J. Le Sein, 2002, t. 12, n° 3, pp.
258-261
© Masson, Paris, 2002
COMPTE RENDU DE CONGRÈS
JOURNÉES DE LA SOFMIS 2002
NICE 28-29 JUIN
C. DIGABEL-CHABAY
Service d’imagerie et sénologie, Centre René Gauducheau, CRLCC Nantes-Atlantique,
bd Jacques-Monod, 44805 Saint-Herblain
Les journées thématiques de la Société Fran- que si la technique conventionnelle avec film
çaise de Mastologie et d’Imagerie du Sein (SOF- argentique était toujours la seule utilisable en
MIS) se sont tenues à Nice les 28 et 29 juin 2002. dépistage organisé, il réalisait désormais tous les
Organisées par le Docteur C. Balu-Maestro, elles bilans diagnostiques complémentaires en numéri-
se sont déroulées dans le cadre de l’Hôtel Radis- que, ce qui permettait une meilleure analyse des
son sur la prestigieuse Promenade des Anglais. seins denses et les clichés « ratés » étaient moins
Le thème en était les nouvelles techniques en nombreux. Le recours aux clichés en agrandisse-
imagerie mammaire. ment avec foyer de 0,1 mm reste préférable pour
Le Professeur Moïse Namer a accueilli les con- l’étude des micro calcifications et plus perfor-
gressistes en rappelant l’attente des thérapeutes. mant que l’agrandissement électronique.
Ceux-ci demandent aux radiologues « mammo- M.H. Dilhuydy (Bordeaux) a rapporté son ex-
graphistes » d’être diagnosticiens mais aussi de sa- périence d’utilisatrice d’écran ERLM haute défi-
Rédacteur en chef honoraire :
voir évaluer l’efficacité des traitements et ils sou-
J.L. Lamarque
nition avec le système FUJI. L’étude prospective
haitent que les améliorations techniques puissent
Rédacteurs en chef :Rédacteurs en chef adjoints : présentée a été menée parallèlement sur fantôme
Y. Grumbach
contribuer à l’efficacité de cette double mission.
A. Le Treut
MTM 100 et en situation clinique. Elle avait pour
Y. Grumbach objectifs d’évaluer la validité et la fiabilité du sys-
Secrétaires de rédaction :
P. Boulet
tème FUJI par comparaison avec la mammogra-
NUMÉRISATION J. Pujol phie conventionnelle. Les résultats préliminaires
P. Taourel
Comité de rédaction :
paraissent valider cette technique en montrant
La numérisation en mammographie était le des scores fantômes au moins équivalents à ceux
C. Balu-Maestro, B. Baratte, P. Boulet, L. Cambier, M.H. Dilhuydy, R. Gilles, B. Gollentz, P.A. Gaumot, D. Gros, C. Hagay, M.Y. Mourou, D. Serin, P. Taourel, A. Tardivon, A. Travade, H. Tristant, J.M. Tubiana.
thème retenu pour cette première session
Comité Scientifique :
de la technique standard, une répétabilité et une
E. Azavedo (S), V. Barth (D), M. Boisserie-Lacroix (F), J. Dagnelie (B), G. De Crombrugghe de Looringhe (B), P. Dean (FL), C. Di Maggio (I), S. Feig (USA), S. Field (UK), B. Fornage (USA), M. Friedrich (D), W.
reproductibilité également équivalente à la mam-
Gordenne (B), P. Haehnel (F), J. Hendriks (NL), C. Hessler (CH), S. Heywang-Köbrunner (D), A. Isnard (F), D. Janssens (L), V. Latanzio (I), S. Mazy (B), E. Mendelson (USA), M. Namer (F), V. Neel-Paprocki (F), F.
J. Stines (Nancy) a expliqué les différentes tech-
Nissen (DK), R. Otto (CH), M. Prats-Esteve (E), I. Ramos (P), G. Rizzato (I), S. Schraub (F), I. Schreer (D), F. Solsona (E), G. Svane (S), J. Teubner (D), A. Van Steen (B), R. Wilson, G. Wolf (A).
Correspondant : mographie gold standard ».
nologies numériques actuellement sur le marché
D. Tomassini – Bologne (Italie)
L’apport des systèmes d’aide à la détection
et les évolutions attendues dans les mois à venir
Édition
120, bd Saint-Germain (CAD) a été présenté au cours de cette session.
avec l’arrivée des capteurs au sélénium. Au cours
75280 Paris Cedex 06
B. Boyer (Nancy) a rapporté son expérience avec
de cet exposé, il a rappelé les paramètres techni-
Tél. : (33) 01 40 46 62 00
Fax : (33) 01 40 46 62 01 le système « second look » et P. Heid (Marseille)
ques importants à considérer pour pouvoir com-
Régie publicitaire :
a parlé de l’apport du système R2. Le CAD per-
parer les différentes solutions techniques.
