COURS PRÉPARATOIRE — LE HANDICAP
COURS PRÉPARATOIRE À LA DISSERTATION
LE HANDICAP
Définitions · Théories · Auteurs · Arguments
Document de préparation — Couverture thématique large
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Le handicap est l'une des questions les plus complexes et les plus transversales des sciences
humaines et sociales. Il traverse la philosophie (qu'est-ce que la norme ? qu'est-ce qu'une vie
bonne ?), la sociologie (comment la société construit-elle la différence ?), le droit (quels droits
pour les personnes handicapées ?), l'éthique (comment traiter l'autre vulnérable ?), et l'histoire
(comment les représentations ont-elles évolué ?).
Ce cours propose une cartographie aussi complète que possible de ces enjeux, afin de vous
permettre d'affronter toute problématique posée par votre professeur. Il couvre les définitions
fondamentales, les grands modèles théoriques, les penseurs incontournables, les données
chiffrées, les débats actuels et les arguments mobilisables pour ou contre différentes thèses.
PARTIE I — DÉFINITIONS ET TERMINOLOGIE
1.1 Étymologie et évolution du mot
Le mot « handicap » vient de l'anglais « hand in cap » (main dans le chapeau), expression
désignant un jeu de hasard du XVIIe siècle dans lequel des parieurs misaient des objets dans
un chapeau. Par glissement, le terme désigna d'abord un désavantage accordé aux meilleurs
chevaux dans les courses, avant de s'appliquer aux personnes présentant une déficience.
L'adoption du mot en français date des années 1950-1960, remplaçant progressivement des
termes comme « infirme », « invalide », « anormal » ou « inadapté ».
Cette histoire lexicale est en elle-même révélatrice : le handicap est d'abord une notion relative,
un écart à une norme, et non une propriété absolue de l'individu. Elle indique aussi combien la
terminologie évolue avec les représentations sociales.
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1.2 Définitions institutionnelles
La loi française du 11 février 2005
La définition juridique française en vigueur est celle de la loi n° 2005-102 pour l'égalité des
droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Elle
dispose :
"Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou
restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par
une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une
ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou
psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant." — Loi n°
2005-102, art. 114
Cette définition est fondamentale à plusieurs égards. Elle introduit la notion d'environnement, ce
qui constitue un tournant majeur par rapport aux définitions purement médicales antérieures. Le
handicap n'est plus seulement dans la personne, mais dans l'interaction entre la personne et
son milieu.
La définition de l'OMS
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a progressivement affiné sa définition. Dans sa
Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF, 2001), elle
définit le handicap comme un terme générique couvrant les déficiences, les limitations
d'activités et les restrictions de participation. En 2023, l'OMS estime qu'environ 1,3 milliard de
personnes dans le monde, soit une personne sur six, vivent avec un handicap important.
La Convention de l'ONU (2006)
La Convention relative aux droits des personnes handicapées (CRPD), adoptée par l'ONU le 13
décembre 2006 et ratifiée par la France en 2010, retient une définition inspirée du modèle
social : les personnes handicapées sont « des personnes qui présentent des incapacités
physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l'interaction avec diverses
barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de
l'égalité avec les autres ». Cette définition fait désormais référence au niveau international.
1.3 Les grandes catégories de handicap
Le handicap recouvre des réalités très hétérogènes. On distingue classiquement :
• Le handicap moteur : limitations de la motricité (paraplégie, tétraplégie, hémiplégie,
amputation…). 30 % des déficiences motrices sont d'origine accidentelle.
• Le handicap sensoriel : visuel (cécité totale ou partielle) et auditif (surdité totale ou
partielle). La surdité est particulièrement intéressante philosophiquement car la
communauté sourde se perçoit souvent non comme handicapée, mais comme une
minorité culturelle.
• Le handicap cognitif et mental : trisomie 21, troubles du spectre autistique (TSA),
déficiences intellectuelles.
• Le handicap psychique : lié aux troubles psychiatriques (dépression sévère,
schizophrénie, bipolarité…). Reconnu officiellement depuis la loi de 2005.
• Les maladies invalidantes : pathologies chroniques (diabète, cancer, maladies
respiratoires, VIH…) pouvant générer des restrictions durables.
• Le polyhandicap : association de plusieurs déficiences sévères.
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Cette pluralité rend toute définition unique particulièrement délicate. C'est l'une des raisons pour
lesquelles il n'existe pas de chiffre unique et indiscutable du nombre de personnes
handicapées, mais une pluralité de comptages selon les critères retenus.
1.4 Vocabulaire : distinctions conceptuelles essentielles
La distinction proposée par la Classification internationale des handicaps (CIH, Philip Wood,
1980) distinguait trois niveaux :
• La déficience (impairment) : atteinte organique ou fonctionnelle (ex. : lésion de la moelle
épinière).
