Contamination Croisée
Contamination Croisée
DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN
LABORATORY LABORATOIRE
BIOSAFETY MANUAL – FOURTH EDITION
QUATRIÈME ÉDITION
ET
MONOGRAPHIES ASSOCIÉES
DÉCONTAMINATION ET
GESTION DES DÉCHETS
II LABORATORY BIOSAFETY MANUAL – FOURTH EDITION
MANUEL DE SÉCURITÉ BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
QUATRIÈME ÉDITION
ET
MONOGRAPHIES ASSOCIÉES
DÉCONTAMINATION ET
GESTION DES DÉCHETS
Décontamination et gestion des déchets [Decontamination and waste management]
(Manuel de sécurité biologique en laboratoire, quatrième édition et monographies associées/
Laboratory biosafety manual, fourth edition and associated monographs)
ISBN 978-92-4-005946-7 (version électronique)
ISBN 978-92-4-005947-4 (version imprimée)
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iii
Sommaire
Remerciementsiv
Glossaire terminologiquevi
Résumé analytiquex
SECTION 1 Introduction1
2.5 Stérilisation21
Références bibliographiques42
Informations complémentaires46
iv DÉCONTAMINATION ET GESTION DES DÉCHETS
Remerciements
Coordonnateur principal
Contributeurs scientifiques
M. Allan Bennett (Chef d’équipe), Public Health England (WHO Collaborating Centre
for Applied Biosafety and Training), Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du
Nord
Dr Paul Meechan, Centers for Disease Control and Prevention (Centre collaborateur
de l’OMS pour la sécurité et la sûreté biologiques), États-Unis d’Amérique
Mme Heather Sheeley, Public Health England (Centre collaborateur de l’OMS pour la
sécurité biologique appliquée et la formation), Royaume-Uni de Grande-Bretagne et
d’Irlande du Nord
Gestion de projet
Examinateurs
Dr David Holmes, Centers for Disease Control and Prevention (Centre collaborateur de
l’OMS pour la sécurité et la sûreté biologiques), États-Unis d’Amérique
Révision technique
Aide financière
Glossaire terminologique
Agent biologique : Un micro-organisme, une toxine biologique, une protéine (prions)
ou un endoparasite humain, d’origine naturelle ou génétiquement modifié, qui peut
potentiellement provoquer une infection, une allergie, une toxicité ou présenter un
danger pour la santé humaine.
Agent pathogène : Agent biologique pouvant provoquer des maladies chez les
humains, les animaux ou les plantes.
Désinfectants : Produits capables d’éliminer les agents biologiques viables sur les
surfaces ou dans les déchets liquides. Ceux-ci ont une efficacité variable selon les
propriétés du produit chimique, sa concentration, sa durée de conservation et la durée
de contact avec le produit.
Endospore : Cellule formée par certaines bactéries à gram positif quand les conditions
sont défavorables à leur croissance. L’endospore est extrêmement résistante à la
chaleur et à d’autres agents nocifs.
Fumigant : Produit chimique désinfectant utilisé pour la fumigation lorsqu’il est à l’état
gazeux.
Récipient sous pression : Équipement conçu et construit pour contenir des liquides
sous pression, comme un autoclave, ou un automate pour préparation de milieux de
culture.
Savon : Composé de nettoyage soluble dans l’eau utilisé pour nettoyer la peau et
d’autres matériaux. Attention, le savon n’inactive pas nécessairement les agents
biologiques.
Stérilisation : Procédé qui tue et/ou élimine tous les agents biologiques, y compris les
spores.
GLOSSAIRE TERMINOLOGIQUE ix
Temps de réduction décimale, valeur D ou valeur D10 : Le temps requis pour inactiver
90 % des cellules présentes sur une surface ou un objet, ou pour réduire la population
d’un agent biologique au dixième de sa valeur initiale dans les mêmes conditions, soit
une réduction d’un logarithme.
Vapeur saturée : Vapeur d’eau dont la phase gazeuse est en état d’équilibre avec sa
phase liquide, utilisée pour la stérilisation à la vapeur.
Résumé analytique
La désinfection, la stérilisation et la gestion des déchets sont essentielles pour une
manipulation sûre des agents biologiques. Il est donc important de comprendre les
mécanismes fondamentaux des différentes méthodes à cet effet pouvant être utilisées
dans un laboratoire. Les exigences spécifiques de décontamination dépendent de
la nature des agents biologiques manipulés. La présente monographie décrit les
méthodes de gestion et d’élimination finale des déchets de laboratoire considérés
comme présentant un danger biologique. Ces informations peuvent servir à
développer des procédures normalisées et plus spécifiques pour la décontamination
et la gestion des déchets dans un laboratoire particulier. Le lectorat visé pour cette
monographie comprend le personnel chargé de l’évaluation des risques, comme
les directeurs de laboratoire ou les délégués à la sécurité biologique, ainsi que le
personnel de laboratoire et les scientifiques qui décontaminent les articles et les
travailleurs qui manipulent les déchets de laboratoire.
SECTION 1 Introduction
INTRODUCTION
SECTION
1
La présente monographie accompagne et soutient les informations sur la
décontamination et la gestion des déchets énoncées dans la quatrième édition du
Manuel de sécurité biologique en laboratoire de l’OMS (document de base). Elle
contient des informations sur le nettoyage, la désinfection chimique, gazeuse et
thermique, la stérilisation, les indicateurs chimiques et biologiques, la gestion des
déchets et l’inactivation des échantillons biologiques.
Il est important que tout laboratoire très fréquenté dispose d’une zone dédiée
pour conserver brièvement et en toute sécurité les déchets contenant des agents
biologiques avant qu’ils ne soient promptement traités et éliminés. Dans l’idéal, cette
zone doit être distincte de la zone de travail/d’analyse du laboratoire et éloignée des
zones où sont stockés et traités des articles propres et stériles. Pour plus d’informations
sur la conception d’un laboratoire, se reporter à la monographie Conception et
maintenance des laboratoires (3).
MÉTHODES DE
SECTION
2 DÉCONTAMINATION
Selon le niveau de décontamination à atteindre, des procédés comme le nettoyage, la
désinfection ou la stérilisation peuvent être utilisés (Figure 2.1). Le choix et l’utilisation
d’une méthode de décontamination, qu’elle soit chimique ou physique, dépendent de
l’application : la décontamination des déchets, des surfaces, des dispositifs médicaux
ou des échantillons peut être réalisée avec des procédés de décontamination comme
l’exposition à la vapeur ou le traitement chimique. Les avantages et les inconvénients
des différentes méthodes doivent être pris en compte afin de sélectionner le procédé le
mieux adapté.
