, la surface terrière d’une forêt dense varie entre 23 et 50 m² / ha.
Concernant les densités, l’on constate que certaines valeurs sont supérieures à celles
obtenues dans la forêt classée de Yapo (650 tiges / ha) par Corthay (1996). Ces valeurs
concernent les vieilles jachères de cacaoyères, celles issues de caféières, tous abandonnés en
1986. Cependant, la densité qui varie de 442 à 1104 tiges / ha, est bien située dans la fourchette
de 167 à 1947 tiges / ha pour les forêts néotropicales (Gentry, 1982). Ces densités obtenues
restent également dans le même ordre de grandeur généralement obtenu en Afrique tropicale
où la densité varie entre 368 et 645 pieds / ha (Sonké, 1998). Le test de Kruskal-Wallis a montré
que les densités moyennes sont statistiquement différentes. Cette différence entre les densités
moyennes signifie que les effectifs des tiges dans les différents espaces du PNA sont différents.
Par ailleurs, dans les espaces inventoriés du PNA, les valeurs élevées des écart-types des
densités moyennes signifient que les densités moyennes de chacun des espaces sont très
variables. Cette grande variabilité entre les valeurs moyennes des densités pourrait s’expliquer
par les différences d’âges d’abandon (Vroh, 2013) et peut être par l’influence des paramètres
environnementaux (température, pluviométrie et humidité), ce qui n’a pas été prise en compte
au cours de cette étude. Hakizimana et al. (2011) affirment que la densité est une notion
particulièrement importante en aménagement forestier, car elle renseigne sur le degré
d'occupation de l'espace par le peuplement.
De façon générale, l’étude des effectifs des trois stades de croissance successifs dans la
régénération forestière nous a permis de relever la faiblesse des phénomènes de mortalité et de
fortes proportions d’individus de régénération. Ces espaces sont ainsi marqués par un
recrutement intense de nouveaux individus et sont en pleine régénération. Il existe donc un
renouvellement très important du stock végétatif du sous-bois dans ces espaces. Les espaces
149
abandonnés en 2000 sont dominés par les individus adultes car ceux-ci sont préservés en vue
de dissimuler les plantations clandestines.
En fonction des types d’espaces, les espèces arborescentes identifiées sont caractérisées
par un pouvoir de régénération et de développement différent. Cela se traduit par leur différence
d’indice de régénération et de mortalité. Les résultats du calcul du potentiel de régénération
montrent que dans l’ensemble, la plupart des espèces connaît une évolution équilibrée (PR ≥
100). Cela est dû au fait que, ces espèces sont représentées en majorité par des individus jeunes
issus de semences viables. Ces espèces, qui pourraient être qualifiées de plus héliophiles, jouent
indirectement le rôle de pionnier et de facilitation pour l’installation et le développement
d’autres espèces arborescentes comme les espèces sciaphiles (Bararunyeretse, 2012).
Néanmoins certaines espèces connaissent une évolution déséquilibrée (PR < 100). Les
processus de régénération des arbres peuvent être influencés par certains facteurs, tels que le
mode de dissémination, la viabilité, la dormance et la prédation des semences (Condit et al.,
2000 ; Khurana et Singh, 2001) et par d’autres facteurs environnementaux tels que la structure
du sol, la température, la couverture de la canopée, la direction et la vitesse des vents et la
topographie locale (Yamamoto, 2000 ; Ceccon et al., 2006 ; Vieira et Scariot, 2006). En ce
qui concerne la prédation et plus précisément l’herbivorie, les études de Fávéri et al. (2008),
Rao et al., (2001) et de Terborgh (1992) ont montré que la diminution des plantules est liée à
l’augmentation des herbivores. L’herbivorie peut conduire à de profonds changements de la
végétation et de la régénération (Martin, 2008). Ces effets de l’herbivorie suscitent un débat
concernant l’équilibre des écosystèmes terrestres par rapport aux relations plantes-
consommateurs-prédateurs. Des études ont révélé une relation entre l’augmentations des
populations de cochons sauvages dans un fragment forestier de 50 ha avec le taux de destruction
des plantules (Pasoh Reserve) en Malaisie (Ickes et Williamson, 2000 ; Ickes et al., 2003).
Ainsi, les auteurs s’accordent à dire que la forte densité de cochons sauvages dans les petits
fragments forestiers est capable d’altérer la composition de la communauté arborée à travers
les capacités des différentes espèces à supporter les dommages physiques. Des facteurs
biotiques tels que la compétition intra- et interspécifique (pour la disponibilité en eau, en
nutriments et en espace) peuvent aussi influencer la dynamique de la régénération naturelle
(Dembélé et al., 2006). En plus, certaines espèces comme Ochthocosmus africanus et Bombax
buonopozense sont exploitées comme bois d’œuvre. Tous ces effets combinés peuvent induire
une mortalité très élevée, compromettant sérieusement le recrutement des espèces dans le PNA.
150
Dans le PNA, les valeurs de l’indice de mortalité des arbres sont très faibles quel que soit
le type d’espace. Cette mortalité affecte surtout les individus adultes. Des études montrent que
les ressources forestières subissent une mortalité sélective (Ganaba et Guinko, 1996) et le taux
de mortalité varie en fonction des caractéristiques forestières des arbres, notamment le diamètre
et la surface terrière (Prior et al., 2009). Cette faible mortalité pourrait être liée à une
amélioration du climat que connait le PNA ces dernières années et qui se manifeste par une
augmentation de la radiométrie et de la pluviométrie (Gnagbo, 2015). Ces modifications
provoqueraient l’humidification du climat et augmenteraient la disponibilité en eau et en
nutriments, facilitant le fonctionnement physiologique des arbres surtout ceux de gros
diamètres. En effet, la mortalité des populations ligneuses dans une formation végétale peut être
expliquée par plusieurs causes (naturelle, pathologique, anthropique et climatique). Les
mortalités des arbres liées aux événements tels que la dégénérescence naturelle ou les infections
pathologiques sont souvent facilement décelables sur le terrain (Adjonou et al., 2009). Mais
une importante mortalité des individus observée sur de grandes superficies et sur une longue
période peut être expliquée par des facteurs endogènes (état sanitaire des individus) et exogènes
tels que les conditions du milieu (Allen et Breshears, 1998). Pour le cas particulier du PNA,
les variations des températures et de la pluviométrie ces dernières années montrent que cette
mortalité peut être valablement expliquée par les modifications climatiques. De nombreuses
études semblent indiquer que la dégradation de certaines forêts africaines est le résultat des
changements climatiques (Darkoh, 2003 ; Sarr et Roy-Macauley, 2007).
Les valeurs de biomasse aérienne obtenues pour les différents espaces du PNA, à un âge
donné, sont supérieures à celles obtenues par différents auteurs pour d'autres régions du monde
tropical humide. Elles sont supérieures aux valeurs données par Ewel (1971) à Panama (30 T)
et par Snedecker (1980) au Guatemala (40 T). Par contre, elles sont nettement égales à celles
obtenues par Bartholomew et al. (1953) au Congo (60 T). En Côte d'Ivoire comme au Congo,
les recrûs sont sur des sols ferrallitiques lessivés relativement pauvres et dans des conditions
climatiques assez semblables (Jaffré et De Namur, 1981). La productivité des recrûs apparaît
donc être largement sous la dépendance de la composition spécifique de la communauté
pionnière.
151
plus importante de la biomasse (Jaffré et De Namur, 1981). Au fur et à mesure que le niveau
de reconstitution augmente, le nombre d’espèces pionnières diminue. Simultanément, les
espèces diverses comprenant des espèces plus longévives et capables d'atteindre de plus forts
diamètres telles que Piptadeniastrum africanum, Ceiba pentandra, Balanites wilsoniana
accroissent leur biomasse pour égaler puis dépasser celle des espèces pionnières (Jaffré et De
Namur, 1981).
152
Chapitre 13 : Apport des zones anciennement cultivées du Parc National d’Azagny pour
la conservation de la biodiversité : une démarche multicritère
Cette étude a permis recenser des espèces végétales à statut particulier telles que les
espèces endémiques (26), menacées (5) et rares (16). Au niveau faunistique, des crottes et
empreintes d’éléphants (Loxodonta africana cyclotis), de buffles (Syncerus caffer nanus), de
singes (Cercopithecus diana), de chimpanzés (Pan troglodytes) et de céphalophes (Neotragus
pygmaeus) et potamochères (Potamochoerus porcus), ont été observées.
153
Tableau XXXIV: Récapitulatif de la valeur de conservation des différentes catégories d'espaces du PNA adapté de Adou Yao (2005)
Total+Valeur
Richesse [Link] [Link] de
Indicateurs spécifique [Link] [Link] [Link] AA UICN H’ G Ba IP conservation
49 : Très
Forêts A. xxxxxxxxx xxxxxxxx x xxxxx xxx xxxxx xxxxx xxxxx xxxxx xxx grande valeur
19 : Moyenne
Forêt M. xx x xx x xxx xxx xxx x xxx valeur
23 : Moyenne
Forêt I.P xxxx x x xx xx xxxx xxxx xx xxx valeur
44 : Très
VJ_Cacao_1986 xxxx xxxxxxxxxxxx x xxxxxxx x xxxxxxxx xxx xxxxx xxx grande valeur
29 : Moyenne
VJ_Café_1986 xxxx xxxxxx xxx xxxxxx xxx xxxx xxx valeur
30 : Grande
VJ_Cacao_2000 xxxxxx xxxxx xxx xxxxx xxx xxxxx xxx valeur
23 : Moyenne
VJ_Café_2000 xxxxxx xx xx xxx xxx xxxxx xx valeur
30 : Grande
FS_Cult_ann_2000 xxxxxx xxxxx xxxx xxxxx xxx xxxx xxx valeur
11 : Faible
VJ_Palm_Coco_1986 xxx x x x xx xx x valeur
Les croix symbolisent les échelles de valeur. Ainsi pour la richesse spécifique, l’échelle varie de 0 à 50. Les intervalles sont constants (10 unités). L’indice pionnier (IP)
comprend 5 intervalles comme spécificité en méthodologie. Le nombre d’espèces GCW comprend 8 intervalles de 3 unités de 0 à 24. Ce dernier chiffre étant le plus grand
nombre recensé pour le relevé le plus riche. Les espèces HG, GCi, les espèces rares selon Aké-Assi et l’UICN suivent la même échelle que celles des espèces GCW. L’indice
de Shannon (H’) comprend une échelle de 5 intervalles à une unité chacun ; la densité (D), une échelle de 3 intervalles de 100 unités chacun ; l’aire basale (G), une échelle de 5
intervalles à 5 unités chacun ; la biomasse aérienne (Ba), une échelle de 3 intervalles de 5 unités chacun et l’indice pionnier (IP) ; une échelle de 5 intervalles comme spécifié
en méthodologie. Nous avons ensuite fait la somme des croix pour déterminer la valeur de conservation de chaque catégorie d’espace. Nous avons choisi de faire varier l’échelle
de la valeur de conservation de 0 à 60. Ainsi, un espace totalisant un nombre de croix compris entre 0 et 10, a une très faible valeur de conservation, entre 10 et 20 une faible
valeur, entre 20 et 30 une valeur moyenne, entre 30 et 40 une grande valeur et plus de 40 une très grande valeur de conservation.
