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Ce document présente des techniques de calcul rapide et des astuces mathématiques pour réussir les concours INP-HB et ESATIC. Chaque technique est expliquée de manière simple, accompagnée d'une démonstration rigoureuse et d'exemples pratiques. Les sujets abordés incluent le calcul mental, l'algèbre, la trigonométrie, et d'autres domaines mathématiques pertinents.

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Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 1

Les Secrets de Calcul en Mathématiques


Pour réussir à 100 % les concours INP-HB, ESATIC et autres
grands concours
Niveau Terminale — Techniques, explications et démonstrations

Fait par Wilfried A.

Explication terre à terre


Ce document rassemble des techniques de calcul rapide et de raisonnement utiles le jour
d’un concours (INP-HB, ESATIC, et autres concours d’entrée aux grandes écoles). Chaque «
secret » est présenté en 4 temps :
1. l’astuce elle-même (ce qu’on fait concrètement) ;
2. une explication terre à terre (pourquoi ça marche, avec des mots simples) ;
3. une démonstration rigoureuse (pour ne jamais appliquer une formule « par cœur »
sans la comprendre) ;
4. un exemple type concours pour voir l’astuce en action.
Règle d’or : une astuce de calcul ne remplace jamais la compréhension. Elle permet d’aller
plus vite une fois qu’on a compris pourquoi elle fonctionne — c’est exactement le but de ce
document.

Contents

1 Calcul mental rapide 2

2 Algèbre 4

3 Suites numériques 8

4 Trigonométrie 10

5 Analyse 12

6 Nombres complexes 14

7 Probabilités et dénombrement 15

8 Géométrie vectorielle 16

9 Stratégies pour le jour du concours 17

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 2

1 Calcul mental rapide


Secret 1 — Multiplier un nombre à deux chiffres par 11

Secret 1
Pour multiplier un nombre à deux chiffres ab par 11 (sans retenue, si a + b < 10) : on écarte
les deux chiffres a et b, et on place leur somme a + b au milieu.

11 × ab = a (a + b) b

Explication terre à terre


On « sépare » le nombre en dizaine et unité, on les recopie chacune à une extrémité, et on
met leur somme entre les deux. C’est tout.

Démonstration
Soit n = 10a + b avec a, b ∈ {0, . . . , 9}. Alors :

11n = 11(10a + b) = 110a + 11b = 100a + 10a + 10b + b = 100a + 10(a + b) + b.

Si a + b < 10, cette écriture correspond exactement à empiler les chiffres a, puis (a + b),
puis b dans le système décimal (centaines, dizaines, unités), ce qui donne bien a (a + b) b. Si
a + b ≥ 10, il y a une retenue à propager d’un rang vers la gauche, comme dans toute addition
posée.

Exemple type concours


11 × 43 : a = 4, b = 3, a + b = 7 ⇒ 11 × 43 = 473.
11 × 57 : a = 5, b = 7, a + b = 12 ≥ 10 ⇒ on écrit 2 et on retient 1 : 5+1 = 6, donc
11 × 57 = 627.

Secret 2 — Multiplier deux nombres proches de 100

Secret 2
Pour multiplier deux nombres proches de 100, on écrit chacun comme 100 − a et 100 − b (ou
100 + a), puis :
(100 − a)(100 − b) = 10 000 − 100(a + b) + ab.

Explication terre à terre


Au lieu de multiplier deux « gros » nombres directement, on multiplie deux « petits » écarts
par rapport à 100, ce qui est presque toujours plus simple.

Démonstration
Il s’agit d’un simple développement de produit :

(100 − a)(100 − b) = 100 × 100 − 100b − 100a + ab = 10000 − 100(a + b) + ab.

C’est un cas particulier de l’identité remarquable (x − a)(x − b) = x2 − (a + b)x + ab avec


x = 100.

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 3

Exemple type concours

97 × 98 : a = 3, b = 2. 10000 − 100(5) + 6 = 10000 − 500 + 6 = 9506.

Secret 3 — Carré d’un nombre se terminant par 5

Secret 3
Si N = n5 = 10n + 5, alors :

N 2 = n(n + 1) suivi de 25.

Explication terre à terre

On multiplie le chiffre (ou nombre) qui précède le 5 par « lui-même plus 1 », et on colle « 25
» à la fin. Aucun calcul de carré compliqué n’est nécessaire.

Démonstration

(10n + 5)2 = 100n2 + 2 × 10n × 5 + 25 = 100n2 + 100n + 25 = 100 n(n + 1) + 25.


Le terme 100 n(n + 1) décale n(n + 1) de deux rangs vers la gauche (multiplication par 100),
et on ajoute 25 dans les deux derniers rangs : on obtient donc exactement l’écriture décimale
« n(n + 1) suivi de 25 ».

Exemple type concours

352 : n = 3, n(n + 1) = 12 ⇒ 352 = 1225.


852 : n = 8, n(n + 1) = 72 ⇒ 852 = 7225.

