Devoir Maison no 7
MPSI Lycée Camille Jullian
pour le 26 janvier 2023
Problème : calcul diérentiel sur les suites.
Le but de ce problème est d'adapter aux suites les outils de calculs diérentiel classiques dans le cadre
des fonctions, et notamment les notions de dérivée et de primitive. On notera dans cet énoncé E l'ensemble
de toutes les suites réelles, et on désignera souvent par u (plutôt que (un )) un élément de E pour alléger
les notations, notamment quand on va dénir des applications sur l'ensemble E .
I. Opérateurs de décalage dans l'ensemble E.
On dénit dans cette première partie
deux opérateurs (applications) sur l'ensemble E . L'opérateur de
E → E
décalage à gauche est déni par g : , où la suite v = g(u) est dénie de la façon suivante :
u 7 → v
∀n ∈ N, vn = un+1 . On dénit de façon similaire un décalage à droite noté d en posant d(u) = w, où la
suite (wn ) est dénie par w0 = 0 et ∀n > 1, wn = un−1 .
1. Quelle sont les images par les applications g et d de la suite constante égale à 2 ? De la suite
géométrique dénie par un = 2n ?
2. L'image d'une suite géométrique par g et d est-elle toujours une suite géométrique ? Même question
pour une suite arithmétique.
3. Montrer que d est une application linéaire, c'est-à-dire que :
• ∀(u, v) ∈ E 2 , d(u + v) = d(u) + d(v)
• ∀λ ∈ R, ∀u ∈ E , d(λu) = λd(u).
4. Les applications g et d sont-elles injectives ? Surjectives ? Bijectives ? On justiera bien entendu
chaque réponse proposée.
5. Que vaut l'application composée g ◦ d ? Que peut-on en déduire sur g et d ? Calculer également d ◦ g .
6. On note g 2 = g ◦ g , puis plus généralement g k la composée de g par elle-même k fois de suite (k
étant un entier supérieur ou égal à 1). On dénit de même les composées successives dk . Décrire
simplement en français l'eet des applications g k et dk sur une suite u. Que valent les composées
g k ◦ dl et dk ◦ g l (avec (k, l) ∈ (N∗ )2 ) ?
II. Dérivation de suites.
E → E
On dénit désormais sur E un opérateur de dérivation ∆ : , où la suite v est dénie par
u 7→ v
∀n ∈ N, vn = un+1 − un . Autrement dit, pour faire plus savant, ∆ = g − idE . On dénit, pour tout entier
naturel k, ∆k de façon similaire à la question 6 de la première partie (par convention, on pose ∆0 = idE ).
1. Calculer l'image par ∆ de la suite constante égale à 2, ainsi que de la suite géométrique dénie par
un = 2n .
2. Déterminer toutes les suites ayant une image nulle par ∆. L'application ∆ est-elle injective ?
3. En supposant que ∆(u) = v , exprimer en exploitant une somme télescopique un en fonction de u0
et des termes de la suite v . L'application ∆ est-elle surjective ?
4. (a) Montrer qu'une suite u est croissante si et seulement si ∆(u) est une suite positive. Quel résultat
classique sur la dérivation des fonctions vient-on de démontrer sur les suites ?
(b) Le résultat précédent (pour les suites !) reste-t-il vrai en remplaçant les mots croissante et
positive par strictement croisante et strictement positive ? Bien sûr, on attend une
démonstration si la réponse est oui, un contre-exemple si la réponse est non.
1
5. (a) Soient u et v deux suites vériant ∆(u) 6 ∆(v) (qui signie que ∀n ∈ N, (∆(u))n 6 (∆(v))n ) et
u0 6 v0 . Montrer que u 6 v .
(b) Énoncer un résultat similaire sur les fonctions (sans le démontrer).
1 1
(c) On note a la suite dénie par an = n2 − n. Calculer ∆(a), et en déduire que tout suite vériant
2 2
u0 6 0 et ∀n ∈ N, (∆(u))n 6 0 satisfait nécessairement l'inégalité u 6 a. La réciproque est-elle
vraie ?
6. Démontrer la formule ∀(u, v) ∈ E 2 , ∆(u × v) = (∆u) × g(v) + u × ∆(v). À quelle formule classique
sur les fonctions vous fait-elle penser ?
7. Montrer que la suite ∆2 (u) est dénie par (∆2 (u))n = un+2 − 2un+1 + un , puis plus généralement
p
p
que, pour tout entier naturel p, (∆ (u))n = (−1)p−k un+k .
X
p
k
k=0
8. Calculer la dérivée des suites dénies par un = n, un = n2 , un = n3 , puis un = n(n + 1) et
un = n(n + 1)(n + 2). Commenter les résultats obtenus (en essayant notamment de comparer avec
les formules bien connues pour les dérivées des fonctions correspondantes). Si vous êtes courageux,
proposer une généralisation.
III. Primitives de suites.
On appelle primitive de la suite u toute suite U vériant ∆(U ) = u.
1. Montrer que toute suite réelle admet des primitives.
2. Que peut-on dire de deux primitives d'une même suite (réponse à justier) ?
n
1 X1
3. On dénit pour cette question la suite h par hn = . On notera par ailleurs Hn = (avec,
n+1 k
k=1
par convention, H0 = 0).
(a) Montrer que H est une primitive de la suite h.
n+1
n+1
(b) Montrer que, ∀n ∈ N, = −1.
X
(−1)k
k
k=1
n
(−1)k−1 n
(c) En posant Sn = , montrer que S est une primitive de h.
X
k k
k=1
(d) Quelle formule amusante peut-on déduire des dernières questions ? Écrire explicitement cette
formule pour n = 4.
4. Déterminer une primitive des suites dénies par un = n, un = n2 , un = n3 puis un = n(n + 1) et
un = n(n + 1)(n + 2). Commenter une nouvelle fois les résultats obtenus.