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CREANCES EN ENTREPRISE
La gestion des créances est une discipline stratégique, particulièrement pour les entreprises
quelle que soit la taille ou le secteur d’activité. La pérennité des entreprises repose sur leur
capacité à générer des liquidités et à s’adapter à un environnement concurrentiel. Les créances,
en tant qu’actifs circulants, jouent un rôle central dans l’optimisation de la trésorerie et la
réduction du besoin en fonds de roulement (BFR) Peyard, (1990). Cette première partie vise à
analyser les fondements théoriques de la gestion des créances, en se concentrant sur les concepts
clés et les meilleures pratiques qui permettent aux entreprises d'optimiser leur processus de
recouvrement. Nous examinerons également comment une gestion efficace des créances
contribue à la stabilité financière des entreprises.
CHAPITRE 1 : DESCRIPTION CONCEPTUELLE DE LA NOTION
DE CREANCE
La créance, en tant que composante essentielle de la gestion financière, est un levier stratégique
pour les entreprises, notamment les cabinets comptables, dont la survie dépend de leur capacité
à maintenir une trésorerie saine dans un environnement concurrentiel. Selon Brigham et
Houston (2020), les créances, en tant qu’actifs à court terme, influencent directement la liquidité
et nécessitent une gestion rigoureuse pour minimiser les risques d’impayés. Ce chapitre vise à
poser un cadre conceptuel en définissant la notion de créance, en explorant ses caractéristiques,
ses typologies et son rôle dans le cycle financier des entreprises de services.
Une créance représente un droit financier qu’une entreprise détient sur un client pour le
paiement d’une somme due en contrepartie de biens ou services fournis, avec un règlement
différé dans le temps. Par exemple, selon Robin et Grimaldi (2023), une créance est une somme
qui est due à une entreprise en paiement d’une prestation effectuée pour un client.
I-1-DEFINITION
Créance
Dette
Source : PUTZ, Jean Luc (2003), Le recouvrement de créances, Edition
Pomoculture, Paris, P.295
Une créance représente alors une somme d'argent qu'une entreprise doit
recevoir d'un de ses clients. Cela se produit lorsque l'entreprise fournit un
produit ou un service, avec le paiement prévu à une date ultérieure.
Il faut bien noter que les créances clients sont des factures qui n’ont pas été encaissées par
l’entreprise. Cependant il faut différencier les factures qui sont en cours de règlement, dont le
délai de paiement n’a pas été dépassé et les factures pour lesquelles la date d’échéance est
dépassée. Ainsi pour calculer les créances client on doit faire la somme de toutes les créances
dont le délai de paiement n’est pas respecté.
• Délai de règlement des clients
Il s’agit du délai de paiement des produits et services vendus par votre entreprise (généralement
compris entre 30 et 90 jours). Cette donnée dépend de votre secteur d’activité et de votre type
de clientèle. Voici comment le calculer :
Délai de règlement des clients (en jours) = [Créances Clients / Chiffre d’affaires T.T.C] * 360
Les créances, en tant qu’actifs financiers, présentent des caractéristiques spécifiques qui
influencent leur gestion et leur impact sur la trésorerie. Ces propriétés, analysées à travers des
perspectives académiques et pratiques, sont essentielles pour appréhender les défis et
opportunités qu’elles représentent dans le cycle d’exploitation. Les caractéristiques principales
incluent la temporabilité, la liquidité conditionnelle, le risque d’impayés.
I-2-1- LA TEMPORABILITE
Les créances sont des actifs à court terme, destinées à être recouvrées dans un délai
généralement compris entre 30 et 90 jours, selon les conditions de paiement négociées. Cette
temporalité les distingue des actifs à long terme, car elles sont directement liées au cycle
d’exploitation de l’entreprise. Cette caractéristique implique une rotation rapide des créances,
essentielle pour maintenir une trésorerie fluide. Par exemple, une facture émise avec un délai
de paiement de 60 jours doit être suivie rigoureusement pour éviter des retards qui
prolongeraient l’immobilisation des fonds. Une temporabilité mal gérée peut augmenter le
besoin en fonds de roulement (BFR), obligeant l’entreprise à recourir à des financements
externes (Brigham et Houston, 2020).
I-2-2-LIQUIDITE CONDITIONNELLE
La conversion des créances en liquidités dépend de deux facteurs principaux : la solvabilité des
clients et l’efficacité des processus de recouvrement. Cette liquidité est dite conditionnelle, car
elle est soumise à des incertitudes externes (capacité de paiement des clients) et internes (qualité
des procédures de suivi). Pour les cabinets comptables, cette caractéristique est cruciale, car
étant une PME et ayant des clients qui sont également des PME, peuvent présenter des profils
de solvabilité variés. Par exemple, un client en difficulté financière peut retarder le paiement
d’une facture, affectant la capacité du cabinet à couvrir ses charges fixes, comme les salaires
ou les abonnements à des logiciels comptables. Des outils comme les relances proactives ou les
portails de paiement en ligne peuvent améliorer l’efficacité du recouvrement, renforçant ainsi
la liquidité des créances. Une gestion inefficace de ce processus peut entraîner des tensions
financières, particulièrement dans les petites structures (Vernimmen et al., 2020).
I-2-3-RISQUE D’IMPAYE
Les créances comportent un risque inhérent de non-paiement, pouvant conduire à des créances
douteuses (recouvrement incertain) ou irrécouvrables (pertes définitives). Il est important
d’évaluer la solvabilité des clients avant d’accorder des conditions de paiement différé, afin de
minimiser ce risque. Dans le contexte des cabinets comptables, ce risque est amplifié par la
diversité des clients, allant de grandes entreprises stables à des startups ou PME en situation
financière fragile. Par exemple, une créance irrécouvrable sur une prestation peut représenter
une perte significative pour un petit cabinet, impactant directement sa trésorerie. Une gestion
proactive, incluant des relances structurées et des provisions pour créances douteuses, est donc
essentielle pour protéger la santé financière de l’entreprise (Brigham et Houston, 2020)
Les créances se déclinent en plusieurs catégories distinctes, chacune avec des caractéristiques
et des implications spécifiques pour la trésorerie. Les principaux éléments constitutifs des
créances incluent les créances clients et comptes rattachés, les avances et comptes rattachés, les
créances diverses, et les créances douteuses ou irrécouvrables
Les créances clients, également appelées créances commerciales, sont les sommes dues par les
clients pour des biens ou services fournis dans le cadre de l’activité principale de l’entreprise.
Dans les cabinets comptables, elles correspondent aux honoraires facturés pour des prestations.
Les comptes rattachés incluent des ajustements comptables liés à ces créances, tels que les
provisions pour dépréciation (en cas de risque d’impayé) ou les escomptes pour paiement
anticipé. (Vernimmen et al., 2020)
I-3-2-LES AVANCES ET COMPTES RATTACHES
Les avances sont des sommes versées par une entreprise à des tiers (fournisseurs, partenaires)
ou reçues de clients, mais qui n’ont pas encore été régularisées par une livraison ou un service
complet. Les avances reçues de clients, souvent enregistrées comme des créances lorsqu’elles
doivent être remboursées ou ajustées, sont courantes dans les contrats de services à long terme.
Dans les cabinets comptables, une avance peut être une somme versée par un client pour une
mission d’audit, enregistrée comme une créance si le service n’est pas encore fully rendered.
Car l'entreprise a reçu de l'argent, mais n'a pas encore fourni l'intégralité du service. En d'autres
termes, tant que l'audit n'est pas finalisé, la somme avancée reste une créance à recouvrer. Les
comptes rattachés à ces avances incluent des écritures comptables comme les régularisations
ou les remboursements anticipés. Ces créances, bien que moins fréquentes dans les services,
nécessitent un suivi rigoureux pour éviter des erreurs comptables (Brigham et Houston, 2020).
I-3-3-CREANCES DIVERSES
Les créances diverses englobent toutes les sommes dues à l’entreprise qui ne découlent pas
directement de son activité principale. Nous avons comme exemples les remboursements de
frais avancés, les dépôts récupérables, ou les créances sur des transactions secondaires (par
exemple, vente d’actifs). Dans les cabinets comptables, une créance diverse peut être un
remboursement de frais de déplacement avancés pour un client lors d’une mission d’audit sur
site. Ces créances, bien que marginales par rapport aux créances clients, contribuent à la
trésorerie et doivent être surveillées pour éviter leur accumulation. Leur gestion est souvent
plus complexe, car elles impliquent des tiers variés et des délais de recouvrement parfois
imprévisibles.
