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Introduction Générale

Les ONG en Côte d'Ivoire jouent un rôle crucial dans le développement économique et social, mais font face à des défis dans l'adoption du Système Comptable des Entités à But Non Lucratif (SYCEBNL). Cette recherche vise à analyser les déterminants organisationnels, institutionnels et comportementaux influençant cette adoption, en identifiant les obstacles et en évaluant le niveau de connaissance du référentiel. Les résultats de l'étude fourniront des recommandations pour améliorer la mise en œuvre du SYCEBNL et renforcer la gouvernance financière des ONG.
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Introduction Générale

Les ONG en Côte d'Ivoire jouent un rôle crucial dans le développement économique et social, mais font face à des défis dans l'adoption du Système Comptable des Entités à But Non Lucratif (SYCEBNL). Cette recherche vise à analyser les déterminants organisationnels, institutionnels et comportementaux influençant cette adoption, en identifiant les obstacles et en évaluant le niveau de connaissance du référentiel. Les résultats de l'étude fourniront des recommandations pour améliorer la mise en œuvre du SYCEBNL et renforcer la gouvernance financière des ONG.
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INTRODUCTION GÉNÉRALE

Depuis plusieurs décennies, les organisations non gouvernementales (ONG) occupent


une place de plus en plus importante dans le développement économique et social des pays
africains. Elles interviennent dans des domaines essentiels tels que l’éducation, la santé, l’action
humanitaire, la protection de l’environnement, la promotion des droits humains et la lutte contre
la pauvreté. En complément de l’action de l’État, elles mettent en œuvre des projets financés
par des partenaires nationaux et internationaux et participent à l’amélioration des conditions de
vie des populations.

En Côte d’Ivoire, le secteur des organisations de la société civile connaît une évolution
remarquable. Les ONG sont devenues des partenaires privilégiés des pouvoirs publics, des
collectivités territoriales et des bailleurs de fonds internationaux dans la réalisation des
politiques de développement. Cette évolution s’accompagne d’une augmentation des
financements mobilisés et d’une diversification des activités menées. En conséquence, les
exigences relatives à la gestion des ressources financières, à la transparence et à la reddition des
comptes sont devenues plus importantes que jamais.

Aujourd’hui, les partenaires techniques et financiers ne se limitent plus à financer des


projets. Ils exigent également que les ressources mises à la disposition des organisations soient
gérées conformément à des règles précises et que les informations financières produites soient
fiables, comparables et compréhensibles. De leur côté, les États souhaitent renforcer le contrôle
des organisations de la société civile afin d'assurer une meilleure gouvernance et une utilisation
optimale des fonds destinés au développement.

Dans ce contexte, la comptabilité apparaît comme un outil indispensable de gestion et


de contrôle. Elle permet non seulement de suivre les opérations financières, mais également de
fournir une information utile aux dirigeants, aux partenaires financiers, aux autorités publiques
et aux bénéficiaires des projets. Une information comptable de qualité contribue ainsi à
renforcer la confiance des parties prenantes et à améliorer la crédibilité des organisations.

Consciente de ces enjeux, l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des


Affaires (OHADA) a engagé une réforme visant à adapter la normalisation comptable aux
spécificités des entités à but non lucratif. Cette réforme s'est traduite par l'adoption du Système
Comptable des Entités à But Non Lucratif (SYCEBNL). Ce référentiel constitue une avancée
importante dans la modernisation de la gestion financière des associations, des fondations et
des organisations non gouvernementales de l'espace OHADA.

Le SYCEBNL poursuit plusieurs objectifs. Il vise à harmoniser les pratiques comptables


des organisations à but non lucratif, à améliorer la qualité de l'information financière produite,
à renforcer la transparence dans la gestion des ressources et à faciliter le contrôle des activités
des organisations. Il permet également de prendre en compte les spécificités des financements
reçus par ces structures, notamment les dons, les subventions, les cotisations et les contributions
volontaires.

