Mécanique Des Fluides
Séquence 3 : Cinématique des fluides
Mécanique Des Fluides
Angelbert Chabi BIAOU
Séquence 3 : Cinématique des fluides
I. Particule fluide, vitesse et accélération
1. Particule fluide
Au chapitre 1, on a défini le concept de particule fluide qui désigne un petit élément de masse (très petit par rapport a
l’échelle de l’ingénieur mais très grand par rapport à l’échelle moléculaire). On attribue à la particule fluide une entité
dans l’écoulement et elle contient donc toujours le même fluide,
Ce concept est introduit parce que les lois de la physique newtonienne reposent sur les notions de vitesse et
d’accélération de telles particules “étiquetées”.
Des variables comme la vitesse, la pression et la masse volumique peuvent dépendre de deux types de variables
indépendantes :
- La position considérée dans le champ d’écoulement, généralement tridimensionnel ;
- Le temps auquel sont observées leurs valeurs.
Dans le cas le plus général, une variable d’écoulement peut ainsi dépendre de 4 variables indépendantes (3 spatiales +
1 temporelle). Dès lors les dérivées doivent être exprimées en termes de dérivées partielles.
2. Vitesse et accélération
La vitesse d’une particule est le taux de variation temporelle du vecteur position 𝑟⃗(𝑡) de la particule (Figure I-1).
𝑑𝑟⃗
⃗⃗ =
𝑉 I-1
𝑑𝑡
Rappelons que ce vecteur vitesse peut dépendre de 4 variables : 3 variables de position et 1 variable temporelle t.
L’accélération d’une particule est le taux de variation temporelle du vecteur vitesse
⃗⃗ de la particule.
𝑉
𝑑𝑉⃗⃗
𝛾⃗ = I-2
𝑑𝑡
Un changement de la grandeur ou de la direction duPosition
vecteurde la cause une accélération.
vitesse
particule à l’instant
𝑡 + 𝛿𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟(𝑡 + 𝛿𝑡)
Position de la
particule à l’instant
𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟(𝑡)
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⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟(𝑡 + 𝛿𝑡) − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝑟(𝑡) 𝛿𝑟⃗ 𝑑𝑟⃗
⃗⃗ = lim
𝑉 = lim =
𝛿𝑡⟶0 𝛿𝑡 𝛿𝑡⟶0 𝛿𝑡 𝑑𝑡
Figure I-1 : Vitesse d’une particule
3. Systèmes d’axes
Tout vecteur peut être défini par ses composantes dans un système de coordonnées.
Ces composantes diffèrent selon le système choisi. Elles sont des scalaires et leurs valeurs sont spécifiées par les
vecteurs unitaires associés aux axes du système.
Puisque le vecteur vitesse peut dépendre de 4 variables, il en est de même pour chacune de ses composantes.
Dans un système de coordonnées cartésiennes, chaque vecteur unitaire conserve la même direction ; ce qui n’est pas
le cas en coordonnées ccylindriques, sphériques ou naturelles où les vecteurs unitaires changent de direction avec la
position (figures 3-2).
Ainsi, toute dérivée spatiale de la vitesse doit aussi bien considérer le changement de direction des vecteurs unitaires
que le changement de grandeurs de ses composantes.
Coordonnées
Naturelles cartésiennes sphériques
Figure I-2 : Systèmes de coordonnées autres que cartésiennes
II.Écoulements permanents, écoulements non permanents
1. Écoulements permanents, écoulements non permanents
Un écoulement est permanent lorsque le champ de vitesse ne dépend pas du temps, c’est à dire la vitesse de la
particule qui se trouve en un point donné reste la même à des instants différents. Il s’en suit en général que les autres
variables de l’écoulement sont indépendantes du temps.
𝜕
Dans un écoulement permanent, la dérivée partielle de toute variable de l’écoulement est nulle.
𝜕𝑡
Un écoulement non permanent est un écoulement qui n’est pas permanent.
2. Écoulements permanents en moyenne
En général, les composantes 𝑢, 𝑣, 𝑤 ainsi que la pression p en un point M dépendent du temps. Mais très souvent ces
quantités restent constantes en moyenne, c’est à dire qu’il est possible de trouver un intervalle de temps T tel que les
quantités moyennes :
𝑡+𝑇
⃗⃗ = ∫
𝑢 𝑢𝑑𝑡
𝑡
𝑡+𝑇
𝑣⃗ = ∫ 𝑣𝑑𝑡
𝑡
𝑡+𝑇
⃗⃗⃗ = ∫
𝑤 𝑤𝑑𝑡
𝑡
restent indépendantes de l’instant initial t choisi.
