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Planche 2 – Équations non linéaires
1 Méthode de point fixe
Exercice 1. Pour 𝑓 : R → R et 𝐼 ⊂ R, on considère la suite
𝑥 𝑘+1 = 𝑓 (𝑥 𝑘 ) (𝑘 ≥ 0), 𝑥 0 ∈ 𝐼.
Pour chacun des cas ci-dessous, étudier la convergence de la suite 𝑥 𝑘 . Lorsqu’elle converge, donner sa limite et son
ordre de convergence.
1. 𝑓 (𝑥) = sin(𝑥) et 𝐼 = [0, 𝜋/2]. 6. 𝑓 (𝑥) = 𝑥 + 𝑥 3 et 𝐼 = [0, 1].
2. 𝑓 (𝑥) = sinh(𝑥) et 𝐼 = [0, ∞[. 7. 𝑓 (𝑥) = 1 + 𝑥 − 𝑥 3 et 𝐼 = R.
3. 𝑓 (𝑥) = 𝑥 4 et 𝐼 = [0, 1]. 8. 𝑓 (𝑥) = 2𝑥(1 − 𝑥), 𝐼 = [1/3, 3/5].
√
4. 𝑓 (𝑥) = cos(1/(1 + 𝑥)) et 𝐼 = [0, 1]. 9. 𝑓 (𝑥) = 12 (𝑥 + 𝑎/𝑥) avec 𝑎 > 0 et 𝐼 = [ 𝑎, ∞[.
5. 𝑓 (𝑥) = 𝑥 − 𝑥 3 et 𝐼 = [0, 1]. 10. 𝑓 (𝑥) = (1/2)𝑒 −𝑥 et 𝐼 = [0, ∞[.
Exercice 2. Soit 𝐼 = [𝑎, 𝑏] ⊂ R un intervalle et 𝑓 ∈ 𝐶 1 (𝐼, R). Montrer que, si 𝑓 ′ s’annule en un voisinage d’un point
𝑐 ∈ ]𝑎, 𝑏[, alors il n’existe pas de poids 𝜔 > 0 telle que la fonction 𝑓 𝜔 (𝑥) = 𝑥 − 𝜔 𝑓 (𝑥) soit strictement contractante sur
𝐼. Qu’en concluez vous sur l’utilité de 𝑓 𝜔 pour calculer les zéros de 𝑓 ?
Exercice 3 (Choix de la fonction d’itération). On souhaite calculer le zéro 𝑥 = 1 de 𝑔(𝑥) = (𝑥 − 1)𝑒 𝑥 .
1. Quelle est la multiplicité de 𝑥 ?
2. Estimer le conditionnement absolu.
3. On utilise une itération de point fixe avec les fonctions d’itérations suivantes:
𝑥2 − 𝑥 + 1
𝑓0 (𝑥) = 𝑥 − 𝑔(𝑥), 𝑓1 (𝑥) = ln(𝑥𝑒 𝑥 ), 𝑓2 (𝑥) = (𝑒 𝑥 + 𝑥)/(𝑒 𝑥 + 1), 𝑓3 (𝑥) = .
𝑥
Pour chaque fonction 𝑓𝑖 , étudier la convergence locale de l’itération et donner l’ordre de convergence.
Exercice 4 (Choix de la fonction d’itération). On souhaite calculer les zéros de 𝑔(𝑥) = 𝑥 2 − 𝑥 − 2.
1. Donner les deux zéros 𝑥 1 et 𝑥 2 .
2. On utilise une itération de point fixe avec les fonctions d’itérations suivantes:
√ √
𝑓0 (𝑥) = 𝑥 + 𝑔(𝑥), 𝑓1 (𝑥) = 2 + 𝑥, 𝑓2 (𝑥) = − 2 + 𝑥, 𝑓3 (𝑥) = 1 + 2/𝑥.
Pour chaque fonction 𝑓𝑖 , déterminer si l’itération de point fixe associée permet de calculer 𝑥1 , 𝑥 2 , ou ni l’un ni
l’autre.
