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These Retscreen

Ce document présente une étude comparative des caractéristiques thermophysiques et mécaniques de matériaux de construction locaux à base d'argile, intégrant des déchets agricoles au Tchad. L'objectif est de développer des matériaux allégés qui améliorent le confort thermique tout en réduisant les coûts d'investissement. Les résultats expérimentaux montrent que ces matériaux peuvent contribuer à des économies d'énergie significatives.

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These Retscreen

Ce document présente une étude comparative des caractéristiques thermophysiques et mécaniques de matériaux de construction locaux à base d'argile, intégrant des déchets agricoles au Tchad. L'objectif est de développer des matériaux allégés qui améliorent le confort thermique tout en réduisant les coûts d'investissement. Les résultats expérimentaux montrent que ces matériaux peuvent contribuer à des économies d'énergie significatives.

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Je dédie ce travail à

 mon défunt père El-hadj DADI MAHAMAT pour tous les sacrifices qu’il a
consenti pour la réussite dans mes études.
 ma mère Hadjé SEIDE TOUKA HAGGAR pour les prières qu'elle ne cesse de
faire à mon égard.
 mon oncle Mahamat Barka pour son soutien multiforme
 mon épouse et mes enfants pour leur compréhension et leur soutien moral
indispensables pour ma réussite.
 mes frères, mes sœurs, mes cousins et mes amis pour leur soutien moral et leurs
encouragements.

i
Remerciements
Nous remercions Dieu le Tout Puissant de nous avoir prêté vie et santé pour parachever ces
travaux de recherche.
Nous tenons à remercier le Directeur de l’Ecole doctorale de Développement durable et
Société (ED2DS) de l’Université de Thiès, le Professeur Mamadou Mourtalla Ka.
Mes vifs remerciements au Professeur Salif Gaye, Directeur de l’Institut Universitaire de
Technologie (IUT), Responsable du laboratoire des Matériaux et Energétique (LME) de
l’Université de Thiès pour avoir dirigé cette thèse avec beaucoup d’attentions et de l’accueille
qu’il nous a réservé au sein du LME, malgré ses lourdes responsabilités.
Mes remerciements vont également au Professeur Mahamoud Youssouf Khayal, Directeur
Général du Centre National de Recherches pour le Développement (CNRD) Tchad, pour avoir
supervisé et dirigé ces travaux.
Nous adressons toute notre reconnaissance au Professeur Grégoire Sissoko de l’Université
Cheikh Anta Diop pour avoir accepté de présider le jury.
Nos sincères remerciements vont au Professeur Gilbert Menguy d’Université Claude
Bernard (UCB) de Lyon1 et le Professeur Mamadou Sarr Responsable de la Mention
Sciences et Technologie de l’Ecole Doctorale de Développement Durable et société (ED2DS)
de l’Université de Thiès pour leur participation au jury en qualité des rapporteurs.
Nous remercions aussi le Dr Malloum Soultan Directeur Général de l’Institut National
Supérieur des Sciences et Techniques D’Abéché (INSTA) et le Dr Djibril SOW chef de
département Génie Civil de l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de l’Université de
Thiès pour leurs participations au jury.
Nous remercions le Professeur Mohamed Garoum Responsable de Laboratoire de l’Energie
Matériaux et Environnement (LEME) et Adjoint Directeur de L’Ecole Supérieure de
Technologies de Salé Université Mohamed V de Rabat, Maroc, pour son accueil et son appui
techniques lors de notre séjour dans son laboratoire.
Nos remerciements vont également au Dr Abdoulaye Saleh Gérant de Laboratoire de
Bâtiment et Travaux Publics (LBTP) de N’Djamena qui nous a permis d’effectuer les essais
mécaniques dans son laboratoire.
Nous remercions le Directeur General et les collègues enseignants chercheurs du Laboratoire
Energétique de l’Institut Nationale Supérieure des Sciences et Techniques D’Abéché
(INSTA), pour leurs contributions techniques lors de nos essais expérimentaux effectués dans
ce laboratoire.
En fin nous remercions tout ceux de près ou de loin ont apporté leur contribution à ces
travaux.

ii
Résumé

Le coût d’investissement et la consommation de l’énergie dans le secteur du bâtiment pèsent


lourdement sur l’économie et l’environnement. C’est pour cela que plusieurs études ont été
effectuées au niveau du bâtiment et des équipements afin de contribuer au choix de matériaux
adéquats pour l’enveloppe et à la maîtrise de l’énergie.

Le présent travail qui porte sur l’étude comparative des caractéristiques thermophysiques et
mécaniques de matériaux de construction locaux à base d’argile avec incorporation des
déchets agricoles en provenance de trois grandes agglomérations du Tchad (les régions
d’Abéché, de N’Djamena et de Sarh), rentre dans ce cadre.

L’objectif visé est l’obtention de matériaux allégés présentant de bonnes performances


thermomécaniques et pouvant contribuer à améliorer le confort thermique dans l’habitat social
au Tchad tout en réduisant le coût d’investissement.

Dans ce sens, plusieurs échantillons ont été confectionnés avec des pourcentages massiques
de déchets agricoles (bouse de vache ou gousse de mil) variant de 0% à 8%. Chaque
échantillon a fait l’objet d’une caractérisation mécanique et thermique. Pour cela, nous avons
utilisé des méthodes expérimentales appropriées pour les matériaux poreux (la presse
hydraulique pour les essais mécaniques et la méthode des boites pour les essais thermiques).

La résistance à la compression, la conductivité thermique et la diffusivité thermique de


chaque échantillon ont ainsi été déterminées grâce aux données expérimentales obtenues à
partir de ces méthodes.

La simulation thermique effectuée avec ces résultats expérimentaux a permis de constater des
gains d’énergie importants ainsi qu’une amélioration de l’efficacité énergétique.

Cette thèse a ainsi permis de montrer que les déchets agricoles peuvent être valorisés grâce à
leur intégration dans les matériaux de construction.

Mots clés : Matériaux de construction, caractéristiques mécaniques, caractéristiques


thermiques, bouse de vache, gousse de mil, argile, valorisation déchets, économie d’énergie,
confort thermique.

iii
Abstract

The capital cost and the consumption of energy in the sector of the building weigh heavily on
the economy and the environment. It is for that several studies were carried out on the level of
the building and the equipment in order to contribute to the choice of adequate materials for
the envelope and to the control of energy.

This work, which relates to the comparative study of the thermophysical and mechanical local
building material characteristics based on clay with incorporation of agricultural waste
coming from three great agglomerations of Chad (areas of Abéché, Djamena and Sarh),
returns within this framework.
The had aim is obtaining materials reduced presenting good thermomechanical performances
and being able to contribute to improve thermal comfort in the social habitat in Chad while
reducing the capital cost.
In this direction, several samples were made with mass percentages of agricultural waste
(dung of cow or pod of millet) varying from 0% to 8%. Each sample was the subject of a
mechanical and thermal characterization. For that, we used experimental methods adapted
(the hydraulic press for the mechanical tests and the method of limp for the thermal tests) for
porous materials.
The compressive strength, thermal conductivity and the thermal diffusivity of each sample
were thus given thanks to the experimental data obtained starting from these methods.
The thermal simulation carried out with these experimental results made it possible to note
significant profits of energy as well as an improvement of the energy.
This thesis thus made it possible to show that agricultural waste can be developed thanks to
their integration in building materials.

Key words : Building materials, mechanical characteristics, thermal characteristic, dung of


cow, pod of millet, clay, valorization waste, energy saving, thermal comfort.

iv
Table des matières
Remerciements ...........................................................................................................................ii
Résumé…… ..............................................................................................................................iii
Abstract……. ............................................................................................................................ iv
Liste des figures ......................................................................................................................... x
Liste des tableaux ..................................................................................................................... xv
Liste des Photos......................................................................................................................xvii
Nomenclature ........................................................................................................................xviii
Liste des abréviations ............................................................................................................... xx
Introduction Générale.............................................................................................................. 1
Partie I : Synthèse bibliographique ........................................................................................ 3
Chapitre 1 : Rappel sur le transfert de chaleur et de masse dans les matériaux poreux .. 4
Introduction ................................................................................................................................ 4
1.1 Les propriétés des matériaux poreux ........................................................................... 4
1.1.1. Les expressions des différentes porosités............................................................. 5
[Link] Porosité ouverte .................................................................................................. 5
[Link] Porosité fermée ................................................................................................... 5
[Link] Porosité totale ..................................................................................................... 5
1.1.2 Masse volumique.................................................................................................. 5
[Link] Masse volumique apparente ............................................................................... 5
[Link] Masse volumique réelle ...................................................................................... 6
[Link] Masse volumique théorique................................................................................ 6
1.2 Transfert de l’humidité dans un milieu poreux ........................................................... 6
1.2.1 Teneur en l’humidité dans un matériau poreux.................................................... 7
1.2.2 Modes de fixation de l’humidité .......................................................................... 8
[Link] Adsorption physique........................................................................................... 8
[Link] Condensation capillaire ...................................................................................... 9
1.2.3 Mécanisme du transfert d’humidité.................................................................... 10
[Link] Transfert en phase liquide................................................................................. 10
[Link] Transfert en phase vapeur................................................................................. 11
1.3 Modes de transmission de chaleur............................................................................. 12
1.3.1 Transfert de chaleur par convection ................................................................... 13
1.3.2 Transfert de chaleur par rayonnement................................................................ 13
1.3.3 Transfert de chaleur par conduction................................................................... 14

v
[Link] Equation de diffusion de la chaleur .................................................................. 14
[Link] Modélisation théorique de la conductivité thermique des milieux poreux....... 14
Conclusion :.............................................................................................................................. 19
Chapitre 2 : Matériaux de construction et isolation thermique de l’habitat au Tchad... 20
2.1 Typologie de l’habitat au Tchad ................................................................................ 20
2.1.1 Zones climatiques au Tchad ............................................................................... 20
2.1.2 Données météorologique :.................................................................................. 21
2.1.3 L’habitat au Tchad ............................................................................................. 23
[Link] L’habitat traditionnel ........................................................................................ 24
[Link] L’habitat urbain : .............................................................................................. 25
2.2 Les matériaux de constructions au Tchad.................................................................. 27
2.2.1 Les matériaux modernes classiques. .................................................................. 27
[Link] Le parpaing de ciment ...................................................................................... 27
[Link] Le béton ............................................................................................................ 27
2.2.2 Les matériaux traditionnels d’origine naturelle ................................................. 28
[Link] L’Argile ............................................................................................................ 29
[Link] La latérite .......................................................................................................... 29
[Link] Le sable............................................................................................................. 29
[Link] Le gravier.......................................................................................................... 30
[Link] Le bois .............................................................................................................. 30
[Link] La pierre............................................................................................................ 30
2.2.3 Classification des sols ........................................................................................ 31
[Link] L’analyse granulométrie par tamisage ............................................................. 31
[Link] Limites d’Atterberg ......................................................................................... 32
[Link] Essais Valeur de Bleu de Méthylène ............................................................... 34
[Link] Poids spécifique des grains solides .................................................................. 36
2.2.4 Les briques à base de terre ................................................................................. 36
[Link] La brique de terre crue...................................................................................... 37
[Link] Les briques de terre stabilisée BTS .................................................................. 37
[Link] Briques de terre stabilisées mécaniquement ..................................................... 38
[Link] Brique de terre stabilisée chimiquement........................................................... 38
[Link] Briques de terre stabilisée physiquement ......................................................... 38
[Link] Briques de terre stabilisées par cuisson ............................................................ 38
2.3 Isolation thermique .................................................................................................... 39

vi
2.3.1 L’isolation des parois d’un bâtiment :................................................................ 40
2.3.2 Les isolants thermiques courant ......................................................................... 41
2.3.3 Isolation par intégration des déchets agricoles................................................... 42
[Link] Bouse de vache (BV) ........................................................................................ 43
[Link] Gousse de mil (GM) ......................................................................................... 43
2.4 Confort thermique...................................................................................................... 44
2.4.1 Les paramètres du confort thermique................................................................. 44
[Link] Températures .................................................................................................... 44
[Link] L’humidité ........................................................................................................ 44
[Link] Le mouvement de l’air...................................................................................... 45
[Link] Le métabolisme................................................................................................. 45
2.4.2 Les indices de confort ........................................................................................ 46
[Link] PMV (Indice de Vote Moyen Prévisible) ......................................................... 46
[Link] PPD (Pourcentage Prévu des Insatisfaits)......................................................... 48
[Link] Indice DISC et TSENS ..................................................................................... 49
2.4.3 Confort thermique en climat tropical humide .................................................... 50
2.4.4 Les diagrammes bioclimatiques ......................................................................... 52
2.4.5 Table de Mahoney.............................................................................................. 52
2.4.6 Le refroidissement passif de l’habitat ................................................................ 53
Chapitre 3 Méthodes des mesures de propriétés thermophysiques et mécaniques ......... 55
Introduction .............................................................................................................................. 55
3.1 Caractérisation mécanique......................................................................................... 55
3.1.1 Dispositf utilisé pour les essais mécaniques ...................................................... 56
3.1.2 Mode opératoire des essais mécaniques............................................................. 56
3.1.3 La résistance en compression ............................................................................. 57
3.2 Caractérisation thermique.......................................................................................... 57
3.2.1 Les caractéristiques thermophysiques ................................................................ 57
[Link] La conductivité thermique .......................................................................... 58
[Link] Résistance thermique (Rth)................................................................................ 58
[Link] La chaleur massique (Cp).................................................................................. 58
[Link] La diffusivité thermique (a) .............................................................................. 59
[Link] Effusivité thermique (E) ................................................................................... 60
3.2.2 Les méthodes de caractérisation thermique........................................................ 60
[Link] La Méthode des boîtes ...................................................................................... 61

vii
[Link].1 Méthode des mesures de la conductivité thermique :................................ 63
[Link].2 Le calcul des erreurs .................................................................................. 64
[Link] La Méthode Flash ............................................................................................. 64
[Link].1 Modèle de Parker....................................................................................... 65
[Link].2 Modèle de Degiovanni............................................................................... 66
Partie II : Etudes expérimentales ......................................................................................... 68
Chapitre : 4 Identification des matériaux et formulations des échantillons ..................... 69
Introduction .............................................................................................................................. 69
4.1 Identification de matériaux ........................................................................................ 69
4.1.1 Analyse granulométrique et sédimentométrique des sols utilisés ..................... 70
4.1.2 Les essais des limites d’Atterberg ..................................................................... 71
4.1.3 Essai de Bleu Méthylène .................................................................................... 71
4.2 Fabrication des briquettes pour les essais mécaniques et thermiques ....................... 71
4.2.1 Méthode de fabrication briquettes crues ............................................................ 72
4.2.2 Méthode de cuisson des briques......................................................................... 73
4.3 Formulations des éprouvettes cylindriques pour les essais mécaniques ................... 73
4.4 Formulations des éprouvettes carrées pour les essais thermiques ............................. 75
4.5 Evolution des masses volumiques en fonction des adjuvants ................................... 77
Chapitre 5 : Résultats des études expérimentales ............................................................... 81
Introduction .............................................................................................................................. 81
5.1 Caractérisation mécanique......................................................................................... 81
5.1.1 Résultats des éprouvettes de matériau mélange avec la bouse de vache............ 82
5.1.2 Résultats des éprouvettes de mélange de la terre avec la gousse de mil ............ 86
5.2 Caractérisation thermique.......................................................................................... 90
5.2.1 Les Caractéristiques thermiques pour les matériaux avec bouse de vache ........ 90
5.2.2 Les Caractéristiques thermiques pour les matériaux avec gousse de mil........... 99
5.3 Influences de la teneur en eau.................................................................................. 108
5.4 Détermination de la diffusivité thermique avec la méthode flash ........................... 112
5.5 Etude comparative des caractéristiques thermophysiques et mécaniques............... 116
5.5.1 Caractéristiques mécaniques ............................................................................ 116
5.5.2 Caractéristiques thermophysiques.................................................................... 118
5.5.3 Etude Thermomécanique.................................................................................. 123
Conclusion.............................................................................................................................. 130

viii
Chapitre 6 : Simulation thermique d’un bâtiment ........................................................... 131
Introduction ............................................................................................................................ 131
6.1 Réalisation de la simulation thermique ................................................................... 131
6.1.1 Choix d’un prototype de bâtiment.................................................................... 132
6.1.2 Définition du projet .......................................................................................... 133
6.1.3 Données climatiques du site choisi .................................................................. 134
6.1.4 Paramétrage des parois du bâtiment................................................................. 135
6.1.5 Calculs des gains d’énergie .............................................................................. 136
6.2 Résultats de simulation avec RETScreen ................................................................ 137
Conclusion.............................................................................................................................. 140
Conclusion Générale .............................................................................................................. 141
References Bibliographiques.................................................................................................. 143
Annexes ……………………………………………………………………………………148
Liste des publications ............................................................................................................. 154

ix
Liste des figures
Fig.1 : Milieu poreux ............................................................................................................... 4
Fig.2 : Courbes d’adsorption et de désorption d’un milieu poreux ......................................... 8
Fig.3 : Condensation capillaire dans un pore........................................................................... 9
Fig.4 : Evapo - condensation à la construction d’un pore ..................................................... 12
Fig.5 : Modèle série ............................................................................................................... 15
Fig.6 : Modèle parallèle ......................................................................................................... 16
Fig.7 : Valeurs limites de la conductivité thermique d’un milieu biphasique ....................... 16
Fig.8 : Modèle du Willy et Southwick................................................................................... 17
Fig.9 : (a) Cellule de Russel et (b) cellule de Frey ................................................................ 17
Fig.10 : Configuration du modèle série - parallèle de Krischer............................................... 19
Fig.11 : Températures maximales............................................................................................ 21
Fig.12 : Températures minimales ............................................................................................ 21
Fig.13 : Températures moyennes............................................................................................. 22
Fig.14 : Pluviométrie annuelle................................................................................................. 22
Fig.15 : Humidité relative moyenne ........................................................................................ 22
Fig.16 : Insolation mensuelle (rayonnement solaire)............................................................... 23
Fig.17 : Détermination de limite de liquidité........................................................................... 33
Fig.18 : Différents échanges de chaleur entre l’Homme et son environnement ...................... 45
Fig.19 : Courbe de PPD en fonction de PMV.......................................................................... 48
Fig.20 : Courbe PPD en fonction de la température de l’air.................................................... 49
Fig.21 : Zone du confort de confort -indice Disc [21]............................................................. 51
Fig.22 : Indice DISC – sensation de confort thermique en fonction de la mouillure cutanée-
comparaison des corrélations de l’indice. ................................................................................ 51
Fig.23 : Diagramme bioclimatique .......................................................................................... 52
Fig.24 : Dispositif expérimental d’écrasement d’une éprouvette ............................................ 56
Fig.25 : Principe de mesure de la conductivité thermique [40] ............................................... 62
Fig.26 : Coupe du dispositif ‘des boîtes’’................................................................................ 63
Fig.27 : Schéma de principe de la méthode flash .................................................................... 65
Fig.28 : Thermogramme de la face non éclairée ..................................................................... 66
Fig.29 : Récapitulatif des courbes granulométriques et sédimentométrique ........................... 70
Fig.30 : Evolution de la masse volumique en fonction de l’ajout de la BV cas de EAA ........ 77
Fig.31 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la BV cas de EAN........................ 77
Fig.32 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la BV cas EAS ............................. 78

x
Fig.33 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la BV cas de EAAC ..................... 78
Fig.34 : Evolution de la masse volumique en fonction de l’ajout de GM cas EAA................ 79
Fig.35 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la GM cas EAN ........................... 79
Fig.36 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la GM cas EAS ............................ 80
Fig.37 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la GM cas de EAAC .................... 80
Fig.38 : Evolution de la résistance mécanique sur des éprouvette de la terre d’Abéché avec la
bouse de vache. ........................................................................................................................ 82
Fig.39 : Variation de la résistance mécanique avec l’augmentation de la bouse de vache...... 83
Fig.40 : Variation de la résistance à la compression avec l’ajout de la BV cas de EAS ......... 84
Fig.41 : Evolution de la résistance mécanique des briques cuites avec la bouse de vache ..... 85
Fig.42 : Evolution de la résistance mécanique avec l’ajout de la gousse de mil ..................... 86
Fig.43 : Variation de la résistance à la compression en fonction de la teneur en GM............. 87
Fig.44 : Evolution de la résistance mécanique avec l’ajout de gousse de mil ......................... 88
Fig.45 : Evolution de la résistance mécanique avec l’ajout de gousse de mil cas de EAAC .. 89
Fig.46 : Evolution de la conductivité en fonction de l’ajout de la BV cas de EAAC ............. 91
Fig.47 : Allure de la conductivité thermique avec l’ajout de la BV cas de EAN .................... 91
Fig.48 : Evolution de la conductivité thermique avec l’ajout de la BV cas de EAS ............... 92
Fig.49 : Evolution de la conductivité thermique avec l’ajout de la BV cas de EAAC............ 92
Fig.50 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique des
échantillons avec BV cas EAA ................................................................................................ 93
Fig.51 : Allure de la conductivité thermique avec la masse volumique le cas de EAN .......... 93
Fig.52 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique le cas de
EAS…….. ................................................................................................................................ 94
Fig.53 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique le cas de
EAAC….. ................................................................................................................................. 94
Fig.54 : Evolution de la résistance thermique en fonction de la BV cas de EAA ................... 95
Fig.55 : Allure de la résistance thermique avec l’augmentation de BV le cas de EAN .......... 95
Fig.56 : Variation de la résistance thermique avec de l’ajout de la BV cas de EAS ............... 96
Fig.57 : Evolution de la résistance thermique avec l’ajout de la BV cas de EAAC ................ 96
Fig.58 : Evolution de la résistance thermique en fonction de la masse volumique cas de
EAA…….................................................................................................................................. 97
Fig.59 : Evolution de la résistance thermique en fonction de la masse volumique cas de
EAN…….................................................................................................................................. 97

xi
Fig.60 : Variation de la résistance thermique en fonction de la masse volumique cas de
EAS…….. ................................................................................................................................ 98
Fig.61 : Evolution de la résistance thermique en fonction de la masse volumique cas de
EAAC …………………………………………………………………………….…………..98
Fig.62 : Allure de la conductivité thermique en fonction de GM cas EAA ............................ 99
Fig.63 : Allure de conductivité thermique avec de la GM cas de EAN ................................ 100
Fig.64 : Conductivité thermique avec l’ajout de la GM cas de EAS..................................... 100
Fig.65 : Evolution de la conductivité thermique avec l’ajout de GM cas de EAAC............. 101
Fig.66 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique de
EAA……................................................................................................................................ 101
Fig.67 : Allure de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique de EAN .. 102
Fig.68 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique de
EAS…….. .............................................................................................................................. 102
Fig.69 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique de
EAAC….. ............................................................................................................................... 103
Fig.70 : Evolution de la résistance thermique en fonction de l’ajout de la GM cas de EAA 104
Fig.71 : Allure de la résistance thermique avec l’ajout de la GM cas de EAN ..................... 104
Fig.72 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la GM cas de EAS ..................... 105
Fig.73 : Variation de la résistance thermique avec la GM cas de EAAC .............................. 105
Fig.74 : Evolution de la résistance thermique en fonction de la masse volumique des
échantillons avec GM cas de EAA......................................................................................... 106
Fig.75 : Variation de la résistance thermique avec la masse volumique cas de EAN ........... 106
Fig.76 : Variation de la résistance thermique avec de la masse volumique cas de EAS ....... 107
Fig.77 : Evolution de la résistance thermique avec de la masse volumique cas de EAAC ... 107
Fig.78 : Evolution de la conductivité thermique en fonction du teneur en eau cas de EAA . 108
Fig.79 : Evolution de la conductivité en fonction de la teneur en eau cas de EAA8%GM... 109
Fig.80 : Evolution de la conductivité en fonction de la teneur en eau cas de EAA 8% BV.. 109
Fig.81 : Teneur en eau absorbée en fonction de temps.......................................................... 110
Fig.82 : Conductivité thermique en fonction du teneur en eau.............................................. 111
Fig.83 : Résistance thermique en fonction du teneur en eau ................................................. 111
Fig.84 : Evolution de la diffusivité thermique de EAA en fonction de la BV....................... 112
Fig.85 : Evolution de la diffusivité thermique d’EAN en fonction de la BV ........................ 112
Fig.86 : Evolution de la diffusivité thermique d’EAS en fonction de la BV......................... 113
Fig.87 : Evolution de la diffusivité thermique d’EAAC en fonction de BV ......................... 113