Secret 4 — Multiplier/diviser rapidement par 5, 25, 50, 15

Secret 4

×5 = ×10 ÷ 2 × 25 = ×100 ÷ 4 × 50 = ×100 ÷ 2 × 15 = ×10 + × n2

Explication terre à terre

Multiplier par 10, 100 ou 1000 est instantané (on ajoute des zéros). L’astuce consiste donc à
ramener une multiplication « bizarre » à une multiplication par une puissance de 10, suivie
d’une division simple.

Démonstration
10 100 100 10
Ces égalités découlent directement de 5 = , 25 = , 50 = , et 15 = 10 + 5 = 10 +
2 4 2 2
; la multiplication étant distributive et associative, on peut réorganiser les opérations dans
l’ordre le plus pratique.

Exemple type concours


48 × 25 = 48 × 100 ÷ 4 = 4800 ÷ 4 = 1200.
36 × 15 = 36 × 10 + 36 × 5 = 360 + 180 = 540.

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 4

Secret 5 — Utiliser a2 − b2 = (a − b)(a + b) pour calculer mentalement un produit

Secret 5
Si deux facteurs sont symétriques autour d’un nombre « rond » c, écrire a = c − b, alors
a × (2c − a) = c2 − b2 (via a = c − b). Concrètement : (c − b)(c + b) = c2 − b2 .

Explication terre à terre

Beaucoup de produits « bizarres » sont en fait des produits de la forme (nombre rond −
écart)×(nombre rond + écart). On calcule alors un simple carré moins un carré, souvent
immédiat.

Démonstration
Développement direct : (c − b)(c + b) = c2 + cb − bc − b2 = c2 − b2 .

Exemple type concours

97 × 103 = (100 − 3)(100 + 3) = 1002 − 32 = 10000 − 9 = 9991.


18 × 22 = (20 − 2)(20 + 2) = 400 − 4 = 396.

Secret 6 — Regrouper astucieusement une somme (méthode de Gauss)

Secret 6
Pour additionner rapidement une liste de nombres régulièrement espacés, on regroupe le pre-
mier avec le dernier, le deuxième avec l’avant-dernier, etc. : chaque paire donne la même
somme.

Explication terre à terre


Au lieu d’additionner les nombres un par un dans l’ordre, on les associe par paires « extrêmes
» qui donnent toutes le même total, ce qui transforme une longue addition en une simple
multiplication.

Démonstration
Voir la démonstration complète du Secret 13 (somme des n premiers entiers), qui est le cas
particulier le plus connu de cette méthode ; le principe se généralise à toute suite arithmétique
(Secret 14).

Exemple type concours

1 + 2 + · · · + 19 : on regroupe (1+19) + (2+18) + · · · + (9+11) + 10 = 9 × 20 + 10 = 190.

2 Algèbre

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 5

Secret 7 — Le binôme de Newton pour calculer (a + b)n sans tout développer

Secret 7
n    
n
X n n−k k n n!
(a + b) = a b , = .
k k k!(n − k)!
k=0

Explication terre à terre

Les coefficients nk sont ceux du triangle de Pascal : pas besoin de développer (a + b)n « à la


main » terme par terme, il suffit de connaître la ligne correspondante du triangle.

Démonstration

Par récurrence sur n. Pour n = 0 : (a + b)0 = 1 = 0


a0 b0 . Supposons la formule vraie au

0
rang n. Alors :
n   n   n  
X n n−k k X n n+1−k k X n n−k k+1
(a + b)n+1 = (a + b) a b = a b + a b .
k k k
k=0 k=0 k=0

En réindexant la seconde somme (k → k − 1) et en utilisant la relation de Pascal n n


 
k + k−1 =
n+1 Pn+1 n+1 n+1−k k
k , on obtient exactement b , ce qui achève la récurrence.

k=0 k a

Exemple type concours

1013 = (100+1)3 = 1003 +3×1002 ×1+3×100×12 +13 = 1 000 000+30 000+300+1 = 1 030 301.

Secret 8 — Trouver une racine évidente pour factoriser un polynôme

Secret 8
Si P (a) = 0 pour un nombre a « simple » (souvent 0, ±1, ±2), alors (x − a) divise P (x), et
on peut poursuivre la factorisation par division.

Explication terre à terre

Avant de se lancer dans un calcul compliqué, on teste toujours quelques valeurs simples (1,
−1, 2, −2...) dans le polynôme. Si l’une d’elles annule le polynôme, on sait immédiatement
qu’un facteur (x − a) apparaît, ce qui simplifie tout le reste.

Démonstration
C’est le théorème du reste : la division euclidienne de P (x) par (x − a) s’écrit P (x) =
(x − a)Q(x) + r, où r est une constante (car deg(x − a) = 1). En évaluant en x = a :
P (a) = 0 · Q(a) + r = r. Donc r = P (a). Si P (a) = 0, le reste est nul, donc (x − a) divise
exactement P (x).

Exemple type concours

P (x) = x3 − 6x2 + 11x − 6. On teste x = 1 : 1 − 6 + 11 − 6 = 0. Donc (x − 1) divise P . En


divisant, P (x) = (x − 1)(x2 − 5x + 6) = (x − 1)(x − 2)(x − 3).