• L'incapacité (disability) : réduction des capacités à accomplir une activité (ex. : difficulté
à marcher).
• Le désavantage (handicap) : désavantage social résultant de la déficience et de
l'incapacité (ex. : impossibilité d'accéder à un lieu de travail).
Cette tripartition a été fondamentale pour distinguer les niveaux d'analyse et montrer que le
passage d'une déficience à un handicap social n'est pas automatique : il dépend de
l'environnement. Une déficience visuelle dans une société qui n'utilise que l'écrit est plus
handicapante que dans une société qui propose des supports audio.
La CIF de 2001 a complexifié ce schéma en introduisant les facteurs contextuels (facteurs
environnementaux et facteurs personnels) comme déterminants de la situation de handicap.
PARTIE II — DONNÉES CHIFFRÉES ET RÉALITÉS
SOCIALES
2.1 En France
Les données statistiques sur le handicap sont multiples et dépendent des critères retenus (cf. la
pluralité des approches évoquées ci-dessus). Voici les principaux chiffres à retenir :
• Environ 12 millions de personnes (soit près de 20 % de la population) sont concernées
par une situation de handicap, temporaire ou permanente, selon l'INSEE et la DREES.
• 3,3 millions de personnes disposent d'une reconnaissance administrative de handicap
(RQTH, AAH, invalidité) fin 2024, soit 8,1 % des 15-64 ans.
• 6,8 millions de personnes de plus de 15 ans font état d'une limitation sévère dans leurs
activités.
• Sur le marché du travail : le taux d'activité des personnes reconnues handicapées est
de 44 % contre 73 % pour l'ensemble de la population. Leur taux de chômage est de 15
%, soit presque le double.
• 4 % seulement des effectifs des entreprises privées sont des travailleurs handicapés,
contre un objectif légal de 6 %.
• Scolarisation : 520 000 enfants en situation de handicap sont scolarisés en 2024, contre
130 000 en 2005 — soit une multiplication par quatre en vingt ans.
• L'Allocation aux adultes handicapés (AAH) est de 971,37 euros/mois en 2023, soit en
dessous du seuil de pauvreté (1 158 euros/mois).
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2.2 Au niveau mondial
• 1,3 milliard de personnes vivent avec un handicap important, soit 1 personne sur 6 dans
le monde (OMS, 2023).
• Les personnes handicapées peuvent mourir jusqu'à 20 ans plus tôt que les personnes
non handicapées.
• Elles sont deux fois plus exposées au risque de dépression, d'asthme, de diabète ou
d'obésité.
• Il est 15 fois plus difficile pour une personne handicapée d'accéder à un transport
inadapté que pour une personne valide.
• Dans l'Union européenne, 28,8 % des personnes handicapées sont exposées au risque
de pauvreté ou d'exclusion sociale, contre 18,3 % des personnes non handicapées.
2.3 Quelques paradoxes statistiques
La sociologie critique note un paradoxe dans la définition administrative du handicap : selon les
études de Romuald Bodin, moins de 50 % des personnes ayant une reconnaissance
administrative du handicap déclarent avoir à la fois une incapacité ET une restriction d'activité
sociale. Cela révèle que la catégorie administrative du handicap répond à une logique
institutionnelle propre qui ne coïncide pas exactement avec les réalités vécues.
PARTIE III — HISTOIRE DES REPRÉSENTATIONS DU
HANDICAP
3.1 L'Antiquité : corps idéal et eugénisme
Dans la Grèce antique, le corps est au cœur d'un idéal de beauté et d'harmonie (kalokagathia :
le beau et le bon). La déficience physique ou mentale est perçue comme une rupture de cet
idéal. Platon, dans le Timée, définit l'homme accompli par l'équilibre du corps et de l'âme ; le
corps déficient compromet cette perfection.
Les pratiques sociales vont dans le sens de l'eugénisme : à Sparte, les enfants nés avec des
malformations étaient abandonnés du haut de l'Apothètes, un rocher du mont Taygète. Rome
n'est pas en reste : Sénèque justifiait la mise à mort des enfants « débiles ou monstrueux » par
la raison.
L'infirmité est perçue à la fois comme un signe divin (punition des dieux, malédiction) et comme
une source de honte pour la famille et la cité.
3.2 Le Moyen Âge : charité et liminalité
Avec le christianisme, le regard change partiellement. La figure du Christ souffrant valorise la
douleur et l'infirmité comme participation à la passion divine. La charité envers les pauvres et
les infirmes devient un devoir moral. Mais l'infirme reste un être à part, occupant une position
liminale (au seuil) dans la société.
Henri-Jacques Stiker, dans son anthropologie historique, montre que l'Église organise la charité
envers les infirmes sans pour autant les intégrer pleinement à la communauté. La figure de
l'infirme est « tolérée » mais non reconnue comme citoyen à part entière.
