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Mémoire

Ce mémoire présente une étude sur les formations sédimentaires du nord-est de la Sous-province de La Grande, au Québec, en se concentrant sur les formations de Magin, de Brune et de Keyano. L'analyse géochimique et pétrographique révèle des similitudes et des différences entre ces formations, permettant d'établir des corrélations basées sur la composition des clastes et la chimie des minéraux. Les résultats indiquent que les formations de Magin et de Keyano partagent au moins une source commune, tandis que la Formation de Brune se distingue par son absence de clastes de fer.
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Ce mémoire présente une étude sur les formations sédimentaires du nord-est de la Sous-province de La Grande, au Québec, en se concentrant sur les formations de Magin, de Brune et de Keyano. L'analyse géochimique et pétrographique révèle des similitudes et des différences entre ces formations, permettant d'établir des corrélations basées sur la composition des clastes et la chimie des minéraux. Les résultats indiquent que les formations de Magin et de Keyano partagent au moins une source commune, tandis que la Formation de Brune se distingue par son absence de clastes de fer.
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UNIVERSITÉ DU QUÉBEC

MÉMOIRE

PRÉSENTÉ À

UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI

COMME EXIGENCE PARTIELLE

DE LA MAÎTRISE EN SCIENCES DE LA TERRE

PAR

QUENTIN DUPARC

CORRÉLATIONS DE FORMATIONS SÉDIMENTAIRES

DU NORD-EST DE LA SOUS-PROVINCE DE LA GRANDE, QUÉBEC, CANADA

JUILLET 2014
i

RÉSUMÉ

Une partie de la région nord-est de la Sous-province de La Grande (33H13, 33G07

et 33G09) a été cartographiée à l’échelle du 1/50 000 par les géologues du Bureau de

l’exploration géologique du Québec. Dans cette région de la Baie-James, les formations de

Magin, de Brune, et de Keyano (Aky5) sont composées de grès et de conglomérats à

dominance de clastes felsiques (principalement des tonalites) et d’une proportion mineure

de clastes ferrugineux (formation de fer et chert) et de clastes mafiques. Toutes les roches

sont métamorphisées au faciès des amphibolites. Ces trois formations présentent des

similitudes lithologiques qui peuvent conduire à les corréler entre elles de façon erronée. Le

seul outil de corrélation utilisé présentement de façon régulière pour les roches de la Sous-

province de La Grande est la géochronologie sur zircon. Le but de cette étude est de tester

diverses autres méthodes pour établir les relations stratigraphiques entre les formations

sédimentaires ayant un degré de similitudes, mais localisées dans des bassins distants

géographiquement.

L’étude sédimentologique conventionnelle supporte un environnement fluviatile de

type Timiskaming commun aux trois formations et ne permet pas de les distinguer. L’étude

pétrographique de ces formations révèle une recristallisation métamorphique des

constituants de base qui limite grandement son utilité pour les caractériser et distinguer des

sources différentes.

Par contre, les clastes des conglomérats de ces formations peuvent être classés

pétrographiquement; ils sont alors un outil intéressant, car représentatifs des sources. Donc,

sur la base de la pétrographie des cailloux, la Formation de Brune se différencie des deux
ii

autres formations de la zone d’étude par l’absence dans les conglomérats de clastes de

formation de fer.

La lithogéochimie et la chimie minérale de certains minéraux lourds contenus dans

de tels sédiments permet de corréler ou de distinguer les différentes formations

sédimentaires puisque certains minéraux sont typiques de leurs sources. L’étude chimique

des grès confirme le caractère distinctif de la Formation de Brune. L’analyse géochimique

de base rend compte des différences entre les bassins, mais une analyse statistique (boîte à

moustache, analyse en composantes principales, test de Tukey) couplée à des diagrammes

binaires, permet de caractériser significativement chaque bassin par la géochimie.

Toutefois, chaque bassin possède une signature géochimique caractéristique en éléments

des terres rares. Cette méthode semble elle aussi très discriminante. En comparant la chimie

des grès avec celle des clastes des conglomérats, il serait possible d’identifier la ou les

sources principales. La géochimie des éléments immobiles (Th, La, Sc et Zr) permet

d’identifier pour les trois formations un contexte tectonique commun d’îles en arcs

continentales. Des diagrammes d’altération pour les roches archéennes révèlent une

intensité faible de la météorisation.

Les spectres multi-éléments en traces contenues dans les magnétites révèlent

différentes sources temporelles. Des plutons felsiques, comme ceux présentement aux

alentours des bassins, sont les sources principales des différentes formations, notamment le

complexe de Langelier. La magnétite est un outil litho-corrélateur et indicateur de

provenance des plus utiles dans le contexte métamorphique de la région.


iii

La géochimie des grès et de certains minéraux lourds sont donc les meilleurs outils

pour établir des corrélations dans le contexte de la ceinture de roches vertes de La Grande.

L’ensemble des méthodes utilisées dans cette étude converge toutes vers les mêmes

conclusions : les formations de Magin et de Keyano possèdent au moins une source

commune, alors que la Formation de Brune est la plus différente des deux autres.
iv

REMERCIEMENTS

Ce mémoire a pu voir le jour grâce à l'apport et à l'appui d'un grand nombre de


personnes. Je voudrais particulièrement remercier mon superviseur le Dr Pierre Cousineau.
Nos nombreuses discussions ont été une source constante d'enrichissement et sans son
soutien, sa connaissance et sa générosité, je n'aurais pu mener ce mémoire à terme.

Je remercie également Jean Goutier, géologue du ministère des Ressources naturelles, pour
m'avoir permis de participer à la cartographie de la Sous-province du La Grande. Sa
confiance, sa connaissance de terrain et sa générosité m’ont donné le goût du terrain.

Je remercie aussi le Dr Daniel Bandyayera, Géologue du Ministère des Ressources


naturelles, qui m’a encadré sur le début de ma maîtrise.

Je tiens à remercier DIVEX ainsi que la fondation de l’UQAC pour avoir crus en moi en
m’offrant un soutien financier pour mes études.

Je remercie aussi l’ensemble des professeurs de l’UQAC pour leurs précieuses


collaborations. Leurs commentaires et leurs suggestions ont contribués à l'amélioration de
ma recherche. Je remercie spécialement le Dr Paul Bédard, pour son implication dans ce
projet, ainsi que le Dr Sarah Dare pour sa contribution sur les magnétites. Merci également
au Dr Patricia Corcoran (University of Western Ontario) de son intérêt pour mon projet. Je
tiens à remercier Dany Savard et Sadia Medhi pour leurs aides au laboratoire, notamment
pour le LA-ICP-MS.

Je tiens à remercier Dominique Genna et Samuel Morfin, pour les échanges scientifiques et
leurs esprits critiques qui m’ont aidé dans la réflexion de mon projet. Je remercie également
mon frère Antoine Duparc, pour m’avoir initié aux analyses statistiques.

Je remercie Jonathan Tremblay, Stéphanie Shanck, Joséphine Gigon, « Bob » Gallant,


Envel Nedelec, Angélique Martin, et William Chartier-Montreuil qui m’ont aidé au
décapage et à l’échantillonnage dans la bonne humeur.

Enfin je remercie toute ma famille, mes amis et ma guitare, qui m’ont toujours soutenu et
encouragé.
v

TABLE DES MATIÈRES

RÉSUMÉ .............................................................................................................................................. i
REMERCIEMENTS .............................................................................................................................. iv
TABLE DES MATIÈRES ......................................................................................................................... v
LISTE DES TABLEAUX ....................................................................................................................... viii
LISTE DES FIGURES ............................................................................................................................ ix
LISTES DES ANNEXES ....................................................................................................................... xiv

PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE .............................................................................................................1

CHAPITRE I - ANALYSE STRATIGRAPHIQUE CONVENTIONNELLE ........................................................8


1.1. Problématique et objectif ...........................................................................................................8
1.2. Méthodologie ..............................................................................................................................9
1.3. Description de la Formation de Brune.......................................................................................10
1.4. Description de la Formation de Keyano ....................................................................................13
1.5. Description de la Formation de Magin ......................................................................................17
1.6. Interprétation de l’analyse de faciès .........................................................................................20

CHAPITRE II - DESCRIPTION PÉTROGRAPHIQUE ...............................................................................28


2.1. Problématique et objectif .........................................................................................................28
2.2. Méthodologie ............................................................................................................................30
2.3. Les grès......................................................................................................................................32
2.4. Les clastes des conglomérats ....................................................................................................39
2.5. Discussion et conclusion de la description pétrographique ......................................................43
vi

CHAPITRE III - LITHOGÉOCHIMIE ......................................................................................................48


3.1. Problématique et objectifs ........................................................................................................48
3.2. Méthodologie ............................................................................................................................55
3.3. Outils géochimiques ..................................................................................................................57
3.3.1. Boîte à moustache ............................................................................................................57
[Link]. Résultats ..................................................................................................................57
[Link]. Discussion ................................................................................................................58
3.3.2. Diagrammes binaires ........................................................................................................62
3.3.3. L’analyse en composantes principales ..............................................................................68
[Link]. Résultats ..................................................................................................................69
[Link]. Discussion ................................................................................................................74
3.3.4. Test significatif ..................................................................................................................77
[Link]. Monte-Carlo ............................................................................................................77
[Link]. ANOVA et Tukey HSD ...............................................................................................78
3.3.5. Diagramme de ratio ..........................................................................................................81
3.3.6. Les terres rares .................................................................................................................84
3.3.7. Contexte géodynamique à partir de la géochimie des grès ..............................................95
3.3.8. Altération archéenne à partir de la géochimie des grès ...................................................95
3.4. Discussion de l’analyse géochimique ......................................................................................100

CHAPITRE IV - LES MAGNÉTITES : INDICATEURS DE LA SOURCE ....................................................103


4.1. Contexte ..................................................................................................................................103
4.2. Les formations de fer de type Algoma ....................................................................................107
4.3. Étude pétrographique des magnétites ....................................................................................109
4.4. Méthode .................................................................................................................................112
4.4.1. Broyage et récupération des magnétites ........................................................................112
4.4.2. Choix des grains à analyser .............................................................................................113
4.4.3. LA-ICP-MS .......................................................................................................................114
4.4.4. Traitement des résultats .................................................................................................115
4.5. Résultat ...................................................................................................................................116
vii

4.5.1. Les inclusions ..................................................................................................................116


4.5.2. Les magnétites issues des grès........................................................................................119
4.5.3. Les magnétites issues des clastes ...................................................................................120
4.5.4. Les magnétites issues des plutons felsiques ...................................................................121
4.6. Recherche de la source ...........................................................................................................124
4.6.1. Source magmatique des magnétites ...............................................................................124
4.6.2. Source plutonique, felsique et intermédiaire .................................................................126
4.7. Source hydrothermale.............................................................................................................142
4.8. Conclusion ...............................................................................................................................146

CHAPITRE V - DISCUSSION SUR LE MODÈLE PALÉOGÉOGRAPHIQUE .............................................148


5.1. Modèle sédimentologique ......................................................................................................148
5.2. Environnement tectonique .....................................................................................................157
5.3. Paléoclimat ..............................................................................................................................164

CHAPITRE VI - DISCUSSION ET CONCLUSION ..................................................................................167


6.1. Retour sur les objectifs ............................................................................................................167
6.2. Quel(s) outil(s) utilisé(s) pour une corrélation ? ......................................................................171
6.3. Considérations et recommandations ......................................................................................173
6.3.1. Analyse en Composantes Principales ..............................................................................173
6.3.2. Les minéraux lourds ........................................................................................................174
6.3.3. Les clastes des conglomérats ..........................................................................................175

7. RÉFÉRENCES ...............................................................................................................................177
8. ANNEXES ....................................................................................................................................203
viii

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Classification des lithofacies fluviatiles (modifiée de Miall, 1978) .................. 25

Tableau 2 : Classification des macroformes fluviales (modifiée de Miall, 1985, 1986) ...... 26

Tableau 3 : Composition moyenne des grès des formations de Brune, de Keyano et de


Magin établie à partir de comptage de points; n = nombre de lame mince .......................... 33

Tableau 4 : Composition des clastes des formations de Brune, de Keyano et de Magin. Le


ratio La/Yb est normalisé sur les chondrites CI (McDonough et Sun, 1995). Les
abréviations des minéraux accessoires et des textures sont ceux de la légende
géoscientifique du MRN (annexe 8.4) .................................................................................. 41

Tableau 5 : Résultat du test de Tukey montrant les paires de formation en fonction de la


valeur p (p-value) pour les éléments Sr, Lu, Na 2O, Al2O3 et pour la composante PC1 et
PC2. Les résultats en gras correspondent aux valeurs non significatives (p<0,05) ............. 78

Tableau 6 : Rapports de La/Yb et anomalies d’europium, normalisés aux chondrites CI


(McDonough et Sun, 1995) des grès et des clastes, issus des formations de Brune, de
Keyano et de Magin. Les échantillons ont été prélevés aux sites de comptages de points
dans les conglomérats (figures 4, 5 et 6) .............................................................................. 93

Tableau 7 : Tableau des éléments en ppm contenus dans les magnétites des grès des
formations de Keyano et de Magin de clastes de ces formations et de plutons de la Sous-
province de La Grande obtenus par LA-ICP-MS. Les principales inclusions ont été
enlevées pour obtenir de réelles valeurs ............................................................................. 122
ix

LISTES DES FIGURES

Figure 1 : Carte géologique de la Baie-James illustrant la localisation des sous-provinces et


des séquences volcano-sédimentaires. Modifiée de la carte géologique du Québec
(Thériault et Beauséjour, 2012) et intégrant les travaux de cartographie de 2013 de
Géologie Québec..................................................................................................................... 3

Figure 2 : Zoom de la figure 1. Géologie de la région d’étude avec localisation des


formations de Brune, de Keyano et de Magin (source : SIGEOM) ........................................ 6

Figure 3 : Diagramme de distribution de probabilité des Âges 207Pb/206Pb en Ma sur zircon


des conglomérats des formations de: A) Brune; B) Keyano; et C) Magin (modifié de David
et al., 2011; Davis et Dion, 2012; David et al., 2012) ............................................................ 7

Figure 4 : Colonne stratigraphique de la Formation de Brune ............................................. 12

Figure 5 : Colonne stratigraphique de la Formation de Keyano ........................................... 15

Figure 6 : Colonne stratigraphique de la Formation de Magin ............................................. 19

Figure 7 : Colonne stratigraphique de cônes tressés de type Scott et Donjek (Miall, 1977)
.............................................................................................................................................. 24

Figure 8 : Photographie des différentes structures sédimentaires observées dans les


formations de Brune, de Keyano et de Magin ...................................................................... 27

Figure 9 : Photographie des grès en lame mince .................................................................. 36

Figure 10 : Composition des conglomérats des formations de Brune, de Keyano et de


Magin, obtenue à l’aide de comptage de clastes................................................................... 40

Figure 11 : Photographie des principaux clastes des conglomérats...................................... 47


x

Figure 12 : Boîtes à moustaches des éléments P2O5, Al2O3, Sr, Ba, La et Yb contenus dans
les grès des formations de Brune, de Keyano et de Magin. .................................................. 61

Figure 13 : Diagrammes binaires provenant des analyses de grès des formations de Brune,
de Keyano et de Magin A) Zr vs TiO2; B) P2O5 vs TiO2; C) SiO2 vs Fe2O3t; D) Yb vs La . 67

Figure 14 : Diagramme montrant la PC1 en fonction de la PC2 pour les éléments majeurs
contenus dans les grès des formations de Brune, de Keyano et de Magin ........................... 71

Figure 15 : Diagramme montrant la PC1 en fonction de la PC2 pour les éléments en traces
contenus dans les grès des formations de Brune, de Keyano et de Magin ........................... 72

Figure 16 : Diagramme montrant la PC1 en fonction de la PC2 pour les éléments majeurs et
en traces contenus dans les grès des formations de Brune, de Keyano et de Magin ............ 73

Figure 17 : Diagramme TiO2/Zr vs Al2O3/Zr à partir des analyses des grès et des clastes des
formations de Brune, de Keyano et de Magin. Il permet de réduire l’effet de l’altération, la
météorisation chimique et la diagenèse, afin d’observer des mélanges de sources .............. 82

Figure 18 : Spectres des terres rares normalisés par rapport aux chondrites CI (McDonough
et Sun, 1995) des grès (annexe 8.5) des formations de Brune (bleu), de Keyano (rouge) et
de Magin (vert) ..................................................................................................................... 85

Figure 19 : Spectres des terres rares normalisés par rapport aux chondrites CI (McDonough
et Sun, 1995) des clastes (annexe 8.6) de roches felsiques issus des conglomérats de Brune
(bleu), de Keyano (rouge) et de Magin (vert) ....................................................................... 85

Figure 20 : Spectres des terres rares normalisés aux chondrites CI (McDonough et Sun,
1995) : A) les clastes de roches mafiques; B) les clastes de chert et de formation de fer;
issus des conglomérats des formations de Brune (bleu), de Keyano (rouge) et de Magin
(vert)...................................................................................................................................... 89

Figure 21 : Spectres des terres rares normalisés aux chondrites CI (McDonough et Sun,
1995), pour les spectres des grès, comparés aux clastes des roches felsiques respectifs des
formations, issus des conglomérats des formations de : A) Brune (bleu); B) Keyano
(rouge); C) et Magin (vert) .................................................................................................. 92
xi

Figure 22 : Diagrammes ternaires : A) La-Th-Sc et B) Th-Sc-Zr (Bhatia et Crook, 1986)


illustrant les environnements tectoniques à partir de la géochimie des formations de Brune,
de Keyano et de Magin (A – Arcs insulaires océaniques; B – Arcs insulaires continentaux;
C – Marges continentales actives; D – Marges continentales passives). Les diagrammes C)
(M+= Na++ K++ 2Ca2+; 4Si = Si/4; R2= Fe2+ + Mg2+ + Mn2+ ) de Meunier et al. (2013) et
D) MFW de Ohta et Arai (2007) représentent l’intensité de l’altération ainsi que le type de
lithologie altérée pour les grès et les clastes des formations à l’étude.................................. 99

Figure 23 : A) Fragments de formation de fer rubanée de la Formation de Magin


(localisation de la photographie figure 6); B) Claste de chert ferrugineux de la Formation de
Keyano ................................................................................................................................ 108

Figure 24 : Photographies en lumière réfléchie de lames minces des magnétites des grès des
formations de Keyano et de Magin, ainsi que de plutons aux alentours des formations .... 110

Figure 25 : Photographie en lame mince des fragments de chert ferrugineux de la Formation


de Keyano et de formation de fer de la Formation de Magin ............................................. 111

Figure 26 : Spectre d’intensité d’ablation en fonction du temps, révélant une inclusion


d’apatite dans une magnétite issue du grès de la Formation de Magin (11-QD-7504-A4-6)
............................................................................................................................................ 117

Figure 27 : Spectre d’intensité d’ablation en fonction du temps, révélant une inclusion de


zircon dans une magnétite issue du grès de la Formation de Magin (11-QD-7504-A7-2) . 117

Figure 28 : Spectre d’intensité d’ablation en fonction du temps, révélant de nombreuses


inclusions en apatites dans une magnétite du fragment de formation de fer de la Formation
de Magin (11-QD-7504G-5) ............................................................................................... 118

Figure 29 : Diagramme TiO2+V2O3 vs MgO/(MgO+Al2O3) de Grigsby (1990). Ce


diagramme permet une discrimination des environnements grâce aux éléments contenus
dans les magnétites des grès des formations de Magin et de Keyano, ainsi que de plusieurs
plutons felsiques et intermédiaires de la Sous-province de La Grande .............................. 125

Figure 30 : Spectres multi-éléments contenus dans les magnétites des grès de la Formation
Keyano (rouge) et dans la Formation de Magin (vert) normalisés à la composition de la
croûte continentale (Rudnick et Gao, 2003); n = nombre de magnétites ........................... 129
xii

Figure 31 : Spectres multi-éléments contenus dans les magnétites des grès de la Formation
de Magin normalisés à la composition de la croûte continentale (Rudnick et Gao, 2003); n
= nombre de magnétites ...................................................................................................... 129

Figure 32 : Comparaison entre les spectres multi-éléments contenus dans les magnétites
d’une source des grès de la Formation de Magin (bleu : 11-QD-7504-A8-3, 11-QD-7504-
A8-4, 11-QD-7504-A8-6, et tout l’échantillon 11-QD-7504-A4) et les magnétites des grès
de la Formation de Keyano (rouge) normalisés à la composition de la croûte continentale
(Rudnick et Gao, 2003); n = nombre de magnétites ........................................................... 130

Figure 33 : Spectres multi-éléments contenus dans les magnétites des grès de la Formation
Keyano (rouge) vs claste de chert de la Formation de Keyano (orange) normalisés à la
composition de la croûte continentale (Rudnick et Gao, 2003); n = nombre de magnétites
............................................................................................................................................ 132

Figure 34 : Spectres multi-éléments des magnétites du fragment de formation de fer (BIF)


et dans les grès des formations de Keyano et de Magin normalisés à la composition de la
croûte continentale (Rudnick et Gao, 2003); n = nombre de magnétites ........................... 132

Figure 35 : Spectres multi-éléments des magnétites des plutons de la Sous-province de La


Grande normalisés à la composition de la croûte continentale (Rudnick et Gao, 2003). Les
signatures des magnétites de la Formation de Magin (figure 31) sont ajoutées : la première
source (bleu) au Complexe du Langelier; la seconde source (verte) à l’Intrusion de
Kamusaawach; la troisième source (violette) à la Suite de Salleneuve; et la quatrième
source (rouge) au Pluton de Nochet. n = nombre de magnétites. ...................................... 136

Figure 36 : Spectres multi-éléments contenus dans les magnétites des plutons felsiques
comparés aux magnétites de roches mafiques (issues d’un gisement Fe-Ti-V) et de roches
intermédiaires (issues d’un gisement Fe-Ti-P) provenant de l’étude de Dare et al.
(acceptée), normalisés à la composition de la croûte continentale (Rudnick et Gao, 2003); n
= nombre de magnétites ...................................................................................................... 138

Figure 37 : Spectres multi-éléments contenus dans les magnétites des clastes de tonalite 1 et
de monzodiorite quartzifère de la Formation de Keyano, normalisés à la composition de la
croûte continentale (Rudnick et Gao, 2003). Le spectre des magnétites de plutons felsiques
(figure 36) est ajouté. n = nombre de magnétites ............................................................... 141
xiii

Figure 38 : A) Diagramme Al/Co vs. Sn/Ga (Singoyi et al., 2006); B) Ti+V vs Ca+Al+Mn
(Dupuis et Beaudoin, 2011); C) Ti+V vs Ni (Cr+Mn) (Dupuis et Beaudoin, 2011); D) Ni/Cr
vs Ti (Dare et al., 2014). L’ensemble de ces diagrammes se base sur les éléments contenus
dans la magnétite ................................................................................................................ 144

Figure 39 : Distribution des faciès de dépôt et modèle tectonique pour le développement


des formations de Magin et de Keyano (modifié de Krapez et Barley, 1987) ................... 153

Figure 40 : Spectres de terres rares normalisés aux chondrites CI (McDonough et Sun,


1995), montrant les modèles typiques d’une suite archéenne bimodale. Les roches
sédimentaires archéennes peuvent être issues d’un mélange de ces deux spectres
(McLennan, 1984) ............................................................................................................. 156

Figure 41 : Spectres des terres rares des grès des formations de Brune (bleu), Keyano
(rouge) et Magin (vert) normalisés A) aux chondrites CI (Taylor et McLennan, 1981); B)
au PAAS (Post-Archean Australian Shale; Taylor et MacLennan, 1985); C) au shale
archéen (McLennan, 1989). Les données des figures D), E) et F) proviennent de l’étude de
Bhatia (1985). Spectres des terres rares pour les graywackes paléozoïques australiens
provenant de quatre environnements tectoniques différents (modifié d’après Bhatia, 1985)
normalisés : D) aux chondrites CI (McLennan, 1981); E) au PAAS (Post-Archean
Australian Shale; Taylor et MacLennan, 1985); F) au shale archéen (McLennan, 1989) . 160
xiv

LISTES DES ANNEXES

8.1. Photographie héliportée géoréférencée de la Formation de Brune, avec la position des


échantillons ........................................................................................................................ 203

8.2. Photographie héliportée géoréférencée de la Formation de Keyano, avec la position des


échantillons ........................................................................................................................ 204

8.3. Photographie héliportée géoréférencée de la Formation de Magin, avec la position des


échantillons ........................................................................................................................ 205

8.4. Liste des codes des minéraux et des textures utilisés par le MRN ............................. 206

8.5. Analyses lithogéochimiques des grès des formations de Keyano, de Magin et de Brune
(oxydes majeurs en % poids, éléments traces en ppm) réalisées par ICP-AES et ICP-MS
(voir section 3.2). Source : SIGEOM ................................................................................. 207

8.6. Analyses lithogéochimiques des clastes de conglomérats des formations Keyano,


Magin et Brune (oxydes majeurs en % poids, éléments traces en ppm) réalisées par ICP-
AES et ICP-MS (voir section 3.2). Source : SIGEOM ...................................................... 209

8.7. Matrice de corrélation des éléments chimiques analysés des grès étudiés .................. 211

8.8. Tableau des éléments en ppm contenus dans les magnétites des grès des formations de
Keyano et de Magin ............................................................................................................ 215

8.9. Tableau des éléments en ppm contenus dans les magnétites de formation de fer de la
Formation de Magin et de chert de la Formation de Keyano ............................................. 219

8.10. Tableau des éléments en ppm contenus dans les magnétites des plutons felsiques aux
alentours des formations de Keyano et de Magin ainsi que d’un claste de tonalite 1 et de
monzodiorite quartzifère de la Formation de Keyano ........................................................ 221

8.11. Liste des magnétites issues des plutons felsiques ...................................................... 227

8.12. Liste des numéros SGDAC, et des localisations des échantillons ............................. 228
1

PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE

La Sous-province de La Grande, située dans la partie est de la Province du

Supérieur, s’étend sur environ 700 km selon un axe irrégulier E-O à NE au Québec. Elle est

limitée par les sous-provinces de Minto au nord, d’Opinaca au sud et d’Ashuanipi à l’est

(figure 1). Elle est composée d’un socle tonalitique paléoarchéen à néoarchéen, de plusieurs

séquences volcano-sédimentaires mésoarchéennes et néoarchéennes et de nombreux

plutons de compositions variées (Thériault et Beauséjour, 2012).

Plusieurs séquences volcano-sédimentaires de la Province du Supérieur sont encore

mal connues et certaines d’entre elles font l’objet d’études. Les unités lithologiques sont

souvent similaires, ce qui limite les corrélations stratigraphiques. La géochronologie

constitue la méthode de corrélation la plus utile dans les terrains archéens (Kontinen et al.,

2007; Thomas, 2011). Toutefois, cette méthode a comme désavantage de comprendre de

nombreuses manipulations et être coûteuse. En conséquence, peu d’échantillons sont datés

pour chacune des unités, ce qui pose le problème de la représentativité des échantillons. La

faiblesse de l’échantillonnage fait en sorte aussi que l’on doit présumer une certaine

uniformité de la source des unités sédimentaires.

Les unités sédimentaires archéennes de la Sous-province de La Grande n’ont pas

fait l’objet d’études détaillées en termes d’analyses de faciès, d’analyses pétrographiques et

géochimiques. Sur la base de similitudes lithologiques, stratigraphiques et structurales,

plusieurs grandes séquences volcano-sédimentaires ont été définies dans le nord de la Baie-

James (Goutier et al., 1998a, 1998b, 1999a, 1999b, 2000, 2001a, 2001b, 2002; Labbé et
2

Bélanger, 1998; Simard et Lafrance, 2011a). Les travaux plus récents de Mathieu et al.

(2011) et de Bandyayera et al. (2011, 2013) dans la région des feuillets SNRC 33G et 33H

ont permis de reconnaître de nouvelles unités sédimentaires (figure 2) : la Formation de

Marbot (33G07, <2702 Ma, David et al., 2011); la Formation de Brune (33G07, <2841

Ma, David et al., 2011); la Formation de Magin (33G09, <2720 Ma, David et al., 2012); et

la Formation de Keyano (33H13, <2710 Ma, David et al., en préparation). Les travaux

récents, accompagnés des datations U-Pb (figure 3) apportent de nouvelles données sur

l’âge probable des sources des formations de Brune et de Magin. Les données donnent un

âge minimal et maximal des formations, et le pic de probabilité relative nous renseigne sur

l’âge moyen de sédimentation utilisé pour ce mémoire. Les âges des zircons de la

Formation de Magin vont de 2840 Ma à 2688 Ma (David et al., 2011) et l’âge maximal de

sédimentation est de 2720,5 ±2,7 Ma. La Formation de Brune montre des sources dont

l’âge varie de 2905 Ma à 2788 Ma. L’âge maximal estimé de cette formation est de 2841

±3 Ma (David et al., 2011). Pour la Formation de Keyano, l’âge des zircons indique des

sources comprises entre 3130 Ma et 2710 Ma, avec un âge maximal de sédimentation à

2710 Ma (David et al., en préparation). Ces âges suggèrent la présence de plusieurs

épisodes de sédimentation. Le premier est représenté par la Formation de Brune (<2841

Ma) et précède la mise en place du Groupe de Guyer (2820 à 2806 Ma; Goutier et al., 2002;

David et al., 2011). Le second, représenté par les formations de Keyano (<2710 Ma) et de

Magin (<2720 Ma), sont possiblement associées à l’érosion du Guyer et de différentes

unités du Complexe de Langelier. Le troisième est représenté par la Formation de Marbot

(<2702 Ma).
3
4

La présente étude vise à tester diverses méthodes autres que la géochronologie sur

des zircons qui permettraient d’établir les relations stratigraphiques entre les unités

sédimentaires, plus rapidement et à moindre coût. Le but de cette étude est d’établir de

nouveaux outils de corrélations de roches sédimentaires déformées à divers degrés et

métamorphisées; ceci dans un contexte de séquences volcano-sédimentaires archéennes.

Cette étude se prête bien à cette problématique puisque les formations énumérées

précédemment, sont déformées, métamorphisées aux faciès supérieurs des schistes verts et

inférieurs des amphibolites (Bucher et Grapes, 2011) et éloignées les unes des autres. Les

formations de Keyano, de Brune et de Magin ont été sélectionnées car elles comportent des

aires moins déformées. Ces affleurements étaient soit adjacents, soit à l’intérieur des

secteurs cartographiés par Géologie Québec durant les étés de 2011 et 2012.

Plusieurs méthodes ou outils sont utilisés pour répondre à ces problèmes de

corrélations archéennes. Une problématique spécifique est décrite au début de chaque

chapitre, ainsi qu’une méthodologie avant chaque outil. Une analyse sédimentologique de

faciès est déjà une première série d’outils pour distinguer les unités archéennes, afin de voir

si l’environnement de dépôt et les processus sédimentaires sont les mêmes. Une étude

pétrographique conventionnelle est également intéressante dans une étude de corrélation, à

condition que le faciès métamorphique et la déformation ne soient pas trop grands pour

limiter la reconnaissance des constituants pétrographiques originaux. La pétrographie et,

par conséquent la géochimie des grès, est influencée principalement par la composition

originale des roches sources de ces sédiments, de même que les processus de modification

engendrés par l’altération à la source, le mode de transport et les altérations post-dépôts


5

(diagenèse, métamorphisme, hydrothermalisme). Un des objectifs est donc de tester

l’utilisation de la lithogéochimie et de la géochimie minérale pour corréler des unités

sédimentaires macroscopiquement similaires, métamorphisées et ayant subi des

déformations (Roser et Korsch, 1988; Fralick et Kronberg, 1997). L’étude d’un minéral

spécifique d’une source, mécaniquement et chimiquement stable, résistant aux

modifications lors du transport (destruction mécanique) et d’altération chimique

(météorisation, diagenèse, métamorphisme), peut être d’une grande utilité dans une telle

étude pour un contexte archéen. La magnétite est un minéral très résistant à l’altération et

présent dans un large éventail d’environnements sédimentaire (Yang et al., 2009). Elle

s’avère donc l’un des seuls minéraux lourds (autre que le zircon et le rutile) utilisables dans

le contexte des roches étudiées. Une étude des éléments en traces contenus dans ce minéral,

des formations de Magin et de Keyano permettrait donc d’identifier de possibles sources.


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CHAPITRE I

ANALYSE STRATIGRAPHIQUE CONVENTIONNELLE

1.1. Problématique et objectif

Sur le plan de la sédimentologie, les environnements de dépôts peuvent être

identifiés par des analyses de faciès de successions sédimentaires basées sur les textures et

les structures (Walker et James, 1992). Du point de vue des techniques conventionnelles de

la corrélation lithostratigraphique, il est assez difficile de réaliser des corrélations dans les

séquences volcano-sédimentaires archéennes pour plusieurs raisons. Les multiples épisodes

orogéniques (Percival et al., 2006) enregistrés dans ces roches font qu’un bassin

sédimentaire a pu être plissé et découpé par des failles (chevauchantes, normales et

décrochantes). Des portions d’un même bassin original peuvent ainsi avoir été déplacées

sur de grandes distances et être réparties maintenant en plusieurs aires isolées les unes des

autres sous formes de minces bandes. À l’opposé, des portions de bassins forts différentes

peuvent aussi avoir été juxtaposées à des temps différents. Dans la région d’étude, les

formations sédimentaires identifiées représentent des unités spatialement restreintes,

éloignées les unes des autres (Bandyayera et al., 2011, 2013; Goutier et al., en préparation).

Au sein des diverses formations, il faut aussi tenir compte que les affleurements eux-mêmes

ont rarement une grande continuité physique. Eriksson et al. (1988) ont démontré que les

structures sédimentaires dans les roches métamorphisées peuvent être reconnues et qu’une

évaluation de faciès moderne peut être entreprise. En réalité, on en connait peu sur les
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processus de transport archéen, les systèmes de dispersions, les séquences de faciès et

l’architecture des sédiments (Mueller et al., 2002). Toutefois, divers auteurs acceptent le

principe d’actualisme pour la tectonique et les dépôts à l’Archéen (Calvert et al., 1995;

Eriksson et al., 2004). L’objectif du présent chapitre sera donc de documenter l’utilité

d’une analyse stratigraphique conventionnelle sur les formations de Brune, de Magin et de

Keyano pour des fins de corrélations.

1.2. Méthodologie

Afin de procéder à une analyse de faciès et à une interprétation de l’environnement

de dépôt des formations de Brune, de Keyano et de Magin, des aires peu déformées

structuralement, c’est-à-dire avec une préservation des textures et des structures

sédimentaires originelles, ont été sélectionnées pour chacune des formations (Duparc et al.,

2012). Les travaux de terrain préliminaires suggèrent un environnement fluviatile.

L’analyse de faciès développée par Miall (1978, 1985, 1992) pour de tels dépôts sera donc

employée (tableaux 1 et 2). Celle-ci nécessite l’identification de la composition générale (p.

ex., silicoclastique à grain grossier) et une identification des structures (p. ex., laminations

parallèles, laminations entrecroisées en auge ou planaire, granoclassements, rides ou dunes)

et des textures (p. ex., clastes jointifs ou non jointifs, arrondis, avec imbrication). Les

figures sédimentaires à l’échelle de l’affleurement sont aussi notées (p. ex., continuité

latérale des lits, présence de chenaux, figures de slump et lits démembrés). Une attention

particulière est donnée aux structures et textures indicatrices de polarité stratigraphique et

de sens ou direction d’écoulement (figures 4, 5 et 6). Le sens du courant pour établir la


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source et les modèles de dispersions est primordial dans la détermination de l’histoire du

bassin (Eriksson, 1977; Heubeck et Lowe, 1994; Mueller et al., 2002). En plus de

déterminer l’évolution du bassin, les mesures de paléocourants sont essentielles dans la

reconnaissance de processus sédimentaires archéens. Cependant, elles peuvent être

difficiles à prendre dans les roches archéennes à cause du degré de déformation, du faciès

métamorphique et de la rareté des surfaces d’exposition montrant la direction du courant

(Mueller et al., 2002). L’interprétation d’environnements sédimentaires nécessite de

préciser les relations entre les lits (p. ex., contacts francs ou graduels, empilements

granocroissant ou granodécroissant). Tout ceci vise à constituer des colonnes

stratigraphiques (Mueller et al., 2002) qui seront par la suite comparée à des colonnes

schématiques idéalisées et représentatives d’un environnement sédimentaire connu (Miall,

1978). Des comptages de points sont réalisés dans les conglomérats, mais seront

développés lors du deuxième chapitre. Une moyenne des comptages de points de la

formation est présentée à côté de chaque colonne stratigraphique de chaque formation. Les

tailles de l’axe long maximun et de l’axe court minimum ont été calculées sur chaque

fragment du comptage de point, permettant de réaliser une moyenne de ces axes pour

chaque type de claste.

1.3. Description de la Formation de Brune

La Formation de Brune est située dans le feuillet 33G07 (figure 2). Elle a été définie

pour la première fois par Bandyayera et al. (2011). Elle s'étend sur 1,4 km de longueur et

250 m de largeur (Bandyayera et al., 2011). Les contacts avec les unités adjacentes n’ont
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pas été observés. La présente étude a porté sur une coupe de 14 m (épaisseurs réelles

corrigées), orientée à 135° (figure 4; annexe 8.1). Cette petite coupe est la seule séquence

observée en affleurement, car les autres affleurements du secteur ne sont pas aussi grands.

Nous observons une déformation à quelques endroits dans le conglomérat avec une

schistosité orientée à N268° avec un pendage de 54° (N268°/54°), recoupant le litage

déversé ayant une attitude de N260°/61°. Les limites de l’unité ont été définies à partir des

quelques affleurements présents. Ceci pose ici un problème de la représentativité de

l’affleurement par rapport à l’ensemble de la Formation de Brune. L’analyse de faciès est

donc restreinte, puisque sans grande continuité d’une séquence, il est difficile de spécifier

précisément le type d’environnement sédimentaire.

L’affleurement est composé de 88 % de lits de conglomérat et de 12 % de lits ou de

lentilles de grès. Le conglomérat semble former des lits relativement épais de 300 à 700

cm, massifs (sans structures sédimentaires visibles). C’est un conglomérat polymicte

lithique jointif dominé par des clastes subanguleux à subarrondis de la taille des blocs. Le

contact inférieur du conglomérat avec les lentilles de grès est franc alors que le contact

supérieur est irrégulier car les grès moulent le conglomérat. La présence de lentilles de grès

de 50 à 70 cm d’épaisseur dans l’empilement de conglomérat pourrait signifier que le

conglomérat est constitué de lits plus minces amalgamés. On observe la présence de 20 à 50

% de laminations parallèles horizontales dans tous les lits de grès. Ces lentilles de sable, de

bases chenalisées et comportant quelques granoclassements normaux, nous permettent de

donner une polarité stratigraphique vers le sud. La composition des clastes des lits de

conglomérats est à dominance de tonalites (68 %).


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1.4. Description de la Formation de Keyano

La Formation de Keyano est située au sud-ouest du réservoir de La Grande 4 (figure

2, feuillets 33H13 et 33H14). Elle a été définie à la suite des travaux de cartographie de

l’été de 2011 (Mathieu et al., 2011; Goutier et al., en préparation). Elle s'étend sur plus de

40 km de longueur et sur une largeur de 7,2 km. Cette unité est plissée selon une orientation

E-O. De plus, elle est transpercée et bordée par des plutons felsiques et intermédiaires. Le

contact sud n’affleure pas et pourrait correspondre à une discordance puisque les zircons du

Pluton de Nochet (2726 ±7 Ma, Davis et al., en préparation) sont plus anciens que ceux

trouvés dans le conglomérat de Keyano (<2710 Ma, David et al., en préparation). Des

affleurements de conglomérat ont aussi été observés près du contact.

Notre étude porte sur une coupe composite de 144 m, orientée SO-NE (figure 5;

annexe 8.2), d’affleurements dont les structures sédimentaires sont bien exposées et peu à

moyennement déformées, de la Formation de Keyano. Les strates ont une attitude moyenne

de N315°/85° avec une polarité stratigraphique vers le NE. Il n’y a pas de schistosité

apparente, mais les clastes présentent un étirement vers le NO. La stratigraphie et les

comptages de points montrent que la coupe est composée de 55 % de conglomérat à galets

et blocs jointifs et de 45 % de grès grossier en lits ou en lentilles. L’unité de conglomérat

polygénique (Aky5) de la Formation de Keyano ne représente qu’une faible partie de cette

formation. Le conglomérat est polymicte lithique, dominé par des clastes subanguleux à

subarrondis, jointifs de la taille des blocs. Le contact inférieur du conglomérat avec les

lentilles de grès massives est franc, alors que le contact supérieur est irrégulier car le grès

moule les clastes du conglomérat. Certaines lentilles de grès sont minces, les contacts
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supérieurs et inférieurs sont irréguliers. Quelques transitions graduelles du conglomérat au

grès sont observées et accompagnées de granoclassements normaux. La présence de

lentilles de sable, de bases chenalisées et des granoclassements normaux nous permettent

de donner une polarité stratigraphique vers le NE. La présence de lentilles de grès très

grossier, de 20 à 200 cm d’épaisseur, dans l’empilement du conglomérat, suggère

l’existence de bris régulier de la sédimentation conglomératique et l’érosion partielle ou

totale des lits de grès qui devaient se déposer originalement en période de décru (Eriksson,

1978). L’actuel empilement sédimentaire serait donc constitué de lits minces amalgamés de

conglomérat plutôt que d’un unique lit épais. La présence de plusieurs lits massifs

renfermant des inversions de granulométrie confirme cette amalgamation. À la base des lits,

on observe 20 % de grès grossier et massif, avec des résidus de fond et des cailloux

flottants. La partie sommitale est définie par la présence de 5 à 30 % de laminations

parallèles horizontales avec de nombreux cailloux flottants. Nous observons également la

présence de 10 à 50 % de laminations entrecroisées en auge dans les lits et de 1 à 2 % de

rides et de laminations parallèles obliques dans les lentilles de grès. Le grès est caractérisé

par la présence de magnétite à la base de chaque lit de grès, ainsi que par la présence de

chenaux. Les directions des paléocourants sont déterminées à partir du sens des laminations

entrecroisées en auge et planaires et indique un courant vers le SE (coordonnée actuelle).


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1.5. Description de la Formation de Magin

La Formation de Magin est située dans le feuillet SNRC 33G09 (figure 2). Elle a été

définie par Bandyayera et al. (2013). Elle affleure principalement sur une superficie de

forme triangulaire sur près de 33 km de longueur et atteint une largeur maximale de 7,3 km.

Elle est bordée au nord et au sud par des cisaillements, alors qu’elle est coupée par une

monzonite quartzifère de la Suite de Bezier à l’est. Deux autres bandes d’extension

kilométrique, présentes dans le feuillet adjacent 33H12, ont été corrélées à cette formation

sur une base lithologique.

