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Département de Santé et Recherche génésiques,
Organisation mondiale de la Santé
Index
Prise en charge des complications Liste des
de la grossesse et de diagnostics
l'accouchement:
Abréviations
Guide destiné à la sage-femme et au
médecin Page d'acceuil
Section 1 - Principes cliniques
Travail et accouchement eutociques
TRAVAIL EUTOCIQUE
Evaluer rapidement l’état général de la patiente, en
particulier les signes vitaux (pouls, tension artérielle,
respiration, température).
Evaluer l’état du fœtus :
- Ecouter le rythme cardiaque fœtal immédiatement après une
contraction :
- compter les battements cardiaques fœtaux pendant une minute
entière, au moins toutes les 30 minutes pendant la phase active et
toutes les 5 minutes pendant la phase d’expulsion ;
- si le rythme cardiaque fœtal est anormal (inférieur à 100 btts/
min ou supérieur à 180 btts/min), penser à une souffrance fœtale.
- Si les membranes sont rompues, prendre note de la couleur du
liquide amniotique qui s’écoule :
- la présence d’un méconium épais indique qu’il faut surveiller
attentivement la patiente et qu’il peut être nécessaire d’intervenir
pour traiter une souffrance fœtale.
- l’absence d’écoulement après la rupture des membranes indique un
oligoamnios, qui risque d’être associé à une souffrance fœtale.
ACCOMPAGNEMENT PENDANT LE TRAVAIL ET
L’ACCOUCHEMENT
Encourager la future mère à se faire accompagner par une
personne de son choix qui lui apportera un soutien personnel
tout au long du travail et de l’accouchement :
- encourager l’accompagnant qu’elle a choisi pour son
accouchement à la soutenir ;
- faire le nécessaire pour que l’accompagnant puisse s’asseoir auprès
d’elle ;
- encourager l’accompagnant à lui apporter un soutien adapté
pendant le travail et l’accouchement (à lui masser le dos, lui essuyer
le front avec un gant humide, l’aider à se déplacer).
Veiller à ce que la communication passe bien avec le
personnel et à ce que celui-ci apporte un soutien
satisfaisant à la patiente :
- à ce qu’il lui explique tout ce qui va être fait, sollicite son
autorisation et lui fasse part des résultats ;
- à ce qu’il crée un climat dans lequel elle se sente soutenue et
encouragée pour accoucher et où elle ait le sentiment qu’on respecte
sa volonté ;
- à ce qu’il veille à son intimité et à la confidentialité des actes et
entretiens.
Veiller à l’hygiène de la patiente et de son environnement :
- l’encourager à se laver, à prendre un bain ou une douche au début
du travail;
- laver les régions de la vulve et du périnée avant chaque examen ;
- se laver les mains au savon avant et après chaque examen ;
- veiller à la propreté du/des lieu(x) prévu(s) pour le travail et
l’accouchement ;
- nettoyer immédiatement toute projection ou tout écoulement de
liquide.
Veiller à sa mobilité :
- l’encourager à se déplacer librement ;
- approuver la position qu’elle a choisie pour accoucher (figure P-
2).
L’encourager à vider sa vessie régulièrement.
Note : Ne pas donner systématiquement un lavement aux femmes en
travail.
L’encourager à boire et manger à sa convenance. Si elle est
visiblement très amaigrie ou se fatigue pendant le travail,
veiller à ce qu’elle soit nourrie. Les boissons nutritives sont
importantes, même à un stade avancé du travail.
Lui enseigner les techniques respiratoires pour le travail et
l’accouchement. L’encourager à expirer plus lentement qu’à
l’accoutumée et à se détendre à chaque expiration
Si la patiente est anxieuse ou effrayée ou si elle souffre
pendant le travail :
- la féliciter, l’encourager et la rassurer ;
- lui expliquer le processus du travail et la tenir au courant du
déroulement des événements ;
- l’écouter et être attentif à ce qu’elle ressent.
