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UE 1 Module 12

Le document traite des fusions, scissions et apports partiels d'actif dans le cadre de la restructuration d'entreprise, en définissant ces opérations et leurs caractéristiques. Il aborde également les conditions de validité, la réalisation de ces opérations, ainsi que les effets juridiques qui en découlent, notamment la transmission universelle du patrimoine et les responsabilités des sociétés impliquées. Enfin, il souligne l'importance de respecter les formalités légales et les droits des créanciers lors de ces opérations.

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Le document traite des fusions, scissions et apports partiels d'actif dans le cadre de la restructuration d'entreprise, en définissant ces opérations et leurs caractéristiques. Il aborde également les conditions de validité, la réalisation de ces opérations, ainsi que les effets juridiques qui en découlent, notamment la transmission universelle du patrimoine et les responsabilités des sociétés impliquées. Enfin, il souligne l'importance de respecter les formalités légales et les droits des créanciers lors de ces opérations.

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UE 1: Gestion juridique, fiscale et sociale.

Module 12

LA RESTRUCTURATION DE L’ENTREPRISE

CHAP 1 : Les fusions, scissions et apports partiels d’actif


1/ Les notions de fusion scission et apport partiel d’actif
Définitions
La fusion
-C’est une opération permettant à 2 sociétés de se réunir pour n’en former qu’une
-Les sociétés peuvent transmettre leur patrimoine à une nouvelle société qu’elles créent
-Une société transmet son patrimoine à une société déjà existante (souvent plus puissante) qui l’absorbe.
La scission
- C’est une opération qui permet à une société de se scinder, se diviser, et de transmettre son patrimoine à plusieurs
sociétés nouvelles ou existantes
L’apport partiel d’actif
-Une société fait apport d’une partie de son patrimoine (ex : branche d’act) à une autre société nouvelle ou
existante.

Les caractéristiques des fusions et des scissions


La transmission universelle du patrimoine
-Dans les opérations de fusion et scission, c’est l’ensemble du patrimoine (actif et passif) qui est transmis
-Dans les scissions, le contrat doit préciser les modalités de répartition du passif entre les bénéficiaires, mais
néanmoins, les sociétés bénéficiaires sont solidairement responsables du passif envers les créanciers de l’E scindée.
La dissolution de la société absorbée ou scindée
-Dans les fusions et scissions, il y a obligatoirement dissolution de la société absorbée ou scindée qui disparaît donc
lors de l’opération. (différence avec l’apport partiel d’actif)
-Conséquence, la société n’existe plus juridiquement (ne peut pas être assignée en justice ou agir en justice…)
-La dissolution met un terme aux fonctions des dirigeants et CAC, l’AG doit donc désigner un mandataire pour
poursuivre les opérations de fusion ou scission
L’échange des droits sociaux
-Pour parler du fusion ou scission, il faut qu’en échange des parts de la société absorbée ou scindée, les associés
reçoivent des parts de l’absorbante dont ils deviennent associés
-Dans le cas contraire, ce serait simplement une vente de droit sociaux
-L’actif net doit donc être rémunéré par des actions ou parts sociales
-Il peut y avoir versement d’une soulte en espèce, si elle ne dépasse pas 10% de la valeur nominal des parts distribué
RMQ : les sociétés qui participent à l’opération ne peuvent bénéficier de l’échange des droits sociaux.
-Ainsi, la bénéficiaire d’une scission qui détient des parts de la scindée, ne pourra recevoir ses propres titres
-L’absorbante, qui détient des parts de l’absorbée, ne recevra pas ses propres titres

2/ Les conditions de validité des fusions et scissions


La forme des sociétés participantes
-Une fusion ou scission peut intervenir entres des sociétés dont la forme juridique est différente
La décision
-L’opé de fusion ou scission est décidée selon les règles exigées pour la modification des statuts (SAS unanimité)
Les droits des créanciers
-Possibilité d’utiliser l’action paulienne afin de rendre l’opération inopposable (si but opé est frauder dts créanciers)
Le respect de la libre concurrence
Les opérations de fusion ou scission sont soumises au contrôle des pouvoirs publics. La procédure :
-Le contrôle doit s’exercer dès que 2 seuils sont atteints :
*CA mondial HT des sociétés > 150 millions d’euros
*CA HT réalisé en France par au moins 2 des sociétés > 50 millions d’euros
-L’opération (fusion ou scission) doit être notifiée au ministre de l’économie et finances dès que les sociétés
concernés ont donné leur accord irrévocable au projet. Le ministre peut autoriser, actions corrective, interdire si
l’opération porte atteinte à la concurrence.
Le non-respect de la procédure : sanctions jusqu’à 5% du CA HT de l’exercice précédent réalisé en France
RMQ : Opé de concentration soumise à l’approbation de la commission européenne si :
*CA mondial des E concernées >5 milliards €
*CA réalisé sur territoire de l’UE par au moins 2 sociétés > 250 millions €

