Inphb
Inphb
Contents
2 Algèbre 4
3 Suites numériques 8
4 Trigonométrie 10
5 Analyse 12
6 Nombres complexes 14
7 Probabilités et dénombrement 15
8 Géométrie vectorielle 16
Secret 1
Pour multiplier un nombre à deux chiffres ab par 11 (sans retenue, si a + b < 10) : on écarte
les deux chiffres a et b, et on place leur somme a + b au milieu.
11 × ab = a (a + b) b
Démonstration
Soit n = 10a + b avec a, b ∈ {0, . . . , 9}. Alors :
Si a + b < 10, cette écriture correspond exactement à empiler les chiffres a, puis (a + b),
puis b dans le système décimal (centaines, dizaines, unités), ce qui donne bien a (a + b) b. Si
a + b ≥ 10, il y a une retenue à propager d’un rang vers la gauche, comme dans toute addition
posée.
Secret 2
Pour multiplier deux nombres proches de 100, on écrit chacun comme 100 − a et 100 − b (ou
100 + a), puis :
(100 − a)(100 − b) = 10 000 − 100(a + b) + ab.
Démonstration
Il s’agit d’un simple développement de produit :
Secret 3
Si N = n5 = 10n + 5, alors :
On multiplie le chiffre (ou nombre) qui précède le 5 par « lui-même plus 1 », et on colle « 25
» à la fin. Aucun calcul de carré compliqué n’est nécessaire.
Démonstration
Secret 4
Multiplier par 10, 100 ou 1000 est instantané (on ajoute des zéros). L’astuce consiste donc à
ramener une multiplication « bizarre » à une multiplication par une puissance de 10, suivie
d’une division simple.
Démonstration
10 100 100 10
Ces égalités découlent directement de 5 = , 25 = , 50 = , et 15 = 10 + 5 = 10 +
2 4 2 2
; la multiplication étant distributive et associative, on peut réorganiser les opérations dans
l’ordre le plus pratique.
Secret 5
Si deux facteurs sont symétriques autour d’un nombre « rond » c, écrire a = c − b, alors
a × (2c − a) = c2 − b2 (via a = c − b). Concrètement : (c − b)(c + b) = c2 − b2 .
Beaucoup de produits « bizarres » sont en fait des produits de la forme (nombre rond −
écart)×(nombre rond + écart). On calcule alors un simple carré moins un carré, souvent
immédiat.
Démonstration
Développement direct : (c − b)(c + b) = c2 + cb − bc − b2 = c2 − b2 .
Secret 6
Pour additionner rapidement une liste de nombres régulièrement espacés, on regroupe le pre-
mier avec le dernier, le deuxième avec l’avant-dernier, etc. : chaque paire donne la même
somme.
Démonstration
Voir la démonstration complète du Secret 13 (somme des n premiers entiers), qui est le cas
particulier le plus connu de cette méthode ; le principe se généralise à toute suite arithmétique
(Secret 14).
2 Algèbre
Secret 7
n
n
X n n−k k n n!
(a + b) = a b , = .
k k k!(n − k)!
k=0
Les coefficients nk sont ceux du triangle de Pascal : pas besoin de développer (a + b)n « à la
Démonstration
1013 = (100+1)3 = 1003 +3×1002 ×1+3×100×12 +13 = 1 000 000+30 000+300+1 = 1 030 301.
Secret 8
Si P (a) = 0 pour un nombre a « simple » (souvent 0, ±1, ±2), alors (x − a) divise P (x), et
on peut poursuivre la factorisation par division.
Avant de se lancer dans un calcul compliqué, on teste toujours quelques valeurs simples (1,
−1, 2, −2...) dans le polynôme. Si l’une d’elles annule le polynôme, on sait immédiatement
qu’un facteur (x − a) apparaît, ce qui simplifie tout le reste.
Démonstration
C’est le théorème du reste : la division euclidienne de P (x) par (x − a) s’écrit P (x) =
(x − a)Q(x) + r, où r est une constante (car deg(x − a) = 1). En évaluant en x = a :
P (a) = 0 · Q(a) + r = r. Donc r = P (a). Si P (a) = 0, le reste est nul, donc (x − a) divise
exactement P (x).