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 6

Secret 9 — La méthode de Horner pour évaluer un polynôme en un éclair

Secret 9
Pour évaluer P (x) = an xn + · · · + a1 x + a0 en x = c, on calcule en cascade :

bn = an , bk = ak + c bk+1 (k = n−1, . . . , 0), P (c) = b0 .

Explication terre à terre

Au lieu de calculer chaque puissance de x séparément (ce qui demande beaucoup de multipli-
cations), on « factorise en poupées russes » : P (x) = a0 + x(a1 + x(a2 + x(· · · ))). On ne fait
ainsi qu’une seule multiplication et une seule addition par étage.

Démonstration
Il suffit de développer l’écriture imbriquée :

a0 + x a1 + x(a2 + · · · + x(an−1 + xan ) · · · )

et de constater, en la redéveloppant de l’intérieur vers l’extérieur, qu’elle redonne exactement


a0 + a1 x + a2 x2 + · · · + an xn . Le nombre de multiplications passe ainsi de n(n+1)
2 (méthode
naïve) à seulement n.

Exemple type concours

P (x) = 2x3 − 6x2 + 2x − 1 en x = 3 : b3 = 2; b2 = −6 + 3 × 2 = 0; b1 = 2 + 3 × 0 = 2;


b0 = −1 + 3 × 2 = 5. Donc P (3) = 5.

Secret 10 — Le discriminant réduit ∆′ = b′2 − ac

Secret 10
Si dans ax2 + bx + c = 0 le coefficient b est pair, on pose b = 2b′ . Les solutions s’écrivent alors
: √
−b′ ± b′2 − ac
x= .
a

Explication terre à terre

Quand b est pair, cette version évite de calculer b2 (souvent un grand nombre) et de diviser
par 4 à la fin : les calculs sont plus petits et plus rapides.

Démonstration
Avec b = 2b′ , le discriminant usuel
√ vaut ∆′ = b√ − 4ac = 4b′ − √
2 ′2 ac) = 4∆′ . Les
4ac = 4(b′2 − √
−b ± ∆ −2b ± 4∆′ −2b ± 2 ∆′ −b′ ± ∆′
racines usuelles sont x = = = = .
2a 2a 2a a

Exemple type concours


3±2
x2 − 6x + 5 = 0 : b′ = −3, ∆′ = 9 − 5 = 4, x = ∈ {5, 1}.
1

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 7

Secret 11 — Les relations de Viète (sans calculer le discriminant)

Secret 11
Pour ax2 + bx + c = 0 de racines x1 , x2 :
b c
x1 + x 2 = − , x 1 x2 = .
a a

Explication terre à terre

Ces relations permettent souvent de deviner directement les racines (par exemple deux entiers
dont on connaît la somme et le produit), sans jamais calculer de discriminant, ou de vérifier
très vite un résultat trouvé par ailleurs.

Démonstration
Si x1 , x2 sont racines, ax2 + bx + c = a(x − x1 )(x − x2 ). En développant le membre de droite :

a(x − x1 )(x − x2 ) = a x2 − (x1 + x2 )x + x1 x2 = ax2 − a(x1 + x2 )x + a x1 x2 .


 

En identifiant les coefficients avec ax2 + bx + c : −a(x1 + x2 ) = b et a x1 x2 = c, d’où les deux


formules.

Exemple type concours

x2 − 7x + 12 = 0 : on cherche deux nombres de somme 7 et de produit 12 : ce sont 3 et 4.


Racines trouvées instantanément, sans discriminant.

Secret 12 — Résoudre un système 2×2 par les déterminants (méthode de Cramer)

Secret 12
(
a1 x + b 1 y = c 1
Pour , en posant D = a1 b2 − a2 b1 :
a2 x + b 2 y = c 2

c1 b2 − c2 b1 a1 c2 − a2 c1
x= , y= (D ̸= 0).
D D

Explication terre à terre

Cette formule évite toute manipulation d’équations (substitution, combinaison) : on calcule


trois « petits » déterminants 2 × 2 et le tour est joué. Idéal pour aller vite dans un QCM.

Démonstration
En multipliant la première équation par b2 et la seconde par b1 puis en soustrayant, le terme
en y s’élimine :

b2 (a1 x + b1 y) − b1 (a2 x + b2 y) = b2 c1 − b1 c2 =⇒ (a1 b2 − a2 b1 )x = c1 b2 − c2 b1 ,

c1 b2 − c2 b1
d’où x = . On procède symétriquement pour y (en éliminant x).
D

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 8

Exemple type concours


(
2x + 3y = 8 8(−1) − 1(3) −11
: D = 2(−1) − 1(3) = −5. x = = ... (on vérifie qu’on
x−y =1 −5 −5
retrouve bien x = 11
5 , cohérent avec la résolution directe.)

3 Suites numériques
Secret 13 — Somme des n premiers entiers (méthode de Gauss)

Secret 13
n(n + 1)
1 + 2 + ··· + n = .
2

Explication terre à terre


On écrit la somme normalement, puis à l’envers, et on additionne terme à terme : chaque
paire donne n + 1, et il y a n paires.

