0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues44 pages

L'image de La Femme en Situation de La Polygamie Au Sein de La Société Africaine Traditionnelle À Travers de Mariama Bâ

Ce mémoire analyse la condition féminine dans le roman 'Une si longue lettre' de Mariama Bâ, en mettant l'accent sur la polygamie comme outil de marginalisation des femmes dans la société sénégalaise. À travers les personnages d'Aïssatou et Ramatoulaye, il explore les différentes réactions des femmes face à cette pratique patriarcale, révélant ainsi des images contrastées de la femme africaine. L'étude souligne l'importance de l'écriture féminine pour dénoncer l'oppression et promouvoir l'émancipation des femmes en Afrique.

Transféré par

sxfnk4xp9t
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues44 pages

L'image de La Femme en Situation de La Polygamie Au Sein de La Société Africaine Traditionnelle À Travers de Mariama Bâ

Ce mémoire analyse la condition féminine dans le roman 'Une si longue lettre' de Mariama Bâ, en mettant l'accent sur la polygamie comme outil de marginalisation des femmes dans la société sénégalaise. À travers les personnages d'Aïssatou et Ramatoulaye, il explore les différentes réactions des femmes face à cette pratique patriarcale, révélant ainsi des images contrastées de la femme africaine. L'étude souligne l'importance de l'écriture féminine pour dénoncer l'oppression et promouvoir l'émancipation des femmes en Afrique.

Transféré par

sxfnk4xp9t
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

République Algérienne Démocratique ‫الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية‬

et Populaire. ‫وزارة التعليم العالي والبحث العلمي‬


Ministère de L’enseignement Supérieur
et de la recherche scientifique.
Université 8 Mai 1945 Guelma. ‫ قالمة‬1945 ‫ ماي‬8 ‫جامعة‬
Faculté des Lettres et des Langues. ‫كلية اآلداب واللغات‬
Département des lettres et de la langue ‫قسم اآلداب واللغة الفرنسية‬
française.

Mémoire présenté en vue de l’obtention du diplôme


de Master académique
Domaine : Lettres et Langues étrangères Filière : Langue française
Spécialité : littérature et civilisation
Intitulé :

L’image de la femme en situation de la polygamie au sein de


la société africaine Traditionnelle à travers Une si longue
lettre de Mariama Bâ

Rédigé et présenté par :

Belqays MEKKI

Sous la direction de :
MAA. Meriem HAMADI

Membres du jury
Président : MAA. Ibtissem Hamdi - Université 08 mai 1945-Guelma
Rapporteur : MAA. Meriem HAMADI - Université 08 mai 1945-Guelma
Examinateur : MAA. Moncef Maizi - Université 08 mai 1945-Guelma

Année d’étude 2020/2021


Remerciements
Je remercie Dieu tout puissant pour
La santé qu’il m’a accordée
Afin de mener à bien cette étude.
Mes remerciements vont particulièrement
À ma directrice de recherche
Mme Hamadi Meriem
Pour sa disponibilité,
L’attention avec laquelle elle a suivi ce travail
et pour sa patience et son extrême gentillesse.
Elle m’a constamment donné des conseils et
Des pistes et elle m’a stimulée à accomplir
Ce travail.
Nos vifs remerciements sont également pour
les membres de jury : Mme, Hamdi Ibtissem et
M, Moncef Maizi de nous avoir fait l’honneur
de juger ce travail. On leur témoigne nos
sentiments de respect, pour leurs remarques
précieuses
A tous et à toutes, je vous dis merci.

Belkiss…
Dédicace

Je dédie ce modeste travail à mes parents qui


m’ont toujours bien encouragée et supportée
tout au long de mes études et ma vie.
À ma famille et mes proches qui m’ont
soutenu dans ce travail.
À ceux qui m’ont soutenu tout au long de ma
vie. J’espère que vous serez toujours fière de
moi.
Résumé
Dans le cadre de ce mémoire, nous proposons une analyse de la condition
féminine dans le roman de Mariama Bâ, Une si longue lettre (1979). En adoptant
une approche féministe, thématique et narratologique, nous soulignerons le fait
que l’écriture de ce roman permet de faire ressortir la condition abaissante de la
femme et sa position face aux coutumes patriarcales sénégalaises. Le thème de la
polygamie sert à l’auteure un outil pour dévoiler toute sorte de marginalisation de
la femme par l’homme. Nous essayons de découvrir les différentes images des
femmes africaines au sein d’une société dominée par la loi coutumière et le
patriarcat.

Nous avons fait une étude de la réaction des deux protagonistes, Aïssatou
et Ramatoulaye face à la polygamie et souligner l’impact de cette pratique sur leur
vie conjugale et sociale d’où nous constatons l’existence de deux différents types
de femmes, l’une faible et soumise et l’autre forte et émancipée. Le corpus de
notre travail de recherche est le roman épistolaire de l’écrivaine sénégalaise
Mariama Bâ intitulé Une si longue lettre, un des premiers romans qui ont marqué
la littérature féminine africaine et qui aborde des thématiques importantes tels que
la polygamie, le système des castes et le joug patriarcal.

Abstract

In the context of this dissertation, we propose an analysis of the female


condition in the novel of Mariama ba. So long a letter (1979). We adopt a female
approach, thematic and narrative; we will highlight the fact that the written of this
novel allows her position and us to emerge the lowering condition of the female
in front of the senegalien patriarchal practices.

The theme of the polygamy serves to the author a tool of reveal all sort of
female marginalisation by the men .we will try to discover a different images of
the African female in a society dominated by the law of customary and patriarchal.
‫‪We have done a study about the reaction of two protagonist Aïssatou and‬‬
‫‪Ramatoulaye in front of the polygamy and highlighting the impact of this practice‬‬
‫‪in the conjugal and social life. Starting from the analysis of this novel, we note‬‬
‫‪the existence of two different types of women. One week and submitted and the‬‬
‫‪other strong emancipated.‬‬

‫‪The body of our research work is the epistolary novel of Mariama ba named‬‬
‫‪Une si longue lettre. One of the first African novels that mark the African female‬‬
‫‪literature. Which addresses thematic related to woman like the polygamy.‬‬

‫ملخص‪:‬‬
‫اعتمدنا في إطار دراستنا لموضوع رواية الكاتبة والحقوقية السنغالية مارياما با (أبريل ‪ _ 1929‬اوت‬
‫‪ )1981‬بدكار؛ والمعنونة‪( :‬حوار طويل جدا)‪ ،‬الصادرة عام ‪ ،1979‬على تحليل حالة األنثى‪ ،‬مع تبني مقاربة نسوية‬
‫وموضوعية وسردية‪ ،‬للتأكيد على حقيقة أن كتابة هذه الرواية تجعل من الممكن إبراز الحالة المهينة للمرأة وموقفها‬
‫تجاه العادات األبوية‪-‬الذكورية في المجتمع السنغالي؛ ويعد موضوع تعدد الزوجات واحد من األدوات التي اعتمدتها‬
‫الكاتبة للكشف عن جميع مظاهر التهميش الممارس من قبل الرجال على النساء السنغاليات‪.‬‬
‫أيضا تحاول الرواية إبراز الصور المختلفة للمرأة السنغالية_ األفريقية في مجتمع يهيمن عليه القانون‬
‫العرفي والنظام األبوي‪ ،‬وقد تم ذلك من خالل حوارات شخوص الرواية‪ :‬ايساتوبا وراماتوالي وحديثهما عن تعدد‬
‫الزوجات؛ مؤكدتين على تأثير هذه الممارسة على حياتهما الزوجية واالجتماعية ‪.‬‬
‫فيما يتعلق عن بسبب اختيارنا لموضوع الرواية فهناك اهتمام ذاتي؛ وهو ناتج عن قوة العمل وتأثيره في‬
‫القارئ؛ واخر موضوعي يتعلق بتسليط الضوء على ظاهرة ما تزال متواصلة في قارة أفريقيا عموما لليوم وتتعلق‬
‫بحالة التهميش واإلقصاء الممارس ضد المرأة؛ حيث أن رواية حوار طويل جدا أدرجها النقاد كأولى الروايات‬
‫األفريقية التي ميزت أدب المرأة األفريقية‪ ،‬والتي تتناول موضوعات تتعلق بالنساء مثل تعدد الزوجات؛ السلطة‬
‫األبوية الذكورية‪.‬‬
‫وقد بين تحليل هذه الرواية وجود نوعين مختلفين من النساء‪ ،‬إحداهما ضعيفة وخانعة؛ واألخرى قوية تتطلع‬
‫للتحرر ‪.‬‬
Table des matières : Page
Introduction générale
Chapitre I : le féminisme dans la littérature africaine
1. l’émergence du féminisme en Afrique subsaharienne……………………… 11
2. Le rôle de la femme dans la société sénégalaise…………………………….. 13
3. l’engagement de l’écriture féminine………………………………………… 15
4. Le système des castes…………………………………………………………. 18
Chapitre II : L’image de la femme dans Une si longue lettre
1. la solidarité au féminin…………………………………………………. 21

1.1 solidarité entre les amies……………………………………………. 21

1.2 Solidarité entre la mère et la fille…………………………………… 22

2. les différentes images des femmes dans Une si longue lettre………………. 24


2.1 La femme traditionnelle. ………………………………………………….. 24
2.2 La femme moderne…………………………………………………………. 26
3. la lutte contre le patriarcat…………………………………………………... 27
Chapitre III : la question de la polygamie à travers Une si longue lettre.
1. la polygamie…………………………………………………………………... 30
2. étude de la structure d’Une si longue lettre de Mariama Bâ ………………. 32
2.1 Étude de personnages féminins ……………………………………………. 32
2.2 Le temps du récit …………………………………………………………… 33
2.3 Étude de l’espace……………………………………………………………. 34
3. la femme face à la loi coutumière et sociale………………………………… 34
Conclusion générale…………………………………………………………….. 38
Références bibliographiques……………………………………………………
Introduction
Introduction

La littérature subsaharienne féminine émerge dans les années quatre-vingt dans


la période poste coloniale. Parmi les noms qui ont marqué cette période est bien
évidement l’écrivaine sénégalaise Mariama Bâ. Cette dernière dévoile la société
africaine en général et la société sénégalaise en particulier. Les thèmes traités dans cette
période sont liés à la cause féminine, tels que le système patriarcal dominé, l’impact de
la tradition et la société sur la vie des couples et la polygamie. Cette dernière occupe une
place primordiale dans les écrits de la sénégalaise Mariama Bâ, où elle a parlé des effets
de cette pratique qui est considérée comme un héritage culturel imposé par la société et
la religion sur la vie conjugale.

