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Le document traite des méthodes numériques pour résoudre des équations non linéaires, incluant la méthode de point fixe et la méthode de Newton. Il présente divers exercices sur l'étude de la convergence de suites générées par ces méthodes, ainsi que des cas spécifiques d'itérations et de choix de fonctions. Les exercices abordent également des concepts tels que la multiplicité des zéros et les méthodes de quasi-Newton.

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Aix-Marseille Université – L3 Maths – Analyse numérique Page 1/4

Planche 2 – Équations non linéaires


1 Méthode de point fixe
Exercice 1. Pour 𝑓 : R → R et 𝐼 ⊂ R, on considère la suite
𝑥 𝑘+1 = 𝑓 (𝑥 𝑘 ) (𝑘 ≥ 0), 𝑥 0 ∈ 𝐼.
Pour chacun des cas ci-dessous, étudier la convergence de la suite 𝑥 𝑘 . Lorsqu’elle converge, donner sa limite et son
ordre de convergence.

1. 𝑓 (𝑥) = sin(𝑥) et 𝐼 = [0, 𝜋/2]. 6. 𝑓 (𝑥) = 𝑥 + 𝑥 3 et 𝐼 = [0, 1].


2. 𝑓 (𝑥) = sinh(𝑥) et 𝐼 = [0, ∞[. 7. 𝑓 (𝑥) = 1 + 𝑥 − 𝑥 3 et 𝐼 = R.

3. 𝑓 (𝑥) = 𝑥 4 et 𝐼 = [0, 1]. 8. 𝑓 (𝑥) = 2𝑥(1 − 𝑥), 𝐼 = [1/3, 3/5].



4. 𝑓 (𝑥) = cos(1/(1 + 𝑥)) et 𝐼 = [0, 1]. 9. 𝑓 (𝑥) = 12 (𝑥 + 𝑎/𝑥) avec 𝑎 > 0 et 𝐼 = [ 𝑎, ∞[.
5. 𝑓 (𝑥) = 𝑥 − 𝑥 3 et 𝐼 = [0, 1]. 10. 𝑓 (𝑥) = (1/2)𝑒 −𝑥 et 𝐼 = [0, ∞[.

Exercice 2. Soit 𝐼 = [𝑎, 𝑏] ⊂ R un intervalle et 𝑓 ∈ 𝐶 1 (𝐼, R). Montrer que, si 𝑓 ′ s’annule en un voisinage d’un point
𝑐 ∈ ]𝑎, 𝑏[, alors il n’existe pas de poids 𝜔 > 0 telle que la fonction 𝑓 𝜔 (𝑥) = 𝑥 − 𝜔 𝑓 (𝑥) soit strictement contractante sur
𝐼. Qu’en concluez vous sur l’utilité de 𝑓 𝜔 pour calculer les zéros de 𝑓 ?
Exercice 3 (Choix de la fonction d’itération). On souhaite calculer le zéro 𝑥 = 1 de 𝑔(𝑥) = (𝑥 − 1)𝑒 𝑥 .
1. Quelle est la multiplicité de 𝑥 ?
2. Estimer le conditionnement absolu.
3. On utilise une itération de point fixe avec les fonctions d’itérations suivantes:
𝑥2 − 𝑥 + 1
𝑓0 (𝑥) = 𝑥 − 𝑔(𝑥), 𝑓1 (𝑥) = ln(𝑥𝑒 𝑥 ), 𝑓2 (𝑥) = (𝑒 𝑥 + 𝑥)/(𝑒 𝑥 + 1), 𝑓3 (𝑥) = .
𝑥
Pour chaque fonction 𝑓𝑖 , étudier la convergence locale de l’itération et donner l’ordre de convergence.
Exercice 4 (Choix de la fonction d’itération). On souhaite calculer les zéros de 𝑔(𝑥) = 𝑥 2 − 𝑥 − 2.
1. Donner les deux zéros 𝑥 1 et 𝑥 2 .
2. On utilise une itération de point fixe avec les fonctions d’itérations suivantes:
√ √
𝑓0 (𝑥) = 𝑥 + 𝑔(𝑥), 𝑓1 (𝑥) = 2 + 𝑥, 𝑓2 (𝑥) = − 2 + 𝑥, 𝑓3 (𝑥) = 1 + 2/𝑥.
Pour chaque fonction 𝑓𝑖 , déterminer si l’itération de point fixe associée permet de calculer 𝑥1 , 𝑥 2 , ou ni l’un ni
l’autre.
Exercice 5 (Choix de la fonction d’itération). On souhaite calculer les zéros de 𝑔(𝑥) = (2𝑥 2 − 3𝑥 − 2)/(𝑥 − 1).
1. Donner les deux zéros 𝑥 1 et 𝑥 2 .
2. On utilise une itération de point fixe avec les fonctions d’itérations suivantes:
3𝑥 2 − 4𝑥 − 2 𝑥
𝑓0 (𝑥) = , 𝑓1 (𝑥) = 𝑥 − 2 + .
𝑥−1 𝑥−1
Pour chaque fonction 𝑓𝑖 , déterminer quel zéro l’itération de point fixe associée permet de calculer. Préciser l’ordre
de convergence.