Si la douleur est très pénible :
- suggérer à la patiente de changer de position (figure P-2) ;
- l’encourager à ne pas rester immobile ;
- encourager son accompagnant à lui masser le dos ou à lui tenir la
main et à lui éponger le visage entre les contractions ;
- l’encourager à mettre les techniques respiratoires en application ;
- l’encourager à prendre un bain ou une douche chauds ;
- si nécessaire, lui injecter lentement 1 mg de péthidine par kg (mais
pas plus de 100 mg) en IM ou en IV, ou 0,1 mg de morphine par kg
en IM.
Figure P-2
Positions qu'une femme est susceptible d'adopter pendant le
travail
DIAGNOSTIC
Le diagnostic du travail comprend :
diagnostic et confirmation du travail ;
diagnostic du stade et de la phase du travail ;
évaluation de l’engagement et de la descente du fœtus ;
détermination de la présentation et de la position du fœtus.
Un diagnostic erroné du travail peut être une source d’anxiété et
d’interventions inutiles.
DIAGNOSTIC ET CONFIRMATION DU TRAVAIL
On peut présumer que le travail est commencé ou
commencera sous peu si la patiente a :
- des douleurs abdominales intermittentes après 22 semaines de
grossesse;
- des douleurs généralement associées à des pertes vaginales
gluantes et filantes, teintées de sang (expulsion du bouchon
muqueux) ;
- des pertes vaginales aqueuses ou un écoulement d’eau soudain.
Le début du travail est confirmé s’il y a :
- effacement du col : raccourcissement et amincissement progressifs
du col; et
- dilatation du col : élargissement du diamètre de l’orifice, en cm
(figure P-3, A-E, ci-dessous).
Figure P-3
Effacement et dilatation du col
Tableau P-8
Diagnostic du stade et de la phase du travaila
Symptômês et signes Stade Phase
cliniques
• Col non dilaté faux
travail/travail non
entamé
• dilatation du col
premier stade phase de latence
inférieure à 4 cm
• dilatation du col
comprise entre 4 et 9 cm premier stade phase active
• rythme de dilatation
généralement de 1cm/h
au moins
• début de la descente
foetale
• col complètement dilaté
(10 cm) deuxième stade phase initiale
(de non-
• poursuite de la descente d'expulstion)
foetale
• pas de forte envie de
pousser
• col complètement dilaté
(10 cm) deuxième stade phase finale
(d'expulsion)
• la présentation foetale
atteint le plancher
pelvien
• forte envie de pousser
a
Le troisième stade du travail débute avec l’accouchement et se
termine avec l’expulsion du placenta.
DESCENTE
PALPER ABDOMINAL
Par un palper abdominal, mesurer la descente de la tête en
cinquièmes de tête palpables au-dessus de la symphyse
pubienne (fig. P-4, A-D, ci-dessous).
- Lorsque la tête se trouve entièrement au-dessus de la symphyse
pubienne, les 5 cinquièmes (5/5) sont palpables (fig. P-4, A-B, ci-
dessous).
- Lorsque la tête se trouve entièrement au-dessous de la symphyse
pubienne, elle n’est pas du tout (0/5) palpable.
Figure P-4
Palper abdominal évaluant la descente de la tête fœtale
TOUCHER VAGINAL
Si nécessaire, procéder à un toucher vaginal pour estimer la
descente du mobile fœtal en appréciant la hauteur de la
présentation par rapport aux épines sciatiques du bassin
maternel (figure P-5, ci-dessous).
Note : Lorsqu’il y a une grosse bosse séro-sanguine ou un degré
important de modelage de la tête, il est plus utile d’estimer la
descente de la tête fœtale par un palper abdominal en utilisant la
méthode des cinquièmes de tête palpables que par un toucher
vaginal.