153
Tableau XXXV: Évaluation des valeurs de conservation et identification de FHVC catégories
d'espaces dans le PNA
154
Les résultats présentés ici montrent que la valeur HVC 1 se retrouve atteinte pour tous les
espaces du Parc National d’Azagny.
Dans le PNA, on observe des vastes étendues de fragments forestiers isolés (Lauginie,
2007). Ces fragments forestiers sont suffisamment grands pour couvrir les territoires utilisés
par des espèces ayant un très vaste domaine vital et pour conserver des populations viables
d’espèces rares (éléphants, buffles, chimpanzés) (Konan, 2008). La valeur HVC 2 est ainsi
atteinte dans le PNA.
La cartographie du PNA a permis de montrer qu’il existe au sein du PNA des formations
végétales caractéristiques du secteur littoral qui ont disparu ou demeurent à l'état de reliques,
après leur mise en exploitation. Il s'agit en particulier :
- des Raphiales, situées au sud du PNA. Celles-ci sont fortement exploitées. On y rencontre des
espèces telles que Raphia palma-pinus dont les fruits sont l’objet d’un commerce prospère pour
les villageois de Toukouzou, N’Guessandon et Djateket. De ce fait, la valeur HVC 3 est atteinte
dans le PNA. Ces formations végétales subsistent dans le Parc mais sont menacées de
dégradation si la surveillance n'est pas maintenue.
La plupart des cours d’eau, situés dans l’espace du PNA, c’est-à-dire le fleuve Bandama
à l’ouest, le canal d’Azagny au sud et la lagune Ebrié à l’est, sont utilisés par les populations
locales pour la pêche et l’économie de ces populations (Konan, 2008).
Les forêts marécageuses et les mangroves rencontrées dans le PNA sont des écosystèmes
fragiles qui garantissent une protection des cours d’eau, de la biodiversité et des ressources
naturelles qui y sont associées (Bouichou, 1978). Ces types de forêts offrent une valeur
importante de conservation (Zérimba, 1975). En plus, l’abondante litière humide des
formations sempervirentes contribuent à freiner l’avancement de feux de forêt et minimisent
les phénomènes d’érosion (Lauginie, 2007). La valeur HVC 4 est de ce fait atteinte dans le
PNA.
155
La plupart des populations vivant autour du PNA dépendent en partie du parc pour leur
subsistance (Zérimba, 1975). La viande de chasse et le poisson d’eau douce constituent une
source essentielle de protéines pour les communautés villageoises (Konan, 2008). C’est ainsi
que dans le PNA, l’on trouve quantité de pièges pour la capture d’animaux et des douilles de
cartouches de fusils de chasse. Aussi, le prélèvement, dans le PNA, de plusieurs espèces
végétales qui sont utilisées dans l’alimentation, la médecine traditionnelle, la construction
d’habitats (Gnagbo, 2015). La cueillette est ainsi une activité importante pour les populations
villageoises. Les produits de cueillette, d’origine végétale sont utilisés par les populations
villageois pour leur alimentation, les soins médicaux, la construction, l’énergie ou la fabrication
d’objets divers (pagaies, pirogues, trépieds). Toutes ces activités montrent que la valeur HVC
5 est atteinte dans le Parc.
Les populations autochtones Brian effectuent au sein de la zone humide des cérémonies
rituelles (adoration du génie de l’eau, cérémonies de conjuration de mauvais sorts) selon
Zérimba (1975). Selon cette source, les feuilles et les fruits de Cola lateritia sont prélevés dans
le PNA pour la confection des amulettes et des fétiches. Aussi, l’église Papa Nouveau pratique
des cérémonies de baptême religieux dans le Canal d’Azagny bordant la partie sud du PNA
(Zérimba, 1975). La valeur HVC 6 se trouve donc atteinte dans le PNA.
156
CONCLUSION, PERSPECTIVES ET
RECOMMANDATIONS
157
Au terme de cette étude, il ressort que l’interprétation des images satellitaires Landsat
(Landsat TM de 1987, Landsat ETM+ de 2002 et Landsat ETM+ 2012) montre que les
superficies des différents espaces du PNA ont connu une augmentation. Les superficies des
forêts ont augmenté. De 2993 ha en 1986, leur superficie est passée à 5120,6 ha en 2012. En ce
qui concerne les espaces anciennement cultivés, leurs superficies ont régressé. De 5813,2 ha en
1986, la superficie de ces espaces est passée à 5024,6 ha en 2012.
Par ailleurs, les analyses botaniques ont permis de compléter à 622 espèces la flore du
PNA soit 168 nouvelles espèces ajoutées à celles de 2009.
Les forêts anciennes sont les espaces les plus riches et diversifiés en ce qui concerne les
forêts. Tandis que les vieilles jachères de 2000 sont plus riches et plus diversifiées en ce qui
concerne les espaces anciennement cultivés.
Dans tous les espaces du PNA, les espèces arborescentes occupent une place
prépondérante avec plus de 50 p.c de toutes les espèces inventoriées. Les espèces
prépondérantes varient d’un espace à l’autre. Les compositions floristiques sont toutes
dominées par les familles telles que les Apocynaceae, les Fabaceae, les Euphorbiaceae et les
Malvaceae.
Les types biologiques sont dominés par les phanérophytes (espèces ligneuses)
représentant plus de 80 p.c des individus inventoriés quel que soit le type d’espace. Les types
morphologiques sont dominés par les arbres à plus de 50 p.c. Aussi, une très grande partie de
la flore de ces espaces anciennement cultivés dérive de la flore Guinéo-Congolaise avec une
part non négligeable des espèces de transition. Ce qui témoigne du retour des espèces forestières
disparues dans ces espaces.
Les dissimilitudes floristiques entre les espaces ont été confirmées par les faibles valeurs
de l’indice de similitude de Morisita-Horn. Cela traduit une hétérogénéité spatiale de la
végétation en liaison avec la variation du précédent cultural et de l’âge d’abandon.
Les biomasses aériennes et les indices pionniers indiquent que les espaces du PNA sont
à des niveaux de reconstitution divers. Les valeurs de la biomasse aérienne sont proches de
celles obtenues dans certaines forêts tropicales d’Afrique et d’Amérique. Pendant que la
végétation se reconstitue, la biomasse aérienne augmente.
158
Les espèces inventoriées dans les différents espaces du PNA ont en majorité un mode de
dissémination endozoochore. Cet état traduit l’importance de la faune dans le processus de
reconstitution de la végétation.
De nombreuses espèces endémiques des forêts de la Haute Guinée ainsi que des espèces
rares ou menacées d’extinction de la flore ivoirienne, figurant sur la liste rouge de l’UICN ont
été inventoriées. Elles impriment un cachet spécial à la flore du PNA.
159
Perspectives d’étude
Dans un premier temps, il faudrait acquérir des images multispectrales comme ASTER
qui permettront une bonne discrimination des différents espaces du PNA.
Pour mieux comprendre la dynamique, il serait souhaitable d’étendre cette étude aux
plantations en exploitation et aux jeunes jachères hors du parc. Ainsi, il serait possible d’avoir
une idée générale de la trajectoire de la reconstitution de la végétation, depuis la mise en place
des cultures jusqu’aux forêts anciennes.
La prise en compte du potentiel séminal édaphique serait opportune dans une étude
ultérieure pour mieux expliquer la reconstitution de la végétation dans le PNA.
L’évaluation des services écosystémiques fournis par le Parc serait nécessaire en vue de
connaître sa contribution dans la satisfaction des besoins des communautés locales.
160
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floristique du sous-bois de la palmeraie de Mbobo dans la cuvette congolaise (République
du Congo). Annales des Sciences Agronimques, 17 (2) : 161-178.
Youta H. J., 1998.- Arbres contre graminées : la lente invasion de la forêt par la savane au
Centre - Cameroun. . Thèse de Doctorat, Université de Paris IV, France, 240 p.
Zérimba M., 1975.- Rapport consécutif à un séjour d’étude de six mois dans la Réserve
d’Azagny. Minefor-Abidjan- Côte d’Ivoire, 27 p.
185
ANNEXE
186
Annexe: Liste floristique des espèces inventoriées dans le Parc National d’Azagny
TBM : Types biomorphologiques (L = espèces lianescentes ; a = espèces arborescentes ; h = espèces herbacées ; MP = mégaphanérophytes ; mP = mésophanérophytes ; mP = microphanérophytes
; nP = nanophanérophytes ; Ch = chaméphytes ; H = hémicryptophytes ; Th = thérophytes ; Gr = géophytes ; EP = épiphytes ; Se-EP = semi-épiphytes).