Au sein de la société africaine subsaharienne la femme n’a ni le droit à


l’éducation formelle ni à avoir un poste de travail étatique parce que d’après cette société
misogyne ses droits sont des sources de mauvaise influence, donc elle doit être toujours
au sein de son foyer à la disposition de sa famille.

Cependant, on peut dire que ses pratiques dans l’œuvre de Mariama sont
représentées comme une forme d'oppression et de marginalisation des femmes. Cette
question est l’une des questions à laquelle nous tenterons de répondre dans notre
recherche. En effet, la polygamie prend une place importante dans la littérature féminine
négro-africaine.

Donc, Mariama Bâ marque son engagement à travers son roman une si longue
lettre. Cet engagement a pour but la nécessité de l’émancipation du sexe féminin mais
aussi l’amélioration de sa condition. De plus, nous ferons appel à des théories dérivées
de littératures différentes pour prouver que la question féminine est un problème
mondial. À cet égard, notre travail traire l’émancipation de la femme noire africaine par
et grâce à l’écriture dans Une si longue lettre de Mariama BA. Le choix de ce corpus a
pour but la découverte de la réalité des sociétés africaines noires.

La littérature africaine était un domaine propre à l'homme, l'écriture masculine


était répandue et dominante où on trouve des thèmes propres à l'homme tels que la
Introduction
discrimination raciale, le postulat de la supériorité blanche et de l’infériorité noire et
ainsi de suite1

Une absence totale de la voix féminine, elles n'avaient ni le droit à l'éducation


ni le droit d’être libre jusqu'à l'arrivée d'un nouveau mouvement littérature. Selon Le
Robert, le féminisme est une « Doctrine qui préconise l'égalité entre l'homme et la
femme, et l'extension du rôle de la femme dans la société ».

L'Afrique subsaharienne a vécu un changement au niveau littéraire et culturel.


Une nouvelle écriture féminine a émergé, des écrivaines se sont engagées à prendre la
parole et se révolter. Elles ont commencé à mettre en question leurs propres conditions
d'existence et de parler de leur quotidien. La vie conjugale, le droit à l'autonomie et les
pratiques traditionnelles qui écrasent la femme sont les sujets récurrents de cette écriture
en dénonçant le système patriarcal qui considère la femme comme un être passif qui
possède un rôle mineur dans la société.

L'engagement dans l'écriture est le seul outil pour transformer la réalité sociale
mais aussi pour qu'elles peuvent revendiquer leurs droits. L'un des thèmes qui marquent
cette écriture c'est la polygamie.

Selon Larousse la polygamie est un système social légalisé par la loi civile et la religion
qui admet le mariage d'un homme avec une jusqu’aux quatre femmes. Cette dernière est
associée généralement à la religion islamique, elle est autorisée par le coran mais elle
n'est pas imposée. En Afrique subsaharienne la polygamie est très répandue surtout dans
les milieux ruraux elle est considéré comme une pratique coutumière et religieuse. La
législation civile agréé le mariage d'un homme avec quatre femmes à condition qu'il les
traite de manière égale.

Dans Une si longue lettre, Mariama Bâ, met la lumière sur la question de la
polygamie et ses conséquences néfastes sur la femme à travers les deux personnages
féminins : Ramatoulaye et Aïssatou, elle nous a présenté deux types différents de
réactions mais également de femmes face au mariage pluriel. Aïssatou a choisi de se
révolter et avoir une vie indépendante avec ses enfants dans un autre pays contrairement
à Ramatoulaye qui refuse de se remarier et avoir une nouvelle vie même après ce qui
s’est passe par rapport à la polygamie de son mari par contre elle était toujours en
relation avec la belle famille. Ces deux protagonistes sont la preuve que la polygamie
diminue la respectabilité de l'homme et qu'elle traduire l'infidélité de l'homme et son
désir de se lier à une coépouse plus jolie et plus jeune que la première femme. Bâ met

1
Le postulat de la supériorité blanche Et de l’infériorité noire Par Catherine Coquery-Vidrovitch
Introduction
en scène des femmes qui se battent pour l'obtention de la liberté et celles qui 'élèvent
contre la polygamie.

Notre objectif est d’étudier l’image de la femme sénégalaise et de démontrer


l’importance de la voix féminine dans la littérature africaine subsaharienne.

Nous interrogeons la question de la polygamie pour voir si on peut la considérer


comme une forme d'oppression et de marginalisation des femmes à travers Une si longue
lettre de Mariama Bâ.

Pour répondre à notre questionnement, nous supposons que Mariama Bâ traite la


situation des femmes soumises et marginalisées, en dénonçant les conditions difficiles
de la femme dans le milieu patriarcal et elle encourage les femmes à lutter contre cette
domination masculine. Pour bien mener notre travail d'analyse, nous faisons appel au
féminisme, à l'analyse thématique et à la narratologie.

Pour pouvoir atteindre notre objectif, nous avons réparti notre travail sur trois
chapitres :

Dans le premier chapitre nous allons évoquer l’émergence du féminisme dans la


littérature africaine et l’engagement des femmes africaines dans le domaine de la
littérature en liaison avec l’engagement européen. De plus, nous allons évoquer le
problème des castes pour montrer les vices de la société sénégalaise. Ensuite dans le
deuxième chapitre nous allons traitre les différents portraits de la femme africaine et
l’esprit de solidarité qui lie les personnages féminins dans le texte une si longue lettre,
Dans le troisième chapitre nous allons faire une analyse narratologique des personnages
et du temps et lieux. Les autres éléments nous allons consacrer à l’impact de la
polygamie et les lois coutumières sur la vie des femmes.
CHAPITRE I :

Le féminisme dans la
littérature africaine
CHAPITRE I : Le féminisme dans la littérature africaine

« On ne nait pas femme : on le devient »


DE BEAUVOIR, Simone, Le deuxième sexe

« Appeler les femmes "le sexe faible" est une diffamation ; c'est l'injustice de l'homme envers
la femme. Si la non-violence est la loi de l'humanité, l'avenir appartient aux femmes. »

De Gandhi, Mahatma, Tous les hommes sont frères

1. L’émergence du féminisme en Afrique :

10
CHAPITRE I : Le féminisme dans la littérature africaine
La littérature féminine africaine ne commencera à s’épanouir que plusieurs
années après la décolonisation des années 1960, cette décolonisation à donner une
libération à L’homme noir vis-à-vis du blanc après des années de conflits. L’Afrique de
l’Ouest a vécu un changement, ce changement a touché uniquement la catégorie
masculine dont les figures féminines étaient dépourvues et marginalisées. Une
domination totale des hommes dans tous les domaines politiques, économiques et
sociaux. C’est donc une nouvelle lutte entre les deux sexes, une nouvelle vague du
féminisme inspirée par des femmes comme Hélène Cixous, Simone de Beauvoir et Luce
Irigaray.
La femme noire a choisi d’adopter la vision de la femme occidentale et répondre
à la volonté féminine universelle. Le féminisme en Afrique subsaharienne lutte pour
l’égalité entre les deux sexes et met en lumière la condition féminine dans la société
africaine. Les femmes africaines ont engagées dans cette doctrine pour décrire leurs
situations et améliorer leur vie en tant que groupe social. Le premier roman publié par
une Africaine est celui de Marie Claire Matip, Ngondo, paru en 1958.
« En 1979, la sénégalaise Aminata Sow Fall met en pratique l’engagement
culturel. Centrée sur diverses pratiques culturelles traditionnelles (le conte, l’épopée, la
lutte, le devoir du croyant musulman de faire l’aumône. 2 »
Dans cet ordre d’idée, L’écrivaine française Simone de Beauvoir dans son œuvre le
deuxième sexe qui est considère comme la bible du féminisme occidental où elle a
abordée la question de l’émancipation féminine et le combat contre la discrimination
raciale.
L'idéal de l'homme occidental moyen, c'est une femme qui subisse librement sa domination, qui
n'accepte pas ses idées sans discussion, mais qui cède à ses raisons, qui lui résiste avec
intelligence pour finir par se laisser convaincre. Plus son orgueil s'enhardit, plus il aime que
l'aventure soit dangereuse : il est plus beau de dompter Penthésilée que d'épouser une
Cendrillon consentante. 3
L'auteure répond à la question de savoir qu’est-ce qu’une femme, elle explique
la différence entre homme et femme en étudiant plusieurs auteurs et philosophes

2
NDIAYE, Christiane ; SEMUJANGA, Josias. L’Afrique subsaharienne In : Introduction aux littératures
francophones : Afrique · Caraïbe · Maghreb [en ligne]. Montréal : Presses de l’Université de Montréal, 2004
(généré le 19 février 2020). Disponible sur Internet : ISBN : 9791036502477.
3
Simone de Beauvoir - 1908-1986 - Le Deuxième Sexe, tome I – 1949.