La coupe étudiée mesure 106 m de longueur et elle est orientée NE-SO (figure 6;

annexe 8.3). Cette coupe est réalisée à partir de plusieurs affleurements, localement

dispersés. Ces affleurements ont été nettoyés et agrandis de façon manuelle, permettant

d’observer les meilleures structures sédimentaires. Les épaisseurs présentées sur la coupe

de la figure 6 tiennent compte de l’attitude du litage (N115°/60°) et de la pente de surfaces

des affleurements variant de 10° à 42°. Une schistosité, orientée E-W avec un pendage de

65° à 88°, affecte les roches de la coupe. La polarité stratigraphique est du NE au SO.

La coupe est composée de 55 % de grès grossiers et de 45 % de conglomérats à

blocs jointifs. Le contact inférieur du conglomérat avec les lentilles de grès est franc alors

que le contact supérieur est irrégulier car le grès moule les clastes du conglomérat.

Quelques passages graduels du conglomérat au grès sont observés, avec la présence de

granoclassements normaux.

Le grès est très grossier et disposé en lits de 10 à 300 cm. La présence de lits

particulièrement épais, massif ou renfermant des inversions de granulométrie, supporte une


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amalgamation des lits de grès (Eriksson, 1978). Nous observons dans les lits et lentilles de

grès la présence de 10 à 50 % de laminations entrecroisées en auge et de 5 à 20 %

parallèles. Notons également la présence de résidus de fond à la base de lits de grès, suivi

de grès massif (70 %), puis de grès fin (20 %) à laminations parallèles horizontales au

sommet des lits. Les directions des paléocourants sont déterminées à partir du sens des

laminations entrecroisées en auge et indique un courant vers le NO (coordonnée actuelle).

Nous observons une déformation à quelques endroits du conglomérat avec une schistosité

N85 à pendage 54° recoupant un litage N110/60°.


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1.6. Interprétation de l’analyse de faciès

L’agencement des lits de conglomérat et de grès représenté sur les colonnes

stratigraphiques réalisés (figures 4, 5 et 6) s’avèrent principalement similaires à celles

reconnus dans des systèmes alluviaux (figure 7; Ridgway et DeCelles, 1993; Blair et Mc

Pherson, 1994; Chamyal et al. 1997). Pour cela, les codes des faciès et les associations de

faciès sédimentaires pour des dépôts alluviaux comme décrits par Miall (1978, 1985, 1986,

1992) avec diverses modifications pour les roches sédimentaires archéennes (Mueller et al.,

1994, 1998) seront dorénavant employés ici (tableaux 1 et 2).

Les conglomérats jointifs et massifs à faiblement stratifiés correspondent au faciès

Gm. Ce faciès avec la présence locale de chenaux et d’interlits planaires de sables peut être

expliquée comme formé dans un environnement ayant des épisodes à haute énergie

(Galloway et Hobday, 1983; Rust et Koster, 1994; Mueller et al., 2002). Le sable massif

(Sm) est considéré comme un produit de flux hyperconcentrés (Simpson et Eriksson, 1989).

Les lits de sable à laminations parallèles (Sh) se forment en traction en écoulement

supérieur. Ces deux faciès forment principalement des feuillets de sables qui se déposent au

tout début du déclin de phase d’inondation alors que la sédimentation domine sur l’érosion

(Eriksson, 1978). Les grès à laminations entrecroisées en auges (St, figure 8) se forment

également en traction mais en écoulement inférieur. Il est possible que ceux à laminations

planaires à faible angle (Sl) puissent s’apparenter aux laminations entrecroisées planaires

(Sp), lesquels ont un angle plus prononcé. Si tel est bien le cas, ils se déposent dans le

même régime que les grès de type St. Ces faciès sont considérés comme un produit de la
21

migration de dunes par un chenal (figure 8; Eriksson, 1978) et se formeraient donc en

périodes de plus basse énergie que Sh, possiblement en périodes d’étiage.

À l’Archéen, l’absence de végétation et la prépondérance de forts reliefs lors des

mouvements tectoniques favoriseraient des environnements fluviaux avec une plus forte

proportion des faciès typiques d’écoulement de flux hyperconcentrés. De tels types

d’écoulements se développent dans des rivières à barres graveleuses longitudinales peu

sinueuse dans des milieux ouverts (Mueller et Corcoran, 1998). Ceci correspond aussi à

l’assemblage de faciès GB (tableau 2), lequel est souvent présent dans des zones

tectoniques actives (Lonegran et Scheiber, 1993), et dans des bassins à bordures faillées où

les taux d’accumulation sont généralement très hauts et peuvent durer de 1 à 10 Ma

(Mueller et al., 2002).

Des empilements sédimentaires similaires sont bien décrits dans diverses ceintures

de roches vertes archéennes, comme celle de la Sous-province de l’Abitibi où ils sont

connus comme de type Timiskaming (Thurston et Chivers, 1990; Mueller et al., 1991;

Mueller et Donaldson, 1992). Les faciès observés sont communs des cônes alluviaux, des

cônes deltas et des rivières tressées (Miall, 1980). Mais nous n’avons aucun élément

géométrique pour connaître le degré de la pente. Le plus simple est d’émettre l’hypothèse

d’une plaine alluviale à faible pente. Nous pouvons comparer les sections de la présente

étude avec les colonnes de type Scott et Donjek (Miall, 1977; figure 7). Nous retrouvons

sur ces deux types, des alternances de conglomérat et de grès. Dans le type Scott, la

proportion de lits de conglomérat domine, alors que dans le type Donjek, se sont les lits de

grès qui dominent. Dans les deux cas, on trouve des lithofaciès comme ceux observés dans
22

la présente étude. Les colonnes stratigraphiques des formations de Brune, de Keyano et de

Magin partagent en fait des caractéristiques avec ces deux types et pourraient constituer un

cas intermédiaire. Par rapport au type Donjek, elles comportent moins de lits de grès et

aucun lit de pélite, ce qui serait typique d’une fin de cône de delta ou de cône alluvial. Par

rapport au type Scott, elles comportent moins de lits de grès et de lits de coulées de débris,

ce qui serait typique plutôt de l’amont d’un cône alluvial.

Des études portant sur l’importance de populations de clastes pour identifier la

source, les modes de dispersion et l’influence de la tectonique ont été réalisée à l’Archéen

sur des bassins tardifs orogéniques en décrochement (Mueller et al. 1991, 1994; Corcoran

et al. 1998, 1999) et des bassins associés à des nappes de chevauchements (piggy back;

Eriksson, 1978; Heubeck et Lowe, 1994). De plus, la taille et la distribution des grains et

des clastes sont souvent utilisées pour différencier des paramètres proximaux ou distaux

dans des cônes alluviaux, des cônes de delta ou dans des barres caillouteuses à courant

tressé (Mueller et al., 2002). Dans les trois formations étudiées, plusieurs lits de

conglomérats ont des clastes de grandes tailles (classe des blocs) ce qui appuierait une

proximité relative de la source. Toutefois, les clastes sont généralement arrondis et jointifs,

typiques d’un transport en traction présent en partie distale d’un cône alluvial, plutôt

qu’anguleux avec des textures et structures typiques de coulées de débris caractéristiques de

la partie proximale des cônes alluviaux. Globalement, les données des trois formations

favorisent un milieu de sédimentation en position médiane d’un cône alluvial ou d’une

rivière alluviale graveleuse avec des caractéristiques similaires. L’agencement des lits de

conglomérat et de grès expose les caractéristiques d’un courant par traction, en régime
23

d’écoulement permanent avec une vitesse constante et de processus de coulée s’opérant

dans les systèmes alluviaux. De tels environnements ne sont pas favorables au dépôt de

boues qui auraient pu être présentes lors du transport initial.

Du point de vue de l’environnement tectonique, les limites des bassins de type

Timiskaming sont fréquemment des failles et des discordances angulaires. On y trouve

localement des roches volcaniques alcalines ou calco-alcalines (Krapez et Barley, 1987;

Thurston et Chivers 1990). On peut donc les considérer comme des bassins successeurs

(tardifs). Pour la Formation de Brune, la représentativité de l’affleurement n’est pas assez

grande pour conclure positivement sur l’environnement de dépôt.

En conclusion, l’analyse sédimentologique conventionnelle, basée sur les faciès et

les figures sédimentaires (figure 8), ne permet pas de confirmer ou d’infirmer des

corrélations entre les trois formations à l’étude. En effet, les modes de formations, les

sources identifiées et les environnements de dépôt sont bien similaires entre elles.

Toutefois, elles ne sont pas spécifiques à ces formations puisqu’elles sont aussi communes

avec plusieurs autres formations archéennes d’âges variées (Krapez et Barley, 1987;

Thurston et Chivers, 1990).


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Tableau 1: Classification des lithofacies fluviatiles (modifiée de Miall, 1978).


Faciès Lithofaciès Structures sédimentaires Interprétation possible
Gmm Gravier non jointif massif gel par friction; dépôts de coulée de débris visqueuse
(matrice [argileuse])
(Dmm) (Diamicton) (aspect chaotique)
Gmg Gravier non jointif granoclassement inverse à normal tamisage cinématique à suspension gravitaire; dépôts de
(Dmg) (matrice [sable]) coulée de débris
(Diamicton)
Gci Gravier jointif (claste) granoclassement inverse tamisage cinématique; dépôts de coulée à forte concentration
classé de débris
Gh Gravier jointif (claste) Lit (ruban/lamine) horizontal; Dépôt de résidu
laminé / lité imbrication
Gt Gravier jointif (claste) Lamines entrecroisées en auge dépôt par traction; comblement de petit chenaux
stratifié (trough)

Gp Gravier jointif (claste) lits entrecroisés planaires dépôt par traction; barre linguiforme ou accrétion frontale (à
stratifié partir d'ancienne barre)
Sm Sable fin à grossier massif gel par friction; suspension rapide; dépôt de coulée de masse
St Sable moyen à très lits entrecroisés en auge (trough) régime d'écoulement inférieur, dépôt par traction; dunes à
grossier, à caillouteux crête sinueuse 3D
Sp Sable moyen à très grossier lits entrecroisés planaire solitaire dépôt par traction; barre linguiforme à transversale (2D),
Sr Sabre très fin à grossier rides de divers types dépôt par traction; rides
Sh Sable très fin à très lamination horizontale dépôt par traction; lits planaires (régimes d'écoulement inf. et
grossier, à caillouteux sup.)
Sl Sable fin lits entrecoisés à angle faible régime d’écoulement supérieur, dépôt par traction;
(<15º) comblement d'affouillement, crevasse évasée, antidune

Ss Sable fin à grossier, parfois large surface peu profonde comblement de surfaces d'érosion
caillouteux d’affouillement (scour)
26

Tableau 2: Classification des macroformes fluviales.


(modifiée de Miall, 1985, 1986)

Élément fluviatile (f) Code Assemblage de faciès Géométrie


Chenal CH Toutes combinaisons Rubans, lentilles ou feuillet; base érosive concave.
Remplissage d’un chenal fluviatile; échelle variable;
Barre graveleuse GB Gm, Gp, Gt Lentille, feuillet; associée souvent à SB
Macroforme (bedform) sableuse SB St, Sp, Sh, Sl, Sr, Ss Lentille, feuillet. remplissage de chenaux ou étalée en
feuillet.
Macroforme d’accrétion en amont UA St, Sp, Sh, Sl, Sr, Ss Lentille; avec surfaces d’accrétion inclinées vers l’amont;
(upstream) associée à DA et LA
Macroforme d’accrétion en aval DA St, Sp, Sh, Sl, Sr, Ss Lentille; avec surfaces d’accrétion inclinées vers l’aval.
(downstream)
Macroforme d’accrétion latérale LA St, Sp, Sh, Sl, Sr, Ss Lentille, lobe; avec surfaces d’accrétion inclinées
(Gm, Gp, Gt) latéralement et progradantes sur une base plane ou érosive
Fosse d’affouillement (Scour SH Gh, Gt, St, Sl Fosse avec remplissage asymétrique
Hollows)
Dépôt (sédiments) gravitaires SG Gmm, Gmg, Gci, Gcm Lobe, feuillet; associé souvent avec GB
27
28

CHAPITRE II

DESCRIPTION PÉTROGRAPHIQUE

2.1. Problématique et objectif

L’étude pétrographique est un outil puissant pour caractériser et classer des grès.

Elle permet de préciser les sources et l’environnement tectonique de dépôt. Une abondante

littérature existe sur le sujet (Dickinson et al., 1983; Nechaev et Isphording, 1993; Morton

et Hallsworth, 1999; Mackenzie et Guilford, 2001). La composition déterminée par le

comptage de point et de clastes est influencé par la région source (Basu, 1976; Mack, 1981;

Picard et McBride, 1993), les paramètres géodynamique (Dickinson et Suczek, 1979;

Dickinson et al., 1983), le relief (Johnsson et Stallard, 1989), le climat (Nesbitt et al., 1996;

Corcoran et al., 1998), le transport (Nesbitt et al., 1996), et par les environnements de

dépôts (McBride et al., 1996; Corcoran et al., 1998) incluant le recyclage (Corcoran, 2005;

Corcoran et al., 2013), et post dépôt (diagenèse et métamorphisme; Johnsson, 1993).

L’analyse pétrographique conventionnelle de grès peut être relativement simple

lorsque le nombre de minéraux qui les composent est restreint. Mais certains cas sont plus

complexes lorsque les grès sont immatures et riches en clastes lithiques. L’analyse des grès

est limitée par la taille des grains et est donc peu utile pour documenter les grains de petites

tailles, comme les minéraux argileux, qui nécessitent d’autres techniques analytiques (p.

ex., diffraction des rayons X). Elle ne permet pas non plus de différencier aisément des

minéraux avec des propriétés optiques similaires (p. ex., les carbonates; Deer et al., 1992;

Boggs, 2009). Les résultats d’analyses pétrographiques permettent d’abord une


29

classification des sédiments. La composition des sédiments est un reflet de la composition

de la source, des processus d’altération qui les ont affectés de la source à aujourd’hui (p.

ex., météorisation, diagenèse, hydrothermalisme, métamorphisme). La grande dépendance

de la composition de la source sur celle des grès permet aussi d’identifier des

environnements tectoniques de formation. Le tri hydraulique et l’abrasion mécanique

durant le transport et l’environnement de dépôt sont les principaux facteurs modifiant la

composition acquise à la source des roches sédimentaires (Morton et Hallsworth, 1999).

Une approche similaire est employée pour les conglomérats où un comptage et une

identification précise des clastes permet d’obtenir des résultats intéressant (Mueller et al.,

2002). Il y a donc lieu de procéder à une analyse plus fine des clastes de conglomérat pour

valider cette hypothèse. Nous observons ici que, les grès peuvent contenir une grande

variété de minéraux lourds (Svendsen et Hartley, 2002). Le cortège de minéraux lourds

peut être utile pour confirmer ou suppléer une étude pétrographique conventionnelle. Ce

cortège permet aussi de corréler ou de distinguer les différentes formations sédimentaires

(Morton et Hallsworth, 1999). Les minéraux lourds originalement présents dans les grès

contrôlent la distribution de plusieurs éléments en traces (Gujar et al., 2010). Plusieurs

études sont parvenues à identifier la provenance des sédiments grâce aux minéraux lourds

(Sabeen et al., 2002; Fedortchouk et LeBarge, 2008; Zimmermann et Spalletti, 2009).

Toutefois, il est possible qu’une certaine portion de minéraux lourds primaires n’ait pas

résistée au métamorphisme du faciès des amphibolites (Mange et Wright, 2007).

L’utilisation pétrographique des minéraux lourds pour identifier les caractéristiques de

sources possibles s’avère donc limitée. Dans les grès étudiés, certains minéraux, comme le
30

zircon, peuvent bien résister au métamorphisme (Hanchar et Hoskin, 2004). D’autres

comme les grenats, les amphiboles et les micas, seraient d’origine métamorphique (Yardley

et al., 1990). L’origine de certains minéraux comme l’apatite, l’allanite et sa couronne de

réaction, reste incertaine. Il est possible que l’ambiguïté puisse être levée par une étude

chimique de ces minéraux. Quelque soit leurs origines (sédimentaire ou métamorphique),

l’étude de ces minéraux est essentielle pour déterminer les porteurs des éléments

chimiques. Les minéraux lourds se concentrent généralement à la base des lits de grès.

Toutefois, l’observation de lamines de magnétites prouve qu’il existe un phénomène de

ségrégation, malgré l’environnement fluviatile qui devrait être uniforme. Ceci confirme la

nette dominance de la traction comme principal mode de sédimentation.

L’objectif du présent chapitre est de vérifier si une étude pétrographique

conventionnelle des formations de Brune, de Keyano et de Magin, pour les grès ou une

étude pétrographique plus détaillée des clastes des conglomérats de ces formations serait un

bon outil de corrélation de ces formations sédimentaires.

2.2. Méthodologie

Trois lames minces dans les grès ont été étudiées pour la Formation de Brune, sept

pour la Formation de Keyano et dix pour la Formation de Magin. Les lames minces ont fait,

par la suite, l’objet d’un comptage de points. C’est une méthode statistique qui permet de

décrire une roche d'une manière impartiale et quantitative. Elle consiste à étudier un grand

nombre de points sur une lame mince. Afin d’avoir une représentation statistiquement

valide, le nombre de points décrit est typiquement de 300 à 500 dans le but d’atteindre un

plateau où, à chaque ajout de nouveau point, le pourcentage des minéraux de la roche
31

changent peu. Mais il faut faire attention à ce que l’endroit choisi pour réaliser la lame

mince, soit le plus représentatif de ce que l’on veut montrer. La méthode ne s’applique

qu’aux grès peu déformés, avec peu de matrice produite tectoniquement (Pettijohn, 1954;

Dickinson et Suczek, 1979; Dickinson et al., 1983). Le développement de minéraux

métamorphiques (p. ex, amphibole, grenat) avec des textures qui leur sont propres (p. ex.,

granoblastiques, idioblastiques) limite aussi grandement l’utilité de la méthode pour des

roches ayant subi un métamorphisme important.

Dans un premier temps, il est important d’effectuer un comptage de clastes des

conglomérats sur le terrain (Mueller et al., 1991; Mueller et Corcoran, 1997; Corcoran et

Mueller, 2002; Mueller et al., 2002). Ceci permet d’établir, pour chaque formation, une

représentation des sources apparentes (Duparc et al., 2012). La modification par le grade

métamorphique ne permet pas l’identification des constituants originaux, et donc les

méthodes de comptage d’Indiana et de Gazzi-dickinson (Ingersoll et al., 1984) ne

conviennent pas ici. Ceci empêche également de réaliser des diagrammes de classification

et de tectonique conventionnelle. Voici comment les comptages ont été réalisés. La maille

de comptage suit le principe de base des mesures de grain en lame mince. Aucun claste ne

doit être compté deux fois. Pour ce faire, le claste qui a la taille maximale du conglomérat

sert de taille minimale pour la maille. La taille de la maille de cette étude varie de 1 m sur 1

m à 1,20 m sur 1,20 m avec des points tous les 10 ou 20 cm. Le comptage devient valide

aux alentours de cent clastes comptés. Ceci résulte d’un compromis entre le temps à

accorder au comptage et le nombre de lithologies présentes. Si peu de lithologies

différentes sont rencontrées, alors le plateau est vite atteint. Pour le calcul de la taille et de
32

l’arrondi des clastes, le plateau est très vite atteint car le tri durant le transport s’applique à

tous les clastes. Cependant, d’un point de vue statistique, un nombre de 300 clastes comptés

serait irréprochable. De temps en temps, les lits de conglomérats ne sont pas assez épais

pour un comptage, on reproduit alors la maille de façon rectangulaire.

Par la suite, plusieurs clastes des conglomérats jugés représentatifs par leurs textures

ont été échantillonnés dans chaque formation afin de compléter l’étude pétrographique.

Pour la Formation de Brune, trois clastes de tonalites et un claste de pyroxénite ont été

prélevés. Pour la Formation de Keyano, deux clastes de tonalites, un de granite, un de

pyroxénite, un de gabbro et un de chert ferrugineux sont également prélevés. Pour la

Formation de Magin, deux clastes de tonalites, un de granite, un de komatiite, un de basalte

et un de formation de fer ont aussi été échantillonnés. Ces clastes ont servi à une étude

pétrographique et à des analyses chimiques (voir chapitre III - Lithogéochimie). Aucun des

clastes de paragneiss n’a été échantillonné car les clastes étaient trop petits et déformés

pour les extraire du conglomérat.

2.3. Les grès

Les minéraux présents dans les grès des trois formations (figure 9) sont très

similaires (tableau 3). Les plus abondants sont le quartz et le feldspath (plagioclases et

quelques rares microclines) qui est souvent très séricitisé. Ces deux minéraux présentent

des textures de recuit granoblastique (figure 9), ce qui suggère que ces minéraux ont

recristallisés (Archibald, 1977). En plus des changements compositionnels dus à la

météorisation initiale et à une diagenèse antérieure (Morton et Hallsworth, 1994; Morton et


33

Hallsworth, 1999; Morton et al., 2005), il est aussi possible que leur composition actuelle

puisse résulter de réactions métamorphiques (Sawyer, 1986). Leur abondance actuelle,

toutefois, pourrait refléter une abondance initiale relative. Si tel est bien le cas, ils

proviennent de l’érosion de sources de roches ignées et métamorphiques felsiques, riches

en quartz et feldspath (Corcoran et Mueller, 2002) ou sédimentaire (Corcoran et al., 2013).

Tableau 3 : Composition moyenne des grès des formations de Brune, de Keyano et de


Magin établie à partir de comptage de points; n = nombre de lame mince.

n= 3 Brune % n= 7 Keyano % n= 10 Magin %


Majeurs Quartz 45 Majeurs Quartz 55 Majeurs Quartz 40
Feldspath 25 Feldspath 20 Feldspath 36
Biotite 15 Biotite 10 Biotite 12
Amphibole 10 Amphibole 4 Amphibole 7
Muscovite 5 Muscovite 8 Muscovite 2
opaque (Magnétite) 3 opaque (Magnétite) 3

Traces Grenat Traces Grenat


Traces Grenat Zircon Zircon
Zircon Allanite Allanite
Allanite Pyrite Pyrite
Pyrite Épidote Molybdénite
Épidote Molybdénite Apatite
Chalcopyrite Apatite Arsénopyrite
Pyrrhotite Chalcopyrite Métaux natifs (Cu, Zn, Pb, Sn)

L’abondance relative du quartz pourrait résulter d’un enrichissement lors du

transport de la source vers le bassin puisque c’est un minéral mécaniquement et

chimiquement stable (Corcoran et Mueller, 2002). Les feldspaths sédimentent fréquemment

avec le quartz car ils ont un comportement hydraulique équivalent (Morton et Hallsworth,

1999). Toutefois, les feldspaths sont chimiquement plus instables et mécaniquement moins

résistants que le quartz. Leur abondance originelle refléterait alors un transport court, une
34

absence d’une météorisation à la source, une absence de dégradation par diagenèse et

métamorphisme subséquent ou une combinaison de ces facteurs.

La source commune la plus probable pour le quartz et les feldspaths serait une roche

felsique grenue. Les tonalites sont des roches felsiques riches en quartz et plagioclase

(O’Connor, 1965) qui sont très abondantes à l’Archéen. Des clastes de tonalite abondent

dans les niveaux de conglomérats et indiquent donc clairement la présence d’une source

riche en roche felsique (voir section suivante). En général dans les terrains archéens, les

tonalites sont associés à un ensemble très répandu, les TTG qui comprend des

trondjhémites et des granodiorites (Martin, 1999, 2005). Les TTG constituent les roches les

plus importantes en superficie des sous-provinces de La Grande et de Minto (voir la carte

géologique du Québec, Thériault et Beauséjour, 2012). Elles se sont formées durant toute

l’histoire de ces sous-provinces (voir la figure 4 de Goutier et al., 2001 et les figures 3.1 et

3.2 de Simard et al., 2008). Il est donc très raisonnable de conclure que la source des

sédiments des trois formations reflète l’érosion de terrains de type TTG.

Il y a aussi plusieurs minéraux à texture idioblastique comme l’amphibole

(cristallisée en belles baguettes), le grenat (figure 9) et quelques micas (prismes bien

développés). La présence et les textures de ces trois minéraux confirment que ces roches

ont cristallisé au faciès supérieur des schistes verts ou inférieurs des amphibolites (Bucher

et Grapes, 2011). Leur origine métamorphique ne peut être utilisée pour préciser la

composition de la source originelle. Par contre, ces trois minéraux nécessitent pour leur

formation du fer, du magnésium et de l’aluminium (Adam et Green, 2006). On peut donc

conclure que, si la diagenèse et le métamorphisme ont été isochimiques, les minéraux ou


35

clastes de roches originaux étaient eux aussi de composition ferromagnésienne. Il est

possible que ces minéraux métamorphiques dérivent aussi d’un protolithe riche en argile

contenant en partie du fer et du magnésium. Toutefois, les textures et les structures

sédimentaires reflètent un milieu de sédimentation fluviatile en traction, ce qui exclu la

sédimentation originelle de minéraux argileux avec les grès des trois formations à l’étude

(voir section précédente).

Les conglomérats renferment quelques clastes de roches mafiques et ultramafiques

riches en minéraux ferromagnésiens (voir section 2.3). Plusieurs minéraux

ferromagnésiens, comme l’olivine, sont mécaniquement stables, mais chimiquement très

instables. Ils peuvent donc être relativement abondant dans des grès si le transport est court

et la météorisation à la source faible (Morton et al., 2005). Les TTG renferment peu de

minéraux ferromagnésiens (Martin, 1999, 2005; tableau 4 de cette étude). Les sources

possibles des minéraux ferromagnésiens de la région, en se basant sur la cartographie

régionale et nos comptages de points des clastes : les roches mafiques, intermédiaires et

ultramafiques (volcaniques ou plutoniques) et les roches métasédimentaires (paragneiss et

formation de fer). Les proportions actuelles de ces minéraux ferromagnésiens pourraient

refléter leur abondance originelle et donc une contribution moindre des roches mafiques et

ultramafiques à la composition des grès de ces trois formations.


36
37

Il existe divers minéraux qui sont des indicateurs de sources spécifiques. Leur

présence peut être très utile dans les recherches de provenance. Parmi ces minéraux

présents dans les grès des trois formations à l’étude, il y a le zircon et des minéraux

opaques. Il faut, toutefois, s’assurer qu’ils soient détritiques. Les zircons trouvés dans les

grès ont des morphologies variées et sont en faible quantité. Plusieurs sont en baguettes, et

d’autres semblent prismatiques et zonés, plus typiques de roches ignées (Hanchar et

Hoskin, 2003; David et al., 2008). La plupart de ces zircons possèdent une taille inférieure

à 20 µm et sont en inclusions dans d’autres minéraux où ils sont entourés d’auréoles

pléochroïques. Certains possèdent une fracture montrant que le système a possiblement été

rouvert. Des apatites et des allanites (figure 9) sont aussi présentes mais possèdent aussi

une taille inférieure à 20 µm et sont relativement rares. La rareté relative et surtout la petite

taille de ces minéraux les rendent difficiles à utiliser pour une analyse de chimie minérale et

une étude de corrélation. De nouveau, la présence d’allanite et de zircon confirme

l’existence d’une source ignée felsique (Bea, 1996). Des particules amalgamées contenant

du Cu, Zn, Pb et Sn, sans soufre sont observées en traces dans les grès de Magin (analyse

par micro-fluorescence X). Il est possible qu’une fois le dépôt des sédiments, des sulfures

détritiques aient subi une désulfurisation lors de la diagenèse et du métamorphisme au

faciès des amphibolites. Ces métaux suggèrent un possible système volcanogène (Jébrak et

Marcoux, 2008). De la molybdénite a été observée dans les formations de Keyano et de

Magin. Les isotopes Re-Os de la molybdénite pourraient être un outil de corrélation

intéressant, car ils pourraient nous donner l’âge de cette source (Stein et al., 2001).

Cependant trop peu de minéraux sont présents pour permettre une réelle étude rigoureuse.
38

Deux sources de molybdénite, antérieures à la sédimentation de Magin et de Keyano, sont

connues : soit le Pluton de Moly (2745,8 ±0,8 Ma, Bandyayera et al., 2013) situé à

quelques kilomètres de la Formation de Keyano; soit le Pluton de Semonville (2746 ±5 Ma,

Goutier et al., en préparation), situé à 30 km au SE de la Formation de Magin. Plusieurs

études sur la composition des minéraux lourds phosphatés existent (Belousova et al., 2002;

Svendsen et Hartley, 2002). Toutefois, ces minéraux phosphatés peuvent aussi être

d’origine diagénétique ou métamorphique. Il est impossible dans la présente étude de

départager si c’est le cas ou non. La magnétite est un minéral intéressant d’un point de vue

des corrélations car sa signature en éléments en traces peut être typique de la source

(Grigsby, 1990; Dupuis et Beaudoin, 2011; Dare et al., 2012). Il est bien présent dans les

formations de Magin et de Keyano. Cet oxyde de fer est très résistant mécaniquement et

chimiquement. Il forme fréquemment des dépôts de placers (Darby et Tsang, 1987; Day et

Fletcher, 1991). De plus, quelques clastes de tonalites et de formations de fer observés dans

les conglomérats renferment aussi des magnétites. Il est donc possible de penser que ces

derniers seraient la source des magnétites, comme elles pourraient l’être pour le quartz et le

feldspath des grès des trois formations de la région. Leur étude constitue un chapitre

particulier du présent mémoire et sera donc présentée plus loin (voir le chapitre IV).
39

2.4. Les clastes des conglomérats

Les clastes des conglomérats constituent des échantillons directs des sources des

sédiments. Ils représentent donc un outil très intéressant de corrélation. Les clastes sont

présentés en ordre d’abondance suivant le comptage (tableau 4, figure 10). La moyenne de

ces comptages et leur localisation sont présentés de façon graphique sur les figures 4, 5 et 6.

L’ensemble des clastes mafiques possèdent de nombreux remplacements de leurs minéraux

par des amphiboles, dû au métamorphisme régional.

Conglomérat de Brune

La composition des clastes du conglomérat (figure 11) est à dominance de tonalites

(68 %). Celui-ci contient également: 5 % de clastes d’autres roches plutoniques (granite,

diorite et claste felsique mylonitisé) que l’on ne trouve pas dans les comptages des autres

formations; 15 % de clastes de veines de quartz; et environ 6 % de clastes de roches

mafiques. Les 9 % restant correspondent à la matrice et à quelques clastes de paragneiss à

biotite. Sur la base de la granulométrie et des textures observées en affleurement, trois types

de tonalite ont été identifiés (figure 10): 1) tonalite foliée et granoblastique; 2) tonalite

foliée et moyennement grenue; 3) tonalite à grains grossiers. Ces trois types de tonalite sont

retrouvés dans les coupes des autres formations. Nous avons observé une variation verticale

de la composition des tonalites du conglomérat sur 4 mètres. Cette variation verticale

suggère que soit les sources varient dans le temps, soit qu’il s’agit d’un changement du

niveau d’érosion d’un même pluton possédant un secteur folié et un autre plus granulaire.
40
41

Tableau 4 : Composition des clastes des formations de Brune, de Keyano et de Magin. Le


ratio [La/Yb]n est normalisé aux chondrites CI (McDonough et Sun, 1995; annexe 8.6). Les
abréviations des minéraux accessoires et des textures sont ceux de la légende
géoscientifique du MRN (annexe 8.4). MF % = pourcentage de minéraux ferromagnésiens
dans le claste.

Clastes Minéraux accessoires MF % Texture La/Yb

Brune
Tonalite n°1 MV, BO, GR 3 [FO], [GF], [GR] 7,7
Tonalite n°2 MV, BO, PY, MG 2 [FO], [GM], [GR] 31,5
Tonalite n°3 MV, BO, GR, MO, (CL++),PY 5 [GM], [GG], [GR] 8,3
Amphibolite de pyroxénite BO, HB, PY, PG, AM [GF], [GM] 2,5
Claste de veine de quartz [MA]

Keyano
Tonalite n°1 BO, PY, MG 1 [FO], [GF], [GR] 22,5
Tonalite n°2 HB, BO, AL, ZC 5 [FO], [GM], [GR], [YZ] 36,6
Tonalite n°3 BO, ZC, AL 2 [GG], [GR] 41,2
Monzodiorite quartzifère BO, HB, FK, AL 4 [GG], [PO] de FK, [FO] 37,8
Amphibolite de pyroxénite AM, TR, BO, PG [GF] 1,9
Amphibolite de gabbro BO, HB [MX], [GP] 3,8
Chert ferrugineux AM,PY, PO, HB, BP, QZ, MG, AP, ZC [FO], [RU], [GR]
Claste de veine de quartz [MA]

Magin
Tonalite n°1 MV, PY, EP, BO, MG 1 [GF], [GR] 7,6
Tonalite n°2 BO, HB, MV, PY, MG, ZC, AP 6 [GF], [GM], [GR] 34,0
Tonalite n°3 BO, PY, HB, MV, AL 6 [GG], [GR] 40,1
Amphibolite de komatiite MG, PY, TR, (CB), (TC) [GM] 3,4
Amphibolite de Basalte QZ, HB, (PX), MG [GF], [AM] de QZ 7,0
Formation de fer AM, MG, PY, ZC, AP [RU], [GF], [GR]
Claste de veine de quartz [MA]
42

Conglomérat de Keyano

À la base de la coupe, le conglomérat (figure 10) est dominé par des blocs de

tonalite granoblastique foliée (type 1) et de paragneiss, avec peu de clastes ferrugineux

riche en silice, qualifié de chert. À partir du tiers de la coupe, la dominance passe à d’autres

blocs de tonalite à grains grossiers (type 3). Au sommet de la section, la tonalite

granoblastique foliée (type 1), absente au début de la coupe, représente les clastes

dominants. À la fin de la coupe, la tonalite 1 contribue beaucoup moins à l’apport du

conglomérat. De plus, les clastes de chert ferrugineux ne sont présents ni au début, ni à la

fin de la coupe. Cette variation de composition suggère également que les sources varient

dans le temps. Quelques clastes de gabbro (figure 10) et de pyroxénite sont également

retrouvés au sein du conglomérat.

Conglomérat de Magin

Le conglomérat a toujours une dominance de blocs tonalitiques avec la présence de

formation de fer (1 à 18 %; figure 10). Les autres clastes rencontrés dans le conglomérat

sont composés de roches ultramafiques (1 à 9 %) et de paragneiss (3 à 22 %). À la base de

la coupe, la composition des blocs est dominée par les 3 types de blocs de tonalites (89 %).

On observe peu de clastes de formation de fer et peu de clastes de paragneiss. Au sommet

de la coupe, les blocs tonalitiques forment 61 % des clastes du conglomérat, avec des galets

de formation de fer (9 %) et quelques cailloux de quartz (2 %).


43

2.5. Discussion et conclusion de la description pétrographique

De nombreuses études dans les grès de séquences modernes et plus anciennes

démontrent la provenance et le paléoenvironnement sédimentaire (Dickinson et al., 1983;

Nechaev et Isphording, 1993; Morton et Hallsworth, 1999). L’étude des grès des trois

formations en lame mince confirme le degré de métamorphisme régional du faciès

supérieur des schistes verts au faciès inférieur des amphibolites avec la présence de texture

granoblastique ainsi que de nombreuses amphiboles et du grenat (Bucher et Grapes, 2011).

L’importance de la recristallisation qui accompagne ce métamorphisme limite grandement

l’interprétation du mode de mise en place et l’étude de provenance qui auraient pu être

effectuée pour des grès moins métamorphisés. La majorité des classifications

pétrographiques et tectoniques sont basées sur les rapports entre les grains de quartz, de

feldspath et de clastes de roches (Pettijohn, 1954; Dickinson et al., 1983). Plusieurs

problèmes sont rencontrés lors de la déformation ou du métamorphisme. Certaines

classifications pétrographiques de grès sont basées sur le pourcentage de matrice présente

(Dott, 1964). Les principaux diagrammes de classification tectonique font abstraction de la

matrice (Dickinson et Suczek, 1979). Toutefois, dans les deux cas, c’est le pourcentage de

matrice originale lors du dépôt qui est important. Or, lors de la déformation, il y a

destruction de grains et minéraux labiles et production d’une pseudo-matrice. En

conséquence, au-delà d’un pourcentage de matrice supérieur à 25 %, ces classifications ne

peuvent être employées (Dickinson et Suczek, 1979). De plus, le métamorphisme permet

une recristallisation qui peut modifier les constituants et textures d’origine et les remplacer

par des minéraux et des textures typiques des roches métamorphiques (Yardley et al.,
44

1990). En conséquence, l’utilisation d’une classification pétrographique conventionnelle

pour les grès de la région est probablement inadéquate. Par analogie avec les dépôts de type

Timiskaming de la Sous-province de l’Abitibi (Mueller et al., 1991), on pourrait se limiter

à les qualifier de méta-grès quartzo-feldspathique.

La pétrographie des clastes des conglomérats est aussi un outil très intéressant car

les clastes sont représentatifs des sources. Globalement, la composition générale des

formations étudiées suggère une source dominée par des roches de composition felsique

(tonalites) avec une contribution moindre de roches mafiques ou ferreuses et de paragneiss.

Étant donné la taille des clastes de tonalite, il est possible de préserver un cœur relativement

frais et non altéré par les processus d’altération de météorisation, de transport et de post-

déposition. Ces clastes devraient donc avoir une signature magmatique s’apparentant aux

plutons tonalitiques adjacents. Si l’on avance l’hypothèse que la composition des

conglomérats reflète celle des grès, celle-ci devrait montrer une composition dominée par

des roches ignées felsiques et avec une légère composante mafique. Toutefois, les tonalites

des suites TTG archéennes (Martin, 1999, 2005) sont des roches communes sans

caractéristiques pétrographiques distinctives. Il est donc difficile d’identifier un pluton

tonalitique particulier que sur sa base pétrographique. De plus, les tonalites représentent les

roches dominantes des sous-provinces de La Grande et de Minto. Cependant, la présence

ou non d’un type de claste entre deux formations, fournit une preuve d’une source

commune ou d’une source différente pour les deux formations. Les comptages de clastes

offrent donc une première vision sur une étude de corrélation. La Formation de Brune ne

possède pas de clastes de roches ultramafiques, ni de formations de fer ou de chert


45

ferrugineux et très peu de paragneiss dans son conglomérat, permettant de la différencier

des deux autres formations sur au moins une source. Les formations de fer peuvent

représenter une source majeure des magnétites présentes comme minéraux lourds des grès.

Toutefois, de nouveau, l’identification d’une source spécifique pourrait être difficile.

Les clastes de paragneiss présents dans les trois formations n’ont pas été

échantillonnés. Ces fragments ont une taille inférieure à 5 cm de diamètre et sont riches en

minéraux ferromagnésiens (hornblendes, biotites). L'impossibilité de les échantillonner n'a

pas permis de les étudier pétrographiquement pour en préciser la composition dans le

conglomérat, et par conséquent ni leur contribution au grès. Ces fragments pourraient être

responsables de la présence des amphiboles et des micas dans les grès. Il faut cependant les

prendre en compte lors d’une étude de provenance. Trois hypothèses peuvent être faites

pour expliquer l’origine de ces clastes : 1) les paragneiss était présents et consolidés à la

base des conglomérats, étant déjà donc le produit de l’altération de plusieurs sources; 2) il

pourrait s’agir de cannibalisme du bassin sédimentaire lié à une tectonique active (Ricci

lucchi, 1986; Nocita et Lowe, 1990); 3) ou ces clastes sont les produits de l’érosion d’une

source mafique très altérée. Le nom donné sur le terrain est paragneiss mais il est

impossible de vérifier si l’on a affaire à un sédiment métamorphisé ou à un fragment de

roche volcanique mafique tel qu’un basalte altéré.


46

En conclusion, dans le cas présent, la pétrographie des grès semble constituer un

outil de corrélation peu discriminant puisque les compositions générales des trois

formations sont similaires. Cependant, le contenu en certains sulfures et en apatite diffère

un peu entre les formations, ce qui pourrait suggérer que chaque formation puisse posséder

une source légèrement différente des deux autres. Il y a peu de minéraux lourds utilisables

pour une étude plus fine, si ce n’est la magnétite, laquelle sera étudiée dans le chapitre IV.

La composition pétrographique des clastes de conglomérat révèle des différences en taille

et en pourcentage, qui peuvent être d’utilité limitée pour l’identification des sources et

comme outils de corrélation. Toutefois, la signature lithogéochimique de certains clastes

pourrait être discriminante. En utilisant la banque de données lithogéochimiques du

ministère des Ressource naturelles, il serait possible de trouver des sources potentielles

spécifiques, mais ce travail n’a pas été tenté dans le cadre du présent mémoire.
47
48

CHAPITRE III

LITHOGÉOCHIMIE

3.1. Problématique et objectifs

Les analyses lithogéochimiques (éléments majeurs et en traces) des roches

sédimentaires peuvent être employées pour donner des informations complémentaires aux

études pétrographiques (voir section 2.1). Elles permettent de caractériser les roches

sédimentaires et peuvent être employée pour déduire leur source (Roser et Korsch, 1988;

Fralick et Kronberg, 1997). Conséquemment, c’est un outil potentiellement puissant pour

établir des corrélations entre des formations stratigraphiques. La lithogéochimie complète

présente des avantages et des désavantages par rapport aux études pétrographiques qui

découlent principalement de la nature des résultats produits. Contrairement aux études

pétrographiques, la composition complète de la roche est analysée. Toutefois, cela génère

un grand nombre de variables, ce qui peut nécessiter leur analyse statistique. Plusieurs

outils mathématiques existent et sont utilisés au cours de ce chapitre. Le but de l’étude est

d’identifier des méthodes rapides et peu onéreuses pour corréler ou non des formations

sédimentaires grâce à l’utilisation de diagrammes ou techniques standards existants dans la

littérature, et non d’en faire leurs démonstrations.

Les traitements les plus simples se font en étudiant le comportement d’un seul

élément pour différencier les différentes formations. Une unité peut être distinguée car elle

possède un enrichissement ou un appauvrissement en un élément (p. ex. le Cr pour la


49

Formation d’Apple; Goutier et al., 2000). Deux formations peuvent alors se corréler sur

leur base de leur composition si elles comportent toutes les deux un appauvrissement ou un

enrichissement commun d’un élément. Il peut être difficile de valider l’importance de cet

appauvrissement ou de cet enrichissement sur la base d’une valeur moyenne. Il devient

alors important d’examiner plus d’un paramètre statistique. La difficulté de traiter de larges

banques de données fait en sorte que des représentations graphiques sont généralement

recherchées afin d’identifier les principales informations visuellement. Dans le cas de la

distribution d’un seul élément, ses variations peuvent être représentées visuellement à l’aide

de boîtes à moustaches (Edén et Björklund, 1994). La boîte à moustache est un moyen

rapide de représenter schématiquement le profil essentiel d’une série statistique

quantitative. Elle résume quelques caractéristiques de l’élément étudié (médiane, quartiles,

minimum, maximum, déciles) dans le but de comparer la distribution de ce même élément

dans plusieurs populations (Chork et Salminen, 1993; Edén et Björklund, 1994). Elle a été

employée pour documenter diverses formations sédimentaires archéennes (Doyon, 2004).

Cet outil fonctionne très bien lorsque l’écart de concentration est important, sinon il faut

recourir à d’autres outils.