Exercice 5 (Choix de la fonction d’itération). On souhaite calculer les zéros de 𝑔(𝑥) = (2𝑥 2 − 3𝑥 − 2)/(𝑥 − 1).
1. Donner les deux zéros 𝑥 1 et 𝑥 2 .
2. On utilise une itération de point fixe avec les fonctions d’itérations suivantes:
3𝑥 2 − 4𝑥 − 2 𝑥
𝑓0 (𝑥) = , 𝑓1 (𝑥) = 𝑥 − 2 + .
𝑥−1 𝑥−1
Pour chaque fonction 𝑓𝑖 , déterminer quel zéro l’itération de point fixe associée permet de calculer. Préciser l’ordre
de convergence.
2 Méthode de Newton
Exercice 6 (Convergence locale). Pour chacune des équations ci-dessous: écrire la méthode de Newton et étudier sa
convergence locale (limite(s) et ordre).
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1. 𝑥 2 = 𝑎, 𝑎 ≥ 0. 4. (𝑥 − 𝑎) 2 (𝑥 − 𝑏) = 0, 𝑎 ≠ 𝑏.
2. sin(𝑥) = 0. 5. 𝑥 = 𝑥 3 .
3. sin(𝑥) = 𝑥. 6. 𝑥(2 − 𝑎𝑥) = 0, 𝑎 ≠ 0.
√
Exercice 7 (Convergence globale). Soit 𝑔 : R → R telle que 𝑔(𝑥) = 1 + 𝑥 2 . Montrer que la méthode de Newton pour
𝑔 ′ (𝑥) = 0 satisfait les propriétés suivantes:
1. Si |𝑥0 | < 1, alors 𝑔(𝑥 𝑘 ) est décroissante et 𝑥 𝑘 → 0.
2. Si |𝑥0 | > 1, alors 𝑔(𝑥 𝑘 ) est croissante et 𝑥 𝑘 diverge.
Exercice 8. Soit 𝑓 : ]0, ∞[→ R définie par 𝑓 (𝑥) = ln(𝑥) et 𝑥 = 1 son zéro. Montrer que la méthode de Newton
converge vers 𝑥 si et seulement si 𝑥0 ∈]0, 𝑒[.
Exercice 9 (Méthode de Newton modifiée). Soit 𝑓 ∈ 𝐶 3 (R, R) telle que l’équation 𝑓 (𝑥) = 0 admette une unique
solution 𝑥.
1. Écrire la méthode de Newton sous la forme d’une itération de point fixe 𝑥 𝑘+1 = 𝜙(𝑥 𝑘 ), 𝑘 ≥ 0. Préciser le domaine
de définition de 𝜙.
On suppose maintenant que 𝑥 est un zéro de multiplicité 𝑚 ≥ 2.
2. Montrer que 𝜙 et 𝜙 ′ sont prolongeable par continuité en 𝑥.
3. En supposant que 𝑥 𝑘 → 𝑥, montrer que la convergence n’est que linéaire.
On introduit une méthode de Newton modifiée:
𝑓 (𝑥 𝑘 )
𝑥 𝑘+1 = 𝑥 𝑘 − 𝑚 𝑘 (𝑘 ≥ 0).
𝑓 ′ (𝑥 𝑘 )
4. Donner une expression de 𝑚 𝑘 en fonction de 𝑚 qui permet d’obtenir une convergence quadratique.
5. Si l’on ne connaît pas la multiplicité 𝑚 à l’avance, il faut choisir 𝑚 𝑘 tel que 𝑚 𝑘 → 𝑚 lorsque 𝑥 𝑘 → 𝑥. En utilisant
l’expression de 𝜙 ′ (𝑥) trouvée au début de l’exercice, montrer que
𝑥 𝑘−1 − 𝑥 𝑘−2
𝑚𝑘 =
2𝑥 𝑘−1 − 𝑥 𝑘 − 𝑥 𝑘−2
est un choix satisfaisant.
