Magnétostatique: Bussola
Magnétostatique: Bussola
Magnétostatique
Figure 1 : Magnétite
1
Ajourd’hui Manisa, ouest de la Turquie actuelle
1
Figure 2 : Barreaux aimantés
Figure 3 : Le pôle nord de la boussole pointe vers le pôle sud d’un barreau aimanté.
Le pôle nord géographique est donc un pôle sud magnétique.
2
Figure 4 : Mise en évidence les lignes de champ magnétique autour d’un aimant
En tout point autour d’un aimant, la tangente à la ligne de champ passant par ce point a
la même direction que celle d’une petite aiguille aimantée placée en ce point.
Mais il faut attendre la fin du XIXème siècle pour qu’une théorie complète apparaisse,
la théorie de l’électromagnétisme.
Tout commença avec l’expérience d’Oersted en 1820. Il plaça un fil conducteur au-
dessus d’une boussole et y fit passer un courant. En présence d’un courant l’aiguille de la
boussole est effectivement déviée, prouvant sans ambiguïté un lien entre le courant électrique
et le champ magnétique. Par ailleurs, il observa :
L’étude quantitative des interactions entre aimants et courants fut faite par les
physiciens Biot et Savart (1820). Ils mesurèrent la durée des oscillations d’une aiguille
aimantée en fonction de sa distance à un courant rectiligne. Ils trouvèrent que la force agissant
sur un pôle est dirigée perpendiculairement à la direction reliant ce pôle au conducteur et
qu’elle varie en raison inverse de la distance. De ces expériences, Laplace déduisit ce qu’on
appelle aujourd’hui la loi de Biot et Savart. Une question qui s’est ensuite immédiatement
posée fut : si un courant dévie un aimant, alors est-ce qu’un aimant peut faire dévier un
courant ?
3
Ceci fut effectivement prouvé par Davy en 1821 dans une expérience où il montra
qu’un arc électrique était dévié dans l’entrefer d’un gros aimant.
En étudiant les effets du courant électrique dans un fil, Oersted2 a remarqué que le
passage du courant influençait l’orientation d’une boussole placée à proximité.
2
Hans Christian Oersted, physicien danois, 1777 – 1851
4
4.2.2 Expérience d’Ampère
Deux courants parallèles s’attirent, deux courants circulant en sens inverse se repoussent.
Placé près d’un barreau aimanté, un fil parcouru par un courant électrique est le siège
d’une force.
3
Experimental Researches in Electricity, vol. 2, Michael Faraday, [Link] numérique © Wikimedia.
5
Les récipients contiennent du mercure. A droite, le barreau aimanté est fixe. Une tige
métallique libre de pivoter autour de son point de suspension touche le mercure. Lorsqu’un
courant parcourt la tige, celle-ci s’anime d’un mouvement de rotation.
A gauche, la tige est fixe, mais le barreau aimanté est libre de tourner. Cette expérience4
constitue le premier moteur électrique.
On pourrait encore citer d’autres expériences, telles que la roue de Barlow. Mais la
question à traiter maintenant est comment les interpréter. Comme dans le cas des forces
électriques, l’approche la plus efficace est d’introduire un champ pour rendre compte
mathématiquement de l’action à distance. Ainsi la résolution d’un problème de
magnétostatique se fait en deux étapes :
1) partir de la distribution des courants pour calculer le champ magnétique, (Loi de Biot
et Savart) ;
2) calculer les forces ressenties par les courants plongés dans le champ magnétique, (Loi
de Laplace).
La forme des lignes de champ va naturellement refléter celle des courants. Prenons par
exemple un conducteur rectiligne assez long et parcouru par un fort courant. En approchant
une petite aiguille aimantée, on constate que les lignes de champ sont des cercles centrés sur
le conducteur.
4
Il existe une autre expérience portant le même nom, mais il s’agit de la rotation de la direction de polarisation
d’une onde lumineuse lorsqu’elle traverse un diélectrique soumis à un champ magnétique. Découvert par
Faraday en 1845, cet effet est la première preuve expérimentale du lien entre le magnétisme et la lumière.