11
CHAPITRE I : Le féminisme dans la littérature africaine
commençant par critiquer la psychanalyse de Freud et son expression « écriture
féminine ». De Beauvoir explique dans son œuvre que la femme est toujours considérée
comme l'Autre : « Elle se détermine et se différencie par rapport à l'homme et non celui-
ci par rapport à elle ; elle est l'inessentiel en face de l'essentiel. Il est le Sujet, il est
l'Absolu : elle est l'Autre ». 4
Ahmadou kourouma, l’écrivain ivoirien qui a donné à la femme une place dans
ses écrits, c’est le cas de son roman intitule Les Soleils des indépendances (1968), où il
a mis la lumière sur le patriarcat et critique la société africaine traditionnelle et il a
montré le conflit entre le monde féminin et masculin en mettant l’accent sur la
marginalisation et l’écrasement de la femme à travers son personnage misogyne Fama.
Vers les années 1980, les écrits des femmes africaines veulent participer à la
déconstruction et à la reconstruction de l’identité culturelle, pour la libération et
l’unification du continent africain, en plus pour rebâtir une nouvelle identité propre aux
africains noirs et atteindre un développement social et économique. Beaucoup de
femmes changent de positions et passent des thèmes habituels de marginalisation et
colonialisme à d’autres thèmes plus intimes et tabous dans leur société comme le
mariage, l’impact de la tradition et la religion, travail et l’éducation des femmes.
Aujourd’hui elles ont toutes une seule voix qui lutte pour la libération de la femme et
définir sa place dans la société. Comme le souligne l'auteur béninois Jean Pliya dans son
article journalistique :
La construction d'une nation moderne exige la destruction de certaines reliques du passé. Tant
que des femmes Béninoises seront victimes d'une pratique aussi inutile que dangereuse, on perdra
l'occasion de compter des femmes valides dans le processus de développement de notre pays. Toutes
personnes concernées par le fléau doivent serrer les coudes et intensifier leur croisade. Nous ne
cesserons d'alerter l'opinion publique au Bénin qu'en cette fin du 20 e siècle une pratique qui existerait
depuis plus de 2500 ans avant l'apparition de l'Islam et du christianisme est encore de mise aujourd'hui.
Au-delà du caractère du phénomène, il faut oser crier haro sur la pratique. 5
Le terme « féministe » est aujourd’hui chargé de connotations très péjoratives. Oser
prononcer ce mot suffit à vous attirer le mépris des hommes mais aussi de certaines
femmes.

4
(De Beauvoir, 1949a : 16).
5
"L'excision dans les sociétés africaines". Le Matinal du 4 novembre 1998, p.3.

12
CHAPITRE I : Le féminisme dans la littérature africaine
C’est une féministe ! » Vous voilà définitivement cataloguée comme faisant partie de la bande
des mal-baisées pleurnichardes. […] Pour mes sœurs africaines, être féministes, c’est vouloir
faire « comme les Blanches ». Elles se veulent fixées à leur place, assises dans leur conception
6
vieillotte du monde comme un magicien dans son cercle
La littérature africaine a émergée en Afrique de l’Ouest exactement au Sénégal dont il
était le centre du féminisme. Des recherches, des colloques mais aussi des associations
ont été organisées concernant le développement d’enseignement des femmes et la
francophonie en Afrique.
Des nouvelles voix émergentes avec beaucoup d’énergie pour participer à la
fondation d’une société plus juste et correcte qui valorise le sexe féminin, parmi ces
dernières il y a même celles qui ont brisées le tabou soit des traditions ou de la religion.
C’est le cas des théoriciennes Odile Cazenave et de Pierrette Herzberger-Fofana et
l’auteure sénégalaise Mariama Bâ, l’une des premières à avoir osé de mettre au clair
certaines réalités sociales injustes tels que la polygamie, la tradition et le patriarcat à
travers ses deux romans un champ écarlate (1981) et une si longue lettre publié en 1979
aux Nouvelles Editions Africaines.
Ce dernier est accueilli comme la première œuvre véritablement féministe de
l’Afrique subsaharienne qui s’adresse à l’amélioration de la condition des femmes au
sein de la société africaine traditionnelle à travers l’image des maris polygames qui
abandonnent leur premières femmes et prendre une plus belle et plus jeune. C’est le
roman qui servira de corpus pour notre travail de recherche.
2. Le rôle de la femme dans la société sénégalaise :
Le sexe féminin est la pierre angulaire de cet univers, il possède une place
primordiale dans ce monde. La femme est le centre de l’univers par son rôle en tant que
mère, épouse, sœur et femme. Elle est l’origine de la société dont elle a un rôle de
productrice biologique et éducatrice.
Malgré l’occupation d’une place assez importante dans notre vie, beaucoup de
société dans le monde la traite de manière abusive. Les femmes sont les premières
victimes des violences quotidiennes. « Certes, comme éducatrice, épouse et gardienne
de certains aspects de la tradition, la femme a également droit au respect et à la

6
Beyala, 1995, pp. 47-48.

13
CHAPITRE I : Le féminisme dans la littérature africaine
considération de son mari et de ses enfants. Mais elle doit obéissance à son mari qui
détient toute autorité sur elle ».7
Après avoir donné un aperçu sur l’émergence du féminisme, nous allons voir
maintenant le rôle de la femme dans la société africaine. En effet, au Sénégal la femme
possède un rôle mineur où l’homme était le maître absolu. La femme devrait être
obéissante non seulement envers son époux mais aussi envers la belle famille qui a une
grande influence sur la vie du couple.
La société africaine est basée sur les mœurs et la tradition qui font dominer
l'autorité des hommes et essayent de détruire le rôle de la femme et réduire son statut.
Selon les hommes sénégalais la scolarisation et le travail brisent les tabous des sociétés
anciennes en plus ils étaient à la fois des comportements interdits mais aussi une menace
sur les femmes car ils sont liées à l’émancipation de la femme, Elles assurent aux
femmes une certaine autonomie financière et surtout une indépendance intellectuelle.
Dans Une si longue lettre, Mariama Bâ donne une justification du caractère des femmes
émancipées à l’instar des personnages Aïssatou et Daba
Nous sortir de l’enlisement des traditions, superstitions et mœurs ; nous faire apprécier
de multiples civilisations sans reniement de la nôtre ; élever notre vision du monde, cultiver
notre personnalité, renforcer nos qualités, mater nos défauts, faire fructifier en nous les valeurs
de la morale universelle ; voilà la tâche que s’était assignée (…) la femme blanche, l’admirable
directrice [de l’école] 8
C’est pourquoi le taux des femmes scolarisées et qui travail est très bas par
rapport à d’autre société, elles étaient mal vue. Dans son roman Une si longue lettre
Mariama Bâ affirme que : « L’école transforme les filles en diablesses, qui détournent
les hommes du droit chemin » (Page 30)
Généralement les femmes au Sénégal n’ont pas le droit pour accéder à l’école
parce que les filles scolarisées sont généralement mal vues mais aussi elles font peur à
la société, donc elles se trouvent face à un mariage d’enfants ou un mariage forcée et
devenir une mère. En effet la mission principale de la femme était de prendre soin de
son foyer, de son mari et d’élever ses enfants et sacrifier toute sa vie à leur service. La
société traditionnelle limite le statut des femmes au foyer, elles devraient être

7
Tshibilondi Ngoyi, A. (2015). Rôle de la femme dans la société et dans l’Église : pour une justice et une
réconciliation durables en Afrique. Théologiques, 23(2), 203–228. [Link]
8
Mariama Bâ, une si longue lettre, les nouvelles éditions africaines du Sénégal 1979, chapitre 7, page 38

14
CHAPITRE I : Le féminisme dans la littérature africaine
condamnées à la maison à faire les tâches ménagères et faire à manger à son époux et
avoir beaucoup d’enfants de sexe masculin de préférence, d’où l’appellation de femme
au foyer. Bâ décrit le rôle de la femme en ces termes :
C'est la femme qui enfante, qui est mère, qui nourrit ses enfants, qui fait ou supervise les
travaux domestiques »9 Son opinion n’était jamais tenue en compte même pour les décisions qui
la concerne. Simone de Beauvoir qualifie une telle situation d'handicapée. Elle écrit : « La
femme a toujours été, sinon l'esclave de l'homme, du 10 moins sa vassale ; les deux sexes ne se
sont jamais partagé le monde à égalité ; et aujourd'hui encore, bien que sa condition soit en
train d'évoluer, la femme est lourdement handicapée 10
à la vision traditionnaliste qui fait de la femme un être humain subalterne destinée à être
soumise à l’homme et à satisfaire ses moindres désirs et attentes, vision qui soutient que
la femme ne sert à rien d’autre que d’aspirer à accoucher des enfants, les éduquer, veiller
au bon fonctionnement de la famille et être le point d’attache permettant à l’homme de
se mouvoir et d’évoluer dans la société11.
Dans Une si longue lettre, Bâ nous a apporté trois sortes de femmes
traditionnelles la mère de Ramatoulaye, la Belle-mère et Tante Nabou, elle a fait un
regroupement dans lequel elle a montré les différentes positions des femmes, celles
fortes, en lutte et victimes. La femme africaine est donc représentée comme un être
négatif, qui n’as aucun changement et aucune
3. L’engagement de l’écriture féminine :
En Europe, le XIXème siècle a vu l’émergence de deux termes qui
sont « l’engagement littéraire » et « écriture engagée ». L’engagement dans la
littérature est considère comme une arme idéologique qui lutte pour la justice sociale
dont les hommes de lettre ont une leçon ou une morale à faire passer ou défendre
une affaire politique, économique ou sociale à travers l’écriture mais aussi pour
critiquer et dénoncer certaines images fausses. Selon Alain Robbe-Grillet : « Le seul
engagement possible pour l'écrivain c'est la littérature.”12

9
ROGGERS OKRAH, Des contraintes du mariage à l’émergence d’une voix féminine solidaire, University of
Saskatchewan, 2017, p2
10
Malin Haaker, 2013, La femme africaine dans Une si longue lettre de Mariama Bâ et Assèze l’Africaine de
Calixthe Beyala, linnéuniversitetet, p9.10
11
CHANDRA FEUPEUSSI, La question de l'épanouissement de la femme dans "Une si longue lettre" de
Mariama Bâ,2020, [Link]
12
Alain Robbe-Grillet, Nouveau Roman, 1963 [Link]