CATÉGORIES DE DÉCONTAMINATION
CHIMIQUE PHYSIQUE
n faible toxicité,
n être compatible avec tous les matériaux (p. ex. non corrosif),
n être stable, et
2.1.1 Nettoyage
D’une manière générale, le nettoyage consiste à éliminer toute matière présente sur
un article et ne faisant pas partie de l’article à proprement dit. Dans le contexte de la
sécurité biologique en laboratoire, le nettoyage a deux fonctions : i) il peut éliminer
d’un article toute saleté et matière organique susceptibles d’inactiver les produits
chimiques désinfectants ou d’empêcher leur entrée en contact avec les agents
biologiques à l’intérieur de l’article, et ii) il peut éliminer une grande proportion des
agents biologiques présents, ce qui favorise l’efficacité de la désinfection chimique
ultérieure visant à réduire le niveau de risque.
Le nettoyage ne doit pas être utilisé à lui seul comme procédé de décontamination.
La nécessité d’une étape de nettoyage avant la désinfection chimique est subjective :
si un article semble visiblement propre, il n’est pas obligatoire de le nettoyer avant
l’étape chimique. Cela est plus difficile quand certaines zones ne sont pas visibles,
par exemple l’intérieur d’un tube opaque ou caché. Dans ces cas, il est important
d’effectuer une évaluation des risques portant sur la nécessité du nettoyage avant la
désinfection.
Bien que le port de gants appropriés offre à l’utilisateur un degré élevé de protection,
ceux-ci ne protègent pas complètement et il faut se laver les mains après leur retrait.
En outre, les gants peuvent développer des trous parfois si petits que le porteur ne
les remarque pas. Une contamination liquide est susceptible de pénétrer les gants
à travers ces trous par capillarité et se répandre sur la peau du porteur. Même en
observant une excellente technique de retrait des gants, comme celle décrite dans la
monographie Équipements de protection individuelle (5), les mains peuvent devenir
contaminées pendant la procédure. Le protocole d’hygiène des mains doit donc être
suivi après le retrait des gants. Si des gants n’ont pas été utilisés, il est essentiel de se
laver les mains après les travaux de laboratoire ou la manipulation d’animaux. Si les
mains sont contaminées par des agents biologiques dans le laboratoire, il s’agit d’une
contamination de la surface cutanée qui est facilement éliminée en se lavant les mains
ou inactivée à l’aide de désinfectants antimicrobiens.
6 DÉCONTAMINATION ET GESTION DES DÉCHETS
Un lavage des mains rapide (environ 20 secondes), mais approfondi avec du savon
et de l’eau courante élimine efficacement la contamination acquise en laboratoire.
Une technique de lavage des mains efficace est illustrée à la Figure 2.2. L’utilisation de
savons antimicrobiens ne présente aucun avantage, le but étant simplement d’éliminer
les agents biologiques plutôt que de les désactiver ou les détruire. Les mains doivent
être lavées à l’eau courante ; il faut donc utiliser un robinet qui mélange l’eau chaude
et froide pour obtenir une température confortable. Dans cette optique, il est utile
de disposer d’un mécanisme mains libres (interrupteur à commande infrarouge ou
robinet actionné par le pied, le genou ou le coude). Si les robinets doivent être ouverts
et fermés à la main, une serviette en papier propre doit être utilisée pour ce faire. Les
mains doivent être séchées avec des serviettes en papier à usage unique, qui doivent
ensuite être mises au rebut comme il se doit dans une poubelle désignée.
Solution hydroalcoolique
1 2 3
Appliquer du savon sur une main Mouiller l’autre main à l’aide Se frotter les mains paumes
d’un robinet mains libres l’une contre l’autre
4 5 6
7 8 9
10 11 12
Fermer le robinet mains libres Sécher soigneusement les mains à Les mains sont propres
l’aide d’un essuie-mains à usage
unique
Désinfectants chimiques
Composés chlorés
Les hypochlorites sont des désinfectants à base de chlore, mais le composant actif
est l’oxygène faiblement lié au chlore ; cet oxygène est facilement perdu et devient
alors disponible pour oxyder d’autres composés. Ces produits sont des solutions qui
contiennent une variété de composants en équilibre, mais les espèces chimiques les
plus actives sont habituellement l’hypochlorite de sodium (NaOCl), l’ion hypochloreux
(OCl–) et l’acide hypochloreux (HOCl). La capacité oxydante des solutions
d’hypochlorite est exprimée soit en pourcentage de chlore disponible, soit en parties
par million (ppm) de chlore disponible. (Il s’agit d’un abus de langage de longue date
et se réfère en réalité à l’oxygène lié au chlore).
Les hypochlorites sont inactivés par les matières organiques. Même à des niveaux
de contamination apparemment faibles (« conditions propres »), des concentrations
élevées sont nécessaires, et la concentration requise augmente à mesure que la
quantité de contamination par une matière organique augmente (« conditions sales ») ;
consulter le Tableau 2.2.
Le dichloroisocyanurate de sodium (NaDCC) est un solide très stable lorsqu’il est stocké
à l’état sec, même à des températures élevées. Il contient 60 % de chlore disponible et
forme un équilibre qui contient les espèces chimiques actives des hypochlorites. Une
fois en solution, il est aussi instable que les autres formes d’hypochlorite liquide. Le
dichloroisocyanurate de sodium est disponible sous diverses formes de comprimés qui
produisent une concentration spécifique de chlore disponible lorsqu’ils sont dissous
dans des volumes d’eau spécifiés.
Des calculs similaires peuvent être effectués avec la chloramine, qui contient environ
25 % de chlore disponible. On pense que les chloramines sont plus résistantes à
l’inactivation par les matières organiques que les autres sources d’hypochlorite (11).
Les hypochlorites peuvent gravement corroder les métaux et entrainer une irritation
de la peau et des muqueuses en cas d’exposition. Leur utilisation doit être évitée
sur les métaux, à moins qu’un fabricant n’ait déclaré que les métaux utilisés dans
leur appareil sont compatibles avec la concentration d’hypochlorite utilisée ou que
l’apparition de corrosion n’est pas un souci (p. ex., un article en cours de désinfection
avant son élimination).
L’hypochlorite est relativement peu coûteux et agit contre la plupart des espèces, y
compris les spores et les prions (12,13). La concentration efficace et la durée de contact
dépendent de l’agent biologique ciblé, avec des concentrations accrues requises pour
les spores et les prions. Les solutions d’hypochlorite de sodium sont fréquemment
stabilisées dans une solution alcaline pour prolonger leur durée de conservation, et
ajustées à un pH 7 en vue de leur utilisation (14) pour les espèces résistantes, comme
les spores de Bacille anthracis (15).
D’autres facteurs tels que la dureté de l’eau de dilution, les matières inorganiques (p.
ex., les sels) ou la présence de certains détergents peuvent également compromettre
l’efficacité de certains désinfectants (comme les composés d’ammonium quaternaire).
Compte tenu de ces facteurs divers et parfois difficiles à maîtriser, l’assurance qualité
de la désinfection chimique n’est généralement pas élevée. La désinfection chimique
ne doit être mise en œuvre qu’en l’absence d’un meilleur moyen de décontamination
(comme l’autoclavage).
De nombreux désinfectants chimiques peuvent être nocifs pour les humains et/ou
l’environnement ; il faut donc les choisir, les stocker, les manipuler, les utiliser et les
éliminer avec le plus grand soin, en respectant les instructions du fabricant.
