L’émergence des jeunes amas stellaires régulée par leur masse
stellaire
Alex Pedrini1 , Angela Adamo1 , Daniela Calzetti2,20 , Arjan Bik1,20 ,
Thomas J. Haworth3,20 , Bruce G. Elmegreen4,20 , Mark R. Krumholz5,20 ,
Sean T. Linden6,20 , Benjamin Gregg2,20 , Helena Faustino Vieira1,20 ,
Varun Bajaj7,20 , Jenna E. Ryon7,20 , Ahmad A. Ali8,20 ,
Eric P. Andersson9,20 , Giacomo Bortolini1,20 , Michele Cignoni10,11,12,20 ,
Ana Duarte-Cabral13,20 , Kathryn Grasha14,15,20 , Natalia Lahén16,17,20 ,
Thomas S.-Y. Lai18,20 , Drew Lapeer2,20 , Matteo Messa12,20 ,
Göran Östlin1,20 , Elena Sabbi19,20 , Linda J. Smith7,20 , Monica Tosi12,20
1
Department of Astronomy, Stockholm University and Oskar Klein Center, AlbaNova University Center, Stockhol
2
Department of Astronomy, University of Massachusetts, Amherst, MA, USA
3
Astronomy Unit, School of Physics and Astronomy, Queen Mary University of London, London, UK
4
Katonah, NY, USA
5
Research School of Astronomy and Astrophysics, Australian National University, Stromlo, Australian Capital Territ
6
Steward Observatory, University of Arizona, Tucson, AZ, USA
7
Space Telescope Science Institute, Baltimore, MD, USA
8
I. Physikalisches Institut, Universität zu Köln, Cologne, Germany
9
Department of Astrophysics, American Museum of Natural History, New York, NY, USA
10
Dipartimento di Fisica, Università di Pisa, Pisa, Italy
11
INFN, Pisa, Italy
12
INAF - OAS, Osservatorio di Astrofisica e Scienza dello Spazio di Bologna, Bologna, Italy
13
Cardiff Hub for Astrophysics Research and Technology, School of Physics and Astronomy, Cardiff University, C
14
Research School of Astronomy and Astrophysics, Australian National University, Canberra, Australian Capital Terr
15
ARC Centre of Excellence for All Sky Astrophysics in 3 Dimensions (ASTRO 3D), Canberra, Australian Capital Ter
16
Max-Planck-Institut für Astrophysik, Garching, Germany
17
Zentrum für Astronomie der Universität Heidelberg, Astronomisches Rechen-Institut, Heidelberg, Germa
18
IPAC, California Institute of Technology, Pasadena, CA, USA
19
Gemini Observatory/NSFs NOIRLab, Tucson, AZ, USA
20
These authors contributed equally
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Reçu le 31 octobre 2025
Accepté le 7 avril 2026
Publié en ligne le 6 mai 2026
Résumé
Quantifier les échelles de temps d’émergence des amas stellaires à partir de leurs nuages
natals reste l’un des principaux défis pour comprendre le processus de formation des étoiles.
Ces échelles de temps sont des mesures fondamentales du cycle de formation stellaire au
sein des galaxies, mais elles sont difficiles à contraindre en raison de l’interaction complexe
entre la rétroaction stellaire et la formation des étoiles à plusieurs échelles physiques. Dans
cette étude, nous présentons des observations du télescope spatial Hubble (HST) et du
télescope spatial James Webb (JWST) de milliers de jeunes amas stellaires dans quatre
1
galaxies proches (M51, M83, NGC 628 et NGC 4449). Une fraction substantielle de ces
amas est encore enfouie dans leur gaz natal et reste invisible aux longueurs d’onde optiques.
Nous contraignons leur processus d’émergence en mesurant les échelles de temps nécessaires
pour disperser la matière environnante. Nous trouvons une forte corrélation entre l’échelle de
temps de dispersion et la masse stellaire de l’amas : les amas massifs émergent plus ra-
pidement que leurs homologues de faible masse. Cela constitue une contrainte critique
pour les simulations de formation stellaire et de rétroaction stellaire, qui peinent à repro-
duire pleinement la formation et l’émergence des amas stellaires. Nos résultats soulignent le
rôle central des amas massifs dans l’échappement du rayonnement ionisant dans le milieu
galactique. Enfin, ils imposent des limites temporelles pour la formation des planètes dans
les environnements d’amas massifs, où les disques sont exposés au rayonnement ultraviolet
et où l’afflux de gaz supplémentaire est arrêté.
