FERNANDO
FERNANDO
ISSN
0318-479X (imprimé)
1705-0065 (numérique)
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Fernando Hitt
Professeur
Université du Québec à Montréal
Introduction
comme nous allons le voir plus loin. Malheureusement, l’insistance mise sur les
représentations mentales a produit une diminution de l’intérêt des chercheurs
pour les représentations sémiotiques.
En analysant les travaux de Duval (1993, 1995), nous avons constaté que
l’emphase qu’il a mise sur la construction des concepts mathématiques à travers
les représentations sémiotiques est très justifiée. Cependant, il nous semble que
son approche se rattache «aux représentations officielles» (représentations sémio-
tiques qu’on trouve dans les manuels, ou que les enseignants utilisent dans leurs
cours de mathématiques, etc.). De ce point de vue, nous pourrions dire que son
approche utilise des représentations statiques.
Pour notre part, nous voulons prendre en considération le rôle des représen-
tations mentales qui nous amènent à la production des représentations sémio-
tiques pour mieux comprendre un énoncé mathématique et, ainsi, faire un lien
entre les différentes représentations en jeu lors de la résolution d’un problème.
Pour ce faire, nous nous attarderons au rôle des représentations sémiotiques pro-
duites par une étudiante lors de la résolution d’un problème (représentations qui
ne sont probablement pas des représentations officielles) et de leur caractère fonc-
tionnel pour la compréhension. Afin d’analyser le rôle des représentations dans
la construction des concepts mathématiques et dans la résolution de problèmes
sous le même angle, nous nous inspirerons de quelques travaux de recherche trai-
tant des aspects mentionnés ci-dessus. Nous commencerons notre analyse avec
l’idée de schème.
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Nous considérons les concepts comme des adaptations aux structures concep-
tuelles appelées schèmes.
Abstraire et classifier – Nous classifions chaque fois que nous reconnais-
sons un objet.
Abstraire – Il s’agit d’activité au moyen de laquelle nous arrivons à être
conscients des similitudes.
Classifier – C’est rassembler nos expériences sur les bases de ces similitudes.
Un concept a donc besoin pour sa formation d’un certain nombre d’expé-
riences, lesquelles ont quelque chose en commun. Un concept est un objet
purement mental (p. 19-21).
Chacun de ces concepts par nature est à l’intérieur d’une structure formée
avec d’autres concepts. Chacun d’eux se dérive des antérieurs et contribue
à la formation de nouveaux concepts, c’est-à-dire, ils font partie d’une hié-
rarchie […]. Comprendre quelque chose signifie l’assimiler dans un schème
approprié (p. 35-43).
Skemp (1962, 1971) donne deux types d’exemples quand il parle de sa théo-
rie sur la construction des connaissances. Un des exemples qu’il utilise est celui
du concept de « chaise » pour montrer que nous classifions chaque fois que nous
reconnaissons certaines similitudes. Dans son article écrit en 1962, Skemp a voulu
introduire dans le monde anglophone les idées de Piaget sur les schèmes. À cet
effet, il a fait une expérimentation en utilisant des symboles pour désigner des per-
sonnes, des objets, des actions, etc., et il a essayé de construire un schème congruent
avec ces symboles.
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La notion de schéma
Richard (1998) a fait évoluer l’idée de schème pour l’amener à une nou-
velle notion qu’il a appelé schéma. Pour y arriver, il a utilisé la notion de réseau
sémantique, une notion déjà connue. Un réseau sémantique est composé de nœuds
et d’arcs; les nœuds sont les concepts et les arcs sont les relations entre les concepts.
Alors, en utilisant cet aspect théorique de réseau sémantique, Richard (Ibid.)
donne une caractérisation des schémas de connaissance:
– les connaissances sur les objets (les concepts) et leur organisation en réseau
sémantique ;
– les connaissances sur les situations et les événements exprimés par des schémas;
– les connaissances sur les actions et, plus généralement, les procédures (p. 53).
