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Rapport Finale de Stage Du Decouverte Du Milieu Rurale (DMR)

Ce rapport présente les résultats d'un stage de terrain réalisé dans le village de Décanmè, visant à découvrir le milieu rural et à analyser les systèmes de production agricole. L'étude a mis en lumière les caractéristiques sociales, économiques et culturelles du village, ainsi que les pratiques de production végétale et animale, notamment la transformation de la noix de palme en huile rouge. Les résultats soulignent l'importance d'une organisation familiale et d'un savoir-faire empirique dans l'agriculture locale, tout en identifiant les difficultés rencontrées et les leçons à en tirer pour le développement rural.

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Rapport Finale de Stage Du Decouverte Du Milieu Rurale (DMR)

Ce rapport présente les résultats d'un stage de terrain réalisé dans le village de Décanmè, visant à découvrir le milieu rural et à analyser les systèmes de production agricole. L'étude a mis en lumière les caractéristiques sociales, économiques et culturelles du village, ainsi que les pratiques de production végétale et animale, notamment la transformation de la noix de palme en huile rouge. Les résultats soulignent l'importance d'une organisation familiale et d'un savoir-faire empirique dans l'agriculture locale, tout en identifiant les difficultés rencontrées et les leçons à en tirer pour le développement rural.

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REPUBLIQUE DU BENIN

******
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET
DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

******
UNIVERSITE D’ABOMEY CALAVI (UAC)

******
FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES

******
Licence 1
******

RAPPORT FINALE DE STAGE DU DECOUVERTE DU MILIEU


RURALE (DMR)

Village : Décanmè Arrondissement : Azovè Commune : Aplahoué

Membres du groupe : Supervisé par :


OBA Verron Dr ADENILE D. ADAM

SEWAÏ KPADONOU Amos Prynxe DSTPA &

TOHOUENOU Nancy Akouavi Dr MAMA Adi

TOM MOUSSA Adam DSTPA

WOROU Morènikè Jolade Marilyne

2025-2026
PLAN
Remerciements
Résumé
Table des matières
Liste des Figures
Liste des Tableaux
Liste des Abréviations
Chapitre 1 : Introduction Générale
1.1Contexte
1.2 Objectifs du stage

1.3 Mission et activités menées

1.4 Démarche méthodologique

Chapitre 2 : Résultats
2.1 Description du milieu physique, humain et culturel du village
2.1.1 Présentation physique du village
2.1.2 Historique du village
2.1.3 Us et coutumes
2.1.4 0rganisation sociale du village
2.1.5 Composition et structures des UDPs
2.2 Activités de production
2.2.1 Production végétale
2.2.2 Production animale
2.2.3 Pêche et Pisciculture
2.2.4 Transformation agro-alimentaire
2.2.5 Stockage des produits agricoles et alimentaires
2.2.6 Commercialisation des produits agricoles et alimentaires
2.3 Facteurs de production et relations
2.3.1 Identification et caractérisation des facteurs de production
2.3.2 Relations entre les différents facteurs de production
2.4 Logique paysanne
2.5 Difficultés rencontrées leçons apprises et recommandation
Conclusion
Annexes

i
Remerciements

Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude aux membres de l’administration


de la Faculté des Sciences Agronomiques(FSA) pour l’organisation de ce merveilleux
stage.

Nos sincères remerciements vont tous d’abord à Dr Ir ZOSSOU-VODOUHE


Espérance, maitre de conférences et enseignante chercheur à la FSA/USA et responsable
du stage pour sa direction éclairée, sa disponibilité et ses conseils qui ont été d’une grande
aide à chaque étape de notre travail, depuis la préparation en salle jusqu’à la rédaction
finale du rapport.

Nous remercions chaleureusement les enseignants membres de toute l’équipe de


coordination du stage principalement le Dr. Ir. ADENILE Adam, le Dr. Ir. MAMA Adi,
pour leurs conseils avisés et leur accompagnement tout au long de ce travail.

Nous remercions également le personnel de l’Agence Territoriale de


Développement Agricole(ATDA) pour nous avoir permis de vivre cette expérience de
terrain formatrice.

Notre reconnaissance va tout particulièrement aux membres de nos Unités


Domestiques de Production(UDPs) dont M. MINTCHI Adrien ; M. TCHOUDJI S.
Samuel ; M. ALIGBONON Gilbert ; M. FOLLY Marcelin et M. SOTCHOUMEY Victor
qui nous ont accueillis chaleureusement et ont partagé avec nous leurs savoirs, leur temps
et leur quotidien avec une immense générosité.

Nous remercions également nos parents pour leurs énormes sacrifices consentis et
pour cet amour qu’ils n’ont cessé à l’égard de leurs enfants.

Nous n’oublions pas également nos camarades d’amphi pour les soutiens et autres
que Dieu vous bénisse abondamment.

ii
Résumé

Ce rapport présente les résultats d’un stage de terrain réalisé dans le village de
Décanmè, dans le cadre de notre formation en agronomie ainsi qu’à la découverte du
milieu rural. L’étude a permis de mieux comprendre le fonctionnement des Unités
Domestiques de Production(UDPs), les caractéristiques du milieu et, les systèmes de
production végétale, animale ainsi que les produits transformés dans ledit village. Une
attention particulière a été portée aux itinéraires techniques des cultures principales et aux
pratiques de transformation, notamment de la noix de palme en huile rouge. L’analyse des
logiques paysannes a mis en évidence les choix techniques et sociaux guidant les
pratiques agricoles. D’après nos recherches, la principale production agricole du village
est le maïs. Le rapport expose également les difficultés rencontrées sur le terrain et les
leçons tirées de cette immersion. Il en ressort que l’agriculture à Décanmè repose sur une
organisation familiale, une forte capacité d’adaptation et un savoir-faire empirique qu’il
convient de valoriser dans les politiques de développement rural

iii
Table des matières
Tableau 1: Calendrier agricole du village de Décanmè………………………………...9 ..................... vii
Tableau 2 : Les données concernant l'élevage à Décanmè…………………………….20 .................. vii
Tableau 3 : Méthodes de stockage des produits agro-alimentaires dans le village de
Décanmè………………………………………………………………………………..23 ....................................... vii
Tableau 4 : Données concernant la commercialisation des produits agro-alimentaires à
Décanmè…………………………………………………………………......................24 ................................ vii
Tableau 5 : Données concernant la terre à Décanmè………………………………….24 .................... vii
Chapitre 1 : introduction générale ........................................................................................1
1.1. Contexte ....................................................................................................................... 1
1.2. Objectifs du stage ........................................................................................................ 1
1.3. Mission et activités menées ......................................................................................... 1
 Déroulement du stage.................................................................................................. 2
 Technique et outils de collecte de données ................................................................ 3
 Techniques d’analyse des données ............................................................................. 3
Chapitre 2 : Résultats ...........................................................................................................4
2.1 Description du milieu physique, humain et culturel du village ..................................... 4
2.1.1. Présentation physique du village.............................................................................. 4
2.1.2 Historique du village ................................................................................................ 4
2.1.3. Us et coutumes du village de Décanmè ................................................................... 5
2.1.4. Organisation sociale du village ; ............................................................................. 6
2.1.5. Composition et structure des UDPs ......................................................................... 6
2.2 -Activités de production .................................................................................................... 8
2.2.1 -Production végétale ....................................................................................................... 8
Tableau 1: Calendrier agricole du village de Décanmè ...........................................................9
Le maïs (Zea mays)............................................................................................................... 9
Le gombo (Abelmoschus esculentus )................................................................................ 11
Corète potagère (Corchorus olitorus ) ............................................................................... 13
Tomate (Solanum licopersicum) ........................................................................................ 15
Cornichon (Cucumus sativus) ........................................................................................... 16
La grande morelle (Solanum licopersicu) ......................................................................... 17
Piment (Capsicum annuum) .............................................................................................. 18
2. Choix des semences ................................................................................................... 18
3. Pépinière..................................................................................................................... 19
4. Repiquage................................................................................................................... 19
Palmier à huile (Eleaeis guineensis) ................................................................................... 19
2.2. Productions animales ..................................................................................................... 20