Une technique statistique répandue est de déterminer des corrélations valides entre

deux éléments, lesquelles peuvent être exprimées par le facteur de corrélation « R² ». Une

matrice de corrélations peut alors être construite (Le Maître, 1982; Rollinson, 1993; Davis,

2002). Toutefois, la lecture d’une telle matrice est souvent ardue. De plus, le facteur R peut

être influencé grandement par une valeur aberrante et ne permet pas d’en tirer de

conclusions aisées. De nouveau, il est possible de valider des corrélations en utilisant des
50

représentations graphiques. Le plus simple est l’étude de diagrammes binaires, lesquels

permettent d’observer la dispersion des échantillons le long d’une ligne de corrélation,

fournissant une information plus intéressante qu’un simple facteur de corrélation « R² ». De

tels diagrammes binaires peuvent être utilisés pour documenter des processus géologiques

divers (Rollinson, 1993). Ainsi, Sawyer (1986) et Norman et De Deckker (1990) suggèrent

que les corrélations linéaires entre divers groupes d’éléments peuvent être utilisées comme

indicateur de mélanges de deux sources sédimentaires. Le choix des éléments à utiliser dans

de tels diagrammes est critique puisque certains éléments peuvent aussi être plus

caractéristiques que d’autres, telle que la comparaison d’un élément compatible avec un

incompatible. Ainsi, Condie et Wronhiewicz (1990) et McLennan et Taylor (1991) ont

exploités les différences géochimiques entre les éléments tels que Th et La (indicateur de

source felsique ignée) et Sc et Cr (indicateur de source mafique). Divers diagrammes

peuvent aussi être construits en utilisant plus d’un élément en abscisse ou en ordonnée.

Diverses combinaisons d’éléments sont possibles (p. ex., sommes, différences, rapport). Le

choix des combinaisons d’éléments permet de refléter des processus opérant à la source,

lors du transport, de la sédimentation ou post-dépôt. Certains éléments sont employés pour

déduire l’environnement tectonique (Bhatia, 1983; McLennan et al., 1993).

Les traitements statistiques simples et leurs représentations graphiques ont des

limites importantes. Ils ne peuvent pas mettre en lumière des corrélations basées sur une

combinaison d’éléments. Une analyse plus sophistiquée nécessite des outils statistiques

plus poussés. Les plus usuels sont l’analyse de classification automatique hiérarchique

(CAH), l’analyse en composantes principales (ACP), l’analyse factorielle (AF) ou la


51

combinaison de certaines de ces méthodes. L’ACP permet d’évaluer les interrelations entre

les variables (élément) et entre les groupes d’échantillons, afin de déduire des composantes

principales influençant un jeu de données. La CAH est basée sur les similarités entre les

échantillons en utilisant la distance euclidienne, pour produire un diagramme hiérarchisé.

L’AF permet de définir de nouvelles variables (appelées facteurs) qui rendent compte de la

variance d’un jeu de données (Le Maitre, 1982; Davis, 2002; McKillup et Darby Dyar,

2010). De telles analyses permettent d’employer un ensemble d’éléments afin d’examiner

plus précisément les connections entre les formations étudiées. L’ACP est une méthode

d’analyse multivariable souvent utilisée dans les études géochimiques comportant un grand

jeu de données (Azevedo et al., 2008; Pe-Piper et al., 2008; Marques et al., 2008). Elle

offre, en quelques opérations seulement, un résumé et une vue complète des relations

existant entre les variables quantitatives d'une ou de plusieurs populations; résultats qui

n'auraient pas pu être obtenus avec les autres outils statistiques. Elle est donc choisie pour

cette étude. La procédure statistique est basée sur la construction de nouvelles variables et

sur la réduction de la grande matrice de donnée initiale. La simplification de la donnée est

faite en utilisant des combinaisons linéaires des variables de la matrice originale. Dans le

cas de matrice de donnée géochimique, chaque vecteur montre que la donnée est dispersée

suivant l’affinité géochimique et la provenance. Dans ce sens, les affinités peuvent fournir

des informations sur la provenance de différents groupes d’oxydes ou d’élément. L’analyse

peut être accompagnée de tests statistiques plus poussés, tel qu’une analyse de la variance

(ANOVA), le test t de l’étudiant (student t-test) ou même la méthode de Monte-Carlo

(Davis, 2002; McKillup et Darby Dyar, 2010). Ces tests permettront de définir s’il existe
52

objectivement trois populations et à quel point une formation est significativement

différente d’une autre.

Un autre type de représentation graphique est l’utilisation de diagramme ternaire

dont l’avantage principal est d’employer trois axes et donc trois éléments ou trois

combinaisons d’éléments. De tels diagrammes ont été développés particulièrement pour

documenter l’environnement tectonique (Bhatia et Crook, 1986) et d’autres pour

documenter la nature et le degré de météorisation (Nesbitt et Young, 1982; Feddo et al.,

1997a, 1997b; Ohta et Arai, 2007; Meunier et al., 2013). Les processus de météorisation à

l’Archéen différaient probablement grandement de ceux du Phanérozoïque (Ohta et Arai,

2007; Meunier et al., 2013). Pour cette raison, Meunier et al. (2013) propose un nouveau

diagramme (M+ = Na+ +K+ + 2Ca2+; 4 Si = Si /4; R2+ = Fe2+ + Mg2+ + Mn2+). Le pôle de la

silice représente l’altération. Ohta et Arai (2007) ont également développés un diagramme

d’altération pour les roches archéennes à partir d’une analyse en composantes principales.

Cet indice d’altération chimique est extrait d’un profil d’altération de roche ignée. Les huit

oxydes majeurs définissent chaque pôle de ce diagramme MFW (M = mafique; F =

felsique; W = altération), ce qui le rend plus sensible à l’altération chimique que le

diagramme du CIA de Nesbitt et Young (1982).

Les analyses statistiques aussi puissantes soient elles, demeurent des outils

complexes à manipuler et ne sont pas à la portée de tous. Pour cette raison, d’autres

techniques plus simples cherchant à minimiser des corrélations fallacieuses ont été

recherchées. L’une d’entre elles sont les diagrammes de ratio (Pearce et Cann, 1973; Pearce

et al., 1984). Les éléments considérés immobiles possédant une bonne concentration
53

exploitable pour une analyse, caractéristique de certaines phases minérales et comportant

une dynamique similaire (insensible au métamorphisme et à l’altération), peuvent être

utilisés pour construire un diagramme de ratio. Le regroupement de points sur un tel

diagramme reflète la moyenne pondérée de la composition des roches sources contribuant à

ces roches sédimentaires (Fralick, 2003). Si la composition de la roche source était variable

et que les sédiments ont été peu mélangés avant le dépôt, alors les points devraient suivre

une certaine dispersion sur le diagramme de ratio d’éléments immobiles. Ceci peut être

utile pour différencier les sources. Une source importante spatialement et temporellement,

ou une source variant spatialement avec une composition chimique spécifique, devraient

apparaître dans un groupe de points restreints sur le diagramme.

Des diagrammes de ratio ont été utilisés originalement pour construire des

diagrammes d’environnement tectonique pour les suites volcaniques (Pearce et al., 1984).

Ils sont employés plus récemment pour des roches sédimentaires (Rollinson, 1993; Fralick,

2003). Ce diagramme est utile pour restreindre la composition de la source car il minimise

l’effet du fractionnement et nous permet d’examiner la caractéristique de la source. Cette

méthode peut être utilisée pour l’exploration des sources des sédiments à n’importe quelle

étape du cycle sédimentaire. Les résultats de l’étude de Fralick (2003) sur le bassin de

Beardmore-Geraldton (Fralick et Kronberg, 1997) et sur les roches métasédimentaires du

Quetico (Sawyer, 1986), montrent que cette méthode est robuste même à des hauts faciès

métamorphiques. Les diagrammes utilisant les ratios d’éléments immobiles définissent

précisément la région source et peut même indiquer quel type de volcanisme est à la base

de ces sédiments (Sawyer, 1986). L’habilité à différencier des suites volcaniques formant
54

de possibles sources aux roches à l’étude, offre l’opportunité de s’en servir non seulement

pour documenter l’environnement tectonique d’origine (Sawyer, 1986; Kresz et

Zayachivsky, 1989; Fralick et Kronberg, 1997; Tomlinson et al., 1993; Fralick, 2003), mais

aussi comme un outil de corrélation. Il s’agit maintenant de savoir quels éléments

immobiles peuvent être choisis pour de tels diagrammes de ratio. Al, Ti, Zr, Th, Y, Nb, Sc

et les éléments des terres rares, sont moins sensibles à l’altération et au métamorphisme

(Holland, 1978), permettant leur transport lors de l’érosion. La météorisation,

l’halmyrolyse, et la diagenèse sont des altérations de basses températures et sont des

processus similaires quant à la remobilisation d’éléments. Ces altérations n’affectent pas les

éléments immobiles. La présence de fluide chaud, avec un pH très acide, pourrait influencer

la remobilisation de tels éléments. Cependant aucune évidence de terrain (front de

migration ou minéral indicateur) ne montre la présence de tels fluides pouvant modifier le

comportement chimique, autres que de basses températures. De tels diagrammes de ratio

comportant des éléments immobiles seraient donc un bon outil pour une étude de

corrélation.

Les spectres des terres rares ont aussi été employés pour caractériser et déduire

l’environnement tectonique de sédiments archéens (Lajoie et Ludden, 1984; Feng et

Kerrich, 1990). La diagenèse et le métamorphisme sont présumés ne pas affecter les

spectres des terres rares (Chaudhuri et Cullers, 1979; Muecke et al., 1979; Holland, 1978).

Les terres rares semblent donc très intéressantes pour une étude de corrélation. Toutefois,

plusieurs fractionnements des terres rares se produisent durant la sédimentation,

principalement dus à la séparation des minéraux lourds (Culler et al., 1979). Les spectres
55

des terres rares sont encore très mal compris à l’Archéen car leurs concentrations peuvent

être très variables. Par exemple, le ratio La/Yb (normalisés aux chondrites CI de

McDonough et Sun, 1995), peut varier de <1 jusqu’à >25 (McLennan et Taylor, 1984),

jouant fortement sur la variation de la forme du spectre de terres rares. Les spectres des

terres rares des échantillons de grès et des clastes des conglomérats sont également étudiés

dans ce chapitre afin de voir s’ils peuvent être un outil chimique pour discriminer les

différentes formations.

Un objectif principal du présent chapitre est d’identifier des outils pour caractériser

et corréler une ou plusieurs formations. Les outils utilisés seront : (1) la boîte à moustache;

(2) les diagrammes binaires; (3) une analyse en composantes principales; (4) un diagramme

de ratio; (5) les spectres des terres rares des grès et des clastes. Un second grand objectif

sera d’identifier les processus responsables des variations géochimiques de la composition

à la source (contexte tectonique) et de la météorisation à la source (altération), pouvant

également être utile pour discriminer les formations. Chaque outil géochimique est présenté

séparément au cours de ce chapitre.

3.2. Méthodologie

Diverses études ont montrées des différences de composition des grès entre la base

et le sommet des lits (Argast et Donnelly, 1987; Roser et Korsh 1988). Toutefois, ceci est

plus prononcé dans les turbidites où il y a un tri hydraulique qui produit un

granoclassement. Le processus devrait être moins marqué ici puisque les grès sont formés

par traction. Pour cette raison, le milieu d’un lit de grès a été systématiquement
56

échantillonné car jugé représentatif de la composition moyenne de l'ensemble du lit. De

plus, l’objectif du présent mémoire n’est pas de déterminer l’importance du tri sur la

composition, mais plutôt d’identifier des outils de corrélation. Ainsi, cinq échantillons de

grès pour la Formation de Brune, huit pour la Formation de Keyano et huit pour la

Formation de Magin ont analysés pour les éléments majeurs et en traces (annexe 8.5). Dans

un conglomérat, les clastes sont des échantillons directs de la source. Une analyse d’un

claste peut donc raisonnablement constituer une analyse de la source. Les clastes des

conglomérats prélevés lors de l’étude pétrographique (voir le chapitre II) ont également été

analysés (annexe 8.6). Les lames minces de l’analyse pétrographique des grès et des clastes

de conglomérats viennent de ces mêmes échantillons géochimiques, ce qui facilite aussi

l’interprétation géochimique.

Toutes les analyses ont été réalisées par ACME ANALYTICAL LABORATORIES.

Les onze oxydes majeurs ont été analysés par ICP-AES, à partir d’une fusion au borate de

lithium et d’une digestion aux acides dilués. La perte au feu (PAF) est obtenue par frittage à

1000°C. Quarante-cinq éléments mineurs sont obtenus par ICP-MS. Une décomposition au

borate de lithium et une digestion à l’aqua regia sont utilisées pour ces éléments en traces.

La procédure analytique est celle en vigueur au ministère des Ressources naturelles. Un

standard est inséré tous les 25 échantillons. Cette procédure permet de maintenir une base

comparative des données avec les autres projets du MRN. Plusieurs résultats d’analyse par

la méthode LA-ICP-MS sont pris en compte lors de ce chapitre. La méthodologie de cette

technique laser est décrite dans le chapitre IV.


57

3.3. Outils géochimiques

3.3.1. Boîte à moustache

[Link]. Résultats

La première étape d’une analyse géochimique est d’identifier le ou les minéraux qui

renferment majoritairement l’élément à l’étude. Parmi les éléments étudiés, le P2O5, Al2O3,

Sr, Ba, La et Yb semblent être les plus discriminants indépendamment de leur caractère

mobile ou immobile, pour les différentes formations.

D’après les boîtes à moustaches, il est possible de séparer les formations suivant la

distribution de l’élément étudié (figure 12). La Formation de Magin possède la teneur la

plus élevée en P2O5, avec une médiane à 0,15 % poids, alors que la Formation de Brune a la

plus basse (médiane = 0,05 % poids). Nous pouvons ainsi différencier chaque formation

suivant sa teneur en P2O5. Le Ba permet également de séparer les trois formations, suivant

la même distribution que le P2O5. La Formation de Magin possède des valeurs d’environ

800 ppm de Ba alors que Brune n’en possède seulement que 200 ppm. La Formation de

Keyano se situe toujours à des valeurs médianes de ces deux formations pour le Ba et le

P2O5.

L’Al2O3 et le Sr semblent posséder une même distribution pour les trois formations.

Les formations de Keyano et de Magin comportent des valeurs médianes de 14 à 15 %

poids pour l’Al2O3 et de 500 à 600 ppm de Sr. La Formation de Brune est différente des

deux autres par l’appauvrissement en ces deux élément avec des valeurs médianes de 12,5

% poids en Al2O3 et < 200 ppm en Sr. L’Al2O3 peut être lié à la météorisation; il y a lieu de

se questionner sur un appauvrissement de la roche source ou sur un processus d’altération.


58

Le lanthane est un exemple de terre rare légère. Les autres terres rares légères de

cette étude possèdent le même comportement que le La. Le Ce se comporte également

comme le La, malgré sa bivalence. Il est enrichi dans la Formation de Magin avec une

valeur médiane de 35 ppm, permettant de séparer cette formation des deux autres. Les deux

autres formations possèdent des valeurs médianes de 15 ppm de La. L’ytterbium est un

exemple de terre rare lourde. Les autres terres rares lourdes possèdent un comportement

similaire à l’Y. Cet élément semble permettre de distinguer les trois formations. La

Formation de Brune comporte les plus hautes valeurs en Yb avec une médiane de 1,5 ppm.

Les deux autres formations possèdent de faible valeur en Yb avec 0,8 ppm pour Magin et

0,6 ppm pour Keyano.

[Link]. Discussion

Nous pouvons maintenant recouper ces résultats avec l’étude pétrographique (voir le

chapitre II) en identifiant des minéraux porteurs des éléments chimiques discutés

précédemment. Le P2O5 et le Ca se trouvent dans l’apatite (Belousova et al., 2002). Ce

minéral peut être aussi un porteur des terres rares légères tel que le La (Bea, 1996), ainsi

que le Ba (Chakhmouradian et al., 2002). Toutefois, l’allanite, qui est aussi présente dans

certains grès étudiés, contient beaucoup plus de terres rares légères (La), du Sr, du Ba, du

Ca et du P dans sa composition (Bea, 1996). D’après l’étude pétrographique des grès en

lame mince, les trois formations possèdent de faibles quantités d’allanite, mais seules les

formations de Magin et de Keyano possèdent de l’apatite. Tous les minéraux en traces

présents sont inférieurs à 1 %, mais beaucoup plus d’apatites ont été comptées dans les grès

de la Formation de Magin que dans la Formation de Keyano. Les plus hautes valeurs en
59

terres rares légères et en phosphate sont probablement dues à la grande présence d’apatite et

aux quelques allanites dans la Formation de Magin. Les plus basses teneurs sont dues à

l’absence d’apatite mais à la présence de quelques allanites dans la Formation de Brune.

Même si l’allanite est en très faible quantité par rapport à l’apatite, elle compte jusqu’à 30

% de La dans sa composition contre 0,1 à 1 % dans l’apatite. Avec seulement 15 % de La

dans l’allanite, 35 ppm (grès) / 150 000 ppm = 0,0002 soit 0,02 % allanite. Seulement deux

grains d’allanite moyennement concentrées en La sur 10000 grains, permettent de

concentrer 35 ppm de la Formation de Magin, ce qui fait de l’allanite le principal porteur

potentiel des terres rares légères.

Les plagioclases contiennent des quantités importantes d’aluminium (20 à 36 %

poids) et peuvent contenir des quantités de Sr et de Ba (100 à 1500 ppm) (Deer et al.,

1992). Les amphiboles vont contrôler le fer, le magnésium, le calcium et, dans une moindre

mesure, l’aluminium (<11 % poids) (Hawthorne et al., 2007). Les minéraux réservoirs les

plus probables contrôlant la distribution en Al 2O3 et en Sr semblent être les feldspaths

(Smith et Brown, 1988). Cependant aucune corrélation n’est observée entre le Sr et le Ca.

Les trois formations possèdent le même ordre de grandeur en contenu de feldspaths avec

des écarts parfois importants suivant les lames minces au sein d’une même formation.

Même si les différences dans la proportion de feldspaths entre les formations ne semblent

pas expliquer les écarts en Al2O3, il reste que la composition du feldspath pourrait être un

facteur important. En effet, quelques microclines (feldspath alcalin) sont observés dans les

lames minces des formations de Keyano et de Magin, mais pas dans la Formation de Brune.

La présence de feldspaths plus alcalins semble une bonne hypothèse puisque la Formation
60

de Brune est appauvri en ces éléments. Cependant la proportion de biotite et d’amphibole

versus les feldspaths a probablement un effet direct sur la teneur en aluminium. Le grenat

est rapporté comme un porteur des terres rares lourdes telles que Lu et Yb (Bea, 1996),

ainsi que le Mn, Mg, Ca, Al et Fe. Ce minéral se trouve en plus grande quantité dans la

Formation de Brune ce qui expliquerait ainsi sa plus forte concentration en Yb. Le grenat

croît dans les roches riches en aluminium telles que les argiles. Cependant les grès à l’étude

présentent de nombreuses structures sédimentaires indiquant des sédiments biens triés lors

d’un système en traction. Peu d’argile sont donc apportée au système. Les grenats ne

seraient donc pas détritiques et ne reflèteraient pas la composition d’une source ponctuelle.

Si le grenat est métamorphique, il va refléter la composition globale du bassin de drainage.

On ne pourra pas s’en servir pour tracer une source spécifique. Un autre minéral pouvant

porter les terres rares lourdes est le zircon (Bea, 1996).

Les concentrations de P2O5-Ba-La, Al2O3-Sr et Yb permettent donc de caractériser

les formations en rendant compte des grandes similarités et différences entre elles. Les

principales différences semblent être dues surtout aux minéraux accessoires présents ou

absents. Si ces minéraux ne sont pas d’origine diagénétique (Ayers et Watson, 1991;

Belousova et al., 2002) ou métamorphique (Mange et Morton, 2007), ils pourraient refléter

des différences présentes à la source. Ils pourraient aussi refléter le passage d’un fluide de

composition particulière lors d’un événement post sédimentation particulier à une unité. Cet

outil chimique confirme donc en partie la pétrographie. Son potentiel comme outil de

corrélation reste faible.


61
62

3.3.2. Diagrammes binaires

Plusieurs éléments ont un comportement similaire qu’il est possible de regrouper en

famille (Feng et Kerrich, 1990). Le problème majeur de cette étude est le petit nombre

d’échantillon pour chacune des trois formations. Les études sédimentologique et

pétrographique montrent peu de différences entre les trois formations. Ces formations

seront considérées comme une seule population pour les besoins d'établir une matrice de

corrélation. L’hypothèse de traiter l’ensemble des jeux de données ensemble n’est pas

fausse puisque, malgré la présence de trois pentes correspondant à chaque formation au sein

d’un diagramme (p. ex. Fe2O3 vs SiO2), nous observons de bonne corrélation, positive ou

négative. Un examen plus attentif des diagrammes binaires montre une prédisposition pour

les analyses de chaque formation à se situer sur une portion légèrement différente de la

droite de corrélation. Ceci pourrait refléter que les mêmes processus ont opéré lors de la

sédimentation de ces grès, ce qui serait un argument supplémentaire pour les traiter comme

une seule population dans le présent projet. Quatre diagrammes ont été choisis car jugés

représentatifs des différents diagrammes étudiés. Ces diagrammes représentent les

meilleures corrélations et sont les plus faciles à expliquer. Les corrélations observées

peuvent être faibles ou fortes et positives ou négatives. Une matrice de corrélation montrant

toutes les paires d’éléments qui ont une corrélation positive, négative ou aucune corrélation,

est présentée à l’annexe 8.7.

Le diagramme TiO2 vs Zr (figure 13A) montre une bonne corrélation positive. Le Zr

est principalement contenu dans le zircon (Deer et al., 1992). Cependant, le titane y trouve

peu de place (Hanchar et Hoskin, 2004). Le Ti peut être présent dans divers minéraux,
63

comme des oxydes de fer, la biotite et la titanite, lesquels font peu de place pour le Zr (Deer

et al., 1992). Pour expliquer la corrélation Zr et Ti, deux hypothèses peuvent être

formulées. D’abord, les oxydes de titane (densité de 4,23 à 5,50), de même que les zircons

(densité de 4,6 à 4,7), sont chimiquement stables lors de la météorisation, puis lors des

altérations post sédimentation (Mange et Wright, 2007). Ils peuvent aussi se comporter

comme des minéraux lourds mécaniquement stables, lors du transport et de la

sédimentation. Une autre hypothèse peut être formulée sur la base de l’étude

pétrographique car un autre porteur du Ti pourrait être la biotite (Patino-Douce 1993). Or,

l’étude pétrographique a démontré que les biotites des formations, contiennent des

inclusions de zircons dans leurs structures. La corrélation s’expliquerait alors par le simple

transport des biotites avec ses inclusions de zircon. Toutefois, la biotite semble être aussi un

minéral métamorphique. Il faudrait alors que le zircon ait été en inclusion dans le

précurseur de la biotite (minéral ou fragment de roche). De même, il est possible de

présumer que le Ti n’était pas à la source sous forme d’un oxyde de titane. L’analyse des

magnétites (porteur de Ti) révèle des inclusions en zircons (voir le chapitre IV). De

nouveau, il est possible que le Ti et le Zr soient contenus originalement dans un minéral ou

un fragment de roches. Dans cette étude, nous n’avons pas identifié avec précision le

porteur de chaque élément. Cependant, l’hypothèse la plus probable est simplement

l’augmentation de minéraux lourds (ilménite, magnétite et zircon) dans les échantillons.

Le diagramme P2O5 vs TiO2 montre également une corrélation positive (figure 13B).

Les porteurs potentiels du P2O5 sont d’abord l’apatite, puis l’allanite. Une explication

similaire à celle du diagramme TiO2 vs Zr peut être proposée. Il y aurait présence à la


64

source de deux minéraux chimiquement stables et transportés comme minéraux lourds et

mécaniquement stables. Ceci fait aussi l’hypothèse que l’apatite (densité de 3,10 à 3,35) et

l’oxyde de titane (de 4,23 à 5,50) ou la titanite (densité de 3,4 à 3,5) étaient présents à la

source. L’analyse par la méthode LA-ICP-MS (voir le chapitre IV) démontre la présence

d’inclusions d’apatite dans les magnétites étudiées. Les magnétites et la titanite peuvent

contenir plusieurs centaines de ppm de Ti dans leur composition, rendant la magnétite un

des principaux porteurs du Ti avec la biotite et les amphiboles. Il est donc possible

d’expliquer le diagramme P2O5 vs TiO2 de la même manière que celui du TiO2 vs Zr.

Le diagramme Fe2O3t vs SiO2 (figure 13C) présente une corrélation négative. Les

porteurs le plus probables du SiO2 sont le quartz et les feldspaths. Une faible corrélation

non présentée ici, existe entre Fe et Mg, indiquant que le fer n’est probablement pas présent

dans un seul minéral (comme la magnétite) mais aussi contenu dans des minéraux

ferromagnésiens. Ainsi, les porteurs les plus probables du Fe 2O3t seraient des minéraux

ferromagnésiens (p .ex. biotite, amphiboles) ou des fragments de roches contenants de tels

minéraux (p. ex., basalte, intrusion ultramafique). Toutefois, plusieurs de ces minéraux

ferromagnésiens (p. ex. pyroxène, amphibole, biotite) contiennent une certaine quantité de

silice. Le quartz et les feldspaths ne contiennent peu ou pas de fer (Johnsen, 2000). La

corrélation négative supporte donc que ces deux éléments (Fe2O3t et SiO2) sont bien dans

des minéraux distincts, lesquels ont un comportement chimique ou mécanique différent,

possiblement en lien avec une différence de densité: minéraux ferromagnésien dense ([Link].,

pyroxène avec densité entre 3,0 et 4,0), minéraux quartzo-feldspathiques peu dense ([Link].,

quartz avec densité de 2,65). Ceci signifierait que, malgré un transport par traction, qu'un
65

certain tri hydraulique a été opérant lors du transport et de la sédimentation de ces grès.

Alternativement, la corrélation négative pourrait traduire une certaine résistance à la

destruction lors du transport et de la sédimentation. Une augmentation de minéraux

résistants quartzo-feldspathiques se faisant au détriment des minéraux ferro-magnésiens

labiles. Si le fe n'était pas dans un minéral ferro-magnésien, il aurait pu être présent dans un

oxyde de fer, comme la magnétite. La magnétite est souvent présente dans des grès riche en

quartz car les deux sont mécaniquement et chimiquement stables, malgré leur grande

différence de densité (2,65 pour le quartz et 5,2 pour la magnétite). Une corrélation

négative signifierait de nouveau un certain tri hydraulique actif lors de la sédimentation.

L'importance d'un tel tri hydraulique dans le cas présent est souligné, mais semble restreint,

à la formation de lamines riches en magnétites dans les grès étudiés. Une corrélation

négative généralisée traduirait donc, de nouveau qu'une augmentation de magnétites se fait

au détriment des minéraux moins denses et riches en silice.

Le diagramme La vs Yb (figure 13D) représente les terres rares légères en fonction

des terres rares lourdes. C’est un exemple de diagramme sans corrélation. Toutefois, il

permet de bien faire ressortir une autre particularité des données. Notez que les trois

formations se distribuent souvent dans des portions distinctes du diagramme. Cette

séparation est présente à un degré moindre sur les autres diagrammes, notamment sur la

figure 13B. La Formation de Brune tend à s’isoler sur la figure 13D et à se situer avec les

plus basses teneurs sur les autres diagrammes. Sur la figure 13D, les données de Keyano

présentent une corrélation positive alors qu’elle est négative pour Magin. Sur les autres

diagrammes, il y a une superposition plus importante des champs mais les données de la
66

Formation de Keyano occupent plus souvent la portion enrichie des diagrammes. Ce

diagramme démontre clairement que les terres rares légères et les terres rares lourdes ne

sont par contrôlés par le même minéral ou par une association minérale facile à saisir. En

effet, selon ce qui a été mentionné à la section 3.3.1., les terres rares légères semblent

contrôlées par l’allanite puis l’apatite, alors que les terres rares lourdes sont contrôlées par

le grenat, la baddeleyite (non observé) ou le zircon (Bea, 1996). Une forte corrélation

positive entre La et P2O5 supporte que l’allanite et l’apatite soient la principale source de

P2O5 et des terres rares légères.

Les informations clés que révèlent ces diagrammes sont : 1) que le tri hydraulique,

lors du transport et de la sédimentation, ait pu avoir un rôle sur la composition des grès, en

favorisant une différence basée sur des densités contrastantes ou une absence de différence;

ceci serait particulièrement le cas des minéraux lourds; 2) qu’ils permettent de reconnaître

une composition distincte pour la Formation de Brune, alors que les champs des formations

de Keyano et de Magin se superposent fréquemment. De nouveau, l’utilité de ces

diagrammes comme outil de corrélation demeure limitée.


67
68

3.3.3. L’analyse en composantes principales

Dans cette étude, une analyse en composantes principales (ACP) intergroupe est

utilisée. Elle permet de rechercher les axes au centre de gravité de l'espace et met l'accent

sur la différence entre les groupes (formations). Les représentations graphiques des

formations vont permettre de voir s’il existe une structure sur cet ensemble de formations.

On cherchera à distinguer des groupes dans l’ensemble des formations en regardant quelles

sont les formations qui se ressemblent et celles qui se distinguent des autres. Tous les

calculs statistiques sont réalisés à l’aide du logiciel « R » (Gerald van den Boogaart et

Tolosana-Delgado, 2008).

Si les réalisations (les éléments de la matrice) sont à probabilités égales, alors

chaque réalisation (un élément X de la matrice) a la même composante 1/n dans le calcul

des caractéristiques de l’échantillon. On applique ainsi un poids à chaque réalisation

conjointe des variables. La matrice de données utilisée pour l’ACP inclut 26 paramètres

(majeurs, traces). Il se pose ici un léger problème de représentativité. Nous devrions avoir

plus d’échantillons de grès pour chaque formation que de variables analysées (éléments).

La première composante principale (PC1) est un axe où les éléments possèdent la variance

maximale ou la meilleure dispersion, tout en gardant les affinités chimiques. La seconde

composante (PC2), orthogonale à PC1, représente l’axe avec la plus large variance ou l’axe

avec le maximum de variance non expliquée par l’axe PC1.

L’ACP est réalisée pour les éléments majeurs (figure 14) et une autre pour les

éléments en traces (figure 15) des trois formations de Brune, de Keyano et de Magin.

Plusieurs éléments en traces sont retirés de l’ACP comme les éléments Rb, Sc, Nb, U, Co et
69

Cu qui ne possèdent pas un poids significatifs (faibles concentrations des éléments dans les

échantillons, rendant une similarité entre toutes les formations pour ces éléments) et les

éléments Au, Pt, Ta et W dont les concentrations sont à la limite de détection. De plus, seul

trois terres rares sont représentées afin de ne pas avoir un effet de surreprésentation des

données. Le La sera représentatif des terres rares légères, le Lu pour les terres rares lourdes

et l’Eu est aussi gardé car il possède un comportement différent des autres terres rares dû à

sa double valence. Visuellement sur le graphique, une boîte avec le nom de la formation

relie tous les échantillons provenant de cette formation. L’ensemble des flèches partant de

l’origine jusqu’aux éléments représente un cercle de corrélation.

[Link]. Résultats

L’ACP est appliquée aux éléments majeurs (SiO2, Al2O3, Fe2O3t, MnO, P2O5, MgO,

CaO, Na2O et TiO2). La première composante PC1 (figure 14) explique 38,8 % de la

variance. Elle montre des scores positifs pour MnO, CaO, MgO et SiO2 et des scores

négatifs pour Fe2O3t, K2O, P2O5, TiO2, Al2O3, Cr2O3 et Na2O. La PC2 (27,21 % de la

variance) montre des scores positifs pour MnO, Fe 2O3t, K2O, P2O5 et TiO2, ainsi que des

scores négatifs pour Al2O3, Cr2O3, Na2O, MgO et SiO2. Le poids des échantillons montre

plusieurs groupes d’éléments entre les formations de Brune, de Keyano et de Magin. Cr2O3,

Al2O3 et Na2O différencient Magin et Keyano de Brune. CaO, MgO et SiO2 séparent Brune

et Keyano de Magin. Fe2O3t, K2O, P2O5 et TiO2 semblent significatifs pour Magin mais

distinguent cette formation de Keyano et de Brune. MnO semble plus significatif pour

Brune et Magin, et moins pour Keyano. La PC1 permet de séparer la Formation de Brune
70

des deux autres formations assez facilement, tandis que la PC2 sépare la Formation de

Keyano de Magin. L’échantillon de la Formation de Magin (11-QD-7504-A4) pose le

problème d’être toujours à l’écart des autres échantillons car il possède une valeur anormale

en Fe2O3t (22 % poids), due à la forte présence de magnétites dans cet échantillon. Cet

échantillon est toujours pris en compte car il révèle la composante ferreuse de la Formation

de Magin, observée pétrographiquement. Un échantillon ne peut être écarté car il est le

produit des différentes sources, qu’elles soient éphémères ou pas. Elles ont toutes

contribuées à la formation de cette unité.

Les éléments en traces sélectionnés (Zr, Hf, Cr, La, Yb) sont susceptibles d’être

transporté par la charge de fond (Pe-Piper et al., 2008). La PC1 (figure 15) représente 43,48

% de la variance et montre des scores positifs pour Y, Yb et Ni, et des scores négatifs pour

Pb, V, Zn, Th, La, Eu, Zr Hf, Ga, Ba, Sr et Cs. La PC2 (21,38 % de la variance) montre des

scores positifs pour Y, Lu, Pb, Th, La, V, Zn et Eu, ainsi que des scores négatifs pour Ni,

Cs et Sr. Y et Lu sont significatifs pour la Formation de Brune. Ils permettent de la

distinguer des formations de Keyano et de Magin. Cs et Ni jouent un rôle plus important

pour la Formation de Keyano en la discriminant des deux autres unités. Pour Magin, les

poids de La, Eu, Th, V, Zn et Pb sont significatifs et différencient cette formation des deux

autres. Sr, Ga, Ba, Zr et Hf sont discriminants, car leur point d’origine est différent de 0 et

ils permettent de différencier Magin et Keyano de Brune.


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74

[Link]. Discussion

L’analyse en composantes principales permet d’identifier statistiquement les

éléments les plus représentatifs et discriminants d’une formation par rapport à une autre

unité. Quatre groupes d’éléments majeurs ont donc été identifiés. Cependant, il est difficile

d’entrevoir un lien d’affinité chimique entre les éléments d’un même groupe. Cela vient du

fait que les éléments majeurs sont présents dans la composition de nombreux minéraux et

que ces éléments peuvent être affectés au cours des différents processus sédimentaires et

métamorphiques. De plus l’ACP crée des composantes discriminantes objectivement sans

tenir compte des affinités chimiques. L’utilisation du Na 2O et du K2O dans les études de

provenance reste douteuse à cause de la diagenèse (Armstrong-Altrin et Verma, 2005;

Zhang et al., 2013). On ne pourra pas vérifier d’hypothèse pour l’origine de ces éléments.

Cependant ces éléments sont associés aux feldspaths, très présents dans les trois formations.

Le groupe P2O5, TiO2, Fe2O3t et K2O sont les éléments discriminant pour la Formation de

Magin. Nous avons vu dans la section 3.3.1 et 3.3.2 que l’apatite, porteur du P2O5, est plus

présente dans la Formation de Magin, la discriminant des deux autres formations. Nous

confirmons ici encore l’importance de l’apatite. TiO2 et Fe2O3t peuvent être associés à des

oxydes de fer-titane telle que la magnétite (Grigsby, 1990), très présente dans la Formation

de Magin. La Formation de Brune se distingue des deux autres formations par deux groupes

d’éléments, MnO et CaO-SiO2-MgO. Tous ces éléments peuvent se trouver dans les grenats

(Tracy et al., 1976) et les amphiboles (Hawthorne et al., 2007). Ces minéraux proviennent

de la recristallisation de l’ensemble des sources présentes dans les grès. Cette formation

présente donc des sources de compositions différentes pour ces éléments. La Formation de
75

Keyano possède des relations communes avec la Formation de Magin puisque le groupe

d’élément Cr2O3, Al2O3 et Na2O est à mi-distance de ces deux formations. Encore une fois,

le Cr2O3 peut être associés à la magnétite (Grigsby, 1990) ou à la chromite. Cependant

aucune n’a été observée dans les lames minces des grès. On peut supposer que les minéraux

les plus présents dans les trois formations, les felspaths (20 à 36 %) et les biotites (10 à 15

%), contrôlent l’ACP. Mais l’utilisation des éléments majeurs restent un outil limité dans la

discrimination d’unités.

L’ACP des éléments en traces des grès s’explique probablement par la variation de

l’abondance relative en minéraux lourds, lesquels sont souvent les porteurs de ces éléments

(Lopez et al., 2005; Poulsen et al., 2007; Pe-Piper et al., 2008; Zhang et al., 2013). Une fois

encore, la Formation de Brune est bien distincte des deux autres formations d’après la PC1.

Différents regroupements d’éléments sont dus à leur minéral respectif, observés lors de

l’analyse pétrographique. Le Zr et Hf viennent du zircon (Hanchar et Hoskin, 2004); Y et

Lu sont contenus dans les grenats ou le zircon (Bea, 1996). Étant donné qu’il n’existe pas

de corrélation entre Zr, Hf et les terres rares lourdes (figure 15), mais que Yb et Lu

semblent plus se corréler avec MnO (figure 16), l’hypothèse que le grenat est le porteur de

terres rares lourdes prends plus de sens. Le zircon n’a pas été testé pour vérifier ses teneurs

en éléments traces. La, Th et peut être Eu sont dans l’allanite et l’apatite (Bea, 1996;

Chakhmouradian, 2002). V, Zn, Ga et Ba sont un groupe qui devrait se retrouver dans un

même minéral qui pourrait être la magnétite (Grigsby, 1990). Cependant ce sont les

feldspaths, très présents dans les formations, qui possèdent le Ba en forte concentration et

du Zn en plus petite quantité (Smith et Brown, 1988). Le Ni est présent dans les
76

pyroxènes (Varga et al., 2007). D’autres éléments plus mobiles restent incertains tel que le

Cs et le Sr. Le Sr peut être dans l’apatite, l’allanite, l’épidote, les amphiboles et même les

plagioclases, tel que l’Eu (Bea, 1996; Bédard, 2006). L’ACP des éléments en traces

couplée à la pétrographie mettent en évidence les minéraux qui contrôlent la chimie d’une

formation, ou plutôt quel minéral permet de discriminer une formation toujours par rapport

à une autre. La Formation de Brune semble contrôlée essentiellement par la chimie du

grenat lors de cette ACP. Ceci restera à démontrer dans une étude ultérieure, car cela ne

sera pas abordé au cours de l’étude. La Formation de Magin semble être contrôlée par des

minéraux accessoires contenant des terres rares légères, c'est-à-dire par l’apatite et

l’allanite. Elle est aussi contrôlée par la magnétite et le zircon. La discrimination de la

Formation de Keyano semble être due au Ni, possiblement du à l’altération d’une source

riche en pyroxène. Malheureusement dans l’état actuel de la roche, la seule évidence de

pyroxène est le claste de pyroxénite retrouvé dans le conglomérat de cette formation. Donc,

l’étude statistique sur la lithogéochimie complète l’étude des minéraux détritiques (von

Eynatten et al., 2003). Pour comprendre les variabilités d’éléments en traces, les

diagrammes binaires sont nécessaires afin de révéler les processus communs ou les

inclusions.

L’analyse multivariée par ACP ne révèle pas une forte signature géochimique qui

peut directement tracer la source. Par contre, elle permet de voir à quel point une formation

est significativement différente d’une autre. L’ACP n’est pas une fin en soi. C’est une

méthode qui sert à mieux connaître les données sur lesquelles on travaille, à détecter des

valeurs suspectes et à aider à formuler des hypothèses. L’ACP permet de bonifier et de


77

raffiner les associations d’éléments et de mieux préciser leurs porteurs potentiels. Elle

permet aussi d’identifier de nouveaux éléments discriminants non perçus par l’œil, tel que

le Ni. Cependant, des tests significatifs peuvent être réalisés à partir de l’ACP.

3.3.4. Test significatif

Dans cette étude, seuls cinq à huit échantillons sont analysés par formation, limitant

l’étude statistique.

[Link]. Monte-Carlo

La méthode de Monte-Carlo est une large suite d’algorithmes de calcul qui repose

sur un échantillonnage aléatoire répétée, en exécutant des simulations à plusieurs reprises

afin de calculer ces mêmes probabilités heuristiques dans une situation réelle. Cette

méthode est utilisée principalement pour l’optimisation et l’intégration d’échantillons à

partir d’une distribution de probabilité. Ceci permettra de voir si un échantillon n’a pas un

poids déterminant sur le contrôle d’un groupe d’élément. Les échantillons sont retirés aux

hasards de l’ACP, puis replacés les uns après les autres en ne tenant pas compte des

groupes (formations).

La valeur p (p-value) obtenue à partir du test de Monte-Carlo donne une valeur de

0,001. Une telle valeur indique que l’on a une chance sur 1000 de se tromper. Ce test

statistique montre que les différences entre les trois formations existent de façon

significative. En sachant cela, nous voudrions savoir à quel point ces trois formations sont

différentes, c'est-à-dire, quel est le degré de variance entre ces formations ?


78

[Link]. ANOVA et Tukey HSD

On a réalisé une ANOVA (Analysis Of Variance) qui cherche à conclure à une

différence entre les groupes. On souhaite répondre à la question suivante: "quelles sont les

paires de groupes pour lesquelles les différences sont significatives ?". Un test de Tukey

peut aussi être combiné à l’ANOVA. Le test de Tukey ou test de la différence franchement

significative (HSD : honestly significant difference) est essentiellement un test t de

l’étudiant (student t-test), sauf qu'il corrige le taux d'erreur (lorsqu'il y a plusieurs

comparaisons faites, la probabilité de faire une erreur de type I augmente). Il est donc plus

approprié pour les comparaisons multiples que de faire un certain nombre de test t. La

formule du test de Tukey est :

Où YA est la plus grande des deux moyennes comparées, YB est la plus petite des deux

moyennes comparées et SE est l’erreur standard de la donnée (McKillup et Darby Dyar,

2010). Pour qu’un test soit significatif, la probabilité de la différence observée entre le

résultat attendu et le résultat réel doit être inférieure à 5 % (Fisher, 1954).

Tableau 5 : Résultat du test de Tukey montrant les paires de formation en fonction de la


valeur p (p-value) pour les éléments Sr, Lu, Na2O, Al2O3 et pour la composante PC1 et
PC2. Les résultats en gras correspondent aux valeurs non significatives (p>0,05).

