ÉCOLES NORMALES SUPÉRIEURES
CONCOURS D’ADMISSION 2017
FILIÈRE MP
COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES - C - (ULCR)
(Durée : 4 heures)
L’utilisation des calculatrices n’est pas autorisée pour cette épreuve.
I Nombres et polynômes de Bernoulli, formule d’Euler-Mac
Laurin
Les notations introduites dans la partie I sont utilisées dans la partie II.
I-1) Montrer qu’il existe une et une seule suite de polynômes Bn dans R[X] telle que :
i) B0 = 1 ;
ii) ∀n ∈ N∗ , B ′
R n1 = nBn−1 ;
∗
iii) ∀n ∈ N , 0 Bn (t)dt = 0.
Calculer Bi pour i = 0, . . . , 5.
I-2-a) Vérifier que :
pour tout n ∈ N, deg(Bn ) = n ;
(k) n!
pour tout (n, k) ∈ N2 , n ≥ k =⇒ Bn = (n−k)! Bn−k ;
∀n ∈ N \ {0, 1}, Bn (0) = Bn (1).
I-2-b) Comparer, selon la parité de n, Bn (X) et Bn (1 − X). On pose : bn = Bn (0) ;
prouver que bn = 0 pour tout n impair ≥ 3.
I-3) Soit f une fonction appartenant à C 2n+2 ([0, 1], R) ; prouver l’égalité :
n
X b2j Z 1
1 1
f (1)−f (0) = [f ′ (0)+f ′ (1)]− (f (2j) (1)−f (2j) (0))− B2n+1 (x)f (2n+2) (x)dx.
2 (2j)! (2n + 1)! 0
j=1
I-4) Soient a un nombre réel, et g une application Pde classe C ∞ de [a, +∞[ dans R. On se donne
deux entiers p et q tels que q > p ≥ a, Sm désigne a≤k≤m g(k). Montrer que, pour tout r ∈ N∗ ,
on a
Z q r
1 X b2j (2j−1)
Sq − Sp = (g(q) − g(p)) + g(t)dt + [g (q) − g (2j−1) (p)] + Rp,q,r
2 p (2j)!
j=1
où
q−1 Z n+1
1 X
Rp,q,r = B2r+1 (x − n)g (2r+1) (x)dx.
(2r + 1)! n=p n
I-5) Les notations de 4)P
R +∞ sont conservées. On suppose de plus que :
i) a g converge, n≥n0 g(n) converge de somme S, g tend vers 0 en +∞ ;
R +∞
ii) a |g (2r+1) (t)|dt converge.
1
Prouver que Rp,q,r possède une limite Rp,r lorsque q tend +∞ et que
Z +∞ r
1 X b2j (2j−1)
S − Sp = − g(p) + g(t)dt − g (p) + Rp,r
2 r (2j)!
j=1
On pourra d’abord démontrer les résultats suivants :
Si f est une fonction C 1 de [a, +∞[ dans R telle que f et f ′ aient une limite en +∞, alors la
limite de f ′ est nulle ;
Si f est une fonction de classe C m de [a, +∞[ dans R telle que f et f (m) aient une limite en +∞,
les dérivées intermédiaires f ′ , . . . , f (m−1) en ont une aussi, et cette limite est nulle.
II Applications des formules établies en I
Les sous-parties A, B, C et D sont pour l’essentiel indépendantes.
II-A-1) On pose : S = +∞ 1
P
n=1 n3 . Sp désigne la p-ième somme partielle de cette série.
1
Montrer que S − Sp < 2p2 . Combien faut-il a priori sommer de termes de la série pour obtenir
sa somme à une précision < 10−4 ?
II-A-2) On pose, ici et dans la suite, Mn = ∥Bn ∥∞ , la norme sup. étant prise sur [0, 1].
Prouver, avec les notations de I-5), que :
Z +∞
M2r+1
|Rp,r | ≤ |g (2r+1) (t)|dt.
(2r + 1)! p
Avec r = 1 et g(x) = 1
calculer S à 10−4 près.
x3
II-B-1) Prouver que la série n≥2 n1 + ln 1 − n1 converge ; soit γ − 1 sa somme.
P
II-B-2) Soit p un entier ≥ 1 ; on pose Sp = pk=1 k1 . Montrer que pour tout r ≥ 1
P
r +∞ Z n+1
1 X b2j X B2r+1 (x − n)
γ − Sp = − − ln(p) + 2j
− dx.
2p (2j)p n=p n
x2r+2
j=1
En déduire, avec r = 2, la valeur de γ à 10−4 près.
II-C-1) Soit n ∈ N∗ . Etablir que, pour tout m ≥ 0 :
Z 1
(2m + 2)!
B2m+2 (t) cos(2πnt)dt = (−1)m
0 (2πn)(2m+2)
II-C-2) On garde les notations de II-B-1). Donner une expression intégrale de la somme partielle
N
X 1
n2m+2
n=1
II-C-3) Montrer que B2m+2sin(πx)
(x)−b2m+2
possède un prolongement continu sur [0, 1] ; en déduire la
P+∞ 1
valeur de n=1 n2m+2 et le fait que, pour tout m ≥ 1, ζ(2m)π −2m est un nombre rationnel.
II-D) En appliquant convenablement les résultats de la partie I à la fonction x 7→ ln(x), démon-
trer que, lorsque n tend vers +∞ :
r
1 √ X b2k 1
ln(n!) = (n + ) ln(n) − n + ln( 2π) + 2k−1
+ O(n−2r ).
2 (2k − 1)(2k) n
k=1