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Ny fahombiazanao no tanjontsika
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ÉDITION 2026
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— FIEZAHANA–FIANARANA–FAHOMBIAZANA —
Table des matières
1 FRANCAIS 154
3 MALAGASY 170
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12 SYNTHESE DES DOSSIERS SESSION DU 22 AU 26 SEPTEMBRE 2014 277
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30 SYNTHESE DES DOSSIERS SESSION DU 22 AU 26 SEPTEMBRE 2014 446
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HISTOIRE DE MADAGASCAR
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CHRONOLOGIE. HISTOIRE DE MADAGASCAR
CHRONOLOGIE. HISTOIRE DE MADAGASCAR
« La division de l’île entre des peuples divers ne connaissant du passé que leurs propres ancêtres,
et surtout le souci prédominant des Européens de retracer leurs propres aventures ont empêché
longtemps la conception d’une histoire totale, que semblait cependant imposer l’unité géogra-
phique, linguistique, voire même ethnographique, de ce petit continent si original » écrit Hubert
Deschamps en 1960. Nos connaissances se sont précisées depuis, notamment sur les « temps obs-
curs » des débuts de l’histoire de la Grande Île.
Origine austronésienne et immigrations de la fin du premier millénaire et du début du second
L’histoire du peuplement de Madagascar est celle de la synthèse entre les premiers migrants aus-
tronésiens sur qui nous savons très peu de chose, et les flux indo-mélanésien et bantou, secondai-
rement indien et arabe, qui se sont installés dans l’île à partir du Ier millénaire et jusqu’au XVe ou
XVIe s. La population est restée jusque-là clairsemée en petits établissements. Ces origines mul-
tiples se lisent encore dans des traits culturels complexes d’un ensemble malgache qui présente
une grande unité linguistique et culturelle.
Début de notre ère : Arrivés de pionniers navigateurs austronésiens probablement sur la côte
Ouest de Madagascar en canoé à balancier (waka) au début de notre ère - voire 300 ans avant
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selon les archéologues et peut-être encore plus tôt selon certaines hypothèses des généticiens. Ce
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peuple originel (vahoaka ntaolo en malgache) est à l’origine de la langue malgache commune à
toute l’île et de tout le fonds culturel malgache commun à tous les autronésiens, des îles du Paci-
fique à l’Indonésie, en passant par la Nouvelle-Zélande et les Philippines. Il se subdivisa en deux
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grands groupes : les Vazimba qui s’installèrent dans les forêts des hauts plateaux centraux de la
grande île et celles de la côte Est et Sud-Est et les Vezo qui restèrent sur la côte Ouest et Sud.
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700 – 1500 : arrivée de nouveaux clans immigrants : moyen-orientaux (Perses Shirazi, Arabes Oma-
nites, Juifs arabisés), est-africains (Bantus) et orientaux (Indiens Gujarati, Malais, Javanais, Bugis)
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XIIe s. : installation sur la côte occidentale d’un peuplement composite, mélange d’Arabes, de Mal-
gaches et d’Africains, les Antalaotras. Ceux-ci, superficiellement islamisés, possèdent quelques
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comptoirs en relation avec les Comores. Sur la côte orientale s’était établi le peuple antemoro,
qui revendique des origines arabes.
Vers 1300 : Le roi légendaire Andrianerinerina, grand ancêtre des rois Merina fonda son royaume
à Anerinerina. Ses descendants se déplacèrent graduellement vers le centre de l’île.
1491 : Ali-Tawarath, connu sous le nom de Ralitavaratra, un saint homme descendant de Juifs
réfugiés en Arabie, décide de quitter ce pays avec sa famille et un groupe de fidèles, pour fuir
le sultan de la Mecque qui voulait accaparer des objets sacrés dont ils avaient la garde depuis
des générations. Ils débarquèrent à Iharana (Vohémar) et y restèrent pendant un certain temps.
Maîtrisant parfaitement l’art divinatoire et l’écriture arabe, ils quitteront cet endroit en 1495 pour
s’installer, avec les précieux objets, à Matitanana (Vatomasina, au sud de Manakara) où ils vivront
avec le Foko (tribu) Antemoro. Ses descendants seront connus sous le nom d’Antemoro-Anakara.
La pénétration européenne et les royaumes de Madagascar (XVIe – XVIIIe s.)
Il est difficile d’écrire une histoire d’ensemble de l’île, qui apparaît divisée progressivement en
royaumes à base le plus souvent tribale : royaumes côtiers menabe et boina, peuplés de Sakalavas
sur la côte ouest, Betsimisarakas à l’est, Mahafaly et Antandroy au sud. Au centre de l’île, on trouve
deux petits royaumes betsileo et merina. Selon Hubert Deschamps – qui fut, à l’heure de l’indé-
pendance, le grand historien de Madagascar – « La période 1500-1810 voit une nouvelle concep-
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tion politique, celle des royaumes, se superposer aux clans malgaches primitifs en les groupant en
unités plus larges et hiérarchisées. . . » Une tribu royale dominante s’impose alors à ses voisines
et établit un système de type féodal. Il ne s’agit alors que de royaumes de faible étendue au sein
desquels clans et tribus conservent leurs identités et seul le royaume mérina entreprendra tardi-
vement la réalisation d’une véritable unité politique de type étatique.
- Dans le sud-est de l’île, les principaux ensembles identifiables sont le royaume Antemoro de la
région de la Matitana, et juste au nord, celui des Antamabahoaka de la Manajary. - Plus au sud,
diverses principautés se succédèrent dans le pays de l’Anosy. - À l’ouest de celui-ci s’étendait l’An-
droy ou « pays des ronces » peuplé par les Antandroy, demeurés divisés en tribus guerrières. An-
riandahifotsi (1610-1685) est le fondateur de la grandeur sakalave et ses successeurs dirigent le
royaume de Menabé jusqu’au début du XIXe siècle. - Sur la côte nord-est, le relief très comparti-
menté ne favorisait pas initialement l’installation de grands ensembles territoriaux et les Antanosi
de Sainte-Marie ou les Antemaro de la baie d’Antongil étaient des interlocuteurs familiers aux
Européens. Au début du XVIIIe siècle, Ratsimilaho fonde dans ces régions le royaume des Betsimi-
saraka et s’empare de Tamatave. Il s’allie au royaume sakalave du Boina mais meurt en 1750, ce qui
entraîne rapidement la décadence de son royaume. - Le centre du plateau intérieur voit prospérer
durant toute cette période les royaumes betsiléo de Lalangina, Arindrano, Isandra – qui connaît
son apogée au XVIIIe siècle sous le règne de Andriamanalina – et Manandriana. Demeurés divisés
du fait de la nature montagneuse de la région, les royaumes betsiléo seront finalement placés, au
début du XIXe siècle, sous la suzeraineté du royaume mérina. - Dans le centre de la partie septen-
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trionale de l’île, le XVIe siècle a vu la naissance d’une petite principauté dirigée par Andriamanelo
qui est à l’origine du royaume mérina, principauté dont la capitale s’installe au XVIIe siècle à Am-
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bohitrabiby, au nord-est de l’actuelle Tananarive. En 1787, Andrianampoinimerina « le seigneur
au cœur de l’Imerina » est porté au pouvoir après le renversement de son oncle.
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1500 : Ralitavaratra parti en reconnaissance de tout le Sud et le Sud-Ouest du pays rencontre An-
driamisara, le grand roi-devin ("Ombiasa") de tous les Sakalava. Les Anakara inventent le Sorabe,
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mai 1500 : L’escadre portugaise de Pedralvares Cabral est dispersée par la tempête au large du cap
de Bonne Espérance. L’un des navires, commandé par le capitaine Diégo Diaz, est entraîné vers
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l’est et longe vers le nord une côte qui n’est pas celle du Mozambique mais qui apparaît comme
celle d’une grande île. Quand Cabral rend compte de cette découverte au Portugal l’année sui-
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vante, on juge qu’il s’agit sans doute de Madagascar, l’île – que l’on croyait imaginaire – placée
dans ces régions sur le globe de Martin Behaim. Le navigateur portugais fut le premier Européen
à apercevoir et découvrir par hasard Madagascar et appela l’île Sao Lorenço (Saint-Laurent). Dès
1502, la carte portugaise de Cantino place en cette zone une île de forme allongée portant le nom
de Madagascar, dont les côtes sont visitées au cours des années suivantes par d’autres navigateurs
portugais engagés sur la route des Indes.
1506 : Le portugais Fernando Suarez premier européen à accoster à Madagascar.
1506 : Tristan da Cunha pille un comptoir arabe établi sur une île proche de la côte nord-ouest de
Madagascar et en massacre les habitants.
1507 : Ruis Pereira mouille à l’estuaire de la Matitana sur la côte orientale et baptise l’île du nom de
Saint-Laurent. La même année, Alphonse d’Albuquerque attaque et pille un autre établissement
arabe de la côte nord-ouest afin d’écarter la présence arabe de l’océan Indien.
1508 : Chargé par le roi de Portugal, Manoel Ier, d’inventorier les ressources de l’île, Lopes de Se-
queira constate que la côte orientale est dépourvue des épices tant recherchées. Les Portugais
utilisent alors Madagascar comme escale de ravitaillement sur la route des Indes, dans les baies
de Saint Augustin (Sud-Ouest), Manafiafy (Sud-Est), baie d’Antongil (Nord-Est) et sur la côte Nord-
Ouest.
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1515 : Luis Figueira établit un fortin à l’embouchure de la Matitana, d’où ses compagnons vont
reconnaître plus au nord les baies d’Antongil et de Vohémar.
1517 : La carte de Pedro Reinel présente la forme générale de l’île et donne sa position à peu près
exacte par rapport au Tropique du Capricorne.
1527 : Une expédition portugaise est jetée à la côte par la tempête dans la Baie de Ranofotsy sur
la côte sud-ouest et ses six cents hommes sont pour la plupart massacrés ; il est possible que cer-
tains aient réussi à gagner l’Anosy, sur la côte sud-est, où ils auraient laissé quelques construc-
tions de pierre ainsi que quelques traces dans la langue locale. C’est au nord-ouest, dans la baie
de la Mahajamba, près de l’embouchure de la rivière Sofia, que s’établirent surtout les relations
d’échanges avec les indigènes. Plus au nord, le principal vestige qu’ait laissé dans la toponymie la
présence portugaise est le nom de Diogo Soares (Diego Suarez) – celui du grand port de la pointe
septentrionale de l’île – un trafiquant qui transporta vers l’Inde des contingents d’esclaves razziés
à Madagascar.
1527 : Des navires dieppois faisant voile pour les Indes font escale à Madagascar. Eclatement du
Groupe humain de la dépression d’Ivohibe ; Ramarohala fonde le royaume d’Anteony.
1529 : Les frères Parmentier en route pour Sumatra à bord du Sacre et de La Pensée mouillent sur
la côte occidentale de l’île pour y échanger des tissus contre des vivres.
1539 : L’Angoumois Jean Fonteneau rapporte que « la coste de l’isle de Saint Laurens est très dan-
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gereuse, que les habitants sont de mauvaises gens qui ne veulent trafiquer avec personne. . . »
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1540-1575 : Régne du roi Andriamanelo. C’est lui qui fit d’Alasora le berceau de la Monarchie Me-
rina, et qui édicta, avec les membres de sa famille, les règles de base devant régir la dynastie des
rois de l’Imerina, et la consolidation de la nation malgache. Ces règles voulaient que son fils Ra-
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lambo, héritier du trône s’appuie sur les Havan’Andriana (ou famille royale connue aussi sous le
nom de Andrianteloray), en l’occurrence les membres de la famille d’Andriamananitany et de Ra-
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nier accepta de se soumettre à son frère. Andriamananitany eut un fils, Andrianamboninolona qui
donna naissance à Ratsitohinina, future femme de Ralambo qui engendra Andrianjaka (comme
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de coutume, l’on fit procéder aux rituels pour enlever le tabou de cette union incestueuse). Pour
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raffermir son royaume, Andriamanelo donna sa sœur Rasoavimbahoaka pour femme à un vaillant
chef d’une localité voisine dénommé Andriandranando. Les descendants de ces trois personnes,
Andriantompokoindrindra, Andrianamboninolona et Andriandranando désignent ce qu’on ap-
pelle Andrianteloray et qui perpétuèrent, avec Andriamanelo, la dynastie des rois et reines de
l’Imerina, reconnus plus tard Rois et Reines de Madagascar par les grandes puissances étrangères.
1552 : Ne voulant pas mourir à Madagascar, Ralitavaratra s’assura que ses descendants étaient bien
installés avant de retourner définitivement à la Mecque où il mourut plusieurs années plus tard,
pour être enterré au Mausolée de Maroan, nom malgachisé en "Maroandry" et donné au tombeau
des Anakara à Matitanana et à celui d’Andriamahazonoro à Ankadivato, plus tard à Antananarivo.
1555 : La carte de Guillaume Le Testu donne une idée assez précise de la forme générale de Mada-
gascar.
1575-1610 : Ralambo fut le premier roi à hériter d’Ambohitrabiby au nord, royaume de son grand-
père Rabiby, et d’Alasora royaume de son père, et d’Imerimanjaka celui de ses grand-mères Rangita
et Rafohy au sud (l’[Link] l’Atsimondrano). Les "sampy" ou "idoles" et "sikidy" ou "gris-
gris" régissaient la vie quotidienne et les rapports sociaux de cette époque.
Fin du XVIe s. : Portugais, Hollandais, Anglais commencent à fréquenter les rades, pour y prendre
des vivres sur la route des Indes (la baie de Saint-Augustin sur la côte sud-ouest, à l’embouchure
de l’Onilahy, et la côte orientale).
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1595 : L’amiral hollandais Cornelis de Houtman séjourne à l’île Sainte-Marie et à la baie d’Antongil,
sur la côte nord-est de Madagascar. Les navires hollandais vont ensuite relâcher fréquemment au
sud-est (sur la côte de l’Anosy, dans l’île Sainte-Luce) pour se ravitailler en vivres.
février 1602 : Le Croissant et le Corbin, commandés par le Malouin Frotet de la Bardelière, sont
contraints par la tempête de relâcher dans la baie de Saint-Augustin alors qu’ils se dirigeaient vers
les Indes orientales. Quelques mois plus tard, deux capitaines marchands français, Martin de Vitré
et Pyrard de Laval viennent faire du troc dans la baie de Saint-Augustin.
1610-1630 : Le fils du roi hova Ralombo, Andrianjaka, ayant fait ses armes sur les roitelets environ-
nants et sur la colline voisine d’Ambohimanga, chassa les Vazimba du roi Rafandrana de la colline
d’Analamanga, la plus haute des 12 collines de l’Imérina (1.468 m) ; il y fonda sa capitale future
Antananarivo.
Début du XVIIe siècle : Les Portugais entreprennent l’exploration de l’île, tentative rapportée par le
jésuite Luis Mariano qui y participa de 1613 à 1619. Ce sont les côtes occidentales et sud-orientales
qui sont alors surtout reconnues et le fils du roi des Antanosi (baptisés également Matacassi, Ma-
lagasy ou Madécasses d’où serait venu le nom de Malgaches désignant aujourd’hui l’ensemble des
habitants) est emmené à Goa pour y être instruit dans la foi chrétienne mais les efforts d’évangé-
lisation n’en restent pas moins sans lendemain.
1613 : Luiz Mariano essaie de conclure un traité avec le roi mahafaly Andriamasilalina Lutte entre
les Filoha Betsimisaraka pour avoir le commerce avec les commandants des bateaux européens.
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Andriampianarana institue un code de sept articles dans le Lalangina. Les descendants d’Am-
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driambolanony forment la dynastie qui règne sur le petit royaume Antefasy. Des Européens s’ins-
tallent sur la Côte Est.
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1630 : Les capitaines dieppois Régimont et Goubert entament une série de voyages vers Madagas-
car. Ils sont suivis de 1638 à 1644 par François Cauche qui fréquente l’Anosi et l’île Sainte-Luce.
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1636 : La Compagnie anglaise des Indes orientales envisage, sous le règne de Charles Ier, une ex-
pédition de conquête de Madagascar qui devait être confiée – à l’initiative d’un certain Thomas
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Herbert qui s’était fait le propagandiste des richesses supposées de l’île – au prince Rupert de Ba-
vière, neveu du souverain Stuart, mais le projet demeure sans suite.
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1638 : Les Hollandais occupent l’île Maurice et profitent du départ des Portugais pour tenter d’in-
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clure Madagascar dans le circuit triangulaire Le Cap (Afrique du Sud)-Maurice-Batavia. Ils fré-
quentent surtout la côte Est et la baie de Saint-Augustin, en quête des denrées et des esclaves
indispensables à la colonisation de Maurice.
1640 : L’Anglais Walter Hamond publie un Paradoxe prouvant que les habitants de Madagascar
sont, dans les choses temporelles, le peuple le plus heureux du monde ; « l’île d’or », riche en mé-
taux précieux et en terres agricoles, est alors présentée comme un pays de cocagne.
1642 : Le Hollandais Van den Stel établi à Maurice conclut un traité de commerce et de protectorat
avec un Filoha de la Baie d’Antongil, qui se déclare « sujet de leurs Hautes Puissances, Messieurs
les États Généraux des libres Pays Bas Unis ». Quand Maurice sera abandonnée au profit de l’escale
du Cap de Bonne Espérance, les visites des Hollandais se feront de plus en plus rares.
septembre 1642 : Envoyés par la Compagnie des Indes orientales fondée par le capitaine Rigault
– qui a obtenu pour dix ans du cardinal de Richelieu un privilège de résidence et de commerce
dans l’île de Madagascar et a su intéresser Fouquet et plusieurs membres du Conseil du Roi à son
entreprise –, les commis Pronis et Foucquembourg débarquent du Saint-Louis (avec lequel ils ont
auparavant reconnu les îles Mascareignes et l’île Sainte-Marie) dans la baie de Manafiafy, dans le
sud-est de l’île, en compagnie de douze hommes rejoints l’année suivante par soixante-dix autres.
fin 1643 : L’hostilité des indigènes et les ravages dus aux fièvres conduisent le Rochelais Pronis à
s’établir à la pointe de Taolanaro, à l’extrême sud de la côte orientale de l’île, où le fort Dauphin est
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érigé en 1643 en l’honneur du futur Louis XIV. Des contacts sont établis avec des chefs de l’Anosy
et des reconnaissances sont lancées sur la côte est jusqu’à la baie d’Antongil pendant que Fouc-
quembourg visite le sud du pays et en rapporte du bétail.
1644 : Richard Boothby évoque aussi Madagascar comme un « paradis terrestre » tout désigné pour
devenir, au même titre que la Virginie en Amérique du Nord, une colonie protestante. En cette
même année 1644, un groupe de 140 colons conduit par un certain John Smart vient s’installer
dans la baie de Saint-Augustin (Tuléar) où un fort est établi mais, faute de relations régulières avec
les indigènes, les Anglais, privés de ravitaillement, doivent évacuer l’endroit un an plus tard, après
avoir perdu les neufdixièmes de leur effectif. L’un des rescapés, Waldegrave, règle alors ses comptes
avec Richard Boothby dont les descriptions flatteuses avaient motivé les malheureux colons, en
expliquant que « le pays est stérile, le climat malsain, les mines illusoires. À Madagascar, il n’y a
rien à espérer de bon ni d’heureux. »
1646 : La situation de la colonie française de Fort Dauphin se détériore. Foucquembourg est re-
parti vers la France et Pronis, un protestant rochelais, s’oppose à la majorité catholique des colons
qui lui reprochent de favoriser son épouse malgache et l’arrêtent. L’arrivée d’un navire français
entraîne sa libération six mois plus tard mais il attire des indigènes dans un guet-apens pour les
livrer au capitaine du navire qui entend les vendre comme esclaves aux Hollandais. Pendant ce
temps, certains colons ont suivi Claude Leroy, le second de Pronis, pour aller s’installer sur la côte
sud-ouest de l’île, dans la baie de Saint-Augustin. L’hostilité de certains autochtones, les complica-
tions nées des guerres locales dans lesquelles les Français s’engagent et les divisions qui affectent
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la petite communauté hypothèquent lourdement l’avenir de la colonie.
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décembre 1648 : Arrivée du gouverneur Étienne de Flacourt, associé de la Compagnie et envoyé
par celle-ci pour rétablir l’ordre. Il est accompagné de deux pères lazaristes, envoyés par saint
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Vincent de Paul.
1648 : Le Chevalier Étienne de Flacourt, né en 1607 à Orléans au sein d’une famille noble et mort en
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mer le 10 juin 1660, arrivé en compagnie de deux pères lazaristes, Nacquart et Gondrée, remplace
Pronis à la tête de l’établissement. Il s’installe à Fort-Dauphin le 3 décembre 1648. Pronis repart
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sur le Saint-Laurent en février 1650 avec une modeste cargaison de cuirs et de cire, décevante pour
les associés de la Compagnie. Aucun navire français ne revient à Fort Dauphin avant 1654. Dispo-
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sant d’une centaine d’hommes, Flacourt doit faire face à l’hostilité des indigènes et doit monter
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des expéditions punitives. Un assaut contre Fort Dauphin est dispersé au canon et les chefs se
soumettent les uns après les autres. La victoire semble acquise en 1653 et le développement des
cultures de riz doit normalement assurer à la colonie des ressources alimentaires suffisantes, com-
plétées par les razzias de bovins réalisées dans l’arrière-pays. Flacourt quittera Madagascar le 12
février 1655, après avoir conçu un plan d’occupation, sans avoir pu mener à bien sa mission com-
merciale. Andriamanely règne sur le Bara.
1649 : Le roi Zafindravola Andriamanaga règne sur les Masikoro. Expédition du roi bara Andria-
manely contre le roi mahafaly Andriandravalo.
1650 : L’Anglais Robert Hunt et sa petite troupe, venus s’installer dans l’île d’Assada (Nossi-Bé, au
large de la côte nord-ouest de Madagascar), sont massacrés par les indigènes.
1651 : Andriandramaka échoue dans sa tentative de s’emparer de Fort-Dauphin. Le betsileo Ra-
lambo fonde le Royaume de l’Isandra. Andriandahifotsy étend le Royaume de Menabe au nord
jusqu’au Manambolo ; sa prépondérance sur ses voisins Andraivola et Zafimanely. Description de
l’Arindrano par Flacourt. Raonindranarivo partage le Lalangina en 4 provinces.
1655 : Massacre du capitaine La Forêt et de ses compagnons. D’autres massacres sont perpétrés
en 1656 et suivis de sanglantes représailles.
février 1658 : Flacourt repart pour la France et laisse le commandement de la colonie à Pronis,
revenu dans l’île en 1654. Il publie alors une Histoire de la grande île de Madagascar ainsi qu’un
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Dictionnaire de la langue de Madagascar et une Relation des événements qui avaient marqué la
vie de la colonie. Il conseille l’extension de la colonisation et la conversion des indigènes mais,
quand il repart en 1660, son navire est attaqué par les Barbaresques et il périt au cours du combat.
Il a résumé pour ses contemporains les atouts de la grande île qui «. . . est la mieux placée que
n’importe quelle île qui soit au monde pour les commodités que les Français en peuvent tirer.
Elle est dans le passage pour aller dans les Grandes Indes, proche du royaume de Monomotapa
riche en or et en ivoire, et d’icelle l’on pourrait aller faire des découvertes dans les terres australes.
L’on y peut bâtir des navires. . . L’on peut de l’île seule tirer toutes les victuailles nécessaires pour
les navigations des Indes, et même assister les autres pays, ce qui est le plus grand avantage que
l’on y peut espérer. . . » Pendant son absence et après la disparition de Pronis survenue en 1655,
la situation de la colonie s’est détériorée dans la mesure où celui qui a hérité du commandement,
Champmargou, se contente d’une politique de razzias qui entretient l’hostilité des indigènes.
1663 : Le Hollandais Frédéric de Houtman publie un premier dictionnaire établissant la parenté
du malais et du malgache.
1663 : Un navire français amène à Fort Dauphin un renfort de soixante-dix hommes et un prêtre
lazariste, le Père Étienne, dont le prosélytisme maladroit lui vaut d’être assassiné. Champmargou
ne doit d’échapper à un sort analogue qu’à l’intervention du Rochelais Le Vacher, dit La Case, qui
a épousé la fille d’un chef local et est ainsi devenu prince malgache, ce qui lui permet de soutenir
la petite colonie où se maintiennent ses compatriotes.
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mai 1664 : Constitution d’une nouvelle Compagnie des Indes orientales, dont les dirigeants pré-
voient la mise en œuvre d’un vaste programme de colonisation à Madagascar. Quatre navires
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amènent 400 hommes, soldats et colons placés sous les ordres de Beausse, un demi-frère de Fla-
court.
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14 juillet 1665 : Louis XIV afin de prendre de vitesse les Anglais, proclama la souveraineté fran-
çaise sur le territoire malgache, baptisé île Dauphine et fait de Madagascar la base avancée de la
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10 mars 1667 : Colbert envoie des colons ; débarquement à Fort Dauphin du marquis de Montde-
vergue, lieutenant général, accompagné de deux directeurs commerciaux, Caron et De Faye, de dix
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sence de cultures tropicales fournissant des produits « chers », comparables à ceux que procu-
raient les « îles à sucre » des Antilles ou les îles à épices des Indes orientales, rendait bien vaine
une occupation également compromise par l’hostilité des indigènes et les ravages opérés par les
fièvres. Trois arrêts successifs n’en confirment pas moins, au début du XVIIIe siècle, la souverai-
neté – devenue purement théorique – du roi de France sur la grande île. Le pays Tsimihety reçoit
ses premiers émigrés (Antivohilava) en provenance de l’Est. Règne de Fizeha (Antesaka) à l’Est de
la dépression d’Ivohibe. Avènement d’Andriamasinavalona en Imerina. Andriamasinavalona par-
tage son royaume entre 4 de ses fils.
1675-1710 : Le roi Andriamasinavalona réussit à rassembler l’Imerina Ambaniandro 4 Toko consti-
tué de Vakin’Ifanongoavana, Vakin’Antsahasarotra, Vakin’Ombifotsy et Vakin’Irangaina. Il apporta
des aménagements à la hiérarchie des castes et plaça la lignée de ses descendants à la 2ème caste
des Andriana (nobles) sous le générique Andriamasinavalona.
1682 : Mort d’Andriandahifotsy. Andriamandisoarivo entreprend la formation du Royaume du
Boina, et ses incursions en pays Tsimihety, Sihanaka, Bezanozano et Merina. Émigration d’An-
driamarolo (Rabehavana) des environs de la plaine d’Ivohibe à la Côte.
1684 : De nombreux pirates trouvent refuges sur les côtes et participent activement à l’écono-
mie du pays : le capitaine Avery est alors installé dans la baie d’Antongil, le capitaine Williams à
Sainte-Marie. Le Provençal Misson et son complice Caraccioli établissent pour leur part, dans la
baie de Diego Suarez, l’étonnante république de Libertalia, véritable laboratoire d’un socialisme
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utopique avant la lettre. Jusqu’en 1720, seuls les pirates français et anglais fréquenteront les côtes
malgaches. Vers 1720, l’arrivée de nouveaux pirates antillais, parmi lesquels le célèbre La Buse,
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conduit les puissances européennes à se mobiliser et l’escadre anglaise du commodore Matthews,
envoyée en 1721 dans l’océan Indien, contraint ces hors la loi à abandonner leurs bases. Beaucoup
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se réfugient alors dans l’intérieur et abandonnent leurs activités criminelles en se mêlant à la po-
pulation indigène. L’exécution de La Buse, pendu à Bourbon en 1730, marque la fin de la période
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1710 : Division de l’Imerina. Andriamasinavalona partagea de son vivant son royaume entre ses
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quatre fils pour que chacun en administre une partie : Andrianjakanavalomandimby à Antanana-
rivo (17101727), Andrianavalonimerina à Ambohitrabiby, Andriantomponimerina à Ambohidra-
trimo, et Andriantsimitoviaminandriana à Ambohimanga (appelé Tsimadilo à l’époque). Erreur
funeste car ses fils entreprirent de se faire des guerres fratricides jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.
Celui d’Ambohidratrimo séquestra son père pendant sept longues années afin de se faire octroyer
l’ensemble du royaume pour lui tout seul. Mais Andriamasinavalona tint bon, et à la fin, il put être
secouru, par ruse, par ses fidèles. Raonimanalina réforme l’administration et développe l’armée et
le commerce dans le Lalangina. Guerres quasi permanentes entre les Mahafaly et leurs voisins Sa-
kalava et Antandroy. Les successeurs d’Andriamanetriarivo développent le système féodal. L’Anosy
est partagé entre de nombreux chefs locaux. Ramaromanompo est nommé Commandant en chef
des Betsimisaraka du Nord et forme le projet de confédérer les Betsimisaraka. Victoire de Rama-
romanompo à Fenerivo et à Vohimasina. Campagne de Ramaromanompo chez les Betsimisaraka
du Sud. Les Mahamasinandriana renversent Andrianonifoloalina et le remplacent par son frère.
Andrianonindranarivo dans la Lalangina. Andrianihevanarivo, du Menabe, oblige Andriantsirotso
de Tankarana à abandonner son Royaume. Andrianonindranarivo rétablit les privilèges des Maha-
masinandriana et accroît la prospérité et le prestige du Lalangina. La traite des esclaves, assurée
aussi bien par des Arabes, des Swahilis, des Européens que par des marins malgaches, en relation
avec les côtes de l’Afrique et les Mascareignes, affermit la puissance de grandes formations poli-
tiques, comme la dynastie des Maroseranana au XVIIIe s. à l’ouest, ou le royaume des hautes terres
centrales.
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1710-1730 : Andriantsimitoviaminandriana fut le premier roi à régner à Ambohimanga. Devant la
tournure des évènements créés par son frère à Ambohidratrimo, il choisit de soumettre son autre
frère plus proche à Ambohitrabiby, et tint fermement les deux royaumes sous son autorité.
1720 : L’introduction à Bourbon de la culture du café d’Arabie entraîne un développement très
rapide de cette culture, aux dépens des cultures vivrières. Pour exploiter cette nouvelle ressource,
il faut se procurer des vivres à Madagascar mais aussi des esclaves qui fourniront la main d’œuvre
nécessaire. Les relations se rétablissent donc rapidement avec la côte orientale de la grande île.
1727-1747 : Andriampoinimerina, fils d’Andrianjakanavalomandimby succède à son père à Anta-
nanarivo
1730-1770 : Le roi Andriambelomasina succède à Andriantsimitoviaminandriana à Ambohimanga.
Dès son plus jeune âge, il assura l’éducation de son petit-fils "au teint clair", élevé au village d’Am-
boatany, sur la colline à côté d’Ambohimanga ; il s’appelait Imboasalama, et deviendra plus tard le
plus grand roi de Madagascar connu sous le nom d’Andrianampoinimerina, ou Nampoina en rac-
courci. Ce dernier était né de l’union de sa fille Ranavalonandriambelomasina avec le roi d’Ikaloy,
Andriamiaramanjaka.
1733 : Étude de l’ingénieur Cossigny en vue de l’installation d’un établissement français à Antongil
où, en 1746, La Bourdonnais fait relâcher ses navires, durement éprouvés par un cyclone, et trouve
tout le bois nécessaire aux réparations.
R
1739 : Les matelots français de la frégate La Légère sont massacrés dans la baie d’Antongil.
LM
1747-1767 : Andrianavalonibemihisatra succède au trône de son père à Antananarivo.
1750 : A la fin du XVIIe siècle, la population troquait esclaves, zébus et riz contre des fusils et autres
EC
produits manufacturés auprès des nombreux pirates et négriers européens de la côte Est. Rama-
nano, prince de Vatomandry, décidé à contrôler les meilleurs ports de la façade orientale, parvient
AV
à asservir ses voisins septentrionaux, mais suscite la révolte des "zana-malata" (mulâtres descen-
dants de pirates). Ratsimilaho, fils du pirate anglais Thomas White et de la princesse Rahena, le
RS
chasse et se fait proclamer "roi des Betsimisaraka" (les nombreux solidaires, ou qui ne se séparent
pas). Il prend le nom de Ramaromanompo, celui qui a plusieurs vassaux. Le gouverneur de Bour-
U
bon, David, obtient de Ratsimilaho, le roi des Betsimisaraka, la cession de Sainte-Marie mais l’un
de ses agents y est tué la même année ; les fièvres écartent de l’île les Français, qui y reviennent
CO
en 1753 mais l’évacuent quatre ans plus tard. Le royaume de Ratsimilaho s’étend de Mananjary
à la presqu’île de Masoala, mais il s’effritera bien vite après sa mort en 1751. Sa fille, la princesse
Bety vécut des amours tumultueuses avec le caporal Filet, dit "Labigorne" agent de la Compagnie
des Indes, et céda l’île à la France. Le système féodal entraîne la dislocation et l’affaiblissement du
royaume du Boina.
1761-1763 : L’astronome Legentil travaille à Madagascar.
1767 : Un marchand, Glémet, est envoyé par le gouverneur de Bourbon, Dumas, à Fort Dauphin
et à Foulpointe et Valagny, un officier qui avait combattu aux Indes, propose de fonder un établis-
sement permanent à Antongil. Ce projet apparaît d’autant plus intéressant que la population des
Mascareignes s’accroît très vite et que les îles risquent de dépendre de plus en plus des vivres et des
esclaves fournis par la grande île voisine : il y a à Bourbon un millier d’esclaves d’origine malgache
en 1717, on en comptera quatorze mille en 1826. Zanahary, successeur de Ramaromanompo, est
assassiné par ses sujets. Lamboina règne sur le pays Tankarana.
1767-1774 : Andriambalohery règne sur Antananarivo. Il ne régnera pas longtemps car il mourut
de maladie, et n’eut pas droit à la "trano masina" (maison sainte) sur son tombeau à Anatirova.
1768 : Un petit comptoir est établi à Foulpointe, à l’initiative de Pierre Poivre, intendant des Mas-
careignes.
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1768-1771 : Voulant faire de Madagascar une base de ravitaillement de leurs colonies mascareignes
(La Réunion, Maurice et Rodrigue), les Français tentent de se rétablir à Fort Dauphin avec le Comte
de Maudave, puis en 1774-1786 dans la baie d’Antongil, avec Benyowsky, mais sans succès.
septembre 1768 : Le comte de Maudave, ancien officier qui avait combattu aux Indes et était de-
venu propriétaire à l’île de France (l’ancienne île Maurice) débarque à Fort Dauphin avec un ambi-
tieux projet de colonisation. L’entreprise est un échec. Attaché aux idées philosophiques, Maudave
entend laisser aux indigènes « l’exercice paisible de leurs droits » et veut interdire l’esclavage mais
les conflits avec les Malgaches débouchent sur des massacres et notre planteur-philosophe envoie
lui-même une centaine d’esclaves sur son domaine de l’île de France. La grande île est de nouveau
évacuée en février 1771. L’intendant des Mascareignes Pierre Poivre était bien disposé à encoura-
ger Maudave mais le gouverneur Dumas et son successeur le chevalier Desroches firent tout pour
compromettre le succès d’une entreprise qui risquait de créer une concurrence dangereuse pour
l’île de France et l’île Bourbon.
1770 : Séjour du naturaliste Commerson à Fort Dauphin. Il y révèle l’existence de nombreuses
plantes et animaux propres à la Grande Île, qu’il présente comme un « sanctuaire particulier » de
la nature. 1770-1787 : Andrianjafy, fils du roi Andriambelomasina et suivant le testament de ce der-
nier, hérite du trône d’Ambohimanga, mais doit ensuite le léguer à Imboasalama. Cependant, ce
roi Andrianjafy eut un fils dénommé Ralaitokana, qu’il voulut faire régner après lui. Pour ce faire, il
usa de multiples stratagèmes pour assassiner son neveu Imboasalama, et mit son frère Andriant-
simitovizafinitrimo au courant de son projet. Ce dernier, par respect pour la mémoire de son père
R
(la tradition était encore orale, mais non écrite, donc "plus sacrée"), sauva son neveu Imboasa-
LM
lama en le prévenant en maintes occasions, actes qu’il paya de sa vie, car son frère Andrianjafy le
fit assassiner. Mais les notables Tsimahafotsy d’Ambohimanga et Tsimiamboholahy d’Ilafy eurent
aussi connaissance des funestes projets d’Andrianjafy, et choisirent de le destituer pour porter Im-
EC
février 1774 : Le baron de Benyowsky – aventurier polono-hongrois prisonnier des Russes en 1769,
échappé du Kamtchatka deux ans plus tard et qui s’est vu confier à Versailles la mission de ré-
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tablir la présence française à Madagascar – s’installe dans la baie d’Antongil où il fait construire
un village baptisé Louisbourg. D’autres postes sont établis à Mananara, à Fénérive, à Tamatave, au
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Cap d’Ambre et à Foulpointe. Les Sakalaves rebelles sont vaincus en mai 1776 mais Benyowsky doit
compter avec l’hostilité du gouverneur de l’île de France, le chevalier de Ternay, et du commissaire
CO
de la Marine, Maillart-Dumesle.
1774-1794 : Andrianamboatsimarofy, fils de Ramananimerina soeur d’Andriambalohery, est porté
sur le trône d’Antananarivo.
1775 : Carte des côtes de Madagascar réalisée par l’hydrographe d’Après de Mannevillette.
1774-1777 : Voyages dans l’intérieur, jusqu’au plateau de l’Imerina, de Nicolas Mayeur, le premier
Européen à visiter Tananarive.
1776 : Deux commissaires envoyés de France, Bellecombe et Chevreau, constatent les limites de
l’entreprise de colonisation. Benyowsky rentre en France mais, tout à ses rêves mégalomanes – il
s’est fait proclamer « roi » par diverses populations indigènes –, il ne parvient pas à trouver des
commanditaires pour établir un « empire de Madagascar ». Il n’a pas plus de chance en Autriche
et en Angleterre et c’est finalement en Amérique du Nord qu’il trouve des partenaires, ce qui lui
permet de regagner la grande île en juillet 1785. L’épisode se termine le 24 mai 1786 quand un dé-
tachement envoyé de l’île de France et commandé par le chevalier de Tromelin vient donner l’as-
saut au village de Mauritiana dont l’aventurier hongrois voulait faire sa « capitale ». Benyowsky est
tué au cours de cette action. Son rêve d’empire malgache s’effondrait mais c’était à son initiative
qu’avaient été réalisées les premières reconnaissances européennes sur le plateau de l’Imerina.
1780 : Le pouvoir passe aux femmes avec Ravahiny dans le Boina. Avènement de Raindratsara. Il
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partage le Lalangina en 3 provinces. Incursions Sihanaka et Bezanozano en pays Merina.
1780-1781 : Le père Durocher, préfet apostolique pour Madagascar, séjourne à Antongil, Foul-
pointe et Fort Dauphin et envoie à Rome quelques jeunes Malgaches dont l’un devint prêtre mais
la Révolution interrompra cette entreprise missionnaire.
1786-1788 : Lasale parcourt la côte orientale et visite l’extrême-nord du pays et l’Alaotra.
1787-1810 : Régne d’Andriananampoinimerina. Unification de la Grande Île.
2 mai 1787 : Imboasalama accède au trône d’Ambohimanga sous le nom d’Andrianampoinime-
rina. Les trois cousins, rois d’Ambohidratrimo, d’Ambohimanga et d’Antananarivo firent un pacte
de nonagression et de vouloir vivre en paix en se donnant mutuellement des femmes pour épouses.
Andrianampoinimerina devait avoir Ravaonimerina, fille d’Andrianamboatsimarofy, et en contre-
partie devait donner à ce dernier sa sœur, Ralesoka, pour épouse. Mais Andrianamboatsimarofy ne
respecta pas la parole donnée, et donna sa fille au roi d’Ambohidratrimo. Déçu et extrêmement fâ-
ché de cet "acte de provocation", Andrianampoinimerina fit la guerre à ses cousins et réussit à les
vaincre après plusieurs assauts. Comme son arrière-arrière-grand-père Andriamasinavalona qui
eut douze femmes, le roi Andrianamponimerina fit des mariages politiques en épousant plusieurs
femmes qu’il plaça sur les "douze collines sacrées" de l’Imerina.
1787 : L’île est divisée en royaumes sur une base tribale. Décadence du Lalangina, Le Manandriana
se place sous le protectorat merina. Annexion du Vakinankaratra par Andrianampoinimerina. An-
R
driamanalina III (Isandra), Andriambavizanaka (Lalangina) et Rarivoarindrano (Tsienimparihy)
acceptent le protectorat merina. Andriajomoina (Bezanozano) accepte la souveraineté merina.
LM
1790 : L’ethnie Mérina domine Madagascar. La ville d’Antananarivo est construite comme une
forteresse par les rois Merina, qui en font leur résidence principale.
EC
1791 : Envoyé à Madagascar par la Constituante, le commissaire Lescallier y scelle avec les Mal-
gaches un pacte d’amitié ; le gouverneur de l’île de France Cossigny, le fils de celui qui avait imaginé
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le projet de colonisation en 1733, voit alors dans les nouveaux principes qui régissent le royaume
de France devenu une monarchie constitutionnelle l’occasion de réaliser les vues de son père : «
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Notre nouveau régime, qui a pour principe l’égalité, nous gagnera tous les peuples de l’île et unira
CO
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durée qu’il ne voulut pas préciser. Cinq personnes furent désignées et trois castes Antemoro en-
voyèrent des représentants : 1- Imosa, des Zafimolajia 2- Ratsimezy, des Antesavana 3- Andriam-
bita, 4- Ratsilikaina, l’aîné et son frère cadet 5- Andriamahazonoro, ces trois derniers étaient des
Anakara, descendants de Ralitavaratra. Ils furent reçus par Andrianampoinimerina le 17 octobre
1802 pour être notifiés qu’ils résideront désormais à la Cour d’Imerina pour l’aider à réaliser l’unité
du pays. Avec l’aide du Conseil d’Etat réuni pour l’occasion : Hagamainty et son fils Rabemanant-
soa, Andriantsilavonandriana et ses trois fils Ingahivony (futur Rainiharo), Rajery et Ratsimanisa,
Hagafotsy et son fils Iantoandro, Ralala et son fils Rahaba, Ralainanahary, Rabasivalo (mari de sa
soeur), Andriamambavola, Rakotonavalona, Andrianavalona (père des jumeaux Raombana et Ra-
haniraka), Rafaralahiandriantiana et son fils Andriantsitohaina.
1804 : Aux incursions menées par les Sakalava du Menabe pour faire des razzias (de biens et d’es-
claves) sur les hautes terres, Andrianampoiimerina ne répondit pas tout de suite par la guerre,
mais envoya une délégation de 18 hommes comprenant les porteurs et 4 des 5 Antemoro pour né-
gocier avec le roi Mikala Andriantsoanarivo. Ce dernier reconnut l’autorité de Nampoina et lui fit
rapporter 30 bœufs à deux teintes, noir et blanc, 3 esclaves (homme, femme et enfant) et une belle
lance en guise de dons symboliques, marques de cette soumission (quoiqu’il continue d’exercer
l’administration de son territoire, car ce fût la méthode d’Andrianampoinimerina).
1805 : Nampoina demanda aux Anakara d’apprendre à son fils préféré, le prince Radama qui avait
13 ans, à écrire le "Sorabe" et les "techniques de l’astrologie", mais d’abord, ils devaient "arranger
astralement sa destinée" pour qu’il puisse un jour régner. Dorénavant, ce fils sera appelé par le
R
nom de Ilaidama, d’après les astrologues. Il participera aux réunions du Conseil d’Etat et prendra
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part aux guerres de conquête et de pacification menées par le roi en pays Sihanaka et Betsimi-
saraka. Pour la première fois, Andrianampoinimerina traversa les lacs Rasoabe et Rasoamasay de
Manambato cette année-là pour voir la mer et atteindre Toamasina (Tamatave) et Vatomandry
EC
en compagnie d’Andriamahazonoro. Dans cette dernière localité, à Vohiboahazo, il fit don d’un
terrain dont la partie nord était pour Andriamahazonoro, et la partie sud pour Radama, "pour que
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vos descendants se souviennent éternellement de la bénédiction divine en nous léguant cette terre
sainte", disait-il.
RS
1807 : Mort de Miakala (Menabe) et mort de Ravahiny (Boina) et début du règne de Ramitraho
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(Menabe). Nampoina fit officiellement part au Conseil d’Etat de sa décision de nommer Ilaidama,
fils qu’il eut de Rambolamasoandro, descendante de sa grand-mère Ramorabe reine d’Ambohi-
CO
dratrimo, comme seul et unique héritier du trône. En récompense aux services rendus à l’Etat par
les cinq Conseillers Antemoro dans l’unification du royaume, Andrianampoinimerina les fit élè-
ver au rang d’Andriamasinavalona (et avec eux, la tribu Antemoro entière), avec tous les privilèges
attachés à ce rang, en particulier le mariage d’Andriamahazonoro avec une femme de la famille
royale. Les autres fils d’Andrianampoinimerina qui complotaient contre cette décision furent mis
à mort : Rabodolahy, Ramavolahy dit "Somotra", et Ralainanahary à l’avènement de Ilaidama.
1807 : Le général Decaen, gouverneur de l’île de France, envoie à Madagascar Sylvain Roux, un
créole mauricien qui, par son action, réussit à assurer aux îles Mascareignes le ravitaillement qui
leur est nécessaire.
1808 : Reconnaissance de Hugon jusqu’à Tananarive.
1808 : Les Anglais établissent un blocus de la côte malgache pour interdire les importations de
vivres des Mascareignes, dont ils s’emparent en 1810.
1810-1828 : Règne de Radama 1er, ouverture sur l’Occident. Hubert Deschamps dit de ce souverain
que « son règne court, extraordinairement rempli, marque un tournant et inaugure le XIXe siècle
malgache, avec les trois caractères qu’il gardera jusqu’au bout : rivalité franco-anglaise, conquête
de la plus grande partie de l’île par les Merina, pénétration des influences européennes ».
1810 : Décès d’Andrianampoinimerina ; il choisit d’être enterré à Ambohimanga à côté de ses an-
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cêtres. Plein de prévoyance, il destina sa nièce Rabodonandrianampoinimerina comme épouse
principale de son fils Radama Ier. Sans attendre la fin du deuil national [normalement d’une du-
rée d’un an quand un roi "tourne le dos" ("miamboho", ou meurt )], ce dernier, âgé seulement de
18 ans, succède à son père et entreprend de soumettre les Bezanozano à l’Est, les Betsileo à Am-
bositra, mène des expéditions chez les Sakalava du nord ouest, et dans d’autres régions de l’île.
Expédition de Radama Ier dans le Vohibato. Le traitant Sylvain Roux, qui a fondé des comptoirs
à Foulpointe et à Tamatave, représente officiellement la France à Tamatave. Anglais et Français
tirent de Madagascar des esclaves, des bœufs et du riz, en échange de piastres et de fusils.
18 février 1811 : Deux navires de guerre anglais aux ordres du commodore Lynne obtiennent la
reddition de Tamatave.
1814 : La France doit céder à l’Angleterre l’île Maurice, Rodrigue et les Seychelles mais le gou-
verneur britannique de Maurice, l’Écossais Robert Farquhar, réclame aussi les comptoirs français
de la côte orientale de Madagascar et crée même un poste anglais à Port Louquez, dans la baie
d’Antongil. Les étrangers n’avaient pas le droit de "monter" à Antananarivo à cette époque mais
faisaient du commerce sur le littoral, en particulier à Toamasina (ou Tamatave). Farquhar est désa-
voué par Londres mais il imagine de s’appuyer sur la puissance mérina grandissante pour déve-
lopper l’influence anglaise dans la grande île. Sous l’Empire, les Anglais chassent les Français, qui
ne conservent que la petite île de Sainte-Marie, acquise en 1750.
Septembre 1816 : Des créoles de Maurice, Chardenaix puis Lesage, sont envoyés à Tananarive par
R
le gouverneur anglais et le second y obtient la conclusion d’un traité d’amitié et de commerce. Sir
Robert Farquhar, Vice-Amiral et Gouverneur de l’Ile Maurice dépêche Mr Chardenaix pour sonder
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le roi sur les possibilités de coopération entre les deux pays. En reconnaissance de cette heureuse
initiative, Radama I accepte de lui confier ses deux jeunes frères, Ratafika et Rahova, pour être
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éduqués à Maurice par Mr. James Hastie, "sergeant" anglais du 56ème Régiment de l’armée de
l’Inde, héros de la "Mahratta War", né en 1786 à Cork en Irlande.
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1817 : Le sergent Hastie, envoyé britannique, arrive à Tananarive pour obtenir l’abolition de la
traite des esclaves. Un traité d’amitié Anglo-Merina passé entre la Grande-Bretagne et Radama Ier
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donne à celuici le titre de roi de Madagascar ; en contrepartie de son renoncement à la traite des
esclaves, Radama Ier ouvre l’île aux instructeurs militaires anglais ainsi qu’aux missionnaires de
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la London Missionary Society, qui rédigent un vocabulaire et une grammaire de la langue mal-
gache. L’Imerina commence de s’organiser sur le mode d’un État européen, pourvu d’une armée
moderne et d’un système scolaire.
4 février 1817 : Le Gouverneur de Maurice envoie son émissaire, le Capitaine Lesage avec 30 ins-
tructeurs militaires anglais, pour faire signer le premier traité international entre le Royaume de
Madagascar et le Royaume britannique. Celui-ci comportait 8 articles portant sur l’amitié entre les
deux peuples, le commerce et la libre circulation en mer. Au terme de cette mission, le capitaine
Lesage laisse auprès du roi les instructeurs militaires dirigés par deux Officers anglais, Craden et
Brady, pour former son armée. C’est à partir de cette date que Radama I fait recruter des jeunes de
familles aisées qui peuvent subvenir aux frais de leur formation militaire pour devenir Officiers de
son armée (d’où le nom malgache "miaramila", avoir besoin ensemble).
Juin 1817 : James Hastie raccompagne les deux jeunes frères du roi avec Mr Pye, Consul d’Angle-
terre nommé à Toamasina. Il est lui-même nommé par Sir Robert Farquhar Représentant Résident
de la Couronne d’Angleterre à Antananarivo.
23 octobre 1817 : Radama I accepte de signer avec Sir Farquhar un traité mettant fin à la traite
des esclaves, qui constituait pourtant la ressource principale du royaume, mais à terme, une pra-
tique qui viderait l’île de ses habitants, assurait ce Gouverneur anglais. Il était un "friends" de la
FFMA (Friends Foreign Mission Abroad), ou "Quaker" de religion, qui luttait pour l’abolition de
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l’esclavage dans l’empire britannique. En compensation, l’Angleterre fournira annuellement au
roi une somme d’argent, des fournitures et équipements pour l’armée, afin que son peuple puisse
s’adonner en toute quiétude à la culture, sans craindre les " voleurs d’hommes". Malheureuse-
ment, profitant des longues vacances que Sir Farquhar devait prendre en Angleterre, son rempla-
çant, le Général Hall, subjugué par les esclavagistes propriétaires de plantations à Maurice coupa
les subsides, rappela l’ambassadeur James Hastie en juillet 1818 et dissuada les missionnaires de
la London Missionary Society (LMS - association créée à Londres en 1795), le couple David Jones
et le couple Thomas Bevan de venir à Madagascar, ce qu’ils firent pourtant le 18 août 1818 ; ils
s’installèrent d’abord à Toamasina.. Dépité de cette "fourberie anglaise" et rempli de honte devant
ses sujets, Radama I laissa le florissant commerce d’esclaves reprendre de plus belle.
1818 : Le sergent Robin, un Français de la Réunion, d’origine jamaïcaine, est reçu par Radama I et
engagé pour être son précepteur, et enseigner le français aux jeunes filles nobles et aux employés
de la Cour.
3 octobre 1820 : Sir Farquhar, de retour d’Angleterre, envoya de nouveau James Hastie auprès de
Radama I, accompagné du Révérend David Jones de la L.M.S. qui fonda la première église chré-
tienne à Antananarivo et la première école à Ifidirana.
11 octobre 1820 : Signature de nouveaux accords de coopération ; cessation de la traite d’esclaves,
formation de cadres en Angleterre, envoi de 20 jeunes pour étudier différents métiers, formation
des musiciens de la première fanfare royale et formation de 50 marins à bord de navires de guerre
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anglais à Maurice. LM
20 octobre 1820 : Départ de la première ambassade malgache en Angleterre, conduite par Ratefi-
nanahary (gendre du roi Andrianampoinimerina) et Andriamahazonoro pour accompagner les 9
premiers cadres à être formés par la London Missionary Society en Angleterre pendant neuf ans, et
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développer auprès de sa Majesté britannique, le roi George IV l’esprit du traité conclu avec Sir Ro-
bert Farquhar. Radama I fit remettre aux Directeurs de la LMS un message personnel leur faisant
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part de son accord pour l’implantation de la mission à Madagascar, et leur demandant d’envoyer
un grand nombre de missionnaires pour la propagation de la religion et de l’enseignement dans
RS
son pays Les neuf premiers cadres envoyés étaient : Rahaniraka, Raombana, Razafinkarefo, Rava-
rika, Raolombelona, Andrianaivo, Rakotomavo, Ramboa, Andriantsiory.
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décembre 1820 : Des religieux britanniques, le révérend Jones de la London Missionary Society,
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et le révérend Griffiths ouvrent une école à Tananarive. Il y aura dans l’île 23 écoles (dont 20 en
pays mérina), scolarisant plus de deux mille élèves, dont un tiers de filles. C’est à cette époque que
le malgache se dote d’un système de transcription phonétique. Plusieurs milliers de Malgaches
savent lire à la fin des années 1820 et les missionnaires entreprennent de traduire la Bible dans la
langue du pays. Des techniques européennes sont alors introduites, principalement dans la capi-
tale.
1821 : L’armée (ou "foloalindahy", les cent mille hommes) de Radama I, bien encadrée, comptait
déjà 14.000 hommes. En plus de l’arrivée de missionnaires religieux (David Griffiths, Joseph John
Freeman, l’autre David Johns, Edward Baker) à Madagascar, il y eut aussi d’autres artisans euro-
péens qui s’installèrent à Antananarivo pour enseigner différents métiers : Thomas Brook, menui-
serie, Thomas Rowlands, tissage et filature, John Canham, maroquinerie et cordonnerie, George
Chick, ferronnerie, Kitching, imprimeur, et plus tard Louis Legros, architecte, James Cameron, in-
génierie, verrerie, scierie, topographie, savonnerie, Muris, couture, Carvaille, ferblanterie
1822 : Radama I, appelé par les missionnaires "Radama le Grand", installa des garnisons dans les
régions pacifiées, sous le commandement de Gouverneurs, Officiers de la haute noblesse : Ra-
faralahiandiantiana XI Voninahitra (Vtra, en abrégé), son beau-frère à Mahavelona (Foulpointe),
Rabemanantsoa VIII Vtra à Midongy, Razatovo IX Vtra à Iharambazaha (Vohémar, 1825), Ratefi-
nanahary XI Vtra son beau-frère à Mananjary en 1824, puis à Toamasina en 1825), Ramanetaka
XI Vtra, son cousin à Majunga en 1824, Ramarosikina IX Vtra à Beseva en 1824, Ramananolona
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XI Vtra, son cousin à Fort Dauphin en 1825, qui y expulsa les français abrités dans le fort de cette
localité, Rasatranabo à Manandaza,Andriantsarabika à Vohipeno, Matitanana en 1825... Il mena
une expédition à Toamasina, Foulpointe, Pointe à Larrée, Tintingue, pour mettre en garde la petite
colonie française installée sur la côte Est menée par Sylvain Roux, que "le sol de Madagascar ap-
partenait au roi", et que "les étrangers n’avaient pas le droit d’accaparer des terres, mais pouvaient
librement faire du commerce dans toute l’île". Il chargea le roi Betsimisaraka, Jean René (qui signa
un traité avec lui sous l’égide du Gouverneur de l’île Maurice) de pacifier les tribus du Sud Est, de
Mananjary à Fort Dauphin, et continua lui-même en 1824 à mener une expédition pour soumettre
le roi Andriantsoly, chef Sakalava du Boina au nord-ouest, qui s’enfuit au Zanzibar puis à Mayotte
(Comores) où il deviendra le Sultan de cette île.
11 décembre 1822 : Le roi décréta que l’alphabet latin servira désormais comme alphabet officiel
à Madagascar, la grammaire malgache ayant déjà été achevée d’être codifiée par 12 érudits mal-
gaches aidés des missionnaires protestants
1823 : Naissance du fils de Radama I et de Rasalimo appelé Itsimandriambovoka que Rambolama-
soandro, mère du roi fit tuer pour assurer sa succession par Rakotobe son petit-fils de par sa fille
aînée Rabodosahondra. Révolte générale en pays Betsimisaraka et seconde expédition de Radama
Ier sur la Côte Est, dans le Nord de Madagascar et troisième expédition dans le Boina.
1824 : Début des travaux de traduction de la Bible en malgache. Le roi antemoro accepte de payer
tribut à Radama.
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1825 : Révolte générale dans le Menabe et le Boina. Ramananolona s’empare de Fort-Dauphin où
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était installée une « garnison » de cinq Français.
1826 : Arrivée de James Cameron. Règne de Rajoakarivony Ier (Isandra).
EC
8 octobre 1826 : Décès de James Hastie, l’homme qui fit faire un bond spectaculaire aux relations
de Madagascar avec les Occidentaux, et que les malgaches appelaient affectueusement Andria-
AV
nasy. RadamaI rompit le tabou de ses ancêtres qui interdisait au souverain tout contact avec la
mort et les rites funèbres : il assista aux cérémonies religieuses et fit tirer des salves de canon toutes
RS
les quinze minutes jusqu’à l’ensevelissement du corps, en l’honneur de ce grand ami, éminent Re-
présentant de la Couronne britannique.
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en malgache fut le premier ouvrage imprimé à Madagascar, avant les livres servant à l’enseigne-
ment par Charles Hovenden, E. Baker, James Cameron. La Bible entière fut terminée en 1835
27 juillet 1828 : Décès de Radama I, succombant à une longue maladie. Son tombeau fut construit
en dix jours dans l’enceinte même du Rova d’Analamanga. En témoignage de leur affection pour
le roi, les représentants des étrangers (missionnaires et laïcs) demandèrent à porter le catafalque
d’argent du Palais de Besakana au tombeau le 13 août, jour de l’enterrement.
31 juillet 1828 : Le Dr Lyall, nouvel Ambassadeur anglais succédant à James Hastie n’a pas pu ren-
contrer le roi avant sa mort. Rabodonandrianampoinimerina l’informe qu’elle ne reconnaît pas
les engagements pris par son prédécesseur avec les Anglais et refuse son accréditation à Antana-
narivo. Celui-ci, avec sa famille, par peur de la malaria à Toamasina attend l’hiver à Antananarivo
avant de rentrer à Maurice le 29 mars 1829, « chassé par les serpents de l’idole Ramahavaly » : il y
mourut quelque temps après son retour.
Dès le 2 août 1828, Rabodonandrianampoinimerina (intronisée plus tard sous le nom de Ranava-
lona I le 1 juin 1829 à cause du deuil royal) entreprend de faire exécuter les membres de la famille
du roi défunt qui pourraient déstabiliser son règne : le prince Rakotobe (fils de Rabodosahondra,
sa sœur) à qui Radama I destinait sa succession avant la naissance de sa fille Razanakinimanjaka
(ou Iketaka) qu’il eut avec la princesse Sakalava Rasalimo, une cousine éloignée de par son arrière-
grand père Andriambelomasina, fille du roi Ramitraho. Mais il changea ensuite de disposition et
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décida qu’il lui donnerait celle-ci en mariage pour qu’ils règnent tous deux ensemble, étant en-
tendu que la souveraineté réelle et totale n’appartiendrait qu’à sa fille Iketaka. Furent ensuite as-
sassinés : Rambolamasoandro, mère de Radama I, sa sœur Rabodosahondra, Ratefinanahary son
beau-frère époux de Rabodosahondra, Ralala son fidèle ami et Grand Juge, son cousin Ramanano-
lona Gouverneur de Fort Dauphin. Rafaralahiandriantiana son beau-frère, époux de Ravaozokiny,
Gouverneur de Foulpointe, Razafinintaolo sœur de Rasata et petit neveu du roi,. Son autre cou-
sin Ramanetaka, Gouverneur à Majunga, fut assez malin pour s’enfuir avec sa famille à Anjouan
avant l’arrivée des tueurs. Quelques temps après, il deviendra Sultan de cette île des Comores sous
le nom d’Abderrhaman.
1828-1861 : Règne de Ranavalona 1re, femme de Radama 1er, première reine de Madagascar. Elle
mit fin à la politique de réformes menées par Radama Ier, les missionnaires furent persécutés et
les traités avec le Royaume-Uni dénoncés. Les Français en profitèrent pour revenir dans l’île. Elle
est connue par sa réaction anti-chrétienne (car selon elle, Jésus Christ est un ancêtre des vazaha
(étrangers "blancs") donc le prier c’était trahir la société ancestrale). Une forte réaction contre
la culture européenne commença à naître, elle sera désormais une constante dans la politique
du pays. Comme le Japon, la Chine ou le Maroc à la même époque, le royaume malgache tente
de s’opposer à la pénétration européenne en cherchant à s’isoler complètement de l’extérieur,
avec une exception pour le trafic d’armes et certains produits européens. Des bombardements
franco-anglais de représailles n’aboutissent qu’à la fermeture quasi complète du pays aux étran-
gers. Néanmoins, les relations avec l’étranger n’ont pas été interrompues. Le Gascon Jean Laborde,
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grâce à l’appui de la reine, réussit à créer temporairement quelques industries.
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1828 : Retour d’Andriantsoly de Zanzibar. L’Anglais Lyall quitte Antananarivo. Gourbeyre s’empare
de Tintingue. Fondation de Fianarantsoa. Les Français évacuent Tintingue.
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5 avril 1829 : Ranavalona I réunit les missionnaires à Ambodinandohalo pour les prévenir que, s’ils
n’ont plus rien de nouveau à apprendre aux Malgaches, ils peuvent rejoindre leurs familles "qui
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pointe), le Commandant français Gourbeyre, avec une flotte de 6 navires, débarqua les 1 200 sol-
dats Yolofs de Sénégambie amassés depuis longtemps à Sainte-Marie pour attaquer et détruire les
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18
1835 : Début de l’industrialisation mise en place sous la direction de Jean Laborde, produisant du
savon, de la porcelaine, des outils en métaux, ainsi que des armes à feu tels que fusils, canons, etc.
Les tentatives de conquête des régions méridionales de l’île débouchent sur des échecs en raison
de la faiblesse des ressources locales.
26 février 1835 : La progression trop rapide de l’influence étrangère sur la population fait réfléchir
la reine et son époux Rainiharo, Commandant en Chef faisant aussi fonction de Premier Ministre.
Craignant que la religion et l’enseignement ne leur servent que de prétexte pour coloniser le pays
et son peuple, Ranavalona I demande à tous les missionnaires (ils étaient tous protestants) de
quitter Madagascar. Les biens de quelques uns sont confisqués. Les commerçants ne sont pas
touchés par la mesure et peuvent rester.
1er mars 1835 : Kabary (discours public) de la reine à Mahamasina, au cours duquel elle interdit à
son peuple "de prier les ancêtres des étrangers", c’est-à-dire la pratique de la religion chrétienne
sur tout le territoire. Les contrevenants seront persécutés.
3 juillet 1836 : Le gouvernement de Ranavalona I envoie une ambassade de sept personnes en
Europe, dirigée par Andriantsitohaina 9 Voninahitra, et composée de Andriantseheno 8 Vtra, Ra-
manankoraisina 8 Vtra, Ranera 7 Vtra, Raharolahy 8 Vtra, Rasatranabo 7 Vtra, et Razedaoro faisant
fonction de Chambellan, pour expliquer les décisions prises à l’encontre du diplomate anglais et
des missionnaires de la London Missionary Society. L’ambassade séjourna à Londres du 9 février
au 19 mars 1837 et fut reçue par le Chef du Foreign Office, The Right Honorable Vicount Palmers-
R
ton, puis par le roi William IV et son épouse la reine Adelaïde le 1er mars, accompagnée de J.J.
Freeman un ancien missionnaire de Madagascar. Sur le chemin du retour, l’ambassade est reçue à
LM
Paris par le roi de France Louis Philippe (séjour du 19 mars au 22 avril 1837).
1837 : Rasalama, première martyre chrétienne malgache. Elle a reçu la peine de mort, pour cause
EC
de rébellion contre la volonté de la reine. Le 14 août, après une nuit de souffrance dans les fers,
elle a été amenée à Ambohipotsy. La marche à pied qu’elle a faite, tout en prière et en cantiques,
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jusqu’au lieu de l’exécution, est devenue légendaire. Elle a été transpercée d’un coup de lance, et
son corps n’a pas été enseveli. Rafaralahy Andriamazoto périt de même le 19 février 1838. D’autres
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sont brûlés vifs, ou mis dans des sacs de jute et jetés du haut de la colline d’Ampamarinana. Dix
autres martyrs seront exécutés en 1840, dix-huit en 1849.
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1839 : Après le départ des missionnaires anglais, Jean Laborde a toutes les prérogatives auprès de
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la reine (pendant 25 ans : de 1832 à 1857), et introduit à la Cour les "raffinements" de la mode
française (vêtements, musique, bals...). Ecoutant les conseils de ses Ambassadeurs de retour d’Eu-
rope, Ranavalona I fit construire par Jean Laborde le "Palais de la Reine" Manjakamiadana, le plus
grand et le plus bel édifice (avec étage) jamais construit à Madagascar à cette époque, afin de "ré-
gner dans la sérénité".
14 juillet 1840 : Les îles Nosy Komba et Nosy Be, ainsi que le territoire allant de la baie d’Ampasin-
dava au Cap Saint Vincent sont placés par la jeune princesse Sakalava, Tsiomeko, âgée seulement
de 13 ans, sous la protection du Gouverneur de l’île Bourbon (La Réunion). En 1841, le roi Antaka-
rana Tsimiharo place également les territoires d’Ankara, Nosy Mitsio et Nosy Faly sous protectorat
français.
25 avril 1841 : Le prince sakalava Andriantsoly et le capitaine Pierre Passot, envoyé du Gouverneur
de la Réunion, signent l’acte de cession de Mayotte à la France moyennant une rente annuelle de
$1 000 (5 000 francs de l’époque).
13 mai 1845 : Pour freiner l’ardeur des Français qui veulent occuper illicitement les terres, Rana-
valona décrète des mesures mettant tous les étrangers sous le même régime que les nationaux
vis-à-vis des lois du pays : épreuve par le tanguin (absorption de poison) pour rendre le jugement
contre la sorcellerie ou les complots contre l’Etat, dépossession de biens en cas de délits ou crimes,
réduction de toute la famille à l’esclavage en cas de non paiement de dettes ou escroqueries, etc....
19
15 mai 1845 : Le conseil colonial de la Réunion fait part, dans une adresse à Louis-Philippe, de
« son espérance de créer à Madagascar une grande et importante colonie ». Les Gouverneurs de
Maurice et de la Réunion envoient le Capitaine William Kelly et l’Amiral Romain Desfossés avec
leurs flottes bombarder Toamasina, faisant 200 morts et 200 blessés chez les Malgaches, 16 morts
chez les Français, et 4 chez les Anglais. Les têtes coupées des assaillants sont pendues sur des
perches et plantées sur la plage. Pour protester contre cette "inqualifiable agression", Ranavalona
I fait fermer tous les ports de l’Ile, chasse les européens et interdit tout commerce avec l’extérieur.
Seuls restaient à Madagascar Jean Laborde et Napoléon De Lastelle, ce dernier mourra dans la
misère à Toamasina en 1856.
6 décembre 1848 : Le Commandant en Chef des Forces Navales Françaises de l’Océan Indien, Mr.
F. Des Pointes, de passage à Toamasina, envoie un message au jeune prince Rakotondradama, fils
unique de Ranavalona I qui n’avait que 19 ans, pour l’inciter à accepter de signer un accord avec
les Français, en vertu duquel ces derniers l’aideraient à obtenir le trône pour mettre fin au "règne
barbare et sanguinaire" de sa mère (le nombre de chrétiens tués avoisinaient déjà les 3 000). Après
quoi, ils placeraient Ranavalona I simplement comme "reine-mère" sans attenter à sa vie.
28 mars 1849 : La reine Ranavalona Ire lance une chasse aux chrétiens, grande persécution reli-
gieuse et martyre de chrétiens.
10 février 1852 : Décès de Rainiharo Commandant en Chef et époux de la reine. Ranavalona I fit
construire par Jean Laborde et l’Anglais Cameron le plus grand et le plus somptueux monument
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funéraire de l’époque (bâti pendant huit années : de 1844 à 1852), et lui organisa des funérailles
grandioses jamais vues auparavant. Son fils Raharo (connu sous le nom de Rainivoninahitriniony
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ou Rainijohary) lui succède. Révolte Tanosy.
7 juin 1853 : Le Révérend William Ellis de la LMS et James Cameron arrivent à Maurice, et les com-
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merçants anglais profitent de leur venue à Madagascar pour leur remettre une lettre demandant à
Ranavalona I la reprise des transactions commerciales. Celle-ci leur fit connaitre ses conditions :
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Rakotondradama, encouragé par Jean Laborde et De Lastelle, envoie une lettre à l’Empereur des
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Français Napoléon III, demandant son aide pour détrôner sa mère. L’Empereur ne donna pas suite
à cette demande.
28 juin 1855 : François Joseph Lambert, né en 1824 à Redon, Ile et Vilaine - France, était négo-
ciant à Maurice marié à une "créole", et co-propriétaire du navire "Le Mascareigne" transportant
du bétail et des "engagés volontaires" (en fait, des esclaves, ainsi appelés pour "contourner" les
clauses des traités sur l’abolition de l’esclavage) du Mozambique et de Zanzibar à Maurice. Napo-
léon De Lastelle fit appel à ses services pour ravitailler la garnison de Ranavalona I basée à Fort
Dauphin. Ce qui leur valut d’obtenir la faveur d’une visite à la Cour d’Antananarivo pour Lam-
bert, accompagné d’un Jésuite, le père Finaz qu’on présenta sous la fausse identité de Mr Hervier,
comme secrétaire de Lambert. Par de nombreux présents "provenant de Paris", Joseph Lambert
eut vite fait de soudoyer des gens de la Cour, et en particulier le jeune Rakotondradama, prince de
26 ans, qui devint son "fatidrà" (frère de sang). Lambert lui fit signer un accord secret lui octroyant
d’énormes concessions sur la côte Est, en échange de l’aide hypothétique de l’Empereur Napo-
léon III qui ferait venir les capitaux et les compagnies françaises pour assurer le développement
du pays.
19 septembre 1856 : Le Docteur Milhet-Fontarabie arrive à Antananarivo pour opérer le nez de Rai-
nimanonja XIV Vtra (frère de Rainijohary ancien courtisan de la reine) et soigner un petit groupe
de malades. Jean Laborde en profita pour introduire avec lui à la Cour deux pères catholiques dé-
guisés en civil, sous de faux noms aussi : le père Jouen appelé Mr Duquesne (soi-disant assistant
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du docteur), et le père Webber appelé Mr Joseph (soi-disant pharmacien).
1857 : Reprise des hostilités dans le Sambirano. La reine Tsiomeko (Boina) et le roi Tsimiaro (Tan-
karana) se réfugient à Nosy Be.
30 mai 1857 : Parti en 1856 pour la France et l’Angleterre avec la fameuse lettre signée du prince
Rakotondradama, en quête de fonds pour réaliser son projet, François Joseph Lambert ne réussit
à convaincre ni les privés, ni les gens du gouvernement anglais et français. Il rentra bredouille à
Antananarivo accompagné de la romancière autrichienne, Ida Pfeiffer. D’où, l’idée de complot à
mener localement pour détrôner Ranavalona I avec la complicité de Jean Laborde, Clément La-
borde, les pères Finaz, Webber, et Jouen, et avec la participation du Commandant en Chef, Rai-
nivoninahitriniony, son jeune frère Rainilaiarivony, et les Officiers de Palais (ODP) Rainingory 14
Vtra, Andriantsitohaina 14 Vtra, Rainizakamahefa 13 Vtra, Andrianaivodofotra 13 Vtra, Andriana-
rosy13 Vtra, Ratsirahonana 12 Vtra, Rafaralahijongy 10 Vtra, Ratafika10 Vtra. La date prévue pour
le coup d’Etat était le 20 juin 1857. Au dernier moment, Rainilaiarivony réussit à persuader son
aîné d’abandonner ce projet "dont la réussite était incertaine" : ils en informèrent les conjurés, et
le complot échoua. Mais, Ranavalona I, ayant eu vent du complot par d’autres sources, fit subir
l’épreuve du tanguin aux Officiers de Palais impliqués le 21 juin, et tous y survécurent. Tandis que
pour les étrangers, on les remplaça par des poulets qui avalèrent le breuvage à leur place : tous les
poulets moururent à l’exception de celui du père Webber et la reine expulsa tous les étrangers de
Madagascar.
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1860 : Signature du traité franco-sakalava par la reine Naharova (Menabe).
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16 août 1861 : Décès de Ranavalona I. Elle choisit avant sa mort d’être enterrée auprès de ses an-
cêtres à Ambohimanga. Sa disparition suscite des réactions partagées : une "délivrance" pour les
chrétiens persécutés, une figure de "grande nationaliste" pour le parti conservateur. 18 au 22 août
EC
1861 : Procès des conspirateurs contre l’avènement de Radama II menés par Ramboasalama, ne-
veu et fils adoptif de Ranavalona I, auquel elle promit le trône avant d’avoir engendré son propre
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fils, Rakotondradama. Tous les coupables sont exilés dans des villes lointaines.
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1er septembre 1861 : une amnistie générale est accordée à tous ceux qui ont subi des condamna-
tions pour cause de religion. La mission catholique est autorisée officiellement à exercer à Mada-
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27 septembre 1861 : le Colonel Middleton est envoyé par le Gouvernement anglais tandis que l’Em-
pereur de France Napoléon III envoie Mr Brossard à la mi-octobre pour les représenter à l’avène-
ment de Radama II comme nouveau souverain du Royaume de Madagascar.
9 novembre 1861 : Radama II, très libéral, rouvre toutes grandes les portes aux Européens. Fonda-
tion par le médecin Dr Andrew Davidson, de la L.M.S., du premier dispensaire. Radama II renou-
velle l’accord secret conclu avec Lambert en 1855, connu sous le nom de Charte Lambert. Il fait
signer avec lui Rainiketaka 13 Vtra, Andriambaventy ou Chef des Nobles, Rahaniraka,Doyen chargé
des Affaires Etrangères, et Rainilaiarivony nouveau Commandant en Chef, Rainivoninahitriniony
devenant officiellement Premier Ministre. Joseph Lambert crée la Compagnie de Madagascar pour
réaliser ses projets.
8 août 1862 : Arrivée du premier Evêque anglican, M. Rayan, avec le Général Johnstone et le Ca-
pitaine Anson. Il décidera l’envoi de missionnaires de la S.P.G. (Society for the Propagation of the
Gospel) dans l’île.
12 septembre 1862 : Le Commandant Dupré, nommé Consul par Napoléon III signe le nouveau
traité d’amitié franco-malgache, tandis que le 5 décembre 1862, le traité anglo-malgache est signé
par Mr. Packenham, Consul anglais résident à Toamasina. Dans son euphorie de vouloir tout faire
à l’opposé de sa défunte mère, Radama II suscite rapidement le mécontentement des tenants de la
tradition et des grands du royaume lorsqu’il supprime les privilèges, la corvée, les droits de douane
(principale ressource du gouvernement) pour accélérer la pénétration des produits étrangers, en
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menant une vie "teintée de luxure" aves ses jeunes amis, les "Menamaso" (ou les yeux rouges),
ou en introduisant la pratique du "duel" à Madagascar. Les Officiers ayant signé l’arrestation des
Menamaso fugitifs étaient tous au grade de 16 Voninahitra : en sus du P.M. et du Commandant en
Chef, Rainingory, Rainizakamahefa, Rainijohary, Rahandraha, Rainimanonja, et Ravahatra (Chef
des Nobles).
11 mai 1863 : le Premier ministre, Raharo, représentant des classes hovas qui avaient pris le pou-
voir sous Ranavalona, s’oppose à Radama, qui est assassiné par étranglement et ses amis les Me-
namaso éliminés aussi. Son épouse, Rabodozanakandriana accède sur le trône sous le nom de
Rasoherina. Elle remplace Raharo par son frère Rainilaiarivony. Le pouvoir échut alors au Premier
ministre Rainilarivony qui épousa les trois reines successives du pays : Rasoherina, Ranavalona II
et Ranavalona III. Toutefois, et pour la première fois depuis l’existence de la royauté, le pouvoir
du souverain cesse d’être "absolu" (auparavant, les rois tenaient leur pouvoir uniquement des an-
cêtres et des divinités).
25 mai 1863 : Signature de la charte par laquelle la reine s’engage, entre autres, à : - ne plus pronon-
cer la peine de mort sans l’assentiment des hauts fonctionnaires (Juges) et les Chefs du peuple ; -
ne plus prononcer de lois sans le consentement des autorités ; - ne jamais licencier l’armée Les
traités signés par le défunt Radama II, dont certains articles sont au détriment de l’Etat malgache,
doivent être renégociés à l’avènement de la nouvelle reine. Rainilaiarivony dénonce la Charte
Lambert et propose à son bénéficiaire d’y apporter des aménagements. L’entrée des Européens
demeurait interdite dans les trois "villes sacrées" : Ambohimanga, Ambohimanambola, et Ampa-
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rafaravato.
LM
15 août 1863 : Premiers baptêmes catholiques à Andohalo ; les premiers récipiendaires étaient
constitués de 17 esclaves.
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1er novembre 1863 : Baptême de 6 membres de la famille de Rainilaiarivony, dont sa nièce Victoire
Rasoamanarivo, grande défenseuse de la foi chrétienne, après l’expulsion des Français lors de la
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16 novembre 1863 : Rasoherina envoie un Ambassadeur, Rainifiringa XIII Vtra, négocier auprès
de Napoléon III la conclusion d’un nouveau traité régissant les relations franco-malgaches. Ce
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dernier fait comprendre qu’un tel traité dépendra de la suite donnée à la Charte Lambert par la
partie malgache. L’Ambassadeur continue sa mission en Angleterre et rentre avec un projet de
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traité rédigé par le Comte Russell dont la touche finale sera apportée par le Consul Packenham le
27 juin 1865.
De 1863 à 1895 : Les règnes successifs des reines Ranavolana ont vu le retour des architectes et
des missionnaires européens qui fortement inspirés des temples, églises et cathédrales d’Europe,
veulent montrer la maîtrise des techniques de construction à l’époque en bâtissant des édifices re-
ligieux : Ambohipotsy (1863), Ambatonakanga (1864), Ampamarinana, Faravohitra, le petit temple
à l’intérieur du Rova, la cathédrale catholique d’Andohalo et la cathédrale anglicane St-Laurent
d’Ambohimanoro.
14 janvier 1864 : Consécration de 24 jeunes filles catholiques pour recevoir la sainte Eucharistie
(première Communion), dont Victoire Rasoamanarivo.
18 mai 1864 : Le P.M. Rainivoninahitriniony est destitué pour avoir proféré des insultes à la reine et
enfreint la charte du 25 mai 1863 en décidant seul de tuer les partisans du défunt Radama II (qui
prétendaient le ressusciter et le faire revenir au trône). Rasoherina le remplace par son frère cadet,
Rainilaiarivony qui cumule, pour la première fois, les fonctions de Premier Ministre et Comman-
dant en Chef. Il apportera rapidement, avec l’appui de la reine devenue son épouse, des innova-
tions dans toutes les sphères de la société et de l’Etat : administration, armée, religion, finances,
législations... Plus tard, Rainivoninahitriniony, convaincu d’atteinte à la sûreté de l"Etat, est en-
voyé par Rainilaiarivony en exil à Ambohidrainandriana (Manazary, Antsirabe) La France envoie
22
un ultimatum au gouvernement malgache, lui enjoignant soit de payer une indemnisation de 1
200 000 FF ou $ 240 000 en échange de la Charte Lambert, soit la France prendra en possession
tout le territoire situé au nord du 16è parallèle, en plus des domaines de Soanierana et de Soatsi-
manampiovana donnés en jouissance à Jean Laborde par Ranavalona I.
5 janvier 1865 : Pour faire preuve de bonne foi, la reine Rasoherina accepte de payer, afin de ne
pas envenimer les relations avec la France et garder l’intégrité du territoire. Rainilaiarivony réunit
l’argent, contenu dans 86 barils pesant 12 tonnes, et le montant est remis par Raharolahy, Gou-
verneur de Toamasina, au Capitaine Tricault, Chef de la Division Navale des Côtes orientales, re-
présentant français en échange de la Charte Lambert qui est brûlée sur le rivage de la côte Est de-
vant toute la population et les représentants étrangers. Ce paiement effectué, on choisit en France
d’envoyer le Comte de Louvières à Antananarivo comme négociateur du nouveau traité franco-
malgache. Il mourut de fièvre en janvier 1867 sans être parvenu à un accord. 9 novembre 1865 :
La C.M.S. (Church Missionary Society) envoie deux missionnaires anglicans à Ambodivoanio (An-
tankarana) : les Révérends Thomas Campbell et H. Maundrell.
1865 à 1870 : L’explorateur Alfred Grandidier peut parcourir l’île et en dresser la carte ; il s’impose
comme le pionnier de l’exploration méthodique de Madagascar.
27 août 1866 : Arrivée à Antananarivo des missionnaires de la N.M.S. (Norwegian Missionary So-
ciety) dont le siège est à Stavanger. Elle dirigera la F.L.M. "Fiangonana Loterana Malagasy" avec
l’Evangelical Lutheran Church (1888) et la Lutheran Board of Mission (1890) toutes deux des Etats
R
Unis d’Amérique. Leur zone de travail est Antananarivo et le Sud.
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15 février 1867 : Rainilaiarivony signe avec un envoyé du président américain un traité de com-
merce (inspiré de celui signé avec Londres), entre les Etats-Unis d’Amérique et Madagascar. Arri-
vée de M. Garnier, Commissaire français.
EC
27 mars 1868 : Découverte d’un complot ; la reine Rasoherina est gravement malade et des conspi-
AV
rateurs menés par Andriantsitohaina XIV Vtra et un certain nombre d’Officiers de Palais, avec
l’aide de l’ancien Premier Ministre Rainivoninahitriniony, libéré secrètement de son exil d’Am-
RS
1er avril 1868 : Mort de Rasoherina dans la nuit. Le Premier Ministre Rainilaiarivony fait arrê-
ter tous les conjurés, et présente immédiatement la princesse Ramoma (cousine de Rasoherina)
comme successeur désigné par elle-même sur son lit de mort. Elle prendra le nom de Ranavalona
II et deviendra l’épouse de Rainilaiarivony (suivant la tradition initiée par Ranavalona I).
8 août 1868 : M. de Louvières, représentant français à Antananarivo, ayant décédé sans avoir pu
terminer sa mission, son successeur M. Garnier signe le traité franco-malgache. Le gouvernement
de l’Empereur Napoléon III renonce à réclamer le droit de propriété pour ses ressortissants. L’en-
terrement de Rasoherina a lieu le 14 août dans le tombeau construit à côté de celui de Radama I
par James Cameron dans l’enceinte du Rova.
3 septembre 1868 : Promulgation du Code des 101 articles consacrant l’adoucissement des mœurs :
suppression de l’épreuve du tanguin, de l’emploi des idoles et des "sikidy". Le peuple doit prier le
dimanche et les enfants doivent fréquenter l’école, la monogamie est instituée, le concubinage et
le divorce interdit, de même que la fabrication et la consommation d’alcool.
1868 à 1880 : Cameron contribue à doter la ville de nombreuses maisons de briques, supplantant
les constructions en bois qui étaient seules constructions autorisées auparavant
1869 : L’ouverture du canal de Suez donne une importance nouvelle à l’océan Indien.
28 février 1869 : Baptême de la reine Ranavalona II et du Premier Ministre Rainilaiarivony ; pour la
première fois dans l’histoire de Madagascar, les plus hautes autorités de l’Etat se convertissent au
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protestantisme. Les missionnaires catholiques français accomplissent néanmoins une importante
œuvre scolaire, favorisée par le gouvernement malgache.
4 juillet 1869 : Première consécration protestante "Mpandrayny Fanasana Masina" (Communion).
1871 : M Garnier retourne en France. Jean Laborde assure les fonctions de Consul de France jus-
qu’en 1878.
2 octobre 1874 : "Kabary" (discours) de Ranavalona II à Mahamasina ; les clauses des traités signés
avec les puissances étrangères ne concernent pas uniquement les esclaves à exporter. Les esclaves
introduits dans l’île après le traité du 15 février 1867 doivent être libérés. Bien peu acceptent cet
ordre, et le Kabary dut être renouvelé le 28 juillet 1877.
1878 : Mort de Jean Laborde. Il est enterré dans la première cité industrielle qu’il a bâtie à Manta-
soa.
Début 1879 : Le nouveau Commissaire du gouvernement français, M. Cassas, nommé Consul ti-
tulaire est reçu à Toamasina avec tous les honneurs. Les propriétés d’Andohalo et d’Ambohitsi-
rohitra, anciennement occupés par Laborde, sont revendiquées par M. Campan (Consul intérim
officieux), neveu de Laborde et secrétaire-interprète de M. Cassas.
29 mars 1881 : Promulgation du Code des 305 articles, version modernisée et christianisée des lois
du royaume, recueil de droit civil et pénal.
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Avril 1881 : M. Meyer est désigné représentant français à Antananarivo. Il voulut terminer par un
compromis le différend au sujet de la "succession Laborde" : amener ses héritiers à demander
LM
450000d 0 i nd emni sat i [Link] r emi er Mi ni st r en 0 eno f f r i t que 250 000, à la condition qu’on lui
remettrait tous les titres antérieurs (litigieux puisque suspectés de "faux", signés par Radama II
EC
et datés de 1864 alors que ce roi mourut en mai 1863 ; Clément Laborde avait l’usage du cachet à
l’époque). M. Campan refusa, et l’affaire en resta là.
AV
Octobre 1881 : M. Meyer est rappelé en France et remplacé par M. Baudais, nommé par Gambetta
(Ministre des Affaires Etrangères)
RS
reconnaître aux héritiers Laborde la "libre disposition des biens qui leur appartiennent". Devant
le refus du Ministre, il reprend les prétentions françaises à la possession des côtes nord-ouest,
CO
en particulier aux domaines de la reine Binao et du petit prince Sakalava Monja, en se référant à
des demandes de protectorat signées par la princesse Sakalava Tsiomeko (âgée seulement de 13
ans) et le prince Antakarana Tsimiharo, en 1840 et 1841. Le Ministre rétorque que le traité signé
avec la France en 1868 annule tous les traités signés antérieurement, et tous traités signés par des
chefferies ou roitelets après cette date sont réputés "nuls et non avenus".
1er août 1882 : Ambassade malgache reçue par M. Broome, Gouverneur de l’Ile Maurice. Le Pre-
mier Ministre Rainilaiarivony, pressentant des difficultés avec la France (qu’il suspectait de vou-
loir prendre possession du pays) décide d’envoyer une ambassade dirigée par Ravoninahitrinia-
rivo, Ramaniraka XIV Vtra, Andrianisa (interprète anglais), Marc Rabibisoa (interprète français) en
Europe (M. Tacchi, un sujet anglais, conseillait les ambassadeurs sur les étiquettes). La mission
n’arrive pas à un accord concernant le traité avec Mr Ducler, Ministre des Affaires étrangères en
France.
26 novembre 1882 : M. Ducler informe les délégués malgaches qu’ils cessaient d’être considérés
comme représentants officiels de la reine, et que pleins pouvoirs ont été donnés à M. Baudais et à
l’Amiral Pierre.
16 février 1883 : L’ambassade signe un nouveau Traité anglo-malgache avec Lord Granville et le 12
mars 1883 poursuit son voyage aux Etats Unis où un traité américano-malgache est signé avec le
Président américain, Chester Alan Arthur.
24
7 mai 1883 : Sous Louis-Philippe, des rois sakalavas et tankaranas (du nord de l’île), fuyant la domi-
nation merina, s’étaient réfugiés dans la petite île de Nossi-Bé et avaient placé leurs États sous le
protectorat français. En 1883, le gouvernement de Jules Ferry réclame tout le nord de Madagascar
et occupe les ports. L’Amiral Pierre, Chef des Opérations dans l’Océan Indien, bombarde la côte
nordouest à Amorotsangana et Ambodimadiro, sans déclaration de guerre. Les Officiers du Palais
réunis en conseil décident d’expulser les Français.
15 mai 1883 : L’Amiral Pierre occupe la ville de Majunga. L’ambassade malgache signe à Berlin un
traité germano-malgache avec l’Empereur d’Allemagne. Et sur le chemin du retour vers Madagas-
car en passant par l’Angleterre, l’ambassade y signe le 6 juillet 1883 le premier traité italo-malgache
avec l’Ambassadeur d’Italie à Londres.
31 mai 1883 : L’Amiral Pierre et M. Baudais envoient un ultimatum exigeant à la reine Ranavalona
II de : - céder à la France tout le territoire situé au nord du 16ème parallèle ; - accorder aux ressor-
tissants français le droit d’acquérir des terres ; - payer une indemnité de $ 200 000 aux héritiers de
Laborde. Le 11 juin, occupation de Tamatave par l’amiral Pierre. Révolte Tanosy.
13 juillet 1883 : Décès de la reine Ranavalona II, appelée affectueusement Ramorabe. La princesse
Razafindrahety, veuve du prince Ratrimoarivony, est désignée pour lui succéder sous le nom de
Ranavalona III ; elle régnera jusqu’en 1895.
1er août 1883 : Prise de commandement du Colonel anglais Digby Willoughby, recruté par l’ambas-
sade envoyé par Rainilaiarivony en Angeleterre en 1882. Willoughby est nommé Adjudant Général
R
des Forces de sa Majesté Ranavalona III.
LM
4 octobre 1883 : Arrivée de l’Ambassade à Vohipeno, Manakara où elle dut faire un détour à cause
des attaques françaises. Tombé malade, l’Amiral Pierre mourut en mer le 11 septembre après avoir
EC
reçu un blâme du gouvernement français pour avoir outrepassé ses instructions en s’emparant
de Tamatave le 30 mai. L’Amiral Galiber est envoyé pour remplacer l’Amiral Pierre. De nouvelles
AV
négociations avaient de nouvelles raisons d’être à l’avènement d’une nouvelle reine. Elles traî-
nèrent d’octobre 1883 à avril 1884. La guerre se termine par la signature d’un traité qui considère
RS
1884 : Rénovation des Fokonolona (communes). Mais les finances sont misérables ; les fonction-
naires, non payés, vivent sur le pays et utilisent la corvée.
13 mai 1884 : L’Amiral Miot est envoyé pour remplacer l’Amiral Galiber. Il réclame dès son arrivée
2 000 000 FF d’indemnités et le droit des français d’acquérir des propriétés à Madagascar.
27 juillet 1884 : Sur la demande de Jules Ferry, Président du Conseil, un crédit de 5 000 000 FF est
voté pour renforcer le blocus des ports malgaches. L’Amiral Miot s’installe à Ambodimadiro, en
face de Nosy Be, et s’empare de Vohémar et de Diego Suarez en décembre 1884. Le protectorat
français (1885-1896) puis l’annexion
1885 : La France se fait attribuer Madagascar à la conférence de Berlin. A cette époque la Grande
Île était considérée par la France comme trop vaste, trop lointaine et trop compliquée à gouverner
compte tenu de ses nombreuses divisions ethniques. . .
1885 : Publication de l’Histoire de la Géographie de Madagascar d’Alfred Grandidier.
1885 : Vote d’un nouveau crédit dépassant 12 000 000 FF au Parlement français.
21 novembre 1885 : M. Patrimonio remplace M. Baudais à Tamatave. Rainilaiarivony y envoie son
fils Rainizanamanga et l’anglais Willoughby comme plénipotentiaires pour discuter avec l’Amiral
Miot et Patrimonio.
25
17 décembre 1885 : Le Général Willoughby signe au nom de la reine Ranavalona III le traité de
paix avec les représentants français, en acceptant le paiement de 2 000 000 FF de dédommage-
ment exigé. Madagascar est sous protectorat français. Le traité stipule l’installation d’un résident
français à Tananarive. Willoughby fut blâmé par le gouvernement anglais car il avait enfreint les
lois anglaises en s’offrant de représenter un pays étranger. Le Premier Ministre Rainilaiarivony
fit demander auprès des plénipotentiaires français des explications écrites précisant la valeur de
certains termes employés dans le traité, qui ne prendrait effet que "sous réserve de la ratification
définitive par le Conseil royal". Rainilaiarivony résistera dix ans à la création d’un protectorat ef-
fectif.
9 janvier 1886 : Les précisions sont apportées formellement par MM. Miot et Patrimonio dans
un document connu sous le nom de "appendice au traité" (déterminant notamment le futur rôle
du Résident français, car le traité mentionnait que "le gouvernement de la République française
représentera Madagascar dans toutes ses relations extérieures").
1886 : Protectorat français établi sur les trois îles de l’archipel des Comores (Anjouan, Mohéli et la
Grande Comore) sous l’autorité du Gouverneur de Mayotte.
28 avril 1886 : Arrivée à Tamatave de M. Le Myre de Vilers, ancien Gouverneur de Cochinchine
qui avait déjà acquis une grande pratique des questions diplomatiques et coloniales. Il déclara
sans ambages aux diplomates étrangers de ce port "qu’il venait remplir les fonctions de Ministre
des Affaires Etrangères de Madagascar". Les questions qui mirent aux prises Rainilaiarivony et ce
R
nouveau Résident français concernaient : - la conclusion de l’emprunt du gouvernement ; - la dé-
limitation du territoire de Diégo Suarez ; - l’appendice au traité, et - la question de "l’ex-equatur".
LM
Mr Kingdon, homme d’affaires anglais et exploitant forestier à Maroantsetra, voulut ouvrir une
banque à Antananarivo pour prêter 20 millions de Francs au gouvernement malgache, mais le Ré-
EC
sident Le Myre de Vilers s’y opposa et fit installer le 6 avril 1886 le Comptoir d’Escompte de Paris
à Andohalo pour se charger de l’opération en prêtant 3 millions de FF à 6La France se refusait à
AV
péennes pour essayer d’acquérir des matériels pour la fabrication d’armements, et trouver d’autres
ressources financières afin de renforcer la sécurité des étrangers dans l’île. Il se présente comme «
U
ambassadeur itinérant de sa Majesté » jusqu’à la fin de 1887, mais, à cause de sa nationalité, son
CO
titre n’est pas accepté par les gouvernements anglais et français. Il est reçu à Berlin par le prince
allemand, futur Fréderic III, et à Rome par le roi Humbert.
8 décembre 1886 : Rainiharovony (connu sous le nom de Mariavelo) fils du Premier Ministre est
désigné pour diriger une ambassade de 6 Officiers. Celle-ci est reçue par le Président français, mais
ne conclut aucun accord. A la mi-septembre 1887, Le Myre de Vilers fait une concession notoire
en acceptant que les papiers consulaires soient délivrés par le Premier Ministre ; il se contenterait
uniquement d’y apposer sa signature.
Juillet 1889 : Le Myre de Vilers retourne en France et est remplacé par M. Bompard.
5 août 1890 : La "Convention de Zanzibar" est signée entre la France et l’Angleterre, par laquelle
l’Angleterre reconnait officiellement le protectorat français sur Madagascar. En contrepartie, Na-
poléon Bonaparte laisse les mains libres à la couronne britannique au Zanzibar, en Afrique de
l’Est (et aussi en Egypte quelques années plus tôt : révolte d’Arabi Pacha contre le Général anglais
Wolseley).
24 mars 1891 : Rainilaiarivony est atterré par la mort de Rainiharovony, le fils à qui il destinait sa
succession. Après l’enterrement de ce dernier, son choix se porta sur son petit-fils Ratelifera.
Août 1891 : M. Bompard est remplacé par M. Larrouy ancien Consul adjoint
Juin 1893 : Rainilaiarivony est tombé malade ; des clans s’organisent pour prendre sa succession.
26
Les partisans de Ratelifera cherchent l’appui des Français, tandis que son fils Rajoelina sollicite
l’homme d’affaires anglais M. Kingdon, avec l’aide du Dr. Rajaonah gendre du P.M. et Ralaikizo,
mari de Ramasindrazana tante de la reine Ranavalona III.
9 août 1893 : Arrestation des trois présumés coupables à la guérison du Premier Ministre. Il de-
mande au Conseil royal de les envoyer en exil.
26 janvier 1894 : La Chambre des Députés français vote une résolution destinée à soutenir le gou-
vernement dans tout ce qu’il entreprendra pour "maintenir les droits de la France à Madagascar."
22 juin 1894 : Devant l’extension d’une situation d’anarchie dans plusieurs régions de Madagas-
car, la Chambre des députés française affirme à l’unanimité – sur une proposition de Louis Brunet,
représentant de la Réunion – qu’elle est « résolue à soutenir le gouvernement dans ce qu’il entre-
prendra pour maintenir notre situation et nos droits à Madagascar, rétablir l’ordre, protéger nos
nationaux, faire respecter le drapeau. »
21 août 1894 : Mort de la très pieuse Victoire Rasoamanarivo qui propagea le catholicisme sans les
prêtres, première Malgache béatifiée par le Pape Jean Paul II en 1989.
5 octobre 1894 : première manifestation du "Fifohazana" ou Mouvement du Réveil à Fianarantsoa ;
Dada Rainisoalambo, guérisseur traditionnel, aurait eu une vision à Ambatoreny, petit village à
l’Ouest de Soatanàna, lui ordonnant de jeter les idoles et les superstitions ancestrales. Il proclame
à sa famille et à son entourage le pouvoir de Jésus Christ et forme rapidement des Disciples du
R
Seigneur appelés "Mpianatry ny Tompo". LM
14 octobre 1894 : Le gouvernement français envoie M. Le Myre de Vilers une troisième fois pour
une ultime tentative auprès de Rainilaiarivony afin qu’il accepte le protectorat. Quelques hauts di-
gnitaires malgaches, dont Rasanjy et Marc Rabibisoa proches collaborateurs du Premier Ministre,
EC
n’hésitent pas à faire savoir au Résident français qu’ils sont disposés à servir la France.
AV
17 octobre 1894 : Le Myre de Vilers soumet à la reine un projet de Traité en cinq points, et lui
donne jusqu’au 26 octobre pour ratifier sa proposition : Article 1 : Le gouvernement de la Reine de
RS
Madagascar s’interdit d’entretenir aucune relation avec les gouvernements étrangers sans passer
par la Résidence Générale de France à Madagascar. Article 2 : Toute concession faite par le gou-
U
vernement de la Reine à des Français ou à des étrangers devra être approuvée par le Résident.
Article 3 : Le gouvernement de la République aura le droit d’entretenir à Madagascar les forces
CO
qu’il jugera nécessaires pour la sécurité de ses nationaux et des résidents étrangers. Article 4 : Le
gouvernement français pourra entreprendre des travaux d’utilité publique et percevoir les taxes
qui en seraient la conséquence. Article 5 : En cas de difficultés, le texte français fera seul loi.
24 octobre 1894 : Rainilaiarivony lui soumet un contre-projet comportant douze articles. Le lende-
main 25, le Résident envoie une lettre au Premier Ministre confirmant son ultimatum. Rainilaiari-
vony envoie en réponse le 26 octobre un refus déguisé de reprendre la discussion sur la base des
propositions françaises.
27 octobre 1894 : Le Myre de Vilers amena le pavillon français à cinq heures du matin, et donna
l’ordre à tous les Français d’évacuer la capitale. Il en avertit Rainilaiarivony et lui envoya une lettre
d’adieux émus. Le gouvernement de la reine fit escorter les Français jusqu’au port de Tamatave.
12 décembre 1894 : prise de Tamatave par le commandant Bienaimé ; le Parlement français a voté
le principe de l’envoi d’un corps expéditionnaire.
De 1894 / 1895 : Seconde guerre Franco - Malgache. Conséquence du refus d’accepter le protecto-
rat par le premier ministre Rainilaiarivony. Elle se terminera par la défaite malgache et la signature
d’un protectorat réel. Des révoltes éclatent car la population malgache conteste ce protectorat.
Des mouvements de résistance se forment ainsi que des mouvements xénophobes.
15 janvier 1895 : L’occupation de Majunga par les troupes françaises du commandant Bienaimé
27
complète les préparatifs de l’expédition dont le principe a été accepté par la Chambre des députés
française, malgré l’opposition des socialistes et des radicaux. Le corps expéditionnaire comprend
15 000 hommes et l’acheminement des moyens nécessaires impose la construction d’une route
praticable pour les convois. Ces travaux causent la mort, du fait du climat insalubre, de 6 000 sol-
dats et convoyeurs algériens et somalis recrutés à cet effet.
9 juin 1895 : Les 12 "Mpianatry ny Tompo - Fifohazana" (Disciples du Seigneur) réunis en prière
chez Dada Rainisoalambo auraient vu des manifestations miraculeuses et entendu la voix de Dieu
leur disant : "Je vous charge de confesser les gens car je viens sauver mon peuple !". Ce sont : Raje-
remia, Rainitiaray, Ramongo, Rasoarimanga, Ratahiana, Rainiestera, Ralohotsy, Rasamy, Raman-
jatoela, Razanamanga, et Rasoambola.
fin août 1895 : Le corps expéditionnaire français aborde le plateau mais l’aménagement de la route
ralentit sa progression.
14 septembre 1895 : Le général Duchêne, commandant en chef de l’expédition, décide de consti-
tuer une colonne légère de 4 000 combattants pour accélérer la marche vers l’intérieur.
30 septembre 1895 : les Français atteignent Tananarive. Le corps expéditionnaire français, conduit
par le Général Metzinger, le Général Duchesne et le Général Voyron, bombarde le Palais de la reine
dans l’après-midi
1er octobre 1895 : Capitulation de la reine Ranavalona III et signature du protectorat français sur
R
Madagascar. Le Premier Ministre Rainilaiarivony, fait prisonnier d’Etat, est placé en résidence sur-
veillée dans son palais d’Amboditsiry à partir du 15 octobre 1895. Les généraux français le rem-
LM
placent par Rainitsimbazafy, "un vieillard dont on n’a rien à craindre", pour faire fonction de Pre-
mier Ministre.
EC
1896 : L’intention des Français est d’abord d’établir un simple régime de protectorat, affectant
surtout le contrôle de l’économie et les relations extérieures de l’île. Agitations et guérillas contre
AV
les occupants menées par les "Mena Lamba" (toges rouges, vêtements des résistants rougis par la
poussière de la campagne). Mais par la suite, l’éclatement de la résistance populaire et l’arrivée
RS
18 janvier 1896 : Après que Madagascar fut passée, le mois précédent, de l’autorité du ministère
CO
des Affaires étrangères à celle du ministère des Colonies, le Résident général Laroche fait signer
à la reine un nouveau traité par lequel la « prise de possession par la France » se substitue au «
protectorat ». Il est cependant demandé au Résident « d’éviter tout acte de nature à affaiblir sans
nécessité l’autorité de la reine auprès de ses sujets ».
6 février 1896 : Rainilaiarivony est envoyé en exil à Alger, accompagné de son petit-fils Ratelifera
qui se rendait en France, de Gabriel Razanamahery son interprète, et de quatre domestiques. Il
habitait à la "Villa des Fleurs", dans les environs d’Alger, à proximité de la résidence d’un autre
exilé politique, l’ancien Roi d’Amman. Il y mourut mystérieusement le 17 juillet 1896. Son corps
fut rapatrié aux frais du gouvernement français en 1917 pour être enseveli avec son illustre père au
Fasan-dRainiharo à Isoraka
6 août 1896 : Une loi votée par la Chambre le 20 juin, par 329 voix contre 82, déclare « colonie
française l’île de Madagascar et les îles qui en dépendent ». En 1896, Madagascar était intégrée à
l’empire colonial français.
27 septembre 1896 : Laroche décrète l’abolition complète de l’esclavage, deux jours avant de trans-
mettre le commandement civil et militaire de l’île au général Gallieni. Libération de tous les es-
claves dans toute l’île
De 1896 à 1905 : mission de "pacification" du général Gallieni gouverneur général de Madagas-
car, elle s’exercera avec brutalité. * Politique de la terre brûlée : pour obliger la population à se
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soumettre, on détruit leurs cultures et leurs villages. * Politique des races : il faut abattre la domi-
nation merina de l’époque. Gallieni n’en attribue pas moins aux Hovas une relative prééminence
en reconnaissant leur dialecte comme langue officielle à côté du français et en prévoyant qu’ils
pourront accéder avec le temps à la nationalité française. * Politique « diviser pour mieux régner
» : il faut séparer les Malgaches pour créer une confusion. * Politique de la tâche d’huile : pacifier
d’abord le centre et seulement après les autres régions pour arriver à tout Madagascar ; sécuriser
progressivement des régions entières en combinant l’usage de la force avec l’ouverture de dispen-
saires et d’écoles, la priorité demeurant la mise en confiance des populations Cette « pacification
» s’accompagne d’exécutions des chefs de mouvements de révolte pour terroriser la population.
Les postes militaires ont été créés pour mieux contrôler la population. Gallieni entreprend aussi
l’organisation administrative, l’assimilation douanière à la France, met fin à l’hégémonie merina,
crée une assistance médicale gratuite et un enseignement laïc, ouvre des routes, un chemin de fer
et met au point un régime foncier. Le général Gallieni donnera à Tananarive un nouveau statut,
celui de capitale de Madagascar. Les résultats sont spectaculaires et la pacification du pays mérina
est acquise en mai-juin 1897, marquée notamment par la reddition du chef rebelle Rabezavana
qui se rend au commandant Lyautey.
16 octobre 1896 : Rabezandrina Rainandriamampandry et le prince Ratsimamanga, oncle de Ra-
navalona III, sont fusillés par les Français pour couper court à toute velléité de résistance et servir
d’exemple d’intimidation.
28 janvier 1897 : La reine Ranavalona III est exilée avec sa tante Ramasindrazana et sa nièce à la
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Réunion d’abord, puis à Alger quelques mois plus tard. Elle y mourut, et ses restes furent transfé-
LM
rés pour être enterrés en 1939 avec ceux des autres souveraines à Anatirova, dans le tombeau se
trouvant à côté de celui de Radama I, dans l’enceinte du Palais de la Reine. Pacification du centre
nord et du nord ouest. La royauté est abolie le 28 février et la féodalité le 17 avril. Ces mesures sont
EC
narive compte alors environ 50 000 habitants, Tamatave 8 000, Diego Suarez 6 000, Majunga 4 000
CO
et Mananjary moins de 3 000. Une femme nommée Renilahy prétend que Jésus Christ se serait
présenté à elle à Manolotrony près de Tsienimparihy, Fianarantsoa ; elle sera désormais appelée
Ravelonjanahary ("que le Seigneur fait vivre").
1901 : le pouvoir colonial entame la « mise en valeur » de la nouvelle colonie pour le profit des
colons et de la métropole. Les voies de communication sont créées, création de ligne de chemin de
fer, construction de la ligne Tamatave -Tananarive et de la ligne Tananarive-Antsirabé, des canaux
navigables sont aménagés et l’agriculture se développe, des ports modernes sont aménagés.
1900-1902 : Le Commandement supérieur du sud, correspondant au tiers méridional de l’île (avec
sa capitale à Fianarantsoa) est confié au colonel Lyautey, qui complète la pacification. Une der-
nière révolte, facilement réprimée, n’en éclate pas moins en 1904-1905.
1902 : Administration et organisation de la nouvelle colonie : * Organisation générale de la nou-
velle colonie : Le Président de la république française est le premier responsable de l’administra-
tion coloniale. Il est suivi du ministre des colonies qui s’occupe de l’administration coloniale et
désigne les gouverneurs généraux dans les colonies. Ces deux personnalités résident en France. *
Pour l’organisation interne de la nouvelle colonie, les fonctionnaires responsables de l’adminis-
tration coloniale : * Le gouverneur général : il a tout les pouvoirs et publie les lois. Il est de natio-
nalité française. * Le secrétaire général : il est responsable de l’administration civile et politique.
Il est également Français. * Le conseil de gouvernement : il est composé de 15 membres dont 13
français et 2 malgaches. Ce Conseil s’occupe de la politique générale du pays. * Les représentants
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économiques et financiers formés de 50 membres (25 français, 25 malgaches) : ils s’occupent de
l’élaboration des lois et de l’aménagement du territoire. * Division et gestion administrative de la
nouvelle colonie : Madagascar est divisée en provinces, dirigées par un chef de province de na-
tionalité française. Il exécute les ordres du gouverneur général. * Chaque province est divisée en
districts dirigés par un chef de district de nationalité française. Il contrôle l’exécution des tâches et
il conseille. * Officialisation des Fokonolona. Chaque district comprend des cantons dirigés par un
chef de canton de nationalité malgache. Il tient le registre et collecte les impôts. Dans son travail
le chef de canton est aidé par le chef de village et le chef local traditionnel. Dans les cantons la
population est organisée en fokonolona. Un gros effort est réalisé en matière sanitaire puisqu’au
départ de Gallieni les Français auront installé 38 hôpitaux, 56 dispensaires, 35 maternités et 11 lé-
proseries. À côté des missions protestantes, les jésuites, les lazaristes et les pères du Saint-Esprit
développent leur influence, même si Gallieni, en républicain sourcilleux, maintient une politique
de stricte neutralité religieuse. Ces missionnaires se consacrent tout particulièrement à l’ensei-
gnement, même si le gouverneur général établit des écoles laïques qui regrouperont plus de vingt
mille élèves au moment de son départ.
1904 : Insurrection du sud.
13 mai 1905 : Gallieni quitte Madagascar en laissant l’île unifiée et pacifiée.
1909 : Décret de loi permettant aux Malgaches d’accéder aux droits de citoyens français.
1912 : L’ensemble comorien (dont Mayotte) devient une province de la colonie de Madagascar ;
R
c’est le régime de Madagascar et Dépendances. Le Général Gallieni institue l’indigénat et le SMO-
LM
TIG (Service de la Main d’œuvre pour les Travaux d’Intérêt Général), travaux forcés d’une main-
d’œuvre non rémunérée pour construire les infrastructures routières et ferroviaires, ainsi que les
ouvrages d’art. Des "coolies" chinois sont importés par intervalle pour compléter les effectifs.
EC
1913 : un premier mouvement nationaliste de résistance organisé et secret fait son apparition, ce-
AV
lui des VVS, la Vy, Vato, Sakelika (fer, pierre, ramification). Il était constitué par des intellectuels, des
étudiants de l’école de médecine (Ravohangy, Robin...), des poètes (Ny Havana Ramanatoanina),
RS
des journalistes (Ratsimiseta, Andrianjafitsimo...), des hommes d’Eglise (le pasteur Ravelojaonina
et le prêtre Venance Manifatra), leurs objectifs étaient de lutter pour la liberté et la justice, de ren-
U
forcer la solidarité, la fraternité et le nationalisme des Malgaches. Ils n’utilisent pas la violence.
C’était une lutte pacifique. Il conscientise la population à l’aide de messages secrets dans les jour-
CO
naux et dans les tracts. Il forge les premiers concepts nationalistes modernes de ses 2.000 membres
répartis dans les grandes villes de l’Imerina et à Toamasina (Tamatave, port principal du pays).
1915 : Découverte par l’administration coloniale de l’organisation VVS et répression. Les membres
ont été sévèrement punis. Ils furent condamnés aux travaux forcés, certains ont été exilés. L’école
de médecine sera fermée. Ce mouvement sera un échec.
1915 : En juillet, premier départ des soldats malgaches pour la Métropole. Madagascar envoie en
France, au cours de la guerre de 1914-1918, 45 000 engagés volontaires dont 4 000 seront tués.
1917 : Mort de Ranavalona III à Alger.
1920 : Le mouvement anti-colonialiste trouve son avocat en la personne de Jean Ralaimongo.
1921 : Création du Conseil Supérieur des Colonies. Mort d’Alfred Grandidier qui a consacré son
existence à l’étude de Madagascar. Le relais est pris par son fils Guillaume, qui disparaîtra lui-
même en 1956. Effectués sur plus de huit décennies, leurs travaux ont conduit à la publication de
deux sommes fondamentales, la Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar (parue
de 1903 à 1920) et la Bibliographie de Madagascar (dont la parution s’est étendue de 1905 à 1957).
1922 : Jean Ralaimongo, animateur du journal L’Opinion et fondateur de la Ligue française pour
l’accession des indigènes de Madagascar aux droits de citoyens français réclame la transformation
de l’île en département et dénonce les expropriations et certains abus de la colonisation.
30
1923 : Les terres australes françaises sont rattachées administrativement à Madagascar.
1924-1929 : Marcel Olivier est gouverneur général. Il favorise l’activité des grandes compagnies
commerciales et crée la Banque de Madagascar ainsi qu’une organisation de crédit agricole, alors
que les exportations de produits primaires s’envolent, dans le contexte favorable de la prospérité
passagère que connaissent les années vingt. De grands travaux d’infrastructure (routes, chemins
de fer) sont poursuivis.
7 mai 1924 : Création des Délégations économiques et financières. Représentant les intérêts des
colons et ceux des notables indigènes, elles n’ont qu’un pouvoir consultatif.
1926 : Début des travaux de construction de la ligne de chemin de fer Fianarantsoa / Manakara.
Essor du S.M.O.T.I.G. (travaux forcés)
3 mars 1927 : Un terrible cyclone détruit Tamatave.
1929 : Manifestations massives pour la naturalisation. La manifestation du 19 mai 1929 a poussé
les Malgaches à réclamer pour la première fois l’indépendance de Madagascar. Les dirigeants du
mouvement de Jean Ralaimongo sont arrêtés et mis en résidence surveillée. Cependant les mili-
tants malgaches ne se découragent pas. L’exemple du mouvement V.V.S et de celui de Jean Ralai-
mongo conduit les Malgaches vers un nationalisme populaire. Désormais, tout le peuple malgache
aspire à l’indépendance. Les années 1930 voient la naissance d’un syndicalisme que le Front po-
pulaire reconnait, en même temps que les partis politiques autochtones.
R
1930-1939 : Léon Cayla, gouverneur général. Malgré la crise mondiale, il rétablit l’équilibre de la
LM
balance commerciale de l’île et poursuit les grands travaux, notamment l’aménagement des ports
modernes de Tamatave et de Diego Suarez – ce dernier établi jadis par le colonel Joffre. La recons-
truction de Tamatave et les transformations de Tananarive, de Fianarantsoa et de Majunga voient
EC
le développement dans l’île d’un urbanisme moderne. En passant de 12 000 à 25 000 km, la lon-
gueur du réseau routier double au cours de cette période. La production de café est multipliée par
AV
six. Une ligne aérienne est alors établie avec la France. Marcel de Coppet remplace Léon Cayla en
juin 1939.
RS
l’échec des demandes d’assimilation – du développement d’un nationalisme malgache, animé par
Dussac, un créole sympathisant des communistes, et par le Malgache Ravoahangy. Ils réclament
CO
la fin de l’indigénat et l’accession de tous à la citoyenneté française mais l’écrasante majorité des
masses rurales semble encore étrangère à ces revendications.
1938 : Élargissement de l’accession des Malgaches aux droits du citoyen français . Plan de mobili-
sation de la production agricole à Madagascar. Retour des cendres de Ranavalona III à Tananarive.
juillet 1940 : Le gouverneur De Coppet cède son poste à Léon Cayla, lui-même remplacé en avril
1941 par le gouverneur Annet. Du fait de la guerre, le pays est réduit à vivre de ses propres res-
sources, la plupart des communications maritimes se trouvant interrompues. Les colons restent
fidèles au maréchal Pétain, mais les troupes sud-africaines et britanniques débarquent dans l’île
en 1942, et la remettent aux forces de la France libre l’année suivante.
1942 : Le 5 mai 1942, deux ans après la débâcle française face à l’armée allemande, les Britan-
niques, craignant que le Japon ne s’emparât de Madagascar - alors aux mains du gouvernement
de Vichy - envoyèrent dans l’île un corps expéditionnaire - débarquement britannique à Diégo
Suarez. Bataille de Diégo Suarez. Les navires français se trouvant dans la rade sont coulés et les
quelques rares avions français sont abattus. Ces combats entraînent la mort de l’aviateur Asso-
lant qui avait établi la première liaison aérienne entre Madagascar et la métropole. Le prétexte
invoqué par les Anglais était la présence tout à fait imaginaire de sous-marins japonais dans les
eaux malgaches. Au moment où l’expansion japonaise atteignait en Asie ses limites maximales,
les Britanniques entendaient en fait de pouvoir disposer d’une base précieuse leur permettant de
31
conserver une totale liberté d’action dans l’océan Indien au cas où Ceylan et l’Inde se trouveraient
par trop menacés.
14 septembre 1942 : Nouveau débarquement anglais, à Majunga cette fois. L’objectif est la prise
de contrôle de l’ensemble de l’île ; Tananarive est occupée le 23 septembre. Le gouverneur Annet
signe un armistice à Ambalavao le 6 novembre. Le 14 décembre, accord De Gaulle Eden à Londres
sur l’administration de Madagascar.
janvier 1943 : Les Anglais remettent le contrôle de l’île au gouvernement de la France libre. Le géné-
ral Le Gentilhomme vient y installer le pouvoir gaulliste. Il sera remplacé en mai par le gouverneur
général de Saint Mart. Le souci de faire participer l’île à l’effort de guerre auquel la France libre en-
tend, pour des raisons politiques évidentes, prendre toute sa part, fait que les prélèvements et les
réquisitions sont augmentés, ce qui suscite le mécontentement de la communauté européenne et
des populations malgaches, aggravé par l’insuffisance des marchandises de nouveau importées,
propice au développement du marché noir.
décembre 1943 : René Pleven, commissaire aux Colonies du Comité français de libération natio-
nale, vient annoncer à Tananarive la constitution d’une commission mixte franco-malgache appe-
lée à débattre de l’évolution politique future de l’île. Ces perspectives semblent confirmées par les
propos tenus lors de la conférence de Brazzaville qui, tout en écartant l’autonomie, prévoit pour
l’après-guerre une représentation des indigènes des territoires coloniaux au Parlement français.
1944 : Décret réformant les collectivités malgaches. Armistice.
R
mars 1945 : Création d’un Conseil représentatif comportant trente membres français et trente
LM
membres malgaches désignés par les notables traditionnels. Cette assemblée devait disposer de
certains pouvoirs, notamment en matière budgétaire.
EC
La voie de l’indépendance
AV
pendance de l’île, gagne toutes les élections et envoie à l’Assemblée constituante française trois
députés : Dr. Joseph Ravoahangy Andrianavalona, Dr. Joseph Raseta, et Jacques Rabemananjara.
U
21 mars 1946 : Les députés du MDRM proposent l’abolition de la loi d’annexion et la reconnais-
sance de Madagascar comme un « État libre, ayant son gouvernement, son Parlement, son armée,
ses finances au sein de l’Union française ». L’échec de la première Constituante fit que cette pro-
position fut finalement négligée.
19 mai 1946 : Retour au Gouvernement général de De Coppet, qui est accueilli par des manifesta-
tions hostiles. L’opinion malgache est influencée par le mouvement de décolonisation qui débute
alors en Asie du sud et par les encouragements de l’ONU et des deux grandes puissances du mo-
ment, les USA et l’URSS, à réclamer une évolution rapide du statut de l’île.
6 août 1946 : Création du PADESM (Parti des Déshérités de Madagascar), "à l’instigation" des ad-
ministrateurs français, dit-on, pour contrer la velléité d’indépendance du MDRM. Ce parti antiin-
dépendantiste regroupait uniquement les " Mainty-enindreny" et "les tanindrana" ou côtiers. Un
gouvernement fédératif fut instauré, les représentants du mouvement de rénovation malgache
(M.D.R.M), ce qui provoqua une sévère répression en 1947.
25 octobre 1946 : Un décret divise Madagascar en cinq provinces disposant d’une large autonomie
budgétaire et d’une assemblée propre. Une Assemblée centrale devait par ailleurs siéger à Tana-
narive.
janvier 1947 : Lors des élections générales, le MDRM l’emporte partout, sauf dans la province de
Majunga.
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29 mars 1947 : Cette nuit-là éclate une insurrection contre la colonisation qui embrase la façade
orientale de l’île, et s’étend à de nombreuses régions. La dure répression par la force coloniale,
composée principalement de tirailleurs sénégalais et marocains, fait des milliers morts, presque
tous malgaches. Dissolution du MDRM par les autorités françaises. Paris avait alors envoyé des
troupes pour mater un soulèvement populaire contre les colons français. Historique dans le pro-
cessus de décolonisation, cette date n’en a pas moins été occultée pendant longtemps par les gou-
vernements malgaches et français. Pendant plus d’un mois et dans le plus grand silence, la répres-
sion fait des milliers de victimes. Exécutions sommaires, tortures, incendies de villages : l’armée
française testait une nouvelle technique de « guerre psychologique », jetant des suspects du haut
des avions pour terroriser la population. Des mascarades de procès ont aussi lieu au Palais du Pre-
mier Ministre à Andafiavaratra. Si la France a rayé ce douloureux épisode de sa mémoire collective,
il est resté fortement ancré dans les esprits malgaches. L’exemple malgache fait aussi son chemin
et inspire d’autres pays comme le Vietnam et l’Algérie.
décembre 1948 : L’insurrection est complètement matée. Tous les partis sont dissous. Création
du FIDES (Fonds d’Investissements pour le Développement Économique et Social). Les chiffres
avancés par le gouverneur général de Chevigné et par le général Garbay pour évaluer le bilan de
l’insurrection et de la répression étaient très largement surévalués – il était question de 60 000
à 80 000 morts, mais sans tenir compte du nombre de gens ayant fui leur village pour y revenir
ensuite. Si l’on ajoute aux victimes de l’insurrection – Français, tirailleurs sénégalais, Malgaches
tués par les rebelles – celles de la répression, on aboutit, selon les chiffres obtenus à l’issue d’une
R
enquête méthodique commandée par le gouverneur général Bargues en 1950, à un peu plus de 11
000 victimes dont plus de 80
LM
22 juillet – 4 octobre 1948 : Procès à Tananarive des leaders du MDRM, accusés d’être les respon-
sables du déclenchement de la rébellion. Six condamnations à mort sont prononcées, dont celles
EC
de Ravoahangy et de Raseta, mais les condamnés sont graciés et l’amnistie interviendra à partir
de 1954. Le MDRM n’en était pas moins dissous. Il constituait en fait la force politique largement
AV
dominante et n’avait aucun intérêt à encourager cette insurrection qui n’obéit pas à une direction
centralisée. À la base, en revanche, les sections de ce parti furent souvent les foyers initiaux de la
RS
révolte. Arrivé en mars 1948, le gouverneur de Chevigné n’en avait pas moins évoqué les perspec-
tives, pour Madagascar, d’une « libre association » à l’Union française.
U
février 1950 : Robert Bargues succède à Chevigné. Il conduit le redressement économique de l’île et
CO
crée les « communes rurales autochtones modernisées » qui doivent contribuer au développement
des campagnes.
janvier 1951 : François Mitterrand, ministre des Colonies, déclare que « l’avenir de Madagascar est
dans la République française ».
1952 : l’année 1952 marquera le retour à Madagascar de Philibert Tsiranana, en France depuis
1947. Il est un des fondateurs du parti des déshérités de Madagascar ([Link].M.). Cette formation,
appuyée par l’administration coloniale, était, en fait, surtout destinée à contrebalancer l’influence
grandissante du nationalisme malgache à travers le M.D.R.M. Il prend ses distances avec ceux des
dirigeants du [Link].M. qui sont inféodés à l’administration et aux colons et se rapproche des
nationalistes modérés partisans de l’autonomie de l’île.
20 décembre 1953 : Une déclaration des évêques catholiques affirme la légitimité des revendica-
tions indépendantistes formulées par des syndicalistes et des éléments proches des communistes.
octobre 1954 : André Soucadaux remplace André Bargues. Il est nommé par le gouvernement Men-
dèsFrance, au sein duquel un député européen de Madagascar, Roger Duveau, est secrétaire d’État
à l’Outre-Mer et a fait voter l’amnistie pour les condamnés de 1948.
janvier 1956 : Duveau est élu député de la côte orientale par un collège malgache alors que l’insti-
tuteur Philibert Tsiranana est élu sur la côte occidentale.
33
1956 : le 23 juin, Madagascar est déclarée territoire d’outre-mer autonome par la loi-cadre Def-
ferre de 1956. Elle marque la reprise de la vie politique. Elle met en place une nouvelle organisa-
tion politique à Madagascar. * Proclamation du suffrage universel * Création de la 6ème province
(Diégo-Suarez) et de ses assemblées provinciales * Naissance d’une assemblée législative dont le
siège est à Antananarivo * Formation du conseil du gouvernement malgache. Le haut commissaire
de la république française est le président de ce conseil. Son vice-président est Philibert Tsiranana.
* Malgachisation progressive des postes administratifs, conseils de province, conseil de gouverne-
ment. La France conserve les postes clefs comme la police, l’armée, les finances et la politique
étrangère
novembre 1956 : À l’occasion des élections municipales, les candidats nationalistes sont élus à
Tananarive, Tamatave et Diego Suarez. Ces résultats sont confirmés par les élections régionales
d’avril 1957. Il apparaît à ce moment que la loi de la majorité favorise les populations côtières
et dessert l’ancien peuple dominant mérina, ce que traduit l’élection à la présidence du Conseil
issu de l’Assemblée représentative centrale de Philibert Tsiranana, originaire de Majunga et lea-
der du Parti Social Démocrate, héritier du PASDEM, le Parti des déshérités de Madagascar ; sur
huit membres du Conseil, un seul est originaire de Tananarive. Philibert Tsiranana s’apparente à
la S.F.I.O. A ce titre, il intervient pour demander l’abrogation de la loi « d’annexion ». Chargé de ré-
organiser la fédération malgache de la S.F.I.O. avec l’aide du syndicaliste Georges Bourrel, il fonde,
en 1956, à partir des sections locales de celle-ci, le parti social démocrate de Madagascar (P.S.D.).
En décembre, le Congrès du PSD réclame l’autonomie de l’île et la mise au point d’un statut libre-
R
ment discuté « dans le cadre d’un ensemble français ».
LM
4 avril 1957 : Promulgation du décret portant réorganisation de Madagascar. La Loi-Cadre devient
effective pour le pays dès le 17 avril 1957.
EC
1957 : Philibert Tsiranana est nommé Vice Président du conseil de gouvernement. mai 1958 : Un
Congrès de l’indépendance regroupe dix partis à Tamatave pour réclamer une république unitaire
AV
et un statut analogue à celui des pays du Commonwealth britannique. Le Parti du congrès de l’in-
dépendance, l’AFKM, est créé à son issue.
RS
22 août 1958 : Visite du général de Gaulle à Tananarive pour y présenter son projet de Commu-
nauté. « Demain, vous serez de nouveau un État, comme vous l’étiez lorsque ce palais était habité
U
34
16 octobre 1958 : L’Assemblée Constituante et Législative provisoire, présidée par Norbert Zafi-
mahova élabore la Constitution du jeune Etat dont l’Exécutif fut assuré par un Gouvernement
provisoire présidé par Philibert Tsiranana. Le drapeau (Fotsy - Mena - Maintso) et l’hymne natio-
nal malgache sont créés. Un drapeau national unissant les couleurs blanc et rouge de l’ancienne
monarchie mérina à la couleur verte symbolisant les populations côtières est adopté.
29 avril 1959 : Adoption de la Constitution de la première République de Madagascar.
1er Mai 1959 : Philibert Tsiranana avait recueilli 113 voix sur 113 des suffrages exprimés pour
devenir le premier Président de la République pour 7 ans ; il accède à la Présidence de la Répu-
blique Malgache contre M. Norbert Zafimahova, président de l’Assemblée. Son élection est favo-
risée par une ascension politique qu’a facilitée l’arrivée à Madagascar de M. Soucadeaux comme
haut-commissaire. La devise de l’Etat était : "Fahafahana, Tanindrazana, Fandrosoana" (Liberté,
Patrie, Progrès).
10 mai 1959 : Le gouvernement provisoire prit fin, et le premier gouvernement entra en fonction.
2 avril 1960 : Les accords relatifs à l’indépendance de Madagascar et Dépendances furent ratifiés
par l’Assemblée Nationale française le 9 juin et par le Sénat le 16 juin 1960.
26 juin 1960 : Proclamation solennelle de l’Indépendance de Madagascar. "Une liberté cueillie en
douceur" selon les termes du premier président de l’île, Philibert Tsiranana. Seul Jean Foyer, se-
crétaire d’État chargé des Relations avec la communauté au cabinet du Premier ministre Michel
R
Debré, a fait le déplacement pour la signature des accords de coopération. La France suit l’événe-
ment de loin. Philibert Tsiranana est élu président de la république. Il autorise les Français à garder
LM
le contrôle des institutions commerciales et financières et à maintenir des bases militaires sur l’île.
Lasse de la guerre d’Indochine, la France du Général de Gaulle finit par accorder cette indépen-
EC
dance tant désirée par la population. L’élite urbaine malgache restera très attachée à l’influence
occidentale et aux valeurs chrétiennes françaises. Un héritage colonial que le premier président
AV
Tsiranana tentera de maintenir coûte que coûte, et qui accentuera l’écart entre la population d’An-
tananarivo et celle des provinces. Aux premiers jours de la nouvelle République, un processus de
RS
réconciliation est mis en œuvre. Car les liens qui relient Madagascar à la France restent très forts.
Pour preuve, dans la déclaration d’indépendance de 1960, les deux pays s’engagent à ce que «
U
l’amitié traditionnelle reste intacte », et scellent une étroite coopération culturelle, économique et
militaire. Tsiranana obtient la libération des rebelles de l’insurrection de 1947, rassurant ainsi les
CO
leaders nationalistes. Jugée par tous comme une période de néocolonialisme (nouvelle forme de
colonisation), ne durera que jusqu’en 1972.
1960 : Le 20 juillet retour des exilés de 1947.
1960 : Le 21 septembre, admission de Madagascar à l’O.N.U.
La difficile démocratisation (depuis 1965)
1965 : Réélection à la présidence de Philibert Tsiranana (du PSD, le Parti social démocrate) par
suffrage universel. Élections législatives et victoire du PSD. L’opposition est formée par le Parti du
congrès pour l’indépendance de Madagascar, l’AFKM, fondé en 1958. Le PSD représente surtout
les populations côtières, l’AFKM celles du plateau.
1967 : Premières révoltes paysannes dans le sud du pays.
4 septembre 1967 : le Congrès du PSD demandait ouvertement la nécessité d’une révision des
accords avec la France.
Janvier au 25 mai 1970 : Le Président Tsiranana est évacué et soigné à l’Hôpital de la Salpêtrière
à Paris pour troubles hémiplégiques. Course au pouvoir chez les "pseudo-dauphins". Durant son
absence, l’intérim de la Présidence est assuré par une "troïka" : le Vice-Président du Gouverne-
ment Tsiebo Calvin, Ministre sans portefeuille (qui n’avait, toutefois, pas le rôle d’un Premier Mi-
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nistre), Resampa André, Ministre de l’Intérieur et Secrétaire Général du puissant PSD, et Rabema-
nanjara Jacques, Ministre des Affaires Etrangères. Ce dernier représentait les tendances libérales
et chrétiennes, alors que Resampa, "homme fort" du régime penchait pour accentuer socialisme
et laïcisme.
Novembre 1970 : Premiers accords économiques, culturels et techniques signés avec Pretoria (Afrique
du Sud, régime de l’apartheid).
Février 1971 : Dissolution du gouvernement et formation d’un nouveau ; Resampa André est nommé
non plus premier, mais 2ème Vice-Président du Gouvernement et Ministre d’Etat à l’Agriculture,
mais non plus Ministre de l’Intérieur comme auparavant, ce poste étant cumulé par le Président
Tsiranana en plus de celui de la Défense.
1er avril 1971 : Révolte sanglante dans le Sud faisant plus de 1 000 morts, réprimée dans le sang par
le Président Tsiranana et le Colonel Richard Ratsimandrava, Chef d’Etat Major de la Gendarmerie.
Le parti politique MONIMA (" Madagascar aux Malgaches ") est accusé de complot "maoïste" et
d’agitateur. Son chef Monja Jaona fut mis en prison. Les paysans se sont révoltés à cause des exac-
tions commises par les autorités locales pour le recouvrement des impôts (impôt sur les bœufs et
impôt sur la capitation). Tsiebo étant originaire du grand Sud (Betroka) et Resampa du Sud-Ouest
(Morondava), cette affaire créa une grave scission au sein du parti au pouvoir.
1er juin 1971 : Mr. André Resampa est arrêté, déchu de ses fonctions et mis en résidence surveillée
à l’île Sainte Marie. Il est accusé par le Président Tsiranana d’être de mèche avec les Etats Unis
R
d’Amérique et de comploter contre l’Etat ; l’ambassadeur de ce pays, Mr David MARSHALL, est
LM
déclaré "persona non grata" et prié de quitter le pays.
30 janvier 1972 : Philibert Tsiranana est réélu Président de la République avec 99,8
EC
Les élèves des Lycées et des Collèges de la Capitale grossiront par solidarité les rangs des grévistes
du 24 au 30 avril
U
l’île de Nosy Lava 400 protestataires, après un Conseil restreint des Ministres présidé par le Pré-
sident Tsiranana à Ranomafana-Ifanadiana, où il était en cure. Le lendemain 13 mai, les syndica-
listes se joignirent aux étudiants pour former une très vaste manifestation sur l’Avenue de l’Indé-
pendance, baptisée par la suite "Place du 13 mai". Répression par les armes des F.R.S. (Forces Ré-
publicaines de Sécurité) : 34 morts dont 10 parmi les forces de l’ordre. L’armée refusait de prendre
part à la répression, mais fut appelée par la population pour prendre le pouvoir auquel on repro-
chait sa politique "néo-colonialiste".
18 mai 1972 : Le Général merina Gabriel Ramanantsoa, Chef de l’Etat-Major de l’Armée Malgache
est investi des pleins pouvoirs par le Président Tsiranana, et rendait public, le 27 mai, la compo-
sition du nouveau Gouvernement avec 5 militaires et 6 civils (11 personnes en tout, par oppo-
sition aux précédents gouvernements avoisinant la trentaine). Le Général Ramanantsoa cumu-
lait avec son poste de Premier Ministre les fonctions de Ministre de la Défense Nationale et des
Forces Armées, et celles du Plan. Les 4 autres Officiers du gouvernement étaient : le Colonel Ri-
chard Ratsimandrava, Ministre de l’Intérieur ; le Capitaine de Frégate Didier Ratsiraka, Ministre
des Affaires Etrangères, le Général Gilles Andriamahazo, Ministre de l’Aménagement du Territoire,
le Lieutenant-Colonel Joël Rakotomalala, Ministre de l’Information. Les 6 civils étaient : le Dr. Em-
manuel Rakotovahiny, Ministre du Développement Rural, le Dr. Justin Manambelona, Ministre
des Affaires Culturelles, le Professeur Albert Zafy, Ministre des Affaires Sociales, Mr Andrianada,
Ministre de la Justice, Mr. Albert Marie Ramaroson, Ministre de l’Economie et des Finances, le
Pasteur Daniel Rajakoba, Ministre de la Fonction Publique et du Travail.
36
1972 : le 8 octobre, référendum à l’initiative du général Ramanantsoa pour son maintien au pou-
voir pendant 5 ans, de1972 à 1975 ; le président Tsiranana est désavoué. Validation de l’option
populaire et du programme gouvernemental par voie de référendum et élection des membres
du Conseil National Populaire pour le Développement (CNPD). Le gouvernement Ramanantsoa
s’est voulu "apolitique" : l’équipe étant constitué d’hommes sans étiquette, mais reconnu pour
leur probité. Il n’en demeure pas moins que les ministres, à qui le Chef de gouvernement avait
donné une large autonomie d’action dans leur domaine respectif, avaient chacun leur tendance
politique : les uns de tendance plutôt libérale, les autres assez progressistes, les autres encore fon-
cièrement révolutionnaires.
27 décembre 1972 : Manandafy Rakotonirina, ancien théoricien et Secrétaire Général du Monima,
crée le parti MFM (ou "Mpitolona ho an’ny Fanjakan’ny Madinika").
1973 : En janvier, ouverture à Paris de négociations pour la révision des accords franco-malgaches.
En février, manifestations contre la malgachisation. En mars, restructuration rurale : mise en place
des Fokonolona. En mai, Madagascar quitte la zone franc.
Juin 1973 : Le Ministre des Affaires Etrangères, Didier Ratsiraka dirigea la délégation malgache
pour négocier de nouveaux accords de coopération franco-malgaches. Madagascar quitte la zone
franc. Des relations diplomatiques sont nouées avec les pays socialistes, les relations avec l’Afrique
du Sud et Israël ayant été rompues. En septembre, les forces françaises présentes sur l’île seront
évacuées.
R
1974 : Ramanantsoa conciliait difficilement les diverses tendances au sein de son gouvernement.
LM
L’armée elle-même était divisée. En décembre, tentative de coup d’état du colonel Rajaonarison.
21 janvier 1975 : Le Colonel Bréchard Rajaonarison, impliqué dans un précédent complot semble-
t-il, se réfugiait au G.M.P. (Groupe Mobile de Police, ancien F.R.S.) avec un groupe de mutins.
EC
5 février 1975 : Ramanantsoa remet les pleins pouvoirs au Colonel Ratsimandrava, aux dépens
de son populaire Ministre des Affaires Étrangères le Capitaine de Frégate Didier Ratsiraka. Ratsi-
RS
mandrava présente le soir même son gouvernement composé de 6 militaires et de 9 civils, suivant
la ligne de conduite de Ramanantsoa en formant un gouvernement apolitique chargé de déve-
U
malgache, siégeant en assemblée dans le cadre d’une restructuration du monde rural, en vue de la
"maîtrise populaire du développement".
11 février 1975 : La voiture du nouveau Chef de l’Etat tombait dans une embuscade alors qu’il
rentrait chez lui, et il fut assassiné ce soir-là par une rafale de balles ; il n’avait été Président que
pendant six jours. La même nuit, au milieu de l’affolement général, le doyen du Cabinet de Ratsi-
mandrava, le Général Gilles Andriamahazo constituait un Comité National Militaire de Salut Pu-
blic (Directoire Militaire) composé de 18 Officiers et imposait la loi martiale pour ramener le calme
dans le pays.
13 février 1975 : Les activités des partis politiques sont suspendues. De février à juin Gilles Andria-
mahazo devient président de la République : institution d’un directoire militaire. Le Directoire
assurera la continuité en matière de relations extérieures et respectera tous les engagements et
accords internationaux signés antérieurement par la République Malgache.
21 mars 1975 : Ouverture du procès de l’assassinat de Ratsimandrava au Palais de Justice d’Anosy ;
296 personnes ont été inculpées, parmi lesquelles l’ancien Président Philibert Tsiranana, l’ancien
Ministre de l’Intérieur, Resampa, Secrétaire Général du P.S.M (Parti Socialiste Malgache qu’il créa
après sa déportation à Sainte Marie), le Colonel Roland Rabetafika (premier Officier arrivé sur les
lieux du crime, il était Directeur Général du Gouvernement de Ramanantsoa et habitait le quartier
où l’attentat avait eu lieu), et le chef des mutins le Colonel Bréchard Rajaonarison.
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Juin 1975 : Le verdict rendu condamnait 3 comparses à 5 ans de travaux forcés et acquittait tous
les autres inculpés. Toute la lumière ne fut pas faite sur cette affaire.
15 juin 1975 : Les 18 membres du Directoire Militaire élirent le Capitaine de Frégate Didier Ratsi-
raka Président de la nouvelle institution qui vient d’être créée, le Conseil Suprême de la Révolution
(connu sous le sigle C.S.R.).
16 juin 1975 : Nationalisation de toutes les banques et sociétés d’assurances opérant à Madagascar,
nomination des 8 militaires membres du CSR, en sus de son président : Lt-Colonel Joël Rakotoma-
lala, Lt-Colonel Jaona Mampila, Commandant Fernand Patureau, Commandant Désiré Rakotoari-
jaona, Commandant Martin Rampanana, Capitaine Ferdinand Jaotombo, Capitaine Jean de Dieu
Randriantanana, Capitaine Max Marson, et formation d’un gouvernement de 12 membres (le Mi-
nistère de l’Intérieur étant cumulé par le CSR Jaona Mampila).
21 décembre 1975 : Référendum pour consacrer la mise en place de la IIème République (la R.D.M.
ou République Démocratique de Madagascar), la nouvelle Constitution et la Charte de la Révolu-
tion socialiste malgache, le "Boky Mena" ou Livre Rouge. Le Front National pour la Défense de la
Révolution (FNDR) intègre les partis politiques et organisations révolutionnaires qui adhèrent à la
Charte : ce sont l’AREMA (Avant-Garde de la Révolution Malgache, parti créé par Didier Ratsiraka
dont il en est le Secrétaire Général) ; l’AKFM-KDRSM, le MONIMA, le VONJY Iray Tsy Mivaky du
Dr. Marojama Razanabahiny, l’UDECMA de Solo Norbert Andriamorasata (Union des Démocrates
Chrétiens). La tendance est à la création d’un Parti unique à Madagascar. L’AKFM admet qu’il y
R
a un "vide politique" que les nombreux partis du moment n’arrivent pas à combler. Il ne main-
tient plus le "socialisme scientifique à la soviétique" mais veut participer à la recherche d’un type
LM
d’action socialiste adapté aux réalités malgaches.
30 décembre 1975 : Cérémonie d’investiture du Président Ratsiraka comme Chef d’Etat ; il s’agit
EC
pour le Front NDR de mettre en œuvre, notamment dans les domaines de l’enseignement et de
l’économie, les revendications de 1972, démocratisation, malgachisation et décentralisation. Les
AV
biens français et les secteurs économiques vitaux sont nationalisés. L’Etat s’endette et pratique la
politique "d’investissements à outrance". M. Tsiranana, face au climat politique, propose la créa-
RS
tion d’un « conseil des sages » sous sa présidence, puis, suite à une fin de non-recevoir, refuse de
mener campagne pour M. Ratsiraka, après l’investiture de ce dernier par le directoire militaire.
U
Dès lors, le P.S.M. est dissous et M. Tsiranana n’exercera plus d’activité publique.
CO
1975 : la politique de Madagascar virant au communisme, l’URSS, Cuba, la Corée du Nord de-
vinrent les pays de références. Exit la France, bien que Madagascar adhéra au sein de l’Organi-
sation internationale de la Francophonie et participe régulièrement aux sommets de la France /
Afrique version Mitterrand. L’enseignement fut « malgachisé » à outrance. Après le bac, le taux
d’échec à l’Université de Madagascar devint vertigineux, le français étant toujours de mise dans
cette honorable institution. La génération 1975 / 1993 sera appelée "la génération sacrifiée". Il
faudra attendre l’éviction de « l’amiral rouge » pour que le français soit remis à l’école mais pau-
vreté aidant, la majorité des enfants malgaches ne purent aller à l’ école. De ce fait, on déplore
actuellement plus de 50
1976 : Le 11 janvier, nomination de Joël Rakotomalala au poste de Premier ministre. Le 30 juillet
M. Rakotomalala décédera dans un accident d’hélicoptère. M. Justin Rakotoniaina lui succèdera
au poste de Premier ministre.
Juin 1977 : Elections législatives ; le parti AREMA obtient 112 députés sur 137 sièges. Le MONIMA
quitte le Front NDR et se scinde en deux : l’aile de Monja Jaona voyait en l’actuel président Ratsi-
raka le principal "ennemi" à écarter coûte que coûte, arguant qu’elle a le soutien du peuple qui est
disposé à recourir aux moyens violents pour faire aboutir leurs idées. Le nouveau parti Vondrona
Sosialista Monima (VSM) dirigé par Remanindry Jaona soutient que l’ennemi n’est pas Ratsiraka,
mais les capitalistes étrangers et ceux nationaux qui veulent conquérir le pouvoir afin de contrarier
"l’avancée de la révolution socialiste"
38
1977 : Arrestation de 3 officiers de la gendarmerie et de l’armée pour complot et atteinte à la sû-
reté intérieure de l’Etat : le commandant Andriamaholison Richard ex-ministre de l’Information
et du Tourisme, le Capitaine Rakotonirina Marson ex-aide de camp du Général Ramanantsoa, et
le Capitaine Rakoto Abel.
1977 : Le 31 juillet, démission de Justin Rakotoniaina, il est remplacé au poste de Premier ministre
par le lieutenant-colonel Désiré Rakotoarijaona.
1978 : en mai, à Antananarivo, manifestations étudiantes et violences. Décès le 16 avril de l’an-
cien président Philibert Tsiranana. Les contrecoups de deux crises pétrolières et la chute des cours
des matières premières entraînent rapidement une régression de la démocratie, et la corruption
revient au galop. Instauration d’une économie de pénurie au début des années 1980.
20 janvier 1980 : Création du F.F.K.M. (Fiombonan’ny Fiangonana Kristiana eto Madagascar) ou
Conseil des Eglises Chrétiennes de Madagascar, créé à l’église d’Isotry Fitiavana.
1981 : en février, Antananarivo est le théâtre d’émeutes.
1982 : Didier Ratsikara est réélu président de la république, il gagne les élections face à Monja
Jaona, président du MONIMA, les élections législatives qui s’ensuivront donneront la victoire de
l’AREMA obtient 117 sièges sur 137.
1982 : Des difficultés de tous genres contraignent le gouvernement à engager des négociations
avec les institutions internationales et à adopter une politique d’ajustement structurel. La col-
R
lecte et la distribution des produits agricoles, en particulier le riz, sont libéralisées, engendrant
LM
une hausse substantielle des prix de denrées de base que l’Etat, en "bon élève du FMI", ne peut
plus subventionner. Les dévaluations successives entraînent un appauvrissement général et son
corollaire, le mécontentement populaire. Certains partis au sein du Front réclament des change-
EC
1983 : Jugement rendu par le tribunal contre les 3 officiers arrêtés en 1977 ; le commandant Andria-
maholison Richard, le Capitaine Rakotonirina Marson et le Capitaine Rakoto Abel sont condamnés
RS
à la déportation à perpétuité.
1986 : En novembre Taomasina est le théâtre d’émeutes.
U
1988 : Démission du poste de Premier ministre de Désiré Rakotoarijaona. Il est remplacé par Victor
Ramahatra.
1989 : Le 12 mars, Didier Ratsikara est réélu président de la république, les élections législatives
qui s’ensuivront donneront la victoire de l’AREMA avec 120 députés sur 137.
29 avril 1989 : Le Pape Jean Paul II célèbre une messe œcuménique à la cathédrale d’Andohalo.
Durant sa visite à Madagascar, il procéda à la béatification de la Bienheureuse Victoire Rasoama-
narivo, nièce de l’ancien Premier Ministre Rainilaiarivony. A cette occasion, l’Eglise Catholique
transféra son corps dans la Chapelle sise devant le portail de la Cathédrale d’Andohalo.
1989 : En décembre, autorisation du multipartisme. Vote de l’amendement de la Constitution pour
permettre la libre formation des partis.
1990 : Début d’un mouvement de contestation. Grèves à répétition des étudiants. Le 13 mai, ten-
tative de coup d’Etat. La crise économique latente depuis le milieu de la décennie 1980 provoque
des mécontentements de plus en plus forts au sein de la société, sur fond de bouleversements
dans le monde, notamment les transformations dans le monde socialiste. L’opposition intérieure
se mobilise de plus en plus.
1990 : Les forces d’opposition créent le Conseil Permanent des Forces Vives pour demander un
changement de régime. De nouvelles organisations politiques ont vu le jour : GRAD-Iloafo du Pr
39
Willy Léonard et Rabetsitonta Ratovonanahary, CSDDM de Mr Francisque Ravony, AKFM-Fanavaozana
du Pasteur Richard Andriamanjato, UNDD du Dr. Emmanuel Rakotovahiny, VVSV de Daniel Ra-
maromisa, PRM de Roger Ralison, RPSD de Pierre Tsiranana, Fihaonana de Guy Willy Razanamasy
1990 : le commandant Andramaholison Richard, le Capitaine Rakotonirina Marson et le Capitaine
Rakoto Abel sont libérés après 13 ans de détention pour avoir milité pour la libération de leur pays
1990 : Visites de François Mitterrand (juin) et du Sud-Africain Frédérik de Klerk (août) mais le
pouvoir doit compter avec l’opposition grandissante des églises qui deviennent le principal foyer
de contestation.
1991 : En juin, 16 partis et groupements syndicaux créent un comité des forces vives (CFV) pour
obtenir un changement de régime et l’abrogation de la Constitution socialiste de 1975. La CFV
organise des manifestations de rue qui regroupent des centaines de milliers de personnes. Elle
désigne également un Président de la République, un Premier ministre, et un gouvernement pa-
rallèle : elle nomme comme président Jean Rakotoharison et Albert Zafy comme Premier ministre
de transition.
8 juillet 1991 : La grève générale illimitée est décrétée par les Forces Vives dans tout le territoire. Le
pouvoir décrète l’état d’urgence le 22 juillet.
10 août 1991 : Les manifestants marchent sur le Palais d’Etat d’Iavoloha pour exiger la démission
du Président. L’Amiral Ratsiraka ordonne au régiment de la sécurité présidentielle de tirer sur la
R
foule : bilan 31 morts, une centaine selon l’opposition. Ce massacre des manifestants lors de la "
Marche de la liberté " provoquera l’éviction du Président Didier Ratsiraka pendant 6 ans.
LM
31 octobre 1991 : Par la Convention dite de "Panorama" (nom de l’Hôtel où les négociations et
la signature ont eu lieu), le Président Ratsiraka accepte la création d’une Haute Autorité de l’Etat
EC
(H.A.E.) et d’un gouvernement de transition dirigé par le pharmacien Guy Willy Razanamasy. No-
mination des 11 membres de la Haute Cour Constitutionnelle (H.C.C.) : - quota du Président : 1)
AV
boty Raymond, 4) Florent Rakotoarisoa, 5) Jean Michel Rajaonarivony ; - quota du Premier Mi-
nistre : 1) Jules Mananjara, 2) Dieudonné Andriantsihofa Rakotondrabao
U
1991 : Suite à l’accord du 31 octobre entre toutes les forces politiques, Albert Zafy est nommé pour
CO
une période de 18 mois, Président de la Haute Autorité de l’État pour la transition vers la troisième
République. Didier Ratsiraka demeure chef de l’Etat en tant que symbole de l’unité nationale, mais
Albert Zafy conduit l’essentiel des affaires du pays.
1992 : Création de l’Association LEADER-Fanilo de Herizo Razafimahaleo qui prône le renouvelle-
ment et le rajeunissement de la classe politique, pour faire de la politique "autrement".
Août 1992 : Adoption par referendum d’une nouvelle Constitution équilibrant les pouvoirs entre
un président élu au suffrage universel, et une Assemblée nationale "souveraine". Le Général Ga-
briel Ramanantsoa prend le pouvoir et entreprend une grande campagne de malgachisation.
Février 1993 : Première élection libre, Didier Ratsikara (33,26 L’Amiral Didier Ratsiraka choisit
"l’exil volontaire" à Paris avec sa famille. Le Président Zafy affirme privilégier la lutte contre la
pauvreté et vouloir faire du pays un "dragon économique de l’Océan Indien", mais les conflits qui
l’opposent au Premier Ministre et aux députés entraînent une instabilité telle qu’en trois ans à
peine se succèdent huit gouvernements et trois Premiers Ministres (l’avocat d’affaires Francisque
Ravony, le Dr Vétérinaire Emmanuel Rakotovahiny, et l’ancien Président de la Haute Cour Consti-
tutionnelle Norbert Lala Ratsirahonana). Les conditions de vie de la population ne cessent de se
détériorer : le gouvernement, sur les conseils du FMI, optent pour le "flottement de la monnaie"
qui perd 60Le temps du « socialisme » malgache est révolu. Cette « expérience » a contribué à la
ruine du pays, confronté à une situation de famine et de faillite à peu près totale à la fin des années
40
quatre-vingt. Les choses se sont améliorées depuis mais le socialisme malgache a lourdement han-
dicapé les perspectives de développement d’un pays auquel l’ancienne puissance coloniale avait
légué une situation plutôt favorable, en raison notamment de l’importance des travaux d’infra-
structures réalisés entre 1896 et 1960 en matière d’agriculture ou d’urbanisme et dans le domaine
des voies de communication.
1994 : Madagascar devient membre du Marché commun de l’Afrique australe et orientale (Co-
mesa).
Février 1994 : le cyclone Geralda fait 300 morts et 350 000 sans-abris.
1995 : Référendum permettant une modification constitutionnelle laissant au chef de l’État le
choix du Premier ministre. Suite à ce référendum Francisque Ravony démissionne le 13 octobre.
Emmanuel Rakotovahiny, président de l’Union nationale pour la démocratie et le développement
(UNDD) est nommé premier ministre. La tâche des nouvelles autorités civiles est rendue plus dif-
ficile par la situation économique, laquelle a nourri le conflit entre le président Zafy, son Premier
ministre et les institutions de Bretton Woods (Banque mondiale et Fonds monétaire internatio-
nal). La popularité des dirigeants malgaches a été entamée par des affaires financières, liées au
"financement parallèle" de la dette.
Septembre 1995 : le capitaine Rakotonirina Marson est décédé à Antananarivo ; il a été amnistié et
nommé colonel.
R
1996 : Suite au vote à l’Assemblée Nationale d’une motion de censure contre le gouvernement
adoptée à la majorité, le gouvernement démissionnera le 20 mai. Le 5 septembre, de plus en plus
LM
critiqué pour sa personnalisation du pouvoir, Albert Zafy est destitué par la Haute cour constitu-
tionnelle. Le 5 juin, M. Norbert Ratsirahonana, président de la Haute Cour constitutionnelle, est
EC
nommé Chef de l’État par intérim et assure l’organisation des élections anticipées en décembre
(il a aussi crée son parti dénommé AVI, ou "Asa Vita no Ifampitsaràna"). Apparition de nouvelles
AV
1997 : le 31 janvier, Didier Ratsikara est réélu président de la république, en ayant proposé un mo-
CO
41
cien Premier Ministre Guy Willy Razanamasy à la Magistrature de la capitale Antananarivo.
2000 : le 3 décembre, premières élections provinciales. Forte abstention pour l’élection des 336
conseillers qui devront élire les gouverneurs des six futures provinces autonomes. Victoire de
l’AREMA, le parti au pouvoir qui remporte la majorité des municipalités lors des élections locales
d’octobre, sauf à Antananarivo.
2001 : Marc Ravalomanana, maire d’Antananarivo, annonce sa candidature aux prochaines élec-
tions présidentielles.
2001 : Le 18 mars, l’Arema remporte la majorité des sièges de sénateurs élus par les grands élec-
teurs. M. Honoré Rakotomanana est élu Président du Sénat. Le 10 juin, Didier Ratsiraka nomme
des fidèles aux postes de gouverneurs de province. Les six Gouverneurs élus : Razafindehibe (Ma-
junga), Jean de Dieu Maharante (Tuléar), Emilson (Fianarantsoa), Lahady Samuel (Toamasina),
Gara Jean Robert (Diego Suarez), Pascal Rakotomavo (Antananarivo).
16 décembre 2001 : Premier tour de l’élection présidentielle mettant aux prises six candidats, Di-
dier Ratsiraka (Arema), Zafy Albert (Affa), Marc Ravalomanana (Tiako Iarivo), Herizo Razafima-
haleo (Leader-Fanilo), Pasteur Daniel Rajakoba et Patrick Rajaoanary (Taratr’i Madagasikara). Le
maire d’Antananarivo aurait battu Didier Ratsikara ; les résultats font l’objet de contestations. Une
grande partie de la population crie au "Hold-up électoral" commis par la Haute Cour constitution-
nelle (« Habituée à Changer les Chiffres »).
R
2001 : 22 décembre, Marc Ravalomanana organise une manifestation pour « célébrer le Noël de la
victoire ». Les résultats partiels le créditent de 46,71
LM
2002 : Janvier, début d’une série de manifestations qui rassemblent chaque jour des centaines de
milliers de partisans de l’opposition dans la capitale.
EC
2002 : Le 8 janvier, violents affrontements, de nombreux blessés et voitures incendiées, Marc Ra-
AV
valomanana s’autoproclame président le 22 février et refuse le deuxième tour. Début d’une crise
politique, qui aura d’importantes répercussions sur le plan économique. En décembre le parti du
RS
président Marc Ravalomanana remporte 132 des 160 sièges de l’assemblée nationale, ce scrutin
confirmera la légitimité du nouveau chef de l’Etat.
U
2002 : Le 25 janvier, la haute cour constitutionnelle doit entériner les résultats et proclame officiel-
CO
42
2002 : Le 26 juin, reconnaissance par les États Unis d’Amérique du mandat présidentiel de Ravalo-
manana. Le président Georges Bush rejoint le Japon, l’Allemagne, la Suisse, le Danemark, l’Union
européenne et les principaux bailleurs de fonds.
2002 : Juillet, reconnaissance par la France et son Ministre Dominique de Villepin en voyage à
Antananarivo du mandat présidentiel de Ravalomanana.
2002 : Le 15 décembre, organisation d’élections législatives anticipées exigées par la Communauté
internationale, en particulier l’OUA et les bailleurs de fonds. Le parti du président de Madagascar
et ses alliés remportent 132 des 160 sièges de l’Assemblée nationale selon les résultats officieux
complets affichés lundi 23 décembre par le ministère de l’intérieur. Le parti présidentiel TIM (Tia-
ko’i Madagasikara, "J’aime Madagascar") remporte 102 sièges. Il détient donc à lui seul la majorité
absolue. Le TIM a raflé les 26 sièges de la province d’Antananarivo, la plus peuplée du pays et fief
du chef de l’Etat. Ses alliés, regroupés dans la Firaisankinam-pirenena (Alliance nationale), dis-
posent quant à eux de 30 sièges. Marc Ravalomanana engage une politique de privatisations et
d’ouverture de l’île aux capitaux étrangers.
2002 : Juillet, Didier Ratsiraka quitte définitivement Madagascar pour l’exil en France. L’armée
continue à rétablir la loi de la république dans les villes et les provinces embrigadées par les parti-
sans de Ratsiraka.
16 janvier 2003 : Nomination du 4ème gouvernement Sylla qui vient d’être reconduit à son poste
de Premier Ministre après la proclamation des résultats officiels des législatives par la HCC
R
10 juillet 2003 : Madagascar réintègre officiellement l’Union Africaine au cours du Sommet de l’Or-
LM
ganisation tenu à Maputo, Mozambique. Le président Ravalomanana et la délégation malgache
ont reçu un accueil grandiose à leur retour du sommet le 12 juillet de la part de la population et de
EC
de travaux forcés par une cour criminelle ordinaire d’Antananarivo pour détournement de deniers
publics.
RS
2006 : Le 3 décembre Marc Ravolomanana est réélu président de la république malgache au pre-
mier tour des élections pour un nouveau mandat présidentiel de 5 ans.
2007 : Le 20 janvier, nomination de Mr Charles Rabemananjara ancien Ministre de l’Intérieur au
poste de Premier Ministre en lieu et place de Mr Jacques Sylla.
2007 : Le 4 avril, adoption par référendum des nouvelles dispositions de la révision constitution-
nelle proposée par le Président Marc Ravalomanana. Les électeurs votent à 75
2007 : Le 23 septembre, le parti présidentiel malgache remporte les élections législatives avec 106
députés sur 127, ces élections seront marquées par une abstention proche des 80
2007 : Le 12 décembre, élection d’Andry Rajoelina à la mairie d’Antananarivo.
2008 : Février, le passage du cyclone Ivan fait plus de 90 victimes et près de 190 000 sans-abris.
2008 : Mars, extraction des premiers barils de pétrole bitumineux dans le cadre d’un projet de
prospection à Tsimiroro, à 560 kilomètres à l’ouest d’Antananarivo.
2008 : Juillet, un contrat est passé avec le groupe Daewoo pour la location, pour quatre-vingt-dix-
neuf ans, de quelque 1,3 million d’hectares de terres agricoles destinées à produire 4 millions de
tonnes de maïs et 500 000 tonnes d’huile de palme.
43
2008 : Le 13 décembre, le gouvernement fait fermer la chaîne de télévision du maire de la capi-
tale, Andry Rajoelina, après la diffusion d’une interview de l’ex-président Didier Ratsiraka exilé en
France.
2009 : Le 26 janvier, radio Viva propriété du maire d’Antananarivo Andry Rajoelina est fermée par
des mercenaires, suite à la diffusion d’une interview de Didier Ratsiraka ; cet événement sera le
point de départ d’émeutes sanglantes.
2009 : Le 26 janvier, le maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, appelle à une grève générale contre
la « dictature » du président Ravalomanana. Plusieurs manifestations contre le président tournent
à l’émeute dans la capitale malgache, faisant plus de 80 de victimes.
2009 : Le 2 février, Andry Rajoelina s’ autoproclame en charge des affaires nationales du pays.
2009 : Le 3 février, Andry Rajoelina, qui avait déposé la veille une demande de destitution du pré-
sident, est lui même démis de ses fonctions de maire par le ministère de l’Intérieur.
2009 : le 7 février, bras de fer entre le président Ravalomanana et Andry Rajoelina après la manifes-
tation qui a dégénéré. Plus de vingt personnes ont été tuées par des tirs en provenance du palais
présidentiel vers lequel se dirigeaient des partisans d’Andry Rajoelina, l’ex-maire de la capitale
malgache destitué par le président de la République
2009 : Le 9 février, démission de la ministre de la défense de Madagascar, Cécile Manorohanta,
après la répression d’une manifestation par la garde présidentielle durant laquelle 28 personnes
R
ont été tuées. Le conseil des ministres avalise la démission de la ministre de la défense et nomme
LM
son successeur, le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo, jusqu’à présent directeur de cabinet militaire
auprès de la présidence.
EC
2009 : Le 20 février, de nuit, les forces de l’ordre ont repris le contrôle des quatre ministères. Elles
ont surpris les « andrimaso » ou les personnes chargées la garde de ces lieux que les manifestants
U
44
2009 : Un accord sur le partage du pouvoir, complémentaire, conclu à Addis-Abbeba (novembre),
confirme Rajoelina comme président de la transition tandis que les deux co-présidences reviennent
aux mouvances de Ravalomanana et de Zafy, celle de Ratsiraka conservant le poste de Premier
ministre. Mais, le 20 décembre, Rajoelina, évitant de s’aliéner l’armée, minée par les divisions,
nomme un militaire à la primature.
Janvier 2010 : le président de la commission de l’Union africaine, Jean Ping, présente un nouveau
"compromis" aux responsables malgaches.
17 mars 2010 : expiration de l’ultimatum accordé par l’Union africaine pour la mise en place des
accords de Maputo. L’UA impose des sanctions à 109 personnalités malgaches, dont Andry Ra-
joelina. 12 mai 2010 : Andry Rajoelina affirme qu’il ne sera pas candidat à la prochaine élection
présidentielle, dont il annonce la tenue pour le mois de novembre.
11 août 2010 : un calendrier est mis au point pour sortir de la crise. Il prévoit un référendum consti-
tutionnel le 17 novembre et fixe au 4 mai 2011 l’élection présidentielle.
28 août 2010 : l’ancien président Marc Ravalomanana est condamné par contumace aux travaux
forcés à perpétuité dans le procès des auteurs d’une tuerie où la garde présidentielle avait tiré sur
la foule en 2009.
13 septembre 2010 : ouverture d’une "conférence nationale" à Antananarivo pour résoudre la crise
politique.
R
17 novembre 2010 : les Malgaches sont appelés à se prononcer par référendum sur un projet de
LM
Constitution, première étape électorale du processus de sortie de crise.
16 mars 2011 : Camille Vital est reconduit dans ses fonctions après avoir remis sa démission le 10
EC
mars, en exigeant la formation d’un gouvernement de consensus, près de quinze mois après sa
désignation par Andry Rajoelina.
AV
6-7 juin 2011 : sommet sur la crise malgache à Gabarone (Bostwana). Les onze partis politiques
étaient invités à approuver l’accord proposé par la Communauté de développement d’Afrique aus-
RS
trale (SADC), qui prévoit le maintien au pouvoir de l’actuel homme fort, Andry Rajoelina.
U
28 octobre 2011 : nomination d’un Premier ministre de transition. Nommé à la tête du gouver-
nement de transition par le Président Andry Rajoelina, Omer Beriziky, ancien ambassadeur, était
CO
l’unique candidat proposé par la mouvance d’opposition de l’ancien Président Albert Zafy.
45
CO
U
RS
AV
46
SES
EC
LM
R
Exercice 16
1) Quelle corrélation peut-on faire entre coûts de transport et exportations ?
Justifiez à l’aide de données chiffrées. - Une institutionnalisation du libre échange
La libéralisation des échanges commerciaux a été encouragée, renforcée et institutionnalisée du
fait de la création d’organisations internationales. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale,
les Etats ont décidé de favoriser le libreéchange, c’est-à-dire les échanges économiques entre pays.
Des organisations internationales ont été créées à cet effet.
Exemples : - Le Fonds Monétaire International (1944) - Le GATT (General Agreement on Tariffs and
Trade) (1947) : accord dans le but de favoriser les échanges via la baisse des tarifs douaniers.
Document 5
L’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) est signé à Genève en 1947 par
23 pays développés et en voie de développement. Il s’agissait d’un accord négocié à titre provi-
soire jusqu’à la ratification des statuts de l’OMC. Toutefois comme la charte de cette organisation
n’a jamais été ratifiée par les Gouvernements sous prétexte que les pouvoirs d’exécution confiés
à l’organisation limiteraient leur autonomie, le GATT est devenu de facto l’organe chargé de ré-
glementer les questions commerciales. Il a finalement survécu jusqu’à nos jours sous la forme
d’un centre de coordination des nations participant à l’Accord plutôt que sous celle d’une véri-
table organisation, même s’il dispose d’un siège permanent à Genève. De 23 en 1948, le nombre
des parties contractantes est passé à plus de 100 aujourd’hui (123 exactement). Le GATT constitue
en quelque sorte le texte de référence pour la conduite des échanges internationaux et définit les
R
grands principes régissant le système commercial international. Son objectif principal est de per-
LM
mettre aux parties contractantes de bénéficier des gains du libre –échange tels qu’ils sont définis
dans la théorie des avantages comparatifs. Le texte reflète clairement le désir des fondateurs du
GATT d’éviter le retour au protectionnisme des années 30, qui avait à leurs yeux non seulement
EC
aggravé la Grande Dépression mais aussi favorisé le déclenchement de la Seconde Guerre mon-
diale. La supériorité du libre-échange est la base même de la philosophie du GATT, qui repose sur
AV
réduction tarifaire entre deux par membres doit être étendue à tous les autres pays ; en d’autres
termes, tout accord bilatéral doit avoir des effets multilatéraux. Le GATT a par ailleurs pour rôle de
U
veiller au respect de certaines règles de politique commerciale (interdiction des restrictions quan-
CO
titatives, préférence pour les droits de douane lorsqu’une protection ne peut être évitée) et surtout
de promouvoir la transparence des politiques commerciales. Le GATT a enfin pour objectif de ré-
gler les désaccords commerciaux entre pays membres et d’organiser des sessions de négociations
multilatérales en vue de poursuivre des échanges internationaux. Ces négociations se déroulent
sur la base du principe de réciprocité générale.