xii
Fig.88 : Variation de la diffusivité thermique avec l’ajout de la GM cas de EAA................ 114
Fig.89 : Variation de la diffusivité thermique avec l’ajout de la GM cas de EAN................ 114
Fig.90 : Variation de la diffusivité thermique avec l’ajout de la GM cas de EAS ................ 115
Fig.91 : Variation de la diffusivité thermique avec l’ajout de la GM cas de EAAC ............. 115
Fig.92 : Courbes des allures des résistances mécaniques en fonction de l’ajout de la BV.... 116
Fig.93 : Récapitulative des allures des résistances mécaniques de EAA, EAN et EAS avec
l’ajout de GM ......................................................................................................................... 117
Fig.94 : Allures des résistances mécaniques en fonction de l’ajout de la BV cas de EAA avant
et après cuisson....................................................................................................................... 117
Fig.95 : Allure de EAA avant et après cuisson...................................................................... 118
Fig.96 : Variations des conductivités thermiques en fonction de l’ajout de la BV, cas de EAA,
EAN et EAS ........................................................................................................................... 118
Fig.97 : Variations des résistances thermiques en fonction des l’ajout de la BV cas de EAA,
EAN et EAS ........................................................................................................................... 119
Fig.98 : Variations des conductivités thermiques en fonction de l’ajout de GM cas de : EAA,
EAN et EAS ........................................................................................................................... 119
Fig.99 : Evolutions des résistances thermiques en fonction de l’ajout de GM pour les cas de :
EAA, EAN et EAS ................................................................................................................. 120
Fig.100 : Allures des conductivités thermiques en fonction de l’ajout de BV avant et après
cuisson de EAA ...................................................................................................................... 121
Fig.101 : Allures des résistances thermiques de EAA en fonction de l’ajout de BV avant et
après la cuisson....................................................................................................................... 121
Fig.102 : Evolutions des conductivités thermiques en fonction de l’ajout de GM de EAA
avant et après cuisson. ............................................................................................................ 122
Fig.103 : Variation des résistances thermiques en fonction de l’ajout de la GM de EAA
avant et Apres cuisson............................................................................................................ 122
Fig.104 : Evolution de la résistance thermique et mécanique en fonction de la BV .......... 123
Fig.105 : Variation de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la
BV………. ............................................................................................................................. 124
Fig.106 : Allures de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la
BV………. ............................................................................................................................. 124
Fig.107 : Variation de la résistance thermique et mécanique de EAAC en fonction de l’ajout
de la BV….............................................................................................................................. 125

xiii
Fig.108 : Variation de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la
GM……… ............................................................................................................................. 126
Fig.109 : Variation de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la
GM………. ............................................................................................................................ 126
Fig.110 : Variation de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la
GM……… ............................................................................................................................. 127
Fig.111 : Variation de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la
GM……….. ........................................................................................................................... 127
Fig.112 : Cas défavorables en résistance mécanique .......................................................... 128
Fig.113 : Résistances thermiques des échantillons avec 8% d’adjuvant ............................ 129
Fig.114 : Plan cellule d’étude ............................................................................................. 132
Fig.115 : Cellule d’étude dessin en 3D ............................................................................... 132
Fig.116 : Information sur le projet ...................................................................................... 133
Fig.117 : Données climatiques de la ville d’Abéché .......................................................... 134
Fig.118 : Données géométriques et thermiques de l’enveloppe du bâtiment avec
EAAC8%GM ......................................................................................................................... 135
Fig.119 : Résultat des gains d’énergie cas de EAAC8%GM.............................................. 136
Fig.120 : Gains d’énergie pour la production de froid des matériaux mélangés avec la
BV………. ............................................................................................................................. 137
Fig.121 : Gains d’énergie pour la production de froid des matériaux mélangés avec la
GM……… ............................................................................................................................. 138
Fig.122 : Gains d’énergie pour la production de froid cas de EAAC8%BV et
EAA8%BV……..................................................................................................................... 139
Fig.123 : Gains d’énergie pour la production de froid cas de EAAC8%GM et
EAA8%GM….. ...................................................................................................................... 139

xiv
Liste des tableaux
Tableau 1 : Dénomination d'un sol selon la granularité ........................................................ 32
Tableau 2 : Indice de plasticité des matériaux fins ............................................................... 34
Tableau 3 : Etats du sol en fonction de l’indice de consistance ............................................ 34
Tableau 4 : Les ordres de grandeurs des valeurs de bleu de méthylène................................ 35
Tableau 5 : Qualificatif de fraction argileuse........................................................................ 36
Tableau 6 : Correspondances entre PMV et échelle des sensations thermique..................... 46
Tableau 7 : Valeurs du métabolisme ..................................................................................... 48
Tableau 8 : Références des échantillons ............................................................................... 69
Tableau 9 : Répartition granulométrique et sédimentométrique des sols ............................ 70
Tableau 10 : Résultats des essais des limites d’Atterberg .................................................. 71
Tableau 11 : : Résultats des essais des valeurs de bleu de méthylène................................. 71
Tableau 12 : Eprouvettes cylindriques des matériaux d’Abéché : EAA ............................. 73
Tableau 13 : Eprouvettes cylindriques des matériaux de N’Djamena : EAN ..................... 74
Tableau 14 : Eprouvettes cylindriques des matériaux Sarh : EAS ...................................... 74
Tableau 15 : Eprouvette cylindriques des matériaux d’Abéché (avant cuisson) : EAAC... 74
Tableau 16 : Éprouvettes carrées matériaux d’Abéché ....................................................... 75
Tableau 17 : Eprouvettes carrées de Ndjamena (EAN)....................................................... 75
Tableau 18 : Eprouvettes carrées des matériaux de Sarh .................................................... 75
Tableau 19 : Eprouvettes carrées des matériaux d’Abéché (formulation avant cuisson).... 76
Tableau 20 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile Abéché ......................... 82
Tableau 21 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile de Ndjamena ................ 83
Tableau 22 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile de Sarh ......................... 84
Tableau 23 : Résultats des essais mécaniques échantillons briques cuite Abéché .............. 85
Tableau 24 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile Abéché ......................... 86
Tableau 25 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile de Ndjamena ................ 87
Tableau 26 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile de Sarh ......................... 88
Tableau 27 : Résultats des essais mécaniques échantillons briques cuites Abéché ............ 89
Tableau 28 : Variation de la conductivité thermique avec l’ajout de la bouse de vache..... 90
Tableau 29 : Variation de la résistance thermique avec l’ajout de la bouse de vache......... 95
Tableau 30 : Variation de la conductivité thermique en fonction de gousse de mil............ 99
Tableau 31 : Variation de la résistance thermique avec l’ajout de gousse de mil ............. 103
Tableau 32 : Variation de la diffusivité thermique en fonction de la bouse de vache....... 112
Tableau 33 : Variation de la diffusivité thermique avec l’ajout de la gousse de mil ........ 114

xv
Tableau 34 : Valeurs de la résistance thermique et mécanique de matériaux mélangés avec
la BV…………… .................................................................................................................. 123
Tableau 35 : Valeurs de la résistance thermique et mécanique de matériaux mélangés avec
la GM…………...................................................................................................................... 125
Tableau 36 : Echantillons avec BV présentant des résistances mécaniques élevées......... 128
Tableau 37 : Echantillons avec GM présentant des résistances thermiques élevées ......... 128
Tableau 38 : Matériaux avec mélange de la bouse de vache............................................. 137
Tableau 39 : Matériaux avec mélange de gousse de mil ................................................... 138

xvi
Liste des Photos
Photo.1 : Four artisanal pour la cuisson des briques............................................................. 39
Photo.2 : La Bouse de vache séchée ..................................................................................... 43
Photo.3 : La gousse de mil à l’état naturel ............................................................................ 43
Photo.4 : Phénomène de retrait dans une moule ................................................................... 72
Photo.5 : Briques cuites carrées ............................................................................................ 73
Photo.6 : Briques carrées pour les essais thermiques (a) Briques cylindriques pour les essais
mécaniques (b) ......................................................................................................................... 76
Photo.7 : Presse universelle pour les essais à la compression............................................... 81
Photo.8 : Cellule EI 700 ........................................................................................................ 90

xvii
Nomenclature
Lettres latines
a Diffusivité thermique m2.s-1
c Coefficient de déperdition W. °C-1
C Echange au niveau de la peau par convection W.m-2

Cp Chaleur massique [Link]-1.K-1


Cresp Echanges au niveau des voies respiratoires par convection W.m-2
DS Débit sudoral g.h-1
e Epaisseur M
E Effusivité thermique W.m-2.K-1.s1/2
Econf Part d’évapore – transpiration qui apparait durant une phase de confort W.m-2

Ediff Diffusion de chaleur évaporation par la peau W.m-2

Epév Perte par évaporation de la sueur W


Epmax Pouvoir évaporatif maximal de l’air W
Eresp Echanges au niveau des voies respiratoires par évaporation W.m-2

F Force N
hc Coefficient de convection W.m-2.K-1
Hr Hygrométrie relative %
Ip Indice de plasticité %
k perméabilité m2
m masse Kg
M Métabolisme W
Mcut Mouillure cutanée Sans unité
P Porosité %
P Pression Pa
Q Puissance W
R Constante des gaz parfaits [Link]-1.K-1
R Rayon mm
R Résistance Ω

xviii
R Echange au niveau de la peau par rayonnement W.m-2
Ract Résistance de l’activité MET
Rc Résistance à la compression MPa
Rclo Résistance de l’habillement CLo
Rth Résistance thermique m2.K.W-1
S Surface m2
T Température °C
t Temps S
U Tension V
V Volume m3
v Viscosité cinématique m2.s-1
w Teneur en eau %
W Travail spécifique par m2 de la peau W.m-2
wl Limite de liquidité %
wp Limite de plasticité %

Lettres grecs
Conductivité thermique W.m-1.K-1

Densité de flux thermique W.m-2

ϕ Flux de chaleur conductive W

Poids spécifique [Link]-3

Constante de Stefan-Boltzmann W.m-2.K-4

Taux de saturation en eau %

teneur pondérée en eau %

teneur volumique en eau %

Masse volumique kg.m-3

xix
Liste des abréviations
BV Bouse de Vache
COP21 21eme Conférence Parties de Paris
DISC Thermal Discomfort
EAA Echantillon Argile d’Abéché
EAAC Echantillon Argile d’Abéché Cuite
EAN Echantillon Argile de N’Djamena
EAS Echantillon Argile de Sarh
GES Gaz à Effet de Serre
GM Gousse de Mil
NF Norme Française
PMV Indice de Vote Moyen Prévisible
PPD Pourcentage Prévu D’insatisfaits
TSENS Thermal Sensation

xx
Introduction Générale
Le secteur du logement en Afrique sahélien et plus particulièrement au Tchad évolue vers une
modernisation sans une étude au préalable aux conséquences multiples. Les anciens modes de
constructions commencent à disparaitre en laissant la place aux des modèles occidentaux. Les
matériaux traditionnels tels que les briques de terre cèdent de jour en jour leur place aux
matériaux modernes à cause de leur résistance mécanique mais présentent un cout
d’investissement et environnementaux très élevé. Ces matériaux ne sont pas adaptés au
climat chaud africain, donc les maisons construites à base de ces matériaux nécessitent pour le
confort thermique de ses occupants une climatisation artificiellement très consommatrice
d’énergie.
L’impact du secteur du bâtiment sur les consommations énergétique et l’émission des gaz à
effet de serre (GES) est de plus en plus croissant chaque année dans les pays en voie de
développement et plus encore dans les pays développés.
Cet impact s’accentue du fait du réchauffement de la terre causé par le dérèglement
climatique, le besoins sans cesse croissant du confort thermique dans les logements et le
mauvais choix des matériaux de construction. C’est pourquoi des nombreuses conférences
internationales sur l’environnement telles que la COP21 (21eme Conférence Parties de Paris)
ont évoqué ces fléaux.
De nos jours la quasi-totalité de la consommation énergétique du bâtiment est liée non
seulement dans sa phase de construction ou déconstruction mais plus encore dans sa phase
d’exploitation, il est une nécessité impérieuse de tendre vers une construction de plus en plus
adapté et économique. Ce qui implique la place importante du choix des matériaux qui
permettent une isolation des bâtiments, facteur de réduction significative des consommations
énergétiques et des émissions des gaz à effet de serre.
Le béton ou mortier de ciment est le matériau classique le plus utilisé à l’échelle planétaire à
cause de leurs performances mécaniques, cependant les impacts environnementaux générés
par la production du ciment, son principal constituant, sont très importants.
Etant donné que ces matériaux classiques sont plus chers et leur accessibilité n’est pas du tout
facile pour une population en majorité pauvre, l’utilisation des matériaux locaux pourrait alors
être une alternative.
Dans ce contexte particulier, le développement et la recherche de nouveaux matériaux
alternatifs à faible coût d’exploitation et impacts environnementaux s’impose comme une
problématique prioritaire en Afrique et les pays en voie développement comme le Tchad, qui
est un pays agro-pastoral où les déchets agricoles sont assez importants.

1
Dans l’objectif de concevoir des logements économiques limitant les effets néfastes sur
l’environnement que nous avons porté notre choix sur les matériaux locaux à base d’argile
mélangée avec des rejets agricoles tels que la bouse de vache sèche et la gousse de mil. Ces
matériaux connaissent actuellement un regain d’intérêt grâce à leur disponibilité et leur
exploitation plus facile et moins couteuse.
Pour une bonne représentativité des sols et différentes zones climatiques du Tchad, dans nos
travaux nous avons choisi d’étudier les matériaux de trois grandes agglomérations du Tchad :
Abéché au Nord-est, Ndjamena au centre et Sarh au Sud.
Ces travaux s’inscrivent dans un cadre logique de la recherche d’un modèle d’habit
économique et fiable adapté au climat sahélien tout en valorisant les matériaux locaux par une
étude comparative de leurs propriétés mécaniques et thermiques.
Pour mener à bien cette étude, la presse hydraulique et la méthode des boites sont utilisées
pour les mesures expérimentales des caractéristiques mécaniques et thermiques de nos
matériaux.
Cette thèse est organisée en deux grandes parties avec chacune trois chapitres : La première
partie concerne la synthèse bibliographique. La deuxième partie est consacrée à l’étude
expérimentale.
Le premier chapitre de cette thèse évoque les rappels d’une manière générale sur l’étude de
transfert de chaleur et de masse dans les matériaux poreux.
Le deuxième Chapitre s’articule autour des matériaux de construction et de l’isolation
thermique. Dans cette partie, il est question de présenter la typologie de l’habitat et les
conditions climatiques au Tchad avant d’aborder les matériaux de construction et la généralité
sur le confort thermique.
Le troisième chapitre est dédié aux méthodes des mesures de propriétés mécaniques et
thermophysiques des matériaux.
Le quatrième chapitre s’intéresse à l’identification des sols et les formulations des
échantillons.
La présentation des résultats des études expérimentales et de l’étude comparative feront
l’objet du cinquième chapitre.
Le sixième chapitre est consacré à la simulation thermique pour déterminer les différents
gains d’énergie obtenus avec nos matériaux par rapport à un matériau de référence pour la
production du froid en vue d’un confort thermique.
Une conclusion générale dresse un bilan des résultats obtenus et quelques perspectives pour
compléter les travaux.

2
Partie I : Synthèse bibliographique

3
Chapitre 1 : Rappel sur le transfert de chaleur et de masse dans les
matériaux poreux
Introduction
La connaissance des propriétés thermophysiques des matériaux de construction a une
importance capitale d’autant plus que la plupart des matériaux utilisés dans l’isolation du
bâtiment ont une structure poreuse. Les pores de ces matériaux sont le siège de transfert de
chaleur complexe du fait du couplage conduction rayonnement ainsi que de transfert de
l’humidité entre phase liquide et vapeur.
L’obtention d’un meilleur confort thermique dans l’habitat passe inévitablement par une
maîtrise du comportement thermique des matériaux qui constituent les parois des habitations
soumis à différentes météorologies.
Dans cette partie, pour mieux caractériser le comportement hydrique et thermique de ces
matériaux, nous allons parcourir les différents modes des transferts de l’humidité et de
chaleur.

1.1 Les propriétés des matériaux poreux


Un milieu poreux est un mélange polyphasique de caractéristiques différentes. Une des phases
constitue la matrice solide supposée indéformable et une autre phase définit les frontières d’un
certain nombre d’espace contenant un ou plusieurs fluides appelé ‘‘pores’’. Les pores peuvent
être isolés au sein de la matrice solide (pores fermés) ou débouchant à la surface (pores
ouverts).

Fig.1 : Milieu poreux

4
1.1.1. Les expressions des différentes porosités
[Link] Porosité ouverte
La porosité ouverte Po, appelée aussi porosité utile qui est la fraction du volume occupé par
les pores ouvert vo sur le volume total de l’échantillon vT. Po est la porosité facilement
accessible aux fluides.

(1)

[Link] Porosité fermée


La porosité fermée d’un matériau est la fraction du volume occupé par les pores fermés v f sur
le volume total [Link] porosité fermée est non accessible à la pénétration des fluides

(2)

La porosité fermée joue un rôle important vis-à-vis des propriétés mécaniques, thermiques et
acoustiques, mais n’intervient pas dans les phénomènes de diffusion et d’écoulement.

[Link] Porosité totale


C’est la fraction sans dimension du volume occupé par les pores ouverts et fermé V v sur le
volume total VT apparent.
(3)

1.1.2 Masse volumique


La définition usuelle de la masse volumique d’un corps en tant que rapport de sa masse m sur
son volume v reste imprécise dans le cas d’un matériau poreux. Ce rapport définit en effet la
masse volumique apparente ρa du matériau qui se différentie de la masse volumique réelle ρ r
qui ne prend pas en compte les pores ouverts, ainsi que de la masse volumique théorique ρth
qui ne tient pas compte des tous les espaces vides ( pores ouverts et fermés), ainsi la masse
volumique d’un matériau poreux peut s’exprimer sous trois formes différentes :

[Link] Masse volumique apparente


La masse volumique apparente est le rapport entre la masse m du matériau et son le volume
apparent va

(4)

5
[Link] Masse volumique réelle
La masse volumique réelle s’exprime par le rapport entre la masse et le volumique occupé par
la matrice solide et les pores fermés du matériau.

(5)

[Link] Masse volumique théorique


La masse volumique solide est le rapport entre la masse du matériau et le volume occupé
seulement par la matrice solide. Cette masse est appelée souvent masse volumique absolue.

(6)

1.2 Transfert de l’humidité dans un milieu poreux


Les parois qui composent l’enveloppe des bâtiments sont des matériaux poreux, on rappelle
que ces matériaux sont composés d’au moins deux phases ; la phase solide, qui constitue le
squelette du matériau et les pores de dimensions variables. Ces deniers peuvent être ouverts (à
l’extérieur) ou fermés (entièrement entourés de la matrice solide). Cette particularité est le
siège de plusieurs phénomènes tel que la transmission de la chaleur, la fixation et la migration
de l’humidité, l’humidification, le changement de phase.
L’humidité est une des propriétés importante des matériaux de construction. Elle est un indice
pour déterminer la teneur en eau réelle des matériaux au moment de l'expérience car la plupart
des matériaux stockés dans une atmosphère sèche pendant un certain temps, peuvent par la
suite absorber de l'eau. [1]
L’humidité est définie par la présence de proportion d’eau sous forme liquide ou vapeur au
sein d’un matériau poreux. On peut déterminer l’humidité de matériaux quelconques en
utilisant la formule suivante

(7)

Avec :
mh = masse humide d’échantillon
ms = masse sèche d’échantillon (après passage à l’étuve)

6
1.2.1 Teneur en l’humidité dans un matériau poreux
Les cavités d’un milieu poreux non saturé contiennent une phase liquide et une phase
gazeuse. Pour évaluer la quantité d’eau stockée dans les pores trois relations entre volume
et masse de trois phases du matériau sont généralement utilisées :
- La teneur volumique en eau est le rapport de volume occupé par l’eau condensée dans
les pores sur le volume apparent du matériau poreux sec

(8)

- Lorsque la teneur en eau vapeur est négligeable devant la teneur en eau liquide, la
teneur pondérée en eau s’écrit :

(9)

Taux de saturation en eau des pores est donné par l’expression :

(10)

Lorsque tous les vides d’un corps sont remplis d’eau, on dit qu’il est saturé. Le degré de
saturation est le rapport du volume de vide rempli d’eau au volume total de vide. Il joue un
grand rôle dans les phénomènes de destruction des matériaux poreux par le gel. Le degré de
saturation est l’absorption maximale des matériaux sous les conditions de pression et de
température.

Ces paramètres sont liés par la relation suivante :

(11)

(12)

7
1.2.2 Modes de fixation de l’humidité
La fixation d'humidité dans les milieux poreux est un phénomène qui s’explique par
plusieurs mécanismes : l'adsorption, la condensation et la capillarité (absorption). Ces
trois mécanismes sont fonction de divers paramètres dont la porosité, l’état de la phase
fluide et les conditions thermodynamiques. L'eau liée par adsorption est due à la présence
de la vapeur d'eau à la surface du matériau.
Au voisinage de l'interface solide -fluide. Les molécules de vapeur sont attirées dans les
pores par les forces intermoléculaires (forces de Van der Waal).

[Link] Adsorption physique


Le milieu poreux absorbe de la vapeur qui se condense sous forme d’eau liquide grâce à
leur capacité d’échanger de l’humidité avec l’air ambiant. Ceci se traduit par une
augmentation de la masse apparente de ce milieu. Cette augmentation de masse est due à
la fixation de molécules d’eau en surface du matériau c’est le phénomène d’adsorption.
Inversement une diminution de l’humidité de l’air environnant entraîne une diminution de
la masse apparente, c’est le phénomène de désorption.
L’augmentation de la masse du corps poreux est attribuée aux forces intermoléculaires
(forces de Van der Waal) agissant au voisinage de l’interface solide – fluide dans les
pores.

Fig.2 : Courbes d’adsorption et de désorption d’un milieu poreux

Pour une température donnée la quantité d'eau adsorbée par un matériau poreux en fonction
de l'humidité relative de l'air Hr est représentée par des isothermes de sorption (figure 2) [2].
Suivant la valeur de l'humidité relative de l'air. Une ou plusieurs couches de molécules d'eau
peuvent être fixées sur la paroi des pores.
Nous distinguons trois étapes dans le processus de fixation de l’humidité :

8
- Adsorption mono moléculaire (0 < Hr < 0,2)
- Adsorption pluri moléculaire (0,2 < Hr < 0,5)
- Condensation capillaire (0,5 < Hr < 1)
La teneur maximale d’adsorption varie suivant la nature du matériau et peut atteindre une
proportion relativement importante par rapport à la quantité d'eau correspondant à l'état de
saturation des pores pour les matériaux ayant un rayon moyen rm de pore inférieur à 0,1µm
(matériau hygroscopique).
Pour les matériaux non hygroscopiques rm > 0,1 µm, l’eau liquide pénètre dans les pores
essentiellement par capillarité. Ce mécanisme n'intervient que dans le cas où la surface du
matériau est mise en contact avec l'eau en phase liquide résultant d'un phénomène de
condensation superficielle ou d'un phénomène de mouillage (pluie). [3].
Le liquide mouillant s'étale sur la surface des pores. Des interfaces se forment entre le liquide
mouillant et le fluide non mouillant (air humide).

[Link] Condensation capillaire


La condensation capillaire est un phénomène physique permettant d’expliquer comment un
matériau poreux initialement en équilibre hydrique avec le milieu extérieur se remplit peu à
peu d’eau liquide lorsque l’on augmente l’humidité relative (Hr) de manière isotherme. A
l’échelle d’un pore que l’on symbolise ici par deux plaques parallèles, se trouvent de l’air et
de la vapeur d’eau. Si l’espace entre les deux plaques est suffisamment petit, un changement
de phase s’opère et de l’eau se condense le long des parois formant des ménisques. [4], [5]

Fig.3 : Condensation capillaire dans un pore


La condition d'équilibre se traduit par la présence d'une différence de pression Pc, appelée
pression capillaire déterminée à partir de la relation de Laplace. [2]

(13)

9
= pression atmosphérique.
= pression dans la phase liquide.
r = rayon des capillaires
= tenseur inter-faciale du couple eau-air, fonction décroissante de la température.
= angle de mouillage entre la face du solide et la tangente au point de contact dans le cas
de l’eau. =0

Dans le cas de condensation capillaire, on peut montrer que la pression de vapeur d’équilibre
est reliée à la pression de vapeur saturante par la relation de Kelvin :
(14)

: Masse volumique de l’eau ;


T : Température absolue
R : Constante de gaz parfait ; r : Rayon de courbure des pores ; T : Yempérature absolue.
A partir des équations 13 et 14 on peut tirer la relation suivante : [4] ; [6]

(15)

D’après Kelvin, on peut classer le milieu poreux comme : [1]


- Les matériaux à comportement hygroscopique lors que r < 10-7 mm
- Les matériaux à comportement non hygroscopique lors que r > 10-7 mm

1.2.3 Mécanisme du transfert d’humidité


Dans les structures des bâtiments, les transferts d’humidité peuvent se développer en phase
gazeuse et/ou liquide. La nature et l’intensité de ces transferts sont liées aux propriétés
intrinsèques des matériaux utilisés pouvant induire des phénomènes particuliers :

[Link] Transfert en phase liquide


L’eau présente sous forme liquide dans un milieu poreux est due, soit à l’adsorption des
molécules d’eau, soit à la condensation capillaire.
L’eau adsorbée présente une faible migration qui est induite par le gradient de masse
volumique. Les molécules d’eau se déplacent des régions où elles sont moins liées vers des
zones où elles sont plus liées,

10
L’eau du à la condensation capillaire s’écoule sous l’effet d’un gradient de pression liquide
des zones à forte concentration vers des zones à faible concentration en liquide, ce
déplacement est régi par la loi de Darcy :

(16)

Ou (17)

Ki = perméabilité du milieu à la phase liquide,


vi = viscosité cinématique de l’eau
Pi =pression motrice dans le liquide

[Link] Transfert en phase vapeur

- Transfert par diffusion


La diffusion de la vapeur d’eau provient des différences de concentration entre les deux
composantes du mélange gazeux air sec- vapeur d’eau, il en résulte un transport moléculaire,
qui se poursuit jusqu’à l’uniformisation des concentrations. La densité du flux massique par
diffusion moléculaire s’exprime suivant la loi de FICK :
(18)
Avec

Pv = pression de vapeur d’eau


δ =le coefficient de perméabilité a la vapeur d’eau qui s’exprime sous forme suivante

(19)

f(ω) est une fonction de pondération dépendant de la teneur en eau globale et de la tortuosité
du milieu poreux.
Dv, M représentent respectivement le coefficient de diffusion moléculaire, et la masse
moléculaire de vapeur.