Figure P- 5
Estimation de la descente de la tête fœtale par un toucher
vaginal ; le niveau 0 se trouve au niveau des épines sciatiques
PRESENTATION ET POSITION
DETERMINER LA PRESENTATION
La présentation la plus courante est le sommet de la tête
fœtale. Considérer toute présentation autre que le sommet
comme dystocique (tableau S-12).
Pour la présentation du sommet, utiliser les points de
repère du crâne fœtal pour déterminer la position de la tête
fœtale dans le bassin maternel (figure P-6).
Figure P- 6
Repères du crâne fœtal
DETERMINER LA POSITION DE LA TETE FŒTALE
Normalement, la tête fœtale s’engage dans le bassin maternel
en position transverse, ce qui signifie que la suture sagittale
est perpendiculaire à l’axe sacro-pubien du bassin maternel
(figure P-7).
Figure P- 7
Positions occipito-iliaques transverses
La descente s’accompagne d’une rotation de la tête fœtale
amenant le plus souvent l’occiput vers l’avant du bassin
maternel (positions occipitales antérieures, figure P-8). En
l’absence de rotation d’une position transverse à une position
occipitale antérieure, il convient de procéder comme pour
une position occipitale postérieure.
Figure P- 8
Positions occipitales antérieures
La présentation normale a une caractéristique supplémentaire : c’est
un sommet bien fléchi (figure P-9), position dans laquelle l’occiput
fœtal se situe plus bas dans le vagin que le sinciput (bregma).
Figure P- 9
Sommet bien fléchi
ESTIMATION DU DEROULEMENT DU TRAVAIL
Une fois qu’on a diagnostiqué le travail, on peut évaluer son
déroulement :
en mesurant l’effacement et la dilatation progressifs du col
(figure P-3 A-E) pendant la phase de latence ;
en mesurant le rythme de la dilatation du col et de la
descente du mobile fœtal (figure P-4 et figure P-5) pendant
la phase active ; ·
en estimant la suite de la descente pendant le deuxième
stade.
Il convient de reporter le déroulement du premier stade du travail
sur un partogramme une fois que la parturiente entre dans la phase
active du travail. La figure P-10 représente un partogramme type. A
défaut de partogramme, on peut tracer une courbe simple en mettant
la dilatation du col (en cm) en ordonnée et le temps (en h) en
abscisse.
TOUCHERS VAGINAUX
Il convient de faire un toucher vaginal au moins toutes les 4 heures
au premier stade du travail et après la rupture des membranes.
Reporter les résultats sur un partogramme.
A chaque toucher vaginal, noter les informations suivantes :
- couleur du liquide amniotique ;
- dilatation du col ;
- descente (également mesurable au moyen d’un palper abdominal).
Si le col n’est pas dilaté lors du premier examen, il risque
d’être impossible d’établir un diagnostic de travail.
- Si les contractions persistent, réexaminer la patiente 4 h plus tard
et rechercher des modifications au niveau du col. A ce moment là,
s’il y a eu effacement et dilatation du col, la patiente est en travail ;
s’il n’y a pas de modification, diagnostiquer un faux travail.
Au deuxième stade du travail, faire un toucher vaginal toutes
les heures.
UTILISATION DU PARTOGRAMME
Le partogramme de l’OMS a été modifié afin d’en simplifier
l’utilisation. Désormais, la phase de latence n’y figure plus et le
tracé ne commence qu’avec la phase active, une fois que le col a
atteint une dilatation de 4 cm. Ce manuel comporte un partogramme
type (figure P-10). Noter qu’il convient de le ramener à l’échelle
réelle avant de l’utiliser. Les informations à consigner sur le
partogramme sont les suivantes.
Renseignements concernant la patiente : remplir les rubriques
nom, gestité, parité, numéro de dossier, date et heure d’admission,
heure de rupture des membranes.
Rythme cardiaque fœtal : toutes les demi-heures.
Liquide amniotique : couleur du liquide amniotique à chaque
toucher vaginal, inscrire en outre :
un I si les membranes sont intactes ;
un R si les membranes sont rompues ;
un C si les membranes sont rompues et que le liquide
amniotique est clair ;
un M si le liquide amniotique est teinté de méconium ;
un S si le liquide amniotique est teinté de sang.