Les règles du GATT autorisent les pays à se protéger dans certains cas de force majeure. Ainsi les
pays en développement bénéficient de dérogations assez nombreuses du fait de leur situation par-
ticulière et du caractère souvent chronique du déficit de leur balance des paiements. De la même
manière, des restrictions quantitatives aux échanges sont envisageables dans le cadre du GATT dès
l’instant qu’elles sont de nature non discriminatoire et qu’elles sont imposées à titre temporaire,
pour faire face à des difficultés de balance des paiements ou pour accorder une protection d’ur-
gence dans le cadre des mesures de sauvegarde prévues à l’article XX de l’Accord général. Enfin,
les règles du GATT autorisent la formation de zones de libre-échange et d’unions douanières sous
certaines conditions précises. Les membres de ces groupements sont libres de réduire ou d’élimi-
ner les entraves à leurs échanges réciproques à condition des s’abstenir de renforcer les obstacles
commerciaux opposés au reste du monde par exemple et de progresser assez rapidement vers la
libéralisation quasi totale de leurs échanges internes
Source : Th. de Montbrial et alli, Ramses 93, Rapport de IFRI, Dunod, pp. 203-204, 1992.
47
Exercice 17
1) Quels sont les grands principes du GATT ?
Le GATT sera remplacé en 1995 par l’Organisation Mondiale du commerce (OMC ou WTO en an-
glais), créée le 15 avril 1994 par la ratification des accords de Marrakech qui entreront en vigueur
le 1er janvier 1995. Ces accords pérennisent et renforcent les principes du libre-échange.
L’OMC étend les principes du GATT à l’agriculture et aux services. A l’inverse du GATT, simple
charte internationale, l’OMC est une véritable organisation internationale (dont le siège est à Ge-
nève) dotée d’un véritable organe de traitement des différends commerciaux (ORD).
Depuis la signature de l’accord du GATT en 1947, de nombreuses barrières aux échanges ont été
réduites et les tarifs douaniers ont été divisés par plus de 10.
Document 6
Taux moyen des droits de douane sur les produits manufacturés, en
R
LM Source : Banque mondiale, 2018.
Exercice 18
1) De combien ont diminué les taux moyens des droits de douane en France entre 1992 et 2016 ?
EC
chapitre)
Les principaux acteurs du commerce international sont avant tout les grands pays développés. Les
U
échanges se concentrent entre, et au sein surtout, de trois grandes zones : Amérique du Nord, Asie,
CO
Europe.
L’essor des échanges internationaux, en particulier de biens et services, s’explique donc par le pro-
cessus de libéralisation des échanges (diminution des droits de douane, constitution de zones de
libre-échange. . . ) et les progrès réalisés dans le domaine des transports et communications (baisse
des coûts).
Cette intensification des échanges s’explique, comme nous allons le voir, tant par des raisons éco-
nomiques que par la multinationalisation des firmes qui ne cessera de s’intensifier depuis le début
des années 1960.
SÉQUENCE 3
LEÇON 1
- Comment expliquer le commerce international ?
Document 7 En Angleterre, la polémique [...] fait rage sur les taxes pesant sur le blé importé des
Etats-Unis de manière à ce qu’il ne concurrence pas le blé anglais, au prix de revient nettement
plus élevé. Or, le prix du blé détermine celui des salaires : un blé moins cher, c’est donc une main
d’œuvre moins coûteuse, martèle Richard Cobden qui, en Angleterre, a pris la croisade en faveur
du libre–échange et finit par obtenir l’abolition des Corn Laws et la disparition des taxes à l’im-
portation du blé en 1846. Si, dans la foulée, le Royaume-Uni se converti au libre–échange, c’est
48
Nombre d’heures de travail nécessaires pour produire une unité Vin Drap Total
Angleterre 120 90 210
Portugal 80 110 190
Total 200 200 400
bien évidemment parce qu’il espère que les puissances continentales feront de même et qu’ainsi,
il pourra augmenter ses débouchés. [...] Car avec la baisse des coûts de transport et celle des droits
de douane, la concurrence entre pays, s’intensifie tout au long du XIXe siècle. La concurrence,
mais aussi la spécialisation, selon le schéma des avantages comparatifs présenté par Ricardo et
repris par tous ses successeurs : chaque pays a intérêt à se spécialiser dans les productions pour
lesquelles il dispose d’un avantage relatif. Aussi mal placé que l’on soit dans la compétition, il y a
toujours au moins un domaine où l’on dispose d’un avantage de ce type [. . . ] Ricardo est un op-
timiste : dans le commerce international dit-il, chacun dispose d’au moins un atout relatif qui lui
permet de se spécialiser dans un domaine où il n’est pas forcément le meilleur, mais que les autres,
tout occupés à faire valoir des atouts encore meilleurs dans d’autres domaines, laissent ne jachère.
Voilà pourquoi les droits de douane sont nocifs, avançait Ricardo : en empêchant cette spécialisa-
tion internationale, ils contraignent chaque pays à produire de tout, donc à disperser ses efforts,
au lieu de se centrer sur les productions où il dispose d’un avantage relatif.
Source : Denis Clerc, La Mondialisation, Alternatives Economiques, Hors-série, n°59, 1er trimestre
2004.
R
LM
A. Les fondements de l’échange international : la théorie des avantages comparatifs de Ricardo
Dès la fin du XVIIIe siècle en Angleterre, l’ouverture de l’Angleterre à l’échange international, avec
l’abolition des Corn Laws, s’appuie sur l’analyse ricardienne des avantages comparatifs ou relatifs.
EC
1) Les analyses classiques et néoclassiques fondées sur la Division Internationale du Travail (DIT)
a) La théorie des avantages comparatifs de David Ricardo (1772-1823)
AV
cialiser dans la ou les productions où il était le plus performant et à importer les biens produits
moins chers à l’étranger, Ricardo va montrer que tous les pays ont intérêt à échanger dès lors, qu’à
U
Pour David Ricardo, tous les pays ont intérêt à l’échange international et doivent se spécialiser
dans les activités productives où, à défaut d’être les meilleurs (théorie des avantages comparatifs
de Smith), ils sont les moins mauvais (théorie des avantages comparatifs).
∗) Les avantages absolus (A. Smith)
Prenons l’exemple suivant qui donne le nombre d’heures de travail nécessaire à la production
d’une unité de drap et d’une unité de vin dans deux pays, l’Angleterre et le Portugal
Avant la spécialisation des économies
Le Portugal détient un avantage absolu dans la production de vin puisqu’il lui faut moins d’heures
de travail pour en produire une unité qu’en Angleterre. A l’inverse, le Portugal détient un avantage
absolu dans la production de drap puisqu’il lui faut 90 heures de travail pour produire une unité
alors qu’il en faut 110 au Portugal. L’Angleterre va donc se spécialiser dans le drap et le Portugal
dans le vin.
G L’échange international permettra d’obtenir alors 2 unités de drap en 180 heures (au lieu de 200),
et 2 unités de vin en 160 heures (au lieu de 200).
Les besoins des Anglais en drap et en vin seront satisfaits grâce à 180 heures de travail anglais (au
lieu de 210), et les besoins des Portugais en 160 heures (au lieu de 190). Au niveau global, 4 unités
seront désormais produites en 340 heures au lieu de 400.
Cette division internationale du travail (DIT) permet donc un gain économique pour chaque pays,
mais aussi au niveau international.
49
Exercice 19
Coûts de production en heures de travail pour une unité de chaque bien
Vin Drap
Angleterre 120 100
Portugal 80 90
1) Quel pays a l’avantage absolu ?
2) Déterminez les rapports d’échange à l’interne. Calculez quelle est la quantité (ou coût relatif)
de l’échange vin – drap au niveau interne. Faites une phrase avec le chiffre obtenu.
3) Dans quelle production chacun des pays a-t-il intérêt à se spécialiser ?
4) Montrez que chacun des pays a intérêt à s’ouvrir à l’échange international. Pour cela calculez :
- La quantité de vin et de drap que chaque pays pourrait obtenir en s’ouvrant à l’échange interna-
tional.
- La quantité d’heures de travail qui correspond aux quantités obtenues.
- Le nombre d’heures de travail économisées du fait de l’échange international.
- La quantité de drap et de vin que ces pays pourraient produire en utilisant les heures économi-
sées du fait de l’échange international.
∗) Les avantages comparatifs (D. Ricardo)
La théorie des avantages absolus de Smith peut mener à une situation problème. Si un pays ne dis-
pose pas d’avantage absolu pour un produit (c’est à dire s’il n’est pas plus productif que les autres
pays pour aucun bien), il n’aura pas intérêt à se spécialiser, et aurait intérêt à garder ses frontières
R
fermées (pas de libre-échange). LM
Par exemple, dans la situation du tableau suivant, l’Angleterre n’a aucun avantage absolu par rap-
port au Portugal sur le drap et le vin (le Portugal produit à meilleur coût les deux biens). Selon
la théorie de l’avantage absolu, l’Angleterre n’a donc aucun intérêt à ouvrir ses frontières pour
EC
échanger.
Si Ricardo, comme Smith, plaide pour la spécialisation des pays, à l’inverse, il considère que tout
AV
pays quel qu’il soit, y compris ceux ne disposant d’aucun avantage absolu, ont intérêt à se spécia-
liser malgré tout. Pour illustrer sa démonstration, Ricardo donnera l’exemple de l’échange de vin
RS
Pour déterminer pour quel produit on a un avantage comparatif, il faut regarder les productivités
comparées avec celles des autres pays. Pour rappel, la productivité est le rapport entre quantité
produite et quantité de travail nécessaire à la production (en heures de travail, par exemple). Ob-
servons donc les productivités :
Pour savoir dans quoi l’Angleterre doit se spécialiser, comparons sa productivité pour chacun des
Portugal Angleterre
Une unité de drap 1/90 1/100
Une unité de vin 1/80 1/120
50
Le désavantage de l’Angleterre est moins grand pour le drap que pour le vin, car sa productivité
relative est meilleure (0,9 contre 0,66 pour le vin).
Regardons maintenant dans la production de quel bien le Portugal doit se spécialiser :
– Rapport entre productivité du vin des Portugais et productivité du vin des Anglais : (1/80)/(1/120) =
1, 5
– Rapport entre productivité du drap des Portugais et productivité du drap des Anglais : (1/90)/(1/100) =
1, 11
Le Portugal a donc un avantage comparatif pour le vin (productivité de 1,5 contre 1,11 pour le
drap).
On peut aussi calculer les coûts relatifs en interne (si l’échange est un échange à l’intérieur des
frontières) :
En Angleterre, une unité de drap s’échange contre 0,83 vin en interne. L’Angleterre a intérêt à
échanger avec un autre pays si elle peut en obtenir davantage (par exemple une unité).
Au Portugal, une unité de vin s’échange contre 0,88 unité de drap. Le Portugal a intérêt à échanger
R
avec un autre pays s’il peut en obtenir davantage (par exemple une unité).
LM
En se spécialisant, on récupère des heures de travail qui peuvent être affectées à des productions
où on est plus performant (productivité et production s’accroissent).
Avant le libre-échange, pour produire 2 unités de drap il fallait 190 heures de travail, et 200 heures
EC
lise dans le vin et l’Angleterre dans le drap), l’Angleterre va mettre 200 heures pour produire les
2 unités de drap, économisant ainsi 20 heures de travail. Elle peut maintenant consacrer ces 20
RS
51
pour le produire sont abondants (donc moins coûteux).
C’est ainsi par exemple que dans les firmes multinationales, l’assemblage des produits (intensif en
travail peu qualifié), est réalisé dans les pays fortement dotés en travail peu qualifié ; et la concep-
tion des produits est réalisée dans les pays fortement dotés en travail qualifié.
- Pour Samuelson, l’échange international est à l’origine d’un mouvement d’égalisation du prix
des facteurs de production à travers le monde.
La spécialisation génère une demande accrue des facteurs « abondants » qui deviennent dès lors
plus chers.
Ainsi, la spécialisation dans des activités nécessitant une main d’œuvre abondante et peu cou-
teuse, en entraîne une augmentation de la demande en facteur travail et donc de son prix.
C’est ainsi que l’on pourrait par exemple expliquer la hausse des salaires en Chine.
Transition : ces analyses traditionnelles, si elles servent de fondement au libre-échange rencontrent
néanmoins des limites théoriques et buttent sur la réalité par bien des aspects.
R
- Les prix sont exprimés en équivalent-travail. Le coût absolu des biens est lié au travail nécessaire
à leur fabrication, et les prix des biens tendent à s’aligner sur les coûts de production, qui sont
LM
supposés constants.
- Les rendements d’échelle sont supposés constants.
EC
- Les modalités de fixation du prix international sont les mêmes que sur le marché national.
- Les coûts de transport sont considérés comme nuls.
AV
- Les facteurs de production ne circulent pas d’un pays à l’autre ; ils sont supposés fixes d’un pays
à l’autre mais mobiles à l’intérieur d’un pays.
RS
Le commerce international se développe de plus en plus entre pays ayant des niveaux de dévelop-
pement comparables, aux dotations factorielles identiques (l’Allemagne est le premier partenaire
commercial de la France).
Par ailleurs, s’il y a une relation entre l’échange et la spécialisation, dans quel sens se faitelle ? Est-
ce la spécialisation des pays qui fonde l’échange ou l’échange qui entraîne la spécialisation ?
Si la théorie ricardienne (et son extension HOS) fondée sur la DIT a été à la base de l’ouverture
52
internationale des économies, elle n’est plus apte aujourd’hui à rendre compte de la réalité des
échanges. En effet, elle repose sur des hypothèses aujourd’hui erronées.
L’insuffisance des thèses libérales traditionnelles à expliquer les échanges commerciaux contem-
porains a donné lieu à de nouvelles interprétations et de nouvelles analyses du commerce inter-
national qui complètent et actualisent ces modèles.
B. Les nouvelles analyses du commerce international
1) Les théories portant sur la demande visent à expliquer l’existence d’échanges intra-branches
a) La théorie de la demande représentative (Linder, 1961)
Selon B. Linder, les conditions de la production au sein d’un pays dépendent des conditions de la
demande.
Pour qu’un pays puisse exporter, il lui faut déjà disposer sur son marché (intérieur en particulier)
d’une demande suffisante pour réaliser des économies d’échelle nécessaires pour que les coûts,
donc des prix, soient compétitifs.
En effet, dans un premier temps, les perspectives de vente sont avant tout nationales. Les pro-
ducteurs vont donc produire des biens correspondants à ceux recherchés par la population locale.
Le marché extérieur n’est alors que le prolongement du marché intérieur. Plus les pays sont sem-
blables, et plus la gamme des produits exportables est identique à la gamme des produits impor-
tables. Les échanges s’effectuent donc entre pays semblables et concernent des produits proches,
qui recherchent de nouveaux débouchés sur des marchés extérieurs où la demande pour ce type
de produit existe déjà.
La concurrence entre les entreprises va donc les pousser à chercher à s’implanter simultanément
R
sur le territoire des concurrents, ce qui va entraîner l’apparition d’un commerce intra-branche.
LM
b) L’approche par la différentiation des produits (Lassudrie-Duchêne, 1971)
EC
L’idée ici développée est que les produits d’une même branche ne sont pas identiques. Ils sont
hétérogènes dans leurs caractéristiques, même si leur utilité est la même. Ils vont différer par
AV
leur couleur, leur packaging, leur publicité, leur marketing, leur image, le service après-vente pro-
posé. . .
RS
Selon Lassudrie-Duchêne, la demande des consommateurs est une demande de différence dans
la similarité : les agents économiques demandent en fait un ensemble de caractéristiques. Or, les
U
produits d’une même branche diffèrent par les caractéristiques offertes. Aux yeux des consomma-
teurs, les produits étrangers sont tous différents !
CO
Ainsi, un consommateur français qui désire acheter une voiture pourra très bien être attiré par une
voiture allemande, car les caractéristiques de cette voiture correspondront mieux à ses besoins, à
ses goûts que celles des voitures françaises, et inversement.
L’existence d’un commerce international ne s’explique alors pas tant par des différences de prix, et
donc de coûts de production, mais par la différenciation des produits, et donc par des politiques
stratégiques de recherche, de qualité, de marketing et de publicité.
Ces échanges intra-branches sont la conséquence de la "concurrence monopolistique "que se
livrent les entreprises basée sur la différenciation des produits. La concurrence aujourd’hui est
imparfaite, elle se fait moins par les prix du fait de la structure oligopolistique des marchés que
par la différenciation et l’hétérogénéité des marchés.
Cette analyse remet en question le modèle de concurrence parfaite sur lequel reposaient les ana-
lyses traditionnelles du libre-échange.
53
ces pays se lancent dans la fabrication de mêmes biens.
Les pays ne se distinguent donc pas seulement par leurs coûts de production, mais aussi par leurs
avancées technologiques.
Les pays en avance technologiquement possèdent un avantage comparatif dans la production de
biens technologiques.
Cela prolonge l’idée ricardienne selon laquelle les différences de productivité entre nations pro-
viennent de différences de technologie, contrairement au modèle HOS où la technologie est iden-
tique dans des nations qui ne diffèrent que par leurs dotations factorielles.
La capacité d’innovation est un déterminant essentiel dans les courants d’échanges (Cf. la diffu-
sion internationale de l’innovation).
Les dotations technologiques, liées à l’intensité de la recherche-développement engendrent des
exportations des pays innovateurs vers les autres pays.
R
que la théorie traditionnelle considérait comme parfaitement homogènes. [...]
Une deuxième piste explore les effets de recherche et des innovations technologiques. Une nation
LM
peut disposer temporairement d’un avantage comparatif quand elle est la première à exploiter
une innovation et les produits nouveaux qu’elle engendre. Cette voie de recherche se combine
EC
avec une troisième piste qui intègre l’existence de rendements d’échelles croissants. En effet, ces
derniers confèrent un avantage aux premiers arrivants sur un marché : en développant leur échelle
AV
de production, ils ont abaissé leurs coûts moyens à un niveau dissuadant l’entrée tardive de nou-
veaux concurrents ; ceux-ci ne pourront amorcer leur production qu’à une échelle plus réduite,
RS
54
Source : Marc Montoussé, Théories économiques, Bréal, 2002.
Les nouvelles théories du commerce international développées par des auteurs comme Paul Krug-
man inversent les termes de l’analyse ricardienne traditionnelle. Elles considèrent que ce sont les
échanges qui sont à l’origine des avantages comparatifs et de la spécialisation et non l’inverse !
C’est en effet se spécialisant que l’on peut dégager des gains de productivité ! Et donc avoir des
avantages. C’est en exportant qu’un pays devient plus compétitif. Les avantages sont la consé-
quence et non la cause de l’échange.
La création par exemple des sites touristiques n’est-il pas un préalable à l’avantage (pensons à Du-
baï), ou encore la création de pôles d’innovation ?
Les avantages peuvent donc se construire ! Une simple dotation en ressources ne peut suffire.
Krugman montrera aussi que les pouvoirs publics peuvent, dans le cadre de leurs politiques pu-
bliques contribuer à construire ces avantages comparatifs (politiques fiscale, industrielle (création
de pôle d’activité..., R&D..). Exemple : la Silicon Valley.
Les analyses traditionnelles du libre-échange, basées sur un modèle de raisonnement de concur-
rence parfaite ne tiennent pas compte non plus de l’internationalisation de la production et du
rôle croissant de la multinationalisation des firmes depuis le début des années 1960 dans le déve-
loppement des échanges commerciaux.
R
C’est ce que nous allons voir maintenant. LM
SÉQUENCE 3
LEÇON 2 - Comment expliquer l’internationalisation de la production et la compétitivité
EC
d’une économie ?
La théorie traditionnelle ne laissait aucune place aux firmes multinationales (FMN) et au com-
AV
merce intra-firmes, puisqu’elle reposait sur l’idée que ce sont les nations et elles seules qui échangent.
La multinationalisation croissante des firmes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale a joué
RS
un rôle majeur dans l’ouverture des économies et son accélération à partir des années 1980 avec la
dérèglementation des marchés va conduire à une internationalisation croissante de la production
U
Malgré la multiplicité des travaux consacrés à ce type de firmes il n’existe pas à vrai dire de défi-
55
nition communément admise. Les définitions sont nombreuses et discordantes. Elles mettent en
jeu des critères aussi variés que la taille de la firme, le nombre de filiales, le nombre de pays d’im-
plantation, le montant ou la part du chiffre d’affaires réalisé à l’étranger, etc.
Pour évaluer l’ampleur du développement des firmes multinationales, on recourt généralement à
la mesure des investissements directs à l’étranger (IDE). C’est par les IDE en effet qu’est réalisée la
multinationalisation des firmes (création ou achat d’entreprises à l’étranger).
Investissements directs à l’étranger : création d’une unité de production à l’étranger ou acquisi-
tion d’au moins 10 % du capital d’une entreprise à l’étranger.
Document 11
Répartition des flux d’investissement direct à l’étranger (IDE(1)) par région (en % des flux mon-
diaux)
R
Economies déve- 82,5 61,9 50,4 54,6
LM 92,1 84,3 70,7 72,3
loppées
Monde 100 100 100 100 100 100 100 100
EC
Exercice 21
1) Définir ce qu’est un IDE ?
RS
4) Présentez à l’aide de calculs pertinents l’évolution des flux entrants et sortants d’IDE par région.
CO
Le milieu des années 1980 se démarque par l’intensification du phénomène d’investissement in-
ternational, par une croissance très soutenue des flux d’IDE (en moyenne de 30 % par an), qui
augmentent davantage que ne le fait le PIB.
1) Les IDE permettent la création d’unités de production à l’étranger (filiales) ou l’acquisition de
firmes déjà existantes (fusions-acquisition).
Au cours des années 80-90, les IDE ont surtout pris la forme de fusions/ acquisitions. Aux États-
Unis, pays cible des investisseurs, près des 2/3 des investissements sont réalisés sous la forme
d’acquisitions internationales.
Le boom des fusions-acquisitions internationales traduit aussi l’accélération du mouvement de
concentration, désormais engagé à l’échelle mondiale, sur un marché où les normes industrielles
et les modes de consommation tendent à s’unifier de plus en plus. Se constituent de grands groupes
industriels et conglomérats qui dominent et de partagent les marchés.
Remarque : cette croissance de la taille des entreprises par fusion, absorption, etc., entraîne une
croissance externe des firmes, par opposition à la croissance interne, qui relève de l’augmenta-
tion de la capacité de production des firmes, par acquisition d’actifs physiques (machines, bâti-
ments...) ou immatériels (dépenses de recherche).
Attention à ne pas confondre IDE et délocalisation !
Si toute délocalisation à l’étranger se traduit par des IDE, tous les IDE à l’inverse ne donnent pas
lieu à des délocalisations. La notion de délocalisation, sous-tend la fermeture d’un site industriel
sur le sol national, pour aller l’implanter à l’étranger.
56
2) La coopération avec des firmes étrangères dans le cadre de" joint-venture"
Un "joint-venture" consiste à la création d’une société commune à plusieurs entreprises qui se
partagent de manière égale le capital.
La création de joint-venture entre différentes entreprises est le plus souvent destinée à créer entre
elles des synergies en mettant en commun leurs compétences et leurs savoirs technologiques tout
en limitant les frais et les risques. C’est aussi pour elles un moyen, en s’associant avec une compa-
gnie étrangère, de pénétrer plus facilement un marché étranger difficile d’accès comme l’Inde ou
en Chine par exemple.
Le recours aux joint-venture existe dans de nombreux secteurs, mais il est couramment utilisé par
les entreprises pétrolières et cinématographiques.
R
B. Les fondements de l’internationalisation de la production
LM
4) Le choix des localisations des firmes à l’étranger
EC
Document 12 Pourquoi les entreprises allemandes continuent-elles à exporter depuis leur base
nationale, alors que les autres grands constructeurs continentaux délocalisent de plus en plus, et
AV
En Italie, elle a également progressé mais beaucoup plus lentement, alors qu’en France, elle a ré-
gressé. [. . . ] Au total, sur la période, la part des charges de personnel dans la valeur ajoutée baisse
U
dans la filière automobile allemande alors qu’elle augmente en Italie et surtout en France, d’où
une forte dégradation de la compétitivité de l’industrie automobile en France. [. . . ]
CO
La préférence des constructeurs français pour des stratégies d’internationalisation via les IDE(1)
s’explique donc en partie par la dégradation des conditions de production en France, ce qui conduit
ces constructeurs à produire des véhicules dans les pays de l’Est, pour ensuite les réimporter en
France. [. . . ]
La stratégie de délocalisation semble plus adaptée pour des entreprises qui investissent moins en
R&D(2) et qui ont ainsi un positionnement en moyen et bas de gamme, comme c’est le cas pour
les entreprises automobiles françaises et italiennes. Cette tendance à la délocalisation a été ren-
forcée par une évolution très défavorable des conditions de production domestique en termes de
coût. Ces évolutions conduisent les constructeurs à rechercher de nouvelles zones de production,
et ce d’autant plus que la part des coûts de production dans le prix final est bien plus élevée en ce
qui concerne les véhicules d’entrée de gamme(3).
Source : Pierre BUIGUES, Denis LACOSTE, Maurice SAIAS, « Les déterminants des stratégies
internationales des constructeurs automobiles européens : exportation ou investissements
directs à l’étranger ? », Annales des Mines - Gérer et comprendre, 2015.
(1) Investissement direct à l’étranger : création d’un lieu de production à l’étranger ou acquisition
d’au moins 10% d’une entreprise située à l’étranger.
57
(2) R&D : recherche et développement.
(3) Entrée de gamme : version la moins chère d’un modèle de véhicule.
Document 13
Le territoire est susceptible d’intervenir dans la capacité d’innovation de l’entreprise par le biais
des ressources humaines, en particulier par la présence sur place d’une main- d’œuvre disposant
de qualifications en phase avec les blocs de savoirs constitutifs de l’activité de l’entreprise. Ceci
concerne au premier chef la maind’œuvre très qualifiée directement engagée dans l’activité de re-
cherche et développement, mais l’accès à des qualifications spécifiques de niveau intermédiaire
peut également être recherché de la part de firmes ayant mis en place des modes d’organisation
tournés vers l’apprentissage. Lorsque la main-d’œuvre disposant des qualifications spécifiques
manque sur un territoire, l’entreprise peut tenter de faire venir du personnel d’ailleurs. Il est alors
nécessaire que le territoire d’implantation soit attractif vis-à-vis des critères de localisation rési-
dentielle de la main-d’œuvre qualifiée : marché du travail suffisamment actif et diversifié permet-
tant au conjoint de trouver un emploi conforme à ses aspirations, qualité du système éducatif pour
la scolarité des enfants, des infrastructures de loisirs, du cadre de vie, du climat...
L’innovation est de moins en moins une activité qui s’exerce en circuit fermé. Les entreprises qui
souhaitent renforcer leur capacité d’innovation sont à la recherche d’un environnement stimu-
lant. Le territoire peut ainsi se révéler porteur d’externalités de connaissance pour les firmes qui
y sont implantées : circulation de la main-d’œuvre qualifiée, échanges avec les institutions de re-
cherche... [...]
Les entreprises peuvent alors rechercher la proximité d’institutions de recherche travaillant dans
R
les domaines du savoir qui intéressent l’entreprise. Elles peuvent également valoriser la proximité
LM
d’entreprises qui, appartenant au même secteur ou non, développent des bases de compétences
dans les mêmes champs de savoir.
EC
L’attractivité de l’Irlande pour les investissements directs à l’étranger, reposant principalement sur
une fiscalité avantageuse, pourrait être menacée par le contexte international.
U
La place privilégiée de l’Irlande pour l’attraction des investissements directs à l’étranger repose
CO
avant tout sur son environnement fiscal avantageux (taux d’impôt sur les bénéfices à 12,5% et fa-
cilité d’établir des montages fiscaux à des fins d’optimisation). La République irlandaise est ainsi
le « hub »∗ européen de nombreuses entreprises multinationales (notamment américaines), prin-
cipalement dans les secteurs de l’informatique [...] et pharmaceutique. [...]
L’Irlande est [...]en bonne position pour attirer les entreprises installées au Royaume- Uni souhai-
tant conserver un accès au marché unique après le Brexit. Pays anglophone, possédant une [...]
main-d’œuvre qualifiée et un marché du travail flexible, l’Irlande possède, au-delà de sa fiscalité
avantageuse, des atouts indéniables. [...]
Les multinationales ont été le principal soutien du pays pendant la crise et sont le principal moteur
de la reprise depuis 2014. Membre de l’Union européenne, l’Irlande offre un accès à un marché de
près de 500 millions de consommateurs [...]. Mais le pays est confronté à deux chocs simultanés
et majeurs : la sortie de l’Union européenne de son premier partenaire économique et un chan-
gement de l’environnement fiscal international. Pour préserver son attractivité dans ce contexte
difficile, l’Irlande devra impérativement remédier à son déficit d’infrastructures (transports, loge-
ment, éducation, système de soins).
58
Exercice 22
1) A partir des documents 12, 13 et 14, listez les différents motifs qui peuvent amener les entre-
prises à localiser tout ou partie de leur production à l’étranger.
Les stratégies d’implantation des FMN à l’étranger et le choix des pays d’implantation sont condi-
tionnées par les objectifs qu’elles poursuivent et les avantages qu’elles pourront retirer de la géo-
localisation de leurs filiales à l’étranger. Ces stratégies d’implantation sont déterminées par :
a) Le souci d’améliorer leur compétitivité-prix et hors-prix
Les stratégies d’implantation des firmes à l’étranger sont pour les firmes, dans un contexte de
concurrence accrue, un moyen d’améliorer leur compétitivité-prix et horsprix (ou encore appe-
lée "compétitivité produit" ou encore "compétitivité structurelle") pour affronter la concurrence
internationale en cherchant à réduire leurs coûts de production et à améliorer la qualité des pro-
duits, à les différencier et les adapter à la demande.
La compétitivité désigne la capacité d’une entreprise (ou d’un pays) à conserver ou à augmenter
ses parts de marché malgré la concurrence. Quelle qu’en soit la forme, la compétitivité d’une en-
treprise ou d’un pays se mesure par l’évolution de ses parts de marché, que ce soit sur le marché
domestique (compétitivité interne) ou étranger (compétitivité externe).
En ce qui concerne la compétitivité-prix, l’implantation à l’étranger est pour les entreprises un
moyen de réduire leurs coûts de production, d’améliorer leur compétitivité-prix c’est-à-dire de
pratiquer des prix plus bas que ceux de leurs concurrents.
La baisse des coûts peut provenir de la réduction des coûts de la main d’œuvre (salaires et cotisa-
tions sociales), de la faiblesse de le protection sociale, de la baisse du coût des matières premières,
R
de la fiscalité ou encore de celui des transports.
LM
Attention :
Contrairement à une idée reçue, le coût du travail n’est pas le déterminant essentiel ! Pour preuve,
l’essentiel des IDE se dirige vers des pays où le coût du travail est en général élevé (pays dévelop-
EC
pés).
Ce qui importe c’est le coût unitaire du travail, c’est-à-dire le coût du travail par unité produite qui
AV
plantée dans un pays (notamment un pays à bas salaires) pour y produire à des coûts plus bas que
dans le pays d’origine.
U
CO
Exemple : Samsung exporte ses composants au Vietnam pour que ses smartphones y soient pro-
duits dans les ateliers de sa filiale vietnamienne ou encore l’entreprise Philips qui a implanté une
usine de production de téléphones mobiles en Chine.
La compétitivité hors prix prend en compte d’autres paramètres que les coûts de production comme
la qualité, l’innovation, l’image de marque, le service après-vente, etc. La recherche de compéti-
tivité hors prix passe donc par la différenciation des produits, l’amélioration de leur qualité. Elle
repose davantage sur le recours à une main d’œuvre qualifiée et sur le progrès technique. Ce sont
donc ces critères que les FMN vont rechercher dans leurs stratégies d’implantation à l’étranger.
Le choix du lieu d’implantation des filiales peut être conditionné également par la volonté de se
rapprocher de la demande, et/ou de mieux coller aux spécificités du marché local, ou encore de
profiter de nouveaux débouchés, de pénétrer des marchés porteurs (Chine, Inde, pays émergents).
Les FMN créent alors des filiales–relais. Une filiale-relais est une filiale implantée dans un pays
pour y accroître les ventes en se rapprochant des clients.
Exemple : quand le groupe Carrefour installe un supermarché à Barcelone, ou encore Toyota qui a
implanté une filiale à Valenciennes pour accroître ses parts de marché dans l’Union européenne.
C’est le cas aussi de nombreuses FMN de services qui constituent aujourd’hui la part la plus impor-
59
tante des investissements à l’étranger en provenance des pays développés (banques, compagnies
d’assurance, agences de publicité, compagnies de télécommunication, etc.).
Remarque : Les mouvements de concentration des FMN, via les fusions acquisitions, partenariats
(croissance externe) leur permettent également de réaliser d’importantes économies d’échelle et
de baisser ainsi leurs coûts de production à l’échelle mondiale (ce qui alimente la compétitivité-
prix).
c) La volonté d’échapper aux barrières douanières et à la réglementation
Les FMN peuvent aussi souhaiter pénétrer les marchés extérieurs de manière à contourner les
mesures protectionnistes pour que les marchandises ne soient pas taxées à la douane en arri-
vant sur le lieu de vente, pour échapper à certaines réglementations nationales (par exemple des
contraintes trop fortes en matière de protection de l’environnement).
d) Ces choix d’implantation, sont aussi fonction de facteurs territoriaux (stabilité politique, qualité
des infrastructures) qui, aujourd’hui, constituent un déterminant majeur dans la construction des
compétitivités.
C’est la combinaison de ces différents critères qui détermine les choix d’implantation des firmes.
Par exemple, si Toyota s’est implantée en France à Onaing c’est tout autant pour avoir accès au
marché européen, bénéficier d’une localisation stratégique et des infrastructures françaises, que
pour profiter du tissu de sous-traitants de la région de Valenciennes et des avantages fiscaux de la
région.
R
5) La DIPP et création des chaînes de valeur LM
Il convient selon la différenciation faite par Michael Porter (1982) de distinguer et d’opposer les
stratégies multinationales pratiquées par les firmes dans les années 1960 et les stratégies globales
EC
adaptés à chaque marché. La production des filiales n’est donc pas spécialisée. Chaque filiale est
un centre de profit qui entretient des relations verticales avec la maison mère mais non avec les
RS
autres filiales.
A l’inverse, la stratégie globale vise à unifier la gamme des produits au niveau mondial et à faire de
U
chaque filiale une unité spécialisée dans la fabrication d’un composant particulier du produit fini.
CO
On assiste dès lors à ce que Bernard Lassudrie-Duchêne (1982) appelle la décomposition interna-
tionale du processus de production (DIPP).
La coordination de la production est assurée par la maison mère qui centralise les activités de
R&D. La localisation entre les différents pays est effectuée en fonction des avantages comparatifs
de chacun et de considérations logistiques.
Les stratégies d’implantation des firmes ont donc évolué dans le sens d’une plus grande décom-
position internationale du processus de production dans le cadre d’une stratégie globale de déve-
loppement
a) Les chaines de valeur
A partir des années 80, un nombre croissant d’entreprises commence à s’organiser au niveau mon-
dial. Elles installent les différentes étapes de leur chaîne de production dans diverses régions du
monde, en fonction de leur perception de la compétitivité ou des ressources des différents terri-
toires. Cette fragmentation à l’échelle mondiale permet de créer des chaines de valeurs qui per-
mettent d’améliorer la productivité et la compétitivité des firmes.
La chaîne de valeur correspond à l’ensemble des différentes étapes de la production d’une entre-
prise. Elle correspond donc à l’ensemble de la production matérielle ou immatérielle, ou encore
d’un service complexe au sein d’une entreprise. Cette chaîne de valeur, peut être interne ou ex-
terne en faisant appel à des fournisseurs et sous-traitants nationaux ou étrangers.
Ainsi, les exemples les plus emblématiques des chaines de valeurs sont caractéristiques des indus-
tries automobiles, aéronautiques et informatiques.
60
Par exemple, un Smartphone qui est assemblé en Chine inclut des métaux précieux extraits en
Afrique, en Amérique Latine, des composants en provenance de différents pays comme les puces
électroniques fabriquées à Singapour, des éléments de conception graphique en provenance des
États-Unis, des codes informatiques élaborés en France, etc.
b) Des chaînes de valeurs source d’amélioration de la productivité des entreprises
Cette fragmentation de la chaîne de production dans différents pays a pour but d’obtenir un avan-
tage concurrentiel. La création de ces chaînes de valeurs permet aux entreprises, en rationalisant
leur production, d’améliorer leur productivité et leurs performances.
L’organisation de la production à l’échelle mondiale, leur permet en effet, non seulement de ré-
duire leurs coûts de structure, de réaliser des économies d’échelle, mais également de tirer profit
des avantages offerts par chaque pays d’implantation en matière de coût salariaux, de productivité
du travail, de savoir-faire et compétences technologiques, etc.
La baisse des droits de douane des biens intermédiaires, a permis par ailleurs à nombreuses en-
treprises et notamment dans les pays en développement d’améliorer leur compétitivité.
Cette fragmentation des chaînes de valeur, au-delà de l’amélioration de la productivité aurait per-
mis aux entreprises d’augmenter et de diversifier leur production et leurs investissements en R&D.
Ces chaines de valeur, qui peuvent être assimilées a du progrès technique contribuent à générer
des externalités positives et à améliorer la productivité des firmes.
c) L’importance et la mesure des chaînes de valeur dans le commerce mondial
R
L’importance des chaînes de valeurs joue aujourd’hui un rôle important dans l’économie de l’en-
semble des pays et remet en question le mode d’évaluation et d’interprétation des échanges.
LM
En effet, une part importante du commerce international n’est que le fait d’échanges intra-firmes
qui sont comptabilisés comme exportations ou importations. Les produits peuvent passer plu-
EC
sieurs fois la frontière (de la fourniture de composants à la distribution en passant par l’assem-
blage...), tendant à surestimer le volume des échanges internationaux.
AV
Par exemple, si l’on considère le cas de la France, on constate que les exportations utilisent des im-
portations en quantité importante. La part des intrants étrangers dans les exportations françaises,
RS
produit final et tirent profit de son exportation. Une grande partie de cette valeur ajoutée tout le
long de la chaîne d’approvisionnement internationale demeure cependant invisible dans les sta-
CO
tistiques commerciales classiques, qui attribuent l’intégralité de la valeur d’un bien ou d’un service
au dernier pays de la chaîne ayant finalisé la production." OCDE.
C’est pourquoi, l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) et l’Or-
ganisation Mondiale du Commerce (OMC) ont lancé une initiative visant à créer une base de don-
nées d’indicateurs des échanges en valeur ajoutée.
La mesure des échanges internationaux en valeur ajoutée a pour but d’éviter le double comp-
tage actuel des échanges bruts en évaluant les échanges selon la valeur qui est ajoutée. Ce nou-
veau mode d’évaluation des flux commerciaux permet de mieux analyser les performances éco-
nomiques d’un pays.
d) Les conséquences de la fragmentation des chaines de valeur sur les échanges internationaux
∗) La première conséquence est l’augmentation des échanges intra-firmes
Dans l’économie mondialisée d’aujourd’hui, les échanges ne portent plus seulement sur des pro-
duits finis.
Ce type de flux commerciaux, caractéristiques des échanges traditionnels ne représente que 30 %
environ de l’ensemble des échanges de biens et de services. Approximativement 70 % des échanges
internationaux actuels reposent en fait sur les chaînes de valeur mondiales. Ces chaines de valeurs
correspondant à des "importations productives", portent sur des services, des matières premières,
des pièces détachées, des composants, qui sont ensuite réintroduits dans le processus productif
61
pour a fabrication des produits finis destinés aux consommateurs du monde entier.
La production des entreprises multinationales se fait de plus en plus sur le mode de la fragmenta-
tion ou de l’intégration verticale : les activités productives sont réparties sur un réseau internatio-
nal de sites, chaque site étant spécialisé dans la production d’un ou quelques biens intermédiaires
lesquels constituent des "inputs" (consommations intermédiaires) pour d’autres sites, ce qui gé-
nère des échanges intra-firmes.
En effet, aujourd’hui, une grande partie de l’échange international consiste en l’échange de biens
intermédiaires au sein d’un même groupe transnational, entre la maison mère et ses différentes
filiales implantées à travers le monde. Des échanges qui par ailleurs dans le cadre de prix de trans-
ferts, c’est-à-dire de prix qui échappent aux lois du marchés mais qui sont établis en fonction de
calculs d’optimisation à l’échelle de l’ensemble du groupe.
∗) Ces échanges intra-firmes remettent en cause les fondements traditionnels du libre change
L’évolution actuelle des échanges remet en question la vision traditionnelle de la DIT fondée sur
la spécialisation des différents pays. La spécialisation est le produit des firmes.
Dans le modèle ricardien, les différences de productivité du travail entre les pays s’établissent
avant l ‘échange et justifient celui-ci. Aujourd’hui, ce sont les firmes ellesmêmes qui choisissent
leur lieu d’implantation. Le choix d’implantation des firmes ne répond plus aux seuls avantages
comparatifs, mais s’inscrivent dans une politique globale de développement, en même temps que
la seule dotation en facteur de production n’est plus aujourd’hui la seule motivation qui détermine
les choix de localisation des firmes.
C’est le choix des localisations des firmes pour leurs investissements directs qui produit une spé-
R
cialisation ex-post des territoires.
LM
Conclusion de la première partie : quels sont les liens entre productivité et compétitivité interna-
EC
l’aptitude de ses firmes à affronter la concurrence internationale. Elle repose donc sur la produc-
tivité de ses entreprises.
RS
Plus les entreprises utilisent efficacement leurs facteurs de production, plus elles pourront baisser
leurs coûts.
U
Les gains de productivité, en permettant de diminuer les prix et de faire plus de profits (du fait de
la baisse des coûts), augmentent les parts de marché et stimulent l’innovation. Les entreprises qui
CO
62
CO
U
RS
AV
63
EC
FRANCAIS
LM
R
CONSEILS ET METHODOLOGIE
Chers étudiants,
Deux attitudes sont généralement observées chez les candidats au Baccalauréat, à l’épreuve de
Français. Le premier se dit : « – Je suis un scientifique, le Français m’importe peu ». Attitude né-
gative et défaitiste qui aboutit généralement à l’échec à l’examen. Des milliers de candidats en
Séries C et D ont été sauvés par le Français et doivent leur réussite à leurs bonnes notes dans
cette matière. D’autre part, la bonne maîtrise de la langue française est un atout primordial aussi
bien dans la vie professionnelle que dans les autres relations humaines. – Le second, un littéraire,
déclare avec suffisance : « Pas de problème. Je parle couramment le Français et je manie bien la
langue ». Mais de l’expérience du parler courant au savoir faire dans l’étude de texte ou la disser-
tation, le chemin est long et tortueux. Aussi, chers candidats, acceptez sans préjugé ni complexe
les quelques directives générales que la voix de l’expérience vous suggère dans le présent ouvrage,
en ce qui concerne l’épreuve de Français au Baccalauréat.
Présentation du sujet à l’examen
Le sujet peut se présenter sous trois formes différentes :
1) Un texte littéraire suivi d’une série de questions sur – la compréhension des idées contenues
dans le texte – la lexicologie (Vocabulaire) – les structures morphosyntaxiques (Grammaire et
Conjugaison) La deuxième partie du travail en un devoir d’expression écrite basée généralement
R
sur l’explication ou l’argumentation. LM
2) Un texte littéraire suivi d’une série de questions comme précédemment. Mais cette fois, la
deuxième partie du devoir consiste à résumer le texte suivant des conditions déterminées (ex :
au quart de sa longueur)
EC
3) Un sujet de dissertation française à partir d’une citation d’une réflexion ou d’une maxime émise
AV
sophique.
U
Les grands thèmes que nous avons choisis et traités dans cet ouvrage touchent l’individu comme
la société, la nation comme l’humanité, les pays comme les continents : le conflit de génération –
la jeunesse et la délinquance – le luxe – le stress – la corruption – la fuite de cerveau – l’exode rural
– l’environnement et la pollution – les fléaux comme le SIDA, les intempéries – le terrorisme et la
non violence – la justice – le progrès – la technique – le livre et l’audio-visuel . . . Naturellement, à
ces thèmes peuvent s’ajouter tous les grands sujets d’actualité en ce début de millénaire.
Comment affronter l’épreuve
Les trois conditions suivantes doivent être réunies pour bien réussir un devoir de Français au Bac-
calauréat :
1) Acquérir des connaissances : le baratin est à exclure. Le candidat doit maîtriser les règles de
Grammaire au programme qui sont étudiées en classes Terminales. De même, il s’appliquera à
enrichir son répertoire lexical en fonction des thèmes proposés.
2) Bien comprendre le sujet de dissertation ou le texte proposé. Pour y parvenir, il faut entretenir
des séances régulières de lecture, suivant les thèmes évoqués ci-dessus, et d’autre part, s’habituer
aux articles ou émissions dans les médias (journaux, radio, télévision) en fonction toujours des
mêmes directives.
3) Etre capable de formuler des phrases correctes claires et concises. Pour ce faire, il est strictement
déconseillé au candidat d’employer des mots ou expressions qu’il ne maîtrise pas suffisamment :
64
également de s’exprimer avec des phrases trop longues qui risquent de nuire à la clarté du de-
voir, sans parler des inévitables fautes qui s’y glissent généralement. Le candidat doit s’appliquer à
grouper les phrases qui expriment la même idée générale et à les classer en paragraphes. Un sujet
de Français au Baccalauréat ne se comprend pas généralement, dès la première lecture. Relire le
texte ou le sujet de dissertation plusieurs fois est non seulement utile, mais indispensable. Enfin,
n’oubliez pas de prendre un alinéa au début de chaque partie et de sauter une ligne après l’intro-
duction et le développement. Le bon candidat saura joindre ces quelques conseils aux acquis en
classe tout au long de l’année scolaire. Si c’est le cas pour vous, la réussite est au bout de la plume.
Alors, chers candidats.
Bon courage et Au Travail ! Durée : 4 heures
A vrai dire, civilisation ne signifie pas tout à fait bonheur. En effet, il se trouve qu’au lieu de profiter
du croît de leurs connaissances, souvent les hommes ont mal employé, les ressources que leur a
apportées un labeur scientifique prolongé. Les avions devaient servir uniquement à bombarder
les villes, l’avion serait une funeste découverte. Si les progrès de la Chimie consistaient à produire
des gaz nocifs aptes à détruire en quelques minutes un régiment, la Chimie serait une science
maudite. Donc la civilisation, dans le sens légitime de ce mot, c’est-à-dire une plus grande somme
de bonheur à nos vies humaines, ne consiste pas uniquement dans la connaissance des choses,
et même dans leur emploi utilitaire. Il faut quelque chose de plus. C’est si l’on veut, encore de
solidarité et de fraternité humaines, le respect du droit. Ainsi, notre proposition : « le bonheur des
hommes dépend des progrès de la connaissance », est absolument vraie, mais à la condition qu’on
R
ajoute ce correctif essentiel, que le bonheur des hommes ne dépend pas uniquement des progrès
LM
de la connaissance. Sans la connaissance des choses, il n’y a pas de civilisation, il n’y a pas de
bien-être. Mais la connaissance ne suffit pas, il faut que le développement intellectuel s’emploie
au bien et non au mal Autrement dit, la science est au bonheur humain une condition nécessaire,
EC
QUESTIONS
I. Compréhension
RS
l’humanité ?
CO
2) Quelles autres valeurs devraient s’ajouter aux découvertes scientifiques pour les rendre réelle-
ment bienfaitrices ?
3) Expliquez, d’après le texte, dans quel sens l’homme peut-il déterminer le bon ou le mauvais
choix de son avenir.
II. Etude lexico-syntaxique
1) Lexique
a) Quel autre mot peut-on utiliser à la place de « croît » dans l’expression : « le croît de leurs
connaissances ».
b) Relever, dans le texte, deux verbes appartenant au champ lexical de « ravage ».
c) Expliquer : « gaz nocif ». Par quel autre adjectif peut-on remplacer « nocif » pour exprimer l’idée
contraire.
2) Syntaxe
a) Donner la tournure passive de la phrase suivante : – Les hommes ont mal employé les ressources
que leur a apportées un labeur scientifique prolongé.
b) Remplacer les groupes de mots soulignés par un pronom personnel complément : – Le bonheur
65
des hommes ne dépend pas uniquement des progrès de la connaissance ; il faut que le développe-
ment intellectuel s’emploie au bien.
c) Dans la phrase suivante, écrire le verbe de la subordonnée de condition au présent de l’Indi-
catif et effectuer les changements qui en découlent : – Si les avions devaient servir uniquement à
bombarder les villes, l’avion serait une funeste découverte.
III. Développement
Développez et discutez ces vers d’un grand poète français : « L’homme est un apprenti, la douleur
est son maître. Et nul ne se connaît, tant qu’il n’a pas souffert ». (40 lignes au maximum)
FRANÇAIS SUJET TYPE N° 2 Durée : 4 heures
DISSERTATION LITTERAIRE
« Les médias sont d’indiscutables preuves de la liberté d’expression. Toute censure infligée aux
médias est une inexcusable violation des droits de l’homme »
Développez et discutez
Durée : 4 heures
C’est à partir de 14 ans, et surtout 15 et 16 ans, que le jeune adolescent laissé à lui-même et mal
aimé, commence à entrer pour un temps plus ou moins long, dans la délinquance agressive et
R
sexuelle . . . Auparavant, le délinquant mineur volait de petits objets, de petits véhicules à moteur.
Maintenant, ce sont les automobiles qu’il rêve de prendre en main et de conduire. Et précisément,
LM
du vol de voitures, ces jeunes passent aussi au vol d’aliments divers dont ils ont besoin pour leurs
tournées (. . . ) Puis ce sont les attentats sexuels commis avec les mineurs qui se sont laissés prendre
EC
. . . La délinquance a évolué, semble-t-il, depuis le temps où elle recrutait dans les quartiers mi-
sérables (. . . ) Mais la délinquance a continué et même augmenté, après la suppression des logis
AV
misérables, elle se recrute dans la population des jeunes des grands ensembles ou immeubles tout
neufs, qui éclosent autour des grandes cités ou même dans les meilleures familles (. . . ) Cela met
RS
bien en évidence que le facteur le plus profond de cette conduite compensatrice est le manque
d’attache affective en famille (. . . ) La délinquance juvénile augmente, malgré l’amélioration du
U
bien-être et du standard de vie dans la classe ouvrière, les statistiques en fournissent la preuve.
C’est dans les pays économiquement les plus riches qu’elle progresse le plus. Ce n’est donc pas la
CO
peur de la répression qui les arrête ni la répression qui les corrige, comme trop de gens le croient ;
mais l’insatisfaction qui est en eux et la cause principale de cette orientation vers la délinquance
(. . . ) Dès lors, le besoin monte en flèche, d’autre part, le besoin d’aimer et d’être aimé.
Cruchon
QUESTIONS
I. Compréhension
1) Quelle preuve avance l’auteur pour affirmer que ce n’est pas seulement la misère qui entraîne
la délinquance ?
2) Quelles que soient leurs manifestations ultérieures, toutes les formes de délinquance partent
d’un motif commun. Relever ce motif dans le texte.
3) D’après le texte, le milieu rural semble être plus ou moins épargné par la délinquance. Pourquoi ?
II. Lexique
1) Expliquer : « délinquance agressive ».
2) Décomposer le mot « désœuvrée ». Qu’est-ce donc qu’une « vie désœuvrée » ?
66
3) « . . . malgré l’amélioration du bien-être ». Exprimer l’idée contraire en remplaçant le nom «
amélioration » par son antonyme.
4) Comment comprenez-vous l’expression « délinquance agressive ».
III. Syntaxe
1) Transformer le groupe nominal souligné en proposition subordonnée conjonctive : – La délin-
quance juvénile augmente malgré l’amélioration du bien-être et du standard de vie.
2) Donner la tournure directe de la phrase suivante : – Les adolescents se demandaient souvent
s’ils auraient un jour la possibilité de s’introduire et de se mettre au volant de ces grosses voitures.
3) Justifier l’orthographe du participe passé dans les phrases suivantes : – La délinquance a conti-
nué après la suppression des logis misérables. – Il faut tenir compte des nouveautés qu’a apportées
l’arrivée de nouveaux adolescents.
IV. Résumé
Résumer ce texte au quart de sa longueur.
FRANÇAIS SUJET TYPE N° 4 Durée : 4 heures
DISSERTATION LITERRAIRE
Que pensez-vous de cette réflexion :
R
« Le conflit de génération est le seul problème auquel nulle science ne trouvera de solution »
LM
FRANÇAIS SUJET TYPE N° 5 Durée : 4 heures
EC
On dit travail manuel, travail intellectuel, comme si c’étaient des choses différentes, étrangères, si-
non hostiles, comme s’il y avait entre les hommes qui les représentent, entre l’ouvrier, l’ingénieur,
AV
le savant, l’administrateur, je ne sais quel conflit quelle erreur et combien dangereuse ! A quoi ser-
virait le travail de la pensée, s’il ne prenait dans les mains des formes tangibles, s’il ne devenait
RS
industrie, machines, produits fabriqués, commerce, agriculture. S’il ne servait à adapter la terre
aux besoins des hommes et à nous adoucir la vie ? Et qu’auraient fait les mains débiles, infiniment
U
moins fortes que la griffe animale, moins dures que n’importe quel objet de bois, de pierre ou de
métal, si elles n’avaient été guidées par l’esprit ? Le travail, c’est toujours l’homme, l’homme tout
CO
entier, et non tantôt les bras, tantôt la pensée. Dans la plus simple des machines, dans la plus ru-
dimentaire des produits du travail, si on trouve la trace des mains humaines, on y trouve en même
temps, inséparables de la pensée accumulée, les marques de l’intelligence. Entre les travailleurs
qui se disent manuels et ceux qui se disent intellectuels, il y a donc un indissoluble lien. Et les pré-
jugés qui les séparent disparaîtraient comme une ombre si les uns et les autres se voyaient avec
leurs yeux et non avec leurs sentiments, à travers des mots, dans les attitudes conventionnelles et
fausses qu’ont imaginées les orateurs de réunion publique. M. Labbe
I. Compréhension
1) Relever une phrase du texte à partir de laquelle l’auteur donne sa définition du travail. Expliquez
cette phrase.
2) « A quoi servirait le travail de la pensée . . . guidées par l’esprit. A quelle conclusion l’auteur
veut-il aboutir par cette argumentation.
3) D’après l’auteur, l’abîme qui sépare le travail dit manuel du travail dit intellectuel, n’est pas réel.
A quoi est-il dû ?
II. Lexique
1) Dans l’expression « des formes tangibles », quel autre mot peut-on utiliser à la place de « tan-
gibles » ?
67
2) Expliquer : « les mains débiles ».
3) Qu’est-ce qu’un « préjugé » ?
III. Syntaxe
1) Reproduire la phrase suivante en remplaçant les noms soulignés par des pronoms démonstra-
tifs : – Le travail, c’est l’homme tout entier et non tantôt les bras, tantôt la pensée. 2) Donner la
valeur du Conditionnel dans la phrase suivante : – A quoi servirait le travail de la pensée s’il ne
devenait industrie, machines, produits fabriqués, commerce, agriculture ?
3) Dans la phrase suivante, transformer les deux groupes verbaux COI en groupes nominaux COI. –
A quoi servirait le travail s’il ne servait à adapter la terre aux besoins des hommes et à nous adoucir
la vie ?
IV. Développement
« Tout développement commence par une bonne information ». Développez et discutez cette af-
firmation. (40 lignes au maximum)
FRANÇAIS SUJET TYPE N° 6 Durée : 4 heures
DISSERTATION LITTERAIRE
Développez et discutez l’affirmation suivante :
R
« S’instruire, droit et devoir incontournables de tout citoyen du XXIè siècle, mais combien encore
LM
méconnus dans les pays en voie de développement ».
FRANÇAIS SUJET TYPE N° 7 Durée : 4 heures
EC
Dans la mesure où il participe de l’hygiène et de la morale, le sport (. . . ) devait être, avant tout, une
chose personnelle, discrète, ou même un jeu de libres compagnons, une occasion de rivalités fa-
AV
milières et surtout, comme disait le mot avant ses aventures modernes, un plaisir, un amusement,
un thème de gaieté, de recréation. Le sport, entre les mains de traitants ingénieux, est devenu
RS
la plus avantageuse des entreprises de spectacles. Il est (. . . ) devenu la plus étonnante école de
vanité. L’habitude, allègrement acquise, d’accomplir les moindres actes de jeu devant une nom-
U
breuse assistance, a développé, dans une jeunesse mal défendue contre les chimères, tous les dé-
CO
fauts que l’on reprochait naguère encore, aux plus arrogants des cabotins. L’ambition, sans doute
noble en soi, de briller au premier rang pousse un grand nombre de jeunes hommes a réclamer
de leur corps des efforts auxquels ce corps paraît peu propre. Le sport n’est plus, pour beaucoup,
un harmonieux amusement, c’est une besogne harassante, un surmenage pernicieux qui excède
les organes et fausse la volonté. Trop vite spécialisé, l’athlète ne se développe pas dans un heureux
équilibre. Il accuse les stigmates, les déformations où se marque tout excès professionnel. Georges
Duhamel
QUESTIONS
I. Compréhension
1) Quels sont les deux domaines qui devaient être les principaux champs d’action du sport dans
sa conception initiale ?
2) Relever une mauvaise conséquence, au niveau de la morale, de la mauvaise conception du sport
moderne.
3) Expliquer comment le sport, dans sa conception moderne, est devenue une activité nocive à la
santé.
II. Etude lexico-syntaxique
1) Lexique
68
a) Relever, dans le texte, quatre mots appartenant au champ lexical de la distraction.
b) Expliquer : « C’est une besogne harassante ».
c) Remplacer l’adjectif qualificatif souligné par son antonyme pour expliquer l’idée contraire : – «
. . . comme disait le mot avant ses aventures modernes ».
2) Syntaxe
a) Donner la transformation passive de la phrase suivante : – L’ambition, sans doute noble en soi
de briller au premier rang pousse un grand nombre de jeunes hommes à réclamer de leur corps
des efforts auxquels ce corps paraît peu propre.
III. Développement
Comment comprenez-vous cette pensée d’un célèbre écrivain :¨« A vaincre sans péril, on triomphe
sans gloire ». Développez et illustrez avec des exemples précis. (30 à 40 lignes)
FRANÇAIS SUJET TYPE N° 8 Durée : 4 heures
DISSERTATION LITTERAIRE
« A l’aube du troisième millénaire, le problème de la communication est unique : tout le monde
revendique le droit d’expression, mais personne ne veut se donner la peine d’écouter ».
Développez et discutez.
R
FRANÇAIS SUJET TYPE N° 9 Durée : 4 heures
LM
L’OMS observe aujourd’hui que les dépenses de santé dans les pays pauvres continuent d’être
dévorées par les activités curatives en milieu urbain au détriment des activités préventives indis-
EC
pensables en milieu rural et péri-urbain. Dans beaucoup de pays, le personnel médical spécialisé
est concentré dans les villes. Et la population rurale continue à souffrir d’un état de santé précaire
AV
dû aux facteurs habituels dans les pays pauvres. Parmi ces facteurs, le premier accusé est la mal-
nutrition. Dans les pays africains, 30 à 70 Les maladies transmissibles continuent leurs ravages,
RS
et l’assainissement demeurent des enjeux essentiels en matière de santé. Par ces deux éléments,
CO
l’environnement pourra être complètement transformé, modifiant par là les conditions de santé.
Enfin, la préoccupation des médicaments essentiels, et si possible fabriqués localement, devrait
limiter le poids des grands trusts pharmaceutiques sur les politiques de santé. Mais il ne pourrait
y avoir progression de la santé sans une éducation des populations qui va jusqu’à les associer aux
stratégies à développer. Michel Gauvry (Santé et développement)
QUESTIONS
I. Compréhension
1) Quels sont les quatre problèmes essentiels relatifs à la santé dans les pays en voie développe-
ment, traités par l’auteur à travers ce texte ?
2) Comment se présente la désorganisation ville-campagne en matière de répartition des activités
sanitaires ?
3) Tous les programmes de développement en matière de santé reposent sur un facteur de base.
Lequel ?
II. Lexique
1) Expliquer la différence entre « activité curative » et « activité préventive ».
2) « L’eau et l’assainissement demeurent des enjeux essentiels ».
69
a) Remplacer « enjeux » par un autre mot exprimant la même idée.
b) Employer « enjeu » dans une phrase où il aura un autre sens.
3) « Mais il ne pourrait y avoir progression de la santé . . . ». Exprimer l’idée contraire en remplaçant
« progression » par son antonyme.
III. Syntaxe
1) Transformer la proposition soulignée en groupe nominal : – Dans beaucoup de pays, le pro-
blème essentiel est que le personnel médical spécialisé reste continuellement concentré dans les
grandes villes.
2) Donner la transformation passive de la phrase suivante : – Enfin, la préoccupation des médi-
caments essentiels, et si possible fabriqués localement devrait limiter le poids des grands trusts
pharmaceutiques sur les politiques de santé.
3) Transformer la subordonnée infinitive en subordonnée conjonctive de but : – De nombreux
centres sanitaires devront être créés afin de pouvoir protéger la santé des mères de famille et des
enfants.
IV. Développement
La pratique de la médecine traditionnelle est-elle un obstacle ou une contribution à l’amélioration
de la santé de la population ? Développez et discutez (30 à 40 lignes)
R
FRANÇAIS SUJET TYPE 10
LM
Le réchauffement climatique
EC
Délinquance juvénile, égalité des droits et autres problèmes qualifiés d’essentiels sont brusque-
ment relégués au second plan. Et pour cause, l’univers tout entier est tenu en haleine, tous les
AV
regards sont braqués vers un spectre aussi réel que terrifiant : le réchauffement climatique. Et du
coup, mille questions se succèdent, sans réponse les unes comme les autres, et pourtant, c’est
RS
l’existence de la planète terre elle-même qui est en jeu. Toutefois, un mea culpa collectif est pro-
noncé en unisson par toute la population terrienne : en fait, le réchauffement climatique est l’œuvre
U
de l’homme luimême, autrement dit, c’est la conséquence des pollutions causées quotidienne-
ment sur terre. Citons en particulier les fumées qui se dégagent des usines en ville et les feux de
CO
forêt en milieu rural. Toutes ces pollutions ont déjà commencé et continuent à déchirer la couche
d’ozone qui protège notre planète. Si ce phénomène continue, c’est la vie même sur terre qui est
menacée par l’extraordinaire chaleur solaire. En effet, il a été déjà constaté que dans l’hémisphère
sud, la sècheresse fait des ravages, réduisant énormément les eaux à la disposition des popula-
tions. En conséquence, l’agriculture et toutes les formes de végétation en souffrent terriblement.
La famine devient une menace permanente et l’hygiène diminue de plus en plus sa contribution à
l’équilibre sanitaire. Au pôle Nord, les blocs de glace commencent à fondre, le niveau des Océans
monte et les surfaces côtières sont avalées progressivement par la mer. Pour faire face à cette si-
tuation, les grandes puissances ont déjà signé la charte de Kyoto et organisé la conférence de Co-
penhague afin de réduire les pollutions causées par leurs activités industrielles. Il semble que ces
réunions se sont heurté à des blocages . . . Espérons que des décisions et des mesures seront bien-
tôt prises car le réchauffement climatique est une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.
QUESTIONS
I. Compréhension
1) Comment l’auteur explique-t-il la volonté de l’humanité entière de prendre ses responsabilités
face à ce problème ?
2) Deux phénomènes, un dans chaque hémisphère, sont à l’origine de tous les bouleversements
70
mentionnés dans le texte. Citez ces deux phénomènes et expliquer le mécanisme de leur manifes-
tation.
3) A votre avis ou connaissance, quels ont été, ou quels ont pu être les blocages à l’adoption de
solutions adéquates au réchauffement climatique ?
II. Lexique
1) Qu’est-ce qu’un spectre ? Expliquer le sens contextuel de ce mot.
2) Donner un nom commun qu’on peut employer à la place de la locution « mea culpa »
3) « La famine devient une menace permanente ». Si une menace n’est pas « permanente », quel
adjectif peut-on employer pour exprimer l’idée contraire ?
4) Expliquer l’expression « épée de Damoclès » dans le texte.
III. Syntaxe
1) Donner la tournure active de la phrase suivante : – Et pour cause, l’univers tout entier est tenu
en haleine, tous les regards sont braqués vers un spectre aussi réel que terrifiant.
2) Transformer le groupe nominal complément d’objet en proposition subordonnée complétive : –
Plusieurs scientifiques craignent la disparition de certaines îles à cause de cette montée du niveau
de la mer.
R
3) « Citons en particulier les fumées qui se dégagent des usines et les eaux sales qui se jettent dans
LM
les canaux ». Employer les pronoms personnels compléments qui conviennent à la place de « des
usines » et « dans les canaux ».
EC
FRANCAIS CORRIGE N 1
I. Compréhension
AV
1) Le développement des connaissances ne contribue pas au bien-être de l’humanité car elles sont
RS
employées à des fins nocives, comme pour faire la guerre, par exemple.
2) Il faut ajouter la solidarité et la fraternité humaines, le respect du droit. Il faut que le développe-
U
3) L’homme peut choisir d’employer ses connaissances pour l’amélioration du bienêtre de l’hu-
manité, ou au contraire pour semer la destruction et la guerre.
II. Etude lexico-syntaxique
1) Lexique
a) croît = développement
b) ravage => bombarder, détruire
c) Un gaz « nocif » est un gaz capable de produire des effets désastreux, autrement dit, qui peuvent
tuer ou semer des maladies. « Nocif » peut être remplacé par « néfaste » ou « nuisible ».
2) Syntaxe
a) Les ressources que leur a apportées un labeur scientifique prolongé ont été mal employées par
les hommes.
b) Le bonheur des hommes n’en dépend pas uniquement ; il faut que le développement intellec-
tuel s’y emploie.
c) Si les avions doivent servir uniquement à bombarder les villes, l’avion sera une funeste décou-
verte.
71
III. Développement
Actuellement, nous sommes tous plus ou moins convaincus que la douleur et la souffrance sont
inhérentes à l’homme. Alfred de Musset, dans la présente citation, nous présente même la dou-
leur et la souffrance comme des maîtres d’enseignement. Ainsi, dans quel sens la vie peut-elle
être considérée comme une grande école où l’homme est un étudiant et la douleur un maître et
un éducateur ? Et comment la souffrance nous enseigne-t-elle à mieux nous connaître, à mieux
connaître la vie et à savoir réellement vivre. Dès son enfance jusqu’à la période de l’adolescence,
l’être humain se familiarise déjà avec la douleur. Comme l’enfant qui apprend à monter une bi-
cyclette, il roule, tombe à terre, se blesse ... Puis il remonte à nouveau en selle parce qu’il veut
savoir conduire une bicyclette. Et la vie est une suite de scénarios du même genre, même face aux
douleurs affectives. L’adolescent apprend déjà à se battre et à vaincre, au lieu de fuir, car il sait
désormais que la douleur n’est pas un ennemi qui le harcèle, mais un maître qui lui prodigue des
leçons. Une fois engagé dans sa vie d’adulte, l’homme se heurte souvent à des déceptions, des
échecs, des chocs affectifs en tous genres. Pour certains, la souffrance qu’apportent ces facteurs
négatifs aura été l’arme d’une fatalité envoyée par quelques destins maléfiques. Ils plient, s’in-
clinent et tombent à terre pour ne plus se relever. Mais ceux qui ont appris à affronter, à vaincre
et à maîtriser la douleur, la souffrance devient un instrument de la victoire, un panneau qui leur
indique le chemin à suivre. Au lieu de les terrasser, la souffrance les fortifie, leur apprend à mieux
se connaître et à mieux connaître les autres. Comme a dit Victor Hugo, « Ceux qui vivent sont ceux
qui luttent ». Ainsi, l’affirmation d’Alfred de Musset s’avère bien fondée : « L’homme est un ap-
R
prenti, la douleur est son maître. Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert ». Cette citation a
franchi la barrière du 19e et du 20e siècle pour continuer à nous prouver sa véracité jusqu’à nos
LM
jours. La douleur et la souffrance sont autant d’épreuves dont nous sortons toujours plus fortifiés,
et nous donnent une somme toujours plus importante d’enseignement pour affronter la vie. Par
EC
ailleurs, ces épreuves nous aident également à savoir bien apprécier le bien-être qui succède à la
souffrance quand, après la pluie, se montre le beau temps.
AV
Actuellement, la liberté de la presse est déjà un droit acquis. L’état la respecte et le peuple l’encou-
rage. C’est ainsi que nous nous trouvons devant ce jugement qui affirme d’une manière catégo-
U
rique que « toute censure infligée aux médias est une inexcusable violation des droits de l’homme
». Mais que sont réellement les médias et quelle place occupent-ils dans la société ? Jusqu’où peut
CO
s’étendre leur droit d’expression, et les médias ne sont-ils quand même pas passibles de censure
au-delà de certaines limites ? Les médias les plus connus sont évidemment la presse écrite, la ra-
dio et la télévision. Ils collectent les informations à l’intérieur du pays et les nouvelles du monde
entier. Puis, les journaux, les radios et les télévisions divulguent ces informations à tous les ci-
toyens et dans toutes les régions, autant que les moyens qui sont à leur disposition le permettent.
Ils expriment aussi des opinions, font des analyses et mettent les lecteurs en contact avec tous les
courants d’idées qui sillonnent les continents, les pays et les villes du monde. Noble tâche qu’ac-
complissent ainsi les médias d’informer et d’éduquer la population. Ils édifient les bases même
du développement du pays dans tous les domaines. Tels que nous apparaissent ces moyens d’in-
formation, aucun organe de l’état n’aurait le moindre droit de porter atteinte à leur liberté d’ex-
pression et il serait tout à fait judicieux d’affirmer que « toute censure infligée aux médias est une
inexcusable violation des droits de l’homme ». Cependant, la divulgation des informations, l’ex-
pression des opinions et l’art de faire des analyses ne sont pas toujours aussi simples. En effet,
certains journalistes, victimes de l’appât du gain ou d’ambition démesurée se trouvent des fois
engagées sous l’emprise d’individus mal intentionnés et surtout de politiciens véreux. Du coup,
ils perdent toute notion d’objectivité dans l’exercice de leur fonction. Ces journalistes deviennent
alors partiels et partiaux dans leur façon de divulguer des informations, d’émettre des opinions et
de faire des analyses. Ainsi, ils emploient leurs droits et leur liberté d’expression à des fins égoïstes
et malhonnêtes. Les conséquences de leurs agissements sont graves car ils sèment la discorde
dans les familles, perturbent la vie sociale et surtout ils risquent même de mettre la paix au sein de
72
la nation en danger. C’est pour éviter ce genre de débordement que les organes responsables de
l’état se trouvent, des fois, dans l’obligation de mettre la censure en action. Dans ce cas, la censure
n’est nullement une violation des droits de l’homme, mais bien au contraire, une action en vue
de les défendre et de protéger le droit du peuple de vivre en paix. Pour conclure, nous pouvons
dire qu’en tant que moyens d’information et d’éducation, les médias devraient jouir d’une entière
liberté au sein de la nation. Cependant, cette liberté serait quand même sujette à certaines limites
pour protéger les intérêts des citoyens et surtout pour préserver la paix et le bon ordre dans le pays.
FRANCAIS CORRIGE N° 3 (Voir Sujet Type P. 47)
I. Compréhension
1) Ce n’est pas seulement dans les pays pauvres mais « c’est dans les pays économiquement les
plus riches qu’elle (la délinquance) progresse le plus ».
2) C’est « le manque d’attache affective », « l’insatisfaction qui est en eux est la cause principale de
cette orientation vers la délinquance ».
3) L’attache affective au sein de la famille est beaucoup plus solide en milieu rural. D’autre part,
les jeunes en milieu rural ne sont pas hantés par les voitures ou les autres attraits des vitrines et
des grands magasins.
II. Lexique
R
1) La délinquance agressive est une déviation de conduite qui pousse les jeunes à accomplir des
actes de violence à l’encontre d’autres membres de la société.
LM
2) désœuvrée = dés-œuvre-ée . Une vie désœuvrée est caractérisée par le manque d’activité. Les
jeunes désœuvrés n’ont rien à faire.
EC
4) La délinquance agressive est un ensemble de comportements violents qui poussent les jeunes
à semer la destruction sur leur passage.
RS
III. Syntaxe
U
73
suggestions pourrait-on avancer pour mettre un terme, ou du moins pour atténuer les effets de
ce conflit. Le conflit de générations n’est pas un problème récent. En premier lieu, les dissensions
entre parents et enfants, adultes et adolescents, proviennent de l’incompréhension. Les jeunes ont
leurs goûts, leur façon de penser, leurs aspirations. Et ils exigent une entière liberté pour donner
libre cours à toutes ces tendances. Mais là, jeunes et adolescents se heurtent à leurs parents qui
ont aussi leurs goûts, leur façon de penser, leur façon de vivre, et qui comptent bien exercer une
autorité inconditionnelle sur la vie de leurs enfants. Deux mentalités, deux époques, deux mondes
tout à fait différents entrent en collision, souvent sans tolérance, sans concession ni d’une part ni
de l’autre. Le choc est brutal. D’autre part, les difficultés quotidiennes de la vie, la détérioration de
la vie matérielle, l’insuffisance, sinon l’inexistence du bien-être, ne font qu’accentuer davantage
les discordes déjà existantes. Il faut mentionner également le manque de temps, du fait que prati-
quement, tout le monde part du foyer tôt le matin et ne rentre que tard, le soir. Les uns comme les
autres sont déjà affaiblis par le stress, la fatigue et finalement, la communication est presque in-
existante au foyer. Les conséquences de ces dissensions se répercutent dans plusieurs domaines.
Tout d’abord, la vie de famille est brisée. Parents et enfants ressemblent à des étrangers les uns en
face des autres. Par la suite, les études des enfants en souffrent également. Sans assistance, sans
conseil ni accompagnement dans leurs efforts, ils se découragent, leurs possibilités s’en trouvent
fortement réduites et la plupart du temps, cette situation aboutit à l’échec. D’autre part, les ado-
lescents et les jeunes ont, en général, besoin de quelqu’un qui les accompagne dans les moments
difficiles. Devant le silence, ou l’absence des parents, ils sont obligés de chercher des solutions
ailleurs. Malheureusement, cette tentative dévie souvent vers le mauvais choix, d’où les fugues,
R
la délinquance, c’est-à-dire l’alcool ou la drogue. Dans le domaine social, le conflit se manifeste
LM
par des agressions malveillantes, en particulier la méconnaissance du civisme, de la politesse et
du respect mutuel. Le langage des adultes se fait volontairement péjoratif tandis que les jeunes
abusent des vocabulaires obscènes. Même au niveau de la nation, les oppositions ont des réper-
EC
cussions néfastes. Jeunes et vieux sont incapables de collaborer pour faire progresser la nation et se
rejettent souvent la responsabilité des échecs. La meilleure solution pour faire face à ce problème
AV
est sans doute le rétablissement de la communication. Parents et enfants devraient s’arranger afin
d’avoir davantage de temps pour rester ensemble au foyer, et même dans les sorties. D’autre part,
RS
les adultes devraient être mieux à l’écoute de la jeune génération, et de même les enfants à l’égard
de leurs parents et les jeunes à l’égard des adultes. Enfin, chacun a intérêt à faire preuve de plus de
U
74
2) C’est le Conditionnel mode
3) A quoi servirait le travail s’il ne servait à l’adaptation de la terre aux besoins des hommes et à
l’adoucissement de la vie.
IV. DEVELOPPEMENT
« Tout développement commence par une bonne information ». Le présent principe nous amène
tout de suite à nous poser deux questions essentielles : en premier lieu, en quoi le manque d’in-
formation constitue-t-il un blocage au développement de l’individu et de la nation ? Ensuite, quels
sont les avantages et les bienfaits d’une bonne information qui conduit au développement à tous
les niveaux ? Un peuple qui manque d’information ne sait rien de ce qui se passe, ni à l’intérieur du
pays ni, à plus forte raison, dans les pays étrangers. De ce fait, un villageois n’est même pas au cou-
rant de l’imminence de l’arrivée d’un cyclone, de la montée des prix des produits agricoles qu’il
doit vendre prochainement ou de la fermeture d’un grossiste d’engrais chez qu’il avait l’habitude
d’acheter à crédit. L’ignorance de ces informations constitue autant de lacunes qui lui font perdre
beaucoup d’argent, beaucoup de temps et beaucoup de biens. Sur le plan social, bon nombre de
citoyens ne participent jamais aux affaires, de la collectivité locale parce qu’ils ne sont pas bien
informés. Aussi, ils sont souvent sanctionnés et y perdent même certains droits. Qu’il s’agisse de
réunion, de travaux d’assainissement ou de sécurisation du quartier, le manquement aux activités
sociales dû à l’insuffisance ou à l’absence d’information est une perte aussi lourde pour l’individu
que pour la collectivité. Il faut remarquer que la mauvaise information, autrement dit l’informa-
R
tion insuffisante ou erronée est aussi nocive que l’absence d’information. Les conséquences de ces
lacunes néfastes à l’individu et à la société entraînent logiquement un blocage au développement
LM
de la nation. En revanche, tout individu bien informé possède tous les atouts pour prendre une
bonne décision, agir en conséquence et jouir de tous les avantages qui en découlent. Du côté pro-
EC
fessionnel, en parlant de commerce par exemple, l’opérateur bien informé est au courant de toutes
les fluctuations des prix, de la situation de concurrence sur le marché et bien entendu du cours des
AV
changes s’il s’occupe d’importation ou d’exportation. Le citoyen bien informé n’est jamais pris au
dépourvu dans la vie sociale. En effet, il est toujours prévenu, donc bien sécurisé contre les agis-
RS
sements des dahalo, des cambrioleurs et des bandits de toutes sortes. De même, il sait ce qu’il
faut faire et quelle décision adopter lors des grands événements nationaux comme les élections
U
par exemple. Pour conclure, il nous faut constater que l’absence et l’insuffisance d’informations
constituent des lacunes nocives à la vie de tout citoyen, entraînant également des problèmes diffi-
CO
ciles à résoudre au niveau social et national. Ainsi, une bonne information de toute la population,
dans tous les domaines est de rigueur, à la base de tout développement.
FRANÇAIS CORRIGE N°6 (Voir Sujet-Type P.50)
Dissertation littéraire
A l’heure où les études se font par des moyens de très haut niveau comme l’internet, l’existence
d’analphabètes et de gens qui savent à peine apposer leur signature paraît presque inconcevable.
Et pourtant, telle est la triste réalité au 21è siècle, dans les pays en voie de développement comme
le nôtre. Ce malheureux constat nous amène à nous demander quelles sont les causes de l’absence
ou de l’insuffisance d’instruction dans les pays en voie de développement ; quelles conséquences
entraîne cette situation et quelles mesures ou actions pourrait-on espérer pour y remédier. Les
raisons de l’absence d’instruction ou de l’abandon des études sont dues en premier lieu à la pau-
vreté. Les parents arrivent à peine à subvenir aux besoins fondamentaux des enfants tels que la
nourriture, l’habitation et les effets vestimentaires, qu’ils se trouvent souvent obligés de reléguer
leur instruction scolaire aux oubliettes. Pire encore, en guise de solution à ce problème, certains
parents envoient leurs enfants travailler pour apporter un petit complément aux revenus fami-
liaux. D’autre part, l’ignorance des parents est un facteur négatif à la scolarisation des enfants.
En effet, peu instruits eux-mêmes, beaucoup de parents ne comprennent pas l’importance des
études. Pour la plupart, ils estiment que c’est nettement suffisant lorsqu’un enfant a pu terminer
75
les classes primaires : savoir lire, écrire son nom et signer, rien ne sert de demander plus pour
s’engager dans le travail. Enfin, la tradition, conçue dans le mauvais sens y a aussi sa part de res-
ponsabilité. Certains parents estiment que l’instruction n’a jamais été l’une des préoccupations
essentielles de leurs ancêtres ; nombreux d’entre eux n’ont même pas franchi le seuil de l’école.
Cela ne les a pas empêché de mener une vie heureuse et sans problème ; alors, il n’y a aucune
raison de changer, il faut continuer dans la même lignée. Les conséquences d’une instruction in-
suffisante sont difficiles à supporter aussi bien pour l’individu que pour gâte par l’école éprouve
toujours un certain complexe quand il se trouve en groupe. Incapable de participer aux débats,
aux échanges d’idées, il se sent mal à l’aise même pour tenir une conversation au milieu de gens
cultivés. Une fois devenu adulte, l’homme peu instruit, en principe, ne peut pas prétendre à une
profession qualifiée et bien payée. Généralement, il se livre à des métiers où il faut peiner phy-
siquement, à moins de s’engager dans des activités louches ou illégales. La nation, également,
souffre beaucoup de son manque de gens instruits et d’intellectuels de haut niveau. D’une géné-
ration à l’autre, nous ne pouvons fournir mieux qu’une grande masse laborieuse de main d’œuvre
bon marché et avons souvent recours aux étrangers pour les postes de cadres supérieurs. Il est
rare qu’un intellectuel issu de pays en voie de développement parvienne à occuper un poste de
haut fonctionnaire dans les organismes internationaux. De nombreuses initiatives ont été déjà
entreprises et un grand nombre sont encore à entreprendre pour pallier à cette situation. Citons
en particulier la construction de nombreuses infrastructures relatives à l’éducation, l’améliora-
tion du nombre et de la situation du personnel enseignant et des cadres éducatifs. D’autre part, la
création d’organismes et d’associations pour soutenir les parents défavorisés est encore fortement
R
sollicitée afin de faciliter la scolarisation des enfants. En outre, les parents aussi ont besoin d’être
LM
éduquées, surtout afin qu’ils comprennent l’importance des études pour l’avenir de leurs enfants
et pour qu’ils se départissent de certains traditions nocives. Finalement, même au 21è siècle, l’ac-
cès à une bonne instruction pour toute la population est encore handicapé par plusieurs obstacles,
EC
dans les pays en voie de développement. Pour faire face à cette situation, beaucoup de mesures
sont à prendre et beaucoup d’initiatives à entreprendre, de l’intérieur du pays d’abord, mais aussi
AV
et surtout en partenariat avec les organismes internationaux et les grandes nations déjà dévelop-
pées.
RS
I. COMPREHENSION
CO
1) L’hygiène et la morale
2) Le sport est devenu la plus étonnante école de vanité.
3) Dans sa conception moderne, le sport oblige le pratiquant à fournir des efforts audessus de ses
forces, ce que peut entraîner un surmenage physique qui détruit les organes.
II. ETUDE LEXICO-SYNTAXIQUE
1) Lexique
a) plaisir, amusement, recréation, spectacle.
b) Le sport devient une obligation qui provoque une grande fatigue.
c) « . . . comme disait le mot avant ses aventures traditionnelles ».
2) Syntaxe
Un grand nombre de jeunes hommes sont poussés par l’ambition, sans doute noble en soi, de
briller au premier rang, à réclamer de leur corps des efforts aux quels ce corps paraît peu propre.
III. DEVELOPPEMENT
76
Cette célèbre citation de Corneille nous met en présence de deux conceptions de la victoire. Dans
un premier temps, nous parlerons de la victoire médiocre, sans péril, qu’on obtient dans la facilité.
En second lieu, nous évoquerons l’importance et la valeur de la victoire qui a été gagnée au bout
de multiples dangers et obstacles. La paresse, la faiblesse de la volonté et le manque d’ambition
entretiennent généralement l’esprit de la réussite facile, de la victoire sans péril. Cette mentalité
cherche toujours à fuir les problèmes et à contourner les obstacles au lieu de leur faire face, pour
se contenter des résultats, si maigres soient-ils, qui s’en suivent. Chez l’adolescent, elle se mani-
feste par l’acceptation sans réaction, par exemple de tous les résultats scolaires et, plus tard, une
satisfaction incommensurable devant une banale mention passable au baccalauréat. Et pourtant,
une plus grande part de volonté aurait pu être engagée, deux fois plus de plaisir sacrifiés et deux
fois plus d’efforts déployés ; mais avant même de commencer les épreuves, l’esprit s’était déjà fait
à ce modeste résultat, que l’essentiel était de réussir sans difficulté, sans trop peiner. Il en est de
même pour l’adulte qui occupe la même situation au bout d’une quinzaine ou d’une vingtaine
d’années, et qui s’en félicite parce que c’est une victoire, une réussite d’avoir pu s’y maintenir aussi
longtemps. Et pourtant, un peu plus de bonne volonté et de courage lui aurait peut-être valu, en
prenant des risques mesurés, d’acquérir de nouvelles responsabilités pour se hisser à un niveau
plus élevé dans le domaine professionnel, familial ou social. Cette mentalité du « gain facile » nuit
à tous les domaines de notre vie. Incapables de prendre des risques, d’engager des combats dif-
ficiles pour des visées de plus grande envergure, nous nous contentons du peu que peut offrir la
victoire facile, sans péril comme dit l’auteur de cette citation. Cependant, il est également pos-
sible de triompher dans la gloire, autrement dit, en gagnant, en premier lieu le respect et l’estime
R
de soi-même et, par la suite, le respect et l’estime des autres. Comme l’athlète qui participe à une
LM
compétition, il faut aller « toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus loin ». Au lieu de fuir
les dangers et de contourner les obstacles, le vrai triomphe dans la gloire consiste à les affronter
et à en sortir, peut-être blessé et endolori, mais vainqueur. Nous ne menons certainement pas les
EC
mêmes combats que ceux du héros de Corneille. Toutefois, acquérir la même mentalité est pos-
sible, à savoir, d’une part rejeter l’esprit qui se contente de peu, de la médiocre victoire sans péril,
AV
et d’autre part, se battre pour chercher toujours plus haut, comme tout humain qui se respecte.
RS
La constatation citée dans le sujet « . . . tout le monde revendique le droit d’expression, mais per-
CO
sonne ne veut se donner la peine d’écouter » nous frappe tout de suite par la contradiction qu’elle
renferme. Quelle communication pourrait-il exister même si tout le monde parle alors que per-
sonne n’écoute ? C’est ainsi que nous serons amenés, en premier lieu à vouloir comprendre pour-
quoi tout le monde revendique le droit d’expression. Par ailleurs, est-ce un bon ou un mauvais
indice dans la communication ? Ensuite, pourquoi personne ne veut se donner la peine d’écouter
et quelles sont les conséquences de cette attitude. Pour ce qui est de notre cas, on disait toujours
que « le Malgache est peu loquace » et qu’il aimait bien mettre en pratique le proverbe disant qu’
« il faut tourner la langue sept fois avant de parler ». Il acceptait même souvent d’être perdant au
lieu de faire valoir son droit d’expression, d’exprimer ouvertement ce qu’il a sur le cœur. Il semble
pourtant que cette situation a changé depuis deux ou trois décennies. Le Malgache n’est plus ce
citoyen taciturne et réservé à qui on arrache difficilement quelques phrases reflétant le fond de sa
pensée. Pressés par les problèmes quotidiens au foyer, le stress ou même l’abus d’autorité au tra-
vail, l’inflation ou les autres problèmes relatifs à la vie sociale, il n’arrive plus à contenir les flux de
paroles qui jaillissent comme le contenu d’un réservoir trop plein. Il s’agit, en fait, d’un profond dé-
sir de partager, avec n’importe qui, peu importe la personne qui écoute, mais partager le malheur,
les déceptions, les inquiétudes et toutes sortes de souffrances qui lui pèsent sur le cœur. Egalement
partager les joies et l’espoir qui viennent succéder aux moments de détresse. Le droit d’expression
est, dans ce cas, une libération, un facteur positif en faveur d’une bonne communication. Mais
trouvera-t-il effectivement quelqu’un à qui s’adresser, ou bien serait-ce tout simplement un appel
dans le désert ? La suite de cette remarque est assez pénible à continuer : « . . . Mais personne ne
77
veut se donner la peine d’écouter ». Ainsi, tout le monde parle, tout le monde se met à « vider »
tout ce qu’il a dans le cœur parce qu’il ne peut pas faire autrement. Mais pour ce qui est d’écou-
ter, il n’en est pas question. Chacun a bien mieux à faire, pour gagner un peu plus d’argent, par
exemple, pour s’offrir quelques distractions ou tout simplement pour passer une demi-heure de
bonne sieste. Même pour suivre les informations ou autres émissions éducatives, on n’hésite par
à tourner tout de suite le bouton de la radio ou de la télévision afin de pouvoir écouter des airs de
musique ou des chansons en vogue. Finalement, le problème de l’impossibilité de communiquer
persiste, car tout le monde veut tout avoir mais ne veut rien donner. Chacun a toujours beaucoup
de choses à dire sur la vie des autres, mais ne veut rien écouter lorsqu’il s’agit de luimême. Pour
conclure, nous pouvons affirmer que la science de la communication n’est pas devenue impuis-
sante et que les sentiments humains n’ont pas perdu leurs valeurs. Il suffirait peut-être, tout sim-
plement, au foyer, au travail, dans les associations ou réunions de groupe, que chacun consacre
un peu de temps à l’écoute de l’autre, beaucoup plus même qu’il ne parle.
FRANÇAIS CORRIGE N°9 (Voir Sujet-Type P.53 )
I. COMPREHENSION
1) Il s’agit : – de la malnutrition – des maladies transmissibles – de l’eau et de l’assainissement –
des médicaments essentiels
2) Cette désorganisation se présente sous forme d’un grand déséquilibre budgétaire au bénéfice
des activités de soin dans les villes, mais aux dépens des activités de prévention des maladies dans
R
les campagnes.
LM
3) Le facteur de base de tous les programmes de développement est l’éducation des populations.
II. LEXIQUE
EC
1) L’activité curative consiste à soigner les personnes qui sont déjà atteintes d’une maladie. L’ac-
AV
tivité préventive consiste à prendre des mesures sanitaires afin d’éviter les maladies (comme le
vaccin, par exemple)
RS
b) L’enjeu de cette course est une prime de cinq cent mille francs. (Il s’agit d’une récompense à
gagner)
CO
78
pays, la pratique de la médecine traditionnelle remonte des centaines d’années. Evidemment, les
méthodes et les médicaments que nos ancêtres ont utilisés ne sont pas des produits de concep-
tion hautement scientifique ou de recherches approfondies en laboratoire. Ils ont été obtenus en
observant la nature, les animaux et leurs comportements, et à partir d’expériences multiples faites
sur les humains eux-mêmes. Du temps où ni médecin ni pharmacie n’était encore connu, feuilles,
racines et autres produits de la nature ont guéri bien des maladies et soigné bien des plaies éga-
lement. Même actuellement, dans plusieurs contrées enclavées de la grande île, les procédés an-
cestraux assument les fonctions de la médecine moderne avec plus ou moins d’efficacité, en cas
d’absence d’hôpitaux et de médecins. D’ailleurs, de nombreux professeurs, médecins ou autres
adeptes de la médecine moderne ont recours aux produits végétaux, à la manière ancestrale, pour
prodiguer des soins, et utilisent certains produits animaux comme la graisse pour faire des mas-
sages, par exemple. A considérer tous ces points de vue, nous pouvons affirmer que la médecine
traditionnelle contribue indiscutablement à l’amélioration de la santé de la population. Toutefois,
l’usage et l’efficacité des médicaments ancestraux sont déterminés par certaines limites. En effet,
sans étude, sans analyse, les médicaments traditionnels ne respectent aucunement les normes re-
quises pour leur attribuer réellement des vertus thérapeutiques. Citons en particulier le dosage,
les mesures d’hygiène et la quantité à prendre selon le cas. De ce point de vue, la médecine tradi-
tionnelle manque vraiment de précision, pour ne pas la qualifier tout simplement de hasardeuse.
D’autre part, de nos jours, on ne sait plus qui sont réellement les détenteurs des connaissances
médicinales ancestrales, et nombreux sont les charlatans qui abusent de la crédulité des gens. Fi-
nalement, nous pouvons dire que la médecine traditionnelle est effectivement une science. Mais
R
pour qu’ils soient réellement effectifs, toutes les connaissances et les produits que nous avons
LM
hérités de nos ancêtres devraient subir des tests et passer par des procédés scientifiques selon la
médecine moderne. Ainsi, ils pourraient obtenir les normes et les qualités requises pour en faire
des produits pharmaceutiques fiables.
EC
I. COMPREHENSION
RS
2) Il s’agit de la sècheresse dans l’hémisphère Sud et de la fonte des blocs de glace dans l’hémi-
sphère Nord.
3) A ma connaissance, les blocages sont dus à l’attitude des grandes puissances, les Etats-Unis et
la Chine, qui ne veulent pas diminuer leurs activités industrielles.
II. LEXIQUE
1) Un spectre est un squelette effrayant qui aurait la possibilité de bouger, un fantôme dans la
conception, populaire Ce mot est employé dans le texte pour personnifier le réchauffement cli-
matique et pour le présenter comme un être terrifiant et porteur de malheur.
2) Mea Culpa = Aveu, confession.
3) L’antonyme de « permanente » est « passagère », « éphémère »
4) L’épée de Damoclès et une épée suspendue au-dessus de la tête de la victime, et qui est capable
de frapper à tout moment. Le réchauffement climatique est donc une menace permanente.
III. SYNTAXE
1) Et pour cause, on tient l’univers tout entier en haleine, on braque tous les regards vers un spectre
aussi réel que terrifiant.
79
2) Plusieurs scientifiques craignent que certaines îles ne disparaissent à cause de cette montée du
niveau de la mer.
IV. RESUME
Actuellement, le réchauffement climatique est le problème crucial du monde entier, car c’est une
menace qui pèse sur toute la planète terre. Tous les terriens reconnaissent que ce phénomène
est dû aux pollutions provoquées par l’homme lui-même. La sècheresse sème la destruction dans
l’hémisphère Sud, et à cause de la fonte des blocs de glace, la mer menace d’envahir les continents
dans l’hémisphère Nord. Jusqu’à maintenant, les tentatives de trouver des solutions ont été vouées
à l’échec.
-
R
LM
EC
AV
RS
U
CO
80
R
LM
EC
AV
CULTURE GENERALE
RS
U
CO
81
LE DROIT DE L’HOMME
I. GÉNÉRALITÉ
A. Définition
Le droit de l’homme est le concept selon lequel toute être humain procédé de droit universel, in-
alliable, quelque soit le droit positif en viguere ou les autres facteurs locaux telle que la nationalité.
B. Histoire
La déclaration de droit de l’Etat de virginie proclamé le 12 juin 1776 à fortement influence l’adop-
tion de la déclaration français de droit de l’homme et du citoyen du 26 aout 1780.
Plus tard, le principe directeur de droit de l’homme est consacre dans la déclaration universel de
droit de l’homme adopté l’ensemble général de nation unis le 10 décembre 1948 reconnaisse au
individu certain de nombre de droit et de liberté, cette déclaration comprendre 30 articles.
Le droit de l’homme est général reconnu de les différents pays par loi, par la constitution ou par
convention internationale afin que les respects soit assuré.
Ce droit humain consacre de la déclaration 1948 ont été spécificité par les 2 pactes du 16 décembre
1966 : relatif au droit civil et politique et l’autre au droit économique, social, et culturel.
II. Les différents types de droit de l’homme
R
A. Le droit catégoriel
LM
— Droit de la femme
EC
— Droit de l’enfant
— Droit de détenu
AV
— Droit de minorité
— Droit de handicap
— Droit des étrange et droit des peuples
RS
U
B. Droit civil
CO
C. Droit politique
— Droit de vote
— Droit de grève
— Droit d’opinion
— Droit d’expression
— Droit de manifestation
— Droit de la presse
— Droit d’être candidat à une élection
— Droit d’aller venir
82
D. Droit économique, social et culturel
— Droit au soin
— Droit à l’éducation
— Droit au travail
— Droit au logement
— Droit à l’information
— Droit à une rémunération suffisante pour vivre et droit à l’eau potable
R
fondamentale de nous marie mais la loi civile interdite le mariage entre frère et sœur. Dans ce cas
LM
la loi ne viole pas pour autant nécessairement le droit de l’homme mais la question difficile et de
savoir quelles sont le limite acceptable que la loi impose au droit de l’homme dans une société
démocratique régie par le droit.
EC
ment qu’il faut limiter la souveraineté du peuple (c’est-à-dire la démocratie), par un rôle souvent
CO
tenus par l’existence juridique, par de juger constitutionnelle (par exemple, un individu victime
violence de ce droit par un Etat Européen peut savoir la cour Européen de droit de l’homme.
Inversement, un Etat autoritaire viole par définition le droit de l’homme (par le non respect de
liberté et la menace qu’il fait pesé sur les autres droits. Mais il arrive fréquemment que dans une
situation ou le droit de l’homme sont violé par individu ou de groupe privé ou étrange, les peuple
croient préférable alors (raison de faire appelé à de régime autoritaire pour face à la situation
(lorsque des problèmes d’insécurité persiste).
C. Droit de l’homme et droit de la guerre
Peut-on faire la guerre au droit de l’homme ?
Aujourd’hui, l’idéologie de droit de l’homme est devenue l’un de principaux des arguments cité
par l’homme politique occidentaux notamment au USA et en Europe pour justifie leur participa-
tion à des actions préventure ou répressive contre des Etats souverain (ex : intérvation de USA en
Iraque en 2003).
Des intellectuelles surtouts les Américains voudrai une « Démocratisation » le tout de moyen orant
arabo musulman par différent moyen y compris par la guerre. Mais derrière cette idéologie, il
existe des intérêts économiques.
IV. Limite au respect de droit de l’homme
83
— La loi
— L’ordre public
— L’exigence de la morale
— La liberté d’autris
— L’intérêt général (ex : expropriation pour cause d’utilité publique)
— Le moyen financier notamment le pays en développé
— La méconnaissance de leur droit par le citoyen
— Forme légale : toute loi nouvel doit être conforme du droit de l’homme telle que reconnu
par la constitution selon le préambule de la constitution malgache, la charte internationale
de droit de l’homme fait l’intégralité.
— Forme juridique : tous les actes de la justice (décision de magistrat, procédure diverse),
doivent également à la loi (en particularité à la liberté individuel) et dont conforme au droit
de l’homme même indirectement.
— Forme individuelle : les actes de tous les hommes doivent être conformes au principe de
R
liberté individuelle qui s’applique même si n’existe pas de loi car la loi ne peut pas tout pré-
LM
venir.
EC
On peut évoquer en justice la violentions de droit de l’homme, mais la forme de recours varie
CO
selon que la violentions de droit l’homme émane des actes de particulier ou des institutions ou
quel découle d’une disposition d’un texte de loi.
2. Si la violation de droit résulte dans le texte légal (loi ou règlement) Il se peut que certaine
disposition de droit positif soit contraire au texte fondateur de droit de l’homme et liberté fonda-
mentalement et fasse greffer aux individus.
Si on estime que l’obéissance à ces dégoisions était contraire à l’exercice de ces liberté fondamen-
tale ou devrait demander en justice l’annulation de ces textes (ex : au conseil d’Etat pour Mada-
gascar).
Dans le pays Européen notamment, il est préférable pour un particulier de faire appelé à la cour
européen de droit de l’homme qui a pouvoir pour condamner l’Etat européen mise en cause.
C. La situation de Madagascar
84
Madagascar ne figure pas en bonne place dans de respect de droit de l’homme dans le monde, il
est même parmi de dernier, par exemple en une année (c’est-à-dire entre 2008-2009). La grande île
a perdu 40 places en matière de liberté de la presse et selon reporteur sans frontière. Madagascar
se trouvait au 31 aout 2009 aux 134 rangs sur 175 pays. Et selon le rapport annuel 2011 du départe-
ment USA le droit de l’homme et celui d’amnistie internationale en 2012, le progrès en matière de
reforme démocratique et de droit de l’homme à Madagascar ne sont jamais linéaire ou garantir.
Le rapport se base sur la liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté d’association et de
réunion ainsi que de circulation dans le monde. Le pays qui a le bilan le plus mauvais ont les Etats
ou la société civile et les médias indépendante sont presque inexistant et liberté fondamentale
d’expression, d’opinion de manifestation est sont compromise.
Et le rapport conclu une société civile robuste et de media indépendant contribue agréer la condi-
tion dans lequel le droit de l’homme sont bien respecté grâce à l’information de la population sur
ce droit, à la révélation de violention, à la pression exercé en faveur de reforme et au fait d’exiger
de compte au pouvoir public.
XI. Suggestion
R
en fin de financier l’infrastructure en matière de sante, éducation c’est-à-dire satisfaire au
LM
mieux le droit de l’homme à Madagascar.
— Eduquer les citoyens pour la défense de leur droit de lors plus jeune âge (ex : le droit de
l’enfant).
EC
— Renforcer le rôle du médiateur pour mieux défendre les intérêts des agents de l’Etats.
AV
Conclusion
RS
Le respect absolu de droit de l’homme reste idéale voir même une utopie dans le monde car aucun
pays même le plus avancé dans ce domaine n’y arrivé pas encore jusqu’à maintenant, mais l’im-
U
portant ce l’effort entrepris par les dirigeants du pays dans le sens du respect de droit de l’homme.
CO
85
A. Le gouvernement du peuple par le peuple
Du point d politique la souveraineté du peuple ce manifestent par son implicite dans organisation
de politique national du pays.
Le gouvernement du peuple et pour le peuple s’explique par le faite, par le représenté d’un peuple
ne peuvent être ussi que de celui-ci ce qui pose fondamentalement la démocratie à tout système
de type aristocratique ou le gouvernement et le faite d’une élite, mais également à la monarchie
ou pouvoir est transmis des générations en génération.
Gouvernement pour le peuple signifie « que le gouvernement doit toujours œuvre dans le sens
d’un intérêt général par opposition à de décision prise par d’intérêt particulier.
B. Le respect de liberté fondamentale de citoyen
Reserve du respect de l’ordre publique et de la liberté d’autris, la liberté fondamentale des citoyens
doivent être garantie dans un Etat démocratique. Ce si étant (épanouissement du peuple à fin
axéder) dans l’objectif d’offrir un meilleur épanouissement du peuple à fin axéder plus rapidement
au développement économie. Ce liberté conserve notamment ; la liberté d’expression, la liberté
d’opinion, la liberté d’association.
C. Egalité en droit de citoyen
Il s’agit d’un principe luttant contre l’injustice et la discrimination surtout cette forme par l’Etat.
R
En tend que Etat de droit un Etat démocratique recherche à garantir égalité de tous les citoyens
sans exception devant la loi (qui protège, qui permis, et qui oblige).
LM
IV. LES PILIERS DE LA DÉMOCRATIE
EC
— La règle de la majorité
AV
— Le respect de l’Etat de droit (l’égalité devant la loi, primauté de droit, séparation et équi-
U
— La loi
— L’ordre publique, sante publique, la morale publique
— La liberté et les démocraties fondamentales d’autris
— Le danger exceptionnelle qui menace l’existence de la nation (ex : guerre ou agression exté-
rieure)
— L’intérêt général
— Les moyens financiers surtout pour les pays pauvres. L’Etat peut également limite les libertés
et les droits individuels en vue de favoriser le bien en général.
86
A. Dans le monde
Même si la plus part des pays du monde fonctionne en régime démocratique, on peut consta-
ter dans ces différences pays que tous système politique est un système de pouvoir qui comporte
toujours des reprises. Même dans les pays considères comme des plus avancés en terme de démo-
cratie, on peut noter que pratiquement il n’existe pas de démocratie absolu ou parfait car aucun
système n’est jamais arrivé à garantir tous les droits du peuple et de chaque individu soit parce que
la démocratie est inappropriée dans certaine domaine soit comme ce souvent le cas, le concept
de démocratie est devenu seulement un moyen pour accaparer le pouvoir par certaine politiciens
qui peuvent ne pas d’appliquer un fois élu ou une fois arrivé au pouvoir par divers moyens.
Par ailleurs, la conception de la démocratie diverge selon le type de pays mais également en fonc-
tion du temps car c’est une action qui a évolué de temps.
Par mieux illustre est affirmation, nous prenons par exemple le cas de la France depuis 1938 au
temps ou les femmes ne pourraient pas voter en posant par le temps de l’esclavage et de la dis-
crimination à l’endroit des musulmans, se considère toujours comme un Etat démocratique. De
même les pays des globes de l’Est se disaient avant 1989 démocratie populaire. La Chine se dit
également la démocratie, même si les pays occidentaux ne la reconnaissent pas comme telle.
Les régimes européens qui pratiquaient la colonisation se considèrent comme des démocraties,
de même que les Etats-Unis qui pratiquaient l’esclavage puis la ségrégation. On note également
que tous ces pays procèdent des organes comme les services secrétaire dont le fonctionnement
R
échappe à tous le contrôle parlementaire. LM
En tous le cas, cela nous a permis de constater que la démocratie c’est donc pas nécessairement
absolu, non seulement pour que son application à la lettre n’est encore effective la conception
diffère selon les pays.
EC
Ainsi, il est communément admis de dire que « la démocratie représente un idéal politique » vers
AV
lequel les méthodes des nombreux gouvernements, mais une démocratie totales s’avère jusqu’ici
utopique car une telle pratique supposerai forcement le respect absolu de tous les règles de base
RS
de la démocratie lesquels sont souvent menace par le gouvernement de règles sont entre autre :
U
presse.
— L’absence totale de la corruption dans tos les domaines.
— L’empêchement de tout abus de pouvoir.
B. A Madagascar
Comme de nombreux pays du continent Africain, Madagascar c’est engagé au début des années 90
dans un processus de démocratisation. C’est-à-dire que le pays est encore bien jeune en matière
de connaissance de la démocratie, d’ailleurs une enquête afro-baromètre depuis 2005 a permis
de constater que plus de la moitie de la population Malgache a encore du mal à définir claire-
ment les principes de base de la démocratie. Tous fois, on a pu remarquer durant ces enquêtes
successives que généralement le terme a positivement pris de la valeur auprès de la plus part des
citoyens enquêtes dont 46% approuvent la démocratie du fait qu’elles permettent de mettre en
place un gouvernement et des décision favorable à l’intérêt général contre 6% qui pensent qu’un
autre régime serait approprié à Madagascar compte tenu du bas niveau d’éducative de la popula-
tion, laquelle a préalablement le besoin du connaitre la discipline avant d’y faire faire, par ailleurs
peut selon aussi favorise la stabilité du régime. Les restes des citoyens enquêtes ne ce sont pas
prononcés faute de connaissance suffisante sur le sujet.
Bien que les différentes constitutions successives de Madagascar affirment clairement que la dé-
mocratie est la base de la République, l’effectivité de la démocratie dans le pays fait encore l’objet
87
de beaucoup de contestation et de débat.
En effet, on peut constater dans la pratique que des lacunes persistent dans l’application de cette
démocratie notamment dans les domaines sont :
Tout cela résulte des fait que le système politique en général est bien trop complexe pour pouvoir
répondre en détail et à la lettre à tous les règles de base de la démocratie.
Cependant, comme il a été mentionnée au paravent, une démocratie parfaite relève encore du
domaine de l’utopie même dans les pays les plus avancés dans ce sens, ce qui viendrait à considère
la démocratie, non en fonction du respect à la lettre de tous ses principes mais selon à l’effort
entamé par l’Etat dans ce domaine. En ce qui concerne dans l’effort ont été entrepris en matière
de démocratie même s’ils n’ont pas tous aboutis :
R
— L’élaboration conjointe d’une loi sur les parties politique
LM
— La lutte contre la corruption et la reforme administrative pour mieux satisfaire les usagers
de la science publique.
EC
Selon certain Etat la démocratie à l’occidentale signifie populisme c’est-à-dire essayé satisfaire les
CO
caprices du peuple.
Pour les pays asiatique notamment, c’est la discipline qui puis faire aboutir à un développement
économique et social d’un pays, ainsi la coré dur sud, l’Indonésie, Singapour, malezie, la chine on
applique dans leurs système de développement la discipline et ils sont devenue de pays émergent
à leur actuel si non des pays riche.
VIII. LA DÉMOCRATIE FACTEUR DE DÉVELOPPEMENT
Pour certain pays notamment occidentaux la démocratie libérale favorise et encourage :
— L’initiative privée
— Le développement social et humain
— La créativité. . . Ainsi les Etats-Unis, Allemagne, la France, La Grande Bretagne en applique la
démocratie dans leurs systèmes respectifs (politique, économique, culturel, et social et sont
devenu des pays riches et développés.
IX. CONCLUSION
Ainsi donc d’après toutes analyses qu’on a faites jusqu’ici, aucun pays ne jamais arrivé à satisfaire
le principe de la base et le pilier de la démocratie, même le pays le plus avancés dans ce domaine.
88
Ce l’effort entrepris par chaque Etat dans de sens la démocratie qui est apprécie pour si nu Etat
pour qualifier un Etat démocratique.
Bon nombre des pays africains a adopté le système démocratique à l’occidentale depuis plusieurs
années pour essayer d’apporter de le développement au bénéfice de leur peuple respectif, mais
jusqu’à présent ce pays se trouve toujours dans la pauvreté, ainsi pour qu’il ait un véritable déve-
loppement chaque pays devrait base son épanouissement dans l’application de sa propre identité
culture pour que la nation puis trouve enfin le chemin de développement.
X. LE PLAN DE DEVOIR SI LE SUJET PARLE A PROPOS DE LA DÉMOCRATIE
I. Fondement de la démocratie
A. Le pilier et le principe de la démocratie
B. La limite de la démocratie
II. La manifestation de la démocratie
A. Dans le monde
B. A Madagascar ou En Afrique
III. L’impact de la démocratie
A. La démocratie frein au développement
B. La démocratie frein de développement
R
LM
LA CORRUPTION
I. GÉNÉRALITÉ
EC
De tout temps la corruption figure dans le pays en développement parmi les causes principes de
la dégradation de l’Etat de droit.
AV
pement d’un pays : le citoyen baisse le bras, ce qui on de l’argent ne vienne pas investir, les opéra-
teurs économique ne sont plus domaine.
U
II. DÉFINITION
CO
La corruption ce définie comme étant un acte de soudoyer un individu pour qu’il agisse contre
son devoir. Mais la corruption peut également constater par le faite, pour un agent public d’obligé
directement ou indirectement un administré à lui versé une somme d’argent afin d’accélérer les
procédures de leurs dossiers.
Mais la lutte contre ce phénomène et dans apporte les solutions durables, il nous conviendra
d’abord d’en connaître le cause profonde pour pouvoir réduire en suite le mal si non essayé l’éra-
dique à jamais.
III. LES CAUSES DE LA CORRUPTION
La corruption à essentiellement pour cause :
89
A. La méconnaissance de la notion de service public
Cette méconnaissance résulte d’ignorance de leur droit par usage étant que citoyen, le délai pour
telle ou telle tâche administrative leur échappe complément, à celle s’ajoute la peur de l’adminis-
tration, les agents public profite de la situation pour s’acquérir d’une supériorité fictif et se faire de
l’argent facile.
B. La culture de reconnaissance
Cette reconnaissance consiste à remercie les agents de l’Etat du service rendu. Portant cette atti-
tude loyale en soin va engendre l’accoutumance ce le fonctionnaire et favorise le bakchich (pots-
de vin ou dessous de table dans le service public).
C. Le déficit de moralité
Il est due à l’appât du gain et dégradation de la valeur du faite du mauvaise exemple donné par
certain dirigent. Ainsi que la défaillance de l’éducation civique.
D. L’inefficacité de l’administration
Les usagés du faits de la longueur administrative, sont poussées à payer l’argent à fin accéléré
l’obtention de service. Et dans certain cas des entreprises offrent de pots-de vin pour obtenir de
contrat de marche, ainsi le faible rendement de fonctionnaire et liée au fonctionnement peut sa-
tisfaisant de l’administration publique.
R
E. La faiblesse des salaires
LM
La faiblesse niveau de salaire constitue pour le fonctionnaire dans la nécessité une de raison prin-
cipe qui repousse à la corruption.
EC
Même si la procédure administrative et la loi prévoie de sanction contre les auteurs d’acte de cor-
ruption, elles ne sont pas appliqué en général ni au sein de l’administrative, ni de la justice.
RS
b. Au niveau le plan juridique La sanction ses heurtent au faite que la police de la justice sont en
général elle-même corrompus selon amnistie internationale. Mais la cause profonde de la corrup-
tion résulte essentiellement de la pauvreté ainsi que de l’absence de volonté politique de reforme
d’administration publique et juridique.
IV. LA SUGGESTION
Le défit économique de pays en développement seront beaucoup facilité et gagnés du moment
que la forme engagement politique de l’Etat à lutte contre la corruption et le détournement de
fonds publique ainsi que la pauvreté soit mise en œuvre et traduit par des faits concrets.
Pour ce faire, il conviendrait d’un part de renforcer le cadre politique et administratif du pays et
d’autre de créer de condition pour un développement durable.
A. Le renforcement du cadre politique et administratif du pays
Ce renforcement nécessite :
90
a. D’abord l’institution de la bonne politique et administrative Bonne gouvernance politique :
c’est-à-dire sécurisation de bien de des personnes, éducation citoyen, reforme institutionnelle,
stabilité politique notamment.
La bonne gouvernance administrative : c’est-à-dire bonne application de loi, formation conti-
nue des agents de l’Etat notamment sur notion de service publique, réforme administrative (ex :
simplification de procédure, transparence, dépolitisation l’administration.
R
nécessaire au développement économique. Ainsi l’Afrique en particulier si elle ne veut pas être
LM
marginalisé, dans le conteste de mondialisation devra donc agir vite :
EC
V. CAS DE MADAGASCAR
Des 2002 les autorités malgaches en régime au phénomène de la corruption et on adopté certaine
mesure :
Outre ces mesures urgent Madagascar à élaboré un d’action afin de combattre un peut plus la
corruption :
91
— Mise en place de conseil supérieur de lutte contre la corruption, duBIANCO (BireauIndépendantAnti-
COrruption), du SAMIFIN (SAmpan-draharahaMiady amin’ny Famontsim-bola)
— Implication du secteur privé
— Amélioration du niveau de vie de la population à travers un DERP (Document de Stratégie
de la réduction de la pauvreté, remplace par la suite MAP plus tard (Madagascar Action Plan)
Mais Madagascar essayer également d’apporter un plus sur le plan social et éducatif (Santé gratuit
pour coucher défavorisé, frais de scolarité supprimé et matériel scolaire gratuite pour les enfants,
et les jeunes . . .).
VI. LA RÉALISATION ET ACQUIS DANS LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
R
LM
VII. CONCLUSION
Ainsi donc il ne suffit pas uniquement d’avoir un développement purement économique pour
EC
lutte efficacement contre la corruption, il conviendrait également d’une part, de renforcer le cadre
politique et administratif du pays, et d’autre part d’investir massivement dans le domaine social
AV
Mais à Madagascar qu’on est-il réellement de l’effectivité et de l’efficacité de ces mesures prise ?
Pour ne parle que de la dépolitisation de l’administration de la transparence, dans la gestion des
U
LE SIDA
I. PRÉSENTATION GÉNÉRALE
A. Définition
Le SIDA ou (Syndrome Immuno Déficience Acquise) est un ensemble de signe, des symptômes,
des troubles provoquant un affaiblissement très important du système immunitaire. Il s’agit d’une
affection qui s’attrape et qui se transmit d’un individu à un autre.
Le virus du SIDA : le VIH (Virus de l’Immuno déficience Humaine), paralyse progressivement toute
la défense du système humanitaire à s’installant à l’intérieur de cellule de défense humanitaire
(globule blanc).
B. L’évolution de la maladie
Aujourd’hui en compte plus de 35 millions de sidéenne dans le monde dont plus de 22 millions en
Afrique subsaharienne. Du stade de séropositif au stade de sidéenne il existe plusieurs étapes :
92
— Apparition du signe pas très grave mais qui rivière sans arrêt : fièvre, ou diarrhée,
— Amaigrissement très important
— Maladie opportuniste
— Infection comme la tuberculose
— Cancer
C. Mode transmission
— Les jeunes femmes en particulier âgé de 15 à 25 ans (60% des personnes séropositives en
Afriques) sont vulnérable maladie car elles sont rarement en mesure d’exiger de rapport
sexuel protégé et repoussé les hommes.
— Les enfants de moins de 15 ans : en 2001 en compte 1,6 million d’enfant atteint du SIDA, et
R
en 2011 il n’y a que 4 millions dont de 90% en Afrique subsaharienne.
LM
— Les personnels de sexe
— Les consommateurs de drogue infectable
— La femme et les hommes ruraux migrants ponctuels vers la ville
EC
93
B. Les impacts économiques
R
LM
Alors de nouvelle directives ont été rappelé par l’OMS lequel voie une mise en place des traite-
ments antirétroviraux plus précoce avec de médicament moins toxique et moins chaire qui devrait
faire baisse le nombre de décès de 20% avant 2015 (comme prévu dans les OMD).
EC
B. A Madagascar
AV
— Création du conseil national de lutte contre du sida (IEC : Information Education Commu-
RS
— La religion (le Vatican n’accepte pas également l’utilisation de préservative car celle-ci est la
débouché du problème majeure pour la préservation du sida)
— La société et la culture (la plus part des parents refuge encore d’aborder publiquement la
question sexuelle surtout à la maison)
— Le marque de moyen financier et matériel d’où le problème de prévention et de traitement.
V. RECOMMANDATION
A. Prévenir la nouvelle l’infection au VIH
— Modification de comportement sexuel (ex : éliminer le rapport sexuel avant l’âge de 15 ans,
utilisé des préservatif, fidélité et partenaire fixe. . .)
— Réduction du risque par les consommateurs de drogue injectable en luttant contre de trafic
de drogue
— Sécurisation de transmission par le sang
94
B. Elargie l’axe autrement antirétroviraux
C. Mobilisé le ressource
— Rétablir de droit de l’homme c’est-à-dire le droit à l’éducation, droit au soin, droit à la vie,
droit de l’exprime. . .
— Renforcer le système d’information de communication au niveau mondial par la mise en
réseau de donne et au niveau national par les ateliers ou la conférence
— Soutenir le pays surtout le plus touché par le sida
R
LM
VI. SUGGESTION (pour Madagascar)
EC
— Aider le pouvoir public au personne qui prétendre trouve de remettre contre le sida (ex : Mr
ZARANIAINA, le Pr RANDRIAMANALINA)
RS
L’INTÉGRATION RÉGIONALE
U
CO
I. DÉFINITION DE L’INTÉGRATION
L’intégration régionale consiste à tirer profit d’un marche plus vaste, à partager l’héritage et le
destin commun de la région ou de sous-région, à permettre la coopération économique et social,
l’objectif étant l’établissement d’une communauté économique.
II. LES DIFFÉRENTES TYPES DES ORGANISATIONS
A. Organisation sous-région
B. Organisation régionale
— UA (Union Africaine)
— UE (Union Européen)
95
III. LES TROIS INTÉGRATION RÉGIONALE
A. La zone de libre d’échange
Dans le COMESA il existe 19 Etats membres dont 13 membre de la zone libre échange mais les 6
qui restent observateur.
Voici les 7 Etats sur les 13 membres :
Madagascar, Maurice, Egypte, Kenya, Zambie, Lybie, Comores. Le COMESA compte 400 millions
d’habitants.
B. Union douanier
R
C. Marché commun LM
— Union monétaire
— Union économique
EC
— Vaste marché pour l’exportation du pays membres (ex : pour Madagascar plus de 700 mil-
lions de consommateur : 300 millions pour la SADEC et 400 millions pour le COMESA)
— Tremplir vers l’organisation par chaque pays membres
— Produit à bas prix à cause de la concurrence
— Rentré de diverse pour l’Etat membre qui s’y est bien préparés
— Développement du tourisme
— Enrichisse culturelle
— Transfert de la technologie
96
b. Aspect négatif
B. Défit
R
pêche, le fruit de légume, sorgo. . . LM
— Transmettre sur place avant exporté les différents agricoles (jus de mangue, de corossol. . .
Avec la création d’unité de transformation (PMI, PME. . .))
— Résoudre avant tout les problèmes d’insécurité dans les pays et assurer les stabilités poli-
EC
tiques
— Mettre en place une base de donne technique et industrielle pour améliorer les compétitivi-
AV
tés
— Renforcer la capacité de PMI, coopérative et artisanat
RS
U
C. Suggestion
CO
97
les pays. Au cœur de l’organisation se trouvent les accords de l’OMC, négociés et signés en avril
1994 à Marrakech par la majeure partie des puissances commerciales du monde et ratifiés par
leurs assemblées parlementaires. L’OMC a pour but principal de favoriser l’ouverture commer-
ciale. Pour cela, elle tâche de réduire les obstacles au libre-échange, d’aider les gouvernements à
régler leurs différends commerciaux et d’assister les exportateurs, les importateurs, et les produc-
teurs de marchandises et de services dans leurs activités.
2. Historique
L’OMC est née le 1er janvier 1995, mais le système commercial qu’elle représente a presque un
demi-siècle de plus. En 1947, l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT : Ge-
neral Agreement on Tariffs and Trade) établissait les règles du système, dont le cinquantième an-
niversaire a été commémoré lors de la deuxième réunion ministérielle de l’OMC, qui s’est tenue à
Genève en mai 1998. L’Accord général a rapidement donné naissance à une organisation interna-
tionale officieuse, existant de fait et aussi dénommée officieusement GATT, qui a évolué au fil des
ans à travers plusieurs cycles (ou rounds) de négociation.
Le sommet de Cancún de 2003 a été marqué par une alliance entre certains pays du tiers-monde
contre les projets de libéralisation des services qui étaient sur la table des négociations. Cette al-
liance visait à obtenir de la part des pays riches une modification de leurs politiques agricoles et a
abouti, face au refus de ceux-ci, à l’échec des négociations.
3. Champ d’application
R
L’OMC s’occupe du commerce des marchandises (GATT 1947/1995/dumping/subventions/mesures
LM
sanitaires/etc), et des services (AGCS selon quatre modes, télécommunication/offerts sur place/grâce
à l’investissement/grâce au déplacement mais sans investissement), des biens agricoles (ASA) et
EC
industriels, et de la propriété intellectuelle (les aspects des droits de propriété intellectuelle qui
touchent au commerce (ADPIC)).
AV
Il existe des accords dit « plurilatéraux » dans des domaines plus spécifiques et qui ne concernent
qu’un nombre limité de pays. Il s’agit : des aéronefs civils (Boeing, Airbus, Embraer, Bombardier,
RS
etc.) et les marchés publics. Les produits laitiers et la viande bovine sont deux domaines politique-
ment sensibles et qui n’ont pas pu encore être réglés par l’OMC.
U
4. Fonctionnement et Organisation
CO
L’OMC est avant tout un cadre de négociation, un lieu où les gouvernements membres se rendent
pour essayer de résoudre les problèmes commerciaux qui existent entre eux. La première étape
consiste à discuter. Ces négociations demandent des moyens importants pour pouvoir être suivies
efficacement par les membres de l’organisation (juristes, experts, etc.). L’OMC fonctionne sur un
mode démocratique au sens où chaque État représente une voix, quel que soit son poids politique
ou économique.
5. Sommets sur les Cycles de négociations commerciales multilatérales
En 1996, la première conférence ministérielle se tient à Singapour. Lors de cette première ren-
contre, il est décidé de créer trois nouveaux groupes de travail. Un sur le commerce et l’investis-
sement, un sur l’interaction du commerce et de la politique de la concurrence et un sur la trans-
parence des marchés publics. Ces sujets sont généralement désignés sous le nom de « questions
de Singapour ». En 1998, la 2e conférence ministérielle se tient à Genève. Le commerce électro-
nique est ajouté au programme de travail de l’OMC. En 1999, la troisième conférence ministé-
rielle, à Seattle aux États-Unis, s’est conclue sur un échec, les délégations des cent-trente-cinq
pays membres se séparant sans lancer le cycle du « millénaire ». Les pays du Sud forment pour la
première fois un bloc de négociation.
En 2001, la quatrième conférence ministérielle, à Doha, au Qatar, marque le début du cycle de
Doha, du programme de Doha pour le développement et du lancement d’un programme de négo-
98
ciations sur trois ans, comprenant notamment les services. La question de l’accès des pays les plus
pauvres aux médicaments s’est trouvée au centre des discussions, ce qui permet leur ralliement
au principe de l’ouverture d’un nouveau cycle. En 2003, la cinquième Conférence ministérielle de
l’OMC, à Cancún, au Mexique, marque le second échec en quatre ans, principalement à cause de
l’opposition entre grandes puissances et G22 sur le dossier agricole. En 2005, la sixième Confé-
rence ministérielle de l’OMC, à Hong Kong, débouche sur un accord sur la suppression, d’ici à
2013, des subventions aux exportations agricoles.
6. Accords
Il existe plus de cent accords définissant les règles de fonctionnement de l’OMC. Le principal ac-
cord est l’Accord cadre instituant l’OMC.
Trois accords importants définissent les règles du commerce dans le domaine des marchandises,
des services et de la propriété intellectuelle :
— Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), toujours en vigueur mais
appelé désormais « GATT 1994 ».
— Accord général sur le commerce des services (AGCS, en anglais GATS)
— Accord sur les Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (AD-
PIC, en anglais TRIPS)
R
7. Les règlements de différents
LM
L’OMC s’est dotée d’un « pouvoir judiciaire », l’Organe de règlement des différends (ORD), auprès
duquel les pays qui s’estiment lésés peuvent porter plainte. Une procédure permet de régler les
EC
conflits entre les États membres. Elle est avant tout fondée sur la négociation, mais l’Organe d’ap-
pel présente la particularité d’avoir un fonctionnement proche de celui d’une juridiction, statuant
AV
En cas de différend entre deux États membres, la partie plaignante peut demander à entamer des
U
consultations avec l’autre partie, dans le but de trouver un règlement amiable au conflit. Cette de-
CO
mande doit être notifiée à l’ORD (Organe de règlement des différends). Les autres États membres,
qui témoignent d’un intérêt commercial substantiel à suivre ces consultations, peuvent obtenir
l’autorisation d’y participer en qualité de tierce partie (près d’un quart des conflits sont réglés par
le mécanisme des consultations).
En l’absence de solution amiable, la partie plaignante peut demander à l’ORD d’établir un « groupe
spécial » (panel). Le groupe spécial est en général constitué de trois personnes, proposées par le
secrétariat de l’OMC. Il a pour mission d’examiner, à la lumière des dispositions pertinentes des
accords de l’OMC, la question portée devant l’ORD et de faire des constatations propres à aider
l’ORD à formuler des recommandations. Les autres États membres qui démontrent l’existence
d’un intérêt commercial substantiel peuvent se porter tierce partie et présenter des communica-
tions écrites au panel. Le groupe spécial établit lui-même le calendrier de ses travaux et choisit de
faire ou non appel à des experts. Il doit rendre, en principe, son rapport dans un délai de six mois
à compter de la date de formation du panel. Ce délai peut être prolongé mais ne doit pas dépas-
ser neuf mois. Un accord à l’amiable est encore possible pendant les travaux du groupe spécial.
L’ORD peut se réunir pour adopter le rapport du groupe spécial au plus tôt vingt jours et au plus
tard soixante jours après sa distribution aux États membres dans les trois langues officielles de
l’OMC (anglais, français et espagnol), à moins qu’un État membre, partie du différend, ne notifie
à l’ORD sa volonté de faire appel ou que l’ORD décide par consensus de ne pas adopter le rapport
(décision au « consensus négatif »).
99
L’Organe d’appel doit statuer sur le rapport du groupe spécial dans les soixante jours de la notifi-
cation de la décision de faire appel, et au plus tard dans les quatre-vingt-dix jours de cette date en
cas de difficultés. L’appel est limité aux questions de droit et aux interprétations du droit données
par le rapport du panel. L’ORD doit adopter le rapport de l’Organe d’appel dans les trente jours de
sa distribution aux États membres.
9. Les membres et l’observateur
L’OMC regroupe 161 pays membres et des observateurs. Les observateurs peuvent être des États
en cours d’adhésion ou des organisations internationales comme le FMI et la Banque mondiale.
L’OMC compte 164 membres. Ceux-ci peuvent être des États, des territoires douaniers pleinement
autonomes (3 membres le sont) et l’Union européenne.
10. Les objectifs de l’OMC
R
— agir en faveur de l’environnement et de la santé
LM
— contribuer à la paix et à la stabilité
— être efficace sans faire la une des journaux
EC
Les principaux objectifs de l’OMC consistent à d’assurer la liberté, l’équité et la prévisibilité des
échanges en :
RS
U
— réglant les différends commerciaux par le biais d’un Organe de règlement des différends ;
— et servant de cadre aux négociations commerciales.
12. Les règles à suivre de membre de l’OMC pour atteindre ces objectifs
Des plafonds de droits de douanes pour les marchandises, agricoles et non agricoles qu’ils ont
chacun souscrits. Ces droits dit « consolidés » sont consignés dans des listes de concessions tari-
faires ;
Des plafonds de soutiens interne et à l’exportation de produits agricoles sur lesquels ils se sont
engagés. Ces plafonds sont énumérés dans les listes d’engagements en matière de soutien interne
et de subvention à l’exportation ;
Des engagements pris pays par pays en matière d’accès aux marchés et de traitement national
dans le domaine du commerce des services. Ces engagements sont énumérés dans les listes d’en-
gagements spécifiques (ces trois listes d’engagement pour les 154 membres de l’OMC représentent
plus de 30 000 pages d’engagements) ;
Le corpus de disciplines multilatérales, comprenant en premier lieu l’Accord Marrakech instituant
l’Organisation mondiale du commerce et 20 accords en annexe (600 pages de règles) ainsi que les
décisions des Conférences ministérielles et du Conseil général ;
100
La jurisprudence de l’OMC, régulièrement émises par les panélistes et l’Organe d’Appel (depuis
1995, 427 plaintes, 155 rapports de panels et 104 rapports d’Organe d’Appel représentant plus de
50 000 pages).
Avec la crise, la fonction desurveillance des mesures commerciales des membres a pris une im-
portance croissante et fait l’objet de rapports réguliers.
Par ailleurs, depuis 2005, l’OMC s’est vue confier unrôle de catalyseur et de fédérateur en ma-
tière d’aide pour le commerce, organisant des examens réguliers sur la coordination et la mise en
œuvre des politiques engagées au niveau national, régional ou multilatéral.
13. Les organes au sein de l’OMC
L’Organe de règlement des différends est chargé de l’administration des litiges entre les membres
de l’OMC. Il se réunit au minimum une fois par mois pour examiner et adopter les rapports des
groupes spéciaux et de l’Organe d’appel et pour prendre toute mesure d’administration concer-
nant le règlement des différends.
L’Organe d’examen des politiques commerciales examine les politiques commerciales des Membres
à partir d’une déclaration de politique générale présentée par le Membre intéressé et d’un rapport
établi par les économistes du Secrétariat. Les membres de l’OMC font régulièrement l’objet d’un
examen selon une fréquence qui varie en fonction de leur part dans le commerce mondial.
La mission du GATT
R
La mission du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), créé en 1948, était non seulement
LM
de définir les règles du jeu du commerce mondial mais également d’abriter les négociations com-
merciales entre pays membres en vue de promouvoir la libéralisation des échanges. Avant l’actuel
EC
cycle de négociation multilatérale (round), dit de Doha, huit se sont succédés, chaque fois plus
longs et englobant davantage de questions.
AV
14. Les huit cycles de négociation multilatérale (Rounds) avant le cycle du développement de
Doha
RS
101
concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi tenant compte du poids
économique croissant pris par un certain nombre de pays.
Le G20 représente 85 % du commerce mondial, les deux tiers de la population mondiale et plus de
90 % du produit mondial brut (somme des PIB de tous les pays du monde).
Le 15 novembre 2008, pour la première fois de son histoire, les chefs d’État ou de gouvernement se
sont réunis. Actuellement, le G20 se décline sous trois formes : les G20 regroupant des chefs d’État
et de gouvernement, les G20 finance regroupant les ministres des finances et les gouverneurs des
banques centrales et, depuis les 20–21 avril 2010, des G20 sociaux, réunissant les ministres de l’em-
ploi.
2. Création
Le G20 a été créé en marge du G7 du 25 septembre 1999 de Washington, à l’initiative du ministre
des Finances du Canada, Paul Martin, lors d’une réunion des ministres des Finances du groupe.
Le but de ce nouveau groupe est alors de favoriser la stabilité financière internationale et de créer
des possibilités de dialogues entre pays industrialisés et pays émergents, ce que les réunions des
ministres des finances du G7 ne permettaient pas.
L’autre facteur d’extension du G8 (G7 + la Russie, admise pour des raisons politiques) est la baisse
relative du poids économique dans le monde de ses membres. En effet, leur importance dans le
PIB mondial est passé de 69 % en 1989 à 55 % en 2009.
R
Le 15 novembre 2008, pour la première fois de son histoire et à l’initiative de Nicolas Sarkozy et de
LM
Gordon Brown, le G20 réunit ses chefs d’États et de gouvernements.
3. Pays et organisations membres
EC
En 2010, le G20 compte 20 membres : dix-neuf pays plus l’Union européenne. L’Espagne et les
Pays-Bas ont participé aux trois dernières réunions sans en être membres. L’Union européenne
AV
Le G20 accueille également les institutions de Bretton Woods : le directeur général du FMI, le pré-
U
Le G20 regroupe les membres G7, dix pays à économies émergentes plus l’Australie et la Corée du
Sud. L’Espagne, et à un degré moindre les Pays-Bas, la Pologne, la Belgique, la Suède et la Suisse
bien que leur PIB soient parmi les vingt premiers mondiaux n’ont pas été retenus. Parmi les prin-
cipaux pays émergents non retenus nous pouvons citer l’Iran, la Thaïlande, la Malaisie, le Chili, le
Nigeria, etc. Notons que l’Espagne, en tant que 13e économie mondiale, est « invité permanent »
du G20.
Si on regarde la situation en fonction de critères géographiques, le G20 compte trois États de
l’ALENA, deux États du MERCOSUR, quatre États de l’Union européenne (sans compter l’Union
qui siège également en sa propre qualité) et trois États membres de l’Organisation de la conférence
islamique. Le continent asiatique est relativement bien représenté avec des pays comme la Chine,
la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, le Japon mais aussi la Turquie et l’Arabie saoudite ; l’Afrique
du Sud est la seule représentante du continent africain au G20.
Si l’on considère les membres en fonction du régime politique, il est possible de compter : 1 union
de type supranational, 14 républiques (dont 7 républiques fédérales et 1 république populaire) et
5 monarchies.
LA PRIORITÉ IMMÉDIATE DANS UN PROJET DE DÉVELOPPEMENT
102
Des reformes rigoureuses qui exige une collaboration entre les ministres et la population ainsi
que de ressource spécifique devrait être mise en œuvre en fin de transformé en réalité le projet de
développement d’un pays :
1. Reforme de finance publique
C’est-à-dire mise en œuvre d’un système fiscal simple, efficace et juste avec le concours de la so-
ciété civile et du secteur privé, l’appui du FMI et de la banque mondiale en fin de recouvrer plus
les recettes pour pouvoir financier le projet de développement.
Exemple : Madagascar devra passe de 11% de pression fiscale et à 15 % pour les années avenir.
2. Augmentation des investissements pour favoriser la croissance
La mise en place de l’EDBM, c’est un guichet unique pour l’investissement à Madagascar, avec des
initiations fiscale en fin d’attire le maximum d’investissement local et étranger.
3. Mise en œuvre de la révolution verte
Pour que Madagascar devienne autosuffisant en matière alimentaire exportateur de riz avec d’autre
produit agricole, le semence, formation doivent être fournir gratuitement aux agriculteurs, méca-
nisation outille agricole, la politique de fixation aux agriculteur, loisirs, l’éducation pour l’enfant,
petit école pour les enfants, hôpital (ex : CS II).
4. Transformation de la sécurité publique
R
Des actions vigoureuses doivent mener en matière de sécurité enfin de mieux sécuriser l’activité
LM
agricole, le tourisme et les investissements.
5. Mise en œuvre de la nouvelle mesure concernant sur la santé publique
EC
C’est-à-dire réduire toute d’abord la taille moyenne de la famille en faisant de contrôle de nais-
AV
sance.
En suite, fournir de moustiquaire par exemple à chaque individu pour lutte contre le paludisme
RS
Enfin, lutte contre le propagation rapide de SIDA (installation de plusieurs centres dépistage, contrôle
à la frontière . . .).
CO
DÉVELOPPEMENT
I. Sur le plan politique
103
— Respect de l’Etat de droit
— Lutte contre la corruption et blanchiment d’argent
— Mise en place de la décentralisation effective
R
— Lutte contre tout le grande maladie (SIDA, Paludisme, tuberculose. . .)
LM
— Transformation de l’éducation (formation en rapport avec l’emploi)
— Mise en œuvre du développement humain et social, c’est-à-dire amélioration de la santé
publique, logement, travail, eau potable. . .)
EC
DÉVELOPPEMENT RURAL
U
CO
104
— Aménager, réhabilitée et entre tenir le réseau hydro-agricole
— Promouvoir la mécanisation et l’industrialisation agricole
R
LM
— Appliquer le système de control de qualité
— Mettre en place de centre de productivité agricole
— Transformer le produit agricole sur place avant de leur exportation
EC
105
PLAN DU DEVOIR
R
LM
EC
AV
RS
U
CO
106
R
LM
EC
AV
DROIT PENAL
RS
U
CO
107
Droit pénal général et procédure pénale
R
LM
L’infraction est un fait sanctionné par la loi pénale et qui crée un trouble sociétal. La réparation de
ce trouble alimente le droit pénal.
EC
La loi La loi au sens strict du terme peut se définir comme le texte voté par le Parlement, pro-
mulgué par le Président de la République et publié au Journal Officiel.
Le règlement Les règlements sont des actes à caractère général pris par l’administration. Ces
textes doivent subir un contrôle de constitutionnalité avant d’être promulgués.
2. Au plan international
108
Les sources principales sont les directives et les règlements communautaires résultant du traité
de Rome, mais également et surtout de l’influence de la Convention européenne des droits de
l’homme, qui comporte un exposé de principes et de garanties respectés par les États membres.
III – Présentation du Code pénal et du Code de procédure pénale
1. Le nouveau Code pénal
Résultat de quatre lois du 22 juillet 1992, il est entré en vigueur le 1er mars 1994.
Il apporte quelques changements importants :
R
LM
Première partie : Droit pénal général
Le droit pénal général est fondé sur la notion d’infraction. C’est le comportement infractionnel qui
EC
« Tout fait contraire à l’ordre social, qui expose celui qui l’a commis à une peine et/ou
à une mesure de sûreté. »
U
CO
« Les infractions pénales sont classées, suivant leur gravité, en crimes, délits et contra-
ventions. »
A – Les contraventions
109
B – Les délits
C – Les crimes
R
§2 – Les infractions classées selon leur nature LM
Le législateur soumet certaines infractions à un régime particulier selon leur nature.
On distingue :
EC
La jurisprudence définit généralement l’infraction politique comme celle qui porte atteinte à l’ordre
politique de l’État et au fonctionnement régulier des pouvoirs publics.
B – Les infractions militaires
Elles sont définies et sanctionnées par le Code de justice militaire.
C – Les infractions de terrorisme
Constituent des actes de terrorisme certaines infractions commises intentionnellement en rela-
tion avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre
public par l’intimidation ou la terreur.
D – Les infractions économiques et financières
Cette délinquance spécialisée regroupe notamment :
110
Section 2 – L’élément légal
Le principe de la légalité des délits et des peines
Ce principe est exprimé par l’adage :
Il est consacré par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ainsi que par le Code
pénal.
Trois conséquences en découlent :
R
L’article 111-4 du Code pénal dispose :
LM
« La loi pénale est d’interprétation stricte. »
EC
Une loi nouvelle créant une infraction ou aggravant une peine ne s’applique qu’aux faits commis
après son entrée en vigueur.
U
111
§2 – La tentative
L’article 121-5 du Code pénal dispose :
« La tentative est constituée dès lors que, manifestée par un commencement d’exé-
cution, elle n’a été suspendue ou n’a manqué son effet qu’en raison de circonstances
indépendantes de la volonté de son auteur. »
A – Conditions de la tentative
La tentative suppose :
1. un commencement d’exécution ;
2. l’absence de désistement volontaire.
1. Le commencement d’exécution
Le processus criminel (iter criminis) comporte :
1. la pensée criminelle ;
2. la résolution criminelle ;
R
3. l’acte préparatoire ; LM
4. le commencement d’exécution ;
5. la consommation de l’infraction.
EC
Les trois premières étapes ne sont en principe pas punissables. 2. L’absence de désistement vo-
lontaire
AV
Pour être punissable, la tentative doit avoir échoué en raison de circonstances indépendantes de
RS
B – Répression de la tentative
L’article 121-4 du Code pénal dispose :
« Est auteur de l’infraction la personne qui commet les faits incriminés ou tente de
commettre un crime ou, dans les cas prévus par la loi, un délit. »
112
Toutefois, certains délits peuvent être constitués par une faute d’imprudence ou de négligence.
§1 – Les infractions intentionnelles
L’infraction intentionnelle suppose que l’auteur ait voulu accomplir l’acte interdit par la loi.
L’intention criminelle est appelée dol.
A – Le dol général
Le dol général consiste dans la volonté de commettre l’acte interdit en connaissance de cause.
Il est présent dans toutes les infractions intentionnelles.
B – Le dol spécial
Certaines infractions exigent, en plus du dol général, une intention particulière.
Par exemple :
R
Certaines infractions sont constituées même en l’absence d’intention de nuire.
LM
Il s’agit principalement :
EC
— de la faute d’imprudence ;
— de la faute de mise en danger ;
AV
— de la faute contraventionnelle.
RS
A – La faute d’imprudence
U
L’article 121-3 du Code pénal réprime les fautes d’imprudence, de négligence ou de manquement
CO
Il s’agit ici d’une faute non intentionnelle mais le caractère délibéré du comportement confère à
celui-ci une gravité qui dépasse la faute ordinaire.
C – La faute contraventionnelle
Cette faute est la plus légère en terme de culpabilité.
Elle résulte de la simple inobservation de la loi ou du règlement.
113
Pour constituer l’infraction, le juge constate seulement que le prévenu a violé le texte légal ou
réglementaire en commettant le fait qui lui est reproché.
Chapitre II – La responsabilité pénale
La responsabilité pénale est la réponse à la violation de la règle de droit pénal.
Section 1 – Le responsable de l’infraction
Selon l’article 121-4 :
R
(coaction).
LM
La matérialité de l’infraction établie, encore faut-il que les faits puissent être imputés à l’agent
pénal.
EC
Ces causes sont des circonstances qui affectent les facultés intellectuelles ou le libre arbitre de la
CO
personne.
Pour que le droit pénal puisse intervenir, il doit y avoir réunion de la culpabilité et de l’imputabilité.
La non-imputabilité de l’infraction peut résulter :
« N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des
faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le
contrôle de ses actes. »
114
a) Abolition du discernement Le trouble entraîne l’irresponsabilité pénale s’il est prouvé qu’il
existait au moment des faits.
La preuve résulte généralement d’une expertise psychiatrique.
En cas d’irresponsabilité, l’agent bénéficie :
— d’un non-lieu ;
— d’une relaxe ;
— ou d’un acquittement.
b) Altération du discernement Dans certains cas, l’auteur reste responsable, mais les juges tiennent
compte du trouble pour atténuer la peine.
R
« N’est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l’empire d’une force ou
LM
d’une contrainte à laquelle elle n’a pu résister. »
— physique ;
RS
Elle peut également être morale lorsque l’auteur agit sous la menace ou sous l’emprise d’un état
pathologique.
3 – L’erreur Bien que nul ne soit censé ignorer la loi, le Code pénal permet d’invoquer une erreur
de droit dans certaines circonstances.
L’article 122-3 dispose :
« N’est pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru, par une er-
reur sur le droit qu’elle n’était pas en mesure d’éviter, pouvoir légitimement accomplir
l’acte. »
Ainsi, une information erronée fournie par l’administration peut, dans certains cas, constituer une
erreur de droit.
B – Les causes objectives d’irresponsabilité
Les faits justificatifs sont des circonstances extérieures à l’agent qui font disparaître l’élément mo-
ral de l’acte accompli.
Ils sont au nombre de quatre :
115
1. l’autorisation de la loi et le commandement de l’autorité légitime ;
2. la légitime défense ;
3. l’état de nécessité ;
4. le consentement de la victime.
« N’est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte prescrit ou au-
torisé par les dispositions législatives ou réglementaires. »
« N’est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte commandé par
l’autorité légitime, sauf si cet acte est manifestement illégal. »
R
Cette responsabilité constitue une innovation majeure du Code pénal de 1992.
LM
L’article 121-2 dispose :
EC
A – Le domaine de la responsabilité
Toutes les personnes morales sont concernées par la responsabilité pénale, qu’elles poursuivent
un but lucratif ou caritatif, qu’elles relèvent du droit public ou du droit privé, qu’elles soient fran-
çaises ou étrangères.
La seule exception concerne l’État.
Jusqu’à la loi Perben II du 9 mars 2004, les personnes morales n’étaient responsables que lorsque
la loi le prévoyait expressément.
B – Les conditions de la responsabilité
L’article 121-2 précise que les personnes morales sont responsables des infractions commises pour
leur compte par leurs organes ou représentants.
L’infraction doit donc être commise :
116
— le gérant ;
— le conseil d’administration ;
— le directoire ;
— l’assemblée générale ;
— le président d’une association.
Les représentants sont les mandataires ou les salariés agissant au nom de la personne morale.
Les sanctions applicables aux personnes morales sont notamment :
— l’amende ;
— l’interdiction d’exercer ;
— la confiscation ;
— la fermeture ;
— la dissolution.
R
La personne physique peut être :
LM
1. auteur ;
EC
2. coauteur ;
3. complice.
AV
1 – L’auteur
RS
2 – Le coauteur
Le coauteur est un auteur à part entière.
Plusieurs personnes peuvent participer directement à la réalisation d’une même infraction.
Chaque coauteur est pénalement responsable indépendamment des autres.
3 – Le complice
L’article 121-6 prévoit :
117
a) Les conditions de la complicité L’article 121-7 dispose :
« Est complice d’un crime ou d’un délit la personne qui sciemment, par aide ou assis-
tance, en a facilité la préparation ou la consommation.
Est également complice la personne qui, par don, promesse, menace, ordre, abus d’au-
torité ou de pouvoir, aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour
la commettre. »
— une provocation ;
— une aide ou assistance ;
— une fourniture d’instructions.
R
LM
b) La répression de la complicité Le nouveau Code pénal conserve le principe de l’emprunt de
criminalité.
EC
Le complice encourt les mêmes peines que l’auteur principal, mais le juge peut individualiser la
sanction.
AV
L’article 121-1 rappelle que nul n’est responsable pénalement que de son propre fait.
U
l’entreprise.
Chapitre III – La sanction pénale
Section 1 – Les différentes sanctions pénales
La gravité des peines dépend de la gravité des infractions.
On distingue :
— la réclusion criminelle ;
— la détention criminelle.
118
La peine de mort a été abolie par la loi du 9 octobre 1981.
Les échelles de peines prévues sont :
1. la perpétuité ;
2. trente ans ;
3. vingt ans ;
4. quinze ans.
— interdiction du territoire ;
— privation des droits civiques ;
— interdiction de séjour ;
— autres mesures restrictives de droits.
R
1. l’emprisonnement ;
LM
2. l’amende ;
3. le jour-amende ;
4. le stage de citoyenneté ;
EC
1. dix ans ;
2. sept ans ;
3. cinq ans ;
4. trois ans ;
5. deux ans ;
6. un an ;
7. six mois ;
8. deux mois.
119
En cas de récidive, l’amende de cinquième classe peut atteindre 3000 euros.
Certaines peines restrictives de droits peuvent être prononcées :
« La juridiction prononce les peines et fixe leur régime en fonction des circonstances
de l’infraction et de la personnalité de son auteur. »
R
L’exemption légale de peine suppose généralement le repentir actif.
LM
L’article 132-78 prévoit que la personne ayant permis d’éviter la réalisation de l’infraction ou d’iden-
tifier les autres auteurs peut bénéficier d’une exemption.
EC
1. à la dispense de peine ;
U
120
I – Définition
Le droit pénal ou droit criminel (les deux expressions sont synonymes) au sens étroit, peut être
défini comme « l’ensemble des règles juridiques pourvues d’une peine ».
Mais au sens plus large, il s’agit de « l’ensemble des lois qui régissent l’exercice de la répression par
l’État ». Le droit pénal est le droit de l’infraction et celui de la réaction sociale qu’elle suscite.
Le droit pénal incrimine et sanctionne les comportements qui portent atteinte à l’organisation de
la vie sociale et aux valeurs essentielles de la société. La société édicte ces infractions pour protéger
l’ordre social, sanctionner ceux qui y portent atteinte et dissuader ceux qui seraient tentés de le
faire.
L’infraction est un fait sanctionné par la loi pénale et qui crée un trouble sociétal. La réparation de
ce trouble alimente le droit pénal.
Le droit pénal peut être divisé en plusieurs branches :
R
— la pénologie : s’intéresse à l’exécution des sanctions prononcées ;
LM
— le droit pénal international : s’intéresse aux conflits de lois ou de juridictions entre États.
EC
1. Au plan interne
U
La loi La loi au sens strict du terme peut se définir comme le texte voté par le Parlement, pro-
mulgué par le Président de la République et publié au Journal Officiel.
Le règlement Les règlements sont des actes à caractère général pris par l’administration. Ces
textes doivent subir un contrôle de constitutionnalité avant d’être promulgués.
2. Au plan international
Les sources principales sont les directives et les règlements communautaires résultant du traité
de Rome, mais également et surtout de l’influence de la Convention européenne des droits de
l’homme, qui comporte un exposé de principes et de garanties respectés par les États membres.
III – Présentation du Code pénal et du Code de procédure pénale
1. Le nouveau Code pénal
Résultat de quatre lois du 22 juillet 1992, il est entré en vigueur le 1er mars 1994.
Il apporte quelques changements importants :
121
— l’erreur inévitable qui devient une cause d’exonération de responsabilité pénale ;
— la disparition des peines minimales ;
— la disparition des circonstances atténuantes ;
— la disparition des peines d’emprisonnement pour les contraventions.
« Tout fait contraire à l’ordre social, qui expose celui qui l’a commis à une peine et/ou
à une mesure de sûreté. »
R
Section 1 – Les catégories d’infraction LM
Les infractions sont classées selon leur gravité et selon leur nature.
§1 – Les infractions classées selon leur gravité
EC
« Les infractions pénales sont classées, suivant leur gravité, en crimes, délits et contra-
ventions. »
RS
A – Les contraventions
U
CO
B – Les délits
C – Les crimes
122
— Seul le législateur est compétent en matière criminelle.
— Les crimes sont punis d’une peine criminelle.
— Ils sont jugés par la Cour d’assises.
— L’instruction est obligatoire.
— L’action publique se prescrit par dix ans.
— La prescription de la peine est de vingt ans.
R
politique de l’État et au fonctionnement régulier des pouvoirs publics.
LM
B – Les infractions militaires
Elles sont définies et sanctionnées par le Code de justice militaire.
EC
Il est consacré par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ainsi que par le Code
pénal.
Trois conséquences en découlent :
123
2. la loi pénale est d’interprétation stricte ;
3. la loi pénale plus sévère ne rétroagit pas.
R
§1 – L’infraction consommée
LM
L’infraction est consommée lorsque l’auteur a réalisé le comportement réprimé par la loi.
EC
A – Action ou omission
L’élément matériel peut résulter :
AV
§2 – La tentative
L’article 121-5 du Code pénal dispose :
« La tentative est constituée dès lors que, manifestée par un commencement d’exé-
cution, elle n’a été suspendue ou n’a manqué son effet qu’en raison de circonstances
indépendantes de la volonté de son auteur. »
A – Conditions de la tentative
La tentative suppose :
1. un commencement d’exécution ;
2. l’absence de désistement volontaire.
124
1. Le commencement d’exécution
Le processus criminel (iter criminis) comporte :
1. la pensée criminelle ;
2. la résolution criminelle ;
3. l’acte préparatoire ;
4. le commencement d’exécution ;
5. la consommation de l’infraction.
Les trois premières étapes ne sont en principe pas punissables. 2. L’absence de désistement vo-
lontaire
Pour être punissable, la tentative doit avoir échoué en raison de circonstances indépendantes de
la volonté de son auteur.
Lorsque l’auteur renonce spontanément à poursuivre l’infraction avant sa consommation, il y a
désistement volontaire et la tentative n’est pas punissable.
B – Répression de la tentative
L’article 121-4 du Code pénal dispose :
R
« Est auteur de l’infraction la personne qui commet les faits incriminés ou tente de
LM
commettre un crime ou, dans les cas prévus par la loi, un délit. »
Toutefois, certains délits peuvent être constitués par une faute d’imprudence ou de négligence.
§1 – Les infractions intentionnelles
L’infraction intentionnelle suppose que l’auteur ait voulu accomplir l’acte interdit par la loi.
L’intention criminelle est appelée dol.
A – Le dol général
Le dol général consiste dans la volonté de commettre l’acte interdit en connaissance de cause.
Il est présent dans toutes les infractions intentionnelles.
B – Le dol spécial
Certaines infractions exigent, en plus du dol général, une intention particulière.
Par exemple :
125
— l’escroquerie suppose la volonté de tromper autrui.
— de la faute d’imprudence ;
— de la faute de mise en danger ;
— de la faute contraventionnelle.
A – La faute d’imprudence
L’article 121-3 du Code pénal réprime les fautes d’imprudence, de négligence ou de manquement
à une obligation de prudence ou de sécurité.
Cette faute résulte d’une maladresse, d’une imprudence, d’une inattention ou d’une négligence.
B – La faute de mise en danger
L’article 223-1 définit la mise en danger comme :
R
« Le fait d’exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures
LM
de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente par la violation ma-
nifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence impo-
sée par la loi ou le règlement est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros
EC
d’amende. »
AV
Il s’agit ici d’une faute non intentionnelle mais le caractère délibéré du comportement confère à
celui-ci une gravité qui dépasse la faute ordinaire.
RS
C – La faute contraventionnelle
U
126
L’auteur principal est celui qui commet un fait incriminé et dont le comportement est la cause
directe du trouble sociétal et, le cas échéant, du préjudice subi par la victime.
L’infraction peut être commise par une personne seule (acte unique) ou par plusieurs personnes
(coaction).
La matérialité de l’infraction établie, encore faut-il que les faits puissent être imputés à l’agent
pénal.
L’imputabilité suppose la capacité de comprendre et de vouloir.
Or, il existe des causes d’irresponsabilité.
Certaines sont subjectives (A), d’autres sont objectives (B).
A – Les causes subjectives d’irresponsabilité
Ces causes sont des circonstances qui affectent les facultés intellectuelles ou le libre arbitre de la
personne.
Pour que le droit pénal puisse intervenir, il doit y avoir réunion de la culpabilité et de l’imputabilité.
La non-imputabilité de l’infraction peut résulter :
R
2. d’une contrainte à laquelle l’auteur n’a pu résister ;
LM
3. d’une erreur.
EC
« N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des
faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le
RS
a) Abolition du discernement Le trouble entraîne l’irresponsabilité pénale s’il est prouvé qu’il
existait au moment des faits.
La preuve résulte généralement d’une expertise psychiatrique.
En cas d’irresponsabilité, l’agent bénéficie :
— d’un non-lieu ;
— d’une relaxe ;
— ou d’un acquittement.
b) Altération du discernement Dans certains cas, l’auteur reste responsable, mais les juges tiennent
compte du trouble pour atténuer la peine.
127
2 – La contrainte L’article 122-2 du Code pénal dispose :
« N’est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l’empire d’une force ou
d’une contrainte à laquelle elle n’a pu résister. »
— physique ;
— externe (tempête, verglas, fait d’un tiers) ;
— interne (fatigue, maladie).
Elle peut également être morale lorsque l’auteur agit sous la menace ou sous l’emprise d’un état
pathologique.
3 – L’erreur Bien que nul ne soit censé ignorer la loi, le Code pénal permet d’invoquer une erreur
de droit dans certaines circonstances.
L’article 122-3 dispose :
R
« N’est pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru, par une er-
LM
reur sur le droit qu’elle n’était pas en mesure d’éviter, pouvoir légitimement accomplir
l’acte. »
EC
Ainsi, une information erronée fournie par l’administration peut, dans certains cas, constituer une
erreur de droit.
AV
Les faits justificatifs sont des circonstances extérieures à l’agent qui font disparaître l’élément mo-
ral de l’acte accompli.
U
CO
« N’est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte prescrit ou au-
torisé par les dispositions législatives ou réglementaires. »
« N’est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte commandé par
l’autorité légitime, sauf si cet acte est manifestement illégal. »
128
2 – La responsabilité des personnes morales
Cette responsabilité constitue une innovation majeure du Code pénal de 1992.
L’article 121-2 dispose :
A – Le domaine de la responsabilité
Toutes les personnes morales sont concernées par la responsabilité pénale, qu’elles poursuivent
un but lucratif ou caritatif, qu’elles relèvent du droit public ou du droit privé, qu’elles soient fran-
çaises ou étrangères.
La seule exception concerne l’État.
Jusqu’à la loi Perben II du 9 mars 2004, les personnes morales n’étaient responsables que lorsque
R
la loi le prévoyait expressément. LM
B – Les conditions de la responsabilité
L’article 121-2 précise que les personnes morales sont responsables des infractions commises pour
EC
— le gérant ;
— le conseil d’administration ;
— le directoire ;
— l’assemblée générale ;
— le président d’une association.
Les représentants sont les mandataires ou les salariés agissant au nom de la personne morale.
Les sanctions applicables aux personnes morales sont notamment :
— l’amende ;
— l’interdiction d’exercer ;
— la confiscation ;
— la fermeture ;
— la dissolution.
129
La responsabilité peut résulter du fait personnel ou du fait d’autrui.
A – La responsabilité du fait personnel
La personne physique peut être :
1. auteur ;
2. coauteur ;
3. complice.
1 – L’auteur
Selon l’article 121-4 :
2 – Le coauteur
R
LM
Le coauteur est un auteur à part entière.
Plusieurs personnes peuvent participer directement à la réalisation d’une même infraction.
EC
3 – Le complice
L’article 121-6 prévoit :
RS
« Est complice d’un crime ou d’un délit la personne qui sciemment, par aide ou assis-
tance, en a facilité la préparation ou la consommation.
Est également complice la personne qui, par don, promesse, menace, ordre, abus d’au-
torité ou de pouvoir, aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour
la commettre. »
— une provocation ;
— une aide ou assistance ;
— une fourniture d’instructions.
130
b) La répression de la complicité Le nouveau Code pénal conserve le principe de l’emprunt de
criminalité.
Le complice encourt les mêmes peines que l’auteur principal, mais le juge peut individualiser la
sanction.
B – La responsabilité du fait d’autrui
En principe, la responsabilité pénale du fait d’autrui est exclue.
L’article 121-1 rappelle que nul n’est responsable pénalement que de son propre fait.
Toutefois, certaines situations particulières s’en rapprochent, notamment dans le domaine de
l’entreprise.
Chapitre III – La sanction pénale
Section 1 – Les différentes sanctions pénales
La gravité des peines dépend de la gravité des infractions.
On distingue :
R
3. les peines contraventionnelles. LM
A – Les peines criminelles
EC
— la réclusion criminelle ;
— la détention criminelle.
RS
U
1. la perpétuité ;
2. trente ans ;
3. vingt ans ;
4. quinze ans.
— interdiction du territoire ;
— privation des droits civiques ;
— interdiction de séjour ;
— autres mesures restrictives de droits.
1. l’emprisonnement ;
131
2. l’amende ;
3. le jour-amende ;
4. le stage de citoyenneté ;
5. le travail d’intérêt général ;
6. les peines privatives ou restrictives de droits ;
7. les peines complémentaires.
1. dix ans ;
2. sept ans ;
3. cinq ans ;
4. trois ans ;
5. deux ans ;
6. un an ;
7. six mois ;
8. deux mois.
R
Le nouveau Code pénal a supprimé les peines privatives de liberté pour les contraventions.
LM
Le montant maximal des amendes est :
EC
« La juridiction prononce les peines et fixe leur régime en fonction des circonstances
de l’infraction et de la personnalité de son auteur. »
132
L’article 132-78 prévoit que la personne ayant permis d’éviter la réalisation de l’infraction ou d’iden-
tifier les autres auteurs peut bénéficier d’une exemption.
L’infraction subsiste mais aucune peine n’est prononcée.
B – L’exemption judiciaire de peine
Le juge peut recourir :
1. à la dispense de peine ;
2. à l’ajournement du prononcé de la peine.
R
Lors de l’audience ultérieure, la juridiction peut :
LM
— prononcer une peine ;
EC
133
CO
U
RS
AV
134
EC
MALAGASY
LM
R
NY SOKAJIN-TENY
I. NY MATOANTENY
1. Famaritana
Ny matoanteny dia :
b) Raha manomboka amin’ny a- ilay teny, dia esorina ny a- ka andramana soloina amin’ireto tsirin-
teny ireto : m(o)-, mi-, m-a-, m-an-, m-ana-, koa raha mahalaza hevitra dia matoanteny.
R
LM
— ajaona . . .. . .mi-janona (fiteny) ⇒ matoanteny ny “ajanona”
— fara . . .. . .mi-fara : tsy fiteny ⇒ tsy matoanteny ny “fara”
EC
II. NY MPAMARI-TOETRA
RS
Ny mpamari-toetra dia ireo teny rehetra milaza na manambara toetran-javatra iray, na olona na
U
biby, sns.
CO
NB : Ireo teny rehetra ahitana tovona famoronana anarana “f-” sy “mp” rehetra dia anarana iom-
bonana.
Ohatra : fianarana, mpampianatra. . .
2. Ny anaran-tsamirery
Ny anaran-tsamirery dia anarana mitaky ny fampiasana ny mpanoritra “i, I, ilay, Ikala, Andria”.
135
Misy karazany roa :
3. Ny anarana angoty
Anarana foronina mba hoentina mihantahanta na miangolangola amin’olona iray : i Dadabe, i
Nenibe. . .
Fanamarihana : Tsy azo atao velively ny mampiasa mpanoritra roa amin’ny teny iray.
Oh : Mianatra i Rakoto.
IV. NY MPAMARITRA ISA
Ireo teny rehetra manambara isa. Oh : roa, efatra, dimy. . .
V. NY MPISOLO
1. Ny mpisolo-tena tsotra : ahy, ianao, anao, izy, azy, antsika, izahay, anay, ianareo, anareo, aho,
izaho. . .
2. Ny mpisolo-tena tapisaka : -ko, -o, -ao, -ny, -tsika, -nay, -nareo, -areo.
R
3. Ny mpisolo toerana : eto, etsy, ao, any, ato, aty. . .
4. Ny mpisolo-manondro : ito, ity, itsy, iroa, iry, ireto, iretsy, ireroa, ireo, ireny, itony, irony, izato,
LM
izatsy, izaria, izao, izay, izany. . .
5. Ny mpisolo manolotra : inty, intsy, indry, indro, iny, indreto, indreny, intony, indrony, injao,
EC
hina baraingo : Iza ? Aiza ? Inona ? Nahoana ? Oviana ? Manahoana ? Mankaiza ? Taiza ? Ra-
hoviana ?. . .
U
CO
VI. NY MPANOLOTRA
VII. NY MPANAMPY
Teny kely tsy manana anjara asa mipetraka eo alohan’ny teny faritany : tena, te, ta, tokony, mila,
ila, madiva, diva, ndeha, aoka, sendra, avy, azo, tonga, lasa, efa, saika, kasa, somary, mody, toa, tsy,
tsy maintsy, mbola, mba, samy, az. . .
VIII. NY TAMBIN-TENY
Teny kely tsy manana anjara asa mipetraka aorian’ny teny faritany : imaso, ivoho, etoana, tokoa,
foana, fotsiny, ihany, lalandava, mandrakariva, daholo, avokoa. . .
IX. NY MPAMPITOHY
sy, ary, sady, na. . .
X. NY MPAMPIANKINA
136
1. Ny mpampiankin-teny : amin’ny, tamin’ny. . .
2. Ny mpampiankina fehezan-teny : fa, ka, satria, rehefa, noho izany, kanefa, nefa, na dia. . .
XI. NY MPANORITRA
i, ny, ilay, Andria-, An-
XII. NY KIANTENY
ka, dia, no, anie, ve. . .
NY SOKAJIN-DAHATSORATRA
SOKAJI- FAMARITANA POROFO
DAHATSORATRA
LAH. MANORITSORI- Lahatsoratra mandoko na
TRA miresaka amin’ny antsipiri- — Mari-potoana ankehitriny
hany ny mombamomba ny — Sokaji-teny mpamari-toetra
zavatra, na olona na toerana miresaka halava, bika, loko,
na biby iray hakely, hafohy, endrika, bika. . .
— Ahitana mpisolo maro
— Sarin-eny. . .
R
LAH. MANAZAVA HE- Lahatsoratra mizara faha-
LM
VITRA lalana (fomba, toe-javatra) — Ahitana famaritana mivantana
ho an’ny mpamaky na amin’ny alalan’ny fampiasana
EC
maro
— Ahitana teny manazava : izany
RS
zava-misy andavanandro
— Ahitana anton-javatra sy voka-
javatra
137
SOKAJI- FAMARITANA POROFO
DAHATSORATRA
LAH. MITANTARA Lahatsoratra manambara
tranga-javatra na seho- — Filazam-potoana efa lasa : n-,
javatra na zava-nisy marina no
na noforonina — Ahitana teny maro manam-
bara fotoana efa lasa : taloha,
omaly, fahiny, fahagola. . .
— Ahitana mpandray anjara ma-
melona ny tantara : fototra,
mpanampy na mpanelinge-
lina, ravaka
— Voafaritra ny toerana nise-
hoan’ny tantara
— Ahitana mari-piatoana “-” ma-
riky ny fifamalian-dresaka
— Mpisolo-tena maro
— Ahitana toe-javatra iangana sy
menelanelana ary iafarana
R
NY MPANORATRA SY NY ASA SORATRA
LM
Karazam-panontaniana Esther ANDRIAMAMOJY Clarisse RATSIFANDRIA-
matetika fametraka MANANA
EC
NANA
Ny solon’anarana nentiny ERR Clarisse RATSIFANDRIAMA-
RS
NANA
Asa nataony Mpampianatra teny Mala- —
U
138
Karazam-panontaniana Esther ANDRIAMAMOJY Clarisse RATSIFANDRIA-
MANANA
Tara-kevitra vohiziny Fanoherana ny tsy rariny —
amin’ny endriny rehetra :
politika sosialy, toekarena,
fiarahamonina. . .
Oviana no maty ? 26 Jona 1987 —
FITSIPIKA – NY RAFI-TENY
I. NY RAFI-TENY
1. Ny tovona : tsirin-teny mipetraka eo alohan’ny fototeny
1.1 Ny tovona mivaky :
Hita eo amin’ny matoanteny miatomboka amin’ny “m” izay ahitana vakiny miova sy vakiny tsy
miova :
m-o-, m-i-, m-a-, m-an-, m-ana-, m-ah-, m-ank-,. . .
1.2 Ny tovona tsy mivaky :
Hita eo amin’ny mpamari-toetra miatomboka amin’ny “m”, “a”, matoanteny mitovona “voa” sy
“tafa”, anarana mitovona “ma”, tovona filaza mandidy. . .
