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AquiPerdDur

Le document contient un avertissement sur les droits d'auteur concernant une pièce de théâtre intitulée 'A qui perd, dure', qui met en scène des personnages discutant de leur récente victoire au loto et de leurs projets de voyage. Les personnages principaux, Isabelle et Olivier, ainsi que leurs amis, expriment leur excitation face à leur nouvelle richesse, mais Olivier est inquiet de la perte potentielle du ticket gagnant. La pièce se déroule dans un cadre domestique et aborde des thèmes de l'amitié, de l'argent et des attentes liées à la richesse.

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Le document contient un avertissement sur les droits d'auteur concernant une pièce de théâtre intitulée 'A qui perd, dure', qui met en scène des personnages discutant de leur récente victoire au loto et de leurs projets de voyage. Les personnages principaux, Isabelle et Olivier, ainsi que leurs amis, expriment leur excitation face à leur nouvelle richesse, mais Olivier est inquiet de la perte potentielle du ticket gagnant. La pièce se déroule dans un cadre domestique et aborde des thèmes de l'amitié, de l'argent et des attentes liées à la richesse.

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A qui perd dure !


2 :23

A QUI PERD, DUR !


Distribution : 3 hommes et 4 femmes

Olivier
Isabelle : sa femme
Brigitte : une amie d’Isabelle
Francine : une autre amie
Clément : collègue d’Olivier
Danièle : la mère d’Isabelle
Gaëtan : ben Gaëtan, c’est….vous verrez bien !

Décors : le salon de l’appartement d’Olivier et Isabelle, il y a une fenêtre qui donne dans la
rue
Minimum 2 entrées. (Coté pallier et le reste de l’appart)
Durée : 90 à 95 minutes , en 4 actes.

Isabelle, Brigitte et Francine sont sur scène, il y a une bouteille de champagne vide sur la
table, des coupes….

BRIGITTE / Bon, on appelle qui maintenant ?


FRANCINE / Le patron d’Olivier et tu lui dis franchement ce que tu penses de lui.
ISABELLE / Bonne idée Francine, je vais lui balancer tout ce que j’ai sur le cœur à ce gros
porc.
FRANCINE / Et surtout n’oublie pas de lui dire qu’il démissionne.
BRIGITTE / Tu ne crois pas que ça, c’est à Olivier de le faire ?
ISABELLE / Tu as raison Brigitte. Bon, le Banquier c’est fait, la voiture c’est fait. Le séjour
aux Caraïbes, c’est réservé.
FRANCINE / C’est vraiment géniale, je suis aussi excitée que toi. C’est la première fois que
j’ai une amie millionnaire.
BRIGITTE / Les choses vont vite, hier tu étais aussi pauvre que nous, et aujourd’hui tu
es….tu es …ma meilleure amie (elle l’embrasse).
ISABELLE / Ne vous en faites pas les filles, je ne vous laisserai pas sur le carreau vous
venez avec nous aux Caraïbes.
BRIGITTE / Génialissime. On part quand ? (Des puces tout excitées)
FRANCINE / Dans 15 jours, t’as bien entendu.
BRIGITTE / Ah oui, c’est vrai. Oh merci merci merci
ISABELLE / C’est normal, c’est un peu grâce à vous aussi, si on a gagné.
FRANCINE / Ah bon ?
ISABELLE / Oui Olivier et son collègue ne savaient pas quels chiffres jouer
BRIGITTE / Ouah géant, ils ont joué notre date de naissance.
FRANCINE / Et c’est nous qui avons gagné !
ISABELLE / Non justement, Olivier a dit à son ami, « tout sauf des chiffres qui me
rappellent Francine et Brigitte »…et bingo ils ont gagné
BRIGITTE / Mouais (mitigée)
ISABELLE / S’ils avaient joué vos dates de naissances et ben on perdait et on ne serait pas
là à faire des tas de projets.
BRIGITTE / Mouais
FRANCINE / Positive Brigitte. Le principal, c’est qu’on ait gagné.

A qui perd dure !


3 :23

ISABELLE / Attends Francine, ce sont Olivier et Clément qui ont gagné. Moi je suis la
femme d’Olivier, donc j’ai gagné aussi. Ben oui, on se marie pour le meilleur et pour le pire,
je vais enfin connaître le meilleur.
FRANCINE / Et nous dans tous ça ?
ISABELLE / Vous, vous êtes mes amies, donc je vous mets dans mes valises.
BRIGITTE / Francine aussi, prévoit une grosse valise alors !
FRANCINE / Très drôle Brigitte.
ISABELLE / Allez les filles, on est heureuse. On en ouvre une autre.
FRANCINE / Ben écoute, oui pourquoi pas.
BRIGITTE / Tu vas être super belle, ma chérie.
FRANCINE / Pourquoi tu dis ça ?
BRIGITTE / Parce que l’argent ça rend beau.
FRANCINE / Rambo, tatata (mime)
ISABELLE / Arrête de faire l’idiote.
FRANCINE / C’est toi qui est nulle Brigitte, elle ne sera ni plus belle ni plus vilaine
qu’avant.
BRIGITTE / Ben si, car elle aura les moyens de faires des tas de soins…d’aller chez le
coiffeur toutes les semaines.
FRANCINE / Ouais, ah la chance.
ISABELLE / Tu as raison Brigitte, je vais déjà prendre quelques rendez-vous
(Elle va pour prendre le téléphone quand celui-ci sonne)
BRIGITTE / Ouah mieux que les stars, c’est son coiffeur qui l’appelle.
ISABELLE / Ah c’est toi, Loulou.
BRIGITTE / Tu vois, c’est bien son coiffeur !
ISABELLE / Mais non c’est Olivier.
FRANCINE / Et il n’est pas coiffeur
ISABELLE / Non pas vraiment. (Au tel) Oui chéri, je suis à la maison. Pas de problème, tu as
raison, on lui doit bien ça…à tout de suite.
BRIGITTE / C’était qui ?
FRANCINE / Son mari, elle vient de le dire.
BRIGITTE / Oh oui, je suis un peu pompette moi avec tout ça.
ISABELLE / Il a invité Clément, son collègue, à manger.
FRANCINE / Génial, le riche collègue. Tu nous invites aussi ?
BRIGITTE / Il est beau ?
FRANCINE / Mais enfin Brigitte on s’en fout, il est riche !!
BRIGITTE / Oui mais si en plus il est beau…
ISABELLE / Ok, je vous invite.
FRANCINE / Génial, moi je file me changer et je reviens.
BRIGITTE / Ben moi aussi, je tiens à faire bonne impression.
ISABELLE / Vous êtes trop bêtes, mais je vous adore.
FRANCINE / Nous aussi on t’aime très fort.
BRIGITTE / De plus en plus fort même (elles sortent)
ISABELLE / (elle ouvre l’annuaire, prend le téléphone) Allo, oui bonjour, je voudrais
prendre rendez-vous. Quand ? Ben écoutez, disons, un premier demain matin, un autre juste
avant de partir aux Caraïbes, oui, parce que nous partons aux Caraïbes, je suis la dame qui a
gagné le gros lot au Loto ; donc ; dans deux semaines, puis à mon retour, je voudrais prendre
un abonnement ….non, pas hebdomadaire, tous les samedis si possible. Voilà, on est
d’accord. Parfait. A quel nom ? Oui bien sûr, Isabelle Delaplace,… attaché ? Comment ça
attaché ?... Ah le de, oui…euh non, en fait non plus maintenant, c’est Isabelle de …plus loin

A qui perd dure !