Démonstration
Notons S = 1 + 2 + · · · + n. On écrit aussi S = n + (n − 1) + · · · + 1. En additionnant les
deux écritures terme à terme :

2S = (1 + n) + (2 + (n − 1)) + · · · + (n + 1) = (n + 1) + (n + 1) + · · · + (n + 1) = n(n + 1).


| {z }
n fois

n(n + 1)
Donc S = .
2

Exemple type concours


100 × 101
1 + 2 + · · · + 100 = = 5050.
2

Secret 14 — Somme d’une suite arithmétique

Secret 14
(premier terme + dernier terme) × nombre de termes
S= .
2

Explication terre à terre


C’est exactement la même idée que le Secret 13, généralisée à n’importe quelle suite dont les
termes augmentent (ou diminuent) d’une quantité constante.

Démonstration
Pn
Soit (uk ) arithmétique de raison r, uk = u1 + (k − 1)r, et S = k=1 uk . En écrivant S dans

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 9

les deux sens et en sommant comme au Secret 13 :


n
X n
X
 
2S = uk + un+1−k = (u1 + un ) = n(u1 + un ),
k=1 k=1

car uk + un+1−k = u1 + un pour tout k (les termes symétriques ont une somme constante).
n(u1 + un )
D’où S = .
2

Exemple type concours

25 × (2 + 50)
Somme des entiers pairs de 2 à 50 : n = 25 termes, S = = 650.
2

Secret 15 — Somme d’une suite géométrique (par télescopage)

Secret 15
1 − qn
S = u1 (q ̸= 1).
1−q

Explication terre à terre

On multiplie la somme par (1 − q) : presque tous les termes se détruisent deux à deux, il ne
reste que le premier et le dernier.

Démonstration
Soit S = u1 + u1 q + u1 q 2 + · · · + u1 q n−1 . Alors :

(1 − q)S = S − qS = u1 + u1 q + · · · + u1 q n−1 − u1 q + u1 q 2 + · · · + u1 q n = u1 − u1 q n ,
 

1 − qn
car tous les termes intermédiaires s’annulent. D’où (1 − q)S = u1 (1 − q n ), soit S = u1
1−q
(si q ̸= 1).

Exemple type concours

1 − 210
1 + 2 + 4 + · · · + 29 (10 termes, q = 2) = 1 × = 210 − 1 = 1023.
1−2

Secret 16 — Terme général d’une suite récurrente linéaire d’ordre 2

Secret 16
Pour un+2 = aun+1 + bun , on résout l’équation caractéristique r2 = ar + b. Si elle a deux
racines distinctes r1 , r2 , alors :
un = α r1n + β r2n ,
où α, β se déterminent avec u0 et u1 .

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 10

Explication terre à terre


Plutôt que de calculer u2 , u3 , u4 , . . . un par un, on trouve directement une formule pour un
en fonction de n, ce qui permet de calculer u100 aussi vite que u3 .

Démonstration
On cherche des solutions particulières de la forme un = rn (r ̸= 0). En injectant dans la
relation : rn+2 = arn+1 + brn , soit après division par rn : r2 = ar + b. Si r1 ̸= r2 sont les
deux racines de cette équation, alors un = r1n et un = r2n sont deux solutions, et par linéarité
de la relation de récurrence, toute combinaison un = αr1n + βr2n est aussi solution. On montre
(par un argument d’unicité, la suite étant entièrement déterminée par u0 , u1 ) que toutes les
solutions sont de cette forme ; il suffit alors de résoudre le système donné par u0 et u1 pour
trouver α, β.

Exemple type concours

Suite de Fibonacci√un+2 = un+1 + un , u0 = 0, u1 = 1 : équation caractéristique r2 = r + 1,


1± 5
racines r1,2 = (nombre d’or). On retrouve la célèbre formule de Binet.
2

4 Trigonométrie
Secret 17 — Retenir tout le cercle trigonométrique avec « la main »

Secret 17
Pour x ∈ {0, π6 , π4 , π3 , π2 } :
√ √
k 4−k
cos x = , sin x = , k = 0, 1, 2, 3, 4 dans cet ordre.
2 2

Explication terre à terre

On associe à chacun des 5 angles √


remarquables un numéro
√ k = 0, 1, 2, 3, 4 (dans l’ordre crois-
sant de l’angle). Le cosinus est k/2, le sinus est 4 − k/2 : plus l’angle grandit, plus le
cosinus diminue et le sinus augmente, ce qui est cohérent avec le cercle trigonométrique.

Démonstration
Ces valeurs se démontrent classiquement à l’aide d’un triangle équilatéral (pour π/3 et π/6, par
la hauteur qui coupe la base en deux) et d’un triangle rectangle isocèle (pour π/4, diagonale du
2
carré). Par exemple, dans un triangle équilatéral de côté 1, la hauteur h vérifie h2 + 12 = 12 ,
√ √
3 3 1
donc h = , ce qui donne cos(π/6) = sin(π/3) = et sin(π/6) = cos(π/3) = . La
2 2 2
formule avec k n’est qu’un moyen mnémotechnique de retenir ces 5 couples de valeurs, une
fois démontrés géométriquement.

