SUJET 2 : Vous donnerez des informations sur ces quatre
concepts suivants en mettant en exergue les
spécificités de chacun d’eux. Il s’agit de présenter
une vue panoramique des ICO (Initial Coins
Offerings), des Dapps (Decentralized Application),
les DAO (Decentralized Autonomous Organisation)
et les Side chain.
1- ICO (Initial Coins Offerings) :
Une ICO (Initial Coin Offering) est une méthode de levée de fonds, fonctionnant
via l’émission d’actifs numériques échangeables contre des crypto
monnaies durant la phase de démarrage d’un projet .
Pour qui ?
● Côté initiateurs des ICO : pour des créateurs d’applications blockchain ou de
blockchains elles-mêmes
Le plus souvent, les ICO servent à financer le lancement d’applications décentralisées qui
fonctionnent sur un protocole blockchain spécifique, en particulier Ethereum ou Bitcoin.
Parfois cependant, les ICO visent à financer directement des protocoles blockchain : ce
fut par exemple le cas du protocole Tezos début juillet 2017, qui a levé l’équivalent de plus
de 200 millions de dollars.
● Côté investisseurs dans les ICO : pour quiconque (disposant de
cryptomonnaie)
C’est pour cette raison que les ICO sont souvent appelées crowdsales : dans une logique
similaire à celle du crowdfunding, n’importe quel internaute peut investir dans un projet
initiant une ICO, à condition de posséder des cryptomonnaies. Pour investir, l’internaute
échange le montant de cryptomonnaie qu’il souhaite contre des tokens, émis par le projet
réalisant son ICO.
Pour quoi ?
● Côté initiateurs des ICO : pour s’affranchir des contraintes des levées de fonds
traditionnelles
Les ICO permettent aux lanceurs de projets de contourner le système classique de
venture capital (capital-risque) qui n’aurait souvent pas permis de financer (autant) leur
projet à un stade aussi précoce de développement. Les ICO, qui se concentrent sur les
phases de démarrage des projets (d’où le terme Initial), sont en effet lancées lorsque le
produit n’en est encore qu’à ses toutes premières étapes de développement (voire de
prototypage). De nombreux projets ont ainsi pu lever des sommes considérables –
plusieurs dizaines de millions de dollars, parfois même des centaines de millions – qu’ils
n’auraient jamais pu lever avec des fonds de capital-risque traditionnels.
● Côté investisseurs : pour être les premiers à miser sur des projets très
prometteurs
Deux principaux objectifs expliquent les mises des internautes-investisseurs dans les ICO
: un objectif spéculatif (en faisant l’hypothèse que le token prendra de la valeur), et un
objectif utilitaire (volonté d’utiliser à terme le token dans le cadre du projet financé). Les
deux objectifs se rejoignent plus ou moins, puisque l’idée reste fondamentalement la
même : miser sur un fort développement à venir du projet, qui permettra d’accroître
mécaniquement la valeur du token acheté au départ (en raison de l’offre et de la
demande). Dès lors, les possesseurs des tokens pourront soit les revendre à un taux bien
plus avantageux que ceux de départ, soit utiliser ces tokens dont la valeur aura grimpée.
2- Les Dapps (Decentralized Application)
Une DApp, ou application décentralisée, est une application qui fonctionne sur un réseau
décentralisé, par opposition aux applications classiques qui reposent sur des serveurs
centralisés. Le plus souvent, elle présente plusieurs autres caractéristiques :
-Son code informatique est entièrement open source.
-Elle n’a pas besoin d’autorité centrale pour fonctionner : elle rend ainsi possible des
interactions directes, pair-à-pair, entre utilisateurs, via des smart contracts. (lire :
‘Qu’est-ce qu’un smart contract ?‘).
-Elle utilise une cryptomonnaie ou un token. (lire : ‘Qu’est-ce qu’un token ?‘).
-Les données sont stockées de façon chiffrée et transparente sur une blockchain.
La grande majorité des applications décentralisées sont aujourd’hui construites sur la
blockchain Ethereum.
Etat des DApps (mi-2018) :
A l’heure actuelle il est possible de distinguer quatre grandes catégories de dApps : les
échanges décentralisés, les casinos décentralisés, les jeux et biens digitaux de collection
(comme CryptoKitties), et les autres DApps inclassables.