Sr Lu Na2O Al2O3 PC1 PC2


Keyano-Brune 0,0001763 0,0000108 0,0006103 0,0002472 0,0008109 0,0000077
Magin-Brune 0,0000448 0,000937 0,0060708 0,0003221 0,0000008 0,8625264
Magin-Keyano 0,7398742 0,0634374 0,4693899 0,9892049 0,0026714 0,0000039
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Sr, Lu, Na2O et Al2O3 sont les éléments avec le plus fort poids obtenus à partir de

l’ACP et sont donc les plus discriminants. Ils sont choisis pour réaliser ce test de Tukey

(tableau 5). Les deux premières composantes de l’ACP sont également choisies pour ce test

afin de vérifier si ces composantes sont significatives pour une paire de formations. Pour

les éléments Sr, Lu, Na2O et Al2O3, la Formation de Brune s’avère différente

significativement des deux autres. Pour confirmer de façon élémentaire la mise en évidence

des tests statistiques avancés, nous pouvons prendre l’exemple de la teneur du Sr d’après

les boîtes à moustaches (section 3.3.1). La teneur moyenne de Sr est de 500 à 600 ppm pour

les formations de Magin et de Keyano, et de 150 ppm pour la Formation de Brune. Ceci

appuie le test statistique et la distinction de la Formation de Brune. Cependant, la différence

entre les formations de Magin et de Keyano pour les éléments Sr, Lu, Na2O et Al2O3 n’est

pas significative car la valeur de p (p-value) est supérieur à 0,05. Le test de Tukey est aussi

réalisé sur les composantes de l’ACP des éléments majeurs combinés aux éléments en

traces dans le but d’avoir la totalité des variables afin de ne pas biaiser le résultat (figure

16). La composante PC1 (38,82 % de la variance) qui sépare d’elle-même la Formation de

Brune des deux autres demeure significative. La différence des formations de Keyano et de

Magin semble légèrement moins significative. La composante PC2 (18,95 % de la

variance) permet de séparer les formations de Keyano et de Magin. Cette différence est

significative.

L’ensemble de ces résultats statistiques confirme les conclusions déjà notées aux

sections 3.3.1 et 3.3.2 et celles développées en 3.3.3, notamment que la Formation de Brune

est très différente des deux autres. Il existe aussi des différences entre les formations de
80

Magin et de Keyano, mais elles sont moindres car les relations ne permettent pas de les

différencier à 95 %. Ceci pourrait suggérer qu’une source est en partie commune pour les

deux formations ou que ces deux formations pourraient faire partie originalement d’un

même bassin plus vaste.

Cependant, les éléments jugés utiles à l’ACP et au test de Tukey ne sont pas

totalement les mêmes que ceux sélectionnés de façon arbitraire en 3.3.1 (boîtes à

moustaches) et 3.3.2 (diagrammes binaires). La présente section 3.3.3 confirme donc que

l’ACP et le test de Tukey permettent d’identifier, sur une base plus objective les éléments

avec le plus fort poids pour caractériser les formations à l’étude. Ces outils s’avèrent mieux

pour formuler une proposition de corrélation entre les formations de Magin et de Keyano

puisqu’elles n’ont pas de différences statistiquement significatives ou que, tout au moins,

ces deux formations pourraient avoir eu une source commune.


81

3.3.5. Diagramme de ratio

L’altération, la météorisation chimique et la diagenèse ne déplacent pas les points

sur le diagramme Al2O3/Zr vs TiO2/Zr (figure 17) puisque Al2O3 et TiO2 sont

« normalisés » sur un élément immobile (Fralick, 2003). L’Al2O3 va représenter les roches

felsiques et le TiO2 les roches mafiques. Les valeurs des grès des trois formations

(losanges) tendent à être groupées ensembles. Ce diagramme apporte donc peu

d’informations différentes à ceux présentés antérieurement.

Les diagrammes de ratio ont été développés notamment pour documenter

simplement des mélanges de sources. Ceci peut être réalisé aussi sur la base des

conclusions de l’étude pétrographique des grès et des conglomérats (voir le chapitre II). La

source la plus abondante et probable des grès et conglomérats des trois formations est

tonalitique. Des sources mineures sont intermédiaires, mafiques et ultramafiques. Pour

tester cela, les résultats des analyses chimiques de divers types de tonalites reconnus dans

les conglomérats de chaque formation sont ajoutés au diagramme de ratio de la figure 17.

La moyenne pondérée des trois types de tonalites de chaque formation a permis la création

d’un champ de précurseur tonalitique sur ce diagramme. Il en est de même pour ceux de

divers clastes mafiques et ultramafiques.

Deux cailloux de composition différente ont été utilisés pour caractériser la

Formation de Brune, à savoir les clastes de tonalites et de pyroxénites. Nous apercevons sur

ce diagramme (figure 17) que les grès issus de cette formation se concentrent près du pôle

des tonalites, indiquant que ce type de roche felsique serait bien la source principale et que

les roches ultramafiques ne sont qu’une faible composante.


82
83

Les échantillons de grès ne sont pas distribués de façon linéaire ni qu’ils se situent centrés

sur la ligne entre deux pôles. Ceci peut signifier : 1) que les échantillons choisis pour

constituer les deux pôles d’un mélange potentiel n’ont pas une composition identiques aux

sources originales; 2) que d’autres sources (autres pôles) non identifiées sont possibles, tels

que les paragneiss; 3) ou que des processus post-dépôt ont modifié la composition originale

des grès, les éloignant ainsi de la ligne entre les deux pôles (Sawyer, 1986).

Pour les grès de la Formation de Keyano, quatre types de cailloux ont été

sélectionnés : tonalite, chert ferrugineux, gabbro et pyroxénite. L’analyse du diagramme

montre que les valeurs des grès sont principalement centrés sur la ligne reliant les pôles

tonalites et chert ferrugineux. Certains sont faiblement déplacés vers les pôles mafiques

suggérant une très faible composante des roches mafiques.

Pour les grès de la Formation de Magin quatre types de cailloux ont été

sélectionnés : tonalite, formation de fer, basalte et komatiite. La distribution des analyses

des grès est sensiblement la même à celles de la Formation de Keyano. Elles sont proches

du pôle des tonalites, d’un ultramafique et du fragment de formation de fer. Cependant, la

présence du pôle de komatiite suggère que les grès possèdent une composante plus

mafique.

Globalement, pour l’ensemble des trois formations, les sources principales sont les

tonalites, étant donné le fort pourcentage de clastes de tonalite dans les conglomérats et

l’abondance de quartz et feldspath dans les grès. Mais la position du pôle d’ultramafique

(komatiite) parmi les grès, indique une composante plus mafique influençant la chimie de la

Formation de Magin, mais peut être aussi celles de toutes les formations. Les formations de
84

Keyano et de Magin diffèrent de celle de Brune car elles semblent posséder aussi une

seconde source riche en chert ferrugineux et en formation de fer. De nouveau, nous

pouvons y voir un lien avec l’abondance de magnétite observée dans les lamines des grès et

l’importance de Fe2O3t des analyses chimiques des grès. Enfin, il est possible que les grès

aient aussi une troisième source de bien moindre importance de composition mafique. Les

clastes de paragneiss n’ont pas été échantillonnés mais pourraient faire l’objet d’un pôle

source sur ce diagramme de ratio. Cet outil est donc d’utilité limitée mais il est intéressant

pour identifier les sources et les similitudes des sources.

3.3.6. Les terres rares

Les spectres des terres rares sont normalisés aux chondrites CI afin de visualiser

l’affinité magmatique (McDonough et Sun, 1995). Les spectres des terres rares des grès de

la Formation de Brune (bleu) présentent une anomalie négative en Eu ainsi qu’un

enrichissement en terres rares légères (figure 18). Ceux des grès de la Formation de Magin

(vert) montrent un fort enrichissement en terres rares légères, un appauvrissement en terres

rares lourdes plus prononcé que pour la Formation de Brune et une faible anomalie négative

en Eu. Enfin ceux des grès de la Formation de Keyano (rouge) montrent un

appauvrissement en terres rares légères avec une anomalie positive en Eu. Les spectres des

terres rares montrent que chaque formation possède une signature légèrement différente,

mais caractéristique. Les spectres des terres rares des grès sont issus de mélange de source,

les rendant ainsi spécifiques à la formation. L’anomalie en Eu pourrait être héritée de la

source et être conservée dans les sédiments.


85
86

Deux spectres de la Formation de Magin possèdent un appauvrissement en terres

rares légères et se confondent avec les spectres de la Formation de Keyano. Ceci pourrait

refléter encore une fois, que ces deux formations semblent avoir un caractère transitionnel

entre elles, mais distinct de celle de Brune.

Les formations possèdent des variations dans leurs spectres des grès. Sur tout le

long d’une section, il y a une variation du pourcentage de clastes tonalitiques contenus dans

les conglomérats (figure 10). Ceci reflète une variation de la composition de la source dans

le temps. En émettant l’hypothèse que le produit de l’érosion des conglomérats se retrouve

dans les grès, la variation de la composition des conglomérats se perçoit également dans les

grès.

Les spectres des terres rares des clastes felsiques de conglomérats sont présentés sur

la figure 19. Nous observons des similitudes et des différences chimiques entre les clastes

felsiques des trois formations. Tout d’abord, il y a lieu de se questionner s’il existe un lien

autre que pétrographique, entre les trois types de tonalites distingués de chaque formation.

Les tonalites des différentes formations peuvent se ressembler texturalement mais posséder

une chimie différente d’après la figure 19. De nouveau, les spectres des tonalites de la

Formation de Brune ne présentent le moins de similitude avec les spectres des deux autres

formations, ce qui confirme de nouveau le caractère distinct de cette formation. Les

tonalites avec une texture différente peuvent également posséder une chimie similaire. Les

tonalites de type 1 et 3 de la Formation de Brune possèdent un spectre de terres rares très

similaire. L’étalement des valeurs est expliqué par un lessivage d’éléments de la tonalite 3,

correspondant à une altération plus prononcée de ces clastes observée en lame mince. Pour
87

les clastes des formations de Keyano et de Magin, les spectres des tonalites de type 2 sont

similaires, ainsi que la tonalite de type 3 de la Formation de Magin avec la granodiorite

quartzifère de la Formation de Keyano. Nous pouvons alors faire l’hypothèse que ces

tonalites des formations de Magin et de Keyano possèdent une source magmatique

commune ou proviennent d’une unité tonalitique. Ces sources communes confirment de

nouveau la difficulté de séparer ces deux formations. Les tonalites de la Formation de

Keyano montrent une anomalie fortement négative en Eu alors que les tonalites de la

Formation de Brune possèdent une anomalie fortement positive en Eu. Les clastes de

tonalites issus de la Formation de Magin montrent une anomalie négative et moyenne en

Eu.

Les spectres des terres rares des clastes mafiques, de formation de fer et de chert

ferrugineux, issus des conglomérats sont présentés sur la figure 20. Nous remarquons qu’il

n’y a aucune similitude entre les clastes mafiques des trois formations. Ces spectres de

clastes mafiques sont plats mais sont plus riches en terres rares lourdes que les spectres des

clastes felsiques. Le claste de formation de fer issu de la Formation de Magin et le chert

ferrugineux de la Formation de Keyano possèdent également un appauvrissement en terres

rares légères et un enrichissement en terres rares lourdes. Ces deux clastes ne ressemblent

pas aux spectres des terres rares de leur formation respective (figure 18). La formation de

fer et le chert ne semblent donc pas être des sources principales pouvant influencer les

spectres des terres rares.


88

Le claste d’amphibolite de pyroxénite de la Formation de Brune possède une forte

anomalie négative en Eu, tel que les tonalites de cette formation. Le claste d’amphibolite de

pyroxénite de la Formation de Keyano possède une anomalie fortement positive, comme les

tonalites de cette formation. Les autres spectres de terres rares de clastes mafiques, de

formation de fer et de chert ne possèdent pas d’anomalie d’Eu significative. Nous pouvons

donc poser l’hypothèse que les tonalites et la pyroxénites peuvent avoir contribués comme

source de cette anomalie en Eu.


89
90

D’après la pétrographie, les conglomérats sont dominés par des sources tonalitiques.

Nous pouvons alors nous attendre à retrouver une similitude entre les spectres des tonalites

et ceux des grès, si la source principale est une tonalite, typique de l’Archéen (Lajoie et

Ludden, 1984; Martin, 1999). Pour identifier cette similitude, les spectres des terres rares

des grès de chaque formation sont représentés avec leurs clastes de roches felsiques

respectives issus des conglomérats (figure 21).

Pour la Formation de Brune, la tonalite 2 est la plus abondante dans le conglomérat.

Le spectre des terres rares des grès suit le spectre des terres rares de cette tonalite pour

l’ensemble de terres rares légères. Cependant, les grès possèdent un enrichissement en

terres rares lourdes non expliqué par les tonalites. Pour la Formation de Magin, le spectre

des terres rares des grès suit le spectre des terres rares de la tonalite 3, qui est la plus

abondante dans les conglomérats de cette formation. La tonalite 2 possède également un

spectre similaire au grès, expliqué par la source commune avec la tonalite 3. Ainsi, la

tonalite dominante d’une formation semble posséder la même signature que celle des grès

de la formation respective. Pour la Formation de Keyano, aucun spectre des tonalites issus

des conglomérats ne correspond parfaitement avec le spectre des terres rares des grès. Seul

le spectre de la tonalite 2 se rapproche le plus de ceux des grès. Mais il possède un

enrichissement en terres rares légers et un appauvrissement en terres rares lourdes par

rapport aux grès. Pour cette formation, nous avons plutôt à faire à un mélange de plusieurs

tonalites pour obtenir un tel spectre de grès.


91

Nous pouvons comparer les spectres des terres rares provenant de clastes mafiques

(figure 19) avec ceux des grès (figure 18). Le claste mafique de la Formation de Brune

(amphibolite de pyroxénite) est un peu plus riche en terres rares lourdes que les tonalites.

Nous pouvons alors voir une contribution de cette source mafique aux grès de cette

formation, en plus des sources tonalitiques. Pour la Formation de Keyano, les clastes

mafiques (gabbro, pyroxénite) possèdent également un peu plus de terres rares lourdes que

les tonalites. Encore une fois, l’hypothèse d’une contribution de source mafique aux grès

semble réelle. Pour la Formation de Magin, le claste de basalte retrouvé au sein du

conglomérat possède des valeurs élevées en terres rares lourdes. Les variations en terres

rares lourdes des grès de la Formation de Magin peuvent être expliquées par la contribution

de ce gabbro ou d’une source similaire. Cependant, il est impossible de déterminer le taux

de contribution d’une source felsique par rapport à une source mafique en ne regardant que

ces spectres de terres rares.


92
93

Le tableau 6 illustre les rapports La/Yb et les anomalies en Eu des grès et des clastes

des trois formations à l’étude, afin de voir s’ils peuvent servir d’outil de corrélation. De

grandes variations pour le ratio La/Yb sont observées, de la base au sommet des formations,

dans les grès. Ces valeurs sont en moyenne supérieures à 20 pour les formations de Keyano

et de Magin, mais ne dépassent pas 9 pour la Formation de Brune, la séparant encore une

fois des autres formations.

Tableau 6 : Rapports de La/Yb et anomalies d’europium, normalisés aux chondrites CI


(McDonough et Sun, 1995) des grès et des clastes, issus des formations de Brune, de
Keyano et de Magin. Les échantillons ont été prélevés aux sites de comptages de points
dans les conglomérats (figures 4, 5 et 6).

Grès La/Yb normalisé Eu* normalisée Claste Lithologie La/Yb normalisé Eu* normalisée
Keyano Keyano
7506 B 14,49 1,11 2012-QD-7505C Tonalite 1 15,28 2,04
7505 B1 21,21 1,10 2012-QD-7505D Tonalite 2 24,91 1,03
7505 B2 23,65 0,92 2012-QD-7505E Tonalite 3 28,02 1,58
7505 B3 11,32 1,10 2012-QD-7505F Monzodiorite quartzifère 25,69 0,71
7505 B41 5,38 1,11 2012-QD-7505G Chert ferrugineux 1,65 0,82
7505 B42 3,92 1,14 2012-QD-7505H Amphibolite de gabbro 2,62 1,03
7505 B5 29,29 1,00 2012-QD-7505J Amphibolite de pyroxénite 1,34 2,63
7505 B6 23,48 0,87

Brune Brune
1054 B1 7,74 0,66 2012-DB-1054C Tonalite 1 5,26 0,79
1054 B2 6,53 0,58 2012-DB-1054D Tonalite 2 21,40 0,42
1054 B3 8,88 0,79 2012-DB-1054E Tonalite 3 5,68 0,72
1054 B4 5,78 0,54 2012-DB-1054F Amphibolite de pyroxénite 1,71 0,77
1054 B5 6,00 0,52

Magin Magin
7503 A 29,99 0,88 2012-QD-7504C Tonalite 1 5,19 0,58
7504 A1 34,67 0,96 2012-QD-7504D Tonalite 2 23,10 0,85
7504 A2 36,94 0,77 2012-QD-7504E Tonalite 3 27,24 0,78
7504 A3 21,50 0,96 2012-QD-7504F Amphibolite de komatiite 2,33 1,15
7504 A4 18,63 0,77 2012-QD-7504G Formation de fer 3,71 1,08
7504 A5 32,12 0,77 2012-QD-7504H Amphibolite de Basalte 4,75 0,98
7504 A6 40,45 0,76
7504 A7 22,32 0,80
94

Aucune répétition ou de modèle des valeurs de La/Yb n’est identifié au sein des grès

d’une même formation. Les clastes felsiques (tonalites et granites) possèdent les plus fortes

valeurs de rapport La/Yb, tandis que les clastes mafiques ont les plus basses. Les variations

faibles à très fortes de ce ratio dans les grès peuvent être expliquée par la contribution plus

ou moins forte des clastes felsiques ou mafiques, ainsi qu'au nombre limité d'échantillons

de clastes.. En comparant avec la composition des conglomérats (figure 10) avec le tableau

6, il n’a pas été possible d’identifier un changement de composition des tonalites ou des

roches mafiques permettant la présence d’une haute ou d’une faible valeur de La/Yb.

Les anomalies en Eu montrent également des variations positives ou négatives

(figure 18, tableau 6). Au sein d’une variation, il y a des variations en anomalie d’Eu qui

pourraient être rattachées à celles des clastes respectifs (figure 21). Les anomalies en Eu

peuvent être dues à la présence de plagioclase, d’allanite et de grenat. Ces minéraux

possèdent des fortes anomalies négatives en Eu (Bea, 1996). Une fois encore les minéraux

lourds (faiblement présents) ou un minéral très présent (feldspath) influenceraient la chimie

des grès. Le rapport La/Yb et l’anomalie en Eu ne permettent pas de corréler les

formations, mais permettent d’écarter la Formation de Brune pour le rapport La/Yb.

Cependant, les spectres des terres rares des grès sont un bon outil discriminant pour les trois

formations à l’étude. Une analyse systématique des grès de la base au sommet de la

formation est nécessaire pour cet outil, afin d’obtenir les variations en élément des terres

rares correspondant aux différentes sources parfois ponctuelles.


95

3.3.7. Contexte géodynamique à partir de la géochimie des grès

Plusieurs diagrammes de provenance tectonique ont été produits à partir de données

géochimiques. Dans la présente section, nous examinerons si certains d’entre eux

permettent de caractériser une ou des formations à l’étude et donc de pouvoir servir d’outils

de corrélation au même titre que ceux présentés dans les sections précédentes. Nous nous

limiterons, toutefois, à l’examen d’un nombre limité de diagrammes, puisqu’ils sont basés

sur les mêmes principes que ceux des sections. Parmi les travaux les plus connus, il y a

ceux de Bhatia (1983) et de Bhatia et Crook (1986). Ces diagrammes sont réalisés à partir

de roches récentes, il faut donc les utiliser avec précaution pour des contextes

métamorphiques et archéens. Sur les diagrammes de Bhatia et Crook (1986) de la figure 22

A et 22 B, tous les échantillons de grès des trois formations tombent dans le champ d’arcs

insulaires continentaux. Nous ne pouvons donc pas se servir de cet outil pour différencier

les formations sédimentaires. Cela ne prouve pas non plus qu’elles se corrèlent pour autant.

3.3.8. Altération archéenne à partir de la géochimie des grès

La météorisation à la source est un élément fondamental dans la compréhension de

la composition des sédiments et de l’établissement de la composition originale de la source

de ces sédiments. Dans la présente section, nous examinerons si certains d’entre eux

permettent de caractériser une ou des formations à l’étude et donc de pouvoir servir d’outils

de corrélation. Nous nous limiterons, toutefois, à l’examen que d’un nombre limité de tels

diagrammes, puisqu’ils sont basés sur les mêmes principes que ceux des sections

précédentes. Parmi les travaux les plus connus, il y a ceux de Nesbitt et Young (1982,
96

1989) et Nesbitt et al. (1996) qui ont établi l’utilisation de l’indice CIA comme un standard

dans le domaine. Le CIA a déjà était utilisé lors d’un rapport ministérielle, et révèle une

altération moyenne (Duparc et al., 2012) Plus récemment, les travaux de Meunier et al.

(2013) et Ohta et Arai (2007) ont cherché à tenir compte du contexte particulier de

l’Archéen. Nous vérifierons avec ces diagrammes s’il est possible de caractériser une ou

des formations à l’étude et donc de pouvoir servir d’outils de corrélation au même titre que

ceux présentés dans les sections précédentes.

Les deux diagrammes ternaires (figure 22C et 22D) montrent que les grès sont

dominés par des sources felsiques et mafiques avec une faible altération. Le pôle R2 du

diagramme ternaire (figure 22C) représente le fer, le magnésium et le manganèse. Une

composante ferreuse apportée par des formations de fer ou un grand nombre de magnétites,

pourrait invalider ce diagramme. Le contrôle de celui-ci en serait alors hydrodynamique.

Cependant, cette composante mafique est légèrement visible sur le diagramme de la Ohta et

Arai (2007; figure 22D), et semble plus intermédiaire. Chacun des pôles de ce diagramme

ternaire prend en compte le fer, ne permettant pas de déplacer drastiquement tous les

échantillons d’un coté du diagramme, le rendant moins sensible que le diagramme de

Meunier et al. (2013). De plus, la Formation de Brune ne possède aucune magnétite ou

fragment de formation de fer dans son grès et conglomérat. Il semble aussi porter cette

composante intermédiaire dans son grès. Cette composante est observée d’après la

pétrographie avec l’abondance relative d’amphibole et de biotite. De plus, les clastes des

conglomérats sont dominés par les intrusions felsiques et intermédiaires permettant une

telle composante. Les clastes de roches mafiques et ultramafiques sont présents en minorité
97

dans le conglomérat. Ceci pourrait refléter une proportion moindre à la source. Toutefois,

leur plus faible représentation dans les conglomérats pourrait plutôt refléter leur plus grande

sensibilité aux altérations (Frenzinelli et Potter, 1983) et donc une plus grande facilité à être

détruit durant le transport. La destruction des clastes de roches mafiques lors du transport

pourrait se traduire par une augmentation de minéraux ferromagnésiens et de débris

mafiques dans la matrice gréseuse des conglomérats et dans les grès. Ces minéraux

ferromagnésiens et débris de roches mafiques auraient d'abord subi une altération lors de la

diagenèse et ensuite subi le métamorphisme au faciès des amphibolites, permettant la

recristallisation de leurs éléments en amphiboles. Cependant, des amphiboles et des biotites

originaires des différents fragments auraient pu également être transportées et déposées

dans ces grès. Plusieurs familles chimiques d’amphiboles pourraient ainsi être présentes

telles que les pargasites d’origine magmatique et les hornblendes d’origine métamorphique

(Hawthorne et al., 2007). Mais si le métamorphisme est fort, ce qui est le cas dans cette

étude, toutes les amphiboles seraient métamorphiques, mais peut être pas avec la même

chimie.

Dans un contexte fluviatile, les cailloux sont transportés en traction (Mueller et al.,

2002) sauf lors de coulée de débris en période de crue. Seuls les plus résistants sont

conservés. Il n’y a pas de paléosol pouvant se développer dans un tel milieu à forte pente

(Miall, 1992). Étant donné la taille décimétrique (figures 4, 5 et 6) des clastes arrondis des

formations, la force du courant devait être très grande (Heward, 1978; Rust et Koster,

1984). La croûte d’altération sur les clastes part au fur et à mesure des impacts entre les

cailloux. La seule altération visible possible serait sur cette barre caillouteuse. Mais elle
98

s’est faite enfouir très rapidement. En théorie, il faut s’attendre à une altération moyenne à

forte pour les bassins archéens (Ludden et al., 1982), notamment pour des roches aussi

anciennes que celles dans la Sous-province de La Grande, pouvant affecter la composition

des grès. Toutefois, les trois formations à l’étude possèdent une altération faible similaire,

sauf pour un échantillon de la Formation de Magin. Les différences observées grâce aux

boîtes à moustaches et à l’ACP (section 3.3.1 et 3.3.3), sont donc liés à la composition des

sources et non à une différence d’altération. En reprenant l’exemple de l’Al2O3, la

Formation de Brune en montre une plus faible concentration que les formations de Magin et

de Keyano, car la composition à la source en est appauvrie. L’enrichissement en Al2O3

n’est donc pas directement lié au processus de météorisation.

Cet outil reste limité pour une étude de corrélation puisque les formations montent

une altération similaire ne permettant ni de les distinguer, ni de les corréler. Il rend tout de

même compte de la faible intensité de météorisation due à l’enfouissement rapide des

sédiments.
99
100

3.4. Discussion de l’analyse géochimique

Les boîtes à moustaches, les diagrammes binaires, la chimie des terres rares et

l’analyse en composantes principale couplées à des tests statistiques se rejoignent tous sur

le fait que la Formation de Brune est différente des deux autres. Tous ces outils

géochimiques permettent également d’affirmer que les formations de Keyano et de Magin

possèdent des liens chimiques interprétés comme des sources communes ou similaires. Les

spectres des terres rares, les diagrammes d’altération liés à la pétrographie permettent

d’affirmer que les trois formations ont une source dominante tonalitique, ainsi que quelques

sources mafiques. Un objectif principal était d’identifier des outils pour caractériser et

corréler une ou plusieurs formations. Les boîtes à moustaches ne sont pas un outil fiable

dans une étude de corrélation, mais elles mettent un point majeur sur les différences d’un

élément entre les grès des formations, permettant un lien avec la pétrographie.

Les diagrammes binaires sont un outil important dans cette étude, puisqu’ils nous

permettent d’entrevoir les premières différences chimiques pour les formations à l’étude, et

ils nous informent surtout sur les processus qui s’appliquent aux sédiments. Mais l’étude de

ces diagrammes n’est pas un bon indicateur pour la corrélation de formations. Une

connaissance des processus de transport et de dépôt sont importants pour orienter

l’interprétation. L’hypothèse de traiter tous les échantillons comme une même population,

pour combler le manque d’échantillon, était bonne puisque les corrélations observées sont

bonnes. Cependant, il faudrait tester cette hypothèse avec plus d’échantillons.

L’analyse en composantes principales, suivi de tests statistiques, sont des outils

essentiels dans une étude de comparaison de formations. Ils permettent d’affirmer,


101

quantitativement et objectivement, à quel point un groupe d’échantillons représentatif d’une

formation est significativement différent d’un autre. Cette analyse confirme également la

pétrographie en identifiant des groupes d’élément discriminant pour chaque formation,

souvent associés aux minéraux lourds. Mais encore une fois, plus de données sont

nécessaires pour valider la statistique.

Des diagrammes de ratio d’éléments immobiles tel que TiO 2 / Zr versus Al2O3 / Zr

sont également un outil chimique pertinent pour comprendre la contribution d’une source

par rapport à une autre. Plus d’analyses dans les clastes seraient essentielles afin de mieux

définir les pôles des différentes sources. Mais ils ne sont pas un bon outil de corrélation.

L’ultime outil à une étude de comparaison de formations est le spectre de terres

rares des grès. Les spectres permettent d’identifier une signature pour chaque formation,

correspondant à un mélange de source. Si deux formations comportent une source similaire

à un temps donné, alors ces deux spectres de terres rares vont fortement se ressembler.

Cependant, la source devra être une source dominante et non mineure, afin que la

géochimie de l’échantillon prélevé ait une signature typique. Cela implique un

échantillonnage systématique de la base au sommet de toutes les formations à l’étude. La

signature chimique des terres rares des clastes, couplée à la pétrographie des conglomérats,

apportent également une idée des sources. Mais l’étude d’échantillons de grès s’avère la

plus efficace dans une étude de corrélation de formation sédimentaire au faciès des

amphibolites. Cependant, l’étude souffre d’un manque d’échantillons analysés. Un

minimum de 15 échantillons de grès devraient être pris par formation, mais une trentaine

échantillons seraient significatifs et irréprochables pour une étude statistique (Potts, 1987).
102

Un second grand objectif était d’identifier les processus responsables des variations

géochimiques de la composition à la source (contexte tectonique) et de la météorisation à la

source (altération), pouvant également être utiles pour discriminer les formations. Les deux

diagrammes d’altérations ternaires 4SiM+R2 (Meunier et al., 2013) et MFW (Ohta et Arai,

2007) utilisés pour cette étude, sont fiables pour les roches archéennes. Cependant, le

contexte tectonique s’appuie sur un ensemble d’observations dans les études (Eriksson,

1994; Paquette, 1998; Eriksson et al, 2005; Percival et al., 2006) de la Province du

Supérieur, ainsi que sur des diagrammes ternaires pour des roches récentes (Bhatia et

Crook, 1986). Ainsi le degré de confiance pour cet outil n’est pas optimal. Ces diagrammes

révèlent une altération à la source faible, dans un contexte de collision d’arcs volcaniques

(orogène). Ce contexte est en accord avec la formation de bassin successeur de type

Timiskaming. Les méthodes utilisant une lithogéochimie complète ont permis de tirer

plusieurs informations à partir de la composition des grès et des clastes de conglomérat.

Nous avons démontré lors de l’étude pétrographique et lithogéochimique (voir les chapitres

II et III), que les feldspaths et les minéraux lourds influent sur la composition car ils sont

les porteurs des éléments, et donc contrôlent leurs distributions. Afin de préciser la

géochimie des sources, le prochain chapitre va traiter de la géochimie minérale. Lors de

l’étude pétrographique (voir le chapitre II), nous avons identifié un fort métamorphisme

causant la recristallisation ou la modification chimique de nombreux minéraux lourds.

Puisque les magnétites peuvent avoir résistées au métamorphisme, elles se prêtent bien à

une étude de provenance.


103

CHAPITRE IV

LES MAGNÉTITES : INDICATEURS DE LA SOURCE

4.1. Contexte

Il existe plusieurs travaux qui porte sur l’utilisation de la pétrographie et la chimie

des grès pour en déterminer la provenance, le milieu de dépôt et son cadre tectonique

(Dickinson et al., 1983; Arribas et al., 2007). Ces études traitent surtout sur les grains du

bâti des grès (quartz, feldspath, clastes de roches). Svendsen et Hartley (2002) ont aussi

souligné des limites aux études liant la composition des grès étudiés directement à une

source spécifique. La météorisation à la source, l'abrasion physique et le tri

hydrodynamique pendant le transport, le stockage alluviale et la diagenèse peuvent cacher

ou supprimer le signal de provenance d’origine (Morton et Hallsworth, 1994, 1999;

Svendsen et Hartley, 2002; Morton et al., 2005).

Divers auteurs proposent l’intégration des minéraux lourds dans les recherches de

source (Mange et Wright, 2007) car ils peuvent être un outil très utile pour préciser la

provenance des grès. Donc, les assemblages de minéraux lourds ont longtemps été

considérés comme des indicateurs sensibles de la source de sédiments (Rubey, 1933;

Grunert et al., 1988; Nechaev et Isphording, 1993; Heroy et al., 2003; Garzanti et Andò,

2007; Garzanti et al., 2008). Une analyse plus fine des minéraux lourds pour l’identification

des différentes espèces minérales et leurs compositions chimiques, permettrait de mieux

préciser la nature de la source. Bien que divers minéraux lourds soient sensibles à la

météorisation, au bris mécanique et à la diagenèse, plusieurs autres ne le sont pas. C’est le


104

cas pour le zircon, le grenat, la tourmaline, l’apatite, le rutile et les oxyde de Ti-Fe qui ont

été beaucoup utilisés pour identifier les provenances des sédiments (Darby et Tsang, 1987;

Grunert et al., 1988; Basu et Molinaroli, 1989; Grigsby, 1990; Grigsby, 1992; Razjigaeva et

Naumova, 1992; Hounslow et Morton, 2004).

Les minéraux qui ont une structure apparentée à celle des spinelles, comme les

oxydes de Ti-Fe, et la magnétite en particulier, ont fait l’objet d’études récentes parce qu'ils

sont mécaniquement et chimiquement stables, faciles à séparer des autres minéraux de la

roche sur la base de leurs propriétés physiques (magnétisme notamment). De plus, ils

possèdent des caractéristiques morphologiques uniques et une chimie minérale

diagnostique de la source (Darby et Tsang, 1987; Grunert et al., 1988; Basu et Molinaroli,

1989; Grigsby, 1990; Razjigaeva et Naumova, 1992; Hounslow et Morton, 2004; Yang, et

al., 2009). Alors, la composition et la morphologie des spinelles dans les études

pétrogénétiques (Barnes et Roeder, 2001) sont d’ailleurs bien connues car certains sont très

utilisés pour l'exploration du diamant (Fipke et al., 1995). La magnétite est, quant à elle, un

des minéraux les plus communs trouvés dans les sables, car elle est présente dans une

grande variété de roches sources, tant métamorphiques qu’ignées (Grunert et al., 1988;

Grigsby, 1990).

La magnétite (Fe3O4) peut se former dans de nombreuses conditions magmatiques, à

des températures élevées, par exemple, dans les zones supérieures des intrusions litées,

dans les d'anorthosites, les granitoïdes et dans les roches volcaniques, ainsi qu’à basse

température hydrothermale (Dare et al., 2012; Nadoll et al., 2014). L’érosion de ces

dernières permet sa concentration dans les roches sédimentaires. La magnétite de ces


105

roches sources est de composition diversifiée en raison de substitutions divalentes,

trivalentes et tétravalentes (Dupuis et Beaudoin, 2011). Dans les roches sédimentaires, il y a

un intérêt croissant pour l'utilisation des éléments en traces dans la magnétite comme un

moyen de déterminer la provenance de magnétite détritique car elle est présente dans des

sédiments déposés dans un large éventail d’environnement sédimentaire. Toutefois, les

sédiments les plus recherchés sont les tills et les sables alluviaux (Yang, et al., 2009).

Razjigaeva et Naumova (1992) ont montré que les concentrations en Ti, Mn, Cr, V,

Ni, Co, Zr, Sn, Zn, Pb et Cu des magnétites pourraient être utilisés pour identifier les roches

mères de sédiments alors que Grigsby (1990) a utilisé une combinaison de caractéristiques

pétrographiques, comme la nature d’exsolutions, et des critères de composition chimique

dans un organigramme pour déterminer la source probable de grains de magnétite

détritique. Dupuis et Beaudoin (2011), Nadoll et al. (2012 et 2014), ainsi que Dare et al.

(2012) ont aussi démontré qu’en utilisant la composition des magnétites, il est possible de

les relier à différents contextes de minéralisation grâce à de multiples diagrammes.

L’objectif du chapitre est de déterminer la source des grès alluviaux archéens des

formations de Magin et de Keyano à l’aide des éléments en traces contenus dans les

magnétites qui s’y trouvent sous forme de lamines ou de minces lits, possiblement

apparentés à des formations de fer siliceuse (chert). La proximité géographique actuelle des

deux formations permet de formuler l’hypothèse d’une provenance commune des

magnétites. De plus, des fragments de formation de fer et de chert sont trouvés dans les

conglomérats de ces formations (figure 23). Les processus de modification de la

composition de la source sont minimisés dans un conglomérat puisque les cailloux d’un
106

conglomérat représentent un échantillon direct de la même source, alors que la composition

générale des grès, interstratifiés avec les niveaux de ces conglomérats, résulte de la

désintégration mécanique et chimique de la même source. La présente étude cherche donc

aussi à tester si des cailloux riches en magnétites pourraient être la source principale des

magnétites. De plus, puisque des plutons felsiques sont l’une des sources les plus

abondantes des conglomérats et des grès de ces formations, les magnétites des plutons

felsiques, présents aux alentours des formations de Magin et de Keyano, ont également été

échantillonnées afin d’observer d’autres signatures de magnétites pouvant se trouver dans

les grès.
107

4.2. Les formations de fer de type Algoma

Dans la Formation de Magin, plusieurs galets de formations de fer sont présents

dans les niveaux de conglomérat (figure 23). Les cailloux des conglomérats et les grains

des grès sont normalement issus des mêmes sources. Une fois les roches à la source ou les

fragments des graviers démembrés, le produit de l’érosion se retrouve dans les grès. Ces

clastes riches en fer devraient être la source la plus probable des magnétites. Étant donné

l’âge archéen de la sédimentation, nous avons probablement à faire ici à des formations de

fer de type « Algoma ». Ce type de formations de fer est associé aux roches volcaniques et

aux méta-grès de long d’arc volcanique, de zone de rift, de réseaux de failles et de cassures

profondes (Gross, 1980). La minéralogie moyenne de ces formations est composée de

micros à macros bandes de chert ou de quartz, de magnétite, d’amphibole et parfois de

sulfures. La signature géochimique moyenne des formations de fer du type Algoma est

caractérisée par des valeurs élevées de Fe et en Mn, et par moments, des teneurs élevées en

Ni, Au, Ag, Cu, Zn, W, terres rares et quelques éléments mineurs (Gross, 1995, 1996). Les

teneurs en fer dans les formations de fer varient de 15 à 45 % (Gross, 1980).


108
109

4.3. Étude pétrographique des magnétites

Les magnétites issues des grès de la Formation de Keyano sont toutes

hypidiomorphes. Leurs aspects semblent poreux et peuvent présenter quelques inclusions

(figure 24), mais celles-ci pourraient aussi correspondre à des cavités dues à un mauvais

polissage. Un galet siliceux qualifié de chert ferrugineux sur le terrain (figures 23 et 25) a

aussi été étudié dans la Formation de Keyano. Il est composé de 40 % de quartz, de 30 %

d’hornblende, de 15 % de pyrite, de 15 % de magnétite, de 5 % d’apatite et de traces de

feldspath et de zircon. Le claste est faiblement rubané et les grains sont à texture

granoblastique. Les magnétites sont idiomorphes et possèdent une porosité et des

inclusions. Les magnétites issues des grès de la Formation de Magin sont toutes

hypidiomorphes comme celles de la Formation de Keyano. Leurs aspects semblent

également poreux et présentent plusieurs inclusions (figure 24). Un galet de formation de

fer a aussi été étudié dans la Formation de Magin (figures 23 et 25). Il est composé de 59 %

de magnétite, 36 % de quartz, 4 % d’apatite, 1 % de pyrite et de traces de hornblende et de

zircon, de chalcopyrite et d’hématite. Le claste est rubané et les grains sont à texture

granoblastique. Les magnétites sont idiomorphes et possèdent une porosité et des

inclusions.

Les magnétites provenant des plutons felsiques (figure 24) aux alentours des

formations sont également idiomorphes et homogènes. Elles ne possèdent aucune

exsolution et très peu d’inclusions. Pour l’ensemble des magnétites de cette étude, il est

possible que cette porosité ne soit pas originale ou le produit de la diagenèse, mais bien le

produit d’un mauvais polissage.


110
111
112

4.4. Méthode

4.4.1. Broyage et récupération des magnétites

Les échantillons sont coupés à la scie diamantée en différentes tranches de 2 à 4 cm

d'épaisseur. Les tranches sont ensuite brisées dans un concasseur à mâchoires en tungstène

pour produire des fragments de 2 cm à 5 mm. Le broyage subséquent est effectué à l’aide

d’un broyeur à disque en céramique. Il est suivi d'un tamisage; le refus du tamis est re-

broyé puis re-tamisé jusqu'à ce que la totalité de la roche soit passée à travers le tamis 650

μm. Il est important que la totalité de la roche soit broyée le plus fin possible. En effet, au

début du broyage, ce sont les minéraux les plus fragiles qui sont d'abord broyés (les

feldspaths et les micas par exemple). La séparation finale se fait par un aimant. Pour cela,

on choisit des granulométries de 650 à 250 μm. Ceci résulte d'un compromis. On a

évidemment avantage à travailler avec les granulométries les plus fines possible pour

obtenir le meilleur degré de libération des minéraux et réduire la quantité de grains

polyminéraliques.

Il est possible que les constituants d’un sédiment proviennent de plus d’une source

et donc soient distribués préférentiellement au sein d’un même lit. De plus, la nature de la

source peut varier dans le temps, c’est-à-dire de la base au sommet de la formation. Afin de

tester la variabilité des sources potentielles des magnétites au sein d’une formation,

plusieurs échantillons ont été prélevés en divers points le long d’une coupe en essayant

d’avoir un échantillon dans tous les bancs de grès à un intervalle régulier. Ceci a été réalisé

sur la Formation de Magin. Ce protocole n’a pas été suivi pour la Formation de Keyano.

Pour cette formation, les échantillons ont aussi été récoltés tout le long d’une coupe (voir
113

chapitre I) en essayant d’avoir un échantillon dans tous les bancs de grès ayant un intervalle

régulier. Toutefois, la position stratigraphique des magnétites n’a pas été considérée lors de

leur analyse. Le but ici est de traiter ces magnétites globalement, puis de comparer les

résultats avec ceux de la Formation de Magin afin de déterminer s’il y a lieu ou non de

procéder à une analyse systématique de la base au sommet de telles formations pour

préciser l’évolution potentielle des sources.

4.4.2. Choix des grains à analyser

Une fois les magnétites extraites à l’aide d’un aimant, elles ont toutes été montées

sur un bloc d’époxy puis polies. Un total de 210 magnétites ont été analysées par LA-ICP-

MS. L’étude pétrographique de ces magnétites broyées révèle d’abord qu’il n’y a qu’une

seule famille texturale de magnétites pour l’ensemble des magnétites. Les grains analysés

ont été choisis en fonction de leur taille (>200 μm) et aussi de leur homogénéité apparente

(pour les exsolutions). Un nombre de 6 à 8 grains pour chacun des échantillons A1, A2, A3,

A4, A5, A6, A7 et A8 de grès de la Formation de Magin (figure 6, annexe 8.3) ont été

sélectionnés (soit un total de 50). Pour la Formation de Keyano, 30 magnétites ont été

sélectionnées dans les grès sur le long de toute la coupe. De plus, un claste riche en

magnétite provenant d’un lit de conglomérat interstratifié avec des lits de grès de chaque

formation a été analysé. Il a été choisi sur la base de sa représentativité de la population des

clastes présents dans ces lits de conglomérat. Chaque claste a été traité comme les

échantillons de grès. Pour le caillou de formation de fer de la Formation de Magin, 16

magnétites ont été analysées alors que 17 ont été analysés pour le claste de chert de la
114

Formation de Keyano. Également deux magnétites dans un claste de monzodiorite

quartzifère et cinq magnétites dans un claste de tonalite de type 1, issus des conglomérats

de la Formation de Keyano ont été choisies. Pour finir, 87 magnétites des plutons présents

aux alentours des formations ont aussi été sélectionnées. Au total, 207 magnétites ont été

analysées pour cette étude.

