Manou
Manou
1. Introduction
Le paludisme (ou malaria) est une infection parasitaire majeure dans les régions
tropicales, particulièrement au Cameroun. Il constitue la première cause de morbidité et de
mortalité, affectant surtout les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Malgré des
mesures préventives (moustiquaires imprégnées, lutte antivectorielle), le paludisme demeure
un défi de santé publique. Ce cours met en lumière les aspects clés de la maladie pour
permettre une prise en charge efficace tant au niveau du diagnostic que du traitement, et
insiste sur l’importance de la prévention et du suivi.
2. Épidémiologie
2.1. Situation mondiale et au Cameroun
Mondialement : Des centaines de millions de cas annuels, avec une forte
concentration en Afrique subsaharienne, où des centaines de milliers de décès
surviennent chaque année.
Au Cameroun : Endémie intense dans les zones rurales et certaines zones forestières,
particulièrement pendant la saison des pluies. Les enfants et les femmes enceintes
sont les plus vulnérables.
2.2. Facteurs influençant la transmission
Environnementaux : Climat chaud et humide, présence d’eaux stagnantes favorisant
la reproduction des moustiques Anopheles.
Socio-économiques : Conditions de vie précaires, accès limité aux moyens de
prévention et soins, faible utilisation de moustiquaires imprégnées.
Comportementaux : Retard à la consultation en cas de fièvre, automédication
inappropriée, non-utilisation des mesures de protection.
2.3. Impacts
Sanitaires : Haute morbidité, complications graves (neuropaludisme, anémie sévère).
Économiques et sociaux : Impact sur la croissance des enfants, absentéisme scolaire
et professionnel, charges financières élevées pour les ménages.
3. Étiologies
3.1. Agent pathogène
Le paludisme est provoqué par des protozoaires du genre Plasmodium.
P. falciparum : Principal responsable des formes graves en Afrique.
P. vivax et P. ovale : Fréquents hors d’Afrique, associés aux rechutes grâce aux
hypnozoïtes hépatiques.
P. malariae : Évolution plus lente, souvent chronique.
P. knowlesi : Rare en Afrique, predominant en Asie du Sud-Est
3.2. Mode de contamination
La contamination s’effectue principalement par la piqûre d’un moustique
Anopheles femelle infecté qui pique surtout la nuit. D’autres voies (transmission
congénitale ou par transfusion sanguine) sont exceptionnelles.
3.3. Facteurs favorisants
Climat et environnement : Chaleur, humidité, et eaux stagnantes favorisent la
reproduction du vecteur.
Habitat précaire : Absence de moustiquaires et insuffisance d’assainissement.
Saison des pluies : Intensifie la prolifération des moustiques.
3.4. Facteurs de risque
Groupes vulnérables : Enfants < 5 ans, femmes enceintes, immunodéprimés.
Voyageurs non immunisés : Risque élevé lors de courts séjours en zones
endémiques.
Absence de prophylaxie : Dans les zones à forte transmission.
4. Physiopathologie
4.1. Vecteur
Le moustique Anopheles femelle, vecteur unique de la transmission, pique
principalement la nuit. Il s’infecte en aspirant le sang d’un hôte parasité et transmet le parasite
lors d’une piqûre ultérieure.
4.2. Cycle parasitaire
Piqûre :
Le moustique injecte des sporozoïtes dans le sang lors de sa piqûre.
Phase hépatique (exo-érythrocytaire) :
Les sporozoïtes migrent rapidement vers le foie (en quelques heures) et infectent
les hépatocytes où ils se multiplient de façon asymptomatique.
P. vivax et P. ovale peuvent former des hypnozoïtes dormants, source de rechutes
ultérieures.
Phase sanguine (érythrocytaire) :
Les hépatocytes éclatent, libérant des mérozoïtes qui infectent les globules rouges.
Multiplication asexuée conduisant à la lyse des globules rouges, provoquant fièvre,
anémie et autres symptômes.
Formation de gamétocytes :
Formes sexuées reprises par le moustique lors d’une piqûre, complétant le cycle.
4.3. Durée d’incubation
P. falciparum : 7 à 15 jours.
P. vivax / P. ovale : Plusieurs semaines à mois, en raison des hypnozoïtes.
P. malariae : Variable, souvent plusieurs semaines.
4.4. Mécanismes physiopathologiques
Lyse des érythrocytes : La destruction répétée des globules rouges entraine une
libération massive de médiateurs inflammatoires, déclenchant des accès de fièvre
intermittents.
Cyto-adhérence (P. falciparum) : Les érythrocytes infectés adhèrent aux parois
capillaires, provoquant des obstructions microcirculatoires, en particulier dans le
cerveau (neuropaludisme) et d’autres organes (insuffisance rénale, syndrome de
défaillance multiviscérale).
Réponse immunitaire : La production de cytokines (TNF-α, IL-1, IL-6) contribue
à la symptomatologie et peut aggraver les lésions tissulaires.
4.5. Critères de gravité et explication de l’hyperparasitémie
Critères de gravité :neuropaludisme (coma, convulsions),anémie sévère,détresse
respiratoire,insuffisance rénale, hypoglycémie,hyperparasitémie
Hyperparasitémie : Cela se réfère à un taux élevé de globules rouges infectés par le
parasite, généralement défini par des seuils >2 % à 5 % selon les références.
Dans des cas extrêmes, la parasitémie peut dépasser 10 %, indiquant une charge
parasitaire très importante.
Un taux élevé de parasitémie est associé à un risque accru de complications graves
telles que le neuropaludisme, en raison d'une cyto-adhérence massive et de la destruction
continue des érythrocytes.
5. Évolution
5.1. Sans traitement
P. falciparum : L’évolution peut être fulminante, menant à des complications
sévères (neuropaludisme, anémie critique, défaillance multiviscérale) en quelques
jours ou semaines.
P. vivax / P. ovale : Risque de rechutes fréquentes dû aux hypnozoïtes.
P. malariae : Évolution lente mais persistante, parfois chroniquement anémiante.
5.2. Avec traitement
Régression rapide : Sous ACT approprié, la fièvre décroît en 1 à 3 jours.
Amélioration progressive : Correction de l’anémie et réduction de la parasitémie.
Éradication des hypnozoïtes : Chez P. vivax et P. ovale, la primaquine sur 14 jours
permet de prévenir les rechutes.
Diminution de la mortalité : Une prise en charge rapide et adaptée réduit
considérablement la mortalité.
5.3. Complications
À court terme : Coma, convulsions, détresse respiratoire, hypoglycémie sévère.
À moyen terme : Rechutes, anémie chronique, retard de croissance chez l’enfant.
À long terme : Séquelles neurologiques après neuropaludisme, complications rénales,
impact socio-économique durable
6. Traitement (Paludisme non compliqué)
6.1. Thérapies combinées (ACT)
Artéméther-luméfantrine (AL)
Posologie : 6 doses sur 3 jours (première prise immédiatement, deuxième 8 h
plus tard, puis 2 prises par jour lors des jours 2 et 3).
Durée : 3 jours.
Remarques : À prendre avec un repas riche en graisses.
Artésunate + Amodiaquine (ASAQ)
Posologie : 1 prise quotidienne en dose combinée pendant 3 jours.
Durée : 3 jours.
Dihydroartémisinine-pipéraquine (DHA-PPQ)
Posologie : 1 prise par jour pendant 3 jours, selon le poids.
Durée : 3 jours.
6.2. Traitement pour P. vivax et P. ovale
Phase aiguë : ACT ou chloroquine (selon sensibilité locale).
Traitement anti-hypnozoïtes : Primaquine 0,25-0,5 mg/kg/j oral pendant 14 jours
(vérifier le statut G6PD).
6.3. Traitement pour P. malariae
ACT ou chloroquine sur 3 jours, sans nécessité de traiter des hypnozoïtes
7. Traitement du paludisme grave
7.1. Artésunate injectable (référence)
Posologie : 2,4 mg/kg IV ou IM à l’admission (H0), puis à H12 et H24.
Ensuite, 2,4 mg/kg une fois par jour jusqu’à ce que le patient puisse passer en
traitement oral (généralement de 2 à 7 jours en total pour le traitement parental).
Relais oral : Passage à une ACT dès que possible.
Surveillance : Contrôle régulier de la température, glycémie, tension artérielle et état
de conscience.
7.2. Artéméther injectable (alternative)
Dose initiale de 3,2 mg/kg IM, puis 1,6 mg/kg/jour jusqu’au relais oral.
Durée : Généralement 5 à 7 jours.
Utilité : Alternative en cas d’indisponibilité de l’artésunate IV/IM, bien que
l’artésunate reste le traitement préféré.
7.3. Quinine IV (alternative)
Posologie :10 mg/kg administré 3 fois par jour par perfusion lente (2-4 heures par
injection).
Durée : 48 à 72 heures, suivie d’un relais par ACT.
Risques : Hypoglycémie, nécessitant une surveillance étroite de la glycémie et,
idéalement, un ECG pour détecter tout allongement de l’intervalle QT
8. Traitement adjuvant : Prise en charge
complémentaire
8.1. Contrôle de la fièvre et de la douleur
Antipyrétiques (paracétamol)
Enfants : 10-15 mg/kg toutes les 4 à 6 heures.
Adultes : 500-1000 mg toutes les 4 à 6 heures (ne pas dépasser 3-4 g/jour).
AINS (ibuprofène)
Peut être utilisé pour soulager la douleur, avec prudence en cas de
déshydratation.
8.2. Réhydratation et équilibre hydro-électrolytique
Hydratation orale : Solutions de réhydratation orale si le patient peut boire.
Perfusions IV : Indiquées en cas de vomissements répétés, troubles de conscience ou
choc ; importance de surveiller pour éviter la surcharge hydrique.
8.3. Correction de l’anémie et transfusions
Transfusions : Prévoir des transfusions si l’hémoglobine chute en dessous des seuils
critiques (par exemple Hb <5 g/dl chez l’enfant), avec surveillance des réactions
transfusionnelles et des paramètres vitaux.
8.4. Gestion des complications neurologiques et métaboliques
Convulsions : Administration IV de benzodiazépines (diazépam ou midazolam).
Coma/Neuropaludisme : Soins en réanimation, protection des voies
aériennes, surveillance neurologique continue, possibilité d’intubation si
nécessaire.
Hypoglycémie : Vérification régulière de la glycémie, administration de glucose
IV en cas de besoin.
8.5. Prévention des infections associées
Antibiothérapie : Si suspicion d’infections secondaires (pneumonie, sepsis) en
fonction des résultats cliniques et biologiques.
Asepsie stricte : Pour les perfusions, cathéters et autres interventions invasives.
8.6. Soutien nutritionnel et psychologique
Nutrition : Support pour corriger la dénutrition, apport de compléments
hypercaloriques (particulièrement chez les enfants et femmes enceintes).
Soutien psychologique : Information et accompagnement pour le patient et sa
famille, en particulier dans les cas graves ou en réanimation.
9. Soins infirmiers
9.1. Soins et surveillance
Diagnostic rapide : Aider à la réalisation et à l’interprétation des tests (TDR, frottis,
goutte épaisse).
Surveillance vitale : Contrôle fréquent de la température, glycémie, tension artérielle,
diurèse et niveau de conscience.
Administration des traitements : Assurer la prise complète des doses prescrites
(ACT sur 3 jours, traitement par artésunate IV/IM ou quinine IV en cas de paludisme
grave).
Gestion des complications : Surveillance pour détecter l’apparition des signes de
gravité (neuropaludisme, hypoglycémie, défaillance multiviscérale).
9.2. Éducation et prévention
Utilisation des moustiquaires imprégnées : Conseils sur l’installation, la
réimprégnation et la maintenance.
Recherche de soins précoces : Inciter à consulter dès l’apparition de la fièvre sans
attendre l’aggravation.
Mesures antivectorielles : Prévention collective (assainissement, élimination des
eaux stagnantes) et individuelle (vêtements longs, répulsifs).
9.3. Rôle de l’infirmier(ère)
Sensibilisation et formation : Informer la communauté sur les mesures de
prévention et d’hygiène.
Coordination : Collaboration avec les équipes médicales et les
programmes nationaux de lutte contre le paludisme.
Suivi post-traitement : Surveillance des patients après traitement pour détecter les
rechutes ou les complications à moyen et long terme.
EXERCICES D’APPLICATION
A. Définir ces termes en précisant leur rôle dans le paludisme et leur impact sur la
prise en charge.
Paludisme, Anopheles femelle, Cyto-adhérence, ACT (Artemisinin-based Combination
Therapy), Artésunate IV
B. Questions à choix multiples (QCM)
1. Quel parasite est le plus responsable des formes graves en Afrique ?
a. P. vivax
b. P. falciparum
c. P. malariae
d. P. ovale
2. Parmi les signes suivants, lequel n’est pas un critère de gravité du paludisme ?
a. Neuropaludisme (coma)
b. Hyperparasitémie
c. Arthralgies légères
d. Anémie sévère
3. Quel est le traitement standard d’un paludisme non compliqué à P. falciparum ?
a) Suramine
b) ACT sur 3 jours
c) Chloroquine seule
d) Primaquine seule
4. La prophylaxie médicamenteuse est recommandée chez :
a) Les populations autochtones immunisées
b) Les voyageurs non immunisés en zone endémique
c) Les patients déjà guéris
d) Tous les enfants dès la naissance
5. La particularité de P. vivax et P. ovale est :
a) Incubation de 2 jours
b) Présence d’hypnozoïtes hépatiques provoquant des rechutes
c) Absence de cycle hépatique
d) Forme plus sévère que P. falciparum
C. Questions à réponse ouverte (QRO)
1. Expliquez la notion de cyto-adhérence chez P. falciparum et son rôle dans les
complications graves.