Exemple type concours



2
Pour x = π/3 (k = 2) : cos(π/3) = ... Attention : il faut bien vérifier l’ordre des angles
2 √
! Ici k = 2 correspond à cos(π/3) = 12 = 21 en réalité si l’on numérote 0, 1, 2, 3, 4 pour

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 11

0, π/6, π/4, π/3, π/2. Toujours reconstruire le tableau avant de l’utiliser en concours.

Secret 18 — Retrouver cos(75), sin(15)... avec les formules d’addition

Secret 18

cos(a + b) = cos a cos b − sin a sin b, sin(a + b) = sin a cos b + cos a sin b.

Explication terre à terre

Un angle « compliqué » comme 75 est presque toujours la somme (ou la différence) de deux
angles remarquables : 75 = 45 + 30. On calcule alors avec les valeurs connues du Secret 17.

Démonstration
On peut démontrer la formule de cos(a + b) via le produit scalaire de deux vecteurs unitaires
d’angles a et b + π2 ... mais la démonstration la plus simple au niveau Terminale utilise le
cercle trigonométrique et une rotation : le point image de (1, 0) par la rotation d’angle
a + b a pour coordonnées (cos(a + b), sin(a + b)) ; or effectuer la rotation d’angle a + b revient
à effectuer la rotation d’angle b puis celle d’angle a (composition des rotations), ce qui, en
écrivant les matrices de rotation et en les multipliant, donne exactement les formules ci-dessus.

Exemple type concours


√ √ √ √ √
2 3 2 1 6− 2
cos(75) = cos(45 + 30) = cos 45 cos 30 − sin 45 sin 30 = · − · = .
2 2 2 2 4

Secret 19 — Linéariser cos2 x et sin2 x instantanément

Secret 19
1 + cos(2x) 1 − cos(2x)
cos2 x = , sin2 x = .
2 2

Explication terre à terre

Ces formules transforment un carré (difficile à intégrer ou à manipuler) en une expression du


premier degré en cos(2x), beaucoup plus simple à intégrer ou à étudier.

Démonstration
Formule de duplication : cos(2x) = cos2 x − sin2 x. En utilisant cos2 x + sin2 x = 1, on a
1 + cos 2x
sin2 x = 1−cos2 x, donc cos(2x) = cos2 x−(1−cos2 x) = 2 cos2 x−1, d’où cos2 x = .
2
1 − cos 2x
De même, cos(2x) = 1−2 sin2 x (en remplaçant cos2 x par 1−sin2 x), d’où sin2 x = .
2

Exemple type concours

x sin 2x π
Z π Z π  
2 1 + cos 2x π
cos x dx = dx = + = .
0 0 2 2 4 0 2

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 12

5 Analyse
Secret 20 — Dériver une fonction composée en « poupées russes »

Secret 20

(u ◦ v)′ (x) = v ′ (x) × u′ v(x) .




Explication terre à terre

On dérive « de l’extérieur vers l’intérieur » : d’abord la fonction extérieure (en gardant


l’intérieur intact), puis on multiplie par la dérivée de l’intérieur.

Démonstration
Par définition du nombre dérivé, pour h → 0 :

u(v(x + h)) − u(v(x)) u(v(x + h)) − u(v(x)) v(x + h) − v(x)


= ×
h v(x + h) − v(x) h
| {z } | {z }
→ u′ (v(x)) → v ′ (x)

(en supposant v(x + h) ̸= v(x), cas génériquement valable), d’où le résultat par passage à la
limite et produit des limites.

Exemple type concours

f (x) = cos(3x2 + 1) : extérieure u = cos, intérieure v(x) = 3x2 + 1, v ′ (x) = 6x. Donc
f ′ (x) = −6x sin(3x2 + 1).

Secret 21 — Calculer une limite avec les équivalents usuels

Secret 21
Au voisinage de 0 :

sin x ∼ x, ex − 1 ∼ x, ln(1 + x) ∼ x, (1 + x)α − 1 ∼ αx.

Dans un produit ou un quotient, on peut remplacer chaque facteur par son équivalent.

Explication terre à terre

Face à une forme indéterminée 00 , plutôt que de manipuler la fonction entière, on remplace
chaque petit morceau (sin x, ex − 1...) par « ce à quoi il ressemble » près de 0 : cela simplifie
immédiatement le calcul.

Démonstration
Ces équivalents proviennent directement de la définition du nombre dérivé en 0. Par exemple
sin x − sin 0 sin x
pour sin : sin′ (0) = cos(0) = 1, donc limx→0 = 1, c’est-à-dire → 1, ce qui
x−0 x
s’écrit sin x ∼ x. Le raisonnement est identique pour e − 1 (dérivée de exp en 0 vaut 1)
x

et ln(1 + x) (dérivée de ln(1 + x) en 0 vaut 1). La règle du produit/quotient d’équivalents


est licite car un équivalent revient à un facteur qui tend vers 1, et un produit de limites qui
tendent vers 1 tend encore vers 1.

