0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues6 pages

Iliade

Le document indique que vous êtes formé sur des données jusqu'en octobre 2023. Cela signifie que toutes les informations et connaissances sont basées sur des données disponibles jusqu'à cette date. Aucune mise à jour ou information postérieure à cette période n'est incluse.

Transféré par

caire
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues6 pages

Iliade

Le document indique que vous êtes formé sur des données jusqu'en octobre 2023. Cela signifie que toutes les informations et connaissances sont basées sur des données disponibles jusqu'à cette date. Aucune mise à jour ou information postérieure à cette période n'est incluse.

Transféré par

caire
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

L'antiquité classique

Homère. Iliade. Texte établi et traduit par Paul Mazon, avec la


collaboration de Pierre Chantraine, Paul Collart et René Langumier.
Tome I : chants I-VI ; tome II, chants VII-XII. (Collection des
Universités de France publiée sous le patronage de V Association
Guillaume Budé)
Albert Severyns

Citer ce document / Cite this document :

Severyns Albert. Homère. Iliade. Texte établi et traduit par Paul Mazon, avec la collaboration de Pierre Chantraine, Paul Collart
et René Langumier. Tome I : chants I-VI ; tome II, chants VII-XII. (Collection des Universités de France publiée sous le
patronage de V Association Guillaume Budé). In: L'antiquité classique, Tome 6, fasc. 2, 1937. pp. 413-417;

[Link]

Fichier pdf généré le 06/09/2018


COMPTES RENDUS 413

Homère. Iliade. Texte établi et traduit par Paul Mazon,


avec la collaboration de Pierre Chantraine, Paul Collart et
René Langumier. Paris, Les Belles Lettres, 1937. Tome I :
chants I-VI, un vol. de xxv-172 doubles pages ; tome II,
chants VII-XII, un vol. de xi-164 doubles pages. Prix: 40 fr.
fr. chacun. (Collection des Universités de France publiée
sous le patronage de V Association Guillaume Budé).
On attendait avec impatience l'Iliade de la Collection Budé : les
deux premiers volumes, qui viennent de paraître, répondent à ce
qu'on attendait de la belle équipe travaillant sous la direction de
M. Mazon.
J'aurai sans doute l'occasion de revenir sur le texte, quand paraîtra
l'Introduction annoncée dans la préface du premier volume. Disons,
dès maintenant, qu'il est conservateur, dans la mesure où peut l'être
un texte qui présente la caractéristique d'être une vulgate. Les
ont voulu donner le texte le plus répandu en Grèce et à Rome
vers le premier siècle avant notre ère. Et ainsi, la présence, dans
d'un linguiste comme M. Chantraine n'a pas eu pour résultat de
faire disparaître un monstre linguistique comme έπιδημίον όκρνόεν-
τος, car ce monstre est, si je suis dire, traditionnel et doit
figurer dans une édition de la vulgate. De même, la présence
d'un papyrologue comme M. Collart n'a pas entraîné le droit de cité
pour de nombreuses variantes ou vers connus par les papyrus, car
ces vers ou variantes n'appartiennent pas à la tradition. Pour achever
ces quelques considérations d'ordre critique, disons encore que la
rédaction de l'apparat est un modèle de clarté ; assurément, il déroute
au premier abord, mais on se familiarise assez vite avec la méthode
originale employée ici ; en particulier, on notera la subdivision
numerus versuum, qui rassemble toutes les indications
d'intéresser Γ« effectif » des vers du poème.
J'en viens à la traduction.
Depuis longtemps déjà, M. Mazon s'est rendu célèbre par sa
de traduire les textes grecs. Avant qu'ait paru l'Eschyle, qui fut,
pour beaucoup, une révélation, il avait publié (ne je sais plus
d'années avant la guerre) une traduction de l'Orestie, que Jean
Richepin fit connaître au grand public dans ses conférences
sur la tragédie grecque. Depuis lors, M. Mazon a encore traduit
Hésiode, ce qui lui a permis — qu'on me passe l'expression — de se
faire la main dans l'art difficile de rendre en français des hexamètres
épiques. Il était donc tout désigné pour donner à la Collection Budé
le digne pendant de cette admirable Odyssée qui immortalisera le
nom de Victor Bérard. Sur la plupart des traducteurs, M. Mazon a
une double supériorité : il a, au plus haut degré, le sens de la langue
grecque et, de plus, il possède sa langue maternelle avec une maîtrise
que pourraient lui envier beaucoup de ses confrères de l'autre
celle qui, par droit d'aînesse, monopolise l'épithète de Française.
414 COMPTES RENDUS

