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NET3602

Le document présente une introduction aux réseaux informatiques, abordant des concepts clés tels que l'Internet, les protocoles, la structure du réseau, et les performances réseau. Il détaille également la méthodologie pour répondre aux questions à choix multiples (QCM) et fournit des exercices pratiques. Les thèmes incluent la commutation de paquets, le délai, la perte de paquets, et les couches de protocoles.

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NET3602 : Réseaux de Données

Zineddine Gomri
NET3602 – Chapitre 1
Introduction aux Réseaux Informatiques

Zineddine Gomri
19 juin 2025

Table des matières


1 Résumé de cours 2
1.1 Qu’est-ce que l’Internet ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Les Protocoles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Structure du Réseau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3.1 La Périphérie du Réseau (Network Edge) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3.2 Le Cœur du Réseau (Network Core) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Performance du Réseau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4.1 Délai (Delay) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4.2 Perte de Paquets (Packet Loss) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4.3 Débit (Throughput) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.5 Couches de Protocoles et Encapsulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Méthodologie pour répondre aux QCM 5

3 Entraînement – QCM 6
3.1 Questions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.2 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

4 Pièges classiques du thème 13

1
1 Résumé de cours
1.1 Qu’est-ce que l’Internet ?
Il existe deux manières de définir l’Internet :
1. Vue "Nuts and Bolts" (Composants matériels) :
— L’Internet est un ensemble de milliards de dispositifs informatiques connectés
appelés hôtes ou systèmes d’extrémité (end systems).
— Ces hôtes sont connectés par un réseau de liens de communication (fibre optique,
cuivre, radio, satellite). La vitesse de transmission d’un lien est sa bande passante
(bandwidth).
— Les données sont envoyées en paquets (packets).
— Des commutateurs de paquets (packet switches), comme les routeurs et les
commutateurs (switches), acheminent ces paquets vers leur destination.
— L’Internet est un "réseau de réseaux" interconnectant des Fournisseurs d’Accès à
Internet (FAI ou ISP en anglais).
— Les protocoles (ex : TCP, IP, HTTP) contrôlent l’envoi et la réception des infor-
mations.
2. Vue "Services" :
— L’Internet est une infrastructure qui fournit des services à des applications
distribuées (Web, e-mail, jeux, streaming, etc.).
— Il offre une interface de programmation (API) qui permet aux applications de
s’envoyer des messages.

1.2 Les Protocoles


Un protocole définit les règles qui gouvernent la communication entre entités.
— Format des messages : structure, champs, etc..
— Ordre des messages : séquence d’échange (ex : une requête doit précéder une réponse).
— Actions à entreprendre : actions déclenchées à la réception d’un message ou à l’expi-
ration d’un délai.

1.3 Structure du Réseau


1.3.1 La Périphérie du Réseau (Network Edge)
Composée des hôtes, qui peuvent être des clients ou des serveurs.
— Réseaux d’accès (Access Networks) : connectent les systèmes d’extrémité au premier
routeur (le routeur de périphérie, ou "edge router").
— Résidentiel : DSL, Câble, Fibre jusqu’au domicile (FTTH).
— Entreprise/Institutionnel : Ethernet, WiFi.
— Mobile : 4G, 5G, WiFi.
— Médias Physiques :
— Guidés : Paire torsadée (Twisted Pair), câble coaxial, fibre optique.
— Non guidés : Radio (WiFi, 4G/5G, satellite).

2
1.3.2 Le Cœur du Réseau (Network Core)
C’est le maillage de routeurs interconnectés qui relie les réseaux d’accès entre eux. Sa fonc-
tion principale est d’acheminer les données.

Commutation de Paquets (Packet Switching)


— Les messages longs sont découpés en paquets.
— Store-and-Forward : Le routeur doit recevoir l’intégralité d’un paquet avant de pouvoir
le transmettre sur le lien suivant.
— Files d’attente (Queuing) : Si des paquets arrivent plus vite que le lien de sortie ne
peut les transmettre, ils sont mis en attente dans une mémoire tampon (buffer). Cela
cause un délai de mise en file d’attente (queuing delay).
— Perte de paquets (Packet Loss) : Si la mémoire tampon est pleine, les paquets arri-
vants sont rejetés (dropped).

Commutation de Circuits (Circuit Switching)


— Alternative à la commutation de paquets. Les ressources (bande passante, buffers) sont
réservées pour la durée d’une "session" ou "appel".
— Performance garantie, pas de partage.
— Ressources inutilisées si l’appel est inactif.
— Méthodes de partage : FDM (Frequency-Division Multiplexing) et TDM (Time-Division
Multiplexing).

1.4 Performance du Réseau


1.4.1 Délai (Delay)
Le délai total d’un paquet traversant un routeur (dnodal ) est la somme de quatre compo-
santes :
dnodal = dproc + dqueue + dtrans + dprop
— Délai de traitement (dproc ) : Temps pour examiner l’en-tête du paquet, vérifier les
erreurs. Typiquement µs.
— Délai de mise en file d’attente (dqueue ) : Temps d’attente dans le buffer. Dépend de
la congestion du routeur.
— Délai de transmission (dtrans ) : Temps pour "pousser" tous les bits du paquet sur le
lien. dtrans = L/R, où L est la taille du paquet (bits) et R le débit du lien (bps).
— Délai de propagation (dprop ) : Temps pour qu’un bit voyage du début à la fin du lien.
dprop = d/s, où d est la longueur du lien et s la vitesse de propagation (≈ 2 × 108 m/s).

1.4.2 Perte de Paquets (Packet Loss)


Un paquet peut être perdu si la file d’attente (buffer) d’un routeur est pleine à son arrivée.

3
1.4.3 Débit (Throughput)
Le débit est la vitesse (en bits/seconde) à laquelle les bits sont transférés entre un émetteur
et un récepteur.
— Débit instantané vs. débit moyen.
— Le lien goulet (bottleneck link) est le lien sur le chemin de bout en bout qui contraint
le débit global. Le débit de bout en bout est min(Rs , Rc , . . . ).

1.5 Couches de Protocoles et Encapsulation


Les réseaux sont organisés en couches pour gérer leur complexité. Le modèle Internet a 5
couches :
Couche 1 Application : Supporte les applications réseau (HTTP, SMTP, DNS). Message.
Couche 2 Transport : Transfert de données de processus à processus (TCP, UDP). Segment.
Couche 3 Réseau : Routage des datagrammes de la source à la destination (IP). Datagramme.
Couche 4 Liaison (Link) : Transfert de données entre éléments voisins (Ethernet, WiFi). Trame
(Frame).
Couche 5 Physique : Transmission des bits sur le "fil".

Encapsulation : À chaque couche, une unité de données (PDU) de la couche supérieure est
encapsulée dans la PDU de la couche actuelle, en y ajoutant un en-tête.

Message (M)
Transport (Segment)
Ht M
Réseau (Datagramme)
Hn Ht M
Liaison (Trame)
Hl Hn Ht M

4
2 Méthodologie pour répondre aux QCM
1. Lisez la question entièrement et attentivement. Identifiez les mots-clés comme
"NON", "JAMAIS", "TOUJOURS", "le plus probable", "le meilleur". Un seul mot peut
changer radicalement la bonne réponse.
2. Distinguez les concepts proches. Le chapitre d’introduction contient de nombreux
pièges basés sur des concepts similaires mais distincts. Assurez-vous de bien comprendre
les différences entre :
— Commutation de paquets vs. Commutation de circuits : L’un réserve les
ressources (circuit), l’autre non (paquet).
— Routage vs. Commutation (Forwarding) : Le routage est le processus global de
détermination du chemin (logique de contrôle), la commutation est l’action locale
d’un routeur pour transférer un paquet d’une entrée à une sortie (logique de données).
— Délai de transmission vs. Délai de propagation : Le premier dépend de la
taille du paquet et du débit (L/R), le second de la distance physique (d/s). Ils sont
indépendants.
— Hôte/Système d’extrémité vs. Routeur : Les hôtes sont en périphérie (edge),
les routeurs dans le cœur (core).
— Débit (Throughput) vs. Bande passante (Bandwidth) : La bande passante est
la capacité maximale théorique d’un lien, le débit est la mesure réelle de la vitesse
de transfert, souvent limitée par un lien goulet.
3. Maîtrisez les formules de base. Pour les questions calculatoires, ayez ces formules en
tête :
— Délai de transmission : dtrans = L/R
— Délai de propagation : dprop = d/s
— Intensité du trafic : λ = La/R
— Efficacité Stop-and-Wait : U = (L/R)/(RT T + L/R)
4. Pensez en termes de couches. Lorsqu’une question porte sur une fonction (ex : "Quel
dispositif assure le routage entre sous-réseaux ?"), demandez-vous à quelle couche cette
fonction appartient. Le routage est une fonction de la couche Réseau, donc la réponse est
"un routeur". La correction d’erreur peut se faire à la couche Liaison ou Transport.
5. Utilisez l’élimination. Si vous n’êtes pas certain de la bonne réponse, éliminez les
propositions manifestement fausses. Souvent, deux propositions sont très proches, et les
autres sont des distracteurs évidents.

5
3 Entraînement – QCM
3.1 Questions
Question : Lequel des éléments suivants n’est PAS considéré comme un "système d’extré-
mité" (end system) ?
a) Un serveur web.
b) Un routeur.
c) Un smartphone consultant une page web.
d) Un PC de bureau.

Question : Quelle est la principale fonction du "cœur du réseau" (network core) ?


a) Exécuter des applications utilisateur.
b) Fournir des services d’accès aux utilisateurs finaux.
c) Acheminer les paquets de la source vers la destination.
d) Gérer l’adressage IP des hôtes.

Question : Dans le contexte de la commutation de paquets, quand se produit une perte de


paquet (packet loss) ?
a) Lorsque le délai de propagation est trop élevé.
b) Lorsqu’un paquet arrive à un routeur dont la mémoire tampon (buffer) est pleine.
c) Lorsqu’une erreur de bit est détectée dans l’en-tête du paquet.
d) Lorsque deux paquets arrivent exactement en même temps à un routeur.

Question : Un paquet de 1500 octets (bytes) doit être envoyé sur un lien de 100 Mbits/s.
Quel est le délai de transmission ? (Rappel : 1 octet = 8 bits)
a) 15 µs
b) 120 µs
c) 1,2 ms
d) 0,015 s

Question : Laquelle des affirmations suivantes décrit le mieux la commutation de circuits ?


a) Les ressources sont partagées dynamiquement entre tous les utilisateurs.
b) Les données sont découpées en paquets et envoyées sans réservation préalable.
c) Les ressources de bout en bout sont allouées et réservées pour la durée de la communica-
tion.
d) Elle est plus efficace que la commutation de paquets pour le trafic en rafales (bursty).

6
Question : Quelles sont les quatre sources de délai pour un paquet traversant un nœud de
réseau ?
a) Latence, bande passante, gigue (jitter), et perte.
b) Traitement, mise en file d’attente, transmission, et propagation.
c) Codage, modulation, commutation, et routage.
d) Délai de service, délai d’attente, délai de transfert, et délai de signalisation.

Question : Le débit de bout en bout (end-to-end throughput) est généralement déterminé


par :
a) Le lien le plus rapide sur le chemin.
b) La somme des débits de tous les liens sur le chemin.
c) Le lien le plus lent sur le chemin (lien goulet).
d) La distance totale entre la source et la destination.

Question : Dans le modèle de couches Internet, à quel niveau une unité de données est-elle
appelée "segment" ?
a) Couche Application
b) Couche Transport
c) Couche Réseau
d) Couche Liaison

Question : Un paquet de 1000 bits est envoyé sur un lien physique de 2000 km. La vitesse
de propagation sur le lien est de 2 × 108 m/s. Le débit du lien est de 1 Mbps. Quel est le délai
de propagation ?
a) 1 ms
b) 10 ms
c) 100 ms
d) 1 s

Question : Quelle est la fonction principale d’un protocole ?


a) Augmenter la bande passante d’un lien de communication.
b) Définir les règles de communication entre des entités communicantes.
c) Crypter les données pour assurer la sécurité.
d) Compresser les données pour réduire la taille des paquets.

7
Question : L’Internet est souvent décrit comme un "réseau de réseaux". Qu’est-ce que cela
signifie principalement ?
a) Que chaque maison a son propre réseau.
b) Que l’Internet est formé par l’interconnexion de nombreux FAI (Fournisseurs d’Accès
Internet).
c) Que les applications s’exécutent sur des réseaux séparés.
d) Que les données sont divisées en de multiples petits réseaux de bits.

Question : Que se passe-t-il lorsque l’intensité du trafic (La/R) sur un lien s’approche de
1?
a) Le délai de mise en file d’attente diminue.
b) Le délai de propagation diminue.
c) Le délai de mise en file d’attente augmente de manière très importante.
d) Le délai de transmission devient nul.

8
3.2 Corrigés
Question : Lequel des éléments suivants n’est PAS considéré comme un "système d’extré-
mité" (end system) ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Un routeur.


Explication : Les systèmes d’extrémité (ou hôtes) sont les dispositifs situés à la péri-
phérie de l’Internet, où les applications s’exécutent. Cela inclut les serveurs, les PC, les
smartphones, etc.. Un routeur, en revanche, est un composant du cœur du réseau (net-
work core) dont la fonction est d’acheminer les paquets entre les réseaux, pas d’exécuter
des applications utilisateur finales.

Question : Quelle est la principale fonction du "cœur du réseau" (network core) ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Acheminer les paquets de la source vers la destination.


Explication : Le cœur du réseau est constitué d’un maillage de routeurs interconnectés.
Sa fonction principale est la commutation (forwarding) et le routage (routing) des paquets
pour les faire transiter de leur source à leur destination finale à travers les différents
réseaux. Les applications s’exécutent en périphérie (a), l’accès est fourni par les réseaux
d’accès (b), et l’adressage des hôtes est géré par des protocoles comme DHCP, qui opèrent
en périphérie (d).

Question : Dans le contexte de la commutation de paquets, quand se produit une perte de


paquet (packet loss) ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Lorsqu’un paquet arrive à un routeur dont la mémoire


tampon (buffer) est pleine.
Explication : Les routeurs utilisent des mémoires tampons (files d’attente) pour stocker
les paquets qui ne peuvent pas être immédiatement transmis sur un lien de sortie. Si un
paquet arrive alors que cette file d’attente est déjà pleine, le routeur n’a d’autre choix
que de le rejeter (le "dropper"). C’est la définition de la perte de paquet par congestion.

Question : Un paquet de 1500 octets (bytes) doit être envoyé sur un lien de 100 Mbits/s.
Quel est le délai de transmission ? (Rappel : 1 octet = 8 bits)

9
Explication de la réponse

Réponse correcte : b) 120 µs.


Explication : Le délai de transmission est calculé par la formule dtrans = L/R.
— L (taille du paquet) = 1500 octets = 1500 × 8 = 12000 bits.
— R (débit du lien) = 100 Mbits/s = 100 × 106 bits/s.
— dtrans = 12000 bits
100×106 bits/s
= 12
100000
s = 0.00012 s.
— 0.00012 s = 120 × 10−6 s = 120 microsecondes (µs).

Méthode / Astuce

Méthode : Attention aux unités ! Convertissez toujours la taille du paquet en bits et le


débit du lien en bits par seconde avant de faire le calcul. Méfiez-vous des préfixes (kilo,
Méga, Giga) et de leur valeur (103 , 106 , 109 ).

Question : Laquelle des affirmations suivantes décrit le mieux la commutation de circuits ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Les ressources de bout en bout sont allouées et réservées


pour la durée de la communication.
Explication : La caractéristique fondamentale de la commutation de circuits est la
réservation d’un chemin dédié (un "circuit") avec des ressources garanties (bande passante,
etc.) pour toute la durée de la session, qu’elles soient utilisées ou non. La commutation
de paquets, à l’inverse, utilise un partage dynamique des ressources sans réservation.

Question : Quelles sont les quatre sources de délai pour un paquet traversant un nœud de
réseau ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Traitement, mise en file d’attente, transmission, et


propagation.
Explication : Ces quatre composantes sont explicitement définies dans le cours comme
les sources du délai nodal total (dnodal ).