Modelage de la tête : noter :
1 : si les os du crâne sont apposés ;
2 : s’ils se chevauchent mais que le chevauchement est
réductible ;
3 : s’ils se chevauchent et que le chevauchement est
irréductible.
Dilatation du col : évaluer à chaque toucher vaginal et marquer
d’une croix (X), commencer le tracé de la courbe à 4 cm.
Ligne d’alerte : segment prenant son origine à 4 cm de dilatation et
se terminant au point où la dilatation doit être complète, à raison
d’une progression de 1 cm par heure.
Ligne d’action : parallèle à la ligne d’alerte, 4 h plus à droite.
Descente évaluée à la palpation de l’abdomen : concerne la partie
de la tête (divisée en 5) palpable au-dessus de la symphyse pubienne
; la marquer d’un cercle (O) à chaque toucher vaginal ; à 0/5, le
sinciput (B) est au niveau de la symphyse pubienne.
Nombre d’heures : concerne le temps écoulé depuis le début de la
phase active du travail (observé ou déduit).
Heure : l’heure qu’il est.
Nombre de contractions : toutes les demi-heures ; déterminer à la
palpation le nombre de contractions en 10 minutes et noter leur
durée (en secondes) :
si elles durent moins de 20 secondes ;
si elles durent entre 20 et 40 secondes ;
si elles durent plus de 40 secondes.
Ocytocine : en cas d’utilisation, noter toutes les 30 minutes la
quantité d’ocytocine administrée par volume de liquide perfusé, en
gouttes par minute.
Médicaments : noter tout apport médicamenteux.
Pouls : toutes les 30 minutes et marquer d’un point (●).
Tension artérielle : mesurer toutes les 4 h et indiquer avec des
flèches.
Température : toutes les 2 h.
Urine : quantité de protéines, d’acétone et volume : noter à
chaque miction.
Figure P-10 > Partogramme modifié de l'OMS
La figure P-11 représente le partogramme d’un travail eutocique.
Une primigeste a été admise durant la phase de latence du
travail, à 5 h, à ce moment là :
- la tête fœtale était palpable à 4/5 ;
- la dilatation du col était de 2 cm ;
- la patiente avait 3 contractions en 10 min et chaque contraction
durait 20 s ;
- l’état de la future mère et du fœtus était normal.
Note : Ces informations ne figurent pas sur le partogramme.
A9h:
- la tête fœtale était palpable à 3/5 ;
- la dilatation du col était de 5 cm ;
Note : La patiente était entrée dans la phase active du travail et ces
informations figurent sur le partogramme. La dilatation du col est
inscrite sur la ligne d’alerte.
- la patiente avait 4 contractions en 10 min et chaque contraction
durait 40 s ;
- la dilatation du col progressait à un rythme de 1 cm par heure.
A 14 h :
- la tête fœtale n’était plus palpable ;
- le col était complètement dilaté ;
- la patiente avait 5 contractions en 10 min et chaque contraction
durait 40 s ;
- l’accouchement spontané par voie basse a eu lieu à 14 h20.
Figure P- 11 > Exemple de partogramme d'un accouchement eutocique
DÉROULEMENT DU PREMIER STADE DU TRAVAIL
Les éléments suivants indiquent un déroulement favorable du
premier stade du travail :
- contractions régulières de fréquence et de durée croissantes ;
- progression de la dilatation de 1 cm par heure pendant la phase
active du travail (dilatation sur la ligne d’alerte ou à gauche de celle-
ci) ;
- col bien appliqué sur la présentation.
Les éléments suivants indiquent un déroulement
défavorable du premier stade du travail :
- contractions irrégulières et peu fréquentes après la phase de latence
; OU
- progression de la dilatation cervicale inférieure à 1 cm par heure
pendant la phase active du travail (dilatation à droite de la ligne
d’alerte) ; OU
- col mal appliqué sur la présentation.