11
- Transfert de vapeur d’eau par évapo- condensation
Le mécanisme de transfert se décompose en quatre temps [7]
 La vapeur arrive au niveau des pores et se condense sur le ménisque amont, du fait de
la réduction de la pression de vapeur d’équilibre, en raison de la courbure du ménisque.
 La condensation provoque l’élévation de la pression du liquide derrière le ménisque.
La différence de pression du liquide entre les ménisques amont et aval induit un transfert
convectif du liquide vers l’aval.
 Le liquide arrivant sur le ménisque aval provoque l’augmentation de son rayon de
courbure d’où le déplacement de l’équilibre liquide- vapeur vers une pression partielle de
vapeur plus élevée, ce qui provoque l’évaporation du liquide.
 La vapeur diffuse sous le gradient de pression partielle.

Fig.4 : Evapo - condensation à la construction d’un pore

1.3 Modes de transmission de chaleur


L'étude de ces transferts s'effectue dans le cadre de la discipline thermodynamique en
s’appuyant sur les différents modes suivants.
- Convection dans les pores
- Le rayonnement entre les parois des pores.
- Conduction thermique dans la matrice solide, dans la phase liquide et dans la phase
gazeuse contenue dans les pores
- Evaporation-condensation qui implique un transfert de chaleur par chaleur latente sous
l’effet d’un gradient de concentration de température.
- Diffusion de la vapeur d’eau sous l’effet d’un gradient de pression partielle.

12
1.3.1 Transfert de chaleur par convection
Echange de chaleur entre une paroi et un fluide avec transport de la chaleur par le fluide en
mouvement. Dans le domaine de bâtiment, on distingue la convection naturelle et la
convection forcée. Le flux thermique échangé entre une surface et un fluide en mouvement est
donné par la formule de Newton :
(20)

1.3.2 Transfert de chaleur par rayonnement


Echange de chaleur entre deux parois séparées par un milieu transparent. Le rayonnement est
un transfert de chaleur entre deux corps, séparés par du vide ou par un milieu transparent par
l’intermédiaire d’ondes électromagnétiques. Ce mode de transfert ne nécessite pas de support
matériel solide ou fluide. Dans la pratique, le rayonnement s’effectue en présence d’un gaz,
c’est la raison pour laquelle le rayonnement est rarement le seul type d’échange thermique
mis en jeu, la convection et la conduction sont également présentes. Au voisinage de la
température ambiante le rayonnement entre les parois des pores peut être négligeable.
La densité de flux de chaleur due au rayonnement en régime stationnaire s’exprime d’une
manière général par : [2]

(21)

Avec
ε = facteur d’émission de la matrice solide
σ= constante de Stefan (σ = 5,67.10-8 Wm-2K-4)
α= coefficient d’absorption du milieu semi transparent
n= nombre d’écran
T1= température de la paroi chaude (K)
T2= température de la paroi froide (K)
e =épaisseur de l’échantillon

13
1.3.3 Transfert de chaleur par conduction
[Link] Equation de diffusion de la chaleur
La chaleur se propage dans un solide par conduction, sans déplacement de matière, sous
l’influence d’une différence de température. La théorie de la conduction repose sur la loi de
de Fourier : [8]

(22)
Ou sous forme algébrique :
(23)

La conductivité thermique est le flux de chaleur par unité de surface, traversant un matériau
d’un mètre d’épaisseur pour une différence de température d’un degré entre les deux faces.
Cette propagation d’énergie se produit dans un solide par agitation des molécules
constitutives du matériau. Cette propriété est donc une grandeur intrinsèque du matériau, qui
dépend uniquement de ses constituants et de sa microstructure. La conductivité thermique des
milieux poreux doit prendre en compte certains paramètres tels que les conductivités
thermiques des phases solide et fluides, leurs fractions volumiques, la structure de la phase
solide, et les zones de contacts entre particules. Dans ce qui suit, nous présentons les modèles
les plus simples sur le plan théorique : modèle parallèle, série, et la juxtaposition des deux. Il
existe d’autres modèles. [9]

[Link] Modélisation théorique de la conductivité thermique des


milieux poreux
Le milieu poreux est considéré comme une juxtaposition de couches alternées d’un solide de
conductivité thermique λs et d’un fluide caractérisé par sa conductivité thermique λ f. Le
calcul de la conductivité thermique apparente du milieu peut se faire soit par résolution de
l’équation de la chaleur appliquée à la géométrie du milieu considéré, soit par l’analogie
électrique, en assimilant le milieu à un ensemble de résistances en série et en parallèle.
Suivant l’orientation de ces couches planes dans un cube d’arête unitaire par rapport à la
direction du flux de chaleur, on énumère trois modèles théoriques : [10], [11]
- Modèle série
- Modèle parallèle
- Modèle série-parallèle
- Modèle poreux triphasique

14
 Modèle série

Dans ce modèle, le flux de chaleur est supposé de direction perpendiculairement à la


succession de couches solides, fluide disposées perpendiculairement à la direction du flux de
chaleur. La conductivité thermique à n couches correspondantes s’écrit : [12]

(24)

Fig.5 : Modèle série


Pour un milieu biphasique la conductivité se résume à

(25)


PT= la porosité totale du matériau.
Dans le cas où la conductivité du fluide tend vers 0, la conductivité totale tend aussi vers 0.
La couche de fluide isole le matériau global et crée une rupture dans le chemin de propagation
de la chaleur. Ce schéma fait jouer un rôle prépondérant à l’air qui va imposer la conductivité
globale du matériau.

 Modèle parallèle

Le milieu parallèle est aussi considéré comme une succession des couches alternées entre la
phase solide et la phase fluide. Le transfert de flux de chaleur dans le modèle en parallèle se
fait parallèlement aux couches. La conductivité correspondante est : (loi de Wiener 1912)

(26)

15
Fig.6 : Modèle parallèle
Dans le cas où le milieu est diphasique la conductivité devient :

(27)

La conductivité thermique dans le cas du modèle série n'est autre que celle de la valeur
harmonique. Alors que le modèle parallèle est représenté par la valeur de la moyenne
arithmétique.

Lorsque la conductivité du fluide devient négligeable devant celle du solide (λ f << λs), la
phase solide impose la conductivité totale, et λ tend vers lui. Il en est de même lorsque la
phase fluide a une conductivité très faible comme c’est le cas pour l’air. La conductivité
thermique du milieu poreux est toujours comprise entre deux valeurs limites correspondant
respectivement aux milieux série (borne inférieure) et parallèle (borne supérieure).

Fig.7 : Valeurs limites de la conductivité thermique d’un milieu biphasique

16
 Modèle série – parallèle
- Modèle de Willy et Southwick
Willy et Southerwich assimilent le milieu poreux à un ensemble formé d’un modèle série et
parallèle en parallèle. ; Le milieu poreux est périodique, et chaque cellule de base est
présentée par trois strates en parallèle

Fig.8 : Modèle du Willy et Southwick

En notant par les parts respectives des dispositions parallèle et série, La conductivité
thermique de ce milieu a pour expression. [13]

(28)
- Modèle de Russel et Frey
Les pores sont supposés cubiques et de taille identique et régulièrement espacé dans cette
modèle. Deux formulations sont présentées dans ce modèle.

Fig.9 : (a) Cellule de Russel et (b) cellule de Frey

Les surface isotherme sont planes, la conductivité découle d’une association série - parallèle
et aucun contact entre les constituants de la phase dispersée.
L’expression de la conductivité avec la cellule de Russel est :

17
(29)

θs la teneur volumique de la phase solide (θs =1- ε)


Dans le cas de la cellule de Frey, la conductivité équivalente s’écrit :

(30)

- Modèle de Krischer
Krischer combine les deux série et parallèle. Pour essayer de faire le calcul théorique de la
conductivité thermique de matériaux à plusieurs phases. [14]
Dans ce modèle, la cellule de base est constituée de trois strates : phase solide, phase fluide, et
une phase constituée de solide et fluide en série, les trois strates sont en série par rapport à la
direction du flux thermique.
Krischer suppose que le milieu poreux est constitué d'une phase solide et d'une phase fluide.
La cellule unitaire est constituée par un arrangement de couches disposées en une fraction
volumique 1 - perpendiculairement à la direction du flux et d'une fraction complémentaire
en parallèle avec le flux de chaleur. [15]
La conductivité thermique est donnée par la formule :
En prenant pour volume du matériau un volume unitaire, les parts respectives des dispositions
en série et parallèle seront notés par

(31)

(32)

18
Fig.10 : Configuration du modèle série - parallèle de Krischer

Conclusion :
Il apparaît nettement que les matériaux poreux du fait de leur structure, sont le siège de
transferts thermiques complexes dus au couplage conduction - convection - rayonnement et au
transfert d'humidité en phase liquide et vapeur. Une meilleure connaissance des
caractéristiques thermophysiques des matériaux mis en œuvre dans la construction, permettra
une approche plus précise des échanges d’énergie qui s’établissent entre une ambiance
extérieure naturelle et une ambiance intérieure contrôlée.
L’étude théorique du comportement hydrique bien qu’elle ne couvre pas toute la connaissance
des caractéristiques au niveau des conditions thermodynamique et hydrodynamique, nous
permettra de mieux analyser la conductivité thermique des matériaux poreux de construction
en fonction de la teneur en eau.
Les matériaux qui composent l’enveloppe des bâtiments sont le siège de transferts thermiques
complexes dus au couplage conduction- convection- rayonnement. Dans la structure du
bâtiment, les pores des matériaux utilisés étant de faibles dimensions, la part de transfert
convectif peut être négligée. De même, au voisinage de la température ambiante, les parts de
rayonnement et de transfert de masse ne seront pas également prises en compte. Par
conséquent le transfert thermique peut être considéré purement conductif.

19
Chapitre 2 : Matériaux de construction et isolation thermique de
l’habitat au Tchad
Introduction
L’habitat au Tchad se caractérise généralement autours de quatre principaux matériaux de
constructions : la terre crue, la brique cuite, le parpaing, et le béton de ciment.
L’utilisation des matériaux est lie aux revenus du ménage. C’est pour cela que la terre crue
appelée communément banco ou poto-poto, est couramment employée par les habitants pour
leur faible coût, le parpaing, la brique cuite et le béton sont réservés à ceux qui peuvent les
payer.
La principale préoccupation des bâtisseurs concerne la pérennité de leurs constructions et le
confort. Cette dernière est rendu possible par l’emploi de matériaux performants en termes de
résistance mécanique, de durabilité, de l’isolation thermique et acoustique.
Bien qu’il existe d’autres matériaux importés ou exploités localement leurs utilisations et
exploitations restent difficiles ou plus onéreuses. On note principalement deux types de
classification des matériaux de constructions au Tchad : les matériaux traditionnels d’origine
naturelle et les matériaux modernes classiques parfois importés.

2.1 Typologie de l’habitat au Tchad


2.1.1 Zones climatiques au Tchad
Le Tchad est un pays de l’Afrique centrale qui se situe entre les 7ème et le 24ème degré de
latitude Nord d’une part et le 13ème et 24ème degré de longitude Est d’autre part. La superficie
de 1.284.000 km2 composées de 98,1% de terres et 1,9% d’eau pour une population estimée à
11 000 000 d’habitants. Le pays est globalement très chaud et très sec, les températures
maximales varient entre 43 et 45°C pendant la plus torride de l’année. La période pluvieuse la
plus fraiche dans le Sud de la Savane est entre Mai et Octobre. En montant vers le Nord, l’air
devient plus chaud et humide. Le paysage ressemble de plus en plus à la savane, puis la
savane désertique (Sahel) finissant par le désert (Sahara). [1]
Il existe 3 zones climatiques au Tchad :
- Un climat tropical au sud : qui occupe le 12°30 N et 8° N avec une précipitions
annuelle allant jusqu'à 1100 mm
- Un climat sahélien au Centre qui se situe entre les isohyètes 800 et 350.
- Un climat saharien désertique au Nord de l’isohyète 350 avec de très précipitions
faible et nulle par endroit.

20
2.1.2 Données météorologique :
Les températures, les précipitations, l’humidité relative, et l’ensoleillement de la ville
d’Abéché, Ndjamena et Sarh sont représentées sur les figures : 11 à 16. (Source : Météo vista
[Link] Aout 2016).

Fig.11 : Températures maximales

Fig.12 : Températures minimales

21
Fig.13 : Températures moyennes

Fig.14 : Pluviométrie annuelle

Fig.15 : Humidité relative moyenne

22
Fig.16 : Insolation mensuelle (rayonnement solaire)
L’intensité du rayonnement solaire global varie en moyenne de 4,5 à 6,5 kWh / ([Link]). Le
Tchad se situe dans la zone d’ensoleillement supérieur de l’Afrique. Le nombre d’heures de
cet ensoleillement par an varie de2850 heure au sud à 3750 heures au nord du pays.

2.1.3 L’habitat au Tchad


Aujourd’hui au Tchad et un peu partout en Afrique sahélienne, nous assistons à des multiples
problèmes de l’habitat causés par l’explosion démographique, les changements climatiques,
la crise économique et énergétique. Les problèmes de logement se posent avec acuité. La
population et les gouvernements dépourvus des moyens financiers et matériels conséquents
aspirent à des logements décents pour tous. Un logement décent doit remplir les conditions
suivantes :
 Une résistance mécanique acceptable pour une bonne sécurité des occupants lors des
inondations et autres aléas climatiques ;
 Un bon confort thermique ;
 Un coût de construction et une consommation énergétique acceptables et accessibles à la
grande tranche de la population.
Dans cette partie, nous parlerons de différentes typologies de l’habitat rencontré au Tchad et
les matériaux utilisés dans la construction des habitations.
Le Tchad présente deux grands types de typologies à savoir l’habitat traditionnel et l’habitat
moderne.

23
[Link] L’habitat traditionnel
On rencontre ce type d’habitation de conception rudimentaire dans les villages. L’habitation
traditionnelle est constituée des logements en cases dont les formes et l’architecture sont
typiques à chaque région. Les murs sont construits le plus souvent des briques en adobe ou en
bauge avec une légère fondation. Les cases sont de formes circulaires parfois carrées avec les
toits de forme conique en pailles supportées par une ossature de bois souples.
Pour les protéger de l’érosion, les murs sont badigeonnés par la terre mélangée de l’eau avec
les excréments des animaux ou la paille avant chaque passage de la saison de pluie.
Bien que l’habitat traditionnel possède une richesse identitaire, culturelle et touristique, il
présente des défauts pour être un habitat idéal :
 Inefficace contre les différents aléas climatiques causés par le changement climatique ;
 Insuffisance de confort thermique ;
 Vulnérable aux incendies ;
 Utilisation des bois dont la coupe est réglementée.
L’habitat traditionnel possède des avantages qui sont :
 Un faible coût de construction ;
 Une bonne isolation thermique ;
 Un confort thermique intérieur relatif pendant les journées chaudes sans ventilation
artificielle.
Les maisons traditionnelles sont destinées à l’habitation individuelle dans les logements
familiaux. La construction en adobe se fait par une fondation de 2 ou 3 briques posées dans le
sens de la largeur pour supporter la maçonnerie. L’élévation du mur se fait par la super-
positionnement des briques avec des joints de terre humidifiée. L’épaisseur du mur, facteur de
rigidité, peut être choisie en doublant les briques dans le sens de la largeur.
Les matériaux utilisés sont de terre à base d’argile (briques crues, briques cuites, briques de
terre stabilisées) qui sont disponibles localement, avec une exploitation moins chère.
Ce type d’habitat est spécifique à chaque région et répond parfois aux contraintes climatiques,
il est constitué de parois soit en terre argileuse ou en pisé soit en boues de terre mélangées à
de la paille et façonnées à la main.
La couverture est généralement en végétaux, spécialement en tige de mil ou de paille. Les
ouvertures sont en bois, le plancher en terre ou en pierre, le plafond est en paille ou en contre-
plaqué artisanal.

24
On dénombre plus d’une cinquantaine de formes dont la case « obus » de la population Massa
de Mayo Kebbi mais la forme la plus dominante est la forme ronde. Les murs dont l’épaisseur
varie de 20 cm à 30 cm, assure une meilleure isolation thermique contre les intempéries
extérieures, mais le cadre bâti ne tient pas compte de l’orientation où la direction du vent est
dominante.
L’inertie thermique très élevée des parois crée un écart entre les températures des parois
intérieure et extérieure de l’habitat. Ceci entraîne donc des conditions intérieures de confort
pour les occupants pendant les heures les plus chaudes de la journée, même sans la
ventilation. Mais les occupants sont dans l’inconfort aux heures les plus fraîches de la nuit,
s’il n’y a pas un bon renouvellement d’air d’intérieur, par ventilation. [15]

On remarque que depuis quelque temps dans les villages les murs se font en forme carrée par
endroit ce qui tend vers une mutation d’habitation moderne.
L’habitat traditionnel est adapté au climat local et utilise les matériaux locaux et les méthodes
naturelles de climatisation ; cependant il est en voie de disparition.
L’habitat semi moderne est constitué des logements simples avec des chambres construites
avec des briques en argile crue ou cuite et le plus souvent avec des parpaings de ciment. On
remarque ce type d’habitat dans les villages et dans les périphéries des grandes villes.
Il est avéré que d’après les travaux des chercheurs, [1] et [17] que l’habitat traditionnel qui est
construit essentiellement des matériaux de la faible conductivité thermique procure une bonne
sensation de confort thermique pendant les périodes les plus chaudes de l’année et que
l’utilisation des matériaux locaux pourrait améliorer le confort thermique dans l’habitat.

[Link] L’habitat urbain :


Rencontré en milieu urbain, ce type d’habitat symbolise une réussite sociale, l’habitat
moderne est l’ensemble des maisons construites en parpaing, brique cuite ou en béton armé ;
les toitures sont faites en béton ou en tôle en zinc, le faux plafond par un contre-plaqué ou en
plâtre. Le plancher est en béton ou avec des carreaux en marbre. Les portes et fenêtres
peuvent être en acier ou aluminium vitrées.
La construction de ces habits se fait au préalable par des études en génie civil, par de
spécialités en études de sols, architecturales, en confort thermique et ainsi en électricité ….
Dans ce type d’habitats, on rencontre des maisons en ‘‘dur’’ et des maisons modernes.

25
- Les maisons en dur ou spontanés
Egalement appelé habitat des populations à faibles revenus, l’habitat spontané est la résultante
de multiples formes d’un habitat en marge de la légalité suite à une pression démographique
urbaine très forte.
Les maisons sont généralement à base des murs et enduits de terre crue et parfois avec des
briques cuite ou brique en ciment. On remarque aussi des maisons en dur et semi dur qui sont
construites à partie rarement avec fondation en dalle en béton armée enterrée.
Ces habitations peuvent être parfois achevées par la dalle en béton armé. Les chevrons de
charpente sont ‘‘noués’’ aux murs pour résister aux vents et supportent la toiture mono pente
en tôle ondulée et dont l’étanchéité avec le mur est assurée par une rangée de parpaings
disposés sur trois côté de la tôle. Les portes et fenêtres sont en acier, persienne ou rarement en
vitre en cadre d’aluminium.
Un faux plafond composé de contreplaqué permet d’atténuer la chaleur transmise par la
toiture en tôle pendant la période de canicule de chaleur (mois de mars et avril) [1].
Une vue d’ensemble de cet habitat fait apparaître les formes suivantes : les pseudos villages
urbains (semblables à de constructions rurales), les bidons villes, etc.

- Les Maisons modernes


Cet habitat est construit en matériaux lourds (parpaings, béton) et dans certains cas, même le
plafond de ces habitations est constitué par une dalle en béton.
La toiture est parfois en tôle d’aluminium, le plafond en contre-plaqué, les ouvertures en
verre, le plancher en béton nu ou du carrelage.
On retrouve dans ce type d’habitat, les habitations individuelles et les immeubles. Le confort
thermique est prioritaire et assuré par des installations de conditionnement d’air. La protection
solaire des habitations modernes est médiocre, l’orientation du cadre bâti n’est pas respectée.
Généralement localisé dans la zone résidentielle, l’habitat moderne est un ensemble des
grands immeubles et grands standing réalisés selon les conceptions architecturales fixées par
les règles des sécurités des occupants et leur confort thermique. [1]
Ces habitats qui sont des propriétés étatiques, paraétatiques ou sociétés immobilières
favorables à la climatisation électrique pour le confort thermique qui est une grande
consommatrice d’énergie électrique.
Les maisons issues de l’habitat urbain présentent des inconvénients tels que :
- Le coût de construction très élevé donc inaccessible à la grande majorité de la population.
- L’inconfort thermique qui nécessite la ventilation artificielle assez énergétivore.

26
2.2 Les matériaux de constructions au Tchad
Au Tchad, on utilise plusieurs types des matériaux, les matériaux traditionnels et des
matériaux modernes classiques.
2.2.1 Les matériaux modernes classiques.
Les matériaux modernes sont généralement de matériaux composites à base de ciment. Bien
que le Tchad possède une seule cimenterie qui est celle de Baoré dans la région de Mayo Kebi
avec une production très limitée inférieure à 5% de ciment utilisé au Tchad. Le ciment reste le
matériau de construction le plus utilisé dans l’habitat moderne. Le ciment est un mélange
broyé de calcaire et argile cuite, fabriqué dans les cimenteries. La grande partie ciment utilisé
est importée des pays voisins tel que le Cameroun (cimencam) et Nigeria (Dangotté) pour la
fabrication des briques de ciment appelées parpaings et aussi des bétons dans les constructions
au Tchad.

[Link] Le parpaing de ciment


Le parpaing de ciment est une brique fabriquée à base de ciment mélangé avec du sable et de
l’eau. L’ensemble du mélange malaxé et façonné dans une moule qui lui octroie la forme
parallélépipédique. Ce matériau est composé d’environ 87% de granulats calibrés (gravier,
sable), 7% de ciment et environ 6% de l’eau. Le parpaing de ciment présente des côtes
standards dans les nombreuses formes, puisqu’il est fabriqué par moulage de blocs de
différentes épaisseurs, boisseaux, hourdis, etc.

[Link] Le béton
Le béton est un terme générique qui désigne un matériau de construction composite fabriqué à
partir de granulats (sable, gravillons) agglomérés par un liant. Le liant le plus couramment est
appelé ciment ; on obtient dans ce cas un béton de ciment.
En général, le béton peut être classé en trois groupes suivant la norme NF EN 206-1 articles
3.1.7 à 3.1.9, selon sa masse volumique ρ :
• béton normal : entre 2 000 < ρ< 2 600 kg/m³ ;
• béton lourd : ρ > 2 600 kg/m³ ;
• béton léger : 800 < ρ< 2 000 kg/m³ ;
Le béton courant peut aussi être classé en fonction de la nature des liants :
• béton de ciment ;
• béton silicate (chaux) ;

27
• béton de gypse (gypse) ;
• béton asphalte.
Les résistances mécaniques en compression obtenues classiquement sur des éprouvettes
cylindriques normalisées vont de 16 à 120 MPa en fonction du type de béton.
Le béton ou mortier de ciment sont les matériaux les plus utilisés à l’échelle planétaire à cause
de leurs performances mécaniques. Cependant les impacts environnementaux générés par la
production du ciment, son principal constituant, ne sont plus à démontrer. [16]

2.2.2 Les matériaux traditionnels d’origine naturelle


Parmi les matériaux traditionnels, on distingue la pierre, la terre crue et le bois.
La pierre est d’utilisation très ancienne, s’expliquant par sa disponibilité (carrières), sa grande
résistance et sa durabilité. Cependant, elle est difficile à façonner et à mettre en œuvre à cause
de son poids.
La terre crue, matière première disponible, est d’une mise en œuvre aisée et peu coûteuse.
Ceci justifiait son utilisation dans le passé, mais ce matériau économique a été peu à peu
remplacé par d’autres plus performants et plus chers dans les pays industrialisés. L’utilisation
de la terre est devenue l’apanage des pays en voie de développement tel que le Tchad.
Le bois enfin, nécessitant peu de transformations et facile à travailler, était et reste apprécié
dans la construction pour ses propriétés mécaniques (résistance en traction) et son pouvoir
isolant, son utilisation est très réglementé à cause de la déforestation qui est une dégradation
de l’environnement. [17]
La majeure partie des sols du territoire du Tchad est constituée d’alluvions argilo sableuses à
très forte dominance argileuse, par endroit, on rencontre de sols qui sont latéritiques
particulièrement au sud du pays. On trouve au Nord des dunes et quelques gisements d’argile
dans les oasis.
Le matériau terre utilisé en construction est un matériau homogène et dont les caractéristiques
sont très diverses d’une région à une autres [1].
Ces matériaux extraits et façonnés d’une manière naturelle et traditionnelle sont exploités sans
supports et équipement lourds.