iv
2-2-2-Production animale ................................................................................................. 20
Tableau 2 : Les données concernant l'élevage à Décanmè ................................................... 20
2.2.3. La transformation .................................................................................................. 22
2-2-5- Stockage des produits agricoles et alimentaires................................................... 23
Tableau 3 : Méthodes de stockage des produits agro-alimentaires dans le village de Décanmè
......................................................................................................................................... 23
2-2-6-Commercialisation des produits agricoles et alimentaires................................... 24
Tableau 4 : Données concernant la commercialisation des produits agro-alimentaires à
Décanmè ........................................................................................................................... 24
2-3-Facteurs de production et relations............................................................................... 24
2-3-1-Identification et caractérisation des facteurs de production ............................... 24
Tableau 5 : Données concernant la terre à Décanmè ........................................................... 24
2-3-2-Relation entre les facteurs de production .............................................................. 28
2-4-La logique paysanne ....................................................................................................... 28
2-4-1-Logique paysanne liée aux pratiques sociales et économiques ............................ 28
2-4-2- Logique paysanne liée aux pratiques de production végétale ............................ 28
2-4-3- Logique paysanne liée aux pratiques de production animale............................. 29
2.4.4 Logique paysanne liée aux pratiques de transformation agro-alimentaire ........ 29
2.4.5 Logique paysanne liée aux pratiques de gestion des ressources naturelles ......... 29
2-5 Difficultés rencontrées leçons apprises et recommandation ....................................... 29
 Difficultés rencontrées .............................................................................................. 29
 Leçons apprises.......................................................................................................... 29
 Recommandation....................................................................................................... 30
CONCLUSION ..................................................................................................................... 31
Annexe .............................................................................................................................. 32

v
LISTES DES FIGURES
Figure 1 : transect réalisé dans le village de Décanmè ......................................................... 32
Figure 2 : la carte du village. ............................................................................................... 32
Figure 3 : Diagramme technologique de transformation du piment rouge en poudre ........... 33
Figure 4 : Diagramme technologique de la préparation de l’alcool traditionnel .................... 34
Figure 5 : arbre généalogique de l’UDP 1 ............................................................................ 35
Figure 6 : arbre généalogique de l’UDP 2 ............................................................................ 35
Figure 7 : arbre généalogique de l’UDP 3 ............................................................................ 36
Figure 8 : arbre généalogique de l’UDP 4 ............................................................................ 36
Figure 9 : arbre généalogique de l’UDP 5 ............................................................................ 37
Figure 10 : plan parcellaire de l’UDP 1 ................................................................................ 38
Figure 11 : plan parcellaire de l’UDP 2 ................................................................................ 38
Figure 12 : plan parcellaire de l’UDP 3 ................................................................................ 39
Figure 13 : plan parcellaire de l’UDP 4 ................................................................................ 41
Figure 14 : plan parcellaire de l’UDP 5 ................................................................................ 41
Figure 15 : champ de maïs.................................................................................................. 42
figure16 : entretien du champ de la tomate. ....................................................................... 42
Figure 17 : élevage porcin ; ovin dindon .............................................................................. 43

vi
LISTES DES TABLEAUX
Tableau 1: Calendrier agricole du village de Décanmè………………………………...9
Tableau 2 : Les données concernant l'élevage à Décanmè…………………………….20
Tableau 3 : Méthodes de stockage des produits agro-alimentaires dans le village de
Décanmè………………………………………………………………………………..23
Tableau 4 : Données concernant la commercialisation des produits agro-alimentaires à
Décanmè…………………………………………………………………......................24
Tableau 5 : Données concernant la terre à Décanmè………………………………….24

vii
LISTES DES ABREVIATIONS

 FSA : Faculté des Sciences Agronomiques


 UAC : Université d’Abomey-Calavi
 UDP : Unité Domestique de Production
 Ha : Hectare
 M : Mètre
 ATDA : Agence Territoriale pour le Développement Agricole
 PADMA : Projet d’Appui au Développement du Maraichage
 DSTPA : Département des Sciences Techniques de Production Animales.

viii
Chapitre 1 : introduction générale
1.1. Contexte
Dans le cadre de notre formation académique à la Faculté des Sciences Agronomiques
(FSA), il nous a été demande d’effectuer un stage d’immersion en milieu rural appelé
Découverte du Milieu Rural (DMR), afin de confronter les notions théoriques acquises
en salle de classe a la réalité du terrain. C’est dans ce contexte que notre groupe a été
affecté à la commune d’Aplahoué, plus précisément dans le village Décanmè, pour une
durée d’un mois environ.

1.2. Objectifs du stage


Notre stage à Décanmè, s’inscrivant dans le cadre de notre formation
professionnelle a pour objectifs :

 D’identifier et de décrire les caractéristiques sociales et économiques du village


 D’analyser les systèmes de production végétale et animale, ainsi que les méthodes
de transformation et de stockage
 De comprendre les logiques paysannes sous-jacentes aux choix techniques, sociaux
et économiques
D’identifier les contraintes rencontrées par les producteurs et les leçons à en tirer.

1.3. Mission et activités menées


Pour bien comprendre la réalité du travail des producteurs, nous avons également
participé directement aux travaux de plein champ. Cette immersion pratique nous a
permis de réaliser plusieurs activités agricoles clés, à savoir :

La mise en place et l'entretien de pépinières pour maîtriser les premières étapes de la


production végétale ;

 Le sarclage des parcelles, une opération essentielle pour éliminer les mauvaises
herbes et garantir le bon développement des cultures ;
 La participation aux récoltes, ce qui nous a permis d'évaluer la maturité des
produits et de découvrir les techniques de collecte locales.
 Des enquêtes de terrain et des entretiens approfondis avec les producteurs, les
leaders locaux et les groupements villageois ;
 Des observations directes et des relevés topo-séquentiels pour caractériser le
milieu physique (sols, hydrographie, végétation) et les infrastructures existantes ;
 Ces travaux pratiques ont été l'occasion d'associer nos connaissances théoriques à
la réalité du terrain en milieu rural. »

1
1.4. La méthodologie :

La méthodologie mise en œuvre au cours de notre stage s’est articulée autour de plusieurs
étapes essentielles visant à garantir la pertinence des observateurs et la qualité des
données recueillies.

 Préparation du stage

Avant notre départ sur le terrain, nous avons participé à une séance de cadrage organisée
par l’équipe de supervision et qui s’est déroulé du 27 au 28 avril dans l’amphi IRAN.
Nous avons été renseignés sur la production végétale, la production animale, la
transformation la cartographie et l’étude de la logique paysanne. Cette rencontre nous a
permis de :

 Comprendre les attentes pédagogiques du stage


 Définir les objectifs spécifiques à atteindre
 Constituer les équipes de travail ; chaque équipe composée de 05 membres.
 Elaborer un plan de collecte de données et un calendrier d’activités

 Déroulement du stage
Prenant départ le 4mai 11H environs, nous sommes arrivés à la cellule communale de
l’Agence Territoriale du Développement Agricole (ATDA) d’Aplahoué vers 17h. Une fois
à l’ATDA, chaque équipe s’est rendu vers le village par des Zem et des tricycles comme
moyen de déplacement. Chaque étudiant a appelé son producteur pour être conduit dans
son UDP. Le 19 mai, nous avons reçu la visite de l’équipe de supervision qui nous a
éclairés et apportée de grandes corrections par rapport aux données déjà relevées. Le 1er
juin les bus étaient venus chercher certains groupes. Durant les 1mois passés à Décanmè
nous avons alternes les phases de :

 Immersion : prise de contact avec la population locale, familiarisation avec le


milieu, observations générales du village et des principales activités agricoles
 Diagnostic participatif : réunions avec les producteurs, discussions en groupe,
identification des filières agricoles dominantes, des ressources disponibles et des
difficultés rencontrées
 Participation active : appui aux travaux champêtres (désherbage, semis, récolte,
etc.), accompagnement des producteurs dans certaines tâches, observations
directes des techniques employées ;
 Synthèse quotidienne : réunions de groupe chaque soir pour faire le point sur les
donnes collectées et planifier les activités du lendemain
2
 Technique et outils de collecte de données
Plusieurs outils ont été utilisés pour collecter les données nécessaires à notre analyse

 Grilles d’observation : pour noter les pratiques culturales et techniques


 Entretiens semi-directifs : avec les producteurs, responsables de
groupements, jeunes et femmes du village
 Questionnaires : utilises de manière ponctuelle pour recueillir des
informations sur certaines cultures ou élevages
 Prises de vue : photo des sites de production, des outils utilisés, des pratiques
observées.

 Techniques d’analyse des données


Les donnes recueillies ont été triées synthétisées puis analysées à l’aide de :
 Tableaux récapitulatifs des informations techniques (cultures observées,
itinéraires techniques, rendements, etc.)
 Comparaison entre les pratiques locales et les recommandations techniques
issues de nos cours

3
Chapitre 2 : Résultats
2.1 Description du milieu physique, humain et culturel du village
2.1.1. Présentation physique du village
Le village de Décanmè est une localité rurale située dans l’arrondissement d’Azovè,
commune d’Aplahoué, dans le département du Couffo au sud-ouest du Bénin. Il est
composé de six (06) hameaux à savoir : Gbedjinouhoué, Davohoué, Sétôhoué, Ahouhoué,
Komahouéhoué et Aligbonouhoué, ce dernier étant principalement réservé aux
populations étrangères.

