Le Code Général de la Normalisation Comptable (CGNC) au Maroc
Le Code Général de Normalisation Comptable (CGNC) constitue un cadre de référence
essentiel pour la comptabilité marocaine. Il vise à harmoniser les pratiques comptables et à
garantir la transparence et la comparabilité des états financiers. Parmi ses principaux
avantages, on note :
L’uniformisation des pratiques comptables, qui facilite la compréhension et la
comparaison des comptes entre entreprises.
La fiabilité et la transparence de l’information financière, renforçant la confiance
des investisseurs, des partenaires économiques et des institutions financières.
L’amélioration de la gouvernance financière, en imposant des principes clairs de
sincérité et de régularité.
Un outil d’aide à la décision économique, permettant aux dirigeants et aux
pouvoirs publics d’évaluer plus efficacement la performance et la situation financière
des entreprises.1
RAPPORT
Le Code Général de la
Normalisation Comptable (CGNC)
Cadre normatif de la comptabilité marocaine
Maroc | 2024
1
Source : Conseil National de la Comptabilité du Maroc ; Ordre des Experts-Comptables du Maroc
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Le Code Général de la Normalisation Comptable (CGNC) au Maroc
Introduction
Présentation générale de la comptabilité au Maroc
La comptabilité constitue le langage universel des affaires et de la gestion économique. Au
Maroc, elle joue un rôle fondamental dans la transparence financière, la gouvernance des
entreprises et le développement de l'économie nationale. Elle permet aux entreprises, aux
administrations et aux investisseurs de disposer d'une information fiable et pertinente pour la
prise de décision.
L'environnement économique marocain, caractérisé par une économie ouverte et en
développement, a exigé très tôt la mise en place d'un cadre comptable adapté aux
spécificités nationales tout en s'inspirant des meilleures pratiques internationales. Ainsi, la
comptabilité marocaine s'est progressivement structurée autour de principes, de règles et de
normes précis, encadrés par un dispositif législatif et réglementaire cohérent.
Importance de la normalisation comptable
La normalisation comptable est le processus par lequel des règles, des principes et des
méthodes comptables sont unifiés et codifiés afin de garantir la comparabilité, la fiabilité et la
transparence des informations financières produites par les entreprises. Elle répond à un
besoin fondamental : celui de permettre à tous les utilisateurs des états financiers —
investisseurs, banques, administrations fiscales, partenaires commerciaux — de lire et
d'interpréter les documents comptables de manière homogène.
Au Maroc, la normalisation comptable a permis d'harmoniser les pratiques comptables entre
les différentes catégories d'entreprises, de favoriser la confiance des investisseurs étrangers
et de faciliter les contrôles fiscaux et réglementaires. Elle constitue un pilier essentiel de la
bonne gouvernance d'entreprise et de l'attractivité économique du pays.
Définition du CGNC
Le Code Général de la Normalisation Comptable, communément désigné par l'acronyme
CGNC, est le référentiel comptable officiel du Maroc. Instauré en 1986 et entré en vigueur
en 1994, il constitue l'ensemble des normes, principes, règles et méthodes qui régissent la
tenue de la comptabilité, l'établissement et la présentation des états financiers par les
entreprises opérant sur le territoire marocain. Il s'applique à toutes les entités économiques
soumises à l'obligation de tenue de comptabilité, à l'exception de certains secteurs
disposant de référentiels spécifiques (banques, assurances, organismes publics).
Problématique du sujet
Dans un contexte de mondialisation économique et de convergence des normes comptables
internationales vers les IFRS (International Financial Reporting Standards), comment le
CGNC parvient-il à répondre aux besoins des entreprises marocaines tout en préparant leur
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transition vers les standards internationaux ? Cette question est au cœur de notre analyse,
qui vise à présenter en détail la structure, les principes et les applications du CGNC, ainsi
que ses perspectives d'évolution.