Dans le même sens, Brun (1994, p. 73) fait remarquer le caractère fonction-
nel des représentations. La construction des concepts mathématiques, et en général
celle des structures cognitives, a été reprise de façon à intégrer les résultats de la
recherche sur la résolution de problèmes. Nous voulons faire émerger ce point de
vue et, ainsi, nous rapprocher du problème de la construction des structures cogni-
tives liées aux connaissances mathématiques.
Du point de vue de Perkins et Simmons (1988), les erreurs que font les
étudiants dans les activités mathématiques sont dues à une carence de structures
cognitives. Cette carence ne permet pas à l’étudiant de réaliser les connexions
nécessaires dans la résolution d’un problème ou d’aller plus loin dans un pro-
blème déjà résolu. Ces structures sont en relation directe avec la compréhension.
Perkins et Simmons (Ibid.) distinguent quatre types de structures: la structure
des connaissances du contenu, des connaissances en résolution de problèmes,
inquisitoire et épistémique. Ils font aussi remarquer que l’enseignement des mathé-
matiques se limite, en général, à la structure de contenu (enseigner un contenu
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Étudiante (17 ans): C’est incorrect. Tu ne sais donc pas la formule (ab)2
= a2 2abb2 ? Si tu ne te rappelles pas de cette formule, il y a plusieurs
manières de réaliser ce calcul, par exemple, y2 = y y, ou de la façon sui-
vante (x 3)(x 3) = x2 3x 3x9, ou au moyen de la multiplication usuelle,
qui est
x3
x 3. Que préfères-tu ?
Par contre, il semble que leur approche sur les structures cognitives est très
générale. Nous sommes partiellement d’accord sur le fait qu’il existe effective-
ment une structure épistémique, mais, de notre point de vue, elle est beaucoup
plus complexe. Un point essentiel c’est de savoir comment construire cette struc-
ture épistémique.
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Les différentes approches théoriques que nous avons analysées jusqu’ici, par-
lent des constructions mentales et presque tous les exemples qui y sont donnés
sont liés aux situations quotidiennes (sauf le dernier qui est notre exemple), et
ils ne tiennent pas compte, de façon primordiale, des représentations sémiotiques
dans la construction des réseaux sémantiques et dans la construction des concepts
mathématiques.
Depuis les travaux de Janvier (1987), les études sur les représentations ont
été reprises sérieusement. Dans ce sens, l’approche théorique de Duval (1993,
1995) nous semble très importante, car il analyse en profondeur le rôle des repré-
sentations sémiotiques dans la construction de concepts mathématiques.
Nous savons que les objets mathématiques ne sont pas directement accessi-
bles au moyen des sens, mais seulement à travers des représentations sémiotiques.
C’est pourquoi il est important d’analyser le rôle que jouent celles-ci dans la construc-
tion de la connaissance mathématique. Les études expérimentales de Duval (1988,
1993, 1995), qui s’insèrent dans l’étude des difficultés d’utilisation des représen-
tations dans un système mathématique de signes et sur les difficultés de conversion
des représentations entre plusieurs systèmes en connexion à un même objet mathé-
matique, ont généré une nouvelle notion qui est celle du registre de représentation,
dont l’idée est totalement liée aux fonctions essentielles à toutes les activités cogni-
tives. Duval (1993) caractérise un système sémiotique, un registre, comme un système
de représentation, de la manière suivante:
C
4
Représentant d’un Représentant d’un
registre A autre registre
3
1 2
L’une des conséquences importantes que l’on peut tirer des travaux de Duval
(Ibid.) est que la construction d’un concept se fait lorsqu’il y a une coordination
sans contradictions entre les différentes représentations de l’objet mathématique.
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Nous devons souligner que, vu sous cet angle, le concept est toujours en construc-
tion. Nous pouvons cependant faire quelques objections au travail de Duval. En
premier lieu, nous pensons qu’une trop grande importance est donnée, implicite-
ment, aux représentations officielles (celles qu’utilisent les enseignants et celles que
nous trouvons dans les manuels) et que, par conséquent, les représentations sémio-
tiques des élèves lors de la résolution d’un problème et lors de la construction des
concepts mathématiques n’ont pas, implicitement, l’importance qu’elles devraient
avoir. En deuxième lieu, Duval met de côté les constructions intermédiaires et
les conceptions qui jouent un rôle quelquefois d’aide et quelquefois d’obstacle
pour la construction d’un concept mathématique (Hitt, 1998b, 2003).