R
2. Ny tovana : tsirin-teny mipetraka aorian’ny fototeny LM
2.1 Ny tovana tsotra : -ina ; -ana
Oh : deraina → dera-ina
EC
3. Ny tsirin-teny sara-droa
RS
4. Ny tsofoka
CO
1. Azo atao EM
139
Sokajinteny Karazany Ohatra
Anarana Anaran-tsamirery Lita, Naivo
Anarana iombonana Olona, zazakely, fitadiavana, miara-
Anarana angoty mila. . .
Dadabe, Nenibe, Nenifara. . .
Mpamaritra Mpamari-toetra Mafy, maditra, tsara, mendrika. . .
Mpamaritr’isa Telo, dimy, fanimbalony, hefarana. . .
Mpisolo Mpisolo tena Izaho, ianao, izy, -ko, -ny, -tsika, -nao. . .
Mpisolo manondro Iretsy, io, iry, ireroa, ireny, izaroa. . .
Mpisolo manolotra Iny, inty, indro, indreto, injao, injay. . .
Mpisolo toerana Ao, eo, eny, ety, ato, atsy, any, ery. . .
Mpisolo fotoana Androany, omaly, fahiny, rahampitso. . .
Mpisolo manontany Aiza, iza, nahoana, oviana. . .
R
mipetraka eo alohan’ny teny fari- samy, mety. . .
LM
tany
Tambinteny Teny kely tsy manana anjara asa Kosa, imaso, etoana, tokoa,
mipetraka aorian’ny teny faritany foana, fotsiny. . .
EC
140
HAD/FITODIKA FAMARITANA TSIRIN-TENY FKI Vaniny
faha 3
SEHATRA Sehatra na Tovona mivaky : Mivany —
fisehoan-javatra m-i-, m-a-, m- 2
ny hevitry ny L an-. . .
ambaran’ny EM
FITAOVANA Fitaovana ny he- Tovona tsy mi- Mivany RF Iharana
vitry ny L amba- vaky : a- 3
ran’ny EM
MPAMARITOE- Mamaritra toe- Tsirin-teny Mivany —
JAVATRA javatra ny hevitry sara-droa : 2 na 3
ny L ambaran’ny x-. . .-ana
EM
MPIFANAO Mpifanao ny he- Tovona mivaky Mivany —
vitry ny L amba- nososohana -if- 2 na 3
ran’ny EM na -if-amp-
MPANDRAY Mpandray ny he- Tovana –ana Mivany RF Atao
vitry ny L amba- 3
ran’ny EM
MPAMPANAO Mpampanao asa Tovona mivaky Mivany —
ny hevitry ny L nososohana 2 na 3
R
ambaran’ny EM -amp- na -amp-
LM
if-
EC
2. EM TSY MATOANTENY
AV
141
Mariho tsara :
— ANDIAN-TENY TSO-DRAFITRA : Teny maromaro tsy azo sarahina ka ny teny faritana mia-
loha ny teny mpamaritra (anarana + mpamari-toetra).
Oh : tany mainty ; volo ngita mifandray tendro. . .
— ANDIAN-TENY MIVADI-DRAFITRA : Teny maromaro tsy azo sarahina ka ny teny mpamari-
tra mialoha ny teny faritana (mpamari-toetra + anarana).
Oh : mena maso, be lamosina, lava tongotra. . .
R
LM
Araka izany, azo lazaina fa rehefa misy zava-baovao tafiditra eo amin’ny fiarahamonina iray dia
miova ihany koa ny endriky ny fifandraisana ao. Azo tanisaina amin’ireny zava-baovao ireny : ny
fitombon’ny mponina, ny niantombohan’ny fambolena sy ny fiompiana, ny fanitaram-pahefana,
EC
142
Paika andinihana ny valin-tanana :
1. Mariho aloha raha seha-pamokarana vaventy no resahina ary hamarino raha olona maro-
maro manan-javatra iraisana no mandray anjara aminy
2. Hamarino fa misy asa na zavatra ifamaliana ao
3. Takaro ny mety ho vokatr’izany eo amin’ny fihariana sy ny fiarahamonina
1. Mariho aloha ny seha-pamokarana vaventy noresahina ary hamarino raha olona maromaro
atambatry ny zavatra iraisana no mandray anjara aminy
2. Hamarino fa misy asa na zavatra ifanampiana sy/na ifarimbonana ao
3. Takaro ny mety ho vokatr’izany eo amin’ny fihariana sy ny fiarahamonina ary ny teti-pitondrana
R
IV. NY ENDRIM-PAMOKARANA MIFOTOTRA AMIN’NY FIZAKAN-TENA
LM
Ny endrim-pamokarana amin’ny fizakan-tena dia mitaky fomba fiasa manome lanja bebe ko-
koa ny ezaka ataon’ny olona tsirairay. Mitaky fepetra mazava ny fanatontosana amin’izany : ny
fifehezan-tena eo amin’ny fiainana, filofosana amin’ny asa atao, fifotorana amin’ny foto-pivelomana
EC
maripototra. . .
AV
“Raha nanao ny tsy nambinina, dia ampisambory fa Havana ory ; fa raha miraviravy
tanana tsy miasa, avelao hivarina aman-tany.” – Ntaolo
RS
“Ny kely ho lehibe, ny mahia hatavy” – “ny an’ny tsy manana hampitomboana, ny an’ny
manana tsy halaina.”
1. Mariho aloha ny seha-pamokarana resahina raha mifototra amin’ny fampiasana vola na re-
nivola
143
2. Hamarino fa ny lalànan’ny tolotra sy ny tinady no mibaiko ny fampandehanana ny fiharian-
karena
3. Takaro ny mety ho vokatr’izany eo amin’ny isam-batan’olona sy ny manodidina azy ary ny
firenena
NY FAMADIHANA
1. Famaritana
Ny famadihan-drazana dia mahafaoka izay rehetra atao mikasika ny fiakarakarana ny taolam-
balon’ny razana mba tsy hiparitaka, hofanjana azy, hofangataham-pitahiana. . .Mety ho famonosan-
damba, na fampidirana razana ho any am-pasan-drazana, na koa famindrana razana amin’ny fa-
sana vaovao no atao.
2. Ireo dingana arahina amin’ny famadihana
a) Dingana fanomanana :
Na tsotra na malaza ny famadihana dia tsy maintsy misy ny fanomanana :
— Fihaonan’ny mpianakavy
— Famerana ny fotoana
— Filazana ny olona
— Famoriana ny entim-manana
R
LM
Mitaky fanomanana mialoha, amam-bolana vitsy na an-taona mihitsy. Manana anjara toerana
lehibe amin’izany ny mpanandro, satria izy no mamaritra ny fotoana sy ny fihetsika ary ny fomba
ataon’ny tompon-draharaha na ny zana-drazana.
EC
b) Dingana fanatanterahana :
Fandraisana olona, lanonana, famonosan-damba ny razana. . .Tsy maintsy misy kabary amin’ny
AV
c) Dingana famaranana :
Fandrombahana ny fitaovana mikasika ny razana, kabary fisaorana, hira gasy. . .
U
Endrika iray anehoan’ny Malagasy ny fitiavany sy ny fanajany ny Ray aman-dReny na ireo razana
niaviany ny famadihana. Fotoana ihany koa io ifanathana ny taranaka.
“Tsy nisy olombelona nitsontsorika avy any an-danitra, na nitrobona avy amin’ny tany,
na nipoitra avy amin’ny vato aman-kazo, fa samy naterak’olombelona avokoa.”
NY ENDRIKA ISEHOAN’NY FEHEZAN-TENY
Misy karazany roa ny fehezanteny : ny fehezanteny tokan-drafitra sy ny fehezanteny saro-drafitra.
1. Ny fehezanteny tokan-drafitra
Ohatra :
144
— F2 : Tsy niteny ranghy.
T s y ni t en y r ang ah y
| {z } | {z }
EM L
2. Ny fehezanteny saro-drafitra
Ohatra :
F1 : Nitsangatsangana teny amoron-drano I Bina sy I Kemba.
{z na} |I K{z
N i t sang at sang ana t en y − d r ano |I Bi emba}
| {z }
EM L1 L2
F2 : Nanaiky tsy satry Rafotsibe, satria efa osa ka tsy mba nahavita trano tahaka azy.
NY FAMORONAN-DAHATSORATRA
R
Mandalo dingana roa lehibe ny asa atao amin’ny famoronan-dahatsoratra.
LM
Dingana I : FANOMANANA (vakiraoka)
EC
2. Fandrafetana ny famelabelarana
— Fintino amin’ny fomba fohy sy tsotra ary mazava ireo hevi-dehibe nolazaina tao amin’ny
famelabelarana
145
— Fanehoana ny hevitry ny tena na ny fihetseham-po mikasika na ny momba izay voalaza
— Fanitarana miendrika fanontaniana amina sehatra hafa, raha ilaina
R
LM
EC
AV
RS
U
CO
146
FAMAKAFAKAN-KEVITRA
FOTO-PISAINANA
Mianatra mba hahay fa tsy mianatra mba ho afa-panadinana fotsiny.
Rehefa mahay ianao : ny asa no mitady anao fa tsy ianao no mitady asa.
Famaritana
Ny famakafakan-kevitra dia asa saina natao handalinana na ohabolana na tenina mpandinika
mifono foto-dresaka iray na roa.
Fanamarihana
— Marihina fa tsy maintsy voafehy ny fahalalana voakasiky ny fandaharam-pianarana vao
afaka manao famakafan-kevitra.
R
— Faharoa, tsy mety ny famakafakan-kevitra rehefa tsy afaka manaporofo izay zavatra lazainy
LM
ny mpanao famakafakana isan’andininy ao amin’ny famelabelarana.
— Misy karazany roa (02) ny famakafakana :
EC
— ny famakafakana tsotra
— ny famakafakana misy tsikera
AV
RS
U
CO
147
FAMAKAFAKANA TSOTRA
Fampahatsiarovana
Ny zavatra takiana amin’ny mpamakafaka dia ny hanazava ilay lohahevitra sy hanamarina izay
voalazany amin’ny alalan’ny porofo mazava. Zava-dehibe ny asa fanomanana vao miroso amin’ny
tena asa famakafakana.
I – FANDINIHANA LOHAHEVITRA
• Vakiana ny lohahevitra.
• Avoaka ny foto-dresaka atao ao anaty mahitsy zoro mba hiavaka tsara.
• Tsipihina izay teny na andian-teny entina manazava io foto-dresaka io.
• Avoaka avy amin’izay ny hafatra na foto-kevitra tian’ny lohahevitra hampitaina, amin’ny ala-
lan’ny fanontaniana hoe :
« Inona momba ny foto-dresaka no voalazan’ireo teny voatsipika ? »
• Avoaka avy amin’io hafatra io ny olana.
Fanamarihana kely : Raha tianao ho fantatra hoe marina ve io hafatra io dia avadika ho fa-
nontaniana fotsiny ilay hafatra. Raha toa ka ireo teny voatsipika no valin’ilay fanontaniana dia
R
marina ilay hafatra, ary iny fanontaniana iny no olana.
LM
Fampiharana – Fandinihana lohahevitra
EC
Hoy Ntaolo :
« Ny hitsiny tsy aritra ; ny rariny tsy enti-mandefitra »
AV
Olana : Inona avy tokoa moa ireo fihetsika takiana amin’ny fampiharana ny hitsiny sy ny ra-
U
riny ?
CO
II – FIKAROHAN-KEVITRA
Fampiharana – Anjara
Hoy ny mpandinika iray :
« Anjara ? . . . fialan-tsiny ho an’izay resy tsy miady fa fanoitra kosa ho an’izay te ho velona »
148
Anjara ? . . .fialan-tsiny ho an’izay resy tsy Anjara ? . . .fanoitra kosa ho an’izay te ho ve-
miady lona
– Faniliana andraikitra – Mahatonga saina
– Antony tsy hanaovan-javatra – Mioitra
– Fanekena izay zava-mitranga – Mampiezaka
– Mitanondrika – Mampivoatra
– Mionona – Mampandroso
– Mizaka ny zava-misy – Manampy hanao zavatra
III – DRAFITRA ANTSIPIRIANY
1. Ovana amin’ny fomba fiteny hafa mitovy hevitra aminy ireo lohateny – dia izay no renihevitra.
2. Mitady teny roa na mihoatra . . . izay ananana porofo ao amin’ny tsanganana dia ireny no
zana-kevitra.
3. Asiana porofo isaky ny zana-kevitra.
R
a) Mionona izy LM
Porofo : « Tolo-kena maty jiro ka izay zara vintana lolohavina. »
b) Fanekena izay zava-mitranga
Porofo : « Aza mimenomenona amin’ny anjara fa tsy fantatrao izay lahatry ny avo. »
EC
AV
a) Mioitra
Porofo : Clarisse Ratsifandrihamanana : « Tolona sy ady ny fiainana ka zara ho an’izay manam-
U
piniavana handresy. »
CO
b) Mahatonga saina
Porofo : Rakotonirainy Joseph : « Eo ampelatanantsika ny anjara sy ny vintantsika, isika no
misafidy. »
IV – TENY FAMPIDIRANA
— Tari-dresaka
— Lohahevitra – (foto-kevitra)
— Olana
— Drafitra
149
finoana ny anjara, aseho manaraka izany fa mety manampy ny olona hampandroso ny fiai-
nany ny anjara.
V – TENY FAMARANANA
— Famintinana
— Hevitry ny tena
— Fanitarana
R
LM
EC
AV
RS
U
CO
150
FAMAKAFAKANA MISY TSIKERA
I – FANDINIHANA LOHAHEVITRA
— Vakina ny lohahevitra.
— Avoaka ny foto-dresaka.
— Tsipihina izay teny entina manazava ny foto-dresaka.
— Avoaka ny hafatra na foto-kevitra tiana hampitaina amin’ny alalan’ny fanontaniana hoe : « in-
ona momba ny foto-dresaka no voalazan’ny teny voatsipika. »
— Avadika olana ilay hafatra na mamoaka olana avy amin’ilay hafatra.
Fampiharana
Hoy ny mpandinika iray :
« Zava-kanto ny literatiora ka miteraka fahafinaretana ho an’ny mpamaky »
R
LM
III – DRAFITRA ANTSIPIRIANY (dialektika)
EC
Rhvtr 1 :
RS
Ovana amin’ny fomba fiteny hafa mitovy hevitra aminy ilay hafatra. Ireo fizarana ao amin’ny
lohahevitra no atao zana-kevitra.
U
Rhvtr 2 :
CO
Atao izay hanehoana fa hiady hevitra ianao – na ianao maneho fanoherana na ianao maneho
tsy fahampiana ka hameno. Atao mifandanja amin’ny fizarana voalohany ny isan’ny zana-
kevitra.
Rhvtr 3 :
Tsara raha atao tsoa-kevitra ny enti-mandravona ireo fizarana roa teo aloha.
151
Sary Fampiharana – Drafitra (misy tsikera)
Tari-dresaka
Lohahevitra (foto-kevitra)
Olana
Drafitra
Zana-kevitra
Fanazavana (Lesona – boky. . .)
Porofo
Zana-kevitra
Fanazavana
Porofo
Teteza-mita
Zana-kevitra
R
Fanazavana
LM
Porofo
Zana-kevitra
Fanazavana
EC
Porofo
AV
× ×
RS
Famintinana
Hevitry ny tena
U
Fanitarana
CO
152
R
LM
EC
AV
SUJET TYPES
RS
U
CO
153
FRANCAIS
DISSERTATION 1
Pensez-vous que l‘égalité femmes/hommes, l‘accès des femmes et des hommes aux mêmes chances,
droits, possibilités, tout respectant leurs spécificités à Madagascar puisse se faire ? Si oui, dites
pourquoi ?
DISSERTATION 2
Adapter la réhabilitation des marchés Dans les pays du Sud, les marchés constituent pour les
femmes une activité améliorant leurs revenus. Beaucoup y occupent une place précaire et vendent
à temps partiel des produits périssables à faible valeur ajoutée. Partant de cet extrait et en vous
appuyant sur des exemples concrètes, que pensez-vous de la situation actuelle des femmes entre-
preneurs à Madagascar ?
DISSERTATION 3
On estime que chaque année 100 millions de bébés et fœtus filles sont supprimés à cause de la
préférence pour le fils, que 4 millions de femmes sont vendues et achetées pour le mariage forcé,
l‘esclavage, la prostitution. 130 millions sont victimes de mutilations sexuelles dans 40 pays. Expli-
quez et discutez le thème principal du texte. Appuyez votre développement sur des exemples pris
R
dans les réalités malgaches. LM
DISSERTATION 4
Déplacements, migrations Sur les 40 millions de personnes actuellement réfugiées à cause d‘un
EC
conflit armé et de violations des droits humains, 80 % sont des femmes et des enfants. Le taux
moyen d‘émigration des femmes ayant une éducation supérieure est plus élevé que celui des
AV
hommes dans toutes les régions sauf l‘Amérique du Nord. Expliquez et discutez le thème principal
du texte ; appuyez votre développement sur des exemples pris dans les réalités malgaches.
RS
DISSERTATION 5
Sur 192 pays, il y a 7 femmes chefs d‘Etats et 8 femmes chefs de gouvernements (juin 2007). On
U
compte maintenant en moyenne 18, 4 % de femmes parlementaires dans le monde, ce qui consti-
CO
tue une augmentation de 8 % entre 1998 et 2008. Mais à ce rythme, la représentation politique des
femmes dans les pays en développement - et certains pays développés - n‘atteindra pas la parité
de 40 % à 60 % avant 2045... Plus de 30 pays ont encore des lois discriminatoires envers les femmes.
Que pensez-vous de cette situation développée dans cet extrait ?
DISSERTATION 6
Les 2/3 des 860 millions d‘analphabètes sont des femmes. 115 millions d‘enfants ne sont pas sco-
larisés, dont 62 millions de filles. Progrès : sur 128 pays, 50 % ont atteint la parité à l‘école primaire
en 2005. Pensez-vous à l‘heure actuelle que Madagascar ne vit pas aussi ce genre de situations ?
Appuyez-vous des réalités malgaches.
DISSERTATION 7
En Afrique, 75 % des 15-24 ans séropositif-ves sont des femmes. 529 000 femmes meurent tous
les ans des suites de grossesses ou d‘accouchements. Au niveau mondial, la mortalité maternelle
ne diminue qu‘au taux de 0,4 % par an, alors qu‘un taux de 5,5 % par an serait nécessaire pour
atteindre l‘objectif du millénaire n°5. Le nombre de grossesses non souhaitées est de 80 millions,
dont la moitié sera interrompue volontairement.
Sources OMS, ONU, Unicef, HCR, Amnesty international, Croix rouge internationale, Observatoire
de la parité.
Dans de nombreux pays d‘Afrique, les femmes sont mises sur le banc des accusés. Qu‘en pensez-
154
vous ?
DISSERTATION 8
Cinq obstacles à surmonter pour éviter le déclin des droits de l‘homme Tous les États, à des degrés
divers, rechignent à se sentir liés dans leurs politiques par les obligations que leur donnent la Dé-
claration des droits de l‘homme et les divers textes qui en découlent et par le pouvoir que ceux-ci
donnent aux citoyens. Cela se traduit dans la remise en cause de l‘universalité et de l‘indissociabilité
de ces droits et dans les délais que les États mettent à reconnaître que les violations des DESC sont
justiciables, qu‘ils ont des responsabilités hors du territoire national et que les entreprises doivent
respecter ces droits. Pensez-vous que c‘est valable aussi pour le cas de Madagascar ?
DISSERTATION 9
Selon l’UNICEF, il y aurait 60 millions d’enfants des rues (enfants totalement autonomes livrés
à eux mêmes) et d’autre part 90 millions d’enfants de la rue (un lien subsiste avec leur famille
même s’ils travaillent toute la journée dehors). Deux remarques peuvent être faites d’emblée :
d’une part ces chiffres sont en constante évolution, d’autre part 71 à 95 % de ces enfants sont des
garçons. Ces enfants travaillent de 6 à 14 heures par jour (manutention, lavage de voitures, vente
de cigarettes, récupération dans les décharges. . . mais aussi vol, mendicité, trafic en tout genre
et prostitution). Les enfants des rues se trouvent toujours confrontés aux même schémas : petits
travaux pour lesquels ils sont exploités, spirale de la drogue, délinquance, violence, prostitution.
Expliquez et discutez le thème principal du texte ; appuyez votre développement sur des exemples
pris dans les réalités malgaches
R
DISSERTATION 10
LM
Le terme de "développement durable" est très souvent utilisé ; c‘est même un terme à la mode que
l‘on trouve deci, de-là, dans des publicités, des journaux, des textes officiels, des discours poli-
EC
tiques. Mais malheureusement, il fait parfois (souvent !) l‘objet d‘une confusion simpliste : le déve-
loppement durable serait, en somme, un développement qui préserverait l‘environnement. C‘est
AV
répondre aux besoins du présent, sans compromettre la capacité pour les générations futures de
satisfaire les leurs » (BRUNDTLAND Gro Harlem, Notre avenir à tous, Rapport de la Commission
U
mondiale sur l‘environnement et le développement, 1988, p.51) .Il s‘agit de viser « une double so-
lidarité : horizontale, à l‘égard des plus démunis du moment, et verticale, entre les générations
CO
» (MARECHAL, Alternatives Economiques, n°191, Avril 2001, p.80.). Dans cette optique, on fait
reposer le développement durable sur 4 piliers majeurs : sur le plan environnemental, atteindre
l‘objectif d‘un développement durable, c‘est savoir respecter les principales conditions suivantes :
l‘utilisation, la gestion durables des ressources naturelles (air, eau, sol, vie) et des savoirs humains ;
le maintien des grands équilibres naturels (climat, diversité biologique, océans, forêts. . . ) ; la maî-
trise de l‘énergie et l‘économie des ressources non renouvelables (pétrole, gaz, charbon, mine-
rais. . . ). Sur le plan économique, le développement durable dépend en particulier : d‘un dévelop-
pement économique respectueux des milieux naturels d‘où proviennent les ressources de base
(agriculture et pêche), d‘un changement profond dans les relations économiques internationales
afin de promouvoir un commerce équitable et un tourisme solidaire et d‘exiger que les entreprises
prennent en compte les conditions du développement durable, de l‘annulation de la dette des
pays pauvres et d‘une augmentation des investissements afin qu‘ils ne soient plus contraints à op-
ter pour des profits à court terme en contradiction avec leur développement durable et celui de la
planète, d‘une réflexion sur une décroissance soutenable dans les pays développés.
Les facteurs sociaux du développement durable sont l‘accès à l‘éducation, l‘habitat, l‘alimentation,
les soins. . . afin de : satisfaire les besoins essentiels des populations, combattre l‘exclusion sous
toutes ses formes (sociale, professionnelle. . . ), stabiliser la croissance démographique, maîtriser
la croissance urbaine et les flux migratoires. C‘est au niveau local que peuvent se mettre en place
les structures sociales indispensables à un développement humain harmonieux, au Nord et au
Sud.
155
Le respect de l‘environnement, un développement économique respectueux et la mise en place
d‘une justice sociale ne peuvent être atteints qu‘avec la participation de tous les citoyens. Le Dé-
veloppement Durable exige la démocratie et la participation effective à cette démocratie : c‘est ce
qu‘on appelle la démocratie participative.
Ces quatre piliers doivent être en interaction constante : Développement social et économique,
Environnement et Citoyenneté doivent être considérés comme indissociables, à toutes les échelles
de l‘organisation des sociétés humaines et des milieux qui sont les leurs ; le Développement Du-
rable est affaire locale, nationale, internationale ; il ne se réalisera que si l‘on mène de front les
combats et les solidarités : pour la gestion durable des ressources, pour la disparition des déséqui-
libres sociaux et économiques, pour la démocratie. Qu‘en pensez-vous ?
DISSERTATION 11
L‘éducation à l‘environnement pour un développement durable doit être une composante impor-
tante de la formation initiale des élèves, dès leur plus jeune âge et tout au long de leur scolarité,
pour leur permettre d‘acquérir des connaissances et des méthodes nécessaires pour se situer dans
leur environnement et y agir de manière responsable.
La prise de conscience des questions environnementales, économiques, socioculturelles doit, sans
catastrophisme mais avec lucidité, les aider à mieux percevoir l‘interdépendance des sociétés hu-
maines avec l‘ensemble du système planétaire et la nécessité pour tous d‘adopter des comporte-
ments propices à la gestion durable de celui-ci ainsi qu‘au développement d‘une solidarité mon-
R
diale. Selon le souhait du Président de la République, la Charte de l‘environnement intégrée à la
LM
Constitution française aux côtés des droits de l‘homme et du citoyen de 1789 et des droits écono-
miques et sociaux de 1946 implique la responsabilité de tous ; c‘est pourquoi —l‘éducation et la
formation à l‘environnement doivent contribuer à l‘exercice des droits et des devoirs définis par la
EC
à Madagascar. Etes-vous du même avis que l‘auteur de cet extrait ? Justifier votre position.
RS
DISSERTATION 12
U
L‘environnement peut être défini comme —l‘ensemble, à un moment donné, des aspects phy-
CO
Expliquez et discutez le thème principal du texte. Apportez des exemples concrets pris dans les
réalités malgaches
DISSERTATION 13
156
tions et des réponses envisagées, ce qui implique une approche critique et met en valeur l‘importance
des choix et la responsabilité de chacun dans ces choix. L‘éducation à l‘environnement pour un dé-
veloppement durable intègre pleinement, par le regard porté aux territoires, les valeurs associées
à un développement solidaire. Cette nouvelle dimension pédagogique doit permettre de mieux
identifier et d‘organiser une éducation cohérente et progressive à l‘environnement pour un dé-
veloppement durable au bénéfice de tous les élèves, sur l‘ensemble de leur parcours de l‘école
primaire au lycée. Qu‘en pensez-vous ?
DISSERTATION 14
Une éducation aux modalités diversifiées Compte tenu de sa spécificité, l‘environnement pour
un développement durable doit reposer sur des démarches pédagogiques diversifiées privilégiant
des situations concrètes qui développeront chez les élèves la sensibilité, l‘initiative, la créativité, le
sens des responsabilités et de l‘action. Les sorties scolaires sous toutes leurs formes (y compris les
classes de mer, de neige, les classes vertes...) constituent dans cette optique un cadre particulière-
ment favorable. En fonction des ressources locales, les enseignants mettront en place des partena-
riats propres à enrichir les démarches pédagogiques. La pratique des partenariats a été largement
développée dans le cadre des actions culturelles et éducatives (notamment les ateliers de culture
scientifique et technique). Il conviendra donc de s‘en inspirer. Depuis 1993, date du deuxième
protocole d‘accord entre les ministères en charge de l‘éducation et de l‘environnement, la colla-
boration interministérielle se décline localement, avec des services déconcentrés des ministères
R
concernés, des collectivités territoriales et locales, des institutions internationales, de grands or-
LM
ganismes et les réseaux du secteur associatif. Les initiatives prennent les formes les plus diverses :
éducation à l‘environnement, politique culturelle, charte territoriale ou européenne, création de
pôles de ressources spécifiques ou mise en place de formations avec des centres ou des instituts
EC
spécialisés.
Expliquez, discutez les affirmations proposées dans cet extrait. Appuyez votre développement sur
AV
DISSERTATION 15
U
CO
Un certain nombre d‘actions éducatives conduites depuis plusieurs années en concertation avec
d‘autres ministères (agriculture, environnement, culture, justice) ou avec des collectivités, peuvent
entrer dans les orientations présentées ici. Reposant sur l‘engagement des enseignants et des élèves,
elles gagneront à être inscrites au projet d‘école ou d‘établissement, en liaison directe avec la ré-
flexion menée sur les enseignements.
Les ressources et partenariats, dans leur diversité, doivent contribuer à servir les objectifs d‘une
éducation à l‘environnement pour un développement durable, tels qu‘ils sont fixés par le minis-
tère de l‘éducation nationale. Au niveau national, diverses instances comme le Centre national
de documentation pédagogique, participeront activement à cette démarche. Au niveau régional,
dans le cadre de démarches partenariales contractuelles, seront développés des relais pour le re-
cueil et la diffusion des ressources relatives dans les pays du Sud. A travers un développement bien
structuré, apportez votre avis concernant la thématique développée.
DISSERTATION 16
157
pédagogiques sont appelées à définir de manière collégiale des temps forts et des points d‘ancrage
dans chaque discipline pour construire une progression coordonnée. Dans le premier degré, le
projet d‘école définit, au niveau de chaque cycle, une programmation annuelle des thèmes à abor-
der et des projets. Au collège et au lycée, l‘environnement pour un développement durable parti-
cipe au projet d‘établissement : sensibilisation à l‘éco responsabilité, élaboration de projets conjoints
avec d‘autres écoles ou établissements scolaires en France ou à l‘étranger, construction de parte-
nariats. L‘investissement des personnels non enseignants renforcera la dimension éducative, favo-
risera la transmission intergénérationnelle et encouragera des comportements exemplaires hors
de la classe. Un document d‘accompagnement pédagogique élaboré par l‘inspection générale et
la direction de l‘enseignement scolaire apportera des éléments méthodologiques et présentera les
points d‘ancrage dans les programmes. La généralisation de l‘environnement pour un dévelop-
pement durable sera également accompagnée par des actions de formation, tant dans le cadre
du programme national de pilotage que dans celui des plans académiques de formation. Les rec-
teurs sont invités à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la mise en œuvre de
l‘éducation à l‘environnement pour un développement durable.
Pour le cas de Madagascar, pourrions-nous faire de même aussi pour résoudre en grande partie la
problématique exposée dans l‘extrait ?
DISSERTATION 17
R
Egalité et approche de genre
LM
L‘approche de "genre" étudie les rôles, statuts, stéréotypes attribués à chaque sexe. Ces rapports
EC
sociaux entre femmes et hommes varient selon les sociétés et les époques, mais ils restent en
grande majorité fondés sur des inégalités au détriment des femmes dans tous les domaines et
AV
dologie pour des actions plus efficaces, ainsi pour promouvoir un mode développement durable.
L‘approche genre trouverait-il sa place dans les pays du Sud ? Justifiez votre réponse
U
CO
DISSERTATION 18
Le concept de « genre »
L‘approche de "genre", c‘est-à-dire l‘analyse et la prise en compte, dans tous les domaines, des
rapports sociaux entre femmes et hommes, est essentielle pour atteindre les objectifs d‘égalité
conformes aux droits humains et pour améliorer l‘efficacité des stratégie visant au développement
durable.
Les rapports sociaux entre hommes et femmes sont à la base de l‘organisation des sociétés hu-
maines. Contrairement aux différences biologiques, qui sont innées, la répartition des rôles, des
fonctions, des pouvoirs, etc. sont des constructions sociales, politiques, symboliques et culturelles.
Les rôles socialement construits qui en découlent sont généralement basés sur des positionne-
ments différenciés et inégalitaires.
Ainsi, presque partout dans le monde, les femmes ont un accès plus limité à l‘espace public,
aux responsabilités, à l‘éducation. Leurs salaires sont moindres et elles occupent majoritairement
des postes à moindre responsabilité, avec un éventail de professions moins large que celui des
hommes. Dans la plupart des pays, la division du travail reste sexuée : gestion des ressources natu-
relles, agriculture, alimentation, soins aux enfants et à la famille, postes de secrétariat, d‘infirmières
pour les femmes, de techniciens et ingénieurs pour les hommes. . .
L‘action publique, comme les actions de développement ou de solidarité mises en œuvre par des
acteurs de la société civile, doivent tenir compte de ces « rapports de genre », qui évoluent dans
158
le temps et l‘espace, varient d‘une culture à l‘autre, entre groupes sociaux au sein d‘une même
culture, se combinant à la classe, à l‘âge, au statut politique... Des facteurs internes et externes les
transforment en permanence : nouvelles technologies, politiques économiques, marché du tra-
vail, conflits armés, crises alimentaires, déséquilibres démographiques. . . Transposé de l‘anglais
« gender », le « genre », terme qui est maintenant largement utilisé par les acteurs francophones,
les ONG et les milieux de la recherche, se réfère à la prise en compte de ces rôles socialement
construits. L‘approche du genre est à la fois : un concept sociologique analysant ces rapports so-
ciaux et leur caractère inégalitaire ; un objectif politique de mise en œuvre des droits fondamen-
taux ; une méthodologie proposant des outils pratiques pour agir plus efficacement.
Ce terme trouverait-il un terrain d‘entente dans nos normes socioculturelles préétablies depuis
des années ? Développer votre réponse par des exemples concrets.
DISSERTATION 19
Selon les statistiques sortis récemment 80% des populations malgaches habitent en milieu rural.
Pensez-vous qu‘à l‘heure actuelle de la mondialisation, ces paysans auraient-ils une place dans le
développement du pays ?
DISSERTATION 20
Le nouveau document d‘orientation stratégique genre du ministère du Développement, adopté
en juillet 2013, définit le genre comme suit : « On ne naît pas femme, on le devient ». (Simone de
Beauvoir, « Le deuxième sexe » 1949) "L‘approche genre part du constat que les inégalités entre les
R
femmes et les hommes sont construites par les sociétés. Ces inégalités résultent des rôles mascu-
LM
lins et féminins assignés sur la base de différences biologiques. L‘approche genre remet en cause
les processus de hiérarchisation des individus en fonction de leur sexe et les discriminations qui
en découlent.
EC
L‘approche genre a pour objectif final l‘égalité des droits entre les femmes et les hommes ainsi
qu‘un partage équitable des ressources et des responsabilités entre les femmes et les hommes.
AV
En tant que méthodologie, elle produit une analyse comparée des situations des femmes et des
hommes et favorise une meilleure prise en compte des inégalités dans tous les secteurs du déve-
RS
loppement.
L‘approche genre défend l‘universalité des droits et l‘égal accès à la justice. L‘approche genre et
U
DISSERTATION 21
La production alimentaire croît plus vite que la population, mais au prix d‘une érosion des res-
sources naturelles. La faim et la malnutrition restent massives dans les pays du Sud, en raison
notamment de revenus insuffisants en milieu rural. Au Nord, une nourriture industrielle appau-
vrie et déséquilibrée entraîne différentes maladies. Une agriculture et une alimentation durables
supposent à la fois des politiques agricoles, agroalimentaires et commerciales équitables, des tech-
niques agro écologiques, une territorialisation des activités. En quarante ans, la production agri-
cole a été multipliée par 2,6, fournissant en moyenne 2700 calories/jour par habitant contre 2450
cal/j pour 2,5 milliards de personnes en 1950.
Pourtant 13 % de la population mondiale ne mange toujours pas à sa faim, essentiellement en
milieu paysan et rural : petits agriculteurs, ruraux sans terre, éleveurs, nomades, petits pêcheurs...
Un nombre important d‘entre eux sont des femmes. Les raisons de cette situation : manque de
politiques agricoles pour soutenir les petits producteurs, inégalités d‘accès aux moyens et aux
ressources (terres, semences, formations, crédit. . . ), concurrence déloyale des agricultures indus-
159
trielles tournées vers les marchés mondiaux et souvent subventionnées.
Parallèlement, le capital naturel nécessaire à la production alimentaire diminue : érosion et sali-
nisation des sols, désertification, pollutions par les pesticides et les engrais chimiques, baisse des
nappes phréatiques. Or la population mondiale, qui tend à se concentrer dans les villes, aura be-
soin de 55 % de nourriture en plus en 2030.
Répondre à cette demande nécessitera un recours plus important à l‘irrigation, qui assure déjà
40 % de la production agricole, utilisant les trois-quarts de la ressource mondiale en eau douce.
D‘après la FAO, la productivité agricole devra augmenter de 56 % d‘ici 2030.
Pensez-vous que les nouvelles vagues des entrepreneurs ruraux vont nous permettre aussi de pro-
duire suffisamment pour notre pays ?
DISSERTATION 22
La nature, ce n’est pas seulement le lieu de travail des ruraux, ou pour les citadins, ce beau décor
de paysages, de verdure qu’ils rêvent de leur fenêtre. Ce sont des biens indispensables, terre, air,
lumière et eau, ce sont des ressources énergétiques et minérales que notre civilisation consomme
à une vitesse inquiétante. Aujourd‘hui, cette nature qu‘on déclare aimer est sérieusement mena-
cée. Or, Si la nature est menacée l’homme l’est aussi, car elle vit avec nous, comme nous vivons
d’elle.
L‘environnement est devenu industriel et urbain. Ensuite, la raison de production, de fabrication,
a transformé la nature en une gigantesque « poubelle.» De plus, le développement technologique
a commencé par effacer ce respect des milieux naturels, si bien que nous avons oublié que notre
R
existence dépend de ces richesses terrestres, marines et aquatiques. Aujourd‘hui, la multiplication
irréfléchie de nos consommations et de nos déchets nous rappelle à l’ordre. A l’échelle de notre
LM
village, de notre pays, comme à celle de notre planète, le problème de l’environnement est posé.
Il est certain que c‘est une affaire des responsables, mais aussi et particulièrement celle de chacun
EC
et de tous, car la protection de l‘environnement doit être une préoccupation quotidienne et per-
manente. Nous sommes tous responsables.
AV
Expliquez et discutez le thème principal du texte. Appuyez votre développement sur des exemples
RS
DISSERTATION 23
CO
160
et à protéger la nature. Etes-vous du même avis que l‘auteur de cet extrait ? Dites pourquoi ?
DISSERTATION 24
Avec les guerres, les nouvelles maladies, les armes de destruction massive, les menaces climatiques
qui pèsent sur l‘avenir de la planète, la confiance que les hommes mettaient dans le progrès de-
puis le 18e siècle, n‘a cessé de décliner. Faut-il donc condamner le progrès ? Nous sommes enclins
à le faire. De fait, qu‘est-ce qui peut nous conduire, à l‘heure actuelle, à accorder des circonstances
atténuantes au progrès ?
D’abord, nous sommes tellement habitués à nos biens de consommation, à notre confort, à la ra-
pidité des déplacements et des communications que nous ne supporterions plus qu‘on nous prive
de tous ces bienfaits du progrès et qu‘au contraire nous en demandons toujours plus.
Ensuite, il est dans la nature de l‘être humain, depuis l‘âge de pierre jusqu’à nos jours, de dévelop-
per la technologie pour découvrir mieux la terre et même l‘univers, et d‘approfondir ses connais-
sances, pour améliorer sa vie.
Par conséquent, le mal vient du fait que les hommes n‘ont pas su gérer le progrès. Plutôt que de
le maudire, il faudrait réfléchir à des solutions. En effet, le devenir de notre planète doit nous in-
quiéter tous et nous pousser à nous mobiliser pour essayer de la sauver des conséquences du
réchauffement climatique.
Pour cela, il faudrait que toutes les nations s‘engagent à réduire les effets négatifs des nouvelles
technologies sur notre planète et ses habitants.
R
Par ailleurs, il faudrait éduquer les nouvelles générations et leur montrer que chacun à son niveau
peut œuvrer pour un progrès maîtrisé. Trier les déchets, économiser l‘eau et le chauffage, utiliser
LM
les transports en commun chaque fois que c‘est possible. . . Cela peut être le prélude à un change-
ment de comportement.
EC
En conclusion, nous sommes conscients que l‘état de notre planète nous concerne tous, car il en
va de l‘avenir des futures générations. La réflexion est donc nécessaire. Faut-il condamner le pro-
AV
L‘augmentation des déchets domestiques ou industriels rejetés par l‘Homme modifie les milieux
et les rend parfois impropres à la vie. La diversité des espèces animales et végétales est menacée de
U
disparition. La loi réglemente le rejet des déchets nocifs pour l‘environnement (le sol, l‘air, l‘eau, la
CO
faune et la flore). Certaines régions sont donc restées inexploitées par l‘Homme depuis suffisam-
ment longtemps pour retrouver un équilibre naturel. Les hommes se concentrent dans des villes
dont l’air est de plus en plus pollué et ils perdent le contact avec la nature. De nombreuses per-
sonnes ou associations considèrent que les animaux ont des droits au même titre que les hommes.
Certaines estiment qu’il faut soulager la souffrance des animaux lorsque cela est nécessaire, mais
sans remettre en cause leur exploitation par l’homme, d’autres vont jusqu’à prôner la libération
totale des animaux (aucune expérimentation, aucun élevage, condamnation des zoos, des sports
ou spectacles utilisant des animaux, régime alimentaire strictement végétarien, etc.).
8000 espèces d‘animaux sont menacées de disparition. Parmi les causes de cette catastrophe, nous
pouvons citer la chasse intensive, la sécheresse, la destruction des forêts, la pollution de l‘air et
des eaux. D‘abord, Les animaux constituent une véritable merveille de la nature .Ils participent
à l‘équilibre de la nature. Ensuite ils sont l‘une des sources de notre alimentation. Enfin, ils nous
aident à réaliser certaines taches dures. Donc, L‘homme s‘appauvrit et se prive de la vue de ces
animaux étonnants et somptueux. Nous devons préserver cette richesse en respectant le milieu
de vie des animaux ; il est nécessaire de prendre soins d‘eux, de choisir les moments de chasse,
de créer des associations qui défendent les droits de ces êtres vivants. Expliquez et développer la
thématique proposée dans cet extrait.
DISSERTATION 26
Heureusement qu‘il y a le téléphone portable, ce moyen de communication, cette merveilleuse
161
invention qui rend énormément de services, notamment dans le cas d‘une urgence, d‘un acci-
dent. . .
En effet, comment ferions-nous pour avertir et alerter les secours ? Seulement et malheureuse-
ment, il y en qui l‘utilisent indifféremment, inconsciemment et surtout bruyamment comme un
jouet et n‘importe où. Ce qui provoque des dérangements et des situations désagréables.
Généralement, ces situations s‘observent dans les lieux publics tels que les écoles, les hôpitaux, les
bibliothèques, malgré les interdictions. Il est certain qu‘il n‘est pas interdit d‘utiliser cet appareil
publiquement, seulement, on devrait le faire attentivement et intelligemment de telle façon à ne
pas déranger les autres.
Pensez-vous qu‘il est temps de mettre en avant des nouvelles règles régissant l‘utilisation de ce
téléphone portable ? Appuyez votre position par des exemples concrets.
DISSERTATION 27
La ville rend parfois la vie facile et agréable. C‘est un espace conçu pour permettre de satisfaire les
besoins d‘un maximum de personnes. D‘une part, la proximité des services est un avantage dans
le domaine de la santé avec la présence d‘établissements de soins (hôpitaux, clinique) et tous les
spécialistes qui y sont rattachés. D‘autre part, pour l‘éducation, tous les niveaux, de la maternité à
l‘université, y sont représentés, ce qui évite aux élèves d‘être séparés de leurs familles. Par ailleurs,
dans les transports, publics, l‘avantage est aussi indéniable quand il faut se déplacer dans la ville
ou vers d‘autres agglomérations. En outre, les citadins ont un grand choix d‘activités de loisirs,
R
culturel ou sportif. Prenons le seul exemple des cinémas qui projettent une grande variété de films
pour tous les goûts. Enfin, l‘un des plus gros avantages de la ville est de concentrer les emplois et
LM
d‘éviter à ceux qui y habitent d‘avoir à faire de trop longs déplacements. Donc, la ville est un mode
de vie à adopter absolument. Qu‘en pensez-vous ?
EC
DISSERTATION 28
AV
Une éducation aux modalités diversifiées Compte tenu de sa spécificité, l‘environnement pour
RS
un développement durable doit reposer sur des démarches pédagogiques diversifiées privilégiant
des situations concrètes qui développeront chez les élèves la sensibilité, l‘initiative, la créativité, le
U
sens des responsabilités et de l‘action. Les sorties scolaires sous toutes leurs formes (y compris les
classes de mer, de neige, les classes vertes...) constituent dans cette optique un cadre particulière-
CO
ment favorable. En fonction des ressources locales, les enseignants mettront en place des partena-
riats propres à enrichir les démarches pédagogiques. La pratique des partenariats a été largement
développée dans le cadre des actions culturelles et éducatives (notamment les ateliers de culture
scientifique et technique). Il conviendra donc de s‘en inspirer. Depuis 1993, date du deuxième
protocole d‘accord entre les ministères en charge de l‘éducation et de l‘environnement, la colla-
boration interministérielle se décline localement, avec des services déconcentrés des ministères
concernés, des collectivités territoriales et locales, des institutions internationales, de grands or-
ganismes et les réseaux du secteur associatif. Les initiatives prennent les formes les plus diverses :
éducation à l‘environnement, politique culturelle, charte territoriale ou européenne, création de
pôles de ressources spécifiques ou mise en place de formations avec des centres ou des instituts
spécialisés.
Un certain nombre d‘actions éducatives conduites depuis plusieurs années en concertation avec
d‘autres ministères (agriculture, environnement, culture, justice) ou avec des collectivités, peuvent
entrer dans les orientations présentées ici. Reposant sur l‘engagement des enseignants et des élèves,
elles gagneront à être inscrites au projet d‘école ou d‘établissement, en liaison directe avec la ré-
flexion menée sur les enseignements. Les ressources et partenariats, dans leur diversité, doivent
contribuer à servir les objectifs d‘une éducation à l‘environnement pour un développement du-
rable, tels qu‘ils sont fixés par le ministère de l‘éducation nationale. Au niveau national, diverses
instances comme le Centre national de documentation pédagogique, participeront activement à
cette démarche. Au niveau régional, dans le cadre de démarches partenariales contractuelles, se-
162
ront développés des relais pour le recueil et la diffusion des ressources.
Pour le cas de Madagascar, pouvons-nous penser que la situation décrite dans l‘extrait est valable
aussi pour nous ? Développer votre opinion.
DISSERTATION 29
R
dans les programmes. La généralisation de l‘environnement pour un développement durable sera
LM
également accompagnée par des actions de formation, tant dans le cadre du programme national
de pilotage que dans celui des plans académiques de formation.
Les recteurs sont invités à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la mise en
EC
DISSERTATION 30
RS
La déclaration souligne que des études approfondies sont nécessaires pour faire en sorte que la
U
production et l‘utilisation des biocarburants soient durables, conformément aux trois piliers du
CO
SUJET TYPE
1. L‘année 2014, la déclaration de l‘ONU classe Madagascar parmi les pays les plus corrompus.
Qu‘en pensez-vous ? 2. Après le Bangladesh (1er) et l‘Inde (2ème), Madagascar arrive à la 3ème
place en ce qui concerne les menaces des impacts néfastes du changement climatique pour les
30 prochaines années dixit le Groupe International Gouvernemental d‘Experts sur l‘Evolution du
Climat (GIEC, 2011). Qu‘en pensez-vous sur cette affirmation ? Justifiez votre réponse. 3. Deux ans
passés, une demande d‘irrigation d‘eau venait d‘un pays étranger est adressée à l‘Etat Malagasy.
Certaines personnes veulent donner un accord à cette requête vu notre déficit monétaire, d‘autres
non vu notre taux élevé de déforestation qui entraine la diminution en niveau ou la perte des
sources d‘eau. Donnez et argumentez votre réponse. 4. Les Ntaolo Malagasy ont utilisé beaucoup
le terme TABOU ou FADY pour éduquer leurs enfants. Ex1 : Il est tabou de frapper (botter) les murs
163
à pieds sinon la grand-mère va mourir. Sur ce, l‘objectif est de garder les murs à l‘état propres. Ex2 :
Il est tabou de travailler le mardi et le jeudi, car ce sont des mauvais jours. L‘objectif ici est d‘avoir
plus de temps de repos. A nos jours, vue la civilisation, la course vers la mondialisation, est-il est
bon pour les Malgaches de garder toutes les instructions ancestrales ? Illustrez votre réponse avec
des exemples précis. 5. Le premier principe d‘Hippocrate, père de la Médecine disant : « d‘abord ne
pas nuire, avant d‘aider ou de soigner ». 6. Il fallait d‘abord purifier notre cœur et intelligence pour
mieux se comporter dans la société malagasy. 7. Quels sont les liens entre corruption et dévelop-
pement ? 8. Quels liens peuvent exister entre corruption et développement ? 9. Que pensez-vous
du mariage précoce des jeunes de nos jours ? 10. Un enfant pauvre doit-il travailler pour subvenir
à ses besoins ? 11. L‘Enfant d‘un pauvre doit-il travailler pour aider sa famille ?
DISSERTATION 31
Le Programme de Doha et le commerce
La déclaration "encourage la communauté internationale à poursuivre ses efforts en matière de li-
béralisation des échanges internationaux de produits agricoles en réduisant les obstacles au com-
merce, et les politiques qui sont à l‘origine de distorsions des marchés".
On parle tout le temps à Madagascar de mondialisation, de libéralisation des échanges, de vérité
de prix, . . . Pensez-vous que nous pourrions faire face à tous les problèmes posés par ces nouveaux
variables ?
R
DISSERTATION 32
LM
Les défis du changement climatique
La déclaration souligne la nécessité de traiter la question fondamentale de savoir comment ac-
croître la capacité de récupération des actuels systèmes de production vivrière face aux défis du
EC
changement climatique. Que pensez-vous faire pour faire face à ces aléas des changements clima-
tiques ?
AV
DISSERTATION 33
RS
« La guerre exerce une action intrinsèquement destructrice sur le développement durable » (prin-
cipe 24 de Rio). 2013 : enfin un traité sur le commerce international des armes classiques ou
conventionnelles ! Le traité sur le commerce international des armes a été ouvert à signatures des
Etats le 3 juin 2013 au siège de l‘ONU à New York. Il a été signé par plus de 60 Etats, dont la France.
Il doit ensuite être ratifié par 50 Etats pour pouvoir entrer en vigueur, ce qui pourrait prendre au
moins un an. Le traité n‘a pas été signé par les Etats-Unis, la Russie, la Chine... Le traité sur le
commerce international des armes dites classiques ou conventionnelles était en discussion de-
puis sept ans. Il a tardé à aboutir, du fait de l‘obstruction de certains pays (ainsi les Etats-Unis, la
Chine, l‘Inde, l‘Egypte, l‘Indonésie lors des négociations de juillet 2012).
Les Nations unies ont adopté ce traité le 2 avril 2013 (Résolution A/67/L.58) ; il constitue un pre-
mier cadre international contraignant. Le texte, qui n‘a pas pu être adopté par consensus lors de
la Conférence finale de négociations du 18 au 28 mars 2013, a été ensuite voté par l‘Assemblée gé-
nérale par une large majorité : 155 voix pour, trois contre (Syrie, Corée du Nord, Iran), vingt deux
absentions (pays exportateurs - comme Russie, Chine - ou importateurs - Inde qui est le principal
acheteur actuellement, Indonésie, Egypte) et 13 Etats n‘ayant pas voté.
Une partie des abstentionnistes considère le traité trop à l‘avantage des pays exportateurs et n‘intégrant
pas l‘interdiction absolue de transférer des armes vers des acteurs non étatiques.
Selon le traité, chaque pays devra désormais évaluer, avant toute transaction, si les armes vendues
risquent d‘être utilisées pour contourner un embargo international, commettre un génocide ou
des « violations graves » des droits humains, ou être détournées au profit de terroristes ou de cri-
164
minels. Ce traité couvre une gamme importante d‘armement, pour un marché estimé à 80 à 100
milliards de dollars par an.
Que pensez-vous de cette situation décrite dans cet extrait ? Développez votre réponse.
DISSERTATION 34
Les dépenses d‘armement étaient de 1630 milliards de dollars en 2010 - soit 2,6 % du Produit na-
tional brut mondial représentant de l‘ordre de 236 dollars par habitant (42,8 % de ces chiffres pour
les seuls Etats-Unis, premier budget militaire mondial). La période 1998-2010 a été marquée par
une augmentation continue et forte des dépenses, avec une moyenne de 4,5 % par an entre 2001
et 2009. Par contre en 2011, elles se sont "stabilisées" à 1740 milliards de dollars (1320 milliards
d‘euros), en raison de la crise économique.
De son côté, l‘Aide publique au développement pour les pays pauvres ne se monte qu‘à environ
120 milliards de dollars et, de plus, tend à inclure des budgets liés à la sécurité. Il suffirait pour-
tant d‘un cinquième environ des dépenses d‘armements pour résoudre la majeure partie des pro-
blèmes de pauvreté dans le monde.
Les armes exportées par les pays membres du conseil sécurité des Nations unies contribuent à
alimenter les conflits régionaux, la répression des régimes totalitaires sur leur population et les
actions terroristes. Les armes légères de petit calibre (ALPC) (révolver, fusil, lance-grenade, missile
portatif) causent 500 000 victimes par an. Douze milliards de balles sont produites chaque année,
ce qui fait près de deux balles par habitant... Chaque minute dans le monde une personne est tuée
R
dans le cadre d‘un conflit armé. L‘Afrique est très touchée la dissémination des armes et cela a un
LM
fort impact sur le mal développement.
Les risques de guerres civiles ou interétatiques ont baissé au cours des 25 dernières années, les
morts de civiles ont diminué des trois-quarts par rapport aux années 80. Mais les modes de conflits
EC
et de violences se sont modifiés : actuellement, plus de 1,5 milliards de personnes vivent "dans un
Etat fragile ou touché par un conflit ou dans un Etat affichant un taux de violence criminelle très
AV
élevé". (Banque mondiale, Rapport sur le développement 2011). Sur les huit millions d‘armes à feu
produites chaque année, on estime qu‘environ un million sont "perdues ou volées" (Oxfam).
RS
Le commerce des armes alimente également la corruption et les pots de vins : la moitié des tran-
sactions liées à la corruption dans le monde, selon le département américain du commerce, soit 20
U
milliards de dollars... Pensez-vous que Madagascar est devenu une plaque tournante de ce com-
CO
merce des armes ? Appuyez votre réponse par des exemples concrets.
DISSERTATION 35
165
et destinés aux consommateurs européens et asiatiques notamment, alimentent les achats d‘armements.
Ainsi l‘ivoire qui transite via l‘Afrique de l‘Ouest ou centrale sert à l‘achat d‘armes pour les conflits
régionaux (Darfour au Soudan, République centrafricaine...)
Les guerres « modernes » hypothèquent le capital naturel et humain à long terme : pollutions (ura-
nium appauvri, substances chimiques...), atteintes à la santé, érosion, dispersion de mines anti
personnelles (65 millions dans les sols de 56 pays, qui tuent ou mutilent jusqu‘à 20 000 personnes
chaque année), destruction des écosystèmes et de la faune sauvage. . .
Face à la catastrophe écologique et humaine de la guerre du Vietnam dans les années 70 (près de
18 % des surfaces forestières auraient été aspergés de produits toxiques par les Etats-Unis, et les
conséquences sur l‘environnement et la santé se font encore sentir trente ans après), une conven-
tion internationale avait été adoptée en 1976 portant sur "l‘interdiction d‘utiliser des techniques
de modification de l‘environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles". Mais cette
convention est imprécise dans sa définition de ces techniques et celles des "dommages"" [1]. En
1992 elle est modifiée pour inclure l‘utilisation d‘herbicides. 48 Etats en sont actuellement signa-
taires. Documentation sur cette convention
En ce qui concerne les mines anti personnelles, une Convention sur "l‘Interdiction de l‘emploi, du
stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction" a été
signée a Ottawa en 1997 et mise en œuvre deux ans plus tard. Elle a été signée par 159 pays (2011),
mais pas par les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Par ailleurs une Convention sur les armes à sous-
munitions interdit l‘usage, la production, le stockage et le transfert des bombes à sous-munitions
et obligeant les Etats à dépolluer les zones contaminées dans les dix ans de l‘adhésion, à détruire
R
les stocks de cette arme dans les huit ans ainsi qu‘à fournir une assistance significative aux survi-
LM
vants, à leurs familles et à leurs communautés, a été ouverte à signature en 2008 et est légalement
contraignante pour les Etats parties depuis août 2010.
Que pensez-vous de ces triptyques « Conflits, armes et environnement » ? Appuyez votre réponse
EC
DISSERTATION 36
RS
166
qu‘au moins 40% de tous les conflits à l‘intérieur d‘un territoire, au cours des 60 dernières années,
ont eu un lien avec les ressources naturelles." Le rapport estime "probable que les conflits liés aux
ressources naturelles s‘intensifient dans les décennies à venir. De nouveaux conflits pourraient
également être générés par les conséquences possibles du changement climatique pour l‘accès à
l‘eau et la sécurité alimentaire, par exemple."
Expliquez et discutez le thème principal du texte ; appuyez votre développement sur des exemples
pris dans les réalités malgaches
DISSERTATION 37
Chiffres de l‘industrie militaire dans le monde Cette industrie ne cesse de se développer. Entre
2000 et 2009, les dépenses militaires ont ainsi augmenté de 49 (SIPRI). Principales régions par
ordre d‘importance : Amérique du Nord (les Etats-Unis comptant pour 43 % des dépenses mon-
diales), Union européenne (27 % des dépenses mondiales, dues en particulier à la France, nu-
méro 3 mondial), Asie (les dépenses de la Chine étant en forte augmentation ces dernières an-
nées) Pays (2009) : EtatsUnis (661 milliards de dollars), Chine (100 milliards) France (64 milliards),
Grande Bretagne (58,3), Russie (53,3), Japon (51), Allemagne (45,6). L‘inde a dépensé 36,3 milliards
de dollars en 2009. 75 % des dépenses mondiales sont effectuées par dix Etats. Les entreprises
américaines de l‘armement réalisent 60 % des ventes mondiales, et la concurrence est rude entre
les Etats-Unis et l‘Europe, notamment la France, pour le marché des pays émergents. Malgré la
R
crise économique, les dépenses américaines augmentent : 719 milliards sont prévus pour 2010.
LM
Par contre, les dépenses européennes devraient baisser.
Le commerce des armes "conventionnelles : les exportations d‘armes conventionnelles consti-
tuent un marché d‘environ 57 milliards d‘euros (70 milliards de dollars), alimenté essentiellement
EC
par les Etats-Unis, la France, la Chine, la Grande Bretagne et la Russie. Madagascar commence à
s‘intéresser à l‘importation massive des armes conventionnelles ou non. Pensez-vous que cela de-
AV
DISSERTATION 38
U
CO
Selon l’UNICEF, il y aurait 60 millions d’enfants des rues (enfants totalement autonomes livrés à
eux mêmes) et d’autre part 90 millions d’enfants de la rue (un lien subsiste avec leur famille même
s’ils travaillent toute la journée dehors). Deux remarques peuvent être faites d’emblée : d’une part
ces chiffres sont en constante évolution, d’autre part 71 à 95 % de ces enfants sont des garçons. Ces
enfants travaillent de 6 à 14 heures par jour (manutention, lavage de voitures, vente de cigarettes,
récupération dans les décharges. . . mais aussi vol, mendicité, trafic en tout genre et prostitution).
Les enfants des rues se trouvent toujours confrontés aux même schémas : petits travaux pour les-
quels ils sont exploités, spirale de la drogue, délinquance, violence, prostitution.
La création de centres d’accueil qui permettent aux enfants de se poser, de se réassurer. Cela doit
leur permettre de retrouver le goût du jeu et de l’école, d’avoir le temps de renouer avec leur fa-
mille. Encourager et développer les solutions gouvernementales particulièrement en matière de
prévention, de développement social et d’éducation. Les Etats ne doivent ne pas fuir leurs respon-
sabilités en matière d’exclusion sociale particulièrement quant elle touche des enfants. De plus
une solidarité impliquant l’ensemble des populations locales est nécessaire Travail des enfants,
analphabétismes, enfants de rue. Que pensez-vous faire pour remédier à ces grands maux de la
société actuelle à Madagascar ?
DISSERTATION 39
(. . . ) On ne cesse de parler des situations alarmantes des pays africains victimes du virus de l‘EBOLA.
167
Des pas restent encore à faire dans ces pays pour que santé rime totalement avec développement
local et mondialisation. Quelles actions pourrions-nous faire en tant que citoyen pour aider l‘état
à pallier à cette problématique citée dans l‘extrait ? Appuyez vous des exemples concrets tirés de
vos expériences personnelles ou des fruits de vos observations.
DISSERTATION 40
Le problème de l‘eau reste encore d‘actualité à Madagascar. Que pensez-vous faire à votre niveau
pour résoudre en partie ce problème ?
1. Dans la dernière décennie, la pluie constitue un des problèmes majeurs des agriculteurs Mala-
gasy. Comme la forêt est responsable de la formation des pluies, commentez la relation qui existe
entre la forêt et la production végétale et donne des solutions aux cultivateurs s‘ils veulent pro-
duire plus.
2. Un proverbe malagasy dit que « Raha noana ny kibo, mivezivezy ny fanahy ». La famine constitue
donc un facteur majeur de blocage de développement et favorise par la suite l‘insécurité. Com-
mentez
3. Est-ce qu‘il y a des barrières limitant la capacité des femmes d‘entrée en compétition avec les
hommes envers les places les plus hauts responsables de l‘Etat. Discutez.
4. Avant, lors de la coupe de gâteau de mariage, l‘homme a dit que « C‘est moi qui dirige notre
foyer » et la femme qui le suit a dit que « C‘est moi qui décide ». Actuellement ces deux paroles
vont changer a un seul langage disant que « Nous deux dirigent et décident de notre foyer ». Dis-
R
cutez ce changement de parole.
LM
5. Il y a un proverb de la region cotière Malagasy disant que —Kadidy tsy miasa harana c‘est-à-dire
ceux qui ne veulent pas dépenser ne font pas l‘exhumation. Discutez.
6. Le MEN a comme activité en cours actuellement de retourner à l‘Ecole les enfants de moins de
EC
15 ans. Que pensez-vous comme avantages et désavantages de cette politique. Illustrez vos raisons
avec des exemples concrets et donnez des suggestions.
AV
7. Des enfants quittent leurs parents face à la torture qu‘ils ont eue à la maison. Comment peut-on
faire pour résoudre ce problème ?
RS
8. L‘année 2014, lors de la cérémonie de la journée mondiale du Min Fop, le PRM dénonce la pré-
sence des Fonctionnaires fantômes dans l‘administration. D‘après vous, quels sont les facteurs
U
168
30. Quels sont les enjeux de l‘eau ?
31. L‘imagination est plus importante que le savoir. Etes-vous de cet avis ?
R
LM
EC
AV
RS
U
CO
169
MALAGASY
1. Ny firenena tsy manana ny tantarany dia azo heverina ho toy ny tany tsy misy fototra, tsy mio-
rina. Miombon-kevitra amin‘izany ve Ianao ? Tohano amin‘ny ohatra mazava ny valin-teninao.
2. Voatonina matetika ny tafika rehefa misy zava-tsarotra miseho eto amin‘ny firenena. Hoy ny Ma-
lagasy milaza izany : —ny tafika no tandroka aron‘ny vozona —. Hazavao izany fiheverana izany.
3. Hoy ny mpandinika iray hoe : —manan-karena i Madagasikara nefa malaza tsy ihinanana toy ny
vilian- tsahona. Hazavao.
4. Arakan y fomba fahitanao azy : moa ve ny miaramila manana ny toerany tahaka ny malagasy
rehetra ihany eo amin‘ny fiaraha-monina ?
5. Hoy ny mpandinika iray hoe : —Teny mora tononina nefa manana ny lanjany ny teny hoe faha-
fahana. Hazavao
6. Hoy ny malagasy : —Ny anjara tsy miholaka . Voafaritr‘izany ko ave ny asa maha-miaramila ?
7. Maro ny lafin-javatra apetraka maneran-tany hiarovana ny zon‘ny olombelona. Eo amin‘ny fiai-
nana ara-piaraha-monina anefa dia mazàna tsy voahaja ireny. Fakafakao.
R
8. Hoy R.P. Antoine RAHAJARIZAFY amin‘ny Boky Hanitra Nentin-drazana : —Ny tsara ihany no
LM
marina, ary ny marina ihany no tsara. Hatraiza ny fahamarinan‘izany amin‘izao vanim-potoana
diavintsika izao ?
EC
- Lahy tokan any aina - Ny aina tsy ananam-piry - Izay vitsy lanin‘ny vitsika - Ny sandry be tsy ody
faty - Ny ranomaso ts mahatana faty - Aza manao tsindrio fa lavo Asongadino arak‘ireo fiheverana
ireo ny fomba Malagasy nitsimbinana ny aina araka ny fiheveranao, mifanipaka amin‘izany fomba
RS
10. Azo fehezina amin‘ireto singa telo ireto ny fototry ny fiainana = TANY – RANO – RIVOTRA
CO
170
TEST PSYCHO
3 - La trempe
A : Consiste à rajouter de l’eau au milieu réactionnel
B : Consiste à vaporiser le milieu réactionnel
C : Désigne le refroidissement brutal du milieu réactionnel
R
réaction est égal à la moitié de l’avancement maximal
LM
B : L’avancement de la réaction est égal à la moitié de l’avancement final C : L’avancement de la
réaction est égal à l’avancement final
EC
5 - Le suivi temporel d’une transformation à partir de dosages d’oxydoréduction est : A : Une mé-
thode chimique
AV
6 - Le suivi d’une transformation chimique par titrage est : A : Une méthode non destructrice
U
171
Pour cela, on mesure l’absorbance A pour différentes solutions de permanganate de potassium à
la longueur d’onde fixée (λ = 550nm). On obtient le graphique ci-dessus. La Loi de Beer-Lambert
est -elle vérifiée ?
A : Pour toute concentration C É 8, 0 *10-4 mol /L
B : Pour toute concentration C 6, 0 *10-4 mol /L
C : Pour toute concentration C Ê 8, 0 *10-4 mol /L
R
A : De couleur magenta
LM
B : Incolore
C : De teinte cyan
EC
172
B : La vitesse d’une réaction diminue quand la température augmente
C : La vitesse d’une réaction est indépendante de la concentration des réactifs
20 - La trempe
A : Consiste à rajouter de l’eau au milieu réactionnel
B : Consiste à vaporiser le milieu réactionnel
C : Désigne le refroidissement brutal du milieu réactionnel
R
B : Une méthode destructrice
LM
C : Adapté pour des échantillons de petite taille
EC
25 - Un spectrophotomètre mesure :
U
173
29 - Avec le spectrophotomètre, à la même longueur d’onde (λ = 550nm), on mesure l’absorbance
A d’une solution de permanganate de potassium de concentration C inconnue : A = 0 ,30. À l’aide
du graphique précédent, on trouve que, la concentration :
A : C ≈ 1, 5 ∗ 104 mol /L
B : C ≈ 1, 5 ∗ 10−4 mol /L
C : C ≈ 1, 5 ∗ 10−3 mol /L
30 - Avec un spectrophotomètre, on trace le spectre d’absorption d’une solution de permanganate
de potassium. On obtient la courbe ci-dessus. La solution absorbe dans :
A : Le bleu
B : Le vert
C : Le rouge
31 - la solution précédente est :
A : De couleur magenta
B : Incolore
C : De teinte cyan
32 - La vitesse volumique de la réaction v (t) à la date t,
A : Est la dérivée par rapport au temps de l’avancement x de la réaction.
B : Est la dérivée par rapport au temps de du rapport entre l’avancement x de la réaction et le vo-
lume V du milieu réactionnel
R
C : Est égale au coefficient directeur de la tangente à la courbe x = f (t) à l’instant considéré
33 - On donne ci-dessus la courbe représentant l’évolution de la concentration C d’un produit de
LM
la réaction en fonction du temps.
La vitesse de la réaction étudiée à la date t peut s’écrire : . D’après la courbe, on peut dire que la
EC
174
39 - Le pH-mètre est :
A : Un voltmètre électronique
B : Constitué d’une sonde reliée à un voltmètre électronique
C : Un appareil qui mesure la concentration en ions oxonium d’une solution
40- Pour effectuer une mesure de pH avec un pH-mètre, il faut avant tout : A : Plonger la sonde
dans la solution, mettre le commutateur sur la position pH et effectuer la lecture
B : Étalonner le pH-mètre
C : Une solution acide
41- On effectue la mesure du pH d’une solution aqueuse. Après agitation et stabilisation, on ob-
tient la valeur du pH indiquée sur la photo ci-dessus. La valeur de la concentration en ions oxo-
nium vaut :
R
A : De capter au moins un proton H+
LM
B : De céder au moins un proton H+
C : De céder au moins un électron e–
EC
45 - Un acide est :
A : Toujours une molécule
B : Toujours un ion
C : Une molécule ou un ion
175
48 - L’eau est une espèce amphotère, on parle d’ampholyte. Elle peut se comporter :
A : En tant qu’acide seulement
B : En tant que base seulement
C : En tant qu’acide ou en tant que base
50 - Dans une fiole jaugée de volume V = 500,0 mL, partiellement remplie d’eau distillée, on verse
avec précaution mapp = 3,00 g d’acide éthanoïque. On mélange puis on complète avec de l’eau
distillée jusqu’au trait de jauge et on mélange.
Donnée : masse molaire de l’acide éthanoïque : M = 60, 05g /mol
La valeur de l’avancement maximal x max de la réaction entre l’acide éthanoïque est l’eau vaut :
A : x max ' 5, 00 ∗ 10−2 mol
B : x max = 3, 00g
R
C : x max ' 5, 00 ∗ 10−2 mol /L
LM
51- Le pH de la solution précédente vaut 2,90. L’avancement final xf de la réaction entre l’acide
éthanoïque est l’eau vaut :
EC
A : x f ≈ x max
B : x f ' 1, 3 ∗ 10−2 mol
AV
B : 0 ≤ x < x max
CO
C : 0 ≤ x ≤ xf
53 - L’avancement final d’une réaction est toujours : A : 0 ≤ x < 1
B : 0 ≤ x f < x max
C : 0 ≤ x f ≤ x max
54- Une solution d’acide éthanoïque de concentration C = 5, 0 ∗ 10−4 mol /L a un pH = 4,5. L’avan-
cement final de la réaction de l’acide éthanoïque sur l’eau :
A : Est égal à l’avancement maximal
B : Est supérieur à l’avancement maximal
C : Est inférieur à l’avancement maximal
176
C : Dépendent de la quantité d’eau
R
A : Plonger la sonde dans la solution, mettre le commutateur sur la position pH et effectuer la lec-
ture
LM
B : Étalonner le pH-mètre
C : Une solution acide
EC
62- On effectue la mesure du pH d’une solution aqueuse. Après agitation et stabilisation, on ob-
tient la valeur du pH indiquée sur la photo ci-dessus. La valeur de la concentration en ions oxo-
AV
nium vaut :
RS
177
B :H2O
C :H2O 2
68 - L’ion H3O+ est l’acide conjugué de : A : H3O+
B :H2O
C :H2O 2
69- L’eau est une espèce amphotère, on parle d’ampholyte. Elle peut se comporter :
A : En tant qu’acide seulement
B : En tant que base seulement
C : En tant qu’acide ou en tant que base
70 - Une réaction acido-basique est caractérisée par :
A : Un transfert d’électron de l’acide d’un couple acide / base vers la base d’un autre couple acide
/ base
B : Un transfert de proton de la base d’un couple acide / base vers l’acide d’un autre couple acide
/ base
C : Un transfert de proton de l’acide d’un couple acide / base vers la base d’un autre couple acide
/ base
71 - Dans une fiole jaugée de volume V = 500,0 mL, partiellement remplie d’eau
distillée, on verse avec précaution mapp = 3,00 g d’acide éthanoïque. On mélange puis on com-
plète avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge et on mélange.
R
Donnée : masse molaire de l’acide éthanoïque : M = 60,05 g / mol
La valeur de l’avancement maximal x max de la réaction entre l’acide éthanoïque est l’eau vaut :
LM
A : x max ' 5, 00 ∗ 10−2 mol
B : x max = 3, 00g
EC
A:0≤x <1
B : 0 ≤ x < x max
C : 0 ≤ x ≤ xf
74 - L’avancement final d’une réaction est toujours : A : 0 ≤ x < 1
B : 0 ≤ x f < x max
C : 0 ≤ x f ≤ x max
75- Une solution d’acide éthanoïque de concentration C = 5, 0 ∗ 10−4 mol /L a un pH = 4,5. L’avan-
cement final de la réaction de l’acide éthanoïque sur l’eau :
A : Est égal à l’avancement maximal
B : Est supérieur à l’avancement maximal
C : Est inférieur à l’avancement maximal
178
A : Elle intervient dans l’écriture de l’expression du quotient de réaction
B : Elle n’intervient pas dans l’écriture de l’expression du quotient de réaction
C : Elle n’intervient pas dans l’écriture de l’expression du quotient de réaction que si elle n’inter-
vient pas dans l’équation de la réaction
78- Le quotient de réaction :
A : Est lié au sens d’écriture de l’équation de la réaction
B : Est indépendant du sens d’écriture de l’équation de la réaction C : Ne dépend pas du sens
d’écriture de l’équation de la réaction
79- À un instant donné, le quotient de réaction :
A : Ne dépend pas de l’avancement x de la réaction
B : Dépend de l’avancement maximal x max de la réaction
C : Dépend de l’avancement x de la réaction
80- Quand pour une réaction x f < x max , le quotient de réaction à l’état final : A : Est une constante
appelée constante d’équilibre notée K.
B : Dépend de la température du milieu réactionnel
C : Dépend du taux d’avancement final de la réaction
81- Pour une transformation donnée, à une température donnée, le taux d’avancement final τ de
la réaction :
A : Ne dépend que la constante d’équilibre de la réaction
R
B : Ne dépend que de l’état initial du système
LM
C : Dépend de la constante d’équilibre et de l’état initial du système
82 - Toujours pour la réaction entre l’ion benzoate et l’eau. À l’équilibre, le quotient de réaction
EC
vaut :
AV
A : Qr, eq = 0
B : Qr, eq = c t e = K
RS
C : Qr, eq → ∞
U
83- Si on ajoute des ions hydroxyde à une solution aqueuse d’ion benzoate, la constante d’équi-
CO
179
B : Est égal au rapport
C : Est indépendant de l’état initial du système
87 - Le quotient de réaction à l’équilibre, noté Q r,eq
A : Dépend de l’état initial du système B : Est aussi appelé constante d’équilibre de la réaction, noté
K C : Est indépendant de l’état initial du système
88- À même concentration initiale, c’est l’acide qui possède la plus grande constante d’équilibre K
A : Dont le taux d’avancement final est le plus grand
B : Dont le taux d’avancement final est le plus petit
C : Qui est le moins dissocié
89 - Le taux d’avancement final d’une réaction chimique :
A : Est d’autant plus grand que la concentration en soluté apporté est grande
B : Est d’autant plus grand que la concentration en soluté apporté est faible
C : Est d’autant plus faible que la concentration en soluté apporté est faible
90 - Au cours d’une réaction chimique, le quotient de réaction Q r :
A : Augmente obligatoirement
B : Diminue obligatoirement
C : Peut augmenter ou diminuer, cela dépend de l’état initial du système
91 - Lorsque l’eau est le solvant :
R
A : Elle intervient dans l’écriture de l’expression du quotient de réaction
B : Elle n’intervient pas dans l’écriture de l’expression du quotient de réaction
LM
C : Elle n’intervient pas dans l’écriture de l’expression du quotient de réaction que si elle n’inter-
vient pas dans l’équation de la réaction
EC
92 - Le quotient de réaction :
A : Est lié au sens d’écriture de l’équation de la réaction
AV
180
97 - Si on ajoute des ions hydroxyde à une solution aqueuse d’ion benzoate, la constante d’équi-
libre K de la réaction entre l’ion benzoate et l’eau :
A : K augmente
B : K est inchangé
C : K diminue
R
B : Est égal au rapport
C : Est indépendant de l’état initial du système
LM
101- Le quotient de réaction à l’équilibre, noté Qr, eq
A : Dépend de l’état initial du système
EC
102 - À même concentration initiale, c’est l’acide qui possède la plus grande constante d’équilibre
K:
RS
181
107 - La constante d’équilibre associée à l’équation d’autoprotolyse de l’eau, notée Ke est appelé
produit ionique de l’eau. On donne :
À 25◦C , pK e = 14
À 60◦C , pK e = 13
A : La constante Ke est valable pour toutes les solutions aqueuses
B : La constante Ke augmente avec la température
C : La constante Ke diminue avec la température
108 - Au produit ionique de l’eau, on associe une autre grandeur nommée pKe. Cette grandeur est
définie par la relation :
A :K e = –l og (pK e)
B :K e = 10−pK e
C :K e = –pK e
109 - Une solution neutre :
A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium
B : Contient moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium
C : Contient autant d’ions hydroxyde que d’ions oxonium
110 - Une solution acide :
A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium
B : Contient moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium
R
C : Contient autant d’ions hydroxyde que d’ions oxonium
LM
111 - Une solution basique :
A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium
B : Contient moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium
EC
A : Acide
U
B : Basique
C : Neutre
CO
182
117 - Une solution de soude de formule {N a + (aq) + HO–(aq)}a une concentration en ions hy-
droxyde de1, 0 ∗ 10−5mol /L. Son pH, à 25◦C , vaut :
A :p H ≈ 5, 0
B : p H ≈ 9, 0
C : p H ≈ 7, 0
118 - On affirme que seulement 2 molécules d’eau sur 556 millions participent à la formation des
ions H3O+ et HO– . Le taux d’avancement final τ de la réaction d’autoprotolyse de l’eau vaut :
A:τ≈1
B : τ ≈ 3, 6 ∗ 10−9
C : τ ≈ 3, 6 ∗ 10−7
119- La constante d’équilibre associée à l’équation d’autoprotolyse de l’eau, notée Ke est appelé
produit ionique de l’eau.
On donne :
À25◦C , pK e = 14
À60◦C , pK e = 13
A : La constante Ke est valable pour toutes les solutions aqueuses
B : La constante Ke augmente avec la température
C : La constante Ke diminue avec la température
R
120 - Au produit ionique de l’eau, on associe une autre grandeur nommée pKe. Cette grandeur est
définie par la relation :
LM
A : K e = –l og (pK e)
B : K e = 10−pK e
EC
C : K e = –pK e
AV
121- Une solution neutre : A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium B : Contient
moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium C : Contient autant d’ions hydroxyde que d’ions oxo-
RS
nium
U
122 - Une solution acide : A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium B : Contient
moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium C : Contient autant d’ions hydroxyde que d’ions oxo-
CO
nium
123 - Une solution basique : A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium B : Contient
moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium C : Contient autant d’ions hydroxyde que d’ions oxo-
nium
124 - On donne : À 25 ° C, pKe = 14 À 60 ° C, pKe = 13 À 60 °C, une solution de pH = 7,0 est : A : Acide
B : Basique C : Neutre
125 - Pour les solutions d’acides de mêmes concentrations C : A : Le pH est d’autant plus grand
que le KA est grand B : Le pH est d’autant plus faible que le KA est grand C : Le taux d’avancement
final τ est d’autant plus grand que le KA est grand
126 - Pour les solutions d’acides de mêmes concentrations C : A : Le pH est d’autant plus faible que
le pKA petit. B : L’acide est d’autant plus dissocié que le pKA grand C : Le taux d’avancement final
τ est d’autant plus grand que le pKA est grand
127 - Pour les solutions de bases de mêmes concentrations C : A : Le pH est d’autant plus élevé que
le KA est petit B : Le taux d’avancement final τ est d’autant plus grand que le KA est petit C : La
base est d’autant plus dissociée que le KA est grand
128 - Une solution de chlorure d’ammonium a un pH = 11. Le pKA du couple NH4+ (aq) / NH3 (aq)
vaut 9,2. Dans cette solution : A : L’espèce prédominante est NH3 (aq) B : L’espèce prédominante
183
est l’ion ammonium NH4+ (aq) C : Il n’y a pas d’ions ammonium
129 - Une solution de soude de formule Na+ (aq) + HO– (aq) a une concentration en ions hy-
droxyde de 1,0 x 10 – 5 mol / L. Son pH, à 25 ° C, vaut :
A : p H ≈ 5, 0
B :p H ≈ 9, 0
C :p H ≈ 7, 0
130 - Pour réaliser un montage afin d’effectuer le dosage pH-métrique, il faut utiliser :
A : Une pipette graduée
B : Une éprouvette graduée
C : Une burette graduée
131 - On réalise le suivi pH-métrique du dosage de l’acide chlorhydrique par la soude. À l’équi-
valence, la courbe représentant l’évolution du pH en fonction du volume VB de soude versé pré-
sente : A : Un bond de pH B : Un saut de pH C : Un pic de pH
132 - La formule de la solution aqueuse de soude est : A : NaOH (aq) B : NaOH (s) C : Na+ (aq) +
HO– (aq)
133 - La formule de la solution d’acide chlorhydrique est : A : H3O+ (aq) + Cl– (aq) B : HCl (aq) C :
HCl (g)
R
134- Lorsque l’on dose une solution d’acide chlorhydrique par de la soude, à l’équivalence le : A :
pH> 7 B : pH = 7 C : pH< 7
LM
135 - À l’équivalence du dosage d’un acide par la soude, la dérivée de la courbe pH = f (VB) don-
nant l’évolution du pH en fonction du volume de soude versé est : A : À son maximum B : À son
EC
minimum C : nulle
AV
136- Une réaction de dosage : A : Est totale, rapide, unique B : À un taux d’avancement final infé-
rieur à 1 C : À une constante d’équilibre K supérieure à 104
RS
137 - On dose un acide AH par une base B. À l’équivalence : A : L’acide est la base ont été mélangés
dans les proportions stœchiométriques définies par les coefficients de la réaction B : La quantité de
U
matière d’acide apporté est égale à la quantité de matière de base apportée C : Le pH est toujours
CO
égal à 7
138 - La courbe ci-dessous représente l’évolution du pH en fonction du volume de soude versé
pour le dosage d’une solution d’acide chlorhydrique. On peut repérer l’équivalence à l’aide : A : De
la valeur du coefficient directeur de la tangente à l’origine B : À l’aide de la méthode des tangentes
C : À l’aide de la méthode de la moyenne
139 - Les coordonnées du point d’équivalence E de la courbe précédente sont : A :p H E ≈ 7, 0 ;V B E ≈
9, 8mL
B : p H E ≈ 8, 0 ;V B E ≈ 9, 8mL
C :p H E ≈ 7, 0 ;V B E ≈ mL
140 - Les indicateurs colorés sont :
A : Des espèces chimiques acido-basiques
B : Des espèces chimiques oxydant-réducteur
C : Des espèces chimiques neutres
141 - La courbe ci-dessous représente l’évolution du pH en fonction du volume de soude versé
lors du dosage acido-basique. On dispose de trois indicateurs colorés dont on donne les caracté-
ristiques ci-dessuus. Pour réaliser le même dosage avec un indicateur coloré, il faut utiliser :
A : La phénolphtaléine
184
B : L’hélianthine
C : Le Bleu de bromothymol (B.B.T)
142 - On a dosé 10,0 mL d’une solution SA d’acide, de concentration inconnue, par 15,0 mL d’une
solution de SB de soude de concentration CB = 0,20 mol / L. La concentration de la solution dosée
est :
A :C A ≈ 0, 13mol /L
B :C A ≈ 0, 30mol /L
C :C A ≈ 0, 3mol /L
143- La réaction entre un acide et une base servant de support à un dosage est : A : Toujours totale
B : Toujours limitée
C : Parfois totale, parfois limitée, cela dépend de l’acide et de la base
144 - À l’équivalence, le taux d’avancement final de la réaction acide base support du dosage est
A : Inférieur à 1
B : Égal à 1
C : Supérieur à 1
145 - On réalise le dosage de l’acide éthanoïque par une solution aqueuse de soude. À l’équiva-
lence, le pH du point d’équivalence est :
R
A : Inférieur à 7
B : Supérieur à 7
LM
C : Égal à 7
146 - On réalise, le dosage d’une solution d’ammoniac NH3 (aq) par de l’acide chlorhydrique. À
EC
l’équivalence :
A : On est en présence d’une solution aqueuse de chlorure d’ammonium
AV
147 - On veut doser 10,0 mL d’une solution SA d’acide, de concentration inconnue, par une solu-
U
tion SB de soude de concentration CB = 0,20 mol / L. Pour prélever les 10,0 mL de la solution SA
d’acide, on utilise :
CO
185
151 - La formule de la solution d’acide chlorhydrique est :
A : H3O+ (aq) + Cl– (aq)
B : HCl (aq)
C : HCl (g)
152 - Lorsque l’on dose une solution d’acide chlorhydrique par de la soude, à l’équivalence le : A :
pH > 7
B : pH = 7
C : pH < 7
153- À l’équivalence du dosage d’un acide par la soude, la dérivée de la courbe pH = f (VB) donnant
l’évolution du pH en fonction du volume de soude versé est :
A : À son maximum
B : À son minimum
C : nulle
154 - Une réaction de dosage :
A : Est totale, rapide, unique
B : À un taux d’avancement final inférieur à 1
C : À une constante d’équilibre K supérieure à 104
155 - On dose un acide AH par une base B. À l’équivalence :
A : L’acide est la base ont été mélangés dans les proportions stœchiométriques définies par les co-
R
efficients de la réaction
LM
B : La quantité de matière d’acide apporté est égale à la quantité de matière de base apportée
C : Le pH est toujours égal à 7
EC
186
A :C A ≈ 0, 13mol /L
B :C A ≈ 0, 30mol /L
C :C A ≈ 0, 3mol /L
16 1- La réaction entre un acide et une base servant de support à un dosage est :
A : Toujours totale
B : Toujours limitée
C : Parfois totale, parfois limitée, cela dépend de l’acide et de la base
162- À l’équivalence, le taux d’avancement final de la réaction acide base support du dosage est :
A : Inférieur à 1
B : Égal à 1
C : Supérieur à 1
163 - On réalise le dosage de l’acide éthanoïque par une solution aqueuse de soude. À l’équiva-
lence, le pH du point d’équivalence est :
A : Inférieur à 7
B : Supérieur à 7
C : Égal à 7
164- On réalise, le dosage d’une solution d’ammoniac NH3 (aq) par de l’acide chlorhydrique. À
l’équivalence :
A : On est en présence d’une solution aqueuse de chlorure d’ammonium
R
B : Le pH du mélange réactionnel est inférieur à 7
LM
C : Le pH du mélange réactionnel est supérieur à 7
165- On veut doser 10,0 mL d’une solution SA d’acide, de concentration inconnue, par une solu-
EC
tion SB de soude de concentration CB = 0,20 mol / L. Pour prélever les 10,0 mL de la solution SA
d’acide, on utilise :
AV
187
B : Croît lorsque la température augmente.
C : Diminue lorsque l’avancement du système croît.
171 - Un catalyseur :
A : Accélère une réaction.
B : Figure dans l’équation de la réaction.
C : Diminue le temps de demi-réaction.
172 - Les ions fer III Fe3+ (aq) et le platine Pt (s) catalysent la réaction d’équation :
A : La catalyse par le platine est une catalyse hétérogène.
B : La catalyse par les ions fer III Fe3+ (aq) est une catalyse hétérogène.
C : La catalyse par les ions fer III Fe3+ (aq) est une catalyse homogène.
173 - L’amylase est une enzyme, présente dans la salive, qui accélère l’hydrolyse des sucres lents.
A : L’amylase est un catalyseur.
B : Il est nécessaire de connaître sa formule pour écrire l’équation de cette hydrolyse.
C : L’hydrolyse des sucres lents est impossible sans amylase.
174 - La durée tf d’une réaction :
A : Peut être définie en utilisant l’avancement.
B : Nécessite de connaître le réactif limitant.
C : Ne nécessite pas de connaître le réactif limitant.
R
175 - Le temps de demi-réaction t 1/2 et la durée d’une réaction tf sont généralement tels que :
A : t f ≥ 2t 1/2
LM
B : t f = 2t 1/2
C :t f < 2t 1/2
EC
176 - Soit x max l’avancement maximal d’un système ; pourt = t 1/2 , l’avancement noté x 1/2 est tel
que :
AV
A : x 1/2 = 2x max
B : x max > 2x 1/2
RS
U
188
B : La concentration des réactifs diminue.
C : La concentration des réactifs augmente.
182 - Le dégagement de dihydrogène dans la réaction d’équation : est d’autant plus rapide, lorsque :
A : Le métal fer est en poudre.
B : Le métal fer est en plaque.
C : Les ions H+ (aq) sont concentrés.
183 - Généralement, la rapidité d’évolution d’un système : A : Ne dépend pas de la température. B :
Croît lorsque la température augmente. C : Diminue lorsque l’avancement du système croît.
184 - Un catalyseur :
A : Accélère une réaction.
B : Figure dans l’équation de la réaction.
C : Diminue le temps de demi-réaction.
185 - Les ions fer III Fe3+ (aq) et le platine Pt (s) catalysent la réaction d’équation :
A : La catalyse par le platine est une catalyse hétérogène.
B : La catalyse par les ions fer III Fe3+ (aq) est une catalyse hétérogène.
C : La catalyse par les ions fer III Fe3+ (aq) est une catalyse homogène.
186 - L’amylase est une enzyme, présente dans la salive, qui accélère l’hydrolyse des sucres lents.
A : L’amylase est un catalyseur.
B : Il est nécessaire de connaître sa formule pour écrire l’équation de cette hydrolyse.
R
C : L’hydrolyse des sucres lents est impossible sans amylase.
LM
187 - La durée tf d’une réaction :
A : Peut être définie en utilisant l’avancement.
EC
188 - Le temps de demi-réaction t 1/2 et la durée d’une réaction t f sont généralement tels que :
RS
A : t f ≥ 2t 1/2
B : t f = 2t 1/2
U
C :t f < 2t 1/2
CO
189-Soit x max l’avancement maximal d’un système ; pourt = t 1/2 , l’avancement noté x 1/2 est tel
que :
A : x 1/2 = 2x max
B : x max > 2x 1/2
189
B : Son image dans un miroir plan est une molécule chirale.
C : Elle présente un plan de symétrie.
193 - Un mélange racémique est un mélange équimolaire :
A : De deux énantiomères.
B : De deux diastéréoisomères.
C : De deux stéréoisomères Z et E.
R
197 - Parmi les objets suivants, lequel n’est pas chiral ?
LM
A : Un clavier d’ordinateur.
B : Un texte imprimé.
EC
C : Un clou.
198 - Lorsqu’une molécule est chirale :
AV
190
204 - La molécule de 2,3-diméthylbutanamine possède :
A : Une chaîne principale à quatre atomes de carbone.
B : Quatre atomes de carbone.
C : Un atome d’azote.
205 - La molécule de propanoate de méthyle :
A : Est un ester.
B : Possède un seul atome d’oxygène.
C : Possède quatre atomes de carbone.
206 - Les molécules dont les formules topologiques sont données ci-dessous :
A : N’ont pas la même chaîne carbonée principale.
B : N’ont pas le même groupe caractéristique.
C : Ont la même formule brute.
207 - Les molécules dont les formules topologiques sont données ci-dessous :
A : Ont la même chaîne carbonée.
B : N’ont pas le même groupe caractéristique.
C : Ont la même formule brute.
R
B : Peut perdre un groupe caractéristique.
LM
C : Perd certains atomes qui sont remplacés par d’autres.
EC
191
215 - L’ion hydrure est un site :
A : Donneur de doublet d’électrons.
B : Accepteur de doublet d’électrons.
C : Ni donneur, ni accepteur de doublet d’électrons.
216- Dans la molécule de méthanal (voir ci-dessous), l’atome :
A : De carbone porte une charge partielle négative.
B : De carbone porte une charge partielle positive.
C : D’oxygène porte une charge partielle positive.
217 - La liaison C = O est :
A : Chargée.
B : Polarisée.
C : Non polarisée.
218 - Le graphe ci-dessous a été obtenu lors d’un dosage par conductimétrie. Ce graphe :
A : Est une courbe d’étalonnage
B : Vérifie la loi de Kohlrausch.
C : Vérifie la loi de Beer-Lambert.
219 - Pour le graphe ci-dessus, l’équation de la courbe est :
A : σ = 5,0 . C
B : C = 5,0 . σ
R
C : σ = 0,20 . C
LM
220 - La droite d’étalonnage d’un dosage spectrophotométrique :
A : A un coefficient directeur sans unité.
B : Est la droite représentative de σ = f (C )
EC
222- Une réaction support de dosage par titrage direct doit être :
CO
A : Lente et totale.
B : Rapide et totale.
C : Rapide et limitée.
223- À l’équivalence d’un titrage :
A : Le volume du réactif titrant est égal au volume du réactif titré.
B : Un mélange équimolaire des réactifs est réalisé.
C : Un mélange stœchiométrique des réactifs est réalisé.
224 - L’équivalence d’un titrage conductimétrique est repérée grâce :
A : Au changement de pente du graphe σ = f (Vréactif ajouté)
B : À la méthode des tangentes parallèles.
C : À l’utilisation d’un indicateur de fin de réaction.
225 - L’équivalence d’un titrage pH-métrique peut être repérée grâce à :
A : La méthode des tangentes parallèles.
B : L’utilisation d’un indicateur coloré acido-basique quelconque.
C : La méthode de la courbe dérivée.
226- Lors d’un titrage colorimétrique d’une solution de diiode, on ajoute un peu de thiodène à
cette solution pour repérer l’équivalence. Le thiodène :
A : Est un indicateur de fin de réaction.
192
B : Est le réactif titré
C : Permet de mieux repérer l’équivalence.
227- Le montage représenté ci-dessous est un montage :
A : De chauffage à reflux.
B : D’hydrodistillation.
C : De distillation
228- Le pictogramme signifie :
A : Que le produit est toxique.
B : Qu’il faut manipuler le produit avec des gants.
C : Que le produit est corrosif
229- L’introduction d’un catalyseur dans le milieu réactionnel permet :
A : D’accélérer la réaction.
B : D’augmenter la valeur de l’avancement maximal.
C : De réaliser la réaction en chauffant éventuellement moins.
230- La recristallisation :
A : Consiste à refroidir le milieu réactionnel une fois la synthèse terminée.
B : Est une technique de purification des solides.
C : Est une technique de purification des liquides.
R
231- Pour contrôler la pureté d’un solide, on peut :
A : Réaliser une chromatographie sur couche mince.
LM
B : Mesurer son indice de réfraction.
C : Mesurer sa température de fusion.
EC
193
237 - Sachant que la masse volumique de l’alcool est 0,81 kg / L et celle de l’acide 1,05 kg / L, le
réactif limitant est :
A : L’alcool.
B : L’acide.
C : L’ester.
238 - Une manipulation a permis d’obtenir 7,6 g d’ester. Le rendement est de :
A : 10 %
B : 64 %
C : 76 %
239 - Le produit obtenu est liquide. Par conséquent, il ne pourra pas être caractérisé par :
A : Sa masse volumique.
B : Une chromatographie sur couche mince.
C : Sa température de fusion.
240 - Pour purifier le produit liquide obtenu, on peut réaliser :
A : Une distillation.
B : Une chromatographie sur couche mince.
C : Une recristallisation.
241 - Le pH et la concentration [H3O+] sont reliés par :
A : [H 3O+] = 10−p H
R
B :p H = l og [H3O+]
LM
C : p H = –l og [H3O+]
242 - Une solution d’acide méthanoïque a un pH égal à 2,6. La concentration [H3O+] dans la solu-
EC
tion est :
A : [H3O+] = 10−2.6 mol .L−1
AV
194
248 - Le pH d’une solution contenant un acide faible AH et de sa base conjuguée A–, et tel que
[AH ] = 2[A–], est :
A : Supérieur au pKA du couple
B : Inférieur au pKA du couple
C : Égal au pKA du couple
249 - Si le pH d’une solution contenant un couple acide faible / base faible est inférieur à 7,0, alors :
A : L’espèce prédominante est l’acide faible.
B : L’espèce prédominante est la base faible.
C : L’espèce prédominante dépend du pKA du couple.
250 - L’espèce prédominante du couple NH4+ / NH3 (pKA = 9,2), dans une solution où [H3O+] =
2,5 ∗10−4 mol . L–1, est : A : NH4+
B : NH3
C : On ne peut pas savoir.
251 - Une chimie pour un développement durable :
Le développement durable a pour pilier(s) :
A : L’économie.
B : L’environnement.
C : Le social.
252 - La chimie durable :
R
A : Tient compte des problèmes économiques et sociaux.
LM
B : N’utilise que des matières premières renouvelables.
C : Se préoccupe de la sauvegarde de l’environnement.
EC
C : De l’énergie.
255 - La chimie douce a pour ambition de :
A : Synthétiser des matériaux en s’inspirant du vivant.
B : N’utiliser que des matières premières végétales.
C : Développer des synthèses à des températures modérées.
256 - Économiser les atomes, c’est :
A : Utiliser au maximum tous les atomes d’une matière première.
B : Recycler tous les déchets.
C : Limiter la formation de déchets.
257 - Une agro-ressource :
A : Est une ressource renouvelable.
B : Peut concurrencer les ressources alimentaires.
C : Est toujours une ressource vivrière.
258 - Gérer l’usage de solvants, c’est :
A : Proscrire absolument tout solvant toxique.
B : Limiter l’usage des solvants dangereux pour l’environnement.
C : Rechercher des alternatives aux solvants classiques.
259 - Économiser l’énergie, c’est :
195
A : Utiliser des conditions opératoires plus « douces ».
B : Utiliser des procédés qui consomment moins d’énergie.
C : Interdire l’usage des ressources fossiles.
260 - Choisir un procédé catalytique :
A : Est économiquement non rentable.
B : Peut permettre d’économiser des atomes.
C : Permet d’économiser l’énergie.
261 - Dans le cadre d’un développement durable, une gestion raisonnée des déchets, c’est :
A : Détecter des produits toxiques même à l’état de traces.
B : Ne concevoir que des produits biodégradables.
C : Valoriser toutes les molécules utilisables en sein d’une matière première. 262 - Les gaz suivants
sont des gaz à effet de serre :
A : Le méthane.
B : Le dioxyde de carbone.
C : Le dioxygène.
263 - Valoriser le dioxyde de carbone, c’est développer, par exemple, des procédés de :
A : Captage par les algues.
B : Relargage dans l’atmosphère.
C : Stockage dans les gisements épuisés de pétrole.
264 - Un mélange racémique est un mélange équimolaire :
R
A : De deux énantiomères.
LM
B : De deux diastéréoisomères.
C : De deux stéréoisomères Z et E.
EC
A : La représentation topologique.
CO
B : La représentation de CRAM.
C : Des formules brutes.
267 - Si le passage d’un stéréoisomère à l’autre n’implique pas de rupture d’une liaison, les deux
molécules sont des :
A : Énantiomères.
B : Diastéréoisomères.
C : Stéréoisomères de conformation.
268 - Parmi les objets suivants, lequel n’est pas chiral ?
A : Un clavier d’ordinateur.
B : Un texte imprimé.
C : Un clou.
1.
A) ∆ contient exactement 20 éléments B) ∆ contient exactement 15 éléments C) ∆ contient exac-
196
tement 10 éléments
2.
A) Les droites de ∆ se recoupent en 15 points B) Les droites de ∆ se recoupent en 10 points C) Les
droites de ∆ se recoupent en 20 points
A) Les triangles formés par 3 sommets du pentagone sont au nombre de 5 B) Les triangles formés
par 3 sommets du pentagone sont au nombre de 10 C) Les triangles formés par 3 sommets du
pentagone sont au nombre de 25 4. Soit l’ensemble X= A) Le nombre de sous ensembles de X est
25 B) Le nombre de sous ensembles de X est 52 C) Le nombre de sous ensembles de X est 55 5.
Soit l’ensemble X= A) Le nombre de sous ensembles de X contenant l’élément 1 est de 24 B) Le
nombre de sous ensembles de X contenant l’élément 1 est de 25 C) Le nombre de sous ensembles
de X contenant l’élément 1 est de 52 6. Soit l’ensemble X= A) Le nombre de sous ensembles de X
contenant les éléments 2 et 3 est 6 B)Le nombre de sous ensembles de X contenant les éléments 2
et 3 est 8 C) Le nombre de sous ensembles de X contenant les éléments 2 et 3 est 10
7.
A) 15 caractères braille formés avec 8 trous B) 15 caractères braille formés avec 15 trous C) 15
caractères braille formés avec 4 trous
8.
R
A) parmi les élèves inscrits en Allemand, il y en a au moins 11 qui sont aussi inscrits en Anglais.
B) parmi les élèves inscrits en Allemand, il y en a au moins 12 qui sont aussi inscrits en Anglais.
LM
C) parmi les élèves inscrits en Allemand, il y en a au moins 13 qui sont aussi inscrits en Anglais. 9.
On considère l’ensemble E= A) Le nombre de parties X de E telles que F ∪ X = E est égal à 8 B)Le
EC
nombre de parties X de E telles que F ∪ X = E est égal à 9 C) Le nombre de parties X de E telles que
F ∪ X = E est égal à 10
AV
10. On considère l’ensemble E= A) Pour toute partie X de E telle que F ∩ X = ;, le nombre d’élé-
ments de X est inferieur ou égal à 3. B)Pour toute partie X de E telle que F ∩ X = ;, le nombre
RS
d’éléments de X est inferieur ou égal à 4. C)Pour toute partie X de E telle que F ∩ X = ;, le nombre
d’éléments de X est inferieur ou égal à 5.
U
197
C)le point M (-1 ;3 ;5) n’appartient pas à D1
24.
D2 est dans le plan d’équation :
A) x + y +z -1= 0
B) x + y + z = 0
A) z − x = si n2θ
B) x – z -1 = 0
C) z- x -1= 0
26.
Pour tout θ, la droite ∆ passe par le point de coordonnées :
A) (0 ; - cos 2 θ ; -1)
B) (-1 ; - cos2 θ ; 0)
A) (-1 ; 0)
B) (1 ; -1 ; 0) est orthogonal à ∆
C) (1 ; -1)
28.
A) il existe θ ∈ I R tel que ∆soit orthogonal au plan d’équation :x + y +z -3 = 0
R
B) il n’existe pas θ ∈ I R tel que ∆ soit orthogonal au plan d’équation :x + y +z -3 = 0
LM
C) il existe θ ∈ I R tel que ∆soit orthogonal au plan d’équation :x + y +z -30 = 0
29.
EC
30.
A) Si m = 1 et p =2 alors ∆ ∈ P = ∆
U
B) Si m = 1 et p =2 alors ∆ ∩ P = ∆
CO
C) Si m = 1 et p =2 alors ∆ ∩ P = ; 31.
A) Si m = 1 et p 6= 2 alors ∆ ∩ P = P
B) Si m = 1 et p 6= 2 alors ∆ ∩ P = ;
C) Si m = 1 et p 6= 2 alors ∆ ∩ P =
33.
A) L’ensemble des points M de l’espace tells que OM.u = 2 est un point
B) L’ensemble des points M de l’espace tells que OM.u = 2 est un droite
C) L’ensemble des points M de l’espace tells que OM.u = 2 est un plan
A) 2ln 3
A) f(x + 2) + f(x - 2) = 0
B) f(x + 2) = f(x - 2)
C) f(x + 2) + f(x - 2) 6= 0
Pour tout x ∈ IR, A) f”(x) 6= f”(2) B) f’(x -2) 6= f’(x + 2) C) f’(x) = f’(x + 2)
B) f ne garde pas une signe constante sur [-π/2 ; π/2] C) f est constant sur IR
47.
A) ) Pour tout x de IR. f = 1 - B) Pour tout x de IR.
198
C) 1 -
C) J ≤I
55
A) I = 0 B) I=1 C) I = 1 – ln3 56.
A) B) C)
63.
B) In <0
B) I1<I2 C) I1 = I2
C)I2 < I1
A) f(x) du B) f(x) du
B) I-J=K
74.
C)
B)
R
B) f(2-x) +f(x) = 1 C) C , admet la droite d’équation y = pour asymptote
LM
B) f(a,0) est une fonction paire C) f (a,0) (x) – f(-a, -b) (x) = 0
asymptote oblique B) Il existe au moins une valeur de a non nulle telle que admette une asymptote
EC
horizontale
AV
A) f(1) =1
A) f(2)= 2 B) alors C)
RS
C) f(0)=0
U
95. C) 96.
A)ln ( + 1 B)ln ( + - lnx C) ln 97. C) 2 98. A) x 1 B) x 1 - e C) x e
C)
A) il n’ existe aucune asymptote
B) Il existe au moins une valeur de a non nulle telle que admette une asymptote horizontale C) Il
existe au moins une valeur de a non nulle telle que admette une asymptote verticale
C) f’ 115. soit f(x)= ln( +2 ), alors f’(x) s’écrit :
A) y=- x +1 B) y = 2x -3 C) y = -x +3
117.
A) f(x) = ln(3x – 1) B) f(x) = 3ln(3x – 1) C) f(x) = ln(3x – 1)
118.
A) F(x) = B) f(x) = x+e+lnx
B) x xlnx –x+3
199
A) la droite d’équation y=1 est asymptote à la courbe représentative de f B) la droite d’équation
y=-1 est asymptote à la courbe représentative de f C) la droite d’équation y=0 est asymptote à la
courbe représentative de f
124 .
C) f 125 .
135.
C)
136.
A) B) 0 C) 137.
A) B) C)
138.
139.
A) on tire au hazard un paquet.
144.
151.
R
152.
LM
B) E C) E 153.
EC
B) C)
A) L’esperance de X est de 2 B) L’esperance de X est de 4 C) L’esperance de X est de 1
AV
155.
RS
156.
U
A) On prélève au hasard et avec remise 6 vis La probabilité d’avoir exactement 2 vis de 1 ,8cm est
B) On prélève au hasard et avec remise 6 vis La probabilité d’avoir exactement 2 vis de 1 ,8cm est
CO
200
A) B) C)
A) B) C)
170.
A) =∞ B) C) il existe un et un seul entire n tel que
A) B) C) il existe un entier p tel que
C)
A)Pour tout entier n B) Pour tout entier n C) Pour tout entier n
174.
C) Pour tout entire n
175)
A) pour tout entire n B) pour tout entire n - 0 C) pour tout entire n 176.
C) 177. A) Pour tout n IN, B) C) Pour tout n IN,
A) n’est pas divisible par 3 B) n’est pas multiple de 8 C) il existe un nombre entier p ; indépendant
de n tel que : + - P =
R
182. LM
A) Pour tout n I N ? , B) Pour tout n I N ? , < 0 C)
183.
EC
A) f B) f C) f
A) B) est croissante C) 186.
RS
188. A) Si = 1 alors n’est pas une suite constante B) Si = alors est bornée C) Si = alors est bornée
convergente
191.
A)
C) 192.
A)
200.
202.
B) La suite est convergente 203.
A) La suite B) La suite C) La suite 204.
A) U décroit à partir du 10 ème terme B) U décroit à partir du 20 ème terme C) U décroit à partir
du 5 ème terme 221 . A) U est monotone B) U est divergent C) U est convergent 222.
A) B) C) 223.
A) B) C)
201
224. 225. a) Continue sur IR b) Continue sur IR - c) Dérivable sur IR 226. Si f alors on a ;
a) +3 – 4i b) -3 +4i c) -3 – 4i
229. est égale à a) 1 b) -i c) i 230. Toute fonction dérivable sur l’intervalle I est a) Continue sur I b)
Strictement monotone sur I c) Constante sur I
233. 1 + i est une racine carrée du nombre complexe a) -2i b) 2i c) i
236. Le nombre de façon de choisir 3 éléments parmi 5 éléments est égale à ; a) 10 b) 60 c) 125 237.
SI Z= 3+2i alors on a : a) b) c) 238. 1+3+5+7+. . . . . . . . . . . . . . . . . . .+201 est égale à a) 10201 b) 10210 c)
10301 239. 1+2+4+8+. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . +64 est égale à a) 157 b) 172 c) 127
240. une racine cubique z de l’unité vérifie :
a) 0 b) - c) 1 242. x 0 est égale à a) - b) 0 c) + 243. est égale à a) 1 b) + c) 0
244 . est égale à c) 245. Si est f définie par sur IR alors on a : a) F’(x)=
b) F’(x)= - c) F’(x)= 246. L’inverse du nombre complexe 1+i est : a) b) c) 247. Un module du nombre
complexe – 1 -4i est égale à a) b) c)
248. Si P(z)= z2 – 2z +2 +2i alors on a : a) P (1+i)= 1+3i b) P (1+i)=-2 + 2i c) P (1+i)=2i 249. Si P(z)=
z3 – (3 +7i)z2 +(8 -4i)z - 6 +11i alors on a : a) P (1)= 1 +2i b) P (1)= 0 c) P (1)=3i +11 250. Une racine
quatrième du nombre complexe 16 est a) 4 b) -4 c) -2i
R
251. est égale à a) 156 b) 87 c) 78
LM
252. a) 0 b) 1 c) -1
253. est égale à c) 254. est égale à a) c)
EC
255. Si (Un) est une suite définie par U0 =1 et la relation de récurrence Un+1= pour tout n 0 alors
AV
248
259. La fonction primitive t qui s’annule en 1 est définie sue a) x→ b) x→ c) x→
a) n= 5 b) n= 7 c) n= 8
262. Voici le tableau : xi 1 2 3 4 yi 3 5 7 8
Le point Moyen G associé à ce tableau est : a) G b) G c) G
263. est égale à : a) 1 b) -1 c)
264. est égale à : 0 1 -1
265. est égale à : a) 1 b) -1 c) 0
266. est égale à : a) 1 b) - c)
une suite numérique définie par ln pour tout n IN est une suite géométrique de raison Ln3 est une
suite arithmétique de raison Ln3 est une suite arithmétique de raison Ln5 une suite numérique
définie par ; pour tout n IN est une suite géométrique de raison est une suite arithmétique de
raison est une suite arithmétique de raison
202
271. Soit f une fonction définie par f sur IR alors on a ; F est strictement croissante sur F est stricte-
ment décroissante sur F est strictement croissant sur IR 272. Soit une suite arithmétique telle que
a) 4 b) 3 c) 2
[Link] une suite géométrique à termes positive croissante telle que = 4 et ; on alors : a) = +∞ b) =
-∞ c) = 274. On a : a) pour tout n ∈ I N ? , on a est divisible par 2 b) pour tout n IN , on a est divisible
par 7 c) pour tout n ∈ I N ? , on a est divisible par 9 275. La médiatrice du segment passe par : a) le
point A b) le point B c) le point I milieu du segment
276. l’expression complexe de S qui est une homothétie de centre A (1 ; 0) et rapport Z est : a) s(z)
= z’ = 2iz +1-i b) s(z) = z’ = 2z -1 c) s(z) = z’ = 2z +1 277. si s(z)= z’= (-1 + i)z +2 +2i alors l’angle de S
est : a) b) c) 278. L’affixe du point A (2 ;-1) est égale à a) -2 + i b) -2-i c) 2-i
[Link] la fonction f est définie par f(x)=1+ pour tout x 0 alors on a : a) F(-8) = 1 + b) F(-8) = 1 - c)
F(-8) = -1 + [Link] tout n IN , on a : a) b) c) 281. Il y a 12 secteur sur une roue ; 3 rouge ,4 blanc,
4 verts et un noire. Setra tourne la roue. La probabilité pour que l’index point sur le secteur rouge
ou blanc est égale à : a) b) c)
282. Soit (C) : + -4x + 4y +5 =0. La coordonnée du point I centre de (C) est : a) I (2 ;-2) b) I (-2 ; 2) c) I
(-2 ;-2) 283. On dispose un dé à six faces, numérotées 0 ; 0 ; 0 ; 0 ; 1 ; 1 On lance 5fois de suite ce dé ;
la probabilité d’obtenir au moins une fois le numéro 0 est égale à : a) b) c) 284. Si R(z)= z’=-iz+8i
alors on a : a) R est la rotation de centre α (0 ; 4) et d’angle - b) R est la rotation de centre (4 ; 4) et
d’angle - c) R est la rotation de centre α (4 ; 0) et d’angle - 285. Si et alors la courbe (C) de f a) Admet
R
une branche parabolique de direction asymptotique x’ o x b) Admet une branche parabolique de
LM
direction asymptotique y’o y c) Admet une branche parabolique de direction asymptotique y= 2X
286. si f(x) =0 alors la courbe (C) de f coupe l’axe x’ o x a) I (0 ; 2) b) I (2 ; 0) c) I (0 ; 0) 287. Dans le
système de numération de base n, on considère le a = . Dans le base 10, on a : a) A= + 2n +1 b) A= +
EC
est une solution de l’équation : a) 54x + 37y= 1 b) 37x + 54y= 1 c) 34x + 57y=1
RS
294. Si = alors on a :
CO
203
309 .La somme de 3(2 ) +28+(32 ) est égale à A) 11(2 ) B)542 C)10(2 )
310. On donne a=2/3 ; b=1/4 ; c=2/5 et d=1/2 . On a : ab-cd est égale A)1/15 B) 1/30 C)1/45
311. (128-40(7 )) est égale à : A) 10-27 B)2(7 ) -10 C) -2(7-10)
312. Soit l’équation : (2x-1)2 = (x+3)2 . Le nombre a est une solution de cette équation : A) a= -7
B)a= -3 C)a=7
313. Laquelle des inéquations suivantes admet le couple (1,-2) pour solution ? A) 2(x-1)>3(y+2) +1
B) 2(x-1) <3(y+2)-2 C) 2(y+2) 3 (y-1)-1
314. On donne A=4/3 - 3/4 * 16/9 - 1/2 . On a : A) A=-1/2 b) B=1/2 C)C=1/4
315. On considère les points A(5,0) ; B(4,2) ; C(0 ;10) , on a : A) B milieu du segment [AC] B) (AB ) et
(BC) sont orthogonaux C) A, B et C sont alignes
316. La somme des 10 premiers multiples de 2 non nuls est égale à : A) 2046 B) 20460 C)246
317. La suite géométrique (Un) de premier terme 1 et de raison 1/2 est : A) croissante B) décrois-
sante C) constante
318. 2, 6,18 forment une suite géométrique de raison est égale à : A) 4 ; B) 3 ; C) 2
319. La probabilité de B sachant que A est réalisé est PA(B) est égale à : 320. On suppose que a
est un réel strictement positif et différent de [Link] fonction f définie par f(x)= axest strictement
R
décroissante sur IR si : A) a>1 B) 0<a<1 C) a>2
LM
321. e-2ln4 est égale à : A) B) C)
322. Ln (e 1,5) est égale à : A) 15 B) C) 16 323. La fonction f définie sur I=[-4,1] par : f(x)= A) croissante
EC
324. Soit la fonction f définie par f(x)=ex - x +3 La courbe (C) de f admet un minimum au point : A)
A ( ) B) A ( ) C) A ( )
RS
325. Si Lim f(x)=3 alors la courbe © de f admet une asymptote horizontale : X→+∞ A) x=3 B) y=3
C) y=0 326. le coefficient directeur de la droite qui passe par A et B est donne par : A) a= B) a= C) a=
U
327. On considère la fonction f définie pour tout réel x par f(x)= , on a pour tout réel x : A) 0<x<1
CO
B) 3<x<0 C) 0<x<3 328. (1+1)4 - (1-i)4 est égale à : A)-8 B) 8 C) 013) On suppose que a est un réel
strictement positif et différent de [Link] fonction f définie par f(x)= ax est strictement décroissante
sur IR si : A) a>1 B) 0<a<1 C) a>2
329. e-2ln4 est égale à : A) 113) On suppose que a est un réel strictement positif et différent de [Link]
fonction f définie par f(x)= axest strictement décroissante sur IR si : A) a>1 B) 0<a<1 C) a>2 330.
e-2ln4 est égale à : A) B) C)
331. Ln (e 1,5) est égale à : A) 15 B) C) 16
332. La fonction f définie sur I=[-4,1] par : f(x)= A) croissante sur I B) décroissante sur I C) constante
sur I
333. Soit la fonction f définie par f(x)=ex - x +3 La courbe (C) de f admet un minimum au point : A)
A ( ) B) A ( ) C) A ( )
334. Si Lim f(x)=3 alors la courbe © de f admet une asymptote horizontale : X→+∞ B) x=3 B) y=3
C) y=0
335. le coefficient directeur de la droite qui passe par A et B est donne par : A) a= B) a= C) a=
336. On considère la fonction f définie pour tout réel x par f(x)= , on a pour tout réel x : A) 0<x<1 B)
3<x<0 C) 0<x<3 B)1/16 C)16/8 337. Ln (e 1,5) est égale à : A) 15 B)1/1,5 C) 16
204
338. La fonction f définie sur I=[-4,1] par : f(x)=x3 /3−x 2 /2−2x+4est A)cr oi ssant esur I B )d écr oi ssant esur I
339. Soit la fonction f définie par f(x)=ex - x +3 La courbe (C) de f admet un minimum au point : A)
A (4/0) B) A (0/4) C) A (0/0)
340 Si Lim f(x)=3 alors la courbe © de f admet une asymptote horizontale : X→+∞ x=3 B) y=3 C)
y=0
341. le coefficient directeur de la droite qui passe par A et B est donne par : A) a=(yB + y A )/x B ( +
x A )B )a = y ( B − y A )/x ( B − x A )C )a = y B /(x ( B −)x A )
342. On considère la fonction f définie pour tout réel x par f(x)=3/1+4( − x), onapour t out r éel x :
A)0 < x < 1B )3 < x < 0C )0 < x < 3
R
2 La croûte continentale est principalement formée :
LM
a) de gabbros et granites
b) de roches sédimentaires et de granites
EC
c) de péridotites
d) de roches voisines du gabbro
AV
3 Les différences d’altitude entre continents et océans sont dues au fait que :
a) la croûte continentale est moins dense et plus épaisse que la croûte océanique
b) la croûte continentale est plus dense et plus épaisse que la croûte océanique
RS
c) la croûte continentale est moins dense et plus fine que la croûte océanique
d) la croûte continentale est plus dense et plus fine que la croûte océanique
U
4 Les chaînes de montagnes présentent parfois des ophiolites, ce sont les traces :
CO
205
8 Un granitoïde est une roche :
a) volcanique à structure grenue
b) volcanique à structure vitreuse
c) magmatique à structure vitreuse
d) magmatique à structure grenue
9 La croûte continentale :
a) est en moyenne plus jeune que la croûte océanique
b) est plus dense dans les zones de collision
c) s’épaissit progressivement dans les zones de collision anciennes
d) s’altère sous l’effet des agents de l’érosion
10 Bien que le concept d’espèce soit délicat à définir, on peut néanmoins considérer qu’il s’agit :
a) de tous les individus interféconds
b) d’une population ayant le même patrimoine génétique
c) d’une population isolée géographiquement d’autres populations
d) d’une population isolée génétiquement d’autres populations
11 Le genre Homo :
a) est constitué par l’Homme et les grands singes actuels
b) correspond à un groupe d’êtres vivants dont la biodiversité est maximale à l’époque actuelle
c) est associé à la production d’outils complexes
d) est apparu il y a environ 55 à 60 millions d’années
12 Le genre Homo se distingue des autres primates par :
R
a) une bipédie occasionnelle
LM
b) un dimorphisme sexuel marqué
c) une bipédie avec trou occipital en arrière
d) une bipédie avec un trou occipital avancé
EC
14 Le pollen :
a) correspond au gamète femelle
b) est produit par les étamines
c) représente l’embryon de la future graine
d) est toujours transporté par les insectes
15 La collaboration animale – plante :
a) s’exerce exclusivement lors de la pollinisation
b) s’exerce lors de la pollinisation et de la fécondation
c) s’exerce lors de la pollinisation et de la dispersion des gamètes
d) s’exerce lors de la pollinisation et de la dispersion des graines
16 Le fruit :
a) contient une quantité variable d’ovules
b) contient une quantité variable de graines
c) se forme seulement à partir de l’ovule
d) se forme avant la pollinisation
17 La technique d’hybridation :
a) permet d’obtenir des variétés nouvelles qui cumulent les caractéristiques des 2 parents
b) consiste à croiser toujours 2 individus d’espèce différente
c) consiste à croiser 2 individus afin d’obtenir des homozygotes
d) est la seule technique permettant de modifier le patrimoine génétique d’une plante
206
18 L’inflammation :
a) est la première étape de la réponse adaptative
b) ne repose pas sur des mécanismes de reconnaissance mais seulement sur la mise en jeu de mo-
lécules
c) est effective dès le stade fœtal
d) est caractérisée par des symptômes stéréotypés
19 Lors de la réponse adaptative :
a) il se produit une augmentation de la quantité d’immunoglobulines dans le sang
b) il se produit un gonflement, rougeur, chaleur, douleur au niveau de la zone d’infection
c) il y a production d’antigènes par les plasmocytes
d) Les plasmocytes se différencient en lymphocytes cytotoxiques
20 La vaccination :
a) consiste à injecter des produits immunogènes et pathogènes
b) mobilise la réponse innée et adaptative
c) contient des adjuvants qui déclenchent une réponse adaptative nécessaire à l’installation de la
réponse innée
d) favorise la production d’antigènes par l’organisme
21 Lors de la méiose, il s’effectue un brassage génétique par :
a) un brassage intra chromosomique lors de la deuxième division de la méiose
b) un brassage inter chromosomique puis intra chromosomique lors de la première division de la
méiose
R
c) un brassage intra chromosomique puis inter chromosomique lors la deuxième division de la
LM
méiose
d) un brassage intra chromosomique puis inter chromosomique lors la première division de la
méiose
EC
207
28 Au niveau du cerveau, les cartes motrices :
a) sont innées, présentes dès la naissance
b) restent identiques tout au long de la vie de l’individu
c) sont identiques chez tous les individus d’une même espèce
d) peuvent évoluer en fonction de l’apprentissage
29. Quelles sont, parmi les propositions suivantes, celles qui correspondent à des fonctions
généralement attribuées à l’appareil de Golgi d’une cellule sécrétrice ?
a) Synthétiser des protéines.
b) Synthétiser des glucides.
c) Transformer des molécules organiques synthétisées.
d) Permettre le transit des protéines synthétisées.
30. Le modèle de la mosaïque fluide qui permet de représenter schématiquement la membrane
cytoplasmique comprend
a) une couche de phospholipides dans laquelle sont incorporées des protéines.
b) une couche de protéines dans laquelle sont incorporés des phospholipides complexes.
c) une double couche de phospholipides dans laquelle sont enchâssées des protéines globulaires.
d) un double couche de molécules de cholestérol dans laquelle sont enchâssées des protéines glo-
bulaires.
31. Voici des caractéristiques pouvant être attribuées à des cellules. Quelles sont celles qui sont
retrouvées dans des cellules procaryotes bactériennes ?
a) Noyau délimité par une enveloppe nucléaire.
R
b) Absence de paroi limitant la cellule.
LM
c) Présence d’une membrane cytoplasmique limitant la cellule.
d) Longue molécule d’ADN circulaire.
32. Les plasmides sont des molécules informatives circulaires qui
EC
36. Un Eucaryote possède une structure cellulaire qui peut être étoilée. est toujours un organisme
pluricellulaire. appartient au monde animal ou végétal. est toujours diploïde.
37. Un virus
a) est un parasite extracellulaire obligatoire.
b) peut mesurer de l’ordre de 0,1 nm.
208
c) peut mesurer de l’ordre de 0,1 micron.
d) n’est composé que d’acides nucléiques.
e) dont le matériel génétique est de l’ARN est obligatoirement un rétrovirus.
38. Le réticulum endoplasmique rugueux est ainsi appelé parce qu’il possède sur sa face externe
a) des liposomes.
b) des lysosomes.
c) des ribosomes
d) des peroxysomes.
39. Le transport actif des substances à travers la membrane s’effectue
a) selon le gradient de concentration.
b) contre le gradient de concentration.
c) en utilisant de l’énergie.
d) à travers la bicouche de phospholipides.
40. La cellule bactérienne est une cellule
a) eucaryote.
b) sans ribosomes.
c) équipée d’une molécule d’ADN monocaténaire.
d) renfermant des plasmides.
41. le système endomembranaire
a) est constitué d’une couche de phospholipides.
b) concerne les virus intracellulaires.
R
c) concerne les bacilles.
LM
d) se retrouve dans une cellule hépatique.
42. Un lysosome
a) peut être présent dans une bactérie.
EC
209
c) la mitochondrie.
d) le diplosome.
48. Le noyau d’une cellule
a) ne contient pas de protéine.
b) contient de la chromatine.
c) est délimité par une simple membrane.
d) est relié à l’appare
R
b) Des molécules de cholestérol
c) Davantage de glucides que de protéines
LM
[Link] bicouche lipidique (1) :
a) Est perméable au sodium
EC
53 .Parmi les propriétés suivantes, cochez celles qui vous semblent correspondre à celles de la-
membrane plasmique (protéines et lipides) :
RS
210
a) La distribution des divers ions de part et d’autre de la membrane plasmique est un processus
spontané.
b) Le transport passif nécessite l’hydrolyse d’ATP.
c) l’équilibre hydrique est facilité par les aquaporines
[Link] les transporteurs membranaires :
a) Ils sont présents exclusivement dans la membrane plasmique (organites exclus)
b) Ils réalisent toujours leurs transports dans le sens du gradient électrochimique
c) Ils sont saturables
[Link] canaux ioniques :
a) Sont non saturables
b) Sont sélectifs
C) Sont couplés à une source d’énergie
61.L’ATPase Na+/K+ :
a) Catalyse un symport des ions Na+et K+
b) Contribue au potentiel transmembranaire des membranes cellulaires
c) Catalyse un transport ionique électroneutre
[Link] transporteur Na+/glucose (SGLT-1) des cellules épithéliales intestinales :
a) Catalyse un antiport Na+./glucose
b) Est localisé du côté apical des cellules (côté lumière intestinale)
c) Dépend pour son fonctionnement du gradient de proton
[Link] transport membranaire assisté :
R
a) Consiste en une diffusion simple
LM
b) Est réalisé par des protéines
c) N’oppose jamais le gradient électrochimique du soluté.
[Link] molécules d’adhérence
EC
b) Sur la face basale, des hémi-desmosomes en relation avec le cytosquelette de filaments inter-
médiaires.
RS
211
b) De rendre solidaire la cellule de la membrane basale
c) De rendre la cellule solidaire de la cellule voisine
[Link] claudine
a) Se trouve du coté basale des cellules épithéliales
b) Rend la jonction serrée perméable à tout soluté
c) Est liée au cytosquelette d’actine
[Link] jonction serrée
a) La jonction serrée limite les passages par l’espace intercellulaire.
b) Elle fixe la cellule épithéliale à la lame basale.
c) Elle délimite un domaine apical dans les cellules épithéliales. voisines
[Link] matrice extracellulaire :
a) Existe autour de toutes les cellules eucaryotes
b) Est d’origine cellulaire
c) Forme toujours un environnement cellulaire ayant une texture lâche dans laquelle peuvent se
déplacer les cellules
[Link] matrice extracellulaire est composée :
a) de glycosaminoglycanes
b) de protéoglycanes
c) d’acides nucléiques
75 .La matrice extracellulaire d’un tissu épithélial :
a) Est produite par la cellule de manière polarisée
R
b) Est localisée du coté apical de la cellule
LM
c) Contient du collagène I et pas de collagène IV
[Link] glycosaminoglycanes :
a) sont toujours couplés de manière covalente à des protéines
EC
a) Le collagène est une molécule fibreuse riche en un acide aminé particulier l’hydroxyproline.
b) La laminine permet des attachements cellulaires spécifiques
RS
[Link] collagène
a) Est le constituant majeur de la matrice extracellulaire.
U
79.L’acide hyaluronique :
a) Est un composant de la matrice extracellulaire, constitué de disaccharides répétitifs
b) Est produit par la dégradation du glucose lors de la glycolyse
c) Permet de gélifier le cytosol cellulaire
[Link] tissu épithélial :
a) Est composé de cellules jointives et d’une matrice extracellulaire (appelée lame basale).
c) Est à prédominance matricielle plutôt que cellulaire.
[Link] cytosquelette
Les éléments du cytosquelette :
a) Sont des polymères protéiques.
b) Ont tous le même diamètre
d) Forment un squelette statique dans le cytoplasme cellulaire
82.L’actine
a) Est une protéine dimérique formée d’actine G et d’actine F
b) Est capable de se polymériser en formant des cylindres
c) Se polymérise uniquement dans sa forme liant l’ATP
[Link] les fibres musculaires :
a) le muscle strié comporte de nombreux faisceaux de fibres musculaires
b) les fibres musculaires sont anucléées
c) la contraction des sarcomères ne nécessite pas de commande nerveuse
212
[Link] filaments intermédiaires (1)
a) Sont issus de la polymérisation de protéines globulaires
b) Sont issus de monomères variables en fonction des cellules concernées
c) Sont situés exclusivement dans le cytoplasme d’une cellule migrante
[Link] filaments intermédiaires (2)
a) Sont issus de la polymérisation de protéines globulaires
b) Sont variables en fonction des cellules concernées
c) Sont situés exclusivement dans le cytoplasme des cellules eucaryotes
[Link] tubuline
a) Est le constituant d’un filament dit intermédiaire
b) Forme des doublets de microtubules dans les cils et les flagelles.
[Link] microtubules (1) :
a) Servent de rails permettant de diriger les éléments à transporter
b) Font avancer les vésicules de transport selon le principe de polymérisation et dépolymérisation
c) Sont responsable de transport à travers l’enveloppe nucléaire
[Link] microtubules (2) :
a) Fixent les actines pour former des sarcomères contractiles
b) Sont constitués de protofilaments
c) Présentent in vivo une instabilité dynamique à leur extrémité (-)
[Link] le transport intracellulaire :
a) Le cytosquelette constitue à la fois le support et le moteur des mouvements vésiculaires cyto-
R
plasmiques.
LM
b) Dans les cellules nerveuses, les microfilaments parcourent l’axone du corps cellulaire aux ter-
minaisons synaptiques et sont à la base du transport axonal.
c) le transport nucléo-cytoplasmique se fait par des vésicules membranaires.
EC
teurs, etc.) sont acheminées grâce au transport antérograde (ou centrifuge) assuré par la kinésine.
b) Les mécanismes moléculaires assurant le mouvement vésiculaire au niveau cytoplasmique s’ap-
RS
tubules chez les Eucaryotes, les filaments intermédiaires assurent chez les Procaryotes le déplace-
CO
213
a) En moyenne, une mitochondrie a une longueur comprise entre 10 et 100 µm
b) La mitochondrie est capable de synthétiser la totalité de ses propres protéines
c) Le cycle de Krebs produit du NADH, de l’ATP et du CO2
[Link] mitochondrie :
a) L’ATP synthase utilise le gradient de sodium.
c) La mitochondrie contient de l’ADN et des ribosomes.
d) La phosphorylation oxydante est le processus par lequel les électrons issus du NADH sont cédés
à l’ATP.
98. La mitochondrie :
a) contient son propre ADN (ADNmt circulaire de 16,5 Kb chez l’homme)
b) Est un site important de production de l’ATP
c) Est entourée d’une seule membrane
99. La mitochondrie :
a) Contient dans sa matrice l’équipement nécessaire à la synthèse protéique
b) Reçoit ses phospholipides en provenance du RE lisse par l’intermédiaire d’un transporteur-
navette à phospholipides
c) Est le lieu de biosynthèse de certaines hormones stéroïdes
100. La membrane interne de la mitochondrie est caractérisée par :
a) De nombreuses crêtes.
b) La présence de porines très perméables.
C) Des intégrines qui se fixent avec le cytosquelette.
R
[Link] l’espace matriciel de la mitochondrie on trouve :
LM
a) Les enzymes nécessaires à l’oxydation du pyruvate et des acides gras.
b) Une concentration très élevée de H+(protons).
d) Des enzymes de la glycolyse.
EC
trons.
103.L’ATP (1) :
U
a) Est un sucre
CO
b) Est un nucléotide
c) Peut-être intégrée à l’ADN
104.L’ATP (2) :
a) Est un acide gras.
b) Est un nucléotide.
c) Peut-être intégrée à l’ADN.
[Link] membrane interne de la mitochondrie
a) Contient de porines qui la rend extrêmement perméable pour des molécules chargées b) Est
replié en crêtes
[Link] respiration (au niveau de la cellule) :
a) Est réalisée dans les chloroplastes
b) Est réalisée dans les mitochondries
c) Consiste en une transformation du pyruvate en lactate
[Link] mitochondrie est un organite :
a) Produisant de l’ATP
b) Produisant du glycogène
c) Produisant du lactate
[Link] de quelques activités métaboliques cellulaire
a) la phosphorylation oxydative dans le noyau
b) la synthèse des hormones stéroïdes dans le cytoplasme
214
c) le cycle de l’acide citrique dans l’espace matriciel de la mitochondrie
[Link] potentiel transmembranaire mitochondrial :
a) Est généré par l’ATP synthase
b) Permet le fonctionnement de certaines transporteurs de la membrane interne (celle du pyruva-
tepar exemple)
c) Contrôle l’ouverture des porines mitochondriales
[Link] phosphorylation oxydative :
a) Produit 3 ATP à partir d’un NADH et 2 ATP à partir d’un FADH2
b) A lieu au niveau de la membrane externe mitochondriale
C) modifie le fonctionnement des protéines kinases
[Link] que leur rôle de production d’ATP, les mitochondries sont aussi impliquées dans :
a) La synthèse de stéroïdes.
b) Le recyclage des récepteurs.
C) La production de seconds messagers.
[Link] maturation de l’ARNm :
a) L’épissage des ARNm constitue le mécanisme d’ajout de la coiffe.
b) Les ARNm eucaryotes sont polyadénylés (coté 3’).
c) Les ribosomes assurent l’excision des introns.
[Link] les cellules eucaryotes
a) Les ARNr précurseurs sont synthétisés à partir de nombreuses unités de transcription séparées
par des séquences intercalaires
R
b) Le gène de l’ARNr code pour une protéine
LM
c) Les ARNr 5S d’origine extra nucléolaire sont synthétisés par l’ARNpolymérase I
[Link] séquence nucléotidique est traduite quand elle est sous forme :
a) D’ADN
EC
b) D’ARNr
AV
C) D’ARNm
[Link] ARN ribosomaux (ARNr)
RS
215
a) Est la principale forme de stockage de l’information génétique chez les eucaryotes
b) Est un polymère de nucléotides liés par des liaisons phosphodiester
c) Est une copie du brin matrice (codant) de l’ADN
[Link] molécule d’ARNm d’une cellule eucaryote :
a) Elle code plusieurs protéines tout à fait différentes.
b) Est le résultat d’un processus de maturation de l’ARNhn (transcrit primaire)
c) Elle ne peut être traduite que par les ribosomes associés au réticulum endoplasmique.
[Link] ARN de transfert (ARNt)
a) S’associent à l’ARN messager (ARNm) pour assurer la traduction
b) Sont traduits en protéines de transport
C) Sont des composants structuraux du ribosome
[Link] de la traduction
a) Le codon AUG définit l’arrêt de la traduction
b) Le codon AUG code pour la méthionine
R
c) Un codon est une séquence des 3 acides aminés
LM
[Link] réticulum endoplasmique rugueux (REr) est :
a) Un site de maturation des ribosomes
EC
a) Les cavités du réticulum endoplasmique sont en communication indirecte avec le milieu ex-
tracellulaire.
b) Le réticulum lisse est utilisé dans la synthèse des lipides.
d) Le réticulum lisse et le réticulum rugueux ne communiquent pas entre eux en dehors d’un
échange de vésicules spécialisées.
[Link] membranes du réticulum endoplasmique :
a) Ont une composition moléculaire identique à celle de la membrane plasmique
b) Possèdent une pompe à calcium
[Link] réticulum endoplasmique rugueux (REr)
a) Doit son nom aux ribosomes qui lui sont associés.
b) Il est constitué de cavités dans lesquelles les acides aminés sont assemblés les uns aux autres.
c) Il est le lieu de synthèse des protéines mitochondriales.
[Link] réticulum endoplasmique :
a) Se présente généralement sous forme tubulaire pour ce qui concerne le réticulum lisse.
216
b) Est le siège de la biosynthèse des bases des acides nucléiques.
[Link] synthèse d’une chaîne polypeptidique au niveau du réticulum endoplasmique nécessite :
a) Une synthèse préalable d’une séquence « signal » au niveau du cytoplasme
b) L’excision de la séquence signal par une peptidase cytosolique
[Link] des organelles suivantes est indiquée par les flèches sur cette vue observée en micro-
scopie électronique :
a) Le chloroplaste
b) Le péroxysome
c) L’appareil de Golgi
132.L’appareil de Golgi (1)
a) Est un organite constitué par plusieurs empilements de saccules.
b) Par un mécanisme de transport et de fusion vésiculaire, les saccules sont en relation d’un côté
de l’empilement avec le noyau et de l’autre avec le réticulum endoplasmique rugueux.
c) La face trans donne naissance au réseau trans-golgien servant uniquement à la formation des
lysosomes.
R
133.L’appareil de Golgi (2)
LM
a) Est constitué de citernes aplaties et de vésicules associées.
b) Présente un empilement de citernes associées aux ribosomes.
EC
c) Est une structure dite polarisée non présente dans les cellules végétales.
AV
a) L’appareil de Golgi est présent dans toutes les cellules procaryotes et eucaryotes.
b) Il est constitué de citernes aplaties en forme de disques et de vésicules associées.
U
c) Le réseau trans-golgien assure le transport vésiculaire entre l’appareil de Golgi et l’ensemble des
CO
organites.
135.L’appareil de Golgi (4)
a) Assure la maturation des ARNm.
b) Assure la synthèse protéique.
c) Participe à la maturation post-traductionnelle des protéines.
136.L’appareil de Golgi (5)
a) est constitué exclusivement de vésicules et de vacuoles.
b) intervient dans la synthèse des stéroïdes.
c) est impliqué dans le remaniement et la concentration de produits de sécrétion protéique.
137.L’appareil de Golgi (6)
a) Les citernes qui composent l’appareil de Golgi constituent un compartiment membranaire cy-
toplasmique dont la fonction majeure est le stockage du calcium.
b) La maturation des protéines débutée dans le réticulum endoplasmique (glycosylation) se pour-
suit dans l’appareil de Golgi (déglycosylation, glycosylation, clivage protéolytique).
217
c) Les glycoprotéines en transit dans l’appareil de Golgi sont plus matures au niveau de la face
cisqu’au niveau de la face trans.
[Link] portion glucidique des glycoprotéines membranaires
a) Est présente à la surface de la cellule (face extracellulaire).
b) Est présente à la surface du noyau.
c) Est présente à la surface de l’enveloppe mitochondriale.
[Link] tri des protéines fabriquées au niveau du réticulum endoplasmique rugueux :
a) Est réalisé au sein des saccules golgiens de la face trans.
b) N’intéresse que les protéines destinées au compartiment lysosomal.
c) Permet le routage post-traductionnel des protéines mitochondriales
[Link] transport intracellulaire :
a) Le cytosquelette constitue le support des mouvements vésiculaires cytoplasmiques.
b) Dans les cellules nerveuses, les microfilaments parcourent l’axone du corps cellulaire aux ter-
minaisons synaptiques et sont à la base du transport axonal.
c) Les filaments intermédiaires assurent chez les Procaryotes le déplacement des vésicules d’un
R
compartiment membranaire interne à un autre.
LM
[Link] l’exocytose
a) Les hormones, les enzymes et les déchets cellulaires peuvent être exocytés directement dans le
EC
milieu extracellulaire sans être emballés au préalable dans des vésicules de transport.
AV
b) Chez les cellules animales, les composés exocytés ont pour unique destinée celle de constituer
la matrice extracellulaire en emplissant les espaces libres entre les cellules.
RS
C) On distingue deux voies d’exocytose, la voie constitutive qui fonctionne dans toutes les cellules,
et la voie régulée qui fonctionne dans les cellules spécialisées en réponse à un stimulus.
U
218
.a) La kinésine, la dynéine et la myosine sont des moteurs moléculaires capables de se lier aux
microtubules.
b) Les vésicules se déplacent toujours à sens unique entre deux compartiments membranaires
intracellulaires.
c) Les vésicules possèdent des protéines de surface impliquées dans la reconnaissance de leur site
de fusion.
[Link] voies de circulation des protéines chez les Eucaryotes
a) Les protéines destinées aux mitochondries, aux chloroplastes, aux peroxysomes et au noyau
possèdent toutes des séquences-signal spécifiques mises en place lors de la protéosynthèse sur le
réticulum endoplasmique rugueux.
b) Chez les cellules végétales, les hydrolases acides enfermées dans les vésicules lysosomales se-
ront déversées au sein de la ou des vacuoles pour dégrader les métabolites et les macromolécules
stockés.
c) Les protéines chaperons assurent le dépliage et le repliement des chaînes polypeptidiques lors
du transport de ces dernières à travers la membrane mitochondriale. 146. La circulation intracel-
lulaire des protéines chez les Eucaryotes
a) Toutes les protéines sont synthétisées dans le réticulum endoplasmique pour être triées ensuite
R
dans l’appareil de Golgi. LM
b) Les protéines lysosomales sont reconnues et triées grâce au mannose-6-phosphate qu’elles
contiennent.
EC
c) Les protéines destinées aux mitochondries, aux peroxysomes et au nucléoplasme passent obli-
gatoirement par l’appareil de Golgi.
AV
[Link] la sécrétion . a) Toutes les protéines sécrétées sont transportées et libérées à l’ex-
térieur de la cellule de façon continue et sans aucun mécanisme de régulation.
RS
c) Comme dans le cas de l’endocytose, toutes les vésicules émises par l’appareil de Golgi sont
recouvertes d’un feutrage de clathrine.
[Link] sécrétion
a) La sécrétion dite contrôlée permet l’exocytose de molécules telles que les hormones et les neu-
romédiateurs en réponse à un signal de sécrétion.
b) Les vésicules impliquées dans les sécrétions constitutive et contrôlée sont recouvertes d’un
manteau particulier constitué de clathrine.
c) Les vésicules de sécrétion contrôlée fusionnent avec la membrane plasmique dans des régions
bien déterminées. [Link] sécrétion
a) Les vésicules tapissées de clathrine interviennent dans la sécrétion constitutive.
b) Les vésicules tapissées de clathrine transportent des produits triés par l’intermédiaire d’un ré-
cepteur tels que le complexe AP1.
c) Des vésicules conservent leur feutrage de clathrine jusqu’au moment de l’exocytose.
[Link] les transferts moléculaires entre l’appareil de Golgi et le système lysosome/endosome :
a) Il existe un étiquetage sélectif (« glucide de destination ») des enzymes à destination lysosomale.
219
b) Tous les saccules golgiens (cis, médian, trans) peuvent former des vésicules transportant des
hydrolases lysosomales.
c) Les vésicules bourgeonnant à partir des saccules sont recouvertes de clathrine.
[Link] lysosones(1) :
a) Sont délimités par une double membrane
b) Contiennent des enzymes hydrolytiques (hydrolases)
c) Ne digèrent que des produits cytosoliques
[Link] lysosomes (2) :
a) Sont des vésicules en permanence recouvertes de clathrine
b) Sont des vésicules fixant les ribosomes
c) Sont la destination de protéines issues de l’appareil de Golgi et étiquetées par le mannose-6
phosphate
[Link] lysosomes (3) :
a) les lysosomes sont des organites présents dans toutes les cellules eurcaryotes et procaryotes.
b) les membranes lysosomiales contiennent des pompes à protons.
R
c) les protons sortent des lysosomes pour maintenir la lumière lysosomiale à bas pH.
LM
154.L’endocytose (1) :
EC
cune reconnaissance par la surface membranaire), l’endocytose par récepteurs interposés (cap-
ture de molécules spécifiques après liaison à des protéines membranaires).
U
c) Le matériel saisi par endocytose est directement amené et déversé par fusion membranaire au
CO
220
157.L’endocytose (4)
a) Est un mécanisme d’internalisation de macromolécules ou de particules par la voie d’une vési-
cule.
b) Désigne la formation de vésicules par inclusion de la membrane plasmique.
c) Est appelée pinocytose dans le cas de l’ingestion de fluide ou de macromolécules au moyen de
petites vésicules.
158.L’endocytose et l’exocytose
a) l’exocytose est réalisée par fusion membranaire, l’endocytose est initiée par l’invagination de la
membrane plasmique.
b) Le contenu de vésicules d’endocytose est toujours apporté par l’intermédiaire de récepteurs.
c) les substances sécrétées en réponse à un signal extracellulaire sont stockées dans des vésicules
de sécrétion recouvertes d’actine.
159.L’internalisation du cholestérol par endocytose :
a) Nécessite le transport d’une lipoprotéine (LDL) du milieu extracellulaire vers le compartiment
endosomal
b) Nécessite la formation de vésicules recouvertes de clathrine.
R
c) Sera suivie par un recyclage des récepteurs au niveau de l’appareil de Golgi.
LM
L’acheminement des protéines vers la mitochondrie, le peroxysome et le noyau
EC
221
c) Impliquées dans la oxydation de très longues chaînes d’acide gras
[Link] peroxysome doit son nom à :
a) La formation de H202, produit de la -oxydation de longs acides gras
b) Sa densité exceptionnelle
c) Sa localisation péri-nucléaire
[Link] trafic moléculaire au travers du pore nucléaire :
a) Est indépendant de séquence de destination
b) Est non-sélectif
c) Est facilité par les « importines » et « exportines »
166.L’interaction d’une hormone avec ses récepteurs :
a) Est saturable
b) Est forcément une interaction de type protéine-protéine
c) Se réalise toujours au niveau de la membrane plasmique
[Link] la réaction de phosphorylation, on peut dire qu’elle est :
R
a) une modification covalente d’une molécule
LM
b) spécifique des protéines
c) irréversible
EC
222
[Link] transduction d’un signal extracellulaire mettant en jeu l’adénylyl cyclase se déroule en fai-
sant intervenir plusieurs étapes :
1) hydrolyse du GTP en GDP par les protéines G
2) Fixation du médiateur chimique (ligand) sur son récepteur spécifique et changement de confor-
mation du récepteur
3) Hydrolyse de l’ATP et cyclisation de l’AMP par l’adénylyl cyclase
4) Remplacement du GDP par du GTP sur la protéine G (échange)
5) Formation du complexe protéine G-adénylyl cyclase
6) Activation d’une cascade de phosphorylation
Dans quel ordre chronologique se déroule les différentes étapes ?
a) 1,2,5,3,6,4
b) 2,4,6,3,1,5
c) 2,4,5,3,6,1
[Link] récepteurs
a) Permettent la communication intercellulaire
R
b) Ont une interaction très faible avec leur ligand
LM
c) Peuvent porter une activité catalytique
EC
223
a) Une phosphorylation des récepteurs sur les résidus thréonine
b) L’expression d’ADN-polymérase
c) Une diminution du nombre des polyribosomes
[Link] transcription et al réplication
Un peu d’histoire. . .
Parmi ces prix Nobel de physiologie ou de médecine, lesquels ont-ils décrits la structure de l’ADN ?
a) Camillo Golgi
b) Francis Crick
c) Jacques Monod
[Link] transcription
a) Est directement dirigée par les récepteurs des hormones stéroïdiennes
b) Se déroule sur les ribosomes
c) Nécessite les ARNt pour déchiffrer le code génétique
[Link] transcription
R
a) concerne les ARN messagers polyadénylés LM
b) Nécessite les ribosomes
c) Est l’activité de copier le brin non codant de l’ADN en ARN par une polymérase
EC
182.L’ADN
AV
c) Se traduit en protéines
U
224
c) La dépolymérisation
[Link] des cellules pancréatiques de souris cultivées en présence d’adénine tritiée puis traitées
ou non par différents enzymes, les autoradiographies montrent des grains d’argent :
a) Sur l’ADN après un traitement des cellules par une désoxyribonucléase.
b) Sur l’ARN après un traitement des cellules par une ribonucléase.
c) Sur l’ARN et l’ADN après un traitement des cellules par une ligase.
[Link] les enzymes suivantes, quelles sont celles intervenant dans la duplication de l’ADN ? a)
Ligase
b) ARN polymérase
c) Transcriptase inverse
[Link] réplication de l’ADN (1) :
a) Se fait par synthèse d’un nouveau brin dans le sens 3’-5’.
b) L’ADN polymérase a besoin d’une amorce pour synthétiser l’ADN.
c) Les topoisomérases ont une activité endonucléasique.
[Link] réplication de l’ADN (2)
R
a) Est conservatrice
LM
b) Repose sur l’appariement des nucléotides (C-G et A-T)
EC
[Link] chromosome
a) Existe en une seule copie par cellule
b) Est une molécule d’ADN double brin bien empaquetée
c) Est circulaire dans le noyau des mammifères
[Link] transcription de l’ARN (1) :
a) A lieu dans le cytoplasme
b) Implique la synthèse d’amorces pour assurer le fonctionnement de l’ARN polymérase
c) Se fait par une ARN-polymérase
[Link] transcription de l’ARN (2) :
a) La coiffe protège l’ARNm des dégradations dues aux exonucléases
b) Les ARNm procaryotes sont polyadénylés
c) Les ribosomes assurent l’excision des introns
[Link] nucléosome :
a) Est composé de tubuline et d’ARN
225
b) Est composé d’histones et d’ADN
c) Dégrade l’ADN
[Link] maturation de l’ARNm :
a) L’épissage des ARNm constitue le mécanisme d’ajout de la coiffe.
b) L’épissage fait intervenir des ribonucléoprotéines spécifiques.
c) Les ribosomes assurent l’excision des introns.
Le cycle cellulaire
197. Concernant le cycle cellulaire chez les eucaryotes, on observe que :
a) Les cellules peuvent entrer en phase G0 à la fin de la phase G2.
b) Le point Départ ou point de restriction est situé au début de la phase G1.
c) Il existe un point critique en phase G2 contrôlant l’entrée en phase M.
[Link] le contrôle du cycle cellulaire chez les Eucaryotes, on note que :
a) La fusion entre cellules en phase G1 et S provoque une duplication d’ADN dans les noyaux en
G1
R
b) L’entrée en phase S est liée à la déphosphorylation de la protéine rétinoblastome
LM
c) La protéine p53 est fortement concentrée dans les cellules normales (par rapport aux cellules
[Link] les Eucaryotes, le complexe cyclineB/Cdk1, qui assure la progression du cycle cellulaire
EC
226
b) A lieu en phase G2 du cycle cellulaire
c) Est inhibée par les facteurs de croissance
Le chloroplaste
[Link] le chloroplaste :
a) Tout comme la mitochondrie, le chloroplaste produit de l’ATP
b) La phase lumineuse de la photosynthèse est la phase qui produit l’oxygène (oxygénique)
c) Les organismes hétérotrophes sont capables de fabriquer leur propre matière organique
[Link] chlorophylles des plantes :
a) Ont les molécules photoréceptrices et contribuent à la photolyse de l’eau
b) Sont ancrées dans les membranes internes des chloroplastes, faisant saillie dans le stroma
c) Absorbent toutes les longueurs d’onde de la lumière visible
[Link] les chloroplastes :
a) La chlorophylle chélate un atome de fer
b) Le photosystème I est responsable de la photolyse de l’eau
R
c) Les chloroplastes synthétisent l’ATP
LM
[Link] chloroplastes
a) Les chloroplastes des végétaux supérieurs présentent trois compartiments limités par des mem-
EC
branes. b) La photolyse de l’eau ne consomme pas d’énergie. c) Le cycle de Calvin permet la pro-
duction de glycéraldéhyde phosphate.
AV
a) Les mitochondries sont présentes dans les cellules animales mais pas dans les cellules végétales
U
b) Les chloroplastes sont présents dans les cellules végétales mais pas dans les cellules animales
CO
c) Les ARN polycistroniques sont présent ni dans les cellules animales ni dans les cellules végétale
209. Un potentiel d’action est :
a) un signal électrique variable suivant l’amplitude de l’activation
b) un signal électrique variable suivant le neurone qui le propage
c) un signal électrique invariable et constant
d) un signal électrique dont la durée varie suivant le stimulus qui le déclenche
210. L’intensité d’un stimulus est codée en :
a) fréquence de potentiels d’action
b) amplitude et fréquence de potentiels d’action
c) amplitude de potentiels d’action
d) intensité de potentiels d’action
[Link] neurotransmetteur est, dans une synapse :
a) une molécule sécrétée par le neurone post synaptique
b) une molécule captée par le neurone pré synaptique
227
c) une molécule sécrétée par le neurone pré synaptique
d) une molécule sécrétée par les deux neurones
212. Un neurone est constitué :
a) d’un corps cellulaire, de plusieurs axones et de plusieurs dendrites
b) d’un corps cellulaire, d’un axone et de plusieurs dendrites
c) d’un corps cellulaire, de plusieurs axones et d’une dendrite
d) d’un corps cellulaire, d’un axone et d’une dendrite
213. : La plasticité cérébrale désigne :
a) la capacité du système nerveux à se déformer
b) la capacité du système nerveux à se figer dès la naissance
c) la capacité du système nerveux à évoluer au cours de la vie
d) la capacité du système nerveux à ne pas évoluer au cours de la vie
214 .La méiose consiste en deux divisions cellulaires, une division réductionnelle et une division
équationnelle (cocher une seule réponse)
R
a) Vrai LM
b) Faux
215 -L’étape la plus longue de la division réductionnelle de la méiose est
EC
a) La première télophase
AV
b) La première métaphase
c) La première prophase
RS
d) La première anaphase
U
a) La première télophase
b) La première métaphase
c) La première prophase
228
d) La première anaphase
e) Toutes les étapes sont proches sur le temps
219 L’étapes (ou étapes) de la division réductionnelle de la méiose où s’effectue l’appariement des
chromosomes homologues pour former des paires de chromosomes (Tétrades)
a) La première anaphase
b) La première métaphase
c) La première télophase
d) Toutes les étapes sont proches sur le temps
e) La première prophase
220 Choisir la phrase à contenu faux (cocher une seule réponse)
a) La méiose est une suite de deux divisions cellulaires avec une deux réplications de l’ADN dont
une entre les deux divisions
b) La méiose permet de passer d’unen cellule mère diploïde à 4 cellules filles haploïdes
c) La première division de méiose permet de donner des cellules à N chromosomes et deux chro-
matides
R
d) La deuxième division de la méiose, permet de donner, à la télophase, quatre cellules à N chro-
LM
mosomes avec une seule chromatide
e) L’appariement des chromosomes homologues a lieu durant la prophase 1
EC
229
C)-correspond à l’émission d’un ovule par les ovaires,
D)-peut se produire à n’importe quel moment du cycle.
225. La cellule-œuf :
A)-provient de l’union de l’ovule et du spermatozoïde,
B)-se divise pour donner un embryon,
C)-se divise pour donner un fœtus,
D)-s’implante dans la trompe.
226. Les spermatozoïdes :
A)-sont des cellules,
B)-sont produits à partir de la puberté et durant toute la vie,
C)-sont les seuls composants du sperme,
D)-peuvent vivre deux semaines.
227. Les règles chez la femme :
A)-marquent la fin d’un cycle,
R
B)-s’arrêtent à la ménopause et lors d’une grossesse,
LM
C)-durent en moyenne un jour,
D)-correspondent à la destruction de la paroi du vagin.
EC
228. La fécondation :
AV
230. Le fœtus :
A)-se développe dans le vagin,
B)-se développe dans la vulve
C)-se développe dans l’uterus,
D)-se développe dans le prostate.
231. Le préservatif masculin :
A)-empêche l’ovulation,
B)-empêche la rencontre des cellules reproductrices,
C)-est la seule protection contre les infections sexuellement transmissibles,
D)-est une méthode contraceptive toujours efficace.
232. Le spermatozoïde :
A)-est un liquide,
B)-est une cellule,
230
C)-est un organe,
D)-est produit par les testicules.
233. L’appareil reproducteur féminin :
A)-fonctionne de façon cyclique,
B)-fonctionne de façon continue,
C)-fonctionne durant toute la vie,
D)-fonctionne de la puberté à la mort.
234. L’ovulation a lieu :
A)-pendant la période des règles,
B)-environ 14 jours avant le début des règles,
C)-à la fin du cycle,
D)-au milieu d’un cycle de 28 jours.
235. La fécondation :
A)-correspond à l’expulsion d’un ovule dans la trompe utérine,
R
B)-correspond à la fusion de deux cellules reproductrices,
LM
C)-a lieu dans la trompe utérine,
D)-a lieu 14 jours après l’ovulation.
EC
A)-favorise la nidation,
RS
B)-bloque l’ovulation,
C)-ralentit l’entrée des spermatozoïdes dans l’utérus,
U
231
C)-fabriqués à partir de la puberté,
D)-des cellules immobiles.
240. Chez la femme :
A)-les règles apparaissent au moment de la ménopause,
B)-l’appareil reproducteur fonctionne de manière cyclique,
C)-l’appareil reproducteur fonctionne de manière continue,
D)-les règles sont un écoulement de sang provenant de la rupture de la muqueuse du vagin.
241. Le placenta :
A)-est relié au fœtus par le cordon ombilical,
B)-permet des échanges entre la mère et le fœtus,
C)-permet au fœtus d’être approvisionné en dioxyde de carbone,
D)-empêche le passage des drogues et de l’alcool du sang de la mère vers celui du fœtus.
242. Le fonctionnement cyclique de l’appareil génital féminin s’arrête :
A)-à la puberté,
R
B)-à la retraite,
LM
C)-à la ménopause,
D)-à la majorité (18 ans).
EC
232
C)-les organes reproducteurs deviennent fonctionnels,
D)-les caractères sexuels secondaires apparaissent.
247. Les spermatozoïdes sont produits :
A)-de la naissance jusqu’à la mort,
B)-de la puberté jusqu’à la mort,
C)-par les vésicules séminales et stockés dans les testicules,
D)-par les testicules.
248. L’ovule est une cellule qui :
A)-est libérée par l’utérus,
B)-a une taille voisine de celle du spermatozoïde,
C)-n’a pas de mobilité propre,
D)-possède un noyau.
249. L’ovulation a lieu :
A)-au moment des règles,
R
B)-environ 14 jours avant le début des règles du cycle suivant,
LM
C)-juste avant le début des règles,
D)-le premier jour du cycle.
EC
251. A la puberté :
CO
233
D)-dès la naissance.
254. Le nombre d’ovules émis par une femme en une année est :
A)-de plusieurs milliers,
B)-d’environ 12,
C)-égal à celui du nombre de cycles,
D)-égal à celui du nombre de rapports sexuels.
256. Les règIes :
A)-apparaissent toujours vers 13 ans,
B)-ont lieu au moment de l’ovulation,
C)-correspondent à l’élimination de la couche superficielle de la paroi de l’utérus.,
D)-correspondent à un écoulement périodique de sang.
257. Lors d’un rapport sexuel les spermatozoïdes sont libérés :
A)-dans l’utérus,
B)-dans le vagin,
R
C)-dans la trompe, prés de l’ovule,
LM
D)-à l’entrée du col de l’utérus.
258. La fécondation :
EC
234
262. Certaines méthodes contraceptives ne sont délivrées que sur ordonnance et nécessitent donc
une consultation médicale, c’est le cas pour :
A)-le préservatif féminin,
B)-le stérilet,
C)-la pilule contraceptive,
D)-le préservatif masculin.
261. Le préservatif masculin :
A)-est destiné à empêcher la production des spermatozoïdes,
B)-empêche l’entrée des spermatozoïdes dans le vagin,
C)-est un moyen efficace de protection contre les infections sexuellement transmissibles,
D)-empêche l’éjaculation.
262. La pilule contraceptive :
A)-empêche l’ovulation,
B)-n’est efficace que si elle est prise pendant la période d’ovulation,
R
C)-peut être prise une seule fois avant un rapport sexuel, afin d’éviter une grossesse,
LM
D)-n’assure plus une contraception parfaite, s’il y a un oubli lors de la prise.
263. Le stérilet :
EC
A)-évite l’ovulation,
AV
235
267. Chez l’être humain, la rencontre puis la fusion des cellules reproductrices :
A)-est externe,
C)-s’appelle la nidation,
D)-s’appelle la fécondation.
268. Le préservatif :
R
D)-cessent durant la grossesse. 270. Le sperme :
A)-est produit uniquement au niveau des testicules,
LM
B)-est formé d’un liquide nourricier qui représente 90 % de son volume total,
C)-est produit à partir de la puberté,
EC
B)-est libéré environ 14 jours avant le début des règles du cycle suivant,
C)-survit environ 24 heures après sa libération,
U
[Link] nombre d’ovules libérés par une femme en une année est :
A)-plusieurs millions,
B)-un par ovaire,
C)-environ douze,
D)-égal au nombre de cycles d’une année.
273. L’endomètre, ou muqueuse utérine :
A)-a une épaisseur d’environ 10 centimètres en début de cycle,
B)-change d’aspect au cours du cycle,
C)-est détruit tous les 28 jours environ,
ce qui provoque les règles,
D)-est détruit si l’embryon s’est implanté dans l’utérus.
274. La fécondation :
A)-correspond à l’union d’un ovaire et d’un spermatozoïde,
B)-se réalise dans la trompe utérine,
C)-est possible jusqu’à 24 heures après l’ovulation,
D)-est possible dès que la jeune fille au eu ses premières règles, et jusqu’à la ménopause.
275. Les méthodes de contraception :
A)-empêchent toutes la rencontre des cellules reproductrices,
236
B)-sont réservées aux femmes,
C)-protègent toutes des IST, infections sexuellement transmissibles,
D)-sont basées sur des moyens mécaniques ou chimiques.
R
B : β+ LM
C : β−
B : Des positons
RS
C : Des électrons
5) L’activité d’une substance radioactive représente :
U
CO
237
B : De fission
C : D’explosion
9) Un passager est assis dans un train se déplaçant à vitesse constante sur une voie rectiligne :
A : Le passager est immobile dans le référentiel terrestre.
B : Le passager est en mouvement rectiligne uniforme dans le référentiel terrestre.
C :Le passager est en mouvement rectiligne uniforme dans le référentiel du train.
10) La valeur de la vitesse d’un point matériel de masse m = 100 g est v = 36 km / h. La valeur de la
quantité de mouvement est égale à cet instant à :
A : 3,6 kg .m /s
B : 1,0 x 103 kg .m /s
C : 1,0 kg .m /s
11) Au démarrage, un scooter passe de 0 à 36 km . h–1 en 10 s. Son accélération moyenne est de :
A : 3,6 m /s 2 B : 3,6 km /h 2 C : 1,0 m /s 2
12) Pour que la troisième loi de Newton ou loi des actions réciproques s’applique à deux corps A
et B en interaction, il faut que :
R
A : Les deux corps soient en contact.
LM
B : Les deux corps aient la même masse.
C : Il n’y a pas de condition.
EC
A : Est nulle.
B : A pour valeur
C : A pour valeur
15) Dans le cas d’un mouvement circulaire uniforme, la résultante des forces qui s’exercent sur le
système est :
A : Nulle.
B : Constante.
C : Centripète.
16) On donne la chronophotographique d’un volant de badminton. Le vecteur vitesse du volant
au point A3 :
A : Est nul.
B : Est tangent à la trajectoire.
C : A pour valeur v 3 = 0, 50m/s.
17) Le vecteur accélération du volant du badminton au point A 3 :
238
A : Est nul.
B : Est perpendiculaire à la trajectoire. C : A pour valeur a 3 = 200m/s 2 .
18) La tension u AB entre les bornes A et B d’un dipôle est :
A : Égale à la différence de potentiel (V A − VB ) entre ses deux points.
B : Est représentée par une flèche tracé hors du circuit et orientée de B vers A.
C : Est représentée par une flèche tracé hors du circuit et orientée de A vers B.
19) Soit un dipôle RC suivant : La flèche représente la tension :
A : u AB
B : uB A
C : uC B
20) On charge un condensateur, à courant constant, avec une intensité I = 50,0 mA pendant une
durée ∆t = 3,0 min. La charge Q du condensateur est alors :
A : Q ≈ 150 C
B : Q ≈ 9,0 ∗103C
R
C : Q ≈ 9,0 C LM
21) Pour pouvoir écrire les lois physiques relatives aux différents dipôles :
A : Il faut nécessairement orienter le circuit ou la branche de circuit dans lequel les dipôles se
EC
trouvent
B : Il n’est pas nécessaire d’orienter le circuit ou la branche de circuit dans lequel les dipôles se
AV
trouvent
RS
A : u AB = – R . i
B : u AB = R . I
C : u AB = R . i
23) Un générateur qui délivre un échelon de tension donne :
A : Une tension qui passe de façon instantané d’une valeur nulle à une valeur constante E
B : Une tension périodique telle que uG = E sur la première demi-période et uG = –E sur la seconde
demi-période
C : Une tension triangulaire
24) Le condensateur est chargé à 63 % de sa charge maximale au bout de la durée :
A:τ
B:3τ
C:5τ
25) Le condensateur est chargé à 99 % de sa charge maximale au bout de la durée :
A:τ
239
B:3τ
C:5τ
26) Lors de la charge d’un condensateur par un échelon de tension, l’intensité i du courant dans
le circuit :
A : Est constante au cours du temps
B : Est maximale à l’instant initial, puis diminue pour s’annuler lorsque le condensateur est chargé
C : Est minimale à l’instant initial, puis augmente, passe par un maximum, puis diminue pour
s’annuler lorsque le condensateur est chargé
27) La constante de temps d’un dipôle RC est :
A : La durée nécessaire pour que le condensateur atteigne 63 % de sa charge maximale
B : La durée nécessaire pour que le condensateur soit totalement chargé
C : La durée nécessaire pour que le condensateur atteigne 37 % de sa charge maximale
28) On réalise un circuit RC en plaçant en série un condensateur de capacité C = 1000 µF et un
conducteur ohmique de résistance R = 3,40 kΩ. Le dipôle RC, ainsi réalisé, a pour constante de
temps :
A : τ ≈ 3,40 s
R
LM
B : τ ≈ 3,40 ∗103 s
C : τ ≈ 3,40 ∗10−3 s
EC
29) La courbe ci-dessous représente les variations de la tension aux bornes d’un condensateur en
fonction du temps lors de sa charge. La constante de temps du circuit RC vaut :
AV
A : τ ≈ 100 ms
RS
B :τ ≈ 24 ms
C : τ ≈ 12 ms
U
CO
30) Tigibus lance un bouton de masse m verticalement, vers le haut, à partir d’une hauteur h. La
valeur de la vitesse initiale est v0. On étudie le mouvement du bouton dans le repère contenu dans
le plan de la trajectoire. L’intensité de la pesanteur est notée g. Schéma de la situation à l’instant t :
Un référentiel pertinent pour étudier le mouvement du bouton est :
A : Le référentiel héliocentrique.
B : Le référentiel géocentrique.
C : Un référentiel terrestre.
31) Dans l’hypothèse d’une chute libre, le bouton est uniquement soumis :
A : À son poids et aux forces de frottements de l’air.
B : À son poids
C : Aux forces de frottements de l’air.
32) Le vecteur accélération du bouton est :
A : Vertical ascendant.
B : Vertical descendant.
C : Horizontal et dans le sens du mouvement.
240
33) À chaque date t, l’abscisse vx du vecteur vitesse du bouton est :
A:0
B : v0
C : —v 0
34 ) À chaque date t, l’ordonnée vy du vecteur vitesse du bouton est :
A : —g .t + v 0
B : +g .t + v 0
C :—g .t —v 0
35) La trajectoire du bouton est :
A : Parabolique.
B : Circulaire.
C : Rectiligne.
36) Le référentiel le plus adapté à l’étude du mouvement de la Lune autour de la Terre est :
A : Le référentiel héliocentrique.
R
B : Le référentiel géocentrique.
LM
C : Le référentiel terrestre.
37) Dans l’approximation d’une trajectoire circulaire, le mouvement de la Lune dans ce référentiel
EC
est :
AV
A : Rectiligne uniforme.
B : Circulaire uniforme.
RS
38) D’après la loi des aires, le segment de droite reliant les centres de gravité de la Lune et de la
CO
Terre :
A : Balaie des aires égales pendant des durées égales.
B : A une trajectoire elliptique.
C : A une longueur constante
39) La valeur de l’accélération d’un point mobile en mouvement circulaire uniforme : A : Est nulle.
B : Quadruple si la valeur de la vitesse double. C : Augmente si le rayon de la trajectoire augmente.