6
Figure 10 : Barres conductrices (Vue en coupe, les courants sont perpendiculaires à la feuille)
La formule de Biot et Savart : elle n’est pratique que lorsqu’on sait faire l’addition
vectorielle des champs ⃗ créés par un petit élément du circuit (souvent des circuits
filiformes). ;
La conservation du flux : à n’utiliser que si l’on connaît déjà son expression dans une
autre région de l’espace ;
Le théorème d’Ampère : il faut être capable de calculer la circulation du champ sur un
contour choisi. Cela nécessite donc une symétrie relativement simple des courants.
Dans tous les cas, il faut prendre en compte les propriétés de symétrie de la densité de
courant.
7
Figure 11 : Elément de courant
proportionnelle au courant ;
proportionnelle à l’intensité du champ ;
proportionnelle au sinus de l’angle entre l’élément de courant et le champ. Formulé
mathématiquement, ceci constitue la loi de Laplace5.
L’unité du champ magnétique dans le système international est le Tesla (T). Une autre unité
appartenant au système CGS, le Gauss (G), est également très souvent utilisée :
5
Pierre Simon, marquis de Laplace, 1749 – 1827, physicien et mathématicien français
8
Exprimé en unités fondamentales: 1 T = 1 N/(Am) = 1 kg·(m/s2)/(Am) = 1 kg/(As2)
Exprimé en volt (1 V = 1 J/C) : 1 T = 1 Nm/(Am2) = 1 As·V/(Am2) = 1 Vs/m2
9
parallèles à l’axe subissent une force utile. Le cadre est relié à un ressort de rappel qui fournit
un couple proportionnel à l’angle rotation.
Nous allons démontrer que l’angle de rotation du cadre est proportionnel au courant. Les
paramètres sont les suivants :
Ce couple est compensé par le couple de rappel du ressort. Donc :aNIbB- k= 0
On en tire :
10
Les courants mesurés au moyen d’un galvanomètre sont en général de l’ordre du µA. Pour
mesurer des intensités plus élevées, on met une résistance (shunt) en parallèle. Cette
résistance doit être plus petite que la résistance interne du galvanomètre Ri. Pour obtenir un
voltmètre, met en série une résistance plus grande que Ri.
Dans l’exemple précédent nous avons calculé le couple exercé par le champ ⃗ sur le cadre
mobile du galvanomètre.
11
Figure 16 : Convention pour le sens de ⃗
Cette loi permet de calculer en tout point de l’espace le champ ⃗ produit par des
courants. Combinée à la loi de Laplace, elle joue en magnétostatique le même rôle que la loi
de Coulomb en électrostatique.
Avec Vs/(Am)
Le module de la force magnétique entre deux éléments de courant est proportionnel aux
intensités des courants et inversement proportionnel au carré de la distance qui les séparent.
De plus le module de la force dépend aussi de leur orientation respective.
12
Remarque :
Dans l’utilisation de la formule de Biot et Savart, il faut faire attention au fait que le
champ magnétique créé par un circuit fermé est la somme vectorielle de tous les ⃗ ,
engendrés par un élément de circuit , dont le sens est donné par celui du courant I,
Chaque ⃗ est défini par un produit vectoriel. Il faut donc faire extrêmement attention à
l’orientation des circuits.
Quelques règles :
Appliquons maintenant la loi de Biot et Savart pour calculer explicitement le champ ⃗ lorsque
la distribution de courant présente des symétries simples.
En composantes :
( ) ⃗⃗⃗ ( ) ( ) ( ) √
⃗ ( ) ( ) ( )
⁄
( )
Au point P l’élément de champ est dirigé parallèlement à l’axe y. Le champ ⃗ total s’obtient
en faisant la somme, c’est-à-dire l’intégrale de toutes les contributions.
∫ ∫
⁄
( )
Composante selon y : | ( ( ))
( ) ⁄
En coordonnées cylindriques : et
Finalement : ⃗ ( ) ( )
( ) [T] (4.6)
Choisissons un repère dont l’axe z coïncide avec celui de la spire. Soit a le rayon de la spire.
( ( ) ) avec et √
15
∫ ∫
⁄ ⁄
( ) ( )
Il s’agit de deux bobines plates montées sur un même axe et séparées par une distance
égale à leur rayon moyen. L’avantage de ce dispositif est de produire en son centre une zone
où le champ magnétique est relativement homogène.