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[Link] d’un écoulement
On peut employer deux méthodes pour décrire un écoulement :
- la méthode de Lagrange ;
- la méthode d’Euler.
1. Description lagrangienne : trajectoire
Elle consiste à individualiser une particule déterminée du fluide et à la suivre dans son mouvement.
Soient a, b, c les coordonnées d’une particule à l’instant 𝑡0 ; à l’instant t, cette particule prend la position M définie par
ses coordonnées 𝑥, 𝑦, 𝑧 en fonction de 𝑎, 𝑏, 𝑐 𝑒𝑡 𝑡 ∶
𝑥 = 𝑓 (𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑡)
𝑦 = 𝑔 (𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑡) III-1
𝑧 = ℎ (𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑡)
Cette description du mouvement est dite description lagrangienne et les variables 𝒙, 𝒚,
𝒛 sont les variables de Lagrange.
Le lieu géométrique des positions successives d’une particule s’appelle sa trajectoire.
Les équations paramétriques (en t) de la trajectoire sont donc données par les relations 𝑦 =
𝑔 (𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑡) III-1
On peut en déduire la vitesse de cette particule à tout instant t
𝑑𝑥 𝜕𝑓
𝑢 (𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑡) = =
𝑑𝑡 𝜕𝑡
𝑑𝑦 𝜕𝑔
𝑣 (𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑡) = = III-2
𝑑𝑡 𝜕𝑡
𝑑𝑧 𝜕ℎ
𝑤(𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑡) = =
𝑑𝑡 𝜕𝑡
Si l’écoulement est non permanent, les particules qui passent par un même point à des instants différents peuvent
avoir des trajectoires différentes (Figure III-2). Si l’écoulement est permanent, toutes les trajectoires des particules qui
passent par un même point se confondent.
En pratique, l’observation d’une trajectoire peut se faire par injection locale d’une petite quantité de traceur dans le
fluide.
La description lagrangienne n’est pas très adaptée à la mécanique des fluides parce que les particules fluides ne
conservent pas longtemps leur individualité en raison de la diffusion moléculaire. On utilise plutôt la méthode d’Euler.
Figure III-1 : Description lagrangienne du mouvement
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1 La particule est passée en P au temps 𝑡1
2 La particule est passée en P au temps 𝑡2
3 La particule est passée en P au temps 𝑡3
Si l’écoulement est permanent, les 3 trajectoires sont confondues.
Figure III-2 : Trajectoires des particules 1 , 2 et 3
2. Description Eulérienne, lignes de courant
Elie consiste à considérer un point fixe M de l’espace et à étudier, en fonction du temps, ce qui se passe en ce point.
Nous déterminerons ainsi, en fonction du temps, la vitesse V de la particule qui se trouve en ce point M de
coordonnées x, y, z. Nous aurons alors les composantes de la vitesse en chaque instant t :
𝑢 = 𝐹(𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡)
𝑣 = 𝐺(𝑥, 𝑌, 𝑧, 𝑡) III-3
𝑤 = 𝑊(𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡)
Les variables 𝑢, 𝑣, 𝑤 sont appelées variables d’Euler.
On appelle ligne de courant une courbe tangente en chacun de ses points au vecteur vitesse en ce point. Ce qui se
traduit mathématiquement par :
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧
𝑑𝑆⃗ = 𝜆𝑉
⃗⃗ 𝑜𝑢 𝑑𝑆⃗⋀𝑉
⃗⃗ 𝑜𝑢 𝑒𝑛𝑐𝑜𝑟𝑒 = = III-4
𝑢 𝑣 𝑤
Les équations des lignes de courant s’obtiennent donc par intégration des équations ci-dessus.
Dans le cas le plus général d’un mouvement non permanent, la forme des lignes de courant change avec le temps.
Lignes de courant
On appelle surface de courant infinité (faisceau) de lignes de courant qui s’appuient sur une courbe donnée C. La
vitesse en un point quelconque de cette surface est évidemment située, à l’instant considéré, dans le plan tangent.
Lorsque la courbe C est une courbe fermée, la surface devient un tube de courant.
Tube de courant
Si le tube de courant est de section infiniment petite, on l’appelle un filet de courant.
