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Le redressement judiciaire vise à poursuivre l'activité d'une entreprise en difficulté, en payant les créanciers et en maintenant l'emploi, par l'adoption d'un plan de redressement. Les conditions d'ouverture de cette procédure incluent la qualité du débiteur, qui peut être une personne physique ou morale, ainsi que la cessation des paiements. Le tribunal peut être saisi par le débiteur lui-même ou par d'autres parties, et la cessation des paiements doit être prouvée pour initier la procédure.
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Le redressement judiciaire vise à poursuivre l'activité d'une entreprise en difficulté, en payant les créanciers et en maintenant l'emploi, par l'adoption d'un plan de redressement. Les conditions d'ouverture de cette procédure incluent la qualité du débiteur, qui peut être une personne physique ou morale, ainsi que la cessation des paiements. Le tribunal peut être saisi par le débiteur lui-même ou par d'autres parties, et la cessation des paiements doit être prouvée pour initier la procédure.
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TITRE II : Le redressement judiciaire

Le tribunal avait le choix entre redressement et liquidation mais devait privilégier le


redressement. Les objectifs sont : poursuivre l’activité de l’entreprise, payer des créanciers et
assurer le maintien de l’emploi. Le moyen employé est l’adoption d’un plan de redressement.

Chapitre 1 : Conditions d’ouverture de la procédure de redressement

Pour pouvoir bénéficier d’une procédure collective il faut regarder le débiteur lui-même, il faut
s’attacher à la qualité du débiteur.

Section 1 : Les conditions tenant à la qualité de la personne du débiteur


Article 3 alinéa 2 de la Loi n° 2003-042 « Le redressement judiciaire et la liquidation des biens
sont applicables à toute personne physique ou morale commerçante, à toute personne morale de
droit privé non commerçante, à toute entreprise publique ayant la forme d'une personne morale
de droit privé qui cesse ses paiements. »

§ 1 – Les personnes physiques visées


Ce sont toutes les personnes physiques qui sont des entrepreneurs individuels c'est-à-dire une
personne qui exerce une activité économique en son nom et son compte.

A- Les cas de figures simples

1- L’entrepreneur individuel commerçant


Notre code de commerce donne une définition du commerçant. Dans son article 1-1 il dispose :
« Sont commerçants ceux qui accomplissent des actes de commerce à titre indépendant et dans
un but lucratif et en font leur profession habituelle. » (Définition issue de la loi n° 99-018 du 02
aout 1999). Encore faut-il les accomplir en leur nom et pour leur compte. Ainsi un dirigeant de
société ne peut être considéré comme commerçant.
Il sera commerçant même si il n’est pas inscrit son RCS. A défaut de RCS, le commerçant ne
pourra invoquer sa qualité de commerçant mais les tiers peuvent lui opposer sa qualité de
commerçant. Le commerçant de fait ne pourrait pas demander l’ouverture d’une procédure
collective mais un créancier pourrait lui assigner.

2- L’artisan
Toute personne immatriculée au répertoire des métiers. Le problème est que des personnes
inscrites au répertoire des métiers ne sont pas artisans.
Un artisan est normalement quelqu'un qui fait un travail manuel et le fait lui-même sans ou avec
peu de salariés.

3- L’entrepreneur individuel agriculteur


4- Les autres professionnels indépendants

B- Les cas de figures complexes


1- Entrepreneur individuel qui a cessé son activité
Ici, on a l’hypothèse d’un entrepreneur individuel qui est en cessation de paiement et qui cesse
son activité.
Est-il possible d’ouvrir un redressement judiciaire ou une liquidation judiciaire pour cet
entrepreneur ?
L’entrepreneur ayant cessé son activité n’est plus commerçant ; est ce quand même possible
d’ouvrir une procédure judiciaire ?

La loi française admet qu’en dépit de l’arrêt de l’activité un redressement judiciaire ou une
liquidation judiciaire peuvent être ouvertes dès lors que la cessation des paiements s’est produite
avant l’arrêt de l’activité.

a- La cessation simple d’activité


Le commerçant est immatriculé au RCS et il s’est fait radié de ce registre du fait de l’arrêt de
l’activité. Dans ce cas la procédure peut s’ouvrir mais il faut que le tribunal soit saisi dans la
délai d’un an.
La jurisprudence considère que l’ex commerçant ne peut pas demander lui-même l’ouverture de
la procédure, il faut que ce soit un créancier par exemple.
La cour de cassation a jugé que le délai d’un an était fixe.
Si le commerçant omet de se faire radier, dans ce cas, du fait qu’il est toujours immatriculé, une
présomption de commercialité, joue toujours en son encontre. Il est toujours présumé
commerçant et il peut donc toujours faire l’objet d’une liquidation judiciaire ou d’un
redressement judiciaire dont le délai est prévu par les articles 13-14-et 15 de la loi n° 2003-042
sur les procédures collectives d’apurement du passif.
Si ne s’est jamais fait immatriculé au RCS, il est commerçant de fait. Le délai d’un an ne peut
jamais courir donc on peut ouvrir une procédure judiciaire sans qu’il n’y ait le délai d’un an.

b- la cessation d’activité due au décès de l’entrepreneur


L’article 16 de la loi n° 2003-042 du03 septembre 2004 sur les PCAP dispose que lorsqu' un
commerçant est décédé en état de cessation des paiements, le tribunal de commerce est saisi dans
le délai d'un an à partir du décès, soit sur déclaration d'un héritier, soit sur l'assignation d'un
créancier. Notons également que le tribunal de commerce peut se saisir d’office dans le même
délai.

L’intérêt d’ouvrir une procédure collective à l’encontre d’un entrepreneur décédé

Le patrimoine est transmis aux héritiers et cela concerne le passif et l’actif. La cessation des
paiements veut dire que l’entrepreneur n’avait plus de liquidité pour payer toutes ses dettes mais
veut pas dire pour autant qu’il était insolvable. Donc, si l’héritier récupère l’actif et le passif de
l’entreprise, certes en cessations de paiements, les créanciers vont être contents mais les
créanciers du défunt eux vont se trouver avec les créanciers de l’héritier. Les créanciers du
défunt peuvent avoir intérêt à demander l’ouverture d’une procédure collective car celle-ci va
isoler les biens venants du défunt. C’est tout à leur avantage car ces biens vont être réservés aux
créanciers du défunt. Les créanciers de l’héritier ne pourront pas se recouvrir sur ces biens.
En revanche les biens de l’héritier dont il disposait avant la succession sont le gage de tous les
créanciers, donc réservés aussi pour les créanciers du défunt.
La procédure collective est donc intéressante pour les créanciers de la succession, c'est à dire du
défunt. Et ceux-ci ont la possibilité de demander l’ouverture d’une procédure collective.
Les biens du défunt sont les gage des seuls créanciers de la succession du défunt alors que les
biens qu’avait l’héritier avant le décès sont le gage de tous les créanciers aussi bien ceux de
l’héritier lui même que ceux du défunt.

Dans le cas inverse, l’héritier est en bonne situation et un héritage lui tombe dessus sans qu’il
sache ce qu’il y a dedans, le droit civil lui donne la possibilité de ne pas accepter purement et
simplement la succession. Il peut également accepter sous bénéfice d’inventaire.

L’acceptation sous bénéfice d’inventaire va procéder à une séparation et une fois cet inventaire,
l’héritier pourra prendre un parti définitif.
Si l’héritier sans invoquer le bénéfice de l’inventaire et qu’il se retrouve devant, en héritage, une
société en cessation de paiements, il pourra recourir à la possibilité de demander l’ouverture
d’une procédure collective qui suspendra les poursuites. Sinon il va se trouver seul face à tous les
créanciers, les siens et ceux du défunt.

2- L’entrepreneur est frappé d’une interdiction d’exercer sa profession

Par exemple, un entrepreneur était condamné et ne pouvait plus exercer. La violation de


l’interdiction n’a pas d’incidence sur la possibilité d’ouvrir une procédure collective à son
encontre.
La question est celle de savoir si celui qui a fraudé peut demander l’ouverture d’une procédure
collective. En principe, il ne peut se prévaloir des règles parce qu’il est en faute.

3- L’entrepreneur individuel est un incapable


La solution traditionnelle est que l’incapable ne peut pas être soumis à une procédure de
redressement ou de liquidation judiciaire. Cependant, chambre commerciale de la cour de
cassation semble avoir remis en cause cette solution dans deux arrêts du 8 décembre 1998.

4- L’entrepreneur individuel est marié

Ici, l’intérêt est de savoir quelles sont les répercutions de la procédure sur le conjoint du
commerçant individuel.
La femme dont le mari est entrepreneur:
Elle n’est pas soumise à la procédure collective car elle n’est pas entrepreneur. Mais quand leur
régime est celui de la communauté, chaque époux peut avoir des biens qui lui sont propres. Et,
pendant le mariage, ils peuvent acquérir des biens communs.
Principe : quand l’un des époux conclus des contrats ou commet des fautes, il engage ses biens
propres et les biens communs.
Si elle n’a pas eu d’activité indépendante, mais elle a pu conclure des contrats et être débitrice.
La règle est que dès qu’elle devient débitrice elle engage ses biens propres et ses biens communs.
Les créanciers de l’épouse peuvent s’attaquer aux biens propres mais ils ne peuvent se payer sur
les biens communs car la procédure collective bloque le patrimoine commun.
Les poursuites sont suspendues à l’encontre des biens communs. Donc l’épouse n’est pas
soumise à la procédure collective.
Si elle veut faire un emprunt, une partie du gage va être soumise à la procédure collective.
S’il y a eu besoin d’un emprunt pour des besoins de trésorerie, les 2 époux souscrivent, ils sont
coobligés. Ils sont tous deux débiteurs de leurs biens propres et communs.

L’homme entrepreneur
Il est soumis à la procédure collective.
Mais si leur régime est celui de la communauté, chaque époux peut avoir des biens qui lui sont
propres. Pendant le mariage, ils peuvent acquérir des biens communs.
Principe : quand l’un des époux conclus des contrats ou commet des fautes, il engage ses biens
propres et les biens communs
L’’entrepreneur étant soumis à la procédure collective ce sont tous ses biens propres et ses droits
communs qui sont impliqués dans la procédure collective. Les dettes qu’il a souscrits, les
créanciers vont déclarer leurs créances.
S’il a eu besoin d’un emprunt pour des besoins de trésorerie, les 2 époux souscrivent, ils sont
coobligés. Ils sont tous deux débiteurs de leurs biens propres et communs.

§ 2 – Les personnes morales visées

Le redressement judiciaire et la liquidation des biens sont applicables à toute personne physique
ou morale commerçante, à toute personne morale de droit privé non commerçante, à toute
entreprise publique ayant la forme d'une personne morale de droit privé qui cesse ses paiements.

A- Les personnes morales commerçantes

B- Les personnes morales de droit privé non commerçante

C- Les entreprises publiques ayant la forme d’une personne morale de droit privé
Section 2 : Les conditions tenant à la situation de la personne du débiteur

Le débiteur ne doit pas être en procédure de conciliation en cours.


En effet, si l’entrepreneur a fait le choix de la procédure de conciliation, celle ci va se dérouler
sans qu’on puisse l’attraire devant une procédure collective. Tant qu’on est en procédure de
conciliation on laisse sa chance au débiteur.

L’article 3 alinéa 2 de la loi n°2003-042 sur les PCAP dispose que le redressement judiciaire et
la liquidation des biens sont applicables à toute personne physique ou morale commerçante, à
toute personne morale de droit privé non commerçante, à toute entreprise publique ayant la
forme d'une personne morale de droit privé qui cesse ses paiements. Ainsi donc, on peut se
retrouver en procédure collective si on est en cessation des paiements.