Soit R le rayon moyen, I l’intensité du courant et N le nombre de spires de chaque bobine. Par
application de (4.7), le champ sur l’axe vaut :
( )
⁄ ⁄
( ( ) ) ( ( ) )
6
Hermann vonHelmholtz, 1821 – 1894, physicien allemand. A introduit en physique la notion d’énergie potentielle et
le principe de la conservation de l’énergie
16
4.4 Force entre 2 conducteurs parallèles : définition de l’ampère
Soit d la distance séparant ces deux conducteurs, parcourus par des courants I1 et
I2respectivement.
Selon (4.5), le champ produit par le premier conducteur à l’endroit du second vaut
Ce champ est perpendiculaire au second conducteur. Par la loi de Laplace, ce champ exerce
surle second conducteur une force perpendiculaire à⃗⃗⃗⃗ , donc dans le plan des 2 conducteurs
etvalant
Depuis 1948, c’est cette force qui sert à la définition de l’unité d’intensité électrique. Compte
tenu que , la définition de l’ampère s’énonce :
L’ampère (A) est l’intensité d’un courant électrique constant qui – maintenu dans deux
conducteurs parallèles, rectilignes, de longueur infinie, de section circulaire négligeable
et placés à une distance de 1 mètre l’un de l’autre dans le vide – produirait une force
égale à 2·10-7 newtons par mètre de longueur.
17
La circulation du champ ⃗ sur un contour fermé est égale à fois la somme descourants
enlacés par ce contour. Sous forme mathématique :
∮ ⃗ ∑ [T] (4.10)
Commençons par démontrer le théorème dans le cas d’un conducteur rectiligne et d’un
contour circulaire centré sur de conducteur.
18
∮⃗ ∮
La circulation ne dépend donc pas du rayon du cercle. On peut exploiter ce fait pour
démontrer le théorème dans le cas d’un contour quelconque contenu dans un plan
perpendiculaire au conducteur.
19
4.5.1 Applications du théorème d’Ampère
Lorsque la longueur du solénoïde est beaucoup plus grande que son diamètre, le
champ ⃗ est pratiquement constant à l’intérieur et nul à l’extérieur. Pour le calculer, on peut
donc négliger les effets de bords. Soit I le courant, N le nombre de spires et la longueur du
solénoïde. Appliquons le théorème d’Ampère en prenant le contour dessiné ci-dessus.
Donc : ∮ ⃗
Circulation de 1 à 2 : Ba
Circulation de 2 à 3 : nulle car ⃗ est perpendiculaire au chemin parcouru.
Circulation de 3 à 4 : nulle car le champ est (quasi-)nul en dehors du solénoïde.
Circulation de 4 à 1 : nulle car ⃗ est perpendiculaire au chemin parcouru.
20
[Link] Champ dans une bobine torique
Soit I le courant, N le nombre de spires et Rm le rayon moyen du tore. Pour des raisons de
symétrie, les lignes de champ sont circulaires à l’intérieur du tore. En prenant comme contour
le cercle moyen, la somme des courants entourés vaut NI ; la circulation du champ est égale
à ( ). En appliquant le théorème d’Ampère :
On appelle force de Lorentz la force agissant sur une particule se mouvant dans un champ
magnétique. Une particule de charge q animée d’une vitesse v parcourt pendant un laps de
temps ∆t une distance :
En multipliant cette relation par la charge et en divisant par ∆t, on voit que cette particule
représente en fait un élément de courant.
Vectoriellement :
En appliquant la loi de Laplace, la force agissant sur cette particule est donc :
⃗ ⃗
21
Le terme ⃗ s’appelle force de Lorentz. Cette force est à la fois perpendiculaire au
champ ⃗ et à la vitesse de particule.
⃗
L’accélération étant la dérivée de la vitesse, on peut écrire : ⃗
Effectuons le produit scalaire de chaque membre de cette équation par , supposée non nulle.
( ⃗)
Le premier terme est nul, car il s’agit d’un produit scalaire de deux vecteurs perpendiculaires.
( ) ( )
Le module de la vitesse est donc constant. Nous sommes donc en présence, soit d’un
mouvement rectiligne uniforme (MRU), soit s’un mouvement circulaire uniforme (MCU),
soit d’une superposition de ces deux mouvements (hélice). On a :
7
Hendrik Antoon Lorentz, physicien néerlandais.