Sur le plan géographique, le village de Décanmè est limité au nord par le village de
Yehouémey et le hameau d’Akpanhoué, au sud par le village de Yehouémey à travers les
hameaux d’Equehoué et de Sakponouhoué, à l’est par Yehouémey notamment le hameau
de Davohoué, et à l’ouest par le village de Dandihoué.

Décanmè est une localité à vocation essentiellement agricole. La culture du maïs y est
largement pratiquée, au point où l’on retrouve des champs à proximité immédiate des
habitations. Le village dispose de certaines infrastructures de base telles que l’électricité,
des points d’eau constitués de pompes à motricité humaine ainsi que d’un château d’eau.

Sur le plan social, le village ne dispose pas d’école publique, mais on y trouve des
établissements scolaires privés. Il possède également un centre de santé qui est
actuellement non fonctionnel. Par ailleurs, la population bénéficie de la présence de
plusieurs lieux de culte, notamment une mosquée, des églises évangéliques et une église
catholique, traduisant la diversité religieuse et la cohésion sociale qui caractérisent la
localité.

2.1.2 Historique du village


Le village de Décanmè trouve son origine dans la région de Tado, berceau du peuple Adja,
situé dans le département du Moyen-Mono au Togo. Les premiers habitants ont migré
vers Abomey avant de poursuivre leur déplacement jusqu’au site actuel de Décanmè.
Selon la tradition orale, ils auraient suivi un animal blessé depuis la région du Zou jusqu’à
l’endroit où ils décidèrent de s’installer définitivement. Les principaux fondateurs du
village sont Tédjéhoun, Gbéchi, Djèdjè, Guidjimè et Minkonou. L’installation du village
remonterait aux environs des années 1800, donc avant le règne du roi Béhanzin. À ses
débuts, Décanmè était subdivisé en quatre grandes parties : Gbofohoué, Gbedjinouhoué,
Davohoué et Komahouéhoué. Aujourd’hui, le village est organisé en six hameaux, à
savoir Gbedjinouhoué, Davohoué, Sètohoué, Ahouhoué, Aligbonouhoué (réservé

4
principalement aux étrangers) et Komahouéhoué. Sur le plan religieux, les pratiques
traditionnelles vodoun telles que Xêbiézo, Sakpata, Dan et Lêgba étaient dominantes
depuis l’origine du village. Le christianisme y a été introduit vers 1940 par un
missionnaire blanc nommé Ariguidingui, tandis que l’islam s’est implanté récemment, en
2020, sous l’initiative de l’imam Mohamed Folly. Sur le plan économique, les populations
pratiquaient initialement la chasse, mais aujourd’hui l’agriculture constitue l’activité
principale, souvent associée à l’élevage. Certaines pratiques traditionnelles ont
progressivement disparu avec l’évolution sociale et religieuse. L’appellation « Décanmè
» trouve son origine dans les conditions d’installation des populations dans des palmeraies
: « Dé » signifie « dans » et « canmè » signifie « palmeraie », d’où le nom « Décanmè »
qui veut dire « dans les palmeraies ». En matière d’infrastructures, le village disposait
autrefois d’un centre de santé cofinancé par l’Association de Développement du Village
(ADV) et le Programme National de Développement Conduit par les Communautés
(PNDCC). Concernant la gouvernance locale, la durée du mandat des chefs de village,
initialement fixée à cinq (05) ans, est aujourd’hui portée à sept (07) ans. La succession
des chefs du village de Décanmè se présente comme suit : Ahou Djougbenou, Sodjèto
Gbedjinou, Tévi, Ahou Essoun, Kédègnon Kounègnan, Sodjèto Zondjagni, Egan
Sotchoumey, Ahou Thomas, Folly Marcellin et Séto Raphaël. L’actuel chef du village est
Monsieur Folly Marcellin. Le village de Décanmè est limité au nord par le village
Yehouémey et le hameau Akpanhoué, au sud par le village Yehouémey avec les hameaux
Equehoué et Sakponouhoué, à l’est par Yehouémey (hameau Davohoué) et à l’ouest par
le village Dandihoué.

2.1.3. Us et coutumes du village de Décanmè


À l’origine, le village reposait sur plusieurs interdictions et règles traditionnelles, mais
avec l’arrivée du christianisme, certaines pratiques ont été abandonnées ou moins
appliquées.

Malgré cela, certaines coutumes restent encore respectées dans la communauté :

 La femme n’a pas droit à l’adultère ; si elle le fait, elle est automatiquement bannie
selon la tradition.
 L’homme peut avoir plusieurs femmes (polygamie).
 En cas de décès du mari, le petit frère a le droit de prendre la veuve comme épouse
et d’assumer la continuité de la famille, tandis que le grand frère n’a pas ce droit.
 Le respect des personnes âgées est obligatoire : il est coutume de s’incliner ou de se
baisser pour les saluer.
5
2.1.4. Organisation sociale du village ;
Le village est constitué en partie de personnes âgées, de jeunes et d’enfants. En 2015
selon les agents recenseurs la population estimée à 1500 habitants. La hiérarchie est de
type traditionnel ; c’est-à-dire que le village possède un chef et non un maire. L’actuel
chef du village est M. FOLLY Marcellin.

La vie à Décanmè est rythmée par les saisons agricoles et les activités communautaires.
Les ainées jouent un rôle essentiel dans la transmission des savoirs et des traditions par
des histoires, des proverbes, des enseignements. La solidarité est un pilier fondamental.
Les habitants s’entraident dans les moments difficiles, lors des, cérémonies, de la
construction des maisons, de la récolte de cultures. Cette entraide se manifestent
également à travers des pratiques comme les tontines, caisses d’épargne communautaires.
Les hommes ont tous des activités qui les occupent les jours de la semaine tandis que la
plupart des femmes sont des femmes au foyer. Certaines sont commerçantes. D’autres
encore accompagnent leurs époux aux champs ou s’en occupent quand ces derniers ont
d’autres occupations.

2.1.5. Composition et structure des UDPs


UDP 1 : M. METCHI Adrien

L’Unité de Production (UDP) de M. METCHI Adrien est une exploitation familiale


organisée autour d’un chef de ménage, de ses épouses et de ses enfants. Elle est composée
de cinq (05) femmes et de quatorze (14) enfants, dont cinq (05) filles et neuf (09) garçons.

La répartition des enfants par épouse se présente comme suit : la première épouse a six
(06) enfants, la deuxième en a quatre (04), la troisième deux (02), la quatrième également
deux (02), tandis que la cinquième épouse est actuellement enceinte.

La majorité des enfants est scolarisée, à l’exception des plus jeunes qui restent à la maison
auprès de leurs mères. L’aîné de la famille est en classe de deuxième année au Lycée
Technique Agricole d’Adjahonmey.

Sur le plan organisationnel, les enfants participent activement aux activités agricoles. Ils
accompagnent leur père au champ les week-ends ainsi que les mercredis après les cours,
contribuant ainsi aux travaux de production.

En outre, M. METCHI Adrien emploie des ouvriers pour l’exécution de certains travaux
champêtres, ce qui renforce la capacité de production de l’exploitation.

6
Les activités de l’UDP sont diversifiées et comprennent principalement la production
végétale, notamment le maraîchage, la production animale ainsi que la transformation des
produits agricoles.

UDP 2 : M. SOTCHOUMEY Victor

L’Unité de Production (UDP) de M. SOTCHOUMEY Victor est une exploitation


familiale composée de dix-neuf (19) personnes, incluant le chef de ménage, ses trois
épouses et leurs enfants.

La répartition des enfants par épouse est la suivante : la première épouse a cinq (05)
enfants, la deuxième six (06) enfants et la troisième quatre (04) enfants.

Les terres exploitées par M. SOTCHOUMEY Victor proviennent à la fois de l’héritage


familial et d’achats personnels. Chaque épouse dispose de sa propre boutique, ce qui
contribue aux revenus du ménage. La majorité des enfants est scolarisée, tandis que
certains sont placés en apprentissage pour l’acquisition d’un métier.

Les activités de production de l’UDP sont dominées par la production végétale, qui
occupe environ 70 % de la superficie exploitée. L’élevage, notamment des petits
ruminants et de la volaille, représente les 30 % restants.