La cessation des paiements est le fait pour le débiteur d’être dans l'impossibilité de faire face à
son passif exigible avec son actif disponible.
En ce qui concerne la preuve de la cessation des paiements, c’est celui qui demande l’ouverture
de la procédure collective qui doit prouver la cessation des paiements. Cependant, le tribunal
peut toujours ouvrir une enquête pour compléter les informations dont il dispose ou bien pour
renforcer sa position.

La cessation des paiements est un fait et donc la preuve est libre.

§ 1 – Le passif exigible
1- La nature des dettes qui composent le passif exigible
Toute dette peut être prise en compte, peu importe qu’il s’agisse d’une dette chirographaire ou
assortie d’un privilège, que ce soit une dette contractuelle ou extra contractuelle, que ce soit une
dette civile ou commerciale, que la dette soit professionnelle ou pas.

2- Le caractère des dettes


On retient qu’il faut que les dettes en questions soient certaines, liquides et exigibles.
- Certaines : l’idée est que si il y a une discutions sur la dette et que le débiteur ne paye
pas car il conteste la dette, on n’ouvrira pas de procédure collective contre lui. Il faut
vérifier que ce n’est pas un moyen dilatoire
- Liquides : Il faut que ce soit chiffré ou au moins évaluable en argent.
- Exigibles : Il faut que le terme soit échu. Il ne faut pas que le débiteur ait obtenu des
délais de paiements. Un débiteur n’est pas en retard du seul fait de l’échéance du terme. Il
faut que le débiteur ait été mis en demeure.
Si le terme est arrivé mais que le créancier n’a rien réclamé, la question s’est posée de savoir si
ce n’est pas le créancier qui lui donne un délai supplémentaire.
Suffit-il que le terme soit échu ou faut il que le terme soit échu et que le créancier ait réclamé son
due en particulier par une mise en demeure.
La jurisprudence a attisée cette difficulté en se posant la question de savoir si on n’était pas est
en présence du passif exigible ou du passif exigible et exigé.
La Cour de cassation a indiqué qu’on doit toujours tenir compte du passif exigible et pas
forcement du passif exigé.
On tient compte de tout le passif exigible même si ce n’est pas exigé et c’est à celui qui prétend
qu’il n’y a pas cessation des paiements de prouver que l’absence de réclamation d’un créancier
constitue l’octroi d’un crédit supplémentaire.
Le principe reste bien que pour déterminer si une entreprise est en cessation de paiement il faut
prendre en compte les dettes exigibles.

§ 2 – L’actif disponible
C’est l’actif qui est disponible à très court terme. C’est ce qu’on a en caisse. C’est le solde
créditeur des comptes et ce sont les biens, les titres qui sont susceptibles d’une conversion
immédiate en argent.
Mais il faut aussi tenir compte pour mesurer l’actif de l’entreprise, des crédits dont cette
entreprise dispose et si une entreprise a une réserve de crédit auprès d’un établissement bancaire
la jurisprudence admet qu’il y a là des possibilités pour payer l’actif exigible.

§ 3 – L’impossibilité de faire face


La jurisprudence fait preuve de réalisme et elle distingue bien l’impossibilité de faire face et la
gêne momentanée. Cette impossibilité de faire face est une impossibilité actuelle de payer le
passif exigible, c'est à dire que le débiteur est considéré comme étant en cessation des paiements
même s’il prouve qu’il a des immeubles de grande valeur qui vont lui permettre de payer ses
dettes.
Etre en cessation des paiements et être insolvable ce sont deux choses différentes. Ainsi, il se
peut que l’on ne soit pas insolvable et être en cessation des paiements.

Nous pouvons également apporter des critiques sur la notion de « situation irrémédiablement
compromise ». En effet, on peut être en cessation des paiements sans être insolvable et sans être
en situation irrémédiablement compromise.
Il se peut que sur le plan comptable et en matière de bilans il n’y a rien mais, que l’entreprise ait
des compétences et travaille dans un contexte économique porteur de telle sorte qu’il existe un
véritable potentiel de développement et donc que la situation n’est pas irrémédiablement
compromise.
Chapitre 2 : Le jugement d’ouverture de la procédure de redressement

Section 1 : La saisine du tribunal

§ 1 – Les auteurs de la saisine

Il y a pluralité de personnes aptes à saisir le tribunal.

a- Le débiteur
Selon l’article 11 de la loi n° 2003-042, le premier, parmi les auteurs possibles de la saisine, c’est
le débiteur. C’est obligatoire pour lui, il doit saisir le tribunal et doit faire une déclaration de
cessation des paiements.
La déclaration doit être accompagnée de documents :
1. un extrait d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés ;
2. les états financiers de synthèse comprenant notamment, le bilan, le compte de résultat, un
tableau financier des ressources et des emplois ;
3. un état de la trésorerie ;
4. l'état chiffré des créances et des dettes avec indication du nom et du domicile des créanciers et
des débiteurs ;
5. l'état détaillé, actif et passif, des sûretés personnelles et réelles données ou reçues par
l'entreprise ou ses dirigeants ;
6. l'inventaire des biens du débiteur avec indication des biens mobiliers soumis à revendication
par leurs propriétaires et de ceux affectés d'une clause de réserve de propriété ;
7. le nombre des travailleurs et le montant des salaires et des charges salariales impayés ;
8. le montant du chiffre d'affaires et des bénéfices imposés des trois dernières années ;
9. le nom et l'adresse des représentants du personnel ;
10. s'il s'agit d'une personne morale, la liste des membres solidairement responsables des dettes
de celle-ci avec indication de leurs noms et domiciles ainsi que les noms et adresses de ses
dirigeants.
Les documents doivent être certifiés sincères et valables par le débiteur. Si le débiteur essaye de
mentir, la fausse déclaration peut être réprimée pénalement.

Modalités de la saisine :
Le débiteur doit consulter le comité d’entreprise à défaut le délégué du personnel. La violation de
cette obligation constitue un délit : le délit d’entrave.
La question se pose de savoir, qui a la qualité pour déclarer la cessation des paiements. C’est le
tribunal, mais c’est le représentant légal de la personne morale qui a compétence pour saisir le
tribunal. En revanche un associé n’a pas qualité pour le faire. Si la personne qui a normalement
qualité ne peut le faire elle peut se faire représenter mais il faut un pouvoir spécial, même si le
représentant désigné est un avocat.
b- Les créanciers
Les créanciers peuvent assigner le débiteur devant le Tribunal du commerce. La loi indique que
la procédure peut être ouverte sur assignation d’un créancier quelque soit la nature de sa créance.
Peu importe que ce soit une créance professionnelle ou privée. La créance doit être certaine
liquide et exigible.
Si le créancier exerce une action d’assignation en justice et que le tribunal dit qu’il a agit à tort,
l’initiative du créancier pourra être considérée comme une faute (responsabilité civile du
créancier)

c- Le Tribunal du commerce (article 15 Loi n° 2003-042)

Le procureur de la République est le gardien de l’ordre public. L’entreprise qui ne fait pas face à
ses engagements peut provoquer un trouble à l’ordre public. Les demandes d’ouvertures sont
extrêmement rares.
Le tribunal peut se saisir d’office quand il estime que le débiteur est en cessation des paiements.
C’est fréquent en cas de procédure de conciliation qui échoue et quand l’entreprise est en
cessation des paiements (obligatoire pour le tribunal).
Pour que le tribunal puisse se saisir d’office il faut qu’il ait des informations. Des informations
sont centralisées au greffe et le juge y a accès. Il y a d’autres moyens comme l’alerte du
commissaire au compte ou du comité d’entreprise. Pour les informations au greffe la difficulté
est de traiter les informations avec des moyens dont les tribunaux sont dépourvus.
La saisine d’office a une utilité pratique réelle. Lorsqu’il y a une assignation qui est irrégulière,
le tribunal est obligé de déclarer l’irrégularité.
Lorsque le tribunal est saisi d’une demande en paiement, au vu du dossier il peut apparaître que
l’entreprise est en cessation de paiement donc le tribunal peut se saisir d’office.
Cette possibilité de saisine d’office est ouverte au niveau du TPI. Lorsqu’un jugement est annulé
par la cour d’appel, elle peut elle-même ouvrir la procédure. On peut imaginer aussi le cas où le
tribunal a ouvert une procédure collective alors que pas de cessation de paiement on fait recours
devant la cour d’appel mais entre temps la situation s’est dégradée, la procédure a été ouverte à
tort par le TPI mais si la cessation de paiement est intervenue entre temps, la cour d’appel peut
ouvrir la procédure.

d- Les salariés
Les salariés ne peuvent saisir le tribunal pour ouvrir la procédure de redressement judiciaire, tout
comme le comité d’entreprise ou le délégué du personnel. Cependant, un salarié peut avoir le
statut de créancier. Dans ce cas, il pourra agir en tant que créancier.
§ 2 – La juridiction saisie

A- La compétence d’attribution ou compétence matérielle


L’article 4 de loi n° 2003-042 sue les PCAP dispose que le tribunal de commerce est le seul
compétent pour le règlement préventif, le redressement judiciaire et la liquidation des biens.

B- La compétence territoriale
Le tribunal territorialement compétent est celui dans le ressort duquel le débiteur a le siège de
son entreprise ou à défaut de siège, le centre principal de ses intérêts.
Le siège c’est là où les décisions sont prises lorsqu’il s’agit d’une personne physique.
Lorsqu’il s’agit d’une personne morale on se réfère au siège statutaire.

§ 3 – Délais de saisie

Ils sont très importants car sanctionnés en cas de non respect (demande irrecevable, le débiteur a
des risques de voir sa responsabilité civile et pénale engagée).

 Le débiteur qui doit agir, doit nécessairement saisir le tribunal dans les 30 jours de la
cessation des paiements.
 Les héritiers du débiteur décédé peuvent demander l’ouverture de la procédure de
redressement. Ils sont soumis à délai de un an à partir du décès.
 Les créanciers peuvent en principe toujours agir. Il y a des exceptions : quand le débiteur
est décédé, les créanciers ont un an à compter du décès ; en cas de cessation d’activité, les
créanciers peuvent agir dans le délai d’un an à compter de la cessation d’activité (un
commerçant cesse son activité au moment de la radiation du registre du commerce et des
sociétés).
 Le tribunal du commerce peut se saisir d’office à tout moment. En cas d’échec de la
conciliation, il est obligé d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire ou une
procédure de liquidation judiciaire.

Section 2 : Le jugement d’ouverture

§ 1 – Préparation du jugement
L'ouverture d'une procédure collective de redressement judiciaire ou de liquidation des biens ne
peut résulter que d'un jugement du tribunal de commerce (article 18 loi 2003-042).
Le tribunal doit statuer de manière éclairée (pas de dialogue entre le débiteur et le tribunal). Le
débiteur devra être convoqué et entendu. Il faut faire de même pour les représentants du
personnel de l’entreprise. Il faut nécessairement entendre le conciliateur s’il y a eu procédure de
conciliation. Le tribunal peut convoquer toute personne dont l’audition lui paraît utile.
Le tribunal peut décider d’une enquête préalable menée par un juge du Tribunal de commerce,
appelé juge commis ou juge enquêteur. Le président du tribunal de commerce désigne à cet effet
un juge du siège ou toute personne qu'il estime qualifiée, à charge de dresser et lui remettre un
rapport dans un délai qu'il détermine, pour recueillir tous renseignements sur la situation et les
agissements du débiteur et la proposition de concordat faite par lui. Cette enquête peut porter sur
n’importe quel aspect de l’entreprise (nombre exact de salariés qui travaillent pour le compte de
l’entreprise, production…).
Le tribunal de commerce statue à la première audience utile et, s'il y a lieu, sur le rapport produit
par le juge enquêteur. Il ne peut rendre son jugement avant l'expiration d'un délai de trente jours
à compter de sa saisine, quel que soit le mode de saisine.

Le tribunal statue sur l'ouverture de la procédure, après avoir entendu ou dûment appelé en
chambre du conseil le débiteur et les représentants du comité d'entreprise ou, à défaut, les
délégués du personnel ou trois représentants élus par le personnel.