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3.3 L'époque classique : entre enfermement et éducabilité
Michel Foucault, dans Histoire de la folie à l'âge classique (1961), montre comment l'âge
classique invente le « grand renfermement » : les fous, les indigents, les infirmes sont
regroupés dans des institutions (hôpitaux généraux, hospices) qui les mettent à l'écart du
monde ordinaire. Cette ségrégation institutionnelle définit une frontière entre normalité et
anormalité.
Parallèlement, les Lumières introduisent la notion d'éducabilité. L'abbé de l'Épée (1712-1789)
fonde à Paris la première école pour les sourds-muets et invente des signes méthodiques pour
leur permettre de communiquer. Valentin Haüy (1745-1822) crée l'institution des jeunes
aveugles et invente les caractères en relief. Ces initiatives pionnières posent la question de la
capacité d'apprentissage des personnes handicapées, contre les visions purement déficitaires.
Diderot, dans sa Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient (1749), interroge la
manière dont un aveugle-né perçoit le monde, ouvrant une réflexion philosophique sur la
relativité des sens et la construction de la connaissance.
3.4 XIXe siècle : médicalisation et classification
Le XIXe siècle voit la médecine s'emparer de la question du handicap. La naissance de la
psychiatrie (Pinel, Esquirol), de la neurologie et de la médecine légale produit des catégories de
classification des « anormaux ». L'arrière-plan darwiniste et positiviste légitime des pratiques
eugénistes, notamment aux États-Unis et en Europe du Nord, qui aboutiront, au XXe siècle, aux
programmes d'euthanasie nazie (Aktion T4, entre 1939 et 1941, qui causa la mort de quelque
200 000 personnes handicapées).
En France, la loi de 1838 sur les aliénés organise l'internement psychiatrique. Ces lois
entérinent l'exclusion institutionnelle des personnes considérées comme « anormales ».
3.5 XXe siècle : de l'assistance à la reconnaissance
Le XXe siècle marque un tournant progressif. Les deux guerres mondiales produisent des
millions de mutilés, ce qui force les États à penser des dispositifs de réinsertion et
d'indemnisation. Les « gueules cassées » de 14-18 créent un précédent : la société doit
réparation à ceux qui ont sacrifié leur corps pour elle. La loi française de 1898 sur les accidents
du travail amorce la reconnaissance d'une responsabilité collective.
Les années 1960-1970 voient émerger les mouvements de droits civiques aux États-Unis et,
dans leur sillage, les premières organisations de personnes handicapées réclamant l'autonomie
et la fin de la discrimination. En 1973, le Rehabilitation Act américain interdit la discrimination
envers les personnes handicapées dans les programmes financés par l'État fédéral.
L'Americans with Disabilities Act (ADA) de 1990 marque un pas décisif.
En France, la loi de 1975 d'orientation en faveur des personnes handicapées constitue la
première grande loi sociale dans ce domaine. Elle sera réformée en profondeur par la loi de
2005.
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PARTIE IV — LES GRANDS MODÈLES THÉORIQUES
DU HANDICAP
Le regard que l'on porte sur le handicap dépend fondamentalement du modèle théorique que
l'on adopte. Ces modèles ne sont pas de simples abstractions : ils ont des conséquences
pratiques directes sur les politiques publiques, les pratiques soignantes et la manière dont les
personnes handicapées sont traitées.
4.1 Le modèle médical (ou individuel)
C'est le modèle le plus ancien et longtemps dominant. Il considère le handicap comme une
déficience individuelle, un problème d'ordre biomédical qui relève de la médecine, de la
rééducation et du traitement. L'objectif est de « normaliser » la personne, de réduire ou de
compenser la déficience.
Dans ce cadre, la personne handicapée est d'abord un patient, un individu dont il faut prendre
en charge le problème. Le handicap est vu comme une tragédie personnelle (personal tragedy
theory, selon Mike Oliver) que la médecine doit chercher à résoudre.
Ce modèle a des avantages évidents : il permet de traiter des pathologies, de proposer des
aides techniques, des rééducations. Mais il a aussi des limites importantes : il tend à réduire la
personne à sa déficience, à la définir par ce qui lui manque plutôt que par ses capacités, et il
ignore les dimensions sociales et environnementales du handicap.
4.2 Le modèle social (Disability Studies)
Le modèle social est né en Grande-Bretagne dans les années 1970, sous l'impulsion de
militants et d'universitaires se réclamant des disability studies. Son principal théoricien est Mike
Oliver (1945-2019). Il a été conceptualisé par l'UPIAS (Union of the Physically Impaired Against
Segregation) dans leur manifeste de 1976.