Jean-Marie Pinson
met d’améliorer l’efficacité de la deuxième lec-
La mise en place de procédure de contrôle
Tél. : (33) 01 40 46 62 30
Fax : (33) 01 40 46 62 31
ture mais à ce jour, ne remplace pas le 2e lecteur.
qualité en mammographie numérique est un
Directeur de la publication :
Pierre Dutilleul à l’autorisation de cette Les nouvelles versions de logiciel améliorent les
préalable indispensable
Prix au numéro : 250 F performances globales du système et l’intérêt
technique en dépistage. A Noël (Nancy) physi-
© Masson éditeur, Paris, 2000
pédagogique est indiscutable.
cien et très impliqué dans le GIM (Groupement
Publication périodique trimestrielle
Commission paritaire : 73923 La session s’est terminée avec la présentation
Interdisciplinaire de Mammographie) a exposé
Dépôt légal 1998 : ••••
Bialec sa - Nancy de C. Daul (Nancy) sur la reconstruction 3D des
les tests nécessaires à réaliser. Beaucoup de tests
micro calcifications. Ce travail mené conjointe-
non spécifiques de la mammographie numérique
ment par différents laboratoires de recherche et
restent utilisables. Les tests plus spécifiques de
le Centre Alexis Vautrin doit encore être validé
cette technique étudient entre autre, le rapport
JLS
en pratique clinique sur un grand nombre de cas.
signal sur bruit, les artefacts du récepteur, la réso-
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lution spatiale. L’utilisation de console de lecture
2002
Vol.12 ;n° 3
et reprographe laser nécessite également la mise
Bialec
au point de procédure de contrôle spécifique.
© Masson, Paris, 2002
ÉCHOGRAPHIE
Les utilisateurs ont fait part de leur expérience.
A. Isnard (Clermont-Ferrand) équipé de mam- L’échographie était le thème
mographes numériques plein champs a précisé de la deuxième session
Après un rappel historique sur les évolutions
Tirés à part : C. DIGABEL-CHABAY, voir adresse ci-dessus. de l’échographie, F. Bertora (Gênes) expose les
Journées de la SOFMIS 2002 Nice 28-29 juin 2002 259
progrès à attendre de l’amélioration des capteurs IMAGERIE PAR RÉSONANCE
et de la numérisation dont un exemple est l’ima- MAGNÉTIQUE
gerie harmonique. Les moyens de contraste de
seconde génération dont il n’est plus nécessaire Cette session particulièrement pratique et inté-
de détruire les bulles devraient aussi permettre ressante a débuté par la présentation de R. Gilles
des évolutions futures. (Bordeaux). Désormais, la majorité des équipes
Ce thème des produits de contraste a été éga- réalise des séquences axiales explorant les deux
lement développé par F. Tranquart (Tours) de seins de façon concomitante. Les indications res-
l’unité Inserm U316. Un travail d’évaluation sur tent assez ciblées : recherche de récidives locales,
la place potentielle de ces agents de contraste, appréciation de l’efficacité de la chimiothérapie
dans l’étude de la réponse tumorale à la chimio- et de la masse résiduelle tumorale dans les
thérapie, y est actuellement mené. L’étude de tumeurs bénéficiant d’une chimiothérapie néo
l’extension tumorale locale et à distance pourrait adjuvante, diagnostic d’une adénopathie axillaire
être une autre piste de recherche. L’élastographie isolée. L’IRM utilisée de façon systématique dans
ou étude des déformations des tissus à la palpa- le bilan préopératoire pourrait modifier la prise
tion ou à l’aide de la sonde d’échographie est une en charge chirurgicale dans 15 à 20 % des cas.
méthode ancienne tombée quelque peu en désué- L’IRM pourrait aussi être une technique de choix
tude. L’équipe de F. Tranquart travaille sur les pour examiner les femmes à haut risque généti-
nouveaux développements que pourraient appor- que de développer un cancer. M. H. Dilhuydy
ter l’élastographie avec l’échographie tridimen- pose la question de son intérêt dans l’évaluation
sionnelle et l’obtention d’image en temps réel pré opératoire des carcinomes lobulaires infil-
grâce à des algorithmes spécifiques. trant.