4 :23

…la place… Est-ce que la place est attachée ? Non, non plus. Voilà. C’est ça, on se dit à
demain…au revoir mademoiselle.
(Pour elle) En fait, c’était peut être un mec. Bon en parlant de mec, je vais peut être planqué
tout ça avant le retour d’Olivier (elle prend coupes et bouteille de champagne et sort)
Entrée d’Olivier et Clément.
OLIVIER / Chérie, c’est nous
ISABELLE / (off) Déjà.
OLIVIER / Oui, on est sorti très tôt du bureau.
ISABELLE / (off) Je comprends, vous devez être tellement excités, plus aucune motivation
pour travailler.
OLIVIER / Ah oui, ça m’excite, ça m’excite tellement que j’ai envie de te frapper.
CLEMENT / Enfin Olivier calme toi.
OLIVIER / Me calmer, après ce que tu m’as dit à la photocopieuse.
CLEMENT / Tu aurais préféré que je te le dise ailleurs.
OLIVIER / Non, ce n’est pas ça, mais je ne m’y attendais pas du tout.
CLEMENT / Parce que tu crois que je m’y étais préparé, moi.
OLIVIER / Ben alors on fait quoi, on le dit à Isabelle ?
CLEMENT / C’est toi qui vois, c’est ta femme.
OLIVIER / Alors voilà, chérie, Clément et moi …
Entrée d’Isabelle.
ISABELLE / Que dis tu Loulou ? Bonjour Clément.
OLIVIER / Bonjour Isabelle. On parlait ne nos projets.
ISABELLE / Ah c’est sûr qu’on va en faire des projets !
OLIVIER / Il ne faut rien brusquer non plus, n’est ce pas Clément ?
CLEMENT / Absolument. Ça ne te dérange pas Isabelle si je reste pour manger ?
ISABELLE / Non, si Olivier t’as invité. Il faut d’ailleurs que je téléphone au traiteur pour
passer commande.
OLIVIER / Tu ne cuisines pas.
ISABELLE / Non, c’est la fête, je veux profiter également de nos invités, et puis… on a les
moyens ou on ne les a pas.
OLIVIER / Nos invités ?
ISABELLE / Oui Brigitte et Francine se joindront à nous, elles brulent d’impatience de
rencontrer ton Clément.
OLIVIER / Ce n’est pas mon Clément.
ISABELLE / Non, c’est un peu le mien et celui des filles aussi…on parlera des Caraïbes.
OLIVIER / Quelles Caraïbes ?
ISABELLE / Quelles caraïbes !!! Mais enfin Loulou, les Caraïbes où vont tous les riches.
CLEMENT / Ben oui, enfin, Loulou !
ISABELLE / Bon, je vous laisse à vos projets. (Elle sort)
OLIVIER / Non mais ce n’est pas vrai.
CLEMENT / Quoi, qu’elle a invité ses amies, mais on dirait bien que si !!
OLIVIER / Non, qu’elle dépense déjà le fric que l’on n’a pas encore.
CLEMENT / Et que l’on aura peut être jamais.
OLIVIER / Oui, quand tu m’as dit, devant la photocopieuse, que tu ne trouvais plus le billet,
j’en suis tombé raide.
CLEMENT / Ben j’ai vu, y a 12 photocopies de ta tronche dans la poubelle.
OLIVIER / Clément, ce n’est pas drôle, je suis dans la merde.
CLEMENT / Nous sommes dans la merde.
OLIVIER / Moi plus que toi, tu n’as pas une bonne femme pour te dépenser tout ton fric toi.
CLEMENT / Effectivement, là, j’avoue…tu es dans de salle draps.

A qui perd dure !


5 :23

OLIVIER / Et qui les a sali mes draps ?


CLEMENT / Olivier ne dit pas ça, que vont s’imaginer les gens !
OLIVIER / Il faut absolument que tu le retrouves, ce fichu ticket, Isabelle ne s’en remettra
jamais. Pour elle, nous sommes déjà riches et aux Caraïbes. C’est capital pour moi.
CLEMENT / Et pour moi, qu’est ce que tu crois que c’est, une partie de jambe en l’air ? Moi
aussi, j’ai joué, moi aussi j’ai gagné…et moi aussi je suis dans la panade.
OLIVIER / Oui, d’autant que c’est toi qui as le ticket. T’as bien regardé dans ton
portefeuille ?
CLEMENT / Oui, déjà 22 fois.
OLIVIER / Ben, viens on regarde ensemble.
CLEMENT / ça fera 23 fois.
OLIVIER / Ne penses-tu pas que pour 1million et demi d’euros ça vaut la peine de tenter le
coup…une 23eme fois !
CLEMENT / Si (il sort son portefeuille, et énumère) ça c’est ma carte de fidélité.
OLIVIER / Elle ne doit pas beaucoup servir.
CLEMENT / Monsieur a toujours le cœur à plaisanter, c’est déjà ça.
OLIVIER / Et qu’est ce que c’est de tout ça ?
CLEMENT / Mes rendez-vous chez l’ostéopathe.
OLIVIER / Tu as besoin de tous les garder.
CLEMENT / Oui ce sont 5 années de doux souvenirs.
OLIVIER / De deux choses l’une, ou tu y vas par plaisir, ou il est nul !
CLEMENT / C’est elle, et j’y vais par besoin.
OLIVIER / Je me disais aussi.
CLEMENT / Bon, ça c’est ma carte bancaire…
OLIVIER / Tu n’as pas mis le ticket avec ?
CLEMENT / Non. Il n’est pas là, tu le vois comme moi.
OLIVIER / Non justement, je ne le vois pas.
CLEMENT / Voilà, tout comme moi !
OLIVIER / Dans ta bagnole, tu l’as laissé dans ta voiture, tu mets tout dans le vide poche.
CLEMENT / Mais non, j’y mets, les tickets de parkings, les tickets de retraits quand je vais
au distributeur…les tickets de…
OLIVIER / De Loto, va vite voir.
CLEMENT / Si tu y tiens.
OLIVIER / Non justement, je ne tiens plus (il fait les 100 pas)
CLEMENT / C’est parti, j’y retourne.
OLIVIER / Ben ne fais pas cette tête de martyre, je te rappelle qu’il y aura moitié des gains
pour toi.
CLEMENT / Oui mais c’est moi qui fais 100% des recherches.
OLIVIER / Ben peut-être parce que c’est toi qui avais 100 % du ticket.
CLEMENT / On aurait bien du le couper en deux.
OLIVIER / Allez file au lieu de dire des conneries (il le pousse vers la sortie)
CLEMENT / On fait quoi si je ne le retrouve pas ? (il sort)
OLIVIER / Quand Isabelle va savoir ça, mais non il ne faut pas qu’elle le sache.
Entrée d’Isabelle
ISABELLE / Tu sais quoi, chéri ?
OLIVIER / Non, mais il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas savoir.
ISABELLE / J’ai pensé à un truc à la cuisine.
OLIVIER / Oui, tu as téléphoné au traiteur.
ISABELLE / Oui, le traiteur c’est fait.
OLIVIER / Tu n’as pas faits d’excès j’espère ?

A qui perd dure !


6 :23

ISABELLE / Juste ce qu’il fallait pour fêter cet événement entre amis.
OLIVIER / Oui, enfin…tu sais, le soir on mange moins.
ISABELLE / Donc, je disais que j’avais pensé à un autre truc.
OLIVIER / En plus du traiteur, un orchestre tzigane, les filles du Crazy-horse… ?
ISABELLE / Ah non, à ça, j’y avais même pas pensé, ben ça sera pour une autre soirée.
OLIVIER / Voilà, pas tout le même soir.
ISABELLE / Non, moi je me disais que je ne vais pas me casser la tête à faire les valises, on
achètera tout sur place, on peut bien se permettra cette petite folie.
OLIVIER / Oui celle-là aussi.
ISABELLE / Oh que j’ai hâte d’être à dans 15 jours.
OLIVIER / Et moi donc ! Ah c’est dans 15 jours, le départ.
ISABELLE / Oui, ah je ne te l’avais pas dit.
OLIVIER / Non.
ISABELLE / C’est possible, j’ai tellement de choses en tête, j’ai peur d’en oublier.
OLIVIER / N’oublie pas de respirer.
ISABELLE / Je ne sais pas pourquoi, mais en te regardant, j’ai l’impression qu’il y a un truc
qui cloche.
OLIVIER / Non du tout.
ISABELLE / Tu n’es pas heureux de partir, un mois aux Caraïbes, dans un hôtel
paradisiaque…c’est rien que du bonheur.
OLIVIER / Ah, on part un mois ?
ISABELLE / Oui tu es déçu, tu aurais voulu y rester plus longtemps, je peux rappeler si tu
veux ?
OLIVIER / Non, un mois, c’est déjà bien.
ISABELLE / On dira ce qu’on voudra, mais c’est quand même plus facile quand on a de
l’argent.
OLIVIER / Absolument.
ISABELLE / Y a que les pauvres pour chanter que l’argent ne fait pas le bonheur. En tous
cas, moi je suis hyper heureuse.
OLIVIER / Je le suis également, mais essayons de ne pas trop changer, l’argent ça part vite,
tu sais.
ISABELLE / Oui, mais c’est pas 1500 euros qu’on a gagné, c’est un million et demi d’euros
et des broutilles. Y en a combien des broutilles ?
OLIVIER / Je ne sais plus très bien, mais ça n’a pas beaucoup d’importance.
ISABELLE / Tu as raison, Loulou, à partir de maintenant on ne compte plus. On ne
s’embarrasse plus avec la monnaie (elle fouille dans son sac)
OLIVIER / Que fais tu ?
ISABELLE / Je cherche mon porte-monnaie. Ah le voilà (elle rassemble sa monnaie et la
jette par la fenêtre).
OLIVIER / Mais qu’est ce qui te prend ?
ISABELLE / On n’a plus besoin de toutes ces piécettes. Je fais un don anonyme, il profitera
au premier qui passera.
OLIVIER / (regardant par la fenêtre) Voilà, c’est fait, voilà un gars qui pense vraiment que
l’argent tombe du ciel ! Ya pas de quoi
ISABELLE / A qui parles tu ?
OLIVIER / Le mec, il dit merci en regardant en l’air, je lui réponds, y a pas de quoi ?
ISABELLE / Dis lui de ne pas bouger, je regarde ce que tu as dans ton portefeuille.
OLIVIER / (affolé) Non, ce n’est pas la peine, il est parti.
ISABELLE / Ah c’est bête
OLIVIER / Ah oui, c’est bête !

A qui perd dure !