Lors du choix d’un désinfectant, les caractéristiques de ses principes actifs sont
prédictives de son activité probable. S’il s’agit d’un produit de marque, l’utilisateur
doit en déterminer le ou les composants actifs. Cela peut parfois être difficile, car
les noms de marque peuvent couvrir une gamme de produits différents, chacun
présentant différents composants à des concentrations qui varient. L’utilisateur doit
savoir exactement ce que le produit contient pour être certain qu’il assurera l’efficacité
requise par l’évaluation des risques.
Comme il est précisé dans la sous-section 2.2.2, Facteurs pouvant influer sur l’efficacité
des désinfectants, les solutions diluées d’hypochlorite ont une durée de conservation
limitée d’environ un jour, en fonction de leur exposition à la chaleur et/ou à la lumière
du soleil. L’hypochlorite est un oxydant non spécifique et si de grandes quantités
d’autres composés organiques sont présentes dans la solution à désinfecter, plus
d’hypochlorite sera nécessaire.
que le dioxyde de chlore est utilisé à des concentrations plus faibles, il est aussi plus
facilement inactivé par les matières organiques.
Phénols
Les désinfectants à base de phénol sont encore utilisés comme produits tuberculocides
pour détruire les mycobactéries. En effet, leurs molécules lipophiles sont efficacement
piégées par les phospholipides présents en grand nombre sur la membrane cellulaire
des mycobactéries, permettant ainsi leur élimination.
Peroxydes
Aldéhydes
irritants pour les voies respiratoires et moins toxiques que les composés phénoliques.
Leur efficacité est cependant affectée par des niveaux élevés de matières organiques
et par les surfaces susceptibles de lier le désinfectant, comme les matières textiles.
Ces composés ont une activité contre les bactéries sous forme non sporulée et les virus
enveloppés (contenant des lipides). Ils sont efficaces contre une gamme plus limitée
d’agents biologiques que les hypochlorites ou les composés phénoliques, et ont une
efficacité réduite contre les virus non enveloppés, la plupart des espèces du genre
Mycobacterium et les spores. Cependant, dans le cadre d’une utilisation prolongée
dans des solutions contenant principalement des virus enveloppés, ces composés
peuvent être le meilleur désinfectant à utiliser.
Ils sont non corrosifs, mais coûtent plus cher que l’hypochlorite de sodium. Si
l’utilisation en laboratoire est envisagée, l’évaluation des risques doit prendre en
compte le potentiel d’inactivation ainsi que la gamme d’agents biologiques contre
lesquels ils sont censés agir.
Alcools
D’autres facteurs tels que la dureté de l’eau de dilution, les matières inorganiques (p.
ex., les sels) ou la présence de certains détergents peuvent également compromettre
l’efficacité de certains désinfectants (comme les composés d’ammonium quaternaire).
Compte tenu de ces facteurs divers et parfois difficiles à maîtriser, l’assurance qualité
de la désinfection chimique laisse souvent à désirer. La désinfection chimique ne
doit être mise en œuvre que lorsqu’il est impossible d’utiliser un meilleur moyen de
décontamination (comme l’autoclavage).
14 DÉCONTAMINATION ET GESTION DES DÉCHETS
De nombreux désinfectants chimiques peuvent être nocifs pour les humains et/ou
l’environnement ; il faut donc les choisir, les stocker, les manipuler, les utiliser et les
éliminer avec le plus grand soin, en respectant les instructions du fabricant.
Lors du choix d’un désinfectant, les caractéristiques de ses principes actifs sont prédictives
de son activité probable. S’il s’agit d’un produit de marque, l’utilisateur doit en déterminer
le ou les composants actifs. Cela peut parfois être difficile, car les noms de marque
peuvent couvrir une gamme de produits différents, chacun présentant différents
composants à des concentrations qui varient. L’utilisateur doit savoir exactement ce que le
produit contient pour être certain qu’il aura l’efficacité requise par l’évaluation des risques.
FACTEUR EXPLICATION
Concentration Comme pour l’hypochlorite de sodium, la quantité de composé actif disponible dans un désinfectant
est critique ; si celle-ci est trop faible, la décontamination n’est pas obtenue.
Matières Les désinfectants réagissent avec les matières organiques vivantes et non vivantes. Si des matières
organiques organiques sont présentes, elles peuvent inactiver le désinfectant avant que tous les agents
biologiques viables présents aient été éliminés. Les matières organiques solides peuvent également
inhiber la pénétration du désinfectant de sorte qu’il n’atteigne pas sa cible. Les matières organiques
spécifiques sont souvent définies dans les méthodes standard pour indiquer les conditions « propres »
(faibles niveaux de contamination) et « sales » (niveaux élevés de contamination).
pH De nombreux agents chimiques utilisés pour la décontamination ne sont actifs que dans une plage
de pH spécifique. Les informations du fabricant doivent être prises en compte pour maintenir le
désinfectant dans cette plage.
Durée de La désinfection chimique n’est pas immédiate : plus la durée de contact entre le désinfectant et
contact la contamination par des agents biologiques est longue, plus la décontamination microbienne
est importante. Une fois que le désinfectant a séché, les molécules désinfectantes ne peuvent
plus atteindre leur cible. L’évaporation rapide d’un désinfectant appliqué sur une surface peut
compromettre l’efficacité de la désinfection. Les durées de contact utilisées dans les conditions
d’essai doivent refléter celles qui sont utilisées en pratique.
Contact Si les objets à désinfecter flottent à la surface d’un désinfectant, si des bulles d’air (p. ex., dans une
tubulure à lumière creuse) empêchent le contact entre le désinfectant et sa cible, ou si l’application
d’un désinfectant sur une surface ne permet pas d’obtenir une couverture complète, l’efficacité du
désinfectant sera incomplète.
Gamme Tous les désinfectants ne décontaminent pas tous les agents biologiques. Les bactéries végétatives,
d’activité les champignons (y compris les spores fongiques), les virus enveloppés (contenant des lipides ou
microbicide lipophiles) et les protozoaires non enkystés ont tendance à être sensibles à une large gamme de
désinfectants. Les mycobactéries, les virus non enveloppés et les protozoaires enkystés sont moins
sensibles. Les spores bactériennes sont résistantes à certains désinfectants et ont une sensibilité
variable à d’autres.
Température D’une manière générale, plus la température est élevée, plus le désinfectant sera efficace, plus elle
est basse, moins l’action désinfectante est efficace. Cela peut être important dans le cadre de la
désinfection en laboratoire si les réfrigérateurs ou les chambres froides doivent être désinfectés, ou
lorsqu’un traitement thermique est également utilisé, comme les laveurs-désinfecteurs utilisés dans
certaines installations.
Durée de Les composés chimiques peuvent se dégrader avec le temps, réduisant ainsi l’efficacité du
conservation/ produit de décontamination. La vitesse de dégradation est souvent accélérée lorsque le produit
stabilité est exposé à l’air ou lorsqu’il est dilué. En règle générale, les solutions diluées d’hypochlorite de
sodium deviennent rapidement inefficaces et les travaux doivent être effectués avec des dilutions
fraîchement préparées pour obtenir l’effet souhaité.