15
CHAPITRE I : Le féminisme dans la littérature africaine
Zola, voltaire et Hugo sont les figures incontournables et fondatrices
de « l’écrivain engagé ». Victor Hugo, est le chef de fils, il était toujours contre toute
forme de pratiques inhumaines (misère et peine de mort), il lutte pour une libération
totale. Son roman « Le Dernier Jour d’un condamné » est une plateforme d'actualité
pour défendre ses opinions. D’après Hugo le terme « intellectuel engagé » signifie :
un agent [qui], utilisant et mettant en jeu le prestige et la compétence acquis dans un
domaine d’activité spécifique et limité (littérature, philosophie, sciences, etc.) s’autorise de cette
compétence qu’on lui reconnaît pour produire des avis à caractère général et intervenir dans le
débat sociopolitique 13
L’engagement européen moderne est lié au théoricien français Jean-Paul
Sartre. D’après lui l’engagement désigne une contrainte morale pour l’écrivain qui a la
force pour dévoiler le monde, il doit utiliser sa plume pour diriger les conflits contre
toutes les formes incorrectes et prendre position par rapport aux questions
sociopolitiques au nom de la justice.
Selon Sartre un écrivain engagé est : « Je dirai qu’un écrivain est engagé
lorsqu’il tâche à prendre la conscience la plus lucide et la plus entière d’être
embarqué, c’est-à-dire lorsqu’il fait passer pour lui et pour les autres l’engagement
de la spontanéité immédiate au réfléchi »14.
La littérature africaine est née dans l’engagement, des auteurs se sont
retrouvés oblige d’entamer l’écriture pour dévoiler les aspects injustes et dénoncer les
dégâts du colonialisme occidental dans la terre africaine. Sami tchak affirme que :
Dans tous les cas, l'engagement est souvent favorisé par certains contextes
historiques, sociaux, politiques… Il s'impose plutôt à certaines personnes qui ont eu la chance
ou le malheur de rencontrer l'Histoire dans ce qu'elle peut avoir d'universellement tragique.
Les écrivains noirs américains, franco-antillais et guyanais, africains : Wright, Baldwin,
Himes, Césaire, Damas, Fanon, Senghor, Gordimer, Brink, Coetzee, et bien d'autres dans le
monde, ont émergé à l'écriture dans la prise de conscience directe des grandes tragédies
mondiales ou particulières à leur pays, touchant directement ou non à leur propre place au sein
de la société. Pour ceux que nous avons cités, le racisme sous toutes ses formes et le sort
envisagé ou réservé à certains peuples à cause de la couleur de leur peau, ont sans aucun doute

13
Gorgui Ibrahima Tall, La problématique de l’engagement dans la littérature africaine francophone : étude sur
les œuvres de Yasmina Khadra, de Mariama Bâ et d’Ahmadou Kourouma, December, 2014, p2
14
Gorgui Ibrahima Tall, La problématique de l’engagement dans la littérature africaine francophone : étude sur
les œuvres de Yasmina Khadra, de Mariama Bâ et d’Ahmadou Kourouma, December, 2014, p3

16
CHAPITRE I : Le féminisme dans la littérature africaine
rendu incontournable un combat par la plume, donc l'émergence d'une littérature qui favorise
une prise de conscience collective, l'ancrage d'une identité particulière au sein des identités
mondiales15.
Chez les écrivains postcoloniaux, l’Art a un seul but qui est l’évolution totale
qui touche tous les domaines de la vie politique, économique et sociale. Le
terme intellectuel est toujours lié à l’artiste et à l’écrivain, ou il y a deux sortes
d’intellectuels dans le milieu littéraire africain qui sont autonome, responsable et
engagé. Le professeur Ki Zerbo souligne que : « une neutralité active, une autonomie
positive et non inerte, amorphe et muette. Sinon ils mériteraient alors le fameux
jugement péremptoire de Péguy sur certains intellectuels : Ils ont les mains pures ; mais
le malheur, c’est qu’ils n’ont pas de main »16.
Les romans africains sont de véritables documents historiques. Ils visent à transformer
les vérités historiques, c’est le cas de Mariama Bâ dans une si longue lettre, l’écrivaine
a fait un portrait réel de la société africaine postcoloniale et elle a mis la lumière sur
le conflit entre la tradition et la modernité c’est à dire que la société africaine est
caractérisée d’un côté par les traditions africaines et d’un autre coté par une modernité
héritée du colonialisme occidental.
L’écrivain possède un rôle majeur. Il ne faut pas que l’écrivain soit limiter à
dévoiler la vérité mais il faut essayer de donner un sens à cette vérité et faire passe des
messages, exciter la pensée et la curiosité du lecteur.

4- Le système de caste :
Comme beaucoup de pays, le Sénégal a connu une organisation et une
hiérarchisation populaire. Parmi les problèmes qui touchent la femme en Afrique est
bien évidement le système de classes, nommé système des castes. Selon le dictionnaire
Larousse caste est un Groupe social endogame, ayant le plus souvent une profession
héréditaire et qui occupe un rang déterminé dans la hiérarchie d'une société. C’est un

15
Article de L’Afrique des idées accessible en ligne avec interview de Sami Tchak. « L’engagement selon
l’écrivain Sami Tchak » L’Afrique des idées, 2013.
16
Gorgui Ibrahima Tall, La problématique de l’engagement dans la littérature africaine francophone : étude sur
les œuvres de Yasmina Khadra, de Mariama Bâ et d’Ahmadou Kourouma, December, 2014, p 38.

17
CHAPITRE I : Le féminisme dans la littérature africaine
système d’inégalité qui caractérise tous les pays africains en premier lieu le Sénégal,
dont il est connu par une grande diversité des castes. Selon l’historien sénégalais Cheikh
Anta Diop le système de caste est :
Le système est né d’une division du travail, mais sous un régime politique
avancé, monarchique car on ne trouve jamais de castes sans noblesse .Cependant, il est
fort probable que la spécialisation dans le travail qui a abouti à l’hérédité du métier
dans le système des castes à l’échelle familiale et individuelle s’est élaboré depuis
l’organisation clanique 17
Le Sénégal contient deux castes dominantes, une caste supérieure appelé Guers et
l’autre inferieure nommé Gnegnos. Les Guers représentent la noblesse par contre les
Gnegnos représentent les artisans et les esclaves de la société. Dans un ouvrage
d’Abdoulaye Bara Diop intitule La société wolof : tradition et changement : les systèmes
d'inégalité et de domination, il affirme que :
L’islam, quelle que soit son importance, ne pouvait par sa seule force idéologique
bouleverser le système des castes le réduire. Les grands marabouts, issus de leur immense
majorité de la caste supérieure des guers, ne sont pas mobilisés pour faire prévaloir le principe
égalitaire ; ils avaient même intérêt au maintien des castes avec les transformations mineures
qu’il avait subies, dans la mesure où ils créaient un système qui, malgré sa nouveauté dans son
fondement et ses principes, se reproduit en instituant à son tour une hérédité religieuse18.
Au Sénégal, beaucoup de citoyens sont marginalisés et exclus à cause de cette
société qui impose ce système méprisant. Par exemple, il y a une information qui dit que
les personnes de la classe noble n’ont pas le droit d’épouser une femme qui appartient
aux Gnegnos (les artisans, les bijoutiers) car d’après eux elle va porter la honte et la
bassesse à la classe noble et elle va salir leur nom de famille. C’est exactement pour
cette raison que la belle-mère d’Aïssatou, tante Nabou était contre le mariage de son fils
Mawdo Bâ avec Aïssatou vu qu’elle était d’une famille bijoutiers nommé teugeus, cette
catégorie fait partie des griots qui représentent la classe la plus base dans l’échelle
sociale à Dakar. Comme il est mentionné dans notre corpus de recherche dans la lettre
écrite par Aïssatou destine à Mawdo, Aïssatou écrit :

17
Nodou Dieng, Les problèmes de castes vues sous l'angle des auteurs, 2017, [Link] consulté le
30/05/2021 à 10.50
18
ABDOU MBAYE, LES SYSTÈMES DES CASTES AU SÉNÉGAL : CERTES SUBISSANT
D’IMPORTANTS CHANGEMENTS MAIS QUE CERTAINS DE LEURS ASPECTS RÉSISTENT ENCORE
À L’ÉVOLUTION, 2009, [Link]

18
CHAPITRE I : Le féminisme dans la littérature africaine
« Et puis, une bijoutière peut-elle avoir de la dignité, de l’honneur ? C’est comme si l’on
se demandait si tu avais un cœur et une chair. Ah pour certains, l’honneur et le chagrin
d’une bijoutière d’une Guélawar. » (Page 63)
Selon les idées traditionnelles de la belle-mère, ce genre de mariage entre les
différentes classes sociales n’arrivera jamais à réussir par contre il est considère comme
un péché et qu’il apporte que de la honte, c’est pourquoi elle a essayée toutes les
solutions pour protéger le statut de sa famille en imposant sa nièce comme deuxième
épouse pour mawdo et le forcer d’être polygame, cet extrait du roman porte plus de
détails sur ce personnage :
[Tante Nabou] portait un nom glorieux du Sine : Diouf. Elle est descendante de Bour-
Sine. Elle vivait dans le passé sans prendre conscience du monde qui muait. Elle s’obstinait
dans les vérités anciennes. Fortement attachée à ses origines privilégiées, elle croyait ferme au
sang porteur de vertus et répétait en hochant la tête, que le manque de noblesse à la naissance
se retrouve dans le comportement. (page55)

Le système des castes est considère comme un phénomène sérieux qui peut
provoquer des problèmes très grave au sein de la société. Il occupe une place assez
importante dans la littérature postcoloniale africaine, c’est pour cela qu’on le trouve
comme thème principal dans le texte de l’écrivaine sénégalaise Mariama Bâ. À travers
la position de l’auteure, on comprend que les vices et les positions oppressives de la
société africaine envers la femme ne se limitent pas au niveau des cellules conjugales.
Enfin, les femmes occupaient des positions de pouvoir dans les différents
domaines dans la société traditionnelle africaine, jusqu’à l’arrivée du colonisateur qui a
arrêté toute forme d’émancipation féminine sur tout le territoire africain, mais
aujourd’hui grâce au courant féministe africain, beaucoup de voix ont pu se libérer et
faire entendre leur voix et revendiquer les droits qui ont été volés.