7 :23

ISABELLE / Ah, je n’imaginais pas que ça puisse être aussi jouissif de faire plaisir aux gens.
OLIVIER / Ah ben si, quand je te donne du plaisir, c’est jouissif pour moi aussi.
ISABELLE / Oui ben, mauvais exemple, car ce ne l’est que pour toi, alors que quand je
donne de l’argent à ce monsieur, il est heureux aussi.
OLIVIER / Ah, je sens que je vais aller de révélations en surprises.
ISABELLE / C’est possible ! Ce loto a changé ma vie, je me sens aérienne, légère, j’ai envie
de tout balancer.
OLIVIER / Moi y compris.
ISABELLE / Faudra voir !! Mais ne fais pas cette tête là, nigaud, je plaisante (elle regarde
par la fenêtre) Oh, y a une pauvre dame en bas, elle a une robe affreuse. Attendez madame,
ne bougez pas.
OLIVIER / Que fais tu ?
ISABELLE / (elle défait sa robe) J’en ai marre de cette robe, je lui donne. (Elle la jette par
la fenêtre).
OLIVIER /Ah oui, quand même, c’est rapide.
ISABELLE / Oui !! Plus efficace que les bourses aux vêtements. (Par la fenêtre) De rien
madame, à votre service.
OLIVIER / Tu vas peut être t’arrêter là ?
ISABELLE / Ah non, monsieur, lui je le garde.
OLIVIER / A qui parles-tu ?
ISABELLE / Y a un passant qui me demande mon soutif !
OLIVIER / Bon, maintenant, tu t’éloignes de cette fenêtre (il la force à s’asseoir)
ISABELLE / Mais cool chéri, des robes j’en ai d’autres, et j’en achèterai des biens plus
jolies, rien que des grandes marques.
OLIVIER / En attendant va donc mettre une de celles que tu as achetée chez Tati.
ISABELLE / En parlant de tatie, je devrais l’appeler pour lui dire qu’elle vient avec nous.
OLIVIER / Où ça ?
ISABELLE / Ben aux Caraïbes pas au supermarché.
OLIVIER / Mais il n’a jamais été question de cela.
ISABELLE / Non, parce que l’idée vient seulement de germer dans mon esprit.
OLIVIER / ça germe très vite en ce moment, t’as pas trop arrosé ?
ISABELLE / Ben, il fallait bien fêter l’événement, on a bu 2 ou 3 coupettes de champagne
avec les copines.
OLIVIER / Ah c’est donc ça !
ISABELLE / Pour tatie, naturellement, tu es d’accord, elle n’a jamais quitté son trou perdu
de toute sa vie !
OLIVIER / Et on emmène qui d’autres ? (ironique)
ISABELLE / Tu as raison chéri, il faut qu’on pense aux autres, le partage, toujours le
partage. Bon maman, avait pensé le dire à sa voisine madame Beurdouche, elles voyagent
souvent ensemble.
OLIVIER / Attends, parce que tu en as déjà parlé à ta mère.
ISABELLE / Ben quand même, c’est bien la chose la plus naturelle qui soit, une mère on en
a qu’une, il était normal qu’elle soit du voyage.
OLIVIER / Ce n’est pas faux. Bon, j’appelle maman.
ISABELLE / Ah non, pas ta mère.
OLIVIER / Ah et pourquoi pas ma mère ?
ISABELLE / Parce que ta mère va gâcher ces vacances.
OLIVIER / Naturellement ; on va être accompagné par toute la tribu de madame, et personne
de mon coté.

A qui perd dure !


8 :23

ISABELLE / Et voilà, il recommence, il nous refait le coup de l’exclusion. Mais t’es parano
mon pauvre chéri. J’en ai plus que marre de ta jalousie maladive !
OLIVIER / Jalousie qui n’est nullement fondée ?
ISABELLE / Nullement.
OLIVIER / On va tous les dimanches chez tes parents, et une fois par an chez les miens.
ISABELLE / Est-ce de ma faute ? Chaque fois que ta mère nous invite, on est déjà invités !
OLIVIER / Oui chez ta mère …
ISABELLE / En juillet maman ne nous invite jamais.
OLIVIER / C’est vrai, elle est en cure à la Bourboule ! Ville qui porte bien son nom quand
je pense à ta mère.
ISABELLE / Bon, on ne va pas se disputer pour ça, ta mère n’en vaut pas la peine.
OLIVIER / Evidemment. Et si on ne partait pas, comme ça, on n’aura pas besoin de se
demander qui on emmène ou pas ?
ISABELLE / Non, mais tu délires mon chéri, tous les gagnants du loto partent en vacances
sous le soleil, c’est comme ça, c’est une tradition.
OLIVIER / Et pourquoi ne serions nous pas originaux, nous !
ISABELLE / Nous le serons, mais à notre retour. Tu as raison, je ne vais pas commander
mon cabriolet tout de suite, parce que si je me précipite, je risque de le regretter après.
OLIVIER / Sage décision.
ISABELLE / Non mais c’est vrai, au vendeur, je lui avais d’abord dit, noir, et puis en fait
j’en sais plus rien du tout, un beau bleu c’est pas mal du tout.
OLIVIER / Parce que tu as déjà appelé un concessionnaire !
ISABELLE / Oui cet après midi avec les copines….
OLIVIER / Et ?
ISABELLE / Et le gars de chez Porsche, m’a dit que je pouvais passer quand je voulais.
OLIVIER / Je parie que tu lui as dit que tu avais gagné au loto.
ISABELLE / Ben évidemment, je n’en ai pas honte moi, monsieur.
OLIVIER / Evidemment. Et oserai-je te demander à qui d’autres tu as téléphoné ?
ISABELLE / Le banquier, à avec celui là, je me suis soulagée, je lui ai dit que, désormais, ses
agios, il pouvait se les mettre au cul, car on allait changer de banque.
OLIVIER / (livide) Au cul ???
ISABELLE / Oui ben, c’est sorti tout seul…ah tu ne peux pas savoir comme ça m’a soulagé.
OLIVIER / Non, mais j’imagine. Et lui, que t’a-t il répondu ?
ISABELLE / Ben écoute, je n’en sais trop rien, je n’écoutais pas, on se marrait tellement
avec les copines.
OLIVIER / Pendant que moi je bossais.
ISABELLE / Oui d’ailleurs, on voulait appeler ton patron pour lui dire que tu n’irais plus
bosser pour ce gros pervers.
OLIVIER / Rassure moi, vous ne l’avez pas fait ?
ISABELLE / Non, Brigitte a pensé que ça te ferait plaisir de le faire toi même.
OLIVIER / Ouf, pour une fois que Brigitte a eu un trait de bon sens. Mais dis-moi chérie,
pourquoi dis-tu que mon patron est un pervers ?
ISABELLE / Ben comment t’appelles ça toi, un mec, qui demande à une femme de coucher
avec lui, pour que son mari ne soit pas licencié ?
OLIVIER / Et…à qui a-t-il demandé ça ? A Brigitte !
ISABELLE / Elle a un mari, Brigitte ? Ben non à moi !
OLIVIER / Tu aurais pu m’en parler. Tu n’as jamais cédé, bravo !
ISABELLE / T’as été licencié oui ou non ? (elle sort)
OLIVIER / Ben nooooooon, oh mon dieu (il tombe assis) …(un temps) Où vas-tu ?

A qui perd dure !


9 :23

ISABELLE / (off) Je mets une robe, pour faire plaisir à monsieur, c’est bien ce que tu voulais
oui ou non ?
OLIVIER / (abattu) Oui. Oh que je n’aime pas quand elle cherche à me faire plaisir.
Retour de Clément
OLIVIER / Alors tu l’as retrouvé ?
CLEMENT / Oui, et je l’ai tout de suite reconnue. C’est Isabelle qui va être heureuse.
OLIVIER / Et moi aussi.
CLEMENT / Oui aussi, mais je ne comprends pas comment cette femme l’a eue ?
OLIVIER / Quelle femme ?
CLEMENT / Une femme dans la rue, quand je l’ai croisée, elle l’avait à la main.
OLIVIER / Il aura sans doute tombé de ta poche.
CLEMENT / Il…mais de quoi parles-tu ?
OLIVIER / Ben du billet gagnant.
CLEMENT / Mais non, lui je ne l’ai pas retrouvé, moi je te parle de la robe d’Isa (il lui jette
à la figure)
OLIVIER / (énervé) Mais on s’en fout de cette robe, elle n’en voulait plus (il la jette par la
fenêtre)
CLEMENT / Mais qu’est ce qui te prend, tu es devenu fou.
OLIVIER / On le serait à moins. On a gagné au Loto, on a perdu le billet, enfin tu as perdu le
billet.
CLEMENT / Bonjour la solidarité.
OLIVIER / Ma femme dépense le fric qu’on n’a pas, insulte notre banquier, et s’est
envoyée en l’air avec mon patron.
CLEMENT / Tout ça depuis hier 20 heures, et ben dis donc, c’est une rapide !
Retour d’Isabelle. Élégante
ISABELLE / Voilà, j’ai fait vite.
CLEMENT / C’est ce que Olivier vient de me dire.
ISABELLE / Je suis désolée, je n’ai pas eu le temps d’aller m’acheter de nouvelles robes.
CLEMENT / Celle-ci est magnifique.
OLIVIER / Tout va tellement vite, on aurait pu me prévenir, on est déjà au 31 décembre.
ISABELLE / Non, mais Brigitte et Francine, sont parties se changer, et les connaissant, je
suis certaine qu’elles auront voulu marquer le coup.
CLEMENT / Quant à Olivier et moi, on va avoir l’air de deux manants.
OLIVIER / La belle et le clochard.
ISABELLE / Ben, va donc te changer…
OLIVIER / Non, je reste comme je suis par solidarité avec Clément.
CLEMENT / Merci ; et nous on n’a pas envie de jouer aux nouveaux riches.
OLIVIER / Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
CLEMENT / Oui, car pour l’instant l’ours court toujours…
ISABELLE / Mais oui au fait, on le touche quand le pactole ?
Regard gêné des 2 hommes.
CLEMENT / On ne sait pas exactement, ils ont été très vague.
OLIVIER / C’est ça, vague, très vague.
ISABELLE / Oui enfin, moi ce n’est pas avec des vagues que je paierai le traiteur.
OLIVIER / On s’arrangera, n’est ce pas Clément ?
CLEMENT / Oui chacun paiera sa part…en attendant
ISABELLE / En attendant quoi ?
CLEMENT / Ben en attendant que …l’argent soit sur nos comptes.
OLIVIER / Il la raison.