Secret 9
Pour évaluer P (x) = an xn + · · · + a1 x + a0 en x = c, on calcule en cascade :
Au lieu de calculer chaque puissance de x séparément (ce qui demande beaucoup de multipli-
cations), on « factorise en poupées russes » : P (x) = a0 + x(a1 + x(a2 + x(· · · ))). On ne fait
ainsi qu’une seule multiplication et une seule addition par étage.
Démonstration
Il suffit de développer l’écriture imbriquée :
a0 + x a1 + x(a2 + · · · + x(an−1 + xan ) · · · )
Secret 10
Si dans ax2 + bx + c = 0 le coefficient b est pair, on pose b = 2b′ . Les solutions s’écrivent alors
: √
−b′ ± b′2 − ac
x= .
a
Quand b est pair, cette version évite de calculer b2 (souvent un grand nombre) et de diviser
par 4 à la fin : les calculs sont plus petits et plus rapides.
Démonstration
Avec b = 2b′ , le discriminant usuel
√ vaut ∆′ = b√ − 4ac = 4b′ − √
2 ′2 ac) = 4∆′ . Les
4ac = 4(b′2 − √
−b ± ∆ −2b ± 4∆′ −2b ± 2 ∆′ −b′ ± ∆′
racines usuelles sont x = = = = .
2a 2a 2a a
Secret 11
Pour ax2 + bx + c = 0 de racines x1 , x2 :
b c
x1 + x 2 = − , x 1 x2 = .
a a
Ces relations permettent souvent de deviner directement les racines (par exemple deux entiers
dont on connaît la somme et le produit), sans jamais calculer de discriminant, ou de vérifier
très vite un résultat trouvé par ailleurs.
Démonstration
Si x1 , x2 sont racines, ax2 + bx + c = a(x − x1 )(x − x2 ). En développant le membre de droite :
Secret 12
(
a1 x + b 1 y = c 1
Pour , en posant D = a1 b2 − a2 b1 :
a2 x + b 2 y = c 2
c1 b2 − c2 b1 a1 c2 − a2 c1
x= , y= (D ̸= 0).
D D
Démonstration
En multipliant la première équation par b2 et la seconde par b1 puis en soustrayant, le terme
en y s’élimine :
c1 b2 − c2 b1
d’où x = . On procède symétriquement pour y (en éliminant x).
D
3 Suites numériques
Secret 13 — Somme des n premiers entiers (méthode de Gauss)
Secret 13
n(n + 1)
1 + 2 + ··· + n = .
2
Démonstration
Notons S = 1 + 2 + · · · + n. On écrit aussi S = n + (n − 1) + · · · + 1. En additionnant les
deux écritures terme à terme :
n(n + 1)
Donc S = .
2
Secret 14
(premier terme + dernier terme) × nombre de termes
S= .
2
Démonstration
Pn
Soit (uk ) arithmétique de raison r, uk = u1 + (k − 1)r, et S = k=1 uk . En écrivant S dans
car uk + un+1−k = u1 + un pour tout k (les termes symétriques ont une somme constante).
n(u1 + un )
D’où S = .
2
25 × (2 + 50)
Somme des entiers pairs de 2 à 50 : n = 25 termes, S = = 650.
2
Secret 15
1 − qn
S = u1 (q ̸= 1).
1−q
On multiplie la somme par (1 − q) : presque tous les termes se détruisent deux à deux, il ne
reste que le premier et le dernier.
Démonstration
Soit S = u1 + u1 q + u1 q 2 + · · · + u1 q n−1 . Alors :
(1 − q)S = S − qS = u1 + u1 q + · · · + u1 q n−1 − u1 q + u1 q 2 + · · · + u1 q n = u1 − u1 q n ,
1 − qn
car tous les termes intermédiaires s’annulent. D’où (1 − q)S = u1 (1 − q n ), soit S = u1
1−q
(si q ̸= 1).