I-4-1-Créance en germe
Les créances en germe sont des créances potentielles ou naissantes, non encore formalisées,
comme des droits futurs issus de contrats en cours ou de litiges non résolus. Elles ne sont pas
encore comptabilisées, car elles manquent de certitude. Ce sont des créances potentielles non
enregistrées jusqu’à ce qu’elles soient certaines, comme des revenus futurs prévus mais non
facturés (Brigham et Houston, 2020). Par exemple, un cabinet comptable pourrait considérer
une créance en germe pour une mission d’audit prévue dans six mois, basée sur un contrat signé
mais non encore exécuté.
I-4-2-Créances certaines
Une créance certaine est incontestable, son existence étant prouvée par des documents comme
une facture, un contrat, ou un bon de commande. Elle est juridiquement et comptablement
reconnue. Les créances commerciales enregistrées sont certaines, car elles découlent de ventes
réalisées avec des preuves documentaires. Ils soulignent que la certitude est une condition pour
comptabiliser une créance comme un actif circulant, sauf si des risques d’impayés émergent,
menant à des provisions (Brigham et Houston, 2020). Selon le PCG, une créance doit être
certaine pour être enregistrée. Il est noté que seules les créances certaines sont éligibles à des
financements comme l’affacturage, car elles garantissent un droit de recouvrement. La certitude
est prouvée par des documents contractuels ou des factures acceptées.
I-4-3-Créances douteuses
Les créances douteuses sont celles dont le recouvrement est incertain en raison de la situation
financière du débiteur, comme une insolvabilité ou une faillite.
I-4-4-Créances exigibles
Une créance exigible est due, son délai de paiement étant dépassé, permettant une action de
recouvrement immédiate. Vernimmen et al. (2020), soulignent que l’exigibilité est une
condition pour céder une créance à un factor ou engager une action de recouvrement. Selon le
PCG, une créance devient exigible lorsque l’échéance indiquée sur la facture est dépassée,
rendant le paiement immédiatement dû.
Une facture échue après 30 jours devient exigible, permettant au cabinet d’envoyer des relances
ou d’entamer des procédures judiciaires (ex. : injonction de payer).
I-4-5-CREANCES LIQUIDES
Une créance liquide a un montant déterminé ou facilement déterminable, comme une somme
indiquée sur une facture. Selon le PCG, une créance doit être liquide pour être comptabilisée,
c’est-à-dire avoir un montant précis. La liquidité est essentielle pour évaluer la valeur réelle des
créances et leur éligibilité à l’affacturage (Vernimmen et al., 2020).
I-4-6-Créances fiscales
Les créances fiscales sont des sommes dues par l’État ou les collectivités publiques, comme des
remboursements de TVA ou des crédits d’impôt.
Il s’agit là du cas ou un client conteste le montant de la facture qui lui a été adressé. Lors de la
survenance du litige en cours d’exercice aucun enregistrement ne devra être effectué. Si le litige
n’est pas réglé à la clôture de l’exercice, il convient de faire subir à la créance en cause le même
traitement qu’à une créance douteuse : transfert au débit du compte « 416 », création d’une
dépréciation1.
Une créance est irrécouvrable lorsque le non recouvrement est certain, soit du fait de la situation
du débiteur (procédure de liquidation de biens closes pour insuffisance d’actif, disparition sans
laisser d’adresse, paiement au moyen d’un chèque volé…) soit par suite de l’écoulement du
délai de prescription.
Lorsque certains clients rencontrent des difficultés financières, l’analyse des créances clients
révèle des créances douteuses ou litigieuses (partiellement payables) ou irrécouvrables
(définitivement perdues). Cette perte de valeur potentielle des actifs circulants entraîne une
réduction des liquidités, impactant les capacités financières et opérationnelles de l’entreprise,
notamment sa capacité à respecter ses obligations financières.
I-5-1-Notion de provision
Les provisions, conformément au principe de prudence comptable, sont des montants réservés
dans les états financiers d’une entreprise pour anticiper et couvrir des charges ou des pertes
1
Manuel comptable
futures dont l’occurrence exacte reste incertaine. En d’autres termes, elles sont utilisées pour
ajuster les éléments du bilan relatifs à l’actif et au passif, en tenant compte d’événements
probables mais non confirmés. L’objectif principal des provisions est d’évaluer correctement
les dettes inscrites au passif du bilan et de constater la dépréciation des créances au niveau de
l’actif du bilan. Au passif, les provisions servent à anticiper et à provisionner les montants
nécessaires pour s’acquitter des obligations futures de l’entreprise, que ce soit des charges déjà
identifiées mais dont le montant exact reste incertain ou des litiges en cours. Cette démarche
vise à présenter de manière réaliste les engagements financiers de l’entreprise. Concernant
l’actif du bilan, les provisions interviennent pour ajuster la valeur des créances détenues par
l’entreprise. Ces créances peuvent subir des dépréciations en raison de risques tels que le non-
recouvrement, des retards de paiement significatifs ou des changements dans la solvabilité des
débiteurs. En provisionnant ces créances, l’entreprise reconnaît la possible réduction de la
valeur de ces actifs et évite ainsi une surestimation de ses ressources disponibles.
• Provisions pour risques et charges : Ce sont des montants réservés dans les comptes
d’une entreprise pour anticiper des pertes ou des charges probables, mais dont le
montant ou l’échéance exacts restent incertains. Elles sont constituées conformément
au principe de prudence comptable pour couvrir des risques spécifiques (ex. : litiges,
pénalités) ou des charges futures (ex. : restructurations, garanties). Ces provisions
permettent de refléter de manière réaliste les engagements potentiels au passif du bilan,
évitant ainsi une sous-estimation des obligations financières de l’entreprise.
• Provisions réglementées : Ce sont des montants mis de côté par une entreprise
conformément à des obligations légales ou réglementaires spécifiques. Elles ne
répondent pas nécessairement à des risques ou charges immédiats, mais visent des
objectifs définis par la loi, comme le financement d’investissements futurs, la
reconstitution de ressources naturelles (ex. : provisions pour régénération dans le secteur
minier) ou le respect de certaines obligations fiscales. Ces provisions, inscrites au passif
du bilan, permettent de lisser les charges ou de répondre à des exigences réglementaires,
et leur utilisation est strictement encadrée par la législation en vigueur.
• Provisions pour dépréciation des actifs : Ce sont des montants réservés pour refléter la
perte de valeur d’éléments de l’actif d’une entreprise, conformément au principe de
prudence comptable. Elles concernent les actifs dont la valeur actuelle est inférieure à
leur valeur comptable en raison de risques tels que l’obsolescence, le non-recouvrement
ou des conditions de marché défavorables.
Lorsqu'une entreprise constate qu'une créance détenue sur un tiers est susceptible de ne
pas être intégralement recouvrée, elle doit envisager la constitution d'une perte de valeur
sur cette créance, dans les cas ci-après :
• Situation financière du débiteur rendant la créance difficilement recouvrable.
• Créance litigieuse pour des raisons commerciales ou financière.
• Créance dépassant la date d’échéance de paiement dite créance âgée.
La gestion des créances permet de suivre précisément les sommes dues par les clients,
améliorant ainsi la visibilité sur la trésorerie. La gestion des créances permet de suivre
précisément les sommes dues par les clients, améliorant ainsi la visibilité sur la trésorerie. Une
facturation claire et rapide réduit les retards de paiement et renforce la confiance des clients.
Les défis, comme les demandes de délais prolongés, peuvent affecter la stabilité financière,
mais des stratégies proactives atténuent ces risques. Le suivi des créances via des outils
comptables aide à identifier les retards et à calculer des indicateurs clés comme le ratio de
rotation des créances (Brigham et Houston, 2020).
La gestion des créances offre à une entreprise une vue claire des montants qu’elle doit recevoir
de ses clients, qu’il s’agisse de ventes à crédit, de services fournis ou de prêts accordés. En
enregistrant ces transactions dans le compte "Créances clients et comptes rattachés",
l’entreprise peut surveiller les paiements, détecter les retards et anticiper ses flux de trésorerie.
Cela permet d’identifier rapidement les clients qui ne respectent pas les délais de paiement et
de prendre des mesures adaptées, comme des relances ou des plans de paiement.
II-2-IMPORTANCE DE LA FACTURATION
Une facturation précise est essentielle pour garantir que les clients comprennent les montants
dus, les conditions de paiement et les éventuels frais supplémentaires. Des factures claires
réduisent les risques de litiges et accélèrent les encaissements. Cependant, même avec une
facturation rigoureuse, des clients peuvent demander des délais supplémentaires, ce qui peut
perturber la trésorerie. Brigham et Houston (2020), expliquent que des factures précises,
détaillant les montants, les délais de paiement, et les éventuels frais (ex. : pénalités de retard),
réduisent les risques de contestation. Une facture mal formulée peut entraîner des litiges,
retardant le paiement et affectant la trésorerie.