UDP 3 : M. Aligbonon Gilbert

L’unité domestique de production est dirigée par Monsieur Aligbonon Gilbert, âgé de 54
ans. Originaire de Bohicon, il s’est installé dans la zone Adja afin de se consacrer aux
activités agricoles. Il possède un niveau d’instruction correspondant à la classe de
quatrième. Monsieur Aligbonon Gilbert est le deuxième enfant et l’aîné des garçons d’une
fratrie de trois enfants. Issu d’une famille polygame, il a perdu son père, événement à la
suite duquel il a choisi de s’installer dans la zone Adja pour exercer l’agriculture. Il est
actuellement marié et père de trois enfants, dont deux filles et un garçon. L’aîné des
enfants est en classe de cinquième. Son épouse, de profession revendeuse, contribue à
hauteur de 30 % aux charges du ménage et exploite également un champ personnel de
maïs. Pour la réalisation des travaux agricoles, Monsieur Aligbonon Gilbert bénéficie de
l’appui de son jeune frère, qui a interrompu ses études après l’obtention du baccalauréat
série A et un passage en première année de licence à la FASH/UAC. Par ailleurs, les
membres élargis de la famille, notamment les oncles et tantes, participent aux travaux lors
des périodes de forte activité. Monsieur Aligbonon Gilbert est un producteur de maïs du
département du Couffo et membre de l’Union Communale des Coopératives de

7
Producteurs de Maïs (UCCPM) d’Akplahoué, une organisation regroupant les
producteurs de maïs de la localité.

UDP 4 : M. Folly Marcellin

L’unité de production agricole est dirigée par Monsieur Folly Marcellin, qui est également
l’actuel chef du village. Il est marié à deux épouses et dispose d’une main-d’œuvre
familiale qui participe activement aux différentes activités de l’exploitation.
La première épouse a quatre enfants, dont deux filles et deux garçons. Le fils aîné,
Emmanuel, est marié et père d’une fille. Il exerce la profession de technicien en froid et
climatisation, constituant ainsi une activité génératrice de revenus complémentaire pour
la famille.
Les principales activités de l’exploitation sont orientées vers la production végétale.
Monsieur Folly Marcellin possède plusieurs parcelles agricoles dédiées à la culture de
l’oranger et du maïs.
L’exploitation repose essentiellement sur la main-d’œuvre familiale. Les productions
agricoles sont destinées à la fois à l’autoconsommation du ménage et à la
commercialisation sur les marchés locaux, contribuant ainsi à l’amélioration des revenus
et des conditions de vie de la famille.
Grâce à son expérience dans la gestion des activités agricoles et à la diversification de ses
productions, l’unité de production joue un rôle important dans le développement socio-
économique du ménage et de la communauté locale.
UDP 5 : M. TCHOUDJI Samuel

L’unité de production dirigée par Monsieur TCHOUDJI Samuel est composée de son
épouse et de six enfants, dont deux filles et quatre garçons. L’aîné est en classe de 4ᵉ.
Monsieur TCHOUDJI est issu d’une famille polygame. Son défunt père, ancien zémidjan,
avait deux épouses. Sa mère, encore vivante, est la mère de huit enfants (quatre garçons
et quatre filles), parmi lesquels Monsieur TCHOUDJI occupe la sixième place. Sa mère
constitue aujourd’hui un soutien important et un pilier dans ses activités agricoles.
Titulaire d’un CEP, Monsieur TCHOUDJI est actuellement facilitateur agricole et
président de l’Union communale des coopératives de producteurs de maïs UCCPM-
APLHOUE. Son épouse, commerçante, contribue à environ 20 % aux charges du ménage.
Les enfants ne participent pas encore directement aux activités agricoles en raison de leur
jeune âge, mais ils apportent une aide occasionnelle pendant les vacances scolaires.

2.2 -Activités de production


2.2.1 -Production végétale
Dans le village Décanmè, les paysans produisent généralement le maïs ; le
gombo ; le piment ; le crincrin ; la tomate ; le cornichon ; la grande morelle ;

8
Voici le calendrier agricole du village de Décanmè : cas des cultures vivrières et
potagères

Tableau 2: Calendrier agricole du village de Décanmè


Jan. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept Oct. Nov. Déc.
Cultures Le S R S R SS R
vivrières Maïs
le gombo S R R R R S R
Le piment P R RE RE
le S R R S R R S R R S
crincrin
Le S RSS R
cornichon
la tomate P R RE RE P R RE RE
la grande P R RE RE P R RE RE
morelle
Légende : S=semis ; RE=récolte et R = repiquage ; P=pépinière

Tableau 3: Calendrier agricole du village de Décanmè

 Itinéraire technique des cultures

Le maïs (Zea mays)


1- Préparation du sol

Le maïs exige un sol soigneusement ameubli. Ainsi un labour profond jusqu’à


25cm peut entraîner une augmentation de rendement de 20 à 30%. Le labour peut être à
plat, en billon ou en buttes.

2- Préparation des semences et semis

La semence doit être prélevée sur les épis les plus vigoureux et les plus sains. Pour
préserver le maïs de certaines maladies, on traite la semence avec des fongicides et
insecticides (thiram, lindane avec 200g pour 100kg de semence).

Il faut 15 à 25 kg de semence par hectare. Le semis qui a lieu au début de la saison


pluvieuse peut se faire soit à la main soit au talon.

Dans le village, le semis du mais se fait avec 3 à 4 graines par poquets et


l’écartement le plus courant est :80cm X 30cm

9
3 - Entretien de la culture

L’entretien des cultures consiste à créer les conditions les plus favorables à la
croissance et au développement des plantes. Ceci se fera à travers la lutte contre les
mauvaises herbes et la fumure.

Pour lutter contre les mauvaises herbes ou adventices, on pratiquera les sarclages. Les
buttages et les herbicidages.

Les herbicides sont assez utilisés dans le village de Décanmè compte tenu de l’immensité
des terres. Les herbicides sont utilisés soit avant le semis (pendant la préparation du sol)
cas de la simazine ou après la levée lorsque les plants ont entre 10 et 15 cm ; cas du
FAABA TIYA 40 SC dont la dose est de 1 à 1,5 lite par hectare.

Il est important de noter que la lutte contre les mauvaises herbes est l’une des conditions
essentielles de réussite de la culture du maïs.

En ce qui concerne la fumure, on peut noter que le maïs est la plante qui réagit le mieux
à la fertilisation. On emploie l’engrais complet NPK et l’urée. L’engrais NPK doit être
enfoui en totalité entre le 30e et le 45ème jour mélangé avec la 1ère moitié de la dose durée,
la seconde moitié ne devant être appliquée qu’à partir du 60 e jour. Les doses d’engrais
utilisées sont :

NPK {150kg à 200kg) 3 à 4 sacs et Urée {50kg à 100kg) 1 à 2 sacs.

4-Maladies – Ravageurs –Méthodes de lutte

a) Maladies

Les maladies du maïs sont essentiellement dues aux champignons et virus. Ces maladies
sont :

- La rouille caractérisée par des pustules sur les feuilles


- Les brûlures de feuilles
- La Cercosporiose se manifestant par des tâches plus ou moins arrondies sur les
feuilles
- Les viroses, caractérisées par un rabougrissement de la plante
Toutes ces maladies peuvent être évitées en utilisant des variétés résistantes ou tolérantes
et des semences saines.

b) Ravageurs

10
Les ravageurs sont les insectes et les animaux. Les animaux sont surtout les oiseaux
(oiseaux gendarmes perroquets et perdrix) et écureuils. Pour lutter contre eux il faut leur
monter une garde ou utiliser des épouvantails ou des pièges.

Quant aux insectes, c’est essentiellement les chenilles des lépidoptères (papillons) qui
causent les dégâts en forant les épis. De ce fait, elles sont appelées foreurs de tiges et
d’épis.

On peut citer dans le village : Spodoptera (chenilles défoliatrices)

Comme insecticides utilisés on peut citer : Cotonix 38EC à raison de 1 litre par hectare.

5– Récolte – Rendement - Conservation

La récolte du maïs se fait après maturité complète (à moins de 20 % d’humidité).


La meilleure époque de récolte est la fin de la saison des pluies pour assurer un séchage
sur pied. Toutefois, ce séchage sur pied doit être limité dans le temps pour éviter le
couchage des pieds du maïs et une infestation initiale. La récolte se fait à la main mais
aussi à l’aide de moissonneuses batteuses.

En culture traditionnelle, les rendements sont très faibles de l’ordre de 800 kg à 1,2 Tonne
à l’hectare. Mais dans de bonnes conditions en grande culture on peut atteindre 3 - 4 T à
l’hectare.