28
[Link] L’Argile
L’argile qui est un produit à base de terre utilisée anciennement dans les constructions surtout
en milieu rural est présente sur l’ensemble du territoire national. C’est un matériau qui a un
fort caractère liant mais les phénomènes de retrait qui sont présents rendent quelque peu
difficile son utilisation par rapport à la latérite. Les argiles sont des silicates d’alumine
hydratés dont la structure lamellaire permet de fixer l’eau et d’obtenir des pâtes plus ou moins
plastiques facilitant leur façonnage. Leur extraction s’effectue à ciel ouvert. Les argiles
communes sont la matière première de base des produits de terre cuite (briques d’argiles et
briques essentiellement). Les argiles nobles (ou kaoliniques) servent à la fabrication de
porcelaines et céramiques ou d’additifs pour de nombreux produits intermédiaires ou finis
(ciment, mortiers, bétons, peintures, caoutchouc ...).
L’argile de termitière est beaucoup plus appréciée pour la fabrication des briques cuite à cause
de caractéristiques très homogènes.

[Link] La latérite
Les latérites peuvent être considérées comme des roches sédimentaires par le fait qu’elles
résultent d’une accumulation et d’une sédimentation de roches transportées ou existantes sur
place et qui sont des concrétions ou des grains de quartz altérés. On peut les considérer
comme des roches métamorphiques en ce sens qu’elles résultent d’un processus d’altération
de roches mères silico-alumineuse en milieu tropical qui favorise le départ de la silice et bases
solubles ainsi que l’enrichissement relatif en oxydes et hydrates non solubles tels que
l’hydroxyde de fer et d’alumine. Les définitions sont nombreuses et nuancées. C’est au Sud et
à l’Est du Tchad qu’on trouve des grands gisements des sols latéritiques.

[Link] Le sable
Le sable se définit par l’intervalle [0,02 mm ; 2mm] de diamètre des grains d’un échantillon
de sol, est l’aboutissement du processus des matériaux graveleux. Il est exploité dans les lits
des rivières ou des dunes. On peut dénombrer six gisements de sable situés sur un rayon de 12
km autour de Ndjamena : Farcha, Mani siaka, Milezi, Cabrini, Gassi et Tassi. A Sarh les
principaux gisements se trouvent dans le nid du fleuve Barh-Ko. Dans l’Est du Tchad,
certains oasis produisent une bonne qualité du sable. On note que le Nord du pays est
désertique et parsemé de nombreuses dunes de sables.
Le sable bien est très employé avec des liants tels que le ciment pour la fabrication des
briques parpaings, le béton et le mortier de ciment. [1]

29
[Link] Le gravier
Les graviers proviennent des concassages des fractures des roches. La carrière de Dandi à 50
km de Ndjamena est le plus grand site d’exploitation ; actuellement les grands travaux de
construction des routes a permis l’ouverture de plusieurs carrières à travers le pays.
Le gravier en fonction de ses différentes dimensions mélangées avec le ciment est utilisé pour
les bétons. Le concassage et le triage se font avec des engins lourds et modernes nécessitant
des gros moyens financiers.

[Link] Le bois
Le Tchad est un pays désertique, le désert avance chaque année à grands pas, la coupe des
arbres est réglementée, l’utilisation de bois vert est strictement interdite. Le bois mort est
utilisé pour les besoins domestiques et la construction de la charpente de toiture des
habitations traditionnelles. Le renouvellement se fait chaque année par la plantation des arbres
dans tous les pays pour éviter la déforestation totale. La grande partie des bois utilisée dans la
construction est importée des pays voisins comme le Cameroun et la République Centre
Africaine.
[Link] La pierre
Bien que le pays ait un immense gisement rocheux, l’utilisation des pierres dans la
construction reste très faible, l’exploitation, les transports et la transformation de ce matériau
nécessitent des équipements adéquats et des moyens financiers qui ne sont pas accessibles à la
plus grande partie de la population. Les briques de terre sont les éléments les plus importants
dans le domaine de la construction. La fabrication des briques est passée par plusieurs étapes
de développement dont la première est la brique crue, puis la brique cuite, la brique stabilisée
enfin la brique industrielle .La brique de terre est une plaquette crue, cuite ou stabilisée qui est
fabriquée à partir du sol, qu’on transforme en une pâte de consistance et de finesse régulières,
qui est humidifiée avant sa mise en forme dans une moule, puis séchée longuement à l’air
libre. Les matières premières pour la fabrication des produits tels que les briques d’argiles
crues ou cuites, les hourdis ou des produits de parement, sont des argiles mélangées
éventuellement avec des produits dégraissants tels que les sables argileux ou siliceux, de la
paille, des adjuvants provenant des déchets agricoles. Ces matières sont utilisées telles
qu’elles se présentent dans la nature hormis l’élimination de quelques impuretés.
Généralement l’argile mélangée aux adjuvants est utilisée comme des matériaux porteurs dans
les constructions traditionnelles planes à un niveau et matériaux de remplissage des murs dans
la construction des bâtiments.

30
2.2.3 Classification des sols
Les sols sont classés d'après leur nature, leur état et leur comportement selon des critères
conventionnels. Classer un sol consiste à lui donner un nom, après en avoir donné une
description qualitative et l'avoir identifié grâce à des mesures quantitatives. C’est un
processus qui permet de chercher à rattacher un sol au groupe de sol de caractéristiques
semblables.
Les sols sont dénommés en associant à un nom donné par un paramètre de nature, au moins
un qualificatif lié à son état ou à son comportement.
Il existe plusieurs normes pour la classification géotechnique des sols. Les essais
d’identification des sols constituent l’une des premières étapes avant toute utilisation. Les
essais permettent de connaître la nature des sols, leur composition et la répartition des grains
qui les composent. Nous énumérons plusieurs essais qui nous permettent de donner des
renseignements sur la nature et les propriétés des sols.

[Link] L’analyse granulométrie par tamisage (NF P 94-056 et NF P 94-057)


L’analyse granulométrique a pour but de déterminer les répartitions massiques des grains de
différentes tailles contenues dans le sol.
Cet essai s’effectue :
- Par tamisage pour des grains de taille de diamètre supérieur à 80µm (NF P 94-056) ;
- Par sedimentometrie pour des grains plus fins (NF P 94-057).
L’analyse granulométrique par tamisage s’effectue sur les particules supérieures à 0,08 mm
L’essai peut se faire par voie sèche ou après lavage. La granulométrie par tamisage après
lavage consiste à tremper dans l’eau pendant 24 heures puis à laver à l’aide du tamis 80 µm,
afin de permettre à toutes les particules de dimensions inférieures à 80 µm de disparaître.
L’échantillon est ensuite mis à l’étuve à 105°C pendant 24 heures afin qu’il puisse sécher
puis, mis dans une colonne de tamis emboîtés les unes sur les autres, dont les dimensions des
ouvertures sont décroissantes du haut vers le bas.
La sédimentometrie consiste à laisser une suspension de sol se déposer au fond d’une
éprouvette plein d’eau. Plus les grains sont fins, plus la vitesse de décantation est faible
conformément à la loi de Navier- Stockes sur la vitesse de chute de billes sphériques dans
l’eau. La mesure de la densité de la suspension à des intervalles de temps variables permet de
calculer la proportion des grains de chaque diamètre.

31
Les résultats de l’analyse granulométrique sont exprimés sous forme d’une courbe appelée
courbe granulométrique qui donne les pourcentages cumulés d’éléments de dimension
inferieure à chaque diamètre. Les limites des dimensions des grains qui définissent les
fractions granulaires sont fixées selon l'échelle conventionnelle reproduite dans le Tableau 1.
Ces fractions sont déterminées à partir d'une analyse conforme aux normes NF P 94-056 et
NF P 94-057.
Tableau 1 : Dénomination d'un sol selon la granularité
Sol à matrice fine Sol à matrice grossière
Nom
Argile limon Sable Fin Sable Gros Grave Cailloux

Dimension des
< 0,002 < 0,02 < 0,2 <2 < 20 < 200
particules (mm)

[Link] Limites d’Atterberg (NF P 94-051)


Les limites d’Atterberg ont été élaborées au XXème siècle, par un pédologue suédois du nom
d’Atterberg, suite à des recherches de plasticité sur des argiles en vue de la fabrication des
produits céramiques. Casagrande a repris et modifié les travaux du suédois, afin de trouver
une relation entre la teneur en eau du sol et son comportement.
Compte tenu de leur structure, les argiles ont des propriétés d’absorption des quantités
importantes d’eau et peuvent se dessécher plus rapidement en fonction de conditions
d’humidité auxquelles elles sont soumises.
L’essai de limite d’Atterberg permet de caractériser l’état de consistance des sols fins, ce qui
consiste à :
- Rechercher la limite de liquidité (wL), pour laquelle une rainure de dimension
normalisée, appliquée dans le sol situant dans la coupelle de Casagrande, se ferme
sous l’action de 25 chocs.
- Rechercher la limite de plasticité (wp), pour laquelle des cylindres de sol de 3 mm de
diamètre sont confectionnés. La limite est atteinte, lorsque ces cylindres commencent
à se fissurer par simple soulèvement.
 La limite de liquidité :

La limite de liquidité est déterminée à partir de la représentation graphique de la teneur en eau


W, mesurée à chaque essai, en fonction du logarithme du nombre de coups correspondant.
Elle correspond à la teneur en eau pour N = 25 coups.

32
Fig.17 : Détermination de limite de liquidité

La limite de liquidité se calcule également à partir de la formule :

(33)

 la limite de plasticité

La limite de plasticité wp traduit le passage entre l’état plastique et l’état solide


 Indice de plasticité
Les paramètres wl et wp sont complétées par l’indice de plasticité Ip qui s’exprime par la
relation :
(34)

L’indice de plasticité caractérise l’étendue du domaine plastique ; plus Ip est grand, plus le sol
est plastique et est susceptible de se gonfler ou de se rétracter. Selon la valeur de Ip, on peut
définir différents états de sol.
Les valeurs wl, wp et Ip sont fonction de la proportion et l’activité des particules argileuses
contenues dans le sol.

33
Tableau 2 : Indice de plasticité des matériaux fins
Indice de plasticité (Ip) Etat du sol
0 -5 Non plastique
5 -15 Peu plastique
15 - 40 Plastique
> 40 Très plastique

 L’activité d’une argile Ac se définit par :


(35)

 L’indice de consistance
L’indice de consistance est déterminer par :

(36)

l’Ic est aussi obtenu par la formule :

(37)

Tableau 3 : Etats du sol en fonction de l’indice de consistance


Indice de consistance (Ic) Etat du sol
Ic > 1 Solide
0 < Ic < 1 Plastique
Ic < 0 Liquide

[Link] Essais Valeur de Bleu de Méthylène (NF P 94-068)


Les argiles se présentent sous la forme de plaquettes très fines, constituées par l’assemblage
de feuillets liés entre eux. Cette structure particulière, confère aux argiles, un ensemble de
propriétés dont l’activité. Cette propriété permet aux argiles de fixer des cations quand elles
sont mises en solution.
L’essai de bleu de méthylène caractérise alors l’activité de la fraction argileuse contenant dans
un sol. Il permet aussi de quantifier de manière sûre et simple, la propreté des sols.

34
L’essai consiste à introduire par dosages successifs des quantités croissantes de solution de
bleu dans la prise d’essai, jusqu’à ce que la fraction argileuse soit complètement saturée de
bleu.
- La valeur de bleu du sol (VBS)
La valeur du bleu du sol est calculée par la formule suivante :
(38)

Avec
(39)
(40)

V : volume de bleu injecté (cm3)


ms : masse de la prise d’essai (g)
w : teneur naturelle en eau
B : est la masse de bleu introduite dans la solution
Le VBS s’exprime en gramme de bleu pour 100g de matériau.

Tableau 4 : Les ordres de grandeurs des valeurs de bleu de méthylène


VBS < 0,2 sols sableux

0,2<VBS <2,5 sols limoneux

2,5 < VBS < 6 sols limoneux argileux

6 < VBS < 8 sols argileux

VBS > 8 sols très argileux

- L'activité de bleu de la fraction argileuse (NF P 94-011)


L'activité argileuse ACB est le rapport entre la valeur de bleu de méthylène VBS déterminée
selon la norme NF P 94-068 et la teneur C en particules de dimensions inférieures à 2µm
estimée selon la norme NF P 94-057.
(41)

35
Tableau 5 : Qualificatif de fraction argileuse
ACB Qualificatif
0 ≤ ACB ≤ 3 Inactive
3 ≤ ACB ≤ 5 peu active
5 ≤ ACB ≤ 13 moyenne
13≤ ACB ≤ 18 Active
18 ≤ ACB très active

Cet essai est une mesure indirecte de la surface spécifique des grains solides par adsorption
d’une solution de bleu de méthylène jusqu'à la saturation.

[Link] Poids spécifique des grains solides (NF-P 94-054)


L’essai permet de déterminer le poids spécifique γs des grains solides. Ce dernier est un
paramètre important pour la caractérisation de l'indice des vides, de la porosité et surtout de
l'état de saturation d'un sol.
Le poids spécifique est donné par la relation suivante :

(42)

CT est une constante dépendant de la température (CT= 0,99)


P1 : poids pycnomètre seul
P2 : poids pycnomètre + eau
P3 : poids pycnomètre +matériau
P4 : poids pycnomètre + matériau + eau

2.2.4 Les briques à base de terre


La brique de la terre est le matériau de construction le plus utilisé au Tchad à cause de sa
disponibilité et son coût d’exploitation très faible.
La brique en terre, comme la pierre et le bois, a été un des premiers matériaux utilisés par
l’homme pour construire, facilement disponible, la terre a été mise en œuvre suivant
différentes techniques, selon les régions et en fonction de ses caractéristiques, pour améliorer
celles-ci, la terre a parfois été additionnée de matériaux d’origine minérale ou végétale ou
même animale.

36
Les briques, depuis longtemps, sont considérées parmi les éléments les plus importants dans
le domaine de la construction. La fabrication des briques est passée par plusieurs étapes de
développement dont la première est la brique crue, puis la brique cuite, enfin la brique
industrielle stabilisée. La technologie actuelle permet de réaliser plusieurs types de briques
avec des performances supplémentaires pour différentes destinations (Brique de verre, brique
cellulaire, brique monobloc, etc.).
Dans le contexte actuel, on peut classer les briques de terre dans deux catégories : les briques
de terre crue sans adjuvants et les briques de terres stabilisées. Les Briques sont produites à
partir d’un mélange d’argile, de sable, de paille, de déchets agricoles et d’eau, le moulage se
fait manuellement grâce aux moules en bois, le séchage se fait à l’ombre pendant plusieurs
jours pour éviter les fissurations. Les briques de terre sont utilisées dans la construction à
partir des plusieurs procédés, ces briques peuvent être utilisées crues, cuites ou stabilisées.

[Link] La brique de terre crue


La méthode de fabrication de la brique de terre appelée banco ou ‘‘potopoto’’ au Tchad
demeure toujours traditionnelle.
Le moule doit être propre et préalablement mouillé pour faciliter le démoulage. A la fin,
niveler la surface avec une truelle. Les briques présentent un retrait et de fissurations assez
importantes et leur qualité doit être soignée
La main d’œuvre nécessaire à toute construction en terre est souvent importante même une
petite structure représente 15 tonnes de terre à travailler. Il faut aussi bien avoir conscience
que le financement de ce type de maison n’est pas conventionnel, en effet il vous sera difficile
d’obtenir un prêt hypothécaire pour ce genre d’habitation.

[Link] Les briques de terre stabilisée BTS


La stabilisation est un ensemble de procédés visant à améliorer les caractéristiques d’un sol,
en particulier sa résistance portante, sa sensibilité à l’eau et sa durabilité. [10]
Elle doit permettre de réduire le volume des vides entre les particules solides, de colmater les
vides que l’on peut supprimer, de créer des liens ou d’améliorer les résistances mécaniques et
d’améliorer ses caractéristiques pour garder un caractère réversible. Il existe dans la littérature
plusieurs type de stabilisation des briques de terre parmi lesquelles, on peut citer : la
stabilisation mécanique, chimique, physique, au ciment et par cuisson. La stabilisation dépend
de plusieurs paramètres dont les plus importants sont :
La nature du stabilisant et sa qualité, la qualité de la terre, la qualité du compactage [17].

37
[Link] Briques de terre stabilisées mécaniquement
La stabilisation vise à améliorer les caractéristiques des matériaux, la stabilisation mécanique
consiste à réduire la porosité du matériau par compactage. Le compactage permet de resserrer
les particules du matériau ce qui conduit à la diminution de sa perméabilité, de sa
compressibilité de l’absorption d’eau et le gonflement. La stabilisation mécanique par
compactage permet d’obtenir un matériau aux caractéristiques mécaniques élevées. Bien que
la brique terre comprimée a une résistance mécanique acceptable elle demeure très sensible à
l’eau c’est pourquoi son utilisation de cette méthode reste très faible au Tchad mais toute fois
au nord de pays où la pluviométrie est très faible son utilisation peut être envisageable.

[Link] Brique de terre stabilisée chimiquement


L’utilisation des adjuvants modifie les propriétés des briques de terre, le mélange de l’argile
avec de la paille, des excréments des animaux, ou des gousses des céréales, malaxés avec
l’eau pour obtenir une pâte homogène contribuant à la réduction de la sensibilité à l’érosion.
La stabilisation chimique consiste à rendre le matériau moins hydrophile et plus résistant par
l’addition de l’adjuvant. généralement au Tchad la stabilisation chimique s’accompagne par
un pourrissement, le mélange argile, adjuvant et eau est bien mélange jusqu'à un
homogénéisation de l’ensemble puis laisser pendant trois à quatre jours jusqu'à la
décomposition complète avant son emploi.
D’après les travaux de [18] et [17] l’ajout de 4% de ciment améliore la résistance à sec tandis
que qu’après 8% de ciment cette résistance est multipliée par trois. Un BTS avec 8% de chaux
permet un gain important par rapport à la terre simple en ayant à peu près la même efficacité
que le ciment à 8%.

[Link] Briques de terre stabilisée physiquement


La stabilisation physique vise à améliorer les caractéristiques du matériau par correction de la
granularité. L’objectif de cette opération est soit de diminuer l’indice de plasticité soit fournir
une certaine cohésion du matériau pour permet d’obtenir un matériau plus performant.

[Link] Briques de terre stabilisées par cuisson


La stabilisation par cuisson consiste à faire passer dans un four la terre fabriquée à base d’un
mélange d’argile d’adjuvant tel que la bouse de vache et de l’eau. Pendant la cuisson dans le
four la bouse qui est un sous forme des grains combustibles se consume en économisant
d’énergie du four et disparaît en créant des pores qui améliorent l’isolation thermique et

38
acoustique. La brique de terre cuite permet d’évacuer efficacement l’humidité vers l’extérieur.
Donc la brique cuite possède l’avantage de maîtrise l’hygrométrie et de la ventilation. Une
maison construite à base des briques cuites est un habitat bioclimatique qui permet l’isolation
thermique, acoustique, hygrométrique. Elle présente une résistance mécanique remarquable et
une protection contre l’incendie. Par contre la consommation énorme de l’énergie lors de la
cuisson coûte très chère et contribue à la dégradation de l’environnement. [17].
Au Tchad la fabrication traditionnelle des briques cuite prendre une ampleur considérable
dans la construction des logements modernes. Les briques sont cuites grâce à des fours
traditionnels comme le montre la photo ci-après.

Photo.1 : Four artisanal pour la cuisson des briques

Les combustibles généralement utilisés sont le bois et le charbon, compte tenu de


l’interdiction par l’état tchadien la coupe des bois verts pour lutter contre la déforestation, on
utilise les noix de palmier doum et la bouse de vache séchée qui sont des matériaux de
récupérations comme une substitution au bois.

2.3 Isolation thermique


Pour améliorer le confort thermique et l’économie d’énergie dans les bâtiments, il faut des
matériaux performants qui permettent une grande isolation thermique.
Un isolant thermique est un matériau qui, de par sa nature ou sa composition, ralentit la
transmission de la chaleur. Dans le bâtiment, l’appellation isolant thermique est réservée aux
matériaux dont leurs résistances thermiques sont supérieures à 0,5m2.K.W-1 et leurs
conductivités thermiques sont au plus égales à 0,065W.m-1.K-1. [17]

39
Les deux critères nécessaires de la conception thermique des bâtiments sont la protection des
occupants d’une manière automatique et passive, des facteurs climatiques (pluies, vent,
rayonnement, chaud ou froid des diverses parois) et l’optimisation de la consommation
énergétique. Le concepteur doit faire en sorte que cette consommation (production de chaud
ou de froid) reste dans les limites fixées par la règlementation et les possibilités financières
des occupants, tout en assurant un niveau de confort défini par le maître d’ouvrage.
L’isolation thermique introduite par les différents éléments de l’enveloppe de bâtiment
constitue un important critère de performance énergétique. Elle permet de réduire les apports
de chaleur, de réaliser des économies d’énergie pour la climatisation et le chauffage, de
limiter les émissions de gaz à effet de serre et de bénéficier d’un meilleur confort de vie.

2.3.1 L’isolation des parois d’un bâtiment :


L’isolation d’un bâtiment peut se faire par sa façade intérieure ou extérieure et par intégration
des matières isolantes dans les matériaux de construction.
- Isolation intérieure
Ce type d’isolation est le plus répandu, il est facile à mettre en œuvre et nécessite des travaux
directement dans l’espace intérieur du logement en mettant l’isolant sur la face intérieure du
mur. L’isolation intérieure laisse le mur à l’extérieur de la zone isolée et permet une montée
en chauffe rapide adaptée à un usage temporaire, par contre elle conduit à une réduction de
l’espace intérieur et à la présence des ponts thermiques qui restent à traiter.
- Isolation extérieure
Cette technique nécessite généralement une épaisseur de l’isolant plus faible. Elle consiste à
mettre un isolant sur le mur de l’habitation, côté extérieur. Elle a l’avantage de mieux isoler
en éliminant les ponts thermiques, de protéger globalement la structure du bâtiment, de ne pas
diminuer la surface intérieure de l’habitation, de conserver la masse thermique du mur à
l’intérieur de l’enveloppe isolée. Néanmoins elle est difficile à mettre en œuvre sur certains
édifices anciens. En outre elle nécessite une protection contre les intempéries, par conséquent
elle est plus coûteuse.
- Isolation intégrée au matériau
Cette solution utilise des matériaux qui intègrent un isolant dans leur structure, béton
cellulaire, béton de chanvre, béton allégé, etc. Elle est performante et durable généralement
utilisée en construction neuve. La recherche des conditions de confort dans l’habitat passe par
une meilleure connaissance des comportements hydrique et thermique des parois. Aujourd’hui

40
les matériaux de récupérations, des déchets agricoles intègrent le matériau porteur ou non
porteur pour amélioration l’isolation thermique des bâtiments. Les matériaux à base d’argile
mélangée avec des adjuvants naturels et des fibres présentent un regain d’intérêt dans
l’isolation thermique. A ce titre, des éminents chercheurs ont travaillé sur les matériaux de
construction mélangés aux adjuvants ou de déchets agricole. Nous citons P. Meukam sur la
latérite avec la pouzzolane [17], A. Charfadine sur l’argile avec la paille [1], H. Bal sur la
latérite avec la gousse de mil [12] et D. Sow sur l’argile avec la paille du riz [19].

2.3.2 Les isolants thermiques courant


Les isolants thermiques diffèrent les uns des autres par de nombreux paramètres. Nous
présentons ci-après un aperçu des principales caractéristiques par types d’isolant.
- La laine de verre minérale (MW)
La laine de verre minérale se présente sous différentes formes (matelas ou panneaux). Les
produits sont fabriqués par un mélange de matière première en fusion (pour la laine de roche,
il s’agit essentiellement de diabase et de calcaire, pour la laine de verre essentiellement de
sable et de débris de verre) jusqu’à l’obtention de fibres de consistance laineuse.
- Le polystyrène expansé (EPS)
On distingue le polystyrène expansé modifié non résistant au feu et le polystyrène expansé
modifié résistant au feu. La masse volumique et les propriétés spécifiques d’isolation
thermique sont adaptées en cours de fabrication. En effet, la conductivité thermique par
exemple est liée à la masse volumique. La masse volumique est fonction de la taille des billes
et de leur vitesse d’introduction et du débit de vapeur.
- Le verre cellulaire (CG)
Les isolants en verre cellulaire se présentent sous la forme de panneaux à bords ou de pièces
découpés dans les panneaux. La masse volumique ou les propriétés spécifiques d’isolation
thermiques sont adaptés en cours de fabrication. Le produit est obtenu par fusion pure et
d’additifs, puis passé dans une étireuse, vitrifié et broyé.
- Le polystyrène extrudé (XPS)
Le polystyrène extrudé se présente sous forme de panneaux à bords droits, à rainure et
languettes ou à butée. Les propriétés spécifiques d’isolation thermique sont adaptées en cours
de fabrication. Le produit est obtenu par mélange de granulats, de polystyrène et d’additifs
(agent expansif notamment) jusqu’à l’obtention d’une pâte que l’on introduit dans une
extrudeuse pour produire l’épaisseur désirée. Le produit doit ses propriétés isolantes
spécifiques au type d’agent expansif utilisé ainsi qu’à la vitesse de montée en température et à

41
la vitesse d’intrusion. L’adjonction de l’agent expansif engendre une migration air/agent
expansif qui se stabilise avec le temps.
- Polyuréthane (PUR)
Les produits se présentent sous forme de panneaux à bords droit pourvus éventuellement de
rainures et de languettes. Les panneaux sont constitués d’une âme de mousse rigide en
PUR/PIR et sont dotés d’un parement sur les deux faces..
- La laine de bois
Les panneaux de laine de bois sont élaborés à partir de fibres de bois, le liant étant la lignine
de bois. Ce matériau naturel possède un coefficient de conductivité thermique identique aux
autres laines isolantes, une structure rigide à assemblage rainuré garantissant une très longue
longévité.
- Le phénol (PF)
Ce produit se présente sous forme de panneaux à bords droits pourvus éventuellement de
rainures et languettes. Les panneaux sont constitués d’une âme en mousse phénolique et sont
dotés d’un parement sur les deux faces qui conditionne en partie les propriétés isolantes. Le
produit doit ses propriétés isolantes spécifiques au type d’agent expansif et à la formulation
adoptée.
- La perlite expansée (EPB)
Le processus de fabrication consiste à poser sur un tapis roulant un mélange composé d’eau
de perlite expansé, de fibres de verre, de cellulose et d’un liant bitumeux. Le mélange est
comprimé jusqu’à l’obtention de l’épaisseur voulue.
Les matériaux comme les granulats de verre, le chanvre, la terre cuite sont utilisés dans la
confection des briques spécifiques qui entrent dans la composition d’éléments
particulièrement isolants. Avec le granulat de verre, on confectionne un béton isolant. C’est
aussi le cas du chanvre qui est un bon isolant biologique sur les plans thermique et phonique,
et difficilement inflammable.