L'adoption de ce nouveau référentiel constitue donc un enjeu majeur pour les ONG
ivoiriennes. Elle représente une opportunité de professionnaliser davantage leur gestion
financière et de renforcer leur crédibilité auprès des bailleurs de fonds et des autorités publiques.
Toutefois, la mise en œuvre d'une réforme comptable ne dépend pas uniquement de l'existence
d'un texte réglementaire. Elle suppose également que les organisations disposent des
compétences, des ressources et des outils nécessaires à son application.

Les premières observations réalisées sur le terrain montrent que cette adoption demeure
encore limitée. Plusieurs ONG continuent d'utiliser des méthodes comptables inspirées du
SYSCOHADA ou des procédures imposées par leurs partenaires financiers. Certaines
organisations ignorent encore les dispositions du nouveau référentiel, tandis que d'autres
rencontrent des difficultés liées au manque de formation, à l'insuffisance des ressources
humaines qualifiées ou au coût de mise en œuvre des nouvelles exigences comptables.

Cette situation met en évidence un écart entre la volonté du législateur communautaire


d'harmoniser les pratiques comptables et la réalité observée au sein des organisations non
gouvernementales. Dès lors, une question essentielle se pose : pourquoi certaines ONG
adoptent-elles le SYCEBNL alors que d'autres rencontrent encore des difficultés à le mettre en
œuvre ?

Cette interrogation a suscité de nombreux travaux en sciences de gestion. Plusieurs


auteurs ont tenté d'expliquer les facteurs qui influencent l'adoption d'une innovation ou d'un
changement organisationnel.

Un premier courant de recherche est représenté par la théorie de la diffusion des


innovations développée par Everett Rogers. Selon cette approche, une organisation adopte une
innovation lorsqu'elle en perçoit clairement les avantages et lorsque cette innovation est
compatible avec ses pratiques existantes. La simplicité de mise en œuvre, la possibilité de tester
l'innovation et les résultats attendus jouent également un rôle important dans la décision
d'adoption.

À l'inverse, un second courant, porté notamment par Paul DiMaggio et Walter Powell,
considère que les organisations n'adoptent pas uniquement une innovation parce qu'elle est utile,
mais aussi parce qu'elles subissent des pressions de leur environnement. Les obligations
réglementaires, les exigences des bailleurs de fonds, les recommandations des experts-
comptables ou encore l'influence des organisations déjà conformes constituent autant de
facteurs susceptibles d'encourager l'adoption d'un nouveau système comptable.

Un troisième courant met davantage l'accent sur les facteurs internes à l'organisation.
Les travaux de Yvon Pesqueux, Kurt Lewin et John Kotter montrent que toute réforme implique
un changement des habitudes de travail et des modes de gestion. La réussite d'une telle
transformation dépend largement de l'engagement des dirigeants, du niveau de formation du
personnel, de la disponibilité des ressources financières et de la capacité de l'organisation à
accompagner le changement.

Ces différentes approches apportent des explications complémentaires. Elles montrent


que l'adoption d'un système comptable ne peut être expliquée par un seul facteur. Elle résulte
plutôt d'une combinaison de facteurs liés à l'organisation, à son environnement et aux
perceptions des acteurs concernés.

Cependant, malgré l'intérêt de ces travaux, très peu d'études se sont intéressées à
l'adoption du SYCEBNL dans le contexte spécifique des organisations non gouvernementales
ivoiriennes. La plupart des recherches portent sur les entreprises commerciales ou sur les
réformes comptables de manière générale. Les déterminants de l'adoption du nouveau
référentiel applicable aux entités à but non lucratif restent encore insuffisamment étudiés, alors
même que cette réforme est récente et qu'elle concerne un nombre important d'organisations.

Cette absence de travaux spécifiques justifie l'intérêt de la présente recherche.