Table des matières
1 Introduction 2
2 Observations et méthodologie 3
2.1 Données et réduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2 Identification des amas stellaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3 Résultats 3
3.1 Séquence évolutive des amas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3.2 Échelles de temps d’émergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3.3 Analyse par galaxie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
4 Discussion 5
4.1 Implications pour la formation des planètes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
5 Méthodes 5
5.1 Dérivation des propriétés physiques et des échelles de temps . . . . . . . . . . . . 5
5.2 Impact de la perte de masse stellaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
6 Conclusion 6
7 Disponibilité des données et du code 6
8 Remerciements 7
9 Conflits d’intérêts 7
10 Licence 7
1 Introduction
La formation des étoiles est généralement comprise comme résultant de l’effondrement gra-
vitationnel de régions à haute densité dans les nuages moléculaires géants, conduisant à la
formation de systèmes stellaires groupés. Dans les amas et associations stellaires, les étoiles
massives (M > 15 masses solaires, M⊙ ) sont responsables de la grande majorité de l’énergie et
de la quantité de mouvement libérées dans le milieu environnant par le biais de processus collec-
tivement appelés rétroaction stellaire (photoionisation, vents stellaires, pression de radiation
et supernovæ). Cette rétroaction est ainsi l’un des principaux processus expliquant l’ineffica-
cité observée de la formation des étoiles dans les galaxies, où seule une fraction du gaz
disponible formera finalement des étoiles.
2
Cependant, l’échelle de temps selon laquelle la rétroaction entraı̂ne la dispersion
des nuages et sa dépendance aux propriétés des amas stellaires et de l’environnement
environnant restent mal comprises.
—
2 Observations et méthodologie
2.1 Données et réduction
Dans cette étude, nous avons utilisé :
— Des observations UV-optiques publiques du HST pour M51, M83, NGC 628 et NGC
4449.
— Des nouvelles observations NIR du JWST obtenues dans le cadre du programme
FEAST (Feedback in Emerging extrAgalactic Star clusters).
Les galaxies ont été sélectionnées pour couvrir une gamme de distances (4 à 10 Mpc), assurant
une résolution de quelques parsecs dans l’émission NIR provenant des régions H II et des hy-
drocarbures aromatiques polycycliques (PAH) dans les régions de photodissociation
(PDR).
Filtres utilisés : F115W, F150W, F187N, F200W, F300M (F277W pour NGC 628), F335M,
F405N et F444W.
2.2 Identification des amas stellaires
Nous avons identifié trois classes de jeunes amas stellaires (YSCs) en fonction de leur
émission :
1. eYSCI : Amas avec une émission compacte et brillante dans les raies Paα/Brα et dans
la caractéristique PAH à 3,3 µm.
2. eYSCII : Pas d’émission compacte à 3,3 µm, mais une émission compacte et brillante en
Paα/Brα.
3. oYSCs : Amas optiquement sélectionnés (sources brillantes en bande V, ACS/F555W)
âgés de moins de 10 millions d’années (Myr).
Table 1 – Nombre d’amas eYSCI, eYSCII et oYSCs identifiés dans quatre galaxies de
l’échantillon FEAST. Nous notons que le nombre d’eYSCs diffère de celui rapporté dans la
référence 23, en raison de la coupure supplémentaire χ2red < 50 et de la correction des doublons.
Les systèmes identifiés à la fois comme eYSCs et oYSCs sont retirés des classes eYSC et conservés
comme oYSCs.
M51 M83 NGC 628 NGC 4449
eYSCI 1 589 1 001 636 211
eYSCII 768 429 512 229
oYSCs 664 1 201 1 495 162
3 Résultats
3.1 Séquence évolutive des amas
La Figure ?? présente les couleurs dans le proche infrarouge (NIR) des eYSCs et
oYSCs.
3
— eYSCI (symboles rouges) : Excès important en Paα et dans le filtre F444W (poussière
chaude).
— eYSCII (symboles oranges) : Phase intermédiaire avec un excès en PAH et poussière
chaude.
— oYSCs (symboles bleus) : Couleurs cohérentes avec des âges plus avancés (7-10 Myr),
une extinction modérée et peu ou pas d’émission de poussière.
Séquence évolutive observée : eYSCI → eYSCII → oYSCs
3.2 Échelles de temps d’émergence
Nous définissons deux échelles de temps :
1. τTOT : Temps nécessaire pour que les amas avec des régions H II associées (eYSCI et
eYSCII) évoluent en oYSCs exposés.
#eYSCI + #eYSCII
τTOT = × 10 Myr (1)
#eYSCI + #eYSCII + #oYSCs
2. τPDR : Temps nécessaire pour que les eYSCI perdent leurs PDR compacts (traçés par
l’émission PAH à 3,3 µm).
#eYSCI
τPDR = × 10 Myr (2)
#eYSCI + #eYSCII + #oYSCs
Figure 1 – Échelles de temps d’émergence en fonction de la masse stellaire (échelle logarith-
mique) pour la population combinée de YSCs dans les quatre galaxies FEAST. Les cercles pleins
et les carrés vides indiquent les échelles de temps τTOT et τPDR , respectivement. Chaque bin
contient le même nombre d’objets, sauf pour les deux bins de masse les plus élevés, qui sont di-
visés en deux bins supplémentaires. Sur l’axe y, τ /τMM montre les échelles de temps normalisées
à τTOT du bin de masse le plus élevé (τMM = 4, 9 Myr), tandis que l’axe y secondaire donne les
valeurs absolues.