Pour analyser de près les représentations sémiotiques produites par des élèves
lors de la résolution de problèmes, nous voulons introduire les résultats d’une
enquête qui montre le bien-fondé de lier l’approche théorique de Duval avec
d’autres considérations théoriques.
Selon ce point de vue, notre question de recherche était: les problèmes cogni-
tifs, lors du passage de l’arithmétique à l’algèbre, ont-ils trop attiré notre attention
et nous ont-ils empêchés de regarder attentivement les problèmes de construction
d’une articulation entre les habiletés arithmétiques et les habiletés algébriques?
Les 10 problèmes que nous avions choisis pouvaient être résolus, soit par une
approche arithmétique, soit par une approche algébrique. En voici un exemple:
Exemple (problème 3) : Quel est le prix d’un manuel, avant rabais, sachant
qu’après un rabais de 15% le prix du manuel est de 14,50$?
Nous avons isolé les étapes importantes de la résolution de chacun des pro-
blèmes, et nous avons créé des exercices d’arithmétique ainsi que des exercices
d’algèbre en lien avec les contenus de chacun des problèmes. À titre d’exemple,
pour le problème 3, nous avons demandé de résoudre les questions: «Calculer:
14,50 » ou «Trouver la valeur de x dans x – 0,15 x = 14,50». Les questions d’arith-
0,5 métique (10), d’algèbre (10) et les problèmes (10) ont été placées à des
endroits différents du questionnaire (voir les 30 questions en annexe).
Arithmétique 15 ans
18 ans
80
% de réussite
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
No d’exercice
Figure 2 – Réussite aux questions d’arithmétique
Nous pouvons observer qu’il n’y a pas de différence significative entre les
deux populations en ce qui concerne les exercices d’arithmétique. Leurs connais-
sances des décimaux n’évoluent pas avec l’augmentation de la scolarité (3 ans).
Algèbre 15 ans
18 ans
80
% de réussite
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
No d’exercice
Figure 3 – Réussite aux questions d’algèbre
En ce qui concerne les habiletés algébriques, nous pouvons noter une légère
amélioration chez les élèves qui ont trois ans d’études de plus, mais elle n’est pas
réellement significative. De plus, nous pouvons remarquer que cette amélioration
porte uniquement sur la résolution d’équations qui nécessitent la manipulation
de nombres entiers. Ce résultat n’a rien d’étonnant puisqu’on revient sur l’algèbre
lors du premier cours du 2e cycle d’études secondaires. La question qu’on est
cependant en droit de se poser est: l’enseignement de l’algèbre se fait-il majori-
tairement avec des nombres naturels?
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Problèmes 15 ans
18 ans
80
% de réussite
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
No de problème
Les étudiants des deux échantillons ont privilégié l’algèbre pour la résolution
des problèmes. Cependant, il est étonnant de constater que, tout en privilégiant
l’approche algébrique, les étudiants éprouvent des difficultés importantes lors des
manipulations nécessaires à la résolution des problèmes et des exercices correspon-
dants. Cela voudrait-il dire que les étudiants ont perdu leurs habiletés arithmétiques
sans pour autant posséder de solides habiletés algébriques? L’enseignement des
mathématiques au secondaire met-il l’accent sur l’algèbre sans autant promouvoir
une articulation entre les deux types d’habiletés?
Nous voulons reprendre l’idée de Perkins et Simmons (1988) sur les struc-
tures cognitives, mais d’un point de vue plus spécifique, avant de nous plonger
dans une nouvelle approche sur l’étude des représentations sémiotiques pour la
construction des concepts mathématiques et la résolution de problèmes.