40) Dans la relation correcte précédente :
A : k dépend de la masse du satellite.
B : k dépend de la masse de l’astre autour duquel le satellite tourne.
C : kest une constante universelle.
41) Le mouvement de Jupiter est circulaire dans le référentiel :
A : Géocentrique.
B : Héliocentrique.
C : Jovicentrique.
241
42) Une bobine est caractérisée par :
A : Son inductance L et sa résistance interne r
B : Sa capacité C
C : Son inductance L
43) Une bobine se comporte comme un conducteur ohmique :
A : En régime permanent
B : En régime variable
C : Lorsque le courant est établi
44) L’inductance L d’une bobine :
A : Est une constante positive
B : Est une constante positive, négative ou nulle
C : Dépend des caractéristiques géométriques de la bobine
45) On place une bobine (L, r) dans le circuit représenté ci-dessous et on bascule l’interrupteur sur
la position 1 au temps t = 0 s. À l’établissement du courant dans le circuit :
R
A : L’intensité du courant augmente linéairement dans le circuit
LM
B : L’intensité du courant passe de la valeur 0 à la valeur limite I instantanément
C : L’intensité du courant augmente progressivement pour atteindre une valeur limite I.
EC
46) Grâce aux branchements réalisés sur le circuit ci-dessus, on visualise les variations de l’inten-
sité du courant, ceci à une constante près :
AV
B : À la voie 1
U
C : À la voie 2
CO
47) On donne : R = r + R’
Toujours au sujet de la courbe ci-dessus. La durée de l’établissement du courant dans le circuit :
A : Augmente lorsque R augmente
B : Diminue lorsque L augmente
C : Augmente lorsque L augmente
48) L’intensité du courant i dans le circuit atteint 63 % de sa valeur finale au bout de la durée : A : τ
B:3τC:5τ
49) L’intensité du courant i dans le circuit atteint 99 % de sa valeur finale au bout de la durée :
A:τ
B:3τ
C:5τ
50) On réalise un circuit RL en plaçant en série une bobine idéale d’inductance L = 100 mH et
un conducteur ohmique de résistance R = 20,0 Ω. Le dipôle RL, ainsi réalisé, a pour constante de
temps :
A : τ ≈ 5,00 ms
242
B : τ ≈ 2,00 ∗102 s
C : τ ≈ 5,00 ∗10
51) La constante de temps d’un dipôle RL est :
A : La durée nécessaire pour que l’intensité du courant dans le circuit atteigne 63 % de sa valeur
maximale
B : La durée nécessaire pour que l’intensité du courant dans le circuit atteigne 99 % de sa valeur
maximale
C : La durée nécessaire pour que l’intensité du courant dans le circuit atteigne 37 % de sa valeur
maximale
52) À partir de la courbe précédente, on peut déterminer la valeur de la constante de temps du
circuit RL. La valeur de la constante de temps du circuit RL vaut :
A : τ ≈ 1,5 ms
B : τ ≈ 3,5 ms
C : τ ≈ 7,0 ms
53) Une force est dite conservative, si :
R
A : Son travail est nul. LM
B : Son travail est indépendant du chemin suivi.
C : Son travail est moteur.
EC
54) Le travail du poids d’un parapentiste de masse m = 80 kg s’élançant à une altitude de h1 = 1500
m et se posant à une altitude de h2 = 500 m vaut :
AV
On prendra : g = 10 m .s-2
RS
A : 8,0 x 105 J
U
B : 8,0 x 102 J
CO
C : – 8,0 x 105 J
55) Le travail du poids d’un corps :
A : Est toujours positif quand le corps descend.
B : Est toujours moteur.
C : A un signe qui dépend du choix de l’axe vertical.
56) Une force qui s’exerce sur un point matériel est conservative si :
A : Elle garde une valeur constante quelle que soit sa direction.
B : Son travail ne dépend pas du chemin suivi par le point matériel pendant le déplacement.
C : Elle permet au corps sur lequel elle s’exerce de garder une vitesse constante.
57) On a représenté ci-dessous les évolutions au cours du temps des énergies d’un pendule de
masse m = 100 g, écarté de sa position d’équilibre et lâché sans vitesse initiale à la date t = 0 s. Les
énergies du pendule sont représentées de la façon suivante :
A : E m en VERT et EC en ROUGE
B : E pp en ROUGE et EC en BLEU
243
C : E m en ROUGEet EC en VERT
58)La date t = 0,36 s correspond au passage du pendule :
A : Par sa position d’équilibre
B : Par sa position la plus haute.
C : Par sa position la plus basse.
59) Lorsque le pendule passe par sa position d’équilibre, sa vitesse vaut :
A : 0, 77m.s −1 .
B : 0, 0m.s −1
C : 2, 4.10−1 m.s −1 .
60 ) Jusqu’à la date t = 0,36 s, il y a :
A : Transfert partiel de l’énergie potentielle de pesanteur en énergie cinétique.
B : Transfert complet de l’énergie cinétique en énergie potentielle de pesanteur.
C : Transfert complet de l’énergie potentielle de pesanteur en énergie cinétique.
61 ) Lorsque l’énergie mécanique d’un point matériel ne se conserve pas, la variation d’énergie
R
mécanique de ce point est égale à la somme des travaux :
LM
A : Des forces conservatives et non conservatives appliquées à ce point.
B : Des forces conservatives appliquées à ce point.
EC
62) Un pendule peut servir à construire une horloge si l’amplitude de ses oscillations :
A : Diminue au cours du temps.
RS
244
66) L’invariance dans le vide de la valeur de la lumière dans un référentiel galiléen est un postulat
de :
A : Galilée.
B : Newton.
C : Einstein.
67) En relativité restreinte, l’horloge qui mesure le temps propre séparant deux évènements doit
être :
A : Éloignée des lieux des évènements.
B : Proche des lieux des évènements.
C : En mouvement par rapport au lieu où se déroulent ces deux évènements.
68) En relativité restreinte, les durées mesurées sont :
A : Contractées par rapport aux durées propres.
B : Les mêmes que les durées propres.
C : Dilatées par rapport aux durées propres.
69) Les durées mesurée ∆T 0 et propre ∆T0 sont reliées par la relation ∆T 0 = γ.∆T0
R
A : γ s’exprime en m/s.
LM
B : γ s’exprime en s −1 .
EC
deux mêmes évènements. Les durées séparant ces deux évènements sont sensiblement différentes
si :
RS
A : Ces deux personnes sont en mouvement l’une par rapport à l’autre à une vitesse de valeur
U
élevée.
CO
B : Ces deux personnes sont en mouvement l’une par rapport à l’autre à une vitesse de faible valeur.
C : Ces deux personnes ne sont pas en mouvement l’une par rapport à l’autre.
71 ) On imagine qu’une personne A munie d’un chronomètre se déplace à 225000km.s −1 par rap-
port à une personne B. La personne B est également munie d’un chronomètre et les référentiels
liés à A et B sont galiléens. A mesure la durée propre séparant deux évènements. On donne : c =
3,00 .108 m.s −1
A : La durée mesurée par la personne B entre les deux évènements est environ 2 fois plus grande
que celle mesurée par la personne A.
B : La durée mesurée par la personne B entre les deux évènements est environ 1,5 fois plus grande
que celle mesurée par la personne A.
C : La durée mesurée par la personne B entre les deux évènements est sensiblement égale à celle
mesurée par la personne A.
72) La mécanique classique :
A : Est un cas particulier de la mécanique relativiste.
B : Est une généralisation de la mécanique relativiste. C : Correspond au cas où γ = 1.
245
73) Le caractère relatif du temps est-il à prendre en compte par un observateur fixe dans un réfé-
rentiel terrestre lorsqu’il mesure la période de battement des ailes d’une mouche volant à 10km.h −1 ?
A : Oui.
B : Non.
C : On ne peut pas savoir sans connaître la période propre des battements.
74) Une fusée se dirige avec une vitesse v vers une source lumineuse immobile dans un référentiel
galiléen. Par rapport au référentiel de la fusée, la vitesse de propagation de la lumière dans le vide
est :
A : supérieure à c.
B : égale à c.
C : inférieure à c.
75) D’après les postulats de la relativité restreinte, si on décrit le mouvement d’un électron soumis
à un champ électromagnétique dans deux référentiels galiléens différents :
A : Les trajectoires son décrites de façons identiques.
B : Les vitesses sont, à chaque instant, identiques.
R
C : Les mêmes lois de l’électromagnétisme sont respectées.
LM
76) Une fusée se dirige avec une vitesse v vers une station spatiale immobile dans un référentiel
galiléen. Pour un occupant de la station, par comparaison avec une horloge de la station, une
horloge embarquée dans la fusée :
EC
A : Prend de l’avance.
AV
B : Prend du retard.
RS
propre τ. Dans un laboratoire, la durée d’existence mesurée pour des muons animés d’une vitesse
CO
246
C:1
81) L’énergie interne d’un système macroscopique résulte :
A : De contributions microscopiques.
B : De contributions microscopiques et macroscopiques.
C : De contributions macroscopiques.
82) L’énergie interne d’un système macroscopique :
A : Peut varier suite à des transferts thermiques avec l’extérieur.
B : Peut varier suite à des travaux échangés avec l’extérieur.
C : Peut ne pas varier.
83) Deux échantillons d’un kilogramme de fer solide sont à des températures différentes.
A : Le plus froid possède davantage d’énergie que le plus chaud.
B : Les deux ont la même énergie interne.
C : Le plus chaud possède davantage d’énergie que le plus froid.
5 - Les trois modes de transfert thermique entre un système et l’extérieur sont :
R
A : La conductivité, la convection et le rayonnement.
LM
B : La conduction, la convection et le rayonnement.
C : La conduction, la convection et le travail.
EC
247
A : ∆U > 0 B : ∆U < 0
C : ∆U = 0
89) Lorsque l’agitation des entités microscopiques constituant un système macroscopique aug-
mente, la température T de ce système :
A : Augmente.
B : Diminue.
C : Est constante.
90) Le flux thermique a pour unité :
A : Le joule (J)
B : Le watt (W)
C : Le joule. seconde (J.s)
91)Un des paramètres à prendre en compte pour comprendre les choix énergétiques est :
A : L’augmentation des ressources énergétiques mondiales.
B : La baisse des ressources énergétiques fossiles.
R
C : L’augmentation de l’émission de gaz à effet de serre.
LM
92) Pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique, il faut :
A : Faire des économies d’énergie.
EC
248
97) Les pertes thermiques d’une habitation peuvent être dues :
A : À une cheminée ouverte.
B : Au radiateur électrique utilisé.
C : À une mauvaise isolation des murs.
98) Pour réaliser des économies d’énergie :
A : On utilise son vélo.
B : On utilise de préférence des ressources renouvelables.
C : On améliore l’isolation thermique.
99) Diminuer la consommation énergétique demande :
A : Une consommation plus raisonnée.
B : De ne plus chauffer.
C : De poursuivre des recherches scientifiques.
100) Cochez la ou les bonne(s) réponse(s)
Deux billes de masse M et m (M > m), assimilables à des points matériels, sont lâchées sans vitesse
R
initiale à une hauteur h du sol, dans une région où le champ de pesanteur est constant. On néglige
la résistance de l’air.
LM
Parmi les affirmations suivantes, laquelle est exacte ?
EC
101) Une masse m, soumise au champ de pesanteur terrestre de vaaleur g = 9,81 N / kg peut se
déplacer sans frottement d’un point A à un autre point quelconque C en suivant deux trajets dif-
CO
férents :
Trajet 1 : le trajet vertical AB puis le trajet horizontal BC (BC = a)
Trajet 2 : le trajet suivant le segment AC de longueur b.
On désigne par W1 et W2 le travail du poids dans chacun des deux cas. Faire un schéma et indiquer
laquelle des expressions proposées est correcte :
A : W1 = W2
B : W1 = m.g .b
C : W2 = m.g .a
D : W1 > W2
E : Ne se prononce pas
102) Pour un mouvement circulaire uniforme :
A : l’accélération est nulle
B : le vecteur vitesse reste constant
C : le vecteur accélération est centripète
249
D : le vecteur accélération est tangentiel
E : Le vecteur accélération est constant
103) Dans un référentiel d’origine O, un mobile M est en mouvement sous l’action d’une force.
Parmi les grandeurs ci-dessous, relative au mobile, quelle est celle qui ne dépend pas du référentiel
dans lequel on étudie le mouvement.
A : la masse
B : le vecteur position
C : l’accélération
D : L’énergie cinétique
E : la vitesse
104) Dans le référentiel d’étude, les normes de la vitesse et de l’accélération d’un point matériel
sont constantes au cours du temps et non nulles.
Quelles est la nature du mouvement ?
A : rectiligne uniforme
B : circulaire uniforme
R
C : rectiligne uniformément varié
LM
D : circulaire non uniforme
E : curviligne varié
EC
105) Vous êtes assis dans une voiture de chemin de fer, dans le sens de la marche. Les fenêtres sont
AV
Où la boule retombe-t-elle ?
U
250
C : en mouvement quelconque par rapport à un autre référentiel galiléen
D : en translation rectiligne uniformément varié par rapport à un référentiel galiléen E : immobile
par rapport à un référentiel Galiléen
108 ) Quand un corps tombe en chute libre dans un champ de pesanteur uniforme :
A : il est soumis à une force constante.
B : son accélération est d’autant plus grande que sa masse est grande
C : sa vitesse augmente proportionnellement à sa distance de chute
D : sa variation d’énergie potentielle sur une distance de chute donnée est indépendante de sa
masse E : son accélération au bout d’un temps de chute donnée est indépendante de sa vitesse
initiale
109) Pour mesurer expérimentalement la capacité C d’un condensateur, on le charge à courant
constant d’intensité I = 2,0 mA.
Au bout de t = 5,0 s, on mesure aux bornes du condensateur une tension uC = 1,0 V. La capacité C
du condensateur vaut :
A : 1,0 mF
B : 2,0 mF
R
C : 5,0 mF
LM
D : 10 mF
EC
E : 20 mF
110) Sur le schéma ci-dessous, le condensateur de capacité C = 100 µ F vient d’être chargé par une
AV
La charge étant terminée, que valent les grandeurs : i intensité du courant, uC tension aux bornes
du condensateur et EC énergie emmagasinée par le condensateur.
A : i ≈ 0 A ; uC ≈ 4,7 V ; EC ≈ 1,1 mJ
B : i ≈ 2,4 A : uC ≈ 0 V ; EC ≈ 1,1 J
C : i ≈ 0 A ; uC ≈ 0 V ; EC ≈ 1,1 x 103 J
D : i ≈ 2,4 mA ; uC ≈ 4,7 V ;EC ≈ 1,1 mJ
E : i ≈ 0 A ; uC ≈ 2,4 V ; EC ≈ 1,1 mJ
111) Pour charger ce condensateur, il a fallu environ :
A : 1 ns
B : 1 µs
C : 1 ms
251
D:1s
E : 1 min
112) Une bobine de résistance r = 20 Ω et d’inductance L = 0,10 H est traversée par un courant
constant d’intensité I = 0,10 A.
La tension aux bornes de la bobine vaut :
A : 20 V
B : 2,0 V
C : 20 mV
D : 1,0 V
E : 0,20 V
113) Lors de la décharge d’un condensateur de capacité C à travers un conducteur ohmique de
résistance R, la variation de la charge en fonction du temps
A : est plus rapide si le produit R.C est plus grand
B : est le lente si le produit R.C est plus grand
C : est indépendante du produit R.C.
R
D : dépend uniquement de la résistance R du circuit.
LM
E : est plus rapide si le produit R.C est plus petit
EC
AV
RS
U
CO
252
E : (L + R) /2
116) La période propre d’un circuit (L, C) :
A : dépend uniquement de l’inductance L du circuit.
B : dépend uniquement de l’inductance L et de la capacité C du circuit
p
C : a pour expression : T0 = 2π LC
D : a pour expression : 2πL.C
p
E : a pour expression : T0 = 2π L.C
117) On réalise le montage suivant.
R
LM
Première étape : on charge le condensateur en plaçant le commutateur sur la position 1.
Deuxième étape : on bascule le commutateur en position 2.
EC
À la voie Y A de l’oscilloscope,
AV
253
B : si on multiplie par 4 la valeur de l’inductance L, la période du phénomène oscillatoire est mul-
tipliée par 2
C : si R’ augmente ceci n’a aucune incidence sur l’amplitude des oscillations.
D : si R 0 + r > R c (résistance critique), on observe des oscillations libres amorties
E : si R 0 + r = R c , la tension tend rapidement vers zéro, c’est le régime critique.
119) Cocher la ou les réponse(s) choisie(s) Unité légale de force F :
A : Pa
B:N.m
C : N . m −1
D:N
120) Unité légale de période T :
A : H z.s −1
B : Hz
C:s
D : s −1
R
LM
121) Unité légale d’énergie cinétique E :
A : J .m −1
EC
B : kg .m −1
AV
C : J2
D:J
RS
A : W.s −1
CO
B:W
C:W.s
D : V .A.h
123) Convertir :
1 degré =
A : 10 rad
B : 2 π rad
C : (180 / π) rad
D : (π / 180) rad
124) Convertir :
1 mum =
A : 10−12 m
B : 10−9 m
254
C :10−6 m
D :104 m
125) Convertir :
1m/s=
A : 0,01 km / h
B : 9,81 km / h
C : 3,6 km / h
D = 1 km / h
126) sin α =
A:b/c
R
B:a/c LM
C:a/b
D:b/a
EC
127)
AV
RS
U
CO
tan α =
A:b/c
B:a/c
C:a/b
D:b/a
128) Donner l’expression qui permet de calculer la surface totale d’un parallélépipède :
A : a .b . c
B:a+b+c
C:2(a+b+c)
D:2(a.b+b.c+c.a)
255
SYNTHESE DES DOSSIERS SESSION DU 22 AU 26 SEP-
TEMBRE 2014
R
cus. Pour qui relit aujourd‘hui l‘abondante littérature alarmiste de ces années, où il n‘était question
que de menace soviétique, de volonté comme de capacité de l‘URSS d‘envahir en quelques heures
LM
l‘Europe occidentale, bref toute cette littérature qui voyait les chars frappés de l‘étoiles rouge cam-
per, tels les Cosaques de 1815, sur les Champs-Elysées, le rire se mêle à l‘étonnement. Or, voici que
EC
ce pays disparaissait mais sans que cela n‘entraîne ou ne procède d‘aucun cataclysme. Le système
soviétique européen sortait de l‘histoire comme une chandelle qu‘on é[Link] doute que les vi-
AV
sions de l‘URSS qui avaient dominé l‘Univers intellectuel, en France comme dans d‘autres pays,
ne nous avaient guère préparés à un tel événement. La, surprise a progressivement fait place à
RS
l‘habitude.
D‘autres événements, plus dramatiques ou plus proches, se sont conjugués pour détourner l‘attention ;
U
le post-soviétisme est devenu une banalité. La Russie remplace ainsi dans les discours l‘Union so-
CO
viétique, et hérite parfois des craintes suscitées par sa génitrice. Mais cette banalisation est dou-
blement trompeuse. Elle pourrait bien n‘être qu‘un déni de la surprise initiale. En réduisant à un
non-événement ce qui a été en réalité la clôture du XXe siècle, on coupe court aux interrogations.
Ce faisant, on s‘aveugle, au moins temporairement, sur la signification de la fin de l‘URSS, somme
si un élément majeur du monde pouvait disparaitre sans conséquences ni implications. Cet aveu-
glement peut prendre plusieurs formes. Ainsi avec un peu d‘imagination en cette année 1996.
Moscou est une ville d‘imagination en cette année 1996, Moscou est une ville occidentale. Si la
largeur des avenues qui conduisent de l‘aéroport vers le centre, l‘architecture rappellent le passé,
la multiplication des enseignes lumineuses, la prolifération des commerces et magasins ont pro-
gressivement changé l‘apparence de la ville. A regarder la circulation aussi, on mesure le change-
ment. On voit certes toujours des énormes camions qui semblent à peine démobilisés, et d‘autres
véhicules qui ne disparaissaient pas un musée de la locomotion. Mais le nombre de grosses limou-
sines occidentales que l‘on croise dépasse largement ce que l‘on aperçoit d‘habitude à [Link]
va bien ? Des gens affectent de le croire. Les communiqués des organisations internationales qui,
comme le FMI ou la BERD, entendent régenter la transition sont optimistes. Pourtant, subrepti-
cement, la Russie revient dans la presse et passe de la rubrique économique à celle des affaires
étrangères. Négociations de désarmement qui marquent le pas et discours à propos de l‘OTAN, on
se croirait revenu dix ans en arrière. IL est vrai que pour certains commentateurs on a un bon pré-
texte ; la montée des communistes dans les sondages et lors des élections de 1995 permet d‘agiter
le spectre du retour au passé. D‘ailleurs, à Moscou même, les visages ont changé. L‘occidental n‘est
256
plus toujours le bienvenu, et les critiques de l‘étranger se font acerbes, et parfois justifiées.
Et même à la télévision, on a pu voir, lors des fêtes de fin d‘année 1995, une émission consacrée aux
chansons des années trente, celles des comédies musicales de Boris Barnet, mais aussi celles à la
gloire du vaillant métallurgiste et de la belle [Link] le dire tout de suite, aucune de
ces deux images n‘est vraie, et pas seulement parce qu‘il s‘agit d‘images, voire de clichés. La Russie
a énormément changé depuis 1992, mais son évolution n‘a pas correspondu à ce que l‘on pouvait
en attendre si l‘on espérait une convergence avec les modèles économiques et sociaux du monde
occidental. La Russie aussi est en crise. La belle affaire, dira-t-on, la crise nous connaissons ; sans
doute, mais pas la même. Le pays joue ici, si ce n‘est sa survie, au moins son avenir pour les vingt
prochaines années.
Ce n‘est pas le seul enjeu. La fin de l‘URSS, on l‘a dit, avait clos en un sens le XXe siècle, ou du
moins cette période historique née de la guerre de 1914-1918 Et de ses bouleversements politiques,
sociaux, économiques et militaires. Le devenir de l‘ancienne sphère de domination soviétique est
crucial pour, le futur de l‘Europe ; celui de l‘ex-Union soviétique l‘est pour le monde entier. A ce
titre, la figure que nous présente le siècle prochain, tel qu‘il se dessin e alors dans les mutations du
postcommunisme, est singulièrement grimaçante. Ce qui de joue à Moscou dépasse donc de loin
les problèmes des Russes. La crise engendrée par la désintégration de l‘ancienne Yougoslavie-une
autre création de la période 1914-1918-en dépit de ses tragédies et de ses horreurs, pourrait bien
se révéler une plaisanterie si la Russie explose, ou plus exactement implose. Non que le pire soit
sûr. Les peuples ont parfois des réactions qui démentent pronostics et calculs. Mais devant nous
R
se dresse la figure du chaos. Mieux vaut la regarder en face.
LM
1. Simplifications occidentales et complexités russes
A dessein, j‘ai évoqué Moscou. Ce n‘est pas simplement parce que c‘est une ville que j‘aime, même
EC
complexe du gaz et pétrole qui se fait bâtir en marbre importé de somptueux locaux. Mais Moscou
n‘est pas la Russie, tout comme la prolifération des petits commerçants dans les kiosques n‘est
RS
pas le marché. Pour comprendre ce qui se passe, et espérer deviner ce qui adviendra, il faut aller
au-delà des apparences.
U
Il est bon de ne pas rester confiné dans le périmètre qui va de la rue de Tver au quartier de kouz-
netski Most en passant par la Staraïa Plochtchad, c‘est-à-dire le territoire où l‘on trouve le gouver-
nement et le parlement, la banque centrale et les sièges des principales sociétés, pour ne rien dire
des hôtels et restaurants où se pressent la communauté étrangère, les nouveaux riches et les pros-
tituées. D‘ailleurs, Moscou c‘est bien plus que cela, c‘est une agglomération de plus de 9 millions
d‘habitants où viennent s‘accumuler les trois quarts de la richesse nationale. Sur les 2568 banques
que la Russie comptait au 1er juillet 1995,981 étaient enregistrées dans la capitale ; elles assuraient
16
Déjà, on parle plus des cours des actions, des contrats à terme, mais de la difficulté de faire vivre
les usines, de l‘argent que l‘Etat doit à tout le monde, des impôts que l‘on ne paie pas, du troc et des
arrangements qu‘il faut passer pour survivre au jour le jour. On y trouve des militaires qui louent
leurs véhicules aux fermes contre de la nourriture, des fermes qui fonctionnent comme autrefois,
avec des assemblées de kolkhoze où le rapport d‘activité est voté en début de séance, avant toute
discussion. Quand on va encore plus loin, vers l‘Oural et la Sibérie, le ton change encore plus. Mos-
cou devient la putain des Américains, la ville des vendus et des combinards. On commerce avec
la chine, en troc pour l‘essentiel, et on regarde l‘étranger avec suspicion. Les notables locaux, ceux
qui ont commencé leur carrière du temps de Brejnev, sont toujours là, mais ils sont réellement
élus cette fois. Ainsi, dans la ville d‘Omsk, c‘est une alliance entre l‘ancien Premier ministre sovié-
tique NIKOLAI Ryjkov et le national communiste Oleg Babourine qui a emporté les sièges locaux
257
aux législatives de décembre 1995. Plus on avance vers l‘est et plus le langage se soviétise, même
si des changements sont notables par ailleurs. Les entreprises sont bien privatisées. Quant à sa-
voir comment elles fonctionnent, c‘est une autre histoire. Les salaires ne sont pas payés, mais on
ne meurt pas de faim ; l‘entreprise continue de fournir le nécessaire à ses employés, dans le cadre
d‘une économie non moné[Link] la démocrate contre la province communiste ? C‘est en-
core un cliché. Car, si des comportements hérités du passé survivent loin de la capitale, si d‘autres
attitudes, certes différentes, mais qui n‘ont rien à voir avec celles d‘une économie de marché, se
développent, c‘est aussi à cause de Moscou. Et la capitale ne nous offre son visage actuel que parce
que la province a pu s‘adapter par des pratiques de plus en plus éloignées du marché. Il n‘y a pas un
processus où le marché prendrait naissance dans certaines villes, pour diffuser progressivement
dans le reste du pays, mais une situation où des logiques locales de marché ne peuvent survivre
que grâce à d‘autres logiques locales qui tournent le dos à un marché.
b. Mafias et corruption
A qui part en Russie, ses amis recommandent de prendre garde. La mafia, le crime rôdent partout.
Bien sûr, il suffit de lire les journaux, la situation sur ce plan n‘est guère brillante. Au printemps
1995, on pouvait découvrir dans un journal le dessin suivant : dans un train un passager lit par-
dessus l‘épaule d‘un autre et lui demande : « Hitchcock ? Non, répond l‘autre, c‘est simplement le
rapport annuel du ministère de l‘Intérieur. »La mortalité des banquiers et des financiers est élevée,
on ne le niera pas. Celle des journalistes s‘aggrave ; quant aux hommes d‘affaires, certains ont fait
des surprises désagréables après des soirées un peu trop lestes et arrosées. Pour autant, on peut
R
circuler à Moscou avec moins de risques que dans certaines villes américaines.L‘image du crime
LM
et de la mafia que l‘on donne de la Russie n‘est pas innocente. Elle permet tout d‘abord d‘esquiver
un débat important, celui du comportement de l‘élite politique actuelle, et en particulier celui du
politicien libéral que les gouvernements occidentaux ont soutenus et que la presse a encensés.
EC
Qu‘il s‘agisse de leur refus des règles démocratiques, de leur participation à des affaires pour le
moins douteuses, le bilan est lourd. Il n‘est, hélas, pas étonnant. Cette tendance était déjà pré-
AV
sente dès la fin de 1991, et on avait pu la noter dans un précédent ouvrage. Cela ne rend que plus
hypocrites les émois que provoquent dans certaines chancelleries les succès électoraux des com-
RS
munistes. Nul n‘ignore, ni même ne nie, que la privatisation telle qu‘elle a été conduite par Anatoli
Tchoubaïs a amplement justifié la formule de Proudhon :« La propriété c‘est le vol. »
U
Pourtant, quand Tchoubaïs fut contraint de remettre sa démission en janvier 1996, cela provo-
CO
qua un communiqué du département d‘Etat américain bien plus indigné que lors de l‘assaut sur
Grozny, la capitale de la Tchétchénie, et des milliers de morts qui en résultèrent au printemps
[Link] image du crime oblitère un second pan de la réalité russe actuelle. Derrière les mafias,
certaines réelles, d‘autres mythiques, il y a une anthropologie du pouvoir, une forme de légitima-
tion de l‘autorité, qui n‘ont pu se développer qu‘en raison de la destruction des cadres et institu-
tions qui protégeaient la population. Le problème des mafias n‘est pas, ou pas seulement, d‘ordre
criminel. Il renvoie d‘abord et avant tout à la construction d‘un certain ordre politique.
c. Le Coup d‘Etat est pour demain
Une rumeur court dans Moscou depuis 1990. Demain les chars seront dans la rue, demain l‘armée
prend le pouvoir, et les conservateurs leur revanche. Elle a beau être régulièrement démentie, elle
alimente toujours les discussions entre intellectuels. Quant aux résidents occidentaux, ils s‘interrogent
sur les états d‘âmes réels ou supposés de tel ou tel général. IL fut un temps où l‘on croyait voir en
Boris Gromov le Pinochet russe ; puis ce fut le tour d‘Alexandre Lebed. Le temps passe cependant,
et rien ne vient. Non que les chars n‘aient pas été dans les rues. Mais ce fut sur les ordres du pré-
sident, et pour tirer contre le Parlement, en octobre 1993. Les élections donnent aussi à réfléchir.
L‘armée est réputée avoir voté pour les nationalistes et les communiste en 1993. En 1995, elle est
supposée, du moins c‘est ce que disent ceux qui se prétendent bien informés, avoir voté pour «
Notre maison la Russie », le parti Premier ministre Victor Tchernomyrdine. Comment le savent-
258
ils, alors que les soldats ont voté dans des bureaux de vote normaux, et comment expliquent-ils
dans ces conditions que le général Lebed ait été élu haut la main à Toula, ville de garnison, voilà un
nouveau mystè[Link] armée que l‘on dit redouter est empêtrée dans les combats en Tchétchénie
depuis 1994. Elle se bat au Tadjikistan, et intervient de manière plus ou moins ouverte dans le
Caucase depuis 1992. Les images que l‘on a et qui franchissent les efforts de la censure montrent
des soldats affamés, des officiers désemparés.
Que les forces armées russes soient en crise, personne ne peut en douter. Rien ne prouve cepen-
dant que celle-ci fasse émerger une idéologie propre à l‘institution, et qui lui donne une légiti-
mité pour intervenir dans le débat politique. Ce qui frappe l‘observateur, c‘est plus la division des
opinions, et la décomposition de l‘institution. Si danger il y a, il provient moins d‘une logique
de putsch que de la dissémination des moyens de la violence parmi les différentes factions poli-
tiques. La naissance d‘armées parallèles et d‘armées privées, comme par exemple les milices ban-
caires, est un phénomène bien plus inquiétant que les calculs et supputations sur l‘émergence
possible d‘un général charismatique. Assurément, l‘armée n‘obéit guère au pouvoir civil, mais c‘est
parce que ce dernier est lui-même divisé en clans et en cliques, qui d‘allient et se haïssent au gré
d‘intérêts changeants.
2. Quelques questions clés
Il est indiscutable que l‘économie comme la société russe se trouvent toujours dans une période
transitoire. Même si certaines tendances commencent à se cristalliser sous la forme d‘institutions
R
ou de règles, on reste encore dans un cadre nécessairement mouvant. Le modèle définitif n‘est
pas encore constitué et le futur reste largement ouvert. Ce jugement est d‘une extrême impor-
LM
tance, car il implique que les mesures prises en 1995 ou à prendre en 1996 sont encore susceptibles
d‘engendrer des changements de trajectoire qui, pour ne pas devoir être radicaux, peuvent encore
EC
être significatifs.
Oublier la transition ?
AV
Pour autant, et ce point est important, la notion de « transition », elle, devient insatisfaisante. IL y a
RS
à cela au moins trois raisons. Tout d‘abord, le modèle soviétique ne pouvait être qualifié de socia-
liste ; ce point a été développé dans de nombreux travaux et il est partagé par un certain nombre
U
d‘économistes français et russes. On peut discuter à l‘infini pour savoir si le système soviétique
était intermédiaire entre particulière du capitalisme. Sur ce point, l‘auteur de ces lignes a quelques
CO
idées qu‘il a défendues auparavant. Ce qui importe cependant à ce stade du raisonnement, c‘est
de comprendre que le système soviétique ne correspondait pas à un modèle pur, et qu‘il possédait
de nombreux traits communs avec les économies que nous connaissons à l‘ouest et au sud.
Il existe ensuite un très large accord, chez de nombreux économistes, pour considérer qu‘il n‘existe
pas non plus de modèle « pur »de capitalisme. Le marché, et ce mot peut avoir de très nombreuses
significations, renvoie toujours à des réalités économiques et sociales très différentes dans l‘espace
comme dans le temps .Utiliser ainsi le terme d‘économie de marché peut recouvrir une euphémi-
sation et deux confusions. L‘euphémisation consiste à employer volontairement d‘autres termes
que celui de « capitalisme » comme s‘il s‘agissait de ne pas réveiller un démon endormi. Quant
aux confusions, elles découlent soit de l‘idée que le marché est la seule forme de coordination des
activités dans nos sociétés, soit de l‘illusion qu‘il n‘existe qu‘un seul type de marché qui, à défaut
d‘être la forme unique réellement existante, devrait néanmoins constituer la référence de base.
Les économies capitalistes sont toutes des systèmes où l‘on retrouve sous des configurations di-
verses des marchés, quant à eux, obéissent à des logiques différentes suivant la nature des règles
et des produits qui s‘y confrontent. Ajoutons encore que la notion de marché ne recoupe pas né-
cessairement la même métaphore suivant les économistes. Pour certains, il s‘agit d‘un mécanisme
censé aboutir à un équilibre entre les offres et les demandes, et pour d‘autres il est un processus
de confrontation et de socialisation de connaissances éparses dans la société.
En bonne logique, il vaudrait donc mieux écrire comme le faisait Maurice Allais .« économies de
259
marchés »quand il est fait références à des systèmes réels, et « économie de marché »quand, au
contraire, on se réfère à un modèle idéal tel ,qu‘il fonctionne dans un certain discours économique
dominant. On n‘abusera pas ici de ces distinctions, et le contexte permettra au lecteur dans les
pages qui suivent de distinguer quand on renvoie à une des représentations existantes.
Cela met en lumière, et c‘est une troisième raison, la nécessité de distinguer le capitaliste tel qu‘elles
fonctionnent, ne serait-ce que pour appréhender la diversité des formes dans le monde contem-
porain. Dans ces conditions, on comprend que l‘on ne saurait définir de manière préalable un vec-
teur de changement, qui pourrait et devrait être suivi du point de départ au point d‘arrivée. Voilà
qui conduit à préférer la notion de changement systématique. Ou de transformations radicales. A
celle de « transition », même si, par facilité, l‘on gardera ce dernier terme.
B. L‘économie, pas l‘économisme
Un diagnostic capital quant à la situation actuelle est celui de l‘enchâssement de l‘économique
dans le social, qui se traduit par l‘impossibilité de tenir un discours économique pur sur ce qui se
passe en Russie. Non qu‘il ne faille utiliser le raisonnement économique. Il a ses espaces de per-
tinence, en particulier en permettant de voir comment elles peuvent être dépassées. Par ailleurs,
il se fait que l‘économie, en tant de discipline des sciences sociales, est à la fois la formation de
base de l‘auteur, et certainement le référentiel le plus invoqué en ce qui concerne les transforma-
tions du post-soviétisme. Cependant, le raisonnement économique ne peut prétendre englober la
totalité de la réalité. De plus l‘économie en tant que discipline est en crise et se transforme sous
R
nos yeux en un discours, l‘économisme. IL faut en tenir compte, ne serait-ce que parce que l‘on
a précédent réduire les changements actuels en Russie à des mutations économiques. Pour com-
LM
prendre cette crise, il faut se souvenir que la notion de contingence est centrale ; c‘est elle qui, en
définitive, fait le partage entre les approches idéalistes et les démarcher scientifiques. Les cher-
EC
cheurs oscillent naturellement entre la tentation de dégager des « lois » et leur remise en cause
radicale. En économie, ce problème a été exacerbé par les prétentions hégémoniques du courant
AV
Dans le monde économique qui découle de telles notions, les seules limites à un fonctionnement
CO
260
Prenons l‘exemple de l‘inflation et des politiques moné[Link] théorie économique dominante
affirment que l‘inflation est toujours un phénomène monétaire, en ceci qu‘une création arbitraire
de monnaie se traduit par une hausse générale des prix sans affecter les autres [Link] af-
firmation est juste sous la réserve que nul obstacle ne s‘oppose aux transactions des agents , qu‘ils
sont homogènes et qu‘ils disposent simultanément de l‘information s‘il existe des obstacles qui
interdisent certaines transactions, ou qui font que celle-ci ne se déroulent pas à la même vitesse,
ou si l‘information n‘est pas disponible en même temps pour tous les agents, ou si les agents ne
sont pas homogènes, alors cette affirmation cesse d‘être valide.
Le débat qui consiste à opposer une vision purement non monétaire de l‘inflation à une vision
purement non monétaire de cette dernière peut ainsi être considéré comme un bon exemple de
théologie moderne, l‘équivalent d‘une discussion sur le sexe des anges. Le seul débat qui importe
est celui sur la présence ou non des clauses de contingence, car non seulement il permet de com-
prendre ce qui se passe réellement, mais de plus il ouvre la voie à de nouvelles investigations.
L‘étude des facteurs qui empêchent la réalisation parfaite des transactions et la diffusion simul-
tanée de l‘information débouche sur celle des institutions économiques et sociales, des pratiques
d‘échanges, des formes d‘organisation. On pénètre de cette manière dans l‘épaisseur des écono-
mies réelles en combinant le respect de leur individualité et la recherche de relations générales.
Telle sera notre démarche pour comprendre les multiples facettes de la crise économique russe,
sans prétendre y réduire la totalité du chaos en Russie.
Comprendre
R
Le Rejet de l‘économisme conduit à utiliser l‘économie comme un instrument du dévoilement des
LM
relations qui existent entre les individus, entre les individus et les organisations collectives, enfin
entre les collectifs eux-mê[Link] démarche, qui fonde notre projet, nécessite alors d‘accorder
EC
la plus grande attention au problème des mentalités des acteurs, et à celui des représentations
politiques et culturelles qui naissent dans une société soumise à de telles transformations. Cela
AV
implique une prise en compte des effets directement politiques des mesures économiques, et met
en évidence l‘importance des cadres et des procédures dans lesquels ces mesures sont prises.
RS
C‘est pourquoi cet ouvrage n‘est pas un bilan économique de la transition, ni une histoire au jour
le jour des événements survenus depuis 1992, même si l‘on y trouvera ces deux éléments. Le chaos
U
économique ne peut se lire complètement sans embrasser en même temps les chaos politique
CO
et militaire qui l‘accompagnent. Ces derniers ne se déroulent pas dans une société d‘abondance,
mais sont aussi soumis aux formes prises par le chaos économique et, dans certains cas, déter-
minés par elles. La situation russe actuelle est complexe non pas parce qu‘il y a une multiplicité
de variables, ce qui est trivial, mais en raison des interactions quoi se nouent entre les diverses
variables. Il faut regarder et l‘arbre et la forêt. Nous allons donc aborder la situation actuelle sous
ses multiples aspects, non pour prétendre à l‘exhaustivité, mais en raison de l‘imbrication des ten-
sions et des logiques de dysfonctionnement qui engendre la trajectoire actuelle de la Russie.
De cette description ne saurait toutefois jaillir spontanément une intelligence des processus qui se
déroulent sous nos yeux. La combinaison de la complexité et de la contingence, que l‘on a invoqué,
implique de rapprocher à chaque fois ce que réalités se représentent aux acteurs. Voilà pourquoi
on ne peut faire l‘histoire de quatre années de pouvoir libéral à Moscou sans se demander ce que
signifie ce libéralisme, quels sont ses liens avec les traditions russes comme avec l‘idéologie oc-
cidentale dominante. Parce que les changements entrepris à partir de fin 1991 ont été voulus par
ceux qui les ont initiés comme l‘instrument d‘une normalisation de la Russie, c‘est-à-dire de sa
convergence avec une norme supposée exister dans les sociétés et les économies occidentales, on
ne peut pas lire ces changements sans critiquer cette norme.
LE CHAOS RUSSE, JACQUES SAPIR Editions « LA DECOUVERTE », année 1996
261
SYNTHESE DES DOSSIERS SESSION DU 22 AU 26 SEP-
TEMBRE 2014
R
fut le fondateur de la cité.il s‘installa à Mahazaza à l‘extrême sud de la colline avec toute sa fa-
mille et appeler la cité Ambohitrakanga ou la cité des [Link] fut ensuite cédé
LM
à Andriamasinavalona, le souverain de l‘Imerina, qui donna le nom d‘Ambohimanga (la colline
bleue ou la belle colline). Le premier roi d‘Ambohimanga fut Andriatsimitoviaminandriana le fils
EC
d‘Andriamasinavalona qui reçut Ambohimanga en héritage. Son fils Andriambelomasina lui suc-
céda. On raconte qu‘il a mené plusieurs travaux dans la cité. Il y a construit notamment le rova de
AV
Mahandry considéré aujourd‘hui comme le vrai rova d‘Ambohimanga. Le trône fut ensuite cédé à
son fils Andrianjafinanafary qui a mis en place le rova Nanjakana au Nord-est de Mahandry. Son
RS
neveu Imboasalama, ou Andrianampoinimerina, fut son successeur et y a régné pendant sept ans
avant de déménager à Antananarivo.
U
Les traditions orales rapportent encore aujourd‘hui la perfection de l‘organisation de la cité sous
CO
le règne du monarque Andrianampoinimerina : les groupes et clans sociaux étaient répartis par
quartier, les travaux communautaires garantissaient la propreté de la ville, la forêt où l‘on pui-
sait les matériaux de construction et les plantes médicinales bénéficiait d‘une protection, un plan
d‘urbanisme était mis en place, les « fady » relatifs à l‘introduction de viande de porc et d‘alcool
étaient respectés. Il était même interdit aux Européen d‘y entrer. Ces tabous ont sûrement consti-
tué pendant des années un rampart contre la mondialisation. Ainsi, la colline bleue » est l‘une des
rares cités de l‘île à avoir pu conserver au mieux sa topographie ancienne, ce qui lui vaut le sta-
tut de « conservatoire culturel », un ticket gagnant pour décrocher le titre de patrimoine culturel
mondial de l‘Unesco.
Derrière son histoire et ses palais, Ambohimanga est aujourd‘hui une communale rurale de quelque
20 000 habitants. »L‘élevage et l‘agriculture représentent les principaux moyens de subsistance de
la population explique Fifimalala Ravoninjatovo son Maire. L‘élevage aviaire y fait vivre une cen-
taine de [Link] filière est soutenue par des organismes, à l‘instar du Psdr .Par ailleurs, la rizi-
culture occupe la majorité des surfaces cultivées. L‘agriculture est pourtant aujourd‘hui confron-
tée à l‘exigüité des terres et à la rareté des précipitations. Afin de subvenir à ses besoins alimen-
taires, la commune est obligée d‘importer des produits de la capitale ou de Talatan‘ny Volonondry,
une commune rurale plus au [Link] situation est en grande partie à l‘origine de l‘important
taux de chômage »déplore le Premier magistrat de la ville. Comme un cercle vicieux, les problèmes
relatifs au marché de l‘emploi résultent de la rareté de l‘industrie dans la région.
262
« L‘absence d‘électricité pénalise Ambohimanga, et peu de sociétés osent y investir » évoque notre
interlocuteur. Le réseau électrique y existe depuis la première République, pourtant, 70% des fo-
kontany n‘en bénéficient toujours pas. A cela s‘ajoute le problème d‘assainissement touchant 10
000 personnes, notamment ceux qui vivent dans les fokontany sis en altitude. « 20 %» des fokon-
tany sont desservis en eau potable par système [Link] pression anthropique, notamment les
feux de brousse, est à l‘origine du tarissement des sources explique le numéro Un de la commune.
Un réservoir de 75 000 litres a été mis en place afin de palier le faible débit, toutefois, cette infra-
structure est encore loin de régler le problème. « L‘eau n‘est disponible qu‘une fois tous les deux
jours.
Soit on se déplace à des kilomètres dans d‘autres fokontany, soit on fait continuellement la queue
» se plaint une riveraine du fokontany Ankadivory, habitant au pied du site.
Ambohimanga compte puiser son développement dans trois secteurs, à savoir l‘éducation, l‘artisanat
et le tourisme. La commune favorise ses élites et investit une part importante de son budget dans
le renforcement des infrastructures scolaires et dans le financement de voyages de vacances pour
les étudiants méritants et les enseignants. La dentelle a déjà forgé la réputation des habitants
d‘Ambohimanga. Le secteur artisanal est aujourd‘hui à la recherche d‘un second souffle et tente
une diversification.
Le tourisme reste le premier pôle d‘investissement. « Beaucoup reste encore à faire pour créer
un dynamisme dans le secteur et pour en faire un levier du développement [Link] secteur est
R
encore loin de profiter à la population locale déplore une riveraine propriétaire d‘une infrastruc-
ture hôtelière dans la commune.Hébergement un site classé patrimoine mondial de l‘humanité,
LM
Ambohimanga voit son avenir tout tracé, et pourtant jusqu‘à aujourd‘hui la population attend du
concret.
EC
son peuple à Antananarivo. La première ville est la capitale religieuse du royaume autant que la
deuxième en est la capitale politique.
U
Ambohimanga est la nécropole royale. La majeure partie des rois de l‘Imerina du 17 ème siècle
CO
au 19 ème siècle y sont ensevelis »explique un des guides touristique du site. Les traditions orales
rapportent qu‘il y existait douze tombeaux du temps d‘Andrianampoinimerina. 4 d‘ntre eux au-
jourd‘hui encore sont conservés, refermant les dépouilles d‘Andriatsimitoviaminandriana, d‘Andriambelom
d‘Andrianampoinimerina, des deux premières Ranavalona, ainsi que de nombreux princes et prin-
cesses.
Dans le courant du 18 ème siècle, Ambohimanga était connu pour être la résidence des idoles
Rafantaka et Manjakatsiroa. La première était une corne de zébu. Elle refermait un lambamena
pourpre incrusté de perles, de fer, de perles de verre et était enduite d‘huile de ricin. Rafantaka
avait le pouvoir de protéger contre les balles et la grêle. Le deuxième était l‘idole d‘Andrianampoinimerina.D
les croyances ancestrales, cette bourse d‘étoffe rouge remplie de sable qui représentait Manja-
katsiroa offrait la protection au roi. Dans la religion traditionnelle, les « sampy » étaient honorés
comme des princes et avaient leurs résidences particuliè[Link] était gardé à Bevato, le pa-
lais qui se trouvait autrefois à la place du Fidasiana actuel. Manjakatsiroa était conservé à Mahan-
driono, la maison d‘Andrianampoinimerina avant que le monarque ne le déplace à Manjakamia-
dana .Consultés à chaque grand événement du royaume, ces sampy étaient farouchement gardés
par des « mpitahirin‘andriana. Seuls ces derniers avaient également le pouvoir de déchiffrer les
signes que les amulettes émettaient. Sous Ranavalona II, le christianisme avaient été décrété reli-
gion d‘état, sans toutefois signer la disparition officielle des sampy. Depuis 1895, date de l‘invasion
de la grande île par les colons jusqu‘à aujourd‘hui, certains gardien tentent de faire revivre le culte
263
de ces idoles.
Aujourd‘hui, Ambohimanga compte encore 4 Doany : Mahazaza, Mangabe,Ambatondradama et
Ankazomalaza. Ce dernier se trouve au pied de la colline Mangabe et est un haut lieu de pèleri-
nage en Imerina. S‘y trouvent les temples dédié à Andrianampoinimerina et au prince Sakalava
Andriamisara.
Depuis Andrianampoinimerina jusqu‘à nos jour, un bouclier de prescription de « fady » Interdic-
tion d‘y introduire de la viande de porc, des oignons, des hérissons, du mais, etc) continue de
protéger la cité.Le mois de décembre, ils sont plusieurs pèlerins, nationaux comme étrangers, no-
tamment des Réunionnais, à rendre hommage à l‘ancêtre par le biais d‘offrandes. »Dans le temps,
on offrait un bœuf en offrande mais l‘animal se faisant cher aujourd‘hui, les pèlerins y font de
sacrifice d‘oies blanches » conclut un riverain.
3. LE SECTEUR ARTISANALE
Les dentelles d‘[Link] se souviennent encore de ces ouvrages, produits par les
dentellières de la localité et vendus au marchet du zoma. La confection de dentelles est aujourd‘hui
de moins en moins connue et est supplantée par d‘autres activités, à l‘instar de la broderie et de
vannerie.
L‘artisanat représente une source de revenu d‘appoint pour plus de300 personnes dans la com-
mune d‘Ambohomanga. Il est d‘autant plus priorisé par la commune. L‘un des enjeux principaux
R
du Tsenaben‘ny Tantsaha réside dans la promotion de produits artisanaux de la localité illustre
le Maire, Fidimalala Ravoninjatovo. Sans compter également que la promotion de la filière est au
LM
centre des attentions dans le cadre du jumelage avec la commune réunionnaise de Grand Panon.
« Les activités de la majeure partie de la population féminine se concentre, entre autres, sur la drô-
EC
lerie, la couture et la tissage de rofia » spécifie Beby Raveloarisoa, une dentellière de la localité. La
commune veut les combiner avec le tourisme afin d‘en faire un levier du développement, toutefois
AV
en vannerie, d‘autres maîtrisent l‘art de la sculpture sur dois. Nous avons bénéficié du programme.
CO
En collaboration avec la commune, un « marché des artisans » a été mis en place pour améliorer
la visibilité des produits locaux. Les box sont mis à la disposition des associations artisans qui y
exposent et qui vendent leurs produits. A seulement quelques mois de l‘ouverture du marché des
artisanats, il est encore trop tôt pour évaluer l‘efficacité de l‘approche.A première vue, les locaux
semblent se décourager : « Les recettes s‘enregistre au compte-gouttes » se plaint une vendeuse.
»Et pourtant ce ne sont pas les touristes qui manquent ».A ce stade, l‘on peut encore mettre cette
situation sur le compte de la précocité du commerce. Il faut aussi reconnaître que la concurrence
est rude. Certains commerçants d‘articles artisanaux bénéficient d‘une meilleure visibilité en étant
placés dans le périmètre du site culturel. Par ailleurs, le marché commence à se faire grignoter.
Une association originaire d‘Antananarivo « Salohin‘Iarivo » regroupant des artisans spécialisés
dans la broderie, le crochet, la vannerie, le cuir et les cornes, vient de s‘y installer depuis le mois
de mars. La colline royale étant avant tout une richesse commune, on ne peut leur reprocher de
vouloir profiter de l‘influence mondiale du site.
Plus qu‘un frein au développement, la concurrence, comme l‘ouverture du marché, devrait être
considérée par les artisans locaux comme un tremplin pour améliorer leur savoir-faire et surtout
faire émerger le secteur artisanal.
PIECE N2 : CULTURE ET NATURE : LES ATOUTS D‘UN TOURISME EN PLEIN ESSOR
264
Dix ans plus tôt, avec ses maisons traditionnelles et son écrin vert, Ambohimanga n‘était qu‘une
petite bourgade campagnarde.
Arsène Rakotomahanina est l‘un des premiers opérateurs à y avoir investi. « A l‘origine, nous n‘avions
prévu de construire qu‘une villa basse, puis notre architecte nous a proposé une maison plus
grande. Nous avons alors décidé d‘en faire un hôtel .le Relais du Rova a ouvert ses portes à par-
tir de 2001 [Link] choix n‘est pas fortuit.
Après avoir sillonné le pays à guider les touristes, notre interlocuteur avait remarqué le manque
à gagner suite à l‘insuffisance d‘infrastructures à Ambohimanga et dans ses environs. A-peine s‘il
avait un seul restaurant à l‘époque » se souvient Arsène [Link], les premières
années n‘ont pas été faciles, surtout qu‘un an après l‘ouverture de son hôtel, le pays avait été sujet
à une crise politique et économique. Mais les potentialités touristiques de la région sont énormes.
Les meilleures recettes ont été réalisées entre 2007 et 2009, avant que la nouvelle crise affecte le
secteur touristique. « Les activités reprennent peu à peu confie-t-il, optimiste, il envisage même
d‘étendre les infrastructures existantes.
Aujourd‘hui, les nouvelles constructions ont presque fini de transformer le paysage. Un bon nombre
d‘entre elle serait destiné à devenir des maisons d‘hôtes. En dépit de l‘existence de plusieurs défit
à relever le secteur est en plein décollage et compte devenir le principal levier de développent de
la commune, voir de l‘Avaradrano.
L‘un des premier frein au développement du secteur, réside dans l‘insuffisance » d‘attractions tou-
R
ristiques.« La visite complète du site dure au maximum une heure. Habituellement, les visiteurs
LM
arrivent le matin, rare sont ceux qui restent déjeuner, et encore moins ceux qui prévoient d‘y pas-
ser une nuit » déplorent les hôteliers et les restaurateurs.C‘est justement pour palier ces problèmes
que certain opérateur ont investi dans la création d‘un parc de biodiversité, notamment à Soavi-
EC
nandriamanitra, ou encore dans la mise en place des infrastructures des loisirs. »Dans sa concep-
tion Vohitra paradisa veut être un village de vacance offrant plusieurs activité, piscine, circuit Vtt,
AV
randonnées, etc.
RS
Nous ciblons, non seulement les touristes de séminaire, mais espérant surtout offrir au touriste un
autre moyen de découvrir Ambohimanga explique Vola Rakotovao, la première responsable des
U
lieux. L‘office Culturel su site d‘Ambohimanga n‘est pas en reste dans la recherche de diversifica-
tion des offres touristique. La visité de la forêt primaire sera prochainement ouverte au Publique.
CO
265
dans le site. Des campagnes de reboisement d‘espèces autochtones ont été menées à Ambohi-
[Link], la forêt primaire, qui fait partie de la première catégorie de la zone de conser-
vation, reste menacé par l‘invasion de bambous. Plus grave encore, l‘aspect originel du site est
aujourd‘hui compromis par construction hors norme dans la zone de conservation principale du
site.
«Le Propriétaire a complément reconstruire son bâtiment, sans se conformer à l‘architecture et à
l‘esthétique originales, le tout sans l‘avale de l‘Oscar » explique le maire. La préservation du site et
au cœur des enjeux, car un déclassement du site peut ruiner tous les efforts entrepris.
FANNY RAKOTOMAMONJY, R.O.I N°344, Dec 2012
R
qui existent entre le changement climatique, l‘énergie, la pollution atmosphérique et le dévelop-
pement industriel. Le changement climatique suscite les plus grandes préoccupations de la part
LM
du Secrétaire général des Nations Unies et des gouvernements du monde entier. En complément
de l‘analyse des aspects environnementaux et des conséquences du changement climatique pour
EC
le développement, les Commissions régionales de l‘ONU ont élaboré des approches pour faire face
à ses conséquences économiques et sociales.
AV
Les projets liés à l‘utilisation des terres, au changement d‘affectation des terres et aux activités fo-
restières dans le cadre du Mécanisme pour un développement propre (MDP), y compris le poten-
RS
tiel de mobilisation des ressources pour éviter les activités de déboisement et leur synergie poten-
tielle avec la réduction de la pauvreté, suscitent en particulier l‘intérêt de l‘Afrique et de l‘Amérique
U
latine. En Amérique latine, les autorités municipales (comme celles de Mexico) examinent le po-
CO
tentiel des projets programmatiques du MDP au niveau urbain, comprenant les transports ur-
bains, l‘énergie et la gestion des déchets. Le potentiel de capture et de stockage du carbone crée
une opportunité pour le développement de technologies dans les pays producteurs de pétrole.
Les économies asiatiques à forte croissance posent un défi pour la réalisation de l‘objectif de la «
croissance verte », c‘est-à-dire la dissociation de la croissance économique de la consommation
croissante de l‘énergie, de la pollution excessive, de la production des déchets et de la consom-
mation des ressources, qui excèdent la capacité de charge écologique déjà soumise à de fortes
contraintes dans plusieurs pays de la région. Les Commissions examinent la diversité des oppor-
tunités disponibles dans les différentes régions.
1. AFRIQUE
Du point de vue de la Commission économique pour l‘Afrique (CEA), les principaux défis en ma-
tière de lutte contre le changement climatique en Afrique sont le manque d‘accès aux techno-
logies, la dépendance vis-à-vis de l‘agriculture pluviale et les niveaux de pauvreté élevés dans la
région. L‘Afrique présente donc un niveau de vulnérabilité élevé et manque de capacités pour atté-
nuer les effets du changement climatique et s‘y adapter. Les pays africains ont besoin d‘un meilleur
accès au financement et aux autres aides disponibles par le biais des mécanismes du Protocole de
Kyoto et des accords de Marrakech sur le financement afin d‘améliorer les capacités techniques et
institutionnelles, de soutenir et d‘accélérer le développement et la mise en œuvre des Programmes
d‘action nationaux d‘adaptation. La région doit également continuer à renforcer les capacités hu-
maines, scientifiques et institutionnelles ainsi que la coopération internationale afin d‘élaborer
266
des stratégies d‘adaptation aux niveaux national et local où les vulnérabilités sont les plus im-
portantes. Il faudrait également organiser davantage de forums sur le climat afin d‘améliorer la
coopération internationale, les systèmes d‘alerte rapide et le partage des informations.
L‘Afrique a souligné la nécessité pour tous les pays de souscrire à leurs obligations en vertu de la
Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et du Protocole
de Kyoto. La région a mis l‘accent sur certaines priorités comme le renforcement de la recherche
sur les politiques liées au climat afin de promouvoir la constitution de réseaux de connaissances et
diffuser les informations sur le développement des politiques et des programmes visant à relever
les défis du changement climatique identifiés par la CCNUCC. Ces mesures devraient être asso-
ciées au renforcement de la cohérence des politiques et de l‘intégration des mesures d‘atténuation
et d‘adaptation dans les politiques et les programmes de développement, notamment les straté-
gies de réduction de la pauvreté.
2. EUROPE
Selon la Commission économique pour l‘Europe (CEE), un grand nombre de pays prévoient de
prendre des mesures importantes pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre (GES) afin
de prévenir le réchauffement du climat et les risques associés comme la fréquence des phéno-
mènes météorologiques extrêmes. La CEE estime cependant que ces mesures sont insuffisantes et
que les plans de mise en œuvre ne sont pas suffisamment détaillés. Il existe un potentiel impor-
tant d‘économies d‘énergie et d‘amélioration de l‘efficacité énergétique dans la région, qui sont
des impératifs économiques et environnementaux, comme cela a été souligné lors de la CDD 15.
R
Il faut investir davantage pour augmenter l‘efficacité énergétique. Il est clair que de nombreux
obstacles doivent être levés pour pouvoir exploiter le potentiel de l‘efficacité énergétique, en par-
LM
ticulier en Europe de l‘Est, dans le Caucase et en Asie centrale. C‘est pourquoi la CEE est parti-
culièrement active dans cette région, concentrant ses efforts sur l‘éducation et la sensibilisation,
EC
Les pays de la CEE sont de plus en plus conscients de la nécessité de développer des mesures in-
tégrées pour s‘attaquer aux impacts de la pollution atmosphérique, au changement climatique et
U
à la consommation durable de l‘énergie. La pollution et les émissions de GES sont souvent géné-
CO
rées par les mêmes sources, c‘est-à-dire la combustion des combustibles fossiles et certains pol-
luants eux-mêmes des GES. Les travaux menés dans le cadre de la Convention de la CEE sur la
pollution atmosphérique transfrontière à longue distance ont montré qu‘il était possible de faire
des économies d‘énergie importantes si des stratégies de réduction étaient intégrées. Nous pou-
vons trouver des solutions pour réduire les émissions à moindre coût au moyen de techniques
d‘aval ou de changements structurels. Les résultats ont cependant montré que les mesures ne ré-
duisaient pas toutes la pollution atmosphérique et les GES. Par exemple, le bois est une source
d‘énergie renouvelable, mais sa combustion est souvent une source de pollution. Il faut déployer
des efforts scientifiques et techniques supplémentaires dans ce domaine et veiller à ce que les po-
litiques gouvernementales prennent davantage en compte les bénéfices de l‘intégration. Les pays
de la CEE commencent à appréhender la pollution atmosphérique et le changement climatique
de manière plus globale. La pollution atmosphérique est de plus en plus reconnue comme un pro-
blème mondial qui nécessite le renforcement de la collaboration entre les régions. Le partage des
informations et des connaissances sera essentiel pour le succès futur et pourrait contribuer consi-
dérablement à réduire les émissions de GES et la pollution atmosphérique dans le monde entier.
3. AMERIQUE LATINE ET LES CARAIBES
Selon la Commission économique pour l‘Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), la contribu-
tion de la région à la production d‘émissions de GES est peu importante, mais cette dernière doit
mieux se préparer à faire face aux effets potentiels. Le changement climatique est un sujet de pré-
occupations dans la région en raison de ses effets considérables sur la qualité de vie des popu-
267
lations, comme l‘augmentation de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, la
diminution de la productivité agricole, l‘élévation du niveau de la mer et le stress hydrique dans
les régions urbaines. Au cours des dernières années, de nombreuses mesures ont été mises en
œuvre par les gouvernements au niveau institutionnel, notamment l‘élaboration d‘inventaires na-
tionaux, l‘établissement d‘autorités nationales désignées, la diversification et la décentralisation
des acteurs pour inclure les gouvernements et les groupes locaux ainsi que le partage des infor-
mations. Les interactions avec le secteur privé ont été aussi plus nombreuses. Certains pays ont
déjà préparé des communications nationales, en conformité avec les directives de la CCNUCC,
et introduit l‘obligation pour les industries de déclarer leurs émissions de GES lorsqu‘elles font
une demande de licences d‘[Link] opportunités de coopération régionale existent éga-
lement en matière de changement climatique — un registre régional sur les initiatives en cours
serait un instrument utile pour stimuler la coopération. Il devrait inclure la prévention des catas-
trophes naturelles, les capacités de riposte et les documents pour soutenir les discussions sur le
développement et le régime du changement climatique.
Il est très important pour la région de débattre des types de projets qui peuvent être qualifiés dans
le cadre du MDP et diffuser les informations mises à jour à ce sujet. Les pays des Caraïbes, poten-
tiellement les plus vulnérables, ont exprimé leurs préoccupations concernant l‘assistance après
une catastrophe, notamment l‘efficacité des assurances. Les pays andins souhaiteraient dévelop-
per une stratégie environnementale sous-régionale, dont les principes incluraient le lien entre les
scénarios climatiques, les scénarios sociaux et une évaluation économique prospective à la fois de
R
la vulnérabilité et de la prévention .D‘autres pays ont noté les avantages des programmes intégrés
pour promouvoir la synergie entre l‘efficacité énergétique, la production propre et le changement
LM
climatique et entre cet élément et les accords internationaux. Beaucoup sont d‘avis qu‘une orga-
nisation régionale chargée de l‘accréditation ayant une meilleure connaissance de la région pour
EC
certifier les projets de MDP à moindre coût serait un atout. Il serait également avantageux de dé-
velopper des positions coordonnées sur le financement, étant donné l‘augmentation probable de
AV
la demande de fonds internationaux pour augmenter la capacité à lutter contre les effets du chan-
gement climatique, ainsi que pour améliorer le transfert continu des technologies et réglementer
RS
Pour la Commission économique et sociale pour l‘Asie et le Pacifique (CESAP), l‘action liée au cli-
CO
mat, dans le contexte de la hausse du prix du pétrole, est de plus en plus compatible avec les objec-
tifs du développement économique de la région, comme la sécurité de l‘énergie et la compétitivité
industrielle. Un large éventail de mesures à la fois d‘atténuation des changements climatiques et
d‘adaptation à leurs effets sont nécessaires pour répondre aux défis du changement climatique.
Ces mesures comprennent l‘amélioration de l‘efficacité énergétique, l‘adoption des énergies de
substitution, le développement des technologies de capture et de stockage du carbone, les modi-
fications des modes de consommation et de production non durables et la gestion des régions et
des pratiques côtières. Il est important d‘intégrer dès maintenant les politiques sur le changement
climatique dans les projets nationaux de développement afin d‘atténuer les effets néfastes de la
hausse des températures. En outre, les mesures d‘adaptation dans les domaines de l‘agriculture, de
l‘énergie, des forêts, des établissements humains, de l‘industrie et des écosystèmes marins doivent
être renforcées pour atténuer les effets néfastes sur les ressources en eau et les zones côtiè[Link]
expériences documentées dans la région montrent que les technologies à haute efficacité énergé-
tique offrent des opportunités « gagnant-gagnant » pour réduire les coûts de production, amélio-
rer la sécurité énergétique et réduire la pollution atmosphérique et les émissions de GES. Un large
éventail de mesures peu coûteuses s‘est avéré efficace pour améliorer l‘efficacité énergétique. Ces
mesures comprennent le retrait des subventions à l‘électricité et l‘introduction de surtaxes pen-
dant les heures de pointe et une réglementation sur l‘efficacité énergétique pour les activités in-
dustrielles et urbaines. La région participe activement aux activités du MDP. En décembre 2006,
218 projets MDP étaient en cours, ce qui représentait 71 % des projets de réduction d‘émissions
268
mondiales réalisés dans le cadre de la CCNUCC. La région soutient également l‘idée d‘un MDP
unilatéral qui donne aux pays en développement la souplesse nécessaire pour lancer des projets
et assumer les risques concomitants.
5. ASIE OCCIDENTALE
Pour la Commission économique et sociale pour l‘Asie occidentale (CESAO), même si les impacts
du changement climatique sur la région arabe n‘ont pas encore été examinés, ils sont probable-
ment importants. Les pays arabes doivent mettre en œuvre les mesures d‘adaptation pour réduire
les effets du changement climatique sur la plupart des secteurs socio-économiques vulnérables.
L‘une des limitations les plus importantes du processus d‘évaluation a été le manque des capa-
cités nécessaires pour évaluer la vulnérabilité et l‘adaptation, afin de donner des résultats fiables
et de les incorporer dans les processus de planification du développement. Cette limitation vient
principalement de la collecte et de la surveillance inefficaces des données, de l‘accès limité aux
données existantes et de l‘absence des capacités nécessaires pour analyser, ajuster et exploiter les
données. La région arabe fait partie des parties non visées à l‘Annexe I et, à ce titre, bénéficiera
du MDP. Plusieurs activités du MDP sur l‘efficacité énergétique et les énergies renouvelables sont
mises en œuvre au niveau national. La région présente un potentiel important pour les projets de
capture et de stockage du carbone à l‘aide de technologies d‘extraction d‘hydrocarbures plus effi-
caces. Une fois que cette technologie permettant la réduction des émissions la plus importante est
adoptée comme méthodologie du MDP, certains pays arabes deviendront un marché intéressant
pour l‘échange des émissions.
R
La CEPALC a identifié les politiques et les stratégies régionales destinées à aider les pays arabes
à évaluer les impacts environnementaux et économiques du changement climatique et à mettre
LM
en œuvre les mesures d‘adaptation nécessaires, notamment la mise en place des capacités insti-
tutionnelles. Il est également important de soutenir la collaboration régionale dans la lutte contre
EC
le changement climatique en coordination avec les efforts internationaux. Réduire l‘impact des
politiques et des mesures adoptées par les pays industriels pour concrétiser les engagements pris
AV
dans le cadre de la CCNUCC et du Protocole de Kyoto et compenser les nations arabes pour les
pertes subies en conséquence de ces mesures sont des questions essentielles pour la région qui
RS
269
la malnutrition dans le continent.
Dans certains pays, les rendements des productions non irriguées pourraient être réduits de plus
de 50 % en 2020.
Vers la fin du XXIe siècle, la hausse projetée du niveau de la mer touchera d‘importantes régions
côtières de faible altitude et très peuplées.
Asie
Selon les projections, les ressources d‘eau douce disponible en Asie centrale, du Sud, de l‘Est, et
du Sud-ouest, particulièrement dans les grands bassins, diminueront à cause des changements
climatiques, ce qui pourrait affecter plus d‘un milliard de personnes dans les années 2050. Les
régions côtières, particulièrement les grands Del t as très peuplés dans le sud, l‘est et le sud-est
de l‘Asie, vont courir un plus grand risque à cause des inondations accrues dues à la mer et à
l‘écoulement des fleuves.
Selon les projections, les changements climatiques vont entraver le développement durable de
la plupart des régions en développement d‘Asie, en se combinant avec les pressions exercées par
l‘urbanisation, l‘industrialisation et le développement économique.
Australie et Nouvelle-Zélande
Les projections montrent une perte de la biodiversité pour 2020 dans certains sites écologique-
ment riches comprenant la grande barrière de corail et les Tropiques humides de Queensland.
Selon les projections pour 2030, la production agricole et forestière va décroître sur une grande
partie du sud et de l‘est de l‘Australie, et sur l‘est de la Nouvelle-Zélande, due à l‘augmentation de
la sécheresse et des incendies.
R
Europe
LM
Europe du Sud, les changements climatiques devraient aggraver les conditions dans une région
déjà vulnérable à la variabilité climatique, réduire la disponibilité en eau, le potentiel hydroélec-
trique, le tourisme estival et la productivité des cultures.
EC
Les régions montagneuses seront confrontées au recul des glaciers, à une réduction de la couver-
ture neigeuse et du tourisme hivernal et des extinctions d‘espèces étendues.
AV
En Europe centrale et orientale, les projections montrent une diminution des précipitations en
été, avec une augmentation du stress hydrique.
RS
Amérique latine
Il y a un risque de perte significative de biodiversité dans beaucoup de régions de l‘Amérique latine
U
tropicale.
CO
Dans les régions sèches, les changements climatiques devraient entraîner la salinisation et la dé-
sertification de surfaces agricoles. Les projections montrent que la hausse du niveau de la mer
augmentera le risque d‘inondation dans les régions de faible élévation.
Amérique du Nord
Dans les montagnes de l‘ouest, le réchauffement devrait, d‘après les projections, provoquer une
diminution du manteau neigeux, une augmentation des inondations hivernales et une diminu-
tion du débit de nombreux cours d‘eau durant l‘été.
Les villes qui connaissent actuellement des vagues de chaleur devraient faire face à un accroisse-
ment du nombre, de l‘intensité et de la durée des vagues de chaleur.
Les communautés et les habitats côtiers subiront des pressions croissantes en raison de l‘interaction
des changements climatiques avec le développement et la pollution.
Régions polaires
En Arctique, les conséquences supplémentaires comprennent la réduction de l‘étendue de la glace
marine et du pergélisol, une augmentation de l‘érosion des côtes et une augmentation de la pro-
fondeur de la fonte saisonnière du pergélisol.
Dans les deux régions polaires, des habitats et des écosystèmes spécifiques seront vulnérables,
d‘après les projections, en raison de la réduction des barrières climatiques à l‘invasion d‘espèces.
Petites îles
Les petites îles, localisées dans les Tropiques ou aux plus hautes latitudes, ont des caractéristiques
qui les rendent particulièrement vulnérables aux effets des changements climatiques, de la hausse
270
du niveau de la mer et des phénomènes météorologiques extrêmes.
Au milieu du XXIe siècle, les changements climatiques réduiront des ressources en eau dans beau-
coup de petites îles, comme dans les Caraïbes et le Pacifique.
La détérioration des conditions côtières par l‘érosion des plages et le blanchissement du corail
affectera les ressources locales.
R
LM
EC
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U
CO
271
SYNTHESE DES DOSSIERS SESSION DU 22 AU 26 SEP-
TEMBRE 2014
R
encore. Bien sûr, il y a des rescapés, des îlots de mieux-être dans un océan de malheur. Certes, à
LM
long terme, malgré les conflits « déstructurés », le sida et l‘incurie de leurs pouvoirs, les Africains
s‘en sortiront. Seulement comme le faisait remarquer John Keynes, économiste au grand cœur : à
long terme, nous serons tous morts.
EC
En dépit des circonstances atténuantes que l‘on peut lui reconnaître, l‘afro-optimisme est un crime
AV
contre l‘information. On n‘a ni le choix ni le droit. On ne peut pas, selon son bon vouloir, par senti-
mentalisme, ou sensationnalisme, « positiver » ou « noircir » les nouvelles du continent. Or, globa-
RS
lement, les nouvelles d‘Afrique sont affligeantes. Aujourd‘hui, le seul panafricanisme réellement
existant, c‘est celui de la douleur, des souffrances. Il recoupe, par la misère, « l‘illusion identitaire
U
» (Jean-François Bayart) qui consiste à parler de l‘Afrique – de l‘ensemble d‘un continent marqué
par une forte diversité – au singulier : ce « pays » auquel se réfèrent les vieux colons, sous-entendu :
CO
le pays des Noirs, qui sont tous pareils ; ou cette « mère Afrique » qu‘adulent les chantres de la «
négritude », racistes à l‘envers qui ont intériorisé les préjugés dont ils font l‘objet pour mieux les
revendiquer.
« L‘idée d‘une africanité qui ne serait pas nègre est tout simplement de l‘ordre de l‘impensable
», affirme au sujet de ces derniers l‘historien camerounais Achille Mbembé, dans un article inti-
tulé : « A propos des écritures africaines de soi ». L‘Afrique au singulier existerait seulement en tant
qu‘abstraction, à l‘instar de l‘Europe, si le continent au sud du Sahara ne s‘était pas abîmé dans de
multiples catastrophes, affligé de nombreux fléaux, victime de lui-même. C‘est de cette Afrique «
noire » qu‘il sera question ici, du « ventre mou » situé entre l‘Afrique du Nord et l‘Afrique du Sud,
qui représente seulement 24% du produit intérieur brut (PIB) du continent ; de la région comprise
entre le tropique du Cancer et celui du Capricorne, la seule au monde qui ait régresse depuis une
génération, là où l‘espérance de vie en bonne santé était, en 2002, de seulement trente-huit ans la
moitié d‘une vie occidentale.
Au journal télévisé, la gêne est palpable quand il est question de cette Afrique. Au-delà de la ca-
méra, le regard de la speakerine ou du présentateur s‘abîme dans la perplexité. Voici trois exemples :
la crise en Côte d‘Ivoire, la famine en Ethiopie, la guerre au Congo-Kinshasa. En Côte d‘Ivoire, pays
de cocagne du café et du cacao, un ancien Premier ministre, Alassane Ouattara, est empêché de se
présenter aux élections, au motif de sa « nationalité douteuse ». L‘affaire dégénère en querelle d‘ «
ivoirité », et des immigrés du Sahel sont chassés des plantations dans le sud-ouest du pays. Il y a
les premiers morts. Ensuite, le 24 décembre 1999, une mutinerie de solde s‘achève en coup d‘Etat,
272
le premier depuis l‘indépendance, suivi du « complot du cheval blanc » et du « complot de la Mer-
cedes noire ». On se frotte les yeux. Dans la nuit du 19 septembre 2002, des combats à Abidjan font
trois cents morts, le nord du pays se soulève. La Côte d‘Ivoire sombre corps et âme dans la vio-
lence. Son président, Laurent Gbagbo, un socialiste « démocratiquement élu », est accusé de diri-
ger des « escadrons de la mort » pour en finir avec l‘ennemi intérieur, des insurgés qui, en fait, sont
venus du Burkina Faso voisin§. . . la France intervient pour stopper leur avancée. En guise de re-
merciements, son ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, est vilipendé comme «
traître » et séquestré à la présidence ivoirienne par des « patriotes », partisans du président Gbagbo,
dont l‘épouse, Simone, critique violemment Paris chaque fois qu‘elle est interviewée. Néanmoins,
toutes les parties impliquées dans le conflit – gouvernement, rebelles et opposition – sont invitées
à Marcoussis, dans la banlieue parisienne, où elles négocient un accord de paix. Quand celui-ci
est entériné, le 25 janvier 2003, en présence du secrétaire générale des nations unies, tout ce qui
est français à Abidjan – des expatriés au centre culturel, en passant par les lycées et l‘ambassade
– est attaqué, pillé ou brûlé. Cependant, les soldats français envoyés d‘urgence ne se sont pad dé-
ployés à Abidjan, mais à 350 kilomètres au nord, pour y « surveiller » un cessez-le-feu que nul ne
respecte. Pendant des mois, dans l‘ouest ivoirien, d‘obscurs mouvements rebelles et une armée
qui n‘a plus rien de régulière massacrent la population, chacun ayant enrôlé des « combattants »
libériens pour lui prêter main forte. Et cela jusqu‘à ce que, munis d‘un mandat pour l‘imposition
de la paix, l‘armée française et des soldats ouest-africains d‘interposition interviennent pour « sé-
curiser » l‘ouest. C‘est là, enfin, que l‘on croit comprendre le film, l‘enchainement des événements.
Lorsque, le 25 mai 2003, ces troupes étrangères, dites « forces impartiales », entrent dans Goulaleu,
R
l‘un des villages martyrs qu‘ils ont pour mission de secourir, une inscription badigeonnée sur un
LM
pan d‘une maison calcinée les prévient : « Il n‘y a plus personne à tuer ici ! ». C‘est donc ça, tout
simplement : avec dix ans de décalage ; le carnaval sanglant du Liberia a gagné la Côte d‘Ivoire,
l‘ancien hevre de paix du « vieux » Félix Houphouët-Boigny, l‘ancienne « vitrine » de la France dans
EC
la région, que l‘on croyait parvenue sur la rive sûre du développement. Adieu ; l‘Afrique de l‘Ouest,
saluons ceux qui mourront. . . « Jamais cela ne se produira dans une ancienne colonie de la France !
AV
» avait-on dit et répété à paris, quand le Liberia, la Sierra Leone, la Somalie et le Zaïre ont été em-
portés. Puis, l‘été 1997, Brazzaville brûle. Sous les obus – tirés par des Congolais ! – s‘abattant sur
RS
la capitale de l‘ancienne Afrique équatoriale française (AEF), l‘armée française évacue ses ressor-
tissants, et s‘en va, le cœur lourd. A Paris, les politiques de tous bords, en phase avec l‘opinion
U
zaville fut un haut lieu de commémoration. Alors, à quand le Sénégal ? Il suffit de fermer les yeux
pour voir des jeunes, drogués au désespoir, coutelas à la main et bandeau rouge au front, courir
sur la plage des Almadies, prêts à verser le sang. Ou, plutôt, il suffira bientôt d‘ouvrir les yeux. . .
Deuxième exemple : une bonne cause en Afrique. Le 2 juin 2003, alors que se tient un sommet
des pays les plus industrialisés à Evian, Bob Geldof séjourne en Ethiopie. C »est la première fois
depuis vingt ans que le chanteur irlandais des Boomtown Rats, célèbre pour avoir réuni autour de
lui une pléiade de stars du rock sous la bannière du band Aid, retourne dans le pays qu‘il voulait
sauver de la famine, en décembre 1984. « Il faut un plan Marshall », déclare-t-il par téléphone à
Libération. « Sur le flanc sud de l‘Europe, juste de l‘autre côté de la Méditerranée, c‘est tout un
continent qui est à la dérive. Me voilà de retour au beau milieu d‘un peuple qui vit un calvaire
pire encore que celui des années quatre vingt. Et l‘Union européenne ne réagit pas, contrairement
aux Etats-Unis. L‘aide alimentaire promise par l‘UE pour endiguer la famine qui s‘annonce n‘est
pas arrivée. Cette semaine, j‘ai vu trop de bébés en train de mourir, soit de malnutrition, soit du
sida. Je ne veux plus voir cela. » L‘histoire bégaie. Vingt ans après s‘être indigné du sort des enfants
mourant de faim – sans avoir fait le rapprochement avec le déplacement forcés des populations
que le pouvoir éthiopien de l‘époque avait mis en œuvre, et qui fut à l‘origine de l‘expulsion de
Médecins sans frontière (MSF), seuls à protester -, Sir Bob, entre-temps anobli, lance de nouveau
l‘assaut médiatique contre une famine qu‘il croit biblique.
« Il a trouvé des mots très forts pour parler de la souffrance qu‘il a vue, mais des mots qui disaient fi-
273
nalement sa propre souffrance, décrivaient ses sentiments à lui, soulignant au passage sa grandeur
d‘âme et ne donnaient qu‘un aperçu extraordinairement déformé de ce qui se passait réellement »,
se souvient Rony Brauman, l‘ancien président de MSF. « Tandis que l‘on célébrait cette émouvante
success story de la charité internationale en mondiovision, devant deux milliards de téléspecta-
teurs, les déportations battaient leur plein. » Deux décennies plus tard, Bob Geldof, en tournée
de promotion pour l‘Unicef, le Fonds d‘aide pour les enfants des Nations unies, ne dit pas mot de
la guerre, aussi meurtrière que dispendieuse, que l‘Ethiopie et l‘Erythrée se sont livrée, de 1998 à
2000, pour quelques arpents de caillasse sur leur frontière. Il ne dit rien non plus de la dictature
à Addis-Abeba, de la « rente humanitaire » que le régime cherche à engranger d‘année en année.
Bien sûr, Bob Geldof ne vient pas souvent et, après tout, il est chanteur. Mais alors, pourquoi bat-il
le tambour caritatif pour l‘Unicef ou pour l‘association DATA – Debt, Aids, Trade in Africa – qu‘il
a créée avec le chanteur de U2, Bono, qui veut « transformer en argent la passion pour l‘Afrique
de Jacques Chirac » ? En Erythrée, de l‘autre côté de la frontière disputée par les deux Etats va-nu-
pieds de la Corne de l‘Afrique, un journaliste du New York Times se borne, lui, à faire son métier.
A la veille du sommet du G8 à Evian, qui doit décider d‘un « nouveau partenariat pour le dévelop-
pement de l‘Afrique », Nicholas D. Kristof publie, le 28 mai 2002, un article intitulé « Une fenêtre
sur l‘holocauste africain ». Il y rappelle que, au milieu des années quatre-vingt-dix, Asmara passait
pour être l‘une des capitales de la « renaissance » du continent. Comme d‘autres chefs rebelles de-
venus chefs de l‘Etat, Issayas Afeworki était alors considéré comme l‘un des hommes forts d‘une «
autre Afrique », à mille lieues de celle des « dinosaures » au pouvoir, tels que le Togolais Gnassingbè
Eyadema, le Gabonais Omar Bongo ou le Kenyan Daniel arap Moi. Hillary Clinton était même ve-
R
nue en Erythrée tâter le pouls d‘une « Afrique prête à prendre son destin en main ». Sept ans plus
LM
tard, au pied du monument de la « guerre de libération » à Asmara, une paire de sandales géantes
sur un socle en granit, le journaliste américain dénonce ce qu‘il découvre : une « minable dictature
criminelle » qui « affame son peuple », dont près d‘un tiers est menacé de périr d‘inanition.
EC
Troisième exemple : un pays africain en guerre. Au Congo-Kinshasa, le « front » est partout et nulle
AV
part. Le 08 mai 2003, un Iliouchine-76 affrété par l‘armée congolaise pour transporter du matériel
militaire de Kinshasa à Lubumbashi, le chef-lieu de la province du Shaba-Katanga, décolle à 19h
RS
30, bien après la tombée de la nuit. Pendant plus d‘une heure, les mécaniciens au sol se sont af-
fairés autour de la porte ventrale de l‘avion, jusqu‘à ce que l‘équipage ukrainien perdre patience,
U
tout comme d‘ailleurs les nombreux passagers – plus de deux cents. Certains d‘entre eux, dans un
pays-continent grand comme l‘Europe de l‘Ouest mais dépourvu d‘un réseau routier praticable,
CO
campaient à l‘aéroport depuis plusieurs jours, en attendant un départ. Alors, à Dieu va, l‘avion dé-
colle ! Il n‘a pas encore atteint son altitude de croisière quand, précédée d‘un sifflement strident,
une sourde déflagration retentit ; déstabilisé, l‘Iliouchine bascule d‘un côté, puis de l‘autre, man-
quant de partir en vrille. L‘appel d‘air créé par le trou béant à l‘arrière aspire les passagers, pour la
plupart des civils, des « clandestins » qui ont payé leur place aux militaires. Ils sont littéralement
arrachés de leur siège, projetés comme des poupées de paille dans le ciel noir qui les engloutit
en un instant. Combien sont-ils ? Quand le pilote, ayant réussi à remettre l‘appareil d‘aplomb, re-
tourne se poser à Kinshasa, nul ne saurait le dire. Personne ne les a comptés à l‘embarquement,
personne n‘est en mesure de calculer leur nombre rétrospectivement, post mortem, car le « tarif
» perçu variait selon la tête du client. « Que sommes-nous devenus ? » fulmine de sa chaire, le di-
manche 16 mai, l‘archevêque de Kinshasa, le cardinal Etsou, président de la conférence épiscopale
du Congo. « Que n‘aurions-nous pas dit si cet avion avait été atteint par des tirs ennemis ? Là, au-
cun ennemi ne nous a frappés. C‘est nous-mêmes, par notre complaisance, par notre cupidité, par
notre insouciance, par notre irresponsabilité, oui, c‘est nousmêmes. » Après cette autocritique, le
prélat instruit le procès, par contumace, de ceux dont « les actes méchants posés délibérément »
ont fait le malheur du Congo depuis cinq ans, à commencer par les présidents rwandais et ougan-
dais, Paul Kagame et Yoweri Museveni. Par leur « exploitation perverse des conflits ethniques et des
rancœurs anciennes, ils perpétuent les affrontements entre armées étrangères en terre congolais
». Ils convoiteraient les fabuleuses richesses de leur grand voisin. « S‘il s‘agit des terres à conquérir,
s‘insurge Mgr Etsou, elle est révolue, l‘époque de l‘extermination des indigènes pour s‘approprier
274
leurs terres ! » Vœu pieux, mais c‘est une erreur : pour quelques tonnes d‘or, de cassitérite et de
coltan, le minerai qui connaît depuis la fin des années quatre-vingt-dix un boom extraordinaire –
jusqu‘à sept cents dollars le kilo – parce qu‘il entre dans les alliages utilisés dans les microproces-
seurs et téléphones portables, l‘est du Congo a été transformé en cimetière à ciel ouvert.
Trois rapports successifs d‘un groupe d‘experts des Nations Unies ont documenté ce « hold-up
du siècle », du « revolving fund » de dix millions de dollars que le Rwanda a mis en place grâce
aux recettes tirées de l‘exportation des matières premières congolaises, jusqu‘à la filière remon-
tant au général Salim Sahel, le demi-frère cadet du président Museveni. Ni ce dernier, naguère
flatté comme le « Bismarck des Grands Lacs », ni son ex-allié et nouveau rival, le général-président
Kagame, n‘ont eu à répondre de leurs actes devant la communauté internationale. Au contraire,
celle-ci subventionne leur régime d‘une généreuse aide au développement. L‘Ouganda, allié régio-
nal des Etats-Unis, passait longtemps pour le « meilleur élève » du Fonds monétaire international
(FMI) et de la Banque mondiale. Quant au Rwanda, le monde rachète sa non-assistance aux Tutsi
minoritaires victimes d‘un génocide en 1994 qui a fait plus d‘un demi-million de morts. « Plus ja-
mais ça », s‘était-on juré, de nouveau, au siège des Nations unies et dans les capitales occidentales.
Etats pillards, les voisins du Congo – outre le Rwanda et l‘Ouganda, il y a aussi le Zimbabwe, la Na-
mibie et l‘Angola – ont donc pu dépecer impunément leur terre à butins. Depuis août 1998, selon
l‘International Rescue Committee, une ONG américaine, la guerre, les épidémies et la faim qui
ont dévasté l‘ex-Zaïre auraient coûté la vie à 3.3 millions de Congolais. S‘ajoutant – autre grossière
estimation – à 50 000 morts dans l‘Ituri, la province contiguë du Rwanda et de l‘Ouganda, la tue-
R
rie de plus de 400 civils à Bunia, en mai 2003, a provoqué l‘intervention d‘une force internationale,
sous commandement français. Pendant trois mois, cette « task force » devait pacifier le chef-lieu de
LM
l‘Ituri, au cœur d‘une région vallonnée où s‘étendent des plantations de bananes, de café et de thé,
des champs d‘avocats et de papayes. Ce paradis terrestre abrite bien d‘autre Bunia dont les noms
EC
ne figureront sans doute jamais sur une carte d‘état-major occidental : par exemple Drodro, Nya-
kunde ou Blukwa. Ces localités ont en commun d‘être des lieux de massacre où ont été passés au
AV
fil de la machette, en un seul jour, respectivement plus de 300, 500 et 900 civils, des hommes, des
femmes et des enfants. Méprisés depuis toujours, suspectés de servir aux groupes armés rivaux
RS
de « pisteurs » dans la forêt équatoriale, les Pygmées sont particulièrement persécutés, victimes
d‘actes d‘anthropophagie. « Le cannibalisme a servi de moyen prémédité pour faire la guerre »,
U
conclut en août 2003 un rapport d‘enquête des nations unies, sur la région. « La consommation
du cœur et du foie des pygmées, qui conférerait aux auteurs de tels actes la faculté des victimes de
CO
chasser et de survivre dans la jungle, peut être considérée comme du fétichisme pur. En revanche,
l‘obligation faite à certaines familles de manger des parties du corps de leurs parents tués doit être
considérée comme faisant partie d‘une stratégie de torture psychologique ». . .
En Afrique, comme partout ailleurs, l‘humanité souffrante est faite d‘une somme de drames indi-
viduels. Mais ces nouvelles-là, celles du « temps du malheur » (Achille Mbembé) au jour le jour,
ne parviennent que rarement à l‘extérieur. Comme l‘histoire de Pierre Owono Mvondo, un Ca-
merounais âgé aujourd‘hui de cinquante-huit ans, condamné en 1969 à trois ans de réclusion
pour faux et usage de faux. Il commence alors à purger sa peine à la prison de Sangmélima, à
180 kilomètres au sud de Yaoundé, la capitale, où il est transféré en 1971. Au moment prévu de
sa libération, l‘année suivante, il apprend qu‘il a été derechef condamné à dix ans de prison sup-
plémentaires, sans avoir revu un tribunal ni même un juge d‘instruction. « Oublié » par l‘appareil
judiciaire, ignoré par l‘administration pénitentiaire malgré ses protestations, l‘ancien graveur, sur-
nommé « Leppé », ne sortira de sa cellule qu‘après trente-trois ans d‘emprisonnement. Il aura fallu
que l‘archevêque de yaoundé, Mgr André Wouking, visite la prison centrale de Kongengui, et soit
ému aux larmes par le récit de Pierre Owono Mvondo, fervent chrétien, accroché à sa foi comme
un naufragé à sa bouée. Enfin libéré, sans indemnisation ni excuses, « Leppé » se sent à Yaoundé
« comme quelqu‘un qu‘on a jeté en plein Paris, une ville où il n‘a jamais mis les pieds ». Son plus
grand désir : « trouver du travail et une femme parce que, pendant trente-trois ans, je n‘ai pas vu
la nudité d‘un corps de femme ».
275
Sur un continent où la pitié est souvent un luxe inabordable, voilà un happy end. En revanche, un
haut fonctionnaire du Nigéria, dont la presse locale n‘a pas même jugé nécessaire de rapporter le
nom, a connu une fin moins heureuse. Porte-parole adjoint du ministère de l‘information d‘Edo,
l‘un des trentesix Etats de la fédération nigériane, il a été impayé pendant deux ans. Après avoir vai-
nement réclamé ses arriérés de traitement, il s‘est rendu à Abuja, la capitale fédérale, pour y faire
valoir ses droits. Nul ne voulant s‘occuper de son cas, il s‘est installé au ministère de l‘information
où il vivait de la charité des passants. Son sit-in de protestation a duré neuf mois. Puis, le lundi
19 mai 2003, les fonctionnaires du ministère qui reprenaient leur travail après le week-end l‘ont
trouvé mort dans leur bureau. « Il était malade », a expliqué l‘un d‘eux, se souvenant aussi que
son collègue de province, mué en meuble humain, avait demandé l‘équivalent de 13 euros pour
se faire soigner. Une vie en Afrique, ça vaut combien ?
Dans son édition du 9 mai 2003, l‘hebdomadaire catholique Pèlerin Magazine a publié un son-
dage, « L‘Afrique vue par les Français », réalisé en collaboration avec Radio France internationale
(RFI). De l‘enquête de la Sofres auprès d‘un échantillon national représentatif de la population
française âgée de plus de dix-huit ans, il ressort une image négative. Les adjectifs couramment
associés à l‘Afrique sont : « pauvre » (76%), « instable » (52%), « corrompue » (39%) et « violente
» (32%). Parmi les priorités pour le continent, l‘éducation et la formation (63%), puis une « réelle
politique de lutte contre le sida » (50%) figurent loin devant l‘option « favoriser les régimes démo-
cratiques » (34%). Visiblement désabusés, les Français n‘en sont pas moins prêts, pour 25% d‘entre
eux (36% parmi les catholiques pratiquants), à « donner du temps dans des associations » au profit
R
de l‘Afrique, ou à « parrainer un ou plusieurs enfants africains » (19%), même s‘ils sont seulement
15% à vouloir encore « donner de l‘argent » et 29% à carrément baisser les bras, estimant qu‘il n‘y
LM
a « rien » à faire. Comme « principaux atouts » du continent, les personnes interrogées citent « ses
matières premières » (42%), « la jeunesse de sa population » (41%) et « son potentiel touristique »
EC
(31%). Quoi de plus banal ? C‘est le bon sens qui s‘exprime. Or, en présentant le sondage, Pèlerin
Magazine reproche aux Français d‘ignorer « l‘autre Afrique, celle des exclus de l‘économie mon-
AV
diale et de la société planétaire, [qui] est en effet bien vivante, sinon bien portante », affirmant
péremptoirement : « Envers et contre tout, l‘Afrique est le continent de la vie et de l‘espoir. » Pour
RS
sa part, rendant compte – sous le titre : « Afropessimisme hexagonal » - de cette enquête d‘opinion,
Jeune Afrique estime que « le scepticisme des Français quant à la possibilité de voir émerger « une
U
Ce n‘est pas le point de vue qui sera développé dans ce livre. Pour le dire brutalement : depuis
l‘indépendance, l‘Afrique travaille à sa recolonisation. Du moins, si c‘était le but, elle ne s‘y pren-
drait pas autrement. Seulement, même en cela, le continent échoue. Plus personne n‘est preneur.
Il ne s‘agit pas de polémiquer ni d‘accabler l‘Afrique qui n‘en a vraiment pas besoin. En revanche,
il est temps de mettre fin à une double hypocrisie : celle des Occidentaux qui, par culpabilité his-
torique ou veule désintérêt, ne disent pas la vérité aux Africains qu‘ils savent pourtant condam-
nés, à moins qu‘ils ne cessent leur œuvre collective d‘autodestruction ; celle des Africains, bien
conscients de leurs limites, mais qui, juchés sur leur « dignité d‘homme noir » et, en cela, aussi
racistes que l‘ont été certains colons, rejettent toute critique radicale pour ne pas perdre la pen-
sion alimentaire qu‘ils tirent de la couple de l‘Occident. Peut être, dans le passé, le pharisaïsme
des uns et des autres ne tuait-il personne. Mais, aujourd‘hui, il est mortel. Le « temps du malheur »
dont parle Achille Mbembé, l‘un des rares intellectuels du continent à appeler le désastre par son
nom, est « un temps au cours duquel le pouvoir et l‘existence se conçoivent et s‘exercent dans la
texture de animalité ». nous y sommes : des Africains se massacrent en masse, voire – qu‘on nous
pardonne ! – se « bouffent » entre eux.
Les 3.3 millions de morts au Congo-Kinshasa viennent après quelque 800 000 suppliciés à la ma-
chette, lors du génocide au Rwanda en 1994 ; après 200 000 Hutu qui ont trouvé la mort, entre
octobre 1996 et mai 1997, dans la jungle de l‘ex-Zaïre ; après 300 000 victimes d‘un « génocide ram-
pant » au Burundi depuis 1993 ; après 300 000 victimes de la faim et des violences en Somalie,
276
pays sans Etat depuis 1991 ; et à la suite d‘autant de morts, au moins, durant une décennie de sa-
turnales au Liberia, de même qu‘en Sierra Leone. . . cette comptabilité mortuaire, sur les seules
dix dernières années, est loin d‘être exhaustive. Combien de morts au Soudan, où la – seconde
– guerre civile dure depuis plus de vingt ans ? Combien en Angola qui, jusqu‘à la mort de Jonas
Savimbi en février 2002, n‘a pratiquement pas connu la paix depuis son indépendance en 1975 ?
Combien de victimes en Casamance, au Congo-Brazzaville, où des centaines de milliers de per-
sonnes apeurées ont vécu de longs mois dans la forêt en se nourrissant de racines et de baies
sauvages ? et combien de tués, depuis septembre 2002, en Côte d‘Ivoire ? Au regard de ce bilan,
qui est aussi un réquisitoire contre l‘inaltérable bonne conscience occidentale (« ni ingérence ni
indifférence »), peut-on continuer de (se) mentir ? a-t-on le droit de s‘interroger sur « les capaci-
tés institutionnelles de l‘Etat postcolonial », alors qu‘il n‘y a guère un aéroport en Afrique qui soit
convenablement administré, plus de services postaux qui fonctionnent, que la distribution d‘eau
et d‘électricité a dû être confiée, presque partout, à des groupes étrangers, toujours les mêmes, ces
nouvelles « compagnies concessionnaires » ? Enfin, sur un continent qui n‘a inventé ni la roue ni
la charrue, qui ignorait la traction animale et tarde toujours à pratiquer la culture irriguée, même
dans les bassins fluviaux, les coopérants doivent-ils se mordre les lèvres quand, en discutant avec
leurs « homologues » africains, ils ont eu le malheur d‘évoquer le « retard » de l‘Afrique ? À l‘inverse,
là où le téléphone marche seulement par miracle ou au prix d‘une communication satellitaire, est-
il sensé de penser que « l‘Internet permettra à l‘Afrique de faire l‘économie d‘une étape et de passer
tout de suite à l‘ère postindustrielle, l‘âge global » ?
R
NECROLOGIE : Pourquoi l‘Afrique meurt STEPHEN SMITH
LM
SYNTHESE DES DOSSIERS SESSION DU 22 AU 26 SEP-
EC
TEMBRE 2014
AV
APPROCHE GENRE
U
1. Le concept "genre"
CO
"L‘approche genre" suppose de considérer les différentes opportunités offertes aux hommes et
aux femmes, les rôles qui leur sont assignés socialement et les relations qui existent entre eux. Il
s‘agit de composantes fondamentales qui influent sur le processus de développement de la société
et sur l‘aboutissement des politiques, des programmes et des projets des organismes internatio-
naux et nationaux. Le genre est intimement lié à tous les aspects de la vie économique et sociale,
quotidienne et privée des individus et à ceux de la société qui a assigné à chacun (hommes et
femmes) des rôles spécifiques. Les spécialistes des sciences sociales et ceux du développement
utilisent deux termes distincts pour marquer, entre hommes et femmes, les différences détermi-
nées biologiquement et celles construites socialement : il s‘agit dans le premier cas du mot "sexe",
dans le second cas du vocable "genre". Même si les deux termes sont liés aux différences entre les
hommes et les femmes, les notions de —sexe et de —genre ont des connotations distinctes.
Le sexe marque les caractéristiques biologiques (permanentes et immuables) des hommes et des
femmes, communes à toutes les sociétés et à toutes les cultures. Le genre, par contre, se réfère aux
caractéristiques qui se sont forgées tout au long de l‘histoire des relations sociales. Les différences
de genre sont socialement édifiées et inculquées sur la base de la perception que les diverses socié-
tés ont des différences physiques et des présupposés de goûts, tendances et capacités des hommes
et des femmes. Les différences relatives au sexe sont immuables. Par contre, l‘histoire et l‘analyse
comparative des sociétés ont largement confirmé que les disparités liées au genre varient selon les
cultures et selon les périodes en fonction de l‘évolution de la société.
277
Les relations de genre sont alors définies comme les mécanismes, particuliers à chaque culture,
qui déterminent les fonctions et les responsabilités assignées aux uns et aux autres. Par effet, elles
déterminent l‘accès aux ressources matérielles (terre, crédit, formation, etc.) et immatérielles telles
que le pouvoir. Les implications dans la vie quotidienne sont multiples : répartition du travail do-
mestique et extra-domestique et des responsabilités familiales, niveau d‘éducation et opportuni-
tés de promotion professionnelle, insertion dans les instances du pouvoir et capacité de négocia-
tion et de décision, etc.
R
filles font partie de façon inaliénable, intégrale et indissociable des droits humains universels.
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3. Solutions aux questions critiques identifiées :
– La persistance de la pauvreté qui pèse de plus en plus sur les femmes ;
EC
– L‘inégalité face aux structures et politiques économiques, à toutes formes d‘activité de produc-
tion et à l‘accès aux ressources ;
U
278
– Publier régulièrement un bulletin statistique sur ces éléments qui soit compréhensible par un
large éventail d‘utilisateurs non spécialisés ;
– Utiliser les données sexo spécifiques pour la formulation des politiques et la mise en œuvre des
programmes et des projets. Les actions suivantes ont été proposées :
– Amélioration de la collecte de données sur la totalité des apports économiques des femmes et
des hommes, notamment par leur participation aux secteurs informels et au travail non rémunéré
(dans l‘agriculture, en particulier celle de subsistance et pour les productions non marchandes)
déjà pris en considération dans le système de comptabilité nationale de l‘ONU ;
– Elaboration, dans les instances appropriées, de méthodes d‘évaluation quantitative du travail
non rémunéré et non quantifié par les comptabilités nationales (garde des personnes dépen-
dantes, préparation de la nourriture, etc.) afin de l‘intégrer dans les comptes accessoires ou autres
comptes officiels séparés des comptabilités nationales ;
– Elaboration d‘une classification internationale des activités pour établir des statistiques budget-
temps, et pour prendre en compte les différences entre les femmes et les hommes en matière de
travail rémunéré et non-rémunéré, et rassembler des données ventilées par sexe ;
– Amélioration des évaluations qui, à l‘heure actuelle, sous-estiment le chômage et le sous-emploi
des femmes sur le marché du travail ;
– Amélioration des principes et méthodes de collecte de données concernant l‘évaluation de la
pauvreté chez les femmes et les hommes, et leur accès aux ressources ;
– Appui aux systèmes statistiques de l‘état civil et introduction d‘analyses sexo spécifiques ;
– Production de données sur la morbidité et l‘accès aux soins et aux services de santé ;
R
– Etablissement de meilleures statistiques, ventilées par sexe et par tranche d‘âge sur les victimes
LM
et les auteurs de toutes les formes de violence contre les femmes ;
– Amélioration des principes et méthodes de collecte de données sur la participation des femmes
et des hommes handicapés, y compris leur accès aux ressources.
EC
4. Illustration des disparités liées au genre Les fonctions assumées par les femmes et les hommes
AV
ainsi que les besoins spécifiques qui en découlent sont des aspects relevant du concept de genre.
Connaître et tenir compte de ces éléments sont indispensable pour formuler des politiques et des
RS
Dans toutes les sociétés, les hommes et les femmes ont des activités distinctes et ils assument des
CO
responsabilités différentes au sein du ménage. Pour les femmes, production et reproduction sont
deux domaines étroitement imbriqués. Une grande partie de leur travail n‘est pas rétribué même
s‘il est productif. Les hommes ont toujours eu un rôle mineur dans les tâches domestiques : ils
sont supposés avoir un travail rémunéré à l‘extérieur (tout au moins la société le conçoit ainsi).
Les disparités d‘accès aux ressources entre hommes et femmes ont un effet direct sur les poten-
tialités d‘autonomie économique assurant aux femmes et aux personnes qui en dépendent une
meilleure qualité de vie. De plus, l‘accès restreint des femmes aux facteurs de production agri-
cole, en particulier pour les cultures vivrières, confère de sérieuses limitations à la productivité de
leur travail ainsi que le faible accès à la terre et aux autres intrants agricoles est un des obstacles
fondamentaux à une productivité efficace.
Dans les secteurs non-agricoles, l‘emploi est le plus souvent discriminatoire à l‘égard des femmes,
que ce soit par la nature des travaux, la catégorie professionnelle ou les potentialités d‘avancement
professionnel. Depuis plus de vingt ans et dans toutes les régions du monde, les femmes ont
de plus en plus investi le marché du travail. Pourtant, elles continuent à occuper des fonctions
moindres, à percevoir des salaires plus bas et à avoir moins d‘opportunités de promotion.
En plus des aprioris sexistes, les femmes sont également obligées de concilier leur rôle de femme
au foyer avec celui d‘agent économique productif. La durée et l‘organisation de leur journée de
travail, l‘évolution de leur carrière professionnelle et le niveau de leur salaire s‘en ressentent. En
résumé, les possibilités et le champ du travail sont plus limités pour les femmes que pour les
279
hommes, auxquels s‘ajoute une rémunération inférieure à fonction égale.
b. Dans le domaine de la pauvreté
La pauvreté se caractérise par la précarité des revenus, voire même l‘absence de revenus, associée
à un accès très restreint aux ressources productives indispensables pour garantir des conditions
de vie durables. Elle est synonyme de faim, de malnutrition, de mauvaise santé, de mortalité et de
morbidité élevée, d‘instruction insuffisante, d‘habitat précaire et malsain.
Les études ont démontré que la pauvreté se féminise : au cours de la décennie 1970-1980, le
nombre de femmes qui vivaient au-dessous du seuil de pauvreté a augmenté davantage que ce-
lui des hommes. En 1988, il était estimé que 60% des pauvres étaient des femmes. En plus des
discriminations sexistes dans le secteur de l‘emploi, d‘autres facteurs sont à l‘origine de ce phéno-
mène : restructuration économique mise en œuvre dans les pays en développement, réductions
budgétaires effectuées par les gouvernements et autres mesures liées à l‘adoption des modèles
économiques néolibéraux. Les femmes ont subi, beaucoup plus cruellement que les hommes, la
réduction des postes de travail de la fonction publique et des services et avantages sociaux. La
désintégration des systèmes d‘assistance a accru la charge de travail des femmes. Les soins aux
enfants, aux anciens, aux malades et aux handicapés, assurés auparavant en partie par les ser-
vices sociaux, ont alors échu totalement aux femmes. Elles doivent, non seulement parer à cette
défaillance, mais gérer leurs faibles ressources. Cette féminisation de la pauvreté est encore plus
tangible pour les femmes chefs de famille. Dans un ménage dirigé par un homme, les apports se
R
complètent : l‘homme participe au bien-être de la famille par des revenus et la femme, tout en
fournissant des biens et services à la famille, peut s‘adonner à une activité rémunératrice.
LM
La pauvreté est plus aiguë dans les zones rurales où la disponibilité des services et les opportunités
de travail sont plus restreintes qu‘en milieu urbain. Elle est plus probable chez les femmes que chez
EC
les hommes étant donné le moindre accès de celles-ci aux ressources et aux facteurs de production
et leur plus grand isolement. Le crédit, la terre, l‘héritage, l‘instruction, la formation, l‘information,
AV
la vulgarisation, la technologie, les intrants agricoles sont plus aléatoires pour elles, sans compter
leur pouvoir inégalitaire de décision sur leur propre production et celle du ménage. Les incitations
RS
gouvernementales à la production favorisent le plus souvent les cultures de rente alors que les
femmes sont davantage engagées dans les cultures vivrières.
U
En outre, la vulnérabilité des femmes prend certaines de ses racines au sein même de la famille :
CO
par exemple, pour l‘inscription des enfants à l‘école, dans les ménages pauvres, les parents préfé-
reront investir sur les garçons et garderont les filles à la maison où elles assureront une partie du
travail domestique et de production.
c. Dans le domaine de la vie familiale
Dans toutes les sociétés, les femmes assument la majeure partie du travail domestique et sont les
principales responsables de l‘éducation des enfants et des soins aux personnes âgées et aux ma-
lades. La vie des femmes est énormément marquée par la reproduction qui a une influence directe
et évidente sur leur état de santé et sur les opportunités d‘accès à l‘instruction, à l‘emploi, aux reve-
nus. Dans les sociétés où les femmes se marient très jeunes, et beaucoup plus précocement que les
hommes, la subordination au mari sera plus forte et conditionnera les possibilités d‘instruction,
de travail, etc.
L‘émigration masculine croissante due au chômage et l‘instabilité des relations conjugales ont ac-
cru le nombre de ménages dirigés par des femmes. La série de recensements de 1990 révèle qu‘en
Amérique latine 21% des ménages sont dirigés par une femme. La proportion atteint 35% aux Ca-
raïbes. C‘est le taux le plus élevé de toutes les régions du monde. En général, les différences entre
familles dirigées par une femme et celles par un homme se font sentir à tous niveaux : composi-
tion, envergure des affaires familiales et mode de gestion, nutrition, éducation des enfants et dis-
ponibilité des revenus. Une femme seule a une responsabilité double car, d‘une part, elle s‘engage
280
économiquement pour obtenir des revenus et, d‘autre part, elle assume son rôle de femme au
foyer. Autre phénomène, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. Par conséquent, le
nombre de veuves est plus important que celui des veufs. Un homme divorcé, séparé ou veuf se
remarie ou se réinstalle en ménage plus aisément et plus fréquemment que ne le font les femmes
restées seules.
Généralement, on enregistre comme chef de famille celui qui donne le nom à la famille. Les stéréo-
types font qu‘un homme majeur est automatiquement considéré comme chef de famille, même si
les responsabilités économiques et autres sont à la charge de la femme. Ainsi, la majorité des mé-
nages dirigés par une femme sont monoparentales car, il est démontré que seulement 1,4% des
femmes chefs de famille avaient un conjoint.
d. Dans le domaine de la santé et de la nutrition
Les femmes et les hommes ont des demandes de santé distinctes, à cause des différences bio-
logiques, mais aussi à cause de leur mode de vie lié aux rôles spécifiques que la société leur a
assignés. La santé masculine est plus fragilisée par les maladies professionnelles, les accidents du
travail et de la route et le tabagisme, l‘alcoolisme, la toxicomanie, etc. L‘incidence du cancer, des
maladies et lésions cardio-vasculaires, principales causes de la mortalité, est plus élevée chez les
hommes. Le style de vie (comportements culturels et sociaux) et les caractéristiques biologiques
en sont les principales causes. Les risques de maladies encourus par les femmes sont souvent liés
à la reproduction. Leur santé est plus fragile au cours des grossesses : risques d‘anémie, de malnu-
R
trition, d‘hépatite, de malaria, de diabète, etc. LM
Toutefois, les femmes ont une espérance de vie supérieure à celle des hommes. Dans les pays euro-
péens, nord-américains et quelques pays d‘Amérique latine, la différence oscille entre 5 et 12 ans.
Les hypothèses expliquant ce phénomène sont nombreuses : causes génético-biologiques, envi-
EC
ronnementales, sociales, etc. Toutefois, aucun consensus ne s‘est encore établi définitivement.
Dans certains pays asiatiques, l‘espérance de vie des femmes ne suit pas ce schéma : les règles
AV
religieuses et les normes culturelles imposent aux femmes certaines interdictions pour les soins
médicaux et la fréquentation des services de santé.
RS
Parallèlement, le manque de ressources, les contraintes sociales et les coutumes induisent des
U
disparités entre filles et garçons en termes de nutrition, de morbidité et de mortalité. Dans certains
pays, la valeur accordée aux enfants de sexe masculin est supérieure à celle des enfants de sexe
CO
féminin. Les parents recourront alors plus facilement aux services sanitaires pour les garçons et
leur fourniront une nourriture plus abondante et de meilleure qualité.
Dans certaines sociétés, la répartition des aliments au sein du ménage peut être également inéqui-
table entre adultes (les femmes servent d‘abord la famille et ne mangent que ce qu‘il reste). Elles
peuvent aussi avoir une alimentation déséquilibrée, avec les séquelles que cela implique, spécia-
lement lors des périodes de grossesse et d‘allaitement. Dans la mesure où les femmes sont les plus
pauvres des pauvres, en particulier lorsqu‘elles sont chefs de ménage, elles souffrent souvent de
dénutrition d‘autant qu‘elles se privent pour assurer à leurs enfants un minimum alimentaire.
Sachant que la plus grande partie de la production vivrière est aux mains des femmes, il serait
judicieux d‘augmenter la productivité de leurs cultures par un accès facilité au crédit, à la tech-
nologie et aux services agricoles. Le niveau nutritionnel de tous en bénéficierait largement. Des
services nationaux et des ONG de planification familiale et de santé publique se sont ouverts aux
questions de protection maternelle et infantile, permettant ainsi à certains groupes exclus de la
santé de bénéficier d‘un minimum de soins.
e. Dans le domaine de l‘éducation
Dans ce texte le vocable éducation doit être entendu dans le sens instruction scolaire. Cette préci-
sion paraît nécessaire car l‘éducation recouvre des domaines qui vont bien au-delà de la scolarité
et de l‘instruction proprement dite.
281
Le marché du travail, de plus en plus concurrentiel, exige, chaque jour davantage, un niveau d‘instruction
de plus en plus élevé. Les personnes sans bagage éducatif se retrouvent incontestablement dans
une position de désavantage. Par ailleurs, il est reconnu que dans un processus de changement,
l‘instruction permet de passer de l‘exclusion (marginalisation) à une insertion active. Pourtant,
dans beaucoup de sociétés subsistent encore des barrières et des préjugés qui restreignent l‘accès
des femmes à l‘instruction.
Les femmes analphabètes sont plus nombreuses que les hommes et plus le taux d‘alphabétisation
d‘un pays est faible, plus les disparités sont en défaveur des femmes. L‘UNESCO estime que dans
les pays en développement, 41% des femmes sont analphabètes contre 20% d‘hommes.
Dans les zones rurales de certains pays, le taux d‘analphabétisme des femmes, âgées de 15 à 24
ans, est deux à trois fois supérieur à celui des zones urbaines16. Les filles abandonnent plus tôt
l‘école, particulièrement en milieu rural où leur aide est requise pour les tâches domestiques et
productives. L‘absence de services scolaires, comme le transport de proximité, creuse cet écart
en ayant un effet direct sur le taux de fréquentation scolaire des filles. Lorsque la distance à par-
courir pour se rendre à l‘école est longue, les parents craignent que leurs filles soient enlevées en
chemin. Cette attitude est plus de mise dans les sociétés où les us et coutumes réglementent les
déplacements des femmes.
Au niveau des études supérieures, dans certaines régions, le nombre de filles augmente et est par-
fois même supérieur (cas des Caraïbes et en Asie occidentale) à celui des garçons. Mais, de réelles
R
différences existent quant à la nature des études embrassées. Les préjugés, les réticences des fa-
milles, les habitudes sociales donnent la part belle aux garçons dans les domaines scientifiques et
LM
techniques. Les filles, celles qui peuvent accéder à l‘éducation supérieure, sont quant à elles inci-
tées à opter pour des carrières dites féminines, qui ont le plus souvent peu de débouchés et mal
EC
rétribuées. Les processus éducationnels portent en eux une logique de ségrégation des femmes
par rapport à l‘emploi.
AV
Les risques encourus par la dégradation de l‘environnement touchent la qualité de vie et la charge
de travail avec des effets différents pour les hommes et les femmes. Les femmes sont les premières
U
touchées par l‘épuisement des ressources naturelles. Dans les zones rurales de bien des pays en
voie de développement, elles sont responsables de l‘utilisation et de la gestion quotidiennes des
CO
ressources naturelles. Elles subviennent également aux besoins de la famille par les cultures vi-
vrières, la collecte des produits forestiers, la corvée de bois et d‘eau. La déforestation galopante
et l‘assèchement des sources d‘eau conduisent les femmes à parcourir des distances de plus en
plus grandes, les obligeant à passer beaucoup plus de temps et à dépenser plus d‘énergie pour
produire et trouver les denrées indispensables. Leur charge de travail est décuplée et leur marge
de temps libre considérablement réduite. Se consacrer à des activités productives plus rentables
devient alors problématique.
La détérioration de l‘environnement due à une mauvaise gestion et utilisation des déchets et des
agents polluants peut avoir un impact démesuré sur la santé des femmes qui sont, apparemment,
plus sensibles aux effets toxiques des substances chimiques. Les risques pathologiques sont plus
élevés dans les couches de population à faible revenu qui vivent dans les zones défavorisées. Gé-
néralement, les industries et les usines sont implantées au voisinage de ces quartiers pauvres qui
se retrouvent alors noyés dans des fumées polluantes.
Dans les pays industrialisés, où les modèles de consommation et de production vont souvent à
l‘encontre du développement durable, les ressources naturelles et les êtres humains subissent des
préjudices énormes. Le réchauffement de la planète, l‘amincissement de la couche d‘ozone et la
diminution de la diversité biologique sont des résultats de ces phénomènes de dégradation. Paral-
lèlement, dans les pays pauvres, autant les hommes que les femmes surexploitent les ressources
282
naturelles pour survivre, ce qui conduit à la dégradation des sols, la destruction de la flore, de la
faune, des ressources marines et halieutiques, la baisse de qualité de l‘eau, etc.
Dans beaucoup de pays, la vie de la population rurale dépend totalement des ressources natu-
relles. La dégradation du milieu touche surtout les personnes les plus vulnérables et celles vivant
en étroite dépendance avec l‘environnement. Par conséquent, il est important de comprendre les
disparités liées au genre dans le domaine de la gestion des ressources naturelles, de la responsa-
bilité de la dégradation de l‘environnement et de la participation aux prises de décision relatives à
cette question.
g. Dans le domaine de la vie publique et des instances de décision
L‘inégalité entre hommes et femmes persiste dans la vie publique et dans les instances décision-
nelles. Les femmes sont toujours sous-représentées dans les gouvernements, les assemblées légis-
latives et dans beaucoup d‘autres secteurs cruciaux influant sur l‘opinion publique tels que l‘art,
la culture, les médias, la religion. Dans seulement 16 pays, les femmes occupent plus de 15% des
charges ministérielles et dans 59 autres, elles ne sont titulaires d‘aucun poste ministériel. Prati-
quement dans tous les pays, les femmes ont acquis le droit de vote. Pourtant, leur nombre dans
les parlements est toujours très faible : en 1994, dans le monde entier, les femmes parlementaires
ne représentaient que 10% des députés.
Les inégalités dans la vie publique trouvent leur premier ancrage dans la vie quotidienne familiale :
la distribution inégalitaire des responsabilités et de la division sexuelle du travail qui circonscrit
R
fortement l‘espace des femmes et entrave leur participation à la vie publique. A cela s‘ajoutent
LM
les images stéréotypées et l‘a priori social et culturel qui constituent pour elles un obstacle à leur
entrée dans des hautes fonctions liées au pouvoir politique et économique.
EC
Aussi les femmes occupent rarement des fonctions de direction dans les grandes entreprises : il est
toujours exceptionnel de trouver une femme à la tête de l‘une d‘entre elles ou à un haut poste de
AV
responsabilité. Les charges ministérielles du budget et des finances ainsi que les postes de direc-
tion des banques centrales sont le plus souvent aux mains des hommes et seul un faible pourcen-
RS
283
et de jeunes gens, de filles en particulier, subissent des retombées négatives" de tels mariages.
"Contraindre les enfants, en particulier les filles, à se marier en bas âge peut être dommageable
physiquement et sur le plan émotionnel", dit Carol Bellamy, directrice exécutive de l’Unicef. "Cette
pratique viole les droits à la liberté personnelle et à la croissance. Jusqu’à présent, il n’y a jamais eu
d’effort fait afin d’étudier le mariage d’enfants comme représentant en soi une violation des droits
humains eux-mêmes".
En analysant le mariage d’enfants comme une violation de leurs droits fondamentaux, l’Unicef
cherche à créer une situation propice au changement. "Il s’agit là d’une autre étape d’un mouve-
ment croissant, qui cherche à briser le silence désespéré de millions d’enfants, en particulier des
filles, qui ont été abandonnées à un sort marqué souvent par la misère et la souffrance".
TEXTE I-Les mariages précoces dans le monde
Les mariages d’enfants ont lieu dans le monde entier, mais sont une pratique courante dans cer-
taines parties d’Afrique et d’Asie du Sud. En1993, au Rajasthan (Inde), note l’Unicef, 56% des
femmes étaient mariées avant l’âge de 15 ans et 17% avant l’âge de 10 ans. Pire encore, dans ce
même Etat de l’Union indienne des enfants de 2 à 3 ans sont offerts en mariage par leurs parents.
"Un moyen éprouvé, selon le rapport, d’organiser la transmission de la propriété et de la richesse
au sein des familles".
Le rapport de l’Unicef donne quelques chiffres : les pourcentages des filles âgées entre 15 et 19 ans
et qui sont déjà mariées sont, respectivement de : 74% en République Démocratique du Congo ;
R
70% au Niger ; 54% en Afghanistan ; 51% au Bangladesh ; 30% au Honduras, et 28% en Iraq.
LM
Au Niger, 44% des femmes entre 20 et 24 ans se sont mariées avant l’âge de 15 ans, note l’étude
qui explique ce phénomène par deux raisons principales : "renforcer les liens dans ou entre les
EC
(40% à 49% des filles mariées avant 19 ans) qu’en Afrique orientale (27%) du Nord ou du Sud (20%),
relève l’étude. Un grand nombre d’entre elles deviennent deuxième ou troisième épouse des mé-
RS
Dans les pays industrialisés, les femmes se marient rarement avant 18 ans (4% aux Etats-Unis
et 1% en Allemagne), à l’exception de certains pays d’Europe de l’Est à l’économie fragile (Alba-
CO
nie ou Macédoine), ou dans les communautés tsiganes. L’Unicef voudrait affiner ce constat pour
convaincre les Etats de mettre un terme à ces pratiques, considérées "comme un obstacle majeur
à l’accomplissement des droits humains".
Coutume très répandue, le mariage précoce menace les droits des filles et des garçons. Le rapport
analyse les raisons de ces mariages précoces dont le facteur principal reste la pauvreté, la protec-
tion des fillettes de tout harcèlement sexuel, mais aussi leurs conséquences comme la margina-
lisation sociale et/ou le semi-esclavage, sexuel ou non, des jeunes filles. Il étudie les implications
nombreuses du mariage d’enfants, de la limitation de leur liberté personnelle, à l’impact sur la
santé et l’éducation. Pour les garçons comme pour les filles, un mariage précoce a de profondes
conséquences physiques, intellectuelles, psychologiques et émotives ; il coupe à la racine les oc-
casions offertes par l’étude et les chances de croissance personnelle. En outre, chez les filles, le
mariage précoce est "presque toujours synonyme de grossesse - qui est la cause des hauts taux de
mortalité maternelle - et d’accouchement prématurés ainsi que d’une existence d’asservissement
domestique et sexuel sur laquelle elles n’ont nul pouvoir". Les adolescentes sont également plus
sujettes que les femmes d’âge mur aux maladies transmises sexuellement, le HIV/SIDA inclus. Le
préjugé ayant cours dans plusieurs pays selon lequel le fait de coucher avec une jeune fille vierge
guérit du HIV/SIDA, fait augmenter dangereusement cette situation de vulnérabilité.
La pauvreté est l’un des principales assises du mariage d’enfants. Au Bangladesh, des parents
confrontés à la pauvreté se laissent convaincre de se séparer de leurs filles par des promesses de
284
mariages, ou encore de faux mariages, qui servent en fait à attirer les filles pour les contraindre à
se prostituer à l’étranger. Des informations en provenance d’Iraq indiquent que le phénomène du
mariage précoce y est en augmentation, croissance qui est en proportion directe avec celle de la
pauvreté.
Des données venant d’Egypte indiquent que 29 pour cent des épouses adolescentes ont été battues
par leurs maris (ou mari et autres) et, de ces adolescentes, 41 pour cent avaient été battues durant
la grossesse. Une étude en Jordanie publiée en 2000 montre que 26 pour cent des cas rapportés de
violence domestique sont commis contre des épouses de moins de 18 ans.
La violence domestique fait en sorte que, poussées par le désespoir, quelques filles optent pour
la fugue. "Celles qui le font, confie le rapport, et celles qui choisissent leur conjoint malgré l’avis
contraire des parents, peuvent être punies voire même tuées par leurs familles. Ces filles encourent
le risque d’être "tuées par honneur", comme on le voit au Bangladesh, en Egypte, en Jordanie, au
Liban, au Pakistan, en Turquie et ailleurs".
Afin de prévenir le mariage d’enfants, un large éventail d’organisations et d’individus, allant des
chefs de communauté aux organismes internationaux, ont décidé d’agir. Un premier pas est d’in-
former les parents et les jeunes parents des conséquences négatives d’un mariage précoce afin
qu’ils puissent le prévenir.
L’éducation est la clé de ce processus. Convaincre les parents de garder leur fille à l’école est un
élément essentiel du développement complet des filles - et du report du mariage. Le Sri Lanka
R
et l’Etat indien du Kerala en sont des exemples éloquents. Chez ces deux pays, l’âge du premier
LM
mariage est élevé. Les deux ont également accordé la priorité à l’éducation des filles. Le rapport
souligne que "la façon dont les hommes et les femmes perçoivent leurs rôles et leur capacité a
changé et a conduit à un soutient plus grand des droits des femmes, en regard à celui que l’on
EC
Pour les filles qui sont déjà mariées, des services doivent être développés afin de les conseiller sur
les questions importantes, qui vont de l’abus à la reproduction. Des filles âgées de 15 à 19 ans
RS
donnent naissance à 15 millions de nouveau-nés par an. Plusieurs d’entre elles accouchent sans
avoir eu recours à une clinique prénatale ou recevoir l’aide d’une sage-femme professionnelle, ce
U
L’action de l’Unicef pour combattre le problème du mariage précoce s’inscrit dans une approche
plus large contre la discrimination des sexes, laquelle sapent les droits des femmes et de l’enfant.
Le Programme global d’éducation des filles de l’Unicef œuvre dans plus de 60 pays afin d’assurer
que les filles aient un accès égal à l’éducation, ce qui représente la clé du report du mariage et du
développement général des filles. En plus d’aider les campagnes de promotion et de communica-
tion dans différents pays, l’Unicef a aussi soutenu le développement de deux projets qui eurent du
succès dans des régions où le taux de mariage des enfants est élevé : en Asie du Sud et en Afrique
Subsaharienne.
En Asie du Sud, le projet Meena, ainsi nommé d’après l’héroïne d’un ensemble multimédia, sert
de catalyseur pour discuter de la discrimination des sexes dans l’enfance. Les questions abordent
la préférence pour le fils, le traitement injuste des filles dans la famille, leur accès plus difficile aux
services de santé et d’éducation, de même que les pratiques traditionnelles dommageables telles
que la dot, le harcèlement sexuel et le mariage précoce.
Se fondant sur le succès de Meena, le Projet de communication adolescente Sara fut développé
dans 10 pays d’Afrique de l’est et de l’ouest. L’importance de demeurer à l’école est l’un des prin-
cipaux messages de cette série radiophonique. Parmi les autres questions abordées, on compte
le HIV/SIDA, les charges de travail domestique, les mutilations sexuelles féminines et le mariage
précoce.
TEXTE II : Le mariage d’enfant
285
C’est en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud que la pratique du mariage précoce des filles
est la plus répandue. Cependant, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et dans certaines parties
de l’Asie, le mariage à la puberté ou peu de temps après est courant chez certaines catégories
de population. Par ailleurs, dans certaines régions d’Afrique occidentale et orientale et d’Asie du
Sud, il n’est pas rare que les filles se marient bien avant leur puberté. Il est difficile de connaître le
nombre exact des mariages précoces car il y en a tellement qui ne sont ni officiels ni enregistrés.
Ceci étant dit, les statistiques sont disponibles pour une centaine de pays et montre que :
– Dans les pays en développement, plus de 60 millions de femmes entre 20 et 24 ans étaient mariée
ou en concubinage avant 18 ans. plus de 31 millions d’entre elles vivent en Asie du Sud (selon les
estimations de l’UNICEF basées sur MICS, DHS et autres enquêtes nationales, 19872006).
– Dans les pays comme le Bangladesh, la République Centrafricaine, le Tchad, la Guinée, le Mali, et
le Niger plus de 60 pour cent des femmes sont mariées ou en concubinage avant leurs dixhuitièmes
anniversaires (MICS, DHS et autres enquêtes nationales, 1987-2006).
– Les filles vivant dans la tranche des 20 % les plus pauvres se marieront à un âge plus jeune que
celles vivant dans la tranche des 20 % les plus riches. Au Pérou 45 % des femmes ont été mariées
avant 18 ans parmi la tranche des 20 % les plus pauvres, alors que 5 % ont été mariées avant 18 ans
dans la tranche des 20 % les plus riches (selon les estimations de l’UNICEF basées sur DHS 2000).
– Les femmes bénéficiant d’une éducation primaire sont moins nombreuses à s’être mariées par
rapport aux enfants qui n’ont reçu aucune éducation. Au Zimbabwe, 48 % des femmes qui ont
suivi l’école primaire ont été mariés avant 18 ans, alors que 87 % d’entre elles n’ont pas été à l’école
(selon les estimations de l’UNICEF basées sur DHS 1999).
R
Les parents décident de marier leurs filles de bonne heure pour un certain nombre de raisons.
LM
Les familles pauvres peuvent considérer une fille jeune comme un fardeau économique et son
mariage comme un indispensable moyen de survie pour la famille. Elles peuvent penser que le
EC
mariage d’enfant protège leur fille contre les dangers de la violence sexuelle ou, d’une façon plus
générale, la confie aux bons soins d’un protecteur de sexe masculin. Le mariage d’enfant peut aussi
AV
être considéré comme un moyen d’éviter aux filles d’être rendues enceintes en dehors du mariage.
Le mariage d’enfant peut également être inspiré par la discrimination fondée sur le sexe. On peut
RS
marier les filles de bonne heure pour s’assurer de leur docilité au sein de la famille de leur mari et
de maximiser le nombre de leurs grossesses.
U
Le mariage précoce peut avoir des conséquences tout à fait préjudiciables pour ces enfants, parmi
CO
lesquelles :
- Refus d’accès à l’éducation : une fois mariées, ces filles ne vont généralement pas à l’école ;
- Problèmes de santé : il s’agit notamment des grossesses prématurées, qui élèvent les taux de mor-
talité maternelle et infantile ;
- Par ailleurs, les adolescentes sont plus vulnérables aux infections sexuellement transmissibles, y
compris le VIH/SIDA ;
- Maltraitance : elle est fréquente dans les mariages d’enfants. En outre, il arrive souvent que les
enfants qui refusent de se marier ou qui choisissent leur futur conjoint contre la volonté de leurs
parents soient punis, voire deviennent les victimes de « crimes d’honneur » commis par leur fa-
mille.
Alors que certaines jeunes filles sont contraintes à ces unions, d‘autres sont trop jeunes pour
prendre une décision en connaissance de cause.
Dans certaines régions du monde, les mariages de fillettes ne sont pas inhabituels. Les mariages
suivants de près la puberté sont courants chez les populations au mode de vie traditionnel.
Les parents décident de marier leurs très jeunes filles pour un certain nombre de raisons :
- Certaines familles pauvres considèrent une fille jeune comme un fardeau économique et son
mariage comme un indispensable moyen de survie pour la famille ;
- Ces familles peuvent penser que le mariage de leur fille-enfant la protège contre les dangers de
286
la violence sexuelle. Elles la confient ainsi aux bons soins d’un protecteur de sexe masculin ;
- Le mariage précoce peut aussi être envisagé comme un moyen d’éviter aux filles de tomber en-
ceintes en dehors du mariage ;
- Le mariage précoce est également considéré comme une stratégie économique pour la famille ;
- Le mariage d’enfants peut également être inspiré par une certaine discrimination sexuelle. On
marie les filles de bonne heure pour s’assurer de leur docilité au sein de la famille de leur mari et
maximiser le nombre de leurs grossesses. Certaines sont contraintes à ces unions, d‘autres sont
simplement trop jeunes pour prendre une décision en connaissance de cause. Le consentement
est alors donné par une autre personne au nom de l‘enfant. L‘enfant n‘a pas la possibilité d‘exercer
un quelconque droit. Pour cette raison, les mariages précoces peuvent être également appelés ma-
riages forcés. Il est difficile de connaître le nombre exact de mariages précoces car il y en a beau-
coup qui ne sont ni officiels ni enregistrés. Ceci étant dit, les statistiques sont disponibles pour 70
pays et montrent que :
Le mariage précoce a des conséquences tout à fait préjudiciables pour ces enfants, parmi les-
quelles :
– Le refus d’accès à l’éducation : une fois mariées, ces filles ne vont généralement pas à l’école.
– Des problèmes de santé : il s’agit notamment de grossesses prématurées, qui contribuent à des
taux de mortalité maternelle et infantile élevés. Par ailleurs, les adolescentes sont plus vulnérables
aux infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA.
– La maltraitance : elle est fréquente dans les mariages d’enfants. En outre, il arrive souvent que
R
les enfants qui refusent de se marier ou qui choisissent leur futur conjoint contre la volonté de
leurs parents soient punis, voire deviennent les victimes de « crimes d’honneur » commis par leur
LM
famille. De nombreuses adolescentes, contraintes à des mariages précoces, sont victimes de vio-
lences domestiques prolongées. De plus, les mariages précoces sont souvent suivis de l‘abandon
EC
des épouses. Ceci plonge les jeunes filles dans une extrême pauvreté et accroît le risque de les voir
basculer dans la prostitution.
AV
TEMBRE 2014
Les politiques agricoles mises en œuvre depuis trente ans se sont traduites par une grande diffi-
culté à s‘adapter aux contraintes économiques du monde moderne. Elles se sont caractérisées no-
287
tamment par le poids d‘un secteur public inefficace et par un système de prélèvement et d‘allocation
de ressources financières pénalisant le monde rural et décourageant les producteurs locaux.
De nouvelles stratégies de développement rural s‘imposent donc pour les années 90. Avant d‘analyser
les composantes de ces stratégies, il est nécessaire d‘évaluer l‘efficacité des politiques agricoles qui
ont été conduites par les Etats et qui étaient orientées vers la production, la commercialisation et
la modernisation agricoles, et d‘examiner les modalités d‘insertion dans le marché mondial de
l‘agriculture africaine.
1. LES POLITIQUES AGRICOLES ET LES REPONSES DES PRODUCTEURS
Au moment des indépendances africaines, le dispositif de la traite coloniale a été transféré au nou-
veau pouvoir politique et administratif qui en a préservé les mécanismes fondamentaux : fixation
des prix aux producteurs, établissement de barèmes, contrôle de la distribution des intrants, du
crédit agricole et de la collecte des produits. Avec la création des organes d‘encadrement et de vul-
garisation, des offices de commercialisation et des caisses de stabilisation, l‘emprise de l‘Etat s‘est
accrue. Dans plus de trente pays africains, à la fin, des années 1980, l‘Etat se réservait encore le
contrôle de l‘achat et de la distribution des engrais, des semences, du matériel agricole. Presque
partout, les prix à la production et à la consommation étaient réglementés. Par ces moyens, l‘Etat
poursuivait théoriquement deux objectifs : encourager la production vivrière et assurer un ap-
provisionnement régulier des villes. Tout cet arsenal de moyens a produit des effets particuliers,
souvent divergents des objectifs poursuivis, fondamentalement parce que la rationalité des com-
portements des producteurs n‘était pas prise en considération.
R
Afin de montrer les limites des politiques étatiques qui ont longtemps prévalu en matière agri-
LM
cole, nous distinguerons le rôle exercé par la politique des prix sur l‘offre de produits agricoles,
l‘influence des mécanismes de commercialisation et, enfin, le comportement du paysan face à
EC
l‘innovation technologique. Mais il est clair qu‘il existe toujours des liens entre eux et une hiérar-
chie qui varie selon les situations concrètes.
AV
La réaction de l‘offre agricole aux variations des prix a été probablement l‘objet de la littérature
la plus abondante consacrée à l‘agriculture dans les économies en développement depuis les tra-
U
vaux pionniers de M. Nerlove et T.W. Schultz dans les années 50 et 60. De nombreux économistes
ont soutenu l‘idée selon laquelle la politique de prix inadéquate menée par les gouvernements
CO
africains dans les années 70 était la cause majeure de faibles performances de l‘agriculture. Cette
observation repose sur la thèse traditionnelle selon laquelle l‘offre agricole réagit, toujours et dans
toutes les circonstances, favorablement aux hausses des prix de vente.
A l‘opposé de cette thèse, il est souvent rappelé que si une réponse positive aux hausses de prix
est constatée dans les économies développées, une telle réaction ne se vérifie pas automatique-
ment dans les pays africains, notamment parce que l‘agriculteur a un objectif de revenu minimum
permanent et, par conséquent, si le prix s‘accroît, la production d‘un plus faible montant suffira à
fournir le revenu requis. Il y aurait dans ce cas relation négative entre le prix et l‘offre commercia-
lisée.
La vérification empirique de la réaction de l‘offre-appréciée sur les quantités produites, sur les
superficies emblavées ou sur les quantités commercialisées-aux prix est en réalité une entreprise
difficile, car il y a une grande variété de productions et donc de prix, et la réponse de l‘agriculteur
peut être très différente selon les cas.
En particulier, il convient de distinguer :
- Le cas des cultures vivrières (céréales sèches, riz. . . ) pour lesquelles le prix de vente n‘influence
que la commercialisation du surplus de celui des cultures de rente (arachide, coton, café, cacao,
thé. . . ) ;
- Les situations où soit les substitutions, soit les complémentarités de production sont possibles ;
- Les réponses aux variations de prix d‘achat des intrants et aux variations de prix de vente des
288
produits ;
- Enfin, la réaction aux changements de prix relatifs d la production de tel ou tel produit de la ré-
action de l‘offre agricole globale aux changements du niveau général des prix agricoles.
Les estimations reposent sur les prix officiels. En fait, dans les pays à intervention publique, il est
courant que les producteurs ne perçoivent pas les prix officiellement décrétés, mais des prix in-
férieurs en raison des problèmes de trésorerie des offices chargés de la collecte des productions.
En revanche, le marché privé peut offrir des prix supérieurs. Dès lors, pour évaluer les élasticités,
il faut connaître et tenir compte de ces écarts. Toutefois, avec la libéralisation des prix qui accom-
pagne les réformes actuelles, ces situations de double prix deviennent une exception, ce qui fait
que la principale différence à prendre en compte est l‘existence ou non de retard de paiement aux
producteurs (sont-ils payés au comptant ou en retard ?).
R
les systèmes culturaux vaille la peine d‘être engagé.
LM
La question est en fait complexe. En effet, selon les régions et les productions, la substitution est
ou non une réalité. Au Sénégal, elle semble exister sous certaines conditions entre les céréales
et l‘arachide. Par contre, au Mali, il y a complémentarité entre coton et maïs puisque l‘on ob-
EC
serve une évolution commune des deux produits qui tient à l‘efficacité conjointe des engrais et
de l‘utilisation des techniques plus performantes. Par ailleurs, on sait que les différentes cultures
AV
ne remplissent pas la même fonction : le riz sert à la fois à la consommation et à la vente en cas
de besoin en numéraire, d‘autres produits sont essentiellement destinés à la commercialisation.
RS
Paradoxalement, dans certains cas, une augmentation des prix des produits de rente peut être bé-
néfique à la sécurité alimentaire. La combinaison production vivrière/production de rente permet
U
289
sont augmentés. Il s‘ensuit, dans des délais plus ou moins rapides selon la nature des sols, une
décroissance de la productivité qui sera aggravée quand la régénération du niveau de fertilité des
sols par les phénomènes naturels n‘est plus assurée. D‘autres effets néfastes peuvent également
apparaître liés à la diminution de l‘accès des producteurs à des facteurs de progrès tels que les
semences sélectionnées.
1.2. Le producteur face aux politiques de commercialisation
La politique d‘intervention de l‘Etat sur les marchés engendre souvent des effets pervers. Elle gé-
nère des marchés parallèles qui diluent l‘incidence des prix officiels. Ainsi, l‘OPAM au Mali a dis-
posé pendant longtemps du monopole d‘Etat sur toutes les opérations d‘achat et de vente des
céréales ; en réalité, il n‘a jamais pu contrôler que la commercialisation de moins de 20%, le reste
l‘étant par des opérateurs privés de manière « illégale ». L‘existence d‘organismes de commercia-
lisation n‘empêchait pas en outre de forte fluctuations saisonnières de prix et de quantités et un
approvisionnement très inégal selon les régions.
On s‘accorde généralement à attribuer l‘existence de politiques d‘encadrement du monde rural au
« biais urbain » des appareils d‘Etat locaux5. Ils ont tiré une part importante de leurs ressources des
marges de commercialisation et des mécanismes de stabilisation, sans retour équivalent aux pro-
ducteurs ruraux et avec le souci politique de ne pas se confronter aux couches sociales urbaines
qui comptent le plus politiquement. R. Bates (1981) a été l‘un des premiers à montrer qu‘en Afrique
les politiques de prix, de change ou d‘impôt sont fondamentalement défavorables aux agricul-
R
teurs, car elles sont toujours dictées par des gouvernements qui adoptent des mesures à courte
vue favorables ) leurs clientèles urbaines et aux fonctionnaires, sous la forme de subventions fi-
LM
nancées par les prélèvement sur les ruraux. Rares sont les cas ou les agriculteurs constituent un
groupe de pression efficace et un contrepouvoir à la discrimination dont ils sont souvent victimes.
EC
Afin d‘assurer le bon fonctionnement des marchés, il y a un besoin évident d‘infrastructures phy-
siques (routes, pistes rurales, moyens de transport, énergie...) et institutionnelles (information,
AV
marchés sont déficients et où les organismes d‘appui sont inexistants. L‘évolution de la produc-
tion à moyen et long termes dépend alors très largement de l‘application de politiques d‘appui à
U
l‘agriculture complémentaires à celle des prix (crédit, disponibilité en intrants, services sociaux
CO
et infrastructures de transport. . . ). Dans ces conditions, tout laisse penser qu‘une baisse des dé-
penses publiques, liée aux mesures de rigueur budgétaire au titre de l‘ajustement, ou la suppres-
sion des offices d‘approvisionnement et des services de vulgarisation quand ils ne sont pas rem-
placés par des services privés équivalents peuvent être très dommageables et empêcher l‘offre
de réagir à l‘amélioration des incitations par les prix. Nous reviendrons sur cette question dans
l‘exposé de la stratégie agricole.
1.3. Le producteur face à la modernisation agricole
Si les capacités de travail sont déjà utilisées, il est vraisemblable que l‘augmentation des prix agri-
coles ne va pas entraîner une augmentation de la production. En fait, les situations sont diverses
et il y a des sous-espaces où soit il existe des capacités non utilisées, soit-comme dans les zones sa-
héliennesles mouvements migratoires temporaires permettent d‘adapter l‘offre de main-d‘œuvre
au calendrier cultural. Le problème majeur est celui des disponibilités foncières. Les disponibilités
foncières Le temps de l‘espace fini commence : selon la FAO, la superficie cultivée en Afrique n‘a
augmenté que de 0,7% par an au cours des vingt dernières années et les perspectives en disponi-
bilités foncières sont sombres pour certains pays. Face à ces contraintes, l‘accroissement de l‘offre
dépend donc surtout de la productivité marginale des sols. Diverses études ayant trait à l‘écart
entre les rendements effectifs et les rendements potentiels pour le riz corroborent cette observa-
tion. Elles montrent que les facteurs techniques (contrôle de l‘irrigation, disponibilités en intrants,
adoption d nouvelles pratiques culturales) comptent pour plus de 50% alors que les facteurs stric-
290
tement économiques ne sont responsables que pour 17% des écarts de rendement. Plus il y a maî-
trise des technologies, plus les élasticités-prix sont élevées. La modernisation et l‘intensification
de l‘agriculture de l‘agriculture constituent, en conséquence, la seule réponse. On a accordé depuis
la révolution verte une importance très grande aux variétés à hauts rendements (VHR) associées
en généra à l‘irrigation. La réussite de la révolution verte en Asie tient surtout à la convergence de
facteurs techniques, politiques et économiques favorables. Le modèle asiatique ne s‘est pas avéré
transposable tel quel en Afrique, car les conditions physiques et les conditions sociologiques sont
différentes.
Les conditions climatiques, et surtout la pluviosité, sont décisives dans les zones sans maîtrise de
l‘eau. On estime que 66% du territoire africain connaît des risques élevés, d‘être victime d‘accidents
climatiques est la région sahélienne définie au sans large par une bande de 600km de large, com-
prise entre les isohyètes 100 mm au nord et 750 mm au sud. A sa limite septentrionale, la saison
dure environ quatre mois et comprend une cinquantaine d‘averses, brèves et intenses et couvrant
des surfaces de 100 à 200 km2.
En Afrique subsaharienne, 5 millions d‘hectares sont irrigués, un peu plus de la moitié par des
méthodes modernes. 70% des surfaces irriguées se trouvent dans trois pays : Madagascar, Nigéria
et Soudan. Le potentiel irrigable est évalué à 20 millions d‘hectares.
Nombre de techniques culturales « toutes faites » ont échoué car elles étaient diffusées et vulgari-
sées sans toujours être adaptées aux caractéristiques sociales locales.
R
LM
Le comportement du paysan face à l’innovation
L‘aversion au risque du monde agricole est une thèse étayée par de nombreuses enquêtes et études
sur le comportement des agriculteurs en ce qui concerne leur décision d‘achat d‘intrants ou de
EC
matériel agricole, en particulier lorsqu‘ils sont confrontés à des rendements et à des prix de vente
variables. On compare par exemple souvent la quantité d‘engrais affectivement achetée et utili-
AV
sée avec celle qui aurait du être utilisée pour maximiser les rendements agricoles pour constater
que les paysans n‘accepteront le risque monétaire que contre un supplément de revenu assuré
RS
beaucoup plus élevé que le coût additionnel des engrais. Les attitudes des paysans s‘apparentent
à celles rencontrées dans les jeux de hasard : plus l‘enjeu est élevé, c‘est-à-dire plus la variation
U
positive. Toute porte à croire qu‘une multitude de facteurs interviennent dans la détermination
CO
du comportement des producteurs ruraux africains face au marché. On peut présenter schéma-
tiquement et sans souci de classement les principaux facteurs qui influencent l‘offre du produc-
teur. Dans le schéma 4.1., on retrouve dans le deuxième cercle l‘élément prix, dans le troisième
l‘élément facteurs de production, et dans le dernier l‘élément environnement. Les modèles éco-
nométriques testent le plus souvent rationalité du paysan en hypothèse de marchés parfaits. Pour-
tant, l‘analyse micro-économique montre que si l‘on renonce à l‘hypothèse deperfection des mar-
chés, la rationalité des agriculteurs africains peut les conduire à des comportements d‘offre très
différents, votre paradoxaux. Ainsi, H. N. Barnum et L. Squire ont montré que le paysan ne maxi-
mise pas son profit, mais optimise sa fonction d‘utilité entre le travail et le loisir : il recherche
alors un revenu monétaire donné pour sa consommation et celle de sa famille et, si les prix relatifs
s‘accroissent en faveur de l‘agriculture, il augmente son temps de loisir (ou de non-travail agricole)
plutôt que d‘accroître sa production.
STEPHEN SMITH NECROLOGIE : Pourquoi l‘Afrique meurt ? Calmann-levy, 2010
291
FAIRE LE SYNTHESE DE CE DOSSIER EN UNE VINGTAINES DE LIGNES
INTEGRITE MORALE ET VIE PUBLIQUE
PIECE N 1 : RESTER A SON POSTE : L‘ETHIQUE DE L‘ENGAGEMENT
On ne peut se jeter sur son épée chaque fois qu‘on est en désaccord avec une politique. Colin
Powell.
Un enfant du Bronx« Je peux être plus utile en restant qu‘en partant » : telle est, et a été, la justi-
fication classique des responsables publics en proie à une crise de conscience. Les gens intègres
qui rejoignent la fonction publique le font avec l‘idée d‘apporter quelque chose de nouveau. Les
responsables publics les plus brillants savent comment influer sur l‘action gouvernementale. Ils
s‘enorgueillissent à juste titre de leur capacité à fonctionner dans le dédale complexe des institu-
tions publiques. Lorsqu‘ils rencontrent des interrogations et des dilemmes moraux, leur instinct
immédiat les incite en général à rester au sein de l‘institution et à s‘efforcer d‘assumer les pro-
blèmes. Pour justifier ce comportement, il importe de prouver le bien-fondé d‘un certain nombre
de présupposés éthiques et empiriques. Mais l‘expérience montre que ces présupposés sont sou-
vent ébranlés par le désaccord luimême. Ce qui, au début, peut apparaître comme un argument
éthique en faveur du maintien en fonction, peut finir sous la forme d‘une justification de la volonté
de rester au pouvoir.
Les mémoires et biographies des hommes politiques, les révélations de ceux qui vendent la mèche
R
et les plaidoyers pro domo des acteurs du Watergate ou de la guerre du Vietnam sont pleins d‘épisodes
divers où l‘on voit des individus prendre conscience de leur responsabilité morale face à des choix
LM
politiques ou à des abus de pouvoir inacceptables. Cette prise de conscience galvanise leur inté-
grité et ils entrent en dissidence. Reste qu‘une fois devenus contestataires, ils se retrouvent mi-
EC
noritaires par rapport à d‘autres décideurs qui, eux, restent fidèles, du moins publiquement, aux
actions discutables engagées. Les intérêts de l‘administration, sa dynamique propre, le poids de
AV
l‘esprit de groupe, le désir sincère de servir l‘action entreprise, l‘entrelacs complexes des fidélités
personnelles, tout cela conduit les responsables à défendre les mesures ou les abus de pouvoirs en
RS
question aussi bien dans les débats internes au gouvernement qu‘à l‘occasion de plaidoyers pu-
blics ou d‘opérations de camouflage. Tout le discours de justification, tout le « non-dit » du monde
U
des décideurs pousse à servir fidèlement la politique en cours. Lawrence O‘brien a fourni l‘une des
explications les plus claires de cet état de choses le jour où il défendit sa décision de rester membre
CO
292
de choses : il doit présenter sa position aux décideurs concernés ; il doit infléchir l‘opinion des di-
rigeants et modifier la politique mise en œuvre, ou bien mettre un terme aux mauvaises actions
déjà entamées. Si l‘action entreprise ne peut être modifiée, il peut du moins espérer en atténuer
les conséquences. Ainsi que Thomas More le rappelle à Raphael Hythloday dans son Utopie, « ce
qu‘on ne peut bonifier, il faut tout faire pour ne pas l‘empirer ». Il n‘en reste pas moins, et c‘est un
paradoxe, que la démarche du désaccord moral érode souvent et les engagements personnels et
l‘efficacité de celui qui conteste. Cela signifie que, dans bien des cas, l‘intéressé ne saura influer sur
le cours des choses dans le sens du bien et qu‘il risque même de finir luimême plus profondément
englué dans des actions qu‘il exècre
INTEGRITE MORALE ET VIE PUBLIQUE J. PATRICK DOBEL, Edition NOUVEAUX HORIZONS
PIECE N ◦ 2 : L‘EROSION DE L‘INTEGRITE
Ces problèmes d‘accès au pouvoir et de désir d‘efficacité font que, dans bien des cas, la volonté
d‘agir dans le bon sens en restant à son poste se traduit finalement par une perte d‘efficacité et par
un surcroît de complicité au regard d‘initiatives moralement discutables. Se maintenir dans une
attitude de participation contestataire pousse inexorablement l‘individu concerné à s‘aveugler sur
lui-même. Le poids cumulés des manquements qu‘on s‘impose - à savoir la trahison de ses convic-
tions fondamentales et celle de l‘image de soi - invite les gens à changer la perception qu‘ils ont du
réel ou à modifier leurs valeurs. Telle a été l‘expérience qu‘ont vécue et racontée John Dean et Jeb
Magruder (tous deux conseillers du président) dans leur ambitieuse ascension vers le pouvoir à
R
l‘époque de Nixon. On pourrait dire la même chose du président Lyndon Johnson : bien que tour-
menté par les coûts et inconvénients divers de la guerre du Vietnam et taraudé par le doute quant
LM
à l‘issue du conflit, il durcit peu à peu ses positions. Plus il était attaqué par les adversaires de la
guerre, plus il durcissait ses convictions ainsi que la façon de traiter les opposants à sa politique.
EC
Au leurre que représente l‘auto-aveuglement vient s‘ajouter le piège du langage politique et l‘érosion
des contacts sociaux et des échanges d‘ordre éthique qu‘on peut avoir à l‘extérieur. Pour convaincre
AV
les autres, force est d‘utiliser un langage et des catégories que les opposants comprendront et dont
ils pourront reconnaître la validité. La partagé et officialise souvent des justifications apprises par
RS
cœur. Quand Thomas More, dans son Utopie, reproche vertement à Raphael Hythloday de ne
pas vouloir participer au gouvernement, celui-ci rétorque qu‘aucun homme politique ne prête-
U
rait l‘oreille à ses harangues utopistes : « [Ils resteraient] sourds, sans l‘ombre d‘un doute ; [. . . ] je
CO
ne pense pas, au demeurant, que des idées comme celles-ci doivent être imposées aux gens, ni
qu‘on doive émettre des recommandations dont on est certain qu‘elles ne seront jamais écoutées.
Quel bien pourrait apporter des notions aussi neuves, comment pourraient-elles pénétrer l‘esprit
d‘individus déjà acquis aux idées contraires et habités par elles ? ».
Une fois qu‘on a accepté la définition administrative des termes du débat, il devient presque im-
possible de modifier une politique de manière significative dès lors qu‘on recourt à la logique
même spécialement mise au point pour défendre la politique en question. Robert McNamara fait
remarquer que l‘ensemble des grands décideurs faisaient leur le credo selon lequel, une fois en-
gagés au Vietnam, les Etats-Unis n‘avaient d‘autre option que de s‘y maintenir. Tous pensaient
que la crédibilité américaine, s‘agissant de la poursuite de la politique d‘endiguement du commu-
nisme dans d‘autres parties du monde, dépendait de ce maintien et que, si les Etats-Unis quit-
taient le Vietnam, le reste de l‘Asie du Sud-est tomberait sous la coupe du communisme chinois.
Autrement dit, tout conscient qu‘ils étaient de l‘incapacité institutionnelle et politique du Viet-
nam du Sud à se défendre par lui-même, ils se sentaient de plus en plus piégés - et embourbés -
par la rhétorique officielle. Les données sur lesquelles s‘appuyaient McNamara avaient permis à
l‘administration de justifier l‘escalade et les bombardements menés au Vietnam, discréditant du
même coup les rapports de la CIA, ou venus d‘autres sources, qui contredisaient sa propre esti-
mation de l‘efficacité de la guerre. Les « Dossiers du Pentagone » [publics ultérieurement par la
presse] révèlent les immenses difficultés auxquelles il se heurta lorsqu‘il tenta, en 1967, de chan-
ger le cours de la guerre. Tout contraint qu‘il était d‘utiliser ses propres données, il s‘appuya aussi
293
sur la CIA, désormais discréditée, pour renforcer son argumentaire et essayer désespérément de
convaincre les membres sceptiques de la Commission des forces armées du Sénat que, si les bom-
bardements passés avaient été une réussite, la poursuite actuelle de ces bombardements passés
avaient été une réussite, la poursuite actuelle de ces bombardements ne donneraient rien de bon
et qu‘une future escalade se révélerait contreproductive. De la même façon, il s‘opposa aux de-
mandes des chefs d‘états-majors qui réclamaient une nouvelle escalade encore plus massive et
souhaitaient porter le nombre des soldats engagés à 200 000 hommes. Ces hauts responsables
militaires s‘appuyaient sur les justifications de McNamara lui-même : protéger la crédibilité amé-
ricaine, éviter un effet domino en Asie du Sudest et empêcher dans la région une hégémonie de la
Chine communiste. Coincé par sa propre logique, McNamara « l‘emporta » en ramenant le nombre
des nouvelles recrues à 50 000 et en limitant l‘augmentation des sorties d‘avions de combat à 12
000 - maigres victoires pour un homme désormais hostile à la poursuite de la guerre.
Plus leur intégrité est sous pression, plus les responsables publics se retrouvent coupés de leurs
amis et des personnes ou groupes extérieurs indépendants susceptibles d‘apporter leur soutien
à leurs propres idées contestatrices. Avoir des amis à l‘extérieur ou des contacts avec des oppo-
sants potentiels peut facilement vous fermer les portes du pouvoir et vous décrédibiliser en cas
de situation politique tendue. Tout comme McNamara, de nombreux autres officiels proches de
Johnson durent limiter le cercle de leurs amis. Leurs familles se sentirent obligées d‘homogénéiser
leurs fréquentations et de renoncer à toute attache sociale ou morale en dehors des cercles diri-
geants. A quoi s‘ajoute que, durant la guerre du Vietnam, nombre de responsables virent leur vie
R
familiale perturbée dans la mesure où certains membres de leur famille devenaient hostiles à la
guerre. William Safire et Henry Kissinger eurent l‘un et l‘autre à subir une perte de confiance du
LM
fait des relations qu‘ils entretenaient avec des personnalités classées « à gauche » par Nixon ; Safire
(plumitif attitré du président) fut plusieurs fois éloigné des cercles du pouvoir et dut restreindre
EC
ses contacts avec la presse ; quant à Kissinger, il estima nécessaire non seulement de limiter cer-
tains des contacts qu‘il pouvait entretenir, mais également de réaffirmer sans cesse la fermeté de
AV
langage justificateur de l‘administration et à l‘isolement constant d‘avec ses amis et autres connais-
sances extérieures, représente un mélange mortel pour l‘intégrité publique des responsables. Le
U
résultat final a été on ne peut mieux exprimer par Albert Speer. Mis à part quelques initiatives mar-
CO
ginales destinées à sauver des vies, il reconnut ainsi sa culpabilité : « Je ne voyais pas, en dehors du
système, sur quel terrain moral m‘appuyer pour agir ».
Il en va toujours ainsi : si les bons ne gouvernent pas, ce sont les zélateurs et les esprits cupides
qui le font à leur place. La préservation d‘institutions libérales et démocratiques requiert des in-
dividus compétents et dévoués, capables de rester intègres dans l‘action - et dans les compromis
qu‘elle impose. Mais, de même que les tourbillons moraux de la vie politique peuvent engloutir les
plus solides d‘entre eux, de même l‘opacité de cet univers énigmatique peut troubler l‘esprit des
meilleurs. Quand un responsable public est confronté à une action qui contrevient aux normes ou
aux objectifs fondamentaux ou qui menace les bases mêmes de l‘ordre libéralodémocratique, le
choix est simple : se taire ou agir. Ceux qui optent pour l‘action doivent choisir entre rester ou par-
tir, et ce choix devient un moment déterminant au regard de leur intégrité. Le fait de rester à son
poste implique souvent autant de courage que celui de partir, surtout lorsque l‘individu concerné
part sans tapage. Mais, pour pouvoir justifier qu‘on fait une bonne action en restant, encore faut-
il avoir une vue claire des présupposés d‘ordre moral et pratique impliqués dans ce maintien en
fonction. Un individu ne peut durablement agir dans le sens du bien que s‘il est capable de préser-
ver son intégrité, d‘éviter l‘aveuglement sur soi ainsi que de se rendre complice d‘un mal encore
plus grand, et surtout de rester efficace. Cette forme de contestation est néanmoins menacée par
un paradoxe : s‘opposer activement vous coupe très souvent des lieux de pouvoir, ronge inexora-
blement votre efficacité, exige souvent une complicité accrue et vous rend insidieusement aveugle
sur vous-même. Bien agir en restant en place ne peut se faire qu‘à une condition : rester soi-même
294
un homme de bien.
INTEGRITE MORALE ET VIE PUBLIQUE J. PATRICK DOBEL, Edition NOUVEAUX HORIZONS
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tions publiques. Lorsqu‘ils rencontrent des interrogations et des dilemmes moraux, leur instinct
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immédiat les incite en général à rester au sein de l‘institution et à s‘efforcer d‘assumer les pro-
blèmes. Pour justifier ce comportement, il importe de prouver le bien-fondé d‘un certain nombre
de présupposés éthiques et empiriques. Mais l‘expérience montre que ces présupposés sont sou-
EC
vent ébranlés par le désaccord luimême. Ce qui, au début, peut apparaître comme un argument
éthique en faveur du maintien en fonction, peut finir sous la forme d‘une justification de la volonté
AV
de rester au pouvoir.
RS
Les mémoires et biographies des hommes politiques, les révélations de ceux qui vendent la mèche
et les plaidoyers pro domo des acteurs du Watergate ou de la guerre du Vietnam sont pleins d‘épisodes
U
divers où l‘on voit des individus prendre conscience de leur responsabilité morale face à des choix
politiques ou à des abus de pouvoir inacceptables. Cette prise de conscience galvanise leur inté-
CO
grité et ils entrent en dissidence. Reste qu‘une fois devenus contestataires, ils se retrouvent mi-
noritaires par rapport à d‘autres décideurs qui, eux, restent fidèles, du moins publiquement, aux
actions discutables engagées. Les intérêts de l‘administration, sa dynamique propre, le poids de
l‘esprit de groupe, le désir sincère de servir l‘action entreprise, l‘entrelacs complexes des fidélités
personnelles, tout cela conduit les responsables à défendre les mesures ou les abus de pouvoirs en
question aussi bien dans les débats internes au gouvernement qu‘à l‘occasion de plaidoyers pu-
blics ou d‘opérations de camouflage. Tout le discours de justification, tout le « non-dit » du monde
des décideurs pousse à servir fidèlement la politique en cours. Lawrence O‘brien a fourni l‘une des
explications les plus claires de cet état de choses le jour où il défendit sa décision de rester membre
du cabinet du président Lyndon Johnson plutôt que de soutenir la candidature non-belliciste de
Robert Kennedy. Bien que lui-même hostile à la guerre du Vietnam, O‘Brien expliqua ainsi son
attitude à Robert McNamara : « Je garde espoir qu‘on pourra changer cette politique grâce à des
pressions venues de l‘intérieur du gouvernement. »
Quelque temps plus tard, s‘adressant directement à Robert Kennedy, il se justifia en ces termes :
Vous savez que je partage vos préoccupations, mais je ne peux ignorer les réalités politiques.
Le seul espoir que j‘entrevois est que les hommes qui entourent le président puissent en fin de
compte modifier sa politique, qu‘il devienne sensible aux oppositions qui se manifestent - pas
seulement à la vôtre, Bob, mais aussi à celle des gens qui ont travaillé avec lui et lui ont été loyaux.
[. . . ] Si le président ne change pas de politique, je me trouverai, moi aussi, un jour ou l‘autre, face
295
à une décision difficile, mais, pour l‘heure, je lui reste fidèle.
Les propos d‘O‘Brien illustrent les présupposés moraux et empiriques qui sous-tendent ces mo-
ments si déterminants pour l‘intégrité. Si j‘analyse ici ces présupposés, c‘est pour éclairer les forces
et les faiblesses de ce type courant de justification. Trop souvent, on se contente d‘explications
morales données après coup, et ce parce que la démarche même du « maintien dans le poste »
après un désaccord est déjà engagée et parce que le fait de se battre pour changer les choses peut
ébranler les présupposés qui font du maintien dans le poste et de la volonté de bien agir une re-
vendication éthique valable. Elever la voix et agir dans le sens du bien présuppose à la fois que
les engagements et l‘efficacité de l‘intéressé restent intacts. Le contestataire doit faire beaucoup
de choses : il doit présenter sa position aux décideurs concernés ; il doit infléchir l‘opinion des di-
rigeants et modifier la politique mise en œuvre, ou bien mettre un terme aux mauvaises actions
déjà entamées. Si l‘action entreprise ne peut être modifiée, il peut du moins espérer en atténuer
les conséquences. Ainsi que Thomas More le rappelle à Raphael Hythloday dans son Utopie, « ce
qu‘on ne peut bonifier, il faut tout faire pour ne pas l‘empirer ». Il n‘en reste pas moins, et c‘est un
paradoxe, que la démarche du désaccord moral érode souvent et les engagements personnels et
l‘efficacité de celui qui conteste. Cela signifie que, dans bien des cas, l‘intéressé ne saura influer sur
le cours des choses dans le sens du bien et qu‘il risque même de finir luimême plus profondément
englué dans des actions qu‘il exècre
INTEGRITE MORALE ET VIE PUBLIQUE J. PATRICK DOBEL, Edition NOUVEAUX HORIZONS
PIECE N ◦ 2 : LES PARADOXES DE L‘ACCES AUX CERCLES DU POUVOIR
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A supposer qu‘un individu préserve ses options et aptitudes morales et évite de craquer morale-
ment, de s‘aveugler sur lui-même et de contribuer à l‘aggravation du mal qui est fait, rester à son
poste exige une ultime justification relative à la prudence et à l‘efficacité de son action. L‘agent
EC
public doit apporter quelque chose de neuf à l‘action gouvernementale en influant sur les opi-
nions, les décisions et les initiatives des décideurs de son secteur d‘activité. L‘efficacité dont il
AV
fait preuve revêt une importance particulière, car l‘agent qui reste en poste afin de se battre évite
d‘emprunter d‘autres voies, telle la démission, les fuites organisées ou les contacts avec la presse
RS
ou l‘opposition. Celui qui décide de rester est censé pouvoir faire davantage à l‘intérieur qu‘à
l‘extérieur de l‘appareil gouvernemental, grâce à la mise en œuvre d‘autres moyens susceptibles
U
d‘infléchir l‘action publique. Cette efficacité personnelle est directement proportionnelle à l‘accès
CO
qu‘on a aux cercles du pouvoir. L‘accès en question peut consister en l‘une de ces deux choses : la
possibilité de prendre des décisions qui affectent la politique menée ou la capacité de convaincre
les décideurs concernés de l‘orientation qu‘il convient de choisir, et ce avec des chances raison-
nables de voir ses propres idées changer le cours des choses. Si un individu ne dispose ni du pou-
voir d‘agir, ni de s‘exprimer et est tenu pour quantité négligeable, alors toutes ses bonnes inten-
tions et son intégrité tourmentée se traduiront par fort peu d‘améliorations : elles risquent même
d‘être complices des méfaits qui seront commis.
Les responsables préservent leurs entrées auprès des dirigeants et des groupes de décideurs grâce
à un mélange unique de compétence reconnue, de fiabilité et de loyalisme. Ils doivent également
protéger cette proximité face à une concurrence qui ne se dément jamais, celle d‘autres fonction-
naires de talent en quête d‘influence et de pouvoir dans un monde toujours pressé et dont les
portes se referment vite. George Reedy a dépeint cet univers dans la description qu‘il a faite de la
Maison-Blanche : « Les assistants de la Maison-Blanche ont dans la vie un seul et unique objec-
tif : avoir accès au président et perpétuer ce privilège. [. . . ] Il n‘y a guère de règles fixes et le jeu
consiste à disposer ses pions selon un schéma alternatif qui autorise une certaine souplesse tout
en cherchant à interdire la même souplesse aux adversaires ».