Phyto : Phytogéographie (i = Espèces introduites ; SZ = Espèces endémiques de la Région phytogéographique Soudano-Zambézienne ; GC = Espèces endémiques de la Région phytogéographique
Guinéo-Congolaise ; GC-SZ = Espèces endémiques des Régions phytogéographiques Soudano-Zambézienne et Guinéo-Congolaise ; GCW = Espèces endémiques des forêts de l’Afrique de l’Ouest
; GCi = Espèces endémiques du Territoire ivoirien).
Eco : écologie ou guilds des espèces (pi = pionnières ; nph = non pionnières mais héliophiles ; sb = d’ombre ; w = des milieux humides)
HG : (espèces endémiques des forêts de la Haute Guinée). UICN : Union international pour la conservation de la nature (2015); AA : Aké-Assi (1988).
187
Aframomum daniellii (Hook.f.)
13 Costaceae hG GC nph LC
[Link].
14 Aframomum melegueta [Link]. Costaceae Endozoochorie hG GC nph
Aframomum sceptrum (Oliv. & Hanb.)
15 Costaceae hG GC nph
[Link].
16 Afrosersalisia afzelii (Engl.) [Link]. Sapotaceae mP GC pi
17 Afzelia bella Harms Fabaceae mP GC nph
18 Aganope leucobotrya (Dunn) Polhill. Fabaceae mp GC pi
19 Agelaea pentagyna (Lam.) Baill. Connaraceae mp GC sb
20 Ageratum conyzoides L. Asteraceae Th GC-SZ pi
21 Aidia genipiflora (DC.) Dandy Rubiaceae Endozoochorie mp GC sb
22 Alafia barteri Oliv. Apocynaceae LmP GC nph
23 Alafia multiflora (Stapf) Stapf Apocynaceae LMP GC nph LC-AA
24 Alafia whytei Stapf Apocynaceae LmP GC nph
Albertisia cordifolia (Mangenot &
25 Menispermaceae Lnp GCi nph
Miège) Forman
26 Albertisia ferruginea (Diels) Forman Menispermaceae Lnp GCW nph
Albertisia scandens (Mangenot &
27 Menispermaceae Endozoochorie Lnp GCW nph
Miège) Forman
Albizia adianthifolia (Schum.) W. F.
28 Fabaceae Anémochorie mP GC pi
Wight
Albizia ferruginea (Guill. & Perr.)
29 Fabaceae mP GC-SZ pi VU
Benth.
30 Albizia zygia (DC.) [Link]. Fabaceae Anémochorie mP GC-SZ pi
Alchornea cordifolia (Schum. & Thonn.)
31 Euphorbiaceae Anémochorie Lmp GC-SZ pi
Mü[Link].
32 Alchornea floribunda Mü[Link]. Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC pi
33 Allanblackia floribunda Oliv. Clusiaceae mP GC sb VU
34 Allophylus africanus [Link]. Sapindaceae Anémochorie mp GC-SZ pi
188
35 Alstonia boonei De Wild. Apocynaceae Anémochorie MP GC pi
36 Amphimas pterocarpoides Harms Fabaceae MP GC nph
37 Ananas comosus L. Bromeliaceae Barochorie H i pi
38 Anchomanes difformis (Blume) Engl. Araceae Endozoochorie hG GC sb
39 Ancistrocladus abbreviatus Airy Shaw. Ancistrocladaceae Endozoochorie mp GC sb
40 Angylocalyx oligophyllus (Bak.) Bak.f. Fabaceae np GC sb
Annickia polycarpa (DC.) Van Setten &
41 Annonaceae Endozoochorie mP GC sb
Maas
42 Anopyxis klaineana (Pierre) Engl. Anisophyllaceae Endozoochorie MP GC w VU
43 Anthocleista djalonensis [Link]. Loganiaceae Endozoochorie mP GC-SZ sb
44 Anthocleista nobilis [Link] Loganiaceae Endozoochorie mP GCW nph
Anthonotha fragrans (Bak.f.) Exell &
45 Fabaceae MP GC nph LC
Hillcoat
46 Anthonotha macrophylla [Link]. Fabaceae Endozoochorie mp GC sb
47 Anthonotha vignei (Hoyle) J. Léonard Fabaceae mP GC sb VU
48 Anthostema aubryanum Baill. Euphorbiaceae Endozoochorie mP GC sb
Antiaris toxicaria Loes. var. africana
49 Moraceae MP GC-SZ nph
[Link]
50 Antidesma membranaceum Mü[Link]. Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC-SZ pi
51 Aporrhiza urophylla Gilg Sapindaceae mp GC sb LC
52 Aptandra zenkeri Engl. Olacaceae mp GC sb AA
53 Araliopsis tabouensis Aubrév. & Pellegr. Rutaceae mP GC nph
54 Aspilia angustifolia Oliv. & Hiern Asteraceae np SZ pi
55 Atroxima liberica Stapf Polygalaceae Endozoochorie Lmp GC sb
56 Avicennia germinans (L.) L. Acanthaceae Hydrochorie mp GC w
57 Baissea baillonii Hua Apocynaceae Lmp GC nph
58 Baissea multiflora [Link]. Apocynaceae Anémochorie LmP GC-SZ nph
189
59 Baissea zygodioides ([Link].) Stapf Apocynaceae Anémochorie Lmp GC nph
60 Balanites wilsoniana Dawe & Sprague Balanitaceae Endozoochorie MP GC nph
61 Baphia bancoensis Aubrév. Fabaceae Anémochorie mp GCi sb
62 Baphia capparidifolia Bak. Fabaceae Anémochorie Lmp GC sb
63 Baphia nitida Lodd. Fabaceae Anémochorie mp GC sb LC
64 Baphia polygalacea Hook.f. Fabaceae Lmp GC sb
Baphiastrum confusum (Hutch. & Dalz.)
65 Fabaceae Lmp GC sb
Pellegr. A
66 Berlinia confusa Hoyle Fabaceae mP GC sb
67 Bersama abyssinica Fresen. Melianthaceae Endozoochorie mp GC pi
68 Blighia sapida Koenig Sapindaceae mP GC-SZ nph
69 Blighia unijugata Bak. Sapindaceae Endozoochorie mP GC nph
70 Blighia welwitschii (Hiern) Radlk. Sapindaceae mP GC nph
71 Bolbitis auriculata (Lam.) Alston Lomariopsidaceae Epizoochorie G GC sb
72 Bombax brevicuspe Sprague Malvaceae MP GC pi VU
73 Bombax buonopozense [Link]. Malvaceae Anémochorie MP GC pi
74 Bridelia atroviridis Mü[Link]. Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC pi
75 Bridelia grandis Pierre ex Hutch. Euphorbiaceae Endozoochorie mP GC pi
76 Bridelia micrantha (Hochst.) Baill. Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC pi
77 Buchholzia coriacea Engl. Capparidaceae Endozoochorie mp GC sb
Byrsocarpus coccineus Schumach. &
78 Connaraceae Lmp GC pi
Thonn. Ex. Hutch. & Dalziel
79 Calamus deerratus L. Arecaceae Barochorie LmP GC-SZ nph
80 Calopogonium mucunoides Desv. Fabaceae Lmp GC pi
81 Calpocalyx aubrevillei Pellegr. Fabaceae mP GCW sb
82 Calycobolus africanus ([Link]) Heine Convolvulaceae LmP GC pi
83 Canarium schweinfurthii Engl. Burseraceae MP GC nph
190
84 Capparis biloba Hutch. & Dalz. Capparidaceae Lmp GCW nph AA
85 Capparis erythrocarpos Isert Capparidaceae Endozoochorie Lmp GC nph
86 Capsicum frutescens L. Solanaceae np GC-SZ pi
87 Carapa procera DC. Meliaceae mp GC-SZ sb
88 Carica papaya L. Caricaceae Endozoochorie mp i pi
89 Carpolobia lutea [Link] Polygalaceae Endozoochorie np GC sb
90 Casearia calodendron Gilg Salicaceae Endozoochorie mp GC-SZ sb
91 Cassia tora L. Fabaceae Anémochorie mp GC pi
Cathormion altissimum (Hook.f.) Hutch.
92 Fabaceae mp GC pi
& Dandy
93 Cecropia peltata L. Cecropiaceae mp GC pi
94 Ceiba pentandra (L.) Gaertn. Malvaceae Anémochorie MP GC-SZ pi
95 Celtis mildbraedii Engl. Ulmaceae Endozoochorie mP GC sb
96 Celtis philippensis Blanco Ulmaceae mp GC sb
97 Celtis zenkeri Engl. Ulmaceae Endozoochorie mP GC sb
98 Centrosema pubescens Benth. Fabaceae Epizoochorie Lmp GC pi
99 Cephaelis peduncularis Salisb. Rubiaceae Endozoochorie np GC sb
100 Cephaelis spathacea Hiern Rubiaceae np GC sb
101 Ceratopteris cornuta ([Link].) Lepr. Pteridaceae H GC-SZ sb
102 Cercestis afzelii Schott Araceae Epizoochorie Lmp GC sb
103 Cercestis dinklagei Engl. Araceae Ch GC sb
104 Cercestis stigmaticus [Link]. Araceae Ch GC sb
105 Chaetachme aristata [Link]. ex Planch. Ulmaceae Endozoochorie mp GC pi
106 Chassalia kolly (Schumach.) Hepper Rubiaceae Endozoochorie np GC sb
107 Chionanthus mannii (Soler.) Stearn Oleaceae mp GC sb
Chlamydocarya macrocarpa Hutch. &
108 Icacinaceae Endozoochorie Lmp GC sb
Dalz.
191
109 Chlorophytum inornatum Ker-Gawl. Anthericaceae H GC sb
Chromolaena odorata (L.) [Link] &
110 Asteraceae Anémochorie np GC pi
[Link].
111 Chrysophyllum africanum [Link]. Sapotaceae Endozoochorie mp GC sb
112 Chrysophyllum albidum [Link] Sapotaceae Endozoochorie mp GC sb
113 Chrysophyllum giganteum [Link]. Sapotaceae Endozoochorie MP GC nph
Chrysophyllum perpulchrum Hutch. &
114 Sapotaceae Endozoochorie mP GC nph VU
Dalz.