Un déroulement défavorable du travail peut se traduire par un travail
prolongé (tableau S-10).
DÉROULEMENT DU DEUXIEME STADE DU TRAVAIL
Les éléments suivants indiquent un déroulement favorable
du deuxième stade du travail :
- descente constante du fœtus dans la filière génitale ;
- début de la phase d’expulsion (efforts de poussée).
Les éléments suivants indiquent un déroulement
défavorable du deuxième stade du travail :
- absence de descente du fœtus dans la filière génitale ;
- échec de l’expulsion à la fin de la phase finale (d’expulsion).
SURVEILLANCE FŒTALE
Si le rythme cardiaque fœtal est anormal (inférieur à 100
btts/min ou supérieur à 180 btts/min), penser à une
souffrance fœtale
Pendant le travail, les positions ou présentations autres que la
présentation d’un sommet bien fléchi en position occipito-
iliaque antérieure sont considérées comme des présentations
et positions dystociques.
Si la progression du travail est apparemment défavorable
ou si le travail est prolongé, traiter la cause du retard.
SURVEILLANCE MATERNELLE
Examiner la patiente et rechercher des signes de détresse :
Si son pouls s’accélère, c’est peut-être qu’elle est
déshydratée ou qu’elle souffre. Veiller à bien l’hydrater par
voie orale ou veineuse et à lui donner l’analgésie nécessaire.
Si sa tension artérielle baisse, penser à une hémorragie.
Si elle a de l’acétone dans les urines, envisager la
possibilité qu’elle soit en hypoglycémie et lui injecter une
solution intraveineuse de dextrose.
ACCOUCHEMENT EUTOCIQUE
L'accompagnement pendant le travail est la meilleure façon
d'aider la patiente à supporter les douleurs du travail.
Une fois que le col est complètement dilaté et que la phase
d’expulsion du deuxième stade du travail est entamée,
encourager la parturiente à prendre la position qui lui
convient le mieux (figure P-12, ci-dessous) et à commencer
les efforts expulsifs.
Figure P-12
Positions qu'une femme est susceptible d'adopter pendant
l'accouchement
Note : Désormais, il n’est plus recommandé de pratiquer
systématiquement une épisiotomie. Il n’a pas été démontré que
l’épisiotomie systématique réduisait les lésions périnéales, ni le
risque de colpocèle ou d’incontinence urinaire. En fait, l’épisiotomie
systématique est associée à un nombre de déchirures périnéales
complètes et complètes compliquées et à une proportion de
dysfonctionnements du sphincter anal, qui en résultent, supérieurs à
la moyenne.
Il convient de n’envisager l’épisiotomie que dans les cas
suivants :
accouchement par voie basse compliqué (siège,
dystocie des épaules, extraction par forceps ou par
ventouse obstétricale) ;
cicatrices de mutilations sexuelles ou de déchirures
complètes ou complètes compliquées mal soignées ;
souffrance fœtale.
DEGAGEMENT DE LA TETE
Demander à la patiente de «souffler» ou de ne pousser que
légèrement lors des contractions pendant le dégagement de la
tête.
Afin de maîtriser l’expulsion de la tête, prendre la tête d’une
main pour la maintenir en flexion (inclinée).
Continuer à soutenir délicatement le périnée pendant le
dégagement de la tête.
Une fois que la tête est dégagée, demander à la patiente
d’arrêter de pousser.
Aspirer les mucosités dans la bouche et le nez de l’enfant.
Passer la main autour de son cou pour chercher le cordon
ombilical :
- si le cordon est enroulé autour du cou mais lâche, le faire glisser
par-dessus la tête du bébé ;
- s’il est enroulé étroitement autour du cou de l’enfant, le
clamper en deux endroits et le couper avant de le dérouler.
TERMINAISON DE L’ACCOUCHEMENT
Laisser la rotation de la tête se faire spontanément.