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 13

Exemple type concours

sin(3x) 3x 3
lim 2x
= lim = .
x→0 e − 1 x→0 2x 2

Secret 22 — Choisir le bon u en intégration par parties (règle ILATE)

Secret 22
Z
Dans u v ′ dx, choisir u en priorité dans l’ordre : Inverse trigo, Logarithme, fonction
Algébrique (polynôme), Trigonométrique, Exponentielle.

Explication terre à terre

Il y a souvent deux choix possibles pour u et v ′ ; l’ordre ILATE indique quel choix simplifie le
calcul (celui qui « devient plus simple en se dérivant », comme un polynôme, plutôt que celui
qui reste compliqué comme un logarithme).

Démonstration
La formule d’intégration par parties u v ′ = [uv] − u′ v provient de la dérivée d’un produit
R R

(uv)′ = u′ v + uv ′ , intégrée entre deux bornes. Le choix ILATE n’est pas une loi mathématique
mais une heuristique : il place en premier (comme u, donc à dériver) les fonctions dont la
dérivée est plus simple que la fonction elle-même (un logarithme se dérive en fraction simple,
un polynôme baisse de degré), et laisse en dernier (v ′ , donc à intégrer) les fonctions faciles à
intégrer indéfiniment comme l’exponentielle.

Exemple type concours


Z
xex dx : ici « Algébrique » passe avant « Exponentielle », donc u = x (u′ = 1), v ′ = ex
(v = ex ). xex dx = xex − ex dx = xex − ex + C = (x − 1)ex + C.
R R

Secret 23 — Le tableau des primitives usuelles à connaître par cœur

Secret 23

xn+1
Z Z Z
n 1
x dx = + C (n ̸= −1), dx = ln |x| + C, ex dx = ex + C,
n+1 x
Z Z Z
1
cos x dx = sin x + C, sin x dx = − cos x + C, dx = arctan x + C.
1 + x2

Explication terre à terre


Connaître ce tableau par cœur, c’est gagner un temps précieux : reconnaître directement la
forme d’une primitive évite de la « redémontrer » à chaque exercice.

Démonstration
Chaque primitive se vérifie en dérivant le résultat proposé et en constatant qu’on retrouve
 n+1 ′
x (n + 1)xn
bien la fonction de départ. Par exemple = = xn ; (sin x)′ = cos x ;
n+1 n+1

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 14

1
(− cos x)′ = sin x ; (arctan x)′ = (résultat admis en Terminale, obtenu en dérivant la
1 + x2
réciproque de tan).

Exemple type concours


Z 1
1
(3x2 + cos x)dx = x3 + sin x 0 = 1 + sin(1).

0

6 Nombres complexes
Secret 24 — Reconnaître directement un module et un argument remarquable

Secret 24
√ π 3π
Pour z = a + ib : module |z| = a2 + b2 ; si a = b, argument = (ou − etc. selon signes)
√ 4 4
π a π
; si b = a 3, argument = ; si b = √ , argument = .
3 3 6

Explication terre à terre

Plutôt que de calculer arctan(b/a) à chaque fois, on reconnaît des « rapports remarquables »
entre a et b qui correspondent aux angles classiques du Secret 17.

Démonstration
b
Si z = a + ib = r(cos θ + i sin θ), alors a = r cos θ et b = r sin θ, donc = tan θ (si a ̸= 0). Les
√ a √
valeurs remarquables de tan θ (tan(π/4) = 1, tan(π/3) = 3, tan(π/6) = 1/ 3) se déduisent
directement des valeurs de sin et cos du Secret 17, d’où la correspondance annoncée entre le
rapport b/a et l’argument.

Exemple type concours


√ √ √
z = 1 + i 3 : b/a = 3 = tan(π/3), |z| = 1 + 3 = 2. Donc z = 2eiπ/3 .

Secret 25 — Les racines n-ièmes de l’unité se placent seules sur le cercle

Secret 25
2kπ
Les solutions de z n = 1 sont zk = ei n , k = 0, . . . , n − 1 : elles sont régulièrement réparties
sur le cercle unité (sommets d’un polygone régulier), et leur somme est nulle si n ≥ 2.

Explication terre à terre


Pas besoin de résoudre z n = 1 par de longs calculs algébriques : on sait immédiatement,
géométriquement, que les solutions forment un polygone régulier à n sommets sur le cercle de
rayon 1.

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 15

Démonstration
Si z = reiθ , l’équation z n = 1 s’écrit rn einθ = 1 = 1 · ei0 . Par unicité du module et de
2kπ
l’argument (à 2π près) : rn = 1 ⇒ r = 1 (car r ≥ 0), et nθ ≡ 0 (mod 2π), soit θ = pour
n
k ∈ Z ; on obtient
P n valeurs distinctes pour k = 0, . . . , n − 1 (lesi2π/n
autres se répètent modulo
2π). La somme  n−1 z
k=0 k est une somme géométrique de raison e ̸= 1 (pour n ≥ 2), qui
i2π/n n
1− e 1−1
vaut i2π/n
= = 0 (Secret 15 appliqué aux complexes).
1−e 1 − ei2π/n

Exemple type concours

Racines cubiques de l’unité : 1, j = ei2π/3 , j 2 = ei4π/3 , avec 1 + j + j 2 = 0.