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Le Code Général de la Normalisation Comptable (CGNC) au Maroc
Partie I : Présentation Générale du CGNC
1. Définition du CGNC et ses objectifs
Le Code Général de la Normalisation Comptable (CGNC) est le texte de référence qui définit
les règles comptables applicables à l'ensemble des entreprises marocaines. Il a été élaboré
par le Conseil National de la Comptabilité (CNC) et constitue la base légale et technique sur
laquelle repose toute la comptabilité des entreprises au Maroc.
Les objectifs du CGNC sont multiples et complémentaires :
• Harmonisation des pratiques comptables : uniformiser les méthodes
d'enregistrement, de classement et de présentation des opérations comptables pour
l'ensemble des entités économiques.
• Fiabilité de l'information financière : garantir que les états financiers reflètent
fidèlement la réalité économique de l'entreprise, conformément au principe de
l'image fidèle.
• Transparence et comparabilité : permettre aux utilisateurs externes (investisseurs,
banques, État) de comparer les performances et la situation financière des
entreprises dans le temps et dans l'espace.
• Cadre légal et réglementaire : fournir une base légale aux obligations comptables
des entreprises, notamment en matière fiscale et commerciale.
• Facilitation du contrôle : permettre aux organes de contrôle (commissaires aux
comptes, administration fiscale) d'exercer leurs missions avec des références
communes.
2. Historique et création
L'histoire de la normalisation comptable au Maroc est intimement liée à l'évolution
économique et institutionnelle du pays. Avant l'adoption du CGNC, les entreprises
marocaines appliquaient des règles comptables héritées du modèle français, sans véritable
codification nationale.
Les grandes étapes de cette évolution sont les suivantes :
• Avant 1986 : absence de référentiel comptable national unifié, pratiques inspirées du
Plan Comptable Général français de 1957.
• 1986 : élaboration du CGNC par le Conseil National de la Comptabilité, en s'inspirant
des normes comptables internationales et du plan comptable général français révisé
de 1982.
• 1992 : adoption de la loi n°9-88 relative aux obligations comptables des
commerçants, qui donne une force légale aux dispositions du CGNC.
• 1994 : entrée en vigueur officielle du CGNC pour l'ensemble des entreprises
soumises à l'obligation comptable.
• 2000s-2020s : révisions progressives et travaux d'harmonisation avec les normes
IFRS, notamment pour les sociétés cotées en bourse.
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Le CGNC s'est donc construit dans un contexte de modernisation économique du Maroc, en
cherchant à concilier les traditions comptables françaises avec les exigences des normes
internationales émergentes.
3. Importance pour les entreprises marocaines
Pour les entreprises opérant au Maroc, le CGNC représente bien plus qu'une simple
obligation légale. Il constitue un outil de gestion, de communication et de contrôle
indispensable à plusieurs égards :
• Obligation légale : toute entreprise inscrite au registre du commerce est tenue de
respecter le CGNC sous peine de sanctions fiscales et commerciales.
• Crédibilité financière : des états financiers conformes au CGNC renforcent la
crédibilité de l'entreprise auprès de ses partenaires financiers (banques,
investisseurs).
• Accès au financement : les établissements de crédit exigent des états financiers
conformes pour l'octroi de prêts et de lignes de crédit.
• Gestion fiscale : la base imposable de l'impôt sur les sociétés et de la TVA est
calculée à partir des données comptables conformes au CGNC.
• Gouvernance d'entreprise : le CGNC favorise une meilleure organisation interne et
une prise de décision éclairée fondée sur des données fiables.
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Partie II : Structure du CGNC
Le CGNC est organisé autour de quatre composantes essentielles qui forment un ensemble
cohérent et hiérarchisé : le cadre conceptuel, le plan comptable général, les états de
synthèse, et les règles d'évaluation et d'enregistrement.
1. Le cadre conceptuel
Le cadre conceptuel du CGNC est l'ossature théorique qui sous-tend l'ensemble des règles
comptables. Il définit les concepts fondamentaux, les objectifs de la comptabilité et les
qualités de l'information financière. C'est sur ce cadre que reposent tous les principes et
toutes les normes comptables.