2.3.3 Isolation par intégration des déchets agricoles


Plusieurs types des adjuvants ont fait l’objet des études ces dernières années dans les
recherches de développement des nouveaux matériaux qui contribuent à l’isolation thermique
du bâtiment. Le Tchad est un pays à vocation agro-pastoral, les déchets agricoles sont assez
importants. Dans le cadre de cette étude nous nous sommes intéressés par la bouse de vache et
la gousse de mil qui sont parmi les rejets agricoles les plus rependus et qui peuvent être
facilement incorporé dans les matériaux de construction des bâtiments.

42
[Link] Bouse de vache (BV)
C’est la fiente de bovin, au Tchad l’élevage de bovins est très développé à cause des climats
favorables à cette espèce. La bouse de vache est assez disponible, on l’utilise souvent comme
engrais dans les champs et sert aussi avec le mélange d’argile d’enduit des murs en adobe [9].

Photo.2 : La Bouse de vache séchée

[Link] Gousse de mil (GM)


Le mil est la céréale la plus cultivée et aussi la plus consommée au Tchad. La gousse de mil
(photo 3) est le rejet d’épi du mil consommé seulement que par certains animaux pendant les
périodes difficiles et une grande partie constituant un déchet encombrant est souvent brulée.
Elle a une faible masse volumique et son incorporation dans les briques de terre a pour but
d’obtenir un matériau plus léger avec une meilleure isolation thermique. [12].

Photo.3 : La gousse de mil à l’état naturel


Pour améliorer le confort thermique dans un bâtiment et économiser de l’énergie, il est
nécessaire de mettre en œuvre ces matériaux particulièrement performants, apportant une
bonne isolation thermique. En effet, une bonne isolation thermique entraine le choix
d’équipement de climatisation moins puissant donc plus économiques. D’autres adjuvants
naturels sont aussi d’actualité entre autre : la paille, le Typha, Le kapok, Fibres Alfa, les
feuilles de palmier doum, Fibre de palmier dattier etc.

43
2.4 Confort thermique
Le confort thermique c’est une sensation physique ou un état de satisfaction de bien-être du
corps vis-à-vis de l’environnement thermique. Pour assurer le confort thermique une personne
ne doit avoir ni trop chaud, ni trop froid et ne ressentir aucun courant d’air gênant. [20]
Le confort thermique est une notion difficile à quantifier. Elle dépend d’un grand nombre de
paramètres thermiques ayant pour but la réalisation d’un équilibre thermique adéquat entre le
corps humain et son environnement. [16]
Les audits effectués dans les bâtiments climatisés en Afrique Tropicale font ressortir que la
part de la consommation électrique due à la climatisation se situe dans une plage de 40 à 80 %
de la consommation électrique totale du bâtiment, ce qui place ce poste au centre des actions
d’économie d’énergie. [15]

2.4.1 Les paramètres du confort thermique


Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de définir les paramètres caractéristiques de
l’environnement qui peuvent, dans certaines conditions, entrainer une sensation d’inconfort.
Ces paramètres sont pour l’essentiel :
 Les températures ;
 L’humidité de l’air ambiant ;
 Les mouvements de l’air ambiant ;
 Le métabolisme ;
 L’habillement.

[Link] Températures
La température se définie comme la manifestation mesurable de la chaleur stockée. Elle est
liée à la moyenne d’énergie cinétique due au mouvement des atomes et molécules du corps.
C’est par une différence de température qu’un transfert de quantité de chaleur a lieu de la
température la plus haute vers la température la plus basse. L’unité SI de la température est le
Kelvin « K ».

[Link] L’humidité
L’humidité de l’air peut être exprimée comme la pression de vapeur d’eau, l’humidité de l’air
à l’intérieur des bâtiments influence le corps humain de façon directe et indirecte, pouvant
provoquer l’inconfort, et la sensation de chaleur et de sécheresse des muqueuses des voies
respiratoires.

44
La sensation d’inconfort liée à l’humidité provient de l’importance de la transpiration qui se
fait d’autant plus difficilement que le milieu ambiant a une humidité relative plus grande. En
effet, plus il y a d’humidité dans l’air, plus il est difficile d’évaporer la sueur et donc
d’évacuer la chaleur dégagée par le métabolisme.
L’inconfort n’apparait que dans des situations extrêmes :
- Soit une humidité relative inférieure à 30 % ;
- Soit une humidité relative supérieure à 70 %.
Cette sensation d’inconfort est aussi fonction de la température ambiante Ta puisque la
puissance échangée sous la forme latente croit avec Ta.

[Link] Le mouvement de l’air


C’est un paramètre à prendre en considération car elle influence les échanges de chaleur par
convection et augmente l’évaporation à la surface de la peau. La vitesse de l’air influence les
échanges par convection et par évaporation.
A l’intérieur des bâtiments, on considère généralement que l’impact sur le confort des
occupants est négligeable tant que la vitesse de l’air ne dépasse pas 0,2 m/s.
Le taux de renouvellement de l’air dans un local dépend lui aussi de la vitesse du vent en
particulier quand une ventilation transversale est possible. Cependant, dans ce cas, les
occupants tentent de régler les ouvertures de façon à éviter les courants d’air.

[Link] Le métabolisme
Le métabolisme qui est la production de chaleur interne au corps humain permettant de
maintenir celui-ci autour de 36,7°C. Un métabolisme de travail correspond à une activité
particulière s’ajoute au métabolisme de base du corps au repos.

Fig.18 : Différents échanges de chaleur entre l’Homme et son environnement

45
2.4.2 Les indices de confort
On distingue plusieurs types d’indices de confort thermique. Nous pouvons citer le PMV, le
PPD, l’indice DISC et l’indice TSENS.

[Link] PMV (Indice de Vote Moyen Prévisible)


En écrivant le bilan thermique, l’indice PMV décrit la sensation thermique en fonction de
l’écart du flux de chaleur cédé par le corps à l’environnement par rapport à celui qui
correspondent aux conditions de confort.
L’indice PMV donne l’avis moyen d’un groupe important de personnes (plus de 1000)
exprimeraient un vote de sensation de confort thermique en se référant à l’échelle subjective
comportant 7 points de « très chaud » à « très froid » :
Une valeur de PMV de zéro exprime une sensation de confort thermique optimale.
Une valeur de PMV négative signifie que la température est plus basse que la température
idéale. [1]
Une valeur de PMV positive signale que la température est plus élevée que la température
idéale. On considère que la zone de confort thermique s’étale de la sensation de légère
fraicheur (-1) à la sensation de légère chaleur (+1), soit de -1 à +1.

Tableau 6 : Correspondances entre PMV et échelle des sensations thermique


PMV Sensation thermique
+3 Chaud
+2 Tiède
+1 Légèrement Tiède
0 Neutre
-1 Légèrement frais
-2 Frais
-3 Froid

L’équation de Fanger, telle que présentée dans la norme internationale EN ISO 7730, est
donnée ci-dessous. Dans cette équation, toutes les variables sont exprimées en unités SI :
(43)

Avec :

46
(44)
M : Activité métabolique par m2 de la peau (W.m-2)
W : Travail spécifique par m2 de la peau (W.m-2)
Cresp : Echanges au niveau des voies respiratoires par convection (W.m-2)
Eresp : Echanges au niveau des voies respiratoires par évaporation (W.m-2)
C : Echange au niveau de la peau par convection (W.m-2)
R : Echange au niveau de la peau par rayonnement (W.m-2)
Ediff : Diffusion de chaleur évaporation par la peau (W.m-2)
Econf : Part d’évapore – transpiration qui apparait durant une phase de confort (W.m-2)
Le travail spécifique peut s’exprimer par le rendement mécanique η fois l’activité
métabolique M.
(45)

(46)

Pa : pression de vapeur d’eau dans l’air (kpa)

(47)

(48)

(49)

(50)

hc : coefficient d’échange par évaporation ([Link])


fclC : facteur de réduction des échanges évaporation par le vêtement.
Tsk : température de la surface de la peau (°C)
Ta : Température de l’air inspiré (°C)
(51)

Avec
hr: coefficient d’échange par rayonnement (W.m-2.°C)
AR : Facteur de réduction des échanges par rayonnement due aux vêtements

47
FclR : Facteur de réduction des échanges par rayonnement due aux vêtements
Tsk : Température moyenne de la peau (°C)
Tr : Température moyenne de rayonnement (°C)
Tableau 7 : Valeurs du métabolisme
Activité M (W/m2) Ƞ (%)
Sommeil 41 0
Repos assis 58 0
Repos debout 70 0
Marche 5 km/h 160 0
Travail physique léger 120 0 à 0,1
Travail physique lourd 250 0,1 à 0,2
Sport 250 à 400 0 à 0,1

Le rendement dépend essentiellement des types d’activités physiques.


[Link] PPD (Pourcentage Prévu des Insatisfaits)
La sensation thermique n’étant pas suffisante pour exprimer le confort, FANGER a proposé
un autre indice qui complète le PMV, le « PPD » (Pourcentage Prévu Des Insatisfaits).

(52)
Les indices PPD et PMV sont liés par une relation dont il ressort qu’aucune condition
thermique ne peut satisfaire 100% des individus et que dans le cas le plus favorable il subsiste
5 % d’insatisfaits.

Fig.19 : Courbe de PPD en fonction de PMV

48
La figure ci-dessous montre qu’avec un PMV nul, on arrive à satisfaire le 95% de la
population, soit un état de confort thermique optimal, il y a encore 5% d’insatisfaits.
Généralement, on se contente de satisfaire le 90% des gens (ce qui est généralement l’objectif
à atteindre dans un bâtiment), ce qui veut dire que l’on accepte des valeurs du PMV comprise
entre -0,5 et +0,5.
Un PMV de -1 ou +1, entraine un indice d’insatisfaction de la population (PPD) de près de
25%.
On peut représenter à travers la figure suivante la courbe PPD en fonction de la température
de l’air pour des groupes de personnes occupées soit à des travaux sédentaires (assis), soit des
travaux légers, les autres paramètres étant constants.

Fig.20 : Courbe PPD en fonction de la température de l’air

[Link] Indice DISC et TSENS


ASHRAE propose deux autres indices empiriques TSENS (thermal sensation) et DISC
(thermal discomfort). Ces deux indices sont calculés à partir de la température moyenne
corporelle qui est une moyenne pondérée de la température interne et cutanée. Le TSENS
détermine la sensation thermique sur l’échelle de l’ASHRAE en y ajoutant deux degrés
extrêmes (±4 pour extrêmement chaud/froid et ±5 pour intolérablement chaud/froid). DISC
détermine le niveau d’inconfort thermique sur une échelle à 6 points allant de confortable
(DISC=0) à intolérable (DISC=5). [16]

49
2.4.3 Confort thermique en climat tropical humide
Le climat tropical par rapport au climat tempéré l’humidité est beaucoup plus importante. Les
échanges par évaporation sont considérables. La mouillure cutanée et le taux de sudation sont
des facteurs incontournables pour l’évaluation du confort thermique. [20]

- Mouillure cutanée
C’est le rapport entre la surface de la peau mouillée et la surface totale de la peau :

E pév (53)
M cut 
E p max
Mcut : mouillure cutanée ;
Epév : perte par évaporation de la sueur ;
Epmax : Pouvoir évaporatif maximal de l’air.

- Le débit sudoral
Pour apprécier le confort thermique on doit considérer la mouillure cutanée et le débit sudoral.
Le débit sudoral est donné par l’expression suivante :
E pév (54)
DS 
0,86e
Ou e est le rendement évaporatoire obtenu par la relation :
e  1  0, 42.e 6(1 M cut ) (55)

Des notes de confort thermique (indice DISC) en fonction des variations de la mouillure
cutanée et du débit sudoral ont été établies.
Les valeurs de cet indice aux quelles une évaluation subjective a été proposé sont :
 Zone 1 : agréable ;
 Zone 2 : légèrement désagréable ;
 Zone 3 : désagréable ;
 Zone 4 : très désagréable.

50
Mouillure
4 4 4 4
25%

15% 3 3 3 4

2 2 2 4
6%

1 2 3 4
0%
0 50 150 250 Débit sudoral (g.h-1)
Fig.21 : Zone du confort de confort -indice Disc [21]

Pour un sujet portant un vêtement léger ayant une résistance d’habillement de 0,5 CLo et une
activité sédentaire de résistance à l’activité équivalente à 1,1 MET, trois chercheurs ont
proposé des corrélations linéaires pour l’indice DISC. Ces relations répertoriées par Géry sont
les suivantes :[21]
Berglund DISC  4,13M cut  0, 013 (56)

Cunningham DISC  5, 06 M cut  0, 09 (57)

Hoeppe DISC  3, 6 M cut  0, 25 (58)

Fig.22 : Indice DISC – sensation de confort thermique en fonction de la mouillure


cutanée- comparaison des corrélations de l’indice.

51
2.4.4 Les diagrammes bioclimatiques
Les diagrammes bioclimatiques sont des outils de synthèse qui permettent de choisir les
grandes options architecturales à partir des exigences du confort thermique et des profils du
climat. Le principe consiste à confronter sur un même graphique, « un polygone de confort »,
représentant les conditions extérieures et l’aire d’influence thermique et hygrométrique de
certaines solutions architecturales ou de certains dispositifs. Parmi les outils les plus connus
dans ce domaine on peut citer le diagramme bioclimatique d’Olgyay (Olgyay, 1963) et celui
de DeGivoni.

Fig.23 : Diagramme bioclimatique

Les zones sur le diagramme traduisent ce qui suit :


1- Zone à éviter vis-à-vis des problèmes de sècheresse.
2,3- Zone à éviter vis-à-vis des développements de bactéries et de microchampignons.
3- Zone à éviter vis-à-vis des développements d’acariens.
4- Polygone de confort hygrothermique.
2.4.5 Table de Mahoney
L’architecte Carl Mahoney a développé une série de tableaux de référence utilisée comme
méthode de base dans l’architecture. C’est une méthode de traitement des données climatiques
très simple qui permet d’obtenir des bâtiments confortables adaptés aux conditions
climatiques.
Les tables de Mahoney sont une série de six tableaux dont les quatre sont utilisées pour entrer
les données climatiques :[16]

52
- Températures : moyenne mensuelles des températures maximales et minimales ;
- Humidité, précipitations et vent ;
- Comparaison des limites de confort et du climat ;
- Indicateurs : par combinaison des données des tables précédentes, classification de
l’humidité ou de l’aridité pour chaque mois.
Les deux tableaux restants indiquent les recommandations architecturales à respecter telle que
la forme et l’orientation du bâtiment, la position, la dimension ou l’exposition des ouvertures.
En fonction des données climatiques, la méthode de Mahoney peut aider l’architecte à prendre
les meilleurs décisions en phase esquisse.

2.4.6 Le refroidissement passif de l’habitat


Dans le contexte climatique tropical et subtropical la conception bioclimatique se résumera
aux techniques de refroidissement passif et d’éclairage naturel. Au confort d’été répond la
stratégie du froid : se protéger du rayonnement solaire et des apports de chaleur, minimiser les
apports internes, dissiper la chaleur en excès et refroidir naturellement. Le refroidissement
passif couvre tous les processus naturels et les techniques de refroidissement ne nécessitant
aucune forme d’apport énergétique, autre que les sources d’énergie renouvelables.

Conclusion :
Le Tchad présente un climat chaud et tempéré, un facteur que l’habitat doit tenir compte pour
équilibrer le confort thermique dans les logements sans une consommation excessive
d’énergie électrique. L’ambiance thermique dans les bâtiments est essentielle pour le confort
des occupants. Actuellement, la prise en compte du confort thermique dans les bâtiments se
fait avec des méthodes et des outils élaborés à partir d'approches statiques, simplifiant la
complexité des phénomènes interactifs. Ainsi, les exigences constructives favorisent le
dimensionnement des équipements de contrôle et de régulation des ambiances thermiques
(systèmes de chauffage, de rafraîchissement et de climatisation), principales sources de
consommation d'énergie et d'émission de gaz à effet de serre, dans le bâtiment .L'enveloppe
est, naturellement, le lieu privilégié des relations entre espaces intérieurs et extérieurs. Il
s’agit, alors, de gérer simultanément le rôle que joue la paroi du bâtiment, et celui qu'elle
assure comme élément de contrôle des échanges intérieurs/extérieurs. Par conséquent, le
choix adapté des matériaux de construction est un préalable. Dans ce chapitre, nous avons vu
assez de facteurs qui peuvent affecter l'environnement intérieur d’un bâtiment, tels que, les
sources de chaleur et d'humidité intérieures et extérieures, les matériaux de construction

53
utilisés et la conception thermique de la structure, la température de l’air ambiante. De ce fait,
pour une conservation d'énergie, une protection optimale de l'environnement et un confort
maximum, il est essentiel de bien maîtriser ces paramètres en faisant un choix objectif des
matériaux qui constituent l’enveloppe du bâtiment. Pour les pays comme le Tchad, le choix
des matériaux locaux à base de terre mélangée avec des adjuvants naturels issus des rejets
agricoles dans l’habitat est justifié tout d’abord par leurs disponibilités et leurs accessibilités
pour une population à revenu faible. ……………………………………………… ...

54
Chapitre 3 Méthodes des mesures de propriétés thermophysiques et
mécaniques
Introduction
Les changements de mode de vie, mode de construction et les exigences de besoins du confort
dans les logements ont incité les chercheurs à se focaliser sur la recherche des matériaux de
construction plus adaptés. Pour cela la connaissance des différentes propriétés intrinsèques
des matériaux permet de mieux caractériser ces matériaux. Parmi ces caractéristiques
intrinsèques, on trouve :
Les caractéristiques mécaniques représentatives telles que la résistance mécanique en
compression et en traction et les déformations élastique, plastique et visqueuse.
Les caractéristiques thermophysiques qui sont : la conductivité thermique la diffusivité
thermique la chaleur massique ainsi que l'effusivité thermique.
Dans cette partie nous allons parcourir les méthodes de caractérisation mécanique et
thermique que nous avons utilisée pour déterminer les propriétés mécaniques et thermiques
des matériaux.

3.1 Caractérisation mécanique


Parmi les principaux facteurs qui poussait l'homme au cours de l'histoire à changer la façon de
construction d'un habitat et à la substitution des anciens matériaux (pierres, argiles) par
d'autres plus résistants (béton armé), c'est le problème d'effondrement des bâtiments qui se
produit chaque jour à cause de la résistance qu'ils n'avaient pas pour supporter une telles
charges ou aux aléas climatiques qui leur ont été imposés.
La connaissance de comportement aux sollicitations mécaniques est très fondamentale dans la
construction d’un bâtiment. La mesure de la résistance à la compression et à la traction des
briques nous permet de prédire si la maison construite peut supporter les charges mécaniques
auxquelles elle sera soumise.
Les matériaux de constructions suivent des normes strictes quant à la détermination de leurs
caractéristiques. Les grandeurs mécaniques représentatives de leurs propriétés généralement
utilisées, sont :
- la résistance en compression
- la résistance en traction

55
- le module d’Young (MPa) : raideur du matériau
- la déformation à la rupture : déformation du matériau au niveau du maximum de
contrainte
- le coefficient de Poisson
Ces valeurs permettent alors de dimensionner les structures en fonctions des sollicitations
subies par le matériau et comme le matériau étudié est une brique qui est assimilé à une poutre
dont les secteurs sont inférieurs à deux fois sa longueur. La résistance en compression fera
l’objet de nos essais dans cette étude.

3.1.1 Dispositif utilisé pour les essais mécaniques


Les essais de résistance à la compression ont été effectués grâce à une presse universelle avec
une force de compression allant jusqu'à 1500 kN. Ce dispositif permet d’indiquer la valeur
maximale de la rupture de l’éprouvette après le retour à zéro de la charge. Cette machine
dispose d’un levier pour une mise en charge et d’un volant qui permet de contrôler la vitesse
de la mise en charge.

3.1.2 Mode opératoire des essais mécaniques


Les éprouvettes de forme de cylindrique sorties de l’étuve sont centrées entre les deux
plateaux de la presse. La charge par effort de compression est effectuée progressivement à une
vitesse moyenne jusqu’à la rupture de l’éprouvette.
Ainsi on pourra déterminer la résistance à la compression Rc qui n’est autre que le produit de
l’effort de compression maximal Fc et la section droite de l’éprouvette avant l’écrasement

Fig.24 : Dispositif expérimental d’écrasement d’une éprouvette

56
3.1.3 La résistance en compression
La résistance en compression se mesure par compression axiale de cylindre droit de
révolution de section S et d’une hauteur double de leur diamètre. Elle se fait à l’aide d’une
pression et s’exprime par la relation suivante :
(59)

Fc : la force appliquée en Newton (N)


S : section de l’éprouvette en mm2
Rc : Résistance en compression en MPa

3.2 Caractérisation thermique


La détermination des caractéristiques thermophysiques usuelles telle que la conductivité, la
diffusivité thermique, la chaleur massique ainsi que l'effusivité thermique contribue à une
meilleure connaissance du comportement thermique des matériaux. Les méthodes de
caractérisation de ces paramètres peuvent se faire en régime permanant ou en régime
transitoire. [2]

3.2.1 Les caractéristiques thermophysiques


Dans l’optique d’une préconisation ultérieure des produits étudiés dans les constructions
surtout en milieu tropical, il est important de connaître leurs caractéristiques thermophysiques
afin de prédire le confort thermique dans les espaces qu’ils envelopperont.
En effet, ce sont ces paramètres qui traduisent la capacité de propagation ou de stockage de
chaleur dans un matériau donné. Dès lors, il semble utile de rappeler quelques définitions et
explications qui pourraient permettre de mieux comprendre ces phénomènes de transfert de
chaleur et les incertitudes liées à leur méthode de détermination.
Les grandeurs thermophysiques que nous pouvons déterminer pour les briques de terre à base
d’argiles sont : [22]
- la conductivité thermique ;
- la résistance thermique ;
- la chaleur massique ;
- la diffusivité thermique ;
- l’effusivité thermique.

57
[Link] La conductivité thermique
La conductivité thermique est l’une des propriétés thermophysiques la plus recherchée pour
les matériaux de construction. En régime permanent, dans le cas le plus simple de
l’écoulement unidimensionnel de chaleur à travers un mur homogène d’épaisseur e et de
température de surface uniforme Ti et Te, la densité de flux de chaleur en W.m2 s’exprime
sous la forme :
(60)

La conductivité thermique mesure donc la faculté qu’a la chaleur de traverser plus ou moins
aisément un matériau en régime stationnaire. Elle dépend essentiellement de la nature du
matériau et de la température. Plusieurs dispositifs expérimentaux tel que la méthode de la
boîte chaude gardée, la méthode de la plaque chaude gardée, la méthode du flux radial, ou la
méthode des boîtes ont étés utilisés pour mesurer la conductivité thermique des matériaux par
différents auteurs. Les techniques utilisées dépendent surtout de l’état du milieu à tester
(solide, liquide, granulaire). [23]

[Link] Résistance thermique (Rth)


Sur le plan thermique, une paroi est caractérisée par sa résistance thermique en conduction
Rth, qui quantifie la capacité de la paroi à s’opposer aux échanges thermiques. En effet, la
résistance thermique est d’autant plus élevée que l’isolation est plus efficace. A la différence
du coefficient de conductivité (λ), qui caractérise intrinsèquement un matériau, la résistance
thermique est significative pour les parois, car elle tient compte de leurs géométries. Elle est
définie par la relation suivante :
(61)

[Link] La chaleur massique (Cp)


La chaleur massique d’un corps correspond à la quantité de chaleur dont il a besoin pour que
la température d’une unité de sa masse s’élève d’un degré.
(62)

58
[Link] La diffusivité thermique (a)
Elle est inversement proportionnelle à l'inertie du matériau. Elle décrit la vitesse d’un transfert
de chaleur à travers toute la masse d’un matériau, et plus précisément, elle caractérise la
capacité d'un matériau à transmettre un signal de température d'un point à un autre de ce
matériau.
Lorsque la température du milieu est fonction du temps et que la conductivité dépend de la
température et des coordonnées spatiales ; l’équation de Fourier s’écrit : [24]

(63)

Lorsque les paramètres thermiques sont indépendants de la température, la relation devient :

(64)

Avec (65)

Cette relation faite apparaître le rapport

(66)

Ce qui représente la diffusivité thermique du milieu. On peut donc écrire :

(67)

La diffusivité thermique caractérise la vitesse de propagation d’une onde dans un corps et


intéresse le problème d’inertie thermique des matériaux. Elle est donc liée à la conductivité
thermique, à la chaleur massique et ainsi qu’à la masse volumique. [22]
Il existe deux types d’inertie, une inertie par absorption et une autre par transmission. Celle
d’absorption augmente avec l’épaisseur et avec l’effusivité de la paroi. Celle de transmission
augmente avec l’épaisseur et diminue avec la diffusivité de la paroi.