A qui perd dure !


10 :23

ISABELLE / Oui, mais moi demain j’ai rendez vous chez le coiffeur, chez l’esthéticienne,
chez….ils me feront crédits ! Aux riches, on leur fait crédits !
OLIVIER / Vas-y quand même doucement.
ISABELLE / Tu as peur de quoi, que je fasse trop jeune et qu’on me prenne pour ta fille ?
On sonne
ISABELLE / Ce sont les filles. (Elle va ouvrir)
OLIVIER / T’es certain qu’il n’est pas dans ta voiture ?
CLEMENT / Oui j’ai regardé partout.
OLIVIER / Il est peut être tombé, sous un tapis de sol. Tu as pensé à les enlever ?
CLEMENT / Non effectivement je n’y ai pas pensé.
OLIVIER / Tu vois !
CLEMENT / Je n’ai pas pensé non plus à démonter les sièges (ironique)
OLIVIER / Viens on y va.
CLEMENT / On va mettre la voiture en pièce ?
OLIVIER / On va chercher.
Retour d’Isabelle avec Francine, très élégante, collier et bracelet.
ISABELLE / Qu’allez vous chercher ?
OLIVIER / Du pain pour le repas.
ISABELLE / Oui c’est vrai, je n’y ai pas pensé. Bon avant, Francine je te présente Clément,
et Clément je te présente…
CLEMENT / (il la coupe) Francine, c’est bon j’ai compris (les hommes sortent)
FRANCINE / Oh la la, pas l’air sympa le Clément. Son argent lui est déjà monté à la tête.
ISABELLE / Ne fais pas attention, tout est tellement nouveau pour eux, ils ne doivent pas
savoir où ils en sont. Olivier, lui, il a la chance de m’avoir, moi je sais garder la tête froide.
FRANCINE / Et comment ! Mais tu sais ma chérie, si tu as besoin de quoi que ce soit,
n’hésite pas à faire appel à moi, je suis ta meilleure amie, tu le sais ?
ISABELLE / Absolument.
FRANCINE / On a toujours tout affronté ensembles, toutes les deux, les bonnes comme les
mauvaises choses, il n’y a pas de raison pour que ça change.
ISABELLE / Absolument.
FRANCINE / On a déjà tellement partagé.
ISABELLE / Absolument, mais que cherches-tu à me dire Francine ?
FRANCINE / Oh mais rien, absolument rien, si ce n’est que ma voiture, elle a 10 ans tu sais.
ISABELLE / Déjà ?
FRANCINE / Eh oui, et ben, elle fait un bruit bizarre.
ISABELLE / C’est bon j’ai compris, je verrai ce que je peux faire, dès notre retour des
Caraïbes.
FRANCINE / Tu es un amour.
ISABELLE / Elle tiendra jusque là ?
FRANCINE / Oui, pendant que je serai aux Caraïbes, je n’en aurai pas l’usage.
ISABELLE / Ah ben oui. Les vieilles guimbardes au rebus, place à la nouveauté.
FRANCINE / En parlant de vieille guimbarde, Brigitte n’est pas encore revenue, ça
m’étonne, elle habite à 2 minutes.
ISABELLE / Pas moi, elle doit essayer 12 tenues avant de trouver celle qui de toute façon lui
ira comme un sac.
FRANCINE / C’est vrai qu’elle est loin d’avoir ta classe naturelle, à toi ma chérie, tout te va.
ISABELLE / C’est bon Francine, inutile d’en faire des caisses, tu l’auras ta nouvelle caisse.
FRANCINE / C’est très gentil de ta part, cette délicate intention est tellement inattendue
pour moi, je ne pourrai jamais assez te remercier.
ISABELLE / Bon en attendant, si on passait à autres choses.

A qui perd dure !


11 :23

FRANCINE / Comme tu voudras, ben, c’est la hotte de ma cuisine …elle….


ISABELLE / Elle quoi ?
On sonne.
ISABELLE / Elle sonne.
FRANCINE / Ma hotte, non. Ça c’est Brigitte.
ISABELLE / Ne bouge pas, je reviens (elle va ouvrir)
FRANCINE / Où veux tu que j’aille. Je ne compte plus la lâcher d’une semelle. Elle a 1
million et demi d’Euros, même aux jeux à la télé, ils n’en gagnent pas autant. Et tout ça sans
rien faire. On ne peut même pas dire qu’elle a un pot de cocu, je suis sûre qu’Olivier ne la
trompe même pas. Alors ça vient d’où une chance pareille ?
Retour d’Isabelle et Brigitte, très élégante. (Collier, bracelet etc.)
FRANCINE / Magnifique, ma chérie tu es magnifique.
BRIGITTE / Je te retourne le compliment. On n’est pas superbes toutes les 3 ? On est prêtes
pour aller au bal de la rose à Monaco.
FRANCINE / Tu nous y inviteras Isa ?
ISABELLE / Promis.
BRIGITTE / En attendant, je voudrais parler un peu seule à seule avec Isa, ça ne te dérange
pas Francine ?
FRANCINE / Pas du tout. (Faux sourire) Je passe à côté (en sortant, pour elle) Qu’est ce
qu’elle mijote, je n’aime pas beaucoup ça ?
ISABELLE / Tu as un problème Brigitte ?
BRIGITTE / Non, mais je tenais à te dire quelque chose en privé.
ISABELLE / Je t’écoute.
BRIGITTE / Ben voilà. Ma chérie, si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à faire
appel à moi, je suis ta meilleure amie, tu le sais ?
ISABELLE / Absolument.
BRIGITTE / On a toujours tout affronté ensembles toutes les deux, les bonnes comme les
mauvaises choses, il n’y a pas de raison que ça change.
ISABELLE / Absolument.
BRIGITTE / On a déjà tellement partagé.
ISABELLE / Absolument, mais que cherches tu à me dire Brigitte ?
BRIGITTE / Oh mais rien, absolument rien, si ce n’est que ma voiture, elle a 12 ans tu sais.
ISABELLE / Déjà ? Ah oui, tu l’as eue 2 ans avant Francine.
BRIGITTE / Pardon.
ISABELLE / Non, c’est juste que j’ai des trucs qui me reviennent en tête.
BRIGITTE / Revenons en à ma voiture.
ISABELLE / Elle fait des bruits bizarres.
BRIGITTE / Comment le sais tu ? Ah oui, tu les as entendus !
ISABELLE / Voilà, c’est ça.
BRIGITTE / Ben, je crois que je vais devoir en acheter une autre.
ISABELLE / Mais non, ne te donnes pas cette peine.
BRIGITTE / Je vais devoir y passer, je n’ai pas le choix.
ISABELLE / Tu ne passeras nulle part, c’est moi qui te l’offre.
BRIGITTE / Oh, tu es adorable, c’est tellement inattendu, je ne sais pas comment te
remercier.
Retour des hommes
ISABELLE / Ben, le pain ?
OLIVIER / Ah merde, oui, le pain !!
CLEMENT / On l’a pas trouvé non plus.
ISABELLE / Comment ça non plus ?

A qui perd dure !