4.4.3. LA-ICP-MS

L’ablation laser ICP-MS a un grand avantage par rapport à la microsonde

électronique. Un grand ensemble d'éléments peut être déterminé avec des limites de

détection très basses. La liste des éléments chimiques analysés a été établie en prenant en

compte que chaque élément peut entrer dans la structure cristallographique de la magnétite,

basée sur le rayon ionique, la charge, la préférence pour un système octaédrique ou

tétraédrique et sur les coefficients de partitions (Dare et al., 2012). La liste qui suit

représente les isotopes qui sont analysés, car ils sont présents dans la magnétite à des
24 27 45 47 51 52 55
concentrations au-dessus des limites de détection : Mg, Al, Sc, Ti, V, Cr, Mn,
60
Ni, 66Zn, 75As, 59Co, 69,71Ga, 74Ge, 89Y, 90,92 Zr, 93Nb, 95Mo, 118Sn, 121Sb, 178Hf, 181Ta, 182W
208
et Pb. On tient compte des isotopes pour les interférences.

Un système d’ablation laser RESOlution M-50 (Excimer 193 nm) couplé à un ICP-

MS Agilent 7700x a été utilisé à l'UQAC pour déterminer les éléments en traces dans les

magnétites. Un faisceau d’une taille de 33 microns avec une vitesse de déplacement de 3,5

μm/s, ainsi qu’une fréquence laser de 15 Hz et une puissance de 5 mJ par impulsion ont été

paramétrés pour percer une ligne à travers les magnétites pendant une durée de 40
115

secondes. L’ablation est réalisée en utilisant de l'hélium de haute pureté qui est introduit

dans la cellule d'ablation au rythme de 650 ml/min. Un débit d'argon (0,7 à 0,9 ml/min) est

ensuite ajouté dans la cellule. Des matériaux de référence riches en fer sont nécessaires

pour calibrer l’ICP-MS. Pour l’analyse des oxydes de fer, le laboratoire de l’UQAC utilise

le verre synthétique GSE-1g développé par la U.S. Geological Survey. D’autres matériaux

de référence riche en fer sont aussi utilisés pour contrôler la qualité des analyses. Il s’agit

des verres synthétiques GSD-1g et GPB-6 développés par la U.S. Geological Survey et

d’une magnétite naturelle du complexe de Bushveld BC-28. Pour la valeur du phosphore

des magnétites, le standard GSD est pris comme référence à la place de GSE afin d’avoir

une valeur plus réaliste, car le standard GSE ne contient que très peu de phosphore. Pour la

silice, la limite de détection est de 449 ppm, ce qui est trop haute pour la concentration

présente dans une magnétite avec le LA-ICP-MS. Il faudrait utiliser la microsonde pour

obtenir la valeur de la silice, mais étant donné la faible concentration de silice dans les

magnétites, la limite de détection de la microsonde peut être aussi trop haute.

4.4.4. Traitement des résultats

Par la suite, le protocole expérimental suivant a été réalisé. L’analyse d’un grain

dure 60 secondes et comporte deux étapes. Pendant les 20 premières secondes du temps

d’analyse, le laser ne fait pas d’ablation. Ces première secondes d’analyses ont été

considérées comme correspondant au bruit de fond, lié aux gaz. Ensuite, les 40 secondes

suivantes servent à l’analyse par ablation de la magnétite elle-même. Une ligne est percée à

la surface des grains afin d’obtenir la composition moyenne de tout le grain. Le calcul des
116

concentrations a été déterminé avec le logiciel Iolite (Hellstrom et al., 2008). Pour le
57
traitement des résultats, le Fe a été choisi comme moniteur d’ablation, car il peut être

estimé par stœchiométrie dans la magnétite. Des analyses de concentration de Fe pourraient

être réalisées dans l’avenir par microsonde afin de venir ajuster les résultats des autres

éléments obtenus par le laser. Les analyses ont été réalisées sur plusieurs jours, impliquant

de légère variation dans les mesures de l’appareillage, et donc une faible variation de la

limite de détection.

4.5. Résultat

4.5.1. Les inclusions

Les résultats de la chimie des magnétites montrent plusieurs inclusions. Nous

sommes ici capables de séparer ces inclusions de la « porosité » (probablement due à un

mauvais polissage). Dans la plupart des magnétites issues des grès de la Formation de

Magin, il y a des inclusions d’apatites (figure 26), révélées par des anomalies positives en

P, Ca et Y, ainsi que des inclusions de zircon (figure 27), révélées par de hautes

concentrations en Zr et Hf. Toutefois, dans les grès de la Formation de Keyano, seules les

magnétites 7505-4, 7505-21 et 7505-23 montrent aussi des inclusions d’apatite ou de

zircon.
117
118
119

Pour le claste de formation de fer de la Formation de Magin, toutes les magnétites

possèdent des inclusions d’apatites (figure 28). Seule la magnétite 7504-5 possède une

inclusion de zircon. Pour le claste de chert venant de la Formation de Keyano, seule la

magnétite 7505-13 montre une inclusion d’apatite et seule la magnétite 7505-12 révèle une

inclusion de zircon. Les magnétites de magma mafique (Dare et al., 2012) et plutonique

(cette étude et Nadoll et al., 2012) montrent également des inclusions d'apatite. Bien que les

inclusions présentent une difficulté pour le traitement des données, leur présence ou leur

absence fournit également des informations utiles pouvant être employées pour distinguer

les groupes d’échantillons (Tracy, 1982; Razjigaeva et Naumova, 1992). Pour le traitement

subséquent des résultats et l’établissement des compositions moyennes des magnétites, les

valeurs correspondant au pic d’inclusion ne sont pas retenues.

4.5.2. Les magnétites issues des grès

Les magnétites provenant des grès des formations de Keyano et de Magin (tableau

7, annexe 8.8) présentent beaucoup de variations pour plusieurs éléments, supportant

l’hypothèse qu’il y a plusieurs populations de magnétite dans ces grès et qu’elles sont donc

issues de différentes sources. Toutes les magnétites sont appauvries en Ti par rapport aux

intrusions magmatiques (Dare et al., 2012) avec des teneurs <700 ppm. De fortes variations

sont observés pour le Cr, V, Al et Mn avec des basses teneurs <300 ppm et des hautes

teneurs >1500 ppm. Ni, Co et Mg sont appauvris dans ces magnétites avec des teneurs

<150 ppm.
120

4.5.3. Les magnétites issues des clastes

Les magnétites du claste de formation de fer de la Formation de Magin (tableau 7,

annexe 8.9) ne montrent pas particulièrement un enrichissement en éléments particuliers,

mais possèdent toutefois des hautes teneurs en Al (450 ppm), Mn (400 à 800 ppm), Mg (50

à 300 ppm). Elles sont appauvries en Ti et Zn avec des teneurs <45 ppm. Elles ont des

faibles concentrations en Cr, Co, V, Ni, Ga et Ge.

Les magnétites du claste de chert ferrugineux de la Formation de Keyano (tableau 7)

présentent un enrichissement en Al (>800 ppm) et en V (>1200 ppm). Le Ti et Mn ont des

teneurs moyennes de 500 ppm. Les magnétites possèdent de faibles concentrations en Cr,

Zn, Ni, Mg et Ga. Elles sont appauvries en Co et Ge (<5 ppm).

Le claste de tonalite issu de la Formation de Keyano (tableau 7) possède des

magnétites riches en Cr, V et Mn avec des teneurs >1500 ppm. Elles sont appauvries en Ti

avec des teneurs <500 ppm et de hautes teneurs en Al de 800 ppm. Tous les autres éléments

analysés sont en faibles concentrations avec des teneurs <150 ppm.

Le claste de monzodiorite quartzifère provenant de la Formation de Keyano

(tableau 7) montre des magnétites pauvre en Ti (<350 ppm). Cependant les magnétites sont

riches en Mn (1300 ppm) et possèdent des teneurs moyennes en Cr et V (700 ppm). Tous

les autres éléments analysés sont en faibles concentration avec des teneurs <100 ppm.
121

4.5.4. Les magnétites issues des plutons felsiques et intermédiaires

Les magnétites des plutons (tableau 7, annexe 8.10 et 8.11) présentent de

nombreuses variations pour plusieurs éléments, mais surtout un appauvrissement en Ti avec

des teneurs <300 ppm. La composition des magnétites montre un enrichissement en Cr, V

et Mg avec des teneurs moyennes de 1000 ppm. Mais certaines intrusions, tels que le

Complexe de Langelier ou le Pluton de poste Le Moyne, ont quelques magnétites

appauvries en Cr. Elles possèdent également de faibles teneurs (<100 ppm) en Ni, Co, Zn,

Ti, Mg, Ga et Al. Les éléments Ge, Ta, W Sn et Sc ne sont pas présents.
122

Tableau 7 : Tableau des éléments en ppm contenus dans les magnétites des grès des formations de Keyano et de Magin de
clastes de ces formations et de plutons de la Sous-province de La Grande obtenus par LA-ICP-MS. Les principales inclusions
ont été enlevées pour obtenir de réelles valeurs. Résultats complets aux annexes 8.8, 8.9 et 8.10.

Abréviation : Élmt : liste des éléments; LD : Limite de détection par LA-ICP-MS pour une taille du faisceau laser de 33 µm;
N : nombre total de magnétites analysées; Moy. : valeur moyenne; Min : valeur minimum; Max : valeur maximum; BIF :
formation de fer; Monzo-QZ : monzodiorite quartzifère)

Lithologie Grès - Keyano Grès - Magin Claste chert - Keyano Claste BIF - Magin Tonalite claste - Keyano Monzo-QZ claste- Keyano Pluton

Elément LD N = 30 N= 50 N = 16 N = 17 N=5 N=2 N = 87

(33µm) Ave min max Ave Min Max Ave Min Max Ave Min Max Ave Min Max Ave Min Max Ave Min Max

Si LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD

Ca 21 LD LD LD 41 LD 54 47 LD 59 534 22 2540 LD LD LD LD LD LD 215 LD 1722

Y 0,30 0,48 LD 0,86 LD LD LD LD LD LD 0,50 LD 2,12 LD LD LD LD LD LD 0,42 LD 2,18

P 8,0 - 13,0 26,5 LD 61,32 32,3 LD 51,8 LD LD LD 12,6 LD 16,7 LD LD LD LD LD LD 27,9 12,8 72,3

Pb 0,02 - 0,09 0,27 0,03 1,95 0,23 0,03 1,07 0,22 0,03 1,03 1,52 0,55 4,34 0,32 0,09 0,79 0,35 0,09 0,37 3,46 0,09 70,15

Zr 0,40 1,89 LD 3,71 LD LD 0,91 LD LD LD LD LD 0,96 LD LD LD LD LD LD 0,50 LD 4,84

Hf 0,02 - 0,05 0,09 LD 0,09 0,07 LD 0,09 LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD 0,08 LD 0,12

Al 0,64 - 1,32 581,0 272,3 1314,0 430,3 200,7 728,5 845,1 621,2 1262,9 460,2 187,6 1175,0 846,3 768,6 957,7 517,5 499,3 535,8 230,3 23,4 1752,0

Ge 0,16 - 0,22 0,98 0,73 1,29 1,12 0,61 2,28 1,08 0,92 1,21 2,07 1,74 2,63 0,99 0,86 1,22 0,65 0,60 0,71 0,69 LD 1,55

W 0,02 - 0,06 LD LD 0,07 0,05 LD 0,07 LD LD LD 0,45 0,11 1,81 LD LD LD LD LD LD 0,69 0,06 4,04

Sn 0,10 -0,14 0,19 0,13 0,46 0,22 0,13 0,37 0,27 LD 0,61 0,39 LD 2,34 0,20 LD 0,22 LD LD LD 0,90 LD 16,86
123

Lithologie Grès - Keyano Grès - Magin Claste chert - Keyano Claste BIF - Magin Tonalite 1 claste - Keyano Monzo-QZ claste- Keyano Pluton

Elément LD N = 30 N= 50 N = 16 N = 17 N=5 N=2 N = 87

Sc 0,14 - 0,16 0,50 LD 1,22 0,46 LD 1,04 0,26 LD 0,51 0,18 LD 0,24 2,07 1,58 2,81 0,46 0,42 0,50 0,43 LD 1,26

Ta 0,01 - 0,02 LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD LD 0,03 LD LD LD LD LD LD LD LD 0,04

Nb 0,04 - 0,05 LD LD LD 0,09 LD 0,24 LD LD LD 0,16 LD 0,31 LD LD LD LD LD LD 0,66 LD 6,64

Cu 0,10 - 0,57 3,35 LD 49,28 0,74 LD 3,43 3,44 LD 24,09 6,68 LD 32,12 2,26 0,57 3,21 LD LD LD 3,03 LD 35,92

Mo 0,33 - 0,48 LD LD LD LD LD LD LD LD LD 0,80 LD 1,39 LD LD LD LD LD LD 1,95 LD 16,35

Ga 0,13 - 0,20 33,85 8,21 44,24 26,59 9,13 59,86 32,54 16,64 51,83 3,16 1,87 5,33 46,52 40,37 52,85 12,00 11,11 12,88 20,16 0,95 69,28

Mn 0,80 - 1,03 423,5 278,9 648,2 784,4 274,5 1519,9 542,0 261,2 1452,7 583,2 429,2 883,3 1662,1 1351,2 2032,3 1346,1 1330,8 1361,5 1132,5 743,1 1708,2

Mg 0,09 - 0,15 25,5 7,7 310,3 16,6 4,5 75,9 20,6 7,1 65,7 156,4 51,3 328,5 32,4 17,7 62,9 18,0 13,9 22,0 26,1 1,5 503,7

Ti 0,80 - 0,94 335,2 153,0 489,1 371,4 130,7 699,3 627,5 407,3 876,0 28,0 14,3 43,7 491,7 377,4 635,1 317,2 301,5 332,9 102,1 LD 374,5

Zn 0,36 - 0,86 146,6 15,6 318,3 189,2 49,8 473,8 140,2 37,1 260,6 39,8 28,0 54,4 179,1 134,1 246,7 106,5 87,5 125,4 120,8 3,1 812,5

Co 0,08 - 0,11 33,7 17,4 48,2 26,3 8,9 44,9 3,7 0,3 16,8 6,3 2,9 11,3 7,7 3,4 9,7 14,6 14,4 14,7 28,7 3,5 63,3

V 0,14 - 0,16 1740,1 827,8 2160,8 1348,8 141,8 2779,1 1331,0 1111,8 1508,9 12,8 10,0 17,1 1971,7 1783,4 2051,3 705,9 703,0 708,8 1186,9 340,8 2146,2

Ni 0,40 - 0,54 101,4 69,9 155,5 72,3 18,3 184,7 25,6 5,8 87,9 2,4 1,0 5,6 10,1 8,4 11,1 45,3 45,1 45,6 62,6 8,0 157,0

Cr 1,05 - 1,32 3384,8 1474,6 6723,3 3947,9 65,2 32047,0 82,7 31,2 275,9 5,2 1,1 18,9 1557,7 1402,3 1744,0 750,8 738,0 763,6 1896,5 LD 14965,0
124

4.6. Recherche de la source

4.6.1. Source magmatique des magnétites

Le diagramme de Grigsby (1990) permet de séparer les différentes sources des

magnétites suivant leurs contenues en TiO2, V2O3, MgO et Al2O3 (figure 29). Toutes les

magnétites des grès et des cailloux (chert et formation de fer) des formations de Keyano et

de Magin, viennent de roches plutoniques ou volcaniques felsiques. Ceci est dû à la faible

concentration du Ti dans toutes les magnétites. Cela concorde avec l’étude pétrographique

des conglomérats (voir le chapitre II) qui indique que ces deux formations ont une source

dominée par des tonalites et des granites (figure 10).

D’après Grigsby (1990), les grains de magnétites ayant pour source une roche

plutonique felsique sont dominées par des grains homogènes avec des teneurs <1 % de

TiO2, V2O3, MgO et Al2O3. De plus, toutes les magnétites provenant des clastes de tonalite,

de monzodiorite et des plutons de la région sont homogènes et ne présentent aucune

exsolution, tel que le rapporte Grigsby (1990). Par contre, les magnétites provenant de

roches volcaniques felsiques, sont dominées par des grains polyminéraliques avec des

intercroissances d’ilménites. Ces grains homogènes ressemblent aux roches plutoniques

felsiques et peuvent excéder 1 % de TiO2. Or, d’après Dupuis et Beaudoin (2011), les

magnétites hydrothermales ont aussi une faible concentration en TiO2 et Al2O3 (<2 %) car

ce sont des éléments immobiles. Le diagramme de Grigsby ne permet donc pas de

différencier les magnétites issues de fluides hydrothermaux qui peuvent donc aussi tomber

dans le champ felsique. Dupuis et Beaudoin (2011) ont essayé de créer des classifications

pour des magnétites hydrothermales.


125
126

La faiblesse de la précédente étude est le filtre utilisé pour séparer les magnétites

hydrothermales des magnétites magmatiques. Étant donné que les échantillons récoltés

viennent de différents gisements, seules les magnétites avec un total d’éléments en traces

<2 % sont gardées pour la réalisation des diagrammes discriminant pour les magnétites

hydrothermales. Au-delà de 2 %, les magnétites sont considérées comme magmatiques.

Les auteurs n’ont pas pris en compte que les roches provenant de sources

plutoniques/volcaniques felsiques ont aussi une teneur très faible (Grisgby, 1990).

4.6.2. Source plutonique, felsique et intermédiaire

Contrairement aux magnétites hydrothermales (Dupuis et Beaudoin, 2011), il

n’existe pas encore de diagramme discriminant pour les magnétites issues de roche

plutonique ou volcanique felsique ou intermédiaire. Nous allons donc utiliser des spectres

multi-éléments contenus dans la magnétite, normalisés par la composition de la croûte

continentale (Rudnick et Gao, 2003), allant du moins compatible au plus compatible avec la

structure de la magnétite (Dare et al., 2012), afin de faciliter l’interprétation des données et

donc d’identifier les sources possibles. La discrimination s’effectue sur les éléments les

plus compatibles avec la magnétite tel que le Cr, Ni, V, Co, Zn, Ti, Mg, Mn et Al, et à un

degré moindre avec Ga, Ge, Ta, W, Sc et Sn. Les éléments Si, Ca, Y, P, Pb, Zr, Hf, Nb, Cu

et Mo sont associés à la présence d’inclusions.


127

Si on regroupe l’ensemble des analyses des magnétites de la Formation de Magin et qu’on

les compare avec celles de la Formation de Keyano, on remarque que les spectres des deux

formations (figure 30) ne diffèrent que légèrement. La Formation de Magin montre des

variations plus importantes en divers éléments, dont le Nb, Ta, Ga, V, Ni et Cr que celle de

la Formation de Keyano.

Les spectres des 50 magnétites provenant des grès de la Formation de Magin

montrent quatre signatures distinctes (figure 31). Les signatures peuvent être interprétées en

fonction de quatre sources différentes. Une source semble riche en V et Cr (bleue), une

autre est appauvri en Cr mais riche en V et en Ni (verte), puis une autre semble fortement

enrichie en Cr (violette) et une dernière semble plus appauvrie en V, Ni et Cr (rouge) que

les deux précédentes. La première source (bleue) est représentée par toutes les magnétites

analysées des échantillons 7504-A3, A5, A6 et A7, ainsi que la plupart des échantillons

7504-A1 et A2 soit 35 magnétites. La seconde source (verte) est représentée par les

spectres des magnétites des échantillons 7504-A8-1, A8-2 et A8-5 (3 magnétites). La

troisième source (violette) est représentée par les magnétites 7504-A1-1, A1-4 et A2-3 (3

magnétites). La dernière source (rouge) est représentée par les spectres des magnétites

7504-A8-3, A8-4, A8-6 et par toutes les magnétites analysées de l’échantillon 7504-A4 (9

magnétites). En recoupant la signature des sources avec la position stratigraphique des

échantillons, nous pouvons ainsi établir la position stratigraphique des sources (figure 6).

La source 1 (bleue) est présente sur tout le long de la coupe. Elle représente la source

principale de la Formation de Magin. La source 3 (violette) n’est présente qu’à la base de la


128

formation. La source 4 (rouge) s’établit de la base au milieu de la formation. La source 2

(verte) ne se situe qu’au centre de la formation. L’analyse lit par lit des magnétites de

Magin permet donc de distinguer une évolution temporelle des sources des magnétites. Une

telle étude n’a pas été effectuée pour la Formation de Keyano. De plus, les faibles écarts de

valeurs des éléments analysés pour la Formation de Keyano (figure 30) laissent entrevoir la

possibilité qu’une telle analyse n’aurait pu permettre de déterminer aussi aisément une telle

évolution temporelle (différences de la base vers le sommet).

Par contre, si l’on compare les données de la Formation de Keyano avec les diverses

sources proposées pour la Formation de Magin, on note une forte concordance entre la

Formation de Keyano et la signature de la source 1 (bleu) de la Formation de Magin (figure

32). Ceci appuierait encore plus fortement l’existence d’une source commune pour une

partie des deux formations.


129
130
131

Les spectres des 16 magnétites provenant du claste de chert sont comparés aux

spectres des 30 magnétites issues des grès de Keyano (figure 33). Les magnétites issus des

grès de la Formation de Keyano possèdent des concentrations plus élevées en Co, Ni et Cr

que le claste de chert. Nous déduisons donc que les magnétites des grès ne proviennent pas

de ce type de lithologie. La source responsable de telles magnétites possède une

composante plus mafique que le chert ferrugineux puisqu’elle est enrichie en Co, Ni et Cr.

Le spectre du claste de formation de fer de la Formation de Magin semble très

distinctif (figure 34). Il est appauvris en Ti, Co, V, Ni et Cr. Ces éléments sont typiques

d’une source mafique. Hors le fluide responsable des formations de formation de fer est

l’eau de mer, qui lui est appauvri en ces éléments et enrichi en d’autres éléments

« mafiques » (Mg, Ca, etc.) provenant des minéraux solubles de l’altération des roches

ferromagnésiennes (Arora et al., 1995). Aucune magnétite issue des grès de Magin et de

Keyano ne possède un spectre appauvris autant que ce claste de formation de fer. Celui-ci

ne provient donc pas de la source principale des magnétites des grès de ces deux formations

malgré sa présence dans le conglomérat de la Formation de Magin.


132
133

Comme la taille des débris est en lien avec la distance de transport, la composante

mafique des magnétites des grès pourrait venir d’une source plus distale que celles des

conglomérats. À l’Archéen, la météorisation était très intense (Eriksson et al., 2004). On

pourrait aussi proposer que les roches plus mafiques ont été plus intensément affectées par

la météorisation chimique que les roches volcaniques felsiques. Dans un tel cas avec un

transport long, seuls les constituants mécaniquement et chimiquement résistants des roches

mafiques, comme la magnétite, se trouveraient présents dans les grès. Dans un contexte de

transport plus court, plus de sources mafiques sont présents dans les conglomérats (Mueller

et al, 1991). Dans les conglomérats, cela signifierait aussi une rareté relative des clastes

mafiques, ce qui est conforme aux observations de terrain. Les cherts ferrugineux et

formations de fer (siliceuses), sont mécaniquement et chimiquement résistants. Le

démembrement de leurs constituants (quartz polycristallin et magnétite) est donc plus

difficile. Ceci pourrait donc expliquer la rareté relative de magnétite de cette source dans

les grès alors que des clastes de ces roches sont présents dans les conglomérats. Il serait

nécessaire d’avoir plus d’analyses de ce type de clastes pour vérifier la variation des

éléments, afin de vérifier la représentativité des magnétites de ces cherts et formation de

fer.

L’étude sédimentologique suggérait que la source la plus probable des magnétites

des grès des formations de Keyano et de Magin soit la même source que les cherts

ferrugineux et les formations de fer qui sont présents dans les conglomérats de ces deux

formations. Toutefois, les analyses chimiques des magnétites n’appuient pas cette

hypothèse. Les roches intrusives felsiques et intermédiaires de la région contiennent aussi


134

de la magnétite (chapitre précédent; Ishihara, 1977). Afin de vérifier si ces plutons aux

alentours des deux formations pourraient être la source recherchée, nous avons analysé des

magnétites extraites d’échantillons pris parmi divers plutons régionaux, de même que parmi

les clastes de roches intrusives felsiques des conglomérats de ces formations.

La sélection des plutons a été faite en fonction de la disponibilité des échantillons

provenant de la collection du MERN et de la présence de magnétite dans ces échantillons.

Pour compléter cette étude, il faudrait analyser un plus grand nombre de plutons dont, entre

autres, ceux de la Sous-province de Minto, au nord, qui sont généralement plus

magnétiques. Les roches intrusives sélectionnées sont (figure 2, annexe 8.11) : la Suite de

Bezier (Bandyayera et al., 2011), les Intrusions de Duncan (Goutier et al., 1998a), le

Complexe de Langelier (Goutier et al., 1998a, 1998b, 2000; Bandyayera et al., 2011,

2013), la Suite de Salleneuve (Simard et Lafrance, 2011a, 2011b), le Pluton de Nochet

(Hammouche et al., en préparation), la Syénite du Lac Bruce (Goutier et al., 1999b),

l’Intrusion de Kamusaawach (Goutier et al., en préparation), le Pluton de poste Le Moyne

(Goutier et al., 2002; Bandyayera et al., 2013), le Pluton de Fontay (Bandyayera et al.,

2013) et le Pluton de Radisson (Goutier et al., 2001a).

Nos données permettent d’observer que chaque pluton possède une signature

particulière, permettant de les différencier entre eux (figure 35). Ceci est donc

potentiellement interessant pour identifier la source. Ces plutons n’étant pas encore tous

datés, ceci limite la réflexion sur un choix basé sur leur âge. Toutefois, sur la base des

datations disponibles plusieurs plutons sont à écarter. Par exemple, la Suite de Bezier, les

intrusions de Duncan et le Pluton de Radisson sont possiblement plus jeunes que les
135

formations de Magin et de Keyano. Les plutons de Moly (2740 – 2710 Ma; Chapon, 2011)

et de Semonville (2746 ±5 Ma; Goutier et al., en préparation; David inédit 2013) seraient à

échantilloner. Malgré une certaine homogénéité des données, certains éléments ont une

grande variabilité dans les magnétites. C’est notamment le cas pour le Cr. Cet élément n’est

présent dans la magnétite qu’en fonction de la compétition avec d’autre phase minérale

dans le magma. Lorsque le Cr est légèrement appauvri dans la magnétite, il y a eu

possiblement présence d’autres oxydes tel que la chromite ou l’ilménite lors de première

différenciation du magma plus mafique.

Quatre sources légèrement distinctes ont été reconnues des magnétites de la

Formation de Magin. En comparant en détail les spectres des plutons, il serait possible

d’identifier des sources ponctuelles (figure 35). La source 3 de la Formation de Magin

(violet, figure 31) possède des magnétites riches en Cr. La Suite de Salleneuve semble elle

aussi posséder des magnétites riches en Cr. Cette suite ou une autre d’une même série

magmatique pourrait donc constituer une source possible pour ces magnétites riches en Cr.

L’Intrusion de Kamusaawach possède un appauvrissement en Ni et en Cr, pouvant

également ressembler à la source 2 de la Formation de Magin (vert, figure 31). La source 4

(rouge, figure 31) de la Formation de Magin ressemble à la signature des magnétites du

Pluton de Nochet. Pour finir, la source 1 de Magin (bleu figure 31), qui est similaire à la

source de la Formation de Keyano, semble être le Complexe de Langelier. Le Langelier

résulte d’une longue histoire magmatique possédant plusieurs épisodes, offrant une grande

variabilité d’éléments dans les magnétites.


136
137

L’ensemble des spectres multi-éléments des précédents plutons sont rassemblés à la

figure 36. Ce nouveau spectre sert de spectre typique de plutons felsiques et intermédiaires

de La Grande pour les éléments en traces contenus dans la magnétite, et pourraient servir, à

l’avenir, comme une banque de données comparative à une étude de provenance. Les

spectres des magnétites issues de gisements de Fe-Ti-V et Fe-Ti-P de l’étude de Dare et al.

(accepté) sont été ajoutés à la figure 36 à titre comparatif. Les magnétites provenant de

gisement de Fe-Ti-V représentent des magnétites primitives, issues de roches

ultramafiques. Les magnétites des gisements de Fe-Ti-P sont trouvées dans une unité

supérieure d’une intrusion mafique à ultramafique et sont donc évoluées. Les magnétites

issues de roches ultramafiques à intermédiaires sont enrichies en Al, Sc, Ta, Nb, Mg, Ti, V

et Zn par rapport aux magnétites de roches felsiques et intermédiaires du La Grande (figure

36). La différence majeure entre les magnétites provenant de roches ultramafiques à

intermédiaires, est la teneur en Ni et en Cr, plus haute dans les roches ultramafiques. Les

étalements des teneurs en Ni et en Cr des magnétites de plutons du La Grande sont dus à la

compétition minérale lors de la cristallisation (voir section suivante). Les roches

ultramafiques vont premièrement cristalliser des chromites qui vont assimiler le Cr dans

leur composition. Par la suite, les magnétites et les orthopyroxènes cristallisent et sont donc

en compétition pour cet élément. Lors de la cristallisation des plutons felsiques et

intermédiaires du La Grande, qui sont très appauvris en Cr, les magnétites sont les seules

minéraux acceptant cet élément dans leur structure. Elles assimilent donc la totalité de Cr

présent dans le jus interstitiel, que peu d’autres minéraux peuvent prendre, permettant une

variabilité de la teneur suivant la concentration présente dans le système.


138
139

De nombreux plutons régionaux sont des tonalites, mais plusieurs plutons sont de

composition intermédiaires Afin de vérifier quelle serait la composition de l’intrusion à la

source la plus probable des magnétites des formations de Magin et de Keyano, des clastes

des conglomérats contenant des magnétites ont été recherchés, mais peu ont été trouvés.

Seul un claste d’une tonalite 1 et un claste de monzodiorite quartzifère de la Formation de

Keyano, comprennent des magnétites assez grosses pour pouvoir les analyser au LA-ICP-

MS. Deux spectres multi-éléments des magnétites issues de ces deux clastes sont présentés

dans la figure 37. Ces deux spectres rentrent dans la zone de variation des plutons du La

Grande (figure 36). Ceci confirme le lien de parenté possible entre ces deux lithologies et

les plutons régionaux.

Les spectres de ces deux lithologies peuvent aussi être comparées avec les diverses

sources identifiées de la Formation de Magin (figure 31). Nous pouvons observer une

similarité entre le spectre de claste de monzodiorite quartzifère et le spectre des magnétites

issues de la Formation de Keyano, et donc aussi de la source 1 des magnétites de la

Formation de Magin (figure 33). Par contre, aucune ressemblance n’est possible avec la

tonalite de type 1.
140

L’échantillonage des magnétites contenues dans des cailloux des conglomérats des

formations de Magin et de Kayano est nettement insuffisant pour tirer des conclusions

fortes. Toutefois, l’examen pétrographique de nombreux cailloux montrent que peu d’entre

eux contiennent des magnétites. Afin d’avoir les nombreuses lamines riches en magnétite

observées dans les grès, on doit donc conclure que beaucoup de roches plutoniques pauvres

en magnétite ont été érodées. Ceci pourrait supporter l’existence de forts taux d’érosion

proposés à l’Archéen. Alternativement, il serait possible d’envisager une source avec des

plutons riches en magnétite, tel que les plutons au nord de la Sous-province de La Grande

qui possèdent de fortes anomalies magnétiques. Toutefois, aucun caillou d’une telle source

n’a été observée dans les conglomérats étudiés.

Tous les spectres de magnétites recueillies dans les deux formations sédimentaires

rentrent dans les zones de variations du spectre des plutons felsiques et intermédiaires

(figure 35 et 36). Les sources principales des deux formations sont donc des plutons

régionaux. Les magnétites ne sont pas issues de roche volcanique et hydrothermale.


141
142

4.7. Source hydrothermale

Singoyi et al. (2006), Dupuis et Beaudoin (2011) et Nadoll et al. (2012 et 2014) ont

travaillé sur les magnétites hydrothermales. Les premiers auteurs ont cherché à réaliser une

classification pour séparer les magnétites issues de différents contextes. L’utilisation

rationnelle des diagrammes de Dupuis et Beaudoin (2011) fait appel à une suite logique

dans la détermination de la source du gîte. Dans notre étude (figure 38), seuls les deux

diagrammes pertinents sont utilisés (Dupuis et Beaudoin, 2011). Nous remarquons dans le

diagramme Sn/Ga versus Al/Co (figure 38A) que les magnétites des plutons et des grès

tombent dans le champ des IOCG (Iron Oxide Copper Gold), alors que celle issues du

fragment de formation de fer tombent dans le champ des VHMS (Volcanic High Massive

Sulfide). Sur le diagramme Ca+Al+Mn versus Ti+V (figure 38B), les magnétites des

plutons et des grès chevauchent les champs des IOCG, des IOA (Kiruna, gisement riche en

apatite) et des porphyres. Dans le diagramme Ni/(Cr+Mn) versus Ti+V (figure 38C), les

magnétites de cette étude tombent en dehors des champs définis par l’étude de Dupuis et

Beaudoin (2011). La raison pourrait être l’absence d’un champ de plutons felsiques et

intermédiaires, ainsi qu’un champ de formation de fer de type Algoma. Le claste de

formation de fer provenant de la Formation de Magin se trouve en dehors de son champ

respectif (figure 38B et 38C). Ceci est dû à sa forte concentration en Mn et à sa faible

concentration en Ti+V. De plus, la zone des formations de fer protérozoïque d’après

Dupuis et Beaudoin (2011) n’est définie que par trois échantillons de magnétites. Il y aurait

donc lieu d’élargir cette zone avec les magnétites des formations de fer archéennes de type

Algoma de la Formation de Magin. Cependant, si les oxydes sont pré- syn- ou post-
143

martitisation, ils auront des teneurs très différentes en éléments en traces (Angerer et al.,

2013). En effet, lors de la transition de magnétite à hématite, les éléments en traces sont

expulsés parce qu’il y a beaucoup moins de substitutions possibles. Mais l’enrichissement

tardif, grâce à un fluide minéralisateur, tel que des magnétites issus de gisements (Dupuis et

Beaudoin, 2012), permet de regagner une certaine quantité d’éléments en traces. Ceci aurait

pour effet d’avoir un champ de formation de fer beaucoup plus large.


144
145

La concentration du Ti, Ni et Cr varie suivant l’environnement (Dare et al., 2014).

Les différents facteurs contrôlant la mise en place des éléments des magnétites sont : 1) la

concentration de l’élément dans le liquide ou le fluide au moment où la magnétite

cristallise; 2) la compétition avec les autres minéraux cristallisant en même temps que la

magnétite; 3) et le coefficient de partage de l’élément avec la magnétite qui varie suivant la

composition, la température, la pression, la fugacité de l’oxygène et la vitesse de

refroidissement (Whalen et Chappel, 1988; Frost et Lindsley, 1991; Ghiorso et Sack, 1991;

Nadoll et al., 2012, 2014; Mollo et al., 2013; Dare et al., 2014). De plus, ces éléments sont

plus ou moins immobiles lors de leur remobilisation par des fluides conduisant à des

gisements hydrothermaux (Nadoll et al., 2014). Le Ni semble plus soluble que le Cr dans

les fluides hydrothermaux (Dare et al., 2014). C’est grâce à l’ensemble de ces processus

que ces trois éléments permettent une discrimination des environnements.

Sur le diagramme (figure 38D) présentant le Ti vs Ni/Cr (Dare et al., 2014), nous

pouvons séparer les magnétites hydrothermales des magnétites magmatiques. La vaste

majorité des magnétites sont d’origine « magmatique » bien que quelques échantillons

tombent dans le champ « hydrothermal ». En ajoutant des données de la littérature

(Razjigaeva et Naumova, 1992; Gregory, 2006; Méric, 2011; Potvin-Doucet, 2012; Martin-

Tanguay, 2012; Dare et al., 2014), nous proposons de modifier le diagramme original afin

de séparer la zone des magnétites magmatiques en deux parties : un champ felsique à

intermédiaire et un champ mafique. Ainsi, ce diagramme devrait être utilisé avant la

classification de Dupuis et Beaudoin (2011), pour d’abord séparer les magnétites

hydrothermales des magnétites magmatiques.


146

4.8. Conclusion

Le but du présent chapitre était d’utiliser la géochimie des magnétites présentes dans

les grès afin de bonifier l’identification des sources de ces sédiments. L’hypothèse

envisagée était que les magnétites provenaient du démembrement de clastes riches en

magnétites contenus dans les lits de conglomérats interstratifiés avec les grès, comme les

formations de fer de type Algoma et les cherts ferrugineux. D’après le diagramme de

Grigsby (1990), l’ensemble des magnétites des grès proviennent de roches plutoniques ou

volcaniques felsiques ce qui est confirmé par la géochimie, en utilisant les spectres multi-

éléments des éléments en traces contenus dans les magnétites (Dare et al., 2012). Plusieurs

plutons de la Sous-province de La Grande pourraient être la source des formations de

Magin et de Keyano. Les analyses de magnétites provenant de ces plutons suggèrent que la

source commune la plus probable pour ces deux formations est celle du Complexe de

Langelier. De légères variations stratigraphiques de compositions des magnétites de la base

vers le sommet de la Formation de Magin et une hétérogénéité des données des magnétites

du Complexe de Langelier pourraient s’expliquer par une érosion différentielle de ce

dernier ou par d’autres plutons. L’utilisation des travaux récents de Dare et al. (2014)

confirment que les magnétites ne sont pas d’origine hydrothermale mais bien d’une source

magmatique felsique ou intermédiaire. Une partie des résultats découle d’un nombre limité

d’échantillons. Il y aurait donc lieu de poursuivre des travaux de même nature.

Grigsby (1990) a réalisé un organigramme de provenance basé sur la nature et la

morphologie d’inclusions dans les magnétites et les ilménites. Il peut ainsi discriminer des

sources felsiques et mafiques. De telles inclusions n’ont pas été notées dans les magnétites
147

étudiées. Par contre, d’autres inclusions sont présentes. Il y a donc lieu de s’interroger s’il

serait possible d’utiliser les inclusions d’apatites pour préciser la source des magnétites ?

Une revue rapide de la littérature indique que cette hypothèse mériterait plus d’attention

puisque les gîtes porphyriques ne contiennent que très peu, voir pas d’apatite, contrairement

au gîte gîtes de fer ± apatite (IOA) et gîtes à oxydes de fer cuivre-or (IOCG), selon

Williams (2010), alors que les granites en renferment souvent (Bea, 1996).
148

CHAPITRE V

DISCUSSION SUR LE MODÈLE PALÉOGÉOGRAPHIQUE

Les objectifs des chapitres précédents étaient de tester diverses méthodes pour

caractériser trois formations de métasédiments archéens, riches en lits de grès et de

conglomérats, et donc identifier les méthodes appropriées de corrélation entre celles-ci. Ce

faisant, des diagrammes destinés à l’origine à identifier des degrés de météorisation, des

environnements de dépôts et des environnements tectoniques ont été utilisés afin de vérifier

leur potentiel comme outils de corrélation. Toutefois, le réalisme du contexte

paléogéographique et géodynamique ainsi identifié n’a pas été examiné de façon critique.

L’objectif du présent chapitre sera donc de combler cette lacune.

L’analyse sédimentologique et la pétrographie des grès et des conglomérats, de

même que leur géochimie, indique que les compositions des sédiments étudiés ont été

influencées par : 1) la composition de la roche à la source; 2) les processus de transport et

de sédimentation, comme le tri; 3) et l’altération chimique en générale (météorisation,

diagenèse, métamorphisme).

5.1. Modèle sédimentologique

Un lithofaciès est défini sur la base de compositions, textures et structures qui

permettent de le distinguer des faciès adjacents (Walker et James, 1992). Ce sont des

éléments acquis lors des processus de transport et de sédimentation. L’analyse des divers

faciès et assemblages de faciès permet de proposer des environnements sédimentaires.


149

L’analyse de faciès des trois formations à l’étude expose les caractéristiques de sédiments

déposés par un courant unidirectionnel en régime d’écoulement permanent, où domine un

transport et une sédimentation en traction. Un tel écoulement est typique des systèmes

alluviaux à rivière tressée à barres de gravier et de sable (Miall 1978, 1985, 1986 et 1992).

Les études sédimentologiques/stratigraphiques et pétrographiques (chapitres I et II)

convergent et favorisent un contexte sédimentaire alluvial, qui est typique de l’Archéen

(Corcoran et Mueller, 2004b) et qui porte le nom de sédimentation de type Timiskaming

(Thurston et Chivers, 1990; Legault et Hattori, 1994). Cependant, les niveaux de

conglomérat de la Formation de Keyano (Aky5) sont mineurs sur l’ensemble de l’unité. On

ne peut donc pas présumer que toute la Formation de Keyano soit de type Timiskaming. Il

pourrait s’agir dans ce cas d’une rivière se déversant dans un grand bassin. Dans l’Archéen,

la distribution de lithofaciès interprétés comme typiques d’un système de rivières tressées

est présumée se développer principalement dans un environnement de cônes alluviaux ou

de grandes plaines tressées (figure 39; Krapez et Barley, 1987). Les cônes alluviaux sont

caractérisés par une forte pente, souvent associés à des failles actives. Plus en aval, se

développent des rivières en tresses sur une pente plus douce typique des plaines tressées à

réseau de chenaux sinueux. Ce type de sédimentation est caractérisé par un transport d’une

charge de fond importante et essentiellement composé de sédiment grossier. Elle est

interprétée comme produite lors de l’érosion de collisions d’arcs insulaires (syn-orogénique

Goutier et al., 2010) typiques des ceintures de roches vertes archéennes et souvent mis en

place en marge de failles actives, ou déposée en contacts discordants avec des roches

volcano-plutoniques (Mueller et Corcoran, 1998). La composition et la nature alluviale des


150

sédiments des trois formations à l’étude favorisent un dépôt généralement en fin d’un cycle

tectonique alors que domine l’érosion de reliefs topographiques adjacents (Mueller et

Donaldson, 1992). En cela, elles se comparent à diverses autres dépôts archéens du sud de

l’Abitibi, incluant des dépôts post orogénique comme la Formation de Duparquet (Mueller

et al., 1991), le bassin de Lalla Rookh du craton de Pilbara en Australie (Krapez et Barley,

1987) et le Groupe de Moodies de la ceinture de roches vertes de Barbeton en Afrique du

Sud (environ 3,0 Ga; Eriksson, 1978). Ce type de sédimentation semble donc présent à

différents endroits au cours du Mésoarchéen et du Néoarchéen et est donc parmi l’une des

premières successions sédimentaires cratoniques à être préservée (Eriksson, 1978; Eriksson

et al., 1998).

Les lithologies des clastes des conglomérats donnent également des informations

sur l’environnement du bassin. Pour les trois formations à l’étude, les nombreux clastes de

tonalites confirment la présence à la source d’un socle sialique de base tonalitique

(Barragar et McGlynn, 1976). De telles roches abondent dans la région présentement

(Thériault et Beauséjour, 2012). Différents plutons felsiques devaient donc percer la

couverture volcanique des arcs magmatiques afin d’alimenter des bassins sédimentaires

adjacents. Les fragments de formation de fer supportent l’existence d’une source

volcanique avec activité hydrothermale (confirmé par le diagramme de la figure 38A) riche

en fer à proximité. Une telle source à l’Archéen est présumée découler de la circulation de

fluides magmatiques le long de grandes failles en marge d’un bassin en baïonnette. La

sédimentation se serait faite en milieu subcontinental à haute énergie avec une faible

profondeur d’eau et une atmosphère réductrice riche en CO2 (Young, 1991; Trendall, 2002).
151

Les autres clastes de basaltes, pyroxénites et komatiites indiquent des sources mafiques

plutoniques et volcaniques éphémères car sensibles à l’activité tectonique et à la

météorisation. Elles permettent une variabilité de composition pour chaque bassin et sont

facilement érodables.