59
[Link] Effusivité thermique (E)
L'effusivité thermique d'un matériau caractérise sa capacité à échanger de l'énergie thermique
avec son environnement. Elle concerne les phénomènes de contact entre deux parois.
Elle est proportionnelle à la conductivité thermique et à l'inertie du matériau (plus
précisément à leur racine carrée). L’effusivité décrit la rapidité avec laquelle un matériau
absorbe ou cède la chaleur. [25]
(68)

Plus l’effusivité thermique d’un matériau est faible, plus la température de surface sera
sensible aux changements de la densité de flux thermique en surface et vice versa.
Les valeurs d’effusivité les plus élevées sont rencontrées pour les métaux. Les valeurs
d’effusivité les plus faibles sont rencontrées pour les matériaux organiques tels que les
polymères, le bois, la peau humaine et les matériaux d’isolation tels que les matériaux fibreux
ou alvéolaires. [17], [25-27]

3.2.2 Les méthodes de caractérisation thermique


L’estimation des paramètres thermophysiques des matériaux de construction joue un rôle
primordial dans un grand nombre de domaines scientifiques et industriels. Ce sont ces
caractéristiques qui traduisent la capacité de propagation ou de stockage de chaleur dans un
matériau donné. Plusieurs méthodes nous permettent de déterminer les propriétés thermiques.

La conductivité thermique et la diffusivité thermique sont les caractéristiques que nous allons
mesurer. Les autres caractéristiques sont ensuite déduites à partir de corrélations simples.
La conductivité thermique est généralement déterminée en régime permanent alors que la
diffusivité se détermine en régime variable.

Pour nos expériences, nous avons utilisé la méthode des boîtes pour déterminer la
conductivité thermique en régime permanant. La diffusivité thermique est estimée par la
méthode de flash en régime transitoire. Il existe plusieurs méthodes qui permettent de mesurer
les caractéristiques thermiques des matériaux, dans ces travaux nous avons utilisé la méthode
des boites pour effectuer nos essais de calculs de la conductivité thermique et la méthode
Flash pour estimer la diffusivité thermique.

60
[Link] La Méthode des boîtes
La méthode des boîtes est une technique qui permet de déterminer la conductivité thermique
en régime permanent couramment utilisée pour caractériser les matériaux de construction. [9]
[10] [12] [25] [28] ; Il s’agit du dispositif « EI700 » (figure 24) qui été mis au point au
laboratoire d’Etudes Thermiques et Solaires de l’université Claude Bernard Lyon [29] . Cette
technique permet de déduire la conductivité thermique des matériaux testés en régime
permanant en réalisant un bilan énergétique du système. La méthode des boîtes a l’avantage
d’une mise en œuvre très simple et a fait l’objet de plusieurs travaux et publications. [30-34] ;
Elle utilise des échantillons de tailles significatives et présente en outre les avantages
suivants :
- Méthode rapide avec une bonne précision et dans des conditions réelles d’utilisation,
- Capacité d’effectuer simultanément deux mesures différentes dans les mêmes conditions
expérimentales :
- Mesures sur des matériaux humides ;
- Mesures sur tous les types de matériaux utilisés dans l’industrie et le bâtiment, à l’exception
des métaux [6], qu’ils soient solides, granulaires, pulvérulents ou liquides. Néanmoins il faut
noter que cette méthode est plus appropriée à des matériaux homogènes, pas trop conducteurs
(λ < 3 W/m. K), de plus la précision est moins bonne quand la température augmente.
[17] ;[35-37]
Ce dispositif permet les calculs simultanés de la conductivité thermique et ainsi de la
diffusivité thermique d’un matériau. A partir de la connaissance de ces deux paramètres, les
autres tels que l’effusivité thermique et la chaleur massique, pourront être déduites. [1] ;[7] ;
[9] ; [12] ; [17] ;[20] ; [36-39]

61
Fig.25 : Principe de mesure de la conductivité thermique [40]

Le principe consiste à créer deux enceintes isothermes à différentes températures. Les parois
latérales de l’enceinte chaude sont bien isolées. Il s’établi un écoulement de chaleur supposé
monodimensionnel, à travers l’échantillon à tester. Des thermosondes sont fixées sur chacune
des faces de l’échantillon (face chaude et face froide). Une fois, le régime est établi, c’est à
dire quand les températures Tc et Tf restent constantes pendant au moins trente minutes, une
console de mesure affiche les différentes données permettant de déterminer la conductivité
thermique, à partir du flux de chaleur traversant l’échantillon et des différentes températures
mesurées. L’émission d’énergie est réglée à l’aide d’un rhéostat de sorte que la température de
la boîte, Tb soit supérieure à la température ambiante Ta. [9] ; [37]

62
[Link].1 Méthode des mesures de la conductivité thermique :

- les échantillons de dimensions normales

La méthode des boites est conçue pour les essais sur des échantillons de dimension 270 x 270
x e mm3, avec e l’épaisseur qui peut varier de 30 à 70 mm [29],[ 40]
(69)

: Puissance dissipée par effet joule de la résistance chauffante ;

: Chaleur perdue à travers la boîte ;

: Chaleur transférée par conduction à travers l’échantillon.

c : Coefficient de déperdition souvent donnée par le fabricant de la cellule.


De cette relation, on en déduit l’expression de la conductivité, qui est en fait une valeur
expérimentale exp :
(70)

Fig.26 : Coupe du dispositif ‘des boîtes’’

- Echantillons des petites dimensions : méthode par encastrement


Pour un échantillon des dimensions plus petites par rapport aux dimensions normales, on peut
l’encastrer dans un cadre en polystyrène de 270 x 270 x 40mm3 de conductivité thermique

63
connue avant son introduction dans la machine. La méthode de calcul de la conductivité
thermique est donnée par les relations 65 et 66.

(71)

(72)

Avec λe: conductivité thermique échantillons ;Se = surface échantillons ; λT = conductivité


thermique totale ; ST= surface totale (échantillons + isolant) ; λi = conductivité thermique
isolant (polystyrène) ; Si surface isolant ; Tc= température face chaude ;TF = température face
froide ; TB= température boite, Ta température ambiance salle de mesure. [2] ; [41]

[Link].2 Le calcul des erreurs


Malgré un nombre important de travaux basés sur cette méthode, il subsiste quand même
quelques sources d’incertitudes sur la mesure de la conductivité λ exp. Les erreurs accidentelles
sont dues à l’instabilité des appareils tels que la tension électrique, la précision visuelle et le
temps de réponse des appareils de mesure. En se basant sur l’expression de la conductivité
donnée par la relation on quantifie ces erreurs par l’utilisation des différentielles
logarithmiques et on aboutit à une erreur relative de la forme suivante : [2] ; [19]

(73)

ΔT=Tc-Tf
ΔT’=Tb-Ta
C=0,16W. °C-1 et l’erreur est estimée à 5% environ par le fabricant de la cellule.

[Link] La Méthode Flash


La diffusivité thermique est mesurée directement en régime instationnaire par la méthode
« Flash ». Son principe consiste à appliquer un flux lumineux de 1000W pendant quelques
secondes sur l’une des faces de l’échantillon. La température de la face froide est enregistrée à
partir de l’application du flash. La valeur de la diffusivité est estimée après lecture du
thermographe obtenu. [20] ; [22]

64
La diffusivité thermique a s’exprime en m².s-1, elle caractérise la vitesse de diffusion d’un flux
de chaleur conductif au sein d’un matériau. C’est une propriété intervenant dans tous les
processus de transfert de chaleur en régime non stationnaire, c’est-à-dire pour lesquels la
température varie en fonction du temps. La connaissance de ce paramètre est essentielle pour
résoudre de nombreux problèmes de transfert thermique. Elle permet en outre d’accéder
indirectement à la conductivité thermique lorsque la capacité thermique massique et la masse
volumique sont connues car ces grandeurs sont reliées par la relation suivante :
(74)

La méthode flash permet de déterminer la diffusivité thermique en envoyant sur l’une des
faces de l’échantillon à faces parallèles un flux lumineux de forte puissance pendant un temps
relativement court. Le thermocouple placé sur la face arrière permet de prélever
l’augmentation de sa température [2] ; [28]

.
Fig.27 : Schéma de principe de la méthode flash

Il existe plusieurs modèles qui permettent de calculer la diffusivité thermique, à savoir le


modèle de Parker, le modèle de Degiovanni et le modèle de Yezou. [26]

[Link].1 Modèle de Parker


Le principe du modèle de Parker consiste, dans un système thermique, à introduire une
perturbation plus ou moins localisée dans le temps et dans l’espace et à relever en un ou

65
plusieurs endroits les évolutions de température en fonction du temps. A partir de ces
thermogrammes, on déterminera une ou plusieurs caractéristiques du système.
La diffusivité thermique est calculée à partir du temps t1/2 nécessaire pour la température T2(t)
de la face arrière soit égale à la moitié de la température maximale atteinte T2m : [17]

(75)

Cette méthode ne s’applique que dans le cas où la durée de l’éclair de flash est très petite et où
les pertes thermiques sur les différentes faces de l’échantillon sont négligeables.

[Link].2 Modèle de Degiovanni


Cette méthode prend en compte les pertes thermiques mais ne s’applique toutefois que dans le
cas où la durée du flash est très petite.
Le principe repose sur l’utilisation de quatre points du thermogramme représentés sur la
figure suivante : [42]

Fig.28 : Thermogramme de la face non éclairée

La diffusivité thermique peut être obtenue à partir des formules suivantes : [2] ; [17]

66
(76)

(77)

(78)

Avec
e: l’épaisseur de l’échantillon en mètre ;
tp : le temps écoulé depuis l’excitation pour que la température de la face irradiée s’élève de p
fois son élévation maximale au cours de l’expérience.
On retient dans la pratique la moyenne de trois valeurs obtenues

(79)

En somme, on peut dire que cette méthode de caractérisation en régime transitoire est assez
simple de mise en œuvre, de faible coût et permet d’avoir des mesures fiables. [26]
Dans le cas de nos travaux, nous avons opté pour la méthode de Degiovanni pour déterminer
les diffusivités thermiques de nos échantillons.

Conclusion :
Dans ce chapitre, nous avons défini les propriétés mécaniques et thermiques des matériaux
ainsi que les différentes techniques de mesures utilisées dans nos travaux.
Le choix de ces méthodes pour la caractérisation mécanique et thermique est justifié par la
fiabilité de leurs résultats, leurs utilisations dans de nombreux travaux de recherches et aussi
par la disponibilité de ces appareils dans les laboratoires des recherches où nous avons eu la
chance de travailler.

67
Partie II : Etudes expérimentales

68
Chapitre : 4 Identification des matériaux et formulations des
échantillons
Introduction
Pour mieux connaitre les comportements mécaniques et géotechniques des matériaux utilisés,
une série des essais pour l’identification des matériaux est nécessaire. Ce qui permettra grâce
à des mesures issues des essais normalisés de déterminer la nature d’un sol et à dégager ses
caractéristiques physiques.
Dans cette partie, nous présenterons les résultats de différents essais d’identification
géotechnique des matériaux utilisés, avant de procéder aux différentes formulations de nos
éprouvettes.

4.1 Identification de matériaux


Pour mener à bien nos travaux, nous avons prélevé des échantillons de sols aux niveaux des
briqueteries de la ville d’Abéché, de la ville de Ndjamena et de la ville de Sarh, trois grandes
agglomérations du Tchad. L’identification et la classification de ces sols sont effectuées
suivant la norme française XP P94-011 d’aout 1999.
Les sites et les profondeurs de prélèvement de différents types de sols utilisés sont représentés
dans le tableau suivant :

Tableau 8 : Références des échantillons


Références échantillons villes Sites et profondeurs de
prélèvement

EAA Echantillon d’Argile d’Abéché Abéché Briqueterie Seidou, 120 cm

EAN Echantillon d’Argile de N’Djamena N’Djamena Briqueterie Almour, 150 cm

EAS Echantillon d’Argile de Sarh Sarh Rive Barh Ko 70 cm

69
4.1.1 Analyse granulométrique et sédimentométrique des sols utilisés
(NF P94-05- NF P94-057)
Cette opération consiste à faire la répartition massique de la dimension des particules solides
exprimée en pourcentage de la masse totale du matériau.

Fig.29 : Récapitulatif des courbes granulométriques et sédimentométrique

Les répartitions granulaires de chaque matériau sont présentées dans le tableau suivant :
Tableau 9 : Répartition granulométrique et sédimentométrique des sols (XP P94-011 d’aout 1999)
Sol à matrice fine Sol à matrice grossière
Argile Limon (%) Sable (%)
Nom (%) fin moyen grossier Fin moyen grossier
Abéché 33,5 4 17,5 32,12 10,38 2,5
N’Djamena 58 4,5 1 22,1 14 0,4
Sarh 63 5,9 4,3 4,37 21,28 1,15

L’analyse granulométrique montre que les sols d’Abéché, de Ndjamena, et de Sarh sont
natures fines c’est-à-dire plus de 50 % passe par le tamis de diamètre 0,08mm.

70
4.1.2 Les essais des limites d’Atterberg (NF P 94-051)
Les résultats découlant des essais par l’appareil de Casagrande sont donnés dans le tableau
suivant :
Tableau 10 : Résultats des essais des limites d’Atterberg (XP P94-011 d’aout 1999)
wl wP IP IC classification

Abéché 31 18 13 2,28 peu plastique

Ndjamena 67 36 31 2,00 plastique

Sarh 54 27 27 1,9 plastique

4.1.3 Essai de Bleu Méthylène


Tableau 11 : : Résultats des essais des valeurs de bleu de méthylène
Les limites V VBS ACB
Abéché 85 2,83 8,44 AcB moyenne

Ndjamena 90 3 9,13 AcB moyenne

Sarh 85 2,6 9,2 AcB moyenne

D’après l’analyse granulométrique, les essais des limites d’Atterberg et les essais au bleu de
méthylène, les résultats de l’identification donnent :
- Un sol argileux limoneux peu plastique avec une activité moyenne pour l’échantillon
d’Abéché ;
- Des sols argileux limoneux plastiques avec une activité moyenne pour les échantillons
de Ndjamena et Sarh.

Ces essai nous ont permis d’identifier les différents sols que nous allons les utilisés en les
mélangeant en fraction massique avec la bouse de vache ou la gousse de mil pour
confectionner.

4.2 Fabrication des briquettes pour les essais mécaniques et thermiques


Nous avons fabriqué des échantillons à base d’argile d’Abéché, Ndjamena et de Sarh puis des
échantillons à base de ces argiles mélangées avec la bouse de vache (BV) pour certains et la
gousse de mil (GM) pour les autres. Pour les essais mécaniques, plusieurs éprouvettes
cylindriques des dimensions h=2D (Norme NF P 18-400) ont été confectionnées. Le choix du

71
format des moules pour les éprouvettes est conditionné par la dimension D du granulat. Pour
les essais thermiques, des échantillons carrés des dimensions 270 x 270 x 40 mm3, 120 x 120
x 40 mm3 et 100 x 100 x 40 mm3, les mêmes formulations que les échantillons cylindriques
ont été fabriqués.
Pour confectionner les échantillons, nous avons utilisé des dispositifs expérimentaux
suivants : un bac pour faire les mélange, des moules pour façonner les échantillons, une règle
à raser, une balance électroniques de précision, une éprouvette graduée pour mesurer l’eau de
gâchage …
Les éprouvettes sont séchées à la température ambiante du laboratoire pendant au moins trois
jours à l’abri du rayonnement solaire, puis étuvées à 105°C avant les essais. On rappelle que
les éprouvettes cylindriques sont destinées pour les essais mécaniques d’écrasement et les
éprouvettes carrées sont fabriquées pour les essais thermiques. Nous avons aussi effectué la
cuisson de briques de matériaux (argile plus adjuvants) d’abéché pour étudier leurs
comportements après la cuisson.
4.2.1 Méthode de fabrication briquettes crues
Pour la fabrication des éprouvettes, on mesure d’abord à l’aide d’une balance les masses
nécessaires d’argile, des adjuvants et de l’eau convenables pour les différentes formulations.
On verse une quantité d’argile et d’adjuvant dans un bac puis on malaxe avec une truelle,
l’ajout de l’eau se fait progressivement jusqu'à l’obtention d’un mélange presque homogène.
On remplit en suite la moule du mélange humidifié avec une petite pression avant de racler
l’excès du matériau au niveau de la dimension de la moule grâce à une règle.
Le démoulage se fait avec beaucoup de précaution pour éviter la déformation de l’éprouvette
et le séchage est effectué à l’ombre à la température ambiante du laboratoire. Le phénomène
des retraits facilite le démoulage dans le cas de l’argile plus plastique.

Photo.4 : Phénomène de retrait dans une moule

72
4.2.2 Méthode de cuisson des briques
On entrepose les briques crues tout en laissant des foyers de part et d’autre, on badigeonne les
parois avec de la terre mélangée à la bouse de vache avant d’allumer les foyers qui se trouvent
en bas du four (voir photo 1). Les combustibles utilisés sont les noix de palmier doum et la
bouse vache sèche. La cuisson se fait progressivement en contrôlant la teneur de feu avec
l’ajout des combustible jusqu’à 72h, généralement la température de cuisson se situe entre
400 et 600°C.

Photo.5 : Briques cuites carrées

Pendant la cuisson, l’adjuvant qui se trouve dans le mélange du matériau se consume et laisse
des pores. Apres la cuisson, les briques prennent la couleur rouge et deviennent plus légères.

4.3 Formulations des éprouvettes cylindriques pour les essais mécaniques


Les formulations des briquettes cylindriques pour les essais en compression mécaniques sont
représentées dans les tableaux 11 à 14, le mélange se fait en fraction massique.
Tableau 12 : Eprouvettes cylindriques des matériaux d’Abéché : EAA
Echantillons %Argile % GM % BV D (mm) h (mm) Nombre
EAA100% 100 0 0 72,5 145 4
EAA2%GM 98 2 0 74 148 4
EAA4%GM 96 4 0 76 152 4
EAA6%GM 94 6 0 72,5 145 4
EAA8%GM 92 8 0 76 152 4
EAA2%BV 98 0 2 74 148 4
EAA4%BV 96 0 4 74 148 4
EAA6%BV 94 0 6 76 152 4
EAA8%BV 92 0 8 73 146 4

73
Tableau 13 : Eprouvettes cylindriques des matériaux de N’Djamena : EAN
h
Echantillons % Argile % BV % GM D (mm) (mm) Nombre
EAN100% 100 0 0 63 126 4
EAN2%BV 98 2 0 64 128 2
EAN4%BV 96 4 0 65 130 4
EAN6%BV 94 6 0 65 130 4
EAN8%BV 92 8 0 64 128 4
EAN2%GM 98 0 2 64 128 2
EAN4%GM 96 0 4 64 128 4
EAN6%GM 94 0 6 63 126 4
EAN8%GM 92 0 8 65 130 4

Tableau 14 : Eprouvettes cylindriques des matériaux Sarh : EAS


D h
Echantillons % Argile % GM % BV (mm) (mm) Nombre
EAS100% 100 0 0 62 124 3
EAS2%GM 98 2 0 65 130 3
EAS6%GM 94 6 0 65 130 3
EAS8%GM 92 8 0 65 130 3
EAS2%BV 98 0 2 65 130 3
EAS6%BV 94 0 6 65 130 3
EAS8%BV 92 0 8 65 130 3

Tableau 15 : Eprouvette cylindriques des matériaux d’Abéché (avant cuisson) : EAAC


h
Echantillons % Argile % GM % BV D (mm) (mm) Nombre
EAAC100% 100 0 0 63 126 3
EAAC2%GM 98 2 0 63 126 2
EAAC4%GM 96 4 0 65 130 2
EAAC6%GM 94 6 0 63 126 2
EAAC8%GM 92 8 0 63 126 3
EAAC2%BV 98 0 2 63 126 2
EAAC4%BV 96 0 4 63 126 3
EAAC6%BV 94 0 6 64 128 3
EAAC8%BV 92 0 8 64 128 3

74
4.4 Formulations des éprouvettes carrées pour les essais thermiques
Des éprouvettes des différentes dimensions ont été confectionnées pour les essais thermiques.
Les éprouvettes des dimensions 270 x 270 x 40mm3 ; 100 x 100 x 40mm3, et 120 x 120 x 40
mm3, sont représentés dans les tableaux 15 à 18 :
Tableau 16 : Éprouvettes carrées matériaux d’Abéché
Echantillons %GM % BV Dimensions (mm3) Nombre
EAA100% 0 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 16
EAA2%GM 2 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAA6%GM 6 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAA8%GM 8 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAA2%BV 0 2 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAA4%BV 0 4 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAA6%BV 0 6 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAA8%BV 0 8 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12

Tableau 17 : Eprouvettes carrées de Ndjamena (EAN)


Echantillons % GM % BV Dimensions (mm) Nombre
EAN100% 0 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 14
EAN2%GM 2 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAN6%GM 6 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAN8%GM 8 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAN2%BV 0 2 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAN6%BV 0 6 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAN8%BV 0 8 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12

Tableau 18 : Eprouvettes carrées des matériaux de Sarh


Références échantillons % GM % BV Dimensions (mm3) Nombre
EAS100% 0 0 120 x120 x 40 4
EAS2%GM 2 0 120 x120 x 40 4
EAS6%GM 6 0 120 x120 x 40 4
EAS8%GM 8 0 120 x120 x 40 4
EAS2%BV 0 2 120 x120 x 40 4
EAS4%BV 0 4 120 x120 x 40 4
EAS6%BV 0 6 120 x120 x 40 4
EAS8%BV 0 8 120 x120 x 40 4

75
Tableau 19 : Eprouvettes carrées des matériaux d’Abéché (formulation avant cuisson)
Echantillons % GM % BV Dimensions (mm3) Nombre
EAAC100% 0 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 14
EAAC2%GM 2 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 6
EAAC4%GM 4 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAAC6%GM 6 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAAC8%GM 8 0 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAAC2%BV 0 2 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAAC4%BV 0 4 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAAC6%BV 0 6 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12
EAAC8%BV 0 8 270 x 270 x 40 / 100 x 100 x 40 / 120 x 120 x 40 12

a) b)
Photo.6 : Briques carrées pour les essais thermiques (a) Briques cylindriques pour les
essais mécaniques (b)

Dans ce chapitre après identification des sols plusieurs formulations des différents matériaux
ont été effectuées. Les éprouvettes de dimensions variées sont fabriquées pour les
caractérisations mécaniques et thermiques.
Le choix de s’arrêter à 8% de mélange avec l’argile est justifié par le fait qu’à partir de ce
mélangé l’incorporation est difficile sans un compactage et que certaines formulations ne
tiennent plus on observe le phénomène de frittage.

76
4.5 Evolution des masses volumiques en fonction des adjuvants
 Variations de la masse volumique avec l’ajout de la Bouse de vache

Fig.30 : Evolution de la masse volumique en fonction de l’ajout de la BV cas de EAA

Fig.31 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la BV cas de EAN

77
Fig.32 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la BV cas EAS

Fig.33 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la BV cas de EAAC

78
 Variations de la masse volumique en fonction de l’ajout de la gousse de mil

Fig.34 : Evolution de la masse volumique en fonction de l’ajout de GM cas EAA

Fig.35 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la GM cas EAN

79
Fig.36 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la GM cas EAS

Fig.37 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la GM cas de EAAC

La bouse de vache et la gousse du mil sont des matériaux de faible masse volumique, la masse
volumique du mélange diminue avec l’augmentation de la fraction massique de la bouse de
vache ou de la gousse de mil. Ce qui permet d’obtenir un matériau de plus en plus allégé.
Pendant la cuisson la bouse de vache et la gousse de mil contenues dans les mélanges de EAA
se consument et laissent des poches d’air dans la structure du matériau, c’est pourquoi la
masse volumique de l’échantillon EAA diminue après la cuisson. ..

80
Chapitre 5 : Résultats des études expérimentales
Introduction
Dans cette partie, il serait question de faire la caractérisation mécanique et thermique de nos
matériaux confectionnés avec l’argile d’Abéché, de N’Djamena et de Sarh mélangées avec la
bouse de vache sèche ou la gousse de mil.
Nous rappelons que la presse hydraulique a servi pour déterminer la résistance à la force
maximale de compression qui un facteur pour la stabilisation mécanique et la dureté d’une
structure bâtis essentiels pour une sécurité mécanique. En ce qui concerne les essais
thermiques, la méthode des « boites » a servi pour la détermination de la conductivité
thermique puis la méthode flash pour l’estimation de la diffusivité thermique de nos
matériaux. Dans ce chapitre, après avoir déterminé les paramètres mécaniques et thermiques
citées ci haut, une étude thermo-hydrique et une étude comparative de caractéristiques
thermo-mécaniques sont effectuées.

