20-Calcul Diff
20-Calcul Diff
Calcul différentiel
Ωa = {h ∈ E : a + h ∈ Ω}.
1
2 CHAPITRE 20. CALCUL DIFFÉRENTIEL
Théorème. 20.1.1.
On dit que f est différentiable au point a s’il existe une application
linéaire l de E dans F : l ∈ L (E, F ) et une application ε : Ωa → F tel
que
Dans ce cas l est unique et notée df (a) ou dfa dite application linéaire
tangente á f en a ou la différentielle de f en a. Ainsi, df (a) ∈ L (E, F )
et pour tout h de E le vecteur (df (a)) (h) est noté df (a) · h : On lit
df (a) appliquée á h. Avec ces notations (1) peut s’écrire sous la forme :
Définition. 20.1.1.
L’application f est dite différentiable (sur Ω) si f est différentiable en
tout point de Ω et dans ce cas la diffrentielle de f est l’application :
Ω −→ L (E, F )
df :
a 7−→ df (a)
E×F →G
dϕ(a, b) :
(h, k) 7−→ ϕ(h, b) + ϕ(a, k)
20.1. NOTION DE DIFFÉRENTIELLE ET DE DÉRIVÉE SELON UN VECTEUR EN UN POINT3
20.1.2. Propriétés
Théorème. 20.1.3.
Si f est différentiable en a alors f est continue en a.
Soit C = (ε1 , ..., εn ) une base de F et soient f1 , ..., fn les fonctions coor-
données de f : Ω → F, dans cette base. Alors, pour a ∈ Ω, on a : f est
différentiable en a si, et seulement si, f1 , ..., fn le sont et dans ce cas on
a, pour tout h ∈ E :
n
df (a) · h = dfi (a) · h εi
X
i=1
Définition. 20.1.2.
Lorsque ϕh est dérivable en 0, le vecteur ϕ0h (0) est dit vecteur dérivé de
f en a selon h. On le note alors Dh f (a). Ainsi et sous réserve d’existence
1
Dh f (a) = lim [f (a + th) − f (a)]
t→0 t
Exercice 20.1.1 Vérifier que f admet une dérivée nulle selon le vecteur 0 en
tout point de Ω, et que si f admet une dérivée en un point a selon un vecteur
h : Dh f (a) alors pour tout λ ∈ R, Dλh f (a) existe avec : Dλh f (a) = λDh f (a).
20.1. NOTION DE DIFFÉRENTIELLE ET DE DÉRIVÉE SELON UN VECTEUR EN UN POINT5
Théorème. 20.1.5.
Soit C = (εi )1≤i≤n une base de F et soit f : Ω → F une application
n
d’applications coordonnées dans cette base f1 , ..., fn (i.e f = fi εi ) et
P
i=1
a ∈ Ω. Alors on a :
1. Pour tout h ∈ E, f admet une dérivée en a selon h si, et seulement
si, chacune des fonctions coordonnées fi admet une dérivée en a
selon h et dans ce cas :
n
Dh f (a) = Dh fi (a) εi
X
i=1
i=1
∂f d
(a) = [xj 7−→ f (a1 e1 + ... + aj−1 ej−1 + xj ej + ... + ap ep )] (aj )
∂xj dxj
Théorème. 20.1.6.
On suppose que f est différentiable en un point a ∈ Ω, alors f admet
p
une dérivée en a selon tout vecteur h = hj ej avec :
P
j=1
p n p
∂f ∂fi
df (a) · h = Dh f (a) = (a) = (a) εi
X X X
hj hj
j=1 ∂xj i=1 j=1 ∂xj
p p
∂f ∂f
df (a) · h = (a) hj = (a) dxj · h
X X
où, (dx1 , ..., dxp ) est la base duale associée à B en notation différentielle.
On en déduit que :
p
∂f
df (a) = (a) dxj
X
j=1 ∂xj
∂f ∂f
c’est la forme différentielle de df . , ..., sont les fonctions co-
∂x1 ∂xp
ordonnées de df relativement à la base duale (dx1 , ..., dxp ).
Définition. 20.1.4.
On suppose que f est différentiable en un point a ∈ Ω, alors : la matrice
de df (a) ∈ L (E, F ) dans les bases B et C s’appelle Matrice Jacobienne
de f en a dans les bases B et C , notée J f (a) ou Jf (a) ou encore Ja (f )
et donc on a :
!
∂fi
Jf (a) = (a) ∈ Mn,p (R).
∂xj 1≤i≤n,1≤j≤p
Ainsi, on a :
Proposition. 20.1.1.
Sous ces conditions, pour tout vecteur h ∈ E on a :
20.1.5. Opérations
d(λf + g)(a) = λdf (a) + dg(a) et J(λf +g) (a) = λJf (a) + Jg (a)
En particulier, pour tout (i, j) ∈ [[1, m]] × [[1, p]], on a la règle de la chaine
suivante :
∂ (g ◦ f )i ∂gi ◦ f n
∂gi ∂fk
(a) = (a) = (f (a)) (a)
X
∂xj ∂xj k=1 ∂yk ∂xj
8 CHAPITRE 20. CALCUL DIFFÉRENTIEL
ou encore
n
∂g ◦ f ∂fk ∂g
(a) = (a) (f (a)).
X
∀1 ≤ j ≤ p,
∂xj k=1 ∂xj ∂yk
ϕ
5. Inverse d’une fonction numérique différentiable : Soit Ω → R.
Soit a ∈ Ω tel que ϕ est différentiable en a et ϕ(a) 6= 0. Alors il existe un
1/ϕ
ouvert U contenant a tel que ∀x ∈ U, ϕ(x) 6= 0. L’application U → R
est différentiable en a, et :
1 −1
d( )(a) = 2 dϕ(a).