22
Dans le cas du MCU, en désignant par R le rayon de la trajectoire, le module de l’accélération
centripète vaut v2/R. Introduisant cette expression dans (4.13), il vient, en module :
| ⃗|
[s] (4.15)
Si le courant va dans la direction +x, les électrons vont dans la direction –x avec une vitesse
moyenne (voir § 3.2.1) :
8
Joseph Larmor, 1857 – 1942, physicien irlandais.
9
Edwin Herbert Hall, 1855 – 1938, physicienaméricain.Découverte de l’effet Hall en 1880
23
avec :
n : nombre d’électrons de conduction par unité de volume ;
S : aire de la section, S = bd ;
E : charge élémentaire (+1,602·10-19 C).
On voit que la tension U est proportionnelle au champ B, ce qui fournit un moyen de mesurer
celui-ci. C’est le principe de la sonde de Hall.
Une ligne de champ électrique commence sur une charge et se termine sur une
charge . Lorsqu’on calcule le flux du champ électrique à travers une surface fermée, le
théorème deGauss nous dit que le résultat est égal à ⁄ fois la somme des charges à
l’intérieur du volume.
∯⃗ ∑
A la différence des lignes du champ électrique, celles du champ magnétique sont toujours
fermées sur elles-mêmes. On peut montrer que le flux du champ magnétique ⃗ à travers une
surface fermée est nul.
24
On peut interpréter cette équation en disant qu’il n’y a pas de monopôles magnétiques. En
effet si l’on coupe un aimant en deux, on n’obtient pas un pôle nord et un pôle sud séparés,
mais deux aimants plus petits avec chacun deux pôles. En fait les lignes de champ continuent
dans la matière aimantée et se referment bel et bien sur elles-mêmes. Le magnétisme est
engendré par le mouvement des électrons des atomes ou molécules qui constituent la matière
et non par d’hypothétiques monopôles.
25
5. Induction électromagnétique
Jusqu’à présent nous avons étudié des champs ⃗ et ⃗ statiques. Que se passe-il lorsque ces
champs varient dans le temps ?
En approchant et en faisant bouger un aimant près d’une bobine, on mesure une différence de
potentiel à ses bornes. Si le mouvement cesse, la différence de potentiel retombe à zéro.
Figure 31
Quand on bouge la petite spire, on observe que les variations de tension sont
proportionnelles :
à l’intensité du champ ⃗ ;
à la surface de la spire ;
au cosinus de l’angle entre le champ et la normale à la spire ;
à la rapidité avec laquelle on fait bouger la spire.
26
On en conclut que la tension induite est proportionnelle à la variation du flux du champ ⃗
intercepté par la spire.
Le flux du champ d’induction magnétique10 ⃗ est défini d’une manière tout à fait analogue à
celui du champ électrique ⃗ .
Attention : Une fois choisi le sens de , le sens positif du courant est tel le courant laisse à
gauche. (Même convention que pour la définition du moment magnétique.)
Avec cette convention, les observations expérimentales se résument finalement à une relation
connue sous le nom de :
En fait, il ne s’agit pas d’une nouvelle loi fondamentale comme la loi de Coulomb. Nous
allons voir ci-après que l’on peut la retrouver à partir de la force de Lorentz.
10
En anglaisB = magnetic flux density
11
Wilhelm Eduard Weber, 1804 – 1891, physician allemand.
27
Les électrons de la tige subissent l’effet de la force de Lorentz selon ⃗ dirigée dans
ce cas selon (car )
Cela provoque une accumulation de charges négatives sur un rail et une accumulation de
charges positives sur l’autre. Il y a donc une différence de potentiel induite entre les deux
rails.
Si l’on relie les rails par une résistance R, il y a apparition d’un courant. En régime
stationnaire, le travail effectué par la force de Lorentz sera dissipé dans la résistance.
Si B est constant, la tension aux bornes de la résistance est égale à la dérivée du flux.
Sur la Figure 32, le courant s’écoule dans le sens de la flèche lorque . Compte tenu du
sens choisi pour calculer le flux, le courant induit doit être compté positivement s’il laisse
à gauche. Sur la figure, il laisse à droite.