On se convainc de cette maîtrise en lisant les pages lumineuses de


la préface, dont il faut, pour être équitable, supprimer une seule
phrase, celle où M. Mazon prétend qu'il n'est arrivé qu'à prouver,
une fois de plus, qu'Homère est intraduisible. Il faut savoir gré à
M. Mazon, dont la voix trouvera un long écho, d'avoir dit avec
netteté et franchise qu'Homère n'est pas un poète comme un autre,
qu'il compose en improvisateur, avec le style traditionnel de
orale, qu'il assemble, non point des mots isolés, mais
des formules toutes faites qui remplissent un cadre métrique
Il faut remercier un homme de goût comme M. Mazon d'avoir
proclamé hautement qu'un style de ce genre, pour étrange et choquant
qu'il nous paraisse, peut donner et donne effectivement une
de vie et de fraîcheur. L'art du poète homérique consiste
dans le mouvement personnel qu'il imprime à ces formules
anonymes, qu'un usage plusieurs fois séculaire risquait de rendre
sèches et machinales.
On voit, dès lors, l'espèce de miracle dont on demande la
au malheureux traducteur d'Homère : employer (après l'avoir
recréée de toutes pièces) une diction formulaire, qui rappelle un long
passé épique, mais garder néanmoins le mouvement, qui appartient
en propre à Homère. M. Mazon s'est résigné à un compromis entre
ces deux extrêmes. Pourtant, il a généralement sacrifié la formule au
mouvement. Je ne lui en ferai aucun reproche, bien que,
j'eusse accentué celle-là au détriment de celui-ci. Mais je dois
reconnaître, pour en avoir fait l'expérience, qu'une tentative de «
formulaire » ne paie pas les peines qu'on se donne pour la
et que le découragement vient après deux ou trois chants

L' « honnête homme » éprouvera peut-être quelque étonnement en


lisant cette traduction nouvelle. Elle diffère de celle de Bérard en ce
qu'elle livre moins directement le secret de sa beauté. Là où Bérard
gardait partout un rythme propre à la récitation, M. Mazon emploie
une prose dont le rythme n'est pas l'élément essentiel. Là où Bérard
nous donnait un Homère assez fluide, baignant dans une grâce tout
ionienne, M. Mazon nous donne un Homère plus viril, je dirais
plus dorien, si je ne craignais de commettre un crime de lèse-
littérature.
Certains détails contribuent à donner cette impression de vigueur,
par exemple l'emploi constant du présent historique et surtout le
sort fait aux fameuses « épithètes homériques ». M. Mazon les atténue
le plus possible, et il a raison dans le principe. Car les auditeurs
ne donnaient pas à ces épithètes la valeur que nous leur
nous, en les décomposant. M. Mazon dira, par exemple :
l'Archer Apollon, la vierge aux yeux vifs, Héré aux grands yeux, la
jolie Chryséis, etc. : de cette manière, l'attention du lecteur moderne
n'est pas sollicitée à contre-temps par une longue périphrase
à une épithète qui, pour l'auditeur ancien, passait
Pourtant, M. Mazon en garde quelques-unes, telle l'Aurore aux
COMPTES RENDUS 415

doigts de rose, qui, elle-même, est devenue en quelque sorte


dans une traduction française. J'en aurais cependant conservé
davantage. Ainsi, M. Mazon, fidèle à son principe général, traduit par
longue javeline ce qui, dans Homère, est une pique à l'ombre longue.
Même un auditeur d'Homère devait sentir l'image contenue dans
cette riche épithète ; d'autre part, son expulsion a ceci de regrettable
que nous retrouverons la même longue lance là où l'original se
d'une épithète aussi quelconque que μακρός.
Une autre habileté du traducteur, c'est d'avoir, comme le poète
lui-même, mélangé l'archaïque et le moderne : des mots comme un
vilain, les ouailles, créent une ambiance désuète, tandis que les
vaches ou faire l'idiot ont une saveur toute moderne.
Tout cela donne du nerf à la traduction, comme aussi, d'ailleurs,
certains mots techniques employés à dessein pour rendre les mots de
métiers, tels accores, préceintes et d'autres, que le lecteur s'empressera
d'aller vérifier au dictionnaire.
, Le mérite le plus eminent de la traduction de M. Mazon, c'est le
mouvement dont il l'anime en le calquant sur le modèle. Voici, entre
mille, un exemple de ces phrases qui avancent au même pas que le
texte :
Le vent gonfle la toile en plein, et, tandis qu'autour de l'étrave en
marche, le flot bouillonne et siffle bruyamment, la nef va son chemin,
courant au fil du flot.
Mais outre ce mouvement, où il excelle, M. Mazon n'a pas dédaigné
les ressources de la prose rythmée et là encore, nous trouvons
réussites, qui nous font regretter que l'auteur n'ait pas
exploité ce mode d'expression. Craignant que le lecteur ne se
laisse bercer par un rythme indéfiniment répété, M. Mazon n'hésite
pas à le briser d'une manière à mon sens trop brutale. A la rigueur,
on admettrait une anacruse comme dans le vers :
II dit, et le vieux, à sa voix, prend peur et obéit
ou une coupure par l'apostrophe, comme dans le vers :
Un ordre de vous deux, déesse, est de ceux qu'on observe,
car la phrase, un instant boiteuse, retrouve son rythme en cours de
route. Mais dans des vers comme :
- Avec un lourd sanglot, Achille aux pieds rapides dit
et
Lors le divin Achille aux pieds infatigables dit,
la phrase, harmonieusement balancée jusqu'à la douzième syllabe
perd brusquement son équilibre et tombe à plat, sans que rien ne
justifie cette chute. Ce sont là de petites négligences qui
à une seconde édition.
Le plus souvent, M. Mazon traduit métriquement les formules de
4l6 COMPTES RENDUS