7 Probabilités et dénombrement
Secret 26 — Passer par l’événement contraire

Secret 26

P (A) = 1 − P (Ā).
Utile en particulier pour les événements du type « au moins un... ».

Explication terre à terre

Calculer directement « au moins un succès » est souvent compliqué (il faut envisager 1 succès,
2 succès, 3 succès...) ; calculer « aucun succès » (l’événement contraire) est presque toujours
plus simple, et il ne reste qu’à faire 1 − · · · .

Démonstration
A et Ā forment une partition de l’univers Ω (ils sont incompatibles et leur réunion est Ω),
donc P (A) + P (Ā) = P (Ω) = 1, d’où P (A) = 1 − P (Ā).

Exemple type concours


 3
5 125 91
On lance 3 dés. P (« au moins un 6 ») = 1 − P (« aucun 6 ») = 1 − =1− = .
6 216 216

Secret 27 — Reconnaître vite s’il faut un arrangement, une combinaison ou une


permutation

Secret 27
• L’ordre compte et on prend tous les éléments ⇒ permutation : n!
n!
• L’ordre compte et on n’en prend que k ⇒ arrangement :
  (n − k)!
n n!
• L’ordre ne compte pas ⇒ combinaison : =
k k!(n − k)!

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 16

Explication terre à terre


La seule question à se poser avant tout dénombrement est : « si je change l’ordre des éléments
choisis, est-ce que ça change le résultat (un mot, un podium...) ou pas (une simple liste, une
équipe...) ? » Cette unique question suffit à choisir la bonne formule.

Démonstration
Pour un arrangement : on choisit le 1er élément parmi n, le 2e parmi les n − 1 restants,
n!
..., le k-ième parmi n − k + 1 restants, d’où n(n − 1) · · · (n − k + 1) = possibilités
(n − k)!
(l’ordre est distingué à chaque étape). Une combinaison compte les mêmes choix mais sans
distinguer l’ordre : chaque groupe de k éléments a été compté  k! fois (le nombre de façons
n 1 n!
de les ordonner) dans l’arrangement, donc on divise par k! : = .
k k! (n − k)!

Exemple type concours


15!
Un tiercé (ordre compte) parmi 15 chevaux : arrangement A315 = = 2730.
12!  
15
Une équipe de 3 joueurs (ordre ne compte pas) parmi 15 : combinaison = 455.
3

8 Géométrie vectorielle
Secret 28 — Tester l’orthogonalité et calculer un angle avec le produit scalaire

Secret 28
Pour ⃗u(x1 , y1 ) et ⃗v (x2 , y2 ) :

⃗u · ⃗v
⃗u · ⃗v = x1 x2 + y1 y2 , ⃗u ⊥ ⃗v ⇐⇒ ⃗u · ⃗v = 0, cos θ = .
∥⃗u∥ ∥⃗v ∥

Explication terre à terre

Pas besoin de tracer une figure ou de mesurer un angle : un simple calcul (une multiplication
et une addition) suffit à savoir si deux vecteurs sont perpendiculaires, ou à retrouver l’angle
qu’ils forment.

Démonstration
La formule ⃗u·⃗v = ∥⃗u∥∥⃗v ∥ cos θ (définition géométrique) combinée à l’expression en coordonnées
se démontre via le théorème d’Al-Kashi dans le triangle formé par ⃗u, ⃗v et ⃗u − ⃗v : ∥⃗u − ⃗v ∥2 =
∥⃗u∥2 + ∥⃗v ∥2 − 2∥⃗u∥∥⃗v ∥ cos θ. En développant ∥⃗u − ⃗v ∥2 = (x1 − x2 )2 + (y1 − y2 )2 et en
simplifiant, on obtient 2(x1 x2 +y1 y2 ) = 2∥⃗u∥∥⃗v ∥ cos θ, ce qui donne la formule en coordonnées.
L’orthogonalité correspond à θ = π/2, donc cos θ = 0, donc ⃗u · ⃗v = 0.

Exemple type concours

⃗u(3, 4), ⃗v (4, −3) : ⃗u · ⃗v = 12 − 12 = 0 : les deux vecteurs sont orthogonaux, sans tracer aucune
figure.

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 17

Secret 29 — Le déterminant pour la colinéarité et l’aire, en un calcul

Secret 29
Pour ⃗u(x1 , y1 ), ⃗v (x2 , y2 ) :

| det(⃗u, ⃗v )|
det(⃗u, ⃗v ) = x1 y2 − x2 y1 , ⃗u ∥ ⃗v ⇐⇒ det(⃗u, ⃗v ) = 0, Aire(triangle) = .
2

Explication terre à terre

Un seul petit calcul en croix (x1 y2 − x2 y1 ) permet à la fois de savoir si trois points sont alignés
et de calculer l’aire d’un triangle, sans jamais avoir besoin de la hauteur.