Donc : et
Lorsque la surface de la spire augmente, il apparaît donc un courant induit qui engendre un
champ magnétique de sens opposé à celui du champ ⃗ . Le courant induit s’oppose donc à la
variation du flux. Ceci est un cas particulier de la loi de Lenz12, qui est une loi générale en
physique : tout phénomène tend à s’opposer à la cause qui le produit. Appliquée au
phénomène de l’induction, elle s’exprime ainsi :
Le sens du courant induit est tel qu’il tend à s’opposer à la variation de flux magnétique.
12
Heinrich Lenz, 1804 – 1865, physicien russe
28
Le raisonnement ci-dessus a été fait avec un champ ⃗ constant et une spire (circuit) de surface
variable, mais la loi de Faraday-Lenz est également valable lorsque le champ ⃗ varie avec le
temps.
( )
Tension induite : ( ( )) ( )
Courant induit : ( ) ( )
29
Il s’agit d’un courant alternatif. Si l’on veut le représenter dans la figure ci-dessus, il faut le
faire de telle sorte que lorsque le courant est positif, il laisse la normale ⃗ à gauche.
La partie fixe, le stator, est constituée d’un aimant permanent générant un champ ⃗
constant. La carcasse fait office de retour magnétique (pour refermer les lignes de champ).
La partie tournante, le rotor, comporte des encoches dans lesquelles passent des fils
conducteurs alimentés par un courant amené par des balais frottant sur un cylindre segmenté,
le collecteur. Le rotor est câblé de telle sorte que lorsqu’un conducteur passe devant un pôle
du stator le courant soit dans le bon sens pour assurer le couple.
Paramètres :
Tension induite : ( )
30
Somme des tensions dans la maille = 0
31
Le couple maximum est obtenu à vitesse nulle, ce qui est intéressant pour le démarrage
lorsque le moteur entraîne une charge.
Nous avons vu au § [Link] que le champ dans un solénoïde long est donné par .
Si l’on fait varier la tension aux bornes de la bobine, chaque spire va voir le flux magnétique
qui la traverse varier et par conséquent être le siège d’une tension induite qui va s’opposer à la
tension appliquée.
Soit i(t) le courant et S la surface d’une spire. La tension induite dans une spire vaut :
( )
Comme le solénoïde comporte N spires, la tension totale induite à ses bornes vaut :
13
Joseph Henry, 1797 – 1878, physicien américain. Découverte de l’auto-induction en 1832
32
Figure 38 : Schéma électrique équivalent (courant quelconque)
( ) ( ) ( ) [V] (5.4)
Pour ( ) Pour ( )
la solution de l’équation sans second membre, qui s’intègre comme celle vue au § 3.1.
( ) ( ) avec C = constante
( ) ( )
33
Figure 39 : Allure de i(t)
Avec :
Inductance du solénoïde 2 ;
34
Inductance mutuelle de 2 1, égale à celle de 1 2.
D’un manière générale l’induction mutuelle entre deux circuits est définie par
[H] (5.6)
∫ ∫ ∫
35
Energie stockée : ( )
La loi de Faraday-Lenz est valable pour des spires de formes quelconques et des
champs ⃗ non uniformes.
∬⃗
Lorsque le champ décroît, la tension induite est positive. Si la frontière de la surface S était
matérialisée par un fil conducteur, un courant circulerait en laissant ⃗ à gauche. Un tel courant
aurait comme effet de créer un champ dans le sens de ⃗ , en s’opposant à sa
décroissance,conformément à la loi de Lenz. Soit deux pointsP1 etP2 du contour comme
dessiné ci-dessus.
( ) ( )
36
Par définition de la différence de potentiel (2.8) : ( ) ( ) ∫ ⃗
Les points P1etP2 peuvent être choisis infiniment proches, ce qui équivaut à un contour fermé.
Jusqu’à présent nous avons étudié les phénomènes d’induction dans le vide. Que se
passe-t-il lorsqu’on introduit de la matière dans un solénoïde ? Comment varie son inductance
? Essayons de répondre à ces questions en suivant une démarche similaire à celle adoptée
pour étudier le champ électrique dans la matière. Nous avions pris un condensateur plan et
ajouté de la matière à l’intérieur. Un dispositif qui convient bien pour étudier le magnétisme
dans la matière est la bobine toroïdale, ou tore. Le champ est quasi homogène à l’intérieur et
on évite d’avoir à traiter les effets de bords qu’on aurait avec un solénoïde droit.