§ 2 – Contenu du jugement
La procédure collective ne peut être ouverte que si la cessation des paiements existe lorsque le
tribunal statue. Le tribunal doit fixer un jour précis de la cessation de paiement s’il ne le fait pas
la cessation de paiement est censée être née au jour du jugement (article 21 de la loi n° 2003-042
sur les PCAP).

A – Le choix entre redressement et liquidation immédiate

Le tribunal de commerce qui constate la cessation des paiements doit prononcer le redressement
judiciaire ou la liquidation des biens. Il prononce le redressement judiciaire s'il lui apparaît que le
débiteur a proposé un concordat sérieux. Dans le cas contraire, il prononce la liquidation des
biens.
En général le tribunal, quand il constate la cessation des paiements, prononce le redressement
judiciaire. Il faut toujours donner une chance à l’entreprise. Le choix est dicté par les faits de
l’espèce. Mais si l’offre du débiteur n’est vraiment pas sérieuse, dans de cas il prononce
directement liquider l’entreprise. Pour ce faire, le tribunal doit constater une situation
irrémédiablement compromise ou constater que le redressement est manifestement impossible.
En cas de doute, il faut ouvrir le redressement.
Noter que le jugement du tribunal de commerce est susceptible d'appel et la juridiction d'appel
qui annule ou infirme la décision de première instance peut prononcer, d'office, le redressement
judiciaire ou la liquidation des biens.
Le jugement d'ouverture:
-constate la cessation des paiements et fixe provisoirement sa date;
-prononce le redressement judiciaire ou la liquidation des biens;
-nomme un juge-commissaire parmi les juges de la juridiction, en principe différent du président;
-nomme le ou les syndics;
-décide, s'il y a lieu, l'apposition des scellés sur les biens du débiteur;
-indique que la décision doit être publiée conformément aux dispositions de la loi. Le jugement
d'ouverture, couramment qualifié de jugement déclaratif mais qui est en réalité
constitutif, fait l'objet de publicités au RCS et dans un journal d'annonces légales conformément
aux dispositions de l’article 24 de la loi n° 2003-042 sur les PCAP.

Quant aux voies de recours, elles sont réglementées de manière à ne pas ralentir outre mesure la
procédure. L'art. 248 fournit de nombreux cas dans lesquels l'appel et l'opposition sont exclus de
manière logique parce que les questions tranchées relèvent de l'appréciation souveraine du
tribunal ou du juge-commissaire. Permettre de les discuter freinerait inutilement l'avancement de
la procédure. Ainsi, l'appel et l'opposition, quand ils ne sont pas exclus, doivent être formés dans
les 15 jours. Toutefois, pour les décisions soumises aux formalités d'affichage et d'insertion dans
les journaux d'annonces légales, ce délai ne court que du jour où la formalité requise en dernier
lieu a été effectuée. La cour d'appel ou la juridiction de recours doit se prononcer rapidement. En
effet, il est statué sur l'opposition dans le mois. Selon l'article 249, les décisions rendues en
matière de redressement judiciaire ou de liquidation des biens, sont exécutoires par provision,
nonobstant opposition ou appel, à l'exception de la décision homologuant le concordat, ainsi que
des décisions prononçant la faillite personnel. Le jugement d'ouverture met en place des organes
chargés de conduire la procédure à bonne fin.

Toute décision d'ouverture de procédure collective est mentionnée, sans délai, au registre
du commerce et des sociétés par le greffier.
La décision est, en outre, insérée par extrait, avec les mêmes indications, dans un journal habilité
à recevoir des annonces légales au lieu du siège du tribunal de commerce. Une deuxième
insertion doit être faite, dans les mêmes conditions, quinze jours plus tard.
Les deux extraits doivent contenir avertissement fait aux créanciers de produire leurs créances
auprès du syndic.
La même publicité doit être faite au lieu où le débiteur ou la personne morale a des
établissements principaux.
Les insertions ci-dessus sont faites par le syndic

B- La constatation de la cessation de paiement


Les règles de constatation et de fixation de la date de cessation de paiement
La procédure collective ne peut être ouverte que si la cessation de paiement existe lorsque le
tribunal statue.
Le tribunal doit fixer un jour précis de la cessation de paiement s’il ne le fait pas, la cessation de
paiement est censée être née au jour du jugement(article 21 de la loi n° 2003-042 sur les PCAP).
La date de cessation des paiements ne peut être antérieure de plus de dix-huit mois au prononcé
de la décision d'ouverture.
Le tribunal de commerce peut modifier la date de cessation des paiements par un jugement
postérieur à la décision d'ouverture.
Aucune demande tendant à faire fixer la date de cessation des paiements à une autre date que
celle fixée par le jugement d'ouverture ou un jugement postérieur, n'est recevable après
l'expiration du délai d'opposition prévu à l'article 90 c'est-à-dire n délai de quinze jours à dater de
l'insertion dans un journal d'annonces légales de l'ouverture de la procédure de redressement ou
dans les quinze jours de la réception de l'avis adressé par le greffier aux créanciers et
revendiquant dont la créance ou la revendication est rejetée totalement ou partiellement ou la
sûreté refusée, un avis les informant de ce rejet ou de ce refus. Ce délai expiré, la date de
cessation des paiements demeure irrévocablement fixée.
Enjeux de la fixation de la date c'est que le débiteur en cessation de paiement doit la déclarer et
faire un choix entre les procédures possibles dans les 30 jours qui suivent la cessation de
paiement sinon risque de sanction.

C – Les organes de la procédure du redressement judiciaire et de la liquidation des biens

1. Le juge commissaire

S'agissant du juge-commissaire, il est nommé par le jugement d'ouverture, en principe


parmi les juges de la juridiction autres que le président. La juridiction compétente peut à tout
moment procéder à son remplacement. Son rôle est essentiel dans le déroulement des opérations
et dans l'avancement de la procédure. Placé sous l'autorité de la juridiction, il veille au
déroulement rapide de la procédure et à la préservation des intérêts en présence.
Pour bien remplir sa mission, il a droit à une information large auprès des banques, de divers
organismes et administrations (le débiteur ou les dirigeants de la personne morale, leurs
préposés, les créanciers ou toute autre personne, y compris le conjoint ou les héritiers connus du
débiteur décédé en état de cessation des paiements ) nonobstant toute disposition législative ou
réglementaire contraire, y compris celles prévoyant le secret professionnel. Le syndic doit, dans
le mois de son entrée en fonction, lui faire rapport de la situation du débiteur. Par la suite, le
juge-commissaire est tenu informé par le syndic du déroulement des opérations selon une
périodicité qu'il fixe lui-même (art 32 al4).
Les attributions du juge-commissaire sont nombreuses. Le juge-commissaire joue, au
moins théoriquement, un rôle important et des plus actifs. On peut dire du juge-commissaire qu'il
est le chef d'orchestre de la procédure.
D'une manière générale, il contrôle ou surveille l'action du syndic, il autorise les
opérations ou prend les décisions qui excèdent la compétence du syndic sans requérir
l'intervention du tribunal (nomination des contrôleurs, choix du mode et fixation des conditions
de vente des immeubles, cession globale des biens, admission des créances ... ).
Il bénéficie de nombreux chefs de compétence en matière contentieuse et gracieuse,
généralement à charge d'opposition devant la juridiction compétente. Il en est ainsi pour les
réclamations concernant les opérations du syndic et de toute difficu1té survenant dans le
déroulement de la procédure, du moment que la loi n'a pas attribué compétence à un autre
organe. Dans ce cadre, le juge-commissaire prend des ordonnances généralement susceptibles
d'opposition dans les 8 jours. Les décisions par lesquelles la juridiction compétente statue sur les
recours formés contre les décisions rendues par le juge-commissaire dans les limites de ses
attributions ne sont susceptibles ni d'opposition ni d'appel, à l'exception de celles statuant sur les
revendications et sur les décisions prévues aux articles 190 et 192.

2. Le syndic
Le syndic joue un rôle de premier plan dans le déroulement et dans le dénouement des
procédures collectives, surtout avec la réduction du rôle des créanciers et le peu d'intérêt qu'y
attachent les organes judiciaires une fois la procédure ouverte. Son statut, sa fonction et sa
responsabilité appellent quelques précisions.

a. Le statut
Le jugement d'ouverture désigne un à trois syndics que la juridiction compétente peut révoquer
ou remplacer sur proposition du juge-commissaire. Généralement, les syndics sont choisis sur
une liste de spécialistes arrêtée par la Cour d'appel. Il est interdit de désigner des parents ou des
ème
alliés du débiteur jusqu'au 4 degré inclusivement. Lorsque la procédure fait suite à un
règlement préventif, il est interdit de désigner l'expert comme syndic, sans doute pour traduire la
rupture entre les deux procédures.
Le syndic est un mandataire de justice rémunéré pour son travail. Mais en règle générale, la
fixation de sa rémunération ne fait pas l'objet d'une réglementation claire contrairement à des
Etats comme la France dont pourtant la législation est souvent pour nous une source
d'inspiration.

b. La fonction du syndic
La fonction du syndic consiste à assister le débiteur dans le redressement judiciaire et à le
représenter dans la liquidation des biens ( articles 42 et 43). Le syndic représente également la
masse des créanciers et agit en tant que mandataire de justice (art.32), si bien qu'il peut y avoir
un conflit de fonctions.
Dans les deux procédures, il initie ou prend, avec ou sans le débiteur, toutes les décisions
relatives à l'administration et aux solutions de la procédure, à charge, pour les décisions
importantes, d'obtenir l'autorisation du juge-commissaire ou du tribunal. En cas de redressement
judiciaire, le syndic conduit la procédure de vérification des créances et prépare le vote du
concordat en essayant de rapprocher les positions du débiteur et des créanciers. En cas d'adoption
du concordat, le syndic peut être maintenu en fonction pour en surveiller l'exécution. Il peut
accomplir seul les actes conservatoires. En cas de mauvaise volonté du débiteur ou des
dirigeants, il peut être autorisé à accomplir seul certains actes. Dans la liquidation des biens,
outre la vérification des créances, il accomplit les opérations liquidatives: recouvrement des
créances du débiteur, vente des biens meubles ou immeubles, celle de immeuble requérant le
respect d'une procédure lente et lourde, séparément ou en bloc, paiement des créanciers selon
leur rang... mais il a souvent besoin de l'autorisation du juge-commissaire.
Quelle que soit la procédure, il revient au syndic d'engager les actions en justice: en
recouvrement des créances du débiteur, en responsabilité civile, en comblement du passif, en vue
de l'extension de la procédure aux dirigeants sociaux ...

c. La responsabilité du syndic
La responsabilité du syndic est civile ou pénale selon le cas.
Le syndic engage sa responsabilité civile vis-à-vis du débiteur, de la masse des créanciers, d'un
créancier pris individuellement pour un préjudice qui lui est propre ou d'un tiers. Les possibilités
de responsabilité sont nombreuses. A titre d'exemple, l'on note que:
-le syndic est tenu de vérifier si les mentions et publicités ont été accomplies et d'inscrire la
décision d'ouverture conformément aux dispositions organisant la publicité foncière ;
-il doit rendre compte de sa gestion au juge-commissaire;
-il doit vendre les biens du débiteur sujets à dépérissement ou à dépréciation rapide, recouvrer les
créances du débiteur et verser les sommes recueillies sur un compte bancaire;
-il répond de l'accomplissement régulier de l'ensemble des opérations que la loi lui confie. Sur le
plan pénal, l'infraction qui vise principalement le syndic est prévue à l'article 272 de la loi sur les
PCAP.
Cette disposition punit des peines prévues par le droit pénal en vigueur ( art 403 al.2 code pénal)
pour les infractions commises par une personne faisant appel au public au préjudice d'un loueur,
dépositaire, mandataire, constituant de nantissement, prêteur à usage ou maître d'ouvrage, tout
syndic d'une procédure collective, qui:
-exerce une activité personnelle sous le couvert de l'entreprise du débiteur masquant ses
agissements;
-dispose du crédit ou des biens du débiteur comme des siens propres;
-dissipe les biens du débiteur ;
-poursuit abusivement de mauvaise foi, dans son intérêt personnel, soit directement, soit
indirectement, une exploitation déficitaire de l'entreprise du débiteur;
-en violation des dispositions de l'article 41 , se rend acquéreur pour son compte, directement ou
indirectement, des biens du débiteur.
A ces incriminations variées s'appliquent les sanctions de l'abus de confiance. (voir art 406 code
pénal). En effet, il faut rappeler r que la procédure est organisée dans l'intérêt de l'entreprise et
des créanciers et non dans celui des auxiliaires de justice.
La mise en jeu de la responsabilité du syndic, qu'elle soit civile ou pénale, est très rare
actuellement, voire inexistante. Elle devrait intervenir plus souvent si l'on veut moraliser et
rendre plus efficace le rôle joué par cet organe si capital au succès des procédures collectives. Et
ce ne sont pas les occasions de mise en œuvre qui ont manqué, loin s'en faut.
Il faut signaler qu'en droit français, il existe une diversification des professions d'auxiliaires de
justice intervenant dans les procédures collectives : les administrateurs judiciaires, les
mandataires-liquidateurs et les experts en diagnostic d'entreprise.