Le cadre conceptuel précise notamment :
• Les objectifs de la comptabilité : produire une image fidèle et sincère de la situation
financière et des performances de l'entreprise.
• Les utilisateurs de l'information comptable : actionnaires, créanciers, salariés,
administration fiscale, partenaires commerciaux.
• Les qualités de l'information financière : pertinence, fiabilité, comparabilité,
intelligibilité, exhaustivité.
• Les hypothèses de base : continuité d'exploitation et comptabilité d'engagement (ou
spécialisation des exercices).
2. Le plan comptable général
Le plan comptable général est la nomenclature officielle des comptes utilisés par les
entreprises marocaines. Il organise les comptes en classes numérotées de 1 à 9, permettant
une classification logique et systématique de toutes les opérations économiques et
financières.
Classe Intitulé Exemples de comptes
Classe 1 Comptes de Capital, réserves, dettes de financement
financement
permanent
Classe 2 Comptes d'actif Immobilisations corporelles, incorporelles, financières
immobilisé
Classe 3 Comptes d'actif Stocks, créances clients, titres de placement
circulant
Classe 4 Comptes de passif Dettes fournisseurs, dettes fiscales et sociales
circulant
Classe 5 Comptes de trésorerie Banques, caisse, chèques et valeurs à encaisser
Classe 6 Comptes de charges Achats, charges de personnel, dotations aux
amortissements
Classe 7 Comptes de produits Ventes, produits financiers, produits non courants
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Classe 8 Comptes de résultats Résultat net de l'exercice
Classe 9 Comptes analytiques Comptabilité analytique d'exploitation
(hors bilan)
3. Les états de synthèse
Les états de synthèse sont les documents comptables produits à la clôture de chaque
exercice comptable. Ils constituent la représentation finale et normalisée de la situation
financière et des résultats de l'entreprise. Le CGNC définit cinq états de synthèse
obligatoires, organisés en fonction de la taille de l'entreprise (modèle normal ou modèle
simplifié) :
• Le Bilan (BL) : photographie de la situation patrimoniale de l'entreprise à une date
donnée. Il présente l'actif (ce que l'entreprise possède) et le passif (comment ces
actifs sont financés).
• Le Compte de Produits et Charges (CPC) : état récapitulatif de toutes les charges et
tous les produits de l'exercice, permettant de dégager le résultat net (bénéfice ou
perte).
• L'État des Soldes de Gestion (ESG) : analyse des résultats intermédiaires pour
comprendre la formation du résultat (valeur ajoutée, excédent brut d'exploitation,
résultat courant, etc.).
• Le Tableau de Financement (TF) : analyse des flux de trésorerie et des variations du
patrimoine financier de l'entreprise au cours de l'exercice.
• L'État des Informations Complémentaires (ETIC) : document narratif qui apporte des
précisions et des explications indispensables à la compréhension des quatre états
précédents.
4. Les règles d'évaluation et d'enregistrement
Les règles d'évaluation définissent comment les éléments d'actif, de passif, de charges et de
produits doivent être mesurés et inscrits dans les comptes. Le CGNC établit des règles
précises pour :
• L'évaluation des immobilisations : les immobilisations sont comptabilisées à leur coût
d'acquisition (prix d'achat + frais accessoires), de production ou d'apport.
• Les amortissements : reflet de la dépréciation des immobilisations dans le temps,
calculés selon des méthodes définies (linéaire, dégressif).
• Les provisions : dotations destinées à couvrir des risques ou des charges probables,
conformément au principe de prudence.
• L'évaluation des stocks : comptabilisés au coût réel selon les méthodes CMUP (Coût
Moyen Unitaire Pondéré) ou FIFO (Premier Entré, Premier Sorti).
• Les créances et dettes : comptabilisées à leur valeur nominale, sous réserve de
provisions pour dépréciation le cas échéant.
• Les opérations en devises : converties au cours du change en vigueur à la date de
l'opération, avec réévaluation en fin d'exercice.