Nous sommes encore loin d’une adoption massive des DApps. Seules 25% des dApps
font l’objet de plus de 100 transactions par semaine (données d’avril 2018). Plus de la
moitié ne font l’objet de pratiquement aucune transaction. En outre, les plus grandes
DApps actuelles restent liées à de la spéculation et non une valeur utilitaire réelle. Les
échanges décentralisés, les casinos, les jeux, tournent aujourd’hui tous autour de la
spéculation. Selon le site Dappradar, certaines semaines l’équivalent de 10 millions de
dollars en ethers circulent dans les casinos décentralisés, dont la moitié sur la plateforme
Etheroll.
Enjeux
Un des enjeux est de faire émerger des applications qui soient à la fois autres que le
transfert de valeur et la spéculation et qui tirent vraiment partie des propriétés inédites de
la blockchain (résistance à la censure, immuabilité des données, etc).
Les défis propres aux blockchains (scalabilité technique, expérience utilisateur, etc.) sont
globalement les mêmes que ceux des DApps.
Un des freins spécifiques à l’adoption des DApps, cela étant, réside dans le fait que leurs
utilisateurs doivent payer, sur Ethereum, des frais de transaction minimum (le gas) pour
que leurs transactions soient inscrites dans la blockchain. Or l’utilisateur veut parfois
simplement effectuer une action qui n’a rien à voir avec le transfert d’argent – par
exemple, effectuer un vote. Pour que ce vote soit inscrit dans la blockchain il n’y pas
d’autre option que de payer le gas pour la transaction. Des méthodes sont en train d’être
pensées et construites pour renverser le problème : selon certains, demain les
utilisateurs pourraient déléguer à d’autres acteurs le paiement du gas, la gestion des
transactions, etc. Les utilisateurs auraient uniquement à effectuer l’action désirée (voter,
par exemple) et laisseront un autre acteur enregistrer la transaction sur la blockchain et
payer pour celle-ci.
Bien d’autres défis se présentent pour le développement des DApps, ceci n’étant qu’un
exemple.
3-les DAO (Decentralized Autonomous Organisation)
Une DAO (Decentralized Autonomous Organization) est une organisation décentralisée
dont les règles de gouvernance sont automatisées et inscrites de façon immuable et
transparente dans une blockchain. (définition de Blockchain France)
« C’est une forme d’organisation incorruptible qui appartient aux personnes qui ont aidé
à la créer et à la financer, et dont les règles sont publiques. » détaille Stephan Tual,
co-créateur du projet TheDAO (voir plus bas). « Il n’y a donc pas besoin de faire confiance
à qui que ce soit, car tout est dans le code, auditable par chacun. »
Pour fonctionner, une DAO a recours à des smart contracts, ces programmes autonomes
qui exécutent automatiquement des conditions définies à l’avance (lire notre article
d’explication sur les smart contracts pour des exemples concrets).
Qu’apporte une DAO ?
Une DAO apporte 3 éléments nouveaux par rapport à une entité traditionnelle, comme
l’explique Simon de la Rouviere (du projet blockchain Consensys) dans un post :
– Une DAO ne peut pas être arrêtée ou fermée.
– Aucune personne ou organisation ne peut contrôler l’entité (personne ne peut
manipuler les chiffres, par exemple).
– Tout y est transparent et auditable, dans un cadre supranational.
Il s’agit donc d’une organisation globale qui est ouvert à tous, qui ne s’appuie sur aucune
juridiction, fonctionnant avec du code informatique, et où personne ne peut frauder.
4- sidechain
La sidechain est utilisée pour désengorger la chaîne de blocs
principale. Celle-ci enregistre de base tout l’historique des
échanges réalisés, ainsi que les données de tous ses
utilisateurs depuis sa création, et elle doit reprendre toutes
ses données avant de valider chaque nouvelle transaction.
La sidechain peut prendre en charge directement le transfert
d’actifs, tout en étant censée garantir la sécurité des
transactions. Le bitcoin utilise notamment plusieurs
sidechains, pour permettre un plus grand volume de
transactions en même temps.
Le concept de sidechain a été conçu lorsque les solutions de type layer2 (
couche supplémentaire adossé à une chaine principale) a été mise en place
pour combler les manques des blockchains principales.
Une sidechain ( appelé aussi chaine latérale) est pour le dire en résumé, une
blockchain alternative qui est crée en parallèle pour améliorer les performance
d’une blockchain existante.