1 − 210
1 + 2 + 4 + · · · + 29 (10 termes, q = 2) = 1 × = 210 − 1 = 1023.
1−2
Secret 16
Pour un+2 = aun+1 + bun , on résout l’équation caractéristique r2 = ar + b. Si elle a deux
racines distinctes r1 , r2 , alors :
un = α r1n + β r2n ,
où α, β se déterminent avec u0 et u1 .
Démonstration
On cherche des solutions particulières de la forme un = rn (r ̸= 0). En injectant dans la
relation : rn+2 = arn+1 + brn , soit après division par rn : r2 = ar + b. Si r1 ̸= r2 sont les
deux racines de cette équation, alors un = r1n et un = r2n sont deux solutions, et par linéarité
de la relation de récurrence, toute combinaison un = αr1n + βr2n est aussi solution. On montre
(par un argument d’unicité, la suite étant entièrement déterminée par u0 , u1 ) que toutes les
solutions sont de cette forme ; il suffit alors de résoudre le système donné par u0 et u1 pour
trouver α, β.
4 Trigonométrie
Secret 17 — Retenir tout le cercle trigonométrique avec « la main »
Secret 17
Pour x ∈ {0, π6 , π4 , π3 , π2 } :
√ √
k 4−k
cos x = , sin x = , k = 0, 1, 2, 3, 4 dans cet ordre.
2 2
Démonstration
Ces valeurs se démontrent classiquement à l’aide d’un triangle équilatéral (pour π/3 et π/6, par
la hauteur qui coupe la base en deux) et d’un triangle rectangle isocèle (pour π/4, diagonale du
2
carré). Par exemple, dans un triangle équilatéral de côté 1, la hauteur h vérifie h2 + 12 = 12 ,
√ √
3 3 1
donc h = , ce qui donne cos(π/6) = sin(π/3) = et sin(π/6) = cos(π/3) = . La
2 2 2
formule avec k n’est qu’un moyen mnémotechnique de retenir ces 5 couples de valeurs, une
fois démontrés géométriquement.
0, π/6, π/4, π/3, π/2. Toujours reconstruire le tableau avant de l’utiliser en concours.
Secret 18
cos(a + b) = cos a cos b − sin a sin b, sin(a + b) = sin a cos b + cos a sin b.
Un angle « compliqué » comme 75 est presque toujours la somme (ou la différence) de deux
angles remarquables : 75 = 45 + 30. On calcule alors avec les valeurs connues du Secret 17.
Démonstration
On peut démontrer la formule de cos(a + b) via le produit scalaire de deux vecteurs unitaires
d’angles a et b + π2 ... mais la démonstration la plus simple au niveau Terminale utilise le
cercle trigonométrique et une rotation : le point image de (1, 0) par la rotation d’angle
a + b a pour coordonnées (cos(a + b), sin(a + b)) ; or effectuer la rotation d’angle a + b revient
à effectuer la rotation d’angle b puis celle d’angle a (composition des rotations), ce qui, en
écrivant les matrices de rotation et en les multipliant, donne exactement les formules ci-dessus.
Secret 19
1 + cos(2x) 1 − cos(2x)
cos2 x = , sin2 x = .
2 2
Démonstration
Formule de duplication : cos(2x) = cos2 x − sin2 x. En utilisant cos2 x + sin2 x = 1, on a
1 + cos 2x
sin2 x = 1−cos2 x, donc cos(2x) = cos2 x−(1−cos2 x) = 2 cos2 x−1, d’où cos2 x = .
2
1 − cos 2x
De même, cos(2x) = 1−2 sin2 x (en remplaçant cos2 x par 1−sin2 x), d’où sin2 x = .
2
x sin 2x π
Z π Z π
2 1 + cos 2x π
cos x dx = dx = + = .