3. Le ministère public
Le ministère public prend une importance croissante dans les procédures collectives du
fait qu'elles revêtent un caractère d'ordre public et concernent l'intérêt général. Notre texte sur le
PCAP n'a pas prévu beaucoup de responsabilités au ministère public. A titre principal, il prévoit
seulement un droit de communication réciproque entre le ministère public et le juge
commissaire. D'ailleurs, le défaut de communication d'un document au ministère public ne peut
être invoqué que par le représentant du ministère public. Il n'a pas reçu compétence pour saisir la
juridiction aux fins d'ouverture d'une procédure collective. Il doit simplement communiquer à
celle-ci les informations dont il dispose afin qu'elle puisse se saisir d'office.
Bien que doté de peu de prérogatives, le ministère public peut contribuer, directement ou
surtout indirectement, à accélérer la procédure, à la rendre efficace et à assurer sa moralité.

4. Les contrôleurs
Classiquement, la première finalité des procédures collectives était le paiement des
créanciers. La procédure était organisée pour y donner satisfaction. En conséquence, les
créanciers jouaient un rôle important dans ces procédures. L'évolution a conduit à faire une place
de premier plan au redressement de l'entreprise et aux auxiliaires de justice que sont les syndics
ainsi qu'au juge commissaire.
A l 'heure actuelle, le rôle direct des créanciers se manifeste à travers l'assemblée des
créanciers et l'institution facultative des contrôleurs. Il ne reste plus qu'une assemblée des
créanciers chargée de voter le concordat en cas de redressement judiciaire. Même cette unique
assemblée n'est pas de rigueur si le concordat ne contient pas de demande de remise de dettes
mais seulement des demandes de délais de paiement n'excédant pas deux ans. Mais ce rôle réduit
des créanciers pourrait être considéré comme exorbitant en ce qu'il confère aux créanciers un
droit de vie ou de mort sur l'entreprise, qui pourrait ne pas être exercé à bon escient et aboutir à
sa suppression.
Quant aux contrôleurs, la désignation effective par le juge-commissaire dans une
procédure donnée est facultative, sauf lorsqu'elle est demandée par la majorité des créanciers. A
toute époque, le juge commissaire peut nommer un ou plusieurs contrôleurs choisis parmi les
créanciers, sans que leur nombre puisse excéder trois. Toutefois, la nomination de contrôleurs
est obligatoire à la demande des créanciers représentant au moins la moitié du total des
créances même non vérifiées. Dans ce cas, le juge commissaire désigne trois contrôleurs choisis
respectivement parmi les créanciers munis de sûretés réelles spéciales mobilières ou
immobilières, les représentants du personnel et les créanciers chirographaires.
Aucun parent ou allié du débiteur ou des dirigeants de la personne morale, jusqu'au quatrième
degré inclusivement, ne peut être nommé contrôleur ou représentant d'une personne morale
désignée comme contrôleur sauf dans le cas où cette disposition empêche la désignation d’un
représentant des salariés.
Les contrôleurs peuvent être révoqués par le tribunal de commerce sur proposition du juge
commissaire. Après révocation, le juge commissaire nomme leurs remplaçants.
Ils ont une mission quelque peu vague de surveillance et de contrôle. Ils sont consultés sur les
questions importantes (comme la vérification des créances) et peuvent formuler des suggestions
pour le bon déroulement de la procédure. Les contrôleurs assistent le juge commissaire dans sa
mission de surveillance du déroulement de la procédure collective et veillent aux intérêts des
créanciers. Ils ont toujours le droit de vérifier la comptabilité et l'état de situation présenté par le
débiteur, de demander compte de l'état de la procédure, des actes accomplis par le syndic ainsi
que des recettes faites et des versements effectués. Ils sont obligatoirement consultés pour la
continuation de l'activité de l'entreprise au cours de la procédure de vérification des créances et à
l'occasion de la réalisation des biens du débiteur. Ils n'engagent leur responsabilité qu'en cas de
faute lourde. Les contrôleurs peuvent être chargés en cas de vote du concordat du contrôle de
l'exécution de celui-ci.
Chapitre 3 : Les effets de la procédure collective

La procédure collective produit des effets sur le débiteur et sur les créanciers et doit aboutir à une
solution qui peut préserver l'entreprise ou entraîner sa disparition ainsi qu'au prononcé de
sanctions pesant principalement sur le débiteur ou les dirigeants de personnes morales.

Section 1 : Les effets de la procédure collective sur le débiteur et sur les créanciers

Le jugement qui prononce le redressement judiciaire ou la liquidation des biens produit ses effets
à compter de sa date, y compris à l'égard des tiers et avant qu'il n'ait été procédé à sa publicité
(art. 42). Tout comme en France, il faut décider que le jugement prend effet dès la première
heure du jour où il est rendu. C'est d'ailleurs dans ce sens que se prononçait la Cour de cassation
française avant 1960. C'est la fameuse règle dite du «zéro heure ». Dans le droit commun des
procédures collectives, elle présente l'avantage de supprimer toutes les difficultés ayant trait à la
détermination du moment précis du prononcé de la décision d'ouverture, favorisant ainsi le
sauvetage de l'entreprise et l'égalité de traitement entre les créanciers.

La procédure collective produit ses effets concomitamment sur le débiteur et sur les
créanciers. Malheureusement, on ne peut pas les aborder en même temps mais plutôt
successivement.

Sous section 1 : les effets de la procédure collective sur le débiteur

La procédure collective, dès son prononcé, produit d'importantes conséquences sur le


débiteur, même si l'incarcération, mesure de sûreté, n'est plus prévue. Les conséquences du
jugement d'ouverture touchent particulièrement son patrimoine -c'est l'élément qui intéresse
ses créanciers. Ainsi sont prévues par la loi n°2003-042, d'une part, des mesures conservatoires
et des mesures tendant à connaître l'actif, d'autre part, des mesures tendant à l'administration
des biens du débiteur à travers le dessaisissement.

§ 1- Les mesures conservatoires et les mesures tendant a connaitre l'actif du débiteur

Il y a lieu de distinguer et d'aborder tour à tour les mesures conservatoires et les mesures tendant
à connaître l'actif du débiteur. Ces mesures visent particulièrement la liquidation des biens.
A- Les mesures conservatoires

Elles se traduisent, d'une part dans l'apposition des scellés, d'autre part dans les actes
conservatoires que le syndic ou le débiteur va accomplir.
S'agissant de l'apposition des scellés, rarement usitée en pratique, c'est une mesure qui
peut être prescrite par le jugement d'ouverture. Elle porte sur les caisses, coffres, portefeuille,
livres, papiers, meubles, effets, magasins et comptoirs du débiteur. S'il s'agit d'une personne
morale comportant des membres indéfiniment responsables des dettes de la personne morale,
l'apposition des scellés va automatiquement embrasser les biens de chacun d'eux (art.51 al.1). La
loi 2003-042 comporte une innovation consistant dans la possibilité de prescrire l'apposition des
scellés sur les biens des dirigeants des personnes morales. Cette mesure contribue à une plus
grande efficacité des sanctions patrimoniales qui pourraient être prononcées contre les dirigeants
de ces personnes morales (art. 51 al.2).
Sur proposition du syndic, le juge-commissaire peut le dispenser de faire placer sous
scellés ou autoriser le syndic à en extraire:
-les objets mobiliers et effets indispensables au débiteur et à sa famille sur l'état qui lui est
soumis;
-les objets soumis à dépérissement prochain ou à dépréciation imminente;
-les objets nécessaires à l'activité professionnelle du débiteur ou à son entreprise quand la
continuation de l'exploitation est autorisée. Ces objets sont, de suite, inventoriés avec prisée par
le syndic en présence du juge commissaire qui signe le procès-verbal (art.52). La mise sous
scellés des biens du débiteur a un caractère provisoire puisqu'elle prend fin dès que commence
l'inventaire.
Les actes conservatoires sont ceux qui tendent à préserver les droits du débiteur et, d'une
manière générale, à conserver la consistance du patrimoine du débiteur. Par exemple, sont
considérés comme des actes conservatoires :
-l'inscription d'hypothèques sur les immeubles des débiteurs du débiteur, et, d'une
manière générale, l'inscription ou le renouvellement des sûretés;
-l'exercice de l'action oblique;
-la vente des biens sujets à dépérissement ou à dépréciation rapide.
A cette fin, le syndic reçoit dès le jugement d'ouverture de liquidation des biens le
pouvoir d'accomplir ou d'exercer les actes, droits et actions du débiteur concernant son
patrimoine, y compris, bien entendu, les actes conservatoires. En ce qui les concerne, en raison
de leur nature particulière, même le débiteur supplanté peut les accomplir.
En cas de redressement judiciaire, non seulement le débiteur peut accomplir seul les actes
conservatoires et même les actes de gestion courante entrant dans l'activité habituelle de
l'entreprise mais également le syndic peut, sur autorisation du juge-commissaire, faire seul un
acte nécessaire à la sauvegarde du patrimoine de l'entreprise si le débiteur ou les dirigeants de la
personne morale refusent de le faire. Si le syndic refuse son assistance au débiteur ou aux
dirigeants, ceux-ci peuvent l'y contraindre par décision du juge-commissaire (art.43).
Pour accomplir ces actes, notamment pour l'inscription d'hypothèques, le syndic joint à sa
requête un certificat constatant sa nomination.