Chrysophyllum pruniforme Pierre ex
115 Sapotaceae Endozoochorie mP GC nph VU
Engl.
116 Chrysophyllum subnudum Bak. Sapotaceae Endozoochorie mP GC nph
117 Chrysophyllum welwitschii Engl. Sapotaceae Endozoochorie Lmp GC pi
Chytranthus atroviolaceus Hutch. &
118 Sapindaceae mp GC nph
Dalz.
119 Chytranthus setosus Radlk. Sapindaceae np GC nph EN
Cissus aralioides (Welw. ex Bak.)
120 Vitaceae Endozoochorie Lmp GC-SZ pi
Planch.
121 Cissus cymosa Schumach. & Thonn. Vitaceae Lmp GC pi
122 Cissus miegei Tchoumé Vitaceae Lmp GCi pi
123 Cissus petiolata Hook.f. Vitaceae LmP GC-SZ pi
124 Cissus producta Afzel. Vitaceae Lmp GC pi
125 Citrus reticulata L. Rutaceae Endozoochorie mp i pi
126 Cleistanthus libericus [Link]. Euphorbiaceae mp GCW nph
Cleistanthus polystachyus Hook.f. ex
127 Euphorbiaceae mp GC nph
Planch.
Cleistopholis patens (Benth.) Engl. &
128 Annonaceae Endozoochorie mP GC pi
Diels
129 Clerodendrum formicarum Gürke Lamiaceae Lmp GC pi
130 Clerodendrum schweinfurthii Gürke Lamiaceae np GC pi
192
Clerodendrum silvanum Henriques var.
131 Lamiaceae Lnp GC-SZ pi
buchholzii (Gürke) Verdc.
132 Clerodendrum thyrsoideum Gürke Lamiaceae Lmp GC-SZ pi
133 Clerodendrum volubile [Link]. Lamiaceae Endozoochorie np GC pi
134 Cnestis corniculata Lam. Connaraceae Lmp GC pi VU
135 Cnestis ferruginea Vahl ex DC. Connaraceae Endozoochorie Lmp GC pi
136 Coccinia barteri (Hook.f.) Keay Cucurbitaceae Endozoochorie Lnp GC pi
137 Cocos nucifera L. Arecaceae Barochorie amP i pi
138 Coelocaryon oxycarpum Stapf Myristicaceae mP GCW sb
139 Coffea canephora Froenh. Rubiaceae Endozoochorie mp GC pi
140 Coffea excelsa A. Chev. Rubiaceae mp GC pi AA
141 Cola caricaefolia ([Link]) [Link]. Malvaceae Endozoochorie mp GCW pi
142 Cola chlamydantha K. Schumach. Malvaceae mp GC sb
143 Cola digitata Mast. Malvaceae mp GC sb
144 Cola gabonensis Mast. Malvaceae mp GC sb
145 Cola gigantea [Link]. Malvaceae Endozoochorie mP GC-SZ sb
146 Cola lateritia [Link]. Malvaceae Endozoochorie mp GC sb
147 Cola laurifolia Mast. Malvaceae Endozoochorie mp GC-SZ sb
148 Cola millenii [Link]. Malvaceae mp GC sb
149 Cola nitida (Vent.) Schott & Endl. Malvaceae Endozoochorie mP GC sb
Combretum dolichopetalum Engl. &
150 Combretaceae Lmp GC pi
Diels
151 Combretum grandiflorum [Link] Combretaceae LmP GCW pi
152 Combretum hispidum Laws. Combretaceae Lmp GC pi
153 Combretum racemosum [Link]. Combretaceae LmP GC pi
154 Combretum rhodanthum Engl. & Diels Combretaceae Lmp GC pi
155 Combretum zenkeri Engl. & Diels Combretaceae Lmp GC pi
193
156 Commelina capitata Benth. Commelinaceae np GC w VU
157 Connarus africanus Lam. Connaraceae LmP GC pi
158 Connarus thonningii (DC.) Schellenb. Connaraceae LmP GC pi
159 Copaifera salikounda Heckel Fabaceae mP GCW sb VU
160 Corynanthe pachyceras [Link]. Rubiaceae mP GC sb
161 Costus afer Ker-Gawl. Costaceae np GC-SZ pi
162 Coula edulis Baill. Olacaceae mP GC nph
163 Craterispermum caudatum Hutch. Rubiaceae mp GC sb
164 Crudia senegalensis Planch. ex Benth. Fabaceae mP GC sb
165 Ctenitis protensa (Afz. ex Sw.) Ching Dryopteridaceae H GC pi
166 Culcasia angolensis [Link] Schott Araceae Endozoochorie Lmp GC sb
167 Culcasia mannii (Hook.f.) Engl. Araceae Lmp GC sb
168 Culcasia saxatilis A. Chev. Araceae Lnp GC sb
169 Culcasia scandens [Link]. Araceae Lmp GC sb
170 Cuviera acutiflora DC. Rubiaceae mp GC pi
171 Cuviera macroura [Link]. Rubiaceae Endozoochorie mp GC-SZ pi Lr/nt
172 Cyclosorus dentatus (Forssk.) Ching Thelypteridaceae H GC sb VU
173 Cyclosorus striatus (Chumach.) Ching Thelypteridaceae G GC sb VU
174 Cyperus rotundus L. Cyperaceae G GC-SZ pi
175 Cyrtosperma senegalense (Schott) Engl. Araceae G GC w
176 Dacryodes klaineana (Pierre) Lam Burseraceae mP GC nph
177 Dalbergia altissima Bak.f. Fabaceae LmP GC pi AA
178 Dalbergia ecastaphyllum (L.) Taub. Fabaceae Lmp GC pi
179 Dalbergia oblongifolia [Link] Fabaceae Endozoochorie Lmp GCW pi
180 Dalbergia saxatilis Hook.f. Fabaceae Lmp GC pi
181 Daniellia ogea (Harms) Rolfe ex Holl. Fabaceae Endozoochorie MP GC sb
194
Dasylepis assinensis [Link]. ex Hutch.
182 Salicaceae np GCi pi
& Dalz.
183 Deinbollia grandifolia Hook. f. Sapindaceae Endozoochorie mp GC sb
184 Desmostachys vogelii (Mers) Stapf Icacinaceae mp GCW pi
Desplatsia chrysochlamys Mildbr. &
185 Tiliaceae Barochorie mp GC sb
Burret
186 Desplatsia subericarpa Bocq. Tiliaceae mp GC pi
187 Detarium senegalense [Link]. Fabaceae mP GC-SZ sb
188 Dialium aubrevillei Pellegr. Fabaceae mP GCW sb
189 Dialium dinklagei Harms Fabaceae Endozoochorie mP GC sb
190 Dialium guineense Willd. Fabaceae mP GC sb
191 Dichapetalum angolense Chodat Chrysobalaceae LmP GC sb
192 Dichapetalum filicaule Bret. Chrysobalaceae Barochorie Lnp GCW sb
193 Dichapetalum guineense (D.C) Key. Chrysobalaceae Lnp GC sb
Dichapetalum heudelotii (Planch. ex
194 Chrysobalaceae Epizoochorie Lmp GC sb
Oliv.) Baill.
195 Dichapetalum madagascariense Poir. Chrysobalaceae Lmp GC sb
196 Dichapetalum pallidum (Oliv.) Engl. Chrysobalaceae Epizoochorie Lmp GC sb
197 Dichapetalum toxicarium ([Link]) Baill. Chrysobalaceae Lmp GC sb
Dictyandra arborescens Welw. ex
198 Rubiaceae Epizoochorie mp GC sb
Hook.f.
199 Dictyophleba leonensis (Stapf) Pichon Apocynaceae LmP GCW sb
200 Dioscorea bulbifera L. Dioscoreaceae LG GC-SZ nph
201 Dioscorea burkilliana Miège Dioscoreaceae LG GCW nph
202 Dioscorea cayenensis Lam. Dioscoreaceae LG i sb
203 Dioscorea hirtiflora Benth. Dioscoreaceae LG i sb
204 Dioscorea mangenotiana Miège Dioscoreaceae LG i sb
195
205 Dioscorea minutiflora Engl. Dioscoreaceae Anémochorie LG i sb
206 Dioscorea odoratissima Pax Dioscoreaceae LG i sb
207 Dioscorea smilacifolia De Wild. Dioscoreaceae LG i sb
208 Diospyros canaliculata De Wild. Ebenaceae Endozoochorie mp GC sb EN
209 Diospyros heudelotii Hiern Ebenaceae mP GCW sb
210 Diospyros monbuttensis Gürke Ebenaceae Endozoochorie mp GC sb
211 Diospyros sanza-minika [Link]. Ebenaceae Endozoochorie mP GC sb
212 Diospyros soubreana [Link] Ebenaceae np GC sb
Diospyros tricolor (Schum. &
213 Ebenaceae np GC sb AA
Thonn.)Hiern
214 Diospyros vignei [Link] Ebenaceae Endozoochorie np GCW sb
215 Diospyros viridicans Hiern Ebenaceae mP GC sb
216 Discoglypremna caloneura (Pax) Prain Euphorbiaceae Endozoochorie mP GC pi
217 Distemonanthus benthamianus Baill. Fabaceae MP GC sb
218 Dracaena mannii Bak. Dracaenaceae mP GC sb
219 Dracaena surculosa Lindl. Dracaenaceae Endozoochorie np GC sb
220 Drypetes aubrevillei Léandri Euphorbiaceae mp GCW sb
221 Drypetes aylmeri Hutch. & Dalz. Euphorbiaceae mp GCW sb
222 Drypetes chevalieri Beille Euphorbiaceae mp GC sb
223 Drypetes gilgiana (Pax) Pax & Hoffm. Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC sb
224 Drypetes ivorensis Hutch. & Dalz. Euphorbiaceae mp GCW sb
225 Drypetes leonensis Pax Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC sb
226 Drypetes principum (Mü[Link].) Hutch. Euphorbiaceae mp GC sb
227 Ehretia trachyphylla [Link] Boraginaceae mp GCW pi
228 Ekebergia senegalensis A. Juss. Meliaceae mP GC-SZ sb
229 Elaeis guineensis Jacq. Arecaceae Endozoochorie MP GC pi
196
230 Elaeophorbia grandifolia (Haw.) Croizat Euphorbiaceae mP GC sb
Entandrophragma angolense (Welw.) C.