0 0 2 2 4 0 2
5 Analyse
Secret 20 — Dériver une fonction composée en « poupées russes »
Secret 20
Démonstration
Par définition du nombre dérivé, pour h → 0 :
(en supposant v(x + h) ̸= v(x), cas génériquement valable), d’où le résultat par passage à la
limite et produit des limites.
f (x) = cos(3x2 + 1) : extérieure u = cos, intérieure v(x) = 3x2 + 1, v ′ (x) = 6x. Donc
f ′ (x) = −6x sin(3x2 + 1).
Secret 21
Au voisinage de 0 :
Dans un produit ou un quotient, on peut remplacer chaque facteur par son équivalent.
Face à une forme indéterminée 00 , plutôt que de manipuler la fonction entière, on remplace
chaque petit morceau (sin x, ex − 1...) par « ce à quoi il ressemble » près de 0 : cela simplifie
immédiatement le calcul.
Démonstration
Ces équivalents proviennent directement de la définition du nombre dérivé en 0. Par exemple
sin x − sin 0 sin x
pour sin : sin′ (0) = cos(0) = 1, donc limx→0 = 1, c’est-à-dire → 1, ce qui
x−0 x
s’écrit sin x ∼ x. Le raisonnement est identique pour e − 1 (dérivée de exp en 0 vaut 1)
x
sin(3x) 3x 3
lim 2x
= lim = .
x→0 e − 1 x→0 2x 2
Secret 22
Z
Dans u v ′ dx, choisir u en priorité dans l’ordre : Inverse trigo, Logarithme, fonction
Algébrique (polynôme), Trigonométrique, Exponentielle.
Il y a souvent deux choix possibles pour u et v ′ ; l’ordre ILATE indique quel choix simplifie le
calcul (celui qui « devient plus simple en se dérivant », comme un polynôme, plutôt que celui
qui reste compliqué comme un logarithme).
Démonstration
La formule d’intégration par parties u v ′ = [uv] − u′ v provient de la dérivée d’un produit
R R
(uv)′ = u′ v + uv ′ , intégrée entre deux bornes. Le choix ILATE n’est pas une loi mathématique
mais une heuristique : il place en premier (comme u, donc à dériver) les fonctions dont la
dérivée est plus simple que la fonction elle-même (un logarithme se dérive en fraction simple,
un polynôme baisse de degré), et laisse en dernier (v ′ , donc à intégrer) les fonctions faciles à
intégrer indéfiniment comme l’exponentielle.
Secret 23
xn+1
Z Z Z
n 1
x dx = + C (n ̸= −1), dx = ln |x| + C, ex dx = ex + C,
n+1 x
Z Z Z
1
cos x dx = sin x + C, sin x dx = − cos x + C, dx = arctan x + C.
1 + x2
Démonstration
Chaque primitive se vérifie en dérivant le résultat proposé et en constatant qu’on retrouve
n+1 ′
x (n + 1)xn
bien la fonction de départ. Par exemple = = xn ; (sin x)′ = cos x ;
n+1 n+1
1
(− cos x)′ = sin x ; (arctan x)′ = (résultat admis en Terminale, obtenu en dérivant la
1 + x2
réciproque de tan).
6 Nombres complexes
Secret 24 — Reconnaître directement un module et un argument remarquable
Secret 24
√ π 3π
Pour z = a + ib : module |z| = a2 + b2 ; si a = b, argument = (ou − etc. selon signes)
√ 4 4
π a π
; si b = a 3, argument = ; si b = √ , argument = .
3 3 6
Plutôt que de calculer arctan(b/a) à chaque fois, on reconnaît des « rapports remarquables »
entre a et b qui correspondent aux angles classiques du Secret 17.
Démonstration
b
Si z = a + ib = r(cos θ + i sin θ), alors a = r cos θ et b = r sin θ, donc = tan θ (si a ̸= 0). Les
√ a √
valeurs remarquables de tan θ (tan(π/4) = 1, tan(π/3) = 3, tan(π/6) = 1/ 3) se déduisent
directement des valeurs de sin et cos du Secret 17, d’où la correspondance annoncée entre le
rapport b/a et l’argument.
Secret 25
2kπ
Les solutions de z n = 1 sont zk = ei n , k = 0, . . . , n − 1 : elles sont régulièrement réparties
sur le cercle unité (sommets d’un polygone régulier), et leur somme est nulle si n ≥ 2.