12 :23

OLIVIER / On va y retourner.
ISABELLE / Oui, mais avant, je voudrais présenter Brigitte à Clément.
CLEMENT / Enchanté.
BRIGITTE / Moi aussi, alors qu’est ce que ça fait d’être subitement très très riche ?
CLEMENT / On ne réalise pas encore.
BRIGITTE / (dragueuse) Je comprends. Si jeune, si beau et si riche, ça fait beaucoup pour
un seul homme. Il va falloir trouver quelqu’un pour vous aider à supporter un tel fardeau, mon
petit Clément.
Retour de Francine.
FRANCINE / J’ai entendu des voix de males, j’en déduis que les messes basses sont
terminées.
BRIGITTE / Oui, mais tu n’étais pas bien là-bas ?
FRANCINE / Sur la cuvette des toilettes, si ! Mais au bout d’en certain temps, ça marque.
OLIVIER / Bon, tu viens Clément, on part à la recherche d’une autre boulangerie.
CLEMENT / On va ramener 3 baguettes pour ces dames, avec leurs robes et une baguette, ça
fera davantage conte de fées.
BRIGITTE / Tout à fait. Et c’est bien, ce qui nous arrive, n’est ce pas Isa ?
ISABELLE / Nous ???
OLIVIER / A+ (les hommes sortent)
BRIGITTE / Il est vraiment beau.
FRANCINE / Sans plus.
BRIGITTE / Et ben moi quand je pense à son compte en banque, je le trouve très très beau.
FRANCINE / Ah ben vu sous cet angle, oui.
BRIGITTE / Ben trop tard, j’ai trouvé cet angle avant toi.
FRANCINE / Il est comment cet angle ? Aigu, obtus !
ISABELLE / Bon, c’est bon les filles, ne vous battez pas, laissons Clément faire son choix.
BRIGITTE / Mais au juste, il vient avec nous aux Caraïbes ?
ISABELLE / On en a pas encore parlé, mais oui, pourquoi pas.
BRIGITTE / Super.
ISABELLE / Oui comme ça on partage les frais en 2.
FRANCINE / Qui vient finalement ?
ISABELLE / Nous 3, mes parents ; tatie Suzanne, madame Beurdouche la voisine de maman,
et…j’oublie quelqu’un…ah oui Olivier et … Clément.
BRIGITTE / Ah j’ai hâte.
FRANCINE / Clément va peut-être vouloir être accompagné ?
BRIGITTE / Ben je suis là.
FRANCINE / Je veux dire par sa famille, ses amis…
ISABELLE / Oui ben si on commence à emmener tout le monde, il va nous falloir un avion
complet.
BRIGITTE / Isa a raison, il faut faire des choix, la vie n’est faite que de choix, on ne peut
pas faire plaisir à tout le monde. Bon, je ne dis pas ça, parce que je suis la meilleure amie
d’Isa, mais si elle ne m’emmenait pas, je comprendrais.
FRANCINE / Tu veux qu’on tente le coup ? Isa, dis lui qu’elle ne part plus que tu proposes
sa place à Nadine.
BRIGITTE / C’est vrai, Isa ? Tu peux pas me faire ça…pourquoi elle (Francine) et pas
moi ? (inquiète)
FRANCINE / Voilà, la démonstration est faite.
ISABELLE / Mais non, elle plaisante. Bon, ça suffit toutes les deux, vous n’allez pas sans
cesse vouloir tout peser, chercher à savoir qui a eu le plus, parce que ça va être invivable.
BRIGITTE / Tu as raison. On mange quoi ce soir ?

A qui perd dure !


13 :23

ISABELLE / Surprise. Je peux juste te dire que j’ai pris ce qu’il y avait de plus cher.
FRANCINE / Génial, on va se régaler.
BRIGITTE / Ok, mais ça mange quoi des riches ?
ISABELLE / Patiente encore un peu.
BRIGITTE / Du foie gras !
ISABELLE / Brigitte, du foie gras on en mangeait déjà quand on était pauvre !!!
FRANCINE / Oh que tout ceci me donne envie.
BRIGITTE / T’as des envies de foie gras ?
FRANCINE / Non de jouer au loto, je voudrais moi aussi être riche.
BRIGITTE / C’est sûr que pour Isa et moi plus rien ne sera comme avant.
ISABELLE / Moi ok, grâce à Olivier, mais toi ?
BRIGITTE / Ben, j’ai Clément.
ISABELLE / Attends, il ne t’a toujours pas épousée.
BRIGITTE / Crois moi, ma chère Isa, que je ferai tout pour.
FRANCINE / Moi j’ai tendance à la croire.
ISABELLE / Tu as toujours été contre le mariage.
BRIGITTE / Oui, ben, tout le monde peut changer d’avis. Je ne suis pas bornée, je sais
m’adapter, c’est une grande qualité.
FRANCINE / Et pas la moindre. Elle serait capable de lire l’intégrale de Voltaire, si son
riche prince le lui demandait.
BRIGITTE / Non, là tout de même pas. Je veux bien apprendre à jouer à la belotte, me
remettre au tricot…mais mon sens du sacrifice a des limites.
Isabelle fait signe à Brigitte qu’elle veut lui parler, les 2 femmes s’isolent dans un coin.
ISABELLE / Pour la voiture, c’est bon, je ne m’occupe plus de rien, ton mari s’en chargera ?
BRIGITTE / Mon mari !!
ISABELLE / Ben oui, Clément.
BRIGITTE / Ben, c’est que, ce n’est pas encore fait, donc en attendant…si tu pouvais…
ISABELLE / Ouais, mieux vaut tenir que courir.
FRANCINE / (fort) Si je gêne, vous me le dites, je repars aux toilettes.
ISABELLE / Du tout.
BRIGITTE / En même temps, tu fais selon tes envies !
FRANCINE / Ben en fait, je crois que je vais me retenir, c’est mieux pour tout le monde.
BRIGITTE / Ce n’est pas bon de trop se retenir.
FRANCINE / Je sais mais si je te dis de quoi j’ai envi.
ISABELLE / Dis toujours.
FRANCINE / J’ai juste envie de crever un œil à miss Brigitte, elle commence à me courir
avec ses grands airs de parvenue.
BRIGITTE / T’es jalouse !!
FRANCINE / Pas du tout.
ISABELLE / Les filles. Stop !
Retour des hommes, Clément porte la baguette de pain.
BRIGITTE / Magnifique, elle est magnifique, votre baguette Clément.
FRANCINE / C’est une baguette, je ne vois pas ce qu’elle a de plus que les autres.
BRIGITTE / Si je ne me retenais pas, je mordrais dedans.
CLEMENT / Retenez vous.
OLIVIER / Oui Brigitte, si tu as faim, va manger des biscottes à la cuisine.
ISABELLE / Ah encore une chose, vous devriez vous tutoyer, nous sommes amenés à nous
voir très souvent.
BRIGITTE / Pas de problème pour moi.
CLEMENT / C’est bon pour moi aussi.

A qui perd dure !


14 :23

FRANCINE / Et moi, même si je sens le pâté, je n’y vois pas d’objection non plus.
CLEMENT / En tous les cas, je n’ai rien senti, au contraire, tu sens très bons.
FRANCINE / Ben écoute, merci. Toi tu sens le pain chaud, c’est pas mal non plus.
BRIGITTE / (se pavanant sous son nez) Et moi, tu aimes mon parfum ?
CLEMENT / C’est quoi, c’est la même odeur que dans la cage d’escalier ?
OLIVIER / Ah ben, Brigitte laisse des traces. Madame se parfume avec un pulvérisateur.
BRIGITTE / Toi Olivier, je ne t’ai pas sonné.
On sonne.
OLIVIER / Mais la porte si !
ISABELLE / Ce doit être le traiteur, il n’est pas en retard. J’y vais (elle sort)
BRIGITTE / Donne moi cette baguette Clément, je vais la mettre à la cuisine.
CLEMENT / J’allais le faire.
BRIGITTE / On peut y aller ensemble.
FRANCINE / Il n’y a pas besoin d’être deux pour déposer une baguette à la cuisine.
BRIGITTE / Francine, occupe toi de tes fesses. C’est par ici, Clément.
CLEMENT / Je te suis (ils sortent)
Retour d’sabelle avec sa mère.
ISABELLE / Ben en fait, ce n’est pas le traiteur c’est maman.
OLIVIER / Je me disais aussi, Danièle n’est pas encore venue, ça cache quelque chose.
DANIELE / Bonjour tout le monde. Quelle merveilleuse nouvelle ! Papa et moi sommes si
contents de partir avec vous.
OLIVIER / Et nous donc !
ISABELLE / Papa n’est pas avec toi ?
DANIELE / Non, il est à un concours de belotte ; alors moi, plutôt que de rester seule à la
maison, je me suis dit, je vais aller faire un petit coucou à mes petits chéris.
ISABELLE / Tu as très bien fait. Tu restes manger avec nous maman ?
DANIELE / C’est que je ne voudrais pas déranger.
OLIVIER / Pas plus que d’habitude ma chère Danièle.
DANIELE / Alors c’est avec grand plaisir. Francine mange avec nous ?
FRANCINE / Oui, Isa m’a invitée. Brigitte est là également.
DANIELE / Où donc, je ne l’ai pas vue ?
FRANCINE / Elle aide Clément à ranger sa baguette.
DANIELE / Qui est ce Clément, son petit ami ?
ISABELLE / Pas encore maman, pour l’instant, c’est juste le collègue d’Olivier, tu sais
celui avec lequel on a gagné.
DANIELE / Ah mais oui, tu m’as raconté tout ça. Mais j’ai tellement pleuré de joie que j’en
ai oublié les détails.
ISABELLE / C’est grâce à Olivier et Clément
DANIELE / Il est vraiment très bien ce Clément, j’ai hâte de faire sa connaissance.
FRANCINE / ça ne saurait tarder, enfin normalement.
DANIELE / Il faut que je le remercie.
Retour de Clément et Brigitte, Danièle se précipite et l’embrasse.
DANIELE / Merci, merci pour tout.
CLEMENT / Bonjour madame.
ISABELLE / Clément, je te présente maman.
CLEMENT / Ah d’accord
DANIELE / Merci vraiment merci, grâce à vous je vais enfin voyager, les Caraïbes, je
n’arrive pas à y croire.
CLEMENT / C’est également grâce à Olivier, vous savez.
DANIELE / (le regarde sèchement) Merci à vous aussi.