On peut obtenir approximativement le tracé des lignes de courant par technique
Photographique. Pour ce faire, on disperse dans un liquide transparent de petites particules d’un corps solide étranger
de densité voisine à celle du fluide et on photographie l’écoulement avec un temps de pose très court t. Sur le cliche,
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chaque particule opaque va être représentée par un petit trait qui indique la direction de la vitesse au point où elle se
trouve. Dès lors on peut tracer des lignes tangentes à ces traits c’est à dire les lignes de courant.
3. Lignes d’émission
Une ligne d’émission est l’image instantanée des positions de toutes les particules qui sont passées par un même point
(point d’émission) depuis un temps initial 𝑡0 .
En pratique, l’injection locale et continue d’un traceur, à partir d‘un instant donne, permet de visualiser la ligne
d’émission à chaque instant.
Dans un écoulement non permanent, la ligne d’émission issue d’un point donné change de forme avec le temps.
Dans un écoulement permanent, trajectoire, ligne de courant et ligne d’émission se confondent et ne changent pas
dans le temps.
[Link]é et directionnalité d’un écoulement
A cause de la nature vectorielle de la vitesse, il faut faire la distinction entre la dimensionnalité et la directionnalité
d’un écoulement :
- La dimensionnalité est le nombre de coordonnées spatiales indépendantes nécessaires pour décrire les variables de
l’écoulement.
Si ces variables ne changent que dans une direction x, l’écoulement est unidimensionnel suivant cette direction x.
Si elles changent suivant deux directions du système d’axes, l’écoulement est bi-dimensionnel suivant ces deux axes.
- La directionnalité est le nombre de composantes requises pour exprimer le vecteur vitesse dans le système d’axes
choisi.
Si la vitesse a une seule composante non nulle, on dit que l’écoulement est
Unidirectionnel.
Si la vitesse a deux composantes non nulles, on dit que l‘écoulement est bidirectionnel.
Il y aura donc avantage à procéder à un choix judicieux du système de coordonnées pour décrire un écoulement. Le
meilleur choix est celui qui minimise la dimensionnalité et la directionnalité de l’écoulement.
V.. Principe de conservation de la masse, équation de continuité
L’équation de continuité traduit le principe de la conservation de la masse à savoir que la variation de masse, pendant
un certain temps, du fluide contenu dans un volume donné, doit être égale à la somme des masses de fluide qui
entrent dans un volume infinitésimal ( ici de forme parallélépipédique infiniment petit) moins la somme des masses de
fluides qui sortent
1. Forme différentielle en coordonnées cartésienne
Si les dimensions du parallélépipède sont 𝑑𝑥, 𝑑𝑦, 𝑑𝑧, le volume 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 et donc de masse
𝜌𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧
La variation de masse dans le temps s’écrit
𝜕 (𝜌𝑥𝑦𝑧) 𝜕𝜌
𝑑𝑡 = 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧𝑑𝑡
𝜕𝑡 𝜕𝑡
Cette masse correspond aux masses qui passent à travers les six faces additionnées aux masses de fluides fournis
pendant 𝑑𝑡 par les sources (apport) et/ou les puis (prélèvement) de débit par unité de volume résumé par 𝑞𝑣 soit une
variation de masse
(∑ 𝜌𝑞𝑣 ) 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧𝑑𝑡
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Si on suppose que la vitesse sur les deux faces perpendiculaires à l’axe 𝑥 est 𝑢, alors la quantité de fluide qui rentre par
la face arrière est
𝜌(𝑢𝑑𝑡)𝑑𝑦𝑑𝑧 = (𝜌𝑢)𝑑𝑦𝑑𝑧𝑑𝑑𝑡
La face avant étant à une distance à une distance dx de la face arrière, alors la grandeur 𝜌(𝑢𝑑𝑡) prend la valeur
𝜕 (𝜌𝑢)
(𝜌𝑢) + 𝑑 (𝜌𝑢) = (𝜌𝑢) + 𝑑𝑥
𝜕𝑥
Ce qui fait que la quantité de fluide qui sort est
𝜕 (𝜌𝑢)
[(𝜌𝑢) + 𝑑𝑥] 𝑑𝑦𝑑𝑧𝑑𝑡
𝜕𝑥
Sur ces deux faces, en faisant la différence entre ce qui entre et ce qui sort, on a
𝜕 (𝜌𝑢) 𝜕 (𝜌𝑢)
(𝜌𝑢)𝑑𝑦𝑑𝑧𝑑𝑑𝑡 − [(𝜌𝑢) + 𝑑𝑥] 𝑑𝑦𝑑𝑧𝑑𝑡 = − 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧𝑑𝑡
𝜕𝑥 𝜕𝑥
Ce raisonnement est valable pour les deux autres paires de faces, soit
𝜕 (𝜌𝑣) 𝜕 (𝜌𝑤)
− 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧𝑑𝑡 𝑒𝑡 − 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧𝑑𝑡
𝜕𝑦 𝜕𝑧
Sachant que 𝑣 𝑒𝑡 𝑤 sont les vitesses respectivement dans les directions 𝑦 𝑒𝑡 𝑧.