Avant d’aborder le cœur de cette partie, nous insistons sur l’existence de sché-
mas contradictoires chez un même individu. En effet, nous pouvons constater
que, par exemple, dans la construction de procédures ou de concepts, il peut y
avoir des schémas qui s’opposent à la construction adéquate de cette procédure
ou de ce concept. Parfois, on peut construire un schéma alternatif (un enseigne-
ment adéquat pourrait permettre de mettre en place un schéma plus approprié),
mais le premier ne disparaît pas pour autant. Dans certains cas, l’ancien schéma
peut resurgir chez un individu, lorsqu’on lui présente une activité plus complexe,
et provoquer la même erreur qu’auparavant, mais dans le cadre de cette nouvelle
activité.
Les incohérences existant entre deux schémas provoquent des conflits inter-
nes que les étudiants devront résoudre peu à peu. En effet, la construction d’une
nouvelle connaissance, qui va déplacer la connaissance plus ancienne qui ne fonc-
tionne que dans certaines situations, et qui ne fonctionne plus dans une nouvelle
situation, sera difficile à faire. En fait, ce que nous faisons régulièrement, c’est la
construction de conceptions. S’il existe chez un individu deux conceptions contra-
dictoires, nous avons besoin d’une activité qui puisse donner à l’étudiant la pos-
sibilité de se rendre compte de la contradiction où il est plongé (tableau 1).
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Tableau 1
Résultats obtenus dans la résolution de l’inéquation
Correct Incorrect Total
Résultats 71 229 300
Nombre d’étudiants qui changeront de stratégie 16/71 13/229 29/300
après avoir décelé une contradiction
0,8x + 0,30 – 0,8x 0,12 0,08x + 3 – 0,8x 0,12 0,08x + 15 – 0,8x 0,12
0,8x + 0,30 – 0,8x 0,12 3 – 0,72x 0,12 15 + 0,72x 0,12
0,30 0,12 – 0,72x 0,12 – 3 0,72x 0,12 – 15
Nous voulons nous concentrer, dans une première partie, sur ce que l’étu-
diant a barré (figure 8 et tableau 2).
Tableau 2
Interprétation des procédures
Interprétation de la 1re procédure (voir figure 8)
Question a) Question a)
0,2 (0,4x + 15) – 0,8x 0,12 Inéquation de départ
0,8x + 0,30 – 0,8x 0,12 Multiplication erronée des décimaux
0,8x + 0,30 – 0,8x 0,12 Annulation des termes en x
0,30 0,12 Résultat des opérations
St = 0,12 Solution. Première réponse à la question a)
Question b) Question b) (voir figure 7)
Lecture de la question b) et arrêt subit (voir point,
près du nombre 10, indiquant que l’étudiant
repose sa plume à cet endroit).
Retour probable à la question a) ou continuation avec
la question b) et retour ultérieur à la question a)
effacé. Mais, ce qui est important chez cet étudiant, c’est le fait que ses réponses
finales aux questions a et b l’ont satisfait (à ce moment, il n’y avait plus de contra-
diction cognitive), même s’il y avait une contradiction logique puisqu’il n’a pas
donné la réponse correcte.
Dans cette partie, nous souhaitons analyser les représentations utilisées par
deux étudiants lors d’une démarche heuristique de résolution d’un problème, et
faire une comparaison entre les différentes approches théoriques présentées dans
ce document. Notre comparaison s’appuiera sur les recherches faites par Skemp
(1978) sur la compréhension instrumentale et relationnelle, Hiebert et Lefevre
(1986) sur la connaissance conceptuelle et procédurale, et Duval (1988, 1993,
1995) sur les registres de représentation sémiotique.