Dans la région, on ne peut pas identifier la nature du matériel sur laquelle le

conglomérat repose en discordance. De ce fait, on ne peut pas évaluer la contribution du

socle sous-jacent et donc la proximité de la source. Aujourd’hui, la probabilité de trouver

sur le terrain la source d’origine est mince. Comme discuté dans la section 3.3.8, les

cailloux de roches mafiques sont facilement altérables car ils sont mécaniquement et

chimiquement peu résistants, d’autant plus avec le climat agressif de l’Archéen et la haute

énergie des courants fluviatiles. Les problèmes majeurs des formations de Brune, de

Keyano et de Magin sont : l’abondance de clastes de tonalite avec peu de distinction,

l’absence de discordance d’érosion observée et les contacts tectoniques post sédimentation.

Cependant les plutons tonalitiques sont plus résistants. Malgré l’intense érosion qui s’est

produite jusqu’à aujourd’hui, on pourrait espérer retrouver la base des plutons sources.

Cependant, il faudra présumer d’une même homogénéité de la base au sommet d’un pluton

pour pouvoir le comparer à un claste de tonalite. De même, dans la Sous-provinces de La

Grande, certaines parties des plutons sont plus riches en magnétite et donc possiblement

responsables des nombreuses magnétites retrouvées dans les formations de Magin et de

Keyano (voir la carte du gradient magnétique vertical, carte interactive :

[Link] classes/I1108_afchCarteIntr?l=f). Le secteur Nord du

La Grande comporte des intrusions hautement magnétiques (plus riches en magnétites),


152

avec des séquences plus vieilles et contemporaines aux sédiments. Ils pourraient s’agir de

sources des formations à l’étude. De façon générale, les compositions rapportées pour les

sédiments des trois formations à l’étude s’accordent donc bien avec les résultats connus

pour d’autres sédiments de type Timiskaming à l’Archéen (Stamatelopoulou-Seymour et

al., 1983; Thurston et Chivers, 1990; Legault et Hattori, 1994). Le fort degré de

recristallisation des grès des trois formations à l’étude a grandement limité leur analyse

pétrographique. Ces études pétrographiques ont été suppléées en partie par des analyses

géochimiques complètes. La recristallisation et le degré de métamorphisme au faciès des

schistes verts supérieurs au faciès inférieur des amphibolites n’a pas permis non plus de

procéder à une étude du cortège de minéraux lourds présents dans les grès de ces trois

formations. Seule la magnétite s’est révélée d’intérêt. L’analyse lithogéochimique confirme

en grande partie les conclusions des études pétrographiques des conglomérats et des grès.

D’après les boîtes à moustaches, la Formation de Brune possèdent moins de Sr et

d’Al que les deux autres formations. On remarque également que les grès de cette

formation sont plus riches en La, Zr et Yb que les formations de Keyano et Magin. Une

tonalite syn-volcanique est plus riche en plagioclase calcique, avec un ratio La/Yb faible, et

une faible concentration de Sr (Hart et al., 2004). Une formation syn-volcanique est plus

proche de la surface, plus proche de la source (tonalitique) et donc plus riche en Y et en Zr.

On peut donc poser l’hypothèse que la Formation de Brune est liée à une plus grande

abondance d’intrusions syn-volcaniques à la source. On peut également faire l’hypothèse

que les formations de Keyano et de Magin sont liées à des tonalites syntectonique, plus

riche en plagioclase sodique, avec un ratio La/Yb élevé et une forte concentration en Sr.
153
154

Si la composition des sédiments à l’étude résultait (1) uniquement d’un mélange

entre deux sources et (2) qu’il n’y avait aucun ajout ou perte en éléments chimiques lors de

processus post-dépôt, il serait possible de quantifier les proportions relatives de ces deux

sources dans la composition des sédiments (Sawyer, 1986; Argast et Donnolly, 1987).

Toutefois, dans les formations à l’étude, notre étude lithogéochimique a plutôt démontré

qu’il y un mélange d’au moins trois sources : mafique (basalte), ultramafique (komatiite) et

différents types de tonalite. De plus, un examen détaillé des spectres de terres rares suggère

une certaine mobilité de ces éléments par un processus post-dépôts qu’il n’est pas possible

ici d’identifier.

Les spectres des terres rares varient en fonction du type de roches. Un haut ratio

La/Yb, un enrichissement en quartz dans les grès et de basses valeurs en Ti, Sc, Ni est

typique de roches volcaniques felsiques (principalement dacite) et de roches plutoniques

felsiques souvent riches en Na (principalement tonalite et trondhjémite) qui sont communs

des terrains archéens (O’Nions et Pankhurst, 1978; Jahn et Sun, 1979; McLennan et al.,

1984; Corcoran et Mueller, 2002). Mais, pour les volcanites mafiques archéennes, il y a un

bas ratio de La/Yb, montrant un spectre des terres rares plat (Sun et Nesbitt, 1978). Les

données des terres rares des sédiments archéennes (figure 40) sont compatibles avec un

mélange d’une suite bimodale entre un pôle riche en volcanites mafiques à ultramafiques et

un pôle riche en tonalites, trondhjémites et volcanites felsiques (Langmuir et al., 1978;

Condie et Wronkiewicz, 1990; Barker et Peterman, 1974; Barker et Arth, 1976; Barker et

al., 1981).
155

Diverses études (Yang et al., 2002; Bea, 1996) ont démontrée que le spectre général

des terres rares de plusieurs roches était contrôlé par la présence de quelques minéraux

seulement, lesquels sont souvent présents en infimes parties dans la roche. Ceci parce que

les minéraux du bâti renferment peu d’éléments des terres rares, lesquels peuvent être

principalement concentrées plutôt dans ces minéraux en traces. De faibles variations de ces

minéraux peuvent donc produire des patrons multi-éléments très différents. Or, pour les

sédiments étudiés ayant été fortement recristallisés lors du processus de métamorphisme au

faciès des schistes verts et des amphibolites, il n’a pas été possible de séparer le cortège

complet des minéraux lourds de ces roches. De plus, même si cela avait été possible, il

aurait fallu alors déterminer si les processus post-dépôt auraient pu modifier le rapport

initial du minéral lourd d’origine. En conséquence, nous concluons qu’il est donc

impossible de réaliser une quantification précise des diverses sources ayant contribuées à la

composition actuelle des sédiments étudiés des formations de Brune, de Keyano et de

Magin. Malgré l’impossibilité de quantifier les diverses sources, la conclusion générale que

la composition générale des sédiments de ces formations résulte d’un mélange dominé par

une source felsique et de sources de moindres importances mafiques/ultramafiques et de

formations de fer. L’étude des éléments en traces des magnétites (voir le chapitre IV) a

permis d’identifier les plutons felsiques et intermédiaires comme étant la principale source

des magnétites, écartant ainsi les sources de formation de fer proximales comme source

principale. L’érosion principale du Complexe de Langelier et l’érosion ponctuelle d’autres

unités felsiques à proximité des formations ont permis la contribution de ces plutons aux

bassins, favorisée par le contexte fluviatile et l’intense érosion du climat.


156
157

5.2. Environnement tectonique

Les formations de Brune, de Keyano (Aky5) et de Magin sont interprétées comme

un bassin de type Timiskaming. Cependant, ce n’est pas le cas de l’ensemble du Keyano,

que très peu de conglomérat. Divers environnements tectoniques ont été proposés pour ces

types de sédiments, parmi lesquels les plus communs sont les bassins associés à des failles

de décrochement (bassin de transtension – pull-appart basin; Corcoran et Mueller, 2004b)

et des bassins associés à des nappes de chevauchements (piggy back basin; Eriksson, 1978;

Krapez et Barley, 1987; Mueller et Donaldson, 1992; Heubeck et Lowe, 1994).

Dans les deux types de bassin, la présence de failles actives qui bordent le bassin

permet le développement de hauts reliefs et l’émergence de source plutonique qui constitue

la source commune aux différents bassins où se seraient déposées les formations à l’étude.

Des plus ou moins longs pulses tectoniques contrôleraient le soulèvement, la subsidence et

l’élargissement du bassin, ainsi que les principales influences allogéniques sur les diverses

réponses stratigraphiques (Eriksson et al., 1994). La Formation de Keyano semble posséder

plus de variations de sources de tonalites dans le spectre des terres rares des grès. Ceci

pourrait être interprété comme reflétant une source diversifiée répartie sur une aire

géographique plus grande. Il serait alors normal de conclure que cette formation se situerait

probablement en aval d’un grand bassin hydrographique et donc possiblement dans un

environnement de plaine alluviale tressée (figure 39). A l’opposé, une moins grande

diversité des sources, comme la Formation de Magin, pourrait refléter une position en

amont plus proche d’une source unique et donc aussi un environnement plus typique de la

marge d’un cône alluvial (figure 39). Le peu de donnée sur la Formation de Brune ne
158

permet pas de lui appliquer une même analyse. Cependant, elle semble présenter des clastes

reflétant un faible nombre de sources distinctes au sein des lits de conglomérats (tonalites et

pyroxénite). Cette formation proviendrait donc d’un bassin possiblement isolé de celui des

deux autres formations.

Plusieurs auteurs ont proposés d’utiliser la géochimie pour préciser l’environnement

tectonique de bassins sédimentaires (Dickinson, 1985; Bhatia, 1983, 1985; Bhatia et Crook

1986). Les caractéristiques des terres rares des terrains fortement métamorphisés sont

préservées sauf si le métamorphisme fut assez fort pour réaliser de la fusion (Taylor et al.,

1986). Bhatia (1985) a réalisé des diagrammes de spectres d’éléments des terres rares de

grès en fonction des environnements tectoniques. Nous pouvons comparer les grès des trois

formations de l’étude avec l’étude de Bhatia (1985). Nous observons, sur les figures 41 A)

et B), que les spectres des grès ne correspondent à aucun spectre typique selon Bhatia

(1985) des figures 41 D) et E), suivant la normalisation aux chondrites ou au PAAS (Post

Archean Australian Shale). Les spectres des terres rares de la Formation de Brune

possèdent des spectres similaires avec le type Andin, et ceux de la Formation de Keyano

avec le type des arc volcaniques continentaux, mais à des concentrations différentes.

L’ensemble des spectres des terres rares de cette étude possède des concentrations plus

faibles en terres rares lourdes que les spectres de l’étude tectonique de Bhatia (1985). Ceci

pourrait être dû au métamorphisme ou à la nature de la croûte archéenne des sous-provinces

de Minto et de La Grande, puisque les spectres types de Bhatia (1985) sont issus de roches

récentes (Bhatia, 1983) et ne sont donc pas conçus pour des modèles archéens.
159

De plus, chaque spectre représente un mélange de sources ou de minéraux

accessoires permettant différentes variations. Si ce n’est pas la nature des roches qui est en

cause, cela peut être dû à la normalisation. Une nouvelle normalisation au shale archéen est

tirée de l’étude de McLennan (1984). La nature et les processus de différenciation de la

croûte à l’Archéen ne sont pas les mêmes que ceux post-archéen (Taylor et Mclennan, 1981

et 1985). Les shales archéens vont représenter la valeur moyenne d’altération d’une grande

surface, plus significatif des processus et du fractionnement archéen. McLennan (1984) ont

comparé la composition chimique de la moyenne des PAAS avec la moyenne des shales

archéens. Les shales archéens sont enrichis en Na, Ca, Mg, Fe, Cr, Ni et appauvris en Si, K,

terres rares et en grands éléments lithophiles (LIL). Ceci est dû à la composante bimodale

(mafique et felsique) des grès archéens et possiblement à la faible différenciation de la

croûte, puisque les granites potassiques sont tardifs et encore non érodés.
160
161

Afin de vérifier l’utilisation des données de Bhatia (1985) pour les roches

archéennes, les grès à l’étude ainsi, que les données de Bhatia (1985) sont normalisés au

shale archéen (figure 41C et 41F). Aucun spectre des grès des trois formations à l’étude ne

correspondent avec les spectres des terres rares des échantillons de Bhatia (1985). Les

sédiments de l’étude de Bhatia ne sont pas utilisables pour caractériser les paramètres

tectoniques de l’Archéen. Avec la normalisation au shale archéen, la pente des terres rares

légères des trois formations est plus importante que pour le PAAS. La Formation de Brune

possède une anomalie fortement négative en Eu, la Formation de Magin a une faible

anomalie négative en Eu, et la Formation de Keyano détient une anomalie nulle à

faiblement positive en Eu, suivant le spectre des terres rares. La nouvelle normalisation

permet toujours de séparer les spectres des trois formations.

L’approche par des schémas de discrimination des paramètres tectoniques de

sédiments basé sur la géochimie comme ceux de Taylor et McLennan (1985) et de Bhatia

(1985) possèdent donc plusieurs limites : 1) il y a peu d’échantillons utilisés pour

déterminer les limites des environnements tectoniques; 2) les sédiments utilisés sont

présumés être représentatifs d’un environnement tectonique ce qui pourrait ne pas être

toujours le cas, surtout pour les échantillons anciens. Pearce et Cann (1973) ont montré la

complexité associée à discriminer des paramètres tectoniques de roches ignées sur la base

de signatures d’éléments en traces. Dans le cas des roches archéennes, cela ne peut qu’être

exacerbé puisqu’il n’y a toujours pas de consensus sur la nature précise de la tectonique

archéenne (Kerrich et Polat 2006; Bédard et al., 2013). Une part importante des éléments

utilisés pour déterminer l’environnement tectonique peuvent être concentrés dans quelques
162

minéraux seulement. Dans des grès, un faible apport ou réduction de minéraux lourds

pourraient donc fortement influencer le spectre des terres rares. Enfin, la composition des

sédiments reflète en général un mélange de source qui peut avoir des compositions

contrastantes ou similaires et qu’il peut être très difficile de départager. L’utilisation de

diagramme géochimique pour identifier des environnements tectoniques archéens ne

semble présentement pas un bon outil présentement.

La géochimie des sédiments archéens peut par contre contribuer à la compréhension

de leur évolution tectonique relative. Ainsi, un point intéressant à étudier est l’anomalie

d’Eu dans les sédiments. Les études de Wildeman et Haskin (1973) et de Wildeman et

Condie (1976) affirment que les sédiments archéens sont significativement enrichis en Eu

par rapport au PAAS. Nous le confirmons dans cette étude sauf pour la Formation de Brune

qui ne possède pas cet enrichissement. Présentement, le seul type de sédiment important qui

possède une faible ou une absence d’anomalie en Eu sont les sédiments volcanogènes

déposés dans les environnements d’arcs insulaires (Nance et Taylor, 1977; Bhatia, 1981).

Ceci a aussi été proposé pour des sédiments archéens (Corcoran et Mueller, 2002). Une

anomalie positive en Eu vient généralement de la présence de plagioclases (Nance et

Taylor, 1977) ou peut être d’une activité hydrothermale volcanogène (Bavinton et Taylor,

1980). Boak et al. (1982) a aussi décrit une suite métamorphisée de roches sédimentaires

archéennes venant de l’Ouest du Groenland interprétée comme un arc volcanique, avec une

anomalie négative en Eu significative (McLennan et al., 1984). En revanche, la formation

des dernières croûtes supérieures archéennes et post archéennes a eu lieu par fusion

intracrustale, formant des granites riches en potassium et des granodiorites avec un


163

appauvrissement en Eu (McLennan et al., 1984; Taylor et McLennan, 1981, et 1985). Donc

les formations à l’étude pourraient provenir d’un contexte d’arc insulaire tardif, permettant

le fractionnement du plagioclase et une activité hydrothermale, causant une anomalie

négative et positive en Eu.

Les travaux réalisés dans la présente étude suggèrent une certaine prépondérance

des dépôts fluviatiles de cône delta et de plaines tressées en domaine continental. De plus,

la Formation d’Apple (Paquette, 1998) se trouve à une distance relativement proche des

formations à l’étude. Or, cette formation est une unité riche en arénite quartzitique ce qui

rend compte d’un début de cratonisation permettant une épaisseur suffisante de croûte pour

supporter un bassin sédimentaire (Pickett, 2002; Mueller et al., 2005; Mueller et Pickett,

2005). Bien que l’analyse individuelle de chacune des trois formations ne permette pas de

documenter un environnement tectonique précis pour celle-ci, l’ensemble des données pour

les trois formations permet de supporter un contexte d’arc magmatique formé possiblement

sur une croûte continentale stable en formation. Compte tenu de l’âge des formations

s’étalant de 2,8 à 2,7 Ga, ceci supporterait un processus de cratonisation actif dès le début

du Néoarchéen dans la Sous-province de La Grande et appuierait les travaux d’Eriksson et

al. (2005) qui suggère également une apparition de croûte continentale antérieure à 2,7 Ga.
164

5.3. Paléoclimat

En l’absence de végétation, les processus d’altération mécanique était plus

important au Précambrien (Corcoran et al., 1998; Corcoran et Mueller, 2004a; Eriksson et

al., 2013) et une abondante charge sédimentaire partait dans les rivières (Eriksson et al.,

2004). Les systèmes de plaine tressée du Précambrien devaient certainement être plus

larges avec un fort taux de ruissellement et peu de chenaux stables que leurs analogues du

phanérozoïque. Ces systèmes sont réputés être fortement sensibles au changement

climatique (Tirsgaard et Øxnevad, 1998) puisque le climat contrôle le drainage du bassin

(Krapez er Barley, 1987). L’étouffement de systèmes alluviaux dans les ceintures de roches

vertes archéennes par un ajout rapide et considérable de sédiments était commun, et les

dépôts de flux de débris hyperconcentrés et d’inondation sur de larges zones en sont des

conséquences (Corcoran et al., 1999). Elles sont principalement dues aux glissements de

terrains liés aux tremblements tectoniques et aux pluies torrentielles efficaces en l’absence

de racines de végétaux.

Les dépôts sédimentaires archéens et leurs roches sources sont très affectés par les

conditions d’intense érosion liées au climat. De hautes températures et une forte humidité

en lien avec une abondance de gaz à effet de serre, tels que le dioxyde de carbone et le

méthane, ainsi que l’absence de végétaux devaient provoquer une intense érosion chimique

et mécanique des minéraux facilement altérables et des clastes instables des roches

(Corcoran et Mueller, 2005). On doit donc présumer que des minéraux argileux auraient été

produits venant soit de l’altération des feldspaths des plutons felsiques (kaolinite), soit de

l’érosion de roches volcaniques mafiques (smectites). Ces argiles auraient été évacuées
165

jusqu’à la mer ou jusqu’à un bassin plus large, comme le bassin de Keyano (figure 39) dont

les autres formations possédant des niveaux riches en sillimanite pourraient représenter le

dépôt de ces sédiments fins et riches en aluminium (Hammouche et al., en préparation). Un

phénomène d’enrichissement en quartz dans les grès en résulterait, lequel serait amplifié

par un transport en traction avec un tri hydraulique efficace. L’étude d’altération (section

3.3.8) par le diagramme d’Ohta et Arai (2007) supporte une météorisation commune aux

trois formations allant de 10 % à 20 % pour l’ensemble des échantillons. Ceci refléterait

une intensité faible de météorisation à la source, laquelle pourrait aussi être réduite par le

transport et l’enfouissement court de ces sédiments. Toutefois, l'abondance des magnétites

dans les grès provenance de tonalites pauvres en magnétite supporte une importante

météorisation chimique et mécanique afin de libérer des magnétites de leur gangue

rocheuse.

Bien que la présente étude ne permette pas de contribuer à nos connaissances sur le

climat archéen prévalant spécifiquement dans la région à l’étude, les données et leur

traitement confirment les modèles généraux proposés, à savoir que l’altération par le climat

des roches à la source est un processus majeur influençant la composition des roches. En

effet, les diagrammes indiquent une altération faible, difficile à identifier

pétrographiquement dû au métamorphisme. Cependant un gros volume de tonalite a été

érodé puisque les grès comportent de nombreuses lamines de magnétites, impliquant donc

une forte érosion par le climat. On pourrait expliquer la présence des magnétites par une

source tonalitique éloignée, ayant subie une forte météorisation dû à un plus long transport.

Les magnétites ont été transportées par un réseau fluviatile à forte énergie. Les fragments
166

de tonalites des conglomérats proviendraient d’une source plus proximale. Compte tenu du

contexte tectonique proposé pour la région, à savoir un environnement d’arc magmatique

sur une croûte continentale en formation, il est probable que l’atmosphère générale devait

être riche en gaz volcanique favorable à une météorisation importante. Dans le contexte

tectonique proposé, le transport devait être rapide et court entre la source et l’enfouissement

des sédiments, expliquant le faible degré de météorisation des roches étudiées sur les

diagrammes géochimiques.
167

CHAPITRE VI

DISCUSSION ET CONCLUSION

Dans le présent chapitre, nous feront un retour critique sur les objectifs du présent

mémoire. Nous poserons un regard plus critique sur quels outils sont les plus utiles pour

caractériser et corréler diverses formations sédimentaires dans un contexte de roches

déformées et au faciès supérieur des schistes verts supérieurs au faciès inférieur des

amphibolites. Nous finirons par des recommandations.

6.1. Retour sur les objectifs

Le but de cette étude était d’établir de nouveaux outils de corrélation, rapides et à

moindre coût, de roches sédimentaires archéennes déformées à des degrés divers et

métamorphisées au faciès des amphibolites. La géochronologie et les observations de

terrain (faille, discordance, contact entre formation) étaient, pour l’instant, les seuls outils

disponibles pour corréler les formations sédimentaires de la région Nord-Est de la Sous-

province de La Grande.

L’objectif du premier chapitre était de documenter l’utilité d’une analyse

stratigraphique conventionnelle sur les formations de Brune, de Keyano et de Magin pour

des fins de corrélations de ces trois formations. L’analyse sédimentologique est très

intéressante pour comprendre la mise en place des formations, mais elle ne permet pas de

confirmer ou d’infirmer les corrélations entre ces formations. De plus, elle est très
168

dépendante de la qualité des sections affleurantes et ne pourrait s’appliquer aisément à des

sections déformées, bien que cela n’ait pas été tenté dans la présente étude.

L’objectif du second chapitre était de vérifier si une étude pétrographique

conventionnelle des grès et des clastes des conglomérats pour les formations de Brune, de

Keyano et de Magin est un bon outil de corrélation de ces formations sédimentaires.

L’étude pétrographique en générale a permis de vérifier leurs similitudes et différences.

Cependant, l’importance de la recristallisation, due au métamorphisme au faciès inférieur

des amphibolites, limite grandement l’interprétation pour les grès. En effet, en regardant

l’ensemble des minéraux des grès des formations de Brune, de Keyano et de Magin, nous

remarquons qu’il n’y a pas de grande différence pétrographique significative. Cependant

notre étude a permis de lister les minéraux porteurs des éléments chimiques. Mais seule,

cette liste n’est pas utile. L’étude du cortège de minéraux lourds aurait été utile pour

compléter une étude pétrographique conventionnelle. Elle aurait permis aussi de mieux

corréler ou séparer les différentes formations sédimentaires. Mais, dans le cas présent,

l’analyse pétrographique a révélé que plusieurs d’entre eux sont de petite taille (p. ex., les

zircons), avec une empreinte métamorphique (p. ex., les grenats) ou identifiable avec une

certaine difficulté en plus d’être en très faible abondance pour être extrait aisément (p. ex.,

les allanites). La seule exception est la magnétite qui s’est révélée un outil potentiellement

intéressant (voir plus loin). La pétrographie des clastes des conglomérats s’est avérée un

outil nettement plus intéressant que la pétrographie des grès. Leur grande taille permet une

identification pétrographique plus aisée. De plus, ces clastes représentent un échantillon

direct des sources d’origine et constituent donc un outil plus fiable pour identifier les
169

reliques actuelles de ces sources. L’étude de la composition des conglomérats permet aussi

de valider la composition originale des grès puisqu’ils ont des sources communes.

Les objectifs principaux du troisième chapitre étaient d’identifier des outils

géochimiques pour caractériser et corréler une ou plusieurs formations. Les boîtes à

moustaches, les diagrammes binaires, ainsi que les diagrammes de ratio d’éléments

immobiles ne permettent pas de corréler des formations sédimentaires. Cependant, ces

méthodes nous conduisent à écarter la Formation de Brune des deux autres. L’analyse

statistique (analyse en composantes principales, test de Tukey et ANOVA) permet de

caractériser chaque formation géochimiquement et ainsi de voir à quel point elles sont

significativement différentes. Ceci ne permet pas d’identifier la provenance mais

d’observer les liens entre les formations. La liste des minéraux réalisée lors de l’étude

pétrographique devient alors très utile pour comprendre la chimie des grès puisque chaque

porteur d’éléments est identifié. Les spectres des terres rares des grès montrent que chaque

formation possède une signature caractéristique. Cette méthode semble être aussi

discriminante et moins coûteuse pour établir rapidement des corrélations entre des

formations archéennes. Cependant, les spectres peuvent être influencés par peu de

minéraux accessoires tels que l’allanite ou le grenat. Il faut donc les utiliser avec

précaution. En comparant le contenu en terres rares des grès avec celle des clastes, il est

aussi possible d’identifier la ou les sources principales. Différents diagrammes

géochimiques existants dans la littérature et appliqués pour préciser le contexte tectonique

ou la météorisation à la source (altération) ont été testés dans le but de discriminer les

formations. Ces diagrammes ne permettent pas une discrimination assez fine pour réaliser
170

des corrélations. Cependant, ils se sont révélés intéressant pour confirmer la présence d’une

composante intermédiaire dans les grès, que l’on ne retrouve que très peu dans les

conglomérats. Ils ont aussi permis de préciser un degré général d’altération des roches et

ainsi de mieux comprendre leur composition actuelle.

L’objectif du quatrième chapitre était de déterminer la source des grès alluviaux

archéens des formations de Magin et de Keyano à l’aide des éléments en traces contenus

dans les magnétites qui s’y trouvent sous forme de lamines. Pour les formations de Magin

et de Keyano, les clastes riches en oxyde de fer dans les conglomérats ne sont pas les

sources des magnétites. Les spectres multi-éléments des magnétites révèlent que les sources

principales sont les plutons felsiques et intermédiaires aux alentours des formations. Une

des sources les plus probables semble le Complexe de Langelier qui a subi une longue

histoire magmatique dans la région. L’étude des magnétites s’est donc révélée avoir un

potentiel certain comme outil de corrélation et indicateur de la provenance.

L’objectif du cinquième chapitre était de valider sommairement le réalisme du

contexte paléogéographique, géodynamique et paléoclimatique déterminé par certains

diagrammes géochimiques du chapitre III. Il y a donc eu une analyse critique des données

des deux premiers chapitres pour valider ou infirmer les modèles proposés. Bien que le but

du présent mémoire ne fût pas une analyse paléogéographique, géodynamique et

paléoclimatique, les données amassées appuient un modèle général acceptable pour le

contexte géologique des formations étudiées. Ces formations sont similaires à d’autres

formations de type Timiskaming, c'est-à-dire déposées par un système fluviatile à cône-

delta opérant dans un bassin bordés de failles actives, possiblement un bassin en baïonnette
171

tectoniquement actif. Le contexte tectonique précis s’est aussi avéré difficile à préciser,

mais le contexte général d’arc magmatique sur une croûte continentale relativement stable

semble réaliste. Il en est de même pour le climat. Bien que le climat soit sans doute un

processus majeur affectant la composition des sédiments, le transport court en aurait limité

l’impact sur les sédiments étudiés.

L’ensemble des conclusions de cette étude converge toutes : les formations de

Magin et de Keyano possèdent au moins une source commune; et la Formation de Brune

est différente des deux autres. Cette étude supporte que les formations de Keyano (Aky5) et

de Magin soient associées à une sédimentation de type Timiskaming où s’opère un réseau

fluviatile tressé. Bien que le contexte tectonique général pour la Formation de Brune puisse

être le même, cette formation se serait déposé dans un bassin isolé des deux formations

précédentes. Il est possible aussi que ce bassin ait été bordé d’un plus grand nombre

d’intrusions syn-volcaniques.

6.2. Quel(s) outil(s) utilisé(s) pour une corrélation ?

Les datations U-Pb sont les meilleurs outils à l’Archéen, mais elles restent

dispendieuses. Les outils de corrélation les plus fiables d’après la présente étude sont donc

les outils géochimiques. Les spectres des éléments des terres rares dans les grès, couplés à

une analyse d’un ou de plusieurs minéraux lourds, sont les plus discriminants et les

meilleurs pour préciser la composition de sources. Les éléments des terres rares peuvent

être facilement influencés par l’abondance relative d’un petits nombre de minéraux lourds.

Il y a donc lieu d’être critique dans l’interprétation des diagrammes avec ces éléments. Une

analyse statistique est également une des plus grandes aides pour quantifier objectivement
172

une différence entre des formations. Elle devient très intéressante si elle est couplée avec la

liste des minéraux (porteurs des éléments). Cependant, cette étude souffre d’un manque

d’échantillon de grès pour confirmer les résultats de l’analyse statistique et l’utilisation des

spectres de terres rares de chaque formation. Pour qu’une analyse statistique soit juste, nous

devrions avoir un plus grand nombre d’échantillons que de variables (48 éléments).

La pétrographie des clastes couplée à leur lithogéochimie peut être très utile pour

identifier des sources, mais une telle étude prendrait énormément de temps sur le terrain.

De plus, si le but d’échantillonner des clastes est d’identifier des sources existantes, il faut

tenir compte que depuis la formation des conglomérats, il est possible que ces sources

n’existent peut être plus. C’est surement le cas pour les roches mafiques qui sont très

sensibles à l’altération, surtout dans le contexte archéen (Eriksson et al., 2004).

L’abondance de roches ultramafiques dans certains segments de ceintures de roche verte

pourrait faire en sorte d’une persistance de ces clastes malgré la forte météorisation comme

les bassins du Timiskaming du Sud de l’Abitibi.

L’analyse sédimentologique/stratigraphique conventionnelle, la pétrographie des

grès, l’utilisation de plusieurs diagrammes géochimiques, notamment ceux servant à

préciser l’environnement tectonique ou paléoclimatique apportent des informations

complémentaires permettant de confirmer ou d’infirmer telle ou telle hypothèse de

provenance. Mais, seuls, ils n’ont pas une finesse de résolution permettant de séparer ou de

regrouper aisément les formations étudiées. Ils ne constituent donc pas de bons outils de

corrélation.
173

6.3. Considérations et recommandations

6.3.1. Analyse en Composantes Principales

Cette étude révèle que l’analyse en composantes principales (ACP) est un outil de

corrélation très intéressant de par son objectivité et sa significativité. Elle fait ressortir un

certain nombre d’éléments utiles à la caractérisation d’une formation. Mais il y a lieu de se

questionner sur le contrôle véritable de ces éléments dans le contexte archéen, pouvant

également modifier d’autres diagrammes, tels que ceux de Pearce et Cann (1973).

L’analyse en composantes principales pourrait être appliquée à des roches

métasédimentaires des sous-provinces archéennes de l’Ontario dans le but de les comparer

à celles des sous-provinces de La Grande et d’Opinaca. Ceci permettrait de contribuer au

débat sur la corrélation possible entre les ceintures de l’Ontario et du Québec (Percival et

al., 2006). On pourrait également utiliser l’ACP au sein d’une sous-province, tel que le La

Grande ou entre les bassins de différentes sous-provinces telles que le Pontiac et l’Abitibi.

Doyon (2004) a tenté d’utiliser une ANOVA pour différencier quatre sous-provinces. Ce

test de variance est réalisé sur l’ensemble des bassins, mais il ne montre pas quel ou

lesquels bassins diffèrent car une seule population est présumée. Il serait préférable de faire

une analyse en composantes principales intergroupe, suivie d’une ANOVA pour identifier à

quel point une paire de bassin est différente d’une autre. Afin d’affiner la présente étude,

plus d’échantillons de grès devraient être prélevés pour chaque bassin. Trente échantillons

par bassin sembleraient bien pour l’étude statistique d’une formation.

L’ACP et les différents tests statistiques pourraient également être utiles à la

comparaison de différentes populations de roches felsiques (p. ex., tonalites, granites) ou


174

mafiques (p. ex., komatiites), ou de groupes d’intrusions prédéfinies afin d’identifier une

série magmatique ou des intrusions distinctes. Les résultats de la récente ré-analyse

lithogéochimique d’échantillons de la Baie-James du ministère de l’Énergie et des

Ressources naturelles (printemps 2014) pourrait contribuer à une telle étude de corrélation.

6.3.2. Les minéraux lourds

La magnétite semble être un minéral très intéressant pour la litho-corrélation,

d’autant qu’elle est présente dans de nombreux environnements de formation et dans la

plupart des sédiments (Yang et al., 2009). Pour l’étude d’un minéral lourd, la position

stratigraphique devra être prise en compte pour obtenir différentes signatures de sources.

L’utilisation des magnétites pour des contextes archéens est la principale

contribution scientifique de la présente étude. L’hypothèse de départ était que la source

présumée des magnétites des grès était les clastes de cherts ferrugineux et de formation de

fer présents dans le conglomérat de chaque formation. Il a été démontré sur la base des

éléments en traces contenus dans la magnétite que cette hypothèse est fausse. Les véritables

sources sont plutôt les plutons felsiques ou intermédiaires. Les études récentes sur des

magnétites cherchent à les utiliser comme indicateurs de minéralisations avoisinantes. Nos

travaux apportent donc de nouvelles idées pour la recherche de systèmes minéralisateurs

dans la région d’étude, si la source existe encore. Pour cela, il faudrait augmenter la banque

de données de magnétites des plutons régionaux, ainsi que des clastes des conglomérats.

Ceci permettrait de préciser les variations en éléments pour un type de pluton ou un type de

claste. Les plutons de Moly et l’Intrusion de Semonville devront être pris en compte, ainsi
175

que le secteur Nord (plus magnétique) du La Grande. Le Complexe de Langelier comporte

de nombreux évènements magmatiques. Une signature des magnétites pour chacun d’eux

pourrait nous informer de quelle époque viennent les magnétites issues de ce complexe.

Dans le cadre du présent mémoire, il n’a pas été possible de documenter la chimie

minérale de tous les minéraux lourds observés. De nouvelles études de minéraux (ex.

lourds, feldspaths et biotites) pourraient apporter d’avantages d’informations sur les

sources. En cas d’un grand nombre de molybdénites dans les grès, il serait intéressant de

voir le lien avec les intrusions de Moly et de Semonville. L’allanite et l’apatite semblent de

bons candidats puisque ces minéraux lourds permettraient la réalisation de datations telle

que Pb/U sur apatite (Dill, 1994; Sano et al., 1999; Chew et al., 2011; Li et al., 2012), ou

Re/Os sur molybdnénite (Chapon, 2011), et de géothermomètre pour le métamorphisme

(Barfod et al., 2005) ou de thermochronomètre (Zeitler et al., 1987).

6.3.3. Les clastes des conglomérats

Une partie, non abordée par cette étude, est la signature géochimique (surtout des

terres rares) des clastes qui pourrait être comparée avec la nouvelle banque de données

lithogéochimiques (plus précise) des roches du ministère des Ressource naturelles

(maintenant de l'Énergie et des Ressources naturelles) afin de trouver des sources

potentielles. Il serait intéressant de comparer la chimie des clastes de tonalites des

conglomérats avec la nouvelle banque de données géochimiques des plutons de la Sous-

province de La Grande. Cependant, il serait difficile d’établir des corrélations car la

géochimie d’une tonalite à une autre n’est pas extrêmement variante. Il faudrait une valeur
176

spécifique à la tonalite tels qu’un élément anormalement appauvris ou enrichis, ou un

rapport d’élément typique, pour établir une forte corrélation. Une étude de provenance des

plutons régionaux pourrait se diriger vers le secteur Nord du La Grande car de nombreux

plutons riches en magnétites, plus vieux ou contemporains aux formations s’y trouvent.
177

7. RÉFÉRENCES

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8. ANNEXES
204
205
206

8.4. Liste des codes des minéraux et des textures utilisés par le MRN.
Minéraux Textures
AM – Amphibole AM – Amygdalaire
AP – Apatite FO - Foliée
BO – Biotite GF – Grain fin
CL – Chlorite GG – Grain grossier
EP – Epidote GM – Grain moyen
FK – Feldspath potassique GP - Graphique
GR – Grenat GR - Grenue
HB – Hornblende MA - Massif
MG - Magnétite MX - Mélanocrate
MO – Molybdénite RU - Rubanée
MV - Muscovite YZ – Tectonite en L/S
PG - Plagioclase
PX - Pyroxène
PY - Pyrite
QZ - Quartz
TC – Talc
TM - Trémolite
ZC – Zircon
207

8.5. Analyses lithogéochimiques des grès des formations de Brune, de Keyano et de Magin (oxydes en % poids, éléments
en traces en ppm) réalisées par ICP-AES et ICP-MS (voir section 3.2). Source : SIGEOM. LD = limite de détection.

Keyano Al2O3 CaO Cr2O3 Fe2O3t K2O MgO MnO Na2O P2O5 SiO2 TiO2 PAF Total Ba Co Cs Cu Ga Hf Mo Nb Ni Pb Rb
7505 B1 16,67 2,15 0,01 4,48 3,60 1,66 0,05 4,49 0,12 65,39 0,39 0,70 99,01 1574 8,8 17,4 3,5 19,2 2,4 0,1 4,2 41,0 3,0 175,7
7505 B2 14,81 2,91 0,02 3,76 1,75 1,92 0,06 4,00 0,10 69,59 0,31 0,60 99,22 508 12,3 3,2 4,3 16,9 3,3 0,1 4,8 40,0 2,9 58,6
7505 B3 14,36 3,44 0,02 5,51 1,56 1,88 0,06 3,71 0,13 68,12 0,37 0,70 99,16 481 13,4 2,7 23,0 15,9 3,2 0,7 4,4 57,0 4,8 46,2
7505 B4 14,40 4,12 0,02 4,03 0,93 1,59 0,07 3,85 0,09 69,82 0,31 0,70 99,22 325 10,6 1,5 27,1 16,0 2,2 1,1 3,1 48,0 3,4 25,2
7505 B5 14,23 2,84 0,01 2,85 1,30 1,28 0,04 4,27 0,07 72,13 0,23 0,60 99,25 550 8,9 5,2 1,4 15,4 2,2 0,1 2,5 32,0 3,2 45,4
7505 B6 13,94 2,79 0,01 3,61 1,39 1,20 0,03 4,12 0,09 71,79 0,24 0,60 99,21 359 9,0 9,1 39,3 16,1 3,7 0,3 3,5 27,0 3,3 52,5
7506 B 15,10 3,05 0,02 4,69 1,85 2,09 0,05 4,20 0,11 67,22 0,40 1,00 98,77 585 12,0 10,0 4,2 18,9 3,7 0,1 4,4 50,0 2,3 138,8

Magin Al2O3 CaO Cr2O3 Fe2O3t K2O MgO MnO Na2O P2O5 SiO2 TiO2 PAF Total Ba Co Cs Cu Ga Hf Mo Nb Ni Pb Rb
7504 A1 14,06 1,87 0,01 2,97 2,65 0,72 0,04 3,73 0,09 72,34 0,31 1,00 98,79 838 7,5 3,1 1,9 16,0 2,4 1,5 3,5 32,0 5,4 68,1
7504 A2 15,22 3,16 0,02 5,63 2,17 0,72 0,04 3,67 0,15 67,52 0,51 0,90 98,81 790 13,7 5,6 32,9 18,4 4,6 0,9 4,9 32,0 6,3 67,2
7504 A3 15,42 2,43 0,01 3,37 2,63 0,73 0,03 4,26 0,18 69,66 0,29 0,80 99,00 981 7,2 4,6 6,2 16,5 1,9 0,8 2,5 22,0 4,6 62,1
7504 A4 13,69 0,89 0,01 22,40 3,53 0,95 0,24 1,13 0,11 55,38 0,30 1,20 98,63 870 21,5 4,8 38,8 17,3 2,8 0,3 2,7 32,0 2,3 69,4
7504 A5 14,71 3,10 0,02 7,79 2,09 1,25 0,07 3,96 0,15 64,29 0,49 0,70 97,92 862 13,0 3,9 33,0 20,0 2,9 0,5 3,8 34,0 15,0 60,0
7504 A6 14,45 3,23 0,02 10,33 1,97 1,72 0,09 3,66 0,22 62,36 0,67 0,73 98,72 571 19,0 5,0 20,0 22,0 4,0 0,5 5,1 39,0 15,0 64,0
7504 A7 15,52 3,40 0,02 8,40 2,94 2,05 0,06 4,06 0,21 62,64 0,60 1,12 99,90 931 17,0 5,1 24,0 21,0 3,6 0,5 5,2 29,0 19,0 88,0
7503 A 14,23 2,62 0,02 5,98 2,01 1,31 0,06 4,06 0,14 68,00 0,40 1,00 98,82 725 11,5 3,2 27,2 17,0 3,1 1,6 4,8 29,0 4,8 56,6

Brune Al2O3 CaO Cr2O3 Fe2O3 t K2O MgO MnO Na2O P2O5 SiO2 TiO2 PAF Total Ba Co Cs Cu Ga Hf Mo Nb Ni Pb Rb
1054 B1 13,14 4,65 0,01 5,58 1,70 2,57 0,13 2,41 0,07 68,54 0,38 0,70 99,18 224 18,7 2,9 21,9 16,2 2,4 5,3 4,9 47,0 2,6 52,7
1054 B2 12,59 2,76 0,01 2,33 1,31 0,86 0,06 3,57 0,03 75,36 0,16 0,90 99,03 157 6,5 1,4 2,4 15,2 2,2 5,0 3,8 22,0 3,4 40,4
1054 B3 13,32 4,35 0,01 7,24 2,55 2,22 0,12 1,44 0,08 66,34 0,48 1,70 98,15 431 22,8 3,4 46,7 14,7 2,8 3,1 4,8 51,0 3,5 93,7
1054 B4 10,58 4,41 0,01 3,36 1,41 1,70 0,11 0,89 0,05 75,95 0,20 1,30 98,66 175 10,4 3,1 34,5 10,7 2,9 7,1 4,2 30,0 3,4 58,2
1054 B5 10,49 4,18 0,01 3,43 1,47 1,57 0,11 1,06 0,03 74,07 0,21 1,50 96,62 180 10,0 3,2 45,0 14,0 1,9 7,0 3,1 25,0 14,0 63,0

LD 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,1 5 0,2 0,1 0,1 0,5 0,1 0,1 0,1 1,0 0,1 0,1
208

Keyano Sc Sr Ta Th U V W Y Zn Zr La Ce Pr Nd Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb Lu
7505 B1 8 573 < 0,1 5,8 1,3 67 0,3 6,7 49 74,0 17,80 31,70 4,35 16,40 2,69 0,86 1,92 0,25 1,18 0,25 0,78 0,11 0,57 0,10
7505 B2 7 509 < 0,1 5,0 1,2 59 0,3 5,8 43 119,3 18,10 40,70 4,28 16,50 2,15 0,61 1,78 0,16 1,20 0,24 0,55 0,08 0,52 0,07
7505 B3 8 507 < 0,1 5,6 1,3 71 0,3 8,0 40 120,6 13,00 24,10 2,93 12,10 1,86 0,58 1,24 0,20 1,27 0,20 1,03 0,09 0,78 0,12
7505 B4 8 479 < 0,1 3,7 1,1 58 0,3 7,8 28 77,0 5,70 12,10 1,58 5,60 1,24 0,52 1,63 0,22 1,10 0,31 0,91 0,11 0,72 0,10
7505 B5 6 501 < 0,1 3,4 0,8 31 0,6 5,2 33 66,2 19,40 38,40 4,58 16,80 2,25 0,66 1,63 0,18 1,14 0,21 0,48 0,07 0,45 0,07
7505 B6 6 574 < 0,1 6,9 4,6 46 0,6 4,8 35 95,6 19,70 37,60 4,39 15,90 2,50 0,61 1,57 0,19 0,97 0,19 0,62 0,07 0,57 0,07
7506 B 9 639 < 0,1 4,5 0,5 76 0,3 6,6 51 117,1 12,80 28,00 3,10 11,10 1,80 0,59 1,34 0,21 1,35 0,24 0,66 0,12 0,60 0,10

Magin Sc Sr Ta Th U V W Y Zn Zr La Ce Pr Nd Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb Lu
7504 A1 6 533 < 0,1 9,2 1,7 55 1,5 6,6 24 87,4 34,70 66,90 7,15 25,90 3,67 0,94 2,02 0,27 1,40 0,27 0,69 0,11 0,68 0,10
7504 A2 11 844 0,5 8,8 1,3 113 0,9 12,4 53 133,0 52,20 98,70 11,16 42,40 5,86 1,32 4,21 0,45 2,17 0,38 1,35 0,14 0,96 0,18
7504 A3 6 779 < 0,1 6,3 1,2 42 1,2 6,7 35 80,8 23,10 42,10 4,76 17,00 2,81 0,80 2,12 0,24 1,27 0,23 0,58 0,09 0,73 0,09
7504 A4 6 190 < 0,1 4,5 1,5 41 2,8 6,3 113 84,2 19,20 35,40 4,15 12,20 2,13 0,52 1,89 0,21 0,91 0,15 0,50 0,08 0,70 0,07
7504 A5 9 603 < 0,1 8,3 2,6 124 1,3 9,4 51 110,0 38,30 71,90 7,76 28,80 4,50 0,99 3,04 0,35 1,73 0,32 0,85 0,12 0,81 0,14
7504 A6 10 544 < 0,1 11,2 2,2 190 0,9 11,4 78 150,0 64,90 113,00 12,50 44,30 6,50 1,35 3,79 0,46 2,26 0,41 1,14 0,17 1,09 0,17
7504 A7 11 638 0,6 10,0 2,8 161 < 0,5 11,7 78 134,0 34,50 68,70 7,86 29,80 4,88 1,13 3,39 0,44 2,18 0,41 1,14 0,16 1,05 0,16
7503 A 9 502 < 0,1 9,8 1,5 87 0,8 8,6 43 96,8 36,20 67,00 7,52 26,50 4,21 1,03 2,58 0,35 1,65 0,31 0,89 0,14 0,82 0,14

Brune Sc Sr Ta Th U V W Y Zn Zr La Ce Pr Nd Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb Lu
1054 B1 12 157 0,5 5,1 1,5 94 1,4 15,5 57 83,7 18,00 35,50 3,99 14,10 2,72 0,62 2,94 0,46 2,85 0,53 1,58 0,27 1,58 0,23
1054 B2 5 168 0,6 5,1 1,2 33 < 0,5 10,6 19 64,5 12,20 23,10 2,73 8,50 1,80 0,34 1,71 0,30 1,91 0,41 1,19 0,19 1,27 0,18
1054 B3 12 188 < 0,1 5,5 1,4 92 < 0,5 12,6 66 98,6 16,20 33,20 3,61 14,10 2,38 0,61 2,24 0,36 1,88 0,47 1,23 0,19 1,24 0,17
1054 B4 5 108 0,6 5,3 3,9 40 0,8 14,7 37 73,1 13,10 26,70 3,04 12,50 2,27 0,39 2,10 0,34 2,49 0,50 1,60 0,22 1,54 0,23
1054 B5 6 109 0,5 6,3 3,7 45 < 0,5 14,3 14 64,0 13,70 26,90 3,06 11,10 2,32 0,39 2,14 0,36 2,21 0,46 1,40 0,22 1,55 0,26

LD 1 1 0,1 0,2 0,1 8 0,5 0,1 1 0,1 0,10 0,10 0,02 0,30 0,05 0,02 0,10 0,01 0,10 0,02 0,03 0,01 0,10 0,01
209

8.6. Analyses des clastes de conglomérats des formations de Brune, de Keyano et de Magin (oxydes en % poids, éléments
en traces en ppm) réalisées par ICP-AES et ICP-MS (voir section 3.2). Source : SIGEOM. LD = limite de détection.