Pour surmonter les retards de paiement, les entreprises peuvent adopter des relances régulières,
proposer des paiements échelonnés ou utiliser des logiciels pour automatiser le suivi. Ces
pratiques, combinées à une évaluation préalable de la solvabilité des clients, minimisent les
risques d’impayés tout en préservant les relations commerciales. Vernimmen et al. (2020),
notent que les clients, en particulier les PME, peuvent demander des délais supplémentaires
(ex. : 60 jours au lieu de 30) en raison de contraintes financières, ce qui augmente le BFR et
peut perturber la trésorerie. Dans les cabinets comptables, où les charges fixes (salaires,
abonnements logiciels) sont élevées, ces retards peuvent nécessiter des financements externes,
comme des lignes de crédit. Ces défis nécessitent des stratégies proactives pour maintenir la
stabilité financière (Vernimmen et al., 2020) :
Le recouvrement des créances repose sur des mécanismes variés qui garantissent la récupération
efficace des montants dus. La mise en œuvre de ces mécanismes, qu'ils soient amiables ou
judiciaires, est cruciale pour transformer les créances en liquidités et ainsi préserver la santé
financière de l'entreprise.
Le recouvrement des créances est un processus fondamental dans la gestion financière d'une
entreprise. Comprendre la définition et les objectifs du recouvrement des créances est essentiel
pour toute entreprise souhaitant maintenir une trésorerie saine et éviter les pertes financières.
I-1-DEFINITION
Le recouvrement des créances présente des objectifs cruciaux, tout en comportant des risques
qui nécessitent une gestion adéquate. Les buts de cette démarche sont divers et se concentrent
sur la protection des intérêts financiers de l’entreprise ainsi que sur une gestion efficace de la
trésorerie. Parmi les objectifs clés, on retrouve les suivants :
Pour qu’une créance soit recouvrable, elle doit répondre à trois critères :
➢ La créance doit être certaine : Elle doit être incontestable, prouvée par des documents
tels qu’un contrat signé ou une facture acceptée.
➢ Liquide : Le montant de la créance doit être précisément déterminé. Une facture
indiquant un montant exact pour une prestation est liquide.
➢ Exigible : Une créance est considérée comme exigible lorsque le paiement peut être
exigé par le créancier.
Pour récupérer une créance, le créancier peut d'abord entreprendre des actions amiables. Si
celles-ci échouent, il peut être amené à engager une procédure de recouvrement judiciaire.
Le recouvrement amiable regroupe toutes les initiatives non judiciaires entreprises par une
entreprise pour obtenir le paiement d’une créance sans recourir à un tribunal (Brigham et
Houston,2020).
Le recouvrement amiable repose principalement sur des relances, qui constituent un outil
central pour rappeler aux débiteurs leurs obligations. Ces relances peuvent prendre plusieurs
formes :
• Lettre de rappel : Un courrier initial, envoyé peu après l’échéance, rappelant poliment
le paiement dû.
• Appels téléphoniques : Elles permettent d’instaurer un dialogue, de comprendre les
raisons du non-paiement par le débiteur. Une communication directe pour discuter du
retard et proposer des solutions, comme un échelonnement du paiement afin d’aboutir
à un accord éventuel.
• Courriers électroniques : Des e-mails personnalisés. C’est une correspondance
adressée par le créancier, ayant pour objectif de rappeler à son destinataire qu’il demeure
débiteur d’une somme précise enregistrée dans les comptes du créancier.
• La relance par visite (face à face) : Avant la rencontre, il sera essentiel de préparer
minutieusement les questions à poser afin d’amener votre interlocuteur à s’engager
fermement à vous accorder ce qui vous revient dans les plus brefs délais.
• La relance mixte : (appels téléphoniques et courriers) : La relance varie suivant les
différents profils de payeurs. Lorsqu’on se retrouve face à un impayé, il importe
d’essayer de catégoriser le client afin de sélectionner les relances appropriées à son cas :
i. Le débiteur négligent : c’est celui qui, par oubli ou manque
d’organisation, omet de s’acquitter de sa dette, entraînant un retard de
paiement. Il ne peut être considéré comme un débiteur de « bonne foi »
au sens juridique, car son manquement résulte d’une faute d’inattention.
Ce type de débiteur ne conteste pas la créance, mais son retard est dû à une négligence, comme
un oubli de paiement ou une mauvaise gestion de ses obligations. Pour le créancier et le
recouvreur, ce cas présente un risque relativement faible, car une simple relance ou mise en
demeure peut suffire à obtenir le règlement. Toutefois, des retards répétés peuvent compliquer
la trésorerie du créancier et nécessiter des démarches de recouvrement amiables, augmentant
les coûts pour toutes les parties.
Ce débiteur pose un risque plus élevé pour le créancier et le recouvreur, car son refus
intentionnel peut découler de mauvaise foi ou d’une stratégie pour éviter le paiement. Ce
comportement peut nécessiter des actions de recouvrement plus énergiques, telles que des
procédures judiciaires, ce qui augmente les coûts et les délais. Le recouvreur devra souvent
déployer des efforts importants pour faire valoir la créance, avec un risque d’échec si le débiteur
est insolvable ou dissimule ses actifs.
Ce cas est le plus complexe, car il implique un litige juridique sur le fondement ou les modalités
de la créance. Le débiteur peut, par exemple, arguer que la dette est prescrite, que le contrat est
nul, ou que le montant réclamé est erroné. Pour le créancier et le recouvreur, ce scénario
représente un risque significatif, car la résolution du différend peut nécessiter une analyse
juridique approfondie, voire une procédure judiciaire longue et coûteuse. L’issue est incertaine,
et le recouvreur pourrait ne pas être rémunéré si la créance est jugée non fondée.
L’analyse de ces trois profils de débiteurs est pertinente, car elle permet au créancier et au
recouvreur d’adapter leurs stratégies. Le débiteur négligent requiert des mesures simples, le
rénitent des actions fermes, et le contestant une approche juridique rigoureuse. Cette distinction
aide à anticiper les risques financiers, temporels et juridiques associés à chaque situation,
optimisant ainsi les chances de recouvrement.
Lorsque le débiteur ignore les relances amiables ou ne prend pas au sérieux la procédure de
recouvrement, il devient crucial d'adopter des mesures plus formelles pour défendre les droits
du créancier. Une mise en demeure peut être envoyée, constituant une demande formelle de
paiement avec un délai précis. En cas de persistance du non-paiement, une sommation de payer
peut-être émise, souvent par un huissier, comme dernière étape avant une action judiciaire. Le
recouvrement amiable est rapide, peu coûteux, et préserve les relations commerciales (Brigham
et Houston, 2020).
❖ La mise en demeure : c’est une notification écrite formelle adressée par le créancier au
débiteur pour exiger le paiement d’une créance échue, conformément aux conditions
contractuelles ou aux délais légaux.
❖ La sommation de payer : c’est une demande de paiement plus formelle, généralement
délivrée par un huissier de justice, constituant une ultime tentative amiable avant le
recours à une procédure judiciaire.
II-2-2-RECOUVREMENT JUDICIAIRE
Le recouvrement judiciaire devient nécessaire lorsque les efforts amiables ne suffisent pas,
impliquant une saisine des tribunaux pour obtenir un titre exécutoire, document légal permettant
une exécution forcée. Les procédures judiciaires, bien que coûteuses, sont un recours ultime
pour les créances importantes. Le recouvrement judiciaire peut prendre plusieurs formes, selon
la nature et la complexité de la créance :
La gestion des créances s’appuie sur des cadres théoriques qui éclairent les dynamiques
financières et organisationnelles des entreprises, notamment pour une PME confrontée aux
défis des paiements différés et des impayés.
III-1-THEORIE DE L’AGENCE
La théorie de l’agence (Jensen et Meckling, 1976) examine les relations entre le créancier
(principal) et le débiteur (agent), où des conflits d’intérêts émergent en raison d’une asymétrie
d’information. Le créancier ne connaît pas pleinement la capacité ou l’intention du débiteur à
payer à temps, ce qui crée un risque d’opportunisme (ex. : retard volontaire ou dissimulation de
difficultés financières).
Lorsqu’une entreprise accorde un délai de paiement, elle prend un risque, car le débiteur peut
prioriser d’autres dépenses ou manquer de liquidités. Cela nécessite des mécanismes de
surveillance (vérification de la solvabilité) et de contrôle (relances, pénalités).
Cette théorie justifie l’existence des créances comme un outil d’efficacité, tout en soulignant la
nécessité de mécanismes contractuels pour limiter les coûts de gestion.
La théorie de la gestion du risque (Froot et al., 1993) met l’accent sur l’identification et
l’atténuation des risques financiers, comme le risque de crédit (non-paiement par les clients).
Elle guide les entreprises dans l’adoption de stratégies pour protéger leur stabilité financière.