Exercice 10 (Convergence globale). Soit 𝑓 : R → R définie par 𝑓 (𝑥) = 𝑒 𝑥 − 1. Pour 𝑥 0 ∈ R, on note (𝑥 𝑘 ) 𝑘 ∈N la suite
des itérés construits par la méthode de Newton pour la recherche d’un zéro de 𝑓 .
1. Montrer que pour tout 𝑥0 ∈ R, la suite (𝑥 𝑘 ) 𝑘 ∈N est bien définie.
2. Montrer que la suite (𝑥 𝑘 ) 𝑘 converge en un nombre fini d’itérations si et seulement si 𝑥0 = 0.
3. Montrer que si 𝑥0 < 0 alors 𝑥1 > 0.
4. Montrer que si 𝑥0 > 0 alors 0 < 𝑥1 < 𝑥0 .
5. Montrer que la suite (𝑥 𝑘 ) 𝑘 converge et donner sa limite.
Exercice 11 (Ordre de la méthode de Newton). Soit 𝑓 ∈ 𝐶 2 (R, R) une fonction qui admet un zéro simple 𝑥. Soit 𝑥 𝑘 la
suite définie par
𝑓 (𝑥)
𝑥 𝑘+1 = 𝜙(𝑥 𝑘 ) (𝑘 ≥ 0), 𝜙(𝑥) = 𝑥 − ′ . (1)
𝑓 (𝑥)
1. Supposons que 𝑓 soit 𝐶 3 . Montrer qu’il existe un voisinage 𝐼 de 𝑥 tel que si 𝑥0 ∈ 𝐼, alors 𝑥 𝑘 → 𝑥 quadratiquement.
On souhaite maintenant étudier la convergence de 𝑥 𝑘 en supposant uniquement que 𝑓 soit 𝐶 2 .
2. Soit 𝐽 un voisinage de 𝑥 tel que 𝑓 ′ (𝑥) ≠ 0 pour 𝑥 ∈ 𝐽. Montrer qu’il existe une constante 𝐶 telle que
∀𝑥 ∈ 𝐽, |𝜙 ′ (𝑥)| ≤ 𝐶 |𝑥 − 𝑥|.
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3. Montrer que
𝐶
∀𝑥 ∈ 𝐽, |𝜙(𝑥) − 𝑥| ≤|𝑥 − 𝑥| 2 .
2
En déduire qu’il existe un ensemble 𝐼 ⊂ 𝐽 tel que 𝜙 est une contraction sur 𝐼.
4. En déduire que, si 𝑥0 ∈ 𝐼, alors
𝑘
𝑥 𝑘 = 𝑥 + O (𝑟 2 )
où 𝑟 ∈ (0, 1).
3 Méthodes de quasi-Newton
Exercice 12 (Méthode de Steffensen). Soit 𝑓 ∈ 𝐶 2 (R, R). Pour résoudre 𝑓 (𝑥) = 0 on s’intéresse ici à la méthode de
Steffensen:
𝑓 (𝑥 𝑘 ) 𝑓 (𝑥 𝑘 + 𝑓 (𝑥 𝑘 )) − 𝑓 (𝑥 𝑘 )
𝑥 𝑘+1 = 𝑥 𝑘 − , 𝑞𝑘 = (𝑘 ≥ 0).
𝑞𝑘 𝑓 (𝑥 𝑘 )
Supposons que 𝑓 admette un zéro 𝑥 de multiplicité 1. Montrer qu’il existe un voisinage 𝐼 de 𝑥 tel que, si 𝑥0 ∈ 𝐼, alors
𝑥 𝑘 → 𝑥 quadratiquement.