5.1 Caractérisation mécanique


Pour déterminer la résistance à la compression des éprouvettes, nous avons utilisé une
pression hydraulique de marque STRASSENTEST. Les briquettes, après étuvage, sont
placées au centre des plateaux de la machine. La charge se fait de façon continue à une vitesse
régulière par un effort de compression jusqu'à la rupture de l’éprouvette. La machine
fonctionnant de manière automatique, la lecture des résultats se fait grâce aux deux aiguilles
du cadran. Une aiguille indique la force maximale d’écrasement et une autre revient à zéro
lors que l’effort maximal est atteint.

Photo.7 : Presse universelle pour les essais à la compression

81
5.1.1 Résultats des éprouvettes de matériau mélange avec la bouse de vache

 Matériaux d’Abéché
Tableau 20 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile Abéché
Echantillons Masse Section So Charge Fc Résistance de
volumique (mm2) (N) compression Rc
-3
(kg.m ) (MPa)

EAA100% 1966,3 4126 8500 2,06

EAA2%BV 1846,0 4298,66 9000 2,09

EAA4%BV 1841,2 4298,66 11000 2,56

EAA6%BV 1673,6 4534,16 12000 2,65

EAA8%BV 1644,7 4183,265 11000 2,62

Fig.38 : Evolution de la résistance mécanique sur des éprouvette de la terre d’Abéché


avec la bouse de vache.

La résistance mécanique s’augmente avec l’ajout de la bouse de vache jusqu'à un pic au tour
de 6% avant de faire une chute.

82
 Matériaux de Ndjamena
Tableau 21 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile de Ndjamena
Masse Force Résistance de
Echantillons volumique Section maximale Fc compression Rc
(kg.m-3) (mm2) (N) (MPa)
EAN100% 1985,9 3115,665 6000 1,93
EAN2%BV 1894 3215,36 6500 2,021
EAN4%BV 1828,7 3215,36 7000 2,18

EAN6% BV 1676 3316,625 8500 2,56

EAN8% BV 1604 3215,36 7000 2,18

Fig.39 : Variation de la résistance mécanique avec l’augmentation de la bouse de


vache.

On note que pour les matériaux de Ndjamena, la résistance à la compression augmente jusqu'à
un pic autour de 6% avant de faire une régression.

83
 Matériaux de Sarh
Tableau 22 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile de Sarh
Masse
Echantillons volumique Section So Charge Fc Résistance de compression
(kg.m-3) (mm2) (N) Rc (MPa)
EAS100% 2182,4 3017,5 5000 1,66
EAS2%BV 1891,6 3316,6 5500 1,65
EAS4%BV 1866.1 3316,6 6000 1,81

EAS6% BV 1840,6 3316,6 4500 1,66

EAS8% BV 1747,9 3316,6 5000 1,51

Fig.40 : Variation de la résistance à la compression avec l’ajout de la BV cas de EAS

Pour les échantillons EAS+BV, on remarque une légère diminution de la résistance à la


compression jusqu'à 2% du mélange puis une augmentation jusqu'à 4% de mélange avant
d’effectuer une chute de la résistance.

 Argile Cuite d’Abéché (EAA après cuisson)

84
Tableau 23 : Résultats des essais mécaniques échantillons briques cuite Abéché
Masse
Echantillons volumique Section So Charge Fc Résistance de compression
(kg.m-3) (mm2) (N) Rc (MPa)
EAAC100% 1884,0 3115,7 15000 4,81
EAACA2%BV 1802 3115,7 17000 5,45
EAAC4%BV 1787,3 3115,7 20000 6,41

EAAC6%BV 1853,8 3017,54 20000 6,22

EAAC8%BV 1641,7 3215,36 25000 7,77

Fig.41 : Evolution de la résistance mécanique des briques cuites avec la bouse de


vache
On constate qu’une augmentation progressive de la résistance mécanique avec l’augmentation
de la bouse vache, par contre on remarque un léger déclique au tour de 6% avant de reprendre
une augmentation jusqu' 8%.

D’une manière générale, la bouse de vache contribue à l’augmentation de la résistance à la


compression de nos échantillons. On peut constater que la bouse de vache a permis de
consolider les échantillons selon l’augmentation en fractions massiques.

85
5.1.2 Résultats des éprouvettes de mélange de la terre avec la gousse de mil
 Matériaux d’abéché et GM
Tableau 24 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile Abéché
Masse Section So Charge Fc Résistance de
Echantillons volumique (mm2) (N) compression Rc
(kg.m-3) (Mpa)
EAA100% 1993,7 4126,15 8500 2,06
EAA2%GM 1767,4 4298,66 8000 1,86
EAA4%GM 1731,6 4534,16 7400 1,63
EAA 6% GM 1810,7 4126,44 6500 1,59
EAA8%GM 1515,5 4534,16 6000 1,32

Fig.42 : Evolution de la résistance mécanique avec l’ajout de la gousse de mil

On note pour les échantillons confectionnés avec les matériaux d’Abéché une régression de la
résistance mécanique avec l’ajout en fractions massiques de la gousse de mil.
 Matériaux de Ndjamena et GM

86
Tableau 25 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile de Ndjamena
Masse volumique Section So Charge Fc Résistance de
Echantillons
(kg.m-3) (mm2) (N) compression Rc (Mpa)
EAN100% 2001,8 3316,625 5000 1,926
EAN2%GM 1886 3215,36 6000 1,86
EAN 4% GM 1870,0 3316,625 6500 1,960
EAN6% GM 1761,8 3215,36 6000 1,866
EAN8% GM 1594,9 3316,625 5000 1,508

Fig.43 : Variation de la résistance à la compression en fonction de la teneur en GM

Pour les échantillons fabriqués avec l’argile de Ndjamena mélangée avec la gousse de mil on remarque
une réduction de la résistance à la compression à 2% du mélangé de gousse de mil, puis une
augmentation jusqu'à un pic à 4% du mélange avant de faire une rechute.
 Matériaux de Sarh et GM

87
Tableau 26 : Résultats des essais mécaniques échantillons argile de Sarh
Masse volumique Section So Charge Fc Résistance de
Echantillons
(kg.m-3) (mm2) (N) compression Rc (Mpa)
EAS100% 2182,4 3017,5 5000 1,66
EAS 2%GM 1866,1 3316,6 4500 1,36
EAS4% GM 1849,9 3316,6 3000 0,90
EAS6% GM 1743,2 3316,6 2800 0,84
EAS8% GM 1694,6 3316,6 2700 0,81

Fig.44 : Evolution de la résistance mécanique avec l’ajout de gousse de mil

Lorsqu’on mélange l’argile de Sarh avec la gousse de mil, la résistance à la compression


diminue progressivement.

 Matériaux d’Abéché et GM après cuisson

88
Tableau 27 : Résultats des essais mécaniques échantillons briques cuites Abéché
Masse volumique Section So Charge Fc Résistance de
Echantillons
(kg.m-3) (mm2) (N) compression Rc (Mpa)
EAAC100% 1884,0 3115,7 15000 4,81
EAAC2%GM 1825,5 3115,7 12500 4,01
EAAC4%GM 1764,1 3316,6 27000 8,14
EAAC6%GM 1731,3 3115,7 22500 7,22
EAAC8%GM 1677,8 3115,7 15000 4,81

Fig.45 : Evolution de la résistance mécanique avec l’ajout de gousse de mil cas de


EAAC

Apres la cuisson du mélange de l’argile d’Abéché avec la gousse de mil, on remarque une
réduction de la résistance mécanique à 2% puis une augmentation jusqu'à 4% du mélange
avant de faire une rechute. Par ailleurs on note une nette amélioration de la résistance
mécanique par rapport aux échantillons d’Abéché crus.

D’après les résultats des essais mécaniques sur les matériaux avec le mélange d’argile et la
gousse de mil, on peut dire que la résistance mécanique est en régression avec l’ajout de la
gousse de mil sauf pour quelles formulations des matériaux de Ndjamena et les matériaux
d’Abéché à l’état cuite.

89
5.2 Caractérisation thermique
Pour mieux appréhender les différentes méthodes de caractérisation thermique, nous avons
utilisé la méthode des boites pour déterminer la conductivité thermique et la méthode flash
pour la diffusivité thermique. Connaissant la conductivité thermique, la diffusivité thermique
et la masse volumique, les autres caractéristiques peuvent être déduites par les relations 66 et
68. La cellule EI700 de la méthode des boites (photo 8) a servi pour déterminer les
conductivités thermiques des différents échantillons.

Photo.8 : Cellule EI 700

5.2.1 Les Caractéristiques thermiques pour les matériaux avec bouse de vache
 Conductivité thermique des matériaux avec la bouse de vache
Tableau 28 : Variation de la conductivité thermique avec l’ajout de la bouse de vache
Bouse de Références échantillons / conductivité thermique (W.m-1.K-1)
vache (%) EAA EAN EAS EAAC
0 0,51 0,62 0,88 0,564
2 0,45 0,58 0,78 0,53
4 0,43 0,52 0,66 0,5
6 0,41 0,44 0,5 0,42
8 0,39 0,37 0,36 0,32

90
Fig.46 : Evolution de la conductivité en fonction de l’ajout de la BV cas de EAAC

Fig.47 : Allure de la conductivité thermique avec l’ajout de la BV cas de EAN

91
Fig.48 : Evolution de la conductivité thermique avec l’ajout de la BV cas de EAS

Fig.49 : Evolution de la conductivité thermique avec l’ajout de la BV cas de EAAC

Pour tous les matériaux, on note une diminution de leurs conductivités thermiques avec
l’ajout de la bouse de vache. La bouse de vache est favorable à la réduction de la conductivité
thermique.
 Conductivité thermique en fonction de la masse volumique

92
Fig.50 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique des
échantillons avec BV cas EAA

Fig.51 : Allure de la conductivité thermique avec la masse volumique le cas de EAN

93
Fig.52 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique le
cas de EAS

Fig.53 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique le


cas de EAAC

La conductivité thermique s’augmente avec l’augmentation de la masse volumique. Plus le


matériau est dense plus sa porosité est faible, ainsi le matériau avec forte densité conduit
mieux la chaleur.

94
 Résistance thermique en fonction de la BV (une épaisseur de 20cm)
Tableau 29 : Variation de la résistance thermique avec l’ajout de la bouse de vache
% Bouse de Références échantillons / Résistance thermique (m2.K.W-1)
vache EAA EAN EAS EAAC
0 0,39 0,32 0,22 0,35
2 0,44 0,34 0,25 0,37
4 0,46 0,38 0,30 0,4
6 0,48 0,45 0,4 0,47
8 0,50 0,53 0,55 0,62

Fig.54 : Evolution de la résistance thermique en fonction de la BV cas de EAA

Fig.55 : Allure de la résistance thermique avec l’augmentation de BV le cas de EAN

95
Fig.56 : Variation de la résistance thermique avec de l’ajout de la BV cas de EAS

Fig.57 : Evolution de la résistance thermique avec l’ajout de la BV cas de EAAC

D’après les résultats de calculs pour un mur d’épaisseur 20cm, les résistances thermiques
augmentent avec l’ajout de la bouse de vache. Ce qui veut dire que la bouse de vache
contribue à l’amélioration du pouvoir d’isolation du matériau auquel elle est incorporée.
 Variation de la résistance thermique en fonction de la masse volumique

96
Fig.58 : Evolution de la résistance thermique en fonction de la masse volumique cas de
EAA

Fig.59 : Evolution de la résistance thermique en fonction de la masse volumique cas de


EAN

97
Fig.60 : Variation de la résistance thermique en fonction de la masse volumique cas de
EAS

Fig.61 : Evolution de la résistance thermique en fonction de la masse volumique cas de


EAAC

La résistance thermique régresse lorsque la masse volumique augmente. D’après les résultats
de nos essais, les matériaux moins denses possèdent une résistance thermique plus élevée.

98
5.2.2 Les Caractéristiques thermiques pour les matériaux avec gousse de mil
 Variations de la conductivité thermique des matériaux avec gousse de mil

Tableau 30 : Variation de la conductivité thermique en fonction de gousse de mil


Références échantillons / Conductivité thermique
% Gousse de (W.m-1.K-1)
mil EAA EAN EAS EAAC
0 0,51 0,62 0,88 0,56
2 0,44 0,58 0,72 0,48
4 0,4 0,41 0,59 0,4
6 0,37 0,35 0,41 0,32
8 0,27 0,317 0,25 0,23

Fig.62 : Allure de la conductivité thermique en fonction de GM cas EAA

99
Fig.63 : Allure de conductivité thermique avec de la GM cas de EAN

Fig.64 : Conductivité thermique avec l’ajout de la GM cas de EAS

100
Fig.65 : Evolution de la conductivité thermique avec l’ajout de GM cas de EAAC

Les conductivités thermiques diminuent quand on augmente la gousse de mil. Etant donné
que la gousse de mil a une faible masse volumique, par conséquent elle a une faible
conductivité thermique par rapport à l’argile. Le mélange de cet adjuvant à ces matériaux
contribue à l’amélioration de la conductivité thermique du mélange.

 Variation de la conductivité avec la masse volumique

Fig.66 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique de


EAA

101
D’après la figure 66, la conductivité thermique du matériau EAA augmente avec la masse
volumique, plus le matériau est allégé plus sa porosité est importante.

Fig.67 : Allure de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique de


EAN

Fig.68 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique de


EAS

102
Fig.69 : Evolution de la conductivité thermique en fonction de la masse volumique de
EAAC

On note que plus le matériau devient dense plus sa conductivité thermique s’augmente. Etant
donné que la masse volumique diminue avec l’ajout de la gousse de mil, sa conductivité
thermique diminue.

 Variation de la résistance en fonction de l’ajout de gousse de mil


Tableau 31 : Variation de la résistance thermique avec l’ajout de gousse de mil
Références échantillons / Résistance thermique
% Gousse de
(m2.K.W-1) pour 20 cm de mur
mil
EAA EAN EAS EAAC
0 0,39 0,32 0,22 0,35
2 0,45 0,34 0,27 0,41
4 0,5 0,48 0,33 0,5
6 0,54 0,55 0,48 0,62
8 0,72 0,63 0,77 0,84

103
Fig.70 : Evolution de la résistance thermique en fonction de l’ajout de la GM cas de
EAA

Fig.71 : Allure de la résistance thermique avec l’ajout de la GM cas de EAN

104
Fig.72 : Evolution de la masse volumique avec l’ajout de la GM cas de EAS

Fig.73 : Variation de la résistance thermique avec la GM cas de EAAC

105
Inversement à la conductivité thermique, la résistance thermique des différents matériaux
s’augmente quand on ajoute de la gousse de mil. L’augmentation de la gousse de mil favorise
le pouvoir d’isolation thermique des matériaux mélangés avec la gousse de mil.

Fig.74 : Evolution de la résistance thermique en fonction de la masse volumique des


échantillons avec GM cas de EAA

Fig.75 : Variation de la résistance thermique avec la masse volumique cas de EAN

106
Fig.76 : Variation de la résistance thermique avec de la masse volumique cas de EAS

Fig.77 : Evolution de la résistance thermique avec de la masse volumique cas de


EAAC

D’après les résultats thermiques, nous avons constaté que la conductivité thermique évolue
dans le sens inverse de l’augmentation en pourcentage massique de la bouse de vache ou la
gousse de mil. Cela s’explique par le fait que l’augmentation de la bouse de vache et la
gousse de mil engendre la multiplication des pores dans la matrice solide des mélanges.
L’ajout de ces adjuvants est favorable à la diminution de la conductivité thermique et à
l’augmentation de la résistance thermique ainsi les matériaux étudiés deviennent plus isolants
l’ajout de ces adjuvants.

107
5.3 Influences de la teneur en eau
Les matériaux utilisés dans le domaine de la construction et du génie civil ont une structure
poreuse. Les pores sont les sièges de plusieurs phénomènes tel que la fixation, la migration de
l’humidité, l’humidification, le changement de phase, etc. Ces matériaux ont ainsi tendance à
capter l’humidité de diverses provenances.

Dans cette partie, nous essayerons de comprendre de façon précise le comportement des
paramètres thermiques des matériaux avec la variation de la teneur en eau. La recherche des
conditions de confort de l’habitat passe par une meilleure connaissance des comportements
hydrique et thermique des parois qui sont soumises à différents types de météorologies.

 Variation de la conductivité thermique en fonction de la teneur en eau


Pour déterminer la teneur en eau, nous avons utilisé la méthode gravimétrique qui consiste à
peser la masse du matériau après humidification.

Fig.78 : Evolution de la conductivité thermique en fonction du teneur en eau cas de


EAA

108
Fig.79 : Evolution de la conductivité en fonction de la teneur en eau cas de
EAA8%GM

Fig.80 : Evolution de la conductivité en fonction de la teneur en eau cas de EAA 8%


BV

109
On remarque que la conductivité thermique augmente avec l’augmentation en teneur en eau.
La présence de l’eau dans les matériaux diminue son pouvoir d’isolation thermique.
Pendant l’humidification, l’eau remplace l’air qui se trouve dans les pores et la conductivité
thermique augmente.
L’augmentation de la conductivité thermique avec de la teneur en eau s’explique par le fait
que l’eau qui remplace l’air dans les pores possède une conductivité thermique supérieure à
celle de l‘air (eau=0,60 W. m-1. °C-1 ; air =0,026 W. m-1. °C-1). En présence d’eau, les
résistances thermiques des matériaux diminuent considérablement.

En présence de l’eau les éprouvettes de terre crue se disloquent rapidement, c’est pourquoi
l’utilisation de ces matériaux n’est pas conseillée dans des zones à risque d’inondations. Pour
améliorer le comportement hydrique, nous avons stabilisé nos échantillons par cuisson.
Pour une étude thermique avec une forte teneur en eau, des échantillons des briques cuites
sont immergés dans l’eau pendant plusieurs heures jusqu’à l’absorption d’une certaine
quantité en teneur en eau. La figure ci-après montre la variation de teneur en eau absorbée en
fonction de temps.

Fig.81 : Teneur en eau absorbée en fonction de temps.

Les échantillons des briques cuites ont une grande capacité d’absorption à cause de leur
porosité élevée.

110
Fig.82 : Conductivité thermique en fonction du teneur en eau

Fig.83 : Résistance thermique en fonction du teneur en eau

D’après les figures 82 et 83, la conductivité thermique des matériaux augmente avec
l’augmentation de la teneur en eau. La présence de l’eau influence négativement la résistance
thermique ainsi le pouvoir d’isolation des matériaux est réduit.

111
5.4 Détermination de la diffusivité thermique avec la méthode flash
 Diffusivité thermique pour les échantillons avec Bouse de vache
Tableau 32 : Variation de la diffusivité thermique en fonction de la bouse de vache
Bouse de
Références échantillons / Diffusivité thermique (m2.s-1)
vache (%)
EAA EAN EAS EAAC
0 4,92E-07 3,50E-07 2,20E-07 4,88E-07
4 3,82E-07 2,71E-07 1,76E-07 4,40E-07
6 3,46E-07 2,76E-07 1,70E-07 3,70E-07
8 3,27E-07 2,60E-07 1,46E-07 3,50E-07

Fig.84 : Evolution de la diffusivité thermique de EAA en fonction de la BV

Fig.85 : Evolution de la diffusivité thermique d’EAN en fonction de la BV

112
Fig.86 : Evolution de la diffusivité thermique d’EAS en fonction de la BV

Fig.87 : Evolution de la diffusivité thermique d’EAAC en fonction de BV

La diffusivité diminue avec l’augmentation en pourcentage massique de la bouse de vache.


L’incorporation de la bouse de vache augmente la porosité du matériau, ce qui engendre une
augmentation de la résistance thermique, en d’autre terme, la vitesse de propagation de la
chaleur est réduite.

113
 Diffusivité thermique avec la gousse de mil.
Tableau 33 : Variation de la diffusivité thermique avec l’ajout de la gousse de mil
Gousse de mil Références échantillons / Diffusivité thermique (m2.s-1)
(% ) EAA EAN EAS EAAC
0 4,92E-07 2,60E-07 3,40E-07 5,88E-07
4 3,70E-07 2,30E-07 2,30E-07 4,88E-07
6 3,70E-07 2,00E-07 1,90E-07 4,36E-07
8 2,90E-07 1,30E-07 1,70E-07 3,80E-07

Fig.88 : Variation de la diffusivité thermique avec l’ajout de la GM cas de EAA

Fig.89 : Variation de la diffusivité thermique avec l’ajout de la GM cas de EAN

114
Fig.90 : Variation de la diffusivité thermique avec l’ajout de la GM cas de EAS

Fig.91 : Variation de la diffusivité thermique avec l’ajout de la GM cas de EAAC

On remarque que, pour toutes mesures effectuées, la diffusivité thermique diminue avec
l’ajout de la bouse de vache ou la gousse de de mil, ce qui veut dire que les échantillons
diffusent moins avec l’augmentation des ces adjuvants.

115
5.5 Etude comparative des caractéristiques thermophysiques et mécaniques
Un logement doit satisfaire les besoins de confort thermique et sécuritaires de ses occupants.
Une bonne résistance thermique des matériaux contribue à l’isolation de bâtiment par rapport
à l’insolation, ce qui permet une sensation de confort thermique. Une meilleure résistance
mécanique permet une stabilité mécanique contre les risques des écroulements des
habitations. Concilier les deux facteurs (thermique et mécanique) est une chose très difficile
car les matériaux qui sont des bons isolants thermiques présentent les plus souvent des
défaillances mécaniques.
D’une manière générale, la résistance mécanique évolue dans le sens inverse de la résistance
thermique, plusieurs travaux ont essayé de trouver les voies et moyens pour avoir des
matériaux de construction capables de relever les défis mécaniques et thermiques.
Dans cette partie, nous allons faire une étude comparative des caractéristiques
thermophysiques et mécaniques en fonction de l’augmentation des adjuvants des matériaux
d’Abéché par rapport aux matériaux de N’Djamena et de Sarh.

5.5.1 Caractéristiques mécaniques

Fig.92 : Courbes des allures des résistances mécaniques en fonction de l’ajout de la BV

Sur la figure 92, on remarque que les matériaux avec incorporation de la bouse de vache
d’Abéché et de Ndjamena donnent une résistance optimale à 6% et pour les matériaux de Sarh
le pic est à 4%. On peut affirmer que la bouse de vache consolide les matériaux quand elle est
incorporée à certaine proportion à l’argile d’Abéché, de N’Djamena et de Sarh.

116
Fig.93 : Récapitulative des allures des résistances mécaniques de EAA, EAN et EAS
avec l’ajout de GM

On remarque que la gousse de mil est moins favorable du point vue mécanique mais on note
une amélioration de la résistance mécanique pour l’échantillon EAN4% et les échantillons
EAAC.

Fig.94 : Allures des résistances mécaniques en fonction de l’ajout de la BV cas de


EAA avant et après cuisson

La résistance mécanique s’améliore pour les échantillons en terre cuite jusqu’au 8% du


mélange avec bouse de vache. On note une nette amélioration de la performance mécanique
de l’échantillon EAA après la cuisson.

117
Fig.95 : Allure de EAA avant et après cuisson
Pendant la cuisson du matériau EAA+GM, la matrice solide devient plus rigide, la gousse de
mil se consume et devient des pores, on obtient un matériau de couleur rouge avec une
résistance mécanique améliorée.
On remarque à la lumière des résultats mécaniques que les échantillons avec incorporation de
la bouse de vache présentent les plus fortes résistances mécaniques par rapport aux
échantillons avec gousse de mil.

5.5.2 Caractéristiques thermophysiques

Fig.96 : Variations des conductivités thermiques en fonction de l’ajout de la BV, cas


de EAA, EAN et EAS

118
Fig.97 : Variations des résistances thermiques en fonction des l’ajout de la BV cas de
EAA, EAN et EAS

L’ajout bouse de vache améliore les caractéristiques thermiques de tous les trois matériaux
mais d’après les résultats, on remarque que la bouse de vache influence plus les matériaux de
Sarh, et de Ndjamena.

Fig.98 : Variations des conductivités thermiques en fonction de l’ajout de GM cas de :


EAA, EAN et EAS

119
Fig.99 : Evolutions des résistances thermiques en fonction de l’ajout de GM pour les
cas de : EAA, EAN et EAS

On remarque que l’ajout de la gousse de mil améliore les caractéristiques thermiques de tous
les trois matériaux mais on note aussi d’après les résultats qu’il influence beaucoup plus
l’échantillon des matériaux de Sarh et de Ndjamena. Le matériau de Sarh à 100% d’argile
possède une faible résistance thermique et à 8% du mélange on note que le matériau de Sarh
qui possède la plus forte résistance thermique suivi de l’échantillon d’Abéché. On peut dire
donc que, la gousse de mil influence plus les caractéristiques thermiques le matériau de Sarh.
Les matériaux avec l’incorporation de gousse de mil présentent les meilleures résistances
thermiques, donc on peut affirmer que la gousse de mil isole mieux que la bouse de vache.