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Partie III : Principes Comptables Fondamentaux
Le CGNC repose sur sept principes comptables fondamentaux qui constituent les piliers de
toute la pratique comptable marocaine. Ces principes garantissent la cohérence, la fiabilité
et la sincérité des informations produites.
1. Principe de continuité d'exploitation
Ce principe postule que l'entreprise est présumée poursuivre ses activités dans un avenir
prévisible, c'est-à-dire qu'elle n'a pas l'intention ni la nécessité de mettre fin à son activité ou
de réduire de façon importante son volume d'activité. Ce postulat est fondamental car il
conditionne toute la logique d'évaluation du patrimoine de l'entreprise.
En pratique, si la continuité d'exploitation est remise en cause, l'entreprise doit en informer
les utilisateurs des états financiers et adopter une base d'évaluation différente, notamment
en évaluant les actifs à leur valeur liquidative plutôt qu'à leur coût historique.
Continuité d'exploitation L'entreprise continuera son Les actifs sont évalués en valeur
activité dans un avenir d'usage, non en valeur de
prévisible. liquidation.
2. Principe de permanence des méthodes
Ce principe impose à l'entreprise d'appliquer les mêmes règles et méthodes comptables
d'un exercice à l'autre. La permanence des méthodes est indispensable pour garantir la
comparabilité des états financiers dans le temps et permettre aux utilisateurs d'apprécier
l'évolution de la performance de l'entreprise.
Des changements de méthodes ne sont autorisés que de manière exceptionnelle,
notamment en cas de modification de la réglementation comptable, d'un changement dans
l'activité de l'entreprise ou pour se conformer à une nouvelle norme. Tout changement de
méthode doit être clairement indiqué dans l'ETIC avec une justification et une quantification
de son impact.
Permanence des Les mêmes méthodes Toute exception doit être
méthodes comptables doivent être justifiée et mentionnée dans
appliquées d'une période à l'ETIC.
l'autre.
3. Principe du coût historique
Selon ce principe, les éléments du patrimoine sont enregistrés à leur coût d'acquisition, de
production ou d'apport, c'est-à-dire à leur valeur d'entrée dans le patrimoine de l'entreprise.
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Ce coût historique est maintenu au bilan sans réévaluation systématique, même si la valeur
de marché de l'actif a évolué.
Le principe du coût historique présente l'avantage d'être objectif et vérifiable, car il est fondé
sur des transactions réelles. En revanche, il peut conduire à une représentation imparfaite
du patrimoine réel lorsque les valeurs de marché s'écartent significativement des valeurs
historiques, notamment en période d'inflation.
Coût historique Les actifs sont comptabilisés à Une machine achetée 500 000
leur valeur d'acquisition initiale. MAD reste inscrite à ce coût,
diminué des amortissements.
4. Principe de prudence
Le principe de prudence est l'un des principes les plus importants du CGNC. Il prescrit que
toute perte probable doit être immédiatement comptabilisée, même si elle n'est pas encore
certaine, tandis que les gains éventuels ne peuvent être comptabilisés que lorsqu'ils sont
réalisés. Ce principe vise à prévenir une présentation optimiste et trompeuse des résultats et
de la situation financière.
Concrètement, le principe de prudence se traduit par la constitution de provisions pour
risques et charges, de provisions pour dépréciation des actifs, et l'application du principe de
la valeur inférieure (entre le coût historique et la valeur actuelle) pour les éléments d'actif.
Prudence Comptabiliser les pertes Provisionner une créance
probables, ne pas anticiper les douteuse dès qu'un risque
gains incertains. d'impayé est probable.
5. Principe de spécialisation des exercices
Ce principe, également appelé principe d'indépendance des exercices, stipule que les
charges et les produits doivent être rattachés à l'exercice comptable auquel ils se
rapportent, indépendamment de leur date de paiement ou d'encaissement. Il fonde la
comptabilité dite 'd'engagements', par opposition à la comptabilité de trésorerie.
En pratique, ce principe conduit à comptabiliser des charges à payer, des produits à
recevoir, des charges payées d'avance et des produits constatés d'avance, afin de rattacher
à chaque exercice les opérations qui lui sont propres.