19
Chapitre II :
L’image de la femme dans
Une si longue lettre
Chapitre II : L’image de la femme dans Une si longue lettre
1. Solidarité au féminin :
Dans ses écrits, Mariama Bâ évoque le règlement strict imposé par la
société traditionaliste qui limite la place de la femme aux cellules conjugales et lui dicte
un destin bien précis. Elle a fait une description du milieu familial qui contrôle la vie
intime de la femme où le corps et la fertilité de la femme sont devenus une affaire
publique. Les femmes en Afrique noire ont discriminées non seulement par l’homme
mais aussi par la mère et la belle-mère traditionalistes.
L’auteure présente une image de la femme qui cherche à se libérer du système
traditionaliste basé sur la tradition et les castes et la polygamie. Elle pense que la
solidarité féminine est le seul moyen de s’élever au-dessus des lois fixées par la société.
L’œuvre de Mariama Bâ fait ainsi entendre des voix féminines solidaires, protectrices
ou fortes, qui appellent leurs consœurs à devenir solides et actives, et qui prennent la
parole pour dévoiler les comportements injustes de la société et leurs souffrances.
Finalement, ces voix encouragent la femme à être libre et émancipée et avoir un pouvoir
dans la société.
Dans cette partie, nous allons mettre la lumière sur les différentes formes de
solidarité qui lie les personnages féminins de Mariama Bâ. Nous allons montrer aussi
que d’après l’écrivaine l’accès des femmes à l’éducation formelle et l’engagement
politique est une manière d’indépendance et de libération. En effet, elle affirme qu’il y
a une manière de solidarité commune entre les personnages féminins dans le texte. En
se basant sur sa description de la solidarité on comprend qu’il y a une bonne relation qui
lie les femmes dans son texte.
1.1 Solidarité entre les amies :
Le texte révèle qu’il s’agit d’une amitié qui lie Ramatoulaye et Farmatta. Celle-ci
voulait être la confidente de Ramatoulaye et elle offre à son amie d’enfance ses conseils
de griotte.
Farmatta, la griote aux cauris […] m’avait lancé : Ta mère avait raison. Daouda est
merveilleux. Quel géer […] Daouda n’a ni échangé sa femme, ni abandonné ses enfants ; s’il
revient te trouver, toi, vieille et chargée de famille, c’est qu’il t’aime ; il peut subvenir à tes
besoins et à ceux de tes enfants. Réfléchis. Accepte. (Page 125/126)

À travers ses paroles on comprend que Farmatta pousse Ramatoulaye à accepter


la demande de mariage de Daouda Dieng, elle cherche à la convaincre que ce dernier

21
Chapitre II : L’image de la femme dans Une si longue lettre
peut lui donner une vie très heureuse, confortable loin de la souffrance avec une bonne
situation financière. Son premier objectif est le bienêtre de son amie.
L’on souligne également la relation des deux protagonistes, Ramatoulaye et Aïssatou,
ces deux amies qui partagent depuis l’enfance une amitié assez solide et fidèle, cette
relation se présente comme un symbole de fraternité et de solidarité. Elles sont attachées
l’une à l’autre, cette complicité les a uni face aux embarras de la vie : « Je n’oublierai
jamais ta réaction, toi, ma sœur. Je n’oublierai jamais la joie et la surprise qui furent
miennes, lorsque, convoquée chez le concessionnaire de Fiat, on me dit de choisir une
voiture que tu te chargeais de payer intégralement. » . Tellement cette relation est très
solide et sincère que Ramatoulaye a nommée l’une de ses filles « Aïssatou » : « Aïssatou
fait la toilette des plus petits […] Aïssatou est aidée dans sa tâche par Amy et sa jumelle
Awa, qu’elle initie » (page 138). À travers la répétition du prénom du nom Aïssatou, Bâ
démontre à quel point Ramatoulaye est fidèle à son amie.
À travers la demande en mariage qu’a fait Daouda Dieng à Ramatoulaye,
Mariama Bâ nous a donné une image assez expressive de la solidarité entre les femmes.
Le fait qu’Aïssatou a refusé de voir sa copine comme deuxième épouse et voir la
première épouse subir l’horreur de la polygamie de son mari a provoqué chez
Ramatoulaye un certain sentiment de générosité d’Aïssatou c’est pourquoi Ramatoulaye
a refusé la proposition de Daouda pour ne pas agir comme Binetou quand elle est venue
comme coépouse et qui a gâché son bonheur conjugal. Dans un esprit de solidarité, elle
a fini par expliquer à Daouda Dieng : « […] l’existence de ta femme et de tes enfants
complique encore la situation. Abandonnée hier, par le fait d’une femme, je ne peux
allègrement m’introduire entre toi et ta famille. » (Page128), Ramatoulaye a également
rejetée qu’une autre famille traverse ce que ses enfants ont vécu et ce qu’elle a ressenti
lorsque Modou s’est remarié. Par son refus catégorique de la part de Ramatoulaye d’être
la cause d’une rupture familiale, Mariama Bâ nous a montré une transformation du
chemin conjugal traditionnel en incitant l’homme à épouser une seule femme.
1.2 Solidarité entre la mère et la fille :
Une si longue lettre de Mariama Bâ porte aussi un lien commun qui lie la mère
et sa fille, Il s’agit d’une union profonde qui pousse la complicité entre les femmes
sénégalaises, plus particulièrement entre les mères et les filles. D’après notre analyse on

22
Chapitre II : L’image de la femme dans Une si longue lettre
comprend que Ramatoulaye vit cette solidarité féminine dans sa relation avec sa fille
Daba. « Daba est là, à mes côtés, légère, souriant de toutes ses dents pour la mission
bien accomplie (page136) ». Ce qui est remarquable chez Daba c’est notamment l’esprit
de sacrifice pour sa famille, sa révolte contre la belle-mère pour protéger sa mère de tous
les problèmes.
Souviens-toi, j’étais la meilleure amie de ta fille. Tu en as fait la rivale de ma mère. Souviens-
toi. Pendant cinq ans, tu as privé une mère et ses douze enfants de leur soutien. Souviens-toi.
Ma mère a tellement souffert. Comment une femme peut-elle saper le bonheur d’une autre
femme ? Tu ne mérites aucune pitié. Démange (page 132)

À travers la répétition de « Souviens-toi », l’écrivaine insiste sur la déception et


la frustration de Daba face au comportement de la belle-mère.
L’esprit de solidarité qui lie la mère et sa fille a conduit Daba à une action militantiste
qui la poussée vers une lutte idéologique et à partir de cette lutte elle a fait appel à toutes
les femmes sénégalaises à utiliser leur pouvoir autant que femmes.
Je préfère mon association où il n’y a ni rivalité, ni clivage, ni calomnie, ni bousculade : il
n’existe pas de postes à partager ni de places à nantir […] Chacune de nous a des chances
égales de faire valoir ses idées. Nous sommes utilisées selon nos compétences dans nos
manifestations et organisations qui vont dans le sens de la promotion de la femme. Nos recettes
aident des œuvres humanitaires ; c’est un militantisme aussi utile qu’un autre qui nous mobilise,
mais c’est un militantisme sain qui n’a de récompense que la satisfaction intérieure (page

138)
Mariama Bâ affirme que cette solidarité féminine provoque chez les femmes un
certain sentiment de bien-être et de joie mais aussi une possibilité de s’exprimer sans
inquiétude. De plus elle a souligné que la base du changement social et politique est
dans la coopération et l’union féminine. Elle présente aussi une un portrait de la femme
qui veut se libérer de l’obéissance, cette dernière trouve dans la solidarité féminine le
seul moyen pour monter les lois et les interdictions définies par la société. Le roman de
Mariama Bâ fait ainsi entendre des voix féminines émancipées, fortes et solidaires, qui
poussent les autres femmes à prendre position et rester autonomes et actives. À travers
le texte elle vise aussi à inciter les femmes à obtenir une éducation formelle et de
s’imposer au sein du système politique sénégalais.

23
Chapitre II : L’image de la femme dans Une si longue lettre
2- les différentes images des femmes dans une si longue lettre :
Ramatoulaye et Aïssatou, ont été toutes les deux sujettes à un mariage polygame.
Mais leurs réactions face à la situation étaient différentes. Aïssatou refuse le fait qu’elle
ait un rôle mineure dans sa relation conjugale c’est pour cette raison qu’elle a choisi de
divorcer de Mawdo et de déménager aux États-Unis avec ses enfants afin de construire
une nouvelle vie indépendante. Dans le cas d'Aïssatou et Mawdo, la cause principale de
leur séparation était la tante Nabou et son refus total d’Aïssatou qui vient d’une caste
mineure comme belle fille, c’est pour cela qu’elle a amené sa nièce comme une seconde
épouse pour Mawdo. Dans une lettre destine au mari Aïssatou écrit : « Dès lors, tu
dégringoles de l'échelon supérieur, de la respectabilité où je t'ai toujours hissé […] Je
me dépouille de ton amour, de ton nom. Vêtue du seul habit valable de la dignité, je
poursuis ma route. Adieu, Aïssatou » (page 65)
Contrairement à Ramatoulaye, elle n’a pas pu accepter de vivre avec ce phénomène
tout en adoptant des pensées traditionalistes qui font que la vie d’une femme en dehors
de la cellule conjugale est irréalisable. Finalement elle s’est retrouvée comme étant une
femme abandonnée par son mari, toute seule à la maison avec ses douze enfants sans
mari. Aïssatou représente l’image de la femme mobile et active qui veut développer et
changer sa propre vie contrairement à Ramatoulaye, qui est dépourvue de toute mobilité.
Elle a conclu sa lettre par ces mots :
« Je t'avertis déjà, je ne renonce pas à refaire ma vie […] Le mot bonheur recouvre
bien quelque chose, n'est-ce pas ? J'irai à sa recherche. Tant pis pour moi, si j'ai encore
à t'écrire une si longue lettre…Ramatoulaye » (page 165)
Ici, on voit une nouvelle manière de penser dynamique et plus moderne, on
comprend qu’elle a commencé à penser au développement et à l’émancipation. Donc à
travers les deux réactions différentes des protagonistes, Mariama Bâ a montré qu’il
existe deux types de femmes dominants dans la société sénégalaise en particulier et la
société africaine en générale qui sont les femmes traditionalistes et celles modernes.
2.1 La femme traditionnelle :
À travers la pensée traditionaliste, la femme est un être passif qui ne sert que a
accoucher dont le rôle se limite à enfanter et à satisfaire les besoins de l’homme, cette
pensée fait de la femme un être inferieur et subordonné. Dans Une si longue lettre, on