231 Meliaceae Endozoochorie MP GC nph VU
DC.
232 Entandrophragma candollei Harms Meliaceae MP GC nph VU
Entandrophragma cylindricum
233 Meliaceae Endozoochorie MP GC nph VU
(Sprague) Srague
234 Eremospatha dransfieldii Sunderland Arecaceae LMP GC nph
Eremospatha macrocarpa (Mann &
235 Arecaceae LMP GC nph
Wendl.) Wendl.
236 Erythrococca africana (Baill.) Prain Euphorbiaceae mp GC pi
Erythrococca anomala (Juss. ex Poir.)
237 Euphorbiaceae Endozoochorie np GC pi
Prain
238 Erythroxylum mannii Oliv. Erythroxylaceae Endozoochorie mp GC pi
Euadenia trifoliolata (Schum. & Thonn.)
239 Capparidaceae Endozoochorie mp GC pi
Oliv.
240 Eugenia calophylloides DC. Myrtaceae mp GCW nph
241 Eugenia whytei Sprague Myrtaceae mp GC nph
242 Ficus ardisioides Warb. Moraceae mp GC pi
243 Ficus barteri Sprague Moraceae Endozoochorie mp GC pi
244 Ficus bubu Warb. Moraceae mP GC pi
245 Ficus congensis Engl. Moraceae mP GC pi
246 Ficus cyathistipula Warb. Moraceae mp GC pi
247 Ficus exasperata Vahl Moraceae Endozoochorie mP GC-SZ pi
248 Ficus mucuso Ficalho Moraceae mP GC pi VU
249 Ficus recurvata De Wild. Moraceae Endozoochorie MP GC pi
250 Ficus sagittifolia Mildbr. & Burret Moraceae mp GC pi
251 Ficus scott-elliotii Mildbr. & Burret Moraceae mp GCW pi
252 Ficus sur Forssk. Moraceae Endozoochorie mp GC-SZ pi
197
253 Ficus thonningii Blume Moraceae mp GC-SZ pi
254 Ficus umbellata Vahl Moraceae mp GC-SZ pi
255 Ficus variifolia Warb. Moraceae mP GC pi
256 Ficus vogeliana (Miq.) Miq. Moraceae Endozoochorie mp GC pi
257 Flagellaria guineensis Schumach. Flagellariaceae Endozoochorie Lmp GC sb
Friesodielsia hirsuta (Benth.) Van
258 Annonaceae LmP GC sb
Steenis
259 Fuirena umbellata Rottb. Cyperaceae G GC-SZ pi
260 Funtumia africana (Benth.) Stapf Apocynaceae Anémochorie mP GC nph
261 Funtumia elastica (Preuss) Stapf Apocynaceae mP GC nph
262 Gaertnera paniculata Benth. Rubiaceae Endozoochorie mp GC nph
263 Garcinia afzelii Engl. Clusiaceae mp GC-SZ sb
264 Garcinia polyantha Oliv. Clusiaceae mp GC-SZ sb
Garcinia smeathmannii (Planch. &
265 Clusiaceae mp GC sb
Triana) Oliv.
266 Geophila obvallata (Schumach.) [Link]. Rubiaceae Endozoochorie Ch GC sb
Gilbertiodendron preussii (Harms)
267 Fabaceae mP GC sb
J.Léonard
268 Globimetula dinklagei (Engl.) Danser Loranthaceae mp GC pi
269 Glyphaea brevis (Spreng.) Monachino Tiliaceae Endozoochorie mp GC sb
270 Gongronema angolense ([Link].) Bull. Apocynaceae Anémochorie Lmp GC sb
271 Gouania longipetala Hemsl. Rhamnaceae LmP GC sb
Greenwayodendron oliveri (Engl.)
272 Annonaceae Endozoochorie mp GC sb
Verdc.
273 Grewia mollis Juss. Tiliaceae mp GC nph
Griffonia simplicifolia (Vahl ex DC.)
274 Fabaceae Anémochorie Lmp GC nph
Baill.
275 Grossera vignei Hoyle Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC sb
198
276 Guarea cedrata ([Link].) Pellegr. Meliaceae Endozoochorie MP GC sb VU
277 Guarea thompsonii Sprague & Hutch. Meliaceae mP GC sb VU
278 Gymnema sylvestre (Retz.) Schult. Apocynaceae Lmp GC-SZ sb
279 Gymnostemon zaizou Aubrév. & Pellegr. Simaroubaceae MP GCi sb VU-AA
280 Haemanthus multiflorus Martyn Amaryllidaceae G GC-SZ sb
281 Hallea ledermannii ([Link]) Verdc. Rubiaceae MP GC w VU
282 Halopegia azurea ([Link].) [Link]. Marantaceae np GC sb
283 Hannoa klaineana Pierre & Engl. Simaroubaceae mP GC sb
Harungana madagascariensis Lam. ex
284 Hypericaceae mp GC nph
Poir.
285 Heinsia crinita (Afzel.) [Link] Rubiaceae mp GC sb
286 Heisteria parvifolia Smith Olacaceae Endozoochorie np GC sb
Helictonema velutinum (Afz.) Pierre ex
287 Celastraceae Lmp GC pi
[Link]é
288 Hevea brasiliensis (Kunth) Mü[Link] Euphorbiaceae Barochorie mp i pi
289 Hilleria latifolia (Lam.) [Link]. Phytolaccaceae np GC pi
Holarrhena floribunda ([Link]) Dur. &
290 Apocynaceae Anémochorie mP GC-SZ sb
Schinz
291 Holoptelea grandis (Hutch.) Mildbr. Ulmaceae mP GC sb
Homalium africanum (Hook.f.) Benth.
292 Salicaceae mp GC nph
(Homalium molle Stapf)
293 Homalium le-testui Pellegr. Salicaceae Endozoochorie mP GC nph
294 Homalium longistylum Mast. Salicaceae MP GC nph
295 Hugonia afzelii [Link]. ex Planch. Linaceae Endozoochorie Lmp GC pi
Hugonia rufipilis [Link]. ex Hutch. &
296 Linaceae Lmp GC pi AA
Dalz.
297 Hunteria eburnea Pichon Apocynaceae Anémochorie mp GCW sb
298 Hunteria simii (Stapf) [Link] Apocynaceae Anémochorie np GCW sb
199
299 Hunteria umbellata (K. Scum.) Hall.f. Apocynaceae Anémochorie mp GC sb
300 Hura crepitans Linn. Euphorbiaceae mp GC pi
301 Hymenostegia afzelii (Oliv.) Harms Fabaceae mp GC b
302 Icacina mannii Oliv. Icacinaceae Endozoochorie Lmp GC ri
303 Indigofera simplicifolia Lam. Fabaceae np GC-SZ pi
304 Iodes liberica Stapf. Icacinaceae Lmp GC ri
305 Ipomoea mauritiana Jacq. Convolvulaceae Hydrochorie Lmp GC-SZ pi
306 Irvingia gabonensis (O' Rorke) Baill. Irvingiaceae MP GC nph EN
307 Isonema smeathmannii Roem. & Schult. Apocynaceae Lmp GCW pi Lr/nt
308 Ixora hiernii [Link] Rubiaceae np GC pi
309 Ixora nimbana Schnell Rubiaceae np GCW pi
310 Jasminum pauciflorum Benth. Oleaceae Lnp GC pi
311 Jaundea pinnata (P. Beauv.) Schellenb. Connaraceae Lmp GC pi
Keayodendron bridelioides (Hutch. &
312 Salicaceae mp GC pi
Dalz.) Léandri
313 Keetia rubens (Hiern) Bridson Rubiaceae LmP GCW nph
314 Klainedoxa gabonensis Pierre Irvingiaceae MP GC nph
Laccosperma secundiflorum ([Link].)
315 Arecaceae LMP GC pi
[Link]
316 Lagenaria breviflora (Benth.) Roberty Cucurbitaceae Lmp GC pi
317 Landolphia hirsuta (Hua) Pich. Apocynaceae LmP GC-SZ pi
Landolphia membranacea (Stapf)
318 Apocynaceae Lmp GCW pi
Pichon
319 Landolphia owariensis [Link]. Apocynaceae LmP GC pi
320 Lannea welwitschii (Hiern) Engl. Anacardiaceae Endozoochorie MP GC pi
321 Leea guineensis [Link] Leeaceae np GC-SZ b
322 Leptactina densiflora Hook.f. Rubiaceae Lnp GC pi
200
323 Leptaspis cochleata Twaites Poaceae np GC pi
324 Leptaspis zeylanica Nees ex Steud. Poaceae Endozoochorie np GC pi
325 Leptaulus daphnoides Benth. Icacinaceae Endozoochorie mp GC sb
326 Leptoderris brachyptera (Benth.) Dunn Fabaceae Lmp GC nph
327 Leptoderris fasciculata (Benth.) Dunn Fabaceae Endozoochorie Lmp GC nph
328 Leptoderris ledermannii Harms Fabaceae Endozoochorie LmP GC nph
Leptoderris miegei Aké Assi &
329 Fabaceae Endozoochorie Lmp GCi nph
Mangenot
330 Leptonychia pubescens Keay Malvaceae mp GC sb
331 Loeseneriella ectypetala [Link]é Celastraceae LmP GC sb
Lomariopsis guineensis (Undrew.)