Spécialisation des Chaque charge ou produit est Une prime d'assurance payée
exercices rattaché à l'exercice en décembre pour janvier N+1
correspondant. est un produit constaté
d'avance.
Au-delà de ces cinq principes principaux, le CGNC intègre également le principe de clarté
(les informations comptables doivent être présentées de façon compréhensible et sans
ambiguïté) et le principe d'importance significative (toute information dont l'omission ou
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l'inexactitude pourrait influencer les décisions des utilisateurs doit être présentée dans les
états financiers).
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Partie IV : Application du CGNC en Entreprise
1. Enregistrement comptable
L'enregistrement comptable est l'acte fondamental par lequel chaque opération économique
ou financière de l'entreprise est traduite en écriture comptable. Le CGNC impose que cet
enregistrement soit réalisé dans des livres comptables obligatoires, selon des méthodes
normalisées.
Les livres comptables obligatoires sont :
• Le livre-journal : registre chronologique dans lequel toutes les opérations sont
enregistrées au fur et à mesure de leur réalisation, avec indication des comptes
débités et crédités.
• Le grand livre : regroupement de tous les comptes utilisés par l'entreprise, avec le
détail des mouvements débiteurs et créditeurs de chaque compte.
• Le livre d'inventaire : registre dans lequel sont transcrits les états de synthèse
annuels (bilan, CPC, etc.) après clôture de l'exercice.
Chaque enregistrement comptable doit reposer sur une pièce justificative (facture, relevé
bancaire, bulletin de paie, etc.) qui constitue la preuve de l'opération.
2. Présentation des états financiers
La présentation des états financiers selon le CGNC obéit à des règles strictes de forme et
de contenu. Le modèle normal s'applique aux entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse
10 millions de dirhams, tandis que le modèle simplifié est réservé aux petites et moyennes
entreprises.
Les états financiers doivent être établis annuellement, dans un délai de trois mois après la
clôture de l'exercice, et doivent être certifiés par un expert-comptable ou un commissaire
aux comptes pour les sociétés qui y sont soumises. Ils sont ensuite déposés au greffe du
tribunal de commerce.
3. Contrôle et transparence financière
Le CGNC contribue directement à la transparence financière des entreprises marocaines en
imposant des obligations de divulgation et de contrôle. Ces obligations se déclinent à
plusieurs niveaux :
• Contrôle interne : les entreprises sont encouragées à mettre en place des
procédures de contrôle interne pour garantir la fiabilité de leur comptabilité.
• Commissariat aux comptes : les sociétés anonymes et certaines SARL sont obligées
de désigner un commissaire aux comptes chargé de certifier la régularité et la
sincérité des états financiers.
• Obligations fiscales : les états financiers annuels doivent être déposés auprès de
l'administration fiscale dans le cadre de la déclaration de résultats.
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• Contrôle de la CDVM/AMMC : les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca sont
soumises à un contrôle renforcé de l'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux
(AMMC).
4. Exemple pratique simple
Illustrons l'application du CGNC avec un exemple concret : l'enregistrement de l'achat d'une
machine industrielle.
Supposons que la société ATLAS SA achète une machine industrielle le 15 mars 2024 pour
un montant de 240 000 MAD HT, avec une TVA au taux de 20 %, soit 48 000 MAD de TVA.
La facture est réglée par virement bancaire le 30 avril 2024.
Le 15 mars 2024, l'écriture d'achat de l'immobilisation sera :
N° Compte Libellé Débit (MAD) Crédit (MAD)
2332 Matériel industriel (machine) 240 000,00 -
3455 État - TVA récupérable (20%) 48 000,00 -
4481 Fournisseurs d'immobilisations - 288 000,00
La machine sera ensuite amortie linéairement sur sa durée de vie probable, par exemple 10
ans, soit un taux d'amortissement de 10 % par an, représentant une dotation annuelle aux
amortissements de 24 000 MAD comptabilisée en charge d'exploitation.