2. Citez les différents critères de gravité du paludisme (cliniques et biologiques).
3. Quelles mesures de prévention collective permettent de réduire l’incidence du
paludisme ?
4. Comparez la prise en charge d’un paludisme non compliqué à celle d’un paludisme
grave.
5. Pourquoi doit-on traiter P. vivax et P. ovale avec primaquine en complément d’un
ACT ?
6. Quels conseils clés diffuseriez-vous lors d'une campagne éducative contre le
paludisme ?
D. 4. Association
Associez chaque terme de la colonne A à la définition correspondante de la colonne B.
Colonne A Colonne B
E. Cas cliniques
Cas 1 : Un enfant de 3 ans présente une fièvre à 40 °C, vomissements et somnolence. Le
TDR est positif à P. falciparum.
Question : Quels signes indiquent un paludisme grave et quel traitement parentéral initial
proposeriez-vous ?
Cas 2 : Une femme enceinte du 2ᵉ trimestre présente de la fièvre depuis 2 jours, TDR
positif à P. falciparum, sans signes de gravité évidents.
Question : Quel protocole d’ACT recommanderiez-vous, et quelles précautions
spécifiques pour elle et son fœtus ?
Cas 3 : Un adulte récemment rentré d’une zone endémique présente un accès fébrile
intermittent. Le frottis révèle P. vivax.
Question : Pourquoi administrer une cure de primaquine 14 jours en complément, et
comment surveiller ce traitement ?
Cas 4 : Un enfant de 8 ans, résidant dans une zone palustre, a connu 3 épisodes de
paludisme en 6 mois.
Question : Quels conseils de prévention et d’éducation transmettrez-vous aux parents ?
Quel rôle joue la chimioprévention saisonnière dans ce contexte ?
Cas 5 : Un touriste non immunisé revient d’un séjour au Cameroun, sans prise de
prophylaxie, et présente une fièvre à 38,5 °C depuis 2 jours.
Question : Quel examen d’urgence prescrirez-vous, quel traitement débuteriez-vous en
cas de paludisme confirmé, et quelles recommandations donneriez-vous pour ses futurs
voyages ?
Chapitre 2 : TRYPANOSOMIASE
Colonne A Colonne B
1. Introduction
La dysenterie amibienne (amoebiasis) est une infection intestinale causée par le
protozoaire Entamoeba histolytica. Elle est fréquente dans les régions tropicales et
subtropicales, notamment en Afrique, en Asie et en Amérique latine. La transmission se fait
principalement par la voie féco-orale avec ingestion de kystes présents dans l’eau ou les
aliments contaminés. La maladie se manifeste souvent par des douleurs abdominales, de la
diarrhée sanglante et peut évoluer vers des complications graves, notamment la perforation
intestinale et des abcès hépatique.
2. Étiologie
2.1. Agent pathogène
Entamoeba histolytica est le protozoaire responsable.
Deux formes principales :
Kystes : Forme infectieuse stable dans l’environnement.
Trophozoïtes : Forme active pouvant envahir les tissus après ingestion.
2.2. Mode de contamination
Transfert féco-oral : Ingestion de kystes contaminant l’eau ou la nourriture.
Transmission de personne à personne est également possible dans des milieux
insalubres.
2.3. Facteurs favorisants
Insuffisance d’assainissement et d’eau potable.
Conditions d’hygiène personnelles médiocres.
Environnement surpeuplé et insalubre.
2.4. Facteurs de risque
Zones à hygiène défaillante.
Population vivant dans des zones rurales ou défavorisées.
Voyageurs et personnes en contact avec de l’eau ou des aliments contaminés.
3. Physiopathologie
3.1. Pénétration du parasite
Ingestion des kystes : après ingestion, le passage dans l’intestin grêle permet la
transformation en trophozoïtes.
Activation : les trophozoïtes se transforment en formes invasives dans le côlon.
3.2. Invasion tissulaire
Adhésion et destruction : Les trophozoïtes adhèrent à la muqueuse intestinale et
sécrètent des enzymes qui provoquent des ulcérations et des lésions.
Inflammation : Une réponse immunitaire locale se déclenche, entraînant douleurs
abdominales et diarrhée sanglante.
3.3. Extension extra-intestinale
Diffusion sanguine : Dans certains cas, les trophozoïtes peuvent pénétrer la
circulation sanguine.
Abcès hépatique : En particulier, une dissémination vers le foie peut provoquer
des abcès, accompagnés de fièvre, douleur hépatique et jaunisse.
Dissémination secondaire : Moins fréquente, elle peut atteindre d'autres organes.
3.4. Mécanismes inflammatoires
Libération d’enzymes tissulaires : Dégradation de la barrière intestinale et
infiltration de cellules inflammatoires.
Réponse immunitaire : Production de cytokines qui renforcent la douleur, la
fièvre et les symptômes systémiques.
4. Diagnostic
4.1. Examens microbiologiques
Analyse des selles : Recherche de trophozoïtes ou kystes à l’aide de colorations (ex.
Mgg).
Culture parasitologique : Technique complémentaire, bien que moins utilisée.
4.2. Examens sérologiques et moléculaires
Sérologie : Détection d’anticorps anti-e. Histolytica.
Pcr : Identification génétique précise.
4.3. Imagerie
Échographie hépatique : Pour diagnostiquer les abcès hépatique en cas de suspicion
de dissémination extra-intestinale.
Scanner/tdm : En cas de suspicion de complications graves (perforation, abcès
multiples).
5. Traitement
5.1. Traitement médicamenteux
5.1.1. Traitement de la forme invasive (amoebicide)
Métronidazole
Posologie : 500 à 750 mg trois fois par jour.
Durée : 7 à 10 jours.
Objectif : Éliminer les trophozoïtes invasifs.
Tinidazole
Posologie : 2 g une fois par jour.
Durée : 3 jours.
Avantage : Moins d'effets secondaires et meilleure compliance grâce à une
posologie simplifiée.
5.1.2. Traitement de la forme intestinale
Paromomycine
Posologie : 25 mg/kg/jour en trois doses.
Durée : 7 jours.
Objectif : Éliminer les kystes résiduels dans l’intestin.
5.2. Traitement des complications
5.2.1. Abcès hépatique
Métronidazole prolongé, éventuellement associé à une intervention de
drainage (ponction guide par échographie) si nécessaire.
Antibiotiques supplémentaires en cas de surinfection secondaire.
5.2.2. Soins symptomatiques
Réhydratation orale ou intraveineuse selon le degré de déshydratation.
Antalgiques et antipyrétiques pour le contrôle de la douleur et de la fièvre.
6. Prévention
6.1. Mesures sanitaires et hygiéniques
Amélioration des conditions d’assainissement : Accès à de l’eau potable, gestion
appropriée des eaux usées.
Hygiène personnelle et alimentaire : Lavage régulier des mains, utilisation
d’eau traitée, nettoyage des aliments.
6.2. Éducation communautaire
Campagnes de sensibilisation sur l’hygiène, les dangers de l’eau contaminée et les
pratiques alimentaires sécuritaires.
6.3. Contrôle de l’infection
Gestion des déchets : Réduction de la contamination fécale dans les environs des
habitations.
Mesures individuelles : Conseils pour éviter la consommation d’eau non potable.
7. Soins infirmiers
7.1. Surveillance clinique
Observation des symptômes gastro-intestinaux : Surveillance des diarrhées, du
sang dans les selles, des douleurs abdominales.
Évaluation de l’état nutritionnel et de l’hydratation : Suivi de la déshydratation
et malnutrition.
Surveillance des signes de complications : Détection précoce d’un abcès hépatique
(douleurs au niveau de l’hépatomégalie) ou d’une perforation intestinale.
7.2. Administration des traitements
Médication : Assurer une bonne observance des antiprotozoaires
(métronidazole/tinidazole, paromomycine).
Techniques d’administration : Aide à la prise orale, vérification des horaires et des
doses.
Gestion des effets secondaires : Surveillance des troubles gastro-intestinaux, nausées
ou réactions allergiques.
7.3. Éducation et prévention
Hygiène personnelle : Conseils sur le lavage des mains et la préparation sécuritaire
des aliments.
Hygiène de l’eau : Utilisation de l’eau bouillie ou traitée, surtout pour les enfants.
Sensibilisation : Information sur les risques et les moyens de prévenir la
contamination (éducation communautaire).
7.4. Suivi post-traitement
Contrôle des symptômes : Suivi des modifications de la diarrhée et de l’état général.
Evaluation nutritionnelle : Suivi des paramètres nutritionnels et hydratation.
Prévention des rechutes : Sensibiliser sur l’importance de continuer les mesures
d’hygiène pour éviter la réinfection.
EXERCICE D’APPLICATION
Complétez la définition suivante concernant l’amibiase en insérant les termes appropriés dans
les blancs.
Exercice 2 : QROC
Question à réponse ouverte courte : Quel examen complémentaire permet de confirmer le
diagnostic d’une amibiase intestinale ?
Exercice 3 : Association
Colonne A Colonne B
A. Agent pathogène de l’amibiase 1. Diarrhée glairo-sanglante
(mucosanguinolente)
Exercice 4 : Vrai/Faux
Indiquez si chaque affirmation suivante à propos de l’amibiase est Vraie (V) ou Fausse (F) :
Madame X, 28 ans, est admise aux urgences pour une fièvre à 39 °C et des douleurs
abdominales diffuses évoluant depuis 5 jours. Elle revient d’une mission humanitaire de 6
mois en Inde, où elle a séjourné dans des zones rurales à l’hygiène précaire. À son arrivée,
elle présentait initialement des diarrhées avec glaires et sang depuis deux semaines,
accompagnées de crampes abdominales importantes.
Depuis 48 heures, son tableau s’est modifié : elle ressent une douleur vive sous-costale droite,
continue, associée à une fièvre élevée. Elle n’a pas d’antécédent médical notable. L’examen
clinique retrouve une sensibilité à la palpation de l’hypochondre droit avec hépatomégalie
douloureuse.
Questions :
1. Quel diagnostic principal suspectez-vous chez cette patiente ?
2. Expliquez brièvement la physiopathologie de cette affection et le lien entre les
symptômes initiaux et la nouvelle symptomatologie hépatique.
3. Quel traitement spécifique doit être instauré en urgence ?
4. Citez deux éléments importants du rôle infirmier dans la prise en charge de cette
patiente.
Chapitre 5 : PARASITOSES
INTESTINALES
ASCARIDIOSE
1.1. Définition
Infestation de l'intestin grêle par le grand ver rond, Ascaris lumbricoides , souvent
asymptomatique en cas de faible charge mais pouvant provoquer des troubles digestifs et des
complications mécaniques en cas d'infestation massive.
1.2. Étiologie
1.2.1. Agent pathogène
Ascaris lumbricoides (nématode).
1.2.2. Mode de contamination
Ingestion d'œufs embryonnés présents sur des aliments crus ou via l'eau
souillée.
Contact manuel (enfant jouant dans la terre contaminée).
1.2.3. Facteurs Favorisants et Facteurs de Risque
Hygiène déficiente (manque d'assainissement, eau non potable).
Cultures sur sol fertilisé avec des excréments.
Comportement de pica chez l'enfant.
Zones d'endémie en milieu tropical.
1.3. Sémiologie (Signes Cliniques)
Phase migratrice : syndrome allergique transitoire type toux sèche, légère
dyspnée et éosinophilie.
Phase intestinale (état) : douleurs abdominales, ballonnements, nausées et
parfois évacuation de vers par voie orale ou anale.
1.4. Physiopathologie
1.4.1. Cycle Parasitaire et Durée d'Incubation
Ingestion des œufs → éclosion dans l'intestin grêle → migration transitoire vers le foie
et les poumons (incubation quelques jours à 2-3 semaines pour la phase migratoire) →
déglutition et retour dans l'intestin où les vers adultes se développent (durée de vie de 1 à 2
ans).
1.4.2. Mécanismes Physiopathologiques
Migration larvaire provoquant une réaction immunitaire (éosinophilie et
symptômes allergiques).
Présence d'un nombre élevé de vers adultes pouvant entraîner un
encombrement mécanique (risque d'occlusion ou de migration aberrante).
1.5. Diagnostic
Examen parasitologique des selles (recherche d'œufs).
Observation visuelle d'un ver expulsé.
1.6. Évolution et Complications
Évolution spontanée possible en faible charge mais réinfestation fréquente
en zone endémique.
Complications : occlusion intestinale, appendicite et migration vers les voies
biliaires ou pancréatiques.
1.7. Traitement
1.7.1. Posologie et Durée du Traitement
Albendazole : 400 mg en dose unique.
Mébendazole : 100 mg deux fois par jour pendant 3 jours.
Alternative en cas de contre-indication : Pyrantel pamoate, dose unique de
11 mg/kg (max 1 g).
1.8. Soins infirmiers
Vérifier la bonne prise du traitement en résultant aux patients (ou aux parents)
l'importance de l'observance.
Surveiller la disparition des symptômes et la reprise du transit.
Informateur sur les mesures d'hygiène (lavage des mains, cuisson des aliments)
et la prévention des réinfestations.