Question : Le débit de bout en bout (end-to-end throughput) est généralement déterminé


par :

10
Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Le lien le plus lent sur le chemin (lien goulet).


Explication : Le débit d’une communication de bout en bout ne peut pas être plus
rapide que le lien le plus lent sur son chemin. Ce lien est appelé le "bottleneck link" ou
lien goulet, car il contraint la performance globale.

Question : Dans le modèle de couches Internet, à quel niveau une unité de données est-elle
appelée "segment" ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Couche Transport.


Explication : Chaque couche a un nom spécifique pour son unité de données (PDU) :
— Application : Message
— Transport : Segment (pour TCP) ou Datagramme (pour UDP)
— Réseau : Datagramme
— Liaison : Trame (Frame)

Question : Un paquet de 1000 bits est envoyé sur un lien physique de 2000 km. La vitesse
de propagation sur le lien est de 2 × 108 m/s. Le débit du lien est de 1 Mbps. Quel est le délai
de propagation ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) 10 ms.


Explication : Le délai de propagation ne dépend QUE de la distance et de la vitesse de
propagation (dprop = d/s), pas de la taille du paquet ou du débit du lien.
— d (distance) = 2000 km = 2000 × 103 m.
— s (vitesse) = 2 × 108 m/s.
2×106 m
— dprop = 2×108 m/s
= 10−2 s = 0.01 s.
— 0.01 s = 10 millisecondes (ms).

Méthode / Astuce

Astuce : Dans un QCM sur les délais, si on vous donne la taille du paquet ET la distance,
et qu’on vous demande SOIT le délai de transmission SOIT le délai de propagation,
ignorez les informations qui ne sont pas pertinentes pour votre calcul. C’est un piège
classique pour tester si vous confondez les deux concepts.

Question : Quelle est la fonction principale d’un protocole ?

11
Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Définir les règles de communication entre des entités


communicantes.
Explication : Un protocole est l’ensemble des règles et conventions qui régissent le
format, l’ordre et les actions associées à l’échange de messages entre deux ou plusieurs
entités. Les autres options sont des fonctions qui peuvent être implémentées par des
protocoles, mais ne définissent pas le concept de protocole lui-même.

Question : L’Internet est souvent décrit comme un "réseau de réseaux". Qu’est-ce que cela
signifie principalement ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Que l’Internet est formé par l’interconnexion de nom-


breux FAI (Fournisseurs d’Accès Internet).
Explication : L’Internet n’est pas une entité monolithique. C’est une vaste collection de
réseaux (gérés par des FAI, des universités, des entreprises) qui sont interconnectés pour
permettre une communication globale. Les utilisateurs se connectent à leur FAI d’accès,
qui est lui-même connecté à d’autres FAI de plus grande taille (régionaux, tier-1).

Question : Que se passe-t-il lorsque l’intensité du trafic (λ = La/R) sur un lien s’approche
de 1 ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Le délai de mise en file d’attente augmente de manière


très importante.
Explication : L’intensité du trafic La/R représente le rapport entre le taux d’arrivée
des bits et le taux de service des bits. Lorsque ce rapport s’approche de 1, cela signifie
que les bits arrivent presque aussi vite (ou plus vite) que le lien ne peut les traiter. La
file d’attente se remplit alors rapidement, entraînant une augmentation exponentielle du
délai de mise en file d’attente, qui tend vers l’infini lorsque La/R > 1.

12
4 Pièges classiques du thème
Piège à éviter
Piège n°1 : Confusion Délai de Transmission vs. Délai de Propagation
Exemple de question piège : Un satellite en orbite géostationnaire est à 36 000 km de
la Terre. Pour envoyer une image de 1 Méga-octet (MB) depuis la Terre vers le satellite
via un lien à 2 Mbps, quel est le facteur dominant dans le délai total ?
a) Le délai de transmission.
b) Le délai de propagation.
c) Les deux sont quasiment égaux.
d) Le délai de traitement.
Analyse du piège : L’intuition pourrait être que l’envoi d’une grosse image (1 Mo)
prend beaucoup de temps. Calculons les deux délais :
— Transmission : L = 1 Mo = 8 × 106 bits. R = 2 × 106 bps. dtrans = L/R =
(8 × 106 )/(2 × 106 ) = 4 secondes.
— Propagation : d = 36000 km = 3.6 × 107 m. s ≈ 3 × 108 m/s (vitesse de la
lumière). dprop = d/s = (3.6 × 107 )/(3 × 108 ) = 0.12 secondes.
Dans ce cas, le délai de transmission est dominant.
MAIS, changeons juste un paramètre : le lien est maintenant à 1 Gbps.
— Transmission : R = 109 bps. dtrans = L/R = (8 × 106 )/109 = 0.008 secondes (8
ms).
— Propagation : reste 0.12 secondes (120 ms).
Ici, le délai de propagation est largement dominant !
Comment l’éviter : Ne jamais faire de supposition. Toujours calculer les deux
délais lorsque les informations sont fournies. Le délai de transmission dépend de la taille
du message et du débit, le délai de propagation dépend de la distance physique. L’un
n’est pas intrinsèquement plus grand que l’autre.

13
Piège à éviter

Piège n°2 : Oublier les unités (bits vs. Octets)


Exemple de question piège : Calculer le délai de transmission pour un paquet de 1000
octets sur un lien à 1 Mbps.
a) 1 ms
b) 0.125 ms
c) 8 ms
d) 0.001 s
Analyse du piège : Un étudiant pressé pourrait faire 1000/(1 × 106 ) = 0.001s = 1ms.
C’est la réponse a) et elle est fausse. Le calcul correct nécessite de convertir les octets en
bits.
— L = 1000 octets = 1000 × 8 = 8000 bits.
— R = 1 Mbps = 1 × 106 bits/s.
— dtrans = 8000/(1 × 106 ) = 0.008 secondes = 8 ms. La bonne réponse est c).
Comment l’éviter : Prenez l’habitude de toujours écrire les unités à côté de vos chiffres
et de faire les conversions avant de faire la division finale. La taille des paquets est souvent
donnée en octets (kilo-octets, méga-octets) tandis que les débits des liens sont presque
toujours en bits par seconde (kbps, Mbps, Gbps).

14
Piège à éviter
Piège n°3 : La nature partagée ou non des médiums d’accès
Exemple de question piège : Dans quel type de réseau d’accès la performance d’un
utilisateur est-elle le plus susceptible de dégrader celle des autres utilisateurs du même
voisinage ?
a) Une liaison Fibre jusqu’au domicile (FTTH).
b) Une liaison DSL.
c) Une liaison par câble HFC (Hybrid Fiber Coax).
d) Une connexion Ethernet dédiée dans une entreprise.
Analyse du piège : Toutes ces technologies peuvent souffrir de congestion à un niveau
supérieur (FAI), mais la question porte sur le médium d’accès local.
— DSL et FTTH sont généralement des liens dédiés (point à point) de l’utilisateur
jusqu’au central. La performance n’est pas partagée à ce niveau.
— Une connexion Ethernet dédiée est par définition non partagée.
— Les réseaux câblés HFC utilisent un médium (câble coaxial) partagé par de nom-
breux foyers dans un même quartier. Le débit est donc partagé, et une forte utili-
sation par un voisin peut impacter les autres. C’est la bonne réponse (c).
Comment l’éviter : Se souvenir de la topologie physique de chaque réseau d’accès.
Retenir que le câble HFC et le WiFi sont des exemples typiques de médiums partagés où
des protocoles d’accès multiples sont nécessaires.

15
NET3602 – Chapitre 2
La Couche Application

19 juin 2025

Table des matières


1 Résumé de cours 2
1.1 Principes des applications réseau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 Architectures d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.2 Communication entre processus et Sockets . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.3 Services de transport requis par les applications . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Le Web et HTTP (HyperText Transfer Protocol) . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1 Connexions HTTP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.2 Messages HTTP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.3 Cookies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.4 Cache Web (Proxy) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 DNS (Domain Name System) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.4 Programmation Socket (basé sur le TP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Méthodologie pour répondre aux QCM 5

3 Entraînement – QCM 6
3.1 Questions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.2 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

4 Pièges classiques du thème 13

1
1 Résumé de cours
1.1 Principes des applications réseau
Les applications réseau s’exécutent sur les systèmes d’extrémité (hôtes) et non dans le cœur
du réseau.

1.1.1 Architectures d’application


Client-Serveur : Un serveur toujours actif ("always-on") avec une adresse IP permanente
attend les requêtes des clients. Les clients ne communiquent pas directement entre eux.
Exemples : Web (HTTP), E-mail (SMTP).
Peer-to-Peer (P2P) : Pas de serveur central toujours actif. Des systèmes d’extrémité arbi-
traires (pairs) communiquent directement entre eux, demandant et fournissant des ser-
vices. L’architecture est auto-scalable. Exemples : BitTorrent, Skype.

1.1.2 Communication entre processus et Sockets


— Un processus est un programme en cours d’exécution sur un hôte.
— Les processus sur différents hôtes communiquent en échangeant des messages.
— La socket est l’interface de programmation (API) entre le processus applicatif et la couche
transport. Elle agit comme une "porte" par laquelle les messages sont envoyés et reçus.
L’objet socket permet à une application de communiquer en utilisant les services de la
couche transport.
— Pour identifier un processus de manière unique, on utilise un couple : (Àdresse IP,
Numéro de Port). Exemples de ports bien connus : HTTP (80), SMTP (25), DNS (53).

1.1.3 Services de transport requis par les applications


Une application peut avoir besoin des services suivants de la part de la couche transport :
— Fiabilité (Data integrity) : Garantie que les données arrivent sans erreur et dans
l’ordre. Crucial pour le transfert de fichiers, le web. Moins pour l’audio/vidéo en temps
réel.
— Débit (Throughput) : Certaines applications (vidéo) nécessitent un débit minimum
pour être efficaces. D’autres, dites "élastiques", utilisent ce qui est disponible.
— Temporisation (Timing) : Certaines applications (téléphonie sur IP, jeux) sont très
sensibles au délai.
— Sécurité : Confidentialité (chiffrement) et intégrité des données.
Les deux principaux protocoles de transport sur Internet sont :
— TCP (Transmission Control Protocol) : Offre un service fiable et orienté connexion.
Il assure le contrôle de flux et de congestion. Ne garantit ni délai ni débit minimum.
— UDP (User Datagram Protocol) : Offre un service non fiable et sans connexion.
Pas de garanties. L’intérêt est sa simplicité et sa rapidité (pas de "handshake" pour établir
la connexion).

2
1.2 Le Web et HTTP (HyperText Transfer Protocol)
— Protocole de la couche application pour le Web.
— Utilise une architecture client-serveur (navigateur/serveur web).
— Utilise TCP comme protocole de transport (sur le port 80).
— Est dit "sans état" (stateless) : le serveur ne conserve aucune information sur les
requêtes passées du client.

1.2.1 Connexions HTTP


Non-persistante (HTTP/1.0) : Une nouvelle connexion TCP est établie pour chaque objet
(fichier HTML, image, etc.). Très coûteux en termes de temps (2 RTT par objet : 1 pour
TCP, 1 pour la requête/réponse).
Persistante (HTTP/1.1) : Plusieurs objets peuvent être envoyés sur une seule connexion
TCP. Réduit considérablement la latence.

1.2.2 Messages HTTP


— Requête (Request) : Envoyée par le client. Contient une ligne de requête (ex : GET
/[Link] HTTP/1.1), des lignes d’en-tête (headers) et un corps optionnel.
— Méthodes : GET (demande un objet), POST (envoie des données d’un formulaire),
HEAD (demande seulement les en-têtes), PUT (téléverse un fichier).
— Réponse (Response) : Envoyée par le serveur. Contient une ligne de statut (ex :
HTTP/1.1 200 OK), des en-têtes, et le corps du message (l’objet demandé).
— Codes de statut : 200 OK (succès), 301 Moved Permanently (objet déplacé),
400 Bad Request (requête mal formée), 404 Not Found (objet non trouvé), 505
HTTP Version Not Supported.

1.2.3 Cookies
Pour maintenir un état (ex : panier d’achat, session utilisateur), HTTP utilise les cookies.
1. Le serveur envoie un en-tête Set-cookie: dans sa réponse.
2. Le navigateur stocke cette information dans un fichier local.
3. Le navigateur inclut cet en-tête cookie: dans toutes les requêtes futures vers ce même
serveur.

1.2.4 Cache Web (Proxy)


Un cache web est un serveur qui satisfait les requêtes HTTP au nom d’un serveur d’origine.
— Objectif : Réduire le temps de réponse pour le client et le trafic sur le réseau.
— Conditional GET : Le cache envoie une requête avec un en-tête If-Modified-Since:.
Si l’objet n’a pas changé, le serveur répond avec 304 Not Modified (sans renvoyer l’ob-
jet), économisant de la bande passante.

3
1.3 DNS (Domain Name System)
DNS est une base de données distribuée et hiérarchique qui traduit les noms d’hôtes (ex :
[Link]) en adresses IP (ex : [Link]).
— Services : Traduction nom/IP, alias d’hôte, alias de serveur mail, distribution de charge.
— Hiérarchie : Serveurs racine → Serveurs TLD (Top-Level Domain, ex : .com, .fr) →
Serveurs autoritaires (pour un domaine spécifique).
— Serveur DNS local : Ne fait pas partie de la hiérarchie stricte, mais est le point de
contact pour les hôtes. Il met en cache les réponses pour améliorer les performances.
— Types de requêtes :
— Itérative : Le serveur contacté répond avec l’adresse d’un autre serveur à contacter.
"Je ne sais pas, mais demande à lui".
— Récursive : Le serveur contacté se charge de trouver la réponse complète pour le
client. "Attends, je vais chercher pour toi".
— Enregistrements DNS (RR) :
— A : Nom d’hôte → Adresse IPv4.
— NS : Domaine → Nom du serveur DNS autoritaire.
— CNAME : Alias → Nom canonique (le "vrai" nom).
— MX : Domaine → Nom du serveur de messagerie (Mail eXchanger).

1.4 Programmation Socket (basé sur le TP)


La programmation socket est l’implémentation pratique de la communication applicative.
— Socket UDP (mode datagramme) :
— Création : [Link](socket.AF_INET, socket.SOCK_DGRAM).
— Serveur : Doit s’attacher à un port connu avec [Link]((adresse, port)).
— Communication : [Link](data, (dest_ip, dest_port)) et [Link](bufsize).
— Socket TCP (mode connecté) :
— Création : [Link](socket.AF_INET, socket.SOCK_STREAM).
— Serveur :
— Attachement avec [Link]((adresse, port)).
— Mise en écoute avec [Link](backlog).
— Attente d’une connexion avec [Link](). Cette fonction est bloquante et
retourne une nouvelle socket dédiée à ce client, ainsi que l’adresse du client.
— Client : Doit initier la connexion avec [Link]((serveur_ip, serveur_port)).
— Communication : Une fois la connexion établie, on utilise [Link](data) et [Link](bufsize)
sans préciser la destination.
— Fermeture : La connexion est fermée proprement avec [Link]() puis la socket
est détruite avec [Link]().