Ce modèle opère une distinction fondamentale entre :
• L'impairment (déficience) : la réalité biologique individuelle (être sourd, avoir une lésion
de la moelle épinière…).
• Le disability (handicap) : le désavantage social créé non par la déficience elle-même,
mais par une société qui ne s'adapte pas à la diversité des corps et des esprits.
Selon ce modèle, ce n'est pas la déficience qui handicape, mais les barrières sociales,
architecturales, culturelles et institutionnelles. Un utilisateur de fauteuil roulant n'est pas
handicapé par son fauteuil mais par l'absence de rampes d'accès, d'ascenseurs, de transports
adaptés.
"Le problème du handicap ne réside pas dans l'individu mais dans la société." —
Mike Oliver
Le modèle social a des implications politiques radicales : si le handicap est produit socialement,
alors c'est à la société de changer, non à la personne handicapée de s'adapter. Les solutions
sont collectives (accessibilité universelle, lutte contre la discrimination) et non individuelles
(traitement, réadaptation).
Limites du modèle social : il a été critiqué pour avoir tendance à nier la réalité de la déficience
et la souffrance qui peut lui être associée. Tom Shakespeare, lui-même handicapé, a argué que
le modèle social ne pouvait pas tout expliquer et qu'il fallait réintégrer la dimension corporelle et
subjective de l'expérience du handicap.
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4.3 Le modèle biopsychosocial et la CIF
La Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF, OMS,
2001) propose un modèle intégrateur, souvent qualifié de biopsychosocial. Elle tient compte à
la fois des facteurs médicaux (déficiences) et des facteurs contextuels (environnement, facteurs
personnels) pour rendre compte de la situation de handicap.
Ce modèle reconnaît que le handicap résulte d'une interaction entre une condition de santé et
des facteurs contextuels. Il représente un compromis entre le modèle médical et le modèle
social, et constitue aujourd'hui le cadre de référence international dominant.
4.4 Le modèle caritatif
Antérieur aux modèles précédents, il voit dans la personne handicapée un être à plaindre, à
protéger, bénéficiaire de la générosité des bien-portants. Ce modèle, lié à la tradition religieuse
de charité, tend à infantiliser et à déresponsabiliser les personnes handicapées. Il persiste dans
certaines représentations culturelles et certains discours philanthropiques.
4.5 Le modèle culturel et identitaire
Développé notamment par les études sur la communauté sourde, ce modèle considère le
handicap comme une identité culturelle plutôt que comme un déficit. La culture sourde est
l'exemple le plus représentatif : les Sourds (avec un S majuscule) revendiquent une
communauté, une langue (la langue des signes), une histoire et des valeurs communes, et
refusent d'être définis comme des personnes handicapées.
Ce modèle questionne radicalement la notion de norme et de normalité : qui décide ce qui est
normal ? Au nom de quoi l'oreille qui entend serait-elle plus normale que l'oreille qui ne perçoit
pas les sons ?
4.6 Le Processus de Production du Handicap (PPH)
Ce modèle québécois, développé par Patrick Fougeyrollas, propose un cadre conceptuel
systématique qui articule les facteurs personnels (déficiences, capacités), les facteurs
environnementaux (facilitateurs ou obstacles) et la participation sociale. Il distingue les «
situations de participation sociale » et les « situations de handicap » selon que l'environnement
facilite ou entrave la participation.
Le PPH a l'avantage de valoriser les interactions entre la personne et son environnement, et de
concevoir le handicap non comme un état fixe mais comme un processus dynamique.
PARTIE V — AUTEURS, PENSEURS ET RÉFÉRENCES
INCONTOURNABLES
5.1 Erving Goffman — Le stigmate (1963)
Sociologue américano-canadien (1922-1982), Goffman est l'auteur de Stigmate : les usages
sociaux des handicaps (1963, trad. fr. 1975), l'un des textes fondateurs de la sociologie de la
déviance et du handicap. Son concept central est celui de stigmate, qu'il définit comme un
attribut social profondément dévalorisant, réduisant son porteur à cet attribut unique aux yeux
des autres.
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Pour Goffman, le stigmate n'est pas une propriété de l'individu mais une relation sociale : il se
définit dans le regard d'autrui et dans l'écart à une norme attendue. Il distingue trois types de
stigmates :
• Les difformités du corps (handicaps physiques visibles).
• Les tares du caractère (maladie mentale, addiction, homosexualité à l'époque…).
• Les stigmates tribaux (race, nationalité, religion).
Goffman introduit la distinction entre le discrédité (dont le stigmate est immédiatement visible)
et le discréditable (dont le stigmate est invisible mais connu ou potentiellement révélable).
Chacun développe des stratégies de gestion du stigmate : dissimulation, compensation,
affrontement, resignation.
