Chapitre 2 : L'Écho du Passé
Julian passa le reste de la nuit enfermé dans son laboratoire, baigné dans la lumière blafarde
de ses écrans. Les fenêtres en hauteur laissaient apercevoir les premiers rayons d'un aube
grisâtre qui peinait à percer le brouillard genevois.
Sur sa console de mixage, le signal audio formait un spectre visuel fascinant. En isolant les
différentes pistes fréquentielles, Julian remarqua une seconde anomalie : sous la voix de la
femme, un second flux de données circulait. C'était un encodage binaire archaïque, similaire à
ceux utilisés par les premiers télex, mais caché à une vitesse de transmission ultra-rapide.
Il lança un script de décodage algorithmique pour traduire ce signal résiduel. Après vingt
minutes de traitement intensif qui firent rugir le ventilateur de son ordinateur, une série de
lignes de texte apparut à l'écran :
Plaintext
MATRICE CHRONOS - LAT. 46.0241 / LONG. 7.7482
DATE D'ÉMISSION : 12/03/1984 - 02:14:00
STATUT : EXPÉRIMENTAL - ARCHIVE NON AUTORISÉE
EMETTEUR : DR. HÉLÈNE BRUNNER
Julian fronça les sourcils. Les coordonnées géographiques pointaient vers un secteur isolé du
canton du Valais, dans le haut de la vallée de Zermatt, au pied des glaciers.
Ce qui le perturba plus encore fut le nom de l'émetteur : le Docteur Hélène Brunner.
Julian ouvrit immédiatement la base de données centrale des archives nationales et lança une
recherche croisée. Le résultat fut immédiat, mais troublant. Le profil du Dr Brunner existait
bien, mais presque toutes les fiches d'information la concernant portaient la mention «
Restreint - Raisons de sécurité d'État ».
Tout ce qu'il put apprendre, c'est qu'elle était une physicienne de renommée internationale
spécialisée dans la résonance quantique et l'acoustique moléculaire, disparue brusquement du
paysage scientifique à l'automne 1984. Aucune nécrologie, aucun rapport de police, aucun
dossier médical. Elle s'était simplement évaporée.
Le lecteur de bande magnétique émit un cliquetis sec : la bobine venait de se terminer.
Julian retira son casque audio. Le silence du sous-sol semblait désormais lourd, presque
menaçant. Il jeta un œil à son carnet de notes. La phrase captée plus tôt résonnait encore dans
sa tête : « la porte s'ouvre là où le verre se brise ».
Il attrapa sa veste en cuir, son enregistreur numérique portatif et les coordonnées imprimées.
Il savait que s'il posait trop de questions au bureau, la hiérarchie finirait par confisquer la
bande. S'il voulait comprendre d'où venait ce signal et pourquoi il se trouvait sur une cassette
vieille de plusieurs décennies, il devait se rendre lui-même sur place.
On enchaîne avec le Chapitre 3 : La Disparue de la Tour pour creuser le mystère de cette
scientifique ?