EXERCICE D’APPLICATION
Exercice 2 : QROC
1. Citez deux complications pouvant survenir lors d’une infestation massive par Ascaris
lumbricoides.
Exercice 3 : Association
Associez les éléments à gauche avec ceux qui correspondent à droite au sujet de l’ascaridiose.
Colonne A Colonne B
A. A. Parasite protozoaire 1. Occlusion intestinale en cas d’infestation
responsable massive)
Exercice 4 : Vrai/Faux
1. Ascaris lumbricoides est un ver rond de grande taille parasite de l’intestin humain.
2. La contamination par l’ascaris se fait principalement en marchant pieds nus sur un sol
humide.
3. Les larves d’ascaris migrent à travers les poumons pendant une partie du cycle.
4. La plupart des infestations par Ascaris restent asymptomatiques si la charge parasitaire
est faible.
5. L’ascaridiose peut provoquer une occlusion intestinale en cas d’infestation massive.
6. La consommation de crudités souillées n’a aucun rôle dans la transmission de
l’ascaridiose.
Un garçon de 4 ans vivant en milieu rural consulte pour un ballonnement abdominal et des
douleurs diffuses. Ses parents rapportent qu’il a présenté une toux persistante il y a environ
deux semaines. À l’examen, l’enfant a le ventre distendu et sensible, sans occlusion aiguë ni
fièvre. L’auscultation pulmonaire est normale. Les parents signalent avoir observé à plusieurs
reprises l’émission de longs « vers » blanchâtres dans les selles de l’enfant.
Questions :
ANKYLOSTOMOSE
2.1. Définition
Infestation par des ankylostomes (ex. Ancylostoma duodenale ou Necator
americanus ). Ces petits vers intestinaux se fixent à la muqueuse et se nourrissent de sang,
entraînant souvent une anémie chronique.
2.2. Étiologie
2.2.1. Agent pathogène
Ancylostoma duodenale et Necator americanus (nématodes hématophages).
2.2.2. Mode de contamination
Pénétration de la peau par des larves filariformes présente dans un sol chaud et humide,
notamment par les pieds nus.
2.2.3. Facteurs Favorisants et Facteurs de Risque
Sols contaminés en milieu rural.
Manque de chaussures.
Hygiène de l'environnement insuffisante.
2.3. Sémiologie (Signes Cliniques)
Symptômes initiaux au point d'entrée cutanée : irritation ou dermatite locale.
Dans l'intestin : douleurs épigastriques, troubles du transit, et anémie chronique
(fatigue, pâleur, essoufflement).
2.4. Physiopathologie
2.4.1. Cycle Parasitaire et Durée d'Incubation
Les larves présentes dans le sol pénétrant la peau → migration via la
circulation vers les poumons → remontée des bronches et déglutition → fixation dans
l'intestin grêle.
Incubation d'environ 5 à 9 jours pour la phase migratoire, puis fixation
dans l'intestin.
2.4.2. Mécanismes Physiopathologiques
Effet spoliatif sanguin : micro-lésions et succion sanguine provoquant une
anémie ferriprive.
Inflammation chronique de la muqueuse favorisant la malabsorption et les
troubles digestifs.
2.5. Diagnostic
Examen parasitologique des selles (recherche d'œufs).
Hémogramme révélant une éosinophilie et une anémie.
2.6. Évolution et Complications
Infection chronique avec risque d'anémie sévère.
Chez l'enfant, retard de croissance et troubles cognitifs.
2.7. Traitement
2.7.1. Posologie et Durée du Traitement
Albendazole : 400 mg en dose unique.
Mébendazole : 100 mg deux fois par jour pendant 3 jours (parfois avec
une seconde cure 1 à 2 semaines plus tard en cas d'infestation massive).
Supplémentation en fer à prévoir selon la sévérité de l'anémie.
2.8. Soins infirmiers
Superviser la prise des traitements et l'observance.
Surveiller les signes d'anémie et la réponse au traitement (contrôle du taux
d'hémoglobine).
Éduquer sur l'importance de porter des chaussures et d'améliorer l'hygiène
environnementale.
EXERCICE D’APPLICATION
L’ankylostomose est due à des vers ronds intestinaux appelés ankylostomes (ex :
duodenale). La contamination se fait par pénétration transcutanée des larves à travers la
(peau) lors du contact avec un sol contaminé par des déjections. Ces vers se fixent
dans l’ (portion de l’intestin) où ils se nourrissent de prélevé
sur la muqueuse intestinale. L’infestation peut entraîner des troubles digestifs discrets, mais
surtout une (carence due aux pertes sanguines). Le traitement repose sur
un antiparasitaire comme l’ , associé à une supplémentation en en cas de
besoin.
Exercice 2 : QROC
Expliquez en une ou deux phrases pourquoi une infestation par des ankylostomes
peut conduire à une anémie ferriprive.
Exercice 3 : Association
Colonne A Colonne B
A. Parasite protozoaire responsable 1. Anémie ferriprive (par carence en fer)
Exercice 4 : Vrai/Faux
Indiquez Vrai (V) ou Faux (F) pour les affirmations suivantes concernant l’ankylostomose :
Madame Z, 45 ans, originaire d’une zone rurale subtropicale, consulte pour une
fatigue intense, des vertiges et un essoufflement à l’effort. L’examen met en évidence une
pâleur marquée. Les analyses sanguines montrent une anémie ferriprive sévère.
Questions :
OXYUROSE
3.1. Définition
Infestation par le petit ver blanc Enterobius vermicularis caractérisé par des
démangeaisons anales intenses, particulièrement nocturnes.
3.2. Étiologie
3.2.1. Agent pathogène
Enterobius vermicularis (nématode).
3.2.2. Mode de contamination
Transmission interhumaine directe par ingestion d'œufs présents sur l'environnement
contaminé ou en auto-infestation (contacter manuel avec la région anale).
3.2.3. Facteurs Favorisants et Facteurs de Risque
Groupes d'enfants (crèches, écoles).
Hygiène manuelle insuffisante et environnement fortement contaminé (literie,
vêtements).
3.3. Sémiologie (Signes Cliniques)
Prurit anal nocturne intense.
Parfois, présence de vers blancs ou d'œufs sur la région péri-anale ou sur les sous-
vêtements.
3.4. Physiopathologie
3.4.1. Cycle Parasitaire et Durée d'Incubation
Les vers adultes résidents dans le côlon et pondent autour de l'anus.
Les œufs éclosent en quelques heures, ce qui permet la contamination rapide de
l'entourage.
3.4.2. Mécanismes Physiopathologiques
Le principal mécanisme réside dans le pont localisé entraînant une irritation et une
réaction inflammatoire de la muqueuse péri-anale.
3.5. Diagnostic
Test du scotch (ou scotch-test anal) réalisé au réveil pour détecter les œufs.
3.6. Évolution et Complications
Évolution bénigne mais très contagieuse.
Risque de réinfestation si l'environnement n'est pas traité (changements de literie,
hygiène des ongles).
3.7. Traitement
3.7.1. Posologie et Durée du Traitement
Albendazole ou Mebendazole en dose unique suivie d'une répétition après
2 semaines pour éliminer les œufs issus des œufs non éclos.
3.8. Soins infirmiers
Expliquez la méthode du scotch-test.
Organiser le traitement simultané de toute la famille ou du groupe affecté.
Renforcer les conseils d'hygiène (lavage régulier des mains, nettoyage de la literie
et des vêtements).
EXERCICE D’APPLICATION
L’oxyurose est une parasitose intestinale bénigne due à de petits vers ronds blanchâtres
nommés oxyures (Enterobius vermicularis). Ces parasites vivent dans le (partie du
gros intestin), et la femelle migre pondre ses œufs autour de l’ pendant la nuit. Cela
provoque un anal intense, surtout nocturne. La transmission est favorisée par le
des zones anales par l’enfant puis le port des mains à la bouche, entraînant une
auto-infestation. Le traitement de l’oxyurose consiste à administrer un antiparasitaire (ex :
flubendazole) et à traiter simultanément l’ du patient pour éviter les récidives.
Exercice 2 : QROC
Exercice 3 : Association
Colonne A Colonne B
A. Parasite protozoaire responsable 1. Cæcum et côlon (appendice)
Exercice 4 : Vrai/Faux
Indiquez pour chaque proposition si elle est Vraie (V) ou Fausse (F) à propos de l’oxyurose :
Questions :
TRICHOCÉPHALOSE
4.1. Définition
Infestation par le nématode Trichuris trichiura , souvent silencieuse en faible charge,
mais pouvant entraîner une colite chez l'enfant lourdement infesté.
4.2. Étiologie
4.2.1. Agent pathogène
Trichuris trichiura .
4.2.2. Mode de contaminatio
Ingestion d'œufs embryonnés contenus dans la terre ou sur des végétaux mal lavés.
4.2.3. Facteurs Favorisants et Facteurs de Risque
Conditions d'assainissement précaires et sols contaminés.
Enfants en zones endémiques présentant de mauvaises pratiques d'hygiène.
4.3. Sémiologie
Dysenterie chronique (diarrhées sanglantes, douleurs abdominales).
Chez l'enfant, risque de prolapsus rectal dans les cas sévères.
4.4. Physiopathologie
4.4.1. Cycle Parasitaire et durée d'Incubation
Œufs excrétés qui mûrissent dans le sol (2 à 3 semaines) puis ingérés.
Libération des larves qui s'ancrent dans le côlon, provoquant des micro-ulcérations.
4.4.2. Mécanismes Physiopathologiques
Micro-lésions de la muqueuse entraînant une inflammation, des pertes et une perte
de nutriments.
En charge élevée, inflammation chronique pouvant engendrer une dysenterie et un
retard de croissance.
4.5. Diagnostic
Examen parasitologique des selles pour identifier les caractéristiques des œufs.
4.6. Évolution et Complications
Évolution silencieuse en faible charge, chronique en cas de réinfestation.
Complications : anémie ferriprive, retard staturo-pondéral et prolapsus rectal.
4.7. Traitement
4.7.1. Posologie et Durée du Traitement
Albendazole : 400 mg par jour pendant 3 jours.
Mébendazole : 100 mg deux fois par jour pendant 3 jours, avec souvent une
seconde cure trois semaines plus tard en cas de forte charge.
4.8. Soins infirmiers
Surveiller la réponse au traitement par contrôle parasitologique et hématologique.
Encourager la reprise d'une alimentation équilibrée pour corriger la malnutrition.
Eduquer sur l'hygiène et la prévention des réinfestations.
EXERCICE D’APPLICATION
Exercice 2 : QROC
Quel signe clinique peut apparaître chez un enfant en cas de trichocéphalose massive ?
(Donnez un exemple.)
Exercice 3 : Association
Colonne A Colonne B
A. Parasite protozoaire responsable 1. Côlon (principalement cæcum)
Exercice 4 : Vrai/Faux
Indiquez Vrai (V) ou Faux (F) pour les affirmations suivantes à propos de la trichocéphalose :
Questions :
TÉNIASE
5.1. Définition
Infestation intestinale par un ténia (principalement Taenia saginata ou Taenia solium ).
En général asymptomatique mais source de gêne et risque de complications spécifiques
(cysticercose dans le cas de T. solium ).
5.2. Étiologie
5.2.1. Agent pathogène
Taenia saginata (ténia du bœuf)
Taenia solium (ténia du porc).
5.2.2. Mode de contamination
Ingestion de viande contaminée et mal cuite (bœuf ou porc) contenant des cysticerques.
5.2.3. Facteurs Favorisants et Facteurs de Risque
Consommation de viande insuffisante cuite ou crue.
Contrôles vétérinaires insuffisants et hygiène déficiente dans la transformation de la
viande.
5.3. Sémiologie (Signes Cliniques)
Souvent asymptomatique.
Émission visible d'anneaux (proglottis) dans les selles ou sur les sous-vêtements.
Dans T. solium , risque de complications liées à la cysticercose.
5.4. Physiopathologie
5.4.1. Cycle Parasitaire et Durée d'Incubation
Cycle nécessitant un hôte intermédiaire : œufs éliminés dans les selles puis ingestion
par l'animal, développement en cysticerque dans les muscles.
Chez l'homme, développement du ver adulte dans l'intestin après ingestion de viande
de contaminée (délai de quelques mois).
Pour la cysticercose : incubation prolongée après ingestion accidentelle d'œufs.
5.4.2. Mécanismes Physiopathologiques
Le ténia adulte se fixe dans l'intestin, provoquant une irritation locale.
Dans la cysticercose, les larves migrent dans divers tissus (cerveau, muscles)
entraînant une réaction inflammatoire sévère.
5.5. Diagnostic
Visualisation des segments ou détection des œufs dans les selles.
En cas de suspicion de cysticercose, complément par imagerie et sérologie.
5.6. Évolution et Complications
Evolution chronique avec possibilité de persistance pendant plusieurs années.
Complication majeure : neurocysticercose en cas d'auto-infestation par T. solium .
5.7. Traitement
5.7.1. Posologie et Durée du Traitement
Praziquantel : 5 à 10 mg/kg en dose unique (souvent 600 mg pour un adulte).
Niclosamide : 2 g en une demi-journée (ex. 500 mg toutes les 15 minutes sur 2
heures), souvent accompagné d'un laxatif.
En cas de neurocysticercose, traitement prolongé avec albendazole ou praziquantel
associé aux corticoïdes et anticonvulsivants.