Finalement, on a
𝜕𝜌 𝜕(𝜌𝑢) 𝜕 (𝜌𝑣) 𝜕 (𝜌𝑤)
𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧𝑑𝑡 = − [ + + + (∑ 𝜌𝑞𝑣 )] 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧𝑑𝑡
𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
Soit
𝜕𝜌 𝜕(𝜌𝑢) 𝜕 (𝜌𝑣) 𝜕 (𝜌𝑤)
+ + + = ∑ 𝜌𝑞𝑣
𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
or
𝜕 (𝜌𝑢) 𝜕 (𝜌𝑣) 𝜕(𝜌𝑤)
𝑑𝑖𝑣(𝜌𝑉 ⃗⃗) = + + , 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑉⃗⃗ = 𝑢𝑖⃗ + 𝑣𝑗⃗ + 𝑤𝑘⃗⃗
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
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Finalement
𝜕𝜌
+ 𝑑𝑖𝑣(𝜌𝑉⃗⃗) = ∑ 𝜌𝑞𝑣
𝜕𝑡
L’équation obtenue est l’équation générale de la cinématique. Elle n’a pas eu besoin de faire l’objet d’hypothèse.
Cependant, quelques hypothèses simplificatrices plausibles peuvent se faire :
L’écoulement est conservatif, alors ∑ 𝑞𝑣 = 0
𝜕𝜌
L’écoulement est permanent (ce qui est le cas de façon générale) alors 𝜕𝑡 = 0
Enfin, l’écoulement est supposé conservatif (ce qui est le cas de la plupart des liquides), alors ne varie pas dans
l’espace (𝑑𝑥, 𝑑𝑦, 𝑑𝑧), ce qui fait qu’il peut sortir de la dérivation (divergence)
Finalement
𝑑𝑖𝑣(𝜌𝑉 ⃗⃗) = 𝜌𝑑𝑖𝑣(𝑉⃗⃗) = 0
Soit
⃗⃗) = 0
𝑑𝑖𝑣(𝑉
Qui traduit la continuité de l’écoulement.
Ainsi, on dira qu’un écoulement est continu si 𝒅𝒊𝒗(𝑽 ⃗⃗) = 𝟎. On parle du principe de conservation de la masse.
3. Équation de continuité pour un tube de courant :
Considérons le tube de courant de la figure 3-8 et écrivons le principe de la conservation de la masse pour le volume
entre les sections 𝑆2 et 𝑆2 pour un fluide incompressible en écoulement permanent ;
Masse qui entre par 𝑆1 ∶ 𝜌𝑈1 𝑆1
Masse qui sort par 𝑆2 ∶ 𝜌𝑈2 𝑆2
D’où
𝑈1 𝑆1 = 𝑈2 𝑆2 V-1
où 𝑈1 et 𝑈2 sont des vitesses moyennes aux sections 𝑆1 et 𝑆2
Figure V-1 : Equation de continuité pour un tube de courant : le fluide ne traverse pas Σ
4. Généralisation
Dans le paragraphe O-l, on a pris un volume parallélépipédique infinitésimal pour écrire le principe de la conservation
de la masse et dans le 6-2 un autre volume délimité par 𝑆1 , 𝑆2 et les lignes de courant.
Le volume ainsi considéré est appelé volume de contrôle 𝑉𝑐 , par beaucoup d’auteurs.
La surface fermée qui le délimite est appelée surface de contrôle.
Le volume de contrôle peut être fixe ou mobile, déformable ou indéformable, fini ou infiniment petit. Son choix est
donc arbitraire mais il doit se faire judicieusement en fonction des variables du problème et pour simplifier la
formulation mathématique.