Goffman montre aussi que la rencontre entre un « normal » et un stigmatisé génère
structurellement du malaise, quelle que soit la bonne volonté des participants. Le stigmatisé est
réduit à son attribut dévalorisant ; toutes ses actions sont interprétées à travers ce prisme.
"Il suffit qu'une différence soit traitée en inégalité pour que l'étiquette attribuée à
autrui devienne un stigmate." — Erving Goffman, Stigmate
5.2 Georges Canguilhem — Le normal et le pathologique (1943/1966)
Médecin et philosophe français (1904-1995), Canguilhem est l'auteur d'une réflexion
fondamentale sur la notion de norme, qui constitue le socle philosophique de toute réflexion sur
le handicap.
Sa thèse centrale : le normal et le pathologique ne sont pas des catégories objectives et
absolues, mais des constructions relatives à un organisme vivant et à son milieu. Être normal,
c'est être capable de créer de nouvelles normes en réponse à un nouveau milieu (normativité).
La maladie n'est pas une absence de norme mais une norme différente, plus rigide, moins
adaptable.
Cette approche a des conséquences importantes pour penser le handicap : la déficience n'est
pas un manque par rapport à une norme absolue, mais une manière d'être au monde différente.
Cela ouvre la voie à une conception respectueuse de la différence.
Paul Ricœur, dans son dialogue avec Canguilhem, soutient que la maladie et le handicap, en
tant que formes particulières de vie, sont dignes de respect en eux-mêmes et non seulement
comme objets de compassion ou de traitement médical.
5.3 Michel Foucault — Histoire de la folie, Surveiller et punir
Philosophe français (1926-1984), Foucault a profondément marqué la réflexion sur le handicap,
même si ce n'était pas son objet premier. Deux apports essentiels :
• Sa généalogie de la normalisation : dans Surveiller et punir (1975), il analyse comment
les sociétés modernes produisent des normes et des dispositifs de contrôle des corps.
Le « regard clinique » médical est un instrument de pouvoir qui classe, catégorise,
normalise les individus.
• Sa description du « grand renfermement » dans Histoire de la folie (1961) : les fous et
les infirmes sont exclus de l'espace social ordinaire et enfermés dans des institutions
totalitaires.
Le concept foucaldien de dispositif a été appliqué au handicap : le diagnostic de handicap
fonctionne comme un dispositif qui « capture, oriente, détermine et modèle les gestes, les
conduites, les opinions des êtres vivants » (Giorgio Agamben, prolongeant Foucault).
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5.4 Henri-Jacques Stiker — Corps infirmes et sociétés (1982)
Philosophe, historien et anthropologue français, Stiker est l'un des grands spécialistes du
handicap en France. Son ouvrage majeur, Corps infirmes et sociétés (1982, rééd. 2013),
propose une anthropologie historique de l'infirmité, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours.
Stiker développe la notion de liminalité pour décrire la position sociale des personnes
handicapées : elles occupent un seuil, une position frontière entre l'intérieur et l'extérieur de la
communauté, ni totalement incluses, ni totalement exclues. Cette position liminale génère une
inquiétude symbolique profonde : le corps infirme rappelle à tous la fragilité et la mort.
Pour Stiker, le problème du handicap est révélateur de la culture dont il est le vestige : la
manière dont une société traite ses membres les plus vulnérables dit quelque chose d'essentiel
sur ses valeurs.
"Le problème du handicap est un peu le morceau de poterie découvert dans une
fouille et qui permet des indications importantes sur la culture dont il est le
vestige." — Henri-Jacques Stiker
Stiker propose également d'analyser le mouvement contemporain vers l'inclusion non comme
une pure avancée, mais avec une certaine distance critique : l'inclusion peut être aussi une
forme de normalisation, une pression à ressembler à la norme, à gommer la différence plutôt
qu'à la valoriser.
5.5 Romuald Bodin — L'institution du handicap (2018)
Sociologue français contemporain, Bodin propose une sociologie institutionnelle du handicap
qui rompt avec l'approche biomédicale. Sa thèse centrale : le handicap est avant tout une
réalité sociale et relationnelle, résultant d'un double processus institutionnel. C'est d'abord
l'institution scolaire qui signale l'anormalité (le pic de reconnaissance des handicaps mentaux
se situe entre 2 et 4 ans, précisément au moment de l'entrée à l'école), puis l'institution
administrative (MDPH) qui la reconnaît et la gère.
Cette approche réfute à la fois le modèle médical (le handicap n'est pas d'abord biologique) et
le modèle social classique (le handicap ne se réduit pas à l'environnement matériel). Une
personne en fauteuil roulant et une personne poussant un landau se trouvent dans le même
environnement, mais l'une est handicapée et l'autre non : cela prouve que le handicap est
fondamentalement une réalité relationnelle et institutionnelle.