SECTION 2 MÉTHODES DE DÉCONTAMINATION 15
Désinfectants gazeux
Dans les situations où le laboratoire est largement contaminé dans des zones difficiles
d’accès, ou quand l’équipement doit être retiré d’une zone contaminée ou désinfecté avant
l’entretien, des désinfectants gazeux peuvent aussi être requis. Les salles et l’équipement
peuvent être décontaminés par fumigation avec du gaz formaldéhyde produit en
chauffant du paraformaldéhyde ou en portant à ébullition des solutions de formol.
Quelle que soit la méthode de fumigation, la zone doit par la suite être abondamment
ventilée avant d’autoriser l’entrée du personnel. Dans la plupart des cas, les limites
reconnues/mesurées applicables à l’exposition aux désinfectants gazeux sur le lieu
de travail sont faibles. Par conséquent, en situation d’urgence, un équipement de
protection respiratoire approprié, testé et muni du filtre adéquat doit être porté par
toute personne entrant dans la pièce avant que celle-ci n’ait été ventilée. Pour obtenir
plus d’informations sur les équipements de protection respiratoire, se reporter à la
monographie Équipements de protection individuelle (5).
Après avoir respecté une période d’aération de la salle, un moniteur portatif étalonné ou
un appareil intégré doit être utilisé dans la mesure du possible pour vérifier les niveaux
de fumigant avant de réintégrer les locaux. L’ammoniac, normalement produit par la
sublimation du bicarbonate d’ammonium, peut être utilisé pour neutraliser les fumigations
de formaldéhyde avant la libération du fumigant. Cette étape ne garantit cependant pas
l’élimination complète du fumigant et n’élimine pas la nécessité de porter un équipement
de protection respiratoire avant de retourner dans une salle qui n’est pas complètement
aérée ; des produits chimiques résiduels toxiques peuvent encore être présents dans l’air.
Après la fumigation au formaldéhyde, les murs et le plafond de la salle peuvent devoir
être essuyés avec de l’ammoniac pour neutraliser tout résidu de paraformaldéhyde.
16 DÉCONTAMINATION ET GESTION DES DÉCHETS
Une décontamination gazeuse peut s’avérer nécessaire dans certains cas, par
exemple lorsqu’une ESB requiert une réparation ou un entretien (21) ; cela doit être
précisé dans les évaluations des risques et cette option ne doit pas être accomplie
régulièrement. Pour décontaminer les ESB de classes I et II, il existe un appareillage
qui permet de produire, de faire circuler et de neutraliser indépendamment le
formaldéhyde ou le peroxyde d’hydrogène en phase gazeuse. Ces procédures ne
doivent être effectuées que par un personnel dûment formé. La décontamination
gazeuse ne doit pas être utilisée pour les ESB qui recyclent l’air dans le laboratoire.
De plus, une décontamination plus régulière des ESB doit être effectuée en essuyant
les surfaces à l’aide de désinfectants de validés à cet effet.
Chaleur
Bien que la chaleur sèche puisse également être utilisée pour la stérilisation, des
températures beaucoup plus élevées et des durées plus longues sont nécessaires. Par
exemple, la chaleur sèche, qui n’est absolument pas corrosive, est utilisée pour traiter
de nombreux instruments et accessoires de laboratoire qui sont capables de supporter
une température de 160 °C ou plus pendant 2 à 4 heures. Le brûlage et l’incinération
(voir la sous-section 2.4.2 Incinération) sont également des formes de traitement par
la chaleur sèche.
2.4.1 Autoclavage
Les autoclaves doivent pouvoir traiter toute une gamme de matériaux et différents
types de charges qui exigent des cycles différents (p. ex., matériel poreux, solides,
liquides, matériel emballé). Les autoclaves de laboratoire doivent être choisis dans le
cadre de l’évaluation des risques, sur la base de critères définis par l’utilisateur comme
l’utilisation prévue, le type et la quantité des déchets à décontaminer.
Cycles d’autoclave
L’autoclavage repose sur deux facteurs pour éliminer les agents biologiques : la durée
et la température/pression. Ces facteurs peuvent être réglés afin d’obtenir différents
cycles de stérilisation adaptés à divers types de charge, par exemple, les sacs, les
cages, la litière pour animaux et d’autres matériaux. Les exigences de cycle pour
chaque type de charge peuvent cependant varier considérablement.
En principe, le matériel ne doit pas être entassé à l’intérieur de la chambre, afin que
la vapeur puisse pénétrer sans difficulté et que l’air puisse être facilement extrait. Les
sacs ou conteneurs doivent être suffisamment ouverts pour permettre à la vapeur
d’en atteindre le contenu. L’utilisation d’indicateurs biologiques ou chimiques (voir la
sous-section 2.6, Indicateurs biologiques et chimiques) permet de valider le procédé
d’autoclavage et d’assurer la décontamination efficace des agents biologiques.
Autoclave à Ces autoclaves comportent un élément chauffant entièrement ou partiellement immergé dans
déplacement par un bassin d’eau situé au fond de la chambre. À mesure que l’eau est chauffée, elle s’évapore,
gravité formant de la vapeur et comprimant l’air à l’intérieur de la chambre. Lorsque la chambre
se remplit de vapeur, celle-ci étant plus légère que l’air, la majeure partie de l’air dans la
chambre est poussée vers le fond et s’échappe par l’orifice de remplissage, qui est connecté à
un diaphragme thermosensible qui se ferme une fois qu’il est suffisamment chauffé. Une fois
le diaphragme fermé, la pression s’accumule à l’intérieur de la chambre de l’autoclave.
Autoclave à Ces autoclaves créent la vapeur dans un générateur de vapeur séparé. Une fois que la
déplacement à quantité de vapeur nécessaire pour déplacer l’air dans la chambre est produite, une vanne
pression positive s’ouvre et une bouffée de vapeur sous pression pénètre dans la chambre de l’autoclave.
Ce système permet d’extraire un pourcentage plus élevé d’air de la chambre qu’avec un
autoclave à déplacement par gravité, réduisant ainsi les durées de cycle.
Autoclave de type Ces autoclaves ne sont utilisés que si l’on ne dispose pas d’un système à déplacement par
autocuiseur à source de gravité ou à vide. Ils sont chargés par le haut et chauffés au gaz, à l’électricité ou d’une
chauffage extérieure autre manière. La vapeur est produite en chauffant l’eau placée au fond du récipient et
Autoclave à l’air se déplace vers le haut avant de sortir par la soupape d’échappement. Lorsque l’air a
déplacement ascendant été évacué en totalité, on ferme la soupape d’échappement et on baisse le chauffage. La
(autocuiseur) pression et la température augmentent jusqu’à une valeur donnée à laquelle la soupape
de sécurité commence à fonctionner. Le temps de palier se compte à partir de ce moment.
À la fin du cycle, on coupe le chauffage et on laisse la température descendre à 80 °C ou
moins avant d’ouvrir le couvercle.