332 Lomariopsidaceae Hydrochorie G GC sb
Alston
333 Lophira alata Banks ex Gaertn.f. Ochnaceae MP GC pi VU
334 Lovoa trichilioides Harms Meliaceae MP GC sb VU
335 Lygodium microphyllum (Cav.) [Link]. Schizaeaceae Lmp GC sb
336 Lygodium smithianum [Link] ex Kuhn Schizaeaceae Hydrochorie Lmp GC sb
337 Macaranga barteri Mü[Link]. Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC pi
338 Macaranga bellei Prain Euphorbiaceae Endozoochorie Lmp GCi pi VU
Macaranga heterophylla (Mü[Link].)
339 Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC pi
Mü[Link].
340 Macaranga heudelotii Baill. Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC pi
341 Maesobotrya barteri (Baill.) Hutch. Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC sb
342 Maesopsis eminii Engl. Rhamnaceae mP GC pi
343 Majidea fosteri (Sprague) Radlk. Sapindaceae Endozoochorie mP GC sb
344 Mammea africana Sab. Clusiaceae MP GC sb
345 Mangifera indica L. Anacardiaceae Barochorie mp i pi
201
Manilkara obovata (Sabine & [Link])
346 Sapotaceae mP GC sb
[Link].
347 Manniophyton fulvum Mü[Link]. Euphorbiaceae Lmp GC pi
348 Manotes expansa Sol. ex Planch. Connaraceae Endozoochorie Lmp GCW pi
349 Mapania baldwinii Nelmes Cyperaceae H GCW sb
350 Maranthes aubrevillei (Pellegr.) Prance Chrysobalanaceae mP GCW sb
351 Maranthes glabra (Oliv.) Prance Chrysobalanaceae mP GC sb
Marantochloa congensis J.Léonard &
352 Marantaceae np GC sb
Mullend.
Marantochloa leucantha ([Link].)
353 Marantaceae np GC sb
Milne-Redh.
354 Marattia fraxinea Sm. Marattiaceae np GC sb
355 Mareya micrantha (Benth.) Mü[Link]. Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC pi
356 Margaritaria discoidea (Baill.) Webster Euphorbiaceae mp GC-SZ pi
357 Mariscus flabelliformis Kunth Cyperaceae Anémochorie H GC-SZ pi
Maschalocephalus dinklagei Gilg &
358 Rapateaceae H GCW pi
[Link].
Massularia acuminata ([Link]) Bull. ex
359 Rubiaceae Endozoochorie mp GC sb
Hoyle
360 Maytenus sp. Celastraceae Lmp GC sb
Megaphrynium macrostachyum (Benth.)
361 Marantaceae np GC sb
Milne-Redh.
362 Memecylon cinnamonoides [Link] Melastomataceae np GC pi
363 Merremia quinquefolia (L.) Griseb. Convolvulaceae Lmp GC pi
364 Mezoneuron benthamianum Baill. Fabaceae Lmp GC sb
365 Microdesmis keayana J.Léonard Pandaceae Endozoochorie mp GC sb
366 Microsorium punctatum (L.) Copel. Polypodiaceae H GC sb
367 Milicia excelsa (Welw.) Berg Moraceae Endozoochorie MP GC-SZ pi Lr/nt-AA
202
368 Milicia regia ([Link].) Berg Moraceae Anémochorie MP GCW pi VU-AA
369 Millettia lane-poolei Dunn Fabaceae Anémochorie mp GCW nph
370 Millettia rhodantha Baill. Fabaceae mP GCW nph
371 Millettia zechiana Harms Fabaceae mp GC nph
372 Mimosa invisa Mart. ex Corolla Fabaceae Lnp GC-SZ pi
373 Mimosa pudica L. Fabaceae Lnp GC pi
374 Momordica cissoides Benth. Cucurbitaceae Lnp GC pi
375 Monodora myristica (Gaertn.) Dunal Annonaceae Endozoochorie mP GC pi
376 Monodora tenuifolia Benth. Annonaceae Endozoochorie mp GC pi
377 Morinda longiflora [Link] Rubiaceae Lmp GC-SZ pi
378 Morinda lucida Benth. Rubiaceae Endozoochorie mp GC-SZ pi
Morinda morindoides (Bak.) Milne-
379 Rubiaceae Lmp GC nph
Redh.
380 Morus mesozygia Stapf ex [Link]. Moraceae Endozoochorie mP GC nph
381 Musa sapientum Linn. Musaceae Endozoochorie H i pi
382 Musanga cecropioides [Link]. Cecropiaceae Endozoochorie mP GC pi
383 Mussaenda grandiflora Benth. Rubiaceae Lmp GCW pi
384 Myrianthus arboreus [Link]. Cecropiaceae Endozoochorie mp GC pi
385 Myrianthus libericus Rendle Cecropiaceae Endozoochorie mp GC pi
386 Napoleonaea vogelii Hook. & Planch. Lecythidaceae Endozoochorie mp GC sb
Nauclea diderrichii (De Wild & Th.
387 Rubiaceae MP GC pi VU
Dur.) Merr.
388 Nauclea latifolia Sm. Rubiaceae Endozoochorie Lmp GC-SZ pi
389 Nauclea xanthoxylon ([Link].) Aubrév. Rubiaceae mP GC pi AA
390 Nelsonia canescens (Lam.) Spreng. Acanthaceae Ch GC-SZ pi
391 Neostenanthera hamata (Benth.) Exell Annonaceae mp GCW pi VU
392 Nephrolepis biserrata (Sw.) Schott Nephrolepidaceae Epizoochorie H GC pi
203
Nephrolepis undulata (Afzel. ex Sw.)
393 Nephrolepidaceae H GC-SZ pi
[Link]
394 Nephthytis afzelii Schott Araceae Endozoochorie G GC sb
Nesogordonia papaverifera ([Link].)
395 Malvaceae MP GC sb VU
Cap.
Neuropeltis acuminata ([Link].)
396 Convolvulaceae LMP GC pi
Benth.
397 Neuropeltis prevosteoides Mangenot Convolvulaceae Endozoochorie LMP GCW pi
Newbouldia laevis ([Link].) Seem. ex
398 Bignoniaceae mp GC pi
Bureau
399 Nichallea soyauxii (Hiern) Bridson Rubiaceae Lnp GC pi
400 Ochthocosmus africanus Hook.f. Ixonanthaceae Endozoochorie MP GC sb
401 Octolobus spectabilis Welw. Malvaceae mp GC sb
Okoubaka aubrevillei Pellegr. &
402 Santalaceae MP GC sb AA
Normand
403 Olax gambecola Baill. Olacaceae Endozoochorie np GC sb
404 Olyra latifolia L. Poaceae Anémochorie np GC nph
405 Ongokea gore (Hua) Pierre Olacaceae Endozoochorie mP GC nph
406 Oplismenus hirtellus (L.) [Link]. Poaceae anémochorie Ch GC-SZ nph
407 Ormocarpum sennoides (Willd.) DC. Fabaceae np GC pi
408 Oryza barthii [Link]. Poaceae Th SZ pi
409 Ostryocarpus riparius Hook.f. Fabaceae LmP GC pi
410 Ouratea amplectens (Stapf) Engl. Ochnaceae mp GCW sb
411 Ouratea dybovskii (Tiegh.) Aké-Assi Ochnaceae mp GC pi
Oxyanthus racemosus (Schum. &
412 Rubiaceae np GC-SZ pi
Thonn.) Keay
413 Oxyanthus unilocularis Hiern Rubiaceae mp GC sb
414 Pachypodanthium staudtii Engl. & Diels Annonaceae MP GC sb
204
Palisota hirsuta (Thunb.) [Link]. ex
415 Commelinaceae Endozoochorie np GC pi
Engl.
416 Panda oleosa Pierre Pandaceae mP GC sb
417 Pandanus candelabrum [Link]. Pandanaceae Endozoochorie mp GC-SZ w
418 Panicum parvifolium Lam. Poaceae Ch GC-SZ pi
Pararistolochia leonensis (Mast.) Hutch.
419 Aristolochiaceae Lmp GCW pi
& Dalz.
420 Parinari excelsa Sabine Chrysobalanaceae Endozoochorie MP GC pi
421 Parinari glabra Oliv. Chrysobalanaceae MP GC sb
422 Parkia bicolor [Link]. Fabaceae Barochorie MP GC nph
423 Parquetina nigrescens (Afzel.) Bullock Periplocaceae Lmp GC pi
424 Passiflora foetida L. Passifloraceae Endozoochorie Lmp GC pi
425 Paullinia pinnata L. Sapindaceae Endozoochorie Lmp GC-SZ pi
Pavetta corymbosa (DC.) Williams var.
426 Rubiaceae Endozoochorie mp GC-SZ sb
corymbosa
427 Pavetta owariensis [Link]. Rubiaceae Endozoochorie mp GC sb
428 Penianthus patulinervis Hutch. & Dalz. Menispermaceae Endozoochorie np GCW sb
429 Pentaclethra macrophylla Benth. Fabaceae mP GC sb
430 Pentadesma butyracea Sab. Clusiaceae Endozoochorie mP GC-SZ sb
431 Persea americana Mill. Lauraceae Barochorie mp i pi
Petersianthus macrocarpus ([Link].)
432 Lecythidaceae Endozoochorie MP GC pi
Liben
433 Phoenix reclinata Jacq. Arecaceae mP GC-SZ pi
434 Phragmites karka (Retz.) Steud. Poaceae np GC-SZ pi
435 Phyllanthus amarus Schum. & Thonn. Euphorbiaceae np GC pi
Phyllanthus muellerianus ([Link].)
436 Euphorbiaceae Lmp GC pi
Exell
205
Phymatosorus scolopendria (Burm.)
437 Polypodiaceae H GC sb
[Link].
438 Picralima nitida (Stapf) Th. & Hé[Link]. Apocynaceae mp GC sb
439 Piper guineense Schum. & Thonn. Piperaceae Endozoochorie Lmp GC sb
440 Piper umbellatum L. Piperaceae Lmp GC sb
Piptadeniastrum africanum (Hook.f.)
441 Fabaceae Endozoochorie MP GC nph
Brenan
442 Placodiscus attenuatus [Link] Sapindaceae Endozoochorie mp GCW sb EN
Placodiscus bancoensis Aubrév. &
443 Sapindaceae mp GCW sb HG VU
Pellegr.