B- Les mesures tendant à connaître l'actif: l'inventaire

Il s'agit de l'inventaire qui doit commencer dans les trois jours qui suivent l'apposition des
scellés. Le syndic doit, en effet, dans ce délai requérir leur levée (art. 54). L'inventaire a lieu en
présence du débiteur ou tout au moins celui-ci dûment appelé par lettre recommandée ou par tout
moyen laissant trace écrite. En cas de décès du débiteur, ses héritiers sont appelés au lieu et place
de celui-ci. Le représentant du ministère public peut assister à l'inventaire. Le syndic peut se faire
aider par toute personne qu'il juge utile pour la rédaction de l'inventaire, comme pour l'estimation
des biens.
L'inventaire doit être aussi complet et aussi exact que possible. Il est établi à partir des livres,
pièces ou documents comptables déposés par le débiteur avant le jugement d'ouverture. En effet,
l'article 12 prescrit que de nombreux documents, qui peuvent être utiles pour l'inventaire, soient
joints à la déclaration de cessation des paiements prévue à l'article 11. A défaut, l'inventaire est
diligenté à partir des livres que le syndic trouvera sur place dans l'entreprise. Il est fait
recollement des objets mobiliers échappant à l'apposition des scellés ou extraits des scellés après
inventaire et prisée.
L'inventaire est établi en double exemplaire: l'un est immédiatement déposé au greffe de
la juridiction compétente, l'autre reste entre les mains du syndic (art.55 al.4).
En cas de liquidation des biens et en raison de la finalité de celle-ci, une fois l'inventaire
terminé, les marchandises, les espèces, les valeurs, les effets de commerce et les titres de
créance, les livres et papiers, meubles et effets du débiteur sont remis au syndic qui en prend
charge au bas de l'inventaire afin de commencer les opérations liquidatives.
Au total, l'inventaire est une opération importante. Il conditionne la suite de la procédure,
notamment 1'apurement du passif. Mais le syndic dispose de peu de prérogatives pour découvrir
les biens que le débiteur ne serait pas disposé à laisser appréhender par des tiers, si bien que
l'inventaire se révèle assez souvent décevant. L'efficacité de l'inventaire supposerait une très
bonne moralité de la part du débiteur. En effet, sauf s'il fait preuve de beaucoup de naïveté et
d'abnégation, le débiteur ne sera guère disposé à révéler la consistance de ses biens ou de sa
fortune au syndic. Il paraît indiqué, en vue de favoriser l'atteinte des objectifs des procédures
collectives, de rechercher un système qui contraindrait le débiteur à déclarer l'ensemble de ses
biens.

§ 2 : Les mesures tendant a l'administration des biens du débiteur: le dessaisissement

On distingue classiquement le dessaisissement dans la faillite et l'assistance dans la


liquidation judiciaire. C'est ce que fait la loi n° 2003-042 respectivement pour la liquidation
des biens et le redressement judiciaire. La doctrine moderne invite à assimiler les deux
situations et à faire état dans les deux cas de dessaisissement. En effet, dans la liquidation
judiciaire ou dans la faillite, tout comme dans le redressement judiciaire ou dans la liquidation
des biens, l'activité du débiteur, touchant particulièrement son patrimoine, ne peut plus ignorer
la situation nouvelle. Dans un cas, il ne peut plus agir: il est représenté par le syndic; dans
l'autre, il doit se faire assister par le syndic, c'est-à-dire obtenir son accord et sa participation à
l'acte. Il y a donc seulement une différence de degré à l'intérieur d'une même situation qui est le
dessaisissement. Après une brève étude de la nature et du domaine du dessaisissement, il
conviendra d'en préciser les limites ainsi que les effets.

A- La nature et le domaine du dessaisissement

Ce sont des questions importantes qui méritent d'être succinctement abordées à tour de
rôle.

1- La nature du dessaisissement
S'agissant de sa nature, le dessaisissement doit être compare a un certain nombre
d'institutions, ce qui permettra d'approcher sa nature juridique réelle.
Le dessaisissement diffère de l'incapacité et de l'expropriation. L'incapable ne peut pas
faire d'acte juridique valable et en général l'incapacité est édictée pour le protéger. Or le débiteur
peut faire des actes juridiques inattaquables par lui-même et par le tiers avec lequel il a traité.
Seulement, l'acte est inopposable à la masse qui est fondée à l'ignorer tant que dure la procédure.
Il n'y a pas non plus expropriation puisque la masse n'acquiert pas la propriété du patrimoine du
débiteur.
En revanche, le dessaisissement se rapproche de la saisie et de l'inopposabilité. D'une part, le
dessaisissement entraîne l'indisponibilité des biens du patrimoine du débiteur et il apparaît que
les procédures collectives sont des voies d'exécution propres au droit commercial. D'autre part,
l'inopposabilité qualifie assez bien la situation créée par le jugement d'ouverture. L'inopposabilité
se dit d'un acte juridique dont la validité en tant que telle n'est pas contestée mais dont les tiers
peuvent écarter les effets. Elle se distingue de la nullité qui opère erga omnes, c'est-à-dire à
l'égard de tous. Appliquée aux procédures collectives, l'inopposabilité permet à la masse
d'ignorer les actes faits par le débiteur en contravention aux règles légales.
2- Le domaine du dessaisissement

Le dessaisissement a un domaine vaste.


Dans le temps, le dessaisissement va du jugement d'ouverture à la clôture de la procédure
et ne distingue pas selon la bonne ou mauvaise foi du cocontractant. Les actes passés avant le
jugement d'ouverture ne peuvent être atteints que par les inopposabilités de la période suspecte.
Après la clôture, le débiteur retrouve la libre administration et disposition de son patrimoine.
S'agissant des biens, le dessaisissement concerne les biens présents mais également les
biens à venir, notamment ceux qui pourraient échoir au débiteur par succession ou à la suite de
l'exercice d'une autre activité (art. 44 al.2).
Pour ce qui est de l'activité juridique du débiteur, en principe, celle-ci est inopposable à la
masse, qu'il s'agisse d'actes juridiques (sanctions: l'acte passé est inopposable et le débiteur peut
être frappé des peines de la banqueroute), d'actions judiciaires ou des conséquences des faits
juridiques.

B - Les limites au dessaisissement

Malgré sa très large portée, le dessaisissement comporte des limites relatives aux biens et
d'ordre procédural, ainsi que des limites relatives aux actes.

1- Les limites relatives aux biens et d'ordre procédural

Le dessaisissement ne concerne pas les biens insaisissables ou alimentaires comme les


biens mobiliers nécessaires à la vie et au travail du débiteur et de sa famille. Il est prévu en plus
la possibilité d'octroi judiciaire de secours alimentaires au débiteur et à sa famille (articles 52 et
56). Par ailleurs, le jeu normal des règles des régimes matrimoniaux n'est pas considéré comme
un avantage anormal à remettre en cause.
Sur le plan procédural, le dessaisissement n'embrasse pas les actions extrapatrimoniales
ni les actions patrimoniales faisant intervenir de manière prépondérante des considérations
personnelles ou familiales. Dans le cadre de la procédure, le débiteur peut interjeter appel contre
le jugement d'ouverture, contre le jugement refusant d'homologuer le concordat, convertissant le
redressement judiciaire en liquidation des biens ... Il peut contester des créances.

2- Les limites relatives aux actes

Le dessaisissement ne s'étend pas aux actes conservatoires qui, finalement, contribuent à


préserver la consistance du patrimoine du débiteur, ni à la compensation. Sur ce point, il convient
de relever les apports de la loi sur les PCAP. Celle-ci vise la compensation dans certaines de ses
dispositions:
-en premier lieu, l'article 63 exclut des inopposabilités de plein droit tout paiement de
dettes échues par « compensation légale, judiciaire ou conventionnelle de dettes ayant un lien de
connexité entre elles ... » ;
-en second lieu, l'article 106, concernant la revendication de marchandises ou d'objets
mobiliers consignés ou remis au débiteur pour être vendus avec une clause de réserve de
propriété, autorise la revendication, en cas d'aliénation, contre le sous-acquéreur, du prix ou de la
partie du prix dû si celui-ci n'a été ni payé en valeur ni compensé en compte courant entre le
débiteur et le sous-acquéreur;
-en troisième lieu, l'article 112 al.2 relatif à l'exécution des contrats en cours, prévoit que
la juridiction compétente, saisie d'une action en résolution du cocontractant contre le syndic, peut
prononcer la compensation entre les acomptes reçus pour des prestations non encore fournies par
lui avec les dommages -intérêts dus pour la résolution.
Il résulte de ces dispositions que la compensation est largement admise dès qu'il y a
connexité entre les créances ou dettes réciproques. Il n'y a pas lieu de distinguer:
-selon que la créance découle d'un compte courant ou d'autres comptes;
-ou selon que les créances réciproques dérivent de l'exécution correcte d'un même contrat
ou que l'une des créances s'analyse en une créance de dommages -intérêts.

C- Les effets du dessaisissement


Le dessaisissement, comme on peut s'en douter, produit à la fois des effets négatifs et des
effets positifs.

1-Les effets négatifs: l'inopposabilité à la masse


Les actes accomplis par le débiteur seul sont inopposables à la masse. Cette
inopposabilité a un caractère plus général que celle de la période suspecte puisqu'elle s'applique à
tous les actes quelle que soit la bonne ou mauvaise foi du cocontractant du débiteur.
Concrètement, l'inopposabilité implique que celui qui a payé au débiteur doit payer une
nouvelle fois entre les mains du syndic; celui qui a acheté un bien au débiteur et en a pris
livraison doit le rendre au syndic; celui qui a été payé par le débiteur doit restituer la somme
perçue au syndic.
L'inopposabilité a un caractère définitif à l'égard de la masse: le créancier qui a méconnu
les règles du dessaisissement est un créancier hors la masse. Ainsi, le créancier qui a acheté un
bien au débiteur non seulement doit le rendre au syndic, représentant la masse, mais, en plus, il
ne peut pas produire pour obtenir le remboursement du prix payé au débiteur. Les seules
atténuations sont, d'une part, l'article 2279 du Code civil ( action possessoire), d'autre part,
l'engagement personnel du débiteur. Le cocontractant a un recours contre lui. Ce recours ne peut
s'exercer qu'après la clôture de la procédure et n'est utile que si le débiteur revient à meilleure
fortune.

2-Les effets positifs du dessaisissement: 1a main mise de la masse


L'intensité de la main mise de la masse varie selon qu'il s'agit de la liquidation des biens
ou du redressement judiciaire puisque, dans le premier cas, il y a représentation du débiteur
tandis que dans le second il y a une simple assistance de celui-ci. Dans les deux cas, mais surtout
dans le redressement judiciaire, se pose en plus le problème du sort des contrats en cours et,
éventuellement, de la mise du fonds en location-gérance.

a) L'assistance ou la représentation du débiteur

L'assistance et la représentation correspondent à chacune des deux procédures.

1) L'assistance du débiteur dans le redressement judiciaire


Le redressement judiciaire tend au sauvetage de l'entreprise. C'est pourquoi, d'une part, la
continuation d'activité est automatique et ne nécessite aucune autorisation, d'autre part, le
débiteur continue d'agir et est seulement assisté.
L'assistance signifie que tous les actes importants requièrent le concours du débiteur et du
syndic. Par contre, chacun d'eux peut faire des actes conservatoires. De plus, le syndic peut se
faire autoriser par le juge-commissaire à agir seul si le débiteur ou les dirigeants refusent de faire
un acte nécessaire à la sauvegarde du patrimoine du débiteur. En sens inverse, le débiteur ou les
contrôleurs peuvent contraindre le syndic à accorder son assistance pour accomplir des actes
d'administration ou de disposition par décision du juge-commissaire. Enfin, même en cas
d'accord du syndic et du débiteur, l'autorisation du juge-commissaire est nécessaire pour les actes
susceptibles de compromettre la survie de l'entreprise, tels que la vente des immeubles ou de
certaines immobilisations, par exemple les machines servant dans la production.
Si le concordat est voté, la procédure prend fin. Sinon, la procédure est convertie en
liquidation des biens.