5.8. Soins infirmiers
S'assurer de l'exactitude de la prise de médicaments et vérifier l'expulsion du scolex.
Renforcer l'éducation sur une bonne hygiène alimentaire (cuisson complète de la
viande).
En cas de cysticercose, surveiller les signes neurologiques et coordonner avec les
spécialistes.
EXERCICE D’APPLICATION
Exercice 2 : QROC
Exercice 3 : Association
Colonne A Colonne B
A. Ténia du bœuf 1. Cysticercose (formes larvaires disséminées
dans les organes)
Exercice 4 : Vrai/Faux
Indiquez si les affirmations suivantes sur la taeniase sont Vraies (V) ou Fausses (F) :
1. La taeniase correspond à la présence d’un ver ténia adulte dans l’intestin grêle.
2. On peut contracter une taeniase en mangeant de la viande de bœuf crue ou mal cuite.
3. Taenia saginata est transmis à l’homme par la viande de porc insuffisamment cuite.
4. La taeniase provoque généralement de graves douleurs abdominales dès l’infestation.
5. L’émission spontanée de segments de ver dans les selles est un signe évocateur
d’infestation par un ténia.
6. Le praziquantel est le traitement de choix pour éradiquer un ténia intestinal.
STRONGYLOÏDOSE
6.1. Définition
Infection provoquée par Strongyloides stercoralis caractérisé par une capacité d'auto-
infestation qui peut rendre la maladie chronique et potentiellement fatale en cas
d'immunosuppression.
6.2. Étiologie
6.2.1. Agent pathogène
Strongyloides stercoralis (nématode).
6.2.2. Mode de contamination
Pénétration cutanée par des larves filariformes présentes dans un sol contaminé.
6.2.3. Facteurs Favorisants et Facteurs de Risque
Conditions tropicales humides et sol contaminé.
Marche pieds nus.
Risque accru chez les personnes immunodéprimées (corticothérapie, infection
HTLV-1).
6.3. Sémiologie (Signes Cliniques)
Souvent asymptomatiques ou symptômes digestifs légers et dermatites localisées.
En cas de syndrome d'hyperinfestation chez l'immunodéprimé, apparition de fièvre
élevée, détresse respiratoire et signes neurologiques.
6.4. Physiopathologie
6.4.1. Cycle Parasitaire et Durée d'Incubation
Pénétration cutanée → migration via la circulation vers les poumons → déglutition
vers le duodénum où les larves se transforment en adultes.
Cycle d'auto-infestation interne possible, permettant la persistance de l'infection sur
plusieurs années.
Durée d'incubation variable ; le cycle interne peut commencer dès quelques jours
après l'infection initiale.
6.4.2. Mécanismes Physiopathologiques
L'auto-infestation continue : les larves s'éclosent dans l'intestin et réinfectent
directement l'hôte.
En cas d'immunosuppression, prolifération massive des larves, entraînant des
atteintes tissulaires et la dissémination bactérienne.
6.5. Diagnostic
Recherche des larves dans les selles (techniques spécifiques telles que Baermann ou
culture sur gélose).
Sérologie en soutien.
6.6. Évolution et Complications
Infection chronique pouvant perdurer indéfiniment sans traitement.
Risque majeur de syndrome d'hyperinfestation avec des complications
multiviscérales et septiques en cas d'immunodépression.
6.7. Traitement
6.7.1. Posologie et Durée du Traitement
Ivermectine : 200 µg/kg/j par voie orale pendant 2 jours (souvent répété 2 semaines
plus tard en cas de forte charge).
Alternative : Albendazole 400 mg deux fois par jour pendant 7 jours (moins
efficace).
6.8. Soins infirmiers
Surveiller étroitement l'état clinique, surtout chez les patients immunodéprimés.
Assurer le suivi du traitement par des examens parasitaires répétés.
Prévenir par le dépistage avant toute immunosuppression et éduquer sur les mesures
de protection (port de chaussures, hygiène environnementale).
EXERCICE D’APPLICATION
La strongyloïdose est une parasitose intestinale causée par un petit nématode appelé
(anguillule intestinale). La contamination se fait par des
larves infestantes à travers la peau, généralement au contact d’un sol humide souillé par des
selles. Ce parasite a la particularité de pouvoir se reproduire et persister dans l’hôte humain
par auto-infestation, ce qui lui permet de survivre pendant des dans l’organisme
sans nouvelle exposition. La strongyloïdose peut être asymptomatique ou entraîner des
troubles digestifs (douleurs abdominales, diarrhées intermittentes) et des manifestations
cutanées, typiquement une serpigineuse prurigineuse (appelée larva currens). Chez
les personnes immunodéprimées, la strongyloïdose peut évoluer vers un syndrome
d’ (dissémination massive) potentiellement fatal. Le traitement de choix est
l’ .
Exercice 2 : QROC
Pourquoi une infection par Strongyloides stercoralis peut-elle persister pendant des
décennies chez un individu, en l’absence de nouvelle contamination extérieure ? (Expliquez
le mécanisme en une phrase.)
Exercice 3 : Association
Colonne A Colonne B
A. Agent pathogène (nématode) 1. Pénétration transcutanée de larves filariformes
Exercice 4 : Vrai/Faux
Cochez Vrai (V) ou Faux (F) pour chacune des affirmations suivantes à propos de la
strongyloïdose :
Questions :
1. Définitions et épidémiologie
A. Définition générale
Les filarioses regroupent un ensemble d'infections parasitaires causées par des vers
filaires (nématodes) qui se transmettent à l’homme par la piqûre de vecteurs arthropodes. Une
fois introduits dans l’organisme, ces parasites se logent dans divers tissus (vaisseaux
lymphatiques, peau, yeux ou cavités corporelles) et induisent différentes manifestations
cliniques.
B. Répartition et impact épidémiologique
On rencontre majoritairement ces infections dans les zones intertropicales où les
conditions climatiques sont favorables à la reproduction des vecteurs (moustiques, taons,
simulies ou moucherons).
Des millions de personnes dans le monde – notamment en afrique, en asie et en
amérique latine – sont infectées, ce qui en fait un problème de santé publique majeur dans ces
régions.
Les filarioses se répartissent en plusieurs entités principales telles que la filariose
lymphatique (éléphantiasis), la loase, l’onchocercose (cécité des rivières) et la mansonellose.
2. Diagnostic et sémiologie commune
A. Diagnostic clinique
Historique épidémiologique :
La prise en charge débute par un interrogatoire précis sur les séjours en région
tropicale, le nombre de piqûres suspectes et l’exposition aux zones à risque (proximité des
rivières, forêts, zones marécageuses).
Examen clinique :
La recherche de signes typiques tels que l’apparition d’œdèmes chroniques (dans la
filariose lymphatique), des nodules sous-cutanés (onchocercose) ou le passage d’un ver sous
la conjonctive (loase).
La mise en évidence d’une hyperéosinophilie à la numération formule sanguine (nfs)
est également un indicateur biologique évocateur.
B. Examens complémentaires
Examen parasitologique :
Goutte épaisse et frottis sanguin : Réalisés en fonction de la périodicité des
microfilaires (ex. Prélèvement nocturne pour wuchereria bancrofti, prélèvement
en journée pour loa loa).
Biopsie cutanée (skin snip) : Particulièrement utile dans l’onchocercose pour
détecter les microfilaires dans le derme.
Tests immunologiques : Utilisation de tests rapides (ex. ICT) pour détecter
l’antigène circulant dans la filariose lymphatique. Dosages spécifiques
d’anticorps (ex. Anti-ov16 pour onchocerca volvulus).
3. Approche thérapeutique et rôle infirmier global
A. Objectifs du traitement
Éradication du parasite :
Par l’administration d’antifilariens adaptés à chaque espèce.
Soutien symptomatique :
Pour soulager la douleur, réduire l’inflammation et prévenir les complications telles
que l’infection secondaire.
Prévention de la transmission :
Les programmes de traitement de masse visent à interrompre le cycle de transmission
en réduisant la charge parasitaire de la population.
B. Rôle infirmier global
Les infirmiers jouent un rôle clé à toutes les étapes :
Éducation et sensibilisation :
Informer la population sur la prévention (utilisation de moustiquaires, port de
vêtements couvrants) et démystifier les croyances traditionnelles.
Dépistage et suivi :
Réalisation d’examens de dépistage, suivi régulier des traitements et surveillance des
effets secondaires.
Administration et soutien thérapeutique :
Assistance lors de la prise en charge des patients, gestion des complications aiguës et
coordination avec les autres professionnels de santé.
APPROCHE PAR PATHOLOGIE
1. Filariose lymphatique (éléphantiasis)
A. Étiologie
Agent pathogène :
Le principal agent responsable est wuchereria bancrofti. Dans certaines zones, les
espèces du genre brugia peuvent être impliquées (surtout en asie du sud-est).
Mode de contamination :
La transmission s’effectue par la piqûre de moustiques infectés, notamment des
espèces nocturnes telles que culex, anopheles et aedes.
Facteurs favorisant :
Les zones à forte densité de moustiques, le manque d’infrastructures sanitaires,
l’insalubrité et le climat chaud et humide favorisent la prolifération des vecteurs.
Facteurs de risque :
L’exposition prolongée aux piqûres de moustiques, la cohabitation dans des zones non
protégées par moustiquaires et l’absence d’hygiène adéquate.
B. Physiopathologie
Vecteur :
Moustiques nocturnes qui ingèrent les microfilaires lors d’un repas de sang, permettant
leur développement dans l’insecte puis la transmission à un nouvel hôte.
Cycle parasitaire :
Après la piqûre, les larves l3 infectieuses pénètrent la peau puis migrent vers les
vaisseaux lymphatiques où elles se développent en vers adultes sur une durée allant de 6 mois
à 2 ans.
Durée d’incubation :
La phase asymptomatique peut durer de plusieurs mois à quelques années avant la
détection de microfilaires dans le sang.
Mécanismes physiopathologiques :
Inflammation et fibrose :
La présence des vers adultes dans les canaux lymphatiques induit une inflammation
chronique, entraînant une fibrose progressive et une obstruction partielle ou totale du drainage
lymphatique.
Réaction immunitaire :
La mort spontanée ou induite des parasites provoque des réactions immunitaires
aiguës (lymphangites) qui, cumulées, contribuent à l’évolution vers l’éléphantiasis.
C. Évolution
Sans traitement :
Phase asymptomatique :
Début silencieux avec la présence de microfilaires sans signe clinique apparent.
Épisodes aigus :
Apparition sporadique de lymphangites (fièvre, douleur, inflammation des ganglions)
lors de la mort partielle des vers.
Progression vers un lymphœdème chronique :
Obstruction progressive du drainage lymphatique, entraînant un œdème persistant qui
évolue vers une déformation permanente (éléphantiasis), notamment au niveau des membres
inférieurs.
Avec traitement :
L’intervention précoce permet de réduire la charge parasitaire et d’atténuer les
épisodes inflammatoires, prévenant ainsi la progression vers des lésions irréversibles.
D. Complications
À court terme :
Crises aiguës (lymphangite, fièvre, douleur locale).
À moyen terme :
Surinfections secondaires par exemple, des érysipèles ou des infections cutanées dues
aux plaies et fissures sur la peau altérée par l’œdème.
À long terme : Éléphantiasis :
Grossissement important et irréversible des membres ou des organes génitaux
(hydrocèle chez l’homme).
Impact fonctionnel et psychosocial : Handicap moteur, altération de l’estime de soi
et stigmatisation sociale, avec des conséquences économiques importantes.
E. Traitement
Antifilariens :
Diéthylcarbamazine (DEC) :
Posologie habituelle : Environ 6 mg/kg/jour pendant 12 jours pour traiter à la
fois les microfilaires et affaiblir les vers adultes.
Précautions : Le DEC est contre-indiqué en présence d’une co-infection avec
onchocerca volvulus.
Association thérapeutique :
Dans certains programmes de santé publique, l’ivermectine et l’albendazole sont
également utilisés pour réduire la charge parasitaire lors d’administrations de masse.
Traitements complémentaires :
Antibiotiques : En cas de surinfection bactérienne secondaire (ex. Érysipèle).
Corticostéroïdes : Pour atténuer les épisodes inflammatoires et les réactions
immunitaires aigües.
F. Soins infirmiers
Éducation du patient et prévention :
Expliquer l’importance d’éviter les piqûres de moustiques (utilisation de
moustiquaires imprégnées, port de vêtements couvrants, élimination des gîtes larvaires).
Démystifier la maladie et réduire la stigmatisation par des explications claires sur son
origine parasitaire.
Administration du traitement :
Organisation des prises sous observation directe, surtout pour des schémas
thérapeutiques longs (dec pendant 12 jours).
Surveillance des effets secondaires et gestion des crises aigües.
Soins du lymphœdème :
Hygiène quotidienne de la zone atteinte (lavage avec des antiseptiques, séchage
minutieux).
Techniques de drainage manuel et application éventuelle de bandages compressifs
adaptés.
Surveillance des signes d’infection secondaire et coordination avec le médecin pour
toute intervention chirurgicale (ex. Hydrocélectomie en cas d’hydrocèle avancée).
Soutien psychosocial :
Mise en place de séances d’information et de groupes de soutien pour aider le patient à
gérer les conséquences sociales et psychologiques de la maladie.