Les individus en poste au sein des institutions sont généralement écoutés, car on se dit qu‘ils
sont non seulement compétents, mais également loyaux envers les dirigeants ou le groupe qu‘ils
servent et solidaires de leurs valeurs comme de leurs objectifs. Ceux qui ont une compétence ex-
296
ceptionnelle ou constituent un soutien politique utile peuvent d‘entrée de jeu avoir accès au pou-
voir sans que leur fiabilité soit pour autant avérée. On peut, à cet égard, citer la remarque circons-
pecte de Richard Nixon au sujet d‘Henry Kissinger, remarque faite au début de son mandat : « Je
n‘ai pas confiance en [lui], mais je peux l‘utiliser ». Après cet accueil de mauvais augure, Kissin-
ger gagna le respect et la confiance de Nixon, à la fois en démontrant qu‘il était loyal et partageait
les options du président, et en discréditant ses principaux concurrents. Beaucoup d‘autres acteurs
d‘envergure n‘ont pas été aussi chanceux. William Rogers, secrétaire d‘Etat du même Nixon, fut en
effet chassé de son poste. Quant au vice-président Lyndon Johnson, il se retrouva quasiment privé
de toute influence au sein du gouvernement Kennedy, et ce malgré une compétence reconnue,
malgré la base politique indispensable qu‘il représentait et en dépit de la fonction officielle qui
était la sienne. Aucune de ces deux personnalités ne put jamais franchir cette ligne insaisissable
au-delà de laquelle la confiance s‘installe et les portes s‘ouvrent.
Un dangereux paradoxe existe, à savoir que toute contestation morale bloque l‘accès au cercle du
pouvoir et sape donc l‘efficacité sur quoi repose tout ce qui justifie la présence dans le poste. La
course au pouvoir et aux bonnes grâces des dirigeants veulent met trop souvent la loyauté person-
nelle au premier plan. Les dirigeants veulent des individus à qui ils peuvent se fier, non seulement
en raison de leur compétence, mais aussi à cause du souci qu‘ils ont du bien-être et des projets de
leur patron dans un monde où la trahison est chose commune. A quoi s‘ajoute que tout cadre - ou
tout délégué spécial recruté pour des raisons politiques - devient partie intégrante d‘une agence
administrative et est redevable de l‘essentiel de son pouvoir et de sa fonction à celui qui les a nom-
R
més. Cet état de chose crée un ensemble particulier d‘obligations qui pousse l‘individu concerné
à favoriser les buts de l‘administration et de son chef et ç servir de rempart à ce dernier.
LM
Pour bénéficier d‘un avancement politique, il est souvent nécessaire de se trouver un protecteur et
d‘apporter la preuve qu‘on sera sérieux et loyal envers lui. Et le protecteur de proposer en retour la
EC
promotion de ce collaborateur « sérieux ». Tout individu qui veut accéder au cercle du pouvoir doit
en permanence démontrer sa compétence et sa loyauté envers tel dirigeant ou tel groupe de déci-
AV
deurs et il est sans cesse poussé à épouser, ou du moins à approuver, les désirs et besoins de ceux
qui le chapeautent - protecteur, leader politique ou équipe dirigeante. Le caractère collectif d‘un
RS
grand nombre de décisions ne fait qu‘aggraver cette tendance au conformisme. Les équipes im-
posent souvent des épreuves d‘admission aux nouveaux collègues afin de tester leur attachement
U
aux objectifs poursuivis par le groupe. La plupart d‘entre elles possèdent des règles officieuses
CO
297
prêts à se servir des scrupules moraux exprimés par leur collègue comme d‘un tremplin pour leur
propre avancement au sein des cercles du pouvoir. Pour continuer d‘avoir accès à ces cercles, le
mieux est donc de se taire. Comme le général Earle Wheeler le rappela un jour à un conseiller
récalcitrant avant un déjeuner de travail avec le président Johnson, « inutile que tu y ailles si c‘est
pour pisser dans l‘assiette du président ».
On œuvre rarement dans le sens du bien lorsqu‘on se tait en présence d‘une mauvaise action,
mais, à la longue, exprimer ouvertement ses désaccords moraux peut vous isoler du pouvoir et
saper votre influence. Robert McNamara ministre de la Défense du président Johnson, commença
à émettre des doutes grandissants au sujet de la guerre du Viet-nam, d‘abord en privé avec le pré-
sident ou certains de ses amis, ensuite lors de réunions publiques, critiquant les nouvelles es-
calades du conflit et préconisant une pause dans les bombardements pour tenter d‘ouvrir des
négociations. Alors qu‘il était capable de malmener et de dominer la plupart des gens de son en-
tourage, Lyndon Johnson s‘était pris d‘une affection et d‘un respect durables pour McNamara et
s‘accommodait en toute confiance de sa « franche loyauté » (l‘expression était de McNamara).
Johnson lui-même était d‘ailleurs profondément troublé par cette guerre et son insoluble pour
suite : aussi permettait-il à des hommes comme McNamara ou George Ball de manifester sincère-
ment leur désaccord. Mais, au bout de trois ans, les désillusions de McNamara n‘avaient fait que
croître et embellir. Il menait désormais un combat d‘arrière-garde contre chaque nouvelle esca-
lade dans le conflit. Ses plus grandes victoires consistaient à limiter l‘intensité des escalades et
l‘ampleur des cibles visées, mais il ne put en aucune façon inciter le gouvernement à ouvrir des
R
négociations sérieuses. En mai 1967, il se retrouva de plus en plus en désaccord avec la plupart
des autres conseillers ainsi qu‘avec les chefs d‘états-majors interarmées. Cet isolement finit par
LM
déboucher pour lui sur la perte de son influence et le coupa des cercles de décision : Johnson le
nomma alors à la tête de la Banque mondiale. McNamara lui-même ne savait pas au juste « s‘il
EC
avait démissionné ou avait été viré ». De la même façon, le ministre de la justice John Mitchell,
pourtant le plus ancien conseiller de Richard Nixon et le plus écouté, vit les portes se fermer de-
AV
vant lui lorsqu‘il se mit à regimber devant le déferlement de certaines suggestions provocantes et
illégales émanant de l‘état-major de la MaisonBlanche. Plus Mitchell ignorait ou refrénait le zèle
RS
intérieure.
CO
Tous les contestataires ne connaissent pas cette lente ou subite mise à l‘écart. Certains peuvent
exprimer un désaccord au sujet de telle ou telle politique, mais continuer à agir efficacement dans
d‘autres domaines d‘action qui leur tiennent particulièrement à cœur. George Ball, sous-secrétaire
d‘Etat aux Affaires étrangères dans le gouvernement Johnson, devint l‘un des ministres les plus cri-
tiques à l‘égard de la guerre du Vietnam, mais il demeura à son poste car son aire de compétence
était l‘Europe. De même, McNamara estimait que l‘action qu‘il menait dans un certain nombre
d‘autres secteurs justifiait qu‘il reste en fonction : il laissa même entendre que le poids de ces mul-
tiples responsabilités l‘empêchait, lui et l‘administration dans son ensemble, de prêter au Viet-
nam toute l‘attention nécessaire. De fait, la multiplication des responsabilités, surtout dans des
domaines différents, joue, du point de vue moral, un rôle très important.
Il peut cependant arriver qu‘un individu continue d‘avoir accès aux cercles du pouvoir, mais n‘exerce
plus aucune influence sur les questions importantes. Plus insidieusement, et alors que sa contes-
tation est vaine, rester au contact du pouvoir peut se traduire pour lui par un surcroît de pression
morale. L‘accès aux cercles du pouvoir peut avoir des configurations variables, mais il se traduit
généralement par une institutionnalisation de la contestation qui ôte à celle-ci toute efficacité.
Dans l‘une des variantes, l‘individu concerné devient « expert en contestation » et est à ce titre
autorisé à mettre en cause une série prédéfinie de questions. Ces « experts » réussissent parfois à
changer quelque chose, mais le plus souvent ils échouent. Chose plus importante encore, ils n‘ont
pas le droit de s‘égarer hors du champ de contestation défini comme acceptable. William Safire a
bien décrit le fonctionnement de ce système.
298
Certain membres de l‘équipe Nixon, dont la loyauté s‘était affirmée au fil des ans, furent désignés
comme iconoclastes et encouragés à avoir, hors du groupe, leurs propres hypothèses dans certains
domaines. Ils étaient en outre censés présenter leurs critiques lors des réunions de travail, afin
que le diable ne soit pas privé d‘avocat. [. . . ] mais l‘autocensure ne manqua pas de se manifester,
notamment dans les secteurs extérieurs aux « domaines réservés » des iconoclastes de service : il
m‘arriva un jour de proposer, au sujet du Vietnam, que plus aucune recrue du contingent ne soit
envoyée au feu ; on me coupa ipso facto la parole, et je fus moins enclins par la suite à refaire la
même chose.
Dans une autre variante, d‘ailleurs plus fréquente, certains individus sont étiquetés, voir accep-
tés, en qualité de « moralistes maison » ou comme « conscience » des dirigeants en place. James
Thomson a appelé ce processus « la domestication des contestataires ». Ceux-ci ont le sentiment
de s‘être acquittés de leur soi-disant devoir de conscience ; quant aux autres dirigeants, ils peuvent
se féliciter, ayant écouté tous les sons de cloche, d‘avoir fait preuve d‘ouverture d‘esprit et d‘équité.
Bill Moyers, qui fut l‘un des derniers opposants à la guerre du Vietnam dans le cercle intime des
conseillers du président Johnson, a sans doute connu cette pénible expérience. Alors qu‘il s‘employait
activement à mettre en place un réseau de contestataires éclairés, il ressentit une frustration gran-
dissante devant l‘incapacité où il était à faire vraiment changer d‘avis qui que ce fût. Johnson
avait coutume de l‘accueillir en lançant : « Ah, voilà notre Monsieur Halte aux bombardements
». D‘autres dirigeants s‘entouraient, eux, de leur « colombe préférée », dont la vaine contestation
avait pour effet d‘apaiser et la conscience de l‘un et celle de l‘autre. La colombe obtenant peu de
R
résultats, le contestataire était autorisé à garder sa place au sein du gouvernement. Ce type de
contestation, comme dans le cas de Safire, est tout à fait prévisible et ne présente aucune menace,
LM
il s‘agit d‘une sorte de jeu de rôles. On peut donc s‘y préparer et faire comme si la chose n‘existait
pas.
EC
Face à ce genre de dynamique, l‘un des moyens de retrouver quelque influence consiste à se
ménager une « porte de sortie » en étant prêt à démissionner ou en menaçant de le faire. Ceux
AV
qui refusent cette possibilité de départ portent inévitablement un coup sévère à leur efficacité.
Quand un individu est déjà marginalisé par rapport à un problème particulier, l‘un des ultimes
RS
moyens dont il dispose pour continuer d‘influer sur les débats consiste à faire comprendre qu‘il
peut démissionner. Si le contestataire exclut de partir, son entourage aura moins de raisons en-
U
core de le prendre au sérieux. L‘individu peut aussi décider que, même s‘il n‘est plus en mesure
CO
d‘influer sur la politique en cours, du moins peut-il agir à la façon de Deep Throat (Gorge profonde,
l‘informateur secret du Washington Post à l‘époque du Watergate) et divulguer des informations
importante à des personnalités ou à des groupes situés à l‘extérieur. A supposer que l‘intéressé
puisse éviter de jouer un rôle central dans ce type illicite d‘activité, l‘option en question offre des
avantages non négligeables, du moins tant que l‘individu continue d‘avoir accès à l‘information
et peu efficacement organiser les fuites sans se faire prendre. Hélas, plus les fuites en question
revêtent une importance cruciale, plus elles entraînent, en général, une intense activité de contre-
espionnage au sein des sphères gouvernementales, aggravant de ce fait tous les dangers associés
à la manie du secret. Finalement, l‘accès au pouvoir de ce genre de taupe est extraordinairement
limité. Dès lors qu‘on le soupçonne d‘être à l‘origine des fuites, l‘individu risque de voir se fermer
toutes les portes et peut même être utilisé comme « désinformateur » vis-à-vis de l‘extérieur, cela
venant s‘ajouter aux multiples difficultés qu‘il rencontre pour garder le contact une fois soupçonné
de déloyauté.
Dans la plus insidieuse des variantes, l‘individu se heurte au terrible paradoxe qui consiste à
contribuer de plus en plus à la politique même qu‘il combat. Rares sont les responsables qui ont
à payer le prix payé au XVIème siècle par le Florentin Francesco Guicciardini qui exécuta amis et
alliés et dut défendre publiquement le tyran qu‘il détestait. Il « prouva » ainsi à quel point il était
redevenu loyal après avoir vacillé dans son soutien aux Médicis. Reste que, pour beaucoup de res-
ponsables, le coût moral d‘un accès frondeur au cercle du pouvoir est très élevé. Dès lors qu‘ils
sont soupçonnés de manifester envers telle ou telle politique un loyalisme tiède et des scrupules
299
d‘ordre moral, on exige d‘eux, s‘ils ne veulent pas voir les portes de refermer, qu‘ils apportent en
permanence la preuve de leur loyauté. John Dean, par exemple, avait été de ceux qui avaient blo-
qué le projet de Charles Colson visant à incendier le Brookings Institute ; du coup, on lui préféra
quelqu‘un d‘autre pour diriger la fameuse « équipe de plombiers ». Accusé de se comporter comme
une « petite vieille » craintive, Dean devint par la suite un chaud partisan de la « manière forte » et
du recours à l‘appareil d‘Etat pour mieux harceler l‘opposition.
Pendant la guerre du Viêt-nam, nombre de responsables, hostiles à certains aspects de la guerre,
choisirent de faire leur la règle politique classique parfaitement exprimée par Lyndon Johnson à
propos de ses rapports avec le président Kennedy : « Je n‘étais pas toujours d‘accord avec ce que
faisait son gouvernement. Mais lorsque j‘étais véritablement en désaccord avec le président, je le
lui faisais savoir en privé, d »homme à homme ». Le ministre de la Défense, Robert McNamanra, ne
confiait ses propres doutes sur la guerre que lors de réunions privées ou dans des notes adressées
au président ou aux conseillers les plus proches de ce dernier. Cela ne l‘empêchait pas de rester
loyal envers le président et sa politique ; il se sentait même obligé de redoubler d‘efforts pour ré-
duire à néant les oppositions envers la guerre qui se manifestaient au sein de l‘administration gou-
vernementale. Au cours des réunions de travail, il démolissait les contestataires et s‘en prenait no-
tamment aux notes solidement argumentées de George Ball. Il recourait parfois à des statistiques
discutables ou bien s‘en prenait directement aux contestataires, leur reprochant de ne prendre
en compte aucune des conséquences prévisibles qu‘entraînerait une telle perte. Parallèlement, il
encourageait en privé ces mêmes responsables à poursuivre au niveau de la bureaucratie le com-
R
bat contre la guerre - tout en contribuant personnellement au démantèlement de toute véritable
opposition bureaucratique à la guerre en cours, et ce afin de prouver sa loyauté envers Johnson
LM
et d‘assurer ses arrières. Une fois rentré au bercail, le vice-président Humphrey eut à nouveau des
scrupules de conscience au sujet de la guerre, mais il n‘en fit part au président Johnson qu‘en privé.
EC
Au sein du gouvernement comme en public, on le vit défendre avec une ardeur grandissante une
guerre qu‘en privé il critique de plus en plus.
AV
Moyers, s‘efforça très activement de modifier, au sein même du gouvernement, la politique ap-
pliquée au Vietnam. Pour conserver son influence malgré les obstacles auxquels se heurtait sa
U
tique à laquelle il s‘opposait. C‘est ainsi qu‘il fut un jour envoyé en Europe pour y défendre, face à
des alliés sceptiques, la politique officielle de son pays.
Qu‘on choisisse de limiter sa contestation à des conversations privées ou qu‘on préfère se battre
au sein du gouvernement, il faut, dans les deux cas, prendre des mesures de protection si l‘on veut
continuer d‘avoir accès aux cercles du pouvoir. Ces mesures exigent presque inévitablement qu‘on
se montre davantage complice de la politique ou des méfaits qu‘on dénonce. Cette complicité est
encore plus grande pour certains responsables, par exemple McNamara, dont l‘accès au pouvoir
est dû à leur grande compétence. Plus celle-ci est élevée, plus leur contribution à des entreprises
douteuses apparaît disproportionnée.
INTEGRITE MORALE ET VIE PUBLIQUE J. PATRICK DOBEL, Edition NOUVEAUX HORIZONS
MINISTERE DE LA DEFENSE NATIONALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. SECRETARIAT GENERAL CONCOURS
DE RECRUTEMENT EOA AU TITRE DE LA XXXVII I° PROMOTION DE L‘ACADEMIE MILITAIRE
SESSION DU 22 AU26 SEPTEMBRE 2014 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. DIRECTION DES RESSOURCES HU-
MAINES . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. SERVICE DE LA FORMATION ET DES STAGES . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. MA-
TIERE : SYNTHESE DES DOSSIERS DUREE : 03H COEFFICIENT : 03
PIECE N ◦ 1 : LA FRANCE, L‘AFRIQUE ET « L‘AIR DU TEMPS »
Le rôle prépondérant du gouvernement français dans la recherche d‘une solution durable à la crise
ivoirienne dévoile une ambition et un style nouveaux dans la conception et la mise en œuvre des
300
rapports franco-africains. Notamment dans ce qu‘il est convenu d‘appeler le « pré carré » franco-
phone. L‘activité débordante du chef de la diplomatie française, Dominique de Villepin, en est une
illustration. Sa bonne volonté est évidente. Il est vrai que la France joue gros en Côte d‘Ivoire : une
colonie française nombreuse, d‘importants intérêts économiques et stratégiques, un rang à tenir,
le prestige à sauvegarder. Bref, une présence et un territoire à marquer. Un pays africain franco-
phone moins en vue économiquement et politiquement, placé dans la même situation drama-
tique que la Côte d‘Ivoire, n‘eût sans doute pas suscité autant de sollicitude et d‘empressement.
Mais, en intervenant avec promptitude pour figer les positions militaires des différents prota-
gonistes, Paris a sauvé la Côte d‘Ivoire d‘un carnage annoncé. Sans doute, la fierté des Africains
en prend-elle un coup. En effet, il eût été préférable que la force d‘interposition de la CEDEAO
(Communauté des Etats d‘Afrique de l‘Ouest) jouât le rôle dévolu aux troupes françaises. Mais, à
l‘évidence, les délais trop longs pour son déploiement effectif n‘étaient pas adaptés à l‘urgence
de la situation. La France a donc paré au plus pressé. Toute tergiversation se fût avérée fatale.
Donc acte. « L‘activisme » français dans l‘affaire ivoirienne est-il la promesse d‘un resserrement
des liens avec le « pré carré » ? Il semble bien que oui. Autre question : allons-nous assister à une
réactivation des fameux réseaux purs et durs qui ont donné leur cachet sulfureux à la « França-
frique » ? Ce serait assurément se tromper d‘époque. La tentation peut être grande pour la droite
de tomber dans ce travers comme si la politique des réseaux lui était consubstantielle. C‘est à un
président socialiste, François Mitterrand, que l‘on doit le discours de la Baule en 1990. Il a trans-
formé dans un sens positif le paysage politique de l‘Afrique francophone en donnant une impul-
sion décisive à la marche vers la démocratie et le multipartisme, dans la droite ligne des consé-
R
quences de la chute du Mur de Berlin. Certes, il s‘est avéré que l‘acclimatation de la démocratie
LM
a connu des succès éclatants comme des échecs spectaculaires. Il n‘empêche : un processus s‘est
mis en branle, irréversible. D‘aucuns peuvent traîner les pieds, ruser ou tricher carrément, mais
tout retour en arrière est interdit. A cet égard, c‘est un symbole fort que l‘Union africaine ait dé-
EC
cidé de ne plus admettre en soin sein les gouvernements issus de coups d‘Etat ou non légitimés
par le suffrage universel. Aujourd‘hui que la droite française exerce un pouvoir sans état d‘âme sa
AV
politique africaine. Mais, elle doit tenir compte de « l‘air du temps ». Toute connivence avec des
pouvoirs aux pratiques antidémocratiques flagrantes sera condamnée par une immense majorité
RS
de l‘opinion africaine. Qu‘en raison de l‘Histoire, de la culture et des intérêts, des relations privilé-
giées s‘instaurent entre la France et sas anciennes colonies, cela n‘est pas pour choquer. Mais, que
U
sous ce prétexte, certains dirigeants tombent dans la facilité, se placent sous l‘aile protectrice de
CO
Paris, refusent, en somme, l‘émancipation, ce n‘est pas responsable. En réalité, les contours d‘une
coopération franco-africaine rénovée et mutuellement avantageuse sont aujourd‘hui tracés. La
France doit exiger de ses partenaires la bonne gouvernance (tant politique qu‘économique) qui
est désormais la condition de respectabilité au sein de la communauté internationale. Le respect
des droits de l‘homme allié à un fonctionnement régulier de la démocratie à travers des institu-
tions établies, des élections libres et sincères, induisant si c‘est le cas des alternances acceptées et
assumées, sont un gage de stabilité. La France – quelle que soit la coloration de ses gouvernements
– a besoin d‘interlocuteurs valables et crédibles. Quoi de mieux indiqué pour désigner ces derniers
que l‘expression du suffrage universel dans la transparence ? En d‘autres termes, il faut empêcher
que le Togo et la Guinée-Conakry – pour s‘en tenir à ces deux cas brûlants – ne sombrent, à un
moment où à un autre, à leur tour. C‘est maintenant qu‘il faut exercer les pressions nécessaires
pour le respect des règles du jeu démocratique, de légalité républicaine et la définition d‘un mo-
dus vivendi. Dire à qui de droit, sans fioritures, les vérités qui fâchent. L‘immigration africaine en
France est aussi un enjeu, qu‘il ne faut pas sous-estimer, de la coopération. Les Etats africains sont,
à juste titre, sensible à toute dégradation de la situation de leurs ressortissants dans l‘Hexagone.
Ils déplorent les conditions draconiennes, souvent vexatoires et humiliantes, dans lesquelles les
visas d‘entrée en France sont accordés, avec une parcimonie et un manque de discernement ré-
voltants. Du coup, un nombre de plus en plus important d‘étudiants et de chercheurs africains
francophones s‘oriente vers des cieux plus cléments, aux Etats-Unis et au Canada, pour poursuivre
leurs études. Sur un autre plan, il me semble que la coopération doit prendre en compte et inscrire
301
son action dans le puissant mouvement en faveur des groupements régionaux et de l‘intégration
économique sur le continent. On se rend compte que l‘éclatement programmé, à la veille des in-
dépendances, des Fédérations de l‘AOF (Afrique occidentale française) et de l‘AEF (Afrique équato-
riale française) procédait d‘une politique à courte vue. Ces dernières avaient l‘avantage de présen-
ter une cohérence géographique, humaine, culturelle et économique. Si nos pays avaient accédé
à l‘indépendance dans le cadre de ces Fédérations, peut-être que la face de l‘Afrique francophone
en eût été changée. Alors en donnant un coup de main aux actuelles tentatives de réunification, la
France a l‘occasion d‘atténuer les effets d‘une erreur historique. A cet égard, il faut se féliciter de
son soutien au Nouveau Partenariat pour le développement de l‘Afrique (NePad). Dans leur face-
à-face, la Franc et l‘Afrique ne sont plus seules. L‘Europe est, aujourd‘hui, une réalité qui s‘impose
aux deux partenaires traditionnels. Paris a des obligations envers l‘Union européenne en ce qui
concerne, notamment, les clauses de bonne gouvernance en Afrique. Quant aux pays africains, la
construction européenne leur offre une chance de s‘ouvrir à un partenariat plus porteur et diver-
sifié qui n‘empêche pas le maintien de liens forts avec Paris.
Par IBRAHIMA SIGNATE, Journaliste et politologue sénégalais. Le Figaro : 23 janvier 2003
PIECE N 2 : COMPRENDRE L‘AFRIQUE, C‘EST PASSER OUTRE LES DISCOURS SCHEMATIQUES.
Prisme désinformateur
A interpréter rapidement et à lire en diagonale les informations grand public sur les événements
récents de Côte d‘Ivoire, ce seraient des côtiers xénophobes qui se battraient contre des sahéliens
R
tolérants, des sudistes cultivateurs contre des nordistes éleveurs ou des musulmans contre des
chrétiens. Il n‘aura fallu qu‘un mois après le déclenchement de la rébellion pour que le spectre
LM
du génocide rwandais s‘étale à la première page d‘un grand quotidien. Décidément on n‘échappe
pas à cette vision de l‘Afrique contemporaine qui ne peut être comprise qu‘au travers du prisme
EC
Ce n‘est pas la peine de faire un dessin, pensons à la traite négrière, à la colonisation et aux pra-
tiques issues de la décolonisation pendant la guerre froide. Nos représentations collectives du réel
RS
sont largement le fruit de notre histoire. De cette histoire commune entre nos deux continents,
nous pouvons schématiquement repérer deux types de discours dominants sur l‘Afrique et les Afri-
U
cains. Pour les uns le continent africain reste en friche, il faut le mettre en valeur et l‘éduquer, pour
CO
ne pas dire l‘exploiter et le civiliser. Pour les autres, nous sommes en bonne partie responsables
des maux actuels de l‘Afrique.
Sur ces tendances lourdes qui structurent toujours nos analyses s‘ajoutent deux spécificités fran-
çaises : son histoire des sciences sociales et son histoire coloniale. La première est marquée par
l‘ethnologie universitaire qui, jusque dans las années 60, a découvert en Afrique un vaste réservoir
de traditions et de cultures exotiques qu‘il fallait recenser et étudier. L‘Africain devenait alors un
objet d‘étude savante, le membre inséparable d‘une communauté qui déterminait ses compor-
tements, avant d‘être un sujet, un individu doté de raison autonome. Cette vision ethnologique
continue d‘être le prisme au travers duquel beaucoup de commentaires qui se veulent experts
trouvent leur source d‘inspiration. On y échappe difficilement. La seconde spécificité française est
liée aux caractéristiques psychologiques, pourrait-on dire, des colonisateurs qui étaient des mili-
taires, des commerçants, des administrateurs, des religieux, mais aussi pour beaucoup d‘entre eux
des aventuriers qui trouvent en Afrique une réponse à leur marginalité. Certes, la plupart étaient
mus par le goût de l‘argent et de la conquête, mais beaucoup croyaient en leur mission et étaient
mus par une sorte de quête personnelle d‘engagement. Ces derniers partaient alors plus facile-
ment dans les grands espaces sahéliens et les déserts, laissant aux brutes coloniales la côte at-
lantique et les comptoirs fluviaux. Les œuvres littéraires de ces écrivains missionnaires, soldats,
savants, alimentent encore, mais de plus en plus marginalement, l‘imaginaire de la jeunesse.
En définitive, nos système de représentation sur les Africains fonctionnent sur quatre modes : le
302
dominateur, disons racistes, le culpabilisant caritatif, l‘idéaliste tiers-mondiste et le culturaliste re-
lativiste. L‘Africain est tour à tour, en fonction de l‘actualité : un sauvage sanguinaire, un vieux sage
qui, sous son arbre, attend que sa bibliothèque brûle, un musicien qui a le rythme dans le sang,
une brave femme pleine de bonne volonté qui ne demande qu‘à apprendre, une victime apeurée,
une fille excisée, un sidéen décharné, un fier pasteur, un despote ou un héros révolutionnaire. On
pourrait compléter cette liste de clichés par celui de la virilité flamboyante de l‘Afrique, clichés
déjà relevés par Frantz Fanon qu‘il considérait du même tonneau que ceux liés ç la cupidité du
juif. Tout cela a pour résultat une sorte d‘essence de l‘Africain dont le comportement est collec-
tif avant d‘être personnel, ethnique avant d‘être citoyen. Le plus consternant est que ces figures
de rhétoriques essentialistes sont de plus en plus intégrées et cautionnées par les élites africaines
elles-mêmes. L‘ivoirité ou les cancrelats de la radio Mille Collines au Rwanda relèvent de cette ins-
trumentalisation des représentations collectives par trop de pouvoirs africains. En rajoutant une
petite couche à ce constat désabusé, on peut légitimement se demander si l‘approche caritative
des ONG qui a prévalu jusqu‘à peu en Afrique, est le résultat ou une des causes du chaos afri-
cain, sans oublier l‘aveuglement des bataillons d‘experts des institutions internationales qui ont
construit des années durant, comme dans un vaste bac à sable, tous les châteaux de sable du dé-
veloppement. Tout se passe comme si on s‘interdisait, à propos de l‘Afrique, le recours aux outils
d‘analyse politique que l‘on utilise ailleurs. Il est évident, pour en revenir à la Côte d‘Ivoire, que le
clivage communautaire existe et qu‘il passe au même endroit que les clivages économique, reli-
gieux, écologique, politique et agricole selon une ligne de fracture est-ouest qui divise le pays en
deux entités. Mais comment gérerions-nous en France le fait qu‘un gouvernement constitutionnel
R
et légalement élu soit obligé de composer avec des mutins armés à l‘étranger, le fait que les services
LM
régaliens de l‘Etat (police, armée, justice, impôts) privatisent et informatisent quotidiennement le
service public pour leur propre compte ? Vivrions-nous bien que les divisions politiques internes
d‘une puissance étrangère se calquent sur nos propres partis politiques, qu‘un ancien Premier mi-
EC
nistre soit interdit de participation au scrutin présidentiel ? Pourrions-nous accepter, sans crise
majeure, une situation où 30
AV
Par CHRISTOPHE COURTIN, Christophe Courtin a travaillé en Afrique de 1995 à 2002 et notam-
RS
ment en Côte d’ivoire pour Terres des hommes Lausanne et l’Association française des volontaires
du progrès. Il est actuellement directeur des projets/programmes au CCFD (Comité Catholique
U
PIECE N 3 :FRANCE-AFRIQUE LE CHEF DE L‘ETAT QUI OUVRAIT HIER A PARIS LE 22E SOM-
MET A DECRETE « LA FIN DU TEMPS DE L‘IMPUNITE » SUR LE CONTINENT NOIR Le président
Jacques Chirac a affirmé hier sa volonté de « redresser la barre » de l’aide à l’Afrique, qu’il veut pla-
cer « au cœur des priorités de la France », mais il a appelé les Africains à respecter la démocratie,
à l’ouverture du 22è sommet France-Afrique à Paris. « Il est fini le temps de l’impunité, le temps
où l’on justifiait la force. Doit venir maintenant celui où l’on fortifie la justice », a déclaré Jacques
Chirac, au cours de la séance inaugurale de ce sommet consacré, jusqu’à aujourd’hui, au « nou-
veau partenariat » entre la France et l’Afrique. Interrogé lors du dernier sommet franco-africain
de Yaoundé sur l‘utilité d‘une telle grande messe, Laurent Gbagbo avait répondu : « Je vais y ré-
fléchir. » Deux ans plus tard le président ivoirien a tranché. Et son absence hier dans l‘hémicycle
du Palais des Congrès de Paris était sans conteste l‘événement le plus commenté de la cérémonie
d‘ouverture. Prenant garde de ne pas citer le nom de cet invité qui lui a fait faux bond, Jacques
Chirac a exhorté les représentants des ivoiriens de « faire revivre une société apaisée ». « Leur res-
ponsabilité est immense car le risque de fracture demeure. J‘appelle chacun au respect des enga-
gements pris. » Plus direct, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a demandé « au
président Gbagbo » de faire un « premier pas concret ver la paix ». Dépêché par le chef de l‘Etat
ivoirien, Seydou Diarra brille par sa discrétion. Mercredi soir, à l‘issue d‘un entretien bilatéral à
l‘Elysée avec Jacques Chirac, le président togolais Gnassingbe Eyadéma avait laissé entendre que
les consultations engagées par le « premier ministre de consensus » désigné dans la foulée de Mar-
coussis, étaient proches d‘aboutir. Seydou Diarra dispose d‘une liste de noms. Reste à résoudre
303
la quadrature du cercle, autrement dit savoir de quelle manière la promesse d‘un octroi des por-
tefeuilles de la Défense et de l‘intérieur aux rebelles sera tenue. De leur côté, les dirigeants de la
rébellion ivoirienne ont annoncé qu‘ils étaient en partance pour Paris, où ils sont attendus au-
jourd‘hui. « Nous avons été invités par le premier ministre, Seydou Diarra, pour l‘aider à composer
le gouvernement de réconciliation dans les plus brefs délais parce que la population est lasse de
cette guerre », a déclaré Sidiki Konaté depuis Bouaké. Robert Mugabe, l‘autre vedette, opte aussi
pour un profil bas. Le proscrit de la communauté internationale a été accueilli froidement par
Jacques Chirac. La poignée de main entre les deux hommes a été brève, le président français gar-
dant la main gauche dans le dos, avant de montrer à son homologue zimbabwéen le chemin de
la salle de réunion. Son entrée en scène contrastait avec la chaleur observée lors de l‘arrière des
« amis africains ». cette venue à Paris, en dépit de sanctions européennes pour atteintes graves
aux droits de l‘homme, continue à susciter de vives critiques, notamment à Londres. Les Britan-
niques ne comprennent pas pourquoi la France déroule le tapis rouge à l‘initiateur d‘une politique
d‘expropriation des fermiers blancs qui plonge le Zimbabwe dans une grave crise alimentaire. Son
installation en compagnie de sa suite dans un palace est dénoncée, le menu de ses repas passé au
crible. Des manifestants brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Mugable meur-
trier », ont également protesté mercredi dans les rues de Paris contre sa participation au sommet.
Le président zimbabwéen est sous le coup d‘une interdiction de l‘Union européenne pesant de-
puis un an sur ses déplacements et ceux de 71 autres personnes, responsables ou proches dont
certains sont présents dans la capitale française. Le banni devrait s‘entretenir avec Jacques Chirac
en marge des débats. Le président français a-t-il pensé à Robert Mugabe lorsqu‘il a dénoncé la «
R
surenchère de la violence » au détriment du « dialogue ». Ou plus vraisemblablement à Laurent
LM
Gbagbo et à ses présumés escadrons de la mort ? D‘autres chefs d‘Etat mis en cause par les asso-
ciations de droit de l‘homme tel le Centrafricain Ange Patassé auraient pu se sentir visés. « D‘où
qu‘elle vienne la violence doit être dénoncée, a-t-il affirmé. Leurs auteurs ont désormais à craindre
EC
d‘être sanctionnés par la Cour pénale internationale qui étend sa protection à tous les citoyens du
monde. Il est fini le temps de l‘impunité, le temps où l‘on justifiait la force. Doit venir mainte-
AV
nant celui où l‘on fortifie la justice ». Conseiller de Laurent Gbagbo, Toussaint Alain a en tout cas
considéré que son président était dans la ligne de mire. Il a jugé « indigne » de brandir la menace
RS
de la nouvelle justice internationale. « Je ne pense pas que la Cour pénale internationale ait été
créée pour renverser des gouvernements, il faut laisser agir la justice et, si les Nations unies le
U
souhaitent, qu‘elles envoient une mission ou des enquêteurs en Côte d‘ivoire », a-t-il commenté.
CO
Plus généralement, Jacques Chirac est apparu comme à l‘accoutumée en défenseur viscéral de la
cause de l‘Afrique. Prônant le partenariat, il a lancé : « Le temps est désormais aux responsabilités
partagées ». « L‘Afrique est au cœur des priorités de la France », a-t-il précisé. « Vous et nous ne
pouvons pas légitimer le recours à la violence, laissé s‘installer des zones grises ou de non-droit,
laisser des provinces entières en déshérence. Comment ne pas réagir à la grave famine qui menace
aujourd‘hui 40millions d‘Africains ? » Au cours de leurs travaux, les chefs de l‘Etat ont abordé hier
les questions de paix et de sécurité sur un continent qui est le théâtre d‘une quinzaine de conflits.
Par ailleurs, les participants au sommet ont adopté un texte commun sur l‘Irak, affirmant qu‘ »il y
a une alternative à la guerre » et se prononçant pour la poursuite des inspections.
Par Thierry Oberlé Le Figaro : 21 février 2003
MINISTERE DE LA DEFENSE NATIONALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. SECRETARIAT GENERAL SESSION
DU 22 AU26 SEPTEMBRE 2014 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. DIRECTION DES RESSOURCES HUMAINES . . . . . . . . . . . . . . .
SERVICE DE LA FORMATION ET DES STAGES . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. MATIERE : SYNTHESE DES DOS-
SIERS CONCOURS DE RECRUTEMENT EOA AU TITRE DE LA XXXVII I° PROMOTION DE L‘ACADEMIE
MILITAIRE DUREE : 03H COEFFICIENT : 03
FAIRE LE SYNTHESE DE CE DOSSIER EN UNE VINGTAINES DE LIGNES
L‘EAU
PIECE N 1 : ETAT D‘URGENCE POUR L‘EAU La peur de la pénurie d‘eau a dominé, hier, les débats
304
à Johannesburg. Derrière les paroles, les actes font pourtant défaut. Et les industries regrettent que
l‘on mette davantage l‘accent sur la fourniture d‘eau que sur les questions d‘hygiène. « L‘eau doit
devenir un droit de l‘homme de base. » En inaugurant le Waterdome, un espace d‘exposition sur
l‘eau situé à la périphérie de la ville de Johannesburg, l‘ancien président sud-africain Nelson Man-
dela a résumé en quelques mots la teneur des discussions qui avaient eu lieu le matin en séance
plénière entre une centaine de ministres de l‘Environnement. Le diagnostic est posé : si rien n‘est
fait, la moitié des habitants de la planète manqueront d‘eau dans trente ans. Depuis le sommet de
Rio, l‘accès à l‘approvisionnement en eau salubre et à un assainissement adéquat a à peine suivi
le rythme de la croissance démographique. Le constat est accablant : quelque 1,1 milliard de per-
sonnes dans le monde n‘ont pas accès à l‘eau potable, 2,4 milliards ne disposent pas d‘installations
sanitaires décentes, plus de la moitié des eaux usées du monde ne sont pas traitées et la contami-
nation de l‘eau est la première cause de mortalité au monde. Pour bien faire, il faudrait investir
environ 180 milliards de dollars par an dans les systèmes d‘eau, contre 80 milliards actuellement.
Mais si l‘on ne parle que du seul accès à l‘eau potable, il suffirait de porter les investissements de
16 à 23 milliards de dollars par an pour réduire de moitié, en 2015, le nombre des habitants qui
n‘ont pas accès à l‘eau, conformément aux objectifs fixés par le sommet du millénaire et le plan
d‘action de Johannesburg. Moins d‘opposition au secteur privé Chacun admet qu‘il faut engager
une gestion prudente des écosystèmes pour protéger l‘eau et mettre en place une gestion intégrée
par bassins. Surtout, de moins en moins de représentants gouvernementaux s‘opposent au sec-
teur privé. En séance plénière hier, si chacun a souligné la difficulté de faire payer l‘eau aux plus
démunis, très peu de ministres se sont élevés contre les partenariats avec le secteur privé dans
R
l‘eau, contrairement aux syndicats et à certaines associations environnementales, toujours soup-
LM
çonneuses à l‘égard de compagnies comme Suez ou Vivendi. Malgré tout, l‘élan attendu n‘est tou-
jours pas au rendez-vous. Hier, les représentants officiels des Etats-Unis et de l‘Australie refusaient
toujours d‘entériner un paragraphe pour « réduire de moitié, d‘ici à 2015, la proportion d‘individus
EC
n‘ayant pas accès à des moyens d‘assainissement décents ». « Sous prétexte qu‘on a oublié de men-
tionner dans les objectifs du sommet du millénaire la question de l‘assainissement pour ne parler
AV
que de l‘eau potable, certains pays en font un enjeu de négociations », s‘indigne un industriel. «
L‘une des principales erreurs commises jusqu‘à présent a été de mettre l‘accent sur la fourniture
RS
d‘eau, en oubliant les nécessaires questions d‘hygiène, alors que les diarrhées tuent chaque jour
6000 enfants dans le monde », a insisté, d son côté, Gourisankar Ghosh, directeur du Water Supply
U
and Sanitation Collaborative Council. A défaut d‘entériner un texte si « compromettant », les Etats-
CO
Unis promettent de multiples initiatives, comme le projet de la fondation Hilton associant fonds
publics, privés et financements de l‘Unicef pour amener l‘eau dans les campagnes au Ghana, au
Mali et au Niger. Jacques Chirac et Tony Blair pourraient promettre des abandons de dettes en
échange d‘un développement de projets dans l‘eau pour les pays africains, murmurent certaines
ONG, tandis que l‘Union européenne promet une « initiative européenne sur l‘eau », qui viserait
à aider les pays africains à mettre en œuvre une gestion intégrée des fleuves transfrontaliers. En
attendant, l‘enjeu est aussi de réveiller les consciences. Dans bien des pays en développement, le
budget consacré à l‘eau n‘atteint même pas 1
ANNE BAUER De notre envoyer spéciale à Johannesburg Les Echos : 29 Août 2002
PIECE N 2 : L‘ACCES A L‘EAU COUTERA 180 MILLIARDS DE DOLLARS L‘AN
Diviser par deux le nombre de personnes n‘ayant pas accès à l‘eau potable et n‘étant pas rac-
cordées à un système de traitement des eaux usées est le but que se sont fixé les membres des
Nations unies dans le cadre des engagements du millénaire. Chargé de proposer des mesures fi-
nancières concrètes pour permettre la réalisation de cet objectif d‘ici à 2015, Michel Camdessus,
ancien président du FMI, et le groupe de 20 sages qu‘il a réuni ont commencé par matérialiser le
travail nécessaire. Sept jours sur sept, la communauté internationale va devoir raccorder à l‘eau
potable 200.000 personnes par jour et offrir un assainissement décent à 400.000 individus d‘ici à
2015. Le montant des investissements consacrés chaque année à l‘eau devra passer de 80 milliards
à 180 milliards de dollars. Une fois posés ces chiffres, le rapport qui sera présenté dans le cadre du
305
forum mondial de l‘eau à Kyoto le 23 mars, puis examiner à Evian à l‘occasion du G8 en juin, sug-
gère une série d‘aménagements techniques financiers. « Nous ne demandons pas la création d‘un
fonds mondial qui prendrait des années à se mettre en place, mais un changement copernicien
dans l‘attitude des gouvernements, des entreprises et des institutions financières internationales
», clame Michel Camdessus. Les autorités sont priées de se doter d‘une politique de l‘eau, les col-
lectivités locales doivent trouver un équilibre entre la volonté de faire financier les infrastructures
par le prix du mètre cube et le principe de réalité selon lequel les pauvres doivent être aidés à payer
leurs factures. Des solutions existent : instituer un prix plus faible pour les premiers mètres cubes,
mais aussi créer des péréquations entre les quartiers riches et pauvres. Au chapitre des institu-
tions financières internationales, l‘idée est tout d‘abord de permettre à la Banque mondiale, mais
aussi aux banques régionales de développement, de financier directement des grandes villes et les
collectivités locales, sans exiger de garanties des Etats. On estime en effet que 80Le rapport sug-
gère ensuite de se pencher de plus près sur la couverture de risque de change des entreprises qui
acceptent de travailler dans les pays en voie de développement. En cas de dévaluation exception-
nelle, elles accorderaient une sorte de crédit relais aux municipalités afin qu‘elles puissent com-
penser les pertes des firmes ou prendre en charge partiellement les augmentations de prix publics
de l‘eau nécessaires pour permettre aux entreprises de couvrir leurs remboursements pendant
une certaine durée. Au moment de la signature du contrat, la société souscrirait donc une sorte
d‘assurance-risque de change. Pour les 20Des fonds décentralisés pourraient également être crées
pour favoriser l‘initiative locale et notamment les systèmes de microcrédits.
R
JULIE CHAUVEAU Les Echos : 6 mars 2003 PIECE N 3 : Riccardo Petrella, professeur d‘économie :
« Créer un impôt pour un budget mondial de l‘eau » Riccardo Petrella est professeur d‘économie
LM
à l‘université de Louvain (Belgique) et conseiller à la Commission européenne. Il est l‘auteur du
Manifeste de l‘eau lancé en 1998 et l‘un des fondateurs de l‘ACME, l‘Association pour un contrat
EC
mondial de l‘eau. L‘idée d‘un impôt de solidarité sur l‘eau, prélevé sur la facture des consomma-
teurs des pays riches, commence à faire son chemin, notamment au Forum mondial de Kyoto.
AV
Qu‘en pensezvous ? Un prélèvement de centimes d‘euro sur des mètres cubes d‘eau pour finan-
cier des projets de coopération permet en effet de financier des forages de puits, des stations
RS
an en Toscane). S‘il ne faut pas les sous-estimer, ce n‘est pas, non plus, la panacée. Ces initiatives
ne remettent pas en cause, par exemple, la sur-utilisation de l‘eau dans l‘agriculture qui, à elle
CO
seule, pompe 70Comment voulez-vous financier l‘accès à l‘eau ? Il faut établir un système fiscal
mondial au service de l‘ensemble de biens publics qui doivent être considérés comme mondiaux :
santé, éducation, eau. . . un budget mondial de l‘eau pourrait ainsi être alimenté via la collecte
d‘impôts régionaux. Pourquoi ne pas imaginer une taxe sur la vente des eaux minérales en Eu-
rope ? Ou encore la production d‘énergie électrique à partir centrales hydrauliques ? Ou un impôt
des Etats ? Ce serait la contribution de l‘Europe au service mondial de biens communs, à commen-
cer, bien sûr, par les pays du Sud. Tout est question de volonté politique. Or aujourd‘hui la priorité
reste de favoriser une approche de délégation de service public aux seules multinationales privées,
comme Suez ou Vivendi Environnement. Pourquoi ces partenaires publics-privé représentent-ils
selon vous une menace ? Parce qu‘ils partent du présupposé que seuls les marchés financiers sont
capables d‘aboutir aux meilleurs modes de financement. Eux qui vont permettre de trouver 100
milliards de dollars annuels supplémentaires aux 80 milliards existants ! Or ce montant est large-
ment surestimé parce qu‘il inclut, entre autres, la rentabilité nécessaire pour les multinationales.
En revanche, l‘ACME évalue à 30 milliards les besoins, uniquement financés par le public, avec
pour seule priorité l‘intérêt général. . . En attendant un hypothétique impôt global, les investisse-
ments privés ne sont-ils pas incontournables ? On sort justement de cette croyance. La décennie
90 a été une période de rêve pour les entreprises de l‘eau, notamment française et allemande. Elles
ont raflé les contrats de privatisation de plus de cent grandes villes. On leur reproche, par exemple,
de ne pas avoir réalisé les investissements promis, d‘augmenter les prix à la moindre baisse de leur
profit. . . Notamment en Algérie, en Afrique du Sud, au Ghana, au Nigeria, en Argentine, en Bolivie,
306
et même aux Etats-Unis, à Atlanta. En 2004, des milliers de contrats de l‘eau vont être rediscutés
en France. Les usagers risquent fort de se mobiliser pour que l‘eau redevienne un bien géré par
des services publics. Ce mouvement ne cesse de prendre de l‘importance en Grande-Bretagne, en
Belgique ou en Italie. Recueilli par VITTORIO DE FILIPPIS et CHRISTIAN LOSSON Libération : 18
mars 2003
MINISTERE DE LA DEFENSE NATIONALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. SECRETARIAT GENERAL SESSION
DU 22 AU26 SEPTEMBRE 2014 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. DIRECTION DES RESSOURCES HUMAINES . . . . . . . . . . . . . . .
SERVICE DE LA FORMATION ET DES STAGES . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. MATIERE : SYNTHESE DES DOS-
SIERS CONCOURS DE RECRUTEMENT EOA AU TITRE DE LA XXXVII I° PROMOTION DE L‘ACADEMIE
MILITAIRE DUREE : 03H COEFFICIENT : 03
PIECE N°1 : APRES L‘EURO, L‘ANGLO ! Marc Favre d‘Echallens, administrateur de l‘association
Défense de la langue française. Après la tentative de juillet 2002 de la Commission européenne
d‘imposer l‘anglais comme langue de communication commerciale en France dans l‘étiquetage
des produits alimentaires, c‘est maintenant sous la forme doucereuse de la rationalité et de la «
convivialité » que les projets de langue unique, commune ou principale, apparaissent à l‘occasion
de l‘élargissement de l‘Europe. Ainsi, on nous ménage en demandant l‘anglais obligatoire mais
à côté de la langue française, celle-ci restant langue de Culture (avec un grand C, soyons civili-
sés !). on nous raisonne en rappelant le coût excessif des traductions dans la future Europe élargie,
voire en nous faisant miroiter la création par l‘anglais d‘un « véritable espace de convivialité » !
Après le gourdin linguistique digne de l‘abbé Grégoire de cet été, la langue d‘amour et de liberté
R
est maintenant offerte, c‘est beau, c‘est grand ; comme certains lèguent leur corps à la Science,
LM
les « anglophoniseurs » font don de l‘anglais à l‘Europe, mon ordinateur en est tout ému ! Mais la
réalité est plus crue, ce sont des intérêts financiers, économiques et politiques à courte vue qui
guident cette politique, au nom d‘apparentes réductions de coûts par l‘uniformisation des pro-
EC
duits et des modes de consommation, il ne s‘agit pas ici de convivialité mais de trivialité. Quant
au coût de la mise en place de l‘anglais comme langue commune dans les Etats de l‘Union, il n‘est
AV
pas calculé, ce sont les citoyens sommés d‘apprendre l‘anglais qui le paieront. Ne parlons pas de la
destruction de l‘enseignement des autres langues européennes, il est vrai que, déjà pour certains,
RS
la messe est dite. Ainsi le directeur du British Concil aux Pays-Bas, David Aldervide a le 4 octobre
précisé à l‘attention des Néerlandais, que « chacun doit être bilingue parce que, dans vingt-cinq
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ans, le néerlandais sera une langue morte ». Ce bilinguisme imposé est la mort programmée de
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toute langue maternelle face à la nouvelle langue supérieure et prestigieuse, les études de socio-
linguistique menées notamment à l‘université de Montréal le démontrent. A la Fracture sociale
s‘ajoute ainsi une fracture linguistique. Devant l‘inflation du coût des traductions dans l‘Europe
élargie, aucune étude, aucune solution n‘est avancée autre que l‘adoption de l‘anglais. Les « déci-
deurs » médiatiques ou économiques coupent, tranchent. Une seule solution s‘impose : la langue
mondiale, celle de l‘ « hyper puissance » américaine. Est-ce l‘Europe que l‘on veut construire
ou l‘union de l‘Occident américain ? La liberté des échanges économiques n‘est pas synonyme
d‘anglophonisation, l‘entreprise Renault depuis son alliance avec Nissan l‘a compris, pas par phi-
lanthropie francophone mais par efficacité. Renault vient de créer un MBA francophone pour
cadres japonais. Louis Schweitzer précise même : « La mondialisation ne doit pas réduire la diver-
sité des cultures au bénéfice d‘une norme dominante induite par une même langue. L‘interaction
des cultures constitue un levier de performance et de progrès. » Louis Schweitzer est crédible, car
ses p r oposset r ad ui sent enac t eset encr éd i t s(bud g et i ni t i al d uM B Ad e13mi l l i onsd ‘eur osur ci nq an
Les Echos : 03 décembre 2002
PIECE N 2 : La conférence générale de l‘Unesco, réunie à Paris du 12 au 17 octobre, doit donner son
aval à l‘élaboration d‘une convention, moyen contraignant de lutter contre l‘hégémonie améri-
caine. Dans un entretien au « Monde », Sheila Copps, ministre du patrimoine canadien, en défend
le caractère supranational. Quels sont les enjeux de la Conférence générale de l‘Unesco (Orga-
nisation des Nations unies pour l‘éducation, la science et la culture) dans le domaine culturel ?
307
La mondialisation doit respecter le droit de chaque pays à défendre sa culture, sa civilisation, ce
qu‘il exprime par ses livres, son cinéma, ses télévisions. Nous proposons une convention sur la
diversité culturelle afin qu‘il existe une protection dans tous ces domaines. Nous ne voulons pas
qu‘il n‘y ait qu‘une seule langue qui s‘exprime, comme c‘est trop souvent le cas avec la langue an-
glaise dans le cinéma. Avec Hollywood, les échanges se font dans un seul sens, des Etats-Unis vers
l‘extérieur. Avec une convention de l‘Unesco, nous voulons nous rassurer que les droits ne seront
pas étouffés. L‘idée n‘est pas de permettre uniquement aux pays riches de garder leur petit pré
carré. Nous souhaitons aussi permettre à tous les pays qui ne sont pas encore dotés d‘industries
culturelles de pouvoir en construire une, pour que leurs artistes puissent aussi être reconnus com-
mercialement. Pour mettre au point ce projet et permettre aux Etats de jouer un rôle pour assu-
rer l‘épanouissement de la culture, nous ne commençons pas de zéro : si au début notre combat
était très solitaire, beaucoup de choses ont été faites, notamment avec la France et les nombreux
pays qui nous ont rejoints, ainsi que par le biais du Réseau international sur la politique culturelle
(RIPC) [qui regroupe 57 ministres de la culture]. Mais, plus que tout, ce sont les artistes, déjà orga-
nisés dans certains pays dans des comités de vigilance, qui nous aideront à créer un effet de boule
de neige. En quoi l‘Unesco est-elle l‘enceinte la plus appropriée pour ces débats ? C‘est une orga-
nisation où sont débattues les questions d‘éducation, de culture, de technologies, de sciences. . .
C‘est l‘endroit idéal pour une convention qui aura le caractère supranational que nous trouvons
aussi dans les démarches beaucoup plus commerciales de l‘Organisation mondiale du commerce
(OMC). Nous nous sommes aperçus des lacunes du droit culturel il y a cinq ans, au moment où
les Etats-Unis nous avaient traînés devant la Cour de l‘OMC en estimant qu‘il ne pouvait pas y
R
avoir de politique spécifique et de contenu local pour des magazines américains vendus au Ca-
LM
nada. Finalement, l‘administration Clinton avait dû signer un traité qui reconnaissait notre droit
à la protection culturelle. Le retour des Américains à l‘Unesco peut-il bloquer le processus de lan-
cement de cette convention ? C‘est important que les Etats-Unis soient là, comme partenaires po-
EC
litiques dans le multilatéralisme. Ils peuvent effectivement demander un vote. Dans tous les cas
(consensus ou vote), on a besoin d‘une grande majorité pour promouvoir ce processus. Au quoti-
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avec les Etats-Unis une frontière qui s‘étale sur six fuseaux horaires ; près de 90Nous avons mis
au point depuis longtemps une politique en faveur des télévisions publiques, des crédits d‘impôts
U
pour le développement de la télévision, un fonds national pour le câble et le satellite. C‘est surtout
CO
dans l‘édition que nous menons une politique très active, en contrôlant notamment la distribu-
tion : par exemple, il faut avoir la citoyenneté canadienne pour acheter une maison d‘édition,
ce qui explique qu‘il existe aujourd‘hui 200 sociétés d‘édition. En revanche, dans le cinéma, c‘est
assez pitoyable : ce sont presque exclusivement les Américains qui détiennent la distribution et
donc les circuits de salles. Si bien que les films anglophones canadiens ne représentent que 3Vous
organisez en janvier 2004 un forum des industries culturelles à Paris. Qu‘en attendezvous ? Nous
souhaitons le développement de liens culturels entre pays de la francophonie, pour qu‘il devienne
évident que la culture « s‘affaire ». Elle ne doit pas être considérée comme une subvention, mais
bel et bien comme un investissement.
Le Monde : 14 octobre 2003
PIECE N 3 : SAUVONS LE FRANÇAIS « Il faut sauver le français à l‘Onu », tel est l‘appel que lance,
dans le Figaro, M. Perez de Cuellar, ancien secrétaire général de l‘Organisation des Nations unies,
ami de la France et pratiquant notre langue depuis toujours. Aujourd‘hui, il déplore le recul du
français dans le monde. Il en fait reproche aux Français eux-mêmes, estimant que, trop souvent,
nos diplomates cèdent devant la langue anglaise. « Ce sont, dit-il ; les Africains qui défendent le
français ». Nous pouvons nous en réjouir, mais cela ne devrait aucunement nous dispenser des
efforts qu‘il faut fournir pour éviter le déclin de notre langue. Pour cela, dit encore M. Perez de
Cuellar, il faudrait commencer par la France en redonnant aux Français le goût de leur littérature.
Il n‘y a pas si longtemps, les élèves des lycées et des collèges apprenaient et récitaient par cœur
308
Molière, racine ou La Fontaine. M. Perez de Cuellar fut de ceux-là. Aujourd‘hui, il est consterné par
les évolutions négatives en ce domaine, mais aussi par les dérives courantes de notre langue que
l‘on peut entendre dans la rue aussi bien, plutôt aussi mal, qu‘à la télévision ou sur les ondes ra-
dio. On se demande où nombre de présentateurs ont appris la diction. On est stupéfait des liaisons
surprenantes et pédantes qu‘ils infligent à notre langue. Ils manifestent souvent même leur igno-
rance, par exemple lorsqu‘ils énumèrent des nombres, ne sachant plus à quel endroit se situe ou
ne doit pas se situer le « s » du pluriel. Perez de Cuellar, lui, nous fait savoir qu‘il n‘a jamais voulu
employer l‘expression « OK », même en anglais ! Belle leçon pour la plupart d‘entre nous. Mais,
de plus, à travers le monde, la plupart de nos Alliances françaises ne disposent pas de moyens
suffisants pour séduire, accueillir, retenir des jeunes pour lesquels la France représente encore un
grand pays avec une prestigieuse histoire des écrivains, des philosophes qui ont contribué si inten-
sément à éclairer la pensée. Il convient de rappeler qu‘une langue exprime une certaine manière
de comprendre et d‘expliquer le monde, un certain esprit, une psychologie, une façon de raisonner
particulières et, souligne l‘ancien secrétaire général de l‘Onu, « la diversité culturelle préserve la di-
versité politique ». C‘est peut-être pour cela que le français se trouve de plus en plus marginalisé
dans les organismes internationaux. Nous sommes bien conscients de l‘utilité d‘un langage uni-
versel. L‘anglais, ou du moins ce qu‘il est devenu, en tient lieu, mais ce n‘est pas une raison pour
laisser périr les autres langues. Certaines d‘entre-elles, d‘ailleurs, se défendent bien. L‘espagnol,
adossé au continent sud-américain, est parti à la conquête, si l‘on peut dire, des Etats-Unis. . . Le
français, pourtant langue de travail de l‘Onu avec l‘anglais, est négligé par l‘organisation. En effet,
chaque document officiel doit être publié simultanément dans les deux langues. Or, le texte an-
R
glais est distribué instantanément alors que le texte français n‘arrive qu‘un jour ou plusieurs jours
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plus tard ! Et voici que, de plus, en décembre prochain, l‘Onu fermera son bureau d‘information
à Paris. C‘est de bien mauvais augure, même si l‘on comprend qu‘il faille resserrer les dispositifs
pour alléger les dépenses. En tout cas, il est grand temps de se mobiliser pour préserver le fran-
EC
çais et pour maintenir sa présence et son utilisation dans le maximum de pays et d‘organisations
internationales.
AV
309
En République centrafricaine, la France s‘apprête à déployer quelques centaines d‘hommes sup-
plémentaires, afin d‘aider à stabiliser la situation dans un pays décrit comme étant dans un état
« pré-génocidaire ». la France a une longue histoire d‘ingérence et de présence militaire dans ce
pays, et interviendra avec un mandat de l‘ONU attendu lundi.
Retour en Afrique
Politiquement et militairement, la France reste dimensionnée pour jouer un rôle important en
Afrique, à laquelle la rattachent des liens historiques et économiques, pas toujours glorieux mais
encore actifs.
Françafrique pas totalement morte, mais François Hollande a bien pris garde, depuis son élection,
de conserver une voie étroite limitant l‘ingérence sans pouvoir couper avec l‘héritage du « pré
carré » (Biya, Bongo, Eyadema, etc.).
Il y a un an, il refusait d‘intervenir militairement en Centrafrique, alors que le président Bozize, lui-
même arrivé au pouvoir par la force, était menacé par les forces rebelles de la Seleka. Les quelques
centaines de soldats français stationnés à Bangui se contentaient de protéger les ressortissants
français, mais pas le pouvoir qui fut immanquablement renversé.
Un an plus tard, Paris s‘apprête à intervenir en RCA, mais pas pour sauver le pouvoir mais pour
empêcher le pays de sombrer dans le chaos et le massacre de certaines populations.
La catastrophe humanitaire et sécuritaire a été qualifiée de « pré-génocidaire » par Laurent Fa-
R
bius, un mot que les organisations internationales hésitent à reprendre ; mais nul ne doute de
LM
l‘ampleur du désastre, dans un pays qui n‘a jamais réellement trouvé son équilibre en un demi-
siècle d‘indépendance, entre l‘Empereur Bokassa et les putschistes minables à répétition, sur fond
de diamants, hier comme aujourd‘hui.
EC
La France a la capacité, le savoir faire, et la connaissance du terrain qui rendent une telle mission
possible. Et la volonté politique, aujourd‘hui, d reprendre pied en Afrique, un continent straté-
RS
gique trop délaissé par la France depuis deux décennies, pour de bonnes et de mauvaises raisons.
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C‘est pour cette raison, aussi, que François Hollande avait pris la responsabilité, qui avait surpris
par sa détermination inhabituelle, d‘envoyer les troupes françaises bloquer l‘avance djihadiste au
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Mali, et reconquérir le nord du pays « perdu » par le faible pouvoir de Bamako. Même si cette
opération se prolonge plus longtemps que prévu, elle a marqué les esprits et redoré le blason de
la France, notamment auprès de ses alliés américains. Pour accompagner cette « reconquête » du
continent noir, la France organise le mois prochain un Sommet panafricain sur la sécurité, afin
que, comme cela n‘a pas été possible au Mali, les Africains prennent eux-mêmes en charge ce
dossier. La France ne serait plus en première ligne comme « gendarme », ce qui serait assurément
plus sain. L‘Afrique, continent de près d‘un milliard d‘habitants, qui connait des zones de forte
croissance et d‘autres de grands désastres, est un hinterland naturel pour une puissance moyenne
comme la France. A condition de renoncer à l‘état d‘esprit néocolonial qui a présidé à ces relations
depuis un demi-siècle, et accepter que les règles du jeu ont changé sur un continent courtisé par
les Chinois comme les Américains. Les Africains eux-mêmes sont demandeurs de ne pas rester en
tête à tête avec les nouveaux géants de ce monde, pas plus désintéressés que les anciens.
Ailleurs, la France est affaiblie Mais au-delà de l‘Afrique, l‘influence française est assurément affai-
blie. On le constate avec le dossier syrien, sur lequel la France a pris des positions en pointe, sans
avoir les moyens politiques et militaires de les transformer en actes. La France a, la première, re-
connu la légitimité de l‘opposition syrienne au régime de Bachar el-Assad. Mais elle n‘a pu, ou su,
lui donner ni les moyens de sa victoire, ni même la capacité de préserver son unité face à la mon-
tée du courant djihadiste alimenté par la manne du Golfe. Laurent Fabius pouvait bien affirmer,
au micro de France info en mars dernier, « la France est un grand pays », quand on l‘interrogeait
310
sur la capacité de la Paris à armer l‘opposition face aux réticences de ses partenaires européens, il
ne s‘est rien passé et cette opposition est aujourd‘hui affaiblie.
Cette faible capacité autonome sur un dossier aussi lourd a été exposée plus cruellement encore
avec l‘attaque chimique, où Paris s‘est retrouvé en première ligne, pour constater qu‘il n‘y avait
plus personne derrière. Les moteurs des Rafale étaient déjà en train de chauffer lorsqu‘il a bien
fallu réaliser que la France, seule, ne peut rien faire.
Membre du Conseil de sécurité, toujours présente dans toutes les grandes manœuvres diploma-
tiques planétaires, la France conserve quelques atouts. Et une capacité de nuisance dont Laurent
Fabius a fait usage il y a deux semaines aux négociations sur le nucléaire iranien, en empêchant
un accord qui semblait acquis.
Cela a valu à la France quelques articles flatteurs sur sa diplomatie musclée, et a permis à François
Hollande un voyage réussi, mais sans impact, au pays de Benyamin Netanyahou. Mais un coup de
fil de Barack Obama – avec une invitation officielle à Washington en février – et quelques conces-
sions plus tard, la France a donné son feu vert à un accord que Netanyahou continue de considérer
comme une « erreur historique ».
La France, il est vrai, avait été tenue à l‘écart des négociations secrètes qui se sont déroulées pen-
dant plusieurs mois à Oman entre Américains et Iraniens, ce qui explique la surprise de la déléga-
tion française lorsque John Kerry a sorti de sa poche un texte que les Français découvraient.
R
Deux handicaps La diplomatie française souffre de deux handicaps :
LM
L‘affaiblissement économique de la France, ses difficultés budgétaires et son impact sur ses dé-
penses militaires et donc sa capacité de projection et d‘action sur plusieurs théâtres à la fois ;
La quasi-disparition de la politique étrangère et de sécurité de l‘Europe malgré la présence sur
EC
lative sur la scène internationale. Mais celle-ci n‘est pas pour demain, dans un climat de crise
économique, financière, sociale et politique persistante sur le continent.
U
En attendant, il reste l‘Afrique où la France peut encore se donner des allures de grande puissance.
CO
311
P. Boniface dépeint une France « puissance moyenne » aux nombreux atouts, pourtant hantée par
la peur de son déclin.
L‘état de la puissance française.
Pascal Boniface dresse le bilan des atouts et des faiblesses de la France dans le but de répondre
à la question. Il effectue un large tour d‘horizon qui analyse l‘attitude de la France sans omettre
de domaine ; l‘Europe, la Mondialisation et le multilatéralisme, la relation concurrentielle avec les
EtatsUnis, la place dans la gouvernance mondiale, le complexe du colonisateur.
Il n‘omet pas non plus de revenir sur la notion même de « puissance », une notion évolutive, nous
rappelle-t-il, dans un monde de plus en plus multilatéral où les attributs traditionnels de la puis-
sance peuvent perdre leur utilité au profit d‘autres. Ainsi, le facteur militaire, s‘il ne doit pas être
négligé, n‘est plus le facteur primordial, de même que sa définition a changé. Il s‘agit aujourd‘hui
moins du nombre d‘hommes qu‘une nation peut aligner sur un champ de bataille que de la so-
phistication technologique de ses équipements. . . Le facteur démographique lui aussi, tend à se
dévaloriser comme atout de puissance, tout comme la possession de ressources naturelles.
Le facteur essentiel aux yeux de P. Boniface est le « facteur K » (facteur « knowledge »), qu‘il entend
comme la capacité d‘un pays à former ses élites, et à attirer les élites étrangères, à diffuser son
modèle culturel etc. Dans ce domaine, la force des Etats-Unis lui apparaît difficilement niable.
Pour Pascal Boniface, l‘analyse de la puissance française appelle certes à la modestie. La France
R
est selon ses propres termes une « puissance moyenne », même un peu plus que cela, et n‘a pas
à en rougir. Boniface nous invite à renoncer à nos rêves de grandeur, et à nous montrer crédibles
LM
en faisant fructifier les atouts que nous possédons, qui ne sont pas mince selon lui. Inutile de
jouer dans la catégorie de l‘ « hyper puissance » américaine telle que décrite par H. Védrine, il est
EC
une longue tradition étatique qui lui permet de lancer des projets, des institutions stables, un
siège aux Nations Unies, des capacités nucléaires et une réelle puissance économique. Il décrit
RS
une France moderne, tournée vers l‘avenir, une France faite d‘Ariane, d‘Airbus et de TGV et non
pas simplement de gastronomie et de maisons de haute couture. . . Un tableau qui s‘oppose à la
U
312
L‘orgueil en politique étrangère ; révélateur de l‘impuissance française. . .
Pascal Boniface pointe de façon approfondie les écueils à éviter en politique étrangère ; l‘orgueil en
parole, l‘agressivité vis-à-vis de nos voisins, le ton donneur de leçons sont parmi les traits les plus
répandus qui dominent trop souvent notre politique étrangère. Boniface voit dans cette attitude
bien française un danger pour notre puissance. Outre qu‘elle exaspère nos voisins et contribue à
nous marginaliser, à nous exclure des grands enjeux internationaux, elle s‘avère surtout être un ré-
vélateur de notre impuissance, notre incapacité à peser de façon décisive. Elle souligne la faiblesse
de nos moyens par rapport à l‘ampleur de nos ambitions et l‘écart entre nos sermons parfois mo-
ralisateurs et nos comportements, pas toujours inattaquables de ce point de vue.
En effet, un autre trait de la politique étrangère française à la recherche de sa puissance est la ré-
signation passive dans les cas où cette résignation sert nos intérêts, voire la soumission servile
à d‘authentiques dictateurs dans le but de maintenir notre influence, voire notre pré-carré fran-
çais. . . P. Boniface cite notamment la complaisance des dirigeants français à l‘égard du régime
chinois ou face aux dictateurs africains, Mobutu, Bokassa etc.
Enfin, l‘agressivité vis-à-vis des américains, l‘anti-américanisme de certains dirigeants ou intellec-
tuels français, fait aussi partie de la traduction en politique étrangère de notre angoisse du déclin.
L‘agressivité face aux puissances qui manifestent nous surpassent est souvent le produit, selon P.
Boniface, d‘une amertume profonde. La dénonciation de l‘impérialisme américain cacherait-elle
une simple jalousie française ? C‘est en tout cas la thèse de Jean-François Revel (L‘obsession anti-
R
américaine, Plon, 2002) qui explique en partie l‘anti-américanisme français par cette rancœur is-
sue de notre angoisse de déclin, rancœur dissimulée sous des discours tour à tour tiers-mondistes,
LM
moralisateurs, altermondialistes etc. boniface estime que la France doit se détourner de ce type de
comportement qui ne font que l‘affaiblir davantage.
EC
Le même type d‘explication peut être avancé, selon P. Boniface, concernant les attitudes euros-
ceptiques ou antimondialistes qu‘on observe dans notre pays. Boniface y voit des réactions an-
AV
goissées face à une éventuelle perte de puissance de la France. Ce bilan cédant parfois à un excès
d‘optimisme, résonne aujourd‘hui particulièrement alors que Nicolas Baverez relance la thèse du
RS
Le bilan dressé par Pascal Boniface de l‘état de la puissance française, pour équilibré qu‘il soit,
semble un peu optimiste dans ses prévisions. En 2003, certains dressent un constat plus sombre
du poids de la France sur la scène mondiale.
Nicolas Baverez trace lui, un portrait au vitriol de la France d‘aujourd‘hui en politique étrangère,
(comme dans d‘autres domaines, industriel, économique, culturel, politique etc.) comme l‘exemple
du pays qui s‘est toujours trompé de combat, soldant à chaque fois ses erreurs d‘appréciation par
un décrochement sur la scène internationale. Pour lui, les politiques de ces dernières décennies
dilapident avec méthode un héritage de puissance patiemment construit par leurs prédécesseurs,
et enfoncent la France dans la marginalisation, le tout pour le plus grand profit de la Grande-
Bretagne. (La résurgence du vieil ennemi anglo-saxon prend d‘ailleurs des accents quelque peu
caricaturaux).
MM. Baverez et Boniface, bien que défendant des points de vue assez radicalement opposés, se
retrouvent pour fustiger la condescendance et le mépris que la France affiche régulièrement vis-
à-vis de ces voisins. Ainsi P. Boniface cite Charles de Gaulle commentait la visite en France du
premier ministre japonais : J‘ai voulu rencontrer un homme politique japonaise mais je n‘ai reçu
qu‘un marchand de transistors ».
Baverez y voit l‘arrogance vaine d‘un pays en plein déclin, qui compense ses échecs par des dis-
cours de plus en plus creux. « Les mots de la puissance sans les moyens de la puissance ». Boniface
n‘y lit pas le signe d‘un pays qui s‘illusionne sur ce qu‘il est mais sur ce qu‘il a été. La France
313
s‘illusionne sur sa gloire passée, les grands discours de nos diplomates contemporains exaltent
une France glorieuse qui, pour Boniface, est largement un mythe. Cette assertion va peut-être un
peu loin dans la mesure où Boniface cherche à démontrer que la France n‘a jamais été ni une
grande puissance mais reste depuis l‘origine une puissance moyenne. . . D‘où l‘absurdité de parler
pour lui de déclin. La France de Louis XIV, celle de Napoléon I ne sont que des mirages, Boniface
tend à dire que chaque fois que la France a paru au faîte de sa gloire, elle était en réalité au bord
du gouffre. . . !
L‘actualité de cette réflexion.
Pascal Boniface met en garde la France contre les excès de langage et l‘outrance dont elle fait sou-
vent preuve en politique étrangère. Bien que cette mise en garde remonte à 1998, on n peut qu‘être
frappé par l‘actualité de cette réflexion. L‘attitude de la France au cours des crises internationales
récentes valide de façon nette cette analyse. Indépendamment de la justesse de la cause défendue,
la France, au cours de la crise irakienne, s‘est exprimée de façon péremptoire voire excessive, sans
en avoir les moyens, vis-à-vis de ses partenaires et, selon certains analystes, n‘a pas peu contri-
bué à la cacophonie européenne. Une cacophonie d‘ailleurs exacerbée par le ton condescendant
employé par nos hommes politiques à l‘égard des pays candidats à l‘adhésion, dès lors que leurs
choix de politique étrangère se sont éloignés des nôtres.
La pertinence de l‘analyse de Pascal Boniface dès 1998 apparaît encore concernant les moyens
diplomatiques de la France, si peu en rapport avec ses ambitions ; la récente grève des personnels
R
du Quai d‘Orsay, première du genre dans ce ministère, vient souligner à propos ce manque de
moyens.
LM
A cinq ans d‘intervalles, Baverez et P. Boniface parviennent sans difficulté à dresser une liste peu
glorieuse de nombreux camouflets que la France a essuyé, essentiellement en raison de son in-
EC
transigeance, échecs aggravés encore par le caractère humiliant de nos contorsions destinées à ne
pas perdre la face. Ainsi Boniface raconte-t-il en détail l‘élection de Kofi Annan à la tête de l‘ONU,
AV
voulue par les Etats-Unis, à laquelle la France s‘est d‘abord opposée farouchement, en parole no-
tamment, (refusant toute autre candidature autre que celle qu‘elle soutenait : Boutros-Boutros
RS
Ghali) avant de céder très rapidement. « Il ne faut jamais se battre seul contre les Etats-Unis, encore
moins après être monté sur ses ergots devant le monde entier. » conclut-il. Il mentionne encore
U
le ministre des affaires étrangères envoyés en 1996 faire une tournée des pays du Proche-Orient,
CO
copiant du mieux possible le secrétaire d‘Etat américain sans avoir derrière soi le poids de sa puis-
sance et sans avoir consulté préalablement les partenaires européens. Avec pour résultat que la
France s‘est vue désavouée par ses voisins, ignorée par Israël, moquée par les américains. . .
Baverez actualise la liste ; le « rituel vide de sens » du couple franco-allemand, le « mélange d‘arrogance
et de légèreté » face à la crise du Pacte de stabilité, la tentative d‘intervention auprès des FARC pour
libérer Ingrid Bettencourt où la France « s‘est couverte de ridicule en se lançant dans une opération
barbouzarde avortée », enfin et surtout la crise irakienne.
P. Boniface cède parfois à un optimisme facile : la puissance par le foot ?
Pascal Boniface consacre sa conclusion à la victoire de la France à la Coupe du Monde de Foot-
ball de 1998. Le ton badin et quelque peu euphorique tranche avec le sérieux de l‘ensemble de
l‘ouvrage. Cédant à des formules un peu journalistiques, Boniface semble faire de la victoire du
mondial un atout de puissance inattendu, susceptible de remettre la France en bonne place sur
la scène internationale, d‘où son insignifiance stratégique l‘avait chassée. L‘argument semble un
peu mince voire franchement superficiel. . . « Les victoires sur les terrains de football vont avoir
des effets positifs sur le rang de notre pays dans le monde, et pas seulement celui établi par la FIFA
» ! « Le triomphe du Mondial démontre que la France ne craint pas la mondialisation, et peut, au
contraire, en relever le défi, et que l‘Europe a permis de renforcer aussi bien nos entreprises que
nos footballeurs ». . . On voit mal le lien entre les défis tout à fait réels posés par la mondialisation
aux Etats (maintien de la diversité culturelle, de l‘équité dans les échanges commerciaux, de la
314
qualité de l‘emploi) et les éphémères victoires d‘une quinzaine de sportifs. . . Dans cette logique,
faut-il voir dans notre cuisante défaite lors de la coupe du monde de Séoul le crépuscule de la
France en tant que grande puissance ? Même M. Baverez, pourtant exhaustif dans son diagnostic,
n‘y a pas songé. . .
Un bilan convaincant Le livre de P. Boniface constitue un texte synthétique qui malgré tout fait le
tour de cette question complexe. Les récents développements de l‘actualité confirment souvent la
justesse de l‘analyse de l‘auteur en 1998. Son constat est convaincant et nuancé. Il invite les diri-
geants français à reconnaître notre rang de puissance moyenne et à s‘en satisfaire pour en tirer un
maximum, au lieu de s‘enfermer dans le souvenir d‘une France quasi-mythologique, en perpétuel
décalage avec la réalité de ses petits moyens, attitude qui ne peut que l‘affaiblir davantage. Evitant
les excès rhétoriques parfois grinçants de Nicolas Baverez, Pascal Boniface tourne résolument le
dos à la thèse « décliniste » avec ces mots : « La perception d‘une France en déclin inéluctable,
ravalée à un rang subalterne, voire mineur, dans la gestion des affaires mondiales repose sur une
triple erreur d‘analyse : erreur sur un passé lointain qui n‘a jamais été une marche triomphale
permanente ; erreur sur la façon dont se produit et s‘exerce aujourd‘hui la puissance, qui n‘a plus
rien à voir avec ce qui existait dans le système international du XIXème ou de la majeure partie du
XXème siècle ; erreur enfin sur la véritable hiérarchie du monde contemporain ».
D‘après le livre de 1998 de Pascal Boniface : « La France est-elle encore une grande puissance ?
», [Link], 2003 Document 5 : LA FRANCE, UNE GRANDE PUISSANCE ? La crise mon-
diale et les événements de 2011 mettent notre pays sous pression. Quel qu‘il soit, le prochain pré-
R
sident devra définir une « grande politique » extérieure. Et prouver sa détermination à l‘appliquer
LM
La crise majeure qui frappe le monde occidental, les défis d sécurité que pose un monde arabe
en plein bouleversement et l‘émergence de puissances nouvelles relativisent chaque jour un peu
plus le statut de « grande puissance » de la France, malgré son cinquième rang mondial par son
EC
économie. Perclus de rhumatismes administratifs et sociaux, ce vieux pays forgé en mille ans sous
différents régimes possède encore des atouts pour se maintenir au premier rang : la richesse de
AV
sa culture et de son histoire, sa relative rivalité démographique, une langue universelle, sa dis-
suasion nucléaire, Airbus, Hermès, Total, le TGV et d‘autres belles réussites. Jusqu‘à ces derniers
RS
eu des prétentions planétaires. Le symbole en est son siège de membre permanent du Conseil de
CO
sécurité des Nations unies. Accueillie dans le camp des vainqueurs de 1945, la France est restée
dans le club, malgré la perte de son empire et de son poids, résumé par Valéry Giscard d‘Estaing
en 1947 : « 1Ce fauteuil onusien un peu usé garantit à la France son sur classement en catégorie
« grande puissance ». Si elle tient à ce statut, elle doit le défendre. Par sa voix singulière, une éco-
nomie puissante, une diplomatie volontariste, des choix non inféodés, indépendants es blocs, une
capacité militaire autonome et significative, tout ce qu‘il fit son renom dans le concert des nations.
La politique étrangère passe d‘abord par les hommes chargés de la concevoir et de l‘appliquer, par
leur détermination à faire fructifier le patrimoine exceptionnel qui leur est confié par les Français,
pour au moins cinq ans. L‘intelligence stratégique et la force d‘âme sont au cœur de la diplomatie.
Cela veut dire que les dirigeants ne peuvent plus se contenter d‘être de simples gestionnaires de
la sphère publique, des régulateurs interchangeables de la mondialisation, soumis aux diktats des
marchés. Cela ne suffit pas. Légitimés par l‘élection, nos dirigeants sont tenus d‘engager une ré-
flexion plus profonde, presque métaphysique, sur leur rôle, sur le destin et les intérêts du pays dont
ils ont charge, avec l‘ambition de ressouder la nation et de la faire rayonner. Cette éthique du pou-
voir est porteuse de valeurs, de cohésion, de puissance. « Politique d‘abord ! » Ce précepte est plus
vrai que jamais face aux techno-structures nationales ou mondiales, administratives, financières,
corporatistes. De l‘usine Lejaby à la fusée Ariane, c‘est l‘un des enjeux forts de cette présidentielle.
Reste à savoir si cette éthique du pouvoir et cette culture stratégique s‘apprennent dans les amphis
de Sciences Po, d‘HEC ou de l‘Ena. . . On connait l‘état de la France, au statut un peu cabossé de
« grande puissance » : pays vieillissant malgré une fécondité encourageante, il peine à regonfler
315
sa croissance. Le miracle est pourtant là. La France continue à s‘engager partout dans le monde.
Seule ou en coopération, ancrée dans sa double tradition judéo-chrétienne et de « partie des droits
de l‘homme », elle finance le développement de pays déshérités, s‘interpose, plutôt bien, entre
belligérants quand la situation ou ses alliances l‘exigent. La posture est parfois agaçante, surtout
quand le « droit d‘ingérence », utopie meurtrière née au XXème siècle de la vacuité des politiques,
conduit à des pièges. On s‘agace d‘entendre un Kouchner ou un BHL prétendre résumer à eux
seuls la politique extérieure de la France. On s‘indigne de voir négliger des besoins proches alors
que la ressource est limitée. C‘est l‘éternel débat français, formulé naguère par Raymond Cartier :
« La Corrèze avant le Zambèze ! ». La France ne peut pas s‘en tenir à ses problèmes intérieurs, sans
regarder et agir au-delà du parapet. Son rayonnement et ses intérêts exigent cette veille extérieure,
pour éviter les sur prises et anticiper. L‘alliance de la France avec la Russie est vitale En Europe,
devenue un dossier de politique intérieure tant la France y est intégrée – avec Angela Merkel qui
va venir participer aux meetings électoraux de Nicolas Sarkozy ! -, l‘intérêt de la France est de res-
taurer son statut de puissance continentale. La clé en est la Russie, avec laquelle il faut renouer
d‘urgence. Ce lien avec Moscou est essentiel : « Une alliance vitale, résume le premier rempart face
à un éventuel expansionnisme chinois et une source de matière premières. . . Réciproquement, la
Russie a besoin de notre aide pour faire face, ans le futur, à la dynamique chinoise et aux risques
communs qui prennent leur source au Moyen-Orient. » Au-delà de l‘Europe, l‘élargissement pose
une question essentielle. L‘Union est-elle prête à accueillir de nouveaux membres étrangers à ses
racines judéo-chrétiennes, porteurs de valeurs éloignées des nôtres ? Cela concerne la Turquie, le
monde slave, le Maghreb. Les politiques devront définir au plus vite où sont nos intérêts vitaux
R
dans ce domaine. Au sud de la Méditerranée, sur l‘arc qui court du Maghreb au Sahel et de l‘océan
LM
Atlantique au golfe Persique, la France est condamnée à veille et agir. Ce foyer d‘incertitudes en-
gage chaque jour notre indépendance énergétique. La France y joue son rôle de puissance par
sa forte présence diplomatique et militaire. Elle y redouble parfois d‘activité, comme en Libye et
EC
au Liban, ou face à la Syrie et à l‘Iran. Intervenir en Afrique noire n‘est pas un prurit de nostalgie
coloniale : l‘extension des « zones grises » de non-droit, les mouvements migratoires, la proliféra-
AV
tion des mafias et des sectes, la poussée du radicalisme musulman l‘exigent. Ces risques peuvent
à tout moment se muer en menaces directes. Dans notre monde globalisé et hyper médiatisé, les
RS
problèmes du Zambèze sont devenus ceux de la Corrèze. Les pays émergents ou producteurs de
matières premières nous observent, comme ceux qui recherchent une protection ou une alterna-
U
tive au tête-à-tête inégal avec les Etats-Unis ou la Chine. Le centre de gravité du monde bascule
CO
vers l‘Asie mais la France y a pris pied, en faisant la démonstration – douloureuse – de son sta-
tut de puissance. En intervenant en Afghanistan, dès octobre 2001, elle a pris sa part du combat
contre le terrorisme djihadiste dont elle était elle aussi une cible. Elle a aussi prouvé la solidité du
lien avec l‘Alliance atlantique, élément capital de sa sécurité depuis cinquante ans. Ce qui a été
fait en Afghanistan n‘a pas toujours été efficace. Trop de temps et d‘hommes ont été perdus. Mais
cette opération complexe et lointaine a aussi démontré les capacités planétaires de la France, puis-
sance capable d‘annoncer une politique et de la mettre en œuvre, tout en traitant les problèmes
de prolifération (militaire et nucléaire), de sécurité informatique, écologique et sanitaire et les cir-
cuits d‘armes ou d‘argent. Cette capacité a un prix. Le fardeau peut sembler trop lourd en période
de crise. « La Corrèze d‘abord. . . » La tentation récurrente est de déléguer cette responsabilité à
d‘autres, mais les sacrifices budgétaires et les abandons de souveraineté minent insidieusement
l‘indépendance du pays et toute idée de « grande politique ». Les réveils de rêves utopiques sont
toujours pénibles, comme l‘histoire le montre. Si elle veut rester libre et souveraine, la France «
grande puissance » a besoin d‘une solide assurance vie. Aux nouvelles générations de comprendre
le trésor qui leur est légué. Et d‘accepter les efforts nécessaires pour le protéger et le transmettre.
Fréderic Pons, Valeurs Actuelles 02 février 2012.
MINISTERE DE LA DEFENSE NATIONALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. SECRETARIAT GENERAL SESSION
DU 22 AU26 SEPTEMBRE 2014 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. DIRECTION DES RESSOURCES HUMAINES . . . . . . . . . . . . . . .
SERVICE DE LA FORMATION ET DES STAGES . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. MATIERE : SYNTHESE DES DOS-
SIERS CONCOURS DE RECRUTEMENT EOA AU TITRE DE LA XXXVII I° PROMOTION DE L‘ACADEMIE
316
MILITAIRE DUREE : 03H COEFFICIENT : 03
OBJECTIFS DU MILLENAIRE POUR LE DEVELOPPEMENT : Transformer les contraintes en atouts
L‘objectif 2016 est-il réellement à notre portée ? Comme le souligne la partie II de ce rapport, la
situation a beaucoup évolué pendant ces quatre dernières années. Cependant, malgré ces avan-
cées considérables, des insuffisances et des problèmes demeurent. Les résultats obtenus en ce qui
concerne l‘élimination de toutes les pires formes de travail des enfants en 2016 et l‘objectif inter-
médiaire de 2008 pour les plans d‘action nationaux sont particulièrement déconcertants, compte
tenu surtout de l‘éventuel contrecoup de la crise économique mondiale. Pour ce qui est des ob-
jectifs du Millénaire pour le développement (OMD), il ressort clairement du rapport annuel des
Nations Unies de juillet 2009 qu‘au rythme où vont les choses la plupart des huit objectifs de dé-
veloppement ne seront pas atteints en 2015. PIECE N 1 : Qu‘en est-il de l‘éducation ? Les progrès
réalisés vers l‘éducation de base universelle sont un important indicateur indirect des progrès ac-
complis dans la lutte contre le travail des enfants. En 2006, environ 75 millions d‘enfants, dont 55
pour cent de filles, n‘étaient pas scolarisés. L‘OMD 2 consiste à assurer l‘éducation primaire pour
tous à l‘horizon 2015. Le Rapport 2009 sur les objectifs du Millénaire pour le développement in-
dique que, si des progrès ont été accomplis – le taux de scolarisation primaire est passé de 83 pour
cent en 2000 à 88 pour cent en 2007 – des efforts supplémentaires doivent être consentis pour
parvenir à scolariser tous les enfants d‘ici à 2015. Il Ajoute que les mesures visant à accélérer la
réalisation des OMD doivent comprendre la création d‘emplois décents et productifs pour tous.
Depuis 1999, le nombre d‘enfants non scolarisés dans l‘enseignement primaire a diminué de 33
R
millions, et le pourcentage de filles non scolarisées est passé de 58 à 54 pour cent. En 2007, ce-
LM
pendant, 72 millions d‘enfants n‘étaient toujours pas scolarisés dans le primaire, et 71 millions
supplémentaires n‘étaient pas scolarisés dans le premier cycle du secondaire, à la fin duquel les
enfants atteignent l‘âge minimum d‘admission à l‘emploi. L‘UNESCO a averti que, si aucune me-
EC
sure n‘était prise, 56 millions d‘enfants en âge de fréquenter l‘école primaire ne seraient toujours
pas scolarisés en 2015.
AV
Selon le Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2009 publié par l‘UNESCO, il est par-
RS
ticulièrement préoccupant de constater que les régions où l‘on trouve le plus d‘enfants non sco-
larisés, à savoir l‘Afrique subsaharienne et l‘Asie du Sud et l‘Ouest, sont celles qui investissent le
U
moins dans l‘éducation. En Afrique subsaharienne, près de la moitié des pays à bas revenu dé-
pensent moins de 4 pour cent de leur revenu national dans l‘éducation. En Asie du Sud, le Ban-
CO
gladesh consacre seulement 2,6 pour cent de son revenu national à l‘éducation, et le Pakistan, 2,7
pour cent. L‘Inde investit dans l‘éducation un pourcentage de son PNB moins important (envi-
ron 3,3 pour cent) que le pourcentage médian de l‘Afrique subsaharienne, alors que les revenus
moyens y sont environ un tiers plus élevés que dans les pays de cette région. Il est encore in-
quiétant de constater que la part du revenu national affectée à l‘éducation stagne ou décroit dans
certains pays clés comme le Bangladesh, l‘Inde et le Pakistan qui comptent plus de 15 millions
d‘enfants non scolarisés. La part des ressources nationales que l‘Asie du Sud et de l‘Ouest affecte
à l‘éducation est inférieure à celle des Etats Arabes et des pays de l‘Afrique subsaharienne. Selon
l‘UNICEF, pendant la décennie 1995-2005, l‘Inde a consacré en moyenne 2 pour cent de ses dé-
penses nationales à l‘éducation et 13 pour cent à la défense. Les chiffres correspondants sont de 1
et 20 pour cent le Pakistan, de 6 et 3 pour cent pour le Brésil, et de 10 et 8 pour cent pour la Tur-
quie. Dans la mesure où les allocations budgétaires sont un bon indicateur des priorités politiques,
force est de constater que l‘Asie du Sud, zone cible de la campagne mondiale contre le travail des
enfants, ne se mobilise pas suffisamment en faveur de l‘éducation universelle et, indirectement,
de l‘élimination du travail des enfants.
Par conséquent, les tendances actuelles se confirment, des millions d‘enfants – 56 millions au mi-
nimum – ne seront pas scolarisés en 2005. La dure réalité est que le monde n‘est pas en bonne voie
pour assurer l‘éducation primaire pour tous d‘ici à 2015 ni pour atteindre les sept autre OMD. Il ne
semble pas davantage en mesure d‘éliminer les pires formes de travail des enfants d‘ici à 2016.
317
La politique, dimension essentielle de la lutte contre le travail des enfants La solution du pro-
blème du travail des enfants réside essentiellement dans une action politique au niveau des pays
en développement. Il importe donc de mobiliser les énergies autour des mesures les plus suscep-
tibles d‘avoir un réel impact sur le travail des enfants et dagir notamment contre la pauvreté et les
inégalités. Cependant, la plupart des initiatives lancées à l‘échelle internationale pour faire recu-
ler le travail des enfants, et plus particulièrement les interventions sur projet, semblent occuper
une place très marginale dans le débat politique. Le récent guide de l‘IPEC sur l‘intégration des
questions relatives au travail des enfants souligne la nécessite d‘examiner l‘élimination du travail
des enfants en la replaçant dans son contexte. L‘exemple classique à cet égard est l‘étude de My-
ron Weiner sur l‘Inde, qui voit dans l‘idéologie des élites un obstacle à l‘éducation de masse et à
l‘élimination du travail des enfants. Il est important d‘identifier les principaux acteurs du proces-
sus politique qui sont en mesure de placer le travail des enfants au centre des préoccupations po-
litiques, à savoir les ministères, les parlementaires, les partenaires sociaux, les acteurs de la société
civile et des organismes externes tels que les institutions des Nations Unies et les banques régio-
nales de développement. Le facteur temps est décisif. La lutte contre le travail des enfants pour
être définie comme l‘art du possible dans la mesure où il s‘agit de saisir et d‘exploiter au mieux
toutes les possibilités politiques. Pour convaincre les responsables politiques, il faut s‘appuyer sur
des éléments tangibles et des arguments persuasifs leur faisant comprendre qu‘ils ne peuvent at-
teindre leurs principaux objectifs nationaux sans s‘attaquer au problème du travail des enfants. Il
faut également les inciter à allouer des crédits budgétaires suffisants aux politiques, programmes
et services publics dont les enfants ont besoin.
R
Pour mettre en œuvre des politiques et des programmes, il faut disposer de capacités suffisantes
LM
aux niveaux local et régional, ce qui n‘est pas le cas dans de nombreux pays en développement.
Il faut également que les partenaires sociaux et leurs alliés de la société civile assurent un suivi
EC
systématique des progrès réalisés. Leur participation aux consultations tripartites et aux initia-
tives nationales ainsi que leur rôle représentatif dans les entreprises doivent être renforcés pour
AV
qu‘ils puissent tirer pleinement parti de leur avantage comparatif. Ainsi, l‘élimination du travail
des enfants exige des efforts constants. Elle passe essentiellement par l‘action politique.
RS
Un long chemin reste à parcourir avant que soit instauré le climat politique nécessaire pour que
les plus hautes instances décisionnelles et ceux qui établissent les budgets nationaux accordent
U
une place prioritaire la lutte contre le travail des enfants. La partie II du présent rapport a pré-
CO
senté plusieurs exemples de pays ayant fait preuve d‘une telle volonté politique. S‘il est facile de
faire preuve d‘une telle volonté politique. S‘il est facile de faire des promesses dans les réunions
internationales, il est beaucoup plus difficile de les tenir. Un des messages clés de ce rapport est
qu‘il faut honorer les engagements qui ont été pris. Des mesures stratégiquement recentrées sont
nécessaires dans une période difficile
Si l‘on veut atteindre les objectifs de 2016, il faut une plus forte adhésion à l‘échelon national
et il faut pour cela le soutien des organisations d‘employeurs et de travailleurs. Il est nécessaire
de combler les lacunes en matière de connaissances et de courir plus largement aux médias et
à d‘autres grands défenseurs de notre cause pour mener des campagnes de sensibilisation plus
sélectives. Les efforts de l‘OIT visant à augmenter le nombre des ratifications doivent cibler plus
particulièrement l‘Asie du Sud. Dans le cadre d‘une approche régionale, davantage d‘attention doit
être accordée à l‘Afrique qui risque fortement de ne pas atteindre les OMD ni l‘objectif 2016. Des
efforts supplémentaires doivent être consentis concernant certaines des pires formes du travail
des enfants, à savoir les enfants dans les conflits, et pour aller au-devant des exclus de la société.
Comme nous l‘avons vu dans la partie I, des bases solides ont déjà été jetées. Le BIT rencontre en-
core des difficultés dans le secteur agricole et il faut également prendre en compte les retombées
Eventuelles de la crise économique et sociale survenue fin 2008. Cela dit, les défis sont loin d‘être
insurmontables.
Adhésion nationale et intensification de l‘action
318
Beaucoup trop d‘interventions contre le travail des enfants restent des initiatives pilotes d‘envergure
qui parviennent difficilement à dépasser le stade expérimental. De trop nombreux projets ne peuvent
être reconduits à une plus grande échelle, et l‘aide extérieur ne dote pas les pays de moyens qui
leur permettraient de franchir le cap. L‘initiative récente de l‘Etat brésilien de Bahia visant à sup-
primer totalement le travail des enfants d‘ici à 2015 comporte de nouveaux objectifs ambitieux
susceptibles d‘inspirer d‘autre grands Etas fédéraux. Comme le Brésil l‘a encore une fois montré,
les programmes de transferts monétaires conditionnels offrent d‘immenses possibilités pour in-
tensifier l‘action.
Programmes assortis de délais
Les programmes assortis de délais (PAD) constituent un autre mécanisme permettant de déployer
les activités sur une plus grande échelle. Cette approche a été lancée au moment du premier rap-
port global (2002). Elle est née de la réflexion menée dans les années quatre-vingt par le BIT pour
élargir la portée de son action. Les PAD sont des programmes gérés par les pays et appuyés par le
BIT et d‘autres partenaires de développement. Ils ont pour objectif de lier le travail des enfants au
contexte plus large du développement national. Le rapport global de 2006 attirait l‘attention sur
des problèmes concernant l‘efficacité du soutien politique, l‘appropriation locale et nationale, les
contraintes budgétaires et la nécessité de concevoir et de mettre en œuvre des projets visant à ren-
forcer le cohérence et la durabilité des effets. Il suggérait en outre que les PAD soient considérés
comme des programmes relevant du domaine public qui nécessitent l‘appui d‘autres institutions
internationales. Ce rapport attirait plus particulièrement l‘attention sur la nécessité de mettre en
R
place des projets pouvant accueillir les diverses interventions requises pour atteindre des résultats
LM
durables, et notamment sur l‘équilibre et interventions ciblées aux fins de démonstration.
Transferts monétaires conditionnels
EC
De nombreuses évaluations confirment que les transferts monétaires conditionnels (TMC) donnent
des résultats prometteurs dans un certain nombre de domaines tels que la réduction de la pau-
AV
vreté, la fréquentation scolaire et les disparités entre les sexes. Le problème essentiel est de sa-
voir dans quelle mesure ce type d‘initiative peut être reproduit. La plupart des TMC ont été mis
RS
en œuvre en Amérique latine et dans les Caraïbes, région où le travail des enfants est moins ré-
pandu qu‘en Afrique et en Asie et où les problèmes de ressources et d‘offre sont plus facilement
U
surmontables. La pertinence de l‘approche axée sur les TMC au regard du travail des enfants réside
CO
précisément dans le fait qu‘elle peut être reproduite dans tous les pays en développement.
La mise en place des programmes de TMC se heurte à certains obstacles. Des ressources impor-
tantes sont nécessaires pour financer les transferts, atteindre un grand nombre de bénéficiaires
et maintenir les programmes suffisamment longtemps pour obtenir des résultats durables. Les
besoins en données peuvent être importants pour le ciblage, le suivi et l‘évaluation, et cela peut
constituer un handicap majeur pour les pays les moins développés. La disponibilité et la qualité
des services – des écoles, par exemple – sont des conditions essentielles qui ne sont pas toujours
remplies. Les programmes doivent prévoir des options de sortie appropriées pour éviter la dépen-
dance à long terme des bénéficiaires.
Du point de vue du travail des enfants, l‘approche TMC a pour avantage essentiel de s‘attaquer
aux causes profondes du problème, à savoir la pauvreté chronique, la vulnérabilité aux chocs éco-
nomiques et les difficultés d‘accès à l‘éducation. Cette approche est en outre un bon compromis
entre les interventions ciblées qui sont généralement coûteuses et d‘envergure limitée et les initia-
tives à très grande échelle qui ont besoin de temps pour être efficaces. De plus, elle met davantage
l‘accent sur la prévention que sur le traitement. Cet aspect est stratégiquement important car il
est indispensable d‘adopter des approches moins directes et plus systématiques pour atteindre
l‘objectif 2006.
Cependant, l‘intégration de considération relative au travail des enfants dans les programmes de
TMC risque de les surcharger et de les détourner de leurs objectifs premiers. La multiplicité des
319
formes des déterminants du travail des enfants, dont certains ne peuvent être adéquatement trai-
tés dans cadre unique d‘un programme de TMC, pose également un problème. Les transferts mo-
nétaires conditionnels risquent d‘être moins efficaces contre certaines des pires formes du travail
des enfants, comme le travail forcé, l‘exploitation sexuelle à des fins commerciales et l‘enrôlement
des enfants dans des conflits armés. Dans ce genre de situation, les enfants peuvent être victimes
de violences au sein du foyer familial, ne pas vivre chez leurs parents ou leurs tuteurs, ou encore
disposer de revenu plus attractifs que ceux mis à disposition par le biais des transferts. En outre, les
programmes type TMC sont d‘une durée bien trop limitée au regard du travail de longue haleine
que requiert généralement l‘action menée contre le travail des enfants.
Cependant, il y aurait lieu de vérifier le valeur d‘une telle approche en intégrant les composantes
du travail des enfants dans les nouveaux programmes de TMC aussitôt qu‘ils sont lancés. Ces com-
posantes seront en effet mieux intégrées si l‘on intervient au moment même de la conception des
programmes.
Les transferts monétaires conditionnels devraient être à l‘avenir un élément clé des stratégies
d‘intégration des questions relatives au travail des enfants. Le BIT pourrait principalement agir
à deux niveaux. Il entreprendrait des recherches visant à mieux connaître la façon dont les trans-
ferts contribuent à la réduction du travail des enfants, et fournirait aux mandants une assistance
technique visant à les aider à intégrer dans les programmes de TMC. Des études supplémentaires
et une expérience pratique sont nécessaires pour définir par exemple quelles formes de travail
des enfants se prêtent ou non à des TMC et la meilleure manière d‘intégrer un volet « travail des
R
enfants » dans les divers aspects des programmes de TMC.
LM
Le programme indonésien de transferts monétaires conditionnels 2007-2015, qui a été lancé dans
le cadre des mesures gouvernementales visant à éradiquer la pauvreté et les pires formes de tra-
EC
vail des enfants, révèle actuellement son potentiel. Ce programme actuellement mis en œuvre à
titre expérimental dans 49 districts de sept provinces et verse à chaque famille une somme de 45
AV
à 90 dollars E.-U. Calculé en fonction du nombre d‘enfants et de leur niveau scolaire. Cette aide
n‘est accordée que si les enfants sont scolarisés. Le programme s‘inspire de bonnes pratiques ré-
RS
cemment définis dans le pays et à l‘étranger. Le BIT s‘efforce actuellement d‘intégrer les questions
relatives au travail des enfants dans le processus d‘évaluation de l‘impact de ce programme. Enfin,
U
être étendu à tout le pays. Nations Unies : Objectifs du Millénaire pour le développement, Rapport
2009 (New York, 2009) PIECE N 2 : Défis et possibilités d‘action dans le domaine de l‘éducation
Nous progressons trop lentement pour espérer atteindre d‘ici à 2015 l‘OMD consistant à assurer
l‘éducation primaire pour tous. Aujourd‘hui, plus de 10 pour cent des enfants en âge de fréquenter
l‘école primaire ne sont pans encore scolarisés. Pour atteindre cet OMD, il aurait fallu que tous les
enfants légalement en âge d‘entrer à l‘école primaire y aient eu accès avant 2009. Il faudrait en
outre que tous les enfants qui sont aujourd‘hui scolarisés soient maintenus dans le système, ce
qui suppose de promouvoir la qualité de l‘enseignement et de recruter un nombre suffisant de
l‘enseignants qualifiés. L‘UNESCO a calculé que 18 millions d‘enseignants doivent être recrutés si
l‘on veut que tous les enfants accèdent à l‘éducation primaire d‘ici à 2015.
L‘éducation joue un rôle de toute évidence prioritaire dans la lutte contre le travail des enfants.
Dans les pays qui ont entrepris d‘élargir l‘accès à l‘éducation par des mesures telles que la sup-
pression des frais de scolarité et la mise en place de programmes de transferts monétaires condi-
tionnels aux familles pauvres, le nombre d‘enfants scolarisés a considérablement augmenté. Un
enfant qui va régulièrement à l‘école risque beaucoup moins qu‘un autre d‘être astreint au travail.
L‘élargissement de l‘accès à l‘éducation par l‘éducation gratuite et obligatoire a donc un rôle clé à
jouer dans la réduction du travail des enfants.
L‘OIT ne joue pas à l‘échelle internationale un rôle central en matière d‘éducation. Cependant,
320
sa participation récente à des initiatives internationales (voir partie II du présent rapport) a per-
mis aux autres acteurs de comprendre que le combat qu‘elle mène contre le travail des enfants
contribue de façon majeure à la lutte contre l‘exclusion dans le système éducatif. Le mouvement
« Education pour tous » (EPT) axe aujourd‘hui ses efforts sur l‘exclusion sociale et les groupes dif-
ficilement accessibles, reconnaissant ainsi que l‘exclusion est un obstacle majeur sur la voie de
la réalisation de l‘OMD 2. Par exemple, le rapport mondial de suivi de 2009 indique clairement
que les progrès en matière d‘éducation primaire universelle sont indissociable liés à l‘élimination
progressive du travail des enfants. L‘initiative pour la mise en œuvre du programme « Education
pour tous » (Initiative « Fast Track » recherche actuellement de nouvelles approches et entend
conclure, y compris avec l‘OIT, de nouveaux partenaires pour faire face à l‘exclusion sociale. Il
s‘agit là d‘une occasion majeure d‘intégrer les questions relatives au travail des enfants dans l‘EPT
et d‘institutionnaliser le rôle de l‘OIT.
Comme nous l‘avons vu dans la partie II de ce rapport, beaucoup a été fait pendant ces quatre der-
nières années pour mieux faire connaître, notamment au niveau mondial, les liens conceptuels et
politiques existant entre l‘élimination du travail des enfants et l‘éducation pour tous. Cependant,
convaincre les institutions internationales de traiter conjointement les deux questions.
C‘est au niveau des pays qu‘il est vraiment nécessaire d‘agir. Pour les mandants de l‘OIT, les sec-
toriels en matière d‘éducation sont une occasion sans précédent d‘inscrire le travail des enfants
à l‘ordre du jour commun en montrant aux responsables de l‘élaboration et de la planification
des politiques qu‘il est un obstacle majeur sur la voie de l‘éducation universelle. Ces plans ont
R
été redynamisé par l‘initiative « Fast Track ». Les pays qui font partie de cette initiative ou dési-
LM
rent y participer doivent élaborer un plan global pour le secteur de l‘éducation, qui est soumis à
l‘approbation de la société civile et des donateurs.
EC
Ce processus consultatif offre la possibilité d‘intégrer la question du travail des enfants dans les
plans nationaux d‘éducation. Cette question doit être prise en compte dans les activités de col-
AV
des enseignants, la formation et l‘appui, et le suivi de la fréquentation scolaire. De plus, les plans
du secteur de l‘éducation doivent être suffisamment financés. L‘établissement de budgets sociaux
U
est un élément essentiel d‘une stratégie garantissant que les plans du secteur de l‘éducation in-
tègrent la lutte contre le travail des enfants. Pour remplir sa mission à cet égard, le BIT doit par-
CO
ticiper à l‘examen des plans nationaux d‘éducation aux côtés de ses partenaires de l‘ONU et des
donateurs, et disposer des compétences techniques nécessaires pour l‘analyse et la sensibilisation.
Cette tâche sera difficile même si de tels défis ont déjà été relevés.
Beaucoup peut être fait concernant la mise en place de programmes d‘éducation transitoires qui
permettent aux enfants d‘accéder au système formel d‘éducation ou au besoin de suivre des cours
de rattrapage et de préparer leur entrée future dans le monde du travail. C‘est en gérant le pas-
sage de l‘école à la vie active que l‘on contribuera dans une large mesure à régler le problème du
travail des enfants, notamment en ce qui concerne les moins jeunes. La gestion du passage à la
vie active est un élément essentiel de la stratégie de lutte contre le travail des enfants, notamment
en ce qui concerne les groupes d‘âge les plus élevés. Les mesures de prévention et de réinsertion
mises en œuvre dans le système éducatif doivent, pour une grande part, privilégier l‘orientation
professionnelle afin de garantir l‘« employabilité » future des jeunes et doter ces derniers des ou-
tils requis pour entrer dans la vie active. Le BIT a beaucoup travaillé sur cette question dans le
cadre d‘un projet financé par le gouvernement suédois sur les enfants et le travail. L‘enseignement
professionnel et le développement des compétences constituent donc une autre piste importante
qu‘il convient d‘explorer davantage. Les travaux du BIT sur la réinsertion économique des enfants
touchés par un conflit ouvert également des perspectives.
Il est essentiel de mettre en place de nouvelles structures et de nouveaux dispositifs – l‘équipe
spéciale interinstitutionnelle en est un exemple – mais, il est tout aussi important d‘utiliser les
321
mécanismes existants lorsque l‘OIT est amenée à s‘exprimer et à intervenir dans le débat sur
l‘éducation. Le travail du BIT sur l‘amélioration du statut et des conditions de travail des ensei-
gnants doit être mieux intégrer dans l‘ensemble des activités relatives au travail des enfants, car
le bien-être des enseignants a une influence déterminante sur la qualité de l‘enseignement, la-
quelle retentit à son tout sur la scolarisation des enfants et leur maintien sur le système éducatif.
Une importante action de sensibilisation doit être menée pour faire en sorte que suffisamment
d‘enseignants qualifiés soient recrutés et épaulés dans l‘optique de la mise en place de l‘éducation
primaire universelle d‘ici à 2015. Le travail des enfants et l‘emploi des jeunes
Pour l‘OIT, cette question reste difficile. Bien que des efforts importants aient été fait pour ren-
forcer sur le plan conceptuel le lien entre l‘élimination du travail des enfants et la promotion de
l‘emploi des jeunes, l‘action reste très lacunaire et, à l‘exception notable du projet EAST en Indo-
nésie, il n‘y a pas eu véritablement de progrès décisifs dans les programmes au cours des quatre
dernières années. Cela étant, le lien entre les deux est fondamental et permet, sur le plan straté-
gique, de faire mieux connaître les problèmes que posent l‘un et l‘[Link] l‘angle du travail et
de l‘emploi, l‘enfance et la jeunesse, qui sont les deux premiers stades de l‘existence, déterminent
dans une large mesure la réussite ou l‘échec de la vie professionnelle. Ce sont généralement les
possibilités offertes aux jeunes et l‘expérience qu‘ils acquièrent pour passer sans heurt à la vie
adulte et au monde du travail qui leur permettent de démarrer dans la vie active dans de bonnes
conditions. De même, il est fondamental de bien démarrer à l‘âge adulte. En outre, c‘est sur cette
base que se construit la prospérité future des économies et des sociétés.
R
Le travail des enfants ainsi que le chômage et le sous-emploi des jeunes sont toujours de sérieux
LM
obstacles à la concrétisation des principes du travail décent, où que se soit dans le monde. Il faut
analyser de manière plus empirique le lien entre l‘expérience professionnelle précoce, l‘accumulation
de capital humain et l‘intégration ultérieur des jeunes et des adultes sur le marché du travail. Il est
EC
souhaitable de renforcer les activités programmatiques relatives au travail des enfants et à l‘emploi
des jeunes dans les contextes où le travail des enfants est courant et conduit au dysfonctionnement
AV
du marché du travail. Toutefois, les priorités et les approches peuvent être différentes en fonction
de la classe d‘âge ; les enfants astreints au travail peuvent être retirés du travail et intégrés dans le
RS
système éducatif, tandis que les enfants qui ont dépassé l‘âge minimum d‘admission à l‘emploi
bénéficient de services destinés à améliorer leur employabilité.
U
Ces dernières années, la question du lien entre le travail des enfants et le chômage des jeunes a
CO
suscité un regain d‘intérêt parmi les responsables politiques, ce qui indique l‘importance crois-
sante de ces problèmes. On constate cependant que peu de chercheurs ont essayé d‘examiner ce
lien, notamment les conséquences que peut avoir le travail des enfants pour l‘emploi lorsque les
enfants qui ont été astreints au travail arrivent à l‘âge adulte. Il existe comparativement peu de do-
cuments, par exemple sur le parcours professionnel des jeunes et des adultes qui ont été astreints
au travail quand ils étaient enfants. De même, on ne sait grand-chose sur les bonnes pratiques qui
permettent le passage d‘un programme pour l‘emploi des jeunes.
L‘analyse ci-dessus et les estimations mondiales montrent bien la nécessité d‘élaborer une straté-
gie cohérente pour la tranche d‘âge comprise entre 15 et 17 ans. Conformément aux conventions
de l‘OIT, ces adolescents peuvent accéder au marché du travail, pour autant qu‘ils n‘accomplissent
pas des tâches considérées comme les pires formes de travail des enfants. Les initiatives qui visent
à éliminer les dangers sur le lieu de travail ou à permettre aux adolescents de passer plus facile-
ment des formes de travail décent atteignent deux objectifs parallèles car elles contribuent à ré-
duire le travail des enfants tout en augmentant les possibilités d‘emplois décents pour les jeunes.
Par ailleurs, si l‘on veut que le travail décent devienne une réalité tout au long de la vie profession-
nelle, il faut que les droits au travail soient assurés et respectés, quel que soit l‘âge des travailleurs.
La convention n° 87 de l‘OIT proclame le droit de tous les travailleurs employeurs, sans distinc-
tion d‘aucune sorte, de constituer des organisations de leur choix, ainsi que celui de s‘affilier à ces
organisations. Cela inclut les droits des jeunes travailleurs de s‘affilier à syndicats ou des jeunes
322
chefs d‘entreprise de s‘affilier à des organisations d‘employeurs. Ces droits ne sont pas toujours
respectés au niveau national, entre autre raisons parce que le droit du travail n‘est pas appliqué ef-
ficacement dans l‘agriculture et dans l‘économie informelle, secteurs qui emploient un très grand
nombre d‘enfants et de jeunes. Souvent, ils ne sont pas couverts par la législation du travail du
pays, la loi n‘est pas appliquée, ou ils sont explicitement exclus de la protection prévue par la loi
et, dans certains cas, ils n‘ont pas la possibilité d‘être en contact avec les partenaires sociaux. Il
existe toujours des obstacles juridiques et politiques dans les pays, qui rendent difficile la concré-
tisation de ces droits pour les jeunes travailleurs. Dans certains systèmes juridiques, il existe des
contradictions entre l‘âge minimum légal d‘admission à l‘emploi et le droit d‘association. Il arrive
aussi parfois que les organisations elles-mêmes n‘acceptent pas que les travailleurs les plus jeunes
qui travaillent en toute légalité s‘affilient du seul fait de leur âge.
Par conséquent, l‘IPEC a suggéré dans un document de 2007 qu‘il était urgent de réfléchir avec
les partenaires sociaux à tous les aspects du processus travail des enfants-emploi des jeunes. Il
faut de toute évidence adopter une approche nuancée car la période considérée va de 12 à 17
ans. Par exemple, pour les jeunes de 12 à 14 ans, il faut privilégier un enseignement de qualité à
temps plein et ensuite, pour ceux de 14 à 17 ans, il faut envisager différentes options qui seront,
selon le cas, l‘enseignement professionnel et la sécurité au travail ou l‘apprentissage d‘un métier
tout en gagnant sa vie. Le message doit être plus clair et plus net : l‘OIT est favorable au travail
des jeunes, s‘il est exécuté dans des conditions décentes et légales et s‘il est librement choisi. Il
faut promouvoir des moyens de faire respecter la législation nationale interdisant aux jeunes de
R
15 à 17 ans d‘effectuer des travaux dangereux. Toutefois, les jeunes doivent toujours avoir la pos-
sibilité de suivre un enseignement et une formation. Le message qu‘il convient de transmettre
LM
est le suivant : les efforts déployés par l‘OIT pour combattre le travail des enfants et promouvoir
l‘emploi décent des jeunes sont complémentaires car l‘Organisation s‘emploie à mettre des en-
EC
fants et les jeunes travailleurs sur la bonne voie, celle du travail décent. Les partenaires sociaux
sont bien placés pour jouer un rôle de premier plan dans l‘élaboration de la politique dans ce do-
AV
maine, tout en répondant aux besoins des jeunes travailleurs dans l‘économie informelle. Il faut
pour cela s‘appuyer sur une analyse des droits et des besoins des jeunes travailleurs, aussi bien
RS
dans l‘économie formelle que dans l‘économie informelle, et du rôle que les partenaires sociaux
peuvent jouer à cet égard dans le cadre de l‘Agenda du travail décent. Enfin, l‘OIT joue un rôle de
U
chef de file en ce qui concerne l‘emploi des jeunes dans des situations post-conflits. L‘OIT et le
PNUD ont contribué à l‘élaboration de la politique de Nations Unies pour la création d‘emplois,
CO
de revenus et la réintégration dans les situations post-conflits adoptée en mai 2008. Ce document
stratégique place l‘emploi au cœur de toutes les stratégies de relèvement et de réintégration dans
les pays qui sortent d‘un conflit au accorde une attention particulièrement aux besoins et aux ca-
pacités des jeunes. Cependant, il reconnaît que la création d‘emplois pour les jeunes dans un pays
sortant d‘un conflit est un enjeu de taille car on compte parmi eux un nombre anormalement
élevé à la fois de victimes et d‘auteurs de conflits. Les jeunes ont donc besoin d‘une aide sélective
et ciblée s‘ils veulent échapper au cercle vicieux de la violence, de la pauvreté, de l‘analphabétisme
et de l‘exclusion sociale. L‘enjeu consiste à leur offrir la possibilité d‘exercer une activité rémuné-
rée en tant que salarié ou dans le cadre d‘une activité indépendant à l‘issue d‘un conflit. La fin
d‘un conflit est donc une occasion extraordinaire de promouvoir le travail décent pour les jeunes,
et la communauté internationale se tourne de plus en plus vers le BIT pour qu‘il fournisse une
assistance technique lors de la mise en œuvre de la politique dans des pays pilotes.
Nations Unies : Objectifs du Millénaire pour le développement, Rapport 2009 (New York, 2009)
MINISTERE DE LA DEFENSE NATIONALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. SECRETARIAT GENERAL SESSION
DU 22 AU26 SEPTEMBRE 2014 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. DIRECTION DES RESSOURCES HUMAINES . . . . . . . . . . . . . . .
SERVICE DE LA FORMATION ET DES CONCOURS DE RECRUTEMENT EOA AU TITRE DE LA XXX-
VII I° PROMOTION DE L‘ACADEMIE MILITAIRE STAGES MATIERE : SYNTHESE DES DOSSIERS
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .. DUREE : 03H COEFFICIENT : 03
323
FAIRE LE SYNTHESE DE CE DOSSIER EN UNE VINGTAINES DE LIGNES OBJECTIFS DU MILLE-
NAIRE POUR LE DEVELOPPEMENT : Transformer les contraintes en atouts
PIECE N 1 : Agriculture : un défi à relever pour combattre le travail des enfants
Il arrive qu‘il faille affirmer ou réaffirmer ce qui est évident. Pour atteindre l‘objectif 2016 et réussir
à abolir dans les faits le travail des enfants, il faut faire une percée dans l‘agriculture. En effet,
l‘agriculture est le secteur qui emploie le plus grand nombre d‘enfants. En outre, le problème ne se
limite pas aux pays en développement comme le montre le suivi périodique de la convention n°
182 effectué par les organes de contrôle de l‘OIT.
Dans le dernier rapport, il avait été reconnu que l‘agriculture était un secteur qui était resté rela-
tivement négligé par l‘OIT sur le plan de la lutte contre le travail des enfants. Pourtant, 60 pour
cent de tous les enfants qui travaillent le font dans ce secteur, souvent dans des conditions dan-
gereuses. En outre, l‘agriculture emploie toujours des enfants dans les pays de l‘OCDE qui n‘ont
pas ratifié la convention n° 138 et qui, dans certains cas, n‘ont pas interdit les travaux dangereux
dans l‘agriculture pour tous les enfants de moins de 18 ans comme l‘exige la convention n° 182.
La conséquence, si elle n‘était pas expressément mentionnée dans le plan d‘action mondial, était
qu‘il fallait accroître sensiblement le nombre d‘interventions visant à combattre le travail des en-
fants dans l‘agriculture pour atteindre l‘objectif 2016. Bien que des mesures importantes aient été
prises pour établir partenaires et mettre au point des outils, la réalisation de cet objectif semble en-
core bien loin. Par exemple, l‘agriculture est généralement reléguée au second rang lorsqu‘il s‘agit
R
d‘examiner au niveau national les listes de travaux dangereux et de revoir la législation. Dans de
nombreux pays, la législation du travail a toujours une portée limitée ou est sans objet, ou elle n‘est
LM
pas suffisamment respectée, voire pas du tout, dans l‘agriculture. Les médias ne parlent pratique-
ment jamais de l‘agriculture, sauf en tant que secteur d‘exportation. Les ministères de l‘agriculture
EC
rural. La possibilité de collaborer plus étroitement au niveau national avec des organismes par-
tenaires internationaux dans le secteur agricole représente encore un défi majeur. Pour relever ce
U
défi, l‘IPEC a prévu une nouvelle initiative dans l‘agriculture, portant sur la période 2009-2012,
CO
pour permettre à l‘OIT de jouer ce rôle d‘intégration avec plus d‘efficacité. Ce projet s‘articulera
autour de trois éléments : établissement de partenariat et élaboration de politiques cohérentes à
l‘échelle mondiale concernant le travail des enfants, en coopération avec les organismes agricoles
internationaux ; amélioration des données sur les enfants travaillant dans l‘agriculture ; et travaux
approfondis dans certains pays pour démontrer l‘utilité des bonnes pratiques pour lutter contre le
travail des enfants dans l‘agriculture et contribuer au renforcement de la capacité des mandants.
Le projet mettra à profit l‘expérience considérable acquise dans le cadre des projets réalisés par
l‘IPEC dans des zones rurales ainsi que les très nombreuses possibilités qu‘ils offrent. Des projets
ont été notamment exécutés dans l‘agriculture en Afrique et en Amérique centrale et ils ont permis
de tirer des enseignements importants dont la nouvelle initiative pourra s‘inspirer.
Depuis quelques années, l‘agriculture et la sécurité alimentaire en particulier sont au centre des
débats sur le développement, comme l‘ont prouvé la réunion du G8 en juillet 2009 et celle du G20
en septembre. Les 20 milliards de dollars alloués au plan de développement pour l‘agriculture en
Afrique sur trois ans, annoncés au Sommet du G8, devraient être utilisés pour aider les petits agri-
culteurs mais aussi prévenir le travail des enfants, ce qui pourrait nécessiter des fonds supplémen-
taires. Il importe maintenant que l‘agriculture devienne un domaine prioritaire pour l‘élimination
du travail des enfants.
Les pires formes oubliées et les exclus
Le rapport de 2006 indiquait en outre que, parmi les pires formes de travail des enfants, nom-
324
breuses étaient celles auxquelles il était accordé relativement peu d‘attention sur le plan politique
et pour lesquelles aucune mesure efficace n‘avait été prise. Ces pires formes, qui sont dans une
large mesure invisibles, sont les plus difficiles à appréhender et leur mise en évidence suscite
souvent des réactions. Cette catégorie comprend l‘enrôlement dans les conflits armés, le travail
forcé, la servitude pour dettes et les activités illicites ainsi que, dans certains cas, le travail do-
mestique. Les enfants concernés par le travail forcé, servitude pour dette et le travail domestique
sont très nombreux, tandis que le nombre de ceux qui exercent d‘autres de ces pires formes de
travail, comme les activités illicites, est relativement faible. Cette catégorie englobe aussi le travail
induit par le VIH qui touche l‘Afrique subsaharienne dans une proportion significative ainsi que
les enfants migrants qui sont une cause de préoccupation nouvelle. Bon nombre de ces formes de
travail des enfants, si ce n‘est la plupart d‘entre elles, ont un point commun, à savoir une propor-
tion anormalement élevée de filles.
Travail forcé et servitude pour dettes
Ces pires formes de travail des enfants représentent toujours un défi pour le mouvement mon-
dial. Les politiques et programmes mis en place sont plus ou moins uniformes d‘une région à
l‘autre. D‘après le rapport global de 2002 sur le travail des enfants et celui de 2005 sur le travail
forcé, le nombre global d‘enfants victimes de travail forcé ou réduits en servitude pour dettes était
d‘environ de ces formes de travail. Les statistiques sur le travail forcé font en général défaut. L‘IPEC
a commandé plusieurs études de pays et travaux méthodologiques, qui ont commencé en 2007 et
devaient se terminer en 2012 mais, en raison d‘énormes difficultés politiques, certains pays dans
R
lesquels le travail forcé des enfants est très répandu n‘ont pas été pris en compte. L‘application
LM
d‘une méthode de quantification fiable demeure difficile. Les liens politiques entre le traite et les
migrations ont donné lieu à une surabondance de travaux de recherche sur la traite dans un laps
de temps relativement court. Parallèlement, des études sur le travail forcé ont été réalisées dans
EC
Nottingham et de Hull (Royaum-Uni), ce qui a doté l‘IPEC et le programme d‘action spécial pour
combattre le travail forcé (SAP-FL) d‘un vaste réseau universitaire en vue d‘une collaboration à
RS
venir. L‘une des principales tendances observées a été le passage à une historiographie regrou-
pant l‘étude de l‘esclavage, du travail forcé et du travail libre. En Inde, des études approfondies
U
et sectorielles sur la servitude pour dettes ont été réalisées au cours de ces dernières années. Des
CO
travaux de recherche dans ce domaine menés en Inde dans le cadre du programme SAP-FL ont dé-
montré dans quelle mesure les enfants sont encore prisonniers de ce système dans des industries
très diverses, comme le tissage de tapis, le dévidage des cocons et le tissage de la soie et la pro-
duction de graines de coton hybrides. Les migrants et les populations autochtones risquent plus
particulièrement de tomber dans la servitude pur dette. Le rapport global de 2005 recommandait
l‘organisation d‘une campagne mondiale pour éradiquer toutes les formes de travail forcé d‘ici à
2015. Il était demandé tous les Etats Membres concernés de concevoir et de mettre en place des
programmes d‘action assortis de délais en vue d‘éradiquer le travail forcé d‘ici à la fin de 2008.
En effet, d‘après les chiffres, cela semblait être un objectif réalisable et non un rêve inaccessible.
En outre, la servitude pour dettes est en grade partie limitée à l‘Asie du Sud et, même en Inde,
plus souvent à un petit nombre d‘Etats. D‘ailleurs, au début des années quatre-vingt, ce fait avait
amené les chercheurs du BIT à conclure que la servitude pour dettes des enfants serait la cible la
plus facile à atteindre dans le cadre d‘une campagne mondiale.
Depuis qu‘il existe, le mouvement syndical mondial participe à la lutte contre l‘esclavage et la ser-
vitude pour dettes, et c‘est l‘un des éléments qui a motivé l‘engagement de syndicats contre le colo-
nialisme. A la Conférence internationale du Travail, le groupe des travailleurs, en coopération avec
le groupe des employeurs, introduit depuis des années des plaintes auprès de la Commission de
l‘application des normes de la Conférence pour des cas flagrants de travail forcé et de travail forcé
d‘enfants mettant en cause des pays de tous les continents. En ce qui concerne le Myanmar, cette
démarche a débouché sur la création d‘une commission d‘enquête et sur une résolution de l‘OIT.
325
S‘agissant du travail forcé, la CSI a récemment élargi son champ d‘action dans le cadre d‘un projet
financé par le programme SAP-FL et en créant l‘Alliance mondiale contre le travail forcé lors d‘une
conférence internationale tenue en Malaisie en septembre 2007. Les participants à la Conférence
ont identifié quatre domaines prioritaires sur lesquels les syndicats devaient axer la lutte contre
le travail forcé et la traite, à savoir la servitude pour dettes en Asie du Sud et en Amérique latine
et la possibilité d‘échanges Sud-Sud sur la question, l‘exploitation des travailleurs domestiques,
la traite en Europe et en Asie, et le Myanmar. Un mémorandum d‘accord a été signé entre la CSI
et Anti-Slavery International (ASI) pour que des ONG partenaires apportent leur soutien au plan
d‘action de la CSI et vice versa pour l‘ASI. La CSI a adopté sur cette base un programme d‘action
en 11 points en décembre 2007.
Les enfants domestiques
Le travail domestique des enfants est, dans une large mesure, effectué par des filles qu‘il est facile
d‘isoler et qui n‘ont guère de protection ou de soutien social. Beaucoup de ce filles proviennent de
zones rurales ou sont victimes de la traite. Il est cependant difficile d‘obtenir des données quanti-
tatives et qualitatives dans ce domaine.
Au début de 2006, un atelier syndical interrégional a eu lieu en vue d‘échanger des données d‘expérience
et a débouché sur l‘adoption d‘une action syndicale et demandant un soutien accru. En 2009, la
Confédération des syndicats des Amériques (TUCA/CSA), qui est l‘organisation régionale de la CSI
dans les Amériques, a bénéficié d‘une assistance technique du BIT pour intensifier sa lutte contre
R
le travail domestique des enfants. L‘expérience antérieure de syndicats de branche comme le Syn-
dicat des travailleurs de la conservation, de l‘hôtellerie, des services domestiques et connexes de
LM
la RépubliqueUnie de Tanzanie (CHODAWU) et le Samahang Ugnayan ng mga Manggagawang
Pang-tahanan sa Pilipinas (SUMAPI) des Philippines avait démontré l‘impact que les syndicats
EC
pouvaient avoir dans ce domaine particulièrement difficile pour l‘organisation des travailleurs.
Depuis l‘atelier de 2006, des campagnes de sensibilisation ont été organisées en Afrique de l‘Est.
AV
Les activités menées par le CHODAWU en République-Unie de Tanzanie ont été un excellent
exemple de ce que peut faire un syndicat dans ce contexte. Il travaille avec des ONG et des autorités
RS
locales depuis plus de dix ans pour repérer les endroits où des enfants travaillent comme domes-
tique. La cartographie physique et sociale de zones locales, mettant particulièrement l‘accent sur
U
l‘accès aux services de base, s‘est révélée être une technique efficace pour identifier les familles les
CO
plus vulnérables. Par exemple, quand il faut marcher cinq kilomètres pour trouver de l‘eau, il peut
sembler très attractif d‘envoyer les enfants dans des zones urbaines. La technique de la cartogra-
phie a permis au CHODAWU d‘élaborer des plans d‘action axés sur la prévention. Cette question
doit être maintenant envisagée dans le contexte général de l‘élaboration éventuelle d‘une nouvelle
norme internationale du travail sur les travailleurs domestiques en 2011. En mars 2008, le Conseil
d‘administration du BIT a inscrit à l‘ordre du jour de la 99ème session (2010) de la Conférence
internationale du Travail une question normative sur le travail décent pour les travailleurs domes-
tiques. Pour préparer cette discussion, le Bureau a établi un rapport sur la législation et la pratique,
qui appelle notamment l‘attention sur l‘action menée par l‘IPEC pour sensibiliser les parents et les
tuteurs à la question du travail domestique des enfants, en mentionnant des expériences réalisées
en Afrique de l‘Est.
Les enfants victimes des conflits armés
Selon l‘UNICEF, un peu plus d‘un milliard d‘enfants vit dans des pays ou des territoires touchés
par un conflit armé. La communauté internationale doit s‘employer davantage à contrer les effets
d‘un conflit et accorder plus d‘attention aux Etats fragile. Bien que le nombre de conflits diminue,
ceux qui subsistent sont de plus en plus profondément enracinés – la moitié des conflits qui durent
depuis plus de vingt ans sont jugés insolubles. La plupart du temps, un conflit violent engendre
une grande pauvreté. Dans les pays fragiles, 1,4 milliard de personnes vivent au-dessous du seuil
de pauvreté et 50 pour cent des enfants ne sont pas scolarisés dans l‘enseignement primaire. Trop
326
souvent, la communauté internationale veut exploiter immédiatement l‘occasion offerte par la fin
du conflit. Or il faut pour cela bien comprendre tous les tenants et aboutissants de la situation
politique, y compris les questions de l‘exclusion sociale et du chômage des jeunes.
Le fait que le document d‘orientation sur l‘aide publié par le gouvernement du Royaume-Uni en
2009 accorde la priorité aux pays fragiles attire l‘attention sur la gravité de cette question restée
dans l‘ombre et permet de donner une plus grade visibilité à l‘action menée par l‘OIT dans ce
domaine.
Dans ce volet relativement nouveau de ses programmes, le BIT cherche à renforcer la capacité des
partenaires et fait porter ses efforts sur la réintégration économique des enfants en âge de travailler
qui ont été associés à des groupes et forces armés. C‘est pour le BIT un domaine d‘action inédit qui
présente des liens à exploiter avec l‘emploi des jeunes et « Focus Africa ». Dans le cadre de deux
projets successifs sur le terrain, l‘IPEC a mis au point un modèle d‘approche axé sur la préparation
à la vie professionnelle. Bien que d‘autres acteurs travaillent dans ce domaine, l‘OIT est reconnue
jouant un rôle de premier plan.
Il existe de nombreuses possibilités de développer ce rôle dans l‘avenir. Mettre fin au travail des
enfants doit être considéré comme une contribution à la paix et à la sécurité. Il est, par exemple,
possible de contribuer à l‘amélioration des volets économiques des programmes de libération et
de réinsertion des enfants en élaborant des outils comme le nouveau module jeunesse des Normes
intégrées de désarmement, démobilisation et réintégration des Nations Unies et le futur vade-
R
mecum du BIT sur la réintégration économique des enfants en âge de travailler qui ont été associés
à des groupes et forces armés. De plus, un travail de sensibilisation et de mobilisation est néces-
LM
saire pour que la question soit inscrite au programme d‘organisations partenaires qui s‘occupent
d‘enfants associés à des groupes et forces armés.
EC
Il faut s‘attaquer de façon plus systématique aux répercussions des situations de conflit et de post-
conflit, y compris les situations d‘urgence, sur les pires formes de travail des enfants, à savoir non
AV
seulement le recrutement d‘enfants comme soldats, mais aussi exploitation sexuelle à des fins
commerciales, le travail forcé et la traite. Dans cette perspective, le BIT a commandé une étude
RS
approfondie sur le lien de cause à effet entre conflits armés et pires formes de travail des enfants.
Cette étude porte sur la situation en Sierra Leone, en Angola, dans le sud du Soudan et à la fron-
U
tière du Sénégal entre la Casamance et la Guinée-Bissau. Elle devra faire l‘objet d‘un suivi ; des ou-
CO
tils techniques seront élaborés et des actions de sensibilisation seront menées pour faire en sorte
que l‘ONU et d‘autres organismes à vocation humanitaire inscrivent à leur programme les pires
formes de travail des enfants. C‘est là pour l‘OIT une autre façon de contribuer à l‘initiative « Unis
dans l‘action ». Enfin, le document de travail du gouvernement du Royaume-Uni sur l‘aide porte
essentiellement sur des pays sortis récemment d‘un conflit, en mettant l‘accent sur la création
d‘emplois. Cela pourrait donner l‘occasion de promouvoir l‘action du BIT en établissant un lien
entre le fait de soustraire les enfants aux pires formes de travail des enfants et celui de les mettre
sur la bonne voie pour parvenir au travail décent. PIECE N 2 : ACTIVITES ILLICITES Le rapport glo-
bal de 2002 attirait l‘attention sur l‘utilisation d‘enfants pour des activités illicites, aspect quelque
peu délaissé pour lequel aucune percée décisive n‘a été observée au cours des quatre dernières
années, et cela bien que l‘on estime à 600 000 le nombre d‘enfants utilisés à cette fin, soit deux fois
plus que le nombre d‘enfants impliqués dans un conflit armé. En outre, cette forme de travail des
enfants, parmi les pires, est souvent plus fréquente dans les pays développés, ce qui contribue à
compenser l‘accent mis sur les pays en développement. Trois formes d‘activités illicites doivent
faire l‘objet d‘une mention spéciale : le trafic de drogues, la mendicité organisée et le crime orga-
nisé. Un certain nombre d‘activités ont été organisées sur la base des enseignements tirés du projet
IPEC 2002-2004 intitulé « Evaluer la situation des enfants dans la production, la vente et le trafic
de drogues (Indonésie, Philippines, Thaïlande) ». on peut notamment citer les exemples suivants :
en Afrique du Sud, à partir de 2005, dans le cadre de la composante « Utilisation d‘enfants par des
adultes pour commettre des crimes » du projet de l‘IPEC destiné à appuyer le programme national
327
assorti de délais, ainsi que l‘initiative sous-régionale pour le Mékong et le projet régional dans les
Balkans. En ce qui concerne le projet de l‘IPEC dans les Balkans, des efforts significatifs ont été faits
en Bulgarie pour assurer la cohérence de la législation dépénalisant les enfants qui, en se livrant à
des activités illicites, sont victimes des pires formes de travail des enfants. Dans de nombreux Etats
Membres, il s‘agit d‘une question politiquement sensible mais les dispositions de la convention
n° 182 ne seront pleinement appliquées que si des mesures sont prises. L‘amélioration de la col-
lecte des données est un élément important de toute stratégie future pour inscrire cette question à
l‘ordre du jour des politiques internationales. La marche à suivre pourrait être d‘utiliser la conven-
tion n° 182 pour établir un lien entre le système de justice pénal et la lutte contre le travail des en-
fants. La nécessité d‘assurer le suivi de l‘étude des Nations Unies sur la violence et des travaux de
la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence à l‘encontre
des enfants revêt une importance toute particulière. L‘impact du VIH/sida sur le travail des enfants
L‘élaboration d‘un plan d‘action national qui intègre le travail des enfants dû au VIH est encore une
nécessité dans la plupart des pays qui sont touchés, particulièrement en Afrique subsaharienne.
Les liens entre le VIH/sida, le travail des enfants, l‘éducation et l‘égalité entre hommes et femmes
sont méconnus. La nouvelle norme sur « le VIH/sida et le monde du travail » qui doit être adop-
tée en 2010 permettra de faire mieux connaître ces liens et d‘entreprendre de nouvelles actions de
sensibilisation. Enfin, les interventions sont malheureusement encore effectuées sur une petite
échelle par rapport au problème et il faut donc les intensifier pour qu‘elles aient un impact. Les
enfants migrants : une préoccupation nouvelle Selon les estimations, 214 millions de personnes à
travers le monde – soit 3,1 pour cent de la population mondiale – sont des migrants internationaux.
R
Le nombre de migrants internes est peut-être même plus élevé : rien qu‘en Chine on dénombrait
LM
140 millions de migrants internes en 2005. Les jeunes représentent une énorme proportion des
migrants dans le monde – près du tiers des flux migratoires en provenance de tous les pays en dé-
veloppement est constitué de personnes de 12 à 24 ans. Il s‘agit d‘un sujet controversé car il pose
EC
la question de savoir s‘il faut empêcher les enfants de migrer ou leur permettre de le faire dans
des conditions plus sûres. Le point de vue dominant est qu‘il faut les empêcher de migrer dans
AV
Il n‘a pas été démontré que les enfants qui migrent avec leur famille sont plus vulnérables au tra-
vail des enfants. Les risques sont liés à la situation de la famille et aux secteurs économiques. Les
U
enfants migrants se déplacent majoritairement avec leur famille, mais tel n‘est pas le cas de beau-
CO
coup d‘entre eux. Ceux-ci sont plus vulnérables au travail des enfants. Dans le rapport de mai 2009
du Rapporteur spécial sur les droits de l‘homme des travailleurs migrants, il est dit que « les Etats
[devraient] tenir compte du fait que les enfants migrants, en particulier les enfants non accompa-
gnés, courent le plus grand risque d‘être soumis aux pires formes du travail des enfants. La plupart
des enfants migrants travaillent dans des secteurs comme l‘agriculture, le travail domestique et
l‘économie informelle urbaine, sont souvent confrontés à des conditions de travail dangereuses
et risquent d‘être victimes de mauvais traitements. Dans les cas où les adultes migrent sans leurs
enfants, les envois de fonds pourraient contribuer à résoudre en partie le problème du travail des
enfants. En 2008, on a estimé à 328 milliards de dollars le montant des fonds envoyés dans les pays
en développement. Il a été indiqué dans des études récentes que les envois de fonds contribuer à
scolariser les enfants et à combler le fossé entre Hommes et femmes. D‘autres études sont néces-
saires pour déterminer les conditions dans lesquelles la migration des adultes peut être bénéfique
pour les enfants et réduire le travail des enfants. Ces études doivent tenir compte des disparités
entre les sexes compte tenu des risques particuliers auxquels sont exposées les filles pendant le
processus migratoire. En tout état de cause, on ne peut pas fermer les yeux sur la question des
enfants migrants et ceux-ci doivent protégés contre les mauvais traitements et l‘exploitation. Les
enfants handicapés et les autres enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux Les acteurs de la
lutte contre le travail des enfants doivent prêter davantage d‘attention aux besoins des enfants
souffrant d‘un handicap physique et de ceux qui ont des difficultés d‘apprentissage particulières.
L‘impossibilité pour les systèmes d‘enseignement classiques d‘apporter le soutien nécessaire aux
328
enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux peut être une source d‘inconvénients majeure pour
les enfants qui essaient d‘avoir accès à l‘instruction, sans parler de l‘ostracisme dont ils font tou-
jours l‘objet de la part de ceux qui les voient comme différents. Les enfants handicapés sont parmi
ceux qui sont le plus marginalisés et le moins susceptibles d‘aller à l‘école. La différence entre les
taux de fréquentation scolaire dans l‘enseignement primaire des enfants handicapés et des autres
varie de 10 points de pourcentage en Inde à près de 60 en Indonésie. La distance à parcourir pour
aller à l‘école et la configuration des locaux scolaires peuvent être des obstacles à la fréquentation
des enfants handicapés physique. Et le manque d‘enseignants qualifiés et de personnel auxiliaire
peut aussi être un obstacle pour les enfants ayant des difficultés d‘apprentissage particulières. Il
faut une volonté politique des pouvoirs publics efficaces pour surmonter les attitudes négatives et
garantir le droit à l‘éducation des enfants qui ont des besoins éducatifs spéciaux. L‘éducation pour
tous est par définition un but universel. Les enfants qui ne peuvent pas avoir accès à l‘éducation,
y compris ceux qui se trouvent dans cette situation car le système éducatif ne peut pas répondre à
leurs besoins particuliers, risquent d‘atterrir sur le marché du travail où leur manque d‘instruction
peut être un facteur aggravant de leur vulnérabilité particulière aux pires formes de travail des
enfants. L‘exercice d‘activités dangereuses dans des ateliers, des mines et des champs peut être
à l‘origine d‘accidents et de maladies professionnelles qui mettent en péril les enfants. Les cas
les plus extrêmes sont ceux d‘enfants délibérément rendus infirmes pour qu‘ils aillent mendier
dans la rue. D‘autres enfants handicapés ne travaillent pas mais sont désœuvrés, sans éducation
de base ni qualifications. Une question essentielle qui est actuellement à l‘ordre du jour dans les
Etats Membres et qui, conformément à la convention n° 182, nécessite davantage d‘attention et
R
de ressources est celle du rattrapage scolaire dans le cadre de programmes transitoires qui per-
LM
mettent à ces enfants d‘atteindre au moins le niveau élémentaire et, s‘ils le souhaitent, de revenir
dans l‘enseignement ordinaire ou de commencer une formation professionnelle.
EC
et international pour mettre en terme au travail des enfants. Comme nous l‘avons vu plus haut,
ils ont joué ce rôle soit en organisant délibérément des campagnes de lutte et de sensibilisation,
RS
soit en s‘acquittant au mieux de leur mission fondamentale : s‘efforcer d‘être de bons employeurs
et des syndicats fiables, aptes à représenter leurs membres dans la concertation et la négociation
U
collective. Il se peut que certains acteurs du mouvement mondial n‘aient pas pleinement com-
CO
pris cette seconde approche. Les syndicats n‘ont pas pour vocation de se mobiliser autour d‘un
seul thème, et les syndicats indépendants, qui sont financièrement autonomes, ne sont pas tri-
butaires de donateurs. En termes de représentativité et de stratégie, l‘éventail de leurs respon-
sabilités est très large – le travail des enfants n‘en est que l‘une des composantes ; par ailleurs,
la plupart d‘entre eux sont confrontés à de graves difficultés financières. Certaines organisations
choisissent parfois de placer délibérément le travail des enfants au premier rang de leurs thèmes
mobilisateurs – c‘est notamment le cas des fédérations syndicales mondiales qui, au cours des der-
nières années, sont intervenues dans les secteurs de l‘éducation, de l‘agriculture, du bâtiment, des
mines et de la confection. D‘autres organisations, dont les secteurs respectifs sont moins directe-
ment touchés par le problème du travail des enfants, choisissent d‘autres modes d‘action. Quoi
qu‘il en soit, l‘élimination du travail des enfants reste un principe fondamental pour les unes et
les autres. Parfois, la question du travail des enfants est l‘élément qui ouvre la voie au dialogue
avec les employeurs, notamment dans l‘économie informelle. Dans d‘autres secteurs, et en par-
ticulier dans l‘économie formelle, où elle ne présente sans doute pas untel caractère d‘urgence,
la question du travail des enfants est abordée dans le cadre des initiatives relatives à la respon-
sabilité sociale des entreprises ou dans celui des négociations concernant les chaines mondiales
d‘approvisionnement et la soustraitance.
Les acteurs du mouvement mondial ont des rôles différents. C‘est aux services publics qu‘il in-
combe de soustraire au plus vite les enfants aux pires formes de travail et de leur fournir les ser-
vices nécessaires ; souvent, ce sont aussi des organisations bénévoles financées par des donateurs
329
qui s‘acquittent de cette tâche. Il n‘ya donc pas lieu de reprocher aux partenaires sociaux de ne
pas répondre à des sollicitations qui les amèneraient à endosser un rôle qui ne répond pas à leur
véritable raison d‘être.
Deux questions se posent toutefois. Premièrement, serait-il envisageable d‘accroître les ressources
des services publics, afin qu‘ils soient mieux en mesure de proposer aux enfants les services re-
quis et de mettre en place les compétences qui assureront la pérennité de ces services lorsque les
projets financés par les donateurs prennent fin ? Comment opérer le partage des services entre le
secteur public et le secteur bénévole ? Si certains pays considèrent que les services en question
relèvent de la compétence de l‘Etat, d‘autres en ont confié une grande partie à des organisations
bénévoles ou confessionnelles. Deuxièmement, peut-on concevoir d‘affecter les ressources finan-
cières des donateurs à des activités qui permettraient aux partenaires sociaux d‘être encore mieux
en mesure de mettre leurs avantages comparatifs au service de la lutte contre le travail des enfants ?
Les syndicats disposent en effet, nous l‘avons déjà signalé, d‘avantages comparatifs importants
dont il serait possible de tirer un meilleur parti et qui tiennent, comme dans le cas de ces organi-
sations de travailleurs ruraux qui sont parvenues ces dernières années à recruter des millions de
nouveaux membres dans plusieurs pays, à la taille de leurs effectifs, à leur présence au sein des
collectivités locales et sur les lieux de travail et aux pressions qu‘ils sont en mesure d‘exercer. Si
c‘est à l‘Etat qu‘il appartient de veiller à ce qu‘il n‘y ait pas de travail sans protection sociale, les
activités menées par les syndicats et les employeurs dans l‘économie informelle vont également
dans ce sens, dans la mesure où les uns comme les autres ont tout intérêt à ce que les relations
R
contractuelles soient régies par la loi. LM
Si l‘on en juge d‘après la multiplicité des initiatives qui ont été prises dans le monde entier et qui
ont permis à des millions de travailleurs de l‘économie informelle de rallier le mouvement syndi-
cal, on ne peut que reconnaître l‘incontestable valeur de l‘organisation collective (des travailleurs,
EC
mais aussi des employeurs), tant pour assurer une protection dans le cadre de l‘Etat de droit que
pour mettre en place les structures de dialogue social. S‘il est sans doute inutile de réaliser de nou-
AV
velles études pour se convaincre de la valeur du dialogue social dans la lutte contre le travail des
enfants (surtout dans des secteurs clés comme l‘agriculture, les industries extractives, mais aussi
RS
dans d‘autres domaines, et pour d‘autres formes du travail des enfants), il y aurait cependant beau-
coup à apprendre sur les raisons concrètes d‘une telle efficacité. Près de deux siècles d‘expérience
U
sont là pour confirmer cette valeur, véritable atout pour la promotion du tripartisme dans le cadre
CO
de la réforme des Nations Unies. Il conviendrait, pour renforcer le mouvement mondial et ac-
croître son impact, de continuer à financer les échanges d‘expériences et de bonnes pratiques
(notamment entre pays du Sud) dans divers domaines – élaboration de plans d‘action nationaux
placés sont un contrôle tripartite (conformément aux dispositions de la convention n° 182), prise
en compte d‘autres domaines d‘activités notamment en matière de RSE, initiatives menées au ni-
veau de la branche, de l‘entreprise ou de l communauté. En 2006, l‘IPEC a établi une typologie
des modalités d‘engagement des partenaires sociaux dans le domaine du travail des enfants, qui
pourrait se révéler très utile pour la mise au point des futures stratégies. La responsabilité sociale
des entreprises Nous assistons depuis une dizaine d‘années ç une véritable floraison de codes
de conduite, d‘initiatives multipartites, d‘accords-cadres internationaux, de démarches en faveur
d‘un commerce éthique et autres stratégies qui constituent autant de sources d‘enseignements du
plus grand intérêt. Ces innovations sont importantes, dans la mesure où elles devraient mettre
les entreprises à l‘abri de toute compromission dans l‘exploitation de la main-d‘œuvre enfantine
et leur permettre de prendre les mesures qui s‘imposent si elles décèlent des cas de travail des
enfants dans les chaines d‘approvisionnement. De fait, les entreprises ont désormais un rôle im-
portant à jouer dans le mouvement mondial contre le travail des enfants, et leur contribution sera
décisive pour la poursuite des progrès.
FRANCAIS DISSERTATION 1 Pensez-vous que l‘égalité femmes/hommes, l‘accès des femmes et
des hommes aux mêmes chances, droits, possibilités, tout respectant leurs spécificités à Mada-
gascar puisse se faire ? Si oui, dites pourquoi ?
330
DISSERTATION 2 Adapter la réhabilitation des marchés Dans les pays du Sud, les marchés consti-
tuent pour les femmes une activité améliorant leurs revenus. Beaucoup y occupent une place pré-
caire et vendent à temps partiel des produits périssables à faible valeur ajoutée. Partant de cet
extrait et en vous appuyant sur des exemples concrètes, que pensez-vous de la situation actuelle
des femmes entrepreneurs à Madagascar ?
DISSERTATION 3 On estime que chaque année 100 millions de bébés et fœtus filles sont supprimés
à cause de la préférence pour le fils, que 4 millions de femmes sont vendues et achetées pour le
mariage forcé, l‘esclavage, la prostitution. 130 millions sont victimes de mutilations sexuelles dans
40 pays. Expliquez et discutez le thème principal du texte. Appuyez votre développement sur des
exemples pris dans les réalités malgaches.
DISSERTATION 4 Déplacements, migrations Sur les 40 millions de personnes actuellement réfu-
giées à cause d‘un conflit armé et de violations des droits humains, 80 Expliquez et discutez le
thème principal du texte ; appuyez votre développement sur des exemples pris dans les réalités
malgaches.
DISSERTATION 5 Sur 192 pays, il y a 7 femmes chefs d‘Etats et 8 femmes chefs de gouvernements
(juin 2007). On compte maintenant en moyenne 18, 4 - et certains pays développés - n‘atteindra
pas la parité de 40 Que pensez-vous de cette situation développée dans cet extrait ?
DISSERTATION 6 Les 2/3 des 860 millions d‘analphabètes sont des femmes. 115 millions d‘enfants
ne sont pas scolarisés, dont 62 millions de filles. Progrès : sur 128 pays, 50 Pensez-vous à l‘heure
R
actuelle que Madagascar ne vit pas aussi ce genre de situations ? Appuyez-vous des réalités mal-
LM
gaches. DISSERTATION 7 En Afrique, 75 Sources OMS, ONU, Unicef, HCR, Amnesty international,
Croix rouge internationale, Observatoire de la parité.
EC
Dans de nombreux pays d‘Afrique, les femmes sont mises sur le banc des accusés. Qu‘en pensez-
vous ?
AV
DISSERTATION 8 Cinq obstacles à surmonter pour éviter le déclin des droits de l‘homme Tous les
États, à des degrés divers, rechignent à se sentir liés dans leurs politiques par les obligations que
RS
leur donnent la Déclaration des droits de l‘homme et les divers textes qui en découlent et par le
pouvoir que ceux-ci donnent aux citoyens. Cela se traduit dans la remise en cause de l‘universalité
U
et de l‘indissociabilité de ces droits et dans les délais que les États mettent à reconnaître que les
CO
violations des DESC sont justiciables, qu‘ils ont des responsabilités hors du territoire national et
que les entreprises doivent respecter ces droits. Pensez-vous que c‘est valable aussi pour le cas de
Madagascar ?
DISSERTATION 9 Selon l’UNICEF, il y aurait 60 millions d’enfants des rues (enfants totalement
autonomes livrés à eux mêmes) et d’autre part 90 millions d’enfants de la rue (un lien subsiste
avec leur famille même s’ils travaillent toute la journée dehors). Deux remarques peuvent être
faites d’emblée : d’une part ces chiffres sont en constante évolution, d’autre part 71 à 95 Expliquez
et discutez le thème principal du texte ; appuyez votre développement sur des exemples pris dans
les réalités malgaches
DISSERTATION 21 La production alimentaire croît plus vite que la population, mais au prix d‘une
érosion des ressources naturelles. La faim et la malnutrition restent massives dans les pays du Sud,
en raison notamment de revenus insuffisants en milieu rural. Au Nord, une nourriture industrielle
appauvrie et déséquilibrée entraîne différentes maladies. Une agriculture et une alimentation du-
rables supposent à la fois des politiques agricoles, agroalimentaires et commerciales équitables,
des techniques agro écologiques, une territorialisation des activités. En quarante ans, la produc-
tion agricole a été multipliée par 2,6, fournissant en moyenne 2700 calories/jour par habitant
contre 2450 cal/j pour 2,5 milliards de personnes en 1950. Pourtant 13 Parallèlement, le capital
naturel nécessaire à la production alimentaire diminue : érosion et salinisation des sols, désertifi-
cation, pollutions par les pesticides et les engrais chimiques, baisse des nappes phréatiques. Or la
331
population mondiale, qui tend à se concentrer dans les villes, aura besoin de 55 Répondre à cette
demande nécessitera un recours plus important à l‘irrigation, qui assure déjà 40 Pensez-vous que
les nouvelles vagues des entrepreneurs ruraux vont nous permettre aussi de produire suffisam-
ment pour notre pays ?
DISSERTATION 22 La nature, ce n’est pas seulement le lieu de travail des ruraux, ou pour les ci-
tadins, ce beau décor de paysages, de verdure qu’ils rêvent de leur fenêtre. Ce sont des biens in-
dispensables, terre, air, lumière et eau, ce sont des ressources énergétiques et minérales que notre
civilisation consomme à une vitesse inquiétante. Aujourd‘hui, cette nature qu‘on déclare aimer
est sérieusement menacée. Or, Si la nature est menacée l’homme l’est aussi, car elle vit avec nous,
comme nous vivons d’elle. L‘environnement est devenu industriel et urbain. Ensuite, la raison de
production, de fabrication, a transformé la nature en une gigantesque « poubelle.» De plus, le dé-
veloppement technologique a commencé par effacer ce respect des milieux naturels, si bien que
nous avons oublié que notre existence dépend de ces richesses terrestres, marines et aquatiques.
Aujourd‘hui, la multiplication irréfléchie de nos consommations et de nos déchets nous rappelle
à l’ordre. A l’échelle de notre village, de notre pays, comme à celle de notre planète, le problème
de l’environnement est posé. Il est certain que c‘est une affaire des responsables, mais aussi et
particulièrement celle de chacun et de tous, car la protection de l‘environnement doit être une
préoccupation quotidienne et permanente. Nous sommes tous responsables.
Expliquez et discutez le thème principal du texte. Appuyez votre développement sur des exemples
pris dans les réalités malgaches
R
DISSERTATION 23 On parle beaucoup en ce moment de l‘environnement et de notre devoir de
LM
protéger la nature. Les motifs qui vont dans ce sens sont multiples. D’abord, en défendant la na-
ture, l‘homme défend l‘homme : il satisfait l‘instinct de conservation de l‘espèce. Nul doute que les
EC
innombrables agressions dont il se rend coupable envers le milieu naturel ne sont pas sans avoir
des conséquences funestes pour sa santé et pour l‘intégrité de son patrimoine héréditaire. En effet,
AV
la pollution radioactive occasionnée par les explosions des bombes nucléaires, a causé des ravages
chez tous les habitants de la planète, surtout les plus jeunes, qui portent dans leur squelette des
RS
atomes de métal radioactif. De plus, par l‘emploi abusif des insecticides, le lait de toutes les mères
contient une certaine dose du nocif DDT. Protéger la nature, c‘est donc en premier lieu accomplir
U
une tache d‘hygiène planétaire. En outre, les biologistes, soucieux de la nature pour elle-même,
n‘admettent pas que tant d‘espèces vivantes s‘effacent de la faune et de la flore terrestres, et qu’en
CO
conséquences s‘appauvrisse peu à peu, par la faute de l‘homme, le somptueux et fascinant musée
que la planète offrait à nos curiosités. Enfin, les amoureux de la nature, entendent la conserver car
ils y voient un décor vivant et vivifiant, un lien maintenu avec la plénitude originelle, un refuge
de paix et de vérité. Puisque nous vivons dans un monde envahi par la pierraille et la ferraille, ils
prennent le parti de l‘arbre contre le béton, et ne se résignent pas à voir le printemps devenir silen-
cieux. Finalement, la sauvegarde de l‘environnement reste une cause primordiale. C’est pourquoi,
il faudrait encourager les associations qui œuvrent dans ce domaine et sensibiliser les jeunes à
aimer et à protéger la nature. Etes-vous du même avis que l‘auteur de cet extrait ? Dites pourquoi ?
DISSERTATION 24 Avec les guerres, les nouvelles maladies, les armes de destruction massive, les
menaces climatiques qui pèsent sur l‘avenir de la planète, la confiance que les hommes mettaient
dans le progrès depuis le 18e siècle, n‘a cessé de décliner. Faut-il donc condamner le progrès ? Nous
sommes enclins à le faire. De fait, qu‘est-ce qui peut nous conduire, à l‘heure actuelle, à accorder
des circonstances atténuantes au progrès ? D’abord, nous sommes tellement habitués à nos biens
de consommation, à notre confort, à la rapidité des déplacements et des communications que
nous ne supporterions plus qu‘on nous prive de tous ces bienfaits du progrès et qu‘au contraire
nous en demandons toujours plus. Ensuite, il est dans la nature de l‘être humain, depuis l‘âge
de pierre jusqu’à nos jours, de développer la technologie pour découvrir mieux la terre et même
l‘univers, et d‘approfondir ses connaissances, pour améliorer sa vie. Par conséquent, le mal vient
du fait que les hommes n‘ont pas su gérer le progrès. Plutôt que de le maudire, il faudrait réfléchir à
332
des solutions. En effet, le devenir de notre planète doit nous inquiéter tous et nous pousser à nous
mobiliser pour essayer de la sauver des conséquences du réchauffement climatique. Pour cela, il
faudrait que toutes les nations s‘engagent à réduire les effets négatifs des nouvelles technologies
sur notre planète et ses habitants. Par ailleurs, il faudrait éduquer les nouvelles générations et leur
montrer que chacun à son niveau peut œuvrer pour un progrès maîtrisé. Trier les déchets, écono-
miser l‘eau et le chauffage, utiliser les transports en commun chaque fois que c‘est possible. . . Cela
peut être le prélude à un changement de comportement. En conclusion, nous sommes conscients
que l‘état de notre planète nous concerne tous, car il en va de l‘avenir des futures générations. La
réflexion est donc nécessaire. Faut-il condamner le progrès technique ? Appuyer votre position par
des exemples concrets ?
DISSERTATION 25 L‘augmentation des déchets domestiques ou industriels rejetés par l‘Homme
modifie les milieux et les rend parfois impropres à la vie. La diversité des espèces animales et végé-
tales est menacée de disparition. La loi réglemente le rejet des déchets nocifs pour l‘environnement
(le sol, l‘air, l‘eau, la faune et la flore). Certaines régions sont donc restées inexploitées par l‘Homme
depuis suffisamment longtemps pour retrouver un équilibre naturel. Les hommes se concentrent
dans des villes dont l’air est de plus en plus pollué et ils perdent le contact avec la nature. De
nombreuses personnes ou associations considèrent que les animaux ont des droits au même titre
que les hommes. Certaines estiment qu’il faut soulager la souffrance des animaux lorsque cela est
nécessaire, mais sans remettre en cause leur exploitation par l’homme, d’autres vont jusqu’à prô-
ner la libération totale des animaux (aucune expérimentation, aucun élevage, condamnation des
R
zoos, des sports ou spectacles utilisant des animaux, régime alimentaire strictement végétarien,
etc.). 8000 espèces d‘animaux sont menacées de disparition. Parmi les causes de cette catastrophe,
LM
nous pouvons citer la chasse intensive, la sécheresse, la destruction des forêts, la pollution de l‘air
et des eaux. D‘abord, Les animaux constituent une véritable merveille de la nature .Ils participent
EC
à l‘équilibre de la nature. Ensuite ils sont l‘une des sources de notre alimentation. Enfin, ils nous
aident à réaliser certaines taches dures. Donc, L‘homme s‘appauvrit et se prive de la vue de ces
AV
animaux étonnants et somptueux. Nous devons préserver cette richesse en respectant le milieu
de vie des animaux ; il est nécessaire de prendre soins d‘eux, de choisir les moments de chasse,
RS
de créer des associations qui défendent les droits de ces êtres vivants. Expliquez et développer la
thématique proposée dans cet extrait.
U
cette merveilleuse invention qui rend énormément de services, notamment dans le cas d‘une ur-
gence, d‘un accident. . . En effet, comment ferions-nous pour avertir et alerter les secours ? Seule-
ment et malheureusement, il y en qui l‘utilisent indifféremment, inconsciemment et surtout bruyam-
ment comme un jouet et n‘importe où. Ce qui provoque des dérangements et des situations désa-
gréables. Généralement, ces situations s‘observent dans les lieux publics tels que les écoles, les
hôpitaux, les bibliothèques, malgré les interdictions. Il est certain qu‘il n‘est pas interdit d‘utiliser
cet appareil publiquement, seulement, on devrait le faire attentivement et intelligemment de telle
façon à ne pas déranger les autres. Pensez-vous qu‘il est temps de mettre en avant des nouvelles
règles régissant l‘utilisation de ce téléphone portable ? Appuyez votre position par des exemples
concrets.
DISSERTATION 27 La ville rend parfois la vie facile et agréable. C‘est un espace conçu pour per-
mettre de satisfaire les besoins d‘un maximum de personnes. D‘une part, la proximité des services
est un avantage dans le domaine de la santé avec la présence d‘établissements de soins (hôpitaux,
clinique) et tous les spécialistes qui y sont rattachés. D‘autre part, pour l‘éducation, tous les ni-
veaux, de la maternité à l‘université, y sont représentés, ce qui évite aux élèves d‘être séparés de
leurs familles. Par ailleurs, dans les transports, publics, l‘avantage est aussi indéniable quand il
faut se déplacer dans la ville ou vers d‘autres agglomérations. En outre, les citadins ont un grand
choix d‘activités de loisirs, culturel ou sportif. Prenons le seul exemple des cinémas qui projettent
une grande variété de films pour tous les goûts. Enfin, l‘un des plus gros avantages de la ville est de
concentrer les emplois et d‘éviter à ceux qui y habitent d‘avoir à faire de trop longs déplacements.
333
Donc, la ville est un mode de vie à adopter absolument. Qu‘en pensez-vous ?
DISSERTATION 28
Une éducation aux modalités diversifiées Compte tenu de sa spécificité, l‘environnement pour
un développement durable doit reposer sur des démarches pédagogiques diversifiées privilégiant
des situations concrètes qui développeront chez les élèves la sensibilité, l‘initiative, la créativité, le
sens des responsabilités et de l‘action. Les sorties scolaires sous toutes leurs formes (y compris les
classes de mer, de neige, les classes vertes...) constituent dans cette optique un cadre particulière-
ment favorable. En fonction des ressources locales, les enseignants mettront en place des partena-
riats propres à enrichir les démarches pédagogiques. La pratique des partenariats a été largement
développée dans le cadre des actions culturelles et éducatives (notamment les ateliers de culture
scientifique et technique). Il conviendra donc de s‘en inspirer. Depuis 1993, date du deuxième
protocole d‘accord entre les ministères en charge de l‘éducation et de l‘environnement, la colla-
boration interministérielle se décline localement, avec des services déconcentrés des ministères
concernés, des collectivités territoriales et locales, des institutions internationales, de grands or-
ganismes et les réseaux du secteur associatif. Les initiatives prennent les formes les plus diverses :
éducation à l‘environnement, politique culturelle, charte territoriale ou européenne, création de
pôles de ressources spécifiques ou mise en place de formations avec des centres ou des insti-
tuts spécialisés. Un certain nombre d‘actions éducatives conduites depuis plusieurs années en
concertation avec d‘autres ministères (agriculture, environnement, culture, justice) ou avec des
collectivités, peuvent entrer dans les orientations présentées ici. Reposant sur l‘engagement des
R
enseignants et des élèves, elles gagneront à être inscrites au projet d‘école ou d‘établissement, en
LM
liaison directe avec la réflexion menée sur les enseignements. Les ressources et partenariats, dans
leur diversité, doivent contribuer à servir les objectifs d‘une éducation à l‘environnement pour un
développement durable, tels qu‘ils sont fixés par le ministère de l‘éducation nationale. Au niveau
EC
contractuelles, seront développés des relais pour le recueil et la diffusion des ressources. Pour le
cas de Madagascar, pouvons-nous penser que la situation décrite dans l‘extrait est valable aussi
RS
laires, à une mise en œuvre concertée et cohérente de cette démarche. Dans ce cadre, les équipes
pédagogiques sont appelées à définir de manière collégiale des temps forts et des points d‘ancrage
dans chaque discipline pour construire une progression coordonnée. Dans le premier degré, le
projet d‘école définit, au niveau de chaque cycle, une programmation annuelle des thèmes à abor-
der et des projets. Au collège et au lycée, l‘environnement pour un développement durable parti-
cipe au projet d‘établissement : sensibilisation à l‘éco responsabilité, élaboration de projets conjoints
avec d‘autres écoles ou établissements scolaires en France ou à l‘étranger, construction de parte-
nariats. L‘investissement des personnels non enseignants renforcera la dimension éducative, favo-
risera la transmission intergénérationnelle et encouragera des comportements exemplaires hors
de la classe. Un document d‘accompagnement pédagogique élaboré par l‘inspection générale et
la direction de l‘enseignement scolaire apportera des éléments méthodologiques et présentera les
points d‘ancrage dans les programmes. La généralisation de l‘environnement pour un dévelop-
pement durable sera également accompagnée par des actions de formation, tant dans le cadre
du programme national de pilotage que dans celui des plans académiques de formation. Les rec-
teurs sont invités à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la mise en œuvre de
l‘éducation à l‘environnement pour un développement durable. Ailleurs que chez nous, on parle
déjà d‘éco responsabilité. Qu‘en pensez-vous ?
DISSERTATION 30
La déclaration souligne que des études approfondies sont nécessaires pour faire en sorte que la
334
production et l‘utilisation des biocarburants soient durables, conformément aux trois piliers du
développement durable, et tiennent compte de la nécessité de parvenir à la sécurité alimentaire
mondiale et de la maintenir. Il s‘agit de "stimuler un dialogue international cohérent, efficace,
fondé sur les résultats et ce, dans le contexte de la sécurité alimentaire et des besoins en ma-
tière de développement durable." Que pensez-vous des nouvelles sources d‘énergie ? Madagascar
pourrait-il les développer ?