Exercice 13 (Méthode de la sécante). Soit 𝑓 ∈ 𝐶 2 (R, R). La méthode de la sécante pour 𝑓 (𝑥) = 0 est
𝑓 (𝑥 𝑘 ) 𝑓 (𝑥 𝑘 ) − 𝑓 (𝑥 𝑘−1 )
𝑥 𝑘+1 = 𝑥 𝑘 − , 𝑞𝑘 = (𝑘 ≥ 1),
𝑞𝑘 𝑥 𝑘 − 𝑥 𝑘−1
où deux valeurs initiales (𝑥 0 , 𝑥1 ) sont nécessaire. On suppose que 𝑓 admet un zéro 𝑥 de multiplicité 1 et on souhaite
étudier la convergence de 𝑥 𝑘 vers 𝑥. On note 𝐽 un voisinage de 𝑥 tel que 𝑓 ′ (𝑥) ≠ 0 pour tout 𝑥 ∈ 𝐽.
1. On défini le taux d’accroissement
𝑓 (𝑥) − 𝑓 (𝑦)
∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 : 𝑥 ≠ 𝑦, 𝜏(𝑥, 𝑦) = .
𝑥−𝑦
Montrer que 𝜏, 𝜕𝑥 𝜏, et 𝜕𝑦 𝜏 sont prolongeables par continuité en {𝑥 = 𝑦}.
Dans la suite on considère que 𝜏 ∈ 𝐶 1 (𝐼 × 𝐼, R). On introduit les constantes
𝑚 𝑖 = min | 𝑓 (𝑖) |, 𝑀𝑖 = max | 𝑓 (𝑖) |.
𝑥 ∈𝐽 𝑥 ∈𝐽
2. Montrer que pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 , on a
1 1
𝑚 1 ≤ |𝜏(𝑥, 𝑦)|, |𝜕𝑥 𝜏(𝑥, 𝑦)| ≤ 𝑀2 , 𝜕𝑦 𝜏(𝑥, 𝑦) ≤ 𝑀2 .
2 2
3. Montrer que pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 , on a
𝑀2
| 𝑓 (𝑥)| ≤ 𝑀1 |𝑥 − 𝑥|, |𝜏(𝑥, 𝑦) − 𝑓 ′ (𝑥)| ≤ |𝑦 − 𝑥|.
2
Soit 𝜙 la fonction d’itération définie par
𝑓 (𝑥)
𝜙(𝑥, 𝑦) = 𝑥 − ((𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 ).
𝜏(𝑥, 𝑦)
4. En utilisant les estimations obtenues aux questions précédentes, montrer que: pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 ,
𝑀2 𝑀1 𝑀2 𝑀1 𝑀2
|𝜕𝑥 𝜙(𝑥, 𝑦)| ≤ |𝑦 − 𝑥| + 2
|𝑥 − 𝑥|, |𝜕𝑦 𝜙(𝑥, 𝑦)| ≤ |𝑥 − 𝑥|,
2𝑚 1 2𝑚 1 2𝑚 12
et en déduire qu’il existe une constante 𝐶 ≥ 0 telle que, pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 ,
|𝜙(𝑥, 𝑦) − 𝑥| ≤ 𝐶 |𝑥 − 𝑥| max [|𝑥 − 𝑥|, |𝑦 − 𝑥|] . (2)
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5. Définir un ensemble 𝐼 tel que si (𝑥0 , 𝑥1 ) ∈ 𝐼 2 , alors 𝑥 𝑘 ∈ 𝐼 pour tout 𝑘 ≥ 2 et 𝑥 𝑘 → 𝑥.
6. Montrer que, si (𝑥0 , 𝑥1 ) ∈ 𝐼 2 , alors il existe 𝑟 ∈ (0, 1) tel que
𝑥 𝑘 − 𝑥 = O (𝑟 𝑝𝑘 ),
où 𝑝 𝑘 est la suite de Fibonacci: ( 𝑝 0 , 𝑝 1 ) = (0, 1) et 𝑝 𝑘+1 = 𝑝 𝑘 + 𝑝 𝑘−1 .
7. Donner l’expression de 𝑝 𝑘 en fonction de 𝑘. Comparer la rapidité de convergence à celle que l’on obtiendrait
avec la méthode du point fixe et la méthode de Newton.