Lithologie Keyano Al2O3 CaO Cr2O3 Fe2O3t K2O MgO MnO Na2O P2O5 SiO2 TiO2 PAF Total Ba Co Cs Cu Ga Hf Mo Nb Ni Pb

Tonalite 1 7505C 14,29 3,37 < 0.01 0,69 0,30 0,19 0,01 4,69 0,02 76,81 0,05 0,31 100,40 185 1,0 0,3 12,0 16,0 1,0 <1 1,1 17,0 12,0

Tonalite 2 7505D 16,67 3,87 < 0,01 4,50 1,84 1,72 0,05 4,52 0,17 65,12 0,45 0,80 98,90 573 10,0 3,1 9,0 18,0 3,0 <1 2,0 31,0 13,0

Tonalite 3 7505E 14,42 2,60 < 0.01 2,11 0,81 0,57 0,03 5,20 0,01 72,18 0,21 0,40 98,13 548 3,0 1,1 14,0 16,0 2,4 <1 1,1 9,0 22,0

Monzodiorite quartzifère 7505F 14,81 3,07 < 0,01 4,02 2,07 1,59 0,05 3,92 0,15 68,98 0,38 0,76 99,05 923 8,0 3,2 4,0 17,0 3,5 <1 6,9 26,0 23,0

chert ferrugineux 7505G 2,83 1,62 < 0,01 27,47 0,35 1,15 0,10 0,54 0,23 64,92 0,12 0,78 99,33 86 18,0 1,0 424,0 19,0 0,3 3,0 0,4 43,0 18,0

Amphibolite de Gabbro 7505H 8,25 10,54 0,26 8,91 0,60 12,84 0,28 1,72 0,14 53,04 0,45 1,36 97,03 88 37,0 0,4 <1 12,0 1,4 <1 3,4 218,0 5,0

Amphibolite de pyroxénite 7505J 4,83 11,64 0,37 10,65 0,41 16,09 0,36 0,47 < 0.01 53,47 0,09 1,69 98,38 35 77,0 0,5 16,0 9,0 0,3 10,0 1,0 1760,0 3,0

Lithologie Magin Al2O3 CaO Cr2O3 Fe2O3t K2O MgO MnO Na2O P2O5 SiO2 TiO2 PAF Total Ba Co Cs Cu Ga Hf Mo Nb Ni Pb

Tonalite 1 7504C 12,83 1,18 < 0.01 1,01 2,58 0,16 0,01 4,86 < 0.01 74,67 0,06 1,16 97,36 351 1,0 0,8 24,0 15,0 2,0 2,0 5,1 5,0 67,0

Tonalite 2 7504D 15,58 3,11 < 0.01 3,67 1,39 1,18 0,05 4,84 0,12 68,88 0,35 1,34 99,17 528 6,0 4,4 49,0 22,0 3,0 <1 3,1 10,0 18,0

Tonalite 3 7504E 14,79 3,08 < 0,01 4,24 1,87 1,58 0,06 4,07 0,16 68,74 0,41 1,34 99,00 562 8,0 4,5 5,0 18,0 3,9 2,0 5,9 22,0 17,0

Amphibolite d'ultramafique 7504F 0,91 10,11 0,26 8,65 0,04 21,58 0,31 0,12 < 0.01 56,27 0,02 2,36 98,26 5 67,0 0,2 16,0 3,0 < 0.1 3,0 0,3 1720,0 3,0

Formation de fer 7504G 0,52 1,00 < 0.01 48,89 0,04 0,22 0,05 0,04 0,24 49,34 0,04 -0,59 100,38 15 13,0 0,2 97,0 4,0 0,2 1,0 0.2 17,0 3,0

Basalte 7504H 14,29 8,92 0,03 10,23 1,35 4,13 0,21 2,42 0,15 54,71 0,81 2,67 97,25 226 29,0 2,2 7,0 17,0 1,9 <1 3,1 66,0 9,0

Lithologie Brune Al2O3 CaO Cr2O3 Fe2O3t K2O MgO MnO Na2O P2O5 SiO2 TiO2 PAF Total Ba Co Cs Cu Ga Hf Mo Nb Ni Pb

Tonalite 1 1054C 12,81 2,25 < 0.01 1,46 2,01 0,41 0,03 3,69 0,02 74,00 0,03 1,31 96,70 138 4,0 1,1 16,0 16,0 1,3 1,0 0,4 17,0 18,0

Tonalite 2 1054D 13,59 1,96 < 0.01 1,97 2,40 0,36 0,03 3,25 0,03 75,95 0,14 1,28 99,68 219 4,0 1,5 4,0 16,0 2,6 <1 3,3 9,0 20,0

Tonalite 3 1054E 12,82 2,42 < 0.01 1,13 0,87 0,31 0,03 4,70 0,02 76,78 0,05 1,18 99,13 79 3,0 0,5 11,0 14,0 2,3 1,0 2,2 10,0 20,0

Amphibolite de pyroxénite 1054F 11,04 12,45 0,25 20,95 1,08 8,96 0,53 1,04 0,19 41,72 1,55 1,13 99,76 68 82,0 0,5 29,0 23,0 2,2 <1 8,2 360,0 6,0

LD 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,1 5 0,2 0,1 1,0 0,5 0,1 1,0 0,1 1,0 0,1
210

Keyano Rb Sc Sr Ta Th U V W Y Zn Zr La Ce Pr Nd Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb Lu
7505C 5 1 581 0,2 1,2 0,8 9 0,9 1,8 8 27,0 3,60 12,60 0,92 3,61 0,71 0,42 0,51 0,08 0,39 0,07 0,18 0,02 0,16 0,03
7505D 51 6 593 0,3 5,8 1,6 72 < 0.5 5,6 44 117,0 18,70 39,00 4,79 17,90 3,11 0,85 1,70 0,23 1,14 0,21 0,56 0,08 0,51 0,09
7505E 17 2 546 0,2 4,2 1,4 26 1,0 1,9 24 77,0 8,25 16,80 1,67 5,90 0,94 0,42 0,60 0,07 0,35 0,07 0,19 0,03 0,20 0,04
7505F 53 6 540 0,9 14,7 3,6 60 < 0.5 9,4 46 130,0 38,20 71,80 7,87 28,60 4,20 0,85 2,81 0,36 1,84 0,35 0,96 0,15 1,01 0,17
7505G 11 5 57 < 0,1 0,8 0,4 261 0,6 18,3 164 11,0 5,44 11,50 1,52 6,33 1,75 0,50 1,97 0,39 2,63 0,61 1,83 0,32 2,24 0,36
7505H 14 45 147 0,4 0,6 1,8 160 < 0.5 13,7 97 52,0 5,64 12,80 1,66 7,28 1,83 0,67 2,14 0,38 2,47 0,51 1,44 0,22 1,46 0,24
7505J 11 9 11 < 0,1 < 0,2 < 0,1 109 < 0.5 7,5 86 11,0 1,77 4,49 0,69 3,37 0,95 0,81 0,90 0,16 1,00 0,22 0,73 0,13 0,90 0,14

Keyano Rb Sc Sr Ta Th U V W Y Zn Zr La Ce Pr Nd Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb Lu
7504C 31 2 505 1,2 9,1 4,6 11 < 0.5 8,7 9 63,0 7,95 16,30 2,04 8,31 1,93 0,34 1,53 0,23 1,40 0,27 0,82 0,14 1,04 0,18
7504D 38 6 753 0,4 5,3 1,6 57 < 0.5 6,6 39 104,0 20,40 39,90 4,58 17,30 2,82 0,68 1,85 0,24 1,19 0,22 0,60 0,09 0,60 0,11
7504E 56 6 589 0,7 14,6 2,5 61 < 0.5 9,5 52 137,0 38,10 72,50 7,95 28,40 4,54 1,00 2,94 0,37 1,85 0,33 0,92 0,14 0,95 0,14
7504F <1 4 11 < 0,1 < 0,2 0,5 21 < 0.5 2,2 125 6,0 1,03 1,67 0,17 0,79 0,27 0,11 0,28 0,05 0,33 0,07 0,25 0,04 0,30 0,06
7504G 2 <1 16 < 0,1 < 0,2 0,3 37 < 0.5 6,7 28 8,0 3,17 5,93 0,72 2,93 0,66 0,26 0,80 0,12 0,83 0,18 0,57 0,08 0,58 0,10
7504H 32 28 360 0,2 1,7 0,5 203 < 0.5 16,1 76 78,0 12,10 26,80 3,36 14,00 2,93 0,92 2,73 0,44 2,76 0,58 1,63 0,25 1,73 0,28

Keyano Rb Sc Sr Ta Th U V W Y Zn Zr La Ce Pr Nd Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb Lu
1054C 34 1 170 < 0,1 2,3 1,6 10 < 0.5 7,0 20 27,0 5,88 10,80 1,15 4,26 0,87 0,23 0,90 0,16 1,07 0,24 0,69 0,11 0,76 0,13
1054D 43 3 161 0,2 10,9 1,4 15 < 0.5 7,2 28 85,0 18,90 35,40 3,70 12,60 2,28 0,29 1,85 0,26 1,34 0,23 0,61 0,09 0,60 0,11
1054E 23 2 160 0,3 1,2 1,5 11 < 0.5 9,2 15 56,0 8,61 15,50 1,63 5,62 1,17 0,28 1,19 0,21 1,35 0,29 0,92 0,15 1,03 0,18
1054F 9 29 14 0,5 0,7 2,7 356 1,7 25,9 170 86,0 5,94 15,70 2,28 11,90 3,59 1,01 4,39 0,77 4,32 0,84 2,47 0,37 2,36 0,37

LD 1 1 1 0,1 0,2 0,1 8 0,5 0,1 1 0,1 0,10 0,10 0,02 0,30 0,05 0,02 0,10 0,01 0,10 0,02 0,03 0,01 0,10 0,01
211

8.7. Matrice de corrélation des éléments chimiques des analyses lithogéochimiques des grès des formations de Brune,
de Keyano et de Magin.

SiO2 Al2O3 Fe2O3t MgO CaO Na2O K2O TiO2 P2O5 MnO Cr2O3 Ni Sc Ba Co Cs Ga Hf Nb Rb Sr
SiO2 1,00 -0,50 -0,87 -0,12 0,40 0,00 -0,66 -0,66 -0,64 -0,49 -0,49 -0,24 -0,46 -0,55 -0,72 -0,25 -0,70 -0,36 -0,21 -0,33 -0,21
Al2O3 1,00 0,09 -0,07 -0,43 0,80 0,44 0,51 0,68 -0,43 0,63 0,23 0,35 0,75 0,00 0,51 0,75 0,30 0,15 0,41 0,83
t
Fe2O3 1,00 -0,03 -0,42 -0,37 0,55 0,35 0,34 0,79 0,15 0,05 0,17 0,27 0,73 0,01 0,36 0,24 0,01 0,09 -0,15
MgO 1,00 0,64 -0,18 -0,13 0,31 -0,04 0,20 0,27 0,68 0,56 -0,26 0,49 0,05 0,04 0,09 0,54 0,23 -0,30
CaO 1,00 -0,29 -0,61 0,07 -0,26 -0,03 0,07 0,37 0,40 -0,64 0,15 -0,36 -0,33 -0,07 0,30 -0,27 -0,33
Na2O 1,00 -0,05 0,22 0,46 -0,80 0,48 0,03 0,06 0,42 -0,45 0,32 0,56 0,18 0,04 0,10 0,81
K2O 1,00 0,39 0,45 0,28 0,04 -0,11 0,18 0,83 0,35 0,49 0,43 0,12 0,13 0,67 0,19
TiO2 1,00 0,81 -0,02 0,76 0,31 0,81 0,40 0,62 0,16 0,79 0,62 0,67 0,31 0,44
P2O5 1,00 -0,19 0,63 0,01 0,44 0,60 0,30 0,20 0,81 0,52 0,35 0,20 0,71
MnO 1,00 -0,24 0,10 0,06 -0,16 0,68 -0,22 -0,15 -0,13 -0,07 -0,04 -0,68
Cr2O3 1,00 0,53 0,63 0,27 0,36 0,10 0,67 0,63 0,50 0,07 0,62
Ni 1,00 0,52 -0,09 0,42 0,06 0,10 0,13 0,33 0,17 -0,02
Sc 1,00 0,12 0,67 0,05 0,49 0,44 0,70 0,23 0,19
Ba 1,00 -0,01 0,65 0,59 0,12 0,03 0,65 0,58
Co 1,00 -0,12 0,30 0,38 0,46 0,11 -0,25
Cs 1,00 0,39 0,21 0,08 0,84 0,37
Ga 1,00 0,49 0,36 0,36 0,62
Hf 1,00 0,67 0,20 0,45
Nb 1,00 0,30 0,08
Rb 1,00 0,20
Sr 1,00
212

Th U V Zr Y La Ce Pr Nd Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb Lu Cu Pb Zn
SiO2 -0,26 0,20 -0,54 -0,51 0,12 -0,39 -0,37 -0,39 -0,36 -0,37 -0,45 -0,35 -0,16 0,15 0,24 0,24 0,23 0,24 0,26 -0,19 -0,26 -0,91
Al2O3 0,20 -0,50 0,34 0,46 -0,56 0,30 0,30 0,33 0,35 0,28 0,57 0,14 -0,18 -0,46 -0,54 -0,56 -0,61 -0,72 -0,65 -0,45 0,01 0,28
t
Fe2O3 0,13 -0,02 0,28 0,27 -0,01 0,26 0,24 0,25 0,19 0,22 0,17 0,24 0,12 -0,09 -0,17 -0,14 -0,11 -0,04 -0,12 0,37 0,16 0,89
MgO -0,19 -0,01 0,33 0,22 0,37 -0,26 -0,24 -0,25 -0,22 -0,17 -0,17 -0,03 0,20 0,35 0,39 0,37 0,43 0,32 0,29 0,13 0,06 0,20
CaO -0,17 0,20 0,17 -0,01 0,66 -0,24 -0,23 -0,25 -0,19 -0,14 -0,24 0,11 0,39 0,61 0,69 0,71 0,64 0,64 0,63 0,38 0,13 -0,30
Na2O 0,20 -0,36 0,18 0,29 -0,61 0,22 0,22 0,24 0,26 0,19 0,43 -0,03 -0,27 -0,42 -0,50 -0,53 -0,58 -0,69 -0,58 -0,63 0,02 -0,23
K2O 0,34 -0,10 0,24 0,18 -0,09 0,33 0,33 0,35 0,32 0,35 0,42 0,28 0,14 -0,11 -0,15 -0,22 -0,14 -0,18 -0,17 -0,07 0,15 0,64
TiO2 0,66 -0,10 0,96 0,83 0,23 0,72 0,72 0,73 0,74 0,76 0,81 0,73 0,60 0,31 0,21 0,17 0,09 0,01 0,11 0,13 0,57 0,60
P2O5 0,66 -0,08 0,75 0,76 -0,12 0,70 0,69 0,71 0,71 0,71 0,82 0,57 0,30 -0,01 -0,17 -0,18 -0,28 -0,29 -0,21 -0,08 0,52 0,52
MnO -0,21 0,08 -0,02 -0,15 0,32 -0,13 -0,15 -0,16 -0,21 -0,14 -0,29 0,05 0,16 0,18 0,20 0,21 0,32 0,39 0,24 0,51 -0,04 0,63
Cr2O3 0,36 -0,21 0,67 0,81 -0,17 0,44 0,47 0,47 0,52 0,44 0,61 0,36 0,13 -0,09 -0,20 -0,14 -0,32 -0,38 -0,27 0,05 0,29 0,33
Ni -0,32 -0,44 0,19 0,28 -0,02 -0,25 -0,25 -0,25 -0,22 -0,26 -0,11 -0,22 -0,13 -0,09 -0,05 0,06 -0,02 -0,10 -0,12 0,02 -0,27 0,17
Sc 0,32 -0,23 0,74 0,58 0,42 0,37 0,39 0,39 0,42 0,45 0,51 0,60 0,62 0,45 0,41 0,38 0,35 0,22 0,28 0,24 0,26 0,45
Ba 0,34 -0,23 0,24 0,21 -0,38 0,37 0,37 0,40 0,40 0,38 0,58 0,23 -0,04 -0,34 -0,41 -0,44 -0,44 -0,52 -0,42 -0,31 0,15 0,37
Co 0,16 -0,04 0,56 0,48 0,38 0,27 0,27 0,27 0,25 0,29 0,22 0,43 0,45 0,32 0,29 0,27 0,29 0,28 0,21 0,49 0,21 0,84
Cs 0,03 0,01 0,05 0,05 -0,33 0,05 0,04 0,09 0,09 0,08 0,21 -0,05 -0,17 -0,29 -0,32 -0,30 -0,28 -0,41 -0,30 -0,24 -0,10 0,18
Ga 0,54 -0,21 0,75 0,69 -0,19 0,63 0,63 0,64 0,63 0,63 0,74 0,51 0,26 -0,06 -0,20 -0,26 -0,25 -0,36 -0,25 -0,20 0,51 0,51
Hf 0,52 0,16 0,61 0,86 0,07 0,61 0,63 0,64 0,65 0,61 0,59 0,51 0,31 0,15 0,01 0,10 -0,09 -0,12 0,00 0,17 0,24 0,45
Nb 0,50 0,02 0,70 0,69 0,47 0,44 0,46 0,46 0,49 0,51 0,47 0,54 0,59 0,55 0,49 0,50 0,43 0,30 0,40 0,06 0,26 0,32
Rb 0,10 -0,12 0,18 0,14 -0,07 0,07 0,07 0,10 0,10 0,12 0,22 0,04 0,03 -0,07 -0,06 -0,11 -0,01 -0,17 -0,07 -0,23 0,01 0,31
Sr 0,39 -0,23 0,34 0,54 -0,48 0,47 0,48 0,50 0,53 0,45 0,67 0,25 -0,10 -0,35 -0,48 -0,46 -0,61 -0,66 -0,51 -0,35 0,17 0,01
213

SiO2 Al2O3 Fe2O3t MgO CaO Na2O K2O TiO2 P2O5 MnO Cr2O3 Ni Sc Ba Co Cs Ga Hf Nb Rb Sr
Th -0,26 0,20 0,13 -0,19 -0,17 0,20 0,34 0,66 0,66 -0,21 0,36 -0,32 0,32 0,34 0,16 0,03 0,54 0,52 0,50 0,10 0,39
U 0,20 -0,50 -0,02 -0,01 0,20 -0,36 -0,10 -0,10 -0,08 0,08 -0,21 -0,44 -0,23 -0,23 -0,04 0,01 -0,21 0,16 0,02 -0,12 -0,23
V -0,54 0,34 0,28 0,33 0,17 0,18 0,24 0,96 0,75 -0,02 0,67 0,19 0,74 0,24 0,56 0,05 0,75 0,61 0,70 0,18 0,34
Zr -0,51 0,46 0,27 0,22 -0,01 0,29 0,18 0,83 0,76 -0,15 0,81 0,28 0,58 0,21 0,48 0,05 0,69 0,86 0,69 0,14 0,54
Y 0,12 -0,56 -0,01 0,37 0,66 -0,61 -0,09 0,23 -0,12 0,32 -0,17 -0,02 0,42 -0,38 0,38 -0,33 -0,19 0,07 0,47 -0,07 -0,48
La -0,39 0,30 0,26 -0,26 -0,24 0,22 0,33 0,72 0,70 -0,13 0,44 -0,25 0,37 0,37 0,27 0,05 0,63 0,61 0,44 0,07 0,47
Ce -0,37 0,30 0,24 -0,24 -0,23 0,22 0,33 0,72 0,69 -0,15 0,47 -0,25 0,39 0,37 0,27 0,04 0,63 0,63 0,46 0,07 0,48
Pr -0,39 0,33 0,25 -0,25 -0,25 0,24 0,35 0,73 0,71 -0,16 0,47 -0,25 0,39 0,40 0,27 0,09 0,64 0,64 0,46 0,10 0,50
Nd -0,36 0,35 0,19 -0,22 -0,19 0,26 0,32 0,74 0,71 -0,21 0,52 -0,22 0,42 0,40 0,25 0,09 0,63 0,65 0,49 0,10 0,53
Sm -0,37 0,28 0,22 -0,17 -0,14 0,19 0,35 0,76 0,71 -0,14 0,44 -0,26 0,45 0,38 0,29 0,08 0,63 0,61 0,51 0,12 0,45
Eu -0,45 0,57 0,17 -0,17 -0,24 0,43 0,42 0,81 0,82 -0,29 0,61 -0,11 0,51 0,58 0,22 0,21 0,74 0,59 0,47 0,22 0,67
Gd -0,35 0,14 0,24 -0,03 0,11 -0,03 0,28 0,73 0,57 0,05 0,36 -0,22 0,60 0,23 0,43 -0,05 0,51 0,51 0,54 0,04 0,25
Tb -0,16 -0,18 0,12 0,20 0,39 -0,27 0,14 0,60 0,30 0,16 0,13 -0,13 0,62 -0,04 0,45 -0,17 0,26 0,31 0,59 0,03 -0,10
Dy 0,15 -0,46 -0,09 0,35 0,61 -0,42 -0,11 0,31 -0,01 0,18 -0,09 -0,09 0,45 -0,34 0,32 -0,29 -0,06 0,15 0,55 -0,07 -0,35
Ho 0,24 -0,54 -0,17 0,39 0,69 -0,50 -0,15 0,21 -0,17 0,20 -0,20 -0,05 0,41 -0,41 0,29 -0,32 -0,20 0,01 0,49 -0,06 -0,48
Er 0,24 -0,56 -0,14 0,37 0,71 -0,53 -0,22 0,17 -0,18 0,21 -0,14 0,06 0,38 -0,44 0,27 -0,30 -0,26 0,10 0,50 -0,11 -0,46
Tm 0,23 -0,61 -0,11 0,43 0,64 -0,58 -0,14 0,09 -0,28 0,32 -0,32 -0,02 0,35 -0,44 0,29 -0,28 -0,25 -0,09 0,43 -0,01 -0,61
Yb 0,24 -0,72 -0,04 0,32 0,64 -0,69 -0,18 0,01 -0,29 0,39 -0,38 -0,10 0,22 -0,52 0,28 -0,41 -0,36 -0,12 0,30 -0,17 -0,66
Lu 0,26 -0,65 -0,12 0,29 0,63 -0,58 -0,17 0,11 -0,21 0,24 -0,27 -0,12 0,28 -0,42 0,21 -0,30 -0,25 0,00 0,40 -0,07 -0,51
Cu -0,19 -0,45 0,37 0,13 0,38 -0,63 -0,07 0,13 -0,08 0,51 0,05 0,02 0,24 -0,31 0,49 -0,24 -0,20 0,17 0,06 -0,23 -0,35
Pb -0,26 0,01 0,16 0,06 0,13 0,02 0,15 0,57 0,52 -0,04 0,29 -0,27 0,26 0,15 0,21 -0,10 0,51 0,24 0,26 0,01 0,17
Zn -0,91 0,28 0,89 0,20 -0,30 -0,23 0,64 0,60 0,52 0,63 0,33 0,17 0,45 0,37 0,84 0,18 0,51 0,45 0,32 0,31 0,01
214

Th U V Zr Y La Ce Pr Nd Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb Lu Cu Pb Zn
Th 1,00 0,33 0,73 0,61 0,24 0,88 0,88 0,88 0,87 0,91 0,84 0,74 0,63 0,36 0,23 0,19 0,13 0,11 0,24 0,10 0,68 0,23
U 1,00 0,08 -0,02 0,32 0,12 0,11 0,11 0,12 0,19 -0,04 0,17 0,25 0,30 0,30 0,33 0,27 0,38 0,38 0,56 0,43 -0,07
V 1,00 0,81 0,37 0,76 0,76 0,76 0,77 0,81 0,79 0,79 0,72 0,48 0,37 0,31 0,25 0,18 0,28 0,16 0,71 0,52
Zr 1,00 0,06 0,67 0,69 0,68 0,71 0,67 0,70 0,56 0,35 0,16 0,00 0,04 -0,11 -0,14 -0,04 0,06 0,46 0,49
Y 1,00 0,18 0,18 0,17 0,19 0,30 0,05 0,57 0,84 0,95 0,95 0,96 0,94 0,95 0,97 0,45 0,38 0,08
La 1,00 1,00 1,00 0,98 0,98 0,92 0,84 0,61 0,32 0,16 0,10 0,03 0,00 0,14 0,01 0,58 0,38
Ce 1,00 1,00 0,99 0,98 0,93 0,85 0,61 0,33 0,17 0,10 0,03 -0,01 0,14 0,01 0,58 0,38
Pr 1,00 0,99 0,98 0,94 0,86 0,61 0,32 0,15 0,10 0,02 -0,03 0,13 0,00 0,57 0,39
Nd 1,00 0,98 0,95 0,86 0,61 0,34 0,17 0,12 0,02 -0,02 0,14 0,02 0,58 0,35
Sm 1,00 0,93 0,91 0,71 0,44 0,28 0,22 0,14 0,10 0,26 0,08 0,66 0,38
Eu 1,00 0,80 0,53 0,20 0,04 0,00 -0,10 -0,18 -0,01 -0,08 0,53 0,37
Gd 1,00 0,88 0,65 0,53 0,47 0,40 0,36 0,48 0,24 0,62 0,41
Tb 1,00 0,89 0,82 0,77 0,76 0,72 0,79 0,34 0,59 0,28
Dy 1,00 0,94 0,91 0,92 0,89 0,93 0,27 0,43 0,06
Ho 1,00 0,92 0,95 0,91 0,92 0,32 0,35 -0,03
Er 1,00 0,91 0,92 0,95 0,43 0,27 -0,05
Tm 1,00 0,96 0,94 0,30 0,25 -0,02
Yb 1,00 0,95 0,44 0,27 -0,03
Lu 1,00 0,41 0,39 -0,09
Cu 1,00 0,24 0,26
Pb 1,00 0,19
Zn 1,00
215

8.8. Tableau des éléments en ppm contenus dans les magnétites des grès des formations de Keyano et de Magin; LD =
Limite de Détection par LA-ICP-MS (voir section 4.4.3). Les principales inclusions ont été enlevées pour obtenir de
réelles valeurs.

Keyano Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr
7505-1 <LD <LD <LD <LD 0,07 <LD <LD 272,3 0,73 <LD 0,2 <LD <LD <LD <LD <LD 8,2 331 8,9 153,0 15,6 17,37 827,8 69,9 3920
7505-2 1467 <LD <LD 20 0,06 <LD <LD 773,8 1,05 <LD <LD 0,2 <LD <LD 0,5 <LD 40,7 497 13,1 270,1 88,3 37,23 1839,6 89,3 3431
7505-3 3504 <LD <LD 61 0,06 <LD <LD 380,3 1,29 <LD 0,4 1,2 <LD <LD <LD <LD 42,3 628 12,9 263,5 282,3 38,18 1883,4 110,3 3183
7505-4 3270 <LD 0,86 31 1,95 3,71 0,09 1314,0 1,15 0,03 0,2 1,1 <LD <LD 49,3 <LD 30,4 318 310,3 329,2 67,7 34,68 1671,7 155,5 1475
7505-5 927 <LD <LD 14 <LD <LD <LD 370,8 0,78 <LD <LD 0,3 <LD <LD 0,7 <LD 33,9 316 8,6 274,5 101,5 36,50 1629,4 83,2 3964
7505-6 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 419,8 0,94 <LD 0,2 0,3 <LD <LD 0,2 <LD 36,6 415 15,4 289,1 190,5 42,34 1681,9 116,3 6344
7505-7 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 782,6 0,94 <LD <LD 0,4 <LD <LD <LD <LD 38,4 393 36,6 276,7 90,5 29,35 1695,8 98,6 3927
7505-8 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 513,9 1,07 <LD <LD <LD <LD <LD 0,5 <LD 33,9 328 12,4 343,1 84,0 36,50 1890,0 116,1 3066
7505-9 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 516,8 0,93 <LD <LD 0,2 <LD <LD <LD <LD 23,6 405 8,7 372,3 105,1 26,13 1396,5 85,7 3519
7505-10 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 397,9 0,99 0,07 0,2 0,2 <LD <LD <LD <LD 22,3 399 28,5 378,1 138,7 30,51 1489,2 104,4 4468
7505-11 <LD <LD 0,10 <LD 0,23 0,07 <LD 711,8 1,01 <LD <LD 0,9 <LD <LD 1,5 <LD 43,6 453 19,6 423,4 60,6 43,14 2160,8 98,8 3876
7505-12 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 465,0 1,05 <LD 0,1 0,7 <LD <LD 0,1 <LD 26,0 404 10,0 301,5 118,3 19,86 1341,7 71,5 2706
7505-13 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 523,4 0,92 <LD 0,2 0,4 <LD <LD <LD <LD 35,2 450 15,4 407,3 173,0 28,69 1868,8 86,7 2927
7505-14 876 <LD <LD 18 <LD <LD <LD 496,4 0,95 <LD 0,1 0,8 <LD <LD 0,1 <LD 43,1 409 11,8 329,2 265,7 38,84 1942,5 89,1 2205
7505-15 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 298,6 0,73 <LD <LD 0,3 <LD <LD <LD <LD 21,9 497 17,3 153,3 146,0 35,92 1321,3 144,5 6723
LD 449 21 0,03 9 0,03 0,04 0,02 0,7 0,17 0,02 0,1 0,2 0,01 0,04 0,1 0,3 0,1 1 0,2 0,9 0,4 0,08 0,1 0,4 1
216

Keyano Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr
7505-16 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 313,2 1,06 <LD <LD 0,2 <LD <LD 0,2 <LD 28,9 327 7,7 351,1 93,4 29,49 1792,2 92,8 2540
7505-17 2008 <LD <LD 30 <LD <LD <LD 469,4 1,07 <LD 0,1 1,0 <LD <LD <LD <LD 44,2 372 15,6 269,4 216,1 46,06 1968,1 112,4 2884
7505-18 920 <LD <LD <LD <LD <LD <LD 956,3 1,16 <LD <LD 0,3 <LD <LD 0,2 <LD 42,9 648 15,2 430,7 137,2 28,84 1919,9 126,3 2872
7505-19 <LD <LD <LD <LD 0,04 <LD <LD 576,7 0,96 <LD 0,2 0,5 <LD <LD 0,6 <LD 37,1 331 14,0 489,1 318,3 39,57 2109,7 105,1 3446
7505-20 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 474,5 0,93 <LD 0,2 0,5 <LD <LD 0,1 <LD 29,6 279 14,7 383,3 198,6 33,29 1832,3 115,3 2183
7505-21 <LD <LD <LD 12 <LD <LD <LD 438,7 0,98 <LD 0,1 <LD <LD <LD <LD <LD 28,5 453 16,4 276,7 37,2 22,48 1503,8 77,9 3241
7505-22 <LD <LD <LD 23 0,20 <LD <LD 514,7 1,14 0,03 0,5 0,2 <LD <LD 5,0 <LD 28,0 293 13,1 305,1 141,6 48,18 1613,3 100,7 1555
7505-23 <LD <LD <LD <LD 0,06 <LD <LD 443,8 0,87 <LD 0,1 0,5 <LD <LD 0,2 <LD 35,6 383 16,6 403,7 179,6 34,68 1894,4 92,9 2650
7505-24 <LD <LD <LD <LD 0,18 <LD <LD 476,7 0,88 <LD <LD 0,3 <LD <LD 0,2 <LD 39,0 356 12,5 308,8 149,7 41,76 1986,3 104,4 1635
7505-25 <LD <LD <LD <LD 0,08 <LD <LD 749,0 1,13 <LD <LD 0,2 <LD <LD 0,3 <LD 43,6 558 16,4 234,3 87,6 32,49 1949,1 99,5 3913
7505-26 <LD <LD <LD <LD 0,04 <LD <LD 851,9 0,98 <LD <LD 0,3 <LD <LD 0,2 <LD 36,4 540 13,1 319,0 194,9 31,76 1871,0 105,9 3898
7505-27 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 671,6 1,00 <LD 0,2 0,9 <LD <LD <LD <LD 40,0 333 23,0 421,2 272,3 40,44 1992,9 113,0 2424
7505-28 1292 <LD <LD 26 <LD <LD <LD 1065,8 0,93 0,03 <LD 0,6 <LD <LD <LD <LD 41,4 601 32,9 478,9 148,2 32,27 1890,7 95,8 4811
7505-29 1935 <LD <LD 36 <LD <LD <LD 414,6 0,84 <LD 0,2 <LD <LD <LD 0,3 <LD 24,2 422 10,8 350,4 118,3 25,92 1408,2 80,0 3614
7505-30 934 <LD <LD 20 <LD <LD <LD 778,2 0,98 <LD 0,2 0,4 <LD <LD <LD <LD 36,1 566 13,3 470,1 176,7 30,00 1832,3 99,1 4146
LD 449 21 0,03 9 0,03 0,04 0,02 0,7 0,17 0,02 0,1 0,2 0,01 0,04 0,1 0,3 0,1 1 0,2 0,9 0,4 0,08 0,1 0,4 1
217

Magin Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr
7504A1-1 <LD <LD <LD <LD 0,29 0,23 <LD 728,5 0,61 <LD <LD 0,6 <LD 0,24 1,3 0,5 59,9 1520 25,4 699,3 394,2 44,90 859,2 175,1 32047
7504A1-2 <LD <LD <LD <LD 0,21 0,04 <LD 491,2 0,81 <LD <LD 0,5 <LD 0,06 0,5 <LD 34,5 1177 9,0 559,9 116,0 28,54 2111,2 111,4 6599
7504A1-3 <LD <LD <LD <LD 0,11 0,08 <LD 452,6 0,80 <LD <LD 0,6 <LD 0,07 0,4 <LD 41,2 1180 11,1 529,3 126,8 29,67 2263,7 116,3 7658
7504A1-4 <LD <LD <LD <LD 1,07 0,25 <LD 559,2 0,88 <LD <LD 0,1 <LD 0,17 3,4 <LD 56,1 1441 15,3 494,9 275,9 37,23 795,0 184,7 22265
7504A1-5 <LD <LD <LD <LD 0,32 0,09 <LD 470,1 0,84 <LD <LD 0,7 <LD 0,11 0,4 <LD 30,9 1189 27,8 547,5 102,4 28,11 1789,2 115,9 7913
7504A1-6 4526 54 <LD 32 0,14 0,07 <LD 708,1 0,62 <LD <LD 1,0 <LD 0,09 0,3 0,4 46,8 1278 12,9 625,6 208,8 36,35 2198,0 135,0 10607
7504A2-1 <LD <LD <LD <LD 0,38 0,03 <LD 470,1 0,96 <LD 0,2 0,3 <LD <LD 1,0 <LD 39,3 1232 14,6 492,8 230,7 28,16 2779,1 75,3 4723
7504A2-2 <LD <LD <LD <LD 0,15 0,21 <LD 423,4 0,91 <LD <LD 0,6 <LD <LD 0,5 <LD 33,7 1254 12,4 475,2 200,0 22,67 1726,5 54,2 4048
7504A2-3 4672 47 <LD 23 0,25 0,91 <LD 503,7 0,93 <LD <LD 0,4 <LD 0,10 0,8 <LD 42,1 1294 48,9 470,9 176,7 28,18 988,4 83,2 14330
7504A2-4 3066 30 <LD 21 0,26 0,08 <LD 599,3 0,93 <LD 0,4 1,0 <LD 0,10 0,2 <LD 39,1 1228 36,1 520,5 129,3 25,78 2052,0 71,6 4789
7504A2-5 <LD <LD <LD <LD 0,19 <LD <LD 515,4 1,04 <LD <LD 0,6 <LD 0,06 0,3 <LD 34,0 1248 39,4 411,7 167,2 22,48 1911,9 71,8 7139
7504A2-6 <LD <LD 0,07 <LD 0,53 0,18 <LD 435,8 0,95 <LD 0,2 0,5 <LD 0,06 1,2 <LD 49,3 1233 10,5 424,1 189,7 28,27 1619,9 86,1 8497
7504A2-7 <LD <LD <LD <LD 0,16 0,06 <LD 708,1 0,88 <LD 0,2 0,5 <LD 0,08 0,5 <LD 25,6 1196 75,9 535,8 152,6 23,43 2587,9 73,1 3984
7504A3-1 <LD <LD <LD <LD 0,67 0,05 <LD 403,7 0,93 <LD 0,2 0,7 <LD 0,05 2,3 <LD 43,1 1214 5,8 494,2 194,9 27,75 1910,4 68,8 7329
7504A3-2 8833 53 <LD 44 0,14 <LD <LD 429,2 1,07 <LD 0,2 0,7 <LD <LD 0,3 <LD 35,7 1138 5,0 457,0 194,2 26,13 2047,7 67,5 2584
7504A3-3 5475 41 <LD 36 0,23 <LD <LD 257,3 0,82 <LD <LD 0,1 <LD <LD 0,7 <LD 10,7 1235 6,3 332,2 49,8 15,34 835,1 61,0 1941
7504A3-4 4161 30 <LD 32 0,33 <LD <LD 609,6 0,98 <LD <LD 0,9 <LD 0,05 1,5 <LD 39,6 1213 41,6 478,2 224,8 23,48 1929,4 57,6 2081
7504A3-5 6643 <LD <LD 42 0,05 <LD <LD 605,9 0,99 <LD <LD 1,0 <LD 0,05 0,3 <LD 33,0 1180 56,9 419,0 173,0 22,81 1972,5 57,0 2723
7504A3-6 <LD <LD <LD <LD 0,05 <LD <LD 376,0 1,06 <LD <LD 0,5 <LD <LD 0,2 <LD 21,9 1190 15,3 374,5 140,2 20,94 2025,8 52,7 2359
7504A3-7 6424 37 <LD 36 0,15 <LD <LD 397,9 0,87 <LD 0,4 <LD <LD <LD 0,3 <LD 13,1 1294 13,7 380,3 121,2 25,04 1073,1 92,3 3871
7504A4-1 <LD <LD <LD <LD 0,05 <LD <LD 219,0 1,15 <LD 0,2 0,3 <LD <LD 0,1 <LD 18,0 453 4,7 327,0 146,0 16,35 335,8 24,0 217
7504A4-2 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 406,6 1,52 <LD 0,2 0,3 <LD <LD <LD <LD 16,6 677 7,2 467,2 366,5 30,00 345,3 34,0 134
7504A4-3 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 230,0 1,25 <LD 0,2 0,2 <LD <LD 0,1 <LD 9,1 485 4,9 240,9 141,6 20,20 267,4 21,2 252
7504A4-4 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 517,6 1,20 <LD 0,2 0,5 <LD <LD <LD <LD 23,7 574 15,5 403,0 473,8 27,59 333,6 24,3 267
7504A4-5 1132 <LD <LD <LD 0,08 <LD <LD 508,1 1,20 <LD 0,2 0,4 <LD <LD <LD <LD 14,5 605 15,5 328,5 401,5 27,96 300,0 18,3 275
7504A4-6 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 493,5 1,42 <LD 0,2 0,3 <LD <LD <LD <LD 21,4 710 11,4 394,9 456,3 32,12 282,5 26,1 285
LD 449 21 0,03 9 0,03 0,04 0,02 0,7 0,17 0,02 0,1 0,2 0,01 0,04 0,1 0,3 0,1 1 0,2 0,9 0,4 0,08 0,1 0,4 1
218

Magin Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr
7504A5-1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 459,2 1,19 <LD 0,2 0,6 <LD <LD <LD <LD 25,7 447 8,3 294,9 109,5 26,65 2065,9 63,7 964
7504A5-2 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 307,3 1,09 <LD <LD 0,4 <LD <LD <LD <LD 18,7 476 14,9 284,0 172,3 28,76 1290,6 64,1 1151
7504A5-3 1175 <LD <LD 23 0,06 <LD <LD 457,7 1,07 <LD <LD 0,5 <LD <LD 2,8 <LD 22,1 489 13,8 308,8 123,4 24,60 1132,2 61,2 2519
7504A5-4 1840 <LD <LD 42 <LD <LD <LD 454,8 0,94 <LD <LD 0,5 <LD <LD 0,3 <LD 26,1 496 9,1 264,3 131,4 20,88 1246,1 70,4 1156
7504A5-5 2869 <LD <LD 52 <LD <LD <LD 550,4 1,10 <LD <LD 0,7 <LD <LD <LD <LD 32,1 547 11,9 308,1 242,4 25,26 1333,0 71,4 2584
7504A5-6 1526 <LD <LD 17 <LD <LD 0,09 397,9 1,06 0,04 <LD 0,3 <LD <LD <LD <LD 23,2 556 8,4 426,3 204,4 25,04 1229,3 61,2 4687
7504A6-1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 327,8 1,01 <LD <LD 0,4 <LD <LD <LD <LD 22,2 560 9,8 263,5 232,9 8,91 1259,3 97,4 840
7504A6-2 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 417,6 1,10 <LD <LD 0,2 <LD <LD <LD <LD 23,2 510 9,9 291,3 215,4 13,80 1352,7 65,4 1533
7504A6-3 1869 <LD <LD 34 <LD <LD <LD 443,1 1,03 <LD <LD 0,5 <LD <LD 0,2 <LD 25,1 643 10,3 321,9 299,3 12,10 1486,3 84,6 738
7504A6-4 2467 <LD <LD 37 0,15 <LD <LD 465,0 1,15 0,03 <LD 0,5 <LD <LD <LD <LD 15,8 400 27,0 360,6 91,3 19,35 1538,1 38,5 1394
7504A6-5 <LD <LD <LD <LD 0,04 <LD <LD 410,3 1,15 <LD <LD 0,5 <LD <LD <LD <LD 22,7 603 12,3 342,4 171,6 11,74 1587,0 65,6 1649
7504A6-6 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 333,6 0,99 <LD <LD 0,4 <LD <LD 0,6 <LD 22,8 485 11,5 251,1 162,8 28,40 1242,5 54,2 5439
7504A7-1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 220,5 0,98 0,03 <LD 0,3 <LD <LD <LD <LD 10,4 274 11,0 130,7 130,7 34,09 1518,4 58,3 1723
7504A7-2 <LD 37 <LD <LD <LD 0,50 <LD 280,3 0,77 0,06 <LD 0,2 <LD <LD <LD <LD 28,3 374 14,9 147,5 167,9 40,88 1775,4 51,3 3789
7504A7-3 <LD <LD <LD 26 <LD <LD <LD 200,8 1,21 <LD <LD 0,2 <LD <LD <LD <LD 18,4 291 36,5 161,3 51,9 31,24 2131,6 94,9 968
7504A7-4 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 237,3 0,93 0,07 <LD 0,2 <LD <LD <LD <LD 12,7 300 12,9 146,7 129,2 42,27 1503,8 53,3 964
7504A7-5 1256 <LD <LD 23 <LD <LD <LD 224,8 1,10 <LD 0,1 0,2 <LD <LD <LD <LD 12,4 294 12,0 133,6 133,6 26,43 1594,3 56,1 2373
7504A7-6 <LD <LD <LD <LD <LD <LD 0,05 241,2 1,01 <LD 0,2 0,3 <LD <LD <LD <LD 15,3 335 12,6 151,8 142,4 33,36 1535,9 58,4 2790
7504A8-1 <LD <LD <LD <LD <LD 0,11 <LD 530,7 1,58 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 21,8 521 6,5 470,1 140,9 28,16 647,5 113,0 65
7504A8-2 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 547,5 1,66 <LD <LD <LD <LD <LD 0,3 <LD 22,0 377 6,2 527,1 184,0 34,68 1100,8 164,3 278
7504A8-3 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 481,1 2,15 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 9,6 537 7,1 265,7 267,2 21,90 141,8 29,7 179
7504A8-4 <LD <LD <LD <LD 0,04 <LD <LD 208,8 2,00 0,03 <LD <LD <LD <LD <LD <LD 10,3 447 4,5 222,7 73,0 18,40 171,0 30,1 234
7504A8-5 <LD <LD <LD <LD 0,24 <LD <LD 343,8 1,69 <LD <LD 0,3 <LD <LD 0,2 <LD 34,1 353 10,1 342,4 162,8 34,68 941,7 123,1 146
7504A8-6 <LD <LD <LD <LD 0,03 <LD <LD 456,3 2,28 <LD <LD 0,3 <LD <LD 0,4 <LD 21,5 466 5,2 270,1 168,6 22,48 275,9 26,9 317
LD 449 21 0,03 9 0,03 0,04 0,02 0,7 0,17 0,02 0,1 0,2 0,01 0,04 0,1 0,3 0,1 1 0,2 0,9 0,4 0,08 0,1 0,4 1
219

8.9. Tableau des éléments en ppm contenus dans les magnétites du claste de formation de fer de la Formation de
Magin et du claste de chert de la Formation de Keyano; LD = Limite de détection de la LA-ICP-MS (voir section
4.4.3). Les principales inclusions ont été enlevées pour obtenir de réelles valeurs.