Pour bien le conserver, le taux d’humidité du maïs doit tomber jusqu’à 12 – 14 %. Donc,
le maïs récolté précocement ou pendant la saison des pluies doit être séché au soleil pour
parfaire la dessiccation ou utiliser des cribs qui sont des structures de pré-stockage
permettant la dessiccation complète du maïs. Le maïs est ensuite stocké soit en épis soit
en grains dans des greniers traditionnels ou améliorés, dans des jarres ; sacs ou tonneaux.
Le maïs est traité avec un insecticide avant d’être stocké. Les produits actuellement
utilisés sont l’Actellic super ou le sofagrain à raison de 50 g de produit pour 100kg de
maïs. Les ravageurs des stocks de maïs sont Sitophilus sp ou charançon du maïs,
Prostephanus truncatus ou grand capucin, Tribolium sp, Carpophilus

Le gombo (Abelmoschus esculentus )


1. Préparation du sol

Type de sol : Sol léger, sableux à limono-sableux, bien drainé

 Travaux à réaliser :

11
 Défrichage (si nécessaire)
 Labour ou bêchage profond (15 à 25 cm)
 Émiettement et nivellement du sol
 Apport de fumure organique :
 10 à 20 tonnes/ha de fumier ou compost bien décomposé
 Mise en place des billons :
2. Préparation des semences et semis

Choix des semences : Variétés améliorées ou locales adaptées (cycle court recommandé)

Prétraitement : Tremper les graines dans l’eau pendant 12 à 24 heures pour améliorer la
germination

Mode de semis : Semis direct en poquets

Écartement : 60 cm × 40 cm ou 80 cm × 50 cm

Nombre de graines par poquet : 2 à 3 graines

Profondeur de semis : 2 à 3 cm

Démariage : Garder 1 plant vigoureux par poquet après 2 semaines

3. Entretien de la culture

Sarclage : 2 à 3 sarclages (15, 30 et 45 jours après semis)

Arrosage : Régulier, surtout en période sèche (2 à 3 fois/semaine)

Fertilisation minérale (facultative mais recommandée) : NPK (15-15-15) : 200 kg/ha en


fractionné

Buttage : Favorise l’enracinement et la stabilité

4. Maladies, ravageurs et méthodes de lutte

Principaux ravageurs :

Pucerons ; Chenilles ; Mouches blanches

Maladies fréquentes :

Jaunissement (virus) ; Pourriture des racines ; Taches foliaires

Méthodes de lutte :

 Préventives : Rotation des cultures, semences saines


12
 Biologiques : Utilisation d’extrait de neem
 Chimiques (en dernier recours) : Insecticides homologués

Il est important d’éliminer les plants malades, désherbage régulier

5. Récolte – Rendement – Conservation

Récolte :

 Débute 45 à 60 jours après semis


 Récolte tous les 2 à 3 jours
 Cueillir les fruits jeunes (tendres)
 Rendement : 5 à 10 tonnes/ha (peut atteindre plus avec bonne conduite)
 Conservation :

Frais : 2 à 3 jours maximum

Séchage : Couper en rondelles et sécher au soleil

Il peut être associé avec le maïs ou le piment pour optimiser la parcelle.

Corète potagère (Corchorus olitorus )


1. Préparation du sol

Type de sol : Sol léger à limono-sableux, riche en matière organique.

Travaux à réaliser :

 Défrichage
 Labour superficiel (15 à 20 cm)
 Émiettement et nivellement fin du sol
 Apport organique :

5 à 15 tonnes/ha de fumier ou de compost bien décomposé.

Disposition de la parcelle : la culture se fait sur un labour à plat bien drainé

2. Préparation des semences et semis (Épandage)

Préparation des semences :

Les graines étant très fines, il est conseillé de les mélanger avec du sable fin pour garantir
un épandage homogène.

13
 Trempage léger possible (environ 6 heures) pour accélérer la levée.
 Méthode de semis (Spécificité de Décanmè) :
 Semis direct à la volée (épandage).
 Recouvrement : Très léger (recouvrir d'une fine couche de terre ou de sable).
 Densité : Semis relativement dense, s'agissant d'une culture destinée à la
production de feuilles.
 Levée : Rapide, entre 3 et 5 jours après le semis.
3. Entretien de la culture
 Arrosage : Régulier et généreux, surtout en saison sèche (1 à 2 fois par jour si
nécessaire).
 Sarclage : Léger et rapide. La forte densité de la culture limite naturellement le
développement des mauvaises herbes.
 Éclaircissage (facultatif) : À réaliser si le semis est trop dense, afin de favoriser
une meilleure croissance des plants restants.
 Fertilisation : Nouvel apport organique ou application d'urée à faible dose pour
stimuler le développement du feuillage.

Durée du cycle : Très court, variant de 3 à 5 semaines au total.

4. Maladies, ravageurs et méthodes de lutte


 Ravageurs principaux : Pucerons, petites chenilles et criquets.
 Maladies fréquentes : Jaunissement des feuilles et pourriture du collet/racines en
cas d’excès d’eau.

Méthodes de lutte :

 Préventives : Assurer un excellent drainage des planches et pratiquer la rotation


des cultures.
 Biologiques : Traitement à l'extrait de feuilles ou d'huile de neem.
 Pratiques culturales : Récoltes régulières et élimination systématique des plants
présentant des signes de maladie.
5. Récolte, rendement et conservation

Récolte :

 Débute 3 à 4 semaines après le semis.


 Se fait par coupe des jeunes tiges et des feuilles vertes.
 Possibilité de récoltes successives grâce à la bonne capacité de repousse de la
plante.
14
 Rendement moyen : 10 à 20 tonnes/ha de feuilles fraîches (culture à forte
rentabilité en mode intensif).

Conservation :

À l'état frais : 1 à 2 jours maximum (produit hautement périssable).

Séchage : Optionnel, mais idéal pour une conservation à long terme sous forme de feuilles
séchées ou de poudre.

6. Logistique et commercialisation
 Débouchés et marchés :
 Vente directe sur les marchés locaux des villages environnants.
 Forte demande sur les grands marchés urbains, notamment à Cotonou.

Transport :

Logistique assurée par moto, tricycle (bâche) pour les marchés locaux ou voiture pour
l’exportation.

Évacuation impérative tôt le matin pour préserver la fraîcheur et la qualité des feuilles sur
le marché.

Stratégies de vente :

 Conditionnement et vente en bottes.


 Livraison directe aux grossistes et revendeuses locales (Bonnes dames).

Tomate (Solanum licopersicum)


1. Préparation du sol

La tomate demande un sol léger, fertile et bien drainé, de type sableux à limono-sableux.
On commence par le défrichage, puis un labour profond de 20 à 30 cm. Ensuite, on
émiette et on nivelle bien le sol. Il faut apporter 20 à 30 tonnes de fumier bien décomposé
par hectare. La culture est installée sur des billons ou des planches surélevées pour éviter
l’excès d’eau.

2. Préparation des semences et semis

Les semences doivent être certifiées ou de bonne qualité. Le semis se fait en pépinière,
ce qui est obligatoire pour la tomate. Après 3 à 4 semaines, quand les plants ont 4 à 6

15
feuilles, on fait le repiquage au champ. L’écartement recommandé est de 60 × 50 cm ou
70 × 60 cm. L’arrosage doit être léger et régulier en pépinière.

3. Entretien de la culture

La tomate demande un suivi très régulier. L’arrosage doit être fréquent mais sans excès.
Le sarclage se fait 2 à 3 fois pour éviter les mauvaises herbes. On applique du NPK 15-
15-15 et des compléments en floraison et fructification. Le tuteurage est obligatoire pour
éviter que les fruits touchent le sol. Le paillage est conseillé pour garder l’humidité et
protéger les plants.

4. Maladies, ravageurs et méthodes de lutte

Les principaux ravageurs sont les pucerons, aleurodes, thrips et chenilles. Les principales
maladies sont le mildiou, l’oïdium, le flétrissement bactérien et certaines nécroses. La
lutte repose sur la rotation des cultures, l’élimination des plants malades, l’utilisation de
produits biologiques comme le neem et, si nécessaire, des produits chimiques
homologués. Il faut aussi éviter l’excès d’humidité et assurer une bonne aération.

5. Récolte, rendement et conservation

La récolte commence environ 60 à 90 jours après le repiquage selon la variété. Elle se fait
de manière progressive au fur et à mesure que les fruits mûrissent. Le rendement varie
entre 20 et 40 tonnes par hectare, voire plus en bonne conduite. La tomate se conserve
peu de temps à l’état frais, donc elle est souvent vendue rapidement ou transformée en
sauce, purée ou séchée.

La tomate est une culture très exigeante. Elle demande un suivi quotidien. Sans arrosage
régulier, fertilisation et protection contre les maladies, on peut perdre toute la production.

Cornichon (Cucumus sativus)


1. Préparation du sol
 Sol léger, riche et bien drainé (sableux à limono-sableux).
 Défrichage, labour de 20 à 30 cm, émiettement et nivellement.
 Apport de 15 à 25 t/ha de fumier bien décomposé.
 Installation sur billons ou planches surélevées pour éviter l’excès d’eau.
2. Semences et semis
 Semences certifiées recommandées, trempage 4 à 6 h possible.
 Semis direct en poquets avec 2 à 3 graines.
16
 Écartement : 1 m × 0,5 m ou 1 m × 1 m.
 Démariage pour garder 1 à 2 plants par poquet.
3. Entretien
 Arrosage régulier surtout en floraison.
 Sarclage 2 à 3 fois.
 Fertilisation NPK 15-15-15 (200 à 300 kg/ha).
 Tuteurage conseillé.
4. Maladies et ravageurs

Pucerons, mouches des fruits, coléoptères ; Oïdium, mildiou, pourriture des fruits.