444 Plagiosiphon emarginatus J.Léonard Fabaceae mp GC sb
445 Platycerium angolense Welw. Ex Hook Polypodiaceae H GC sb
446 Platycerium stemaria ([Link].) Desv. Polypodiaceae H GC sb
447 Pleiocarpa mutica Benth. Apocynaceae mp GC sb
448 Pleioceras barteri Baill. Apocynaceae mp GC sb
Pleiocoryne fernandense (Hiern)
449 Rubiaceae Lmp GC sb
Rauschert
450 Polyalthia oliveri Engl. Annonaceae mp GC sb
451 Polyspatha paniculata Benth. Commelinaceae np GC sb
452 Polystachya tessellata Lindl. Orchidaceae Ch GC sb
Pseuderanthemum tunicatum (Afzel)
453 Acanthaceae np GC sb
Milne-Redh.
454 Psidium guajava L. Myrtaceae Endozoochorie mp i pi
455 Psydrax subcordata (DC.) Bridson Rubiaceae mP GC pi
456 Pteleopsis hylodendron Mildbr. Combretaceae mP GC sb AA
457 Pteridium aquilinum (L.) Kuhn Dennstaedtiaceae Hydrochorie G GC sb
458 Pteris atrovirens Willd. Pteridaceae Hydrochorie H GC sb
459 Pteris burtonii Baker Pteridaceae H GC sb
206
460 Pteris hamulosa [Link]. Pteridaceae H GC sb
461 Pteris mildbraedii Hieron. Pteridaceae Hydrochorie H GC sb
462 Pterygota bequaertii De Wild. Malvaceae MP GC sb AA
463 Ptychopetalum anceps Oliv. Olacaceae np GC pi
464 Pueraria phaseoloides (Rox.) Benth. Fabaceae mp GC pi
465 Pycnanthus angolensis (Welw.) Warb. Myristicaceae Endozoochorie mP GC nph
466 Pycnanthus dinklagei Warb. Myristicaceae mP GCW nph HG
467 Pyrenacantha acuminata Engl. Icacinaceae Lmp GC pi
468 Pyrenacantha vogeliana Baill. Icacinaceae Endozoochorie Lmp GC pi
469 Raphia hookeri Mann & Wendl. Arecaceae mp GC w
470 Raphia palma-pinus (Gaertn.) Hutch. Arecaceae Barochorie np GC w HG AA
471 Rauvolfia vomitoria Afzel. Apocynaceae Endozoochorie mp GC-SZ pi
472 Rhaphidophora africana [Link]. Araceae LmP GC sb
473 Rhaphiostylis beninensis Planch. Icacinaceae Lmp GC pi
474 Rhaphiostylis cordifolia Hutch. & Dalz. Icacinaceae Lmp GCW pi
475 Rhaphiostylis ferruginea Engl. Icacinaceae Lmp GC pi
476 Rhaphiostylis preussii Engl. Icacinaceae Lmp GC pi
477 Rhigiocarya racemifera Miers Menispermaceae Lmp GC pi
478 Rhizophora racemosa [Link]. Rhizophoraceae mP GC w
479 Rhynchosia pycnostachya (DC.) Meikle Fabaceae Lmp GC pi
Ricinodendron heudelotii (Baill.) Pierre
480 Euphorbiaceae Barochorie mP GC pi
ex Heckel
481 Rinorea breviracemosa Chipp. Violaceae Endozoochorie np GC sb
Rinorea ilicifolia (Welw. ex Oliv.)
482 Violaceae Endozoochorie np GC sb
[Link]
483 Rinorea longicuspis Engl. Violaceae mp GC sb
207
Rinorea oblongifolia ([Link])
484 Violaceae Endozoochorie mp GC sb
Chipp
Rinorea subintegrifolia ([Link].)
485 Violaceae Endozoochorie np GC sb
[Link]
486 Ritchiea capparoides (Andr.) Britten Capparidaceae Endozoochorie Lmp GC pi
487 Rothmannia hispida ([Link].) Fagerl. Rubiaceae mp GC pi
488 Rothmannia whitfieldii (Lindl.) Dandy Rubiaceae mp GC pi
489 Rourea minor (Gaertn.) Alst. Connaraceae LMP GC-SZ pi
Ruthalicia eglandulosa (Hook.f.)
490 Cucurbitaceae Lmp GC pi
[Link]
491 Rutidea dupuisii De Wild. Rubiaceae Lmp GC pi
492 Rutidea membranacea Hiern Rubiaceae Lmp GC pi
493 Rytigynia canthioides (Benth.) Robyns Rubiaceae Lmp GC pi
494 Sabicea calycina Benth. Rubiaceae Endozoochorie Lnp GC pi
495 Sabicea discolor Stapf Rubiaceae Endozoochorie Lmp GCW pi
496 Sabicea rosea Hoyle Rubiaceae Lmp GC pi
497 Sabicea venosa Benth. Rubiaceae Endozoochorie Lmp GC pi
498 Sacoglottis gabonensis (Baill.) Urban Humiriaceae Endozoochorie mP GC w
499 Salacia debilis ([Link]) Walp. Celastraceae Lmp GC pi
500 Salacia ituriensis Loes. Celastraceae Lmp GC pi
501 Salacia owabiensis Hoyle Celastraceae Endozoochorie Lmp GC pi
502 Salacia pallescens Oliv. Celastraceae np GC pi
503 Salacia whytei Loes. Celastraceae Lmp GC pi
504 Salacia zenkeri Loes. Celastraceae Lmp GC pi
505 Salacighia letestuana (Pellegr.) Blakel. Celastraceae LmP GC pi
506 Samanea dinklagei (Harms) Keay Fabaceae mP GCW sb
507 Sanseviera liberica Gérôme & Labroy Dracaenaceae G GC-SZ sb
208
Santaloides afzelii (R. Br. Ex Planch)
508 Burseraceae LMP GC-SZ pi
Schellenb
Sarcophrynium brachystachyum (Benth.)
509 Marantaceae Endozoochorie np GC sb
[Link].
510 Schrebera arborea [Link]. Oleaceae mP GC sb
511 Scleria boivinii Steud. Cyperaceae mp GC pi
512 Scottellia chevalieri Chipp Salicaceae MP GC sb
513 Scottellia klaineana Pierre var. klaineana Salicaceae Endozoochorie MP GC sb
514 Secamone afzelii (Schult.) [Link]. Apocynaceae Anémochorie Lmp GC pi
515 Selaginella myosurus (Sw.) Alston Selaginellaceae Lnp GC sb
516 Sida acuta Burm.f. Malvaceae Anémochorie np GC pi
Smeathmannia pubescens Soland. ex
517 Passifloraceae Endozoochorie mp GC sb
[Link].
518 Smilax anceps Willd. Smilacaceae Endozoochorie Lmp GC-SZ sb
519 Solanum erianthum [Link] Solanaceae mp GC pi
520 Solanum torvum Sw. Solanaceae np GC pi
521 Soyauxia grandifolia Gilg & Stapf Medusandraceae mP GCW sb
Spathandra blakeoides ([Link]) Jacq.-
522 Melastomataceae mp GC sb HG
Fél.
523 Sphenocentrum jollyanum Pierre Menispermaceae Endozoochorie np GC pi
Spiropetalum reynoldsii (Stapf)
524 Connaraceae Lmp GC pi
Schellenb
525 Spondianthus preussii Engl. Euphorbiaceae mP GC sb
526 Spondias mombin L. Anacardiaceae mp GC-SZ pi
527 Sporobolus pyramidalis [Link]. Poaceae H GC-SZ pi
528 Sterculia oblonga Mast. Malvaceae MP GC sb
529 Sterculia rhinopetala [Link]. Malvaceae MP GC sb
530 Sterculia tragacantha Lindl. Malvaceae MP GC sb
209
Stereospermum acuminatissimum
531 Bignoniaceae MP GC sb
[Link].
532 Strephonema pseudo-cola [Link]. Combretaceae mP GCW pi HG
533 Streptogyna crinita [Link]. Poaceae Epizoochorie G GC sb
Strombosia pustulata Oliv. var. lucida
534 Olacaceae Endozoochorie mP GC sb
(J.Léonard) Villiers
Strombosia pustulata Oliv. var.
535 Olacaceae Endozoochorie mP GC sb
pustulata
Strophanthus gratus (Wall. & Hook.)
536 Apocynaceae LmP GC nph
Baill.
537 Strophanthus hispidus DC. Apocynaceae Lmp GC-SZ nph
538 Strophanthus sarmentosus DC. Apocynaceae LmP GC-SZ nph
539 Strychnos aculeata Solered. Loganiaceae LMP GC pi
540 Strychnos afzelii Gilg Loganiaceae Endozoochorie LMP GC pi
541 Strychnos camptoneura Gilg & Busse Loganiaceae LMP GC pi
Strychnos congolana Gilg (Strychnos
542 Loganiaceae LmP GC pi
djalonensis [Link].)
543 Strychnos densiflora Baill. Loganiaceae LmP GC pi
544 Strychnos malacoclados [Link] Loganiaceae LmP GC pi
545 Strychnos usambarensis Gilg Loganiaceae LmP GC pi
Suregada ivorensis (Aubrév. & Pellegr.)