DISSERTATION 10 Le terme de "développement durable" est très souvent utilisé ; c‘est même un
terme à la mode que l‘on trouve deci, de-là, dans des publicités, des journaux, des textes offi-
ciels, des discours politiques. Mais malheureusement, il fait parfois (souvent !) l‘objet d‘une confu-
sion simpliste : le développement durable serait, en somme, un développement qui préserverait
l‘environnement. C‘est plus complexe que cela. Le Développement durable est un concept éla-
boré au cours des années 1980. Son objectif est « de répondre aux besoins du présent, sans com-
promettre la capacité pour les générations futures de satisfaire les leurs » (BRUNDTLAND Gro
Harlem, Notre avenir à tous, Rapport de la Commission mondiale sur l‘environnement et le dé-
veloppement, 1988, p.51) .Il s‘agit de viser « une double solidarité : horizontale, à l‘égard des plus
démunis du moment, et verticale, entre les générations » (MARECHAL, Alternatives Economiques,
n°191, Avril 2001, p.80.). Dans cette optique, on fait reposer le développement durable sur 4 piliers
majeurs : sur le plan environnemental, atteindre l‘objectif d‘un développement durable, c‘est sa-
voir respecter les principales conditions suivantes : l‘utilisation, la gestion durables des ressources
naturelles (air, eau, sol, vie) et des savoirs humains ; le maintien des grands équilibres naturels (cli-
R
mat, diversité biologique, océans, forêts. . . ) ; la maîtrise de l‘énergie et l‘économie des ressources
non renouvelables (pétrole, gaz, charbon, minerais. . . ). Sur le plan économique, le développement
LM
durable dépend en particulier : d‘un développement économique respectueux des milieux natu-
rels d‘où proviennent les ressources de base (agriculture et pêche), d‘un changement profond dans
EC
ment durable, de l‘annulation de la dette des pays pauvres et d‘une augmentation des investisse-
ments afin qu‘ils ne soient plus contraints à opter pour des profits à court terme en contradiction
RS
avec leur développement durable et celui de la planète, d‘une réflexion sur une décroissance sou-
tenable dans les pays développés. Les facteurs sociaux du développement durable sont l‘accès à
U
l‘éducation, l‘habitat, l‘alimentation, les soins. . . afin de : satisfaire les besoins essentiels des po-
pulations, combattre l‘exclusion sous toutes ses formes (sociale, professionnelle. . . ), stabiliser la
CO
croissance démographique, maîtriser la croissance urbaine et les flux migratoires. C‘est au niveau
local que peuvent se mettre en place les structures sociales indispensables à un développement
humain harmonieux, au Nord et au Sud. Le respect de l‘environnement, un développement écono-
mique respectueux et la mise en place d‘une justice sociale ne peuvent être atteints qu‘avec la par-
ticipation de tous les citoyens. Le Développement Durable exige la démocratie et la participation
effective à cette démocratie : c‘est ce qu‘on appelle la démocratie participative. Ces quatre piliers
doivent être en interaction constante : Développement social et économique, Environnement et
Citoyenneté doivent être considérés comme indissociables, à toutes les échelles de l‘organisation
des sociétés humaines et des milieux qui sont les leurs ; le Développement Durable est affaire lo-
cale, nationale, internationale ; il ne se réalisera que si l‘on mène de front les combats et les soli-
darités : pour la gestion durable des ressources, pour la disparition des déséquilibres sociaux et
économiques, pour la démocratie. Qu‘en pensez-vous ?
DISSERTATION 11
L‘éducation à l‘environnement pour un développement durable doit être une composante impor-
tante de la formation initiale des élèves, dès leur plus jeune âge et tout au long de leur scolarité,
pour leur permettre d‘acquérir des connaissances et des méthodes nécessaires pour se situer dans
leur environnement et y agir de manière responsable. La prise de conscience des questions en-
vironnementales, économiques, socioculturelles doit, sans catastrophisme mais avec lucidité, les
aider à mieux percevoir l‘interdépendance des sociétés humaines avec l‘ensemble du système pla-
335
nétaire et la nécessité pour tous d‘adopter des comportements propices à la gestion durable de
celui-ci ainsi qu‘au développement d‘une solidarité mondiale. Selon le souhait du Président de la
République, la Charte de l‘environnement intégrée à la Constitution française aux côtés des droits
de l‘homme et du citoyen de 1789 et des droits économiques et sociaux de 1946 implique la res-
ponsabilité de tous ; c‘est pourquoi —l‘éducation et la formation à l‘environnement doivent contri-
buer à l‘exercice des droits et des devoirs définis par la Charte (art. 8). Education, environnement,
développement durable, des thématiques qui sont encore d‘actualité à Madagascar. Etes-vous du
même avis que l‘auteur de cet extrait ? Justifier votre position.
DISSERTATION 12
L‘environnement peut être défini comme —l‘ensemble, à un moment donné, des aspects phy-
siques, chimiques, biologiques et des facteurs sociaux et économiques susceptibles d‘avoir un
effet direct ou indirect, immédiat ou à terme, sur les êtres vivants et les activités humaines (cir-
culaire n° 77-300 du 29 août 1977). D‘une façon plus générale, l‘environnement est constitué de
—l‘ensemble des éléments qui, dans la complexité de leurs relations, constitue le cadre, le milieu,
les conditions de vie pour l‘homme (Pierre George, géographe). Conformément à la stratégie na-
tionale, l‘étude de l‘environnement doit donc se placer dans la perspective du développement du-
rable, défini comme —un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre
la capacité des générations futures de répondre aux leurs (selon les termes du rapport Brudtland
de 1987, —Notre avenir à tous).
R
Expliquez et discutez le thème principal du texte. Apportez des exemples concrets pris dans les
réalités malgaches
LM
DISSERTATION 13
EC
plexité du domaine dont les multiples composantes, interagissant entre elles, appellent une ap-
proche systémique ; les différents axes d‘analyse scientifique qui fondent un développement du-
RS
rable (composantes environnementales, économiques, sociales, culturelles) ;la complexité des ques-
tions et des réponses envisagées, ce qui implique une approche critique et met en valeur l‘importance
U
des choix et la responsabilité de chacun dans ces choix. L‘éducation à l‘environnement pour un dé-
veloppement durable intègre pleinement, par le regard porté aux territoires, les valeurs associées
CO
336
pôles de ressources spécifiques ou mise en place de formations avec des centres ou des instituts
spécialisés. Expliquez, discutez les affirmations proposées dans cet extrait. Appuyez votre déve-
loppement sur des exemples pris dans les réalités malgaches.
DISSERTATION 15
Un certain nombre d‘actions éducatives conduites depuis plusieurs années en concertation avec
d‘autres ministères (agriculture, environnement, culture, justice) ou avec des collectivités, peuvent
entrer dans les orientations présentées ici. Reposant sur l‘engagement des enseignants et des élèves,
elles gagneront à être inscrites au projet d‘école ou d‘établissement, en liaison directe avec la ré-
flexion menée sur les enseignements. Les ressources et partenariats, dans leur diversité, doivent
contribuer à servir les objectifs d‘une éducation à l‘environnement pour un développement du-
rable, tels qu‘ils sont fixés par le ministère de l‘éducation nationale. Au niveau national, diverses
instances comme le Centre national de documentation pédagogique, participeront activement à
cette démarche. Au niveau régional, dans le cadre de démarches partenariales contractuelles, se-
ront développés des relais pour le recueil et la diffusion des ressources relatives dans les pays du
Sud. A travers un développement bien structuré, apportez votre avis concernant la thématique
développée. DISSERTATION 16
La généralisation de l‘éducation à l‘environnement pour un développement durable L‘éducation
à l‘environnement pour un développement durable est généralisée dès la rentrée 2004. La pré-
rentrée offrira l‘opportunité de travailler, dans les écoles et les établissements scolaires, à une
R
mise en œuvre concertée et cohérente de cette démarche. Dans ce cadre, les équipes pédago-
giques sont appelées à définir de manière collégiale des temps forts et des points d‘ancrage dans
LM
chaque discipline pour construire une progression coordonnée. Dans le premier degré, le projet
d‘école définit, au niveau de chaque cycle, une programmation annuelle des thèmes à aborder
EC
développement durable sera également accompagnée par des actions de formation, tant dans le
cadre du programme national de pilotage que dans celui des plans académiques de formation. Les
recteurs sont invités à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la mise en œuvre
de l‘éducation à l‘environnement pour un développement durable. Pour le cas de Madagascar,
pourrions-nous faire de même aussi pour résoudre en grande partie la problématique exposée
dans l‘extrait ? DISSERTATION 17
Egalité et approche de genre
L‘approche de "genre" étudie les rôles, statuts, stéréotypes attribués à chaque sexe. Ces rapports
sociaux entre femmes et hommes varient selon les sociétés et les époques, mais ils restent en
grande majorité fondés sur des inégalités au détriment des femmes dans tous les domaines et
notamment en matière de pouvoir politique et économique. Le "genre" ou "sexe social" est à la
fois un concept sociologique, un objectif en matière de respect des droits humains et une métho-
dologie pour des actions plus efficaces, ainsi pour promouvoir un mode développement durable.
L‘approche genre trouverait-il sa place dans les pays du Sud ? Justifiez votre réponse DISSERTA-
TION 18
Le concept de « genre » L‘approche de "genre", c‘est-à-dire l‘analyse et la prise en compte, dans
tous les domaines, des rapports sociaux entre femmes et hommes, est essentielle pour atteindre
les objectifs d‘égalité conformes aux droits humains et pour améliorer l‘efficacité des stratégie vi-
337
sant au développement durable. Les rapports sociaux entre hommes et femmes sont à la base de
l‘organisation des sociétés humaines. Contrairement aux différences biologiques, qui sont innées,
la répartition des rôles, des fonctions, des pouvoirs, etc. sont des constructions sociales, politiques,
symboliques et culturelles. Les rôles socialement construits qui en découlent sont généralement
basés sur des positionnements différenciés et inégalitaires. Ainsi, presque partout dans le monde,
les femmes ont un accès plus limité à l‘espace public, aux responsabilités, à l‘éducation. Leurs sa-
laires sont moindres et elles occupent majoritairement des postes à moindre responsabilité, avec
un éventail de professions moins large que celui des hommes. Dans la plupart des pays, la di-
vision du travail reste sexuée : gestion des ressources naturelles, agriculture, alimentation, soins
aux enfants et à la famille, postes de secrétariat, d‘infirmières pour les femmes, de techniciens
et ingénieurs pour les hommes. . . L‘action publique, comme les actions de développement ou
de solidarité mises en œuvre par des acteurs de la société civile, doivent tenir compte de ces «
rapports de genre », qui évoluent dans le temps et l‘espace, varient d‘une culture à l‘autre, entre
groupes sociaux au sein d‘une même culture, se combinant à la classe, à l‘âge, au statut politique...
Des facteurs internes et externes les transforment en permanence : nouvelles technologies, poli-
tiques économiques, marché du travail, conflits armés, crises alimentaires, déséquilibres démo-
graphiques. . . Transposé de l‘anglais « gender », le « genre », terme qui est maintenant largement
utilisé par les acteurs francophones, les ONG et les milieux de la recherche, se réfère à la prise en
compte de ces rôles socialement construits. L‘approche du genre est à la fois : un concept socio-
logique analysant ces rapports sociaux et leur caractère inégalitaire ; un objectif politique de mise
en œuvre des droits fondamentaux ; une méthodologie proposant des outils pratiques pour agir
R
plus efficacement. Ce terme trouverait-il un terrain d‘entente dans nos normes socioculturelles
LM
préétablies depuis des années ? Développer votre réponse par des exemples concrets.
DISSERTATION 19 Selon les statistiques sortis récemment 80
EC
devient ». (Simone de Beauvoir, « Le deuxième sexe » 1949) "L‘approche genre part du constat que
les inégalités entre les femmes et les hommes sont construites par les sociétés. Ces inégalités ré-
RS
sultent des rôles masculins et féminins assignés sur la base de différences biologiques. L‘approche
genre remet en cause les processus de hiérarchisation des individus en fonction de leur sexe et
U
les discriminations qui en découlent. L‘approche genre a pour objectif final l‘égalité des droits
CO
entre les femmes et les hommes ainsi qu‘un partage équitable des ressources et des responsabili-
tés entre les femmes et les hommes. En tant que méthodologie, elle produit une analyse comparée
des situations des femmes et des hommes et favorise une meilleure prise en compte des inéga-
lités dans tous les secteurs du développement. L‘approche genre défend l‘universalité des droits
et l‘égal accès à la justice. L‘approche genre et développement vise l‘autonomisation des femmes.
C‘est un processus d‘acquisition « de pouvoirs » au niveau individuel et collectif. Il désigne la ca-
pacité d‘agir de façon autonome, la capacité à faire des choix et à prendre des décisions pour sa
vie et sa société. A terme, elle est un des facteurs qui engendre une aide au développement juste,
équitable et durable". A l‘heure actuelle, pourrions-nous parler encore de développement juste,
équitable et durable à Madagascar ?
FRANCAIS
1. L‘année 2014, la déclaration de l‘ONU classe Madagascar parmi les pays les plus corrompus.
Qu‘en pensez-vous ? 2. Après le Bangladesh (1er) et l‘Inde (2ème), Madagascar arrive à la 3ème
place en ce qui concerne les menaces des impacts néfastes du changement climatique pour les
30 prochaines années dixit le Groupe International Gouvernemental d‘Experts sur l‘Evolution du
Climat (GIEC, 2011). Qu‘en pensez-vous sur cette affirmation ? Justifiez votre réponse. 3. Deux ans
passés, une demande d‘irrigation d‘eau venait d‘un pays étranger est adressée à l‘Etat Malagasy.
Certaines personnes veulent donner un accord à cette requête vu notre déficit monétaire, d‘autres
non vu notre taux élevé de déforestation qui entraine la diminution en niveau ou la perte des
338
sources d‘eau. Donnez et argumentez votre réponse. 4. Les Ntaolo Malagasy ont utilisé beaucoup
le terme TABOU ou FADY pour éduquer leurs enfants. Ex1 : Il est tabou de frapper (botter) les murs
à pieds sinon la grand-mère va mourir. Sur ce, l‘objectif est de garder les murs à l‘état propres. Ex2 :
Il est tabou de travailler le mardi et le jeudi, car ce sont des mauvais jours. L‘objectif ici est d‘avoir
plus de temps de repos. A nos jours, vue la civilisation, la course vers la mondialisation, est-il est
bon pour les Malgaches de garder toutes les instructions ancestrales ? Illustrez votre réponse avec
des exemples précis. 5. Le premier principe d‘Hippocrate, père de la Médecine disant : « d‘abord ne
pas nuire, avant d‘aider ou de soigner ». 6. Il fallait d‘abord purifier notre cœur et intelligence pour
mieux se comporter dans la société malagasy. 7. Quels sont les liens entre corruption et dévelop-
pement ? 8. Quels liens peuvent exister entre corruption et développement ? 9. Que pensez-vous
du mariage précoce des jeunes de nos jours ? 10. Un enfant pauvre doit-il travailler pour subvenir
à ses besoins ? 11. L‘Enfant d‘un pauvre doit-il travailler pour aider sa famille ?
FRANCAIS Le Programme de Doha et le commerce La déclaration "encourage la communauté in-
ternationale à poursuivre ses efforts en matière de libéralisation des échanges internationaux de
produits agricoles en réduisant les obstacles au commerce, et les politiques qui sont à l‘origine
de distorsions des marchés". On parle tout le temps à Madagascar de mondialisation, de libéra-
lisation des échanges, de vérité de prix, . . . Pensez-vous que nous pourrions faire face à tous les
problèmes posés par ces nouveaux variables ? DISSERTATION 2 Les défis du changement clima-
tique La déclaration souligne la nécessité de traiter la question fondamentale de savoir comment
accroître la capacité de récupération des actuels systèmes de production vivrière face aux défis
R
du changement climatique. Que pensez-vous faire pour faire face à ces aléas des changements
climatiques ?
LM
DISSERTATION 3
EC
La paix, condition du développement durable. . . et vice versa Réactualisé juin 2013 « La guerre
exerce une action intrinsèquement destructrice sur le développement durable » (principe 24 de
AV
Rio). 2013 : enfin un traité sur le commerce international des armes classiques ou convention-
nelles ! Le traité sur le commerce international des armes a été ouvert à signatures des Etats le 3
RS
juin 2013 au siège de l‘ONU à New York. Il a été signé par plus de 60 Etats, dont la France. Il doit
ensuite être ratifié par 50 Etats pour pouvoir entrer en vigueur, ce qui pourrait prendre au moins
U
un an. Le traité n‘a pas été signé par les Etats-Unis, la Russie, la Chine... Le traité sur le commerce
international des armes dites classiques ou conventionnelles était en discussion depuis sept ans.
CO
Il a tardé à aboutir, du fait de l‘obstruction de certains pays (ainsi les Etats-Unis, la Chine, l‘Inde,
l‘Egypte, l‘Indonésie lors des négociations de juillet 2012). Les Nations unies ont adopté ce traité
le 2 avril 2013 (Résolution A/67/L.58) ; il constitue un premier cadre international contraignant. Le
texte, qui n‘a pas pu être adopté par consensus lors de la Conférence finale de négociations du 18
au 28 mars 2013, a été ensuite voté par l‘Assemblée générale par une large majorité : 155 voix pour,
trois contre (Syrie, Corée du Nord, Iran), vingt deux absentions (pays exportateurs - comme Rus-
sie, Chine - ou importateurs - Inde qui est le principal acheteur actuellement, Indonésie, Egypte) et
13 Etats n‘ayant pas voté. Une partie des abstentionnistes considère le traité trop à l‘avantage des
pays exportateurs et n‘intégrant pas l‘interdiction absolue de transférer des armes vers des acteurs
non étatiques. Selon le traité, chaque pays devra désormais évaluer, avant toute transaction, si les
armes vendues risquent d‘être utilisées pour contourner un embargo international, commettre un
génocide ou des « violations graves » des droits humains, ou être détournées au profit de terroristes
ou de criminels. Ce traité couvre une gamme importante d‘armement, pour un marché estimé à
80 à 100 milliards de dollars par an. Que pensez-vous de cette situation décrite dans cet extrait ?
Développez votre réponse.
DISSERTATION 4
Les dépenses d‘armement étaient de 1630 milliards de dollars en 2010 - soit 2,6 De son côté, l‘Aide
publique au développement pour les pays pauvres ne se monte qu‘à environ 120 milliards de dol-
lars et, de plus, tend à inclure des budgets liés à la sécurité. Il suffirait pourtant d‘un cinquième en-
339
viron des dépenses d‘armements pour résoudre la majeure partie des problèmes de pauvreté dans
le monde. Les armes exportées par les pays membres du conseil sécurité des Nations unies contri-
buent à alimenter les conflits régionaux, la répression des régimes totalitaires sur leur population
et les actions terroristes. Les armes légères de petit calibre (ALPC) (révolver, fusil, lance-grenade,
missile portatif ) causent 500 000 victimes par an. Douze milliards de balles sont produites chaque
année, ce qui fait près de deux balles par habitant... Chaque minute dans le monde une personne
est tuée dans le cadre d‘un conflit armé. L‘Afrique est très touchée la dissémination des armes et
cela a un fort impact sur le mal développement. Les risques de guerres civiles ou interétatiques ont
baissé au cours des 25 dernières années, les morts de civiles ont diminué des trois-quarts par rap-
port aux années 80. Mais les modes de conflits et de violences se sont modifiés : actuellement, plus
de 1,5 milliards de personnes vivent "dans un Etat fragile ou touché par un conflit ou dans un Etat
affichant un taux de violence criminelle très élevé". (Banque mondiale, Rapport sur le dévelop-
pement 2011). Sur les huit millions d‘armes à feu produites chaque année, on estime qu‘environ
un million sont "perdues ou volées" (Oxfam). Le commerce des armes alimente également la cor-
ruption et les pots de vins : la moitié des transactions liées à la corruption dans le monde, selon
le département américain du commerce, soit 20 milliards de dollars... Pensez-vous que Madagas-
car est devenu une plaque tournante de ce commerce des armes ? Appuyez votre réponse par des
exemples concrets.
DISSERTATION 5
Un mode de développement basé sur l‘exploitation de ressources non renouvelables, où 20 L‘exploitation
R
des ressources naturelles a joué un rôle dans un quart des 50 derniers conflits, tuant plus de 50
LM
millions de personnes dans les années 90. Ainsi, en République démocratique du Congo, la guerre
est alimentée par l‘exploitation des minerais et pierres précieuses par les belligérants, dont cer-
tains concédaient des mines à des entreprises étrangères et des institutions financières. Ce pro-
EC
observe que les conflits impliquant des ressources naturelles ont deux fois plus de chances de se
reproduire. Par ailleurs, différents trafics d‘animaux ou de produits issus des animaux en prove-
RS
d‘armes pour les conflits régionaux (Darfour au Soudan, République centrafricaine...) Les guerres
CO
« modernes » hypothèquent le capital naturel et humain à long terme : pollutions (uranium appau-
vri, substances chimiques...), atteintes à la santé, érosion, dispersion de mines anti personnelles
(65 millions dans les sols de 56 pays, qui tuent ou mutilent jusqu‘à 20 000 personnes chaque an-
née), destruction des écosystèmes et de la faune sauvage. . . Face à la catastrophe écologique et
humaine de la guerre du Vietnam dans les années 70 (près de 18 En ce qui concerne les mines anti
personnelles, une Convention sur "l‘Interdiction de l‘emploi, du stockage, de la production et du
transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction" a été signée a Ottawa en 1997 et mise
en œuvre deux ans plus tard. Elle a été signée par 159 pays (2011), mais pas par les Etats-Unis, la
Russie et la Chine. Par ailleurs une Convention sur les armes à sous-munitions interdit l‘usage, la
production, le stockage et le transfert des bombes à sous-munitions et obligeant les Etats à dépol-
luer les zones contaminées dans les dix ans de l‘adhésion, à détruire les stocks de cette arme dans
les huit ans ainsi qu‘à fournir une assistance significative aux survivants, à leurs familles et à leurs
communautés, a été ouverte à signature en 2008 et est légalement contraignante pour les Etats
parties depuis août 2010. Que pensez-vous de ces triptyques « Conflits, armes et environnement
» ? Appuyez votre réponse par des réalités malgaches. DISSERTATION 6
Rapports du Programme des nations pour l‘environnement (PNUE)
Un rapport "Environnement, ressources naturelles et opérations de maintien de la paix" est paru
en mai 2012. Le PNUE estime que depuis 1948 25 Dix guerres civiles, au Cambodge, en Côte
d‘Ivoire, au Libéria, au Congo (RDC) auraient été financées par les revenus issus de l‘exploitation
340
des ressources naturelles : pétrole, diamants, minéraux... Par ailleurs, d‘après le PNUE "les res-
sources naturelles peuvent offrir des possibilités d‘emploi d‘urgence et la mise en place de moyens
de subsistance durables pour les anciens combattants" : 50 Le rapport "Environnement, ressources
naturelles et conflits" de février 2009 soulignait l‘importance de la prise en compte de l‘environnement
et des ressources naturelles dans les plans de prévention des conflits ou de réhabilitation post-
conflits. En effet "les ressources naturelles peuvent contribuer à une reprise du conflit, et au fi-
nancement d‘une insurrection prolongée. Pas moins de 18 conflits violents ont été alimentés par
l‘exploitation des ressources naturelles depuis 1990, tandis qu‘au moins 40Expliquez et discutez
le thème principal du texte ; appuyez votre développement sur des exemples pris dans les réalités
malgaches
DISSERTATION 7
Chiffres de l‘industrie militaire dans le monde Cette industrie ne cesse de se développer. Entre
2000 et 2009, les dépenses militaires ont ainsi augmenté de 49 (SIPRI). Principales régions par
ordre d‘importance : Amérique du Nord (les Etats-Unis comptant pour 43 Le commerce des armes
"conventionnelles : les exportations d‘armes conventionnelles constituent un marché d‘environ 57
milliards d‘euros (70 milliards de dollars), alimenté essentiellement par les Etats-Unis, la France,
la Chine, la Grande Bretagne et la Russie. Madagascar commence à s‘intéresser à l‘importation
massive des armes conventionnelles ou non. Pensez-vous que cela devrait être notre priorité du
moment ?
R
DISSERTATION 8 LM
Selon l’UNICEF, il y aurait 60 millions d’enfants des rues (enfants totalement autonomes livrés à
eux mêmes) et d’autre part 90 millions d’enfants de la rue (un lien subsiste avec leur famille même
s’ils travaillent toute la journée dehors). Deux remarques peuvent être faites d’emblée : d’une part
EC
ces chiffres sont en constante évolution, d’autre part 71 à 95 La création de centres d’accueil qui
permettent aux enfants de se poser, de se réassurer. Cela doit leur permettre de retrouver le goût
AV
du jeu et de l’école, d’avoir le temps de renouer avec leur famille. Encourager et développer les
solutions gouvernementales particulièrement en matière de prévention, de développement social
RS
et d’éducation. Les Etats ne doivent ne pas fuir leurs responsabilités en matière d’exclusion so-
ciale particulièrement quant elle touche des enfants. De plus une solidarité impliquant l’ensemble
U
des populations locales est nécessaire Travail des enfants, analphabétismes, enfants de rue. Que
CO
pensez-vous faire pour remédier à ces grands maux de la société actuelle à Madagascar ?
DISSERTATION 9
(. . . ) On ne cesse de parler des situations alarmantes des pays africains victimes du virus de l‘EBOLA.
Des pas restent encore à faire dans ces pays pour que santé rime totalement avec développement
local et mondialisation. Quelles actions pourrions-nous faire en tant que citoyen pour aider l‘état
à pallier à cette problématique citée dans l‘extrait ? Appuyez vous des exemples concrets tirés de
vos expériences personnelles ou des fruits de vos observations.
DISSERTATION 10
Le problème de l‘eau reste encore d‘actualité à Madagascar. Que pensez-vous faire à votre niveau
pour résoudre en partie ce problème ? 1. Dans la dernière décennie, la pluie constitue un des pro-
blèmes majeurs des agriculteurs Malagasy. Comme la forêt est responsable de la formation des
pluies, commentez la relation qui existe entre la forêt et la production végétale et donne des so-
lutions aux cultivateurs s‘ils veulent produire plus. 2. Un proverbe malagasy dit que « Raha noana
ny kibo, mivezivezy ny fanahy ». La famine constitue donc un facteur majeur de blocage de déve-
loppement et favorise par la suite l‘insécurité. Commentez 3. Est-ce qu‘il y a des barrières limitant
la capacité des femmes d‘entrée en compétition avec les hommes envers les places les plus hauts
responsables de l‘Etat. Discutez. 4. Avant, lors de la coupe de gâteau de mariage, l‘homme a dit
que « C‘est moi qui dirige notre foyer » et la femme qui le suit a dit que « C‘est moi qui décide ».
341
Actuellement ces deux paroles vont changer a un seul langage disant que « Nous deux dirigent et
décident de notre foyer ». Discutez ce changement de parole. 5. Il y a un proverb de la region co-
tière Malagasy disant que —Kadidy tsy miasa harana c‘est-à-dire ceux qui ne veulent pas dépenser
ne font pas l‘exhumation. Discutez. 6. Le MEN a comme activité en cours actuellement de retour-
ner à l‘Ecole les enfants de moins de 15 ans. Que pensez-vous comme avantages et désavantages
de cette politique. Illustrez vos raisons avec des exemples concrets et donnez des suggestions. 7.
Des enfants quittent leurs parents face à la torture qu‘ils ont eue à la maison. Comment peut-on
faire pour résoudre ce problème ? 8. L‘année 2014, lors de la cérémonie de la journée mondiale du
Min Fop, le PRM dénonce la présence des Fonctionnaires fantômes dans l‘administration. D‘après
vous, quels sont les facteurs favorisant cette situation ? Quelle solution envisagez-vous ?
12. Le respect de la tradition freine-t-elle le développement ? 13. Quel rôle doit assurer la femme
dans le développement ? 14. Quel rôle doit tenir les forces armées pour le développement de son
pays ? 15. Les forces armées ont-elles un rôle à jouer pour le développement de son pays ? 16.
Quelle fonction doit assurer les forces armées dans la protection de l‘environnement ? 17. Quelles
mesures préventives adoptées pour éviter la corruption au sein des forces armées ? 18. Une jeune
fille pauvre doit elle être mariée pour améliorer sa situation sociale ? 19. S‘inquiéter de la na-
ture commence chez soi. 20. Votre acte écologique d‘aujourd‘hui peut engendrer d‘innombrables
conséquences demain. 21. En protégeant la nature, nous protégeons notre sécurité. 22. Une pla-
nète verte fait de votre vie un doux voyage garanti. 23. Quelle conception avez-vous du mot « devoir
» ? 24. Quelle conception avez-vous du mot « éthique » ? 25. Tradition et modernité. Commentez
R
26. Pourrait-on donner tort aux parents qui envoient travailler leurs enfants en bas âge ? 27. Quelle
option envisagez-vous pour résoudre la problématique « genre » ? 28. Une mise en sommeil du dé-
LM
veloppement est-elle nécessaire devant la dégradation incessante de l‘environnement ? 29. Quel
avantage pourrait-on tirer de la connaissance de l‘histoire d‘un pays ? 30. Quels sont les enjeux de
EC
l‘eau ? 31. L‘imagination est plus importante que le savoir. Etes-vous de cet avis ?
MALAGASY 1. Ny firenena tsy manana ny tantarany dia azo heverina ho toy ny tany tsy misy foto-
AV
tra, tsy miorina. Miombon-kevitra amin‘izany ve Ianao ? Tohano amin‘ny ohatra mazava ny valin-
teninao.
RS
2. Voatonina matetika ny tafika rehefa misy zava-tsarotra miseho eto amin‘ny firenena. Hoy ny Ma-
U
lagasy milaza izany : —ny tafika no tandroka aron‘ny vozona —. Hazavao izany fiheverana izany.
CO
3. Hoy ny mpandinika iray hoe : —manan-karena i Madagasikara nefa malaza tsy ihinanana toy ny
vilian- tsahona. Hazavao.
4. Arakan y fomba fahitanao azy : moa ve ny miaramila manana ny toerany tahaka ny malagasy
rehetra ihany eo amin‘ny fiaraha-monina ?
5. Hoy ny mpandinika iray hoe : —Teny mora tononina nefa manana ny lanjany ny teny hoe faha-
fahana. Hazavao
6. Hoy ny malagasy : —Ny anjara tsy miholaka . Voafaritr‘izany ko ave ny asa maha-miaramila ?
7. Maro ny lafin-javatra apetraka maneran-tany hiarovana ny zon‘ny olombelona. Eo amin‘ny fiai-
nana ara-piaraha-monina anefa dia mazàna tsy voahaja ireny. Fakafakao.
8. Hoy R.P. Antoine RAHAJARIZAFY amin‘ny Boky Hanitra Nentin-drazana : —Ny tsara ihany no
marina, ary ny marina ihany no tsara. Hatraiza ny fahamarinan‘izany amin‘izao vanim-potoana
diavintsika izao ?
9. Ireto misy fomba fiteny Malagasy vitsivitsy notsongaina mikasika ny aina :
- Lahy tokan any aina - Ny aina tsy ananam-piry - Izay vitsy lanin‘ny vitsika - Ny sandry be tsy ody
faty - Ny ranomaso ts mahatana faty - Aza manao tsindrio fa lavo Asongadino arak‘ireo fiheverana
ireo ny fomba Malagasy nitsimbinana ny aina araka ny fiheveranao, mifanipaka amin‘izany fomba
nampiasan‘ny Malagasy izany ve ny fomba ampiharin‘ny mpitandro filaminana.
342
10. Azo fehezina amin‘ireto singa telo ireto ny fototry ny fiainana = TANY – RANO – RIVOTRA Po-
rofoy ny fahamarinan‘izany ary hazavao fa ny fanimbana ny tontolo hiainana dia maharava izany
fototra izany. Tohano amin‘ny tranga misy eto Madagasikara ny fanazavana arosonao.
11. —Fanjakana tan-dalana. Ainga vao entin‘ny mpitondra hanazavana amin‘ny vahoaka ny maha
mari-pototra ny fitondrana. Inona ny anjara toeran‘ny lalana eo amin‘ny fiainam-pirenena ? Araka
ny hevitrao, azo ampiarahina araka ny rariny sy ny hitsiny ve izany lalana izany ? Tohano amin‘ny
tranga misy eto Madagasikara ny valin-teninao.
12. Ahoana ny hevitrao mikasika ireto fiheverana ireto : —Ny vehivavy fanaka malemy sy ny —
fampiharana ny mira lenta.
13. Manana anjara asany sy ny toerany eo amin‘ny maha izy azy ny firenena iray ny tantarany. Moa
ve apetraka ho vakoka fotsiny ny fisian‘izy ireny sa azo ampiasana ho fanoitra hanaovana fingana
ho amin‘ny fampandrosoana ? Tohano amin‘ny ohatra mazava ny valin-teninao.
TESTE PSYCO 1 - La vitesse d’une réaction chimique : A : Augmente avec la concentration des
réactifs B : Augmente avec la concentration des produits C : Est indépendante de la concentration
des réactifs
2 - Quelle affirmation est correcte ? A : La vitesse d’une réaction augmente généralement avec la
température B : La vitesse d’une réaction diminue quand la température augmente C : La vitesse
d’une réaction est indépendante de la concentration des réactifs
R
3 - La trempe A : Consiste à rajouter de l’eau au milieu réactionnel B : Consiste à vaporiser le milieu
LM
réactionnel C : Désigne le refroidissement brutal du milieu réactionnel
4 - Le temps de demi-réaction, noté t ½ est la durée au bout de laquelle : A : L’avancement de la
EC
réaction est égal à la moitié de l’avancement maximal B : L’avancement de la réaction est égal à la
moitié de l’avancement final C : L’avancement de la réaction est égal à l’avancement final
AV
5 - Le suivi temporel d’une transformation à partir de dosages d’oxydoréduction est : A : Une mé-
thode chimique B : Une méthode physique C : Une méthode biologique
RS
6 - Le suivi d’une transformation chimique par titrage est : A : Une méthode non destructrice B :
U
7 - Pour réaliser un dosage, on utilise : A : Une éprouvette graduée B : Une burette graduée C : Une
fiole jaugée
8 - Un spectrophotomètre mesure : A : L’absorption d’une solution B : La longueur d’onde d’une
solution C : L’absorbance d’une solution 9 - Le suivi temporel d’une transformation à l’aide d’un
spectrophotomètre est : A : Une méthode chimique B : Une méthode physique C : Une méthode
biologique
10 - L’absorbance A d’une solution colorée de concentration C : A : Est proportionnelle à la concen-
tration de la solution si celle-ci est suffisamment diluée B : Est donnée par la relation : C : Dépend
uniquement de la couleur de la solution 11 - On étudie l’influence de la concentration C de la solu-
tion sur la valeur de l’absorbance A. Pour cela, on mesure l’absorbance A pour différentes solutions
de permanganate de potassium à la longueur d’onde fixée ( = 550 nm). On obtient le graphique ci-
dessus. La Loi de Beer-Lambert est -elle vérifiée ? A : Pour toute concentration C ≤ 8,0 ∗10−4 mol
/L B : Pour toute concentration C ≤ 6,0 ∗10−4 mol /L C : Pour toute concentration C 8,0 ∗10−4
mol /L
12 - Avec le spectrophotomètre, à la même longueur d’onde ( = 550 nm), on mesure l’absorbance A
d’une solution de permanganate de potassium de concentration C inconnue : A = 0 ,30. À l’aide du
graphique précédent, on trouve que, la concentration : A : C ≈ 1,5 x 104 mol /L B : C ≈ 1,5 ∗10−4
mol /L C : C ≈ 1,5 x 10–3 mol /L 13 - Avec un spectrophotomètre, on trace le spectre d’absorp-
343
tion d’une solution de permanganate de potassium. On obtient la courbe ci-dessus. La solution
absorbe dans : A : Le bleu B : Le vert C : Le rouge
14 - la solution précédente est : A : De couleur magenta B : Incolore C : De teinte cyan
15 - La vitesse volumique de la réaction v (t) à la date t, A : Est la dérivée par rapport au temps de
l’avancement x de la réaction. B : Est la dérivée par rapport au temps de du rapport entre l’avance-
ment x de la réaction et le volume V du milieu réactionnel C : Est égale au coefficient directeur de
la tangente à la courbe x = f (t) à l’instant considéré 16 - On donne ci-dessus la courbe représentant
l’évolution de la concentration C d’un produit de la réaction en fonction du temps. La vitesse de la
réaction étudiée à la date t peut s’écrire : . D’après la courbe, on peut dire que la vitesse initiale de
la réaction : A : Est inférieure à la vitesse de la réaction à la date t = 2,0 min B : Est supérieure à la
vitesse de la réaction à la date t = 2,0 min C : Est égale à la vitesse de la réaction à la date t = 2,0 min
17 - On donne ci-dessus la courbe d’évolution de la concentration C d’un produit de réaction en
fonction du temps t. D’après la courbe, on peut dire que le temps de demi réaction t ½ : A : Est égal
à 1 h 12 min B : Est égal à 35 min C : Est égal à 20 min
18 - La vitesse d’une réaction chimique : A : Augmente avec la concentration des réactifs B : Aug-
mente avec la concentration des produits C : Est indépendante de la concentration des réactifs
19 - Quelle affirmation est correcte ? A : La vitesse d’une réaction augmente généralement avec la
température B : La vitesse d’une réaction diminue quand la température augmente C : La vitesse
R
d’une réaction est indépendante de la concentration des réactifs
LM
20 - La trempe A : Consiste à rajouter de l’eau au milieu réactionnel B : Consiste à vaporiser le
milieu réactionnel C : Désigne le refroidissement brutal du milieu réactionnel
EC
23 - Le suivi d’une transformation chimique par titrage est : A : Une méthode non destructrice B :
Une méthode destructrice C : Adapté pour des échantillons de petite taille
CO
24 - Pour réaliser un dosage, on utilise : A : Une éprouvette graduée B : Une burette graduée C : Une
fiole jaugée
25 - Un spectrophotomètre mesure : A : L’absorption d’une solution B : La longueur d’onde d’une
solution C : L’absorbance d’une solution
26 - Le suivi temporel d’une transformation à l’aide d’un spectrophotomètre est : A : Une méthode
chimique B : Une méthode physique C : Une méthode biologique
27 - L’absorbance A d’une solution colorée de concentration C : A : Est proportionnelle à la concen-
tration de la solution si celle-ci est suffisamment diluée B : Est donnée par la relation : C : Dépend
uniquement de la couleur de la solution 28 - On étudie l’influence de la concentration C de la solu-
tion sur la valeur de l’absorbance A. Pour cela, on mesure l’absorbance A pour différentes solutions
de permanganate de potassium à la longueur d’onde fixée ( = 550 nm). On obtient le graphique ci-
dessus. La Loi de Beer-Lambert est -elle vérifiée ? A : Pour toute concentration C ≤ 8,0 ∗10−4 mol
/L B : Pour toute concentration C ≤ 6,0 ∗10−4 mol /L C : Pour toute concentration C 8,0 ∗10−4
mol /L
29 - Avec le spectrophotomètre, à la même longueur d’onde ( = 550 nm), on mesure l’absorbance A
d’une solution de permanganate de potassium de concentration C inconnue : A = 0 ,30. À l’aide du
graphique précédent, on trouve que, la concentration : A : C ≈ 1,5 x 104 mol /L B : C ≈ 1,5 ∗10−4
344
mol /L C : C ≈ 1,5 x 10–3 mol /L 30 - Avec un spectrophotomètre, on trace le spectre d’absorp-
tion d’une solution de permanganate de potassium. On obtient la courbe ci-dessus. La solution
absorbe dans : A : Le bleu B : Le vert C : Le rouge
31 - la solution précédente est : A : De couleur magenta B : Incolore C : De teinte cyan
32 - La vitesse volumique de la réaction v (t) à la date t, A : Est la dérivée par rapport au temps de
l’avancement x de la réaction. B : Est la dérivée par rapport au temps de du rapport entre l’avance-
ment x de la réaction et le volume V du milieu réactionnel C : Est égale au coefficient directeur de
la tangente à la courbe x = f (t) à l’instant considéré 33 - On donne ci-dessus la courbe représentant
l’évolution de la concentration C d’un produit de la réaction en fonction du temps. La vitesse de
la réaction étudiée à la date t peut s’écrire : . D’après la courbe, on peut dire que la vitesse initiale
de la réaction : A : Est inférieure à la vitesse de la réaction à la date t = 2,0 min B : Est supérieure à
la vitesse de la réaction à la date t = 2,0 min C : Est égale à la vitesse de la réaction à la date t = 2,0
min 34 - On donne ci-dessus la courbe d’évolution de la concentration C d’un produit de réaction
en fonction du temps t. D’après la courbe, on peut dire que le temps de demi réaction t ½ : A : Est
égal à 1 h 12 min B : Est égal à 35 min C : Est égal à 20 min
35- Les propriétés acides et basiques des solutions aqueuses : A : Dépendent de la concentration
en ions hydroxyde HO– B : Dépendent de la concentration en ions oxonium H3O+ C : Dépendent
de la quantité d’eau
36- La relation suivante : pH = - log [H3O+] est valable : A : Quelle que soit la concentration C de la
R
solution B : Pour les solutions diluées, C ≤ 2,0 x 10–2 mol / L C : Pour les solutions de concentration,
LM
C ≤ 1,0 mol / L
37 - La relation : pH = - log [H3O+] est équivalente à : A : [H3O+] = 10–pH mol / L B : [H3O+] = 10pH
EC
40- Pour effectuer une mesure de pH avec un pH-mètre, il faut avant tout : A : Plonger la sonde
CO
345
49 - Une réaction acido-basique est caractérisée par : A : Un transfert d’électron de l’acide d’un
couple acide / base vers la base d’un autre couple acide / base B : Un transfert de proton de la base
d’un couple acide / base vers l’acide d’un autre couple acide / base C : Un transfert de proton de
l’acide d’un couple acide / base vers la base d’un autre couple acide / base
50 - Dans une fiole jaugée de volume V = 500,0 mL, partiellement remplie d’eau distillée, on verse
avec précaution mapp = 3,00 g d’acide éthanoïque. On mélange puis on complète avec de l’eau
distillée jusqu’au trait de jauge et on mélange. Donnée : masse molaire de l’acide éthanoïque : M =
60,05 g / mol La valeur de l’avancement maximal x max de la réaction entre l’acide éthanoïque est
l’eau vaut : A : x max ≈ 5,00 x 10 –2 mol B : x max = 3,00 g C : x max ≈ 5,00 x 10 –2 mol / L
51- Le pH de la solution précédente vaut 2,90. L’avancement final xf de la réaction entre l’acide
éthanoïque est l’eau vaut : A : xf ≈ x max B : xf ≈ 1,3 x 10–2 mol C : xf ≈ 6,3 ∗10−4 mol
52- L’avancement d’une réaction est toujours : A : 0 ≤ x< 1 B : 0 ≤ x<x
53 - L’avancement final d’une réaction est toujours : A : 0 ≤ x f < 1 B : 0 ≤ xf ≤ x max C : 0 ≤ xf<x max
54- Une solution d’acide éthanoïque de concentration C = 5,0 ∗10−4 mol / L a un pH = 4,5. L’avan-
cement final de la réaction de l’acide éthanoïque sur l’eau : A : Est égal à l’avancement maximal B :
Est supérieur à l’avancement maximal C : Est inférieur à l’avancement maximal
55- Le taux d’avancement d’une réaction est égal : A : Au quotient de l’avancement final sur l’avan-
cement maximal B : Au produit de l’avancement final par l’avancement maximal C : Au quotient
R
de l’avancement maximal sur l’avancement final
LM
56 - Les propriétés acides et basiques des solutions aqueuses : A : Dépendent de la concentration
en ions hydroxyde HO– B : Dépendent de la concentration en ions oxonium H3O+ C : Dépendent
EC
de la quantité d’eau
57- La relation suivante : pH = - log [H3O+] est valable : A : Quelle que soit la concentration C de la
AV
solution B : Pour les solutions diluées, C ≤ 2,0 x 10–2 mol / L C : Pour les solutions de concentration,
C ≤ 1,0 mol / L
RS
58- La relation : pH = - log [H3O+] est équivalente à : A : [H3O+] = 10–pH mol / L B : [H3O+] = 10pH
U
59- Pour mesurer le pH d’une solution avec précision, on utilise : A : Le papier pH B : Des indica-
teurs colorés C : Le pH-mètre
60 - Le pH-mètre est : A : Un voltmètre électronique B : Constitué d’une sonde reliée à un voltmètre
électronique C : Un appareil qui mesure la concentration en ions oxonium d’une solution
6 1- Pour effectuer une mesure de pH avec un pH-mètre, il faut avant tout : A : Plonger la sonde
dans la solution, mettre le commutateur sur la position pH et effectuer la lecture B : Étalonner le
pH-mètre C : Une solution acide 62- On effectue la mesure du pH d’une solution aqueuse. Après
agitation et stabilisation, on obtient la valeur du pH indiquée sur la photo ci-dessus. La valeur de
la concentration en ions oxonium vaut :
A : [H3O+] ≈ 1,3 ∗10−4 mol / L B : [H3O+] ≈ 1,26 ∗10−4 mol / L C : [H3O+] ≈ 1,0 x 10–3,90 mol / L
63- Selon Bronsted, un acide est une espèce chimique capable : A : De capter au moins un proton
H+ B : De céder au moins un proton H+ C : De céder au moins un électron e–
64 - Selon Bronsted, une base est une espèce chimique capable : A : De capter au moins un proton
H+ B : De céder au moins un proton H+ C : De céder au moins un électron e–
65- Une base est : A : Toujours une molécule B : Toujours un ion C : Une molécule ou un ion
66 - Un acide est : A : Toujours une molécule B : Toujours un ion C : Une molécule ou un ion
346
67- L’ion hydroxyde HO– est la base conjuguée de : A : H3O+ B : H2O C : H2O2
68 - L’ion H3O+ est l’acide conjugué de : A : H2O B : HO– C : H2O2
69- L’eau est une espèce amphotère, on parle d’ampholyte. Elle peut se comporter : A : En tant
qu’acide seulement B : En tant que base seulement C : En tant qu’acide ou en tant que base 70 -
Une réaction acido-basique est caractérisée par : A : Un transfert d’électron de l’acide d’un couple
acide / base vers la base d’un autre couple acide / base B : Un transfert de proton de la base d’un
couple acide / base vers l’acide d’un autre couple acide / base C : Un transfert de proton de l’acide
d’un couple acide / base vers la base d’un autre couple acide / base
71 - Dans une fiole jaugée de volume V = 500,0 mL, partiellement remplie d’eau distillée, on verse
avec précaution mapp = 3,00 g d’acide éthanoïque. On mélange puis on complète avec de l’eau
distillée jusqu’au trait de jauge et on mélange. Donnée : masse molaire de l’acide éthanoïque : M =
60,05 g / mol La valeur de l’avancement maximal x max de la réaction entre l’acide éthanoïque est
l’eau vaut : A : x max ≈ 5,00 x 10 –2 mol B : x max = 3,00 g C : x max ≈ 5,00 x 10 –2 mol / L
72- Le pH de la solution précédente vaut 2,90. L’avancement final xf de la réaction entre l’acide
éthanoïque est l’eau vaut : A : xf ≈ x max B : xf ≈ 1,3 x 10–2 mol C : xf ≈ 6,3 ∗10−4 mol
73- L’avancement d’une réaction est toujours : A : 0 ≤ x< 1 B : 0 ≤ x<x
74 - L’avancement final d’une réaction est toujours : A : 0 ≤ x f < 1 B : 0 ≤ xf ≤ x max C : 0 ≤ xf<x max
R
75 - Une solution d’acide éthanoïque de concentration C = 5,0 ∗10−4 mol / L a un pH = 4,5. L’avan-
cement final de la réaction de l’acide éthanoïque sur l’eau : A : Est égal à l’avancement maximal B :
LM
Est supérieur à l’avancement maximal C : Est inférieur à l’avancement maximal
76 - Le taux d’avancement d’une réaction est égal : A : Au quotient de l’avancement final sur l’avan-
EC
77 - Lorsque l’eau est le solvant : A : Elle intervient dans l’écriture de l’expression du quotient de
RS
réaction B : Elle n’intervient pas dans l’écriture de l’expression du quotient de réaction C : Elle
n’intervient pas dans l’écriture de l’expression du quotient de réaction que si elle n’intervient pas
U
78- Le quotient de réaction : A : Est lié au sens d’écriture de l’équation de la réaction B : Est indé-
pendant du sens d’écriture de l’équation de la réaction C : Ne dépend pas du sens d’écriture de
l’équation de la réaction
79- À un instant donné, le quotient de réaction : A : Ne dépend pas de l’avancement x de la réaction
B : Dépend de l’avancement maximal x max de la réaction C : Dépend de l’avancement x de la
réaction
80- Quand pour une réaction xf< x max , le quotient de réaction à l’état final : A : Est une constante
appelée constante d’équilibre notée K. B : Dépend de la température du milieu réactionnel C :
Dépend du taux d’avancement final de la réaction
81- Pour une transformation donnée, à une température donnée, le taux d’avancement final τ de
la réaction : A : Ne dépend que la constante d’équilibre de la réaction B : Ne dépend que de l’état
initial du système C : Dépend de la constante d’équilibre et de l’état initial du système
82 - Toujours pour la réaction entre l’ion benzoate et l’eau. À l’équilibre, le quotient de réaction
vaut : A : Qr,eq = 0 B : Qr,eq = cte = K C : Qr,eq → ∞ 83- Si on ajoute des ions hydroxyde à une
solution aqueuse d’ion benzoate, la constante d’équilibre K de la réaction entre l’ion benzoate et
l’eau : A : K augmente B : K est inchangé C : K diminue
84 - Si on dilue une solution aqueuse de benzoate de sodium, on déplace l’équilibre de la réaction
entre l’ion benzoate et l’eau : A : Dans le sens direct B : Dans le sens indirect C : L’équilibre n’est
347
pas modifié
85 - Pour la réaction suivante, On donne Qr,eq = K La constante K ne dépend que de la température
K (25 ° C) = 1,58 x 10 –5 et K (100 ° C) = 12,98 x 10 –5 Le chlorure de plomb est : A : Plus soluble à 25
° C qu’à 100 ° C B : Moins soluble à 25 ° C qu’à 100 ° C C : On ne peut pas conclure
86 - Le taux d’avancement final d’une réaction donnée : A : Dépend de l’état initial du système B :
Est égal au rapport C : Est indépendant de l’état initial du système
87 - Le quotient de réaction à l’équilibre, noté Qr,eq A : Dépend de l’état initial du système B : Est
aussi appelé constante d’équilibre de la réaction, noté K C : Est indépendant de l’état initial du
système
88- À même concentration initiale, c’est l’acide qui possède la plus grande constante d’équilibre K
A : Dont le taux d’avancement final est le plus grand B : Dont le taux d’avancement final est le plus
petit C : Qui est le moins dissocié
89 - Le taux d’avancement final d’une réaction chimique : A : Est d’autant plus grand que la concen-
tration en soluté apporté est grande B : Est d’autant plus grand que la concentration en soluté
apporté est faible C : Est d’autant plus faible que la concentration en soluté apporté est faible
90 - Au cours d’une réaction chimique, le quotient de réaction Qr : A : Augmente obligatoirement
B : Diminue obligatoirement C : Peut augmenter ou diminuer, cela dépend de l’état initial du sys-
tème
R
91 - Lorsque l’eau est le solvant : A : Elle intervient dans l’écriture de l’expression du quotient de
LM
réaction B : Elle n’intervient pas dans l’écriture de l’expression du quotient de réaction C : Elle
n’intervient pas dans l’écriture de l’expression du quotient de réaction que si elle n’intervient pas
EC
94 - Quand pour une réaction xf< x max , le quotient de réaction à l’état final : A : Est une constante
appelée constante d’équilibre notée K. B : Dépend de la température du milieu réactionnel C :
Dépend du taux d’avancement final de la réaction
95 - Pour une transformation donnée, à une température donnée, le taux d’avancement final τ de
la réaction : A : Ne dépend que la constante d’équilibre de la réaction B : Ne dépend que de l’état
initial du système C : Dépend de la constante d’équilibre et de l’état initial du système
96 - Toujours pour la réaction entre l’ion benzoate et l’eau. À l’équilibre, le quotient de réaction
vaut : A : Qr,eq = 0 B : Qr,eq = cte = K C : Qr,eq → ∞
97 - Si on ajoute des ions hydroxyde à une solution aqueuse d’ion benzoate, la constante d’équi-
libre K de la réaction entre l’ion benzoate et l’eau : A : K augmente B : K est inchangé C : K diminue
98 - Si on dilue une solution aqueuse de benzoate de sodium, on déplace l’équilibre de la réaction
entre l’ion benzoate et l’eau : A : Dans le sens direct B : Dans le sens indirect C : L’équilibre n’est
pas modifié
99 - Pour la réaction suivante, On donne Qr,eq = K La constante K ne dépend que de la température
K (25 ° C) = 1,58 x 10 –5 et K (100 ° C) = 12,98 x 10 –5 Le chlorure de plomb est : A : Plus soluble à 25
° C qu’à 100 ° C B : Moins soluble à 25 ° C qu’à 100 ° C C : On ne peut pas conclure
348
100 - Le taux d’avancement final d’une réaction donnée : A : Dépend de l’état initial du système B :
Est égal au rapport C : Est indépendant de l’état initial du système
101- Le quotient de réaction à l’équilibre, noté Qr,eq A : Dépend de l’état initial du système B : Est
aussi appelé constante d’équilibre de la réaction, noté K C : Est indépendant de l’état initial du
système
102 - À même concentration initiale, c’est l’acide qui possède la plus grande constante d’équilibre
K : A : Dont le taux d’avancement final est le plus grand B : Dont le taux d’avancement final est le
plus petit C : Qui est le moins dissocié
103 - Le taux d’avancement final d’une réaction chimique : A : Est d’autant plus grand que la
concentration en soluté apporté est grande B : Est d’autant plus grand que la concentration en
soluté apporté est faible C : Est d’autant plus faible que la concentration en soluté apporté est
faible
104 - Au cours d’une réaction chimique, le quotient de réaction Qr : A : Augmente obligatoirement
B : Diminue obligatoirement C : Peut augmenter ou diminuer, cela dépend de l’état initial du sys-
tème
105 - L’autoprotolyse de l’eau : A : Est une réaction très limitée B : Est une réaction totale C : Est
une réaction acido-basique
106 - On affirme que seulement 2 molécules d’eau sur 556 millions participent à la formation des
R
ions H3O+ et HO– . Le taux d’avancement final τ de la réaction d’autoprotolyse de l’eau vaut : A :
LM
τ ≈ 1 B : τ ≈ 3,6 x 10– 9 C : τ ≈ 3,6 x 10– 7
107 - La constante d’équilibre associée à l’équation d’autoprotolyse de l’eau, notée Ke est appelé
EC
109 - Une solution neutre : A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium B : Contient
moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium C : Contient autant d’ions hydroxyde que d’ions oxo-
CO
nium
110 - Une solution acide : A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium B : Contient
moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium C : Contient autant d’ions hydroxyde que d’ions oxo-
nium
111 - Une solution basique : A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium B : Contient
moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium C : Contient autant d’ions hydroxyde que d’ions oxo-
nium
112- On donne : À 25 ° C, pKe = 14 À 60 ° C, pKe = 13 À 60 °C, une solution de pH = 7,0 est : A : Acide
B : Basique C : Neutre
113 - Pour les solutions d’acides de mêmes concentrations C : A : Le pH est d’autant plus grand
que le KA est grand B : Le pH est d’autant plus faible que le KA est grand C : Le taux d’avancement
final τ est d’autant plus grand que le KA est grand
114 - Pour les solutions d’acides de mêmes concentrations C : A : Le pH est d’autant plus faible que
le pKA petit. B : L’acide est d’autant plus dissocié que le pKA grand C : Le taux d’avancement final
τ est d’autant plus grand que le pKA est grand
115- Pour les solutions de bases de mêmes concentrations C : A : Le pH est d’autant plus élevé que
le KA est petit B : Le taux d’avancement final τ est d’autant plus grand que le KA est petit C : La
349
base est d’autant plus dissociée que le KA est grand
116- Une solution de chlorure d’ammonium a un pH = 11. Le pKA du couple NH4+ (aq) / NH3 (aq)
vaut 9,2. Dans cette solution : A : L’espèce prédominante est NH3 (aq) B : L’espèce prédominante
est l’ion ammonium NH4+ (aq) C : Il n’y a pas d’ions ammonium
117 - Une solution de soude de formule Na+ (aq) + HO– (aq) a une concentration en ions hy-
droxyde de 1,0 x 10 – 5 mol / L. Son pH, à 25 ° C, vaut : A : pH ≈ 5,0 B : pH ≈ 9,0 C : pH ≈ 7,0
2 - L’autoprotolyse de l’eau : A : Est une réaction très limitée B : Est une réaction totale C : Est une
réaction acido-basique
118 - On affirme que seulement 2 molécules d’eau sur 556 millions participent à la formation des
ions H3O+ et HO– . Le taux d’avancement final τ de la réaction d’autoprotolyse de l’eau vaut : A :
τ ≈ 1 B : τ ≈ 3,6 x 10– 9 C : τ ≈ 3,6 x 10– 7
119- La constante d’équilibre associée à l’équation d’autoprotolyse de l’eau, notée Ke est appelé
produit ionique de l’eau. On donne : À 25 ° C, pKe = 14 À 60 ° C, pKe = 13 A : La constante Ke est
valable pour toutes les solutions aqueuses B : La constante Ke augmente avec la température C :
La constante Ke diminue avec la température
120 - Au produit ionique de l’eau, on associe une autre grandeur nommée pKe. Cette grandeur est
définie par la relation : A : Ke = – log (pKe) B : Ke = 10–pKe C : Ke = – pKe
R
121- Une solution neutre : A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium B : Contient
moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium C : Contient autant d’ions hydroxyde que d’ions oxo-
LM
nium
122 - Une solution acide : A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium B : Contient
EC
moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium C : Contient autant d’ions hydroxyde que d’ions oxo-
nium
AV
123 - Une solution basique : A : Contient plus d’ions hydroxyde que d’ions oxonium B : Contient
RS
moins d’ions hydroxyde que d’ions oxonium C : Contient autant d’ions hydroxyde que d’ions oxo-
nium
U
124 - On donne : À 25 ° C, pKe = 14 À 60 ° C, pKe = 13 À 60 °C, une solution de pH = 7,0 est : A : Acide
CO
B : Basique C : Neutre
125 - Pour les solutions d’acides de mêmes concentrations C : A : Le pH est d’autant plus grand
que le KA est grand B : Le pH est d’autant plus faible que le KA est grand C : Le taux d’avancement
final τ est d’autant plus grand que le KA est grand
126 - Pour les solutions d’acides de mêmes concentrations C : A : Le pH est d’autant plus faible que
le pKA petit. B : L’acide est d’autant plus dissocié que le pKA grand C : Le taux d’avancement final
τ est d’autant plus grand que le pKA est grand
127 - Pour les solutions de bases de mêmes concentrations C : A : Le pH est d’autant plus élevé que
le KA est petit B : Le taux d’avancement final τ est d’autant plus grand que le KA est petit C : La
base est d’autant plus dissociée que le KA est grand
128 - Une solution de chlorure d’ammonium a un pH = 11. Le pKA du couple NH4+ (aq) / NH3 (aq)
vaut 9,2. Dans cette solution : A : L’espèce prédominante est NH3 (aq) B : L’espèce prédominante
est l’ion ammonium NH4+ (aq) C : Il n’y a pas d’ions ammonium
129 - Une solution de soude de formule Na+ (aq) + HO– (aq) a une concentration en ions hy-
droxyde de 1,0 x 10 – 5 mol / L. Son pH, à 25 ° C, vaut : A : pH ≈ 5,0 B : pH ≈ 9,0 C : pH ≈ 7,0 130
- Pour réaliser un montage afin d’effectuer le dosage pH-métrique, il faut utiliser : A : Une pipette
graduée B : Une éprouvette graduée C : Une burette graduée
350
131 - On réalise le suivi pH-métrique du dosage de l’acide chlorhydrique par la soude. À l’équi-
valence, la courbe représentant l’évolution du pH en fonction du volume VB de soude versé pré-
sente : A : Un bond de pH B : Un saut de pH C : Un pic de pH
132 - La formule de la solution aqueuse de soude est : A : NaOH (aq) B : NaOH (s) C : Na+ (aq) +
HO– (aq)
133 - La formule de la solution d’acide chlorhydrique est : A : H3O+ (aq) + Cl– (aq) B : HCl (aq) C :
HCl (g)
134- Lorsque l’on dose une solution d’acide chlorhydrique par de la soude, à l’équivalence le : A :
pH> 7 B : pH = 7 C : pH< 7
135 - À l’équivalence du dosage d’un acide par la soude, la dérivée de la courbe pH = f (VB) don-
nant l’évolution du pH en fonction du volume de soude versé est : A : À son maximum B : À son
minimum C : nulle
136- Une réaction de dosage : A : Est totale, rapide, unique B : À un taux d’avancement final infé-
rieur à 1 C : À une constante d’équilibre K supérieure à 104
137 - On dose un acide AH par une base B. À l’équivalence : A : L’acide est la base ont été mélangés
dans les proportions stœchiométriques définies par les coefficients de la réaction B : La quantité de
matière d’acide apporté est égale à la quantité de matière de base apportée C : Le pH est toujours
égal à 7
R
138 - La courbe ci-dessous représente l’évolution du pH en fonction du volume de soude versé
LM
pour le dosage d’une solution d’acide chlorhydrique. On peut repérer l’équivalence à l’aide : A : De
la valeur du coefficient directeur de la tangente à l’origine B : À l’aide de la méthode des tangentes
EC
140 - Les indicateurs colorés sont : A : Des espèces chimiques acido-basiques B : Des espèces chi-
miques oxydant-réducteur C : Des espèces chimiques neutres
U
lors du dosage acido-basique. On dispose de trois indicateurs colorés dont on donne les caracté-
ristiques ci-dessuus. Pour réaliser le même dosage avec un indicateur coloré, il faut utiliser : A : La
phénolphtaléine B : L’hélianthine C : Le Bleu de bromothymol (B.B.T)
142 - On a dosé 10,0 mL d’une solution SA d’acide, de concentration inconnue, par 15,0 mL d’une
solution de SB de soude de concentration CB = 0,20 mol / L. La concentration de la solution dosée
est : A : CA ≈ 0,13 mol / L B : CA ≈ 0,30 mol / L C : CA ≈ 0,3 mol / L
143- La réaction entre un acide et une base servant de support à un dosage est : A : Toujours totale
B : Toujours limitée C : Parfois totale, parfois limitée, cela dépend de l’acide et de la base
144 - À l’équivalence, le taux d’avancement final de la réaction acide base support du dosage est
A : Inférieur à 1 B : Égal à 1 C : Supérieur à 1
145 - On réalise le dosage de l’acide éthanoïque par une solution aqueuse de soude. À l’équiva-
lence, le pH du point d’équivalence est : A : Inférieur à 7 B : Supérieur à 7 C : Égal à 7
146 - On réalise, le dosage d’une solution d’ammoniac NH3 (aq) par de l’acide chlorhydrique. À
l’équivalence : A : On est en présence d’une solution aqueuse de chlorure d’ammonium B : Le pH
du mélange réactionnel est inférieur à 7 C : Le pH du mélange réactionnel est supérieur à 7
147 - On veut doser 10,0 mL d’une solution SA d’acide, de concentration inconnue, par une solu-
tion SB de soude de concentration CB = 0,20 mol / L. Pour prélever les 10,0 mL de la solution SA
351
d’acide, on utilise : A : Une pipette graduée B : Une éprouvette graduée C : une pipette jaugée
148- Pour réaliser un montage afin d’effectuer le dosage pH-métrique, il faut utiliser : A : Une
pipette graduée B : Une éprouvette graduée C : Une burette graduée
149- On réalise le suivi pH-métrique du dosage de l’acide chlorhydrique par la soude. À l’équi-
valence, la courbe représentant l’évolution du pH en fonction du volume VB de soude versé pré-
sente : A : Un bond de pH B : Un saut de pH C : Un pic de pH
150 - La formule de la solution aqueuse de soude est : A : NaOH (aq) B : NaOH (s) C : Na+ (aq) +
HO– (aq)
151 - La formule de la solution d’acide chlorhydrique est : A : H3O+ (aq) + Cl– (aq) B : HCl (aq) C :
HCl (g)
152 - Lorsque l’on dose une solution d’acide chlorhydrique par de la soude, à l’équivalence le : A :
pH> 7 B : pH = 7 C : pH< 7
153- À l’équivalence du dosage d’un acide par la soude, la dérivée de la courbe pH = f (VB) don-
nant l’évolution du pH en fonction du volume de soude versé est : A : À son maximum B : À son
minimum C : nulle
154 - Une réaction de dosage : A : Est totale, rapide, unique B : À un taux d’avancement final infé-
rieur à 1 C : À une constante d’équilibre K supérieure à 104
R
155 - On dose un acide AH par une base B. À l’équivalence : A : L’acide est la base ont été mélangés
LM
dans les proportions stœchiométriques définies par les coefficients de la réaction B : La quantité de
matière d’acide apporté est égale à la quantité de matière de base apportée C : Le pH est toujours
égal à 7
EC
pour le dosage d’une solution d’acide chlorhydrique. On peut repérer l’équivalence à l’aide : A : De
la valeur du coefficient directeur de la tangente à l’origine B : À l’aide de la méthode des tangentes
RS
158 - Les indicateurs colorés sont : A : Des espèces chimiques acido-basiques B : Des espèces chi-
miques oxydant-réducteur C : Des espèces chimiques neutres
159 - La courbe ci-dessous représente l’évolution du pH en fonction du volume de soude versé
lors du dosage acido-basique. On dispose de trois indicateurs colorés dont on donne les caracté-
ristiques ci-dessuus. Pour réaliser le même dosage avec un indicateur coloré, il faut utiliser : A : La
phénolphtaléine B : L’hélianthine C : Le Bleu de bromothymol (B.B.T)
160 - On a dosé 10,0 mL d’une solution SA d’acide, de concentration inconnue, par 15,0 mL d’une
solution de SB de soude de concentration CB = 0,20 mol / L. La concentration de la solution dosée
est : A : CA ≈ 0,13 mol / L B : CA ≈ 0,30 mol / L C : CA ≈ 0,3 mol / L
16 1- La réaction entre un acide et une base servant de support à un dosage est : A : Toujours totale
B : Toujours limitée C : Parfois totale, parfois limitée, cela dépend de l’acide et de la base
162- À l’équivalence, le taux d’avancement final de la réaction acide base support du dosage est :
A : Inférieur à 1 B : Égal à 1 C : Supérieur à 1
163 - On réalise le dosage de l’acide éthanoïque par une solution aqueuse de soude. À l’équiva-
lence, le pH du point d’équivalence est : A : Inférieur à 7 B : Supérieur à 7 C : Égal à 7
164- On réalise, le dosage d’une solution d’ammoniac NH3 (aq) par de l’acide chlorhydrique. À
l’équivalence : A : On est en présence d’une solution aqueuse de chlorure d’ammonium B : Le pH
352
du mélange réactionnel est inférieur à 7 C : Le pH du mélange réactionnel est supérieur à 7
165- On veut doser 10,0 mL d’une solution SA d’acide, de concentration inconnue, par une solu-
tion SB de soude de concentration CB = 0,20 mol / L. Pour prélever les 10,0 mL de la solution SA
d’acide, on utilise : A : Une pipette graduée B : Une éprouvette graduée C : une pipette jaugée
166 - Les réactions suivantes sont rapides : A : Fermentation alcoolique des sucres. B : Combustion
de l’essence dans un moteur thermique. C : Réaction entre les ions cuivre II Cu2+ (aq) et les ions
hydroxyde HO– (aq)
167 - Les réactions chimiques suivantes sont lentes :
A : Formation de la rouille. B : Précipitation du chlorure d’argent AgCl (s) C : Formation des stalac-
tites dans les grottes.
168 - Généralement, la rapidité d’évolution d’un système augmente lorsque : A : La concentra-
tion des produits croît. B : La concentration des réactifs diminue. C : La concentration des réactifs
augmente.
169 - Le dégagement de dihydrogène dans la réaction d’équation : est d’autant plus rapide, lorsque :
A : Le métal fer est en poudre. B : Le métal fer est en plaque. C : Les ions H+ (aq) sont concentrés.
170 - Généralement, la rapidité d’évolution d’un système : A : Ne dépend pas de la température. B :
Croît lorsque la température augmente. C : Diminue lorsque l’avancement du système croît.
R
171 - Un catalyseur : A : Accélère une réaction. B : Figure dans l’équation de la réaction. C : Diminue
LM
le temps de demi-réaction.
172 - Les ions fer III Fe3+ (aq) et le platine Pt (s) catalysent la réaction d’équation : A : La catalyse par
EC
le platine est une catalyse hétérogène. B : La catalyse par les ions fer III Fe3+ (aq) est une catalyse
hétérogène. C : La catalyse par les ions fer III Fe3+ (aq) est une catalyse homogène.
AV
173 - L’amylase est une enzyme, présente dans la salive, qui accélère l’hydrolyse des sucres lents.
A : L’amylase est un catalyseur. B : Il est nécessaire de connaître sa formule pour écrire l’équation
RS
de cette hydrolyse. C : L’hydrolyse des sucres lents est impossible sans amylase.
U
174 - La durée tf d’une réaction : A : Peut être définie en utilisant l’avancement. B : Nécessite de
connaître le réactif limitant. C : Ne nécessite pas de connaître le réactif limitant.
CO
175 - Le temps de demi-réaction t1/2 et la durée d’une réaction tf sont généralement tels que : A :
tf 2 t1/2 B : tf = 2 t1/2 C : tf< 2 t1/2
176 - Soit x max l’avancement maximal d’un système ; pour t = t1/2, l’avancement noté x1/2 est tel
que : A : x1/2 = 2 x max B : x max > 2 x1/2
77 - À partir du graphique de la question précédente, la durée tf de la transformation est définie
par un expérimentateur comme la durée pour laquelle l’avancement x de la transformation est
égal à 2,0 mol. Alors : A : tf ≈ 0,10 min B : tf ≈ 1,4 min C : tf ≈ 3,0 min
178 - Le temps de demi-réaction t1/2 de cette transformation est égal à : A : 0,40 min B : 0,90 min
C : 3,0 min
179 - Les réactions suivantes sont rapides : A : Fermentation alcoolique des sucres. B : Combustion
de l’essence dans un moteur thermique. C : Réaction entre les ions cuivre II Cu2+ (aq) et les ions
hydroxyde HO– (aq)
180 - Les réactions chimiques suivantes sont lentes : A : Formation de la rouille. B : Précipitation
du chlorure d’argent AgCl (s) C : Formation des stalactites dans les grottes.
181 - Généralement, la rapidité d’évolution d’un système augmente lorsque : A : La concentra-
tion des produits croît. B : La concentration des réactifs diminue. C : La concentration des réactifs
353
augmente.
182 - Le dégagement de dihydrogène dans la réaction d’équation : est d’autant plus rapide, lorsque :
A : Le métal fer est en poudre. B : Le métal fer est en plaque. C : Les ions H+ (aq) sont concentrés.
183 - Généralement, la rapidité d’évolution d’un système : A : Ne dépend pas de la température. B :
Croît lorsque la température augmente. C : Diminue lorsque l’avancement du système croît.
184 - Un catalyseur : A : Accélère une réaction. B : Figure dans l’équation de la réaction. C : Diminue
le temps de demi-réaction.
185 - Les ions fer III Fe3+ (aq) et le platine Pt (s) catalysent la réaction d’équation : A : La catalyse
par le platine est une catalyse hétérogène. B : La catalyse par les ions fer III Fe3+ (aq) est une
catalyse hétérogène. C : La catalyse par les ions fer III Fe3+ (aq) est une catalyse homogène. 186
- L’amylase est une enzyme, présente dans la salive, qui accélère l’hydrolyse des sucres lents. A :
L’amylase est un catalyseur. B : Il est nécessaire de connaître sa formule pour écrire l’équation de
cette hydrolyse. C : L’hydrolyse des sucres lents est impossible sans amylase.
187 - La durée tf d’une réaction : A : Peut être définie en utilisant l’avancement. B : Nécessite de
connaître le réactif limitant. C : Ne nécessite pas de connaître le réactif limitant.
188 - Le temps de demi-réaction t1/2 et la durée d’une réaction tf sont généralement tels que : A :
tf 2 t1/2 B : tf = 2 t1/2 C : tf< 2 t1/2
R
189 - Soit x max l’avancement maximal d’un système ; pour t = t1/2, l’avancement noté x1/2 est tel
que : A : x1/2 = 2 x max B : x max > 2 x1/2
LM
190- À partir du graphique de la question précédente, la durée tf de la transformation est définie
par un expérimentateur comme la durée pour laquelle l’avancement x de la transformation est
EC
égal à 2,0 mol. Alors : A : tf ≈ 0,10 min B : tf ≈ 1,4 min C : tf ≈ 3,0 min
AV
191 - Le temps de demi-réaction t1/2 de cette transformation est égal à : A : 0,40 min B : 0,90 min
C : 3,0 min
RS
192 - Lorsqu’une molécule est chirale : A : Elle est superposable à son image dans un miroir. B :
Son image dans un miroir plan est une molécule chirale. C : Elle présente un plan de symétrie.
U
354
200 - La molécule ci-dessous comporte : A : Zéro atome de carbone asymétrique. B : Un seul atome
de carbone asymétrique. C : Deux atomes de carbone asymétriques.
201- La chaîne carbonée d’une molécule peut être raccourcie : A : Par craquage catalytique. B : Par
distillation fractionnée. C : Par vapocraquage.
202 - Le passage de l’octane au but-2-ène peut se faire par : A : Alkylation. B : Reformage. C : Cra-
quage.
203 - La molécule d’éthanoate de méthyle, dont le modèle moléculaire est donné ci-dessous, est :
A : Un alcool. B : Un ester. C : Une cétone
204 - La molécule de 2,3-diméthylbutanamine possède : A : Une chaîne principale à quatre atomes
de carbone. B : Quatre atomes de carbone. C : Un atome d’azote.
205 - La molécule de propanoate de méthyle : A : Est un ester. B : Possède un seul atome d’oxygène.
C : Possède quatre atomes de carbone.
206 - Les molécules dont les formules topologiques sont données ci-dessous : A : N’ont pas la
même chaîne carbonée principale. B : N’ont pas le même groupe caractéristique. C : Ont la même
formule brute.
207 - Les molécules dont les formules topologiques sont données ci-dessous : A : Ont la même
chaîne carbonée. B : N’ont pas le même groupe caractéristique. C : Ont la même formule brute.
R
208 - Une molécule qui subit une réaction de substitution : A : Gagne un groupe caractéristique
LM
supplémentaire. B : Peut perdre un groupe caractéristique. C : Perd certains atomes qui sont rem-
placés par d’autres.
EC
209 - Une molécule qui subit une réaction d’addition : A : Gagne une double liaison. B : Perd une
double liaison. C : Perd une liaison multiple
AV
210 - Une molécule qui subit une réaction d’élimination : A : Gagne un groupe caractéristique
supplémentaire. B : Perd des atomes. C : Perd une liaison multiple.
RS
211 - La réaction d’équation représentée ci-dessous est une réaction : A : De substitution. B : D’ad-
U
dition. C : D’élimination.
CO
212 - La réaction d’équation représentée ci-dessous est une réaction : A : De substitution. B : D’ad-
dition. C : D’élimination.
213- Données : L’électronégativité d’un atome traduit son aptitude à : A : Former une liaison avec
un autre atome. B : Attirer à lui le doublet d’électrons qui le lie à un autre atome. C : Porter des
charges partielles négatives.
214 - L’ion hydrogène H+ est un site : A : Donneur de doublet d’électrons. B : Accepteur de doublet
d’électrons. C : Ni donneur, ni accepteur de doublet d’électrons.
215 - L’ion hydrure est un site : A : Donneur de doublet d’électrons. B : Accepteur de doublet d’élec-
trons. C : Ni donneur, ni accepteur de doublet d’électrons.
216- Dans la molécule de méthanal (voir ci-dessous), l’atome : A : De carbone porte une charge
partielle négative. B : De carbone porte une charge partielle positive. C : D’oxygène porte une
charge partielle positive.
217 - La liaison C = O est : A : Chargée. B : Polarisée. C : Non polarisée.
218 - Le graphe ci-dessous a été obtenu lors d’un dosage par conductimétrie. Ce graphe : A : Est
une courbe d’étalonnage B : Vérifie la loi de Kohlrausch. C : Vérifie la loi de Beer-Lambert.
355
219 - Pour le graphe ci-dessus, l’équation de la courbe est : A : σ = 5,0 . C B : C = 5,0 . σ C : σ = 0,20
. C 220 - La droite d’étalonnage d’un dosage spectrophotométrique : A : A un coefficient directeur
sans unité. B : Est la droite représentative de σ = f (C) C : Est la droite représentative de A = f (C)
221- Un dosage par titrage direct met en jeu : A : Une réaction chimique B : Deux réactions chi-
miques. C : Un réactif titrant et un réactif titré.
222- Une réaction support de dosage par titrage direct doit être : A : Lente et totale. B : Rapide et
totale. C : Rapide et limitée.
223- À l’équivalence d’un titrage : A : Le volume du réactif titrant est égal au volume du réactif titré.
B : Un mélange équimolaire des réactifs est réalisé. C : Un mélange stœchiométrique des réactifs
est réalisé.
224 - L’équivalence d’un titrage conductimétrique est repérée grâce : A : Au changement de pente
du graphe σ = f (Vréactif ajouté) B : À la méthode des tangentes parallèles. C : À l’utilisation d’un
indicateur de fin de réaction.
225 - L’équivalence d’un titrage pH-métrique peut être repérée grâce à : A : La méthode des tan-
gentes parallèles. B : L’utilisation d’un indicateur coloré acido-basique quelconque. C : La méthode
de la courbe dérivée.
226- Lors d’un titrage colorimétrique d’une solution de diiode, on ajoute un peu de thiodène à
cette solution pour repérer l’équivalence. Le thiodène : A : Est un indicateur de fin de réaction. B :
R
Est le réactif titré C : Permet de mieux repérer l’équivalence.
LM
227- Le montage représenté ci-dessous est un montage : A : De chauffage à reflux. B : D’hydrodis-
tillation. C : De distillation
EC
228- Le pictogramme signifie : A : Que le produit est toxique. B : Qu’il faut manipuler le produit
avec des gants. C : Que le produit est corrosif
AV
229- L’introduction d’un catalyseur dans le milieu réactionnel permet : A : D’accélérer la réaction.
RS
230- La recristallisation : A : Consiste à refroidir le milieu réactionnel une fois la synthèse terminée.
CO
B : Est une technique de purification des solides. C : Est une technique de purification des liquides.
231- Pour contrôler la pureté d’un solide, on peut : A : Réaliser une chromatographie sur couche
mince. B : Mesurer son indice de réfraction. C : Mesurer sa température de fusion.
232 - La molécule ci-dessous possède : A : Une fonction cétone, une fonction amine et une fonction
alcool. B : Une fonction amide et une fonction alcool. C : Une fonction amine et une fonction acide
carboxylique.
233 - La réaction entre les molécules A et B est sélective si : A : La fonction alcool de A est la seule à
réagir B : Les fonctions alcool et amine de A réagissent toutes les deux avec l’anhydride acétique.
C : L’anhydride d’acide B est inerte vis-à-vis de A.
234 - Pour réaliser la synthèse peptidique ci-dessous, il faut : A : Protéger la fonction amine de A
et la fonction acide carboxylique de B. B : Protéger les deux fonctions de A. C : Protéger la fonction
amine de B et la fonction acide carboxylique de A.
235 - On étudie la transformation décrite par l’équation de la réaction suivante : Lors de cette
synthèse, on introduit 10 mL d’alcool, 30 mL d’acide et 1,0 g d’APTS. Données : Masses molaires
en g . mol-1 : Alcool = M1 = 88, acide : M2 = 60 APTS M3 = 172 ; ester M4 = 130. Dans cette synthèse
le produit d’intérêt est : A : De l’eau. B : Un ester C : Un amide
356
236 - Dans cette synthèse, l’APTS joue le rôle de : A : Réactif. B : Produit. C : Catalyseur. 237 -
Sachant que la masse volumique de l’alcool est 0,81 kg . L–1 et celle de l’acide 1,05 kg . L–1 , le
réactif limitant est : A : L’alcool. B : L’acide. C : L’ester.
238 - Une manipulation a permis d’obtenir 7,6 g d’ester. Le rendement est de : A : 10 B : 64
239 - Le produit obtenu est liquide. Par conséquent, il ne pourra pas être caractérisé par : A : Sa
masse volumique. B : Une chromatographie sur couche mince. C : Sa température de fusion.
240 - Pour purifier le produit liquide obtenu, on peut réaliser : A : Une distillation. B : Une chroma-
tographie sur couche mince. C : Une recristallisation.
241 - Le pH et la concentration [H3O+] sont reliés par : A : [H3O+]= 10– pH B : pH = log [H3O+] C :
pH = – log [H3O+]
242 - Une solution d’acide méthanoïque a un pH égal à 2,6. La concentration [H3O+] dans la so-
lution est : A : [H3O+] = 10 –2,6 mol . L–1 B : [H3O+] = 10 2,6 mol . L–1 C : [H3O+] = 2,5 mmol .
L–1
243 - L’ammoniac est une base au sens de Brönsted. L’ammoniac : A : Peut capter un proton H+ B :
A pour acide conjugué NH2– C : Appartient au couple acide / base : NH4+ / NH3.
244 - La réaction acido-basique d’équation ci-dessous correspond à un transfert : A : D’un proton
de HNO2 (aq) vers NO2– (aq). B : D’un proton de HNO2 (aq) vers H2O () C : D’un électron de HNO2
R
(aq) vers NO2– (aq). LM
245 - L’aniline C6H5NH2 est la base du couple C6H5NH3+ / C6H5NH2 de pKA = 4,6. Dans une
solution aqueuse d’aniline, telle que : A : pH = 6,0, l’aniline prédomine. B : pH = 3,0 l’ion anilinium
prédomine. C : pH = 4,6, aucune espèce ne prédomine.
EC
246 - Le pH d’une solution d’acide fort de concentration C est : A : pH = log C B : pH = pKe + log C
AV
C : pH = – log C
247 - La réaction entre un acide fort et une base forte : A : Libère de l’énergie thermique. B : À pour
RS
248 - Le pH d’une solution contenant un acide faible AH et de sa base conjuguée A–, et tel que
[AH] = 2 [A–], est : A : Supérieur au pKA du couple B : Inférieur au pKA du couple C : Égal au pKA
CO
du couple
249 - Si le pH d’une solution contenant un couple acide faible / base faible est inférieur à 7,0,
alors : A : L’espèce prédominante est l’acide faible. B : L’espèce prédominante est la base faible. C :
L’espèce prédominante dépend du pKA du couple.
250 - L’espèce prédominante du couple NH4+ / NH3 (pKA = 9,2), dans une solution où [H3O+] =
2,5 ∗10−4 mol . L–1, est : A : NH4+ B : NH3 C : On ne peut pas savoir.
251 - Une chimie pour un développement durable : Le développement durable a pour pilier(s) : A :
L’économie. B : L’environnement. C : Le social.
252 - La chimie durable : A : Tient compte des problèmes économiques et sociaux. B : N’utilise que
des matières premières renouvelables. C : Se préoccupe de la sauvegarde de l’environnement.
253 - Une chimie verte : A : N’utilise que des conditions opératoires douces. B : Est la chimie du
végétal. C : Est durable quand elle tient compte des aspects socio-économiques.
254 - La chimie verte se propose d’agir sur la gestion : A : Des déchets. B : Des matières premières.
C : De l’énergie.
255 - La chimie douce a pour ambition de : A : Synthétiser des matériaux en s’inspirant du vivant.
357
B : N’utiliser que des matières premières végétales. C : Développer des synthèses à des tempéra-
tures modérées.
256 - Économiser les atomes, c’est : A : Utiliser au maximum tous les atomes d’une matière pre-
mière. B : Recycler tous les déchets. C : Limiter la formation de déchets.
257 - Une agro-ressource : A : Est une ressource renouvelable. B : Peut concurrencer les ressources
alimentaires. C : Est toujours une ressource vivrière.
258 - Gérer l’usage de solvants, c’est : A : Proscrire absolument tout solvant toxique. B : Limiter
l’usage des solvants dangereux pour l’environnement. C : Rechercher des alternatives aux solvants
classiques. 259 - Économiser l’énergie, c’est : A : Utiliser des conditions opératoires plus « douces
». B : Utiliser des procédés qui consomment moins d’énergie. C : Interdire l’usage des ressources
fossiles.
260 - Choisir un procédé catalytique : A : Est économiquement non rentable. B : Peut permettre
d’économiser des atomes. C : Permet d’économiser l’énergie.
261 - Dans le cadre d’un développement durable, une gestion raisonnée des déchets, c’est : A :
Détecter des produits toxiques même à l’état de traces. B : Ne concevoir que des produits biodé-
gradables. C : Valoriser toutes les molécules utilisables en sein d’une matière première. 262 - Les
gaz suivants sont des gaz à effet de serre : A : Le méthane. B : Le dioxyde de carbone. C : Le dioxy-
gène. 263 - Valoriser le dioxyde de carbone, c’est développer, par exemple, des procédés de : A :
R
Captage par les algues. B : Relargage dans l’atmosphère. C : Stockage dans les gisements épuisés
de pétrole. 264 - Un mélange racémique est un mélange équimolaire : A : De deux énantiomères.
LM
B : De deux diastéréoisomères. C : De deux stéréoisomères Z et E.
265 - Deux diastéréoisomères ont : A : Généralement des températures d’ébullition différentes.
EC
268 - Parmi les objets suivants, lequel n’est pas chiral ? A : Un clavier d’ordinateur. B : Un texte
imprimé. C : Un clou.
MINISTERE DE LA DEFENSE NATIONALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. SECRETARIAT GENERAL SESSION
DU 22 AU 29 SEPTEMBRE 2014 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. DIRECTION DES RESSOURCES HUMAINES
. . . . . . . . . . . . . . . . . . .. SERVICE DE LA FORMATION ET DES STAGES . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. CONCOURS DE
RECRUTEMENT EOA AU TITRE DE LA X XXVIII° PROMOTION DE L‘ACADEMIE MILITAIRE MA-
TIERE : TEST PSYCHOTECHNIQUE DUREE : 03H COEFFICIENT : 03
1.
A) ∆ contient exactement 20 éléments B) ∆ contient exactement 15 éléments C) ∆ contient exac-
tement 10 éléments
2.
A) Les droites de ∆ se recoupent en 15 points B) Les droites de ∆ se recoupent en 10 points C) Les
droites de ∆ se recoupent en 20 points
A) Les triangles formés par 3 sommets du pentagone sont au nombre de 5 B) Les triangles formés
par 3 sommets du pentagone sont au nombre de 10 C) Les triangles formés par 3 sommets du
pentagone sont au nombre de 25 4. Soit l’ensemble X= A) Le nombre de sous ensembles de X est
25 B) Le nombre de sous ensembles de X est 52 C) Le nombre de sous ensembles de X est 55 5.
358
Soit l’ensemble X= A) Le nombre de sous ensembles de X contenant l’élément 1 est de 24 B) Le
nombre de sous ensembles de X contenant l’élément 1 est de 25 C) Le nombre de sous ensembles
de X contenant l’élément 1 est de 52 6. Soit l’ensemble X= A) Le nombre de sous ensembles de X
contenant les éléments 2 et 3 est 6 B)Le nombre de sous ensembles de X contenant les éléments 2
et 3 est 8 C) Le nombre de sous ensembles de X contenant les éléments 2 et 3 est 10
7.
A) 15 caractères braille formés avec 8 trous B) 15 caractères braille formés avec 15 trous C) 15
caractères braille formés avec 4 trous
8.
A) parmi les élèves inscrits en Allemand, il y en a au moins 11 qui sont aussi inscrits en Anglais.
B) parmi les élèves inscrits en Allemand, il y en a au moins 12 qui sont aussi inscrits en Anglais.
C) parmi les élèves inscrits en Allemand, il y en a au moins 13 qui sont aussi inscrits en Anglais. 9.
On considère l’ensemble E= A) Le nombre de parties X de E telles que F ∪ X = E est égal à 8 B)Le
nombre de parties X de E telles que F ∪ X = E est égal à 9 C) Le nombre de parties X de E telles que
F ∪ X = E est égal à 10
10. On considère l’ensemble E= A) Pour toute partie X de E telle que F ∩ X = ;, le nombre d’élé-
ments de X est inferieur ou égal à 3. B)Pour toute partie X de E telle que F ∩ X = ;, le nombre
d’éléments de X est inferieur ou égal à 4. C)Pour toute partie X de E telle que F ∩ X = ;, le nombre
R
d’éléments de X est inferieur ou égal à 5. LM
11.
A) Il y a exactement 2 chemins minimaux de O à P B) Il y a exactement 4 chemins minimaux de
EC
13.
RS
A) Pour prouver que P1 est faux, il suffit de trouver une boule rouge pleine. B) Pour prouver que
P1 est faux, il suffit de trouver 2 boules rouge pleine. C)Pour prouver que P1 est faux, il suffit de
U
359
Pour tout , la droite ∆ passe par le point de coordonnées : A) (0 ; - cos 2 ; -1) B) (-1 ; - cos2 ; 0)
A) (-1 ; 0) B) (1 ; -1 ; 0) est orthogonal à ∆ C) (1 ; -1)
28.
A) il existe ∈ IR tel que ∆soit orthogonal au plan d’équation :x + y +z -3 = 0 B) il n’existe pas ∈ IR tel
que ∆soit orthogonal au plan d’équation :x + y +z -3 = 0 C) il existe ∈ IR tel que ∆soit orthogonal
au plan d’équation :x + y +z -30 = 0
29.
A) Si m = 1 alors pour tout p ∈ IR, l’intersection de ∆ et P est un point B) Si m 6= 1 alors il n’existe
pas p ∈ IR C) Si m 6= 1 alors pour tout p ∈ IR, l’intersection de ∆ et P est un point
30.
A) Si m = 1 et p =2 alors ∆ ∈ P = ∆ B) Si m = 1 et p =2 alors ∆ ∩ P = ∆ C) Si m = 1 et p =2 alors ∆ ∩ P =
; 31.
A) Si m = 1 et p 6= 2 alors ∆ ∩ P = P B) Si m = 1 et p 6= 2 alors ∆ ∩ P = ; C) Si m = 1 et p 6= 2 alors ∆ ∩
P=
33.
A) L’ensemble des points M de l’espace tells que OM.u = 2 est un point B) L’ensemble des points M
R
de l’espace tells que OM.u = 2 est un droite C) L’ensemble des points M de l’espace tells que OM.u
LM
= 2 est un plan
A) 2ln 3
EC
Pour tout x ∈ IR, A) f”(x) 6= f”(2) B) f’(x -2) 6= f’(x + 2) C) f’(x) = f’(x + 2)
B) f ne garde pas une signe constante sur [-π/2 ; π/2] C) f est constant sur IR
RS
47.
U
C) 1 -
C) J ≤I
55
A) I = 0 B) I=1 C) I = 1 – ln3 56.
A) B) C)
63.
B) In <0
B) I1<I2 C) I1 = I2
C)I2 < I1
A) f(x) du B) f(x) du
B) I-J=K
74.
C)
360
B)
B) f(2-x) +f(x) = 1 C) C , admet la droite d’équation y = pour asymptote
B) f(a,0) est une fonction paire C) f (a,0) (x) – f(-a, -b) (x) = 0
asymptote oblique B) Il existe au moins une valeur de a non nulle telle que admette une asymptote
horizontale
A) f(1) =1
A) f(2)= 2 B) alors C)
C) f(0)=0
C) f n’est pas derivable en 0 92. C) C) n – 2e C) (ln4) (ln
95. C) 96.
A)ln ( + 1 B)ln ( + - lnx C) ln 97. C) 2 98. A) x 1 B) x 1 - e C) x e
C)
A) il n’ existe aucune asymptote
B) Il existe au moins une valeur de a non nulle telle que admette une asymptote horizontale C) Il
existe au moins une valeur de a non nulle telle que admette une asymptote verticale
R
C) f’ 115. soit f(x)= ln( +2 ), alors f’(x) s’écrit :
LM
A) y=- x +1 B) y = 2x -3 C) y = -x +3
EC
117.
A) f(x) = ln(3x – 1) B) f(x) = 3ln(3x – 1) C) f(x) = ln(3x – 1)
AV
118.
RS
B) x xlnx –x+3
CO
361
151.
152.
B) E C) E 153.
B) C)
A) L’esperance de X est de 2 B) L’esperance de X est de 4 C) L’esperance de X est de 1
155.
156.
A) On prélève au hasard et avec remise 6 vis La probabilité d’avoir exactement 2 vis de 1 ,8cm est
B) On prélève au hasard et avec remise 6 vis La probabilité d’avoir exactement 2 vis de 1 ,8cm est
C)On prélève au hasard et avec remise 6 vis 157.
A) est dépendant de x B) est indépendant de x
159.
160.
161.
R
162. Soit l’ensemble X= A) Le nombre de sous ensembles de X contenant l’élément 1 est de 24 B) Le
nombre de sous ensembles de X contenant l’élément 1 est de 25 C) Le nombre de sous ensembles
LM
de X contenant l’élément 1 est de 52
164 A) B) C)
EC
165. A)
AV
B) C)
RS
167.
A) B) C) est strictement monotone
U
168.
CO
A) B) C)
A) B) C)
170.
A) =∞ B) C) il existe un et un seul entire n tel que
A) B) C) il existe un entier p tel que
C)
A)Pour tout entier n B) Pour tout entier n C) Pour tout entier n
174.
C) Pour tout entire n
175)
A) pour tout entire n B) pour tout entire n - 0 C) pour tout entire n 176.
C) 177. A) Pour tout n IN, B) C) Pour tout n IN,
362
A) n’est pas divisible par 3 B) n’est pas multiple de 8 C) il existe un nombre entier p ; indépendant
de n tel que : + - P =
182.
A) Pour tout n I N , B) Pour tout n I N , < 0 C)
183.
B) f est décroissante sur C) f est croissante sur
A) f B) f C) f
A) B) est croissante C) 186.
A) si B) l= 1 C) l n’est pas unique 187.
B) Si = alors est décroissante
188. A) Si = 1 alors n’est pas une suite constante B) Si = alors est bornée C) Si = alors est bornée
convergente
191.
A)
R
C) 192. LM
A)
200.
EC
202.
AV
A) U décroit à partir du 10 ème terme B) U décroit à partir du 20 ème terme C) U décroit à partir
U
du 5 ème terme 221 . A) U est monotone B) U est divergent C) U est convergent 222.
CO
A) B) C) 223.
A) B) C)
224. 225. a) Continue sur IR b) Continue sur IR - c) Dérivable sur IR 226. Si f alors on a ;
a) +3 – 4i b) -3 +4i c) -3 – 4i
229. est égale à a) 1 b) -i c) i 230. Toute fonction dérivable sur l’intervalle I est a) Continue sur I b)
Strictement monotone sur I c) Constante sur I
233. 1 + i est une racine carrée du nombre complexe a) -2i b) 2i c) i
236. Le nombre de façon de choisir 3 éléments parmi 5 éléments est égale à ; a) 10 b) 60 c) 125 237.
SI Z= 3+2i alors on a : a) b) c) 238. 1+3+5+7+. . . . . . . . . . . . . . . . . . .+201 est égale à a) 10201 b) 10210 c)
10301 239. 1+2+4+8+. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . +64 est égale à a) 157 b) 172 c) 127
240. une racine cubique z de l’unité vérifie :
a) 0 b) - c) 1 242. x 0 est égale à a) - b) 0 c) + 243. est égale à a) 1 b) + c) 0
244 . est égale à c) 245. Si est f définie par sur IR alors on a : a) F’(x)=
b) F’(x)= - c) F’(x)= 246. L’inverse du nombre complexe 1+i est : a) b) c) 247. Un module du nombre
complexe – 1 -4i est égale à a) b) c)
363
248. Si P(z)= z2 – 2z +2 +2i alors on a : a) P (1+i)= 1+3i b) P (1+i)=-2 + 2i c) P (1+i)=2i 249. Si P(z)=
z3 – (3 +7i)z2 +(8 -4i)z - 6 +11i alors on a : a) P (1)= 1 +2i b) P (1)= 0 c) P (1)=3i +11 250. Une racine
quatrième du nombre complexe 16 est a) 4 b) -4 c) -2i
251. est égale à a) 156 b) 87 c) 78
252. a) 0 b) 1 c) -1
253. est égale à c) 254. est égale à a) c)
255. Si (Un) est une suite définie par U0 =1 et la relation de récurrence Un+1= pour tout n 0 alors
on a : a) U99 = b) U99 = c) U99 = 1
256. Toute suite croissante, majorée est : a) convergente b) divergente c) positive
257. est égale à a) 200 b) 100 c) 1
258. 1+ tan est égale à
248
259. La fonction primitive t qui s’annule en 1 est définie sue a) x→ b) x→ c) x→
a) n= 5 b) n= 7 c) n= 8
262. Voici le tableau : xi 1 2 3 4 yi 3 5 7 8
R
Le point Moyen G associé à ce tableau est : a) G b) G c) G
LM
263. est égale à : a) 1 b) -1 c)
264. est égale à : 0 1 -1
EC
une suite numérique définie par ln pour tout n IN est une suite géométrique de raison Ln3 est une
suite arithmétique de raison Ln3 est une suite arithmétique de raison Ln5 une suite numérique
U
définie par ; pour tout n IN est une suite géométrique de raison est une suite arithmétique de
raison est une suite arithmétique de raison
CO
271. Soit f une fonction définie par f sur IR alors on a ; F est strictement croissante sur F est stricte-
ment décroissante sur F est strictement croissant sur IR 272. Soit une suite arithmétique telle que
a) 4 b) 3 c) 2
[Link] une suite géométrique à termes positive croissante telle que = 4 et ; on alors : a) = +∞ b) =
-∞ c) = 274. On a : a) pour tout n ∈ I N , on a est divisible par 2 b) pour tout n IN , on a est divisible
par 7 c) pour tout n ∈ I N , on a est divisible par 9 275. La médiatrice du segment passe par : a) le
point A b) le point B c) le point I milieu du segment
276. l’expression complexe de S qui est une homothétie de centre A (1 ; 0) et rapport Z est : a) s(z)
= z’ = 2iz +1-i b) s(z) = z’ = 2z -1 c) s(z) = z’ = 2z +1 277. si s(z)= z’= (-1 + i)z +2 +2i alors l’angle de S
est : a) b) c) 278. L’affixe du point A (2 ;-1) est égale à a) -2 + i b) -2-i c) 2-i
[Link] la fonction f est définie par f(x)=1+ pour tout x 0 alors on a : a) F(-8) = 1 + b) F(-8) = 1 - c)
F(-8) = -1 + [Link] tout n IN , on a : a) b) c) 281. Il y a 12 secteur sur une roue ; 3 rouge ,4 blanc,
4 verts et un noire. Setra tourne la roue. La probabilité pour que l’index point sur le secteur rouge
ou blanc est égale à : a) b) c)
282. Soit (C) : + -4x + 4y +5 =0. La coordonnée du point I centre de (C) est : a) I (2 ;-2) b) I (-2 ; 2) c) I
(-2 ;-2) 283. On dispose un dé à six faces, numérotées 0 ; 0 ; 0 ; 0 ; 1 ; 1 On lance 5fois de suite ce dé ;
la probabilité d’obtenir au moins une fois le numéro 0 est égale à : a) b) c) 284. Si R(z)= z’=-iz+8i
364
alors on a : a) R est la rotation de centre α (0 ; 4) et d’angle - b) R est la rotation de centre α (4 ; 4) et
d’angle - c) R est la rotation de centre α (4 ; 0) et d’angle - 285. Si et alors la courbe (C) de f a) Admet
une branche parabolique de direction asymptotique x’ o x b) Admet une branche parabolique de
direction asymptotique y’o y c) Admet une branche parabolique de direction asymptotique y= 2X
286. si f(x) =0 alors la courbe (C) de f coupe l’axe x’ o x a) I (0 ; 2) b) I (2 ; 0) c) I (0 ; 0) 287. Dans le
système de numération de base n, on considère le a = . Dans le base 10, on a : a) A= + 2n +1 b) A= +
2n +2 c) A= + n +1 dans 288. Dans le système de numération de base n, on considère le C = . Dans
le base 10, on a : a) C= + 3 + 3 + 3n +2 b) C= + + 3 + 3n +2 c) C= + 3 + 2 + 3n +2 289. Le couple (19 ;-13)
est une solution de l’équation : a) 54x + 37y= 1 b) 37x + 54y= 1 c) 34x + 57y=1
[Link] = 2 alors on a ; a) B, C et C’ sont alignés
292. Si la fonction g définie sur par g(x)= Ln(x+1) – x + alors :
294. Si = alors on a :
b) B milieu du segment c) C milieu du segment
295. Soit l’équation : y” a) La fonction définie par f(x)= b) La fonction définie par f(x)= c) La fonction
définie par f(x)=
296. On a : a)PGCD (319 ; 232 ; 145)= 58 b) PGCD (319 ; 232 ; 145)= 29 c) PGCD (319 ; 232 ; 145) = 1
297. Soit l’équation (E) : 11 x -7y= 9. Une solution particulière de (E) est a) (5 ; 4) b) (4 ; 5) c) (5 ; 5)
R
298. Le plus petit entier n0vérifiant a) n0= 3 b) n0= 2 c) n0= 4
LM
299. Soit l’équation différentielle (E1) : y’ 2y= 0 a) Y= est une solution de ( ) : y’ 2y= 0 b) Y= est une
solution de ( c) Y= est une solution de (
EC
300. La reste de la division euclidienne de -283 par 19 est égale à : a) 0 b) 1 c) 2 301. La composition
de deux rotations est : a) une rotation b) n’est pas une rotation c) une droite
AV
304. Soit la fonction f définie a) La droite (D) d’équation y= x-3 est asymptote oblique de (C) de f
au voisinage de - b) La droite (D) d’équation y= x-3 est asymptote oblique de (C) de f au voisinage
U
de + c) La droite (D) d’équation y= x-3 est asymptote oblique de (C) de f au voisinage de 0 305. a) 0
b) -3 c) 3 306. On a : a) b) c) 307. On a : a) b) c) 308. On a : a) b) c)
CO
309 .La somme de 3(2 ) +28+(32 ) est égale à A) 11(2 ) B)542 C)10(2 )
310. On donne a=2/3 ; b=1/4 ; c=2/5 et d=1/2 . On a : ab-cd est égale A)1/15 B) 1/30 C)1/45
311. (128-40(7 )) est égale à : A) 10-27 B)2(7 ) -10 C) -2(7-10)
312. Soit l’équation : (2x-1)2 = (x+3)2 . Le nombre a est une solution de cette équation : A) a= -7
B)a= -3 C)a=7
313. Laquelle des inéquations suivantes admet le couple (1,-2) pour solution ? A) 2(x-1)>3(y+2) +1
B) 2(x-1) <3(y+2)-2 C) 2(y+2) 3 (y-1)-1
314. On donne A=4/3 - 3/4 * 16/9 - 1/2 . On a : A) A=-1/2 b) B=1/2 C)C=1/4
315. On considère les points A(5,0) ; B(4,2) ; C(0 ;10) , on a : A) B milieu du segment [AC] B) (AB ) et
(BC) sont orthogonaux C) A, B et C sont alignes
316. La somme des 10 premiers multiples de 2 non nuls est égale à : A) 2046 B) 20460 C)246
317. La suite géométrique (Un) de premier terme 1 et de raison 1/2 est : A) croissante B) décrois-
sante C) constante
318. 2, 6,18 forment une suite géométrique de raison est égale à : A) 4 ; B) 3 ; C) 2
365
319. La probabilité de B sachant que A est réalisé est PA(B) est égale à : 320. On suppose que a
est un réel strictement positif et différent de [Link] fonction f définie par f(x)= axest strictement
décroissante sur IR si : A) a>1 B) 0<a<1 C) a>2
321. e-2ln4 est égale à : A) B) C)
322. Ln (e 1,5) est égale à : A) 15 B) C) 16 323. La fonction f définie sur I=[-4,1] par : f(x)= A) croissante
sur I B) décroissante sur I C) constante sur I
324. Soit la fonction f définie par f(x)=ex - x +3 La courbe (C) de f admet un minimum au point : A)
A ( ) B) A ( ) C) A ( )
325. Si Lim f(x)=3 alors la courbe © de f admet une asymptote horizontale : X→+∞ A) x=3 B) y=3
C) y=0 326. le coefficient directeur de la droite qui passe par A et B est donne par : A) a= B) a= C) a=
327. On considère la fonction f définie pour tout réel x par f(x)= , on a pour tout réel x : A) 0<x<1
B) 3<x<0 C) 0<x<3 328. (1+1)4 - (1-i)4 est égale à : A)-8 B) 8 C) 013) On suppose que a est un réel
strictement positif et différent de [Link] fonction f définie par f(x)= ax est strictement décroissante
sur IR si : A) a>1 B) 0<a<1 C) a>2
329. e-2ln4 est égale à : A) 113) On suppose que a est un réel strictement positif et différent de [Link]
fonction f définie par f(x)= axest strictement décroissante sur IR si : A) a>1 B) 0<a<1 C) a>2 330.
e-2ln4 est égale à : A) B) C)
R
331. Ln (e 1,5) est égale à : A) 15 B) C) 16 LM
332. La fonction f définie sur I=[-4,1] par : f(x)= A) croissante sur I B) décroissante sur I C) constante
sur I
EC
333. Soit la fonction f définie par f(x)=ex - x +3 La courbe (C) de f admet un minimum au point : A)
A ( ) B) A ( ) C) A ( )
AV
334. Si Lim f(x)=3 alors la courbe © de f admet une asymptote horizontale : X→+∞ B) x=3 B) y=3
C) y=0
RS
335. le coefficient directeur de la droite qui passe par A et B est donne par : A) a= B) a= C) a=
U
336. On considère la fonction f définie pour tout réel x par f(x)= , on a pour tout réel x : A) 0<x<1 B)
CO
366
de roches du noyau 2 La croûte continentale est principalement formée : a) de gabbros et granites
b) de roches sédimentaires et de granites c) de péridotites d) de roches voisines du gabbro 3 Les
différences d’altitude entre continents et océans sont dues au fait que : a) la croûte continentale
est moins dense et plus épaisse que la croûte océanique b) la croûte continentale est plus dense
et plus épaisse que la croûte océanique c) la croûte continentale est moins dense et plus fine que
la croûte océanique d) la croûte continentale est plus dense et plus fine que la croûte océanique 4
Les chaînes de montagnes présentent parfois des ophiolites, ce sont les traces : a) d’un domaine
océanique disparu suite à la collision de deux lithosphères continentales b) d’une activité volca-
nique de type point chaud c) de la subduction d’une lithosphère océanique sous une autre de
même nature d) d’un amincissement cristal mettant à nu le manteau 5 Au niveau d’une chaîne
de collision il se produit : a) une convergence d’une lithosphère continentale et d’une lithosphère
océanique b) une subduction d’une lithosphère continentale sous l’autre c) une subduction océa-
nique d) un épaississement cristal par création de matériaux continentaux 6 Dans les zones de
subduction on observe : a) un volcanisme de type granodiorite, par fusion partielle de la plaque
en subduction b) un volcanisme andésitique par fusion partielle de péridotite de la plaque supé-
rieure c) un volcanisme de type andésitique et de granodiorite par fusion partielle de péridotite de
la plaque en subduction d) un volcanisme de type andésitique par fusion partielle de péridotite de
la plaque en subduction 7 La fusion de péridotites dans les zones de subduction a pour origine :
a) un flux géothermique supérieur à la moyenne. b) la déshydratation des matériaux de la croûte
océanique subduite . c) la déshydratation des péridotites de la lithosphère océanique subduite d)
la déshydratation des péridotites de la croûte océanique subduite 8 Un granitoïde est une roche :
R
a) volcanique à structure grenue b) volcanique à structure vitreuse c) magmatique à structure vi-
LM
treuse d) magmatique à structure grenue 9 La croûte continentale : a) est en moyenne plus jeune
que la croûte océanique b) est plus dense dans les zones de collision c) s’épaissit progressivement
dans les zones de collision anciennes d) s’altère sous l’effet des agents de l’érosion 10 Bien que le
EC
concept d’espèce soit délicat à définir, on peut néanmoins considérer qu’il s’agit : a) de tous les
individus interféconds b) d’une population ayant le même patrimoine génétique c) d’une popu-
AV
b) correspond à un groupe d’êtres vivants dont la biodiversité est maximale à l’époque actuelle c)
est associé à la production d’outils complexes d) est apparu il y a environ 55 à 60 millions d’an-
U
nées 12 Le genre Homo se distingue des autres primates par : a) une bipédie occasionnelle b) un
CO
dimorphisme sexuel marqué c) une bipédie avec trou occipital en arrière d) une bipédie avec un
trou occipital avancé 13 En relation avec la vie fixée, les plantes ont développé : a) un système raci-
naire permettant des échanges de CO2 avec le sol b) un système racinaire permettant des échanges
d’eau avec l’atmosphère c) un système aérien permettant des échanges d’ions, d’eau et de gaz avec
l’air d) un système aérien et un système souterrain pouvant échanger de la matière par un système
vasculaire
14 Le pollen : a) correspond au gamète femelle b) est produit par les étamines c) représente l’em-
bryon de la future graine d) est toujours transporté par les insectes 15 La collaboration animale –
plante : a) s’exerce exclusivement lors de la pollinisation b) s’exerce lors de la pollinisation et de la
fécondation c) s’exerce lors de la pollinisation et de la dispersion des gamètes d) s’exerce lors de la
pollinisation et de la dispersion des graines 16 Le fruit : a) contient une quantité variable d’ovules
b) contient une quantité variable de graines c) se forme seulement à partir de l’ovule d) se forme
avant la pollinisation 17 La technique d’hybridation : a) permet d’obtenir des variétés nouvelles
qui cumulent les caractéristiques des 2 parents b) consiste à croiser toujours 2 individus d’espèce
différente c) consiste à croiser 2 individus afin d’obtenir des homozygotes d) est la seule tech-
nique permettant de modifier le patrimoine génétique d’une plante 18 L’inflammation : a) est la
première étape de la réponse adaptative b) ne repose pas sur des mécanismes de reconnaissance
mais seulement sur la mise en jeu de molécules c) est effective dès le stade fœtal d) est caractérisée
par des symptômes stéréotypés 19 Lors de la réponse adaptative : a) il se produit une augmenta-
tion de la quantité d’immunoglobulines dans le sang b) il se produit un gonflement, rougeur, cha-
367
leur, douleur au niveau de la zone d’infection c) il y a production d’antigènes par les plasmocytes
d) Les plasmocytes se différencient en lymphocytes cytotoxiques 20 La vaccination : a) consiste
à injecter des produits immunogènes et pathogènes b) mobilise la réponse innée et adaptative
c) contient des adjuvants qui déclenchent une réponse adaptative nécessaire à l’installation de
la réponse innée d) favorise la production d’antigènes par l’organisme 21 Lors de la méiose, il
s’effectue un brassage génétique par : a) un brassage intra chromosomique lors de la deuxième
division de la méiose b) un brassage inter chromosomique puis intra chromosomique lors de la
première division de la méiose c) un brassage intra chromosomique puis inter chromosomique
lors la deuxième division de la méiose d) un brassage intra chromosomique puis inter chromo-
somique lors la première division de la méiose 22 Le zygote formé par fécondation : a) contient
une combinaison unique et nouvelle d’allèles b) contient les mêmes combinaisons alléliques que
ses parents c) contient les mêmes combinaisons alléliques que l’un des parents d) contient une
combinaison allélique identique aux autres descendants du couple 23 L’immunité adaptative : a)
est présente seule chez les Vertébrés b) s’ajoute à l’immunité innée chez les animaux c) est moins
spécifique que l’immunité innée d) s’ajoute à l’immunité innée chez les Vertébrés 24 La sélection
clonale des lymphocytes T CD8 : a) peut s’effectuer par contact direct avec un virus b) s’effectue
toujours après la sélection clonale des lymphocytes B c) nécessite la présence d’interleukine 2 d)
s’effectue par contact avec une cellule présentatrice de l’antigène 25 La mémoire immunitaire : a)
est due à la présence de cellules mémoires à longue durée de vie b) est présente dès la naissance
de l’individu c) permet une réponse secondaire à l’antigène plus rapide mais quantitativement
moins importante d) permet une réponse secondaire à l’antigène moins rapide mais quantitati-
R
vement plus importante 26 Le réflexe myotatique : a) fait intervenir une seule synapse entre deux
LM
neurones moteurs b) fait intervenir une seule synapse entre deux neurones sensoriels c) néces-
site l’intervention de plusieurs synapses d) fait intervenir une seule synapse entre un neurone
sensoriel et un neurone moteur 28 Au niveau du cerveau, les cartes motrices : a) sont innées, pré-
EC
sentes dès la naissance b) restent identiques tout au long de la vie de l’individu c) sont identiques
chez tous les individus d’une même espèce d) peuvent évoluer en fonction de l’apprentissage 29.
AV
Quelles sont, parmi les propositions suivantes, celles qui correspondent à des fonctions généra-
lement attribuées à l’appareil de Golgi d’une cellule sécrétrice ? a) Synthétiser des protéines. b)
RS
laquelle sont incorporées des protéines. b) une couche de protéines dans laquelle sont incorporés
des phospholipides complexes. c) une double couche de phospholipides dans laquelle sont en-
châssées des protéines globulaires. d) un double couche de molécules de cholestérol dans laquelle
sont enchâssées des protéines globulaires. 31. Voici des caractéristiques pouvant être attribuées à
des cellules. Quelles sont celles qui sont retrouvées dans des cellules procaryotes bactériennes ? a)
Noyau délimité par une enveloppe nucléaire. b) Absence de paroi limitant la cellule. c) Présence
d’une membrane cytoplasmique limitant la cellule. d) Longue molécule d’ADN circulaire. 32. Les
plasmides sont des molécules informatives circulaires qui a) sont constitués d’un ADN monoca-
ténaire. b) sont constitués d’un ADN bicaténaire. c) sont constitués d’un ARN monocaténaire. d)
sont constitués d’un ARN bicaténaire. 33. Un chromosome simple comporte a) uniquement une
molécule géante d’ADN. b) une molécule d’ADN associée à des protéines. c) plusieurs molécules
d’ADN. d) plusieurs molécules d’ADN associées à des protéines. e) seulement des protéines. 34. Le
VIH a) est un rétrovirus. b) se multiplie dans toutes les cellules. c) possède la transcriptase inverse.
d) est un parasite obligatoire intracellulaire. e) est responsable d’une immunodéficience. 35. Une
cellule cible d’un virus a) est une cellule dans laquelle se développe le virus. b) voit son matériel
génétique détourné au profit de celui du virus. c) est détruite par la pénétration du virus. d) produit
et dissémine par endocytose les virus dans l’organisme.
36. Un Eucaryote possède une structure cellulaire qui peut être étoilée. est toujours un organisme
pluricellulaire. appartient au monde animal ou végétal. est toujours diploïde. 37. Un virus a) est
un parasite extracellulaire obligatoire. b) peut mesurer de l’ordre de 0,1 nm. c) peut mesurer de
368
l’ordre de 0,1 micron. d) n’est composé que d’acides nucléiques. e) dont le matériel génétique est
de l’ARN est obligatoirement un rétrovirus. 38. Le réticulum endoplasmique rugueux est ainsi ap-
pelé parce qu’il possède sur sa face externe a) des liposomes. b) des lysosomes. c) des ribosomes
d) des peroxysomes. 39. Le transport actif des substances à travers la membrane s’effectue a) selon
le gradient de concentration. b) contre le gradient de concentration. c) en utilisant de l’énergie. d)
à travers la bicouche de phospholipides. 40. La cellule bactérienne est une cellule a) eucaryote. b)
sans ribosomes. c) équipée d’une molécule d’ADN monocaténaire. d) renfermant des plasmides.
41. le système endomembranaire a) est constitué d’une couche de phospholipides. b) concerne
les virus intracellulaires. c) concerne les bacilles. d) se retrouve dans une cellule hépatique. 42.
Un lysosome a) peut être présent dans une bactérie. b) intervient dans des processus de dégrada-
tion. c) dérive du réticulum endoplasmique lisse. d) permet la mobilité cellulaire. 43. La diffusion
facilitée d’un soluté a) se fait selon le gradient des concentrations. b) n’exige pas d’apport énergé-
tique. c) est un phénomène biologique. d) met en place une différence de concentration de part
et d’autre de la membrane. 44. La phosphorylation de l’ADP dans les mitochondries a) fournit de
l’énergie. b) consomme de l’énergie. c) nécessite l’apport d’eau. d) nécessite l’apport d’oxygène.
45. Un nucléole est limité par a) une double membrane. b) une simple membrane. c) la membrane
nucléolaire. d) aucune membrane.
46. Les bactéries a) peuvent s’échanger du matériel génétique. b) se multiplient par reproduction
sexuée. c) sont capables d’association avec des organismes. d) sont absentes des milieux liqui-
diens. 47. On trouve de l’ADN dans a) le chloroplaste. b) l’appareil de Golgi. c) la mitochondrie. d)
R
le diplosome. 48. Le noyau d’une cellule a) ne contient pas de protéine. b) contient de la chroma-
tine. c) est délimité par une simple membrane. d) est relié à l’appare
LM
49. La cellule procaryote contient : a) Des ribosomes b) Un appareil de Golgi c) Un réticulum endo-
plasmique d) Un noyau e) Des lysosomes 50 .La cellule animale contient : a) Des chloroplastes b)
EC
Un noyau c) Une paroi [Link] membrane plasmique comporte : a) Deux faces identiques (com-
position moléculaire identique) b) Des molécules de cholestérol c) Davantage de glucides que
AV
de protéines [Link] bicouche lipidique (1) : a) Est perméable au sodium b) Est perméable aux
composés hydrophobes c) Est perméable au glucose 53 .Parmi les propriétés suivantes, cochez
RS
celles qui vous semblent correspondre à celles de lamembrane plasmique (protéines et lipides) :
a) Biosynthèse des lipides b)non fluide c)Réceptivité à l’environnement extérieur [Link] protéines
U
membranaires (1) : a) Peuvent-être fixées à la membrane par un ancrage lipidique (protéine mem-
CO
369
simple b) Est réalisé par des protéines c) N’oppose jamais le gradient électrochimique du soluté.
[Link] molécules d’adhérence Dans une cellule épithéliale typique, on peut observer : a) Sur les
faces latérales, des desmosomes en relation avec le cytosquelette d’actine. b) Sur la face basale,
des hémi-desmosomes en relation avec le cytosquelette de filaments intermédiaires. c) Sur la face
apicale, des microvillosités soutenues par des microtubules [Link] intégrines sont des molécules
d’adhérence : a) Dont certaines se fixent à la fibronectine (matrice extracellulaire). b) Qui sont à
la base de l’élaboration de jonctions adhérentes latérales. c) Qui ne sont pas exprimées sur les
cellules endothéliales. 66 .Les sélectines localisés sur la surface des cellules endothéliales : a) Per-
mettent un mouvement de roulement des leucocytes à la surface de l’endothélium vasculaire b)
Sont activées par les chémokines (ou chimiokines) C) Sont uniquement exprimées lors du phéno-
mène d’inflammation [Link] molécules d’adhérence liées à leur ligand (le contre-récepteur) a) Si-
gnalisent vers l’intérieur de la cellule b) Empêchent la translocation des MAPkinases vers le noyau
c) Sont des composants de la jonction serrée 68.L’adhérence cellule-matrice extracellulaire fait
intervenir a) Les cadhérines b) Les hémi-desmosomes c) Les gelsolines [Link] molécules d’adhé-
rence jouent un rôle dans a) la survie cellulaire c) la perméabilité de la membrane plasmique [Link]
desmosome permet à des cellules épithéliales a) D’échanger des molécules de petite taille b) De
rendre solidaire la cellule de la membrane basale c) De rendre la cellule solidaire de la cellule voi-
sine [Link] claudine a) Se trouve du coté basale des cellules épithéliales b) Rend la jonction serrée
perméable à tout soluté c) Est liée au cytosquelette d’actine [Link] jonction serrée a) La jonction
serrée limite les passages par l’espace intercellulaire. b) Elle fixe la cellule épithéliale à la lame
basale. c) Elle délimite un domaine apical dans les cellules épithéliales. voisines [Link] matrice ex-
R
tracellulaire : a) Existe autour de toutes les cellules eucaryotes b) Est d’origine cellulaire c) Forme
LM
toujours un environnement cellulaire ayant une texture lâche dans laquelle peuvent se déplacer
les cellules [Link] matrice extracellulaire est composée : a) de glycosaminoglycanes b) de protéo-
glycanes c) d’acides nucléiques 75 .La matrice extracellulaire d’un tissu épithélial : a) Est produite
EC
par la cellule de manière polarisée b) Est localisée du coté apical de la cellule c) Contient du col-
lagène I et pas de collagène IV [Link] glycosaminoglycanes : a) sont toujours couplés de manière
AV
covalente à des protéines b) peuvent être associés à des protéines pour former des protéoglycanes
[Link] les constituants de la matrice extracellulaire : a) Le collagène est une molécule fibreuse
RS
riche en un acide aminé particulier l’hydroxyproline. b) La laminine permet des attachements cel-
lulaires spécifiques [Link] collagène a) Est le constituant majeur de la matrice extracellulaire. b)
U
370
à leur extrémité (-) [Link] le transport intracellulaire : a) Le cytosquelette constitue à la
fois le support et le moteur des mouvements vésiculaires cytoplasmiques. b) Dans les cellules ner-
veuses, les microfilaments parcourent l’axone du corps cellulaire aux terminaisons synaptiques
et sont à la base du transport axonal. c) le transport nucléo-cytoplasmique se fait par des vési-
cules membranaires. [Link] le transport intracellulaire : a) Les terminaisons synaptiques
étant dépourvues de ribosome, les protéines (enzymes, récepteurs, etc.) sont acheminées grâce
au transport antérograde (ou centrifuge) assuré par la kinésine. b) Les mécanismes moléculaires
assurant le mouvement vésiculaire au niveau cytoplasmique s’apparentent à ceux impliqués dans
le déplacement des chromosomes lors de la mitose. c) Similairement au rôle joué dans le trans-
port intracellulaire par les microfilaments et les microtubules chez les Eucaryotes, les filaments
intermédiaires assurent chez les Procaryotes le déplacements des vésicules d’un compartiment
membranaire interne à un autre. [Link] contraction du muscle strié a) Nécessite la présence d’ac-
tine et de myosine b) Peut s’effectuer en absence de calcium d) Se traduit par un raccourcissement
des filaments de myosine [Link] les sarcomères a) Le sarcomère est l’unité de contraction
des fibres musculaires striées et lisses b) Un sarcomère est délimité par deux stries Z c) Les fila-
ments fins sont constitués de myosine 93. Concernant les sarcomères a) Le sarcomère est l’unité
de contraction des fibres musculaires striées et lisses b) Un sarcomère est délimité par deux stries
Z c) Les filaments fins sont constitués de myosine
94. Les cils des cellules eucaryotes : a) Possèdent une structure centrale (axonème) constituée fon-
damentalement par 9 doublets de microtubules périphériques et une paire centrale b) Vont des
R
battements grâce à la présence de la myosine II c) Sont constitués de microtubules dont l’extré-
mité (+) est distale [Link] la mitochondrie (1) : a) En moyenne, une mitochondrie a une
LM
longueur comprise entre 10 et 100 µm b) La mitochondrie est capable de synthétiser la totalité
de ses propres protéines c) Le cycle de Krebs produit du NADH, de l’ATP et du CO2 [Link] mito-
EC
du NADH sont cédés à l’ATP. 98. La mitochondrie : a) contient son propre ADN (ADNmt circulaire
de 16,5 Kb chez l’homme) b) Est un site important de production de l’ATP c) Est entourée d’une
RS
crêtes. b) La présence de porines très perméables. C) Des intégrines qui se fixent avec le cytosque-
lette. [Link] l’espace matriciel de la mitochondrie on trouve : a) Les enzymes nécessaires à l’oxy-
dation du pyruvate et des acides gras. b) Une concentration très élevée de H+(protons). d) Des en-
zymes de la glycolyse. [Link] gradient de protons créé par la chaîne respiratoire mitochondriale :
a) Est utilisé pour la production d’ATP par l’ATP synthase. b) Est maintenu par le +/K+ATPase. c) Ne
génère pas de potentiel membranaire car leur charge est compensée par le passage des électrons.
103.L’ATP (1) : a) Est un sucre b) Est un nucléotide c) Peut-être intégrée à l’ADN 104.L’ATP (2) : a)
Est un acide gras. b) Est un nucléotide. c) Peut-être intégrée à l’ADN. [Link] membrane interne de
la mitochondrie a) Contient de porines qui la rend extrêmement perméable pour des molécules
chargées b) Est replié en crêtes [Link] respiration (au niveau de la cellule) : a) Est réalisée dans les
chloroplastes b) Est réalisée dans les mitochondries c) Consiste en une transformation du pyruvate
en lactate [Link] mitochondrie est un organite : a) Produisant de l’ATP b) Produisant du glycogène
c) Produisant du lactate [Link] de quelques activités métaboliques cellulaire a) la phos-
phorylation oxydative dans le noyau b) la synthèse des hormones stéroïdes dans le cytoplasme
c) le cycle de l’acide citrique dans l’espace matriciel de la mitochondrie [Link] potentiel trans-
membranaire mitochondrial : a) Est généré par l’ATP synthase b) Permet le fonctionnement de
certaines transporteurs de la membrane interne (celle du pyruvatepar exemple) c) Contrôle l’ou-
verture des porines mitochondriales [Link] phosphorylation oxydative : a) Produit 3 ATP à partir
d’un NADH et 2 ATP à partir d’un FADH2 b) A lieu au niveau de la membrane externe mitochon-
driale C) modifie le fonctionnement des protéines kinases [Link] que leur rôle de production
371
d’ATP, les mitochondries sont aussi impliquées dans : a) La synthèse de stéroïdes. b) Le recyclage
des récepteurs. C) La production de seconds messagers. [Link] maturation de l’ARNm : a) L’épis-
sage des ARNm constitue le mécanisme d’ajout de la coiffe. b) Les ARNm eucaryotes sont polyadé-
nylés (coté 3’). c) Les ribosomes assurent l’excision des introns. [Link] les cellules eucaryotes a)
Les ARNr précurseurs sont synthétisés à partir de nombreuses unités de transcription séparées par
des séquences intercalaires b) Le gène de l’ARNr code pour une protéine e) Les ARNr 5S d’origine
extra nucléolaire sont synthétisés par l’ARNpolymérase I [Link] séquence nucléotidique est tra-
duite quand elle est sous forme : a) D’ADN b) D’ARNr C) D’ARNm [Link] ARN ribosomaux (ARNr)
a) Sont traduits en protéines ribosomales b) servent à la traduction C) transportent les acides ami-
nés pour la synthèse protéique 116.A propos du code génétique : a) Un codon est une suite de
trois nucléotides. b) Plusieurs acides aminés peuvent être appelés par un même codon. 117.L’ex-
pression d’une protéine à partir d’ADN génomique a) Requiert la transcription d’un gène b) Est
spécifique des cellules eucaryotes C) Nécessite la traduction d’ARN ribosomal (ARNr) [Link] tra-
duction a) est un évènement qui se produit dans le noyau b) requiert des ARN messager (ARNm)
et des ribosomes C) est un phénomène spécifique des eucaryotes [Link] synthèse d’une protéine :
a) Exige la présence du réticulum endoplasmique rugueux b) Peut s’effectuer en absence d’ARNm
c) Réalise l’assemblage des acides aminés dans le sens N-terminal -> C-terminal [Link] : a) Est
la principale forme de stockage de l’information génétique chez les eucaryotes b) Est un polymère
de nucléotides liés par des liaisons phosphodiester c) Est une copie du brin matrice (codant) de
l’ADN [Link] molécule d’ARNm d’une cellule eucaryote : a) Elle code plusieurs protéines tout à fait
différentes. b) Est le résultat d’un processus de maturation de l’ARNhn (transcrit primaire) c) Elle
R
ne peut être traduite que par les ribosomes associés au réticulum endoplasmique. [Link] ARN de
LM
transfert (ARNt) a) S’associent à l’ARN messager (ARNm) pour assurer la traduction b) Sont tra-
duits en protéines de transport C) Sont des composants structuraux du ribosome [Link] de la
traduction a) Le codon AUG définit l’arrêt de la traduction b) Le codon AUG code pour la méthio-
EC
nine c) Un codon est une séquence des 3 acides aminés [Link] réticulum endoplasmique rugueux
(REr) est : c) Un site de maturation des ribosomes d) Un site de stockage de calcium [Link] réti-
AV
culum endoplasmique rugueux (REr) est : a) Composé de membranes formant des replis appelés
granums. b) Le site unique de la glycosylation des protéines. 126.A propos du réticulum endo-
RS
lisse et le réticulum rugueux ne communiquent pas entre eux en dehors d’un échange de vésicules
CO
372
organites. 135.L’appareil de Golgi (4) a) Assure la maturation des ARNm. b) Assure la synthèse pro-
téique. c) Participe à la maturation post-traductionnelle des protéines. 136.L’appareil de Golgi (5)
a) est constitué exclusivement de vésicules et de vacuoles. b) intervient dans la synthèse des sté-
roïdes. c) est impliqué dans le remaniement et la concentration de produits de sécrétion protéique.
137.L’appareil de Golgi (6) a) Les citernes qui composent l’appareil de Golgi constituent un com-
partiment membranaire cytoplasmique dont la fonction majeure est le stockage du calcium. b) La
maturation des protéines débutée dans le réticulum endoplasmique (glycosylation) se poursuit
dans l’appareil de Golgi (déglycosylation, glycosylation, clivage protéolytique). c) Les glycopro-
téines en transit dans l’appareil de Golgi sont plus matures au niveau de la face cisqu’au niveau
de la face trans. [Link] portion glucidique des glycoprotéines membranaires a) Est présente à la
surface de la cellule (face extracellulaire). b) Est présente à la surface du noyau. c) Est présente à la
surface de l’enveloppe mitochondriale. [Link] tri des protéines fabriquées au niveau du réticulum
endoplasmique rugueux : a) Est réalisé au sein des saccules golgiens de la face trans. b) N’intéresse
que les protéines destinées au compartiment lysosomal. c) Permet le routage post-traductionnel
des protéines mitochondriales [Link] transport intracellulaire : a) Le cytosquelette constitue le
support des mouvements vésiculaires cytoplasmiques. b) Dans les cellules nerveuses, les microfi-
laments parcourent l’axone du corps cellulaire aux terminaisons synaptiques et sont à la base du
transport axonal. c) Les filaments intermédiaires assurent chez les Procaryotes le déplacement des
vésicules d’un compartiment membranaire interne à un autre. [Link] l’exocytose a) Les
hormones, les enzymes et les déchets cellulaires peuvent être exocytés directement dans le milieu
extracellulaire sans être emballés au préalable dans des vésicules de transport. b) Chez les cellules
R
animales, les composés exocytés ont pour unique destinée celle de constituer la matrice extracel-
LM
lulaire en emplissant les espaces libres entre les cellules. C) On distingue deux voies d’exocytose, la
voie constitutive qui fonctionne dans toutes les cellules, et la voie régulée qui fonctionne dans les
cellules spécialisées en réponse à un stimulus. [Link] le transport vésiculaire : a) Les lyso-
EC
phénomènes d’exocytose sont guidées par les microtubules du cytosquelette. c) Les mécanismes
CO
373
l’exocytose, un mécanisme compensateur d’endocytose permet d’assurer un équilibre empêchant
une expansion indéfinie des surfaces membranaires. c) Comme dans le cas de l’endocytose, toutes
les vésicules émises par l’appareil de Golgi sont recouvertes d’un feutrage de clathrine. [Link] sé-
crétion a) La sécrétion dite contrôlée permet l’exocytose de molécules telles que les hormones
et les neuromédiateurs en réponse à un signal de sécrétion. b) Les vésicules impliquées dans les
sécrétions constitutive et contrôlée sont recouvertes d’un manteau particulier constitué de cla-
thrine. c) Les vésicules de sécrétion contrôlée fusionnent avec la membrane plasmique dans des
régions bien déterminées. [Link] sécrétion a) Les vésicules tapissées de clathrine interviennent
dans la sécrétion constitutive. b) Les vésicules tapissées de clathrine transportent des produits
triés par l’intermédiaire d’un récepteur tels que le complexe AP1. c) Des vésicules conservent leur
feutrage de clathrine jusqu’au moment de l’exocytose. [Link] les transferts moléculaires
entre l’appareil de Golgi et le système lysosome/endosome : a) Il existe un étiquetage sélectif («
glucide de destination ») des enzymes à destination lysosomale. b) Tous les saccules golgiens (cis,
médian, trans) peuvent former des vésicules transportant des hydrolases lysosomales. c) Les vési-
cules bourgeonnant à partir des saccules sont recouvertes de clathrine.
[Link] lysosones(1) : a) Sont délimités par une double membrane b) Contiennent des enzymes
hydrolytiques (hydrolases) c) Ne digèrent que des produits cytosoliques [Link] lysosomes (2) :
a) Sont des vésicules en permanence recouvertes de clathrine b) Sont des vésicules fixant les
ribosomes c) Sont la destination de protéines issues de l’appareil de Golgi et étiquetées par le
mannose-6 phosphate [Link] lysosomes (3) : a) les lysosomes sont des organites présents dans
R
toutes les cellules eurcaryotes et procaryotes. b) les membranes lysosomiales contiennent des
pompes à protons. c) les protons sortent des lysosomes pour maintenir la lumière lysosomiale
LM
à bas pH. 154.L’endocytose (1) : a) La pénétration de matériaux extracellulaires peut s’effectuer au
moins de deux façons selon la taille des vésicules et la spécificité des composés transportés : l’en-
EC
sans aucune reconnaissance par la surface membranaire), l’endocytose par récepteurs interpo-
sés (capture de molécules spécifiques après liaison à des protéines membranaires). c) Le matériel
RS
saisi par endocytose est directement amené et déversé par fusion membranaire au niveau du ré-
ticulum endoplasmique afin d’y être dégradé. 155.L’endocytose (2) a) Les vésicules d’endocytose
U
ne possèdent pas de manteau de clathrine et se distinguent ainsi des vésicules d’exocytose. b) Les
vésicules qui se forment par endocytose fusionnent avec les lysosomes primaires, lesquels conte-
CO
nant une grande variété d’enzymes hydrolytiques capables de décomposer les macromolécules
en leurs constituants élémentaires. c) La phagocytose est le mécanisme par lequel le cholestérol
contenu dans les lipoprotéines de faible densité (LDL) est absorbé par certaines cellules rénales.
156.L’endocytose (3) a) L’endocytose est nécessaire pour réduire l’expansion de la membrane plas-
mique après des périodes de sécrétion. b) Les vésicules d’endocytose ne sont jamais recouvertes
de clathrine. c) Le matériel saisi par endocytose est généralement acheminé vers un réseau de
vésicules nommées endosomes précoces 157.L’endocytose (4) a) Est un mécanisme d’internali-
sation de macromolécules ou de particules par la voie d’une vésicule. b) Désigne la formation
de vésicules par inclusion de la membrane plasmique. c) Est appelée pinocytose dans le cas de
l’ingestion de fluide ou de macromolécules au moyen de petites vésicules. 158.L’endocytose et
l’exocytose a) l’exocytose est réalisée par fusion membranaire, l’endocytose est initiée par l’inva-
gination de la membrane plasmique. b) Le contenu de vésicules d’endocytose est toujours apporté
par l’intermédiaire de récepteurs. c) les substances sécrétées en réponse à un signal extracellulaire
sont stockées dans des vésicules de sécrétion recouvertes d’actine. 159.L’internalisation du choles-
térol par endocytose : a) Nécessite le transport d’une lipoprotéine (LDL) du milieu extracellulaire
vers le compartiment endosomal b) Nécessite la formation de vésicules recouvertes de clathrine.
c) Sera suivie par un recyclage des récepteurs au niveau de l’appareil de Golgi. L’acheminement
des protéines vers la mitochondrie, le peroxysome et le noyau
[Link] l’acheminement des protéines, les séquences de destination : a) Sont ajoutées
374
dans une procédure post-traductionnelle b) Sont parfois clivées après le transport dans l’organite
cible c) Sont réservées aux protéines destinées au RER [Link] entrer dans des organites (à l’ex-
ception du noyau) les protéines : a) doivent être hydrophobes b) doivent demeurer dans un état
non replié c) doivent porter une séquence de destination appropriée [Link] des pro-
téines : exemple des protéines mitochondriales a) Au cours de leur synthèse dans le cytosol, les
protéines destinées à la matrice mitochondriale se lient à des protéines chaperonnes qui les em-
pêchent de s’agréger. b) La translocation des protéines de la matrice mitochondriale nécessite au
préalable la reconnaissance et la liaison d’un peptide de destination au récepteur spécifique loca-
lisé sur la face cytosolique de l’enveloppe mitochondriale. c) La translocation des protéines desti-
nées à la matrice mitochondriale est réalisée par formation d’une vésicule à partir de la membrane
externe de la mitochondrie (mécanisme similaire à celui de l’endocytose).
[Link] péroxysomes sont des organites : a) Ayant une origine Golgienne b) En nombre constant
dans la cellule c) Impliquées dans la oxydation de très longues chaînes d’acide gras
[Link] peroxysome doit son nom à : a) La formation de H202, produit de la -oxydation de longs
acides gras b) Sa densité exceptionnelle c) Sa localisation péri-nucléaire
[Link] trafic moléculaire au travers du pore nucléaire : a) Est indépendant de séquence de desti-
nation b) Est non-sélectif c) Est facilité par les « importines » et « exportines »
166.L’interaction d’une hormone avec ses récepteurs :
R
a) Est saturable b) Est forcément une interaction de type protéine-protéine c) Se réalise toujours
au niveau de la membrane plasmique
LM
[Link] la réaction de phosphorylation, on peut dire qu’elle est : a) une modification co-
valente d’une molécule b) spécifique des protéines c) irréversible
EC
protéine, suivie par un changement de son activité c) Consiste d’une ajoute de GTP lié d’une façon
non covalente
RS
[Link] la transduction d’un signal : a) Elle est réalisée par des récepteurs membranaires
CO
b) L’activité protéine kinase conduit toujours à des phosphorylations sur des sérines ou des thréo-
nines c) Les GTPases hétérotrimériques sont impliquées dans la production du second messager
AMPc
[Link] les organismes pluricellulaires, la transduction d’un signal extracellulaire peuvent être
assurées par l’intermédiaire de : a) Jonctions de type « gap » b) Récepteurs membranaires d) Tu-
buline
[Link] transduction d’un signal extracellulaire mettant en jeu l’adénylyl cyclase se déroule en fai-
sant intervenir plusieurs étapes : 1) hydrolyse du GTP en GDP par les protéines G 2) Fixation du
médiateur chimique (ligand) sur son récepteur spécifique et changement de conformation du ré-
cepteur 3) Hydrolyse de l’ATP et cyclisation de l’AMP par l’adénylyl cyclase 4) Remplacement du
GDP par du GTP sur la protéine G (échange) 5) Formation du complexe protéine G-adénylyl cy-
clase 6) Activation d’une cascade de phosphorylation Dans quel ordre chronologique se déroule
les différentes étapes ? a) 1,2,5,3,6,4 d) 2,4,6,3,1,5 e) 2,4,5,3,6,1
[Link] récepteurs a) Permettent la communication intercellulaire b) Ont une interaction très
faible avec leur ligand c) Peuvent porter une activité catalytique
174.L’occupation du récepteur de l’adrénaline conduit à : a) Une activation de la phosphorylase b
b) Une dé-activation de la glycolyse c) La formation de fibres de tension
375
[Link] récepteur nicotinique de l’acétylcholine : a) Est localisé dans la jonction neuro-musculaire.
b) Active une protéine G hétérotrimérique. c) A une forte affinité pour son ligand l’acétylcholine.
[Link] jonction neuromusculaire et la contraction musculaire a) l’acétylcholine, neurotransmet-
teur de la jonction neuromusculaire, possède une très forte affinité pour ses récepteurs. b) les
récepteurs cholinergiques de type nicotinique permettent l’entrée de sodium et la sortie de potas-
sium dans le myocyte. c) le potentiel d’action musculaire permet le re-largage du calcium contenu
dans les mitochondries du myocyte.
[Link] récepteurs de facteurs de croissance à activité tyrosine kinase : a) Peuvent former des com-
plexes de signalisation avec plusieurs effecteurs b) Sont internalisés et dirigés vers les péroxysomes
c) Forment de faibles interactions avec leur ligand
178.L’addition d’EGF au milieu de culture de cellules épithéliales provoque : a) Une phosphoryla-
tion des récepteurs sur les résidus thréonine b) L’expression d’ADN-polymérase c) Une diminution
du nombre des polyribosomes
[Link] transcription et al réplication Un peu d’histoire. . . Parmi ces prix Nobel de physiologie ou
de médecine, lesquels ont-ils décrits la structure de l’ADN ? a) Camillo Golgi b) Francis Crick c)
Jacques Monod
[Link] transcription a) Est directement dirigée par les récepteurs des hormones stéroïdiennes b)
Se déroule sur les ribosomes c) Nécessite les ARNt pour déchiffrer le code génétique
R
[Link] transcription a) concerne les ARN messagers polyadénylés b) Nécessite les ribosomes c)
LM
Est l’activité de copier le brin non codant de l’ADN en ARN par une polymérase
182.L’ADN a) Est un polymère de nucléotides liés par des liaisons péptidiques b) Est un polymère
EC
de désoxynucléotides liés par des liaisons phosphodiester c) Se traduit en protéines [Link] « boîte
TATA » a) Est une séquence d’ARN particulière b) Est une séquence d’ADN proche du site d’initia-
AV
[Link] la réplication a) Les fragments d’Okazaki sont créés sur les chaînes tardives b) La
CO
double hélice d’ADN s’ouvre à l’aide des ligases c) Fait intervenir l’ARN polymérase
186.L’information génétique dans les cellules eucaryotes peut être transmise par : a) La transduc-
tion b) La traduction c) La dépolymérisation
[Link] des cellules pancréatiques de souris cultivées en présence d’adénine tritiée puis traitées
ou non par différents enzymes, les autoradiographies montrent des grains d’argent : a) Sur l’ADN
après un traitement des cellules par une désoxyribonucléase. b) Sur l’ARN après un traitement des
cellules par une ribonucléase. c) Sur l’ARN et l’ADN après un traitement des cellules par une ligase.
[Link] les enzymes suivantes, quelles sont celles intervenant dans la duplication de l’ADN ? a)
Ligase b) ARN polymérase c) Transcriptase inverse
[Link] réplication de l’ADN (1) : a) Se fait par synthèse d’un nouveau brin dans le sens 3’-5’. b)
L’ADN polymérase a besoin d’une amorce pour synthétiser l’ADN. c) Les topoisomérases ont une
activité endonucléasique.
[Link] réplication de l’ADN (2) a) Est conservatrice b) Repose sur l’appariement des nucléotides
(C-G et A-T) c) Permet la copie de l’ADN en ARNm
[Link] la réplication a) La double hélice d’ADN s’ouvre à l’aide des ligases b) La fourche se
déplace sur le chromosome grâce à l’ADN hélicase c) L’ARN polymérase synthétise les fragments
d’Okazaki
376
[Link] chromosome a) Existe en une seule copie par cellule b) Est une molécule d’ADN double
brin bien empaquetée c) Est circulaire dans le noyau des mammifères
[Link] transcription de l’ARN (1) : a) A lieu dans le cytoplasme b) Implique la synthèse d’amorces
pour assurer le fonctionnement de l’ARN polymérase c) Se fait par une ARN-polymérase
[Link] transcription de l’ARN (2) : a) La coiffe protège l’ARNm des dégradations dues aux exo-
nucléases b) Les ARNm procaryotes sont polyadénylés c) Les ribosomes assurent l’excision des
introns
[Link] nucléosome : a) Est composé de tubuline et d’ARN b) Est composé d’histones et d’ADN c)
Dégrade l’ADN
[Link] maturation de l’ARNm : a) L’épissage des ARNm constitue le mécanisme d’ajout de la coiffe.
b) L’épissage fait intervenir des ribonucléoprotéines spécifiques. c) Les ribosomes assurent l’exci-
sion des introns.
Le cycle cellulaire 197. Concernant le cycle cellulaire chez les eucaryotes, on observe que : a) Les
cellules peuvent entrer en phase G0 à la fin de la phase G2. b) Le point Départ ou point de restric-
tion est situé au début de la phase G1. c) Il existe un point critique en phase G2 contrôlant l’entrée
en phase M.
[Link] le contrôle du cycle cellulaire chez les Eucaryotes, on note que : a) La fusion entre
cellules en phase G1 et S provoque une duplication d’ADN dans les noyaux en G1 b) L’entrée en
R
phase S est liée à la déphosphorylation de la protéine rétinoblastome c) La protéine p53 est forte-
LM
ment concentrée dans les cellules normales (par rapport aux cellules
[Link] les Eucaryotes, le complexe cyclineB/Cdk1, qui assure la progression du cycle cellulaire
EC
[Link] fuseau mitotique : a) Ne comporte que deux types de microtubules : astériens et polaires b)
Assure la répartition des chromosomes au cours de la mitose c) Disparaît au cours de l’anaphase
RS
[Link] chromosomes : a) Sont des brins d’ADN bicaténaires chez les eucaryotes b) Ont une struc-
ture qui varie pendant le cycle cellulaire chez les Eucaryotes c) Sont constitués durant la prophase
mitotique d’une chromatide et d’un centromère
203.L’activité de la kinase Cdk4 : a) Est essentiel pour la phosphorylation de Rb b) A lieu en phase
G2 du cycle cellulaire c) Est inhibée par les facteurs de croissance
Le chloroplaste [Link] le chloroplaste : a) Tout comme la mitochondrie, le chloroplaste
produit de l’ATP b) La phase lumineuse de la photosynthèse est la phase qui produit l’oxygène
(oxygénique) c) Les organismes hétérotrophes sont capables de fabriquer leur propre matière or-
ganique
[Link] chlorophylles des plantes : a) Ont les molécules photoréceptrices et contribuent à la pho-
tolyse de l’eau b) Sont ancrées dans les membranes internes des chloroplastes, faisant saillie dans
le stroma c) Absorbent toutes les longueurs d’onde de la lumière visible
[Link] les chloroplastes : a) La chlorophylle chélate un atome de fer b) Le photosystème
I est responsable de la photolyse de l’eau c) Les chloroplastes synthétisent l’ATP
[Link] chloroplastes a) Les chloroplastes des végétaux supérieurs présentent trois compartiments
limités par des membranes. b) La photolyse de l’eau ne consomme pas d’énergie. c) Le cycle de
Calvin permet la production de glycéraldéhyde phosphate.
377
[Link] les cellules eucaryotes supérieures animales et végétales : a) Les mitochondries
sont présentes dans les cellules animales mais pas dans les cellules végétales b) Les chloroplastes
sont présents dans les cellules végétales mais pas dans les cellules animales c) Les ARN polycis-
troniques sont présent ni dans les cellules animales ni dans les cellules végétale 209. Un potentiel
d’action est : a) un signal électrique variable suivant l’amplitude de l’activation b) un signal élec-
trique variable suivant le neurone qui le propage c) un signal électrique invariable et constant d)
un signal électrique dont la durée varie suivant le stimulus qui le déclenche
210. L’intensité d’un stimulus est codée en : a) fréquence de potentiels d’action b) amplitude et fré-
quence de potentiels d’action c) amplitude de potentiels d’action d) intensité de potentiels d’ac-
tion
[Link] neurotransmetteur est, dans une synapse : a) une molécule sécrétée par le neurone post
synaptique b) une molécule captée par le neurone pré synaptique c) une molécule sécrétée par le
neurone pré synaptique d) une molécule sécrétée par les deux neurones
212. Un neurone est constitué : a) d’un corps cellulaire, de plusieurs axones et de plusieurs den-
drites b) d’un corps cellulaire, d’un axone et de plusieurs dendrites c) d’un corps cellulaire, de
plusieurs axones et d’une dendrite d) d’un corps cellulaire, d’un axone et d’une dendrite
213. : La plasticité cérébrale désigne : a) la capacité du système nerveux à se déformer b) la capacité
du système nerveux à se figer dès la naissance c) la capacité du système nerveux à évoluer au cours
de la vie d) la capacité du système nerveux à ne pas évoluer au cours de la vie 214 .La méiose
R
consiste en deux divisions cellulaires, une division réductionnelle et une division équationnelle
LM
(cocher une seule réponse) - a) Vrai b) Faux
215 -L’étape la plus longue de la division réductionnelle de la méiose est a) La première télophase
EC
217 Dans quelle étape de la division réductionnelle de la méiose se droule le phénomène de ’cros-
U
218 L’étape la plus courte de la division réductionnelle de la méiose est : (retenir une seule réponse)–
La première télophase b) La première métaphase c) La première prophase d) La première ana-
phase e) Toutes les étapes sont proches sur le temps
219 L’étapes (ou étapes) de la division réductionnelle de la méiose où s’effectue l’appariement des
chromosomes homologues pour former des paires de chromosomes (Tétrades) a) La première
anaphase b) La première métaphase c) La première télophase d) Toutes les étapes sont proches
sur le temps e) La première prophase
220 Choisir la phrase à contenu faux (cocher une seule réponse) a) La méiose est une suite de deux
divisions cellulaires avec une deux réplications de l’ADN dont une entre les deux divisions b) La
méiose permet de passer d’unen cellule mère diploïde à 4 cellules filles haploïdes c) La première
division de méiose permet de donner des cellules à N chromosomes et deux chromatides d) La
deuxième division de la méiose, permet de donner, à la télophase, quatre cellules à N chromo-
somes avec une seule chromatide e) L’appariement des chromosomes homologues a lieu durant
la prophase 1
221 . Au moment de la puberté, on peut observer l’apparition de caractères sexuels secondaires
comme : A)-la croissance des ovaires, B)-le développement de la poitrine chez la fille, C)-le dé-
veloppement de la pilosité, D)-la croissance des testicules. 222. La production des cellules repro-
378
ductrices : A)-commence à la puberté chez l’homme et la femme, B)-est cyclique chez la femme,
C)-est continue chez l’homme et la femme, D)-dure toute la vie chez l’homme et la femme.
223. Les règles proviennent : A)-de l’épaississement de la paroi de l’utérus, B)-de l’élimination de la
paroi de l’utérus, C)-de la déchirure de l’ovaire au moment de l’ovulation, D)-de la paroi du vagin.
224. La fécondation : A)-a lieu dans l’utérus, B)-a lieu dans les trompes, C)-correspond à l’émission
d’un ovule par les ovaires, D)-peut se produire à n’importe quel moment du cycle.
225. La cellule-œuf : A)-provient de l’union de l’ovule et du spermatozoïde, B)-se divise pour don-
ner un embryon, C)-se divise pour donner un fœtus, D)-s’implante dans la trompe. 226. Les sper-
matozoïdes : A)-sont des cellules, B)-sont produits à partir de la puberté et durant toute la vie,
C)-sont les seuls composants du sperme, D)-peuvent vivre deux semaines. 227. Les règles chez la
femme :
A)-marquent la fin d’un cycle, B)-s’arrêtent à la ménopause et lors d’une grossesse, C)-durent en
moyenne un jour, D)-correspondent à la destruction de la paroi du vagin. 228. La fécondation :
A)-a lieu dans les trompes, B)-n’est possible que le jour de l’ovulation, C)-correspond à l’union des
noyaux d’un spermatozoïde et d’un ovule, D)-est interne chez l’espèce humaine.
230. Le fœtus :
A)-se développe dans le vagin, B)-se développe dans la vulve C)-se développe dans l’uterus, D)-se
R
développe dans le prostate. 231. Le préservatif masculin : A)-empêche l’ovulation, B)-empêche la
rencontre des cellules reproductrices, C)-est la seule protection contre les infections sexuellement
LM
transmissibles, D)-est une méthode contraceptive toujours efficace. 232. Le spermatozoïde : A)-est
un liquide, B)-est une cellule, C)-est un organe, D)-est produit par les testicules.
EC
a lieu : A)-pendant la période des règles, B)-environ 14 jours avant le début des règles, C)-à la fin
du cycle, D)-au milieu d’un cycle de 28 jours.
RS
235. La fécondation : A)-correspond à l’expulsion d’un ovule dans la trompe utérine, B)-correspond
U
à la fusion de deux cellules reproductrices, C)-a lieu dans la trompe utérine, D)-a lieu 14 jours après
l’ovulation. 236. La pilule contraceptive féminine : A)-favorise la nidation, B)-bloque l’ovulation,
CO
C)-ralentit l’entrée des spermatozoïdes dans l’utérus, D)-protège des IST. 237. L’appareil reproduc-
teur féminin comporte : A)-un utérus, B)-deux testicules, C)-un vagin, D)-deux ovaires.
238. La fécondation : A)-est le dépôt des spermatozoïdes dans le vagin, B)-est la fusion d’un sper-
matozoïde et d’un ovule, C)-a lieu dans l’utérus, D)-a lieu dans une trompe utérine. 239. Les sper-
matozoïdes sont : A)-fabriqués jusqu’à la mort, B)-fabriqués de manière cyclique, C)-fabriqués à
partir de la puberté, D)-des cellules immobiles. 240. Chez la femme : A)-les règles apparaissent au
moment de la ménopause, B)-l’appareil reproducteur fonctionne de manière cyclique, C)-l’appareil
reproducteur fonctionne de manière continue, D)-les règles sont un écoulement de sang prove-
nant de la rupture de la muqueuse du vagin. 241. Le placenta : A)-est relié au fœtus par le cordon
ombilical, B)-permet des échanges entre la mère et le fœtus, C)-permet au fœtus d’être approvi-
sionné en dioxyde de carbone, D)-empêche le passage des drogues et de l’alcool du sang de la
mère vers celui du fœtus. 242. Le fonctionnement cyclique de l’appareil génital féminin s’arrête :
A)-à la puberté, B)-à la retraite, C)-à la ménopause, D)-à la majorité (18 ans). 243. Les règles sont
dues : A)-à une destruction de la couche superficielle du vagin, B)-à la destruction de la couche su-
perficielle de la paroi de l’utérus, C)-à la libération d’un ovule par l’un des ovaires, D)-à une perte
de glaire cervicale.
244. Normalement, les règles ne se produisent plus : A)-s’il y a eu fécondation, B)-s’il y a nidation,
C)-s’il y a eu éjaculation, D)-s’il y a eu formation d’une cellule-oeuf. 245. Les spermatozoïdes sont
fabriqués : A)-dans le pénis, B)-dans les tubes séminifères, C)-dans l’ovaire, D)-dans la prostate.
379
246. Au moment de la puberté chez le garçon et chez la fille : A)-le corps se transforme pour deve-
nir celui d’un adulte capable de se reproduire, B)-les transformations du corps qui se produisent
débutent toutes en même temps, C)-les organes reproducteurs deviennent fonctionnels, D)-les
caractères sexuels secondaires apparaissent. 247. Les spermatozoïdes sont produits : A)-de la nais-
sance jusqu’à la mort, B)-de la puberté jusqu’à la mort, C)-par les vésicules séminales et stockés
dans les testicules, D)-par les testicules. 248. L’ovule est une cellule qui : A)-est libérée par l’utérus,
B)-a une taille voisine de celle du spermatozoïde, C)-n’a pas de mobilité propre, D)-possède un
noyau. 249. L’ovulation a lieu : A)-au moment des règles, B)-environ 14 jours avant le début des
règles du cycle suivant, C)-juste avant le début des règles, D)-le premier jour du cycle.
250. La muqueuse utérine : A)-se transforme au cours des 28 jours du cycle, B)-est à l’origine des
règles, C)-est un revêtement interne du vagin, D)-tapisse la cavité interne de l’utérus. 251. A la
puberté : A)-le garçon et la fille deviennent capables de se reproduire, B)-des caractères sexuels
secondaires apparaissent, C)-les ovaires cessent de libérer des ovules, D)-les garçons subissent
des transformations plus tôt que les filles. 252. Le sperme : A)-contient uniquement des sper-
matozoïdes, B)-est produit entièrement par les testicules, C)-est libéré lors d’une éjaculation, D)-
contient environ 100 millions de spermatozoïdes par millilitre. 253. Les ovaires libèrent des ovules :
A)-de façon continue, B)-de façon cyclique, C)-à partir de la puberté et jusqu’à la mort, D)-dès
la naissance. 254. Le nombre d’ovules émis par une femme en une année est : A)-de plusieurs
milliers, B)-d’environ 12, C)-égal à celui du nombre de cycles, D)-égal à celui du nombre de rap-
ports sexuels. 256. Les règIes : A)-apparaissent toujours vers 13 ans, B)-ont lieu au moment de
R
l’ovulation, C)-correspondent à l’élimination de la couche superficielle de la paroi de l’utérus.,
D)-correspondent à un écoulement périodique de sang.
LM
257. Lors d’un rapport sexuel les spermatozoïdes sont libérés : A)-dans l’utérus, B)-dans le vagin,
C)-dans la trompe, prés de l’ovule, D)-à l’entrée du col de l’utérus.
EC
258. La fécondation : A)-est l’union d’un ovaire et d’un spermatozoïde, B)-est l’union d’un ovule
AV
et d’un spermatozoïde, C)-se réalise dans le vagin, D)-est à l’origine d’une cellule-œuf. 259. L’em-
bryon : A)-s’implante dans le vagin, B)-s’implante dans l’utérus, C)-est le nom donné au futur bébé
RS
après la huitième semaine de grossesse, D)-n’a pas encore tous ses organes fonctionnels. 260. Le
placenta : A)-est fixé dans une trompe, B)-assure les échanges entre la mère et le fœtus, C)-est fixé
U
dans la paroi de l’utérus, D)-est un lieu où le sang maternel et le sang foetal se mélangent. 261. L’ac-
couchement débute par : A)-des mouvements du bébé, B)-des contractions de la paroi de l’utérus,
CO
C)-une perte de sang, D)-l’expulsion du placenta. 262. Certaines méthodes contraceptives ne sont
délivrées que sur ordonnance et nécessitent donc une consultation médicale, c’est le cas pour : A)-
le préservatif féminin, B)-le stérilet, C)-la pilule contraceptive, D)-le préservatif masculin. 261. Le
préservatif masculin : A)-est destiné à empêcher la production des spermatozoïdes, B)-empêche
l’entrée des spermatozoïdes dans le vagin, C)-est un moyen efficace de protection contre les in-
fections sexuellement transmissibles, D)-empêche l’éjaculation. 262. La pilule contraceptive : A)-
empêche l’ovulation, B)-n’est efficace que si elle est prise pendant la période d’ovulation, C)-peut
être prise une seule fois avant un rapport sexuel, afin d’éviter une grossesse, D)-n’assure plus une
contraception parfaite, s’il y a un oubli lors de la prise. 263. Le stérilet : A)-évite l’ovulation, B)-est
un dispositif placé dans l’utérus, C)-empêche la nidation de l’embryon, D)-protège des infections
sexuellement transmissibles. 264. La pilule d’urgence : A)-peut se prendre pendant les 2 premiers
mois de grossesse, B)-peut éviter une grossesse en cas de rapport sexuel non ou mal protégé, C)-
est encore appelée pilule du lendemain, D)-n’est délivrée que sur ordonnance médicale. 265. Un
ovaire expulse un ovule de façon cyclique : A)-tous les 28 jours environ, B)-tous les 14 jours en-
viron, C)-jusqu’à la ménopause, D)-depuis la puberté. 266. Les spermatozoïdes sont : A)-des cel-
lules reproductrices femelles, B)-mobiles, C)-produits par les ovaires, D)-produits jusqu’à la mé-
nopause. 267. Chez l’être humain, la rencontre puis la fusion des cellules reproductrices : A)-est
externe, B)-a lieu dans l’une des 2 trompes, C)-s’appelle la nidation, D)-s’appelle la fécondation.
268. Le préservatif : A)-est un moyen de contraception, B)-doit être prescrit par un médecin, C)-
permet d’éviter une grossesse, D)-protège du risque de transmission du virus du SIDA. 269. Les
380
règles : A)-apparaissent à la puberté, B)-correspondent à la libération d’un ovule, C)-ont lieu tous
les 28 jours environ, D)-cessent durant la grossesse. 270. Le sperme : A)-est produit uniquement
au niveau des testicules, B)-est formé d’un liquide nourricier qui représente 90 C)-est produit à
partir de la puberté, D)-contient environ 100 millions de spermatozoïdes par millilitre.
271. L’ovule, cellule reproductrice femelle : A)-est produit par les ovaires, B)-est libéré environ 14
jours avant le début des règles du cycle suivant, C)-survit environ 24 heures après sa libération,
D)-a une taille égale à celle du spermatozoïde. [Link] nombre d’ovules libérés par une femme en
une année est : A)-plusieurs millions, B)-un par ovaire, C)-environ douze, D)-égal au nombre de
cycles d’une année.
273. L’endomètre, ou muqueuse utérine : A)-a une épaisseur d’environ 10 centimètres en début
de cycle, B)-change d’aspect au cours du cycle, C)-est détruit tous les 28 jours environ, ce qui
provoque les règles, D)-est détruit si l’embryon s’est implanté dans l’utérus.
274. La fécondation : A)-correspond à l’union d’un ovaire et d’un spermatozoïde, B)-se réalise dans
la trompe utérine, C)-est possible jusqu’à 24 heures après l’ovulation, D)-est possible dès que la
jeune fille au eu ses premières règles, et jusqu’à la ménopause. 275. Les méthodes de contracep-
tion : A)-empêchent toutes la rencontre des cellules reproductrices, B)-sont réservées aux femmes,
C)-protègent toutes des IST, infections sexuellement transmissibles, D)-sont basées sur des moyens
mécaniques ou chimiques.
MINISTERE DE LA DEFENSE NATIONALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. CONCOURS DE RECRUTEMENT EOA
R
AU TITRE DE LA XXXVIII° PROMOTION DE L‘ACADEMIE MILITAIRE SESSION DU 22 AU 29 SEP-
LM
TEMBRE 2014 SECRETARIAT GENERAL . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. DIRECTION DES RESSOURCES HU-
MAINES . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. SERVICE DE LA FORMATION ET DES STAGES . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. MA-
TIERE : TEST PSYCHOTECHNIQUE DUREE : 03H COEFFICIENT : 03
EC
1) Deux noyaux isotopes sont représentés : A : Par des symboles différents B : Par le même symbole
AV
représente le nombre de protons et N le nombre de neutrons. Pour les noyaux légers, les isotopes
stables se trouvent : A : Proches de la droite d’équation N = Z B : Au-dessus de la droite N = Z C :
U
Au-dessous de la droite N = Z 3) Les noyaux trop riches en neutrons émettent une radioactivité :
A:αB:+C:–
CO
4) Un noyau radioactif α émet : A : Des noyaux d’hélium B : Des positons C : Des électrons
5) L’activité d’une substance radioactive représente : A : Le nombre de noyaux radioactifs de l’échan-
tillon B : Le nombre de becquerels par seconde C : Le nombre de noyaux qui se désintègrent par
seconde
6) L’énergie de liaison du noyau d’hélium est E = 28 MeV A : 7,0 MeV B : 14 MeV C : 28 MeV
7) Un noyau est d’autant plus stable que son énergie de liaison : A : Est faible B : Est élevée C : Est
proche de zéro
8) Si un noyau lourd absorbe un neutron puis se fractionne en noyaux plus légers en libérant des
neutrons, on a une réaction nucléaire : A : De fusion B : De fission C : D’explosion
9) Un passager est assis dans un train se déplaçant à vitesse constante sur une voie rectiligne :
A : Le passager est immobile dans le référentiel terrestre. B : Le passager est en mouvement recti-
ligne uniforme dans le référentiel terrestre. C :Le passager est en mouvement rectiligne uniforme
dans le référentiel du train.
10) La valeur de la vitesse d’un point matériel de masse m = 100 g est v = 36 km / h. La valeur de la
quantité de mouvement est égale à cet instant à : A : 3,6 kg .m /s B : 1,0 x 103 kg .m /s C : 1,0 kg .m
/s
381
11) Au démarrage, un scooter passe de 0 à 36 km . h–1 en 10 s. Son accélération moyenne est de :
A : 3,6 m . s–2 B : 3,6 km . h–2 C : 1,0 m . s–2
12) Pour que la troisième loi de Newton ou loi des actions réciproques s’applique à deux corps A et
B en interaction, il faut que : A : Les deux corps soient en contact. B : Les deux corps aient la même
masse. C : Il n’y a pas de condition.
13) Lorsqu’un système est en mouvement circulaire uniforme :
A : Son vecteur vitesse est constant. B : Son vecteur accélération est constant. C : Son vecteur ac-
célération est centripète.
14) L’accélération d’un système en mouvement circulaire uniforme de rayon R et de vitesse v : A :
Est nulle. B : A pour valeur C : A pour valeur
15) Dans le cas d’un mouvement circulaire uniforme, la résultante des forces qui s’exercent sur le
système est : A : Nulle. B : Constante. C : Centripète.
16) On donne la chronophotographique d’un volant de badminton. Le vecteur vitesse du volant
au point A3 : A : Est nul. B : Est tangent à la trajectoire. C : A pour valeur v3 = 0,50 m / s.
17) Le vecteur accélération du volant du badminton au point A3 :
A : Est nul. B : Est perpendiculaire à la trajectoire. C : A pour valeur a3 = 200 m / s2.
R
18) La tension uAB entre les bornes A et B d’un dipôle est : A : Égale à la différence de potentiel (VA
- VB) entre ses deux points. B : Est représentée par une flèche tracé hors du circuit et orientée de B
LM
vers A. C : Est représentée par une flèche tracé hors du circuit et orientée de A vers B.
19) Soit un dipôle RC suivant : La flèche représente la tension : A : uAB B : uBA C : uCB
EC
20) On charge un condensateur, à courant constant, avec une intensité I = 50,0 mA pendant une
AV
durée ∆t = 3,0 min. La charge Q du condensateur est alors : A : Q ≈ 150 C B : Q ≈ 9,0 x 103 C C : Q ≈
9,0 C
RS
21) Pour pouvoir écrire les lois physiques relatives aux différents dipôles : A : Il faut nécessairement
orienter le circuit ou la branche de circuit dans lequel les dipôles se trouvent B : Il n’est pas néces-
U
saire d’orienter le circuit ou la branche de circuit dans lequel les dipôles se trouvent C : Il suffit
CO
382
28) On réalise un circuit RC en plaçant en série un condensateur de capacité C = 1000 F et un
conducteur ohmique de résistance R = 3,40 k. Le dipôle RC, ainsi réalisé, a pour constante de
temps : A : τ ≈ 3,40 s B : τ ≈ 3,40 x 10 3 s C : τ ≈ 3,40 x 10 – 3 s
29) La courbe ci-dessous représente les variations de la tension aux bornes d’un condensateur en
fonction du temps lors de sa charge. La constante de temps du circuit RC vaut : A : τ ≈ 100 ms B : τ
≈ 24 ms C : τ ≈ 12 ms
30) Tigibus lance un bouton de masse m verticalement, vers le haut, à partir d’une hauteur h. La
valeur de la vitesse initiale est v0. On étudie le mouvement du bouton dans le repère contenu dans
le plan de la trajectoire. L’intensité de la pesanteur est notée g. Schéma de la situation à l’instant
t : Un référentiel pertinent pour étudier le mouvement du bouton est : A : Le référentiel héliocen-
trique. B : Le référentiel géocentrique. C : Un référentiel terrestre.