Autoclave à extraction Ces autoclaves disposent d’un générateur de vapeur interne séparé ainsi que d’une pompe
d’air (pré-vide) à vide. Une fois la chambre de l’autoclave fermée, la pompe à vide élimine complètement
Autoclave à dépression l’air de la chambre et de la vapeur est injectée. Ces autoclaves sont capables d’assurer des
ou à déplacement sous niveaux maximaux de stérilité tant que l’air est éliminé et que la vapeur pénètre dans toutes
vide les parties de la charge, y compris les articles creux et ensachés. Tout article ensaché doit
présenter une extrémité qui n’est pas hermétiquement fermée pour permettre d’en évacuer
l’air et d’y laisser pénétrer la vapeur. L’air est évacué par une vanne qui, sur la base d’une
évaluation des risques, peut être équipée d’un filtre HEPA.
Après une évaluation et une validation approfondies des risques, le cycle suivant
permet habituellement d’assurer la stérilisation dans des autoclaves correctement
chargés :
Précautions d’utilisation
Les précautions générales de sécurité ci-dessous doivent être prises quand des
autoclaves à vapeur sont utilisés :
n Un processus de vérification régulier doit être établi pour s’assurer que l’autoclave
fonctionne comme prévu, comprenant notamment l’utilisation régulière d’indicateurs
biologiques et, pour les autoclaves à extraction d’air, des essais de Bowie-Dick et de
détection des fuites sous vide confirmant l’extraction adéquate de l’air (consulter la
sous-section 2.6.2, Indicateurs chimiques).
n Une source de vapeur fiable doit être utilisée pour fournir une vapeur suffisamment
saturée, propre et exempte de produits chimiques susceptibles d’empêcher le
fonctionnement de l’autoclave ou d’endommager les tuyaux ou la chambre de
l’appareil.
n Tout le matériel à autoclaver doit être placé dans des récipients qui permettent une
évacuation facile de l’air et une bonne pénétration de la vapeur.
n La chambre de l’autoclave doit être peu chargée afin d’assurer une pénétration
uniforme de la vapeur.
20 DÉCONTAMINATION ET GESTION DES DÉCHETS
n Les produits chimiques dangereux (p. ex., eau de Javel, mercure ou déchets
radioactifs) ne doivent jamais être traités en autoclave.
n Les opérateurs doivent porter un EPI approprié, y compris des gants de protection
thermique, des vêtements de protection et une protection oculaire et faciale
adéquate lorsqu’ils ouvrent l’autoclave, même si la température est revenue à un
niveau considéré comme sans danger pour l’ouverture de la porte.
n Des précautions doivent être prises pour s’assurer que les soupapes d’échappement
et les conduites d’évacuation des autoclaves ne sont pas obstruées par du
papier, du plastique ou d’autres matières provenant des déchets ou du matériel à
décontaminer.
2.4.2 Incinération
L’incinération est une méthode utile pour se débarrasser des carcasses d’animaux,
des pièces anatomiques ou d’autres déchets de laboratoire, avec ou sans
décontamination préalable (voir la Section 2, Méthodes de décontamination).
L’incinération des matériels infectieux ne peut se substituer à l’autoclavage que si le
transport vers l’incinérateur est contrôlé et réalisé par un personnel dûment formé,
dans un conteneur de transport adapté, et en respectant un MON pour le chargement
de ce dernier. Des incinérateurs mobiles et transportables sont disponibles pour
les installations d’urgence et temporaires. Toutes les législations nationales et
environnementales relatives à l’incinération doivent être respectées.
Les matières et objets à incinérer, même s’ils ont été préalablement décontaminés,
doivent être transportés jusqu’à l’incinérateur dans des conteneurs à l’épreuve
des fuites. Le personnel préposé à l’incinération doit avoir reçu des instructions
appropriées concernant le chargement, la manipulation et le réglage de la
température de l’incinérateur. À noter que le bon fonctionnement d’un incinérateur
dépend très largement de la composition (p. ex., matières organiques, matières
plastiques et papier/carton) des déchets traités. Si ceux-ci sont transportés dans
des conteneurs réutilisables, la décontamination des conteneurs de transport doit
également être envisagée.
SECTION 2 MÉTHODES DE DÉCONTAMINATION 21
Les fosses d’incinération sont une méthode traditionnelle de brûlage à ciel ouvert
utilisant une dépression peu profonde scellée avec de l’argile, du ciment ou du béton ;
les articles incinérés y sont réduits en cendres. Les fournaises fonctionnent de manière
similaire et sont efficaces pour incinérer divers types de déchets. Ces méthodes
peuvent potentiellement exposer les opérateurs à des produits de combustion nocifs et
à des températures extrêmement élevées.
2.5 Stérilisation
La stérilisation est utilisée lorsqu’il est nécessaire de tuer ou d’éliminer complètement
un agent biologique, y compris les spores et les prions ; par exemple, pour les articles
médicaux et les déchets si l’évaluation des risques indique que des procédés de
décontamination très stricts sont requis.
Elle peut être réalisée par différentes méthodes comme l’autoclavage, l’utilisation
de certains désinfectants chimiques et de la désinfection gazeuse en suivant un
MON rigoureux, et l’irradiation. Bien que la méthode choisie soit importante, il est
tout aussi critique de valider le procédé et de respecter le MON afin d’assurer une
décontamination maximale. En outre, des indicateurs biologiques sont utilisés pour
surveiller l’efficacité du procédé de stérilisation (Tableau 2.5).
Les indicateurs chimiques sont largement utilisés, car ils produisent un résultat
immédiat. Ils contrôlent des paramètres directs spécifiques qui sont essentiels pour
la désinfection ou la stérilisation. Ces paramètres incluent la vérification qu’une
concentration minimale d’un désinfectant a été utilisée ou qu’une condition spécifique
a été atteinte dans l’autoclave. Ces indicateurs vérifient également certaines variables
indirectes qui sont importantes pour l’efficacité, comme l’essai de Bowie-Dick qui
confirme l’élimination de l’air dans les autoclaves à extraction d’air.
Il existe six classes d’indicateurs chimiques (Tableau 2.6) ; selon les paramètres à
vérifier (p. ex., contrôle de l’exposition, performances de l’autoclave, surveillance de
la charge, suivi du cycle), un ou plusieurs indicateurs peuvent être sélectionnés pour
mieux évaluer le procédé de décontamination.
SECTION 2 MÉTHODES DE DÉCONTAMINATION 23
Tableau 2.6 Six classes d’indicateurs chimiques pour les procédés de décontamination
Il existe des indicateurs spécifiques conçus pour surveiller l’exposition aux désinfectants
chimiques (formaldéhyde, peroxyde d’hydrogène et dioxyde de chlore) et à la chaleur
(vapeur et chaleur sèche) ou pour surveiller les variations de pression.