La gestion des créances implique d’évaluer la solvabilité des clients, de limiter l’exposition aux
impayés (ex. : garanties, assurance-crédit), et de mettre en place des procédures de
recouvrement efficaces.
Une entreprise doit analyser la solvabilité de ses clients (PME, collectivités) avant d’accorder
des délais, car les retards observés lors amplifient les risques financiers. La théorie explique
qu’il faudra adopter des outils comme les assurance-crédit ou des saisies conservatoires (via
huissiers, comme dans le cadre OHADA) pour sécuriser ses créances. Dans un contexte
camerounais marqué par l’instabilité économique, ces pratiques sont cruciales.
III-4-THEORIE DU CYCLE DE TRESORERIE
Développée par Vernon Richards et Eugene Laughlin en 1980, cette théorie dit que l’argent
d’une entreprise circule comme un cycle : elle dépense pour fournir un service, puis attend que
les clients paient pour récupérer cet argent. Les créances (délais de paiement) ralentissent ce
cycle, car l’entreprise doit attendre plus longtemps pour avoir l’argent nécessaire à ses
dépenses, comme payer ses employés.
Lorsqu’une entreprise donne des délais de paiement, elle immobilise son argent, ce qui peut
créer un manque de liquidités. La théorie explique qu’il est important de raccourcir les délais
de paiement ou d’utiliser des outils (ex. : relances rapides, acomptes) pour accélérer la
récupération de l’argent, afin que le cycle de trésorerie tourne plus vite.
La gestion des créances constitue un pilier fondamental de la santé financière des entreprises,
en particulier des PME, où la trésorerie est directement impactée par les délais de paiement et
les risques d’impayés. Ce chapitre a permis de poser un cadre conceptuel en définissant la
créance comme un droit financier à court terme, caractérisé par sa temporabilité, sa liquidité
conditionnelle et son risque inhérent de non-paiement. Les différentes typologies de créances
soulignent la nécessité d’une gestion rigoureuse pour minimiser les pertes et optimiser les flux
de trésorerie. Le provisionnement, conforme au principe de prudence comptable, joue un rôle
clé pour anticiper les dépréciations, tandis que les mécanismes de recouvrement, amiables ou
judiciaires, permettent de transformer ces actifs en liquidités. Enfin, les fondements théoriques,
tels que la théorie de l’agence, des coûts de transaction, de la gestion du risque et du cycle de
trésorerie, offrent un cadre analytique pour comprendre les défis et les opportunités liés à la
gestion des créances.
CHAPITRE 2 : LE RECOUVREMENT DES CREANCES COMME
MOYEN D’AMELIORATION DE LA SANTE FINANCIERE DE
L’ENTREPRISE
Le recouvrement des créances est un élément clé de la gestion financière d'une entreprise. Dans
un contexte où la trésorerie est souvent mise à l'épreuve, il devient impératif de s'assurer que
les montants dus sont récupérés efficacement. Un bon recouvrement ne se limite pas à la
récupération de dettes, mais contribue également à maintenir un flux de trésorerie sain,
condition indispensable à la stabilité et au développement.
SECTION 1 : CADRE JURIDIQUE ET REGLEMENTAIRE DU
RECOUVREMENT DES CREANCES
Le cadre juridique et réglementaire définit les droits et obligations des créanciers et débiteurs
lors du recouvrement des créances, garantissant des procédures équitables et efficaces.
Le recouvrement des créances en Europe s’inscrit dans un cadre juridique harmonisé, conçu
pour faciliter la récupération des sommes dues, notamment dans un contexte transfrontalier,
tout en équilibrant les droits des créanciers et des débiteurs. Ce cadre repose sur des
réglementations nationales, adaptées aux spécificités de chaque État membre, et sur des
instruments européens qui simplifient les procédures pour les créances civiles et commerciales.
En France, par exemple, le recouvrement amiable, régi par le Code des procédures civiles
d’exécution, exige une mise en demeure détaillant l’identité du créancier, le montant de la dette
et les modalités de paiement, les frais étant généralement à la charge du créancier, sauf en cas
de mauvaise foi du débiteur. Le recouvrement judiciaire, quant à lui, permet au créancier de
saisir un tribunal pour obtenir une injonction de payer ou un titre exécutoire, exécutable par un
commissaire de justice. Les créances entre professionnels sont prescrites après cinq ans,
conformément à l’article L110-4 du Code de commerce, et après deux ans pour les
consommateurs, selon l’article 2224 du Code civil2.
2
[Link]
petits litiges, établie par le Règlement CE n°861/2007, utilise des formulaires standard pour
rendre des décisions exécutoires sans formalités supplémentaires. Par ailleurs, l’ordonnance
européenne de saisie conservatoire des comptes bancaires, introduite par le Règlement UE
n°655/2014, autorise les créanciers à geler les comptes d’un débiteur dans un autre État membre
sans préavis, via une demande en ligne, pour prévenir la dissipation des fonds. Enfin, la
Directive 2010/24/UE facilite le recouvrement des créances fiscales entre États membres par
une coopération renforcée entre autorités, bien que des obstacles, comme la difficulté à localiser
les débiteurs, persistent3.
Aux États-Unis, le recouvrement des créances repose sur un cadre juridique complexe,
combinant des lois fédérales et des réglementations étatiques, marquées par une forte
décentralisation et des variations significatives selon les juridictions. Ce système, tout en
partageant avec l’Europe l’exigence de créances certaines, liquides et exigibles, se distingue
par son accent sur la protection des consommateurs et la flexibilité des procédures. Au niveau
fédéral, le Fair Debt Collection Practices Act de 1977 régule les pratiques des agences de
3
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recouvrement tierces pour les dettes de consommation, telles que les cartes de crédit ou les
factures médicales. Cette loi interdit les pratiques abusives, comme les appels téléphoniques
entre 21h et 8h ou le harcèlement, et impose l’envoi d’une notice écrite dans les cinq jours
suivant le premier contact, détaillant le montant de la dette, l’identité du créancier et le droit du
débiteur de contester dans les trente jours. Les débiteurs peuvent également exiger par écrit
l’arrêt des communications, sauf pour des notifications judiciaires, les violations entraînant des
amendes ou des dommages-intérêts jusqu’à 1 000 dollars par action4.
Complémentairement, le Fair Credit Reporting Act régule la déclaration des dettes aux agences
de crédit, obligeant les collecteurs à signaler les créances contestées comme telles et à corriger
les erreurs. Le Telephone Consumer Protection Act limite les appels automatisés sans
consentement, avec des sanctions pouvant atteindre 1 500 dollars par infraction. En cas de
faillite, le Bankruptcy Code impose un sursis automatique suspendant toutes les actions de
recouvrement. Au niveau étatique, les lois varient considérablement : les délais de prescription
des dettes s’étendent de trois à dix ans, les saisies de salaire sont limitées par le Consumer
Credit Protection Act à 25 % du salaire net, et certains États, comme le Texas, protègent
fortement les résidences principales. Les agences de recouvrement, souvent agréées, opèrent à
la commission, entre 20 et 50 % de la somme recouvrée, mais doivent respecter des règles
strictes pour éviter les poursuites5.
Le recouvrement amiable débute généralement par une mise en demeure, non toujours
obligatoire, suivie de relances par appels ou courriers, tandis que le recouvrement judiciaire
passe par des tribunaux, comme les Small Claims Courts pour les créances jusqu’à 7 500 dollars
en Californie, ou des tribunaux civils pour des montants plus élevés. Les jugements, valables
de sept à vingt ans, permettent des saisies de comptes ou des privilèges sur des biens, exécutés
par des sheriffs. Des ressources, comme le Consumer Financial Protection Bureau, offrent des
guides et des recours pour les débiteurs.
4
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5
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En droit, une créance désigne le droit qu'une personne, appelée créancier, a d'exiger d'une autre
personne, appelée débiteur, l'exécution d'une obligation. Cette obligation peut être de nature
pécuniaire, comme le paiement d'une somme d'argent, ou non pécuniaire, telle que la prestation
d'un service ou la livraison de biens.6
Au Cameroun, comme dans les autres États membres de l'Organisation pour l'Harmonisation
en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), le cadre juridique du recouvrement des créances
est principalement régi par le droit OHADA et le droit national camerounais. Le droit OHADA,
issu du Traité relatif à l'harmonisation du droit des affaires en Afrique signé à Port Louis le 17
octobre 1993, comprend notamment des Actes Uniformes, qui sont des textes législatifs
directement applicables dans les États membres. L'Acte Uniforme portant organisation des
procédures simplifiées de recouvrement et des voies d'exécution (AUPSRVE) est la pierre
angulaire du dispositif juridique en matière de recouvrement des créances dans cet espace7.