A. Définitions à compléter
D. Vrai ou faux
E. Cas clinique
Mme x., 52 ans, villageoise, présente depuis 5 ans un œdème progressif et induré du mollet
gauche, avec épisodes fébriles et rougeur. La goutte épaisse nocturne révèle des microfilaires.
2. LOASE
A. Étiologie
Agent pathogène :
Loa loa, communément appelé le « ver de l’œil ».
Mode de contamination :
La transmission se fait par la piqûre de taons appartenant au genre chrysops, des
insectes actifs en journée.
Facteurs favorisant :
Environnements forestiers humides, zones rurales où la population est en contact étroit
avec des forêts tropicales.
Activités diurnes comme la chasse ou la cueillette dans ces zones augmentent le risque
de piqûre.
Facteurs de risque :
Une forte exposition aux piqûres de taons dans des régions où la loase est endémique;
co-infections possibles qui compliquent la prise en charge.
B. Physiopathologie
Vecteur :
Taon chrysops, actif en journée.
Cycle parasitaire :
Lors d’une piqûre, le taon inocule des larves l3 directement dans le tissu sous-cutané.
Les larves migrent ensuite et se développent en vers adultes, principalement dans le
tissu sous-cutané, pouvant vivre entre 10 et 15 ans.
Durée d’incubation :
Bien que le délai précis soit variable, la production des microfilaires peut débuter
relativement rapidement après l’installation des vers adultes.
Mécanismes physiopathologiques :
Migration des vers :
Leur déplacement dans le tissu sous-cutané provoque des réactions inflammatoires
locales.
Œdèmes de calabar :
Réaction allergique locale se traduisant par des œdèmes migrateurs et prurigineux qui
disparaissent en quelques jours.
Passage oculaire :
L’apparition parfois spectaculaire d’un ver sous la conjonctive, signe
pathognomonique, sans pour autant causer de dommages oculaires durables.
C. Évolution
Sans traitement :
La plupart des patients présentent une évolution bénigne avec des symptômes
intermittents et peu invalidants.
Les œdèmes migrateurs (calabar) apparaissent et disparaissent sans séquelles majeures.
Certains patients restent asymptomatiques ou avec des manifestations très légères
malgré une charge parasitaire élevée.
Avec traitement :
La mise en route d’un traitement approprié, notamment avec un dosage progressif du
dec, permet de réduire la charge microfilaire tout en évitant la lyse brutale qui pourrait
déclencher une réaction systémique sévère.
Une intervention mal dosée peut provoquer une encéphalopathie, raison pour laquelle
le suivi rapproché est indispensable.
D. Complications
À court terme :
Les œdèmes de calabar, qui sont réversibles et disparaissent en quelques jours.
À moyen terme :
En cas de forte parasitémie, une lyse massive des microfilaires peut entraîner une
réaction inflammatoire systémique, notamment une encéphalopathie de loase caractérisée par
confusion, convulsions et troubles neurologiques sévères.
À long terme :
Généralement, aucun dommage irréversible n’est constaté sur les organes; toutefois,
une charge parasitaire très élevée peut influencer l’état général du patient (syndrome de loase
maligne avec fatigue chronique et perte de poids).
E. Traitement
Antifilariens :
Diéthylcarbamazine (dec) :
Posologie recommandée : Administré en doses progressives sur 8 à 10 jours
avec des augmentations graduelles pour éviter une lyse trop massive des
microfilaires.
Précautions particulières :
Ce traitement doit être strictement surveillé pour détecter tôt les signes
d’encéphalopathie, particulièrement chez les patients présentant une forte microfilaremie.
Mesures de soutien :
L’utilisation concomitante de corticoïdes et d’antihistaminiques peut aider à réduire
l’intensité de la réaction inflammatoire lors de la lyse microfilarienne.
F. Soins infirmiers
Éducation préventive :
Informer les populations à risque sur les moyens de protection contre les taons (port de
vêtements couvrants et utilisation de répulsifs).
Sensibiliser sur l’importance d’une prise en charge rapide en cas d’apparition
d’œdèmes de calabar persistants.
Administration du traitement :
Superviser l’administration progressive du dec et s’assurer que le patient comprend
l’importance du suivi de traitement pour éviter les complications.
Observer de près tout signe neurologique ou réaction allergique lors de la thérapie.
Suivi clinique :
Contrôler périodiquement la charge microfilaire grâce à des examens sanguins et
surveiller les signes cliniques d’amélioration ou de complication.
Assurer un soutien psychologique, notamment en rassurant le patient sur la nature
bénigne de la plupart des manifestations.
A. Définitions à compléter
B. Qcm
C. QROC
D. Vrai ou faux
1. ☐ vrai ☐ faux – les œdèmes de calabar disparaissent sans séquelle quand le ver migre.
2. ☐ vrai ☐ faux – l’ivermectine est de première intention pour traiter la loase.
3. ☐ vrai ☐ faux – la loase ne nécessite jamais de surveillance hospitalière lors du
traitement.
E. Cas clinique
M. Y., 38 ans, chasseur en forêt, présente des démangeaisons et a vu deux fois un ver se
promener sous sa conjonctive avant de disparaître. L’examen sanguin en journée montre des
microfilaires.
A. Définitions à compléter
C. QROC
D. Vrai ou faux
1. ☐ vrai ☐ faux – les microfilaires d’o. Volvulus se trouvent dans le sang périphérique.
2. ☐ vrai ☐ faux – la réaction de mazzotti est une réaction inflammatoire consécutive à
la lyse des microfilaires.
3. ☐ vrai ☐ faux – la moxidectine est un nouveau traitement approuvé pour
l’onchocercose.
E. Cas clinique
Mme z., 45 ans, riveraine, se plaint de prurit intense depuis des années et présente des nodules
à la ceinture. Elle commence à éprouver des troubles visuels.
1. Diagnostic précis.
2. Examen de confirmation à réaliser au centre de santé.
3. Traitement initial de choix (médicament et schéma).
4. Mesure de suivi ophtalmologique à planifier après 6 mois.
5. Soins auxiliaires (non pharmacologiques) pour soulager immédiatement le prurit.
6. Complication à moyen terme dont il faut informer la patiente.
4. MANSONELLOSE
A. Étiologie
Agent pathogène :
Principalement mansonella perstans, bien que d’autres espèces puissent être
impliquées dans certaines régions.
Mode de contamination :
Transmission par de minuscules moucherons du genre culicoides.
Facteurs favorisant :
L’exposition continue aux moucherons dans les zones d’afrique centrale, où ces
insectes sont présents à toute heure, sans une forte périodicité.
Facteurs de risque :
Vivre dans des zones rurales à haute densité de moucherons, absence de mesures de
protection individuelle.
B. Physiopathologie
Vecteur :
Moucherons hématophages (culicoides) qui piquent à diverses périodes de la journée.
Cycle parasitaire :
Une fois inoculées, les larves se développent chez l’homme sans passage marqué par
une périodicité, produisant des microfilaires non gainées qui circulent continuellement dans le
sang.
L’incubation est souvent lente et l’infection reste généralement discrète.
Mécanismes physiopathologiques :
Réaction immunitaire modérée : La présence de m. Perstans induit une
réponse immunitaire moins marquée, ce qui se traduit par l’absence
d’inflammation ou d’obstruction tissulaire importante.
Impact minimal sur l’organisme : La persistance de l’infection entraîne
rarement des lésions anatomiques ou fonctionnelles notables, d’où une
symptomatologie souvent bénigne.
C. Évolution
Sans traitement :
La maladie évolue de façon indolente, avec une infection souvent asymptomatique ou
présentant de légers signes (urticaire, fatigue, maux de tête intermittents).
La durée de vie du parasite dans l’organisme peut être longue (5 à 10 ans ou plus),
sans progression vers des complications sévères.
Avec traitement :
Le traitement, quand il est envisagé (souvent par co-infection suspectée ou dans le
cadre de campagnes de santé publique), permet de réduire ou d’éliminer la microfilaremie.
Une prise en charge appropriée aide à distinguer les symptômes liés à la mansonellose
de ceux d’autres filarioses plus pathogènes
D. Complications
À court terme :
Manifestations bénignes telles qu’une urticaire ou des démangeaisons, sans atteinte
tissulaire majeure.
À moyen terme :
Des réactions inflammatoires isolées (par exemple, péricardite ou pleurésie) ont été
décrites dans quelques cas, mais restent exceptionnelles.
À long terme :
Aucune complication grave ou invalidante n’est généralement rapportée ; néanmoins,
une mauvaise interprétation diagnostique peut conduire à un traitement inapproprié si la co-
infection avec une filariose plus sévère n’est pas reconnue.
E. Traitement
Antifilariens :
Doxycycline :
Posologie : 200 mg/j pendant 4 à 6 semaines a montré dans certaines études une
réduction significative de la microfilaremie chez les patients infectés par m.
Perstans.
Approche prudente :
En l’absence de symptômes invalidants, le traitement peut être différé ou décidé en
fonction du contexte de co-infection.
Stratégie thérapeutique :
L’objectif est d’éviter toute confusion avec d’autres filarioses, en appliquant un
traitement ciblé si l’infection est confirmée et symptomatique.
F. Soins infirmiers
Éducation du patient :
Expliquer que malgré la présence du parasite, la symptomatologie est souvent légère,
et qu’un suivi régulier permet d’éviter une prise en charge inutile ou inappropriée.
Dépistage et suivi :
Réalisation d’examens réguliers pour suivre l’évolution de la microfilaremie, surtout
en cas de suspicion de co-infection avec une filariose plus grave.
Conseils pratiques :
Orientation sur l’hygiène et la protection contre les piqûres, même si la mansonellose
est généralement asymptomatique, afin de prévenir d’autres infections parasitaires.
A. Définitions à compléter
1. Mansonella perstans produit des microfilaires (gainées/non gainées)
circulant sans périodicité.
2. Le vecteur de mansonella est un petit moucheron du genre .
3. La mansonellose est souvent qualifiée de en raison de sa faible
pathogénicité.
B. QCM
A. Biopsie cutanée
D. Test antigénique
A. Péricardite
B. Cécité
C. Hydrocèle
D. Neuropathie
3. Quel traitement a montré une efficacité sur m. Perstans via l’élimination des
wolbachia ?
A. Ivermectine
B. Dec
C. Doxycycline
D. Albendazole
C. Qroc
D. Vrai ou faux
Exercice 3 : Association
Colonne A Colonne B
A. A. Parasite protozoaire 1. Syndrome de malabsorption (perte de poids)
responsable
B. Mode de contamination 2. Métronidazole
Exercice 4 : Vrai/Faux
Concernant la giardiase, indiquez Vrai (V) ou Faux (F) pour chaque affirmation :
Questions :
1. Quel parasite intestinal est le plus susceptible d’être responsable de ses symptômes ?
2. Comment ce parasite provoque-t-il les troubles digestifs observés chez ce patient
(physiopathologie) ?
3. Quel traitement spécifique doit être prescrit pour éradiquer ce parasite ?
4. Quel rôle infirmier peut-on jouer dans la prévention de la transmission ou de la
récidive de cette parasitose chez ce patient ?3. Ascaridiose
A. Définitions à compléter
A. Fluconazole
B. Métronidazole
C. Clindamycine
D. Doxycycline
A. Stérilité tubaire
B. Cancer du col de l’utérus
C. Infections urinaires récidivantes
D. Cholécystite
D. Vrai ou Faux
E. Cas clinique
Mme A., 28 ans, consulte pour des pertes vaginales mousseuses, vert- jaunes et très odorantes,
associées à un prurit vulvaire. Elle a un nouveau partenaire depuis 2 semaines.
A. Définitions à compléter
1. Quel examen est le plus sensible pour détecter une primo- infection aiguë chez
la femme enceinte ?
o A. PCR sur sang maternel
o B. Sérologie IgG seule
o C. Sérologie IgM et IgG + avidité des IgG
o D. Hémoculture
2. Quelle molécule est le traitement de référence en cas de toxoplasmose congénitale ?
A. Métronidazole
o
B. Spiramycine
o
C. Pyriméthamine + sulfadiazine
o
D. Clindamycine
o
3. Quel signe clinique évoque une toxoplasmose oculaire chez l’adulte
immunocompétent ?
o A. Uvéite antérieure isolée
o B. Choriorétinite rétinochoroïdienne
o C. Glaucome aigu à angle fermé
o D. Cataracte bilatérale
4. Quel facteur augmente le risque de contamination in utero ?
o A. Infection maternelle en 1ʳᵉ moitié de grossesse
o B. Infection maternelle avant la conception
o C. Réinfection maternelle après primo- infection
o D. Sérologie maternelle IgG positive ancienne
D. Vrai ou Faux
1. ☐ Vrai ☐ Faux – Les IgM anti- Toxoplasma peuvent persister plusieurs mois
après l’infection.
2. ☐ Vrai ☐ Faux – La spiramycine traverse bien la barrière placentaire et réduit le
risque de transmission fœtale.
3. ☐ Vrai ☐ Faux – Une sérologie IgG positive avec avidité élevée exclut une
primo- infection datant de moins de 4 mois.
4. ☐ Vrai ☐ Faux – Le traitement par pyriméthamine + sulfadiazine est contre-
indiqué chez la femme enceinte.
E. Cas clinique
Cas 1 :
Mme D., 30 ans, en bonne santé, consulte pour une adénopathie cervicale droite, indolore,
apparue depuis 3 semaines, sans fièvre ni syndrome inflammatoire général. La sérologie
Toxoplasma montre IgG positives, IgM négatives.