25
GESTION ET
SECTION
3 DÉCONTAMINATION DES
DÉCHETS
3.1 Considérations pour la gestion des déchets
Les activités de laboratoire produisent toute une gamme de déchets solides et
liquides contaminés (Tableau 3.1) qui sont en grande partie mis au rebut/éliminés ;
certains peuvent cependant être réutilisés ou recyclés, comme les articles de verrerie,
l’équipement, les appareils ou les vêtements de laboratoire. En principe, tous les
matériaux ou liquides contaminés quittant le laboratoire doivent être soit traités sur
place afin qu’ils puissent être manipulés par la suite sans danger, soit emballés et
transportés en toute sécurité vers un autre site de traitement. La décontamination peut
être effectuée par un procédé chimique, par autoclavage ou par incinération, mais
la méthode et le protocole doivent s’appuyer sur une évaluation des risques et être
correctement validés.
Les éléments suivants doivent être pris en compte dans l’évaluation des risques pour la
gestion des déchets :
n la méthode de décontamination ;
Tout le personnel manipulant des matériaux contaminés doit avoir reçu une formation
spéciale et porter un EPI approprié.
Les éléments suivants doivent être pris en compte pour le tri et le stockage :
n le lieu de décontamination des déchets (p. ex., dans le laboratoire lui-même, sur
place, site extérieur) ;
n les types d’emballage pour le stockage des déchets (p. ex., sacs, boîtes, bacs, pots,
seaux) et caractéristiques (étanches, imperforables, résistants à la chaleur/aux
produits chimiques, hermétiques) ;
SECTION 3 GESTION ET DÉCONTAMINATION DES DÉCHETS 27
n la durée et les conditions de stockage (p. ex., stockage à court ou à long terme,
exigences de contrôle de la température et de ventilation) ; et
Les sacs destinés aux déchets à risque biologique qui quittent le laboratoire doivent
être transportés et stockés de manière sûre, en utilisant un conteneur secondaire ou
un chariot ou tout autre moyen empêchant la contamination du sol et des murs du
local de stockage. Des méthodes d’emballage appropriées garantissent la sécurité de
l’ensemble du personnel, des laborantins aux préposés à la décontamination, même
si un endommagement survient pendant le transport. Par exemple, les OPTC doivent
être collectés dans des conteneurs étanches et imperforables qui sont difficiles à ouvrir
une fois qu’ils sont fermés. Une trousse de premiers soins est essentielle et doit être
facilement accessible. Selon la température et la durée de stockage des déchets, un
refroidissement peut être nécessaire avant de procéder au traitement ou à l’élimination.
Dans l’idéal, les déchets doivent être conditionnés dans des conteneurs certifiés par
l’Organisation des Nations Unies (ONU) et transportés par un entrepreneur agréé. La
conformité de l’entrepreneur aux réglementations et aux directives en vigueur doit
être contrôlée (dans le cadre du processus d’évaluation des risques). Les informations
suivantes doivent être disponibles pour les entrepreneurs qui transportent des déchets
contaminés :
n la date de ramassage,
n la destination,
Lorsque les déchets sont décontaminés en dehors du laboratoire, ils doivent être
conditionnés, étiquetés et transportés conformément aux réglementations nationales
et internationales. Se reporter à la sous-section 3.1.4, Considérations législatives,
réglementaires et politiques, pour des conseils supplémentaires sur la réglementation
applicable. Les emballages qui renferment des déchets solides doivent résister à
une chute d’un mètre minimum sans s’ouvrir. Dans l’idéal, les liquides doivent être
conservés dans de conteneurs de petit volume (10 litres au maximum), car cela
réduit le volume répandu en cas de fuite et facilite la manipulation. Des conteneurs
secondaires assurant une rétention des liquides (plateaux, réservoirs ou gros bidons)
doivent être utilisés. Le véhicule de transport doit être équipé pour acheminer les
déchets dans un conteneur fermé ou couvert, solidement fixé en place. Le conducteur
doit être informé de la démarche à suivre en cas d’accident ou d’incident lors d’un
transport sur la voie publique. Un kit de décontamination en cas de déversement
contenant des matériaux absorbants, un désinfectant efficace, des gants réutilisables
résistants, un masque, un tablier, des lunettes de protection et un conteneur à déchets
étanche doit se trouver dans le véhicule.
Il est important de tenir à jour des dossiers clairs qui consignent les déchets stockés,
leurs méthodes de traitement et les dates d’élimination pour garantir la prise en
charge adéquate des déchets. Les documents suivants doivent être rassemblés :
SECTION 3 GESTION ET DÉCONTAMINATION DES DÉCHETS 29
n Qu’est-ce qui est éliminé (p. ex., embouts de pipette, flacons, produits chimiques,
animaux) ?
n Qui est responsable d’éliminer les déchets et qui est chargé de former le personnel ?
n Quand la formation est-elle effectuée (p. ex., à quelle fréquence : sur demande ou
en continu) ?
La décontamination des déchets hors site utilise les mêmes méthodes chimiques
et physiques que celles décrites dans la sous-section précédente. La rigueur des
méthodes utilisées doit s’appuyer sur l’évaluation des risques, mais l’objectif
final est la décontamination et non pas strictement la stérilisation. Différentes
méthodes sont utilisées pour les déchets liquides et solides (voir les sous-sections 3.2,
Décontamination des déchets liquides, et 3.3, Décontamination des déchets solides).
un service tiers pour la gestion ou l’élimination des déchets biologiques dangereux (p.
ex., incinération, stérilisation à la vapeur). Il revient aux personnes ou au laboratoire
produisant les déchets de s’assurer qu’ils sont décontaminés de manière sûre et
efficace avant d’être libérés ou retirés du laboratoire, ou qu’ils sont transportés en
toute sécurité en vue d’être décontaminés hors site.
Une fois décontaminés, les déchets présentant un risque biologique, le sang humain et
les liquides corporels ne sont plus considérés comme présentant un risque. Ils peuvent
cependant toujours être considérés comme dangereux s’ils contiennent des dangers
autres que des agents biologiques (comme des produits chimiques, des OPTC ou
des matières radioactives). Il existe des normes internationales (p. ex., ISO 23907-1,
Protection contre les blessures par perforants) qui s’appliquent aux déchets d’OPTC et
qui doivent être reflétées dans le programme de gestion des déchets (p. ex., pour le
tri des différents matériaux). De plus, alors que les déchets anatomiques humains qui
ont été décontaminés ne constituent plus un risque biologique, les normes et pratiques
socioculturelles, religieuses et esthétiques influencent également la réglementation de
leur élimination.
Les caractéristiques d’un programme de gestion des déchets fondé sur des exigences
nationales et internationales peuvent inclure :
n la nécessité de disposer d’autorisations (p. ex., permis ou licences) pour les systèmes
de traitement et de manutention des déchets.
SECTION 3 GESTION ET DÉCONTAMINATION DES DÉCHETS 31
Considérations internationales
Considérations nationales
Outre les exigences internationales, le programme de gestion des déchets doit tenir
compte de toutes les lois, réglementations, politiques et directives locales applicables.