Cependant, le droit national camerounais conserve une importance dans certains aspects,
notamment en ce qui concerne les procédures spécifiques de recouvrement des créances
publiques et les règles complémentaires non couvertes par le droit OHADA.
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7
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Conseil des Ministres de l'OHADA, qui ont une force obligatoire et une application directe dans
tous les États membres, y compris le Cameroun. L'AUPSRVE est l'un de ces Actes Uniformes
essentiels en matière de recouvrement de créances8.
Les lois et règlements nationaux du Cameroun complètent ce dispositif, intervenant dans les
domaines non spécifiquement régis par le droit OHADA ou pour préciser les modalités
d'application de celui-ci. Il est donc crucial de comprendre cette hiérarchie pour déterminer les
règles applicables à une situation donnée de recouvrement de créances. Plusieurs institutions
jouent un rôle clé dans le processus de recouvrement des créances au Cameroun. Les tribunaux
sont compétents pour trancher les litiges et rendre des décisions contraignant les débiteurs à
payer. Les huissiers de justice (huissiers de justice) sont des officiers ministériels chargés de
signifier les actes de procédure et d'exécuter les décisions de justice, notamment par la mise en
œuvre de mesures de saisie9.
Des sociétés de recouvrement de créances, telles que la Société de Recouvrement des Créances
du Cameroun (SRC), peuvent également intervenir, principalement dans le cadre du
recouvrement amiable, mais aussi pour le compte de l'État pour le recouvrement de créances
publiques. La SRC, en particulier, a été réorganisée par le Décret N°2020/016 du 9 janvier
2020, renforçant son rôle dans le recouvrement des créances publiques et de certaines
entreprises. Le recouvrement des créances est régi par des principes généraux tels que le
principe de bonne foi, qui impose aux parties d'agir avec loyauté et transparence dans leurs
relations contractuelles et dans les procédures de recouvrement. L'obligation de payer,
découlant du contrat ou de la loi, est le fondement même du droit du créancier à recouvrer sa
créance.
L'Acte Uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies
d'exécution (AUPSRVE) constitue le texte fondamental régissant le recouvrement des créances
8
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dans l'espace OHADA, y compris au Cameroun. Son champ d'application s'étend au
recouvrement des créances qui remplissent trois conditions cumulatives : elles doivent être
certaines, liquides et exigibles. De plus, l'AUPSRVE s'applique aux créances ayant une cause
contractuelle ou résultant de l'émission ou de l'acceptation d'effets de commerce (lettres de
change, billets à ordre) ou de chèques dont la provision s'est révélée inexistante ou
insuffisante10.
Pour pouvoir initier les procédures simplifiées de recouvrement prévues par l'AUPSRVE,
notamment la procédure d'injonction de payer, la créance doit impérativement présenter les
trois caractéristiques mentionnées précédemment : elle doit être certaine, liquide et exigible. Le
créancier doit être en mesure de prouver l'existence de la dette par des documents probants tels
que des contrats, des factures acceptées, des reconnaissances de dette ou des effets de
commerce. Le montant exact de la somme due doit être clairement déterminé ou, à tout le moins,
pouvoir être calculé avec précision à partir des éléments disponibles. Enfin, le délai de paiement
convenu entre les parties ou prévu par la loi est expiré et que le débiteur est tenu de procéder
au règlement. Le non-respect de l'une de ces conditions peut entraîner l' irrecevabilité de la
procédure simplifiée de recouvrement11.
La procédure d'injonction de payer est l'un des mécanismes clés offerts par l'AUPSRVE pour
le recouvrement simplifié des créances. Elle débute par le dépôt d'une requête par le créancier
auprès de la juridiction compétente, qui est généralement celle du domicile ou du lieu où
demeure effectivement le débiteur ou l'un d'entre eux en cas de pluralité de débiteurs.
Cette requête doit contenir certaines mentions obligatoires, notamment l'identification précise
des parties (créancier et débiteur), l'indication du montant exact de la créance réclamée avec
une ventilation des différents éléments la composant (principal, intérêts, etc.), ainsi que l'exposé
des motifs et la justification de la créance. La requête doit impérativement être accompagnée
des documents justificatifs de la créance en original ou en copies certifiées conformes. Si le
président de la juridiction saisie estime, au vu des documents produits, que la requête est fondée
en tout ou partie, il rend une décision portant injonction de payer pour le montant qu'il retient.
10
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En revanche, s'il rejette la requête, sa décision n'est pas susceptible de recours pour le créancier,
qui conserve néanmoins la possibilité d'agir par les voies de droit commun.
Ce délai peut être augmenté, le cas échéant, des délais de distance. L'opposition doit être formée
par acte extrajudiciaire et doit contenir les motifs pour lesquels le débiteur conteste l'injonction
de payer. Suite à l'opposition, la juridiction compétente tente de concilier les parties. En cas de
succès de la conciliation, un procès-verbal est établi et a force exécutoire. Si la conciliation
échoue, la juridiction statue immédiatement sur la demande en recouvrement de créance par un
jugement qui se substitue à la décision portant injonction de payer et qui est susceptible d'appel
dans les conditions du droit national de chaque État partie, généralement dans un délai de trente
jours. L'ordonnance d'injonction de payer ne produit ses effets en faveur du créancier qu'à
l'expiration du délai d'opposition ou en cas de renonciation du débiteur à son droit d'opposition.
Le créancier doit alors solliciter l'apposition de la formule exécutoire sur l'ordonnance dans un
délai de deux mois à compter de la date à laquelle le droit d'opposition du débiteur est forclos
ou a été renoncé. Le non-respect de ce délai de deux mois entraîne la nullité de l'ordonnance.
Seule l'apposition de la formule exécutoire confère à l'ordonnance d'injonction de payer la
qualité de titre exécutoire, permettant au créancier d'engager des mesures d'exécution forcée à
l'encontre du débiteur12.
Le fondement du contrat de recouvrement, repose sur la nécessité de faire valoir une créance
face à un débiteur défaillant. La définition des parties et de leurs rôles respectifs constitue le
premier élément fondamental de tout contrat. Dans un contrat de recouvrement, cette
identification ne présente généralement pas de difficulté. Le créancier, titulaire de la créance à
recouvrer, engage et rémunère le recouvreur, qui, en contrepartie, fournit des services visant à
obtenir le paiement de la part du débiteur. Ainsi, les parties sont toujours clairement distinctes.
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La nature du débiteur, qu’il s’agisse d’une personne physique ou morale, n’a pas d’incidence
juridique sur le contrat de recouvrement, bien que les méthodes employées puissent varier. En
conséquence, le contrat conserve sa structure et sa finalité, mais les stratégies de recouvrement,
telles que les démarches amiables ou judiciaires, s’adaptent aux particularités du débiteur pour
optimiser l’efficacité du processus. Le service promis par le recouvreur est d’amener le débiteur à
payer la dette qu’il a envers le créancier.
Le recouvreur peut être chargé de recevoir directement le paiement du débiteur, par exemple
en fournissant ses propres coordonnées bancaires. Cette pratique s’explique par diverses
raisons, telles que la simplification de la preuve du paiement ou l’intermédiation en cas de
créancier et débiteur situés dans des pays différents. Toutefois, le recouvreur est tenu de reverser
intégralement le montant perçu au créancier, sauf s’il peut compenser ce montant avec ses
propres créances envers le créancier, à moins qu’une convention contraire ne soit établie.
Les huissiers de justice jouent un rôle central dans le processus de recouvrement judiciaire des
créances au Cameroun. Ils sont notamment chargés de la signification des actes judiciaires, tels
que l'injonction de payer et les assignations, garantissant ainsi que le débiteur est officiellement
informé des procédures engagées à son encontre. De plus, les huissiers de justice sont les seules
habilités à procéder à l'exécution forcée des décisions de justice, en mettant en œuvre des
mesures de saisie sur les biens du débiteur (saisie conservatoire, saisie attribution, saisie
immobilière, etc.) afin de recouvrer les sommes dues au créancier. Outre leur rôle dans
l'exécution des décisions judiciaires, les huissiers de justice peuvent également intervenir dans
le cadre du recouvrement amiable, en adressant des sommations de payer aux débiteurs et en
tentant de trouver des solutions négociées. La profession d'huissier de justice est soumise à des
obligations strictes et à des règles déontologiques visant à garantir l'impartialité et l'efficacité
de leurs actions13.
13
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SECTION 2 : RECOUVREMENT DES CREANCES : ENJEUX ET DEFIS
Les entreprises rencontrent plusieurs défis lorsqu'elles essaient de recouvrer des créances. Les
retards de paiement de la part des débiteurs représentent un obstacle significatif, affectant
directement leur trésorerie. Ces délais peuvent provoquer des problèmes de liquidité, mettant
ainsi en péril la santé financière des entreprises.