24
Chapitre II : L’image de la femme dans Une si longue lettre
souligne l’existence de deux types de femmes : celles qui sont fortes émancipées et
celles qui sont soumises et victimes de la tradition sociale.
Dans le roman la tante Nabou et Ramatoulaye représentent l’image de la femme
victime marginalisée. Entre ces deux femmes il y a plusieurs points en commun parmi
lesquels considérer que la place de la femme est dans son foyer et au sein de sa famille
est la même. Elles donnent aux femmes un rôle traditionnel.
En effet, dans un esprit traditionaliste, une bonne épouse est celle qui fait des
sacrifices pour l’évolution et le développement de son mari au sein de la société. Le
respect et l’obéissance à l’homme font partie des qualités aimées dans la société
africaine conservatrices. La réussite ou l’échec de L’homme sont toujours reliés à
l’appui et le soutien du sexe féminin, dans cet extrait Ramatoulaye le confirme :
Ma vie sociale aurait pu être tumultueuse et porter ombrage à Modou dans son destin syndical.
Un homme trompé et bafoué par sa famille peut-il en imposer à d’autres ? Un homme dont la
femme fait mal son travail peut-il sans honte réclamer une juste rétribution du labeur ?
L’agressivité et la condescendance d’une femme canalisent vers son époux le mépris et la haine
que sa conduite engendre. Avenante, elle peut rassembler sans aucune idéologie des soutiens
pour une action. Pour tout dire, la réussite de chaque homme est assise sur un support
féminin (page 107).
À travers cet extrait, on pose la question si Modou Fall a été conscient du
sacrifice fait par Ramatoulaye ? Son comportement confirme la pensée des hommes
envers le mariage et envers les relations entre homme et femme et que la femme doit
être toujours dans l’ombre de son mari. Ramatoulaye représente la lâcheté d’une certaine
catégorie des femmes de faire face aux mensonges et à la trahison de leurs maris. Pour
Ramatoulaye car elle refuse de quitter son mari après des années de mariage malgré la
présence d’une coépouse beaucoup plus jeune qu’elle. Elle affirme :
Je suis de celles qui ne peuvent se réaliser et s’épanouir que dans le couple. Je n’ai jamais
conçu le bonheur hors du couple, tout en te comprenant, tout en respectant le choix des femmes
libres… j’ai aimé ma maison. Tu peux témoigner que j’en ai fait un havre de paix où toute chose
a sa place, crée une symphonie harmonieuse de couleurs tu connais ma sensibilité, l’immense
amour que je vouais a Modou tu peux imaginer que, mobilisée nuit et jour à son service, je
devançais ses moindres désirs (page 106).

25
Chapitre II : L’image de la femme dans Une si longue lettre
La narratrice limite son bonheur dans son foyer conjugal a cote de son époux.
Cela signifie le raisonnement d’une femme qui accepte de rester mariée, même si ce fait
la rend un être triste et marginalisé qui souffre en silence.
Dans un autre côté, on a la Petite Nabou, la coépouse d’Aïssatou et Binetou la
coépouse de Ramatoulaye ces deux personnages sont des archétypes parfaits des jeunes
filles victimes formées par leurs mères pour satisfaire les désirs et les attentes de la
société africaine traditionnelle. Elles ont sacrifié leur jeunesse à cette dernière. Malgré
le jeune âge de Binetou et la petite Nabou, elles sont dépourvues de toute personnalité
et de droits, elles se sont retrouvées obliger à accepter le destin dicté par la société c’est
pourquoi elles deviennent muettes forcées face aux femmes bourrelles et complices
avec les hommes. Donc on retient que l’homme n’est pas le seul coupable de
l’oppression féminine par contre la société aussi fait partie de cet acte méprisant.
2.2 La femme moderne :
À travers le personnage d’Aïssatou, Mariama Bâ démontre l’existence d’un genre
diffèrent de femme et qui réagissent autrement face à la discrimination masculine. À la
différence de Ramatoulaye, Aïssatou a choisi le divorce, elle a refusée de se soumettre
aux traditions injustes telles que la polygamie et le système des castes. Elle a préférée
de se concentrer sur son développement personnel et terminer ses études finissant par
devenir un interprète à l’ambassade du Sénégal aux États-Unis. Dans une lettre destinée
à Mawdo, Aïssatou dit :
Les princes dominent leurs sentiments pour honorer leur devoir. Les ‘’autres ‘’ courbent leur
nuque et acceptent en silence un sort qui les brime. Voilà, schématiquement, le règlement
intérieur de notre société avec ses clivages insensés. Je ne m’y soumettrai point. Au bonheur
qui fut nôtre, je ne peux substituer celui que tu me proposes aujourd’hui. Tu veux dissocier
l’Amour tout court et l’amour physique […] Dès lors, tu dégringoles de l'échelon supérieur, de
la respectabilité où je t'ai toujours hissé […] Je me dépouille de ton amour, de ton nom. Vêtue
du seul habit valable de la dignité, je poursuis ma route. Adieu (page 64/65).
En brisant et en refusant de respecter le système social, Aïssatou a choisi de
penser seulement à sa liberté et sa dignité, ici la décision du divorce n’est pas limitée
seulement à sa relation avec Mawdo par contre elle représente la fracture totale avec la
société traditionaliste. Mariama Bâ explique à travers le personnage d’Aïssatou que
l’émancipation et le développement commence par une simple prise de conscience. A

26
Chapitre II : L’image de la femme dans Une si longue lettre
travers son refus aux propositions de Tamsir et de Daouda DIENG, Ramatoulaye, elle
montre sa position définitive contre la polygamie.
A la fin de la lettre on a vu un changement radical dans le comportement de
Ramatoulaye, elle a refusé les deux demandes en mariages celle de Daouda Dieng et
l’autre de Tamsir, ce refus confirme sa nouvelle positon face à la tradition et à la
polygamie mais aussi, elle affirme que son chagrin s’est transformer en une force et une
paix intérieure. Au début de lettre elle était : « Je survivais. En plus de mes anciennes
charges, j’assumais celles de Modou » (lettre p 98), En fin elle est devenue comme suit :
« Je survivais. Je me débarrassais de ma timidité pour affronter seule les salles de cinéma
; je m’asseyais à ma place, avec de moins en moins de gêne. » (Page 99)
À travers les personnages féminins dans Un si long lettre, l’écrivaine veut nous
montrer l’impact de l’amitié et la solidarité entre les femmes dans la lutte pour la
condition féminine et l’évolution personnelle, Cette relation est une manière de se
soutenir et s’encourager réciproquement pour pouvoir dépasser les problèmes des
sociétés traditionnelles machistes.
3. La lutte contre le patriarcat :
La majorité des écrivaines africaines ont mis la lumière sur les sujets de leur
marginalisation tels que la polygamie qui est considérée comme un héritage culturel et
une pratique religieuse, l’éducation formelle où les femmes doivent être éduquées loin
de l’école pour éviter son impact péjoratif et la lutte contre le machisme ou la domination
du patriarcat, Ce dernier était au centre de leurs revendications. Le patriarcat est un
système fondé sur la domination du sexe masculin dans tous les domaines. Dans une
lettre intitulée Lettre ouverte d’une afro-féministe aux hommes noirs. Aïchatou Ouattara
a dénoncé le poids du système patriarcal qui fait le bonheur des hommes.
Vous avez peur ! Peur de voir les femmes noires s’émanciper, s’autodéterminer et saisir les
armes de leur libération. Peur que l’on menace votre ego de mâle fragile ! Peur de devoir
remettre en question vos privilèges octroyés par le système patriarcal. Nous ne nous battons
pas contre vous, mais contre le joug patriarcal19.

Dans cette lettre elle dévoile l’égoïsme des hommes noirs et leur refus total de
l’émancipation féminine. Dans le texte de Mariama Bâ ce thème occupe une place

19
Aïchatou Ouattara, lettre ouverte dune afro-féministe aux hommes noirs, juin 2016

27
Chapitre II : L’image de la femme dans Une si longue lettre
primordiale où elle a critiqué le joug patriarcal de la société sénégalaise qui oblige les
femmes à vivre dans l’ombre de leurs maris. Elle a mentionnée que les femmes occupent
une place inferieure et les hommes dominent, que la femme est toujours une prisonnière
de l’homme. La pensée de Simone de Beauvoir correspond fortement aux propos de
Mariama Bâ et elle décrit cette situation comme situation d'handicapée. Elle écrit : « La
femme a toujours été, sinon l'esclave de l'homme, du moins sa vassale ; les deux sexes
ne se sont jamais partagé le monde à égalité ; et aujourd'hui encore, bien que sa condition
soit en train d'évoluer, la femme est lourdement handicapée »20.
Dans Une si longue lettre, les hommes sont représentés de façon péjorative. Ils
voient les femmes en générale et leurs épouses en particulier comme des marionnettes
condamnées à les servir. Contrairement à ce type des maris il y a un autre type qui est
plus compréhensif, c’est l’époux de Daba, Abou, nous pouvons dire que ce dernier est
loin de ces systèmes traditionnels qui détruisent la relation entre l’homme et la femme.
Cela signale qu’il existe deux types d’homme non seulement celui traditionnel qui est
oppresseur mais aussi il y a celui moderne qui est compréhensif et qui respecte les
femmes.
Donc, on retient que Mariama Bâ représente la voix féminine dans les années
quatre-vingt, elle était parmi les premières écrivaines qui ont évoqués la situation des
femmes au sein de la famille et la société, elle a mis la lumière sur les pratiques
traditionnelles qui oppriment la femme. Au moyen de ses écrits, elle fait appel aux
femmes pour agir et changer leur destin.