2) La représentation du débiteur en cas de liquidation des biens


La procédure de liquidation des biens exclut le redressement ou le sauvetage de
l'entreprise et, par voie de conséquence, le concordat.
La continuation d'activité après le jugement d'ouverture ne peut se faire qu'avec
l'autorisation de la juridiction compétente et dans des conditions restrictives: en effet, elle ne peut
être autorisée que pour les besoins de la liquidation et uniquement si elle ne met pas en péril
l'intérêt public ou celui des créanciers (art. 116).
Le syndic conduit les opérations liquidatives: recouvrement des créances, vente des biens
du débiteur, paiement des créanciers.
La vente des biens meubles se fait de la façon jugée la plus appropriée. La vente des
immeubles nécessite l'intervention du juge-commissaire qui fixe les modalités de la vente
(enchères publiques, adjudication ou gré à gré) ainsi que les conditions ou éléments essentiels de
la vente (fixation du prix ou de la mise à prix, modalités de paiement du prix). La cession globale
de tout ou partie de l'actif fait appel aux offres parmi lesquelles le syndic choisit l'offre qui lui
paraît la plus sérieuse et la soumet, ainsi que les avis du débiteur et des contrôleurs, au juge-
commissaire.
Quant au paiement des créanciers ou règlement du passif, il se fait conformément à
l'ordre de paiement prévu par l'article 150.

b) La poursuite d'activité ou le sort des contrats en cours

Le problème des contrats en cours concerne les contrats à exécution successive et les
contrats à exécution instantanée qui n'ont pas encore produit tous leurs effets juridiques
essentiels. Il se pose en cas de continuation, même momentanée, d'activité, laquelle nécessite
l'exécution des anciens contrats et la conclusion de nouveaux contrats.
La solution qui serait la plus favorable au redressement de l'entreprise consiste à
permettre au syndic l'exercice d'un entier choix entre la continuation du contrat aux conditions
stipulées et sa résiliation unilatérale sans dommages -intérêts (art. 111). Pour le cocontractant, la
solution la plus intéressante est celle qui lui permet d'opter pour la continuation ou la résiliation
en fonction de son intérêt.
Pour la loi sur les PCAP, «hormis les contrats conclus en considération de la personne du
débiteur, la cessation des paiements déclarée par décision de justice n'est pas une cause de
résolution et toute clause de résolution pour un tel motif est réputée non écrite» (art. 110). La
continuation d'activité, automatique en cas de redressement judiciaire, fait l'objet d'une
réglementation restrictive et prudente, dictée par l'intérêt des créanciers en cas de liquidation des
biens. Elle doit être autorisée par la juridiction compétente seulement si elle est justifiée par les
besoins de la liquidation, par exemple pour transformer un stock de matières premières en
produits finis ou pour maintenir en bon état une unité de production dont la cession est
envisagée.
La continuation des contrats en cours est décidée par le syndic seul en fonction de
l'intérêt de l'entreprise et/ou des créanciers. Le syndic a l'obligation de fournir la prestation
promise à l'autre partie, ce qui signifie qu'en principe les prestations fournies au débiteur après le
jugement d'ouverture doivent être payées au comptant. Cela est souhaitable d'autant plus que le
débiteur est provisoirement déchargé du passif antérieur. En pratique, cela pourrait soulever
quelques difficultés. C'est pourquoi l'article 111 alinéa 2, prévoit que si l'autre partie s'exécute
sans avoir reçu la prestation promise, elle devient créancière de la masse.
Le syndic peut être contraint d'exercer son option ou de fournir la prestation promise (art
111, al. 3). La résolution est encourue dès lors que le syndic n'est pas en mesure de fournir la
prestation promise. Il en est de même si le syndic ne manifeste pas son intention d'imposer la
continuation du contrat après avoir été mis en demeure de le faire par le cocontractant. Ce
dernier pourra prétendre à des dommages -intérêts mais il sera, à ce titre, créancier dans la
masse. Il ne pourra pas compenser les acomptes reçus pour des prestations non encore fournies
avec les dommages -intérêts dus pour la résolution. Toutefois, la juridiction saisie de l'action en
résolution peut prononcer la compensation ou l'autoriser à différer la restitution des acomptes
jusqu'à ce qu'il ait été statué sur les dommages intérêts. L'on peut penser que cela permettra aux
dommages -intérêts de remplir les conditions de la compensation afin que celle-ci puisse opérer.
Du reste, la loi semble assez favorable à la compensation.
Le bail. Parmi les contrats en cours lors de l'ouverture de la procédure et dont la
continuation peut être souhaitée, le bail occupe une place de choix. L'article 99 consacre le
principe de la continuation avec des possibilités de résiliation, sur simple congé donné par acte
extrajudiciaire pour le preneur et dans des délais précis pour le bailleur pour des causes
antérieures à la décision d'ouverture. Des garanties de paiement sont prévues pour les loyers
échus dans tous les cas ou à échoir si le bail n'est pas résilié. Elles paraissent satisfaisantes et
conformes aux principes.
Au contrat de bail et autres contrats continués s'applique une distinction devenue
classique: le cocontractant du débiteur devient créancier de la masse bénéficiant d'un traitement
favorable pour les prestations postérieures (paiement au comptant ou refus d'exécuter la contre-
prestation ou, à défaut, rang relativement intéressant dans le paiement) et est créancier dans la
masse pour les prestations antérieures pour lesquelles les contractants sont astreints à la
production.
Les contrats de travail. La question qui se pose pour les salariés est moins celle de la
continuation des contrats de travail, qui est automatique, que celle des licenciements. Il y a lieu
d'y procéder le plus tôt possible s'ils sont indispensables à la survie de l'entreprise, laquelle
permet de conserver une partie des emplois, faute de quoi la disparition de l'entreprise entraînera
celle de tous les emplois. La procédure de licenciement pour motif économique ( articles 113
et114) fait intervenir le syndic qui établit l'ordre des licenciements, les délégués du personnel qui
doivent donner leur avis et leurs suggestions sur les licenciements par écrit, l'Inspection du
travail qui reçoit communication de la lettre de consultation des délégués du personnel et de leur
réponse, et le juge-commissaire dont le rôle est essentiel dans les licenciements pour motifs
économiques. Tous les documents (ordre des licenciements, avis des délégués du personnel,
lettre de communication à l'Inspection du travail) lui sont transmis et il autorise en tout ou en
partie les licenciements envisagés s'ils sont nécessaires au redressement de l'entreprise ou refuse
son autorisation. La décision du juge-commissaire autorisant ou refusant les licenciements est
susceptible d'opposition dans les quinze jours devant la juridiction compétente qui rend sa
décision, sans appel, dans la quinzaine.

c) Le recours à la location-gérance
La location-gérance ou gérance libre est le contrat par lequel le commerçant loue son
fonds de commerce à un autre commerçant qui l'exploite à ses risques et périls moyennant le
versement d'une redevance périodique.
La location-gérance peut constituer une heureuse solution d'attente, surtout si la cause des
difficultés tient essentiellement à la mauvaise gestion du débiteur ou des dirigeants sociaux.
Cependant, elle présente des inconvénients tenant au fait que les locataires-gérants, souvent ne
disposent pas de fonds propres suffisants et peuvent être tentés de «vider la substance de
l'entreprise» ou de permettre au débiteur de reprendre son entreprise en sous-main. C'est
pourquoi la loi (art. 118) ne l'admet que si la disparition ou la cessation d'activité, même
provisoire, de l'entreprise est de nature à compromettre son redressement ou de causer un trouble
grave à l'économie nationale, régionale ou locale dans la production et la distribution de biens et
de services. Il s'entoure du maximum de garanties, comme l'exigence de l'indépendance du
locataire-gérant vis-à-vis du débiteur, le respect de la durée maximale de deux ans, l'offre de
garanties fiables, sans doute en matière de préservation de la consistance de l'entreprise et de
paiement régulier de la redevance.

En conclusion, la situation du débiteur est caractérisée d'une part par la nécessité de connaître et
de préserver la consistance de son patrimoine, d'autre part par le dessaisissement qui produit des
effets négatifs et positifs en relation avec l'objectif de paiement des créanciers et/ou de
redressement de l'entreprise. Les effets sur le débiteur se produisent en même temps que ceux sur
les créanciers.

Sous-section 2- Les effets de la procédure collective sur les créanciers

Les effets du jugement d'ouverture concernant les créanciers ne comportent pas, en


règle générale, de différence selon qu'il s'agit du redressement judiciaire ou de la liquidation
des biens. Il faut rappeler que l'une des finalités principales des procédures collectives est la
préservation des intérêts des créanciers. Pourtant, l'ouverture de la procédure entraîne plutôt
une réduction de leurs droits, ce qui paraît plutôt paradoxal. L'explication de cette situation est
simple: il s'agit de traiter de manière égalitaire les créanciers antérieurs et de s'assurer que leurs
droits sont fondés. C'est ainsi que la procédure entraîne le regroupement des créanciers
antérieurs en une masse (§ 1), la révision des droits de certains créanciers (§ 2), ainsi qu'une
situation complexe nécessitant une classification des différentes catégories de créanciers et de
leurs droits (§ 3).

§ 1: La masse et les créanciers qui la composent


La décision d'ouverture constitue les créanciers en une masse représentée par le syndic qui, seul,
agit en son nom et dans l'intérêt collectif et peut l'engager (article 68). Cette affirmation
fondamentale est néanmoins insuffisante puisqu'elle ne permet pas de savoir ce qu'est la masse
(sa structure et ses prérogatives) ni les créanciers qui en font partie.

A- La structure de la masse
Elle pose la question de la notion de masse et de certaines de ses implications ainsi que
celle de ses conséquences, spécialement l'uniformisation de la condition juridique des créanciers.
1- La notion de masse
La masse est constituée par tous les créanciers dont la créance est antérieure à la décision
d'ouverture, même si l'exigibilité de cette créance était fixée à une date postérieure à cette
décision, à condition que cette créance ne soit pas inopposable.
Le terme de masse évoque un groupement qui ne rentre pas dans les catégories connues et
qui se singularise par son caractère obligatoire. Le Code de commerce, la doctrine et la
jurisprudence du milieu et de la fin du 19 siècle faisaient déjà usage du terme de masse et
proclamaient la réunion des créanciers en une masse dès le prononcé de la procédure collective.
Il faut signaler parmi les prérogatives de la masse l'hypothèque légale dont elle
bénéficie. L'intérêt de cette hypothèque paraît a priori limité. Elle garantit la bonne exécution du
concordat. En effet, chaque ancien créancier dans la masse en bénéficie à titre individuel, ce qui
lui permet de ne pas être primé par les créanciers que l'activité. du débiteur postérieurement au
concordat va entraîner.

2- L'uniformisation de la condition juridique des créanciers


Le jugement d'ouverture modifie profondément la situation des créanciers. Il en résulte
une uniformisation ou une égalisation de leur condition juridique, qui affecte le contenu des
créances et l'exercice des droits.
Il ya, en premier lieu, la règle de l'exigibilité des créances à terme ou de la déchéance du
terme, mais elle est partiellement abandonnée. Classiquement, l'exigibilité des créances à terme
était considérée comme une maigre consolation pour les créanciers qui subissent de nombreux
désagréments à compter du jugement d'ouverture. Désormais, la décision d'ouverture ne rend
exigibles les dettes non échues qu'en cas de liquidation des biens et à l'égard du débiteur
seulement (art. 75).
Il y a, en second lieu, l'arrêt du cours des intérêts à l'égard de la masse. L'un des fondements de
cette règle est purement logique ou de bon sens: il ne convient pas de réclamer les intérêts là où
le remboursement du principal est incertain. Peu importe que la créance soit chirographaire ou
garantie par une sûreté ( art.76). Toutefois, en cas de redressement judiciaire et s’il s’agit
d'intérêts résultant de contrats de prêt conclus pour une durée égale ou supérieure à un an ou de
contrats assortis d'un paiement différé d'un an ou plus, le cours des intérêts se poursuit.
Il y a, en troisième lieu, l'arrêt du cours des inscriptions de toute sûreté mobilière ou
immobilière (art.69). A compter du jugement d'ouverture, le dessaisissement empêche la prise
d'une sûreté qui ne respecterait pas les règles légales. De ce fait, l'interdiction vise
principalement les sûretés prises avant le jugement d'ouverture et qui ne seraient pas encore
publiées à la date de celui-ci. Si malgré l'interdiction, il est procédé à la publication de la sûreté,
celle-ci doit être annulée ou déclarée inopposable.
Enfin, il y a l'importante règle de la suspension des poursuites individuelles à compter du
jugement d'ouverture (art. 72 et 73). Peu importe que l'action soit engagée avant le jugement
d'ouverture ou soit introduite depuis lors ou qu'il s'agisse d'une demande en paiement ou de
l'exercice d'une voie d'exécution, pourvu qu'elle n'ait pas encore produit son principal effet
juridique. S'agissant du cas particulier des voies d'exécution, des précisions peuvent s'avérer
utiles. Ainsi, il convient de partir de la finalité poursuivie et de se demander si celle-ci est d'ores
et déjà atteinte, auquel cas la saisie ne peut plus être remise en cause, ou si elle reste à parfaire,
auquel cas la suspension ou l'arrêt des poursuites empêche sa finalisation. A ce titre, les saisies
conservatoires sont suspendues tant qu'elles n'ont pas été transformées en saisies-ventes. Les
saisies-ventes elles-mêmes sont suspendues tant qu'elles n'ont pas conduit à la vente des biens
saisis, c'est-à-dire à l'adjudication. La suspension ne s'applique toutefois pas aux actions en
nullité ou en résolution ni aux actions tendant à la reconnaissance de droits ou à la fixation de
leur montant. L'exercice de cette seconde catégorie d'actions est repris ou initié après la
production des créances en cas de rejet définitif ou d'admission provisoire ou partielle.