2 Méthode de Newton
Exercice 6 (Convergence locale). Pour chacune des équations ci-dessous: écrire la méthode de Newton et étudier sa
convergence locale (limite(s) et ordre).
Page 2/4 Aix-Marseille Université – L3 Maths – Analyse numérique

1. 𝑥 2 = 𝑎, 𝑎 ≥ 0. 4. (𝑥 − 𝑎) 2 (𝑥 − 𝑏) = 0, 𝑎 ≠ 𝑏.
2. sin(𝑥) = 0. 5. 𝑥 = 𝑥 3 .

3. sin(𝑥) = 𝑥. 6. 𝑥(2 − 𝑎𝑥) = 0, 𝑎 ≠ 0.



Exercice 7 (Convergence globale). Soit 𝑔 : R → R telle que 𝑔(𝑥) = 1 + 𝑥 2 . Montrer que la méthode de Newton pour
𝑔 ′ (𝑥) = 0 satisfait les propriétés suivantes:
1. Si |𝑥0 | < 1, alors 𝑔(𝑥 𝑘 ) est décroissante et 𝑥 𝑘 → 0.
2. Si |𝑥0 | > 1, alors 𝑔(𝑥 𝑘 ) est croissante et 𝑥 𝑘 diverge.
Exercice 8. Soit 𝑓 : ]0, ∞[→ R définie par 𝑓 (𝑥) = ln(𝑥) et 𝑥 = 1 son zéro. Montrer que la méthode de Newton
converge vers 𝑥 si et seulement si 𝑥0 ∈]0, 𝑒[.
Exercice 9 (Méthode de Newton modifiée). Soit 𝑓 ∈ 𝐶 3 (R, R) telle que l’équation 𝑓 (𝑥) = 0 admette une unique
solution 𝑥.
1. Écrire la méthode de Newton sous la forme d’une itération de point fixe 𝑥 𝑘+1 = 𝜙(𝑥 𝑘 ), 𝑘 ≥ 0. Préciser le domaine
de définition de 𝜙.
On suppose maintenant que 𝑥 est un zéro de multiplicité 𝑚 ≥ 2.
2. Montrer que 𝜙 et 𝜙 ′ sont prolongeable par continuité en 𝑥.
3. En supposant que 𝑥 𝑘 → 𝑥, montrer que la convergence n’est que linéaire.
On introduit une méthode de Newton modifiée:
𝑓 (𝑥 𝑘 )
𝑥 𝑘+1 = 𝑥 𝑘 − 𝑚 𝑘 (𝑘 ≥ 0).
𝑓 ′ (𝑥 𝑘 )
4. Donner une expression de 𝑚 𝑘 en fonction de 𝑚 qui permet d’obtenir une convergence quadratique.
5. Si l’on ne connaît pas la multiplicité 𝑚 à l’avance, il faut choisir 𝑚 𝑘 tel que 𝑚 𝑘 → 𝑚 lorsque 𝑥 𝑘 → 𝑥. En utilisant
l’expression de 𝜙 ′ (𝑥) trouvée au début de l’exercice, montrer que
𝑥 𝑘−1 − 𝑥 𝑘−2
𝑚𝑘 =
2𝑥 𝑘−1 − 𝑥 𝑘 − 𝑥 𝑘−2
est un choix satisfaisant.
Exercice 10 (Convergence globale). Soit 𝑓 : R → R définie par 𝑓 (𝑥) = 𝑒 𝑥 − 1. Pour 𝑥 0 ∈ R, on note (𝑥 𝑘 ) 𝑘 ∈N la suite
des itérés construits par la méthode de Newton pour la recherche d’un zéro de 𝑓 .
1. Montrer que pour tout 𝑥0 ∈ R, la suite (𝑥 𝑘 ) 𝑘 ∈N est bien définie.
2. Montrer que la suite (𝑥 𝑘 ) 𝑘 converge en un nombre fini d’itérations si et seulement si 𝑥0 = 0.
3. Montrer que si 𝑥0 < 0 alors 𝑥1 > 0.
4. Montrer que si 𝑥0 > 0 alors 0 < 𝑥1 < 𝑥0 .
5. Montrer que la suite (𝑥 𝑘 ) 𝑘 converge et donner sa limite.
Exercice 11 (Ordre de la méthode de Newton). Soit 𝑓 ∈ 𝐶 2 (R, R) une fonction qui admet un zéro simple 𝑥. Soit 𝑥 𝑘 la
suite définie par
𝑓 (𝑥)
𝑥 𝑘+1 = 𝜙(𝑥 𝑘 ) (𝑘 ≥ 0), 𝜙(𝑥) = 𝑥 − ′ . (1)
𝑓 (𝑥)
1. Supposons que 𝑓 soit 𝐶 3 . Montrer qu’il existe un voisinage 𝐼 de 𝑥 tel que si 𝑥0 ∈ 𝐼, alors 𝑥 𝑘 → 𝑥 quadratiquement.
On souhaite maintenant étudier la convergence de 𝑥 𝑘 en supposant uniquement que 𝑓 soit 𝐶 2 .
2. Soit 𝐽 un voisinage de 𝑥 tel que 𝑓 ′ (𝑥) ≠ 0 pour 𝑥 ∈ 𝐽. Montrer qu’il existe une constante 𝐶 telle que