L’expression générale de l’équation de continuité pour un écoulement conservatif est la suivante :
𝜕
∭ 𝜌𝑑𝜏 + ∬ ⃗⃗⃗⃗
𝑉𝑟 . 𝜂⃗ 𝑑𝑆 = 0 V-2
𝜕𝑡 𝑉 𝑆𝑐
où q, est la vitesse relative du fluide par rapport à l’élément dS de la surface de contrôle 𝑆𝑐 , dont 𝜂⃗ est la normale
extérieure.
Si dS a une vitesse 𝑤 ⃗⃗: , par composition des vitesses :
⃗⃗⃗ et le fluide une vitesse absolue 𝑉
𝑉𝑟 = 𝑉⃗⃗ − 𝑤
⃗⃗⃗
𝜕
Le premier terme de l’équation
𝜕𝑡
∭𝑉 𝜌𝑑𝜏 + ∬𝑆𝑐 ⃗⃗⃗⃗
𝑉𝑟 . 𝜂⃗ 𝑑𝑆 = 0 V-2 est la variation de la masse contenue dans le
volume 𝑉𝑐 pendant l’unité de temps.
Si le volume 𝑉𝑐 est indéformable (ne dépend pas de t) ; le fluide incompressible et éécoulement permanent, ce terme
est nul.
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L’intégrale de surface est le débit massique qui sort moins le débit massique qui entre car sur chaque élément dS, le
produit scalaire
⃗⃗⃗⃗
𝑉𝑟 . 𝜂⃗>0 si le fluide sort
⃗⃗⃗⃗
𝑉𝑟 . 𝜂⃗<0 si le fluide entre.
[Link] potentiel plan
1. Ecoulement potentiel
Il existe une grande classe d’écoulement où la vitesse dérive d’un potentiel noté ∅ (par exemple, un réservoir où
château d’eau constitue un potentiel qui génère l’écoulement de l’eau, ce qui fait qu’on n’a pas besoin de démarrer
une pompe pour récupérer de l’eau).
Ceci se traduit mathématiquement par :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗(∅)
⃗⃗ = −𝑔𝑟𝑎𝑑
∃ ∅/ 𝑉
Où le signe moins oriente la vitesse dans le sens des potentiels décroissants. C’est le cas des écoulements en milieu
poreux homogène et isotrope où le potentiel ∅ est la charge hydraulique (au coefficient K, qui est la perméabilité,
𝑉2
près) qui se résume à deux termes seulement car le la composante cinétique 2𝑔 est négligeable (Voir Chapitre 4) :
𝑃
∅ = 𝐾𝐻 = 𝐾 (𝑍 + )
𝜌𝑔
2. Ecoulement Irrotationnel, fonction harmonique
On sait que tout mouvement peut se décomposer en une composante de rotation et une composante de translation.
La composante de rotation est caractérisée, à une constante (1/2) près par ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡(𝑉 ⃗⃗)
Physiquement, cette rotation est provoquée par les tensions de cisaillement.
Pour un écoulement dont le vecteur vitesse dérive d’un champ de potentiel (écoulement potentiel)
donc continu, on a
⃗⃗) = 𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗(𝑉
𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗(∅)) = ∇
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (−𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗⃗ ∧ ∇
⃗⃗(∅) = 0
⃗⃗
Soit
𝜕 𝜕𝑤 𝜕𝑣
−
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
𝜕 𝑢 0
𝜕𝑤 𝜕𝑢
𝑣
∧ ( ) = −( − ) = (0) VI-1
𝜕𝑦 𝑤 𝜕𝑥 𝜕𝑧 0
𝜕 𝜕𝑣 𝜕𝑢
−
( 𝜕𝑧 ) ( 𝜕𝑥 𝜕𝑦 )
On dira donc que la composante rotationnelle étant nulle que l’écoulement est irrotationnel.
⃗⃗) = 0 et qu’on admet que la vitesse dérive d’un
Par ailleurs, lorsqu’on considère l’équation de continuité, on a 𝑑𝑖𝑣(𝑉
champ de potentiel et donc qu’on la remplace dans cette équation de continuité, alors on a
𝑑𝑖𝑣(−𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑 (∅)) = 0 ⇒ ∆∅ = 0
𝜕2∅ 𝜕 2∅ 𝜕2∅
+ + =0 VI-2
𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2 𝜕𝑧 2
𝜕2 ∅ 𝜕2 ∅ 𝜕2 ∅
L’équation 𝜕𝑥 2 + 𝜕𝑦2 + 𝜕𝑧 2 = 0 VI-2 est l’équation de Laplace et on dira, puisqu’elle est respectée par la fonction
potentielle la respecte que la fonction potentielle ∅ est une fonction harmonique.