P. Taourel (Montpellier) a présenté son expé-
M. Boisserie-Lacroix (Bordeaux) a dressé un rience des biopsies guidées sous IRM. Les prélè-
tableau très didactique de l’apport des progrès vements sont réalisés sur des IRM à champs
techniques échographiques dans le diagnostic des fermés, les IRM à champs ouverts ayant un
affections mammaires. L’utilisation de sonde champ magnétique insuffisant pour réaliser une
haute fréquence améliore la détection des micro imagerie mammaire de bonne qualité. Le maté-
calcifications, encore qu’elles soient plus facile- riel utilisé à Montpellier est un matériel Siemens.
ment détectées lorsque la localisation mammo- Il s’agit d’une antenne mono sein, la patiente est
graphique est connue. L’échographie est, semble- installée en procubitus, les plateaux de compres-
t-il, meilleure que la mammographie pour détec- sion sont formés de barres parallèles souples
ter les lésions multifocales. ménageant entre elles des espèces permettant le
Son utilisation systématique dans les seins den- passage des aiguilles. Ce type d’antenne permet
ses reste controversé mais le nombre global de d’effectuer, le repérage d’anomalies détectées
lésion mis en évidence par cette seule technique exclusivement à l’IRM, des biopsies au pistolet
est loin d’être négligeable (37,3 % avec des son- automatique, des prélèvements au mammotome.
des de 10 MHZ). Les difficultés d’interprétation Il persiste des difficultés techniques dans diffé-
et la variabilité inter observateur reste un pro- rentes situations : petite taille des seins compri-
blème non résolu. més, localisation des lésions trop postérieures ou
au contraire juste rétro-mamelonnaire, zones de
B. Fornage (Houston) a ensuite pris la parole
rehaussement du signal difficile à localiser sur un
pour présenter le travail en cours mené par
sein comprimé. Cette première expérience a été
l’American Collège of Radiology (ACR), sur
menée sur une centaine de patientes et concerne
l’élaboration d’une classification spécifique à
pour moitié des repérages et pour moitié des
l’échographie. Celle-ci pourrait permettre une
biopsies. Il n’a pas été démontré de rehausse-
meilleure concordance inter observateur. Il a sur-
ments gênant l’interprétation, dans les sites de
tout présenté son travail sur la destruction par
microbiopsie.
radio fréquence des petites lésions intra-mam-
maires. Les sondes utilisées fonctionnent selon le
même principe que celles utilisées pour la des-
truction des lésions hépatiques. Introduite sous MÉDECINE NUCLÉAIRE
échographie grâce à une aiguille guide, elles pos-
sèdent une antenne qui se déploie en forme de Cette session s’est intéressée à l’étude du gan-
parapluie, permettant ainsi une destruction d’un glion sentinelle et aux indications de la tomogra-
volume supérieur à celui de la lésion. Ce travail phie par émission de positons (TEP) dans le
est une première évaluation sur des indications cancer du sein.
très sélectives car cette technique laisse le cancé- A. Figl (Nice) a exposé le point de vue du chi-
rologue dans l’ignorance d’un certain nombre de rurgien sur la détection du ganglion sentinelle.
facteurs pronostics et il convient d’être très pru- L’étude présentée a été réalisée dans le cadre
dent avant de valider ce type de traitement pour d’un essai. Le repérage était effectué par un
des lésions mammaires néoplasiques. radio-traceur la veille de l’intervention, complété
260 C. DIGABEL-CHABAY
par un marquage au bleu patent le jour de l’inter- TOMODENSITOMÉTRIE
vention. Le taux de détection par méthode scin-
tigraphique est de 97 % et par méthode Ce sujet cher à C. Hagay (Saint-Cloud) a été
colorimétrique de 99 %. Le taux de faux négatifs pour lui l’occasion de faire une revue exhaustive
(patientes avec un ganglion sentinelle négatif et de la littérature publiée sur ce sujet depuis les
un envahissement de l’aisselle est de 5,5 %) (5/73 années 70. Les indications se recoupent avec cel-
patientes). Dans l’état actuel des connaissances, les de l’IRM mais les progrès techniques liés à la
la technique du ganglion sentinelle seul est réser- rapidité d’acquisition et aux scanners multi-baret-
vée aux petites tumeurs < 10 mm, entre 10 et tes permettant de diminuer les doses d’irradia-
30 mm il est préférable de poursuivre des doubles tion, confèrent un nouvel intérêt pour cette
prélèvements : ganglion sentinelle et curage axil- technique comme en témoignent les publications
laire dans un but d’évaluation. Au-delà de en augmentation depuis 1996. L’abord des lésions
30 mm, le curage classique est proposé. sans autre traduction qu’une prise de contraste
J. Darcourt (Nice) a abordé l’aspect techni- précoce, soit en vue d’un repérage, soit en vue
que. Le triple marquage est actuellement préféré d’une biopsie reste une indication particulière-
par la plupart des équipes avec un repérage la ment intéressante facile à mettre en œuvre pour
veille par lympho-scintigraphie, une détection un moindre coût.