31) Dans l’hypothèse d’une chute libre, le bouton est uniquement soumis : A : À son poids et aux
forces de frottements de l’air. B : À son poids C : Aux forces de frottements de l’air.
32) Le vecteur accélération du bouton est : A : Vertical ascendant. B : Vertical descendant. C : Hori-
zontal et dans le sens du mouvement.
33) À chaque date t, l’abscisse vx du vecteur vitesse du bouton est : A : 0 B : v0 C : — v0
34 ) À chaque date t, l’ordonnée vy du vecteur vitesse du bouton est : A : — g . t + v0 B : + g . t + v0
C : — g . t —v0
R
35) La trajectoire du bouton est : A : Parabolique. B : Circulaire. C : Rectiligne.
LM
36) Le référentiel le plus adapté à l’étude du mouvement de la Lune autour de la Terre est :
EC
38) D’après la loi des aires, le segment de droite reliant les centres de gravité de la Lune et de la
Terre : A : Balaie des aires égales pendant des durées égales. B : A une trajectoire elliptique. C : A
U
39) La valeur de l’accélération d’un point mobile en mouvement circulaire uniforme : A : Est nulle.
B : Quadruple si la valeur de la vitesse double. C : Augmente si le rayon de la trajectoire augmente.
40) Dans la relation correcte précédente : A : k dépend de la masse du satellite. B : k dépend de la
masse de l’astre autour duquel le satellite tourne. C : kest une constante universelle.
41) Le mouvement de Jupiter est circulaire dans le référentiel : A : Géocentrique. B : Héliocentrique.
C : Jovicentrique.
42) Une bobine est caractérisée par : A : Son inductance L et sa résistance interne r B : Sa capacité
C C : Son inductance L
43) Une bobine se comporte comme un conducteur ohmique : A : En régime permanent B : En
régime variable C : Lorsque le courant est établi
44) L’inductance L d’une bobine : A : Est une constante positive B : Est une constante positive,
négative ou nulle C : Dépend des caractéristiques géométriques de la bobine
45) On place une bobine (L, r) dans le circuit représenté ci-dessous et on bascule l’interrupteur sur
la position 1 au temps t = 0 s. À l’établissement du courant dans le circuit : A : L’intensité du courant
augmente linéairement dans le circuit B : L’intensité du courant passe de la valeur 0 à la valeur
limite I instantanément C : L’intensité du courant augmente progressivement pour atteindre une
valeur limite I.
383
46) Grâce aux branchements réalisés sur le circuit ci-dessus, on visualise les variations de l’inten-
sité du courant, ceci à une constante près : A : Sur aucune des voies B : À la voie 1 C : À la voie
2
47) On donne : R = r + R’ Toujours au sujet de la courbe ci-dessus. La durée de l’établissement du
courant dans le circuit : A : Augmente lorsque R augmente B : Diminue lorsque L augmente C :
Augmente lorsque L augmente
48) L’intensité du courant i dans le circuit atteint 63 A : τ B : 3 τ C : 5 τ
49) L’intensité du courant i dans le circuit atteint 99 A : τ B : 3 τ C : 5 τ
50) On réalise un circuit RL en plaçant en série une bobine idéale d’inductance L = 100 mH et un
conducteur ohmique de résistance R = 20,0 . Le dipôle RL, ainsi réalisé, a pour constante de temps :
A : τ ≈ 5,00 ms B : τ ≈ 2,00 x 10 2 s C : τ ≈ 5,00 x 10 – 3 s
51) La constante de temps d’un dipôle RL est :
A : La durée nécessaire pour que l’intensité du courant dans le circuit atteigne 63 B : La durée
nécessaire pour que l’intensité du courant dans le circuit atteigne 99 C : La durée nécessaire pour
que l’intensité du courant dans le circuit atteigne 37
52) À partir de la courbe précédente, on peut déterminer la valeur de la constante de temps du
circuit RL. La valeur de la constante de temps du circuit RL vaut : A : τ ≈ 1,5 ms B : τ ≈ 3,5 ms C : τ
R
≈ 7,0 ms LM
53) Une force est dite conservative, si : A : Son travail est nul. B : Son travail est indépendant du
chemin suivi. C : Son travail est moteur.
EC
54) Le travail du poids d’un parapentiste de masse m = 80 kg s’élançant à une altitude de h1 = 1500
m et se posant à une altitude de h2 = 500 m vaut : On prendra : g = 10 m .s-2 A : 8,0 x 105 J B : 8,0 x
AV
56) Une force qui s’exerce sur un point matériel est conservative si : A : Elle garde une valeur
constante quelle que soit sa direction. B : Son travail ne dépend pas du chemin suivi par le point
CO
matériel pendant le déplacement. C : Elle permet au corps sur lequel elle s’exerce de garder une
vitesse constante.
57) On a représenté ci-dessous les évolutions au cours du temps des énergies d’un pendule de
masse m = 100 g, écarté de sa position d’équilibre et lâché sans vitesse initiale à la date t = 0 s. Les
énergies du pendule sont représentées de la façon suivante : A : Em en VERTet EC en ROUGE B :
Epp en ROUGE et EC en BLEU C : Em en ROUGEet EC en VERT
58)La date t = 0,36 s correspond au passage du pendule : A : Par sa position d’équilibre B : Par sa
position la plus haute. C : Par sa position la plus basse.
59) Lorsque le pendule passe par sa position d’équilibre, sa vitesse vaut : A : 0,77 m . s–1. B : 0,0 m .
s–1. C : 2,4 x 10–2m . s–1.
60 ) Jusqu’à la date t = 0,36 s, il y a : A : Transfert partiel de l’énergie potentielle de pesanteur en
énergie cinétique. B : Transfert complet de l’énergie cinétique en énergie potentielle de pesanteur.
C : Transfert complet de l’énergie potentielle de pesanteur en énergie cinétique.
61 ) Lorsque l’énergie mécanique d’un point matériel ne se conserve pas, la variation d’énergie
mécanique de ce point est égale à la somme des travaux : A : Des forces conservatives et non
conservatives appliquées à ce point. B : Des forces conservatives appliquées à ce point. C : Des
forces non conservatives appliquées à ce point.
384
62) Un pendule peut servir à construire une horloge si l’amplitude de ses oscillations : A : Diminue
au cours du temps. B : Augmente au cours du temps. C : Reste constante au cours du temps.
63) Lors de la chute libre d’un point matériel A : A : Il y a conservation d’énergie de A entre les
formes cinétique et potentielle. B : L’énergie mécanique de Adiminue quand son énergie poten-
tielle diminue. C : L’énergie mécanique de Adiminue toujours.
64) Lors des oscillations libres d’un pendule, l’énergie mécanique du pendule : A : S’exprime par
Em = Epp + EC uniquement s’il n’y a pas de frottements. B : Reste constante en l’absence de frot-
tements. C : Reste toujours constante que les oscillations soient amorties ou pas.
65) En relativité restreinte, la valeur de la vitesse de la lumière dans le vide et dans un référentiel
galiléen : A : Est absolue. B : Est relative. C : Dépend du référentiel.
66) L’invariance dans le vide de la valeur de la lumière dans un référentiel galiléen est un postulat
de : A : Galilée. B : Newton. C : Einstein.
67) En relativité restreinte, l’horloge qui mesure le temps propre séparant deux évènements doit
être : A : Éloignée des lieux des évènements. B : Proche des lieux des évènements. C : En mouve-
ment par rapport au lieu où se déroulent ces deux évènements.
68) En relativité restreinte, les durées mesurées sont : A : Contractées par rapport aux durées
propres. B : Les mêmes que les durées propres. C : Dilatées par rapport aux durées propres.
69) Les durées mesurée ∆T ’ et propre ∆T0 sont reliées par la relation ∆T ’ = . ∆T0. A : s’exprime
R
en m . s–1. B : s’exprime en s–1. C : est sans unité.
LM
70) Deux personnes munies de chronomètres, fixes dans deux référentiels galiléens, observent les
deux mêmes évènements. Les durées séparant ces deux évènements sont sensiblement différentes
EC
si : A : Ces deux personnes sont en mouvement l’une par rapport à l’autre à une vitesse de valeur
élevée. B : Ces deux personnes sont en mouvement l’une par rapport à l’autre à une vitesse de
AV
faible valeur. C : Ces deux personnes ne sont pas en mouvement l’une par rapport à l’autre.
RS
71 ) On imagine qu’une personne A munie d’un chronomètre se déplace à 225 000 km . s–1 par
rapport à une personne B. La personne B est également munie d’un chronomètre et les référentiels
U
liés à A et B sont galiléens. A mesure la durée propre séparant deux évènements. On donne : c =
3,00 x 108m . s–1 A : La durée mesurée par la personne B entre les deux évènements est environ
CO
2 fois plus grande que celle mesurée par la personne A. B : La durée mesurée par la personne B
entre les deux évènements est environ 1,5 fois plus grande que celle mesurée par la personne A.
C : La durée mesurée par la personne B entre les deux évènements est sensiblement égale à celle
mesurée par la personne A.
72) La mécanique classique : A : Est un cas particulier de la mécanique relativiste. B : Est une
généralisation de la mécanique relativiste. C : Correspond au cas où = 1.
73) Le caractère relatif du temps est-il à prendre en compte par un observateur fixe dans un réfé-
rentiel terrestre lorsqu’il mesure la période de battement des ailes d’une mouche volant à 10 km .
h–1 ? A : Oui. B : Non. C : On ne peut pas savoir sans connaître la période propre des battements.
74) Une fusée se dirige avec une vitesse v vers une source lumineuse immobile dans un référentiel
galiléen. Par rapport au référentiel de la fusée, la vitesse de propagation de la lumière dans le vide
est : A : supérieure à c. B : égale à c. C : inférieure à c. 75) D’après les postulats de la relativité
restreinte, si on décrit le mouvement d’un électron soumis à un champ électromagnétique dans
deux référentiels galiléens différents : A : Les trajectoires son décrites de façons identiques. B :
Les vitesses sont, à chaque instant, identiques. C : Les mêmes lois de l’électromagnétisme sont
respectées.
76) Une fusée se dirige avec une vitesse v vers une station spatiale immobile dans un référentiel
galiléen. Pour un occupant de la station, par comparaison avec une horloge de la station, une
385
horloge embarquée dans la fusée : A : Prend de l’avance. B : Prend du retard. C : Indique le même
temps.
77) Les muons sont des particules instables qui se désintègrent en moyenne au bout d’une durée
propre τ. Dans un laboratoire, la durée d’existence mesurée pour des muons animés d’une vitesse
proche de c est en moyenne : A : Grande devant τ. B : Égale à τ. C : Petite devant τ.
78) Une durée mesurée d’un phénomène est toujours : A : Supérieure ou égale à sa durée propre.
B : Inférieure ou égale à sa durée propre. C : Égale à sa durée propre.
79) Concernant les véhicules construits et utilisés par l’homme, la relativité du temps : A : N’est
pas vérifiable. B : Est vérifiable mais n’a aucune conséquence pratique. C : Est vérifiable est peut
avoir des conséquences pratiques.
80) L’ordre de grandeur du nombre de molécules dans une mole est : A : 10–23 B : 1023 C : 1
81) L’énergie interne d’un système macroscopique résulte : A : De contributions microscopiques.
B : De contributions microscopiques et macroscopiques. C : De contributions macroscopiques.
82) L’énergie interne d’un système macroscopique : A : Peut varier suite à des transferts thermiques
avec l’extérieur. B : Peut varier suite à des travaux échangés avec l’extérieur. C : Peut ne pas varier.
83) Deux échantillons d’un kilogramme de fer solide sont à des températures différentes. A : Le plus
froid possède davantage d’énergie que le plus chaud. B : Les deux ont la même énergie interne. C :
R
Le plus chaud possède davantage d’énergie que le plus froid. 5 - Les trois modes de transfert ther-
mique entre un système et l’extérieur sont : A : La conductivité, la convection et le rayonnement.
LM
B : La conduction, la convection et le rayonnement. C : La conduction, la convection et le travail.
84) Les trois modes de transfert thermique entre un système et l’extérieur : A : Peuvent avoir lieu
EC
85) Le flux thermique à travers une paroi plane : A : Est l’énergie transférée à travers la paroi. B : Est
RS
l’énergie transférée à travers la paroi par unité de temps. C : Correspond à un transfert d’énergie
de la source chaude vers la source froide.
U
86 ) Le flux thermique à travers une paroi de résistance thermique Rth s’exprime par : A : Plus
CO
l’écart de température est grand, plus le flux thermique est grand. B : Plus l’écart de température
est grand, plus le flux thermique est petit. C : Le flux thermique est deux fois plus grand si T1 est
doublée pour un même T2.
87) Au cours du fonctionnement d’un moteur de voiture, le mélange gazeux d’air et d’essence
reçoit par transfert thermique 36,1 kJ et cède un travail de 19,4 kJ à l’extérieur. Ces deux transferts
d’énergie sont les seuls à prendre en compte. Pour ce mélange gazeux d’air et d’essence : A : W = –
16,7 kJ B : W = – 19,4 kJ C : Q = – 36,1 kJ
88) Pour le mélange gazeux d’air et d’essence de la question précédente (question 9) : A : ∆U> 0 B :
∆U< 0 C : ∆U = 0
89) Lorsque l’agitation des entités microscopiques constituant un système macroscopique aug-
mente, la température T de ce système : A : Augmente. B : Diminue. C : Est constante.
90) Le flux thermique a pour unité : A : Le joule (J) B : Le watt (W) C : Le joule. seconde (J.s)
91)Un des paramètres à prendre en compte pour comprendre les choix énergétiques est : A : L’aug-
mentation des ressources énergétiques mondiales. B : La baisse des ressources énergétiques fos-
siles. C : L’augmentation de l’émission de gaz à effet de serre.
92) Pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique, il faut : A : Faire des économies
d’énergie. B : Développer la part de l’utilisation des ressources fossiles. C : Développer la part de
386
l’utilisation des ressources renouvelables.
93 ) La principale cause du réchauffement climatique est : A : L’émission de gaz à effet de serre. B :
L’épuisement des ressources énergétiques au niveau mondial. C : L’utilisation de l’énergie d’ori-
gine nucléaire.
94) La recherche de nouvelles ressources énergétiques se fait : A : Par suite d’une demande crois-
sante d’énergie. B : Parce que leur mise en œuvre utilise des systèmes plus esthétiques. C : Pour
minimiser la pollution.
95) Pour faire un bilan énergétique, il faut : A : Définir précisément le système étudié. B : Repé-
rer les échanges énergétiques entre le système et l’extérieur. C : Repérer uniquement les pertes
énergétiques.
96) Un transfert thermique reçu réellement par un système est compté : A : Négativement. B :
Positivement. C : Négativement ou positivement suivant la nature du transfert.
97) Les pertes thermiques d’une habitation peuvent être dues : A : À une cheminée ouverte. B : Au
radiateur électrique utilisé. C : À une mauvaise isolation des murs.
98) Pour réaliser des économies d’énergie : A : On utilise son vélo. B : On utilise de préférence des
ressources renouvelables. C : On améliore l’isolation thermique.
99) Diminuer la consommation énergétique demande : A : Une consommation plus raisonnée. B :
R
De ne plus chauffer. C : De poursuivre des recherches scientifiques.
LM
100) Cochez la ou les bonne(s) réponse(s) Deux billes de masse M et m (M > m), assimilables à
des points matériels, sont lâchées sans vitesse initiale à une hauteur h du sol, dans une région
où le champ de pesanteur est constant. On néglige la résistance de l’air. Parmi les affirmations
EC
suivantes, laquelle est exacte ? A : la bille M atteint le sol en premier B : la bille m atteint le sol en
premier C : Les deux billes atteigent le sol simultanément D : L’ordre d’arrivée au sol dépend de la
AV
101) Une masse m, soumise au champ de pesanteur terrestre de vaaleur g = 9,81 N / kg peut se
déplacer sans frottement d’un point A à un autre point quelconque C en suivant deux trajets diffé-
U
rents : Trajet 1 : le trajet vertical AB puis le trajet horizontal BC (BC = a) Trajet 2 : le trajet suivant le
segment AC de longueur b. On désigne par W1 et W2 le travail du poids dans chacun des deux cas.
CO
387
106) Dans un référentiel géocentrique supposé galiléen, un satellite terrstre décrit une orbite cir-
culaire de rayon R. A : la norme de sa vitesse est constante B : son accélération est nulle C : sa
période de révolution est proportionnelle au rayon D : si le satellite est géostationnaire, sa vitesse
est nulle E : on pourrait placer un satellite de même vitesse sur la même trajectoire
107) Un référentiel galiléen peut être : A : en rotation uniforme par rapport à un autre B : en transla-
tion rectiligne uniforme par rapport à un autre référentiel galiléen C : en mouvement quelconque
par rapport à un autre référentiel galiléen D : en translation rectiligne uniformément varié par
rapport à un référentiel galiléen E : immobile par rapport à un référentiel Galiléen
108 ) Quand un corps tombe en chute libre dans un champ de pesanteur uniforme : A : il est soumis
à une force constante. B : son accélération est d’autant plus grande que sa masse est grande C : sa
vitesse augmente proportionnellement à sa distance de chute D : sa variation d’énergie potentielle
sur une distance de chute donnée est indépendante de sa masse E : son accélération au bout d’un
temps de chute donnée est indépendante de sa vitesse initiale
109) Pour mesurer expérimentalement la capacité C d’un condensateur, on le charge à courant
constant d’intensité I = 2,0 mA. Au bout de t = 5,0 s, on mesure aux bornes du condensateur une
tension uC = 1,0 V. La capacité C du condensateur vaut : A : 1,0 mF B : 2,0 mF C : 5,0 mF D : 10 mF
E : 20 mF
110) Sur le schéma ci-dessous, le condensateur de capacité C = 100 F vient d’être chargé par une
pile de f.e.m E = 4,7 V et de résistance R = 2,0
R
La charge étant terminée, que valent les grandeurs : i intensité du courant, uC tension aux bornes
LM
du condensateur et EC énergie emmagasinée par le condensateur. A : i ≈ 0 A ; uC ≈ 4,7 V ; EC ≈ 1,1
mJ B : i ≈ 2,4 A : uC ≈ 0 V ; EC ≈ 1,1 J C : i ≈ 0 A ; uC ≈ 0 V ; EC ≈ 1,1 x 103 J D : i ≈ 2,4 mA ; uC ≈ 4,7
EC
112) Une bobine de résistance r = 20 et d’inductance L = 0,10 H est traversée par un courant
RS
résistance R, la variation de la charge en fonction du temps A : est plus rapide si le produit R.C est
plus grand B : est le lente si le produit R.C est plus grand C : est indépendante du produit R.C. D :
dépend uniquement de la résistance R du circuit. E : est plus rapide si le produit R.C est plus petit
114) À l’instant t = 0 s, on bascule l’interrupteur k en position 1. La durée de l’établissement du
courant dans le circuit : A : dépend uniquement de la valeur de la résistance totale du circuit : R =
r + R’ B : dépend uniquement de la valeur de l’inductance L de la bobine C : augmente lorsque la
valeur de l’inductance L de la bobine augmente D : diminue lorsque la valeur de la résistance R’
augmente E : dépend du produit L.R
115) La valeur de la constante de temps d’un circuit (R, L), est donnée par l’expression : A : R.L B :
R / L C : L / R D : 2 L.R E : (L + R) /2
116) La période propre d’un circuit (L, C) :
A : dépend uniquement de l’inductance L du circuit. B : dépend uniquement de l’inductance L et
de la capacité C du circuit C : a pour expression : D : a pour expression : 2 L.C E : a pour expression :
117) On réalise le montage suivant.
Première étape : on charge le condensateur en plaçant le commutateur sur la position 1. Deuxième
étape : on bascule le commutateur en position 2. À la voie YA de l’oscilloscope, A : on visualise les
variations de la tension uAB B : on observe les variations de la tension aux bornes du condensateur
388
C : on observe la décharge linéaire du condensateur dans la bobine D : on remarque que l’ampli-
tude des oscillations augmente au cours du temps E : on remarque que le courant circule toujours
dans le même sens.
118) On réalise le montage suivant.
Première étape : on charge le condensateur en plaçant le commutateur sur la position 1. Deuxième
étape : on bascule le commutateur en position 2. On agit sur les différents paramètres. A : si la
résistance R’ augmente, la période du phénomène oscillatoire augmente. B : si on multiplie par
4 la valeur de l’inductance L, la période du phénomène oscillatoire est multipliée par 2 C : si R’
augmente ceci n’a aucune incidence sur l’amplitude des oscillations. D : si R’ + r >Rc (résistance
critique), on observe des oscillations libres amorties E : si R’ + r = Rc, la tension tend rapidement
vers zéro, c’est le régime critique. 119) Cocher la ou les réponse(s) choisie(s) Unité légale de force
F : A : Pa B : N . m C : N . m-1 D : N
120) Unité légale de période T : A : Hz . s-1 B : Hz C : s D : s-1
121) Unité légale d’énergie cinétique E : A : J . m-1 B : kg . m-1 C : J2 D : J
122) Unité légale de Puissance P : A : W . s-1 B : W C : W . s D : V .A.h
123) Convertir : 1 degré = A : 10 rad B : 2 rad C : (180 / ) rad D : ( / 180) rad
124) Convertir : 1 µ m = A : 10-12 m B : 10-9 m C : 10-6 m D : 104 m
R
125) Convertir : 1 m / s = A : 0,01 km / h B : 9,81 km / h C : 3,6 km / h D = 1 km / h
LM
126) sin α =
A:b/cB:a/cC:a/bD:b/a
EC
127) tan α = A : b / c B : a / c C : a / b D : b / a
AV
128) Donner l’expression qui permet de calculer la surface totale d’un parallélépipède : A : a .b . c
B:a+b+cC:2(a+b+c)D:2(a.b+b.c+c.a)
RS
U
CO
389
SYNTHESE DES DOSSIERS SESSION DU 22 AU 26 SEP-
TEMBRE 2014
R
rire se mêle à l‘étonnement. Or, voici que ce pays disparaissait mais sans que cela n‘entraîne ou
LM
ne procède d‘aucun cataclysme. Le système soviétique européen sortait de l‘histoire comme une
chandelle qu‘on é[Link] doute que les visions de l‘URSS qui avaient dominé l‘Univers intellec-
tuel, en France comme dans d‘autres pays, ne nous avaient guère préparés à un tel événement. La,
EC
D‘autres événements, plus dramatiques ou plus proches, se sont conjugués pour détourner l‘attention ;
le post-soviétisme est devenu une banalité. La Russie remplace ainsi dans les discours l‘Union so-
RS
viétique, et hérite parfois des craintes suscitées par sa génitrice. Mais cette banalisation est dou-
blement trompeuse. Elle pourrait bien n‘être qu‘un déni de la surprise initiale. En réduisant à un
U
non-événement ce qui a été en réalité la clôture du XXe siècle, on coupe court aux interrogations.
Ce faisant, on s‘aveugle, au moins temporairement, sur la signification de la fin de l‘URSS, somme
CO
si un élément majeur du monde pouvait disparaitre sans conséquences ni implications. Cet aveu-
glement peut prendre plusieurs formes. Ainsi avec un peu d‘imagination en cette année 1996.
Moscou est une ville d‘imagination en cette année 1996, Moscou est une ville occidentale. Si la
largeur des avenues qui conduisent de l‘aéroport vers le centre, l‘architecture rappellent le passé,
la multiplication des enseignes lumineuses, la prolifération des commerces et magasins ont pro-
gressivement changé l‘apparence de la ville. A regarder la circulation aussi, on mesure le change-
ment. On voit certes toujours des énormes camions qui semblent à peine démobilisés, et d‘autres
véhicules qui ne disparaissaient pas un musée de la locomotion. Mais le nombre de grosses limou-
sines occidentales que l‘on croise dépasse largement ce que l‘on aperçoit d‘habitude à [Link]
va bien ? Des gens affectent de le croire. Les communiqués des organisations internationales qui,
comme le FMI ou la BERD, entendent régenter la transition sont optimistes. Pourtant, subrepti-
cement, la Russie revient dans la presse et passe de la rubrique économique à celle des affaires
étrangères. Négociations de désarmement qui marquent le pas et discours à propos de l‘OTAN, on
se croirait revenu dix ans en arrière. IL est vrai que pour certains commentateurs on a un bon pré-
texte ; la montée des communistes dans les sondages et lors des élections de 1995 permet d‘agiter
le spectre du retour au passé. D‘ailleurs, à Moscou même, les visages ont changé. L‘occidental n‘est
plus toujours le bienvenu, et les critiques de l‘étranger se font acerbes, et parfois justifiées.
Et même à la télévision, on a pu voir, lors des fêtes de fin d‘année 1995, une émission consacrée aux
chansons des années trente, celles des comédies musicales de Boris Barnet, mais aussi celles à la
390
gloire du vaillant métallurgiste et de la belle [Link] le dire tout de suite, aucune de
ces deux images n‘est vraie, et pas seulement parce qu‘il s‘agit d‘images, voire de clichés. La Russie
a énormément changé depuis 1992, mais son évolution n‘a pas correspondu à ce que l‘on pouvait
en attendre si l‘on espérait une convergence avec les modèles économiques et sociaux du monde
occidental. La Russie aussi est en crise. La belle affaire, dira-t-on, la crise nous connaissons ; sans
doute, mais pas la même. Le pays joue ici, si ce n‘est sa survie, au moins son avenir pour les vingt
prochaines années.
Ce n‘est pas le seul enjeu. La fin de l‘URSS, on l‘a dit, avait clos en un sens le XXe siècle, ou du
moins cette période historique née de la guerre de 1914-1918 Et de ses bouleversements politiques,
sociaux, économiques et militaires. Le devenir de l‘ancienne sphère de domination soviétique est
crucial pour, le futur de l‘Europe ; celui de l‘ex-Union soviétique l‘est pour le monde entier. A ce
titre, la figure que nous présente le siècle prochain, tel qu‘il se dessin e alors dans les mutations du
postcommunisme, est singulièrement grimaçante. Ce qui de joue à Moscou dépasse donc de loin
les problèmes des Russes. La crise engendrée par la désintégration de l‘ancienne Yougoslavie-une
autre création de la période 1914-1918-en dépit de ses tragédies et de ses horreurs, pourrait bien
se révéler une plaisanterie si la Russie explose, ou plus exactement implose. Non que le pire soit
sûr. Les peuples ont parfois des réactions qui démentent pronostics et calculs. Mais devant nous
se dresse la figure du chaos. Mieux vaut la regarder en face.
1. Simplifications occidentales et complexités russes
R
A dessein, j‘ai évoqué Moscou. Ce n‘est pas simplement parce que c‘est une ville que j‘aime, même
si elle n‘a ni la distinction aristocratique ni l‘élégance culturelle de Saint-Pétersbourg. C‘est une
LM
ville de pouvoir, celui du gouvernement comme celui des malfrats, celui des banques et celui du
complexe du gaz et pétrole qui se fait bâtir en marbre importé de somptueux locaux. Mais Moscou
EC
n‘est pas la Russie, tout comme la prolifération des petits commerçants dans les kiosques n‘est
pas le marché. Pour comprendre ce qui se passe, et espérer deviner ce qui adviendra, il faut aller
AV
Il est bon de ne pas rester confiné dans le périmètre qui va de la rue de Tver au quartier de kouz-
U
netski Most en passant par la Staraïa Plochtchad, c‘est-à-dire le territoire où l‘on trouve le gouver-
nement et le parlement, la banque centrale et les sièges des principales sociétés, pour ne rien dire
CO
des hôtels et restaurants où se pressent la communauté étrangère, les nouveaux riches et les pros-
tituées. D‘ailleurs, Moscou c‘est bien plus que cela, c‘est une agglomération de plus de 9 millions
d‘habitants où viennent s‘accumuler les trois quarts de la richesse nationale. Sur les 2568 banques
que la Russie comptait au 1er juillet 1995,981 étaient enregistrées dans la capitale ; elles assuraient
16
Déjà, on parle plus des cours des actions, des contrats à terme, mais de la difficulté de faire vivre
les usines, de l‘argent que l‘Etat doit à tout le monde, des impôts que l‘on ne paie pas, du troc et des
arrangements qu‘il faut passer pour survivre au jour le jour. On y trouve des militaires qui louent
leurs véhicules aux fermes contre de la nourriture, des fermes qui fonctionnent comme autrefois,
avec des assemblées de kolkhoze où le rapport d‘activité est voté en début de séance, avant toute
discussion. Quand on va encore plus loin, vers l‘Oural et la Sibérie, le ton change encore plus. Mos-
cou devient la putain des Américains, la ville des vendus et des combinards. On commerce avec
la chine, en troc pour l‘essentiel, et on regarde l‘étranger avec suspicion. Les notables locaux, ceux
qui ont commencé leur carrière du temps de Brejnev, sont toujours là, mais ils sont réellement
élus cette fois. Ainsi, dans la ville d‘Omsk, c‘est une alliance entre l‘ancien Premier ministre sovié-
tique NIKOLAI Ryjkov et le national communiste Oleg Babourine qui a emporté les sièges locaux
aux législatives de décembre 1995. Plus on avance vers l‘est et plus le langage se soviétise, même
si des changements sont notables par ailleurs. Les entreprises sont bien privatisées. Quant à sa-
voir comment elles fonctionnent, c‘est une autre histoire. Les salaires ne sont pas payés, mais on
391
ne meurt pas de faim ; l‘entreprise continue de fournir le nécessaire à ses employés, dans le cadre
d‘une économie non moné[Link] la démocrate contre la province communiste ? C‘est en-
core un cliché. Car, si des comportements hérités du passé survivent loin de la capitale, si d‘autres
attitudes, certes différentes, mais qui n‘ont rien à voir avec celles d‘une économie de marché, se
développent, c‘est aussi à cause de Moscou. Et la capitale ne nous offre son visage actuel que parce
que la province a pu s‘adapter par des pratiques de plus en plus éloignées du marché. Il n‘y a pas un
processus où le marché prendrait naissance dans certaines villes, pour diffuser progressivement
dans le reste du pays, mais une situation où des logiques locales de marché ne peuvent survivre
que grâce à d‘autres logiques locales qui tournent le dos à un marché.
b. Mafias et corruption
A qui part en Russie, ses amis recommandent de prendre garde. La mafia, le crime rôdent partout.
Bien sûr, il suffit de lire les journaux, la situation sur ce plan n‘est guère brillante. Au printemps
1995, on pouvait découvrir dans un journal le dessin suivant : dans un train un passager lit par-
dessus l‘épaule d‘un autre et lui demande : « Hitchcock ? Non, répond l‘autre, c‘est simplement le
rapport annuel du ministère de l‘Intérieur. »La mortalité des banquiers et des financiers est élevée,
on ne le niera pas. Celle des journalistes s‘aggrave ; quant aux hommes d‘affaires, certains ont fait
des surprises désagréables après des soirées un peu trop lestes et arrosées. Pour autant, on peut
circuler à Moscou avec moins de risques que dans certaines villes américaines.L‘image du crime
et de la mafia que l‘on donne de la Russie n‘est pas innocente. Elle permet tout d‘abord d‘esquiver
un débat important, celui du comportement de l‘élite politique actuelle, et en particulier celui du
R
politicien libéral que les gouvernements occidentaux ont soutenus et que la presse a encensés.
LM
Qu‘il s‘agisse de leur refus des règles démocratiques, de leur participation à des affaires pour le
moins douteuses, le bilan est lourd. Il n‘est, hélas, pas étonnant. Cette tendance était déjà pré-
sente dès la fin de 1991, et on avait pu la noter dans un précédent ouvrage. Cela ne rend que plus
EC
hypocrites les émois que provoquent dans certaines chancelleries les succès électoraux des com-
munistes. Nul n‘ignore, ni même ne nie, que la privatisation telle qu‘elle a été conduite par Anatoli
AV
Pourtant, quand Tchoubaïs fut contraint de remettre sa démission en janvier 1996, cela provo-
qua un communiqué du département d‘Etat américain bien plus indigné que lors de l‘assaut sur
U
certaines réelles, d‘autres mythiques, il y a une anthropologie du pouvoir, une forme de légitima-
tion de l‘autorité, qui n‘ont pu se développer qu‘en raison de la destruction des cadres et institu-
tions qui protégeaient la population. Le problème des mafias n‘est pas, ou pas seulement, d‘ordre
criminel. Il renvoie d‘abord et avant tout à la construction d‘un certain ordre politique.
c. Le Coup d‘Etat est pour demain
Une rumeur court dans Moscou depuis 1990. Demain les chars seront dans la rue, demain l‘armée
prend le pouvoir, et les conservateurs leur revanche. Elle a beau être régulièrement démentie, elle
alimente toujours les discussions entre intellectuels. Quant aux résidents occidentaux, ils s‘interrogent
sur les états d‘âmes réels ou supposés de tel ou tel général. IL fut un temps où l‘on croyait voir en
Boris Gromov le Pinochet russe ; puis ce fut le tour d‘Alexandre Lebed. Le temps passe cependant,
et rien ne vient. Non que les chars n‘aient pas été dans les rues. Mais ce fut sur les ordres du pré-
sident, et pour tirer contre le Parlement, en octobre 1993. Les élections donnent aussi à réfléchir.
L‘armée est réputée avoir voté pour les nationalistes et les communiste en 1993. En 1995, elle est
supposée, du moins c‘est ce que disent ceux qui se prétendent bien informés, avoir voté pour «
Notre maison la Russie », le parti Premier ministre Victor Tchernomyrdine. Comment le savent-
ils, alors que les soldats ont voté dans des bureaux de vote normaux, et comment expliquent-ils
dans ces conditions que le général Lebed ait été élu haut la main à Toula, ville de garnison, voilà un
nouveau mystè[Link] armée que l‘on dit redouter est empêtrée dans les combats en Tchétchénie
392
depuis 1994. Elle se bat au Tadjikistan, et intervient de manière plus ou moins ouverte dans le
Caucase depuis 1992. Les images que l‘on a et qui franchissent les efforts de la censure montrent
des soldats affamés, des officiers désemparés.
Que les forces armées russes soient en crise, personne ne peut en douter. Rien ne prouve cepen-
dant que celle-ci fasse émerger une idéologie propre à l‘institution, et qui lui donne une légiti-
mité pour intervenir dans le débat politique. Ce qui frappe l‘observateur, c‘est plus la division des
opinions, et la décomposition de l‘institution. Si danger il y a, il provient moins d‘une logique
de putsch que de la dissémination des moyens de la violence parmi les différentes factions poli-
tiques. La naissance d‘armées parallèles et d‘armées privées, comme par exemple les milices ban-
caires, est un phénomène bien plus inquiétant que les calculs et supputations sur l‘émergence
possible d‘un général charismatique. Assurément, l‘armée n‘obéit guère au pouvoir civil, mais c‘est
parce que ce dernier est lui-même divisé en clans et en cliques, qui d‘allient et se haïssent au gré
d‘intérêts changeants.
2. Quelques questions clés
Il est indiscutable que l‘économie comme la société russe se trouvent toujours dans une période
transitoire. Même si certaines tendances commencent à se cristalliser sous la forme d‘institutions
ou de règles, on reste encore dans un cadre nécessairement mouvant. Le modèle définitif n‘est
pas encore constitué et le futur reste largement ouvert. Ce jugement est d‘une extrême impor-
tance, car il implique que les mesures prises en 1995 ou à prendre en 1996 sont encore susceptibles
R
d‘engendrer des changements de trajectoire qui, pour ne pas devoir être radicaux, peuvent encore
être significatifs. Oublier la transition ?
LM
Pour autant, et ce point est important, la notion de « transition », elle, devient insatisfaisante. IL y a
à cela au moins trois raisons. Tout d‘abord, le modèle soviétique ne pouvait être qualifié de socia-
EC
liste ; ce point a été développé dans de nombreux travaux et il est partagé par un certain nombre
d‘économistes français et russes. On peut discuter à l‘infini pour savoir si le système soviétique
AV
était intermédiaire entre particulière du capitalisme. Sur ce point, l‘auteur de ces lignes a quelques
idées qu‘il a défendues auparavant. Ce qui importe cependant à ce stade du raisonnement, c‘est
RS
de comprendre que le système soviétique ne correspondait pas à un modèle pur, et qu‘il possédait
de nombreux traits communs avec les économies que nous connaissons à l‘ouest et au sud.
U
Il existe ensuite un très large accord, chez de nombreux économistes, pour considérer qu‘il n‘existe
CO
pas non plus de modèle « pur »de capitalisme. Le marché, et ce mot peut avoir de très nombreuses
significations, renvoie toujours à des réalités économiques et sociales très différentes dans l‘espace
comme dans le temps .Utiliser ainsi le terme d‘économie de marché peut recouvrir une euphémi-
sation et deux confusions. L‘euphémisation consiste à employer volontairement d‘autres termes
que celui de « capitalisme » comme s‘il s‘agissait de ne pas réveiller un démon endormi. Quant
aux confusions, elles découlent soit de l‘idée que le marché est la seule forme de coordination des
activités dans nos sociétés, soit de l‘illusion qu‘il n‘existe qu‘un seul type de marché qui, à défaut
d‘être la forme unique réellement existante, devrait néanmoins constituer la référence de base.
Les économies capitalistes sont toutes des systèmes où l‘on retrouve sous des configurations di-
verses des marchés, quant à eux, obéissent à des logiques différentes suivant la nature des règles
et des produits qui s‘y confrontent. Ajoutons encore que la notion de marché ne recoupe pas né-
cessairement la même métaphore suivant les économistes. Pour certains, il s‘agit d‘un mécanisme
censé aboutir à un équilibre entre les offres et les demandes, et pour d‘autres il est un processus
de confrontation et de socialisation de connaissances éparses dans la société. En bonne logique, il
vaudrait donc mieux écrire comme le faisait Maurice Allais .« économies de marchés »quand il est
fait références à des systèmes réels, et « économie de marché »quand, au contraire, on se réfère à un
modèle idéal tel ,qu‘il fonctionne dans un certain discours économique dominant. On n‘abusera
pas ici de ces distinctions, et le contexte permettra au lecteur dans les pages qui suivent de dis-
tinguer quand on renvoie à une des représentations existantes. Cela met en lumière, et c‘est une
troisième raison, la nécessité de distinguer le capitaliste tel qu‘elles fonctionnent, ne serait-ce que
393
pour appréhender la diversité des formes dans le monde contemporain. Dans ces conditions, on
comprend que l‘on ne saurait définir de manière préalable un vecteur de changement, qui pour-
rait et devrait être suivi du point de départ au point d‘arrivée. Voilà qui conduit à préférer la notion
de changement systématique. Ou de transformations radicales. A celle de « transition », même si,
par facilité, l‘on gardera ce dernier terme. B. L‘économie, pas l‘économisme
Un diagnostic capital quant à la situation actuelle est celui de l‘enchâssement de l‘économique
dans le social, qui se traduit par l‘impossibilité de tenir un discours économique pur sur ce qui se
passe en Russie. Non qu‘il ne faille utiliser le raisonnement économique. Il a ses espaces de per-
tinence, en particulier en permettant de voir comment elles peuvent être dépassées. Par ailleurs,
il se fait que l‘économie, en tant de discipline des sciences sociales, est à la fois la formation de
base de l‘auteur, et certainement le référentiel le plus invoqué en ce qui concerne les transforma-
tions du post-soviétisme. Cependant, le raisonnement économique ne peut prétendre englober la
totalité de la réalité. De plus l‘économie en tant que discipline est en crise et se transforme sous
nos yeux en un discours, l‘économisme. IL faut en tenir compte, ne serait-ce que parce que l‘on
a précédent réduire les changements actuels en Russie à des mutations économiques. Pour com-
prendre cette crise, il faut se souvenir que la notion de contingence est centrale ; c‘est elle qui, en
définitive, fait le partage entre les approches idéalistes et les démarcher scientifiques. Les cher-
cheurs oscillent naturellement entre la tentation de dégager des « lois » et leur remise en cause
radicale. En économie, ce problème a été exacerbé par les prétentions hégémoniques du courant
dominant, qui s‘appuie sur une très forte tradition mécaniciste.
R
On trouve déjà chez Adam Smith une place importante accordée à des métaphores directement
LM
importées de la physique newtonienne. Elles ont eu pour conséquences de léguer à l‘économie
un attrait non dissimulé pour les notions d‘atomicité des agents et de réversibilité des processus.
Dans le monde économique qui découle de telles notions, les seules limites à un fonctionnement
EC
On va ainsi multiplier les études doctes et érudites sur les marchés imparfaits, l‘information im-
RS
parfaite, les ajustements imparfaits et autres combinatoires possibles entre les termes du vocabu-
laire économique et le mot « imparfait ».Certaines de ces études ne manquent pas d‘intérêt, et ont
U
même ouvert des voies de recherche fondamentales. Elles permettent aux économistes qui veulent
bien en faire l‘effort de se dégager du monde enchanté dans lequel vit et prospère la pensée do-
CO
minante. Il n‘en reste pas moins que ce courant dominant fonctionne autour d‘une fantasmagorie
complète. Il n‘existe pas plus de marchés parfais que d‘information parfaite ou d‘ajustement par-
fait. Cette fantasmagorie se complète d‘une conception réductionniste et objectiviste du monde
et des acteurs, d‘où sont exclues les idées, les connaissances, les croyances et les passions, ainsi
que l‘indiquait justement George [Link] phénomène a été aggravé par l‘importance prise par
la formalisation mathématique en économie. Si l‘on conçoit la notion de loi sur le modèle de la
loi mathématique travers fort courant chez les économistes, mais aussi dans une pensée marxiste
largement imprégnée de sovié[Link] l‘on se souvienne des inénarrables « lois du développe-
ment ».formulées par Staline. Cette fantasmagorie n‘aura pas de fin. En revanche, si l‘on conçoit
la loi sur le modèle des lois de la physique, on peut introduire naturellement n‘est donc pas de sa-
voir si l‘on peut ramener les sociétés à un modèle unique ou si elles possèdent toutes une identité
irréductible, mais de déterminer les clauses de contingence qui valident ou non certaine relations.
Prenons l‘exemple de l‘inflation et des politiques moné[Link] théorie économique dominante
affirment que l‘inflation est toujours un phénomène monétaire, en ceci qu‘une création arbitraire
de monnaie se traduit par une hausse générale des prix sans affecter les autres [Link] af-
firmation est juste sous la réserve que nul obstacle ne s‘oppose aux transactions des agents , qu‘ils
sont homogènes et qu‘ils disposent simultanément de l‘information s‘il existe des obstacles qui
interdisent certaines transactions, ou qui font que celle-ci ne se déroulent pas à la même vitesse,
ou si l‘information n‘est pas disponible en même temps pour tous les agents, ou si les agents ne
394
sont pas homogènes, alors cette affirmation cesse d‘être valide.
Le débat qui consiste à opposer une vision purement non monétaire de l‘inflation à une vision
purement non monétaire de cette dernière peut ainsi être considéré comme un bon exemple de
théologie moderne, l‘équivalent d‘une discussion sur le sexe des anges. Le seul débat qui importe
est celui sur la présence ou non des clauses de contingence, car non seulement il permet de com-
prendre ce qui se passe réellement, mais de plus il ouvre la voie à de nouvelles investigations.
L‘étude des facteurs qui empêchent la réalisation parfaite des transactions et la diffusion simul-
tanée de l‘information débouche sur celle des institutions économiques et sociales, des pratiques
d‘échanges, des formes d‘organisation. On pénètre de cette manière dans l‘épaisseur des écono-
mies réelles en combinant le respect de leur individualité et la recherche de relations générales.
Telle sera notre démarche pour comprendre les multiples facettes de la crise économique russe,
sans prétendre y réduire la totalité du chaos en Russie.
Comprendre
Le Rejet de l‘économisme conduit à utiliser l‘économie comme un instrument du dévoilement des
relations qui existent entre les individus, entre les individus et les organisations collectives, enfin
entre les collectifs eux-mê[Link] démarche, qui fonde notre projet, nécessite alors d‘accorder
la plus grande attention au problème des mentalités des acteurs, et à celui des représentations
politiques et culturelles qui naissent dans une société soumise à de telles transformations. Cela
implique une prise en compte des effets directement politiques des mesures économiques, et met
R
en évidence l‘importance des cadres et des procédures dans lesquels ces mesures sont prises. C‘est
pourquoi cet ouvrage n‘est pas un bilan économique de la transition, ni une histoire au jour le jour
LM
des événements survenus depuis 1992, même si l‘on y trouvera ces deux éléments. Le chaos éco-
nomique ne peut se lire complètement sans embrasser en même temps les chaos politique et mi-
EC
litaire qui l‘accompagnent. Ces derniers ne se déroulent pas dans une société d‘abondance, mais
sont aussi soumis aux formes prises par le chaos économique et, dans certains cas, déterminés par
AV
elles. La situation russe actuelle est complexe non pas parce qu‘il y a une multiplicité de variables,
ce qui est trivial, mais en raison des interactions quoi se nouent entre les diverses variables. Il faut
RS
regarder et l‘arbre et la forêt. Nous allons donc aborder la situation actuelle sous ses multiples
aspects, non pour prétendre à l‘exhaustivité, mais en raison de l‘imbrication des tensions et des
U
395
SYNTHESE DES DOSSIERS SESSION DU 22 AU 26 SEP-
TEMBRE 2014
R
fut le fondateur de la cité.il s‘installa à Mahazaza à l‘extrême sud de la colline avec toute sa fa-
mille et appeler la cité Ambohitrakanga ou la cité des [Link] fut ensuite cédé
LM
à Andriamasinavalona, le souverain de l‘Imerina, qui donna le nom d‘Ambohimanga (la colline
bleue ou la belle colline). Le premier roi d‘Ambohimanga fut Andriatsimitoviaminandriana le fils
EC
d‘Andriamasinavalona qui reçut Ambohimanga en héritage. Son fils Andriambelomasina lui suc-
céda. On raconte qu‘il a mené plusieurs travaux dans la cité. Il y a construit notamment le rova de
AV
Mahandry considéré aujourd‘hui comme le vrai rova d‘Ambohimanga. Le trône fut ensuite cédé à
son fils Andrianjafinanafary qui a mis en place le rova Nanjakana au Nord-est de Mahandry. Son
RS
neveu Imboasalama, ou Andrianampoinimerina, fut son successeur et y a régné pendant sept ans
avant de déménager à Antananarivo.
U
Les traditions orales rapportent encore aujourd‘hui la perfection de l‘organisation de la cité sous
CO
le règne du monarque Andrianampoinimerina : les groupes et clans sociaux étaient répartis par
quartier, les travaux communautaires garantissaient la propreté de la ville, la forêt où l‘on pui-
sait les matériaux de construction et les plantes médicinales bénéficiait d‘une protection, un plan
d‘urbanisme était mis en place, les « fady » relatifs à l‘introduction de viande de porc et d‘alcool
étaient respectés. Il était même interdit aux Européen d‘y entrer. Ces tabous ont sûrement consti-
tué pendant des années un rampart contre la mondialisation. Ainsi, la colline bleue » est l‘une des
rares cités de l‘île à avoir pu conserver au mieux sa topographie ancienne, ce qui lui vaut le sta-
tut de « conservatoire culturel », un ticket gagnant pour décrocher le titre de patrimoine culturel
mondial de l‘Unesco. Derrière son histoire et ses palais, Ambohimanga est aujourd‘hui une com-
munale rurale de quelque 20 000 habitants. »L‘élevage et l‘agriculture représentent les principaux
moyens de subsistance de la population explique Fifimalala Ravoninjatovo son Maire. L‘élevage
aviaire y fait vivre une centaine de [Link] filière est soutenue par des organismes, à l‘instar
du Psdr .Par ailleurs, la riziculture occupe la majorité des surfaces cultivées. L‘agriculture est pour-
tant aujourd‘hui confrontée à l‘exigüité des terres et à la rareté des précipitations. Afin de subve-
nir à ses besoins alimentaires, la commune est obligée d‘importer des produits de la capitale ou
de Talatan‘ny Volonondry, une commune rurale plus au [Link] situation est en grande par-
tie à l‘origine de l‘important taux de chômage »déplore le Premier magistrat de la ville. Comme
un cercle vicieux, les problèmes relatifs au marché de l‘emploi résultent de la rareté de l‘industrie
dans la région.
« L‘absence d‘électricité pénalise Ambohimanga, et peu de sociétés osent y investir » évoque notre
396
interlocuteur. Le réseau électrique y existe depuis la première République, pourtant, 70
Soit on se déplace à des kilomètres dans d‘autres fokontany, soit on fait continuellement la queue
» se plaint une riveraine du fokontany Ankadivory, habitant au pied du site.
Ambohimanga compte puiser son développement dans trois secteurs, à savoir l‘éducation, l‘artisanat
et le tourisme. La commune favorise ses élites et investit une part importante de son budget dans
le renforcement des infrastructures scolaires et dans le financement de voyages de vacances pour
les étudiants méritants et les enseignants. La dentelle a déjà forgé la réputation des habitants
d‘Ambohimanga. Le secteur artisanal est aujourd‘hui à la recherche d‘un second souffle et tente
une diversification.
Le tourisme reste le premier pôle d‘investissement. « Beaucoup reste encore à faire pour créer
un dynamisme dans le secteur et pour en faire un levier du développement [Link] secteur est
encore loin de profiter à la population locale déplore une riveraine propriétaire d‘une infrastruc-
ture hôtelière dans la commune.Hébergement un site classé patrimoine mondial de l‘humanité,
Ambohimanga voit son avenir tout tracé, et pourtant jusqu‘à aujourd‘hui la population attend du
concret.
2. UNE VILLE SAINTE ET UN HAUT LIEU DE CULTE « Ambohimanga no nanjakako ary Antana-
narivo no namoriko ».
Ce sont les mots d‘[Link] a accédé au trône à Ambohimanga et a rassemblé
R
son peuple à Antananarivo. La première ville est la capitale religieuse du royaume autant que la
deuxième en est la capitale politique.
LM
Ambohimanga est la nécropole royale. La majeure partie des rois de l‘Imerina du 17 ème siècle
au 19 ème siècle y sont ensevelis »explique un des guides touristique du site. Les traditions orales
EC
rapportent qu‘il y existait douze tombeaux du temps d‘Andrianampoinimerina. 4 d‘entre eux au-
jourd‘hui encore sont conservés, refermant les dépouilles d‘Andriatsimitoviaminandriana, d‘Andriambelom
AV
d‘Andrianampoinimerina, des deux premières Ranavalona, ainsi que de nombreux princes et prin-
cesses.
RS
Dans le courant du 18 ème siècle, Ambohimanga était connu pour être la résidence des idoles
U
Rafantaka et Manjakatsiroa. La première était une corne de zébu. Elle refermait un lambamena
pourpre incrusté de perles, de fer, de perles de verre et était enduite d‘huile de ricin. Rafantaka
CO
avait le pouvoir de protéger contre les balles et la grêle. Le deuxième était l‘idole d‘Andrianampoinimerina.D
les croyances ancestrales, cette bourse d‘étoffe rouge remplie de sable qui représentait Manja-
katsiroa offrait la protection au roi. Dans la religion traditionnelle, les « sampy » étaient honorés
comme des princes et avaient leurs résidences particuliè[Link] était gardé à Bevato, le pa-
lais qui se trouvait autrefois à la place du Fidasiana actuel. Manjakatsiroa était conservé à Mahan-
driono, la maison d‘Andrianampoinimerina avant que le monarque ne le déplace à Manjakamia-
dana .Consultés à chaque grand événement du royaume, ces sampy étaient farouchement gardés
par des « mpitahirin‘andriana. Seuls ces derniers avaient également le pouvoir de déchiffrer les
signes que les amulettes émettaient. Sous Ranavalona II, le christianisme avaient été décrété reli-
gion d‘état, sans toutefois signer la disparition officielle des sampy. Depuis 1895, date de l‘invasion
de la grande île par les colons jusqu‘à aujourd‘hui, certains gardien tentent de faire revivre le culte
de ces idoles.
Aujourd‘hui, Ambohimanga compte encore 4 Doany : Mahazaza, Mangabe,Ambatondradama et
Ankazomalaza. Ce dernier se trouve au pied de la colline Mangabe et est un haut lieu de pèleri-
nage en Imerina. S‘y trouvent les temples dédié à Andrianampoinimerina et au prince Sakalava
Andriamisara.
Depuis Andrianampoinimerina jusqu‘à nos jour, un bouclier de prescription de « fady » Interdic-
tion d‘y introduire de la viande de porc, des oignons, des hérissons, du mais, etc) continue de
397
protéger la cité.Le mois de décembre, ils sont plusieurs pèlerins, nationaux comme étrangers, no-
tamment des Réunionnais, à rendre hommage à l‘ancêtre par le biais d‘offrandes. »Dans le temps,
on offrait un bœuf en offrande mais l‘animal se faisant cher aujourd‘hui, les pèlerins y font de
sacrifice d‘oies blanches » conclut un riverain.
3. LE SECTEUR ARTISANALE
Les dentelles d‘[Link] se souviennent encore de ces ouvrages, produits par les
dentellières de la localité et vendus au marchet du zoma. La confection de dentelles est aujourd‘hui
de moins en moins connue et est supplantée par d‘autres activités, à l‘instar de la broderie et de
vannerie.
L‘artisanat représente une source de revenu d‘appoint pour plus de300 personnes dans la com-
mune d‘Ambohomanga. Il est d‘autant plus priorisé par la commune. L‘un des enjeux principaux
du Tsenaben‘ny Tantsaha réside dans la promotion de produits artisanaux de la localité illustre
le Maire, Fidimalala Ravoninjatovo. Sans compter également que la promotion de la filière est au
centre des attentions dans le cadre du jumelage avec la commune réunionnaise de Grand Panon.
« Les activités de la majeure partie de la population féminine se concentre, entre autres, sur la drô-
lerie, la couture et la tissage de rofia » spécifie Beby Raveloarisoa, une dentellière de la localité. La
commune veut les combiner avec le tourisme afin d‘en faire un levier du développement, toutefois
le secteur n‘est pas encore assez structuré.
C‘est justement pour rectifier le tir que le programme Prospérer a commencé à appuyer la filière
R
en 2008. Le premier pas dans la développement de l‘artisanat a consisté à la formation de groupe-
LM
ment. « Nous sommes 25 dans l‘association Mampiray. Certains sont des spécialistes en broderie et
en vannerie, d‘autres maîtrisent l‘art de la sculpture sur dois. Nous avons bénéficié du programme.
EC
En collaboration avec la commune, un « marché des artisans » a été mis en place pour améliorer
la visibilité des produits locaux. Les box sont mis à la disposition des associations artisans qui y
AV
exposent et qui vendent leurs produits. A seulement quelques mois de l‘ouverture du marché des
artisanats, il est encore trop tôt pour évaluer l‘efficacité de l‘approche.A première vue, les locaux
RS
situation sur le compte de la précocité du commerce. Il faut aussi reconnaître que la concurrence
est rude. Certains commerçants d‘articles artisanaux bénéficient d‘une meilleure visibilité en étant
CO
placés dans le périmètre du site culturel. Par ailleurs, le marché commence à se faire grignoter.
Une association originaire d‘Antananarivo « Salohin‘Iarivo » regroupant des artisans spécialisés
dans la broderie, le crochet, la vannerie, le cuir et les cornes, vient de s‘y installer depuis le mois
de mars. La colline royale étant avant tout une richesse commune, on ne peut leur reprocher de
vouloir profiter de l‘influence mondiale du site.
Plus qu‘un frein au développement, la concurrence, comme l‘ouverture du marché, devrait être
considérée par les artisans locaux comme un tremplin pour améliorer leur savoir-faire et surtout
faire émerger le secteur artisanal.
PIECE N 2 : CULTURE ET NATURE : LES ATOUTS D‘UN TOURISME EN PLEIN ESSOR
Dix ans plus tôt, avec ses maisons traditionnelles et son écrin vert, Ambohimanga n‘était qu‘une
petite bourgade campagnarde.
Arsène Rakotomahanina est l‘un des premiers opérateurs à y avoir investi. « A l‘origine, nous n‘avions
prévu de construire qu‘une villa basse, puis notre architecte nous a proposé une maison plus
grande. Nous avons alors décidé d‘en faire un hôtel .le Relais du Rova a ouvert ses portes à par-
tir de 2001 [Link] choix n‘est pas fortuit.
Après avoir sillonné le pays à guider les touristes, notre interlocuteur avait remarqué le manque
à gagner suite à l‘insuffisance d‘infrastructures à Ambohimanga et dans ses environs. A-peine s‘il
398
avait un seul restaurant à l‘époque » se souvient Arsène [Link], les premières
années n‘ont pas été faciles, surtout qu‘un an après l‘ouverture de son hôtel, le pays avait été sujet
à une crise politique et économique. Mais les potentialités touristiques de la région sont énormes.
Les meilleures recettes ont été réalisées entre 2007 et 2009, avant que la nouvelle crise affecte le
secteur touristique. « Les activités reprennent peu à peu confie-t-il, optimiste, il envisage même
d‘étendre les infrastructures existantes.
Aujourd‘hui, les nouvelles constructions ont presque fini de transformer le paysage. Un bon nombre
d‘entre elle serait destiné à devenir des maisons d‘hôtes. En dépit de l‘existence de plusieurs défit
à relever le secteur est en plein décollage et compte devenir le principal levier de développent de
la commune, voir de l‘Avaradrano.
L‘un des premier frein au développement du secteur, réside dans l‘insuffisance » d‘attractions tou-
ristiques.« La visite complète du site dure au maximum une heure. Habituellement, les visiteurs
arrivent le matin, rare sont ceux qui restent déjeuner, et encore moins ceux qui prévoient d‘y pas-
ser une nuit » déplorent les hôteliers et les restaurateurs.C‘est justement pour palier ces problèmes
que certain opérateur ont investi dans la création d‘un parc de biodiversité, notamment à Soavi-
nandriamanitra, ou encore dans la mise en place des infrastructures des loisirs. »Dans sa concep-
tion Vohitra paradisa veut être un village de vacance offrant plusieurs activité, piscine, circuit Vtt,
randonnées, etc.
Nous ciblons, non seulement les touristes de séminaire, mais espérant surtout offrir au touriste un
R
autre moyen de découvrir Ambohimanga explique Vola Rakotovao, la première responsable des
lieux. L‘office Culturel su site d‘Ambohimanga n‘est pas en reste dans la recherche de diversifica-
LM
tion des offres touristique. La visité de la forêt primaire sera prochainement ouverte au Publique.
La colline Bleu deviendra un site mixte, à la fois culturel et naturel.
EC
qué de rappeler les défis qui attendent l‘ensemble des acteurs des secteurs. Il nous a été donné la
chance d‘héberger un des trésors touristique et culturelle de l‘humanité. Au délà des opportunité
RS
qu‘offre cette situation, c‘est une lourde responsabilité qui reposent sur nos épaule, rappelle –t-il
pour garantir son développement, la commune a fort intérêt à s‘atteler à la conservation du sixte.
U
« De nombreux texte internationaux encadrent la gestion des sites classés patrimoine mondiale
CO
399
SYNTHESE DES DOSSIERS SESSION DU 22 AU 26 SEP-
TEMBRE 2014
R
stockage du carbone crée une opportunité pour le développement de technologies dans les pays
LM
producteurs de pétrole. Les économies asiatiques à forte croissance posent un défi pour la réalisa-
tion de l‘objectif de la « croissance verte », c‘est-à-dire la dissociation de la croissance économique
de la consommation croissante de l‘énergie, de la pollution excessive, de la production des dé-
EC
chets et de la consommation des ressources, qui excèdent la capacité de charge écologique déjà
soumise à de fortes contraintes dans plusieurs pays de la région. Les Commissions examinent la
AV
diversité des opportunités disponibles dans les différentes régions. 1. AFRIQUE Du point de vue de
la Commission économique pour l‘Afrique (CEA), les principaux défis en matière de lutte contre
RS
sente donc un niveau de vulnérabilité élevé et manque de capacités pour atténuer les effets du
CO
changement climatique et s‘y adapter. Les pays africains ont besoin d‘un meilleur accès au finan-
cement et aux autres aides disponibles par le biais des mécanismes du Protocole de Kyoto et des
accords de Marrakech sur le financement afin d‘améliorer les capacités techniques et institution-
nelles, de soutenir et d‘accélérer le développement et la mise en œuvre des Programmes d‘action
nationaux d‘adaptation. La région doit également continuer à renforcer les capacités humaines,
scientifiques et institutionnelles ainsi que la coopération internationale afin d‘élaborer des stra-
tégies d‘adaptation aux niveaux national et local où les vulnérabilités sont les plus importantes.
Il faudrait également organiser davantage de forums sur le climat afin d‘améliorer la coopération
internationale, les systèmes d‘alerte rapide et le partage des informations. L‘Afrique a souligné la
nécessité pour tous les pays de souscrire à leurs obligations en vertu de la Convention-cadre des
Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et du Protocole de Kyoto. La région a
mis l‘accent sur certaines priorités comme le renforcement de la recherche sur les politiques liées
au climat afin de promouvoir la constitution de réseaux de connaissances et diffuser les informa-
tions sur le développement des politiques et des programmes visant à relever les défis du change-
ment climatique identifiés par la CCNUCC. Ces mesures devraient être associées au renforcement
de la cohérence des politiques et de l‘intégration des mesures d‘atténuation et d‘adaptation dans
les politiques et les programmes de développement, notamment les stratégies de réduction de la
pauvreté. 2. EUROPE Selon la Commission économique pour l‘Europe (CEE), un grand nombre de
pays prévoient de prendre des mesures importantes pour contrôler les émissions de gaz à effet de
serre (GES) afin de prévenir le réchauffement du climat et les risques associés comme la fréquence
400
des phénomènes météorologiques extrêmes. La CEE estime cependant que ces mesures sont in-
suffisantes et que les plans de mise en œuvre ne sont pas suffisamment détaillés. Il existe un poten-
tiel important d‘économies d‘énergie et d‘amélioration de l‘efficacité énergétique dans la région,
qui sont des impératifs économiques et environnementaux, comme cela a été souligné lors de la
CDD 15. Il faut investir davantage pour augmenter l‘efficacité énergétique. Il est clair que de nom-
breux obstacles doivent être levés pour pouvoir exploiter le potentiel de l‘efficacité énergétique, en
particulier en Europe de l‘Est, dans le Caucase et en Asie centrale. C‘est pourquoi la CEE est par-
ticulièrement active dans cette région, concentrant ses efforts sur l‘éducation et la sensibilisation,
encourageant le renforcement des capacités, favorisant le changement des comportements, pré-
conisant la réforme des politiques et de la réglementation, encourageant l‘échange d‘émissions et
l‘établissement de fonds d‘investissement ou de mécanismes de financement du secteur privé et
public. Les pays de la CEE sont de plus en plus conscients de la nécessité de développer des me-
sures intégrées pour s‘attaquer aux impacts de la pollution atmosphérique, au changement clima-
tique et à la consommation durable de l‘énergie. La pollution et les émissions de GES sont souvent
générées par les mêmes sources, c‘est-à-dire la combustion des combustibles fossiles et certains
polluants eux-mêmes des GES. Les travaux menés dans le cadre de la Convention de la CEE sur la
pollution atmosphérique transfrontière à longue distance ont montré qu‘il était possible de faire
des économies d‘énergie importantes si des stratégies de réduction étaient intégrées. Nous pou-
vons trouver des solutions pour réduire les émissions à moindre coût au moyen de techniques
d‘aval ou de changements structurels. Les résultats ont cependant montré que les mesures ne ré-
duisaient pas toutes la pollution atmosphérique et les GES. Par exemple, le bois est une source
R
d‘énergie renouvelable, mais sa combustion est souvent une source de pollution. Il faut déployer
LM
des efforts scientifiques et techniques supplémentaires dans ce domaine et veiller à ce que les po-
litiques gouvernementales prennent davantage en compte les bénéfices de l‘intégration. Les pays
de la CEE commencent à appréhender la pollution atmosphérique et le changement climatique
EC
de manière plus globale. La pollution atmosphérique est de plus en plus reconnue comme un pro-
blème mondial qui nécessite le renforcement de la collaboration entre les régions. Le partage des
AV
informations et des connaissances sera essentiel pour le succès futur et pourrait contribuer consi-
dérablement à réduire les émissions de GES et la pollution atmosphérique dans le monde entier.
RS
3. AMERIQUE LATINE ET LES CARAIBES Selon la Commission économique pour l‘Amérique la-
tine et les Caraïbes (CEPALC), la contribution de la région à la production d‘émissions de GES
U
est peu importante, mais cette dernière doit mieux se préparer à faire face aux effets potentiels.
CO
Le changement climatique est un sujet de préoccupations dans la région en raison de ses effets
considérables sur la qualité de vie des populations, comme l‘augmentation de la fréquence des
phénomènes météorologiques extrêmes, la diminution de la productivité agricole, l‘élévation du
niveau de la mer et le stress hydrique dans les régions urbaines. Au cours des dernières années, de
nombreuses mesures ont été mises en œuvre par les gouvernements au niveau institutionnel, no-
tamment l‘élaboration d‘inventaires nationaux, l‘établissement d‘autorités nationales désignées,
la diversification et la décentralisation des acteurs pour inclure les gouvernements et les groupes
locaux ainsi que le partage des informations. Les interactions avec le secteur privé ont été aussi
plus nombreuses. Certains pays ont déjà préparé des communications nationales, en conformité
avec les directives de la CCNUCC, et introduit l‘obligation pour les industries de déclarer leurs
émissions de GES lorsqu‘elles font une demande de licences d‘[Link] opportunités de
coopération régionale existent également en matière de changement climatique — un registre
régional sur les initiatives en cours serait un instrument utile pour stimuler la coopération. Il de-
vrait inclure la prévention des catastrophes naturelles, les capacités de riposte et les documents
pour soutenir les discussions sur le développement et le régime du changement climatique. Il est
très important pour la région de débattre des types de projets qui peuvent être qualifiés dans le
cadre du MDP et diffuser les informations mises à jour à ce sujet. Les pays des Caraïbes, poten-
tiellement les plus vulnérables, ont exprimé leurs préoccupations concernant l‘assistance après
une catastrophe, notamment l‘efficacité des assurances. Les pays andins souhaiteraient dévelop-
per une stratégie environnementale sous-régionale, dont les principes incluraient le lien entre les
401
scénarios climatiques, les scénarios sociaux et une évaluation économique prospective à la fois de
la vulnérabilité et de la prévention .D‘autres pays ont noté les avantages des programmes intégrés
pour promouvoir la synergie entre l‘efficacité énergétique, la production propre et le changement
climatique et entre cet élément et les accords internationaux. Beaucoup sont d‘avis qu‘une orga-
nisation régionale chargée de l‘accréditation ayant une meilleure connaissance de la région pour
certifier les projets de MDP à moindre coût serait un atout. Il serait également avantageux de dé-
velopper des positions coordonnées sur le financement, étant donné l‘augmentation probable de
la demande de fonds internationaux pour augmenter la capacité à lutter contre les effets du chan-
gement climatique, ainsi que pour améliorer le transfert continu des technologies et réglementer
les conditions d‘éligibilité aux projets de réduction d‘émissions.
4. ASIE ET PACIFIQUE Pour la Commission économique et sociale pour l‘Asie et le Pacifique (CE-
SAP), l‘action liée au climat, dans le contexte de la hausse du prix du pétrole, est de plus en plus
compatible avec les objectifs du développement économique de la région, comme la sécurité de
l‘énergie et la compétitivité industrielle. Un large éventail de mesures à la fois d‘atténuation des
changements climatiques et d‘adaptation à leurs effets sont nécessaires pour répondre aux dé-
fis du changement climatique. Ces mesures comprennent l‘amélioration de l‘efficacité énergé-
tique, l‘adoption des énergies de substitution, le développement des technologies de capture et
de stockage du carbone, les modifications des modes de consommation et de production non
durables et la gestion des régions et des pratiques côtières. Il est important d‘intégrer dès main-
tenant les politiques sur le changement climatique dans les projets nationaux de développement
R
afin d‘atténuer les effets néfastes de la hausse des températures. En outre, les mesures d‘adaptation
dans les domaines de l‘agriculture, de l‘énergie, des forêts, des établissements humains, de l‘industrie
LM
et des écosystèmes marins doivent être renforcées pour atténuer les effets néfastes sur les res-
sources en eau et les zones côtiè[Link] expériences documentées dans la région montrent que
EC
les technologies à haute efficacité énergétique offrent des opportunités « gagnant-gagnant » pour
réduire les coûts de production, améliorer la sécurité énergétique et réduire la pollution atmo-
AV
sphérique et les émissions de GES. Un large éventail de mesures peu coûteuses s‘est avéré effi-
cace pour améliorer l‘efficacité énergétique. Ces mesures comprennent le retrait des subventions
RS
à l‘électricité et l‘introduction de surtaxes pendant les heures de pointe et une réglementation sur
l‘efficacité énergétique pour les activités industrielles et urbaines. La région participe activement
U
aux activités du MDP. En décembre 2006, 218 projets MDP étaient en cours, ce qui représentait 71
5. ASIE OCCIDENTALE Pour la Commission économique et sociale pour l‘Asie occidentale (CE-
CO
SAO), même si les impacts du changement climatique sur la région arabe n‘ont pas encore été
examinés, ils sont probablement importants. Les pays arabes doivent mettre en œuvre les mesures
d‘adaptation pour réduire les effets du changement climatique sur la plupart des secteurs socio-
économiques vulnérables. L‘une des limitations les plus importantes du processus d‘évaluation a
été le manque des capacités nécessaires pour évaluer la vulnérabilité et l‘adaptation, afin de don-
ner des résultats fiables et de les incorporer dans les processus de planification du développement.
Cette limitation vient principalement de la collecte et de la surveillance inefficaces des données,
de l‘accès limité aux données existantes et de l‘absence des capacités nécessaires pour analyser,
ajuster et exploiter les données. La région arabe fait partie des parties non visées à l‘Annexe I et, à
ce titre, bénéficiera du MDP. Plusieurs activités du MDP sur l‘efficacité énergétique et les énergies
renouvelables sont mises en œuvre au niveau national. La région présente un potentiel impor-
tant pour les projets de capture et de stockage du carbone à l‘aide de technologies d‘extraction
d‘hydrocarbures plus efficaces. Une fois que cette technologie permettant la réduction des émis-
sions la plus importante est adoptée comme méthodologie du MDP, certains pays arabes devien-
dront un marché intéressant pour l‘échange des émissions. La CEPALC a identifié les politiques et
les stratégies régionales destinées à aider les pays arabes à évaluer les impacts environnementaux
et économiques du changement climatique et à mettre en œuvre les mesures d‘adaptation néces-
saires, notamment la mise en place des capacités institutionnelles. Il est également important de
soutenir la collaboration régionale dans la lutte contre le changement climatique en coordination
avec les efforts internationaux. Réduire l‘impact des politiques et des mesures adoptées par les
402
pays industriels pour concrétiser les engagements pris dans le cadre de la CCNUCC et du Proto-
cole de Kyoto et compenser les nations arabes pour les pertes subies en conséquence de ces me-
sures sont des questions essentielles pour la région qui continuent de faire l‘objet de controverses
dans les débats multilatéraux. La plupart des Commissions régionales conviennent de la nécessité
de faciliter les dialogues régionaux afin de promouvoir la sensibilisation du public et le dévelop-
pement des politiques et de répondre au défi du changement climatique en tenant compte des
priorités du développement, notamment de garantir les sources d‘investissement adéquates pour
répondre aux besoins d‘investissement dans l‘infrastructure, pour le bénéfice d‘un avenir éner-
gétique durable à faible intensité de carbone. Les autres domaines d‘opportunités où les Com-
missions régionales peuvent apporter des contributions importantes aux pays membres dans un
avenir immédiat comprennent le renforcement des plates-formes régionales pour promouvoir des
stratégies innovantes d‘adaptation au changement climatique, la réduction des risques de catas-
trophes dus aux phénomènes météorologiques extrêmes, des plans de préparation à la sécheresse,
l‘amélioration de la gestion des terres, la préparation de communications et de stratégies natio-
nales d‘adaptation et d‘atténuation et le renforcement des capacités afin d‘appuyer les projets
du Fond pour l‘environnement mondial et du MDP. Dans tous ces domaines d‘activités, la Com-
mission peut créer une synergie avec d‘autres forums multilatéraux et régionaux, notamment la
CCNUCC et ses organes techniques. Pièce N°2 : EFFETS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE FU-
TURDANS LES RÉGIONS DU MONDE ENTIER Afrique À l‘échéance 2020, entre 75 à 250 millions
de personnes seront exposées à une augmentation du stress hydrique liée aux changements cli-
matiques. Selon les projections, la production agricole, y compris l‘accès à la nourriture, dans de
R
nombreux pays et régions africaines seront sévèrement compromises par les changements et la
LM
variabilité climatiques. Ceci aurait un effet négatif supplémentaire sur la sécurité alimentaire et
aggraverait la malnutrition dans le continent. Dans certains pays, les rendements des productions
non irriguées pourraient être réduits de plus de 50 Vers la fin du XXIe siècle, la hausse projetée du
EC
niveau de la mer touchera d‘importantes régions côtières de faible altitude et très peuplées. Asie
Selon les projections, les ressources d‘eau douce disponible en Asie centrale, du Sud, de l‘Est, et
AV
du Sud-ouest, particulièrement dans les grands bassins, diminueront à cause des changements
climatiques, ce qui pourrait affecter plus d‘un milliard de personnes dans les années 2050. Les
RS
régions côtières, particulièrement les grands Del t as très peuplés dans le sud, l‘est et le sud-est
de l‘Asie, vont courir un plus grand risque à cause des inondations accrues dues à la mer et à
U
l‘écoulement des fleuves. Selon les projections, les changements climatiques vont entraver le dé-
CO
veloppement durable de la plupart des régions en développement d‘Asie, en se combinant avec les
pressions exercées par l‘urbanisation, l‘industrialisation et le développement économique. Aus-
tralie et Nouvelle-Zélande Les projections montrent une perte de la biodiversité pour 2020 dans
certains sites écologiquement riches comprenant la grande barrière de corail et les Tropiques hu-
mides de Queensland. Selon les projections pour 2030, la production agricole et forestière va dé-
croître sur une grande partie du sud et de l‘est de l‘Australie, et sur l‘est de la Nouvelle-Zélande,
due à l‘augmentation de la sécheresse et des incendies. Europe Europe du Sud, les changements
climatiques devraient aggraver les conditions dans une région déjà vulnérable à la variabilité cli-
matique, réduire la disponibilité en eau, le potentiel hydroélectrique, le tourisme estival et la pro-
ductivité des cultures. Les régions montagneuses seront confrontées au recul des glaciers, à une
réduction de la couverture neigeuse et du tourisme hivernal et des extinctions d‘espèces éten-
dues. En Europe centrale et orientale, les projections montrent une diminution des précipitations
en été, avec une augmentation du stress hydrique. Amérique latine Il y a un risque de perte si-
gnificative de biodiversité dans beaucoup de régions de l‘Amérique latine tropicale. Dans les ré-
gions sèches, les changements climatiques devraient entraîner la salinisation et la désertification
de surfaces agricoles. Les projections montrent que la hausse du niveau de la mer augmentera le
risque d‘inondation dans les régions de faible élévation. Amérique du Nord Dans les montagnes de
l‘ouest, le réchauffement devrait, d‘après les projections, provoquer une diminution du manteau
neigeux, une augmentation des inondations hivernales et une diminution du débit de nombreux
cours d‘eau durant l‘été. Les villes qui connaissent actuellement des vagues de chaleur devraient
403
faire face à un accroissement du nombre, de l‘intensité et de la durée des vagues de chaleur. Les
communautés et les habitats côtiers subiront des pressions croissantes en raison de l‘interaction
des changements climatiques avec le développement et la pollution. Régions polaires En Arctique,
les conséquences supplémentaires comprennent la réduction de l‘étendue de la glace marine et
du pergélisol, une augmentation de l‘érosion des côtes et une augmentation de la profondeur de
la fonte saisonnière du pergélisol. Dans les deux régions polaires, des habitats et des écosystèmes
spécifiques seront vulnérables, d‘après les projections, en raison de la réduction des barrières cli-
matiques à l‘invasion d‘espèces. Petites îles Les petites îles, localisées dans les Tropiques ou aux
plus hautes latitudes, ont des caractéristiques qui les rendent particulièrement vulnérables aux ef-
fets des changements climatiques, de la hausse du niveau de la mer et des phénomènes météoro-
logiques extrêmes. Au milieu du XXIe siècle, les changements climatiques réduiront des ressources
en eau dans beaucoup de petites îles, comme dans les Caraïbes et le Pacifique. La détérioration des
conditions côtières par l‘érosion des plages et le blanchissement du corail affectera les ressources
locales.
R
LM
FAIRE LE SYNTHESE DE CE DOSSIER EN UNE VINGTAINES DE LIGNES
POURQUOI L‘AFRIQUE MEURT
EC
C‘est désormais la seule question qui reste, l‘unique qui importe, vitale pour les Africains, fon-
damentale pour les autres, du moins ceux qui cherchent toujours à Comprendre ce continent, «
AV
Ubuland » sans frontière, terre de massacres et de famines, mouroir de tous les espoirs. Plus de
quarante ans après les indépendances, largement un siècle après la conquête coloniale qui coïn-
RS
cidait dans les faits avec la fin de la traite négrière, il n‘y a plus d‘excuses, plus de mythes étio-
logiques. Pourquoi l‘Afrique meurt-elle ? En grande partie, parce qu‘elle se suicide. C‘est comme
U
si, à bord d‘une pirogue déjà prise dans la tourmente d‘une mer démontée par la mondialisation,
CO
les passagers, au lieu de pagayer pour gagner une terre ferme, s‘acharnaient à trouer la coque de
leur frêle esquif. En 1997, le photographe et cinéaste Raymond Depardon, ami de longue date
du continent, a intitulé un documentaire : Afrique : comment ça va avec la douleur ? Ça va mal,
très mal. L‘Afrique agonise, quoi qu‘en disent, une fois l‘an au creux de l‘actualité, les optimistes
forcenés des dossiers spéciaux sur « l‘Afrique qui bouge ». Oui, heureusement, le cadavre bouge
encore. Bien sûr, il y a des rescapés, des îlots de mieux-être dans un océan de malheur. Certes, à
long terme, malgré les conflits « déstructurés », le sida et l‘incurie de leurs pouvoirs, les Africains
s‘en sortiront. Seulement comme le faisait remarquer John Keynes, économiste au grand cœur : à
long terme, nous serons tous morts.
En dépit des circonstances atténuantes que l‘on peut lui reconnaître, l‘afro-optimisme est un crime
contre l‘information. On n‘a ni le choix ni le droit. On ne peut pas, selon son bon vouloir, par senti-
mentalisme, ou sensationnalisme, « positiver » ou « noircir » les nouvelles du continent. Or, globa-
lement, les nouvelles d‘Afrique sont affligeantes. Aujourd‘hui, le seul panafricanisme réellement
existant, c‘est celui de la douleur, des souffrances. Il recoupe, par la misère, « l‘illusion identitaire
» (Jean-François Bayart) qui consiste à parler de l‘Afrique – de l‘ensemble d‘un continent marqué
par une forte diversité – au singulier : ce « pays » auquel se réfèrent les vieux colons, sous-entendu :
le pays des Noirs, qui sont tous pareils ; ou cette « mère Afrique » qu‘adulent les chantres de la «
négritude », racistes à l‘envers qui ont intériorisé les préjugés dont ils font l‘objet pour mieux les
revendiquer. « L‘idée d‘une africanité qui ne serait pas nègre est tout simplement de l‘ordre de
l‘impensable », affirme au sujet de ces derniers l‘historien camerounais Achille Mbembé, dans un
404
article intitulé : « A propos des écritures africaines de soi ». L‘Afrique au singulier existerait seule-
ment en tant qu‘abstraction, à l‘instar de l‘Europe, si le continent au sud du Sahara ne s‘était pas
abîmé dans de multiples catastrophes, affligé de nombreux fléaux, victime de lui-même. C‘est de
cette Afrique « noire » qu‘il sera question ici, du « ventre mou » situé entre l‘Afrique du Nord et
l‘Afrique du Sud, qui représente seulement 24Au journal télévisé, la gêne est palpable quand il est
question de cette Afrique. Au-delà de la caméra, le regard de la speakerine ou du présentateur
s‘abîme dans la perplexité. Voici trois exemples : la crise en Côte d‘Ivoire, la famine en Ethiopie,
la guerre au Congo-Kinshasa. En Côte d‘Ivoire, pays de cocagne du café et du cacao, un ancien
Premier ministre, Alassane Ouattara, est empêché de se présenter aux élections, au motif de sa «
nationalité douteuse ». L‘affaire dégénère en querelle d‘ « ivoirité », et des immigrés du Sahel sont
chassés des plantations dans le sud-ouest du pays. Il y a les premiers morts. Ensuite, le 24 dé-
cembre 1999, une mutinerie de solde s‘achève en coup d‘Etat, le premier depuis l‘indépendance,
suivi du « complot du cheval blanc » et du « complot de la Mercedes noire ». On se frotte les yeux.
Dans la nuit du 19 septembre 2002, des combats à Abidjan font trois cents morts, le nord du pays
se soulève. La Côte d‘Ivoire sombre corps et âme dans la violence. Son président, Laurent Gbagbo,
un socialiste « démocratiquement élu », est accusé de diriger des « escadrons de la mort » pour
en finir avec l‘ennemi intérieur, des insurgés qui, en fait, sont venus du Burkina Faso voisin§. . . la
France intervient pour stopper leur avancée. En guise de remerciements, son ministre des Affaires
étrangères, Dominique de Villepin, est vilipendé comme « traître » et séquestré à la présidence
ivoirienne par des « patriotes », partisans du président Gbagbo, dont l‘épouse, Simone, critique
violemment Paris chaque fois qu‘elle est interviewée. Néanmoins, toutes les parties impliquées
R
dans le conflit – gouvernement, rebelles et opposition – sont invitées à Marcoussis, dans la ban-
LM
lieue parisienne, où elles négocient un accord de paix. Quand celui-ci est entériné, le 25 janvier
2003, en présence du secrétaire générale des nations unies, tout ce qui est français à Abidjan – des
expatriés au centre culturel, en passant par les lycées et l‘ambassade – est attaqué, pillé ou brûlé.
EC
Cependant, les soldats français envoyés d‘urgence ne se sont pad déployés à Abidjan, mais à 350
kilomètres au nord, pour y « surveiller » un cessez-le-feu que nul ne respecte. Pendant des mois,
AV
dans l‘ouest ivoirien, d‘obscurs mouvements rebelles et une armée qui n‘a plus rien de régulière
massacrent la population, chacun ayant enrôlé des « combattants » libériens pour lui prêter main
RS
forte. Et cela jusqu‘à ce que, munis d‘un mandat pour l‘imposition de la paix, l‘armée française et
des soldats ouest-africains d‘interposition interviennent pour « sécuriser » l‘ouest. C‘est là, enfin,
U
que l‘on croit comprendre le film, l‘enchainement des événements. Lorsque, le 25 mai 2003, ces
CO
troupes étrangères, dites « forces impartiales », entrent dans Goulaleu, l‘un des villages martyrs
qu‘ils ont pour mission de secourir, une inscription badigeonnée sur un pan d‘une maison calci-
née les prévient : « Il n‘y a plus personne à tuer ici ! ». C‘est donc ça, tout simplement : avec dix ans
de décalage ; le carnaval sanglant du Liberia a gagné la Côte d‘Ivoire, l‘ancien hevre de paix du «
vieux » Félix Houphouët-Boigny, l‘ancienne « vitrine » de la France dans la région, que l‘on croyait
parvenue sur la rive sûre du développement. Adieu ; l‘Afrique de l‘Ouest, saluons ceux qui mour-
ront. . . « Jamais cela ne se produira dans une ancienne colonie de la France ! » avait-on dit et répété
à paris, quand le Liberia, la Sierra Leone, la Somalie et le Zaïre ont été emportés. Puis, l‘été 1997,
Brazzaville brûle. Sous les obus – tirés par des Congolais ! – s‘abattant sur la capitale de l‘ancienne
Afrique équatoriale française (AEF), l‘armée française évacue ses ressortissants, et s‘en va, le cœur
lourd. A Paris, les politiques de tous bords, en phase avec l‘opinion publique, se félicitent de la fin
de « l‘interventionnisme » et de cette « Françafrique », dont Brazzaville fut un haut lieu de commé-
moration. Alors, à quand le Sénégal ? Il suffit de fermer les yeux pour voir des jeunes, drogués au
désespoir, coutelas à la main et bandeau rouge au front, courir sur la plage des Almadies, prêts à
verser le sang. Ou, plutôt, il suffira bientôt d‘ouvrir les yeux. . .
Deuxième exemple : une bonne cause en Afrique. Le 2 juin 2003, alors que se tient un sommet
des pays les plus industrialisés à Evian, Bob Geldof séjourne en Ethiopie. C »est la première fois
depuis vingt ans que le chanteur irlandais des Boomtown Rats, célèbre pour avoir réuni autour de
lui une pléiade de stars du rock sous la bannière du band Aid, retourne dans le pays qu‘il voulait
sauver de la famine, en décembre 1984. « Il faut un plan Marshall », déclare-t-il par téléphone à
405
Libération. « Sur le flanc sud de l‘Europe, juste de l‘autre côté de la Méditerranée, c‘est tout un
continent qui est à la dérive. Me voilà de retour au beau milieu d‘un peuple qui vit un calvaire
pire encore que celui des années quatre vingt. Et l‘Union européenne ne réagit pas, contrairement
aux Etats-Unis. L‘aide alimentaire promise par l‘UE pour endiguer la famine qui s‘annonce n‘est
pas arrivée. Cette semaine, j‘ai vu trop de bébés en train de mourir, soit de malnutrition, soit du
sida. Je ne veux plus voir cela. » L‘histoire bégaie. Vingt ans après s‘être indigné du sort des enfants
mourant de faim – sans avoir fait le rapprochement avec le déplacement forcés des populations
que le pouvoir éthiopien de l‘époque avait mis en œuvre, et qui fut à l‘origine de l‘expulsion de
Médecins sans frontière (MSF), seuls à protester -, Sir Bob, entre-temps anobli, lance de nouveau
l‘assaut médiatique contre une famine qu‘il croit biblique.
« Il a trouvé des mots très forts pour parler de la souffrance qu‘il a vue, mais des mots qui disaient fi-
nalement sa propre souffrance, décrivaient ses sentiments à lui, soulignant au passage sa grandeur
d‘âme et ne donnaient qu‘un aperçu extraordinairement déformé de ce qui se passait réellement »,
se souvient Rony Brauman, l‘ancien président de MSF. « Tandis que l‘on célébrait cette émouvante
success story de la charité internationale en mondiovision, devant deux milliards de téléspecta-
teurs, les déportations battaient leur plein. » Deux décennies plus tard, Bob Geldof, en tournée
de promotion pour l‘Unicef, le Fonds d‘aide pour les enfants des Nations unies, ne dit pas mot de
la guerre, aussi meurtrière que dispendieuse, que l‘Ethiopie et l‘Erythrée se sont livrée, de 1998 à
2000, pour quelques arpents de caillasse sur leur frontière. Il ne dit rien non plus de la dictature
à Addis- Abeba, de la « rente humanitaire » que le régime cherche à engranger d‘année en année.
R
Bien sûr, Bob Geldof ne vient pas souvent et, après tout, il est chanteur. Mais alors, pourquoi bat-il
le tambour caritatif pour l‘Unicef ou pour l‘association DATA – Debt, Aids, Trade in Africa – qu‘il
LM
a créée avec le chanteur de U2, Bono, qui veut « transformer en argent la passion pour l‘Afrique
de Jacques Chirac » ? En Erythrée, de l‘autre côté de la frontière disputée par les deux Etats va-nu-
EC
pieds de la Corne de l‘Afrique, un journaliste du New York Times se borne, lui, à faire son métier.
A la veille du sommet du G8 à Evian, qui doit décider d‘un « nouveau partenariat pour le dévelop-
AV
pement de l‘Afrique », Nicholas D. Kristof publie, le 28 mai 2002, un article intitulé « Une fenêtre
sur l‘holocauste africain ». Il y rappelle que, au milieu des années quatre-vingt-dix, Asmara passait
RS
pour être l‘une des capitales de la « renaissance » du continent. Comme d‘autres chefs rebelles de-
venus chefs de l‘Etat, Issayas Afeworki était alors considéré comme l‘un des hommes forts d‘une «
U
autre Afrique », à mille lieues de celle des « dinosaures » au pouvoir, tels que le Togolais Gnassingbè
Eyadema, le Gabonais Omar Bongo ou le Kenyan Daniel arap Moi. Hillary Clinton était même ve-
CO
nue en Erythrée tâter le pouls d‘une « Afrique prête à prendre son destin en main ». Sept ans plus
tard, au pied du monument de la « guerre de libération » à Asmara, une paire de sandales géantes
sur un socle en granit, le journaliste américain dénonce ce qu‘il découvre : une « minable dictature
criminelle » qui « affame son peuple », dont près d‘un tiers est menacé de périr d‘inanition.
Troisième exemple : un pays africain en guerre. Au Congo-Kinshasa, le « front » est partout et nulle
part. Le 08 mai 2003, un Iliouchine-76 affrété par l‘armée congolaise pour transporter du matériel
militaire de Kinshasa à Lubumbashi, le chef-lieu de la province du Shaba-Katanga, décolle à 19h
30, bien après la tombée de la nuit. Pendant plus d‘une heure, les mécaniciens au sol se sont af-
fairés autour de la porte ventrale de l‘avion, jusqu‘à ce que l‘équipage ukrainien perdre patience,
tout comme d‘ailleurs les nombreux passagers – plus de deux cents. Certains d‘entre eux, dans un
pays-continent grand comme l‘Europe de l‘Ouest mais dépourvu d‘un réseau routier praticable,
campaient à l‘aéroport depuis plusieurs jours, en attendant un départ. Alors, à Dieu va, l‘avion dé-
colle ! Il n‘a pas encore atteint son altitude de croisière quand, précédée d‘un sifflement strident,
une sourde déflagration retentit ; déstabilisé, l‘Iliouchine bascule d‘un côté, puis de l‘autre, man-
quant de partir en vrille. L‘appel d‘air créé par le trou béant à l‘arrière aspire les passagers, pour la
plupart des civils, des « clandestins » qui ont payé leur place aux militaires. Ils sont littéralement
arrachés de leur siège, projetés comme des poupées de paille dans le ciel noir qui les engloutit
en un instant. Combien sont-ils ? Quand le pilote, ayant réussi à remettre l‘appareil d‘aplomb, re-
tourne se poser à Kinshasa, nul ne saurait le dire. Personne ne les a comptés à l‘embarquement,
406
personne n‘est en mesure de calculer leur nombre rétrospectivement, post mortem, car le « tarif
» perçu variait selon la tête du client. « Que sommes-nous devenus ? » fulmine de sa chaire, le di-
manche 16 mai, l‘archevêque de Kinshasa, le cardinal Etsou, président de la conférence épiscopale
du Congo. « Que n‘aurions-nous pas dit si cet avion avait été atteint par des tirs ennemis ? Là, au-
cun ennemi ne nous a frappés. C‘est nous-mêmes, par notre complaisance, par notre cupidité, par
notre insouciance, par notre irresponsabilité, oui, c‘est nousmêmes. » Après cette autocritique, le
prélat instruit le procès, par contumace, de ceux dont « les actes méchants posés délibérément »
ont fait le malheur du Congo depuis cinq ans, à commencer par les présidents rwandais et ougan-
dais, Paul Kagame et Yoweri Museveni. Par leur « exploitation perverse des conflits ethniques et des
rancœurs anciennes, ils perpétuent les affrontements entre armées étrangères en terre congolais
». Ils convoiteraient les fabuleuses richesses de leur grand voisin. « S‘il s‘agit des terres à conquérir,
s‘insurge Mgr Etsou, elle est révolue, l‘époque de l‘extermination des indigènes pour s‘approprier
leurs terres ! » Vœu pieux, mais c‘est une erreur : pour quelques tonnes d‘or, de cassitérite et de
coltan, le minerai qui connaît depuis la fin des années quatre-vingt-dix un boom extraordinaire –
jusqu‘à sept cents dollars le kilo – parce qu‘il entre dans les alliages utilisés dans les microproces-
seurs et téléphones portables, l‘est du Congo a été transformé en cimetière à ciel ouvert.
Trois rapports successifs d‘un groupe d‘experts des Nations Unies ont documenté ce « hold-up
du siècle », du « revolving fund » de dix millions de dollars que le Rwanda a mis en place grâce
aux recettes tirées de l‘exportation des matières premières congolaises, jusqu‘à la filière remon-
tant au général Salim Sahel, le demi-frère cadet du président Museveni. Ni ce dernier, naguère
R
flatté comme le « Bismarck des Grands Lacs », ni son ex-allié et nouveau rival, le général-président
Kagame, n‘ont eu à répondre de leurs actes devant la communauté internationale. Au contraire,
LM
celle-ci subventionne leur régime d‘une généreuse aide au développement. L‘Ouganda, allié régio-
nal des Etats-Unis, passait longtemps pour le « meilleur élève » du Fonds monétaire international
EC
(FMI) et de la Banque mondiale. Quant au Rwanda, le monde rachète sa non-assistance aux Tutsi
minoritaires victimes d‘un génocide en 1994 qui a fait plus d‘un demi-million de morts. « Plus ja-
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mais ça », s‘était-on juré, de nouveau, au siège des Nations unies et dans les capitales occidentales.
Etats pillards, les voisins du Congo – outre le Rwanda et l‘Ouganda, il y a aussi le Zimbabwe, la Na-
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mibie et l‘Angola – ont donc pu dépecer impunément leur terre à butins. Depuis août 1998, selon
l‘International Rescue Committee, une ONG américaine, la guerre, les épidémies et la faim qui
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ont dévasté l‘ex-Zaïre auraient coûté la vie à 3.3 millions de Congolais. S‘ajoutant – autre grossière
estimation – à 50 000 morts dans l‘Ituri, la province contiguë du Rwanda et de l‘Ouganda, la tue-
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rie de plus de 400 civils à Bunia, en mai 2003, a provoqué l‘intervention d‘une force internationale,
sous commandement français. Pendant trois mois, cette « task force » devait pacifier le chef-lieu de
l‘Ituri, au cœur d‘une région vallonnée où s‘étendent des plantations de bananes, de café et de thé,
des champs d‘avocats et de papayes. Ce paradis terrestre abrite bien d‘autre Bunia dont les noms
ne figureront sans doute jamais sur une carte d‘état-major occidental : par exemple Drodro, Nya-
kunde ou Blukwa. Ces localités ont en commun d‘être des lieux de massacre où ont été passés au
fil de la machette, en un seul jour, respectivement plus de 300, 500 et 900 civils, des hommes, des
femmes et des enfants. Méprisés depuis toujours, suspectés de servir aux groupes armés rivaux
de « pisteurs » dans la forêt équatoriale, les Pygmées sont particulièrement persécutés, victimes
d‘actes d‘anthropophagie. « Le cannibalisme a servi de moyen prémédité pour faire la guerre »,
conclut en août 2003 un rapport d‘enquête des nations unies, sur la région. « La consommation
du cœur et du foie des pygmées, qui conférerait aux auteurs de tels actes la faculté des victimes
de chasser et de survivre dans la jungle, peut être considérée comme du fétichisme pur. En re-
vanche, l‘obligation faite à certaines familles de manger des parties du corps de leurs parents tués
doit être considérée comme faisant partie d‘une stratégie de torture psychologique ». . . En Afrique,
comme partout ailleurs, l‘humanité souffrante est faite d‘une somme de drames individuels. Mais
ces nouvelles-là, celles du « temps du malheur » (Achille Mbembé) au jour le jour, ne parviennent
que rarement à l‘extérieur. Comme l‘histoire de Pierre Owono Mvondo, un Camerounais âgé au-
jourd‘hui de cinquante-huit ans, condamné en 1969 à trois ans de réclusion pour faux et usage de
faux. Il commence alors à purger sa peine à la prison de Sangmélima, à 180 kilomètres au sud de
407
Yaoundé, la capitale, où il est transféré en 1971. Au moment prévu de sa libération, l‘année sui-
vante, il apprend qu‘il a été derechef condamné à dix ans de prison supplémentaires, sans avoir
revu un tribunal ni même un juge d‘instruction. « Oublié » par l‘appareil judiciaire, ignoré par
l‘administration pénitentiaire malgré ses protestations, l‘ancien graveur, surnommé « Leppé », ne
sortira de sa cellule qu‘après trente-trois ans d‘emprisonnement. Il aura fallu que l‘archevêque de
yaoundé, Mgr André Wouking, visite la prison centrale de Kongengui, et soit ému aux larmes par le
récit de Pierre Owono Mvondo, fervent chrétien, accroché à sa foi comme un naufragé à sa bouée.
Enfin libéré, sans indemnisation ni excuses, « Leppé » se sent à Yaoundé « comme quelqu‘un qu‘on
a jeté en plein Paris, une ville où il n‘a jamais mis les pieds ». Son plus grand désir : « trouver du
travail et une femme parce que, pendant trente-trois ans, je n‘ai pas vu la nudité d‘un corps de
femme ».
Sur un continent où la pitié est souvent un luxe inabordable, voilà un happy end. En revanche, un
haut fonctionnaire du Nigéria, dont la presse locale n‘a pas même jugé nécessaire de rapporter le
nom, a connu une fin moins heureuse. Porte-parole adjoint du ministère de l‘information d‘Edo,
l‘un des trentesix Etats de la fédération nigériane, il a été impayé pendant deux ans. Après avoir vai-
nement réclamé ses arriérés de traitement, il s‘est rendu à Abuja, la capitale fédérale, pour y faire
valoir ses droits. Nul ne voulant s‘occuper de son cas, il s‘est installé au ministère de l‘information
où il vivait de la charité des passants. Son sit-in de protestation a duré neuf mois. Puis, le lundi
19 mai 2003, les fonctionnaires du ministère qui reprenaient leur travail après le week-end l‘ont
trouvé mort dans leur bureau. « Il était malade », a expliqué l‘un d‘eux, se souvenant aussi que
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son collègue de province, mué en meuble humain, avait demandé l‘équivalent de 13 euros pour
se faire soigner. Une vie en Afrique, ça vaut combien ?
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Dans son édition du 9 mai 2003, l‘hebdomadaire catholique Pèlerin Magazine a publié un son-
dage, « L‘Afrique vue par les Français », réalisé en collaboration avec Radio France internationale
EC
associés à l‘Afrique sont : « pauvre » (76Visiblement désabusés, les Français n‘en sont pas moins
prêts, pour 25« donner de l‘argent » et 29Ce n‘est pas le point de vue qui sera développé dans ce
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nent échoue. Plus personne n‘est preneur. Il ne s‘agit pas de polémiquer ni d‘accabler l‘Afrique
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qui n‘en a vraiment pas besoin. En revanche, il est temps de mettre fin à une double hypocri-
sie : celle des Occidentaux qui, par culpabilité historique ou veule désintérêt, ne disent pas la vé-
rité aux Africains qu‘ils savent pourtant condamnés, à moins qu‘ils ne cessent leur œuvre collec-
tive d‘autodestruction ; celle des Africains, bien conscients de leurs limites, mais qui, juchés sur
leur « dignité d‘homme noir » et, en cela, aussi racistes que l‘ont été certains colons, rejettent
toute critique radicale pour ne pas perdre la pension alimentaire qu‘ils tirent de la couple de
l‘Occident. Peut être, dans le passé, le pharisaïsme des uns et des autres ne tuait-il personne. Mais,
aujourd‘hui, il est mortel. Le « temps du malheur » dont parle Achille Mbembé, l‘un des rares intel-
lectuels du continent à appeler le désastre par son nom, est « un temps au cours duquel le pouvoir
et l‘existence se conçoivent et s‘exercent dans la texture de animalité ». nous y sommes : des Afri-
cains se massacrent en masse, voire – qu‘on nous pardonne ! – se « bouffent » entre eux.
Les 3.3 millions de morts au Congo-Kinshasa viennent après quelque 800 000 suppliciés à la ma-
chette, lors du génocide au Rwanda en 1994 ; après 200 000 Hutu qui ont trouvé la mort, entre
octobre 1996 et mai 1997, dans la jungle de l‘ex-Zaïre ; après 300 000 victimes d‘un « génocide ram-
pant » au Burundi depuis 1993 ; après 300 000 victimes de la faim et des violences en Somalie,
pays sans Etat depuis 1991 ; et à la suite d‘autant de morts, au moins, durant une décennie de sa-
turnales au Liberia, de même qu‘en Sierra Leone. . . cette comptabilité mortuaire, sur les seules
dix dernières années, est loin d‘être exhaustive. Combien de morts au Soudan, où la – seconde
– guerre civile dure depuis plus de vingt ans ? Combien en Angola qui, jusqu‘à la mort de Jonas
Savimbi en février 2002, n‘a pratiquement pas connu la paix depuis son indépendance en 1975 ?
408
Combien de victimes en Casamance, au Congo-Brazzaville, où des centaines de milliers de per-
sonnes apeurées ont vécu de longs mois dans la forêt en se nourrissant de racines et de baies
sauvages ? et combien de tués, depuis septembre 2002, en Côte d‘Ivoire ? Au regard de ce bilan,
qui est aussi un réquisitoire contre l‘inaltérable bonne conscience occidentale (« ni ingérence ni
indifférence »), peut-on continuer de (se) mentir ? a-t-on le droit de s‘interroger sur « les capaci-
tés institutionnelles de l‘Etat postcolonial », alors qu‘il n‘y a guère un aéroport en Afrique qui soit
convenablement administré, plus de services postaux qui fonctionnent, que la distribution d‘eau
et d‘électricité a dû être confiée, presque partout, à des groupes étrangers, toujours les mêmes, ces
nouvelles « compagnies concessionnaires » ? Enfin, sur un continent qui n‘a inventé ni la roue ni
la charrue, qui ignorait la traction animale et tarde toujours à pratiquer la culture irriguée, même
dans les bassins fluviaux, les coopérants doivent-ils se mordre les lèvres quand, en discutant avec
leurs « homologues » africains, ils ont eu le malheur d‘évoquer le « retard » de l‘Afrique ? À l‘inverse,
là où le téléphone marche seulement par miracle ou au prix d‘une communication satellitaire, est-
il sensé de penser que « l‘Internet permettra à l‘Afrique de faire l‘économie d‘une étape et de passer
tout de suite à l‘ère postindustrielle, l‘âge global » ?
NECROLOGIE : Pourquoi l‘Afrique meurt STEPHEN SMITH
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SYNTHESE DES DOSSIERS SESSION DU 22 AU 26 SEP-
TEMBRE 2014
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les hommes et les femmes, les notions de —sexe et de —genre ont des connotations distinctes.
Le sexe marque les caractéristiques biologiques (permanentes et immuables) des hommes et des
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femmes, communes à toutes les sociétés et à toutes les cultures. Le genre, par contre, se réfère
aux caractéristiques qui se sont forgées tout au long de l‘histoire des relations sociales. Les diffé-
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rences de genre sont socialement édifiées et inculquées sur la base de la perception que les di-
verses sociétés ont des différences physiques et des présupposés de goûts, tendances et capacités
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des hommes et des femmes. Les différences relatives au sexe sont immuables. Par contre, l‘histoire
et l‘analyse comparative des sociétés ont largement confirmé que les disparités liées au genre va-
RS
rient selon les cultures et selon les périodes en fonction de l‘évolution de la société. Les relations de
genre sont alors définies comme les mécanismes, particuliers à chaque culture, qui déterminent
U
les fonctions et les responsabilités assignées aux uns et aux autres. Par effet, elles déterminent
l‘accès aux ressources matérielles (terre, crédit, formation, etc.) et immatérielles telles que le pou-
CO
voir. Les implications dans la vie quotidienne sont multiples : répartition du travail domestique
et extra-domestique et des responsabilités familiales, niveau d‘éducation et opportunités de pro-
motion professionnelle, insertion dans les instances du pouvoir et capacité de négociation et de
décision, etc. 2. Conférences internationales et genre‘ Cela fait plusieurs années que les gouver-
nements et les organisations de développement accordent une priorité importante à la probléma-
tique de genre lorsqu‘ils arrêtent conjointement leurs orientations stratégiques et conçoivent les
politiques. En effet, les dernières conférences internationales ont toutes inscrit à l‘ordre du jour le
principe de la parité entre hommes et femmes en ce qui concerne l‘accès et l‘allocation des res-
sources et les opportunités de promotion économique et sociale. Elles se sont entendues sur la
relation fondamentale qui existe entre développement durable et égalité de genre. La Conférence
des Nations Unies sur l‘environnement et le développement (CNUED), à Rio, en 1992, a expli-
citement abordé les aspects de genre dans la plate-forme du Sommet de la terre : —Action 21.
De même, à la Conférence mondiale sur les droits de l‘Homme, à Vienne, en 1993, les droits des
femmes ont été mis en exergue. Il a été réaffirmé que les droits fondamentaux des femmes et des
filles font partie de façon inaliénable, intégrale et indissociable des droits humains universels. 3.
Solutions aux questions critiques identifiées :
– La persistance de la pauvreté qui pèse de plus en plus sur les femmes ;
– L‘accès inégal à l‘éducation, la formation et les disparités et insuffisances dans ce domaine ;
– L‘accès inégal aux soins de santé, aux services sanitaires et les disparités et insuffisances ;
410
– La violence à l‘égard des femmes ;
– Les effets des conflits armés et autres sur les femmes ;
– L‘inégalité face aux structures et politiques économiques, à toutes formes d‘activité de produc-
tion et à l‘accès aux ressources ;
– Le partage inégal du pouvoir et des responsabilités de décision à tous les niveaux ;
– L‘insuffisance des mécanismes de promotion de la femme à tous les niveaux ;
– Le non-respect des droits fondamentaux des femmes et les carences pour la promotion et la pro-
tection de ces droits ;
– Les images stéréotypées des femmes et l‘inégalité d‘accès et de participation à tous les systèmes
de communication, en particulier les médias ;
– Les disparités entre les hommes et les femmes dans le domaine de la gestion des ressources na-
turelles et de la préservation de l‘environnement ;
– La persistance de la discrimination à l‘égard des petites filles et des violations de leurs droits fon-
damentaux ; La planification et l‘évaluation des programmes de développement ont été débattus
et gouvernements et organismes internationaux ont été priés de promouvoir de façon urgente :
– La recherche et la diffusion d‘informations sur les différents domaines d‘intérêt relatifs à la pro-
blématique hommes-femmes ;
– La production et la vulgarisation de statistiques sensibles aux questions de genre. A cet égard,
des recommandations spécifiques en matière de travail statistique ont été formulées dans la Plate-
forme d‘action :
– Revoir l‘adéquation des systèmes statistiques nationaux pour couvrir les sexo spécificités ;
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– Collecter, compiler, analyser et présenter les statistiques ventilées par sexe et par âge et de façon
LM
à refléter la problématique hommes-femmes dans la société ;
– Publier régulièrement un bulletin statistique sur ces éléments qui soit compréhensible par un
large éventail d‘utilisateurs non spécialisés ;
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– Utiliser les données sexo spécifiques pour la formulation des politiques et la mise en œuvre des
programmes et des projets. Les actions suivantes ont été proposées :
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– Amélioration de la collecte de données sur la totalité des apports économiques des femmes et
des hommes, notamment par leur participation aux secteurs informels et au travail non rémunéré
RS
(dans l‘agriculture, en particulier celle de subsistance et pour les productions non marchandes)
déjà pris en considération dans le système de comptabilité nationale de l‘ONU ;
U
non rémunéré et non quantifié par les comptabilités nationales (garde des personnes dépen-
dantes, préparation de la nourriture, etc.) afin de l‘intégrer dans les comptes accessoires ou autres
comptes officiels séparés des comptabilités nationales ;
– Elaboration d‘une classification internationale des activités pour établir des statistiques budget-
temps, et pour prendre en compte les différences entre les femmes et les hommes en matière de
travail rémunéré et non-rémunéré, et rassembler des données ventilées par sexe ;
– Amélioration des évaluations qui, à l‘heure actuelle, sous-estiment le chômage et le sous-emploi
des femmes sur le marché du travail ;
– Amélioration des principes et méthodes de collecte de données concernant l‘évaluation de la
pauvreté chez les femmes et les hommes, et leur accès aux ressources ;
– Appui aux systèmes statistiques de l‘état civil et introduction d‘analyses sexo spécifiques ;
– Production de données sur la morbidité et l‘accès aux soins et aux services de santé ;
– Etablissement de meilleures statistiques, ventilées par sexe et par tranche d‘âge sur les victimes
et les auteurs de toutes les formes de violence contre les femmes ;
– Amélioration des principes et méthodes de collecte de données sur la participation des femmes
et des hommes handicapés, y compris leur accès aux ressources.
4. Illustration des disparités liées au genre Les fonctions assumées par les femmes et les hommes
ainsi que les besoins spécifiques qui en découlent sont des aspects relevant du concept de genre.
Connaître et tenir compte de ces éléments sont indispensable pour formuler des politiques et des
programmes de développement durable.
411
a. Dans le domaine du travail
Dans toutes les sociétés, les hommes et les femmes ont des activités distinctes et ils assument des
responsabilités différentes au sein du ménage. Pour les femmes, production et reproduction sont
deux domaines étroitement imbriqués. Une grande partie de leur travail n‘est pas rétribué même
s‘il est productif. Les hommes ont toujours eu un rôle mineur dans les tâches domestiques : ils
sont supposés avoir un travail rémunéré à l‘extérieur (tout au moins la société le conçoit ainsi).
Les disparités d‘accès aux ressources entre hommes et femmes ont un effet direct sur les poten-
tialités d‘autonomie économique assurant aux femmes et aux personnes qui en dépendent une
meilleure qualité de vie. De plus, l‘accès restreint des femmes aux facteurs de production agri-
cole, en particulier pour les cultures vivrières, confère de sérieuses limitations à la productivité de
leur travail ainsi que le faible accès à la terre et aux autres intrants agricoles est un des obstacles
fondamentaux à une productivité efficace.
Dans les secteurs non-agricoles, l‘emploi est le plus souvent discriminatoire à l‘égard des femmes,
que ce soit par la nature des travaux, la catégorie professionnelle ou les potentialités d‘avancement
professionnel. Depuis plus de vingt ans et dans toutes les régions du monde, les femmes ont
de plus en plus investi le marché du travail. Pourtant, elles continuent à occuper des fonctions
moindres, à percevoir des salaires plus bas et à avoir moins d‘opportunités de promotion.
En plus des aprioris sexistes, les femmes sont également obligées de concilier leur rôle de femme
au foyer avec celui d‘agent économique productif. La durée et l‘organisation de leur journée de
R
travail, l‘évolution de leur carrière professionnelle et le niveau de leur salaire s‘en ressentent. En
résumé, les possibilités et le champ du travail sont plus limités pour les femmes que pour les
LM
hommes, auxquels s‘ajoute une rémunération inférieure à fonction égale. b. Dans le domaine
de la pauvreté La pauvreté se caractérise par la précarité des revenus, voire même l‘absence de
EC
revenus, associée à un accès très restreint aux ressources productives indispensables pour ga-
rantir des conditions de vie durables. Elle est synonyme de faim, de malnutrition, de mauvaise
AV
le nombre de femmes qui vivaient au-dessous du seuil de pauvreté a augmenté davantage que
celui des hommes. En 1988, il était estimé que 60% des pauvres étaient des femmes. En plus des
U
discriminations sexistes dans le secteur de l‘emploi, d‘autres facteurs sont à l‘origine de ce phéno-
mène : restructuration économique mise en œuvre dans les pays en développement, réductions
CO
budgétaires effectuées par les gouvernements et autres mesures liées à l‘adoption des modèles
économiques néolibéraux. Les femmes ont subi, beaucoup plus cruellement que les hommes, la
réduction des postes de travail de la fonction publique et des services et avantages sociaux. La
désintégration des systèmes d‘assistance a accru la charge de travail des femmes. Les soins aux
enfants, aux anciens, aux malades et aux handicapés, assurés auparavant en partie par les ser-
vices sociaux, ont alors échu totalement aux femmes. Elles doivent, non seulement parer à cette
défaillance, mais gérer leurs faibles ressources. Cette féminisation de la pauvreté est encore plus
tangible pour les femmes chefs de famille. Dans un ménage dirigé par un homme, les apports
se complètent : l‘homme participe au bien-être de la famille par des revenus et la femme, tout
en fournissant des biens et services à la famille, peut s‘adonner à une activité rémunératrice. La
pauvreté est plus aiguë dans les zones rurales où la disponibilité des services et les opportuni-
tés de travail sont plus restreintes qu‘en milieu urbain. Elle est plus probable chez les femmes
que chez les hommes étant donné le moindre accès de celles-ci aux ressources et aux facteurs de
production et leur plus grand isolement. Le crédit, la terre, l‘héritage, l‘instruction, la formation,
l‘information, la vulgarisation, la technologie, les intrants agricoles sont plus aléatoires pour elles,
sans compter leur pouvoir inégalitaire de décision sur leur propre production et celle du ménage.
Les incitations gouvernementales à la production favorisent le plus souvent les cultures de rente
alors que les femmes sont davantage engagées dans les cultures vivrières. En outre, la vulnéra-
bilité des femmes prend certaines de ses racines au sein même de la famille : par exemple, pour
l‘inscription des enfants à l‘école, dans les ménages pauvres, les parents préféreront investir sur
412
les garçons et garderont les filles à la maison où elles assureront une partie du travail domestique
et de production. c. Dans le domaine de la vie familiale Dans toutes les sociétés, les femmes as-
sument la majeure partie du travail domestique et sont les principales responsables de l‘éducation
des enfants et des soins aux personnes âgées et aux malades. La vie des femmes est énormément
marquée par la reproduction qui a une influence directe et évidente sur leur état de santé et sur
les opportunités d‘accès à l‘instruction, à l‘emploi, aux revenus. Dans les sociétés où les femmes
se marient très jeunes, et beaucoup plus précocement que les hommes, la subordination au mari
sera plus forte et conditionnera les possibilités d‘instruction, de travail, etc. L‘émigration mascu-
line croissante due au chômage et l‘instabilité des relations conjugales ont accru le nombre de
ménages dirigés par des femmes. La série de recensements de 1990 révèle qu‘en Amérique latine
21Une femme seule a une responsabilité double car, d‘une part, elle s‘engage économiquement
pour obtenir des revenus et, d‘autre part, elle assume son rôle de femme au foyer. Autre phéno-
mène, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. Par conséquent, le nombre de veuves
est plus important que celui des veufs. Un homme divorcé, séparé ou veuf se remarie ou se ré-
installe en ménage plus aisément et plus fréquemment que ne le font les femmes restées seules.
Généralement, on enregistre comme chef de famille celui qui donne le nom à la famille. Les stéréo-
types font qu‘un homme majeur est automatiquement considéré comme chef de famille, même
si les responsabilités économiques et autres sont à la charge de la femme. Ainsi, la majorité des
ménages dirigés par une femme sont monoparentales car, il est démontré que seulement 1,4d.
Dans le domaine de la santé et de la nutrition Les femmes et les hommes ont des demandes de
santé distinctes, à cause des différences biologiques, mais aussi à cause de leur mode de vie lié
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aux rôles spécifiques que la société leur a assignés. La santé masculine est plus fragilisée par les
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maladies professionnelles, les accidents du travail et de la route et le tabagisme, l‘alcoolisme, la
toxicomanie, etc. L‘incidence du cancer, des maladies et lésions cardio-vasculaires, principales
causes de la mortalité, est plus élevée chez les hommes. Le style de vie (comportements cultu-
EC
rels et sociaux) et les caractéristiques biologiques en sont les principales causes. Les risques de
maladies encourus par les femmes sont souvent liés à la reproduction. Leur santé est plus fragile
AV
au cours des grossesses : risques d‘anémie, de malnutrition, d‘hépatite, de malaria, de diabète, etc.
Toutefois, les femmes ont une espérance de vie supérieure à celle des hommes. Dans les pays euro-
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péens, nord-américains et quelques pays d‘Amérique latine, la différence oscille entre 5 et 12 ans.
Les hypothèses expliquant ce phénomène sont nombreuses : causes génético-biologiques, envi-
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ronnementales, sociales, etc. Toutefois, aucun consensus ne s‘est encore établi définitivement14.
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Dans certains pays asiatiques, l‘espérance de vie des femmes ne suit pas ce schéma : les règles
religieuses et les normes culturelles imposent aux femmes certaines interdictions pour les soins
médicaux et la fréquentation des services de santé. Parallèlement, le manque de ressources, les
contraintes sociales et les coutumes induisent des disparités entre filles et garçons en termes de
nutrition, de morbidité et de mortalité. Dans certains pays, la valeur accordée aux enfants de sexe
masculin est supérieure à celle des enfants de sexe féminin. Les parents recourront alors plus faci-
lement aux services sanitaires pour les garçons et leur fourniront une nourriture plus abondante et
de meilleure qualité. Dans certaines sociétés, la répartition des aliments au sein du ménage peut
être également inéquitable entre adultes (les femmes servent d‘abord la famille et ne mangent que
ce qu‘il reste). Elles peuvent aussi avoir une alimentation déséquilibrée, avec les séquelles que
cela implique, spécialement lors des périodes de grossesse et d‘allaitement. Dans la mesure où
les femmes sont les plus pauvres des pauvres, en particulier lorsqu‘elles sont chefs de ménage,
elles souffrent souvent de dénutrition d‘autant qu‘elles se privent pour assurer à leurs enfants un
minimum alimentaire. Sachant que la plus grande partie de la production vivrière est aux mains
des femmes, il serait judicieux d‘augmenter la productivité de leurs cultures par un accès facilité au
crédit, à la technologie et aux services agricoles. Le niveau nutritionnel de tous en bénéficierait lar-
gement. Des services nationaux et des ONG de planification familiale et de santé publique se sont
ouverts aux questions de protection maternelle et infantile, permettant ainsi à certains groupes
exclus de la santé de bénéficier d‘un minimum de soins. e. Dans le domaine de l‘éducation Dans
ce texte le vocable éducation doit être entendu dans le sens instruction scolaire. Cette précision
413
paraît nécessaire car l‘éducation recouvre des domaines qui vont bien au-delà de la scolarité et de
l‘instruction proprement dite. Le marché du travail, de plus en plus concurrentiel, exige, chaque
jour davantage, un niveau d‘instruction de plus en plus élevé. Les personnes sans bagage éduca-
tif se retrouvent incontestablement dans une position de désavantage. Par ailleurs, il est reconnu
que dans un processus de changement, l‘instruction permet de passer de l‘exclusion (marginalisa-
tion) à une insertion active. Pourtant, dans beaucoup de sociétés subsistent encore des barrières
et des préjugés qui restreignent l‘accès des femmes à l‘instruction. Les femmes analphabètes sont
plus nombreuses que les hommes et plus le taux d‘alphabétisation d‘un pays est faible, plus les
disparités sont en défaveur des femmes. L‘UNESCO estime que dans les pays en développement,
41Dans les zones rurales de certains pays, le taux d‘analphabétisme des femmes, âgées de 15 à
24 ans, est deux à trois fois supérieur à celui des zones urbaines16. Les filles abandonnent plus
tôt l‘école, particulièrement en milieu rural où leur aide est requise pour les tâches domestiques
et productives. L‘absence de services scolaires, comme le transport de proximité, creuse cet écart
en ayant un effet direct sur le taux de fréquentation scolaire des filles. Lorsque la distance à par-
courir pour se rendre à l‘école est longue, les parents craignent que leurs filles soient enlevées en
chemin. Cette attitude est plus de mise dans les sociétés où les us et coutumes réglementent les
déplacements des femmes. Au niveau des études supérieures, dans certaines régions, le nombre
de filles augmente et est parfois même supérieur (cas des Caraïbes et en Asie occidentale) à ce-
lui des garçons. Mais, de réelles différences existent quant à la nature des études embrassées. Les
préjugés, les réticences des familles, les habitudes sociales donnent la part belle aux garçons dans
les domaines scientifiques et techniques. Les filles, celles qui peuvent accéder à l‘éducation su-
R
périeure, sont quant à elles incitées à opter pour des carrières dites féminines, qui ont le plus
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souvent peu de débouchés et mal rétribuées. Les processus éducationnels portent en eux une lo-
gique de ségrégation des femmes par rapport à l‘emploi. f. Dans le domaine de l‘environnement
Les risques encourus par la dégradation de l‘environnement touchent la qualité de vie et la charge
EC
de travail avec des effets différents pour les hommes et les femmes. Les femmes sont les premières
touchées par l‘épuisement des ressources naturelles. Dans les zones rurales de bien des pays en
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vrières, la collecte des produits forestiers, la corvée de bois et d‘eau. La déforestation galopante et
l‘assèchement des sources d‘eau conduisent les femmes à parcourir des distances de plus en plus
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grandes, les obligeant à passer beaucoup plus de temps et à dépenser plus d‘énergie pour produire
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et trouver les denrées indispensables. Leur charge de travail est décuplée et leur marge de temps
libre considérablement réduite. Se consacrer à des activités productives plus rentables devient
alors problématique. La détérioration de l‘environnement due à une mauvaise gestion et utilisa-
tion des déchets et des agents polluants peut avoir un impact démesuré sur la santé des femmes
qui sont, apparemment, plus sensibles aux effets toxiques des substances chimiques. Les risques
pathologiques sont plus élevés dans les couches de population à faible revenu qui vivent dans les
zones défavorisées. Généralement, les industries et les usines sont implantées au voisinage de ces
quartiers pauvres qui se retrouvent alors noyés dans des fumées polluantes. Dans les pays indus-
trialisés, où les modèles de consommation et de production vont souvent à l‘encontre du dévelop-
pement durable, les ressources naturelles et les êtres humains subissent des préjudices énormes.
Le réchauffement de la planète, l‘amincissement de la couche d‘ozone et la diminution de la diver-
sité biologique sont des résultats de ces phénomènes de dégradation. Parallèlement, dans les pays
pauvres, autant les hommes que les femmes surexploitent les ressources naturelles pour survivre,
ce qui conduit à la dégradation des sols, la destruction de la flore, de la faune, des ressources ma-
rines et halieutiques, la baisse de qualité de l‘eau, etc. Dans beaucoup de pays, la vie de la popula-
tion rurale dépend totalement des ressources naturelles. La dégradation du milieu touche surtout
les personnes les plus vulnérables et celles vivant en étroite dépendance avec l‘environnement.
Par conséquent, il est important de comprendre les disparités liées au genre dans le domaine de
la gestion des ressources naturelles, de la responsabilité de la dégradation de l‘environnement et
de la participation aux prises de décision relatives à cette question. g. Dans le domaine de la vie
414
publique et des instances de décision L‘inégalité entre hommes et femmes persiste dans la vie pu-
blique et dans les instances décisionnelles. Les femmes sont toujours sous-représentées dans les
gouvernements, les assemblées législatives et dans beaucoup d‘autres secteurs cruciaux influant
sur l‘opinion publique tels que l‘art, la culture, les médias, la religion. Dans seulement 16 pays,
les femmes occupent plus de 15Les inégalités dans la vie publique trouvent leur premier ancrage
dans la vie quotidienne familiale : la distribution inégalitaire des responsabilités et de la division
sexuelle du travail qui circonscrit fortement l‘espace des femmes et entrave leur participation à
la vie publique. A cela s‘ajoutent les images stéréotypées et l‘a priori social et culturel qui consti-
tuent pour elles un obstacle à leur entrée dans des hautes fonctions liées au pouvoir politique et
économique. Aussi les femmes occupent rarement des fonctions de direction dans les grandes en-
treprises : il est toujours exceptionnel de trouver une femme à la tête de l‘une d‘entre elles ou à
un haut poste de responsabilité. Les charges ministérielles du budget et des finances ainsi que les
postes de direction des banques centrales sont le plus souvent aux mains des hommes et seul un
faible pourcentage des postes de gestion ou d‘administration est accordé aux femmes.
RAPPORT UNESCO, DEC 2011
R
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FAIRE LE SYNTHESE DE CE DOSSIER EN UNE VINGTAINES DE LIGNES
MARIAGE PRECOCE
EC
Le mariage précoce, et plus particulièrement celui des filles, doit cesser, estime le Fonds des Nation
unies pour l’enfance et la jeunesse (Unicef ) dans un rapport intitulé « Mariage précoce : conjointe
AV
enfant ». Le rapport explique pourquoi la pratique des mariages précoces se poursuit et comment
elle est sans doute en augmentation parmi les populations extrêmement pauvres du globe. L’Uni-
RS
cef dénonce les effets dévastateurs de tels mariages qui s’appuient encore sur de vieilles traditions.
Dans tous les cas, ces pratiques sont autant de violations d’une série de textes, de déclarations et
U
de conventions des Nations unies protégeant les droits de l’homme – et, plus particulièrement, les
CO
droits reconnus la Convention des droits de l’enfant. De tels mariages, note l’étude, ont de "pro-
fonds effets sur le plan physique, intellectuel, psychologique et émotionnel, et mettent fin aux
possibilités d’éducation et de croissance individuelle". Dans certains pays, la moitié des filles est
déjà mariée à l’âge de 18 ans et "des millions d’enfants et de jeunes gens, de filles en particulier,
subissent des retombées négatives" de tels mariages. "Contraindre les enfants, en particulier les
filles, à se marier en bas âge peut être dommageable physiquement et sur le plan émotionnel",
dit Carol Bellamy, directrice exécutive de l’Unicef. "Cette pratique viole les droits à la liberté per-
sonnelle et à la croissance. Jusqu’à présent, il n’y a jamais eu d’effort fait afin d’étudier le mariage
d’enfants comme représentant en soi une violation des droits humains eux-mêmes". En analysant
le mariage d’enfants comme une violation de leurs droits fondamentaux, l’Unicef cherche à créer
une situation propice au changement. "Il s’agit là d’une autre étape d’un mouvement croissant,
qui cherche à briser le silence désespéré de millions d’enfants, en particulier des filles, qui ont été
abandonnées à un sort marqué souvent par la misère et la souffrance". TEXTE I-Les mariages pré-
coces dans le monde Les mariages d’enfants ont lieu dans le monde entier, mais sont une pratique
courante dans certaines parties d’Afrique et d’Asie du Sud. En1993, au Rajasthan (Inde), note l’Uni-
cef, 56Le rapport de l’Unicef donne quelques chiffres : les pourcentages des filles âgées entre 15 et
19 ans et qui sont déjà mariées sont, respectivement de : 74Au Niger, 44D’une manière générale, le
mariage précoce est plus répandu en Afrique centrale et occidentale (40Dans les pays industria-
lisés, les femmes se marient rarement avant 18 ans (4Coutume très répandue, le mariage précoce
menace les droits des filles et des garçons. Le rapport analyse les raisons de ces mariages précoces
415
dont le facteur principal reste la pauvreté, la protection des fillettes de tout harcèlement sexuel,
mais aussi leurs conséquences comme la marginalisation sociale et/ou le semi-esclavage, sexuel
ou non, des jeunes filles. Il étudie les implications nombreuses du mariage d’enfants, de la limita-
tion de leur liberté personnelle, à l’impact sur la santé et l’éducation. Pour les garçons comme pour
les filles, un mariage précoce a de profondes conséquences physiques, intellectuelles, psycholo-
giques et émotives ; il coupe à la racine les occasions offertes par l’étude et les chances de crois-
sance personnelle. En outre, chez les filles, le mariage précoce est "presque toujours synonyme de
grossesse - qui est la cause des hauts taux de mortalité maternelle - et d’accouchement préma-
turés ainsi que d’une existence d’asservissement domestique et sexuel sur laquelle elles n’ont nul
pouvoir". Les adolescentes sont également plus sujettes que les femmes d’âge mur aux maladies
transmises sexuellement, le HIV/SIDA inclus. Le préjugé ayant cours dans plusieurs pays selon
lequel le fait de coucher avec une jeune fille vierge guérit du HIV/SIDA, fait augmenter dange-
reusement cette situation de vulnérabilité. La pauvreté est l’un des principales assises du mariage
d’enfants. Au Bangladesh, des parents confrontés à la pauvreté se laissent convaincre de se sé-
parer de leurs filles par des promesses de mariages, ou encore de faux mariages, qui servent en
fait à attirer les filles pour les contraindre à se prostituer à l’étranger. Des informations en prove-
nance d’Iraq indiquent que le phénomène du mariage précoce y est en augmentation, croissance
qui est en proportion directe avec celle de la pauvreté. Des données venant d’Egypte indiquent
que 29 pour cent des épouses adolescentes ont été battues par leurs maris (ou mari et autres)
et, de ces adolescentes, 41 pour cent avaient été battues durant la grossesse. Une étude en Jor-
danie publiée en 2000 montre que 26 pour cent des cas rapportés de violence domestique sont
R
commis contre des épouses de moins de 18 ans. La violence domestique fait en sorte que, pous-
LM
sées par le désespoir, quelques filles optent pour la fugue. "Celles qui le font, confie le rapport, et
celles qui choisissent leur conjoint malgré l’avis contraire des parents, peuvent être punies voire
même tuées par leurs familles. Ces filles encourent le risque d’être "tuées par honneur", comme
EC
chefs de communauté aux organismes internationaux, ont décidé d’agir. Un premier pas est d’in-
former les parents et les jeunes parents des conséquences négatives d’un mariage précoce afin
RS
qu’ils puissent le prévenir. L’éducation est la clé de ce processus. Convaincre les parents de garder
leur fille à l’école est un élément essentiel du développement complet des filles - et du report du
U
mariage. Le Sri Lanka et l’Etat indien du Kerala en sont des exemples éloquents. Chez ces deux
CO
pays, l’âge du premier mariage est élevé. Les deux ont également accordé la priorité à l’éduca-
tion des filles. Le rapport souligne que "la façon dont les hommes et les femmes perçoivent leurs
rôles et leur capacité a changé et a conduit à un soutient plus grand des droits des femmes, en
regard à celui que l’on constate dans plusieurs autres pays de (l’Asie du Sud)". Pour les filles qui
sont déjà mariées, des services doivent être développés afin de les conseiller sur les questions im-
portantes, qui vont de l’abus à la reproduction. Des filles âgées de 15 à 19 ans donnent naissance
à 15 millions de nouveau-nés par an. Plusieurs d’entre elles accouchent sans avoir eu recours à
une clinique prénatale ou recevoir l’aide d’une sage-femme professionnelle, ce qui peut avoir de
lourdes conséquences sur la santé de la mère et de l’enfant. L’action de l’Unicef pour combattre
le problème du mariage précoce s’inscrit dans une approche plus large contre la discrimination
des sexes, laquelle sapent les droits des femmes et de l’enfant. Le Programme global d’éducation
des filles de l’Unicef œuvre dans plus de 60 pays afin d’assurer que les filles aient un accès égal à
l’éducation, ce qui représente la clé du report du mariage et du développement général des filles.
En plus d’aider les campagnes de promotion et de communication dans différents pays, l’Uni-
cef a aussi soutenu le développement de deux projets qui eurent du succès dans des régions où
le taux de mariage des enfants est élevé : en Asie du Sud et en Afrique Subsaharienne. En Asie du
Sud, le projet Meena, ainsi nommé d’après l’héroïne d’un ensemble multimédia, sert de catalyseur
pour discuter de la discrimination des sexes dans l’enfance. Les questions abordent la préférence
pour le fils, le traitement injuste des filles dans la famille, leur accès plus difficile aux services de
santé et d’éducation, de même que les pratiques traditionnelles dommageables telles que la dot, le
416
harcèlement sexuel et le mariage précoce. Se fondant sur le succès de Meena, le Projet de commu-
nication adolescente Sara fut développé dans 10 pays d’Afrique de l’est et de l’ouest. L’importance
de demeurer à l’école est l’un des principaux messages de cette série radiophonique. Parmi les
autres questions abordées, on compte le HIV/SIDA, les charges de travail domestique, les mutila-
tions sexuelles féminines et le mariage précoce. TEXTE II : Le mariage d’enfant C’est en Afrique
subsaharienne et en Asie du Sud que la pratique du mariage précoce des filles est la plus répandue.
Cependant, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et dans certaines parties de l’Asie, le mariage à
la puberté ou peu de temps après est courant chez certaines catégories de population. Par ailleurs,
dans certaines régions d’Afrique occidentale et orientale et d’Asie du Sud, il n’est pas rare que les
filles se marient bien avant leur puberté. Il est difficile de connaître le nombre exact des mariages
précoces car il y en a tellement qui ne sont ni officiels ni enregistrés. Ceci étant dit, les statistiques
sont disponibles pour une centaine de pays et montre que :
– Dans les pays en développement, plus de 60 millions de femmes entre 20 et 24 ans étaient mariée
ou en concubinage avant 18 ans. plus de 31 millions d’entre elles vivent en Asie du Sud (selon les
estimations de l’UNICEF basées sur MICS, DHS et autres enquêtes nationales, 19872006).
– Dans les pays comme le Bangladesh, la République Centrafricaine, le Tchad, la Guinée, le Mali,
et le Niger plus de 60 pour cent des femmes sont mariées ou en concubinage avant leurs dixhui-
tièmes anniversaires (MICS, DHS et autres enquêtes nationales, 1987-2006).
– Les filles vivant dans la tranche des 20
– Les femmes bénéficiant d’une éducation primaire sont moins nombreuses à s’être mariées par
rapport aux enfants qui n’ont reçu aucune éducation. Au Zimbabwe, 48 Les parents décident de
R
marier leurs filles de bonne heure pour un certain nombre de raisons. Les familles pauvres peuvent
LM
considérer une fille jeune comme un fardeau économique et son mariage comme un indispen-
sable moyen de survie pour la famille. Elles peuvent penser que le mariage d’enfant protège leur
fille contre les dangers de la violence sexuelle ou, d’une façon plus générale, la confie aux bons
EC
soins d’un protecteur de sexe masculin. Le mariage d’enfant peut aussi être considéré comme un
moyen d’éviter aux filles d’être rendues enceintes en dehors du mariage. Le mariage d’enfant peut
AV
également être inspiré par la discrimination fondée sur le sexe. On peut marier les filles de bonne
heure pour s’assurer de leur docilité au sein de la famille de leur mari et de maximiser le nombre de
RS
leurs grossesses. Le mariage précoce peut avoir des conséquences tout à fait préjudiciables pour
ces enfants, parmi lesquelles : - Refus d’accès à l’éducation : une fois mariées, ces filles ne vont gé-
U
néralement pas à l’école ; - Problèmes de santé : il s’agit notamment des grossesses prématurées,
CO
qui élèvent les taux de mortalité maternelle et infantile ; - Par ailleurs, les adolescentes sont plus
vulnérables aux infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA ; - Maltraitance :
elle est fréquente dans les mariages d’enfants. En outre, il arrive souvent que les enfants qui re-
fusent de se marier ou qui choisissent leur futur conjoint contre la volonté de leurs parents soient
punis, voire deviennent les victimes de « crimes d’honneur » commis par leur famille. Alors que
certaines jeunes filles sont contraintes à ces unions, d‘autres sont trop jeunes pour prendre une
décision en connaissance de cause. Dans certaines régions du monde, les mariages de fillettes
ne sont pas inhabituels. Les mariages suivants de près la puberté sont courants chez les popula-
tions au mode de vie traditionnel. Les parents décident de marier leurs très jeunes filles pour un
certain nombre de raisons : - Certaines familles pauvres considèrent une fille jeune comme un
fardeau économique et son mariage comme un indispensable moyen de survie pour la famille ;
- Ces familles peuvent penser que le mariage de leur fille-enfant la protège contre les dangers
de la violence sexuelle. Elles la confient ainsi aux bons soins d’un protecteur de sexe masculin ; -
Le mariage précoce peut aussi être envisagé comme un moyen d’éviter aux filles de tomber en-
ceintes en dehors du mariage ; - Le mariage précoce est également considéré comme une stratégie
économique pour la famille ; - Le mariage d’enfants peut également être inspiré par une certaine
discrimination sexuelle. On marie les filles de bonne heure pour s’assurer de leur docilité au sein
de la famille de leur mari et maximiser le nombre de leurs grossesses. Certaines sont contraintes à
ces unions, d‘autres sont simplement trop jeunes pour prendre une décision en connaissance de
cause. Le consentement est alors donné par une autre personne au nom de l‘enfant. L‘enfant n‘a
417
pas la possibilité d‘exercer un quelconque droit. Pour cette raison, les mariages précoces peuvent
être également appelés mariages forcés. Il est difficile de connaître le nombre exact de mariages
précoces car il y en a beaucoup qui ne sont ni officiels ni enregistrés. Ceci étant dit, les statistiques
sont disponibles pour 70 pays et montrent que : Le mariage précoce a des conséquences tout à
fait préjudiciables pour ces enfants, parmi lesquelles : • Le refus d’accès à l’éducation : une fois
mariées, ces filles ne vont généralement pas à l’école. • Des problèmes de santé : il s’agit notam-
ment de grossesses prématurées, qui contribuent à des taux de mortalité maternelle et infantile
élevés. Par ailleurs, les adolescentes sont plus vulnérables aux infections sexuellement transmis-
sibles, y compris le VIH/SIDA. • La maltraitance : elle est fréquente dans les mariages d’enfants.
En outre, il arrive souvent que les enfants qui refusent de se marier ou qui choisissent leur futur
conjoint contre la volonté de leurs parents soient punis, voire deviennent les victimes de « crimes
d’honneur » commis par leur famille. De nombreuses adolescentes, contraintes à des mariages
précoces, sont victimes de violences domestiques prolongées. De plus, les mariages précoces sont
souvent suivis de l‘abandon des épouses. Ceci plonge les jeunes filles dans une extrême pauvreté
et accroît le risque de les voir basculer dans la prostitution.
Source : UNICEF Déc, 2012
R
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FAIRE LE SYNTHESE DE CE DOSSIER EN UNE VINGTAINES DE LIGNES
EC
les diverses fonctions que l‘on pouvait attendre d‘elle. Trois facteurs critiques la caractérisent au-
jourd‘hui : - La production alimentaire n‘augmente pas au même rythme que la croissance démo-
U
graphique ; - Dans le même temps ; la production exportable, après une période de croissance qui
CO
a duré plusieurs décennies, diminue, les termes de l‘échange se dégradent en longue période et les
parts de marché de l‘Afrique se réduisent ; - Enfin, cette production s‘effectue dans des conditions
naturelles difficiles et souvent aux dépens du milieu naturel qui s‘appauvrit en terres fertiles, en
pâturages et en forêts. Les politiques agricoles mises en œuvre depuis trente ans se sont traduites
par une grande difficulté à s‘adapter aux contraintes économiques du monde moderne. Elles se
sont caractérisées notamment par le poids d‘un secteur public inefficace et par un système de
prélèvement et d‘allocation de ressources financières pénalisant le monde rural et décourageant
les producteurs locaux. De nouvelles stratégies de développement rural s‘imposent donc pour les
années 90. Avant d‘analyser les composantes de ces stratégies, il est nécessaire d‘évaluer l‘efficacité
des politiques agricoles qui ont été conduites par les Etats et qui étaient orientées vers la produc-
tion, la commercialisation et la modernisation agricoles, et d‘examiner les modalités d‘insertion
dans le marché mondial de l‘agriculture africaine.
1. LES POLITIQUES AGRICOLES ET LES REPONSES DES PRODUCTEURS
Au moment des indépendances africaines, le dispositif de la traite coloniale a été transféré au nou-
veau pouvoir politique et administratif qui en a préservé les mécanismes fondamentaux : fixation
des prix aux producteurs, établissement de barèmes, contrôle de la distribution des intrants, du
crédit agricole et de la collecte des produits. Avec la création des organes d‘encadrement et de vul-
garisation, des offices de commercialisation et des caisses de stabilisation, l‘emprise de l‘Etat s‘est
accrue. Dans plus de trente pays africains, à la fin, des années 1980, l‘Etat se réservait encore le
418
contrôle de l‘achat et de la distribution des engrais, des semences, du matériel agricole. Presque
partout, les prix à la production et à la consommation étaient réglementés. Par ces moyens, l‘Etat
poursuivait théoriquement deux objectifs : encourager la production vivrière et assurer un ap-
provisionnement régulier des villes. Tout cet arsenal de moyens a produit des effets particuliers,
souvent divergents des objectifs poursuivis, fondamentalement parce que la rationalité des com-
portements des producteurs n‘était pas prise en considération.
Afin de montrer les limites des politiques étatiques qui ont longtemps prévalu en matière agri-
cole, nous distinguerons le rôle exercé par la politique des prix sur l‘offre de produits agricoles,
l‘influence des mécanismes de commercialisation et, enfin, le comportement du paysan face à
l‘innovation technologique. Mais il est clair qu‘il existe toujours des liens entre eux et une hiérar-
chie qui varie selon les situations concrètes.
1.1. Le producteur face à la politique des prix
La réaction de l‘offre agricole aux variations des prix a été probablement l‘objet de la littérature
la plus abondante consacrée à l‘agriculture dans les économies en développement depuis les tra-
vaux pionniers de M. Nerlove et T.W. Schultz dans les années 50 et 60. De nombreux économistes
ont soutenu l‘idée selon laquelle la politique de prix inadéquate menée par les gouvernements
africains dans les années 70 était la cause majeure de faibles performances de l‘agriculture. Cette
observation repose sur la thèse traditionnelle selon laquelle l‘offre agricole réagit, toujours et dans
toutes les circonstances, favorablement aux hausses des prix de vente.
R
A l‘opposé de cette thèse, il est souvent rappelé que si une réponse positive aux hausses de prix
LM
est constatée dans les économies développées, une telle réaction ne se vérifie pas automatique-
ment dans les pays africains, notamment parce que l‘agriculteur a un objectif de revenu minimum
permanent et, par conséquent, si le prix s‘accroît, la production d‘un plus faible montant suffira à
EC
fournir le revenu requis. Il y aurait dans ce cas relation négative entre le prix et l‘offre commercia-
lisée.
AV
La vérification empirique de la réaction de l‘offre-appréciée sur les quantités produites, sur les
RS
superficies emblavées ou sur les quantités commercialisées-aux prix est en réalité une entreprise
difficile, car il y a une grande variété de productions et donc de prix, et la réponse de l‘agriculteur
U
peut être très différente selon les cas. En particulier, il convient de distinguer : - Le cas des cultures
vivrières (céréales sèches, riz. . . ) pour lesquelles le prix de vente n‘influence que la commercialisa-
CO
tion du surplus de celui des cultures de rente (arachide, coton, café, cacao, thé. . . ) ; - Les situations
où soit les substitutions, soit les complémentarités de production sont possibles ; - Les réponses
aux variations de prix d‘achat des intrants et aux variations de prix de vente des produits ; - Enfin,
la réaction aux changements de prix relatifs d la production de tel ou tel produit de la réaction de
l‘offre agricole globale aux changements du niveau général des prix agricoles.
Les estimations reposent sur les prix officiels. En fait, dans les pays à intervention publique, il est
courant que les producteurs ne perçoivent pas les prix officiellement décrétés, mais des prix in-
férieurs en raison des problèmes de trésorerie des offices chargés de la collecte des productions.
En revanche, le marché privé peut offrir des prix supérieurs. Dès lors, pour évaluer les élastici-
tés, il faut connaître et tenir compte de ces écarts. Toutefois, avec la libéralisation des prix qui
accompagne les réformes actuelles, ces situations de double prix deviennent une exception, ce
qui fait que la principale différence à prendre en compte est l‘existence ou non de retard de paie-
ment aux producteurs (sont-ils payés au comptant ou en retard ?). La question de la substitution
entre cultures vivrières et de rente Les interrogations sur l‘influence des prix concernent égale-
ment la substituabilité entre productions, par exemple entre le riz et les céréales sèches ou entre
les céréales locales et les produits exportables. A l‘évidence, pour qu‘il y ait remplacement de pro-
duction, il faut que la modification du niveau des prix relatifs soit significative puisque la substitu-
tion entraîne un coût. Elle doit être en outre considérée comme suffisamment durable pour qu‘un
changement d‘organisation dans les systèmes culturaux vaille la peine d‘être engagé.
419
La question est en fait complexe. En effet, selon les régions et les productions, la substitution est
ou non une réalité. Au Sénégal, elle semble exister sous certaines conditions entre les céréales
et l‘arachide. Par contre, au Mali, il y a complémentarité entre coton et maïs puisque l‘on ob-
serve une évolution commune des deux produits qui tient à l‘efficacité conjointe des engrais et
de l‘utilisation des techniques plus performantes. Par ailleurs, on sait que les différentes cultures
ne remplissent pas la même fonction : le riz sert à la fois à la consommation et à la vente en cas
de besoin en numéraire, d‘autres produits sont essentiellement destinés à la commercialisation.
Paradoxalement, dans certains cas, une augmentation des prix des produits de rente peut être bé-
néfique à la sécurité alimentaire. La combinaison production vivrière/production de rente permet
souvent de retarder la commercialisation des produits vivriers et donc d‘optimiser la fonction de
stockage et le calendrier de mise sur le marché. L’influence du prix des intrants Dans certains cas,
plusieurs indices à croire que le véritable déterminant de l‘offre agricole n‘est pas le niveau du prix
de cession des produits, mais plutôt celui des intrants (semences, engrais, pesticides). La quan-
tité moyenne d‘engrais chimiques utilisés en Afrique était inférieure en 1986 à 8,5 kg par hectare,
contre 90 kg en Chine et en Inde et 70 kg en moyenne dans les pays en développement. La de-
mande est faible parce que les agriculteurs ont l‘habitude de n‘utiliser que des quantités limitées
de produits organiques, tels les matières végétales décomposées et le fumier, et aussi parce que
les cultures traditionnelles ne réagissent que modérément aux engrais chimiques. Pourtant, la de-
mande d‘engrais augmentera à mesure que les systèmes culturaux changeront et que de nouvelles
variétés de cultures seront adoptées. J.-M. Fontaine s‘intéressant au Kenya et à la Tanzanie note
que « l‘élasticité-prix de la demande d‘engrais est plus forte que celle de l‘offre de production et
R
qu‘une baisse du prix des engrais entraîne une augmentation relative de leur consommation su-
LM
périeure à l‘augmentation qu‘une même hausse du prix des produits exercerait sur la production
»3. Les conséquences de cette observation sont importantes. La réduction brutale des subventions
aux intrants inscrites dans les nouvelles politiques d‘ajustement au nom de la « vérité économique
EC
» peut avoir des effets très négatifs sur les comportements des agriculteurs, même si, en compen-
sation, les prix agricoles sont augmentés. Il s‘ensuit, dans des délais plus ou moins rapides selon
AV
la nature des sols, une décroissance de la productivité qui sera aggravée quand la régénération du
niveau de fertilité des sols par les phénomènes naturels n‘est plus assurée. D‘autres effets néfastes
RS
peuvent également apparaître liés à la diminution de l‘accès des producteurs à des facteurs de
progrès tels que les semences sélectionnées. 1.2. Le producteur face aux politiques de commercia-
U
lisation
CO
La politique d‘intervention de l‘Etat sur les marchés engendre souvent des effets pervers. Elle gé-
nère des marchés parallèles qui diluent l‘incidence des prix officiels. Ainsi, l‘OPAM au Mali a dis-
posé pendant longtemps du monopole d‘Etat sur toutes les opérations d‘achat et de vente des
céréales ; en réalité, il n‘a jamais pu contrôler que la commercialisation de moins de 20
On s‘accorde généralement à attribuer l‘existence de politiques d‘encadrement du monde rural au
« biais urbain » des appareils d‘Etat locaux5. Ils ont tiré une part importante de leurs ressources des
marges de commercialisation et des mécanismes de stabilisation, sans retour équivalent aux pro-
ducteurs ruraux et avec le souci politique de ne pas se confronter aux couches sociales urbaines
qui comptent le plus politiquement. R. Bates (1981) a été l‘un des premiers à montrer qu‘en Afrique
les politiques de prix, de change ou d‘impôt sont fondamentalement défavorables aux agricul-
teurs, car elles sont toujours dictées par des gouvernements qui adoptent des mesures à courte
vue favorables ) leurs clientèles urbaines et aux fonctionnaires, sous la forme de subventions fi-
nancées par les prélèvement sur les ruraux. Rares sont les cas ou les agriculteurs constituent un
groupe de pression efficace et un contrepouvoir à la discrimination dont ils sont souvent victimes.
Afin d‘assurer le bon fonctionnement des marchés, il y a un besoin évident d‘infrastructures phy-
siques (routes, pistes rurales, moyens de transport, énergie...) et institutionnelles (information,
vulgarisation, crédit, recherche. . . ). L‘influence des facteurs d‘organisation a souvent tendance à
être bien plus élevée que celle des prix dans les pays où l‘infrastructure est rudimentaire, où les
marchés sont déficients et où les organismes d‘appui sont inexistants. L‘évolution de la produc-
420
tion à moyen et long termes dépend alors très largement de l‘application de politiques d‘appui à
l‘agriculture complémentaires à celle des prix (crédit, disponibilité en intrants, services sociaux
et infrastructures de transport. . . ). Dans ces conditions, tout laisse penser qu‘une baisse des dé-
penses publiques, liée aux mesures de rigueur budgétaire au titre de l‘ajustement, ou la suppres-
sion des offices d‘approvisionnement et des services de vulgarisation quand ils ne sont pas rem-
placés par des services privés équivalents peuvent être très dommageables et empêcher l‘offre
de réagir à l‘amélioration des incitations par les prix. Nous reviendrons sur cette question dans
l‘exposé de la stratégie agricole.
1.3. Le producteur face à la modernisation agricole
Si les capacités de travail sont déjà utilisées, il est vraisemblable que l‘augmentation des prix agri-
coles ne va pas entraîner une augmentation de la production. En fait, les situations sont diverses
et il y a des sous-espaces où soit il existe des capacités non utilisées, soit-comme dans les zones sa-
héliennesles mouvements migratoires temporaires permettent d‘adapter l‘offre de main-d‘œuvre
au calendrier cultural. Le problème majeur est celui des disponibilités foncières. Les disponibilités
foncières Le temps de l‘espace fini commence : selon la FAO, la superficie cultivée en Afrique n‘a
augmenté que de 0,7Face à ces contraintes, l‘accroissement de l‘offre dépend donc surtout de la
productivité marginale des sols. Diverses études ayant trait à l‘écart entre les rendements effec-
tifs et les rendements potentiels pour le riz corroborent cette observation. Elles montrent que les
facteurs techniques (contrôle de l‘irrigation, disponibilités en intrants, adoption d nouvelles pra-
tiques culturales) comptent pour plus de 50La modernisation et l‘intensification de l‘agriculture
R
de l‘agriculture constituent, en conséquence, la seule réponse. On a accordé depuis la révolution
LM
verte une importance très grande aux variétés à hauts rendements (VHR) associées en généra à
l‘irrigation. La réussite de la révolution verte en Asie tient surtout à la convergence de facteurs
techniques, politiques et économiques favorables. Le modèle asiatique ne s‘est pas avéré transpo-
EC
sable tel quel en Afrique, car les conditions physiques et les conditions sociologiques sont diffé-
rentes.
AV
Les conditions climatiques, et surtout la pluviosité, sont décisives dans les zones sans maîtrise de
RS
Nombre de techniques culturales « toutes faites » ont échoué car elles étaient diffusées et vulgari-
sées sans toujours être adaptées aux caractéristiques sociales locales. Le comportement du paysan
face à l’innovation L‘aversion au risque du monde agricole est une thèse étayée par de nombreuses
enquêtes et études sur le comportement des agriculteurs en ce qui concerne leur décision d‘achat
d‘intrants ou de matériel agricole, en particulier lorsqu‘ils sont confrontés à des rendements et à
des prix de vente variables. On compare par exemple souvent la quantité d‘engrais affectivement
achetée et utilisée avec celle qui aurait du être utilisée pour maximiser les rendements agricoles
pour constater que les paysans n‘accepteront le risque monétaire que contre un supplément de
revenu assuré beaucoup plus élevé que le coût additionnel des engrais. Les attitudes des paysans
s‘apparentent à celles rencontrées dans les jeux de hasard : plus l‘enjeu est élevé, c‘est-à-dire plus
la variation positive. Toute porte à croire qu‘une multitude de facteurs interviennent dans la déter-
mination du comportement des producteurs ruraux africains face au marché. On peut présenter
schématiquement et sans souci de classement les principaux facteurs qui influencent l‘offre du
producteur. Dans le schéma 4.1., on retrouve dans le deuxième cercle l‘élément prix, dans le troi-
sième l‘élément facteurs de production, et dans le dernier l‘élément environnement. Les modèles
économétriques testent le plus souvent rationalité du paysan en hypothèse de marchés parfaits.
Pourtant, l‘analyse micro-économique montre que si l‘on renonce à l‘hypothèse deperfection des
marchés, la rationalité des agriculteurs africains peut les conduire à des comportements d‘offre
très différents, votre paradoxaux. Ainsi, H. N. Barnum et L. Squire ont montré que le paysan ne
maximise pas son profit, mais optimise sa fonction d‘utilité entre le travail et le loisir : il recherche
421
alors un revenu monétaire donné pour sa consommation et celle de sa famille et, si les prix relatifs
s‘accroissent en faveur de l‘agriculture, il augmente son temps de loisir (ou de non-travail agricole)
plutôt que d‘accroître sa production.
STEPHEN SMITH NECROLOGIE : Pourquoi l‘Afrique meurt ? Calmann-levy, 2010
R
responsables publics les plus brillants savent comment influer sur l‘action gouvernementale. Ils
LM
s‘enorgueillissent à juste titre de leur capacité à fonctionner dans le dédale complexe des institu-
tions publiques. Lorsqu‘ils rencontrent des interrogations et des dilemmes moraux, leur instinct
immédiat les incite en général à rester au sein de l‘institution et à s‘efforcer d‘assumer les pro-
EC
blèmes. Pour justifier ce comportement, il importe de prouver le bien-fondé d‘un certain nombre
de présupposés éthiques et empiriques. Mais l‘expérience montre que ces présupposés sont sou-
AV
vent ébranlés par le désaccord luimême. Ce qui, au début, peut apparaître comme un argument
éthique en faveur du maintien en fonction, peut finir sous la forme d‘une justification de la volonté
RS
de rester au pouvoir.
U
Les mémoires et biographies des hommes politiques, les révélations de ceux qui vendent la mèche
et les plaidoyers pro domo des acteurs du Watergate ou de la guerre du Viet-nam sont pleins
CO
d‘épisodes divers où l‘on voit des individus prendre conscience de leur responsabilité morale face
à des choix politiques ou à des abus de pouvoir inacceptables. Cette prise de conscience galvanise
leur intégrité et ils entrent en dissidence. Reste qu‘une fois devenus contestataires, ils se retrouvent
minoritaires par rapport à d‘autres décideurs qui, eux, restent fidèles, du moins publiquement, aux
actions discutables engagées. Les intérêts de l‘administration, sa dynamique propre, le poids de
l‘esprit de groupe, le désir sincère de servir l‘action entreprise, l‘entrelacs complexes des fidélités
personnelles, tout cela conduit les responsables à défendre les mesures ou les abus de pouvoirs en
question aussi bien dans les débats internes au gouvernement qu‘à l‘occasion de plaidoyers pu-
blics ou d‘opérations de camouflage. Tout le discours de justification, tout le « non-dit » du monde
des décideurs pousse à servir fidèlement la politique en cours. Lawrence O‘brien a fourni l‘une des
explications les plus claires de cet état de choses le jour où il défendit sa décision de rester membre
du cabinet du président Lyndon Johnson plutôt que de soutenir la candidature non-belliciste de
Robert Kennedy. Bien que lui-même hostile à la guerre du Viet-nam, O‘Brien expliqua ainsi son
attitude à Robert McNamara : « Je garde espoir qu‘on pourra changer cette politique grâce à des
pressions venues de l‘intérieur du gouvernement. » Quelque temps plus tard, s‘adressant directe-
ment à Robert Kennedy, il se justifia en ces termes : Vous savez que je partage vos préoccupations,
mais je ne peux ignorer les réalités politiques. Le seul espoir que j‘entrevois est que les hommes
qui entourent le président puissent en fin de compte modifier sa politique, qu‘il devienne sensible
aux oppositions qui se manifestent - pas seulement à la vôtre, Bob, mais aussi à celle des gens qui
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ont travaillé avec lui et lui ont été loyaux. [. . . ] Si le président ne change pas de politique, je me
trouverai, moi aussi, un jour ou l‘autre, face à une décision difficile, mais, pour l‘heure, je lui reste
fidèle.
Les propos d‘O‘Brien illustrent les présupposés moraux et empiriques qui sous-tendent ces mo-
ments si déterminants pour l‘intégrité. Si j‘analyse ici ces présupposés, c‘est pour éclairer les forces
et les faiblesses de ce type courant de justification. Trop souvent, on se contente d‘explications
morales données après coup, et ce parce que la démarche même du « maintien dans le poste »
après un désaccord est déjà engagée et parce que le fait de se battre pour changer les choses peut
ébranler les présupposés qui font du maintien dans le poste et de la volonté de bien agir une re-
vendication éthique valable. Elever la voix et agir dans le sens du bien présuppose à la fois que
les engagements et l‘efficacité de l‘intéressé restent intacts. Le contestataire doit faire beaucoup
de choses : il doit présenter sa position aux décideurs concernés ; il doit infléchir l‘opinion des di-
rigeants et modifier la politique mise en œuvre, ou bien mettre un terme aux mauvaises actions
déjà entamées. Si l‘action entreprise ne peut être modifiée, il peut du moins espérer en atténuer
les conséquences. Ainsi que Thomas More le rappelle à Raphael Hythloday dans son Utopie, « ce
qu‘on ne peut bonifier, il faut tout faire pour ne pas l‘empirer ». Il n‘en reste pas moins, et c‘est un
paradoxe, que la démarche du désaccord moral érode souvent et les engagements personnels et
l‘efficacité de celui qui conteste. Cela signifie que, dans bien des cas, l‘intéressé ne saura influer sur
le cours des choses dans le sens du bien et qu‘il risque même de finir luimême plus profondément
englué dans des actions qu‘il exècre.
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INTEGRITE MORALE ET VIE PUBLIQUE J. PATRICK DOBEL, Edition NOUVEAUX HORIZONS
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PIECE N ◦ 2 : LES FONDEMENTS ETHIQUES DE LA CONTESTATION
Moralement, les responsables publics n‘opèrent pas dans le vide. Leur intégrité d‘hommes pu-
EC
blics est liée au domaine des obligations de la fonction. Ces obligations comportent un ensemble
d‘engagements qui déterminent le cadre de la responsabilité démocratique. Il s‘agit des promesses
AV
morales qu‘on peut attendre de quiconque s‘engage dans la vie politique et qui servent de soubas-
sement à l‘intégrité des responsables : à savoir, l‘obligation d‘être honnêtement et précisément
RS
comptable de ses actes dans le cadre des structures et des valeurs du régime constitutionnel ; le
respect des personnes, des procédures normales en matière de liberté individuelle et de l‘égalité
U
des citoyens devant la loi ; le souci d‘un ordre politique à la fois sûr et légitime et de l‘intégrité des
CO
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- ceux que leur dictent des chefs infaillibles ou les idéologies révélées auxquelles ils croient. Ces
gens ne rencontrent pas de dilemmes ; leurs uniques préoccupations sont d‘ordre tactique.
Une conscience avertie suscite, dans la vie politique, des problèmes qui lui sont propres. Comme
Hamlet nous le rappelle, une conscience trop scrupuleuse peut « faire de nous tous des couards ».
et la paralysie de Hamlet n‘est pas son seul problème. Les gens trop scrupuleux peuvent perdre
toute efficacité ou devenir une menace pour le fonctionnement quotidien de l‘administration
gouvernementale. Les dirigeants politiques se plaignent de manière obsessionnelle que certaines
fuites inspirées par la contestation et certains phénomènes de résistance bureaucratique nuisent
à la préparation des actions à entreprendre et perturbent leur mise en œuvre. Les institutions de
l‘Etat ont besoin de personnels disposés à appliquer des mesures avec lesquelles ils peuvent être en
désaccord, surtout quand ces mesures tirent leur légitimité de délibérations politiques et lorsque
l‘institution elle-même offre des possibilités de débat et d‘amendement. Les responsables de la
fonction publique doivent montrer, au fil du temps, qu‘ils sont disposés et aptes à s‘adapter aux
changements démocratiques de majorité et à servir l‘Etat en toute bonne foi. Sans ce type fonda-
mental de loyauté et sans ces compromis avec soimême, le maintien d‘un service public durable
et de qualité serait impossible.
Ces compromis réalistes ne font pas que garantir l‘efficacité des organismes publics ; ils consti-
tuent un principe moral fondamental pour le fonctionnement politique d‘une démocratie. Dans
une société où les victoires ne sont jamais définitives, les individus ou les groupes, parce qu‘ils
sont différents, ont des intérêts diversifiés et le pouvoir dont ils disposent est variable ; à quoi
R
s‘ajoute qu‘ils peuvent avoir des conceptions diverses du bien commun. Afin d‘éviter le recours
LM
au meurtre ou à la coercition envers ses adversaires, chacun doit respecter le pouvoir et les ob-
jectifs de l‘autre et sans relâche s‘attacher à convaincre, à négocier, à former des coalitions. Les
contraintes constitutionnelles et la pratique démocratique font que les idéaux et engagements
EC
personnels ne peuvent éviter une certaine usure. Aucune politique ne peut jamais être parfaite-
ment définie, ni impeccablement mise en œuvre. Des pressions implacables pèsent sur l‘intégrité
AV
personnelle et ces pressions sont inséparables de la vie politique dès lors que l‘individu concerné
fait irruption dans un univers préexistant de pouvoir et d‘obligations où d‘autres que lui sont là,
RS
prêts à contrarier ou à faciliter ses efforts. Pour paraphraser le juge Brandeis, disons que le vrai
problème est celui de savoir quelle concession faire et quand les faire.
U
de la fonction et devoir de prudence pose rarement de graves problèmes moraux. Dans les cas
étudiés ici, l‘individu a atteint ce moment rare auquel Karl Jaspers donnerait volontiers le nom de
« situation limite ». il s‘agit de quelqu‘un qui a découvert ou qui participe à des actions publiques
relevant d‘une des quatre catégories suivantes, chacune d‘elles outrepassant ou transgressant les
limites de ce qu‘une administration peut accepter en matière de compromis éthique : (1) des com-
portements délictueux, qu‘il s‘agisse de meurtres, de vols, d‘acceptation de pots-de-vin ou encore
de vénalité ou de négligences dans la passation de marchés concernant des équipements essen-
tiels à la sécurité et à la vie des citoyens ; (2) des actions qui sapent la transparence démocratique
du système de gouvernement, notamment le financement illégal des campagnes politiques, la cor-
ruption ou le trucage des élections, l‘utilisation d‘agences gouvernementales ou de groupes para-
gouvernementaux dans le but d‘intimider ou de brimer l‘opposition, ou la rétention, non justifiée
par des raisons convaincantes de sécurité nationale, d‘informations nécessaires à la formation de
choix éclairés au regard d‘option politiques fondamentales ; (3) des actions qui violent les liber-
tés civiques des citoyens ou sapent les règles de gouvernance conçues pour rendre les décisions
démocratiques à la fois possibles et transparentes ; et (4) des actions qui contreviennent au credo
moral intime ou aux critères de justice de l‘individu et qui ne reposent moralement sur aucune
justification ou aucune raison claires.
Finalement, de même qu‘il n‘y a point de dilemmes pour les individus qui ne croient ni au libéra-
lisme ni à la démocratie, de même les dilemmes sont de nature tout à fait différente si les citoyens
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ne vivent pas au sein d‘une république démocratique ou dans le cadre d‘un ordre politique dispo-
sant d‘un minimum de transparence acceptée. L‘analyse qui suit présuppose que le pays dont il est
question dispose d‘une presse libre et d‘un système politique pluraliste, quelle qu‘en soit la forme,
qu‘il respecte les principes d‘une démocratie libérale et que ses citoyens puissent à la fois espé-
rer des décisions démocratiquement transparentes et avoir la possibilité d‘un recours populaire
par rapport à ces décisions. Si aucune de ces conditions n‘est remplie, alors les options et respon-
sabilités morales des serviteurs de l‘Etat sont tout autres. Dans un Etat tyrannique ou totalitaire,
exprimer un désaccord hors du cadre gouvernemental peut se révéler extraordinairement dange-
reux, voire impossible, si bien que les chances qu‘un fonctionnaires reste à son poste et joue le jeu
(le seul qui existe) sont beaucoup plus grandes. De même, dans une société où la contestation, y
compris au sein du gouvernement, peut comporter de graves menaces pour la vie du fonction-
naire ou celle de ses amis et parents, l‘obligation morale de dire non a toutes les chances d‘être
extrêmement limitée.
INTEGRITE MORALE ET VIE PUBLIQUE J. PATRICK DOBEL, Edition NOUVEAUX HORIZONS
PIECE N ◦ 3 : CE QUE PRESUPPOSE L‘INTEGRITE
Pour changer quelque chose aux conséquences morales d‘une politique dans un contexte où dé-
cideurs et supérieurs sont voués aux mauvaises actions, il faut avoir, par rapport à soi-même, de
solides présupposés éthiques. Un responsable public qui livre un combat interne contre telle poli-
tique ou tel méfait doit avoir la conviction qu‘il porte en lui suffisamment d‘options et d‘aptitudes
R
morales, et suffisamment d‘intégrité, pour tenir le coup et défendre ses idées. Il risque de se re-
trouver seul dans ce combat, comme cela est arrivé à Bill Moyers, la dernière « colombe » proche
LM
de Lyndon Johnson durant la guerre du Viet-nam. Ou bien il peut tenter soit de former un ré-
seau de contestation avec certains collègues moins courageux ou moins en vue, soit de canaliser
EC
la contestation à partir du bas de la hiérarchie, rôle assumé par Moyers dans son opposition aux
bombardements du Viet-nam et à l‘escalade qui s‘annonçait dans la région.
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Même si rester à son poste présuppose, chez la personne concernée, une grande force et une
grande intégrité morales, il arrive que des responsables soient brisés à cause de leur opposition.
RS
Lorsque Hubert Humphrey, alors vice-président de Lyndon Johnson, entreprit de critiquer ouver-
tement l‘escalade au Viet-nam, il fut aussitôt, et péremptoirement, exclu des cercles de décision ;
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malgré les doutes qui continuèrent à le tarauder, il finit par devenir, à son tour, en public comme
CO
en privé, l‘avocat de ladite escalade et des bombardements. Les incitations au « travail d‘équipe
», le souci d‘être promu et de rester proche du pouvoir, les réseaux d‘amitié et de fidélité, tout
cela tend à décourager les attitudes contestataires systématiques. Mais, si le responsable change
effectivement d‘idées ou craque, alors toute la logique de son maintien en fonction s‘effondre.