l'original, tantôt (c'est le cas le plus fréquent) par un hexasyllabe,


comme :
à la cotte de bronze,
tantôt par un octosyllabe, comme :
dans le regret de la huée,
tantôt par un alexandrin, comme :
et de dessous les nefs, ils tirent les accores.
Mais il s'efforce aussi de rendre l'hexamètre par un alexandrin, par
exemple dans des phrases d'allure proverbiale, comme :
Qui obéit aux dieux, des dieux est écouté,
et surtout dans les phrases formulaires, si nombreuses, qu'Homère
emploie comme interlocutions, par exemple :
La déesse aux yeux pers, Athene, lui répond.
A propos de ces phrases formulaires, je me permettrai une remarque.
Deux vers formulaires identiques devraient toujours être traduits
d'identique façon. Or, à quelque cent hexamètres de distance, un seul
et même vers homérique est rendu de deux manières différentes :
Le roi Agamemnon en réponse lui dit
et
Le roi Agamemnon lors lui répond ainsi.
Ce n'est point là une négligence, mais bien plutôt un exemple de
style formulaire chez le traducteur lui-même. Dans le répertoire de
formules qu'il s'est constitué, il a pris, de deux types équivalents,
tantôt l'un et tantôt l'autre, exactement comme faisait Homère avec
les formules qu'il devait à la tradition.
Ce ne sont pas les seuls cas où M. Mazon a rendu l'original vers
pour vers. L'hexamètre épique ayant un nombre variable de syllabes,
le traducteur peut être amené à choisir un groupe plus long ou plus
court que l'alexandrin. C'est ainsi qu'on trouvera dans la traduction
de M. Mazon un magnifique octosyllabe :
Le soleil plonge et l'ombre vient.
Il préfère cependant un vers plus majestueux, du type 6+6+6, qui
donne de remarquables réussites, comme :
Prophète de malheur, jamais tu n'as rien dit qui fut fait pour
me plaire,
ou encore :
Comment les Achéens pourront près de leurs nefs combattre
sans dommage,
COMPTES REÑOÜS 417

et surtout :
C'est ainsi qu'on embarque et l'on vogue bientôt sur les
humides,
vers où le mouvement s'allie d'une manière si heureuse au rythme
anapestique choisi par le traducteur.
Mais comme on doit s'y attendre, il cherche le plus souvent à
l'hexamètre en un alexandrin. Voici quelques exemples :
Lors donc que tous sont là, formés en assemblée...
Le devin sans reproche lors se rassure et dit ...
Cet assaut terminé de brutales répliques ...
On m'en voudrait sans doute de ne pas ajouter à la liste un vers
admirable, d'une douceur toute racinienne :
Au pied d'un beau platane où coulait une eau claire.
Vers admirable, non seulement parce qu'il reproduit le mouvement
même de l'original, mais encore parce qu'il vibre d'un rythme
tout à fait adapté à l'image décrite : trois iambes calmes et
pour ainsi dire immobiles, un anapeste rapide (où coulait), puis un
bacchée, qui met comme un point d'orgue sur l'épithète finale.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette traduction : j'en ai
dit assez, je pense, pour faire sentir que c'est une prose d'art, et pour
donner au lecteur l'envie de la lire et de l'admirer.
A. Severyns.

Ettore Bignone, VAristotele perduto e la formazione


di Epicuro, Florence, « La Nuova Italia », s. d.,.
2 vol. de xvii-410 p. et 633 p., prix des 2 vol. 1. 60.
Rendre compte d'une manière fidèle et complète des deux énormes
volumes, pleins à craquer de richesses de toute espèce, que M. Bi°
gnone vient de consacrer à une question dont personne ne s'était avisé
de soupçonner l'importance, est une tâche peu commode. Malgré la
joie de la découverte d'un aspect neuf et inexploré dans le champ
de la philosophie ancienne, malgré l'abondance d'un style
et l'insistance captieuse d'une pensée remplie de vigueur et
d'audace, on hésite à s'aventurer, à la suite de M. Bignone, dans le
détail touffu et minutieux de cet ouvrage capital, tant l'attention
du lecteur se trouve immédiatement submergée par l'afflux de
neuves et originales. Sans doute, tout n'est pas récent dans ces
deux volumes : une partie assez importante en avait déjà été publiée
de façon dispersée dans diverses revues. Encore que ce procédé de
réunir un ensemble d'études relatives à un même sujet entraîne
fatalement des répétitions et comme un « télescopage » de plans, la
ligne directrice de l'œuvre se marquant plus dans l'intention qui
Tanime que dans le déploiement en sens unique de la pensée construe-

Vous aimerez peut-être aussi