3/ La réalisation des fusions et scissions


La préparation de l’opération
Les conditions financières
Il s’agit de déterminer la valeur de sociétés concernées
L’évaluation des sociétés
-Plusieurs méthodes peuvent être utilisées :
*Valeur vénal des éléments d’actif
*Valeur boursière des actions si elles sont admises sur un marché réglementé
*Valeur économique (rentabilité, évolution du CA, perspectives d’évolution…)
-La valeur globale est alors divisée par le nombre de parts composant le capital, obtenant ainsi la valeur unitaire des
titres (on se base sur les comptes arrêtés lors de la clôture du dernier exercice)
Le calcul de la parité
-On détermine ensuite la parité d’échange, le rapport entre la valeur unitaire des titres des différentes E concernées
-Si la valeur réelle des parts de la société absorbante excède leur valeur nominale, la société doit émettre une prime
de fusion égale à la différence entre la valeur des biens apportés et l’augmentation de K réalisée. (Cette prime peut
être utilisée pour payer les frais de fusion ou pour constituer des réserves ou des provisions
L’hypothèse de participations entre les sociétés participant à l’opération
-Si l’absorbante détient des participations dans l’absorbée, elle ne peut pas s’attribuer ses propres actions, l’AK sera
limitée au nombre de titres détenus par les autres actionnaires de l’absorbée. (fusion-renonciation)
-Si l’absorbée détient des participations dans l’absorbante, elle va trouver ses propres titres dans le capital qui lui est
transmis. Si c’est une société par actions, elle peut les conserver à conditions de ne pas détenir plus de 10% de son K.
Au-delà elle doit procéder à une réduction de son capital.
-Si participations réciproques, on applique les deux règles précédentes

Le projet de fusion ou scission


-C’est le CA, directoire ou gérants qui fixent le contenu du projet de fusion, qui doit ensuite être signé par le
représentant légal de la société
-Le CE doit avoir été informé et consulté préalablement au projet, son avis est communiqué aux AG des E participante
-Le projet doit contenir de nombreuses infos :
*Identification des sociétés concernées
*Motif et but de l’opération
*Détail des conditions prévues
*Évaluation de l’actif et du passif
*Date d’arrêté des comptes
*Parité d’échange, prime de fusion, modalités de l’échange
-Le projet de fusion doit ensuite faire l’objet d’une publicité :
*Dépôt au greffe du tribunal de commerce de toutes les sociétés concernées
*Avis dans un JAL du département de chaque société
*Publication d’un avis au BALO en cas d’appel public à l’épargne

La réalisation des fusions


Les règles relatives à la société absorbée
La fusion entre sociétés par actions ou entre SARL
-Les dirigeants de l’absorbée doivent demander la nomination d’un commissaire à la fusion
-Le CAF est chargé d’établir 2 rapports présentés aux associés des sociétés concernées (1 mois avant AG)
*un rapport sur les modalités de fusion (méthodes d’évaluation retenues, l’évaluation doit être correcte et la
parité d’échange équitable)
*un rapport sur la valeur des apports en nature et les avantages particuliers de la société absorbée
-Les CAF sont choisis parmi les CAC (mêmes incompatibilités) (mais ne peut pas être le CAC des sociétés concernées).

La fusion entre SA
-Un rapport du CA ou du directoire de chaque société doit expliquer les modalités et le but du projet
-Les dirigeants doivent mettre à la dispo des actionnaires (1mois avant AGE) les docs suivants :
*comptes annuels de toutes les sociétés qui participent à l’opé
*projet de fusion
*rapport du CA ou directoire
*rapport du CAF
La décision des associés
-Elle est prise selon les règles pour la modification des statuts (règles propres à chaque société)
-La décision des associés entraîne la dissolution de la société absorbée
RMQ : si l’absorbée est filiales à 100% de l’absorbante, il n’est pas nécessaire de convoquer AGE ou nommer CAF

Les droits des obligataires


Lorsque l’absorbée a émis des obligations elle peut :
-Ne pas consulter les obligataires : elle doit proposer le rmbsmt des titres sur simple demande
-Consulter les obligataires : s’ils acceptent, ils deviennent obligataires de l’absorbante. S’ils refusent les dirigeants
peuvent passer outre, mais les obligataires peuvent demander le rembsmt de leurs titres en justice.
RMQ : Pour les Obligations Échangeables en Actions, la consultation est obligatoire et le refus s’impose à la société.
La fusions n’est pas possible sous peine de nullité.