Un danger plus subtil guette les engagements les plus solidement ancrés dans l‘intégrité de la per-
sonne, à savoir l‘aveuglement sur soi-même. Face aux scrupules et au phénomène de dissonance
cognitive qui se manifestent chaque fois qu‘il doit agir à contre-courant de ses convictions intimes,
l‘individu est tenté « de ne jamais évoquer clairement tel ou tel aspect de son engagement envers
la société », même lorsque cela semble « normalement s‘imposer ». Les tensions liées à la façon
dont ses engagements ont été pris et sont effectivement tenus entraînent un désarroi personnel
encore plus marqué.
Comme cela se produit souvent avec les tentations du pouvoir, l‘auto-aveuglement, qu‘il soit cal-
culé ou inconscient, peut permettre de surmonter l‘accumulation des tensions et les scrupules de
conscience. Un individu peut très bien modifier son credo moral afin de justifier ce qu‘il considé-
rait jusque-là comme illicite ; ou il peut simplement découvrir ou ignorer certains aspects de la réa-
lité, ce qui lui permet de « rectifier » certaines erreurs commises antérieurement dans l‘évaluation
de l‘information. Une fois embarqué dans des pratiques moralement discutables, il est tenté, afin
de réduire les tensions, soit de vivre avec ses remords, soit de transformer, au choix, sa perception
du réel ou ses convictions morales. L‘aveuglement sur soi représente alors « une ligne de conduite
425
qui consiste à rester flou sur certaines des activités dans lesquelles l‘agent est impliqué. [. . . ] une
fois cette ligne de conduite adoptée, tout pousse à continuer dans la même voie, car la démarche
d‘auto-aveuglement est lancée. Notre attitude globale de sincérité exige cependant qu‘on mette
cette ligne de conduite particulière en accord avec toute la gamme de nos engagements ». Même
si la plupart des gens s‘efforcent de préserver une image cohérent d‘eux-mêmes et sont sujets à
l‘auto-aveuglement, les plus susceptibles de se tromper sur eux-mêmes sont ceux que les ques-
tions d‘intégrité préoccupent le plus. « Moins on est intègre, moins on a de raisons de s‘aveugler
sur soi. Plus une personne est intègre et plus elle est poussée dans l‘autre sens, plus elle sera tentée
de s‘abuser sur son propre compte ».
Dans ce contexte, l‘auto-aveuglement signifie que les individus concernés ont la conviction d‘agir
comme il faut et d‘apporter quelque chose alors qu‘en vérité ils ne font que jouir du pouvoir et
contribuer aux mauvaises actions, aux mesures injustes ou aux opérations de camouflage. L‘assurance
décontractée de John Dean - expliquant qu‘en sa qualité d‘avocat du président, il s‘employait à «
protéger » ce dernier - lui a tout simplement permis de contribuer tranquillement au lancement et
à la mise en œuvre de l‘étouffement du Watergate et de « limiter » les dégâts pendant des mois. Il
put ainsi ignorer, négliger et contourner la loi jusqu‘au jour où, sur un coup de tête, il évoqua cer-
taines « entraves à la justice » en présence du chef de cabinet de Nixon, H. R. Haldeman. Consterné
par son propre discours, il se retira dans son bureau et consulta ses vieux manuels de droit. Après
avoir « fait, la sueur au front, le tour des textes relatifs aux entraves à la justice », il constata qu‘
»à l‘évidence, nous étions des brigands, que nous avions jusqu‘à présent usé de manière irres-
R
ponsable du pouvoir présidentiel. Comment avais-je pu douter de cela ? ». Deux mois plus tard,
alors qu‘il détruisait les carnets « Hermès » contenant la liste des agents illégalement recrutés par
LM
Howard Hunt, le peu qui restait encore de son aveuglement vola en éclats : « La destruction de
ces carnets ne représentait qu‘un petit élément dans la longue série d‘actes délictueux que j‘avais
EC
commis, mais cela m‘apparut comme un moment hautement symbolique. Cet acte direct, concret
et pénible avait également mis en lambeaux ce qui restait des piètres arguments selon lesquels
AV
j‘étais un agent et non un participant - un avocat chargé de défendre des clients coupables, non
un conspirateur ».
RS
Avoir de solides convictions éthiques et s‘y tenir, être capable de résister aux pressions qui vous in-
citent à capituler et savoir éviter tout aveuglement sur soi, telles sont les conditions morales incon-
U
tournables pour justifier qu‘on reste à son poste. Mais une autre condition importante s‘impose :
CO
l‘agent concerné ne doit pas, en restant, engendrer plus de mal que de bien. Si nombre de fonc-
tionnaires sont influents, c‘est en raison de leur compétence particulière dans tel ou tel domaine ;
aussi la condition évoquée ci-dessus pose-t-elle des problèmes singuliers dans la mesure où ces
fonctionnaires sont souvent directement impliqués dans la mise en œuvre de politiques qu‘ils
exècrent. Albert Speer, ministre des Armements dans le gouvernement d‘Adolf Hitler, permit à la
Seconde Guerre mondiale de durer quelque deux ans de plus grâce à son dynamisme et à son sens
de l‘organisation ; il expliqua ensuite, mais en vain, que son rôle dans cette affaire avait, dans une
certaine mesure, été compensé par son aptitude à empêcher la politique de la terre brûlée prô-
née par Hitler vers la fin de la guerre, et par ses efforts visant, en les plaçant dans des structures
de travail forcé, à empêcher que des juifs européens soient envoyés en camps d‘extermination.
La condition en question implique à l‘évidence une part de jugement subjectif, mais, s‘ils veulent
garder intacts leurs options et aptitudes morales, les individus concernés doivent être capables de
dresser des bilans honnêtes et précis, hors de tout aveuglement sur eux-mêmes. Il leur faut aussi
éviter le syndrome du « serviteur dolent » qui, tel le grand inquisiteur de Dostoïevski, se sent cou-
pable de faire plus de mal que de bien, mais joue les martyrs en silence. Ils ont le sentiment de faire
tout ce qu‘ils peuvent et que la souffrance extrême qu‘ils vivent compense le mal qu‘ils causent en
même temps qu‘elle rachète leur culpabilité. Lyndon Johnson, aussi torturé que Lady Macbeth,
s‘attardait jusque tard dans la nuit dans les bureaux opérationnels de la guerre du Viet-nam, in-
tériorisant et justifiant à ses propres yeux les souffrances infligées - et renforçant dans le même
temps sa détermination à continuer.
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INTEGRITE MORALE ET VIE PUBLIQUE J. PATRICK DOBEL, Edition NOUVEAUX HORIZONS
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blèmes. Pour justifier ce comportement, il importe de prouver le bien-fondé d‘un certain nombre
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de présupposés éthiques et empiriques. Mais l‘expérience montre que ces présupposés sont sou-
vent ébranlés par le désaccord luimême. Ce qui, au début, peut apparaître comme un argument
éthique en faveur du maintien en fonction, peut finir sous la forme d‘une justification de la vo-
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lonté de rester au pouvoir. Les mémoires et biographies des hommes politiques, les révélations de
ceux qui vendent la mèche et les plaidoyers pro domo des acteurs du Watergate ou de la guerre
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du Vietnam sont pleins d‘épisodes divers où l‘on voit des individus prendre conscience de leur
responsabilité morale face à des choix politiques ou à des abus de pouvoir inacceptables. Cette
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prise de conscience galvanise leur intégrité et ils entrent en dissidence. Reste qu‘une fois devenus
contestataires, ils se retrouvent minoritaires par rapport à d‘autres décideurs qui, eux, restent fi-
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dèles, du moins publiquement, aux actions discutables engagées. Les intérêts de l‘administration,
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sa dynamique propre, le poids de l‘esprit de groupe, le désir sincère de servir l‘action entreprise,
l‘entrelacs complexes des fidélités personnelles, tout cela conduit les responsables à défendre les
mesures ou les abus de pouvoirs en question aussi bien dans les débats internes au gouvernement
qu‘à l‘occasion de plaidoyers publics ou d‘opérations de camouflage. Tout le discours de justifica-
tion, tout le « non-dit » du monde des décideurs pousse à servir fidèlement la politique en cours.
Lawrence O‘brien a fourni l‘une des explications les plus claires de cet état de choses le jour où il
défendit sa décision de rester membre du cabinet du président Lyndon Johnson plutôt que de sou-
tenir la candidature non-belliciste de Robert Kennedy. Bien que lui-même hostile à la guerre du
Vietnam, O‘Brien expliqua ainsi son attitude à Robert McNamara : « Je garde espoir qu‘on pourra
changer cette politique grâce à des pressions venues de l‘intérieur du gouvernement. » Quelque
temps plus tard, s‘adressant directement à Robert Kennedy, il se justifia en ces termes : Vous savez
que je partage vos préoccupations, mais je ne peux ignorer les réalités politiques. Le seul espoir
que j‘entrevois est que les hommes qui entourent le président puissent en fin de compte modifier
sa politique, qu‘il devienne sensible aux oppositions qui se manifestent - pas seulement à la vôtre,
Bob, mais aussi à celle des gens qui ont travaillé avec lui et lui ont été loyaux. [. . . ] Si le président
ne change pas de politique, je me trouverai, moi aussi, un jour ou l‘autre, face à une décision diffi-
cile, mais, pour l‘heure, je lui reste fidèle. Les propos d‘O‘Brien illustrent les présupposés moraux
et empiriques qui sous-tendent ces moments si déterminants pour l‘intégrité. Si j‘analyse ici ces
présupposés, c‘est pour éclairer les forces et les faiblesses de ce type courant de justification. Trop
souvent, on se contente d‘explications morales données après coup, et ce parce que la démarche
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même du « maintien dans le poste » après un désaccord est déjà engagée et parce que le fait de se
battre pour changer les choses peut ébranler les présupposés qui font du maintien dans le poste
et de la volonté de bien agir une revendication éthique valable. Elever la voix et agir dans le sens
du bien présuppose à la fois que les engagements et l‘efficacité de l‘intéressé restent intacts. Le
contestataire doit faire beaucoup de choses : il doit présenter sa position aux décideurs concer-
nés ; il doit infléchir l‘opinion des dirigeants et modifier la politique mise en œuvre, ou bien mettre
un terme aux mauvaises actions déjà entamées. Si l‘action entreprise ne peut être modifiée, il peut
du moins espérer en atténuer les conséquences. Ainsi que Thomas More le rappelle à Raphael
Hythloday dans son Utopie, « ce qu‘on ne peut bonifier, il faut tout faire pour ne pas l‘empirer ».
Il n‘en reste pas moins, et c‘est un paradoxe, que la démarche du désaccord moral érode souvent
et les engagements personnels et l‘efficacité de celui qui conteste. Cela signifie que, dans bien des
cas, l‘intéressé ne saura influer sur le cours des choses dans le sens du bien et qu‘il risque même
de finir luimême plus profondément englué dans des actions qu‘il exècre
INTEGRITE MORALE ET VIE PUBLIQUE J. PATRICK DOBEL, Edition NOUVEAUX HORIZONS
PIECE N ◦ 2 : L‘EROSION DE L‘INTEGRITE
Ces problèmes d‘accès au pouvoir et de désir d‘efficacité font que, dans bien des cas, la volonté
d‘agir dans le bon sens en restant à son poste se traduit finalement par une perte d‘efficacité et par
un surcroît de complicité au regard d‘initiatives moralement discutables. Se maintenir dans une
attitude de participation contestataire pousse inexorablement l‘individu concerné à s‘aveugler sur
R
lui-même. Le poids cumulés des manquements qu‘on s‘impose - à savoir la trahison de ses convic-
tions fondamentales et celle de l‘image de soi - invite les gens à changer la perception qu‘ils ont du
LM
réel ou à modifier leurs valeurs. Telle a été l‘expérience qu‘ont vécue et racontée John Dean et Jeb
Magruder (tous deux conseillers du président) dans leur ambitieuse ascension vers le pouvoir à
EC
l‘époque de Nixon. On pourrait dire la même chose du président Lyndon Johnson : bien que tour-
menté par les coûts et inconvénients divers de la guerre du Vietnam et taraudé par le doute quant
AV
à l‘issue du conflit, il durcit peu à peu ses positions. Plus il était attaqué par les adversaires de la
guerre, plus il durcissait ses convictions ainsi que la façon de traiter les opposants à sa politique.
RS
Au leurre que représente l‘auto-aveuglement vient s‘ajouter le piège du langage politique et l‘érosion
des contacts sociaux et des échanges d‘ordre éthique qu‘on peut avoir à l‘extérieur. Pour convaincre
U
les autres, force est d‘utiliser un langage et des catégories que les opposants comprendront et dont
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ils pourront reconnaître la validité. La partagé et officialise souvent des justifications apprises par
cœur. Quand Thomas More, dans son Utopie, reproche vertement à Raphael Hythloday de ne
pas vouloir participer au gouvernement, celui-ci rétorque qu‘aucun homme politique ne prête-
rait l‘oreille à ses harangues utopistes : « [Ils resteraient] sourds, sans l‘ombre d‘un doute ; [. . . ] je
ne pense pas, au demeurant, que des idées comme celles-ci doivent être imposées aux gens, ni
qu‘on doive émettre des recommandations dont on est certain qu‘elles ne seront jamais écoutées.
Quel bien pourrait apporter des notions aussi neuves, comment pourraient-elles pénétrer l‘esprit
d‘individus déjà acquis aux idées contraires et habités par elles ? ».
Une fois qu‘on a accepté la définition administrative des termes du débat, il devient presque im-
possible de modifier une politique de manière significative dès lors qu‘on recourt à la logique
même spécialement mise au point pour défendre la politique en question. Robert McNamara fait
remarquer que l‘ensemble des grands décideurs faisaient leur le credo selon lequel, une fois en-
gagés au Vietnam, les Etats-Unis n‘avaient d‘autre option que de s‘y maintenir. Tous pensaient
que la crédibilité américaine, s‘agissant de la poursuite de la politique d‘endiguement du commu-
nisme dans d‘autres parties du monde, dépendait de ce maintien et que, si les Etats-Unis quit-
taient le Vietnam, le reste de l‘Asie du Sud-est tomberait sous la coupe du communisme chinois.
Autrement dit, tout conscient qu‘ils étaient de l‘incapacité institutionnelle et politique du Viet-
nam du Sud à se défendre par lui-même, ils se sentaient de plus en plus piégés - et embourbés -
par la rhétorique officielle. Les données sur lesquelles s‘appuyaient McNamara avaient permis à
l‘administration de justifier l‘escalade et les bombardements menés au Vietnam, discréditant du
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même coup les rapports de la CIA, ou venus d‘autres sources, qui contredisaient sa propre esti-
mation de l‘efficacité de la guerre. Les « Dossiers du Pentagone » [publics ultérieurement par la
presse] révèlent les immenses difficultés auxquelles il se heurta lorsqu‘il tenta, en 1967, de chan-
ger le cours de la guerre. Tout contraint qu‘il était d‘utiliser ses propres données, il s‘appuya aussi
sur la CIA, désormais discréditée, pour renforcer son argumentaire et essayer désespérément de
convaincre les membres sceptiques de la Commission des forces armées du Sénat que, si les bom-
bardements passés avaient été une réussite, la poursuite actuelle de ces bombardements passés
avaient été une réussite, la poursuite actuelle de ces bombardements ne donneraient rien de bon
et qu‘une future escalade se révélerait contreproductive. De la même façon, il s‘opposa aux de-
mandes des chefs d‘états-majors qui réclamaient une nouvelle escalade encore plus massive et
souhaitaient porter le nombre des soldats engagés à 200 000 hommes. Ces hauts responsables
militaires s‘appuyaient sur les justifications de McNamara lui-même : protéger la crédibilité amé-
ricaine, éviter un effet domino en Asie du Sudest et empêcher dans la région une hégémonie de la
Chine communiste. Coincé par sa propre logique, McNamara « l‘emporta » en ramenant le nombre
des nouvelles recrues à 50 000 et en limitant l‘augmentation des sorties d‘avions de combat à 12
000 - maigres victoires pour un homme désormais hostile à la poursuite de la guerre.
Plus leur intégrité est sous pression, plus les responsables publics se retrouvent coupés de leurs
amis et des personnes ou groupes extérieurs indépendants susceptibles d‘apporter leur soutien
à leurs propres idées contestatrices. Avoir des amis à l‘extérieur ou des contacts avec des oppo-
sants potentiels peut facilement vous fermer les portes du pouvoir et vous décrédibiliser en cas
R
de situation politique tendue. Tout comme McNamara, de nombreux autres officiels proches de
Johnson durent limiter le cercle de leurs amis. Leurs familles se sentirent obligées d‘homogénéiser
LM
leurs fréquentations et de renoncer à toute attache sociale ou morale en dehors des cercles diri-
geants. A quoi s‘ajoute que, durant la guerre du Vietnam, nombre de responsables virent leur vie
EC
familiale perturbée dans la mesure où certains membres de leur famille devenaient hostiles à la
guerre. William Safire et Henry Kissinger eurent l‘un et l‘autre à subir une perte de confiance du
AV
fait des relations qu‘ils entretenaient avec des personnalités classées « à gauche » par Nixon ; Safire
(plumitif attitré du président) fut plusieurs fois éloigné des cercles du pouvoir et dut restreindre
RS
ses contacts avec la presse ; quant à Kissinger, il estima nécessaire non seulement de limiter cer-
tains des contacts qu‘il pouvait entretenir, mais également de réaffirmer sans cesse la fermeté de
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Le poids des dissonances cognitives et des remords de conscience, ajouté à l‘immersion dans le
langage justificateur de l‘administration et à l‘isolement constant d‘avec ses amis et autres connais-
sances extérieures, représente un mélange mortel pour l‘intégrité publique des responsables. Le
résultat final a été on ne peut mieux exprimer par Albert Speer. Mis à part quelques initiatives mar-
ginales destinées à sauver des vies, il reconnut ainsi sa culpabilité : « Je ne voyais pas, en dehors du
système, sur quel terrain moral m‘appuyer pour agir ».
Il en va toujours ainsi : si les bons ne gouvernent pas, ce sont les zélateurs et les esprits cupides
qui le font à leur place. La préservation d‘institutions libérales et démocratiques requiert des in-
dividus compétents et dévoués, capables de rester intègres dans l‘action - et dans les compromis
qu‘elle impose. Mais, de même que les tourbillons moraux de la vie politique peuvent engloutir les
plus solides d‘entre eux, de même l‘opacité de cet univers énigmatique peut troubler l‘esprit des
meilleurs. Quand un responsable public est confronté à une action qui contrevient aux normes ou
aux objectifs fondamentaux ou qui menace les bases mêmes de l‘ordre libéralodémocratique, le
choix est simple : se taire ou agir. Ceux qui optent pour l‘action doivent choisir entre rester ou par-
tir, et ce choix devient un moment déterminant au regard de leur intégrité. Le fait de rester à son
poste implique souvent autant de courage que celui de partir, surtout lorsque l‘individu concerné
part sans tapage. Mais, pour pouvoir justifier qu‘on fait une bonne action en restant, encore faut-
il avoir une vue claire des présupposés d‘ordre moral et pratique impliqués dans ce maintien en
fonction. Un individu ne peut durablement agir dans le sens du bien que s‘il est capable de préser-
ver son intégrité, d‘éviter l‘aveuglement sur soi ainsi que de se rendre complice d‘un mal encore
429
plus grand, et surtout de rester efficace. Cette forme de contestation est néanmoins menacée par
un paradoxe : s‘opposer activement vous coupe très souvent des lieux de pouvoir, ronge inexora-
blement votre efficacité, exige souvent une complicité accrue et vous rend insidieusement aveugle
sur vous-même. Bien agir en restant en place ne peut se faire qu‘à une condition : rester soi-même
un homme de bien.
INTEGRITE MORALE ET VIE PUBLIQUE J. PATRICK DOBEL, Edition NOUVEAUX HORIZONS
R
fication classique des responsables publics en proie à une crise de conscience. Les gens intègres
LM
qui rejoignent la fonction publique le font avec l‘idée d‘apporter quelque chose de nouveau. Les
responsables publics les plus brillants savent comment influer sur l‘action gouvernementale. Ils
s‘enorgueillissent à juste titre de leur capacité à fonctionner dans le dédale complexe des institu-
EC
tions publiques. Lorsqu‘ils rencontrent des interrogations et des dilemmes moraux, leur instinct
immédiat les incite en général à rester au sein de l‘institution et à s‘efforcer d‘assumer les pro-
AV
blèmes. Pour justifier ce comportement, il importe de prouver le bien-fondé d‘un certain nombre
de présupposés éthiques et empiriques. Mais l‘expérience montre que ces présupposés sont sou-
RS
vent ébranlés par le désaccord luimême. Ce qui, au début, peut apparaître comme un argument
éthique en faveur du maintien en fonction, peut finir sous la forme d‘une justification de la volonté
U
de rester au pouvoir.
CO
Les mémoires et biographies des hommes politiques, les révélations de ceux qui vendent la mèche
et les plaidoyers pro domo des acteurs du Watergate ou de la guerre du Vietnam sont pleins d‘épisodes
divers où l‘on voit des individus prendre conscience de leur responsabilité morale face à des choix
politiques ou à des abus de pouvoir inacceptables. Cette prise de conscience galvanise leur inté-
grité et ils entrent en dissidence. Reste qu‘une fois devenus contestataires, ils se retrouvent mi-
noritaires par rapport à d‘autres décideurs qui, eux, restent fidèles, du moins publiquement, aux
actions discutables engagées. Les intérêts de l‘administration, sa dynamique propre, le poids de
l‘esprit de groupe, le désir sincère de servir l‘action entreprise, l‘entrelacs complexes des fidélités
personnelles, tout cela conduit les responsables à défendre les mesures ou les abus de pouvoirs en
question aussi bien dans les débats internes au gouvernement qu‘à l‘occasion de plaidoyers pu-
blics ou d‘opérations de camouflage. Tout le discours de justification, tout le « non-dit » du monde
des décideurs pousse à servir fidèlement la politique en cours. Lawrence O‘brien a fourni l‘une des
explications les plus claires de cet état de choses le jour où il défendit sa décision de rester membre
du cabinet du président Lyndon Johnson plutôt que de soutenir la candidature non-belliciste de
Robert Kennedy. Bien que lui-même hostile à la guerre du Vietnam, O‘Brien expliqua ainsi son
attitude à Robert McNamara : « Je garde espoir qu‘on pourra changer cette politique grâce à des
pressions venues de l‘intérieur du gouvernement. » Quelque temps plus tard, s‘adressant directe-
ment à Robert Kennedy, il se justifia en ces termes : Vous savez que je partage vos préoccupations,
mais je ne peux ignorer les réalités politiques. Le seul espoir que j‘entrevois est que les hommes qui
entourent le président puissent en fin de compte modifier sa politique, qu‘il devienne sensible aux
430
oppositions qui se manifestent - pas seulement à la vôtre, Bob, mais aussi à celle des gens qui ont
travaillé avec lui et lui ont été loyaux. [. . . ] Si le président ne change pas de politique, je me trouve-
rai, moi aussi, un jour ou l‘autre, face à une décision difficile, mais, pour l‘heure, je lui reste fidèle.
Les propos d‘O‘Brien illustrent les présupposés moraux et empiriques qui sous-tendent ces mo-
ments si déterminants pour l‘intégrité. Si j‘analyse ici ces présupposés, c‘est pour éclairer les forces
et les faiblesses de ce type courant de justification. Trop souvent, on se contente d‘explications
morales données après coup, et ce parce que la démarche même du « maintien dans le poste »
après un désaccord est déjà engagée et parce que le fait de se battre pour changer les choses peut
ébranler les présupposés qui font du maintien dans le poste et de la volonté de bien agir une re-
vendication éthique valable. Elever la voix et agir dans le sens du bien présuppose à la fois que
les engagements et l‘efficacité de l‘intéressé restent intacts. Le contestataire doit faire beaucoup
de choses : il doit présenter sa position aux décideurs concernés ; il doit infléchir l‘opinion des di-
rigeants et modifier la politique mise en œuvre, ou bien mettre un terme aux mauvaises actions
déjà entamées. Si l‘action entreprise ne peut être modifiée, il peut du moins espérer en atténuer
les conséquences. Ainsi que Thomas More le rappelle à Raphael Hythloday dans son Utopie, « ce
qu‘on ne peut bonifier, il faut tout faire pour ne pas l‘empirer ». Il n‘en reste pas moins, et c‘est un
paradoxe, que la démarche du désaccord moral érode souvent et les engagements personnels et
l‘efficacité de celui qui conteste. Cela signifie que, dans bien des cas, l‘intéressé ne saura influer sur
le cours des choses dans le sens du bien et qu‘il risque même de finir luimême plus profondément
englué dans des actions qu‘il exècre.
R
INTEGRITE MORALE ET VIE PUBLIQUE J. PATRICK DOBEL, Edition NOUVEAUX HORIZONS
LM
PIECE N ◦ 2 : LES PARADOXES DE L‘ACCES AUX CERCLES DU POUVOIR
A supposer qu‘un individu préserve ses options et aptitudes morales et évite de craquer morale-
EC
ment, de s‘aveugler sur lui-même et de contribuer à l‘aggravation du mal qui est fait, rester à son
poste exige une ultime justification relative à la prudence et à l‘efficacité de son action. L‘agent
AV
public doit apporter quelque chose de neuf à l‘action gouvernementale en influant sur les opi-
nions, les décisions et les initiatives des décideurs de son secteur d‘activité. L‘efficacité dont il
RS
fait preuve revêt une importance particulière, car l‘agent qui reste en poste afin de se battre évite
d‘emprunter d‘autres voies, telle la démission, les fuites organisées ou les contacts avec la presse
U
ou l‘opposition. Celui qui décide de rester est censé pouvoir faire davantage à l‘intérieur qu‘à
l‘extérieur de l‘appareil gouvernemental, grâce à la mise en œuvre d‘autres moyens susceptibles
CO
d‘infléchir l‘action publique. Cette efficacité personnelle est directement proportionnelle à l‘accès
qu‘on a aux cercles du pouvoir. L‘accès en question peut consister en l‘une de ces deux choses : la
possibilité de prendre des décisions qui affectent la politique menée ou la capacité de convaincre
les décideurs concernés de l‘orientation qu‘il convient de choisir, et ce avec des chances raison-
nables de voir ses propres idées changer le cours des choses. Si un individu ne dispose ni du pou-
voir d‘agir, ni de s‘exprimer et est tenu pour quantité négligeable, alors toutes ses bonnes inten-
tions et son intégrité tourmentée se traduiront par fort peu d‘améliorations : elles risquent même
d‘être complices des méfaits qui seront commis.
Les responsables préservent leurs entrées auprès des dirigeants et des groupes de décideurs grâce
à un mélange unique de compétence reconnue, de fiabilité et de loyalisme. Ils doivent également
protéger cette proximité face à une concurrence qui ne se dément jamais, celle d‘autres fonction-
naires de talent en quête d‘influence et de pouvoir dans un monde toujours pressé et dont les
portes se referment vite. George Reedy a dépeint cet univers dans la description qu‘il a faite de la
Maison-Blanche : « Les assistants de la Maison-Blanche ont dans la vie un seul et unique objec-
tif : avoir accès au président et perpétuer ce privilège. [. . . ] Il n‘y a guère de règles fixes et le jeu
consiste à disposer ses pions selon un schéma alternatif qui autorise une certaine souplesse tout
en cherchant à interdire la même souplesse aux adversaires ».
Les individus en poste au sein des institutions sont généralement écoutés, car on se dit qu‘ils
sont non seulement compétents, mais également loyaux envers les dirigeants ou le groupe qu‘ils
431
servent et solidaires de leurs valeurs comme de leurs objectifs. Ceux qui ont une compétence ex-
ceptionnelle ou constituent un soutien politique utile peuvent d‘entrée de jeu avoir accès au pou-
voir sans que leur fiabilité soit pour autant avérée. On peut, à cet égard, citer la remarque circons-
pecte de Richard Nixon au sujet d‘Henry Kissinger, remarque faite au début de son mandat : « Je
n‘ai pas confiance en [lui], mais je peux l‘utiliser ». Après cet accueil de mauvais augure, Kissin-
ger gagna le respect et la confiance de Nixon, à la fois en démontrant qu‘il était loyal et partageait
les options du président, et en discréditant ses principaux concurrents. Beaucoup d‘autres acteurs
d‘envergure n‘ont pas été aussi chanceux. William Rogers, secrétaire d‘Etat du même Nixon, fut en
effet chassé de son poste. Quant au vice-président Lyndon Johnson, il se retrouva quasiment privé
de toute influence au sein du gouvernement Kennedy, et ce malgré une compétence reconnue,
malgré la base politique indispensable qu‘il représentait et en dépit de la fonction officielle qui
était la sienne. Aucune de ces deux personnalités ne put jamais franchir cette ligne insaisissable
au-delà de laquelle la confiance s‘installe et les portes s‘ouvrent.
Un dangereux paradoxe existe, à savoir que toute contestation morale bloque l‘accès au cercle du
pouvoir et sape donc l‘efficacité sur quoi repose tout ce qui justifie la présence dans le poste. La
course au pouvoir et aux bonnes grâces des dirigeants veulent met trop souvent la loyauté person-
nelle au premier plan. Les dirigeants veulent des individus à qui ils peuvent se fier, non seulement
en raison de leur compétence, mais aussi à cause du souci qu‘ils ont du bien-être et des projets de
leur patron dans un monde où la trahison est chose commune. A quoi s‘ajoute que tout cadre - ou
tout délégué spécial recruté pour des raisons politiques - devient partie intégrante d‘une agence
R
administrative et est redevable de l‘essentiel de son pouvoir et de sa fonction à celui qui les a nom-
més. Cet état de chose crée un ensemble particulier d‘obligations qui pousse l‘individu concerné à
LM
favoriser les buts de l‘administration et de son chef et ç servir de rempart à ce dernier. Pour bénéfi-
cier d‘un avancement politique, il est souvent nécessaire de se trouver un protecteur et d‘apporter
EC
la preuve qu‘on sera sérieux et loyal envers lui. Et le protecteur de proposer en retour la promo-
tion de ce collaborateur « sérieux ». Tout individu qui veut accéder au cercle du pouvoir doit en
AV
permanence démontrer sa compétence et sa loyauté envers tel dirigeant ou tel groupe de déci-
deurs et il est sans cesse poussé à épouser, ou du moins à approuver, les désirs et besoins de ceux
RS
qui le chapeautent - protecteur, leader politique ou équipe dirigeante. Le caractère collectif d‘un
grand nombre de décisions ne fait qu‘aggraver cette tendance au conformisme. Les équipes im-
U
posent souvent des épreuves d‘admission aux nouveaux collègues afin de tester leur attachement
aux objectifs poursuivis par le groupe. La plupart d‘entre elles possèdent des règles officieuses
CO
432
voir. Pour continuer d‘avoir accès à ces cercles, le mieux est donc de se taire. Comme le général
Earle Wheeler le rappela un jour à un conseiller récalcitrant avant un déjeuner de travail avec le
président Johnson, « inutile que tu y ailles si c‘est pour pisser dans l‘assiette du président ». On
œuvre rarement dans le sens du bien lorsqu‘on se tait en présence d‘une mauvaise action, mais, à
la longue, exprimer ouvertement ses désaccords moraux peut vous isoler du pouvoir et saper votre
influence. Robert McNamara ministre de la Défense du président Johnson, commença à émettre
des doutes grandissants au sujet de la guerre du Viet-nam, d‘abord en privé avec le président ou
certains de ses amis, ensuite lors de réunions publiques, critiquant les nouvelles escalades du
conflit et préconisant une pause dans les bombardements pour tenter d‘ouvrir des négociations.
Alors qu‘il était capable de malmener et de dominer la plupart des gens de son entourage, Lyndon
Johnson s‘était pris d‘une affection et d‘un respect durables pour McNamara et s‘accommodait en
toute confiance de sa « franche loyauté » (l‘expression était de McNamara). Johnson lui-même était
d‘ailleurs profondément troublé par cette guerre et son insoluble pour suite : aussi permettait-il à
des hommes comme McNamara ou George Ball de manifester sincèrement leur désaccord. Mais,
au bout de trois ans, les désillusions de McNamara n‘avaient fait que croître et embellir. Il me-
nait désormais un combat d‘arrière-garde contre chaque nouvelle escalade dans le conflit. Ses
plus grandes victoires consistaient à limiter l‘intensité des escalades et l‘ampleur des cibles visées,
mais il ne put en aucune façon inciter le gouvernement à ouvrir des négociations sérieuses. En
mai 1967, il se retrouva de plus en plus en désaccord avec la plupart des autres conseillers ainsi
qu‘avec les chefs d‘états-majors interarmées. Cet isolement finit par déboucher pour lui sur la
perte de son influence et le coupa des cercles de décision : Johnson le nomma alors à la tête de la
R
Banque mondiale. McNamara lui-même ne savait pas au juste « s‘il avait démissionné ou avait été
LM
viré ». De la même façon, le ministre de la justice John Mitchell, pourtant le plus ancien conseiller
de Richard Nixon et le plus écouté, vit les portes se fermer devant lui lorsqu‘il se mit à regimber
devant le déferlement de certaines suggestions provocantes et illégales émanant de l‘état-major
EC
de la MaisonBlanche. Plus Mitchell ignorait ou refrénait le zèle excessif des hommes de la Maison-
Blanche, plus H. R. Haldeman et John Ehrlichman l‘éloignaient du président, l‘excluant même de
AV
la campagne de réélection et de tout ce qui touchait à la politique intérieure. Tous les contesta-
taires ne connaissent pas cette lente ou subite mise à l‘écart. Certains peuvent exprimer un désac-
RS
cord au sujet de telle ou telle politique, mais continuer à agir efficacement dans d‘autres domaines
d‘action qui leur tiennent particulièrement à cœur. George Ball, sous-secrétaire d‘Etat aux Affaires
U
étrangères dans le gouvernement Johnson, devint l‘un des ministres les plus critiques à l‘égard de
CO
la guerre du Vietnam, mais il demeura à son poste car son aire de compétence était l‘Europe. De
même, McNamara estimait que l‘action qu‘il menait dans un certain nombre d‘autres secteurs jus-
tifiait qu‘il reste en fonction : il laissa même entendre que le poids de ces multiples responsabilités
l‘empêchait, lui et l‘administration dans son ensemble, de prêter au Vietnam toute l‘attention né-
cessaire. De fait, la multiplication des responsabilités, surtout dans des domaines différents, joue,
du point de vue moral, un rôle très important. Il peut cependant arriver qu‘un individu continue
d‘avoir accès aux cercles du pouvoir, mais n‘exerce plus aucune influence sur les questions impor-
tantes. Plus insidieusement, et alors que sa contestation est vaine, rester au contact du pouvoir
peut se traduire pour lui par un surcroît de pression morale. L‘accès aux cercles du pouvoir peut
avoir des configurations variables, mais il se traduit généralement par une institutionnalisation
de la contestation qui ôte à celle-ci toute efficacité. Dans l‘une des variantes, l‘individu concerné
devient « expert en contestation » et est à ce titre autorisé à mettre en cause une série prédéfinie
de questions. Ces « experts » réussissent parfois à changer quelque chose, mais le plus souvent
ils échouent. Chose plus importante encore, ils n‘ont pas le droit de s‘égarer hors du champ de
contestation défini comme acceptable. William Safire a bien décrit le fonctionnement de ce sys-
tème. Certain membres de l‘équipe Nixon, dont la loyauté s‘était affirmée au fil des ans, furent dé-
signés comme iconoclastes et encouragés à avoir, hors du groupe, leurs propres hypothèses dans
certains domaines. Ils étaient en outre censés présenter leurs critiques lors des réunions de travail,
afin que le diable ne soit pas privé d‘avocat. [. . . ] mais l‘autocensure ne manqua pas de se manifes-
ter, notamment dans les secteurs extérieurs aux « domaines réservés » des iconoclastes de service :
433
il m‘arriva un jour de proposer, au sujet du Vietnam, que plus aucune recrue du contingent ne
soit envoyée au feu ; on me coupa ipso facto la parole, et je fus moins enclins par la suite à refaire
la même chose. Dans une autre variante, d‘ailleurs plus fréquente, certains individus sont étique-
tés, voir acceptés, en qualité de « moralistes maison » ou comme « conscience » des dirigeants en
place. James Thomson a appelé ce processus « la domestication des contestataires ». Ceux-ci ont le
sentiment de s‘être acquittés de leur soi-disant devoir de conscience ; quant aux autres dirigeants,
ils peuvent se féliciter, ayant écouté tous les sons de cloche, d‘avoir fait preuve d‘ouverture d‘esprit
et d‘équité. Bill Moyers, qui fut l‘un des derniers opposants à la guerre du Vietnam dans le cercle
intime des conseillers du président Johnson, a sans doute connu cette pénible expérience. Alors
qu‘il s‘employait activement à mettre en place un réseau de contestataires éclairés, il ressentit une
frustration grandissante devant l‘incapacité où il était à faire vraiment changer d‘avis qui que ce
fût. Johnson avait coutume de l‘accueillir en lançant : « Ah, voilà notre Monsieur Halte aux bom-
bardements ». D‘autres dirigeants s‘entouraient, eux, de leur « colombe préférée », dont la vaine
contestation avait pour effet d‘apaiser et la conscience de l‘un et celle de l‘autre. La colombe ob-
tenant peu de résultats, le contestataire était autorisé à garder sa place au sein du gouvernement.
Ce type de contestation, comme dans le cas de Safire, est tout à fait prévisible et ne présente au-
cune menace, il s‘agit d‘une sorte de jeu de rôles. On peut donc s‘y préparer et faire comme si
la chose n‘existait pas. Face à ce genre de dynamique, l‘un des moyens de retrouver quelque in-
fluence consiste à se ménager une « porte de sortie » en étant prêt à démissionner ou en menaçant
de le faire. Ceux qui refusent cette possibilité de départ portent inévitablement un coup sévère à
leur efficacité. Quand un individu est déjà marginalisé par rapport à un problème particulier, l‘un
R
des ultimes moyens dont il dispose pour continuer d‘influer sur les débats consiste à faire com-
LM
prendre qu‘il peut démissionner. Si le contestataire exclut de partir, son entourage aura moins de
raisons encore de le prendre au sérieux. L‘individu peut aussi décider que, même s‘il n‘est plus en
mesure d‘influer sur la politique en cours, du moins peut-il agir à la façon de Deep Throat (Gorge
EC
profonde, l‘informateur secret du Washington Post à l‘époque du Watergate) et divulguer des in-
formations importante à des personnalités ou à des groupes situés à l‘extérieur. A supposer que
AV
l‘intéressé puisse éviter de jouer un rôle central dans ce type illicite d‘activité, l‘option en ques-
tion offre des avantages non négligeables, du moins tant que l‘individu continue d‘avoir accès à
RS
l‘information et peu efficacement organiser les fuites sans se faire prendre. Hélas, plus les fuites
en question revêtent une importance cruciale, plus elles entraînent, en général, une intense ac-
U
tivité de contre-espionnage au sein des sphères gouvernementales, aggravant de ce fait tous les
CO
dangers associés à la manie du secret. Finalement, l‘accès au pouvoir de ce genre de taupe est ex-
traordinairement limité. Dès lors qu‘on le soupçonne d‘être à l‘origine des fuites, l‘individu risque
de voir se fermer toutes les portes et peut même être utilisé comme « désinformateur » vis-à-vis de
l‘extérieur, cela venant s‘ajouter aux multiples difficultés qu‘il rencontre pour garder le contact une
fois soupçonné de déloyauté. Dans la plus insidieuse des variantes, l‘individu se heurte au terrible
paradoxe qui consiste à contribuer de plus en plus à la politique même qu‘il combat. Rares sont les
responsables qui ont à payer le prix payé au XVIème siècle par le Florentin Francesco Guicciardini
qui exécuta amis et alliés et dut défendre publiquement le tyran qu‘il détestait. Il « prouva » ainsi
à quel point il était redevenu loyal après avoir vacillé dans son soutien aux Médicis. Reste que,
pour beaucoup de responsables, le coût moral d‘un accès frondeur au cercle du pouvoir est très
élevé. Dès lors qu‘ils sont soupçonnés de manifester envers telle ou telle politique un loyalisme
tiède et des scrupules d‘ordre moral, on exige d‘eux, s‘ils ne veulent pas voir les portes de refermer,
qu‘ils apportent en permanence la preuve de leur loyauté. John Dean, par exemple, avait été de
ceux qui avaient bloqué le projet de Charles Colson visant à incendier le Brookings Institute ; du
coup, on lui préféra quelqu‘un d‘autre pour diriger la fameuse « équipe de plombiers ». Accusé de
se comporter comme une « petite vieille » craintive, Dean devint par la suite un chaud partisan de
la « manière forte » et du recours à l‘appareil d‘Etat pour mieux harceler l‘opposition. Pendant la
guerre du Viêt-nam, nombre de responsables, hostiles à certains aspects de la guerre, choisirent
de faire leur la règle politique classique parfaitement exprimée par Lyndon Johnson à propos de
ses rapports avec le président Kennedy : « Je n‘étais pas toujours d‘accord avec ce que faisait son
434
gouvernement. Mais lorsque j‘étais véritablement en désaccord avec le président, je le lui faisais
savoir en privé, d »homme à homme ». Le ministre de la Défense, Robert McNamanra, ne confiait
ses propres doutes sur la guerre que lors de réunions privées ou dans des notes adressées au pré-
sident ou aux conseillers les plus proches de ce dernier. Cela ne l‘empêchait pas de rester loyal
envers le président et sa politique ; il se sentait même obligé de redoubler d‘efforts pour réduire
à néant les oppositions envers la guerre qui se manifestaient au sein de l‘administration gouver-
nementale. Au cours des réunions de travail, il démolissait les contestataires et s‘en prenait no-
tamment aux notes solidement argumentées de George Ball. Il recourait parfois à des statistiques
discutables ou bien s‘en prenait directement aux contestataires, leur reprochant de ne prendre
en compte aucune des conséquences prévisibles qu‘entraînerait une telle perte. Parallèlement, il
encourageait en privé ces mêmes responsables à poursuivre au niveau de la bureaucratie le com-
bat contre la guerre - tout en contribuant personnellement au démantèlement de toute véritable
opposition bureaucratique à la guerre en cours, et ce afin de prouver sa loyauté envers Johnson
et d‘assurer ses arrières. Une fois rentré au bercail, le vice-président Humphrey eut à nouveau des
scrupules de conscience au sujet de la guerre, mais il n‘en fit part au président Johnson qu‘en privé.
Au sein du gouvernement comme en public, on le vit défendre avec une ardeur grandissante une
guerre qu‘en privé il critique de plus en plus. Certains contestataires choisissent de poursuivre et
de manifester avec vigueur leurs désaccords internes plutôt que de les restreindre à des conversa-
tions privées. George Ball, tout comme Bill Moyers, s‘efforça très activement de modifier, au sein
même du gouvernement, la politique appliquée au Vietnam. Pour conserver son influence malgré
les obstacles auxquels se heurtait sa contestation, Ball dut accepter de devenir publiquement un
R
important porte-parole de la politique à laquelle il s‘opposait. C‘est ainsi qu‘il fut un jour envoyé
LM
en Europe pour y défendre, face à des alliés sceptiques, la politique officielle de son pays. Qu‘on
choisisse de limiter sa contestation à des conversations privées ou qu‘on préfère se battre au sein
du gouvernement, il faut, dans les deux cas, prendre des mesures de protection si l‘on veut conti-
EC
nuer d‘avoir accès aux cercles du pouvoir. Ces mesures exigent presque inévitablement qu‘on se
montre davantage complice de la politique ou des méfaits qu‘on dénonce. Cette complicité est
AV
encore plus grande pour certains responsables, par exemple McNamara, dont l‘accès au pouvoir
est dû à leur grande compétence. Plus celle-ci est élevée, plus leur contribution à des entreprises
RS
435
Sans doute, la fierté des Africains en prend-elle un coup. En effet, il eût été préférable que la
force d‘interposition de la CEDEAO (Communauté des Etats d‘Afrique de l‘Ouest) jouât le rôle dé-
volu aux troupes françaises. Mais, à l‘évidence, les délais trop longs pour son déploiement effectif
n‘étaient pas adaptés à l‘urgence de la situation. La France a donc paré au plus pressé. Toute ter-
giversation se fût avérée fatale. Donc acte.
« L‘activisme » français dans l‘affaire ivoirienne est-il la promesse d‘un resserrement des liens avec
le « pré carré » ? Il semble bien que oui. Autre question : allons-nous assister à une réactivation des
fameux réseaux purs et durs qui ont donné leur cachet sulfureux à la « Françafrique » ? Ce serait
assurément se tromper d‘époque. La tentation peut être grande pour la droite de tomber dans ce
travers comme si la politique des réseaux lui était consubstantielle.
C‘est à un président socialiste, François Mitterrand, que l‘on doit le discours de la Baule en 1990.
Il a transformé dans un sens positif le paysage politique de l‘Afrique francophone en donnant une
impulsion décisive à la marche vers la démocratie et le multipartisme, dans la droite ligne des
conséquences de la chute du Mur de Berlin. Certes, il s‘est avéré que l‘acclimatation de la démo-
cratie a connu des succès éclatants comme des échecs spectaculaires. Il n‘empêche : un processus
s‘est mis en branle, irréversible.
D‘aucuns peuvent traîner les pieds, ruser ou tricher carrément, mais tout retour en arrière est
interdit. A cet égard, c‘est un symbole fort que l‘Union africaine ait décidé de ne plus admettre
en soin sein les gouvernements issus de coups d‘Etat ou non légitimés par le suffrage universel.
R
Aujourd‘hui que la droite française exerce un pouvoir sans état d‘âme sa politique africaine. Mais,
elle doit tenir compte de « l‘air du temps ».
LM
Toute connivence avec des pouvoirs aux pratiques antidémocratiques flagrantes sera condam-
née par une immense majorité de l‘opinion africaine. Qu‘en raison de l‘Histoire, de la culture et
EC
des intérêts, des relations privilégiées s‘instaurent entre la France et sas anciennes colonies, cela
n‘est pas pour choquer. Mais, que sous ce prétexte, certains dirigeants tombent dans la facilité, se
AV
placent sous l‘aile protectrice de Paris, refusent, en somme, l‘émancipation, ce n‘est pas respon-
sable.
RS
sont aujourd‘hui tracés. La France doit exiger de ses partenaires la bonne gouvernance (tant poli-
tique qu‘économique) qui est désormais la condition de respectabilité au sein de la communauté
CO
436
tion dans le puissant mouvement en faveur des groupements régionaux et de l‘intégration écono-
mique sur le continent. On se rend compte que l‘éclatement programmé, à la veille des indépen-
dances, des Fédérations de l‘AOF (Afrique occidentale française) et de l‘AEF (Afrique équatoriale
française) procédait d‘une politique à courte vue. Ces dernières avaient l‘avantage de présenter
une cohérence géographique, humaine, culturelle et économique. Si nos pays avaient accédé à
l‘indépendance dans le cadre de ces Fédérations, peut-être que la face de l‘Afrique francophone
en eût été changée.
Alors en donnant un coup de main aux actuelles tentatives de réunification, la France a l‘occasion
d‘atténuer les effets d‘une erreur historique. A cet égard, il faut se féliciter de son soutien au Nou-
veau Partenariat pour le développement de l‘Afrique (NePad). Dans leur face-à-face, la Franc et
l‘Afrique ne sont plus seules. L‘Europe est, aujourd‘hui, une réalité qui s‘impose aux deux parte-
naires traditionnels. Paris a des obligations envers l‘Union européenne en ce qui concerne, no-
tamment, les clauses de bonne gouvernance en Afrique. Quant aux pays africains, la construc-
tion européenne leur offre une chance de s‘ouvrir à un partenariat plus porteur et diversifié qui
n‘empêche pas le maintien de liens forts avec Paris.
Par IBRAHIMA SIGNATE, Journaliste et politologue sénégalais. Le Figaro : 23 janvier 2003
PIECE N ◦ 2 : COMPRENDRE L‘AFRIQUE, C‘EST PASSER OUTRE LES DISCOURS SCHEMATIQUES.
Prisme désinformateur
R
A interpréter rapidement et à lire en diagonale les informations grand public sur les événements
récents de Côte d‘Ivoire, ce seraient des côtiers xénophobes qui se battraient contre des sahéliens
LM
tolérants, des sudistes cultivateurs contre des nordistes éleveurs ou des musulmans contre des
chrétiens. Il n‘aura fallu qu‘un mois après le déclenchement de la rébellion pour que le spectre
EC
du génocide rwandais s‘étale à la première page d‘un grand quotidien. Décidément on n‘échappe
pas à cette vision de l‘Afrique contemporaine qui ne peut être comprise qu‘au travers du prisme
AV
Ce n‘est pas la peine de faire un dessin, pensons à la traite négrière, à la colonisation et aux pra-
tiques issues de la décolonisation pendant la guerre froide. Nos représentations collectives du réel
U
sont largement le fruit de notre histoire. De cette histoire commune entre nos deux continents,
CO
nous pouvons schématiquement repérer deux types de discours dominants sur l‘Afrique et les Afri-
cains. Pour les uns le continent africain reste en friche, il faut le mettre en valeur et l‘éduquer, pour
ne pas dire l‘exploiter et le civiliser. Pour les autres, nous sommes en bonne partie responsables
des maux actuels de l‘Afrique.
Sur ces tendances lourdes qui structurent toujours nos analyses s‘ajoutent deux spécificités fran-
çaises : son histoire des sciences sociales et son histoire coloniale. La première est marquée par
l‘ethnologie universitaire qui, jusque dans las années 60, a découvert en Afrique un vaste réservoir
de traditions et de cultures exotiques qu‘il fallait recenser et étudier. L‘Africain devenait alors un
objet d‘étude savante, le membre inséparable d‘une communauté qui déterminait ses compor-
tements, avant d‘être un sujet, un individu doté de raison autonome. Cette vision ethnologique
continue d‘être le prisme au travers duquel beaucoup de commentaires qui se veulent experts
trouvent leur source d‘inspiration. On y échappe difficilement. La seconde spécificité française est
liée aux caractéristiques psychologiques, pourrait-on dire, des colonisateurs qui étaient des mili-
taires, des commerçants, des administrateurs, des religieux, mais aussi pour beaucoup d‘entre eux
des aventuriers qui trouvent en Afrique une réponse à leur marginalité. Certes, la plupart étaient
mus par le goût de l‘argent et de la conquête, mais beaucoup croyaient en leur mission et étaient
mus par une sorte de quête personnelle d‘engagement. Ces derniers partaient alors plus facile-
ment dans les grands espaces sahéliens et les déserts, laissant aux brutes coloniales la côte at-
lantique et les comptoirs fluviaux. Les œuvres littéraires de ces écrivains missionnaires, soldats,
savants, alimentent encore, mais de plus en plus marginalement, l‘imaginaire de la jeunesse.
437
En définitive, nos système de représentation sur les Africains fonctionnent sur quatre modes : le
dominateur, disons racistes, le culpabilisant caritatif, l‘idéaliste tiers-mondiste et le culturaliste re-
lativiste. L‘Africain est tour à tour, en fonction de l‘actualité : un sauvage sanguinaire, un vieux sage
qui, sous son arbre, attend que sa bibliothèque brûle, un musicien qui a le rythme dans le sang,
une brave femme pleine de bonne volonté qui ne demande qu‘à apprendre, une victime apeurée,
une fille excisée, un sidéen décharné, un fier pasteur, un despote ou un héros révolutionnaire. On
pourrait compléter cette liste de clichés par celui de la virilité flamboyante de l‘Afrique, clichés
déjà relevés par Frantz Fanon qu‘il considérait du même tonneau que ceux liés ç la cupidité du
juif. Tout cela a pour résultat une sorte d‘essence de l‘Africain dont le comportement est collec-
tif avant d‘être personnel, ethnique avant d‘être citoyen. Le plus consternant est que ces figures
de rhétoriques essentialistes sont de plus en plus intégrées et cautionnées par les élites africaines
elles-mêmes. L‘ivoirité ou les cancrelats de la radio Mille Collines au Rwanda relèvent de cette
instrumentalisation des représentations collectives par trop de pouvoirs africains. En rajoutant
une petite couche à ce constat désabusé, on peut légitimement se demander si l‘approche cari-
tative des ONG qui a prévalu jusqu‘à peu en Afrique, est le résultat ou une des causes du chaos
africain, sans oublier l‘aveuglement des bataillons d‘experts des institutions internationales qui
ont construit des années durant, comme dans un vaste bac à sable, tous les châteaux de sable du
développement.
Tout se passe comme si on s‘interdisait, à propos de l‘Afrique, le recours aux outils d‘analyse poli-
tique que l‘on utilise ailleurs. Il est évident, pour en revenir à la Côte d‘Ivoire, que le clivage com-
R
munautaire existe et qu‘il passe au même endroit que les clivages économique, religieux, écolo-
gique, politique et agricole selon une ligne de fracture est-ouest qui divise le pays en deux entités.
LM
Mais comment gérerions-nous en France le fait qu‘un gouvernement constitutionnel et légale-
ment élu soit obligé de composer avec des mutins armés à l‘étranger, le fait que les services ré-
EC
d‘une puissance étrangère se calquent sur nos propres partis politiques, qu‘un ancien Premier mi-
nistre soit interdit de participation au scrutin présidentiel ? Pourrions-nous accepter, sans crise
RS
majeure, une situation où 30% de la population active est étrangère ? Comprendrions-nous sans
débat qu‘un ministre des Finances affiché socialiste soit un économiste universitaire ultralibéral ?
U
Non, probablement, les Ivoiriens et les Africains pas plus. Il ne s‘agit pas de justifier les horreurs
commises mais de se dire que les causes du mal dont souffre la Côte d‘ivoire sont à analyser poli-
CO
438
de cet invité qui lui a fait faux bond, Jacques Chirac a exhorté les représentants des ivoiriens de
« faire revivre une société apaisée ». « Leur responsabilité est immense car le risque de fracture
demeure. J‘appelle chacun au respect des engagements pris. » Plus direct, le secrétaire général des
Nations unies, Kofi Annan, a demandé « au président Gbagbo » de faire un « premier pas concret
ver la paix ».
Dépêché par le chef de l‘Etat ivoirien, Seydou Diarra brille par sa discrétion. Mercredi soir, à l‘issue
d‘un entretien bilatéral à l‘Elysée avec Jacques Chirac, le président togolais Gnassingbe Eyadéma
avait laissé entendre que les consultations engagées par le « premier ministre de consensus » dé-
signé dans la foulée de Marcoussis, étaient proches d‘aboutir. Seydou Diarra dispose d‘une liste
de noms. Reste à résoudre la quadrature du cercle, autrement dit savoir de quelle manière la pro-
messe d‘un octroi des portefeuilles de la Défense et de l‘intérieur aux rebelles sera tenue. De leur
côté, les dirigeants de la rébellion ivoirienne ont annoncé qu‘ils étaient en partance pour Paris,
où ils sont attendus aujourd‘hui. « Nous avons été invités par le premier ministre, Seydou Diarra,
pour l‘aider à composer le gouvernement de réconciliation dans les plus brefs délais parce que la
population est lasse de cette guerre », a déclaré Sidiki Konaté depuis Bouaké.
Robert Mugabe, l‘autre vedette, opte aussi pour un profil bas. Le proscrit de la communauté inter-
nationale a été accueilli froidement par Jacques Chirac. La poignée de main entre les deux hommes
a été brève, le président français gardant la main gauche dans le dos, avant de montrer à son ho-
mologue zimbabwéen le chemin de la salle de réunion.
R
Son entrée en scène contrastait avec la chaleur observée lors de l‘arrière des « amis africains ». cette
venue à Paris, en dépit de sanctions européennes pour atteintes graves aux droits de l‘homme,
LM
continue à susciter de vives critiques, notamment à Londres. Les Britanniques ne comprennent
pas pourquoi la France déroule le tapis rouge à l‘initiateur d‘une politique d‘expropriation des fer-
EC
miers blancs qui plonge le Zimbabwe dans une grave crise alimentaire. Son installation en com-
pagnie de sa suite dans un palace est dénoncée, le menu de ses repas passé au crible. Des manifes-
AV
tants brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Mugable meurtrier », ont également
protesté mercredi dans les rues de Paris contre sa participation au sommet.
RS
Le président zimbabwéen est sous le coup d‘une interdiction de l‘Union européenne pesant de-
puis un an sur ses déplacements et ceux de 71 autres personnes, responsables ou proches dont
U
certains sont présents dans la capitale française. Le banni devrait s‘entretenir avec Jacques Chirac
CO
439
laisser des provinces entières en déshérence. Comment ne pas réagir à la grave famine qui menace
aujourd‘hui 40millions d‘Africains ? »
Au cours de leurs travaux, les chefs de l‘Etat ont abordé hier les questions de paix et de sécurité
sur un continent qui est le théâtre d‘une quinzaine de conflits. Par ailleurs, les participants au
sommet ont adopté un texte commun sur l‘Irak, affirmant qu‘ »il y a une alternative à la guerre »
et se prononçant pour la poursuite des inspections.
Par Thierry Oberlé Le Figaro : 21 février 2003
R
fourniture d‘eau que sur les questions d‘hygiène.
LM
« L‘eau doit devenir un droit de l‘homme de base. » En inaugurant le Waterdome, un espace d‘exposition
sur l‘eau situé à la périphérie de la ville de Johannesburg, l‘ancien président sud-africain Nelson
EC
Mandela a résumé en quelques mots la teneur des discussions qui avaient eu lieu le matin en
séance plénière entre une centaine de ministres de l‘Environnement. Le diagnostic est posé : si
AV
rien n‘est fait, la moitié des habitants de la planète manqueront d‘eau dans trente ans. Depuis le
sommet de Rio, l‘accès à l‘approvisionnement en eau salubre et à un assainissement adéquat a à
RS
potable, 2,4 milliards ne disposent pas d‘installations sanitaires décentes, plus de la moitié des
CO
eaux usées du monde ne sont pas traitées et la contamination de l‘eau est la première cause de
mortalité au monde. Pour bien faire, il faudrait investir environ 180 milliards de dollars par an
dans les systèmes d‘eau, contre 80 milliards actuellement. Mais si l‘on ne parle que du seul accès
à l‘eau potable, il suffirait de porter les investissements de 16 à 23 milliards de dollars par an pour
réduire de moitié, en 2015, le nombre des habitants qui n‘ont pas accès à l‘eau, conformément aux
objectifs fixés par le sommet du millénaire et le plan d‘action de Johannesburg.
Moins d‘opposition au secteur privé
Chacun admet qu‘il faut engager une gestion prudente des écosystèmes pour protéger l‘eau et
mettre en place une gestion intégrée par bassins. Surtout, de moins en moins de représentants
gouvernementaux s‘opposent au secteur privé. En séance plénière hier, si chacun a souligné la
difficulté de faire payer l‘eau aux plus démunis, très peu de ministres se sont élevés contre les par-
tenariats avec le secteur privé dans l‘eau, contrairement aux syndicats et à certaines associations
environnementales, toujours soupçonneuses à l‘égard de compagnies comme Suez ou Vivendi.
Malgré tout, l‘élan attendu n‘est toujours pas au rendez-vous. Hier, les représentants officiels des
Etats-Unis et de l‘Australie refusaient toujours d‘entériner un paragraphe pour « réduire de moitié,
d‘ici à 2015, la proportion d‘individus n‘ayant pas accès à des moyens d‘assainissement décents ». «
Sous prétexte qu‘on a oublié de mentionner dans les objectifs du sommet du millénaire la question
de l‘assainissement pour ne parler que de l‘eau potable, certains pays en font un enjeu de négocia-
tions », s‘indigne un industriel. « L‘une des principales erreurs commises jusqu‘à présent a été de
440
mettre l‘accent sur la fourniture d‘eau, en oubliant les nécessaires questions d‘hygiène, alors que
les diarrhées tuent chaque jour 6000 enfants dans le monde », a insisté, d son côté, Gourisankar
Ghosh, directeur du Water Supply and Sanitation Collaborative Council.
A défaut d‘entériner un texte si « compromettant », les Etats-Unis promettent de multiples initia-
tives, comme le projet de la fondation Hilton associant fonds publics, privés et financements de
l‘Unicef pour amener l‘eau dans les campagnes au Ghana, au Mali et au Niger. Jacques Chirac et
Tony Blair pourraient promettre des abandons de dettes en échange d‘un développement de pro-
jets dans l‘eau pour les pays africains, murmurent certaines ONG, tandis que l‘Union européenne
promet une « initiative européenne sur l‘eau », qui viserait à aider les pays africains à mettre en
œuvre une gestion intégrée des fleuves transfrontaliers. En attendant, l‘enjeu est aussi de réveiller
les consciences. Dans bien des pays en développement, le budget consacré à l‘eau n‘atteint même
pas 1% des dépensas publiques !
ANNE BAUER De notre envoyer spéciale à Johannesburg Les Echos : 29 Août 2002
PIECE N ◦ 2 : L‘ACCES A L‘EAU COUTERA 180 MILLIARDS DE DOLLARS L‘AN
Diviser par deux le nombre de personnes n‘ayant pas accès à l‘eau potable et n‘étant pas raccor-
dées à un système de traitement des eaux usées est le but que se sont fixé les membres des Nations
unies dans le cadre des engagements du millénaire. Chargé de proposer des mesures financières
concrètes pour permettre la réalisation de cet objectif d‘ici à 2015, Michel Camdessus, ancien pré-
sident du FMI, et le groupe de 20 sages qu‘il a réuni ont commencé par matérialiser le travail
R
nécessaire. Sept jours sur sept, la communauté internationale va devoir raccorder à l‘eau potable
LM
200.000 personnes par jour et offrir un assainissement décent à 400.000 individus d‘ici à 2015. Le
montant des investissements consacrés chaque année à l‘eau devra passer de 80 milliards à 180
milliards de dollars.
EC
Une fois posés ces chiffres, le rapport qui sera présenté dans le cadre du forum mondial de l‘eau à
AV
Kyoto le 23 mars, puis examiner à Evian à l‘occasion du G8 en juin, suggère une série d‘aménagements
techniques financiers. « Nous ne demandons pas la création d‘un fonds mondial qui prendrait
RS
des années à se mettre en place, mais un changement copernicien dans l‘attitude des gouverne-
ments, des entreprises et des institutions financières internationales », clame Michel Camdessus.
U
Les autorités sont priées de se doter d‘une politique de l‘eau, les collectivités locales doivent trou-
ver un équilibre entre la volonté de faire financier les infrastructures par le prix du mètre cube et
CO
le principe de réalité selon lequel les pauvres doivent être aidés à payer leurs factures. Des solu-
tions existent : instituer un prix plus faible pour les premiers mètres cubes, mais aussi créer des
péréquations entre les quartiers riches et pauvres.
Au chapitre des institutions financières internationales, l‘idée est tout d‘abord de permettre à la
Banque mondiale, mais aussi aux banques régionales de développement, de financier directement
des grandes villes et les collectivités locales, sans exiger de garanties des Etats. On estime en effet
que 80% de l‘effort à faire se situe dans environ 300 grandes villes des pays en développement.
Le rapport suggère ensuite de se pencher de plus près sur la couverture de risque de change des
entreprises qui acceptent de travailler dans les pays en voie de développement. En cas de dévalua-
tion exceptionnelle, elles accorderaient une sorte de crédit relais aux municipalités afin qu‘elles
puissent compenser les pertes des firmes ou prendre en charge partiellement les augmentations
de prix publics de l‘eau nécessaires pour permettre aux entreprises de couvrir leurs rembourse-
ments pendant une certaine durée. Au moment de la signature du contrat, la société souscrirait
donc une sorte d‘assurance-risque de change.
Pour les 20% des fonds nécessaires afin d‘amener l‘eau potable dans les campagnes, il faut accep-
ter l‘idée que ces financements doivent se faire sous forme de dons. Non pas aux Etats, mais de
manière décentralisée aux organisations non gouvernementales et aux responsables locaux, dont
les initiatives sont quantifiables et vérifiables. Il est même suggéré de permettre aux consomma-
441
teurs des pays développés de participer sous forme de prélèvement minime sur leur facture afin
d‘aider des projets exemplaires.
Des fonds décentralisés pourraient également être crées pour favoriser l‘initiative locale et notam-
ment les systèmes de microcrédits.
JULIE CHAUVEAU Les Echos : 6 mars 2003
PIECE N ◦ 3 : Riccardo Petrella, professeur d‘économie : « Créer un impôt pour un budget mondial
de l‘eau »
Riccardo Petrella est professeur d‘économie à l‘université de Louvain (Belgique) et conseiller à la
Commission européenne. Il est l‘auteur du Manifeste de l‘eau lancé en 1998 et l‘un des fondateurs
de l‘ACME, l‘Association pour un contrat mondial de l‘eau.
L‘idée d‘un impôt de solidarité sur l‘eau, prélevé sur la facture des consommateurs des pays
riches, commence à faire son chemin, notamment au Forum mondial de Kyoto. Qu‘en pensez-
vous ?
Un prélèvement de centimes d‘euro sur des mètres cubes d‘eau pour financier des projets de co-
opération permet en effet de financier des forages de puits, des stations d‘épuration ou des re-
cherches technologiques. Ce genre d‘initiatives se multiplie en France (1 million d‘euros par an
collectés en Ile de France), en GrandeBretagne ou en Italie (900 000euros par an en Toscane). S‘il
ne faut pas les sous-estimer, ce n‘est pas, non plus, la panacée. Ces initiatives ne remettent pas en
R
cause, par exemple, la sur-utilisation de l‘eau dans l‘agriculture qui, à elle seule, pompe 70% de
LM
l‘eau mondiale.
Comment voulez-vous financier l‘accès à l‘eau ?
EC
Il faut établir un système fiscal mondial au service de l‘ensemble de biens publics qui doivent être
considérés comme mondiaux : santé, éducation, eau. . . un budget mondial de l‘eau pourrait ainsi
AV
être alimenté via la collecte d‘impôts régionaux. Pourquoi ne pas imaginer une taxe sur la vente
des eaux minérales en Europe ? Ou encore la production d‘énergie électrique à partir centrales
RS
politique. Or aujourd‘hui la priorité reste de favoriser une approche de délégation de service public
CO
442
Recueilli par VITTORIO DE FILIPPIS et CHRISTIAN LOSSON Libération : 18 mars 2003
R
l‘anglais à l‘Europe, mon ordinateur en est tout ému !
LM
Mais la réalité est plus crue, ce sont des intérêts financiers, économiques et politiques à courte
vue qui guident cette politique, au nom d‘apparentes réductions de coûts par l‘uniformisation des
EC
produits et des modes de consommation, il ne s‘agit pas ici de convivialité mais de trivialité. Quant
au coût de la mise en place de l‘anglais comme langue commune dans les Etats de l‘Union, il n‘est
AV
pas calculé, ce sont les citoyens sommés d‘apprendre l‘anglais qui le paieront. Ne parlons pas de la
destruction de l‘enseignement des autres langues européennes, il est vrai que, déjà pour certains,
RS
la messe est dite. Ainsi le directeur du British Concil aux Pays-Bas, David Aldervide a le 4 octobre
précisé à l‘attention des Néerlandais, que « chacun doit être bilingue parce que, dans vingt-cinq
U
Ce bilinguisme imposé est la mort programmée de toute langue maternelle face à la nouvelle
langue supérieure et prestigieuse, les études de sociolinguistique menées notamment à l‘université
de Montréal le démontrent. A la Fracture sociale s‘ajoute ainsi une fracture linguistique.
Devant l‘inflation du coût des traductions dans l‘Europe élargie, aucune étude, aucune solution
n‘est avancée autre que l‘adoption de l‘anglais. Les « décideurs » médiatiques ou économiques
coupent, tranchent. Une seule solution s‘impose : la langue mondiale, celle de l‘ « hyper puissance
» américaine. Est-ce l‘Europe que l‘on veut construire ou l‘union de l‘Occident américain ?
La liberté des échanges économiques n‘est pas synonyme d‘anglophonisation, l‘entreprise Renault
depuis son alliance avec Nissan l‘a compris, pas par philanthropie francophone mais par effica-
cité. Renault vient de créer un MBA francophone pour cadres japonais. Louis Schweitzer précise
même : « La mondialisation ne doit pas réduire la diversité des cultures au bénéfice d‘une norme
dominante induite par une même langue. L‘interaction des cultures constitue un levier de perfor-
mance et de progrès. » Louis Schweitzer est crédible, car ses proposition se traduisent en actes et
en crédits (budget initial du MBA de 13 millions d‘euro sur cinq ans).
Mais, pour nos zélateurs de l‘anglais, l‘argument économique n‘est qu‘un leurre, une justification
extérieure à leur volonté de passer dans le camp des vainqueurs. L‘abandon de sa langue constitue
la transgression la plus forte, la plus visible, du passage dans le camp des maîtres. La béquille
psychologique d‘une rationalité économique ou humaniste, justifiant son choix, est toujours utile
443
pour (se) raconter des histoires quand on ne veut plus participer à un destin collectif.
Les Echos : 03 décembre 2002
PIECE N ◦ 2 :
La conférence générale de l‘Unesco, réunie à Paris du 12 au 17 octobre, doit donner son aval
à l‘élaboration d‘une convention, moyen contraignant de lutter contre l‘hégémonie américaine.
Dans un entretien au « Monde », Sheila Copps, ministre du patrimoine canadien, en défend le
caractère supranational.
Quels sont les enjeux de la Conférence générale de l‘Unesco (Organisation des Nations unies
pour l‘éducation, la science et la culture) dans le domaine culturel ?
La mondialisation doit respecter le droit de chaque pays à défendre sa culture, sa civilisation, ce
qu‘il exprime par ses livres, son cinéma, ses télévisions. Nous proposons une convention sur la
diversité culturelle afin qu‘il existe une protection dans tous ces domaines. Nous ne voulons pas
qu‘il n‘y ait qu‘une seule langue qui s‘exprime, comme c‘est trop souvent le cas avec la langue
anglaise dans le cinéma.
Avec Hollywood, les échanges se font dans un seul sens, des Etats-Unis vers l‘extérieur. Avec une
convention de l‘Unesco, nous voulons nous rassurer que les droits ne seront pas étouffés. L‘idée
n‘est pas de permettre uniquement aux pays riches de garder leur petit pré carré. Nous souhaitons
aussi permettre à tous les pays qui ne sont pas encore dotés d‘industries culturelles de pouvoir
R
en construire une, pour que leurs artistes puissent aussi être reconnus commercialement. Pour
LM
mettre au point ce projet et permettre aux Etats de jouer un rôle pour assurer l‘épanouissement
de la culture, nous ne commençons pas de zéro : si au début notre combat était très solitaire,
beaucoup de choses ont été faites, notamment avec la France et les nombreux pays qui nous ont
EC
rejoints, ainsi que par le biais du Réseau international sur la politique culturelle (RIPC) [qui re-
groupe 57 ministres de la culture]. Mais, plus que tout, ce sont les artistes, déjà organisés dans
AV
certains pays dans des comités de vigilance, qui nous aideront à créer un effet de boule de neige.
RS
de sciences. . . C‘est l‘endroit idéal pour une convention qui aura le caractère supranational que
CO
nous trouvons aussi dans les démarches beaucoup plus commerciales de l‘Organisation mondiale
du commerce (OMC). Nous nous sommes aperçus des lacunes du droit culturel il y a cinq ans,
au moment où les Etats-Unis nous avaient traînés devant la Cour de l‘OMC en estimant qu‘il ne
pouvait pas y avoir de politique spécifique et de contenu local pour des magazines américains
vendus au Canada. Finalement, l‘administration Clinton avait dû signer un traité qui reconnaissait
notre droit à la protection culturelle.
Le retour des Américains à l‘Unesco peut-il bloquer le processus de lancement de cette conven-
tion ?
C‘est important que les Etats-Unis soient là, comme partenaires politiques dans le multilatéra-
lisme. Ils peuvent effectivement demander un vote. Dans tous les cas (consensus ou vote), on a
besoin d‘une grande majorité pour promouvoir ce processus.
Au quotidien, comment défendez-vous la diversité culturelle canadienne face à l‘hégémonie
américaine ?
De fait, avec la langue, l‘influence américaine est très importante au Canada : nous partageons
avec les Etats-Unis une frontière qui s‘étale sur six fuseaux horaires ; près de 90% de la population
canadienne habite à moins de 100 kilomètres de la frontière avec les Etats-Unis. Mais, de plus en
plus, les Canadiens anglophones revendiquent une expression canadienne, qui passe par la mise
en place d‘une politique culturelle spécifique en faveur des magazines, des livres, des auteurs. . .
444
Nous avons mis au point depuis longtemps une politique en faveur des télévisions publiques, des
crédits d‘impôts pour le développement de la télévision, un fonds national pour le câble et le sa-
tellite. C‘est surtout dans l‘édition que nous menons une politique très active, en contrôlant no-
tamment la distribution : par exemple, il faut avoir la citoyenneté canadienne pour acheter une
maison d‘édition, ce qui explique qu‘il existe aujourd‘hui 200 sociétés d‘édition.
En revanche, dans le cinéma, c‘est assez pitoyable : ce sont presque exclusivement les Américains
qui détiennent la distribution et donc les circuits de salles. Si bien que les films anglophones ca-
nadiens ne représentent que 3% de part de marché, et les films francophones canadiens 17%.
Vous organisez en janvier 2004 un forum des industries culturelles à Paris. Qu‘en attendez-
vous ?
Nous souhaitons le développement de liens culturels entre pays de la francophonie, pour qu‘il de-
vienne évident que la culture « s‘affaire ». Elle ne doit pas être considérée comme une subvention,
mais bel et bien comme un investissement.
Le Monde : 14 octobre 2003
PIECE N ◦ 3 : SAUVONS LE FRANÇAIS
« Il faut sauver le français à l‘Onu », tel est l‘appel que lance, dans le Figaro, M. Perez de Cuellar,
ancien secrétaire général de l‘Organisation des Nations unies, ami de la France et pratiquant notre
langue depuis toujours.
R
Aujourd‘hui, il déplore le recul du français dans le monde. Il en fait reproche aux Français eux-
LM
mêmes, estimant que, trop souvent, nos diplomates cèdent devant la langue anglaise. « Ce sont,
dit-il ; les Africains qui défendent le français ». Nous pouvons nous en réjouir, mais cela ne devrait
EC
aucunement nous dispenser des efforts qu‘il faut fournir pour éviter le déclin de notre langue.
Pour cela, dit encore M. Perez de Cuellar, il faudrait commencer par la France en redonnant aux
AV
Français le goût de leur littérature. Il n‘y a pas si longtemps, les élèves des lycées et des collèges
apprenaient et récitaient par cœur Molière, racine ou La Fontaine. M. Perez de Cuellar fut de ceux-
RS
là. Aujourd‘hui, il est consterné par les évolutions négatives en ce domaine, mais aussi par les
dérives courantes de notre langue que l‘on peut entendre dans la rue aussi bien, plutôt aussi mal,
U
qu‘à la télévision ou sur les ondes radio. On se demande où nombre de présentateurs ont appris
CO
la diction. On est stupéfait des liaisons surprenantes et pédantes qu‘ils infligent à notre langue.
Ils manifestent souvent même leur ignorance, par exemple lorsqu‘ils énumèrent des nombres, ne
sachant plus à quel endroit se situe ou ne doit pas se situer le « s » du pluriel.
Perez de Cuellar, lui, nous fait savoir qu‘il n‘a jamais voulu employer l‘expression « OK », même en
anglais ! Belle leçon pour la plupart d‘entre nous.
Mais, de plus, à travers le monde, la plupart de nos Alliances françaises ne disposent pas de moyens
suffisants pour séduire, accueillir, retenir des jeunes pour lesquels la France représente encore
un grand pays avec une prestigieuse histoire des écrivains, des philosophes qui ont contribué si
intensément à éclairer la pensée.
Il convient de rappeler qu‘une langue exprime une certaine manière de comprendre et d‘expliquer
le monde, un certain esprit, une psychologie, une façon de raisonner particulières et, souligne
l‘ancien secrétaire général de l‘Onu, « la diversité culturelle préserve la diversité politique ». C‘est
peut-être pour cela que le français se trouve de plus en plus marginalisé dans les organismes in-
ternationaux.
Nous sommes bien conscients de l‘utilité d‘un langage universel. L‘anglais, ou du moins ce qu‘il
est devenu, en tient lieu, mais ce n‘est pas une raison pour laisser périr les autres langues. Cer-
taines d‘entre-elles, d‘ailleurs, se défendent bien. L‘espagnol, adossé au continent sud-américain,
est parti à la conquête, si l‘on peut dire, des Etats-Unis. . .
445
Le français, pourtant langue de travail de l‘Onu avec l‘anglais, est négligé par l‘organisation. En ef-
fet, chaque document officiel doit être publié simultanément dans les deux langues. Or, le texte an-
glais est distribué instantanément alors que le texte français n‘arrive qu‘un jour ou plusieurs jours
plus tard ! Et voici que, de plus, en décembre prochain, l‘Onu fermera son bureau d‘information
à Paris. C‘est de bien mauvais augure, même si l‘on comprend qu‘il faille resserrer les dispositifs
pour alléger les dépenses.
En tout cas, il est grand temps de se mobiliser pour préserver le français et pour maintenir sa
présence et son utilisation dans le maximum de pays et d‘organisations internationales.
Par François Régis Hutin Ouest-France : 29 novembre 2003
LA PUISSANCE FRANCAISE
Document 1 : La France reste une grande puissance. . . en Afrique
Au travers de quatre crises en cette année 2013, on peut faire un bilan de ce qui reste d‘influence
R
française dans le monde, à un moment où chacun s‘inquiète d‘un « déclin » de l‘Hexagone. Conclu-
LM
sion : la France reste une grande puissance en Afrique, mais si elle continue de peser, n‘a plus guère
les moyens de ses ambitions au-delà.
Mali, Syrie, Iran, Centrafrique. . . Ces quatre points chauds d‘un monde en pleine transformation
EC
ont mobilisé la diplomatie française au plus haut niveau, et on montré les limites du poids de la
France.
AV
–Au Mali, la France a montré qu‘elle avait encore la capacité de décider seule, et de mener à bien
RS
une action militaire en urgence sur un terrain africain, même s‘il a fallu certains coups de pouce
logistiques américains et européens pour accélérer les choses.
U
–En Syrie, la France est montée au créneau la première pour promettre des frappes « punitives »
CO
à Bachar el-Assad après le massacre chimique d‘Al Ghouta le 25 août, pour se retrouver seule, et
impuissante, après la défection britannique et le recul américain.
–EN Iran, la France a adopté, seule, une ligne dure lors des négociations de Genève sur le dossier
nucléaire, bloquant un premier round de discussions alors que les Américains pensaient avoir un
accord. Mais, moyennant quelques concessions et de longues discussions, la France a levé ses
objections et a permis l‘accord ce week-end, là où Israël continue de pester contre une « erreur
historique ».
–En République centrafricaine, la France s‘apprête à déployer quelques centaines d‘hommes sup-
plémentaires, afin d‘aider à stabiliser la situation dans un pays décrit comme étant dans un état
« pré-génocidaire ». la France a une longue histoire d‘ingérence et de présence militaire dans ce
pays, et interviendra avec un mandat de l‘ONU attendu lundi.
Retour en Afrique
Politiquement et militairement, la France reste dimensionnée pour jouer un rôle important en
Afrique, à laquelle la rattachent des liens historiques et économiques, pas toujours glorieux mais
encore actifs.
Françafrique pas totalement morte, mais François Hollande a bien pris garde, depuis son élection,
de conserver une voie étroite limitant l‘ingérence sans pouvoir couper avec l‘héritage du « pré
446
carré » (Biya, Bongo, Eyadema, etc.).
Il y a un an, il refusait d‘intervenir militairement en Centrafrique, alors que le président Bozize, lui-
même arrivé au pouvoir par la force, était menacé par les forces rebelles de la Seleka. Les quelques
centaines de soldats français stationnés à Bangui se contentaient de protéger les ressortissants
français, mais pas le pouvoir qui fut immanquablement renversé.
Un an plus tard, Paris s‘apprête à intervenir en RCA, mais pas pour sauver le pouvoir mais pour
empêcher le pays de sombrer dans le chaos et le massacre de certaines populations.
La catastrophe humanitaire et sécuritaire a été qualifiée de « pré-génocidaire » par Laurent Fa-
bius, un mot que les organisations internationales hésitent à reprendre ; mais nul ne doute de
l‘ampleur du désastre, dans un pays qui n‘a jamais réellement trouvé son équilibre en un demi-
siècle d‘indépendance, entre l‘Empereur Bokassa et les putschistes minables à répétition, sur fond
de diamants, hier comme aujourd‘hui.
L‘Afrique, hinterland de la France
La France a la capacité, le savoir faire, et la connaissance du terrain qui rendent une telle mission
possible. Et la volonté politique, aujourd‘hui, d reprendre pied en Afrique, un continent straté-
gique trop délaissé par la France depuis deux décennies, pour de bonnes et de mauvaises raisons.
C‘est pour cette raison, aussi, que François Hollande avait pris la responsabilité, qui avait surpris
par sa détermination inhabituelle, d‘envoyer les troupes françaises bloquer l‘avance djihadiste au
R
Mali, et reconquérir le nord du pays « perdu » par le faible pouvoir de Bamako. Même si cette
LM
opération se prolonge plus longtemps que prévu, elle a marqué les esprits et redoré le blason de la
France, notamment auprès de ses alliés américains.
EC
Pour accompagner cette « reconquête » du continent noir, la France organise le mois prochain un
Sommet panafricain sur la sécurité, afin que, comme cela n‘a pas été possible au Mali, les Africains
AV
prennent eux-mêmes en charge ce dossier. La France ne serait plus en première ligne comme «
gendarme », ce qui serait assurément plus sain.
RS
L‘Afrique, continent de près d‘un milliard d‘habitants, qui connait des zones de forte croissance
et d‘autres de grands désastres, est un hinterland naturel pour une puissance moyenne comme la
U
France.
CO
A condition de renoncer à l‘état d‘esprit néocolonial qui a présidé à ces relations depuis un demi-
siècle, et accepter que les règles du jeu ont changé sur un continent courtisé par les Chinois
comme les Américains. Les Africains eux-mêmes sont demandeurs de ne pas rester en tête à tête
avec les nouveaux géants de ce monde, pas plus désintéressés que les anciens.
Ailleurs, la France est affaiblie
Mais au-delà de l‘Afrique, l‘influence française est assurément affaiblie. On le constate avec le dos-
sier syrien, sur lequel la France a pris des positions en pointe, sans avoir les moyens politiques et
militaires de les transformer en actes.
La France a, la première, reconnu la légitimité de l‘opposition syrienne au régime de Bachar el-
Assad. Mais elle n‘a pu, ou su, lui donner ni les moyens de sa victoire, ni même la capacité de
préserver son unité face à la montée du courant djihadiste alimenté par la manne du Golfe.
Laurent Fabius pouvait bien affirmer, au micro de France info en mars dernier, « la France est
un grand pays », quand on l‘interrogeait sur la capacité de la Paris à armer l‘opposition face aux
réticences de ses partenaires européens, il ne s‘est rien passé et cette opposition est aujourd‘hui
affaiblie.
Cette faible capacité autonome sur un dossier aussi lourd a été exposée plus cruellement encore
avec l‘attaque chimique, où Paris s‘est retrouvé en première ligne, pour constater qu‘il n‘y avait
447
plus personne derrière. Les moteurs des Rafale étaient déjà en train de chauffer lorsqu‘il a bien
fallu réaliser que la France, seule, ne peut rien faire.
Membre du Conseil de sécurité, toujours présente dans toutes les grandes manœuvres diploma-
tiques planétaires, la France conserve quelques atouts. Et une capacité de nuisance dont Laurent
Fabius a fait usage il y a deux semaines aux négociations sur le nucléaire iranien, en empêchant
un accord qui semblait acquis.
Cela a valu à la France quelques articles flatteurs sur sa diplomatie musclée, et a permis à François
Hollande un voyage réussi, mais sans impact, au pays de Benyamin Netanyahou. Mais un coup de
fil de Barack Obama – avec une invitation officielle à Washington en février – et quelques conces-
sions plus tard, la France a donné son feu vert à un accord que Netanyahou continue de considérer
comme une « erreur historique ».
La France, il est vrai, avait été tenue à l‘écart des négociations secrètes qui se sont déroulées pen-
dant plusieurs mois à Oman entre Américains et Iraniens, ce qui explique la surprise de la déléga-
tion française lorsque John Kerry a sorti de sa poche un texte que les Français découvraient.
Deux handicaps
La diplomatie française souffre de deux handicaps :
– L‘affaiblissement économique de la France, ses difficultés budgétaires et son impact sur ses dé-
penses militaires et donc sa capacité de projection et d‘action sur plusieurs théâtres à la fois ;
R
– La quasi-disparition de la politique étrangère et de sécurité de l‘Europe malgré la présence sur
LM
toutes les photos de Genève de la transparente Catherine Ashton, responsable de la diplomatie de
l‘Union.
EC
En attendant, il reste l‘Afrique où la France peut encore se donner des allures de grande puissance.
Good morning Bangui !
U
448
L‘état de la puissance française.
Pascal Boniface dresse le bilan des atouts et des faiblesses de la France dans le but de répondre
à la question. Il effectue un large tour d‘horizon qui analyse l‘attitude de la France sans omettre
de domaine ; l‘Europe, la Mondialisation et le multilatéralisme, la relation concurrentielle avec les
EtatsUnis, la place dans la gouvernance mondiale, le complexe du colonisateur.
Il n‘omet pas non plus de revenir sur la notion même de « puissance », une notion évolutive, nous
rappelle-t-il, dans un monde de plus en plus multilatéral où les attributs traditionnels de la puis-
sance peuvent perdre leur utilité au profit d‘autres. Ainsi, le facteur militaire, s‘il ne doit pas être
négligé, n‘est plus le facteur primordial, de même que sa définition a changé. Il s‘agit aujourd‘hui
moins du nombre d‘hommes qu‘une nation peut aligner sur un champ de bataille que de la so-
phistication technologique de ses équipements. . . Le facteur démographique lui aussi, tend à se
dévaloriser comme atout de puissance, tout comme la possession de ressources naturelles.
Le facteur essentiel aux yeux de P. Boniface est le « facteur K » (facteur « knowledge »), qu‘il entend
comme la capacité d‘un pays à former ses élites, et à attirer les élites étrangères, à diffuser son
modèle culturel etc. Dans ce domaine, la force des Etats-Unis lui apparaît difficilement niable.
Pour Pascal Boniface, l‘analyse de la puissance française appelle certes à la modestie. La France
est selon ses propres termes une « puissance moyenne », même un peu plus que cela, et n‘a pas
à en rougir. Boniface nous invite à renoncer à nos rêves de grandeur, et à nous montrer crédibles
en faisant fructifier les atouts que nous possédons, qui ne sont pas mince selon lui. Inutile de
R
jouer dans la catégorie de l‘ « hyper puissance » américaine telle que décrite par H. Védrine, il est
LM
nécessaire que la France joue son rôle de puissance à l‘échelle mondiale.
Pour Boniface, la France a les moyens de ses ambitions : une position géostratégique favorable,
EC
une longue tradition étatique qui lui permet de lancer des projets, des institutions stables, un
siège aux Nations Unies, des capacités nucléaires et une réelle puissance économique. Il décrit
AV
une France moderne, tournée vers l‘avenir, une France faite d‘Ariane, d‘Airbus et de TGV et non
pas simplement de gastronomie et de maisons de haute couture. . . Un tableau qui s‘oppose à la
RS
Ce faisant, P. Boniface fustige le sempiternel discours, séculaire, sur le déclin français, à la fois nos-
CO
talgique d‘une France faite de grandeur perdue (a-t-elle seulement existé ?) et catastrophiste, an-
nonçant les perspectives les plus sombres pour l‘ancienne grande nation, condamnée à l‘anéantissement.
Il souligne, non sans raison, que le chant du déclin ne date pad d‘hier, ce qui en amoindrit singu-
lièrement la crédibilité. Vers 1350 déjà rappelle-t-il, dans ses « Lamentations de France » Eustache
Deschamps pleurait la vaillance et l‘honneur perdus de son pays, objet de dérision. . . « Le dé-
bat sur la puissance française, écrit P. Boniface, pour paraître d‘une brûlante actualité, a en fait
presque 650 ans d‘âge ». En effet, les poncifs sont nombreux, du syndrome de la chute de Troyes à
la décadence de la civilisation grecque anéantie par la puissance militaire de Rome. . . L‘ensemble
des intellectuels français n‘a cessé, au cours des siècles, de souligner avec angoisse la décadence
française, avec des accents d‘une étonnante actualité, ainsi la faillite de l‘enseignement : « Le ni-
veau des études classiques baisse rapidement, et les candidats au bac en arrivent à ne plus savoir
l‘orthographe ! » (Drumont, La France juive, 1886).
Pour Pascal Boniface, cette France mythique n‘a jamais existé et il fustige les politiques qui en-
tretiennent ou ont entretenu dans l‘opinion la nostalgie de la France glorieuse d‘autrefois, ou en-
core qui persistent aujourd‘hui à vanter notre pays comme lumière des nations civilisées, héritière
d‘une tradition soi-disant universaliste et civilisatrice. Le choc de ce discours avec la réalité ne
peut qu‘amener à conclure au déclin. . .
L‘orgueil en politique étrangère ; révélateur de l‘impuissance française. . .
449
Pascal Boniface pointe de façon approfondie les écueils à éviter en politique étrangère ; l‘orgueil en
parole, l‘agressivité vis-à-vis de nos voisins, le ton donneur de leçons sont parmi les traits les plus
répandus qui dominent trop souvent notre politique étrangère. Boniface voit dans cette attitude
bien française un danger pour notre puissance. Outre qu‘elle exaspère nos voisins et contribue à
nous marginaliser, à nous exclure des grands enjeux internationaux, elle s‘avère surtout être un ré-
vélateur de notre impuissance, notre incapacité à peser de façon décisive. Elle souligne la faiblesse
de nos moyens par rapport à l‘ampleur de nos ambitions et l‘écart entre nos sermons parfois mo-
ralisateurs et nos comportements, pas toujours inattaquables de ce point de vue.
En effet, un autre trait de la politique étrangère française à la recherche de sa puissance est la ré-
signation passive dans les cas où cette résignation sert nos intérêts, voire la soumission servile
à d‘authentiques dictateurs dans le but de maintenir notre influence, voire notre pré-carré fran-
çais. . . P. Boniface cite notamment la complaisance des dirigeants français à l‘égard du régime
chinois ou face aux dictateurs africains, Mobutu, Bokassa etc.
Enfin, l‘agressivité vis-à-vis des américains, l‘anti-américanisme de certains dirigeants ou intellec-
tuels français, fait aussi partie de la traduction en politique étrangère de notre angoisse du déclin.
L‘agressivité face aux puissances qui manifestent nous surpassent est souvent le produit, selon P.
Boniface, d‘une amertume profonde. La dénonciation de l‘impérialisme américain cacherait-elle
une simple jalousie française ? C‘est en tout cas la thèse de Jean-François Revel (L‘obsession anti-
américaine, Plon, 2002) qui explique en partie l‘anti-américanisme français par cette rancœur is-
sue de notre angoisse de déclin, rancœur dissimulée sous des discours tour à tour tiers-mondistes,
R
moralisateurs, altermondialistes etc. boniface estime que la France doit se détourner de ce type de
LM
comportement qui ne font que l‘affaiblir davantage.
Le même type d‘explication peut être avancé, selon P. Boniface, concernant les attitudes euros-
EC
ceptiques ou antimondialistes qu‘on observe dans notre pays. Boniface y voit des réactions an-
goissées face à une éventuelle perte de puissance de la France. Ce bilan cédant parfois à un excès
AV
d‘optimisme, résonne aujourd‘hui particulièrement alors que Nicolas Baverez relance la thèse du
déclin par un ouvrage polémique sans concession.
RS
Le bilan dressé par Pascal Boniface de l‘état de la puissance française, pour équilibré qu‘il soit,
semble un peu optimiste dans ses prévisions. En 2003, certains dressent un constat plus sombre
CO
450
une France glorieuse qui, pour Boniface, est largement un mythe. Cette assertion va peut-être un
peu loin dans la mesure où Boniface cherche à démontrer que la France n‘a jamais été ni une
grande puissance mais reste depuis l‘origine une puissance moyenne. . . D‘où l‘absurdité de parler
pour lui de déclin. La France de Louis XIV, celle de Napoléon I ne sont que des mirages, Boniface
tend à dire que chaque fois que la France a paru au faîte de sa gloire, elle était en réalité au bord
du gouffre. . . !
L‘actualité de cette réflexion.
Pascal Boniface met en garde la France contre les excès de langage et l‘outrance dont elle fait sou-
vent preuve en politique étrangère. Bien que cette mise en garde remonte à 1998, on n peut qu‘être
frappé par l‘actualité de cette réflexion. L‘attitude de la France au cours des crises internationales
récentes valide de façon nette cette analyse. Indépendamment de la justesse de la cause défendue,
la France, au cours de la crise irakienne, s‘est exprimée de façon péremptoire voire excessive, sans
en avoir les moyens, vis-à-vis de ses partenaires et, selon certains analystes, n‘a pas peu contri-
bué à la cacophonie européenne. Une cacophonie d‘ailleurs exacerbée par le ton condescendant
employé par nos hommes politiques à l‘égard des pays candidats à l‘adhésion, dès lors que leurs
choix de politique étrangère se sont éloignés des nôtres.
La pertinence de l‘analyse de Pascal Boniface dès 1998 apparaît encore concernant les moyens
diplomatiques de la France, si peu en rapport avec ses ambitions ; la récente grève des personnels
du Quai d‘Orsay, première du genre dans ce ministère, vient souligner à propos ce manque de
R
moyens. LM
A cinq ans d‘intervalles, Baverez et P. Boniface parviennent sans difficulté à dresser une liste peu
glorieuse de nombreux camouflets que la France a essuyé, essentiellement en raison de son in-
transigeance, échecs aggravés encore par le caractère humiliant de nos contorsions destinées à ne
EC
pas perdre la face. Ainsi Boniface raconte-t-il en détail l‘élection de Kofi Annan à la tête de l‘ONU,
voulue par les Etats-Unis, à laquelle la France s‘est d‘abord opposée farouchement, en parole no-
AV
tamment, (refusant toute autre candidature autre que celle qu‘elle soutenait : Boutros-Boutros
Ghali) avant de céder très rapidement. « Il ne faut jamais se battre seul contre les Etats-Unis, encore
RS
moins après être monté sur ses ergots devant le monde entier. » conclut-il. Il mentionne encore
le ministre des affaires étrangères envoyés en 1996 faire une tournée des pays du Proche-Orient,
U
copiant du mieux possible le secrétaire d‘Etat américain sans avoir derrière soi le poids de sa puis-
CO
sance et sans avoir consulté préalablement les partenaires européens. Avec pour résultat que la
France s‘est vue désavouée par ses voisins, ignorée par Israël, moquée par les américains. . .
Baverez actualise la liste ; le « rituel vide de sens » du couple franco-allemand, le « mélange d‘arrogance
et de légèreté » face à la crise du Pacte de stabilité, la tentative d‘intervention auprès des FARC pour
libérer Ingrid Bettencourt où la France « s‘est couverte de ridicule en se lançant dans une opération
barbouzarde avortée », enfin et surtout la crise irakienne.
P. Boniface cède parfois à un optimisme facile : la puissance par le foot ?
Pascal Boniface consacre sa conclusion à la victoire de la France à la Coupe du Monde de Foot-
ball de 1998. Le ton badin et quelque peu euphorique tranche avec le sérieux de l‘ensemble de
l‘ouvrage. Cédant à des formules un peu journalistiques, Boniface semble faire de la victoire du
mondial un atout de puissance inattendu, susceptible de remettre la France en bonne place sur
la scène internationale, d‘où son insignifiance stratégique l‘avait chassée. L‘argument semble un
peu mince voire franchement superficiel. . . « Les victoires sur les terrains de football vont avoir
des effets positifs sur le rang de notre pays dans le monde, et pas seulement celui établi par la FIFA
» ! « Le triomphe du Mondial démontre que la France ne craint pas la mondialisation, et peut, au
contraire, en relever le défi, et que l‘Europe a permis de renforcer aussi bien nos entreprises que
nos footballeurs ». . . On voit mal le lien entre les défis tout à fait réels posés par la mondialisation
aux Etats (maintien de la diversité culturelle, de l‘équité dans les échanges commerciaux, de la
qualité de l‘emploi) et les éphémères victoires d‘une quinzaine de sportifs. . . Dans cette logique,
451
faut-il voir dans notre cuisante défaite lors de la coupe du monde de Séoul le crépuscule de la
France en tant que grande puissance ? Même M. Baverez, pourtant exhaustif dans son diagnostic,
n‘y a pas songé. . .
Un bilan convaincant
Le livre de P. Boniface constitue un texte synthétique qui malgré tout fait le tour de cette question
complexe. Les récents développements de l‘actualité confirment souvent la justesse de l‘analyse
de l‘auteur en 1998. Son constat est convaincant et nuancé. Il invite les dirigeants français à re-
connaître notre rang de puissance moyenne et à s‘en satisfaire pour en tirer un maximum, au lieu
de s‘enfermer dans le souvenir d‘une France quasi-mythologique, en perpétuel décalage avec la
réalité de ses petits moyens, attitude qui ne peut que l‘affaiblir davantage.
Evitant les excès rhétoriques parfois grinçants de Nicolas Baverez, Pascal Boniface tourne résolu-
ment le dos à la thèse « décliniste » avec ces mots : « La perception d‘une France en déclin inéluc-
table, ravalée à un rang subalterne, voire mineur, dans la gestion des affaires mondiales repose sur
une triple erreur d‘analyse : erreur sur un passé lointain qui n‘a jamais été une marche triomphale
permanente ; erreur sur la façon dont se produit et s‘exerce aujourd‘hui la puissance, qui n‘a plus
rien à voir avec ce qui existait dans le système international du XIXème ou de la majeure partie du
XXème siècle ; erreur enfin sur la véritable hiérarchie du monde contemporain ».
D‘après le livre de 1998 de Pascal Boniface : « La France est-elle encore une grande puissance ? »,
[Link], 2003
R
Document 5 : LA FRANCE, UNE GRANDE PUISSANCE ?
LM
La crise mondiale et les événements de 2011 mettent notre pays sous pression. Quel qu‘il soit,
le prochain président devra définir une « grande politique » extérieure. Et prouver sa détermi-
EC
nation à l‘appliquer
AV
La crise majeure qui frappe le monde occidental, les défis d sécurité que pose un monde arabe
en plein bouleversement et l‘émergence de puissances nouvelles relativisent chaque jour un peu
RS
plus le statut de « grande puissance » de la France, malgré son cinquième rang mondial par son
économie. Perclus de rhumatismes administratifs et sociaux, ce vieux pays forgé en mille ans sous
U
différents régimes possède encore des atouts pour se maintenir au premier rang : la richesse de sa
culture et de son histoire, sa relative rivalité démographique, une langue universelle, sa dissuasion
CO
nucléaire, Airbus, Hermès, Total, le TGV et d‘autres belles réussites. Jusqu‘à ces derniers temps, la
force et l‘indépendance de sa politique étrangère faisaient aussi sa « grandeur ».
Au nom de ses intérêts vitaux et de « valeurs » qui remontent loin dans son histoire, la France a
toujours eu des prétentions planétaires. Le symbole en est son siège de membre permanent du
Conseil de sécurité des Nations unies. Accueillie dans le camp des vainqueurs de 1945, la France
est restée dans le club, malgré la perte de son empire et de son poids, résumé par Valéry Giscard
d‘Estaing en 1947 : « 1% du monde. . . »
Ce fauteuil onusien un peu usé garantit à la France son sur classement en catégorie « grande puis-
sance ». Si elle tient à ce statut, elle doit le défendre. Par sa voix singulière, une économie puis-
sante, une diplomatie volontariste, des choix non inféodés, indépendants es blocs, une capacité
militaire autonome et significative, tout ce qu‘il fit son renom dans le concert des nations. La po-
litique étrangère passe d‘abord par les hommes chargés de la concevoir et de l‘appliquer, par leur
détermination à faire fructifier le patrimoine exceptionnel qui leur est confié par les Français, pour
au moins cinq ans. L‘intelligence stratégique et la force d‘âme sont au cœur de la diplomatie.
Cela veut dire que les dirigeants ne peuvent plus se contenter d‘être de simples gestionnaires de
la sphère publique, des régulateurs interchangeables de la mondialisation, soumis aux diktats des
marchés. Cela ne suffit pas. Légitimés par l‘élection, nos dirigeants sont tenus d‘engager une ré-
flexion plus profonde, presque métaphysique, sur leur rôle, sur le destin et les intérêts du pays
452
dont ils ont charge, avec l‘ambition de ressouder la nation et de la faire rayonner. Cette éthique du
pouvoir est porteuse de valeurs, de cohésion, de puissance.
« Politique d‘abord ! » Ce précepte est plus vrai que jamais face aux techno-structures nationales ou
mondiales, administratives, financières, corporatistes. De l‘usine Lejaby à la fusée Ariane, c‘est l‘un
des enjeux forts de cette présidentielle. Reste à savoir si cette éthique du pouvoir et cette culture
stratégique s‘apprennent dans les amphis de Sciences Po, d‘HEC ou de l‘Ena. . .
On connait l‘état de la France, au statut un peu cabossé de « grande puissance » : pays vieillissant
malgré une fécondité encourageante, il peine à regonfler sa croissance. Le miracle est pourtant là.
La France continue à s‘engager partout dans le monde.
Seule ou en coopération, ancrée dans sa double tradition judéo-chrétienne et de « partie des droits
de l‘homme », elle finance le développement de pays déshérités, s‘interpose, plutôt bien, entre
belligérants quand la situation ou ses alliances l‘exigent. La posture est parfois agaçante, surtout
quand le « droit d‘ingérence », utopie meurtrière née au XXème siècle de la vacuité des politiques,
conduit à des pièges. On s‘agace d‘entendre un Kouchner ou un BHL prétendre résumer à eux
seuls la politique extérieure de la France. On s‘indigne de voir négliger des besoins proches alors
que la ressource est limitée. C‘est l‘éternel débat français, formulé naguère par Raymond Cartier :
« La Corrèze avant le Zambèze ! ».
La France ne peut pas s‘en tenir à ses problèmes intérieurs, sans regarder et agir au-delà du pa-
rapet. Son rayonnement et ses intérêts exigent cette veille extérieure, pour éviter les sur prises et
R
anticiper.
LM
L‘alliance de la France avec la Russie est vitale
En Europe, devenue un dossier de politique intérieure tant la France y est intégrée – avec Angela
EC
Merkel qui va venir participer aux meetings électoraux de Nicolas Sarkozy ! -, l‘intérêt de la France
est de restaurer son statut de puissance continentale. La clé en est la Russie, avec laquelle il faut
AV
renouer d‘urgence. Ce lien avec Moscou est essentiel : « Une alliance vitale, résume le premier
rempart face à un éventuel expansionnisme chinois et une source de matière premières. . . Réci-
RS
proquement, la Russie a besoin de notre aide pour faire face, ans le futur, à la dynamique chinoise
et aux risques communs qui prennent leur source au Moyen-Orient. »
U
Au-delà de l‘Europe, l‘élargissement pose une question essentielle. L‘Union est-elle prête à ac-
CO
cueillir de nouveaux membres étrangers à ses racines judéo-chrétiennes, porteurs de valeurs éloi-
gnées des nôtres ? Cela concerne la Turquie, le monde slave, le Maghreb. Les politiques devront
définir au plus vite où sont nos intérêts vitaux dans ce domaine.
Au sud de la Méditerranée, sur l‘arc qui court du Maghreb au Sahel et de l‘océan Atlantique au
golfe Persique, la France est condamnée à veille et agir. Ce foyer d‘incertitudes engage chaque jour
notre indépendance énergétique. La France y joue son rôle de puissance par sa forte présence
diplomatique et militaire. Elle y redouble parfois d‘activité, comme en Libye et au Liban, ou face à
la Syrie et à l‘Iran.
Intervenir en Afrique noire n‘est pas un prurit de nostalgie coloniale : l‘extension des « zones grises
» de non-droit, les mouvements migratoires, la prolifération des mafias et des sectes, la poussée du
radicalisme musulman l‘exigent. Ces risques peuvent à tout moment se muer en menaces directes.
Dans notre monde globalisé et hyper médiatisé, les problèmes du Zambèze sont devenus ceux de
la Corrèze.
Les pays émergents ou producteurs de matières premières nous observent, comme ceux qui re-
cherchent une protection ou une alternative au tête-à-tête inégal avec les Etats-Unis ou la Chine.
Le centre de gravité du monde bascule vers l‘Asie mais la France y a pris pied, en faisant la dé-
monstration – douloureuse – de son statut de puissance. En intervenant en Afghanistan, dès oc-
tobre 2001, elle a pris sa part du combat contre le terrorisme djihadiste dont elle était elle aussi une
453
cible. Elle a aussi prouvé la solidité du lien avec l‘Alliance atlantique, élément capital de sa sécurité
depuis cinquante ans.
Ce qui a été fait en Afghanistan n‘a pas toujours été efficace. Trop de temps et d‘hommes ont été
perdus. Mais cette opération complexe et lointaine a aussi démontré les capacités planétaires de
la France, puissance capable d‘annoncer une politique et de la mettre en œuvre, tout en traitant
les problèmes de prolifération (militaire et nucléaire), de sécurité informatique, écologique et sa-
nitaire et les circuits d‘armes ou d‘argent.
Cette capacité a un prix. Le fardeau peut sembler trop lourd en période de crise. « La Corrèze
d‘abord. . . » La tentation récurrente est de déléguer cette responsabilité à d‘autres, mais les sacri-
fices budgétaires et les abandons de souveraineté minent insidieusement l‘indépendance du pays
et toute idée de « grande politique ».
Les réveils de rêves utopiques sont toujours pénibles, comme l‘histoire le montre. Si elle veut rester
libre et souveraine, la France « grande puissance » a besoin d‘une solide assurance vie. Aux nou-
velles générations de comprendre le trésor qui leur est légué. Et d‘accepter les efforts nécessaires
pour le protéger et le transmettre.
Fréderic Pons, Valeurs Actuelles 02 février 2012.
R
SYNTHESE DES DOSSIERS SESSION DU 22 AU 26 SEP- LM
TEMBRE 2014
EC
L‘objectif 2016 est-il réellement à notre portée ? Comme le souligne la partie II de ce rapport, la
RS
situation a beaucoup évolué pendant ces quatre dernières années. Cependant, malgré ces avan-
cées considérables, des insuffisances et des problèmes demeurent. Les résultats obtenus en ce qui
U
concerne l‘élimination de toutes les pires formes de travail des enfants en 2016 et l‘objectif inter-
médiaire de 2008 pour les plans d‘action nationaux sont particulièrement déconcertants, compte
CO
tenu surtout de l‘éventuel contrecoup de la crise économique mondiale. Pour ce qui est des ob-
jectifs du Millénaire pour le développement (OMD), il ressort clairement du rapport annuel des
Nations Unies de juillet 2009 qu‘au rythme où vont les choses la plupart des huit objectifs de dé-
veloppement ne seront pas atteints en 2015.
PIECE N ◦ 1 : Qu‘en est-il de l‘éducation ?
Les progrès réalisés vers l‘éducation de base universelle sont un important indicateur indirect des
progrès accomplis dans la lutte contre le travail des enfants. En 2006, environ 75 millions d‘enfants,
dont 55 pour cent de filles, n‘étaient pas scolarisés. L‘OMD 2 consiste à assurer l‘éducation pri-
maire pour tous à l‘horizon 2015. Le Rapport 2009 sur les objectifs du Millénaire pour le déve-
loppement indique que, si des progrès ont été accomplis – le taux de scolarisation primaire est
passé de 83 pour cent en 2000 à 88 pour cent en 2007 – des efforts supplémentaires doivent être
consentis pour parvenir à scolariser tous les enfants d‘ici à 2015. Il Ajoute que les mesures visant à
accélérer la réalisation des OMD doivent comprendre la création d‘emplois décents et productifs
pour tous.
Depuis 1999, le nombre d‘enfants non scolarisés dans l‘enseignement primaire a diminué de 33
millions, et le pourcentage de filles non scolarisées est passé de 58 à 54 pour cent. En 2007, ce-
pendant, 72 millions d‘enfants n‘étaient toujours pas scolarisés dans le primaire, et 71 millions
supplémentaires n‘étaient pas scolarisés dans le premier cycle du secondaire, à la fin duquel les
454
enfants atteignent l‘âge minimum d‘admission à l‘emploi. L‘UNESCO a averti que, si aucune me-
sure n‘était prise, 56 millions d‘enfants en âge de fréquenter l‘école primaire ne seraient toujours
pas scolarisés en 2015.
Selon le Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous 2009 publié par l‘UNESCO, il est par-
ticulièrement préoccupant de constater que les régions où l‘on trouve le plus d‘enfants non sco-
larisés, à savoir l‘Afrique subsaharienne et l‘Asie du Sud et l‘Ouest, sont celles qui investissent le
moins dans l‘éducation. En Afrique subsaharienne, près de la moitié des pays à bas revenu dé-
pensent moins de 4 pour cent de leur revenu national dans l‘éducation. En Asie du Sud, le Ban-
gladesh consacre seulement 2,6 pour cent de son revenu national à l‘éducation, et le Pakistan, 2,7
pour cent. L‘Inde investit dans l‘éducation un pourcentage de son PNB moins important (envi-
ron 3,3 pour cent) que le pourcentage médian de l‘Afrique subsaharienne, alors que les revenus
moyens y sont environ un tiers plus élevés que dans les pays de cette région. Il est encore in-
quiétant de constater que la part du revenu national affectée à l‘éducation stagne ou décroit dans
certains pays clés comme le Bangladesh, l‘Inde et le Pakistan qui comptent plus de 15 millions
d‘enfants non scolarisés. La part des ressources nationales que l‘Asie du Sud et de l‘Ouest affecte
à l‘éducation est inférieure à celle des Etats Arabes et des pays de l‘Afrique subsaharienne. Selon
l‘UNICEF, pendant la décennie 1995-2005, l‘Inde a consacré en moyenne 2 pour cent de ses dé-
penses nationales à l‘éducation et 13 pour cent à la défense. Les chiffres correspondants sont de 1
et 20 pour cent le Pakistan, de 6 et 3 pour cent pour le Brésil, et de 10 et 8 pour cent pour la Tur-
quie. Dans la mesure où les allocations budgétaires sont un bon indicateur des priorités politiques,
R
force est de constater que l‘Asie du Sud, zone cible de la campagne mondiale contre le travail des
enfants, ne se mobilise pas suffisamment en faveur de l‘éducation universelle et, indirectement,
LM
de l‘élimination du travail des enfants.
Par conséquent, les tendances actuelles se confirment, des millions d‘enfants – 56 millions au mi-
EC
nimum – ne seront pas scolarisés en 2005. La dure réalité est que le monde n‘est pas en bonne voie
pour assurer l‘éducation primaire pour tous d‘ici à 2015 ni pour atteindre les sept autre OMD. Il ne
AV
semble pas davantage en mesure d‘éliminer les pires formes de travail des enfants d‘ici à 2016.
RS
niveau des pays en développement. Il importe donc de mobiliser les énergies autour des mesures
CO
les plus susceptibles d‘avoir un réel impact sur le travail des enfants et dagir notamment contre
la pauvreté et les inégalités. Cependant, la plupart des initiatives lancées à l‘échelle internatio-
nale pour faire reculer le travail des enfants, et plus particulièrement les interventions sur pro-
jet, semblent occuper une place très marginale dans le débat politique. Le récent guide de l‘IPEC
sur l‘intégration des questions relatives au travail des enfants souligne la nécessite d‘examiner
l‘élimination du travail des enfants en la replaçant dans son contexte. L‘exemple classique à cet
égard est l‘étude de Myron Weiner sur l‘Inde, qui voit dans l‘idéologie des élites un obstacle à
l‘éducation de masse et à l‘élimination du travail des enfants. Il est important d‘identifier les prin-
cipaux acteurs du processus politique qui sont en mesure de placer le travail des enfants au centre
des préoccupations politiques, à savoir les ministères, les parlementaires, les partenaires sociaux,
les acteurs de la société civile et des organismes externes tels que les institutions des Nations Unies
et les banques régionales de développement. Le facteur temps est décisif. La lutte contre le tra-
vail des enfants pour être définie comme l‘art du possible dans la mesure où il s‘agit de saisir et
d‘exploiter au mieux toutes les possibilités politiques. Pour convaincre les responsables politiques,
il faut s‘appuyer sur des éléments tangibles et des arguments persuasifs leur faisant comprendre
qu‘ils ne peuvent atteindre leurs principaux objectifs nationaux sans s‘attaquer au problème du
travail des enfants. Il faut également les inciter à allouer des crédits budgétaires suffisants aux po-
litiques, programmes et services publics dont les enfants ont besoin.
Pour mettre en œuvre des politiques et des programmes, il faut disposer de capacités suffisantes
aux niveaux local et régional, ce qui n‘est pas le cas dans de nombreux pays en développement.
455
Il faut également que les partenaires sociaux et leurs alliés de la société civile assurent un suivi
systématique des progrès réalisés. Leur participation aux consultations tripartites et aux initia-
tives nationales ainsi que leur rôle représentatif dans les entreprises doivent être renforcés pour
qu‘ils puissent tirer pleinement parti de leur avantage comparatif. Ainsi, l‘élimination du travail
des enfants exige des efforts constants. Elle passe essentiellement par l‘action politique.
Un long chemin reste à parcourir avant que soit instauré le climat politique nécessaire pour que
les plus hautes instances décisionnelles et ceux qui établissent les budgets nationaux accordent
une place prioritaire la lutte contre le travail des enfants. La partie II du présent rapport a présenté
plusieurs exemples de pays ayant fait preuve d‘une telle volonté politique. S‘il est facile de faire
preuve d‘une telle volonté politique. S‘il est facile de faire des promesses dans les réunions inter-
nationales, il est beaucoup plus difficile de les tenir. Un des messages clés de ce rapport est qu‘il
faut honorer les engagements qui ont été pris.
Des mesures stratégiquement recentrées sont nécessaires dans une période difficile
Si l‘on veut atteindre les objectifs de 2016, il faut une plus forte adhésion à l‘échelon national
et il faut pour cela le soutien des organisations d‘employeurs et de travailleurs. Il est nécessaire
de combler les lacunes en matière de connaissances et de courir plus largement aux médias et
à d‘autres grands défenseurs de notre cause pour mener des campagnes de sensibilisation plus
sélectives. Les efforts de l‘OIT visant à augmenter le nombre des ratifications doivent cibler plus
particulièrement l‘Asie du Sud. Dans le cadre d‘une approche régionale, davantage d‘attention doit
R
être accordée à l‘Afrique qui risque fortement de ne pas atteindre les OMD ni l‘objectif 2016. Des
efforts supplémentaires doivent être consentis concernant certaines des pires formes du travail
LM
des enfants, à savoir les enfants dans les conflits, et pour aller au-devant des exclus de la société.
Comme nous l‘avons vu dans la partie I, des bases solides ont déjà été jetées. Le BIT rencontre en-
EC
core des difficultés dans le secteur agricole et il faut également prendre en compte les retombées
Eventuelles de la crise économique et sociale survenue fin 2008. Cela dit, les défis sont loin d‘être
AV
insurmontables.
Adhésion nationale et intensification de l‘action
RS
Beaucoup trop d‘interventions contre le travail des enfants restent des initiatives pilotes d‘envergure
U
qui parviennent difficilement à dépasser le stade expérimental. De trop nombreux projets ne peuvent
être reconduits à une plus grande échelle, et l‘aide extérieur ne dote pas les pays de moyens qui
CO
leur permettraient de franchir le cap. L‘initiative récente de l‘Etat brésilien de Bahia visant à sup-
primer totalement le travail des enfants d‘ici à 2015 comporte de nouveaux objectifs ambitieux
susceptibles d‘inspirer d‘autre grands Etas fédéraux. Comme le Brésil l‘a encore une fois montré,
les programmes de transferts monétaires conditionnels offrent d‘immenses possibilités pour in-
tensifier l‘action.
Programmes assortis de délais
Les programmes assortis de délais (PAD) constituent un autre mécanisme permettant de déployer
les activités sur une plus grande échelle. Cette approche a été lancée au moment du premier rap-
port global (2002). Elle est née de la réflexion menée dans les années quatre-vingt par le BIT pour
élargir la portée de son action. Les PAD sont des programmes gérés par les pays et appuyés par le
BIT et d‘autres partenaires de développement. Ils ont pour objectif de lier le travail des enfants au
contexte plus large du développement national. Le rapport global de 2006 attirait l‘attention sur
des problèmes concernant l‘efficacité du soutien politique, l‘appropriation locale et nationale, les
contraintes budgétaires et la nécessité de concevoir et de mettre en œuvre des projets visant à ren-
forcer le cohérence et la durabilité des effets. Il suggérait en outre que les PAD soient considérés
comme des programmes relevant du domaine public qui nécessitent l‘appui d‘autres institutions
internationales. Ce rapport attirait plus particulièrement l‘attention sur la nécessité de mettre en
place des projets pouvant accueillir les diverses interventions requises pour atteindre des résultats
durables, et notamment sur l‘équilibre et interventions ciblées aux fins de démonstration.
456
Transferts monétaires conditionnels
De nombreuses évaluations confirment que les transferts monétaires conditionnels (TMC) donnent
des résultats prometteurs dans un certain nombre de domaines tels que la réduction de la pau-
vreté, la fréquentation scolaire et les disparités entre les sexes. Le problème essentiel est de sa-
voir dans quelle mesure ce type d‘initiative peut être reproduit. La plupart des TMC ont été mis
en œuvre en Amérique latine et dans les Caraïbes, région où le travail des enfants est moins ré-
pandu qu‘en Afrique et en Asie et où les problèmes de ressources et d‘offre sont plus facilement
surmontables. La pertinence de l‘approche axée sur les TMC au regard du travail des enfants réside
précisément dans le fait qu‘elle peut être reproduite dans tous les pays en développement.
La mise en place des programmes de TMC se heurte à certains obstacles. Des ressources impor-
tantes sont nécessaires pour financer les transferts, atteindre un grand nombre de bénéficiaires
et maintenir les programmes suffisamment longtemps pour obtenir des résultats durables. Les
besoins en données peuvent être importants pour le ciblage, le suivi et l‘évaluation, et cela peut
constituer un handicap majeur pour les pays les moins développés. La disponibilité et la qualité
des services – des écoles, par exemple – sont des conditions essentielles qui ne sont pas toujours
remplies. Les programmes doivent prévoir des options de sortie appropriées pour éviter la dépen-
dance à long terme des bénéficiaires.
Du point de vue du travail des enfants, l‘approche TMC a pour avantage essentiel de s‘attaquer
aux causes profondes du problème, à savoir la pauvreté chronique, la vulnérabilité aux chocs éco-
R
nomiques et les difficultés d‘accès à l‘éducation. Cette approche est en outre un bon compromis
entre les interventions ciblées qui sont généralement coûteuses et d‘envergure limitée et les initia-
LM
tives à très grande échelle qui ont besoin de temps pour être efficaces. De plus, elle met davantage
l‘accent sur la prévention que sur le traitement. Cet aspect est stratégiquement important car il
EC
est indispensable d‘adopter des approches moins directes et plus systématiques pour atteindre
l‘objectif 2006.
AV
Cependant, l‘intégration de considération relative au travail des enfants dans les programmes de
TMC risque de les surcharger et de les détourner de leurs objectifs premiers. La multiplicité des
RS
formes des déterminants du travail des enfants, dont certains ne peuvent être adéquatement trai-
tés dans cadre unique d‘un programme de TMC, pose également un problème. Les transferts mo-
U
nétaires conditionnels risquent d‘être moins efficaces contre certaines des pires formes du travail
CO
des enfants, comme le travail forcé, l‘exploitation sexuelle à des fins commerciales et l‘enrôlement
des enfants dans des conflits armés. Dans ce genre de situation, les enfants peuvent être victimes
de violences au sein du foyer familial, ne pas vivre chez leurs parents ou leurs tuteurs, ou encore
disposer de revenu plus attractifs que ceux mis à disposition par le biais des transferts. En outre, les
programmes type TMC sont d‘une durée bien trop limitée au regard du travail de longue haleine
que requiert généralement l‘action menée contre le travail des enfants.
Cependant, il y aurait lieu de vérifier le valeur d‘une telle approche en intégrant les composantes
du travail des enfants dans les nouveaux programmes de TMC aussitôt qu‘ils sont lancés. Ces com-
posantes seront en effet mieux intégrées si l‘on intervient au moment même de la conception des
programmes.
Les transferts monétaires conditionnels devraient être à l‘avenir un élément clé des stratégies
d‘intégration des questions relatives au travail des enfants. Le BIT pourrait principalement agir
à deux niveaux. Il entreprendrait des recherches visant à mieux connaître la façon dont les trans-
ferts contribuent à la réduction du travail des enfants, et fournirait aux mandants une assistance
technique visant à les aider à intégrer dans les programmes de TMC. Des études supplémentaires
et une expérience pratique sont nécessaires pour définir par exemple quelles formes de travail
des enfants se prêtent ou non à des TMC et la meilleure manière d‘intégrer un volet « travail des
enfants » dans les divers aspects des programmes de TMC.
Le programme indonésien de transferts monétaires conditionnels 2007-2015, qui a été lancé dans
457
le cadre des mesures gouvernementales visant à éradiquer la pauvreté et les pires formes de tra-
vail des enfants, révèle actuellement son potentiel. Ce programme actuellement mis en œuvre à
titre expérimental dans 49 districts de sept provinces et verse à chaque famille une somme de 45
à 90 dollars E.-U. Calculé en fonction du nombre d‘enfants et de leur niveau scolaire. Cette aide
n‘est accordée que si les enfants sont scolarisés. Le programme s‘inspire de bonnes pratiques ré-
cemment définis dans le pays et à l‘étranger. Le BIT s‘efforce actuellement d‘intégrer les questions
relatives au travail des enfants dans le processus d‘évaluation de l‘impact de ce programme. Enfin,
le Ghana a récemment lancé un ambitieux programme intitulé « Livehood Empowerment Against
Poverty » (LEAP) qui intègre d‘entrée de jeu les questions liées au travail des enfants et qui devrait
être étendu à tout le pays.
Nations Unies : Objectifs du Millénaire pour le développement, Rapport 2009 (New York, 2009)
PIECE N ◦ 2 : Défis et possibilités d‘action dans le domaine de l‘éducation
Nous progressons trop lentement pour espérer atteindre d‘ici à 2015 l‘OMD consistant à assurer
l‘éducation primaire pour tous. Aujourd‘hui, plus de 10 pour cent des enfants en âge de fréquenter
l‘école primaire ne sont pans encore scolarisés. Pour atteindre cet OMD, il aurait fallu que tous les
enfants légalement en âge d‘entrer à l‘école primaire y aient eu accès avant 2009. Il faudrait en
outre que tous les enfants qui sont aujourd‘hui scolarisés soient maintenus dans le système, ce
qui suppose de promouvoir la qualité de l‘enseignement et de recruter un nombre suffisant de
l‘enseignants qualifiés. L‘UNESCO a calculé que 18 millions d‘enseignants doivent être recrutés si
R
l‘on veut que tous les enfants accèdent à l‘éducation primaire d‘ici à 2015.
LM
L‘éducation joue un rôle de toute évidence prioritaire dans la lutte contre le travail des enfants.
Dans les pays qui ont entrepris d‘élargir l‘accès à l‘éducation par des mesures telles que la sup-
pression des frais de scolarité et la mise en place de programmes de transferts monétaires condi-
EC
L‘élargissement de l‘accès à l‘éducation par l‘éducation gratuite et obligatoire a donc un rôle clé à
jouer dans la réduction du travail des enfants.
RS
L‘OIT ne joue pas à l‘échelle internationale un rôle central en matière d‘éducation. Cependant,
U
sa participation récente à des initiatives internationales (voir partie II du présent rapport) a per-
mis aux autres acteurs de comprendre que le combat qu‘elle mène contre le travail des enfants
CO
contribue de façon majeure à la lutte contre l‘exclusion dans le système éducatif. Le mouvement
« Education pour tous » (EPT) axe aujourd‘hui ses efforts sur l‘exclusion sociale et les groupes dif-
ficilement accessibles, reconnaissant ainsi que l‘exclusion est un obstacle majeur sur la voie de
la réalisation de l‘OMD 2. Par exemple, le rapport mondial de suivi de 2009 indique clairement
que les progrès en matière d‘éducation primaire universelle sont indissociable liés à l‘élimination
progressive du travail des enfants. L‘initiative pour la mise en œuvre du programme « Education
pour tous » (Initiative « Fast Track » recherche actuellement de nouvelles approches et entend
conclure, y compris avec l‘OIT, de nouveaux partenaires pour faire face à l‘exclusion sociale. Il
s‘agit là d‘une occasion majeure d‘intégrer les questions relatives au travail des enfants dans l‘EPT
et d‘institutionnaliser le rôle de l‘OIT.
Comme nous l‘avons vu dans la partie II de ce rapport, beaucoup a été fait pendant ces quatre der-
nières années pour mieux faire connaître, notamment au niveau mondial, les liens conceptuels et
politiques existant entre l‘élimination du travail des enfants et l‘éducation pour tous. Cependant,
convaincre les institutions internationales de traiter conjointement les deux questions.
C‘est au niveau des pays qu‘il est vraiment nécessaire d‘agir. Pour les mandants de l‘OIT, les sec-
toriels en matière d‘éducation sont une occasion sans précédent d‘inscrire le travail des enfants
à l‘ordre du jour commun en montrant aux responsables de l‘élaboration et de la planification
des politiques qu‘il est un obstacle majeur sur la voie de l‘éducation universelle. Ces plans ont
été redynamisé par l‘initiative « Fast Track ». Les pays qui font partie de cette initiative ou dési-
458
rent y participer doivent élaborer un plan global pour le secteur de l‘éducation, qui est soumis à
l‘approbation de la société civile et des donateurs.
Ce processus consultatif offre la possibilité d‘intégrer la question du travail des enfants dans les
plans nationaux d‘éducation. Cette question doit être prise en compte dans les activités de col-
lecte de données, la conception de stratégies visant à surmonter les obstacles à la scolarisation
et au maintien des enfants en milieu scolaire, les campagnes de sensibilisation, le recrutement
des enseignants, la formation et l‘appui, et le suivi de la fréquentation scolaire. De plus, les plans
du secteur de l‘éducation doivent être suffisamment financés. L‘établissement de budgets sociaux
est un élément essentiel d‘une stratégie garantissant que les plans du secteur de l‘éducation in-
tègrent la lutte contre le travail des enfants. Pour remplir sa mission à cet égard, le BIT doit par-
ticiper à l‘examen des plans nationaux d‘éducation aux côtés de ses partenaires de l‘ONU et des
donateurs, et disposer des compétences techniques nécessaires pour l‘analyse et la sensibilisation.
Cette tâche sera difficile même si de tels défis ont déjà été relevés.
Beaucoup peut être fait concernant la mise en place de programmes d‘éducation transitoires qui
permettent aux enfants d‘accéder au système formel d‘éducation ou au besoin de suivre des cours
de rattrapage et de préparer leur entrée future dans le monde du travail. C‘est en gérant le pas-
sage de l‘école à la vie active que l‘on contribuera dans une large mesure à régler le problème du
travail des enfants, notamment en ce qui concerne les moins jeunes. La gestion du passage à la
vie active est un élément essentiel de la stratégie de lutte contre le travail des enfants, notamment
en ce qui concerne les groupes d‘âge les plus élevés. Les mesures de prévention et de réinsertion
R
mises en œuvre dans le système éducatif doivent, pour une grande part, privilégier l‘orientation
LM
professionnelle afin de garantir l‘« employabilité » future des jeunes et doter ces derniers des ou-
tils requis pour entrer dans la vie active. Le BIT a beaucoup travaillé sur cette question dans le
cadre d‘un projet financé par le gouvernement suédois sur les enfants et le travail. L‘enseignement
EC
professionnel et le développement des compétences constituent donc une autre piste importante
qu‘il convient d‘explorer davantage. Les travaux du BIT sur la réinsertion économique des enfants
AV
mécanismes existants lorsque l‘OIT est amenée à s‘exprimer et à intervenir dans le débat sur
l‘éducation. Le travail du BIT sur l‘amélioration du statut et des conditions de travail des ensei-
CO
gnants doit être mieux intégrer dans l‘ensemble des activités relatives au travail des enfants, car
le bien-être des enseignants a une influence déterminante sur la qualité de l‘enseignement, la-
quelle retentit à son tout sur la scolarisation des enfants et leur maintien sur le système éducatif.
Une importante action de sensibilisation doit être menée pour faire en sorte que suffisamment
d‘enseignants qualifiés soient recrutés et épaulés dans l‘optique de la mise en place de l‘éducation
primaire universelle d‘ici à 2015.
Le travail des enfants et l‘emploi des jeunes
Pour l‘OIT, cette question reste difficile. Bien que des efforts importants aient été fait pour ren-
forcer sur le plan conceptuel le lien entre l‘élimination du travail des enfants et la promotion de
l‘emploi des jeunes, l‘action reste très lacunaire et, à l‘exception notable du projet EAST en Indo-
nésie, il n‘y a pas eu véritablement de progrès décisifs dans les programmes au cours des quatre
dernières années. Cela étant, le lien entre les deux est fondamental et permet, sur le plan straté-
gique, de faire mieux connaître les problèmes que posent l‘un et l‘[Link] l‘angle du travail et
de l‘emploi, l‘enfance et la jeunesse, qui sont les deux premiers stades de l‘existence, déterminent
dans une large mesure la réussite ou l‘échec de la vie professionnelle. Ce sont généralement les
possibilités offertes aux jeunes et l‘expérience qu‘ils acquièrent pour passer sans heurt à la vie
adulte et au monde du travail qui leur permettent de démarrer dans la vie active dans de bonnes
conditions. De même, il est fondamental de bien démarrer à l‘âge adulte. En outre, c‘est sur cette
base que se construit la prospérité future des économies et des sociétés.
459
Le travail des enfants ainsi que le chômage et le sous-emploi des jeunes sont toujours de sérieux
obstacles à la concrétisation des principes du travail décent, où que se soit dans le monde. Il faut
analyser de manière plus empirique le lien entre l‘expérience professionnelle précoce, l‘accumulation
de capital humain et l‘intégration ultérieur des jeunes et des adultes sur le marché du travail. Il est
souhaitable de renforcer les activités programmatiques relatives au travail des enfants et à l‘emploi
des jeunes dans les contextes où le travail des enfants est courant et conduit au dysfonctionnement
du marché du travail. Toutefois, les priorités et les approches peuvent être différentes en fonction
de la classe d‘âge ; les enfants astreints au travail peuvent être retirés du travail et intégrés dans le
système éducatif, tandis que les enfants qui ont dépassé l‘âge minimum d‘admission à l‘emploi
bénéficient de services destinés à améliorer leur employabilité.
Ces dernières années, la question du lien entre le travail des enfants et le chômage des jeunes a
suscité un regain d‘intérêt parmi les responsables politiques, ce qui indique l‘importance crois-
sante de ces problèmes. On constate cependant que peu de chercheurs ont essayé d‘examiner ce
lien, notamment les conséquences que peut avoir le travail des enfants pour l‘emploi lorsque les
enfants qui ont été astreints au travail arrivent à l‘âge adulte. Il existe comparativement peu de do-
cuments, par exemple sur le parcours professionnel des jeunes et des adultes qui ont été astreints
au travail quand ils étaient enfants. De même, on ne sait grand-chose sur les bonnes pratiques qui
permettent le passage d‘un programme pour l‘emploi des jeunes.
L‘analyse ci-dessus et les estimations mondiales montrent bien la nécessité d‘élaborer une straté-
gie cohérente pour la tranche d‘âge comprise entre 15 et 17 ans. Conformément aux conventions
R
de l‘OIT, ces adolescents peuvent accéder au marché du travail, pour autant qu‘ils n‘accomplissent
LM
pas des tâches considérées comme les pires formes de travail des enfants. Les initiatives qui visent
à éliminer les dangers sur le lieu de travail ou à permettre aux adolescents de passer plus facile-
ment des formes de travail décent atteignent deux objectifs parallèles car elles contribuent à ré-
EC
duire le travail des enfants tout en augmentant les possibilités d‘emplois décents pour les jeunes.
AV
Par ailleurs, si l‘on veut que le travail décent devienne une réalité tout au long de la vie profession-
nelle, il faut que les droits au travail soient assurés et respectés, quel que soit l‘âge des travailleurs.
RS
La convention n° 87 de l‘OIT proclame le droit de tous les travailleurs employeurs, sans distinc-
tion d‘aucune sorte, de constituer des organisations de leur choix, ainsi que celui de s‘affilier à ces
U
organisations. Cela inclut les droits des jeunes travailleurs de s‘affilier à syndicats ou des jeunes
chefs d‘entreprise de s‘affilier à des organisations d‘employeurs. Ces droits ne sont pas toujours
CO
respectés au niveau national, entre autre raisons parce que le droit du travail n‘est pas appliqué ef-
ficacement dans l‘agriculture et dans l‘économie informelle, secteurs qui emploient un très grand
nombre d‘enfants et de jeunes. Souvent, ils ne sont pas couverts par la législation du travail du
pays, la loi n‘est pas appliquée, ou ils sont explicitement exclus de la protection prévue par la loi
et, dans certains cas, ils n‘ont pas la possibilité d‘être en contact avec les partenaires sociaux. Il
existe toujours des obstacles juridiques et politiques dans les pays, qui rendent difficile la concré-
tisation de ces droits pour les jeunes travailleurs. Dans certains systèmes juridiques, il existe des
contradictions entre l‘âge minimum légal d‘admission à l‘emploi et le droit d‘association. Il arrive
aussi parfois que les organisations elles-mêmes n‘acceptent pas que les travailleurs les plus jeunes
qui travaillent en toute légalité s‘affilient du seul fait de leur âge.
Par conséquent, l‘IPEC a suggéré dans un document de 2007 qu‘il était urgent de réfléchir avec les
partenaires sociaux à tous les aspects du processus travail des enfants-emploi des jeunes. Il faut
de toute évidence adopter une approche nuancée car la période considérée va de 12 à 17 ans. Par
exemple, pour les jeunes de 12 à 14 ans, il faut privilégier un enseignement de qualité à temps
plein et ensuite, pour ceux de 14 à 17 ans, il faut envisager différentes options qui seront, selon
le cas, l‘enseignement professionnel et la sécurité au travail ou l‘apprentissage d‘un métier tout
en gagnant sa vie. Le message doit être plus clair et plus net : l‘OIT est favorable au travail des
jeunes, s‘il est exécuté dans des conditions décentes et légales et s‘il est librement choisi. Il faut
promouvoir des moyens de faire respecter la législation nationale interdisant aux jeunes de 15 à 17
460
ans d‘effectuer des travaux dangereux. Toutefois, les jeunes doivent toujours avoir la possibilité de
suivre un enseignement et une formation. Le message qu‘il convient de transmettre est le suivant :
les efforts déployés par l‘OIT pour combattre le travail des enfants et promouvoir l‘emploi décent
des jeunes sont complémentaires car l‘Organisation s‘emploie à mettre des enfants et les jeunes
travailleurs sur la bonne voie, celle du travail décent.
Les partenaires sociaux sont bien placés pour jouer un rôle de premier plan dans l‘élaboration de la
politique dans ce domaine, tout en répondant aux besoins des jeunes travailleurs dans l‘économie
informelle. Il faut pour cela s‘appuyer sur une analyse des droits et des besoins des jeunes tra-
vailleurs, aussi bien dans l‘économie formelle que dans l‘économie informelle, et du rôle que les
partenaires sociaux peuvent jouer à cet égard dans le cadre de l‘Agenda du travail décent.
Enfin, l‘OIT joue un rôle de chef de file en ce qui concerne l‘emploi des jeunes dans des situations
post-conflits. L‘OIT et le PNUD ont contribué à l‘élaboration de la politique de Nations Unies pour
la création d‘emplois, de revenus et la réintégration dans les situations post-conflits adoptée en
mai 2008. Ce document stratégique place l‘emploi au cœur de toutes les stratégies de relèvement
et de réintégration dans les pays qui sortent d‘un conflit au accorde une attention particulièrement
aux besoins et aux capacités des jeunes. Cependant, il reconnaît que la création d‘emplois pour les
jeunes dans un pays sortant d‘un conflit est un enjeu de taille car on compte parmi eux un nombre
anormalement élevé à la fois de victimes et d‘auteurs de conflits. Les jeunes ont donc besoin d‘une
aide sélective et ciblée s‘ils veulent échapper au cercle vicieux de la violence, de la pauvreté, de
l‘analphabétisme et de l‘exclusion sociale. L‘enjeu consiste à leur offrir la possibilité d‘exercer une
R
activité rémunérée en tant que salarié ou dans le cadre d‘une activité indépendant à l‘issue d‘un
LM
conflit. La fin d‘un conflit est donc une occasion extraordinaire de promouvoir le travail décent
pour les jeunes, et la communauté internationale se tourne de plus en plus vers le BIT pour qu‘il
fournisse une assistance technique lors de la mise en œuvre de la politique dans des pays pilotes.
EC
Nations Unies : Objectifs du Millénaire pour le développement, Rapport 2009 (New York, 2009)
AV
RS
461
prises pour établir partenaires et mettre au point des outils, la réalisation de cet objectif semble en-
core bien loin. Par exemple, l‘agriculture est généralement reléguée au second rang lorsqu‘il s‘agit
d‘examiner au niveau national les listes de travaux dangereux et de revoir la législation. Dans de
nombreux pays, la législation du travail a toujours une portée limitée ou est sans objet, ou elle n‘est
pas suffisamment respectée, voire pas du tout, dans l‘agriculture. Les médias ne parlent pratique-
ment jamais de l‘agriculture, sauf en tant que secteur d‘exportation. Les ministères de l‘agriculture
s‘intéressent généralement davantage à la production qu‘aux questions sociales ou au problème
du travail des enfants.
Le lancement en 2007 du partenariat international important décrit dans la partie II de ce rap-
port a permis à l‘OIT d‘améliorer son image à l‘échelle mondiale dans l‘agriculture et l‘emploi
rural. La possibilité de collaborer plus étroitement au niveau national avec des organismes par-
tenaires internationaux dans le secteur agricole représente encore un défi majeur. Pour relever ce
défi, l‘IPEC a prévu une nouvelle initiative dans l‘agriculture, portant sur la période 2009-2012,
pour permettre à l‘OIT de jouer ce rôle d‘intégration avec plus d‘efficacité. Ce projet s‘articulera
autour de trois éléments : établissement de partenariat et élaboration de politiques cohérentes à
l‘échelle mondiale concernant le travail des enfants, en coopération avec les organismes agricoles
internationaux ; amélioration des données sur les enfants travaillant dans l‘agriculture ; et travaux
approfondis dans certains pays pour démontrer l‘utilité des bonnes pratiques pour lutter contre le
travail des enfants dans l‘agriculture et contribuer au renforcement de la capacité des mandants.
Le projet mettra à profit l‘expérience considérable acquise dans le cadre des projets réalisés par
R
l‘IPEC dans des zones rurales ainsi que les très nombreuses possibilités qu‘ils offrent. Des projets
ont été notamment exécutés dans l‘agriculture en Afrique et en Amérique centrale et ils ont permis
LM
de tirer des enseignements importants dont la nouvelle initiative pourra s‘inspirer.
Depuis quelques années, l‘agriculture et la sécurité alimentaire en particulier sont au centre des
EC
débats sur le développement, comme l‘ont prouvé la réunion du G8 en juillet 2009 et celle du G20
en septembre. Les 20 milliards de dollars alloués au plan de développement pour l‘agriculture en
AV
Afrique sur trois ans, annoncés au Sommet du G8, devraient être utilisés pour aider les petits agri-
culteurs mais aussi prévenir le travail des enfants, ce qui pourrait nécessiter des fonds supplémen-
RS
taires. Il importe maintenant que l‘agriculture devienne un domaine prioritaire pour l‘élimination
du travail des enfants.
U
Le rapport de 2006 indiquait en outre que, parmi les pires formes de travail des enfants, nom-
breuses étaient celles auxquelles il était accordé relativement peu d‘attention sur le plan politique
et pour lesquelles aucune mesure efficace n‘avait été prise. Ces pires formes, qui sont dans une
large mesure invisibles, sont les plus difficiles à appréhender et leur mise en évidence suscite
souvent des réactions. Cette catégorie comprend l‘enrôlement dans les conflits armés, le travail
forcé, la servitude pour dettes et les activités illicites ainsi que, dans certains cas, le travail do-
mestique. Les enfants concernés par le travail forcé, servitude pour dette et le travail domestique
sont très nombreux, tandis que le nombre de ceux qui exercent d‘autres de ces pires formes de
travail, comme les activités illicites, est relativement faible. Cette catégorie englobe aussi le travail
induit par le VIH qui touche l‘Afrique subsaharienne dans une proportion significative ainsi que
les enfants migrants qui sont une cause de préoccupation nouvelle. Bon nombre de ces formes de
travail des enfants, si ce n‘est la plupart d‘entre elles, ont un point commun, à savoir une propor-
tion anormalement élevée de filles.
Travail forcé et servitude pour dettes
Ces pires formes de travail des enfants représentent toujours un défi pour le mouvement mon-
dial. Les politiques et programmes mis en place sont plus ou moins uniformes d‘une région à
l‘autre. D‘après le rapport global de 2002 sur le travail des enfants et celui de 2005 sur le travail
forcé, le nombre global d‘enfants victimes de travail forcé ou réduits en servitude pour dettes était
462
d‘environ de ces formes de travail. Les statistiques sur le travail forcé font en général défaut. L‘IPEC
a commandé plusieurs études de pays et travaux méthodologiques, qui ont commencé en 2007 et
devaient se terminer en 2012 mais, en raison d‘énormes difficultés politiques, certains pays dans
lesquels le travail forcé des enfants est très répandu n‘ont pas été pris en compte. L‘application
d‘une méthode de quantification fiable demeure difficile. Les liens politiques entre le traite et les
migrations ont donné lieu à une surabondance de travaux de recherche sur la traite dans un laps
de temps relativement court. Parallèlement, des études sur le travail forcé ont été réalisées dans
plusieurs institutions, parmi lesquelles l‘International Institute of Social History à Amsterdam et
les universités du Minas Gerais à Belo Horizonte (Brésil), de Bochum et de Trèves (Allemagne), de
Nottingham et de Hull (Royaum-Uni), ce qui a doté l‘IPEC et le programme d‘action spécial pour
combattre le travail forcé (SAP-FL) d‘un vaste réseau universitaire en vue d‘une collaboration à
venir. L‘une des principales tendances observées a été le passage à une historiographie regrou-
pant l‘étude de l‘esclavage, du travail forcé et du travail libre. En Inde, des études approfondies
et sectorielles sur la servitude pour dettes ont été réalisées au cours de ces dernières années. Des
travaux de recherche dans ce domaine menés en Inde dans le cadre du programme SAP-FL ont dé-
montré dans quelle mesure les enfants sont encore prisonniers de ce système dans des industries
très diverses, comme le tissage de tapis, le dévidage des cocons et le tissage de la soie et la pro-
duction de graines de coton hybrides. Les migrants et les populations autochtones risquent plus
particulièrement de tomber dans la servitude pur dette. Le rapport global de 2005 recommandait
l‘organisation d‘une campagne mondiale pour éradiquer toutes les formes de travail forcé d‘ici à
2015. Il était demandé tous les Etats Membres concernés de concevoir et de mettre en place des
R
programmes d‘action assortis de délais en vue d‘éradiquer le travail forcé d‘ici à la fin de 2008.
LM
En effet, d‘après les chiffres, cela semblait être un objectif réalisable et non un rêve inaccessible.
En outre, la servitude pour dettes est en grade partie limitée à l‘Asie du Sud et, même en Inde,
plus souvent à un petit nombre d‘Etats. D‘ailleurs, au début des années quatre-vingt, ce fait avait
EC
amené les chercheurs du BIT à conclure que la servitude pour dettes des enfants serait la cible la
plus facile à atteindre dans le cadre d‘une campagne mondiale.
AV
Depuis qu‘il existe, le mouvement syndical mondial participe à la lutte contre l‘esclavage et la ser-
RS
vitude pour dettes, et c‘est l‘un des éléments qui a motivé l‘engagement de syndicats contre le colo-
nialisme. A la Conférence internationale du Travail, le groupe des travailleurs, en coopération avec
U
le groupe des employeurs, introduit depuis des années des plaintes auprès de la Commission de
l‘application des normes de la Conférence pour des cas flagrants de travail forcé et de travail forcé
CO
d‘enfants mettant en cause des pays de tous les continents. En ce qui concerne le Myanmar, cette
démarche a débouché sur la création d‘une commission d‘enquête et sur une résolution de l‘OIT.
S‘agissant du travail forcé, la CSI a récemment élargi son champ d‘action dans le cadre d‘un projet
financé par le programme SAP-FL et en créant l‘Alliance mondiale contre le travail forcé lors d‘une
conférence internationale tenue en Malaisie en septembre 2007. Les participants à la Conférence
ont identifié quatre domaines prioritaires sur lesquels les syndicats devaient axer la lutte contre
le travail forcé et la traite, à savoir la servitude pour dettes en Asie du Sud et en Amérique latine
et la possibilité d‘échanges Sud-Sud sur la question, l‘exploitation des travailleurs domestiques,
la traite en Europe et en Asie, et le Myanmar. Un mémorandum d‘accord a été signé entre la CSI
et Anti-Slavery International (ASI) pour que des ONG partenaires apportent leur soutien au plan
d‘action de la CSI et vice versa pour l‘ASI. La CSI a adopté sur cette base un programme d‘action
en 11 points en décembre 2007.
Les enfants domestiques
Le travail domestique des enfants est, dans une large mesure, effectué par des filles qu‘il est facile
d‘isoler et qui n‘ont guère de protection ou de soutien social. Beaucoup de ce filles proviennent de
zones rurales ou sont victimes de la traite. Il est cependant difficile d‘obtenir des données quanti-
tatives et qualitatives dans ce domaine.
Au début de 2006, un atelier syndical interrégional a eu lieu en vue d‘échanger des données d‘expérience
463
et a débouché sur l‘adoption d‘une action syndicale et demandant un soutien accru. En 2009, la
Confédération des syndicats des Amériques (TUCA/CSA), qui est l‘organisation régionale de la CSI
dans les Amériques, a bénéficié d‘une assistance technique du BIT pour intensifier sa lutte contre
le travail domestique des enfants. L‘expérience antérieure de syndicats de branche comme le Syn-
dicat des travailleurs de la conservation, de l‘hôtellerie, des services domestiques et connexes de
la RépubliqueUnie de Tanzanie (CHODAWU) et le Samahang Ugnayan ng mga Manggagawang
Pang-tahanan sa Pilipinas (SUMAPI) des Philippines avait démontré l‘impact que les syndicats
pouvaient avoir dans ce domaine particulièrement difficile pour l‘organisation des travailleurs.
Depuis l‘atelier de 2006, des campagnes de sensibilisation ont été organisées en Afrique de l‘Est.
Les activités menées par le CHODAWU en République-Unie de Tanzanie ont été un excellent
exemple de ce que peut faire un syndicat dans ce contexte. Il travaille avec des ONG et des autorités
locales depuis plus de dix ans pour repérer les endroits où des enfants travaillent comme domes-
tique. La cartographie physique et sociale de zones locales, mettant particulièrement l‘accent sur
l‘accès aux services de base, s‘est révélée être une technique efficace pour identifier les familles les
plus vulnérables. Par exemple, quand il faut marcher cinq kilomètres pour trouver de l‘eau, il peut
sembler très attractif d‘envoyer les enfants dans des zones urbaines. La technique de la cartogra-
phie a permis au CHODAWU d‘élaborer des plans d‘action axés sur la prévention. Cette question
doit être maintenant envisagée dans le contexte général de l‘élaboration éventuelle d‘une nouvelle
norme internationale du travail sur les travailleurs domestiques en 2011. En mars 2008, le Conseil
d‘administration du BIT a inscrit à l‘ordre du jour de la 99ème session (2010) de la Conférence
R
internationale du Travail une question normative sur le travail décent pour les travailleurs domes-
tiques. Pour préparer cette discussion, le Bureau a établi un rapport sur la législation et la pratique,
LM
qui appelle notamment l‘attention sur l‘action menée par l‘IPEC pour sensibiliser les parents et les
tuteurs à la question du travail domestique des enfants, en mentionnant des expériences réalisées
EC
en Afrique de l‘Est.
Les enfants victimes des conflits armés
AV
Selon l‘UNICEF, un peu plus d‘un milliard d‘enfants vit dans des pays ou des territoires touchés
RS
par un conflit armé. La communauté internationale doit s‘employer davantage à contrer les effets
d‘un conflit et accorder plus d‘attention aux Etats fragile. Bien que le nombre de conflits diminue,
U
ceux qui subsistent sont de plus en plus profondément enracinés – la moitié des conflits qui durent
depuis plus de vingt ans sont jugés insolubles. La plupart du temps, un conflit violent engendre
CO
une grande pauvreté. Dans les pays fragiles, 1,4 milliard de personnes vivent au-dessous du seuil
de pauvreté et 50 pour cent des enfants ne sont pas scolarisés dans l‘enseignement primaire. Trop
souvent, la communauté internationale veut exploiter immédiatement l‘occasion offerte par la fin
du conflit. Or il faut pour cela bien comprendre tous les tenants et aboutissants de la situation
politique, y compris les questions de l‘exclusion sociale et du chômage des jeunes.
Le fait que le document d‘orientation sur l‘aide publié par le gouvernement du Royaume-Uni en
2009 accorde la priorité aux pays fragiles attire l‘attention sur la gravité de cette question restée
dans l‘ombre et permet de donner une plus grade visibilité à l‘action menée par l‘OIT dans ce
domaine.
Dans ce volet relativement nouveau de ses programmes, le BIT cherche à renforcer la capacité des
partenaires et fait porter ses efforts sur la réintégration économique des enfants en âge de travailler
qui ont été associés à des groupes et forces armés. C‘est pour le BIT un domaine d‘action inédit qui
présente des liens à exploiter avec l‘emploi des jeunes et « Focus Africa ». Dans le cadre de deux
projets successifs sur le terrain, l‘IPEC a mis au point un modèle d‘approche axé sur la préparation
à la vie professionnelle. Bien que d‘autres acteurs travaillent dans ce domaine, l‘OIT est reconnue
jouant un rôle de premier plan.
Il existe de nombreuses possibilités de développer ce rôle dans l‘avenir. Mettre fin au travail des
enfants doit être considéré comme une contribution à la paix et à la sécurité. Il est, par exemple,
464
possible de contribuer à l‘amélioration des volets économiques des programmes de libération et
de réinsertion des enfants en élaborant des outils comme le nouveau module jeunesse des Normes
intégrées de désarmement, démobilisation et réintégration des Nations Unies et le futur vade-
mecum du BIT sur la réintégration économique des enfants en âge de travailler qui ont été associés
à des groupes et forces armés. De plus, un travail de sensibilisation et de mobilisation est néces-
saire pour que la question soit inscrite au programme d‘organisations partenaires qui s‘occupent
d‘enfants associés à des groupes et forces armés.
Il faut s‘attaquer de façon plus systématique aux répercussions des situations de conflit et de post-
conflit, y compris les situations d‘urgence, sur les pires formes de travail des enfants, à savoir non
seulement le recrutement d‘enfants comme soldats, mais aussi exploitation sexuelle à des fins
commerciales, le travail forcé et la traite. Dans cette perspective, le BIT a commandé une étude
approfondie sur le lien de cause à effet entre conflits armés et pires formes de travail des enfants.
Cette étude porte sur la situation en Sierra Leone, en Angola, dans le sud du Soudan et à la fron-
tière du Sénégal entre la Casamance et la Guinée-Bissau. Elle devra faire l‘objet d‘un suivi ; des ou-
tils techniques seront élaborés et des actions de sensibilisation seront menées pour faire en sorte
que l‘ONU et d‘autres organismes à vocation humanitaire inscrivent à leur programme les pires
formes de travail des enfants. C‘est là pour l‘OIT une autre façon de contribuer à l‘initiative « Unis
dans l‘action ». Enfin, le document de travail du gouvernement du Royaume-Uni sur l‘aide porte
essentiellement sur des pays sortis récemment d‘un conflit, en mettant l‘accent sur la création
d‘emplois. Cela pourrait donner l‘occasion de promouvoir l‘action du BIT en établissant un lien
R
entre le fait de soustraire les enfants aux pires formes de travail des enfants et celui de les mettre
sur la bonne voie pour parvenir au travail décent. PIECE N 2 : ACTIVITES ILLICITES Le rapport glo-
LM
bal de 2002 attirait l‘attention sur l‘utilisation d‘enfants pour des activités illicites, aspect quelque
peu délaissé pour lequel aucune percée décisive n‘a été observée au cours des quatre dernières
EC
années, et cela bien que l‘on estime à 600 000 le nombre d‘enfants utilisés à cette fin, soit deux fois
plus que le nombre d‘enfants impliqués dans un conflit armé. En outre, cette forme de travail des
AV
enfants, parmi les pires, est souvent plus fréquente dans les pays développés, ce qui contribue à
compenser l‘accent mis sur les pays en développement. Trois formes d‘activités illicites doivent
RS
faire l‘objet d‘une mention spéciale : le trafic de drogues, la mendicité organisée et le crime orga-
nisé. Un certain nombre d‘activités ont été organisées sur la base des enseignements tirés du projet
U
IPEC 2002-2004 intitulé « Evaluer la situation des enfants dans la production, la vente et le trafic
de drogues (Indonésie, Philippines, Thaïlande) ». on peut notamment citer les exemples suivants :
CO
en Afrique du Sud, à partir de 2005, dans le cadre de la composante « Utilisation d‘enfants par des
adultes pour commettre des crimes » du projet de l‘IPEC destiné à appuyer le programme national
assorti de délais, ainsi que l‘initiative sous-régionale pour le Mékong et le projet régional dans les
Balkans. En ce qui concerne le projet de l‘IPEC dans les Balkans, des efforts significatifs ont été faits
en Bulgarie pour assurer la cohérence de la législation dépénalisant les enfants qui, en se livrant à
des activités illicites, sont victimes des pires formes de travail des enfants. Dans de nombreux Etats
Membres, il s‘agit d‘une question politiquement sensible mais les dispositions de la convention
n° 182 ne seront pleinement appliquées que si des mesures sont prises. L‘amélioration de la col-
lecte des données est un élément important de toute stratégie future pour inscrire cette question à
l‘ordre du jour des politiques internationales. La marche à suivre pourrait être d‘utiliser la conven-
tion n° 182 pour établir un lien entre le système de justice pénal et la lutte contre le travail des en-
fants. La nécessité d‘assurer le suivi de l‘étude des Nations Unies sur la violence et des travaux de
la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence à l‘encontre
des enfants revêt une importance toute particulière. L‘impact du VIH/sida sur le travail des enfants
L‘élaboration d‘un plan d‘action national qui intègre le travail des enfants dû au VIH est encore une
nécessité dans la plupart des pays qui sont touchés, particulièrement en Afrique subsaharienne.
Les liens entre le VIH/sida, le travail des enfants, l‘éducation et l‘égalité entre hommes et femmes
sont méconnus. La nouvelle norme sur « le VIH/sida et le monde du travail » qui doit être adop-
tée en 2010 permettra de faire mieux connaître ces liens et d‘entreprendre de nouvelles actions de
sensibilisation. Enfin, les interventions sont malheureusement encore effectuées sur une petite
465
échelle par rapport au problème et il faut donc les intensifier pour qu‘elles aient un impact. Les
enfants migrants : une préoccupation nouvelle Selon les estimations, 214 millions de personnes à
travers le monde – soit 3,1 pour cent de la population mondiale – sont des migrants internationaux.
Le nombre de migrants internes est peut-être même plus élevé : rien qu‘en Chine on dénombrait
140 millions de migrants internes en 2005. Les jeunes représentent une énorme proportion des
migrants dans le monde – près du tiers des flux migratoires en provenance de tous les pays en dé-
veloppement est constitué de personnes de 12 à 24 ans. Il s‘agit d‘un sujet controversé car il pose
la question de savoir s‘il faut empêcher les enfants de migrer ou leur permettre de le faire dans
des conditions plus sûres. Le point de vue dominant est qu‘il faut les empêcher de migrer dans
des conditions dangereuses. Il est matériellement possible et souhaitable d‘améliorer la protec-
tion des jeunes migrants sans que cela revienne à les encourager à partir de chez eux ou à émigrer.
Il n‘a pas été démontré que les enfants qui migrent avec leur famille sont plus vulnérables au tra-
vail des enfants. Les risques sont liés à la situation de la famille et aux secteurs économiques. Les
enfants migrants se déplacent majoritairement avec leur famille, mais tel n‘est pas le cas de beau-
coup d‘entre eux. Ceux-ci sont plus vulnérables au travail des enfants. Dans le rapport de mai 2009
du Rapporteur spécial sur les droits de l‘homme des travailleurs migrants, il est dit que « les Etats
[devraient] tenir compte du fait que les enfants migrants, en particulier les enfants non accompa-
gnés, courent le plus grand risque d‘être soumis aux pires formes du travail des enfants. La plupart
des enfants migrants travaillent dans des secteurs comme l‘agriculture, le travail domestique et
l‘économie informelle urbaine, sont souvent confrontés à des conditions de travail dangereuses
et risquent d‘être victimes de mauvais traitements. Dans les cas où les adultes migrent sans leurs
R
enfants, les envois de fonds pourraient contribuer à résoudre en partie le problème du travail des
LM
enfants. En 2008, on a estimé à 328 milliards de dollars le montant des fonds envoyés dans les pays
en développement. Il a été indiqué dans des études récentes que les envois de fonds contribuer à
scolariser les enfants et à combler le fossé entre Hommes et femmes. D‘autres études sont néces-
EC
saires pour déterminer les conditions dans lesquelles la migration des adultes peut être bénéfique
pour les enfants et réduire le travail des enfants. Ces études doivent tenir compte des disparités
AV
entre les sexes compte tenu des risques particuliers auxquels sont exposées les filles pendant le
processus migratoire. En tout état de cause, on ne peut pas fermer les yeux sur la question des
RS
enfants migrants et ceux-ci doivent protégés contre les mauvais traitements et l‘exploitation. Les
enfants handicapés et les autres enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux Les acteurs de la
U
lutte contre le travail des enfants doivent prêter davantage d‘attention aux besoins des enfants
CO
souffrant d‘un handicap physique et de ceux qui ont des difficultés d‘apprentissage particulières.
L‘impossibilité pour les systèmes d‘enseignement classiques d‘apporter le soutien nécessaire aux
enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux peut être une source d‘inconvénients majeure pour
les enfants qui essaient d‘avoir accès à l‘instruction, sans parler de l‘ostracisme dont ils font tou-
jours l‘objet de la part de ceux qui les voient comme différents. Les enfants handicapés sont parmi
ceux qui sont le plus marginalisés et le moins susceptibles d‘aller à l‘école. La différence entre les
taux de fréquentation scolaire dans l‘enseignement primaire des enfants handicapés et des autres
varie de 10 points de pourcentage en Inde à près de 60 en Indonésie. La distance à parcourir pour
aller à l‘école et la configuration des locaux scolaires peuvent être des obstacles à la fréquentation
des enfants handicapés physique. Et le manque d‘enseignants qualifiés et de personnel auxiliaire
peut aussi être un obstacle pour les enfants ayant des difficultés d‘apprentissage particulières. Il
faut une volonté politique des pouvoirs publics efficaces pour surmonter les attitudes négatives et
garantir le droit à l‘éducation des enfants qui ont des besoins éducatifs spéciaux. L‘éducation pour
tous est par définition un but universel. Les enfants qui ne peuvent pas avoir accès à l‘éducation,
y compris ceux qui se trouvent dans cette situation car le système éducatif ne peut pas répondre à
leurs besoins particuliers, risquent d‘atterrir sur le marché du travail où leur manque d‘instruction
peut être un facteur aggravant de leur vulnérabilité particulière aux pires formes de travail des
enfants. L‘exercice d‘activités dangereuses dans des ateliers, des mines et des champs peut être
à l‘origine d‘accidents et de maladies professionnelles qui mettent en péril les enfants. Les cas
les plus extrêmes sont ceux d‘enfants délibérément rendus infirmes pour qu‘ils aillent mendier
466
dans la rue. D‘autres enfants handicapés ne travaillent pas mais sont désœuvrés, sans éducation
de base ni qualifications. Une question essentielle qui est actuellement à l‘ordre du jour dans les
Etats Membres et qui, conformément à la convention n° 182, nécessite davantage d‘attention et
de ressources est celle du rattrapage scolaire dans le cadre de programmes transitoires qui per-
mettent à ces enfants d‘atteindre au moins le niveau élémentaire et, s‘ils le souhaitent, de revenir
dans l‘enseignement ordinaire ou de commencer une formation professionnelle.
Rôle et engagement des partenaires sociaux
Les partenaires sociaux ont joué un rôle décisif dans les efforts déployés aux échelons national
et international pour mettre en terme au travail des enfants. Comme nous l‘avons vu plus haut,
ils ont joué ce rôle soit en organisant délibérément des campagnes de lutte et de sensibilisation,
soit en s‘acquittant au mieux de leur mission fondamentale : s‘efforcer d‘être de bons employeurs
et des syndicats fiables, aptes à représenter leurs membres dans la concertation et la négociation
collective. Il se peut que certains acteurs du mouvement mondial n‘aient pas pleinement com-
pris cette seconde approche. Les syndicats n‘ont pas pour vocation de se mobiliser autour d‘un
seul thème, et les syndicats indépendants, qui sont financièrement autonomes, ne sont pas tri-
butaires de donateurs. En termes de représentativité et de stratégie, l‘éventail de leurs respon-
sabilités est très large – le travail des enfants n‘en est que l‘une des composantes ; par ailleurs,
la plupart d‘entre eux sont confrontés à de graves difficultés financières. Certaines organisations
choisissent parfois de placer délibérément le travail des enfants au premier rang de leurs thèmes
mobilisateurs – c‘est notamment le cas des fédérations syndicales mondiales qui, au cours des der-
R
nières années, sont intervenues dans les secteurs de l‘éducation, de l‘agriculture, du bâtiment, des
LM
mines et de la confection. D‘autres organisations, dont les secteurs respectifs sont moins directe-
ment touchés par le problème du travail des enfants, choisissent d‘autres modes d‘action. Quoi
qu‘il en soit, l‘élimination du travail des enfants reste un principe fondamental pour les unes et
EC
les autres. Parfois, la question du travail des enfants est l‘élément qui ouvre la voie au dialogue
avec les employeurs, notamment dans l‘économie informelle. Dans d‘autres secteurs, et en par-
AV
ticulier dans l‘économie formelle, où elle ne présente sans doute pas untel caractère d‘urgence,
la question du travail des enfants est abordée dans le cadre des initiatives relatives à la respon-
RS
sabilité sociale des entreprises ou dans celui des négociations concernant les chaines mondiales
d‘approvisionnement et la soustraitance.
U
Les acteurs du mouvement mondial ont des rôles différents. C‘est aux services publics qu‘il in-
CO
combe de soustraire au plus vite les enfants aux pires formes de travail et de leur fournir les ser-
vices nécessaires ; souvent, ce sont aussi des organisations bénévoles financées par des donateurs
qui s‘acquittent de cette tâche. Il n‘ya donc pas lieu de reprocher aux partenaires sociaux de ne
pas répondre à des sollicitations qui les amèneraient à endosser un rôle qui ne répond pas à leur
véritable raison d‘être.
Deux questions se posent toutefois. Premièrement, serait-il envisageable d‘accroître les ressources
des services publics, afin qu‘ils soient mieux en mesure de proposer aux enfants les services re-
quis et de mettre en place les compétences qui assureront la pérennité de ces services lorsque les
projets financés par les donateurs prennent fin ? Comment opérer le partage des services entre le
secteur public et le secteur bénévole ? Si certains pays considèrent que les services en question
relèvent de la compétence de l‘Etat, d‘autres en ont confié une grande partie à des organisations
bénévoles ou confessionnelles. Deuxièmement, peut-on concevoir d‘affecter les ressources finan-
cières des donateurs à des activités qui permettraient aux partenaires sociaux d‘être encore mieux
en mesure de mettre leurs avantages comparatifs au service de la lutte contre le travail des enfants ?
Les syndicats disposent en effet, nous l‘avons déjà signalé, d‘avantages comparatifs importants
dont il serait possible de tirer un meilleur parti et qui tiennent, comme dans le cas de ces organi-
sations de travailleurs ruraux qui sont parvenues ces dernières années à recruter des millions de
nouveaux membres dans plusieurs pays, à la taille de leurs effectifs, à leur présence au sein des
collectivités locales et sur les lieux de travail et aux pressions qu‘ils sont en mesure d‘exercer. Si
467
c‘est à l‘Etat qu‘il appartient de veiller à ce qu‘il n‘y ait pas de travail sans protection sociale, les
activités menées par les syndicats et les employeurs dans l‘économie informelle vont également
dans ce sens, dans la mesure où les uns comme les autres ont tout intérêt à ce que les relations
contractuelles soient régies par la loi.
Si l‘on en juge d‘après la multiplicité des initiatives qui ont été prises dans le monde entier et qui
ont permis à des millions de travailleurs de l‘économie informelle de rallier le mouvement syndi-
cal, on ne peut que reconnaître l‘incontestable valeur de l‘organisation collective (des travailleurs,
mais aussi des employeurs), tant pour assurer une protection dans le cadre de l‘Etat de droit que
pour mettre en place les structures de dialogue social. S‘il est sans doute inutile de réaliser de nou-
velles études pour se convaincre de la valeur du dialogue social dans la lutte contre le travail des
enfants (surtout dans des secteurs clés comme l‘agriculture, les industries extractives, mais aussi
dans d‘autres domaines, et pour d‘autres formes du travail des enfants), il y aurait cependant beau-
coup à apprendre sur les raisons concrètes d‘une telle efficacité. Près de deux siècles d‘expérience
sont là pour confirmer cette valeur, véritable atout pour la promotion du tripartisme dans le cadre
de la réforme des Nations Unies. Il conviendrait, pour renforcer le mouvement mondial et ac-
croître son impact, de continuer à financer les échanges d‘expériences et de bonnes pratiques
(notamment entre pays du Sud) dans divers domaines – élaboration de plans d‘action nationaux
placés sont un contrôle tripartite (conformément aux dispositions de la convention n° 182), prise
en compte d‘autres domaines d‘activités notamment en matière de RSE, initiatives menées au ni-
veau de la branche, de l‘entreprise ou de l communauté. En 2006, l‘IPEC a établi une typologie
R
des modalités d‘engagement des partenaires sociaux dans le domaine du travail des enfants, qui
pourrait se révéler très utile pour la mise au point des futures stratégies. La responsabilité sociale
LM
des entreprises Nous assistons depuis une dizaine d‘années ç une véritable floraison de codes
de conduite, d‘initiatives multipartites, d‘accords-cadres internationaux, de démarches en faveur
EC
d‘un commerce éthique et autres stratégies qui constituent autant de sources d‘enseignements du
plus grand intérêt. Ces innovations sont importantes, dans la mesure où elles devraient mettre
AV
enfants dans les chaines d‘approvisionnement. De fait, les entreprises ont désormais un rôle im-
portant à jouer dans le mouvement mondial contre le travail des enfants, et leur contribution sera
U
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