120
Fig.100 : Allures des conductivités thermiques en fonction de l’ajout de BV avant et
après cuisson de EAA
.

Fig.101 : Allures des résistances thermiques de EAA en fonction de l’ajout de BV avant


et après la cuisson

121
D’après la figure 101, la conductivité s’améliore d’avantage après la cuisson du mélange
d’argile et la bouse de vache, car pendant la cuisson, la bouse de vache contenue dans le
mélange se consume et devient des poches d’aire (pores) qui sont favorables à la réduction de
la conductivité thermique. Le matériau devient de plus en plus isolant avec l’ajout de la
fraction massique de la bouse de vache.

Fig.102 : Evolutions des conductivités thermiques en fonction de l’ajout de GM de


EAA avant et après cuisson.

Fig.103 : Variation des résistances thermiques en fonction de l’ajout de la GM de EAA


avant et Apres cuisson

122
La conductivité s’améliore après la cuisson du mélange d’argile et la gousse de mil, car
pendant la cuisson, la gousse de mil contenue dans le mélange se consume et devient des
poches d’aire (pores) qui sont favorables à la réduction de la conductivité thermique. On
remarque que la cuisson améliore nettement les résistances thermiques de matériaux
d’Abéché.

5.5.3 Etude Thermomécanique


 Matériaux avec la bouse de vache

Tableau 34 : Valeurs de la résistance thermique et mécanique de matériaux mélangés avec la BV


Références échantillons
EAA EAN EAS EAAC
% Bouse
Rc Rth Rc Rth Rc Rth Rc Rth
de vache
0 2,06 0,39 1,93 0,322 1,66 0,22 4,81 0,355
2 2,09 0,44 2,021 0,34 1,65 0,25 5,45 0,37
4 2,56 0,46 2,18 0,384 1,81 0,3 6,41 0,4
6 2,65 0,48 2,56 0,454 1,66 0,4 6,22 0,476
8 2,62 0,502 2,18 0,536 1,51 0,55 7,77 0,625

- Matériaux Abéché

Fig.104 : Evolution de la résistance thermique et mécanique en fonction de la BV


On note que l’échantillon EAA présente à la fois une augmentation des résistances
mécaniques et thermiques lorsqu’on ajoute de la BV jusqu’à la formulation de 6% avant que
la résistance mécanique commence à décroitre.

123
- Matériaux de Ndjamena

Fig.105 : Variation de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la


BV
L’échantillon EAN se voit sa résistance thermique évoluer avec l’augmentation de la fraction
massique de la bouse de vache mais par contre, sa résistance mécanique s’augmente jusqu'à
6% du mélange avant de faire une régression.

- Matériaux de Sarh

Fig.106 : Allures de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la


BV

On remarque que sur la figure 106 pour le cas de l’échantillon EAS, l’ajout de la bouse de
vache est favorable à l’augmentation de la résistance thermique, mais on remarque une
réduction de la résistance mécanique après 4% du mélange.

124
- Terre cuite Abéché

Fig.107 : Variation de la résistance thermique et mécanique de EAAC en fonction de


l’ajout de la BV
Apres la cuisson, on constate que, pour le cas EAAC+BV, la résistance mécanique évolue
dans le même sens que la résistance thermique après un léger déclin au niveau de 6 % du
mélange.

 Matériaux avec la gousse de mil :


Tableau 35 : Valeurs de la résistance thermique et mécanique de matériaux mélangés avec la GM
Références échantillons
EAA EAN EAS EAAC
%
Gousse Rc Rth Rc Rth Rc Rth Rc Rth
de mil
0 2,06 0,39 1,93 0,32 1,66 0,23 4,81 0,354
2 1,86 0,45 1,86 0,34 1,36 0,27 4,01 0,41
4 1,63 0,5 1,960 0,48 0,90 0,34 8,14 0,5
6 1,59 0,54 1,866 0,55 0,84 0,49 7,22 0,625
8 1,32 0,72 1,508 0,63 0,81 0,78 4,81 0,843

125
- Matériaux Abéché

Fig.108 : Variation de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la


GM
Sur la figure 108, on constate que, la résistance mécanique décroit et la résistance thermique
croit avec l’augmentation de teneur massique de la gousse de mil. Pour l’échantillon EAA,
l’ajout de la GM est favorable pour les caractéristiques thermiques mais cet ajout crée une
défaillance mécanique au niveau de sa structure.

- - Matériaux de Ndjamena :

Fig.109 : Variation de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la


GM

La résistance mécanique diminue tandis que celle de la thermique augmente avec l’ajout de la
gousse de mil pour le cas de l’échantillon EAN.

126
- Matériaux de Sarh

Fig.110 : Variation de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la


GM

On observe d’après la figure 110 que la résistance thermique évolue dans le sens contraire de
la résistance mécanique quand on ajoute à l’argile de Sarh la gousse de mil.

- Terre cuite Abéché

Fig.111 : Variation de la résistance thermique et mécanique en fonction de l’ajout de la


GM

Apres la cuisson de l’échantillon EAA+GM, on remarque sur la figure 111, que la résistance
thermique augmente avec la teneur en gousse de mil tandis que la résistance mécanique
évolue jusqu'à 4% du mélange avant de faire une régression.

127
 Récapitulatif des résultats et choix des matériaux
La caractérisation thermomécanique nous permet de choisir les meilleurs formulations c'est-à-
dire les échantillons qui concilient en même temps les meilleures résistances mécaniques et
thermiques.
Tableau 36 : Echantillons avec BV présentant des résistances mécaniques élevées
Références Formulation Résistance thermique Résistance mécanique
2 -1
échantillons (%) BV (m K.W ) (MPa)

EAA 8 0,502 2,62


EAN 8 0,53 2,18
EAS 8 0,55 1,51
EAAC 8 0,625 7,77

Tableau 37 : Echantillons avec GM présentant des résistances thermiques élevées


Références Formulation Résistance thermique Résistance mécanique
échantillons (%) GM (m2K.W-1) (MPa)
EAA 8 0,72 1,32
EAN 8 0,63 1,5
EAS 8 0,77 0,81
EAAC 8 0,843 4,81

Fig.112 : Cas défavorables en résistance mécanique

128
On note que l’échantillon de Sarh mélangé à 8% de la gousse du mil présente la faible
résistance mécanique (0,81MPa). En voulant construire un mur de remplissage de 3 mètres de
hauteur avec cet échantillon de masse 0,731kg, la brique inferieure qui supportera la charges
des briques au-dessus d’elle, doit avoir au minimum une résistance de 0,047 MPa.
Apres analyse des données, On remarque que tous les matériaux utilisés dans ces travaux
peuvent être utilisés pour le remplissage des murs de 3 mètres de hauteur, car ils possèdent
tous une résistance mécanique largement supérieure à 0,047MPa. Par ailleurs, les matériaux
avec les résistances mécaniques supérieures à 2MPa peuvent être utilisés comme matériaux
porteurs dans les constructions des logements à charge modérée (bâtiment avec rez-de-
chaussée seulement) ou pour les maisons individuelles.
Le facteur de choix restant est la résistance thermique des matériaux. Ainsi, nous avons listé
les échantillons qui présentent par ordre de priorité les meilleurs isolants thermiques sur la
figure 113 :

Fig.113 : Résistances thermiques des échantillons avec 8% d’adjuvant

129
Conclusion
Le chapitre 5 a permis de présenter des résultats positifs que nous avons obtenus. Les
matériaux locaux mélangés avec les déchets agricoles que nous avons confectionnés
présentent des meilleures caractéristiques thermiques pouvant améliorer le confort thermique
dans les constructions. Les résultats mécaniques obtenus sont très encourageants car ces
matériaux pouvaient être utilisés pour le remplissage des cloisons des murs ou des briques
porteurs (EAAC) dans les constructions des bâtiments à charge modérée.
En plus des caractères thermiques et mécaniques, un matériau doit aussi répondre au
problème énergétique et environnemental. La gestion de l’énergie est un facteur non
négligeable dans la protection de l’environnement pendant la construction, l’exploitation et la
démolition des bâtiments. La conception des éco-matériaux est un défi planétaire majeur.
La gestion et l’économie d’énergie pour la production de froid servant au confort dans les
pays chauds est un objectif essentiel. Connaissant les caractéristiques thermiques des
matériaux utilisés, une étude comparative sur le gain d’énergie sera un atout important dans le
choix de ces matériaux de construction. …………………………………………………………………………………

130
Chapitre 6 : Simulation thermique d’un bâtiment
Introduction
RETScreen est un logiciel d'analyse des projets d'énergies propres, développé en collaboration
avec de nombreux experts de l'industrie, du gouvernement canadien et du milieu académique.
Offert gratuitement en ligne, il intègre à la fois les paramètres géographiques du site du
bâtiment, les données météorologiques et les caractéristiques géométriques et
thermophysiques du bâtiment.
Cet outil logiciel intègre les données climatiques satellitaires de la NASA en temps réel sur
toute l’étendue du globe terrestre, bien adapté pour le développement des projets techniques et
scientifiques dans le pays comme le Tchad.
Ce logiciel est plus souvent utilisé pour évaluer les différentes mesures d'efficacité
énergétique associées à l'enveloppe du bâtiment, à la ventilation, à l'éclairage, aux
équipements électriques, à l'eau chaude, aux pompes, aux ventilateurs, à la récupération de
chaleur, aux réseaux d'air comprimé, à la réfrigération et plus encore.
Grâce à cet outil, nous allons pouvoir faire la simulation de gains d’énergie pour la production
de froid dans un logement construit avec nos matériaux par rapport à un logement s’il était
construit avec le ciment qui est un matériau de référence.
Dans ce chapitre, nous allons faire la simulation thermique d’un bâtiment construit avec les
matériaux présentant les meilleures performances thermiques. Les résultats des gains
d’énergie des matériaux avec 8% des adjuvants de la ville d’Abéché, N’Djamena et de Sarh
par rapport à un matériau de référence sont donnés dans cette partie.

6.1 Réalisation de la simulation thermique


La simulation dans ces travaux consiste à faire les bilans thermiques de deux bâtiments, l’un
construit avec nos matériaux à base d’argile et l’autre construit avec un matériau de référence.
Nous avons choisi comme matériau de référence, le parpaing de ciment.
La simulation thermique se fait en plusieurs étapes : le choix du prototype, la définition du
projet, la récupération des données climatiques du site du projet, les paramétrages thermiques
des matériaux utilisés dans les parois et enfin les calculs des gains d’énergie.
Dans le cadre de ce travail, nous avons choisi de caractériser des matériaux venant des trois
grandes villes du Tchad à savoir Abéché à l’Est, N’Djamena au Centre et Sarh au Sud. L’outil
RETScreen nous donne la possibilité de faire la simulation des chaque échantillon sur son
propre site de prélèvement grâce à sa puissante base de données sur les informations
climatiques.

131
6.1.1 Choix d’un prototype de bâtiment
Pour la simulation nous avons choisi un type de bâtiment constitué de trois pièces
couramment rencontré dans l’habitat au Tchad. Un logement accessible à une famille à revenu
moyen. Ce bâtiment est composé de trois chambres (figure 114, 115).
Pour le cas de référence, les parois du bâtiment sont constituées avec des briques creuses en
ciment. Les parois du bâtiment des cas proposés sont constituées des briques pleines en
argiles ou en argiles mélangées avec les adjuvants (d’épaisseur 20 cm).
Dans ces travaux nous avons opté pour les mêmes types des matériaux en ce qui concerne les
portes, les fenêtres et les toits.

Fig.114 : Plan cellule d’étude

Fig.115 : Cellule d’étude dessin en 3D

132
6.1.2 Définition du projet
Le logiciel nous suggère de faire un projet de simulation en définissant un cadre prenant en
compte le lieu et la nature de l’étude.

Fig.116 : Information sur le projet

En remplissant les informations ci-dessus, on situe le contexte du projet. Après cette étape de
définition du projet, on procède à la récupération des données climatiques.

133
6.1.3 Données climatiques du site choisi
Après sa mise à jour, le logiciel RETScreen a la possibilité de donner à temps réel les
informations climatiques satellitaires de la base des données de la NASA ou des stations
météo au sol des grandes agglomérations. La figure suivante présente en guise d’exemple les
données climatiques de la ville d’Abéché.

Fig.117 : Données climatiques de la ville d’Abéché

134
6.1.4 Paramétrage des parois du bâtiment.
Dans cette partie, il est question de définir les surfaces exposées et les paramètres thermiques
des différentes parois du bâtiment. La figure suivante nous donne un exemple d’insertion des
paramètres géométrique et thermique du bâtiment considéré.
Dans un bâtiment, la plus grande part des apports thermiques s’effectue à travers les parois,
les murs, les fenêtres, les portes et le toit.

Fig.118 : Données géométriques et thermiques de l’enveloppe du bâtiment avec


EAAC8%GM

Ces informations permettront de calculer les charges énergétiques pour le cas de référence et
le cas proposé du projet.

135
6.1.5 Calculs des gains d’énergie
Pour les calculs des gains d’énergies, cette étape permet de définir les infiltrations naturelles
d’air et le choix du système de production avant de donner les résultats de la simulation.

Fig.119 : Résultat des gains d’énergie cas de EAAC8%GM

Dans ce projet, il ressort que l’énergie nécessaire pour la production du froid est de 114MWh
pour le matériau de référence et 51MWh pour le cas proposé. D’après ce résultat,
l’échantillon d’agile d’Abéché cuite mélangée à 8% de la Gousse de mil (EAAC8%GM)
présente un gain d’énergies d’environ 55,2% par rapport à l’utilisation du matériau en ciment.

136
6.2 Résultats de simulation avec RETScreen
Tableau 38 : Matériaux avec mélange de la bouse de vache

Résistance
Résistance Cas Cas Gain
Références Pourcentages thermique :
thermique : référence proposé d'énergie
échantillons BV (%) cas
cas proposé (MWh) (MWh) (%)
référence

EAAC8%BV 8 0,63 0,17 114 57 50,2


EAA8%BV 8 0,5 0,17 114 62 45,6
EAS8%BV 8 0,55 0,17 117 62 46,8
EAN8%BV 8 0,53 0,17 117 63 46,2

Fig.120 : Gains d’énergie pour la production de froid des matériaux mélangés avec la
BV

137
Tableau 39 : Matériaux avec mélange de gousse de mil

Résistance Résistance
Cas Cas Gain
Références Pourcentages thermique : thermique :
référence proposé d'énergie
échantillons GM (%) cas cas
(MWh) (MWh) (%)
proposé référence

EAAC8%GM 8 0,84 0,17 114 51 55,2

EAA8%GM 8 0,72 0,17 114 54 52,8


EAS8%GM 8 0,77 0,17 117 55 52,8
EAN8%GM 8 0,63 0,17 117 59 49,7

Fig.121 : Gains d’énergie pour la production de froid des matériaux mélangés avec la
GM

138
Fig.122 : Gains d’énergie pour la production de froid cas de EAAC8%BV et
EAA8%BV

Fig.123 : Gains d’énergie pour la production de froid cas de EAAC8%GM et


EAA8%GM

139
Conclusion
Ce chapitre a permis de présenter les différents gains d’énergie pour la production du froid
dans un bâtiment. D’après les résultats de la simulation, les matériaux que nous avons utilisés
présentent des gains d’énergies importants par rapport à l’utilisation du ciment. Ces matériaux
contribuent donc à l’économie d'énergie pour améliorer le confort thermique par rapport au
matériau de référence à base de ciment plus utilisé dans la construction au Tchad.
L’outil RETScreen est bien adapté pour la gestion des projets des consommations de l’énergie
dans le secteur de bâtiment en plein expansion à travers les pays en voie de développement et
tout particulièrement le Tchad qui ne dispose pas assez des centres de traitement des données
climatiques sur son territoire.

140
Conclusion Générale
Les matériaux locaux utilisés dans la construction des habitations traditionnels sont favorables
pour l’amélioration du confort thermique. C’est pourquoi, la promotion de ces matériaux
locaux de construction tels que la brique de terre doit être une préoccupation majeure pour les
pays en de développement qui connaissent des crises énergétiques.
Le travail que nous venons de présenter est une étude comparative basée sur une approche
expérimentale des propriétés mécaniques et thermiques de différents matériaux locaux de
construction à base de terre avec incorporation des déchets agricoles de trois grandes villes du
Tchad.
L’objectif est d’identifié les propriétés mécaniques et thermiques de ces matériaux locaux en
argile mélangée avec la bouse de vache ou la gousse de mil et de faire une étude comparative.
Dans cette thèse, nous avons mis en évidence les valeurs et les variations des résistances
mécaniques, des conductivités thermiques, des résistances thermiques et des diffusivités
thermiques des éprouvettes fabriquées avec ces matériaux avant d’effectuer une étude de
variation des caractéristiques thermiques en fonction des masses volumiques et des teneurs en
eau de ces matériaux .
Connaissant les caractéristiques mécaniques et thermiques, une étude thermomécanique a été
effectuée pour présenter les matériaux qui concilient le mieux en même temps ces propriétés.
Pour une bonne évaluation de la consommation énergétique de ces matériaux, nous avons
effectué des simulations de gains d’énergie pour la production du froid dans un bâtiment par
rapport à un matériau de référence avec le logiciel RETScreen.
Les résultats obtenus sont très intéressants :
- L’incorporation la bouse de vache a permis d’améliorer les caractéristiques
mécaniques et thermiques des matériaux ;
- L’incorporation de la gousse de mil a permis aussi d’améliorer les caractéristiques
thermiques de matériaux, mais par contre l’ajout de cet adjuvant est moins favorable
pour les caractéristiques mécaniques ;
- Les caractéristiques mécaniques et thermiques des matériaux ’s’améliorent après la
cuisson du matériau ;
- L’influence de la teneur en eau sur les propriétés thermiques est néfaste pour la
résistance thermique car celle-ci diminue en présence d’humidité ;

141
- La simulation thermique a permis de montrer que l’utilisation des matériaux à base de
la terre présente un gain d’énergie assez important par rapport à l’utilisation d’un
matériau de référence tel que le ciment.

Ces matériaux locaux présentent des résistances mécaniques suffisantes leur permettant d’être
utilisés comme matériaux de remplissage des murs et aussi certains ( briques cuites) comme
de matériaux porteurs dans les constructions des maisons à charge modérée fréquemment
rencontrées dans l’habitat au Tchad.

Contrairement au ciment, au béton ou à l’acier, la terre avec incorporation des déchets


agricoles à l’état naturel peut être utilisée comme matériau de construction pratiquement avec
une faible consommation d’énergie, elle présente de nombreux avantages environnementaux,
sociaux et culturels.

Dans le cadre de l’habitat social, l’utilisation de ces matériaux devrait permettre une réduction
significative du coût de construction et ainsi que la facture énergétique pour une population à
revenu faible comme celle du Tchad.

Vu les performations thermiques et mécaniques de ces matériaux à faible impact économique


et environnemental, nous pouvons envisager leurs utilisations dans l’habitat social au Tchad.

Ces travaux ouvrent des nombreuses perspectives :


 Une étude acoustique de ces matériaux.
 Etude de contrôle et de l’influence de la température de cuisson sur les matériaux.
 Etude sur l’évaluation des indices de confort thermique dans une maison non climatisé
construite à base de terre.
 Etude de Caractérisations thermophysiques et mécaniques des briques creuse à base de
ces matériaux.

142
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materiels based on clay » RJASET, juin 2015.

147
Annexes
A1 : situation géographique du Tchad

A1 : Carte du Tchad

148
A2 Données climatiques du Tchad

A2-1 Données climatique de la ville de N’Djamena

A2-2 Données climatique de la ville de Sarh

149
A3 : Résultats des simulations

A3-1 : Resultats simulation thermique cas de EAA8%GM

A3-1 : Résultats simulation thermique cas de EAA8%BV

150
A3-2 : Résultats simulation thermique cas de EAS8%GM

A3-3 : Resultats simulation thermique cas de EAS8%BV

151
A3-4 : Resultats simulation thermique cas de EAN8%GM

A3-5 : Resultats simulation thermique cas de EAN8%BV

152
A3-6 : Resultats simulation thermique cas de EAAC8%BV

Resultats simulation thermique cas de A3-7 : Résultats simulation thermique cas de EAA8%BV

153
Liste des publications
1 Abdallah DADI Mahamat, Oumar IDRISS Hamid, Malloum Soultan, Publié
Mahamoud Youssouf KHAYAL, Yassine Elhamdouni, Mohammed
GAROUM, Salif GAYE ; « Effect of cow’s dung on thermophysical
characteristics of building materiels based on clay » RJASET, 2015

2 Abdallah DADI Mahamat, Mahamoud Youssouf Khayal, Macodou Publié


Thiam, Azibert Oumar Abdelakh, Gilbert Menguy, Salif GAYE, « Thermo-
Physical Characterization of Clay Bricks Mixed with Agricultural Waste:
Case Millet’s Pod », International Journal of Emerging Technology and
Advanced Engineering Website: [Link] (ISSN 2250-2459, ISO
9001:2008 Certified Journal, Volume 6, Issue 1, January 2016).

3 Abdallah DADI Mahamat, Mahmoud Youssouf Khayal, Ahmat Publié


Charfadine, Malloum Soultan, . Gilbert Menguy, Salif Gaye « Improvement
of thermal parameters of building materials based on clay » REDEC 2016
Lyban, IEE

4 Oumar IDRISS Hamid, Nadjitonon NGARMAIM, Mahamoud Youssouf Publié


Khayal, Abdallah DADI Mahamat « Thermophysical characterization of
an environmentally constructuction material made by clay and wheat »
International Journal of Engineering Sciences & Research Technology
(IJESRT) [Idriss, 4(12) : Décembre, 2015]

5 Yassine Elhamdounia, *, Abdelhamid Khabbazia, Chaimaa Benayada, Publié


Abdallah Dadi, « Effect of fiber alfa on thermophysical characteristics of a
material based on clay », Energy Procedia 74 (2015) 718 – 727

154
THEME : Etude comparative des caractéristiques thermophysiques et
mécaniques de matériaux locaux de construction utilisés dans
l’habitat social au Tchad
DOCTORANT : ABDALLAH DADI MAHAMAT
DIRECTEURS DE - Pr. Salif GAYE ; Pr. Mahamoud Youssouf KHAYAL
THESE :

Résumé
Le coût d’investissement et la consommation de l’énergie dans le secteur du bâtiment pèsent
lourdement sur l’économie et l’environnement. C’est pour cela que plusieurs études ont été
effectuées au niveau du bâtiment et des équipements afin de contribuer au choix de matériaux
adéquats pour l’enveloppe et à la maîtrise de l’énergie.

Le présent travail qui porte sur l’étude comparative des caractéristiques thermophysiques et
mécaniques de matériaux de construction locaux à base d’argile avec incorporation des
déchets agricoles en provenance de trois grandes agglomérations du Tchad (les régions
d’Abéché, de N’Djamena et de Sarh), rentre dans ce cadre.

L’objectif visé est l’obtention de matériaux allégés présentant de bonnes performances


thermomécaniques et pouvant contribuer à améliorer le confort thermique dans l’habitat social
au Tchad tout en réduisant le coût d’investissement.

Dans ce sens, plusieurs échantillons ont été confectionnés avec des pourcentages massiques
de déchets agricoles (bouse de vache ou gousse de mil) variant de 0% à 8%. Chaque
échantillon a fait l’objet d’une caractérisation mécanique et thermique. Pour cela, nous avons
utilisé des méthodes expérimentales appropriées pour les matériaux poreux (la presse
hydraulique pour les essais mécaniques et la méthode des boites pour les essais thermiques).

La résistance à la compression, la conductivité thermique et la diffusivité thermique de


chaque échantillon ont ainsi été déterminées grâce aux données expérimentales obtenues à
partir de ces méthodes.

La simulation thermique effectuée avec ces résultats expérimentaux a permis de constater des
gains d’énergie importants ainsi qu’une amélioration de l’efficacité énergétique.

Cette thèse a ainsi permis de montrer que les déchets agricoles peuvent être valorisés grâce à
leur intégration dans les matériaux de construction.

Mots clés : Matériaux de construction, caractéristiques mécaniques, caractéristiques


thermiques, bouse de vache, gousse de mil, argile, valorisation déchets, économie d’énergie,
confort thermique.

155
Abstract

The capital cost and the consumption of energy in the sector of the building weigh heavily on
the economy and the environment. It is for that several studies were carried out on the level of
the building and the equipment in order to contribute to the choice of adequate materials for
the envelope and to the control of energy.

This work, which relates to the comparative study of the thermophysical and mechanical local
building material characteristics based on clay with incorporation of agricultural waste
coming from three great agglomerations of Chad (areas of Abéché, Djamena and Sarh),
returns within this framework.
The had aim is obtaining materials reduced presenting good thermomechanical performances
and being able to contribute to improve thermal comfort in the social habitat in Chad while
reducing the capital cost.
In this direction, several samples were made with mass percentages of agricultural waste
(dung of cow or pod of millet) varying from 0% to 8%. Each sample was the subject of a
mechanical and thermal characterization. For that, we used experimental methods adapted
(the hydraulic press for the mechanical tests and the method of limp for the thermal tests) for
porous materials.
The compressive strength, thermal conductivity and the thermal diffusivity of each sample
were thus given thanks to the experimental data obtained starting from these methods.
The thermal simulation carried out with these experimental results made it possible to note
significant profits of energy as well as an improvement of the energy.
This thesis thus made it possible to show that agricultural waste can be developed thanks to
their integration in building materials.

Key words : Building materials, mechanical characteristics, thermal characteristic, dung of


cow, pod of millet, clay, valorization waste, energy saving, thermal comfort.

156

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