Les règles relatives à la société absorbante


-Si fusion entre sociétés de capitaux, le CAF doit en plus évaluer les apports en nature (en + de sa mission habituelle).
Il doit donc rédiger deux rapports :
*Modalités de la fusion (comme pour l’absorbée)
*Évaluation des apports en nature
-Si l’absorbante est une SA, même règle que pour l’absorbée concernant l’info des actionnaires :
*Rapport du CA ou directoire de chaque société pour expliquer modalités et but du projet
*Les dirigeants doivent mettre à la dispo des actionnaires (1mois avant AGE) les docs suivants :
-comptes annuels de toutes les sociétés qui participent à l’opé
-projet de fusion
-rapport du CA ou directoire
-les 2 rapports du CAF
-La décision des associés doit être prise selon les règles de modif des statuts

Cas particulier d’absorption d’une filiale à 100% (procédure : régime simplifié)


-L’intervention d’un CAF n’est pas requise, mais celle d’un CAA est obligatoire
-Pas nécessaire de réunir un AGE de l’absorbée
-Le rapport du CA, directoire ou des gérants n’est pas requis

Règles relatives à la société nouvelle


-Si fusion entraîne création d’une société nouvelle, elle doit être constituée selon les règles habituelles de la forme
choisie.
-Le projet de statuts doit être approuvé par AG des sociétés absorbées
-Il n’est pas nécessaire de réunir une assemblée dans la société nouvelle, et les dirigeants doivent donc être désignés
dans les statuts

La réalisation des scissions


Les règles relatives à la société scindée
-S’il s’agit d’une SA ou SARL, un CAS doit être désigné en justice. Il vérifie la valeur des actions et la parité d’échange,
ainsi que la valeur des apports en nature et avantages particuliers
-La décision des associés est prise selon les règles vus pour les sociétés absorbées
Les règles relatives aux sociétés bénéficiaires
-S’il s’agit de sociétés existantes, mêmes règles que pour les absorbantes
-S’il s’agit de sociétés nouvelles, elles sont créées selon les règles de la forme juridique choisie

La réalisation de l’apport partiel d’actif


-L’apport partiel d’actif est l’opération où une E fait apport d’une partie de son patrimoine à une autre société,
nouvelle ou existante, et reçoit des titres de celle-ci, en contrepartie de son apport
-Un traité d’accord est rédigé entre les deux sociétés participantes
-Si apport d’un ensemble autonome, et si apport entre 2 SA ou 2 SARL, possibilité de choisir le régime des scissions.
Il y a alors transmission universelle du patrimoine.
-Si cette option n’est pas choisie, l’opération est considérée comme un apport ordinaire à une société

La publicité de l’opération
-Pour l’absorbée ou scindée, les formalités sont celles d’une dissolution
-Pour les absorbantes, ou bénéficiaires, formalités d’une augmentation de capital
-Pour les sociétés nouvelles, formalités applicables à la constitution

Toutes les sociétés concernées doivent déposer au greffe du trib de co, une déclaration de conformité avec tous
les actes effectués ainsi qu’une déclaration que l’opé a été réalisée conformément à la législation.
Cette formalité est exigée sous peine de nullité de l’opération

4/ L’effet des fusions, scissions et apports partiels d’actif


La date d’effet de l’opération
En présence de sociétés nouvellement créées
-Lorsque l’opération de fusion ou scission conduit à la création d’une société nouvelle, la date d’effet est la date
d’immatriculation au RCS de la société créée
-Si l’opération conduit à la création de plusieurs sociétés nouvelles, c’est la dernière date d’immatriculation qui
détermine la date de l’opération
En présence de sociétés déjà existantes
-Date de la dernière AG ayant approuvé l’opération
-Mais le projet peut fixer une autre date, rétroactive, ou à effet différé si :
*si effet rétroactif, pas de date antérieure à la date de clôture du dernier exo de l’absorbée (mais pour les
tiers c’est la date de réalisation effective qui est retenue)
*si effet différé, pas de date postérieure à la date de clôture des sociétés bénéficiaires

La transmission universelle de patrimoine


-L’absorbée ou scindée est dissoute, elle disparait, et son patrimoine est transmis aux sociétés bénéficiaires
-Il s’agit d’une transmission universelle, les sociétés bénéficiaires, recueillent les biens, droits et obligations de la
société dissoute.
Les biens et droits recueillis
-La transmission universelle porte sur les biens et les droits de la société dissoute, quelle que soit leur nature
-La transmission universelle ne peut pas porter sur des biens ou droits qui ont un caractère intransmissible (intuitu p)
Les obligations et les dettes
Le principe
-En tant qu’ayant cause de la société disparue, la bénéficiaire est tenue de toutes les obligations de celle-ci (clause
de non concurrence, erreurs en conséquences fi…)
-La société nouvelle ou absorbante est responsable des dettes de la société dissoute. En cas de scission, les
bénéficiaires sont solidairement responsables du passif de la disparue.
Les exceptions
-La responsabilité pénale est toujours personnelle, donc une société bénéficiaire ne peut être condamné pour une
infraction commise par la société absorbée ou scindée
-Mais si la société dissoute avait été définitivement condamnée avant l’opération, la bénéficiaire est tenue de la dett
Le cas particulier de l’apport partiel d’actif
-Si APA est soumis au régime des scissions, c’est une transmission universelle de la branche d’activité. Tous les biens,
droit et obligations se rapportant à cette branche d’activité sont transmis à la bénéficiaire lors de l’opération.
EX : seul la bénéficiaire pourra agir en justice après l’APA et l’apporteuse ne pourra plus être poursuivie.

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