Les enjeux se réfèrent aux objectifs et aux bénéfices que les entreprises cherchent à atteindre à
travers le recouvrement de créances.
I-1-AMELIORATION DE LA TRESORERIE
Le recouvrement efficace des créances est crucial pour maintenir la trésorerie des entreprises.
Une bonne gestion des créances permet aux entreprises de faire face à leurs obligations
financières et d'assurer leur pérennité. Le recouvrement de créances est vital pour les
entreprises et individus qui n’ont pas été payés pour leurs services, biens, ou prêts. Les retards
de paiement et les impayés peuvent sévèrement impacter la trésorerie d’une entreprise. En effet,
ces retards allongent le Délai de Paiement Moyen (DSO) et augmentent le Besoin en Fonds de
Roulement (BFR), engendrant potentiellement des difficultés pour financer les salaires, les
charges et les projets de développement.
I-1-1-1-Utilite
Le DSO est un indicateur clé du poste client pour une entreprise. Suivre son délai moyen de
paiement aide à identifier le nombre de jours de retard de paiement et le temps nécessaire
au recouvrement des créances. C'est donc aussi un indicateur qui vous permet d'évaluer la
performance de votre recouvrement.
Concrètement, plus le DSO est faible, plus les clients paient rapidement et plus le free cash-
flow est conséquent et disponible. En revanche, plus le DSO est élevé, plus le délai de paiement
des clients est important. L'entreprise s'expose ainsi à un écart de trésorerie important.
Suivre votre DSO d'entreprise vous permet également de prendre des décisions stratégiques
pour votre trésorerie. Lorsque l'on constate des retards de paiement fréquents chez certains
clients, que l'on peut appeler mauvais payeurs, il est alors possible de négocier des conditions
de paiement spécifiques en stipulant le règlement (Chevallier, 2025).
I-1-1-2-Calcul
Il existe plusieurs façons de calculer le DSO. Chaque méthode a ses avantages et ses
inconvénients. L'essentiel est de choisir celle qui s'adapte le plus à l’entreprise et de la garder
L'important est de pouvoir suivre l'évolution du délai moyen de paiement mois après mois
(Chevallier, 2025).
Calcul du DSO = créances clients TTC d'une période/ chiffre d'affaires TTC de la même période
x nombre de jours de la période.
1. Avantages de la méthode :
• Le calcul est très simple à faire.
• Cette technique permet la comparaison d'entreprises entre elles.
• La donnée est disponible facilement et rapidement
2. Inconvénients de la méthode :
• Cette méthode n'est pertinente que si la société a un chiffre d'affaires constant. Si le chiffre
d'affaires est variable en fonction de la saisonnalité des ventes, le calcul s'en trouve faussé.
• Cette technique ne reflète ni l'âge moyen des créances ni la durée réelle du crédit.
En partant de cette méthode comptable de calcul du DSO, on peut aussi se baser sur ses
variantes :
i) La méthode avec l'encours total : DSO = encours total fin de mois TTC x nombre
de jours de la période / chiffre d'affaires total TTC (hors ventes comptant de la
période)
ii) La méthode avec l'encours moyen : DSO = moyenne des encours de fin de mois
TTC x nombre de jours de la période / chiffre d'affaires total TTC de la période
iii) La méthode avec le chiffre d'affaires moyen : DSO = encours total fin de mois TTC
x nombre de jours de la période / chiffre d'affaires moyen TTC de la période
iv) La méthode de l'encours courant : DSO = encours non exigible fin de mois TTC x
nombre de jours de la période / chiffre d'affaires TTC de la période (hors ventes
comptant).
DSO (fin de mois) = encours client TTC - chiffre d'affaires TTC du mois M - chiffre d'affaires
TTC du mois M-1... jusqu'à épuisement du solde client.
Puis, le montant (partiel) du dernier mois de chiffre d'affaires de la période rapporté au chiffre
d'affaires total et multiplié par le nombre de jours du mois donne le solde du nombre de jours
qu'il faut ajouter au nombre de jours des autres mois.
Voyons un exemple avec cette méthode par épuisement du CA pour que ce soit plus parlant.
Réalisant le calcul début mai 2023, nous allons donc prendre comme base le montant brut du
poste client au 30 avril 2023 qui est de 170.000 FCFA.
2. Ensuite, on répète la même opération pour le mois suivant en partant de l'encours restant
à épurer et on déduit le CA du mois de mars soit : 130.000 - 70.000 = 60.000 FCFA. On
indique à nouveau le nombre de jours que compte le mois de mars.
a) Avantages de la méthode :
Cette technique a l'avantage de mieux refléter la situation d'une entreprise qui a une activité
saisonnière ou qui subit de fortes variations. Le calcul du DSO se fait alors en temps réel.
Nul besoin d'attendre la fin d'une période. Cela permet de prendre les bonnes décisions très
rapidement.
b) Inconvénients de la méthode :
Cette technique ne permet pas de comparer les entreprises entre elles. Pour que ce soit
pertinent et efficace, il faut une mise à jour du calcul tous les jours ou toutes les semaines.
1. Calcul du BFR :
Un BFR négatif signifie que l’entreprise est en bonne santé financière et dispose de
suffisamment d'argent pour être capable d'honorer ses dettes de court terme.
Un BFR positif montre un besoin de financement à court terme. Cela signifie que les créances
client et le stock sont plus importants que les dettes fournisseurs, c’est-à-dire que vous payez
vos fournisseurs avant d’être vous-même payé par vos clients. Puisque les créances clients ont
un impact sur la trésorerie de l’entreprise, elles viennent aussi réduire le besoin en fonds de
roulement de l’entreprise (BFR). En particulier si les délais de paiement sont longs.
Un BFR est égal à 0, traduit une situation d’équilibre financier où l’entreprise n’a ni surplus ni
déficit de trésorerie pour son cycle d’exploitation. Cela reflète une bonne gestion, mais
l’entreprise doit rester vigilante pour anticiper tout déséquilibre (ex. : retards de paiement ou
variations des stocks). Pour renforcer sa résilience, elle pourrait viser un BFR légèrement
négatif, ce qui offrirait une marge de liquidité tout en maintenant une gestion rigoureuse des
créances et des dettes.
Les crédits non recouvrés peuvent se traduire par des pertes substantielles pour une entreprise.
Un processus de recouvrement des crédits bien structuré diminue le risque d’insolvabilité,
préserve les bénéfices de l’entreprise et permet d’investir dans des domaines clés pour le
développement futur14.
I-3-RENFORCER LA CREDIBILITE :
Une entreprise qui réussit à recouvrer ses crédits fait preuve de fiabilité et de stabilité financières.
Cette réputation attire non seulement de nouveaux clients, mais aussi des investisseurs et des
partenaires commerciaux. Une perception de fiabilité peut ouvrir de nouvelles portes à la
croissance, entraînant une augmentation significative du chiffre d’affaires15
En assurant le maintien des liquidités, en réduisant les pertes et en renforçant leur crédibilité,
elles peuvent non seulement stabiliser leur situation financière, mais aussi ouvrir la voie à une
augmentation significative de leurs revenus.
Le recouvrement des créances est un processus essentiel pour les entreprises, leur permettant
de récupérer les sommes dues par leurs débiteurs. Cependant, ce processus n'est pas sans défis.
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II-2-1- Complexité des procédures judiciaires :
La complexité des procédures judiciaires constitue un défi majeur dans le recouvrement des
créances. Les entreprises doivent souvent naviguer dans un labyrinthe de règles juridiques et de
formalités administratives, ce qui peut ralentir le processus de recouvrement. Voici quelques
aspects clés de cette complexité selon Gaffard, (2008) :
• Variété des législations : Les lois sur le recouvrement varient d'un pays à l'autre, et même
d'une région à l'autre, rendant difficile l'application uniforme des procédures.
• Délai de traitement : Les procédures judiciaires peuvent être longues, entraînant des
retards dans la récupération des fonds dus.
• Coûts associés : Engager des actions en justice peut s'avérer coûteux, avec des frais
juridiques qui peuvent réduire les bénéfices du recouvrement.
• Risque d'inefficacité : Même avec des procédures en place, il n'est pas garanti que les
créances soient recouvrées, ce qui peut entraîner une perte de temps et de ressources.
Les coûts associés au recouvrement des créances représentent un défi significatif pour les
entreprises. Ces coûts peuvent rapidement s'accumuler et affecter la rentabilité. Gaffard,
(2008) présente quelques aspects clés à considérer :
• Les frais administratifs : Les entreprises doivent souvent engager des ressources pour
gérer le processus de recouvrement, ce qui inclut l'envoi de rappels, le traitement des
retards de paiement et la gestion des litiges. Ces frais peuvent inclure des coûts de
personnel, de communication et de documentation.