A qui perd dure !


15 :23

OLIVIER / Tout le plaisir est pour moi, ou pas !


ISABELLE / Brigitte, tu connais maman ?
BRIGITTE / Oui, mais j’ai failli ne pas vous reconnaître vous rajeunissez.
DANIELE / C’est gentil ! Mais dites moi si j’avais su que c’était tenue de soirée obligatoire
j’aurais fait un effort, (elle regarde Olivier) Enfin, visiblement, ce n’était pas obligatoire pour
toute le monde.
OLIVIER / Non au départ c’était une soirée entre amis, avec Clément et puis c’est devenu…
FRANCINE / Un diner mondain.
CLEMENT / Si on allait manger une pizza à coté, nous, Olivier ?
ISABELLE / Non mais enfin, tu plaisantes, j’espère, on fête notre victoire.
CLEMENT / Ok, je plaisante !
DANIELE / Moi je comprends qu’il puisse avoir le cœur à plaisanter.
BRIGITTE / On l’a tous, l’argent enlève bien des soucis.
DANIELE / Oh que oui ! Surtout quand c’est Isabelle qui a de l’argent, elle est tellement
généreuse.
OLIVIER / Comment ça ? (inquiet)
DANIELE / Ben pour l’auto
OLIVIER / Quelle auto ?
DANIELE / Ben l’auto que ma fille chérie nous a offert. Dès qu’elle a su qu’elle avait
gagné, elle a téléphoné pour dire qu’elle nous achetait une nouvelle auto, ce n’est pas une
belle preuve d’amour ça ?
OLIVIER / (dégouté) Oh que si !!!
On sonne
ISABELLE / C’est le traiteur …
La lumière s’éteint
OLIVIER / Isa, il faudra qu’on reparle de tout ça.
ISABELLE / Plus tard
Rideau

Quelques heures après


Ils sont assis, repus.
DANIELE / C’était positivement délicieux.
BRIGITTE / Tu n’as pas beaucoup mangé toi Clément ?
CLEMENT / Non, ça ne passait pas.
OLIVIER / Il avait peur que ça lui reste sur l’estomac.
ISABELLE / (en riant) N’empêche que…heureusement qu’on est riche, parce que le traiteur,
il se mouche pas du coude, c’était salé de chez salé.
DANIELE / Ah je n’ai pas trouvé moi ! Pour moi, l’assaisonnement était parfait.
ISABELLE / Je parle de la note, maman.
DANIELE / Ah, ben, de ça, on s’en moque. N’est ce pas Olivier ?
OLIVIER / (entre les dents) Oui
DANIELE / On ne t’a pas beaucoup entendu toi Francine ?
FRANCINE / Je me délectais des mets, et des jolies phrases de Brigitte.
BRIGITTE / En gros tu veux dire que je te saoulais.
FRANCINE / Ah mais je n’ai pas dit ça. Par contre Clément lui, il buvait tes paroles.
CLEMENT / On va dire comme ça.
On sonne.
ISABELLE / Oh mon Dieu, qui ça peut-il être ?
DANIELE / A 2 heures du matin !

A qui perd dure !


16 :23

OLIVIER / Pour le savoir, il faut aller ouvrir.


CLEMENT / Oui, les voisins ont peut être un problème de sommeil.
DANIELE / C’est ça, on a chanté trop fort, ils ont appelé la police.
BRIGITTE / Ben dans ce cas, on n’ouvre pas.
On sonne
OLIVIER / Ils insistent. J’y vais
ISABELLE / Fais attention, Loulou.
OLIVIER / Attention à quoi ?
ISABELLE / Ce sont peut être des voleurs.
CLEMENT / Qui sonnent à la porte !
ISABELLE / Je ne suis pas tranquille.
DANIELE / Ne crains rien ma petite fille, maman est là.
On sonne
CLEMENT / Vas y Olivier, sinon il va défoncer la porte.
BRIGITTE / Pourquoi il ?
CLEMENT / Pour rien comme ça.
OLIVIER / J’y vais (il sort)
DANIELE / Ne crains rien, c’est peut être tout simplement ton père qui passe après sa partie
de carte.
ISABELLE / Ah ben oui, c’est forcement ça ! J’aurais du y penser.
BRIGITTE / Oui, on devient parano, depuis qu’on est riche, on pense que tout le monde en
veut à notre argent.
CLEMENT / Ah tu es riche aussi, toi, Brigitte ?
Arrivée d’un homme tout de noir vêtu, chapeau et lunettes noires, il tient un revolver pointé
sur la tempe d’Olivier. (Il parle avec une voix grave et sèche)
DANIELE / Roland, c’est toi, à quoi tu joues ?
GAETAN / Ta gueule la vielle.
CLEMENT / Visiblement ce n’est pas lui.
DANIELE / Oui parce que Roland ne m’a jamais parlé sur ce ton.
GAETAN / Tout le monde se tait. Si vous suivez mes ordres à la lettre, il n’y aura pas de
mort.
BRIGITTE / Quelle lettre !!! Je n’ai pas reçu de lettre, moi, vous avez écrit à qui ?
GAETAN / Elle se tait la pétasse déguisée en miss Poitou, ou je lui fais un trou de plus dans
la cervelle.
BRIGITTE / (entre les dents) Oui
GAETAN / (à Olivier) Assied-toi avec les autres, le premier qui fait un geste brusque est un
homme mort.
DANIELE / Ah ben ça ne concerne que les garçons !
GAETAN / Non, c’est valable pour tout le monde. Refroidi, un cadavre c’est un cadavre, il
n’y a plus ni male ni femelle. Capito ??
DANIELE / Je ne parle pas espagnol.
GAETAN / C’est de l’italien.
DANIELE / Pas plus.
GAETAN / Pas grave, je disais en gros que le boss ici c’est moi. Compris ?
CLEMENT / Absolument, mais calmez vous monsieur, nous ferons tout ce que vous voulez.
GAETAN / Très bien, toi au moins, t’es pas con.
DANIELE / Il a décidément toutes les qualités ce garçon.
GAETAN / Silence.
CLEMENT / Ben non, pour une fois qu’elle disait des choses intelligentes, laissez la parler.

A qui perd dure !


17 :23

GAETAN / Vous réglerez vos problèmes entre vous, après. Pour le moment, vous mettez tous
vos portables sur la table.
Les hommes s’exécutent.
FRANCINE / Nous aussi ?
GAETAN / Tout le monde j’ai dit.
FRANCINE / Qu’est ce que vous allez faire avec tant de portable ? Vous n’arriverez pas à
tous les revendre !
GAETAN / C’est pour vous éviter d’appeler les keufs.
FRANCINE / C’est qui ?
OLIVIER / Les flics !
FRANCINE / (fascinée) Ah ben oui, pas bête (les filles sortent leur portables de leur sac et
le pose sur la table)
GAETAN / Et toi (à Danièle)
DANIELE / (elle pleure) Je n’ai pas de portable, ce n’est pas de ma faute, c’est Roland, il n’a
jamais voulu que j’en achète un. Je vais mourir parce que je n’ai pas de portable.
OLIVIER / Oui c’est un comble, alors qu’on dit que ce sont les portables qui nous tueront
tous.
GAETAN / La ferme, toi aussi.
OLIVIER / ok ok ok .
GAETAN / Voilà, c’est bien. Donc la règle est simple. Vous faites ce que je vous dis, vous
êtes vivants. Vous faites les marioles vous êtes morts.
BRIGITTE / Ah ben oui en fait c’est super simple. Mais promis, vous ne nous tuerez pas
quand même à la fin ?
GAETAN / Promis.
BRIGITTE / Bon ben ça marche pour moi. Vous voulez quoi ? Notre argent, je suppose.
GAETAN / Oui.
BRIGITTE / Ben c’est qu’on l’a pas encore touché, pas vrai Isa ?
ISABELLE / Oui c’est vrai.
GAETAN / Pas grave. Je prends le reste. Ah j’oubliais, tout le monde à poil.
FRANCINE / Ben pourquoi ?
GAETAN / Parce que si l’idée vous prenait de vouloir vous barrer ; à poil, c’est plus
dissuasif.
FRANCINE / Ah ben oui, pas bête
DANIELE / Moi aussi ?
GAETAN / Non pas toi, toi tu restes habillée.
DANIELE / Non y a pas de raison. C’est tout le monde ou personne.
GAETAN / Bon, ok, vous enlevez juste vos robes, de toutes façons, elles sont moches !
CLEMENT / Et nous ?
GAETAN / Les mecs, ils posent pantalons et chaussures sur la table.
FRANCINE / Ah c’est très précis. Vous faites ça souvent ?
GAETAN / Quand j’ai un peu de temps.
FRANCINE / Ben franchement, c’est très méthodique, je suis admirative. On ne dirait pas,
mais il faut penser à tout
BRIGITTE / J’enlève le tout.
GAETAN / Non, uniquement la robe.
BRIGITTE / Ah (déçue)
FRANCINE / Ne t’en fais pas, il en aura d’autres des occasions de te voire à poil ton
Clément.
GAETAN / Bon, en fait, si tout le monde y tient….vous pouvez tout enlever.
CLEMENT / Ben à vrai dire pas plus que ça…ce n’est ni le lieu ni le moment.