3. Ecoulement plan
On entend par écoulement plan un écoulement où le vecteur vitesse et les lignes de courant sont tous contenus dans
⃗⃗(𝑢 (𝑥, 𝑦, 0), 𝑢 (𝑥, 𝑦, 0), 𝑤 =
des plans parallèles. La première possibilité concerne les champs de vitesse de la forme 𝑉
0).
On dira que l’écoulement est bidirectionnel et bidimensionnel, donc plan.
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Vu que l’écoulement est plan, il est donc possible de trouver un vecteur 𝜎⃗, perpendiculaire au plan de l’écoulement
⃗⃗ ∧ 𝜎⃗) se trouve dans le plan de l’écoulement et égal au vecteur
(𝑥, 𝑦) tel que le rotationnel de ce vecteur ce vecteur (∇
vitesse de l’écoulement :
⃗⃗ = 𝑟𝑜𝑡
∋ 𝜎⃗ ⁄𝑉 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝜎⃗
Vu que 𝜎⃗ est dans le plan perpendiculaire au plan de l’écoulement, ses coordonnées dans le plan de l’écoulement est
nul. Alors si 𝜓 est sa composante suivant l’axe z, perpendiculaire au plan (𝑥, 𝑦) alors le vecteur 𝜎⃗ s’écrit :
0
𝜎⃗ ( 0 )
𝜓
Son rotationnel (le vérifier par vous-même) donne donc.
𝜕𝜓 𝜕𝜓
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝜎⃗ =
𝑟𝑜𝑡 𝑖⃗ − ⃗⃗ = 𝑢𝑖⃗ + 𝑣𝑗⃗
𝑗⃗ = 𝑉
𝜕𝑦 𝜕𝑥
Finalement, on a
𝜕𝜓
𝑢=
𝜕𝑦
𝜕𝜓
{ 𝑣 = −
𝜕𝑥
Si on se réfère aux écoulements plans, on a
𝜕∅ 𝜕∅
𝑉 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (∅) = − (
⃗⃗ = 𝑢𝑖⃗ + 𝑣𝑗⃗ = −𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑖⃗ + 𝑗⃗)
𝜕𝑥 𝜕𝑦
On obtient ainsi ce qu’on appelle les équations de Cauchy-Riemann :
𝜕∅ 𝜕𝜓
𝑢=− =
𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝜕∅ 𝜕𝜓
𝑣=− =−
{ 𝜕𝑦 𝜕𝑥
▪ La fonction ∅ est la fonction potentielle et ses isovaleurs sont appelées équipotentiels
▪ La fonction𝜓 est la fonction de courant et ses iso valeurs sont appelées lignes de courant.
Au même titre que la fonction potentielle est harmonique, la fonction de courant est également une fonction
harmonique (à démontrer !)