Démonstration
Si z = reiθ , l’équation z n = 1 s’écrit rn einθ = 1 = 1 · ei0 . Par unicité du module et de
2kπ
l’argument (à 2π près) : rn = 1 ⇒ r = 1 (car r ≥ 0), et nθ ≡ 0 (mod 2π), soit θ = pour
n
k ∈ Z ; on obtient
P n valeurs distinctes pour k = 0, . . . , n − 1 (lesi2π/n
autres se répètent modulo
2π). La somme n−1 z
k=0 k est une somme géométrique de raison e ̸= 1 (pour n ≥ 2), qui
i2π/n n
1− e 1−1
vaut i2π/n
= = 0 (Secret 15 appliqué aux complexes).
1−e 1 − ei2π/n
7 Probabilités et dénombrement
Secret 26 — Passer par l’événement contraire
Secret 26
P (A) = 1 − P (Ā).
Utile en particulier pour les événements du type « au moins un... ».
Calculer directement « au moins un succès » est souvent compliqué (il faut envisager 1 succès,
2 succès, 3 succès...) ; calculer « aucun succès » (l’événement contraire) est presque toujours
plus simple, et il ne reste qu’à faire 1 − · · · .
Démonstration
A et Ā forment une partition de l’univers Ω (ils sont incompatibles et leur réunion est Ω),
donc P (A) + P (Ā) = P (Ω) = 1, d’où P (A) = 1 − P (Ā).
Secret 27
• L’ordre compte et on prend tous les éléments ⇒ permutation : n!
n!
• L’ordre compte et on n’en prend que k ⇒ arrangement :
(n − k)!
n n!
• L’ordre ne compte pas ⇒ combinaison : =
k k!(n − k)!
Démonstration
Pour un arrangement : on choisit le 1er élément parmi n, le 2e parmi les n − 1 restants,
n!
..., le k-ième parmi n − k + 1 restants, d’où n(n − 1) · · · (n − k + 1) = possibilités
(n − k)!
(l’ordre est distingué à chaque étape). Une combinaison compte les mêmes choix mais sans
distinguer l’ordre : chaque groupe de k éléments a été compté k! fois (le nombre de façons
n 1 n!
de les ordonner) dans l’arrangement, donc on divise par k! : = .
k k! (n − k)!
8 Géométrie vectorielle
Secret 28 — Tester l’orthogonalité et calculer un angle avec le produit scalaire
Secret 28
Pour ⃗u(x1 , y1 ) et ⃗v (x2 , y2 ) :
⃗u · ⃗v
⃗u · ⃗v = x1 x2 + y1 y2 , ⃗u ⊥ ⃗v ⇐⇒ ⃗u · ⃗v = 0, cos θ = .
∥⃗u∥ ∥⃗v ∥
Pas besoin de tracer une figure ou de mesurer un angle : un simple calcul (une multiplication
et une addition) suffit à savoir si deux vecteurs sont perpendiculaires, ou à retrouver l’angle
qu’ils forment.
Démonstration
La formule ⃗u·⃗v = ∥⃗u∥∥⃗v ∥ cos θ (définition géométrique) combinée à l’expression en coordonnées
se démontre via le théorème d’Al-Kashi dans le triangle formé par ⃗u, ⃗v et ⃗u − ⃗v : ∥⃗u − ⃗v ∥2 =
∥⃗u∥2 + ∥⃗v ∥2 − 2∥⃗u∥∥⃗v ∥ cos θ. En développant ∥⃗u − ⃗v ∥2 = (x1 − x2 )2 + (y1 − y2 )2 et en
simplifiant, on obtient 2(x1 x2 +y1 y2 ) = 2∥⃗u∥∥⃗v ∥ cos θ, ce qui donne la formule en coordonnées.
L’orthogonalité correspond à θ = π/2, donc cos θ = 0, donc ⃗u · ⃗v = 0.