 Lutte : rotation des cultures, neem, produits homologués, élimination des plants
malades.
5. Récolte – rendement – conservation
 Récolte 40 à 50 jours après semis, tous les 2 jours.
 Rendement : 10 à 25 t/ha.
 Conservation courte (quelques jours) ou transformation en vinaigre.

La culture est souvent en monoculture, ce qui appauvrit le sol et augmente les maladies
et ravageurs.

La grande morelle (Solanum licopersicu)


1. Préparation du sol

La grande morelle se cultive sur des sols légers, fertiles et riches en matière organique.
La préparation commence par le défrichage, suivi d’un labour ou d’un bêchage
superficiel. Le sol est ensuite bien émietté et nivelé. La culture est généralement installée
sur des planches maraîchères, ce qui facilite l’arrosage et le drainage. Un apport de fumier
bien décomposé est recommandé pour améliorer la production.

2. Préparation des semences et semis

Les semences sont fines et peuvent être mélangées à du sable pour faciliter le semis. Le
semis se fait généralement en pépinière ou directement à la volée sur les planches selon
les habitudes locales. Après la levée, un éclaircissage est effectué pour éviter une trop
forte densité. Le repiquage peut être fait lorsque les plants sont suffisamment développés.

3. Entretien de la culture

17
L’entretien est très important pour assurer une bonne production de feuilles. L’arrosage
doit être régulier, surtout en saison sèche. Dans les zones où il existe un forage, l’eau
disponible permet une production continue toute l’année. Le sarclage est effectué
régulièrement pour limiter les mauvaises herbes. Un apport d’engrais organique ou
minéral (NPK ou urée en petite dose) favorise la repousse des feuilles. La récolte
fréquente stimule également la production.

4. Maladies, ravageurs et méthodes de lutte

Les principaux ravageurs sont les pucerons, les chenilles et les mouches blanches. Les
maladies courantes sont le jaunissement des feuilles, les taches foliaires et la pourriture
en cas d’excès d’eau. La lutte repose sur le nettoyage régulier des planches, la rotation
des cultures, l’utilisation de biopesticides comme le neem et, si nécessaire, des produits
chimiques homologués. Il faut aussi éviter les excès d’humidité.

5. Récolte, rendement et conservation

La récolte commence environ 3 à 5 semaines après le semis et se fait de façon progressive


en coupant les jeunes feuilles. Le rendement est élevé si l’entretien est bon. La production
est souvent plus rapide et plus facile à vendre en saison sèche qu’en saison pluvieuse. La
conservation est très courte, donc la vente est généralement immédiate sur les marchés
locaux.

6. Commercialisation

La grande morelle est très demandée sur les marchés locaux. Elle se vend rapidement
surtout en saison sèche grâce à la forte demande et à la disponibilité de l’eau (forages).
Les producteurs qui ont un accès permanent à l’eau peuvent produire toute l’année et
vendre régulièrement, notamment vers les marchés urbains comme Cotonou et ses
environs.

Piment (Capsicum annuum)


1. Préparation du sol

Le sol est labouré à une profondeur de 20 cm.

2. Choix des semences


 Les variétés choisies sont : Ghana rouge, Cayenne. .
La quantité semée sur un hectare est de 400–500 g/ha.

18
3. Pépinière
 Le semis est réalisé en lignes espacées de 10–15 cm. On pratique un arrosage
quotidien sur les pépinières placées sous ombrage partiel. La pépinière dure
environ 4 à 6 semaines.

4. Repiquage
 Le repiquage est réalisé 6 semaines après le semis. Les plants sont séparés par 20–
25 cm. L’espacement est de 50 cm × 50 cm.
5. Entretien

L’entretien se résume au désherbage, au paillage et au buttage

La fertilisation se fait avec le compost à raison de 5 tonnes /ha ; l’urée à raison de 50 kg /


ha et avec le NPK à hauteur de 200à 300 kg / ha. Les ravageurs comme la mouche de
fruits (Bactrocera dorsalis) ralentissent la croissance, les acariens causent des piqures
jaunes sur les feuilles et causent également la défoliation. Les paysans utilisent les
insecticides comme Cotonex et les acaricides comme Cotonix 38 EC.

6. Récolte et rendement

La récolte se fait 60 à 75 jours après le repiquage lorsque les fruits ont une couleur
rouge et commencent à se détacher sans tirer trop fort. Le rendement s’élève à5 à 15
tonnes/ha

Palmier à huile (Eleaeis guineensis)


A Décanmè ont mis en terre les plants de palmier à huile sélectionné, mais ces derniers
n’ont pas été produit par les villageois. Ces plants ont fait l’objet d’achat auprès des
structures agrées comme ATDA. Après l’achat, il faut :

 Le nettoyage de la parcelle : à travers le sarclage, le défrichage…


 Le piquetage : l’opération qui nous permet de matérialiser l’emplacement exact
des futurs plants. Mais il est préférable de solliciter un technicien agronome pour
un travail satisfaisant.
 La trouaison : dans lesquels les plants seront mis.
 Incorporation de la matière organique comme la bouse de vache dans les trous.
 Mise en terre : consiste à mettre en terre les plants de palmiers à huile dans les
trous réalisés.
 Les opérations d’entretien

19
 Le sarclage régulier pour favoriser une croissance rapide et lutter contre les
adventices ;
 Le regarnissage pour remplacer les plants morts ;
 Protection phytosanitaire pour lutter contre les attaques parasitaires et certains
ravageurs.
 Il est important de réaliser un pare feu tout autour de la plantation pour ralentir ou
réduire les dégâts des feux de brousses.

A Décanmè, les producteurs associent le palmier à huile au piment, ces piments subissent
de traitement ainsi que l’apport d’engrais ainsi, les palmiers à huile profitent des
entretiens faits au piments pour se développer.

2.2. Productions animales


2-2-2-Production animale
Dans le village de Décanmè, les habitants élèvent les chiens (Cannis lupus), les
ovins (Ovis aries), les caprins (Capra hircus ), les porcins(Sus srofa domesticus), et les
volailles(Gallus gallus domesticus) . Les données concernant l’élevage sont résumées
dans le tableau suivant :

Tableau 2 : Les données concernant l'élevage à Décanmè


Espèce Chiens Ovine Caprine Porcine Volailles
Race Locale Locale Locale Locale Locale
Historique Achetés Achetés Achetés Achetés Achetés
de l’élevage
Conditions élevée en élevée en élevée en Elevée Elevée
d’élevage divagation divagation divagation ou dans des dans des
pour la ou dans dans des enclos enclos cages
sécurité de des enclos
la maison
Alimentatio Herbe ; Herbes ; Herbes ; feuilles Tourteau Résidu de
n des fourrage foin ; de pates,
animaux céréales palmiste, grains de
résidus de maïs
pates

20
Hygiène Lavage Nettoyage Nettoyage des Nettoyage Nettoyage
des des des mangeoires, des des cages,
animaux abreuvoirs mangeoire enclos ; mangeoire mangeoire
s, enclos ; abreuvoirs s, enclos ; s
abreuvoirs abreuvoirs abreuvoirs
,
Soins des Vaccinatio Vaccinatio Vermifuge, soins Vaccinatio Vaccinatio
animaux n; n, soins des mamelles n; n;
surveillanc des sabots traitements traitements
e; contre les contre les
parasites poux
Reproducti Se fait de Se fait de Se fait de façon Se fait de Se fait de
on des façon libre façon libre libre dès la façon libre façon libre
animaux dès la dès la puberté dès la dès la
puberté puberté commençant à 5 puberté qui puberté
commença mois chez la commence commença
nt à 7 femelle et à ,7 ente 6 à 8 nt vers 18 à
mois chez mois chez le mâle mois pour 20
la femelle la femelle semaines
et à 8 mois et entre 8 à chez les
chez le 10 mois femelles et
mâle pour le 16 à 18
mâle semaines
chez le
mâle
Maladies Rage qui la la brucellose La peste La
fréquentes est une brucellose causée par les porcine coccidiose
des maladie causée par bactéries du causée par causée par
animaux mortelle et les genre le virus de les
contagieus bactéries Brucella ;les la peste ;la coccidies
e du genre mammites parasitose du genre
Brucella ; causées par les intestinale Eimeria ;
la fièvre bactéries causée par la grippe
aphteuse (Staphylococcus) les vers aviaire
;la gale causée digestifs

21
causée par par un parasite ( ,les causée par
un virus acarien de la strongles un virus ;
peau )

Statistiques 8 tete 5 béliers et 4 boucs et 6 8 porcs et 60 coqs ;


9 brebis chèvres 20 truies 30 poules
50
poussins ;
2O
dindons

2.2.3. La transformation
Dans le village de Décanmè, certains produits agricoles subissent de transformation.

 Transformation du piment rouge en poudre


La transformation du piment rouge en poudre est une technique de conservation utilisée
par les producteurs, surtout en saison pluvieuse lorsque le marché est saturé. Elle permet
de réduire les pertes post-récolte, de prolonger la durée de conservation et de vendre le
produit en période de pénurie où les prix sont plus élevés.