4
2 Méthodologie pour répondre aux QCM
1. Associer Protocoles et Services de Transport : C’est un point fondamental. Demandez-
vous : "Cette application a-t-elle absolument besoin que toutes les données arrivent, et
dans l’ordre ?". Si oui → TCP. Si une perte occasionnelle est tolérable et la vitesse est
critique → UDP.
— HTTP, FTP, SMTP : Fiabilité essentielle → TCP.
— DNS, Streaming vidéo, Téléphonie IP : Vitesse > fiabilité absolue → princi-
palement UDP.
2. Décortiquer les Messages HTTP : Pour une question sur un message HTTP, identifiez
immédiatement s’il s’agit d’une requête (client → serveur) ou d’une réponse (serveur →
client).
— Requête : Regardez la première ligne pour la méthode (GET, POST...) et l’URL.
— Réponse : Regardez la première ligne pour le code de statut (200, 404...).
3. Suivre le Chemin d’une Requête DNS : Visualisez la hiérarchie (Racine → TLD
→ Autoritaire). Face à une question de type "Un client à l’université X veut l’IP de
‘[Link]‘", tracez le chemin : Client → DNS Local → Racine → Serveur TLD ‘.com‘ →
Serveur autoritaire ‘[Link]‘. Comprenez la différence entre une réponse finale (donnée
par le serveur autoritaire) et une référence (donnée par les serveurs racine et TLD).
4. Calcul du Délai de Chargement de Page Web : Faites attention au type de
connexion HTTP.
— Non-persistante : Pour une page avec 1 fichier HTML et N objets référencés, il
faudra 1 + N connexions TCP. Le temps total sera environ (1 + N ) × (2 × RT T ) +
temps de transmission total.
— Persistante : Il ne faut qu’une seule connexion TCP. Le temps est réduit à environ
2 × RT T + temps de transmission total.
5. Sockets TCP vs UDP : Pour les questions de programmation, la distinction clé est
l’état de la connexion.
— Si le code contient listen() ou accept(), c’est du TCP.
— Si une fonction d’envoi (sendto) prend en paramètre une adresse de destination,
c’est du UDP (car sans connexion, chaque message doit être adressé).
— Si le serveur crée une nouvelle socket pour chaque client, c’est du TCP.

5
3 Entraînement – QCM
3.1 Questions
Question : Lequel de ces protocoles applicatifs utilise principalement UDP comme proto-
cole de transport ?
a) HTTP
b) SMTP
c) FTP
d) DNS

Question : Un client demande une page web contenant un fichier HTML et 3 images. Avec
une connexion HTTP non-persistante, combien de connexions TCP seront établies ?
a) 1
b) 2
c) 3
d) 4

Question : Quel code de statut HTTP indique que la ressource demandée a été déplacée
de façon permanente ?
a) 200 OK
b) 301 Moved Permanently
c) 404 Not Found
d) 500 Internal Server Error

Question : Quelle est la principale motivation derrière l’architecture P2P par rapport à
l’architecture client-serveur ?
a) Une sécurité renforcée.
b) Une plus grande simplicité de gestion.
c) La scalabilité (capacité à monter en charge).
d) Une latence plus faible pour toutes les applications.

Question : Un processus client veut communiquer avec un processus serveur. Quelle com-
binaison d’informations est nécessaire pour identifier de manière unique le processus serveur ?
a) L’adresse MAC du serveur.
b) L’adresse IP du serveur uniquement.
c) Le numéro de port du processus serveur uniquement.
d) L’adresse IP du serveur et le numéro de port du processus serveur.

6
Question : Dans le protocole DNS, quel type d’enregistrement (RR) associe un nom de
domaine à l’adresse IPv4 d’un serveur de messagerie ?
a) A
b) NS
c) CNAME
d) MX

Question : Dans une résolution de nom DNS itérative, si le serveur DNS local ne connaît
pas la réponse, que fait-il ?
a) Il contacte le serveur racine, qui contacte le serveur TLD, etc., jusqu’à obtenir la réponse
finale qu’il renvoie au client.
b) Il renvoie une erreur au client, qui doit alors contacter le serveur racine lui-même.
c) Il contacte le serveur racine et renvoie l’adresse du serveur TLD au client, qui doit alors
interroger ce serveur TLD.
d) Il envoie la requête à tous les serveurs qu’il connaît en espérant que l’un d’eux réponde.

Question : En programmation socket TCP, quelle fonction est appelée par un serveur pour
attendre passivement qu’un client initie une connexion ?
a) connect()
b) send()
c) accept()
d) recv()

Question : Pourquoi le protocole HTTP est-il qualifié de "stateless" (sans état) ?


a) Parce qu’il n’utilise que des messages texte.
b) Parce qu’il ne nécessite pas de connexion TCP.
c) Parce que le serveur ne conserve aucune information sur les requêtes précédentes du client.
d) Parce qu’il ne peut pas être utilisé pour des transactions sécurisées.

Question : Un cache web reçoit une requête pour un objet qu’il possède déjà. Pour vérifier
si l’objet est à jour sans le télécharger à nouveau, quelle méthode HTTP va-t-il utiliser ?
a) Un GET standard.
b) Un POST avec la date de l’objet.
c) Un GET conditionnel avec l’en-tête ‘If-Modified-Since‘.
d) Un HEAD pour vérifier le type de contenu.

7
Question : Dans le TP de programmation socket, la fonction [Link]() sur le serveur
TCP retourne :
a) Uniquement les données envoyées par le client.
b) Une nouvelle socket pour la communication avec ce client, et l’adresse du client.
c) Uniquement le numéro de port du client.
d) Un booléen indiquant si la connexion a réussi.

Question : Dans le protocole BitTorrent, quelle est la stratégie "tit-for-tat" (donnant-


donnant) ?
a) Un pair envoie des données uniquement au tracker.
b) Un pair donne la priorité d’envoi aux pairs qui lui envoient des données au plus haut
débit.
c) Un pair télécharge toujours les morceaux les plus rares en premier.
d) Un pair ne partage que les morceaux qu’il a entièrement téléchargés.

8
3.2 Corrigés
Question : Lequel de ces protocoles applicatifs utilise principalement UDP comme proto-
cole de transport ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : d) DNS.


Explication : HTTP, SMTP et FTP nécessitent un transfert de données 100% fiable, ils
utilisent donc TCP. Le DNS, quant à lui, privilégie la rapidité pour ses requêtes/réponses
simples et courtes. L’overhead de l’établissement d’une connexion TCP serait pénalisant.
Il utilise donc principalement UDP. Si une réponse DNS est trop grande pour un seul
datagramme UDP, il peut basculer sur TCP.

Question : Un client demande une page web contenant un fichier HTML et 3 images. Avec
une connexion HTTP non-persistante, combien de connexions TCP seront établies ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : d) 4.
Explication : Avec HTTP non-persistant, une connexion TCP distincte est établie pour
chaque objet. Ici, il y a 1 objet pour le fichier HTML de base et 3 objets pour les images,
soit un total de 4 objets. Il faudra donc 4 connexions TCP.

Question : Quel code de statut HTTP indique que la ressource demandée a été déplacée
de façon permanente ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) 301 Moved Permanently.


Explication : Ce code de statut de la classe 3xx (redirection) informe le client que
la ressource a une nouvelle URL permanente. Le serveur inclut la nouvelle URL dans
l’en-tête ‘Location‘ de la réponse.

Question : Quelle est la principale motivation derrière l’architecture P2P par rapport à
l’architecture client-serveur ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) La scalabilité (capacité à monter en charge).


Explication : Dans une architecture P2P, chaque nouveau pair qui rejoint le système ap-
porte non seulement une nouvelle demande de service, mais aussi une nouvelle capacité de
service (sa propre capacité d’upload). Cette caractéristique est appelée "auto-scalabilité"
(self-scalability). À l’inverse, dans un modèle client-serveur, l’ajout de nombreux clients
augmente la charge sur le serveur central, qui peut devenir un goulot d’étranglement.

9
Question : Un processus client veut communiquer avec un processus serveur. Quelle com-
binaison d’informations est nécessaire pour identifier de manière unique le processus serveur ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : d) L’adresse IP du serveur et le numéro de port du pro-


cessus serveur.
Explication : L’adresse IP identifie la machine hôte du serveur, mais plusieurs processus
peuvent s’exécuter sur cette machine. Le numéro de port est utilisé pour distinguer ces
processus les uns des autres. La combinaison des deux identifie donc de manière unique
la "porte" (socket) du processus serveur.

Question : Dans le protocole DNS, quel type d’enregistrement (RR) associe un nom de
domaine à l’adresse IPv4 d’un serveur de messagerie ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : d) MX.


Explication : L’enregistrement MX (Mail eXchanger) est spécifiquement utilisé pour
diriger le trafic e-mail. Il indique quel serveur de messagerie est responsable de la réception
des e-mails pour un domaine donné.

Question : Dans une résolution de nom DNS itérative, si le serveur DNS local ne connaît
pas la réponse, que fait-il ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Il contacte le serveur racine et renvoie l’adresse du


serveur TLD au client, qui doit alors interroger ce serveur TLD.
Explication : Dans une requête itérative, le fardeau de la résolution repose sur le client
(ici, le DNS local agissant comme client de la hiérarchie). Chaque serveur contacté donne
la meilleure information qu’il a, qui est typiquement une référence vers le prochain serveur
à interroger dans la hiérarchie. Le serveur local doit donc "itérer" ses requêtes.

Question : En programmation socket TCP, quelle fonction est appelée par un serveur pour
attendre passivement qu’un client initie une connexion ?

10
Explication de la réponse

Réponse correcte : c) accept().


Explication : Après avoir créé une socket (socket()), l’avoir liée à un port (bind())
et l’avoir mise en état d’écoute (listen()), le serveur appelle accept(). Cette fonction
bloque l’exécution du programme jusqu’à ce qu’un client se connecte. connect() est
utilisé par le client.

Question : Pourquoi le protocole HTTP est-il qualifié de "stateless" (sans état) ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Parce que le serveur ne conserve aucune information


sur les requêtes précédentes du client.
Explication : C’est la définition même d’un protocole sans état. Chaque requête HTTP
est traitée indépendamment des autres, sans contexte historique sur le serveur. L’état est
maintenu artificiellement côté client via des cookies.

Question : Un cache web reçoit une requête pour un objet qu’il possède déjà. Pour vérifier
si l’objet est à jour sans le télécharger à nouveau, quelle méthode HTTP va-t-il utiliser ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Un GET conditionnel avec l’en-tête ‘If-Modified-Since‘.


Explication : Le GET conditionnel permet au cache de demander au serveur d’origine
de ne renvoyer l’objet que s’il a été modifié depuis la date spécifiée. Si ce n’est pas le
cas, le serveur répond avec un simple code ‘304 Not Modified‘, ce qui économise la bande
passante.

Question : Dans le TP de programmation socket, la fonction [Link]() sur le serveur


TCP retourne :

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Une nouvelle socket pour la communication avec ce


client, et l’adresse du client.
Explication : C’est un point crucial du fonctionnement des serveurs TCP multi-clients.
La socket originale (s) reste en écoute pour accepter de nouvelles connexions. Pour chaque
client qui se connecte, accept() crée une nouvelle socket dédiée (appelée ‘sData‘ dans le
TP) qui sera utilisée pour l’échange de données avec ce client spécifique.

Question : Dans le protocole BitTorrent, quelle est la stratégie "tit-for-tat" (donnant-


donnant) ?

11
Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Un pair donne la priorité d’envoi aux pairs qui lui
envoient des données au plus haut débit.
Explication : C’est le mécanisme d’incitation au partage de BitTorrent. Un pair va
périodiquement évaluer quels autres pairs lui fournissent des données le plus rapidement
et va, en retour, leur envoyer des données en priorité ("unchoking"). Cela encourage les
pairs à avoir un bon débit d’envoi pour obtenir un bon débit de réception.

12
4 Pièges classiques du thème
Piège à éviter
Piège n°1 : TCP vs UDP pour une application
Exemple de question piège : Vous développez une application de visioconférence en
temps réel. Quel protocole de transport devriez-vous choisir et pourquoi ?
a) TCP, car il garantit que chaque image vidéo arrive sans erreur.
b) UDP, car il est plus sécurisé que TCP.
c) TCP, car son contrôle de congestion évite les interruptions d’image.
d) UDP, car la perte occasionnelle d’une image est acceptable et le faible overhead/-
délai est plus important.
Analyse du piège : L’intuition est de vouloir une transmission parfaite (sans perte), ce
qui pousse vers TCP (réponse a). Cependant, pour une application temps réel comme la
visioconférence, le délai est le facteur le plus critique. Les mécanismes de retransmission
de TCP, qui assurent la fiabilité, introduisent des délais inacceptables : il vaut mieux
perdre une image et afficher la suivante que d’attendre une image en retard et figer tout
le flux. La réponse d) est donc la meilleure.
Comment l’éviter : Pensez aux exigences de l’application. Pour le temps réel (jeux,
VoIP, visio), le timing est roi. Pour le transfert de fichiers, la navigation web ou les e-mails,
l’intégrité des données est reine.

13
Piège à éviter
Piège n°2 : Le rôle de la nouvelle socket dans accept()
Exemple de question piège : Un serveur TCP exécute le code suivant :
1 s = socket . socket ( socket . AF_INET , socket . SOCK_STREAM )
2 s . bind (( ’ ’ , 8000) )
3 s . listen (5)
4 while True :
5 client_socket , addr = s . accept ()
6 # ... traite le client
7

Après qu’un premier client se soit connecté, qu’advient-il de la socket ‘s‘ ?


a) Elle est fermée et le serveur ne peut plus accepter de nouveaux clients.
b) Elle est utilisée pour communiquer avec le premier client.
c) Elle reste en état d’écoute, prête à accepter une nouvelle connexion.
d) Elle est transformée en ‘clients ocket‘.
Analyse du piège : Il est facile de penser que la socket originale est "consommée"
par la première connexion. C’est faux. Le mécanisme d’acceptation est conçu pour
permettre à un serveur de gérer plusieurs clients. La socket originale (‘s‘) est la "so-
cket de bienvenue" qui ne fait qu’écouter. Pour chaque client, une nouvelle socket
(‘clients ocket‘)estcrééepourlacommunicationef f [Link]éponseestc).
Comment l’éviter : Mémorisez le diagramme d’état et les appels de fonction d’un
serveur TCP. Retenez que accept() crée une nouvelle ressource.

Piège à éviter
Piège n°3 : La portée des cookies
Exemple de question piège : Vrai ou Faux : Si vous visitez ‘[Link]‘ et que votre
navigateur reçoit un cookie, ce même cookie sera automatiquement envoyé lors d’une
requête vers ‘[Link]‘.
Analyse du piège : La question teste la compréhension de la portée (scope) d’un
cookie. Un cookie est associé à un domaine spécifique. Il n’est pas partagé entre des
domaines différents. La réponse est donc Faux. Le piège est de penser qu’un cookie est
une identification globale de l’utilisateur sur tout le web (ce qui est le rôle des "tracking
cookies" tiers, un concept plus avancé, mais un cookie standard est lié au domaine).
Comment l’éviter : Se rappeler qu’un cookie est un mécanisme de ‘[Link]‘ pour se
souvenir de vous sur ‘[Link]‘. Il n’est pas visible par ‘[Link]‘.

14
Piège à éviter
Piège n°4 : DNS Récursif vs Itératif
Exemple de question piège : Dans une requête DNS récursive initiée par un hôte,
quel serveur fait le plus de travail pour trouver la réponse finale ?
a) L’hôte client lui-même.
b) Le serveur racine.
c) Le serveur DNS local de l’hôte.
d) Le serveur TLD.
Analyse du piège : Les termes "récursif" et "itératif" peuvent être confus. En mode
récursif, l’hôte demande à son serveur DNS local de lui trouver la réponse. C’est donc
le serveur DNS local (réponse c) qui va ensuite faire des requêtes (souvent itératives) à la
hiérarchie DNS pour obtenir la réponse et la renvoyer à l’hôte. L’hôte, lui, ne fait qu’une
seule requête.
Comment l’éviter : Associer Récursif à "fais le travail pour moi" et Itératif à "dis-moi
qui je dois interroger ensuite".

15
NET3602 – Chapitre 3
La Couche Transport

19 juin 2025

Table des matières


1 Résumé de cours 2
1.1 Rôle et Services de la Couche Transport . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Multiplexage et Démultiplexage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 UDP (User Datagram Protocol) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.4 Principes du Transfert de Données Fiable (RDT) . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.5 TCP (Transmission Control Protocol) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.5.1 Caractéristiques et Segment TCP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.5.2 Transfert Fiable et Contrôle de Flux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.5.3 Gestion de Connexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.5.4 Contrôle de Congestion TCP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Méthodologie pour répondre aux QCM 5

3 Entraînement – QCM 6
3.1 Questions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.2 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

4 Pièges classiques du thème 11

1
1 Résumé de cours
1.1 Rôle et Services de la Couche Transport
La couche transport fournit une communication logique entre les processus applicatifs
s’exécutant sur différents hôtes.
— Côté émetteur : elle segmente les messages de l’application et les transmet à la couche
réseau.
— Côté récepteur : elle réassemble les segments en messages et les transmet au bon processus
applicatif.
— Distinction clé : la couche réseau assure une communication logique entre hôtes, la couche
transport entre processus.
Internet propose deux protocoles principaux :
— UDP (User Datagram Protocol) : Service "best-effort" non fiable et sans connexion.
— TCP (Transmission Control Protocol) : Service fiable, ordonné et orienté connexion,
avec contrôle de flux et de congestion.