Démonstration
Si ⃗u et ⃗v sont colinéaires, il existe k tel que ⃗v = k⃗u, donc x2 = kx1 , y2 = ky1 , et x1 y2 − x2 y1 =
x1 (ky1 ) − (kx1 )y1 = 0. Réciproquement, si le déterminant est nul et ⃗u ̸= ⃗0, on montre que ⃗v
est un multiple de ⃗u (en résolvant le système).
Pour l’aire : dans un repère orthonormé, l’aire du parallélogramme construit sur ⃗u, ⃗v vaut
∥⃗u∥ ∥⃗v ∥ | sin θ| (base × hauteur) ; en utilisant sin2 θ = 1 − cos2 θ et la formule du produit
scalaire (Secret 28), un calcul montre que ∥⃗u∥2 ∥⃗v ∥2 sin2 θ = (x1 y2 − x2 y1 )2 , donc l’aire du
parallélogramme est |x1 y2 − x2 y1 |, et celle du triangle moitié moindre.

Exemple type concours

A(0, 0), B(4, 0), C(1, 3) : AB(4,


⃗ ⃗
0), AC(1, 3), det = 4 × 3 − 1 × 0 = 12. Aire du triangle
12
= = 6.
2

9 Stratégies pour le jour du concours


Secret 30 — Tester une formule littérale avec des valeurs numériques simples

Secret 30
Face à plusieurs formules candidates (QCM), remplacer les lettres par de petites valeurs
numériques (n = 1, n = 2...) permet d’éliminer instantanément les mauvaises réponses.

Explication terre à terre


Une formule fausse échoue presque toujours sur un exemple simple. Plutôt que de refaire
toute la démonstration en pleine épreuve, on « pose une valeur » et on vérifie que le résultat
proposé correspond bien à ce qu’on peut calculer directement.

Démonstration
Ce n’est pas une démonstration mathématique en soi, mais un raisonnement par contre-
exemple : si une formule F (n) est censée être vraie pour tout n, et qu’on trouve un n0
pour lequel F (n0 ) diffère de la valeur correcte (calculée indépendamment), alors F est néces-
sairement fausse (une propriété vraie « pour tout n » doit l’être en particulier pour n0 ). En
revanche, si la formule passe le test pour une valeur, cela ne prouve pas qu’elle est vraie en
général (attention à ne pas confondre validation et vérification), mais c’est un filtre rapide et
efficace en QCM.

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 18

Exemple type concours

Question : « la somme des n premiers entiers impairs vaut : (a) n2 (b) 2n − 1 (c) n(n + 1)
? » Test avec n = 2 : 1 + 3 = 4. Seule la réponse (a) donne 22 = 4. Réponse (a) confirmée,
sans démonstration générale nécessaire dans l’urgence du concours (à démontrer ensuite si le
temps le permet).

Secret 31 — Encadrer pour estimer sans calculatrice

Secret 31
Pour estimer une racine, un logarithme ou une puissance sans calculatrice, on l’encadre entre
deux valeurs connues.

Explication terre à terre


On n’a pas toujours besoin de la valeur exacte : dans un QCM, il suffit souvent de savoir «
entre quoi et quoi » se situe le résultat pour éliminer les réponses absurdes.

Démonstration
Le principe repose sur la croissance des fonctions usuelles (racine carrée, logarithme, puis-
sance à exposant positif sont strictement croissantes sur leur domaine) : si a < x < b et f
est croissante, alors f (a) < f (x) < f (b). Il suffit donc de trouver deux valeurs de référence
encadrant x pour en déduire un encadrement de f (x).

Exemple type concours


√ √
Estimer 50 : √72 = 49 < 50 < 64 = 82 , donc 7 < 50 < 8 (et comme 50 est très proche de
49, on affine : 50 ≈ 7,07).

Secret 32 — Bien gérer son temps le jour du concours

Secret 32
Traiter d’abord les exercices dont on maîtrise immédiatement la méthode ; marquer et passer
les questions qui bloquent, plutôt que de s’y attarder ; revenir dessus seulement à la fin s’il
reste du temps.

Explication terre à terre


Un concours est chronométré et noté sur l’ensemble des questions : passer 10 minutes bloqué
sur une seule question difficile, c’est souvent perdre la possibilité de traiter 2 ou 3 questions
plus faciles ailleurs, qui rapportent tout autant de points.

Démonstration
Ce n’est pas un théorème mathématique mais un principe d’optimisation : si chaque ques-
tion rapporte à peu près le même nombre de points, la stratégie qui maximise le score total
dans un temps fixé consiste à traiter en priorité les questions au meilleur rapport (points gag-
nés)/(temps nécessaire), exactement comme on résout un problème de sac à dos (« knapsack
») en priorisant les objets au meilleur rapport valeur/poids.

Fait par Wilfried A.


Secrets de calcul — Concours INP-HB / ESATIC 19

Exemple type concours


Sur une épreuve de 20 questions en 2 heures, mieux vaut sécuriser 16 questions maîtrisées
(le « socle » du concours) que de risquer de n’en traiter que 10 en s’acharnant sur les 4 plus
difficiles rencontrées en premier.

— Fait par Wilfried A. —

Fait par Wilfried A.

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