546 Euphorbiaceae mp GCW sb HG
J.Léonard
547 Symphonia globulifera L.f. Clusiaceae mP GC sb
548 Synedrella nodiflora Gaertn. Asteraceae Th GC pi
549 Synsepalum brevipes (Bak.) Pennington Sapotaceae mp GC nph
550 Syzygium guineense (Willd.) DC. Myrtaceae mp GC-SZ pi AA
551 Syzygium owariense ([Link].) Benth. Myrtaceae mP GC pi
552 Syzygium rowlandii Sprague Myrtaceae mP GC pi
210
553 Tabernaemontana africana Hook. Apocynaceae mp GC sb
554 Tabernaemontana crassa Benth. Apocynaceae Barochorie mp GC sb
Tabernaemontana glandulosa (Stapf)
555 Apocynaceae Lmp GC sb
Pichon
556 Tacazzea apiculata Oliv. Apocynaceae Lmp GC-SZ pi
557 Talinum triangulare (Jacq.) Willd. Portulacaceae np GC pi
558 Tarenna fusco-flava ([Link].) [Link]é Rubiaceae Endozoochorie Lmp GC pi
559 Tarrietia utilis (Sprague) Sprague Malvaceae Endozoochorie MP GCW nph HG VU
560 Terminalia ivorensis [Link]. Combretaceae MP GC pi VU
561 Terminalia superba Engl. & Diels Combretaceae MP GC pi
562 Tetracera affinis Hutch. Dilleniaceae Lmp GCW pi
563 Tetracera alnifolia Willd. Dilleniaceae Endozoochorie Lmp GC-SZ pi HG
564 Tetracera potatoria Afzel. ex [Link] Dilleniaceae LmP GC pi
Tetrapleura tetraptera (Schum. &
565 Fabaceae Endozoochorie mP GC nph
Thonn.) Taub.
Tetrorchidium didymostemon (Baill) Pax
566 Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC pi
& Hoffm.
567 Thalia geniculata L. Marantaceae np GC sb
Thaumatococcus daniellii (Bennet)
568 Marantaceae Endozoochorie G GC sb
Benth.
569 Theobroma cacao L. Malvaceae Endozoochorie mp i sb
570 Thonningia sanguinea Vahl Balanophoraceae Endozoochorie G GC pi
571 Tieghemella heckelii Pierre ex [Link]. Sapotaceae MP GC sb EN
572 Tiliacora dinklagei Engl. Menispermaceae Endozoochorie Lmp GCW pi
573 Tiliacora leonensis ([Link]) Diels Menispermaceae Endozoochorie Lmp GCW pi
574 Tiliacora louisii Troupin Menispermaceae Lmp GC pi
575 Tragia benthamii Bak. Euphorbiaceae Lnp GC pi
211
576 Treculia africana Desc. Moraceae Endozoochorie mP GC sb
577 Tricalysia coriacea (Benth.) Hiern Rubiaceae mp GC sb
578 Trichilia heudelotii Planch. ex Oliv. Meliaceae MP GC sb
579 Trichilia martineaui Aubrév. & Pellegr. Meliaceae Endozoochorie MP GC sb
Trichilia monadelpha (Thonn.) [Link]
580 Meliaceae Endozoochorie mp GC sb
Wild.
581 Trichilia prieureana [Link]. Meliaceae Endozoochorie mp GC sb
582 Trichilia tessmannii Harms Meliaceae mP GC sb
583 Triclisia macrophylla Oliv. Menispermaceae Lmp GC pi
584 Triclisia patens Oliv. Menispermaceae Endozoochorie Lmp GCW pi HG
585 Triclisia subcordata Oliv. Menispermaceae Lmp GC-SZ pi
586 Trilepisium madagascariense DC. Moraceae mP GC sb
587 Tristemma coronatum Benth. Melastomataceae np GCW pi
588 Tristemma hirtum [Link]. Melastomataceae np GC pi
Turraeanthus africanus (Welw. ex
589 Meliaceae mP GC sb VU
[Link].) Pellegr.
590 Tylophora sylvatica Decne. Apocynaceae Lmp GC pi
Uapaca esculenta A. Chev. ex Aubrév.
591 Euphorbiaceae Endozoochorie mP GC sb
& Léandri
592 Uapaca guineensis Mü[Link]. Euphorbiaceae Endozoochorie mP GC sb
593 Uapaca heudelotii Baill. Euphorbiaceae Endozoochorie mp GC-SZ sb
594 Uapaca paludosa Aubrév. & Léandri Euphorbiaceae Endozoochorie mP GC sb
595 Uncaria africana [Link] Rubiaceae LmP GC pi
596 Urena lobata L. Malvaceae np GC-SZ pi
597 Urera keayi Letouzey Urticaceae Lnp GC pi
598 Urera oblongifolia Benth. Urticaceae Lmp GCW nph
599 Usteria guineensis Willd. Loganiaceae LmP GC-SZ pi
212
600 Uvaria baumannii Engl. & Diels Annonaceae Lmp GC pi
Vangueriopsis spinosa (Schumach. &
601 Rubiaceae mp GC sb
Thonn.) Hepper
602 Vanilla crenulata Rolfe Orchidaceae Lmp GC sb
603 Ventilago africana Exell Rhamnaceae LMP GC sb
604 Vernonia colorata (Willd.) Drake Asteraceae Endozoochorie mp GC-SZ pi
605 Vigna ambacensis Bak. Fabaceae Lmp GC-SZ pi
606 Vismia guineensis (L.) Choisy Hypericaceae Endozoochorie mp GC pi
607 Vitex grandifolia Gürke Lamiaceae mp GC sb
608 Vitex micrantha Gürke Lamiaceae mp GCW sb
609 Xylia evansii Hutch. Fabaceae mP GCW sb
610 Xylopia acutiflora (Dun.) [Link]. Annonaceae Lmp GC sb
611 Xylopia aethiopica (Dun.) [Link]. Annonaceae Endozoochorie mP GC-SZ sb
612 Xylopia parviflora ([Link].) Benth. Annonaceae mp GC-SZ sb
613 Xylopia quintasii Engl. & Diels Annonaceae Endozoochorie mP GC sb
614 Xylopia rubescens Oliv. Annonaceae Endozoochorie mP GC sb
615 Xylopia staudtii Engl. & Diels Annonaceae mP GC sb
616 Xylopia villosa Chipp Annonaceae mP GC sb HG
617 Zanthoxylum gilettii (Engl.) Waterman Rutaceae mP GC pi
618 Zanthoxylum leprieurii Guill. & Perr. Rutaceae Endozoochorie mp GC-SZ pi
Zanthoxylum mezoneurospinosum (L.)
619 Rutaceae Endozoochorie mp GC pi HG AA
Aké Assi
620 Zanthoxylum rubescens Hook.f. Rutaceae Endozoochorie Lmp GC pi
Zeuxine occidentalis (Summerh.)
621 Orchidaceae Ch GC sb
Geerinck
622 Zingiber officinale Rosc. Costaceae H GC sb
213
Résumé
Le parc National d'Azagny appartient à la Région phytogéographique de Haute Guinée. Une
étude portant sur la dynamique post-culturale de la végétation a été menée dans ce parc situé au
Sud de la Côte d’Ivoire. À cet effet, différents types de vieilles jachères de divers précédents
culturaux et âges d’abandon ont été comparés aux forêts. La première étape de cette étude a
consisté à analyser la dynamique d’occupation du sol à partir de trois images satellitaires de
type Landsat 4 TM 1987, Landsat 7 ETM+ 2002 et Landsat 7 ETM+ 2012. De manière
générale, les forêts ont connu une augmentation de leur superficie passant de 2993 ha en 1987
à 5526,7 ha en 2012. Les vieilles jachères ou espaces anciennement cultivés ont connu une
régression de leur superficie qui est passée de 5813,2 ha en 1986 à 4322,6 ha en 2000. La
seconde étape a porté sur une analyse botanique qui a consisté en un inventaire de relevé de
surface couplé à un relevé itinérant. Cette étape avait pour objectif de déterminer la diversité
végétale et le niveau de reconstitution des espaces anciennement cultivés du PNA. Les résultats
montrent que la flore du PNA est riche de 620 espèces reparties entre 392 genres et 113 familles.
Les types biologiques sont dominés à plus de 70 p.c par les phanérophytes et les types
morphologiques sont dominés à plus de 50 p.c par les espèces arborescentes dans tous les
espaces du PNA. L’endozoochorie est le mode de dissémination majoritaire avec plus de 75 p.c
des espèces inventoriées quel que soit le type d’espace. Le spectre phytogéographique est
marqué par une forte dominance des espèces Guinéo-Congolaises, soit plus de 70 p.c des
espèces recensées. Les paramètres de structure, l’indice pionnier et la biomasse varient d’un
espace à un autre. Le fort niveau d’endémisme et de rareté et les nombreux services
écosystémiques fournis par le PNA indiquent que celui-ci a une grande valeur de conservation
qui égale celle de nombreuses forêts tropicales.
Mots clés : vieilles jachères, dynamique, dissémination, valeur de conservation, zone de forêt
dense humid, Parc National d’Azagny, Côte d’Ivoire.
Abstract:
The Azagny National Park belongs to the phytogeographic region of Upper Guinea. A study of
post- crop vegetation dynamics was conducted in this park in southern Côte d'[Link] this
end, differents types of old fallows resulting of various crops and abandonment ages were
compared with forest. The first step of this study was to analyze the dynamics of land use from
three satellite images from Landsat 4 TM 1987, Landsat 7 ETM + 2002 and Landsat 7 ETM +
2012 type. Generally, forests have experienced an increase of their area from 2993 ha in 1987
to 5526,7 ha in 2012. Old fallows or anciently cultivated areas have experienced a regression
of their area that is passed to 5813,2 ha in 1986 to 4322,6 ha in 2000. The second phase focused
on a botanical analysis which consisted of a plot survey coupled with an itinerant survey. This
step was aimed to determine plant diversity and the level of recovery of the anciently cultivated
areas of the ANP. The results show that the ANP flora is rich of 620 species distributed between
392 genera and 113 families. The biological types are dominated at more than 70 p.c by the
phanerophyts and morphological types are dominated more than 50 p.c by tree species in all
spaces of the ANP. The endozoochory is the majority mode of dissemination with more than
75 p.c of species inventoried regardless of the type of space. The phytogeographic spectrum is
marked by a strong dominance of species Guineo-Congolese, more than 70 p.c of the identified
species. The structural parameters, the pioneer index and biomass vary from a space to another.
The high level of endemism and rarity and many ecosystem services provided by ANP indicates
that it has a high conservation value that equals that of many tropical forests.
Keywords: Old fallows, dynamic, dissemination, conservation value, rain forest area, Azagny
National Park, Côte d’Ivoire.