A qui perd dure !


18 :23

GAETAN / Donc, on garde ses sous-vêtements.


Tout le monde se déshabille
GAETAN / Eh ben dites moi, y a de la viande autour de l’os.
DANIELE / Vous dites ça pour qui ?
GAETAN / Comme ça, pour personne.
FRANCINE / On fait quoi maintenant ?
BRIGITTE / Francine, je sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que cette situation
t’amuse.
FRANCINE / Ben c’est sûr que ça m’amuse plus que ton numéro de rentre dedans à
l’encontre de Clément.
ISABELLE / Ben oui, c’est facile pour elle, c’est pas chez elle que ça se passe. Supposez
que ce monsieur tue quelqu’un, ça va foutre du sang partout. Et qui c’est qui va devoir tout
nettoyer, ben c’est bibi.
OLIVIER / Sauf, si c’est toi qui te fait butter.
ISABELLE / ça t’arrangerait bien, hein ?
GAETAN / Bon vous la fermez, sinon, je vous butte tous les deux et vous aurez l’éternité
pour vous engueuler.
OLIVIER / Ah non, ok, je me tais.
GAETAN / Bon, maintenant, le fric. Vous mettez frics et bijoux dans ce sac. Tiens ! On
commence par toi (Francine)
FRANCINE / Oh c’est sympas de commencer par moi.
DANIELE / (à sa fille) Elle est toujours comme ça, où elle fait un effort pour l’occasion ?
ISABELLE / En fait, je ne sais pas trop, c’est notre premier hold-up. Je ne l’ai jamais vue
dans ce genre de situation.
GAETAN / Voilà, tu mets ton argent aussi.
FRANCINE / Ben à vrai dire, je n’ai rien pris, vu que j’étais invitée.
GAETAN / Pas grave, passe à ta voisine. (Le sac passe de main en main)
DANIELE / Est-ce que je peux garder mon alliance ? Si je ne l’ai plus, Roland va dire que je
l’ai fait exprès et il va me tuer.
GAETAN / Tu préfères que ça soit moi qui le fasse ?
DANIELE / A choisir, oui.
GAETAN / C’est bon, garde là.
DANIELE / Merci monsieur. C’est comment votre nom ?
GAETAN / Tu ne voudrais pas voir mes papiers aussi, non ? Apelle moi Jules, si tu veux !
DANIELE / Merci Jules.
GAETAN / Les gars, vous, vous mettez le portefeuille au grand complet, je trierai chez moi.
CLEMENT / Comme vous voudrez monsieur Jules.
OLIVIER / Ma montre, je la mets aussi ?
GAETAN / Pas la peine, elle vaut pas un clou.
OLIVIER / Ben prenez la quand même.
DANIELE / C’est moi qui lui avais offerte.
GAETAN / Ben tu t’étais pas foulé le chéquier…
DANIELE / Et finalement, j’ai bien fait, tout ça pour qu’on la lui vole !
GAETAN / Oui enfin moi, j’aurais préféré récupérer une Cartier. Bon maintenant, la logique
voudrait que j’en torture un pour qu’il me donne son numéro confidentiel de carte bancaire.
DANIELE / Moi je n’ai pas de carte bancaire.
FRANCINE / La mienne est chez moi, vous voulez que j’aille la chercher Jules ?
GAETAN / Non tu ne bouges pas.
ISABELLE / En fait, il n’y a que les hommes qui ont mis leur carte dans le grand sac.
Loulou, la sienne est toujours dans son portefeuille.

A qui perd dure !


19 :23

GAETAN / Parfait, on va donc commencer par le Loulou de madame.


OLIVIER / Inutile de me frapper, je vais vous le donner.
GAETAN / Je t’écoute.
OLIVIER / 22 33.
DANIELE / Dans le genre poltron, il se pose un peu là le Loulou.
GAETAN / Il a raison, ça gagne du temps.
FRANCINE / Oui mais si je peux donner mon avis, on n’est même pas sûr que ce soit le bon
code, il a pu dire un truc bidon.
GAETAN / Tu sais que t’es pas conne toi, tu me plais bien.
FRANCINE / C’est vrai ?
BRIGITTE / Les couples se forment.
GAETAN / Toi tu te tais.
BRIGITTE / C’est une impression ou vous ne pouvez pas me saquer, parce que je tiens à
vous informer que ça fait 5 minutes que je n’ai pas parlé, ce qui n’est pas le cas de tout le
monde.
GAETAN / Très bien, record à battre. Essaies de battre ton propre record !
FRANCINE / Dites Jules, j’ai une idée.
OLIVIER / Tu me fais peur.
GAETAN / A moi aussi.
FRANCINE / Je prends la carte d’Olivier, je descends au distributeur et j’essaie de faire un
retrait comme ça on saura si Olivier a menti ou pas.
ISABELLE / Habille-toi avant, tu vas attraper la mort.
CLEMENT / C’est nul cette idée, elle propose ça, et elle en profite pour appeler la police.
GAETAN / J’allais le dire.
CLEMENT / Ben, je vous ai devancé.
DANIELE / Arrêtez moi si je me trompe, je n’ai pas une grande expérience des hold-up, mais
c’est toujours comme ça ?
GAETAN / C'est-à-dire ?
DANIELE / Ce sont toujours les victimes qui donnent des conseils au voleur ?
GAETAN / Il n’y a pas de généralité.
FRANCINE / Alors, je fais quoi finalement ?
GAETAN / Rien, tu remets tes fesses sur ce fauteuil.
FRANCINE / Moi ce que j’en disais, c’était pour rendre service.
ISABELLE / Bon ben, c’est bon, vous avez tout ce que vous voulez, vous pouvez partir.
GAETAN / Non, encore une dernière précaution à prendre, avant de partir……il faut …
que… que je …qui sais ?
FRANCINE / Que j’aille aux toilettes, ce n’est pas bon de rouler la vessie pleine.
GAETAN / Non, ce n’est pas ça. Je dois vous….
Brigitte lève la main
GAETAN / Je t’écoute
BRIGITTE / Dise au revoir.
GAETAN / Non, je dois vous attacher, sinon, dès que j’aurai le dos tourné vous appellerez les
flics.
FRANCINE / Ah ben oui, pas bête !
GAETAN / Alors, on va s’attacher 2 à 2. Qui veut être avec qui ?
BRIGITTE / Moi avec Clément.
CLEMENT / Je ne pourrais pas être avec Olivier, plutôt… non ?
ISABELLE / Non parce qu’Olivier, il est avec moi.
DANIELE / Et moi, je pensais que tu voudrais être attachée à ta maman.
OLIVIER / Elle l’est déjà.

A qui perd dure !


20 :23

FRANCINE / Moi je voudrais être attachée avec vous Jules.


GAETAN / Ben, ça ne va pas être possible.
FRANCINE / Pourquoi ?
GAETAN / Parce que moi je suis le voleur, que je vais partir et vous non.
FRANCINE / Ah ben oui, pas bête !
GAETAN / Donc. Si je résume vous êtes 6, c’est bien cela ?
ISABELLE / Oui
GAETAN / Donc 3 binômes.
BRIGITTE / (à Isa) Tu sais ce que c’est toi ?
ISABELLE / Non mais attend, il va expliquer.
GAETAN / Alors, disons Olivier et Clément.
FRANCINE / Il a déjà retenu les prénoms, il est très très fort. Moi c’est Francine.
GAETAN / Alors Francine, avec… (Il montre Brigitte)
BRIGITTE / Brigitte.
GAETAN / Voilà, et les deux autres ensembles.
BRIGITTE / Ce n’est pas très juste, l’équipe des garçons est forcement avantagée.
DANIELE / Sauf que ce n’est pas un jeu mais un hold-up.
BRIGITTE / Ah oui, j’avais presque oublié.
FRANCINE / On s’attache avec quoi ?
GAETAN / Bonne question. J’avoue que là, on n’avait pas prévu le coup.
DANIELE / Qui ça on ?
GAETAN / Moi, quand je me parle à moi-même, je dis « on ».
DANIELE / C’est votre coté Delon.
GAETAN / Voilà.
FRANCINE / ça ne répond pas à ma question, on s’attache avec quoi ? Des draps !
GAETAN / Bonne idée. Je suppose qu’on trouve les draps dans la chambre ?
ISABELLE / Oui dans l’armoire tout en haut. Faites comme chez vous.
GAETAN / Vous ne croyez pas que c’est moi qui vais y aller. Non moi, je vous ai à l’œil.
DANIELE / Ah ben à l’œil, c’est le mot, vous avez tout eu à l’œil ce soir.
GAETAN / On va y envoyer quelqu’un qui ne s’enfuira pas par crainte que je tue son
binôme.
BRIGITTE / Encore ce mot qu’on ne comprend pas.
DANIELE / Son autre, celui avec qui il ou elle sera en couple, enfin pour la soirée. Comme
Francine et toi.
BRIGITTE / Ah d’accord. Bon ben dans ce cas, je veux bien y aller.
FRANCINE / C’est ça, et elle va se barrer par la fenêtre,
ISABELLE / On est au 3ieme.
GAETAN / Ne prenons aucun risque, c’est madame qui y va (Danièle)
DANIELE / Appelez moi Danièle.
GAETAN / Très bien, Danièle, comme ça, à la moindre entourloupe, je tue ta fille.
DANIELE / ça marche pour moi.
GAETAN / Donc, toi (Isabelle) Approche (elle se lève et il lui met le revolver sur la tempe)
FRANCINE / Ah là, c’est du sérieux. Ça ne rigole plus !
GAETAN / Non, Danièle, on compte tous sur toi.
DANIELE / Je ferai de mon mieux.
GAETAN / Top c’est parti (Danièle sort)
BRIGITTE / On se croirait à fort boyard.
CLEMENT / Il ne manque plus que passe partout.
OLIVIER / Oui parce que passe temps, lui il est là, ça passe à une de ces vitesses, on n’a pas
le temps de s’ennuyer.