5.6 Mike Oliver — Le modèle social
Chercheur britannique en disability studies (1945-2019), lui-même utilisateur de fauteuil roulant,
Oliver est le théoricien le plus influent du modèle social du handicap. Sa distinction entre
déficience (impairment) et handicap (disability) — l'une biologique, l'autre socioéconomique —
a structuré toute la réflexion anglophone sur le sujet depuis les années 1980.
Oliver défend une conception matérialiste et marxiste du handicap : les personnes handicapées
forment une classe opprimée par une société capitaliste fondée sur la productivité et la norme
corporelle du travailleur idéal. La dépendance économique des personnes handicapées est
produite par les structures sociales, non par leurs déficiences.
5.7 Amartya Sen — L'approche par les capabilités
Économiste et philosophe indien (né en 1933), Prix Nobel d'économie 1998, Sen a développé
une approche par les capabilités (capability approach) qui permet de penser le handicap sous
un angle original. Pour Sen, ce qui compte n'est pas ce que les individus possèdent
(ressources), mais ce qu'ils sont capables de faire et d'être (fonctionnements et capabilités).
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Une personne handicapée peut avoir les mêmes ressources qu'une personne valide, mais des
capabilités bien moindres pour les convertir en fonctionnements réels (se déplacer, participer à
la vie sociale…). L'approche par les capabilités justifie donc des politiques de compensation qui
vont au-delà de la simple égalité formelle des ressources, pour viser l'égalité réelle des
capacités d'action.
Martha Nussbaum, dans ses travaux sur la justice, a prolongé l'approche de Sen pour défendre
les droits des personnes handicapées sur la base d'une liste de capabilités centrales que toute
société juste doit garantir.
5.8 Robert F. Murphy — Body Silent (1987)
Anthropologue américain atteint d'une paralysie progressive, Murphy a livré dans The Body
Silent un témoignage ethnographique exceptionnel sur l'expérience vécue du handicap. Il
explore la transformation de l'identité corporelle, les mécanismes de stigmatisation, la relation à
l'espace et au temps. Il distingue la situation du handicapé de celle du déviant volontaire : le
tétraplégique subit son destin, là où le délinquant choisit le sien.
PARTIE VI — QUESTIONS ÉTHIQUES ET
PHILOSOPHIQUES
6.1 Qu'est-ce qu'une vie bonne ? La question du handicap grave
Le handicap soulève de manière aiguë la question philosophique de ce qui fait une vie bonne
ou digne. Certains philosophes, comme Peter Singer, ont défendu des positions utilitaristes
controversées selon lesquelles certaines vies handicapées graves comporteraient moins de
bien-être et mériteraient donc moins d'investissements sociaux. Ces positions ont été vivement
critiquées par les disability studies et par des philosophes comme Martha Nussbaum, pour qui
toute vie humaine est digne d'être respectée et soutenue.
La question se pose également en bioéthique : le diagnostic prénatal et la possibilité
d'interrompre une grossesse en cas de malformation fœtale soulèvent des tensions entre le
droit à l'interruption de grossesse et la valeur accordée aux vies avec handicap. Des
associations de personnes handicapées ont parfois dénoncé le risque d'eugénisme médical «
doux ».
6.2 Autonomie, dépendance et care
La philosophie du care (Gilligan, Noddings, Tronto, Molinier) a remis en cause l'idéal libéral d'un
sujet autonome, indépendant et rationnel. Elle propose de penser à partir de la dépendance et
de l'interdépendance, qui caractérisent tous les êtres humains à différents moments de leur vie
(enfance, vieillesse, maladie, handicap). Dans cette perspective, le handicap n'est pas une
exception marginale mais une variation de la condition humaine fondamentalement vulnérable.
Joan Tronto, dans Moral Boundaries (1993), définit le care comme une pratique et une éthique
de la sollicitude, fondée sur l'attention aux besoins de l'autre. Cette éthique valorise les métiers
du soin et du service aux personnes handicapées, souvent dévalorisés économiquement et
symboliquement.
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6.3 La question de la normalité
La réflexion de Canguilhem sur la normalité trouve un écho dans les disability studies : la norme
n'est pas un fait naturel mais une construction sociale et historique. Ce qui est considéré
comme normal dans une société donnée à une époque donnée dépend de configurations
culturelles, économiques et politiques.
Le concept de capacitisme (ou validisme, ableism en anglais) désigne les préjugés et
discriminations systématiques envers les personnes handicapées, fondées sur l'idée que les
corps et les esprits valides sont la norme supérieure. De même que le racisme naturalise une
hiérarchie entre groupes raciaux, le capacitisme naturalise une hiérarchie entre corps valides et
corps handicapés.