Ensuite, poser une main de chaque côté de la tête de l’enfant
et demander à la patiente de pousser calmement à la
contraction suivante.
Réduire le risque de déchirure en ne dégageant qu’une
épaule à la fois. Ramener la tête de l’enfant vers l’arrière
pour dégager l’épaule antérieure.
Note : Si les épaules sont difficiles à dégager, envisager la
possibilité d’une dystocie des épaules.
Soulever la tête de l’enfant vers l’avant pour dégager
l’épaule postérieure.
Soutenir le reste du corps de l’enfant d’une main pendant
qu’il se dégage.
Poser l’enfant sur le ventre de sa mère. Le sécher
soigneusement, lui essuyer les yeux et apprécier sa
respiration.
Note : La plupart des bébés commencent à crier ou à respirer
spontanément dans les 30 secondes qui suivent la naissance.
- Si le bébé crie ou respire (sa poitrine se soulève au moins 30 fois
par minute), le laisser avec sa mère.
- Si le bébé ne commence pas à respirer dans les 30 secondes,
APPELER A L’AIDE et prendre les mesures qui s’imposent pour
le ranimer .
Anticiper le besoin de réanimation et s’organiser pour pouvoir
obtenir de l’aide pour toutes les naissances, et plus
particulièrement en cas d’éclampsie, d’hémorragie, de travail
prolongé, d’accouchement prématuré ou de contexte infectieux.
Clamper le cordon ombilical et le sectionner.
Veiller à ce que le bébé soit au chaud. L’installer sur la
poitrine de sa mère, peau contre peau. L’envelopper dans un
linge doux et sec puis dans une couverture et veiller à ce que
sa tête soit bien couverte pour éviter qu’il ne se refroidisse.
Si la mère ne se sent pas bien, demander à un/une aide de
s’occuper de l’enfant.
Palper l’abdomen pour écarter l’éventualité de la présence
d’un deuxième enfant et poursuivre en prenant activement en
charge le troisième stade du travail.
PRISE EN CHARGE ACTIVE DU TROISIEME STADE DU
TRAVAIL
Le fait de prendre activement en charge le troisième stade du travail
(délivrance assistée) aide à prévenir une hémorragie du post-partum.
La prise en charge active du troisième stade du travail consiste à :
administrer de l’ocytocine à la patiente immédiatement après
l’accouchement ;
exercer une traction mesurée sur le cordon ; et
masser l’utérus.
OCYTOCINE
Dans la minute qui suit l’accouchement, palper l’abdomen de
la mère pour écarter l’éventualité d’un autre/d’autres bébé(s)
et administrer 10 unités d’ocytocine en IM.
On recommande d’utiliser de l’ocytocine parce qu’elle fait
effet 2 à 3 minutes après l’injection, que ses effets
secondaires sont minimes et qu’on peut en donner à toutes
les femmes. Si l’établissement n’a pas d’ocytocine, injecter
0,2 mg d’ergométrine en IM ou utiliser des prostaglandines.
S’assurer qu’il n’y a pas d’autre fœtus avant d’injecter ces
médicaments.
Ne pas donner d’ergométrine aux femmes atteintes de
prééclampsie, d’éclampsie ou d’hypertension artérielle car cela
accroît le risque de convulsions et d’accidents vasculaires
cérébraux.
TRACTION MESUREE SUR LE CORDON OMBILICAL
Clamper le cordon à proximité du périnée en utilisant une
pince porte-tampons. Maintenir le cordon et la pince dans
une main.
Placer l’autre main juste au-dessus du pubis de la patiente et
stabiliser l’utérus en exerçant une légère pression vers le haut
pendant que de la main qui tient la pince on exerce une
traction mesurée sur le cordon. La contre-traction ainsi
exercée refoule le fond utérin et contribue à éviter une
inversion de l’utérus.
Maintenir une légère tension sur le cordon et attendre une
forte contraction de l’utérus (2 à 3 min).