Lorsque Hiebert et Lefevre (1986) parlent du rôle que jouent les représen-
tations dans la résolution de problèmes, ils écrivent: «la connaissance conceptuelle
est caractérisée clairement comme une connaissance riche en relations» (p. 3). En
ce qui concerne la connaissance procédurale, ils nous indiquent qu’elle est construite
en deux parties. L’une comprend le langage formel, c’est-à-dire le système de repré-
sentation symbolique des mathématiques. L’autre comprend les algorithmes et
règles nécessaires pour compléter les tâches mathématiques. En résumé, la connais-
sance mathématique procédurale englobe deux types d’informations. La première
information consiste à se familiariser avec les symboles isolés du système et avec
les conventions syntaxiques pour la configuration acceptable des symboles. La
seconde information consiste en règles ou procédures pour résoudre les problèmes
mathématiques. L’approche théorique de Hiebert et Lefevre (Ibid.) et de Duval
(1995) repose implicitement sur des systèmes sémiotiques de représentation nom-
mées avant comme « officielles», mais ils ne parlent pas explicitement des pro-
ductions des élèves, ce qui nous amène à dire que l’on peut envisager d’autres
aspects que ceux mentionnés par ces auteurs. Si nous nous situons dans la per-
spective de la production des représentations sémiotiques lors de la résolution
d’un problème mathématique, les représentations des étudiants sont de nature
différente de celles envisagées par Duval (1995) et Hiebert et Lefevre (1986).
Nous voudrions signaler que les productions sémiotiques des élèves ne coïn-
cident pas nécessairement avec celles que le professeur utilise dans son cours (ou
que l’on trouve dans les manuels). En voici un exemple, tiré d’une étude colom-
bienne, qui consiste à proposer à des élèves de différents niveaux les mêmes pro-
blèmes (Benitéz et Santos, 2000). Une élève de 11 ans, Soath, a développé la
procédure illustrée à la figure 9 pour trouver la solution du problème suivant.
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Dans une course, Manuel a compté 25 véhicules, tandis que Carlos a compté
70 roues. Les véhicules étaient, soit des taxis, soit des motocyclettes. Combien
de taxis et combien de motocyclettes y avait-il dans la course?
Dans cette première partie, on peut voir que Soath a fait des productions
sémiotiques liées au problème proposé («m» symbolise une motocyclette et «v»
un véhicule, c’est-à-dire un taxi). Pour ce faire, elle a mobilisé différents types de
représentations et on peut constater qu’il y a eu coordination entre elles. En effet,
nous pouvons constater qu’elle a cherché à contrôler le nombre total de roues
(70) et qu’elle a seulement compté après le nombre de motocyclettes et de taxis.
Il a eu une coordination entre le passage de la représentation figurale à la représen-
tation numérique qui prend en considérations les autres données du problème.
Tout ceci laisse penser que la mobilisation des représentations mentales, à tra-
vers un réseau sémantique, a induit la production de représentations sémiotiques
qui ont mené Soath à une solution juste à travers des manipulations arithmé-
tiques correctes. Il semble que Soath a développé une structure particulière dans
laquelle ses représentations mentales et sémiotiques ont une caractéristique fonc-
tionnelle qui la conduitse vers la solution du problème.
Pourquoi Alvaro a-t-il écrit 704x = 25? À quoi cet étudiant a-t-il pensé
en écrivant cette équation ? On ne le sait pas vraiment! Par la suite, il est arrivé
à l’expression 4x = 25 70. L’obtention d’un nombre négatif a-t-il frappé son
esprit ? Est-ce la raison pour laquelle il a recommencé? Alvaro a alors écrit l’ex-
pression xy = 70. Ici, « x» peut bien correspondre au «nombre de roues des
motocyclettes » et « y » au « nombre de roues des taxis». L’expression y = 70 2x,
montre bien que, pour Alvaro, «x» et «2x» sont interchangeables. Probablement
que, en accord avec son idée initiale, l’expression «70 2x» correspond au «nom-
bre total de roues moins le nombre de roues des motocyclettes». Il a obtenu alors
y = 68x. Possiblement qu’il a eu une idée semblable pour le résultat x = 66y. À
partir de l’expression 68x66y, il a fait la somme «6866» pour laquelle il a
obtenu « 134 ». Ce résultat était-il différent de ce à quoi il s’attendait puisque,
pour lui, xy = 70 ? Il est revenu sur cette expression, mais sa conception de
l’« inconnue », qui joue plusieurs rôles dans ses représentations sémiotiques, l’a
conduit à commettre des erreurs. Alvaro est resté dans une situation contradic-
toire, contradiction logique du point de vue mathématique, sans s’apercevoir de
la contradiction. C’est-à-dire, Alvaro n’est pas arrivé à une contradiction cogni-
tive parce qu’il n’a pas perçu de contradiction logique.