per-opératoire avec sonde radioguidée et cou-
plée à un repérage visuel par colorant. Les avan-
MACROBIOPSIE PAR ASPIRATION
tages de chaque type de marqueurs sont
complémentaires. L’équipe du service de Méde- Cette session attendue a été l’occasion d’expo-
cine Nucléaire de Nice réalise 4 injections sous sés pluridisciplinaires.
cutanée du radio traceur colloïde en péri aréo- L. Steyaert (Bruges) a rappelé la technique de
laire et une injection sous cutanée de colorant en prélèvements sous échographie, insistant sur le
regard de la tumeur. fait qu’il était ainsi possible de faire des prélève-
La prise en charge anatomo-pathologique des ments de lésions profondes très près de la paroi
pièces d’exérèse est exposée par F. Ettore (Nice) thoracique en dissociant les tissus par l’injection
qui rappelle que s’il est nécessaire d’avoir une d’anesthésiques locaux. L’aiguille peut être pla-
courbe d’apprentissage pour le chirurgien, c’est cée sous la lésion écartée du plan profond par le
aussi vrai pour le pathologiste. Tant pour le chi- produit anesthésiant. A l’inverse, il faut parfois se
rurgien que pour le pathologiste, durant cette méfier des prélèvements sur des lésions sous
phase d’apprentissage, le ganglion sentinelle est cutanée pour ne pas risquer de sectionner la peau
isolé mais le curage axillaire classique reste lors du découpage de l’échantillon.
nécessaire avant de passer à la phase opération- L’équipe de Saint-Cloud dispose d’une expé-
nelle. Dans cette deuxième phase, seul le gan- rience déjà solide puisque débutée en mai 1999.
glion sentinelle est isolé et ce sans risque notable Plus de mille biopsies assistées par aspiration au
pour la patiente. L’examen extemporané serait mammotome ont été réalisées et les résultats de
l’idéal mais il n’est pas toujours fiable et il n’a de cette expérience étaient présentés par P. Cherel
valeur que positif car les faux négatifs sont fré- (Saint-Cloud). Dans 95 % des cas, les prélève-
quents. ments concernent les microcalcifications, les opa-
Sujet d’actualité. L’apport de la TEP dans le cités ne représentent que 5 % des indications.
bilan d’extension et la prise en charge des can- Les lésions biopsiées sont principalement de la
cers du sein a été présentée par R. Rigo classe ACR4 (60 %) mais 17 % des lésions clas-
(Monaco). L’AMM peut être élargie au sein si sées ACR3 et 22 % de lésions classées ACR5 ont
l’indication est prescrite par un comité multidis- fait l’objet de prélèvements pour des raisons
ciplinaire. La plupart des travaux font état de divers. Lorsqu’il est nécessaire d’envisager une
tumeurs de 1 cm à 1,5 cm et l’intérêt potentiel prise en charge chirurgicale complémentaire et
de la TEP dans les diagnostics des petites que la cible a été totalement aspirée, une image
tumeurs est moins clair. L’étude des ganglions opaque liée à l’hématome ou des signes échogra-
axillaires dans le but d’éviter un curage est une phiques résiduels peuvent persister quelques
piste de recherche intéressante ; mais là aussi le temps et permettre un repérage. Il est possible de
problème de la détection des lésions de petites mettre en place un clip métallique au décours de
tailles et en particulier des micro métastases res- la procédure mais il existe un risque de mobilisa-
tent difficile à résoudre. Un des avantages reste tion assez important.
la possibilité d’étudier le corps entier en un seul Dans une prise en charge pluridisciplinaire,
examen et ainsi de pouvoir détecter des métasta- l’anatomo-pathologiste est particulièrement con-
ses à distance, osseuses ou viscérales. Le coût cerné. F. Penault-Llorca (Clermont-Ferrand) a
des examens et la disponibilité des machines fait part des difficultés d’analyse. Sur ces prélève-
nécessitent de poursuivre des études en particu- ments multi fragmentaires il est difficile de déter-
lier en terme de coût/efficacité pour ces différen- miner précisement, la taille de la lésion, l’état des
tes indications. berges et l’évaluation du grade. Il existe égale-
Journées de la SOFMIS 2002 Nice 28-29 juin 2002 261
ment des difficultés diagnostiques et des risques confirmant que cette technique permettait l’exé-
de sous estimation. C’est le cas devant une hyper- rèse complète de petites lésions bénignes et qu’en
plasie épithéliale atypique ou un carcinome cana- cas de lésions malignes, une reprise des berges
laire in situ. Lors de l’exploration chirurgicale était le plus souvent nécessaire.