Lorsque l’utérus s’arrondit ou que le cordon s’allonge,
tirer très doucement sur le cordon, en direction du bas, pour
extraire le placenta. Ne pas attendre que du sang gicle pour
exercer une traction sur le cordon. De l’autre main, maintenir
la pression vers le haut.
Si le placenta ne descend pas dans les 30 à 40 secondes qui
suivent la traction mesurée sur le cordon (c’est-à-dire, s’il
n’y a pas de signe de décollement du placenta), cesser de
tirer sur le cordon.
- Tenir délicatement le cordon et attendre que l’utérus soit à nouveau
bien contracté. Si nécessaire, déplacer la pince pour clamper le
cordon plus près du périnée à mesure qu’il s’allonge.
- A la contraction suivante, renouveler la traction mesurée sur le
cordon en maintenant la pression vers le haut par la main sus-
pubienne.
Ne jamais exercer de traction sur le cordon (tirer) sans exercer
simultanément, avec l’autre main, une contre-traction (pousser
vers le haut) au-dessus de l’os pubien.
Pendant l’expulsion du placenta, les membranes peuvent se
déchirer. Prendre le placenta avec les deux mains et le faire
tourner délicatement jusqu’à ce que les membranes soient
enroulées sur elles-mêmes.
Tirer lentement pour parachever la délivrance.
Si les membranes se déchirent, examiner avec délicatesse
la partie supérieure du vagin et du col avec des gants
désinfectés et utiliser une pince porte-tampons pour retirer
tous les débris de membranes.
Examiner soigneusement le placenta pour être sûr qu’il est
complet. S’il manque une partie de la surface maternelle
ou si les membranes qui contiennent des vaisseaux sont
déchirées, envisager la possibilité d’une rétention
placentaire partielle.
En cas d’inversion utérine, repositionner l’utérus.
Si le cordon est arraché, il peut être nécessaire de procéder
à une délivrance artificielle.
MASSAGE UTERIN
Masser immédiatement le fond utérin à travers la paroi
abdominale jusqu’à ce que l’utérus se contracte.
Renouveler le massage utérin toutes les 15 minutes pendant
les 2 premières heures.
S’assurer que l’utérus ne se relâche pas (utérus mou) quand
on interrompt le massage utérin.
EXAMEN DES LESIONS
Examiner soigneusement la patiente et procéder, le cas
échéant, à la réfection des déchirures cervicales ou vaginales
ou de l’épisiotomie.
PREMIERS SOINS NEONATALS
Vérifier la respiration et la coloration du bébé toutes les 5
minutes.
Si le bébé devient cyanosé (bleuâtre) ou s’il a du mal à
respirer (moins de 30 respirations par minute ou plus de 60),
lui donner de l’oxygène à l’aide d’une canule ou d’une sonde
nasale.
Vérifier sa température en lui touchant les pieds toutes les 15
minutes :
- s’il a les pieds froids, vérifier sa température axillaire ;
- si sa température est inférieure à 36,5°C, le réchauffer.
Examiner le cordon toutes les 15 minutes pour voir s’il
saigne. Si le cordon saigne, faire un nœud plus serré.
Appliquer un antimicrobien en gouttes (solution de nitrate
d’argent à 1% ou solution de polyvidone iodée à 2,5%) ou en
pommade (pommade de tétracycline à 1%) sur les yeux du
bébé.
Note : Ne pas confondre la polyvidone iodée avec la teinture d’iode
qui pourrait rendre le bébé aveugle.
Essuyer la peau de l’enfant pour en retirer le méconium et le
sang.
Inciter la mère à commencer à allaiter le bébé dès qu’il a
l’air prêt (dès qu’il commence à manifester un réflexe de
fouissement). Ne pas le forcer à prendre le sein.
Eviter autant que possible de séparer la mère de l’enfant. Ne
laisser à aucun moment la mère et l’enfant sans surveillance.
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