20
Malin Haaker, 2013, La femme africaine dans Une si longue lettre de Mariama Bâ et Assèze l’Africaine de
Calixthe Beyala, linnéuniversitetet, p10

28
Chapitre III
La polygamie à travers Une si
longue lettre
Chapitre III : La polygamie à travers Une si longue lettre
Dans ce chapitre nous allons faire une analyse de la question de la polygamie dans
les pays africains noirs exactement au Sénégal à partir du texte de Mariama Bâ. Ensuite,
Nous allons aborder également la position de la femme africaine face aux pratiques
traditionnelles et religieuses. En dernier, nous allons faire appel à la narratologie afin de
déterminer la structure du texte de Mariama Bâ.
1- la polygamie :
La polygamie est une pratique associée à l’islam depuis très longtemps. En effet, la
polygamie était reconnue exactement chez les arabes avant l’arrivée de l’Islam. Cette
pratique donne aux hommes le droit d’épouser plusieurs femmes en même temps.
Jusqu’à l’arrive de l’Islam, des changements ont été faites, parmi lesquelles la limitation
du nombre des femmes jusqu’au quatre à condition d’être traitées de manière égale.
Aussi, cette pratique est autorisée par le Coran mais il ne l’impose pas. Ce verset
coranique affirme cette définition de polygamie :
Et si vous craignez de n'être pas justes envers les orphelins,... Il est permis d'épouser deux,
trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n'être pas justes
avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela, afin de ne pas faire
21
d'injustice
En Afrique traditionnelle, La polygamie représente une tradition très ancienne,
qui a comme but principal la fondation d’une grande famille, où le rôle des femmes est
limité seulement dans la cellule conjugale. Les femmes devaient absolument avoir des
enfants pour confirmer la virilité de leurs maris mais aussi pour créer une famille
nombreuse. Mais si la femme était infertile, elle devait accepter que son mari prenne
une autre épouse pour s’assurer d’avoir des enfants. Elle doit se sacrifier pour préserver
sa famille et l’héritage de son mari, la femme cherchait parmi ses proches une deuxième
femme pour donner des enfants à son mari. La première femme représentait la pierre
angulaire de la maison mais aussi la stabilité, elle était le centre du foyer. Certaines
femmes habitent sous le même toit en harmonie. Selon l’écrivaine sénégalaise Awa
Thiam :
la polygamie est une structure « institutionnalisée » qui ordonne à la femme le
sacrifice de son être pour le bonheur du mari qui l’a « achetée » et qui prend les

21
AN-NISA'A Sourate 4· verset 3

30
Chapitre III : La polygamie à travers Une si longue lettre
grandes décisions. Elle l’analyse comme un « fléau » et préconise la révolte féministe,
car « son maintien ou son abolition sera surtout le fait des femmes.22
Cette pratique de polygamie prend une place primordiale dans les écrits de
Mariama Bâ, dont la majorité des femmes africaines vivent dans un foyer polygame en
le partageant avec des coépouses. Ce fait provoque chez la femme un certain manque de
confiance en soi et un sentiment d’humiliation. La polygamie engendre aussi des
conflits, une sorte de concurrence et de rivalité qui vont produire la jalousie et la haine
entre les épouses. « J’avais oublié de demander le nom de ma rivale et de pouvoir ainsi
donner une forme humaine à mon mal. » (Page 76)
L’utilisation du mot rivale par Ramatoulaye montre la haine qu’elle porte pour
Binetou. Ainsi, elle la considère comme le seul responsable de la rupture et la souffrance
de sa famille. Dans Une si longue lettre, la polygamie représentée comme étant une loi
oppressive et méprisante des femmes. Où on trouve le drame de deux personnages
féminins aux destins similaires : Aïssatou et Ramatoulaye.
Dans le cas d’Aïssatou, la polygamie n’était pas le choix de Mawdo Bâ par contre
elle est le choix de la Tante Nabou, où elle a imposé sa petite nièce la petite Nabou
comme une épouse pour son fils. Autrement dit, mawdo le fait non pas parce qu’il est
amoureux de la fille mais plutôt « pour ne pas voir sa mère mourir de honte et de chagrin
» (page 62). Cet acte a poussé Aïssatou à quitter son mari et son foyer conjugal et aller
vivre ailleurs pour éduquer ses enfants.
Ramatoulaye est la plus grande victime de la polygamie parce qu’elle s’est
soudainement retrouvée face à une coépouse qu’elle ne connait pas. Modou Fall, lui
amène une coépouse, après trente ans de mariage et après avoir enfanté douze fois, de
la manière la plus choquante non seulement parce qu’elle avait l’âge de sa fille Daba,
mais aussi Ramatoulaye n’en est informée qu’après le mariage, par l’un des amis de
Modou. Cette situation donne naissance à un certain sentiment de traumatisme et de
solitude.

22
Résistance féministe/féminine contre les institutions sociales, Mouhamadou Cissé, Université du Québec à
Montréal (Canada), page 19.

31
Chapitre III : La polygamie à travers Une si longue lettre
2. Etude de la structure d’Une si longue lettre de Mariama Bâ :
Pour bien cerner l’apport de la narratologie, il importe de saisir la distinction entre trois entités
fondamentales : l’histoire, le récit et la narration. Globalement, l’histoire correspond à une
suite d’événements et d’actions, racontée par quelqu’un, c’est-à-dire le narrateur, et dont la
représentation finale engendre un récit. De fait, la narratologie est une discipline qui étudie les
mécanismes internes d’un récit, lui-même constitué d’une histoire narrée.23

Selon Genette, La narratologie a pour but l’analyse du discours du texte et


dégager les compositions du texte. Ainsi elle vise à mettre la lumière sur les relations
entre les différents éléments dans le texte en ce qui concerne le récit, histoire et la
narration.
2.1- étude de personnages :
Dans l’étude, ci-dessous, on va établir une typologie des personnages principaux
féminins dans le texte.
A- Ramatoulaye :
L’épouse de Modou Fall, elle est issue d'une famille noble plus haute que son
mari et son amie Aïssatou. Elle a une cinquantaine d’années, mère de douze enfants.
Ramatoulaye est victime d’une société traditionnelle, elle est soumise, impuissante et
passive dans son comportement. Représenté comme héroïne du roman mais aussi
narratrice homodiégétique. Elle s’avère une mère résignée, responsable et généreuse
mais au même temps elle est dépourvue de toute forme d’indépendance.
B- Aïssatou :
La première épouse de Mawdo Bâ et l’amie intime de Ramatoulaye, elle a une
cinquantaines d’années. Aïssatou issue d’une classe inferieure dans la société et plus
précisément d’une famille bijoutiers nommée griots. Elle habite avec ses quatre enfants
aux États-Unis où elle travaille à l’embrassade du Sénégal, elle a fait des études
d’interprétariat. Cette dernière représente l’image de la femme forte, brave avec la
volonté d’émancipation, elle est active et positive dans son comportement malgré la
souffrance en mariage polygame mais elle avait toujours la volonté de rejet, elle était

23
La narratologie, Lucie Guillemette et Cynthia Lévesque, Université du Québec à Trois-Rivières,
[Link]

32
Chapitre III : La polygamie à travers Une si longue lettre
autonome. Contrairement à Ramatoulaye elle refuse d’être victime d’une société
traditionnelle et elle a choisi d’être totalement indépendante.
C- Binetou :
Une jeune lycéenne à la fleur d’âge, présenté comme deuxième épouse de Modou
Fall et coépouse de Ramatoulaye, cette dernière était la copine de Daba la fille de
Modou et Ramatoulaye. Elle a accepté de se marier avec le père de sa copine à cause de
sa situation financière qui était très difficile mais aussi parce qu’elle s’est retrouvée sous
l’obligation de sa mère. Binetou représente le portrait de la femme passive et victime,
elle ne possède aucune parole et dépourvue de toute mobilité, cette jeune fille est victime
d’une mère traditionnelle, opportuniste et profiteuse.
D- La petite Nabou :
Cette petite fille douce et gentille est la fille de Farba Diof, le chef du village
Diakhao La deuxième épouse de Mawdo Bâ et la coépouse d’Aïssatou, elle est d’une
classe bourgeoise, cette dernière est une sage-femme. Elle représente un archétype de la
jeune fille docile Dépourvue de tout caractère de révolution avec un comportement
passif, Facile à dominer et contrôlée. La petite Nabou était victime de sa tente Nabou
« mère abusive » Docile et Conservatrice.
Ce qui ressort de cette étude, c’est que ce texte est une représentation de la figure
féminine africaine, qu’il y a une diversité de caractères et de personnalités, et chacun de
ces personnages féminins représente une figure propre à lui. Ce texte est une
combinaison entre un roman littéraire et une un regard sociocritique d’une société
traditionnelle moderne, ceci représente la particularité du texte.
2.2- le temps du récit :
Les temps dominants dans notre corpus de recherche sont le passé, l’imparfait.
L’écrivaine a fait une sorte de va-et-vient entre ces deux temps pour introduire des
situations bien précises et décrire une habitude passée : « Aïssatou, je n’oublierai jamais
la femme blanche qui, la première, a voulu pour nous un destin « hors du commun ».
Notre école, revoyons-la ensemble, verte, rose, bleu, et jaune, couleur des dortoirs aux
lits impeccablement dresses » (page 37)
Nous avons aussi l’utilisation du présent pour rapporter des actions passées et les
rendre plus vivantes dans un récit du passé : « Debout sur ma véranda, je vois arriver

33
Chapitre III : La polygamie à travers Une si longue lettre
mes fils Alioune et Malick en pleurs. Ils sont dans un état piteux : habits déchirés, corps
empoussiérés par la chute, genoux sanguinolents sous la culotte ; une échancrure fend
largement la manche droite du tricot de malick ; du même cote, le bras pend
lamentablement. » (Page 145)
Gérard Genette affirme que le récit est un acte de fiction du langage lui-même : «
Le récit ne «représente »pas une histoire (réelle ou fictive) il raconte, c’est –à- dire qu’il
s’exprime par le moyen du langage […] Il y’a de la place pour l’imitation dans le récit
[…]. »24
L’histoire dans notre corpus remonte aux années soixante-dix-neuf, à la période
poste coloniale en Afrique plus précisément au Sénégal. Où cette période est marquée
par plusieurs problèmes sociaux et religieux tels que le problème des castes, l’éducation
des filles, la condition des femmes au foyer et le courant féministe en Afrique.
2.3. Etude de l’espace :
A l’instar de l’analyse qu’on a fait d’Une si longue lettre, on a dégagé l’existence
de deux espaces dominats. L’histoire se déroule en premier à Dakar la capitale du
Sénégal, cette dernière symbolise la modernité. Le deuxième endroit est Diakhao, ce
village est un symbole de la tradition, mœurs et coutumes.
3. La femme face à la loi coutumière et sociale :
Mariama Bâ étudie la question de mariage pour montrer l’impact de la tradition
et la loi coutumière sur la vie des femmes mais aussi pour dire qu’elles sont représentées
comme un obstacle qui empêche le développement féminin. La cruauté des mères
traditionnelles, les tabous sociaux et les pratiques sociales et religieuses musulmanes
sont des facteurs qui menacent la stabilité des foyers en particulier et la société en
générale. Elles provoquent chez les couples un certains désaccords, malaise et
problèmes.
D’après la réaction de Ramatoulaye face à la demande de mariage, l’auteure
montre que ce fait est considéré comme une transgression de loi coutumière représentée
comme un premier pas vers la lutte contre le système socioculturel. Donc une si longue