1.2 Multiplexage et Démultiplexage


— Multiplexage (côté émetteur) : Rassembler les données de plusieurs sockets, leur
ajouter un en-tête de transport (avec les numéros de port), et les passer à la couche
réseau.
— Démultiplexage (côté récepteur) : Utiliser les informations de l’en-tête (numéros de
port) pour livrer les segments reçus à la bonne socket.
— Fonctionnement UDP : Le démultiplexage se base uniquement sur le numéro de port
de destination.
— Fonctionnement TCP : Le démultiplexage utilise un 4-uplet : (IP source, port source,
IP destination, port destination) pour identifier une connexion unique. Cela permet à un
serveur d’avoir de nombreuses connexions simultanées sur le même port (ex : port 80).

1.3 UDP (User Datagram Protocol)


— Protocole "sans fioritures" ("no frills").
— Service non fiable : les segments peuvent être perdus, ou arriver dans le désordre.
— Sans connexion : pas de poignée de main (handshake), donc pas de délai d’établissement
de connexion.
— En-tête simple et de petite taille (8 octets) : Port Source, Port Destination, Longueur,
Checksum.
— Le Checksum permet de détecter des erreurs (bits inversés) dans le segment transmis.

1.4 Principes du Transfert de Données Fiable (RDT)


Objectif : construire un canal de communication fiable au-dessus d’un canal non fiable.
— RDT 2.0 (erreurs de bits) : Introduction des ACKs (acquittements positifs) et NAKs
(acquittements négatifs) pour signaler la bonne réception ou la corruption d’un paquet.
C’est un protocole Stop-and-Wait.

2
— RDT 2.1/2.2 (gestion des ACKs corrompus) : Introduction des numéros de sé-
quence (0 et 1 suffisent) pour détecter les paquets dupliqués. Un NAK peut être remplacé
par un ACK dupliqué du dernier paquet bien reçu.
— RDT 3.0 (erreurs et pertes) : Introduction d’un temporisateur (timer). Si un ACK
n’est pas reçu avant l’expiration du timer, l’émetteur considère le paquet comme perdu
et le retransmet.
— Pipelining : Pour améliorer les performances de Stop-and-Wait, le pipelining permet
à l’émetteur d’envoyer plusieurs paquets sans attendre l’acquittement de chacun. Deux
approches existent : Go-Back-N (GBN) et Selective Repeat (SR).

1.5 TCP (Transmission Control Protocol)


1.5.1 Caractéristiques et Segment TCP
— Orienté connexion : Nécessite une poignée de main à 3 temps (3-way handshake) pour
établir une connexion.
— Fiable et ordonné : Utilise des numéros de séquence et des ACKs cumulatifs. Les
numéros de séquence comptent les octets, pas les segments.
— Contrôle de flux : Empêche l’émetteur de submerger le buffer du récepteur.
— Contrôle de congestion : Adapte le débit d’envoi pour ne pas surcharger le réseau.
— Structure du segment : En-tête de 20 octets (sans options) contenant des champs clés :
— Numéros de séquence et d’acquittement : Cœur du RDT. L’ACK est cumulatif
et indique le prochain octet attendu.
— Flags (drapeaux) : SYN, ACK, FIN, RST pour la gestion de connexion.
— Receive Window (rwnd) : Utilisé pour le contrôle de flux. Indique l’espace dis-
ponible dans le buffer du récepteur.

1.5.2 Transfert Fiable et Contrôle de Flux


— Retransmission : TCP retransmet un segment s’il n’est pas acquitté avant l’expiration
d’un timer (timeout).
— Fast Retransmit : Si l’émetteur reçoit 3 ACKs dupliqués pour le même numéro de
séquence, il en déduit que le segment suivant a été perdu et le retransmet immédiatement,
sans attendre le timeout.
— Contrôle de flux : Le récepteur annonce sa capacité de réception (espace libre dans
son buffer) via le champ rwnd. L’émetteur s’assure de ne jamais avoir plus de données
non-acquittées en vol que la valeur de rwnd.

1.5.3 Gestion de Connexion


— Ouverture (3-Way Handshake) :
1. Client → Serveur : SYN (seq=x)
2. Serveur → Client : SYN+ACK (seq=y, ack=x+1)
3. Client → Serveur : ACK (ack=y+1)
— Fermeture : Échange de segments avec le drapeau FIN.

3
1.5.4 Contrôle de Congestion TCP
Objectif : éviter de saturer le réseau. TCP utilise une fenêtre de congestion (cwnd).
L’émetteur ne peut pas avoir plus de min(cwnd, rwnd) octets non acquittés en vol.
— AIMD (Additive Increase, Multiplicative Decrease) :
— Augmentation additive : Tant qu’il n’y a pas de perte, cwnd est augmenté de 1
MSS (Maximum Segment Size) à chaque RTT (Round-Trip Time).
— Diminution multiplicative : Lorsqu’une perte est détectée, cwnd est réduit de
moitié.
— Slow Start : Au début d’une connexion, cwnd est initialisé à 1 MSS et double à chaque
RTT, provoquant une croissance exponentielle rapide. Cette phase se termine lorsque
cwnd atteint une valeur seuil, ssthresh.
— Congestion Avoidance : Une fois ssthresh atteint, cwnd augmente linéairement (ad-
ditivement).
— Réaction à une perte :
— Par timeout : Perte sévère. ssthresh est mis à cwnd/2, et cwnd est réinitialisé à 1
MSS. La phase de Slow Start recommence.
— Par 3 ACKs dupliqués : Perte légère. ssthresh est mis à cwnd/2, et cwnd est mis à
ssthresh. On passe directement en Congestion Avoidance (c’est la "Fast Recovery").

Figure 1 – Évolution de la fenêtre de congestion TCP (cwnd) en fonction des événements.

4
2 Méthodologie pour répondre aux QCM
1. Distinguer Contrôle de Flux et Contrôle de Congestion : C’est un point de confu-
sion majeur.
— Contrôle de Flux : Protéger le récepteur. Géré par la fenêtre rwnd annoncée par
le récepteur. C’est un mécanisme de bout en bout entre 2 hôtes.
— Contrôle de Congestion : Protéger le réseau. Géré par la fenêtre cwnd calculée
par l’émetteur.
— Le débit réel est limité par min(cwnd, rwnd).
2. Maîtriser le Séquencement TCP : Souvenez-vous que les numéros de séquence et
d’acquittement de TCP comptent des octets, pas des segments.
— Si un segment part avec Seq=100 et contient 500 octets de données, il couvre les
octets de 100 à 1499.
— L’acquittement (cumulatif) attendu par le récepteur sera ACK=1500 (le numéro du
prochain octet qu’il souhaite recevoir).
3. Analyser les graphes de Congestion TCP : Face à un graphe de cwnd en fonction
du temps :
— Une courbe exponentielle qui monte vite ? C’est le Slow Start.
— Une droite qui monte linéairement ? C’est la Congestion Avoidance.
— Une chute brutale de cwnd à 1 MSS ? C’est une perte détectée par timeout.
— Une chute de cwnd à la moitié de sa valeur ? C’est une perte détectée par 3 ACKs
dupliqués.
4. Connaître les mécanismes RDT : Pour les questions sur GBN ou SR, visualisez les
fenêtres d’émission et de réception.
— Go-Back-N : Simple pour le récepteur (il ne garde que les paquets dans l’ordre),
mais potentiellement inefficace car il retransmet beaucoup de paquets corrects après
une seule perte.
— Selective Repeat : Plus complexe pour le récepteur (il doit bufferiser les paquets
désordonnés), mais plus efficace en ne retransmettant que ce qui a été perdu.
5. Dérouler le 3-Way Handshake : Mémorisez la séquence SYN → SYN/ACK → ACK.
Sachez quels numéros de séquence et d’acquittement sont échangés à chaque étape.

5
3 Entraînement – QCM
3.1 Questions
Question : Quelle est la principale différence entre la couche transport et la couche réseau ?
a) La couche transport gère la communication entre hôtes, la couche réseau entre processus.
b) La couche transport fournit une communication logique entre processus, la couche réseau
entre hôtes.
c) La couche transport s’occupe du routage, la couche réseau du contrôle de congestion.
d) La couche transport est implémentée uniquement dans les routeurs, la couche réseau dans
les hôtes.

Question : Un serveur web sur le port 80 reçoit des segments TCP de trois clients différents
simultanément. Comment le système d’exploitation du serveur distingue-t-il les sockets associées
à chaque client ?
a) En utilisant uniquement le numéro de port de destination (80).
b) En utilisant les adresses MAC des clients.
c) En utilisant le 4-uplet (IP source, port source, IP destination, port destination).
d) En utilisant le champ "options" de l’en-tête TCP.

Question : Lequel de ces mécanismes n’est PAS fourni par UDP ?


a) Le multiplexage de ports.
b) Le contrôle d’erreur (checksum).
c) L’établissement d’une connexion avant l’envoi de données.
d) L’encapsulation des données de la couche application.

Question : Dans un protocole RDT de type Stop-and-Wait, un émetteur envoie le paquet


0. L’ACK pour le paquet 0 est perdu. Que se passe-t-il ensuite ?
a) L’émetteur envoie immédiatement le paquet 1.
b) Le récepteur envoie un NAK pour le paquet 1.
c) L’émetteur attend l’expiration de son temporisateur, puis retransmet le paquet 0.
d) Le récepteur considère la connexion comme terminée.

Question : Un émetteur TCP envoie un segment avec Seq=400 contenant 200 octets de
données. Si le segment est reçu correctement, quelle sera la valeur du champ ACK dans le segment
de réponse du récepteur ?
a) 401
b) 200
c) 600

6
d) 601

Question : Qu’est-ce qui déclenche le mécanisme de "Fast Retransmit" de TCP ?


a) L’expiration d’un temporisateur de retransmission.
b) La réception d’un segment avec le drapeau NAK.
c) La réception de trois acquittements dupliqués.
d) Lorsque la fenêtre de réception (rwnd) tombe à zéro.

Question : Le contrôle de flux TCP est un mécanisme qui permet à :


a) L’émetteur de ne pas surcharger le réseau.
b) Le récepteur d’indiquer à l’émetteur l’espace disponible dans son buffer.
c) Au réseau de signaler la congestion aux hôtes.
d) De choisir le chemin le plus rapide pour les segments.

Question : Lors de l’ouverture d’une connexion TCP, quel est le premier segment envoyé
par le client ?
a) Un segment avec le drapeau ACK.
b) Un segment avec les drapeaux SYN et ACK.
c) Un segment avec le drapeau SYN.
d) Un segment avec le drapeau FIN.

Question : Dans quelle phase du contrôle de congestion TCP la fenêtre de congestion


(cwnd) augmente-t-elle exponentiellement ?
a) Congestion Avoidance
b) Fast Recovery
c) Slow Start
d) Elle n’augmente jamais exponentiellement.

Question : Une connexion TCP a une fenêtre de congestion (cwnd) de 16 MSS. Une perte
est détectée par expiration du temporisateur (timeout). Quelles seront les nouvelles valeurs de
ssthresh et cwnd ?
a) ssthresh = 8 MSS, cwnd = 8 MSS
b) ssthresh = 16 MSS, cwnd = 1 MSS
c) ssthresh = 8 MSS, cwnd = 1 MSS
d) ssthresh = 8 MSS, cwnd = 4 MSS

7
3.2 Corrigés
Question : Quelle est la principale différence entre la couche transport et la couche réseau ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) La couche transport fournit une communication logique


entre processus, la couche réseau entre hôtes.
Explication : La couche réseau (IP) se charge de livrer un datagramme d’une machine
A à une machine B. La couche transport (TCP/UDP) prend le relais pour s’assurer que
ce datagramme, une fois arrivé sur la machine B, est bien remis au bon processus (ex :
le navigateur web, le client mail...).

Question : Un serveur web sur le port 80 reçoit des segments TCP de trois clients différents
simultanément. Comment le système d’exploitation du serveur distingue-t-il les sockets associées
à chaque client ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) En utilisant le 4-uplet (IP source, port source, IP des-


tination, port destination).
Explication : Une socket TCP est identifiée de manière unique par la combinaison des
adresses IP et des ports des deux extrémités de la connexion. Même si l’IP et le port de
destination sont les mêmes pour les trois clients (IP du serveur, port 80), chaque client
aura une IP source et/ou un port source différent, rendant chaque 4-uplet unique.

Question : Lequel de ces mécanismes n’est PAS fourni par UDP ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) L’établissement d’une connexion avant l’envoi de don-


nées.
Explication : UDP est un protocole sans connexion. Il n’y a pas de "handshake" comme
avec TCP. Un segment UDP est envoyé sans cérémonie préalable. Le multiplexage (a)
est sa fonction de base, le contrôle d’erreur (b) est optionnel mais présent (checksum), et
l’encapsulation (d) est le rôle de toute couche protocolaire.

Question : Dans un protocole RDT de type Stop-and-Wait, un émetteur envoie le paquet


0. L’ACK pour le paquet 0 est perdu. Que se passe-t-il ensuite ?

8
Explication de la réponse

Réponse correcte : c) L’émetteur attend l’expiration de son temporisateur,


puis retransmet le paquet 0.
Explication : L’émetteur n’a aucun moyen de savoir que l’ACK a été perdu. De son
point de vue, il n’a juste rien reçu. Le mécanisme de secours en cas de perte (de paquet
ou d’ACK) est le temporisateur (timeout). À son expiration, l’émetteur retransmet le
paquet non acquitté.

Question : Un émetteur TCP envoie un segment avec Seq=400 contenant 200 octets de
données. Si le segment est reçu correctement, quelle sera la valeur du champ ACK dans le segment
de réponse du récepteur ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) 600.


Explication : Les numéros de séquence TCP comptent les octets. Le segment couvre
les octets de 400 à 400 + 200 − 1 = 599. L’acquittement TCP est cumulatif et indique le
numéro du prochain octet attendu. Le récepteur a donc reçu tous les octets jusqu’à 599
et attend maintenant l’octet 600.

Méthode / Astuce

Méthode : Numéro d’ACK = Numéro de Séquence du segment reçu + Longueur des


données du segment. Ici, 400 + 200 = 600.

Question : Qu’est-ce qui déclenche le mécanisme de "Fast Retransmit" de TCP ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) La réception de trois acquittements dupliqués.


Explication : Quand un segment est perdu, les segments suivants qui arrivent au ré-
cepteur sont "hors séquence". Le récepteur continue d’acquitter le dernier octet reçu en
séquence, générant ainsi des ACKs dupliqués. Après avoir reçu 3 ACKs dupliqués (soit 4
ACKs pour la même donnée au total), l’émetteur en déduit que le segment a été perdu
et le retransmet sans attendre le timeout.

Question : Le contrôle de flux TCP est un mécanisme qui permet à :

9
Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Le récepteur d’indiquer à l’émetteur l’espace disponible


dans son buffer.
Explication : Le contrôle de flux a pour unique but d’éviter que l’émetteur n’envoie
des données plus vite que le récepteur ne peut les lire, ce qui saturerait son buffer de
réception. Pour cela, le récepteur inclut la taille de son espace libre dans le champ rwnd
de chaque segment qu’il envoie.

Question : Lors de l’ouverture d’une connexion TCP, quel est le premier segment envoyé
par le client ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Un segment avec le drapeau SYN.


Explication : La poignée de main à trois temps commence par le client qui envoie une
demande de synchronisation, matérialisée par un segment TCP avec le drapeau SYN
activé et un numéro de séquence initial choisi par le client (seq=x).

Question : Dans quelle phase du contrôle de congestion TCP la fenêtre de congestion


(cwnd) augmente-t-elle exponentiellement ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Slow Start.