B- L'admission effective dans la masse: la procédure de vérification des créances


C'est l'admission de la créance qui permet au créancier de postuler ou de prétendre aux
dividendes. Pour être admise, la créance doit être produite et vérifiée.

1-La production
La production consiste à faire une déclaration du montant des sommes réclamées
accompagnée d'un bordereau récapitulatif des pièces remises constituant titre. Même les
créanciers sans titre doivent produire. La production commence à partir de la décision
d'ouverture et prend fin à l'expiration d'un délai de deux mois suivant la deuxième insertion dans
un journal d'annonces légales. Elle concerne tous les créanciers, qu'ils soient chirographaires ou
munis de sûretés. Ce délai est de trois mois pour les créanciers domiciliés hors du ressort du
tribunal où la procédure collective a été ouverte.
Les créanciers inscrits qui n'ont pas produit dans les 15 jours de la première insertion de
la décision d'ouverture sont personnellement avertis par le syndic par lettre recommandée avec
accusé de réception ou par tout moyen laissant trace écrite.
Les créanciers qui n'ont pas produit dans les délais ou dans les 30 jours de l'avertissement
sont forclos. Ils peuvent être relevés de forclusion dans des conditions strictes de délai (avant
l'arrêté et le dépôt de l'état des créances) et de fond {preuve de l'absence de faute) avec une
limitation des droits des intéressés qui ne peuvent concourir que pour les répartitions de
dividendes postérieures à leur demande (art.84).
En l'absence de production dans les délais ou de relevé de forclusion, les créances
concernées sont inopposables à la masse (liquidation des biens) ou éteintes (redressement
judiciaire).

2-La vérification
La vérification est obligatoire quelle que soit l'importance de l'actif et du passif. Elle a
lieu dans les 4 mois du jugement d'ouverture (art.85). Elle est faite par le syndic au fur et à
mesure des productions, en présence du débiteur et des contrôleurs s'il en a été nommé ou en leur
absence s'ils ont été dûment appelés par pli recommandé ou par tout moyen laissant trace écrite.
La vérification porte à la fois sur l'existence de la créance, son montant et la validité des sûretés
qui en garantissent le paiement.
L'état des créances est déposé au greffe après signature par le juge-commissaire qui
mentionne pour chaque créance: le montant et le caractère provisoire ou définitif de l'admission;
sa nature chirographaire ou garantie par une sûreté et laquelle; si une instance est en cours ou si
la contestation ne relève pas de sa compétence.
Le juge-commissaire ne peut rejeter en tout ou en partie une créance ou une revendication ou se
déclarer incompétent qu'après avoir entendu ou dûment appelé le créancier ou le revendiquant, le
débiteur et le syndic.
L'état des créances est déposé et publié dans un journal d'annonces légales et au journal
officiel dans le but d'informer les créanciers afin que ceux-ci, le cas échéant, puissent le
contester.
Les contestations introduites dans les délais (15 jours) de la publication de l'état des
créances sont tranchées par la juridiction de la procédure ou par la juridiction dont relève
l'affaire. En attendant la décision, les créances concernées sont admises par provision.

3-L'admission
L'admission s'analyse comme un contrat judiciaire qui produit les conséquences d'une décision
de justice à laquelle est attachée l'irrévocabilité, ce qui met la créance à l'abri de toute
contestation ultérieure. Elle ne joue que dans la mesure de ce qui a été vérifié et admis. Il n'y a
pas d'effet novatoire: la créance va subsister avec l'ensemble de ses caractéristiques. En cas de
clôture de l'union ou de clôture pour insuffisance d'actif, les créanciers dont les créances sont
admises recevront un titre exécutoire.

§ 2- La révision des droits des créanciers


L'ouverture de la procédure va entraîner la révision des droits de certains créanciers,
révision fondée souvent sur l'idée de fraude présumée et, quelquefois, sur l'apparence de
propriété.

A- Les inopposabilités de la période suspecte


Les inopposabilités de la période suspecte, régies par les articles 62 à 67 appellent
quelques observations préliminaires, puis des précisions sur les cas d'inopposabilité et, enfin, sur
les effets des inopposabilités.

1-Observations générales
Les inopposabilités telles qu'elles existent actuellement sont le fruit d'une évolution qui a
visé la protection des créanciers de bonne foi dont le droit est né pendant la période suspecte.
L'inopposabilité entretient des liens étroits avec l'action paulienne, laquelle présente un intérêt
lorsque les conditions des inopposabilités ne sont pas remplies, et des liens ténus avec la
vérification des créances.
La période suspecte s'étend de la cessation des paiements au jour du jugement d'ouverture
(art.62). En pratique, on rencontre des cessations des paiements dérisoires ou trop longues
aggravant l'insécurité pour les créanciers, d'où la limitation de la durée de la période suspecte à
18 mois comme en France.
L'inopposabilité est relative: elle profite seulement à la masse et seul le syndic, son
représentant, est habilité à agir en inopposabilité jusqu'au dépôt de l'arrêté des créances. L'action
est de la compétence de la juridiction de la procédure.

2 -Les cas d'inopposabilités


Les expressions utilisées (sont inopposables, peuvent être déclarés inopposables)
permettent de distinguer les inopposabilités de droit des inopposabilités facultatives.
Au titre des inopposabilités de droit, l'article 63 énumère six catégories d'actes.
Tous les actes à titre gratuit translatifs de propriété mobilière ou immobilière. Sont
visées en fait les donations puisque les bénéficiaires de libéralités pour cause de mort passent
toujours après les créanciers. Le fondement de cette inopposabilité est simple: il n'est pas normal
que le débiteur, incapable de payer ses dettes, choisisse de faire des donations. Toutes les
donations quelle qu'en soit la forme sont visées.
Tout contrat commutatif dans lequel les obligations du débiteur excèdent manifestement
celles de l'autre partie. Il s'agit de neutraliser les libéralités déguisées ou tout au moins les
déséquilibres prononcés au détriment du débiteur et, par voie de conséquence, de ses créanciers.
Le déséquilibre doit s'apprécier en se plaçant au jour de la formation du contrat

Tout paiement, quel qu'en soit le mode, de dettes non échues, saufs 'il s'agit du paiement
d'un effet de commerce. Il y a une anomalie, une volonté de rupture d'égalité entre les créanciers,
à payer des dettes non échues pendant que l'on ne paye pas les dettes exigibles.
Tout paiement de dettes échues fait autrement qu'en espèces, effet de commerce,
virement, prélèvement, carte de paiement ou de crédit ou compensation légale, judiciaire ou
conventionnelle de dettes ayant un lien de connexité entre elles ou tout autre mode normal de
paiement. L'inopposabilité concerne les modes ou procédés anormaux de paiement, comme la
cession de créance, la délégation, la dation en paiement...
Toute hypothèque conventionnelle ou nantissement conventionnel, toute constitution de
gage, consentie sur les biens du débiteur pour dettes antérieurement contractées. Lorsque la
sûreté est postérieure à la dette, cela manifeste une volonté de rompre l'égalité entre les
créanciers, qui s'explique de la manière suivante: le créancier concerné, conscient des difficultés
du débiteur, réclame et obtient une sûreté, ou bien le débiteur, pour éviter une poursuite en
paiement, propose une sûreté au créancier qui l'accepte.
Toute inscription provisoire d'hypothèque judiciaire conservatoire ou de nantissement
judiciaire conservatoire. Il s'agit de rendre inutile la manœuvre du créancier habile qui, sentant
approcher l'ouverture de la procédure collective, solliciterait à titre conservatoire l'inscription
d'une sûreté.
Quant aux inopposabilités facultatives, elles se caractérisent par le fait que, même si les
conditions sont réunies, le juge dispose d'un pouvoir souverain pour prononcer ou refuser de
prononcer l'inopposabilité. Il y a donc une certaine souplesse par rapport aux inopposabilités de
droit.
Les actes doivent avoir été accomplis pendant la période suspecte, ou six mois avant en
ce qui concerne les libéralités, et ils doivent causer un préjudice à la masse (pas d'intérêt, pas
d'action).
L'article 64 vise de nombreux actes comme les actes translatifs à titre gratuit faits dans les
6 mois précédant la période suspecte, les inscriptions pour sûretés concomitantes ou les actes à
titre onéreux ou les paiements volontaires de dettes échues si le cocontractant du débiteur avait
connaissance de la cessation des paiements. Il vise également les hypothèses où l'action en
rapport est recevable en cas de paiement d'un effet de commerce ou d'un chèque.
3-Les effets des inopposabilités

Dans la plupart des cas, l'inopposabilité ne va pas invalider totalement la créance, même
vis-à-vis de la masse. Le créancier pourra produire à titre chirographaire et participer aux
distributions des dividendes avec les autres créanciers dans la masse. Par exemple:
- dans le cas de paiement de dettes non échues ou de dettes échues par des procédés
anormaux, le créancier payé rend ce qu'il a reçu comme paiement et produit pour être dans la
masse; son paiement intégral deviendra partiel; il en est de même des paiements rendus
inopposables à titre facultatif et des rapports prévus en cas de lettre de change, de billet à ordre
ou de chèque;
- dans le cas de constitution de sûreté pour la garantie de dettes antérieures, la sûreté
seule est invalidée: le créancier devient chirographaire. C'est la même solution pour toutes les
inscriptions inopposables.
En revanche, pour les libéralités rendues inopposables, le bénéficiaire rend ce qu'il a reçu
mais n'est pas admis à participer dans la masse aux distributions de dividendes. On estime qu'il
n'est pas autant à protéger que les créanciers car il lutte pour conserver un gain, tandis que les
créanciers luttent pour éviter une perte.
D'autres cas de révision des droits des créanciers se produisent en dehors des
inopposabilités.

B- Les modifications des droits réels et de préférence constitués sans fraude avant le
dessaisissement
Il y a un conflit d'intérêts entre les créanciers, surtout chirographaires et les bénéficiaires
de ces droits, entraînant un arbitrage difficile mais la tendance récente est à une admission large
des actions en revendication.

1- Le régime des actions en revendication


L'action en revendication est celle qui permet au propriétaire d'une chose détenue par un
tiers, ici le débiteur, de reprendre cette chose en établissant son droit de propriété. Il n'y a pas de
difficulté en matière immobilière, on applique les règles afférentes à cette propriété.
En matière mobilière, la détention du débiteur va entraîner une apparence de propriété du
débiteur sur ces biens dans l'esprit des créanciers. Néanmoins, en principe, le propriétaire peut
revendiquer son bien malgré la survenance de la procédure collective: loueur, acquéreur ayant
acquis avant le jugement d'ouverture, titulaire d'effets de commerce ou de valeurs mobilières,
bailleur dans la location-vente ou le crédit-bail, pourvu que les biens en cause se retrouvent en
nature, soient individualisés et n'aient pas fait l'objet d'un endossement translatif pour les effets
de commerce.
Le vendeur de marchandises peut les retenir s'il ne les a pas encore expédiées et même en
cours de route tant qu'elles ne sont pas encore dans les magasins du débiteur: c'est le stoppage in
transitu. Les clauses de réserve de propriété jusqu'à complet paiement du prix sont valables à
condition d'être stipulées dans un écrit et d'être régulièrement publiées au registre du commerce
et du crédit mobilier.