Au § [Link], nous avons vu que le champ à l’intérieur du tore était donné par :
avec :
i : le courant ;
N : le nombre de spires ;
Rm : le rayon moyen du tore.
∬⃗
37
Inductance d’un tore vide [H] (5.10)
µr = vide
µr>substance paramagnétique
µr>>substance ferromagnétique
⃗
Dans le vide, le champ magnétique ⃗ est tout simplement égal à ⁄ . Par exemple :
Pour des champs magnétiques pas trop élevés, on constate que la magnétisation est
proportionnelle au champ, ce qui permet de définir la susceptibilité magnétique du matériau.
[-] (5.14)
La matière est formée de particules chargées qui ne sont pas immobiles. Or une
particule chargée animée d’une vitesse peut être considérée comme un petit courant, ce qui va
donner naissance à de petits champs magnétiques. Un électron non apparié orbitant sur la
couche externe d’un noyau donne un moment magnétique dipolaire. En général, en l’absence
de champ magnétique externe, l’agitation thermique a pour effet de rendre aléatoire
l’orientation de ces dipôles et le magnétisation totale est nulle. En présence de champ, ce n’est
plus le cas. Définissons :
⃗⃗
χm χm
-5
Bismuth -16,4 x 10 Plomb -1,6 x 10-5
Antimoine -6,9 x 10-5 NaCl -1,4 x 10-5
Mercure -2,8 x 10-5 Cuivre -1,0 x 10-5
Argent -2,4 x 10-5 Eau -0,90 x 10-5
Carbone (graphite) -1,4 x 10-5 Hydrogène -2,2 x 10-9
Paramagnétisme : les atomes ont un moment magnétique non nul. En présence de champ
magnétique, ils vont s’orienter dans la direction du champ. Cet effet est prépondérant par
rapport à l’effet diamagnétique. La susceptibilité est donc positive. L’agitation thermique tend
à détruire l’alignement, d’où une dépendance de la susceptibilité avec la température.
χm χm
-5
Oxygèneliquide 400 x 10 Sodium 0,85 x 10-5
Uranium 40 x 10-5 Oxygènegazeux 0,19 x 10-5
Platine 27 x 10-5 Air 0,036 x 10-5
Aluminium 2,1 x 10-5
Ferromagnétisme : les atomes ont un moment magnétique non nul, mais en plus il existe une
forte interaction entre dipôles, ce qui a pour effet de les aligner parallèlement les uns aux
autres dans de petites régions, ou domaines. L’effet d’alignement est beaucoup plus marqué
que dans le cas des paramagnétiques (µr>> 1). Un matériau ferromagnétique aura tendance à
40
être attiré fortement par un aimant. Le couplage des dipôles n’est possible que si les atomes
du réseau cristallin se trouvent à une certaine distance les uns des autres, ce qui ne se produit
que pour certains éléments : fer, cobalt, nickel, certains oxydes et certains alliages frittés
apparentés aux céramiques (ferrites).
Cet effet de « mémoire » des ferromagnétiques est à l’origine d’un grand nombre d’inventions
: enregistreurs à bandes magnétiques, disques durs et mémoires d’ordinateurs, etc.
Dans la matière :
41
Lorsque ces pertes sont gênantes, par exemple dans les transformateurs où le cycle est
parcouru 50 fois par seconde, il faut choisir un matériau magnétiquement doux, car il a un
faible champ coercitif et la surface englobée par la courbe d’hystérésis est petite.
Magnétiquement dur
Acier au chrome 2,2 0,95 5200 1030
Acier au cobalt 0,95 14000 1100
Alnico 2
55% Fe ; 10% Al ; 17% Ni ; 12% 40 0,72 45000 850
Co ; 6% Cu
Ferrite BaFe2O19 8 0,45 750 430
Ferrite NiFe2O4 0,34 175000 575
SmCo5 128 1,00 ~750000 700
Pour les matériaux dia- et paramagnétiques, on place un échantillon entre les pôles
d’un puissant électro-aimant et on mesure la force magnétique à l’aide d’une balance.
Pour les ferromagnétiques, on place le matériau à l’intérieur d’une bobine torique et
on mesure le flux en fonction du champ magnétique appliqué.