• Les coûts juridiques : Lorsque les créances ne peuvent pas être récupérées par des
moyens amicaux, les entreprises peuvent être contraintes d'engager des procédures
judiciaires. Les frais juridiques associés à ces actions peuvent être élevés, incluant les
honoraires d'avocats et les frais de justice, ce qui peut réduire considérablement les
bénéfices réalisés sur les créances recouvrées.
• Pertes potentielles : Les coûts de recouvrement ne se limitent pas aux dépenses
directes. Les entreprises peuvent également subir des pertes potentielles si les créances
deviennent irrécouvrables. Cela peut résulter d'une mauvaise gestion des créances ou
d'un manque de suivi approprié, entraînant des montants qui ne seront jamais récupérés.
• Impact sur la trésorerie : Les coûts associés au recouvrement peuvent également avoir
un impact sur la trésorerie de l'entreprise. Des créances non recouvrées peuvent
entraîner des flux de trésorerie négatifs, rendant difficile le financement des opérations
quotidiennes et des investissements futurs.
La recherche scientifique, quête intellectuelle d’une précision souveraine, s’engage à sonder les
énigmes complexes, à décrypter les dynamiques des phénomènes et à formuler des conclusions
d’une clarté exemplaire par une investigation méthodique. Exigeant une discipline rigoureuse,
elle aspire à examiner, interpréter, appréhender, dominer, élucider et prévoir les réalités étudiées
(Creswell, 2014). Ce chapitre dévoile l’approche méthodologique adoptée et introduit NAMBI
CAPITAL comme terrain d’exploration privilégié.
D’après Rey, (2010) La méthodologie se définit comme l’ensemble des règles et des procédés
logiques organisant l’étude scientifique des phénomènes en vue d’établir des connaissances
valides. Autrement dit, elle constitue le cadre intellectuel qui, par une démarche systématique,
garantit la fiabilité et la validité des conclusions tirées, en orientant l’observation, l’analyse et
l’interprétation des données. Le canevas de recherche s’adapte avec souplesse au type
d’investigation et au contexte dans lequel elle se déploie. Cette section exposera et justifiera la
démarche de recherche adoptée, en l’occurrence une approche qualitative, avant de décrire le
cadre contextuel de l’étude.
Il sera donc question pour nous d’exposer le problème central de l’étude, la problématique, les
questions subsidiaires, les objectifs poursuivis, ainsi que les raisons sous-tendant le choix
méthodologique adopté.
I-1-2-OBJECTIFS DE LA RECHERCHE
La situation décrite précédemment place NAMBI CAPITAL dans une posture particulièrement
précaire, les faiblesses de ses mécanismes de recouvrement compromettant directement sa
performance économique et sa stabilité financière. Pour garantir sa pérennité et sa résilience, il
est impératif que l’entreprise déploie des stratégies robustes afin de surmonter ces obstacles et
d’atténuer leurs impacts. Ainsi pour mener à bien cette étude la question de recherche est :
comment améliorer le processus de recouvrement des créances au sein de NAMBI
CAPITAL ?
➢ Quel est le processus de recouvrement des créances mis en place au sein de NAMBI
CAPITAL ?
➢ Quelles sont les difficultés rencontrées dans le processus de recouvrement des créances
à NAMBI CAPITAL ?
➢ Quelles sont les actions à mettre en place pour améliorer le processus de recouvrement
des créances à NAMBI CAPITAL ?
I-2-1-L’approche qualitative
Selon Patton, (2015) la recherche qualitative se caractérise par une immersion dans les
contextes naturels des phénomènes, s’appuyant sur des données non chiffrées telles que des
récits, des entretiens ou des observations pour saisir les dynamiques sociales et les significations
attribuées par les acteurs.
À son tour, Merriam, (2016) souligne que cette approche qualitative cherche à éclairer les
processus et les motivations qui façonnent les comportements humains, en privilégiant une
analyse approfondie des expériences vécues. Elle est particulièrement adaptée aux
investigations visant à explorer les dimensions subjectives ou contextuelles, comme les
perceptions d’un phénomène, d’une organisation ou d’un produit.
Les données sont généralement collectées par des entretiens ouverts ou semi-structurés, des
observations contextuelles, des analyses textuelles ou des études de cas approfondies. Des outils
comme les enregistreurs audio ou les logiciels d’analyse qualitative.
❖ Avantages de l’approche :
La méthode qualitative offre :
• Une compréhension approfondie des phénomènes, capturant les nuances des
expériences humaines.
• Une flexibilité dans la conception, permettant d’adapter les questions au fur et à mesure.
• Une richesse des données, fournissant des insights détaillés sur les perceptions et
comportements.
• Une génération d’hypothèses, utile pour des recherches exploratoires
❖ Inconvénients de la méthode :
I-2-2-APPROCHE QUANTITATIVE
L’approche quantitative est une méthode de recherche qui repose sur la collecte et
l’analyse de données numériques pour tester des hypothèses ou établir des relations
causales. Selon Creswell (2014), elle utilise des données chiffrées, souvent obtenues par
des enquêtes ou des expériences, pour identifier des tendances ou vérifier des théories.
Bryman (2016) ajoute qu’elle privilégie l’objectivité et vise à produire des résultats
généralisables à une population plus large grâce à des échantillons représentatifs. En
résumé, cette approche cherche à quantifier des phénomènes à travers des mesures
précises et des analyses statistiques.
La méthode quantitative se distingue par son utilisation d’outils structurés pour recueillir des
données chiffrées, mesurables et souvent généralisables. Une fois collectées, ces données
numériques sont traitées à l’aide de logiciels statistiques tels que SPSS, ou Excel. L’analyse
permet de produire des résultats sous forme de graphiques, tableaux ou modèles prédictifs,
offrant une vision claire et généralisable des phénomènes étudiés.
I-2-3-APPROCHE MIXTE
❖ Avantages de la méthode
• Complémentarité : Associe la précision des données chiffrées à la profondeur des récits
qualitatifs.
• Validation croisée : Renforce la fiabilité des résultats par la triangulation des méthodes.
• Compréhension holistique : Fournit une vision plus complète et nuancée des
phénomènes étudiés.
• Flexibilité méthodologique : S’adapte à une diversité de contextes et d’objectifs de
recherche.
❖ Inconvénients de la méthode
Pour mener à bien notre étude, nous avons privilégié une méthodologie qualitative. Cette
approche permet d’explorer en profondeur les perceptions, les pratiques et les obstacles
rencontrés par les responsables financiers et opérationnels dans la gestion des créances. Cette
méthode offre une compréhension nuancée des dysfonctionnements structurels et
organisationnels, tels que l’absence de politique de recouvrement claire ou les retards de
paiement, qui ne peuvent être pleinement appréhendés à travers des données chiffrées seules.
Ainsi, par le biais de recherches documentaires et d’entretiens semi-directifs au sein de NAMBI
CAPITAL, nous visons à collecter des données riches sur les procédures de recouvrement
existantes, les difficultés rencontrées, et l’impact des créances non recouvrées sur la liquidité
de l’entreprise. Cette démarche permettra de mieux cerner ces enjeux et de proposer des
solutions concrètes pour optimiser les pratiques de recouvrement. L’application de cette
approche qualitative nécessite de préciser certains éléments, notamment le lieu d’étude (champ
d’étude), la période d’enquête (durée de l’étude), et l’échantillon retenu.
I-2-4-1-Champs d’étude
I-2-4-2-Durée de l’étude
L’étude s’est déroulée sur une période de trois mois, correspondant à la durée du stage effectué
au sein de NAMBI CAPITAL. Cette période a été estimée adéquate pour recueillir des données
pertinentes, conduire des entretiens semi-directifs avec le personnel et observer les pratiques de
recouvrement en place. Ces trois mois ont permis de capter d’éventuelles fluctuations
opérationnelles et d’identifier les défis et opportunités liés à la gestion des créances, offrant
ainsi une vision globale des dynamiques financières de l’entreprise.
I-2-4-3-L’échantillon
Selon Merriam, (2016) l’échantillonnage en recherche qualitative repose sur la sélection ciblée
de participants offrant des perspectives riches, favorisant une exploration détaillée des
phénomènes étudiés. Pour cette étude, un échantillon de n=3 a été retenu, regroupant les
principaux acteurs impliqués dans la gestion des créances au sein de NAMBI CAPITAL. Cet
échantillon comprend le Directeur Général, le responsable des opérations financières et le
gestionnaire de portefeuille clients, sélectionnés pour leur rôle déterminant dans les processus
opérationnels et décisionnels du recouvrement. Cette approche garantit la collecte de données
fiables, contextualisées et directement pertinentes pour les objectifs de la recherche.