Table 2 – Échelles de temps d’émergence en fonction de la masse stellaire pour la population
combinée de YSCs dans les quatre galaxies FEAST. Les valeurs sont basées sur les données de
la Figure 1.
Masse stellaire (M⊙ ) τTOT (Myr) τPDR (Myr)
102 − 103 7–8 5
103 − 104 6–7 4–5
> 104 ≈5 ≈4
3.3 Analyse par galaxie
Figure ?? : Analyse des échelles de temps pour chaque galaxie individuellement.
— M51 montre les échelles de temps les plus longues (jusqu’à 9 Myr pour les amas de faible
masse), possiblement affectées par des dynamiques galactiques complexes (interac-
tions de marée avec une galaxie satellite).
— NGC 4449 (faible métallicité, 1/3 de la métallicité solaire) présente des τPDR beaucoup
plus courts, probablement en raison d’un déficit en PAH dans cette galaxie.
4
Table 3 – Échelles de temps d’émergence (τTOT et τPDR ) pour chaque galaxie, en fonction de
la masse stellaire. Les valeurs sont basées sur les données des Figures 1 et ??.
Galaxie Masse (M⊙ ) τTOT (Myr) τPDR (Myr)
M51 102 − 103 8–9 6–7
103 − 104 6–7 4–5
> 104 ≈5 ≈4
M83 102 − 103 7–8 5–6
103 − 104 6 4
> 104 ≈5 ≈3
NGC 628 102 − 103 7 5
103 − 104 6 4
> 104 ≈5 ≈3
NGC 4449 102 − 103 6 3–4
103 − 104 5 2–3
> 104 ≈4 ≈2
4 Discussion
4.1 Implications pour la formation des planètes
— Les disques protoplanétaires autour des étoiles sont influencés par leur environnement
immédiat.
— Dans les amas massifs (M > 104 M⊙ ), les fractions de disques sont significativement
plus faibles en raison de :
— Photoévaporation UV externe.
— Rencontres stellaires fréquentes.
— Nos résultats montrent que les amas massifs émergent plus tôt, ce qui :
— Expose une plus grande fraction de disques à la photoévaporation externe.
— Réduit rapidement le réservoir de gaz pour l’accrétion supplémentaire.
Table 4 – Implications des échelles de temps d’émergence sur la formation des planètes dans
les amas stellaires.
Environnement Temps d’exposition au rayonnement UV Impact sur la
Amas massifs (M > 104 M⊙ ) Court (2–4 Myr) Réduction significativ
Amas de faible masse (M < 103 M⊙ ) Long (5–8 Myr) Moins d’im
5 Méthodes
5.1 Dérivation des propriétés physiques et des échelles de temps
— Ajustement SED avec CIGALE pour obtenir :
— Âge, masse stellaire et extinction pour chaque amas.
5
— Sélection des amas :
— eYSCs : Détectés en Paα/Brα et PAH à 3,3 µm.
— oYSCs : Sélectionnés en bande V (F555W) et âgés de < 10 Myr.
Table 5 – Critères de sélection des amas stellaires dans cette étude.
Classe Critères de détection Âge estimé
eYSCI Émission compacte en Paα/Brα + PAH à 3,3 µm < 5 Myr
eYSCII Émission compacte en Paα/Brα, pas de PAH compact 5–7 Myr
oYSCs Détection optique (F555W), SED < 10 Myr
5.2 Impact de la perte de masse stellaire
— Nous avons testé des scénarios extrêmes où les amas perdent 20 % ou 50 % de leur
masse stellaire pendant l’émergence.
— Résultat : La tendance générale avec la masse est conservée.
Table 6 – Impact de la perte de masse stellaire sur les échelles de temps d’émergence.
Scénario Perte de masse Impact sur τTOT
Scénario 1 20 % Tendances conservées
Scénario 2 50 % Tendances conservées
6 Conclusion
Nos résultats montrent que :
1. Les amas massifs émergent plus rapidement que les amas de faible masse.
2. Les échelles de temps d’émergence dépendent fortement de la masse stellaire.
3. Les amas massifs jouent un rôle central dans l’échappement du rayonnement ionisant
dans le milieu galactique.
4. La formation des planètes est limitée dans le temps dans les environnements d’amas
massifs en raison d’une exposition précoce au rayonnement UV et d’un arrêt rapide de
l’afflux de gaz.
Ces résultats fournissent des contraintes essentielles pour les modèles de formation stel-
laire et de rétroaction, ainsi que pour comprendre l’évolution des disques protoplanétaires dans
différents environnements galactiques.
—
7 Disponibilité des données et du code
— Données : Disponibles via [Link] et [Link]
[Link]/.
— Code : Utilisation de Astropy, NumPy, SciPy, Matplotlib, Pandas, CIGALE.
—
6
8 Remerciements
Ce projet est basé en partie sur des observations réalisées avec le JWST (programme n°
1783) et le HST, financés par la NASA, l’ESA et l’ASC.
—
9 Conflits d’intérêts
Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts.
—
10 Licence
Cet article est sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC
BY 4.0).