Explication : La phase de Slow Start est conçue pour sonder rapidement la bande
passante disponible au début d’une connexion. Le mécanisme consiste à doubler la cwnd
à chaque RTT, ce qui correspond à une croissance exponentielle.

Question : Une connexion TCP a une fenêtre de congestion (cwnd) de 16 MSS. Une perte
est détectée par expiration du temporisateur (timeout). Quelles seront les nouvelles valeurs de
ssthresh et cwnd ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) ssthresh = 8 MSS, cwnd = 1 MSS.


Explication : Une perte par timeout est considérée comme un signe de congestion sévère.
La réaction de TCP est drastique :
— Le seuil ssthresh est fixé à la moitié de la fenêtre de congestion au moment de la
perte : ssthresh = 16/2 = 8 MSS.
— La fenêtre de congestion cwnd est réinitialisée à sa valeur minimale de 1 MSS.
— La connexion rentre en phase de Slow Start.

10
4 Pièges classiques du thème
Piège à éviter
Piège n°1 : Confusion entre Contrôle de Flux et Contrôle de Congestion
Exemple de question piège : L’émetteur TCP ajuste sa vitesse d’envoi en se basant
sur la valeur du champ rwnd reçue de son pair. Ce mécanisme est appelé :
a) Contrôle de congestion.
b) Contrôle de flux.
c) Transfert fiable.
d) Slow Start.
Analyse du piège : Les deux mécanismes ajustent la vitesse d’envoi. La question men-
tionne rwnd, la fenêtre de réception. Ce champ est spécifiquement dédié au contrôle
de flux pour protéger le buffer du récepteur. Le contrôle de congestion est géré par la
variable interne cwnd. La bonne réponse est donc b).
Comment l’éviter : Associez mentalement : rwnd (Receive Window) → Récepteur →
Contrôle de Flux. cwnd (Congestion Window) → Réseau → Contrôle de Congestion.

Piège à éviter
Piège n°2 : Compter les segments au lieu des octets pour TCP
Exemple de question piège : Un client envoie deux segments TCP au serveur. Le
premier a Seq=50, Len=100. Le second a Seq=150, Len=50. Tous deux sont reçus dans
l’ordre. Quel sera le numéro d’acquittement envoyé par le serveur après réception du
deuxième segment ?
a) 151
b) 152
c) 200
d) 201
Analyse du piège : Il est tentant de raisonner en "nombre de paquets". Après le 2ème
paquet, on attendrait le 3ème. C’est faux. TCP numérote les octets.
— Le 1er segment contient les octets 50 à 149. Après sa réception, le serveur attend
l’octet 150.
— Le 2ème segment contient les octets 150 à 199.
— Après réception du 2ème segment, le serveur a reçu tous les octets jusqu’à 199. Il
attend donc le 200. La réponse est c).
Comment l’éviter : Toujours se rappeler : TCP est un flux d’octets (byte stream).
Pensez en termes d’index d’octets, pas de nombre de paquets.

11
Piège à éviter
Piège n°3 : Interpréter la réaction à la perte dans un graphe CWND
Exemple de question piège : Sur un graphe de la cwnd d’une connexion TCP, on ob-
serve que la fenêtre passe soudainement de 24 MSS à 12 MSS, puis continue d’augmenter
linéairement. Cet événement a très probablement été causé par :
a) Une expiration de temporisateur (timeout).
b) La réception de 3 ACKs dupliqués.
c) La phase de Slow Start.
d) Une augmentation du RTT.
Analyse du piège : Une chute de la cwnd indique une perte. La question est de savoir
quel type de perte.
— Une perte par timeout est sévère et fait chuter la cwnd à 1 MSS.
— Une perte par 3 ACKs dupliqués est considérée moins sévère. La cwnd est sim-
plement divisée par deux.
Le scénario décrit une division par deux (24 → 12), ce qui correspond à une perte détectée
par 3 ACKs dupliqués. La bonne réponse est b).
Comment l’éviter : Mémoriser les deux réactions à la perte : Timeout → cwnd=1.
3 ACKs dupliqués → cwnd/=2.

12
NET-3602 – Chapitre 4
La Couche Réseau : Plan de Données

19 juin 2025

Table des matières


1 Résumé de cours 2
1.1 Plan de Données et Plan de Contrôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Architecture interne d’un routeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Le Protocole Internet (IP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3.1 Datagramme IPv4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3.2 Fragmentation et Réassemblage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Adressage IP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4.1 Adresses IP et Sous-réseaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4.2 Obtention des Adresses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4.3 Routage et Règle du Plus Long Masque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.5 NAT (Network Address Translation) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.6 IPv6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Méthodologie pour répondre aux QCM 5

3 Entraînement – QCM 6
3.1 Questions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.2 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

4 Pièges classiques du thème 12

1
1 Résumé de cours
1.1 Plan de Données et Plan de Contrôle
La couche réseau a deux fonctions principales, séparées en deux "plans" :
Plan de Données (Data Plane) Gère la commutation (forwarding). C’est une fonction
locale à chaque routeur, qui consiste à déplacer un paquet d’un port d’entrée vers le bon
port de sortie. L’action est rapide (nanosecondes) et souvent implémentée en matériel.
Plan de Contrôle (Control Plane) Gère le routage (routing). C’est une logique à l’échelle
du réseau qui détermine le chemin de bout en bout que les paquets doivent suivre. Il
calcule les tables de commutation utilisées par le plan de données. L’action est plus lente
(millisecondes) et implémentée en logiciel.
Analogie : Le plan de contrôle dessine la carte (routage), le plan de données suit les panneaux
à chaque intersection (commutation).

1.2 Architecture interne d’un routeur


Un routeur est composé de quatre éléments principaux :

Figure 1 – Architecture générale d’un routeur.

— Ports d’entrée : Reçoivent le paquet, vérifient sa validité, et déterminent le port de sortie


en consultant une table de commutation (forwarding table). Si la commutation est
trop lente, une file d’attente se forme, pouvant causer du Head-of-the-Line (HOL)
blocking (un paquet bloque ceux derrière lui).
— Tissu de commutation (Switching Fabric) : Le cœur du routeur qui transfère les
paquets des entrées vers les sorties.
— Ports de sortie : Reçoivent les paquets du fabric et les stockent dans une mémoire
tampon (buffer) avant de les transmettre. Si les paquets arrivent plus vite que le lien ne
peut les envoyer, le buffer se remplit, créant un délai et potentiellement des pertes de
paquets.
— Processeur de routage : Exécute le plan de contrôle (protocoles de routage, commu-
nication avec le contrôleur SDN).

1.3 Le Protocole Internet (IP)


1.3.1 Datagramme IPv4
Unité de données de la couche réseau. Son en-tête (20 octets sans options) contient des
informations cruciales :
— Version : Version du protocole (ex : 4).
— Header Length (IHL) : Longueur de l’en-tête.
— Time to Live (TTL) : Nombre de sauts maximum. Décrémenté par chaque routeur.
Évite les boucles infinies.
— Protocol : Identifie le protocole de couche transport (TCP=6, UDP=17) à qui livrer le
segment.

2
— Header Checksum : Permet de détecter les erreurs dans l’en-tête.
— Source & Destination IP Addresses : Adresses 32-bits de l’émetteur et du récepteur.
— Fragmentation Fields : Utilisés pour diviser un datagramme trop grand.

1.3.2 Fragmentation et Réassemblage


— Un lien a une MTU (Maximum Transmission Unit) : la taille maximale d’une trame
qu’il peut transporter (ex : 1500 octets pour Ethernet).
— Si un datagramme IP est plus grand que la MTU du lien de sortie, le routeur doit le
fragmenter en plusieurs datagrammes plus petits.
— Le réassemblage est effectué uniquement par l’hôte de destination final.

1.4 Adressage IP
1.4.1 Adresses IP et Sous-réseaux
— Une adresse IP est un identifiant de 32 bits associé à une interface réseau (pas à un
hôte).
— Un sous-réseau (subnet) est un ensemble d’interfaces qui peuvent communiquer entre
elles sans passer par un routeur.
— Une adresse IP est divisée en deux parties :
— Partie sous-réseau (prefix) : Identique pour tous les hôtes du même sous-réseau.
— Partie hôte (host) : Identifie une interface spécifique au sein du sous-réseau.
— CIDR (Classless Inter-Domain Routing) : Notation a.b.c.d/x, où x est le nombre
de bits de la partie sous-réseau. Ex : [Link]/24.

1.4.2 Obtention des Adresses


— Pour un hôte : via le protocole DHCP (Dynamic Host Configuration Protocol).
L’hôte obtient dynamiquement son adresse IP, son masque de sous-réseau, l’adresse de
son routeur par défaut (passerelle) et l’adresse de son serveur DNS.
— Pour un réseau : Un FAI obtient un bloc d’adresses auprès de son fournisseur ou d’un
registre régional (RIR), lui-même servi par l’ICANN.

1.4.3 Routage et Règle du Plus Long Masque


— Un routeur utilise sa table de routage pour acheminer les paquets.
— Règle du plus long masque (Longest Prefix Match) : S’il existe plusieurs entrées
dans la table de routage correspondant à l’adresse de destination d’un paquet, le routeur
choisira toujours l’entrée avec le préfixe le plus long (le masque le plus spécifique).
— Agrégation d’adresses : Permet de représenter plusieurs préfixes de réseau par un seul
préfixe plus court (moins spécifique), ce qui réduit la taille des tables de routage dans
l’Internet.

3
1.5 NAT (Network Address Translation)
— Permet aux appareils d’un réseau local d’utiliser des adresses IP privées (ex : [Link]/24)
et de partager une seule adresse IP publique pour communiquer avec l’Internet.
— Fonctionnement : Le routeur NAT maintient une table de traduction NAT.
— Sortie : Il réécrit le couple (IP source, port source) du paquet sortant par (IP
publique NAT, nouveau port) et enregistre cette association.
— Entrée : Il utilise la table pour réécrire le couple (IP destination, port destination)
du paquet entrant avec le couple (IP privée, port privé) d’origine.
— Viole le principe de bout en bout mais est essentiel pour pallier la pénurie d’adresses
IPv4.

1.6 IPv6
— Motivation : Pénurie d’adresses IPv4.
— Format : Adresses de 128 bits. En-tête de 40 octets à longueur fixe pour accélérer le
traitement. Le checksum de l’en-tête et les options ont été supprimés (simplification). La
fragmentation par les routeurs n’est plus autorisée.
— Transition : Le tunneling est une technique clé où un datagramme IPv6 est encapsulé
dans un datagramme IPv4 pour traverser des zones du réseau qui ne supportent pas
encore IPv6.

4
2 Méthodologie pour répondre aux QCM
1. Plan de Données vs. Plan de Contrôle : La distinction est cruciale.
— Une question sur l’action immédiate d’un routeur sur un paquet (où l’envoyer, le
fragmenter) concerne le plan de données.
— Une question sur la construction des tables de routage (via OSPF, BGP) concerne
le plan de contrôle.
2. Calcul de sous-réseaux : Face à une adresse IP et un masque, la méthode la plus sûre
est de tout convertir en binaire.
— Adresse de réseau : Appliquer un ET logique bit à bit entre l’adresse IP et le
masque. Ou, plus simplement, mettre tous les bits de la partie hôte à 0.
— Adresse de broadcast : Mettre tous les bits de la partie hôte à 1.
— Nombre d’hôtes : Si n est le nombre de bits dans la partie hôte, le nombre
d’adresses utilisables est 2n − 2.
3. Appliquer la règle du plus long masque : Pour les questions de routage avec une
table, comparez l’adresse de destination à chaque préfixe de la table. Si plusieurs corres-
pondent, la bonne route est celle avec le préfixe le plus long (la plus grande valeur de
‘/x‘). C’est une règle absolue, elle prime sur la métrique.
4. Suivre un paquet à travers un routeur NAT : Visualisez la réécriture.
— Sortant : Paquet(IP_privée :port_privé → IP_dest :port_dest) devient Paquet(IP_NAT :nou-
veau_port → IP_dest :port_dest).
— Entrant : Paquet(IP_externe :port_externe → IP_NAT :nouveau_port) devient
Paquet(IP_externe :port_externe → IP_privée :port_privé).
— Notez que seuls l’adresse et le port de l’hôte sur le réseau privé sont modifiés.
5. Identifier les champs d’en-tête IP : Associez chaque champ à sa fonction. TTL →
éviter les boucles. Protocol → démultiplexage vers TCP/UDP. Fragmentation flags →
gestion des paquets fragmentés.

5
3 Entraînement – QCM
3.1 Questions
Question : Laquelle de ces fonctions appartient au plan de données (Data Plane) d’un
routeur ?
a) Exécuter un protocole de routage comme OSPF pour communiquer avec les routeurs
voisins.
b) Transférer un datagramme arrivant sur le port d’entrée 1 vers le port de sortie 3.
c) Calculer le chemin le plus court vers toutes les destinations du réseau.
d) Installer de nouvelles règles de routage reçues d’un contrôleur SDN.

Question : Soit une adresse IP [Link] avec un masque de réseau [Link].


Quelle est l’adresse du sous-réseau ?
a) [Link]
b) [Link]
c) [Link]
d) [Link]

Question : Un routeur reçoit un datagramme destiné à [Link]. Sa table de routage


contient les entrées suivantes. Vers quelle interface le paquet sera-t-il envoyé ?
[Link]/20 -> Interface 0
[Link]/23 -> Interface 1
[Link]/16 -> Interface 2
a) Interface 0
b) Interface 1
c) Interface 2
d) Le paquet sera rejeté car la destination est ambiguë.

Question : Quel est le principal objectif du champ TTL (Time-To-Live) dans l’en-tête
IPv4 ?
a) Mesurer le temps de transit d’un paquet de bout en bout.
b) S’assurer qu’un paquet ne boucle pas indéfiniment dans le réseau.
c) Indiquer au récepteur combien de temps il doit conserver le paquet en mémoire.
d) Donner une priorité au paquet dans les files d’attente des routeurs.

Question : Un hôte avec l’IP privée [Link] envoie un paquet à un serveur web sur internet.
Le routeur NAT du réseau a l’IP publique [Link]. Quelle sera l’adresse IP source du paquet
une fois qu’il aura traversé le routeur NAT ?
a) [Link]

6
b) [Link]
c) L’adresse du serveur web.
d) L’adresse de broadcast du réseau local.

Question : Lequel de ces champs n’existe PAS dans l’en-tête IPv6 ?


a) Flow Label
b) Next Header
c) Header Checksum
d) Hop Limit

Question : La fragmentation d’un datagramme IPv4 est réalisée par _____ et le réas-
semblage est réalisé par _____.
a) l’hôte source / l’hôte de destination
b) l’hôte source / chaque routeur sur le chemin
c) n’importe quel routeur sur le chemin / l’hôte de destination
d) n’importe quel routeur sur le chemin / le routeur suivant

Question : Quel protocole est utilisé par un hôte pour obtenir dynamiquement une adresse
IP lorsqu’il se connecte à un réseau ?
a) ARP
b) DNS
c) HTTP
d) DHCP

Question : Dans l’en-tête d’un datagramme IPv4, à quoi sert le champ "Protocol" ?
a) À identifier la version d’IP (par ex. 4 ou 6).
b) À indiquer si le paquet doit être routé en priorité.
c) À indiquer à la couche réseau de destination quel protocole de couche transport (ex :
TCP, UDP) doit recevoir les données.
d) À vérifier l’intégrité de l’en-tête.

Question : Le Head-of-the-Line (HOL) blocking dans un routeur se produit :


a) Dans les files d’attente de sortie, lorsqu’un paquet rapide est coincé derrière un paquet
lent.
b) Dans les files d’attente d’entrée, lorsqu’un paquet en tête de file ne peut être transféré
car son port de sortie est occupé, bloquant ainsi les paquets derrière lui.
c) Lorsque le tissu de commutation est trop lent.
d) Lorsque le TTL d’un paquet atteint zéro.