ϕ ϕ (a)
On suppose dans cette section que E est muni d’un produit scalaire ( · | · )
et F = R.
20.2. FONCTION DE CLASSE C 1 SUR UN OUVERT 9
Théorème. 20.1.7.
Soit f une application de Ω → R différentiable en un point a ∈ Ω. Alors,
−−→
il existe un unique vecteur de E dit gradient de f en a et noté gradf (a)
ou 5f (a) vérifiant :
et donc
j=1 ∂xj
Si 5f (a) est non nul, alors il est colinéaire et de même sens que le vecteur
unitaire h selon lequel la dérivée de f en a : Dh f (a) est maximal. 5f (a)
pointe la direction selon laquelle la variation de f est maximale dite
direction de la plus grande pente.
Définition. 20.2.1.
Soit f une fonction de E dans F définie sur l’ouvert Ω. On dit que f est
de classe C 1 sur Ω si f est différentiable et qu’en plus l’application :
Ω → L (E, F )
df :
a 7−→ df (a)
U ⊂ R2 → R2
Exercice 20.2.1 (d’applications) 1. Soit fe : V ⊂ R2 → R et ϕ :
(x, y) 7−→ (u(x, y), v(x, y))
deux applications de classe C tel que ϕ(U ) ⊂ V. Montrer que f = fe ◦ ϕ
1
x+y
!
Exemples 20.2.2 Calculer en fonction de x, y : arctan x+arctan y−arctan .
1 − xy
Définition. 20.3.1.
On munit E d’une base B = (e1 , e2 , ..., ep ). Soit f : E → F définie sur
l’ouvert Ω.
1. Soient a ∈ Ω, k ∈ N∗ et i1 , i2 , ..., ik ∈ {1, ..., p}. On dit que f
admet en a une dérivée partielle d’ordre k par rapport
∂kf
aux places i1 , i2 , ..., ik dans cet ordre notée (a),
∂xik ∂xik−1 ...∂xi1
∂ k−1 f
∂ik . . . ∂i1 f (a) ou encore ∂i1 ,i2 ,...,ik f (a) si est définie
∂xik−1 ...∂xi1
sur un ouvert contenant a et admet une dérivée partielle en a par
rapport à la variable xk et dans ce cas :
∂kf ∂ k−1 f
!
∂
(a) = (a)
∂xik ...∂xi1 ∂xik ∂xik−1 ...∂xi1
∂ 2f ∂ 2f
∀i, j ∈ {1, ..., p}, = sur Ω
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
y4
f (x, y) = si (x, y) 6= (0, 0)
Exercice 20.3.1 Soit f la fonction définie de R dans R par :
2
x2 + y 2
f (0, 0) = 0
+ o (khk2 )
h−→0
∀x ∈ D, f (x) ≤ f (x0 ).
∀x ∈ D, f (x) ≥ f (x0 ).
∀x ∈ v ∩ D, f (x) ≤ f (x0 ).
∀x ∈ v ∩ D, f (x) ≥ f (x0 ).
D→R
2. Soit D = {(x, y) ∈ R2 tel que x2 +y 2 ≤ 1} et soit f :
(x, y) 7−→ x3 − 3x(1 + y 2 )
Justifier que f admet un maximum et un minimum à déterminer.
Minimum local
Maximum local
Point col
20.4. EXTREMUMS D’UNE FONCTION Á VALEURS DANS R 19
Définition. 20.4.3.
Soit X une partie non vide de E et soit a ∈ X. Un vecteur v de E est dit
vecteur tangent à X en a (v ∈ Ta (X)) s’il existe ε > 0 et un arc γ défini
de ] − ε, ε[ à valeurs dans X tels que γ(0) = a et γ 0 (0) = v. En d’autres
termes, les vecteurs tangents à X en a sont les vecteurs tangents en a
aux courbes tracées sur X. Lorsque Ta (X) est un sous espace vectoriel
on parle d’espace tangent à X en a et le sous espace affine passant par
a et dirigé par Ta (X) s’appelle variété affine tangente à X en a.
ii) Soit X une boule ouverte de rayon r > 0. Alors, pour tout a ∈ X,
Ta (X) = E.
Théorème. 20.4.3.
On suppose E muni d’un produit scalaire. Soit f : Ω −→ R une appli-
cation numérique différentiable en un point a ∈ Ω. Soit X la ligne de
niveau de f passant par a i.e., :
X = {x ∈ Ω ; f (x) = f (a)}
Théorème. 20.4.4.
On suppose que X est une partie de E = R3 admettant une équation
cartésienne de la forme :
z = f (x, y)
i.e.,
X = {M (x, y, f (x, y)) ; (x, y) ∈ Ω},
où, f : Ω (ouvert de R2 ) −→ R est une application différentiable
en un point (x0 , y0 ) de Ω. Alors, le plan affine tangent à X au point
M0 (x0 , y0 , z0 = f (x0 , y0 )) a pour équation cartésienne :
∂f ∂f
(x − x0 ) (x0 , y0 ) + (y − y0 ) (x0 , y0 ) = z − z0
∂x ∂y
Exemples 20.4.4
1. Déterminer l’équation du plan tangent en un point au paraboloı̈de ellip-
tique d’équation :
z = x2 + y 2
.
2. Même question pour le paraboloı̈de hyperbolique d’équation :
z = y 2 − x2 .
X = g −1 {0} = {x ∈ Ω : g(x) = 0}