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Partie V : Avantages et Limites du CGNC
1. Avantages
Le Code Général de Normalisation Comptable (CGNC) constitue un cadre de référence
essentiel pour la comptabilité marocaine. Il vise à harmoniser les pratiques comptables et à
garantir la transparence et la comparabilité des états financiers. Parmi ses principaux
avantages, on note :
L’uniformisation des pratiques comptables, qui facilite la compréhension et la
comparaison des comptes entre entreprises.
La fiabilité et la transparence de l’information financière, renforçant la confiance
des investisseurs, des partenaires économiques et des institutions financières.
L’amélioration de la gouvernance financière, en imposant des principes clairs de
sincérité et de régularité.
Un outil d’aide à la décision économique, permettant aux dirigeants et aux
pouvoirs publics d’évaluer plus efficacement la performance et la situation financière
des entreprises.
2. Limites
Malgré ces avantages, le CGNC présente certaines limites :
Une approche essentiellement patrimoniale, centrée sur l’image fidèle du
patrimoine plutôt que sur la performance économique.
Une faible flexibilité face à la diversité des activités économiques et à la complexité
croissante des opérations financières.
Une inadéquation partielle avec les exigences internationales, notamment celles
des normes IFRS, limitant la comparabilité des états financiers marocains à l’échelle
mondiale.
Une application parfois formelle, où certaines entreprises se limitent à la
conformité comptable sans intégrer réellement la logique économique sous-jacente.
3. Perspectives d'évolution
L’évolution du CGNC passe par une modernisation et un rapprochement progressif avec
les normes IFRS, afin de renforcer l’attractivité du Maroc pour les investisseurs étrangers et
d’accompagner la mondialisation des marchés financiers. Les réformes futures devraient
intégrer des éléments tels que la juste valeur, la transparence accrue des instruments
financiers et la prise en compte des normes environnementales, sociales et de gouvernance
(ESG).
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Conclusion
Importance du CGNC dans l'économie marocaine
Le Code Général de la Normalisation Comptable occupe une place centrale et stratégique
dans le paysage économique et financier du Maroc. En tant que référentiel comptable
national, il a permis au fil des décennies de structurer et d'harmoniser les pratiques
comptables des entreprises marocaines, de renforcer la transparence financière et de
favoriser la confiance des acteurs économiques.
Son impact se mesure à plusieurs niveaux : il garantit la fiabilité de l'information financière,
facilite la gestion fiscale, sécurise les relations entre les entreprises et leurs partenaires
financiers, et contribue à la bonne gouvernance d'entreprise. Pour les investisseurs
nationaux et étrangers, la conformité des états financiers au CGNC constitue un gage de
sérieux et de crédibilité.
Le CGNC a également joué un rôle important dans le développement du marché des
capitaux marocain et dans l'attraction des investissements directs étrangers. En offrant un
cadre comptable stable et reconnu, il a contribué à faire de Casablanca une place financière
régionale de premier plan.
Ouverture vers les normes IFRS
L'avenir de la comptabilité marocaine se dessine à l'intersection du maintien des spécificités
nationales et de la nécessaire convergence vers les normes comptables internationales
IFRS. Cette transition, déjà amorcée pour les sociétés cotées, représente un défi majeur
mais aussi une opportunité considérable pour l'économie marocaine.
L'adoption progressive des IFRS permettrait au Maroc de renforcer son attractivité auprès
des investisseurs institutionnels internationaux, de faciliter l'accès de ses entreprises aux
marchés financiers mondiaux et de se positionner comme un hub régional pour les
investissements en Afrique. Cependant, cette transition doit être menée de manière
graduelle et accompagnée, en tenant compte des capacités des entreprises marocaines,
notamment des PME qui constituent le tissu économique dominant.
En définitive, le CGNC demeure un acquis fondamental pour l'économie marocaine, dont la
modernisation progressive, en dialogue avec les standards internationaux, constitue la voie
la plus prometteuse pour l'avenir de la comptabilité et de la transparence financière au
Maroc.
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