2 - Les droits du conjoint du débiteur


L'évolution historique est marquée par une indulgence croissante à l'égard du conjoint du
débiteur en état de cessation des paiements ou en faillite, étant indiqué que, pendant longtemps,
le débiteur commerçant était toujours l'homme et le conjoint du débiteur, la femme. Le Code de
commerce de 1807 était sévère pour la femme du failli. On la soupçonnait d'être responsable,
dans une certaine mesure, de la faillite, notamment par son train de vie, et on estimait que tout au
moins elle devait partager la misère de son mari puisqu'elle avait profité des années heureuses.
Le Code établissait donc entre les époux une certaine solidarité dans le malheur.
L'article 102 abandonne la présomption selon laquelle, hors le cas des immeubles et
quel que soit le régime matrimonial, les biens acquis par la femme du failli étaient réputés
appartenir au mari, avoir été payés de ses deniers et devaient être réunis à son actif. Si la femme
avait payé des dettes de son mari, la présomption légale était qu'elle l'avait fait avec des deniers
de celui-ci, et elle ne pouvait, en conséquence, exercer une quelconque action dans la faillite.
Désormais, pour qu'un bien du conjoint du débiteur soit réuni à l'actif du débiteur, il faut que le
syndic prouve par tous moyens que ce bien a été acquis avec des valeurs fournies par le débiteur.
Ici donc, la consistance des biens personnels du conjoint du débiteur déclaré en état de
redressement judiciaire ou de liquidation des biens est établie par lui, conformément aux règles
de son régime matrimonial. En cas de reprise d'un bien par l'époux intéressé, celui-ci supporte les
dettes et sûretés dont le bien est grevé.

§ 3: Les différentes catégories de créanciers et leurs droits

La question est rendue complexe par l'opposition d'intérêts entre les différentes
catégories de créanciers, la variété des sûretés en présence dans les procédures collectives et le
nombre, souvent important, de créanciers pouvant se prévaloir de la même sûreté, notamment
d'un privilège général. Il suffira de commencer par une classification générale avant de
préciser le cas particulier des créanciers dans la masse et de s'appesantir sur l'ordre de
paiement.

A- La classification générale fondée sur la date de naissance de la créance


Cette classification est dite générale parce qu'elle comprend, en principe, tous les
créanciers concernés de près ou de loin par la procédure collective. En partant du jugement
d'ouverture, l'on distinguera les créanciers antérieurs et les créanciers postérieurs à cette décision.

1-Les créanciers antérieurs au jugement d'ouverture


Leurs créances sont nées avant le jugement ouvrant la procédure de
concours. Il faut distinguer:
-les créanciers formant la masse ou créanciers dans la masse. Leurs créances ont été
produites et vérifiées et ils sont définitivement admis dans la masse. Aucune mesure
d'inopposabilité n'a frappé leurs créances en tant que telles (cas des donations). Ces créanciers,
soumis à la discipline collective, sont payés suivant l'ordre prévu aux articles 195 et 196.
-les créanciers hors la masse: leurs créances ont été frappées d'inopposabilité en tant que
telles ou encore ils n'ont pas produit. De ce fait, la procédure collective les ignore; ils ne peuvent
obtenir paiement tant que dure la procédure.

2 -Les créanciers postérieurs au jugement d'ouverture


Leurs créances sont nées après le jugement ouvrant la procédure collective. On les distingue
selon la régularité de la naissance de leurs créances.
Les créanciers de la masse ou contre la masse sont ceux dont les droits sont nés en
conformité avec le dessaisissement (l'acte est passé avec le syndic en cas de liquidation des biens
ou par le débiteur et le syndic en cas de redressement judiciaire). Ces créanciers en principe
priment tous les créanciers dans la masse. On estime, en effet, que leurs prestations ont profité à
la masse. De toute façon, celle-ci est engagée à travers son représentant. L'ordre exact de
paiement est celui des articles 195 et 196.
Les créanciers hors la masse sont ceux dont les droits sont nés au mépris du
dessaisissement. L'acte a été conclu avec le débiteur seul dans des cas où l'assistance ou la
représentation du syndic était nécessaire. La masse est fondée à ignorer les droits de ces
créanciers. Ceux-ci ne pourront pas exercer leurs droits sur le patrimoine du débiteur tant que
dure la procédure. Leurs droits sont inopposables à la masse.

B- Les créanciers dans la masse


Les créanciers dans la masse ou créanciers formant la masse sont les créanciers antérieurs qui ont
produit et ont été admis. Ils sont soumis à la discipline collective: arrêt des poursuites
individuelles, arrêt du cours des intérêts, arrêt des inscriptions, tout cela faiblement compensé par
la déchéance du terme en cas de liquidation des biens. Ils peuvent prendre part au vote du
concordat et aux dividendes concordataires en fonction des dispositions du concordat homologué
ou aux dividendes de la liquidation des biens en fonction de leur rang selon les articles 195 et
196. Les catégories de créanciers faisant partie de la masse appellent quelques observations.
Les créanciers chirographaires sont soumis à l'ensemble des règles de la discipline
collective, sont payés au marc le franc et n'ont pas de droits particuliers. Généralement, ils ne
reçoivent dans les procédures collectives aucun paiement ou touchent des dividendes dérisoires.
Les créanciers munis de sûretés réelles spéciales se voient appliquer, malgré leurs
sûretés, les règles de la discipline collective. Afin de faciliter les opérations de réalisation de
l'actif mobilier et immobilier, le droit individuel de poursuite des créanciers gagistes, nantis ou
hypothécaires est suspendu mais seulement jusqu'à l'expiration d'un délai de 3 mois suivant le
jugement de liquidation des biens. Passé ce délai, si le syndic n'a pas réalisé les biens concernés,
les créanciers peuvent reprendre l'exercice de leur droit de poursuite à charge de rendre compte
au syndic (art. 175 et 176). La loi concilie ainsi le souci de permettre au syndic de réaliser
l'ensemble de l'actif dans les meilleures conditions sans livrer les créanciers munis de telles
sûretés à l'inertie ou à l'attentisme prolongé du syndic.
Les créanciers titulaires de privilèges généraux sont astreints à la discipline collective;
en particulier, ils doivent produire; ils peuvent prendre part au vote du concordat. Leur ordre de
paiement préférentiel figure aux articles 195 et 196.
En cas de retard prolongé dans la vente des biens, le Trésor public, l'Administration des
douanes et les organismes de sécurité sociale bénéficient des mêmes droits que les créanciers
titulaires de sûretés réelles spéciales, à savoir diligenter eux-mêmes la vente des biens (art. 176
al. 3).
Parmi les créanciers privilégiés, les salariés occupent une place à part. Sans doute en
raison du caractère alimentaire de leurs créances, outre le bénéfice du privilège et du super
privilège, l'article 98 prévoit leur paiement diligent.
Les créanciers titulaires d'une sûreté personnelle ont une situation favorable dans les
procédures collectives. En effet, le créancier dans la masse qui a en face de lui des codébiteurs
ou une caution solidaire solvable bénéficie d'une position très favorable. Il peut produire pour le
montant total de sa créance dans le redressement judiciaire ou la liquidation des biens du
débiteur et demander paiement intégral au coobligé ou à la caution (art.95). Ce dernier ne
bénéficie pas de l'arrêt du cours des intérêts mais il n'y a pas de déchéance du terme. Si le ou les
coobligés sont également sous le coup d'une procédure collective, le créancier peut produire pour
le montant intégral de sa créance dans chacune des procédures, ce qui lui donne une bonne
chance d'être intégralement désintéressé par les paiements partiels obtenus dans les différentes
procédures. Il y a une seule limite: la somme des paiements ne doit pas dépasser le montant total
de la créance, y compris les intérêts dans le premier cas (art. 93.94 et 96).

C- L'ordre de paiement des créanciers


L'ordre de paiement des créanciers présente tout son intérêt dans l'union ou dans la
clôture pour insuffisance d'actif. Malgré les efforts faits, l'ordre de paiement des créanciers et la
distribution pour les créanciers venant à rang égal demeurent des questions relativement
complexes. En procédures collectives, l'ordre figure aux articles 195 pour les immeubles et 196
pour les meubles.

1-L'ordre en matière immobilière


Il faut rappeler les principes qui régissent la question avant de fournir une illustration.

a) Principes
Selon l'article 195, les deniers provenant de la réalisation des immeubles sont distribués
dans l'ordre suivant:
1°) aux créanciers des frais de justice engagés pour parvenir à la réalisation du bien
vendu et à la distribution du prix ;
2°) aux créanciers de salaires super privilégiés en proportion de la valeur de l'immeuble
par rapport à l'ensemble de l'actif;
3°) aux créanciers hypothécaires inscrits dans le délai légal, chacun selon le rang de son
inscription au livre foncier;
4°) aux créanciers de la masse tels que définis par l'article 120
5°) aux créanciers munis d'un privilège général selon l'ordre établi par la loi portant
organisation des sûretés;
6°) aux créanciers chirographaires.
En cas d'insuffisance des deniers pour désintéresser totalement les créanciers de l'une des
catégories désignées aux 1°, 2°, 4°, 5° et 6° du présent article venant à rang égal, ceux-ci
concourent aux répartitions dans la proportion de leurs créances totales, au marc le franc.

Concernant l'application de cette disposition, il faut savoir que:


a) Les créanciers d'un rang supérieur doivent être intégralement payés avant les
créanciers du rang suivant et ainsi de suite.
b) Certains rangs peuvent comprendre des créanciers qui eux-mêmes font l'objet d'un
classement particulier. Ainsi en est-il, par exemple, de la cinquième catégorie consacrée aux
créanciers munis d'un privilège général. Au sein de cette catégorie viennent d'abord les
créanciers munis d'un privilège général soumis à publicité chacun selon le rang de son
inscription au registre du commerce et du crédit mobilier, puis les créanciers munis d'un
privilège général non soumis à publicité.

2-L'ordre en matière mobilière


Selon l'article 196, les deniers provenant de la réalisation des meubles sont distribués dans l'ordre
suivant:
1°) aux créanciers des frais de justice engagés pour parvenir à la réalisation du bien vendu et à la
distribution du prix;
2°) aux créanciers de frais engagés pour la conservation du bien du débiteur dans l'intérêt du
créancier dont les titres sont antérieurs en date;
3°) aux créanciers de salaires super privilégiés en proportion de la valeur du meuble par rapport
à l'ensemble de l'actif;
4°) aux créanciers garantis par un gage selon la date de constitution du gage;
5°) aux créanciers garantis par un nantissement ou par un privilège soumis à publicité,
chacun suivant le rang de son inscription au registre du commerce et du crédit mobilier;
6°) aux créanciers munis d'un privilège mobilier spécial, chacun sur le meuble supportant
le privilège;
7°) aux créanciers de la masse tels que définis par l'article 117 ci-dessus;
8°) aux créanciers munis d'un privilège général selon l'ordre établi par l'Acte uniforme portant
organisation des sûretés;
9°) aux créanciers chirographaires.
En cas d'insuffisance des deniers pour désintéresser totalement les créanciers de l'une des
catégories désignées aux 1°, 2°, 3°, 6°,7° et, 8° du présent article venant à rang égal, ceux-ci
concourent aux répartitions dans la proportion de leurs créances totales, au marc le franc.

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