∀𝑥 ∈ 𝐽, |𝜙 ′ (𝑥)| ≤ 𝐶 |𝑥 − 𝑥|.
Aix-Marseille Université – L3 Maths – Analyse numérique Page 3/4

3. Montrer que
𝐶
∀𝑥 ∈ 𝐽, |𝜙(𝑥) − 𝑥| ≤|𝑥 − 𝑥| 2 .
2
En déduire qu’il existe un ensemble 𝐼 ⊂ 𝐽 tel que 𝜙 est une contraction sur 𝐼.
4. En déduire que, si 𝑥0 ∈ 𝐼, alors
𝑘
𝑥 𝑘 = 𝑥 + O (𝑟 2 )
où 𝑟 ∈ (0, 1).

3 Méthodes de quasi-Newton
Exercice 12 (Méthode de Steffensen). Soit 𝑓 ∈ 𝐶 2 (R, R). Pour résoudre 𝑓 (𝑥) = 0 on s’intéresse ici à la méthode de
Steffensen:
𝑓 (𝑥 𝑘 ) 𝑓 (𝑥 𝑘 + 𝑓 (𝑥 𝑘 )) − 𝑓 (𝑥 𝑘 )
𝑥 𝑘+1 = 𝑥 𝑘 − , 𝑞𝑘 = (𝑘 ≥ 0).
𝑞𝑘 𝑓 (𝑥 𝑘 )
Supposons que 𝑓 admette un zéro 𝑥 de multiplicité 1. Montrer qu’il existe un voisinage 𝐼 de 𝑥 tel que, si 𝑥0 ∈ 𝐼, alors
𝑥 𝑘 → 𝑥 quadratiquement.
Exercice 13 (Méthode de la sécante). Soit 𝑓 ∈ 𝐶 2 (R, R). La méthode de la sécante pour 𝑓 (𝑥) = 0 est