⃗u(3, 4), ⃗v (4, −3) : ⃗u · ⃗v = 12 − 12 = 0 : les deux vecteurs sont orthogonaux, sans tracer aucune
figure.
Secret 29
Pour ⃗u(x1 , y1 ), ⃗v (x2 , y2 ) :
| det(⃗u, ⃗v )|
det(⃗u, ⃗v ) = x1 y2 − x2 y1 , ⃗u ∥ ⃗v ⇐⇒ det(⃗u, ⃗v ) = 0, Aire(triangle) = .
2
Un seul petit calcul en croix (x1 y2 − x2 y1 ) permet à la fois de savoir si trois points sont alignés
et de calculer l’aire d’un triangle, sans jamais avoir besoin de la hauteur.
Démonstration
Si ⃗u et ⃗v sont colinéaires, il existe k tel que ⃗v = k⃗u, donc x2 = kx1 , y2 = ky1 , et x1 y2 − x2 y1 =
x1 (ky1 ) − (kx1 )y1 = 0. Réciproquement, si le déterminant est nul et ⃗u ̸= ⃗0, on montre que ⃗v
est un multiple de ⃗u (en résolvant le système).
Pour l’aire : dans un repère orthonormé, l’aire du parallélogramme construit sur ⃗u, ⃗v vaut
∥⃗u∥ ∥⃗v ∥ | sin θ| (base × hauteur) ; en utilisant sin2 θ = 1 − cos2 θ et la formule du produit
scalaire (Secret 28), un calcul montre que ∥⃗u∥2 ∥⃗v ∥2 sin2 θ = (x1 y2 − x2 y1 )2 , donc l’aire du
parallélogramme est |x1 y2 − x2 y1 |, et celle du triangle moitié moindre.
Secret 30
Face à plusieurs formules candidates (QCM), remplacer les lettres par de petites valeurs
numériques (n = 1, n = 2...) permet d’éliminer instantanément les mauvaises réponses.
Démonstration
Ce n’est pas une démonstration mathématique en soi, mais un raisonnement par contre-
exemple : si une formule F (n) est censée être vraie pour tout n, et qu’on trouve un n0
pour lequel F (n0 ) diffère de la valeur correcte (calculée indépendamment), alors F est néces-
sairement fausse (une propriété vraie « pour tout n » doit l’être en particulier pour n0 ). En
revanche, si la formule passe le test pour une valeur, cela ne prouve pas qu’elle est vraie en
général (attention à ne pas confondre validation et vérification), mais c’est un filtre rapide et
efficace en QCM.
Question : « la somme des n premiers entiers impairs vaut : (a) n2 (b) 2n − 1 (c) n(n + 1)
? » Test avec n = 2 : 1 + 3 = 4. Seule la réponse (a) donne 22 = 4. Réponse (a) confirmée,
sans démonstration générale nécessaire dans l’urgence du concours (à démontrer ensuite si le
temps le permet).
Secret 31
Pour estimer une racine, un logarithme ou une puissance sans calculatrice, on l’encadre entre
deux valeurs connues.
Démonstration
Le principe repose sur la croissance des fonctions usuelles (racine carrée, logarithme, puis-
sance à exposant positif sont strictement croissantes sur leur domaine) : si a < x < b et f
est croissante, alors f (a) < f (x) < f (b). Il suffit donc de trouver deux valeurs de référence
encadrant x pour en déduire un encadrement de f (x).
Secret 32
Traiter d’abord les exercices dont on maîtrise immédiatement la méthode ; marquer et passer
les questions qui bloquent, plutôt que de s’y attarder ; revenir dessus seulement à la fin s’il
reste du temps.
Démonstration
Ce n’est pas un théorème mathématique mais un principe d’optimisation : si chaque ques-
tion rapporte à peu près le même nombre de points, la stratégie qui maximise le score total
dans un temps fixé consiste à traiter en priorité les questions au meilleur rapport (points gag-
nés)/(temps nécessaire), exactement comme on résout un problème de sac à dos (« knapsack
») en priorisant les objets au meilleur rapport valeur/poids.