Dans certains pays, la juridiction locale peut avoir des exigences spécifiques au site
pour le stockage des déchets afin d’éviter toute exposition de la communauté à des
déchets dangereux. Par exemple, pour empêcher aux charognards et aux nuisibles
d’accéder aux déchets, les autorités locales peuvent exiger que les conteneurs de
déchets biologiques dangereux soient stockés dans un lieu sûr jusqu’à ce qu’ils soient
transportés vers un autre site en vue d’être éliminés.
Il est également important de respecter les directives locales qui reflètent les
différences régionales, les variations en termes de capacité locale ainsi que le contexte
socioéconomique. Par exemple, il est important que le programme de gestion des
déchets détermine si le climat local justifie des procédures supplémentaires pour le
stockage des déchets (comme le stockage dans un lieu frais ou sur une plate-forme
surélevée s’il y a un risque d’inondation, ou la décontamination des déchets à mesure
qu’ils sont produits pour éviter le besoin de stockage).
32 DÉCONTAMINATION ET GESTION DES DÉCHETS
Lorsque les déchets sont décontaminés en dehors du laboratoire, ils doivent être
conditionnés, étiquetés et transportés conformément aux réglementations nationales
et internationales. Que les déchets biologiques dangereux soient transportés au sein
d’une même région ou exportés en vue d’être décontaminés ou éliminés dans un
autre pays, leur transport est régi par des exigences nationales et internationales
qui sont habituellement fondées sur les Recommandations relatives au transport des
marchandises dangereuses : règlement type de l’ONU (27).
Sur la base de l’évaluation des risques, lorsqu’il s’agit d’échantillons à faible risque
manipulés dans une installation de recherche ou clinique reliée à un réseau d’égouts
municipal technologiquement avancé, la vidange directe des conteneurs de déchets
liquides dans les égouts sanitaires peut être une méthode d’élimination appropriée.
Bien que cela ne soit pas techniquement un procédé de décontamination, les
égouts sanitaires qui mènent à une usine de traitement des déchets désinfecteront
adéquatement les déchets liquides avant leur rejet dans l’environnement. Cette
option n’est cependant pas acceptable pour les agents biologiques ou les actes de
laboratoire qui nécessitent des mesures de maîtrise renforcées ou des mesures de
confinement à haute sécurité (telles que déterminées par l’évaluation des risques).
En fait, même pour les agents biologiques moins dangereux, cette méthode peut
SECTION 3 GESTION ET DÉCONTAMINATION DES DÉCHETS 33
être interdite par les réglementations locales ou nationales. Il peut également être
interdit de jeter des déchets biologiques liquides dans le réseau d’égouts lorsqu’ils
sont mélangés à des produits chimiques (p. ex., de l’éthanol, du formaldéhyde ou du
chlorhydrate de guanidine). Quel qu’il en soit, le strict respect des réglementations
locales et nationales est requis en toutes circonstances.
On doit considérer la stabilité des désinfectants prêts à l’emploi, car celle-ci affecte
la fréquence à laquelle le produit doit être remplacé. De plus, il faut tenir compte de
la toxicité et de la corrosivité des désinfectants et des irritants qu’ils contiennent, et
parfois même des coûts et de la durée de conservation pour des raisons de durabilité.
3.2.3 Autoclavage
L’autoclavage des déchets liquides peut être une méthode préférée de stérilisation,
car les liquides traités peuvent souvent ensuite être éliminés par le réseau d’égouts
sans aucune contamination de l’environnement par des désinfectants chimiques ou
leurs sous-produits. Comme il est précisé dans la sous-section 2.4.1, Autoclavage,
la vapeur doit être en contact direct avec la solution à désinfecter, de sorte que les
récipients contenant les déchets liquides ne doivent pas être fermés hermétiquement.
Ces conteneurs doivent par ailleurs être placés dans un réceptacle de confinement
secondaire qui ne doit pas les dépasser en hauteur afin de permettre au volume
d’air d’être remplacé par la vapeur. Des cycles à vapeur directe ou à extraction
d’air peuvent être utilisés, mais l’autoclave doit offrir un cycle spécifique pour les
déchets liquides, conçu pour réduire lentement la température et la pression après
l’achèvement du cycle afin d’obtenir un refroidissement progressif. L’utilisation d’un
cycle destiné aux produits secs entraînera une stérilisation flash des déchets liquides
quand leur température dépasse le point d’ébullition de la pression résiduelle dans
l’autoclave. Cela conduira au débordement des conteneurs et au déversement
des déchets liquides dans le réceptacle de confinement secondaire ou au fond de
l’autoclave.
3.3.1 Autoclavage
3.3.2 Incinération
L’incinération est un moyen d’éliminer tous les agents biologiques connus dans les
déchets solides, y compris les spores et les prions ; dans l’idéal, cette méthode est
accomplie dans un incinérateur technologiquement avancé. Comme il est précisé dans
la sous-section 2.4.2, Incinération, la température correcte dans la chambre primaire
et la durée de traitement adéquate sont essentielles pour assurer une combustion
intégrale des déchets solides et la décontamination de tout agent biologique
présent. En outre, les opérateurs d’incinérateurs doivent recevoir une formation
36 DÉCONTAMINATION ET GESTION DES DÉCHETS
sur la manipulation sûre des déchets avant leur chargement dans l’appareil. Si des
conteneurs réutilisables sont utilisés, les moyens utilisés pour leur désinfection doivent
être établis avant de procéder à l’incinération.
En plus des agents biologiques, le plastique et le verre sodocalcique sont deux autres
matériaux à prendre en compte lors de l’incinération des déchets solides. La plupart
des plastiques utilisés dans les laboratoires de recherche brûlent en produisant plus
de chaleur que les déchets de papier, et peuvent surchauffer un incinérateur si le
volume incinéré est supérieur à celui recommandé par le fabricant de l’appareil. Le
verre sodocalcique fond à environ 550 °C et enrobe la brique réfractaire, ce qui en
réduit la durée de vie ; il est donc important de minimiser toute incorporation de verre
sodocalcique dans les déchets solides. Les cendres provenant de l’incinération du
verre sodocalcique nécessitent des mesures spéciales de manipulation et d’élimination,
car elles peuvent être enrichies en métaux lourds et en phosphate.
La réduction thermique est une autre méthode pour décontaminer les carcasses
d’animaux, selon laquelle de la vapeur à environ 130 °C est utilisée dans un récipient
sous pression pour décomposer les carcasses en graisse, en protéines et en os. Cette
méthode est habituellement utilisée pour les animaux de plus grande taille et élimine
efficacement la plupart des agents biologiques. Elle est cependant inefficace contre
les prions et ne doit donc pas être utilisée pour les animaux infectés par des prions.