𝑓 (𝑥 𝑘 ) 𝑓 (𝑥 𝑘 ) − 𝑓 (𝑥 𝑘−1 )
𝑥 𝑘+1 = 𝑥 𝑘 − , 𝑞𝑘 = (𝑘 ≥ 1),
𝑞𝑘 𝑥 𝑘 − 𝑥 𝑘−1

où deux valeurs initiales (𝑥 0 , 𝑥1 ) sont nécessaire. On suppose que 𝑓 admet un zéro 𝑥 de multiplicité 1 et on souhaite
étudier la convergence de 𝑥 𝑘 vers 𝑥. On note 𝐽 un voisinage de 𝑥 tel que 𝑓 ′ (𝑥) ≠ 0 pour tout 𝑥 ∈ 𝐽.

1. On défini le taux d’accroissement


𝑓 (𝑥) − 𝑓 (𝑦)
∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 : 𝑥 ≠ 𝑦, 𝜏(𝑥, 𝑦) = .
𝑥−𝑦
Montrer que 𝜏, 𝜕𝑥 𝜏, et 𝜕𝑦 𝜏 sont prolongeables par continuité en {𝑥 = 𝑦}.

Dans la suite on considère que 𝜏 ∈ 𝐶 1 (𝐼 × 𝐼, R). On introduit les constantes

𝑚 𝑖 = min | 𝑓 (𝑖) |, 𝑀𝑖 = max | 𝑓 (𝑖) |.


𝑥 ∈𝐽 𝑥 ∈𝐽

2. Montrer que pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 , on a


1 1
𝑚 1 ≤ |𝜏(𝑥, 𝑦)|, |𝜕𝑥 𝜏(𝑥, 𝑦)| ≤ 𝑀2 , 𝜕𝑦 𝜏(𝑥, 𝑦) ≤ 𝑀2 .
2 2

3. Montrer que pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 , on a


𝑀2
| 𝑓 (𝑥)| ≤ 𝑀1 |𝑥 − 𝑥|, |𝜏(𝑥, 𝑦) − 𝑓 ′ (𝑥)| ≤ |𝑦 − 𝑥|.
2

Soit 𝜙 la fonction d’itération définie par

𝑓 (𝑥)
𝜙(𝑥, 𝑦) = 𝑥 − ((𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 ).
𝜏(𝑥, 𝑦)

4. En utilisant les estimations obtenues aux questions précédentes, montrer que: pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 ,
𝑀2 𝑀1 𝑀2 𝑀1 𝑀2
|𝜕𝑥 𝜙(𝑥, 𝑦)| ≤ |𝑦 − 𝑥| + 2
|𝑥 − 𝑥|, |𝜕𝑦 𝜙(𝑥, 𝑦)| ≤ |𝑥 − 𝑥|,
2𝑚 1 2𝑚 1 2𝑚 12

et en déduire qu’il existe une constante 𝐶 ≥ 0 telle que, pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐽 2 ,

|𝜙(𝑥, 𝑦) − 𝑥| ≤ 𝐶 |𝑥 − 𝑥| max [|𝑥 − 𝑥|, |𝑦 − 𝑥|] . (2)


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5. Définir un ensemble 𝐼 tel que si (𝑥0 , 𝑥1 ) ∈ 𝐼 2 , alors 𝑥 𝑘 ∈ 𝐼 pour tout 𝑘 ≥ 2 et 𝑥 𝑘 → 𝑥.


6. Montrer que, si (𝑥0 , 𝑥1 ) ∈ 𝐼 2 , alors il existe 𝑟 ∈ (0, 1) tel que

𝑥 𝑘 − 𝑥 = O (𝑟 𝑝𝑘 ),

où 𝑝 𝑘 est la suite de Fibonacci: ( 𝑝 0 , 𝑝 1 ) = (0, 1) et 𝑝 𝑘+1 = 𝑝 𝑘 + 𝑝 𝑘−1 .


7. Donner l’expression de 𝑝 𝑘 en fonction de 𝑘. Comparer la rapidité de convergence à celle que l’on obtiendrait
avec la méthode du point fixe et la méthode de Newton.

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