Processus de transformation : après la récolte, les étapes sont les suivantes :

 Tri et nettoyage des piments (élimination des fruits abîmés ou pourris)


 Lavage à l’eau propre
 Égouttage et pré-séchage
 Séchage complet (au soleil)
 Broyage ou mouture des piments secs pour obtenir la poudre
 Tamisage (facultatif mais recommandé pour obtenir une poudre fine et
homogène)
 Conditionnement et emballage
 Stockage dans des contenants secs, hermétiques et à l’abri de l’humidité
 Commercialisation en période favorable (souvent en saison sèche)

 Préparation de l’alcool traditionnel


 Matériel : bois pour le feu, bois et tuyau, tonneau d’eau, tonneau de vin de
palme, entonnoir, bouteille, coton, machette
 Ingrédients : vin de palme, eau
 Mode opératoire

22
o Abattre les palmiers
o A l’aide d’une machette, créer une ouverture au bas de l’arbre afin de recueillir le
vin de palme 15jours après
o Conserver le vin de palme dans un tonneau pendant 03jours pour le fermenter
o Une fois le temps écoulé, verser le liquide fermenté dans un tonneau en fer destiné
à cette occasion. Ce tonneau est complètement fermé et ne contient qu’une petite
ouverture qui permet de faire entrer le liquide
o Relier ce tonneau à un autre à l’aide de bois et de tuyau. Le 2eme tuyau est grand
ouvert et rempli d’eau. Ce dernier relié à une bouteille par la continuité des tuyaux
et des bois
o Faire du feu en dessous du tonneau en fer contenant le vin de palme. La chaleur
produite par le feu transforme le vin de palme en vapeur. Cette vapeur est
transportée par les tuyaux et au contact de l’eau contenue dans l’autre tonneau, se
transforme en alcool.
o Pour recueillir cet alcool, il faut disposer une bouteille, un entonnoir et du coton
à l’extrémité du tuyau de sorte que le coton soit dans l’entonnoir afin de mieux
filtrer l’alcool et l’entonnoir dans la bouteille afin de verser le liquide dans la
bouteille sans causer de gaspillage

L’alcool obtenu est initialement de degré 45. Le fabriquant à la possibilité de diluer


l’alcool pour diminuer le degré ou pas en fonction de ses préférences ou de celles de sa
clientèle.

2-2-5- Stockage des produits agricoles et alimentaires


Les produits agricoles et alimentaires sont stockés de différentes manières. Le tableau ci-dessous
présente le mode de stockage de ces produits.

Tableau 3 : Méthodes de stockage des produits agro-alimentaires dans le village de


Décanmè
Produits Méthode de stockage
Le maïs Stockage à sec dans des sacs placés dans un
milieu sec et aéré
Le piment Stockage à sec dans des sacs placés dans un
milieu sec et aéré
Le gombo Le gombo se conserve si et seulement si le
séchage a été fait à défaut du séchage on les
vend en même temps

23
La grande morelle, le crincrin, le cornichon et la tomate sont vendus en même temps

2-2-6-Commercialisation des produits agricoles et alimentaires


Tous les produits sont vendus (une partie ou la totalité). Les données concernant
la commercialisation sont consignées dans le tableau ci-dessous.

Tableau 4 : Données concernant la commercialisation des produits agro-


alimentaires à Décanmè
Les produits Pourcentage de vente Prix
Le maïs 75% 15 000 le sac de 1OOkg
Crincrin 80% 1sac 1500
gombo 100% 10 000 FCFA la bassine
Piment 90% 40 000 à 70 000 FCFA
Grande morelle 90% 1sac=7 000 (saison
pluvieuse) et
12 000(saison sèche)
Cornichon 100% 1sac=10 000 FCFA
Tomate 90% 1 bassine= 20 000 FCFA
Piment en poudre 100% 1kg =2000 FCFA
Alcool traditionnel 60% 1L= 1500 FCFA
2-3-Facteurs de production et relations
2-3-1-Identification et caractérisation des facteurs de production
Au cours de notre stage, nous avons pu étudier les trois principaux facteurs de
production : la terre, la main d’œuvre et le capital ; tous indispensables à la mise en place
des activités agricoles dans les UDPs.

1. La terre
Tableau 5 : Données concernant la terre à Décanmè
U Parc Superf Eloigne Mode Stat Type de Antécédents culturaux
DP elle icie ment du de ut sol
en ha centre faire fonc
2024 2025 2026
de valoir ier
l’exploit
ant
1 P1 3,2 ha 50 m Hérit Non Ferrugi Piment Piment Piment
age neux + maïs + maïs + maïs
P2 6,5 ha 2 Km Achat Non Ferrugi maïs Maïs Grand
neux e

24
morell
e et
maïs
P3 2 ha 50 m Achat Non Ferrugi Maïs Maïs Maïs
neux
2 P1 8 ha 1 km Achat Non Ferrugi Grand Maïs + Maïs
neux e et
morell palmie
e r à
huile
P2 1 ha 3km Achat Non Ferrugi Maïs Grand Palmie
neux e r à
morell huile +
e maïs
P3 3 ha 1,5 km Achat Non Ferrugi Tomat Tomat Maïs +
neux e e Tomat
e
P4 2ha 1 km Loué Non Ferrugi Tomat Tomat Tomat
e neux e e + e +
piment piment
P5 4 ha 4 km Achat Non Ferrugi Maïs Tomat Maïs
neux e +
maïs
P6 2 ha 12 km Achat Non Ferrugi Cornic Cornic Maïs
neux hon hon
3 P1 4 ha 3 Km Hérit Non Ferrugi Maïs Maïs Palmie
age neux r à
huile +
piment
P2 1ha 2 km Locat Non Ferrugi Maïs Maïs Gomb
ion neux o et
crincri
n

25
P3 3 ha 2 km Locat Non Ferrugi Palmie Palmie
ion neux r à Palmie r à
huile r à huile +
+ huile + maïs
piment piment
P4 3ha 5 km Locat Non Ferrugi Crincri Maïs Cornic
ion neux n + hon et
maïs maïs
4 P1 3 ha 1 km Hérit Non Ferrugi Maïs Maïs + Grand
age neux crincri e
n morell
e et
maïs
P2 1/2 ha 2 km Hérit Non Ferrugi Maïs + Maïs Crincri
age neux piment n et
tomate
P3 1ha 8 km Hérit Non Ferrugi Maïs Maïs +
age neux et crincri cornic
crincri n hon
n
P4 2 ha 4 km Hérit Non Ferrugi Maïs Maïs Maïs
age neux
P5 2,5 ha 4,5 km Hérit Non Ferrugi Palmie Palmie Palmie
age neux r à r à r à
huile + huile + huile +
piment Maïs Cornic
hon
5 P1 3 ha 2 km Hérit Non Ferrugi Maïs Maïs Maïs +
age neux et piment
tomate
P2 2 ha 3 km Hérit Non Ferrugi Gomb Gomb Maïs
age neux o o
P3 1/2 ha 4 km Don Non vertisol Maïs Maïs
s piment

26
P4 2 ha 5 km Don Non vertisol Grand Maïs Cornic
s e hon et
morell tomate
e

2. La main-d'œuvre
La main-d'œuvre observée dans les exploitations agricoles est de différentes
formes : Chacune de nos UDPs utilise les trois formes de main d’œuvre.

a) Main-d'œuvre familiale

Elle est constituée des membres de la famille vivant au sein l’UDP ou à la charge
du producteur : enfants, femmes, frères, sœurs, cousins. Cette main-d'œuvre est
généralement non rémunérée mais essentielle à l'organisation du travail.

b) Entraide

Il existe un système de solidarité où les amis ou voisins s’entraident gratuitement


ou en retour de services pour les grands travaux comme le labour ou la récolte.

c) Main-d'œuvre salariée

Certains producteurs embauchent des ouvriers salariés, souvent des membres de la


famille élargie, et les paient chaque mois.

3. Le capital
Le capital représente l’ensemble des ressources financières et matérielles
mobilisées pour les activités agricoles.

a) Sources de financement

a) Revenus tirés de l’agriculture et de l’élevage. ou prêts obtenus auprès de structures


financières comme PADMA souvent avec un taux d’intérêt donné. En 2022 par
exemple M. MINTCHI Adrien l’un des chefs UDP a reçu un financement de la part
de PADMA qui lui a permis la réalisation de 4 forage dans l’une de ses parcelles.
b) Utilisation du capital

Le capital est utilisé pour : acheter des outils agricoles (houe, machette, pulvérisateur) ;
acquérir ou entretenir des animaux, payer les ouvriers (salariés et contractuels), subvenir
aux besoins de la famille (éducation, alimentation, santé) ; épargner une partie dans les
banques ou tontines en vue de la prochaine campagne agricole.