complémentaire, la cicatrice de prélèvement
apparaît bien visible sur la pièce et permet d’être Le centre Jean Perrin réalise des macrobiop-
certain que la reprise a été faite au bon endroit ; sies exérèses avec le système à ABBI depuis
mais il peut y avoir des déplacements tissulaires plusieurs années. V. Feillel (Clermont-Ferrand)
qui risquent de faire porter à tort le diagnostic de rapporte cette expérience de façon très didacti-
lésions invasives. Il reste indispensable de corré- que en pesant les indications respectives des
ler les constatations histologiques des biopsies et macrobiopsies par aspiration et des macrobiop-
de la pièce opératoire. sies exérèses monobloc. Cette deuxième techni-
B. Leblanc-Talent (Nice) a présenté quatre ob- que a des indications restreintes puisqu’elle ne
servations pour illustrer les difficultés rencontrées peut concerner que les images radiologiques de
par le chirurgien. La difficulté principale réside taille inférieure à 15mm. Pour les équipes qui en
dans l’absence de cible clairement identifiable disposent, les indications doivent être posées de
lorsque la lésion a été totalement aspirée et qu’il façon collégiale mais les possibilités offertes
n’a pas été mis en place de clip post-procédure, ce par ce forage tissulaire sont peut être sous utili-
problème survient d’autant plus que la chirurgie sées.
est organisée tardivement. Une autre difficulté qui
n’est pas spécifique aux biopsies par aspiration est
la difficulté d’interprétations en cas d’hyperplasie
atypique ou de carcinome in situ de bas grade. La
concordance entre les différents laboratoires IMAGERIE ET HORMONOTHÉRAPIE
d’anatomie pathologique reste un souci.
M. Meunier (Paris) a présenté une analyse éco-
Avec beaucoup d’humour, A. Lesur (Nancy) a
nomique menée à l’Institut Curie. Seul les coûts
refait l’historique de l’hormonothérapie en pré-
directs ont été retenus. Il s’avère qu’une biopsie
sentant une revue des différentes campagnes de
assistée par aspiration est moins coûteuse que la
communication menées par les firmes pharma-
chirurgie si celle-ci est réalisée en hospitalisation
ceutiques pendant ces 20 dernières années. Les
traditionnelle. Mais elle représente un surcoût par
possibilités thérapeutiques et les modes d’admi-
rapport à la chirurgie ambulatoire. Cependant, la
nistration sont variés, l’observance est variable
prise en compte des coûts indirects liés aux arrêts
selon les femmes. Elle dépend de l’écoute atten-
de travail ou des coûts intangibles tel que l’anxiété
tive du médecin prescripteur sur les craintes et
conduiraient probablement à un coût évité supé-
interrogations de la femme pour ce type de trai-
rieur à celui présenté dans cette étude.
tement.
Une enquête menée par B. Barreau (Bor-
deaux) auprès de 99 patients ayant bénéficié soit Cette session, et qui clôturait les journées, s’est
de biopsies assistées par aspiration, soit de prélè- terminée par l’intervention du président de la
vements ABBI a permis de montrer que ce type SOFMIS, Y. Grumbach (Amiens) sur les modifi-
de prélèvement était habituellement bien accepté cations apportées à l’imagerie mammaire par le
sous réserve que la patiente soit suffisamment traitement hormonal substitutif. L’utilisation des
informée et que surtout il s’établisse une commu- SERM (Selective Oestrogen Receptor Modula-
nication interactive entre l’équipe médicale et la tor) semble induire des modifications moins mar-
femme, lui permettant ainsi d’appréhender au quées sur la glande mammaire et pourrait être
mieux cette situation nouvelle. une alternative intéressante pour faciliter l’ana-
lyse des seins denses.
MACROBIOPSIES EXÉRÈSES Ainsi se sont terminées ces journées riches et
STÉRÉOTAXIQUES intéressantes, agrémentées d’une soirée de gala
très conviviale et d’une exposition technique qui
Deux communications ont permis de confronter
faisait une large place aux appareils de mammo-
les expériences
graphie, au système de biopsie assisté par aspira-
V. Doridot (Paris) a rapporté l’expérience de tion, au contrôle qualité et aux évolutions numé-
l’Institut Curie avec l’utilisation du « site select » riques.