Magin Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr
7504-1 759 343 0,09 <LD 1,34 0,05 0,02 817,60 2,15 0,23 0,19 0,18 <LD 0,16 0,98 <LD 3,4 883,3 183,23 24,5 34,1 5,49 10,6 1,4 2
7504-2 548 207 0,13 <LD 0,77 0,06 0,02 187,61 1,97 0,31 0,14 <LD <LD 0,14 1,77 <LD 2,6 605,9 67,16 22,9 46,7 4,20 10,0 1,8 3
7504-3 2190 183 0,82 17 0,80 0,10 0,02 1175,00 2,63 0,72 0,21 0,24 0,02 0,18 3,65 1,0 5,3 429,2 326,31 18,8 40,2 6,34 15,8 2,6 2
7504-4 956 2321 2,12 <LD 2,74 0,08 0,02 1029,30 2,10 0,51 0,34 <LD 0,02 0,22 3,19 0,4 4,4 473,8 168,63 21,1 28,0 6,40 14,2 2,5 4
7504-5 <LD 2540 2,10 <LD 2,80 0,15 0,02 292,00 1,91 1,81 0,17 <LD 0,02 0,23 3,42 0,5 3,2 437,3 65,70 29,4 32,0 6,05 13,4 1,8 1
7504-6 <LD 365 0,46 <LD 4,34 0,09 0,02 386,90 1,91 0,62 0,26 <LD 0,03 0,31 2,82 0,7 3,5 432,9 182,50 15,3 29,2 6,50 14,4 2,1 7
7504-7 <LD 104 0,16 11 2,26 0,05 0,02 394,20 1,95 0,34 0,18 <LD 0,03 0,16 0,30 <LD 4,0 578,2 128,48 43,1 43,1 5,43 10,4 4,2 3
7504-8 1591 584 0,29 <LD 1,29 0,04 0,02 459,90 2,03 0,33 0,15 0,18 <LD 0,16 <LD <LD 3,2 708,1 92,71 42,3 51,1 5,70 10,3 1,3 3
7504-9 <LD 197 0,12 10 1,25 0,07 0,02 693,50 1,94 0,29 0,73 0,19 0,02 0,22 1,10 <LD 3,4 664,3 255,50 36,5 37,5 3,21 10,2 1,6 2
7504-10 2409 796 0,16 16 0,69 0,96 0,02 363,25 2,17 0,47 2,34 <LD <LD 0,17 13,21 1,4 2,9 653,4 288,35 25,6 38,8 3,91 12,2 5,6 19
7504-11 <LD 378 0,29 <LD 1,23 0,04 0,02 210,24 1,96 0,31 0,93 <LD <LD 0,16 4,53 <LD 2,6 608,1 70,81 21,2 34,3 2,92 10,7 1,4 1
7504-12 <LD 621 0,21 <LD 1,04 0,04 0,02 200,75 2,25 0,28 0,14 <LD <LD 0,16 3,14 <LD 3,0 688,4 92,71 22,6 35,6 2,88 10,8 1,0 1
7504-13 788 55 0,40 <LD 0,79 0,06 0,02 569,40 2,23 0,11 0,20 0,21 <LD 0,04 32,12 <LD 2,1 510,3 328,50 19,2 41,6 11,32 17,1 3,0 3
7504-14 1978 36 0,28 <LD 0,76 0,06 0,02 224,84 1,74 0,21 0,18 0,16 <LD 0,09 1,90 <LD 2,5 715,4 67,16 43,7 54,4 10,60 16,2 2,7 7
7504-15 1891 23 0,35 <LD 1,12 0,05 0,02 233,60 1,81 0,20 0,17 0,16 <LD 0,15 17,81 <LD 2,3 458,4 80,30 14,3 43,1 10,42 15,9 3,0 15
7504-16 1365 32 0,27 10 0,55 0,07 0,02 277,40 2,34 <LD 0,13 0,15 <LD 0,04 16,43 <LD 1,9 475,2 208,78 35,8 46,0 10,65 15,6 3,0 10
7504-17 1993 307 0,25 <LD 2,18 0,04 0,02 308,06 2,02 0,40 0,10 <LD <LD 0,17 0,47 <LD 3,6 592,8 51,25 39,1 41,8 5,39 10,6 1,4 5
LD 345 20 0,03 9 0,02 0,04 0,02 0,64 0,16 0,03 0,10 0,14 0,01 0,04 0,10 0,3 0,1 0,9 0,09 0,9 0,4 0,08 0,1 0,4 1
220

Keyano Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr
7505-1 1774 60 <LD <LD 0,24 0,04 0,02 1262,90 1,21 0,05 0,45 0,40 <LD <LD 4,82 0,5 28,7 357,0 65,70 633,3 238,0 16,79 1456,4 36,5 92
7505-2 <LD <LD <LD <LD <LD 0,04 0,02 784,02 1,10 <LD 0,18 0,31 <LD <LD <LD <LD 44,4 495,7 29,27 580,4 103,1 9,88 1479,0 29,3 85
7505-3 <LD <LD <LD <LD 0,12 0,04 0,02 1078,21 1,18 <LD 0,14 0,51 <LD <LD 0,64 <LD 40,6 474,5 36,28 620,5 115,3 8,86 1476,8 20,0 78
7505-4 1102 <LD <LD <LD 0,23 0,04 0,02 911,04 1,04 <LD 0,16 0,24 <LD <LD 1,04 <LD 18,5 295,7 13,58 798,6 153,3 0,84 1482,6 15,8 187
7505-5 1117 <LD <LD <LD 0,26 0,04 0,02 730,73 1,07 <LD 0,24 0,22 <LD <LD 3,43 <LD 22,8 321,9 13,67 600,1 146,7 0,59 1234,4 87,9 80
7505-6 986 <LD <LD <LD 0,13 0,04 0,02 732,92 1,12 <LD 0,17 0,17 <LD <LD 7,30 <LD 20,4 261,2 11,83 635,1 260,6 0,32 1508,9 35,5 73
7505-7 <LD <LD <LD <LD 0,03 0,04 0,02 687,66 1,04 <LD 0,10 0,16 <LD <LD 24,09 <LD 16,6 270,8 9,86 407,3 221,9 0,45 1111,8 78,3 41
7505-8 <LD <LD <LD <LD 0,06 0,04 0,02 784,02 1,10 <LD 0,19 0,27 <LD <LD 1,39 <LD 31,5 364,3 19,86 596,4 113,2 2,72 1442,5 13,3 54
7505-9 <LD <LD <LD <LD 0,06 0,04 0,02 828,55 0,99 <LD 0,18 0,26 <LD <LD 0,38 <LD 27,8 352,6 15,65 581,8 168,6 2,38 1405,3 11,7 55
7505-10 <LD <LD <LD <LD 0,31 0,04 0,02 1226,40 1,12 <LD 0,21 0,19 <LD <LD 1,08 <LD 28,2 368,7 23,00 655,5 111,7 0,90 1406,0 25,9 88
7505-11 715 <LD <LD <LD 0,23 0,04 0,02 761,39 0,96 <LD 0,22 0,16 <LD <LD 0,63 <LD 32,6 378,9 17,52 689,1 91,0 3,43 1339,6 15,5 38
7505-12 <LD <LD 0,04 9 0,13 0,04 0,02 911,04 1,16 <LD 0,46 0,32 <LD <LD 2,70 <LD 51,8 1138,8 31,17 774,5 119,0 2,10 1213,3 6,6 32
7505-13 <LD <LD <LD 13 0,15 0,04 0,02 621,23 1,21 <LD 0,52 <LD <LD <LD 0,20 <LD 46,6 1452,7 9,64 519,8 117,5 3,91 1239,5 12,0 31
7505-14 913 36 0,33 13 1,03 0,04 0,02 816,14 0,99 <LD 0,61 0,15 <LD <LD 0,18 <LD 49,1 934,4 12,48 480,3 106,6 3,88 1137,3 7,4 70
7505-15 <LD <LD <LD <LD 0,06 0,04 0,02 686,93 0,92 <LD 0,11 <LD <LD <LD 0,34 <LD 26,2 477,4 7,06 876,0 37,1 0,80 1226,4 8,0 276
7505-16 1190 <LD <LD 9 <LD 0,04 0,02 699,34 1,11 <LD 0,38 <LD <LD <LD <LD <LD 34,8 727,1 12,78 590,6 139,4 1,15 1136,6 5,8 43
LD 345 20 0,03 9 0,02 0,04 0,02 0,64 0,16 0,03 0,10 0,14 0,01 0,04 0,10 0,3 0,1 0,9 0,09 0,9 0,4 0,08 0,1 0,4 1
221

8.10. Tableau des éléments en ppm contenus dans les magnétites des plutons de la Sous-province de La Grande ainsi
que d’un claste de tonalite 1 et de monzodiorite quartzifère de la Formation de Keyano; LD : Limite de détection de la
LA-ICP-MS (voir section 4.4.3). Les inclusions ont été enlevées pour obtenir de réelles valeurs.

Pluton Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr
00-ST-3237A1 <LD <LD <LD <LD 0,20 0,04 <LD 186,2 0,40 <LD <LD <LD <LD <LD 0,31 0,28 2,97 1267 57,67 71,7 30,6 27,30 726,4 90,2 2181
00-ST-3237A2 <LD <LD <LD <LD 0,18 <LD <LD 200,8 0,37 <LD 0,28 <LD <LD <LD 1,53 0,39 19,56 1422 15,70 84,7 257,0 48,03 1766,6 116,7 2416
00-ST-3237A3 <LD <LD <LD <LD 0,08 0,04 <LD 114,6 0,47 <LD <LD <LD <LD 1,61 0,14 0,24 2,28 1244 20,44 96,4 36,5 31,32 1394,3 106,3 2961
98-MB-01-1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 193,5 0,58 <LD <LD 0,32 <LD <LD <LD <LD 3,34 1260 8,58 77,5 36,4 23,48 1007,4 36,4 972
98-MB-01-2 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 107,2 0,44 <LD <LD 0,22 <LD <LD 0,37 <LD 1,96 1265 8,57 76,5 22,8 21,93 827,1 37,4 887
98-MB-01-3 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 155,2 0,56 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 3,31 1194 7,88 105,0 26,4 24,64 1010,3 43,8 1215
00-JG-1520A1 <LD <LD <LD <LD 0,12 0,04 <LD 49,9 0,48 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 1,62 1351 9,90 27,4 21,9 26,35 593,5 78,8 1657
00-JG-1520A2 <LD 70 0,08 28 <LD <LD <LD 165,6 0,50 <LD <LD 0,13 <LD <LD <LD <LD 6,07 1314 17,37 61,5 45,5 29,62 970,9 92,9 1976
00-JG-1520A3 <LD <LD <LD 13 <LD <LD <LD 116,5 0,36 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 2,50 1233 11,07 90,3 30,2 27,74 870,9 77,7 2110
00-MC-5021A1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD 0,09 70,2 0,29 <LD <LD <LD 0,03 0,04 <LD <LD 2,14 1256 11,95 42,1 25,5 28,91 872,4 86,4 2077
00-MC-5021A2 <LD <LD <LD 15 0,10 <LD <LD 112,9 0,39 <LD <LD <LD <LD <LD 0,18 0,26 9,98 1339 17,16 59,9 68,3 40,81 1094,3 99,4 2732
00-MC-5021A3 <LD <LD <LD <LD 0,07 <LD <LD 66,1 0,34 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 14,15 1439 11,75 75,2 91,5 45,63 1284,1 107,2 2666
99-MH-4469-1 <LD <LD 0,23 <LD 0,37 <LD <LD 273,8 0,52 <LD <LD 0,55 <LD <LD <LD <LD 15,94 1083 5,26 77,2 3,1 10,62 1941,1 68,9 598
99-MH-4469-2 <LD <LD 0,39 <LD 2,29 0,17 <LD 163,5 0,50 <LD <LD <LD <LD <LD 0,55 0,34 6,85 1083 23,00 47,0 11,8 19,27 1150,5 54,0 1424
99-MH-4469-3 <LD 34 0,44 <LD 2,58 0,03 <LD 268,6 0,99 <LD <LD 0,24 <LD 0,04 0,39 0,76 7,46 1299 221,92 88,1 44,7 30,00 1368,8 63,7 1350
LD 2493 29 0,02 9 0,05 0,02 0,06 0,9 0,17 0,06 0,19 0,10 0,02 0,03 0,12 0,23 0,14 1 0,05 0,4 0,6 0,06 0,1 0,3 1
222

Pluton Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr
98-MB-25-1 3066 <LD <LD 15 0,07 <LD <LD 53,0 0,22 <LD <LD 0,11 <LD 0,05 <LD <LD 3,20 1219 6,73 23,1 27,7 27,45 855,6 73,4 4271
97-JG-1720-1 <LD <LD <LD <LD 0,08 <LD <LD 57,6 0,52 <LD <LD 0,13 <LD 0,03 0,13 <LD 12,33 1467 9,87 21,4 67,3 41,90 1316,9 49,5 538
97-JG-1720-2 <LD <LD <LD <LD 0,07 <LD <LD 115,9 0,51 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 11,77 1227 9,27 123,9 46,8 30,14 1167,3 99,1 528
97-JG-1720-3 <LD <LD <LD <LD 0,12 <LD <LD 51,5 0,34 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 1,69 1141 7,12 42,7 23,9 16,79 389,8 42,8 376
JG001A-1 <LD <LD <LD <LD 0,08 0,03 <LD 665,0 0,78 <LD <LD 0,93 <LD <LD 0,23 0,34 23,38 1309 16,24 235,1 47,9 30,95 2146,2 64,8 996
JG001A-2 <LD <LD <LD <LD 0,14 0,03 <LD 473,8 0,67 <LD <LD 0,62 <LD <LD 0,26 0,26 19,51 1286 11,45 191,6 142,4 32,27 2105,3 62,1 911
JG001A-3 4818 47 <LD 26 0,14 <LD <LD 505,2 0,67 <LD <LD 0,70 <LD <LD 0,25 <LD 28,05 1278 13,29 217,8 168,6 38,94 2126,5 54,4 807
99-MH-4619A1 <LD <LD <LD <LD 0,07 <LD <LD 141,2 0,47 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 11,07 1162 24,60 101,5 42,6 24,25 1327,1 19,8 208
99-MH-4619A2 <LD <LD <LD <LD 0,11 <LD <LD 328,5 0,45 <LD <LD 0,13 <LD <LD 0,34 0,24 48,69 1242 44,38 87,3 296,4 49,11 2088,5 33,8 5
99-MH-4619A3 <LD <LD <LD <LD 0,30 <LD <LD 272,6 0,41 <LD <LD 0,15 <LD <LD 0,19 0,25 47,82 1245 14,17 87,3 207,1 47,89 1916,3 32,4 1
99-JG-1097A1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 472,3 0,80 <LD <LD 0,50 <LD <LD 0,29 0,28 23,29 1545 12,64 262,1 240,9 19,21 850,5 19,2 59
99-JG-1097A2 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 384,0 0,74 <LD <LD 0,40 <LD <LD 0,21 0,25 23,27 1449 11,91 293,3 177,8 19,20 812,9 18,9 39
99-JG-1097A3 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 304,6 0,73 <LD <LD 0,25 <LD <LD 0,16 0,26 14,05 1439 10,04 210,1 130,1 18,28 833,7 21,0 193
JG1117A1 <LD <LD <LD <LD 2,04 <LD <LD 124,1 0,44 <LD <LD <LD 0,04 0,05 0,47 0,31 21,97 1413 14,82 40,2 138,7 53,29 1382,6 149,0 2548
JG1117A2 <LD <LD <LD 11 <LD <LD <LD 35,3 0,25 <LD <LD <LD <LD <LD <LD 0,24 0,95 1131 7,33 33,4 16,6 21,78 489,1 115,8 971
JG1117A3 3066 253 0,08 12 0,41 0,20 <LD 1153,4 0,40 <LD <LD <LD <LD 0,06 0,84 <LD 6,74 1198 47,45 131,4 30,2 30,59 962,9 142,4 2803
LD 2493 29 0,02 9 0,05 0,02 0,06 0,9 0,17 0,06 0,19 0,10 0,02 0,03 0,12 0,23 0,14 1 0,05 0,4 0,6 0,06 0,1 0,3 1
223

Pluton Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr
02-CD-1009A1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 28,1 0,69 <LD 0,18 0,21 <LD <LD 1,83 <LD 2,29 812 7,57 23,7 8,8 14,16 533,6 104,0 2489
02-CD-1009A2 1110 <LD <LD 33 0,20 <LD <LD 23,4 0,56 0,07 0,24 <LD <LD <LD 0,72 <LD 2,15 818 6,83 21,1 9,0 13,31 570,1 148,9 5512
02-CD-1009A3 1679 26 <LD 23 <LD <LD <LD 35,0 1,16 <LD 2,70 <LD 0,03 <LD <LD <LD 2,27 795 22,05 20,8 9,6 12,92 493,5 118,3 2767
02-CD-1009A4 1694 <LD <LD 15 0,22 <LD <LD 23,4 0,85 <LD 0,18 <LD <LD <LD 1,10 <LD 2,12 802 6,55 23,9 6,8 12,76 519,8 127,8 2183
98-MB17-1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 63,0 0,87 <LD 0,27 <LD <LD <LD 0,76 <LD 14,09 1059 11,59 22,2 46,4 16,35 1699,4 68,0 468
98-MB17-2 767 <LD <LD <LD 0,15 <LD <LD 62,9 0,71 <LD 0,17 <LD <LD <LD <LD <LD 17,13 1172 15,55 24,3 66,4 51,25 1852,7 55,6 510
98-MB17-3 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 49,6 0,63 <LD 0,11 <LD <LD <LD 0,65 <LD 18,18 1159 13,49 16,2 57,0 49,71 1871,0 55,6 650
98-MB17-4 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 40,3 0,60 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 17,02 1150 11,30 16,9 51,6 48,91 1862,2 54,3 482
99-JG-1175A1 1606 <LD <LD <LD 0,20 <LD <LD 94,8 0,49 <LD <LD <LD <LD <LD 5,33 <LD 5,20 1065 9,68 60,1 20,5 28,40 854,8 44,8 2550
99-JG-1175A2 <LD <LD <LD <LD 0,37 <LD <LD 58,8 0,64 <LD 0,20 <LD <LD <LD 1,86 <LD 6,29 977 7,21 50,4 18,5 28,13 848,3 49,6 2351
99-JG-1175A3 <LD <LD <LD <LD 0,18 <LD <LD 132,3 0,43 <LD 0,15 <LD <LD <LD 0,60 <LD 7,14 996 14,67 99,7 18,1 31,83 830,0 59,7 3803
11-QD-7045A1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 147,5 1,01 <LD 0,42 0,70 <LD <LD 0,76 <LD 63,15 1580 11,10 121,2 812,5 30,08 921,3 16,1 116
11-QD-7045A2 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 181,0 0,77 <LD 0,29 1,15 <LD <LD <LD <LD 50,37 1577 10,59 143,9 490,6 25,62 920,5 15,8 134
11-QD-7045A3 4358 <LD <LD 72 <LD <LD <LD 135,8 1,09 <LD 0,15 0,07 <LD <LD 0,69 <LD 47,30 1584 6,23 147,0 489,1 25,45 754,8 13,6 104
11-DB-2024A1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 198,6 0,68 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 40,37 996 11,84 64,8 216,2 35,77 1141,7 22,3 18
11-DB-2024A2 745 <LD <LD 15 0,15 <LD <LD 158,5 0,78 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 38,33 965 10,61 46,4 167,2 35,77 1141,0 24,9 15
11-DB-2024A3 <LD <LD <LD <LD 0,29 <LD <LD 274,5 0,58 <LD <LD 0,18 <LD <LD <LD <LD 8,32 941 9,15 111,5 181,6 23,02 1191,4 20,7 20
11-CS-6226A1 <LD <LD 0,54 <LD 2,00 0,88 <LD 109,2 0,58 0,22 0,34 <LD <LD <LD 2,08 <LD 12,72 762 5,18 68,6 3,6 5,90 457,7 8,0 46
11-CS-6226A2 <LD 23 0,07 <LD 1,07 0,33 <LD 302,2 0,47 <LD 0,28 <LD <LD <LD 0,80 <LD 14,38 743 29,20 97,8 6,6 10,55 475,2 9,4 43
LD 726 21 0,03 13 0,09 0,04 0,05 1,3 0,22 0,06 0,14 0,14 0,02 0,05 0,57 0,48 0,20 1 0,09 0,8 0,9 0,11 0,2 0,5 1
224

Pluton Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr

11-CS-6226A3 <LD 137 2,18 <LD 17,08 0,11 <LD 368,7 0,79 0,12 <LD 0,26 <LD <LD 23,36 1,02 17,32 947 71,91 154,1 49,2 17,45 523,4 9,3 22

12-JG-1092A1 <LD <LD <LD <LD 0,13 <LD <LD 341,6 1,02 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 27,30 1041 16,86 263,5 100,7 26,65 1257,1 41,0 184

12-JG-1092A2 <LD <LD 0,06 <LD 1,83 0,53 0,07 730,0 1,26 <LD 0,36 0,25 <LD <LD 8,18 <LD 57,60 905 137,97 205,1 530,0 41,61 2045,5 37,7 59

12-JG-1092A3 1256 <LD <LD 36 <LD <LD <LD 421,2 1,41 <LD 0,64 0,19 <LD <LD <LD 1,50 56,65 850 2,55 211,7 479,6 42,85 1766,6 36,8 48

11-SL-8073-1 <LD <LD 0,18 <LD 0,17 <LD <LD 45,8 0,99 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 42,85 1703 1,53 36,3 157,0 21,02 340,8 16,3 148

11-SL-8073-2 3687 <LD <LD 55 0,12 <LD <LD 199,3 1,50 <LD 0,46 <LD <LD <LD <LD <LD 62,78 846 6,32 143,1 128,5 27,74 924,9 18,2 429

11-GM-5396A1 <LD <LD <LD <LD 0,36 <LD <LD 223,4 0,94 <LD <LD 0,70 <LD <LD <LD <LD 49,06 1584 10,73 30,0 185,4 41,25 1357,8 37,7 137

11-GM-5396A2 <LD <LD <LD <LD 0,20 <LD <LD 500,8 0,65 <LD 0,28 0,99 <LD <LD 0,61 <LD 53,73 1708 16,94 128,5 638,8 43,22 1334,4 35,1 138

11-GM-5396A3 <LD <LD <LD <LD 0,18 <LD <LD 216,8 1,28 <LD 0,25 0,97 <LD <LD <LD <LD 52,63 1600 16,94 59,1 166,4 42,12 1338,1 40,2 133

11-SL-8122A1 2212 198 1,12 23 34,02 0,05 <LD 513,9 0,77 4,04 1,10 0,42 <LD 0,18 9,72 12,92 16,06 1070 145,27 83,2 44,7 31,83 1645,4 92,0 5825

11-SL-8122A2 1475 150 0,16 <LD 17,74 0,13 <LD 497,9 0,74 0,61 0,21 0,31 <LD 0,11 10,00 3,36 2,73 818 503,70 62,1 25,0 24,02 897,9 59,1 4891

11-SL-8122A3 4234 248 0,17 <LD 1,93 0,15 <LD 1752,0 0,85 0,08 0,25 <LD 0,03 <LD 4,09 <LD 4,75 971 31,39 0,7 53,3 40,68 1454,9 121,2 4198

11-AM-9090A1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 247,5 1,04 <LD <LD 0,18 <LD <LD <LD <LD 28,47 1546 12,80 194,2 175,9 25,34 808,8 29,7 269

11-AM-9090A2 <LD <LD <LD <LD 0,20 <LD <LD 200,0 1,03 <LD <LD 0,18 <LD <LD <LD <LD 26,86 1493 18,10 181,0 127,8 28,18 801,5 29,6 271

11-AM-9090A3 <LD <LD <LD <LD 0,24 <LD <LD 208,8 1,04 <LD <LD 0,19 <LD <LD <LD <LD 27,16 1537 19,64 190,5 146,0 27,38 807,4 29,9 269

11-GM-5425A1 <LD 1723 0,73 <LD 0,22 0,26 <LD 33,7 0,46 <LD <LD <LD <LD 0,12 <LD <LD 2,99 958 9,64 17,2 29,9 32,12 887,0 78,5 14965

11-GM-5425A2 <LD 26 <LD <LD <LD <LD <LD 73,0 0,45 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 3,01 934 10,29 15,3 25,3 30,73 884,8 86,9 13067

11-PB-4315A1 1679 <LD <LD 18 <LD <LD <LD 148,0 0,49 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 3,38 895 9,43 43,2 20,9 26,41 1110,3 79,5 5212

11-PB-4315A2 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 137,2 0,53 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 3,42 877 9,21 51,2 22,0 26,94 1076,0 76,6 5015

11-PB-4315A3 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 71,6 0,51 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 3,22 868 7,92 34,2 18,0 25,92 1021,3 78,1 4986

LD 726 21 0,03 13 0,09 0,04 0,05 1,3 0,22 0,06 0,14 0,14 0,02 0,05 0,57 0,48 0,20 1 0,09 0,8 0,9 0,11 0,2 0,5 1
225

Pluton Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr
11-EN-9546A1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 536,6 1,17 <LD <LD 0,19 <LD <LD <LD <LD 53,29 899 9,20 300,0 280,3 40,15 1657,1 38,4 55
11-EN-9546A2 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 397,9 1,27 <LD 0,23 0,18 <LD <LD <LD <LD 69,28 876 7,74 374,5 442,4 48,18 1573,2 41,1 49
11-EN-9546A3 <LD <LD <LD <LD 0,10 <LD <LD 411,0 1,23 <LD <LD 0,21 <LD <LD <LD <LD 67,74 831 6,26 246,7 377,4 48,11 1316,9 41,0 42
98-MB21-1 <LD <LD 0,05 <LD 0,10 <LD <LD 147,0 0,56 <LD <LD <LD <LD <LD 2,41 <LD 9,10 993 16,35 87,6 62,8 17,16 1890,7 96,1 3957
98-MB21-2 1628 <LD <LD 51 <LD <LD <LD 116,9 0,63 <LD 0,17 <LD <LD <LD 3,80 <LD 9,13 883 14,15 70,1 58,5 16,64 1788,5 88,7 4256
98-MB21-3 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 134,7 0,22 <LD <LD <LD <LD <LD 1,24 <LD 4,38 906 9,44 82,3 35,8 15,11 1992,2 86,7 3964
98-MB21-4 <LD <LD <LD <LD 0,20 <LD <LD 148,9 0,42 <LD 0,15 <LD <LD <LD 4,23 <LD 3,96 891 20,22 95,6 38,1 16,43 1978,3 90,4 4183
98-MB21-5 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 131,7 0,58 <LD 0,24 <LD <LD <LD 2,12 <LD 6,42 891 17,45 72,6 57,7 16,57 1846,2 90,5 3030
11-AM-9001A1 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 110,4 0,37 <LD 0,18 <LD <LD <LD <LD <LD 6,63 942 10,22 25,6 38,0 50,66 1270,2 140,3 2942
11-AM-9001A2 2008 <LD <LD 30 <LD <LD <LD 195,6 0,45 <LD <LD <LD <LD 0,05 <LD <LD 23,73 1101 8,76 67,9 209,5 63,29 1386,3 157,0 3552
11-SL-8114A1 <LD <LD 0,17 <LD 2,43 4,84 0,12 122,1 0,73 0,63 <LD <LD <LD <LD <LD <LD 7,29 897 6,28 173,0 48,9 15,99 612,5 26,9 239
99-MH4475-1 <LD <LD <LD <LD 0,79 0,20 <LD 155,5 0,56 <LD 0,18 <LD <LD <LD 0,69 <LD 15,12 942 29,93 58,3 42,0 3,51 1461,5 87,7 3489
99-MH4475-2 3154 <LD <LD 40 0,58 0,09 <LD 136,7 0,56 <LD 0,15 <LD <LD <LD 0,72 <LD 9,64 1002 38,69 60,8 39,4 14,67 804,5 82,5 2051
99-MH4475-3 <LD <LD <LD <LD 0,33 <LD <LD 114,7 0,64 <LD <LD <LD <LD <LD 0,76 <LD 12,40 1000 16,82 54,1 63,6 7,84 1376,1 91,0 4095
11-PB-4139A1 1117 42 0,51 26 23,43 1,60 0,07 296,4 1,50 0,21 0,69 0,58 <LD 0,14 9,20 1,07 40,30 834 19,05 175,9 73,0 13,87 1059,2 26,4 672
11-PB-4139A2 <LD <LD <LD <LD 3,36 0,52 0,07 241,9 1,06 0,57 16,86 1,26 0,04 6,64 1,20 <LD 54,17 764 2,99 318,3 27,1 20,15 1078,2 27,1 680
11-PB-4139A3 <LD 41 0,37 <LD 70,15 0,79 0,07 212,4 1,55 0,34 1,20 1,05 <LD 0,07 35,92 16,35 52,85 979 44,53 152,7 254,0 23,32 1293,6 30,1 741
LD 726 21 0,03 13 0,09 0,04 0,05 1,3 0,22 0,06 0,14 0,14 0,02 0,05 0,57 0,48 0,20 1 0,09 0,8 0,9 0,11 0,2 0,5 1
226

Claste Si Ca Y P Pb Zr Hf Al Ge W Sn Sc Ta Nb Cu Mo Ga Mn Mg Ti Zn Co V Ni Cr
Monzodirorite quartzifère
7505-E <LD <LD <LD <LD 0,37 <LD <LD 535,8 0,60 <LD <LD 0,50 <LD <LD <LD <LD 12,88 1331 13,87 332,9 87,5 14,39 708,8 45,1 738
7505-E1 <LD <LD <LD <LD 0,34 <LD <LD 499,3 0,71 <LD <LD 0,42 <LD <LD <LD <LD 11,11 1361 22,05 301,5 125,4 14,72 703,0 45,6 764
Tonalite 1
7505C-1 <LD <LD 0,50 <LD 0,79 0,16 <LD 783,3 1,22 <LD 0,21 1,58 <LD <LD 3,21 <LD 44,90 1351 23,87 377,4 159,7 7,28 2033,1 11,0 1744
7505C-2 <LD <LD <LD <LD 0,18 <LD <LD 857,0 1,03 <LD 0,22 2,81 <LD <LD 1,31 <LD 52,85 2032 62,93 635,1 192,0 3,44 2051,3 8,4 1668
7505C-3 <LD <LD <LD <LD <LD <LD <LD 768,7 0,96 <LD <LD 1,85 <LD <LD <LD <LD 47,52 1475 34,97 422,7 134,1 8,67 2004,6 10,4 1473
7505C-4 <LD <LD <LD <LD 0,19 <LD <LD 865,1 0,86 <LD 0,16 2,02 <LD <LD <LD <LD 40,37 1702 17,67 491,3 163,2 9,33 1783,4 11,1 1501
7505C-5 <LD <LD <LD <LD 0,12 <LD <LD 957,8 0,88 <LD <LD 2,09 <LD <LD <LD <LD 46,94 1749 22,63 532,2 246,7 9,72 1986,3 9,7 1402
LD 726 21 0,03 13 0,09 0,04 0,05 1,3 0,22 0,06 0,14 0,14 0,02 0,05 0,57 0,48 0,20 1 0,09 0,8 0,9 0,11 0,2 0,5 1
227

8.11. Liste des échantillons des plutons de la Sous-province de La Grande dont les
magnétites ont été analysées par LA-ICP-MS (annexe 8.10).

Échantillon magnétite Lithologie Pluton


2000-ST-3237A I2G - Monzodiorite quartzifère Suite de Bezier
1999-JG-1117A I1C - Granodiorite Suite de Bezier
2000-MC-5021A I2H - Monzodiorite Suite de Bezier
2000-JG-1520A I2G - Monzodiorite quartzifère Suite de Bezier
1999-JG-1097A I1C - Granodiorite Intrusions de Duncan
1997-JG-1720 I2H - Monzodiorite Intrusions de Duncan
1998-MB-21 I2J - Diorite Intrusions de Duncan
1998-MB-25 I2I - Diorite quartzifère Complexe de Langelier
1999-MH-4619A I1D - Tonalite Complexe de Langelier
2011-DB-2024A I1D - Tonalite Complexe de Langelier
2011-CS-6226A I1D - Tonalite Complexe de Langelier
2011-QD-7045A I1D - Tonalite Pluton de Nochet
2011-AM-9090A I1D - Tonalite Pluton de Nochet
2011-SL-8114A I1B - Granite Pluton de Nochet
2011-GM-5396A I1C - Granodiorite Pluton de Nochet
2011-SL-8073A I1C - Granodiorite Pluton de Fontay
2011-AM-9001 I2G - Monzodiorite quartzifère Pluton de Fontay
2011-PB-4139A I1M - Monzogranite Pluton de Fontay
2002-CD-1009A I2F - Monzonite Porphyre sans nom local
1998-MB-17 I2D - Syénite Syénite du Lac Bruce
2012-JG-1092A I1D - Tonalite Intrusion de Kamusaawach
2011-PB-4315A I2G - Monzodiorite quartzifère Suite de Salleneuve
2011-SL-8122A I2G - Monzodiorite quartzifère Suite de Salleneuve
2011-GM-5425A I2G - Monzodiorite quartzifère Suite de Salleneuve
2011-EN-9546A I1D - Tonalite Pluton de poste Le Moyne
1998-MB-001 I1B - Granite Pluton de Radisson
1999-MH-4469 I2G - Monzodiorite quartzifère Pluton de Radisson
1999-MH-4475 I2G - Monzodiorite quartzifère Pluton de Radisson
JG-001A I2H - Monzodiorite Pluton de Radisson
1999-JG-1175A I2E - Monzonite quartzifère Pluton de Radisson
228

Annexe 8.12. Liste des numéros SGDAC, et des localisations des échantillons.

SGDAC Géologue Affleureument Lettre Échantillon SNRC Estant Nordant


2012056742 QD 7504 C 2012-QD-7504C 33G09 555979 5930655
2012056753 QD 7504 D 2012-QD-7504D 33G09 555970 5930639
2012056754 QD 7504 E 2012-QD-7504E 33G09 555967 5930613
2012056789 QD 7504 F 2012-QD-7504F 33G09 555971 5930622
2012056732 QD 7504 G 2012-QD-7504G 33G09 555900 5930604
2012056773 QD 7504 H 2012-QD-7504H 33G09 555940 5930601
2012056755 QD 7505 C 2012-QD-7505C 33H13 584881 5960938
2012056756 QD 7505 D 2012-QD-7505D 33H13 584880 5960941
2012056743 QD 7505 E 2012-QD-7505E 33H13 584885 5960951
2012056764 QD 7505 F 2012-QD-7505F 33H13 584888 5960960
2012056733 QD 7505 G 2012-QD-7505G 33H13 584902 5960977
2012056774 QD 7505 H 2012-QD-7505H 33H13 584888 5960960
2012056786 QD 7505 J 2012-QD-7505J 33H13 584908 5960978
2012056746 DB 1054 C 2012-DB-1054C 33G07 510172 5924594
2012056747 DB 1054 D 2012-DB-1054D 33G07 510172 5924594
2012056745 DB 1054 E 2012-DB-1054E 33G07 510173 5924592
2012056785 DB 1054 F 2012-DB-1054F 33G07 510175 5924592
53299 QD 7503 A5 QD-2011-7503-A5 33G09 555900 5930604
53301 QD 7504 A1 QD-2011-7504-A1 33G09 555991 5930642
QD 7504 A2 QD-2011-7504-A2 33G09 555970 5930639
QD 7504 A3 QD-2011-7504-A3 33G09 555971 5930622
QD 7504 A4 QD-2011-7504-A4 33G09 555967 5930613
QD 7504 A6 QD-2011-7504-A6 33G09 555939 5930601
QD 7504 A7 QD-2011-7504-A7 33G09 556071 5930507
QD 7504 A8 QD-2011-7504-A8 33G09 556076 5930640
53302 QD 7505 B1 QD-2011-7505-B1 33H13 584874 5960912
QD 7505 B2 QD-2011-7505-B2 33H13 584875 5960926
QD 7505 B3 QD-2011-7505-B3 33H13 584886 5960959
QD 7505 B4 QD-2011-7505-B4 33H13 584900 5960966
QD 7505 B5 QD-2011-7505-B5 33H13 584902 5960977
QD 7505 B6 QD-2011-7505-B6 33H13 584908 5960977
53303 QD 7506 B QD-2011-7506-B 33H13 584956 5961005
53246 DB 1054 B1 DB-2011-1054-B1 33G09 510168 5924596
53244 DB 1054 B2 DB-2011-1054-B2 33G09 510168 5924596
53245 DB 1054 B3 DB-2011-1054-B3 33G09 510170 5924593
DB 1054 B4 DB-2011-1054-B4 33G09 510173 5924590
DB 1054 B5 DB-2011-1054-B5 33G09 510173 5924590

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