27
c) Commercialisation et consommation

Certains produits agricoles sont stockés après la récolte et vendus au moment où les prix
sont plus avantageux, généralement par les femmes des producteurs.

Les produits sont vendus sur les marchés locaux comme Azovè, Kissamey, Bohicon et
parfois même à Cotonou (au marché Tokpa).

2-3-2-Relation entre les facteurs de production


Il existe une relation directe entre les trois facteurs :

Le capital investi (issu de l’agriculture ou emprunté) permet de financer l’achat


de matériels, le paiement de la main-d’œuvre et l’entretien des terres. La main-d'œuvre,
en mobilisant son énergie et ses compétences, valorise la terre et augmente la productivité.
La terre, bien exploitée, permet d’obtenir un bon rendement, ce qui génère des revenus.
Ces revenus sont ensuite réinvestis dans les cycles agricoles, créant un cercle économique
durable au sein des UDPs.

2-4-La logique paysanne


2-4-1-Logique paysanne liée aux pratiques sociales et économiques
Les paysans de Décanmè fondent leurs décisions sur un équilibre entre besoins
économiques et réalités. L’entraide, la solidarité villageoise et l’utilisation de la main
d’œuvre familiale sont au cœur du fonctionnement des UDPs La priorité est souvent
donnée à la sécurité alimentaire du ménage avant la commercialisation afin de permettre
l’épanouissement et la croissance des enfants. Aussi, les femmes sont consultées avant
toute prise de décision dans les UDPs, histoire de respecter les droits des femmes et de
ne pas créer de discrimination liées au sexe.

2-4-2- Logique paysanne liée aux pratiques de production végétale


Le maïs de cycle court (2mois) est souvent cultivé en association avec le piment
pour que le piment puisse bénéficier des intrants agricoles et des produits phytosanitaires
apportés au maïs et vice-versa. D’ailleurs ; l’association maïs piment réduit les pertes
d’espace parce que le piment est placé entre les écartements de maïs.

A Décanmè, les producteurs associent aussi le palmier à huile au piment, ces piments
subissent de traitement ainsi que l’apport d’engrais, les palmiers à huile profitent des
entretiens faits au piments pour se développer.

28
2-4-3- Logique paysanne liée aux pratiques de production animale
Les habitants de Décanmè élèvent des ovins, des caprins, des porcins et des
volailles pour l’alimentation (10%) et pour la commercialisation (90%).

2.4.4 Logique paysanne liée aux pratiques de transformation agro-alimentaire


La transformation est un moyen de survie économique : elle permet aux femmes de mieux
valoriser les produits agricoles en les rendant consommables plus longtemps
(conservation) et en augmentant leur valeur (vente). Par exemple, transformer le piment
rouge frais en poudre permet de conserver le produit plusieurs mois, ce qui évite les pertes
en période de surproduction.

Le maïs transformé en pate ou en aklui chez certaines personnes est plus facile à vendre
sur le marché que le maïs sec. Cela répond aussi à une demande locale : les produits
transformés sont très prisés car prêts de la consommation. La transformation s’effectue
en général avec des outils artisanaux ou collectifs, selon les moyens du groupe de femmes
ou du ménage. Ce choix est guidé par une logique de maximisation des revenus dans un
contexte de forte concurrence et d’instabilité des prix agricoles. Il s’agit aussi pour les
femmes de garantir une autonomie financière partielle, dans un environnement où les
opportunités de revenu sont rares.

2.4.5 Logique paysanne liée aux pratiques de gestion des ressources naturelles
La gestion des terres repose sur une logique de transmission patrimoniale. Les
producteurs adaptent leur exploitation à la fertilité du sol et aux saisons. Les techniques
conservatoires sont peu utilisées mais le bon sens paysan permet une certaine durabilité,
avec la réutilisation des résidus de culture et la plantation à la main.

2-5 Difficultés rencontrées leçons apprises et recommandation


 Difficultés rencontrées
Au cours de notre stage DMR, nous avons été confrontés à plusieurs difficultés
qui sont entre autres : les difficultés d’adaptation, le manque d’eau potable, l’absence
d’électricité, l’absence de dispensaire ; le manque de machines agricoles, la barrière
linguistique, les difficultés d’accès aux champs, l’accès limité aux données chiffrées.

 Leçons apprises
Le stage DMR nous a permis de nous adapter au milieu rural, d’acquérir de
nouvelles connaissances dans le domaine de la production végétale ; de la production
animale ; de la transformation agro-alimentaire, de cultiver notre sens de l’écoute,
d’apprendre beaucoup plus sur le rôle central de la femme et de mettre en pratique
certaines de nos connaissances.

29
 Recommandation
Dans le cadre du stage effectué à Décanmè, il est recommandé aux producteurs de réduire
l’utilisation excessive des produits chimiques, d’éviter la monoculture en privilégiant la
rotation des cultures, d’établir un calendrier agricole bien structuré et d’identifier à
l’avance des marchés d’écoulement. Aux autorités locales, il est suggéré de faciliter
l’accès aux équipements agricoles, de soutenir les producteurs et de porter leurs
préoccupations auprès des autorités supérieures, tout en encourageant la création d’unités
de transformation. À la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA), il est recommandé de
renforcer l’appui technique aux producteurs, de relayer leurs préoccupations et
d’informer à l’avance les exploitants avant l’arrivée des stagiaires. Enfin, aux futurs
stagiaires, il est conseillé de bien se préparer en prévoyant des vivres, des médicaments
essentiels, une batterie externe et tout le nécessaire pour un séjour réussi en milieu rural.

30
CONCLUSION
Le stage DMR effectué à Décanmè fut une expérience à la fois formatrice et humaine.
Pendant trois semaines, nous avons été plongés dans le quotidien des populations rurales,
ce qui nous a permis d’observer, de comprendre et de participer activement à leurs
pratiques agricoles et à leurs modes de vie. Les différentes enquêtes menées sur les
logiques paysannes ainsi que les diverses observations de terrain nous ont offert une
meilleure compréhension des réalités du milieu rural souvent bien différentes de celles
enseignées en théorie.

Malgré certaines difficultés rencontrées, ce stage a renforcé notre capacité d’adaptation,


notre sens d’observation, et notre esprit d’analyse. Il a également renforcé en nous la
conscience de l’importance de valoriser les savoirs locaux et de promouvoir un
développement rural participatifs.

En somme, ce stage a été une étape précieuse de notre parcours, en nous rapprochant un
peu plus du terrain et en nous préparant aux réalités du monde professionnel dans le
secteur agricole.

31
Annexe

Figure 1 : transect réalisé dans le village de Décanmè

Figure 2 : la carte du village.

32
Piments rouges frais

⬇️
Tri + nettoyage + lavage
⬇️
Égouttage / pré-séchage
⬇️
Séchage complet (soleil ou séchoir)
⬇️
Piments secs (produit intermédiaire)
⬇️
Broyage / mouture
⬇️
Tamisage (optionnel)
⬇️
Piment en poudre

⬇️
Conditionnement (sachets, bocaux)
⬇️
Stockage
⬇️
Commercialisation

Figure 3 : Diagramme technologique de transformation du


piment rouge en poudre

33
Arbre du palmier

⬇️

Abattage

⬇️

Extraction de la ressource végétale

⬇️

Extraction et collecte de la sève

⬇️
Fermentation alcoolique (conservation pendant trois jours)
⬇️
Chargement du dispositif de distillation
⬇️
Montage de l’appareil de distillation
⬇️
Chauffage et transformation
⬇️
Filtration
⬇️
alcool

⬇️
Ajustement du degré alcoolique
⬇️
Conditionnement

Figure 4 : Diagramme technologique de la préparation de


l’alcool traditionnel

Composition des UDPs

34
Figure 5 : arbre généalogique de l’UDP 1

Figure 6 : arbre généalogique de l’UDP 2

35
Figure 7 : arbre généalogique de l’UDP 3

Figure 8 : arbre généalogique de l’UDP 4

36
Figure 9 : arbre généalogique de l’UDP 5

 Production végétale

37
Figure 10 : plan parcellaire de l’UDP 1

Figure 11 : plan parcellaire de l’UDP 2

38
Figure 12 : plan parcellaire de l’UDP 3

39
40
Figure 13 : plan parcellaire de l’UDP 4

Figure 14 : plan parcellaire de l’UDP 5

41
Figure 15 : champ de maïs

figure16 : entretien du champ de la tomate.

42
Production animale

Figure 17 : élevage porcin ; ovin dindon

43

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