1. Diagnostic précis.
2. Examens complémentaires (au moins deux) pour évaluer l’extension et l’impact
visuel.
3. Traitement de première intention (molécule, posologie, durée).
4. Rôle éventuel des corticoïdes locaux ou systémiques.
5. Suivi ophtalmologique (fréquence et modalités).
Mlle F., 28 ans, séropositive pour le VIH (CD4 = 80 cellules/mm³), consulte pour céphalées
intenses, troubles de l’équilibre et crises d’épilepsie depuis 5 jours. IRM cérébrale : plusieurs
lésions excavées à prise de contraste en “anneau”. Sérologie IgG anti- Toxo positive, IgM
négative.
Mme C., 27 ans, enceinte de 18 semaines, découvre à sa prise de sang de prélude une
sérologie positive IgM et IgG anti- Toxoplasma ; avidité des IgG basse.
Mme C., 27 ans, enceinte de 18 semaines, sérologie positive IgM et IgG à avidité basse ;
avidité élevée à 24 semaines.
1. Introduction
La leishmaniose est une maladie parasitaire classée parmi les maladies tropicales
négligées. Elle est causée par des protozoaires du genre Leishmania, transmis à l’humain par
la piqûre de phlébotomes (mouches des sables). Malgré sa large répartition dans les zones
tropicales et subtropicales, la leishmaniose demeure sous-diagnostiquée et sous-traitée dans
de nombreuses régions. Plusieurs formes cliniques existent :
Leishmaniose cutanée (LC) : Se manifeste par des ulcères cutanés localisés.
Leishmaniose viscérale (LV) : Connue sous le nom de kala-azar, touche les organes
internes (foie, rate, moelle) et peut être mortelle.
Leishmaniose cutanéomuqueuse (LCM) : Évolue d’une lésion cutanée vers une
atteinte destructrice des muqueuses (nez, bouche, gorge).
Au Cameroun et dans plusieurs pays d’Afrique, la maladie est présente sous forme de
foyers, à la fois pour la LC et pour la LV.
2. Étiologie
2.1. Agent pathogène
Protozoaires flagellés du genre Leishmania.
Espèces responsables :
Leishmania donovani, L. infantum : Leishmaniose viscérale.
L. major, L. tropica, L. aethiopica : Leishmaniose cutanée (Moyen-Orient,
Afrique, Asie).
L. braziliensis (et apparentées) : Formes cutanées et surtout cutanéomuqueuses
(Amérique latine).
2.2. Mode de contamination
Piqûre de phlébotomes femelles infectées (vecteur principal).
Réservoirs animaux (chiens, rongeurs) ou humains selon l’espèce.
2.3. Facteurs favorisant
Habitat précaire : Murs fissurés, déchets organiques favorisant la prolifération des
phlébotomes.
Climat chaud et humide : Propice au développement de l’insecte vecteur.
Malnutrition, immunodépression (VIH) : Accroît la sensibilité à la maladie.
Déplacements de population : Introduisent la maladie dans de nouvelles zones ou
exposent des populations naïves.
2.4. Facteurs de risque
Pauvreté, manque d’infrastructures sanitaires.
Proximité avec les animaux réservoirs (chiens, rongeurs).
Co-infection VIH, multipliant le risque de formes graves ou atypiques.
3. Physiopathologie
La physiopathologie de la leishmaniose repose sur l’interaction complexe entre le
parasite Leishmania (sous ses différentes formes) et le système immunitaire de l’hôte. Les
différences immunitaires et environnementales expliquent le large éventail de formes
cliniques, allant de la lésion cutanée localisée jusqu’à l’atteinte viscérale potentiellement
mortelle.
3.1. Le cycle parasitaire
Chez le phlébotome
Ingestion de macrophages parasités lors d’un repas sanguin sur un hôte infecté.
Transformation des amastigotes en promastigotes flagellés dans l’intestin.
Multiplication et migration des promastigotes infectieux (métacycliques) vers la
trompe.
Chez l’hôte humain
Inoculation des promastigotes lors de la piqûre.
Phagocytose par les macrophages cutanés → passage en amastigotes.
Multiplication intracellulaire, lyse de la cellule hôte, dissémination dans de
nouveaux macrophages.
3.2. Mécanismes d’infection et de dissémination
Réponse locale (LC) : Une immunité cellulaire de type Th1 efficace contient
souvent l’infection à la zone d’inoculation, formant un ulcère cutané plus ou moins
unique.
Extension viscérale (LV) : Si l’immunité est insuffisante ou si l’espèce est
viscérotrope, les parasites gagnent la circulation sanguine et se dirigent vers la
moelle osseuse, la rate et le foie, provoquant un syndrome fébrile prolongé, une
pancytopénie et une forte mortalité en l’absence de traitement.
Atteinte muqueuse (LCM) : Certaines souches (Amérique latine, Afrique de l’Est)
entraînent une réaction immunitaire localement destructive, aboutissant à des lésions
profondes et mutilantes des muqueuses nasales et oropharyngées.
3.3. Réponse immunitaire et variabilité clinique
Réponse Th1 (protectrice) : Production d’IFN-γ, activation des macrophages →
confinement du parasite dans les lésions cutanées.
Réponse Th2 (défaut d’activation) : Surproduction d’IL-4/IL-10,
prolifération accrue des parasites → dissémination et formes plus graves (LV,
LCM).
Co-infection VIH : Chute des CD4+, perte de l’immunité cellulaire, tableaux
cliniques plus agressifs, rechutes fréquentes.
3.4. Facteurs déterminants de la forme clinique
Espèce de Leishmania : Tropisme cutané ou viscéral selon l’espèce (ex. L. major vs
L. donovani).
Statut immunitaire : Les patients immunodéprimés sont plus exposés aux
formes disséminées.
Contexte socio-environnemental : Densité de phlébotomes, promiscuité,
malnutrition.
3.5. Conséquences physiopathologiques
Atteintes cutanées : Ulcères, nodules, cicatrices définitives.
Atteintes viscérales : Splénomégalie, hépatomégalie,
immunodépression, pancytopénie.
Atteintes muqueuses : Destruction du cartilage nasal, perforation du septum, lésions
oropharyngées invalidantes.
4. Formes cliniques
4.1. Leishmaniose cutanée (LC)
Signes : Ulcères indolores à bord surélevé, souvent sur le visage, les bras ou les
jambes.
Évolution : Guérison spontanée possible en quelques mois, cicatrice atrophique.
Formes atypiques :
Diffuse (LCD) chez l’immunodéprimé, avec multiples nodules.
Récidivante (bouton d’Orient récidivant) sur la cicatrice initiale.
4.2. Leishmaniose viscérale (LV)
Symptômes :
Fièvre prolongée, amaigrissement important, pâleur (anémie).
Splénomégalie, hépatomégalie.
Pancytopénie (leucopénie, thrombopénie, anémie) → immunodépression sévère.
Pronostic : Mortel sans traitement (>95 % des cas) en 1 à 2 ans.
4.3. Leishmaniose cutanéomuqueuse (LCM)
Présentation :
Lésion cutanée initiale, puis extension aux muqueuses nasales, buccales,
pharyngées.
Congestion nasale, épistaxis, perforation du septum, atteintes du palais.
Conséquences : Défiguration, troubles respiratoires, surinfections.
Évolution : Peu de rémission spontanée, nécessite un traitement systémique pour
éviter les mutilations.
5. Évolution
5.1. Sans traitement
LC : Tendance à la guérison spontanée mais parfois prolongée ; cicatrices
inesthétiques ou formes chroniques chez l’immunodéprimé.
LV : Dégradation progressive vers la cachexie, les infections opportunistes, le décès.
LCM : Mutilations massives, complications respiratoires, qualité de vie
sévèrement altérée.
5.2. Avec traitement
Guérison : Dans la plupart des cas, régression de la fièvre, des ulcères et de la
splénomégalie.
Rechutes : Surviennent surtout chez les sujets VIH+ ou immunodéprimés, d’où la
nécessité d’un suivi prolongé.
Séquelles : Cicatrices cutanées, séquelles muqueuses, risque de LDPKA
(Leishmaniose Dermique Post Kala-Azar) dans certaines régions.
6. Complications
6.1. À court terme
Surinfection des lésions cutanées : Risque de plaies surinfectées retardant la
cicatrisation.
Fièvre et déshydratation (LV) : Fatigue intense, dénutrition.
Hémorragies : Epistaxis, gingivorragies, purpura (pancytopénie dans la LV).
6.2. À moyen terme
Mutilations faciales (LCM) : Effondrement du nez, difficultés à manger et parler.
Cachexie, anémie (LV) : Fonte musculaire, faiblesse généralisée.
Hypersplénisme : Splénomégalie aggravant la cytopénie.
6.3. À long terme
Séquelles esthétiques (cicatrices LC, nez en “selle” LCM).
Réactivation en cas d’immunodépression (VIH, malnutrition).
Leishmaniose dermique post-kala-azar : Survient après une LV traitée, avec
macules ou nodules cutanés persistants.
7. Traitements
7.1. Posologie et durée des principaux médicaments
Médicament Posologie Durée Observations
Traitement historique, surveiller
Antimoniaux pentavalents 20 mg Sb/kg/j 28 jours
la toxicité (cardiaque,
(Glucantime®, Pentostam®) (IM/IV)
pancréatique).
Amphotéricine B liposomale 2-3 mg/kg/j 5-10 jours Plus sûre pour le rein que la forme
(Ambisome®) en IV (ou plus) classique, efficace en LV sévère.
1. Définition
La gale est une affection cutanée contagieuse provoquée par l’infestation de la peau
par un acarien microscopique, Sarcoptes scabiei var. hominis. Elle se caractérise notamment
par des démangeaisons (prurit) intenses, surtout la nuit, et par la présence de lésions
spécifiques (sillons, vésicules) et non spécifiques (lésions de grattage, eczématisation).
L’infection touche tout type de population, sans lien direct avec le niveau d’hygiène, et se
transmet principalement par contact prolongé de peau à peau.
2. Étiologie et facteurs de risque
2.1. Agent pathogène
Nom : Sarcoptes scabiei var. hominis
Nature : Acarien parasite microscopique (environ 0,3 mm), invisible à l’œil nu.
Caractère pathogène : Seule la femelle fécondée creuse des tunnels dans la couche
cornée de la peau pour y pondre ses œufs et perpétuer le cycle parasitaire.
2.2. Mode de contamination
Contact direct : Principalement par un contact prolongé de peau à peau (poignées de
main longues, étreintes, rapports sexuels, soins).
Contact indirect : Plus rare, via du linge ou des objets contaminés (vêtements,
literie), surtout dans les formes de gale profuse (croûteuse) où il y a une très forte
charge parasitaire.
2.3. Facteurs favorisant et facteurs de risque
Promiscuité et vie en collectivité : Foyers, écoles, crèches, maisons de retraite,
hôpitaux.
Contacts physiques rapprochés : Famille, partenaires intimes.
Immunodépression ou grande fragilité : Infection VIH, âge avancé, dénutrition,
traitements immunosuppresseurs (risque de gale hyperkératosique).
Environnement surpeuplé : Favorise la contamination en chaîne.
Absence de traitement simultané de l’entourage : Risque de “ping-pong”
(réinfections réciproques).
3. Sémiologie (signes cliniques)
3.1. Prurit et lésions typiques
Prurit : Intense, généralisé, prédominant la nuit.
Sillons scabieux : Tunnels sinueux, grisâtres ou brunâtres, correspondant au
trajet intra-épidermique de la femelle.
Vésicules perlées : Petites vésicules translucides, souvent entre les doigts.
Nodules scabieux : Petites nodosités rouges ou brunes (génitaux externes masculins,
plis axillaires).
3.2. Localisations habituelles
Chez l’adulte : Espaces interdigitaux des mains, poignets, coudes, aisselles,
région ombilicale, ceinture abdominale, organes génitaux externes, pli inter-
fessier. Le visage et le cuir chevelu sont généralement épargnés.
Chez le nourrisson : Atteinte possible de la plante des pieds, paumes, visage et cuir
chevelu.
3.3. Formes cliniques particulières
Gale du nourrisson : Éruption plus diffuse, vésicules/pustules sur mains, pieds, plis.
Gale profuse hyperkératosique (gale croûteuse) : Forme sévère (immunodéprimés,
personnes âgées) avec d’épaisses croûtes sur la peau, parfois peu ou pas de prurit,
très contagieuse.
4. Physiopathologie
4.1. Vecteur et cycle parasitaire
Vecteur : L’acarien Sarcoptes scabiei.
Cycle parasitaire :
Accouplement à la surface de la peau (le mâle meurt après).
La femelle fécondée pénètre l’épiderme, creuse un sillon où elle pond 2 à
5 œufs/jour.
Éclosion des œufs en 3 à 5 jours, puis évolution en larves, nymphes et adultes en
2 à 3 semaines.
Durée de vie totale d’environ 2 à 4 semaines.
4.2. Durée d’incubation
Première infestation : Environ 3 semaines avant l’apparition des symptômes
(temps que l’hôte développe une réaction immunitaire).
Réinfestation : Quelques jours seulement, la peau réagissant plus vite.
4.3. Mécanismes physiopathologiques
Prolifération de Sarcoptes : Nombre de parasites modéré (environ
quelques dizaines) dans la gale commune, beaucoup plus élevé dans la gale
croûteuse.