37
MÉTHODES
SECTION
4 D’INACTIVATION
Les procédés de décontamination sont conçus pour éliminer les déchets en toute
sécurité, ou pour éliminer ou détruire les agents biologiques présents sur les surfaces
au sein du laboratoire. Les procédés d’inactivation sont utilisés dans les laboratoires
pour sécuriser le matériel qui contient des agents biologiques afin qu’il puisse être
manipulé en utilisant des mesures de maîtrise moins rigoureuses. Souvent, les
matériaux inactivés contiennent des concentrations élevées d’agents biologiques et
peuvent nécessiter une méthode de traitement très efficace pour garantir l’inactivation
complète. Des procédés peuvent également être requis pour assurer la stabilité des
protéines, des acides nucléiques et d’autres composés et structures biochimiques en
vue d’une analyse future, ce qui rend la validation de tels procédés essentielle. Il peut
y avoir plusieurs raisons de retirer le matériel infectieux d’une zone avec des mesures
de maîtrise des risques plus strictes en vue d’un traitement ultérieur. La raison la plus
courante est l’extraction d’acides nucléiques pour les tests d’amplification des acides
nucléiques, comme la réaction en chaîne par polymérase. Sur le plan de la sécurité
biologique en laboratoire, l’inactivation des agents pathogènes réduit le niveau de
risque pour les travaux ultérieurs et permet, dans la plupart des cas, de travailler en
appliquant uniquement les exigences fondamentales. Cela présente des avantages
pour le personnel, qui bénéficie notamment d’un flux de travail plus rapide, de ne plus
avoir à décontaminer les appareils qui sont affectés par les désinfectants chimiques, et
d’un entretien moins coûteux de l’espace de travail. Selon l’évaluation des risques, deux
méthodes différentes peuvent être nécessaires pour inactiver l’agent biologique.
Dans la cadre de l’évaluation des risques, les milieux liquides séparés de l’échantillon
doivent être pris en compte, car leur décontamination est en général différente de
celle utilisée pour inactiver l’échantillon.
Lorsque des techniques génétiques sont utilisées, une étape d’extraction des acides
nucléiques est souvent nécessaire pour libérer ces derniers de la cellule ou du virion
afin qu’ils puissent être utilisés pour l’amplification. Une extraction efficace est utile
pour donner une estimation précise de la quantité d’agent biologique ; cependant,
une inactivation complète peut s’avérer nécessaire pour assurer la sécurité et la sûreté
biologiques. L’inactivation sera particulièrement importante s’il s’agit d’un pathogène à
faible dose infectieuse. Pour l’amplification en chaîne par polymérase, l’inactivation est
souvent réalisée à l’aide de solutions lytiques contenant des dénaturants de protéines
comme des sels de guanidine, ou en utilisant la chaleur directe, ou les deux.
Les lames de microscope sont fréquemment chauffées dans les laboratoires cliniques
afin d’obtenir la liaison ou l’adhésion de l’échantillon au verre avant de procéder à
la coloration. Pour les échantillons de tissus fixés au formol et inclus en paraffine, ce
procédé élimine l’excès de paraffine. Les agents biologiques étant déjà inactivés par
la fixation au formol, le traitement thermique ne constitue pas à lui seul un processus
d’inactivation. Seules les coupes de tissus susceptibles de contenir des prions doivent
être considérées comme potentiellement contaminées, même si elles sont ensuite
traitées sur un chauffe-lames ou un appareil similaire.
Pour un certain nombre d’actes cliniques, y compris la coloration de Gram pour une
variété de bactéries et la préparation d’échantillons d’expectorations de patients
potentiellement infectés par M. tuberculosis pour la coloration de Ziehl-Neelsen, une
étape clé consiste à sécher l’échantillon sur une lame à l’aide d’un chauffe-lame.
Cependant, le traitement thermique peut ne pas inactiver complètement
M. tuberculosis à moins d’ajouter 5 % de phénol au frottis (36).
Pour la fixation des tissus, le formaldéhyde est utilisé sous forme de formol, souvent
une solution de formol tamponnée avec 4 % de formaldéhyde. Ce produit pénètre
dans les tissus à environ 1 mm par heure (37) ; par conséquent, le temps d’incubation
du tissu dans le formol dépend de l’épaisseur de l’échantillon. Habituellement, aucun
contrôle n’est utilisé pour le procédé de fixation au formaldéhyde, car cela n’est pas
pratique et son utilisation dépend de la validation du MON.
Après le temps d’incubation estimé, une coupe soigneuse dans l’échantillon peut
indiquer, en observant la couleur du tissu, si une incubation plus longue est nécessaire
pour assurer sa manipulation sans danger. Le tissu est ensuite traité pour créer
un échantillon fixé au formol et inclus en paraffine, adapté spécifiquement à la
microscopie et aux méthodes d’analyse moléculaire. Le formaldéhyde provoque
la réticulation des groupes amines des protéines et des acides nucléiques, ce qui
entraîne des artefacts dus au formol (protéines dénaturées et ADN endommagé, p.
ex.). Les analyses sont donc limitées par la suite et des protocoles spéciaux (comme
la récupération d’antigènes pour les méthodes de détection à base d’anticorps) sont
nécessaires (38).
Irradiateurs gamma
La demi-vie de l’élément radioactif doit être prise en compte pour garantir une
exposition adéquate de la matière à inactiver. De plus, les sources de cobalt sont
métalliques et, dans le cas des irradiateurs industriels de grande taille utilisés pour la
stérilisation de gros volumes, peuvent être stockées dans une piscine d’eau à des fins
de protection ; le césium est en général disponible sous forme de sels, et ne peut donc
pas être utilisé à proximité de l’eau.
Le vol de sources de rayonnements gamma est un souci pour les autorités nationales,
car celles-ci peuvent être utilisées pour propager une contamination radioactive.
L’obtention d’un irradiateur gamma est devenue difficile et de nombreuses autorités
nationales tentent aujourd’hui de les remplacer par des appareils de radiographie.
Appareils de radiographie
dessous de toute limite réglementaire fixée par une autorité nationale. Cette dernière
peut également fixer des limites d’exposition pour le personnel travaillant avec des
irradiateurs gamma ou des appareils de radiographie afin d’éviter leur surexposition
aux rayonnements, ce qui peut nécessiter le port de dosimètres personnels pour
surveiller l’exposition individuelle.
Pour chaque type d’irradiateur, le pouvoir pénétrant des rayonnements doit être
soigneusement calculé (dose de rayonnement par minute par cm de matériau) et
une courbe de survie doit être tracée pour l’organisme dans le même état physique
que celui couramment utilisé (p. ex., liquide, congelé, lyophilisé). Pour les bactéries
végétatives, le statut d’oxygénation peut influencer considérablement la survie et il doit
être similaire dans les études de validation et dans l’utilisation de routine.
Si les limites établies dans les études de validation pour le volume total, la
concentration en oxygène, la concentration de l’agent biologique à inactiver, l’état
physique du matériel (solide, liquide) et l’état de l’organisme (végétatif ou spore) ne
sont pas respectées, les organismes peuvent survivre au traitement par rayonnements
ionisants et risquent de libérer du matériel contaminé.
42 DÉCONTAMINATION ET GESTION DES DÉCHETS
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Informations complémentaires
Fiches Techniques Santé-Sécurité : Agents Pathogènes. Gouvernement du Canada
[site Web] ([Link]
biosecurity/[Link], consulté le 10
novembre 2023).
XLVII LABORATORY BIOSAFETY MANUAL – FOURTH EDITION
XLVIII LABORATORY BIOSAFETY MANUAL – FOURTH EDITION