6.4 Inclusion vs ségrégation : un faux débat ?
La tension entre inclusion (scolarisation et vie en milieu ordinaire) et ségrégation (institutions
spécialisées) est au cœur des politiques du handicap. Les tenants de l'inclusion radicale
arguent que les institutions, même bien intentionnées, sont des formes de ségrégation qui
privent les personnes handicapées de leur participation à la vie sociale ordinaire. Les tenants
des institutions spécialisées soulignent que celles-ci peuvent offrir des soins et des
accompagnements adaptés que le milieu ordinaire ne peut pas toujours garantir.
Stiker nuance : l'inclusion peut devenir une nouvelle forme de normalisation si elle exige que la
personne handicapée s'adapte à la norme plutôt que la société s'adapte à la diversité. Une
véritable inclusion suppose une transformation des normes elles-mêmes, pas seulement une
intégration physique dans des espaces ordinaires.
6.5 Technologie, transhumanisme et posthumanisme
Les progrès technologiques (prothèses bioniques, exosquelettes, interfaces cerveau-machine,
thérapies géniques) soulèvent de nouvelles questions éthiques. Le transhumanisme voit dans
la technologie le moyen de dépasser les limites du corps humain, y compris le handicap. Mais
cette vision est critiquée : elle risque de renforcer la pression à la normalisation et de creuser
les inégalités d'accès entre pays riches et pauvres.
Certains militants handicapés et philosophes défendent un « orgueil du handicap » (disability
pride) analogue à la fierté gay : revendiquer positivement son identité de personne handicapée,
refuser la logique de la honte et de la normalisation, et affirmer la valeur et la richesse de
l'expérience du handicap.
PARTIE VII — POLITIQUES PUBLIQUES ET CADRE
JURIDIQUE
7.1 La loi du 11 février 2005
Cette loi constitue un tournant majeur dans la politique française du handicap. Ses principaux
apports :
• Une définition légale du handicap intégrant la dimension environnementale.
• La création de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), guichet
unique d'accueil et d'orientation.
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• Le droit à la compensation du handicap, individualisée et adaptée aux besoins.
• L'obligation d'accessibilité généralisée (bâtiments, transports, voirie, services
numériques).
• Le droit à la scolarisation en milieu ordinaire pour tout enfant handicapé.
• Le renforcement de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (6 % des effectifs
dans les entreprises de plus de 20 salariés).
Vingt ans après son adoption, le bilan est mitigé. Les avancées sont réelles en matière de
scolarisation et de reconnaissance des droits, mais les inégalités persistent : pauvreté (l'AAH
reste en dessous du seuil de pauvreté), chômage structurellement plus élevé, inaccessibilité
persistante de nombreux espaces publics.
7.2 Le droit international
La Convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées (CRPD, 2006) est le
premier instrument international juridiquement contraignant sur les droits des personnes
handicapées. Ratifiée par plus de 180 États, elle garantit notamment le droit à l'éducation
inclusive, à l'emploi, à l'autonomie et à la participation à la vie sociale et culturelle.
7.3 Enjeux actuels
• L'accessibilité numérique : à l'ère du tout-numérique, l'inaccessibilité des sites web, des
applications et des services dématérialisés constitue une nouvelle forme d'exclusion.
• Le vieillissement de la population : la frontière entre handicap et perte d'autonomie liée
au vieillissement devient de plus en plus floue.
• La santé mentale : les troubles psychiques représentent un enjeu croissant, souvent
sous-traité.
• La déconjugalisation de l'AAH (effective depuis 2023) : une avancée vers l'autonomie
financière des personnes handicapées.
• La question de la rémunération des aidants familiaux, souvent des femmes qui sacrifient
leur carrière.
PARTIE VIII — PISTES D'ARGUMENTS POUR LA
DISSERTATION
8.1 Arguments en faveur d'une définition sociale du handicap
• Le handicap est relatif à l'environnement : la même déficience n'entraîne pas le même
niveau de handicap selon les sociétés. Une société accessible au fauteuil roulant «
supprime » en grande partie le handicap moteur.
• Les catégories du handicap évoluent historiquement et culturellement : des conditions
autrefois non reconnues (dyslexie, TSA) le sont aujourd'hui. Cela montre que la
définition du handicap est socialement construite.
• Le handicap est inégalement distribué : il touche davantage les milieux populaires
(accidents du travail, moindre accès aux soins préventifs). Il s'inscrit dans des rapports
de classe et de genre.
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8.2 Arguments en faveur d'une prise en compte de la réalité
corporelle
• La souffrance physique liée à certaines déficiences est réelle et ne peut être réduite à sa
dimension sociale. Nier la déficience au nom du modèle social risque de priver les
personnes du soutien médical dont elles ont besoin.
• Toutes les déficiences ne peuvent pas être compensées par des aménagements
environnementaux : certains niveaux de handicap cognitif ou psychique requièrent des
prises en charge spécialisées.