Réaction d’hypersensibilité : L’inflammation et le prurit intenses sont dus à
une réponse immunitaire retardée contre les antigènes et déjections du parasite.
5. Évolution de la maladie
5.1. Sans traitement
Persistance et aggravation progressive (multiplication continue du parasite).
Risque de contamination de l’entourage.
Possible évolution vers une forme hyperkératosique chez le sujet fragile.
Survenue de complications (surinfection bactérienne, eczématisation).
5.2. Avec traitement
Guérison progressive en quelques semaines.
Le prurit peut persister 1 à 3 semaines après l’élimination des parasites (réaction
inflammatoire résiduelle).
En cas de persistance au-delà de 4 semaines, reconsidérer le diagnostic
ou évoquer une recontamination.
6. Complications
6.1. À court terme
Surinfection bactérienne : Impétigo, folliculites, abcès.
Eczématisation : Gale eczématisée sous l’effet du grattage et des irritations.
Propagation à l’entourage : Risque de foyers épidémiques.
6.2. À moyen et long terme
Gale hyperkératosique : Chez les immunodéprimés, particulièrement sévère et
très contagieuse.
Atteintes systémiques : Dans de rares cas, infections graves (septicémies) ou
glomérulonéphrite post-streptococcique.
Retentissement psychologique : Insomnie chronique, fatigue, stress dû au prurit
intense.
7. Traitement
7.1. Traitement médicamenteux
7.1.1. Traitements topiques
Produits : Benzoate de benzyle (lotion) ou perméthrine 5% (crème).
Posologie et durée :
Application sur tout le corps (du cou jusqu’aux pieds), en insistant sur les plis,
espaces interdigitaux, ongles, parties génitales.
Laisser agir 8 à 12 heures (perméthrine) ou 24 heures (benzoate de benzyle).
Deux applications à 7 jours d’intervalle.
Effets secondaires : Irritation locale, prurit passagèrement accru.
7.1.2. Traitement oral
Médicament : Ivermectine (200 µg/kg en une prise), à renouveler à J+7.
Indications : Gale profuse, épidémie en collectivité, échecs ou contre-indication au
traitement topique.
Contre-indication : Enfant < 15 kg (précaution d’emploi chez la femme enceinte).
7.2. Mesures d’hygiène et d’environnement
Laver à 60°C : Vêtements, literie, serviettes en contact avec la peau.
Isoler dans des sacs plastiques : Objets non lavables, pendant 3 à 7 jours.
Passer l’aspirateur : Matelas, canapé, voiture, puis jeter le sac.
Traiter l’entourage : Tous les contacts proches, même asymptomatiques, au même
moment.
7.3. Évolution sous traitement
Persistance du prurit : 1 à 3 semaines, liée à la réaction immunitaire résiduelle.
Consultation si symptôme persistant : Au-delà de 4 semaines ou réapparition de
sillons.
Gale profuse (croûteuse) : Association ivermectine et traitement local, isolement en
milieu hospitalier si nécessaire.
8. Soins infirmiers
8.1. Dépistage et prévention de la contagion
Reconnaître les signes (prurit nocturne, sillons) et alerter rapidement.
Mettre en place un isolement contact (chambre individuelle, port de gants, surblouse).
Informer l’équipe soignante et la médecine du travail pour dépistage éventuel.
8.2. Application du traitement et soins directs
Préparation du patient : Toilette préalable, ongles coupés courts.
Application des produits topiques : Sur tout le corps, en insistant sur zones clés,
temps de pose requis.
Respect de l’horaire : Retrait du produit (douche) après le temps conseillé,
changement de linge et de literie.
Traitement oral : Vérifier la bonne prise à J0 et J+7 (dose adaptée au poids).
8.3. Éducation du patient et de l’entourage
Explications : Nature de la maladie, son mode de transmission, nécessité de traiter
simultanément tous les contacts.
Hygiène : Laver le linge à 60°C ou isoler en sac, aspirer les surfaces, se couper les
ongles.
Conduite post-traitement : Persistance possible du prurit, mesures pour soulager
(antihistaminiques, émollients).
Vie en collectivité : Éviction scolaire ou communautaire possible pendant 3 jours
après le début du traitement.
8.4. Surveillance et suivi
Évolution des lésions : vérifier la cicatrisation, l’absence de nouvelles lésions.
Complications : surinfection (rougeur, fièvre), eczématisation.
Observance : seconde application ou seconde prise orale à J+7.
Coordination : transmettre les informations dans le dossier du patient, organiser
un suivi si nécessaire, collaborer avec l’équipe d’hygiène.
EXERCICES D’APPLICATION
9.1. Définitions à compléter
Complétez les phrases suivantes en insérant le terme approprié :
1. La gale est une affection cutanée contagieuse provoquée par un …
2. Le principal symptôme de la gale est le … intense, surtout la nuit.
3. Le … est la lésion cutanée caractéristique de la gale, correspondant au tunnel creusé
dans l’épiderme par l’acarien femelle.
4. La gale est transmissible principalement par … prolongé entre une personne infestée
et une personne saine.
5. Dans la gale profuse hyperkératosique (gale norvégienne), la peau présente de
larges … épaisses remplies de parasites.
9.2. QCM
Pour chaque question, une seule réponse est correcte :
1. Quel est l’agent responsable de la gale humaine ?
a. Un champignon microscopique
b. Un acarien parasite de la peau
c. Un pou du corps
d. Un virus contagieux
2. Quel symptôme est typiquement associé à la gale ?
a. Une douleur cutanée localisée
b. Un prurit surtout nocturne
c. Une forte fièvre
d. Des ganglions généralisés
3. Quelle localisation des lésions est évocatrice de gale chez l’adulte ?
a. Le visage et le cuir chevelu
b. Le dos et les membres inférieurs
c. Les espaces entre les doigts et les poignets
d. La plante des pieds et les ongles
4. Quelle affirmation est vraie concernant la gale ?
a. Elle ne se transmet que par les rapports sexuels
b. Elle peut toucher n’importe qui, indépendamment de l’hygiène
c. Elle immunise définitivement après une première infection
d. Elle guérit spontanément sans traitement la plupart du temps
5. Quel traitement est recommandé en première intention pour une gale commune
a. Une crème antiparasitaire à base de perméthrine à 5%
b. Des antibiotiques par voie orale
c. Une corticothérapie injectable
d. Un antifongique en comprimés
9.3 QRO
Répondez brièvement aux questions suivantes (quelques mots ou phrases suffisent) :
1. Nommez le parasite responsable de la gale.
2. Citez deux lésions cutanées spécifiques observées en cas de gale.
3. Quelle est la durée habituelle d’incubation de la gale avant l’apparition des
symptômes ?
4. Quel médicament par voie orale est utilisé pour traiter une gale profuse ou une
infestation chez de nombreux sujets ?
5. Quels conseils d’hygiène donnez-vous à un patient traité pour la gale afin d’éviter la
recontamination ?
Cas cliniques
Cas 1 : Monsieur X, 28 ans, consulte pour des démangeaisons généralisées insomniantes
depuis 2 semaines. L’examen retrouve des lésions de grattage diffusées, quelques sillons sur
les poignets et des vésicules entre les doigts. Sa compagne présente également un prurit
depuis peu.
Quel est le diagnostic le plus probable et quelle conduite thérapeutique proposez-
vous ?
Cas 2 : Madame Y, 80 ans, vivant en EHPAD, a des lésions cutanées étendues avec des
croûtes épaisses sur les mains et le dos, mais ne se gratte quasiment pas du tout. Plusieurs
autres résidents de l’EHPAD se plaignent de démangeaisons.
De quelle forme de gale s’agit-il probablement et quelles mesures spécifiques
devez- vous prendre en tant qu’infirmier(ère) ?
Cas 3 : Un nourrisson de 9 mois présente depuis quelques jours une éruption de vésicules et
de pustules sur les paumes, la plante des pieds et le cuir chevelu, avec un prurit marqué le
rendant très agité. La maman signale qu’elle-même souffre de démangeaisons nocturnes.
À quel diagnostic pensez-vous pour le bébé, et quel traitement faut-il envisager
pour lui et son entourage ?
Cas 4 : Un patient traité correctement pour une gale commune il y a 10 jours revient en
consultation : son prurit persiste et il a l’impression que “ça ne part pas”. À l’examen, on ne
voit pas de nouveaux sillons, seulement des lésions de grattage en voie de cicatrisation.
Que pouvez-vous expliquer au patient concernant la persistance des symptômes,
et quelle conduite à tenir adoptez-vous ?
Cas 5 : Dans un service hospitalier, deux patients hospitalisés dans la même chambre
développent un prurit nocturne intense. La gale est diagnostiquée chez l’un d’eux.
En tant qu’infirmier(ère) du service, quelles mesures allez-vous prendre pour
gérer cette situation et éviter une épidémie dans le service ?
9.4. Exercice d’association
I. Introduction
Les mycoses sont des infections dues à des champignons microscopiques
(dermatophytes, levures, moisissures, champignons dimorphes). Elles peuvent être
superficielles (atteinte de la peau, des ongles, des cheveux et des muqueuses) ou profondes
(atteinte d’organes internes).
En milieu tropical, la chaleur et l’humidité favorisent leur fréquence. Les personnes
immunodéprimées (VIH, diabète mal contrôlé, corticothérapie prolongée, etc.) sont exposées
à des formes opportunistes potentiellement graves.
II. Étiologies
II.1. Agents pathogènes
Dermatophytes (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton)
Parasitent la kératine (peau, ongles, cheveux).
Responsables des teignes (tinea), du pied d’athlète, etc.
Levures
Candida spp. : candidoses (buccales, vaginales, cutanées).
Malassezia furfur : pityriasis versicolor (lait de chaux).
Cryptococcus neoformans : méningite cryptococcique chez l’immunodéprimé.
Moisissures
Aspergillus (aspergillose pulmonaire, invasive).
Mucorales (mucormycoses, formes nécrosantes chez le diabétique).
Champignons dimorphes
Histoplasma capsulatum (histoplasmose pulmonaire et disséminée).
Autres (coccidioïdomycose, blastomycose) plus rares selon les régions.
II.2. Mode de contamination
Contact direct : dermatophytes (peau à peau, objets, animaux).
Prolifération endogène : Candida (flore normale), Malassezia furfur (peau).
Inhalation : Cryptococcus (fientes d’oiseaux), Aspergillus, Histoplasma,
Pneumocystis.
Inoculation cutanée : Sporothrix schenckii (épines, plaies cutanées), champignons
du mycétome.
II.3. Facteurs favorisants / Risques
Climat chaud-humide, macération, hygiène insuffisante.
Immunodépression (VIH, corticothérapie prolongée, chimiothérapie).
Diabète, antibiothérapies prolongées, cathéters et gestes invasifs.
Promiscuité, partage d’objets personnels (serviettes, peignes, chaussures).
III. Physiopathologie
III.1. Vecteur, cycle parasitaire, durée d’incubation
Vecteur : aucun (transmission directe ou via l’environnement).
Cycle :
Mycoses superficielles : colonisation de la couche cornée (peau) ou des
muqueuses.
Mycoses profondes : inhalation → foyer pulmonaire → dissémination chez
l’immunodéprimé.
Incubation :
Superficielles : quelques jours à semaines.
Profondes : semaines à mois.
III.2. Mécanismes physiopathologiques
Invasion superficielle : kératinases (dermatophytes), prolifération excessive
(Candida, Malassezia).
Opportunisme : Cryptococcus, Pneumocystis, Candida profonde en cas d’immunité
défaillante.
Atteinte vasculaire : mucormycoses (invasion des vaisseaux, nécrose).
Granulomes : histoplasmose (atteinte macrophagique et dissémination).
IV. Évolution
IV.1. Sans traitement
Mycoses superficielles :
évolution chronique, extension, contagion, surinfections.
Mycoses profondes :
détérioration de l’état général, complications graves (méningite, pneumonie…), décès
possible chez l’immunodéprimé.
IV.2. Avec traitement
Guérison :
possible en quelques semaines (peau) à plusieurs mois (ongles, infections profondes).
Risque de rechute :
si facteurs favorisants persistent (climat, diabète non équilibré, immunodépression non
contrôlée).
IV.3. Complications (court, moyen, long terme)
Court terme :
surinfection bactérienne (pied d’athlète fissuré, kérion inflammatoire).
Moyen terme :
extension cutanée (multiples plaques, ongles atteints), troubles pigmentaires (pityriasis
versicolor).
Long terme :
Alopécie cicatricielle (teigne inflammatoire).
Atteinte des organes (cryptococcose, aspergillose, histoplasmose) → séquelles
neurologiques, respiratoires.
Décès si infection profonde non traitée.
V. Traitements : posologie, durée et modalités
Important : Le traitement dépend du type de champignon, de la localisation et du
terrain (immunodéprimé ou non). Toujours respecter la posologie, la durée et la voie
d’administration recommandées.
V.1. Mycoses superficielles
V.1.1. Dermatophytoses (tinea : cuir chevelu, peau, ongles)
Posologie et durée
Peau glabre / Pied d’athlète :
Crèmes antifongiques (éconazole, miconazole, terbinafine)
1 à 2 applications/jour
Pendant 2 à 4 semaines
Teigne du cuir chevelu :
Nécessite un traitement oral (la crème seule est insuffisante).
Griséofulvine 10-20 mg/kg/j pendant 6 à 8 semaines, ou
Terbinafine (selon poids/âge) ~4-6 semaines.