A qui perd dure !


21 :23

FRANCINE / ça c’est parce que Jules connaît bien son job.


BRIGITTE / On ne lui a pas précisé combien il fallait ramener de draps.
ISABELLE / Maman n’est pas idiote.
GAETAN / Criez lui à travers la porte, si vous voulez.
BRIGITTE / Oui (elle va contre la paroi) Danièle, nous sommes six, il faut prendre six
draps.
CLEMENT / Mais non, c’est un drap par couple.
BRIGITTE / Ah pardon ! Danièle, si c’est des draps de deux personnes, 3 suffiront.
GAETAN / C’est bon, retournez vous asseoir.
OLIVIER / Tu vois Clément cette soirée a au moins l’avantage de te montrer qui est qui.
CLEMENT / Celui-ci et d’autres !
GAETAN / En attendant qu’elle revienne, vous vous placez dos à dos
BRIGITTE / Avec qui ?
GAETAN / Avec votre binôme.
BRIGITTE / Encore lui.
FRANCINE / En fait toi, tu te mets derrière moi Brigitte.
GAETAN / Non de dos.
BRIGITTE / Ah oui, je suis un peu perdue avec tout ça.
CLEMENT / On voit ça.
BRIGITTE / Ben en même temps, il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie,
aujourd’hui ! Mon horoscope avait raison, il m’avait dit que je m’attacherais très vite à
quelqu’un, je ne pensais pas que ça serait à Francine.
J’espère que ça ne changera rien entre nous Clément ?
CLEMENT / Absolument rien.
BRIGITTE / Ah tant mieux. Tu vois Francine, finalement, il n’est pas jaloux.
ISABELLE / Dis moi Loulou, vous n’êtes pas obligés de vous tenir la main avec Clément,
vous n’êtes pas encore attachés.
OLIVIER / Autant s’y habituer.
GAETAN / Il n’a pas tort.
Retour de Danièle.
DANIELE / Pour les couleurs, vous avez des préférences ?
GAETAN / Non prends ce que tu trouves.
DANIELE / Ok, ben, je reviens tout de suite (elle sort)
ISABELLE / Maman est vraiment perfectionniste.
OLIVIER / Ou complètement idiote, appelons ça comme on veut !
ISABELLE / Vous me faites mal avec ce revolver, vos ne pourriez pas l’appuyer un peu
moins fort.
GAETAN / Comme ça, c’est mieux ?
ISABELLE / Oui merci.
Retour de Danièle avec les draps
DANIELE / Voilà c’est moi.
GAETAN / Parfait, maintenant tu les ligotes.
DANIELE / Mais c’est moi qui fait tout ici.
ISABELLE / Tu préférerais être à ma place et avoir ce pistolet sur la tempe ?
DANIELE / Non, c’est bon, je ligote, je ligote. Je commence par qui ?
GAETAN / Comme vous voudrez.
DANIELE / Par mon gendre. (Elle fera ce qu’elle pourra pour les attacher l’un à l’autre)
OLIVIER / Doucement, vous n’êtes pas obligée de serrer aussi fort.
DANIELE / Ah je ne sais pas. Dites moi Jules, il faut que je serre bien fort, n’est ce pas ?
GAETAN / Tout à fait.

A qui perd dure !


22 :23

DANIELE / Vous voyez c’est le chef qui l’a dit.


GAETAN / Faites vite, on ne va pas y passer le réveillon.
BRIGITTE / Surtout qu’on n’est plus en tenue !
DANIELE / Je fais mon travail consciencieusement. Voilà, ils vont passer un bon moment
ensemble ces deux là.
ISABELLE / Enfin maman, ça t’amuse, moi pas.
DANIELE / Bon, au tour des deux greluches maintenant. Dites Jules, je peux leur mettre sur
la bouche, le drap, à elles ?
GAETAN / C’est une bonne idée, mais si elles étouffent….
FRANCINE / Merci Jules, c’est gentil de penser à ça.
DANIELE / C’est bon ; Oh, j’ai l’impression de mettre un jambon dans le torchon.
GAETAN / Tu es très performante, je devrais t’emmener dans mes prochains coups.
DANIELE / Ben écoutez, je ne dis pas non. Je suis à la retraite, ça me laisse pas mal de temps
libre.
FRANCINE / Je pourrai venir aussi ?
BRIGITTE / Et moi aussi ?
FRANCINE / Ah non pas elle.
BRIGITTE / Et ben t’as pas le choix, on est attachées, si tu y vas, j’y vais !
DANIELE / Voilà, je fais un nœud et le tour est joué.
GAETAN / Parfait.
FRANCINE / Qui va les attacher, elles ?
GAETAN / Moi, mais n’en profitez pas pour bouger.
(Il attache Isabelle à sa mère)
DANIELE / ça va me rappeler lorsque j’étais enceinte.
ISABELLE / Sauf que je n’étais pas dans ton dos, maman.
DANIELE / Non, mais ça fait du bien ce rapprochement, merci Jules.
ISABELLE / Mais enfin, maman tu ne vas pas bien, c’est un voleur !
DANIELE / Ah oui, ben j’avais complètement oublié.
ISABELLE / Il est 3 heures du matin, tu es en combinaison, nous sommes retenus prisonniers
ici et ça ne te perturbes pas plus que ça.
DANIELE / Ben ma foi non, comme quoi, on s’habitue à tout.
ISABELLE / Et papa, il va s’impatienter.
DANIELE / Il faut croire que non, car il n’a même pas appelé.
GAETAN / Bon, vous aurez le temps de discuter de tout ça tranquillement entre vous, moi
j’ai terminé.
FRANCINE / Ah, vous partez déjà.
GAETAN / Oui plus rien ne me retient ici.
FRANCINE / Ben si, vous n’avez même pas fouillé partout, ça se fait.
BRIGITTE / T’es vraiment pas bien toi, (elle lui donne un coup de pied en arrière)
FRANCINE / Aie tu me fais mal. (Elle se rebiffe)
BRIGITTE / Aie.
GAETAN / ça suffit toutes les deux.
ISABELLE / Ah ben, il ne fallait pas les mettre ensembles, déjà en temps normal, elles se
crêpent le chignon, alors aujourd’hui…
GAETAN / Tant pis, il est trop tard, pour refaire les couples.
CLEMENT / Absolument, c’est bien comme ça.
GAETAN / Voilà, voici venu le temps de vous dire au revoir et merci. Finalement tout c’est
bien passé.
DANIELE / Oui, et sans effusion de sang, comme ils écriront dans le journal.
BRIGITTE / De toute façon, moi je n’aime pas les infusions.

A qui perd dure !


23 :23

FRANCINE / On sera vraiment dans le journal ?


BRIGITTE / Ouahhh, on va être dans le journal. (Elle minaude, sourit)
GAETAN / Attendez, je ne suis pas journaliste.
FRANCINE / Oui Brigitte lui c’est le voleur.
BRIGITTE / Alors partez vite, pour que les autres arrivent.
FRANCINE / N’oubliez pas le sac.
GAETAN / Merci mais j’y pensais. Bonne fin de nuit. (Il part)
FRANCINE / Merci, à vous aussi.
OLIVIER / Mon dieu quelle histoire !
CLEMENT / Dieu merci on est vivant.
OLIVIER / Les pertes ne sont que matérielles.
FRANCINE / Les gens en font toute une histoire mais ce n’est pas si terrible que ça un hold-
up
ISABELLE / Ah ben forcement, chez les autres.
FRANCINE / On fait quoi maintenant ?
BRIGITTE / Ben on attend l’arrivée de la police, et des photographes.
DANIELE / Et qui les prévient ?
CLEMENT / On est tous attachés.
ISABELLE / On hurle comme ça les voisins, appelleront les gendarmes (elle crie)
DANIELE / Tu vas arrêter de me brailler dans les oreilles. On n’est pas bien comme ça.
ISABELLE / Non !
OLIVIER / Il n’y a toujours que toi pour te plaindre.
ISABELLE / Heureusement qu’on n’a pas encore touché l’argent du loto, il a été quitte de
nous le prendre.
OLIVIER / Oui, même s’il vide mon compte, ça ne sera pas une grosse perte.
CLEMENT / Oh mon dieu !
BRIGITTE / Que se passe t-il Clément ?
CLEMENT / Le billet gagnant.
ISABELLE / Quoi le billet gagnant ?
Vous : Ben oui quoi le billet gagnant ???
Pour le savoir contactez moi au :
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à bientôt

A qui perd dure !

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