7
3.2 Corrigés
Question : Laquelle de ces fonctions appartient au plan de données (Data Plane) d’un
routeur ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Transférer un datagramme arrivant sur le port d’entrée


1 vers le port de sortie 3.
Explication : Le plan de données s’occupe de l’action de commutation (forwarding) des
paquets, qui est une tâche locale, rapide et répétitive. Les options a), c) et d) concernent
toutes le calcul et la mise en place de la logique de routage, qui sont des fonctions du
plan de contrôle.

Question : Soit une adresse IP [Link] avec un masque de réseau [Link].


Quelle est l’adresse du sous-réseau ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) [Link].


Explication : Cette question est tirée du TD.
1. Convertir le masque en notation CIDR : [Link] →
11111111.11111111.11111111.11000000, ce qui correspond à un préfixe de
26 bits (/26).
2. Convertir le dernier octet de l’IP en binaire : 132 → 10000100.
3. Appliquer le masque binaire : 10000100 ET 11000000 = 10000000.
4. Convertir le résultat en décimal : 10000000 → 128.
L’adresse du sous-réseau est donc [Link].

Méthode / Astuce

Pour un masque /26, la partie hôte occupe 32 − 26 = 6 bits. Les sous-réseaux pro-
gressent par pas de 26 = 64. Les adresses de réseau sont donc .0, .64, .128, .192. L’adresse
[Link] est comprise entre 128 et 191, elle appartient donc au sous-réseau .128.

Question : Un routeur reçoit un datagramme destiné à [Link]. Sa table de routage


contient les entrées suivantes...

8
Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Interface 1.


Explication : On applique la règle du plus long masque.
— L’adresse [Link] correspond au préfixe [Link]/20.
— Elle correspond aussi au préfixe [Link]/23.
— Elle correspond aussi au préfixe [Link]/16.
Entre /20, /23, et /16, le préfixe le plus long (le plus spécifique) est /23. Le paquet sera
donc envoyé vers l’Interface 1.

Question : Quel est le principal objectif du champ TTL (Time-To-Live) dans l’en-tête
IPv4 ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) S’assurer qu’un paquet ne boucle pas indéfiniment dans


le réseau.
Explication : Chaque routeur qui traite le paquet décrémente la valeur du TTL. Si le
TTL atteint 0, le routeur détruit le paquet. Cela empêche un paquet, qui serait pris dans
une boucle de routage à cause d’une erreur de configuration, de circuler éternellement et
de consommer des ressources réseau.

Question : Un hôte avec l’IP privée [Link] envoie un paquet à un serveur web sur inter-
net...

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) [Link].


Explication : Le routeur NAT remplace l’adresse IP source privée ([Link]), non rou-
table sur Internet, par sa propre adresse IP publique ([Link]) pour que le serveur de
destination puisse lui répondre.

Question : Lequel de ces champs n’existe PAS dans l’en-tête IPv6 ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Header Checksum.


Explication : L’en-tête IPv6 a été simplifié pour accélérer le traitement par les routeurs.
Le checksum de l’en-tête a été supprimé, partant du principe que les couches supérieures
(TCP/UDP) et inférieures (Liaison) effectuent déjà des contrôles d’erreur robustes. Le
TTL a été renommé Hop Limit.

9
Question : La fragmentation d’un datagramme IPv4 est réalisée par _____ et le réas-
semblage est réalisé par _____.

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) n’importe quel routeur sur le chemin / l’hôte de desti-


nation.
Explication : L’hôte source envoie un datagramme sans se soucier des MTU des liens
intermédiaires. Si un routeur sur le chemin doit envoyer le datagramme sur un lien avec
une MTU plus petite que la taille du datagramme, c’est ce routeur qui effectue la frag-
mentation. Le réassemblage, pour des raisons d’efficacité, n’est fait qu’une seule fois, à la
destination finale.

Question : Quel protocole est utilisé par un hôte pour obtenir dynamiquement une adresse
IP lorsqu’il se connecte à un réseau ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : d) DHCP.


Explication : DHCP (Dynamic Host Configuration Protocol) est le protocole standard
pour l’attribution automatique des paramètres de configuration IP (adresse, masque,
passerelle, DNS) aux hôtes.

Question : Dans l’en-tête d’un datagramme IPv4, à quoi sert le champ "Protocol" ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) À indiquer à la couche réseau de destination quel pro-


tocole de couche transport (ex : TCP, UDP) doit recevoir les données.
Explication : Ce champ agit comme un identifiant de démultiplexage pour la couche
réseau. Une fois le datagramme IP arrivé à destination, la couche réseau lit ce champ
(ex : 6 pour TCP, 17 pour UDP) pour savoir à quelle entité de la couche transport elle
doit passer le contenu (le segment).

Question : Le Head-of-the-Line (HOL) blocking dans un routeur se produit :

10
Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Dans les files d’attente d’entrée, lorsqu’un paquet en


tête de file ne peut être transféré car son port de sortie est occupé, bloquant
ainsi les paquets derrière lui.
Explication : Le blocage en tête de file est un phénomène spécifique aux files d’attente
des ports d’entrée. Même si les paquets qui suivent dans la file sont destinés à des ports
de sortie qui sont libres, ils sont bloqués par le premier paquet qui attend que son propre
port de sortie se libère.

11
4 Pièges classiques du thème
Piège à éviter

Piège n°1 : Calcul de l’adresse de réseau / broadcast


Exemple de question piège : Pour l’hôte [Link]/28, quelle est l’adresse de
broadcast ?
a) [Link]
b) [Link]
c) [Link]
d) [Link]
Analyse du piège : L’erreur commune est de mal identifier les limites du sous-réseau.
Un masque /28 laisse 32 − 28 = 4 bits pour la partie hôte. Les sous-réseaux progressent
donc par pas de 24 = 16.
— Les adresses de réseau sont .0, .16, .32, ... .128, .144, .160, etc.
— L’adresse [Link] est dans le sous-réseau qui commence à [Link].
— Ce sous-réseau va de .144 à .159.
— L’adresse de réseau est [Link] (tous les bits hôte à 0).
— L’adresse de broadcast est [Link] (tous les bits hôte à 1). La bonne réponse
est b).
Comment l’éviter : Face à un masque, calculez immédiatement le "pas" ou la "taille
du bloc" (2(32−x) pour un masque /x). Trouvez ensuite le multiple de ce pas qui est juste
inférieur ou égal à l’adresse donnée pour trouver l’adresse de réseau.

12
Piège à éviter
Piège n°2 : L’adresse de destination lors d’un routage
Exemple de question piège : L’hôte A ([Link]) veut envoyer un paquet à l’hôte B
([Link]). Le routeur de premier saut de A est R ([Link]). Dans le datagramme IP
envoyé de A à R, quelles sont les adresses IP source et destination ?
a) Source=[Link], Destination=[Link]
b) Source=[Link], Destination=[Link]
c) Source=[Link], Destination=[Link]
d) Source=A, Destination=R (noms symboliques)
Analyse du piège : Il faut distinguer les adresses de couche 2 (Liaison) et de couche 3
(Réseau). L’adresse de destination de la trame (couche 2) sera celle du routeur R. Mais
l’adresse de destination du datagramme IP (couche 3) reste toujours la destination
finale, soit l’hôte B. Le datagramme IP n’est pas modifié (sauf TTL) durant son transit.
La bonne réponse est b).
Comment l’éviter : Toujours se demander "de quelle couche parle-t-on ?". Adressage
de couche liaison (MAC) : de bond en bond. Adressage de couche réseau (IP) : de bout
en bout.

Piège à éviter
Piège n°3 : NAT et modification des paquets entrants
Exemple de question piège : Un paquet arrive sur l’interface externe d’un routeur NAT
avec pour IP destination l’IP publique du routeur, et pour port destination 5001. La table
NAT contient l’entrée ([Link], 5001) <-> ([Link], 3345). Que modifie le
routeur sur le paquet avant de le transférer sur le réseau local ?
a) L’adresse IP source et le port source.
b) Uniquement l’adresse IP de destination.
c) L’adresse IP de destination et le port de destination.
d) Rien, il le transfère tel quel.
Analyse du piège : L’action du NAT est symétrique. A la sortie, il modifie la source.
A l’entrée, il modifie la destination. Le paquet est destiné à l’IP publique du routeur et
à un port spécifique. Le routeur utilise sa table pour remplacer ce couple (IP publique,
port) par le couple (IP privée, port) de l’hôte qui a initié la connexion. La bonne réponse
est c).
Comment l’éviter : Retenir que le but du NAT est de rendre le processus transparent.
Pour l’hôte privé, il doit recevoir un paquet qui lui est directement adressé.

13
NET3601 – Chapitre 5
La Couche Réseau : Plan de Contrôle (Routage)

19 juin 2025

Table des matières


1 Résumé de cours 2
1.1 Principes du Routage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Algorithmes de Routage Fondamentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2.1 Algorithme à Vecteur de Distance (Distance Vector) . . . . . . . . . . . . 2
1.2.2 Algorithme à État de Lien (Link State) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 OSPF (Open Shortest Path First) - Protocole IGP . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.4 BGP (Border Gateway Protocol) - Protocole EGP . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

2 Méthodologie pour répondre aux QCM 4

3 Entraînement – QCM 5
3.1 Questions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.2 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

4 Pièges classiques du thème 10

1
1 Résumé de cours
1.1 Principes du Routage
Le plan de contrôle a pour but de construire et maintenir les tables de routage des rou-
teurs. Internet est structuré en Systèmes Autonomes (AS), des réseaux sous une même
administration.
— Routage Intra-AS (IGP - Interior Gateway Protocol) : Routage à l’intérieur
d’un même AS. Ex : OSPF, RIP.
— Routage Inter-AS (EGP - Exterior Gateway Protocol) : Routage entre différents
AS. Ex : BGP.

1.2 Algorithmes de Routage Fondamentaux


1.2.1 Algorithme à Vecteur de Distance (Distance Vector)
— Basé sur l’algorithme de Bellman-Ford.
— Chaque routeur communique sa table de routage (vecteurs de distances) à ses voisins
directs. Un routeur ne connaît que le coût et le prochain saut vers une destination, pas
la topologie complète.
— Sujet au problème de comptage à l’infini (count-to-infinity) : converge lentement en
cas de mauvaise nouvelle (ex : rupture d’un lien).
— Mécanismes de protection : horizon coupé (split horizon), intoxication d’information (poi-
son reverse).
— Exemple de protocole : RIP.

1.2.2 Algorithme à État de Lien (Link State)


— Basé sur l’algorithme de Dijkstra pour trouver le plus court chemin.
— Chaque routeur construit une carte complète (graphe) de la topologie du réseau.
— Cette carte est construite via la diffusion (flooding) de paquets d’état de lien (LSA -
Link-State Advertisements) par tous les routeurs.
— Convergence rapide et moins sujet aux boucles que le vecteur de distance.
— Exemple de protocole : OSPF.

1.3 OSPF (Open Shortest Path First) - Protocole IGP


— Protocole à état de lien standard de l’IETF.
— Hiérarchique : un AS peut être divisé en aires (areas). Toute aire doit être connectée
à l’aire 0 (backbone). Ce découpage limite la diffusion des LSA et la taille des tables
de routage.
— Routeurs OSPF :
— Routeur interne : Toutes ses interfaces sont dans la même aire.
— Routeur de bordure d’aire (ABR - Area Border Router) : Connecte une ou
plusieurs aires à l’aire 0.

2
— Routeur de bordure d’AS (ASBR - AS Boundary Router) : Connecte l’AS
à un autre AS (ex : exécute OSPF et BGP).
— Annonces d’état de lien (LSA) :
— Type 1 (Router LSA) : Décrit les liens d’un routeur. Diffusé uniquement dans
son aire.
— Type 2 (Network LSA) : Décrit les routeurs connectés à un réseau multi-accès
(ex : Ethernet). Diffusé par le Routeur Désigné (DR) uniquement dans son
aire.
— Type 3 (Summary LSA) : Annonce des routes vers d’autres aires. Généré par
les ABRs.
— Type 5 (External LSA) : Annonce des routes externes à l’AS. Généré par les
ASBRs.

1.4 BGP (Border Gateway Protocol) - Protocole EGP


— Le protocole de routage qui fait fonctionner l’Internet en connectant les AS.
— C’est un protocole à vecteur de chemin (Path Vector).
— Politiques de routage : Son but n’est pas seulement de trouver le chemin le plus court,
mais d’appliquer des politiques commerciales, économiques ou de sécurité.
— Sessions : BGP utilise TCP (port 179) pour un transport fiable des informations de
routage.
— eBGP : session entre routeurs de différents AS.
— iBGP : session entre routeurs du même AS pour propager les routes externes
apprises. Pour éviter les boucles, un routeur iBGP ne retransmet pas une route
apprise d’un autre pair iBGP. Cela impose une topologie en full mesh ou l’utilisation
de réflecteurs de route.
— Attributs et Processus de Décision : BGP choisit la meilleure route en se basant sur
une liste d’attributs, par ordre de priorité :
1. LOCAL_PREF (Préférence Locale) : Attribut local à un AS. La route avec
le plus haut LOCAL_PREF est préférée. Permet de choisir le point de sortie de
l’AS.
2. AS_PATH (Chemin d’AS) : Liste des AS traversés. C’est le mécanisme anti-
boucle principal. La route avec le chemin d’AS le plus court est préférée.
3. ORIGIN : Origine de la route (IGP, EGP, ou incomplète). IGP < EGP < Incom-
plète.
4. MED (Multi-Exit Discriminator) : Permet à un AS d’influencer comment un
AS voisin entre dans son réseau. La route avec le MED le plus bas est préférée
(considéré uniquement si les routes proviennent du même AS voisin).
5. Si tout est égal, on préfère une route eBGP à une route iBGP.
6. Puis, on choisit la route via le NEXT_HOP le plus proche selon l’IGP.
7. En dernier recours, on choisit la route venant du routeur avec le plus petit ID BGP.

3
2 Méthodologie pour répondre aux QCM
1. Identifier le Contexte : Intra-AS ou Inter-AS ?
— La question porte sur la communication à l’intérieur d’un seul réseau d’entreprise/FAI ?
Pensez IGP (OSPF, RIP). Les métriques sont des coûts de lien, des nombres de
sauts.
— La question porte sur la communication entre des FAI différents (ex : Orange et
Free) ? Pensez EGP (BGP). Les métriques sont des politiques, des chemins d’AS.
2. Vecteur de Distance vs. État de Lien :
— Vecteur de Distance (RIP) : Imaginez des panneaux indicateurs. Un routeur
dit : "Pour aller à X, va vers mon voisin Y, ça te coûtera 5 sauts". Le routeur ne sait
pas ce qu’il y a après Y. Problème : si le chemin via Y s’allonge, Y peut croire qu’il
y a un meilleur chemin via vous, créant une boucle (comptage à l’infini).
— État de Lien (OSPF) : Chaque routeur a une carte Michelin complète du réseau.
Il calcule lui-même le meilleur itinéraire avec Dijkstra. Pas de risque de "croire son
voisin sur parole".
3. Hiérarchie OSPF : Pour une question OSPF avec des aires :
— Le trafic entre deux aires différentes doit toujours passer par l’aire 0.
— Un routeur dans l’aire 1 ne connaît pas la topologie de l’aire 2. Il sait juste, grâce à
son ABR, qu’il existe un "réseau X" joignable via l’aire 0. C’est le principe du résumé
de routes (LSA de type 3).
4. Logique de Décision BGP : C’est l’application d’une liste de règles. Face à une question
de sélection de route BGP, suivez l’algorithme pas à pas, comme un ordinateur. Ne sautez
pas d’étapes.
(a) Y a-t-il une différence de LOCAL_PREF ? Si oui, le plus haut gagne. Fin.
(b) Sinon, y a-t-il une différence de longueur d’AS_PATH ? Si oui, le plus court gagne.
Fin.
(c) Sinon, y a-t-il une différence d’ORIGIN ? (IGP > EGP > Incomplete). Fin.
(d) ... et ainsi de suite. Le plus souvent, les questions s’arrêtent à ces premières étapes.
5. Politiques BGP : Influencer le trafic
— Pour contrôler par où votre trafic SORT, vous utilisez LOCAL_PREF.
— Pour influencer par où le trafic d’un voisin ENTRE chez vous, vous lui envoyez
un MED.