La collecte des données constitue une étape cruciale de la recherche qualitative, permettant de
saisir les dynamiques et perceptions au cœur des phénomènes étudiés.
L’approche qualitative s’appuie sur un ensemble d’outils méthodologiques, tels que les
observations contextuelles, les entretiens semi-directifs et les analyses documentaires, pour
collecter des données riches tout en suivant un processus rigoureux de traitement des
informations.
Le guide d’entretien, détaillé en Annexe 1, est organisé autour de trois thématiques principales,
permettant une exploration systématique des enjeux liés au recouvrement dans le contexte d’une
PME de services financiers :
NAMBI CAPITAL, est un cabinet financier de conseil fonde en Février 2015 par ces fondateurs
(M. TCHAKOUNTE VALENTIN et 4 associes) spécialisé dans l’accompagnement des
entreprises dans la gestion de leur trésorerie et de leur financement. Depuis sa création, ce
cabinet est classé comme une Société Anonyme à Responsabilités limitées (SARL), Ayant un
capital d’un million (1 000 000). Il propose notamment des prestations d’audit des frais
financiers, qui consiste à analyser les couts lies aux opérations bancaires et à proposer des
solutions d’[Link] exerce dans divers domaine de compétences à savoir : Modélisation
des projets et structuration des options de financement, Audit des frais financiers et agios,
Etablissements des Business plan, Financement des entreprise, Communes et Collectivités
territoriales décentralisées (conseils, Elaboration des plans communaux de développement,
structuration des financement, organisation). Situé en plein cœur du quartier d’AKWA à Douala
face la salle des fêtes, le cabinet financier NAMBI CAPITAL SARL a évolué avec le temps
pour être la référence aujourd’hui. Pour chacun de ses clients, NAMBI CAPITAL est un
véritable compagnon pour la croissance et le développement. Pour son propre développement,
le cabinet NAMBI CAPITAL s’est fait plusieurs partenaires dans l’environnement financier
notamment des banques tels que : BGFI Bank, Bank Atlantique, Afriland First Bank, UBA
United Bank for Africa et plein d’autres. Mais cela n’empêche pas le cabinet d’avoir une variété
de concurrents : à l’exemple des cabinets financiers tel que Premium Financial Consulting et
des cabinets d’audit tel que Mazars cabinets d’audit pour ne citer que ceux dans la ville de
Douala. La concurrence du cabinet financier NAMBI CAPITAL SARL est vaste et très
rigoureuse, en outre des entreprise locales, le cabinet doit aussi faire face aux entreprises
étrangères implantées au Cameroun et dans la sous-région CEMAC. Il y’a un ensemble de
personnes engagées auprès du cabinet par un contrat de consommation de ses produits et/ou
services. On peut citer :
• Les personnes physiques : c’est l’ensemble des particuliers qui sont reçus au cabinet,
cherchent des services financiers professionnels (tels que la gestion de comptes, les
prêts, les financements).
• Les personnes morales : ce sont les entreprises, les organisations publiques et privées,
nationales et internationales, des investisseurs, des épargnants, des emprunteurs qui ont
besoin d’une expertise financière pour atteindre leurs objectifs financiers.
La raison fondamentale de sa création était de mettre à la disposition des nombreux clients, des
services financiers et d’accompagnement de projet ; mais au fil du temps, en fonction de la
demande, l’audit des agios bancaire est devenu une activité phare pour ce dernier. Toutefois, le
cabinet offre toujours de nombreux services financiers et d’accompagnement des projets à sa
clientèle. Il a su être proactif et réactif pour faire face à la concurrence et satisfaire sa demande
et la fidéliser.
En outre, le cabinet NAMBI CAPITAL SARL vise à être le partenaire privilégié sur les
interventions à très forte valeur ajoutée et devenir conseil leader auprès des collectivités
décentralisées d’où le slogan « Always beyond… ». A travers ce slogan, le cabinet veut passer
le message à ses clients pour leurs faire comprendre que le travail demandé sera toujours
effectué avec le respect de la qualité possible et dans les meilleures conditions. Le cabinet saura
être efficace et efficient envers sa clientèle.
De façon générale, le cabinet financier NAMBI CAPITAL SARL ; par son travail,
son efficacité, l’expérience adéquate dont il dispose, une équipe pluridisciplinaire et tous les
moyens à leur disposition ; souhaite être la référence dans le développement des entreprises et
le conseil leader pour permettre aux différentes entreprises une meilleure croissance de leurs
facteurs de croissance.
Le cabinet financier NAMBI CAPITAL SARL est dirigé par l’expert financier M.
TCHAKOUNTE Valentin, actionnaire majoritaire dont le pouvoir décisionnel est concentré en
son sein. Il coordonne et administre toutes les tâches effectuées par ses employés.
- Structure organisationnelle
Le cabinet financier NAMBI CAPITAL dispose de services au sein de son établissement
ayant chacun des objectifs spécifiques à atteindre. Elles sont présentées comme suit :
En outre, le cabinet dispose aussi d’un personnel, jeune, dynamique et très ambitieux.
Constitué de divers experts notamment des juristes, des financiers, des ingénieurs, auditeurs et
bien d’autres ; NAMBI CAPITAL SARL est diversifié permettant ainsi une meilleure
satisfaction de la clientèle et un meilleur rendement.
Son environnement est constitué de l’ensemble des personnes physiques et morales qui
sont susceptibles d’influencées les activités de la banque. On distingue entre autres :
a. Les Partenariats
Pour son propre développement, le cabinet ne peut pas évoluer en autarcie. Pour cela, les
partenariats sont d’une nécessité importante pour le cabinet.
Etant un cabinet financier, il est primordial pour le cabinet d’être en partenariat avec des
institutions financières. Ces partenariats ici sont pour la plupart avec les banques locales, car
nécessité l’impose, pour un meilleur travail dans certains domaines du cabinet, il est très
important pour le cabinet d’être en accord avec ces banques. Nous avons entre autres : BGFI
Bank, Banque Atlantique, Afriland First Bank, UBA United Bank for Africa, GICAM
Groupement Inter-patronal du Cameroun et plein d’autres…
b. LE MARCHE
Nous présenterons ici le marché de l’entreprise en d’autres termes nous parlerons de sa demande
et de sa potentielle concurrence.
La Demande
16 Un business plan est un document décrivant la stratégie financière et commerciale choisie pour mener à bien un projet
entrepreneurial.
17Un manuel de procédure est un document qui, sous la forme d’instructions claires et précises contient l’ensemble des
c. La Concurrence
a. Services financiers
Ces services sont classifiés en trois catégories, nous avons les services de financement, Project
financing et d’audit.
Financement :
Concernant les services de financement, le cabinet financier met à la disposition de sa
clientèle une gamme de moyen technique permettant aux entreprises clients, une visibilité de
leurs projets par la banque. L’apport en numéraire du cabinet étant nul, NAMBI CAPITAL
SARL met à leur disposition des moyens pour leurs permettre l’octroi des crédits de
financement à des taux d’intérêts favorables. Nous pouvons citer entre autres :
✓ Les Fonds propres : Structuration actionnariat privé, financement par venture
funding, et plein d’autres encore
✓ La Dette : Dette senior19, Dette mezzanine20
L’Intermédiation financière : Recherche des financements courts termes à
meilleures conditions c’est-à-dire à des meilleurs taux.
19
Ce sont des dettes qui se caractérisent par une priorité de paiement et des garanties spécifiques par rapport
à d’autres dettes dites subordonnées
20
C’est un terme financier qui désigne la dette la plus risquée, dont le remboursement est subordonné à celui
de la dette senior
• Organisation et rédaction des procédures ;
• Formation : qui s’adresse aux institutions financières. Ces formations sont portées
sur les finances et gestions comptables.
La gestion des créances constitue un défi central pour NAMBI CAPITAL, une PME de
conseils financiers dont les missions, telles que l’audit des frais financiers ou
l’élaboration de business plans, sont facturées soit comptant, soit à terme, avec des
délais de paiement variant généralement de 30 à 90 jours. Cette flexibilité dans les
modalités de règlement, bien qu’attractive pour les clients qu’il s’agisse de personnes
physiques ou morales comme des PME ou des collectivités territoriales engendre des
tensions sur la trésorerie. En effet, NAMBI CAPITAL doit honorer des engagements à
court terme, tout en attendant les paiements différés de ses clients. Les observations
réalisées lors d’un stage de trois mois au sein du cabinet ont révélé que les retards de
paiement, fréquents chez certains clients PME ou startups, amplifient le besoin en fonds
de roulement (BFR) et exposent l’entreprise à des risques d’impayés. Cette
problématique, au cœur de la présente étude, sera analysée en détail dans le chapitre 4
à travers l’examen des pratiques de recouvrement et des recommandations pour
optimiser la stabilité financière de NAMBI CAPITAL.