24
La narratologie, Lucie Guillemette et Cynthia Lévesque, Université du Québec à Trois-Rivières,
[Link]

34
Chapitre III : La polygamie à travers Une si longue lettre
lettre constitue pour l’auteure une sorte de refuge pour dénoncer les pratiques et les
mœurs traditionnalistes qui écrasent le sexe féminin et l’entrave. Il faut mentionner qu’à
partir de cette lettre l’écrivaine fait appel à la modernité et l’ouverture sur l’occident non
à l’abandon de la culture du pays.
En revanche, l’auteure présente une série des pratiques qui sont inacceptables et
déconseillées au sein de la société sénégalaise. Par exemple, il est motionné dans la lettre
que la fille de Ramatoulaye fume ce qui est complètement interdit dans la société
sénégalaise. A travers la réaction de la narratrice face à la cigarette on comprend la
position du livre par rapport à ce sujet : « Ma colère les foudroya. J’étais offusquée par
la surprise. Une bouche de femme exhalant l’odeur âcre du tabac, au lieu d’embaumer !
Des dents de femmes noircies de nicotine, au lieu d’éclater de blancheur ! » (Page 111).
Il y a aussi un autre cas de Ramatoulaye, où sa fille s’est retrouvée enceinte avant
le mariage. Une chose qui était totalement inacceptable dans la société sénégalaise et la
religion musulmane car dans la religion musulmane la virginité de la fille est une valeur
très importante et obligatoire qui signifie l’innocence et la sagesse de la fille. Dans la
plupart du temps la grossesse en dehors de mariage engendre un énorme problème
familial qui peut même finir par l’expulsion de la maison soit par le père soit par la mère.
« Face à la honte de mon enfant, à son mal, à son angoisse, (…) je ne pouvais pas
l’abandonner, comme le dictait l’orgueil. Sa vie et son avenir constituaient un enjeu
puissant qui démolissait les tabous et imposait à mon cœur et à ma raison sa supériorité
sur tout. » (Page 121)
Dans un extrait de la lettre la narratrice montre son inquiétude et son malaise face
aux conséquences du progrès et du modernisme :
J’eus tout d’un coup peur des affluents du progrès. (…) Je jugeais affreux le port du pantalon
quand on n’a pas, dans la constitution, le relief peu excessif des Occidentales. Le pantalon fait
saillir les formes plantureuses de la négresse, que souligne davantage une cambrure profonde
des reins. Mais j’avais cédé à la ruée de cette mode qui ceignait et gênait au lieu de libérer.
Puisque mes filles voulaient « être dans le vent », j’avais accepté l’entrée du pantalon dans les
garde-robes. (…) Ne buvaient-elles pas aussi ? Qui sait, un vice pouvant en introduire un autre
? Le modernisme ne peut donc être, sans s’accompagner de la dégradation des mœurs ? (page

112)

35
Chapitre III : La polygamie à travers Une si longue lettre
Les interrogations de la narratrice montrent l’attitude du roman face au conflit
entre la tradition et la modernité, qui représente une polémique dans la société
sénégalaise. Ce texte a une spécificité qui se limite dans le fait qu’il est à la fois une
œuvre littéraire et une critique d’une société prise entre traditionalisme et modernisme.

36
Conclusion
Conclusion :

Dans notre travail, nous avons abordé la question de la polygamie considérée


comme une forme d’oppression de la femme à travers Une si longue lettre de Mariama
Bâ. L’analyse que nous avons faite, nous a permis de scruter le portrait de la société
africaine, et confirmer que la polygamie est une source de nombreux abus et préjudices
à l’égard des femmes et des enfants. Elle suscite, les conflits au sein des familles
polygames et engendre de multiples souffrances et traumatismes psychiques chez les
femmes surtout tels que l’isolement social et la solitude. D’après le personnage de
Ramatoulaye on affirme que cette pratique peut aussi affaiblir l’identité personnelle de
la femme et provoque un certain sentiment d’échec chez la femme.
Dans cette recherche nous avons fait une étude des personnages féminins dans le
texte à l’instar de leur réaction vis-à-vis la polygamie. D’après les différentes réactions,
nous sommes arrivés à distinguer qu’il y a deux types majeurs de femmes dans la société
sénégalaise, l’une forte émancipée et l’autre faible et soumisse. Dans Une si longue
lettre, Mariama Bâ nous propose un portait de la société sénégalaise avec une touche de
sensibilité, elle a fait aussi une description de la position difficile des femmes africaines.
À travers ce roman, l’écrivaine veut changer la mentalité traditionnaliste. Grâce à l’étude
de ce roman africain, nous avons pu développer un aperçu sur la condition féminine au
sein de la société africaine avec Mariama Bâ qui a présenté la femme lors de la période
postcoloniale.
Notre objectif était d’étudier l’image de la femme sénégalaise et de démontrer
l’importance de la voix féminine dans la littérature africaine subsaharienne. Pour mener
à bien cette recherche, nous avons d’abord eu recours aux études de Simon de Beauvoir
dans son œuvre le deuxième sexe, pour faire une combinaison entre le féminisme
occidental et le féminisme africain. Puis, nous avons fait appel aux théories littéraires
concernent l’engagement dans l’écriture.
Nous avions premièrement fait appel aux théories féministes celles françaises et
africaines pour parler de la naissance d’un courant et une écriture féminine en Afrique
subsaharienne. Deuxièmement, nous avons opté pour une analyse thématique pour
étudier les différentes images des femmes dans l’œuvre de Mariama Bâ. Et enfin, nous

38
Conclusion :
avons adopté la théorie de Gérard Genette pour une analyse narratologique pour faire
une étude des personnages féminins dans le texte et établir une étude spatiotemporelle.
Pour la cohérence de notre étude, nous avons divisé notre travail en trois
chapitres :
Dans le premier chapitre, nous avons tenté d’évoquer l’émergence du féminisme en
Afrique noire, de plus nous avons mentionné le rôle de la femme au sein de la société
sénégalaise. Dans le deuxième, nous avons établi une analyse thématique où on a évoqué
comme thèmes la solidarité entre les personnages féminins dans le texte, la femme
moderne et la femme traditionnelle et en dernier le système patriarcal. Dans le troisième
chapitre nous avons fait une analyse narratologique des personnages et du temps et des
lieux. En dernier nous avons parlé de l’impact de la polygamie et les lois coutumières
sur la vie des femmes.
En guise de conclusion, nous voudrions souligner que nous avons essayé d’allier
trois approches littéraires le féminisme, l’analyse thématique et la narratologie. Cette
analyse que nous avons optée n’a pas la prétention d’être achevé, elle mériterait d’être
élargie à d’autres questionnements dans de futurs travaux de recherche qui effectueront
une analyse linguistique ou sociocritique. C’est pourquoi il serait intéressant de
poursuivre dans cette lancée, et d’élargir le corpus dans l’éventualité de recherches
ultérieures.

39
Références
bibliographiques :
Références bibliographiques:
Références bibliographiques
Corpus :
- Une si longue lettre de Mariama Bâ, collection motifs, 1979 les nouvelles éditions africaines
du Sénégal, ISBN 9782842612894

Articles :
- ("L'excision dans les sociétés africaines". Le Matinal du 4 novembre 1998, p.3.
- ABDOU MBAYE, LES SYSTÈMES DES CASTES AU SÉNÉGAL : CERTES SUBISSANT
D’IMPORTANTS CHANGEMENTS MAIS QUE CERTAINS DE LEURS ASPECTS
RÉSISTENT ENCORE À L’ÉVOLUTION, 2009, [Link]
- Aïchatou Ouattara, lettre ouverte dune afro-féministe aux hommes noirs, juin 2016
- Alain Robbe-Grillet, Nouveau Roman, 1963 [Link]
- Article de L’Afrique des idées accessible en ligne avec interview de Sami Tchak. «
L’engagement selon l’écrivain Sami Tchak » L’Afrique des idées, 2013.
- La narratologie, Lucie Guillemette et Cynthia Lévesque, Université du Québec à Trois-
Rivières, [Link]
- Le postulat de la supériorité blanche et de l’infériorité noire Par Catherine Coquery-Vidrovitch
- NDIAYE, Christiane ; SEMUJANGA, Josias. L’Afrique subsaharienne In : Introduction aux
littératures francophones : Afrique · Caraïbe · Maghreb [en ligne]. Montréal : Presses de
l’Université de Montréal, 2004 (généré le 19 février 2020). Disponible sur Internet : ISBN :
9791036502477

Thèses :
- CHANDRA FEUPEUSSI, La question de l'épanouissement de la femme dans "Une si longue
lettre" de Mariama Bâ,2020, [Link]
- Gorgui Ibrahima Tall, La problématique de l’engagement dans la littérature africaine
francophone : étude sur les œuvres de Yasmina Khadra, de Mariama Bâ et d’Ahmadou
Kourouma, December, 2014, p2
- Malin Haaker, 2013, La femme africaine dans Une si longue lettre de Mariama Bâ et Assèze
l’Africaine de Calixthe Beyala, linnéuniversitetet, p9.10
- Résistance féministe/féminine contre les institutions sociales, Mouhamadou Cissé, Université
du Québec à Montréal (Canada), page 19
- ROGGERS OKRAH, Des contraintes du mariage à l’émergence d’une voix féminine
solidaire, University of Saskatchewan, 2017, p2.
-

- Références religieuses :
Références bibliographiques:
- Le Coran, AN-NISA'A Sourate 4· verset 3

Ouvrages théoriques :
- Simone de Beauvoir - 1908-1986 - Le Deuxième Sexe, tome I – 1949
Biblioweb :

- Nodou Dieng, Les problèmes de castes vues sous l'angle des auteurs, 2017,
[Link] consulté le 30/05/2021 à 10.50
- Tshibilondi Ngoyi, A. (2015). Rôle de la femme dans la société et dans l’Église : pour une
justice et une réconciliation durables en Afrique. Théologiques, 23(2), 203–228.
[Link] consulté le 02/06/2021

Vous aimerez peut-être aussi