4
3 Entraînement – QCM
3.1 Questions
Question : Lequel de ces protocoles de routage est basé sur un algorithme à état de lien
(Link State) ?
a) RIP
b) BGP
c) OSPF
d) Uniquement Bellman-Ford

Question : Quelle est la métrique principale utilisée par le protocole RIP pour déterminer
le meilleur chemin ?
a) La bande passante du lien.
b) Le délai de transmission.
c) Le nombre de sauts (hop count).
d) La longueur du chemin d’AS.

Question : Dans une architecture OSPF hiérarchique, à quoi sert l’aire 0 (backbone) ?
a) À connecter tous les routeurs internes d’une même aire.
b) À connecter l’AS aux autres AS.
c) À connecter toutes les autres aires entre elles.
d) C’est une aire réservée aux serveurs critiques.

Question : Un routeur OSPF qui connecte l’aire 1 à l’aire 0 est appelé :


a) Un routeur interne.
b) Un ASBR (AS Boundary Router).
c) Un ABR (Area Border Router).
d) Un DR (Designated Router).

Question : Quel est le principal mécanisme utilisé par BGP pour éviter les boucles de
routage ?
a) L’attribut MED (Multi-Exit Discriminator).
b) Le protocole TCP pour le transport fiable.
c) L’attribut AS_PATH.
d) Un temporisateur de type "count-to-infinity".

Question : Un routeur BGP reçoit deux routes pour la même destination. La route A a
un LOCAL_PREF de 200 et un AS_PATH de longueur 3. La route B a un LOCAL_PREF
de 150 et un AS_PATH de longueur 2. Quelle route sera choisie ?

5
a) La route A.
b) La route B.
c) Aucune, car il y a un conflit.
d) Le routeur utilisera les deux pour faire du partage de charge.

Question : Dans BGP, à quoi sert principalement l’attribut MED (Multi-Exit Discrimina-
tor) ?
a) À choisir le meilleur point de sortie de son propre AS.
b) À influencer un AS voisin sur le point d’entrée qu’il doit utiliser pour atteindre votre AS.
c) À mesurer le délai de bout en bout d’un chemin.
d) À définir la priorité absolue d’une route.

Question : Sur un réseau Ethernet avec plusieurs routeurs OSPF, pourquoi un Routeur
Désigné (DR) est-il élu ?
a) Pour qu’il soit le seul à acheminer le trafic de données.
b) Pour réduire le nombre de relations d’adjacence et la diffusion de LSA.
c) Pour qu’il serve de passerelle par défaut pour tous les autres routeurs.
d) Pour qu’il centralise toutes les tables de routage.

Question : Le problème du "comptage à l’infini" est caractéristique de quel type d’algo-


rithme de routage ?
a) État de Lien.
b) Vecteur de Chemin.
c) Vecteur de Distance.
d) Routage hiérarchique.

Question : Un routeur iBGP reçoit une annonce de route d’un autre pair iBGP. Que fait-il
avec cette annonce ?
a) Il la propage à tous ses autres pairs iBGP.
b) Il la propage à tous ses pairs eBGP.
c) Il l’installe dans sa table de routage mais ne la propage pas à ses autres pairs iBGP.
d) Il la rejette systématiquement.

6
3.2 Corrigés
Question : Lequel de ces protocoles de routage est basé sur un algorithme à état de lien
(Link State) ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) OSPF.


Explication : OSPF est le principal protocole à état de lien. Chaque routeur OSPF
construit une carte complète de la topologie de son aire et calcule les meilleurs chemins
avec l’algorithme de Dijkstra. RIP est à vecteur de distance et BGP est à vecteur de
chemin.

Question : Quelle est la métrique principale utilisée par le protocole RIP pour déterminer
le meilleur chemin ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Le nombre de sauts (hop count).


Explication : RIP choisit le chemin qui traverse le moins de routeurs (le moins de sauts).
Cette métrique simple ne tient pas compte de la bande passante ou du délai des liens, ce
qui est une de ses principales limitations.

Question : Dans une architecture OSPF hiérarchique, à quoi sert l’aire 0 (backbone) ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) À connecter toutes les autres aires entre elles.


Explication : L’aire 0 est l’épine dorsale ("backbone") du réseau OSPF. Toute commu-
nication entre deux aires non-backbone (ex : de l’aire 1 à l’aire 2) doit transiter par l’aire
0. Cette règle de conception garantit une topologie sans boucle et une gestion simplifiée
du routage inter-aires.

Question : Un routeur OSPF qui connecte l’aire 1 à l’aire 0 est appelé :

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Un ABR (Area Border Router).


Explication : Par définition, un ABR est un routeur qui a des interfaces dans plusieurs
aires, dont au moins une doit être l’aire 0. Son rôle est de résumer les informations de
routage d’une aire et de les annoncer dans l’autre (via des LSA de type 3).

Question : Quel est le principal mécanisme utilisé par BGP pour éviter les boucles de
routage ?

7
Explication de la réponse

Réponse correcte : c) L’attribut AS_PATH.


Explication : Chaque fois qu’une annonce de route traverse un AS, cet AS ajoute son
propre numéro (ASN) à l’attribut AS_PATH. Lorsqu’un routeur reçoit une annonce, il
vérifie l’AS_PATH. S’il y voit son propre ASN, il sait que l’annonce a fait une boucle et
la rejette.

Question : Un routeur BGP reçoit deux routes pour la même destination...

Explication de la réponse

Réponse correcte : a) La route A.


Explication : Le processus de décision BGP évalue les attributs dans un ordre strict.
Le LOCAL_PREF est évalué avant la longueur de l’AS_PATH. Comme la route A a
un LOCAL_PREF plus élevé (200 > 150), elle est choisie, même si son chemin d’AS est
plus long.

Question : Dans BGP, à quoi sert principalement l’attribut MED... ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) À influencer un AS voisin sur le point d’entrée qu’il


doit utiliser pour atteindre votre AS.
Explication : Le MED est une suggestion (une "indication") envoyée à un AS voisin. En
envoyant un MED plus bas sur un lien que sur un autre, vous lui dites "s’il te plaît, pour
m’envoyer du trafic, préfère ce lien".

Question : Sur un réseau Ethernet avec plusieurs routeurs OSPF, pourquoi un Routeur
Désigné (DR) est-il élu ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Pour réduire le nombre de relations d’adjacence et la


diffusion de LSA.
Explication : Sur un réseau multi-accès, sans DR, chaque routeur devrait établir une
relation d’adjacence avec tous les autres, menant à N (N − 1)/2 relations et une diffusion
massive de LSA. Avec un DR, chaque routeur n’est adjacent qu’au DR. Il envoie son
LSA au DR, qui se charge ensuite de le diffuser aux autres. Cela simplifie grandement la
communication.

Question : Le problème du "comptage à l’infini" est caractéristique de quel type d’algo-


rithme de routage ?

8
Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Vecteur de Distance.


Explication : Ce problème survient quand une "mauvaise nouvelle" (un lien tombe)
se propage lentement à travers le réseau. Les routeurs s’échangent des informations de
routage qui peuvent être obsolètes et former des boucles de routage temporaires, pendant
lesquelles la métrique vers la destination "compte jusqu’à l’infini".

Question : Un routeur iBGP reçoit une annonce de route d’un autre pair iBGP. Que fait-il
avec cette annonce ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Il l’installe dans sa table de routage mais ne la propage


pas à ses autres pairs iBGP.
Explication : C’est la règle de base de l’horizon coupé (split horizon) d’iBGP pour
éviter les boucles à l’intérieur d’un AS. Puisque iBGP ne propage pas de chemin complet
à l’intérieur de l’AS, il ne peut pas détecter les boucles comme eBGP. Cette règle impose
la nécessité d’une topologie iBGP en "full mesh" (chaque routeur est connecté à tous les
autres) ou l’utilisation de réflecteurs de routes.

9
4 Pièges classiques du thème
Piège à éviter
Piège n°1 : Le plus court chemin IGP n’est pas forcément le chemin BGP
Exemple de question piège : Un routeur dans l’AS 1 a deux chemins pour atteindre
un réseau dans l’AS 10 :
— Chemin A : via l’AS 2. AS_PATH = (2, 10). Le coût OSPF pour atteindre le
routeur de sortie est 50.
— Chemin B : via l’AS 3 puis l’AS 4. AS_PATH = (3, 4, 10). Le coût OSPF pour
atteindre le routeur de sortie est 10.
En supposant que tous les autres attributs BGP sont égaux, quel chemin est choisi ?
Analyse du piège : L’intuition, basée sur les IGP, est de choisir le chemin avec le coût
interne le plus faible (Chemin B, coût 10). Mais en BGP, la longueur de l’AS_PATH est
un critère bien plus important que le coût IGP. Le Chemin A a une longueur d’AS_PATH
de 2, tandis que le Chemin B a une longueur de 3. Le Chemin A sera donc choisi.
Comment l’éviter : La sélection de route BGP est une procédure séquentielle. Ne passez
à un critère que si tous les critères précédents sont égaux. Ici, la longueur de l’AS_PATH
est comparée bien avant le coût IGP vers le NEXT_HOP.

Piège à éviter
Piège n°2 : Confondre LOCAL_PREF et MED
Exemple de question piège : L’AS 100 est connecté à l’AS 200 via deux liens, A et B.
L’AS 100 veut que tout son trafic sortant vers l’Internet passe par le lien A. Quel attribut
BGP doit-il configurer sur ses routeurs de bordure ?
a) Mettre un MED plus bas sur les routes apprises via le lien A.
b) Mettre un LOCAL_PREF plus haut sur les routes apprises via le lien A.
c) Annoncer un MED plus bas à l’AS 200 via le lien A.
d) Ajouter son propre ASN plusieurs fois sur l’AS_PATH du lien B.
Analyse du piège : La question porte sur le contrôle du trafic sortant ("son trafic").
Le MED est utilisé pour influencer le trafic entrant. La bonne réponse est donc d’utiliser
le LOCAL_PREF. En configurant un LOCAL_PREF plus élevé sur les routes apprises
via le lien A, tous les routeurs internes de l’AS 100 préféreront ce chemin pour leur trafic
sortant. La réponse est b).
Comment l’éviter : Retenir la règle : LOCAL_PREF pour la sortie, MED pour
l’entrée.

10
Piège à éviter
Piège n°3 : Le problème du NEXT_HOP en iBGP
Exemple de question piège : Un routeur R1 dans l’AS 100 apprend une route vers
un réseau X de son voisin eBGP R2 (IP : [Link]) dans l’AS 200. R1 propage cette route
via iBGP à un routeur interne R3. Quelle est la valeur du NEXT_HOP dans l’annonce
iBGP que R3 reçoit ?
a) L’adresse de R1.
b) L’adresse de R2 ([Link]).
c) L’adresse de R3.
d) L’adresse du réseau X.
Analyse du piège : Par défaut, BGP ne modifie pas l’attribut NEXT_HOP lorsqu’il
propage une route en iBGP. R3 recevra donc la route avec un NEXT_HOP de [Link].
Le piège est que si R3 ne sait pas comment atteindre [Link] (via son IGP, OSPF par
exemple), la route BGP sera valide mais inutilisable. La bonne réponse est b).
Comment l’éviter : Se souvenir de la règle "next-hop-self". Pour que cela fonctionne, R1
doit être configuré pour s’annoncer lui-même comme le NEXT_HOP lorsqu’il propage
la route à ses pairs iBGP. Mais par défaut, ce n’est pas le cas.

11
NET3602 – Thème 6
La Couche Liaison et les Réseaux Locaux (LANs)

19 juin 2025

Table des matières


1 Résumé de cours 2
1.1 Rôle et Services de la Couche Liaison (Couche 2) . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Protocoles d’Accès Multiple (MAC) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Adressage de la Couche Liaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.4 Commutateurs (Switches) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.5 Spanning Tree Protocol (STP - IEEE 802.1D) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.6 VLANs (Virtual LANs) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Méthodologie pour répondre aux QCM 5

3 Entraînement – QCM 6
3.1 Questions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.2 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

4 Pièges classiques du thème 11

1
1 Résumé de cours
1.1 Rôle et Services de la Couche Liaison (Couche 2)
La couche liaison assure le transfert de datagrammes d’un nœud (hôte ou routeur) à un
autre nœud physiquement adjacent sur un même lien. L’unité de données de cette couche
est la trame (frame).
Services fournis :
— Mise en trame (Framing) : Encapsule le datagramme de la couche réseau dans une
trame, en ajoutant un en-tête et une fin (trailer).
— Adressage de liaison : Utilise les adresses physiques (adresses MAC) pour identifier
les sources et destinations sur le réseau local.
— Accès au médium (Multiple Access) : Si le lien est partagé (ex : WiFi), un protocole
d’accès multiple (MAC) est nécessaire pour coordonner les transmissions et gérer les
collisions.
— Détection d’erreurs : Utilise des bits de contrôle (ex : CRC) pour détecter les erreurs
de transmission. Les trames erronées sont généralement rejetées. La correction d’erreur
est plus rare.

1.2 Protocoles d’Accès Multiple (MAC)


Nécessaires quand plusieurs nœuds partagent un même canal de diffusion.
À partitionnement de canal (TDMA, FDMA) : Chaque nœud obtient une portion dédiée
du canal (temporelle ou fréquentielle). Efficace à forte charge, inefficace à faible charge.
À accès aléatoire (ALOHA, CSMA) : Les nœuds tentent de transmettre quand ils le sou-
haitent. Des collisions peuvent se produire.
— CSMA/CD (Carrier Sense Multiple Access / Collision Detection) : Utilisé
par Ethernet.
1. Écouter avant de parler : le nœud vérifie que le canal est libre.
2. Détection de collision : le nœud écoute pendant qu’il émet. S’il détecte une
collision, il arrête, envoie un signal "jam", et attend un temps aléatoire avant de
réessayer (backoff exponentiel).
À tour de rôle (Polling, Token passing) : Les nœuds transmettent à tour de rôle, de manière
organisée.

1.3 Adressage de la Couche Liaison


— Adresse MAC (ou physique, ou Ethernet) : Identifiant unique de 48 bits, assigné
par le fabricant à chaque interface réseau. Elle est dite "plate" (non-hiérarchique). Ex :
1A-2F-BB-76-09-AD.
— Adresse IP vs. Adresse MAC :
— L’adresse IP est utilisée pour le routage de bout en bout à travers l’Internet.
— L’adresse MAC est utilisée pour le transfert d’une trame d’une interface à une autre
sur le même réseau local.
— ARP (Address Resolution Protocol) : Protocole qui permet de trouver l’adresse
MAC correspondant à une adresse IP sur le même sous-réseau.

2
— Fonctionnement : L’hôte A veut envoyer à l’IP de B. S’il ne connaît pas la MAC
de B, il envoie une requête ARP en broadcast ("Qui a l’IP X ?"). L’hôte B reçoit
la requête et répond en unicast à A ("C’est moi, voici mon adresse MAC"). A met
cette correspondance dans son cache ARP.

1.4 Commutateurs (Switches)


Un commutateur est un équipement de couche 2 intelligent qui relie plusieurs segments de
LAN.
— Filtrage et Commutation : Contrairement à un hub (qui répète les bits sur tous les
ports), un switch examine l’adresse MAC de destination de chaque trame et ne la transfère
que sur le port nécessaire.
— Auto-apprentissage (Self-learning) : Un switch construit dynamiquement sa table
de commutation (table MAC) en inspectant l’adresse MAC source des trames arrivant
sur ses ports. Il associe ainsi une adresse MAC à un port.
— Inondation (Flooding) : Si l’adresse MAC de destination est inconnue (absente de la
table), le switch diffuse la trame sur tous ses ports, sauf celui d’origine.
— Domaines de collision : Chaque port d’un switch est un domaine de collision distinct.
Les collisions sont donc éliminées dans un réseau commuté moderne.