4. Débit de fuite sous un barrage où une fondation
Une des applications de la cinématique est celle qui permet, à partir des fonctions de courant et potentielle, de
calculer ce qu’on appelle débit de fuite. Pour ce faire, rappelons les équations de Cauchy-Riemann :
𝜕∅ 𝜕𝜓
𝑢=− =
𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝜕∅ 𝜕𝜓
𝑣=− =−
{ 𝜕𝑦 𝜕𝑥
La fonction de 𝜓 est invariante le long d’une ligne de courant, calculons 𝛿𝜓 or
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𝜕𝜓 𝜕𝜓
𝛿𝜓 = 𝑑𝑥 + 𝑑𝑦
𝜕𝑥 𝜕𝑦
Et en tenant compte des équations de Cauchy-Riemann en 𝜓 ci-dessus, on a :
𝜕𝜓 𝜕𝜓
𝑑𝜓 = 𝑑𝑥 + 𝑑𝑦 = 𝑢𝛿𝑦 − 𝑣𝛿𝑥
𝜕𝑥 𝜕𝑦
En considérant un point 𝑀𝑀′ situé sur une même ligne de courant d’élongation
𝛿𝑥
𝛿𝑠 (𝛿𝑦)
0
Alors on aura vu le caractère colinéaire des deux éléments 𝛿𝜓 et 𝛿𝑠 :
𝛿𝑥 𝛿𝑦
𝛿 𝜓 = 𝜆𝛿𝑠 ⇒ =
𝑢 𝑣
Ce qui se traduit également par
𝑑𝜓 = 𝑢𝛿𝑦 − 𝑣𝛿𝑥 = 0
Considérons deux lignes de courant infiniment proche 𝜓0 (passant par l’origine) et 𝜓1 (passant par
le point M) : 𝜓1
𝑦
ds
𝑀
𝑑𝑦
𝜓0 𝑑𝑥
𝑑𝑦 𝜂⃗ds
𝑑𝑠 𝑑𝑥 𝜂⃗ds
𝑑𝑥 𝑑𝑦
𝑥
𝑀
Le débit unitaire (par unité de longueur)élémentaire qui passe entre les deux lignes de courant consécutives s’écrit
𝑀 𝑀
⃗⃗ . 𝜂⃗𝑑𝑠
𝑞 = ∫ 𝑑𝑞 = ∫ 𝑉
0 0
⃗⃗⃗⃗⃗ par unité de longueur qu’on
Le vecteur 𝜂⃗ désignant le vecteur unitaire dirigeant la surface 𝑑𝑠
𝑢 𝑑𝑦
dénomme normale extérieure. En remplaçant 𝑉 ( ) et 𝜂⃗𝑑𝑠 (−𝑑𝑥 ), on a :
𝑣
0 0
𝑀 𝑀 𝑀 𝑀
𝜕𝜓 𝜕𝜓
∫ 𝑉⃗⃗ . 𝜂⃗𝑑𝑠 = ∫ 𝑢𝑑𝑦 − 𝑣𝑑𝑥 = − ∫ 𝑑𝑥 + 𝑑𝑦 = − ∫ 𝑑𝜓
0 0 0 𝜕𝑥 𝜕𝑦 0
Finalement
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𝑞 = 𝜓0 − 𝜓1
Les lignes de courant (𝜓 = 𝑐𝑠𝑡) sont des courbes tangentes au vecteur vitesse en chacun de
ses points. Or, pour un écoulement potentiel plan, on avait définit la fonction de courant
comme étant telle que
0
⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝜎⃗ = 𝑉
∃𝜎⃗ ( 0 ) / 𝑟𝑜𝑡
𝜓
𝜓 + 𝑑𝜓
∆𝑠 𝜓
∆𝑛
∅ + 𝑑∅
Donc les lignes de courants seront perpendiculaires aux équipotentiels. On va choisir les sauts entre deux
∅ de courants de manière à ce qu’ils soient identiques, ∆𝜓 = ∆∅, de manière à
équipotentiels et entre deux lignes
définir des carreaux curvilignes de même côté (figure ci-dessus). Par définition, on avait :
𝑞 = ∆𝜓 = 𝑉∆𝑠
∆∅ ∆∅
Or, 𝑉 = ⇒ 𝑞 = ∆𝜓 = ∆𝑠, vu que ∆𝜓 = ∆∅ ⇒ ∆𝑠 = ∆𝑛
∆𝑛 ∆𝑛
Les intervalles entre deux lignes de courant consécutives forment des espèces de tubes, posées en parallèle, dans
lesquelles circule un débit unitaire 𝑞. Vu qu’elles sont en parallèle, le débit total sera égal au nombre d’intervalles
formés par les lignes de courant. Si on numérote les lignes de courant à partir de 0, il y aura donc 𝑛𝜓 intervalles,
lorsque la dernière ligne de courant est 𝑛𝜓 . Ainsi, le débit total de fuite par unité de longueur vaut :
𝑛𝜓 𝑞 = 𝑛𝜓 ∆𝜓 = 𝑛𝜓 ∆∅
Car on a
∆𝜓 = ∆∅
Finalement, on a :
∅0 − ∅0
𝑞 = 𝑛𝜓
𝑛∅
Les fonctions ∅, et 𝜓 et leurs propriétés permettent de construire également le potentiel complexe, la vitesse
complexe et utiliser la théorie des fonctions complexes, les transformations conformes, les transformations
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hodographiques, la théorie des images et la superposition. Ces méthodes ne seront pas abordées dans ce cours mais
elles constituent des outils puissants permettant d’analyser des cas complexes d’écoulements potentiels plans.
Figure VI-1 : Débit de fuite dans un massif poreux (barrage).
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