42
5.3.3 Les circuits magnétiques
43
[Link] Loi d’Ohm magnétique
Flux magnétique :
Tension U Solénation
Courant I Flux
Résistance Réluctance
Pour cette raison, cette loi est appelée loi d’Ohm magnétique. Dans un conducteur, c’est la
différence de potentiel qui crée le courant ; dans un circuit magnétique, c’est la solénation NI
qui crée le flux. Dans les livres de physique, la solénation porte différents noms : différence
de potentiel magnétique, force magnétomotrice. En technique, on parle d’ampères-tours.
44
Réluctance d’un barreau de section S et de longueur l :
[H-1] = [A/Wb] ampère-tour par weber] (5.16)
Placées en série, les réluctances s’ajoutent. Placées en parallèle, les perméances s’ajoutent.
( ) ( )
Réluctance du circuit :
Flux magnétique :
Le calcul ci-dessus est approximatif. En pratique, si l’on veut obtenir des valeurs plus
précises, en tenant compte de la géométrie exacte et des propriétés du matériau, il faut utiliser
un logiciel de calcul de flux par éléments finis.
45
[Link] Exemple de calcul du champ dans l’entrefer d’un aimant
Ainsi la réluctance de l’entrefer est plus grande que celle de la partie fer à cause de la grande
valeur de µr.
Flux magnétique :
46
Figure 47 : Electroaimant
( ) ( )
Réluctance de la partie fer :
Flux magnétique : ( )
Inductance : ( )
Soit F la force qu’il faut appliquer à la pièce mobile pour la maintenir à une distance x.
Lorsque cette force travaille à éloigner la pièce mobile, elle fournit au système un travail
mécanique :
( )
Cet accroissement est égal à la différence d’énergie potentielle mécanique entre x et x+dx.
L’énergie étant conservée, on a :
( ) ( )
À courant constant : ( )
47
( )
( ) ( )
( ) ( )
( )
( )
( )
Cette formule est valable pour des entrefers x petits vis-à-vis des dimensions a et b.
Par le principe de l’action et de la réaction, si l’on maintient la pièce mobile avec une force F,
il existe une force opposée Fem qui tend à rapprocher les pièces.
5.3.4 Transformateurs
48
À l’instant t le courant i1 est positif, le sens de Φ est comme dessiné. Si à l’instant t le courant
est en train de diminuer, le courant induit i2 va circuler dans le sens dessiné pour s’opposer à
la diminution du flux. Le sens positif de la tension u2 est alors bien comme dessiné
Flux magnétique : ( )
49
C’est en fait le rapport entre les puissances instantanées entrante et sortante dans un
transformateur idéal. Ce rapport doit être égal à un.
Au voisinage de l’interface, considérons une portion de l’espace assez petite pour que l’on
puisse admettre que les champs ⃗ et ⃗ soient constants. Chaque champ se décompose en
composantes normale et parallèle à l’interface.
⃗ ⃗ ⃗ et ⃗ ⃗ ⃗
⃗ ⃗ (5.20a)
50
∮ ⃗
⃗ ⃗ (5.20b)
51
6. Équations de Maxwell
⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ⃗ Polarisation (2.38)
⃗ (⃗ ⃗⃗ ) ⃗ ⃗ Magnétisation (5.12)
⃗ Loi d’Ohm (3.12)
Lorsque les distributions de charge et de courant sont continues, les équations (1) et (4)
s’écrivent :
52
Le terme ∬ ⃗ a été introduit par Maxwell pour que les deux équations ci-dessus
redonnent l’équation de continuité.
L’équation de (3.14)
∬ ∭ continuité
Dans la pratique, plutôt que de résoudre directement les équations de Maxwell pour calculer
les champs à partir des distributions de charges et de courants, il est souvent plus simple
d’utiliser les lois de Coulomb et Biot-Savart. Ces lois sont en quelques sortes incluses dans les
équations de Maxwell et peuvent être redémontrées à partir d’elles.
Le lien avec la mécanique est assuré par les expressions donnant la force sur une particule
chargée et sur un courant.