• L'approche par les capabilités (Sen) permet de tenir les deux aspects : reconnaître la
réalité des déficiences tout en insistant sur la responsabilité collective de créer les
conditions d'une participation égale.
8.3 Arguments autour de la norme et de la différence
• La notion de normalité est construite et relative (Canguilhem). Toute norme reflète des
choix culturels et des rapports de pouvoir, non des vérités naturelles.
• Le handicap révèle la fragilité universelle de la condition humaine : nous sommes tous
potentiellement handicapés, à différents moments de notre vie. La solidarité n'est pas
une grâce accordée aux forts, mais une nécessité partagée.
• La valorisation de la neurodiversité (dans les cas de l'autisme notamment) questionne
l'idée même de traitement : certaines formes d'autisme sont associées à des capacités
exceptionnelles dans certains domaines.
8.4 Arguments éthiques
• La dignité humaine est inconditionnelle et ne dépend pas des capacités fonctionnelles
(Kant, Rawls). Tout être humain est digne de respect et de protection, indépendamment
de son niveau d'autonomie.
• L'éthique du care (Gilligan, Tronto) propose de fonder la morale sur la sollicitude envers
les plus vulnérables, en valorisant la dépendance et l'interdépendance comme
conditions naturelles de la vie humaine.
• L'exclusion des personnes handicapées est une injustice au sens rawlsien : une société
juste est celle qui organise ses institutions de manière à maximiser le sort des plus
défavorisés (principe de différence).
8.5 Arguments critiques envers les politiques d'inclusion
• L'inclusion peut être une nouvelle forme de normalisation si elle exige que la personne
handicapée se conformer à la norme du milieu ordinaire sans que ce milieu ne se
transforme.
• La désinstitutionnalisation, sans ressources suffisantes, peut laisser des personnes
avec des handicaps sévères sans accompagnement adéquat, à la charge exclusive de
leurs proches.
• Les discours sur l'accessibilité et l'inclusion peuvent masquer une logique économique
de rentabilisation des personnes handicapées, réduite à leur capacité de production et
de consommation.
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CONCLUSION GÉNÉRALE
Le handicap est un prisme extraordinaire pour réfléchir aux fondements de nos sociétés :
comment définissons-nous la normalité ? Quelle place faisons-nous à la différence et à la
vulnérabilité ? Comment articulons-nous liberté individuelle et solidarité collective ? Ces
questions ne concernent pas seulement les personnes handicapées : elles interrogent ce que
nous voulons être comme société.
Les grands clivages théoriques — modèle médical contre modèle social, intégration contre
inclusion, autonomie contre dépendance — ne doivent pas être perçus comme des oppositions
stériles mais comme des tensions productives qui invitent à une pensée nuancée. La vérité sur
le handicap est probablement irréductible à un seul modèle : elle requiert la capacité de tenir
ensemble plusieurs perspectives, d'articuler le biologique et le social, l'individuel et le collectif,
le corporel et l'institutionnel.
Les grandes questions que votre dissertation pourrait vous poser, autour desquelles vous
pouvez now articuler vos arguments :
• Le handicap est-il une réalité naturelle ou une construction sociale ?
• La norme est-elle un instrument de liberté ou d'oppression ?
• Inclusion et normalisation sont-elles la même chose ?
• Qu'est-ce qu'une société juste envers ses membres les plus vulnérables ?
• La technologie peut-elle « supprimer » le handicap, et le devrait-elle ?
• Peut-on revendiquer le handicap comme une identité positive ?
BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE
Ouvrages fondamentaux
• CANGUILHEM, Georges, Le normal et le pathologique, PUF, 1943/1966.
• FOUCAULT, Michel, Histoire de la folie à l'âge classique, Gallimard, 1961.
• GOFFMAN, Erving, Stigmate : les usages sociaux des handicaps, Minuit, 1963 (trad.
1975).
• OLIVER, Mike, The Politics of Disablement, Macmillan, 1990.
• STIKER, Henri-Jacques, Corps infirmes et sociétés, Dunod, 1982/2013.
Ouvrages complémentaires
• BODIN, Romuald, L'institution du handicap, La Dispute, 2018.
• MURPHY, Robert F., The Body Silent, Norton, 1987.
• NUSSBAUM, Martha, Frontiers of Justice, Harvard UP, 2006.
• SEN, Amartya, Inequality Reexamined, Harvard UP, 1992.
• SHAKESPEARE, Tom, Disability Rights and Wrongs, Routledge, 2006.
Textes juridiques et officiels
• Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances.
• Convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées, 2006.
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COURS PRÉPARATOIRE — LE HANDICAP
• OMS, Rapport sur le handicap, 2011 et 2023.
• CIF — Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé,
OMS, 2001.
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