Conclusion
En ce qui concerne la stabilité des connaissances, nous avons pris des exem-
ples dans l’arithmétique et dans l’algèbre afin de montrer l’insuffisance des struc-
tures cognitives pour résoudre des problèmes. Les structures cognitives que nous
envisagions doivent inclure des caractéristiques générales comme, à titre d’exemple,
la sensibilité à la contradiction. Pour finir, il nous semble que les représentations
sémiotiques produites par les étudiants peuvent jouer un rôle important pour
déceler une contradiction logique.
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NOTE
1 Duval (1993, p. 40) appelle sémiosis l’appréhension, ou la production, d’une représentation
sémiotique. Et noésis, l’appréhension conceptuelle d’un objet. Il faut affirmer que la noésis
est inséparable de la sémiosis ».
Zusammenfassung – In diesem Beitrag analysieren wir vor allem einige Arbeiten über
die Konstruktion mathematischer Konzepte, die sich mit mentaler Repräsentation und
semantischen Beziehungsgefügen befassen. Darüber hinaus beschäftigen wir uns mit
einem Ansatz, der von kognitiven Strukturen ausgeht. Schließlich werden wir die neuen
Tendenzen freilegen, die die Rolle der semiotischen Repräsentationen für die Konstruk-
tion mathematischer Konzepte betonen. Unser Ziel ist es, angesichts der Weiterentwicklung
der Repräsentationstheorie und der angebotenen Problemlösungsverfahren die Wichtig-
keit einer Analyse der semiotischen Produktionen der Studenten zu unterstreichen. Dabei
werden wir ein besonderes Augenmerk auf die Kontrolle der Organisation und der Kohärenz
richten, welche von den semiotischen Repräsentationen bei einem heuristischen Problem-
lösungsverfahren geleistet oder nicht geleistet wird.
RÉFÉRENCES
Benitéz, D. et Santos, M. (2000). El uso espontáneo de representaciones y la importancia de las
estrategias cognitivas en la resolución de problemas de matemáticas. In F. Hitt et A. Hernández
(dir.), Experimentaciones en Educación Matemática en los Niveles Medio Superior y Universitario
(p. 151-165). Mexico : Cinvestav-IPN-Universidad de Granada.
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Annexe
Questions d’arithmétique, d’algèbre et problèmes
冉冊
10) 12 4 =
3
8) Trouvez la valeur En 12 minutes, on découpe transversalement
de x et y : une planche de bois en 4 morceaux. Combien
再
12y = 4
xy = 5
faudrait-il de temps pour couper cette même
planche en 5 morceaux?
8) 10) Trouvez la De quel pourcentage augmentera l’aire d’un
(1+0,2)(1+02)-1= valeur de xy : rectangle si on augmente sa longueur et sa
(1,2x)(1,2y) – xy = 0 largeur de 20%?
6) Ordonnez les 5) Effectuez : Écris une équation en utilisant les variables
nombres suivants (x+0,2x)(y+0,2y) e, et p pour exprimer que dans certaines
du plus petit au écoles, il y a cinq fois plus d’étudiants que de
plus grand: 0,3; professeurs. Utilise la lettre e pour représen-
0,03; 0,042; ter le nombre d’étudiants et la lettre p pour
0,135; 0,005 représenter le nombre de professeurs.
7) 1) Trouvez la valeur Juan a exactement le double de l’âge de Pierre.
-5+(-5)-10-(-5)= de x et y : Juan a aussi exactement 15 ans de plus que
再
2y = x
y + 15 = x + 1
l’âge que Pierre avait l’année dernière. Quel
est l’âge de chacun ?