Contrairement aux approches qui privilégient une seule explication, cette étude adopte
un positionnement intégrateur. Elle considère que l'adoption du SYCEBNL est influencée
simultanément par les caractéristiques du référentiel, par les capacités organisationnelles des
ONG et par les pressions institutionnelles exercées par leur environnement. Cette combinaison
théorique permet de mieux comprendre la réalité observée sur le terrain ivoirien et d'apporter
une analyse plus complète du phénomène étudié.

À partir de ce positionnement, la question principale de cette recherche est formulée


comme suit :

Quels sont les déterminants organisationnels, institutionnels et comportementaux qui


influencent l'adoption du Système Comptable des Entités à But Non Lucratif (SYCEBNL)
par les organisations non gouvernementales en Côte d'Ivoire ?

Pour répondre à cette interrogation, plusieurs questions spécifiques sont soulevées. Quel
est le niveau de connaissance du SYCEBNL au sein des ONG ivoiriennes ? Quels sont les
principaux obstacles rencontrés dans sa mise en œuvre ? Dans quelle mesure les exigences
réglementaires et les attentes des bailleurs de fonds influencent-elles son adoption ?

L'objectif général de cette étude est d'analyser les déterminants de l'adoption du


SYCEBNL par les organisations non gouvernementales en Côte d'Ivoire.

De manière spécifique, cette recherche vise à évaluer le niveau de connaissance du


référentiel par les responsables des ONG, à identifier les contraintes qui limitent son adoption
et à analyser l'influence des facteurs institutionnels sur sa mise en œuvre.

Afin de répondre à ces objectifs, trois hypothèses sont retenues. La première suppose
que le faible niveau de connaissance du SYCEBNL constitue un frein à son adoption. La
deuxième considère que les contraintes organisationnelles, techniques et financières réduisent
les possibilités de mise en œuvre du référentiel. La troisième estime que les exigences des
autorités publiques et des partenaires techniques et financiers favorisent son adoption par les
organisations.

Pour vérifier ces hypothèses, cette étude s'inscrit dans une démarche positiviste et
privilégie une approche quantitative. Les données seront collectées auprès d'organisations non
gouvernementales exerçant leurs activités en Côte d'Ivoire au moyen d'un questionnaire adressé
aux responsables administratifs, financiers et comptables. Les informations recueillies feront
ensuite l'objet d'analyses statistiques permettant d'identifier les relations existant entre les
différentes variables étudiées.
Cette recherche présente un intérêt scientifique important. Elle contribue à enrichir la
littérature consacrée à l'adoption des innovations comptables dans les organisations à but non
lucratif et apporte des connaissances nouvelles sur l'application du SYCEBNL dans le contexte
ivoirien. Elle participe également aux réflexions relatives à la gouvernance financière des
organisations de la société civile dans l'espace OHADA.

Sur le plan pratique, les résultats attendus pourront aider les dirigeants d'ONG à mieux
comprendre les facteurs qui facilitent ou freinent la mise en œuvre du référentiel. Ils permettront
également aux autorités publiques, aux institutions de formation, aux experts-comptables et aux
partenaires techniques et financiers de mettre en place des actions adaptées pour accompagner
les organisations dans leur processus de transition vers le SYCEBNL.

Le présent mémoire est organisé en deux grandes parties complémentaires. La première


partie est consacrée au cadre théorique et contextuel de la recherche. Elle présente d'abord la
genèse, le contenu et les enjeux du SYCEBNL, avant d'analyser le cadre juridique des ONG
ivoiriennes ainsi que les principales théories mobilisées pour expliquer l'adoption d'un système
comptable. La seconde partie porte sur l'étude empirique. Elle expose la méthodologie retenue,
présente les résultats de l'enquête menée auprès des ONG ivoiriennes, discute ces résultats au
regard de la littérature existante et formule des recommandations destinées à favoriser une
meilleure appropriation du SYCEBNL.

À travers cette démarche, ce mémoire ambitionne de contribuer à une meilleure


compréhension des conditions nécessaires à la réussite de la réforme comptable engagée dans
l'espace OHADA et à l'amélioration de la gouvernance financière des organisations non
gouvernementales en Côte d'Ivoire.

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