L’étape suivante consiste à formuler les équations sous forme locale et d’examiner leurs
solutions d’un point de vue théorique. Maxwell a été le premier à montrer qu’elles admettent
des solutions qui correspondent à des ondes. Dans le vide, leur vitesse de propagation est
égale à celle de la lumière, d’où l’hypothèse que la lumière est en fait un cas particulier
d’onde électromagnétique. Ainsi se trouvent réunies sous le même formalisme non
seulement l’électricité et le magnétisme, mais encore l’optique physique. Les phénomènes de
réfraction, diffraction, polarisation de la lumière trouvent tous une interprétation élégante dans
le cadre de la théorie de Maxwell.
Nous avons vu (§ 3.3.3) comment l’équation de continuité peut s’écrire sous forme locale au
moyen de l’opérateur différentiel divergence.
⃗ ( )
53
Forme intégrale Forme locale
⃗
∯ ∭
On voit que l’opérateur divergence permet de transformer une intégrale sur une surface
fermée en une intégrale portant sur le volume à l’intérieur de cette surface.
∯ ∭(⃗ )
Etablit mathématiquement en toute rigueur, ceci est connu sous le nom de théorème de la
divergence ou d’Ostrogradski-Gauss.
⃗ ⃗ [As/m3] (6.1)
⃗ ⃗ [Vs/m3] (6.2)
Restent les deux dernières équations qui font intervenir la circulation des champs.
54
Dans un espace où règne un champ électrique ⃗ ( ), calculons la circulation sur un
contour fermé horizontal 1234 comme dessiné ci-dessus.
∮ ⃗ ∫ ∫ ∫ ∫
∮ ⃗ ( ) ( ) ( ) ( )
( ) ( ) ( ) ( )
∮ ⃗
∮ ⃗
Le raisonnement précédent peut aussi être fait pour de petits contours dans les plans yz et zx.
Finalement, par permutation circulaire :
55
Ceci rappelle la définition du produit vectoriel. En utilisant ⃗ ( )la forme localede
la loi de Faraday s’écrit :
⃗
⃗ ⃗ [V/m2] (6.3)
⃗
⃗ ⃗ [A/m2] (6.4)
Etablit mathématiquement en toute rigueur, le théorème qui permet de passer d’une intégrale
sur un contour fermé à une intégrale sur la surface délimitée par ce contour est connue sous le
nom de théorème de Stokes.
∮ ⃗ ∬(⃗ ⃗)
Récrivons les équations de Maxwell sous forme locale dans le cas d’un matériau diélectrique
non chargé ( ) et de conductivité nulle ( ⃗ )
⃗ ⃗
⃗ ⃗
⃗
⃗ ⃗
⃗
⃗ ⃗
{
Supposons que le matériau soit caractérisé par une permittivité relative et une perméabilité
relative . Cette dernière est proche de 1 dans le cas d’un diélectrique.
⃗ ⃗
{
⃗ ⃗
56
⃗ ⃗
⃗ ⃗
⃗ (6.5)
⃗ ⃗
⃗
{ ⃗ ⃗
Pour alléger l’écriture, notons la dérivée partielle par rapport à x : . Idem pour y, z et t.
⃗ ⃗ ( ) ( ) ( ) ( )
Comme Hx ne dépend pas du temps, on peut poser Hx = 0 car on ne s’intéresse pas aux
solutions statiques.
57
⃗ ⃗ ( ) ( ) ( ) ( )
En éliminant Hy :
( ) ( )
(6.6)
Ceci est une équation d’onde. Nous verrons d’autres exemples de phénomènes physiques
conduisant à une équation de ce type dans la partie du cours consacrées aux ondes. Cette
équation admet, entre autres, des solutions qui représentent des ondes planes de la forme :
Avec :
[m/s] (6.7)
[m/s] (6.8)
√
58
[m/s] (6.9)
√ √
( ) ( )avec √
[J/m3] (6.10)
59
Densité d’énergie du champ EM dans la matière
[J/m3] (6.11)
[J/m3] (6.11’)
[J/m3] (6.11’’)
( ) ( )
{ avec √
( ) ( )
( ) ( ) ( ) ( )
60
6.3.3 Intensité d’une onde plane EM
Pendant un temps t, le front d’onde se déplace de . L’énergie qui traverse une section S
perpendiculaire à l’axe de propagation vaut :
Intensité moyenne :
√
√
Intensité moyenne :
√ [W/m2] (6.13)
61