Shampooing antifongique (kétoconazole 2%) 2 fois/semaine pour diminuer la
contagiosité.
Onychomycoses :
Terbinafine 250 mg/j per os ~6 semaines à 3 mois pour les mains, 3 à 6 mois
pour les orteils
OU Itraconazole 200 mg 2×/jour par “pulses” (1 semaine par mois, sur 2-3 mois
pour les mains, 3-4 mois pour les orteils).
Prise en charge associée
Les antifongiques oraux se prennent souvent pendant ou après un repas
(meilleure tolérance).
Respecter la durée totale (même si amélioration précoce).
V.1.2. Pityriasis versicolor (Malassezia furfur)
Posologie et durée
Forme topique (atteintes limitées) :
Shampooing ou lotion kétoconazole (ou sulfure de sélénium); Application 5-10
minutes, 1 fois/jour pendant 5 à 7 jours
Forme étendue ou récidivante :
Itraconazole 200 mg/j pendant 5 à 7 jours, ou Fluconazole 300 mg/sem pendant 2 à 4
semaines.
Prise en charge associée
Itraconazole après le repas pour éviter les troubles gastro-intestinaux.
Prévention des rechutes : usage régulier (1 fois/mois) du shampooing antifongique,
surtout en
EXERCICE D’APPLICATION DERMATOPHYTOSES (TEIGNES, INTERTRIGOS)
A. Définitions à compléter
1. Les dermatophytoses sont dues à des champignons du genre (ex.
Trichophyton, Microsporum).
2. La teigne du cuir chevelu se nomme et touche principalement les enfants.
3. L’intertrigo entre les orteils est souvent appelé (pied d’athlète).
4. Le diagnostic rapide peut être posé en mettant le prélèvement cutané dans de la
(réactif).
B. QCM (une seule bonne réponse)
1. Quel examen permet de confirmer la dermatophytose ?
A. Culture sur milieu Sabouraud
B. Sérologie anti- fungique
C. PCR sur sang veineux
D. Test antigénique urinaire
2. Le traitement de première intention d’un intertrigo dermatophytique est :
A. Terbinafine topique
B. Fluconazole oral
C. Nystatine topique
D. Amphotéricine B IV
3. Quel facteur favorise les dermatophytoses ?
A. Peau sèche
B. Période post- ménopausique
C. Chaleur et humidité locales
D. Exposition solaire
4. La forme favique (craquelures jaunes- blanches du cuir chevelu) est due à :
A. Microsporum canis
B. Trichophyton schoenleinii
C. Epidermophyton floccosum
D. Candida albicans
C. Questions ouvertes courtes (QROC)
1. Citez deux signes cliniques évocateurs de teigne du cuir chevelu.
2. Pourquoi la terbinafine est- elle souvent privilégiée en dermatophytose unguéale ?
3. Quel geste d’hygiène simple prévenir les infections intertrigineuses ?
4. Donnez un argument pour utiliser un antifongique topique plutôt qu’oral.
D. Vrai ou Faux
1. ☐ Vrai ☐ Faux – Les dermatophytoses ne touchent jamais les muqueuses.
2. ☐ Vrai ☐ Faux – La fluorescence à la lampe de Wood peut aider au diagnostic de la
teigne.
3. ☐ Vrai ☐ Faux – La culture mycologique prend généralement plus de 2 semaines.
4. ☐ Vrai ☐ Faux – La récidive est rare après un traitement bien conduit.
E. Cas clinique
Mme A., 35 ans, présente depuis 4 semaines un prurit intense entre le quatrième et le
cinquième orteil du pied droit, avec des fissures et des squames blanches.
1. Diagnostic le plus probable.
2. Examen pour confirmer (prélèvement + technique).
3. Traitement de première intention (formulation, posologie, durée).
4. Mesure d’hygiène à recommander pour limiter la récidive.
5. Conduite si échec du traitement local après 4 semaines.
Conseil pour éviter la transmission aux autres membres de la famille. climat chaud-
humide.
V.2.3. Histoplasmose
Posologie et durée
Formes disséminées graves :
Amphotéricine B 1 mg/kg/j IV ~2 semaines
Puis relais Itraconazole 200 mg 2×/j pendant 12 mois.
Prise en charge associée
Surveillance fonction hépatique (itraconazole).
Interaction avec les antirétroviraux possible (chez le VIH).
EXERCICE D’APPLICATION
A. Définitions à compléter
1. Candida albicans est un opportuniste fréquent.
2. La candidose vulvo- vaginale se caractérise par des leucorrhées .
3. Le signe de (blanchiment de la muqueuse qui saigne) peut être observé
au niveau buccal.
4. Le diagnostic direct se fait en frottis coloré au .
B. QCM
1. Quel est le traitement de première ligne d’une candidose vulvo- vaginale aiguë ?
o A. Clotrimazole ovule
o B. Griséofulvine orale
o C. Itraconazole IV
o D. Métronidazole
2. Parmi ces facteurs, lequel favorise la candidose orale ?
o A. Port de prothèses mal adaptées
o B. Bains de bouche antiseptiques
o C. Alimentation riche en fibres
o D. Usage de pommade à base de corticoïdes locale
3. Quel examen permet de différencier colonisation et infection invasive de la peau ?
o A. Sérologie anti- Candida
o B. Biopsie cutanée et histologie
o C. PCR sur crachat
o D. Hémoculture
4. La glabre lyse est une complication de :
o A. Candidose systémique
o B. Candidose buccale chronique
o C. Candidose vulvaire
o D. Dermatophytose
C. QROC
1. Citez deux contextes de candidose oro- œsophagienne invasive.
2. Pourquoi traiter simultanément le diabète ou la corticothérapie en cas de candidose
itérative ?
3. Quel antifongique systémique est recommandé en candidose œsophagienne ?
4. Quel examen rechercherait-on en cas de suspicion d’atteinte viscérale à Candida ?
D. Vrai ou Faux
1. ☐ Vrai ☐ Faux – Les candidoses cutanées ne provoquent jamais de fièvre.
2. ☐ Vrai ☐ Faux – L’itraconazole est contre- indiqué en cas d’insuffisance cardiaque.
3. ☐ Vrai ☐ Faux – Le traitement local seul suffit en cas de candidose œsophagienne.
4. ☐ Vrai ☐ Faux – Le dépistage du VIH est recommandé chez tout patient avec
candidose orale récidivante.
E. Cas clinique
M. B., 60 ans, diabétique mal équilibré, présente depuis 2 semaines des plaques blanches
douloureuses sur la langue, avec dysphagie.
1. Diagnostic probable.
2. Examen pour confirmation (technique et prélèvement).
3. Traitement oral de première intention (molécule, dose, durée).
4. Mesure pour améliorer la glycémie et réduire les récidives.
5. Signes devant faire évoquer une candidose œsophagienne.
6. Suivi post- traitement (quand et comment).
1. Généralités
Définition
Infection fongique opportuniste due aux levures encapsulées du genre
Cryptococcus, principalement C. neoformans et, plus rarement, C. gattii.
Formes cliniques
Pulmonaire (le plus souvent asymptomatique ou paucisymptomatique)
Neuro- méningée (méningo- encéphalite)
Cutano- muqueuse ou disséminée (peau, os, viscères)
2. Épidémiologie
Distribution
C. neoformans ubiquitaire, associé aux fientes de pigeons
C. gattii en zones tropicales/subtropicales, lié aux arbres (eucalyptus)
Population à risque
Principalement sujets immunodéprimés :
VIH/SIDA (CD4 < 100/mm³)
Chimiothérapie, greffe d’organe
Corticothérapie prolongée
Immunocompétents (rarement) pour C. gattii
3. Étiologie et Physiopathologie
Agent pathogène
Levure sphérique (5–10 µm), capsule polysaccharidique antifagocytaire
Voie d’entrée
Inhalation de spores ou levures
Mécanismes de virulence
Capsule : inhibition de la phagocytose
Mélanine : protection contre le stress oxydatif
Phospholipases et enzymes digestives
Diffusion
À partir du foyer pulmonaire, dissémination hématogène préférentiellement
vers le système nerveux central
4. Formes Cliniques
Forme Signes principaux Population
Immunocompétents et -
Pulmonaire Toux, dyspnée, douleurs thoraciques, fièvre
déprimés
Céphalées, fièvre, raideur méningée, nausées,
Méningée Immunodéprimés surtout
troubles cognitifs
Cutanée Papules, pustules, ulcérations, cellulite Surtout formes disséminées
Formes disséminées chez
Viscérale Atteinte osseuse, prostatique, rétinienne
SIDA
5. Diagnostic
Direct et culture
Examen direct (encre de Chine) montrant la capsule
Culture sur milieu Sabouraud (levures mucoïdes en 48–72 h)
Antigénémie cryptococcique
Dosage de l’antigène polysaccharidique dans le sérum et le LCR
(sensibilité > 95 %)
Biologie moléculaire
PCR sur LCR ou prélèvements
Ponction lombaire
Pression d’ouverture élevée (> 20 cm H₂O)
LCR : lymphocytose modérée, hyperprotéinorachie, hypoglycorachie
Imagerie
Scanner/IRM cérébrale : dilatation ventriculaire, pseudokystes, nodules
(cryptococcomes)
Radiographie thoracique/CT : nodules, infiltrats, cavernes
VI. Traitement
Phase Médicaments Posologie & Durée
Amphotéricine B liposomale + AmphoB 5 mg/kg/j IV + 100 mg/kg/j 5- FC
Induction
Flucytosine en 4 doses, 2 semaines
Consolidation Fluconazole 400 mg/j per os, 8 semaines
200 mg/j per os, ≥ 6–12 mois (si
Entretien Fluconazole
immunodépression persistante)
Surveillance
Ponctions lombaires répétées si pression d’ouverture élevée
Bilan rénal (AmphoB), hépatique (5- FC, azoles), NFS
7. Soins Infirmiers
Surveillance clinique
Signes d’hypertension intracrânienne (céphalées, vomissements, troubles
visuels)
Évolution neurologique (état mental, réflexes, motricité)
Prélèvements et administration
Ponction lombaire aseptique, restitution des volumes
Gestion des perfusions continues (AmphoB)
Surveillance biologique
Fonction rénale (créatininémie, diurèse)
Bilan hépatique et hématologique
Gestion des effets secondaires
Préhydratation avant AmphoB, surveiller crampes et hypokaliémie
Antimétabolite (5- FC) : surveiller cytopénies
Éducation thérapeutique
Importance de la compliance au long cours
Reconnaissance précoce des symptômes d’alerte
Adressage et soutien psychosocial
8. Prévention
Chez les immunodéprimés
Dépistage précoce (antigénémie) en cas de signe clinique
Prophylaxie secondaire : fluconazole à faible dose chez certains patients VIH
Environnement
Éviter exposition aux fientes d’oiseaux (pigeonniers)
Port de masque lors de travaux poussiéreux dans les zones à risque
EXERCICE D’APPLICATION CRYPTOCOCCOSES
A. Définitions à compléter
1. Cryptococcus neoformans porte une capsule riche en .
2. La forme la plus grave est la méningo- _ .
3. Le diagnostic rapide repose sur la recherche de l’antigène cryptococcique dans le
.
4. Le réservoir naturel de C. neoformans est souvent associé à .
B. QCM
1. Quel traitement d’attaque pour la cryptococcal méningite ?
o A. Amphotéricine B + flucytosine
o B. Fluconazole seul
o C. Voriconazole
o D. Itraconazole + terbinafine
2. Quel examen de LCR oriente vers une cryptococcose ?
o A. Glycorachie élevée
o B. Protéinorachie très basse
o C. Pression d’ouverture augmentée
o D. Absence de cellules
3. La forme pulmonaire isolée de cryptococcose est souvent :
o A. Symptomatique (douleur thoracique)
o B. Asymptomatique
o C. Hémorragique
o D. Nécrosante
4. Quel risque majeur justifie un drainage lombaire répété ?
o A. Myélopathie
o B. Hypertension intracrânienne
o C. Encéphalopathie hépatique
o D. Crises épileptiques
C. QROC
1. Citez deux signes cliniques de la cryptococcose neuro- méningée.
2. Pourquoi associe- t- on la flucytosine à l’amphotéricine B en phase d’attaque ?
3. Quel examen de suivi pour contrôler l’éradication fongique ?
4. Quel facteur de risque systémique faciliter la cryptococcose ?
D. Vrai ou Faux
1. ☐ Vrai ☐ Faux – Le test à la gomme laque met en évidence la capsule de
Cryptococcus.
2. ☐ Vrai ☐ Faux – L’antigène cryptococcique est détectable dans le sérum.
3. ☐ Vrai ☐ Faux – La fluconazole haute dose suffit en cas de méningite initialement.
4. ☐ Vrai ☐ Faux – La cryptococcose est une maladie toujours fatale sans traitement.
E. Cas clinique
M. D., 45 ans, VIH+ avec CD4 à 50/mm³, présente céphalées, fièvre et raideur
méningée depuis 5 jours. LCR : pression d’ouverture 30 cm H₂O, lymphocytose
modérée, antigène cryptococcique positif.
1. Diagnostic principal.
2. Schéma d’attaque (médicaments, doses, durée).
3. Mesures pour contrôler la pression intracrânienne.
4. Phase de consolidation (molécule et durée).
5. Suivi immunovirologique et fongique (quels examens, fréquences).
6. Prévention secondaire (prophylaxie primaire ou secondaire selon guidelines).