1.5 Spanning Tree Protocol (STP - IEEE 802.1D)


— Problème : Les liens redondants entre switches créent des boucles, ce qui entraîne des
tempêtes de broadcast, des duplications de trames et une instabilité des tables MAC.
— Solution : STP est un protocole qui calcule un arbre recouvrant (Spanning Tree) de
la topologie du réseau en bloquant logiquement les ports qui créeraient des boucles.
— Fonctionnement (basé sur le TD) :
1. Élection du Pont Racine (Root Bridge) : Le switch ayant la plus basse priorité
(configurée par l’admin), ou à défaut, la plus basse adresse MAC, devient la racine.
2. Élection des Ports Racines (Root Ports) : Chaque switch non-racine identifie
le port qui lui offre le chemin le moins coûteux vers le pont racine. Ce port devient
son port racine.
3. Élection des Ports Désignés (Designated Ports) : Sur chaque lien, le port du
switch qui a le chemin le moins coûteux vers la racine est élu port désigné. C’est le
port "responsable" du lien.
4. Blocage des Ports : Tous les autres ports (qui ne sont ni racine, ni désignés) sont
bloqués. Ils ne transfèrent pas de données.
— BPDU (Bridge Protocol Data Units) : Messages échangés entre switches pour l’élec-
tion, contenant le vecteur (Priorité Racine, ID Racine, Coût, ID Émetteur).

Figure 1 – Topologie finale après convergence de STP, tirée du corrigé de TD.

3
1.6 VLANs (Virtual LANs)
Un VLAN permet de segmenter un réseau physique en plusieurs réseaux logiques.
— Isolation : Le trafic d’un VLAN, y compris les broadcasts, est confiné à ce VLAN.
— Communication inter-VLAN : Requiert un routeur (couche 3).
— Trunk Port : Un port configuré pour transporter le trafic de plusieurs VLANs entre
deux switches. Les trames sur un trunk sont étiquetées avec un ID de VLAN (protocole
IEEE 802.1Q).

4
2 Méthodologie pour répondre aux QCM
1. Penser en Adresses : IP vs. MAC : C’est la compétence clé de ce chapitre.
— Le paquet va-t-il vers une machine sur le même LAN/sous-réseau ? L’adresse
MAC de destination sera celle de la machine finale.
— Le paquet va-t-il vers une machine sur un autre réseau ? L’adresse MAC de desti-
nation sera celle du routeur de passerelle par défaut. L’adresse IP de destination,
elle, reste celle de la machine finale.
2. Maîtriser le fonctionnement du Switch : Pour une question sur un switch, déroulez
mentalement l’algorithme :
(a) La trame arrive sur le port X, venant de la MAC source ‘SrcA ‘.→ ACTION : J’ap-
prends que ‘SrcA ‘estsurleportX(j ′ ajoute/metsàjourmatable).Ladestinationest‘DestB ‘.→
ACTION : Je cherche ‘DestB ‘dansmatable.
(b) Cas 1 : ‘DestB ‘estdanslatable, associéeauportY.→ ACTION : J’envoie la trame sur le
port Y. (Sauf si Y=X, auquel cas je jette la trame).
(c) Cas 2 : ‘DestB ‘n′ estpasdanslatable.→ ACTION : J’inonde (flood) la trame sur tous
les ports sauf X.
3. Appliquer l’algorithme STP pas à pas (comme vu en TD) : Les questions sur
STP sont calculatoires et précises. Ne sautez pas d’étapes.
(a) Trouver la Racine : Comparer les BPDUs initiales (‘(P, I, 0, B)‘). Le ‘(P, I)‘ le
plus bas gagne. (P=Priorité, I=ID/MAC).
(b) Trouver les Ports Racines : Pour chaque switch, comparer les BPDUs reçues
de ses voisins (en ajoutant le coût du lien). Le port qui a reçu la meilleure BPDU
devient le port racine.
(c) Trouver les Ports Désignés : Pour chaque lien, il y a un switch "maître" (celui
qui a le meilleur chemin vers la racine). Le port de ce switch sur le lien est le port
désigné.
(d) Conclure : Les ports restants sont bloqués.
4. Distinguer les Domaines :
— Domaine de Collision : Zone où les transmissions peuvent entrer en collision.
Chaque port de switch est un domaine de collision. Tous les ports d’un hub sont
dans le même domaine de collision.
— Domaine de Broadcast : Zone où une trame de broadcast est propagée. Par
défaut, un switch entier est un domaine de broadcast. Les VLANs permettent de le
segmenter. Les routeurs bloquent les broadcasts.

5
3 Entraînement – QCM
3.1 Questions
Question : Quelle adresse est utilisée par un commutateur (switch) de couche 2 pour
prendre ses décisions de transfert ?
a) L’adresse IP source.
b) L’adresse IP de destination.
c) L’adresse MAC de destination.
d) Le numéro de port TCP.

Question : L’hôte A ([Link]) veut envoyer un datagramme à l’hôte B ([Link])


sur le même sous-réseau. L’hôte A ne connaît pas l’adresse MAC de B. Quel protocole va-t-il
utiliser ?
a) DHCP pour demander l’adresse MAC.
b) DNS pour traduire le nom en adresse MAC.
c) ARP pour demander "Qui a l’IP [Link] ?".
d) Il envoie le paquet à son routeur par défaut.

Question : Un switch reçoit une trame sur le port 1, de la source MAC A vers la destination
MAC B. La MAC A n’est pas dans sa table. La MAC B est associée au port 4. Que fait le
switch ?
a) Il ajoute (A, port 1) à sa table et transfère la trame sur le port 4.
b) Il diffuse la trame sur tous les ports.
c) Il rejette la trame car la source est inconnue.
d) Il ajoute (A, port 1) à sa table et diffuse la trame sur tous les ports sauf le port 1.

Question : Quel est l’objectif principal du protocole Spanning Tree (STP) ?


a) Augmenter la bande passante en utilisant tous les liens disponibles simultanément.
b) Sécuriser le réseau en chiffrant les trames.
c) Empêcher les boucles de routage dans un réseau de commutateurs.
d) Attribuer dynamiquement les adresses MAC aux hôtes.

Question : Dans l’élection du pont racine STP, quel critère est prioritaire ?
a) L’adresse MAC la plus élevée.
b) Le nombre de ports le plus élevé.
c) La priorité la plus basse.
d) L’adresse IP la plus basse.

6
Question : Dans STP, un port qui n’est ni un port racine, ni un port désigné, est dans
quel état ?
a) Forwarding (Transfert)
b) Learning (Apprentissage)
c) Listening (Écoute)
d) Blocking (Bloqué)

Question : Comment deux ordinateurs situés dans deux VLANs différents (ex : VLAN 10
et VLAN 20) peuvent-ils communiquer ?
a) Directement via un switch.
b) Via un routeur (routage inter-VLAN).
c) Ils ne peuvent pas communiquer.
d) En utilisant le protocole ARP.

Question : Quelle est la principale amélioration de CSMA/CD par rapport à CSMA ?


a) L’utilisation de slots temporels pour éviter les collisions.
b) La capacité à détecter une collision pendant la transmission et à l’arrêter immédiatement.
c) L’utilisation d’une adresse de destination pour chaque transmission.
d) La capacité à fonctionner sur des liens en fibre optique.

Question : Une trame de broadcast est envoyée sur un LAN. Que fait un switch lorsqu’il
la reçoit ?
a) Il la rejette.
b) Il la transfère uniquement au port du destinataire.
c) Il la diffuse sur tous ses ports, sauf celui d’où elle provient.
d) Il l’envoie au routeur par défaut.

Question : L’hôte A (IP : [Link]) veut envoyer une trame à l’hôte B (IP : [Link]). Le
routeur par défaut de A est R1 (MAC : M1). Que seront les adresses IP et MAC de destination
dans la trame envoyée par A ?
a) IP dest : [Link], MAC dest : M1
b) IP dest : [Link], MAC dest : MAC de B
c) IP dest : IP de R1, MAC dest : M1
d) IP dest : IP de R1, MAC dest : MAC de B

7
3.2 Corrigés
Question : Quelle adresse est utilisée par un commutateur (switch) de couche 2 pour
prendre ses décisions de transfert ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) L’adresse MAC de destination.


Explication : Un commutateur de couche 2 opère au niveau de la couche liaison. Il
examine l’en-tête de la trame Ethernet, lit l’adresse MAC de destination et consulte sa
table de commutation pour déterminer sur quel port transférer la trame. Il est "aveugle"
aux informations de couche 3 comme les adresses IP.

Question : L’hôte A ([Link]) veut envoyer un datagramme à l’hôte B ([Link])


sur le même sous-réseau...

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) ARP pour demander "Qui a l’IP [Link] ?".


Explication : Pour envoyer une trame sur un LAN, l’hôte A a besoin de l’adresse MAC
de l’hôte B. Comme il ne la connaît pas, il va utiliser le protocole ARP. Il enverra une
requête ARP en broadcast sur le LAN, et l’hôte B, reconnaissant sa propre adresse IP
dans la requête, répondra avec son adresse MAC.

Question : Un switch reçoit une trame sur le port 1, de la source MAC A vers la destination
MAC B. La MAC A n’est pas dans sa table. La MAC B est associée au port 4. Que fait le
switch ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : a) Il ajoute (A, port 1) à sa table et transfère la trame sur


le port 4.
Explication : C’est l’algorithme standard du switch : 1. Il apprend la position de la
source A (auto-apprentissage). 2. Il consulte sa table pour la destination B. 3. Comme B
est connu et associé au port 4, il effectue une commutation ciblée (filtrage) en n’envoyant
la trame que sur le port 4.

Question : Quel est l’objectif principal du protocole Spanning Tree (STP) ?

8
Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Empêcher les boucles de routage dans un réseau de


commutateurs.
Explication : Comme vu en TD, la présence de liens redondants (pour la tolérance aux
pannes) crée des boucles au niveau de la couche 2. STP résout ce problème en désactivant
logiquement certains ports pour forcer la topologie physique en une topologie logique en
arbre, qui par définition ne contient pas de boucle.

Question : Dans l’élection du pont racine STP, quel critère est prioritaire ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) La priorité la plus basse.


Explication : Selon l’algorithme STP décrit dans le corrigé du TD, un vecteur est
"meilleur" qu’un autre si sa priorité est plus basse. Si les priorités sont égales, on compare
alors les adresses MAC (la plus basse est la meilleure).

Question : Dans STP, un port qui n’est ni un port racine, ni un port désigné, est dans
quel état ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : d) Blocking (Bloqué).


Explication : Une fois l’arbre recouvrant calculé, chaque port a un rôle : port racine
(sur les switches non-racine), port désigné (sur chaque lien), ou bloqué. Les ports bloqués
sont ceux qui créeraient une boucle s’ils étaient actifs.

Question : Comment deux ordinateurs situés dans deux VLANs différents... peuvent-ils
communiquer ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : b) Via un routeur (routage inter-VLAN).


Explication : Les VLANs créent des domaines de broadcast logiquement séparés. Un
switch ne transférera jamais une trame d’un VLAN à un autre. Pour faire passer du
trafic entre deux VLANs (qui sont comme deux sous-réseaux IP différents), il faut un
équipement de couche 3 : un routeur.

Question : Quelle est la principale amélioration de CSMA/CD par rapport à CSMA ?

9
Explication de la réponse

Réponse correcte : b) La capacité à détecter une collision pendant la trans-


mission et à l’arrêter immédiatement.
Explication : CSMA simple écoute avant de parler, mais ne peut pas empêcher les
collisions dues au délai de propagation. CSMA/CD ajoute la capacité de détecter la
collision très rapidement après qu’elle ait commencé, d’arrêter la transmission et d’envoyer
un signal de "jam", ce qui économise du temps et de la bande passante par rapport à la
transmission d’une trame entière corrompue.

Question : Une trame de broadcast est envoyée sur un LAN. Que fait un switch lorsqu’il
la reçoit ?

Explication de la réponse

Réponse correcte : c) Il la diffuse sur tous ses ports, sauf celui d’où elle
provient.
Explication : L’adresse MAC de destination d’un broadcast (FF :FF :FF :FF :FF :FF)
n’est jamais apprise par un switch comme une source et n’est jamais associée à un seul
port. Par définition, un broadcast doit atteindre toutes les machines du domaine de
broadcast. Le switch l’inonde donc sur tous ses ports actifs.

Question : L’hôte A (IP : [Link]) veut envoyer une trame à l’hôte B (IP : [Link])...

Explication de la réponse

Réponse correcte : a) IP dest : [Link], MAC dest : M1.


Explication : C’est le mécanisme clé du routage IP sur un LAN.
— Couche 3 (IP) : Le datagramme est destiné à la destination finale, B. Donc IP
dest = [Link].
— Couche 2 (Liaison) : Pour sortir de son réseau local, A doit envoyer la trame
à son routeur par défaut, R1. L’adresse MAC de destination de la trame est donc
celle de l’interface du routeur R1, soit M1.

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4 Pièges classiques du thème
Piège à éviter
Piège n°1 : La destination d’une requête ARP
Exemple de question piège : L’hôte A ([Link]) veut envoyer un paquet à B ([Link]).
Le routeur de A est R1 ([Link]). A ne connaît l’adresse MAC de personne. Pour envoyer
son paquet, quelle adresse MAC A va-t-il chercher via ARP ?
a) L’adresse MAC de l’hôte B.
b) L’adresse MAC du routeur R1.
c) Une adresse MAC de broadcast.
d) Il n’utilise pas ARP car la destination est distante.
Analyse du piège : L’erreur la plus commune est de penser que A va chercher l’adresse
MAC de la destination finale B. C’est impossible, car ARP est un protocole qui fonctionne
par broadcast et est donc limité au sous-réseau local. A sait (en comparant son IP/masque
avec l’IP de B) que B n’est pas sur son réseau local. Il doit donc envoyer le paquet à sa
passerelle par défaut (R1). Il va donc utiliser ARP pour trouver l’adresse MAC de R1.
La bonne réponse est b).
Comment l’éviter : Toujours se demander : "La destination IP est-elle sur mon sous-
réseau ?". Si oui, ARP pour l’IP de destination. Si non, ARP pour l’IP de la passerelle.

Piège à éviter
Piège n°2 : Confondre Hub, Switch et Routeur
Exemple de question piège : Un équipement reçoit une trame et la retransmet sur
tous ses ports, sans exception. Cet équipement est un :
a) Switch avec une table MAC vide.
b) Hub (concentrateur).
c) Routeur.
d) Switch recevant un broadcast.
Analyse du piège : Les réponses a), b) et d) semblent similaires. La nuance est dans
le "sans exception". Un switch, même avec une table vide ou recevant un broadcast, ne
retransmet jamais la trame sur le port où il l’a reçue. Un Hub, étant un simple répéteur
de couche 1, le fait. Il régénère le signal sur tous les autres ports. La bonne réponse est
b).
Comment l’éviter : Hub = Couche 1, stupide, répète tout partout, 1 domaine de
collision. Switch = Couche 2, intelligent, apprend et filtre, 1 domaine de collision par
port. Routeur = Couche 3, connecte des réseaux différents, bloque les broadcasts.

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Piège à éviter
Piège n°3 : L’ordre des critères de décision STP
Exemple de question piège : Lors de l’élection d’un port racine sur un switch, deux
ports reçoivent des BPDUs :
— Port 1 : BPDU venant d’un switch avec un coût de 19 vers la racine. L’ID du switch
émetteur est [Link].
— Port 2 : BPDU venant d’un switch avec un coût de 19 vers la racine. L’ID du switch
émetteur est [Link].
Quel port sera choisi comme port racine ?
Analyse du piège : La question est mal posée dans l’énoncé car il manque l’ID du port.
Le TD nous montre que le dernier critère est l’ID du port envoyeur (Bs). L’algorithme
de comparaison du TD est : P 1 < P 2 → 1 gagne ; I1 < I2 → 1 gagne ; C1 < C2 → 1
gagne ; B1 < B2 → 1 gagne. Ici, P, I, C sont égaux. Le choix se fait sur l’ID du port
émetteur. Le piège est de vouloir comparer les ID des switches (qui sont égaux) ou de
s’arrêter car les coûts sont égaux.
Comment l’éviter : Mémoriser la cascade de décision STP : 1. ID Racine (Prio+MAC),
2. Coût vers Racine, 3. ID du Switch Voisin, 4. ID du Port Voisin. Appliquer les critères
dans l’ordre.

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